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  • 1. JEUDI14JUIN2012 P ECOREVUE 2012 2 GESTION Une thèse soutenue par un chef d’entreprise alsacien La faillite d’un entrepreneur est un échec collectif S’appuyant sur l’analyse de quatorze entretiens très approfondis avec des dirigeants ayant connu de l’échec économique, le chef d’entreprise Jean-Denis Budin a produit une thèse originale sur un sujet rarement traité à l’échelle des acteurs.A u cours d’un débat des en a tiré une som- mené. Il y a des choses écrites ment conjoncturel ou au défaut 61000 Apéros du Manage- ment qui a marqué les me de réflexions impressionnante. dans cette thèse qui ne vont pas leur plaire ». d’un client. Cela peut être un aléa de la vie privée, un simple DÉFAILLANCES mémoires l’an dernier L’une des plus cho- Le chef d’entreprise n’hésite divorce par exemple. La symé-à Strasbourg (DNA du 18 octo- quantes, morale- pas à laisser libre cours à ses trique existe tout autant, les Selon Euler Hermes, la France abre), Jean-Denis Budin avait dé- ment parlant, est indignations – pour prendre un déboires d’un dirigeant ayant enregistré l’an dernier 61 138voilé quelques aspects du tra- la véritable mise terme à la mode : « Le régime souvent des conséquences sur défaillances, en légère baisse devail de recherche qu’il était en en danger vital ou des auto-entrepreneurs est une son couple ou sa famille. 3,5 % par rapport à 2010. Cetrain d’achever à l’université social des intéres- ânerie phénoménale, on ne nombre devrait cependantDauphine… Le chef d’entrepri- sés. s’improvise pas chef d’entrepri- remonter à environ 63 400 cettese de Kaysersberg, aujourd’hui Le système, encore se et on va mettre des gens dansconseil auprès de dirigeants, aujourd’hui, est des trajectoires de souffrance ». À la recherche de année. La faiblesse des marchés et l’atonie de la demande envient de soutenir avec succès sa stigmatisant au Il n’est guère plus tendre pour l’introuvable Europe maintiendront les sinis-thèse à Paris, recueillant les fé- point de détruire le sort fait par la société à ceuxlicitations du jury qui a salué les individus con- qui assument leurs dettes, à point R, le moment tres économiques à un niveaul’originalité de son approche. sidérés comme res- travers un plan de continua- où tout peut se très élevé. En Alsace, la même source a dénombré 1 661 ouver- ponsables. Autre découverte, le tion : « La législation française est honteuse… C’est un vérita- retourner tures de procédure, en baisse de stress provoqué ble chemin de croix ! » 1 %. Là encore, on peut s’atten-Les histoires par ces affaires est Le laisser-aller, inspiré par un dre à ce que 2012 marque uneméconnues tel que le dirigeant libéralisme mal compris, en Les réflexions de M e Claude- reprise à la hausse des défaillan- d’entreprise, épui- matière d’obligation déclarati- Maxime Weil, d’un niveau de ces.des chefs sé, assailli par le ve et comptable en prend à son liberté inspiré par une profonded’entreprise en doute, dépossédé tour pour son grade : « Arrêtons expérience, poussent le thésarddifficulté de ses moyens psy- chologiques et in- de démonter les obligations comptables ! En faisant ainsi, dans d’autres directions, souli- Cela dit, Jean-Denis Budin ne gnant au passage certaines li- néglige pas la réflexion prati- tellectuels, sa com- on laisse les chefs d’entreprise mites de la psychologie, juste- que. De ses travaux, il tire vingt- pétence mise en s’enfoncer dans leurs difficul- ment, du chef d’entreprise, trois points clés de succès.L’auteur a intitulé sa recherche doute, en vient à tés, faute d’information fiable tenté de ne croire qu’en lui-mê- Le premier est le suivant : « Les« Les histoires méconnues des prendre les pires sur leur propre situation… » me ou de se fier à une grisante échecs sont des étapes norma-chefs d’entreprise en difficul- options possibles. Autre trait décoché à l’ensei- baraka : « La gestion d’une en- les de la vie ». Apparemment,té : à la recherche des facteurs Pour lui-même, gnement de gestion : « Il faut treprise en développement, tous les dirigeants ne poursui-clés de succès dans l’échec ». mais aussi pour les prendre la question de l’échec à c’est beaucoup plus ludique que vent pas leur belle carrière avecEn représentant exemplaire de salariés concernés bras-le-corps et revoir la forma- la direction d’une affaire en dé- ce petit conseil en poche. Il estsa corporation, le thésard a non et les partenaires tion des étudiants. Nous devons clin ou en difficulté. Le chef en réalité, comme le signale Bu-seulement essayé de compren- de l’entreprise, réformer l’accompagnement, d’entreprise est, quelque part, din, inspiré par Marcel Proustdre et de produire des connais- fournisseurs, fi- peuplé de gens qui n’ont aucu- un joueur. Il pense toujours dans sa Recherche du tempssances nouvelles mais il a vou- n a n c e u r s , ne formation psychologique ». qu’il va se refaire tout seul. Et perdu : « Il est peu de réussiteslu tout autant « être positif ». clients… La psychologie du dirigeant est ça, c’est l’erreur fondamentale ! faciles, et d’échecs défini-Autrement dit, donner à sespairs des conseils et des pistes Le regard du chef d’entreprise, dans évidemment un fil rouge essen- tiel de cette recherche, du fait Il y a quelques années, l’échec tifs ». économique était comparable à R ANTOINE LATHAMpour, sinon réussir, du moins se ces situations qu’il même de la méthode par entre- une maladie or-tromper un peu moins. Bref, n’imaginait pas, tiens. Les profs qui ont corna- pheline… »tenter de prévenir, lorsque c’est est ainsi altéré. qué le thésard font mine de s’en C’est moins vrai enpossible, l’invraisemblable gâ- Une dérive déjà dé- inquiéter, demandant au cher- 2012, mais le célè-chis de ressources humaines et crite par la littéra- cheur d’aller plus loin, de dé- bre administrateurfinancières que représente ce ture scientifique tecter des lignes, des tableaux, judiciaire est con-qu’il est convenu d’appeler un sous le nom de des régularités, des typolo- vaincu qu’aujour-dépôt de bilan. « rationalité limi- gies… « Les récits de vie sont d’hui encore lePour y parvenir, Jean-Denis Bu- tée ». une méthode éprouvée. Mais ne chef d’entreprisedin a parcouru des milliers de C’est si vrai que Me conduisent-ils pas à magnifier en difficulté de-kilomètres afin de recueillir les C l aud e - M a x i m e la dimension psychologi- meure très seul :« récits de vie » de témoins se- Weil, en écho au ti- que ? », s’interroge le profes- « Les gens de sonlon une méthode bien établie, tre de la thèse, n’hésite pas à diciaire peut s’avérer la plus seur Géraldine Schmidt. entourage le viventen laissant ses interlocuteurs évoquer « les salariés en diffi- salutaire… À condition que le très mal et lui-mê-fixer eux-mêmes le point de dé- culté ». À ses yeux, parler de mandataire en question soit de me ne peut en par-part de leur histoire et son fil l’échec du chef d’entreprise, qualité et doté d’un minium de ler à personne ».chronologique. c’est aussi souligner l’échec de sens psychologique. Et, sur ce Le chef d’entreprise Le praticien, qui aIl a également, grâce au soutien l’entreprise en général. Et fina- sujet comme à l’endroit des tri- est, quelque part, un suivi pas à pas lade Me Claude-Maxime Weil, ad- lement, l’échec de toute une bunaux de commerce de vieille rédaction de la thè-ministrateur judiciaire de pre- communauté. Qui n’a pas dé- France qu’il voit surtout peuplé joueur ; se, prend Jean-De-mier plan à Schiltigheim, pu tourné lâchement le regard face d’amateurs, Jean-Denis Budin, il pense toujours nis Budin au mot,éplucher 140 dossiers de procé-dures réelles. Ni les témoins ni à un homme à terre ? C’est en ce sens que la décision au-delà de sa soutenance, a des mots très durs. « Le combat, qu’il va se refaire le met quelque peu au défi : « Si onles dossiers ne sont, bien enten- par un tribunal de confier le dit-il, pour avoir de bons admi- connaissait ledu, identifiables. Mais l’auteur pilotage à un administrateur ju- nistrateurs judiciaires va être point R dont vous Jean-Denis Budin a tendance à parlez… Si on le renvoyer au verbatim, dans le- connaissait, ça se quel il détecte la vérité du diri- saurait ! »UN CHEF D’ENTREPRISE ÉLEVÉ DOCTEUR À DAUPHINE geant. Le point R, de quoi Deux exemples de ces témoi- s’agit-il ? Le thé- gnages : « Quand vous êtes pa- sard estime qu’ilAujourd’hui installé à son compte, depuis 2009, tron du CAC [d’une entreprise existe un momentcomme fondateur et dirigeant de la société DATP cotée en bourse], vous plantez particulier, propreConseil (Dirigeant À Temps Partagé), Jean-Denis votre boîte, vous avez un para- à chaque trajectoi-Budin a derrière lui une longue carrière qui l’a chute doré. Quand vous êtes re, où il apparaîtconduit, après son diplôme d’études comptables à patron de PME, vous vous faites encore possible deNanterre puis son MBA de l’ESSEC, depuis 1984,des moteurs Leroy Sommer, dont il a été responsa- avoir par un client qui ne vous corriger le tir. Cor-ble commercial à Sidney, en Australie, jusqu’au paie pas. Vous essayez de sau- rection qui peutCâbles de Lyon avant de rejoindre le groupe Alca- ver votre toit, votre résidence être forcée, à tra-tel où il accède à des fonctions de directeur géné- principale. Je suis désolé, ce vers l’ouvertureral. Par la suite il reprend l’activité de Vinosafe en n’est pas normal, il y a quelque d’une procéduretant que PDG puis directeur génral. Aventure qui le chose qui ne va pas ». Ou enco- judiciaire. Unfera plonger dans les tourments des procédures re : « Pour moi, je pense que, point qui peut aus- Jean-Denis Budin. PHOTO DNA - AL franchement, cela a été la hon- si être identifié parcommerciale.C’est au cours de cette phase de sa carrière qu’il va te… Je crois la honte de me la prévention. de Paris, sous la direction du professeur Géraldine dire : mais je suis diplômé dune C’est ce momenttoucher du doigt la détresse des dirigeants con- Schmidt (Panthéon Sorbonne) et avec le soutienfrontés à des difficultés économiques, sociales, grande école, je sais gérer une précis qu’il a bapti- de Claude-Maxime Weil, administrateur judiciaire entreprise. Je sais, je suis sain, sé « point R », lefinancières auxquelles ils n’ont pas été préparés.Sans parler des répercussions sur leur santé, leur à Strasbourg. Pour le président du jury, le profes- mais je n’ai pas su gérer toute moment où il estentourage et la vie familiale. La découverte de ce seur Pierre Romelaer, qui a exprimé vendredi cette vague de pépins qui m’est encore possible demonde aux règles étranges, voire sans règles du dernier les félicitations de l’université au docto- arrivée ». sauver la situation.tout, lui donne envie de raconter tout cela, mais rant, Jean-Denis Budin «a apporté des connaissan- L’apprenti chercheur souligne Or il semble qu’ilavec un but scientifique. D’où la rédaction de cette ces originales, contribué au progrès scientifique en outre que le déclenchement existe autant dethèse, dans le cadre de l’Executive Doctorate of sur un sujet de très grande portée humaine et des difficultés n’est pas néces- « points R » que deBusiness Administration de l’université Dauphine sociétale». sairement lié à un retourne- situations… ILLUSTRATIONS YANNICK LEFRANÇOIS A.L. TP1 02

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