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Nous avons puise largement dans louvrage du    regrelte M. Ie chanoine Lamoureux, inUtu[.e : Les    Saintes Maries de Prov...
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16          LES SAINTES-MARIES-DE-LA-MERauteun suivent linterprétation stricte dutexte évangélique. Cest aussi le titre qu...
LEUR ÉGLISE ET LEUR PÈLERINAGE         17   appelé à lApostolat en même temps que son   frère Jude ou Thaddée. Le Sauveur,...
18      LES SAINTES-MARIES-DE-LA-MER    même où il avait reçu le coup fatal. Plus tard,    vers le VI" siècle, son corps f...
LEUR tGLISE ET LEUR PÈLERINAGE             19 veur, proposa au Collège Apostolique de choi­ sir celui qui devait remplacer...
20 .     LES SAINTES-MARIES-DE-LA-MERRomains, Siméon se retira avec ses chrétiensà Pella, petite ville située au delà du J...
LEUR ÉGLJSE ET LEUR PÈLERINAGE         21        Salomé et Zébédée eurent en effet deux fils,     Jacques et Jean, appelés...
22       LES SAINTES-?ofARIES-DE-LA-MER       pour le distinguer de lautre Jacques, fils de       Cleophas, qui ne futappe...
LEUR ÉGLISE ET LEUR PÈLERlNAGE          23  Porte Latine, après le supplice de la flagella­, tion, on le plongea dans une ...
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LEUR ÉGLISE ET LEUR PÈLERINAGE          25chèrent du Sépulcre, la pierre était enlevéeet le Corps avait disparu. Un ange é...
~-~        LES SAINTE S MARIES                    EN PROVENCE    OMBIEN  de temps Marie Jacobé et MarieC  , Salomé restère...
28       LES SAINTES-MARIES-DE-LA-MER    lan 49 ; quil vit dans cette ville le bien­    heureux Lazare, et quétant venu à ...
LEUR ÉGLISE ET LEUR PÈLERINAGE             29      "elle religion. Pour le moment ils sabstinrent    . de sattaquer à la p...
30       LES SAINTES-MARIES-DE-LA-MERau moment de lembarquement. Désolée de seséparer de ses maîtresses, elle les supplie ...
LEUR ÉGLISE ET LEUR PÈLERINAGE                31doù elle a jailli, comme le chante le poètearlésien Meste Eisseto :       ...
32      LES SAINTES-MARIES-DE-LA-MERlors des fouilles opérées, par ordre du roiRené, pour rechercher les corps des Saintes...
LEUR ÉGLISE ET LEUR PÈLERINA(XE        33rejoindre Maximin et Sidoine, dont elle par-tage l Apos~olat, puis se retire au d...
34      LES SAINTES-MARIES-DE-LA-MERClermont ; Gatien, li. Tours ; Saturnin, àToulouse ; Valère, à Trèves.  La Tradition n...
LEUR ÉGLISE ET LEUR PÈLERINAGE         35et de leur procurer le bonheur de recevoir laSainte Eucharistie.   Lorsque, après...
~~~~ LE CULTE DES SAINTES MARIES              ORIGINE DES PÈLERINAGES      UTOUR des tombeaux des Saintes peu à peuA     d...
38       LES SAINTES-MARIES-DE-LA-MERau dieu Mithra. Daprès Strabon (1), les Mar­seillais firent bâtir un temple à DianedE...
LEUR ÉGLISE ET LEUR PÈLERINAGE        39rompent dès quun profane vient se mêler àeux.  Le culte des Saintes Maries allait ...
40      LES SAlNTES-MARIES-DE-LA-MERLAquitaine, le Languedoc et la Provenceeurent particulièrement à souffrir de leur bar­...
~-    LÉGLISE DES SAINTES MARIES    fallait se défendre contre les invasions et    LI  abriter en même temps les précieuse...
42.      LES SAINTES-MARIES-DE-LA-MER   Les documents contemporains font défautpour assigner une date précise à cette merv...
LEUR ÉGLISE ET LEUR PÈLElUNAGE        43      et que dautres temples-citadelles, élevéspour la défense de nos côtes contre...
44       LES SAINTES-MARIES-DE-LA-MER écrasèrent les Sarrasins· dans leur dernier repaire de La Garde-Freynet. Postérieure...
LEUR ÉGLISE ET LEUR PÈLERINAGE        45   ents. Informés du désastre, les gouverneurs     la ville dArles envoyèrent une ...
46           LES SAINTES-MARIES-DE-LA-MERment informés, quelle a été élevée sur leruines de léglise précédente. On ne sexp...
LEUR ÉGLISE ET LEUR PÈLEIUNAGE               47d la nouvelle Eglise en contre-bas ùes terrainsen ·ronnants, qui avaient ét...
48        LES SAINTES-MARIES-DE-LA-MER    Vers 1075, le comte Bertrand cède au CIa­  pitre dArles tous ses droits sur lEgl...
LEUR ÉGLISE ET LEUR PÈLERINAGE      49   Au commencement du XII" siècle, le titre deS~cta-Maria de Ratis, tombé en désuétu...
ç-     CULTE DES SAINTES MARIES                 AU MOYEN-AGE   AUTEUR   de lHistoire de Sainte MarieL    Jacobé et de Sain...
52       LES SAINTES-MARIES-DE-LA-MERque sorte un caractère public : cest laConfrérie de la Ville (confratria ville), paro...
lIj      1   LEUR tGLISE ET LEUR PÈLERINAGE       53· étaient représentées. Laffluence des pèlerins les enrichissaient. Le...
54          LES SAINTES-MARIES-DE-LA-MERpiété. Lhymne achevé, lEvêque sendort dunprofond sommeil, pendant lequel les Saint...
LEUR ÉGLISE ET LEUR PÈLERINAGE             55Sainte Marie Jacobé le 25 Mai, et de SainteMarie Salomé le 22 Octobre.      •...
INVENTION DES RELIQUES                   EN   1448                les Corps des Saintes, cachésC pendant   EPENDANT       ...
58      LES SAINTES-MARIES-DE-LA-MERauprès des habitants les renseignements néces­saires. Daprès les témoins entendus, on ...
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60        LES SAINTES-MARIES-DE-LA-MERLe dimanche 17 Novembre, à lAuberge duMouton, le Chanoine Albaleti, Prévôt, VicaireG...
LEUR ÉGLISE ET LEUR PÈLERINAGE          61    LEvêque de Marseille interrogea ensuite,sous la foi du serment, divers perso...
62      LES SAINTES-MARIES-DE-LA-MER« divisée en trois parties, savoir : une nef« pour la première partie ; une chapelle a...
LEUR tGLISE ET LEUR PÈLERINAGE         63   Nayant rien trouvé que le puits dans lachapelle, on avait continué les fouille...
64      LES SAINTES-MARIES-DE-LA-MERmarbre en forme dautel portatif~ qui fut briséeaccidentellement par III pioche de lun ...
LEUR ÉGLISE ET LEUR PÈLERINAGE         65    Tel fut le récit des témoins convoqnés par lEvêque de Marseille. On ajouta qu...
66      LES SAINTES-MARIES-DE-LA-MERmal, confesseur du Roi, suppliant, au nom duPrince, le Cardinal de vouloir bien accept...
LEUR ÉGLISE ET LEUR PÈLERINAGE         67      vint prendre le Cardinal sur le bateau pour le      conduire à lintérieur d...
68      LES SAINTES-MARIES-DE-LA-MER       de Vaison ; Pierre du Lac, Abbé de Saint­       Victor de Marseille ; Arnaud de...
LEUR ÉGLISE ET l.EUH PÈLERINAGE        69René et la Reine Isabelle, leur gendre, Frédéricde Lorraine, et plus de 300 Seign...
70      LES SAINTE5-MAlUE5-DE-LA-lIlEH   Le lendemain 4 Décembre, le Cardinaldépose dans une autre châsse en bois de noyer...
71aux Saintes-Maries; une copie se trouve auxArchives Départementales dts Douches-du­Rhône.   A la demande du Roi René, so...
:":: DE LINVENTION DES RELIQUËS                 A LA RÉVOLUTION      lépoque de la construction de lEglise,A     comme nou...
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LEUR ÉGLISl: ET LEUR PÈLERINAGE        75 22 Octobre, et de la Ré;vélation des Reliques, le 3 Décembre ; ou sur lordre du ...
76      LES SAINTES-MARIES-DE-LA-MER          Les événements de 1448 eurent un retentis­      sement considérable, qui ame...
EUR ÉGLISE ET LEUR PÈLERINAGE          77Anthoi~auvez mon enfant! • sécda-l-elle.On accourt, ,t lon trouve lenfant assis à...
78      LES SAINTES-MARIES-DE-LA-MER                                     /Révolution de 1793 cet ex-voto. a d~paru avecbie...
LEUR ÉGLISE ET LEUR PÈLERIN.;GE        79   DapI les documents (procès-verbaux, etc.)conservés ux Archives départementales...
80      LES SAINTES-MAHIES-JiE-LA-MEU   En 1710, par Monseigneur Louis dé" Roque­martine, Evêque de Saint-Paulirois-Châ­te...
SAINTES MARIES              PBNDANT LA RÉVOLUTION    EGLISE des Saintes-Mal:ies ne pouvait. pasL   échapper aux. dévastatI...
82      LES SAINTES-MARIES-DE-LA-MERmais sans cependant toucher aux Reliqbes desSaintes.                                  ...
" LEUR ÉGLISE ET LEUR PÈLERINAGE           83       châsses, des Missels, des Livres de Chœur etautres Livres liturgiques,...
81      LES SAINTES-~fARIES·DE-Li·MERconfectionnés avec les bassins de même métaldonnés en 1448 par le R<;>i ~eué.   Le 27...
LEUR ÉGLISE ET LEUR ptLERINAGE           85curé dont on na aucune nouvelle depuis bienlongtemps. Avec laide de la Municipa...
86      LES SAINTES-MARIES-DE-LA-lIIER                 "bre que reposait la tête dune des Saintes, lorsde la découverte de...
LEU~ ÉGLISE ET LEUR PÈLERINAGE         87ginaire dArles et résidant à Saint-Gilles,apporte lun des bras dargent emportés à...
88       LES SAINTES-MARIES-DE-LA-MERtion portant ces mots : Franc. de Mali Archie­pûs Arelatensisj et plus bas: Ossa Sanc...
LEUR ÉGLISE ET LEUR PÈJ,ERINAGE       89lon avait confectionnée semblable à lan­cienne, M. Barrachin place respectueusemen...
90       LES SAINTES-},[,RIES-DE-LA-Mrmpuis placés dans cette caisse. Ces ossementsont repris leur place dans la Crypte.  ...
LEVH. ÉGLISE ET LEUR PÈLEH.INAGE         91le trouver. Tout se passe ensuite suivant le rithabituel. Les Reliques sont tro...
92       LES SAINTES-MARIES-DE-LA-MERbles. Le peintre Allègre, de Bagnols-sur-Cèze,décore lautel de la Chapelle Haute de p...
LEUR ÉGLISE ET LEUR PÈLERINAGE         93   Des soucis dun autre ordre occupent lespritde M. labbé Escombard. Que sont dev...
94      LES SAINTES-MARIES-DE-LA-MER          M. Escombard, à ce délégué, place les reliques          sauvées du feu dans ...
LEUH ÉGLISE ET LEUR PÈLERINAGE        95membre inférieur ; 11 fragment de membre                       0inférieur.  Pour r...
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Apostolicity of the Churches in France.
Gypsy's pilgrimage in southern France.

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  1. 1. LESSaintes- Maries De-la-Mer LEGLISE ET LE PELERINAGE -.:>+<-4-­ NOTICE HISTORIQUE parM. Ie Chanoine A. CHAPELLE Cun.Doyen dM Sai.t....Jfari.., MARSEILLE ETABLISSEMENTS MOULLOT FILS AINE Avenue du Prado. 22.21-26 - 1926
  2. 2. C.Il W - 0::: « e::: UJ ~ ~U1 I aW..J C.Il « -J W a f­ UJ Cl Z - « Vl
  3. 3. LESSaintes- Maries De-la-Mer LEGLlSE ET LE PELERINAGE -.-­ NOTICE HISTORIQUE parM. Ie Chanolne A. CHAPELLE Cur/.Doy.n ihr Sai.t,.-,I1tari•• MARSEILLE ETABLISSEMENTS MOULLOT FILS AINE Avenue du Prado, 22.24-26 - 1926
  4. 4. ARCHEVECHE Aix, Ie 23 Fevrier 1922 DAIXARLES & EMBRUN t CHER MONSIEUR LE DOYEN, Jai lu avec Ie plus grand interet la notice historique sur leglise et Ie pelerinage des Saintes-Maries-de-Ia-Me.r que vous vous pro­ posez de publier. Ce travail etail necessaire pour {aire connai­ tre aux peierins qui viendront; je lespere, de plus en plus nombreux, aux chdsses de nos saintes, les traditions qui torment un des joyaux de notre Provence si riche en souve­ nirs. Vous avez mis a votre travail beaucoup de conscience et de ndtete, je vous en. felicite. Par vous, on golltelta davantage encore Ie charme de ce sanctuaire si a part et dontIIIhistoire, depuis son commencement, est liee avec la vie de lEglise de France. Croyez, Cher Monsieur Ie Doyen, a mon affectueux devouement. t MAURICE Arch. dAix. Aries &: Embrlln.
  5. 5. b Le Pradet (Var). Ie 28 Juillet 1922 . MON CHER CONFRERE, En revenant de son pelerinage aux Saintes, ma bonne ma lemisvotre aimable « Hom­ mage dauteur ». Jaurais voulu vous en rem~rcier de suite ; inais jetais teilement fatigue,et preparant mon depart pour Ie repos a la campagne, que je nai pu Ie {aire. Je ne Ie regrette qua moitie, parce que je puis vous dire en meme temps : Merci et Bravo ! Si votre bon souvenir me touche, vos pages. mont aussi grandement interesse. Eiles resu­ ment fort bien ce. que je savais des, Saintes ; mais de p{us e.lies mont appris bien des details que je ne connaissais qua demi. Sans vous flatter, je puis affirmer que vos pages {eront du bien aux Pelerins, que je souhctite (ie plus en plus nombreux, et qui y trouveront des excitants a leur {ervente devotion. Et done encore bravo. et merd. Tout a vous de tout creur. E. MARBOT Ancien Vicaire G~n~ral.
  6. 6. ~~~~I PREFACE Depuis quelques annees, les editions des dif­ferentes Notices sur les Saintes Maries etaientepuisees. .4. notre grand regret, nous ne pouvionssatisfaire les desirs de.~ pelerins et des touristesavldes de connaitre la vie des Salntes, lhistoirede leur eglise et de leur pelerinage. Quelques errewrs setant gliss,ees dans les ouvra­ges precedents, dont les uns contenaient parailleurs des details inumes, tandis que les autresetaient trop lncomplets, if devenail necessalre ·deproceder Ii une etude minutieuse des documentssur lesquels on pouvait sappuyer, pour faire untravail aussi consciendeux que possible. Naris auriolls voulu pour cela nous servir daneplume plus exercee que la notre, au service dwteintelligence mieux eclairee sur ces matUres. MalsIe temps pressait, et naus nous sommes mis alreuvre nous-meme, avec la seule ambition decontribuer, dans la mesure du possible, Ii faireconnaftre et Ii faire aimer nos illllsires Patronnes.
  7. 7. Nous avons puise largement dans louvrage du regrelte M. Ie chanoine Lamoureux, inUtu[.e : Les Saintes Maries de Provence, avec le regret de ne pouvoir, faute de place, reproduire certaines pieces fOllt interessantes quil donne en enlier. II en e$l de meme des documents publies par M. Reyno.ud, archiviste~adjoint du ~epartement des Bouches-du-RhOne. Nous nous sommes surtout servis du Proces­I verbal de llnvenlion et de lRlevalion des Corps( des Saintes en 1!J:48, dont nous po.~sedons lorigi­o nal. Pour la periode revolulionnaire, nous avons mis a contribution les Proces-verbaux de 1797, sur la Revelation des Reliques. Enfin, pour letude du XIX· siecle, nous avons recueilli les renseigne­ ments cons ignes par nos veneres predecesseurs dans les divers registres paroissiaux.~ Est-il necessaire de repondre iei aux objections faites par certains c.ritiques, au nom de la science historique, a nos cheres Traditions .~ur levangeu,­ salion de la Provence, par les parents et les amis du Christ? Quil nous su./lise de donner [.a liste de quelques-uns des ouvrages qui ont deja repondu assez eloquemment : Gallia Novissima, de M. Ie chanoine Albanes; de Marseille ; Monuments Ine­ dits, de M. labbe Faillon ; Les Villes Mortes du Golfe de Lyon, par Charles Lentheric ; La Tradi­ tion des Saintes Maries, par M. Reynaud ; Les Traditions Provenca1es, par M. labbe Berenger, cure de Saint-Victor, de Marseille; LEglise des
  8. 8. ., Saintes-Maries, par M.- Gautier-Descottes ; divers articles publies dans la Sem_aine Religieuse dAix, par M. Ie chanoine· Marbot ; LEvangelisation primitive de la Provence, par M. labbe Joseph Escudier, 2° edition, Lethielleux, Paris; Sainte Marie Madeleine en Provence, par M. le chanoine Joseph Berenger, 2° editiOll, 1925, Imprimerie Marseillaise ; Les Saintes-Maries-de-Ia-Mer, Re- cherches archeologiques et historiques, avec les Documents des fouilles du XV· siecle, pal Mr M. Chaillan, 1925, Tacussel, rue Paradis,54, Marseille ; La Sainte Baume, par M. le chanoine Joseph Escudiel1, 10 edition, 1925, Letouzey et Ane, Paris. Soumises Ii la contradiction et Ii la discussion, les Traditions Provencales nont rien perdu de ( leur force. II ne pouvait en etre autrement. Pour demolir leur autorite, les adversaires avaient le devoir de fownir eax-memes des documents cer- tains prouvant leur faussetc. Malgre tous leurs efforts, ils nont rcussi Ii jeter dans le debat, que des negations sans preuves. Nous restons done en legitime possession de nos venerables Traditions, qui se soutiennent dailleurs par leur nombre et I lellJrs concordances mutuelles. Cest un faisceau I assez solide pour defier les attaques de ceax que [on a appeles ironiquement les ¢ denicheurs de Saints ~. II semble bien aussi que la Science de I histoire tend Ii revenir aux vrais principes de la critique,
  9. 9. 10 et a reconnaitre flue, la Tradition des peuples est j un fondement indispensable li lhistorien soucieux de, faire une œuvre waiment consciencieuse et durable. Cest donc avec confiance que nous entrepre­ nons ce modeste travail, priant le lecteur dêtre indulgent à notre inexpérience et assez charitable pour nous signaler, le cas échéant, les erreu.rs à corriger Oll les lacunes a combler. ~
  10. 10. -~ Les Saintes-Maries LEUR ÉGLISE ET LEUR PÈLERINAGE ORSQUON descend le cours sinueux duL « Petit-Rhône ou Rhône de Saint-Gilles »,dit Charles Lenthéric (1), « on voit peu à peuc lhorizon sélargir dune manière démesu-« rée; les montagnes sabaissent et seffacent;c le pays devient désert ct la végétation« appauvrie sétiole de plus en plus à mesure« quon approche de cette mer illustre entre« toutes, et qui est encore le centre du mondec civilisé. Bientôt le courant du Rhône semblec mourir; les eaux du fleuve, celles des étangs« qui sétalent sur les deux rives et la merc elle-même paraissent se confondre en un« seul plan horizontal. La nature entière estc endormie et comme figée; les eaux ternes et (1) Les Villes Mortes du Golfe de Lyon, p. 416.
  11. 11. 12 LES SAINTES-MARIES-DE-LA-MER« mates des marais, striees par detroites« fleches de vase, setendent de tous cotes« jusqua lhorizon lointain. Partout des effets« de mirage assez confus ; et lon a peine a« distinguer si la mer et les etangs reflechis-« sent Ie cieI, au si ce nest pas plutOt Ie ciel « qui reflechit limmense lagunc. Rien nest« plus trisle et plus desole que cette surface« nue, silencieuse, dant la vegetation maladive« se reduit a quelques touffes de joncs et de« tamaris sur un sol grisatre et fangeux. Tout« a coup on voit se dresser au-dessus de Ia« plaine marecageuse un edifice etrange, aux« allures de forteresse et de cathedraIe, et« dont la masse imposante contraste avec les¢ chetives maisons groupees sans ordre, sousc la protection de ses epaisses murailles (1) ...c Cette description est peu seduisante. Et¢ cependant ce coin de terre est marque dune« empreinte sacree, et Ie temple qui protege¢ et domine ce desert est peut-etre Ie plus (1) Depuis que LentMric a ecrit cette page, desvignobles luxuriants ont, de place en place, change laphysionomie des bords du Rh(}ne. Le village lui-mtlmesest un peu modernise.
  12. 12. LEUR EGLISE ET LEUR PELERINAGE 13 c iIlustre qui soit au monde, comme il en est c un des plus oublies (1). II sest passe, en ¢ eIfet,· sur cette greve abandonnee, un evene­ « ment qui, pour la Gaule et pour une grande e: partie de lE,urope Occidentale, a marque « la limite de IAncien Monde et du Nou­ « veau (2) ~. « Cette plage », ajoute M. Ie chanoine Ville­ vieille (3), « cest la plage benie ou aborderent; « au premier siecle, les amis de Jesus, les « premiers Apotres de la Provence ; cet Mi­ « flce, moitie basilique et moitie forteresse, e: cest Ie reliquaire venere ou dorment depuis e: dix-huit siecles, les restes des Saintes Fem­ e: mes qui evangeliserent cette contree, cest e: Iantique et sur refuge ou venaient sabriter c: contre les pirates les descendants des pfltres « et des bateliers quiaccueillirent les exiles de « la Palestine ; cette petite ville, cest la ville (1 Le Moyen-age ne la pas meconnu, et de nos jours il est visite quotidiennement par les f1deles, les savants, les curieux de lEurope, et meme des deux I Ameriques. (2) Les Villes Mortes, p. 412. (3) Nos Saints, 1901. Aix. Typ. Makaire, p. 117.
  13. 13. 14 LES SAINTES-MARIES-DE-LA-MERle des Saintes-Maries, ou simplement des Sain­e tes, selon son vieux nom populaire qui a« fini par prévaloir sur le nom officiel inscrit« dans les anciennes chartes : Sainte-Marie­e de-la-Mer ~. ~
  14. 14. ­ LES SAINTES MARIES EN PALESTINE ES Saintes Femmes qui ont illustré lhum­ L ble bourgade et y attirent chaque année de nombreux pèlerins de Provence et du Languedoc, se nommaient lltlarie Jacobé et Marie Salomé, et elles étaient proches parentes de Jésus. ........... (M"AR~COBE; est appelée par le~ Evan­ gélistes, tantôt Marie de Cléophas (1), tantôt Marie mère de Jacques et de Joseph (2), ou simplement Marie de Jacques (3), doù son nom de Marie Jacobé. Il est difficile détablir avec précision son. degré de parenté avec la Sainte Vierge. Saint Jean (XIX, 25), la désigne comme la Sœur de cette dernière, et plusieurs (1) Jean XIX, 25. (2) Matth. XXVIII, 56. - Marc XV, 40. (3) Luc. XXIV, 10.
  15. 15. 16 LES SAINTES-MARIES-DE-LA-MERauteun suivent linterprétation stricte dutexte évangélique. Cest aussi le titre que luidonne le Martyrologe Romain, à la date du9 Avril. Cependant on est à peu près unanimeaujourdhui pour admettre que la Mère duSauveur fut la fille unique de Saint Joachimet de Sainte Anne, et que Marie Jacobé était,non sa sœur, mais sa belle-sœur. On sait dail­leurs qu~, chez les Hébreux, tous les parentsun peu rapprochés, même les cousins, étaientappelés frères et sœurs, la langue hébraïquemanquant de termes propres pour indiquer lesdivers rapports de parenté. Elle épousa Cléophas, appelé aussi Alphée,frère de Saint Joseph. De cette union naqui­rent quatre fils Jacques, Jude ou Thaddée,Joseph ou José, Siméon ou Simon, et plusieursfilles. Jacques et Jude furent élevés à ladignité de lApostolat ; Joseph et Siméon nefurent que disciples du Sauveur. Il nous fautdire un mot de chacun deux. SAINT-JACQUES le Mineur, à qui Saint Pauldonne le titre de frère du Seigneur (1), fut (1) Ep. ad GaIaL, 1. 19.
  16. 16. LEUR ÉGLISE ET LEUR PÈLERINAGE 17 appelé à lApostolat en même temps que son frère Jude ou Thaddée. Le Sauveur, après sa résurrection, le favorisa dune apparition par­ ticulière (1). Nous apprenons de Saint Jérôme et de Saint Epiphane quau moment de remon­ ter au Ciel, il lui recommanda lEglise de Jérusalem, et quen conséquence les autres Apôtres létablirent Evêque de cette ville au moment de leur dispersion. Son éminente sainteté lui mérita de la part des Juifs eux­ mêmes le surnom de Juste. La vénération du peuple à légard de lApôtre rendait furieux les membres du Sanhédrin, et surtout le Grand­ Prêtre Anne ou Ananias. Profitant de linter­ règne qui suivit la mort du gouverneur romain Festus, ils semparèrent de lEvêque de Jéru­ salem et le précipitèrent du haut dun portique du Temple. Pendant que, les jambes brisées, il priait pour ses persécuteurs, le maillet dun foulon sabattant sur sa tête mit fin à sa prière et consomma son martyre. Il était âgé de1 96 ans, daprès le Bréviaire Romain. Les chrétiens lui donnèrent la sépulture à lendroit (1)1 Cor., XV, 7.
  17. 17. 18 LES SAINTES-MARIES-DE-LA-MER même où il avait reçu le coup fatal. Plus tard, vers le VI" siècle, son corps fut transporté à Rome et enseveli, avec celui de Saint Philippe, dans la Basilique des Douze Apôtres. Il est lauteur dune des sept Epîtres Catholiques. Les Grecs célèbrent sa fête le 23 Octobre, lEglise Romaine, le l or Mai. SAINT JUDE, deuxième fils de Marie Jacobé,.est appelé par Saint Luc Judas Jacobi (frère de Jacques le Mineur) et par Saint Mathieu rhadée (homme de cœur). Saint Jérôme lui attribue un troisième nom,Lebbée, qui a la même signification que Thaddée. Il prêcha dabord lEvangile en Mésopotamie. Il se ren­ dit ensuite en Perse avec lApôtre Simon le Chananéen, où ils convertirent un grand nom­ bre dhabitants de cette contrée et terminèrent leur vie par le martyre. Sa fête se célèbre le 28 Octobre. Nous avons de lui une Epître adressée à toutes les Eglises dOrient.- JOSEPH, troisième fils de Marie Jacobé, était un des 72 disciples : un des plus anciens et des plus vertueux, puisque cest parmi ceux-là que Saint Pierre, après lAscension du Sau­
  18. 18. LEUR tGLISE ET LEUR PÈLERINAGE 19 veur, proposa au Collège Apostolique de choi­ sir celui qui devait remplacer le traître Judas. Deux noms furent présentés, celui de Mathias et celui de Joseph dit Barsabas (1). Tous les deux étant également recommandables, lAs­ semblée laissa le sort décider de lélection. Le sort se prononça en faveur de Mathias qui fut associé aux onze Apôtres. Lhumilité de Joseph,nen fut pas offusquée. Il continua à prêcher lEvangile à plusieurs nations, confirmant par des prodiges la doctrine quil annonçait. Eusèbe rapporte quil but du poison sans quil en ressentit aucun mal. Il fut surnommé le Juste, à cause de sa piété extraordinaire. Le Martyrologe Romain fait son éloge à la date du 20 Juillet et laisse entendre quil a donné sa vie pour la foi de Jésus-Christ., SIMtON ou Simon est le quatrième fils deMarie Jacobé. Lan 62, il succéda comme Evê­que de Jérusalem à Saint Jacques le Mineur,son frère, que les Juifs venaient de massacrer.Peu avant le siège de la Ville Sainte par les (1) Fils de Sabas, probablement parce que son, pèreCléophas sappelait aussi Sabas, disent les commenta­teurs du « Livrê des Actes ».
  19. 19. 20 . LES SAINTES-MARIES-DE-LA-MERRomains, Siméon se retira avec ses chrétiensà Pella, petite ville située au delà du Jourdain.De retour à Jérusalem, il échappa aux persé­cutions de Vespasien et de Domitien. Mais sousTrajan, vers lan 110 (1), il fut soumis aux.plus cruels supplices, puis crucifié comme sonMaître le Sauveur Jésus. Il était âgé de120 ans. Sa fête se célèbre le 18 Février. Outre ces quatre fils, vénérables entre tous,Marie Jacobé fut mère de plusieurs filles,daprès la tradition. Lainée de ces filles, pro­bablement aussi rainée de toute la famille,était-elle cette Salomé, quon a longtempsconsidérée comme sa sœur, et qui fut toujourssa compagne assidue, aussi dévouée quelle àla personne du Sauveur ? Il est loisible de lecroire, quoique rien ne permette de laffirmer. --_CSALOMË) à qui la tradition de Provence ..donne aussi le nom de MARIE, était la femmede Zébédée, pêcheur de Bethsaïde, sur les bords du lac de Tibériade. LEvangile lanomme, tantôt simplement Salomé (2), tantôtla Mère des fils de" Zébédée (3). (1) Fouard, Saint-Jean, ch. 2, p. 26. (2) Marc, XV, 40. (3) Matthieu, xX, 20 ; XXVIII, 66.
  20. 20. LEUR ÉGLJSE ET LEUR PÈLERINAGE 21 Salomé et Zébédée eurent en effet deux fils, Jacques et Jean, appelés par Jésus à lAposto­ lat le même jour quAndré et Simon Pierre. Au premier appel de Jésus, Jacques et Jean aban­ donnent tout, même leur père, pour suivre le DiviJ:.1 Maître. Ames ardentes et généreuses, Jésus les nomma lui-même « Boanergès ~ ou les c Fils du tonnerre :& (l). Cependant leur dévouement paraît bien navoir pas été tout dabord absolument désintéressé. Ils se servi­ rent de leur mère Salomé pour demander au Sauveur lhonneur doccuper les premières places dans son royaume. Doucement Jésus leur fit comprendre linconvenance de leur demande (2). Jacques et Jean nen demeurèrent pas moins les privilégié» de Jésus. Ils furent les témoins de la Transfiguration sur le mont Thabor, puis de lAgonie du Sauveur au jardin de Gethsé­ 1 mani ; privilège quils ne partagèrent quavec Simon Pierre, le Chef futur de lEglise.1 -::. JACQUES, que lon a surnommé le Majeur, (1) Marc, III, 17. (2) Matthieu, XX, 20-27.
  21. 21. 22 LES SAINTES-?ofARIES-DE-LA-MER pour le distinguer de lautre Jacques, fils de Cleophas, qui ne futappele quaprès lui à lApostolat et à la gloire du Martyre, évangé­ Jisa la Judée, la Samarie et les provinces voi­ sines. LEspagne se glorifie également davoir reçu de lui la prédication de lEvangile. Revenu à Jérusalem, vers lan 42, il eut lhonneur davoir la tête tranchée par ordre dHérode Agrippa, quelques jours avant la fête de Pâques. Plus tard, son corps fut transporté en Espagne et inhumé à Iria-Flavia. sur les frontières de Galice, le 25 juillet, jour où lEglise célèbre sa fête. Au IX"· siècle, ses reliques furent transférées à Compostelle, qui devint le siège épiscopal précédemment établi à Iria-Flavia..z - SAINT JEAN, le disciple bien-aimé, qui dans la dernière Cène reposa sa tête sur la poitrine du Sauveur, fut le seul des Apôtres qui suivit Jesus-Christ jusquau Calvaire. Du haut de la Croix, Jésus lui confia sa Sainte Mère, qui vécut longtemps avec lui à Ephèse et à Jéru­ 1 salem. Il fonda plusieurs Eglises en Asie. Lan 95, pendant la persécution de Domitien, il fut arrêté et conduit à Rome, OÙ, devant la
  22. 22. LEUR ÉGLISE ET LEUR PÈLERlNAGE 23 Porte Latine, après le supplice de la flagella­, tion, on le plongea dans une chaudière remplie dhuile bouillante. Protégé par la puissance divine, il sortit de cette épreuve plus vigoureux que jamais. Relégué ensuite dans lîle de Pathmos, il y écrivit le livre de lApocalypse. Délivré un an après, il revint à Ephèse, où il mourut, lan 100 de Jésus-Christ. après avoir écrit son Evangile. Nous avons aussi de lui trois EpUres canonique~. -i:. ** La gloire de Marie Jacobéet de Marie Salomé ne vient pas seulement de leur parenté avec Notre-Seigneur et sa Mère, ainsi que de lillustration de leurs enfants. Leur vrai mérite est bien plutôt dans leur fidélité à suivre le Sauveur : dabord pendant sa vie, au cours de ~es voyages apostoliques, lui prodiguant les soins dun dévouement sans limites ; ensuite et surtout à lheure de lépreuve suprême, quand les Apôtres eux-mêmes, excepté Saint
  23. 23. ~:" "", ......... 24 LES SAINTES-MARIES-DE-LA-MER Jean, lavaient abandonné. Saint Marc (1) et Saint Matthieu (2) nous apprennent quavec Marie Madeleine, ellès faisaient partie de ce groupe nombreux de Saintes Femmes qui sui­ vaient Notre-Seigneur et lassistaient de leurs biens (3), et qui étaient venues avec lui de Galilée. Les mêmes Evangélistes nous les montrent au pied de la Croix près de sa Sainte Mère, puis au Sépulcre attentives à tout ce qui se passait pour lensevelissement du Corps de Jésus. Lapproche du Sabat navait pas permis à Joseph dArimathie et à Nicodème de procéder à lembaumement du Corps. Les Saintes Fem ­ mes sen étaient rendu compte. Elles laissèrent passer le jour du repos sacré, et le soir venu elles achetèrent des parfums. Aux premières lueurs du jour elles se rendirent au Sépulcre, se demandant lune à Jautre qui pourrait leur aider à enlever la pierre qui fermait lentrée du tombeau. Tout à coup la terre trembla, et quand, revenues de leur frayeur, elles sappro ­ (1) Marc XV, 40. 41. (2) Matthieu, XXVIII, 55. 66. (3) Luc, VIII, S.
  24. 24. LEUR ÉGLISE ET LEUR PÈLERINAGE 25chèrent du Sépulcre, la pierre était enlevéeet le Corps avait disparu. Un ange éclatant deblancheur leur annonça que Jésus était res­suscité, et leur donna lordre daller porter lanouvelle aux disciples. Tandis quelles se diri­geaient vers la ville, Jésus lui-même se montraà elles : « Salut ! leur dit-il, ne craignez rien,« allez dire à mes frères quils aillent en« Galilée, cest là quils me verront ». Le..: Saintes Ma~~s durent être présentesaux diverses apparitions du Sauveur à sesdisciples, pendant les quarante jours qui sui­virent sa résurrection. Elles assistèrent certai­nement à son Ascension glorieuse : car leLivre des Actes des Apôtres, après avoirraconté cet événement, ajoute que les disciplesrevinrent de la montagne des Oliviers à Jéru­salem et quils se rendirent au Cénacle, où ilspersévéraient dans la prière avec les SaintesFemmes, Marie la Mère de Jésus et ses frères.Cest là que, le jour de la Pentecôte, tous reçu­rent le Saint-Esprit sous forme de langues defeu. Désormais les Livres du Nouveau Testa­ment ne font plus mention des SaintesFemmes.
  25. 25. ~-~ LES SAINTE S MARIES EN PROVENCE OMBIEN de temps Marie Jacobé et MarieC , Salomé restèrent-elles à Jérusalem aprèsla Pentecôte? Selon toute vraisemblance, leurséjour en Palestine ne dura pas moins de 9 ansni plus de 15. La Tradition de Provence nous.apprend, en effet, que les Saintes Mariesapportèrent avec elles diverses reliques, entreautres la tête de Saint Jacques le Majeur (1):Dautre part, les Actes du Martyre de SaintAlexandre de Brescia, disent que ce Saint vintà Marseille la neuvième année du règnede lEmpereur Claude (2), cest-à-dire vers (1) Daprès labbé C. Fouard (Saint Pierre et lespremières allnées du Christianisme, Appendice, pp. 471ù- 475), le martyre de Saint .Jacques, sous Hérodl..Agrippa, eut lieu li la Pâque de lan 42. (2) Cette date est rapportée par Orose, daprès Fla-vius Josèphe. Voir Le.s Sailltes Maries de Provence, parM. le chanoine Lamoureux, note de la page 27.
  26. 26. 28 LES SAINTES-MARIES-DE-LA-MER lan 49 ; quil vit dans cette ville le bien­ heureux Lazare, et quétant venu à Aix, il y rencontra également Saint Maximin (1). Cest donc entre les années 42 et 49 quil faut placer les événements que nous allons raconter et qui nous sont connus par la tradition. La mort tragique dHérode Agrippa (an 44) avait remis directement la Judée sous lauto­ rité des Empereurs Romains. Pendant un cer­ tain temps, les Juifs de Jérusalem nosèrent point persécuter les disciples de Jésus, crai­ gnant de sattirer la vengeance de Rome, qui veillait avant tout au maintien de lordre public. Mais la haine des Juifs contre les Chrétiens, dont le nombre saccroissait chaque jour, ne pouvait supporter longtemps un pareilf défi porté à leurs prétentions danéantir ce qui restait encore de lancien entourage du Sau­ veur. Dans un de leurs accès de fureur, voyant peut-être faiblir un moment lautorité du pro­1 cureur de lEmpereur Claude, ils résolurent de se débarrasser de ceux quils considéraient comme les chefs les plus influents de la nou­ (1) Voir lAppendice J. à la fin du volume.
  27. 27. LEUR ÉGLISE ET LEUR PÈLERINAGE 29 "elle religion. Pour le moment ils sabstinrent . de sattaquer à la personne de Jacques le Mineur, qui jouissait de lestime et de la véné ­ ration générales. Parmi les témoins les plus gêna~~s d.e la vie - ­ d~.~T~sus setr<)Uvai~nt L,azare l~su~et ses deu:;.. sœurs Marthe et Marie Madeleine, .. - ---. . Marie Jacobé et .,. Marie Salomé, les disciples ~ --" Maximin. et Sidoine laveugle de naissance .......... ". guéri par Notre-Seigneur, et quelques autres que diverses Eglises des Gaules se glorifient ~. davoir eus pour Apôtres et premiers Pasteurs. - - -_.-­ Il faut y ajouter, daprès la tradition, Marcelle, - servante de M_a~~e .et de. Marie Madeleine, - - ainsi que Sara, servante des Saintes. Maries . Jacobé et Salomé, que la piété des pèlerins, surtout des Bohémiens, ne sépare pas de ses augustes maîtresses. Les mettre à mort eût été trop compromet­ tant. On se contenta de les embarquer sur un petit navire sans voile, sans rames, sans pilote,r J s ans provisions de bouche, et de les exposer ainsi, soit à un naufrage certain, soit à la mort angoissante de la faim. Une pieuse légende ajoute que Sara avait été laissée sur la plage
  28. 28. 30 LES SAINTES-MARIES-DE-LA-MERau moment de lembarquement. Désolée de seséparer de ses maîtresses, elle les supplie dene pas labandonner. Salomé lui jette son man­teau, et lhumble servante sen sert commedun radeau pour atteindre la barque et yprendre place parmi les exilés. La Providence veille sur les serviteurs deDieu, qui voulait se servir deux pour porterla foi à des contrées lointaines. Après bien desvicissitudes, la barque vient échouer sur lescôtes de Provence, dans lîle de Camargueformée par les embouchures du Rhône (1).Cest là que va être plantée la première Croix,là que va être célébrée la première Messe surla terre des Gaules. Cest de là que va partirlétincelle qui portera la lumière de lEvangileà la Provence (les deux Narbonnaises) dabord,ensuite au reste de la France. Cest là que lespeuples reconnaissants viendront remercier lesSaintes et retremper leur foi à la source même (1) Voir lAppendice II, à la fin du volume; etF. Rllynaud, La Tradition des Saintes Maries, Appen­àice III. pp. 95 et 96.
  29. 29. LEUR ÉGLISE ET LEUR PÈLERINAGE 31doù elle a jailli, comme le chante le poètearlésien Meste Eisseto : De lcn aut de vosti toune Vesès courre Tout lou Miejour Catouli ; Es lantico fe de Franço Que savanço Vers lou Brès ounte aspeli (1). Dès quils ont mis le pied sur cette terrehospitalière, la première pensée des exilés estde remercier le Ciel de la protection miracu­leuse dont ils ont été lobjet. Un autel en terrepétrie est élevé par leurs soins sur la plage, et Saint Maximin avec les autres disciples y célè­bre les saints Mystères. Lexistence de cet autelest mentionnée par Gervais de Tilbury, Maré­chal du royaume dArles (2), et par Durand,Evêque de Mende (3). On le retrouva en 1448, (1) « Du sommet de vos tours - Vous voyez accou­rir - Tout le Midi catholique; - Cest lantique foid~!!l<.e _. Qui savance - Vers le bercéiïu où eIlêest éclose ». (2) De Otio lmperiali, 1212. livre II, De divisioneOrbis et provinciarum. (3) Ralionale dilinorum Officiorum, fin du XIII siè­cle.
  30. 30. 32 LES SAINTES-MARIES-DE-LA-MERlors des fouilles opérées, par ordre du roiRené, pour rechercher les corps des Sainteseachés pendant les invasions des Sarrasins. En même temps jaillit miraculeusement unesource deau douce, comme pour inviter lesSaintes Maries à fixer leur demeure en ce lieu. Les Saints proscrits se séparent bientôt,après avoir construit et dédié à la Mère deDieu un modeste Oratoire, qui fut probable­ment le premier temple chrétien élevé sur laterre des Gaules. Sainte Marthe va évangéliserla région de Tarascon et Avignon. Lazare,Marie Madeleine, Maximin et Sidoine prennentla route de Marseille, probablement par voie demer : car, selon une antique tradition, ilsfirent escale à lest du Cap Couronne, à unendroit nommé Sainte-Terre, où se trouve unevénérable Chapelle dédiée à la Sainte Croix. De Marseille, Maximin et Sidoine montent àAix, où ils établissent le siège épiscopal quilsoccupent lun après lautre. Madeleine restequelque temps à Marseille avec son frèreLazare, qui devient le premier Evêque de cetteville et qui y meurt martyr. Elle va ensuite
  31. 31. LEUR ÉGLISE ET LEUR PÈLERINA(XE 33rejoindre Maximin et Sidoine, dont elle par-tage l Apos~olat, puis se retire au désert, oùelle vit les trente dernières années de sa viedans une grotte connue depuis sous le nom deSainte-Baume. Quant à Marie Jacobé et Marie Salomé, ellesfixèrent leur résidence, avec Sara leur ser-vante, à côté du petit oratoire. Mais leur zèlepour la propagation de lEvangile ne pouvaitrester inactif. Les bords de la mer et desétangs étaient habités par des pêcheurs, lesautres parties de la Camargue par des cultiva-teurs et des bergers. Aux uns et aux autreselles firent connaître Jésus-Christ et sa doc-trine. En reconnaissance, les habitants de lîlepourvoyaient à leurs besoins matériels, commeelles avaient fait elles-mêmes à légard deNotre-Seigneur. A peu près à la même époque, Saint Pierreavait envoyé de Rome en Gaule sept Evêquespour y prêcher la foi en Jésus-Christ.Cétaient : Trophime, disciple de Saint Paul,qui fixa sa résidence à Arles ; Paul à Nar-~onne ; Martial à, Limoges ; Austremoine à
  32. 32. 34 LES SAINTES-MARIES-DE-LA-MERClermont ; Gatien, li. Tours ; Saturnin, àToulouse ; Valère, à Trèves. La Tradition nous rapporte que Saint Tro­phime, quand il parcourait lile de la Camar­gue, ne manqua.it pas de venir visiter lesSaintes Femmes quil avait connues en Judée
  33. 33. LEUR ÉGLISE ET LEUR PÈLERINAGE 35et de leur procurer le bonheur de recevoir laSainte Eucharistie. Lorsque, après une vie de labeurs, de prièreset de pénitences, les Saintes Maries apprirentque leur fin approchait, elles firent prévenirlEvêque dArles. Celui-ci accourut, les nourritune dernière fois du pain céleste, reçut leurdernier soupir et leur procura, avec laide deschrétiens quelles avaient évangélisés, les hon­neurs de la sépulture. Selon la tradition, MarieJacobé mourut la première. Quelque tempsaprès, Marie Salomé alla la rejoindre au Ciel.Sara ne tarda pas non plus à recevoir, par unesainte mort, la récompense de sa foi et de sondévouement. Les habitants de lîle se firent un devoir devisiter leurs tombeaux, les yeux remplis delarmes et se recommandant aux prières decelles que désormais ils considéraient commeleurs patronnes et leurs avocates auprès deDieu. ~
  34. 34. ~~~~ LE CULTE DES SAINTES MARIES ORIGINE DES PÈLERINAGES UTOUR des tombeaux des Saintes peu à peuA des habitations se construisirent. Les·miracles qui sy opéraient commencèrent àattirer les foules qui voulaient vénérer leursreliques et se mettre sous leur protection. La rapidité avec laquelle se répandit endehors de lîle le culte des Saintes Maries pour­rait sexpliquer par lexistence en ce lieu duntemple païen dont quelques restes ont étéconservés. Un autel de 1 25 de haut sur DI<} 75 de large se voit dans la crypte de DIléglise ; des colonnes ont été utilisées pour hldécoration de ,labside ; deux chapiteaux enmarbre blanc, qui sont recueillis au presbytère,représentent les danses pratiquées probable­ ment autour du temple, les jours de fête..P lusieurs ont pensé que ce temple était dédié
  35. 35. 38 LES SAINTES-MARIES-DE-LA-MERau dieu Mithra. Daprès Strabon (1), les Mar­seillais firent bâtir un temple à DianedEphèse, sur un terrain auquel les bouches duRhône donnent la forme dune tIe. Quelle quesoit la divinité à laquelle ce temple avait étédédié, les peuples de toute la contrée devaientsy rendre à c.ertains jours de fête. Devenuschrétiens par les prédications des Saintes, letemple fut abandonné par eux : le petit ora­toire, surtout quand les corps des Saintes yfurent ensevelis, devint tout naturellementlobjet de leur pèlerinage, comme lavait étéprécédemment le temple païen. Parmi les pèlerins se trouvaient aussi destribus de nomades appelés bohémiens, tziga­nes, caraques, qui nont jamais cessé de veniraux Saintes-Maries pour la. fête du 25 Mai.Sans négliger, bien au contraire, les deux Saintes Maries Jacobé iet Salomé, ils rendent un culte spécial à Sainte Sara, quils invoquent comme leur patronne. Leur religion assezfruste et peu éclairée aurait conservé, dit-on, certains rites dorigine païenne, quils inter­ (1) Strabon. Géogr., Uv. IV. - Voir lAppendice III.A la fin du volume.
  36. 36. LEUR ÉGLISE ET LEUR PÈLERINAGE 39rompent dès quun profane vient se mêler àeux. Le culte des Saintes Maries allait toujoursgrandissant. Vers le IV siècle on éprouva lebesoin de remplacer loratoire primitif par unédifice plus vaste, quoique encore de modesteapparence. Comme loratoire, léglise futdédi~e à la Sainte Vierge et sappela Sane/a­MariC:L-de-Ratis, que lon a traduit par Sainte­Marie-de-la-Barque. En 512, Saint Césaire, Evêque dArles, avaitfondé dans cette ville, sous le vocable de SaintJean, un monastère de Religieuses, dont ilconfia la direction à sa sœur Sainte Césarie.Quelques années plus tard, il envoya un petitgroupe de ces Religieuses aux Saintes-Maries,pour être les gardiennes de léglise et du tom­beau. Dans son testament, il lègue à labbayedes Religieuses dArles la terre forestière,agellum sylvanum, dont un copiste a préciséla situation: ln quo sita est eeelesia Sanctœ­Mariœ-de-Ratis. Du VIII" au X siècle, les Sarrasins envahi­rent et dévastèrent le Midi de la France.
  37. 37. 40 LES SAlNTES-MARIES-DE-LA-MERLAquitaine, le Languedoc et la Provenceeurent particulièrement à souffrir de leur bar­barie. Battus par Charles Martel à Tours età Poitiers (737), puis en Provence (739), ilsrevinrent au temps de Charlemagne qui leurinfligea de sanglantes défaites. Ils ne furentdéfinitivement chassés de Provence quà la findu X· siècle. Venant dEspagne, ils se divi­saient en plusieurs bandes, dont les unes tra­versaient les Pyrénées, les autres arrivaientpar mer et remontaient le cours du Rhône. LaCamargue devait naturellement recevoir lepremier choc. Aussi les habitants des ,Saintes­Maries sempressèrent, à lapproche des bar­bares, de mettre en sûreté les Reliques deleurs Patronnes, qui étaient leur trésor le plusprécieux. Et pendant plusieurs siècles aucun signe extérieur ne put faire connaitre lendroit où les saints Corps étaient cachés. ~
  38. 38. ~- LÉGLISE DES SAINTES MARIES fallait se défendre contre les invasions et LI abriter en même temps les précieuses Reli­ques. On trouva tout naturel de construire unenouvelle église et de lui donner les caractèresdune forteresse. Ses murailles épaisses, sescréneaux, ses mâchicoulis, son chemin deronde serviraient à la défense, .tandis que lasource deau douce fournirait aux diversbesoins des assiégés.
  39. 39. 42. LES SAINTES-MARIES-DE-LA-MER Les documents contemporains font défautpour assigner une date précise à cette merveil·leuse construction. On en est réduit auxconjectures. D~près la Statistique du Dépar­tement des Bouches-du-Rhône (1), la fondationde lEglise des Saintes-Maries eut lieu aprèslan 981, lorsque Guillaume le., victorieux desSarrasins, vint fixer sa résidence à Arles, où·Conrad le., roi de Bourgogne, lui laissa exercerlibrement lautorité souveraine. - CharlesLenormand (2) et larchitecte Revoil (3) sontdu même sentiment. - M. Reynaud, Archi­viste-adjoint du Département des Bouches-du­Rhône (4), estime que léglise était achevéevers la fin du règne du comte Bertrand, et queles auteurs en sont Geoffroy (1018-1063) etBertrand son fils (1063-1092). M. Ach. Gautier-Descottes (5), croit queléglise a été construite en même temps queles églises de Maguelonne, de Frontignan, de (1) Tom. II, p. 1128. (2) Beaux-Arts et Voyages, tom. II, pp. 53 et suiv. (3) LArchitecture romane du Midi de la Gaule. (4) La Tradition des Saintes Maries, pp. 12, 91-94. (5) LEglise des Saintes-Maries, pp. 4-18.
  40. 40. LEUR ÉGLISE ET LEUR PÈLElUNAGE 43 et que dautres temples-citadelles, élevéspour la défense de nos côtes contre les Sarra­siq.s, les Arag~mais et les Catalans, qui infes­tèrent successivement le Golfe du Lion. Il sedemande si les chapiteaux de labside nontpas été mis en place postérieurement, cest-à­dire au temps de la construction du cloître deSaint-Trophime dArles. Si lon considère laforme ou le mode de construction, poursuit-il,on se trouverait en présence de la nef romaneayant succédé, avec ses trois travées ordinai­ res (les autres ayant été ajoutées postérieure­ ment) à lancienne basilique romaine. Voilà pour lintérieur. Quant à lextérieur. lEglise des Saintes-Maries a surtout le caractère dun ouvrage militaire du VIII" siècle. Historique­ mcn,t, en tenant compte des motifs particuliers et des intérêts politiques qui ont pu imposer à larchitecte certaines conditions spéciales, on ne peut raisOJ;mablement assigner à cette construction quune date contemporaine des invasions sarrasines, cest-à-dire de ï35, épo­ que de la première invasion, jusquen. 980, époque où Guillaume le., et son fils Guil­ laume II, petit-fils de Bozon deuxième du nom,
  41. 41. 44 LES SAINTES-MARIES-DE-LA-MER écrasèrent les Sarrasins· dans leur dernier repaire de La Garde-Freynet. Postérieurementrien naurait motivé lélévation dédifices aussiconsidérables et dappareil aussi militaire.M. Gautier-Descottes pense que lidée premièrede la construction de lEglise-Citadelle date delan 812, sous le pontificat de lArchevêque.Jean II, ami de Charlemagne. Il conclut que cenest ni à lEmpereur, ni aux Rois, ni. aux.Comtes de Provence que cette construction estdue, mais aux Archevêques dArles, défenseursdu pays, en cette période où lautorité civilemanquait souvent de stabilité. LEglise deNotre-Dame-de-la-Mer, commencée par Jean II.continuée par Nothon (819-850), aurait étéachevée et fortifiée par Rotland (850-869), versle milieu du IX siècle. Cest probablement au cours dune de sesvisites faites pour surveiller les travaux dedéfense de Notre-Dame-de-Ia-Mer et de laCamargue, que lArchevêque Rotland fu t sur­pris par les Sarrasins avec son escorte sur lesbords du Vaccarès. Ses hommes furent massa­crés au nombre de 300, et lui-même fut faitprisonnier et soumis aux plus mauvais traite­
  42. 42. LEUR ÉGLISE ET LEUR PÈLERINAGE 45 ents. Informés du désastre, les gouverneurs la ville dArles envoyèrent une députation p ur traiter de la rançon de leur Pasteur. Ils a ordèrent tout ce quon exigea : 150 livres d lgent, 150 manteaux, 150 épées, 150 escla- ve Pendant quon négociait ~a délivrance, lA chevêque succomba aux mauvais traite- ments quil avait subis (18 Septembre 869).Le·s Sarrasins, craignant de perdre la rançonconvenue, avertirent les Arlésiens de la verseren toute hâte, parce quils allaient quitter laCamargue. Au jour fixé, ils vêtirent Rotlandde son costume dEvêque, et layant mis surun siège, le déposèrent sur la rive avec desmarques dun grand respect. Les Arlésiens,croyant leur Archevêque vivant, payèrent larançon. Mais quand ils sapprochèrent de luipour le ramener, ils saperçurent que ce nétaitquun cadavre. Consternés, ils lemportèrent àArles, et lensevelirent avec honneur dansléglise de Saint-Honorat. Quelle que soit dailleurs la date ex.acte dela construction de lEglise-Citadelle, il est unpoint sur lequel il nous paraît impossible dedire, avec la plupart des auteurs insuffisam~
  43. 43. 46 LES SAINTES-MARIES-DE-LA-MERment informés, quelle a été élevée sur leruines de léglise précédente. On ne sexpliqu d ­rait· pas, en effet, lexistence, au XV· Siè~dune chapelle ,assez allongée, fermée en av tpar un portail de fer à claire-voie (cledassi ),et sur les trois autres côtés par des murs depierre de taille. Cette chapelle occupait le n­tre de léglise, entre la nef et le chœur ; pouraller de la nef au chœur, il fallait passer parles couloirs sitoés entre les murs de la chapelleet ceux de léglise (1). Il nest pas admissibleque cette chapelle ait été construite en mêmetemps que léglise, ou postérieurement, defaçon à masquer aux fidèles se trouvant dansla nef la yue des cérémonies du culte célébréesdans le chœur. Pour nous, cette chapellenétait pas autre chose que lEglise existant déjà du temps de Saint Césaire, au VI" siècle. Par là on sexplique facilement pourquoi le niveau de toute lEglise était sensiblement le même que le niveau actuel de la crypte. En conservant pieusement le vieil édifice, on ne pouvait faire autrement que détabli~ le pavé (1) Procès-verbal de lInvention des Reliques, en1448.
  44. 44. LEUR ÉGLISE ET LEUR PÈLEIUNAGE 47d la nouvelle Eglise en contre-bas ùes terrainsen ·ronnants, qui avaient été surélevés pen­da t plusieurs siècles par les inondations duRh e, dont une branche, le Rhône de Saint­Fer éol, passait tout à côté de la petite Villede 1 Mer. Pe dant les invasions, les religieuses pré­posée. à la garde du tombeau et de lEglise desuaintes, avaient dù abandonner le pays.En 992, le Comte Guillaume 1er restitua aumonastère de Saint-Césaire 1 lEglise et sesdépendances (1). Cette possession ne fut pasde longue durée. En 1061, lArchevêque Raimbaud donna aut::hapitre dArles lEglise de Notre-Dame deRatis « en vue dobtenir le salut pour lui, pourson frère Foulques et pour leur père et mère».Il menace danathème ceux qui voudraientsopposer à leffet de cette donation (2). (1) POllti{icium Arelatense, in-4°, 1629. Ex archivisVirginum S. Cœsarii Arelatensis. (2) Archives Départementales des Bouches-du:Rhône;Répertoire général de tous les titres et documents,Archevêché dArles, fol. 6; Livre Noir de lArchev.,fol. 49 ; Faillon, Monuments inédits, tome II,.col. 609.
  45. 45. 48 LES SAINTES-MARIES-DE-LA-MER Vers 1075, le comte Bertrand cède au CIa­ pitre dArles tous ses droits sur lEglise/de. Notre-Dame de Ratis (1). Vers 1080, Aicard, Archevêque d donne, conjointement avec son Ch;itre, lEglise de Notre-Dame de Ratis à lAbba e de Montmajour .c moyennant une redeva e de 300 sous melgoriens à chaque fête de la Tous­ saint, deux cierges de bonne cire à lanniver­ saire de la Consécration de lEglise, deux autres le jour de lAssomption, titulaire de lEglise, et avec lobligation de tenir deux desservants aux Saintes-Maries~ (2). - Cette donation fut confirmée par les Papes Pascal II (1114), Gélase II (1119), Calixte II (1123), Eugène III (1152) et Innocent III (1204). Les moines de Montmajour conservèrent la possession de lEglise jusquà la suppression de lAbbaye, en 1786. (l) Paillon. t. II, col. 611 ; Authentique du Chapitre dATles, fol. 126 ; Histoire des Comtes de Provence, par Antoine de Rum~ p. 62. (2) Archives de Montmajour, ancien N° 1746.
  46. 46. LEUR ÉGLISE ET LEUR PÈLERINAGE 49 Au commencement du XII" siècle, le titre deS~cta-Maria de Ratis, tombé en désuétude,1u remplacé par celui de Sancla-Maria de Mari(S nte-Marie-de-Ia-Mer), seul employé désor-·-ma s dans les Actes officiels. . ~
  47. 47. ç- CULTE DES SAINTES MARIES AU MOYEN-AGE AUTEUR de lHistoire de Sainte MarieL Jacobé et de Sainte Marie Salomé (1) rap­porte à lan 1315 létablissement de la Confré­rie des Saintes-Maries. La première mentionqui en est faite dans les Actes date delannée 1338 (2). Mais dès ce moment, dit M. Reynaud (3), onla voit puissamment installée; elle occupe uneplace si importante dans les affaires de laCommune, quon serait tenté, nétait soncaractère éminemment religieux, de la com­parer aux Confréries du Saint-Esprit, qui,dans les plus grands centres, jouèrent un rôle si considérable. Cette Confrérie a eu en quel­ (l) Par un prêtre du Clergé, 1750. (2) Archives. des Saintes-Maries, Charte nO 38, du29 Nov. 1338. (3) La Tradition des Saintes Maries, pp. 23 et suiv.
  48. 48. 52 LES SAINTES-MARIES-DE-LA-MERque sorte un caractère public : cest laConfrérie de la Ville (confratria ville), paropposition aux Confréries de N.-S.-J.-C. ou delAscension, de Saint-Antoine ou de Saint.,Claude. Les deux sexes sont admis à en fairepartie, et on compte parmi ses membres lesplus riches habitants de la ville, qui nontgarde de loublier dans leur testament... Aussicette confrérie avait-elle des propriété_s, et laCommune parait avoir fait à sa caisse, à lafin du XIV siècle ou au commencementdu XV, un emprunt dont elle se libérait pardes paiements partiels. Peu à peu senrôlèrent dans la Confrérie denombreux pèlerins étrangers à la Commune.Plusieurs Indulgences furent accordées par lesSouverains Pontifes aux membres de laConfrérie, notamment par Benoit XJV dansune Bulle adressée, le 17 Février 1743, àlArchevêque dArles. Au début du XIV siècle, les 3.000 habitantsde l~ Ville étaient administrés par troisconsuls, assistés dun Conseil où les trois clas­ses de citoyens, divites, mediocres, pallperes,
  49. 49. lIj 1 LEUR tGLISE ET LEUR PÈLERINAGE 53· étaient représentées. Laffluence des pèlerins les enrichissaient. Les Princes les comblaientde privilèges : danciennes ordonnances fontdéfense aux collecteurs dimI>ôts de saisir lesvaleurs, les armes, les meubles, le bétail deshabitants ; Raymond Bérenger V accorde auxConsuls lexemption de la gabelle, permet auxhabitants dentourer la ville de murailles et deprendre du bois de construction dans la forêtde la Pinède ; le roi Robert, en 1332, les dis­pense de tout service militaire, toutes les foisque les armements seront composés de moins Jde dix galères ; la reine Jeanne et les rois deFrance eux-mêmes témoignent hautement delintérêt .quils portent aux habitants desSaintes-Maries. Au nombre des pèlerins illustres on trouve,en 1332, Pierre de Nantes, Evêque de Saint­Pol-de-Léon, en Bretagne. Atteint de la goutteet privé depuis longtemps de lusage de sesmembres, il implore la protection de la SainteVierge et des Saintes Maries, et fait vœu dallervisiter leur Eglise, sil obtient sa guérison.Lhymne quil composa en vers latins exprimela simplicité et la vivacité de sa foi et de sa
  50. 50. 54 LES SAINTES-MARIES-DE-LA-MERpiété. Lhymne achevé, lEvêque sendort dunprofond sommeil, pendant lequel les Sainteslui apparaissent faisant des onctions sur sesmembres souffrants, et lassurant de sa guéri­son. A son réveil il est en effet guéri. Il partbientôt pour accomplir son vœu. Après sonretour il dédie à ses puissantes protectricestrois autels : lun à Nantes, sa ville natale,dans :lEglise de Saint-Pierre son Patron ; lesecond au Val des Ecoliers, à Longjumeau prèsde Paris ; le troisième à Paris, dans lEglise 1des Carmes. Il compose un Office propre, quilrécite tous les jours ; et chaque année, le25 Mai, il fait célébrer une fête en lhonneur des Saintes Maries. - Lhistoire de cette gué­ rison est racontée, en 1357, p~r Jean de Venette, Carme du Couvent de Paris, dans un poème en vers français intitulé Les Trois Maries (1). En 1343, Foulque II, Evêquc de Paris, faitle pèlerinage des Saintes-Maries, et, à sonretour, institue dans son diocèse les fêtes de (1) Manuscrit de la Bibliothèque Royale, 7581, p. 437.
  51. 51. LEUR ÉGLISE ET LEUR PÈLERINAGE 55Sainte Marie Jacobé le 25 Mai, et de SainteMarie Salomé le 22 Octobre. • Monseigneur Derquiry, Evêque de Coutan­ces, fait une semblable ordonnance pour sondiocèse. De nombreux diocèses de Francesunissent à ce concert de louanges. Le diocèsede Chartres se fait particulièrement remar­quer. Partout les Saintes Maries y ont desautels et des Confréries. On voit encore àMignières une église du XI" siècle dédiée auxTrois Maries. De temps immémorial on syrend en pèlerinage de la Beauce et du Perchepour y vénérer leurs reliques ainsi que cellesde Sainte Marthe et de Saint Lazare (1). Vers la fin du XIV· siècle, sous Louis II, laVille de la Mer fut assiégée par les Aragonais,qui brûlèrent la façade de lEglise. Les deuxdernières travées nétaient probablement pasencore achevées, et ne le furent quaprèslincendie, avec des pierres de taille de Beau­caire. La ville de Châteaurenard envoya centhommes pour soutenir les Saintains, qui, àleur tour, contribuèrent à la défense de Châ­teaurenard. (1) Notice sur Les Trois Maries, par labbé Cintrat,curé de Mignières.
  52. 52. INVENTION DES RELIQUES EN 1448 les Corps des Saintes, cachésC pendant EPENDANT les invasions des Sarrasins~.demeuraient . enfouis dans lintérieur delEglise, sans aucune indication de lendroitprécis où ils reposaient. Jugeant que lheureétait venue de rendre à ces Reliques vénéréesle cuIte qui leur était dû, le pieux Prince RenédAnjou, roi de Sicile et de Jérusalem, Comt~de Proven.~e, forma le projet de les fairerechercher et de leur donner une place dhon­neur. Encouragé par le P. Adhémar, de lOrdredes Frères Prêcheurs, il demande au PapeNicolas V lautorisation de faire des fouillesdans lEglise de N.-D. de la Mer pour découvrirles Reliques. Entre temps il envoie sur les lieux lArche­vêque dAix, Robert Damien, qui recueille
  53. 53. 58 LES SAINTES-MARIES-DE-LA-MERauprès des habitants les renseignements néces­saires. Daprès les témoins entendus, on croitque les Corps reposent dans la Chapelle situéeau centre de lEglise. Par uI1e Bulle datée du 3 Août 1448, le Papeaccorde lautorisation demandée et délèguecomme Commissaires Apostoliques lArchevê­que dAix et Nicolas de Brancas, évêque deMarseille. Sans perdre de temps, lArchevêquecharge le Chevalier Jean Arlatan de diriger lestravaux. Celui-ci se rend directement à la Villede la Mer, et les fouilles sont faites sous sa ,direction par des ouvriers assermentés. Versle milieu dAoût les travaux sont achevés. Le Roi, qui avait été tenu au courant durésultat des fouilles, en fit part au SouverainPontife, et celui-ci, par sa Bulle du 20 Octobresuivant, délégua le Cardinal Pierre de Foix,Evêque dAlbano et Légat du Saint-Siège àAvignon, pour procéder à la reconnaissance età la Translation des Saints Corps. De concert avec le Roi, le Cardinal chargealEvêque de Marseille de faire linformationcanonique préliminaire. Nicolas de Brancas serendit à Arles pour commencer son enquête.
  54. 54. G@ r ~~~.~.caaa CL=~.Cl=::=l •• •• a=cC.;.~~=:= • • • a o 10 0 C::====="9Ii o 0 o c 0000000000 &.EGItNDIt A Petite porte du Nord, - B Grande PQlte du MidI. - C Le puits deau douce. _ D T~te dhomme. - EE Restes dun ancien mur. - F Petite grotte. - G Autel en terre pétrie. - HH Corps des Saintes. - 1 Tétes denrants.
  55. 55. 60 LES SAINTES-MARIES-DE-LA-MERLe dimanche 17 Novembre, à lAuberge duMouton, le Chanoine Albaleti, Prévôt, VicaireGénéral et Official de lArchevêché dArles, luiprésenta les Lettres Apostoliques le dési­gnant, conjointement avec lArchevêque dAix,comme Commissaire du Pape pour la présenteaffaire. Le Vicaire Général lui montra enoutre: la Légende (1) qui est lue chaque annéedans lEglise dArles et partout où lon célèbrela fête des Saintes Maries ; un extrait delouvrage de Gervais de Tilbury, intitulé DeOtio lmperiali, contenant des détails sur laCamargue, lEglise et le Tombeau des SaintesMaries; un autre extrait du Ratiollale Divi­norum Olficiorum, de Durand Evêque deMende, mentionnant lexistence, dans léglisede N.-D. de la Mer, dun autel en terre élevépar les disciples du Christ en arriv.ant sur laplage de la Camargue. (1) Dans le langage liturgique, on appelle Légendeou Leçon, un abrégé de la Vie dun Saint qui doit êtrelu (Legenda) à lOffice de la fête de ce Saint. Ce nestpas un récit inventé par limagination populaire,comme on se le figure trop communément; mais unepièce historique, qui peut contenir quelqpes erreursde détail mais dont le fond doit être tenu pour vrai,vu la sévérité et la prudence de lEglise dans cesmatières.
  56. 56. LEUR ÉGLISE ET LEUR PÈLERINAGE 61 LEvêque de Marseille interrogea ensuite,sous la foi du serment, divers personnages dela Ville dArles, entre autres lArchiprêtre et lePr.ecentor de cette Eglise. Tous rendirenttémoignage de la tradition immémorialeconcernant la Sépulture des glorieuses Saintesdans léglise de N.-D. de la Mer, laffluence despèlerins, surtout aux jours de leurs fêtes, etles grâces obtenues près de leurs tombeaux. Le Mardi 19 Novembre, Nicolas de Brancasse rend à la Ville de la Mer, accompagné parle chevalier Jean Arlatan, le notaire Humbertde la Rote, et ses familiers. Dès quils sontarrivés, il ordonne au chevalier de faire appe­ler le Bayle du Roi, les Syndics de la Ville etceux qui avaient fait les fouilles. Tous ensemble ils se rendent à lEglise. Aveceux se trouvent Giraud Samson, prieur, etHugues Rolland, vice-curé de N.-D. de la Mer.e: Nous avons examiné ladite Eglise, dit lEvê­« que de Marseille, et nous avons reconnuc: quelle navait de lextérieur que deux« portes, lune plus grande que Jautre, savoire: une porte sur chacun des côtés. Nous avonse: constaté ensuite que lEglise elle-même est
  57. 57. 62 LES SAINTES-MARIES-DE-LA-MER« divisée en trois parties, savoir : une nef« pour la première partie ; une chapelle assez« allongée, fermée sur le devant par une grille« (cledassio) en fer, et sur les deux côtés et .« le fond par un mur en pierre de taille, pour« la seconde partie ; un chœur ou enceinte« réservée aux Clercs qui chantent lOffice,« pour la troisième et dernière partie. On na« daccès de lEglise à cette troisième partie« que par un long couloir formé par le mur« latéral de ladite chapelle ). Telle est ladescription de lEglise au milieu du XV· siècle. LEvêque examine les fouilles. La chapelleintérieure avait été creusée de part en part. Onavait cru dabord que les Corps des Saintesétaient ensevelis au pied de lautel principalde cette chapelle. Or, on ne trouva au milieude la chapelle que le puits et la. source deaudouce. Cest de cette eau, dit le procès-verbal,que lon avait coutume de donner aux pèlerinset aux malades mordus par des chiens enragés. On passe à la troisième partie de léglise.Voici ce que lEvêque enquêteur apprit de labouche du chevalier et de ceux qui avaientexécuté les travaux.
  58. 58. LEUR tGLISE ET LEUR PÈLERINAGE 63 Nayant rien trouvé que le puits dans lachapelle, on avait continué les fouilles dans lecouloir de droite qui conduisait au Chœur. Aubout du couloir, à lentrée du Chœur, on avaittrouvé une tête dhomme assez grosse, entou­rée dune lame de plomb, mais pas dosse~meats. On creusa dans le Chœur lui-même.Vers le milieu, et non loin de la chapellesusdite, on trouva une petite grotte renfermantdes écuelles en terre, les unes entières, lesautres brisées, et une certaine quantité decendres avec des charbons noirs. Entre lagrotte et le mur de la chapelle se trouvaient lesrestes dun autre mur qui traversait le chœurdans toute sa largeur. Dans ce mur il y avaitune petite porte permettant daller de la grottedans la chapelle où se trouvait le puits. Continuant les fouilles dans la direction duMaitre-Autel qui occupait le fond du Chœur etde lEglise, on trouva à une canne (deuxmètres) de lautel, une grande quantité de terrepétrie, très différente de la terre remuée dansle Chœur. Dans cette terre pétrie était dresséeune petite colonne de pierre blanche trèscorrodée, et surmontée dune petite pierre de
  59. 59. 64 LES SAINTES-MARIES-DE-LA-MERmarbre en forme dautel portatif~ qui fut briséeaccidentellement par III pioche de lun desfossoyeurs. Savançant toujours du Maitre­Autel, du côté gauche où lon dit lEvangile.on trouva une tête puis tous les ossements duncorps humain enseveli dàns la terre. ayant lespieds sous la pierre de lautel et les mainscroisées sur la poitrine, et doù séchappait unparfum très agréable. On se dirigea sur ladroite, et, à la distance denviron trois pieds,on trouva un second corps dans la même posi­tion que le premier,. mais entouré de pierresminces appelées vulgairement lauses. Onarrêta les fouilles de ce côté, craignantdébranler les fondements de léglise, et lonrevint du côté gauche creuser à lentrée duChœur, vis à vis de lendroit où lon avaittrouvé la tête entourée de plomb. Après delongues recherches on découvrit trois têtesplus petites disposées en forme de triangle, etpas dossements. Par ordre du chevalier JeanArlatan, les têtes furent déposées à la Sacris­tie ; les deux corps restèrent sur place, chacunsous un cadre de bois recouvert dune étoffe<le soie..
  60. 60. LEUR ÉGLISE ET LEUR PÈLERINAGE 65 Tel fut le récit des témoins convoqnés par lEvêque de Marseille. On ajouta que, par respect pour les corps des Saintes, il nava.it jamais été permis denscv~lir dans léglise le corps dun défunt quelconque, et que les sépultures sétaient toujours faites dllns le cimetière à côté de léglise. LEvêque se rend ensuite à lauberge de laville, où il recueille séparément et sous la foidu serment les témoignages, tous concordants,de chacune des personnes qui avaieht coopéréaux fouilles et qui viennent dassister à lexa­nien de léglise. Le lendemain mercredi, après avoir faitrédiger par le notaire le procès-verbal de toutce quil a vu et entendu, Nicolas de Brancasrepart pour Avignon où il arrive le lendemainjeudi. Le samedi 23 novembre,. clans lEglisemajeure dAvignon, le roi René, accompagnéde plusieurs Evêques, Prélats, Chevaliers etautres notables de ses E~ats, se présente auCardinal Légat, entouré également dEvêques,Prélats, Chevaliers et notables de la Ville et duComtat. Discours du vénérable maître Adhé­
  61. 61. 66 LES SAINTES-MARIES-DE-LA-MERmal, confesseur du Roi, suppliant, au nom duPrince, le Cardinal de vouloir bien accepter lamission, qui lui est confiée par le Pape, deprocéder à la reconnaissance et à lElévationdes Reliques des glorieuses Saintes MariesJacobé et Salomé. Le Roi, lui-même présenteles Lettres du Pape au Cardinal qui les reçoitavec respect, les fait lire à l{aute voix par lenotaire, ct promet son concours personnelpour lexécution desdites Lettres Apostoliques. Le lendemain dimanche, dans la mêmcEglise dAvignon, lEvêque de Conserans chante la Messe solennelle du Saint-Esprit, pendant laquelle le Père Martial dAuribeau, dominicain, fait léloge du pieux dévouement du Roi et annonce quc la cérémonie de lEléva­ ~ion des corps des Saintes Maries commencera le lundi 2 Décembre suivan t. Vn témoin oculaire, Jean Eustache, abbé deSainte-Marie-de-Nizelle, au diocèse de Cam­brai, raconte que le Cardinal Légat partitdAvignon en bateau, avec sa suite, le samedi30 Novembre, et arriva sur le soir à Arles. Auport du Rhône lattendait lArchevêque dAix,assisté de nombreux Prélats. Le Roi lui-même
  62. 62. LEUR ÉGLISE ET LEUR PÈLERINAGE 67 vint prendre le Cardinal sur le bateau pour le conduire à lintérieur de la ville, à travers la foule immense du peuple. La journée du dimanche se passe à Arles. Le lundi 2 Décembre, dassez bonne heure, tout le monde est rendu à la Ville de la Mer. LEvêque dOrange chante les Vêpres. Après quoi le Roi Hené présente au Cardinal le Procès-Verbal de lenquête faite par lEvêque de Marseille, ainsi que les autres écrits déjà présentés audit ~vêque enquêteur. Le Cardinal entre alors en conférence avec les Evêques, Abbés, Prélats et Docteurs appe­ lés à cette cérémonie. Cétaient les RR.: Robert Damien, Archevêque dAix; Antoine Ferrier, Evêque dOrange ; Pierre Nasond, Evêque dApt; Jean de Colliargis, Evêque de Troie Gaucher de Forcalquier, Evèque de Gap Guillaume Soybert, Evêque de Carpentras Nicolas de Brancas, Evêque de Marseille Tristand de lAure, Evêque de Conserans Pierre Turelure, Evêque de Digne ; Palamède de Carret, Evêque de Cavaillon ; Guillaume Guezi, Evêqlle de Grasse ; Pierre Marin, Evê­ que de Glandèves ; Pons de Sadone, Evêque,J,
  63. 63. 68 LES SAINTES-MARIES-DE-LA-MER de Vaison ; Pierre du Lac, Abbé de Saint­ Victor de Marseille ; Arnaud de Saint-Félix, Abbé de Psalmodi ; Jean Préverand, Abbé de Saint-Gilles ; Jean Eustache, Abbé de Sainte­ Marie-de-Nizelle ; Adhémar Fidèle, Prieur de Saint-Maximin ; Jean de Badoire, Prieur de Bedoin au diocèse de Carpentras; Jean Alba­ let, Vicaire Général dArles ; Louis de Fras­ senges, Doyen de la Collégiale de Saint-Pierre dAvignon; Jean de Paillères, Archidiacre de Carpentras ; Arnaud Guillaume de Sansac, Chanoine dAdura ; Jacques Guillot, Docteur en Droit canonique dOrléans ; Guillaume dHarencourt, Jean Huet et Marquet de Ricci, Protonotaires assistants du Saint-Siège Ap.os­ tolique. A la suite de cette conférence, le Cardinal Légat, monté sur une estrade servant de Tri­ bunal, au nom du Saint-Siège Apostolique,/~~v prononce la sentence sur lauthenticité des Reliques des Saintes Maries trouvées dans lEglise, et ordonne quelles soient enfermées dans une Châsse convenable et placées en lieu honorable dans lEglise. Outre les personnages nommés plus haut, étaient présents : le Roi
  64. 64. LEUR ÉGLISE ET l.EUH PÈLERINAGE 69René et la Reine Isabelle, leur gendre, Frédéricde Lorraine, et plus de 300 Seigneurs ou gensde qualité appelés comme témoins. La foule nombreuse de pèlerins accourus detoutes parts passa la nuit dans lEglise auprèsdes Saintes Reliques. Le jour suivant, mardi 3 Décembre, laGrandMesse pontificale est chantée par leLégat assisté par les Evêques et les autresEcclésiastiques. Le gendre du Roi et le Séné-chal de Provence servent à lAutel. La Messedite, le Cardinal prend les Saints ossements etles dépose sur une table. Les Evêques de Mar-seille et de Conserans les lavent, selon lusage,avec du vin blanc dans des vases dargent. LeLégat les place successivement dans unechâsse à double compartiment, préalablementbénite et magnifiquement décorée. Après le repas de midi, on sort la Châsse surla place publique. Le P. Adhémar prononce lepanégyrique des Saintes. Puis les ossementssont montrés lun après lautre à toute lassis-tance et remis dans la Châsse qui est reportéedans lEglise.
  65. 65. 70 LES SAINTE5-MAlUE5-DE-LA-lIlEH Le lendemain 4 Décembre, le Cardinaldépose dans une autre châsse en bois de noyerles têtes et les autres reliques trouvées dansléglise près des Corps des Saintes Maries.Cette châsse est placée dans la Sacrislie poury être conservée jusquà ce quil en soit décidéautrement. La Châsse renfermant les Corpsdes Saintes Maries est fermée à quatre clefs,puis montée dans la Chapelle de Saint-Michel,qui est située au-dessus du Chœur et que leRoi René a restaurée et préparée pour recevoirce précieux trésor. Des quatre clefs, deux sontconfiées au Roi, deux au Prieur claustral duMonastère de Montmajour, duquel dépendlEglise de Notre-Dame de la Mer. Après le chant cl II Te Deum, le Cardinalchante lOraison, donne la bénédiction etcongédie lAssemblée. Pal son ordre, MaîtreHumbert de la Rote, de Mâcon, citoyen dAvi­gnon et Notaire Apostollql1~, impérial et royd,rédige el signe le Procès-Verbal de tout ce quivient de saccompllr. Les Prélats et Dignitairesprésents y ajoutent leurs t€mùignagcs avecappension de .lèurs sccflllx. La minute de ceProcès-Verbal sur parchemin est conservée
  66. 66. 71aux Saintes-Maries; une copie se trouve auxArchives Départementales dts Douches-du­Rhône. A la demande du Roi René, son conseillerlAbbé de Sainte-Marie-dc-Nizelle improviseun poème en vers lalins rimés, faisant le récitdes fêtes de lElévation des Reliqurs. Cellepièce a été publiée cn 1874, par M. F. Reynaud,Archiviste-Adjoint des Bouches-du-Rhône,dans sa brochure sur la Tradition des SaintesMaries (1). NOl1s y avons puisé quelques détailslaissés de côté par le Procès-Verbal du Carcli­nal Lég~t. Qç (1) Pages 51 il 65, 564 ligues.
  67. 67. :":: DE LINVENTION DES RELIQUËS A LA RÉVOLUTION lépoque de la construction de lEglise,A comme nous lavons dit plus haut, sansdoute pour respecter et conserver la Chapelleou Eglise précédente, vénérable par son anti­quité et les souvenirs qui sy rattachaient, onavait établi le pavé à lancien niveau, notable­ment inférieur à celui des terrains enviroll­nants. De ce fait le pavé de lEglise devait êtretrès humi.de, et cette chapelle centrale empê­chait les fidèles de la nef de suivre les oflicescélébrés dans le chœur. Pour supprimer cesdeux inconvénients, immédiatement aprèslElévalion des Reliques, le roi René fit démo­lir la Chapelle et relever le pavé de la nef (1). (1) En 1907, les ouvriers qui cnt travaillé à la réfec­tion du pavé ont trouvé, vis-à-Vrs de la porte du midi,plusieurs marches de!calier r.:ouvertes par les ter­rassements de 1448.
  68. 68. • 7:1 J,E5 SAINTES-MAUIES-DE-LA-lIIER Il fit construh-e la vaille en pierre de taille sous laquelle désermais se trouva une crypte que lon appelle la chapelle de Sainte Sara, parce quelle renferme les lcliques de la servànte dévouée des Saintes Maries. Ces travaux durent êtle menés rapide111ent : car dans le Règlement de Nicolas de Brancus, Evêque ile Marsci1l3, daté du 7 Janvier 14i!9, il est dit que « le Prieur de lEglise sera tenu de faire célé­ brer chaque jour les Messes accoutumées dans la Ch3pclle iar:Sricnre que fait taire notre Sérénissime Seigneur Roi ». « It~m quod die­ tus Prior tencatur racere cclebrare Oluni die in capella inferiori guum facît fillri Serenissi­ mus Dominus noste1 l~cx, de Mi~sis tamen consuetis... » (F. Heynaud, La Tradition des Saintes l,Jades, p. 69). LActe de Nicolas de Brancus, qui agissait en sa qualité de Commissaire Apostolique, règle aussi la mnnière de procéder à lostention des Reliques, à la conservation des dons e~, des ex-voto, et il lattribution des offrandes. Il décide enfin (Illê les Chàsses renfermant les Reliques des Saintes Maries ne seront descen­ dues que pour les fêtes des Saintes, 25 Mai et
  69. 69. LEUR ÉGLISl: ET LEUR PÈLERINAGE 75 22 Octobre, et de la Ré;vélation des Reliques, le 3 Décembre ; ou sur lordre du Roi Séré­ nissime, ou lorsque un Roi ou Comte de la Ma.ison de France, ou un Cardinal viendrait.pour visiter les Saints Corps. Léglise nayant pas de sacristie proprementdite, on construisit, en 1455, un mur en pierrede taille qui sépara labside du reste du chœur,et contre lequel snpp11ya le MaUre-Autel. Ungrand parchemi.n conservé au Presbytèredonne tons les détllils de la com-entioll passéeentre les représentants de la Communauté (lesSaintes-Maries et des entrepreneurs de la ymedArles pour la construction de ce mur, qnina été démoli quau milieu du XIX· siècle. ­On voit par là linanité cle la fable daprèslaquelle on possédait, aux Saintes l,T aries, leprivilège de dire la Messe face au peuple,comme dans certaines Basiliques de Rome.Nos ancêtres étaient trop jaloux de leurs tra­ditions et de leurs privilèges pour laisser abolircelui-là, sil avait existé. La lecture du procès­verbal de 1448 ne permet pas, daüleurs, desupposer à cette épaque lexistence dun pareilprivilège.
  70. 70. 76 LES SAINTES-MARIES-DE-LA-MER Les événements de 1448 eurent un retentis­ sement considérable, qui amena à la Ville de la Mer un nombre de plus en plus grand de pèlerins. En reconnaissance des grâces obte­ nues, tous faisaient à léglise des dons généreux. Au mois de Mai 1576, une bande de fanati­ ques tenta de semparer <les Reliques des Saintes et· des richesses de leur église. Le chevalier de Beaujeu et le consul Sabatier, venus pour les arrêter à la tête de 80 cavaliers arlésiens, furent battus. Sabatier mourut des suitcs des blessures reçues dans cette ren­ contre. Des renforts arrivés dArles mirent en fuite les nouveaux Vandales. Les témoignages de la protection des Saintes Maries pendant cette période sont nombreux. Quil nous suffise den mentionner deux : Le 25 Mai 1591, jour de la fête des Saintes, un enfant, Jean Anthaume, fils dHonoré, se trouvant avec sa mère Marguerite Morel sur le chemin de ronde qui surplombe léglise, passe accidentellement par une des meürtriè­ les et vient sabatlrf; sur le sol. La mère a vu le danger : 4: Hélas ! Sàintes Mari{ 1 et Saint1"
  71. 71. EUR ÉGLISE ET LEUR PÈLERINAGE 77Anthoi~auvez mon enfant! • sécda-l-elle.On accourt, ,t lon trouve lenfant assis à terre,sans aucun Ifial. - Une petite peinture, quelon voit à la Chapelle Haute, raconte le faitavec une touchante naïveté. Quelques années plus tard, en 1596, degraves dissensions sélèvent à Arles, à locca­sion des troubles de la Ligue. Impuissants àconjurer les malheurs qui menacent la ville,les Consuls font vœu doffrir aux SaintesMaries un souvenir de leur gratitude, si lecalme se rétablit. Leur confiance est aussitôtrécompensée : lesprit de paix succède à lagi­tation des jours précédents, ct la ville recouvresa tranquillité. Le 15 Septembre, les Consuls,le Chapitre et plus de 6.000 pèlerins se rendentaux Saintes-Maries pour offrir à leurs libéra­trices le témoignage de leur reconnaissance.Cétaient une croix en vermeil et une magnifi­que pièce dorfèvrerie représentant la villedArles. Les deux Saintes y paraissaientdebout, et une femme agenouillée tenait à lamain une banderolle avec linscription : Sa~n­tes Maries Jacobé et Salomé, intercédez pourles habitants de la Ville dArles. Pendant la
  72. 72. 78 LES SAINTES-MARIES-DE-LA-MER /Révolution de 1793 cet ex-voto. a d~paru avecbien dautres trésors de léglise. La foi des peuples était telle, quon avaitrecours aux Saintes dans toutes les circonstan­ces importantes ou pénibles de la vie ; contretoutes sortes de maladies, surtout contre lafièvre ; pour la délivrance des femmes encouches. Nous avons vu, dans un chapitreprécédent, quon faisait boire de leau du puitsaux personnes mordues par des chiens enra­gés. Les témoins entendus en 1448 affirmèrentquaucune de ces personnes navait été atteintede la terrible maladie. Un Manuel de dévotion,imprimé en 1750, contenait la Messe propreque lon disait pour ces personnes.
  73. 73. LEUR ÉGLISE ET LEUR PÈLERIN.;GE 79 DapI les documents (procès-verbaux, etc.)conservés ux Archives départementales, lesChâsses des aintes Maries ont été ouvertes etles Reliques riflées: En 1655, par Monseigneur François de Gri­gnan, Archevêque dArles : procès-verbal trèsdétaillé. - En 1662, lArchevêque reste à N.-D.de la Mer du 15 au 25 Décembre; ce jour deNoël il fait descendre les Châsses dans lEglise.On respectait alors les droits de lArchevêque. En 1686, pal Monseigneur Jean-Baptiste deGrignan, Archevêque dArles, neveu du pré­cédent. Les Châsses sont ouvertes avec les clefsdu Prieur de l"Iontmajour et des Commissairesde la Chambre des Comptes. Description trèsdétaillée des Reliques et des documents ; En 1709, par Monseigneur François deMailly, Archevêque dArles. Le procès-verbaloriginal a dû être brûlé avec les Châsses le5 Mars 1794. Son attestation munie de sonsceau fut enlevée des Châsses, avec une partiedes reliques, par M. Abri!, le 22 Octobre 1793,et remise dans les nouvelles Châsses le 21 :Mai1797 ;
  74. 74. 80 LES SAINTES-MAHIES-JiE-LA-MEU En 1710, par Monseigneur Louis dé" Roque­martine, Evêque de Saint-Paulirois-Châ­teaux. Même remarque que ci-delus ; Le 25 Mai 1719, par Monseignéur de Forbin­.Janson. Procès-verbal détaillé, dont une copieaux Archives départementales. En moins dun siècle les Châsses ont ùoncété ouvertes cinq fois. Ces faits détruisentabsolument la légende daprès laquelle ellesne sont ouvertes quune fois tous les cent ans.Daprès le droit canonique, les Evêques ont eneffet la faculté et même le devoir de vérifier,quand ils le jugent utile ou nécessaire, toutesles Reliques conservées dans les différenteséglises de leurs diocèses. ~
  75. 75. SAINTES MARIES PBNDANT LA RÉVOLUTION EGLISE des Saintes-Mal:ies ne pouvait. pasL échapper aux. dévastatIons de la pénoderévolutionnaire. Le 8 Mai 1793, des envoyés duDistrict dArles firent main basse sur la plu-part des objets précieux, ne laissant que ceuxstrictement nécessaires à lexercice du culte.
  76. 76. 82 LES SAINTES-MARIES-DE-LA-MERmais sans cependant toucher aux Reliqbes desSaintes. , Le curé constitutionnel Antoine;Abril, crai­gnant le retour des révolutionnaires et laprofanation des Reliques, se concerte avec unparoissien fidèle, Antoine Molinier, pour lesmettre en lieu sûr. Dans la nuit de la fête desSaintes Maries, 22 Octobre 1793, ils se rendentà lEglise, ouvrent les châsses exposées aumilieu du chœur, et en retirent environ le tiersdes ossements des deux Saintes, dont ils fontdeux paquets quils transportent dabord à lacure. Après mûre délibération, ils décident deles enterrer dans le bûcher (bouscatiero) atte­nant à une maison que Molinier tient à fermeau nord du cimetière. Le secret le plus absolua été gardé jusquau mois de Mai 1797. La précaution était bonne. Le 5 Mars 1794,des gens à triste mirte, venus dArles, sèmentla terreur dans la paroisse. Le curé Abri! avaitdisparu dans le courant de lhiver. Les châssessont descendues par le tour et transportées surla place méridionale de lEglisè. On les ouvreà coups de hache, on y introduit des sarmentset on y met le feu. On brûle aussi avec les
  77. 77. " LEUR ÉGLISE ET LEUR PÈLERINAGE 83 châsses, des Missels, des Livres de Chœur etautres Livres liturgiques, des ex-vota de la Chapelle Haute et des statues de Saints, pen~dant que des danses macabres sont exécutées autour du feu. Les cendres sont ensuite dis~persées sur la place, et quelques personnes, desenfants surtout, réussissent à recueillir une certaine quantité dossements calcinés. Cesreliques ont été pieusement conservées dansquelques familles jusquen 1863, comme nous le verrons plus loin. La population est conster­ née. Une femme est tellement affectée de ces horreurs, quelle en devient folle et meurt quelque temps après ; dans ses accès de folie elle ne cessait de répéter, se tenant la tête dans les mains : « On a brûlé les Saintes ! On a brùlé les Saintes ! » Avant de se retirer, les sectaires mutilent lesbelles boiseries qui décorent les murs de laChapelle Haute, en enlevant au ciseau lessculptures en relief des quatre panneaux lesplus près de lautel. Lun des représentants duDistrict emporte à Arles, pour être monnayés,les deux reliquaires dargent en forme de bras
  78. 78. 81 LES SAINTES-~fARIES·DE-Li·MERconfectionnés avec les bassins de même métaldonnés en 1448 par le R<;>i ~eué. Le 27 Mars de la même Juuée, des envoyésdu District brisent lautel en bronze de lacrypte et en emportent à Arles, le métal pesantcinq quintaux. Dans cet autel formant reli­quaire se trouvaient, depuis le XV siècle, lesreliques de Sainte Sara, ainsi que lautel enterre et ses accessoires découverts en 1448. Au début de lannée 1797, le calme com­mence à renaitre pour lEglise de France. Ladéportation des prêtres insermentés est abolie.Le 4 Mars, un prêtre originaire des Saintes­Maries, M. Barrachin, ancien dominicain,arrive dArles et instruit la municipalité quilvient dêtre relevé det"la suspense et que leP. Joubert, de lOratoire, nommé Vicaire Géné­ral du diocèse dArles, par Monseigneur deBelloy, Evêque de Marseille et Administrateurdudit Diocèse sede vacante Cl), la déléguépour bénir lEglise paroissiale et y exercer lestonctions curiales, en labsence du légitime (1) Monseigneur du Lau, Archevêque dArles, avaitété massacré en Septembre 1792. dans la prison desCannes, à Paris.
  79. 79. LEUR ÉGLISE ET LEUR ptLERINAGE 85curé dont on na aucune nouvelle depuis bienlongtemps. Avec laide de la Municipalité, ilse met immédiatement à lœuvre. Dans lapetite sacristie de la Chapelle Haute il trouveintacte la caisse renfermant quelques osse­ments que lon dit être les reliques du SaIntApÔtre Jacques le Mineur (1), ou des SaintsInnocents. - Le 13 Mars, le Receveur desDomaines nationaux fait enlever les scellés dela sacristie de lEglise et remettre au curé lesrares effets ou ornements qui sy trouvent. Despersonnes de bonne volonté recueillent dahon­dantes offrandes, et le notaire Jacques Martinapporte de Nimes les objets du culte indispen­sabies qui manquent encore. Cependant la municipalité fait arracher les -.arbres de la liberté. Le 3 Avril, en enlevantcelui qui se trouve sur la place vis-à-vis laporte de lEglise, on retrouve le marbre appeléCoussin des Saintes, dont on sétait servi pourJe consolider. On rétablit ce marbre danslEglise, à lendroit où il était anciennementvis-à-vis la chaire. Cétait, dit-on, SUl ce mal­ (1) Ou plutôt de Saint Jacques le Majeur.
  80. 80. 86 LES SAINTES-MARIES-DE-LA-lIIER "bre que reposait la tête dune des Saintes, lorsde la découverte des corps, en 1448. Le 16 Avril, jour de Pâques, a lieu la béné­diction solennelle de lEglise et de la ChapelleHaute, suivie de la célébration de la Messe etdes autres offices de la journée. " , f r 2 t: ( 1" Ji I~ Il•. ~ Le 16 Mai, 27 floréal an V, le citoyen JulienMarteau, Officier de Santé en pharmacie, ori­
  81. 81. LEU~ ÉGLISE ET LEUR PÈLERINAGE 87ginaire dArles et résidant à Saint-Gilles,apporte lun des bras dargent emportés àArles avec toute largenterie de lEglise, le5 Mars 1794. Julien Marteau avait trouvé cereliquaire dans un tiroir du bureau, lors deson entrée en fonctions comme administrateurdu District dArles. Le Procès-verbal de cetterestitution se trouve au Presbytère. Une copieest insérée dans le Registre de Catholicitéde 1797. Le dimanche 21 Mai, Antoine Molinier faitconnaître à la Municipalité lendroit où sontcachées les Reliques enlevées des châsses le22 Octobre 1793. On se rend au bûcher et londéterre les deux paquets. M. Barrachin, auto­risé préalablement par le Vicaire Général,prend les paquets et les porte respectueuse­ment à lEglise. Dans lun des paquets setrouve une inscription portant, à côté du nomde François de Mahi (sic) Archevêque dArles,la mention Attest. Ossa Sanctœ Llfaliœ Salome.Dans lautre paquet, une inscription porte, àcôté du nom de Louis, Evêque et Comte deTrois-Châteaux, la mention Ossa SanctœlIfariœ Jacobi. Attest., puis une autre inscrip­
  82. 82. 88 LES SAINTES-MARIES-DE-LA-MERtion portant ces mots : Franc. de Mali Archie­pûs Arelatensisj et plus bas: Ossa Sanctœ,Mariœ Jacobi. Ces attestations sont revêtuesdes sceaux des Prêlats qui les avaient for­mulées. Le citoyen Joseph Gondran, Officier deSanté, examine ensuite les Reliques et trouve :Dans le paquet de Sainte Marie Salomé, un oscipital entier (nous respectons lorthographedu Procès-verbal), la partie antérieure et supé­rieure de la mâchoire inférieure avec une dentmolaire et deux fragmants des deux dentsincisives, un homo-plato entier du côté droit,lIne clavicule entière, une des premières cottes,deux fragmants dautres cottes, quatre frag­II1an~s des os tibia, un os péroné entier, unhagmant de lautre péroné ; dans le paquetde Sainte Marie Jacobé, un os des pariéto, unepartie de la machoire inférieure, nne des pre­mières cottes entière, deux autres cottes enfragmant, des fragmants dun os cubitus, unos radius entier, des fragmants dun autreradius, un os fœmur en fragmant, un os tibiaen ragman!, un os péroné entier. Dans la caisse à double compartiment que
  83. 83. LEUR ÉGLISE ET LEUR PÈJ,ERINAGE 89lon avait confectionnée semblable à lan­cienne, M. Barrachin place respectueusement.les ossements, chaque paquet enveloppé d;unlinge blanc, puis recouverts, lun dune écharpeen soie bleue, lautre dune écharpe en soierouge. Les Châsses fermées, on chante Je TcDeum, suivi des Vêpres solennelles. Enfin les Reliques sont montées à la Chapelle Haute, àla. place quelles occupaient autrefois, et lacérémonie se termine par la Bénédiction duSaint-Sacrement. Le procès-verbal de. cetteRévélation des Reliques, extrait des Châssesen 1839, est conservé au Presbytère; une copiees t insérée au Registre de Catholicité de 1797. La veille de ce jour, le 20 Mai, M, Barrachinavait trouvé, dans un angle ùe la Chapelle quifait face à la porte sud de lEglise, une caisseremplie dossements. Deux femmes, JustineLieutaud épouse Conseil, et Marguerite net·trand veuve Martin, déclarent que ce sont lesossements de Sainte Sara. Le jour ùe.la des­truction de lautel de la Crypte, 27 Mars 1794,elles les avaient elles-mêmes ramtlssés dansles déeornbres et conservés soigneusettlent,
  84. 84. 90 LES SAINTES-},[,RIES-DE-LA-Mrmpuis placés dans cette caisse. Ces ossementsont repris leur place dans la Crypte. M. Barrachin meurt en Janvier 1801. Ses~uccesseurs soccupent de remettre en étatlEglise dévastée par la tourmente. Le pèleri­nage reprend, les grâces obtenues se multi­plient et attirent de nouveaux pèlerins. M. lAbbé Gazan est curé des Saintes-Mariesdu mois de Janvier 1831 au mois de Mai 1845.Sous son administration a lieu le 21 Juin 1839,la reconnaissance des Reliques pal M. Jaque­met, Vicaire Générul délégué de MonseigneurBernet Archevêque dAix. Arrivé la veille,M. le Vicaire Général avertit la population delobjet de sa visite. Excités par de faux bruitsles habitants croient quon vient leur enleverleur précieux trésor, ct à dix heures du soir ilsenvahissent léglise ct la cour du presbytère.On arrive peu à peu à les rassurer, li1ais ilfaut leur permettre de passer la nuit dansléglise. Quand, le lendemain, les Messes dites,on va procéder à la cérémonie, on saperçoitque le tour qui sert à descendre les Châsses adisparu. Pendant ·la nuit un fabricien zélélavait jeté dans le cimetière, olt lon finit par
  85. 85. LEVH. ÉGLISE ET LEUR PÈLEH.INAGE 91le trouver. Tout se passe ensuite suivant le rithabituel. Les Reliques sont trouvées dans létatoù les avait laissées, en 1797, M. Barrachin.Loriginal du procès-verbal est placé dans lesChûsses ; une copie est insérée au Registre desActes de Catholicité àe 1839. M. lAbbé Gilles succède à M. Gazan en 1845.Il a la satisfaction, en 1854, de voir lEglise desSaintes-Maries classée parmi les Monumentshistoriques. Quelques années après, les tra-vaux de restauration commencent par ladémolition du mur construit en 1455. Labsideapparaît alors dans toute sa beauté. Au mois de Février 1831, M. Gilles se retiredu ministère paroissial pour raison de santé.Il est remplacé par M. ElIcombard, précédem-ment curé de Villeneuve-Gageron en Camar-gue. M. Escombard se donne tout entier à saparoisse, à son église et à son pèlerinage.Dès 1861, le 19 Mat, une cloche pesant700 kilog., fondue par la maison Baudoin deMarseille, est installée dans le clocher. Desbarres de fer sont placées au-dessus desm~chicoulis pour empêcher les chutes possi-
  86. 86. 92 LES SAINTES-MARIES-DE-LA-MERbles. Le peintre Allègre, de Bagnols-sur-Cèze,décore lautel de la Chapelle Haute de peintu­res sur toile représentant les Sainte~. En 1862 a lieu, pour la première fois depuisla Révolution, la Procession à la plage et labénédiction de la mer. En 1863, réparation de la tour de lhorloge- ancienne tour de la vigie - à langle sudde la façàde de lEglise. Le nombre des pèlerins augmentant tou­jours pour les fêtes de Mai et dOctobre,M. Escombard fait construite, en 1865, lagrande tribune du premier étage au bas deléglise. En 1873 il Y ajoute la série des petitestribunes qui font le tour de lédifice. La mêmeannée 1873 on continue les réparations et lonrétablit les créneaux démolis pendant la Révo­lution. La fenêtre par où descendent lesChâsses avait été refaite en 1867. En 1885, larchitecte Revoil fait construirele nouveau Maitre-Autel porté sur cinq colon­nes. Lancien autel, formé dune partie dunsarcophage antique, est transporté dans laCrypte.
  87. 87. LEUR ÉGLISE ET LEUR PÈLERINAGE 93 Des soucis dun autre ordre occupent lespritde M. labbé Escombard. Que sont devenues lesreliques brûlées le 5 :Mars 1794 ? Cest la ques­tion quil se posait peu de temps après sonarrivée dans la paroisse. En 1863, une circons­tance fortuite lui apprend que plusieursfamilles sont en possession de reliques desSaintes Maries, recueillies dans les cendresde lincendie des Châsses. Autorisé parMonseigneur Chalendon, Archevêque dAix,M. Escombard commence une enquête canoni­que qui dure quatre ans. De nombreusespersonnes sont entendues sous la foi duserment : quatre dentre elles avaient ététémoins oculaires de lincendie des Châsses,deux avaient elles-mêmes sauvé des reliques.Le procès-verbal de cette enquête est soumis,le 12 Mai 1867, à Monseigneur lArchevêque,qui délegue son Vicaire Général M. Conil pourfaire la reconnaissance de ces reliques et ·enprononcer lauthenticité. Le 18 Mai, M. Conilporte, aux Saintes-Maries, le décret dauthen­ticité, qui est approuvé par lArchevêque le8 Octobre. Le dimanche 27 Octobre, jour où"on célèbre la fête de Sainte Marie Salomé,
  88. 88. 94 LES SAINTES-MARIES-DE-LA-MER M. Escombard, à ce délégué, place les reliques sauvées du feu dans un reliquaire en bronze doré, qui est placé au-dessus de lAutel de la Chapelle Haute. Ce reliquaire contient : 1 ° portion du tiers inférieur du tibia droit; 2° fragment inférieur du radius ; 3° fragment de mâchoire infé­ rieure ; 4° fragment de mâchoire inférieure du côté droit avec portion de lapophyse mon­ tante ; 5° portion présumée dun bassin de femme appartenant à los des îles gauches ; 6° fragment dos de membres inférieurs ;III 7° portion de tête de fémur gauche; 8° por­ tion présumée du radius ; 9° portion de la 1 1 l l tête dun fémur droit ; 10° fragment de 1
  89. 89. LEUH ÉGLISE ET LEUR PÈLERINAGE 95membre inférieur ; 11 fragment de membre 0inférieur. Pour réparer dans la mesure du possible lecrime commis en 1794, il est ordonné quechaque année, le 5 Mars, aura lieu une céré­monie expiatoire dans lEglise et à la ChapelleHaute. Monseigneur Augustin Forcade, nouvelArchevêque dAix, fait sa première visitepastorale aux Saintes-Maries au mois de Mai1874. Il arrive le 25, avec de nombreux pèle­rins,· un peu avant les Vêpres, et il assiste àla montée des Châsses. I;.e lendemain 26 ilchante la GrandMesse et administre le Sacre­ment de Confirmation. Usant de son droit devisite, il aurait voulu faire redescendre lesChâsses et procéder à la reconnaissance desReliques ; il en est empêché par la violencede quelques habitants dont lentêtement égalela profonde ignorance en matière de droitcanonique. La magnifique impulsion donnée au pèleri­nage des Saintes-Maries par M. Escombard nese ralentit pas sous ses successeurs. Et lesSaintes semblent vouloir récompenser, par de

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