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Education des Spartans
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Education des Spartans

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  • 1. L’ÉDUCATION SPARTIATE Quand un enfant naissait, son père n’avait pas pouvoir pour l’élever : il devait le porter en un endroit appelé Lesché. Là siégeaient les Anciens de la tribu. Ils examinaient le bébé. S’ils le trouvaient bien charpenté et robuste, ils le faisaient élever. S’il était mal venu et mal constitué, ils le faisaient jeter dans ce qu’a appelle les Apothètes, un gouffre au pied du Taygète. Ils pensaient qu’il valait mieux, pour lui-même et pour la cité, ne pas laisser vivre un être qui n’était pas prédisposé dès sa naissance à jouir de santé et de force... Les enfants des Spartiates ne reçurent donc pas comme domestiques des esclaves ou des salariés. Lycurgue l’avait interdit. Personne n’avait latitude d’élever et d’éduquer son fils à son idée. Lorsque les garçons arrivaient à l’âge de sept ans, il les prenait lui-même sous sa direction, les enrégimentait en troupes, les soumettait à un règlement et à un régime communautaires pour les habituer à jouer et à travailler ensemble. A sa tête, la troupe plaçait celui dont l’intelligence s’imposait et qui mettait le plus de cœur à se battre. C’était lui qu’on suivait des yeux, dont on écoutait les ordres, qui punissait sans qu’on regimbe. L’éducation était donc un apprentissage de l’obéissance. Les vieillards surveillaient les jeux des enfants. Ils ne manquaient pas une occasion de susciter entre eux des bagarres et des rivalités. Ils avaient ainsi le moyen de scruter les dispositions naturelles de chacun à l’audace et à l’intrépidité dans la lutte. Ils n’apprenaient à lire et à écrire que le strict nécessaire. Tout le reste de leur éducation visait à les dresser à l’obéissance, à les rendre durs à la peine et à vaincre au combat. Aussi, lorsqu’ils grandissaient, recevaientils un entraînement plus sévère : ils se rasaient la tête, marchaient sans chaussures, jouaient tout nus la plupart du temps. Telles étaient leurs habitudes. Quand ils avaient douze ans, ils cessaient de porter chemise. On ne leur donnait plus qu’un manteau par an. Ils ne faisaient plus toilette, ne connaissaient plus ni bains, ni frictions, à l’exception de quelques rares jours dans l’année où ils avaient droit à ces « bonnes manières ». Ils couchaient ensemble par patrouilles et par troupes sur des paillasses qu’ils fabriquaient eux-mêmes avec des roseaux qui poussent sur les bords de l’Eurotas et qu’ils cassaient au bout avec leurs mains, sans couteau. L’hiver, ils mettaient sous eux et mélangeaient à leurs paillasses ce qu’on appelle des lycophons. Ces plantes ont un pouvoir calorifique, paraît-il. Parvenus à cet âge, ils trouvaient des amants parmi les jeunes gens de bonne famille. Et l’attention des Anciens envers eux s’accroissait encore. Ils assistaient à leurs exercices, les regardaient se battre ou se plaisanter entre eux. Ils ne négligeaient rien, se considérant en quelque manière, tous pour tous, comme des pères, des maîtres et des chefs. Aussi ne laissaient-ils ni un instant, ni un coin en refuge au coupable pour échapper à la réprimande et à la punition. Néanmoins, on désignait aussi unpaidonome parmi les gens considérés, et chaque troupe mettait à sa tête, choisi parmi ceux qu’on nomme les irènes, le plus sérieux et le plus combatif. On appelle irènes ceux qui sont sortis depuis un an entier de la catégorie des paides[1], et mellirènes les plus âgés des paides. Cet irène,qui est âgé de vingt ans, commande ses subordonnés dans les exercices militaires et, au cantonnement, il les charge des tâches domestiques des repas.. Ils volent toute la nourriture qu’ils peuvent et ils acquièrent du savoir-faire pour s’en prendre aux dormeurs ou aux gardiens paresseux. Celui qui se fait prendre en est quitte pour des coups et pour jeûner. Maigre est leur pitance, en effet. On veut qu’ils se défendent par leurs propres moyens contre les restrictions et soient obligés de recourir à l’audace et à l’adresse... Les enfants mettent tant de soin à ne pas se faire prendre quand ils volent que, dit-on, l’un d’entre eux, ayant volé un renardeau qu’il avait roulé dans son manteau, se laissa arracher le ventre par le sauvageon qui y enfonçait dents et griffes. Plutôt que d’être découvert, il résista jusqu’à la mort. Cette histoire n’a rien d’incroyable à en juger par les éphèbes actuels. Beaucoup, sur l’autel d’Orthia, se laissent fouetter à mort. Je les ai vus. Après le dîner, l’irène encore à table ordonnait à un des enfants de chanter, posait à un autre une question qui exigeait de la réflexion pour y répondre, par exemple : « Quel est le meilleur des citoyens ? » ou « Que vaut la conduite de tel ou tel ? ». Ainsi, ils s’entraînaient à apprécier la valeur et à s’intéresser à la vie de la cité dès leur plus jeune âge. Si l’enfant à qui l’on demandait qui était un bon citoyen ou qui était indigne d’estime ne savait que répondre, on y voyait l’indice d’une âme paresseuse et peu soucieuse de la valeur. Il fallait, en outre, que la réponse comportât sa raison et sa justification, condensées en une formule brève et concise. La réponse hors de propos recevait une punition. Son auteur était mordu au pouce par l’irène.Souvent, les Anciens et les magistrats étaient présents pour voir l’irènepunir les enfants et montrer s’il savait le faire à juste titre et comme il fallait. Ils ne l’empêchaient pas de les punir. Mais, une fois les enfants partis, il lui fallait s’expliquer s’il avait eu la main trop lourde ou, au contraire, s’il avait été trop indulgent et faible.
  • 2. Les sophistes La contribution des sophistes à l'élaboration de la pensée rationnelle présenté par Ben'J et Geneviève - Drummondville, avril 2000 Les sophistes sont des maîtres de rhétorique et de philosophie qui enseignaient, au 5e siècle av. J.-C., l'art de parler en public et de défendre toutes les thèses, même contradictoires, avec des arguments subtils. Cette rédaction a pour but de présenter et d'expliquer la contribution des sophistes à l'élaboration de la pensée rationnelle. Ce texte fera d'abord état de l'évolution des rapports entre la philosophie, la science et la religion à cette époque. Par la suite, il traitera de l'émergence de la démocratie et du rôle qu'ont joué les sophistes à Athènes. Cet écrit sera réalisé à partir du texte "Trois sophistes au siècle de Périclès : Protagoras, Gorgias et Hippias" (1). Au siècle de Périclès, la philosophie est encore inséparable de la recherche scientifique. Ce n'est qu'"à la fin du 5e siècle que la science et la philosophie commencent à se distinguer l'une de l'autre : la science se centre sur la nature [...] et la philosophie sur l'homme." (2) A cette même époque, on assiste aussi à l'émergence de la démocratie à Athènes. Ce régime a surtout progressé grâce aux différentes réformes amenées par Dracon, Solon, Pisistrate et finalement Clisthène. Parmi ces réformes, on remarque entre autres celle de Clisthène, qui retira les derniers privilèges des grandes familles et qui basa le statut de citoyen sur un critère géographique plutôt que génétique ou économique, en 507 av. J.-C.. Cette amélioration permit l'accès des citoyens de toutes les classes sociales aux fonctions de magistrats ou de membres du conseil. Selon certains historiens, ces réformes de Clisthène donneraient naissance à la démocratie à Athènes, cependant, d'autres la situent plutôt en 683 av. J.-C., où l'on assiste aux premières fonctions électives dans l'aristocratie. (3) Les sophistes ont joué un rôle important à Athènes puisque "la cité [avait] besoin d'eux pour éduquer les nouveaux citoyens et les faire participer à la vie collective, l'éducation ayant été jusqu'alors réservée aux aristocrates." (4) Ils eurent donc une influence décisive pour la culture athénienne. Les sophistes, professeurs itinérants, enseignaient la rhétorique, l'art de bien parler en public ainsi que la dialectique, l'art de discuter, de défendre une thèse contre un adversaire. Cet enseignement avait pour but de préparer l'élève contre d'éventuels conflits de pensée ou d'action par l'antilogie. Leur méthode visant la controverse, avait pour avantage de développer l'esprit critique et par le fait même de faciliter la rationalité. De plus, les sophistes agissaient en tant que diffuseurs de la culture et des connaissances, ce qui favorisait un fonds culturel commun. Finalement, ils préparaient leurs élèves à la logique par leur analyse de l'argumentation ainsi que par leur préoccupation pour la grammaire et le langage en tant que base de la pensée. Leur existence nous en apprend également beaucoup sur la vie intellectuelle de ce siècle. Tout d'abord, ils nous informent que la connaissance n'est plus uniquement réservée à une élite héréditaire et que l'on peut apprendre beaucoup plus de choses qu'on ne le pense. Ils introduisent aussi la notion de technique en éducation, c'est-à-dire que l'on peut enseigner à penser, à bien parler, à discuter et à convaincre. L'apport des sophistes au contexte intellectuel est considérable et apporte un changement dans l'objet de la réflexion et de la nature à l'humain. Ils sont à la base d'une révolution qui situe l'humain au centre des questions fondamentales. En conclusion, la contribution des sophistes à l'élaboration de la pensée rationnelle fut remarquable. Grâce à eux, l'évolution des rapports entre la philosophie, la science et la religion à cette époque fut considérable et on assista à l'émergence de la démocratie. Ils jouèrent un grand rôle à Athènes en portant leurs études sur un objet différent de celui des "premiers penseurs"et en introduisant des attitudes et des activités nouvelles. Sans les sophistes et leurs réformes, la pensée rationnelle et le comportement humain seraient-ils les mêmes aujourd'hui ?
  • 3. La culture hellénistique. A. Ses caractéristiques générales La rencontre des Grecs avec la culture de ceux qui les entouraient provoqua un changement fondamental dans leur vision du monde et servit à enrichir le patrimoine culturel occidental. La vision des Grecs du monde extérieur— un monde peuplé de « barbares » — était basée sur une méconnaissance de ceux qui les entouraient autant que sur une vision ethnocentrique de leur univers. Quand des milliers de Grecs suivirent Alexandre à travers l’empire perse, ils virent de grandes réalisations des cultures du Proche-Orient. Comment les Grecs pouvaient-ils traiter les autres de « barbares » après avoir contemplé les pyramides d’Égypte, vu les splendeurs de Babylone, admiré le Temple de Jérusalem et entrevu la civilisation indienne ? Ces conquêtes furent donc l’occasion d’une profonde transformation dans les mentalités. Nous ne pouvons ici qu’en définir que quelques éléments. La première transformation de la culture des Grecs fut qu’elle devint plus ouverteaux influences extérieures. Les Grecs avaient toujours été marqués par une soif de savoir intellectuel. Maintenant, l’univers tout entier s’ouvrait à eux. Ils se mirent à l’étude des cultures qu’ils rencontraient. Ils regardèrent les autres avec des yeux pleins de curiosité plutôt qu’avec ceux du mépris. Il ne faut pas se surprendre si les Ptolémées financèrent la traduction des Livres Saints des Juifs en langue grecque. Bien sûr la traduction des Septante allait servir une communauté juive de plus en plus assimilée au monde hellénistique, ce qui déjà rendait service à l’humanité. Mais la traduction avait aussi pour but de satisfaire la soif de savoir de ces grands monarques et de leurs sujets. Si le Christianisme a pu se développer plus tard, en lui rendant accessible le savoir des Livres Saints, c’est parce que ces grandes dynasties hellénistiques étaient ouvertes aux autres et qu’ils étaient curieux. Les Ptolémées n’ont pas méprisé l’héritage de l’ancienne égypte. Au contraire, ils cherchèrent à l’imiter. Ainsi, à la demande de Ptolémée II Philadelphe, Manéthon* de Sebennytos rédigea en grec une histoire de l’Égypte ancienne en 30 volumes. Malheureusement, presque tous ces textes sont perdus aujourd’hui. Néanmoins, la presque totalité de nos connaissances des différentes dynasties de l’Égypte ancienne est basée sur ces écrits patronnés par le grand roi. Quand de grandes bibliothèques seront assemblées et financées à Antioche, Pergame et Alexandrie ce sera avec le but d’y faire avancer le savoir de toute l’humanité. On notera tout de même, comme l’ont démontré plusieurs auteurs, que la structure sociale établie dans l’Égypte mettait les Grecs et les hellénisés dans la position de leadership et que ces derniers dominaient la population égyptienne. Néanmoins, tous pouvaient être acceptés s’ils adoptaient la culture et la langue de l’hellénisme. La culture hellénistique était aussi tolérante et cosmopolite. L’autre n’était plus un être méprisable mais un humain qui avait de la valeur, et, s’il acceptait la culture hellénistique, il était considéré comme l’égal du Grec et pouvait obtenir facilement la citoyenneté grecque. On lui reconnaissait de la valeur, du savoir, de l’intelligence. La vision des philosophes stoïques—le logos—qui domine cette période était typique dans ce sens : Dieu était partout dans l’univers et il avait déposé une partie de l’âme éternelle dans tous les individus, des plus humbles aux plus grands. Tous avaient donc une âme et avaient de la valeur, nul ne pouvait être ignoré. On était curieux d’entrer en contact, d’apprendre les us et coutumes des autres. On était ouvert à ce qui était nouveau. On était prêt à considérer d’autres façons de faire les choses. Surtout, on aimait la différence, on la cherchait, on l’appréciait. Le cosmopolitisme, l’ouverture aux autres, enrichissait la culture de tous. Finalement, cette culture était formée par syncrétisme et avait donc un caractèreuniversel. La nouvelle culture hellénistique était un amalgame de la culture classique grecque mais avec des additions importantes des éléments de d’autres peuples, spécialement ceux qui touchent la religion. Parce que les Grecs s’étaient ouverts aux autres, qu’ils étaient allés vers eux, qu’ils avaient emprunté des éléments d’eux et incorporé ces additions à leur culture, ils créèrent une nouvelle culture très attrayante pour les autres, une culture que les autres voulaient absorber. Leur culture était donc universelle dans ce sens qu’elle pouvait appartenir à tous, que tous pouvaient y adhérer. Voilà pourquoi la culture hellénistique rayonna, dans l’est méditerranéen et chez les Romains, plus que la culture classique grecque.
  • 4. I On lui accorde beaucoup plus d'importance Dans ce monde grec, élargi aux dimensions des vastes royaumes hellénistiques d'Europe, d'Egypte et d'Asie. l'éducation prend une importance essentielle. Le but de l'existence n'est plus le dévouement à une cité qui a perdu son indépendance mais l'épanouissement en soi-même de toutes les virtualités de la personne humaine, grâce à l'éducation, la "paideia". La signification de ce mot s'élargit : il ne désigne plus seulement ce qui vise à transformer l'enfant en homme mais le résultat de ce travail, la culture. De plus, cette éducation et cette culture grecques sont, pour tous les Grecs disséminés dans les royaumes hellénistiques, les signes de l'appartenance à une même civilisation qui distingue le grec du barbare. Le mot "paideia" va donc exprimer aussi l'idée de civilisation. Les auteurs grecs reprennent souvent la formule de Ménandre : "La culture est le bien le plus précieux qui soit donné à l'homme". Ils rapportent aussi maintes anecdotes qui illustrent l'importance qu'a prise la culture dans cette société (Diogène Laerce, Vies des philosophes). On voit même se développer une sorte de religion de la culture : le "mousicos anèr", l'homme des Muses, qui consacre sa vie à l'étude, peut espérer, après sa mort, goûter éternellement auprès des Muses le bonheur paisible du lettré ([Platon], Axiochos). II L'organisation de l'enseignement Le cursus scolaire est maintenant plus complet. Après l'école primaire s'est développé un enseignement secondaire menant à l'éphébie et aux autres formes d'enseignement supérieur. Seuls, les jeunes gens riches et doués parcourent toutes les degrés de l'enseignement mais les jeunes filles n'en sont plus exclues, du moins au niveau primaire et secondaire, les petits esclaves y ont même parfois accès. Les écoles restent le plus souvent privées mais l'Etat intervient de plus en plus Il exerce par exemple sur elles un véritable contrôle à l'occasion des nombreuses fêtes religieuses de la cité et des manifestations qui se déroulent alors. Les enfants des écoles doivent participer aux sacrifices, processions et jeux qui sont organisés ces jours là. Des magistrats spécialisés sont chargés d'organiser cette participation. Autre signe de l'importance accrue qu'on accorde à l'éducation, les écoles sont parfois fondées ou entretenues au moins partiellement par les dons de riches particuliers : dons volontaires ou "liturgies" -services imposés par l'état aux citoyens les plus fortunés et qui peuvent concerner différents domaines d'intérêt public- .Ainsi, au collège éphébique d'Athènes, ce sont des donations privées qui fournissent l'huile nécessaire aux exercices athlétiques. III L'école primaire De sept à quatorze ans, l'enfant reçoit un enseignement primaire . Le maître le plus important est maintenant le grammatiste, celui qui apprend à lire , à écrire et qui fait apprendre par coeur les premiers textes. C'est lui qu'on désigne souvent par le terme général de "maître" (didascalos).En effet, la musique n'apparaît plus qu'au niveau secondaire et l'éducation physique voit son importance diminuer progressivement. La pédagogie n'a pas changé : même routine , même appel à la mémoire. L'enfant commence par apprendre par coeur la liste des lettres sans en connaître la forme ou la valeur phonétique. Ce n'est qu'à l'époque Romaine qu'apparaissent des tentatives pédagogiques pour faciliter l'apprentissage : lettres mobiles en bois, gâteaux alphabétiques ou autres inventions plus fantaisistes (Marrou, Histoire de l'éducation dans l'antiquité)... Lorsque l'élève sait déchiffrer les mots, on lui fait apprendre par coeur et réciter le plus vite possible des formules absurdes mais assemblées spécialement pour leur difficulté de prononciation.
  • 5. IV L'enseignement secondaire De quatorze à dix-huit ans, l'adolescent fréquente l'école secondaire. L'enseignement, assuré par le "grammatikos", consiste surtout en une étude approfondie des auteurs classiques, et principalement des poètes. Parmi eux, Homère occupe la place la plus importante ."Homère n'est pas un homme, c'est un dieu.", inscrit déjà l'enfant sur sa tablette lorsqu'il apprend à écrire. Mais l'élève ne connaîtra de tous ces auteurs que les extraits sélectionnés par la tradition et qu'il importe de bien connaître pour être un homme cultivé. L'explication de textes, qui consiste souvent en une accumulation de commentaires érudits, doit déboucher sur le "jugement", à orientation essentiellement morale. A cette étude s'ajoute plus tardivement un enseignement de la grammaire. L'élève n'apprendra l'art de composer les discours que dans l'enseignement supérieur. Mais il pratique déjà, avec le grammatiste, les premiers exercices préparatoires. On peut lui demander de reproduire par écrit une fable (Marrou Histoire de l'éducation dans l'antiquité) ou un récit légendaire qu'il vient de lire ou d'entendre, c'est la "fable" ou la "narration". Il peut avoir aussi à commenter , selon un plan très strict, une anecdote morale ou une parole attribuée à tel ou tel personnage célèbre ; c'est la "chrie" (Marrou, Histoire de l'Education). Ce travail de composition peut être aussi l'occasion d'exercices de grammaire parfois surprenants (Marrou, Histoire de l'éducation dans l'antiquité). Dans cet enseignement secondaire, les lettres prennent progressivement toute la place au détriment des mathématiques ; celles-ci disparaissent et seront réservées aux étudiants qui s'orientent vers la philosophie ou à ceux qui veulent acquérir une formation technique particulière. V L'enseignement supérieur Diverses formes d'enseignement supérieur sont ensuite proposées aux jeunes gens. Les collèges éphébiques en sont la forme la plus institutionnelle puisqu'ils sont dirigés par des magistrats nommés par les cités Lorsqu'elle apparaît au IVème siècle avant J.C., l'éphébie est un service militaire obligatoire pour les jeunes athéniens de dix-huit à vingt ans (Aristote, Constitution d'Athènes). Ils reçoivent en même temps un préparation civique et morale à leurs droits et devoirs de citoyens. Mais, lorsque la Grèce perd son indépendance, l'éphébie devient un collège aristocratique où la jeunesse dorée reçoit une formation sportive . Divers poètes, philosophes ou médecins itinérants y donnent également des conférences qui permettent aux élèves d'acquérir une culture générale assez superficielle. Les autres écoles ne sont pas des universités organisées mais des groupes de disciples attirés par un maître auquel ils s'attachent avec une admiration fervente. Il n'y a pas de véritable enseignement technique dans le monde Grec. L'apprentissage de tous les métiers techniques ou scientifiques, -celui d'avocat, d'ingénieur ou de marin par exemple, se fait par initiation pratique auprès d'un maître. Même la médecine, très développée en Grèce, se transmet de cette façon. Les écoles de médecine, comme celle de Cos où exerçait Hippocrate, ne sont que la réunion dans une même ville de plusieurs médecins célèbres. Les deux branches essentielles de l'enseignement supérieur sont la rhétorique et la philosophie, toujours en rivalité depuis Isocrate et Platon. La majorité des étudiants fréquente les écoles de rhétorique, couronnement de l'éducation. L'homme cultivé et accompli est celui qui maîtrise l'art de la parole. Tous les aspects de l'art oratoire ont été minutieusement analysés et classés. Il existe par exemple, pour chaque sorte de discours, un questionnaire type qui permet la recherche méthodique des idées (Rhetores Graeci). Le geste, très important chez l'orateur, est lui aussi codifié. (Quintilien, Institution Oratoire)
  • 6. Après avoir étudié la théorie et les modèles retenus par la tradition, l'étudiant passe à l'imitation. Il doit pour cela parcourir une série graduée d'exercices scolaires extrêmement codifiés : éloges, comparaison de deux héros ( Achille et Hector ), discussion d'un problème général ( faut-il se marier ?) , proposition de loi qu'il faut soutenir ou attaquer ( "il est interdit de tuer un adultère pris en flagrant délit") Il faut ensuite prononcer des "déclamations" sur des sujets imaginaires : plaidoyers judiciaires, sur des cas complexes et tout à fait invraisemblables (Rhetores graeci), discours politiques célébrant les héros légendaires, souvent ceux des guerres Médiques (Polemon de Laodicée, Déclamations). Dans la vie culturelle, les conférences et récitations publiques tiennent une grande place et ne se distinguent guère de tous ces exercices scolaires . Les orateurs les plus célèbres continuent à les pratiquer. Ils prononcent toujours des éloges par exemple ; mais choisissent pour mieux montrer leur talent des sujets inattendus :éloge du perroquet, de la fièvre quarte ou de la mouche (Lucien, Eloge de la mouche). Toute sa vie, l'homme cultivé déclame, parfois même jusqu'au tombeau (Marrou, Histoire de l'éducation dans l'antiquité). La philosophie, en opposition avec la culture commune , s'adresse à une minorité d'étudiants, accueille parfois des femmes -pour lesquelles la voie de la rhétorique est fermée. Son objectif est avant tout moral, recherche de la sagesse, du souverain bien. Elle demande à ses adeptes une conversion, une vie ascétique différente de celle que mène le plus grand nombre (Diogène Laerce, Vie des philosophes). L'enseignement de la philosophie comporte un aspect théorique (initiation à l'histoire de la philosophie, étude de la doctrine de l'école, des oeuvres du fondateur), mais a aussi un caractère très personnel . Le maître est pour l'élève un guide spirituel et les entretiens en tête à tête ont une grande importance. Après celle de Platon, trois grandes écoles philosophiques sont fondées à Athènes, sous forme de confréries religieuses et savantes : en 387, Aristote fonde l'Académie puis le Lycée en 335, Epicure le Jardin en 306, Zénon l'école stoïcienne du Portique en 301. D'autres écoles philosophiques (sceptiques, cyniques) s'y développent également. Les différentes écoles philosophiques sont des sectes rivales qui entretiennent entre elles des querelles permanentes. Mais une rivalité commune oppose philosophes et rhéteurs, qui, en se combattant s'influencent réciproquement. A l'époque hellénistique, il y a, en dehors d'Athènes, de nombreuses villes où des maîtres renommés attirent des étudiants. Alexandrie par exemple, dont le Musée est fondé en 280. Il s'agit à l'origine d'une communauté de savants, nourris aux frais du roi et exempts de tout impôt, qui s'adonnent à la recherche scientifique. Leur ardeur dialectique entraîne parfois , au sein de la communauté des tensions que raillent les auteurs de l'époque (Athénée). Ils ont à leur disposition un jardin zoologique et botanique prestigieux ainsi qu'une célèbre bibliothèque qui contient autour de cent vingt mille volumes. Comme ils attirent et forment des disciples, le Musée deviendra peu à peu un centre d'enseignement supérieur. Les villes côtières d'Asie Mineure et les îles voisines sont renommées pour leurs écoles d'éloquence :Pergame par exemple, qui se dote d'une bibliothèque rivale de celle d'Alexandrie. Rhodes est célèbre pour ses écoles de grammaire et de philosophie. Conclusion L'éducation hellénistique, point d'aboutissement de toute une évolution pédagogique, restera en usage à l'époque romaine et jusqu'à la fin du monde antique .Au delà de l'époque romaine , elle restera présente dans la tradition pédagogique française qui, pendant des siècles, va privilégier les études littéraires classiques et les exercices rhétoriques.
  • 7. L’éducation athénienne L’éducation est née en Grèce du besoin de préparer les futurs cadres qui devaient diriger la cité dans un système oligarchique . Elle allait dans l’Empire romain se démocratiser à tel point que l’abondance des graffitis de Pompéi laisse à penser que toutes les couches de lasociété savaient lire L'éducation à Athènes est très différente de celle qui se pratique à Sparte : Au cours du VIe siècle, elle a perdu tout aspect militaire. La préparation à la guerre n'est plus assurée qu'indirectement par le sport. De plus, l'état n'intervient pas dans l'éducation, qui est laissée à l'initiative privée des individus. Au début du Ve siècle, presque tous les Athéniens savent lire, ce qui est d'ailleurs indispensable pour que puissent fonctionner certaines procédures démocratiques, celle de l'ostracisme par exemple. Les pièces d'Aristophane ne mettent en scène aucun illettré. Même le grossier charcutier des Cavaliers connaît ses lettres, même Strepsiade, le paysan inculte qui vient au "pensoir" de Socrate pour apprendre à tromper ses créanciers , est capable de faire ses comptes tout seul. Pourtant, il n'y a pas d'obligation scolaire à Athènes, seule la coutume oblige le père de famille à envoyer ses enfants à l'école. Les différents maîtres sont payés directement par les familles et reçoivent les élèves dans un local qui leur appartient. Les enfants de famille pauvre quittent donc l'école beaucoup plus tôt que ceux des familles aisées . Enfin, l'éducation n'est pas restée figée comme à Sparte. En 429, sous l'influence des sophistes, elle a suffisamment changé pour qu'Aristophane, dans Les Nuées, puisse faire un éloge nostalgique de l'éducation ancienne (voir activités 1) qu'il oppose à la nouvelle éducation. L’éducation traditionnelle de la jeunesse athénienne était pratique et éthique plus qu’intellectuelle. L’exercice physique préparait les garçons aux épreuves athlétiques, partie intégrante des fêtes religieuses de la cité et des compétitions panhelléniques et les mettait en condition de servir comme soldats, quand ils auraient atteint l’âge de 18 ans. L’instruction musicale les familiarisait avec le chant, la lyre et un instrument semblable au hautbois, l’aulos ; surtout, il s’agissait d’apprendre le corpus poétique traditionnel, essentiellement les épopées homériques. Il s’agissait là aussi d’un enseignement pratique car, chaque année, des milliers de garçons et d’hommes athéniens se mesuraient dans les chœurs des fêtes religieuses. En outre, les soirées de banquets, les symposia, qui formaient le cœur de la vie sociale aristocratique, s’achevaient par les chansons des convives. La partie la plus importante de l’éducation traditionnelle consistait à apprendre les chants de l’épopée d’Homère, dont l’œuvre était à la fois la fontaine de sagesse et le modèle du comportement grec. C’est chez lui que les élèves trouvaient les enseignements moraux les plus clairs. Protagoras, l’un des grands maîtres d’une époque ultérieure, le rappelle dans le dialogue platonicien qui porte son nom. Les élèves lisent et apprennent les ouvrages des poètes, qui renferment “nombre de préceptes, nombre de récits et d’éloges et de panégyriques des grands hommes d’autrefois, afin que, pris d’émulation, ils les imitent et s’efforcent de leur ressembler”. Jouer de la lyre leur apprend la maîtrise de soi ; puis ils étudient les poètes lyriques et écoutent leurs vers mis en musique, afin qu’ils “gagnent en douceur, en rythme et en harmonie, et soient ainsi mieux préparés à la parole et à l’action, car toute la vie de l’homme a besoin de nombre et d’harmonie”. Ils font de la gymnastique pour ne pas être “contraints à la lâcheté par la faute d’une faible constitution, à la guerre ou en toute autre occasion” (325a-326c).
  • 8. La Grèce classique (Ve-IVe s. av. J.-C.) Deux modèles: Platon ou Isocrate? (Philosophie ou rhétorique?) Isocrate (436-338 av. J.-C.) • • Approche plus réaliste/généraliste de l’éducation Approche humaniste • Prééminence de l’éloquence (Logos) Isocrate et l’éloquence : • • Discours judiciaires (production des logographes comme Lysias) Discours politiques • Discours funéraires (éloges) • Discours d’apparat Isocrate : La finalité de l’éducation • • L’art oratoire (rhétorique) = Art suprême Combinaison de techniques acquises et de qualités personnelles • Travail de création, suivant l’exemple de modèles reconnus • Portée morale, civique et patriotique de l’éloquence pratique Isocrate le Sophiste • • Ecole payante à Athènes (groupe restreint de disciples, entre 3 et 9) Elèves de provenances diverses, promis à une réussite glorieuse • Cursus supérieur sur 3-4 ans • Vise l’efficacité pratique – Grammaire – Etude des poètes et des sophistes – Connaissance de l’histoire (Hérodote/Thucydide) – Etude des mathématiques (à la suite de Platon) – Rhétorique Isocrate: à la poursuite d’un idéal : • • L’homme grec, dans une culture grecque libre et unie, donc nationale La culture grecque est centrée sur
  • 9. – la parole (logos) = langue comme véhicule de culture + rhétorique comme instrument de communication – l’humanisme participatif à la vie de la société dans une polis élargie Perspective historiographique : • Isocrate est contemporain de la fin du monde de la cité grecque indépendante. Il est difficile de juger son œuvre en faisant abstraction de sa réception aux époques hellénistique et romaine. Sa conception de l’éducation supérieure dominera pendant tout le reste de l’Antiquité. Platon (427-347) • Contexte – Mouvement de la Première Sophistique – Réaction socratique • Socrate (399) et les « Socratiques » Ecoles philosophiques, centrées autour d’un maître et bientôt fixées en un lieu déterminé • Idéal de sagesse (sophia) • Formation supérieure et continue • Dogmatisme (=> ‘sectae’) • Méthode dialectique (=> dialogues platoniciens) • Débouche sur un mode de vie. Education socratique • Orientée vers la morale • Privilégie les disciplines littéraires par rapport aux sciences exactes • Développe la science politique Platon (427-347) • Action politique dans le cadre de la polis • Théorie politique (La République, Le Politique, Les Lois) et place de l’éducation dans la cité • Essai de mise en pratique (chez Denys l’Ancien, tyran de Syracuse) • Fondation de l’Académie (387). L’éducation selon Platon • Formation de l’homme d’Etat • Science/technique (epistèmè) du commandement
  • 10. • Prééminence de l’Educateur • Recherche de la Vérité (alètheia) et de la Vertu (aretè) • Les Idées ou l’Idéal platonicien Formes et objectifs de l’éducation platonicienne • Institution contrôlée, gérée et financée par l’Etat - Sélection des maîtres • Filles et garçons, mais séparément • Cycles (de la propaideia à la philosophie): – Jusqu’à 6-7 ans – De 6-7 à 10-11 ans (éducation de base) – De 10-11 ans à 17-18 ans (études littéraires, musicales, mathématiques) – De 17-18 à 20-21: Gymnastique - Ephébie (service militaire) – De 20-21 à 30 ans: éducation supérieure Formes et objectifs de l’éducation platonicienne II • Formation par degrés – Jeux éducatifs – Dès 7 ans, propaideia (de type traditionnel): • Gymnastique (préparation au métier de soldat + hygiène de vie + danse comme activité civique) • Musique (caractère moral des modes) Formes et objectifs de l’éducation platonicienne III • Apprentissage de l’écriture • Formation littéraire (lecture, commentaire d’auteurs) • Condamnation des poètes (y compris Homère) • Apprentissage des mathématiques (modèle égyptien) Formes et objectifs de l’éducation platonicienne V • Education physique, artistique, littéraire et mathématique => philosophie • Prérequis = eurythmie, harmonie personnelle • Objectif final: – recherche de la Vérité rationnelle – contemplation du Bien
  • 11. • Résultat recherché: formation des gouvernants-philosophes • Résultat atteint: formation de l’Homme sage (culture personnelle du philosophe classique). • Comme l’œuvre de Platon est conservée en grande partie et a été largement lue dans l’Antiquité et depuis, sa conception de l’éducation a eu une influence profonde, car il représente une des plus hautes aspirations de l’humanité. Mais sa conception reste totalitaire et distante de la réalité. L'éducation à l'époque Homérique est le privilège d'une aristocratie de guerriers. Le jeune noble apprend d'un aîné spécialement chargé de son éducation (Homère, Iliade) tout ce qu'un chevalier doit connaître : maniement des armes, équitation, chasse, athlétisme mais aussi arts musicaux (lyre et chant). (Homère, Iliade) L'idéal qui sous-tend cette éducation, c'est d'être le meilleur et de voir sa valeur reconnue par tous (Homère, Iliade). Homère, "l'éducateur de la Grèce" selon Platon, transmettra aux générations suivantes cette morale héroïque de l'exploit ; pendant des siècles en effet les écoliers apprendront par coeur de larges extraits de son oeuvre, considérée comme essentielle pour la formation morale des jeunes gens (Xénophon, Le Banquet). On admettra d'abord que les textes homériques existaient déjà au VIIe s — Hipparque, à la fin du règne de son père Pisistrate († 528), apporte à Athènes un texte homérique, qui est adopté pour le concours de rhapsode des Panathénées. On peut donc s'accorder à dire, comme Hérodote, que l'Iliade a été écrite entre 850 et 750. Comment ensuite déterminer la valeur historique des textes homériques ? D'abord, l'image qu'elle donne de la Grèce est composite où cohabitent des éléments historiquement distants les uns des autres : Homère évoque par exemple dans l'Iliade le théâtre de Dédale à Cnossos, détruit depuis l'époque minoenne. Malgré tout, la plupart des descriptions sont cohérentes et renvoient à l'époque qui précède immédiatement celle d'Homère et qui suit les invasions doriennes, le « Moyen Âge homérique L'EDUCATION DANS L'ANCIENNE ROME C'est d'abord une éducation familiale. C'est la mère elle-même, la "matrona" (Plutarque, Tibérius Gracchus), et non pas une esclave comme en Grèce, qui élève le bébé (infans: "celui qui ne sait pas parler") et le petit enfant. Dès la naissance, le père suit de très près les soins qu'on donne à l'enfant Mais à partir de sept ans, dans les familles aristocratiques, c'est lui qui se charge personnellement de l'éducation de son fils. Caton tenait à enseigner lui-même à son fils tout ce qu'il devait apprendre (Plutarque, Caton l'Ancien). Horace, lui, raconte que son père l'emmenait tous les jours à l'école pour lui éviter d'être corrompu par les rencontres de la rue (Horace, Satires). C'est en accompagnant son père dans les festins, à la curie et dans ses diverses activités publiques que le jeune noble s'initie à la vie sociale et politique Vers seize ans, l'éducation familiale est terminée. Au cours d'une cérémonie religieuse, l'adolescent dépose la toge bordée de pourpre("toga praetexta") et les autres insignes de l'enfance pour revêtir la toge virile (Florence Dupont, Le citoyen romain sous la république). Il fait maintenant partie des citoyens mais sa formation n'est pas achevée . Il est confié maintenant à un ami de la famille, auprès duquel il fera pendant un an l'apprentissage de la vie publique. C'est encore souvent sous la protection d'une haute personnalité politique, choisie par la famille, qu'il accomplit enfin ses deux années de service militaire. Cette éducation familiale est essentiellement une formation morale. Elle transmet à l'enfant, puis au jeune homme, l'idéal de la "virtus" romaine.
  • 12. Cette qualité exprime d'abord le dévouement total de l'individu à la cité. Ce vieil idéal totalitaire, qui était celui de Sparte, a laissé la place dans les monarchies hellénistiques à un idéal humaniste d'épanouissement de la personne . Mais à Rome, il restera toujours présent: on offre à l'admiration des écoliers de nombreux exemples d'héroïsme civique, présentés comme historiques, même s'ils sont légendaires (Tite Live, Histoire Romaine). L'éducation cherche aussi à développer chez l'enfant certaines vertus paysannes.: acharnement au travail, austérité, frugalité. On le met en garde contre les effets corrupteurs du luxe et on lui donne en exemple la vertu d'un Cincinnatus (Tite Live, Histoire Romaine). A chaque étape de son éducation, on cherche à le rendre endurant et on éloigne de lui tous les plaisirs qui risquent de l'amollir. Dès la naissance, le corps du bébé est entouré de bandelettes très serrées. Ses mains sont maintenues ouvertes, des attelles lui gardent les jambes raides. A deux mois on desserre légèrement les bandelettes et on libère le bras droit pour que l'enfant devienne droitier. Le bain, qu'on lui donne chaque jour dans l'eau froide, est l'occasion d'un modelage énergique du corps: La nourrice façonne diverses parties de son corps: les mâchoires, le nez, le crâne, pour qu'il soit bien rond .... Une fois devenu "puer", l'enfant n'a toujours pas le droit de prendre des bains chauds ni de se coucher pour le repas . Varron affirme même qu'il doit manger et dormir peu. C'est encore pour endurcir physiquement ses fils, et leur éviter en même temps d'être corrompus par la ville que le père les envoie travailler sur ses terres, à la campagne. Cette éducation traditionnelle a, par ailleurs, des objectifs très pratiques: au VIème siècle avant J.C, l'aristocratie romaine est constituée de propriétaires terriens qui souhaitent apprendre à leurs enfants à bien gérer le patrimoine. Le jeune Romain apprend donc d'abord l'agronomie. Le plus célèbre des traités portant sur ce sujet est celui de Caton (Caton, de l'agriculture). Mais pour bien gérer un domaine, beaucoup d'autres connaissances sont utiles, la médecine en particulier qui, comme l'écrit Caton, permet de soigner les esclaves donc d'accroître le rendement de la main d'oeuvre. L'enseignement du droit tenait aussi une grande place dans l'éducation latine. Les Romains, très attachés à la tradition, accordaient une grande autorité à la jurisprudence. La justice est donc rapidement devenue un ensemble complexe de prescriptions nécessitant une formation approfondie. Le jeune noble acquérait cette formation de façon très pratique auprès du protecteur et initiateur politique que la famille lui avait choisi. L'éducation physique a également une grande importance en tant que préparation militaire. Au cours des siècles, ce caractère diminuera, mais ce ne sera pas, comme en Grèce, au bénéfice de l'athlétisme. Les Romains ne construisent pas de palestre ou de stade, mais des cirques où se déroulent des défilés équestres et des amphithéâtres où les jeunes nobles pratiquent l'escrime, participent à des chasses ou à des combats contre des fauves . L’éducation dans l’ancienne Rome. Il y a eu à Rome une tradition pédagogique originale . Mais celle-ci s'est progressivement modifiée au fur et à mesure que Rome étendait sa domination sur la Méditerranée orientale et s'imprégnait davantage de civilisation grecque L'éducation romaine devient alors, au Ie s. av. J.C., une variante de l'éducation grecque. Mais c'est une variante latine où il subsistera toujours quelques traces de l'originalité romaine des anciens temps. C'est d'abord une éducation familiale. C'est la mère elle-même, la "matrona" et non pas une esclave comme en Grèce, qui élève le bébé. Si c’est un garçon, à 7 ans, c’est le père qui prend la relève de son éducation. Cette éducation familiale est essentiellement une formation morale. Elle transmet à l'enfant, puis au jeune homme, l'idéal de la "virtus" romaine. Cette qualité exprime d'abord le dévouement total de l'individu à la cité. Il y a l’école du " magister ludi, " ensuite celle du " grammaticus ", puis celle du " rhéteur ", enfin celle du " magister juris ". Il faut préciser que cette éducation romaine était principalement réservée aux riches. De la persécution à l'adhésion
  • 13. Durant les trois premiers siècles de son existence, le christianisme doit se développer dans la clandestinité. Les chrétiens, considérés avant tout comme une secte juive nuisible à l'Empire, sont accusés de tous les maux : soupçonnés d'anthropophagie et d'inceste (ne se nourrissent-ils pas de la chair et du sang du fils de Dieu ?), ils refusent le caractère sacré de la cité et de l'empereur. Ils deviennent rapidement la cible privilégiée de persécutions. Néron, en 64, les accuse du grand incendie de Rome tandis que ses successeurs, notamment Dioclétien, s'efforcent d'anéantir ceux qu'ils considèrent comme de nuisibles hérétiques. Tout change sous Constantin Ier : attribuant sa victoire du Pont Milvius à l'intervention du Christ, Constantin se fait le défenseur de la chrétienté. Il promulgue ainsi en 313 l'édit de Milan qui tolère officiellement les chrétiens dans l'Empire. Paganisme et christianisme L'Empire entre bientôt dans une crise de conscience dont souffrent aussi bien les milieux païens que chrétiens. Ainsi, le court règne de Julien (362-363) encourage la "réaction païenne" parmi l'élite intellectuelle. Face à la religion chrétienne, il s'agit d'encourager une mystique païenne qui accueille les rites et les symboles de diverses religions orientales. Mais cette parenthèse ne dure guère. Depuis le règne de Constantin, les chrétiens occupent les postes les plus sensibles au service de l'Etat, jusqu'aux grades militaires les plus prestigieux. Peu à peu, l'Empereur, d'abord indifférent, prend le parti de l'Eglise. Tout comme en Orient, des monastères sont fondés en Italie et en Gaule : s'y réfugient non seulement ceux qui fuient les exigences sociales, le classement dans les "castes", mais aussi ceux qui se sentent appelés par Dieu. La fin d'une ère Même parmi les chrétiens qui ne choisissent pas les monastères s'opère une transformation progressive. Pour ceux-là, le vrai combat n'est pas celui qui les oppose aux Barbares mais celui qui les oppose à euxmêmes, à leurs péchés et dont la victoire les mènera au Salut éternel.Une conception du bonheur qui rend cette partie de la population peu sensible à "l'ici et au maintenant". Ainsi, aucune grande force morale ne peut soutenir l'Empire contre les Barbares. C'est trop tard pour le paganisme et trop tôt pour le christianisme, encore mal installé dans la cité terrestre.

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