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  • 1. Juillet/Août 2013 - n° 33 - lebonbon.fr Nuit
  • 2. touslesvendredisdel’été TerrasseOpéraGarnier àpartirde22hjusqu’à4h inscriptionsur : www.lebonbon.fr Artwork©GhislainPerez
  • 3. 1 — Nuit édito Bonne Nuit Rédactrice en chef — Violaine Schütz violaine@lebonbon.fr | Rédacteur en chef adjoint — Michaël Pécot-Kleiner michael@lebonbon.fr | Directeur artistique — Tom Gordonovitch tom@lebonbon.fr | Président — Jacques de la Chaise Photo couverture — Nicolas Ker par Nicola Delorme | Secrétaire de rédaction — Louis Haeffner Régie publicitaire — regiepub@lebonbon.fr Lionel 06 33 54 65 95 | Contactez-nous — nuit@lebonbon.fr Siret — 510 580 301 00032 | Siège social — 12, rue Lamartine 75009 Paris Ça y est, le soleil pointe son nez, l’été commence enfin. Alors forcé- ment, hausse des températures oblige, le Parisien va pouvoir fière- ment exhiber sa collec’ de tatouages. Autrefois réservée aux taulards et autres bad boys, la peau encrée est désormais devenue l’acces- soire essentiel de la panoplie bobo-hypster-branché. Le Parisien, c’est bien connu, a du goût. On assistera ainsi à un défilé de motifs esthétisants et chics dans les rues de la capitale. Mais nous, ce qui nous intéresse plutôt, ce sont les tatouages foireux que le laser n’a pas encore effacé, ou que l’on tente maladroitement de dissimuler. Erreur de jeunesse, amour brisé, faute de goût ultime, soirée alcoo- lisée… nous aimerions solennellement rendre un vibrant hommage à tous ces errements picturaux. Une minute de silence donc pour : le tatouage fil barbelé autour du bras (très en vogue chez les acteurs de films érotiques des années 90) ; le très sauvage tatouage tribal (prisé par le joueur de rugby et le culturiste) ; le tatouage caractère chinois (qui veut souvent dire sagesse ou amour) ; le tatouage loup (fan de Johnny) ; le tatouage aigle (re-fan de Johnny) ; le tatouage Johnny (re-re-fan de Johnny) ; le girly (et souvent marseillais) tatouage dauphin ; le classique « Je t’aime Maman » ou le rasta Bob (un B sur chaque fesse)… Et j’en passe, j’en passe… en espérant que l’un de ces chefs-d’œuvres ne soit pas gravé à tout jamais dans votre épiderme. Quant à moi, « Love » et « Hate » sur les phalanges, « Mort aux vaches » entre le pouce et l’index, je vous souhaite à tous de belles vacances. MPK Rédacteur en chef adjoint ©JacobKhrist
  • 4. Soyez créatifs, novateurs, distinguez-vous en réalisant un Dj set de 3 minutes accompagné d’une photo à : LeBonDJ@lebonbon.fr - Le ou la meilleure d’entre vous aura le privilège de se produire lors de l’une de nos soirées Grrrrr Sessions by le Bonbon ! Les 5 meilleurs DJ set seront récompensés par une visibilité sur le site du Bonbon. Tous à vos platines, « set » à vous ! MixMix Artwork©GhislainPerez envie de devenir notre DJ… …le temps d’un apero ?
  • 5. 3 — Nuit sommaire Le Bonbon Nuit art rencontre cinéma musique sorties littérature paris la nuit musique gonzo musique cinéma art shopping trousse de secours playlist tumblr p. 07 p. 11 p. 15 p. 17 p. 21 p. 23 p. 25 p. 27 p. 31 p. 35 p. 39 p.41 p. 43 p. 44 p. 45 p. 47 David LaChapelle Nicolas Ker Les sorties du mois Trust Alain Pacadis Top des Festivals Franck Saïssi Siriusmo Les Pierrots de la Nuit Yasmina Hamdan Bette Davis Roy Lichtenstein En mode Festival Ouvert 24/24 Poom Ne te promène donc pas toute nue
  • 6. La mezzanine est ouverte toutes les nuits de l’été en entrée libre à partir de 22h. LesNuitsBlanches duDivanduMonde
  • 7. 5 — Nuit agenda Les événements à ne pas manquer My Joburg Après My Winnipeg en 2011, la maison rouge poursuit son cycle d’expositions  consacré aux scènes artis- tiques de villes dites « périphériques », en mettant à l’honneur cette année la ville de Johannesburg en Afrique du Sud. L’exposition présente une cinquan- taine d’artistes  en mettant l’accent sur l’efferves- cence artistique de ces vingt dernières années. Jusqu’au 22 septembre à La Maison Rouge Cobblestone Jazz Luxueux, classieux, élégant, le trio initié par le cana- dien Mathew Jonson ne cesse d’enthousiasmer les foules. Deux albums studio, une poignée de maxis et des dizaines de dates aux quatre coins de la planète après, le plaisir de les retrouver demeure intact tant les prestations scéniques offertes par le band res- tent toujours aussi fortes et intenses. Le 19 Juillet au Rex Club DR/DR/DR/JodiBieber/ Jamel Shabazz Considéré comme l’un des photographes les plus importants de la fin du XXe siècle, Jamel Shabazz s’inspire de la richesse visuelle de New York. Ses images honnêtes et inoubliables sont reconnues dans le monde entier pour avoir contribué à peindre le portrait le plus vivant du début du hip-hop. Jusqu’au 31 juillet - Le Nouveau Casino Grrrrr Session by Le Bonbon #3 Cette fois-ci, la Grrrrr Session aura lieu à La Grrrrrande Prairie de La Bellevilloise. À cette occa- sion, nous convions trois Dj’s house, deep house et techno : Phil Dark, fondateur des soirées We Want Dance, Paco Dalston, versaillais inspiré et Seb D. L’ambiance promet d’être électrique et festive ! Le jeudi 25 juillet, de 19h à minuit à La Grrrrrande Prairie de La Bellevilloise, 19-21, rue Boyer – 20e L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération Jeudi 25 juillet 2013 la bellevilloise de 19h à minuit PHIL DARK - PACO DALSTON - SEB D + Guests inscrivez-vous sur grrrrr@lebonbon.fr
  • 8. 6 — Nuit ≥ Earth Laughs in Flowers:America, 2008
  • 9. 7 — Nuit ® Propos recueillis par Daphné Mistral-Bernard et Rachel Thomas Ω David LaChapelle David LaChapelle, photographe mondialement connu pour sa touche surréaliste et ses portraits de stars, était à Paris. à l’occasion de sa dernière exposition à la galerie Daniel Templon, nous avons eu l’honneur de le rencontrer quelques minutes avant le vernissage. Personnage humble, bavard et un brin philosophe. Nous l’avons interviewé en toute intimité. Pourquoi avez-vous choisi la galerie Daniel Tem- plon ? C’est une longue histoire. J’avais déjà exposé dans un musée mais je voulais attendre le bon mariage pour le faire à nouveau. Daniel est un de mes héros. C’est le premier homme à avoir exposé Warhol à Paris. Tout le monde pense que c’était un autre marchand d’art, mais en fait c’était bien lui. Un gentleman old school, qui a très bon œil. En plus j’adore le programme de sa galerie. Main- tenant que je connais l’équipe et que je vois ce que donnent mes œuvres dans ce cadre, je réalise que j’ai fait le bon choix. Des visages souillés, cassés. Cette exposition est différente de ce que nous avions vu auparavant… Oui, quand je me suis rendu au musée de cire de Dublin qui avait été vandalisé, je suis tombé sur ces têtes de cire et ça m’a tout de suite inspiré. J’ai été surpris et intrigué par ces visages à qui on avait « donné congé », juste parce qu’ils avaient été abi- més ou cassés. J’aime ce rapport avec la fragilité de notre chair et le fait que nous vieillissions tous. Si on est chanceux, on passera tous par cette route… Ou alors on meurt jeune. Comme dans la chanson de Blondie Die Young, Stay Pretty (ndlr, rires). C’est votre avis sur la société d’aujourd’hui ? Oui, je trouve que l’on donne beaucoup d’impor- tance à la jeunesse, aux stars, à la beauté, mais on va tous vieillir et on ne devrait pas l’oublier. Qu’on soit mannequin, actrice, ou présentateur, la beauté a une date de péremption. Par exemple, la société est tellement dévouée aux stars des magazines que quand elles vieillissent, c’est comme si elles avaient commis un crime ! Elles ont beau subir nombre d’interventions chirurgicales, rien n’y fait ; leur beauté s’est fanée et si elles font la une des journaux, c’est parce qu’elles ont des cuisses pleines de cellulite ! Quelle est votre philosophie ? Dans le bouddhisme, ce n’est pas morbide de gar- der à l’esprit la mort et le fait qu’on ne sera pas toujours présent sur terre. En conséquence, on traite notre vie avec plus de préciosité. Quand on est conscient qu’elle peut s’arrêter à tout moment, pourquoi gâcher sa vie avec un boulot que l’on déteste ou dans une relation abusive ? À quoi cela sert-il d’être méchant gratuitement, de faire souffrir les gens ? Pour certains philosophes c’est david lachapelle art still alive
  • 10. 8 — Nuit l’essence même de ce qui nous garde dans le droit chemin. De mon côté, ça m’aide à prendre les bonnes décisions. Réalisateur, publicitaire, écrivain, photographe… Vous avez presque tout fait, est-ce que vous avez d’autres rêves ? Je fais encore des clips vidéo pour garder un peu de variété dans ma vie, mais ma passion, mon vrai amour, c’est le still (photographie de nature morte, ndlr). Depuis ces dix dernières années, le « still life » a plus d’impact chez les spectateurs. Quand vous entrez dans une galerie, ça arrête le temps. De nos jours, les gens passent leur vie sur leurs écrans. Avant, quand j’allais au cinéma, c’était un grand moment parce que c’était le seul endroit où je voyais une image en mouvement, c’était silen- cieux, dans le noir. Maintenant quand vous y allez, les gens envoient des textos en regardant le film ! Il faut apprendre à se déconnecter. Vous avez un endroit pour arrêter le temps ? Oui, j’ai une ferme sur l’île de Maui, à Hawaï. C’était une colonie de nudistes, un peu abandon- née depuis 30 ans. Ça a toujours été mon rêve d’avoir une cabane dans la forêt. C’est essentiel d’écouter sa voix intérieure. Toutes les inspira- tions artistiques, toutes ces grandes remises en question telles que l’amour, la vie, le travail, tout est à l’intérieur. Si l’on est constamment bom- bardé d’opinions extérieures, d’avis de nos amis, de nos proches, on ne sait jamais ce que nous pen- sons vraiment ! C’est crucial d’avoir un endroit où arrêter le temps, tout éteindre et se retrouver avec soi-même. Pourquoi un tel besoin ? Moi je n’ai jamais fini le lycée et j’ai tout misé sur mon instinct et mes tripes pour me diriger dans la vie. À l’époque c’était difficile de grandir à New York, de développer ce guide intérieur, cet instinct. C’est pour ça que j’aime me couper du monde, de mes amis, de Facebook, des écrans, pour retrouver un peu de sérénité. Une musique préférée à nous chuchoter ? J’aime beaucoup de genres différents : Leonard Cohen, Jeff Buckley, Georges Harrison, les débuts de Radio Head. Et aussi Michael Jackson… Michel Ange ! Ils sont au même niveau pour moi (rires). La musique c’est tout pour moi. Je pense que c’est la forme d’art la plus puissante. C’est la seule à vous faire vous lever, vous faire bouger votre corps. Ça te dicte ce que tu dois ressentir. Si tu dois être triste ou heureux ou effrayé. D’ailleurs, dans mes shootings, au lieu de parler pour expli- quer à la personne ce que j’attends d’elle, je mets une musique à fond. Mon objectif, c’est de tou- cher les personnes avec les photos, comme une musique peut les transporter. Une expérience musicale ? Quand j’étais plus jeune et que je bossais pour Travel magazine, j’ai voyagé au Moyen-Orient et en Afrique. J’ai rencontré des enfants musulmans. On ne parlait pas la même langue, on ne pouvait pas communiquer. Et soudain on s’est tous mis à chanter du Madonna. C’était trop drôle ! On était autour de cette table, avec des amis juifs, musul- mans, à chanter et à rire car c’était le seul langage qu’on avait en commun. Cet épisode nous a beau- coup rapprochés. Il y avait tellement d’humanité. Ça montre que nous sommes tous connectés quand quelque chose nous touche, que nous avons beaucoup en commun. La musique traverse les pays. David LaChapelle David LaChapelle - Still Life/Last Supper jusqu’au 26 juillet à la galerie Daniel Templon, 30, rue Beaubourg - Paris 3e
  • 11. 9 — Nuit ≥ Still Life:Anonymous Politicians, 2009-2012
  • 12. 10 — Nuit
  • 13. 11 — Nuit rencontre ® Propos recueillis par MPK Ω Axelle Von Dorpp Anachorète taciturne, volatile nocturne aguerri, chanteur de Poni Hoax et de Paris,écrivain à la plume magique… Nicolas Ker est considéré par beaucoup comme un homme rare, dangereux et multidimen- sionnel. Le temps d’une interview, nous avons tenté de pénétrer son labyrinthe.Morceaux choisis. Nicolas, tu es un noctambule averti, on te voit sou- vent dans les bars.Pourquoi ce goût pour l’alcool ? Parce que je suis un ivrogne. Dès que je com- mence à boire, j’ai vachement de mal à m’arrêter. Par contre, si je ne commence pas, je ne sors pas de chez moi et je ne vois personne. Les gens ne le voient pas, mais il y a plein de jours où je ne bois pas une goutte et où je n’en ai pas besoin. Je ne suis vraiment pas du genre à avoir besoin de mon verre à 6 heures du matin. Finalement, je trouve que la sobriété c’est une drogue aussi, ça me permet de regarder des films, de lire, de jouer à des jeux vidéos… Je trippe aussi à ne pas picoler et rester chez moi avec mon chat. L’alcool est ton ennemi ? Mon grand ennemi en fait, c’est l’ennui. Je peux autant m’ennuyer à être saoul qu’à être sobre. Donc j’alterne. L’ennui me terrifie vraiment. Par contre, j’ai rien de dépressif ; de ça, je m’en fous. L’alcool n’est pas là pour combler une carence, c’est plus sa fonction délirante qui m’intéresse. Il y a un barman ou une barmaid avec qui tu t’entends vraiment bien ? Je vais souvent au Chéri Bibi. À un moment, il y avait une barmaid qui s’appelait Gaëlle et qui me rendait quelques services. Elle n’y bosse plus, mais elle vient maintenant là-bas comme cliente. S’il y avait un cocktail qui s’appelait le «  Nicolas Ker »,il serait composé de quoi ? Ce serait sûrement un cocktail de meuf. Un cock- tail avec de la vodka et des trucs sucrés dedans. J’ai écrit un jour que « je suis une arme sexuelle au ser- vice des femmes ». Je me mets au service de toutes, bien que je les fasse quand même beaucoup chier. Mais j’aime bien les garçons aussi, ils sont cools. Tu couches avec des hommes aussi ? Non, mais quand j’avais 21-22 ans, je me suis dit qu’il fallait quand même que j’essaie, parce que je passais peut-être à côté d’un truc exceptionnel. Je connaissais un styliste qui était hyper séduisant, on s’est emballés, roulé des pelles, mais quand il m’a mis la main sur la teub, j’ai préféré arrêter là, car je ne voulais pas me forcer. C’est con, parce qu’être bisexuel, ça doit être génial. Si un jour tu devais écrire un livre sur l’amour, com- ment traiterais-tu le sujet ? Et comment s’appelle- rait-t-il ? Il s’appellerait comme la dernière chanson de Poni Nicolas KerLe dernier des poètes
  • 14. 12 — Nuit Hoax que je viens de faire il y a 3 jours avec Bar- ney : Lost in Peace, perdu dans la paix. Quand tu es dans une relation amoureuse et que ça se passe bien, il y a comme une perte. Je crois que le para- dis est un endroit où il ne se passe rien. Ce bou- quin sur l’amour, il parlerait de cette perte et de cet ennui. D’ailleurs, ta position préférée pour faire l’amour, c’est laquelle ? Le Missionnaire. Parce que tu sens les seins de ta partenaire et tu peux aussi l’embrasser. Tu bosses depuis un bout de temps sur le prochain album de ton groupe Paris. On pourra l’écouter quand ? En fait, c’est Arnaud Roulin (le clavier-basse des Poni Hoax, ndlr) qui le réalise. Il est très lent, il remet tout le temps tout en chantier, et là on repart en studio alors qu’on a pris les premières prises il y a 2 ans. En tout cas, je lui fais une entière confiance, c’est lui qui a réalisé les deux premiers maxis de Paris. Il n’est pas du tout la Pénéloppe d’Ulysse qui chaque jour défait sa broderie. Ça sortira quand Arnaud l’aura décidé. Musicalement,il se rapprochera de quoi ? Un mélange de Primal Scream et des Doors. Et cet album va être fabuleux. Je me souviens qu’une fois, tu m’avais parlé d’un bouquin que tu étais en train d’écrire, et qui avait pour centre de gravité Paris Hilton.Tu es fan de cette fille ? Non, je ne suis pas fan, c’est pas possible, elle est complètement débile. Disons qu’elle m’a inspiré il y a longtemps, mais désormais, ce bouquin, je ne le trouve plus pertinent donc j’ai abandonné son écriture. Dommage,c’était quoi l’histoire de ce roman avorté ? En fait, c’était un livre d’horreur, je voulais faire un truc assez funky : ça parlait de fils de bourges Nicolas Ker “Quand tu es dans une relation amoureuse et que ça se passe bien, il y a comme une perte. Je crois que le paradis est un endroit où il ne se passe rien.”
  • 15. 13 — Nuit Nicolas Ker désabusés et violents qui voulaient devenir aussi célèbres que Paris Hilton. Ils trouvent un grimoire magique, ils vont dans un pavillon de chasse et invoquent Paris Hilton. Le problème, c’est qu’ils attirent des démons. Paris Hilton apparaît aussi sous forme de démon, elle a les yeux noirs, et elle leur dit que la célébrité, c’est la mort. Puis ils se font tous buter. Ta célébrité,toi,tu la gères comment ? Ma célébrité, je ne la vois absolument pas. Je galère, j’ai pas de thunes… Je ne m’en rends pas compte, et ce n’est pas une forme d’humilité. Le seul truc que ça me fait, c’est une sorte de confort mental, parce que quand j’étais gamin, je voulais être chanteur de rock. J’y suis arrivé, c’est un pro- blème en moins. Enfin bon, je ne suis vraiment connu que d’une petite frange de Parisiens. Pour moi, la célébrité, c’est Virginie Efira, pas moi. Si tu étais une femme,tu ressemblerais à quoi ? Je le suis déjà ! Je suis un crooner, et un crooner, il doit être un minimum viril, mais aussi complète- ment féminin. J’ai entendu dire que tu avais une fascination pour les putes ? Je les adore. Il y a un moment où j’étais rue Saint- Denis, et je traînais toutes les nuits avec des vieilles putes de 50 ans. Par contre, je m’en suis tapé aucune. Je les trouve admirables, c’est des personnes hyper fortes, elles avaient tout compris de la société, il y avait no bull-shit. Malheureu- sement, elles avaient toutes le même problème : c’était d’avoir des enfants et qu’on les appelle fils de pute. Ça, ça les faisait chialer. Es-tu croyant ? Je tourne en permanence sur la notion de Dieu. J’ai pas la foi mais j’intuitionne qu’il y a quelque chose derrière, mais je ne sais pas ce que c’est. Je suis comme les gnostiques, je pense qu’il y a un démiurge qui a créé l’Univers, et qu’il est fou à lier. Les gnostiques disaient un truc très simple et très poétique : il y a en tout 365 Dieux, le premier est parfait, le second l’est moins, le troisième encore moins… et ainsi de suite jusqu’au 365e . Et ce 365e Dieu, chez qui il n’y a presque plus de divinité, c’est celui qui a créé l’Univers (sourire). Tu as déjà eu des expériences mystiques ? Je m’en méfie vachement. Je déteste les mecs qui écrivent sur la spiritualité ; le mec est livreur de pizza, il se prend pour Néfertiti… c’est n’importe quoi. C’est vraiment le lieu du narcissisme absolu. Chaque fois que j’ai des expériences étranges, je les aborbe vraiment d’une manière scientifique… Sinon, c’est vraiment comme ça que tu crées des sectes. Jouer avec la croyance des gens, c’est vrai- ment la pire violence que tu puisses faire à autrui. Tu crois en la réincarnation ? Pour moi oui, c’est quelque chose de probable, je ne peux rien affirmer, ce sont des questions trop vastes. En vérité, je ne me les pose même pas, je trouve que ça ne sert à rien. C’est plus intéressant de se concentrer sur ce qui se passe dans le pré- sent. Il y a un truc qui m’a vachement marqué, c’était dans le National Geographic : il y avait un ethnologue qui était parti étudier des pygmées. Il est resté pas mal de temps avec eux et il a demandé au chef des pygmées s’il n’avait pas une religion. Le chef lui a répondu que le sens de la vie, pour eux, c’était « Life is meant to be enjoyed ». La vie, c’est fait pour être apprécié, c’est tout, le reste on s’en fout. T’en as qu’une de toute façon (rires). Sur ta tombe,tu aimerais qu’il soit écrit quoi ? RRRRiiieenn. Enfin si, « Vous pouvez boire ». Poni Hoax — Down on serpent street (Pan European Recording)
  • 16. 14 — Nuit Cinéma ® Pierig Leray Ω DR World War Z de Marc Foster — 0 bonbon Le cinéma américain s’entête dans des visions apocalyptiques rétro- grades et lacunaires en 2013 (Oblivion, After Earth, Star Trek), World War Z lui, surenchérit par un gouffre artistique signé du pathétique Marc Foster. La mèche blonde de Brad Pitt qui sauve l’humanité en butant des zombies, ça donne la gerbe. ≥ Sortie le 3 juillet Monstres Academy de Dan Scanlon — 5 bonbons Reprenant idéalement le concept du « college movie » (quête de popularité, peau grasse et premiers émois), le préquelle du plus ima- ginatif des Pixar Monstres et cie conquiert allègrement le « vieuj’ » (comprendre vieux-jeune) par un burlesque assumé dans une mise en scène imaginative et tranchante. Et il était temps, après les échecs relatifs de Cars 2 et Toy Story 3. ≥ Sortie le 10 juillet Paris à tout prix de Reem Kherici — 0 bonbon Plus connu pour sa paire de loches (OSS 117) que ses talents d’ac- trice, Reem Kherici nous sort la vieille soupe froide de l’immigré qui cherche ses racines (Né quelque part avec Debbouze, même galère). Une teubé de la mode raccompagnée à la frontière dans la TER- RIBLE pauvreté marocaine… Arrêtons le massacre, et que l’on interdise la diffusion de cette vaine tentative réchauffée. ≥ Sortie le 17 juillet Dans la tête de Charles Swan III de Roman Coppola — 5 bonbons Plaisir intact mais coupable de retrouver la branchitude overground du fiston Coppola, sans doute rencardé par l’autre pote de la bande à Wes Anderson. On nage dans une coolitude de hipster barbu sous acides décalée, excessive mais complètement indispensable, avec cette envie irrépressible d’en faire partie. ≥ Sortie le 24 juillet 1 mois, 4 films, 4 avis. Le problème ? On ne les a pas vus. Critiques abusives et totalement infondées des meilleurs/pires films du mois à venir. Mais aussi : Le congrès de A. Folman le 3 juillet, magnifique film d’ani- mation d’anticipation (4 bon- bons), Pacific Rim de G. Del Torro le 17 juillet, une bourrinade où l’humanité est encore en danger (2 bonbons) et 12 heures de Simon West le 24 juillet, énième bouse de notre ami Nicolas Cage (0 bonbon). Y’a quoi au ciné ?
  • 17. 15 — Nuit
  • 18. 16 — Nuit
  • 19. 17 — Nuit musique ® MPK Ω Kristie Muller Trust est depuis quelques temps un groupe que l’on surveille de près. En effet, leur album TRST (sorti en février 2012), outre le fait d’avoir été noté 7,4 par Pitchfork,a révélé des petites perles comme Shoom, Candy Walls ou Bulbform. La voix et l’écriture de Robert Alfons, chanteur emblématique de cette formation électro-goth, explique en partie les rai- sons de ce succès naissant. Nous l’avons rencontré quelques minutes avant son concert pour une inter- view moite dans des conditions extrêmes. Soirée Trou aux biches, 1er juin, La Java, 105, rue du Faubourg-du-Temple à côté de Belleville. Nous voilà dans un des clubs les plus « beaux-degueus » de Paris, et dans une des soirées les plus survoltées et queer qui soit. Robert Alfons m’attend dans une petite pièce étroite et humide qui fait office de backstage. À côté de lui, des performers sont en train de se changer, et Dactylo, la mère maque- relle de tout ce beau monde règle les derniers détails techniques. On se pose sur un mini-banc, les Dj’s à côté envoient du lourd et je me dis que l’enregistrement de cette interview va être diffi- cile à retranscrire. Je me dis aussi que Robert fait bien plus jeune que son âge (25 ans), et m’étonne qu’une voix aussi caverneuse puisse sortir d’un corps si frêle. Un quart d’heure après l’inter- view, Robert Alfons montera sur scène et déchai- nera un véritable raz-de-marée hystérique sur le dancefloor. Pas mal pour un mec qui aimerait être un croisement entre une sirène et Mariah Carey. En France aussi on a un groupe qui s’appelle Trust.Tu connais leur titre Antisocial ? Euuh, je ne suis pas très fan de leur musique… ce n’est pas trop mon truc. Toi aussi des fois tu te sens antisocial ? Tu perds ton sang froid ? Oui, je peux dire que je suis souvent décalé avec la société, je n’aime pas qu’on me mette dans des cases. Sinon, j’essaie de toujours rester calme, sauf quand je monte sur scène. Quelle est la chanson la plus nocturne sur ton pré- cédent album ? Sans doute Candy Wall, je me rappelle l’avoir écrite en rentrant d’un nigthclub, très très tard. Tu peux me raconter l’histoire de la photographie sur la pochette de ton album TRST ? C’est une photo que j’ai prise dans un club gothique qui n’existe plus maintenant. Le côté androgyne et dark du personnage collait bien avec l’ambiance du disque. On me dit souvent que cette photo est sale, moi je la trouve magnifique. Il paraît que tu es fasciné par les drag queens ? Complètement, enfin ceux qui tiennent la route. Ils m’inspirent beaucoup. TRUSTmouille le maillot
  • 20. 18 — Nuit Quel genre de femme aimerais-tu être ? Une sirène, ça me plairait bien d’être une sirène. Et comme femme célèbre ? Mariah Carey. En fait, j’aimerais être un croise- ment entre une sirène et Mariah Carrey. Je crois que ça rendrait bien. Il y a pas mal de problèmes en France par rapport au mariage gay. Tu vois ça comment toi, du Canada ? Tu nous trouves conservateurs ? Je trouve ça assez choquant que ça pose autant de problèmes en France. Dans d’autres pays, il n’y a pas eu ce genre de manifestations comme j’ai pu le voir à la télé. Au Canada, ce mouvement aurait été absurde. L’homosexualité est encore quelque chose de mal perçu un peu partout dans le monde, mais je ne pensais pas que ça causerait de tels remous ici. Le mariage gay a juste été légalisé il y a 10 ans au Canada… Après, dire que les français sont conservateurs, je n’irai pas jusque-là, il y a eu beaucoup d’avancées sociales qui se sont faites en France. T’es plutôt un beau mec. Ça te plairait d’être manne- quin ? Si oui, pour qui ? En vérité, je ne suis pas très à l’aise avec mon phy- sique. Ce serait un peu une sorte de défi de défiler pour une marque… Tu n’es pas narcissique ? Pas du tout. Je ne peux pas observer une partie de mon corps sans lui trouver des défauts. Je ne suis pas du tout fan des miroirs. Tu voyages pas mal. Quels sont tes meilleurs souve- nirs de soirée en tournée ? Le meilleur souvenir de concert, c’était en Pologne et en Ukraine. Les gens sont complètement tarés là-bas. Ils connaissaient toutes les paroles de mes morceaux, et je me sentais vraiment nourri par leur énergie. Tu connais un peu la cold wave/new wave française du début des années 80 ? Je ne suis pas un grand connaisseur, mais j’adore par dessus tout Voyage Voyage de Desireless. Tu écris les paroles de tes chansons. Il y a des écri- vains qui t’aident à manier ta plume ? Je suis très fan de la poésie de Pablo Naruda, et je viens de finir un recueil d’Anne Carson. Tes derniers coups de cœur musicaux ? Tarantula X ! J’écoute ça non-stop depuis quelques temps. Pas mal de filles m’ont demandé si tu es céliba- taire… (Rire gêné) Oui, je suis complètement libre. T’es déjà allé au Père Lachaise ? Non jamais, mais la prochaine fois que je viens à Paris, je me suis promis d’aller me recueillir sur la tombe d’Oscar Wilde. Avec Violaine, on organise des soirées cold wave, ça te dirait de venir mixer avec nous un de ces quatre ? Mais avec grand plaisir, faut juste que je sois de passage ici ! D’ailleurs, tu fais aussi des Dj set, tu joues quoi ? Cold wave, goth music, mais aussi pas mal d’électro-clash et de techno des années 2000. Ton cocktail préféré ? La caïpirinha, mais c’est dur d’en trouver des bien préparées. Celle que j’ai dans les mains est plutôt pas mal. Ton petit remède contre la gueule de bois ? Je n’ai jamais trop mal au crâne le lendemain. Au pire, je bois 5 litres d’eau. Trust Pour se tenir informé :ttrustt.com
  • 21. 19 — Nuit
  • 22. 20 — Nuit
  • 23. 21 — Nuit littérature ® Bernier & Buot Ω Marie Guirlet Alexis Bernier et François Buot rendent hommage à l’une des figures de l’underground français des années 70/80. Alain Pacadis, Itinéraire d’un dandy punk raconte les aventures de ce journaliste SDF flamboyant qui a connu le punk et le Palace et incarné une certaine idée de la contre-culture. Extrait. Une année Palace. C’est en 1979 que j’ai eu trente ans, écrit Alain Pacadis, je préfère m’en souvenir le moins pos- sible car ce fut une année où il ne se passait rien. La période punk était complètement terminée et dans les affres de l’after‑punk nous cherchions une nouvelle idéologie et une nouvelle éthique. Il est toujours difficile de suivre Paca et mieux vaut rela- tiviser ce genre de déclaration. Après l’ouragan sal- vateur des punks, il lui reste quand même de quoi meubler toute une année avec les rendez‑vous du Palace. Il avoue dans ce même article : « C’était le centre du monde, j’y allais tous les soirs. » Durant toutes ces nuits, il croise un jeune homme qui fait la même chose que lui mais avec des dessins. Hip- polyte Romain trace des silhouettes un peu floues de nightclubbers fardés. Le Palace est son terrain de chasse : « J’avais le monde entier qui passait en smoking ou bas résille. C’était le Casino de Paris de la grande époque tous les soirs, avec deux mille figurants pour faire le spectacle. » Accoudé au bar ou installé sur la scène, il passe le plus clair de son temps à observer ce lieu où l’incroyable finissait par passer inaperçu. Comment ne pas se souvenir d’un japonais très sérieux qui se promène jusqu’à l’aube en combinaison de plongée fluo avec des palmes aux pieds, et de cette femme en nuisette qui passe la nuit avec un nain le nez collé à son postérieur ? Dans la folie générale, personne ne fait particuliè- rement attention à eux. Alain Pacadis raconte sa vie, de fête en fête : « Lundi en me réveillant vers 20 h 30, je suis allé à la lingerie‑party chez Pauline où tous les invités devaient être vêtus de lingerie et de dentelle… »,« Mardi,dîner d’Hélène deTurckheim au Palace… » À l’occasion il se livre à quelques exercices théoriques : « La danse est le contraire de la mort car elle implique un mouvement et ce mou- vement renvoie à la vie. » Il se souvient aussi qu’il fut rock critic pour présenter les groupes sur lesquels il danse au Palace ou aux Bains‑Douches, comme les B-52’s. « C’est le meilleur disque paru cette année et de loin. Un son complètement nouveau et parfait techniquement, des réminiscences soixante liées à l’utilisation de la technique la plus moderne. » Pacadis est au Palace pour leur concert parisien et multiplie les articles sur l’album. Pour annoncer leur tournée, il se lance dans un portrait délirant du groupe à partir des textes de leurs chansons. On passe d’une planète Claire au cœur d’un volcan en fusion, on croise un homard au milieu des sirènes ou une méduse enfourchant un cheval de mer. » Alain PacadisClochard céleste Alexis Bernier et François Buot - Alain Pacadis, itinéraire d’un dandy punk (édition Le Mot et le Reste)
  • 24. 22 — Nuit sorties ® Loraine Dion Ω DR Les Frenchies :Peacock Society — Parc Floral (Paris) 12 et 13 juillet Prix : 66 euros le pass 2 jours. Têtes d’affiche : Richie Hawtin, Ricardo Villalobos, Carl Craig. On aime : We love & Savoir-faire nous ont habitués à de grandes choses, mais pour cet  événement  les organisateurs de la night life parisienne se sont surpassés. Une  pléiade  de Dj’s star en plein cœur de Paris et en plein air, s’il vous plaît. Du jamais vu. Nos bémols : Pour le moment pas grand-chose, mais il s’agit de la première édition. On demande à voir. Germans know it better :Melt ! — Ferropolis (Allemagne) 19, 20, 21/07 Prix : 135,90 euros. Pile poil. Têtes d’affiche : Atoms for Peace, Amon Tobin, Joy Orbison… On aime : La prog !!! Nos bémols : Soit, c’est un peu cher, un peu loin, mais si vous ne deviez en faire qu’un cette année, c’est sans doute vers celui-là que nous vous orienterions. Le désert festival :Monegros — Middle of nowhere (Espagne) 20/07 Prix : 75 euros. Têtes d’affiche : Adam Beyer vs Joseph Capriatti, Ben Klock, Justice. On aime : LE festoche de grosses brutes. 20 heures de gros son, en plein désert, réparti sur 4 scènes. Nos bémols : On ose imaginer l’état de nos pauvres corps, meurtris après 20 heures d’excès en tout genre. Si la fraîcheur du désert à la belle étoile se prête parfaitement à un événement de ce type, la tem- pérature est largement plus hostile au lever du soleil. Où va-t-on traîner nos bières chaudes cet été ? Top des festivals Si saison estivale rime avec festival, déplacement rime malheureusement avec finan- cement… Du coup, on se permet de vous guider un peu dans vos choix, histoire de ne pas vous faire claquer vos maigres économies dans un événement qui s’avèrerait décevant. Mais croyez-nous ou non, on vendrait nos deux reins et nos fratries entières pour assister à tous ces événements festifs.
  • 25. 23 — Nuit Et la province : Club Riviera — Entre Golf de Juan et Carpentras les 12, 19, 20 et 26 juillet. Prix : De 30 à 55 euros pour le pass 3 jours. Têtes d’affiche : Paul Kalkbrenner, Richie Hawtin, Rone (Live)… On aime : Une affiche plus qu’acceptable et en prime le petit DJ le plus talentueux du moment : Rone. Et 55 euros le festival, c’est honnête. Nos bémols : Les festivités sont réparties sur quatre soirées et étalées sur 2 semaines. Il faut donc avoir envie de passer une bonne partie de son solde de congés annuels quelque part en province. Là où il pleut, et les gens aiment faire la fête 2 :La Route Du Rock — Saint-Malo (Monsieur et Madame Saint-Malo à la nage c’est pas de la tarte ont un fils ? Ferdinand) les 15, 16 et 17 août. Prix : de 17 à 85 euros. Têtes d’affiche : Nick Cave & The Bad Seeds, Diclosure, Godspeed You ! Black Emperor… On aime : La programmation est vraiment cool et le lieu sublime. Les bémols : Il risque de faire beau… plusieurs fois par jours. (Oui, on sait, on est mauvaise langue). Vous allez aimer, une fois ! :Dour Festival — (Belgique) Du 18 au 21/07 Prix : de 50 à 125 euros. Têtes d’affiche : The Smaching Pumpkins, Wu Tang Clan, Fritz Kalkbrenner… et tant d’autres ! On aime : Le line up une fois ! Une tuerie intersidérale. Ce festival réussi le pari compliqué d’être pointu dans tous les styles. Chapeau bas, voisins belges. Les bémols : Pour un festival de cette ampleur, le camping est un poil crado. Mais l’ambiance compense largement ce léger inconvénient. Et manquer d’hygiène corporelle en festival, c’est presque un devoir, non ? En presque banlieue :Rock en seine — Saint-Cloud Du 23 au 25 août Prix : de 49 à 109 euros. Têtes d’affiche : Nine inch nails, Black Rebel Motocycle Club, La Femme, System of a down, Fauve. On aime :C’est le dernier festival de l’été et de ce fait,la dernière occa- sion d’être saoul en plein après-midi sans passer pour un alcoolique. Les bémols : Le prix… sortir 110 euros en revenant de vacances, ça risque d’être chaud. Top des festivals
  • 26. Paris La Nuit  Franck Saïssi francksaissi.com
  • 27. 26 — Nuit
  • 28. 27 — Nuit musique ® Raphaël Breuil Ω Anhang Siriusmo fait partie de ces artistes qu’il ne faudrait jamais voir, ni rencontrer. La dernière fois que j’ai eu cette impression, c’était en voyant les Gang Gang Dance en live.Écouter la musique,surtout quand elle est électronique et un brin expérimentale, et ne pas voir l’image de son créateur mystifie l’artiste. Quelle ne fut pas ma surprise en rencontrant cet être super timide, blond, l’allemand typisch : pas très commu- nicatif et avec un anglais plus qu’approximatif. Moritz Friedrich, de son vrai nom, ne subit pas la pression des maisons de disques qui l’obligeraient à faire des chansons dites « radio friendly » pour faire un carton à Ibiza. Siriusmo, à l’instar d’ar- tistes comme Mr. Oizo, peut se permettre de faire une track sur deux que le commun des mortels va trouver inaudible car le jeune homme a un vrai métier dans la vie. Il est illustrateur d’objets divers comme des livres scolaires, mais est aussi reconnu comme graffeur à Berlin. J’ai lu que tu ne donnais jamais d’interviews et que tu faisais très peu de concerts,pourquoi avoir choisi de jouer ce soir à la Machine du Moulin Rouge et d’accorder une demi-heure au Bonbon Nuit ? Je fais très peu de concerts certes, mais je ne refuse aucune interview, c’est juste que je ne croule pas sous les propositions (rires). Nous poursuivons la rencontre en parlant du dernier album Enthousiast. Sans mauvais jeu de mot mais quand même, es-tu enthousiaste à propos de la sor- tie de ce nouvel album ? Il y a déjà des titres qui te saoulent ? Bien sûr ! Toutes les tracks m’emmerdent déjà ! C’est bien de savoir s’en éloigner un peu, ce que j’ai fait. Mais je suis super content d’avoir sorti le disque car maintenant j’ai retrouvé l’énergie pour faire de nouvelles choses. Quelles sortes de choses ? Musique ? Peinture ? Autre chose ? Je reste dans la musique, j’ai envie de faire un nou- vel album ! En lisant ton dossier de presse, on a l’impression que la maison de disques « s’excuse » d’avoir mis du temps à sortir l’album. Tu trouves que c’est normal aujourd’hui de devoir s’excuser quand on met deux ans à sortir un album ? Tu trouves ça vraiment long ? Ce n’est pas vraiment que c’est long, mais l’an- née dernière, je voulais absolument sortir quelque chose, j’avais presque fini, mais je détestais vrai- ment ce que j’avais fait, je trouvais que toutes les tracks étaient chiantes à mourir, c’est sûrement la raison pour laquelle le DP parle d’un retard. Donc l’album que tu viens de sortir est totalement différent de celui que tu voulais faire il y a un an de cela ? Siriusmoso Enthousiasmo !
  • 29. 28 — Nuit Oui tout à fait ! Je pense que je n’étais vraiment pas dedans, j’ai dû tenter d’autres choses. C’est dur pour toi de finir une chanson ? Un album ? Non pas vraiment, le truc c’est que pour moi en fait ce ne sont que des essais, je pars d’un rythme, ou d’une mélodie, et le plus dur est d’en faire trois minutes. Mais je veux vraiment rentrer dans le truc, je veux le sentir, si ce n’est pas le cas, je ne peux pas finir la chanson. Tu ne joues toujours pas de live ? Non, hélas, je ne peux vraiment pas, ce ne sont que des Dj sets. Je ne peux simplement pas refaire ce que j’ai fait lors du processus de création en live. Je me contente de passer mes morceaux et d’ajouter quelques samples et de jouer du clavier par-dessus. Quelles sont les conditions idéales pour écouter ce nouvel album ? Il faut boire. Boire beaucoup. Se droguer, faire l’amour… Toutes ces choses sont cool pour écou- ter l’album. Pour moi, il y a deux types de chan- sons, celles que tu écoutes en faisant des trucs et d’autres que tu écoutes en ne faisant rien d’autre. J’espère que certaines de mes chansons font partie de la deuxième catégorie. Quel était le concept ou l’idée de départ pour cet album ? Je n’ai pas vraiment de concept, c’est une compila- tion de tracks que j’ai mises dans un ordre qui me plaisait, mais je n’envisage pas les albums comme une entité. Je n’espère pas forcément que les gens apprécient mon album dans sa totalité, j’espère qu’ils en aimeront quelques-unes vraiment beau- coup. C’est comme ça que je procède moi-même en tant qu’auditeur. Nous avons à ce moment-là une conversation sur la façon dont les gens écoutent la musique aujourd’hui, le fait qu’il n’y ait plus de support physique permet au public de prendre des morceaux ici et là et de les Siriusmo “il y a deux types de chansons, celles que tu écoutes en faisant des trucs et les autres que tu écoutes en ne faisant rien. J’espère que certaines de mes chansons font partie de la deuxième catégorie.”
  • 30. 29 — Nuit enchaîner avec d’autres titres issus d’autres albums, d’autres artistes, tuant ainsi l’objet album avec 10 chansons, un début, une fin, une cohérence. Espérant une réponse d’un amoureux de l’objet « disque », je fus assez surpris de sa réponse. Ça ne me dérange pas, c’est ce que j’ai toujours plus ou moins fait. Je n’ai jamais aimé un album de bout en bout, j’aime quelques chansons et je les écoute en boucle. Un album pour moi, c’est l’opportunité de revenir plus tard sur d’autres chansons que l’on n’appréciait pas vraiment au début, ça ne me dérange pas que l’on n’écoute pas un album de bout en bout. Nous poursuivons l’entretient en parlant de la scène électro actuelle et de la façon dont les gens écoutent de la musique aujourd’hui. Pour ceux qui ne connaissent pas, l’intro de Mosaik, son premier L.P, c’était une suite d’accords très simples joués au clavier de manière plus ou moins aléatoire et absolument pas rythmés avec en fond le son d’un public qui applaudit chau- dement la prouesse. Je lui demande donc si cette bla- gue était une critique de la scène électronique actuelle pour qu’on en discute un peu de manière caustique, ou c’était juste une joke. La question que je pensais rhéto- rique ne l’était pas tant que ça : il ne s’attaquait pas du tout à la scène électro, c’était juste une blague pour lui-même. Que penses-tu de l’arrivée massive des français qui viennent s’installer à Berlin ? (rire) Il y a beaucoup d’espagnols aussi. C’est mar- rant que tu me dises ça parce que l’autre jour, je suis sorti dans un club et je me suis aperçu que c’était une boîte française avec que des français. ça ne me dérange pas plus que ça, je trouve même qu’il y a un côté positif dans le sens où Berlin qui était un petit village, devient une vraie capitale d’envergure internationale. Ce qu’il y a de déso- lant par contre ce sont les prix des loyers qui aug- mentent et les multinationales qui investissent de plus en plus le secteur. Il y a des gens qui viennent et s’achètent de supers apparts, refont tout, c’est super, c’est magnifique, et après ils veulent que tout se passe comme dans un petit village, ils ne veulent plus de bruit, plus d’activités qui ramènent du monde… Je vis à Prenslaueurberg, donc je sais de quoi je parle… Je vois le quartier changer de jour en jour, et pas de manière forcément posi- tive… Tu n’as jamais bougé de Berlin.Berlin pour toujours ? Ouais je crois bien… Tu es déjà venu à Paris deux ou trois fois, où es-tu sorti le soir ? J’ai juste eu l’occasion de traîner un peu dans les clubs où je jouais. Je me souviens du Rex. J’avais trouvé ça super. C’est marrant parce que pas mal de gens à Paris détestent les clubs locaux et trou- vent que l’herbe est plus verte à Berlin. Ils préfè- rent les endroits sales peut être… J’étais vraiment stupéfait par le Rex. J’adore pour ma part ce genre d’ambiance avec de beaux fauteuils, la lumière rouge… Je trouve ça cool, si t’enlèves le prix des boissons. C’est moins cher à Berlin ? Oui et non. C’est moins cher pour vous, mais il faut savoir que si le prix des loyers et des boissons est parfois deux fois moins cher que chez vous, les salaires moyens le sont aussi. Siriusmo Siriusmo — Enthousiast www.facebook.com/siriusmo
  • 31. 30 — Nuit
  • 32. 31 — Nuit gonzo ® MPK Ω Jacques Daniel Sans doute avez-vous déjà vu ou entendu parler des Pierrots de la Nuit, cette association ayant pour objectif de faire baisser les décibels dans la capitale. Et sans doute vous êtes-vous demandés, sourire en coin,ce que je suis allé foutre avec eux.Eh bien,pour tout vous dire, j’avais pas mal de questions qui me taraudaient à leur sujet,du genre « Les Pierrots de la Nuit sont-ils humains ? », « Ont-ils été traumatisés pendant leur jeunesse par le bruit ? » ou « Pourquoi sont-ils vêtus de blanc ? » et surtout « Est-ce que ça fonctionne ? ». J’ai donc passé un bout de soirée avec ce phéno- mène nocturne encore mal identifié. J’aime la fréquentation des gens cyniques, je suis également une personne cynique, et quand on parle aux gens cyniques des Pierrots de la Nuit, le sarcasme est de mise. C’est normal, car des mimes Marceau nous faisant «  chut  » à 2 plombes du mat’, ça prête forcément à rire. Au-delà du rica- nement, mon esprit mal-tourné voyait aussi en eux le dernier avatar d’une dictature molle visant à tuer à petit feu l’étincelle de la nuit parisienne… C’est donc armé de solides préjugés que je me suis pointé à notre rendez-vous fixé à 22h45, au métro Saint-Paul. C’était un samedi soir. Le premier contact se fait avec Mohammed et Rachid, deux mecs plutôt sympas qui s’occupent de la médiation. Rachid m’explique que ce soir, on tournera dans le Marais, un quartier tranquille par rapport à Pigalle et à Oberkampf. On est vite rejoints par Lara Seidel et Aela, deux jolies créa- tures séléniques qui partent mettre leurs échasses dans un abribus. Je prends quelques tofs et déjà, un vieux poivrot vient foutre le bordel. Je me rends compte que ça doit pas être toutes les nuits facile pour elles. Sans agressivité, les médiateurs le médiatisent. Tout rentre dans l’ordre. Dommage. Une petite baston pour commencer mon papier, ça aurait eu de la gueule. Ioanna, la taulière du projet, et Julie, responsable presse, viennent grossir le petit groupe. J’allume mon magnéto, je vais enfin avoir des réponses à certaines de mes questions : - Ioanna, de quelle planète viennent les Pierrots de la Nuit ? - De la planète Terre. Suite aux Etats Généraux de la nuit en 2010, l’un des constats de la nuit fes- tive était qu’il y avait de plus en plus de plaintes et donc de fermetures administratives. Le M.A.P (le réseau des musiques actuelles de Paris) et la CACD (chambre syndicale des cabarets artis- tiques et discothèques) se sont fédérés et ont pris en main la création de cette asso. Nous sommes donc portés par les établissements de nuit pour préserver les nuits parisiennes. L’idée est vraiment de préserver Paris en tant que capitale de la nuit et de la fête. LES PIERROTS DE LA NUITLa Face cachée de la Lune
  • 33. 32 — Nuit - Ioanna, qui allonge les thunes ? - En grande partie la Ville de Paris, plus des socié- tés civiles telles que la Spré ou la Sacem. - Ioanna, combien êtes-vous dans votre secte ? - 9 personnes en fixe dans l’association, et une quarantaine d’artistes qui fonctionnent en duo. - Ioanna, pourquoi des artistes, la nuit, dans la rue, à Paris ? - On veut offrir un moment de poésie, de rêve… Il y a plein d’émotions qui passent, des fois y’a même des personnes qui viennent pleurer dans nos bras. La seule condition, c’est que nos artistes soient silencieux  : mimes, comédiens, souffleurs de poésies, circassiens, ou échassières comme ce soir. Justement, les échassières ont fini de se préparer, les voilà haut perchées à 2,5 mètres du sol. La tournée commence. Je les suis discrétos en les shootant avec mon bridge FZ45 Lumix tout pourri. Les gens aux ter- rasses font comme moi, c’est un concert de flashs et de demandes de poses Iphone à la main. Doigt devant la bouche, Lara et Aida font leur taf. Elles improvisent, font des chorés, des bulles de savon. C’est beau. En parallèle, les deux médiateurs continuent de médiatiser en distribuant des flyers et des badges : ils « sensibilisent », comme on dit dans le milieu. Les rues défilent, et je me rends compte que tout cela est finalement bien organisé. On peut même dire que ça fonctionne, constatant une baisse du bruit après le passage des filles. Rue du Roi-de-Sicile, un mec lâche à son pote : « Tu vois ça, ça veut dire que la nuit parisienne est en train de crever. » J’en profite pour me diriger vers Ioanna qui communique avec son équipe par des signes de plongée sous-marine (oui, le silence, toujours le silence). Magnéto rebranché, je chuchote : - Ioanna, vous avez souvent des embrouilles avec les noctambules ? - (Elle me répond en langage des signes, j’ai retranscrit après) On est de mieux en mieux accueillis. L’idée, c’est simplement de faire baisser un peu le volume, pas du tout d’éteindre la nuit ou d’être restrictifs. Et il y a cette prise de conscience qui se fait, donc c’est de mieux en mieux pour nous. Le circuit se prolonge, je profite de leur pause à 1h du mat’ pour m’esquiver. Je leur mime un joli « Bye-bye » et continue seul ma soirée. Finalement, merde, je les aime bien ces Pierrots de la Nuit, ils ne font de mal à personne et ne sont pas prosélytes. Laissez-les vivre en liberté. N’en déplaise à l’infâme cynique que je suis, ce qu’ils font est même plutôt drôle, doux et apaisant. Une vapeur d’opium, en somme, qui entre deux pintes, injecte ce petit quelque chose que l’on nomme pompeusement « poésie ». Les Pierrots de la Nuit Les Pierrots de la Nuit D’avril à Octobre dans tout Paris. Si toi aussi, tu veux devenir un Pierrot de la Nuit, envoie un mail à prod@lespierrotsdelanuit.org Se tenir informer : www.lespierrotsdelanuit.org “nous venons de la planète terre”
  • 34. 33 — Nuit
  • 35. 34 — Nuit
  • 36. 35 — Nuit musique ® Propos recueillis par Fatima Love Ω Adrian Meskotif Cette jolie brune d’origine libanaise est sur tous les fronts. Une nouvelle édition remaniée de son premier album solo vient de sortir, elle joue un rôle dans le prochain film de Jim Jarmusch et a signé une musique pour la Comédie Française. On a voulu en savoir plus. Comment décririez-vous votre musique ? J’ai du mal à trouver les bons mots. Disons que cet album est un peu folk, avec des couches de timbres diverses, allant de synthétiseurs vintage des années 70 à des couleurs un peu plus eth- niques parfois, quand il s’agit des percussions ou des rythmes. Le tout reste centré autour de la voix et du travail de composition. Avec Marc Collin (de Nouvelle Vague, ndlr), qui a produit mon album, on s’est bien amusés en studio. On a essayé de créer un environnement élégant et assez minimaliste pour épouser la complexité de cer- taines mélodies arabes et les mettre en avant avec simplicité. Je chante dans plusieurs dialectes donc les chansons sont variées, dans leur musicalité ou leur personnalité. Vous mélangez musique orientale et sonorités plus occidentales, est-ce un choix politique ? C’est avant tout une réalité pour moi. Je ne pense pas qu’un Occident existe vraiment face à un Orient et je ne pense pas qu’ils soient caté- goriquement séparés ou en distincte confronta- tion. Tout est imbriqué, et aujourd’hui plus que jamais. On est tous les héritiers de ces mélanges et échanges entre cultures. Même si les frontières culturelles existent, on a le choix de les accepter, de les refuser, de s’en inspirer ou de les infiltrer… Quand on est artiste, on prend toujours position, par des décisions éthiques, esthétiques, politiques, directement ou indirectement, consciemment ou inconsciemment. J’ai été dès le début de ma car- rière consciente de certains choix que je devais faire, comme celui de chanter et écrire mes chan- sons en arabe. Ça a été libérateur pour moi et c’est venu comme une conviction. J’ai cherché depuis le début un espace dans lequel je pouvais m’épanouir librement, loin du conservatisme. Que signifie chanter en arabe pour vous ? L’arabe est ma langue natale, c’est mon lien avec mon enfance, et une culture dont le passé m’ins- pire énormément. Ça a toujours été une grande motivation pour moi de travailler autour de cela. Ceci étant dit, je ne suis pas différente des autres artistes qui chantent en français, anglais ou chinois. Si l’émotion passe, c’est ce qui importe d’abord. Le magazine « Al-Akhbar » a écrit à propos de votre musique : « Yasmine Hamdan s’est lancée comme défi d’affirmer et de réécrire l’héritage de la musique arabe », qu’en pensez-vous ? Yasmine HamdanL’étoile du Liban
  • 37. 36 — Nuit On s’inscrit tous dans un héritage qu’on perpétue ou qu’on remanie. Un héritage peut être quelque chose de très moderne, libérateur ou au contraire conservateur. C’est aussi tellement vaste comme notion. J’ai vécu plusieurs enfances, connu plu- sieurs cultures, que j’ai dû m’approprier d’une manière ou d’une autre. Je m’y suis finalement épanouie en prenant seulement ce qui me plaisait et en restant dans un environnement dans lequel je pouvais m’exprimer à la fois librement et avec fantaisie. La musique arabe ancienne a beaucoup nourri mon travail et les paroles que j’écris. Mais mon inspiration n’est pas exclusivement orien- tale. Quand je ressens une émotion, un lien ou une envie, je considère que cela fait partie de mon héritage passé ou à venir. Tant qu’il y a du désir, tout va bien! Avez-vous l’impression que la musique orientale bénéficie d’un regain d’intérêt ? Je ne sais pas, peut-être… en tout cas je pense qu’avec les bouleversements qu’on vit dans le monde du disque, on est au début d’une muta- tion. Les gens n’ont plus les mêmes réflexes. Il y a une génération pour qui le format « world music » (que je trouve un peu fourre-tout) ne veut plus rien dire, et c’est encourageant. Quelles sont vos plus grandes influences ? Neil Young, Arvo Part, Cat Power, Nick Drake, Cocteau Twins, Bob Dylan, Leila Mourad, la musique koweitienne (Aisha El Marta, Aswat El Kuwaity) Abdel Wahab, certaines musiques touaregs, somaliennes, soudanaises, pakistanaises (Abida Parveen), c’est très varié. Quels sont vos projets ? Prendre des vacances à la plage et lire des bou- quins sous le soleil. Yasmine Hamdan “Quand on est artiste, on prend toujours position.” 5 choses que l’on sait d’elle : — • Yasmine a fait ses premiers pas dans la musique avec Soapkills, un duo fondé à Beyrouth, qui a été l’un des premiers groupes indie/électro au Moyen- Orient. • Quand elle s’est installée à Paris, Yasmine a collaboré avec Mirwais (ex-Taxi Girl et producteur pour Madonna), avec lequel elle a fondé Y.A.S et a enregistré un disque, Arabology. • En 2012, sort son premier album solo, écrit et réalisé avec Marc Collin, sur le label de ce dernier, Kwaidan. C’est ce dernier qui a été remanié sous le titre Ya Nass. • Yasmine apparaîtra dans le prochain film de Jim Jarmusch, Only Lovers Left Alive, une histoire de vampires avec Tilda Swinton et Tom Hiddlestone. Elle y joue son propre rôle, et chante une chanson qu’elle a écrite (Hal). Le film a été présenté au Festival de Cannes, et sortira sur les écrans en janvier 2014. • Elle a composé la musique originale d’une pièce de théâtre de l’auteur koweïti Sulayman Al-Bassam, montée par la Comédie Française jouée en ce moment à Paris (Salle Richelieu). Yasmine Hamdan — Ya Nass (Crammed Discs)
  • 38. 37 — Nuit
  • 39. 38 — Nuit
  • 40. 39 — Nuit Cinéma ® Violaine Schütz Ω The rich are always with us C’est l’incarnation absolue du vieux Hollywood. Bette Davis fait l’objet d’une rétrospective à la Ciné- mathèque Française jusqu’au 4 août. L’occasion de revoir son jeu d’actrice, brillant, subtil et hanté. Elle n’était pas belle, elle était pire. Bette Davis, avec ses grands yeux lourds, sa silhouette fluette et son minois triste, a débuté dans le Hollywood du début du siècle sans avoir comme atout le phy- sique des starlettes décolorées de l’époque. L’aspi- rante comédienne aux grandes ambitions, au talent démesuré et à la volonté de fer, a essuyé un certain nombre de refus au théâtre pour manque de sex- appeal, quand elle décide, contre l’avis de tous, de tenter sa chance au cinéma. Arrivée à Hollywood en 1931 (originaire du Massachussetts), elle finit par obtenir des rôles par sa ténacité et son jeu très fort, vite remarqué. Dans ses premiers films (Seed et Waterloo Bridge), la jeune fille apparaît vieillie et mal habillée, flanquée au second plan. Mais malgré ces mauvaises tribunes, la Warner Bros la découvre et décide d’en faire une star. Elle enchaîne les rôles de garces manipulatrices, de femmes sévères, de caractérielles, de colériques voire d’hystériques dans des mélos souvent passionnants. Rien ne lui fait peur. Ses personnages font écho à une vie pri- vée tumultueuse, habitée par quatre mariages hauts en couleurs et de nombreux conflits avec d’autres figures de l’âge d’or du cinéma, notamment des réalisateurs comme William Wyler. Bette disait ce qu’elle pensait, et avait de nombreuses exigences. Elle a longtemps détenu le record du plus grand nombre de nominations aux Oscars en tant que meilleure actrice (10 fois), avant d’être dépassée par Katharine Hepburn (12) et Meryl Streep (13). Elle a obtenu deux Oscars (L’Intruse de Alfred E.Green et L’Insoumise de William Wyler). Son plus grand rôle reste celui qu’elle tient dans Ève de Joseph L. Mankiewicz. Elle y incarne une légende de la scène théâtrale new-yorkaise vieillissante qui se prend d’amitié pour une admiratrice, Ève, qui la remplace au fur et à mesure au regard des autres. Malgré la centaine de films tournés, elle fera paraître cette annonce, drolatique, dans un hebdomadaire en septembre 1962 : « Mère de trois enfants âgés de 10, 11 et 15 ans, divorcée, de nationalité américaine, 30 ans d’expérience dans le domaine cinématographique, encore alerte et plus aimable que ne le prétend la rumeur publique, cherche emploi stable à Hollywood. Connaît Broadway. Bette Davis. Références à l’appui. » Elle tournera d’autres long-métrages après ça, avant de s’éteindre le 6 octobre 1989 à l’hôpital américain de Neuilly-sur-Seine, à l’âge de 81 ans. Entre deux vagues de chaleur cet été, on pourra s’asseoir au frais à la Cinémathèque Française pour revoir plus d’une cinquantaine de ses films dont Milliardaire pour un jour de Frank Capra ou encore Victoire sur la nuit d’Edmund Goulding. Et apprécier du génie à l’état pur. Bette Davis Jusqu’au 4 août à la Cinémathèque Française
  • 41. 40 — Nuit Art ® Marine Schütz Ω Roy Lichtenstein Superstar aux États-Unis, le peintre pop connaît cet été sa première grande rétrospective française. Ses peintures solaires aux tons primaires sont expo- sées au Centre Pompidou et font déjà le buzz dans la presse. Un juste retour des choses pour l’éternel peintre des images des magazines. À la fin des années 50, l’expressionnisme abstrait de Jackson Pollock, Mark Rothko et consorts tient le haut du pavé artistique. Mais les muta- tions que connaissent les grandes capitales de la société de consommation qui se développent en occident après la Seconde Guerre Mondiale atti- rent de plus en plus les peintres. En Angleterre, en France, et aux États-Unis, les jeunes Peter Blake, Martial Raysse et Roy Lichtenstein refusent de tourner le dos au quotidien, dans lequel ils perçoi- vent une nouvelle forme de beauté. Le rival de Warhol Les images de la culture populaire (tabloïds, bande-dessinée, rock’n’roll), appelées dans un premier temps « pop art » avant que le terme ne désigne l’art qui s’en inspire, deviennent les sujets chéris par cette nouvelle génération. Lichtens- tein, qui s’était mis à peindre Mickey Mouse pour plaire à ses enfants, révolutionne l’art en 1961. Il propose des peintures qui agrandissent les publicités du Washington Post en intégrant les objets les plus triviaux – éponges, chaussures, avion – qui séduisent Léo Castelli. Ce dernier, galeriste qui lance le pop, le découvre et le pré- fère à Warhol, qui au même moment agrandit lui aussi ses bandes dessinées. Cette réponse améri- caine aux mutations sociétales infléchit l’œuvre de Lichtenstein vers une intégration non seulement visuelle mais matérielle du réel. L’artiste Alan Kaprow dit dans un article intitulé L’héritage de Jackson Pollock (1958) que l’œuvre doit travailler à « combler l’écart entre l’art et la vie ». Ça devient le slogan du pop art. Look Mickey (à droite), toile de 1961, que Lichtenstein décrit comme sa première œuvre pop montre une scène de pêche comique, dans lequel un Donald fanfaronnant frime, sous le regard moqueur de Mickey, sur la belle prise qu’il vient de faire, alors qu’en réalité son harpon pêche son vêtement. L’utilisation de la bulle et la relation de lisibilité qu’elle établit dans la peinture induit un renouveau de la peinture qui devient parlante. Lichtenstein revendiquait en effet la mise au point « des systèmes de communication ». Culture de masse De 1961 à 1968, Lichtenstein développe ainsi un projet plastique qui simule le style impersonnel des modes de communication graphique en pre- nant pour sources des images issues de la culture visuelle de masse : illustrations publicitaires en provenance de tabloïds, bandes dessinées. À l’ins- tar de Blam (1963), qui s’insère dans un vaste Roy Lichtensteinking of pop
  • 42. 41 — Nuit ensemble de peintures acryliques sur toile à partir duquel le peintre souligne la codification des com- portements sociaux par la présence d’un archétype graphique, l’ensemble de la production de Lich- tenstein peut se lire comme une réflexion sur la condition de la peinture dans les années 60. À ce moment-là, les dynamiques croisées des stratégies économiques et technologiques reconfigurent en profondeur le rapport à l’image, en créant un véri- table paysage visuel médiatique appelé à soutenir le marketing. La toile de Lichtenstein résulte de cette compréhension des nouveaux processus de mécanisation de l’image. L’avion explosant en plein vol, issu d’un comics, renvoie au circuit de diffusion en masse des bandes-dessinées. Nouvelle sensibilité Formé aux techniques d’artiste publicitaire, c’est avec beaucoup d’aplomb que Lichtenstein applique le dessin linéaire du langage commercial à la peinture. Ses toiles engagent ainsi un dialo- gue avec les techniques de reproduction comme le « benday dot » (procédé d’impression inventé au début de l’imprimerie aux USA) et l’usage des couleurs primaires. La dépersonnalisation de ses toiles culmine en 1963 quand il s’attaque aux images stéréotypées des comics, sur la guerre et l’amour (Drowning Girl), dont il savoure la capa- cité à exprimer la violence des émotions sous le masque du stéréotype. Bien sûr, si le jeune public adore ces nouvelles images parce qu’elles tendent un miroir vers la société des années 60, l’esta- blishment ne lui pardonne pas sa nouvelle (in) sensibilité artistique. Un article célèbre de Life magazine s’intitule d’ailleurs : Est-il le pire artiste d’Amérique ?. Dans un contexte dominé par l’abs- traction, les œuvres pop, en raison de la présence d’objets et d’images de la culture médiatique et d’une facture relativement impersonnelle, doi- vent faire face à une critique hostile, qui y voit de simples surfaces photosensibles tendues vers le monde contemporain. Sans le pop art, en tout cas, il n’y aurait pas d’art actuel. Du 3 juillet au 4 novembre au Centre Pompidou
  • 43. 42 — Nuit shopping ® Violaine Schütz Ω DR En mode festival 1 2 3 4 5 6 7
  • 44. 43 — Nuit 13 pièces indispensables pour réussir son look sur la plage ou sur l’herbe fraîche 1. Sac à dos frangé Asos, 59 euros 2. Baskets Faguo fir rayé marine, 60 euros 3. Veste imprimée H&M, 39,95 euros 4. Boots H&M, 34,95 euros 5. Sac à dos Mi-pac Asos, 30 euros 6. Robe Topshop, 49 euros 7. T-shirt Reason, Ain’t Laurent, 47 euros 8. Boucles d’oreille River Island chez Asos, 16 euros 9. Veste homme H&M, 39,95 euros 10. Nike Air chez Urban Outfitters, 72 euros 11. Sac Jane Eyre, Out Of Print, 15 euros 12. Sweat The Great Gatsby, Out Of Print, 38 euros 13. Espadrilles à imprimé ethnique, Asos, 16 euros 8 9 10 11 12 13
  • 45. 44 — Nuit Pharmacies de garde 84, av. des Champs-Élysées - 8e ≥ 01 45 62 02 41 6, place de Clichy - 9e ≥ 01 48 74 65 18 6, place Félix-Éboué - 12e ≥ 01 43 43 19 03 Livraison médicaments 24/24 ≥ 01 42 42 42 50 Urgences SOS dépression ≥ 08 92 70 12 38 Urgences psychiatrie Se déplace sur région parisienne ≥ 01 40 47 04 47 Drogue, alcool, tabac info service ≥ 08 00 23 13 13 / 01 70 23 13 13 Livraison sextoys Commande en ligne www.sweet-delivery.fr ≥ 7/7 — jusqu'à 6h Livraison alcool + food Nemo 01 47 03 33 84 ≥ 7/7 — jusqu'à 6h Faim de Nuit 01 43 44 04 88 ≥ 7/7 — jusqu'à 7h Allô Hector 01 43 07 70 70 ≥ 7/7 — jusqu'à 6h Apéritissimo 01 48 74 34 66 ≥ 7/7 — jusqu'à 4h Allô Glaçons 01 46 75 05 05 ≥ 7/7 — 24/24 Épiceries L'Épicerie de nuit 35, rue Claude-Bernard - 5e ≥ vendredi et samedi jusqu'à 3h30 Épicerie Shell 6, boulevard Raspail - 7e ≥ 7/7 — 24/24 Minimarket fruits et légumes 11, boulevard de Clichy - 9e ≥ 7/7 — jusqu'à 7h Alimentation 8 à Huit 151, rue de la Convention - 15e ≥ 7/7 — 24/24 Supérette 77 77, boulevard Barbès - 18e ≥ mardi au dimanche jusqu'à 5h Resto L’Endroit, 67, place du Docteur- Félix-Lobligeois 17e 01 42 29 50 00 ≥ tlj de 11h à 1h, jeudi, vendredi, samedi de 10h à 5h Tabac Tabac du Châtelet 4, rue Saint-Denis - 1er ≥ 7/7 — jusqu'à 3h Tabac Saint-Paul 127, rue Saint-Antoine - 4e ≥ 7/7 — jusqu'à minuit Le Pigalle 22, boulevard de Clichy - 18e ≥ vendredi et samedi jusqu'à 5h Poste de nuit 52, rue du Louvre - 1er M° Louvre- Rivoli / Étienne-Marcel Boulangeries Snac Time 97, boulevard Saint-Germain - 6e ≥ 7/7 — 24/24 Boulangerie-pâtisserie 99, avenue de Clichy - 17e ≥ 7/7 — 24/24 Chez Tina 1, rue Lepic - 18e d≥j jusqu'à 4h30 / v≥s jusqu'à 7h Boulangerie Salem 20, boulevard de Clichy - 18e ≥ 7/7 — 24/24 Fleuristes Chez Violette, au Pot de fer fleuri 78, rue Monge - 5e ≥ 01 45 35 17 42 Relais Fleury 114, rue Caulaincourt - 18e ≥ 01 46 06 63 97 Carwash Paris Autolavage 7/7 — 24/24 Porte de Clichy - 17e Shopping Virgin Megastore 52, av. des Champs-Élysées - 8e ≥ jusqu'à minuit Librairie Boulinier 20, boulevard Saint-Michel - 6e v≥l jusqu'à 00h, m≥j jusqu'à 23h Kiosques à journaux 24/24 38, av. des Champs-Élysées - 8e 16, boulevard de la Madeleine - 8e 2, boulevard Montmartre - 9e Place de Clichy - 18e Internet 24/24 53, rue de la Harpe - 5e ≥ 01 44 07 38 89 20, rue du Fb Saint-Antoine - 12e ≥ 01 43 40 03 00 Envoyez-nous vos bons plans ouverts la nuit :nuit@lebonbon.fr Ouvert toute la nuit ! trousse de secours
  • 46. 45 — Nuit Beyonce - Love On Top Les synthés cheap, le beat dépassé, l’ascension finale des demi-tons pourraient sembler d’un goût douteux mais Beyonce sublime le titre avec l’aisance qu’on reconnaissait chez M. Jackson dont le spectre hante la chanson. Michael Jackson - The Way You Make Me Feel Bad! Nico - Streaptease Une voix douce et maladroite comme Gainsbourg les aimait, sur un texte taillé sur-mesure. Sister Sledge - We Are Family Un hymne fédérateur auquel on ne résiste pas. Short People - Randy Newman Une chanson qui fit scandale, son second degré n’ayant pas été saisi par le public américain. L’auteur de You Can Leave Your Hat On en gardera un souvenir amer. Tame Impala - Elephant L’esprit rock psychédélique de J. Lennon réincarné dans ce titre explosif. The Beatles - Blackbird Composée initialement sur un air de Bach, Blackbird, à l’instar de Yesterday, est une des plus belles ballades de Sir Paul Mc Cartney. Une fois entendue, cette rengaine ne vous quittera plus. Paradis - La Ballade de Jim Retour vers le futur ! Une interprétation aérienne qui réactualise le tube de Souchon. Daft Punk - Lose Yourself To Dance Toute l’équipe de Get Lucky récidive et nous fait comprendre que cet été c’est sur Daft Punk que l’on va danser. Pulp - Common People Un texte très anglais du flegmatique Jarvis Cooker. Evidemment incontournable. la playlist du mois À l’occasion de la sortie de leur nouvel EP mi-juillet (Big Bang), Poom, la sensation électro-pop de l’été qui nous avait déjà fait l’honneur d’un concert lors de notre 1er anniversaire, nous dévoile son top 10 ensoleillé. — www.facebook.com/Poomband poom Ω Poom
  • 47. ne-te-promene-donc-pas-toute-nue.tumblr.com
  • 48. 48 — Nuit Vendredi 05/07 00h Le Social Club 12 € ≥ Les 2 Ans De Paris La Nuit: Azari & Iii • George Fitzgerald • Anoraak Dimanche 07/07 16h Le Wanderlust ≥ Free Your Funk spéciale Do Over Dimanche 07/07 00h Le Rex 12 € ≥ Rekids Night W/ Radio Slave • Nina Kraviz Lundi 08/07 19h30 Le Trabendo 19,80 € ≥ Youth Lagoon Mardi 09/07 20h Cité de la Musique 38,50 € ≥ Two Door Cinema Club Jeudi 11/07 20h La Gaité Lyrique 22 € ≥ Flume :The Infinity Prism Tour Jeudi 11/07 18h Le Wanderlust Gratuit ≥ Mtv Party w/ Telepopmusik • Arnaud Rebotini Vendredi 12/07 21h La Bellevilloise 20 € ≥ Free Your Funk spéciale La Block Party w/ The Underachievers (Live) Vendredi 12/07 20h Paris Floral 38,50 € ≥ The Peacock Society : Nuit 1 Samedi 13/07 20h Parc Floral 38,50 € ≥ The Peacock Society : Nuit 2 Samedi 13/07 23h30 La Machine du Moulin Rouge 8 € ≥ Wet For Me w/ Joyce Muniz Dimanche 14/07 16h Le Musée du Quai Branly Gratuit ≥ Les Siestes Electroniques Dimanche 14/07 12h Le Wanderlust Gratuit ≥ The Peacock Society : Closing Mercredi 17/07 20h L’Olympia 45 € ≥ Cat Power Jeudi 18/07 19h La Plage du Glazart Gratuit ≥ Shigeto & Com Truise Vendredi 19/07 23h La Bellevilloise 16,80 € ≥ Free Your Funk w/ Jupiter (Live !) Jeudi 25/07 21h Le New Morning 27 € ≥ Robert Glasper Jeudi 25/07 23h Le Nuba Gratuit ≥ Zombies in Miami (Live) • Pachanga Boys • Marco Dos Santos Vendredi 26/07 17h Le Petit Bain 10 € ≥ Open Space Festival : Day 3 W/ Guillaume & The Coutu Dumonts Vendredi 26/07 23h La Bellevilloise 14,80 € ≥ Free Your Funk w/ DJ Pfel (C2C/Beat Torrent) • DJ Greem (C2C/Hocus Pocus) Vendredi 26/07 14h Lieu Secret 20 € ≥ Die Nacht Im Wunderland Samedi 27/07 00h Le Rex 12 € ≥ Sunglasses At Night W/ Benoit & Sergio • Clara Moto • Oxia Samedi 03/08 19h30 Le Nouveau Casino 14,80 € ≥ The Datsuns Samedi 03/08 23h Le Nuba Gratuit ≥ Joakim • Mathias Aguayo & Alexandro Paz Samedi 31/08 10h Le Lucernaire 180 € ≥ Stage Molière week-end avec Pénélope Lucbert Envoyez votre prog à : jessica@parislanuit.fr agenda La sélection de ParisLaNuit.fr
  • 49. L ’ A B U S D ’ A L C O O L E S T D A N G E R E U X P O U R L A S A N T E . a C O N S O M M E R A V E C M O D E R A T I O N Jeudi 25 juillet 2013 la bellevilloise de 19h à minuit PHIL DARK - PACO DALSTON - SEB D + Guests inscrivez-vous sur grrrrr@lebonbon.fr
  • 50. L ’ A B U S D ’ A L C O O L E S T D A N G E R E U X P O U R L A S A N T é . à C O N S O M M E R A V E C M O D é R A T I O N