2008 Bloc Quebecois Platform Ch. 6

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    2008 Bloc Quebecois Platform Ch. 6 - Presentation Transcript

    1. CHAPITRE 6 DĂ©fenDre les valeurs et les points De vue Du QuĂ©bec La nation quĂ©bĂ©coise, comme toutes les nations, a une culture qui lui est propre et qui constitue le fondement mĂȘme de son existence. La culture, c’est plus que les arts. C’est l’ensemble des traits distinctifs d’un peuple, sa façon de penser, de voir le monde, de se comporter par rapport aux Ă©vĂ©nements, de bĂątir sa sociĂ©tĂ© et son pays. Bref, une culture, c’est une Ă©chelle de valeurs. Le gouvernement fĂ©dĂ©ral, mĂȘme s’il livre trĂšs peu de services Ă  la population, a CHAPITRE 6 entiĂšrement ou partiellement compĂ©tence sur une foule de questions qui interpel- lent directement les gens, y compris dans leurs valeurs profondes. Tant que les lois fĂ©dĂ©rales s’appliquent sur le territoire quĂ©bĂ©cois, le gouvernement fĂ©dĂ©ral ne peut pas faire fi des valeurs et des opinions du QuĂ©bec. La diffĂ©rence quĂ©bĂ©coise doit ĂȘtre reprĂ©sentĂ©e, entendue et prise en compte Ă  Ottawa. Une justice pĂ©nale exclusivement centrĂ©e sur la punition ne saurait nous convenir. Les QuĂ©bĂ©coises et les QuĂ©bĂ©cois, qui jouissent du plus bas taux de crimes violent en AmĂ©rique du Nord, ne sauraient accepter qu’on remette cet acquis en question. La population du QuĂ©bec tient Ă  ce que les conservateurs ne brisent pas le fragile Ă©quilibre entre rĂ©pression et prĂ©vention, entre sĂ©curitĂ© et libertĂ©. Une politique Ă©trangĂšre calquĂ©e sur celle de George W. Bush ne peut pas convenir Ă  une nation qui, par sa langue, est exposĂ©e Ă  des influences plus diversifiĂ©es que la seule influence amĂ©ricaine. Les QuĂ©bĂ©cois, de plus en plus ouverts sur le monde, ont su dĂ©velopper une vision du monde oĂč le respect de la diversitĂ©, l’accent sur le dĂ©veloppement, la prĂ©vention et le RĂšglement pacifique des conflits priment. Les dĂ©putĂ©s de partis fĂ©dĂ©ralistes, parce qu’ils sont forcĂ©s de considĂ©rer les choses dans une optique pancanadienne, en viennent Ă  oublier les valeurs quĂ©bĂ©coises. Leur travail consiste Ă  dĂ©fendre leur parti, un parti canadien. Pour faire valoir les consensus quĂ©bĂ©cois, les prĂ©occupations quĂ©bĂ©coises et les valeurs quĂ©bĂ©coises Ă  Ottawa, il n’y a que les dĂ©putĂ©s du Bloc QuĂ©bĂ©cois. Dans un QuĂ©bec souverain, la question ne se posera plus. Comme les QuĂ©bĂ©cois feront eux-mĂȘmes toutes les lois et tous les programmes gouvernementaux qui s’appliqueront au QuĂ©bec, il est Ă©vident que ceux-ci reflĂšteront les choix et les valeurs de la sociĂ©tĂ© quĂ©bĂ©coise. Mais d’ici lĂ , le QuĂ©bec a besoin de reprĂ©sentants Plateforme Ă©lectorale Ă  Ottawa qui reprĂ©sentent vraiment les valeurs quĂ©bĂ©coises. Élections 2008
    2. Le Bloc QuĂ©bĂ©cois continuera de faire valoir le point de vue quĂ©bĂ©cois et les valeurs quĂ©bĂ©coises Ă  Ottawa dans tous les dossiers de compĂ©tence fĂ©dĂ©rale. 6.1 le systĂšme juDiciaire et la criminalitĂ© Depuis son accession au pouvoir, le gouvernement conservateur a multipliĂ© les positions idĂ©ologiques en matiĂšre de justice et a adoptĂ© un discours alarmiste Ă  l’égard de la criminalitĂ©. S’il est vrai qu’il faut lutter contre la criminalitĂ©, il est vrai aussi que le portrait rĂ©el est que la criminalitĂ© est en baisse au QuĂ©bec comme au Canada depuis une quinzaine d’annĂ©es. Statistique Canada confirmait mĂȘme, rĂ©cemment, que pour l’annĂ©e 2006 le taux global de criminalitĂ© au pays a atteint son plus bas niveau en plus de 25 ans. Plus encore, le QuĂ©bec a connu son plus faible taux d’homicides enregistrĂ© depuis 1962. Les QuĂ©bĂ©coises et les QuĂ©bĂ©cois ont, par le passĂ©, misĂ© sur une justice individua- lisĂ©e reposant sur un processus judiciaire flexible et adaptĂ© Ă  chaque cause avec les rĂ©sultats que l’on connaĂźt : le taux d’homicide au QuĂ©bec est parmi les plus bas au Canada et quatre fois moindre qu’aux États-Unis. En fait, pour les crimes de violence, le QuĂ©bec se classe meilleur deuxiĂšme, tout juste derriĂšre l’Île-du-Prince-Édouard. Le QuĂ©bec a mĂȘme enregistrĂ© une baisse de 4 % du taux de criminalitĂ© chez les jeunes en 2006, faisant mieux que toutes les provinces. DĂšs le dĂ©but, le gouvernement conservateur a mis de l’avant son ordre du jour law and order qui comportait des projets de loi totalement inacceptables. Le Bloc QuĂ©bĂ©cois s’est ainsi opposĂ© fermement Ă  la mouture initiale du projet de loi C-9 (peines avec sursis), au projet de loi C-10 (peines minimales) et au projet de loi C-25 (justice pĂ©nale pour adolescents). PlutĂŽt que de corriger rĂ©ellement des problĂšmes, les conservateurs, en prenant des mesures fondĂ©es sur une vision idĂ©ologique similaire Ă  celle qu’ont emprun- tĂ©e les États-Unis, risque d’en crĂ©er de plus sĂ©vĂšres. Le modĂšle amĂ©ricain, basĂ© sur l’emprisonnement, produit des rĂ©sultats pourtant Ă©loquents et devrait ĂȘtre un repoussoir suffisant ! À titre d’exemple, Ă  la fin de l’annĂ©e 2006, on dĂ©nombrait, aux États-Unis, 2,25 mil- lions de personnes derriĂšre les barreaux, soit 751 prisonniers pour 100 000 habi- tants, contre 107 pour 100 000 au Canada. En fait, les États-Unis surclassaient mĂȘme la Libye (217 pour 100 000), l’Iran (212 pour 100 000) et la Chine (119 pour 100 000). Cela dit, le Bloc QuĂ©bĂ©cois est conscient que de nombreuses amĂ©liorations doivent ĂȘtre apportĂ©es au systĂšme judiciaire actuel et que certains ajustements au Code 192 criminel s’imposent. L’État a, aprĂšs tout, le devoir d’intervenir partout oĂč cela est Plateforme Ă©lectorale nĂ©cessaire pour permettre Ă  ses citoyens de vivre en paix et en sĂ©curitĂ©. Élections 2008
    3. C’est donc dans cet Ă©tat d’esprit que le Bloc QuĂ©bĂ©cois a pris position au sujet de la panoplie de mesures soumises par le gouvernement conservateur. AprĂšs avoir Ă©tudiĂ© objectivement chacune des propositions des conservateurs dans le domaine de la justice, le Bloc QuĂ©bĂ©cois en a Ă©valuĂ© la pertinence et les consĂ©quences puis a pris position. Les QuĂ©bĂ©cois ne sont pas des doctrinaires. Aussi, dans chaque cas, le Bloc QuĂ©bĂ©cois a pesĂ© le pour et le contre de chaque mesure et a appuyĂ© celles qui apportaient de vĂ©ritables avantages, et ce, en s’appuyant sur son objectif d’une justice individualisĂ©e reposant sur un processus judiciaire flexible et adaptĂ© Ă  chaque cause. Par contre, lorsque les projets de loi du gouvernement conservateur ne reposent sur aucune analyse prĂ©liminaire ou Ă©tude d’impact, mais bien sĂ»r, sur des prĂ©jugĂ©s dogmatiques ou des sondages effectuĂ©s Ă  la suite d’un incident violent particulier ayant soulevĂ© l’indignation populaire et l’attention des mĂ©dias, le Bloc QuĂ©bĂ©cois s’y oppose fortement. envoyer les enfants en prison, pas question ! L’idĂ©ologie conservatrice est simple : il faut punir les dĂ©linquants, mĂȘme lorsque ceux-ci sont de jeunes adolescents, voire des enfants. Le gouvernement a donc dĂ©posĂ© le projet de loi C-25 ayant pour objectif d’augmen- ter la sĂ©vĂ©ritĂ© des peines infligĂ©es aux jeunes et de permettre leur dĂ©tention avant procĂšs, allant en cela complĂštement Ă  l’inverse du QuĂ©bec, qui a misĂ© avec succĂšs sur la rĂ©habilitation et la rĂ©insertion. Le projet de loi C-25 n’est pas Ă©tonnant de la part d’un parti qui tolĂšre qu’un minis- tre de la Justice soit Ă  tel point aveuglĂ© par son approche idĂ©ologique qu’il indique que le seul moyen d’éradiquer la supposĂ©e vague de violence juvĂ©nile, d’augmenter la sĂ©curitĂ© publique et de restaurer la confiance du public envers le systĂšme judi- ciaire est de condamner les jeunes Ă  la prison mĂȘme s’il ne s’agit que d’enfants de 12 ans, voire de 10 ans ! Alors que pour les jeunes, l’avenue qui fonctionne est celle de la rĂ©habilitation et de la rĂ©insertion, les conservateurs abordent l’incarcĂ©ration comme une mesure Ă  prioriser et parlent de l’emprisonnement des jeunes comme d’une mesure efficace pour lutter contre la criminalitĂ© juvĂ©nile. Le consensus quĂ©bĂ©cois prĂ©conisant une sentence fondĂ©e sur la situation de l’ado- lescent et non sur le crime commis est de loin prĂ©fĂ©rable. L’envoyer Ă  ces Ă©coles du crime que sont les institutions carcĂ©rales ne fera rien pour assurer sa rĂ©habilitation et lui donner la chance de reprendre sa vie en main. Le Bloc QuĂ©bĂ©cois ne permettra pas au Parlement fĂ©dĂ©ral de remettre en cause, par de mauvaises lois, les avancĂ©es du QuĂ©bec en matiĂšre de lutte Ă  la criminalitĂ© chez les adolescents. 193 Plateforme Ă©lectorale Élections 2008
    4. peine de mort : ne rouvrons pas ce vieux dĂ©bat Une autre position idĂ©ologique des conservateurs a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©e au grand jour lors de la derniĂšre lĂ©gislature. Coup sur coup, ils ont refusĂ© d’intervenir auprĂšs des États-Unis pour demander que la peine de mort d’un Canadien soit commuĂ©e en peine de prison Ă  vie et ont dĂ©clinĂ© l’invitation qui leur Ă©tait faite de parrainer une rĂ©solution prĂ©sentĂ©e Ă  l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations Unies demandant un moratoire sur ce chĂątiment cruel. Le Bloc QuĂ©bĂ©cois estime que le dĂ©bat entourant la peine de mort est rĂ©glĂ© et il s’opposera Ă  toute tentative conservatrice de nous ramener des dizaines d’annĂ©es en arriĂšre. le registre des armes Ă  feu : la mauvaise foi des conservateurs Ce registre, dont la crĂ©ation a fait l’objet d’un des pires scandales canadiens de mauvaise gestion, avait longtemps Ă©tĂ© rĂ©clamĂ© par les forces policiĂšres quĂ©bĂ©coi- ses, les organismes de prĂ©vention de la violence et du suicide, ainsi que par une bonne partie de la population en gĂ©nĂ©ral. Sa crĂ©ation a dĂ©jĂ  coĂ»tĂ© la somme fara- mineuse de plus d’un milliard de dollars, il est vrai. Mais maintenant qu’il existe, le registre est relativement peu dispendieux Ă  opĂ©rer. Et il fonctionne bien, contrairement Ă  ce qu’en disent ses opposants. Plus de sept millions d’armes Ă  feu sont actuellement enregistrĂ©es Ă  travers le Canada, dont 90 % sont des armes de chasse. Le registre a Ă©tĂ© consultĂ© plus de 6,3 mil- lions de fois depuis sa mise en service en 1998, soit une moyenne de plus de 6000 fois par jour. Il a en outre permis que plus d’un million d’armes soient reti- rĂ©es de la circulation. Le registre aide Ă©galement les forces de l’ordre Ă  Ă©valuer les risques au moment d’intervenir dans une rĂ©sidence, il facilite l’émission de mandats d’arrĂȘt ou de recherche, il fournit des preuves que des individus sont en possession illĂ©gale d’ar- mes Ă  feu ou qu’ils ont vendu des armes enregistrĂ©es sur le marchĂ© noir. Il permet, de plus, aux policiers d’obtenir des mandats de saisie qui Ă  leur tour permettent d’éviter des drames familiaux, des crimes passionnels ou des suicides. Enfin, l’en- registrement contribue Ă  la rĂ©solution de crimes en offrant la possibilitĂ© de remon- ter jusqu’au propriĂ©taire des armes retrouvĂ©es sur les scĂšnes du crime et, dans le cas d’une arme volĂ©e, en identifiant son propriĂ©taire lĂ©gitime. De plus, le Programme de contrĂŽle des armes Ă  feu comprend plusieurs activitĂ©s qui contribuent Ă  enrayer le mauvais usage des armes Ă  feu et qui permettent de rĂ©duire le nombre d’accidents et de crimes liĂ©s aux armes Ă  feu, notamment Ă  travers la formation en matiĂšre de sĂ©curitĂ© et les normes d’entreposage sĂ©curitaire qu’il impose. MalgrĂ© l’utilitĂ© incontestable du registre, les conservateurs l’ont toujours dĂ©testĂ© 194 pour des raisons purement idĂ©ologiques. AprĂšs avoir Ă©chouĂ© dans leur tentative Plateforme Ă©lectorale de l’abolir par un projet de loi en 2006, ils ont tout simplement dĂ©cidĂ© de passer Élections 2008 outre l’opposition du Parlement en dĂ©cidant d’amnistier toutes les personnes qui
    5. n’enregistrent pas leur arme. Les gens s’inscrivant beaucoup moins Ă  ce registre, il devient peu Ă  peu obsolĂšte. Les conservateurs ont dĂ©posĂ© Ă  nouveau un projet de loi pour l’abolir. Le Bloc QuĂ©bĂ©cois s’oppose fermement Ă  l’abolition du registre. Pour les mĂȘmes raisons, le Bloc QuĂ©bĂ©cois s’oppose Ă  l’amnistie, dĂ©crĂ©tĂ©e par le gouvernement le 17 mai 2006 et renouvelĂ©e jusqu’au 16 mai 2008, qui rend pratiquement inopĂ©rant le registre pour les armes de chasse. non Ă  un systĂšme de justice idĂ©ologique Le gouvernement minoritaire conservateur ne peut visiblement faire adopter, par le Parlement canadien, plusieurs de ses politiques controversĂ©es qui sont toutes inspirĂ©es de sa vision de droite en ce qui concerne la loi et l’ordre. Il essaie donc d’outrepasser le processus dĂ©mocratique et le systĂšme lĂ©gislatif en manipulant la composition du systĂšme judiciaire appelĂ© Ă  interprĂ©ter les lois. C’est ainsi que le ministre de la Justice a annoncĂ© en novembre 2006 qu’il modi- fiait la composition du ComitĂ© de sĂ©lection de la magistrature, ainsi que les Ă©chel- les d’évaluation des candidats, afin de donner aux membres qu’il aura lui-mĂȘme sĂ©lectionnĂ©s la majoritĂ© au sein du ComitĂ©. Ces changements, que l’on ne peut pas vraiment qualifier de rĂ©forme, ouvrent la porte au favoritisme et Ă  la possibilitĂ© que les dĂ©cisions du comitĂ© soient pipĂ©es d’avance selon les caprices du pouvoir en place. En fait, les intentions du gouvernement Harper Ă  ce sujet sont claires et avouĂ©es : les candidats Ă  la magistrature devront dorĂ©navant mettre en Ɠuvre le programme du gouvernement conservateur. Les conservateurs s’attaquent ainsi ouvertement Ă  la crĂ©dibilitĂ© du processus judiciaire, Ă  l’indĂ©pendance, Ă  l’impartialitĂ© et Ă  l’ob- jectivitĂ© des juges, ainsi qu’à la sĂ©paration des pouvoirs entre les trois branches du gouvernement. Rien de moins ! Il n’est pas Ă©tonnant donc que le Barreau canadien se soit opposĂ© Ă  ces change- ments et que d’anciens juges de la Cour suprĂȘme soient sortis de leur rĂ©serve pour faire connaĂźtre leurs apprĂ©hensions et leur mĂ©contentement. Le Bloc QuĂ©bĂ©cois dĂ©nonce vigoureusement la dĂ©marche du gouvernement visant Ă  rendre l’affiliation politique des candidats plus importante que leurs qualifications. Le Bloc QuĂ©bĂ©cois demande au gouvernement de remettre sur pied le sous-comitĂ© de la Chambre des communes sur le processus de nomination Ă  la magistrature fĂ©dĂ©rale qui a Ă©tĂ© créé Ă  sa demande lors de la 38e LĂ©gislature et qui a Ă©tĂ© dissous au moment du dĂ©clenchement des derniĂšres Ă©lections. Ce comitĂ©, aprĂšs consulta- tion, pourra faire des recommandations impartiales afin de dĂ©politiser le processus de nomination. Le Bloc QuĂ©bĂ©cois exige que le gouvernement conservateur renonce Ă  son projet de manipuler le processus de nomination Ă  la magistrature et restaure l’impartialitĂ© 195 du comitĂ© de sĂ©lection des juges. Plateforme Ă©lectorale Élections 2008
    6. parents de victimes d’acte criminel Les conservateurs sont jusqu’à maintenant demeurĂ©s insensibles Ă  la situation des familles et parents des victimes d’actes criminels. Il est terrible de penser que les familles et parents de victimes d’actes criminels doivent continuer Ă  travailler comme si rien ne leur Ă©tait arrivĂ©. Il faut absolument que le gouvernement fĂ©dĂ©ral emboĂźte le pas Ă  QuĂ©bec, qui a modifiĂ© sa lĂ©gislation, afin de permettre Ă  ces personnes de s’absenter du travail tout en conservant leur lien d’emploi. L’adoption par QuĂ©bec de la loi 58, qui prĂ©serve le lien d’emploi pour les membres d’une famille frappĂ©e par une tragĂ©die, crĂ©e une importante discrimination envers ceux et celles dont le travail est rĂ©gi par le Code canadien du travail, lequel ne prĂ©voit pas de telles dispositions. On se retrouve donc avec deux rĂ©gimes diffĂ©rents et il faut corriger cette anomalie. Le Bloc QuĂ©bĂ©cois demande au gouvernement fĂ©dĂ©ral d’ajuster le Code canadien du travail afin que les parents et les conjoints de victimes d’actes criminels qui sont employĂ©s par une entreprise sous juridiction fĂ©dĂ©rale bĂ©nĂ©ficient des mĂȘmes traitements que les parents et les conjoints de victimes qui relĂšvent de la loi quĂ©bĂ©coise sur les normes du travail. C’est une chose de permettre aux personnes de maintenir leur lien d’emploi, mais si elles n’ont plus de revenus pour subvenir aux besoins des autres membres de la famille, le rĂ©sultat sera le mĂȘme, elles seront contraintes de revenir au travail rapidement pour des considĂ©rations Ă©conomiques. Le gouvernement doit leur permettre de toucher des prestations d’assurance-emploi, qui s’échelonneraient sur une pĂ©riode pouvant aller jusqu’à 52 semaines, afin qu’elles aient de quoi subvenir Ă  leurs besoins durant leur arrĂȘt de travail. Le projet de loi consiste, d’abord, Ă  modifier le Code canadien du travail pour per- mettre aux victimes et aux parents de victimes d’acte criminel de s’absenter et de prĂ©server leur emploi pour une pĂ©riode dĂ©terminĂ©e. Ensuite, le projet de loi dĂ©ve- loppe une nouvelle prestation spĂ©ciale, pour une pĂ©riode de 52 semaines, pour les parents de victimes d’acte criminel ou d’enfants qui se sont suicidĂ©s. 6.2 justice : les solutions proposĂ©es par le bloc QuĂ©bĂ©cois En ce qui concerne la guerre des motards, le Bloc QuĂ©bĂ©cois est fier d’avoir Ă©tĂ© le premier parti Ă  Ottawa Ă  avancer l’idĂ©e d’une loi antigang et d’en avoir fait l’un de ses principaux chevaux de bataille jusqu’à son adoption finale par le Parlement canadien. Les condamnations obtenues Ă  l’issue du « mĂ©ga-procĂšs » des Hell’s Angels en 2004 ont bien tĂ©moignĂ© de l’utilitĂ© d’une telle loi. Le Bloc QuĂ©bĂ©cois est Ă©galement fier d’avoir rĂ©ussi Ă  convaincre les autres partis 196 politiques fĂ©dĂ©raux d’imposer aux membres des organisations criminelles le ren- Plateforme Ă©lectorale versement du fardeau de la preuve. Ce sont maintenant ces derniers qui doivent Élections 2008 justifier que l’argent et les biens qui leur ont Ă©tĂ© confisquĂ©s par les forces de l’ordre
    7. n’ont pas Ă©tĂ© acquis Ă  la suite d’activitĂ©s criminelles et qu’ils ne vivent pas des profits de la criminalitĂ©. Aujourd’hui, ces lois continuent de permettre aux organismes qui sont responsa- bles de leur application d’avoir recours Ă  un ensemble d’outils lĂ©gislatifs et rĂ©gle- mentaires pour poursuivre plus efficacement en justice les organisations ou les associations qui possĂšdent les caractĂ©ristiques du crime organisĂ©. Voici, en cinq points, les propositions que le Bloc QuĂ©bĂ©cois a fait connaĂźtre au mois de juin 2007 et qu’il mettra de l’avant au cours du prochain mandat, les- quelles sont encore compatibles avec les principes et les valeurs qu’il a toujours dĂ©fendus : 1. une meilleure lutte aux organisations criminelles; 2. contrer les gangs de rue; 3. rationaliser les libĂ©rations conditionnelles; 4. abolir la pratique du « temps compte double »; 5. davantage de moyens Ă  la StratĂ©gie nationale de prĂ©vention du crime. 1. une meilleure lutte aux organisations criminelles À l’heure actuelle, le Code criminel prohibe la participation Ă  une organisation criminelle seulement dans la mesure oĂč il est dĂ©montrĂ© que la personne avait l’intention d’accroĂźtre la capacitĂ© de l’organisation de faciliter ou de commettre un acte criminel. Des peines de prison sont Ă©galement prĂ©vues lorsqu’une personne commet un acte criminel — ou encore charge directement ou indirectement une personne de commettre un tel acte — au profit ou sous la direction d’une organi- sation criminelle, ou en association avec elle. Mais dans tous les cas, l’appartenance Ă  une organisation criminelle ne suffit pas Ă  faire condamner une personne. Il faut Ă©galement Ă©tablir la preuve qu’un acte criminel a Ă©tĂ© commis ou pourrait ĂȘtre commis en relation avec cette organisation. Le fardeau de la preuve est donc lourd pour faire condamner des membres d’orga- nisations criminelles que les forces policiĂšres peinent Ă  infiltrer. Le crime organisĂ© doit pourtant ĂȘtre combattu avec acharnement, car il jouit d’un certain prestige et d’un pouvoir d’attraction qui peut ĂȘtre important, notamment sur les jeunes. Le port d’un uniforme (comme une veste) ou d’emblĂšmes (comme des patches) aide une organisation criminelle Ă  commettre des activitĂ©s criminelles en accrois- sant sa visibilitĂ© et son prestige et en lui permettant d’intimider autant les ban- des rivales que les honnĂȘtes gens. Une telle interdiction faciliterait le travail des policiers et des procureurs et, Ă  terme, il deviendrait plus dangereux de s’afficher 197 comme un membre d’un gang. Plateforme Ă©lectorale Élections 2008
    8. Le Bloc QuĂ©bĂ©cois suggĂšre donc que le Code criminel soit modifiĂ© de façon Ă  ce que le port de symbole, de signe ou de reprĂ©sentation identifiant des individus comme membres d’une organisation criminelle reconnue comme telle par un juge soit illĂ©gal. Pour diminuer encore davantage l’attrait que reprĂ©sentent les groupes criminalisĂ©s et pour mieux faire face Ă  ces derniers, il faut renforcer le message que le crime ne paie pas en s’attaquant aux produits de la criminalitĂ©. Fort d’une victoire en la matiĂšre, le Bloc QuĂ©bĂ©cois propose d’étendre le renversement du fardeau de preuve Ă  d’autres infractions que celles liĂ©es au crime organisĂ© et au trafic de la drogue, soit aux dĂ©lits de vols d’autos, aux prĂȘts usuraires, au proxĂ©nĂ©tisme, aux vols qualifiĂ©s, aux fraudes de plus de 5000 dollars ainsi qu’à la contrefaçon de monnaie. Le Bloc QuĂ©bĂ©cois estime que lorsqu’un voleur ou un fraudeur est dĂ©clarĂ© coupable, il devrait avoir Ă  dĂ©montrer que ses biens ne sont pas le fruit de son crime. 2. contrer les gangs de rue Le phĂ©nomĂšne des gangs de rue inquiĂšte. Or, les forces policiĂšres ne disposent pas de moyens suffisants pour lutter avec un maximum d’efficacitĂ© contre ces criminels. Le Bloc QuĂ©bĂ©cois propose quatre mesures qui doteront les policiers d’outils mieux adaptĂ©s pour lutter contre les gangs de rue : ‱ modifier le Code criminel afin de faire en sorte que la commission d’actes violents impliquant des armes Ă  feu ou des armes blanches, par des individus appartenant Ă  des gangs de rue, soit considĂ©rĂ©e comme un facteur aggravant dans la dĂ©termination de la peine; ‱ crĂ©er un fonds permettant au QuĂ©bec et aux provinces de former des procureurs de la Couronne spĂ©cialisĂ©s dans les procĂšs liĂ©s aux gangs de rue. Cette proposition s’inspire de l’expĂ©rience du gouvernement du QuĂ©bec, qui a créé le Bureau de lutte au crime organisĂ© (BLACO) en 2001 avec des Ă©quipes de procureurs spĂ©cialisĂ©s en matiĂšre de crime organisĂ©. La crĂ©ation de procureurs spĂ©cialisĂ©s a permis au BLACO d’obtenir les condamnations de 286 personnes pour des accusations de gangstĂ©risme; ‱ puisque la technique du systĂšme de positionnement mondial (GPS) est utile aux policiers pour faire la preuve des dĂ©placements des individus membres de gangs et pour les relier entre eux, le Bloc QuĂ©bĂ©cois propose de prolonger les mandats obtenus pour les enquĂȘtes effectuĂ©es au moyen de filature par GPS de maniĂšre Ă  ce qu’ils aient la mĂȘme durĂ©e que le mandat d’écoute Ă©lectronique, soit un an; ‱ colliger et conserver des copies de tous les jugements rendus par les diffĂ©rents tribunaux concernant les gangs de rue et les organisations criminelles afin de 198 permettre aux forces policiĂšres d’y avoir rapidement accĂšs. Plateforme Ă©lectorale Élections 2008
    9. 3. rationaliser les libĂ©rations conditionnelles Le Bloc QuĂ©bĂ©cois a toujours adoptĂ© une approche Ă©quilibrĂ©e quant au systĂšme pĂ©nal en favorisant des mesures qui permettent de rĂ©habiliter les criminels tout en maintenant Ă  l’écart de la sociĂ©tĂ© les personnes qui mettent la sĂ©curitĂ© des citoyens en danger. C’est dans cet esprit qu’il a entrepris une Ă©tude du systĂšme canadien de libĂ©rations conditionnelles afin de dĂ©gager une approche qui permettrait Ă  la fois de dissua- der les criminels d’agir et de rĂ©tablir la confiance du public en ce mĂ©canisme de rĂ©habilitation. Ce systĂšme comprend aujourd’hui deux mĂ©canismes qui posent problĂšme : la pro- cĂ©dure expĂ©ditive de mise en libertĂ© et la libĂ©ration d’office. Dans le premier cas, le dĂ©tenu peut sortir de prison aprĂšs 6 mois ou 1/6 de sa peine, s’il s’agit d’une premiĂšre condamnation, Ă  la suite d’une dĂ©cision de la Commission nationale des libĂ©rations conditionnelles (CNLC). Cette dĂ©cision n’est cependant la plupart du temps qu’une simple formalitĂ©. Dans le second cas, la loi prĂ©voit qu’à moins que le dĂ©tenu ne prĂ©sente un danger de rĂ©cidive de crime avec violence celui-ci devra ĂȘtre libĂ©rĂ© sous condition aprĂšs avoir purgĂ© les 2/3 de sa peine. Ce quasi-automatisme est inacceptable. Or, le systĂšme de libĂ©ration conditionnelle tel qu’il existe aujourd’hui au Canada a ceci de regrettable qu’il contrecarre l’évaluation faite par le juge lors de la dĂ©ter- mination de la sentence et qu’il est de nature Ă  dĂ©considĂ©rer l’administration de la justice auprĂšs de la population, qui estime souvent que la majoritĂ© des peines ne sont pas assez sĂ©vĂšres. Le Bloc QuĂ©bĂ©cois demande l’abolition de la procĂ©dure d’examen expĂ©ditif (libĂ©ration quasi automatique au 1/6 de la peine) afin que soit instaurĂ© un Ă©quilibre entre la crĂ©dibilitĂ© du systĂšme de justice, l’objectif de rĂ©habilitation et la dĂ©nonciation du crime. Le Bloc QuĂ©bĂ©cois fait confiance aux juges et croit qu’ils sont les mieux placĂ©s pour dĂ©terminer les peines les plus appropriĂ©es. D’autre part, il demeure d’autres mĂ©canismes qui permettent des libĂ©rations anticipĂ©es; cependant, ces libĂ©rations se font Ă  la piĂšce et non de façon quasi automatique. Le Bloc QuĂ©bĂ©cois souhaite que le caractĂšre quasi automatique de la libĂ©ration d’office (au 2/3 de la peine) soit remplacĂ© par le principe de l’évaluation formelle des dĂ©tenus par un professionnel quant au risque global de rĂ©cidive qu’ils reprĂ©sentent pour la communautĂ©. Pour ce faire, le Bloc QuĂ©bĂ©cois prĂ©conise que des ressources supplĂ©mentaires soient allouĂ©es pour examiner plus en profondeur les dossiers des dĂ©tenus qui y ont droit. Il serait Ă©galement souhaitable que la loi accorde Ă  la Commission nationale des libĂ©rations conditionnelles une plus grande latitude dans sa dĂ©cision de remet- tre ou non un dĂ©tenu en libertĂ©. 199 Une fois libĂ©rĂ©, le dĂ©linquant devrait ĂȘtre suivi de plus prĂšs par des agents de libĂ©- Plateforme Ă©lectorale ration conditionnelle qui ne sont prĂ©sentement pas assez nombreux pour s’assurer Élections 2008 du respect des conditions rattachĂ©es Ă  sa libĂ©ration.
    10. 4. abolir la pratique du « temps compte double » Le Bloc QuĂ©bĂ©cois comprend qu’il soit choquant pour la population et tout particu- liĂšrement pour les victimes de constater qu’une pratique arbitraire prĂ©voit actuel- lement que le temps que passe derriĂšre les barreaux un dĂ©tenu en attente de son procĂšs compte en double dans le calcul de la peine qu’il lui reste Ă  purger. Le Bloc QuĂ©bĂ©cois est pour l’abolition de cette rĂšgle qui contribue Ă  miner la crĂ©dibilitĂ© du systĂšme judiciaire. 5. Davantage de moyens Ă  la stratĂ©gie nationale de prĂ©vention du crime Le Bloc QuĂ©bĂ©cois croit fermement que la lutte Ă  la criminalitĂ© ne peut se faire sans s’attaquer Ă  ses racines Ă  l’aide d’outils de prĂ©vention. À ce chapitre, la StratĂ©gie nationale de prĂ©vention du crime est Ă  l’origine d’initiatives extrĂȘmement porteuses qui ont un impact vĂ©ritable pour rĂ©duire la criminalitĂ©, soit le Fonds d’ac- tion pour la prĂ©vention du crime, le Fonds de recherche et de dĂ©veloppement des connaissances de la prĂ©vention du crime ainsi que le Fonds des services policiers, correctionnels et communautaires. La StratĂ©gie, qui relĂšve de SĂ©curitĂ© publique Canada, est mise en Ɠuvre par le Centre national de prĂ©vention du crime (CNPC). Puisque les projets pour le QuĂ©bec sont approuvĂ©s conjointement par le ministĂšre de la SĂ©curitĂ© publique du QuĂ©bec et SĂ©curitĂ© publique Canada, ils sont mieux adaptĂ©s Ă  la rĂ©alitĂ© quĂ©bĂ©coise. Cette proposition, mise de l’avant par le Bloc QuĂ©bĂ©cois, a finalement Ă©tĂ© enten- due par le gouvernement fĂ©dĂ©ral, qui a annoncĂ© une bonification du budget de la StratĂ©gie de prĂ©vention du crime. 6.3 les mesures antiterroristes À la suite des attentats du 11 septembre 2001, plusieurs ont cru qu’il Ă©tait nĂ©ces- saire de renforcer l’arsenal lĂ©gislatif canadien afin de mieux lutter contre la menace terroriste; il fallait une rĂ©ponse exceptionnelle Ă  des circonstances exceptionnelles. DĂšs le dĂ©part, le Bloc QuĂ©bĂ©cois a cependant proposĂ© une exigence de base, incon- tournable : toute mesure de lutte contre le terrorisme devait respecter un juste Ă©quilibre entre le droit Ă  la sĂ©curitĂ© et les autres droits fondamentaux. Lors de l’étude, en 2002, des dispositions du projet de loi antiterroriste C-36 qui modifiait le Code criminel, le Bloc QuĂ©bĂ©cois a voulu que plusieurs des Ă©lĂ©ments suivants soient réévaluĂ©s : la dĂ©finition du terrorisme — Celle-ci est vague, imprĂ©cise et large au point oĂč elle peut inclure des formes de comportements de contestation et de violence qui ont peu Ă  voir avec le terrorisme. En octobre 2006, un juge a effectivement invalidĂ© un passage problĂ©matique de la dĂ©finition au motif qu’il mĂšne l’appareil policier et judiciaire Ă  cibler d’abord les croyances des groupes et des individus dans leur 200 traque aux terroristes, ce qui a pour effet de brimer les libertĂ©s d’association, de Plateforme Ă©lectorale conscience et de religion. Élections 2008
    11. les procĂšs secrets — Les procĂšs secrets, permis par C-36, minent la crĂ©dibilitĂ© du processus judiciaire. La Loi modifie, en effet, la Loi sur la preuve pour per- mettre la tenue d’audiences exceptionnelles, Ă  huis clos et sans la prĂ©sence de l’accusĂ©, lorsque des Ă©lĂ©ments qualifiĂ©s de confidentiels sont prĂ©sentĂ©s. Le Bloc QuĂ©bĂ©cois aurait souhaitĂ© qu’un compromis soit trouvĂ© pour Ă©viter que cette dis- position ne viole le droit de l’accusĂ© Ă  un procĂšs juste et Ă©quitable. À ce titre, le Bloc QuĂ©bĂ©cois Ă©tait favorable Ă  la crĂ©ation d’un poste d’« ami de la cour » qui le dĂ©fendrait en son absence. la liste des organisations terroristes — Une telle liste rĂ©duit une situation historique et politique complexe Ă  un simple cas de « noir ou blanc ». De plus, l’inscription d’entitĂ©s sur des listes d’organisations terroristes peut priver des populations de leurs droits et freiner les processus de paix et de reconstruction. En effet, certains groupes inscrits ont aussi une aile politique ou d’action sociale lĂ©gitime qui fait un travail constructif ou qui joue Ă  tout le moins un rĂŽle crucial dans ces processus. le profilage racial — Le Bloc QuĂ©bĂ©cois est trĂšs prĂ©occupĂ© par les allĂ©gations de plusieurs organisations de dĂ©fense des droits de la personne selon lesquelles le profilage racial puisse ĂȘtre utilisĂ© lors d’enquĂȘtes contre le terrorisme. la « sĂ©curitĂ© nationale » — De nombreuses dispositions de la loi C-36 prĂ©voient le droit de retenir une information si sa divulgation risque de porter atteinte Ă  la « sĂ©curitĂ© nationale » sans que ce concept soit pour autant dĂ©fini dans la Loi. Le Bloc QuĂ©bĂ©cois pense qu’il est pertinent de se pencher sur l’élaboration d’une telle dĂ©finition. Les propositions du Bloc QuĂ©bĂ©cois n’ont malheureusement pas Ă©tĂ© retenues lors de l’adoption de la Loi et ses prĂ©occupations n’ont pas eu d’échos puisque les autres formations politiques Ă  la Chambre des communes ont dĂ©cidĂ© de rĂ©agir sous le coup de l’émotion plutĂŽt que sous celui de la raison. Aujourd’hui, six ans aprĂšs l’adoption de la Loi antiterroriste, l’opinion du Bloc QuĂ©bĂ©cois est restĂ©e la mĂȘme. En fĂ©vrier 2007, le Bloc QuĂ©bĂ©cois a tout de mĂȘme eu gain de cause lors d’un vote sur le renouvellement de deux dispositions de la Loi antiterroriste qui venaient Ă  Ă©chĂ©ance le 1er mars suivant. Le Bloc QuĂ©bĂ©cois a jugĂ© que les mesures qu’elles mettaient en place Ă©taient trop intrusives dans la vie des citoyens, qui devraient tous avoir droit Ă  la prĂ©somption d’innocence, et qu’elles ouvraient la porte Ă  des abus. De plus, elles apparaissaient tout Ă  fait inutiles puisque d’autres dispositions du Code criminel permettaient d’atteindre les mĂȘmes rĂ©sultats sans que les droits fondamentaux de la personne en soient affectĂ©s. Il faut enfin noter qu’aucune de ces dispositions n’avait Ă©tĂ© invoquĂ©e jusque-lĂ  par le Procureur gĂ©nĂ©ral du Canada. En votant, comme les autres partis d’opposition, contre le renouvellement de ces dispositions, le Bloc QuĂ©bĂ©cois a su maintenir ses principes et faire abroger des dispositions lĂ©gislatives qui entravaient les droits de la personne. En derniĂšre analyse, le Bloc QuĂ©bĂ©cois est portĂ© Ă  croire que la Loi antiterroriste n’a pas vraiment sa raison d’ĂȘtre et que le Procureur gĂ©nĂ©ral du Canada et les for- 201 ces policiĂšres possĂšdent tous les pouvoirs qu’il leur faut selon d’autres dispositions Plateforme Ă©lectorale du Code criminel pour rĂ©pondre adĂ©quatement aux menaces terroristes. Élections 2008
    12. Le Bloc QuĂ©bĂ©cois demande donc l’abrogation de la Loi antiterroriste non pas parce qu’il pense que l’État peut baisser sa garde contre le terrorisme, mais parce qu’il estime que la chasse aux terroristes peut se faire sans que les fondements de notre sociĂ©tĂ© et de notre État de droit soient remis en cause. 6.4 les certificats De sĂ©curitĂ© Les certificats de sĂ©curitĂ© font partie de la lĂ©gislation canadienne depuis 1978. À l’époque, ils permettaient dĂ©jĂ  au gouvernement fĂ©dĂ©ral d’expulser du territoire canadien, pour des raisons de sĂ©curitĂ©, un individu qui n’est pas citoyen canadien. Mais quelques mois aprĂšs les attentats du World Trade Center et du Pentagone, ces certificats ont Ă©tĂ© modifiĂ©s pour permettre Ă©galement au gouvernement fĂ©dĂ©ral de dĂ©tenir un individu pour une pĂ©riode illimitĂ©e sans qu’aucune accusation soit portĂ©e contre lui. Les certificats lui font aussi porter le fardeau de la preuve tout en l’empĂȘchant d’avoir accĂšs Ă  l’ensemble des Ă©lĂ©ments retenus contre lui et de contre-interroger des tĂ©moins clĂ©s. Ils lui retirent, en plus, le droit de faire appel d’une dĂ©cision d’expulsion. Le 23 fĂ©vrier 2007, la Cour suprĂȘme a jugĂ© unanimement, dans l’arrĂȘt Charkaoui c. Canada, que la procĂ©dure des certificats de sĂ©curitĂ© violait la Charte canadienne des droits et libertĂ©s, notamment parce qu’elle niait les principes de justice fonda- mentale qui donnent Ă  l’accusĂ© le droit Ă  une dĂ©fense pleine et entiĂšre et le protĂš- gent contre une dĂ©portation dans un pays oĂč sa vie pourrait ĂȘtre en danger. Cette procĂ©dure empĂȘche donc la tenue d’un procĂšs juste et Ă©quitable, brime la prĂ©somption d’innocence et, la plupart du temps, facilite une dĂ©tention prĂ©ventive et arbitraire pendant une pĂ©riode indĂ©terminĂ©e. La Cour a, cependant, jugĂ© consti- tutionnel le principe des certificats de sĂ©curitĂ©. Elle a donnĂ© un an au Parlement canadien pour corriger la Loi sur l’immigration et la protection des rĂ©fugiĂ©s qui prĂ©voit ces certificats. Cette dĂ©cision a confirmĂ© les craintes de ceux qui, comme le Bloc QuĂ©bĂ©cois, ont compris que la prĂ©vention contre toute menace terroriste ne pouvait justifier la sus- pension des libertĂ©s fondamentales et le retrait des droits fondamentaux dans un État de droit et une sociĂ©tĂ© dĂ©mocratique. CĂ©der nos principes et nos valeurs par crainte de la terreur, n’est-ce pas dĂ©jĂ  accorder une victoire Ă  ceux qui la fomen- tent ? Cela ne signifie Ă©videmment pas que toutes les mesures constitutionnelles ne doivent pas ĂȘtre prises pour protĂ©ger la population contre des attaques terroristes. Le projet de loi C-3, Loi modifiant la Loi sur l’immigration et la protection des rĂ©fu- giĂ©s (certificat et dĂ©fenseur) et une autre loi en consĂ©quence, dĂ©posĂ© le 22 octobre 2007, a Ă©tĂ© la rĂ©ponse du gouvernement conservateur Ă  la dĂ©cision de la Cour suprĂȘme. Il prĂ©voyait notamment : 202 Plateforme Ă©lectorale ‱ la prĂ©sence d’un avocat spĂ©cial ayant accĂšs Ă  la preuve secrĂšte pour veiller Élections 2008 aux intĂ©rĂȘts de la personne visĂ©e lors des huis clos;
    13. ‱ un droit d’appel extrĂȘmement limitĂ©; ‱ l’instauration d’un mĂ©canisme de rĂ©vision pĂ©riodique (aux six mois) de la pertinence de la dĂ©tention; ‱ l’abolition de la distinction entre les rĂ©sidents permanents et les « Ă©tran- gers », soit ceux qui n’ont pas de statut, et exigeait, dans les deux cas, la dĂ©livrance d’un mandat ministĂ©riel pour l’arrestation. Cependant, le projet de loi C-3 n’éliminait pas l’ensemble des failles des certificats de sĂ©curitĂ©. Soucieux de corriger pour de bon les importantes lacunes des certifi- cats de sĂ©curitĂ©, le Bloc QuĂ©bĂ©cois a proposĂ© une sĂ©rie d’amendements cruciaux lors de l’étude en comitĂ©. Ceux-ci ont cependant Ă©tĂ© rejetĂ©s, avec pour consĂ©- quence que le projet de loi comportait toujours des problĂšmes trĂšs sĂ©rieux liĂ©s Ă  la protection des droits et libertĂ©s de la personne. ConsĂ©quemment, le Bloc QuĂ©bĂ©cois a refusĂ© de cautionner ces lacunes sĂ©vĂšres et s’est opposĂ© Ă  l’adoption du projet de loi C-3. Le Bloc QuĂ©bĂ©cois ne demande pas que les certificats de sĂ©curitĂ© soient abolis, mais il propose les modifications suivantes Ă  la Loi sur l’immigration et la protection des rĂ©fugiĂ©s afin de mieux les encadrer et de rĂ©voquer les articles de la Loi qui ont Ă©tĂ© jugĂ©s anticonstitutionnels : ‱ l’établissement du critĂšre du « hors de tout doute raisonnable » pour valider le certificat plutĂŽt que le simple critĂšre « raisonnable »; ‱ l’inclusion d’une clause interdisant de maniĂšre explicite l’expulsion d’un individu vers un pays oĂč il risque la torture; ‱ l’octroi d’un rĂ©el droit d’appel. À l’heure actuelle, le droit d’appel est si limitĂ© qu’il n’en est pratiquement pas vĂ©ritablement un. 6.5 la contrebanDe Du tabac On assiste depuis quelques annĂ©es Ă  une recrudescence de la contrebande du tabac, aussi bien au QuĂ©bec qu’au Canada. En plus de contrevenir Ă  la loi et d’en- courager le tabagisme par la vente de produits du tabac Ă  des prix moins Ă©levĂ©s que dans les points de vente lĂ©gaux, cette activitĂ© prive les gouvernements de recettes qui autrement pourraient contribuer au bien commun. Le Bloc QuĂ©bĂ©cois propose que le gouvernement fĂ©dĂ©ral convie les diffĂ©rents intervenants liĂ©s Ă  cette problĂ©matique Ă  une rencontre pancanadienne afin de trouver des solutions durables Ă  ce problĂšme rĂ©current. 6.6 affaires Ă©trangĂšres : non Ă  une politiQue Ă  la george W. bush 203 Depuis l’effondrement de l’URSS, la puissance militaire des États-Unis est sans Plateforme Ă©lectorale rivale. Il n’en fallait pas plus pour que certains Étatsuniens, les nĂ©oconservateurs, Élections 2008
    14. rĂȘvent de rĂ©pandre dans le monde les valeurs amĂ©ricaines de dĂ©mocratie, de libertĂ© individuelle et de libre marchĂ©, par la force s’il le faut, et sans Ă©gard pour le dialo- gue international et la diversitĂ© des cultures et des points de vue. Les attentats du 11 septembre 2001 ont profondĂ©ment traumatisĂ© nos voisins du Sud. Les prĂ©occupations sĂ©curitaires se sont retrouvĂ©es en tĂȘte des prioritĂ©s chez les AmĂ©ricains. C’est alors que les nĂ©oconservateurs ont imprimĂ© un virage draco- nien dans la politique Ă©trangĂšre amĂ©ricaine, conciliant l’insĂ©curitĂ© croissante de leur population avec leur dĂ©sir d’imposer une pax americana. On connaĂźt la suite : c’est la « guerre au terrorisme », c’est l’Irak, c’est Guantanamo, c’est une plus grande rĂ©ticence Ă  travailler au sein des institutions internationales, c’est la multiplication d’ententes bilatĂ©rales de libre-Ă©change pour intĂ©grer le plus grand nombre de pays possible dans la zone d’influence des États-Unis. Bref, on a assistĂ© une remise en question de la sĂ©curitĂ© collective, de la primautĂ© du droit international et du rĂŽle central des institutions multilatĂ©rales comme fon- dements de l’ordre international. Tous les pays ont subi ces pressions et ces ten- sions. Dans ce contexte, il est d’autant plus important que les pays soient dirigĂ©s par des gouvernements qui croient au multilatĂ©ralisme et Ă  la primautĂ© du droit international. Malheureusement, les conservateurs de Stephen Harper sont fortement inspirĂ©s par le parti de George W. Bush aux États-Unis. Stephen Harper Ă©tait un farouche partisan de la guerre en Irak. À son arrivĂ©e Ă  la tĂȘte du gouvernement canadien, il a imprimĂ© un virage important et parfois improvisĂ© Ă  la politique Ă©trangĂšre cana- dienne pour l’aligner sur les positions du gouvernement amĂ©ricain. Le QuĂ©bec ne peut souscrire Ă  ce virage. Par sa langue, la nation quĂ©bĂ©coise est soumise Ă  des influences trop multiples pour voir le monde Ă  travers le prisme amĂ©ricain. Par sa taille, le QuĂ©bec ne saurait trouver sa place dans un monde oĂč la force prime le droit. Le QuĂ©bec privilĂ©gie le dialogue, la nĂ©gociation et le rĂšgle- ment pacifique des conflits, tant Ă  l’interne que sur la scĂšne internationale. Bref, le QuĂ©bec ne saurait accepter une politique Ă©trangĂšre canadienne qui serait cal- quĂ©e sur celle des États-Unis. Cette politique ne tient pas compte de la diffĂ©rence quĂ©bĂ©coise. Le virage militariste que le gouvernement Harper cherche Ă  implanter au Canada n’a jamais Ă©tĂ© exposĂ© ni discutĂ© Ă  la Chambre des communes. Il se fait Ă  la piĂšce par un abandon graduel de l’importance que le Canada accorde aux institutions et aux missions de paix de l’ONU, par des achats militaires inconsidĂ©rĂ©s d’une ampleur jamais vue depuis des dĂ©cennies, par une rhĂ©torique de gros bras vis-Ă - vis des conflits internationaux et en cessant de prĂ©senter le Canada en mĂ©diateur constructif. le multilatĂ©ralisme : une question de principe 204 Le multilatĂ©ralisme est un principe fondateur qui s’incarne dans les institutions Plateforme Ă©lectorale internationales (l’ONU, l’OMC, etc.) et dans le droit international. Essentiellement, Élections 2008 il est le rĂ©sultat de conventions entre les États qui dĂ©terminent les rĂšgles qui
    15. ordonneront leurs relations communes afin que les diffĂ©rends soient rĂ©glĂ©s par la nĂ©gociation et non les armes. En toute logique, il est dans l’intĂ©rĂȘt du QuĂ©bec de participer Ă  un systĂšme interna- tional multilatĂ©ral, car c’est dans un tel contexte que les pays qui ne sont pas des grandes puissances, comme le Canada ou un QuĂ©bec souverain, peuvent avoir une voix au chapitre des affaires internationales. C’est principalement Ă  l’Organisation des Nations Unies (ONU) — et au sein de ses divers comitĂ©s et agences — qu’il revient aux États de faire entendre leur voix, de collaborer Ă  leur dĂ©veloppement et, dans la mesure du possible, d’établir des solutions pacifiques Ă  leurs diffĂ©rends. L’action de l’ONU est guidĂ©e par sa Charte, qui dĂ©finit les objectifs des Nations Unies de façon Ă  maintenir la paix et la sĂ©curitĂ© internationale, Ă  dĂ©velopper entre les nations des relations amicales et Ă  rĂ©aliser la coopĂ©ration internationale en rĂ©solvant les problĂšmes internationaux d’ordre Ă©conomique, social, intellectuel ou humanitaire. La Charte de l’ONU est le principal fondement du droit international qui rĂ©git les relations entre les pays. Cette action se fonde sur un certain nombre de principes fondamentaux, dont celui de l’égalitĂ© souveraine de tous les États membres de l’ONU. Évidemment, ces États sont tenus Ă  remplir de bonne foi les obligations qu’ils ont assumĂ©es aux termes de la Charte. À cet effet, ils conviennent de rĂ©gler leurs diffĂ©rends internationaux par des moyens pacifiques. ConsĂ©quemment, ces États doivent s’abstenir, dans leurs relations internationales, de recourir Ă  la menace ou Ă  l’emploi de la force et ils s’engagent alors Ă  donner aux Nations Unies pleine assistance dans toute action entreprise conformĂ©ment aux dispositions de la Charte. Le Bloc QuĂ©bĂ©cois croit Ă  la primautĂ© du droit international et au multilatĂ©ralisme. Ces principes orientent dĂ©jĂ  ses prises de position concernant les interventions de la communautĂ© internationale en cas de conflit ou d’une intervention visant Ă  prĂ©venir un conflit. l’usage de la force : le cas de la guerre en irak L’intervention des États-Unis en Irak a Ă©tĂ© un test difficile pour le systĂšme interna- tional. Dans le cas de cette guerre, le Bloc QuĂ©bĂ©cois a maintenu que le Canada ne devait en aucun cas envisager une participation militaire en Irak tant que celle-ci s’accomplirait en dehors d’un mandat des Nations Unies. C’est selon ce principe que le Bloc QuĂ©bĂ©cois s’est opposĂ©, lors d’un vote Ă  la Chambre des communes, Ă  l’intervention canadienne dans ce conflit, et ce, puisque les dĂ©marches d’inspection donnaient encore des rĂ©sultats Ă  ce moment-lĂ  et, sur- tout, parce qu’elles donnaient Ă©galement une chance Ă  la paix. La trĂšs forte mobi- lisation des QuĂ©bĂ©cois et les pressions incessantes exercĂ©es par le Bloc QuĂ©bĂ©cois 205 ont fait en sorte que l’ancien gouvernement libĂ©ral, divisĂ© sur la question, a dĂ©cidĂ© Plateforme Ă©lectorale de ne pas participer Ă  cette guerre. Élections 2008
    16. Nous avons Ă©galement demandĂ© Ă  l’ancien gouvernement libĂ©ral de respecter ses prises de position ainsi que celles de la communautĂ© internationale et d’exiger que l’ONU soit seule responsable de la gestion et de la reconstruction de l’Irak. Notons tout de suite que l’Afghanistan n’est pas l’Irak. Dans ce cas-ci, la Force internationale d’assistance Ă  la sĂ©curitĂ©, dirigĂ©e par l’OTAN, a reçu l’appui du Conseil de sĂ©curitĂ© des Nations Unies. Sans compter que le rĂ©gime taliban consti- tuait une menace rĂ©elle Ă  la paix internationale. C’est pourquoi le Bloc QuĂ©bĂ©cois a appuyĂ© l’intervention canadienne en Afghanistan en 2001. Le Bloc QuĂ©bĂ©cois rejette fortement la notion de guerre prĂ©ventive par laquelle un pays s’arroge le droit d’en attaquer un autre, mĂȘme en l’absence de menace avĂ©rĂ©e et imminente. Le Bloc QuĂ©bĂ©cois estime cependant qu’une intervention militaire, mĂȘme non sanctionnĂ©e par le Conseil de sĂ©curitĂ© de l’ONU, peut ĂȘtre justifiĂ©e pour Ă©viter des violations massives aux droits humains. C’est ce qu’on appelle le devoir d’intervention humanitaire. Les modalitĂ©s d’intervention restent cependant Ă  dĂ©terminer — et c’est lĂ  tout un dĂ©fi. rĂ©forme de l’onu Le 21 mars 2005, l’ancien secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’ONU Kofi Annan a rendu public un rapport dans lequel il indiquait son intention de renforcer l’ONU. Ses trois grands thĂšmes, vivre Ă  l’abri du besoin, vivre Ă  l’abri de la peur et vivre dans la dignitĂ© constituent un programme qui exige des rĂ©formes de l’organisation elle- mĂȘme, notamment l’élargissement du Conseil de sĂ©curitĂ©, afin de la rendre plus reprĂ©sentative. Le 28 avril 2006, le Conseil de sĂ©curitĂ© de l’ONU a adoptĂ© la rĂ©solution 1674 qui endosse les recommandations de Kofi Annan quant Ă  la protection des civils lors de conflits armĂ©s (vivre Ă  l’abri de la peur). Le Bloc QuĂ©bĂ©cois souscrit toujours aux principes qu’on retrouve dans le rapport de Kofi Annan et entend talonner le gouvernement pour qu’il joue un rĂŽle beaucoup plus constructif pour le renforcement des Nations Unies. les conservateurs appuient l’onu, mais seulement quand ça fait leur affaire Dans l’énoncĂ© politique de 2005 du Parti conservateur, ainsi que dans sa plate- forme Ă©lectorale de 2006-2007, il n’y a aucune mention du mot ou de la notion se rattachant au multilatĂ©ralisme. En juin 2006, l’ancien ministre des Affaires Ă©trangĂšres du Canada, Peter MacKay, dĂ©clarait Ă  la session inaugurale du Conseil des droits de l’homme, Ă  GenĂšve : « Le Canada a toujours Ă©tĂ© un promoteur du multilatĂ©ralisme — mais d’un multilatĂ©ra- 206 lisme efficace qui sacrifie les processus aux rĂ©sultats. » (19 juin 2006) Plateforme Ă©lectorale Élections 2008
    17. Par cette dĂ©claration, les conservateurs adhĂšrent Ă  une dĂ©finition du multilatĂ©ra- lisme conforme Ă  la vision de George W. Bush. Tout juste avant la guerre de l’Irak, les États-Unis ont agi unilatĂ©ralement parce que les discussions, selon eux, pre- naient trop de temps. La position des conservateurs n’était donc qu’une adhĂ©sion de façade au multilatĂ©ralisme. Le Bloc QuĂ©bĂ©cois considĂšre que les interventions militaires devraient ĂȘtre uniquement entreprises avec l’aval de l’ONU — organisation chargĂ©e de faire en sorte que d’autres solutions puissent ĂȘtre appliquĂ©es en lieu et place de la guerre — et parce qu’il est contre toute action unilatĂ©rale et contre la notion de guerre prĂ©ventive engagĂ©e en l’absence de menace imminente et Ă©tablie. Exceptionnellement, lorsque le Conseil de sĂ©curitĂ© n’arrive pas Ă  prendre position et que des populations se trouvent victimes de graves crimes de guerre, de crimes contre l’humanitĂ© ou de gĂ©nocide, le Bloc QuĂ©bĂ©cois pourrait passer outre le respect du droit et appuyer une intervention visant Ă  protĂ©ger les populations civiles, mais toujours dans un cadre multilatĂ©ral. 6.7 pour une vĂ©ritable politiQue Ă©trangĂšre Le gouvernement Harper n’a jamais offert une orientation pour encadrer la politi- que Ă©trangĂšre et la dĂ©fense du Canada. Depuis son arrivĂ©e au pouvoir, les dĂ©cisions prises sur la scĂšne internationale font preuve d’amateurisme et, pire encore, elles vont Ă  l’encontre des valeurs de la nation quĂ©bĂ©coise et des positions traditionnel- les du Canada. Les interventions du gouvernement fĂ©dĂ©ral en politique Ă©trangĂšre font preuve de manichĂ©isme. Les conservateurs font une lecture des relations internationales uni- quement en termes de « bien » et de « mal », une lecture totalement dĂ©nuĂ©e de nuance et de subtilitĂ© et qui s’apparente Ă  la dĂ©claration de George W. Bush Ă  l’effet que « ceux qui ne sont pas avec nous sont contre nous et avec les terroristes ». En se collant sur George W. Bush, le gouvernement de Harper s’est aliĂ©nĂ© des alliĂ©s importants du Canada, dont bon nombre de pays europĂ©ens. Lorsque le Canada est sorti de son statut de Dominion assujetti au Parlement du Royaume-Uni, le premier ministre Lester B. Pearson a jouĂ© un rĂŽle incontournable dans la dĂ©finition de ce qui allait devenir la politique Ă©trangĂšre du Canada. TrĂšs tĂŽt, le Canada s’est dĂ©marquĂ© des grandes puissances par son approche Ă©qui- librĂ©e, par la mĂ©diation lors des conflits, par le multilatĂ©ralisme et par le respect du droit international. La contribution de Pearson, notamment lors de la crise du canal de Suez, est devenue en quelque sorte la base de la politique Ă©trangĂšre canadienne. Cette approche a permis au Canada de jouer un rĂŽle d’importance sur la scĂšne internationale et de prĂ©server son indĂ©pendance vis-Ă -vis de voisins plus puissants et plus directement impliquĂ©s dans les conflits. Avec l’arrivĂ©e des conservateurs au pouvoir, le glissement dans la politique Ă©tran- 207 gĂšre canadienne, amorcĂ© sous les libĂ©raux de Paul Martin, s’accĂ©lĂšre d’une maniĂšre Plateforme Ă©lectorale inquiĂ©tante. Élections 2008
    18. Le gouvernement dĂ©laisse de plus en plus le rĂŽle traditionnel du Canada en matiĂšre de relations internationales pour adopter des partis pris idĂ©ologiques et la protec- tion d’intĂ©rĂȘts spĂ©cifiques. Il semble tout particuliĂšrement y avoir rupture avec la tradition diplomatique du Canada au Proche-Orient qui, en tant que mĂ©diateur apprĂ©ciĂ©, dĂ©fendait le droit international plutĂŽt que de dĂ©fendre les bons contre les mĂ©chants. Or, les conservateurs n’ont jamais prĂ©sentĂ© de politique Ă©trangĂšre Ă  la population afin que cette derniĂšre sache ce qu’il en serait lorsque le gouvernement fĂ©dĂ©ral interviendrait sur la scĂšne internationale. En d’autres mots, le gouvernement de Stephen Harper Ă©vacue tout dĂ©bat sur les orientations de la politique Ă©trangĂšre de son gouvernement. Par ailleurs, depuis l’arrivĂ©e des conservateurs, nous exigions que le gouverne- ment prĂ©sente une politique de la dĂ©fense afin d’encadrer les dĂ©penses dans ce domaine. Pendant plus de deux ans, ce gouvernement conservateur s’est lancĂ© dans une sĂ©rie de dĂ©penses exorbitantes sans tenir un vaste dĂ©bat sur les orienta- tions Ă  donner au mandat des Forces armĂ©es, Ă  l’élaboration de leurs composantes, de leurs structures et Ă  la dĂ©finition stratĂ©gique des trois grandes missions qui leur sont confiĂ©es, Ă  savoir protĂ©ger la population canadienne, dĂ©fendre l’AmĂ©rique du Nord et contribuer Ă  la paix et Ă  la sĂ©curitĂ© internationales. Le 19 juin 2008, le gouvernement a finalement publiĂ© son plan de dĂ©fense, pen- dant la nuit, dans Internet, sans le dire Ă  Ăąme qui vive. On ne peut que dĂ©noncer la façon avec laquelle le gouvernement a prĂ©sentĂ© cette politique de dĂ©fense : il a publiĂ© sur son site internet cette politique Ă  la veille de l’ajournement des travaux de la Chambre pour la pĂ©riode estivale. Ainsi, il empĂȘche tout dĂ©bat de se tenir en Chambre sur la politique qu’il a dĂ©posĂ©e. De plus, le gouvernement a tenu Ă  l’écart le ComitĂ© permanent de la dĂ©fense dans la confection de la politique. Pour un gou- vernement qui s’est fait Ă©lire sur la base de la transparence, c’est Ă©loquent ! Si nous demandions une politique de la dĂ©fense pour encadrer les dĂ©penses mili- taires, nous croyons qu’une telle politique doit ĂȘtre subordonnĂ©e Ă  une politique Ă©trangĂšre claire. Or, ce n’est pas le cas. Les quelques analyses gĂ©opolitiques conte- nues dans cette politique de dĂ©fense ne sont que des gĂ©nĂ©ralitĂ©s et des affirma- tions simplistes. Rien de solide pour appuyer et justifier les hausses importantes du budget de la dĂ©fense. Le gouvernement se lance dans un investissement massif en dĂ©fense afin de se doter d’une armĂ©e Ă  la George W. Bush. Nous ne croyons pas, contrairement aux conservateurs, que le Canada doit possĂ©der une armĂ©e polyvalente capable de jouer tous les rĂŽles. Les AmĂ©ricains peuvent se le permettre, mais pas le Canada. Cela implique des hausses de budgets que nous ne souhaitons pas appuyer. Comme le dĂ©montre cette politique, les conservateurs prĂ©voient dĂ©penser 490 milliards de dollars sur 20 ans, rien de moins ! Nous croyons qu’une partie de cette somme serait mieux investie ailleurs, Ă  l’aide au dĂ©veloppement par exemple. 208 Nous croyons aussi que le Canada doit exercer un leadership sur la scĂšne interna- Plateforme Ă©lectorale tionale non pas avec une approche militaire mais plutĂŽt diplomatique. Or, force est Élections 2008 de constater que depuis 2006, les conservateurs dĂ©laissent le rĂŽle diplomatique traditionnel du Canada pour s’investir complĂštement dans le militaire.
    19. 6.8 conflit israĂ©lo-palestinien Depuis l’automne 2004, il est clair qu’il y a eu un changement dans la position traditionnelle du Canada Ă  l’égard du conflit israĂ©lo-palestinien, un changement qui dĂ©note une rupture avec l’approche Ă©quilibrĂ©e traditionnelle du Canada. Ce changement d’approche, amorcĂ© sous l’impulsion de l’ancien gouvernement libĂ©ral et poursuivi par les conservateurs, a pu ĂȘtre constatĂ©, entre autres, lors des votes Ă  l’ONU portant sur la question israĂ©lo-palestinienne. En prenant parti, le Canada s’est discrĂ©ditĂ© comme mĂ©diateur impartial. C’est ainsi que le Canada a retirĂ© son appui au ComitĂ© pour l’exercice des droits inaliĂ©nables du peuple palestinien, lequel relĂšve du secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’ONU. Il s’est opposĂ© ou s’est abstenu de voter lors de rĂ©solutions qui faisaient rĂ©fĂ©rence Ă  l’avis de la Cour internationale de justice sur la question du mur qui sĂ©pare les communautĂ©s israĂ©lienne et palestinienne. Ottawa a cessĂ© d’appuyer la rĂ©solution sur le RĂšglement pacifique de la question israĂ©lo-palestinienne parce qu’elle ne condamne pas « d’une maniĂšre explicite et sans Ă©quivoque » les attentats suicides, dont la fin serait une condition prĂ©alable au rĂšglement. Il a aussi cessĂ© d’appuyer la rĂ©solution condamnant l’occupation du plateau du Golan, parce qu’elle ne met la responsabilitĂ© que sur IsraĂ«l. Au Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, le Canada a Ă©tĂ© le seul Ă  voter contre une rĂ©solution qui visait Ă  dĂ©noncer les colonies de peuplements illĂ©gales en ter- ritoire palestinien occupĂ©. Pour le Canada, la Commission n’était pas un organe appropriĂ© pour traiter de cette question. Le 29 mars 2006, le Canada a Ă©tĂ© le premier pays Ă  retirer l’aide canadienne dĂ©cernĂ©e au gouvernement palestinien, dirigĂ© par le Hamas, le jour mĂȘme oĂč ce nouveau gouvernement, dĂ©mocratiquement Ă©lu, Ă©tait assermentĂ©. Lorsque le gouvernement canadien a coupĂ© son aide, le Bloc QuĂ©bĂ©cois a dĂ©plorĂ© « la façon cavaliĂšre et prĂ©cipitĂ©e par laquelle le gouvernement de Stephen Harper a choisi de retirer l’aide canadienne au gouvernement nouvellement Ă©lu des ter- ritoires palestiniens » (communiquĂ© du Bloc QuĂ©bĂ©cois, 29 mars 2006). Tout en manifestant notre inquiĂ©tude, nous estimions que le gouvernement aurait dĂ» lais- ser au nouveau gouvernement palestinien le temps de dĂ©montrer son respect des normes internationales en matiĂšre de droits de la personne et de ses engagements en faveur de la paix avec IsraĂ«l. Par la suite, le Bloc QuĂ©bĂ©cois a demandĂ© au gouvernement canadien qu’il mette en place « un processus temporaire pour acheminer l’aide humanitaire Ă  la Palestine sans transiter par le Hamas ». GrĂące aux nombreuses pressions du Bloc QuĂ©bĂ©cois, le gouvernement fĂ©dĂ©ral a dĂ©cidĂ© rĂ©acheminer son aide Ă  l’AutoritĂ© palestinienne par un mĂ©canisme temporaire. Reste que le gouvernement de Stephen Harper, parce qu’il n’a plus de politique Ă©trangĂšre indĂ©pendante de celle des États-Unis, a minĂ© la capacitĂ© du Canada de jouer un rĂŽle constructif dans le rĂšglement du conflit israĂ©lo-palestinien. Il est 209 urgent de revenir Ă  une position plus Ă©quilibrĂ©e, plus tournĂ©e vers la mĂ©diation lors Plateforme Ă©lectorale des conflits, le multilatĂ©ralisme et le respect du droit international. Élections 2008
    20. 6.9 conflit israĂ©lo-libanais Lors du conflit entre IsraĂ«l et le Liban Ă  l’étĂ© 2006, Stephen Harper a pris claire- ment position en faveur d’un des partis en affirmant que la rĂ©ponse d’IsraĂ«l Ă©tait « mesurĂ©e ». On se souviendra que l’enlĂšvement de cinq soldats israĂ©liens par le Hezbollah libanais avait amenĂ© IsraĂ«l Ă  lancer une guerre totale au Liban, incluant la destruction d’infrastructures civiles, entraĂźnant le dĂ©placement de centaines de milliers de civils. Cette dĂ©claration a sĂ©rieusement compromis le rĂŽle traditionnel de mĂ©diateur qu’avait le Canada sur la scĂšne internationale. Le Canada a Ă©tĂ© le seul pays Ă  adopter une telle position. MĂȘme Washington n’était pas allĂ© aussi loin. Si le Bloc QuĂ©bĂ©cois reconnaĂźt Ă  IsraĂ«l le droit de se dĂ©fendre, nous avons nĂ©anmoins critiquĂ© la dĂ©claration de Stephen Harper, car elle a en quelque sorte cautionnĂ© les attaques israĂ©liennes sur une population civile ainsi que la destruction d’infrastructures civiles libanaises. De plus, il s’est aliĂ©nĂ© les alliĂ©s europĂ©ens du Canada. 6.10 relations avec la chine Au regard de la question de la Chine, le gouvernement Harper a montrĂ© Ă  nou- veau son amateurisme. Le Bloc QuĂ©bĂ©cois est d’accord pour que les droits de la personne se situent au cƓur des relations avec la Chine. Cependant, le gouverne- ment conservateur s’est lui-mĂȘme retirĂ© la capacitĂ© de traiter de cette importante question lorsque Stephen Harper a publiquement critiquĂ© le bilan chinois sur les droits de la personne tout juste avant une rencontre avec les autoritĂ©s chinoises, en 2006. Le rĂ©sultat fut que ces derniers ont annulĂ© la rencontre. Ainsi, Stephen Harper n’a pas pu discuter d’affaires, de commerce ni de finances avec les Chinois, et encore moins aborder la question capitale des droits de la personne. Le Bloc QuĂ©bĂ©cois considĂšre que les enjeux d’affaires Ă©trangĂšres sont trop sĂ©rieux pour ĂȘtre improvisĂ©s Ă  la piĂšce. Il entend provoquer une Ă©tude sĂ©rieuse et un dĂ©bat sur la politique Ă©trangĂšre canadienne pour forcer le gouvernement Ă  dĂ©poser un Ă©noncĂ© de politique Ă©trangĂšre et Ă  le soumettre au Parlement. 6.11 afghanistan : passer De la guerre Ă  l’humanitaire Le dĂ©bat parlementaire entourant la mission en Afghanistan est un vrai festival de contradictions. Les libĂ©raux et les conservateurs prĂ©tendent vouloir que les soldats canadiens ces- sent d’ĂȘtre en Afghanistan pour y faire uniquement la guerre, mais demandent mal- grĂ© tout qu’ils restent Ă  Kandahar. Comme s’il Ă©tait possible que des soldats restent dans la zone de guerre sans y faire la guerre. La population du QuĂ©bec s’attend Ă  plus de franchise. De son cĂŽtĂ©, le NPD s’oppose Ă  toute date de retrait parce qu’il n’accepte rien 210 d’autre que le retrait immĂ©diat. C’est ainsi que le NPD s’est alliĂ© aux conservateurs Plateforme Ă©lectorale pour voter contre une motion demandant le retrait des troupes de Kandahar en Élections 2008 fĂ©vrier 2009. Sans cette irresponsabilitĂ© du NPD, le dĂ©bat entourant le retrait des
    21. troupes serait rĂ©glĂ© depuis un an et le Parlement se serait dĂ©jĂ  prononcĂ© pour la fin de la mission actuelle en fĂ©vrier 2009. En plus, la position nĂ©odĂ©mocrate est complĂštement irrĂ©aliste. S’il faut trois mois de prĂ©paration pour dĂ©mĂ©nager une maison, est-il pensable de dĂ©mĂ©nager une base de l’armĂ©e de la taille d’une petite ville en claquant des doigts ? À force de vouloir marquer des points politiques faciles, le NPD a nui Ă  sa cause et contribuĂ© Ă  la poursuite de la mission de combat. Dans tout ce dĂ©bat, seul le Bloc QuĂ©bĂ©cois a dĂ©veloppĂ© une position rigoureuse, rĂ©aliste, claire et constante, respectueuse des dĂ©sirs de la population du QuĂ©bec. mettre fin Ă  la mission actuelle Ă  Kandahar en fĂ©vrier 2009 Pour le Bloc QuĂ©bĂ©cois, la prĂ©sente mission en Afghanistan doit prendre fin en fĂ©vrier 2009. Le Canada, prĂ©sent en Afghanistan Ă  Kandahar depuis 2005, a fait sa part dans cette rĂ©gion instable. C’est au tour d’autres pays membres de l’OTAN de prendre le relai. Le Canada doit donc avertir, dans les plus brefs dĂ©lais, les membres de l’OTAN et leur dire qu’il retirera ses troupes militaires de la rĂ©gion de Kandahar lorsque sa mis- sion prendra fin en fĂ©vrier 2009, et ce, afin que ceux-ci puissent assurer la relĂšve. À partir de fĂ©vrier 2009, le Bloc QuĂ©bĂ©cois demande que les troupes canadiennes ne participent Ă  aucune mission en zone de combat en Afghanistan. Le Canada aura toujours un rĂŽle Ă  jouer tant en Afghanistan qu’au sein de la Force internationale d’assistance Ă  la sĂ©curitĂ© (FIAS), dont il demeure membre. Il doit ĂȘtre disponible pour accepter un autre type de mission, moins offensive. Cette prĂ©- sence du Canada doit ĂȘtre dans des provinces plus stables du pays. Le rĂŽle des militaires devrait ĂȘtre de s’assurer que les conditions soient propices aux activitĂ©s de reconstruction. Le contingent canadien pourrait avoir pour mission d’établir et de maintenir des pĂ©rimĂštres de sĂ©curitĂ© afin d’assurer la reconstruction, avoir le mandat de poursui- vre la formation de l’armĂ©e nationale d’Afghanistan ou de protĂ©ger les travailleurs humanitaires. Il est difficile de dĂ©terminer ce rĂŽle en dĂ©tail, ignorant quels seront les besoins de l’Afghanistan dans deux ans. Pour Bloc QuĂ©bĂ©cois il est clair que le Canada doit passer de la guerre Ă  l’humanitaire Ă  partir de fĂ©vrier 2009. la force seule ne pourra pas ramener la paix en afghanistan Il faut clarifier l’objectif des interventions canadienne et internationale. Elles doi- vent avant tout contribuer Ă  sortir le peuple afghan de l’extrĂȘme pauvretĂ©, Ă  mettre en place des institutions dĂ©mocratiques et Ă  reconstruire un État de droit afghan 211 viable. L’action militaire doit donc servir Ă  appuyer cet objectif, mais ne saurait, Plateforme Ă©lectorale Ă  elle seule, permettre de l’atteindre. Élections 2008
    22. Si le gouvernement fĂ©dĂ©ral a fait des gestes dans la bonne direction, grĂące notam- ment aux pressions du Bloc QuĂ©bĂ©cois, il n’en demeure pas moins qu’il reste beaucoup Ă  faire en peu de temps. Certes, le Canada n’est pas seul dans la mission en Afghanistan : il participe Ă  une mission multilatĂ©rale impliquant plus d’une trentaine de pays. Dans cette veine, le premier ministre doit exercer un leadership auprĂšs de la communautĂ© internationale afin d’apporter les changements qui s’imposent Ă  cette mission et pour que cette derniĂšre ne se solde pas par un Ă©chec, mais plutĂŽt par une rĂ©ussite qui servirait d’exemple pour l’instauration de la paix et la reconstruction d’États Ă  travers le monde. LĂ  rĂ©side, justement, l’incapacitĂ© de Stephen Harper. Au cours de son mandat, il s’est isolĂ© de la communautĂ© internationale en se collant de trop prĂšs aux États- Unis, notamment dans les dossiers du Liban et de Kyoto. refuser d’envoyer les dĂ©tenus afghans Ă  la torture C’est Ă  partir de 2006 que nous avons pris connaissance des allĂ©gations de torture envers les prisonniers afghans, remis aux autoritĂ©s afghanes par le Canada. Le Bloc QuĂ©bĂ©cois a alors questionnĂ© le ministre de la DĂ©fense de l’époque, M. Gordon O’Connor, et ce dernier nous rĂ©pondait que c’était la Croix-Rouge qui se chargeait de la supervision du traitement des prisonniers afghans. Or, nous avons appris par la suite que la Croix-Rouge n’avait jamais conclu d’entente avec le Canada quant Ă  la supervision du traitement des prisonniers. En fait, le Canada transfĂ©rait les prisonniers et s’en lavait ensuite les mains. À la suite des nombreuses pressions du Bloc QuĂ©bĂ©cois et de la sociĂ©tĂ© civile, le Canada a signĂ© une nouvelle entente avec l’Afghanistan quant au traitement des dĂ©tenus, le 3 mai 2007. Cette entente, meilleure que celle de 2005, n’a cepen- dant de valeur que si elle est appliquĂ©e. Or, des allĂ©gations sĂ©rieuses et documentĂ©es de torture se multiplient. Le prĂ©sident Hamid KarzaĂŻ admet lui-mĂȘme qu’on pratique la torture dans les prisons afghanes. À tel point que des groupes de dĂ©fense des droits de la personne se sont adressĂ©s aux tribunaux pour qu’Ottawa cesse les transferts. Pour Ă©viter d’ĂȘtre blĂąmĂ© par les tribunaux, le gouvernement conservateur a alors annoncĂ© que les transferts de prisonniers avaient cessĂ©, mais qu’il l’avait cachĂ© Ă  tout le monde, y compris Ă  la Chambre des communes. Que fait le Canada des prisonniers maintenant qu’il ne les transfĂšre plus au gouver- nement afghan ? On l’ignore. Le gouvernement prĂ©tend que des raisons de sĂ©curitĂ© nationale l’empĂȘchent de le dire. Pourtant, quand il les transfĂ©rait au gouverne- ment afghan, on pouvait le savoir. Qu’est-ce qui a changĂ© pour que ça devienne subitement dangereux de le dire ? 212 Plateforme Ă©lectorale Le Bloc QuĂ©bĂ©cois estime que cette question est trop importante et que le gou- Élections 2008 vernement devrait, pour une fois, cesser de chercher Ă  cacher l’information pour permettre un dĂ©bat Ă©clairĂ©.
    23. Le Bloc QuĂ©bĂ©cois a toujours dĂ©fendu le principe selon lequel les dĂ©tenus faits par le Canada doivent ĂȘtre traitĂ©s humainement et en respect de la Convention de GenĂšve et de la Convention contre la torture. pour une solution politique et diplomatique On ne le dira jamais assez : la solution au conflit afghan ne pourra pas ĂȘtre exclusi- vement militaire. Pour ĂȘtre durable, elle devra ĂȘtre politique et diplomatique. Les besoins de l’Afghanistan sont trop grands et sa capacitĂ© d’action trop limitĂ©e pour que le pays puisse s’en sortir tout seul. Si nous le laissons quitter les Ă©crans radars de la communautĂ© internationale, il y a fort Ă  parier que l’Afghanistan ne pourra pas s’en sortir et redeviendra une menace pour la paix mondiale, comme il l’était sous les talibans. Une offensive diplomatique s’impose pour assurer un soutien durable Ă  ce pays fragile, en vue de parvenir Ă  une paix durable. Le Canada doit ĂȘtre l’instigateur d’une confĂ©rence internationale portant sur l’Afghanistan. Cette confĂ©rence devra faire le point sur la reconstruction et sur l’aide au dĂ©veloppement fournie par la communautĂ© internationale en Afghanistan, sur la problĂ©matique de la culture du pavot et sur la situation de la sĂ©curitĂ© qui existe en Afghanistan. Par ailleurs, les solutions ne pourront pas venir exclusivement des pays occiden- taux et faire fi des voisins de l’Afghanistan. Les puissances rĂ©gionales, notamment l’Iran, le Pakistan, l’Inde et la Chine ont un rĂŽle Ă  jouer dans la rĂ©solution du conflit et, si possible, dans la reconstruction du pays. Le Canada doit en particulier tra- vailler avec l’Afghanistan et le Pakistan afin que ces deux pays parviennent Ă  une entente pour assurer l’étanchĂ©itĂ© de la frontiĂšre retirant aux combattants talibans leurs bases de repli au Pakistan. Finalement, Ă  l’intĂ©rieur mĂȘme de l’Afghanistan, seule une solution politique pourra ĂȘtre durable. Le Canada doit appuyer fermement tous les gestes d’ouverture du gou- vernement afghan visant Ă  intĂ©grer dans la sociĂ©tĂ© civile les talibans et les insurgĂ©s afghans qui acceptent de dĂ©poser les armes sans conditions inacceptables. s’en prendre au trafic du pavot plutĂŽt qu’aux cultivateurs L’Afghanistan est la source de 90 % de l’hĂ©roĂŻne Ă©coulĂ©e dans le monde. Le trafic illicite d’opium est la source de bien des maux qui ravagent le pays. Il alimente la corruption de l’État afghan et sert au financement des talibans. L’éradication n’est pas une solution envisageable et viable. Elle pĂ©nalise les culti- vateurs pauvres qui se servent des revenus de cette culture pour nourrir leur famille et les rapproche des talibans et des trafiquants d’opium, tel que constatĂ© par de nombreux experts et organismes internationaux, dont la Banque mondiale. Les stratĂ©gies Ă  l’Ɠuvre pour contrer ce flĂ©au sont un Ă©chec patent. Le Canada doit revoir son approche envers cette question et inviter ses alliĂ©s Ă  faire de mĂȘme. 213 Plateforme Ă©lectorale Élections 2008
    24. Pour ce faire, le Canada doit adopter et appliquer une stratĂ©gie en trois temps qui permettrait de : ‱ contribuer Ă  la lutte contre le trafic et les trafiquants de l’opium; ‱ contribuer au financement et Ă  la mise sur pied de programmes de cultu- res alternatives, contribuer Ă  la construction des infrastructures — routes, marchĂ©s publics et moyens de rĂ©frigĂ©ration — en vue de la mise en marchĂ© des produits issus des cultures alternatives et contribuer Ă  la mise en place de mĂ©canismes qui favoriseraient l’achat, par le Canada, directement des paysans de leurs rĂ©coltes issues des cultures alternatives, ce qui aiderait au dĂ©veloppement de ce marchĂ©, ‱ voir, en consultation avec la communautĂ© internationale, s’il est possible, pour une pĂ©riode transitoire, d’acheter directement auprĂšs des paysans une partie ou la totalitĂ© de leur rĂ©colte de pavot en vue d’une utilisation Ă  des fins mĂ©dicales, pour la fabrication de codĂ©ine ou de morphine, par exem- ple. Notons que cette idĂ©e a Ă©tĂ© reprise dans le rapport Manley. 6.12 l’aiDe publiQue au DĂ©veloppement : bien loin Des objectifs Du millĂ©naire la rĂ©duction de la pauvretĂ©, une obligation Aucun pays ne peut se dĂ©velopper tant qu’un degrĂ© minimal de sĂ©curitĂ© n’est pas assurĂ© Ă  sa population. Par « sĂ©curitĂ© », il faut entendre le droit Ă  la vie et Ă  la santĂ©. La pauvretĂ©, la misĂšre et l’insĂ©curitĂ© sont souvent des terreaux fertiles au ferment de la guerre et Ă  l’instabilitĂ© sociale et politique qui, Ă  leur tour, accroissent la pauvretĂ© et la misĂšre. Le Bloc QuĂ©bĂ©cois croit que l’aide publique au dĂ©veloppement provenant du Canada doit avoir pour objectif de rĂ©duire la pauvretĂ©. C’est pourquoi il a appuyĂ© et conti- nuera d’appuyer des initiatives qui assurent que l’aide publique au dĂ©veloppement vise Ă  rĂ©duire la pauvretĂ© qui porte directement atteinte Ă  la vie et Ă  la santĂ© Pour le Bloc QuĂ©bĂ©cois, l’aide publique au dĂ©veloppement doit s’articuler autour de principes et d’objectifs gĂ©nĂ©raux, mais bien dĂ©finis. Ceux-ci s’inspirent des objectifs du MillĂ©naire de l’ONU, auxquels le Canada a adhĂ©rĂ©, soit : ‱ rĂ©duire l’extrĂȘme pauvretĂ© et la faim; ‱ assurer l’éducation primaire pour tous; ‱ promouvoir l’égalitĂ© et l’autodĂ©termination des femmes; 214 ‱ rĂ©duire la mortalitĂ© infantile; Plateforme Ă©lectorale Élections 2008
    25. ‱ amĂ©liorer la santĂ© maternelle; ‱ combattre le VIH/SIDA, le paludisme et autres maladies; ‱ assurer un environnement durable; ‱ mettre en place un partenariat mondial pour le dĂ©veloppement. il faut hausser les budgets de l’aide publique au dĂ©veloppement En 1969, la Commission Pearson sur le dĂ©veloppement international recomman- dait que l’objectif de l’aide publique au dĂ©veloppement (APD) soit de 0,7 % du produit national brut (PNB) pour tous les pays industrialisĂ©s. En 1970, les Nations Unies adoptaient cet objectif. Le gouvernement canadien s’était aussi engagĂ© Ă  consacrer une enveloppe budgĂ©- taire Ă©quivalant Ă  0,7 % de son PNB. Toutefois, depuis le dĂ©but des annĂ©es 1990, cette enveloppe n’a cessĂ© de fondre, passant d’un peu moins de 0,50 % en 1991 Ă  0,25 % en 2000 et ne reprĂ©sentant aujourd’hui qu’un maigre 0,27 % du PNB. Entre 1996 et 2006, le Canada est ainsi passĂ© du 6e au 15e rang des 22 pays qui forment le ComitĂ© d’aide publique au dĂ©veloppement de l’OCDE. En 2003, le Parlement dĂ©cidait d’accroĂźtre l’aide Ă©trangĂšre de 8 % par annĂ©e pour la doubler d’ici 2010-2011, engagement confirmĂ© Ă  nouveau dans les budgets subsĂ©quents. À ce rythme, avec l’inflation et la croissance du PIB, le Canada ne respectera qu’en 2033 son engagement d’atteindre l’objectif de 0,7 % fixĂ© par l’ONU, alors qu’il s’est engagĂ© Ă  le faire en 2015. En matiĂšre d’aide au dĂ©velop- pement, le Canada est aussi en retard sur ses engagements internationaux qu’en matiĂšre de rĂ©duction des gaz Ă  effet de serre ! Le Bloc QuĂ©bĂ©cois demande que le gouvernement fĂ©dĂ©ral mette en place un plan rĂ©aliste visant l’atteinte de la cible fixĂ©e par l’ONU, soit de verser 0,7 % du PNB d’ici 2015. plus de transparence et de responsabilitĂ© Le Bloc QuĂ©bĂ©cois ne s’oppose pas Ă  ce que le Canada s’investisse davantage dans les projets et programmes multilatĂ©raux, bien au contraire. Nous avons toujours Ă©tĂ© pour une approche multilatĂ©rale dans nos aides publiques au dĂ©veloppement, car nous sommes convaincus que c’est par la coopĂ©ration et la solidaritĂ© qu’on peut rĂ©ellement faire une diffĂ©rence dans le monde. Cependant, le budget de 4,4 milliards de dollars qui y est consacrĂ© en 2008-2009 est une somme substantielle. La population est en droit d’exiger du gouvernement fĂ©dĂ©ral qu’il soit transparent et responsable dans l’utilisation des fonds publics. Or, le Bloc QuĂ©bĂ©cois croit que peu est fait Ă  cet Ă©gard. 215 En effet, le gouvernement ne rend pas compte des rĂ©sultats de l’aide internationale Plateforme Ă©lectorale qui transige par les institutions multilatĂ©rales. Nous ignorons donc si l’aide a Ă©tĂ© Élections 2008
    26. utilisĂ©e Ă  bon escient, de façon efficace et en toute transparence. Dans son budget 2007, le gouvernement conservateur veut « mieux rendre compte [des] programmes d’aide internationale aux contribuables canadiens » et offrir « des bilans plus faciles Ă  comprendre et plus frĂ©quents ». Or, au-delĂ  des beaux principes, rien de concret n’a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©. Le Bloc QuĂ©bĂ©cois pressera le gouvernement de prĂ©senter au ComitĂ© permanent des affaires Ă©trangĂšres et du dĂ©veloppement international un rapport contenant : ‱ un rĂ©sumĂ© du Rapport sur le rendement de l’ACDI; ‱ un compte-rendu de l’utilisation des sommes versĂ©es aux institutions multilatĂ©rales (tels la Banque mondiale, le Fonds monĂ©taire international, l’Association pour le dĂ©veloppement international, etc.) et de leurs rĂ©sultats. Davantage d’efficacitĂ© : crĂ©ation d’un comitĂ© consultatif Afin d’assurer une plus grande efficacitĂ©, le Bloc QuĂ©bĂ©cois croit que le gouverne- ment fĂ©dĂ©ral devrait mettre sur pied un comitĂ© consultatif sur l’aide au dĂ©veloppe- ment. Ce comitĂ© serait formĂ©, au plus, d’une vingtaine de membres. NommĂ©s par le ministre de la CoopĂ©ration internationale, les membres de ce comitĂ© proviendraient d’organismes de la sociĂ©tĂ© civile (ONG, organismes de bienfaisance, organisations fĂ©ministes et religieuses, syndicats, etc.) vouĂ©s au dĂ©veloppement international. Le Bloc QuĂ©bĂ©cois croit qu’un tel comitĂ© serait utile parce qu’il : ‱ donnerait son avis au ministre de la CoopĂ©ration internationale sur les matiĂšres relatives Ă  l’aide publique au dĂ©veloppement; ‱ transmettrait annuellement au ministre un rapport sur l’état des besoins, des lacunes et des recommandations quant Ă  l’aide publique au dĂ©veloppe- ment; ‱ solliciterait et recevrait des opinions des organismes de la sociĂ©tĂ© civile impliquĂ©s dans le dĂ©veloppement international. ‱ De mĂȘme, il serait pertinent de considĂ©rer la mise sur pied d’un mĂ©canisme capable de traiter les plaintes qui pourraient ĂȘtre formulĂ©es Ă  l’égard de l’ACDI concernant l’octroi de subventions ou de prĂȘts. 216 Plateforme Ă©lectorale Élections 2008
    27. 6.13 la DĂ©fense la nĂ©cessitĂ© d’une politique de dĂ©fense La politique de la dĂ©fense rendue publique le 19 juin 2008 et Ă©laborĂ©e en cachette, sans consultation parlementaire, est un exercice qui dĂ©montre le manque flagrant de transparence de ce gouvernement conservateur. En excluant les parlementaires, les conservateurs ont manquĂ© de respect envers le processus dĂ©mocratique. Nous croyons qu’il faut tenir un large dĂ©bat sur le rĂŽle que le Canada veut confier Ă  ses Forces armĂ©es et sur le type mĂȘme de forces militaires qui peuvent accom- plir ce rĂŽle. Des choix quant aux prioritĂ©s doivent ĂȘtre faits. Quant Ă  lui, le Bloc QuĂ©bĂ©cois privilĂ©gie les opĂ©rations multilatĂ©rales de rĂ©tablissement et de maintien de la paix. Afin d’établir ces choix, nous croyons qu’il faut mettre en place une consultation publique d’envergure. Le Bloc QuĂ©bĂ©cois demande que le gouvernement prĂ©sente une vĂ©ritable politique Ă©trangĂšre et de dĂ©fense. Il proposera que le ComitĂ© permanent des affaires Ă©trangĂšres et celui de la dĂ©fense l’analysent en dĂ©tail et tiennent des audiences sur ces politiques. Il entend profiter de cette Ă©tude pour proposer que le renforcement des institutions multilatĂ©rales et les missions de la paix soient clairement identifiĂ©s comme la prioritĂ© de l’armĂ©e. achats d’équipement militaire Mis ensemble, les budgets 2005-2006 et 2006-2007 prĂ©voient une hausse de 12,3 milliards de dollars sur six ans des crĂ©dits budgĂ©taires allouĂ©s Ă  la dĂ©fense, soit la plus forte hausse dans ce domaine depuis les 20 derniĂšres annĂ©es. De plus, dans le budget de 2008, le gouvernement conservateur s’est engagĂ© Ă  faire passer de 1,5 % Ă  2,0 % l’augmentation annuelle du budget allouĂ© Ă  la dĂ©fense Ă  compter de l’annĂ©e financiĂšre de 2011-2012. Le budget de la dĂ©fense nationale passera de 18 milliards de dollars en 2008-2009 Ă  30 milliards en 2027-2028. Au total, le gouvernement prĂ©voit investir prĂšs de 490 milliards de dollars sur 20 ans. Nous ne croyons pas, contrairement aux conservateurs, que le Canada devrait pos- sĂ©der une armĂ©e polyvalente et capable de jouer tous les rĂŽles. Cela implique des hausses de budgets que nous ne souhaitons pas appuyer. Notons que le gouvernement s’était engagĂ© Ă  dĂ©poser un plan de capacitĂ© militaire (document censĂ© fonder les achats militaires) au dĂ©but du printemps 2006. À ce jour, ce plan se fait toujours attendre. 217 Plateforme Ă©lectorale Élections 2008
    28. Les dĂ©penses militaires du Canada de 1996-1997 Ă  2007-2008 20000 18000 Millions de dollars 16000 14000 Millions $ 12000 10000 8000 7 8 9 0 1 2 3 4 5 6 7 8 99 99 99 00 00 00 00 00 00 00 00 00 6-1 7-1 8-1 9-2 0-2 1-2 2-2 3-2 4-2 5-2 6-2 7-2 1 199 1 99 1 2 99 2 2 992 2 00 2 200 2 00 00 00 00 00 00 1996-1997 1998-1999 2000-2001 2002-2003 2004-2005 2006-2007 1997-1998 1999-2000 2001-2002 2003-2004 2005-2006 2007-2008 Le gouvernement conservateur a entrepris un processus d’acquisition d’équipement militaire principalement liĂ© Ă  la prĂ©sente mission de combat en Afghanistan. Durant la semaine du 26 juin 2006, soit juste aprĂšs l’ajournement des travaux de la Chambre des communes, le ministre de la DĂ©fense, Gordon O’Connor (ancien lobbyiste des industries militaires), a annoncĂ© l’intention du gouvernement fĂ©dĂ©ral d’acquĂ©rir du matĂ©riel de dĂ©fense pour un total de 17,1 milliards de dollars, et ce, afin de mettre en Ɠuvre son plan de dĂ©fense nommĂ© « Le Canada d’abord ». Le volet avionique du projet totalise 13 milliards de dollars dont sept milliards pour l’achat de nouveaux aĂ©ronefs et six milliards pour leur soutien en service et leur entretien pendant 20 ans. 16 hĂ©licoptĂšres lourds : ....................................... 2,7 milliards 4 avions stratĂ©giques C-17 : ................................. 3,4 milliards 17 avions tactiques C-130J : ................................ 4,9 milliards 2300 camions de transport : ................................. 1,2 milliard 3 bateaux ravitailleurs : ........................................ 2,9 milliards Depuis, cette vague d’annonces d’acquisitions s’est poursuivie de plus belle, com- portant notamment les Ă©lĂ©ments suivants : 100 chars Leopard : ............................................. 2,65 milliards 6 Ă  8 navires de patrouille armĂ©e de l’Arctique : ..... 4,4 milliards Canons M777 (obusiers) : ..................................... 70 millions De plus, le 21 fĂ©vrier 2008, le premier ministre Harper annonçait que le budget du ministĂšre de la DĂ©fense augmentera dorĂ©navant de 0,5 % par annĂ©e en plus de l’augmentation annuelle de 1,5 % dĂ©jĂ  promise par le gouvernement. Or, si certains achats peuvent se justifier, par exemple le remplacement d’équi- pement pĂ©rimĂ©, la façon de procĂ©der du gouvernement, elle, ne peut l’ĂȘtre. Il fait preuve d’un manque flagrant de transparence dans ce dossier alors que des som- 218 mes colossales sont en jeu. Il a Ă©galement, pour l’acquisition des aĂ©ronefs, procĂ©dĂ© Plateforme Ă©lectorale sans appel d’offre, ce qui a amenĂ© la vĂ©rificatrice gĂ©nĂ©rale Ă  se pencher sur l’octroi Élections 2008 des contrats d’achats d’avions.
    29. De plus, les conservateurs ne se sont pas prĂ©occupĂ©s du fait que 55 % de l’indus- trie aĂ©ronautique est concentrĂ©e au QuĂ©bec en n’exigeant aucune retombĂ©e pour notre industrie. position du bloc QuĂ©bĂ©cois Le Bloc QuĂ©bĂ©cois a toujours appuyĂ© les initiatives qui visent Ă  amĂ©liorer les condi- tions de vie des militaires et il ne s’oppose pas systĂ©matiquement aux achats mili- taires. Par exemple, l’opĂ©ration en Afghanistan a rĂ©vĂ©lĂ© la nĂ©cessitĂ© de se doter de Nyala, un genre de vĂ©hicule utilitaire conçu pour rĂ©sister aux mines. Nous n’avons pas critiquĂ© cet achat parce que son utilitĂ© Ă©tait Ă©vidente. Nous sommes conscients que le processus d’acquisition du matĂ©riel militaire est trĂšs lent, mais une Ă©tude des propositions d’achat de matĂ©riel devant le ComitĂ© de la dĂ©fense mettrait les contribuables quĂ©bĂ©cois et canadiens Ă  l’abri des dĂ©cisions prĂ©cipitĂ©es prises par les conservateurs — dĂ©cisions prĂ©cipitĂ©es qui ont conduit Ă  l’achat des sous-marins et qui conduisent maintenant Ă  l’achat des C-17, deux types de matĂ©riel Ă  l’utilitĂ© plus que douteuse. Le Bloc QuĂ©bĂ©cois exige que le gouvernement fĂ©dĂ©ral dĂ©pose au ComitĂ© permanent de la dĂ©fense, pour Ă©tude, toute proposition d’achat d’équipement militaire de plus de 100 millions de dollars avant de procĂ©der. 6.14 monDialisation et commerce international Le cours actuel de la mondialisation, qui est un phĂ©nomĂšne porteur de grandes espĂ©rances, mais aussi de grandes injustices, doit ĂȘtre inflĂ©chi. La disparitĂ© de la richesse, le non-respect des droits et des libertĂ©s et le commerce libre de toute rĂ©glementation environnementale et du travail crĂ©ent plus de dĂ©sespoir que le contraire. L’ouverture au commerce et la crĂ©ation de rĂšgles internationales pour contrer le protectionnisme et protĂ©ger les investissements sont de bonnes choses auxquelles le Bloc QuĂ©bĂ©cois adhĂšre. Cela ne signifie pas que les rĂšgles commerciales doi- vent avoir prĂ©sĂ©ance sur le bien commun et la capacitĂ© des États Ă  redistribuer la richesse, Ă  protĂ©ger l’environnement et la culture et assurer Ă  leurs citoyens des services publics fondamentaux comme la santĂ© et l’éducation. pour une rĂ©vision de la politique commerciale Le QuĂ©bec est une nation commerçante. Nos entreprises, en particulier nos entre- prises de pointe, ne pourraient survivre sur le marchĂ© intĂ©rieur. Les exportations internationales reprĂ©sentent le tiers du PIB du QuĂ©bec. Si on y ajoute le commerce interprovincial, les exportations du QuĂ©bec reprĂ©sentaient 52 % de son PIB en 2005. Une position protectionniste serait contraire Ă  nos intĂ©- rĂȘts et c’est la raison pour laquelle le QuĂ©bec, et en particulier les souverainistes quĂ©bĂ©cois, ont massivement approuvĂ© l’Accord de libre-Ă©change avec les États- 219 Unis puis l’ALÉNA. Plateforme Ă©lectorale Élections 2008
    30. Et c’est pour la mĂȘme raison que le Bloc QuĂ©bĂ©cois a Ă©tĂ© le premier parti a demandĂ© une entente de libre-Ă©change avec l’Union EuropĂ©enne. En revanche, il serait naĂŻf et faux de prĂ©tendre que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Si la libĂ©ralisation du commerce a globalement entraĂźnĂ© un accroissement de la richesse, elle a aussi gĂ©nĂ©rĂ© son lot de perdants. L’environnement commercial s’est considĂ©rablement dĂ©tĂ©riorĂ© ces derniĂšres annĂ©es et il nous faut en tenir compte. Entre 2003 et 2007, le QuĂ©bec est passĂ© d’un important surplus commercial Ă  un dĂ©ficit commercial de 13 milliards de dollars. En 2006, chaque QuĂ©bĂ©cois a ainsi consommĂ© pour 2000 $ de plus que ce qu’il a produit. Et on ne parle ici que de la balance commerciale internationale, Ă  laquelle il faudrait ajouter un autre cinq milliard de dollars de dĂ©ficit commercial interpro- vincial, qui nous a aussi considĂ©rablement appauvris. En consĂ©quence de ce dĂ©ficit commercial, notre secteur manufacturier s’est dan- gereusement affaibli. Entre 2003 et 2007, il a perdu prĂšs de 150 000 emplois, la majoritĂ© des emplois perdus dans ce domaine au Canada, dont 65 000 depuis l’arrivĂ©e des conservateurs au pouvoir, principalement du fait de la concurrence Ă©trangĂšre et de la hausse du dollar. La libĂ©ralisation des Ă©changes ne peut ĂȘtre profitable que si elle est balisĂ©e par certaines rĂšgles. Autrement, elle n’est qu’une course vers le bas. Longtemps, la politique commerciale canadienne n’a visĂ© qu’à accroĂźtre l’accĂšs aux marchĂ©s Ă©trangers. De ce point de vue, elle a Ă©tĂ© un grand succĂšs. Aujourd’hui, la majoritĂ© des produits, reprĂ©sentant plus de 80 % du commerce mondial, circu- lent librement. Mais nous sommes maintenant Ă  mĂȘme de constater certains effets pervers de cette libĂ©ralisation dĂ©bridĂ©e : pressions extrĂȘmes sur notre industrie, dĂ©localisations Ă  rabais, accords commerciaux qui sont autant d’encouragements Ă  aller exploiter les populations et l’environnement dans les pays en dĂ©veloppement. L’environnement commercial a changĂ© ces derniĂšres annĂ©es et, en ce qui concerne le QuĂ©bec, ce n’est pas pour le mieux. Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie et ancien vice-prĂ©sident de la Banque mon- diale, disait ceci en recevant son doctorat honorifique Ă  l’UniversitĂ© de Louvain, le 3 fĂ©vrier 2003 : « En devenant de plus en plus interdĂ©pendants, nous avons dĂ©cou- vert que nous avions besoin de rĂšgles pour diriger le processus de mondialisation et pour crĂ©er des institutions l’aidant Ă  fonctionner. Malheureusement, ces rĂšgles ont trop souvent Ă©tĂ© dĂ©terminĂ©es par les pays riches pour servir leurs intĂ©rĂȘts et surtout les intĂ©rĂȘts particuliers au sein de ces pays. » Le Bloc QuĂ©bĂ©cois propose un changement dans les prioritĂ©s commerciales du Canada. AprĂšs la libĂ©ralisation des Ă©changes, le Canada doit maintenant se concentrer sur l’établissement de rĂšgles permettant des Ă©changes plus Ă©quitables. 220 Plateforme Ă©lectorale Élections 2008
    31. ouvert au commerce, mais pas n’importe comment : pour une mondialisation Ă©quitable Pour que les Ă©changes commerciaux soient mutuellement profitables, ils doivent d’abord ĂȘtre Ă©quitables. Un systĂšme commercial qui engendre l’exploitation dans les pays pauvres et le dumping dans les pays riches n’est pas viable. Nous ne pouvons pas accepter un libre-Ă©change qui aurait pour consĂ©quence un nivellement vers le bas. L’absence de standards en matiĂšre d’environnement ou de droit du travail dans les accords commerciaux exerce une pression Ă©norme sur nos industries, particuliĂš- rement nos industries traditionnelles. Il leur est trĂšs difficile de concurrencer des produits fabriquĂ©s au mĂ©pris des rĂšgles les plus Ă©lĂ©mentaires des droits sociaux. Le Bloc QuĂ©bĂ©cois estime que le travail des enfants, le travail forcĂ© et le dĂ©ni des droits fondamentaux des travailleurs constituent une forme de concurrence dĂ©loyale, au mĂȘme titre, voire davantage, que les subventions Ă  l’exportation ou le dumping. L’interdiction de ces pratiques est largement acceptĂ©e Ă  l’échelle inter- nationale comme en tĂ©moigne l’important niveau d’adhĂ©sion aux huit conventions fondamentales de l’Organisation internationale du travail. Il faut avoir le moyen de se protĂ©ger contre ces pratiques. Or, les accords commerciaux et les lois commerciales ne permettent pas de pro- tĂ©ger nos entreprises et nos travailleurs contre ce dumping social. Si un pays veut profiter des avantages du libre-Ă©change, il doit en contrepartie accepter un certain nombre de rĂšgles de base, notamment dans le domaine des droits sociaux. Cette question prĂ©occupe les organisations de dĂ©fense de l’environnement et des droits de la personne depuis longtemps. Ce qui est plus rĂ©cent, c’est qu’elle soit devenue un enjeu Ă©conomique de premier plan. Le QuĂ©bec, oĂč les industries mena- cĂ©es par la concurrence asiatique sont proportionnellement beaucoup plus prĂ©sen- tes qu’au Canada, est en avance dans ce dĂ©bat. Le Bloc QuĂ©bĂ©cois presse le gouvernement fĂ©dĂ©ral de rĂ©viser ses positions dans les nĂ©gociations commerciales pour faire en sorte d’inclure dans les accords commerciaux des clauses prĂ©voyant le respect de standards internationaux en termes de droit du travail, de respect des droits de la personne et de l’environnement. Le Bloc QuĂ©bĂ©cois considĂšre que le Canada, pour ĂȘtre crĂ©dible sur cette question, doit rapidement adhĂ©rer aux grandes conventions de l’Organisation internationale du travail contre les discriminations, le travail forcĂ© et le travail des enfants, pour le droit d’association syndicale et la libre nĂ©gociation. mieux protĂ©ger nos entreprises contre la concurrence dĂ©loyale Pour qu’un pays puisse exporter librement ses biens ou services et jouir de l’accĂšs aux marchĂ©s Ă©trangers que lui garantissent les accords de l’OMC, il doit se confor- mer Ă  un certain nombre de rĂšgles visant Ă  contrer la concurrence dĂ©loyale. Parmi les pratiques interdites, il y a le dumping, c’est-Ă -dire le fait de vendre un produit en bas de son juste prix. Lorsqu’une entreprise Ă©trangĂšre pratique du dumping, elle 221 doit s’attendre Ă  ce que les pays imposent des droits antidumping visant Ă  annuler Plateforme Ă©lectorale l’effet de ses pratiques dĂ©loyales. Élections 2008
    32. Or, au Canada, les lois commerciales sont dĂ©passĂ©es. Actuellement, dans la majoritĂ© des cas, il suffit qu’une entreprise Ă©trangĂšre vende son produit au mĂȘme prix sur son marchĂ© intĂ©rieur qu’ici pour qu’on estime qu’elle ne pratique pas de dumping. Dans une Ă©conomie de marchĂ©, on peut fort bien admettre que le prix pratiquĂ© sur le marchĂ© intĂ©rieur reflĂšte correctement la valeur du produit. Mais qu’est-ce qu’on fait lorsqu’une foule de pratiques gouvernementales viennent diminuer artificiel- lement les coĂ»ts de production ? Ou lorsqu’une monnaie est artificiellement dĂ©va- luĂ©e ? Ou lorsque la banque prĂȘte Ă  l’entreprise Ă  un taux dĂ©risoire parce qu’elle appartient Ă  l’État ? En pareil cas, il n’est mĂȘme pas utile d’aller regarder le prix sur le marchĂ© intĂ©rieur. Il ne reflĂšte rien du tout parce qu’il est dĂ©valuĂ© lui aussi. Il faut aller voir ailleurs pour trouver quel est vraiment le juste prix. C’est ce que font les États-Unis et l’Union europĂ©enne. Et lĂ , il devient possible de savoir s’il y a du dumping. Contrairement Ă  l’Union europĂ©enne et aux États-Unis, le Canada s’est mis Ă  consi- dĂ©rer en 2003 que la Chine avait une Ă©conomie de marchĂ©, rendant trĂšs difficile la prise de droits antidumping. RĂ©sultat : entre 2003 et 2006, le nombre de produits sur lesquels s’appliquent des droits antidumping a diminuĂ© des trois quarts. De 2001 Ă  2006, les importations chinoises au Canada ont presque triplĂ©, passant de 12 Ă  32 milliards de dollars, gĂ©nĂ©rant un dĂ©ficit commercial de 26 milliards de dollars et causant les dommages qu’on connaĂźt dans notre industrie. Aujourd’hui, ce sont nos industries Ă  plus faible intensitĂ© technologique comme la bicyclette, le textile, le vĂȘtement et le meuble qui en font les frais. Demain, ce pourraient ĂȘtre nos industries de pointe, puisque rien ne permet de croire que la Chine restera longtemps confinĂ©e dans la production de biens Ă  faible valeur ajou- tĂ©e. Il ne faut pas attendre que notre base Ă©conomique soit complĂštement effon- drĂ©e pour mettre Ă  jour nos lois commerciales. Le Bloc QuĂ©bĂ©cois a dĂ©posĂ© un projet de loi pour moderniser les lois canadiennes en matiĂšre de droits antidumping. Malheureusement, les libĂ©raux et les conserva- teurs se sont alliĂ©s en dĂ©cembre 2007 pour le faire battre. Il faudra revenir Ă  la charge. Par ailleurs, seules les entreprises peuvent actuellement dĂ©poser des plaintes au Tribunal canadien du commerce extĂ©rieur. Or, dans les cas de dĂ©localisation, il arrive que nos usines ferment et que nos emplois se perdent parce qu’ils sont vic- times de la concurrence dĂ©loyale provenant d’une entreprise canadienne prĂ©sente Ă  l’étranger. En pareil cas, l’entreprise d’ici ne dĂ©posera Ă©videmment pas de plainte; elle dĂ©po- serait cette plainte contre elle-mĂȘme. Des pratiques dĂ©loyales, qui seraient consi- dĂ©rĂ©es comme anticoncurrentielles et interdites si elles Ă©taient pratiquĂ©es sur le marchĂ© canadien, deviennent ainsi tolĂ©rĂ©es lorsque le produit est fabriquĂ© Ă  l’étranger, tout simplement parce que les lois sont dĂ©passĂ©es. 222 Plateforme Ă©lectorale Élections 2008
    33. Le Bloc QuĂ©bĂ©cois prĂ©sentera des amendements aux lois commerciales pour les moderniser : ‱ en clarifiant les critĂšres permettant d’évaluer si nos entreprises sont victimes de dumping; ‱ en permettant aux syndicats de dĂ©poser eux-mĂȘmes des plaintes au Tribunal canadien du commerce extĂ©rieur, notamment pour faire face aux situations oĂč l’entreprise n’en dĂ©posera pas parce qu’elle a dĂ©localisĂ© sa production Ă  l’étranger. respecter les dĂ©cisions du tribunal du commerce Lorsque le Tribunal canadien du commerce extĂ©rieur constate que les entreprises subissent un dommage grave et sont menacĂ©es par des importations qui augmen- tent Ă  une vitesse folle, il autorise le gouvernement Ă  les protĂ©ger temporairement (pour un maximum de cinq ans), le temps qu’elles se modernisent et qu’elles affrontent la concurrence Ă©trangĂšre. Ces mesures, prĂ©vues dans les accords com- merciaux, s’appellent des mesures de sauvegarde. Jusqu’à maintenant, chaque fois que le Tribunal du commerce a recommandĂ© au gouvernement de prendre des mesures de sauvegarde pour donner aux industries un peu de temps pour s’adapter, le gouvernement fĂ©dĂ©ral a toujours refusĂ©. Dans tous les cas, il s’agissait d’entreprises fortement prĂ©sentes au QuĂ©bec, comme les bicyclettes, le textile ou le vĂȘtement. Par exemple, en septembre 2005, le Tribunal concluait que « les importations accrues de bicyclettes [
] constituaient une cause principale du dommage grave portĂ© aux producteurs nationaux », que nos entreprises « n’ont pas rĂ©alisĂ© de profits au cours des cinq derniĂšres annĂ©es », que la production a baissĂ© de 35 % et l’em- ploi de 29 %. En consĂ©quence, le Tribunal affirmait que « la façon la plus simple, la plus efficace et la plus directe de rĂ©parer l’effet de ces avantages consiste Ă  rele- ver le coĂ»t des importations par l’application d’une surtaxe temporaire sur toutes les importations vendues dans cette fourchette de prix ». On retrouve des causes semblables Ă  propos de l’industrie du textile et du vĂȘtement. Il est inacceptable que le gouvernement reste les bras croisĂ©s lorsque le Tribunal du commerce lui affirme que la seule façon d’éviter l’effondrement de pans entiers de la base industrielle quĂ©bĂ©coise est de prendre des mesures de sauvegarde. Le Bloc QuĂ©bĂ©cois pressera le gouvernement de respecter les dĂ©cisions du Tribunal canadien du commerce extĂ©rieur lorsqu’il constate qu’un secteur industriel subit un dommage grave du fait des importations accrues et qu’il recommande de prendre des mesures de sauvegarde. n’abandonnons pas la voie multilatĂ©rale Si le projet de zone de libre-Ă©change des AmĂ©riques est sur la glace et que la ronde de Doha Ă  l’OMC est moribonde, ce n’est pas parce que le systĂšme multilatĂ©ral est 223 inefficace. C’est parce que les bases de nĂ©gociation sont mauvaises. Plusieurs pays Plateforme Ă©lectorale semblent considĂ©rer que les concessions qu’on leur demande sont plus importan- Élections 2008
    34. tes que les bienfaits qu’ils espĂšrent tirer d’un Ă©ventuel accord. Si tout le monde a l’impression d’y perdre au change, c’est qu’il y a un problĂšme. Globalement, le systĂšme multilatĂ©ral a Ă©tĂ© d’une redoutable efficacitĂ©. Les accords visant Ă  libĂ©raliser le commerce ont complĂštement changĂ© la face du monde. Aujourd’hui, la majoritĂ© des produits, reprĂ©sentant plus de 80 % du commerce mondial, circulent librement. Avec le GATT de 1947 et ses successeurs, il n’est plus nĂ©cessaire d’envahir un pays pour avoir accĂšs Ă  ses ressources ou son marchĂ©. Le GATT, puis l’OMC ont sonnĂ© le glas des empires et probablement Ă©vitĂ© bien des guerres. C’est un gain Ă©norme. Le temps est venu de corriger les effets pervers de la libĂ©ralisation du commerce et de veiller Ă  ce que les Ă©changes commerciaux soient source de progrĂšs pour tous. Or, un accord bilatĂ©ral de libre-Ă©change avec un pays en particulier peut libĂ©raliser davantage le commerce, mais il ne permet pas d’édicter des rĂšgles permettant de civiliser le commerce. Ce magnifique chantier ne peut s’accomplir qu’en contexte multilatĂ©ral. Malheureusement, la rĂ©cente analyse de la politique commerciale canadienne rĂ©a- lisĂ©e par l’OMC note avec raison que « la participation du Canada aux nĂ©gociations et aux accords commerciaux prĂ©fĂ©rentiels suscite des prĂ©occupations quant aux ressources qui sont ainsi dĂ©tournĂ©es du systĂšme commercial multilatĂ©ral ». Le Bloc QuĂ©bĂ©cois rĂ©affirme sa confiance dans le systĂšme multilatĂ©ral, seul lieu oĂč il est possible de travailler Ă  l’adoption de rĂšgles permettant de favoriser une mondialisation plus Ă©quitable. les accords bilatĂ©raux de libre-Ă©change Le gouvernement Harper tend Ă  dĂ©laisser la voie multilatĂ©rale en matiĂšre de com- merce, comme il est tentĂ© de le faire en matiĂšre d’affaires Ă©trangĂšres. Il a entrepris des nĂ©gociations d’accords de libre-Ă©change avec 29 pays. Le Canada nĂ©gocie actuellement des accords de libre-Ă©change avec 22 pays, en plus d’avoir signĂ© des accords avec les 4 pays de l’AELE (Association europĂ©enne de libre-Ă©change : Suisse, Liechtenstein, NorvĂšge et Islande), avec le PĂ©rou, la Colombie et la Jordanie. Notons que ces trois derniers accords ne sont pas encore en vigueur puisque la Chambre des communes devra prĂ©alablement adopter une loi de mise en Ɠuvre. Quant Ă  l’accord avec l’AELE, la loi de mise en Ɠuvre a Ă©tĂ© adoptĂ©e, notamment avec l’appui du Bloc QuĂ©bĂ©cois. Les fonctionnaires du ministĂšre du Commerce et ceux du ministĂšre de l’Industrie ont admis au ComitĂ© de l’industrie n’avoir rĂ©alisĂ© aucune Ă©tude leur permettant d’évaluer si ces accords seraient bĂ©nĂ©fiques pour notre Ă©conomie. Peu importe si c’est bon ou pas, les dĂ©putĂ©s libĂ©raux et conservateurs estiment que le gouvernement doit aller de l’avant. C’est du moins ce que recommandait le 224 dernier rapport du ComitĂ© du commerce international Ă  la Chambre des communes. Plateforme Ă©lectorale Pire, le comitĂ© recommandait de se lancer tous azimuts dans d’autres nĂ©gocia- Élections 2008 tions bilatĂ©rales, lĂ  encore sans aucune Ă©tude permettant d’évaluer si elles seraient
    35. bĂ©nĂ©fiques. Il envisageait mĂȘme un accord de libre-Ă©change avec la Chine. En 2005, les importations canadiennes de produits chinois ont totalisĂ© 32 milliards de dollars et gĂ©nĂ©rĂ© un dĂ©ficit commercial de 26 milliards de dollars, 1000 dollars par habitant. Quant le commerce avec un pays gĂ©nĂšre cinq fois plus d’importations que d’expor- tations, la grande prioritĂ© devrait ĂȘtre d’équilibrer les termes des Ă©changes, pas de les libĂ©raliser davantage. Le Bloc QuĂ©bĂ©cois n’appuiera d’éventuels accords bilatĂ©raux de libre-Ă©change que s’il est convaincu qu’ils sont bĂ©nĂ©fiques pour l’économie quĂ©bĂ©coise. Le Bloc QuĂ©bĂ©cois tient Ă  ce que les nouveaux accords de libre-Ă©change contiennent des clauses exĂ©cutoires exigeant le respect de standards minimums en matiĂšre de droits de la personne, de droit du travail et de respect de l’environnement. En ce qui concerne le projet d’accord de libre-Ă©change avec la Colombie, le Bloc QuĂ©bĂ©cois s’y oppose fermement, Ă©tant donnĂ© le bilan peu reluisant de ce pays en matiĂšre de corruption et de respect des droits. Il demande au gouvernement d’en interrompre les nĂ©gociations. oui aux accords de protection des investissements; non aux mauvais accords Les investissements directs Ă©trangers sont en croissance exponentielle. Pour crĂ©er un environnement prĂ©visible et s’assurer qu’un investisseur Ă©tranger ne se fera pas dĂ©possĂ©der de son bien ou nationaliser sans compensation, les pays concluent des traitĂ©s relatifs Ă  la protection des investissements. C’est tout Ă  fait normal et le Bloc QuĂ©bĂ©cois est pour de tels traitĂ©s. L’Accord de libre-Ă©change canado-amĂ©ricain, qui comportait un chapitre sur la pro- tection des investissements (le chapitre 16), a Ă©tĂ© le premier accord au monde Ă  y assortir un mĂ©canisme de rĂšglement des diffĂ©rends auquel les deux pays pouvaient avoir recours. Cet accord a bien fonctionnĂ©. On n’a rapportĂ© aucun cas de mesure discriminatoire prise Ă  l’encontre d’un investisseur Ă©tranger et aucun cas n’a Ă©tĂ© soumis au tribunal d’arbitrage. Pendant les cinq ans oĂč l’accord a Ă©tĂ© en vigueur, la valeur des investissements canadiens aux États-Unis a progressĂ© de 41 %. Or, nous avons assistĂ© Ă  une dĂ©rive avec le chapitre 11 de l’ALÉNA sur les inves- tissements. Avec le chapitre 11 : ‱ les investisseurs Ă©trangers peuvent s’adresser eux-mĂȘmes aux tribunaux internationaux, passant outre le filtre du bien public opĂ©rĂ© par les gouver- nements; ‱ la notion d’expropriation est tellement vaste que toute loi qui aurait pour effet de diminuer les profits d’un investisseur peut Ă©quivaloir Ă  une expro- priation et gĂ©nĂ©rer une poursuite; 225 Plateforme Ă©lectorale ‱ le montant de la poursuite n’est pas limitĂ© Ă  la valeur de l’investissement, Élections 2008
    36. mais inclut l’ensemble des profits potentiels dans l’avenir. C’est complĂšte- ment abusif. Ce chapitre a Ă©tĂ© dĂ©criĂ© par tous. DĂšs qu’une loi, par exemple sur la protection de l’environnement, diminue les profits d’un investisseur Ă©tranger, le gouverne- ment s’expose Ă  des poursuites faramineuses. Pourtant, Ottawa a conclu plusieurs accords bilatĂ©raux calquĂ©s sur le chapitre 11 de l’ALÉNA au fil des ans. Les criti- ques ont Ă©tĂ© telles que les libĂ©raux avaient cessĂ© de conclure de tels accords. Avec les conservateurs, Ottawa reprend l’offensive et multiplie la nĂ©gociation de tels accords. En dĂ©cembre 2006, il annonçait la ratification d’un accord avec le PĂ©rou. Trois autres sont en nĂ©gociation. Avec les conservateurs, le gouvernement cĂšde aux multinationales le soin de juger du bien commun. Le Bloc QuĂ©bĂ©cois s’oppose Ă  la conclusion d’accords sur la protection des investissements basĂ©s sur le modĂšle du chapitre 11 de l’ALÉNA. Il demande de revenir Ă  la formule antĂ©rieure de traitĂ©s, lesquels ne constituaient pas une charte des multinationales au dĂ©triment du bien commun. 226 Plateforme Ă©lectorale Élections 2008
    37. le caDre financier Le cadre financier du Bloc QuĂ©bĂ©cois prĂ©voit des budgets Ă©quilibrĂ©s et porte sur les trois prochaines annĂ©es financiĂšres (2009-2010 Ă  2011-2012). Au cours de cette pĂ©riode, la marge de manƓuvre financiĂšre du gouvernement fĂ©dĂ©ral s’élĂšvera cumulativement Ă  49,1 milliards de dollars, soit 20,1 milliards de dollars provenant des surplus fĂ©dĂ©raux et 29 milliards de dollars provenant de modifications fiscales et budgĂ©taires proposĂ©es par le Bloc QuĂ©bĂ©cois. Le Bloc QuĂ©bĂ©cois propose un ensemble de mesures fiscales et budgĂ©taires totali- sant 40,1 milliards de dollars sur 3 ans. Une rĂ©serve annuelle de trois milliards de dollars a Ă©tĂ© mise de cĂŽtĂ© pour que l’on puisse parer Ă  toute Ă©ventualitĂ©. Ce cadre financier intĂšgre les mesures contenues dans l’énoncĂ© Ă©conomique de novembre 2007 ainsi que les Ă©lĂ©ments contenus dans le Budget 2008. ventilation des propositions du bloc QuĂ©bĂ©cois Au total, le Bloc QuĂ©bĂ©cois propose que 38 % des nouvelles initiatives soient consacrĂ©es au dĂ©veloppement social, 18 % aux transferts en Ă©ducation et au secteur culturel, 21 % en envi- ronnement, pour soutenir diffĂ©- Autres DĂ©veloppement rentes mesures en agriculture Environnement, Ă©conomique et infrastructures et pour favoriser l’occupation agriculture et occupation du territoire du territoire quĂ©bĂ©cois et 13 % pour supporter le dĂ©veloppement Ă©conomique. Les 10 % restants serviront Ă  financer diffĂ©rents programmes, notamment dans DĂ©veloppement les affaires autochtones, dans Éducation social l’aide internationale et pour rĂ©ta- et culture blir certaines compressions du gouvernement conservateur. la marge de manƓuvre financiĂšre d’ottawa : Depuis de nombreuses annĂ©es, le gouvernement fĂ©dĂ©ral a dĂ©libĂ©rĂ©ment sous-estimĂ© ses surplus budgĂ©taires. Alors qu’ils Ă©taient dans l’opposition, les conservateurs dĂ©nonçaient ces pratiques libĂ©rales. Une fois rendus au pouvoir, ils ont continuĂ© et continuent encore Ă  exercer exactement la mĂȘme mĂ©decine. Le premier budget conservateur prĂ©voyait des surplus budgĂ©taires de 3,6 milliards de dollars. Ils ont rĂ©alisĂ© des surplus dĂ©passant les 13,7 milliards. MĂȘme chose en 2007. Leur budget prĂ©voyait 2007 des surplus de 3,3 milliards des dollars, ils ont plutĂŽt rĂ©alisĂ© un excĂ©dent de plus de 11 milliards de dollars. 227 Force est de constater que tant les libĂ©raux que les conservateurs ont failli volon- Plateforme Ă©lectorale tairement Ă  la tĂąche en matiĂšre de prĂ©vision de surplus. Élections 2008
    38. Les estimations du Bloc QuĂ©bĂ©cois ont historiquement reflĂ©tĂ© la rĂ©alitĂ© : Depuis dix ans, le Bloc QuĂ©bĂ©cois est le seul parti crĂ©dible en matiĂšre de prĂ©vi- sion des surplus fĂ©dĂ©raux. En effet, alors que tant les libĂ©raux que les conserva- teurs sous-estimaient systĂ©matiquement les surplus budgĂ©taires, les prĂ©visions du Bloc QuĂ©bĂ©cois ont toujours Ă©tĂ© prĂšs de la rĂ©alitĂ© comme le confirme le tableau suivant. Milliards de dollars AnnĂ©e PrĂ©visions du gouvernement fĂ©dĂ©ral PrĂ©visions du Bloc QuĂ©bĂ©cois RĂ©alitĂ© 1998-1999 3.0 3.0 3.1 1999-2000 3.0 11.5 12.7 2000-2001 4.0 18.2 18.1 2001-2002 1.5 8.3 8.9 2002-2003 3.0 7.5 7.0 2003-2004 2.3 6.7 9.0 2004-2005 Budget modifiĂ© en cours d’exercice 2005-2006 4.0 10.5 13.2 2006-2007 3.6 11.2 13.7 2007-2008 3.3 14.5 11.7 Moyenne 1998-2008 3.1 10.2 10.8 Des surplus budgĂ©taires de 20 ,1 milliards de dollars Encore une fois, tout semble indiquer que le gouvernement fĂ©dĂ©ral a sous-estimĂ© ses surplus. Nos estimations de croissance des revenus et des dĂ©penses laisseront une marge de manƓuvre totalisant 20,1 milliards de dollars au cours des trois prochaines annĂ©es fiscales. Ces prĂ©visions sont en concordance avec celles qui ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©es par le Conference Board du Canada et Golbal Insight au cours du mois d’aoĂ»t 2008. Estimations du Bloc QuĂ©bĂ©cois En milliards de dollars 2008-2009 2009-2010 2010-2011 2011-2012 Revenus 247.7 256.4 265.9 277.0 Croiss p/r annĂ©e prĂ©cĂ©dente 2.4% 3.5% 3.7% 4.2% Charges 209.0 217.4 226.1 235.1 Croiss p/r annĂ©e prĂ©cĂ©dente 6.1% 4.0% 4.0% 4.0% Service de la dette 33.7 33.2 33.7 33.7 Surplus 5.0 5.8 6.1 8.2 TOTAL 3 ans 2009-2010 Ă  2011-2012: 20.1 Milliards $ Note: les chiffres ayant Ă©tĂ© arrondis, leur somme peut ne pas correspondre au total les changements proposĂ©s par le bloc QuĂ©bĂ©cois 228 Le Bloc QuĂ©bĂ©cois propose une sĂ©rie de mesures visant Ă  rĂ©duire les dĂ©penses du Plateforme Ă©lectorale gouvernement fĂ©dĂ©ral tout en augmentant ses revenus. Ces mesures, combinĂ©es Élections 2008 aux surplus budgĂ©taires, permettront au gouvernement fĂ©dĂ©ral de disposer d’une
    39. marge de manƓuvre totale de 49,1 milliards de dollars au cours des trois prochains exercices financiers. Marge de manƓuvre totale Fonds disponibles ( en milliards de $ ) 2009-2010 2010-2011 2011-2012 Total 3 ans Surplus 5798 6088 8212 20098 FiscalitĂ© des pĂ©troliĂšres 2771 3143 3674 9588 Autres mesures fiscales 1750 2750 2750 7250 RĂ©duction de la bureaucratie 2025 4050 6075 12150 Total 12343 16032 20711 49086 la fin de la rĂ©crĂ©ation pour les pĂ©troliĂšres PremiĂšrement, le Bloc QuĂ©bĂ©cois propose l’élimination de toutes les baisses d’im- pĂŽt accordĂ©es par les libĂ©raux et les conservateurs aux riches pĂ©troliĂšres. Les libĂ©- raux ont offert des baisses d’impĂŽt aux pĂ©troliĂšres par l’entremise du projet de loi C-48, qui leur permettront d’économiser plus de 1,3 milliard de dollars l’an prochain. Les conservateurs, de leur cĂŽtĂ©, leur ont accordĂ© de gĂ©nĂ©reuses baisses d’impĂŽt par l’entremise de l’énoncĂ© Ă©conomique de novembre 2007 qui leur accor- dera un congĂ© fiscal supplĂ©mentaire de 1,1 milliard de dollars ! Le Bloc QuĂ©bĂ©cois propose d’éliminer ces cadeaux aux riches pĂ©troliĂšres dont les profits dĂ©passeront les 23 milliards de dollars en 2008. D’autre part, le Bloc QuĂ©bĂ©cois propose l’élimination immĂ©diate de l’amortisse- ment accĂ©lĂ©rĂ© pour les pĂ©troliĂšres, un autre cadeau mis de l’avant par les libĂ©raux, qui rapportera environ 350 millions1 de dollars annuellement au gouvernement. En tout et pour tout, les mesures proposĂ©es par le Bloc QuĂ©bĂ©cois permettront de hausser les revenus fĂ©dĂ©raux de 2,8 milliards de dollars en 2009-2010. FiscalitĂ© des pĂ©troliĂšres Millions de dollars 2009-2010 2010-2011 2011-2012 Amortissement accĂ©lĂ©rĂ© sables bitumineux 350 341 306 Élimination des baisses d’impĂŽt sur les profits des 2421 2802 3368 pĂ©troliĂšres accordĂ©es depuis 2003 Total 2771 3143 3674 la lutte aux paradis fiscaux et l’utilisation des surplus de la schl En second lieu, le Bloc QuĂ©bĂ©cois mettra de l’avant une offensive rigoureuse et sans prĂ©cĂ©dent pour mettre fin Ă  l’évitement fiscal par l’entremise des paradis fiscaux. Ainsi, les sommes dĂ©gagĂ©es pourront ĂȘtre utilisĂ©es pour le bien-ĂȘtre de la collectivitĂ©. De plus, le Bloc QuĂ©bĂ©cois s’assurera que la SCHL cesse d’engranger des surplus inutiles qui ne servent qu’à remplir ses coffres. L’argent ainsi dĂ©gagĂ© servira au financement d’un projet sans prĂ©cĂ©dent d’investissements dans le logement social et abordable. 229 Plateforme Ă©lectorale 1 Estimation faite par Mark Carney, Ă  l’époque sous-ministre dĂ©lĂ©guĂ© principal, au ministĂšre des Finances, Élections 2008 en rĂ©ponse Ă  une question du Bloc QuĂ©bĂ©cois. ComitĂ© des finances, le mardi 24 avril 2007, 14 h 15.
    40. Autres mesures fiscales Millions de dollars 2009-2010 2010-2011 2011-2012 Paradis fiscaux 750 750 750 Surplus de la SCHL 1000 2000 2000 Total 1750 2750 2750 le comitĂ© lĂ©onard Finalement, l’application des recommandations du ComitĂ© de rĂ©vision des program- mes fĂ©dĂ©raux, prĂ©sidĂ© par Jacques LĂ©onard, permettra au fĂ©dĂ©ral d’économiser 8,1 milliards de dollars annuellement Ă  partir de la cinquiĂšme annĂ©e. Bien que ces sommes puissent paraĂźtre asses Ă©levĂ©es, elles ne reprĂ©sentent qu’une diminution de la croissance des dĂ©penses fĂ©dĂ©rales de 0,6 % annuellement. Ainsi, les dĂ©pen- ses du fĂ©dĂ©ral continueront de croĂźtre de 3,5 % annuellement. Les Ă©conomies sur la masse salariale se feront par attrition. Le gouvernement fĂ©dĂ©ral pourra ainsi Ă©co- nomiser sans congĂ©dier qui que ce soit et tout en continuant Ă  embaucher. ComitĂ© LĂ©onard Millions de dollars 2009-2010 2010-2011 2011-2012 Services professionnels et spĂ©ciaux 600 1200 1800 RĂ©duction de la masse salariale 570 1140 1710 Autres dĂ©penses de fonctionnement 450 900 1350 Total 1620 3240 4860 propositions du bloc QuĂ©bĂ©cois Million de dollars 2009-2010 2010-2011 2011-2012 TOTAL 3 ANS FISCALITÉ ET TRANSFERTS RĂ©investissements en Ă©ducation, 3500 M $ la 3e annĂ©e 720 1540 3500 5760 DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE CrĂ©dit d’impĂŽt remboursable en R-D 440 440 440 1320 Initiative stratĂ©gique pour l’aĂ©rospatiale et la dĂ©fense (PTC) 250 250 250 750 CongĂ© fiscal PME en rĂ©gion jusqu’à 50 % de la masse salariale 200 200 200 600 Aide pour l’industrie du meuble 10 10 10 30 Diversification des Ă©conomies tributaires de la forĂȘt 15 15 20 50 BoisĂ©s privĂ©s du QuĂ©bec 15 15 20 50 Aide directe et prĂȘts sans intĂ©rĂȘt industrie du textile 10 10 10 30 Garanties de prĂȘt pour les PME en aĂ©ronautique 50 50 50 150 Mesures fiscales pour les entreprises de 2e et 3e 192 192 192 576 transformation en rĂ©gion 230 CrĂ©dit d’impĂŽt de 8000 $ pour les nouveaux diplĂŽmĂ©s en rĂ©gion- ressource 212 212 212 636 Plateforme Ă©lectorale Soutien Ă  la production d’éthnol provenant des rĂ©sidus forestiers 40 40 40 120 Élections 2008
    41. Million de dollars 2009-2010 2010-2011 2011-2012 TOTAL 3 ANS PARI, programme d’aide Ă  la recherche industrielle 40 40 40 120 (commercialisation) CrĂ©dit d’impĂŽt remboursable pour les armateurs 30 30 30 90 Porter Ă  1 000 000 l’exemption sur les gains en capital pour PME, 50 50 50 150 ferme, ou autre Autres mesures d’aide au secteur manufacturier 100 100 100 300 INFRASTRUCTURES Abolition du programme de recouvrement des coĂ»ts de la garde cĂŽtiĂšre 38 38 38 114 Cession des ports fĂ©dĂ©raux 40 40 40 120 RĂ©duction de 50 % de la taxe d’accise sur le carburant des vols intĂ©rieurs 20 20 20 60 PAPA programme d’aide pour les petits aĂ©roports 15 15 15 45 Élimination des frais de dĂ©glaçage pour le cabotage 5 5 5 15 IntermodalitĂ© et voie maritime 50 50 180 280 AGRICULTURE ET OCCUPATION DU TERRITOIRE Bonification du plan stratĂ©gique agricole soutien au revenu 500 1000 2000 3500 Plan d’aide pour la relĂšve agricole 106 202 300 608 Plan d’aide pour l’industrie de la crevette 30 30 30 90 Remise en Ă©tat des ports pour petits bateaux 95 95 95 285 Plan d’aide pour les pĂȘcheries 115 115 115 345 Porter Ă  1M$ la dĂ©duction pour gains en capital si activitĂ© continuĂ©es 90 90 90 270 RĂ©paration de l’injustice du gouvernement conservateur 150 0 0 150 ENVIRONNEMENT Bonification fonds pour la production d’énergie renouvelable 105 105 105 315 Conversions des flottes commerciales vers les vĂ©hicules Ă©cologiques 130 190 240 560 Mesures au sein mĂȘme de l’appareil fĂ©dĂ©ral 50 50 50 150 Programme d’efficacitĂ© Ă©nergĂ©tique pour les bĂątiments 70 70 70 210 RĂ©duction du chauffage au mazout 115 200 200 515 Rendre remboursable le crĂ©dit d’impĂŽt pour le transport en commun 190 190 190 570 RĂ©tablissement et bonification du programme Éco-auto 100 180 180 460 ACCÈS À LA PROPRIÉTÉ PrĂȘt sans intĂ©rĂȘt de 10 ans pour l’achat d’une premiĂšre propriĂ©tĂ© 140 280 420 840 DÉVELOPPEMENT SOCIAL Logement abordable 1000 2000 2000 5000 SupplĂ©ment du revenu garanti, pleine rĂ©troactivitĂ© 550 1050 1500 3100 PSRPTA 45 45 45 135 Retrait de la pleine pension six mois aprĂšs dĂ©ces conjoint 125 125 125 375 Hausse de 110 $ du SRG 775 775 775 2325 Plan de remboursement de la caisse d’assurance-emploi 1000 1000 1000 3000 IPLI 75 75 75 225 CULTURE 231 Plateforme Ă©lectorale Augmentation du budget du Conseil des Arts 50 100 150 300 Élections 2008
    42. Million de dollars 2009-2010 2010-2011 2011-2012 TOTAL 3 ANS Fonds du long mĂ©trage du Canada 50 50 50 150 Long mĂ©trage documentaire 10 10 10 30 Augmentation de l’entente Canada-communautĂ©s 18 18 18 54 Remise de la TPS sur les livres 130 140 140 410 Étalement du revenu des artistes sur cinq ans 50 50 50 150 Exemption de l’impĂŽt relative aux droits d’auteurs 100 100 100 300 Programme de financement des festivals 30 30 30 90 AUTOCHTONES Augmentation du financement pour les autochtones 200 500 500 1200 Logement 10 000 possibilitĂ©s 100 200 200 500 AUTRES MINISTÈRES Formation de procureurs spĂ©cialisĂ©s 20 20 20 60 Vers 0,7 % du PIB en 2015 150 250 1000 1400 Tribunal d’appel pour les rĂ©fugiĂ©s 10 8 8 26 Diminution des frais de demandes de rĂ©sidence permanente 100 100 100 300 GOUVERNEMENT ET TRÉSOR Programme de contestation judiciaire 5.6 5.6 5.6 17 Fonds d’innovation en matiĂšre de langues officielles 2 2 2 6 Condition fĂ©minine Canada 5 5 5 15 Autres mesures 215 215 255 675 RÉSERVE POUR ÉVENTUALITÉS 3000 3000 3000 9000 TOTAL 12344 16033 20711 49087 MARGE DE MANƒUVRE (surplus et autres) 12344 16032 20711 49087 Surplus (+) / dĂ©ficit (-) 0 0 0 0 232 Plateforme Ă©lectorale Élections 2008

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