Tartarus

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Tartarus

  1. 1. TARTARUS de GAREL FREDERIC1re Version- 1st Draft07/04/11
  2. 2. 1 INT-JOUR CUISINE D’UN APPARTEMENT 1981la scène montre une jeune femme, assise sur une chaise, lescoudes sur la table. elle est de dos, mais on voit qu’ellepleure. Elle tient une poignée de cheveux dans ses mains.2 INT-NUIT CHAMBRE D’UN APPARTEMENT 1982la même jeune femme est dans un lit, elle est chauve, a leteint pâle, et paraît très faible, on voit qu’elle vamourir.Un enfant d’environ 3-4 ans dort à côté d’elle.3 INT-NUIT CABINE TÉLÉPHONIQUE 1982l’enfant de 3 ans tient la main de son père, pendant que cedernier téléphone. LE PÈRE juste quelques jours, le temps de souffler, tu comprends?... je peux pas m’occuper de lui maintenant, c’est tout, c’est trop dur. je te l’amène ce soir, ça ira? (il soupire) merci.il raccroche.4 EXT-JOUR ABRI BUSUn homme d’une trentaine d’années est endormie en positionassise, sur le banc d’un abri bus de campagne.Son nom est JEAN, il porte un imper par dessus un costume.un flocon de neige vient effleurer son visage, il s’éveille.Il ouvre les yeux péniblement, puis regarde ce quil’entoure.On aperçoit un paysage montagnard sous un ciel couleurcendre.La neige tombe en abondance.
  3. 3. 2.5 EXT-JOUR ABRI BUSIl se lève, paniqué, faisant un tour sur lui même, enobservant les lieux.Il fouille ses poches et sort un portable, il constate qu’iln’a pas de réseau.Il marche quelque pas, il n’y a toujours pas de réseau.Il range son portable.6 EXT-JOUR BOURG DU VILLAGEJEAN entre dans le bourg d’un village, le clocher del’église sonne 3 coups.Le village est désert, la neige et un épais brouillardréduisent la vision.7 EXT-JOUR RUE PAVEEIl arpente une rue pavée du village, en grimaçant lorsque levent se met à souffler.il avance lentement, les mains en croix sur ses épaules.On aperçoit une silhouette, un vieil homme approche, ilporte des bottes en caoutchouc. JEAN excusez-moi!le vieil homme le regarde, puis l’esquive, en pressant lepas. JEAN hey! je veux juste savoir où on est ici.le vieil homme s’éloigne, sans se retourner. JEAN (parlant doucement) enfoiré de bouseux.JEAN poursuit son chemin et tombe sur un bureau detabac, un homme, sans doute le propriétaire, est en trainde fermer boutique en abaissant une grille. [.../...]
  4. 4. [SUITE] 3. JEAN Excusez-moi monsieur!le buraliste se retourne JEAN je me suis perdu, on est où ici? LE BURALISTE à Hadès. (il abaisse la grille complètement, puis se retourne) vous vous êtes perdu vous dites? JEAN oui, enfin... pour tout vous dire, j’ai dû trop faire la bringue hier soir, je me suis réveillé dans un abri bus tout près d’ici. (il sourit)le buraliste reste muet sans lui rendre son sourire, puisfinit par répondre. LE BURALISTE vous devriez rentrer chez vous monsieur, la tempête approche. (il s’en va) JEAN attendez, vous avez le téléphone? LE BURALISTE il y a une cabine derrière l’église monsieur.Le buraliste s’en va au loin, laissant JEAN sur place.8 EXT-JOUR BOURG DU VILLAGEJEAN contourne l’église, et entre dans la cabinetéléphonique.9 INT-JOUR CABINE TELEPHONIQUEJEAN décroche le combiné, le positionne entre son cou et sonépaule, puis cherche des pièces dans ses poches, il en sortune et la présente vers la fente.On aperçoit en GROS PLAN que La fente est prévue pour yinsérer des cartes téléphoniques, et non des pièces.JEAN raccroche le combiné.
  5. 5. 4.10 EXT-JOUR BOURG DU VILLAGEJEAN sort de la cabine, visiblement énervé.Il jette un œil aux environs, tournant en rond. il porte sonattention sur un jardin public, plus précisément sur unbanc.on aperçoit une personne immobile couchée sur le banc,recouverte de neige.11 EXT-JOUR JARDIN PUBLICJEAN s’approche du banc.On aperçoit une jeune femme, en tenue de soirée.Son nom est MARIE, elle est beaucoup plus jeune que JEAN.JEAN la regarde quelques secondes, immobile, les yeux ronds.il finit par lui secouer l’épaule. JEAN mademoiselle? est-ce que ça va? MARIE mmmh...MARIE ouvre les yeux et se redresse péniblement, elleregarde JEAN et ce qui l’entoure. MARIE où suis-je? (elle secoue la neige qu’elle a sur ses cheveux et ses vêtements) JEAN c’est pas vrai... toi aussi? MARIE quoi? JEAN tu ne te souviens de rien n’est ce pas?, je veux dire, tu sais qui tu es, mais si tu pense à ce que tu faisais hier soir, c’est le trou pas vrai? MARIE oui, hum... qui êtes vous? [.../...]
  6. 6. [SUITE] 5. JEAN une personne dans le même cas que toi, je me suis réveillé dans ce bled il y a quelques minutes, je sais pas comment.MARIE regarde la place du village déserte, et le paysagemontagnard. MARIE il n’y a personne ici? JEAN j’ai croisé deux personnes tout à l’heure, des gens bizarres tu sais, pas aimables, comme si ils m’en voulaient pour quelque chose... je dois être trop parisien sans doute, ça se remarque tout de suite.MARIE sort son téléphone portable. JEAN te fatigue pas, ça aussi j’ai essayé, pas moyen d’avoir du réseau ici...MARIE se lève, sans dire un mot et se dirige vers la cabinetéléphonique.JEAN la rattrape et marche à ses côtés. JEAN a moins de posséder une carte téléphonique, tu peux oublier la cabine. MARIE y’a t-il encore quelque chose que vous avez essayé et que je devrais savoir? JEAN je sais juste qu’une tempête de neige se prépare, et qu’on doit trouver un refuge dans ce trou, en attendant que ça se calme. MARIE très bien... [.../...]
  7. 7. [SUITE] 6. JEAN c’est quoi ton nom? MARIE Marie. JEAN enchanté Marie, je suis Jean.12 EXT-JOUR RUE PAVEEJEAN et MARIE sont devant une auberge, les volets sontfermés. JEAN tu crois que c’est ouvert? MARIE (elle regarde le planning d’ouverture sur la porte) ils sont censés l’être en tout cas.MARIE essaye d’ouvrir la porte. MARIE fermée. JEAN et merde! c’est pas vrai.MARIE frappe à la porte. JEAN Hé!!! y’a quelqu’un?Ils se taisent tous les deux, dans l’espoir d’entendre uneréponse.Quelques secondes passent, puis MARIE frappe de nouveau à laporte, et JEAN hurle encore en direction des fenêtres del’étage. MARIE ça sert à rien, il faut continuer de marcher, on trouvera peut être une autre auberge. JEAN attends, dernière chance...JEAN regarde par terre, il prend un caillou et le lance surun des volets en bois de l’étage. [.../...]
  8. 8. [SUITE] 7.il recommence deux trois fois.le volet ne tarde pas à s’ouvrir, un vieil homme apparaît. L’AUBERGISTE qui est ce qui fait ça?! JEAN c’est moi, excusez moi monsieur, on s’est perdus, et avec cette tempête... est ce que vous pourriez...le vieil homme rentre la tête et claque le volet. JEAN fils de pute!! il nous laisse là!JEAN se met à hurler en direction des volets. JEAN tu veux qu’on crève dehors c’est ça?!! c’est ça que tu veux?!! MARIE calmez vous.JEAN regarde MARIE, il se tait, mais a toujours le regardpiqué de colère.le vieil homme apparaît derrière la porte avec une lampetorche, il déverrouille la porte et leur ouvre. L’AUBERGISTE entrez vite, avant que le froid rentre.Ils entrent, JEAN regarde l’aubergiste avec dédain.13 INT-JOUR HALL DE L’AUBERGEle hall de l’auberge est plongé dans le noir. L’AUBERGISTE comme vous pouvez le voir, il n’y a déjà plus d’électricité, veuillez me suivre, je vous emmène dans la salle à manger...Ils le suivent. [.../...]
  9. 9. [SUITE] 8. L’AUBERGISTE d’où est ce que vous venez comme ça? MARIE de Paris. L’AUBERGISTE vous avez pas choisi le bon jour, on attends la tempête de neige du siècle ici, ils disaient à la télé ce matin.14 INT-JOUR SALLE A MANGER DE L’AUBERGEl’aubergiste les guide et les installe sur une petite tableronde pour deux. L’AUBERGISTE ne bougez pas, je reviens avec des bougies. JEAN vous inquiétez pas, on bougera pas.l’aubergiste s’en va, JEAN et MARIE se retrouvent dans lenoir complet. MARIE je déteste le noir... JEAN pourquoi ça? ça te fait peur? MARIE oui. JEAN peur des monstres du placard? MARIE non, peur des gens... on ne sait pas de quoi ils sont capables.l’aubergiste revient, apporte des bougies qu’il installe surla table et les allume une par une. JEAN ça va mieux comme ça? [.../...]
  10. 10. [SUITE] 9. MARIE oui. L’AUBERGISTE vous avez de la chance d’être tombé sur mon auberge, tout le village s’est barricadé en attendant que ça se calme. JEAN vous avez le téléphone? je dois appeler ma femme. L’AUBERGISTE j’ai le téléphone jeune homme, mais je pense que c’est peine perdu, les lignes seront déjà coupées... JEAN je peux quand même essayer, à tout hasard? L’AUBERGISTE si vous voulez.15 INT-JOUR CUISINE DE L’AUBERGEUn téléphone mural se trouve dans la cuisine, à côté del’évier.JEAN compose un numéro, et attend.Il raccroche au bout de quelques secondes.16 INT-JOUR SALLE A MANGER DE L’AUBERGELa pièce est plus éclairée désormais, l’aubergiste a dûinstaller plus de bougies.JEAN s’installe à nouveau à la table, en face de MARIE JEAN ça ne marche pas, pas de tonalité. MARIE désolé pour vous. JEAN non ce n’est pas grave, je voulais simplement la rassurer, elle a certainement dû appeler la police tu sais... [.../...]
  11. 11. [SUITE] 10. MARIE je comprends pas ce qui m’est arrivée, je ne bois jamais, je ne suis pas du genre fêtarde... et puis, ces vêtements ne sont même pas à moi. je crois que j’ai été droguée. JEAN quelqu’un t’aurait drogué, mit ces vêtements et puis lâchement abandonné dans ce bled? c’est absurde tu trouve pas? quel intérêt aurait cette personne à te faire ça? MARIE je ne sais pas... est ce que vous, vous vous souvenez de quelque chose? JEAN tu veux pas arrêter de me vouvoyer? j’ai l’air si vieux que ça? MARIE je n’ai pas l’habitude de tutoyer les gens que je ne connais pas. JEAN d’accord d’accord, si tu y tiens tu peux garder ton "vous"... pour revenir à hier soir, c’est le trou noir pour moi aussi. MARIE pourquoi se réveille-t-on tous les deux au même endroit, et puis d’abord, pourquoi cet endroit?... vous savez je ne crois pas aux coïncidences. JEAN Marie, s’il te plaît, ne commence pas à te faire peur toute seule... j’avoue que la coïncidence est énorme, mais si quelqu’un nous voulait du mal, il se serait déjà manifesté tu crois pas?MARIE acquiesce en hochant la tête. [.../...]
  12. 12. [SUITE] 11. JEAN dès que la tempête sera finie, on prendra le 1er train pour quitter ce trou, et on oubliera très vite cette histoire, tu verras. MARIE je dois aller aux toilettes.MARIE se lève et traverse la pièce.JEAN se retourne discrètement, son regard scrute sescourbes.CUT.17 INT-NUIT SALLE A MANGER DE L’AUBERGEJEAN et MARIE sont à nouveau à table.A les voir, on peut deviner un silence plutôt lourd, quidure depuis quelques minutes. MARIE sinon, qu’est ce que vous faites dans la vie? JEAN journaliste. MARIE cela vous plaît? JEAN on peut dire ça. (il sort une cigarette) tu fumes? MARIE non. JEAN (il l’allume avec une bougie) hum, si je résume, tu ne fais pas la fête, je suppose que tu ne bois pas non plus, et tu ne fumes pas?...JEAN expire de la fumée. waw, tu sais, tu devrais fumer, ça t’aiderais à te détendre. [.../...]
  13. 13. [SUITE] 12. MARIE qu’est ce que vous voulez dire par là? JEAN ben, tu donnes l’image d’une fille un peu coincée je dois dire, sans vouloir te vexer. MARIE de quel droit vous me dites ça? JEAN oh oh, je voulais pas... MARIE on ne se connait pas, alors de quel droit vous... JEAN je suis désolée, excuse moi. à vrai dire je voulais te faire réagir. MARIE pourquoi ça? vous êtes qui bordel? JEAN ok jeune fille, je retire ce que j’ai dit ; tu n’es pas coincée. (il sourit)MARIE, rouge de colère se relâche dans son siège, ensoupirant.L’aubergiste arrive. L’AUBERGISTE je prépare votre diner, je vous préviens par avance, c’est un repas froid. JEAN aucun problème, hein Marie?Elle regarde JEAN, sans répondre. L’AUBERGISTE désirez vous un apéritif? JEAN ah? hum... je dirais pas non à une bière. [.../...]
  14. 14. [SUITE] 13. L’AUBERGISTE et vous mademoiselle? MARIE whisky.MARIE regarde JEAN avec un regard de défi. JEAN oubliez ce que je viens de dire, mettez m’en un aussi.L’aubergiste s’en va.JEAN sourit à MARIE.CUT.18 INT-NUIT HALL DE L’AUBERGEL’AUBERGISTE est derrière son comptoir, éclairé à la bougie,il lit un livre.JEAN arrive et s’appuie sur le comptoir. L’AUBERGISTE vous désirez monsieur? JEAN oui, hum... il y a combien de chambres ici? L’AUBERGISTE 4, monsieur. JEAN ok, alors je vous en prends une.JEAN sort son portefeuille et compte plusieurs billets,qu’il tend à l’aubergiste. L’AUBERGISTE il y a beaucoup trop d’argent monsieur, je... JEAN chut! (il lui fait signe de parler plus bas) L’AUBERGISTE je ne peux pas prendre autant d’argent. [.../...]
  15. 15. [SUITE] 14. JEAN bien sur que si, d’ailleurs, j’ai crû comprendre que les 3 autres chambres étaient en travaux n’est ce pas? L’AUBERGISTE qu’est ce que vous comptez...JEAN fait mine de reprendre ses billets. JEAN elles sont en travaux... ou non? L’AUBERGISTE elles sont en travaux, oui. JEAN très bien.CUT.19 INT-NUIT SALLE A MANGER DE L’AUBERGEDes heures se sont écoulées, les assiettes de MARIE et JEANsont vides, les verres aussi.MARIE semble plus décontractée, elle a les coudes sur latable et écoute avec attention JEAN, en face d’elle. JEAN tu vois peut être les stars comme des êtres à part, mais moi qui les côtoient tous les jours, je peux bien te le dire...(il mime de lui confier un secret, en regardant si personnen’écoute) Nicolas Duvauchelle a mauvaise haleine, Sandrine Kiberlain est nulle à chier en orthographe, et Patrick Sabatier a fait un jour une apparition dans un film porno Gay.MARIE éclate de rire, ce qui est communicatif pour JEAN. MARIE mais écoutez le, quel sale gosse! j’aurais pas aimé être ta mère.JEAN s’arrête progressivement de rire, son visage devientsérieux.
  16. 16. 15.20 INT-NUIT SALLE A MANGER DE L’AUBERGE MARIE qu’est ce que j’ai dis? JEAN non rien, c’est pas grave. MARIE dis moi. JEAN ma mère est morte quand j’avais 3 ans... un cancer. MARIE merde, je suis vraiment désolée. JEAN tu pouvais pas savoir.JEAN se lève. MARIE où tu vas? JEAN me coucher, j’aimerais partir d’ici le plus tôt possible demain matin. MARIE je viens aussi.Elle le rejoint.21 INT-NUIT HALL DE L’AUBERGEJEAN et MARIE sont devant le comptoir de l’aubergiste. JEAN on va rejoindre nos chambres, on est épuisés. L’AUBERGISTE ah, c’est à dire que... (il regarde JEAN) JEAN rassurez-moi vous avez bien des chambres, c’est une auberge non? [.../...]
  17. 17. [SUITE] 16. L’AUBERGISTE il ne nous en reste qu’une. JEAN comment ça y’en a qu’une? c’est une blague?! l’auberge a l’air d’en compter plusieurs, et c’est pas les clients qui se bousculent en ce moment. L’AUBERGISTE je suis désolé, les autres chambres sont en travaux. MARIE c’est pas grave, on la prend. JEAN je dormirais par terre si tu veux. MARIE oh que oui.JEAN sort un billet de son portefeuille et le tend àl’aubergiste, qui hésite à le prendre.JEAN insiste du regard. L’AUBERGISTE tenez, vous aurez besoin de ça.l’aubergiste donne une lampe de poche à JEAN.22 INT-NUIT CHAMBRE DE L’AUBERGEMARIE et JEAN entrent dans la chambre, l’aubergiste a déjàinstallé des bougies sur la table de nuit du lit.c’est une chambre simple avec une salle de bain et toilettesdans la pièce juxtaposée.La décoration est simpliste.MARIE s’effondre sur le lit en soupirant.JEAN la regarde, puis vient la rejoindre sur le lit, il posela lampe de poche au fond du lit. MARIE t’es pas censé dormir par terre toi? [.../...]
  18. 18. [SUITE] 17. JEAN t’étais sérieuse? je suis vieux tu sais, je souffre du dos. MARIE et moi je suis la vierge Marie, allez par terre Médor. JEAN wouf! wouf! (il se laisse tomber par terre avec fracas) Aie.Elle rit. JEAN je me suis vraiment fait mal en plus.Il se relève en grimaçant. MARIE c’est bon, tu peux dormir à côté de moi, mais pas de bêtises hein? c’est un bon chien ça.il sourit, puis se retourne vers sa bougie et souffle dessuspour l’éteindre. MARIE non! je déteste le noir. JEAN tu veux dormir lumière allumée? tu déconnes? MARIE non, je te l’ai dit, je déteste le noir. JEAN poule mouillée.Elle cherche à taton la lampe de poche sur le lit MARIE rallume s’il te plaît. JEAN rallumer avec quoi?, tout va bien se passer.il lui caresse les hanches.MARIE, surprise, se redresse. [.../...]
  19. 19. [SUITE] 18. MARIE qu’est ce que tu fais? JEAN n’ai pas peur, je te veux pas de mal. MARIE arrête tout de suite, rallume les bougies! JEAN détends toi.Il continue de la caresser.Elle le gifle.Il lui tient les bras, et monte sur elle.MARIE se met à hurler. MARIE laisse moi!!JEAN l’étrangle, et la viole.MARIE se débat, essaie d’hurler, puis ne bouge plus.JEAN se relève, il parait surpris que MARIE ne bouge plus.il allume la lampe de poche et la dirige vers MARIE.MARIE le regarde avec peine. son visage se métamorphoseprogressivement, sa peau s’abîme, ses yeux rougissent, sescheveux tombent.on voit la même jeune femme que celle en Scène II. JEAN c’est pas possible!!... non!! c’est pas vrai!! qui tu es? MARIE (la voix faible) quoi? JEAN qui tu es salope?!! (il la gifle) comment tu t’appelles? [.../...]
  20. 20. [SUITE] 19. MARIE Marie De Martino. JEAN tu mens!! ça c’est le nom de ma mère! qui tu es?!!il l’étrangle, MARIE meurt.JEAN se relève, des larmes commencent à couler de ses yeux.il la regarde.Il se met à hurler, se frappe le visage, s’arrache lescheveux, frappe le mur de ses mains et pieds.puis il s’effondre par terre, et se recroqueville enposition fœtale.23 INT-NUIT CELLULE CLINIQUEJEAN est couché sur un lit médicalisé, il a le crâne rasé etdes capteurs sur le cerveau, et la poitrine.un jeune homme en blouse blanche est à côté de lui, ill’observe en fumant une cigarette.Il sont dans une petite pièce aux murs blancs.un homme de la cinquantaine entre, sa prestance laisse àpenser qu’il est docteur. LE DOCTEUR alors? L’ASSISTANT tachycardie, depuis bien 1 minute. (il regarde le moniteur ECG en simultané) 110... 116... LE DOCTEUR (il se penche au dessus de JEAN et s’adresse à lui) vous vouliez voir l’enfer? vous y êtes.La caméra se concentre sur JEAN, ses globes oculaires fontdes mouvements rapides et saccadés.Il ouvre les yeux et se redresse en même temps. son visageest marqué par la peur. [.../...]
  21. 21. [SUITE] 20.il émet des cris et des plaintes en même temps qu’ilgrimace. il regarde les deux hommes en face de lui, puis lapièce et enfin les capteurs sur son corps. JEAN qu’est ce que j’ai fait?!!...Le docteur et l’assistant se regardent. JEAN je l’ai... oh mon dieu! LE DOCTEUR du calme, vous n’êtes plus dans le rêve, c’est fini... vous n’avez rien fait du tout JEAN vous êtes qui vous? LE DOCTEUR Quel est votre prénom Monsieur De MARTINO ? JEAN JEAN, mais vous êtes qui bordel, je suis où là? L’ASSISTANT dans la réalité, bon retour parmi nous. LE DOCTEUR vous connaissez la date d’aujourd’hui? JEAN non. LE DOCTEUR votre premier chien, il s’appelait comment? JEAN quoi? j’en ai marre de ces conneries, ou vous me dites ce que je fais ici, ou je me casse tout de suite. (il retire ses capteurs) L’ASSISTANT (il le retient sur le lit) on va tout vous expliquer, le docteur essaie seulement de savoir [...] [.../...]
  22. 22. [SUITE] 21. L’ASSISTANT [suite] si l’expérience que vous avez subi a affecté votre mémoire à long terme. JEAN expérience? LE DOCTEUR alors, votre premier chien? JEAN j’ai jamais eu d’animaux chez moi. LE DOCTEUR d’accord. le prénom de votre mère? JEAN (il reste muet quelques secondes) MARIE... ma mère s’appelait MARIE.FONDU NOIR.24 EXT-JOUR PARC DE LA CLINIQUEJEAN est assis sur un banc, du personnel de la clinique vaet vient à côté de lui.Il a à nouveau ses vêtements civils.Le DOCTEUR s’assied à côté de lui, et lui tend un café.JEAN le refuse en hochant la tête. Le DOCTEUR le garde enmain. LE DOCTEUR aucun souvenir concernant cette expérience? JEAN non, et j’attends toujours qu’on m’explique. LE DOCTEUR connaissez vous la mythologie grecque, monsieur De MARTINO? JEAN un peu, enfin, je ne suis pas un spécialiste. [.../...]
  23. 23. [SUITE] 22. LE DOCTEUR est-ce que le mot ’TARTARE’ vous dit quelque chose? JEAN non. LE DOCTEUR IXION dans ce cas? JEAN non plus. LE DOCTEUR SISYPHE?, TANTALE? JEAN TANTALE? vous voulez parler du supplice de TANTALE? LE DOCTEUR précisément. TANTALE ce prisonnier condamné a errer pour l’éternité dans le tartare, l’enfer grec, avec une soif des plus terrible, une faim atroce et un esprit fou de désir. l’eau se retirait quand il essayait de la boire, et l’arbre s’éloignait quand il voulait détacher le fruit de sa branche. JEAN où vous voulez en venir? LE DOCTEUR ce qui est intéressant ce sont les autres condamnés du Tartare ; SISYPHE quant à lui devait pousser une pierre monstrueuse jusqu’au sommet d’une montagne, arrivé là haut, la pierre retombait au sol, et ce cycle se répétait pour l’éternité. JEAN quelle était cette expérience? elle avait quelle but? pourquoi j’ai fait le pire cauchemar de ma vie? et pourquoi j’arrive à me souvenir de chaque instant comme si ça avait été réel?. [.../...]
  24. 24. [SUITE] 23. LE DOCTEUR Une loi a été votée, elle stipule que les criminels jugés dangereux pour la société devront incarner une nouvelle sorte de prison ; une prison mentale. Vous vous êtes porté volontaire pour expérimenter un programme informatique nommé TARTARUS. JEAN le cauchemar était... programmé? LE DOCTEUR oui. TARTARUS permet de créer un supplice... personnalisé. on vous a greffé une puce contenant le programme sur une partie du cerveau appelé ’l’hippocampe’, rapport à sa forme. voyez-vous les souvenirs ne sont pas stockés comme on pourrait le croire, dans un seul et même endroit au sein du cerveau. ils sont dispersés, comme en réseaux, reliés par l’hippocampe. le programme grâce à lui pourra fouiller votre mémoire de fond en comble, il en retiendra ce que vous considérez comme vos vices, vos péchés, vos peurs, ou vos désirs. son algorithme complexe permettra dans vos rêves, la création d’une arène, dont vous ne pourrez vous échapper. JEAN dans mon cauchemar j’étais bloqué dans un village sous une tempête de neige. LE DOCTEUR vous avez peut être déjà visité ce village, ou l’avez-vous vu à la télé, ou dans un magazine. tout ce qui est dans le rêve, les objets, les personnes que vous rencontrez, font parties de vos souvenirs, soigneusement collectés et classés par le programme, qui les manipulera à sa guise, dans le seul but étant de vous faire souffrir psychologiquement. [.../...]
  25. 25. [SUITE] 24. JEAN nom de dieu... LE DOCTEUR votre expérience vous a fait subir seulement un cycle de sommeil, pour les futurs prisonniers... ils subiront leur supplice pour l’éternité, condamnés à vivre leur cauchemar encore et encore. JEAN je ne me reconnais pas dans ce rêve, je sais que je ne suis pas un modèle pour l’humanité, mais je ne suis pas un meurtrier. LE DOCTEUR je pense que l’on a tous une part sombre en soi, quelque chose en nous de potentiellement mauvais que l’on refoule. il peut s’agir d’une extrême violence comme de pulsions sexuelles. qu’avez vous rêvé Monsieur DE MARTINO? JEAN je... je rencontre une jeune femme, je sais qu’elle est jeune, mais je ne sais pas... elle me plait. on se réfugie dans une auberge, je joue avec sa naïveté comme un vieux renard, elle boit, elle devient docile, je m’arrange pour avoir la même chambre qu’elle, et je... je la viole, elle hurle mais je continue et je l’étrangle, son visage se modifie, il mute, elle perd ses cheveux, sa peau s’abîme, je me rend compte que c’est ma mère, morte d’un cancer quand j’avais 3 ans. c’est comme si... le fait de l’avoir violé lui avait injecté une tumeur, une tumeur qui l’aurait tué dans la minute. LE DOCTEUR le programme a fait en sorte que votre goût pour la luxure vous amène à violer la personne la plus pure et la plus inviolable à vos yeux ; votre mère. Vous devez vous sentir coupable d’aimer les jeune [...] [.../...]
  26. 26. [SUITE] 25. LE DOCTEUR [suite] filles innocentes, vous vous considérez peut être comme un prédateur en un sens, même si vous n’êtes jamais passé à l’acte, votre sentiment envers vous même vous laisse l’idée inconsciente que c’est vous, qui avez tué votre mère, que votre corps abrite un poison qui détruit les femmes. JEAN je ne vous suis pas, ma mère est morte de son cancer, et ça j’en suis conscient. LE DOCTEUR je voulais parler de votre rapport avec ’l’autre’ vous, celui que vous n’aimez pas, ce prédateur qui vous écœure. à chaque fois que vous laissez parler vos vices, votre culpabilité vous pèse, à tel point qu’une idée inconsciente vient germer dans votre esprit, celle que la femme que vous respectez le plus au monde, est morte, car son cancer, c’était vous.JEAN regarde le docteur, puis droit devant lui, songeur.FONDU NOIR.25 EXT-JOUR CIMETIÈRE.Plusieurs semaines se sont écoulés, à en juger les cheveuxde JEAN qui sont maintenant très courts.Il traverse des allées, un bouquet de fleurs à la main.il s’arrête devant une tombe.son visage est impassible, on voit que sa main serre trèsfort le bouquet, comme pour le détruire.il balance le bouquet sur la tombe, le bouquet glisse parterre.JEAN s’en va, La tombe est au nom de MARIE De MARTINO.FIN.

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