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Orthographe

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  • 1. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succès Pr Robert Tocquet Comment avoir une orthographe qui mène au Succès Évitez les pièges de lorthographe 1
  • 2. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succès SommaireSommaire ______________________________________________ 2Comment va votre orthographe ? __________________________ 3Les principales difficultés de la langue française_____________ 17Le français au quotidien________________________________ 112Les difficultés de conjugaison ___________________________ 132La fameuse dictée de Mérimée___________________________ 136En conclusion…_______________________________________ 137 2
  • 3. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succès Comment va votre orthographe ? Elle est sans doute bonne mais peut s’améliorer. A la finde cet ouvrage, vous trouverez la fameuse « Dictée deMérimée », qui vous permettra de faire le point et de« coller » vos amis. Vous verrez ainsi que la mauvaiseorthographe n’est pas un phénomène nouveau. Le problème, aujourd’hui, c’est que notre orthographes’affiche de plus en plus : télécopies, courrier électronique,SMS, etc. En améliorant votre orthographe, vous aurez une plusgrande confiance en vous, vous aurez un plus grand respectpour vos correspondants, et vous leur éviterez la distractionque peut représenter un courrier entaché de fautes. En bref,votre orthographe, c’est une partie de votre expression, etmieux vous vous exprimez, meilleure sera votre vie. Ce petit ouvrage ne se veut pas exhaustif. C’est un guidepratique qui vous rendra service. Même si vous n’appliquezpas tout, cela améliorera votre orthographe.« Notre orthographe, écrit le grammairien René Georgin, estpleine de pièges, danomalies, qui tiennent, dune part, à cequelle nest pas phonétique, dautre part, à ce que nousavons conservé danciens usages. »Effectivement, en dehors de certaines règles qui sontrationnelles dans lensemble, comme cest le cas parexemple pour laccord du verbe avec son sujet, elle estremplie de bizarreries qui, souvent, défient la logique, desorte que celles-ci constituent autant de pièges pour lélève,pour létudiant, et, bien entendu, pour lécolier qui débutedans létude de lorthographe. Néanmoins, enregistronslusage qui est devenu une sorte de loi, lorthographe étantainsi, de ce fait, « la politesse de la langue ». 3
  • 4. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au SuccèsD’ailleurs, ces difficultés de lorthographe constituent, ànotre avis, lun des charmes de la langue française et cestprobablement aussi lopinion de MM. Pierre Gaxotte et JeanGuéhenno, de lAcadémie française, qui, dans de nombreuxarticles, souvent pleins dhumour, se sont élevésvigoureusement et avec raison contre le massacre actuel dela langue française et de lorthographe, non seulement pardes ignares, mais aussi par des personnes dites « cultivées ».Les mots à consonnes doublesTantôt ces consonnes figurent dans tel ou tel mot, tantôtelles ne figurent pas dans tel autre mot de la même famille.Ainsi, tout le monde connaît lexemple classique de chariotet de ses dérivés chariotage et charioter, qui sécrivent avecun seul r, alors que tous les autres dérivés de charredoublent lr devant une voyelle. On écrit en effet :charrette, charretier, charrier, charroi, charron, etc.Des remarques analogues peuvent être faites à propos dudoublement des consonnes f, l, m, n, p, t, dans les motssuivants :Persifler et persiflage sécrivent avec un seul f cependantque siffler en prend deux. Même chose pour souffler etboursoufler.Fourmilière et fourmilier (animal qui se nourrit de fourmis)sécrivent avec l et i alors que fourmiller (abonder, pullulerou éprouver des picotements) et fourmillement sécriventavec deux l.Imbécile et imbécilement prennent un seul l alors queimbécillité en prend deux.On a aussi bonhomie et bonhomme ; patronat, patronage etpatronne, patronner, patronnesse ; détoner, détonation ettonner ; résonner, résonance ; tonnerre ; honorable ethonneur ; traditionalisme, traditionaliste et traditionnel. 4
  • 5. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au SuccèsOn rencontre des difficultés analogues dans les verbes en -eler et en -eter.Les plus nombreux doublent la consonne l ou t devant un emuet ; dautres ne doublent pas la consonne devant un emuet, mais prennent un accent grave sur le qui précède lasyllabe muette.Ainsi, on écrit : je pèle, jappelle, j’achète, je jette,jétincelle, j’époussette, je banquette, je râtelle, jétiquète, jebecquette.Les verbes en -oter se divisent également en deux groupes.La plupart dentre eux sécrivent avec un seul t. Cest le cas,par exemple, de annoter, chevroter, chuchoter, clignoter,emmailloter, escamoter, fagoter, gigoter, grignoter,papoter, pianoter, radoter, sangloter, tapoter, toussoter,tripoter.En revanche, les verbes suivants prennent deux t : ballotter,botter, boulotter, calotter, trotter, culotter, débotter,décalotter, décrotter, déculotter, emmenotter, émotter,flotter, frisotter, flotter, garrotter, grelotter, marcotter,marmotter, motter, trotter.Les verbes en -on(n)er prennent généralement deux n. Cestle cas, par exemple, de détonner, qui signifie chanter faux,de éperonner, de gueuletonner, de sillonner, detourbillonner, etc.Mais on écrit détoner (faire subitement explosion), dissoner,sépoumoner, ramoner et téléphoner. Les verbes ayant un ô,comme détrôner, prôner, etc., nont aussi quun seul n.Les mots renfermant des lettres muettesBeaucoup de mots, renfermant des lettres muettes,continuent de sécrire avec ces lettres. Cest le cas, parexemple, de aspect, corps, damner, doigt, puits, respect,sangsue, sculpteur, sept, temps, vingt. 5
  • 6. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au SuccèsIl en est de même pour des mots terminés par des consonnesmuettes, tels que broc, coup, cours, fusil, laid, nez, paix,repas, sang, sourd, tabac, thym, trop, trot.Les anomalies de laccentuationQuand doit-on mettre un accent et faut-il seulement enmettre un ? Ne sachant pas où poser un accent, ne noussommes-nous pas souvent risqués à dessiner un petit signeau-dessus du mot en chargeant le lecteur de deviner sanature (aigu, grave, circonflexe ?) et de le placer là où ildevrait être et de surtout ne pas le voir s’il était inutile...Trouvons quelques pistes...L’accent aigu On ne le place que sur la lettre e. Il donne généralement un son fermé au mot, mais pastoujours : la prononciation va parfois à lencontre delaccentuation. On écrit, par exemple, céderai alors que lonprononce cèderai. On écrit également chanté-je bien? alorsque lon prononce chantè-je bien ? Même remarque pourallégement, allégrement, crémerie, empiétement etévénement. Il n’y a jamais d’accent devant un x (examiner), uneconsonne double (effarer, errer) ou une consonne qui ne seprononce pas à la fin d’un mot (clef, pied, nez). Assez souvent, mais pas toujours, les mots latins n’ontpas d’accent : nota bene, a posteriori, requiem...maiscritérium, intérim, mémento. Dans les verbes en -éer, comme créer, agréer, lé restetoujours fermé. (Ex. : Je crée, tu crées. Je créerais.) Certains mots dérivés ont un accent aigu qui nexistepourtant pas dans le radical. Cest le cas de reclus, réclusion,recouvrable, irrécouvrable ; religieux, irréligieux ; remède, 6
  • 7. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèsirrémédiable, mais remédiable ; replet, réplétion ; reproche,irréprochable ; revers, réversible ; tenace, ténacité. Bizarrerie dans la famille du verbe régler où touss’écrivent avec un accent aigu (réglementer, etc.), sauf règle(ce qui est normal, puisque la syllabe qui suit est muette,voir plus bas), mais aussi règlement.L’accent grave se place sur les lettres a, e, u. Le plus souvent, si vous prononcez le mot avec un eouvert, c’est qu’il comporte un accent grave : succès,progrès, très... mais il n’y a aucun accent sur bonneterie,marqueterie et receleur. Très fréquemment, une syllabe accentuée avec un accentgrave précède une syllabe muette : père, mètre, flèche. Les verbes comme céder, sécher, rapiécer qui ont un éfermé à lavant-dernière syllabe de linfinitif, changent 1éfermé en è ouvert devant une syllabe muette. (Ex. : céder, jecède.) Précisons qu’au futur et au conditionnel, ilsconservent donc cet é fermé. (Ex. : Je céderai. Tu céderais.) Il y a un accent grave à tous les verbes du 1er groupe à la3e personne du pluriel du passé simple : ils aimèrent. Les verbes ayant un e muet à lavant-dernière syllabe delinfinitif, comme lever, mener, changent, par raisondeuphonie, le muet en è ouvert devant une syllabe muette.(Ex. : Je lève.) Pour les verbes en -ecer, comme dépecer, le muet de ladernière syllabe du radical se change en è ouvert devant unesyllabe muette. (Ex. : Je dépèce.) Un certain nombre de verbes en -eler et en -eter nedoublent pas la consonne devant un e muet, mais prennentun accent grave sur le qui précède la syllabe muette. (Ex. :Je modèle. J’achète.) 7
  • 8. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succès Les verbes en -éger, comme siéger, présentent unedouble difficulté : 1° L é du radical se change en è ouvertdevant un e muet (sauf au futur et au conditionnel). 2° Pourgarder le son du g doux, on maintient le après le g devantles voyelles o et a. (Ex. : Je siège, nous siégeons. Qu’ilsiégeât.)L’accent circonflexe Se place sur toutes les voyelles (sauf le y). Commel’accent grave, il donne un son ouvert au e (bêche, prêtre) etun son long sur le a, le o et le u (gâteau, arôme, bûche).Notons que axiome, idiome et zone ne prennent pasd’accent. Dans la plupart des cas, il remplace une lettre disparue,que l’on peut d’ailleurs retrouver dans un des mots de lamême famille : bête (bestial) ; arrêt (arrestation), vêtement(vestimentaire). Il sert souvent à distinguer deux mots qui se prononce dela même façon, par exemple : du et dû, sur et sûr, mur etmûr. Dans les adverbes terminés par -ment et dérivésdadjectifs féminins (autrefois, on écrivait assiduement oubien éperduement), le, qui suit une voyelle, a généralementdisparu et est remplacé par un accent circonflexe. Seloncette règle, on écrit, par exemple, assidûment, dûment,goulûment. Mais, en revanche, laccent nexiste pas danséperdument, ingénument, résolument. Il est toujours présent dans les cas suivants :– A la 1re personne et à la 2e personne du pluriel du passésimple : Nous plaçâmes, vous plaçâtes. Nous fîmes, vousfîtes. Nous lûmes, vous lûtes.– A la 3e personne du singulier de limparfait du subjonctif :Quil plaçât. Quil fît. Quil lût. 8
  • 9. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succès– A lî qui précède le t dans les verbes en -aître : Il connaît.Je connaîtrai. Je connaîtrais.Voici, maintenant, par ordre alphabétique, une liste de motspour lesquels les fautes daccent circonflexe sont fréquentes:abîmeaccruaineaîné(e)août (l’accent est sur le û)arôme ou aromeassidûmentassureratomeaumôneaxiomebâbordbâiller (de fatigue)bateaubâtirbayer (rester bouche bée)bohème (insouciance)Bohême (pays)boîteboiteux 9
  • 10. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au SuccèschaînechaletChâlons-sur-MarneChalon-sur-Saônechasse (poursuite)châsse (coffre pour les reliques)choucroutechromecimecolon (fermier)côlon (intestin)connaîtrecôneconifèreconiquecontinûmentcote (cotation)côte (os ou pente)coteaucôtoyercrânecraniologiecrêpecrépircrépu 10
  • 11. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèscrêtecrétincroûtecru (vin)crû (mais crue)cyclonedécrudégâtdégainerdéjeunerdéposerdépôtdévotdiffamerdîmedînerdiplomatediplômedômedrainerdrolatiquedrôledû (pour ne pas confondre avec l’article du)due, dus 11
  • 12. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèsdûmentégoutenchaînerentraîneéperdumentépîtreextrêmeextrémitéfainefantomatiquefantômefibromeflânerforestierforet (instrument tranchant)forêtfraîchefûtfutaiegainegîtegnome 12
  • 13. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèsgoitregoûter (collation)goutter (couler)grâcegraciergracieuxgrêlongrelothaler (tirer)hâler (brunir)havrehôpitalhospitaliericone (symbole)icône (peinture religieuse)iconoclasteiconographieidiomeinduindûmentinfamantinfâmeinfamie 13
  • 14. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèsingénumentjeunejeûne (diète)maçonmaîtrematin (début du jour)mâtin (chien)mêlerméli-mélomoellemoellonmû (mais mue, mus)murmûre (baie)notre (adj. possessif, pluriel nos)nôtre (pronom possessif précédé d’un article)piqûrepolairepolariserpôleprétendument 14
  • 15. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèspsychiatrepsychiatriepuînéraclerrafraîchirragotragoûtrâteauratisserraturerésolumentroder (user)rôder (errer)ruruchesoûl ou saoulsymptomatiquesymptômesyndrometache (saleté)tâche (labeur)toit 15
  • 16. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèstraînetraiteurtraîtretrône (mais introniser)zoneLe tréma, une manière d’accent Le tréma concerne les voyelles e, i, et u. Il sert le plus souvent à indiquer qu’il faut détacher cettevoyelle de la voyelle précédente : inouï, stoïque, typhoïde.Mais il n’y a pas besoin de tréma pour les mot en éisme,éique, éiforme : séisme, Lorsque le tréma est placé sur le i, suivi par une autrevoyelle, le tréma confère un son mouillé : aïe, glaïeul,laïus... Le tréma placé sur un e peut indiquer qu’il ne faut pas leprononcer : aiguë, ambiguë, contiguë, exiguë et ciguë. On trouve le tréma dans certains noms propres : Poë,Saint-Saëns, de Staël 16
  • 17. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succès Les principales difficultés de la langue françaiseLa langue française présente un nombre relativement élevéde difficultés, mais nous navons retenu ici que lesprincipales qui peuvent être groupées sous les titressuivants: Les difficultés relatives au genre ; les difficultésayant trait au nombre ; les barbarismes et les solécismes ; lesparonymes ; les pléonasmes.Examinons successivement ces différents points eninsistant, comme nous lavons dit dans la préface du livre,sur les difficultés qui ne sont pas habituellement signaléesdans les manuels classiques de grammaire.Masculin ou féminin ?En grammaire, le genre est, on le sait, la forme quereçoivent les mots pour indiquer le sexe des êtres animés oupour différencier les noms des choses. I1 y a, en français,deux genres, le masculin et le féminin. Dautre part, quandun pronom ne désigne ni une personne, ni un animal, ni unechose déterminée, on peut dire quil est du genre neutre.Cest le cas, par exemple, des pronoms il, le, ceci, cela, dansles expressions suivantes : il fait chaud, je vous le dis ; ceciou cela me convient. Il en est de même de etc. qui estlabréviation du latin et cætera qui signifie « et les autreschoses » ; néanmoins, etc. peut sappliquer à des noms depersonnes.Les erreurs de genre étant assez fréquentes, voici lesdifférents noms sur le genre desquels on peut se tromperSont masculins :abaqueacrostiche 17
  • 18. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèsaéronefalbâtrealvéoleamalgameambreamianteammoniac (gaz)anathèmeanévrismeanthraciteantidoteantipodeantreapanageapogéeapologueappendiceaprès-midi (anc. masculin ou féminin)arcanearéopagearmisticeasphalteastérisqueattiqueaugure 18
  • 19. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèsauspicesautomne (anc. masculin ou féminin)balustrebasaltebulbecamée (pierre fine)carpelle (partie reproductrice d’une plante)chrysanthèmecippecloportecolchiquedécombresdédaledithyrambeéclaireffluveélastiqueélytreembâcleemblèmeemphysème 19
  • 20. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèsentracteentrecuisseentregententrejambeenzyme (anc. féminin)éphémèreépilogueépisodeépoisses (fromage de la Côte d’or)équinoxe (anc. féminin)érésipèle (maladie de peau)esclandreexodeexordeextrêmeglobulegranulegynécéehaltèrehémisphèrehémistichehyménée 20
  • 21. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèshypogée (chambre souterraine destinée à recevoir dessépultures)icone (symbole)incendieindiceinsigneintermèdeintervalleisthmejadejutelibellelignitemânesmétéoremidi (anc. féminin)obélisqueopprobreopusculeorbe 21
  • 22. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au SuccèsouvrageovaleovulepénatespérigéepétaleplanisphèrepoulperailschistesépalesestercesocquesulfamidetentaculetermitetuberculeSont féminins :acné 22
  • 23. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèsacoustiqueaérogareagapealcôvealgèbrealluvionsambagesammoniaque (alcali)amnistieanagrammeanicrocheantichambrearmoirearmoiriesarrhesatmosphèreautostradeavant-scèneazaléebougainvilléecampanulecâpreclepsydre 23
  • 24. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèscoriandredindedisparateébèneéboniteécarlateéchappatoireécritoireécumoireencaustiqueentrefaiteéphéméridesépiceépigramme (anc. masculin)épistaxisépitapheépithèteépîtreéquivoqueescarreespècefoliole 24
  • 25. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèsfourmi (mais un fourmilion)hémorroïdehorloge (anc. masculin)icône (peinture religieuse)idoleimmondicesimpasseinterviewmandibulesmétéoritemezzaninemoustiquairenacreoasisomoplateoptiqueorbiteoriflammeorque 25
  • 26. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au SuccèspalepatèrepécorephalènepléthoreprimeurréglissescolopendrestalactitestalagmitesyllepsetiqueSont à double genre et avec des sens parfois différents selonle genre :aiglealvéoleamouraprès-midicartouche 26
  • 27. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèscavechosecouplecrêpedéliceenseigneespacefoudregestegîtegreffehymnelibellemanchemémoiremodeœuvre 27
  • 28. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèsofficeordonnanceorgeorgueovulepalabrepâqueparallèlependuleperce-neigephysiquepoêleposteprière dinsérerrelâchesoldesteppesynopsisvoile 28
  • 29. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au SuccèsExaminons successivement ces noms à doublegenre.Aigle est masculin, au propre et au figuré quand il désigneloiseau mâle (laigle est fier et courageux), lhomme degénie (cet homme est un aigle), la décoration, le pupitredéglise, le papier grand format. Mais il est féminin quand ildésigne loiseau femelle (laigle est furieuse quand on luiravit ses petits). Il est également féminin en termes deblason (les armures de lEmpire français étaient une aigle),quand il se rapporte à une enseigne militaire (les aiglesromaines) et lorsquil désigne la constellation qui porte cenom.Le cas de amour est signalé dans toutes les grammaires. Il yest dit que amour, pris dans le sens de passion, est masculinau singulier et féminin au pluriel. (Ex. : Un bel amour ; debelles amours.). Toutefois, il convient dajouter quen poésieamour est parfois féminin au singulier comme au pluriel.(Ex. : Une amour violente) et quil reste au masculin quandil désigne des représentations du dieu Amour ; en ce sens, ilprend une majuscule. (Ex. : Peindre, sculpter des Amours.)Enfin, on tend aujourdhui à faire toujours amour aumasculin.Le genre de après-midi fut longtemps incertain. Il estaujourdhui du masculin. (Ex. : Des après-midi ensoleillés.)Notons que après midi (sans trait dunion) nest pas un nom.(Ex. : Trois heures après midi.)Cartouche est féminin lorsquil sagit de la charge dunearme à feu. Il est masculin en terme dart et darchéologie etdésigne alors un ornement destiné à recevoir une inscriptionou, chez les anciens Égyptiens, le cadre dans lequel oninscrivait le nom du roi.Au féminin, la cave est le local situé sous une habitation,mais constitue aussi la mise que chaque joueur met devantlui. Au masculin, un cave est un naïf qui, par son manque deconnaissance du milieu, peut facilement être trompé. 29
  • 30. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au SuccèsChose est féminin lorsque le mot désigne tout ce qui est,tout être inanimé, et, en philosophie, une réalité absolue paropposition à lapparence. (Ex. : La chose en soi.) Il estmasculin dans le langage familier quand il se rapporte à unobjet indéterminé. Quelque chose est masculin quand ilsignifie « une chose ». (Ex. : Quelque chose de certain. Silvous manque quelque chose, je vous le donnerai.) Il estféminin quand il signifie « quelle que soit la chose ». (Ex. :Quelque chose quil ait dite.) Avec autre chose, grand-chose, peu de chose, ladjectif qui suit se met au masculin.(Ex. : Donnez-moi autre chose de meilleur. Pas grand-chosede bon. Peu de chose de grand.) Enfin, on écrit : un pasgrand-chose ou une pas-grand-chose.)Couple « est féminin, écrit Adolphe V. Thomas, quand ilsapplique à deux choses de même espèce réuniesaccidentellement : Une couple dœufs. Une couple deserviettes. Il est masculin quand il désigne deux êtres mâleet femelle, ou deux êtres unis par un sentiment damitié oudintérêt, ou encore deux animaux unis dans le même travail:Un couple de pigeons. Un couple bien assorti. Un coupledamis. Un couple de chevaux attelés à la même voiture. »Crêpe est masculin lorsquil désigne une étoffe claire de soiecrue, de laine fine ou un brassard noir de cette étoffe portéautrefois en signe de deuil. Cest un mot féminin quand ildésigne une galette légère de blé ou de sarrasin.Délice est masculin au singulier et féminin au pluriel. (Ex. :La lecture de cet ouvrage est un pur délice. Quel délicecause une bonne action ! Il en fait ses plus chères délices.)«Toutefois, avec un de, signale Adolphe V. Thomas, il estpréférable de faire délices du masculin : Un de mes plusgrands délices était de canoter sur la Marne. »Enseigne est du masculin quand on parle d’un officier de lamarine de guerre : un enseigne de vaisseau. Il est du fémininpour désigner un panonceau ou bien une bonne preuve : Atelle enseigne... Nous avons vu aussi a propos du mot aigle 30
  • 31. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèsqu’une enseigne pouvait être un terme militaire, symbole deralliement pour les troupes : Marcher enseignes déployées.Espace est du masculin, sauf en termes de typographie, où ilest féminin. En loccurrence, cest une petite lame de métal,plus basse que les lettres, pour séparer les mots. (Ex. :Mettre une espace entre deux mots.)Foudre est généralement féminin, mais il est masculin danscertaines expressions telles que « foudre de guerre », «foudre déloquence ».Geste est masculin quand il désigne un mouvement du corpsou une action généralement spontanée. (Ex. : Déclamer enfaisant de grands gestes. En faisant ce don, il a fait un beaugeste.) Mais il est féminin au sens daction déclat, dexploit.(Ex. : La geste de Roland. La chanson de geste.) Il estégalement féminin dans lexpression « faits et gestes ».Gîte est généralement du masculin. Il lest, en particulier,lorsquil désigne le lieu où lon demeure, où lon coucheordinairement par hasard, la localité jalonnant les routes à ladistance dune journée de marche, lendroit que le lièvreaménage pour dormir, se cacher ou se reposer, la masse deminéraux en leur gisement, la pièce de bois autour delaquelle pivote un pont tournant, la solive dun plancher, lameule fixe dun moulin. Il est féminin en terme de marine.Cest, ou bien la place quoccupe sur le fond un navireéchoué. (Ex. : Bateau qui fait sa gîte), ou encore un bateauqui donne de la bande. (Ex. : Bateau qui donne de la gîte partribord.)Greffe est du féminin en termes darboriculture et dechirurgie. Il est masculin lorsquil désigne le lieu où sontdéposés les minutes des jugements, où se font lesdéclarations, les dépôts concernant la procédure.Hymne est masculin au sens profane et féminin au sensreligieux. (Ex. : Lhymne national. Une hymne sacrée.)Libelle, employé au masculin, désigne un petit écritsatirique ou diffamatoire. Au féminin, cest une bulle 31
  • 32. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèsgazeuse et mobile qui se trouve dans certaines inclusionsliquides de cristaux.Manche est du masculin lorsquil désigne la partie parlaquelle on tient un instrument. (Ex. : Manche de couteau),la pièce de bois ou de fer servant à diriger la charrue (syn. :mancheron), los apparent des côtelettes et des gigots parlequel on les saisit, la pince servant à maintenir solidementun gigot, le levier placé devant le pilote dun avion. Il est duféminin dans les cas suivants : partie du vêtement quicouvre le bras ; conduit en toile, en cuir, en métal (Ex. :Manche à vent) ; filet formant une sorte de poche fermée parlun des bouts ; appendice dun aérostat ; au jeu, une desparties liées que lon est convenu de jouer ; bras de merresserré entre deux terres.Mémoire est féminin au sens de « faculté de se souvenir »,de « souvenir » et de « réputation ». (Ex. : La mémoire secultive par lusage. Jai perdu la mémoire de ce fait. Laisserune mémoire honorée.) Le mot est masculin quand ildésigne un écrit, un état des sommes dues. (Ex. : Lire unmémoire à lAcadémie. Recevoir un mémoire de sonfournisseur.) Il est au masculin pluriel et sécrit avec unemajuscule quand il exprime une relation écrite par ceux quiont pris part à certains événements. (Ex. : Les Mémoires deSaint-Simon.)Mode est féminin au sens de manière de faire, coutume,fantaisie, usage passager. (Ex. : Chacun vit à sa mode.Porter un habit à la mode.) Il est masculin quand il désignela manière dêtre, la forme, la méthode, la manière dont leverbe exprime létat ou laction, et, en musique, la façondont le ton est constitué. (Ex. : Les modes de vie. Le modede cuisson. En français, il y a quatre modes personnels,lindicatif, le conditionnel, limpératif, le subjonctif, et unimpersonnel, linfinitif. En musique, il y a deux modes, lemode majeur et le mode mineur.)Œuvre. « Ce mot, écrit Adolphe V. Thomas, féminin àlorigine, devint masculin au XVIe siècle, puis reprit peu à 32
  • 33. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèspeu son genre primitif, sauf dans certains cas ouexpressions, où il est encore employé au masculin.« Il est masculin : 1° Quand il désigne lensemble desouvrages de quelquun, dun artiste en particulier ; 2° Dansles expressions : gros œuvre (terme de maçonnerie) et grandœuvre (terme dalchimie).« Lusage tend à faire œuvre féminin dans tous les cas saufpour les deux expressions précédentes. »Office est du masculin lorsquil désigne un devoir spécial,une fonction, une charge civile. (Ex. : Remplir loffice desecrétaire. Loffice divin. Dans cette maison, loffice est trèsnombreux. Acheter un office davoué. Diriger un office depublicité.) Il est féminin dans le sens de partie dune maisonoù lon dispose tout ce qui dépend du service de la table, etoù, souvent, les gens de maison prennent leurs repas. (Ex. :Dans cette demeure, loffice est mal arrangée.)Ordonnance. Ce mot est longtemps resté exclusivementféminin. Il peut alors indiquer : laction ou la manière dedisposer, darranger ; lensemble de personnes ou de chosesdisposées dans un certain ordre ; lordre émané duneautorité souveraine ; un texte législatif (Ex. : Lesordonnances du 25 juillet 1830 provoquèrent la chute deCharles X) ; un règlement de police. (Ex. : Une ordonnancesur la voirie) ; la prescription dun médecin pour le régimeou la médication. (Ex. : Les pharmaciens exécutent lesordonnances) ; lécrit qui contient cette prescription ; lordrede payer, délivré au comptable par lordonnateur ; le nombreet la disposition des colonnes. (Ex. : Ordonnance tétrastyle);le règlement relatif à la tenue militaire. (Ex. : Uniformedordonnance) ; lofficier qui remplit auprès dun général,dun amiral, dun ministre, les fonctions daide de camp(officier dordonnance) ; le soldat mis à la disposition dunofficier. (Ex. : Une ordonnance stylée.)Mais, selon lAcadémie, « une ordonnance étant un militairedu sexe masculin, ce mot peut semployer au masculin ». 33
  • 34. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au SuccèsEffectivement, on lit dans les Grandes Familles de M.Druon : « il écrivit à Charamon, son ancien ordonnance. »Orge. Ce nom est féminin sauf dans les expressions orgemondé et orge perlé (Acad.), vestiges dun genre hésitantjusquau XVIlle siècle. « Le maintien de ces deuxexceptions, note Adolphe V. Thomas, paraît assez peujustifié. » Il pose dailleurs des problèmes parfois difficiles,solubles seulement par lunification des genres. Ainsi, il esthabituel décrire : Lorge gruée est de lorge mondéegrossièrement écrasée.Orgue est toujours du masculin au singulier ou encorequand il désigne plusieurs instruments. En revanche, lepluriel orgues se rapportant à un instrument unique est duféminin. (Ex. : Les grandes orgues de la cathédrale.)Ovule est du masculin lorsquil désigne le produit de lovairequi devient l’œuf puis le fœtus, la partie essentielle ducarpelle qui, après la fécondation, se transforme en graine,et, en pharmacie, un petit solide ovoïde contenant unematière médicamenteuse.Employé au féminin, cest le nom dun genre de mollusquesgastéropodes répandu dans les mers chaudes et tempérées.Palabre est du féminin, mais lAcadémie le donne « desdeux genres ».Pâque, fête juive, est un mot féminin qui semploie aveclarticle et prend une minuscule. (Ex. : Notre-Seigneurcélébra la pâque avec ses disciples.) Mais Pâques, fêtechrétienne, est masculin et singulier (bien que prenant un s).Ainsi, on dit : Lorsque Pâques sera arrivé. Je vous paierai àPâques prochain. Toutefois, il est féminin pluriel quand ilest précédé ou suivi dune épithète comme dans BonnesPâques, Pâques fleuries.Pâques est également employé comme nom commun. (Ex. :Faire ses pâques) ; il sécrit alors avec une minuscule. 34
  • 35. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au SuccèsParallèle est un nom féminin quand il désigne une ligneparallèle à une autre. (Ex. : Tirer une parallèle), un fossécreusé parallèlement au côté de la place forte quon assiège,ou encore une ligne de tranchée constituant la zone dedépart des troupes dassaut. (Ex. : Parallèle de départ.) Cestun nom masculin lorsquil désigne un cercle parallèle àléquateur, et, en littérature, un écrit, un discours faisantressortir les ressemblances ou les différences entre deuxpersonnes ou deux choses. (Ex. : Plutarque a composédintéressants parallèles.)Pendule est féminin au sens d« horloge », et masculin ausens de « balancier ». (Ex. : Les petites oscillations dunpendule sont isochrones, c’est-à-dire qu’elles ont une duréeconstante.)Perce-neige. Alors que certains dictionnaires indiquent que« perce-neige » est un nom masculin invariable, cest en faitun nom féminin invariable (Acad. Lar. du XXe s.).Physique est un nom féminin dans les acceptions suivantes :Science qui a pour objet létude des propriétés des corps etles lois qui tendent à modifier leur état ou leur mouvementsans modifier leur nature. Ouvrage qui traite de cettescience. Ensemble dexpériences de prestidigitation. (Ex. :Physique amusante.) Cest un nom masculin quand ildésigne la physionomie, lextérieur dune personne. (Ex. :Avoir un beau physique) ou encore lensemble des organes.(Ex. : Le physique et le moral sinfluencentréciproquement.)Poêle est du masculin quand il désigne un appareil dechauffage, mais du féminin lorsqu’il s’agit de l’ustensile decuisine, muni d’une queue.Poste est un nom féminin dans les cas suivants : autrefois,relais de chevaux, établis de distance en distance pour leservice des voyageurs. Distance entre deux relais,ordinairement de deux lieues. (Ex. : De Paris à Melun, il y asix postes.) Aller très vite. (Ex. : Courir la poste, aller untrain de poste.) Actuellement, administration publique 35
  • 36. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèschargée du transport des lettres, paquets, etc. Courrier,voiture qui les porte. Bureau où on les dépose. Enarchitecture, postes (au pluriel) est un ornement sculptural.Enfin, la locution adverbiale : A sa poste, signifie à sadisposition.Poste est un nom masculin dans les acceptions suivantes :lieu où des gens, particulièrement des soldats, sont placéspour garder, surveiller ou combattre. (Ex. : Poste decommandement, poste de surveillance, poste de combat.)Emploi, fonction. (Ex. : Occuper un poste élevé.) Article debudget, chapitre dun compte, opérations inscrites dans unlivre de comptabilité. Il est également masculin dans lesexpressions : poste deau, dessence, de ravitaillement ; posteradiophonique, téléphonique ; poste de police ; poste desecours ; poste dincendie ; poste daiguillage.Prière dinsérer est la formule par laquelle un éditeur, aumoment où il publie un volume, prie les journaux ou lesrevues dinsérer dans leurs colonnes les indications quil leurenvoie : nom de lauteur, titre, prix, résumé de louvrage, etc.Le terme sapplique aussi à la feuille contenant cetteformule. Selon le Grand Larousse encyclopédique, prièredinsérer est à double genre, mais, actuellement, il estexclusivement employé au masculin. (Ex. : Rédiger unprière dinsérer.)Relâche est du masculin quand on lemploie pour désignerune interruption dans un travail et particulièrement lasuspension momentanée de représentations théâtrales. (Ex. :Les relâches sont normaux dans les théâtres.) Il est fémininen terme de marine quand il signifie laction de séjourner enun point quelconque dune côte. (Ex. : Faire relâche àTokyo. Une bonne relâche.)Steppe, selon Adolphe V. Thomas, ne semploie plusaujourdhui quau féminin. Dans le Larousse Universel, il estindiqué comme étant un mot masculin, avec cette 36
  • 37. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèsannotation: «quelques auteurs font ce mot féminin, commeen russe. »Synopsis. Ce mot est du féminin quand on parle le la vuegénérale qu’on peut avoir sur une question. Il sera dumasculin en termes de cinéma, pour désigner le schéma, lerésumé d’un scénario.Voile est du masculin dans les cas suivants : Pièce de lingeou détoffe destinée à couvrir ou à protéger. Pièce de toile,de dentelle, de soie, etc., qui recouvre le visage des femmes.Pièce détoffe que les religieuses et novices portent sur leurtête. Obscurcissement accidentel dun cliché par excès delumière. Cloison musculo-membraneuse qui fait suite aupalais et sépare les fosses nasales du palais (voile du palais).Grand voile qui, dans le temple des Juifs, séparait le Saintdes saints du reste de lédifice. Pièce détoffe ornée que lonmet sur le calice pendant une partie de la messe. Objet quicouvre et cache. (Ex. : Un voile de nuages.) Obscurité, objetqui la produit. (Ex. : Les voiles de la nuit.) En géologie,variété damiante (voile de montagnes). En zoologie, chezles larves des mollusques, expansion cutanée bordée de cilsplacée au-dessus de la bouche. En œnologie, agglomérationde débris de levures mortes. En musique, pièce détoffe quelon place sur la peau des timbales pour en assourdir le son.Ce qui nous dérobe la connaissance de quelque chose. (Ex. :Soulever un coin du voile qui nous cache les secrets de lanature. Le voile de lanonymat.) Sillusionner. (Ex. : Avoirun voile devant les yeux.) Se faire religieux (prendre levoile).Voile est du féminin lorsquil désigne la toile forte attachéeaux vergues dun mât pour faire avancer un navire souslaction du vent ; cest aussi le navire lui-même. (Ex. : Uneflotte de trente voiles.) Il est également féminin dans lesexpressions : faire voile (naviguer) ; mettre à la voile(sembarquer) ; tendre sa voile selon le temps (régler sesprojets selon les moyens dont on dispose) ; vol à voile (volplané) ; mettre les voiles (sen aller). 37
  • 38. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au SuccèsLes difficultés relatives au nombreLes difficultés relatives au nombre étant généralementindiquées dans les manuels de grammaire, nous nesignalerons ici que les cas intéressants et ceux qui sontdouteux ou discutables.Actuellement, la plupart des mots dorigine latine, terminésen -um, ont un pluriel à la française (alors qu’en latin, ils seterminaient par -a au pluriel). Ainsi, on écrit des albums, desaquariums, des factums, des factotums, des mémorandums,des médiums, des pensums, des quorums, des référendums,des sérums, des ultimatums.En revanche, et tout particulièrement dans le langagescientifique, on dit des maxima, des minima, des errata, desaddenda.Mais on peut également écrire, et cest même préférable, desmaximums, des minimums. A ce propos, le grammairienDauzat conseille le remplacement de maximum, minimumpar les formes françaises maximal, minimal.Dautre part, erratum et addendum semploient rarement ausingulier. Et on dit même un errata pour désigner le relevécollectif de tous les errata dun texte. (Ex. : On trouveralerrata à la fin du livre.)Quant à sanatoriurn, préventorium, aérium, de créationfrançaise, et de linoléum emprunté à langlais, qui la formédes mots latins linum (lin) et oleum (huile), leur pluriel sefait en -ums et non en -a. Ainsi, écrire des sanatoria est unefaute, car ce mot na pas existé en latin ; il dérive, en effet,de sanare qui signifie guérir.« Les noms en -al qui ne forment pas leur pluriel en -aux,écrit René Georgin, sont des mots ou peu usuels ouempruntés à des langues étrangères : carnaval, chacal,festival, narval, récital, régal, santal. Dautre part, bal et palfont bals et pals pour éviter lhomonymie avec baux etpeaux. Double formation du pluriel également pour lesnoms en -ail. Si lon dit des coraux, des émaux, des 38
  • 39. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèssoupiraux, des travaux, des ventaux, des vitraux dautresforment leur pluriel en -ails, comme bercail, camail,chandail, détail, éventail, gouvernail, poitrail, portail ; railet sérail, les deux derniers étant des mots importés. »Le mot ail peut s’écrire des deux façons au pluriel : des ailsou des aulx.Banal fait au masculin pluriel, et au sens propre, banaux.(Ex. : Des fours banaux.) Au sens figuré, le masculin plurielest banals. (Ex. : Des compliments banals.)« Mais, souligne René Georgin, lhésitation est permise pourdautres adjectifs et lusage est souvent en désaccord avecLittré et avec lAcadémie. Ont le pluriel en -al : bancal,fatal, final, natal et naval (mais on rencontre aussi finaux etnataux). Sont peu utilisés au pluriel : brumal, causal,glacial. Pour idéal, les deux pluriels idéals et idéaux sontadmis. Dautres ont un pluriel officiel en -aux, mais sontrares. On dit des attitudes théâtrales et on dit plus rarementdes gestes théâtraux. Nasal fait bien nasaux, malgrélhomonymie fâcheuse avec naseau. Cest pourquoi jepréférerais dire les os du nez. »De toute façon sécrit au singulier mais on écritfacultativement de toute sorte ou de toutes sortes. « Devantun nom singulier, note Adolphe V. Thomas, on emploietoute sorte au singulier : Je vous souhaite toute sorte debonheur (Lar. du XXe s.). Dans le cas dun nom pluriel,lusage est flottant et lon emploie tantôt le singulier, tantôtle pluriel : il a toute sorte de dons (Acad.). Toutes sortes degens (id.). Je vous souhaite toutes sortes (ou toute sorte) deplaisir (ou de plaisirs). En général, pour simplifier, on met leplus souvent toute sorte (au singulier) devant un nomsingulier, et toutes sortes (au pluriel) devant un nom pluriel.On hésite également sur le nombre de toute sorte employécomme complément du nom (de toute sorte) : Des gens detoute sorte (Lar. du XXe s.). Des indications de toutes sortes(id.). Les fantaisies grammaticales de toute sorte. » 39
  • 40. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au SuccèsLhésitation est possible aussi entre les deux nombres aprèsun nom désignant une classe, une catégorie dêtres ou dechoses, et, à ce propos, René Georgin donne les exemplessuivants. « On écrira indifféremment : ce genre de faute oude fautes ; cette espèce dhomme ou dhommes. On mettraplutôt le nom concret au pluriel : ce genre de livres ; et lenom abstrait au singulier : Ce genre de vie. On écrira : Unbeau type dhomme parce quon pense à un hommedéterminé, mais : Cette catégorie dindividus, où lidée depluralité domine. Dans : tant par catégorie, par ayant unsens distributif (comme dans : tant par tête), le singulier estnormal. Mais dans un titre : classement par catégories, lepluriel semble également possible. »En ce qui concerne les mots étrangers francisés, on peutformer leur pluriel à la française ou garder leur plurielétranger. Ainsi, on peut écrire des solos ou des soli ; dessopranos ou des soprani ; des sandwichs ou dessandwiches; des wattmans ou des wattmen. Toutefois,gentleman, policeman, cameraman, sportsman gardent leurpluriel anglais et sécrivent, en loccurrence, gentlemen,policemen, cameramen, sportsmen. De même, les nomsanglais en -y font leur pluriel en anglais. Ainsi, on écrit : unbaby, des babies ; un dandy, des dandies ; une lady, desladies ; un whisky, des whiskies.Leitmotiv, nom allemand, qui sécrit en un seul mot, fait aupluriel leitmotive.Parmi les noms inusités au singulier, il en est qui ont unsens collectif ou qui expriment une idée de pluralité. Cesont, par exemple, daprès René Georgin : agrès, alentours,archives, confins, décombres, environs, gens, gravats,immondices ; dautres désignant des sommes dargent :arrhes, arrérages, dépens, émoluments, honoraires ;quelques-uns désignant des cérémonies : fiançailles,funérailles, obsèques, relevailles, retrouvailles, semailles oudes offices religieux : matines, vêpres. Certains, enfin, ontété repris à des pluriels latins : calendes, fastes, mânes,mœurs, pénates, prémices. 40
  • 41. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au SuccèsEn règle générale, le verbe ou ladjectif reste au singulierquand le collectif est précédé de larticle défini ou dunadjectif démonstratif ou possessif. (Ex. : La foule descurieux nous empêche de passer. La totalité des arrhes luifut remise. Cette troupe denfants qui passait dans la rue enchantant lui cassait les oreilles.) Quand le collectif estprécédé de un, une, laccord se fait soit avec le collectif (leverbe se met alors au singulier), soit avec le complément (leverbe se met au pluriel), selon que lun ou lautre frappe oudoit frapper lesprit. Voici deux exemples daccord avec lecollectif : Un grand nombre de soldats fut tué dans cecombat (Littré). Une troupe denfants prête à piller lesvergers (Lar. du XXe s.). Dans les exemples suivants,laccord a lieu avec le complément : Un grand nombre desoldats périrent dans ce combat (Acad.). Une troupedenfants prêts à piller les vergers (Lar. du XXe s.).Toutefois, avec les collectifs la plupart, beaucoup de, biendes, une infinité de, peu de, assez de, trop de, combien de,nombre de, ainsi que force, nombre, quantité, employés sansdéterminatif, laccord se fait, daprès Adolphe V. Thomas,avec le complément. (Ex. : Quantité de réfugiés ont passé lafrontière. La plupart voudraient que... Beaucoup de gensfont les fiers.)Enfin, quand le verbe a plusieurs sujets, celui-ci se metnormalement au pluriel. Cependant, si les sujets sont de sensvoisin ou forment une gradation, le singulier peut êtreemployé. (Ex. : Une vapeur, une goutte deau suffit pour letuer.)Les barbarismes et les solécismesLe barbarisme (de barbare) est une faute de langage quiconsiste à employer des mots ou déformés ou mêmeinexistants ou bien aussi dans un sens qu’ils n’ont pas.Ainsi, dire pantomine pour pantomime, cest commettre unbarbarisme. De même, on se gardera bien décrire aéropagepour aréopage, lorigine de ce mot étant Areios pagos, 41
  • 42. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèscolline dArès. Il faut dire pécuniaire et non pas pécunierqui nexiste pas.Le solécisme (de Soles, colonie grecque de Cilicie où lonparlait très mal le grec) est, à lencontre du barbarisme, unefaute contre la syntaxe. Dire, par exemple, je vous causepour je vous parle ou je cause avec vous, cest faire unsolécisme.Voici les barbarismes et les solécismes les plus répandus,lexpression correcte étant donnée entre parenthèses.La poupée à ma fille. (La poupée de ma fille.)Il est vrai que la préposition à marque l’appartenance, maisseulement après un verbe (appartenir à, être à...) ou biendevant un pronom personnel (c’est une idée à lui). Maisentre deux noms, il faut toujours mettre de. Notons 3expressions figées qui prennent le à : une bête à bon Dieu,un fils à papa et l’aérienne barbe à papa.Pour deux à trois personnes. (Pour deux ou trois personnes.)Placé entre deux nombres, à laisse entendre une quantitéintermédiaire... ce qui peut difficilement être le cas quand ils’agit de personnes ou d’animaux. Mais, on pourra dire :J’ai marché deux à trois heures.Il sen est accaparé. (Il la accaparé.)Le verbe accaparer n’est pas un verbe pronominal, maistransitif direct, donc sans préposition. On accaparequelqu’un ou quelque chose.De manière à ce que, de façon à ce que. (De manière que,de façon que.) 42
  • 43. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au SuccèsCes expressions sont directes (sans préposition) parce qu’ilfaut sous entendre de (telle) manière que... de (telle) façonque...Sattendre, consentir à ce que. (Sattendre, consentir que.)Il y a quatre verbes qui se construisent avec que (et non à ceque) : aimer, s’attendre, consentir et demander.Un magasin bien achalandé (en marchandises). (Unmagasin bien approvisionné.)Bien achalandé veut dire qui a de nombreux chalands ouclients. Il est vrai que l’on peut penser que si les clients sontnombreux, c’est que les marchandises sont abondantes, d’oùcette confusion.Quel aéropage ! (Quel aréopage !)un aréopage n’a rien à voir avec une idée d’air, puisqu’ils’agissait à l’origine du tribunal qui siégeait à Athènes sur lacolline d’Arès et qui par extension signifie maintenant uneassemblée de gens très compétents.Cette histoire est une affabulation. (Cette histoire est unefabulation.)Voir plus bas dans la liste des paronymes.Agoniser quelquun dinjures. (Agonir quelquun dinjures.)Voir plus bas dans la liste des paronymes. 43
  • 44. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au SuccèsIl a eu de nombreux aléas avec sa voiture. (Il a eu denombreux ennuis avec sa voiture.)Aléa, qui s’emploie presque toujours au pluriel, désigne lehasard, qu’il soit favorable ou non (les aléas du métier).C’est dans son sens péjoratif qu’il a pu être assimilé àennuis, mais c’est un usage fautif, le hasard rendant pardéfinition les choses aléatoires.Se promener alentour de la ville. (Se promener auxalentours ou autour de la ville.)Alentour signifie bien « aux environs », mais s’emploie sanscomplément (la campagne alentour est très belle). Lesalentours peut s’employer avec un complément, maistoujours au pluriel et précédé d’un article.Aller au dentiste. (Aller chez le dentiste.)A noter aussi : on ne va pas au boulanger, mais à laboulangerie.Je me suis en allé. (Je men suis allé.)Souvenez-vous que « la particule en doit toujours êtreplacée immédiatement après le second pronom personnel »(Littré).Hésiter entre deux alternatives. (Hésiter entre deux partis.)On parle d’alternatives pour exprimer l’idée de différentsétats qui se succèdent dans la régularité : le jour qui succèdeà la nuit sont des alternatives. On ne peut donc hésiter entrel’un et l’autre puisque l’un ne peut aller sans l’autre. 44
  • 45. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au SuccèsJe lui ai amené un paquet de bonbons. (Je lui ai apporté unpaquet de bonbons.)Dans amener, on retrouve le mot main. Il faut donc utiliserce verbe lorsqu’on parle d’une personne (ou d’un animal)que l’on fait venir avec soi. Notons cependant que pour lesobjets liquides, c’est amener qu’il faut également employer :Le pétrole est amené par un pipeline. Amener de l’eau aumoulin de quelqu’un.En revanche, on apporte (c’est-à-dire on porte à) une choseou un objet qui ne peut se mouvoir seul et qui doit êtreconduit. C’est pourquoi, on dira : apporter un bébé àquelqu’un. Et pour la voiture ? ni l’un, ni l’autre : onconduit sa voiture au garage...Il ne faut pas confondre amener et emmener : dans lepremier, on considère le point d’arrivée et dans le second lepoint de départ.La féodalité dantan. (La féodalité de jadis.)Antan signifie l’année d’avant et non dans le temps. Aussipour exprimer l’idée d’un temps lointain, il est préférabled’utiliser autrefois ou jadis.Il appréhende sortir le soir. (Il appréhende de sortir le soir.)La clé est après la porte. (La clé est à, sur la porte.)Nous prendrons le petit-déjeuner après que tu te sois lavé.(Nous prendrons le petit-déjeuner après que tu te seraslavé.)Après que est toujours suivi de l’indicatif, ce qui est fortlogique puisque les choses se sont passées après... donc elles 45
  • 46. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèssont parfaitement connues et réelles. Et le subjonctif est lemode du doute, de l’hésitation. Cette faute courantes’explique par l’analogie qui est faite avec avant que, qui luiréclame le subjonctif. Ainsi dira-ton : Après que je suisvenue, il est tombé malade. Si nous prenons la route aprèsque le jour sera tombé, nous aurons moins de monde.Il est furieux après vous. (I1 est furieux contre vous.)Il a demandé après vous. (Il vous a demandé.)C’est à vous à qui je parle. C’est à vous que je parle.)La formule à vous à qui est pléonastique.Nous avons rendez-vous à l’aréoport. (Nous avons rendez-vous à l’aéroport.)Pour ne pas faire cette faute, ayez présente à l’esprit l’idéed’air, aérien, d’où aéroport.Elle narrête pas de parler. (Elle ne cesse de parler.)Arrêter a le sens d’empêcher, d’interrompre, sauf quand ilest employé d’une manière absolue : « Arrête ! »Si j’aurais eu un accident, cela n’aurait pas été de ma faute.(Si j’avais eu un accident, cela n’aurait pas été de ma faute.)D’une manière générale, si conditionnel régit l’indicatif etnon le conditionnel.. 46
  • 47. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au SuccèsAussi curieux que cela paraisse. (Si curieux que celaparaisse.)Aussi marque une comparaison d’égalité et si l’intensité.Aussitôt son retour. (Aussitôt après son retour.)La journée sest passée sans avatar. (La journée sest passéesans aventure, sans accident.)Avatar a le sens de changement, transformation d’un être oud’une chose. C’est en effet un mot qui vient du sanscrit etqui désigne « chacune des incarnations successives du dieuVishnou ». On emploiera donc ce mot pour parler desmétamorphoses, des transformations d’un homme politiquepar ex., d’un héros ou aussi d’un texte littéraire.Cette nouvelle sest avérée fausse. (Cette nouvelle sestrévélée fausse, a été reconnue fausse.)S’avérer a le sens de se faire reconnaître comme vrai, sevérifier. Aussi dans cette formule « avérée fausse » sontjuxtaposée les deux notions contradictoires : celle du vrai etcelle du faux.Un bel azalée. (Une belle azalée.)Bâiller aux corneilles. (Bayer aux corneilles.)Bayer signifie rester la bouche ouverte (voir plus bas dans laliste des paronymes).Une médaille bénie par le pape. (Une médaille bénite par lepape.) 47
  • 48. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au SuccèsLe verbe bénir a deux participes passés : bénit(e) et béni(e).Bénit ne s’emploie que comme adjectif et qualifie les chosesconsacrées par une bénédiction (pain bénit, eau bénite). Il nes’emploie qu’avec par et jamais avec de.Béni s’emploie dans tous les autres cas, lorsqu’il n’y a pasde cérémonie rituelle, ou pour des personnes, ou avecl’auxiliaire avoir (le prêtre a béni la foule. Un individu bénides dieux.).Dans le but de... (Dans le dessein de, dans l’intention de ...)« On n’est pas dans un but, dit Littré, car si on y était ilserait atteint... »On vous cause. (On vous parle.)On cause toujours avec quelqu’un. En revanche, on parle àou avec quelqu’un.A cinq du cent. (A cinq pour cent.)Ces serviettes coûtent 3 euros chaque. (Ces serviettescoûtent 3 euros chacune.)Chaque est un adjectif, il est donc normal qu’il soit suivid’un nom : chaque serviette coûte 3 euros.Le chiffre des naissances a doublé en dix ans. (Le nombredes naissances a doublé en dix ans.)Un chiffre, c’est chaque signe qui font un nombre. Parexemple, le nombre 418 s’écrit avec les chiffres 4, 1 et 8.Par extension, c’est aussi, la valeur d’une chose : le chiffred’affaires. 48
  • 49. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au SuccèsCommémorer un anniversaire. (Commémorer unévénement.)On ne commémore ni un anniversaire, ni le souvenir, ni lamémoire, on les célèbre. Mais on commémore unenaissance, une mort, une victoire.Comme par exemple. (Comme ou Par exemple.)C’est un pléonasme.Comparer ensemble. (Comparer.)Encore un pléonasme.Sétendre compendieusement sur un sujet. (Sétendrelonguement sur un sujet.)Compendieusement veut dire brièvement, alors que ce motest souvent pris pour son contraire. On peut penser que lalourdeur du mot a joué dans ce sens.Compresser quelque chose. (Comprimer quelque chose.)Ces deux verbes sont très proches, d’ailleurs ils ont le mêmesubstantif, la compression. Cependant, compressers’emploie pour des corps entassés (les voyageurs sontcompressés aux heures de pointe), alors que comprimer estdestiné aux choses sur lesquelles on exerce une pressionpour en réduire le volume (comprimer de l’air, mais aussi undésir ou des larmes).Y comprises les primes de fin d’année. (Y compris lesprimes de fin d’année.) 49
  • 50. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au SuccèsSe reporter au paragraphe sur le participe passé employésans auxiliaire.Des cerises confies. (Des cerises confites.)Confi(e) n’existe pas. L’adjectif qui correspond au verbeconfire est confit(e).Être confusionné. (Être confus.)Confusionné qui aurait pu vouloir dire rempli de confusion,n’existe pas.Une affaire conséquente. (Une affaire importante ouconsidérable.)Conséquent(e) signifie logique. On parlera donc d’undiscours conséquent, d’une conduite conséquente Ici, uneaffaire conséquente voudrait dire une affaire conforme à laraison. Pourquoi pas ? mais bien souvent, dans cetteexpression conséquent est employé à tort dans le sensd’important.Nous avions convenu de... (Nous étions convenus de...)Convenir s’emploie avec l’auxiliaire être et la prépositionde dans le sens de admettre, tomber d’accord.Avec l’auxiliaire avoir, convenir a le sens de plaire : cettemaison m’a tout de suite convenu.Faire des coupes sombres (Quand on coupe beaucoup).(Faire des coupes claires.)Faire une coupe sombre dans une forêt, c’est faire une coupeau premier degré, donc un éclaircissage léger. Ensuite, il y a 50
  • 51. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèsla coupe claire, plus importante et qui correspond doncmieux à cette idée de suppression importante.Il a davantage de talent que son frère. (Il a plus de talent queson frère.)Davantage s’emploie sans complément : Je n’en ferai pasdavantage.Les frères Lumière ont découvert le cinématographe. (Lesfrères Lumière ont inventé le cinématographe.)On découvre quelque chose qui existait déjà, mais quin’était pas portée à notre connaissance, alors qu’on inventeune chose si on l’imagine le premier.En définitif, nous n’irons pas au cinéma. (En définitive, nousn’irons pas au cinéma.)D’ici demain. (D’ici à demain.)A votre dépens. (A vos dépens.)Dépends n’existe qu’au pluriel.Au diable vert. (Au diable Vauvert.)Cette expression fait allusion au château de Vauvert, près deParis mais trop éloigné pour certains du centre de lacapitale, que l’on disait hanté par le diable. Cette expressionsignifie « très loin ».C’est de moi dont il s’agit. (C’est de moi qu’il s’agit.) 51
  • 52. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au SuccèsLa formule de moi dont est pléonastique.Un spectacle émotionnant. (Un spectacle émouvant.)Il y a une nuance entre les deux verbes émotionner etémouvoir. Dans émotionner, il y a une notion plus physiquequi ferait intervenir les nerfs, alors qu’émouvoirprovoquerait davantage un attendrissement moral. Ainsi, unbruit soudain émotionne, alors que la vue d’un nouveau-néémeut.Aller en bicyclette, en ski. (Aller à bicyclette, à skis.)Si l’on considère que en signifie dans, on comprend qu’il nesoit pas approprié pour le cas d’une bicyclette ou de skis.Mais on dira, aller en voiture, en train, en bateau. Enl’occurrence, aller à a ici le sens de aller sur...Un espèce de fou. (Une espèce de fou.)Ne pas oublier que le mot espèce est du féminin.Létiage le plus élevé. (Le niveau le plus élevé.)L’étiage désigne le niveau le plus bas de l’année des eauxd’une rivière. Curieusement, ce mot est souvent pris au sensde niveau le plus haut, ou de niveau tout court.Être excessivement adroit. (Être extrêmement adroit.)Excessivement comporte une idée d’excès, de trop, que l’onne trouve pas dans extrêmement, qui veut dire très. On nepeut être trop adroit, mais très adroit, oui. 52
  • 53. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au SuccèsDemeurer en face la mairie. (Demeurer en face de lamairie.)Elle est fâchée avec lui. (Elle est fâchée contre lui.)Ce nest pas de la faute de votre enfant. (Ce nest pas la fautede votre enfant.)A la bonne flanquette. (A la bonne franquette.)Elle se fait forte de... (Elle se fait fort de...)Fort reste invariable dans les deux expressions se faire fortde et se porter fort pour quelqu’un.Être noir comme un geai. (Être noir comme le jais.)Le geai est un oiseau au plumage bigarré et qui n’est doncpas noir du tout contrairement à la variété de lignite qu’estle jais.Il sen est guère fallu. (Il ne sen est guère fallu.)Guère s’emploie toujours avec ne : il n’a guère de temps.Sauf quand le verbe est sous-entendu : Comment se porte-il ? Guère mieux.130 kilomètres-heure. (130 kilomètres à lheure.)A l’heure a le sens de par heure et ne s’applique qu’à lavitesse. 53
  • 54. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au SuccèsGagner 5 euros de lheure. (Gagner 5 euros lheure ou parheure.)D’ici lundi. (D’ici à lundi.)Vous nêtes pas sans ignorer. (Vous nêtes pas sans savoir.)Il suffit de relire tranquillement cette phrase pourcomprendre qu’elle dit le contraire de ce qu’elle est censéeexprimer.Une inclinaison de tête. (Une inclination de tête.)Voir plus bas dans la liste des paronymes.Elle a fait un infractus. (elle a eu un infarctus.)Un amalgame avec le mot fracture est peut-être à l’originede cette confusion.Un vêtement infecté de parasites. (Un vêtement infesté deparasites.)Voir plus bas dans la liste des paronymes.Ce malheureux vieillard est ingambe. (Ce malheureuxvieillard est impotent.)Ingambe vient de l’italien in gamba, en jambe. Aussi nesignifie-t-il pas sans jambe, impotent, mais au contraire quia les jambes lestes, alerte. 54
  • 55. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au SuccèsJouir d’une mauvaise réputation. (Avoir une mauvaiseréputation.)Jouir ne peut être employé que s’il y a une notion de plaisir,d’avantage et ne peut être associé a une idée négative. Jouird’une excellente santé.Profitons de cet exemple pour rappeler que le passé simpledu verbe jouir est jouis (et non jouissai).Les risques sont réduits au maximum. (Les risques sontréduits au minimum.)Messieurs dames. (Mesdames et messieurs.)Vers les midi, midi et demie. (Vers midi, midi et demi.)Ces fruits sont moins chers qu’ils étaient. (Ces fruits sontmoins chers qu’ils n’étaient.)Babylone, naguère puissante. (Babylone, jadis puissante.)Contrairement à ce qu’on pourrait penser, naguère signifie« il y a peu de temps », alors que jadis veut bien dire « il y alongtemps ».Elle est mieux en naturel. (Elle est mieux au naturel.)Un écrivain notoire. (Un écrivain notable, connu.)Voir plus bas dans la liste des paronymes 55
  • 56. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au SuccèsNous, on a été à la fête. (Nous, nous avons été à la fête.)Je n’ai rien à m’occuper. (Je n’ai rien à quoi m’occuper.)On est arrivé. (Nous sommes arrivés.)C’est là où il est. (C’est là qu’il est.)La formule là où est pléonastique.En outre de cela. (Outre cela.)Cette erreur est sans doute faite par analogie avec « en plusde... ». En outre est un adverbe qui s’emploie de façonabsolue, sans complément : En outre, elle s’acheta une robe.Pallier à ses insuffisances. (Pallier ses insuffisances.)Pallier est un verbe transitif direct, donc sans préposition.Le vrai sens de ce verbe est atténuer, dissimuler, et non pasremédier.On retrouve d’ailleurs ce sens dans palliatif (traitement ouremède palliatif) qui a pour but d’atténuer la souffrance,sans agir sur sa cause.A ce qu’il paraît que... (Il paraît que...)Pardonner quelqu’un. (Pardonner à quelqu’un.)On pardonne quelque chose à quelqu’un. Cependant, on ditau passif : vous êtes pardonné. 56
  • 57. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au SuccèsLa même réflexion peut être faite pour le verbe obéir : Onobéit à quelqu’un, mais on est obéi.Il est pareil que vous. (Il est comme vous ou Il est pareil àvous.)Le complément de pareil est introduit par à et non par que.Prendre quelquun à parti. (Prendre quelquun à partie.)Mais « on prend le parti de quelqu’un » ou « on prend partisur une question ».Notons que partis pris s’écrit sans trait d’union.Partir à Lyon, en Italie. (Partir pour Lyon, pour lItalie.)Une rue passagère. (Une rue passante.)Passager(ère) : qui ne fait que passer, comme une pluiepassagère.Une rue passante, c’est une rue où passe beaucoup demonde, qui est donc très fréquentée.Au point de vue pécunier. (Au point de vue pécuniaire.)Pécuniaire vient du mot latin pecuniarus, qui est lui-mêmetiré de pecus, le troupeau, signe de richesse dans la Romeantique. On comprend pourquoi pécunier écrit ainsi n’existepas.Toutes ces périgrinations m’épuisent. (Toutes cespérégrinations m’épuisent.) 57
  • 58. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au SuccèsAller de mal en pire, de pire en pire ; tant pire ; souffrir pireque jamais. (Aller de mal en pis, de pis en pis ; tant pis ;souffrir pis que jamais.)Pire et pis ne sont interchangeables que lorsqu’ils serapportent à un pronom neutre ou indéfini : Cela aurait puêtre pire ou pis. Rien de pire ou de pis.Pis est un adverbe (qui peut aussi être utilisé commeadjectif) signifiant « plus mal » c’est-à-dire le contraire de« mieux » : Tant pis. Tant mieux.Pire est un adjectif et signifie « plus mauvais ». Il s’emploiedonc en opposition à « meilleur ». Pire étant lui-même uncomparatif (comme meilleur), il est inutile de lui ajouterplus ou moins devant.Au point de vue congés. (Au point de vue ou Du point de vuedes congés.)Je préfère rester à la maison que sortir. (Je préfère rester à lamaison plutôt que de sortir.)Je ne suis pas prêt d’oublier. (Je ne suis pas prêt à oublierou Je ne suis pas près d’oublier.)L’expression prêt de n’existe pas. Il faut employer soit prèsde qui signifie « sur le point de » ou Prêt à qui signifie« disposé à ».Il y a un certain nombre de problèmes qui vont se poser. (Ily a un certain nombre de questions qui vont se poser.)Cette formule n’est pas à proprement parler un barbarismes,mais problème est un mot dont on abuse trop facilement, 58
  • 59. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèsalors qu’il y a d’autres mots plus appropriés. De même, onse gardera de dire que le problème est beaucoup plus grave,alors qu’il est préférable de parler d’une situation beaucoupplus grave. Voici quelques mots qui peuvent selon les cas sesubstituer au nom problème : conjoncture, difficulté,embarras, ennui, préoccupation, souci...Allons promener. (Allons nous promener).L’omission du pronom réfléchi ne se fait que dansl’expression : envoyer promener quelqu’un. Aussi ne va-t-on pas promener le chien, mais lui faire faire unepromenade.Je vous promets qu’il est là. (Je vous assure qu’il est là.)Lorsqu’on promet, il y a une idée d’espoir, d’avenir (Je vouspromets une belle surprise. Je promets de venir vous voir.).Aussi, lorsque la chose assurée appartient au temps présent,il faut employer le verbe assurer.Elle a quel âge ? (Quel âge a-t-elle ?)Il me rabat les oreilles avec son histoire. (Il me rebat lesoreilles avec son histoire.)Voir plus bas dans la liste des paronymes.Je men rappelle. (Je me le rappelle ou je men souviens.)On se rappelle quelque chose (et non de). En revanche, onse souvient de quelque chose. 59
  • 60. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au SuccèsRapport à sa mauvaise santé. (A cause, au sujet de à proposde sa mauvaise santé.)Cette bonne nouvelle m’a rassénéré. (Cette bonne nouvellem’a rasséréné.)Réaliser un événement. (Mesurer limportance dunévénement.)Si en anglais, to realize signifie prendre conscience de,comprendre, ce verbe n’a pas le même sens en français. Onréalise un espoir, une promesse ou des biens, c’est-à-direque l’on rend concret un concept. Dans cet exemple,l’événement a eu lieu, il s’agit seulement d’en mesurerl’importance ou de le comprendre.Je l’ai vu rentrer dans ce restaurant. (Je l’ai vu entrer dansce restaurant.)On ne rentre dans un endroit que si l’on en est déjà sorti. Ilne faut donc employer rentrer que lorsqu’il y a idée derépétition ou de retour.Cela ressort à sa compétence. (Cela ressortit à sacompétence.)Quand le verbe ressortir a le sens de sortir à nouveau,former relief, il se conjugue comme le verbe sortir et avecl’auxiliaire être (le rouge ressort bien sur le noir).Mais quand il a le sens de être du ressort de, non seulementil prend la préposition à, mais en plus il se conjugue commele verbe finir et avec l’auxiliaire avoir (cette affaire ressortitdu tribunal de grande instance). 60
  • 61. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au SuccèsIl a retrouvé la liberté, la vue. (I1 a recouvré la liberté, lavue.)Recouvrer, c’est rentrer en possession. Retrouver c’esttrouver à nouveau, ravoir ce qui a été égaré, oublié... Aussi,vous recouvrez un portefeuille qui vous a été volé, maisvous le retrouvez si c’est vous qui l’avez égaré.Jai rêvé à cet accident. (Jai rêvé de cet accident.)Rêver à quelque chose, c’est y songer plus ou moinsvaguement.Rêver de quelque chose, ou de quelqu’un, c’est voir en rêve,alors que l’on dort.Comme si rien n’était. (Comme si de rien n’était.)Il risque de gagner. (Il a des chances de gagner.)Le verbe risquer ne peut s’employer que si l’issue envisagéeest fâcheuse (il risque de tomber).Je te conseille de soupoudrer les fraises de sucre. (Je teconseille de saupoudrer les fraises de sucre.)Ils décidèrent de ne se voir seulement qu’après avoirterminé leurs examens. (Ils décidèrent de ne se voirqu’après avoir terminé leurs examens.)Le soi-disant cadavre. (Le prétendu cadavre.)Soi-disant signifie qui se prétend, qui se dit te(le). Uncadavre ne peut se nommer comme tel. En revanche, on 61
  • 62. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèspourra parler d’un soi-disant docteur, l’individu se disanteffectivement docteur. Soi-disant est toujours invariable etvous remarquez qu’il n’y a pas de t à soi.Solutionner un problème. (Résoudre un problème.)L’emploi de solutionner est critiqué, mais n’est pas àproprement parler un barbarisme. Il est souvent mis à laplace du verbe résoudre dont la conjugaison est compliquée(voir plus haut), mais qu’il faut préférer.Faire des dépenses somptuaires. (Faire des dépensesexagérées.)Ce travail est médiocre ! son succès en est douteux. (Cetravail est médiocre ! le succès en est douteux ou son succèsest douteux.L’opération qu’il a subite. (L’opération qu’il a subie.)Subi(e) est le participe passé du verbe subir qu’il ne faut pasconfondre avec subit(e), un adjectif qui veut dire de façonsoudaine.Voir plus bas dans la liste des paronymes.Cela la stupéfaite. (Cela la stupéfiée.)Voir plus bas dans la liste des paronymesJarrive de suite. (Jarrive tout de suite.) 62
  • 63. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au SuccèsTout de suite signifie « immédiatement, sur le champ » :Arrête tout de suite ce moteur.. De suite veut dire « sansinterruption, l’un après l’autre » : Il a conduit douze heurede suite.Lire sur le journal. (Lire dans le journal.)Mais, on pourra dire : J’ai lu sur la première page dujournal...). Le choix est laissé pour écrire sur ou dans unregistre ou un agenda.Rayon lumineux susceptible dimpressionner une plaquephotographique. (Rayon lumineux capable dimpressionnerune plaque photographique.)Susceptible s’emploie lorsqu’il y a une possibilité derecevoir certaines qualités et non la capacité de faire unechose. A l’inverse capable marquera une possibilité active.Je l’ai acheté tel que. (Je l’ai acheté tel quel.)Tel quel signifie « tel qu’il est, sans changement ». Tel queest toujours suivi d’un nom ou d’un pronom : les céréalestelles que le blé, l’orge, l’avoine...N’avoir pas le temps matériel pour... (N’avoir pas le tempsde...)Qu’y a-t-il de plus immatériel que le temps ? On comprendpourquoi ces deux mots ne peuvent pas être associés... etpourtant il est vrai que c’est une expression bien vivante.Je me suis très amusé. (Je me suis beaucoup amusé.) 63
  • 64. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au SuccèsTrès ne peut modifier un verbe à la voix active. On emploiealors fort ou beaucoup. J’ai beaucoup pensé à toi. J’ai fortapprécié ce film. En revanche, très modifiera un adjectif ouun autre adverbe : Il est très habile. Je le vois très souvent.Avez-vous faim ? – Oui, très. (Avez-vous faim ? – Oui,beaucoup.)Les expressions : Avoir très faim, très soif, très envie, trèspeur appartiennent au langage parlé et sont de style familier.Il boit de trop. (Il boit trop.)Arriver trop de bonne heure. (Arriver de trop bonne heure)Trop modifiant bonne, il est normal de le mettre à côté.Vitupérer contre quelquun. (Vitupérer quelquun.)Vitupérer est un verbe transitif direct. Il peut s’employeraussi pour les choses : vitupérer la pollution dans les villes.Les ParonymesLe paronyme (du gr. para, à côté, et onoma, nom) est unmot qui, tout en offrant avec un autre mot une granderessemblance de forme, dorthographe et de sonorité, nasouvent aucune parenté de sens avec celui-cil Aussi,trompées par cette ressemblance, beaucoup de personnes lesemploient lun pour lautre ce qui est toujours une fautegrave. Parfois, le paronyme se confond avec le barbarisme.Pour un certain nombre de ces paronymes léquivoque nestguère possible ; en revanche, pour dautres, que nousdéfinissons ci-dessous, il est permis dhésiter. 64
  • 65. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au SuccèsVoici, par ordre alphabétique, la liste des principauxparonymes.abjurer et adjurerAbjurer, c’est « renoncer solennellement à une religion » etau figuré à une opinion. Adjurer signifie « supplier avecinsistance ».acceptation et acceptionL’acceptation est l’action d’accepter, L’acception est « lesens dans lequel un mot est employé ».acclimatation et acclimatementL’acclimatation est l’action d’habituer des animaux ou desplantes à un climat autre que celui du pays d’origine.L’acclimatement est l’adaptation des personnes ou desorganismes à ce nouveau milieu.acculer et éculerAcculer quelqu’un, c’est le pousser dans un endroit où il nepourra plus reculer. On écule le talon de ses chaussures demême qu’à force de les avoir ressassées, des plaisanteriespeuvent être éculées.affabulation et fabulationL’affabulation, c’est la trame d’un roman ou l’intrigued’une pièce de théâtre. Souvent, ce mot est employé pourparler d’un récit infidèle, alors qu’il s’agit alors d’unefabulation, c’est-à-dire une présentation plus ou moinscohérente des faits en les présentant comme réels. 65
  • 66. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèsaffermer, affermir et affirmerAffermer signifie louer à un fermier ; affermir c’est rendreferme et affirmer cest soutenir quune chose est vraie.affidé et affiliéUn affidé est quelqu’un à qui on peut se confier et un affilié,c’est celui qui appartient à un groupement.affectation et affectionAffectation a deux sens : ce mot désigne l’attribution précised’une chose (l’affectation d’une somme), mais aussi unmanque de simplicité, une certaine préciosité (ses manièressont pleines d’affectation).affilé et effiléAffilé se dit de ce qui est aiguisé et de ce qui est tranchant eteffilé se dit de ce qui est mince, long et étroit.affluence et influenceDans le mot affluence, il y a une idée de foule, mais aussi demouvement. L’influence est l’effet, l’emprise qu’une chosepeut avoir sur quelqu’un ou quelque chose.agonir et agoniserAgonir, cest accabler de reproches, dinjures, demalédictions. Agoniser, cest être à lagonie, cest-à-dire dansles derniers moments de la lutte contre la mort.ajustage et ajustementL’ajustage est l’action d’ajuster (l’ajustage d’une lentille),alors que l’ajustement désigne l’action de rendre juste : 66
  • 67. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèsl’ajustement d’une balance par exemple. Au sens figuré, il ale sens de accommodement, conciliation : trouver desajustements dans une affaire.allocation et allocutionUne allocation est une prestation en argent alors qu’uneallocution est un bref discours.allitération et altérationL’allitération est un terme de rhétorique qui désigne larépétition des consonnes initiales dans une suite de mots.Par ex. : le riz tenta le rat ; le rat tenté tâta le riz..L’altération est une dégradation, mais peut aussi êtreemployé dans le sens de falsification.allusion et illusionUne allusion peut se trouver dans un mot ou une phrase quiévoque quelqu’un ou quelque chose sans les nommer. Uneillusion est une erreur qui fait prendre l’apparence pour laréalité.alternance et alternativeIl n’est pas toujours facile de distinguer ces deuxparonymes. En effet, tous eux comportent une idée desuccession , mais dans alternative, il y en plus une idée dechoix, d’option entre deux choses. Il faut éviter d’employeralternative dans le sens de « solution de remplacement ».aménager et emménagerOn aménage lorsqu’on dispose les choses avec ordre dansun but précis. Emménager, c’est le contraire de déménager. 67
  • 68. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au SuccèsOn ne peut donc commencer à aménager son appartementqu’après avoir emménagé...amnistie et armisticeUne amnistie présidentielle permettra par exemple que votrecontravention soit annulée. Un armistice est une trêve dansles hostilités.anoblir et ennoblirCes deux verbes ont le même sens, mais anoblir sera utiliséau sens propre (conférer un titre de noblesse) alorsqu’ennoblir a un sens figuré : élever moralement.aplanir et aplatirAplanir, c’est égaliser, rendre uni et donc au sens figuréfaciliter (aplanir des difficultés) et aplatir, c’est rendre plat,avec l’idée d’écrasement.apogée, périgée et hypogéeL’apogée et le périgée (tous deux du masculin) sontcontraire : le premier désigne le point de l’orbite d’unsatellite le plus éloigné de la terre et le second, le plusvoisin. Un hypogée est un tombeau souterrain.apurer et épurerApurer consiste à vérifier et arrêter définitivement uncompte et épurer signifie rendre plus pur (ainsi, on épureleau en la filtrant, on épure également des métaux, deshuiles, des gaz). 68
  • 69. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèsassécher et dessécherAssécher, c’est mettre à sec : assécher un marais, un bassin.Dessécher, c’est rendre sec : le soleil lui a desséché la peau.atterrage, atterrissage et atterrissementLatterrage est une zone de la mer voisine de la mer.Latterrissage est laction datterrir, de toucher terre aussibien pour un avion que pour un ballon ou un navire ; le mota été également employé lorsque les astronautes arrivèrentsur la lune. Signalons ici que, à cet effet, alunir etalunissage sont aussi utilisés, mais ces deux néologismesont été rejetés par lAcadémie qui a recommandé « atterriret atterrissage sur la lune ». On les trouve néanmoins dansun certain nombre de dictionnaires tels que dans le GrandLarousse encyclopédique, le Grand Larousse de la languefrançaise et dans le Robert. Quant à atterrissement, cest unterme de géologie qui sert à désigner les amas de terre ou desable apportées par les eaux ; ainsi, les alluvions apportéespar un fleuve forment des atterrissements ; les barres, lesdeltas, etc., sont formés par des atterrissements.bailler, bâiller et bayerBailler (sans accent circonflexe sur la) signifie donner oumettre en main. (Ex. : Baillez-moi largent que vous medevez.) Le mot est peu employé aujourdhui dans ce sens,mais il lest encore dans certaines expressions figuréescomme « vous me la baillez belle », cest-à-dire vous voulezmen faire accroire. Bâiller (avec un accent circonflexe surla) cest respirer en ouvrant largement la bouche. Quant àbayer, qui a la même origine latine que bâiller, il nest plusguère employé actuellement que dans lexpression « bayeraux corneilles », cest-à-dire regarder niaisement en lair, labouche ouverte. 69
  • 70. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèsballottage et ballottementTous les 2 prennent 2 l et t, mais ballottage est un termeréservé au « résultat d’un scrutin, lorsque aucun descandidats n’a obtenu les conditions légales pour être élu »(Grand Larousse du XXe s.) et le ballottement est lemouvement d’un corps agité dans un sens et dans l’autre.barbarie et barbarismeLa barbarie est l’état d’un peuple dénué de civilisation,donc cruel, brutal, ignorant et sans goût. Un barbarisme estune faute de langage dont nous venons de voir de nombreuxexemples (voir plus haut).baragouiner et barguignerBaragouiner, c’est « parler une langue en l’estropiant maisc’est aussi parler une langue qui paraît barbare à ceux qui nela comprennent pas : Ces étrangers baragouinent entre eux »(le Robert). Barguigne celui qui hésite, qui n’arrive pas à sedécider.blanchiment et blanchissageLe blanchiment est laction de blanchir, de rendre blanc cequi était teinté, cependant que le blanchissage consiste àlaver le linge afin de le rendre propre.cadavéreux et cadavériqueEst cadavéreux ce qui ressemble à un cadavre alors qu’estcadavérique ce qui est propre au cadavre, comme sa rigiditépar exemple. Ainsi, lorsque vous avez mauvaise mine, vousavez un teint cadavéreux. 70
  • 71. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèscanneler et cannerCanneler : creuser un sillon dans du bois, de la pierre, dumétal, etc. Canner : garnir de lanières faites de cannes dejonc ou de rotin en les entrelaçant.carnassier et carnivoreIl est vrai que ces deux mots ont la même racine qui évoquele mot chair. Cependant, carnassier ne s’emploiera que pourparler des animaux qui se nourrissent habituellement dechair crue. Sont carnivores tous ceux qui mangent de laviande, y compris les plantes !cercler et sarclerCercler, c’est entourer d’un cercle. On sarcle lorsqu’ondésherbe un terrain en prenant bien soin d’extirper lesracines nuisibles au moyen d’un outil (sarcloir ou binette).cerveau et cervelleLe cerveau est la masse nerveuse contenue dans le crâne.C’est là que soi-disant siège notre intelligence. On diravolontiers d’un savant qu’il est un grand cerveau. Lacervelle, c’est la substance du cerveau, considérée dans samatière même. Elle est considérée comme étantparticulièrement le siège du jugement. Cependant, lorsqu’onparle de la cervelle d’un individu, ce sera toujours dans unsens négatif : une cervelle d’oiseau, une tête sans cervelle,manquer de cervelle...cervical et cérébralTout ce qui est cervical appartient au col (également le colde l’utérus) ou à la nuque : une vertèbre cervicale. Estcérébral ce qui appartient au cerveau : un ramollissementcérébral. 71
  • 72. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèsclimatérique et climatiqueClimatique signifie relatif au climat. « Ce mot, écritAdolphe V. Thomas, doit être distingué de climatériqueavec lequel on le confond ; il faut dire : station climatique,variations climatiques, influences climatiques. »Effectivement, climatérique (du gr. kli-makterikos, qui vapar degrés) a un sens tout à fait différent. Il se dit desdegrés, des époques de la vie difficiles à franchir. (Lar. duXXe s.)clore et clôturerClore, c’est fermer. Clôturer, c’est entourer d’une clôture.Aussi, on clôt (avec un accent circonflexe) un compte, unefenêtre ou un débat et on clôture un champ. Mais lesubstantif correspondant de clore étant clôture, on parlerabien de la clôture d’un compte !clouer et clouterClouer : fixer avec un ou plusieurs clous (clouer une caisse).Clouter : garnir de clous (une chaise cloutée).coasser et croasserCoasser se dit du cri de la grenouille ou du crapaud etcroasser de celui du corbeau.collision et collusionUne collision est un choc de deux corps (Ces deux motossont entrées en collision.) et une collusion est une ententesecrète entre plusieurs personne dans le but de tromper untiers. 72
  • 73. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèscolorer et colorierColorier, cest appliquer des couleurs sur une surfacequelconque et colorer, cest donner de la couleur au proprecomme au figuré. (Ex. : Le ciel se colore en rouge aucoucher du soleil. 11 a un style coloré.)colosse et molosseUn colosse désigne un homme ou un animal très grand ettrès fort alors que le terme de molosse est réservé à un groschien de garde.commercer et commercialiserCommercer c’est faire du commerce, donc acheter et vendredes produits, alors que commercialiser, c’est répandre unproduit dans le commerce.compréhensible et compréhensifEst compréhensif celui qui a la capacité de comprendre. Estcompréhensible ce qui peut se comprendre facilement.conjecture et conjonctureUne conjecture (du lat. conjectura ; de cum, avec, et jacere,jeter), cest une opinion, une supposition fondée sur desapparences, sur des probabilités. (Ex. : Cette conjecture sestréalisée.) La conjoncture (du lat. conjunctus, conjoint) a unsens tout différent : cest le résultat dun concours decirconstances, la rencontre de certains événements. (Ex. : Lehasard peut provoquer dimprévisibles conjonctures. Celaest arrivé dans une fâcheuse conjoncture. Se trouver dansdes conjonctures difficiles.) 73
  • 74. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèsconsommer et consumerLe sens de ces deux verbes a évolué au cours du temps. Al’heure actuelle, consumer est réservé à la destruction totaled’une chose (on consume des déchets, sa fortune. La rouilleconsume le fer). Consommer, c’est mener une chose auterme de son accomplissement, détruire par l’usage (onconsomme un crime, un mariage, des aliments. Votrevoiture consomme de l’essence), avec aussi une idée deperfection (une gentillesse consommée). Employé sanscomplément, consommer se dit dans le sens de boire dansun café. Un consommé, c’est un bouillon de viandeconcentré.contemplateur et contempteurLe contemplateur contemple... le contempteur, lui, dénigre.cryptogame et cryptogrammeCes deux mots ont la même racine grecque : crypto, qui veutdire caché. Cryptogame est un terme de botanique pourparler des plantes qui ont les spores peu visibles, comme leschampignons. Et le cryptogramme est un message écrit encaractères secrets ou codés.décade et décennieUne décade est une période de 10 jours alors qu’unedécennie comporte 10 années.déceler et receler (ou récéler)Lorsqu’on découvre un secret pourtant bien recelé, on seracontent de l’avoir décelé... 74
  • 75. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèsdénouement et dénuementLe dénouement est la fin, souvent heureuse, d’une intrigue,mais aussi d’une affaire difficile. Est dans le dénuement unepersonne qui n’a pas le nécessaire pour vivre.dentition et dentureLa dentition représente tout le processus de formation desdents jusqu’à leur sortie naturelle. La denture désignel’ensemble des dents.déportation et déportementLa déportation, cest lexil dans un lieu déterminé,linternement dans un camp de concentration ou dans unbagne. Le déportement, cest lembardée, lécart ; en outre,déportements, employé au pluriel, signifie une conduitedébauchée, des mœurs dissolues.dépôt et dépositionUn dépôt désigne soit l’action de déposer (le dépôt d’unegerbe de fleurs), soit ce qui est déposé (confier un dépôt àun ami), soit le lieu où l’on dépose les choses (un dépôt depain). Une déposition est une « déclaration faite sous la foidu serment d’une personne qui témoigne en justice » (leRobert).déprédation, dégradation, dépravationCe sont 3 mots qui ont chacun un sens très négatif.Déprédation sera employé en cas de vol accompagné desaccages. Un militaire peut subir une dégradation, c’est-à-dire une destitution infamante de son grade, mais ce termes’applique aussi au sens figuré pour un monument, un siteou une situation lorsqu’on veut parler de leur détérioration. 75
  • 76. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au SuccèsLa dépravation est l’état d’une personne dénuée de tout sensmoral.désaffection et désaffectationLa désaffection, c’est le fait de ne plus éprouverl’attachement ou l’affection que l’on éprouvait pourtantauparavant. Le verbe correspondant est désaffectionner.Mais on dira par exemple qu’une église est en état dedésaffectation si l’on n’y célèbre plus aucune cérémonie etqu’elle ne fait que prêter ses murs pour des expositions.Attention ! le verbe correspondant est désaffecter (et nondésaffectationner...).désert et disertDisert veut dire « qui parle avec facilité et élégance » (leRobert).dessiccation et dissectionLa dessiccation est l’action de dessécher. La dissection estcelle de disséquer, c’est-à-dire de diviser méthodiquement.détendre et distendreDétendre : relâcher ce qui était tendu au sens propre (unressort) comme au sens figuré (une situation). Distendre,c’est tout le contraire, c’est soumettre à une forte tension,afin d’augmenter la longueur ou le volume (distendre uncâble, un estomac).diagnostic et pronosticLe diagnostic est l’identification d’une maladie d’après sessymptômes et le pronostic est la prévision, l’annonce de cequi doit arriver. 76
  • 77. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèsdifférend et différentDifférend (qui est un nom et qui sécrit avec un d final)désigne un débat, un désaccord, une contestation, unedispute. Différent (qui est un adjectif verbal) signifie quinest pas le même.différer et déférerDifférer, c’est retarder, remettre à plus tard. Notons que ceverbe se construit avec la préposition de devant un infinitif:nous avons différé de partir. Mais, il signifie aussi sedifférencier, diverger : nos opinions diffèrent sensiblement.Déférer est un terme juridique employé lorsqu’on porte uneaffaire devant la justice.digestible et digestifCe qui est digestible est aisément digéré et ce qui est digestiffacilite la digestion. Notons ici que digeste, employé dans tesens de « qui se digère facilement », nest pas accepté parlAcadémie, mais se trouve dans quelques dictionnaires.directrice et directiveDirectrice est le féminin du mot directeur. C’est celle quidirige, que ce soit une société, une école ou un hôpital. Ausens figuré, une idée peut être directrice lorsqu’elle sert àdonner une orientation. Directive s’emploie surtout aupluriel dans le sens d’instructions ayant un caractèregénéral, ligne de conduite. Si les instructions sont trèsprécises, il faudra utiliser le mot règle ou bien moded’emploi.discuter et disputerOn discute quelque chose lorsqu’on en examine le pour et lecontre. On discute de quelque chose avec quelqu’un quand 77
  • 78. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèson échange des idées avec lui. Dans ce cas, on peut aussidire qu’on dispute avec lui d’un sujet, mais cette forme estplutôt littéraire. Disputer quelque chose, c’est « être endiscussion plus ou moins vive à propos d’opinions,d’intérêts, etc. » (Lar. XXe s.) : il ne faut pas disputer desgoûts et des couleurs.... Disputer quelqu’un, le réprimanderainsi que se disputer pour se quereller est du langagefamilier.dissension et dissentiment« Une dissension est un désaccord violent, mais passager,entre deux ou plusieurs personnes, et qui s’extériorise. Undissentiment est moins fort : c’est une simple différence demanière de voir, de juger, mais qui peut être de longuedurée. » (Acad.)dissolu et dissousUn individu dissolu vit dans la débauche et le libertinage.Dissous est le participe passé du verbe dissoudre. Mais il estvrai que le substantif qui correspond à ces deux mots est lemême : la dissolution, qui évoque aussi bien ladécomposition que le libertinage...docte et doctoralS’il est docte, c’est un érudit, mais s’il parle d’un tondoctoral, ce n’est pas la preuve qu’il sait beaucoup dechoses, mais seulement que son ton est grave, solennel etmanquant de simplicité.donataire et donateurLe donataire reçoit la donation faite par le donateur. 78
  • 79. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèsdonation et dotationLa donation est un terme juridique qui désigne le contrat parlequel le donateur se dépouille de son bien au profit dudonataire, qui l’accepte. Les revenus d’un établissementpublic constitue sa dotation et, plus généralement, onemploiera aussi ce mot lorsqu’on attribue du matériel, del’argent ou même des hommes à un service.doubler et dédoublerDoubler : mettre en double. Dédoubler : partager en deux.écailler et écalerEcailler : enlever des écailles. Ecaler : enlever l’écale, c’est-à-dire l’enveloppe extérieure des noix, des amandes, etc. Onemploiera aussi écaler lorsqu’on enlève la coquille des œufs.éclaircir et éclairerEclaircir : rendre plus clair que ce soit une couleur, la voixou bien les idées. Eclairer . donner de la lumière. On peutaussi éclairer quelqu’un quand on lui donne des élémentspour qu’il puisse y comprendre quelque chose.écorcer et écosserEcorcer : enlever l’écorce d’un arbre, mais aussi la peauépaisse de certains fruits . on écorce une orange, mais onpèlera une pomme. On écosse des petits pois dont on enlèvela cosse.effarer et effaroucherQuelqu’un d’effaré sera tellement troublé qu’il resteracomme stupéfié, sans bouger, alors que s’il est effarouché,cet état de crainte va lui donner envie de fuir. 79
  • 80. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèsségailler et ségayerSégailler, cest se disperser. (Ex. : Les oiseaux ségaillentdans la plaine.) Ségayer, cest samuser, se distraire.égaler et égaliserÉgaler, qui semploie surtout au sens figuré, signifie êtreégal. (Ex. : Les élèves faibles doivent travailler fortementpour arriver à égaler les élèves forts.) Égaliser signifierendre égal, donner les mêmes dimensions. (Ex. : On égaliseun terrain ; on égalise des chances.)émerger, immerger et submergerEmerger, s’est se montrer à la surface d’un liquide : sa têteémerge de l’eau. Immerger, à l’inverse, c’est plonger dansun liquide : le sous-marin s’immerge dans les profondeursde l’océan. Submerger, c‘est recouvrir d’eau : ce terrain aété totalement submergé lors de la dernière inondation.émigrer et immigrerTout dépend du point de vue auquel on se place : imaginonsdes Français qui partent s’installer au Portugal : ils émigrentau Portugal. Pour les Français qui sont restés en France, sesont des émigrants. Mais aux yeux des Portugais, ce sontdes immigrants.éminent et imminentEst éminent ce qui est supérieur : une intelligence éminente.Est imminent, ce qui est proche : la guerre est imminente.enduire et induireEnduire, c’est recouvrir d’un enduit ou de toute autrematière qui va imprégner le support. Induire, c’est conduire 80
  • 81. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèsquelqu’un à faire quelque chose : induire une personne aumal. Ce verbe se retrouve surtout dans l’expression : induireen erreur, c’est-à-dire tromper.épancher et étancherÉpancher, cest dire avec sincérité ce que lon ressent. (Ex. :On épanche son cœur.) Étancher, cest arrêter lécoulementdun liquide (étancher le sang, par exemple) ou, encore,rendre étanche ; dautre part, étancher la soif, cest lapaiseren buvant.épigraphe et épigrammeLépigraphe (du gr. épigraphê, inscription) est uneinscription sur un édifice ou une citation en tête dun livreou dun chapitre pour en résumer lesprit. Lépigramme (dugr. epigramma, inscription) est une pièce de vers qui setermine par un trait piquant. Cest aussi un mot qui exprimeune critique vive, une raillerie mordante, et, en cuisine,lépigramme dagneau est un ragoût au blanc dans lequel ona fait entrer quelques parties inférieures de lanimal.éruption et irruptionCes deux mots sont contraires : une éruption fait sortirviolemment et une irruption fait entrer brusquement.estampe et estampilleUne estampe est une gravure. Une estampille est un tamponqui atteste l’authenticité d’un objet.éventaire et inventaireL’éventaire peut soit être « le plateau, généralement en osierque les marchands ambulants portent devant eux, maintenu 81
  • 82. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèspar une sangle en bandoulière » (le Robert), mais aussil’étalage en plein air de marchandises, sur un marché parexemple.évoquer et invoquerÉvoquer, cest faire apparaître un esprit par des moyensmagiques, et, par extension, cest rappeler au souvenir.Invoquer, cest appeler à son secours, à son aide par uneprière, ou, encore, cest implorer. Cest aussi, au figuré, citeren sa faveur. (Ex. : Invoquer un témoignage.)exhaler, exalter et exulterExhaler est le contraire d’inhaler, c’est donc « dégager desoi et répandre au dehors » une odeur, un gaz, une vapeur etmême un soupir, surtout quand c’est le dernier : il a exhaléson dernier soupir... Exalter quelqu’un, c’est vanter sesmérites, montrer la grande admiration qu’on lui porte.Quand on est transporté d’une joie extrême, on exulte.exploitant et exploiteurUn exploiteur est exploitant, mais tous les exploitants nesont pas des exploiteurs... Expliquons-nous. L’exploiteur estla personne qui tire un profit abusif d’une situation ou d’unepersonne. L’exploitant est celui qui agit de la sorte, maisc’est aussi une personne qui gère une exploitation, sansaucune idée négative quant à sa façon de gérer son bien.explicite et impliciteUne pensée explicite est clairement exprimée alors que sielle est implicite, on la devine par déduction. 82
  • 83. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèsexode et exordeCes deux mots sont du masculin. L’exode est l’émigrationen masse d’un peuple, d’une population (on parlera del’exode des habitants des campagnes vers les villes).L’exorde est « la première partie d’un discours, et parextension désigne le début, l’entrée en matière d’un sujet. »(Adolphe V. Thomas)exprès, expressExprès. Adjectif, exprès « exprime formellement la volontéou la pensée de quelqu’un » : une prière expresse. Nom, ils’emploie pour le courrier rapide et adverbe, il veut dire àdessein, avec une intention formelle : je l’ai fait exprès.Express. Adjectif invariable ou nom, ce mot anglais se ditsurtout d’un train qui ne s’arrête pas à toutes les stations,mais aussi d’un café (appelé en italien espresso). Onapplique express à ce qui est rapide : une solution express.fantasque et fantastiqueUn individu fantasque est plein de fantaisies, de changementd’humeur totalement imprévisibles. Il peut en devenirbizarre. Fantastique a le sens d’imaginaire (un roman avecdes personnages fantastiques), puis d’extraordinaire (lafantastique beauté du grand canyon) et aussi étonnant parson importance (un luxe fantastique).flagrance et fragranceFlagrance désigne ce qui est évident et fragrance signifieparfum, odeur agréable.flairer et fleurerFlairer, au sens propre signifie discerner par l’odeur ousentir avec insistance et au sens figuré deviner, subodorer. 83
  • 84. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au SuccèsFleurer, c’est répandre une odeur agréable. « Mmm, celafleure bon », pourrez-vous dire en flairant une branche delilas.fracasser et fricasserFracasser, c’est briser, mettre en morceau. Fricasser, c’estfaire cuire des morceaux de viande dans une sauce.goulet et goulotUn goulet est un passage étroit dans les montagnes. Legoulot est le col étroit d’une bouteille. Cependant notonsque l’on peut dire aussi bien un goulot qu’un gouletd’étranglement, c’est-à-dire un passage difficile qui retardeles opérations.grabat et gravatsUn grabat est un mauvais lit ou par extension un lit demalade (un grabataire est un malade qui ne quitte plus sonlit). Les gravats (qui ne s’emploie qu’au pluriel) sont lesdivers matériaux qui proviennent d’une démolition.gradation et graduationLa gradation (du lat. gradus, degré) est un accroissement ouun décroissement progressif. (Ex. : La gradation des efforts.)Cest aussi une figure de rhétorique qui consiste, daprèsAdolphe V. Thomas, « à disposer plusieurs mots ou penséessuivant une progression ascendante ou descendante ». Ainsi,« va, cours, vole » est une gradation. La graduation estlaction de graduer (cest-à-dire de diviser en degrés) ou lerésultat de cette action. (Ex. : La graduation dunthermomètre.) Cest aussi lopération qui consiste à fairesubir un commencement de concentration à leau des maraissalants. 84
  • 85. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèsgranuleux et grenu« Est granuleux ce qui est divisé en petits grains oucomposé de petits grains (une terre granuleuse). Grenu sedit de ce qui a beaucoup de grains ou qui est couvert desaillies arrondies comme des grains (un cuir grenu). »(Adolphe V. Thomas)gratis et gratuitGratis, cela veut dire gratuitement, c’est-à-dire, sanscontrepartie, sans paiement en échange (ce qui est différentde sans avoir rien à payer). C’est pourquoi il est fautif dedire : aller au spectacle gratuitement (ou gratis). En effet,lorsqu’on va au spectacle, on n’attend pas en retour unerétribution. Gratuit qualifie quelque chose qui se fait ou sedonne pour rien (enseignement gratuit). Au sens figuré,quelque chose de gratuit sera sans fondement (uneaccusation gratuite).grêlon et grelotLe grêlon est le grain de glace qui tombe lors d’une aversede grêle. Le grelot est une petite sonnette, souvent accrochéeau collier d’un animal.habileté et habilitéLa nuance est subtile. « L’habileté est la qualité d’unepersonne habile ou de ce qui est habile (l’habileté d’unmusicien ; avoir de l’habileté dans les affaires humaines) etl’habilité est la qualité qui rend apte à. » (le Robert). Cedernier terme est peu employé si ce n’est en terme de droit :habilité à succéder, habilité à la couronne. 85
  • 86. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèshabitat et habitationL’habitat désigne le « milieu géographique réunissant lesconditions nécessaires à l’existence d’une espèce animale ouvégétale ». L’habitation , c’est la maison, l’immeuble oùl’on loge.hiberner et hivernerHiverner, cest passer à labri la mauvaise saison. (Ex. : Lestroupeaux hivernent au pied des montagnes.) Ou, encore,dans un sens voisin, cest passer lhiver dans une région.Cest aussi, dans un sens très différent, donner aux terres unpremier labour. Hiberner, cest passer lhiver dans un étatdengourdissement. (Ex. : La marmotte et le loir hibernent.)hindou et indienSans majuscule, un hindou est un adepte de l’hindouisme.Indien se dit des habitants de l’Inde, mais s’applique aussiaux Indiens d’Amérique (les Amérindiens). Comme on lecomprend, un Indien n’est pas obligatoirement hindou, ilpeut être musulman...houppe et huppeUne houppe est une touffe de cheveux, de polis, de plumes...Une huppe désigne la touffe de plumes que certains oiseauxportent sur la tête.humaniste et humanitaireilluminer et enluminerIlluminer, c’est éclairer d’une lumière vive. Enluminer, c’estillustrer un ancien manuscrit ou un livre religieux avec desdessins en couleurs. 86
  • 87. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèsimmigrant et immigréUn immigrant est celui qui quitte son pays pour aller sefixer dans un autre. L’immigré a déjà quitté son pays et estdéjà fixé dans un autre.immoral et amoralImmoral est le contraire de moral, donc non moral. Ainsi estimmoral celui qui agit contrairement aux bonnes mœurs entoute connaissance de cause. Amoral, c’est sans morale, quien ignore totalement l’existence et qui donc n’en tient pascompte.imposer et en imposerImpose celui qui « inspire à juste titre le respect,l’admiration, la crainte ». : cet homme m’impose par saprésence. En imposer est employé pour « tromper, abuser,faire illusion, en faire accroire, inspirer du respect, mais parsubterfuge » (Adolphe V. Thomas) : cet homme en imposepar sa faconde, son éloquence.impudent et impudiqueUn impudent est un effronté. Un impudique a une attitudequi va contre la pudeur.inanité et inanitionL’inanité, c’est l’état de ce qui est vide et donc souventinutile : l’inanité de certains efforts. L’inanition, c’est l’étatde jeûne . mourir d’inanition.inclination et inclinaisonInclination est surtout employé actuellement au sens figuréet « désigne alors, écrit Adolphe V. Thomas, le mouvement 87
  • 88. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèsde lâme, le penchant, la tendance naturelle qui porte versquelque chose, et aussi laffection, lamour ». L’inclinaisondésigne l’état de ce qui est incliné (l’inclinaison d’un toit).incrédule et incroyantUn incroyant est une personne qui na pas la foi religieuse ;un incrédule ne croit que difficilement et avec répugnancecertaines propositions que lon soumet à son examen ; cepeut être aussi une personne qui ne croit pas aux dogmesreligieux.inculper et inculquerInculper, c’est ouvrir une procédure d’instruction contre unepersonne présumée coupable. Insculper, c’est marquer d’unpoinçon.industriel et industrieuxOn parlera d’une ville industrielle, mais d’une personneindustrieuse si on veut souligner son habileté.infecter et infesterInfecter, cest gâter, corrompre, contaminer, ou, encore,remplir démanations puantes et malsaines. Le mot peut êtreaussi employé au figuré. (Ex. : Les mauvaises lecturesinfectent lesprit.) Infester (du lat. infestus, ennemi) signifieravager, désoler, tourmenter par des irruptions hostiles, pardes actes de violence. (Ex. : Autrefois, les pirates infestaientles côtes.) Par extension, infester signifie abonder dans unlieu, envahir, en parlant danimaux ou de plantes nuisibles.(Ex. : Les rats infestent les greniers ; certaines mauvaisesherbes infestent les champs.) 88
  • 89. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèsintègre, intégral et intégrantEst intègre la personne qui est d’une honnêteté absolue etqui n’accepte aucune compromission. On vantera alors sonintégrité. Intégral : complet (un casque intégral, lerenouvellement intégral d’un conseil. On parlera ici d’unrenouvellement dans son intégralité, c’est à-dire dans satotalité.). Intégrant s’emploie pour qualifier les parties quicontribuent à l’intégrité d’un tout et ne s’utilise que dansl’expression partie intégrante.justesse et justiceLa justesse donne l’idée de quelque chose de bien adaptée,qui convient bien : la justesse d’un mot qui veut bien dire cequ’on voulait exprimer. La justice, c’est la droiture, l’équité.C’est pourquoi on parlera de la justice d’une cause (et nonde sa justesse).législation et législatureLa législation est l’ensemble des lois en vigueur. Lalégislature désigne soit le corps législatif d’un pays, soit lapériode durant laquelle il exerce ses pouvoirs.luxuriant, luxurieux et luxueuxLuxuriant (du lat. luxurians, surabondant) se dit de ce quipousse en abondance. (Ex. : Une végétation luxuriante.)Cest également ce qui est vigoureux. (Ex. : Une chevelureluxuriante.) On peut aussi employer le mot au figuré commedans lexpression : un style luxuriant. Luxurieux sapplique àune personne qui se livre sans retenue aux plaisirs de lachair. (Ex. : Un homme luxurieux.) On utilise aussi ce motpour indiquer ce qui porte à la luxure. (Ex. : Des peinturesluxurieuses.) Luxueux est un adjectif qui indique où sedéploie le luxe. (Ex. : Un appartement luxueux.) 89
  • 90. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèsmâchonner et mâchurerMâchonner, cest mâcher lentement, difficilement ou avecnégligence. (Ex. : On mâchonne un cigare.) Au sens figuré,cest articuler dune manière indistincte. Mâchurer, cestbarbouiller de noir. (Ex. : Les charbonniers ont le visagemâchuré de charbon.) Cest aussi meurtrir, déchirer, mettreen lambeaux. (Ex. : Mâchurer un mouchoir.)magister et magistèreUn magister (mot latin signifiant maître) était autrefois unmaître décole de village. Actuellement, le mot désignegénéralement un pédant. Un magistère a un autre sens :cest, au figuré, une autorité doctrinale, morale ouintellectuelle. Cest aussi la dignité du grand maître delordre de Malte. Depuis 1985, on appelle ainsi « un diplômede second cycle, délivré par une université en vue d’uneformation professionnelle de haut niveau » (le Robert).magnificence et munificenceLa magnificence est la qualité de ce qui est beau ; cest aussila générosité. (Ex. : Une magnificence ruineuse.) Lamunificence (du lat. munificentia, de munus, cadeau, etfacere, faire), cest la disposition qui porte à faire deslibéralités. (Ex. : Un homme munificent est très généreux.)marin et maritimeMarin qualifie tout ce qui vit dans la mer, qui est formé parla mer, sans qu’intervienne l’activité humaine. On emploiemarin aussi pour ce qui sert à la navigation (une carte, uncompas). Maritime s’emploie pour désigner tout ce qui estproche de la mer ou qui en dépend, de ce qui se fait sur mer,par mer et de ce qui concerne la marine. 90
  • 91. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèsmédium et médiusQuand une chanteuse a un beau médium, c’est que sa voix aune belle étendue entre le grave et l’aigu. Le médium, c’estaussi une personne qui a le pouvoir de communiquer avecles esprits. Le médius, c’est le majeur, le 3e doigt de la main,le plus grand. Rappelons les noms des autres doigts : lepouce, l’index, l’annulaire et l’auriculaire.membré et membruMembré, c’est qui a des membres. Si on est bien membré,c’est qu’on a des membres bien faits, dans des proportionsagréables. Mais si on est bien membru, c’est qu’on avraiment de gros membres...miction, mixtion et mixtureLa miction est l’action d’uriner alors que la mixtion estl’action de mélanger plusieurs substances. La mixture est lemélange obtenu.moulage et moulureAvec un moule, on peut faire un moulage. Une moulure estun terme d’architecture qui désigne un ornement en relief(moulures d’un plafond, par exemple). On parlera aussi demoulures électriques pour les baguettes qui cachent les fils.notable et notoireNotable signifie qui est digne dêtre signalé. Le mot désigneaussi des personnes importantes. Ce qui est notoire, cest cequi est généralement connu, ce qui est manifeste. A proposde ce mot, Adolphe V. Thomas signale que « certainsgrammairiens admettent notoire en parlant des personnes,mais sans la nuance élogieuse qui est dans notable. Unimbécile, un criminel notoire serait non pas un imbécile, un 91
  • 92. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèscriminel connu de tous, mais un véritable criminel ou unimbécile considéré par tous comme tel. »noter et notifierNoter : marquer, inscrire, constater. Notifier : faire connaîtreexpressément, annoncer, informer. J’ai noté son absencedepuis plusieurs jours, aussi lui ai-je notifié son renvoi.novation et innovationNovation est un terme de droit qui signifie changement decréance. Linnovation est lintroduction de quelquenouveauté dans les mœurs, la science, etc. (Ex. : Les grandsmagasins sont toujours en quête dinnovations.)ombrageux, ombré, ombreux et ombragéOmbrageux et ombragé sont formés à partir d’ombrage. Leterme d’ombrageux est réservé à des personnes, à desanimaux à tout caractère inquiet qui prend facilementombrage. Ce qui est protégé par un ombrage est ombragé. Ilne faut donc surtout pas parler d’une avenue ombrageuse,mais ombragée, c’est-à-dire abritée par un ombrage, par unfeuillage.Ombré et ombreux sont formés à partit d’ombre. Ombreuxest plus littéraire qu’ombragé et se dit de ce qui donne del’ombre (des sapins ombreux) ou de ce qui est situé àl’ombre, au frais : une forêt ombreuse, une salle d’attenteombreuse. Ombré est un terme réservé au dessin ou à lapeinture.officiel et officieuxOfficiel se dit de tout ce qui émane du gouvernement ou desautorités constituées. Officieux (du lat. officiosus, deofficium, service rendu) est un adjectif qui sapplique à une 92
  • 93. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèscommunication faite à titre privé, tout en provenant dunesource autorisée. En théologie, un mensonge officieux estcelui quon se permet pour rendre service à quelquun.oiselier et oiseleurL’oiselier a pour profession d’élever et de vendre lesoiseaux ; l’oiseleur, lui, les prends au filet ou au piège.oppresser et opprimerOppresser se dit en parlant de la poitrine, de la respirationpour exprimer une gêne et de là, une angoisse (L’asthmeoppresse la poitrine. Ce souci m’oppresse). Opprimer, c’estsoumettre à une autorité injuste, puissante, en utilisant laviolence. Notons que l’oppression est le substantif quicorrespond aux deux verbes : on parlera aussi bien del’oppression provoquée par l’asthme que de l’oppression dufaible par le fort.orangerie et orangeraieC’est dans l’orangerie que l’on met les orangers pendantl’hiver pour les protéger du froid. Une plantation d’orangerss’appelle une orangeraie.originaire, original et originelOriginaire : qui vient de ou qui est à l’origine de (êtreoriginaire de tel pays ,mais on pourra aussi parler d’unediscussion originaire d’un conflit par exemple, c’est-à-direqui est à l’origine du conflit). Original : est original ce quiest unique, vient directement de son auteur et pourra servirde modèle. Ce mot s’emploie aussi pour désigner unenouveauté, quelque chose qui sort de l’ordinaire, qui n’adonc pas son pareil. Originel : qui remonte jusqu’àl’origine. Quel meilleur exemple que celui du péchéoriginel ! 93
  • 94. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèspacifique et pacifistePacifiste désigne soit celui qui est partisan de la paix, soitqualifie ce qui est pour la paix, comme un mouvementpacifiste, mais il y a toujours une idée de militantisme.Pacifique est un adjectif qui désigne tout ce qui aspire à lapaix ou tout ce qui se passe dans la paix et le calme : estpacifique celui qui aime la paix, mais il ne sera pasforcément pacifiste parce qu’il n’aura pas envie de se battrepour elle.percepteur et précepteurLe percepteur est chargé de collecter les impôts. Leprécepteur est un professeur qui autrefois s’occupait del’instruction des enfants de famille noble qui nefréquentaient pas l’école. A l’heure actuelle, ce mot estemployé pour parler d’un professeur qui donne des coursparticuliers, c’est-à-dire individuels.péricarde et péricarpeCes deux mots commencent par la même racine grecquepéri qui veut dire autour de. En effet, le péricarde est lamembrane qui est autour du cœur et le péricarpe est lapartie du fruit qui est autour de la graine , composée del’épicarpe (c’est la peau ou l’écorce), du mésocarpe (c’est lachair ou la pulpe, le plus souvent comestible) et l’endocarpe(paroi du noyau). Rien à voir avec le métacarpe quiconstitue l’ensemble des 5 os de la main !périgée et périnéeLe périgée est le point de l’orbite d’un satellite le plusvoisin de la terre (voir apogée) et le périnée est la partiecomprise entre l’anus et les parties génitales. 94
  • 95. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèspicorer et picoterPicoter, c’est piquer légèrement à plusieurs reprises, alorsque picorer, c’est prendre ça et là avec le bec.piété et pitiéLa piété est la ferveur avec laquelle on pratique une religion.C’est aussi l’attachement tendre et respectueux que l’onpeut avoir pour une personne ou pour une cause (la piétéfiliale par exemple). La pitié peut donner naissance soit à lacompassion, soit au mépris comme lorsqu’on a un sourire depitié.plastique et plasticLe plastic, c’est un explosif qui est utilisé au moment d’unplasticage (ou plastiquage). Plastique est employé pourdésigner la matière plastique et en tant qu’adjectif, ce motdésigne ce qui est relatif à la forme (la beauté plastiqued’une œuvre).plier et ployerPlier et ployer sont des doublets dérivés lun et lautre dulatin picare : « Employés indifféremment jusquau XVIIesiècle, écrit Adolphe V. Thomas, ils tendent heureusement àse différencier. Plier se dit surtout de ce qui fait un pliquand on rabat un objet sur lui-même. Ployer est plutôtréservé à ce qui évoque lidée dune simple courbure sansque soient jointes les extrémités. »prééminence et proéminenceLa prééminence est la supériorité absolue de quelque choseplacée au premier plan. Lorsqu’on donne la prééminence àun dossier, c’est qu’on le place au-dessus des autres pourqu’il soit traité en priorité. La proéminence, c’est ce qui 95
  • 96. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèsdépasse en relief ce qui l’entoure (la proéminence du nez,d’une montagne...).prescrire et proscrirePrescrire, c’est recommander expressément et proscrire,c’est interdire formellement.présomptif et présomptueuxPrésomptif : qualifie « la personne qui du vivant dequelqu’un a vocation de lui succéder » (le Robert).L’individu présomptueux a une opinion trop avantageuse delui-même et montre une certaine arrogance.primauté et privautéLa primauté « désigne le premier rang dans un domaine, laprééminence sur une chose : avoir la primauté del’armement. A ne pas confondre avec la priorité qui est ledroit de passer le premier, de faire une chose avant un autredans l’ordre du temps : passer en priorité. » (Adolphe V.Thomas). Privauté, qui s’emploie d’ailleurs surtout aupluriel, signifie familiarité, liberté. On parlera de privautésde langage, ou bien des privautés que tel individu se permetavec une femme.prolongation, prolonge et prolongementLa prolongation est laction de prolonger dans le temps. Leprolongement est une extension, un accroissement delongueur. (Ex. : Le prolongement dune autoroute, dunevoie de chemin de fer.) Au figuré, cest la continuation duneaction. Quant à la prolonge, cest un véhicule dartillerie oude génie, et, dans le langage ferroviaire, cest une longuecorde dont sont munis les wagons plats. 96
  • 97. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèsrabattre et rebattreRabattre a plusieurs acceptions. Il peut signifier rabaisser cequi sélève, aplatir, retrancher du prix dune chose,rassembler le gibier à un endroit fixé à lavance, couper unarbre jusquà la naissance des branches, faire tourner un planautour de son intersection avec un autre plan pourlappliquer sur celui-ci. Rebattre a un sens tout différent. Ilsignifie battre de nouveau, et, au figuré, répéter inutilementet dune manière ennuyeuse. Rebattre les oreilles àquelquun cest donc lui répéter une chose à satiété doùlexpression : « il men a rebattu les oreilles. » Dire «rabattre les oreilles » est donc une grosse faute, carlexpression signifie abaisser les oreilles de quelquun.rapetasser et rapetisserRapetasser est du langage familier et signifie rapiécergrossièrement. Rapetisser, c’est rendre ou devenir plus petit.rechaper et réchapperRechaper s’applique à un pneu que l’on répare enremplaçant sa bande de roulement en caoutchouc.Réchapper, c’est échapper par chance à un danger.recouvrer et recouvrirRecouvrer, c’est rentrer en possession. (nous avons déjà vuce verbe dans la partie réservée aux barbarismes, voir plushaut afin de ne pas le confondre avec retrouver). Recouvrir,c’est couvrir de nouveau ou entièrement et par là,dissimuler, cacher.repartir et répartirRepartir : partir à nouveau, mais aussi répondre vivement.Répartir a le sens de partager. 97
  • 98. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèsrésigner et résilierRésigner dans un sens transitif, c’est abandonner, quitter enfaveur de quelqu’un (résigner son emploi). Verbepronominal (se résigner), il signifie accepter sans résistancequelque chose de pénible. Résilier est un terme juridiquepour dissoudre (un contrat, un bail).rétraction et rétractationCes deux mots viennent du même verbe (se) rétracter. Larétraction, c’est le retrait ou le rétrécissement de façon àoccuper le moins de place possible (la rétraction des cornesde l’escargot). La rétractation, c’est le fait de revenir sur cequ’on a dit ou fait.rien moins que et rien de moins queRien moins que est une expression négative et rien de moinsque est une expression positive. La première signifie, eneffet, aucunement, et, la seconde, a le sens de tout à fait.(Ex. : Un enfant rien moins que sage est un enfant qui nestpas sage du tout et un enfant rien de moins que sage est unenfant tout à fait sage.)scarifier et scorifierScarifier, c’est inciser superficiellement. Scorifier, c’estproduire des scories, c’est-à-dire des résidus solidesprovenant de la combustion de la houille par exemple.servilité et servitudeLa servilité reflète deux idées : tout d’abord uncomportement servile et avilissant, mais aussi une absencetotale d’originalité (imiter avec servilité). La servitude estun état de dépendance totale, qu’il s’agisse d’une nation oud’un individu. 98
  • 99. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèssignaler et signaliserSignaler, cest attirer lattention de quelqu’un sur une choseou sur une personne. (Ex. : Signaler une flotte ; signaler unmalfaiteur.) Signaliser signifie munir de signaux. (Ex. : Ilest utile que le tournant de cette rue soit signalisé.)slovaque et slovèneSlovaque, de Slovaquie. Slovène, de Slovénie.somptuaire et somptueuxSomptuaire (du lat. sumptus, dépense) signifie qui est relatifà la dépense. (Ex. : Les lois somptuaires ont pour objet deréduire les dépenses.) Notons ici, avec Adolphe V. Thomas,que lexpression « dépenses somptuaires » est un pléonasme.Somptueux semploie essentiellement pour désigner ce quiest magnifique, éclatant, pompeux, splendide. (Ex. : Unédifice somptueux.)stalactite et stalagmiteLa stalactite est une colonne calcaire qui descend de lavoûte dune grotte et la stalagmite est une colonne qui montedu sol vers cette voûte.Au point de vue mnémonique, noter que le t de tite rappellelaction de tomber et le m de mite celle de monter.Remarquez également le féminin de ces deux mots, le c destalactite et le g de stalagmite.stupéfait et stupéfiéStupéfait est un adjectif qui indique un état. Stupéfiée est leparticipe passé du verbe stupéfier : Nous sommes restésstupéfaits devant ce désastre, mais ce désastre a stupéfié toutle monde. 99
  • 100. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèssubside et subventionLa subvention est une aide accordée par l’Etat, ou touteautre association, à une autre association. Le subsidereprésente la somme versée à cette association, mais aussi àun particulier, à titre de subvention. On pourrait dire : cetteentreprise a été subventionnée par d’importants subsides.suc et sucreLe suc est le liquide que contiennent les substances animaleset végétales. Le sucre est un produit alimentaire de saveurdouce, tiré de la canne à sucre ou de la betterave sucrière.suggestion et sujétionUne suggestion, cest une insinuation, un conseil, un avisdonnés à quelquun ; une suggestion hypnotique, cest unepensée, une idée, un ordre imposés à une personne mise enétat dhypnose. Une sujétion, cest une contrainte, unassujettissement à quelque nécessité. (Ex. : Être contraint desoccuper toujours de ce malade, quelle sujétion !) Cestaussi être soumis à une domination. (Ex. : Vivre dans lasujétion.)suspense et suspendreLe suspense (qui vient de l’anglais suspens) est le momentoù au cours d’une lecture ou d’un récit, naît un sentimentd’attente angoissée. Notons que l’on peut aussi employersuspens. Mais on parlera d’une affaire en suspens (et non ensuspense). Suspendre, « c’est élever quelque chose en l’air,surtout une chose pesante, de façon qu’elle pende sansappui : suspendre un lustre au plafond »(Adolphe V.Thomas). Précision : une chose qui pend peut traîner à terre,mais pas une chose suspendue. 100
  • 101. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèsteindre et teinterTeindre, c’est faire pénétrer une teinture qui va colorerl’objet. Teinter, c’est seulement donner une teinte, unecouleur peu marquée.temporaire et temporelQuand c’est temporaire, c’est que cela n’existe que pour untemps limité. Temporel est le contraire d’éternel (ou despirituel). Le pouvoir temporel est celui des papes en tantque souverains territoriaux. (Adolphe V. Thomas).tendresse et tendretéLa tendresse est un sentiment (la tendresse d’une mère pourson enfant) et la tendreté est la qualité de ce qui est tendre(la tendreté d’une viande).tératologie et tétralogieLa tératologie est « la science qui a pour objet l’étude desanomalies et des monstruosités des êtres vivants ».Tétralogie : on trouve la racine grecque tetra qui veut direquatre. En effet, il s’agit de l’ »ensemble des quatre piècesque les premiers poètes grecs présentaient aux concours desdionysies. Ce mot désigne maintenant un ensemble dequatre œuvres distinctes, mais présentant une certaine unitéd’inspiration. » (le Robert).topique et typiqueOn parlera d’un médicament topique, c’est-à-dire qui agit àl’endroit où il est appliqué ou d’un argument topique, qui serapporte exactement au sujet dont on parle. Ce qui esttypique répond à modèle, est caractéristique : un exempletypique de mauvaise foi. 101
  • 102. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèstopographie et typographieLa topographie est la configuration d’un lieu et latypographie regroupe les techniques de reproduction destextes.tout à coup et tout dun coupTout à coup signifie soudainement» subitement, et tout duncoup indique que lévénement ou la chose ont eu lieu dunseul coup, en une seule fois. Cependant, lAcadémie signaleque tout dun coup semploie quelquefois au sens de tout àcoup. Noter que tout à coup sécrit sans trait dunion.vacuité et viduitéLa vacuité (du lat. vacuus, vide) est létude de ce qui estvide. (Ex. : La vacuité de lestomac se produit quelquesheures après les repas.) La viduité (du lat. viduus veuve) estle veuvage. Le terme peut sappliquer aux veufs, mais il serapporte surtout aux femmes.vénéneux et venimeuxVénéneux (du lat. venenum, poison) se dit des substances quirenferment du poison et venimeux (de lanc, fr. venim, venin)se rapporte aux animaux à venin. (Ex. : La vipère est unanimal venimeux.) Au sens figuré, venimeux signifiemalveillant, méchant.verbal et verbeuxCe qui est verbal n’est pas écrit ou bien est relatif au verbe.Est verbeux celui qui ne sait pas parler avec concision, quise perd dans les mots. 102
  • 103. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèsverdeur et verdureLa verdeur, c’est la vigueur de la jeunesse qui peut fairequ’un fruit ou qu’un vin sera trop acide ou encore que lelangage prendra quelque liberté savoureuse pouvant allerjusqu’à la crudité (le Robert). Les arbres, les plantes, lesfeuilles constituent la verdure.vérité et véracité« La vérité désigne le caractère de ce qui estindiscutablement vrai et la véracité, la qualité de ce qui al’habitude de dire vrai ou de ce qui est ou semble conformeà la vérité. » (Adolphe V. Thomas)verrerie et verroterieUne verrerie est une fabrique ou un magasin de verre alorsque la verroterie désigne de petits objets de verre travailléset colorés, qui servent à faire des bijoux de faible valeur.verser et viderVerser, c’est faire passer d’un récipient à un autre ou toutsimplement faire couler. Vider, c’est rendre vide.volcanologie et vulcanologieLa volcanologie est la science qui étudie les phénomènesvolcaniques et la vulcanologie est le traitement ducaoutchouc ou des substances analogues. Dans beaucoup dedictionnaires, et, en particulier dans le Petit Larousse etdans le Grand Larousse encyclopédique, les deux termessont considérés comme synonymes, mais cest une erreur(communiqué de lAcadémie du 20 avril 1967). 103
  • 104. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au SuccèsQuelques homonymesagate et AgatheL’agate est une pierre précieuse et Agathe est un prénom.amande et amendeL’amande est le fruit de l’amandier et l’amende, c’est lacontravention.appas et appâtLes appas, toujours au pluriel, sont les charmes qui émanentd’une femme. Un appât sert à attirer des animaux pourpouvoir les attraper.balade et balladeBalade est un mot de la langue familière (ignoré parlAcadémie) qui signifie « promenade ». La ballade (avecdeux l) est un petit poème à forme fixe.cahot, chaos et K.O.Lorsque le chemin est plein d’ornières, la voiture fait descahots, c’est-à-dire des sauts plus ou moins rudes. Le chaosexprime le désordre le plus complet. K.O. est l’abréviationdu mot anglais knock-out que l’on emploie pour parler de lamise hors de combat d’un boxeur resté à terre plus de 10secondes, et par extension pour donner l’idée d’épuisement.cal et caleOn peut avoir un cal aux mains ou aux pieds, dû à unfrottement répété qui a durci la peau à cet endroit-là. Lacale, c’est ce que l’on place sous un objet pour l’empêcher 104
  • 105. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèsde bouger. C’est aussi dans un navire l’espace situé entre lepont et le fond.céans et séantCéans ne s’emploie que dans l’expression : le maître decéans, c’est-à-dire le maître de ces lieux. Le séant : ons’assoie dessus... c’est tout simplement le derrière.censé et senséCensé est un adjectif qui vient de l’ancien verbecenser (estimer, juger), et qui signifie supposé, réputé,considéré comme : Nul n’est censé ignorer la loi. Il estcensé être en voyage. Sensé est un dérivé du mot sens etdésigne celui qui a du bon sens ou ce qui est conforme aubons sens (un individu sensé, une idée sensée).cession et sessionLa cession est un terme juridique ou commercial qui désignel’action de céder (la cession d’un bail, d’un fonds decommerce). Session est en rapport avec s’asseoir, et se ditlorsqu’on parle d’une assemblée ou d’un tribunal qui siège(les sessions extraordinaires du parlement).chas et chatLe petit trou de l’aiguille par lequel vous faites passer le fil,c’est le chas. Inutile d’en dire plus sur le chat.crac, crack et krachCrac est une onomatopée qui évoque quelque chose qui sebrise, qui se craque. Un crack, de l’anglais crack, fameux,c’est au premier sens le poulain préféré dans une écurie decourse, de là il a pris le sens de champion. Le krach vient 105
  • 106. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèsd’un mot allemand qui veut dire craquement, fracas, crise.C’est un terme de la bourse pour indiquer son effondrement.cuisseau et cuissotOn parle d’un cuisseau de veau , alors que cuissot désigne lacuisse de tous les animaux que l’on tue à la chasse à courre(cerf, chevreuil, sanglier, etc.). Conseil d’ami : retenez biencette différence pour le jour où vous aurez à écrire la dictéede Mérimée...décrépi et décrépitDécrépi ne s’emploie qu’au sens propre pour les choses quiont réellement perdu leur crépi (un mur, une façade).Décrépit s’emploie pour les personnes ou les choses qui ontune apparence misérable due à l’âge.desceller et dessellerDesceller, au sens propre, c’est enlever le sceau, le cachet,et de là, arracher quelque chose, généralement fixé dans lapierre (desceller un portail). Desseller, c’est ôter la selle.dessein et dessinCes deux mots viennent du verbe dessiner, mais le dessein,c’est en quelque sorte l’idée que l’on se serait dessinée dansla tête, puisqu il exprime l’intention, le projet, le but.détoner et détonnerDétoner, cest exploser avec bruit, et détonner (avec deuxn), cest chanter ou jouer faux, en sortant du ton. 106
  • 107. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèsenvi et envieEnvi s’emploie dans l’expression à l’envi, c’est-à-dire à quimieux mieux, dans un esprit de compétition. L’envie est unvilain défaut, mais c’est aussi le fait de ressentir un besoin,sans aucune notion de convoitise.exhausser et exaucerExhausser un édifice, c’est en augmenter la hauteur.Exaucer une prière, un vœu, c’est l’accueillir favorablementet la ou le satisfaire.filtre et philtreUn filtre est un appareil qui sert à filtrer mais un philtre estun breuvage propre à inspirer l’amour ou tout autre passion,nous dit Adolphe V. Thomas.fond, fonds et fontsLe fond d’un tonneau. Un fonds de commerce. Les fontsbaptismaux.miction et mixtionLa miction est l’action d’uriner alors que la mixtion estl’action de mélanger plusieurs substances.pause et poseFaire une petite pause est bien agréable lorsqu’on est fatiguéd’avoir beaucoup marché. La pose de cette moquette n’a pasété une chose facile. 107
  • 108. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèsplainte et plintheLa plainte exprime la douleur par des paroles, des cris oudes gémissements. La plinthe est la baguette de bois quicoure en bas d’un mur et qui souvent cache les filsélectriques.prémices et prémissePrémices (du lat. primitiae, de primus, premier), qui sécrittoujours au pluriel, désigne les premiers produits de la terreou du bétail, et, au figuré, les premières productions delesprit, le début dun règne. Quant à prémisses (du lat. prae,avant, et missus, envoyé) il indique, dans un raisonnement,chacune des deux propositions doù se tire la conclusion.repaire et repèreLe repaire est le gîte des anomaux sauvages. Le repère,c’est la marque qui sert à retrouver quelque chose (unendroit, une page, etc.)satire et satyreUne satire est un écrit où l’auteur se moque de sescontemporains. Dans l’antiquité, une satyre était un petitpoème pastoral qui mettaient en scène des satyres, demi-dieux avec des jambes et des pieds de bouc. Au masculin,un satyre est un homme obscène.volatil et volatileUn corps est dit volatil (du lat. volatilis, léger) quand il estsusceptible de se transformer en vapeur ou en gaz. (Ex. :Alcali volatil, substance volatile.) Le volatile est un animalqui vole ou un oiseau domestique (le mot est quelquefoisemployé au féminin). 108
  • 109. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au SuccèsLes PléonasmesLe pléonasme (du gr. pleonasmas, surabondance) estlintroduction dans la proposition dun terme inutile. Il peutêtre voulu pour donner plus de force à la pensée. (Ex. : Jelai vu de mes yeux ; je lai entendu de mes oreilles) mais, leplus souvent, il est involontaire et il constitue une lourdefaute.Voici quelques pléonasmes vicieux quil convient déviter :abolir entièrementachever complètementainsi par exempleajouter en plusle maximum de son apogéeau jour daujourdhuibut finalfaire une chute verticalecollaborer ensemblecomparer entre eux ou ensemblecommémorer un souvenircomme par exempleêtre contraint malgré soidépenses somptuairesdescendre en basdune de sablesenchevêtrer les uns dans les autressentraider mutuellementerreur involontaire 109
  • 110. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèshasard imprévuune heure de tempshémorragie de sanggai luronpetite maisonnette (et tous les diminutifs précédés de petit)marcher à piedau grand maximumnoire mélancoliemirage décevantmonopole exclusifmonter en hautpanacée universelle. Étant donné que panacée (du gr. pan, etakos. remède) signifie étymologiquement qui guérit tout, ilest évident que « panacée universelle » est un pléonasme.Toutefois, lexpression est dun usage courant et est parfoisemployée par de bons écrivains.et puis ensuiteêtre le premier en têteprévoir davancepasser en première prioritéprogresser en avantpuis ensuitereculer en arrièrerefaire encore (et tous les verbes à particule itérative suivisde encore)répéter de nouveaurevolver à barillet 110
  • 111. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèssecousse sismique Secousse sismique est un pléonasmecondamné par les linguistes puisque sismique (du gr.seismos, tremblement, choc, secousse) implique déjà lidéede secousse. A ce propos, lAcadémie conseille demployerles expressions : phénomène sismique, secousse tellurique,séisme, tremblement de terrese réunir ensembleil suffit simplementsuivre derrièrela topographie des lieuxtous sont unanimesvoler dans lair. 111
  • 112. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succès Le français au quotidienVoici quelques réponses aux questions que vous vous êtessûrement posées un jour ou l’autre, mais pour lesquellesvous êtes resté(e) dans l’incertitude, car rien que l’idée devous plonger dans une grammaire vous a déjà épuisé(e).Nous avons essayé de vous donner quelques règles simpleset qui nous l’espérons, seront faciles à retenir.Quand faut-il mettre ceci ou cela ?Ceci sert à désigner ce qui va suivre et aussi quelque chosede proche. Cela à l’inverse s’emploiera pour rappeler ce quiprécède ou pour parler d’une chose lointaine. Imaginons cetexemple : Cette histoire est affreuse, cela s’est passé il y aplus d’un an maintenant. Mais écoute ceci : le temps permetd’oublier bien des choses, même les pires.Cette règle s’applique de la même façon pour ci et là, celui-ci, celui-là ou voici, voilà.Quand mettons un s à cent ?Lorsqu’un nombre se termine par cent et qu’il y a plusieurscentaines, cent prend la marque du pluriel, mais dès qu’il estsuivi par un autre chiffre, il devient invariable. Trois centsfrancs, mais trois cent trois francs. Mille est toujoursinvariable.– Des fois pour parfois, quelquefois, par hasard, est dulangage populaire. Aussi est-il préférable de ne pasemployer cette formule à l’écrit.Comment forme-t-on le présent de l’impératif ?Les verbes à la 1re personne de l’impératif présent sontsouvent écrits de façon fautive parce qu’on se demande s’il 112
  • 113. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèsfaut mettre un s ou pas à la fin dans la mesure où l’onassocie par ex. « aime » à « tu aimes ».Voici les éléments essentiels à retenir : ● Il n’y a jamais de s pour les verbe en -er (lève-toi, aime-moi), ni pour les verbes en -ir suivants et leurs composés : assaillir, couvrir, cueillir, défaillir, offrir, ouvrir, souffrir et tressaillir (cueille, offre, etc.). L’impératif présent est formé à partir de l’indicatif présent. ● L’impératif des verbes être, avoir, savoir et vouloir est formé à partir du présent du subjonctif. Sauf pour le verbe être (sois), il n’y a pas de s (aie, sache et veuille). ● Tous les autres verbes prennent un s (Finis ton assiette).Par contre et en revanche peuvent-ils êtreemployés l’un pour l’autre ?La nuance est subtile, à l’image de cette langue française...Par contre a un sens négatif, alors que en revanche aura unsens positif. Ainsi, on écrira : La médecine a fait de grandsprogrès, par contre il y a encore beaucoup trop de personnesqui meurent du cancer. Mais : Il y a encore beaucoup trop degens qui meurent du cancer, en revanche la médecine a faitde grands progrès.Comment savoir s’il faut accorder le participeprésent ? et le participe passé ?Accord du participe présentLe participe présent est toujours terminé en -ant. (Ex. :caressant, dormant, travaillant). Mais tantôt il est verbe ettantôt il est adjectif. 113
  • 114. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succès Quand il a un sens actif et qu’il est employé pourindiquer que l’on agit en même temps qu’on fait autrechose, il est alors invariable et on peut le remplacer par unautre temps du verbe, précédé de qui, comme, lorsque, etc.Ainsi, on écrit : Les élèves sortant (qui sortent) de lécole ;marchant (comme il marchait) à grands pas, il se dirigeavers maison.Une astuce : si vous pouvez mettre ne ou ne pas, c’est qu’ils’agit bien de la forme verbale : Les élèves (ne) sortant (pas)de l’école ; (ne) marchant (pas)... Le participe présent tient de ladjectif quand il marquelétat, et, en ce cas, on peut le remplacer par un qualificatifquelconque ; il est alors variable et saccorde avec le nomdont il exprime la manière dêtre. On écrit par exemple : Onaime les élèves obéissants (obéissants peut être remplacé parappliqués, sérieux, soumis, aimables, etc.).Deux astuces qui vous permettent de savoir si le participeprésent est employé comme adjectif et doit donc êtreaccordé : essayez de le mettre au féminin. Par ex. ici, nousaurions effectivement pu dire : on aime les élèvesobéissantes. Et aussi, tentez d’ajouter un adverbe avant leparticipe présent : on aime les enfants très obéissants.Et le participe passé ?Lorsque vous vous trouvez devant un participe passé et quevous vous demandez comment l’écrire, voici comment vousdevez faire.Tout d’abord, il faut déterminer à quel groupe de verbe ilappartient : si c’est au 1er groupe (infinitif en -er), laterminaison sera é ; du 2e groupe (infinitif en -ir), laterminaison sera i. Le 3e groupe regroupe tous les autres etla terminaison est variable (vendu, couvert, mis, parti, etc).Pour les verbes du 1er groupe, voici un truc pour être sûrqu’il s’agit bien du participe passé et qu’il ne faut donc pasmettre la terminaison -er, ni -ez, mais -é (ou -és, ou -ée, ou -ées) : vous remplacez par un verbe du 3e groupe qui va vous 114
  • 115. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèspermettre d’entendre la terminaison. Prenons l’exemple demonter et descendre : nous dirions je suis descendu, doncmonté avec é ; acheter et vendre : nous dirions j’ai vendu,donc acheté avec é.Pour les verbes du 2e groupe, pour être sûr qu’il ne fautmettre ni is ni it, vous mettez le verbe au pluriel : il a fini ;ils ont fini. Le son ne change pas, c’est bien le participepassé en i (il finit aurait fait au pluriel ils finirent ou ilsfinissent).Pour les verbes du 3e groupe, le truc est de mettre leparticipe passé au féminin : il a mis la table (la table que j’aimise, terminaison -se, donc il faut mettre un s à mis.). Juste2 exceptions à signaler pour absous qui fait absoute auféminin et dissous qui fait dissoute.Maintenant pour savoir comment accorder ce participepassé, vous regardez quel est l’auxiliaire qui l’accompagne.Il est possible qu’il n’y en ait pas. S’il n’y a pas d’auxiliaire, c’est qu’il est employé commeadjectif et s’accorde en genre et en nombre avec le mot qu’ilqualifie : une chemise bien repassée, une lumière éteinte, lesprix affichés...Signalons quelques cas particuliers : ainsi, certainsparticipes comme approuvé, (y) compris, lu, reçu, vu,employés seuls et placés immédiatement avant le nomrestent invariables, car ils sont alors assimilés à desprépositions. Ex. : Approuvé les mentions ci-dessus, reçu lasomme de, y compris les femmes, etc.Dernière précision : Lorsqu’un participe passé se rapporte àdes noms de genre différent, il se met au masculin pluriel.Ex. : Sa mère et son fils exceptés. S’il y a un auxiliaire, cela peut être soit le verbe être, soitle verbe avoir.Le verbe être 115
  • 116. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au SuccèsLe participe passé employé avec lauxiliaire être saccordeen genre et en nombre avec le sujet du verbe. (Ex. : Lesenfants sont aimés. Les hirondelles sont parties.)Le seul problème réside dans les verbes pronominaux. Nousles verrons après avoir compris ce qui se passe avec le verbeavoir.Le verbe avoir Le participe passé ne s’occupe plus du sujet, mais ducomplément d’objet direct (c.o.d.) et il n’y aura accord quesi le complément d’objet direct est placé avant lui. J’aicoupé les fleurs ce matin. J’ai coupé quoi ? les fleurs. Lesfleurs est c.o.d. et est placé après le participe passé coupé.Donc, il n’y a pas d’accord. Les fleurs que j’ai coupées cematin sont déjà fanées. J’ai coupé quoi ? les fleurs. Lesfleurs sont représentées ici par le pronom relatif que qui avaleur de c.o.d. puisqu’il répond à la question quoi ? et il estbien placé avant le participe passé. Donc, il y a accord. Le participe passé est suivi dun infinitif :– Il saccorde sil a pour c.o.d. le nom ou le pronom quiprécède. (Ex. : Ces femmes, je les ai entendues chanter).– Il est invariable sil a pour complément d’objet directlinfinitif qui suit. Ainsi, on écrit : Les romances que jaientendu chanter (cest-à-dire jai entendu quoi ? non pas lesromances, mais chanter ces romances). Les fruits que je mesuis laissé prendre (cest-à-dire je me suis laissé quoi ?prendre ces fruits).– Les participes passés fait et laissé suivis dun infinitif sonttoujours invariables. (Ex. : La famille de cette femme l’a faitinterner. Elle sest laissé aller à la frapper.)– Linfinitif peut être sous-entendu. Les participes cru, dû,pensé, pu, voulu sont invariables lorsquon peut sous-entendre un verbe après eux. Ainsi, on écrit : je lui ai rendutous les services que jai pu et que jai dû (sous-entendu lui 116
  • 117. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèsrendre). Je lui ai lu tous les livres quil a voulu (sous-entendu que je lusse). Le participe passé est placé entre deux « que » : 2possibilités.– Il est invariable sil a pour c.o.d. la proposition qui suit (lepremier que est pronom relatif, le second conjonction) : Lesennuis que javais prévu que vous auriez (javais prévu quoi?que vous auriez des ennuis).– il s’accorde si le premier que (pronom relatif) est c.o.d.(placé avant) : Ce sont les fruits que jai cultivés que nousallons manger (jai cultivé quoi ? les fruits représentés parque). Le participe passé est suivi dun attribut du c.o.d. : ilsaccorde généralement avec ce complément quand celui-ciprécède le participe. (Ex. : Des femmes quil avait cruesveuves, quil avait trouvées charmantes.) Le participe passé de peser est invariable au sens d«avoir tel ou tel poids », car le verbe est alors intransitif. (Ex.: Cette valise ne pèse plus les trente kilogrammes quelle apesé à notre départ.) Mais il varie au sens de « déterminer lepoids de ». (Ex. : Les colis que nous avons pesés.) Certains verbes n’ont jamais de c.o.d., il est donc logiqueque le participe passé ne s’accorde pas. C’est le cas deobéir, nuire et plaire : ce film nous a beaucoup plu. Le filma plu à qui ? à nous. Nous est ici complément d’objetindirect, donc pas d’accord. Finalement on comprend quedès qu’il y a une préposition qui intervient il n’y a pasd’accord.Et c’est qui va nous permettre de comprendre facilement cequi se passe avec les verbes pronominaux.Tous les verbes pronominaux se conjuguent avec l’auxiliaireêtre qu’ils soient réfléchis (le pronom représente alors lesujet : je me lave. Je lave qui ? moi.) ; réciproques (lepronom représente quelqu’un d’autre que le sujet : ils se 117
  • 118. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèsbattent , l’un l’autre), ou passifs (le sujet ne fait pas l’action(le feu s’éteint).Mais lauxiliaire être jouant le même rôle que l’auxiliaireavoir, le participe passé suit les règles du participe passéconjugué avec avoir, cest-à-dire quil saccorde avec sonc.o.d. quand ce complément le précède. (Ex. : Elle sestlevée. Ils se sont levés. Elles se sont accordé un répit.) Cesexemples peuvent, en effet, se traduire de la façon suivante :Elle a levé qui ? elle (elle est bien c.o.d., donc il y a accord);Ils ont levé qui ? eux. Elles ont accordé un répit à qui ? àelles, elles est complément d’objet indirect puisqu’il y a lapréposition à, donc pas d’accord.Il résulte de cette règle que les verbes comme se complaire ;se convenir ; se déplaire ; sentrenuire ; se mentir ; se nuire ;se parler ; se plaire ; se ressembler ; se rire ; se sourire ; sesuccéder ; se suffire ; se survivre, qui nont pas de c.o.d., ontleur participe passé toujours invariable. On écrit parexemple : Bien des rois se sont succédé sur le trône (cest-à-dire ont succédé à eux). Elles se sont nui (cest-à-dire ontnui à elles). Accord du participe passé dun verbe pronominal suivid’un verbe à l’infinitif : il faut garder à l’esprit la règle duc.o.d. placé avant ou après : Ils se sont vus mourir (ils ont vuqui ? eux (se), cest eux qui mouraient : ils se sont vusmourants). Elle sest laissé séduire (elle na pas fait lactionde séduire. Elle s’est laissé quoi ? séduire, placé après, doncpas d’accord). Elle sest laissée mourir de faim (cest elle quimourait. Elle a laissé qui ? elle, s’ placé avant, donc accord). Le participe passé de se rendre compte est toujoursinvariable : Elle s’est rendu compte que... mais si leparticipe passé rendu est utilisé dans une autre tournure, ilpourra s’accorder : Nous nous sommes rendus sur les lieuxde l’accident (nous avons rendus qui ? nous).Cas particuliers (à ne lire que lorsque vous aurez bienassimilé ce qui précède...) 118
  • 119. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succès Le participe passé précédé de en reste toujours invariablequand en fait fonction de c.o.d., car on considère que en nani genre ni nombre. (Ex. : Des services, personne ne men arendu.) De même. si en peut être supprimé sans altérer lesens de la phrase, il ninflue pas sur laccord du participe.(Ex. : Jai écrit à Paris, voici les nouvelles que nous en avonsreçues.) Le participe passé est précédé de « le (l) ». Si le pronomle (l) représente un nom, le participe passé saccorde selonla règle générale. Ainsi, dans « Cette femme est quelconque,je lavais crue plus belle », l, mis pour femme, est placéavant le participe passé donc accord.En revanche, quand le (l) équivaut à cela et représente unepréposition, le participe passé qui suit est toujoursinvariable. Cest le cas dans la phrase : La machination estplus sérieuse que nous ne lavions pensé en premier lieu(que nous navions pensé cela). Le participe passé est précédé de « le peu ». Lorsque lepeu signifie une quantité petite mais suffisante, le participepassé saccorde avec le nom qui suit peu. (Ex. : Le peu denourriture quil a prise la sauvé.) Mais quand le peu signifielinsuffisance, le manque, le participe passé reste invariable.Ainsi on écrit : Cest le peu de nourriture quil a pris qui aété la cause de sa mort (cest-à-dire la trop petite quantité denourriture, etc.). Le participe passé est précédé d’un nom collectif, tel queamas, foule, multitude, troupe, qui, bien quau singulier,présente à lesprit lidée dune collection. Laccord se fait,selon le sens, soit avec le nom collectif, soit avec lecomplément de celui-ci. Ainsi, dans la phrase : « Lamultitude de manifestants quil avait entraînée », laccord alieu avec multitude. En revanche, dans la phrase : « Legrand nombre de manifestants que jai vus dans la rue »,lidée porte surtout sur manifestants et laccord se fait avecce mot. 119
  • 120. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succès Le participe passé des verbes impersonnels ou des verbesemployés impersonnellement est toujours invariable. (Ex. :les grandes chaleurs quil a fait cet été. Il lui est arrivé uneaventure bizarre.)Quand met-on une majuscule aux pointscardinaux ?Il faut mettre une majuscule : lorsqu’il s’agit d’une région géographique précise : Il estné dans le Sud. L’hémisphère Nord. Le pôle Sud.Il ne faut pas de majuscule : quand le cardinal exprime une direction : le soleil secouche à l’ouest. C’est un vent du nord. quand le cardinal est suivi d’un déterminatif et pourraitêtre remplacé par au-dessus, à droite, etc. : Il habite au nordde Paris.La règle est la même pour midi (Il a une maison dans leMidi, dans le midi de la France.), centre, etc.Pour quoi faire et pourquoi faireQuand vous pouvez remplacer pourquoi par pour quelleraison, il faut mettre l’adverbe pourquoi. Si vous pouvezinverser la question en disant pour faire quoi, alors, il fautécrire pour quoi.Pourquoi es-tu de mauvaise humeur ? pour quelle raison es-tu de mauvaise humeur ?Lui donner cette voiture ? pour quoi faire, il ne sait pasconduire. Pour faire quoi ?Presque ne s’élide que dans le mot presqu’île : il a mangéune pomme presque entière. 120
  • 121. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au SuccèsQuand et quantIl est facile de distinguer l’un de l’autre dès que l’on sait quequant est toujours suivi de à ou au : quant à moi... Maisattention ! dans l’exemple qui suit, il faut mettre quand bienqu’il soit suivi de à : Quand à l’intelligence s’ajoutel’humour, on peut quasiment parler de perfection ! En effet,il s’agit bien là de l’adverbe de temps quand, qui pourraittrès bien être remplacé par lorsque.Quelque(s) et quel(les)... queQuelque adjectif est variable : quelques semaines plus tard...quelques maisons ont été inondées... les quelques raresrescapés ont réussi à retrouver leur chemin.Quelque adverbe est invariable . Il signifie soit environ(quelque trois cents couverts ont été servis ce soir-là) oubien a le sens de si (Quelque intelligemment qu’il s’yprenne, je ne suis pas sûre du résultat). Notons que quelquene s’élide que devant un ou uneQuel... que est placé juste avant un verbe (en général leverbe être) ou un pronom personnel sujet. Le verbe esttoujours au subjonctif et quel s’accorde avec le sujet duverbe : quelle que soit votre formation... cet individu, quelqu’il soit, ne me paraît pas à la hauteur...Quoique et quoi queQuoique signifie bien que. Quoi que veut dire : quelle quesoit la chose que ou qui et s’emploie toujours devant unverbe impersonnel ou transitif direct . quoi qu’il arrive, quoique je fasse.Tel et tel que. Comment se fait l’accord ?Tel s’accorde avec le nom qui suit : J’aime les fruits, tellesles oranges. 121
  • 122. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au SuccèsTel que s’accorde avec le nom qui précède : j’aime les fruitstels que les oranges.Comment écrire les titres d’œuvres ?Où doit-on mettre des majuscules ? Ces précisionsintéresseront sûrement ceux qui doivent établir unebibliographie à la fin d’un article ou d’un ouvrage.Lorsqu’un livre est référencé dans une bibliothèque parexemple, sera pris en compte le premier mot de son titre,sauf si ce premier mot est un article défini. Dans ce cas,c’est le deuxième mot qui compte. Donc, la majuscule devrase mettre : Au premier nom : la Puissance des yeux ; les Miracles duthé ; Guide pratique des remèdes naturels. Même si le premier nom est coordonné à un deuxièmepar et, on ne met de majuscule qu’au premier : Pensez etguérissez. Au second nom aussi s’il est suivi par un adjectifqualificatif qui ne se rapporte qu’à lui : Lettres et Penséesintimes. Si les noms du titre sont personnifiés : le Corbeau et leRenard ; la Belle et la Bête. Si les deux noms sont coordonnées par ou, on lesconsidère comme deux titres distincts. On met unemajuscule aux deux : Léonora ou les Dangers de la vertu. Lorsque l’adjectif est placé avant le mot qu’il qualifie, onmettra la majuscule aussi à l’adjectif : Julie ou la NouvelleHéloïse ; les Verts Pâturages. Si le titre de l’ouvrage est une phrase (avec au moins unsujet et un verbe), on mettra une majuscule seulement àl’article défini qui la commence : La guerre de Troie n’aurapas lieu. Le jour se lève. 122
  • 123. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succès Si le titre commence par un autre mot qu’un articledéfini : Sous le soleil de Satan. Un homme comme lesautres. Autant en emporte le vent. De l’éducation.Italiques ou guillemets ?Dans le même domaine, vous vous êtes peut-être aussi déjàdemandé quelle était la règle pour mettre un titre enitaliques ou entre guillemets. Un titre se met toujours enitaliques, sauf quand il s’agit d’un article tiré d’une revue,d’un journal. Dans ce cas-là, on met le titre de l’ouvrageentre guillemets et c’est le titre de la revue qui est enitaliques.Quand tout s’accorde-t-il ?Quand tout est adverbe, il signifie alors complètement. Il estinvariable (ils sont partis tout heureux, elle est tout apeurée),sauf... s’il est placé devant un adjectif féminin commençantpar une consonne ou un h aspiré où il s’accordera alors engenre et en nombre (elle est toute triste, elles sont touteshonteuses). Dans ce dernier exemple, on pourrait aussicomprendre que toutes sont honteuses... aussi, préférez cetteformulation si vous souhaitez dissiper l’équivoque.Quand tout est adjectif ou pronom, il s’accorde.La plupart des expressions courantes qui utilisent tout,s’écrivent au singulier : de toute façon, en tout cas, à toutpropos, de tout temps. Mais prennent le pluriel : de touscôtés, en toutes lettres, en tous sens, de toutes pièces. Et ona le choix pour : à tout moment, de toute part, de toute sorte,en tout temps.Quand faut-il en mettre un trait d’union lorsqu’onécrit un nombre ?Jusqu’à cent, il faut toujours mettre un trait d’union saufquand il y a et entre le premier nombre et le chiffre qui suit : 123
  • 124. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèscinquante-trois, mais vingt et un. Après cent, il n’y a plus detrait d’union sauf à partir de cent vingt-deux, où l’onretrouve bien sûr le trait d’union obligatoire entre vingt etdeux.Quand doit-on mettre un s à vingt, dans quatre-vingt(s) ?On écrira « elle a quatre-vingts ans dans les années quatre-vingt. »Les années quatre-vingt ne prennent pas la marque dupluriel, exactement comme « l’an trois cent », parce qu’il nes’agit pas de quatre-vingts ans (ou de trois cents ans)entassés les uns sur les autres, mais de la quatre-vingtième(ou de la trois-centième) année, prise séparément. De même,on écrira « le chapitre quatre-vingt », mais « ce livre aquatre-vingts chapitres ».Remarquons que cette règle ne s’applique pas pour lesheures. Quand on dit : Il est 16 heures, heures prend lamarque du pluriel bien qu’il s’agisse de la seizième heure dujour.Quand doit-on mettre une virgule ?Quand les termes sont coordonnées par et, ou, ni, il estinutile de mettre une virgule, d’autant plus quand la phraseest courte. Cependant si ces conjonctions servent àcoordonner plus de deux propositions qui n’ont pas le mêmesujet ou qui s’opposent l’une à l’autre, il faudra mettre unevirgule. Ex. : Le ciel devint sombre, et très vite la tempêtearriva. Ce projet aboutira, ou nous donnerons notredémission.Il faut mettre une virgule : devant toutes les autres conjonctions de coordination :car, donc, mais, puis, etc. devant une proposition circonstancielle qui a valeurd’explication. Ex. : Je suis d’accord pour partir en voiture, 124
  • 125. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèspuisque c’est ce que tu préfères. Mais, parfois lacirconstancielle est intimement liée par le sens à laprincipale et dans ce cas-là, il n’y a pas de virgule. Ex. : Ilest tombé parce qu’il n’avait pas attaché ses lacets. Jepartirai dès que possible. après une proposition circonstancielle quand elle estplacée au début d’une phrase. Ex. : Quand le soleil serarevenu, nous irons nous promener. pour isoler une proposition relative explicative qui ajouteun détail, une explication non indispensable Ex. : Son fils,qui est paraît-il très brillant, a raté tous ses examens. Mais,lorsque la relative n’est pas là pour expliquer, mais pourpréciser ou restreindre l’antécédent en y ajoutant un élémentindispensable au sens, il ne faut pas mettre de virgule.Cependant, si elle est assez longue, on mettra une virguleaprès. Ex. : Les personnes qui souhaitent faire cetteexcursion demain, doivent avoir leur passeport avec elles(pas de virgule avant qui, mais une virgule après demain)Les traits d’union... il est impossible de donner ici une listeexhaustive, et vous aurez recours à votre dictionnaire pourvérifier son existence ou pas. Mais, au cours de nos lectures,nous avons repéré quelques fautes qui reviennentsystématiquement. Nous vous donnons ici la bonneorthographe :compte renduen dessous, en dessusétat civilNew York, mais new-yorkaisobjet type, standardpomme de terrepour centraz de marée 125
  • 126. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèstrois quarty a-t-il...Orthographe particulièreacacia (et non accacia)accueil (et non acceuil)acompte (et non accompte)agrafe (et non agraffe)amphitryonarctique et antarctiqueattraper (et non attrapper)ausculter (et non osculter)bakchich. Ce mot vient du persan et signifie pourboire, pot-de-vin.bazar (et non basard)becquéecalembour (et non calembourd)cauchemar (et non cauchemard)cintre (et non ceintre)coccyxcravate (et non cravatte)dahlia (du botaniste suédois Dahl)dépens (et non dépends)dépiauter (et non dépioter)développer (et non dévellopper)dysfonctionnement 126
  • 127. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèsecchymoseeh bien (et non et bien)entretien (et non entretient)enveloppe (et non envelloppe)essor (et non essort)exception (et non exeption)exorbitant (et non exhorbitant)faramineux (ne vient pas de pharaon, mais du latin ferus, quia donné nom à la bête faramine, animal fantastique del’Ouest et du centre de la France)la gent (et non la gente)hangar (et non hangard)hasard (et non hazard)insatiable (et non insasiable)intéresser (et non interresser)intervalle (et non intervale)kyrielleLibye (et non Lybie)lointain (et non loingtain)maintien (et non maintient)marqueterie (et non marquetterie)Méditerranée (et non Méditerannée)ménopause (et non ménaupose)parallèleperlimpinpinpétrole (et non pétrol) 127
  • 128. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèsphantasme (quoique de même étymologie que fantôme)un réveil, mais un réveille-matinsaynète : petite comédie bouffonne en un acte. Ce mot n’estpas un diminutif de scène, mais vient de l’espagnol sainete,qui veut dire farce.sarrasin (et non sarrazin)savate (et non savatte)schéma (et non shéma)sibyllinsilhouette. Ce mot tire son origine de Etienne de Silhouette,contrôleur des finances en 1759. On parla d’habit à lasilhouette, pour désigner le vêtement étriqué, sans plis nigousset, que l’on porta en signe de protestation contre lesmesures fiscales préconisées par M. de Silhouette sur lesterres des nobles.Sphinxtérébenthineterre-plein (et non terre-plain)à tort (et non à tord)ululer (et non hululer)vilebrequin (et non vilbrequin)Mots que l’on a tendance à écrire avec un s à la finabrialibibalaichaiconfetti 128
  • 129. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèsdéblaidélaifourmigalimatiasparmipli, repliremblaisouci (ennui et fleur)mots qui se terminent toujours par un savers, enverscanevascorpsdessousfoisfonds (de commerce)lacs (piège)jarslegsmetsminoismorsobuspoids, contrepoidspois 129
  • 130. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèspoulspusputoispuitsreboursrecoursremousrets (filet)reverssecourssouristaffetastalustraversveloursvolontiersMots qui ont deux orthographes possiblesbifteck et beefsteakClé et clefCocote et cocotteCuiller et cuillèreGaîté et gaietéGoulache et goulaschInnomé ou innommé 130
  • 131. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au SuccèsMuesli et musliParafe et parapheparlote et parlotteRapsodie et rhapsodieRomsteck, rumsteak et rumsteckSoûl et saoulShampooing et shampoingTanin et tanninTeck et tek 131
  • 132. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succès Les difficultés de conjugaisonElles sont assez nombreuses, mais les plus typiques portentsur les verbes examinés ci-dessous.Coudre et moudre gardent leur d au singulier du présent delindicatif : je couds, il coud. Je mouds, il moud. Maisabsoudre et résoudre le perdent : jabsous, il absout. Jerésous, il résout.Cela précisé, voyons en détail les difficultés de conjugaisonde ces verbes.Coudre est un verbe irrégulier dont les principales formes deconjugaison sont les suivantes : INDIC. PRÉS. : Je couds, tucouds, il coud, nous cousons, vous cousez, ils cousent.IMPARF. : Je cousais, nous cousions. PASSÉ SIMPLE (peuusité) : Je cousis, tu cousis, il cousit, nous cousîmes, vouscousîtes, ils cousirent. FUTUR : Je coudrai, nous coudrions.IMPÉR. : Couds, cousons, cousez. SUBJ. PRÉS. : Que jecouse, que nous cousions. IMPARF. : Que je cousisse, quetu cousisses, quil cousît, que nous cousissions. PARTIC. :Cousant. Cousu. Cousue. Ayant cousu.Moudre étant tiré du latin molere (de mola, meule), il nestpas surprenant de trouver des formes en moul- dans laconjugaison. On a en effet : INDIC. PRÉS. : Je mouds, tumouds, il moud, nous moulons, vous moulez, ils moulent. .IMPARF. : Je moulais, nous moulions. PASSÉ SIMPLE : Jemoulus, nous moulûmes. FUTUR : Je moudrai, nousmoudrons. IMPÉR. : Mouds, moulons, moulez. . SUBJ.PRÉS. : Que je moule, que nous moulions. SUBJ. PRÉS. :Que je moulusse, que tu moulusses, quil moulût, que nousmoulussions. PARTIC. : Moulant, moulu, moulue. Ayantmoulu. 132
  • 133. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au SuccèsAvec absoudre, on a : : INDIC. PRÉS. : Jabsous, tu absous,il absout, nous absolvons, vous absolvez, ils absolvent.IMPARF. : Jabsolvais, nous absolvions. PASSÉ SIMPLE :J’absolus. FUTUR : Jabsoudrai, nous absoudrons. SUBJ.PRÉS. : Que jabsolve, que nous absolvions. (Il n’y a pasd’imparfait du subjonctif.) PARTIC. : Absolvant. Absous,absoute. Ayant absous.Résoudre offre certaines difficultés de conjugaison que,écrit Adolphe V. Thomas avec quelque humour, « nerésolvent pas toujours les auteurs ». Quoi quil en soit, voiciles principales formes de conjugaison du verbe : INDIC.PRÉS. : Je résous, tu résous, il résout (avec un t et non und), nous résolvons, vous résolvez, ils résolvent. IMPARF. :Je résolvais, nous résolvions. PASSÉ SIMPLE : Je résolus,nous résolûmes. FUTUR : Je résoudrai, nous résoudrons.CONDIT. PRÉS. : Je résoudrais, nous résoudrions.IMPÉR. : Résous, résolvons, résolvez. SUBJ. PRÉS. : Queje résolve, que nous résolvions. IMPARF. : Que jerésolusse, quil résolût, que nous résolussions. PARTIC. :Résolvant. Résolu. Résous. (remarquons que ce verbe negarde son d qu’au futur et au conditionnel.)A noter les deux formes du participe passé : résolu (e) formeordinaire de la conjugaison (il a résolu de partir) et résousqui se dit dune résolution chimique, de choses consenties endautres choses : Le brouillard sest finalement résous enpluie. Mais on écrira : Le brouillard se résout en eau. Ceproblème se résout en cinq minutes. Le feu résout le bois encendres. Il ne sagit pas ici, en effet, comme le souligneAdolphe V. Thomas, de participes passés. Un fémininrésoute a été préconisé par Littré : vapeur résoute en petitesgouttes deau.Indiquons que résoudre quelquun...et se résoudre seconstruisent avec à. (Ex. : On ne saurait le résoudre à fairecette démarche. Je me résolus à plaider.) On dit, dautre part,se résoudre à ce que. (Ex. : Il faut se résoudre à ce quilvienne chez nous ce soir.) 133
  • 134. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au SuccèsParmi dautres verbes, signalons encore les verbes terminéspar -ndre et ceux terminés par -indre. Les premiers, tels queprendre, répandre, répondre, gardent leur d au présent delindicatif, et, les seconds, comme craindre, éteindre,joindre, perdent cette lettre.Avec prendre, on a : INDIC. PRÉS. : Je prends, tu prends, ilprend, nous prenons, vous prenez, ils prennent. IMPARF. :Je prenais, nous prenions. PASSÉ SIMPLE : Je pris, nousprîmes, vous prîtes. FUTUR : Je prendrai, nous prendrons.CONDIT. PRÉS. : Je prendrais, nous prendrions. IMPÉR. :Prends, prenons, prenez. SUBJ. PRÉS. : Que je prenne, quenous prenions. IMPARF. : Que je prisse, quil prît, que nousprissions. PARTIC. : Prenant. Pris, prise. Ayant pris.Avec craindre, on a : INDIC. PRÉS. : Je crains, tu crains, ilcraint, nous craignons, vous craignez, ils craignent. .IMPARF. : Je craignais, nous craignions. PASSÉ SIMPLE :Je craignis, nous craignîmes, vous craignîtes. FUTUR : Jecraindrai, nous craindrons. CONDIT. PRÉS. : Je craindrais,nous craindrions. IMPÉR. : Crains, craignons, craignez.SUBJ. PRÉS. : Que je craigne, que nous craignions.IMPARF. : Que je craignisse, quil craignît, que nouscraignissions. PARTIC. : Craignant. Craint, crainte. Ayantcraint.A propos de craindre, Adolphe V. Thomas fait lesremarques suivantes : « Avec craindre que, le verbe qui suitse met toujours au subjonctif, et saccompagne de laparticule ne : Je crains quil ne vienne. Je craignis quil nesortît. Il est à craindre que cette entreprise néchoue. »Ne na pas, dans ce cas-là, à proprement parler de valeurnégative : il est une sorte décho de la négationimplicitement contenue dans la phrase.Ne pas craindre que veut également le subjonctif, mais sansla particule ne. Je ne crains pas quil fasse cette faute(Littré). Je ne crains pas quil sorte. 134
  • 135. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au SuccèsDans les phrases interrogatives avec ne pas craindre que, laparticule ne est facultative, mais son emploi crée unecertaine ambiguïté : Ne craignez-vous pas quil ne vienne ?ou quil vienne ? (Littré).Mêmes règles pour les verbes de sens analogue commeappréhender, trembler, redouter, avoir peur, etc. 135
  • 136. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succès La fameuse dictée de MériméeL’empereur napoléon III y fit 60 fautes et l’impératrice 90...Pour parler sans ambiguïté, ce dîner à Sainte-Adresse prèsdu Havre, malgré les effluves embaumés de la mer, malgréles vins de très bons crus, les cuisseaux de veau et lescuissots de chevreuil prodigués par l’amphitryon, fut un vraiguêpier.Quelles que soient, quelque exiguës qu’aient pu paraître, àcôté de la somme due, les arrhes qu’étaient sensés avoirdonnées à maint et maint fusilier subtil la douairière et lemarguillier, il était infâme d’en vouloir pour cela à cesfusiliers jumeaux et mal bâtis et de leur infliger une racléealors qu’ils songeaient qu’à prendre des rafraîchissementsavec leur coreligionnaires.Quoi qu’il en soit, c’est bien à tort que la douairière, par uncontresens exorbitant, s’est laissé entraîner à prendre unrâteau, et qu’elle s’est crue obligée do frapper l’exigeantmarguillier sur son omoplate vieillie. Deux alvéoles furentbrisés, une dysenterie se déclara, suivie d’une phtisie.Par saint Martin, quelle hémorragie ! s’écria ce bélître. A cetévénement, saisissant son goupillon, ridicule excédent debagage, il la poursuit dans l’église tout entière. 136
  • 137. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succès En conclusion…J’espère que vous aurez trouvé toutes ces précisionsintéressantes, quelquefois amusantes. L’orthographe est unart, et vous y parfaire contribuera à votre développementpersonnel.Pour continuer, allez au Site de l’orthographe :http://perso.wanadoo.fr/bernard.duxin/Améliorez votre orthographe :http://www.montefiore.ulg.ac.be/~geuzaine/BRONNE/WWW/pivot/trucs.htmlEt testez votre orthographe :http://www.synapse-fr.com/tests_jeux_exemples/test_dorthographe.htm 137
  • 138. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succès Table des matièresSommaire ______________________________________________ 2Comment va votre orthographe ? __________________________ 3Les mots à consonnes doubles .............................................................4Les mots renfermant des lettres muettes .............................................5Les anomalies de laccentuation..........................................................6L’accent aigu........................................................................................6L’accent grave ......................................................................................7L’accent circonflexe.............................................................................8Le tréma, une manière d’accent ........................................................16Les principales difficultés de la langue française_____________ 17Masculin ou féminin ?.......................................................................17Examinons successivement ces noms à double genre. .....................29Les difficultés relatives au nombre....................................................38Les barbarismes et les solécismes......................................................41Les Paronymes ...................................................................................64abjurer et adjurer ...............................................................................65acceptation et acception .....................................................................65acclimatation et acclimatement .........................................................65acculer et éculer .................................................................................65affabulation et fabulation ..................................................................65affermer, affermir et affirmer............................................................66affidé et affilié ....................................................................................66affectation et affection .......................................................................66affilé et effilé.......................................................................................66affluence et influence.........................................................................66agonir et agoniser...............................................................................66ajustage et ajustement........................................................................66allocation et allocution.......................................................................67allitération et altération .....................................................................67allusion et illusion..............................................................................67 138
  • 139. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèsalternance et alternative.....................................................................67aménager et emménager....................................................................67amnistie et armistice...........................................................................68anoblir et ennoblir..............................................................................68aplanir et aplatir.................................................................................68apogée, périgée et hypogée.................................................................68apurer et épurer..................................................................................68assécher et dessécher .........................................................................69atterrage, atterrissage et atterrissement ............................................69bailler, bâiller et bayer .......................................................................69ballottage et ballottement ...................................................................70barbarie et barbarisme .......................................................................70baragouiner et barguigner.................................................................70blanchiment et blanchissage..............................................................70cadavéreux et cadavérique.................................................................70canneler et canner..............................................................................71carnassier et carnivore.......................................................................71cercler et sarcler .................................................................................71cerveau et cervelle ..............................................................................71cervical et cérébral .............................................................................71climatérique et climatique..................................................................72clore et clôturer ..................................................................................72clouer et clouter..................................................................................72coasser et croasser..............................................................................72collision et collusion...........................................................................72colorer et colorier ...............................................................................73colosse et molosse...............................................................................73commercer et commercialiser............................................................73compréhensible et compréhensif .......................................................73conjecture et conjoncture...................................................................73consommer et consumer ....................................................................74contemplateur et contempteur ...........................................................74 139
  • 140. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèscryptogame et cryptogramme.............................................................74décade et décennie..............................................................................74déceler et receler (ou récéler) ............................................................74dénouement et dénuement .................................................................75dentition et denture ............................................................................75déportation et déportement ................................................................75dépôt et déposition..............................................................................75déprédation, dégradation, dépravation..............................................75désaffection et désaffectation.............................................................76désert et disert.....................................................................................76dessiccation et dissection ...................................................................76détendre et distendre ..........................................................................76diagnostic et pronostic .......................................................................76différend et différent ..........................................................................77différer et déférer ...............................................................................77digestible et digestif ............................................................................77directrice et directive ..........................................................................77discuter et disputer .............................................................................77dissension et dissentiment..................................................................78dissolu et dissous ................................................................................78docte et doctoral .................................................................................78donataire et donateur .........................................................................78donation et dotation ...........................................................................79doubler et dédoubler...........................................................................79écailler et écaler .................................................................................79éclaircir et éclairer .............................................................................79écorcer et écosser ...............................................................................79effarer et effaroucher.........................................................................79ségailler et ségayer ...........................................................................80égaler et égaliser.................................................................................80émerger, immerger et submerger.......................................................80émigrer et immigrer ...........................................................................80 140
  • 141. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèséminent et imminent...........................................................................80enduire et induire ...............................................................................80épancher et étancher..........................................................................81épigraphe et épigramme.....................................................................81éruption et irruption...........................................................................81estampe et estampille..........................................................................81éventaire et inventaire........................................................................81évoquer et invoquer............................................................................82exhaler, exalter et exulter ..................................................................82exploitant et exploiteur.......................................................................82explicite et implicite............................................................................82exode et exorde ...................................................................................83exprès, express....................................................................................83fantasque et fantastique .....................................................................83flagrance et fragrance........................................................................83flairer et fleurer..................................................................................83fracasser et fricasser ..........................................................................84goulet et goulot ...................................................................................84grabat et gravats .................................................................................84gradation et graduation .....................................................................84granuleux et grenu.............................................................................85gratis et gratuit ...................................................................................85grêlon et grelot ...................................................................................85habileté et habilité ..............................................................................85habitat et habitation ...........................................................................86hiberner et hiverner ...........................................................................86hindou et indien .................................................................................86houppe et huppe .................................................................................86humaniste et humanitaire..................................................................86illuminer et enluminer .......................................................................86immigrant et immigré.........................................................................87immoral et amoral..............................................................................87 141
  • 142. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèsimposer et en imposer ........................................................................87impudent et impudique.......................................................................87inanité et inanition .............................................................................87inclination et inclinaison ...................................................................87incrédule et incroyant ........................................................................88inculper et inculquer..........................................................................88industriel et industrieux .....................................................................88infecter et infester...............................................................................88intègre, intégral et intégrant ..............................................................89justesse et justice ................................................................................89législation et législature .....................................................................89luxuriant, luxurieux et luxueux ........................................................89mâchonner et mâchurer.....................................................................90magister et magistère .........................................................................90magnificence et munificence .............................................................90marin et maritime...............................................................................90médium et médius...............................................................................91membré et membru.............................................................................91miction, mixtion et mixture................................................................91moulage et moulure ...........................................................................91notable et notoire................................................................................91noter et notifier...................................................................................92novation et innovation .......................................................................92ombrageux, ombré, ombreux et ombragé .........................................92officiel et officieux .............................................................................92oiselier et oiseleur...............................................................................93oppresser et opprimer.........................................................................93orangerie et orangeraie......................................................................93originaire, original et originel ...........................................................93pacifique et pacifiste...........................................................................94percepteur et précepteur.....................................................................94péricarde et péricarpe.........................................................................94 142
  • 143. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèspérigée et périnée ...............................................................................94picorer et picoter.................................................................................95piété et pitié.........................................................................................95plastique et plastic ..............................................................................95plier et ployer......................................................................................95prééminence et proéminence .............................................................95prescrire et proscrire ..........................................................................96présomptif et présomptueux...............................................................96primauté et privauté ...........................................................................96prolongation, prolonge et prolongement...........................................96rabattre et rebattre..............................................................................97rapetasser et rapetisser.......................................................................97rechaper et réchapper ........................................................................97recouvrer et recouvrir ........................................................................97repartir et répartir ..............................................................................97résigner et résilier...............................................................................98rétraction et rétractation ....................................................................98rien moins que et rien de moins que..................................................98scarifier et scorifier ............................................................................98servilité et servitude............................................................................98signaler et signaliser ..........................................................................99slovaque et slovène .............................................................................99somptuaire et somptueux ...................................................................99stalactite et stalagmite ........................................................................99stupéfait et stupéfié.............................................................................99subside et subvention .......................................................................100suc et sucre .......................................................................................100suggestion et sujétion .......................................................................100suspense et suspendre ......................................................................100teindre et teinter ...............................................................................101temporaire et temporel .....................................................................101tendresse et tendreté .........................................................................101 143
  • 144. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèstératologie et tétralogie.....................................................................101topique et typique .............................................................................101topographie et typographie ..............................................................102tout à coup et tout dun coup ...........................................................102vacuité et viduité...............................................................................102vénéneux et venimeux......................................................................102verbal et verbeux ..............................................................................102verdeur et verdure ............................................................................103vérité et véracité................................................................................103verrerie et verroterie.........................................................................103verser et vider ...................................................................................103volcanologie et vulcanologie............................................................103Quelques homonymes ......................................................................104agate et Agathe .................................................................................104amande et amende............................................................................104appas et appât ...................................................................................104balade et ballade...............................................................................104cahot, chaos et K.O. .........................................................................104cal et cale ..........................................................................................104céans et séant....................................................................................105censé et sensé....................................................................................105cession et session..............................................................................105chas et chat .......................................................................................105crac, crack et krach..........................................................................105cuisseau et cuissot ............................................................................106décrépi et décrépit.............................................................................106desceller et desseller .........................................................................106dessein et dessin ...............................................................................106détoner et détonner...........................................................................106envi et envie ......................................................................................107exhausser et exaucer........................................................................107filtre et philtre...................................................................................107 144
  • 145. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au Succèsfond, fonds et fonts...........................................................................107miction et mixtion.............................................................................107pause et pose.....................................................................................107plainte et plinthe...............................................................................108prémices et prémisse.........................................................................108repaire et repère ...............................................................................108satire et satyre...................................................................................108volatil et volatile ...............................................................................108Les Pléonasmes ................................................................................109Le français au quotidien________________________________ 112Quand faut-il mettre ceci ou cela ? .................................................112Quand mettons un s à cent ? ...........................................................112Comment forme-t-on le présent de l’impératif ?.............................112Par contre et en revanche peuvent-ils être employés l’un pourl’autre ? ............................................................................................113Comment savoir s’il faut accorder le participe présent ? et leparticipe passé ? ...............................................................................113Quand met-on une majuscule aux points cardinaux ? ..................120Pour quoi faire et pourquoi faire ....................................................120Quand et quant.................................................................................121Quelque(s) et quel(les)... que ...........................................................121Quoique et quoi que .........................................................................121Tel et tel que. Comment se fait l’accord ?.......................................121Comment écrire les titres d’œuvres ? ..............................................122Italiques ou guillemets ? ..................................................................123Quand tout s’accorde-t-il ? ..............................................................123Quand faut-il en mettre un trait d’union lorsqu’on écrit unnombre ?...........................................................................................123Quand doit-on mettre une virgule ? ................................................124Orthographe particulière .................................................................126Mots que l’on a tendance à écrire avec un s à la fin ......................128mots qui se terminent toujours par un s..........................................129 145
  • 146. Pr Tocquet - Comment avoir une orthographe qui mène au SuccèsMots qui ont deux orthographes possibles ......................................130Les difficultés de conjugaison ___________________________ 132La fameuse dictée de Mérimée___________________________ 136En conclusion…_______________________________________ 137Table des matières_____________________________________ 138 Cet eBook fait partie de la collection de livres gratuitsde développement personnel que vous pouvez télécharger àhttp://www.livres-gratuits.com Il est fortement conseillé de le passer gratuitement à vosamis intéressés. Si vous voulez le vendre, le mettre sur votresite ou le donner en cadeau avec un de vos produits, écrivez-nous pour obtenir une autorisation. Pour toute question, écrivez à : mailto:webmaster@livres-gratuits.com © 2001 Edi-Inter SA 146

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