Swedenborg La-Vraie-Religion-Chrétienne-INDEX-MEMORABILIUM-Amsterdam-1771-Paris-1853
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Swedenborg La-Vraie-Religion-Chrétienne-INDEX-MEMORABILIUM-Amsterdam-1771-Paris-1853 Document Transcript

  • 1. LA VRAIERELIGION CHRÉTIENNECONTENANTTOUTE LA THÉOLOGIEDE LA NOUVELLE ÉGLISEPrédite par le Seigneur dans Daniel, Vil, 13, 14; et dans.JApocalypse, XXI, 1, 2.PAREIIIIII.&.NIJEL SWEDENBORG,ServiLeur du 5eICDear letlas-Cbrlsl.TRADUIT DU LATINPAR J.-F.-E. LE BOYS DES GUAYS,SUr lÉdition princeps (Amslerdam, 111itTOME TROISIÈME.Noe 626-851.SAINT·AMAND (CHER),A LA LIBRAIRIE DE LA NOUVELLE JÉRUSALEM,Chez POBTE, Lllaralre.PARIS,M. MINOT, RUE GUÉNÉGAUD, 7,TREUTTEL ET WURTZ, LIBRAIRES, RUE DE LILLE, i7.LONDRES,SWEDENBORGS PRINTING SOCIETY, N 6, KI~G STREET, HOLBORN.1. 803.
  • 2. DANtEL, VII. 13, U.« Voyant je fus Cil visions de nuit, el voici avec les nuées des Cieux commeun FILs DE LHo~nlE qui venait; el il Lui fut donné Domination & Gloire &Royaume; & Lous les peuples, nalions et langues Le serviront: sa Domination(sera) une Domination du siècle, laquelle ne passera point, & son Royaume(un Royaume) qui ne périra point. »APOCALYPSE, XXI. 1,2,5,9,10.Il lIfoi, Jean, je vis UII Ciel Nouveau ct une Terre Nouvelle; & je visla Ville.la SainLe Jérusalem noulelle, descendant de Dieu par le Ciel, parée commeune Fiancée ornée pour sOllllfali. EL un Ange me parla, disant: Viens, je lemontrerai la FIAliCÉE, DE LAGNEAU LÉPOUSE; & il menleva en esprit sur unemontagne grande & élevée, & il me montra la Ville grande, la Sainlé Jérusa-lem, descendanL du Ciel dauprès de Dieu. »» Celui qui étail assis sur le Trône, dit: Voici, NOUVELLES TOUTES CHOSESJE FAIS; & il me dit: Écris, car ces paroles sont véritables et certaines. »,
  • 3. INDEX DES MÉMORABLES,IL Jentendis quelques Esprits, nouvellement arriv~.s, parler"ëiitrè eux des trois Personnes Divines de toute éternité; et alorslun deux, qui dans le Monde avait été Primat, développa lesidées de sa pensée sur ce mystère, en disant que son opinion a étéet est encore que les Trois Personnes dans le Ciel sont assises surdes Trônes élevés, Dieu le Père sur un Trône dor fin avec un. SCeptre dans la main; Dieu le Fils, à la droite, sur un Trône dar-gent très-pur avec une Couronne sur la tête; et Dieu lEspritsaint, sur un Trône ~e Cristal resplendissant, tenant dans sa mainla colombe sous la forme de laquelle il apparut quand le Christfut baptisé; que tout autour deux, en triple rang, brillaient parléclat des pierres précieuses des lampes suspendues; et que loinde ce Cerde se tenait une quantité innombrable dAnges qui ado-raient et glolifiaient. En outre, il parla de lEsprit Saint, - com-ment il donne la foi, purifie et justifie. II dit que plusieurs de sonOrdre avaient donné leur approbation à ses idées; croyant que moiaussi, parce que jétais laique, je les approuverais :- mais alors, lafaculté de parler mayant été donnée, je lui dis que dès mon en-fance javais embrassé lidée que Dieu est un; en conséquence jedéveloppai devant lui ce quenveloppe la Trinité, et ce que ~igni­fient le Trône, le SCeptre et la Couronne, lorsque dans la Paroleces expressions se disent de Dieu: à cela jajoutai que tous ceuxqui croient trois Personnes Divines de toute éternité, ne peuventfaire autrement que de croire trois Dieux; et, en outre, je lui disque lEssence Divine nest point divisible, N" 16.C n. Conversation des Anges au sujet de Dieu, - que Son Divinest le Divin Être en Soi, et non de Soi (à Se), et que ce Divin Êtreest Un, le Même, le Soi-Même, et Indivisible : que Dieu nest pasdans un lieu, mais quil est chez ceux qui sont dans un lieu :. queson Divin Amour apparall aux Anges comme Soleil: que la Cha-leur qui procède de ce Soleil est dans son essence lAmour, et quela Lumière qui en procède est dans son essence la Sagesse, N° 25.- Les Allribuls divins procédants, qui sont la Création, la Ré-
  • 4. 269RELIGION CHRÉTIENNE.demplion el la Régénération, appartiennent à un seul Dieu, et nonà Trois, N" 26.! III. Comme je percevais quune immense mullilude dhommesest dans la persuaison que toutes choses appartiennent à la Na-ture, et quainsi la Nature est Créatrice de lunivers, jeus dansun Gymnase, où il y avait des Esprits de r-ette sorte, une con-versation avec un Esprit ingénieux sur ces trois points :œLaNature appartient-elle à la vie, ou la Vie appartient-elle à la na-ture? 2° Le Centre ap.~rlient-il à létendue, ou lÉtendue appar-tient-elle au centre?Jt>Sur le Centre et lÉtendue de la Nature etde la Vie. Et je lui dis que le Centre de la nature est le Soleil dumonde naturel, el que lÉtendue dc la nature est le Monde mêmede ce soleil; que le Centre de la vie est le Soleil du monde spiri-tuel, el que lÉtendue de la vie esl le Monde même de ce soleil;ces propositions furent développées de part et dautre, et enfin levrai fut montré, N° 35.r--nr. Je fus conduit à une sorte de Théâtre de la sagesse, où desquatre plages avaient été rassemblés des Esprits angéliques, aux-,f·quels il avait été enjoint du ciel dç mettre en discussion ces troisArcanes :jVQuest-ce que lImage de Dieu, et quest-ce que laRessemblance de Dieu?~ Pourquoi lhomme ne nail-il dans lascience daucun amour, lorsque cependant les bêtes et les oiseauxnaissent dans la science de tous leurs amours? ]?oue signifielArbre de vie, el que signifie lArbre de la sCience du bien el dumal? Et, de plus, illemavailété enjointde réunir les trois Décisionsdans une seule sentence, et de la rapporter aux Anges du ciel. Ladiscussion ayant eu lieu, la sentence fut rapportée, et elle fut ac-ceptée par les Anges, N° li8.- V. Jentendis comme un bruissement de la mer, provenant de~ais Esprits qui étaient immédiatement au-dessus de lEnfer;cétait un tumulte qui existait parmi eux, parce quils entendaientdire au-dessus deux que Dieu Tout-Puissant sétait astreint àlordre. Un certain Esprit monta du lieu où ils étaient, et minter-pella vivement surce sujet, en disant queDieu, parce quil estTout-Puissant, ne sest astreint à aucun ordre; et, ayant été interrogésur lordre, je dis <Boue Dieu est Lui-Même lOrdre.@ouil acréé lhomme daprès lOrdre, dans lOrdre et pour tOIdreJ;ouilIII. 23*.
  • 5. 270 LA VRAIEa créé son Mental rationnel selon lOrdre du Monde spirituel, elson Corps selon lOrdre du Mende naturel.~Que par suite cestune Loi de lordre que lhomme par son petit monde spirituel oumicro-urane doive gouverner son petil monde naturel ou micro­cosme, comme Dieu par son Macro-Urane ou Monde spiriluel gou­verne son Macrocosme ou Monde natUl·el.@Que de là découlentplusieurs Lois de lordre, dont une partie est donnée dans ceMémorable: Il est ensuite décrit ce qui est alTivé à ces Esprits,N° 71.O!:. Du Raisonnement de quelques Esprits Hollandais et Anglais,dans le Monde spiriluel, sur lImputalion et la Prédestination:Dun côlé, pourquoi Dieu, élanl Toul-Puissanl, nimpule-t-il pasà lous la justice de son Fils, el ne les rachèle-l-il pas lous, puis­quélanl Toul-Puissanl il peul de lous les Salans de lEnfer fairedes Anges du Ciel, el que même, sil lui plait, il peut de Lllcifer,du Dragon ct de chaque Bouc faire des Archanges1 El, pour cela,que lui faul-il de plus quun pelit mol? Dun~autre côté, que DieuesllOrdre même, et quil nepeul rien faire contre les Lois de sonOrdre, parce que ce serail agir con tre Lui-Même: outrc plusieursautres argumenls, par lesquels ils discutaient entre _eux sur cesujet, N" 72.1 VIl~ Ensuile jeus un enlretien avec dautres, qui étaienl dans!a foi de la Pr~deslination, et qui la d§duisaient de la puissance!lbsolue de Dieu ou de la Toute-Puissance ~ I)s alléguaient gue silen était autrement, la plissance de Dieu "serait moindre que celle.dun Roi du.Monde qli gouverne seul, qui peut tourner les lois dela Justice comme les paumes de ses mains, et âgir despolique­ment comme Delave-Auguste, et même despotiquement commeNér()ll. Acela je répondis que Dieu a créé le M0!l<!e; et tgu t,ce quile compose, daprès Lui-Même comme Ordre; quain~i il y a in­Jroduit lOrdre, et que les Lois de son ordre sont en aussi grandDombre qqi! ya de Vér,ités dans. la Parole: et a~ors jénum~raiquelques Lois de lOrdre, etje montrai celles qui concernent Dieuet quelles elles sont, et c~Jles qui- çOQ,cernent homme et quelleselles sont; et;que Ce~ lois ne peuvent _être~ijangées, parce queDieu est lOrdre-Même, et que lhomme a ét~ créé image _de )-01­dre d~ Dieu, N° 73.
  • 6. RELIGION CHRÉTIENNE. 271, VIII. Jeus une conversation sur la Toute-Puissance Divine avec ­une réunion dEsprits composée dEcclésiastiques et de Laïques:Ils dirent que la Toute-Puissance ,est illimitée, et quune Toule­Puissance limitée est une contradiction. A Qela je répondis, quilny a pas conlradiction à agir tout-puissamment selon les lois de­la Justice avec Jugement, aussi esl-il dit dans David, que la Justiceet le Jugement sont le soutien du Trône de Dieu,- PSt LXXXIX.15, - et quil ny a pas conlradiction à agir tout-puissammentselon les lois de lAmour daprès la Sagesse; mais que cest unecontradiction, que Dieu puisse agir contre les lois de la Justice ctde lAmour, et que ce serait agir sans Jugement ni Sagesse; eLquune telle Contradiction est renfermée dans la foi de lÉglisedaujourdhui, qui prétend que Dieu peutlendre juste linjuste, etenrichir limpie de lous les dons du salut et des récompenses dela vie: jentrai en oulre dans plusieurs délnils sur celle Foi et SUIla Toute-Puissance, N° 74.e IX. Un jour, comme jétais en méditation sur la Création delUnivers par Dieu, je fus conduit cn esprit vers quelques sages,qui dabord se plaignirent des idées quils sétaient faites dans leMonde concernant la Création de lUnivers tirée du Chaos, et con­cernant la Création tirée du néant, parce que ces idées obscurcis­sent, troublent et pervertissent la méditation sur la Créati9n_delUnivers par Dieu; cest pourquoi SUI leur demande, quel élai~mon sentiment, je leur dis, quil est inutile deconclure que!qu~chose sur la Création de lUnivers, si lon ne sail pas quil y a deuxMondes, le Monde Spirituel et le Monde Naturel, el que daus lunet lautre il y a un Soleil; que le Soleil du Monde spirituel est lepur Amour, au milieu duquel est Dieu, et que de ce .soleil procè­dent toutes les choses spirituelles qui en eIJes-m~mes sont sup-o!ltantielles; qÎ!e le Soleil du ]fonde naturel est le pur Feu, et ql!ede Ce soleil proviennent toutes les choses naturelles qui en elles-:mêmes sont matérielles; et que lorsquon sail cela on peut con::clure que la Création de lUnivers vient de Dieu, et comment ell~a eu lieu. Il en est présenté aussi une légère esquisse, N" 76. _X. Quelques Satans de lEnfer désiraient ardemment sentreLe­nir avec des Anges du Ciel, dans lintention de les convaipcrll.quetoutes choses proviennenl deJa Nature, et que Dieu est seulementl
  • 7. 272 LA VRAIIilln mol, si par lui on nentend pas la nature; et il leur fut permisde monter; et alors quelques Anges descendirent du Ciel dans leMonde des Esprits pour les entendre; à la vue des Ange!, les sa­tans accoururent avec fureur, en disant: (c Vous êtes appelés Anges,parce que vous croyez quil y a un Dieu, et que relativement laNature nest rien; et cependant vous croyez cela, quoique ce soitcontre tous les sens; est-il un de vos cinq sens qui sente antrechose que la Nature? Il Après ces propos et plusieurs autres pro­noncés avec la même violence, les Anges leur lappelèrent à lamémoire que maintenant ils vivent après la morl, et quils na­vaient pas même cru cela auparavant; et alors ils leur firentvOÏl les beautés et les splendeurs du Ciel, et ils leur dirent queces choses y sont, parce que là tous croient en Dieu; et ensuiteils leur firent voir les choses aITreuses et immondes de lEnfer, enleur disant que ces choses y sont, parce que là on croit à la Na­ture. Pal la vue de ces choses les Satans furent dabord convain­cus quil y a un Dieu, et quil a créé la nature; mais à mesure quilsdescendirent lamour du mal revint, et boucha leur entendementpar la partie supérieurCc; après quil eut été bouché ils crurent,comme précédemment, que toutes choses appartiennent à la Na­ture, et que rien nappartient à Dieu, N° 77. - ­D!: Le Type de la Création de lUnivers ma été montré par lesAnges dune manière vivante (ad vivum): Je fus conduit dans leCiel, et il me fut donné dy voir toutes les choses qui étaient duRègne animal, toutes celles qui étaient du Règne végetal, et toutescelles qui étaient du Règne minéral, lesquelles étaient absolumentsemblables aux objets de ces trois Règnes dans le Monde naturel;et alors ils me dirent :«Toutes ces choses dans le Ciel sont crééesen un moment par Dieu, et elles subsistent tant que les Angessont intérieurement dans létat de lamour el de la: (oi quant à lapensée.Il Ils ajoutèrentque celleCréation en un momentattesle évi­demmentla Création de choses semblables, et même une Créationsemblablc, dans le Monde naturel, avec la seule différence, que leschoses nalurelles enveloppent les choses spiriluelles,-et quil a étépourvu par Dieu à celle enveloppe à cause des générations de Punepar lautre, par lesquelles la Création esf plwpétuée : quen con­séquence la Création qe lUnivers a été failc de la même manière
  • 8. RELIGION CIIRÉTIENNE. 273que la création se faiL à tout moment dans le Ciel: que cependanttoutes les choses qui, dans les trois Règnes de la nature, sont nui­sibles et bideuses, et dont il est fait une énuméralion, nont pointété créées par Dieu, mais quelles ont eu leur origine en mêmetemps que lEnfer, N" 78.1 XIE. Conversation sur la Création de lUnivers avec quelquesEsprits qui, dans le Monde, avaient été célèbres par leur érudi­tion, It.squels sexprimant daprès les idées quils avaient pré­cédemment adoptées, dirent: lUn, que la Nature sétait crééeelle-même: un Autle, que la Nature a rassemblé ses éléments entourbillons, et que de leur collision a été formée la Terre: et unTroisième, que cétait du Chaos, qui en grandeur égalait unegrande partie de lUnivers, et que dabord sen étaient élancéesles parties les plus pures qui avaient constitué le Soleil et lesÉtoiles, puis les parlies .moins pures dont furent form~.es les At­mosphères, et enfin les parties grossières doù provenaille globeterraqué. A la demande, doù provenaient les Ames humaines,ils dirent que léther sétait aggloméré en de pelîtes sphères dis­tinctes, et que celles-ci sintroduisent dans ceux qui vont nailreet constituent les âmes, et quaprès la mort elles volent dans lé­ther vers leur précédent bataillon, et de là rentrent chez dautres,selon la Métempsycose de lantiquité. Ensuite un Prêtre, par desolides raisons en faveur de la Création de lUnivers par Dieu,montra que tout ce quils avaient dit était un insipide fatras, etles fit rougir de honte; mais néanmoins ils retombèrent dans leurs_précédentes rêveries, N° 79.~. Entretien sur Dieu, surle Ciel Angélique et sur la Religion,avec un satan qui, ne sachant autre chose, sinon quil étaïl en­core dans le Monde précédent, dit que Dieu est lUnivers, que leCiel Angélique est le firmament atmosphérique, et que la Reli­gion est un charme pour fasciner la populace; outre plusieursautres folies: mais après quil eut été rappelé à son souvenir quemaintenant il vit après la mort, et quauparavant il navait pascru à ceUe vie, il avoua à linstant même quil déraisonnait; maisdès quil se fut retourné et retiré, il déraisonna de même quau­paravant, N° 80.rXlV. Je vis pendant la nuit tomber sur la terre un Feu follet,-
  • 9. 274 LA VRAIEque le vulgaire appelle Dragon; je remarquai le lieu où il étaittombé; la terre y étail un mélange de soufre et de poussière fer­rugineuse j et quand le malin jy allai pour examiner, jy vis deuxTentes; et alors il tomba tout à coup du Ciel un Esprit, vers le­quel je mapprochai, et je lui demandai pourquoi il élait tombédu Ciel; il répondit: « Jai été précipité par les Anges de Michel,parce que jai dit que Dieu le f>ère et son Fils sont deux et nonun. II Et il me dit que tout le Ciel Angélique croit que Dieu lePère et son Fils sont un, comme lâme et le corps sont un, etLue les Anges confirment cela par un grand nombre de passagesde la Parole; et, en oulre, daprès la raison, en ce que lâme du Filsne vienl que du Père, et que par suite elle est dans le Corps àlinstar du père: et il ajouta que dans le Ciel, il est vrai, il avaitconfessé, ainsi que précédemment sur la terre, que Dieu est un;mais que, comme la confession de la bouche eL la pensée du men­tal néLaient pas daccord en cela, les Anges lui onL dit quil necroyait en aucun Dieu, parce que lune dissipe laulre; eL il ditque célait pOlir cela qui! avait éLé précipiLé. Le lendemain, élantrevenu ail même lieu, je vis, à la place des deux tentes, deuxStalues faites dune semblable poussière qui était mélangée desoufre et de fer j lune des statues représentait la Foi de lÉglisedaujourdhui, et lautre sa Charité; elles étaient toutes deux su­perbement vêtues, mais les vêtements avaient été mis par desphanlaisies; comme ces statues étaient composées de celle pous­sière, une pluie envoyée du ciel les fit toutes deux bouillonner etsembraser, N° HO.XV. Dans le Monde spirituel on ne peut parler que comme on ,..pense, autrement ce quil y a dhypocrisie est manifesté par leson; et par conséquent dans lEnfer on ne peut nommer JÉsus,parce que Jésus signifie5alut : ceci donne le moyen de savoir parexpérience combien il y en a aujourdhui, dans le Monde Chré­tien, qui croient que le Christ est aussi Dieu quant à son Humain;en conséquence dans un endroit où avaient été rassemblés plu­sieurs Esprits tant Ecclésiastiques que Laïques, il leur fut proposéde prononcer DIVIN-HUMAIN; mais il y en eut à peine quelques-uns qui purent extraire de la pensée ces deux mots ensemble, etpar conséquent les énoncer: on confirmait d(want eux, par plu­
  • 10. 275REJ.îGION CURÉTli:NNE.sieurs passages de la Pamle, que le seigneur quant à lHumainétait aussi Dieu, particulièrement par les passages de Mallh.XXVII!. 1.8. Jean, 1. 1,2, 14. XVII. 2. Coloss. II. 9. 1 Ép. Jean,V. 21, et aussi pal dautres, mais ils ne purent jamais prononcerDIVIN-HuMAIN; et ce qui étonna beaucoup, cest que les Évangé­liques ne le purent pas non plus, quoique leur Orthodoxie ensei­gne que dans le Christ Dieu est Homme et lHomme est Dieu; etlon fut encore plus étonné de ce que les !Ioines ne le purent pasnon plus, eux qui cependant adorent saintement le Corps d! Christdans lEucharistie. Par ces épreuves on découvrit quaujourdhuiles Chrétiens, quant à la plus grande partie, sont intérieurementou Ariens ou Sociniens, et que ceux-ci, sils adorent le Christcomme Dieu, sont des hypocrites, N° 111.XVI. Débats au sujet de lOpuscule, Exposition sommaire dela Doctline de la NouveLLe Église, publiée par moi à Amsterdam,et surtout sur ce point qui sy trouve traité, que cest, non pasDieu le Père, mais le seigneur Dieu Rédempteur, à qui lon doitsadresser et quon doit adorer; on argumentait de ce que danslOraison Dominicale il est dit: « Notre Père, qui cs dans lesCieux! Soit sanctifié ton Nom! Vienne ton Royaume! Il quenconséquence cest à Dieu le Père quon doit sadresser. Je fus ap­pelé pour terminer ces débats, et alors je démontrai que Dieu lePère dans son Divin ne peut êlre abordé, mais quil peut lêtredans son Humain; et quen Lui le Divin et lHumain étant uneseule Personne, le Seigneur est ce Père; que cela a aussi été con­firmé par la Parole, tant par la Parole de. lAncien Testament oùle Fils de Dieu est appelé Père déternité, et en beaucoup deu­droits Jéhovah Rédempteur, Jéhovah-Justice et Dieu dIsraêl, quepar la Parole du Nouveau Testament dans un grand nombre depassages; et quainsi, quand on sadresse au Seigneur Dieu Ré­dempteur, on sadresse au Père, et qualors son Nom est sanctifiéet son Royaume vient; outre plusieurs autres choses, N° 112.1 XVlI. Je vis une Armée sur des Chevaux roux el noirs; tousles cavaliers, la face tournée vers la queue des chevaux et le dosvers leur tète, appelaient au combal des Cavaliers monlés sur desChevaux blancs; et celle plais<,mte Armée sortait du lieu qui eslappelé, dans lApocalypse, Armageddon, - XVI. 16, - el était
  • 11. 276 LA VRAIEcomposéede ceux qui, dans leur jeunesse, sétaient imbus des dog­mes sur la justification par la foi seule, et qui dans la suite, lors­quils eurent été élevés à des fonctions éminentes, avaient rejetédes internes de leur mental les choses qui appartiennent à la foiet à la religion, et les avaient placées dans les externes de leurcorps, où enfin elles sétaient dissipées. Ils sont décrits tels quilsont apparu dans Armageddon; on apprit quils voulaient livrercombat aux Anges de Michel, ce qui eut lieu aussi, mais à unecertaine distance dArmageddon; el là il y eut combat entre euxsur la manière dentendre, dans lOraison Dominicale, ces paroles:« Not7e Père, qui es dans les Cieux! Soit sanctifié ton Nom!Vienne ton Royaume! » et alors les anges de Michel dirent que leSeigneur Rédempteur et Sauveur est le Père pour lous dans lesCieux, puisquil a enseigné Lui-Même que le Père et Lui sonl un;que le Père esl en Lui el Lui dans le Père; que celui qui Le voit,voit le Père; que toutes les choses du Père sont en Lui; que lavolonlé du Père est quon croie au Fils, et que ceux qui ne croientpas au Fils ne verront point la vie, mais que la colère de Dieurestera sur eux; que tout pouvoir lui a été donné dans le Ciel etsur 1elle; quil a pouvoir sur toute chair; et, de plus, que per­sonne na vu ni ne peut voir Dieu le Père, si ce nest le Fils seulqui esl dans le Sein du Père, oulre plusieurs autres choses. Aprèsce combat, les Armageddouiéns vaincus furent en partie jetés danslAbîme, dont il est parlé dans lApocalypse, Chapt IX, et en par­lie envoyés dans le désert, N° 1.13.C]Ym. Je fus dans un Temple où il ny avait point de fenêtres,mais au milieu du toit il y avait une grande ouverture; et ceux quiy étaient assemblés discouraient sur la IlÉDE~IPTlON, disant una­nimement que la Rédemption avait été faite par la Passion de lacroix; mais pendant quils dissertaient ainsi, une Nuée noire cou­vrit louverture du toit, et par suite les ténèbres se répandirentdans le Temple; mais, peu après, celte Nuée fût dissipée par desAnges qui descendirent du Ciel, et qui alors envoyèrent lun deuxdans le Temple, pour instruire sur la Rédemption ceux qui yétaient assemblés. Il leur dit que la Passion de la croix a été, nonla Rédemption, mais la subjugalion des Enfers, lordination desCieux, el ainsi le rétablissement des choses qui, tant dans le
  • 12. 277RELIGION CHRÉTIENNE.Monde spirituel que dans le Monde naturel, avaient été ·renver­sées; et que, sans cela, aucune Chair naurait .pu être sauvéé·: et,sur la Passion de la croix, il dit que par elle a été accomplie lu­nion intime avec le Pèrtl; et que, quand elle est prise pour la Ré­demption, il en résulte un grand nombre de dogmes indignes de,Dieu et même abominables; par exemple, que Dieu avait résolula damnation de -tout le Crt!nre .humain, que le Fils a pris sur luicette damnation, et quainsi -il a rendu le Père propice, et la parson intercession ramené dans sa D,ivine Essence, qui est lAmouret la Miséricorde; outre .pl.usieurs autres choses, ·qui1 est scanda­leux dattribuer à Dieu, N° 134.l--xïx. Je vis le Soleil du Monde spirituel, dans lequel est Jého­vah Dieu dans son Humain; et alors du Ciel fut entendu ceci ;IL NY A QUUN SEUL DIEU; mais quand lidée de Junité de Dielifut tombée dans le Monde des Esprits, elle y fut changée se­lon les for./llesdes .fOOntaJs, et enfin en lidée de trois Dieux; etmême-un de ces Esprits raisonnant sur ce sujet confirma ridée detrois Dieux par ces·arguments, quil y a un Dieu qui a créé touteschoses, ln Autre qui a lacheté tous les hommes, el un Troisièmequi opère toutes ch-oses; et aussi, quil y a un Dieu qui fait limpu­tation, un Autre la médiation, et un Troisième-qui les inscrit danslhomme, et ainsi met en .Iui la f(}j par laquelle il le justifiE.. Mais,comme la Foi de troisDieux avait perverti toute lÉgliseChrétienne,je leur découvris, daprès la perception qui men fut donnée, ce qui{st entendu chez Dieu Un, palMédiation, Intercession, Propitiationet Expiation, à savoir, que r.e sont là quatre attributs de lHumainde Jéhovah Dieu; -que Jéhovah Dieu sans lHumain ne pouvantsapprocher de lhomme ni lhomme sapprocher de Lui, la Mé-diation signifie que lHumain est lintermédiaire; lIntercession,quil y a une perpétuelle médiation; la Propitiation, quil y a pourchaque homme un accès favorable vers Dieu; et lExpiation, quily a aussi accès favorable pour les pécheurs, et tout cela par lHu­main, N° 1.35.[ XX. Jentrai dans un Gymnase où lon agitait celle question:Comment doit-on entendre ce qui est dildu Fils de Dieu, qUILEST ASSIS A LA DROITE DU PÈRE? Les opinions étaient divisées,tous cependant pensaient que le Fils est réellement assis ainsi;III. 24.
  • 13. 278 LA VRAIEmais on demandait pol1lquoi ; alors quelques-uns croyaient quecétait à cause de la Rédemption; dautres, que célait par amour;dautres, afin quil filt le Conseiller du Père; dautres, afin que lesAnges Lui rendissent honneur; daulres, parce quil Lui a étédonné de régner à la place du Père; dautres, afin que le Pèreexauçât ceux· pour qui il intercédait: on agilait en outre cetteaulre question: Est-ce le Fils de Dieu de toute éternité qui estassis ninsi, ou est-ce le Fils de Dieu né dans le Monde? Quandjeus entendu ces opinions, je levai la main, en demandant quilme flit permis de parler, et de dire ce qui est entendu par êtreassis à la droite de Dieu; et je dis quil est entendu la Toute­Puissance de Dieu par lHumain quil a pris, car par cet Humainil a fait la Rédemption, cest-à-dire quil a subjugué les Enfers,. créé un Nouveau Ciel Angélique, et instauré une Nouvelle Église;je conllrmai par la Parole, dans laquelle la Droite signifie la Puis­sance, que cest là ce qui est entendu par être assis à la droite; etensuite cela fut confirmé du Ciel pal lapparence dune MainDroite sur eux, main dont la puissance leur imprima une s,igrande~1I quils furent presque tous privés de sentiment, N° 136,l XXI. Dans le Monde spirituel, je fus conduit dans une sorte deConsistoire, où etaient assemblés les Hommes Célèbres qui avaientvécu avant le Concile de Nicée et ont été appelés Pères Aposto­liques, et aussi les Hommes Il1uslIes qui ont vécu après ce Con­cile : et je vis que quelques-uns de ceux-ci apparaissaient avecle Menton chauve et la Têle couverte de perruques frisées faitesavec des cheveux de femmes; mais les premiers avaient tous dela barbe et des cheveux naturels, Devant eux se tenail un Per­~onnage qui avail été juge et arbitre des écrivains de ce siècle; ilcommença pal une sorte de lamentation, en disant: «II sest élevédentre les Laïques un homme, qui a arraché de son sanctuairenotre Foi, laquelle cependant est une étoile qui brille jour et·nuit.devanl nous; mais cet homme a agi ainsi, parce quil perd lavue dans les mystères de cette foi, et il na pas vu en elle la jus­tice du Christ, ni par conséquent les merveilles de sa justification;et cependant celle Jioi est en trois Personnes Divines, et ainsi enDieu tout enlier; et comme il a transféré sa foi dans la SecondePersonne, et non pas même dans celle Personne, mais dans lHn­
  • 14. RELIGION CHRÉTIENNE. 279main de celle Personne, il ne peut se faire auhement que le Na-turalisme ne découle de là. Il Au discours de ce Personnage ap-plaudirent ceux qui avaient vécu après le Concile de Nicée, endisant quil est impossible quil y ait une auhe foi, et que la foivienne dautre part. Mais les Pères Apostoliques, qui ont vécuavant le siècle de ce Concile, saisis dindignation, rapportèrentplusieurs choses qui sont diles dans le ciel sur la Foi de Nicée etsur la Foi dAthanase, voir quelles eles sonL Toutefois, commele Président du Consistoire avait été associé quant à lesprit avecun certain écrivain de Leipsik, je madressai à lui, et je démontraipar la Parole, que le Christ est Dieu, même quant à lHumain, puisaussi par le Livre dogmalique des Évangéliques, appelé FORMULEDE CONCORDE, que dans le Christ Dieu est Homme et lHommeest Dieu; puis encOIe, que la confession dAugsbourg approuvesurtout ce culte du seigneur; sans parler de plusieurs choses,auxquelles il ne répondit pas un mot; et il se tourna dun autrecôté. Ensuite je madressai à un autre Esprit, qui avait été asso-cié à un Personnage éminent de Gothembourg, qui avait souilléle CulLe du seigneur par une injure encore plus grande: enfin cesdeux injures furent déclarées être des mensonges inventés avecastuce pOUl efflayer les volontés, et les détourner du Saint Culledu Seigneur, N" :1.37.L XXII. Il apparut une Fumée qui sélevait de la Terre inférieure,et il fut dit que les fumées ne sont autre chose que des faux enmasse; et alors quelques Anges eurent le désir dexaminer quelsétaient les faux qui fumaient ainsi, et ils descendirent, el ils ren-contrèrent quaIre Troupes dEsprits, dont deux étaient composéesde savants et dignorants dentre les Ecclésiastiques, et deux dé-rudits et dilleUrés dentre les Laïques, qui tous confirmaient entreeux quil faut adorer le Dieu invisible, el qualors ccux qiJi La-dorent ont la sainteté et sont exaucés; quil en serait autrementsi le Dieu visible était adoré: la sainteté et laction dêtre exaucéspar Dieu illYisible, ils les confirmaient de diverses manières, et ilsdisaient que cest pOUl cela quils reconnaissent trois Dieux detoute éternité, qui sont invisibles; mais il leur fut montré que lecuIle dun Dieu invisiple, et à plus forte raison, de trois Dieux in-visibles, e~t un cuIle nul; pour que cela fClt confirmé, on tira dc~- - - c ........ ----~ -_
  • 15. 280 LA VRAIEEnfers Socin et" Arius avec quelques-uns- de leurs sectateurs, quitous avaient adoré une Divinité invisible; quand ils parlaient da­près leur mental naturel ou externe, ils disaient quil y a un Dieu,quoiquinvisible; mais quand leur mental externe était bouché etleur mental ifrterne ouvert, et quils étaient forcés de divulguerleur confession- SUI Dieu daprès ce mental interne, ils disaient:Il Quest-ce que Dieu? nous navons pas vu sa- f(}fme, et nous na­vons pas entendu sa- voix; quest-ce donc qoe Dieu, sinon un êtrede raison, ou la nature? Il Mais jls furent instruits quil a plu il:Dieu de descendre, et de prendre lHumain, afin quon vit saforme et quon entendit sa voix; ces paroles- entrèrent dans leursOIeilles sans produire aucun elret, N° 1.59.L~r. n sagit dabord- des Étoiles dans te Monde naturer, etde la pPObabHité quelles sont en aussi grand nombre que les So­ciétés angéliques dans le Ciel, puisque chaque Société y brilleparfois comme une ttoile. EfrSuile je parlai avec les Anges dunchemin qui apparalt couvert dune foule innombrable desprits,et qui est le chemin par lequel passent tous ceu-x qui ont quilté teMonde nalurel pOUl le Monde spirituel; je m"approchai de cechemin en compagnie des Anges, et nous appelâmes douze hom­mes de ceux qui y étaient, et nous leur demandâmes ce quilscroyaient du Ciel et de lEnfer, et de la vie après la mort; et commeils ne savaient autre chose, sinon quils étaienl encore dans leMonde naturel, ils répondirent daprès lidée quils avaient ap­portée avec eux: Le PREMIER: Que ceux qui vivent moralementviennent dans le Ciel, et que personne- ne va dans lEnfer, parceque tous vivent moralement. Le SECOND :- Que Dteu gouverne teCiel, et le Diable lEnfer, et quétant opposés lun il: lautre, lunappelle bren ce que lautre appelle mal; et que lhomme hypo­crite, se tefrant dans lun et lautre parti, peut également vivresous la domination de lun et sous celle de lautre. Le TRorslÈAIE:Quil ny li: ni Ciel, ni Enfer. ft Qui en est revenu? Qui en a donnédes nouveHesh Le QUATRIÈME: Que personne na pu en revenirni en donner des nouvelles, parce que, quand lhomme meurt,cest ou un speetre ou un souille. Le CINQUIÈ~IE : Quil faut at­tendre jusquau jour du jugement dernier, et qualors on en aurades notlveHes, et lon saura tout; mais en disant cela il riait en son
  • 16. 281RELIGION CHRÉTIENNE.cœur. Le SIXIÈME:II Comment lâme de lhomme, qui nesl quunsouille, peul-elle revenir dans son corps rongé par les vers, etlentrer dans son squelette brûlé ou réduil en poussière? Il Le SEP,..TIÈME : Que les hommes après la mort ne peuvent pas plus vivreque les bêles et les oiseaux, qui sont égalemenl rationnels. LeHUITIÈME: Quil croit au Ciel, mais quil ne croit point à lEnfer,parce que Dieu est Tout-Puissant et peut sauver lous les hommes.Le NEUVIÈME: Que Dieu étant rempli de grâces ne peut envoyerqui que ce soit dans un feu étern.el. Le DUIÈlfE : Que personnene peut aller dans lEnfer, parce qu~ Dieu a envoyé son Fils, quia fait expiaLion pour tous, et a enlevé les péchés de tous. Il Quesl­ce que peut le diable contre cela?IlLe ONZIÈME, qui était un Prêlre:Que ceux-là seuls sont sauvés, qui ont obtenu la foi; et que lÉ­lection appartient à lAlbitre du Tout-Puissant. Le DOUZIÈME,qui était un Politique: Quil ne veut rien dire du Ciel ni de lEn­fer; mais quil faut laisser les Prêlres en parler, afin que par unlien inyisible les mentais du vulgaire soient tenus attachés auxlois et aux chefs. Après avoir entendu ces divers sentimenls, lesanges furent interdits de surprise; mais ils les léveillèrent, parcela quils les instruisirent quils vivaient maintenant après lamort; et ils les intlOduisirent dans le Ciel, mais ils ny restèrentpas longtemps, paree quil fut reconnu quils étaient entièrementnaturels, et que pal suite leurs occiputs étaient excavés; il estparlé, en dernier lieu, de celle excavation, et de sa cause, N" 160.r XXIV. Jentendis un bruit comme celui que fait une 1leule, etayanl suivi la direcLion du bruit, je vis une maison lézardée: dontlentrée était sous terre, et dans celle maison un Homine qui re­cueillait dans la Parole et dans-des J,ivres un grand nombre denassages sur LA JUSTIFICATION PAR LA FOI SEULE, passages queges sècrétaires à côlé de lui transcrivaient cLans un volume. Luii!yant den}andé ce quiilrecuelÏ1ait n-ïaintenant, il répondi(: Il Desextrail~ pour prouver q~ë Dieu Je Pèl~ sétait éloigné de la grâceenvers le genre ,hu"main, et"qüën conséqüenc.e ii àvait envoyé 1êFils pourfaire expiationetpropiti<ilion.llAcelaje répondis,quilestopposé à lÉcriture et à la raison, que Dieu ait pu se détournep deia grâce; que de celle manière Üse serait aussi détourné de sonessence, et quainsi il ~le sèrail point Dieu; et comme je lui dé-III. _ . 24*.
  • 17. 282 LA VRAIEmontrai cela jusquà la conviction, il entra en fureur et ordonnaaux secrétaires de me jeter dehors; mais comme je sortis de monplein gré, il lança après moi un livre que sa matn saisit au hasard,et ce livre était la Parole, N" 161­-XXV. Il Yeut une discussion entre les Esprits sur cette ques­tion : Peut-on voIr quelque vrai réel dans la Parole, si lon nesadresse point immédiatement au Seigneur, qui est la Parole elle­même? Mais comme il y en avait qui contredisaient, il fut fait uneexpérience; et alors ceux qui sadressèrent à Dieu le Père ne vi­rent aucun vrai, mais tous ceux qui sadressèrent au seigneur vi­lenlIes vrais, Pendant que cette discussion continuait, quelquesEsprils montèrent de lAblme,- dont il est parlé, Apoc; rx,- oùlon discute surles arcanes de la justificalion par la foi seule;i1s di­rent queux sadressaient à Dieu le Père, et quils voyaient leursarcanes dans une lumière claire; mais il leur fut répondu quils lesvoyaient dans une lumière phantastique, et quils navaient pasmême un seul Vrai. Indignés de celle réponse, ils exposèrent da­près la Parole plusieurs proposilions, qui étaient des vrais; maisil leur ful dit quen elles-mêmes elles étaient des vrais, mais queneux elles étafent falsifiées: pour leur prouver que cela était ainsi,ils furent conduits dans une maison, où il y avait une Table, SUllaqnelle la lumière ionuait directement du Ciel, et il leur fut ditdécrire sur un papier ces vrais quils avaient avancés daprès laParole, et de mettre le papier sur celle table; lorsque cela eut étéfait, ce papier,· sur lequel les vrais avaient été écrits, brillaitcomme une Étoile, mais quand ils approchèrent et fixèrent la vuedessus, le papier apparut noirci comme par de la suie. Ensuite onfut conduit vers une Table semblable, sur laquelle était placée laParole environnée dun Arc-en-Ciel; un certain Chef de la doc­trine sUr-la foi seule layant touchée de sa main, il se fit une ex~plosion avec fracas, et ce chef fut lancé dans un coin de la cham­bre, et il y resta étendu comme mort pendant une demi-heure.Daprès ces épreuves, on fut convaincu que t-ous· les vrais, quiétaient chez eux daprès la Parole:étaient en eui-mêmes des vrais;mais que dans leurs mentais ils étaient des vrais falsifiés, N° 162".CYXVI. Dans le Monde Spirituel il y a des Climats comme dansle Monde Naturel, et par suite il ya aussi des Zênes b6réales, où.
  • 18. 283RELIGION CHRÉTIENNE.sont des neiges et des glaces. Un jour que jy avais été conduit enesprit, jentrai dans un Temple alors couvert de neige, éclairé àlintérieur par des ,lampes, où derrière lAutel je vis un Tableausur lequel il y avait celte inscription: TRINITÉ DIViNE, PÈRE,FILS~ET ESPRIT SAINT, QUI ESSENTIELLEMENT SONT UN, MAIS PER­SONNELLEMENT TROIS; et jentendis un Prêtre prêcher sur quatreMystères de la Foi, à légard desquels il faut meUre lentende­ment sous lobéissance de la foi; voir le Mémorable. Après laprédication, les Auditeurs rendirent des actions de grâces au Prê­tre pour son sermon si remp-i de sagesse; mais comme je leurdemandai sils avaient compris quelque chose, ils répondirent:(1 Nous avons tout saisi à pleines oreilles; pourquoi demandes-tusi nous avons compris? Lentendement ilest-i1 pas stupéfié dansde telles matières? Il Le Prêtre, qui était présent à celte conver­salion ajouta: «Parce que vous avez entendu et navez pas compris,YOUS êtes heureux, puisque de là vous vient le salut, » N° 185.~Vl(. Le MUTAL HUMAIN a été distingué en trois Régions"comme le Ciel où sont les Anges; et les choses Théologiques chezceux qui aiment les vrais, parce que ce sont des vrais, résidentdans la région suprême du Mental, les choses morales sont souselles dans la région moyenne, les choses politiques sont sous celles­ci dans la dernière région, et les diverses sciences constituent laporte. Mais chez ceux qui naiment pas les vrais, les choses Théo­logiques sont dans la Jégion infime, et sy mêlent avec les propresde lhomme, et ainsi avec-les illusions des sens; et de là vient quequelques-uns ne- peuvent nullement percevoir les choses Théolo­g~ques, N° 1.86." [ XXvm. Je fus conduit vers un endroit où étaient ceux qui sontentendus dans lApocalypse par le FAUX PROPHÈTE; etlà, je fusinvité par eux à voir leur Temple; el je les suivis, et je le vis; etau milieu de ce temple il y avait limage dune Femme, vêtuedune robe décarlate, tenant dans la main droite une monnaiedor, et dans la gauche une chaîne de perles; mais et limage ette temple étaienlle produit dune phantaisie; or, quand les inté­rieurs de mon mental eurent été ouverts par le Seigneur, au lieudun Temple je vis une maison Grevassée, et àu lieu de la fenlmeje vis lû bête telle queUe est décrite dans lApocalypse, - Chap•._,;­
  • 19. 284 LA VRAIEXlII. 2;-et sous le sol un marais dans leqllella Parole étail pro­fondément cachée: mais bientôt après le Vent oriental ayantsouillé, le Temple fut emporté, le marais fut mis à sec, et la Pa­role fut vue à découvert; et alors par la lumière provenant duCiel il apparut un TABERNACLE, tel quétait celui dAbraham,quand trois Anges vinrent, et lui annoncèrent la naissance pro­chaine dIsaac: et, plus tard, une lumière ayant été envoyée dusecond Ciel, au lieu du Tabernacle il apparut un TEMPLE sembla­ble à celui de Jérusalem: après cela, une Lumière venant du troi­sième Ciel resplendit, et alors le Temple disparut, et on vit le SEI­GNEUR SEUL, debout sur la Pierre du fond, où était la Parole;mais comme une trop grande sainteté remplissait alors les men­taIs, celle lumière fut soustraite et remplacée par une lumièl-e dusecond Ciel, daprès laquelle revint le précédent aspect du Tem­ple, el au dedans de ce Temple celui du Tabernacle, N° t8.r xXix. Je vis un Palais magnifique, dans lequel il y avait unTemple, et dans ce Temple étaient placés des sièges en triplerang: un Concile y avait été convoqué par le Seigneur, afin quondélibérât sur le SEIGNEUR SAUVEUR, et sur lESPRIT SAINT; et lors­quil y eut autant dEcclésiasliques rassemblés quil y avait desièges, on commença le Concile; et comme il sagissait du sei­gneur, la première Proposition fut celle-ci: QUI EST CELUI QUI AlRIS LHq~IAIN DANS LA VIERGE MARIE? Et alors un Ange, qui selenait debout auprès de la Table, lut devant eux les paroles quelAnge Gabriel dit à Marie: UN ESPRIT SAINT VIENDRA SUR Toi, ETUNE VERTU DU TRÈS-H,WT TOMBRAGERA, ET CE QUI NAtTRA DE TOISAINT SERA APPELÉ FILS DE DIEU, - Luc, 1. 35, -et aussi cellesqui sont dans Matlhieu,- I. 2()-;--25;- et en outre plusieurs pas­sages dans les Prophètes, où il est dit que Jéhovah _Lui-Mêmeviendra dans le Monde, et où Jéhovah Lui-Même est appelé Sau­veur, Rédempteur, et Juslice, daprès lesquels il fut conclu queJéhovah Lui-Même a pris lHumain. La seconde délibéralion surle Seigneur fut celle-ci: LE PÈRE ET LE SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST~E SONT-ILS PAS UN, COMME LAlliE ET LE CORPS SONT UN? Et celafut confirmé par un grand nombre de passâges:dans la Parole,­et aussi par la Foi symbolique de lÉglise daujourdhui; da­près ~ela il fut. conclu que lAme du Seigneur était d~ Dieu le Père,
  • 20. 285RELIGION CHRÉTIENNE.et quainsi son Humain est Divin, et que cest à cel Humain qui!faut sadresser :pour sadresser au Père, puisque Jéhovah Dieusest envoyé par cet Humain dans le Monde, et sest rendu visibleaux yeux des hommes, et par conséquent accessible. Ensuite vintla Troisième délibération, qui concernait lESPRIT SAINT; et da­bord fut discutée lidée sur les trois Personnes Divines de touteéternité, et il fut établi daprès la Parole que le Saint Divin, quiest appelé Esprit Saint, procède du Seigneur daprès le Père. En­fin, par suite des délibérations prises dans ce Concile, on décrétacomme Conclusion, que dans le Seigneur Sauveur il y a la DivineTrinité, laquelle est le Divin li quo (de qui tout procède) qui estappelé Père, le Divin Humain qui est appelé Fils, et le Divin pro­cédant qui est appelé Esprit Saint, et quainsi il y a un seul Dieudans lÉglise. Le Concile étant terminé, on donna à ceux quiavaient été assis sur les sièges des vêtements splendides; et ils fu­rent conduits dans le Nouveau Giel, N° 188.{--XXx. Je vis dans une crèche de grandes Bourses, dans les­quelles il y avait de lArgent en grande quantité, et près de cesbourses des Jeunes gens qui les gardaient, puis dans la chambrela plus proche je vis des Vierges modestes avec une Êpouse chaste,et dans une autre chambre deux Enfants; et enfin une l"emme dé­hauchée et un Cheval mort: et, plus tard, je fus instruit de ce quechacune de ces choses signifiait, et que par elles était représentéeet décrite la Parole, telle quelle est en elle-même, et telle quelleest aujourdhui, N° 277.OXXI. Je vis une écriture, telle quil y en a dans le Giel su­prême ou troisième Ciel; elle consistait en lettres formées de li­gnes courbes avec des croissants tournés vers le haut; et il me futdit qUà ces lettres, en partie, étaient semblables les lettres Hébral­ques dans le temps très-ancien, quand elles étaient plus arquéesquelles ne le sont aujourdhui; et que la Voyelle H, qui a étéajoutée aux noms dAbram et de Saral, signifie lInfini et lÉternel.Les Anges expliquèrent devant moi le sens de quelques mots dansle Psaume XXXII. Vers. 2, daprès les seules lettres ou syllabes;lem sens était, que Le Seigneur est m~e miséricordieux pourceux qui font Le mal, N° 278.QiXIl. Avant la Parole··Israélite il y a eu une Parole, dont les
  • 21. 266 LA VRAIELivres Prophétiques étaient appelés tNONCÉS, et les Livres Histo­riques, GUERRES DE JÉHOVAH, et outre ces Livres, il y en avaitencore un autre appelé JASCHAR; ces trois Livres sont mêmenommés dans notre Pàrole; celle Ancienne Parole était dans laTelle de Canaan, dans la Syrie, la Mésopotamie, lArabie, lAssy­rie, la Chaldée, lÉgypte, à Tyr, à Sidon, et à Ninive; mais commeelle était remplie de correspondances qui signifient dune ma­nière éloignée les célestes et les spirituels, ce qui donna lieu àdes idolâtries, la Divine Providence la fit disparaltre. Jai apprisque Moïse a extrait de cette Parole ce quil a rapporlé sur la Créa­tion, sur Adam et Ève, sur le Déluge, et sur Noach et ses troisfils, mais non au-delà. Celle même Parole est encore conservéechez des peuples dans la GRANDE TARTARIE, et ils y puisent lespréceptes de leur foi et de leur vie; cela ma été rapporté, dans leMonde spirituel, par des Anges qui provenaient de celle contrée,N° 279.C"XXxm. Ceux qui sont dans le Monde spirituel ne peuvent pasapparailre à ceux qui sont dans le Monde naturel, ni vice versâ;ainsi les Esprits et les Anges ne peuvent pas être vus pal leshommes, ni les hommes être vus par les EsprilS et les Anges, àcause de LA DIFFÉRENCE ENTRE LE SPIRITUEL ET LE NATUREL, ou,ce qui est la même chose, entre le substantiel et le matériel: cestlà lorigine daprès laquelle il y a chez les Esprits et les Anges unetout autre Langue, une tout autre Écriture, et aussi une toutautre Pensée, que celles qui sont chez les hommes: il a été dé­voilé quil en est ainsi par une vive expérience, qui a consisté ence que des Esprits entraient vers les leurs ct revenaient vers moialternativement, et ainsi faisaient la comparaison: pal là il futdécouvert que dans la Langue spirituelle il ny a pas même unseul mot qui soit semblable à un mot dune Langue naturelle; queleur Écriture se compose de syllabes, dont chacune enveloppe lesens dune chose spéciale; et que les idées de leur pensée ne tom­bent point dans les idées de la pensée naturelle: la cause de cesdilférences vient de ce que les Esprits el les Anges sont dans lesprincipes, et que les hommes sont dans les principiés, ou de ceque les Esprits et les Anges sont dans les antérieurs, desquelscomme causes procèdent les postérieurs, et que les hommes sont
  • 22. 287RELIGION CHRÉTIENNE.dans les postérieurs qui proviennent des antérieuls. Il ma été dilquune semblable différence existe entre les lângues, les écritureset les pensées des Anges du troisième Ciel et celles des Anges dusecond Ciel, N° 280. .----XXXIV. DE LÉTAT DES HOMMES APRtS LA ~IORT, en général;el de létat de ceux qui se sont confirmés dans les faux de la Doc­trine, en particulier: sur les uns et sur les autres ont été faitesles observations suivantes :,BLes hommes, pour lordinaire, sontressuscités le troisième jour après la mort; et alors ils ne saventautre chose, sinon quils vivent encore dans le Monde précédent;~ Tous arrivent dans un 1I·londe qui lient le milieu entre le Cielet lEnfer, et qui est appelé Monde des Esprits. 3° L1, ils sonttransférés dans différentes Sociétés, et on examine ainsi quels ilssonl.@Là, les bovs et les fidèles sont préparés pour le ciel, etles mauvais et les non-fidèles sont préparés pour lEnfer.@;Aprèsla préparation, qui dUle quelques années, un chemin esl ouvertaux bons vers une société du Ciel, où ils doivent vivre éternelle­ment, et un chemin vers lEnfer est ouvert aux mauvais; outrebeaucoup dautres détails. Ensuite lEnfer est décrit tel quil est,et il est dit que là sont appelés Satans ceux qui sont dans les fauxpar confirmation, et Diables ceux qui sont dans les maux de lavie, ND 281.l--XXxv. Jentendis venir de la Terre inférieure, qui est immé­diatement au-dessus de lEnfer, les cris: 0 QUILS SONT JUSTES!o QUILS SONT ÉRUDITS! 0 QUILS SONT SAGES! et comme jétaisétonné quil y eût aussi là des Justes, des Érudits et des Sages, jedescendis, et japprochai dabord vers le lieu où lon criait: 0QUILS SONT JUSTES t et là, je vis une sorte de Tribunal, où sié­[eaient des Juges dinjustice, qui avaient pu pervertir adroitementles lois et tourner les jugements en faveur de ceux quils proté­geaient; ainsi leurs jugements étaient des décisions arbiLraires; etlorsque les sentences étaient portées aux clients, ceux-ci criaienttout le long de la route: 0 quils sont Justes! Ensuite les Angesme dirent que de tels juges ne peUlent pas même voir la moindre-chose du juste; peu de temps après, ces Juges furent précipitésdans lEnfer, et les livres de leurs lois fnrent changés en cartes àjouet; el, au lieu de jugel, il leur fnt donné pour emploi de préparer
  • 23. 288 LA VRAIEdu fard, pour meUre SUI les visages des prostituées, et les chan­ger ainsi en beautés, N" 332.L---"--XXxVI, Ensuite jallai vers le lieu où lon criait; 0 QUILS SONTÉRUDITS! et je vis une Assemblée dEsprits qui raisonnaient poursavoir SI TELLE CHOSE EST, ou NEST PAS, sans chercheI si ELLEEST DE TELLE MANItn.E; et pal" suiLe ils sarrêtaient au premierpas sur chaque chose, ainsi ils la touchaient seulement en dehors,et ne pénétraient pas en dedans; de même aussi sur Dieu: Y a­t-il un Dieu? Pour massurer quils étaient tels, je leur posai cettequestion; Quelle doit ~tre la Religion pm laquelle lhomme estsauvé? Ils répondirent quil fallait dabord mettre en discussion:1° Si une Religion est quelque chose; 2° sil y a une Religion quisoil plus efficace quune autre; 3° sil y a une vie éternelle, etainsi s~il y a quelque salvalion ; 4° sil y a un Ciel et un Enfer, Etalors Us se mirent à discuter le premier Point; Si une Religion estquelque chose ; "6t ils dirent que ce point exigeait de si nom­breuses recherches quil ne pourrait être résolu en un an, et lundeux dit quil ne pourrait lêtre en cent ans; à cela je répliquai,quen attendant ils étaient sans religion; mais néanmoins ils dis­cutaient ce premier Point avec tant dadresse que la Cohorte desassistants cr.jait ; 0 QUILS SONT ÉRUDITS 1 Il me fut dit par lesAnges que de tels Esprits apparaissent comme des statues; et que,plus tard, ils sont envoyés dans des déserts, où entre eux ils ba­billent et M prononcent que de vaines paroles, N° 333.CX!XVII, Je vins ensuite vers la troisième Assemblée, doù ja­vais entendu,]e cri; 0 QUILS SONT SAGES 1et je découvris que làétaient réunis ceux qui ne peuvent voir que le vrai est vrai, maisqui cependant peuvent faire que tout ce quils veulent apparaissecomme vrai, et qui par suite sont appelés CONFIR~IATEURS ; je re­marquai aussi quils étaient tels, daprès les diverses réponses auxpropositions, par exemple, de faire vrai que la Foi est le tout delÉglise; et ensuite, que la Charité est le tout de lÉglise; et aussi,que la foi et la charité ensemble sont le tout de lÉglise; et COJ!1meils confirmaient chacune de ces propositions, et les ornaient dap­parences, au point quelles brillaient comme des vrais, les assis­tants criaient; o QUILS SONT SAGES 1Ensuite quelques questionsbadines leur furent aussi proposées, afin quils en fissent des vrais,
  • 24. 289RELIGION CIIRÉTIENNE.car ils disent quil ny a de vrai que ce que lhomme fait Vlai; cesquestions badines étaient de prouver que la lumière est lobs-curilé, et lobscurité la lumière; puis aussi que le corbeau estblanc et non pas noir; et ils le firent, de sorte que ces proposi-tions apparaissaient absolument comme des vrais j voir leurs con-firmations dans le MÉMORABLE. Il me fut dit à leur sujet par lesAnges, que de tels confirmateurs ne possèdent pas même un graindentendement, parce que tout ce qui est au-dessus du rationnelchez eux a été fermé, et que tout ce qui est au-dessous du ration-nel a été ouvert; or, ce qui est au-dessous du rationnel peut con-firmer tout ce qui plalt, mais ne peut voir que le vrai est vrai;aussi cela nest-il pas le fail de lhomme intelligent; mais pouvoirvoir que le vrai est vrai et que le faux est faux, cest là le fait delhomme intelligent; N° 334.---xxxVIlI. Je conversai avec des Esprils qui, dans le Monde na-turel, avaient joui dune grande renommée dérudition, lesquelsdiscutaient entre eux sur les IDÉES INNÉES, sil y en avait chez leshommes comme chez les bêtes; et alors un Esprit Angéliquejn-tervint dans la discussion, et leur dit : IC Vous disputez sur dela laine de chèvre; il ny a aucune idée innée chez les hommes,et il nyen a pas non plus chez les bêtes. )) A ces mots, tous sem-portèrent j mais la faculté de parler lui ayant été donnée, il ditdabord au sujet des bêtes, quil ny a point didées innées enelles, et cela, parce quelIes ne pensent point, mais quelIes agis-sent seulement daprès linslinct qui leur vient de leur amour na-turel; cet instinct qui fait lanalogue de la volonté chez elles in-flue immédiatement dans les sens de leur corps, et excite ce quiconcorde avec cet amour -et le favorise; et cependant les idées sedisent de la pensée seule; il confirma par divers moyens que chezles bêtes il y a seulement la sensation, et quil ny a aucune pen-sée; il le confirma particulièrement par les merveilles que lonconnait sur les araignées, les abeilles et les vers à soie, en disant:Ëst-ce que lAraignée, quand elle forme sa toile, pense dans sapetite tête, quelle doit être tissée pour tels ou tels usages rEst-ce que lAbeille pense dans sa petite tête: cc De ces fleurs je suce-rai le miel, et de celles-ci la cire; avec la cire je construirai descelIules en série continue, et jy déposerai du miel en abondance,Ill. 25.
  • 25. 290. LA VRAIEafin quil y en ait aussi assez pour lhiver, etc. ? Il Est-ce que leVers à soie, encore à létat de vers, pense dans sa petite tête:(1 Je vais maintenant me meltre à filer ma soie, et quand je lauraifilée, je volerai et folâtrerai avec mes semblables, et pourvoirai àma postérité? Il Nen est-il pas de même pour les Bêtes et pourles Oiseaux? A légard des hommes il dit, que chaque mère etchaque nourrice, et aussi chaque père, sait que chez les enfantsnouvellement nés il ny aabsolument aucune idée innée; quil nya aucune idée chez eux avant quils aient commencé à penser, etqualors les idées naissent et se forment selon toute qualité de lapensée quils ont puisée par linstruction; que cela arrive ainsi,parce quil ny a dinné chez lhomme que la faculté de savoir, decomprendre et dêtre sage, et linclination à aimer non-seulementsoi-même et le monde, mais encore le prochain et Dieu: LEIBNITZet WOLF écoutaient à distance, et LEIBNITZ applaudit, mais il enfut autrement de Wolf, N° 335.--XXXIX. Un jour, un Esprit Angélique fit voir elairement CE QUE€EST QUE LA FOI ET I.A CHARITÉ, et ce que leur conjonction opère;HIe fit voir clairement par une comparaison avec la Lumière et laChaleur, quand ellessontensemble dans une troisième chose,parceque dans le Ciel la Lumière dans son essence est le Vrai de la foi, etque la Chaleur dans son essence est le Bien de la charité; quainsi,de même que la Lumière sans la Chaleur, telle quelle est en hi­ver dans le Monde, dépouille les arbres cie leurs feuilles et deleurs fruits, de même la foi sans la charité; et de même que làLumière conjointe à la chaleur", telle qu;elle est au printemps, vi­vifie toutes choses, de même la foi conjointe à la cllarité, N° 385.c:::!k Deux Anges descendirent,-lun du Ciel Oriental où lon estdans lamour, et lautre du Ciel Méridional où lon est dans la sa­gesse, et parlèrent de lessence des Cieux, si elle était lAmour oula Sagesse; et ils tombèrent daccord quelle était lAmour et parsuile la sagesse, et quainsi Dieu avait créé les Cieux daprès lA­mour par la Sagesse, N" 386. .~. Après cela, jentrai dans un Jardin où je me promenaiavec un Esprit, qui me conduisit ensuite vers un Palais quon ap­pelait le TE~IPLE DE LA SAGESSE j il était quadrangulaire, les mu­railles étaient de cristal, la toiture de jaspe, elles fondements de
  • 26. 291RELIGION CHRÉTIENNf:.diverses pierres précieuses; cet Esprit me dit que personne nypeut enllel qne celui qui croit que ce quil sail, comprend etgoûle avec sagesse, est si peu relalivement à ce quil ne sait pas,ne comprend pas el ne goûle pas avec sagesse, qUà peine est-cequelque chose; et comme je croyais cela, il me fut donné.dentrer,et je vis que tout ce temple élait conslruit en forme lumineuse.Dans ce Temple je racontai ce que je venais dapprendre des deuxAnges sur lAmour el la sagesse, el lon me demanda sils avaientparlé aussi du Troisième, qui est lUsage; el lon me dit que lA­mour et la Sagesse sans lUsage sont seulement des êtres en idée,mais que dans lUsage ils deviennent des réalités; et quil en estde même de la Charité, de la Foi et des Bonnes OEuvres, N°,387.XLII. Un des Esprits du Dragon minvita à voir les plaisirs deleur amour, el me conduisit .v~rs une espèce dAMPHlTHÉATnE,sur les bancs duquel étaient assis des Satyres et des Prostituées;et alors il me dit: «Tu vas voir notre Divertissement; l) et il ouvrit!lne porle, et fit énlrer comme de jeunes taureaux,. des béliers, de~chevreaux el des, agneaux; el peu ,!près pa! une aut!e pOlte il fitentrer des lions, des panlhères, des tigres et des loups, qui s~­lançaient sur le "bétail, et ils le déchiraient et le massaclaient;mais toules ces choses que javais vues .avaient élé produiles"pardes fantaisies. Après avoir vu cela, je dis ·au Dragon: Il Dans l!eutu vel:ras ce lhéâtre changé en un Étang de feu et de soufre. l) LeDiverlissement terminé, le Dragon sortit entouré de ses salyres etde ses prostituées, et il vit un troupeau de brebis, doù ilcompritquil y avait dans le voisinage une Ville des JérusalémiLes, etlayanl vue, il se senlil emblasé du désir de sen ~mpa!er et denchasser les habilanls; mais comme elle élait ceinte dune muraille,il résolut de sen emparer par ruse, et alors i~ envoya un espritexpert en enchantement, qui, ayant élé introduit auprès des ci­toyens de ceUe ville, parla avec adresse sur la Foi et sur la Cha­rité, principalement Sll celle des de!x qui lient le premie,r rang,et si la Charilé conlribue en quelque chose au salut ; mais le Dra­gon, irrité de la réponse, sortit de la Ville et ras.sen)bla un gr~Jl<nombre desprits de sa troupe, e~ commença à assiéger la Ville;mais tandis quil sefforçait de la prendre et de lenvahir, le feu dl!Ciel les consuma, selon ce qui a été prédit dans lAPOCALYPSE,Chap. XX. 8, 9. - N° 388,
  • 27. 292 LA VRAIE~II. Un jour, il fut envoyé du Ciel un Papier, qui contenaitune exhortation à reconnallre le Seigneur Sauveur pour Dico duCiel et de la Terre, selon ses paroles dans Matthieu,-XXVlU. :1.8;- mais on consulta deux Évêques, qui étaient là, sur ce quil fal­lait faire; ceux-ci dirent quil fallait renvoyer le Papiel au Ciel,dOll il venait; quand ce lenvoi eut été fait, celte société senfonça,mais non profondément: le lendemain, quelques-uns en remontè­rent, et racontèrent quel sort ils y avaient subi; puis là aussi, ilsétaient allés auprès des Évêques, et leur avaient fait des reprochessur le conseil quils avaient donné; ils leur avaient dit plusieurschoses sur létat de lÉglise aujourdhui; ils avaient blâmé leurDoctrine sur la Trinité, sur la Foi justifiante, sur la Charité, et surdautres points concernant lOrthodoxie des Évêques, et les avaientpriés dé sen désister, parce que cétait contre la Parole, mais envain; et comme leur foi, ils lappelaient morte, et même diaboli­que, selon Jacques dans son ÉpUre, lun des Évêques prit sa mitrede dessus sa tête, et la mit sur la table, en disant quil ne la re­prendrail pas avant davoir tiré vengeance des railleries sur sa foi;mais alors apparut un monstre montant des enfelS, semblable àla bête décrite dans lApOCALYPSE, Chap. XIII. :1.,2, qui prit lal-Iitre el lemporta, N° 389.LKLIV. Je mapprochai dune Maison, où ceux qui sy trouvaientrassemblés discutaient entre eux, si le bien que lhomme fait danslétat de justification par la foi est un bien de religion ou non; ily-eut consentement unanime que par bien de religion il est en­tendu un bien qui contribue au salut: la victoire fut pour ceuxqui étaient davis que tout bien que lhomme fait ne contribue enrien au salut, parce que aucun bien volontaire de lhomme nepeut être conjoint avec un bien gratuit, puisque la salvation sefait gratuitement; quaùcun bien venant de lhomme ne peut pasDon plus être conjoint avec le Mérile du Christ, par lequel il y auniquement salvation; que lopération de lhomme ne peut pasnon plus être conjointe avec lOpération de lEsprit sainl, qui faittout sans le secours de lhomlne; doù ils concluaient que lesbonnes œuvres, même dans létat de justification par la foi, necontribuent en rien au salut, mais que la foi seule le donne. Enentendant ces raisonnements, deux Genlils, qui se tenaient à len­
  • 28. RELIGION CHRÉTIENNE. 293trée, dirent entre eux: Il Ils nont aucune religiou; qui ne saJl, quefaire du bien au prochain pour Dieu, ainsi daprès Dieu, et avecDieu, cest la religion, » N° 390. . _1 XLV: Jentendis des Anges gémir de ce quil y a aujourdhuidans lEglise une telle INDIGENCE SPIRITUELLE, quon ne sait plusrien, sinon quil y a trois Personnes Divines, et que la foi seul~sauve; et sur le Seigneur, seulement les faits historiques., et quonignore proCondément ce qui est lapporté dans la Parole SUI le Sei­gneur, sur son Unité avec le Père, sur sa Divinité et S1)r son Pou­voir; et ils dirent quun Ange avait été envoyé par eux pOUl exl).­miner sil y avait aujourdhui une telle indigence chez les CllIé­tiens; et que cet Ange ayant demandé à un Chrétien quelle étaitla Religion quil professait, celui-ci avait répondu gue cétait laFoi; quensuite layant interrogé SUI la: Ré~emplion, SUI I~ Régé­nération et sur la salvalion, il aV:ait répondu que to_ute~·çes chosesétaient de la Foi; et. aussi à légard d~ la charité, .quêlle étaitdans la foJ, parce que perso_nne ne peut par soi-méme"CaiN I~ bien.Ensuite lAnge lui dil :~( Tu as répond!!.comme quelqum. qui jouede la flûte sur un seul too, je .nentends nour répon§{l -que la Coi,mais si tu ne connais que celte Coi, tu ne sais rien; Il ~t aJors HIeconduisit vers ses compagnons dans un désert, où il ns avait pasmême de lherbe, etc., N° 391.XLVI. Je vis cinq Gymnases environnés chacun dune lumièredilférenle, jentrai avec plusieurs Esprits dans le Premier qui ap­paraissail comme dans une lumière e.nllammée; il y av~illà. ,!nenombreuse ~ssemblé~; et le lrésident proposa a1)x ,membreS d~!llaniC~~er leurs sentiments sùr lJl. CHARITÉ; et, aussitôt que_ladi~!lss.ion Cùt 9US~!te, up PREJir!:iER ~itque selon.s9n sentjme!lLla Cha!,it(é~ait la Mor.alilé iI.lspirée par la foi; un .SECO)lD, qUE cé;tait la Piété inspirée par Il!. commjséraliorj; un TROlSIÈME, quelleconsistait à Caire·du bien à c!lacun...tant au méchant quau ·bon;lII! QUATRIÈME, quelle çonsisJail ~ étr~ utile en Juule. m.anlèl:e àpalents et amis; un .CINQUIÈ~I~, quelle consistait II.flire.!,aum~n~~UX pauvres el à secourir les indjgent~; un SJXIÈilE, quelle con­sistait à.bf!lir d~s .Hôpitaux, "gesliJl.isons pour ·Ie~j.fillades, pour"t~~ Q!I)he)iJ)~3 UIl,9~P.TIÈME; quelle consistall ~ ~nrichir les Tem­nlls. el à faile du bien. a.us.Mini.s1r~s!u}. enJo.nl le service; u!.Ill. " 25*.
  • 29. 294 LA VRAIEHUlTltME, que cétait la vieille Fraternité Chrétienne; un NEU­YlhlE, quelle consistait à jemellre à chacun ses fautes: chacundeux confirma son sentiment par des arguments, mais ils sonttrop nombreux pOUl quils puissent être rapportés ici, on peut lesvoir dans le MÉMORABLE même. Après cela, il me fut aussi per­mis de donner mon senliment, et je dis que la Charité consiste àagir, dans toule œuvre el dans tout emploi, daprès lamour de laJustice avec le jugement, mais daprès un Amour qui ne procèdedautre part que du seigneur Dieu Sauveur; et après que cela eutété démontré, jajoutai que -toutes les choses qui venaient dêlredites sur la Charité par les neuf célèbres Personnages étaient debons documents de la Charité, pourvu quelles fussent faites da­près la justice avec le jugement; et, comme la Justice et le Juge­ment ne viennent pas dautre part que du Seigneur Sauveur,Jlourvu quelles fussent failes par lhomme daprès le Seigneur:cela fut approuvé par plusieurs dans teur homme Interne, maisnon encore de même dans leur homme Externe, N· 459.t-xiVII. Jentendis de loin comme un grincement de dents, au­quel était mêlé comme le bruît quon fait en cognant; et je map­prochai de ces sons, et je vis une petite maison construite en joncsjoints ensemble; et, au lieu dun grincement de denls et dun bruitquon fait en cognant, jentendis en dedans de la petite maison desaltercations au sujet de la Foi et de la Charité, pour décider la­quelle des deux était lessentiel de lÉglise; ceux qui étaient pourla Foi produisirent leurs Arguments, en disant que la Foi est spi­rituelle parce quelle vient de Dieu, et que la Charité est naturelleparce quelle vient de lhomme; ceux, au contraire, qui étaientpour la Charité dirent que la Charité est spirituelle, et que la Foiest naturelle si elle na pas élé conjointe à la Charité. Un éertainSyncrétisle qui voulait terminer la contestation, donna âussi sonopinion, en confirmant que la Foi est spirituelle, et la Charité seu­lement naturelle; mais il lui fut dit quil y a deux vies morales,lune spi1Ïtuelle el lautre naturelle, et que dans lhomme qui vitdaprès le Seigneur il y a la vie morale spirituelle, mais que danslhomme qui ne vit pas daprès le seigneur il y a la vie morale na­tUlelle, telle quelle exisle chez les méchants, et parfois chez lesEsprits dans lEnfer,.N· 460. .
  • 30. 295RELIGION CHRÉTIENNE,Cillm, Je fus conduit en esprit dans un certain Jardin siluédans la Plage méridionale, et là je vis assis sous un Laurier desEsprils qui mangeaient des figues; je leur demandai comment ilscomprenaient que lhomme peut faire le bien daprès Dieu, et tou­jours cependant comme par lui-même; ils répondirent que Dieuopère le bien intérieurement dans lhomme, mais que si lhommele fait daprès sa volonté et daprès son entendement, il le souilletellement que ce nest plus le bien; mais sur cela je dis, quelhomme est seulement un organe de la vie; et que, sil croit auseigneur, il fait le bien par lui-même daprès le Seigneur; maisque, sil ne croit pas au Seigneur, et plus encore sil ne croit enaucun Dieu, il faille bien pal lui-même daprès lEnfer; et quenoutre le Seigneur a donné à lhomme le Libre ArlJilre de faire da­près lun ou daprès lùutre : que le Seigneur ait donné ce LibreArbitre, cela fut confirmé par la Parole, en ce que le Seigneur acommandé à lhomme daimer Dieu et le prochain, dopérer desbiens de la charité comme larbre produit des fruits, et de faireses préctptes pour être sauvé, et en ce que chacun était jugé se­lon ses œuvres; et que toutes ces choses nauraient pas été com­mandées, si lhomme ne pouvait pas faire le" bien par lui-mêmedaprès le Seigneur. Après leur avoir dit cela, je leur donnai desbranches dun cep, elles branches dans leurs mains produisirentdes raisins, elc., N° 461.! XLIX, Je vis un PORT MAGNIFIQUE, et dans ce port des Naviresgrands et petits, et sur les bancs de jeunes garçons et de jeunesfilles; ils attendaient des TORTUES, qui devaient sortir de la mer;et quand elles en sortirent, je vis quelles avaient deux Têtes, runequelles retiraient à volonté dans les coquilles de leur corps," etlautle qui apparaissait dans une forme comme homme, et aveccelle-ci elles parlaient aux jeunes garçons et aux jeunes filles; etces enfants, à cause de leurs discours élégànls, les caressaient etlem faisaient des présents. Après que jeus vu ces choses, il mefut expliqué par un Ange ce quelles signifiaient, à savoir, que cesTortues représentaient ces hommes dans le Monde, et par suiteautant dEsprits après la mort, qui disent que Dieu, chez ceux quiont obtenu la foi, ne voit rien de ce quils pensent et font, maisregarde seulement à la foi quil a renfermée dans les intérieurs de
  • 31. 296 LA VRAIEleur menlai j et que les mêmes devant les Assemblées dans lesTemples prononcent ùes choses saintes daprès la Parole, absolu­ment comme les autres, mais avec la grande Tête qui a lappa­rence dun homme, dans laquelle alors ils font entrer la petite, oubien la retirent dans leur corps. Ensuite les mêmes furent vusdans lair dans un Navire volant avec sept voiles, et ils étaient làcouronnés de laurier et en vêtements de pourpre, criant quilsélaient les Chefs des sages de tout le Clergé; mais ce nétaient queles images de leur faste, qui profluaient des idées de leur mental;et comme ils étaient SUI terre, je parlai avec eux dabord daprèsla Raison, et ensuite daprès lÉcriture sainte; et, par plusieursarguments, je leur démontrai que lem Doctrine était insensée, etque comme elle était opposée à lÉcriture sainte elle provenait delEnfer. Mais les Arguments dont je me SeIvis dans celle démons­tration étant trop étendus pour quils puissent être rapportés ici,on peut les voir dans le MÉ}lORABLE même. Après cela ils furentvus dans un lieu sablonneux, dans des vêtements en lambeaux, etles reins entourés de filets de pêcheur, à travers lesquels appa­raissaientleurs nudités; et enfin ils furent envoyés dans la s(ciétéqui est sur les confins de la société des Machiavélistes, N° 462.[ L. Il fut conv9qué un Comice, qui tint séance,dans un Templerond, dans lequel sur les côtés il yavait des Autels, et près des au­tels étaientassis les membres du comice, lJlilis il ny avait pas làde Président; cest pourquoi, chaque membre qui vou.lait parler~élançait d~ lui-même au milieu du temple et déclarait son senti­ment. Ils commencèrent une discu§l!ion-surLELIBRE.iRBITRE<DANSLES CHOSES SPIRITUELLES, et le PREMIER qui" sélança sécria: « Il,ny a pas plus de Libre AI~bitre dans ces choses çhez lhomme quechez l:épouse.de Loth, q)land elle eut été changée en statue des~I.:.l) Le §ECONo-:« IJ nyen a pas pins quechez la bêle eJ :che~ le.chien. Il Le TR()lSIÈME:« Il.ny en a pas plus que,c}lez lataJlpe,et cl).ez le hibou nendant la lumière du jour. ) Le QUATRlbIE.:.~« Si lhomme avait le Libre Àrbitrê dan.s les choses spirituelles, ilçleviendrait mani§que, et se croirait comme un. die~, quipeut serégénérer et se"sauv~r lui-même. ) Le CINQUI~ME 11;11, dans le Li-=;yre des Évang~liques intHulé,foRMULE DE CONc.QR,n,,<, q·ue-1!).ommepa pas plus qe Libre ~rbitreAans le~ ch.oses. ~piti~lJell~s .quu..n~
  • 32. RELIGION CURÉTIENliE. 297souche et quune pierre, etque surcesujet il ne peut rien compren­dre, penser, vouloir, ni même sappliquer ou sadapter 11 recevoirle spirituel, etc. j voir ci-dessus, N° 464. Après cela, il me fut aussipermis de parler, et je dis: (( Sans le Libre Arbitre dans les chosesspirituelles quest-ce que lhomme, sinon une brute? Et à quoi ser­vent sans ce Libre A1bitre tous les dogmes Théologiques? Il Maisils me répondirent: (c Lis nos ouvrages Théologiques, et tu nytrouveras rien de spirituel, et tu verras que le spirituel y a ététellement caché en dedans, quil nen apparait pas même lombre;lis donc ce que notre Théologie enseigne SUI la Justification, cest­à-dire, sur la lémission des péchés, sur la régénération, sur lasanctification et sm la salvation; lu ny verras rien de spirituel,palce que ces choses in.tluent par la foi sans aucune conscience delhomme; notre Théologie a même repoussé la charité loin duspirituel, et aussi la pénitence hors de son contact; et en qutre,quant à la Rédemption, elle a attribué à Dieu des propriétés pu­rement humaines-naturelles, qui sont, que Dieu avait enveloppé legenre humain sous une damnation universelle; que son Fils a prissur lui cette damnation, et quainsi il a rendu le Père propice; lin­tercession et la médiation auprès du Père sont~elles autre chose?Il est donc évident que dans toute notre Théologie il ny a rien despifituel, ni même rien de rationnel; mais que tout est purementnaturel au-dessous du spirituel et du rationnel. II Mais alors lafoudre tomba tout-à-coup du ciel, et les membres du comice sé­lancèrentlout effrayés, et chacun senfuit Jans sa maison, N° 503.rLr. Je conversai avec deux Esprits, dont lun aimait le bien etÏëVrài, et lautre le mal et le faux, et je découvris quils jouissaientlun et lautre dune semblable faculté de penser rationnellement;mais quand celui qui aimait le mal el le faux pensait livré 11 lui­même, je remarquais quil sélevait de lenfer comme une fumée,et quelle éteignait la clarté qui était au-dessus de la mémoire; aucontraire, quand celui qui aimait le bien et le vrai était livré à lui­même, je voyais comme une tlamme douce qui descendait du Cielet éclairait la région de son mental au-dessus de la mémoire, etpar suite aussi les choses qui étaient au-dessous de cette mémoire.Ensuite, je conversai sur LE LIBRE ARBITRE DANS LES CHOSES SPI­RITUELLES avec celui qui aimait le mal et le faux, et au nom seul
  • 33. 298 LA VRAIEde ce Libre Arbitre il semporta, et sécria: Il Personne ne peutremuer ni le pied ni la main pour faire quelque bien spirituel, nila langue ni la bouche pour prononcer quelque vrai spirituel, etainsi ne peut même sappliquer ni se disposer à recevoiJ quoi quece soit de spirituel; lhomme nest-il pas mort et purement passifdans les choses spirituelles? Comment ce qui est mort et pure­ment passif peut-il de soi-même faire le bien et prononcer le vrai?Nest-ce paslà aussi ce que dit notre Église?ILaulre, au contraire,qui aimait le bien et le vrai, sexprima ainsi sur le Libre Arbitredans les choses spirituelles: Il Sans ce Libre Arbitre, que seraittoute la Parole? et sans lui que seNit lÉglise, la Religion, le Culle ~.de Dieu, ainsi que serait le Ministère? et daprès la lumière demon entendement, je sais que lhomme sans cette Liberté spiri­tuelle ne serah pas homme, ce serait une bête, car sil est unhomme et non une bête, cest daprès cette Liberté; et de plus, jesais que sans le Libre Arbitre dans les choses spirituelles il nyaurait pas chez lhomme de vic après la mort, ainsi pas de vieéternelle, parce quil ny aurait aucune conjonction de lhommeavec Dieu; cest pourquoi, nier ce Libre Arbitre nappartient qUàceux qui dans les choses spirituelles sont devenus fous. » Ensuiteje vis SUi un arbre un serpent volant, qui pr~nta du fruit de cetarbre à celui qui avait nié le Libre Arbitre dans les choses spiri-:tuelles, et dès quil en euJ !DaI;lgé, il apparut une fumée qui mon­tait de lenfer, et qui éteignit la partie supéricure de son mentalrationnel quaut à la lumière, N° 504.CE!. Un jour, jentendis un bruit comme le frottement de deuxmeules de moulin lune contre lautre, et je mapprochai vers lelieu doù provenait ce bruit, et je vis une Maison où il y avait plu­sieurs cellules, dans lesquelles des Érudits de ce siècle étaientassis, et confirmaient la Justification par la foi seule; et, métantapproché dune cellule, je demandai à lun deux de quel sujet ilssoccupaient dans ce moment; il répondit: Il De lACTE DE LA Jus­TI,FICATION, qui est la tête de toules les choses de la Doctrine dansnotre Orlhodoxie. » Et je lui demandai sil connaissait quelque si­gne qui indiquAt quand la Foi justifiante est introduite, et quandelle a élé inlroduile; et il répondit que cela se fait passivement etnon activement; alors je lui dis: (1 Si tu ôles lactif en cela, tu ôtes
  • 34. 299RELIGION CHRÉTIENNE.aussi le réceptif, ct ainsi cet acte ne serait quune chose purementidéale, quon nomme être de raison, et par conséquent ce nest quela statue, femme de Loth, ne rendant dautre son que celui du sel,eilleurée par la plume de lécrivain, ou par longle de son doigt l)Ce personnage prit avec emportement le chandelier pour le jetercontre moi, mais la chandelle sétant alors éteinte, il le jeta contreson compagnon, N° 505.-WL Je vis deux Troupeaux, lun de boucs, lautre de brebis;tnâiSlorsque je les regardai de près, au lieu de boucs et de brebis,je vis des bommes, et je perçus que le troupeau de boucs se com-posait de ceux qui font salvifique la foi seule, et que le troupeaude brebis se composait de ceux qui font salvifiques la Charilé eten même temps la Foi; à ma demande, pourquoi ils étaient là,ceux que javais vus comme boucs répondirent quils tenaient unConcile, parce quil leur avait été -découvert que ce passage dePaul, (1 Lhomme est justifié pm la foi sans œuvres de loi, 11-Rom. III. 28, - navait pas été bien compris, puisque là par laFoi il est entendu, non pas la foi daujourdhui, mais la foi au sei-gneur Sauveur, et que par OEuvles de loi il est entendu, non pasles OEuvres de la loi du Décalogul, mais les OEuvres de la loi deMoïse, qui étaient des rites; - ce qui aussi a été démontré; - etils dirent quils avaient conclu que la foi produit les honnes œu-vres comme lArbre produit les fruits. Ceux qui formaient le Trou-peau de Brebis étaient en faveur de celte conclusion j mais alorsun Ange, qui se tenait entre les deux Troupeaux, cria au Trou-peau de brebis: « Ne les écoutez point, car ils nont pas renoncéil leur ancienne foi j Il et il divisa le Troupeau de Brebis en dÎmxTroupeaux, et il dit aux hrebis de la gauche: « Joignez-vous auxboucs, mais je vous prédis quil viendra un loup qui les ravira, etvous avec eux. Il Alors il fut fait une recherche pour savoir com-ment ils entendent que la Foi produit les bonnes œuvres commelArbre produilles fruits; et il fut découvert que leur perceptionSUi la conjonction de la foi et de la charité est absolument opposéeà cette comparaison, et quainsi cétait une locution captieuse. Lestroupeaux de brebis ayant compris cela se réunirent comme au-paravant en un seul trouJleau, auquel sadjoignir~nt quelques-unsdes boucs, en confessant que la charilé est lessence de la foi, et
  • 35. 300 LA VRAIEquainsi la foi séparée davec la charilé est seulement naturelle,mais que conjointe avec la charité elle devient spiIituelle, N° 506.Qi Conversation avec d.es Anges sur les tlOis Amours qui sontuniversels, et par suite chez chaque homme, à savoir: LAMOURDU PROCHAIN OU A~IOUR DES USAGES, qui en soi est spirituel, LA­MOUR DU MONDE OU AMOUR DE POSSÉDER LES RICHESSES, qui ensoi est matériel, et LAMOUR DE SOI OU AMOUR DE DOMINER SURLES AUTRES, qui en soi est corporel; quand ces Irois Amours ontété chez lhomme convenablement subordonnés, lhomme est vé­ritablement homme; et ils ont été convenablement subordonnés,alors que lamour du prochain fait la tête, lamour du monde lecorps, et lamour de soi les pieds; il en est tout autrement quandchez lhomme ils ont leur siége contre lordre; et il fut montréquel estlbomme, quand lamour du Monde fait la tête, et quel ilest quand cest lamour de soi; que lui alors est un homme ren­versé, une bête féroce quant aux intérieurs de son mental, et unhistrion quant aux extérieurs du mental et par suite quant à ceuxdu corps. Ensuite je vis mon1er des enfers un diable dune facenoire avec un cercle blanc autour de la tête; et il dit quil étaitLucifer, quoiquil ne le fût pas; il dit aussi que dans ses internesil était diable, mais que dans ses externes il était Ange de lu­mière; et il ajoulaque lorsquil est dans les externes il est moralparmi ceux qui sont moraux, rationnel parmi ceux qui sont ra~tionnels, et même spiriluel parmi ceux qui sont spirituels; et que,lorsquil était dans leMonde, ilavait prêché, et alors déclamé contreles malfaiteurs de tout genre, et que cétait à cause de cela quilavait été appelé fils de lAurore; que ce qui lavait étonné lui~même, cest que, lorsquil était dans la chaire, il percevait que leschosës étaient telles quHies disait, mais quil en était tout aulre­ment"quand il était hors du Temple; il en donna la raison, cestque dans le Temple il était dans ses Externes, et aiors seulementdans lEntendement, tandis que hors du Temple il était dans sesInternes et alors dans la Volonté, et quainsi lEntendementléle­vail dans le Ciel; mais que la volonté lentralne dans lEnfer, et quela Volonté lemporte sur lEntendément, parce quelle le dispose ensa faveur et à son gré. Après cela, ce ~iable, qui se donnait pourLucifer, fut précipité dans lEnfer, N° 507.
  • 36. 301RELIGION CHRÉTIENNE.LV. Je vis un Temple de forme circulaire, dont le Toil était àlinstar dune Couronne; les Murailles étaient de continuelles Fe­nêtres de Cristal; la Porte, dune substance de perle; il Y avaitdans ce Temple une Chaire sur laquelle était la Parole entouréedune sphère de lumière; dans le milieu du Temple était le Sanc­tuaire, devant lequel il y avait un Voile, mais alors soulevé, où setenait un Chérubin ayant à la main une épée qui se tournait decôté et dautre: après que jeus vu ces choses, leur significationme fut donnée, comme on peut le voir dans le Mémorable; sur laPorte il y avait cette Inscription: MAINTENANT IL EST PERMIS, cequi signifiait que maintenant il est permis dentrer intellectuelle­ment dans les Mystères de la foi; et il me fut donné de percevoirquil était très-dangereux dentrer par lenlendement dans lesdogmes de la foi, ql!iprovienlenL de la propre intelligence, et sontpar suite dans les faux, eL quil étai~ encore plus dangereux de lesconfirmer daprès la Parole; et que cest à cause de cela que, da­près la Divine Providence, la Parole a été enlevée aux Catholiques­Romains, et que chez les Protestants elle a été fermée par leurdogme, que lEntendement doit être mis sous lobéissance de leurfoi; mais que, comme les Dogmes qui appartiennent ~ la Nouvelle}:glise sont tous conformes à la Parole, il est permis dentrer eneux par lEntendement, parce quils sont une chaine de Véritéstirées de la Parole, lesquelles aussi brillent devant lentendement.Cétait là ce qui est entendu par lInscription sur la Porte: MAIN­TENANT IL EST PERMIS, et aussi par cela que le Voile du sanctuairedevant le Chérubin élait soulevé. Ensuite il me fuL apporté un pa­pier par un enfant, qui était un Ange du troisième Ciel; sur cepapier était écrit: ENTREZ Dt:SOR~IAIS DANS LES MYSTÈRES DE LAPAROLE JUSQUA PRÉSENT FERMÉE, CAR TOUTES SES VÉRITÉS SONTAUTANT DE MIROIRS DU SEIGNEUR, N° 508.c:J;!I. Je fus saisi dune maladie grave, causée par une fuméeprovenant de la Jérusalem qui, dans lApocalypse, XI. 8, est ap­pelée Sodome et Égypte; et je fus vu comme mort par ceux quiétaient dans celle Ville, et qui alors dirent entre eux que je nétaispas digne de la sépulLule, de même quil est dit des deux Témoinsdans ce Chapitre de lApocalypse; et pendant ce temps là jenten­dis les habitants de la ville prononcel une foule de blasphèmes,III. 26.
  • 37. 302 LA VRAIEparce que javais prêché la pénilence et la foi au Seigneur Jésus­Christ; mais comme le jugement sur eux était proche, je vis quetoute celle ville sécroulait et était inondée deaux; et ensuite jevis les habitants courir parmi des monceaux de pierres, et se la­menter SUl leur sort, en disant que cependant ils se croyaient re­nés par la foi de leur Église, et par conséquent justes; mais il leurfut dit quils nétaient rien moins que justes, puisquils navaientjamais fait aucune pénitence, et quainsi ils ne connaissaient pasun seul mal damnable chez eux: ensuite il leur fut dit du Ciel,que la foi au seigneur et la pénitence sont les deux lVloyens de ré­génération et de salvation, eLque cela est très-connu daprès laParole, et en outre daprès le Décalogue, le Baptême et la sainte­Cène; voir dans le MÉMORABLE, N° 567.~I. Tous ceux qui viennent après la mort dans le Monde spi­rituel sont tenus au commencement dans les Externes, dans les­quels ils ont été dans le Monde naturel; et comme la plupart,lorsquils sont dans les Externes, vivent moralement, fréquententlps Temples et prient Dieu, ils croient que certainement ils vien­dront dans le Ciel; mais on leur apprend que tout homme après lamort dépouille successivement lhomme Externe, et que lhommeInterne est ouvert, et qualors lhomme est connu tel quil est enlui-même, puisque lhomme est homme daprès la Volonté et lEn­lendement, et non pas seulement daprès lAction et le Langage;et que de là résulte que lhomme peut dans les Extemes se mon­trer comme une Brebis, quoique dans les Internes il soit commeun Loup; et que tel il est dans son homme Interne, sil nexaminepas les maux de sa volonté et par conséquént de son intention, etrien fail pas pénitence; outre plusieurs autres choses, N° 568.~II. Chaque Amour exhale un plaisir; toutefois les PLAISIRSDES AMOURS sont peu sentis dans le Monde naturel, mais ils le sontmanifestement dans le Monde spirituel; et là, ils sont quelquefoischanOgés eIlodeurs,oet alors on perçoit quels sont les plaisirs, et àquel amour ils appartiennent; les plaisirs de lamour du bien, telsquils sont dans lps Cieux, sonl perçus comme les odeurs suavesdans des jardins et des bosquets, et au contraire les plaisIrs delamour du mal, tels quils sont dans les Enfers, sont perçus commedes odeurs fétides et puantes détangs et de latrines; etcomme
  • 38. RELIGION CHRÉTIENNE. 303les enfers et les cieux sont opposés, les diables sont tourmentésquand ils sentent quelque odeur suave du ciel, et vice ve1sd lesanges le sont quand ils sentent quelque odeur félide de lenfer: ila élé confirmé par deux exemples que cela est ainsi. Cest daprèscelle raison que lHuile donclion était préparée avec des aroma­tes, et quil est dit de Jéhovah quil odorail lodeur agréable desholocaustes; et que, vice versd,il avait élé commandé aux fils dIs­raël de porter hors du camp ce qui élait immonde, el de faire untrou en terre pour leurs excrémenls; cal leur camp représentait leCiel, et le désert hors du camp représentait lEnfer, N° 569.L LIX. Un Esprit novice qui, dans le Monde, avait beaucoup mé­dilé sur le Ciel et sur lEnfer, désirait savoir quel esllun et quelest lautre; et il lui fut dit du Ciel: CIIERCIJE CE QUE CEST QUELE PLAISIR, ET TU CONNAITRAS; il partit donc pour chercher; maischez les esprits purement naturels il chercha en vain. Il fut alorsconduit successivement vers trois Assemblées; vers la première,oi! les Esprits examinaient les Fins, et par suite étaient appelésles Sagesses; vers la seconde, où ils recherchaient les Causes, ctpar suite étaient appelés les Intelligences; et vers la troisième, oùils scrutaient les effets, et par suite étaient appelés les Sciences;etIl fut instruit par les uns et par les autres, que chaque ange,chaque esprit et chaque homme, a la vie daprès le plaisir de sonamour, et que la volonté et la pensée ne peuvent mouvoir un pas,si ce nest daprès le plaisir de quelque amour, et que cest là pourchacun ce qui est appelé le Bien; et quen outre le plaisir du Cielest le plaisir de faire le bien, et le plaisir de lEnfer le plaisir defaire le mal. Pour quil fût encore instruit, il monla, daprès unel)révision Divine, un diable qui décrivit devant lui les plaisirs delEnfer, disant que cétaient les plaisirs de se venger, de com­mellre scortation, de voler et de blasphémer; et que ces plaisirs,lorsquils y sont senlis comme odeurs, sont senlis comme desparfums, aussi les appelait-il les délices de ses narines, N° 570.r LX. Je vis une Assemblée dEsptits, priant Dieu de leur en­~. des Anges pour les instruire sur différentes choses, qui ap­parliennent à la foi, et sur la plupart desquelles ils étaient dansle doute, paree que les Églises ne saccordent pas entre elles SUI .ces points, et que tous les ministres de ces Églises disent : CROYE~-
  • 39. 30lJ LA VRAIENOUS, NOUS SOMMES Lt:S MINISTRES Dg DIEU, Et NOUS POSSÉDONSLA SCIENCE: et il apparut des Anges quils interrogèrent sur laCharité et la Foi, SUI la Pénitence, sur la Hégénération, sur Dieu,SUI lImmortalité de lâme, et SUI le Baptème et la Sainte-eène; àchacune de ces questions les Anges firent des réponses qui pou­vaient tomber dans leur entendement, disant en oulre que toutce qui ne tombe pas dans lentendement, est connue ce qui a étésemé dans le sable, et qui, quoiquarrosé par la pluie, se flétrittoujours; et que lEntendement fermé pal la religion ne voit plusrien dans la Parole daprès la lumière qui est lA par le Seigneur,et que même, si on Jitla Parole, il devient de plus en plus aveugledans les choses de la foi et du salut, N° 621.c=L"XI. Il est montré comment, après avoir été préparé pourJeÇiel,lhommeyentre, Asavoir, quaprès la préparation, il voit un cheminqui conduit dans le Ciel vers là société dans laquelle il doit vivreéternellement, et près de la société il y a une porte qui souvre;après quil est entré, on examine sil y a en lui la même lumière etla même chaleur, cest-A-dire, le même vrai et le même bien quechez les Anges de cette société; lorsque lexamen est satisfaisant,il va de côté et dauIre dans la société et cherche où est sa maison,car pour chaque Ange novice il ya une Douvelle maison; et, aprèslavoir trouvée, il est reçu et compté comme un parmi eux. Quan tAceux chez qui il ny a ni lumière ni chaleur, cest-A-dire, ni levrai ni le bien du Ciel, leur sort est triste; dès quils entrent, ilssont misérablement tOUlmentés, et leur tourment les force Aseprécipiter en bas; cela leur arrive, parce que la sphère de la lu­mière et de la chaleur du Ciel est opposée à celle dans laquelle ilssont; et ceux-ci dans la suite ne désirent plus le Ciel, mais ils sontconsociés avec leurs semblables dans lEnfer: par là on voit clai­rement quil est f"ivole de penser que le Ciel est seulement uneadmission par grâce, et que les admis y jouissent de joies commeceux qui, dans le Monde, entrent dans une maison de noces,N°622.Lxrr. Plusieurs Esprits, qui croyaient que le Ciel était seule­ment une admission par grâce, et après ladmission une joie étel­nelle, montèJent par permission dans le Ciel; mais comme ils nepouvaient pas y supporter la lumière et la chaleur, cest-A-dire,la foi et la charité, ils sélancèrent précipitamment en bas, et alorsl
  • 40. RELIGION CHRÉTIENNE. 305ils furent vus comme des Chcuux morts pal les Esprits qui étaientau-dessous: parmi ceux qui étaient au-dessous et qui les virentainsi, il y avait des enfants avec leur mattre; et celui-ci les instrui-sit de ce que signifiait lapparition dun Cheval mort, et leur ditalors qui sont ceux qui de loin apparaissent ainsi"à savoir, quece sont ceux qui, lorsquils lisenl la Parole, pensenl matérielle-ment el non spirituellement à Dieu, au Prochain el au Ciel; etquon pense matériellement à Dieu, quand on pense à lEssencedaprès la 1?ersonne; malériellement au Prochain, quand on penseà la qualité daprès la face elle langage; et matériellemenl au Ciel,quand on {lense à létal de lamour du Ciel daprès le lieu; maisquau conlraire on pense spirituellemenl à Dieu, quand on pensedaprès lEssence el par suite à la Personne; spirituellement auProchain, quand on pense daprès la qualité et par suite à la faceet au langage; elspiriluellemenl au Ciel, qùund on pense daprèslélal de lamour dans le Ciel el par suiteau lieu: et ensuite Hleurapprit que le Cheval signifie lEntendement de la Parole; et que,comme la Parole chez ceux qui pensenl ~pirituellement, quand ilsla lisent, esl_une Lel~re vive, cest pour cela qu~.de loin ils appa-raissent com~e des Chevaux vivants; et quau conlraiI:e, commela Parole che~ ceux qui pensent malériellemenl, quand il la lisenl,est une Lellre morte, cest pour cela que ceux-ci de 10iD appa-raissent comme des Chevaux morts, N" 623.1 LXIU. Je vis descendre du Ciel dans le Monde un Ange tenantà la main un Papier, sur lequel,était écrit·: M4IIAGE.DU BIEN EtDU "RAI; et je vis que ce PaRier g~ns le Ciel resplendissait, maisquen descendanl il brillait peu à peu dè m9ins ~rr moins, jusquà/!le qu~enfin le Papier et PAnge napparu.rent plus" exceptéJlevJ.Ilt!Jue~qu~s Esprits s,!ns instrllciion, qui étaien simples de·cre.ur,.devant JesqueJs lJng,e eXRIiqIa. ce quenveloppe le. Mariage. duBien. et dUVrai, (est-à-dire que ;tout~s .et chacune des cbose~dans le Ciel enlier et dans le M{m<!e_enti~r contiennent le. bien elle vrai en même temps; et cela, parçe que le bien et le vrai fOD1un dans le seigneur Dieu Créat~ur: et quen conséquenCll il nJ;(}nulle part aucune ch()se qui soil seulémenl le bien, iH :.aUclinechose-qu~ soit ~eule.mentle vraj, quainsi dans lolites et dans :Cha"c!:1ne il y a)~)1aliage du bi~_n et du vrai,.el qans lÉglise leJlln:III. - - 26*.
  • 41. 306 LA VRAIEriage de la Charilé et de la Foi, puisque la Charité appartient aubien, et la Foi au vrai, N° 624. .1 LXIV. Pendant que jétais dans une profonde pensée sur le se·cond Avènement du Seigneur, je vis le Ciel lumineux de lOrient àlOccident, et jentendis une Glorification et une Célébration duSeigneur par les Anges, mais daprès la Palole, tant daprès laParole Plophélique de lAncien Testament que daprès la ParoleApostolique du Nouveau; quant aux passages mêmes de la Parole,par lesquels se faisaient les Glorifications, voi, le M"ÉMORABLE,N° 625.~v. Dans la Plage septentrionale-orientale il y a des LIEUXnINsTRUCTION, et ceux qui là reçoivent intélieurement les in­structions sonfnommés disciples du Seigneur. Un jour, pendantque jétais en esprit, je demandai aux MaUres sils connaissaientles Universaux du Ciel et les Universaux de lEnfer; et ils répon­dirent que les Universaux du Ciel sont ces trois Amours, lAmourdes usages, lAmour de posséder les biens du ;Vlonde daprès la­mour de faire des usages, et lAmour vraiment conjugal; et queles Universaux de lEnfer sonlles trois Amours opposés à ceux-là,à savoÏJ, lAmour de commander daprès lamour de soi, lAmourde posséder les biens des autres daprès lamour du Monde, etlAmour scorlatoire. Il est ensuite décril quel est le premier amourinCernal, à savoir, LAMOUR DE DOMINER nAPRÈs LAlfOUR DE SOI:Cet amour est tel chez les Laiques, que quand les freins lui sontlâchés ils veulent dominer sur toutes les choses du Monde, et telchez les Ecclésiastiques, que ceux-Ci veulent dominer-sur toulesles choses du Ciel. Quil y ait une telle fantaisie chez ceux qui sontdans cel amour, cela fut confirmé par leUls semblables dans lEn­feJ, où dans une certaine vallée sont ensemble ceux qui meltentleur plaisir dans les fantaisies quils sonlles empereurs des em­pereurs ou les rois des rois; et, dans un autre endroit, ceux quise déleclent dans la fantaisie quils sont des Dieux; et même àlaspect de éeux-ci, on vit les premielS, qui étaient dun caractèresi orgueilleux, tombel à genoux et les adorer. Ensuile je conver­sai avec deux Anges, dont lun était le Prince dune société dansle Ciel, et dont lautre en était le grand Prêtre; ils me dirent quechez eux, dans celle société, tout est magnifique et resplendis­
  • 42. 307RELIGION CHRÉTIENNE.sant, parce que leur amour procède non de lamour de soi maisde lamour des usages, quils sont entourés dhonneurs, et quilsles accepLenL non pour eux-mêmes mais pour le bien de lobéis­sance. Alors je leur fis cette question: « Comment quelquun peut­U savoir sil faiL les usages daprès lamour de soi ou du monde,ou sil les faiL daprès lamour des usages, puisque ces amours fonttous les trois des usages? quon suppose quil y ail une Sociétéentièrement composée de Salans, et une Société entièrement com­posée dAnges, et je peux conjecturer que les Salans dans lemSociéLé feront daprès lamour de soi et du monde autant dilsagesque les Anges dans la leur; qui donc peut savoir de quel amourproviennent les usages? Il A cela le Prince et le Prêtre répondi­renL : « Les satans fonL les usages pour la réputation afin dêLreélevés aux honneurs et dacquérir des richesses, mais les Angesfont les usages pour les usages; or les uns sont distingués des au­tres principalement par cela, que quiconque croit au Seigneur, etfuiL les maux comme péchés, fait les usages daprès le Seigneur,et ainsi daprès lamour des usages; mais que quiconque ne croitpas, et ne fuit pas les maux comme péchés, fait les usages daprès"soi-même et pour soi-même, ainsi daprès lamour de soi ou duJDQnde, )) N° 661. "~I. Jentrai dans un Bois, et je vis deux Anges qui causaient-ensemble; je mapprochai, et ils parlaient de LA CONVOITISE DEPOSSÉDER TOUTES LES CHOSES DU MONDE. Ils disaient que plusieursqui apparaissent moraux dans leurs actions, et rationnels dansleur langage, sont dans la "foHe de ceUe convoitise, et que ceuéconvoiLise se change en des fantaisies cllez ceux ,qui s!abandon- nent à leurs idées sur elle; et que, comme il est permis à chacun-dans le Monde spirituel de se plaire dans sa fantaisie, pourvuquon ne fasse pas de mal à autrui, il y a aussi des réunions de cesEsprits dans la retre inférieure; et comme il nous fut donné deconnaltre où ils étaient, nous descendîmes et entrâmes vers eux,et nous les vîmes assis à des tables sur lesquelles il yavait unegrande quantité de pièces dor; il disaient que cétaient là les Fi­chesses de tous ceux du Royaume; mais ce nétait quune visionimaginaire, quon appelle fantaisie, par laquelle ils llroduisaientcelle apparence; quand nous leur dlmes qu~i1s étaient exlrava­
  • 43. 308 LA VRAIEgaQts, ils lavouèrent après sêtre détournés de leurs tables; maisils dirent que, comme celle vision les réjouissait au suprême de­gré, ils ne pouvaient sempêcher de venir là de temps en temps,et de sabandonner à la séduclion de leurs sens. Ils ajoutèrent quesi quelquun dentre eux dérobe ce qui appartient à un autre, oului fait quelque mal, il tombe dans une prison au-dessous deu~, etquil y est obligé de travailler pour la nourriture, le vêtement etquelques petites pièces de monnaie j et que là aussi, sils font dumal, ils sont privés de ces pièces de monnaie et sont punis, N° 662.CLX"JI. Jentendis une discussion entre un Diplomate et deuxPrêtres sur ce sujet: LINTELLIGENCE ET LA SA~ESSE, ET PAR CON­SÉQUENT AUSSI LA PRUDENCE, VIENNENT-ELLES DE DIEU, OI;J VIEN­NENT-ELLES DE LnOMME; le Diplomate soutenaÜ quelles viennentde lhomme, et les Prêtres, quelles viennent de Dieu; mais desAnges perçurent que les Prêtres en dedans deux-mêmes croyaientde la même manière que le Diplomate, à savoir, que lIntelli­gence et la Sagesse et par suite la Prudence venaient de lhomme;cest pourquoi, afin que cela fût manifesté, le Diplomate fut priéde quilter les vêtements de sa Charge, et de prendre des vête­ments du Ministère Sacerdotal, ce qui ayant été fait, le Diplo­mate se mit à confirmer de plusieurs manières que toule In­telligence, et aussi toute Prudence, vient de Dieù : ensuite lesPrêtres furent aussi priés-de quitter leurs vètements,:et de pren­dre des vêtements de Ministres politiques~ èt cela ayant été fait.les Prêtres parlèrent daprè~ le~l intérieur, en disant 9ue touleInteJligen~e et aussi tou~e Pruden~e vient de lhomme. Sils pél!lè-­rent ainsi, cest parce quun Esprit se croit tel quest Je vêtementquil a SUl lui. Apr~s cela, ëes trois_Esp.rits devinrên~t amis deCŒUI, et ils prirent ensemble,en causant, le chemin qui condui­sait en Enfer; mais -ensuite je les en ~is revenir-, N° 663. ~ViII. Il sagit ~Ie ceux qui, dans la Parol,e, sorit !!ppefés ÉLU~;ce sont ceux qui, apr~ès)a mort, sont reconnus avoir vécL! 4e la liede la Cparité etd~JaFoi, et sontséparés de ceux qui l!ont p.a~ véç!1d!3 celle-vié, et ainsi ceux qui alor!) SONI.: ;ÉLUS ~t préparés pour leCiel; cest pQurquoi, cr<!ire que quelqueS-l!nS .seulem,ent, avan~tou après la naissance, sontélus et pré~es!-inés po_ur le Ciel, et nontous pu.isque tous ont ét.~ ,!pp~lés,.ce serail acçusêr _Dieu l!im.;puissance de sauver, ét aussi dinjustice, N° 664: .
  • 44. RELIGION CHRÉTIENNE. 309~x: Il ful dit dans le Ciel par un nouveau venu que, dans leMonde Chrétien, il ny avait personne qui sût ce que cest que laCONSCIENCE; comme les Anges ne le croyaient pas, ils dirent à unEsprit de convoquer avec une trompette les Intelligents, pour sen­quérir deux sils savent ce quecest que la Conscience; et cela futfait, et ils arrivèrent, et parmi eux il y avait des Politiques, desÉrudits, des Médecins et des Prêtres; et alors on demanda, da­bord aux POLITIQlES, ce que cest que la Conscience; ils répondi­rent que cest ta douleur provenant dunê crainte, soit préconçue,soit prise plus tard; d,es périls de lhonneur et des richesses, ouprovenant dune humeur mélancolique produite pal des matièresindigestes dans lestomac; outre plusieurs autres choses. Ensuiteon demanda aux ÉRUDITS ce quils savaient de la Consr.ience; ilsrépondirent que cest un chagrin et une anxiété qui infestent lecorps et par suîte la tête, ou la tête et par suite le corps, daprèsdiverses causes, efprincipalement daprès celle-ci, quon ne sat­tache quà une seule chose, ce qui arrive surlout quand Jamourrégnant souffre; de là, parfois des fantaisies el des délires, etchez quelques-uns dans les choses religieuses des affections céré­brales, quils appellent remords de conscience. Après eux, lesMÉDECINS fUlent interrogés sur ce que cest que la Conscience; etils dirent que cest seulement une douleur qui a son origine dansdiverses maladies quils énumérèrent en foule; et queux-mêmesen avaient guéri plusieùrs par des médicaments; voir dans leMÉ~IORABLE lénumération des maladies doù ils dérÎaient lesdouleurs, quon appelle douleurs de conscience. Enfin on demandaaux PR~TRES ce que cest que la Conscience; ils dirent que cestla même chose que la Contrition qui plécède la Foi, et quils la­vaient guérie par JÉvangile; et ils ajoutèrent quil y a dans touleReligion, vraie ou fanatique-, des hommes dune conscience timoréequi se font des scrupules dans les choses de salut, même dans deschoses indifférenles. Après avoir entendu ces réponses, les Angesperçurent cette vérité, que personne ne sait ce que cest que laConscience; cest pourquoi ils envoyèrent dentre eux un Angepour le leur apprendre; celui-ci, se plaçant au milieu deux, leurdit ~ Il La Conscience nest pas une douleur, comme vous tous la­vez cru, mais cest la vie selon la Religion, el cette vie esl princi-J"
  • 45. 310 LA VRAIEpaIement chez ceux qui sont dans la foi de la charil~; et ceux quiont de la conscience disent de cœur ce quils disent, et font decœur ce quils fonl. » Cest même ce quil illustra par des exem-ples; ainsi, lorsquon dit de quelquun qujl a de la conscience,on entend aussi quil est juste, et réciproquement. Après· celleinstruc:lion, les convoqués se partagèrent en quatre phalanges;dans la première passèrent ceux qui avaient compris les parolesde lAnge, et les avaient approuvées; dans la seconde, ceux quine les avaient pas comprises, mais qui néanmoins les appuyaient;dans la troisième, ceux qui navaient pas voulu les comprendre,disant entre eux: (1 Que nous importe la Conscience? Il et dans laquatrième, ceux qui .sen moquaient, disant: « Quest-ce que laConscience, sinon un souille? Il Après cela, je vis les deux der-nières phalanges se relirer vers la gauche, et les deux pr-emièresvers la droite, W 665, 666.1 LXX. Je fus conduit dans le lieu où habilaitmtles anciens sages----qui ont vécu dans la Grèce, lieu quils appelaient Parnasse; et ilme fut dit que parfois ils envoyaient des leurs pour chercher quel-ques Nouveaux venus du Monde, et apprendre deux quelquechose de lélat où est aujourdhui la sagesse sur la lerre; et, en cemoment, ils en avaient trouvé deux dentre les Chrétiens, et quandils les eurent amenés, on leur demanda aussitôt: (1 Quy A-T-IL DENOUVEAU DE LA TERRE? » Et ils répondirent, quil y avait de nou-veau, quon. avait trouvé dans les bois des hommes, sans douteabandonnés là dans la première enfance; que daprès la face ilsparaissaient, à la vérité, être des hommes, mais que néanmoinsils nétaient point hommes; etque daprès eux on avâit .concludans le Monde que lhomme -nétait· pas plus que la bêle, que seu-lement il pouvait articuler le son et par conséquent parler, et quela bête pounait comme lhomme avoir de la sagesse, si elle pou-vait produire le son dune manière articulée, etc. Les sages, aprèsavoir entendu cet exposé, en tirèrent plusieurs conclusions rela-tivement à la sagesse, quant aux vicissitudes quelle avait subiesdepuis leur temps, principalement en ce que lon ne connalt pas ladifférence enlre létal de lhomme et létat de la bête; que mêmeon ne sait pas que lhomme nalt seulement forme dhomme, etque par les insllllclions il devient homme, et homme selon les în-
  • 46. RELIGION CHRÉTiENNE. 3Hslruclions quil reçoit; quil devient sage àaprès les vrais, insensédaprès les faux, et intérieurement bête féroce daprès les maux;et quill1ait seulement faculLé de savoir, de comprendre et de de­venir sage, afin quil soit un sujet, dans lequel Dieu pourrait ins­pirer la sagesse depuis son premier jusquà son suprême degré:ils ajoulèrent que daprès ce quavaient dit les Nouveaux venus,ils comprenaient que la sagesse qui, dans lem temps, était à 10­r~enl est aujourdhui à loccident. Ensuite ils apprirent aux Nou­veaux venus comment lhomme créé forme de Dieu a pu êtrechangé en forme du diable: mais, sur ces divers sujets, ?Oil leMÉMORADJ_E, N" 692.LXXI. Une Assemblée fut de nouveau indiquée dans le lieu oùétaient les anciens sages, parce quils avaient appris par leursémissaires quils avaient rencontré trois Nouveaux venus de laterre, dont lun avait été Prêtre, lautre Politique, et le troisièmePhilosophe; dès que ceux-ci euren~ été amenés, on leur demanda:«( Quy A-T-IL DE NOUVEAU DE LA TERRE? Il Et ils répondirent, quilya de nouveau, quils ont appris quun certain homme prétendconverser avec les Anges et les Esprits; que cet homme donneplusieurs détails sur leur état; quentre autres choses-il dit quelhomme est également homme après la mort, avec la seule diffé­rence qualors il est enveloppé dun corps spirituel, et quaupara­vant il létait dun corps matériel. Cet exposé entendu, on de­manda au PRtTRE ce quil avait p~nsé de cela sur la Terre; il ré­pondit que, comme il avait cru que lhomme ne vivrait pas denouveau homme avant le jour du Jugement Dernier, lui, avec tonsles autres de son ordre, avait pensé que ces récits étaient desvi­sions, ensuite que cétaien t des fictions, et quenfin il avait hési­té; on lui demanda si les habitants de la terre ne pourraient pas,daprès la Raison, voir que lhomme vit homme après la mort, etainsi dissiper les parad..oxes sur létat des âmes jusquau jour duJugement Dernier, cest à savoir, que les âmes pendant cet inter­valle doivent volliger comme des vents dans lunivers, et a!Lendle,pour se réunir à leurs corps, le Jugement Dernier, ce qui seraitnn sort pire que celui dune bête quelconque; le Prêtre réponditquil y en a qui font ces observations, mais sans convaincre, etquon allribue à la Toule-Puissance de Dieu la réunion des âmes
  • 47. 3i2 LA VRAIEavec leurg.cadavres et leurs squeletles dans le tombeau, et quandon nomme la Toule-Puissance et aussi la Foi, toute raison estbannie. Puis, le POLITIQUE fut interrogé sur ce qui avait été ex­posé; il répondit que dans le Monde il navait pas pu croÎle quelhomme vivrait homme après la mort, puisque le tout de lhommeest étendu mort dans le tombeau; quainsi cet homme-là avait vudes fantômes, et avait cru que cétait des anges et des esprits: quequant à lui maintenant il était convaincu par les sens eux-mêmesque lhomme vil comme précédemment, et quen conséquence ilavait honte de ses pensées antérieures. Le PHILOSOPHE raconta surlui etsurquelques-uns de son Ééole des choses presque semblables;et il ajouta que les choses quon disait avoir été vues et entenduespar cet homme, il les avait mises au nombre des Opinions et deslIypothèses quil avait recueillies des Anciens et des Modernes.Les sages, ayant entendu ces réponses, furent stupéfaits, princi­palement de ce que les Chrétiens qui, daprès la Révélation, sontplus que les autres dans la lumière, étaient dans une telJ~ obscu­Jité sur leur Vie après la mort, tandis queux et les sages de leurtemps avaient connu et cru celle vie; ils dirent, outre cela, quilsremarquaient que la Lumière de la sagesse, depuis le siècle où ilsvivaient, sétait abaissée des inlérieurs du Cerveau jusquà labouche au-dessous du nez, où celle lumière se montre commeéclat de la lèvre, et par suite le langage de la bouche comme sa­gesse. Aces mots un des élèves de-leur école ajouta: (l ohl com­bien sont stupides aujourdhui les Menlals des habilanls de laterre! Oh1si nous avions ici des disciples de Démocrite qui riaitde tout, et des disciples dHéraclite qui pleurait de tout, que derires et de lamentations nous entendrions! » Après la séance ondonna aux Nouveaux venus des lames de cuivre sur lesquelles,qesHiéroglyphes avaient"été gravés; et ils sen allèrent, N° 693. .r=LiXH. Dautres Nouveaux ventIS du Monde furent trouvés, etfurent amenés à la Ville qui esl au bas du Parnasse, el on leur de­manda: (l Quy A-T-IL DE NOUVEAU DE LA TERRE? » Et ils répon­dirent, que dans le Monde ils avaient cru quaprès la mort il yaurait un Repos complet sans travaux, et que cependant ils avaientappris, en venanl dans ce Monde-, quici il y a des Administra­tions, des Fonclîons et des Occupalions comme dans le Monde
  • 48. RELIGION CHRÉTIENNE. 3i3précédent; et quainsi il ny a point de Repos. Les sages qui étaient,là leur répondirent: IC Ainsi, vous avez cru que vous .deviez main­tenant vivre dans une complète oisiveté, lorsque cependant deloisiveté résultent pour le Mental et par suile pour tout le Corpsla langueur, lengourdissement, la stupeur et lassoupissement; etcest là la mort, et non la vie. ) Et alors on les conduisit dans toutelaVille, et auprès desAdministrateurs et des Ouvriers; après quilseurent tout vu, ils sétonnèrent quil y e(lt de telles choses, quandcependant,ils avaient cru aussi que ce serait dans quelque chosede vide que vivraient les Ames jusquà ce que le Nouveau Ciel etla Nouvelle Terre fussent créés: et ils furent instruits que toutesles choses qui apparaissent maintenant devant leurs yeux sontsubslantielles, et sont appelées spirituelles; et que toutes cellesdu Monde précédent sont matérielles, et sont appelées naturelles;et quil ya entre elles celte différence, parce quelles sont duneorigine différente, cest-à-dire que toutes .celles qui ,sont dans leMonde spiriluel existent et subsistent daprès un Soleil qui estpur Amour, et que toutes celles qui sont dans le Monde naturelexistent et subsistent daprès un Soleil qui est pur Feu: el, en ou­tre, ils furent instruits que dans le Monde où i1s.étaient mainte­nant il y avait non-seulement des Administrations, mais mêmedes Études de tout genre, et aussi des Écritures et des Livres. Cesinstructions firent beaucoup de plaisir aux Nouveaux venus, etlorsquils se reliraient,quelques Vierges vinrent avec de la Bro­derie et du Filet, ouvrages dè leurs mains, et leur en firent pré­sent; et elles chantèrent devant eux une Ode, par Jaquèlle ellesexprimaient avec une mélodie angélique laffection des œuvres derusage aec ses cl1armes, N· 694. . . ~"CI~xiïn. Je filS introduit dans une Asssemblée, où se trouvaientaussi quelques-uns des anciens Philosoplles, eL je fus interrogésur ce que, dans mon Monde, lon sàit de lINFLUX; je répondisquon nen connalt pas dautre que lInOux de la lumière et de lachaleur de son soleil dans les choses qui appartiennent à la na­ture, tant dans celles qui sont animées que dans celles qui sontinanimées; et quon ne sait absolument rien de lInOux du Mondespirituel dans le Monde naturel, lorsque cependant cest de cetInflux que proviennent toules les merveiIl.es quon yvoit tant dansDL 2~ri1
  • 49. 314 LA VRAIEle Règne animal que dans le Règne végétal,--- ces merveilles sonten partie l-apportées dans le MÉMORABLE;-et comme les hommesne connaissent point cet Influx, ils se confirment pour la Nature,et deviennent Naturalistes, et enfin Athées, N° 695.L~v. Je conversai avec des Sectateurs dAristote, de Des­cartes et de Leibnitz, sur lINFLUX PHYSIQUE, sur llNFLUX OCCA­SIONNEL, et sur THARMONIE PRÉÉTABLIE; et jentendis commentchacun confirmait son Hypothèse; et comme ils ne purent pasexamfner la~chose par lentendement au-dessus des confirmations,m"ais -seulement au-dessous, ils vidèlent le débat par le sort, quisortit pour lInflux spiritu-el, lequel coïncide en partie ave~ lIn­flux Occasionnel, N° 696.LXXV. Je fus conduit dans un Gymnase, où des jeunes gensélaient initiés dans diverses choses qui apparliennent à la sagesse;oela se faisait par la discussion dun sujet qui élait proposé par~ Président; et alors le sujet de la discussion élait ce problème:QUEST-CE QUE LAME, ET QUELLE EN EST LA QUALITÉ? JI Yavaitune Chaire dans laquelle montaient ceux qui devaient répondre;et aussitôt le PRE~IlER monta, el il dit que personne, depuis laCréation du Monde, na pu découvrir ce que cest que lAme, niquelle en est laqualilé; mais que, comme on savait que lAmeétait dans lhomme, -on a recherché où elle élait, et quil y ena qui avaient prélendu que chez lhomme elle résidait dans unepetile Glande, qlliest appelée Pinéale et esl située dans la Tèteentre les deux Cerveaux; et que lui-même avait admis dabordceUe opinion, mais que comme elle avait élé rejetée par plusieurs,il lavait aussi plus tard abandonnée. Après lui, le SECOND monta,et dit quil croyait que le siége de lAme était dans la Tète, puis­qUèlà est lEntendement; mais que nayant pu deviner dans quelleparUe de la Tète elle était,-j) avait penché tantôt pour ceux qui pla- ­çaient son siége dans les lrois Ventricules du Cerveau, tantôt pourceux qui ~ plaçaient là dans les Corps striés, lantôt pour ceux quile plaçaient dans la Substance médullaire, ou dans la Substancecorticale, et tantôt pour ceux qui le plaçaient dans la Dure-~!ère,ajoulant quil laissait à chacun-de décider selon son gré. Le TIl.OI­$IÈAlE, étant monté, dit que le Siége de lAme était dans le cœuret par suite dans le Sang, el il confirma son sentiment ùaprès la
  • 50. RELIGION CHRÉTIENNE. 3i5Parole, où il est dit le Cœur et lAme. Le QUATRJbIE, étant en­suite monlé, dit que dès lenfance il avait cru, avec les Anciens,que lAme nétait pas dans une partie, mais quelle élait dans letout, parce que cest une subslance spirituelle, à laquelle peutsappliquer, non pas le lieu, mais limplélion; puis, parce que parlâme il est aussi entendu "la vie, et que la vie est dans le tout. LeCINQUIÈME, étant monté, dit quil croyait que lAme était quelquechose de pur, semblable à léther ou à lair, et quil avai! cru cela,parce quon jugeait que lAme serait telle, après sa séparationdavec le corps. Mais comme les sages, qui étaient dans lOrches­tre, perçurent quaucun deux ne savait ce que cest que lAme,ils prièrent Je Président, qui avait proposé ce Problême, de des­cendre et dinstruire; celui-ci donc, élant descendu, dit: «( LAmeest lEssence même de lhomme; et comme lEssence sans laFormenest rien, lAme est la Forme des formes de lhomme, et-celleforme est la Forme véritablement humaine, dans laquelle la Sa­gesse avec ses perceptions, et lAmour avec ses affections, rési­dent universellement; et comme vous avez cru dans le Mondeque vous seliez des Ames après la mort, vous êtes maintenant desAmes. » Il dit, en outre, plusieurs autres choses; et cela fut con­firmé par ce passage dans le Livre de la Créalion : « Jéhovah-Dieusouffla dans les narines dAdam une AAIE DE VIES, et fut faitlHomme en AME VIVANTE. l l - Gen. II. 7, - N° 697.[LXXVI. Je vis un Ange avec une trompette ail son de laquelleil convoqua les plus Célèbres en érudition parmi les Chrétiens,pour quils déclarassent ce quils avaient précédemment cru -dansle Monde au sujet des JOIES lIU CIEL, et de la FÉLICITÉ ÉTER­NELLE; cela avait :lieu, parce quil avait été -dit élans le Ciel, quepersonne dans le Monde Chrétien ne savait -la moindre chose ausujet. de ces joies et de celte félicité; et après une demi-heure~ jevis arrriver six cohortes composées de" Chrétiens érudits, qui fu­rent interrogés sur ce quils savaient des Joies du Ciel, et de lérFé­licHé éternelle, La PREMIÈRE COHORTE dit quils avaienlcru que ceserait seulement lAdmission dans le Ciel, et ensuite dans ~lS ré­jouissances du ciel, comme lorsquon est admis" dans une salle denoces et dans les réjouissances qui sy font. La SECONDE COHORTEdit quils avaient cru que cétaient des Réunions très-joyeuses
  • 51. 316 LA VRAIE.avec les Anges, et des Conversations très-agréables avec eux. LaTRoIsIÈm: COHORTE dit quils avaient cru que cétaient des Ban­quets avec Abraham, Isaac et Jacob. La QUATRIÈME COHORTE ditquils avaient cru que cétaient des Délices Paradisiaques. La CIN­QUIÈME COHORTE, que cétaient des Dominations sur-éminentes,des Trésors immenses, et une Magnificence plus que royale. LaSIXIÈME COHORTE, que cétait la Glorificalion de Dieu, et une Fêlequidurait éternellement. Afin_donc que ces Érudits connussent sices choses, quils avaient crues, étaient les Joies du Ciel, il leur futdonné denll-er dans leurs Joies, et à chaque cohorte séparément,.afin que par une vive expérience ils apprissent si cétaient desJoies imaginaires ou des Joies réelles; cela arrive à la plupartde ceux qui passent du Monde naturel dans le Monde spirituel,N° 731, 732, 733.- Et alors la cohorte qui avait cru que les Joies du Ciel étaient.des Réunions très-joyeuses avec les Anges et des Conversations.très-agréables avec eux, fut introduite dans les joies de son ima­ginalion; mais comme céLaient des joies externes et non inter­nes, après quelques jours ils furent affectés dennui, et ils se re­_tirèrent, N° 734.- Ensuite, ceux qui avaient cru que lesJoiesCélestes étaient desBanquets av~c Abraham, Isaac et Jacob furent introduits dans desemblables joies; mais comme ils. perçurent que ces joies étaientseulement externes et non internes, lennui sempara deux, et ilssen allèrent, N" 735.. - Il en arriva de même à ceux qui avaient cru que les Joies duCiel et la Félicité éternelle, consistaient dans des Dominations sur­éminentes, dans des Trésors immenses, et dans une Magnificenceplus que royale, N" 736.- De même aussi à ceux qui avaient cru que les Joies Célestesd la Félicité éternelle étaient des Délices Paradisiaques, N~ 737._ - De même ensuite à ceux qui avaient cru que les Joies Cé­lestes et la Félicité éternelle étai~nt une perpétuelle Glorificationde Diêu, et une Fête qui durait éternellement : ceux-ci furentinstruits de ce qui est entendu dans la Parole par la Glorificationde Dieu, N° 738.- Enfin il en arriva de ~ême à èeux qui avaient cru quils
  • 52. 317RELIGION CHRÉTIENNE.viendraient dans les Joies Célesles et dans la FéliciLé élelllelIe,pourvu quils fussent admis dans le Ciel, et qualors leurs Joies se­laient comme les joies de ceux qui entrent dans une salle de noceset qui sont alors dans les réjouissances; mais comme il leur futmontré, par de vives expériences, que dans le Ciel il ny a desJoies que pour ceux qui ont vécu la vie du Ciel, cest-à-dire, lavie de la charité et de la foi, et que vice velsâ le Ciel est un tour­ment pour ceux qui ont mené une vie contraire, ils se retirèrentet se consocièrent avec leurs semblables, N° 739.Les Anges ayant perçu que nul dans le Monde nalurel ne savaitencore quelles sont les Joies du Ciel, ni par conséquent quelleest la Félicité ételllelle, il fut dit à lAnge de la trompelle de choi­sir dix des convoqués, et de les introduire dans une Société duCiel, afin quils vissent de leurs yeux et perçussent pal" letrrS men­taIs ce que· cest que le Ciel, et quelIes y sont les joies, et il futfait ainsi; et; après ladmission, jl leur ful dabord donrié dy voirle Palais magnifique du Prince de-cette sociélé, N° 740; -puis ·ieJardin-Paradis près du Palais, N° 741; ensuite le Prince lui-mêmeel les <;rands de sa cour en habils resplendissants, N° 743. In"vités à la Table du Prince, ils y virent des choses quaucunœilnavait vues sur la terre; et à Table, ils entendirent le Prince quiles instruisit au sujet des Joies Célestes et de la Félicité éternelle,en leur montrant quelles consistaient essentiellement dans la béa­titude interne, el, daprès cette béatitude, dans des Plaisirs ex,:,ternes, et que la béatitude interne tire son essence de lalTectionde Jusage, N° 742,744. Après Je· diner; on fit venir par lordredu Prince quelques sages d-e la Société, qui leur enseignèrentpleinement ce que cest que la béatilüde interne,- qui est la Félf­cité éternelle, et doù elle vient·, et que celle béatitûde fait qÛe iesPlaisirs externes sont des Joies; ils leur apprirent en· outre plu­sieurs autres choses sur- ces divers sujets, N°"745, 746. Ensuiteil leur fut donné de voir des Noces dans ce Cie!, N" 747~à 7~9; etenfin dy entendre une Prédication, N° 750, 75t. Ayant vu et e~­tendu toutes ces choses, pleins de la connaissance du Ciel{ etjoyeux de cœur, ils descendirent, N° 752. "[, - LXXvir. L~, il sagit de LA RÉVÉ.LATION : Il a plu au Seiglleurde Se manifesler à moi et douvrir les inlérieurs de mon Menlal,111, 27*,
  • 53. - - -318 LA VRAIEel ainsi de me donner de voir les choses qui sonl dans le Ciel el~ans lEnfer; et de celle manière il a découvert des Alcanes, quisurpassent en excellence et en dignité les Arcanes révélés jusquàprésent; les voici (L1Que dans toutes el dans chacune des chosesde la Parole il y a un SENS SPIRITUEL, qui ne se montre pointdans le sens de la lettre; et que cest pour cela que la Parole a étéécrite au moyen des Correspondances des choses Spirituelles avecles choses Naturelles.@:Que les CORRESPONDANCES elles-mêmesont été découvertes telles quelles sonl.@l Il a aussi été fait desrévélations sur LA VIE DE LHOMME APRÈS LA MORT.Qy: Sur LECIEL-el sur LENFER, quel esl lun el quel est lautie; et aussi sur.LE ffAPTtME et sur LA: SAINTE-:CÈNE-Q:.) Sur LE- SOLEIL dans leMonde Spirituel; que ces{ le pur Amour procédant du Seigneur,gui est au milieu de ce Soleil, dont la Lumfère est la Sagesse, eUaChaleur lAmour, el quainsi de là procèdent.la Foi et la Charité.et que par suite toutesles choses qui en procèdent sont spirïiueIJesel par conséquent vives; que le Soleil du Monde naturel est purfeu, et que par suite toutes les choses qui procèdent de ce Soleil.sonl naturelles, et par conséquent mortes.Q!} Quil y a trois De­grés, jusquà présent inconnus@Et, en outre, sur LE JUGEiI!EIlTDERNIER: SUI LE SEIGNEUR SA!!VEUR; quil est LE DIEU Dt! CIEL ETDE J,A TERRE: sur LA NOUVELLE ÉGLISE, et sur sa Doclrine : SUlLES HABITANTS DES PiArIÈTEs, êt sur LES TERRES dans lUnivels~~o 8~6.~~j De plus"sur LA;lOÜR·CÔNl~GAL; quil ~sl.spi~Üuelchez les spirituels, natuC1 chez les naturels, et charnel chez lesildull~rës, "N° 847•. -l~ Les An_ges dé~ouvr-jren! par l!lur proprevue que, quoique ces Arcanes-fussenfbien au-dessus des~ArcanesgévOilés jusquà présent. ils- sont cëpena~nt considérés à:ûjour­ohpYpaF plusïeius·comme DaYllllt aucune importance, N° 848.­a~inuieô_ten~u ~D mûrm~rev~nantde-quelquesU.DS quiit~ie!1tans là.-Terr-e inférieure; ils De voulaient y ajouter foi quautantqu)l selàIlfait dés MlnÀCLES; màis ilÏeui, f~t l:épOlldu-que par les)1iraclès:ns-ne croiraient pasplus que Pharaon et les Egyptiens;ni plus qu·e les descëlidanls aè Jacob qùand ils dansâiénl autoüldu Veau dol dans ie désert: ni plus que les iuifsweux-mêmesquaocl ils virenl les Miracles -fails p,.1 le -Seigneur Lui-Même;- ..c : .- . - . _.. - - .- .- .~o ~!~-:-..g ~nfi_n, P~.u~qllçi le:Seig]lcllt}n a ~évé!é ces A:r~anesll
  • 54. 319RELIGION CHRÉTIENNE.et ne les a pas de préférence révélés à quelquun de lordre Ecclé­sistique, N° 850.- Que les choses qui sont dans les MÉMORABLES placés à lasuite des Chapitres sont véritables, et que de semblables chosesont été vues et entendues par les Prophètes avant lavènement duseigneur, el de semblab.les aussi par les Apôtres après lavènementdu seigneur, par exempTe, par Pierre, par Paul, et surtout parJean, dans lApocalypse; lénumération en est faile, N" 851.THÉORÊME PROPOSÉ PAR UN DUC-ÊLECTEUR DALL"EMAGNE, QUIAUSSI AVAIT ÉTÉ REVÊTU DUNE SUPRÊME DIGNITÉ ECCLÉSIAS­-TIQUE.Un jour, dans le Monde spirituel, je vis un certain Duc.t!ecteurdAllemagne, qui avail aussi été revêtu dune suprême Dignitédans lÉtat Ecclésiastique, et près de lui deux Évêques et aussideux Ministres; el jentendis à une cerlaine distance ce quils di­saient entre eux. Le Duc-Électeur demandail aux quatre assistantssils savaient ce qui failla tête de la Religion dans le Christianisme;les Évêques répondirent: Il La tête de la Religion dans le Christia­nisme est LA FOI SEULE JUSTIFIANT ET SAUVANT; )1 Hies interrogeade nouveau, en disant: Il Si vous savez ce qui est caché intérieu­rement dans celle Foi, ouvrez-la, regardez dedans, et dites-le. IlIls répondirent quil ny a de caché intérieurement en elle rienautre chose que LE MÉRITE ET LA JUSTICE DU SEIGNEUR SAUVEUR;à ces mots le Duc-Électeur dit: Il Est-ce qualors en elle nest pascaché le Seigneur Sauveur dans son Humain, dans lequel il estappelé JÉSUS-CHRIST, puisque Lui-Même dans son Humain a étéSeul la Justice?)l Acette question ils répondirent: Il Cela en résultedune manière certaine et indivisible. Il Le Duc-Électeur insista,
  • 55. 320 LA VR.oIEen disant: (f Ouvrez celle Foi, regardez encore dedans, el.echer-chez bien sil ny a pas quelquautre chose, Et les Ministres1)dirent: Il LA GRACE DE DIEU LE PÈRE Yest aussi cachée. Il Alorsle Duc-Électeur dit: Il 1fédiLez, et percevez bien; et vous verrezQUE CEST LA GRACE DU FILS CHEZ LE PÈRE; car cest Lui qui de-mande et intercède: cest pourquoi, je vous dis: Puisque vousconfessez, vénérez el embrassez celle Foi Seule qui est vôtre, VOliSconfesserez, vénérerez et embrasserez tout à faille Seigneur Sau-veur seul dans son Humain; car, ainsi quil vient dêtre dit, Lui-Même dans son Humain a élé et est la Justice. Que Lui-Mêmedans cel Humain soit Jéhovah et Dieu, je lai vu dans les SainlesÉcriLures daprès ces passages: Voici, les Jours viendront queje susciterai à David un Germe juste, qui ltgnera Roi, et pros-ptrem; et voici le Nom par lequel on lappellera: JÉHOVAHNOTRE JUSTICE. - Jérém. XXIII. 5, 6. XXXIII. 15, 16. - DansPaul: Dans Jésus-Christ, TOUTE LA PLÉNITUDE DE LA DIVINITÉhabite corporellement. - Coloss. n. 9. -Et dans Jean: Jésus-Christ est le Vrai Dieu et la Vie éternelle. - 1 Épll. V. 20,21 : - cest pourquoi il est même appelé DIEU DE LA For. »-Philipp. III. 9.FIN DU TROlsrtME ET DERNIER VOLUME.
  • 56. ECHRÉTJECOllT[ A.~TtOUTE LA THÉOLOGIEDE LA NOUVELLE ÉGLISEPnI.lIile par le Seigheur dans Dani~l, Vil, 15, u.; el d:ms,lApocalypse, XXI, 1, 2. -PARE.....NIJE.. SWEDENBORG,Serviteur du leI~eur ~as.tlb.rl.UIADUlT DU LATINiJOllE TROISIÈ~IE.N°s 626-851.BRAI~~I~.~IAN~U~~~~JÉllUSALEM.lQaez PORTS, Libraire.PARIS, 11 11. MINOT, RUE GUÉNÉGAUD, 7, lf TR "TIIL ET WURTZ, LOIRAIRES, RUE DE LILLE, 17. :1 tONDRES, ji SWEDE BORG lNTINÇ SO:E:::•• 6, KING STREE HO N. k••-~ .----41.
  • 57. )io--~--------" -~--OUVHAGES DE SWEDE BORG.. l"r<ulçai.JIofl Il. filaefl.Pris.Arcanes Célestes, 1 120f ..eDoctrine de vic, in-Sa. ~ ...in-18 . 1 •Doctrine sur rÉcriture Sainte, in-8°. . .2 ••in-1s.. .• f ••Doctrine su; le Seigneur, in-8o.. . . 2 DlDoctrine sur la Foi, in.08°. . . . . . . . . . . . . 1 50Du Divin Amour (ouvrage posUlUme), in-8°. . . . . . 2 If»Dn Cheval blanc, de /Apocalypse, in-8°. . . . . . . 1 .D.ExposMion sommaire du sem interne (Prophèl.cJs et !tait-bles), in-8o • • •• . . . • • . • . • • • • ·5 "octrine de la Charité (extr. des Arc. Cél.) in-8o & in-3~. t 0Doctrine de la Charité (ouvrage posthume),.in-80 &in-52. 1 .1llieris de la Charité et du Décalogue, in-;80 & in-~t. i 60osilr n sommairedes Doctrine&delaNouv.Eglise,in-80 • 2 50rn-18 . . . . . . . . . . . . . ... 1 50De la Parole et de sa Sainteté, in-52.. . . . . » 75Du Commerce de lAme èt ~u Corps, in-18. . . 1 »»Appendice 11 la Vraie Religion chrétienne, in-18 . 1 50Du Jugement Dernicr, in-I8. . . . . . . . . 2 ,JIContinuation sur le Jugement Demier, in-18.. . 1 D»Du Ciel et de lEnfer, grand in-18. . . . ... 2 »»Dès Teries dans lUnivers, in-18 . " . . . . . . . • 2 »»gesse Angélijuc sur le Divin Amour, grand in-18.. S ..- SUI la Divine Providence, id. . . 5 ..La Vraie Religion chrélienne, 5 vol. grand in-18. . . 15 ..eufquestiolls sur la Trinité,.fn.-18 . • 25De la Toute-Présence et de la Toule-Science de Dieu, in-52. • 50Letlres 11 UJI Homme du MomIe, par Le Boys des Guays,1"e série, in-t8. . . . . . . . . . . . . . . sr ..LApocalypse daQS son sens spirit. par le même, gr. in-80 • 7 SOLA NOUVELLE JÉRUSALEM,Il.,,,,. Religieuse el Scientifiql.e.Collection d9 8",premiff•• annees avec lable analytique et alpbabétique.la fin du VII vol.- Prix • ~2 fr.- I.es "01. Vtll et IX. - Pril • f2 fr.On trouve. la Librairie de la NODVELLa JÉRUSAUM, chez Porte, libraire àSaint-Amand (Ch8l) , tQus les ouvrages de Swedenborg, el ceux JOi con-cerneM directement ou indirectement les doctrinea 4e la N""vell. Ji.....salem.NOTA. Les autres ouvrages de Svedenborg seront suc<:essivemenl publillspar le·traducteur.Mainlenant SOUS presse: lApocalypse Expliquée &la Doctrine Céleste.~ SAlliT-A31AXD. - IMPRllIERIE DE DjlSTE:-iAY ET LAlIBERT,Rue T.arayene, M, Place Mond-Roud.)10..- -----•
  • 58. Chrélienne.1)ME UI..01 626-851.