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  • LA VRAIERELIGION CHRÉTIENNE CONTEIUIfT TOUTE LA THÉOLOGIE DE LA NOUVELLE ÉGLISE.Prédite par le SeiKneur dans Daniel, VII, l3, l4 j et dans lApocalypse, XII, i, 2. lAR EltIltIA.NITEIA SWEDE~BORG Serviteur du Seigneur .Jé8u8-ebr"t .­ StiDUIS" ~u UTUI PAR.J. F. E. LE BOY8 DE8 GUA.Y8. Sur l~dition princeps (Amsl.rdam, 4774). SECONDE ÉDITION TOME SECOND P .... ... la Librairie, 19, rue du Sommer8ld. Londr.... SWEDENBORG SOCIITY, 36, Bioomsbury Street, V. C. New-York NBw Camcli BOOK-RoOB, 20, COoper Union. ~878
  • LA VRAIERELIGION OHRÉTIENNE
  • SAI~T-AMAND (CHER). - IMPRIMERIE DE DESTENAY Rue Lafayette, 70. View slide
  • LA VRAIERELIGION CHRÉTIENNE CONTENANT TOUTE LA THÉOLOGIE DE LA NOUVELLE ÉGLISEPrédite par le SeiRneur dans Daniel, VII, i3, H; et dans lApocalypse, X:I.I, i, !. lAR Serviteur du Seigneur .Jésus.(Jbrlst TltADUIT liU LATIN PAR J. F. E. LE BOYS DES GUAYS. Sur l~dition princeps (AmsterdatTI, 4774). SECONDE ÉDITION TOME SECOND " Pa.... Â. la Librairie, 19, rue du Sommer6ld. Londr"s SWEDENBORG SOCIETY, 36, Bioomsbury Street, V. C. New.York NEW Clin.clI BOOK-RoOH, 20, Cooper Union. 1878 View slide
  • LA. VRAIE RELIGION CHRÉT.lENNE CONTEN,NT TOUTE LA THEOLOGIE DU NOUVEAU CIEL ET DE LA NOUVELLE ÉGLISE CHAPITRE HUITIÈME DU LIBRE ARBITRE 46.3. Avant que je vienne tout préparé pour exposer le Doctrinalde la Nouvelle Église sur le LIBRE ARBITRE, il est nécessaire queje présente dabord ce que lÉglise daujourdhui enseigne ~ur ce -sujet dans ses Livres dogmatiques, parce que sans cette précau~tion, lhomme. qui a une raison saine et de la religion pourraitcroire quil nest pas important décrire quelque chose de nouveausur ce point, car il dirait en lui-même: « Qui ne sait que lhommea le Libre Arbitre dans les choses spirituelles? Autrement, pour-quoi les Prêtres prêcheraient-ils de croire en Dieu, de se conver-tir, de vivrc selon les préceptes de la Parole, de combattre contreles convoitises de la chair, ~e se disposer à devenir une nou-velle créature?» outre plusieurs autres choses semblables. Cethomme donc ne pourrait sempêcher de penser en lui· même queces prédications ne ~eraient que de vaines paroles, sil ny avait li f
  • aucun Libre Arbitre dans les choses du salut, et quil y aurait de la folie à nier le Libre Arbitre parce que ce serait parler contre le sens commun. Mais que cependant JÉglise daujourdhui marche dans une route contraire, et quelle jette le Libre Arbitre hors de ses Temples, on peUl le voir daprès le Livre appelé FORMULE DE CONCORDE sur lequel jurent les _Évangéliques, su rtou t daprès les passages qui suivenl. Quil y ait une semblable Doctrine et par suite une semblable Foi sur le Libre Arbitre chez les Réformés, ainsi dans tout le ·Monde Chrétien, par conséquent en Allemagne, en Suède, cn Danemark, en Angleterre ct en Hollande, on le voit daplè3 leurs Livres dogmatiques. Voici donc les passages extlails de la FOIHIllLE DE CONCORDE, }<~dition cie Leipsik, Année 1756. » 46!~. " l. Les Docteurs de la Confession dAugsbourg affirment )) que Jhomme par la chute de nos premiers parenls a été enliè­ » )l:ll1ent corrompu, au point que dans les choses spirilUelles, qni » concernent notre conversion et notre salut, il est aveugle par » naltlre, quil ne comprend et ne peut comprendre la Parole de )) Dieu quand elle est prêchée, mais quil la regarde comme une » chose extravagante, et quil ne sapproche jamais de lui-même » vers Dieu, mais que plutôt il est et demeure ennemi de Dieu, » jusquà ce que par la vertu de lEsprit Saint, au moyen de la )) Parole préclfée el entendue, il soit .converti, gratifié de la foi, » régénéré et renouvelé, par pure grâce, sans aucune coopération » de sa part, pag. 656. Il. Nous croyons que Jentendement, le )) cœu! et la volonté de Jhomme qui nest pas rené ne peuvent » absolument rien comprendre, croire, embrasser, penser, vou­ )) loir, éommencer, perfectionner, faire, opérer et coopérer, dans ,. les choses spirituelles el Divines par les propres forces natu­ ,. lelles, mais que lhomme est entièrement corrompu et mort )) pour le bien, au pOInt que dans la nature de lhomme après la » chille, avant la régénération, il nest pas même demeuré une » étincelle de forces spirituelles, par lesquelles il puisse se prépa­ » rel à la grâce de Dieu, ou la saisir quand .elle lui est offerte, ou)) se rendre propre et habile à la recevoir par lui-même, ou parIl ses propres forces, contribuer, agir, opérer ou coopérer de soi­) même ou comme de soi-même à sa conversion, soit eri tout, soit» par moitié, soit en la plus pelite partie; mais que lhomme est v.l
  • RELIGION· CURÉTfENNE. 3" le$Clave du péché elle sU.iet de Sal:!n, [l:!r qui il est mis en ac­1) Ûon;,.doÙ il résulte que SOli Liure arbitre naturel, en raison desIl forces.cDrrompues el de sa nature dépravée, est seulement actifl) et efficace pour les choses qui déplaisent et sont contraires ft)) Dieu, pag, 656. III. Lhomme dans les choses civiles et nalu­" relies est industrieux el ingénieux; mais dans les choses spiri­ » tuelles el divines, qui concernenl le salut de lâme, il est sem- . " blable à une souche, à une pierre, à la slatue de sel de la femme" de Lolh, qui nont lusage ni des yeux, ni de la bouche, ni dau- .," cun autre sens, pag. 661. IY. Lhomme néanmoins a la puis- l) sance de se mouvoir ou de diriger ses membres externes, il peut 11 écouter lÉ"angile et en quelque sorle le méditer, mais dans ses .. pensées secrètes il l~ méprise cependant comme chose extrava- Il gante, et ne pellt y croire, et en cela il est pire quune souche, Il à moins que lE!prit Saint n~ soit efficace cn lui, et quil nen­ n flamme et nopère la foi, et les autres verlus approuvées de Il Dieu, et lobéissance, pag. G62. V. On peut dire, avec quelque . raison, que lhomme nest pas une pierre ou une souche ; la » pierre ou la souche ne résiste pas, et elle ne c:omprend pas ou "ne sent pas ce qui se fait en elle, comme lhomme par sa vo­ » lonté résiste à Dieu, JUSqU.1 ce quil ait été tourné vers Dieu; .. et cest une vérité que lhomme avant la conversion est une Il créature ralionnelle, qui a lentendement, mais non dans les .. choses Divines, et la volonté, mais non pOlir vouloir quelque )1 hien salUlaire ; mais néanmoins Il ne pellt contrihuer en rien à » Sil conversion, el en cela il est pire quune souche ou quune .. pierre, pag. 6ï2, 6i3. VI. Toute la conversion est lopération, Il le don CL lœuHe du seul Esprit Saint, qlli leffectue et lopère » par sa verlu et sa puissance, au moyen de la Parole, dans len­ .. tendement, le cœur el la volonlé de lhomme comme dans un " sujet patient, on lhomme nagit en lien, mais seulement laisse 1) agir ; toutefois, cela ne se fait pas comme lorsquune slatue est ) formée avec une pierre, ou lorsquun sceau est imprimé dans la Il cire, parce que la cire na ni connaissance, ni volon lé, pag, 68t. Il VII. Selon les assertions de quelques Pères et de quelques Doc­ )1 leurs modernes, que Dieu attire celui qui veut être attiré, la ~) volonté d,e lhomme serait, pour quelque chose dans la conver-- ,
  • 4 LA VRAIE » 8ion ; mais ces assertions ne sont point confolmes aux paroles » sacrées, car elles confirment une fausse opinion snr les forces » de lArbitre humain dans la conversion, pag. 582. VIII. Dans » les choses externes du Monde, qui ont été soumises à la raison, » il a encore été laissé à lhomme un peu dentendement, de » forces et de facultés, mais ces misérables restes sont extrême­ » ment faibles, et même quelque petits quils soient ils ont été­ » infectés de venin par la maladie héréditaire, et ils ont été cor­ » rompus, au point quils ne sont daucune importance devantl) Dieu, pag. 641. IX. Lhomme dans la conversion, daprès la.,.l) quelle de fils de colère il devient fils de grâce, ne coopère point Il avec lEsprit Saint, car la conversion de lhomme est louvrage» de lunique et seul Esprit Saint, pag. 219, 519 et suiv., 663 et » suiv. App. pag, 143. Cependant lhomme rené par la vertu de » lEsprit Saint peut coopérer, quoique sa faiblesse à concourir Il soit encore grande; et il opère biën selon et aussi longtemps » quil est conduit, régi et gouverrié par lEsprit Saint; mais néan­ » moins îl ne coopère pas avec lEsprit Saint de même que deux Il chevaux traînent ensemble nn char, pag. 6ï4. X. Le Péché do­ l) rigine nest point une sorle de délit qui se commet par acte, » mais il est intimement tenu attaché à la nature, à la substance » et à lessence de lhomme; il est la source de tous les péchés Il actuels, comme sont les mauvaises pensées, les mauvaises pa­ » roles, les mauvaises actions, pag. 577. Celte maladie hérédi­ ft taire, par laquelle toute la nature a été corrompue, est un hor­» rible péché, et même le principe et la tête de tous les péchés,_» doù proviennent toutes les transgressions comme dune racine» et dune source, pag. 640. Par ce Péché, comme par une lèpre» spirituelle totalement répandue dans les viscères iatimes et dans» les replis les plus profonds du cœur, la nature est tout entière» infecte et corrompue devant Dieu; et à cause de celte corrup­» tion la personne de lhomme est accusée et condamnée par la» loi. de Dieu, tcHemen 1 que par nature nous sommes des fils de)l colère, des esclaves de la mort et de la damnation, à moins que» par le bénéfice du mérite du Christ nous ne soyons délivrés de» ces maux et sauvés, pag. 639. De là il Ya un manque total ou une» privation totale de la justice originelle concréée dans le Paradis
  • RELIGION CHRÉTIENNE. 5n ou de limage de Dieu, et par suite une impuj~sance, une inep- " lie et une stupidité, qui rendent lhomme absolument inepte» pour toutes les choses Divines ou spirituelles. Au lieu de limageIl de Dieu perdue dans lhomme, il y a une corruption intime,1) très-mauvaise, très-profonde, impénétrable, indicible, de toute)l sa nature, et de toutes ses forces, surtout des facultés supé- » rieures et principale3 de lâme, dans/le mental, lentendement,» le cœur et la volonté, pag~ 640 .. 46fS. Tels sont les préceptes, les dogmes et les points consacrésde lÉglise daujourdhui sur le Libre Arbitre de lhomme dans leschoses spirituelles et dans les naturelles, et aussi sur le Péché ori-ginel ; ils on t été rapportés ici, afin que les pré.ceptes, les dGgmeset les points consacrés de la Nouvelle Église sur ces deux sujets seprésentent avec plus dévidence, car par ces deux formes misesainsi en regard, la vérité se montre dans la lumière, comme il ar--rive pour les Tableaux dans lesquels une Figure difforme est miseà côté dune Figure belle; en les voyant ensemble, la beauté delune et la difformité de lautre se présentent clairement devantlœil. Les points consacrés de la Nouvelle Église sont ceux quisuivent.Les deux Arbres placés dans le Jardin dÉden, lun de vie, lautre de la science du bien et du mal, signifient que le Lib,e Arbitre dans les choses spirituelles a été donné à lhomme. 466. Que par Adam ~t Ève, dans le Livre de Moïse, il ne soit-p_a_s entendu des ·hommes créés les premier-s de tous, cest ce quebeaucoup dhommes ont cru, et pour le confirmer ils ont présentédes arguments concernant tes Préadamites daprès les computs etles Chronologies chez quelques Nations; puis aussi daprès cesparoles de Caïn le Premier-né dAdam à Jéhovah: Errant et fu--qiti/je ser.ai sur la terre, et il anivera que quicollque mètrouvem me tltem; cest pourquoi Jéhovah mit SUl Caïn Ull.siqne, pour que quiconque le trouverait ne le tuât point. » --Gen. IV. f4. HL - « Et après quil futsorti de devant les lace&.
  • 6J.le Jéhovah, il habita dans laterre4eNod, et il Mtit unevillè.»--.,- Vers.- .t6, 17 : - ils ont c<Jnehrde lfwquè la terre avait été ha­pitée avant Adam, Que parIAdam et son Éponse il soit entendu une, Très.-Ancienne Église sur celle Terre, cela a été démontré enplusieurs enjroils dans les ARCANES CÉLESTES publiés par moi à)..ondles; il a aussi été démontré, dans cet ouvrage, que par le­ Jardin dÉden il est en tend u la sagessè des hommes de celle Église; par lArbre de vie, le Seigneur dans l~homme et lhomrne dans le ~eig,neul ; par lArbre de la science du bien et du Thal, lhomme­ non, dans le Seigneur mais dans son propre, tel quest lhomli1e gui cloit faire par lui-même toutes choses, même le bien; et que­ par mangér de cet Arble, il est entendu sapproprier le mal. - 467, Dans la Parole il est entendu par le Jardin dÉden non pas guelque Jardin mais lIntelligence, et par lArbre non pas quelque -Arbre, mais lhomme: que le Jardin dÉden signitle lIntelligence ~t :Ia Sagesse, on peut le voir par ces passages: "DANS TON fN­ ;EL.IGENCE ET DANS TA SAGESSE tu tétais fait des richesses ; en ÉDEN LE JARDIN DE DIEU tu as été; toute piene précieuse (était)­ ta couverture: » - Ézéch. XXVIII, 4, 12,13. - Ceci est dit dl} Prince etdu Roi de Tyr, à qui la sagesse est aLllibuée, parce que Tyr dans la Parole signifie lÉglise quant aux connaissances du Tai et du bien TIar lesquelles il y a la sagesse; les pielles p.é­ ~ieuses qui étaient sa couverture signifient aussi les connaissancès. 4,u vrai et du bien; en elfet, le Prince et le Roi de Tyr nont point été dans le Jardin dÉden. Et ail1eurs dans Ézéchiel: « A schur était un cfidre dans le Liban: les cèdres ne lont point caché dans le JARDIN de Dieu,. aucun A7bre dans le JARDIN DE DIEU ne lui (ut pa1eil en beauté; de lui étaient envieux tous le!t 4RIIRES nÉDEN DANS LE JARDIN DE Dum. )1 - XXXI. 3, 8, 9 ; ­ et plus loin; " A qui as-tu été (ait semblable ainsi en gloire et en g7andeur parmi les ARBIIES DÉDEN?) - Vers. t 8 ; - celà ~étédil dAschur, parce que dans la Parole il signifie la Rationa­ lité et par suite lIlItelligence. Dans Ésaïe: « Jéhovah consolera Sion, et il rend7a son désert comme ÉDEN, et sa solztude comriie l! JA,RDIN DE JÉHOVAH. » , - LI. 3 ; - là, Sion est lÉglisè; Édèn eùe Jard-in de Jéhovah sont la sagesse et lintelligence, Dans rtt~ R~G.:tI~Pse : « A cel:ui fJui ?J,aimera, je 11[i donnerai -à in,anger Iii­
  • ,{ .;; • ~ > <) , ~ RELIGIQN ~HIUiTIENNE.~._. ~7 lARBRE DE VIE, qui est dans le milieu du PARADIS DE DIEU. »~ .U. 7. - Il Dans le milieu de la place et du fleuve defa et dèlà sera tARBRE DE VIE. » - XXII. 2. - Daprès ces passages il est _~ien évident que par .le Jardin en Éden, dans lequel Adam est dit avoir été placé, il est entendu lIntelligence et la Sagesse,- puis­ .!luil est dit la même chose de Tyr, dAschur et de Sion. Le Jal"­ ,dn signifie lIntelligence encore ailleurs dans la Parole, par exem­ ple dans Ésaïe, - LVIII. -1.2. LXI. 41. Jérém. XXXI. -1.2. Amos, lX. H. Nomb. XXIV. 6. - Ce sens spirituel du Jardin tire son oti­ gine des représentations dans le Monde spirituel; il Y apparaît des paradis, là où les Anges sont dans lIntelligence et dans la Sa­ I~sse ; lIntelligence même et la Sagesse même qui sont en eux par le. Seigneur, présentent de tels objets devant eux; et cela se fait daprès la correspondance, car toutes les choses qui existent clans le Monde spirituel sont des Correspondances. _ 468. Que lArbre signifie lhomme, on le voit par ces passagés dans la Parole: « Tous les Albres du champ connaîtront que Moi, Jéhovah,jhumilie lAlble élevé, jélève lAlble humble, je fais sécher lArbre vert, et je fais pousser lArbre sec. » ­ Ézéch. XVII. 24, -:...- « Heureux celui qui dans ta Loimet sonplai­ sir, il sera comme un Arbre planté plès de ruisseaux deaux, qui donnera sonfluit en son temps. » - Ps. 1. 2, 3. Jerém. XVII. 8. - « Louez Jélwvah, Arbresfluitiers.» -Ps. CXLVIlI. 9.­ « Ils sont rassasiés, les Arbres. de Jéhovah. » - Ps. crv. 16.­ « La cognée à la laeine des Arbres est placée, tout Arbre ne produisant pas de fruit bon sera coupé. Il - Malth. III. iO. VII. /6 à 2i. - « Ou/aites lArbre bon et son fruit bon, ou faites ,Arhre mauvais et son fluit mauvais. car par le fruit lArblees} connu. " - ~Iatth. XII. 33. Luc, VI. 43, 44. - « Jallumerai un feu qui dévorera toat Arhre vert et tout Arbre sec. " - Ézéch.­ Xf{.L 3. - Comme lArbre signifie lhomme, voilà pourquoi il aé~~..statué, " que le fruit de lA rbre servant à la nowliture danslq, Terre de Canaan serait circoncis. Il - Lévit. XIX. 23,24. ­Comme lOlivier signifie lhomme de lÉglise céleste, il est dit desdeul( témoins qui prophétisaient «(quils êtaientles deux olivieisqui se tiennent devant le Seigneur de toute lçz terre. II - Apoc.XI. 4~ - pareillement dans Zach. IV. 3. H, n; - et dans Da­
  • UVRAIEvid: (( Moi,je suis un olivier verdoyant dans eamaison de Dieu.»- Ps. Lli. t 0 ; - et dans Jérémie: cc Olivier verdoyant beau parle fruit Jéhovah avait appelé ton nom. » - XI. t 6. 17. - etplusieurs autres passages, qui sont en trop grand nombre pour êtrerapportés ici. 469. Quiconque aujourdhui est intérieurement sage peut per-cevoir ou conjecturer, que les choses qui ont été écrites sur Adamet sur son Épouse enveloppent des Spirituels, que personne jus-quà présent na connus, parce qüe le Sens spirituel de la Parolena point été découvert avant ce moment-ci: qui est-ce qui nepeut entrevoir que Jéhovah naurait pas plaûé dans un jardin deuxArbres, et lun deux comme piége, sinon pour une certaine re-présentation spirituelle? Que pour avoir mangé du fruit dun cer~tain Arbre, Adam et Ève aient été maudits, et que cette malédic- tion ait été aUachée à chaque homme après eux, de sorte que tout le genre humain ait élé damné pour la faule dun seul homme, dans laquelle il ny avait aucun mal de convoitise de chair et di- niquité de cœur, cela ne cadre nullement avec la Justice Divine; surtout, pourquoi Jéhovah na-t-il pas détourné Adam den man": ger, puisquil était présent et le voyait, et pourquoi na-t-il p jeté le serpent dans lAbîme avant quil séduisi~ lhomme? .Mais, mon ami, Dieu ne la· pas fait, parce quil aurait ainsi enlevé à lho!l"lille le Libre Arbitre, daprès lequel cependant (homme est un homme el non une bête; quand on sait cela, on voit avec clarté que le Libre Arbitre de lhomme dans les choses spirituelles a été représenté par ces deux Arbres, lun conduisant à la vie, Jautre à lé! mOIL, En oulre, le mal héréditaire Ile découle pas de là, mais il vient des Parents, qui transmeUent aux enfants linclination aumal U311S lequel ils ont été eux-mêmes; quil en soit ainsi, cest ce que peut voir quiconque _examine les mœurs, les caractères et les faces d"enfanls, et même de familles qui proviennent dun même Père; mais toujours est-il que dans la famille il dépend de chaque memhre, sil le veut, de sadonner à ce mal ou de sen retirer, Puistllle chacun est laissé à son propre arbitre. Quant à ce qui est et spécialemenl signifié par lArbre de vie par lArbre de la science du bien el du mal, cela a été pleinement exposé dans le MÉMORA- BLE ci-dessus, N° 48, auquel on peut se reporter.
  • RELIGION CHRÉTIENNE. 9Lho--nme nest point la vie, mais il est un Réceptacle de la vie qui procède de Dieu. ,470. On croit communément que la Vie est daus lhomme unechose qui lui appartient, quainsi lhomme est non-seulement leréceptacle de la vie, mais aussi la Vie; si lon croit communémentainsi, cest daprès lapparence, parce que lhomme vit, cest-à·dire,sent, pense, parie et agit, absolument comme par lui-même ; ce~tpourquoi cette proposition que lhomme est un réceptacle de la vieet non la Vie, ne pêut être considérée que comme quelque chosedont on na pas encore entendu par)· , ou comme un paradoxe op"posé à la pensée sensuelle, parce que cela est opposé à lapparence,La canse de celte foi illusoire que lhomme aussi est la vie, quepar conséquent la vie a été créée en lhomme, et a ensuite élé en:-gendrée par transmission (per t?adllcem) , je lai déduite de lap- parence, mais la cause de lillusion daprès lapparence vient de ce que la plupart des hommes aujourdhui sont naturels, el que très- peu sont spirituels, et de ce que lhomme naturel juge daprès lesapparences et par suite daprès les illusions, et que celles-ci sontdiamétralement opposées à cette véritê, que lhomme est seulementun réceplacle de la vie et non la vie. Que lhomme ne soit pas lavie, mais quil soit un réceptacle de la vie qui procède de Dieu, onle voit par ces témoignages évidents, que toutes leschoses qui ont été créées sont en elles-mêmes finies, et que lhomme, parce quilest fini, na pu être créé que de choses finies; cest pourquoi, dansle Livre de la Création, il est dit quAdam a élé fait de terre el depoussière de la terre, doù lui vient même son nom, car Adam si-gnifie lhumus de la terre; et lout homme en actualité nest com-posé que de choses qui sont dans la lerre, et daprès la terl~e dansles atmosphères; ; celles qui sont dans les atmosphères daprès laterre, lhomme les absorbe par les poumons et par les pores detout le corps, et les plus grossières il les prend par les alimentsqui proviennent de la terre. Quant à ce qui concerne lEsprit delhomme, il a aussi été créé de choses finies; quesl-ce que les-prit de lhomme, sinon le réceptacle de la vie du mental? Les
  • ,10 LA VRAIEchoses finies, dont il est composé, sont des substances spirituelles,qui sont dans le ~Ionde spirituel, et qui ont aussi été trànsportéesdans noIre terre, et y ont été renfermées; si elles nétaient pas enmême temps avec les subslances matérielles, aucune semence nepourrait étre imprégnée par les intimes, ni par suite croître dunemanière merveilleuse sans aucune déviation depuis le premier jetjusquaux fruits, et jusquà de nouvelles semences; ct aucun verne serait procréé des effluves provenant de la terre, ni de lexha­laison des vapeurs des végétaux, dont les atmosphères ont été im­prégnés. Qui est-ce qui peut, daprès la raison, penser que lI~finipui~se créel autre ehose que le fini, el que lhomme, étant fini,soit autle chose quune formè que lInfini peut vivifier daprèsJa vie quil a en lui-même; cest lit ce qui est entendu par ces pa­ loies: « Jéhovah Dieu (orma lhomme, poussière de la telre, ~t-soulfla dans ses nmines urie âme de vies. )l - Gen. Il. 7. - Dieu) parce quil est Infini, est la Vie en Soi-Même, il ne peut la créerni par conséqutlnt la transcrire dans Jhomme, car ce serait le faireDieu; penser que cela a été fait, ce fut la folie du serpent ou dudiable, et daprès lui cel1e dÈve et dAdam, car le se~pent dit: « Au_jour où VOltS mangelez du fruit de cet Arbre, ouvelts seront vosyeux, et vous serez comme Dieu.)l - Gen. HI. 5. - Que celteabominahle persuasion, que Dieu sest transfusé et transcrit dans leshommes, ail existé lhez les hommes de la Très-Ancienne Égliseà la fin de celle Église quand elle eut été consommée, cest ce quejai appris de leur propre bouche; et ceux-ci, il callse de celle abo­ minable foi, quils étaient ainsi des dieux, sont tenus cachés dans une profonde Caverne, ,irès de laquelle personne ne peut appr9­cher, salis être aussitôt saisi dun vertige intérieur et sans succom­ber. Que la Très-Ancienne Église soit enlendue et décrite par Adam et par son Épouse, cest ce qui _a été montré dans lArticleprécédent. 471. Quel est lhomme qui, sil peut penser daprès la raison élevé au-dessus des sensuels du corps, ne voie pas que la vie nest pas créable? En effet, quest-ce que la vie, siuon- lintime activité­ de lAmotir et de la Sagesse qui sant en Dieu et qui sont Dieu, yie qui peut aussi être appelée la fof~e jvive même1 éerüi qui voit cela peut aussi voir que cette vive ne peut être transcrite en aucun
  • RELIGION ëIÏRtTIENNE. homme, si ce nest en même temps avec lamour e,tla sagesse. Qui esi-ce qui nie, ou peut nier, que, tout bien de lamour eUout vrai de la sagesse viennent uniquement de Dieu, et quautan-t lhomme les reçoit de Dieu, autant, il vit par Dieu, et est dit né de- Dieu, cest-il-dire, régénéré; et que vice ve?sd, autant lhomme·-ne reçoit pas lamour et la sagesse, ou ce qui revient au même,,la. charité et la foi, autant il ne reçoit pas de, Dieu la vie qui en soi esl la vie, mais re~,oit de lenfer une vie qui nest autre que la vie ren- versée, laquelle est appelée mort spirituelle? 4i2. De ce qui vient dêtre dit on peut percevoir et conclure qUQ les choses qui suivent ne sont poin t C1:éables, il savoi l: 1° Linfini ~ 2° lamour et la sagesse; 3° et par suite la vie; 4° la lumière et la chaleur; 5" el de plus, lactivité elle-même, considérée en soi; mais que les Organes qui les reçoivent sontcréables et ont été créés. Ceci peut être illustré par ces comparaisons: La lumière nest pas créa- ble, mais son organe qui est lœil est créable; le son qui est lac- tivité de JatllJosphère nest pas créable, mais son organe qui est loreille est créable; de même la c~aleur, qui est le principal actif, pour la réception de laquelle ont été créées toutes les choses qui sont dans les trois Règnes de la nature, lesquelles nagissent pas,. mais sont mises en action selon .la réception. Cest une loi de la Création, que là où il y a des actifs, il y ait aussi des passifs, et que ces deux se conjoignent comme en un; si les actifs étaient créa- bles, comme les passifs, il ny aurait pas besoin de Soleil, ni par: conséquent de chaleur et de lumière, mais toutes les choses crééessubsisteraient sans eux, lorsque cependant sils étaient suppriméslUnivers créé lomberait dans un Chaos. Le Soleil du monde con-sisle lui-même en substances créées dont lactivité produit le felLCeci a été rapporté pour servir dillustration. Il en serait de mêmede lhomme, si la Lumière spirituelle. qui dans son essence est lasagesse, et la Chaleur spirituelle, qui dans son essence est lamour,ninfluaient pas dans lhomme, et nétaient pas reçues par lhomme.:lhomme tout entier nest autre quune forme 9rganisée pour la ré-éeption de la .chaleur et de la lumière, tant du Monde naturel quedu Monde spirituel. car elles se correspondent lune à lautre. Silon niait qu~ lhomme soil une ,F.o~mé. récipiente de lamou~ et. de.la-sagesse procédant de Dieu, on nierait aussi linflux, et par COD-
  • LA VRAIE séquent que tout bien vienl de Dieu; on nierait encore la conjonc­ tion avec Dieu; el par suite cetle parole, que lhomme pëut être lhabitacle et le temple ~e Dieu, serait une parole vaine. 473. Si lhomme ne sait pas cela daprès quelque lumière de la raison, cest parce que les illusions provenant de ce que lon croit aux apparences des sens externes du corps, couvrent dom­ bre celle lumière. Si lhomme ne sent autrement que comme sil vivait de sa propre vie, cest parce que linstrumental sent le prin­ cipal comme sien, et quainsi il ne peut distinguer lun de lautre• .car la cause principale et la cause instrumentale font ensemble une seule cause, selon le lbéorême connu dans le Monde savant; la cause principale est la ,oie, atla cause instrumentale est le mental de lhomme. Il semble allssi que les bêtes possèdent une vie créée en elles, maïs cest une illusion semblable; en effet, elles -sont des Organes créés pOlir receoir la lumière el la chaleur ùu lIonde na­ turel el en même temps du Monde spirituel, car chaque espèce est_l1ne forme de quelque amour naturel, et reçoit la lumière et la chaleur du Monde spirituel médiatement par le ciel_ el lenfer, les bêtes douces par le ciel, et les bêtes féroces par lenfer. Lhomme seulleçoil la lumière el la chaleur, cest-à-dire, la sagesse et la­ mour, immédiatement du Seigneur: cest là la différence. 474. Qne le Seigneur soit la Vie en Lui-Même, ainsi la Vie même, ce:5l ce quil enseigne dans Jean: «( La Parole était chez Dieu; et Dieu elle était, la Pmole,. en Elle la Vie était, et la Vie était la Lumière des hommes. Il - 1. f, 4. - Dans le Même; « Comme le Père a la vie en Lui-Même, ainsi il a donné au Fils davoir la vie en Lui-Même. » - V. 26. - Dans le Même: « Moi, je suis le Chemin, la Vélité et la Vie. Il - XIV. 6. - Dans le Même: ) Celui qui Me suit aura ta Lumiè1e de la Viti.)J VIII. t 2. Lhomme, tant quil vit dans le Monde, est tenu dans le milieu_ entre le Ciel et lEnfer, et là dans lÉquilibre spirituel, qui est le Libre Arbit?e, 475. Pour quon sache ce que cest que le Libre Arbitre, et quel
  • RELIGION CHRÉTIENNE. t3il est, il faut nécessairement savoir doù il vient; son origine étantCOnnue, on connaît aussitôt non-seulement quil existe, mais en-core quel il est. Son origine vient du Monde spirituel où le Mentalde lhomme est tenu par le Seigneur; le Mental de lhomme estson Esprit qui vil après la mort, et lesprit de lhomme est conti­nuellement en société avec ceux qui sont semblables à lui dans leMonde spirituel, et cet Esprit par le corps matériel, dont il est en­ veloppé de toute part, est avec les hommes dans le Monde naturel. Si lhomme ne sait pas quil est au milieu des Esprits quant à son Mental, cest parce que ces Esprits, avec lesquels il est en société dans le Monde spirituel, pensent et parlent spirituellement, au lieu que lesprit de lhomme, tant quil est dans le éorps matériel, pense et parle naturellement; or, la pensée et le langage spirituels ne peuvent être ni compris ni perçus par lhomme naturel, et vice versd la pensée et le langage naturels ne peuvent lêtre par les es­ prits; de là vient quils ne peuvent pas non plus être vus; mais quand lesprit de lhomme est en société avec les esprits dans leur Monde, il est alors aussi dans la pellsée et le langage spirituels avec eux, parce que son mental est intérieurement spirituel, lpais extérieurement naturel; cest pourquoi il communique par ses in­ térieurs avtJc eux et par ses extérieurs avec les hommes; par ceLle communication lhomme perçoit les choses, et il les pense analyti­ quement; si cela nétait pas en lhomme, il ne penserait ni plus ni autrement que les bêles; comme encore, si tout commerce avec les esprits lui était ôté, il mourrait à linstant. Mais pour quon puisse comprendre comment lhomme peut être tenu dans le mi­ lieu entre le Ciel et l~hfer, et par là dans lÉquilibre spirituel, dont résulte pour lui le Libre Arbitre, il va être donné quelques explications. Le Monde spirituel est composé du Ciel et de lEnfer; le Ciel est au-dessus de la Tête, et lEnfer est là au-dessous des pieds, non pas cependant dans le milieu dune Terre habitée par des hommes, mais au-dessous des terres de ce monde là, qui aussi sont. dorigine spirituelle, et est ainsi non pas dans létendue, mais dans lapparence de létendue. Entre le Ciel et lEnfer il y a un grand Intervalle, qui apparaît à ceux qui y sont comme un monde en­ tier; dans cet Intervalle sexhale de lEnfer le mal en toute abon­ dance, et influe du Ciel le bien aussi en toute abondance; cest au
  • LA VRAIE sujet Ile cet intervalle quAbràham dit au riche dans lEnfer: « Entre nous et vous un Gou/treJmmense a été établi, de sorte que ceux qüi veulent traverser dic(vers vous ne le peuvent, non plus que ceuÇc de là vers nous (ne peuvent) passer. » - Luc, XVI. 26, ­ Aùinllieu de cet interv~l1e est tout homme quant à son esprit, et cela uniquement afin quil soit dans le libre arbitre. Cet Inter ­ vàl1e, parce quil est immense et apparaît à ceux qui y sont comme uTÏ grand monde, est appelé le MONDE DES ESPRITS; il est plein desprits aussi, parce que touthùmme après la mort vient dabord là, et y est préparé ou pour le Ciel ou pour lEnfer; il est là en so­ ciété parmi les esprits comme auparavant parmi les hommes dans leïlonde precédent ; il ny a point là de Purgatoire; le purgatoire est une. fable inventée par les Catholiques-Romains. !Jais ce lfonde de~ Ésprits a été spécialement décrit dans le Traité sur le CIEL ET LENFER, publié à Londres, en 1i58, N° 4,21 à :S35. 4i6. Tout homme, depuis lenfance jusquà la vieillesse, change de lieux ou de situalions dans lelIonde des Esprits: PETIT ENFANT, il est tenll dans I~a plage orienlale vers le septentrion; ENFANT,· à mesure quil apprend des éléments de la religion, peu à peu du septentrion il. recule vers le midi; AOOLESCENT, à mesure quil commence à penser daprès son mental, il est porté du côté du midi, et ensuite quand il devient maître de ses opinions et de ses aClions, à mesure quil fait des progrès intérielJrement dans les chôses qui concernent Dieu et (amour à légard du prochain, il est porLé dans le midi vers lorient: mais sil est faorable au mal et quil sy abandonne, II savance du côté de loccident: tous, en ef­ fet~ clans le Monde spirituel babitent selon le~ plages·; dan.s 10­ RI,EiH, ceux qui sont dans le bien par le Seigneur, car là est le So­ leil, au milieu duquel est le Seigneur; dans le SEPTENTRION, ceux qui sont dans lignorance; dans Je MIDI, ceux qui sont dans lin­ lintelligence; et dans lOCCIDENT, ceux qui sont dans le mal. Lhomme lui-même quant au corps nest pas tenu dans cel Intervalle ou ce lfiIiell entre le Ciel et lEnfer, mais il y est tenu quaut à SOli es­ prit, et selon que son esprit change détat, en sapprochant ou du bien ou du mal, il est transporté vers des lieux ou des situations dans telle ou telle plage, et là il se met en société avec les habi­ tants: ~Mais il faut quon sache que le Seigneur ne transporte pas-------
  • J.U.~.u.lLl.l.V .. .d.J.1LüJ.lc"nlit!" • t5. lhomme ici ou là, mais que Phomme sy lransporte lui-même de: différentes manières; sil choisi.l,. le bien, alors lhomme, avec le 1 SeIgneur, ou pluiiôt~,1e ~S~igiie~r; layeq lho l11 me tra~spo;t~ s0D.t esp~i! 1 vers [orient; mais-si lh,omme .choisit le m,al, alors lhomme. ave((", le diable, ou plutôt le diablé ,avec lIJomme transporte son esprit. vers·locciaenr. Ilfaut observer qllicilorsquj/ est dit le Ciel, il e~t,,, enténdu aussi lé Seigneur, parc~ que le Seigneur est le loul dans tOuS()eux du ciel, et lorsquil est dit le diable, il est aussi entendu o lEiifû, parce que tous ceux de lenfer.sont des diabies. . J~I 47i. Si lhomme est Itnu dans ce grand Intervalle, et là conti- nuéllement dans son mitieu, cesl uniquemenl afin quil soit dan~,"; le libre arbitre dails les choses spirituelles, car cet équilibre est,) léquilibre spirituel, parce que cest léquilibre entre le Ciel et lEn- , fer, ainsi entre le bien et le mal. Tous ce~x qui sont dans ce grand Interalle, quant à leurs intérieurs, ont été conjoints ou avec les 1 Anges du ciel ou avec les diables de lenfer, mais aujourdhui {lU avec les Anges de Michel ou avec les Anges du dragon. Tout" homme après la mort se rend dans cel Intervalle vels les siens, et , sassocie à cellx ql!i sonl dans lin amour semblable au sien, car là lAmour conjoin 1 chacun avec ses semblables, et fail que chacun respire librement, et est dans létat de sa viepassée ; mais alors les • extemes qui ne font pas un avec les internes sont successivement dépouillés; ce dépouillement étant fait, le bon est élevé dans le Ciel, elle méchant se rend dans lEnfer, chacun vers ceux avec lesquels il faiL un quant à lamour régnant. 4i8. Mais cet Équilibre spirituel, qui est le Lible Arbitre, peut être illustré par des équilibres naturels. JI est comme léquilibre dun homme lié autour ou nlilieu du corps ou par les bras entre deux hommes de même force, donl lun le tire à droite et lautre à gauche, alors cet homme peut librement, se tourner dun côté ou de lautre comme sil nétait poussé par aucune force, et sil se porte à droite, il entraîne lhomme de gauche à soi avec violence, jusquà ce que cet homme tombe à terre. Il en serait de même si quetquun, même faible, élait lié entre trois hommes à droite et autant dhommes de même force à gauche; et de même, si cétai~ entre des chameaux ou des chevaux. LÉquilibre spirituel, qui est _ le Li,bre. ,Arbitre, peut ét~e ~omparé ~ une balanc~ dout chacu... ,J ~l ..1 , [
  • 16 LA VRAIE des plateaux contient des poids égaux, si alors on ajoute le moindre poids dans lun des plateaux, laxe de la balance se met aussitôt en mouvement; il en est aussi de même dune barre de fer ou dune poutre posée par le milieu sûr son appui. Toutes et chacune des chose;; qui sont au dedans de lhomme, comme le cœur, le pou- mon, lestomac, le foie, le pancréas, la rate, les intestins, etc., sont dans un pareil équilibre, de là vient que chacune peut rem- plir ses fonctions dans le plus grand repos; il en est de même de tous les muscles, sans cet équilibre toute action et tome réaction sarrêteraient, et lhomme cesserait dêtre homme. Puis donc que toutes les choses qui sont dans le Corps sont dans un tel équilibre, toutes celles qui sont dans le Cerveau sont aussi dans un sem-· blable équilibre, et par conséquent toutes celles qui, là, sont dans le Mental, lesquelles se réfèrent à la volonté et à lentendement. Il y a aussi une liberté chez les bêtes, les oiseaux, les poissons et les insectes; mais ils son t portés par les sens de leur corps à lins- tigation de lappétit et de la volupté; lhomme serait assez sem-blable à eux, sil avait la liberté de faire comme il a la liberté de penser, il serail aussi porté seulement par les sens de son corps àlinstigation de la convoitise et de la volupté; il en est tout autre-ment de celui qui se pénètre des choses spirituelles de lÉglise, etréprime par elles son libre arbitre, celui-là est, par le Seigneur,détourné des convoitises et des voluptés du mal, et de leurs avi-dités innées (connatis) , et il a de laffection pour le bien, et delaversion Jour le mal; celui-là est alors transporté par le Sei-gneur plus près vers lorient et en même temps vers le midi dansle Monde spirituel, et il est mis dans la Liberté céleste, qui est vé-ritablement la Liberté. -.De la Permission du mal, dans laquelle est lhomme Interne de chacun, il résulte évidemment que r homme a)e Libre· Ar- bitre dans les choses spùituelles. . 479. Que lhomme ait le Libre Arbitre dans les .choses spiri-tuelles, cest ce qui va être confirmé dabord par des Notions com-munes, puis par des Notions particulières, quil suffira dénoncer
  • RELIGION CHRÉTIENNE.pour que chacun les admelle. Les NOTIONS COMMUNES sont ctllles­ci: f ° Le plus sage des hommes, Adam et son· Épouse, se sontlaissé séduire par le Serpent. 2° Le premier de leurs fils, Caïn, atué son frère Abel, el Jéhovah Dieu ne len a pas détourné en ·par­lant avec lui, mais seulement après laction il la maudit.· 3° LaNation Israélite dans le désert a adoré le veau dor, et cependantJéhovah voyait cela du haut de la montagne de Sinaï, et il ne la pas empêché. 4° David a fait le dénombrement du peuple, et pour cela il fut envoyé une peste qui fit périr plusieurs milliers dhommes, et ce fut non pas avant mais après le dénoinbrement que Dieu envoya le prophète Gad à David, pour lui annoncer Îe chàtiment. 5° Il a été permis à Salomon détablir des cultes ido­ lâtres. 6° Et à plusieurs rois après lui de profaner le Temple et les cboses saintes de lÉglise. 7° Et enfin il a été permis à ceLLe Na­ tion de crucifier le Seigneur. Il a été permis à Mahomet dinstau­ rer une Religion non conforme en plusieurs points à lÉcriture Sainte. 8° La Religion Chrétienne a été divisée en plusieurs sectes, et chaque secte remplie dhérésies. 9" Tant dimpies clans le Chris­ tianisme, et aussi tant de parades dimpiété, tant de machinations et tant de fourberies, même contre les hommes pieux, justes et sincères! f 0° Linjustice triomphe souvent sur la justice dans les jugements et dans les affaires. HO Les impies sont élevés aux hon­ neurs, et deviennent des Grands et des PrimaIs. 12" Les guerres sont permises, et alors le massacre de tant dhommes, et le pillage de tant de villes, de nations, de familles, etc. Quelquun peut­ il déduire de telles choses dautres part que du Libre Arbitre cbez chaque homme? La Permission du mal, qui est connue dans tout lunivers, na pas dautre origine. Que les Lois de permission soient aussi des lois de la Divine Providence, on le voit dans le Traité sur LA DIVINE PROVIDENCE, imprimé il Amsterdam, en 1765, N°S 234 fi 274, où les notions rapportées ci-dessus ont aussi été ex­ pliquées. 480. Les NOTIONS PARTICULIÈRES qui montrent que le Libre Ar­ bitre existe pour les choses sprityelles comme pour les choses na­ turelles, sont innombrables. Que chacun se consulte sil le veut; ne peut-il pas soixante et dix foix en un jour, ou trois cents fois en une semaine, penser à Dieu, au ~eigneur, à lEsprit Saint. ct aux n 2
  • 18 LA VRAIE· Divin~ qui sont appelés les spirituels de lÉglise! Sent-il alors qlJelque chose de contraint, sil est porté à ces pensées daprès quelque volupté, et méDle daprès quelque convoitise, et cela, soit quil ait la foi, soit qui! nait pas la foi? Examine même, dans quelque état que· tu sois, si tu peux penser quelque chose sans le libre arbitre, soit dans tes discours, soit dans tes prières à Dieu. soit quand tu prêches, soit quand lu écoules? Est-ce que le Libre Arbitre nest pas en tout cela le point essentiel? Bien plus, sans le Libre Arbitre dans cbaque chose et même dans les plus petites choses, tu ne respirerais pas plus quune statue, car la respiration suit il chaque pas la pensçe et par conséquent la parole; je dis .. pas plus quune s!atue, " et non .. pas plus quune bête, " parce que la héle llspire daprès le libre arbitre naturel, au lieu que lhomme respire daprès le Libre Arbitre dans les choses naturelles el en même temps dans les choses spirituelles, car ~lOmme ne naît pas comme la bête, la bêle naît avec Ioules les idées, qui liout les ser­ v:lnles de son amour naturel, pour les choses qui concement la nourriture et la prolification; mais lhomme na pas didées in­ nées, il naît seuleOlent avec la faculté de savoir, de comprendre et dêlre sage, et avec une inclina lion à saimer et il aimer le monde, et aussi le prochain et. Dieu; cest pour cela quil est liit, " si le Libre Arbitre lui élait ôté dans chacune des choses quil veut et pense, il ne respirerait pas plus quune statue, " et quil. nest pas dit, .. il ne respirerait pas plus quune bête .• 481. Que Jhomme ait le Libre Arbilre dans les choses natu­ relles, on ne le nie pas; mais lhomme na ce Libre Arbille que daprès son Libre Arbitre dans les choses spirituelles; car le Seï­. gneur influe par le supérieur ou lintérieur chez tout llOmme avec le Divin Bi!3n et le Divin Vrai, ainsi quil a élé montré précédem­ ment; et par là il inspire à lhomme une vie liistincle de la vie des bêtes? et, pour quil reçoive ce bien et ce vrai et quil agisse da­ près eux, il Jui donne de pouvoir et de vouloir, et cela nesl ja ­ mais ôté à qui que ce soit; doù il suit que la volonté perpétuello du Seigneur est que lhomme reçoive le vrai, et fasse le bien, et ainsi devienne spirituel; cest pour cela quil est né; or, devenir spirituel, sans le libre arbitre dans liS choses spirituelles, est aussi impossible que de faire passer un chameau par le trou duDe
  • RELIGION CHRÉTIENNE. f.9~igui1le, ou de toucher avec la main une étoile du ciel. Quil ait~té donné à chaque hOnlllle, el aussi aux diables, de pouvoir. com­prendre le vrai et de vouloir le comprendre, et que ce pouvoir etce vouloir ne soient jamais ôtés, cest ce qui ma élé montré par·une vive expérience: Un de ceux qui étaient dans lEnfer fnt trans­ porté lIU jour dans le Monde des esprits, et là, il lui fut demandé·du ciel par des Anges, sil pouvait comprendre les choses dont ils sentretenaient avec lui; cétaient des Divins ~pirituels; il répon­-dit quilles comprenait; interrogé pourquoi il ne recevait pas des Divins semblables, il dit quil ne les aimait pas, et. que par cODsé­ .quent il ne les voulail pas: il lui fut dit de nouveau quil pouvait les vouloir; cela létonna, et il dit quil ne le pouvait; les Anges done inspirèrent dans son entendement la gloire de la réputation avee son charme, et dès quil (eut reçue, il les voulait aussi, et même il les aimait; mais peu après il fut remis dans son état antérieur, dans lelluel il avait été pillard, adultère et blasphémateur du prochain, et alors comme il ne les voulait pas, il ne les comprit pIns. Daprès tout ce qui précède, il est bien évident que lhomme est homme par le lihre arbilre dans les choses spirituelles, et que sans ce libre arbitre lhomme serait une souche, une pierre, ou la stalue femme .o.e Loth. 482, Que lhomme naurait aucun libre atbitre dans les choses civiles, morales et naturelles, sil navait pas un libre arbitre dans les choses spirituelles, on le voit en ce que les choses spirituelles, qui sont appelées Théologiques, résident dans la suprême région du mental de lhomme, comme lâme dans le corps; si elles rési­ dentliJ, cest parce que là Mt la porte par laquelle le Seigneur en­ 1re dans lhomme; .sous elles sont les choses civiles, morales et nalurelles, qui dans lhomme reçoivent Ioule leur vie des spiri­ tuelles qui sont audessus ; et comme la vie influe du Seigneur par les suprêmes, et que la ie de lhomme est de pouvoir librement penser, voulOir, et par suile parler ct faire, il sensuit que cest de là et non dau Ire part q...·il y a libre arbitre dans les choses politi­ ques et naturelles; daprès ceUe Libertr spirituelle lhomme a la. _perception du bien et du vrai, du juste et du droit dans les choses çiviles, perception qui estlenlendemenL même dans son essence. Le libre arbitre de lhomme dans les choses spirituelles est, pour
  • 20 LA VRAŒ employer une comparaison, comme dans le poumon lair qui,. selon tous les changements de la pensée, est attiré, retenu et renvoyé~ sans quoi lhomme seraIt dans un état pire que celui qui souffre dùn cauchemar, dune angine ou dun asthme. Il est aussi comme le sang dans le cœur; si le sang commençait à manquer, le cœurdabord palpiterait) et après des convulsions de toutes sortes il ces­serait de battre. Ce serait aussi comme un corps mis en mouve­ ment, qui continue à se mouvoir tant que dure eT, lui leffort, maisqui sarrête en même temps que leffort cesse; il en est aussi demême du libre arbitre dans lequel est la volonté de lhomme; lunet lautre, en même temps le libre arbitre et la volonté) peuventdans lhomme être appelés leffort vif, car la volonté cessant lac­tion cesse, et le libre arbitre cessant la volonté cesse. Si la libertéspirituelle était ôtée à lhomme, ce serait encore par comparaisoncomme si lon ôtait les roues à une machine, les ailes à un mou­lin à vent, et les voiles à un navire; et même il en serait de cethomme comme dun homme qui rend le souffle quand il meurt;car la vie de. lesprit de lhomme consiste en son libre arbitredans les choses spirituelles. Les Anges gémissent, quand seule­ment il est dit que ce Libre Arbitre est nié aujourdhui par beau­coup de Ministres de lÉglise, ~t ils nomment cela délire sur délire. Sans le Libre Arbitre dans les choses spirituelles, la Parole ne serait daucun usage) par conséquent lÉqlise ne serait rien non plus. 483. On sait dans tout le Monde Chrétien que la Parole dans le sens large est la Loi, ou le Livre des lois selon lesquelles lhomme doit vivre pour obtenir la vie éternelle; or, ce qui est dit le plus fréquemment dans ce Livre, cest que lhomme doit faire le bien et non le mal, et croire en Dieu et non aux idoles; et il est plein de commandements eL dexhortations sur ces devoirs, de bénédic­ tions et de promesses de récompenses pour ceux qui les rem­ plissent, de malédictions et de menaces pour ceux qui ne les rem­-plissent point. A quoi bon tout cela, si lhomme navait pas un Libre Arbitre dans les choses spirituelles, cest-à-dire, dans les
  • RELIGION CHRETIENNE. 2t choses qui concernent le salut et la vie éternelle? Tout cela ne se" rait-il pas vain et sans aucune utilité? Et si lhomme sattachait à Jidée quil na aucune puissance ni aucune liberté dans les choses spirituelles, que par conséquent il est privé de toule puissance de volonté dans ces choses, est-ce que lÉcriture Sainte ne lui paraîtrait pas alors comme un papier blanc sans caractères dim­ pression, ou comme un papier entièr~ment couvert dencre, ou comme un papier avec des accents et des points sans leLtres, ainsi comme un livre inu tile? Il ne serait pas besoin, il est vrai, de com­ firmer cela daprès la Parole, mais comme les Églises aujourdhui se sont prononcées pour limpuissance du men LaI dans les choses spirituelles, et ont mis en avant pour la confirmer quelques pas­ sages de la Parole, quelles ont faussement interprétés, il est im­ portant de rapporter ici quelques-uns de ceu" qui commandent à .lhomme de faire et de croire; leS voici: « Le Royaume de Dieu vous sela ôté, et il sera donné à une nation qui en fera les fruits. ), - lfallh. XXI. 43. - « Faites des fruits dignes de la pénitence,. déjà la cognée! à la racine des arhres est placée; tout arbre qui ne fait pas de fruit bon est coupé, et au feu est jeté. » - Luc, 1Il. 8, 9. - cc Jésus dit: Pourquoi Mappelez­ vous, Seigneur, Seignew" et ne faites-vous point ce que jé dis? Quiconque vient à JJ1oi, et écoute mes pmoles et les fait, est semblable à un homme qui bâtit une maison sur le loc,. mais celui .qui écoute et n~ fait pas est semblable à un homme qut bdtit une maison SW lhu11}us sans fondement. » - Luc, VI 46 à 49. - ((Jésus dit: Ma Mère et mes frères, ce sont ceux qui écoutent la Parole de Dieu et qui la font. » - Luc, VIII. 2t. ­ « Nous savons que Dieu nécoute point les pêcheurs, mais si quelquun ad01e Dieu et fait sa volonté, il lécoute. Il - Jean,. IX. 31. - « Si ces choses vous savez, heureux vous êtes,poulVU que vous les fassiez. Il - Jean XIII. 17. - cc Celui qui ames-- préceptes et les fait, cest celui-là qui Maime, et Moi je lai­ merai, ) - Jean, XIV. 21. - (1 En ceci a été glorifié mon Père. que du fruit beaucoup vous portiez.» - Jean, XV, 8. - cc Vous, mes amis vous êtes, si vous faites tout ce que je vous com­ mande. Moi, je vous ai choisis, afin que vous portiez du fruit, et que votre fluit leste. »- Jean, XV, 14, t6. - (1 Faites lArbre
  • LA VRAIE o.on, par le fruit est connu lArbre. » - Mallh. XII. 33. - Cl Faites des fruits dignes de la pénitence. » .- Mauh. III. 8. - « Celui quï dans la terre bonne a été semé, est celui qui entend la Parole,. et porte du fruit. » - Mattll. XIIi. 2:. - Celui qui moissonne, récompense reçoit, et il amasse du fruit pour la vie éternelle. » .::.. Jean, IV, 36. - cc Lavez-vous, purifiez-vo:.ls, éloignez la ma­ lice de ~10S Œuvres, apprenez à faire le bien. ) - Ésaïe, 1. 16, 17. - - Cl Le Fzls de lhomme doit Lenir dans la gloire de son Père, èt alors il rendra à chacun selon ses œumes. » - lIallh. XVI. 27. -- « Ceux qui auront fait de bonnes œuvres sortùont en 1ésu­ rection de vie. Il - Jean, V. 29. - « Ils furent jugés selon leurs œUV1es. Il - Apoc. XX. 12, 13. - Cl Voici, je viens bientàtetma récompense avec Moi, afin que je donne à chacun selon ses œun·es. » - XXII. 12. - cc Jéhovah dont les yeux sont ouverts pour donner à chacun selon ses voies; selon nos Œuvres il lait avec nous. )1 - Zach. 1. 6. - Le Seigneur enseigne aussi la même­ cnoses dans des paraboles; dont un granc1 nombre enveloppent ce­ Sells, que ceux qui font les biens sont acceptés, et que ceux qui font les maux sont rejetés; par exemple, dans les Paraboles des Quvriçrs dans la Vigne, - MatLh. XXI. 33 à 44; - des Talents. el des Mines quon doit fairevaloir, -lfalth. XXV. 14 i131. Luc, XIX. t3 à·25. - Il en est de même pour la FOI: « Jésus dit: Celui qui croit en Moi ne mourra point pow léternité; mais il vivra. » ­ Jean. XI. 20, 26. - IC Cest la volonté du Père; que quiconque"croit au Fils ait la vie étemelle. » - Jean, VI. 40, 47. - « Celui quicroit au His a la vie éternelle; mais celui qui ne ClOit pas au Fils ne ve11a point la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui. Il ­ Jean, III. 36. - « Dieu a tellement aimé le Monde, que son Fils Unique-Engend1é il a donné, afin que quiconque croit en lui nepérisse point, maÎ$ quil ait la vie étemelle. » - Jean, III. 15, f 6. ~ Et, en outre: cc Tu aimelas le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur et de toute ton dme, et de tout ton mental; et tu aimeras ton prochain comme ioi-même; de ces deux commandements la: Loi et les Prophètes dépendent. » - Matlh. XXII. 35 à 38 - Mais. èe nesrlà quun très-petit nombre de passages extraits de la Pa­ foIe, et comme quelques verres deau tirés de la mer. 4tH. Qui est-ce qui ne voit linanité, je ne veux pas dire la folie.
  • RELIGION CHRÉTIENNE. 23dans les Articles rapportés ci-dessus, N° 464, du Livre Ecclésias­ tique appelé FORMULE DE CONCORDE? Après avoir lu ces arlicles,et quelques passages çà et là dans la Parole, lhomme ne pense­ rait-il pas en lui-:nême: Si la chose était comme lenseigne ce ftLivre, à savoir, que lhomme na aucun Libre Arbitre dans lesehoses spirituelles, que serail la religion, qui consiste à faire lebiell, sinon un vain mol! Et sans la religion que serait lÉglise,sinon comme autour du bois lécorce qui nesl bonne quà êtrebrûlée? Et ne penserait-il pas encore; .. Sil ny a point dÉglise. >1parce quil ny a point de religion, quesl-ce alors que le Ciel etlEllfer, sinon des fables inventées par les ministres et les chefs delÉglise pour semparel du peuple el sélever aux honneurs émi"mmts? u De là vient celle sentence abominable qui est dans labouche de plusieurs: ft Qui peut par soi-même faire le bien, etqui peut par soi-même saisir la fqi? .. Et daprès cette sentence onomet lun et jaulre, et lon vit en païen. r~ais loi, mon ami, fUIS le mal el fais le bien, et crois au Sei­gneur de tout ton cœur et de toute ton âme; et le Seigneur taime­ra, et il te donnera lamour pour faire et la foi pour croire; et alorsdaprès lamour lu feras le bien, et daprès la foi, qui eSl la con­fi"ance, tu croiras; et si tu persévères ainsi, il se fera une conjonc­tion réciproque, et celle-ci est la conjonction perpétuelle, qui estle salut même et la vie éternelle même. Si daprès les forces quilui ont été données, lhomme ne faisait pas le bien, et si daprèsson mental il ne croyait pas au Seigneur, que serait lhomme? Neserait-il pas une solitude el un désert, et absolument comme uneterre sèche qui ne reçoit pas la pluie, mais la rejelle; ou commeun terrain sablonneux dans lequel les brebis ne trouvent point depâlure ; ou comme :Ine fontaine tarie; ou cOlDme leau stagnaI. tedune fontaine dont la veine a été bouchée; on comme une habi­talion dans un lieu où il ne croît pas de blé et où il ny apas deau, dans lequel lhomme mourrait de faim et de soif, sil, Ilele quittait aussitôt, eL ne cherchait ailleurs un endroit habi­table?
  • 24 LA VRAIESans le Lihre Arbitre dans les choses spirituelles, il ny aurait rien de lhomme par quoi il pourrait se conjoindre réci­ proquement au Seigneur, et par suite point dImputa­ tion,. il Y aurait seulement la Prédestination, qui est aho­ minable. 485. Que sans le Libre Arbitre ii ny aurait ni charité ni foichez aucun homme, ni à plus forte raison, conjonction de lune&1 de lautre, cest ce qui a été pleinement montré dans le Chapitresur la Foi; il suit de là que sans le Libre Arbitre. dans les chosesspiriluelles, il ny aurait rien de lhomme, par quoi le Seignenr seconjoindrait à lui; et cependant, sans conjonction réciproque, il nya aucune réformation, ni aucune régénération, n.i par conséquentaucune sa/vation. Que sans conjonction réciproque de lhommeavec le Seigneur et du Seigneur avec lhomme, il ny aurait aucuneImputation, cest là une conséquence incontestable. Les suitesqui résultent de la confirmation quil ny a aucune Imputation dubien et du mal, sans le Libre Arbitre dans les choses spirituelles,sont en grand nombre, et ces suites énormes seront dévoiléesdans la dernière Partie de cet Ouvrage, où il sera trailé des héré­sies, des paradoxes et des contradictions, qui découlent de la Foidaujolirdhui imputative du mérite et de la justice du Seigneur DieuSauveur. 486. La Prédestination est un fœtus de la foi de lÉglise dau­jonrdhui parce quelle naît de la foi en une impuissa.nce absolueet en un manque total de Iiberté dans les phases spirituelles; delà et aussi dune conversion comme inanimée de lhomme, il ré­sulte quil est c~JL!ITI..e ~e, et quensuite il ne sait par au­cune conscience si la souche elle·même a été vivifiée par la grâce,ou non; car il est dit que lélection est faite daprès la pnre grâcede Diell, à lexclusion de laction de lhomme, soit que celle-ciprovienne des forces de la nature, ou de celles de la raison; et quelélection se fait où et qnand Dieu veut, ainsi selon son bon plai­sir: les OEuvres qui suivent la foi comme témoignages, sont, à lesbien considérer, semblables au.x OEuvres de la chair, et lEsprit
  • RELIGION CHRÉTIENNE. 25 qui les opère ne manifeste pas de quelle origine elles sont, mais il fait quelles appartiennent à. la grâce, ou au bon plaisir, comme la foi elle-même. Daprès tout ce qui vient dêtre dit, il est évident que le dogme de lÉglise sur la Prédestination est sorti de là comme un rejeton sort dune semence; et je puis dire quil est découlé de cette foi comme une conséquence à peine évitable; ce qui a dabord eu lieu chez les PRÉDESTINATIENS; de là, la prédet~a­ tion a été fortement établie par GODESCHALK, ensuite par CALVIN et ses partisans, et enfin par le SYNODE DE DORDRECHT, et par suiteelle a été transpo.rtée par les SUP}~~!~~~~!~ES et par I~~ALAP- l" Ç,4J SAIRES dans leur Eglise, comme le Palladium de la religion, au1 Pfiilôt comme la tête de la Gorgone ou de Méduse gravée sur le bouclier de PaHas. Mais qua-t-on pu tirer de plus pernicieux, et qua-tAon pu croire de plus barbare à légard de Dieu, que la sup- position quil y a dans le Genre Humain des êtres prédestinés à la damnation? Ne serail-ce pas, en effet, une foi barbare, que de croire que le Seignenr, qui est lAmour Même et la Miséricorde Même, veut quune multitude dhommes naisse pour "Enfer, ou que des myriades de myriades naissent maudits, cest-à-dire. naissent Diables el Satans; et que par sa Divine Sagesse, qui est infinie, il na pas pourvu et ne pOUIToit pas à ce que ceux qui vivent bien et reconnaissent Dieu, ne soient pas jetés dans un feu et un tourment éternel? Le Seigneur cependant est le Créateur et le Salweur de tous, et lui seul conduit tous les hommes, et ne veut la mort daucun; que peut-il donc y avoir de plus barbare que de croire et de penser que des Réunions de nations et de peuples, sous les auspices et les regards du Seigneur, soient par prédesti- nation livrées au Diable, pour lui servir de proie et pour rassasier sa voracité? Or, ce dogme est un fœtus de la foi de lÉglise dau- jourdhui ; mais la Foi de la Nouvelle Église la en borreur comme un monstre. 487. Comme je pensais quun dogme si extravagant ne pouvait jamais être adopté par aucun chrétien, ni à plus forle raison être répandu de bouche, et mis publiquement au jour, - cepenùanf cela a élé fait par lélite du Clergé dans le Synode de Dordrecht ou Hollande, et a ensuite élé écrit avec clarté et lancé dans le public. - afin donc que je nen doutasse point, quelques-uns de ceux qui
  • 26 LA VRAIEavaient participé aux décrets de ce synode me furent amenés. Quandje les vis près de moi, je dis: « Qui est-ce qui peut, daprès une raison liaine, conclure à la Prédestination? Peut-il découler de làautre chose que des idées atroces sur Dieu, el déshonorantes surla Religion? Celui qui a gravé la Prédestination dans son cœur pardes confirmations, peut-il, sur loutes les choses qui appartiennentà lÉglise, ne pas penser quelles sont vaines, et quil en est de même de la Parole, et que Dieu nest que comme un tyran, puisquil a prédestiné à lEnfer tant de myriades dhommes?» A ces mots, ils me regardèlent dun regard satanique, en disant: « Nous avons é~ du nombre des Ecclésiastiques choisis pour le Synode de Dor­ drecht; et alors, et encore plus depuis, nous Il.()us somnles confir­ més sur Dieu, sur 1:). Parole et sur la Religion dans un grand nombre de POilltS, que nous navons pas oser divulguer; mais quand nous avons padé et enseigué au sujet de la prédestination, nous avons ourdi et tressé la toile de fils de diverses cou leurs, et nous avons étendu sur elle des plumes emprun tées aux ailes des paons. )} Mais comme ils voulaient alors faire de même, les Anges, daprès la puissance donnée par le Seigneur, fermèrent les Externes de leur mental, et en ouvrirent les Internes chez eux, et ils furent forcés de pader daprès ces Internes;. et alors ils dirent: « Notre foi, que nous avons formée par des conclusions dé1Ïvées lune de lautre, a été et est encore celle-ci: 10 Il ny a aucune Parole de Jéhovah Dieu, mais il y a une sorte de boursouftlage prononcé. par la bouche des prophètes; nous avons pensé ainsi, parce que la Parole prédesline lous les hommes pour le Ciel, el que seule­ ment lhomme est eu faule sil ne marche pas dans les chemins qui y conduisent. 2° Il Ya une religion, parce qui~ faut quil y en ait une; mais elle est comille un grand vent qui apporte une odeur agréable pour le vulgaire; elle doil par conséquent être enseignée par les Ministres, lant pelits que grands, et daprès la Parole. parce que cela est généralement reçu; nous, avons pensé ainsi. parce que là où la prédeSlination existe, la Religion nest rien. 3· Les Loi:; civiles de la justice constituent la Religion, mais la Prédestination a lieu, non pas selon la vie daprès ces lois, mais purement selon le bon plaisir de Dieu, de même que chez un Roi dun pouvoir absolu la faveur est accordée selon son caprice.
  • RELIGION CHRÉTIENNE. 274° Toutès les choses que lÉglise enseigne, excepté qUIL y À UNDmu, doivent être repoussées avec mépris comme des futilités,et rejetées comme des guenilles. 0° Les choses spirituelles, quisont prônées, ne sont pas plus que des substances éthérées SOllSle Soleil; si elles pénètrent profondément dans lhomme, elles in-troduisent en lui le vertige et la stupeur, et le rendent un mons-tre détestable devant Dieu. » 6° Interrogég sur la Foi, de laquelleils ont déduit la Prédestination, sils la croyaient spirituelle, ilsrépondirent quelle devient selon la prédestination, mais que, lors-quelle est donnée ils sont comme des souches daprès lesquelles,à la vérité, ils sont vivillés, mais non spirituellement. Après"~propos abominables ils vouluTent se retirer; mais je leur dis:« Restez encore un peu, et je lirai devant vous un passage dÉ-saïe. ). Et je lus celui-ci: « Ne te réjoui5 pas, Philistée tout en-tière: de ce qua été brisée la verge qui te lrappait, car de laracine du serpent, est sorti un basilic, dont le fruit (est( un ser-pent volant. » - XIV. 29; - et je lexpliquai par le sens spiri-tuel, à savoir, que par la Philistée il est entendu lÉglise séparéede la charité; que par le basilic, qui est sorti de la racine du ser-pent il est entendu sa doctrine sur trois Dieux, et .3ur la foi im-putative appliquée en particulier à chacun; et que par son fruit,qui est un serpent volant, il est entendu nulle imputalion du bienet du mal, mais limmédiate Miséricorde soil que lhomme ait bienvécu, soit quil ail mal vécu. Après avoir entendu eette explication,ils difent: .. Soit; mais de ce Livre quetu appelles la Sainte Pa-role, tire-nous quelque chose SUI la Prédestination." Et je Jon-vris, et je rencontrai dans le même Prophéte ce passage, qui con-cordait: " Des œufs daspic ils déposent, et des toiles darai-gnées ils ti5sent,. celui qui mange de lews œufs meurt, et quanaonlesplesse, il en sOltunevipère.» - LlX. 0; - Ayant entenduce passage, ils nen soutinrent point lexplication, mais quelques-uns de ceux qui avalent été amenés, - ils étaient cinq, - sélan-cèrent dans un Antre, autour duquel apparut un feu sombre, signequils navaient ni foi ni charité. Daprès cela, il est evident quece décret synodique sur la Prédestination est non-seulement ulleHérésie insensée, mais encore une Hérésie atroce; elle doit donc êtredéraci-née du cerveau, au point quil nen reste pas même un seul point.
  • 28 LA VRAIE 488. La foi affreuse que Dieu prédestine des hommes à lEnfer,.peut être comparé~ à la férocité des pères qui, chez quelques na­tions barbares, jettent, dans les rues leurs enfants à la_ mamelle etleurs petits enfants; et à linhumanité de certains ennemis qui.jettent les cadavres des vaincus dans les forêts pour quils soientdévorés par les bêtes sauvages. Elle peut aussi être comparée àla cruauté dun tyran qui divise en troupes le peuple quil sestsoumis, et en livre quelques-uns aux bour-reaux, en précipitedautres au fond de la mer, et dautres dans le feu. Elle peut encore.être comparée à la férocité de certaines bêtes qui dévorent leurspt~lts ; et aussi à la manie des chiens qui sélancent sur leursimages quils voient dans un miroir.Sans le Libre A1bitre dans les choses spirituelles, Dieu serait cause du mal, et ainsi îl ny aurait aucune impntation. 489. Que Dieu soit la cause du mal, cest la conséquence de latoi daujourdhui, qui doit sa première origine à ceux qui siégèrentau Coucile tenu dans la ville de Nicée; dans ce Concile a été ima­ginée et forgée lhérésie encore persistante, quil ya eu de toute­éternité trois Personnes Divines, et que chacune par elle-même estDieu; une fois lœuf éclos, les sectl!teurs de celte hérésie ne )lurentfaire autrement que de sadresser en particulier à chaque personnecomme étant un Dieu. Ils ont compilé la foi imputative du mériteet de la justice du Seigneur Dieu Sauveur, et afin quaucun hommenentrât dans le mérite avec le Seigneur, ils ont ôté à lhomme toutLibre Arbitre dans les choses spirituelles, et ils en ont induit uneextrême impuissance quant à celte foi; et comme ils avaient tiréde celte foi seule tout le spirituel de lÉglise, ils ont déclaré quily avait semblable impuissance quant à tout ce que JÉglise en­seigne sur le salut; de là sont nées daffreuses hérésies, lune après­lautre, fondées sur celle foi, et sur limpuissance de lhommedans les choses spirituelles, et aussi celte très-pernicieuse hé­résie sur la Prédest.ination, dont il a été traité dans lArticle pré­cédent, hérésies qui toutes enveloppent que Dieu est la cause dumal, 011 que Dieu a créé et le bien et le mal. mais, mon ami, ne te
  • RELIGION CHRÉTIENNE. -29"fie à aucun Concile, mais fie-toi à la Parole du SeigT1eur~ qui est au-dessus des Conciles; que nest-il pas sorti des Conciles Catho- liques·Romains? et que nest-il pas sorti du Concile de Dordrecht, qui a produit la Prédestination, cette vipère horrible? On peut penser que le. Libre Arbitre, donné à lhomme dans les choses spirituelles, a été la cause moyenne du mal, que par conséquent si ce Libre Arbitre ne lui eût pas été donné; lhomme naurait pas pu prévariquer; mais, mon ami, arrête-toi ici, et examine si un homme, pour être homme, a pu être créé sans le Libre Arbitre dans les choses spirituelles; si ce Libre Arbitre lui était ôté, ce ne serait plus un homme, ce serait seulement une statue: quest-ce que le Lihre Arbitre, sinon de pouvoir vouloir et faille, penser et parler en toute apparence comme par soi-même; comme cela a été donné fi lhomme, afin quil vécût homme, voilà pour- quoi deux arbres ont été placés dans le Jardin dÉden, lArbre de·vie et lArbre de la science du bien et du mal, ce qui signifie que daprès la Liberté qui lui avait été donnée il pouvait manger du fruit de lArbre de vie, et du fruit de lArbre de la science du bien et du mal. 490. Que tout ce que Dieu a créé ait été bon, on le voit claire- ment par le premier Chapitre de la Genèse, où il e~t dit. Vers. :1.0, 12, 18, 21, 25: " Dieu vit que cela était bon, )l et enfin, Vers, 31 : « Dieu vit tout ce quil avait lait, et voici, cela étitit très-bon;» et aussi par létat primitif de lhomme dans le Paradis: que le mal, au contraire, doive son origine à lhomme, on le voit par létat dAdam selon ou après la chute, en ce quil fut chassé du Paradis. Daprès cela, il est évident que si le Libre Arbitre dans les choses spirituelles neût pas été donné à lhomme, Dieu eùt été Lui-Même la cause du mal, et non pas lhomme, et quainsi Dieu aurait créé et le bien et le mal ; penser que Dieu a créé aussi le mal est l~ne chose abominable. Que Dieu, puisquil avai t donné à lhomme le Libre Arbitre dans les choses spirituelltls, nait pas créé le mal, et.quil ninspire jamais à lhomme aucun mal, cest parce qui! est le Bieo même, et que dans le bien Dieu est tout-présent, et conti- nuellementfrappe et presse afin dêtre reçu, et que sil nest pas..reçu,il ne se retire pas cependant, car sil se retirait, lhomme mourrait à linstant, bien plus il tomberait dans le non-être, car
  • ------=;;---------- 30 LA VRAIE la vie de lhomme et la subsistance Ile toutes les choses dont il se Compose, viennent de Dieu. Que Dieu nait pas créé le mal, mais que ce soit lhomme qui la introduit, cela vient de ce que lhomme change en mal le bien qui influe continuellement de Dieu, par cela quil se déto~rne de Dieu et se tourne vers lui-même; quand il en est ainsi, le plaisir du bien reste, et ce plaisir alors devient le plaisir du mal, car sil ne restait pas un plaisir qui fût comme ·semblable, lhomme ne vivrait pas, car le plaisir fait la vie de son amour: mais néanmoins ces plaisirs sont diamétralement opposés; toutefois lhomme ignore cela tant quil vit dans le Monde, mais après la mort il le saura, et même il le pùcevra clairement, car a40rs le plaisir de lamour pu bien est changé en béatitude céleste, et le plaisir de lamour du mal en tourment infernal. Daprès ce qui vient dètre rapporté, on voit que tout homme a été prédes- tiné pour le Ciel, el que personne ne la été pour lEnfer, mais que lhomme se livre lui-même à lEnfer par labus de son Libre Arbitre dans le$ choses spirituelles, daprès lequel il embrasse ce qui sexhale (le lEnfer; car, ainsi quil a été dit ci-dessus, tout homme est tenu dans le milieu entre le Ciel et lEnfer, afin quil soit dans léquilibre entre le hien et le mal, et par suite dans le Libre Arbitre dans les choses spirituelles. 491. Que Dieu ait mis la Liberté non-seulement dans lhomm~, mais aussi daris chaque bête, et même un analogue de la liberté dans les êtres inanimés, dans chacun pOUl quil la reçoive seloJl sa nature, et quaussi il pourvoie le bien pour eux tous, mais que les objets changent ce bien en mal, cest ce qui peut êlle illustré par des comparaisons:· Latmosphère donne à chaql!.e homme la faculté de respirer, pareillement à chaque bêle douce et à cbaque bête sauvage, et aussi à chaque oiseau, tant au hibou quà la colombe, én y joignant la faculté de voler, et cependill!t latmosphère nest pas cause (lue cela soit reçu peU des êtres· qui sont dun génie et dun caractère opposés. LOcéan procure en lui une demeure et fournit aussi des aliments à tous les poissons,mais il nest pas cause que lun y dévore lautre, et que l~croco­dile change son aliment en im poison qui tue lhomme, Le sol~Upourvoit aux besoins de tous par la lumière et par la chaleur, ·malsles objets, qui sont les divers végétaux de la terre,. reçoivent de
  • RELIGION CHRÉTlE~NE. diverses manières cette lumière et celle chaleur, larbre bon ét larbuste bon autrement que lépine el le buisson, et lherbe sa­ lubre autrement que lherbe empoisonnéoe. La pluie descend de la régiou supérieure de latmosphère sur toutes les parties de la terre, et fournit à la terre des eaux pour chaque arbuste, chaque plante el chaque herbe, et chacun deux se les appliqutl selon le besoin; cest là ce qui est appelé lanalogue du Libre Arbitre, parce que ces végétaux sen imbibent librement par de petites bouches, des pores et des conduils, qui au temps de la chaleur se tiennent ouverts; la terre fournit seulement et les humides et les éléments, et les plantes les attirent selon quelque chose de semblable à la soif el à la faim. Il en est de même des hommes, en ce que le Sei­ gneur influe chez chaque homme aVilC la Chaleur spirituelle, qui dans !lon essence est le bien de lamour, et avec la Lumière spiri­ tuelle, qui dans son essence est le vrai de la sagesse, mais lhomme les reçoit selon quil se tourne ou vers Dieu ou vers lui-mêm~; cest pourquoi lorsque le Seigneur ~onne des instructions sur la­ mour à légard du prochain. il dit: Afin que vous soyez fils de (C.votre Père, qui lait lever son soleil sur méchants et bons, et enVOle la pluie sur justes et injustes, ) - lfaUh. V . 41> ; - et 1il1eurs il dit, quil veut le salut de tous, 492. A ce qui précède jajouterai ce Mémorable: Jai souvent, au sujel du bien de.la charité, enlendu des paroles envoyées do ciel en bas, qui traversaient le Monde des esprits, et pénétraient. dans lenfer jusquau fond, et dans· leur. marche ces paroles se changeaient en dautres qui étaient entièrement opposées au bien de la charité, et enfin en des paroles de haine contre le prochain, indice que lout ce qui procède du Seigneur est bon, et est changé en mauvais par les esprits dans lEnfer. Il en arriva de même de quelques vrais qui dans leur marche se changèrent en faux opposés. aux vrais; car la forme qui reçoit change elle-même ce qui tombe en elle en choses concordantes avec ele.
  • 32 LA VRAIETout spirituel de lÊglise qui entre dans la liberté, et est reçu daprès la überté, reste; mais non, quand il en est autrement. 493. Si ce qui est reçu par lhomme daprès la liberté, reste cbez lui, cest parce que la Liberté appartient à sa volonté, et quappartenant à sa Volonté elle appartient aussi à son amour, car la Volonté est le réceptacle de lamour, comme il a été montré ailleurs. Que tout ce qui appartient à lamour soit libre, et que cela aussi appartienne à la Volonté, chacun le comprend,car on dit: ~( Je veux cela parce que je laime, Il et vice versd: " Parce que jaime cela je le veux aussi; Il mais la volonté de lhomme est double, il y a lintérieure et lextérieure, ou celle de lhomme In- terne et celle de lhomme Externe j cest pourquoi lhomme fourbe peut agir et parler dune manière devant le Monde, et dune autre manière avec ses amis intimes; devant le Monde il agit et parledaprès la Volonté de son homme Externe, et avec ses amis in- times daprès la Volonté·de lhomme Interne; mais ici il est en- tendu la Volonté de lhomme Interne, où réside son amour domi- nant. Daprès ce peu dexplication on voit que la Volonté intérieure est lhomme lui-même, car il y a là lêtre et lessence de sa vie; lEntendement est la formll, par laquelle la Volonté rend son amour visible. Tout ce que lhomme aime, et veut daprès lamour, estlibre; car tout ce qui procède de lamour de la Volouté Interne est le plaisir de sa vie; et comme la même chose est lêtre de sa vie, cest aussi son propre; cest pour cette raison que ce qui est reçu daprès la liberté de cette volonté, reste, car il sajoute au propre. Le contraire a lieu si quelque chose entre dans la non-li- berté, cela nest pas reçu de la même manière: mais il en sera parlé dans la suite. 494. Mais il faut quon -sache bien, que les choses Spirituelles de la Parole et de lÉglise que lhomme puise daprès lamour, et . que lEntendement confirme, restent chez lhomme, mais non de même les choses civiles et politiques, parce que les choses spiri- tuelles montent dans la région suprême du mental, et sy forment; cela vien t de ce que là est lentrée du Seigneur avec les Divins
  • RELIGION CHRÉTIENNE. 33vrais et les Divins biens chez lhOlllme, et pour ainsi dire le templedans lequel il réside; m<lis les cho~es ci·iles et politiques, parcequelles appartiennent au Monde, occupent les inférieurs du men-tal, et quelques-unes y sont comme de petits bâtiments au dehorsdu teil/pie, et dautres comme les parvis par lesquels il faut en-trer. Si les choses spirituelles de lÉglise habiLent dans la régionsuprême du mental, cest aussi parce quelles sont les propres delâme, et regardent sa vie éternelle, et que lâme est dans les su-prêmes, et na pas pour sa nourriture dautres aliments que deschoses sllirituelles; cest pourquoi le Seigneur se nomme Je Pain, car il dit: Il Moi je SUlS le Pain vivant, quidu Ciel est ducendu; si quelquun mange de ce Pain il vima éternellement. 1) - Jean, VI, 51. ; - Dans celle région réside aussi lamour de lhù!nme, amour qui fait sa béatiLude après sa mort, et là aussi principale- ment reside son Libre Arbitre dans les choses spilituelles, et de celui-ci descend toute Liberté que lhomme possède dans les choses naturelles; et comme son origine est là, elle communique cela à tous les Libres Arbitres d:lOS les choses nJturelles, et par enx la- mour régnant dans les suprêmes prend tout ce qui lui convient; cest une communication comme celle de la veine dune source avec les eaux qui en proviennent, et comme le prolifique même de la semence avec toutes et chacune des parties de larbre, sur- tout avec les fruits dans lesquels il se renouvelle. Mais si quel- quun nie le Libre Arbitre dans les choses spirituelles· et par suite le rejette, celui-là se fait une autre source, et il y ouvre une veine, et change la Liherté spirituellle en une Liberté purement natu- relle, et enfin en une Liberté infernale; celle Liberté devient aussi comme le prolifique de la semence, lequel aussi passr. libremen t pa~ le tronc et les branches dans les fruits qui, daprès leur source, sont pourris en dedans. 495. Toute Liberté qui vient du Se:~nellr est la Liberté même, mais celle qui vient de lEnfer, et de là chez lhomme, est lescla- vage; toutefois il est impossible que la Liberté spirituelle nappa- raisse pas comme un esclava~e à celui qui est dans la Liberté in- fernale, parce que les deux Lihertés sont opposées; cependant tous ceux qui sont dans la Liberté spirituelle non-seulement: savent, mais aussi perçoivent que la Liberté infernale est un esclavage, II. 3
  • cest pOllrquoi les Anges lont en aversion comme uno odeur ca­ dnéreuse, aU lieu que les Infernaux la tirent à eux comme une odeur aromatique. On sait daprès la Parole du Seigneur que le Culte qui procède de la Liberté est vérilahlement le Culte, et que ce qui est volontaire plaît au Seigneur; cest pourquoi il est dit dans Davi4: Un sacrifice volontaùe joffrirai à Dieu. " - Ps. UV. 8 ; - et ailleurs: cc Les volontaires dentre les peuples out été assemblés, le peuple du Dieu dAbraham . .. -PSt XLVII. 10; . - de lil, chez les fils dIsraël, il y avait des Sacrifices Volontaires; leur culte sacré consistait principalement dans les sacrifices; pour cetle raison que les actes volontaires plaisent à Dieu, il fut com­ mandé, " que tout homme que pousserait son cœur, et que tout homme dont lesprit spontané le remuerait, apporterait lobla­ tion·à JéllOvahpour lœuvre de la tente. Il - Exod. XXXV. 5, 21, 29 ; - et le Seigneur dit: li Si vous demeurez dans ma Pa­ role, véritablement mes disciples vous serez; et vous connaî­ t?ez la vérité, et la vérité vous fera libre~ ; si donc le HIs vous lait libres, véritablement libres vous serez; mais quiconque fait le péché est esclave du péché. Il - Jean, VIII. 3i il 36. 496. Si ce qui est reçu daprès la liberté reste, cest parce que la volonté de lhomme se lattache et se lapproprie, et parce que cela entre dans son amour, et que lamour le reconnaît c~mme sien, et se forme, par lui; mais ceci va être illustré par des com­ paraisons ;.èependant comme elles seront tirées des choses natu­ relles, la Chaleur tiendra la place de lAmour: On sait que dans tout végétal les pores son t ouverts par la chaleur et selon le degré de la chaleur, et quà mesure quils ont été ouverts le végétal par­ dedans revient dans la forme de sa nature, reçoit spollt;lDément sa nourriture, relient ce qui lui convienr, et augmentc cn crois­ sance. Il en est de Rlême de la bête, tout ce quelle choisit et mange daprès lamour de la nourriture, quon appelle appétit, sajoute à son corps et y reste; si tont ce qui convient sajou.~e -continuellemenl au corps, cest parce que toutes les choses qui .le composent sont .perpétuellement renouvelées; quil en s{)it ainsi, cela est connu, mais de pelt de personnes. La chaleur aus~i chez les bêles ouvre toutes les parties de leur corps, et fait queleur amonr naturel agit.librement; de là vient que dans l.es s~isQJ!s
  • RELJGlON -OIIRETIENNE. 4u plintempset de lété elles viennent et -retournent dans lins­ :tinot da la prolification et aussi de léduc:lltiOn de leurs petits, ~e qui est fait daprès la p}lIS g-rande I,iberté, parce que cela appar­,tient à lamour régnant introduit-en elles par la création, pour la ~onserv:ltion de lunivers dans létat créé. Si la liberté de l"amour .est illustrée par la liberté qu~ la chaleur introduit, cest parce que "amour produiL la chaleur, ce qui est évident par ses effets, par exemple, en ce que lhomme s,échauffe, sellibr<lse et senflamme" .selon que son amour est exalté en zèle, ou en emportement de co­ ~ère ; la chaleur du sang ou la chaleur vitale des hommes, et en ~énéral des auimaux, ne vient pas aautre part; cest daprès cette correspondance que les corporels sont adaptés par la chaleur à recevoir librement les choses auxquelles lamour aspire. Dans tlO lei équilibre, et par suite dans une telle liberté sont toutes les <choses qui sont intérieurement dans lhomme; dans une telle li­ berté le cœur dirige son sang également en haut et en bas, le mé­ sentère son chyle, le foie élabore le sang, les reins sécrètent, les glandufes filtrent, el ainsi du reste; si léquilibre souffrait, le inembre serait malade el alleinl de paralysie 0. oataxie; léqui­ libre el la liberté ici sont un. Dans lunivers créé, il ny a pas une subst:lIIce qui ne tende à léquilibre ponr être dans la liberté. La Volonté et lEntendement de lhomme sont dans ce Libre Arbitre,. mais faire le mal, cela a été tép1ùné pm les lois dans lun et lautre Monde, le Spirituel et le Natwel, parce qumt!1ement la Société dans lun et laut1e pé1irait. 497. Lhomme, en observant seulement sa pensée, peut savoir que chacun est dans le Libre Arbitre dans les choses spiriLUelle~. Qui est-ce qui ne peut, daprès la Liherté, penser à Dieu, à la Trinité, à la éharité et au Prochain, à la Foi et à son opération, à la Parole et à lout ce qui en provient. et après quil sest instruit des dogmes théologiques, ft chacun des sujets quils renferment 1 Et qui est-ce qui ne peut penser, et même conclure, enseigner et écrire en faveur de ces sujets ou contre eux? Si c~Lle Liberté était ôtée ln seul momenl.à lhomme, est-ce que sa pensée sub~iste-:
  • 36 . LA VRAIE rait? Sa langue deviendrait muette, sa main serait sans mouve­ ment. Cest pourquoi, mon ami, tu peux si tu I~ veux, daprès la seule observation de ta pensée, rejeter eL exécrer çelle ;lbsurde et pernicieuse hérésie, qui aujourdhui dans le Chrisl ianisme a frappé de léthargie la Doctrine céleste sur la Charité.et sur la Foi, et. par conséquent sur le salut et sur la vie. éternelle. Voici tes causes pour lesquelles ce Libre Arbitre réside dans la Volonté et dans jEntendement de lhomme: 1° Parce que ces deux facullés doi­ vent dabord être réglées el réformées, el par elles les deux facul­ tés de lhomme ex terne daprès lesquelles il parle et agit. 2° Parce que ces deux facultés de lhomme Interne consliluent son esprit, qui vit après la mort, et qui nest pas sous une aillre loi que la Loi Divine, dont le point principal est que lhomme pense à la loi, la fasse el lui obéisse daprès lui-même, quoique ce soit daprès le Seigneur. 3° Parce que !"homme, quant à son esprit, est dans le milieu entre le Cie] et lEnfer, ainsi entre le bien et le mal, et par suite dans léquilibre, doù lui vient le Libre Arbitre- dans les choses spiriluelles, voir &U1 ceL équilibre, ci-des~J.Is, Nbs 445 et suiv. ; mais lant quil viL dans le Monde, il esL quant à 50!} Esprit dans léquilibre éntre le Ciel· et le Monde, et lhomme alors pour ainsi dire ignore que, autant il séloigne du Ciel et sapproche dl} Monde, autant il sapproche de JEnfer; il lignore, et cependant jl ne lignore pas, et cela, afin que sur ce point aussi il soil dans la liberté, et quil soit réformé. 4" Parce que ces deux facultés, la volonté .et lentendement sont les deux réceptacles du Seigneur,· la volonté le réceptacle de lAmour et· de la Charité, lentendement le réceptacle de la Sagesse el de la Foi, et que le Seigneur opère tout cela dans la pleine liberté de lhomme, afin quexiste la con­ joncti.on mutuelle et réciproque par laquelle se faiL la salvation. 5° Parce qn e tout jugement auquel lhorr.me est soumis après la mort est conforme à lusage quil a fait du Libre Arbitre dans les choses spirituelles,-"<J. 498. De ce qui vient dêlre dit il résulle ce poiut, que ·Ie Libre Arb~tre Même dans les choses spirituelles réside en toute perfec­ tion dans lâme de lhomme, et que par suite, comme une veine dans une source, il influe dans son menlal dans ses deux parties, .qui sont la volonté et lent:endemf,lnt, et par. elles dans les sens du
  • RELIGION CHRÉTIENNE. 37~orps et dans les paroles et les actions. Il y. a, en effet, trois de­ grés de la vie chez lhomme, lAme, le Mental et le Corps sensuel; tout ce qui est dans un degré supérieur est en perfection au-dessus .<Je ce qui est dans le degré inférieur: Celle Liberté de lhomme est ee par quoi, en quoi et avec quoi le Seigneur est présent dans lhomme, et presse sans cesse sa réception, sans jamais cepen­ .<Jant ébranler ou ôter la liberté, puisque, comme il a été dit ci­ dessus, tout ce qui est fait dans les choses spirituelles par lhomme .<J.~près la non-libelté, ne reste point; cest pourquoi lon peut· dire que celle Liùerté de lhomme est ce dans quoi le Seigneu r habite chez lui dans son âme. Quant à ce quil a été pourvu;) la répression du mal par les lois dans lun et (3l1tle Monde, le Spi­ rituel et le Naturel, parce quautrement il ne subsisterait de So­ciété nulle part, cela est évident sans explication; mais cependant cela sera illustré en ce que sans ces liens externes, non-seulement il ne subsisterait pas de Société, mais que même tout le genre humain périrait: En effet, lhomme est alléché pal deux amours, qui sontlamoul de dominer sur tous et lamour de posséder les rjcllesses de tous; ces amours, si le: freins leur sont lâchés, sé­ lancent à linfini: les maux héréditaires, dans lesquels lhomme naît, sont principalement sortis de ces deux amours: le mal dans Adam na été autre que davoir voulu devenir comme Dieu, malqui avait été infus~ en lui par le serpent, comme on le lit; aussiest-il dit, dans la malédiction prononcée contre lui, que la terre.lui produirait épine et chardon, - Gen. III. 5, 18, - par quoi il estentendu (ou! mal et par suite tout faux; tous ceux qui se sont li­vrrs à ces amours se regardent comme lunique objet, dans lequelet pOUl lequel tous les autres existent; il ny a en eux ni commi­sération, ni crainte de Dieu, ni amour dll prochain, et par suite ily a inhumanité, férocité et cruauté, cupidité et avidité infernalesde piller et de ravager, astuce et fourberie pour y parvenir; desemblables penchants au mal ne sont poiilt innés chez les bêtes dela terre; si elles tuent et dévorent les autres, ce nest pas daprèsun autre amour que celui de satisfaire leur faim et de se mettrehors de danger; lhomme méchant, considéré quant à ces amours,est do.nc plus inhumain, plus féroce et pire que toute bête. Quelhomme soit intérieuremeI)l tel, çela se manifeste dans les trou·
  • LA.. VRAIR b~sl séditieQx, dlms lesquels les liens de la loi- ont. été rompus; et aussi dans les carnages,et les piUages, quand il est donné liberté d~agjr ave:c fureur contre les vainous et les assiégés; il en est à peine. un qui sen abstÎenne, avant que le tambour ait fait enténdre. quil f:iut cesser; daprès cela, il est évident que si aucune orain te des peines infligées par les lois ne retenait les hommes, non-seu­ lement la soci.été serait· détruite, mais aussi tout le Genre humain. Mais tous ces maux ne sont éloignés que par le véritable usage du Libre Arbitre dans les choses spirituelles, lequel consiste à sap­ pliquer ;) porter sa pensée sur létat de la vie après la mort. 499. Ce sujet ~era encere illustré par les comparaisons sui­ vanles: Sil ny avait pas une sorte de Libre Arbitre dans toutes les choses créées, tant animées quinanimées, aucune Création ne pourrait se faire, car sans le libre arbitre dans les ohoses natu­ Telles quant aux bêtes, il ny aurait aucun choix de laliment qui convient à leur nourriture, ni aueune prolification, ni conserva­ tion de leurs petits, par conséquent aucune hête. Sil. ny ayait pas. une semblable liberté dans les poissons de la mer, et dans les co­ quillages de son fond, il ny aurait ni poisson ni coquillage. De même, sil nyen avait pas dans ohaque petit inse:cte, il ny aurait ni ver dont on tire la soie, ni abeille dont on lire le miel et la cire, ni allcun papillon, qui folâtre dans lair avec son semblable, se nourrit de sucs tirés des fleurs, et représente l,état heureux de lbomme, dans laure céleste, après quil a comme le ver Mposé ses dépouilles. Siln-y avait pas un analogue du libre arbilre dans lhumus de la Lerre, dans la s.emence quon y a jetée, dans loutes les pllrties de larbre quelle a produites, dans les fruils de cet arbre. et dans les nouvelles semences quils contiennent, il ny aurait aucun végéta. Sil ny avait pas un analogue du libre ar­ bitre dans chaque mêlai, et dans chaque pierre, soit précieuse, soit vile, il ny aurait ni mélal, ni pierre, ni même un grain de sable; car ces objets huiuent librement léther, exhalent leu.rs. natifs, rejeuentles choses qui ne leur sont plus uLiles, et se réta­ blissent par de nouvelles; de là vient quil y a une sphère magné­ tiq.ue aulour de laimant, ferrugjnem.e. autour du fer, de cuivre: autour du cuivre, dargent autour.de largent, d 01 autour de lor.. pi61reus,e autour dtl Ja pierre; Ditr.ws~·auto.ur du, nitre.. sulfureuse:
  • RELIGION CH ItË TJ.ENNE. .autour du soufre, et variée autour de toute poussière de la terre; de celle sphère simprègnelinlime de chaque semence, et le pro­ lifique végète, car sans une telle exhalais0!-P-rocédaft!. de chaque particule de poussière de la r.re, il i-a.urait aïiCiln coinmence­ Olent de a :Jn~nat~ ~~nt aucune perpétuité de_-----1re:rlffi:lPctthm; ailleurs commenl la terre pourrait-elle pénétrer avec /a poussière et leau dans lintime central du grain semé, si ce Ile~t par ces exhalaisons qui proviennent· delle, comme dans « le g1ain de sénevé qui est plus petit que toutes les se­ mences; mais quand il a crû, il est plus grand que les légumes, et il devient arbre, Il - Matlh. XIII. 3i, 32, Marc, iV. 30, 3i, 32. - Puis donc que la Liberté a été mise dans tous les sujets créés, dans chacun se/on sa nalure, pourquoi lhomme naurait-il pasreçu un Libre Arbitre selon sa nature, qui consisle en cela quil soil spirituel? Cest de là quil a été donné à lhomme un Libre Arbilre dans les choses spiriluelles depuis sa naissance jus­ quà SOli dernier âge dans le Monde, ei ensuile pour lélernilé, Si les hommes navaient pas le Libre Arbitre dans les choses spirituelles, ils pourraient to~ sur le globe entier en un seul fou1 être amenés à croire au Seigneur; mais cela ne peut pas être fait, parce que ce qui nest pas "eçu par l homme â après le Lib1e Arbit1e ne reste point. MO, De la Toule-Puissance Divine non-comprise il suil comme vrai, que, sans le Libre Arbitr.e dans les choses spirituelles donné aux· hommes, Dieu pourrait les amener LOUS sur le globe enlier en un seul jouI il croire en Lui; ceux qui ne comprennenL pas la Toute­ Puissance Divine peuvent croire, ou quil ny a pas dordre, ou que Dieu pent agir également contre lordre et selon lordre, el cepen­ dant sans lordre aucune Créalion na élé possible; le principal de lordre est que lholnme soil (image de Dieu, quen conséquence il soit perfectionné par lamour et la sagesse, et devieune aillsi de plus en plus ceLle image; Dieu opère. cela continuellement chez lhomme, mais ce serait en vain sans le Libre Arbitre èans les • choses spilÏtuelles par lequel lhomme peut se tourner vers Dieu
  • 40 LA VRAIEet ~e conjoindre réciproquement à Lui, parce quil y aurait im­possibilité; car il y a un ordre, daprès lequel et selon lequel aété créé le Mond enlier avec toules et chacune des choses qui lecomposent; et comme toute:l lion a été faite daprès et seloncet ordr~, ~ieu ~our ~elle ~aison est ,appelé~estpourquoI SOit qu 011 dise agir contre 1. Ordre DIVIn, SOIL qUonâ;1Seagir conlre Dieu, cest la même chose; bien plus, Dieu Lui-Mêmene peut agir contre son Ordre Divin, puisque ce serait agir contreLlli-lfême; cest pourquoi il conduit chaque hommc selon lordre,qui.est Lui-Même, et dans cet ordre ceux qui ségarent et qui senéchappent, et vers cet ordre ceux qui résistent. Si lhomme pou­vait êlre créé sans le Libre Arbitre dans les cboses spirituelles,quy Burait·il alors de plus facile au Dieu TouL-Puissant, que da­mener Lous les hommes sllr le Globe entier à croire au Seigneur? Ne pourrait-il pas meUre celte foi chez chaque homme, tant im- ­ médialement que médiatement? immédiatement, par sa puissance absolue el pal son irrésistible opération, qui est continuelle, pour que lhomme soit sauvé; ou médiatement, par les tourments jetés dans sa conscience, par les boulever~ements léthifères du corps, et par les fortes menaces de la mort, sil ne reçoit pas celte foi; eten outre par louverture de lenfer, et par la presence de diablestenanl dans leurs mains des torcbes effrayantes, on par lévoca­tion de morls quil a connus, se présentant à lui SQUS limage despectres lerribles? Mais à cela il sera répondu par les paroles dA­braham au riche dans lenfer: Si Moïse et les P1ophètes ils né­ C(coutentpoint, 100S m~me que quelquun des morts ressuscite­rait, ils ne seront pas non plus pe1sua..dés. Il - Luc, XVI, 3t. 50t. On demande aujollldhui pourquoi il ne se fail pas de Mi­racles comme autrefois, car on croit que, sil sen faisait, chaCl!nreconnaiLrail àu fond de son cœur. Mais sil ne sen fait pas all- _jourdhui comme précédemment, cest parce que le~ Miracles con­traignent, et ôtent le Iihrc arbitre dans Ics choses spirituelles, etfont de lhomlne spirituel nn homme nalurel; depuis lAvénementdu Seigneur tout homme dans le Monde Chrétien peut devenir spi­rituel, et devient spirituel uniq~ement daplès le Seigneur par laParole, et la faCilité de le devenir serait perdue, si lhomme pardes Miracles ~tait amené à croire, parce que les miracles, comme
  • RELIGION CHRÉTIENNE. i1vient dêtre dit, contraignent et lui Otent le libre arbitre dans les choses spi rituelles; et tout ce qui a été contraint dans ces choses se transporte dans lhomme naturel, et ferme comme avec une porte lhomme spirituel qui est véritahlementlhomme Interne, et le prive de toute puissance..de voir CJuelque vrai dans la lumière; cest pour­ quoi dans la suite JI raisonnerait SUl les choses spirituelles daprès 10!:r, homme naturel, qui voit à contre-sens tout ce qui est véd­ tableme . - J. Si, avant lAvénement du Seigneur, il a été fait des Miracles, ces ". S l.os hommes de lÉalise étaient des hommes naturels, auxquels les c oses s iritu~u ... ~,~ .. i ~oQar- tiennent à lÉglise interne, ne pouvaient pas être ouvertes, ~~.~~~= elles leussent été, ils les auraient profanés; cest même pour cela que, tout leur cuite consistait en des Rites qui représentaient et si­ gniflaientles internes de lÉglise, et ces hommes ne pouvaient être ameués fi les observer selon les règles que par des Miracles; qne même les miracles aient été insuffisants, parce quil y avait dans ces represenlatifs un intell1e spirituel, cela est évident daprès les fils dIsraël daus le désert, qui, bien quils eussent vu de si grands lfi­ racles en Égypte, et le plus grand de tous sur la Montagne de Siuaï, néannlOins, après un mois dabsence de Moïse, dansèrent autour du Veau dor, et loécrièrent que cétait ce veau qui les avait tiré., dÉgypte; ils cn agirent de même dans la terre de Canaan, quoi­quils eussent vu, de grands miracles opérés par Élie et par Élisée, et enfin lorsquils virent les Divins lliracles mêmes opérés par le Seigl)eur.1l ne se fait pas de Miracles aujouldhui, principalement par celle raison, que lÉglise a ôté à lhomme tout le Libre Arbitre, et elle la ôté, en ce quelle a décrété que lhomme Ile peut abso­ lument rien faire pOUl recevoir la foi, ni rien faire pour sa conver­sioll, ni en général pour le salut, voir ci-dessus, N° 464; lhomme qui.~roit celil devient de plus en plus naturel, et lhomme naturel,comme il vient dêtre dit, regarde à contre-sens tout spirituel, et par suite pense contre le spirituel; alors la Région supérieure dumental cie lhomme, où réside à la première place le Libre Arbitredans les choses spirituelles, serait fermée, et les choses spirituellesqui onl été qnasi coutirmées par des miracles occuperaient la Ré­gion inférieure du mental, qui est purement nalure.le, les faux sur~ foi, la conversion et le salut restant ainsi au-dessus de cette
  • r~ioiJ,deù il arriverait que les Satans habiteraient au-dessus et les Anges au-dessous l comme d-es vautours au-~ssus de la volaille; deJà, après quelque temps, les Satans rompraient la barrière, et sélanceraient avec fUleur contre les choses spirituelles qui mil été placées au~dessous, el non-seulement Ils les nieraient, mais encore ils les blasphèmeraierit el les profaneraient -; ainsi le dernier sorl de lhomme deviendrait bien pire que lepremier~ 502. Lhomme qui, par des faux sur les r.hl!~lfeSâe . lÉglise, est devenu na!u , ~ ujetâe la Divine Toute- Puissan sel ql1 elle est au-dessus de lordre, quain!liL-~;;;;;;;~,,, ...-est indépendante de lOrdre; il viendrail donc à tenir ~es p~­ pos insensé$: " Pourquoi lAvènement du Seigneur dans le Monde, et pourquoi une Rédemption faite de celte manière, puisque da­ pr~s sa Toule-Puissance Dieu pouvait faire du haut du Ciel celte rédemption aussi bïen que sur twre? Pourquoi par la - Rédemp­ tion na-t-il pas sauvé t01l1 le Genre humain :-;ans excepler un seul homme, el pourquoi depuis la Rédemption le diable peut-il avoir chez lhomme plus de _ force que le RédempteUl? Pourquoi un En­ fer? Dieu, par sa Toute-Puissance, na-t-il pas pu et ne peUL-il pas le détruire, 011 en tirer tous ceux qui y sont, eL en faire des anges du ciel? Pourquoi un Jugement Dernier? Ntl peut-il pas transporler à droite tous Itls boucs qui sont à gauche, et en faile des J>rebis ? Pourquoi a-t-il précipité du Ciel des Anges du dragon et le Oragon lui-même, -et ne les a-t-il pas changés en Anges de Michel? Pourquoi ne donne-L-il pas la foi à ceux-là co-mme à ceux­ ci, ne leur impIILe-L-ii pas la justice du Fils, ne leur remel-il pas ainsi les péchés, ne les j ust ifie-L-i1 pas, et ne les sa ncLi lIe-t-il pas l Pourquoi ne fail-il pas parl(! les bêtes de la terre, les oiseaux du ciel et les poissons de la Iller, ne leur donne-l-i1 pas de linle!­ ligence, et rIe les introduit- il pas dans le Ciel avec les hommes 1­ Pourquoi na-t-il,pas fail, ou ne fail-i1 pas encore, de lout le globe un Paradjs, dans lequel il ny aurait ni arbre de la science du bien et du mat, ni serpenL, et où touLes les collines découleraient de vins sénéreux, el produilaienllor el largenL, lun et laulle natif, afin que- tous y vécussenL, cOlDme des images de Diéu, dans des accla­ malions et des chanis, et ainsi dans des fêles et des réjouis&ances perpétuelles tToules ces choses ne seraient- elles pas di~ileS:dun
  • . RELIGION! CHRÉTIENNE, 43 Diell-Tout:"Puissant? Sans parler de plusieurs autres propos sen)­ D blables, Mais, mon ami, ce sont là de- "aines paroles; la Divine. T~u~;Puissance n e~t po~~t ~ lOrdre; Dieu Lui-même est lOr. dre; et comme tout a été créé daprès Dieu, tou t a été créé daprès lOrdre, dans lOrdre et pour lOrdre; il y aun ordre pour lequel lhomme a été fait, cet ordre est que sa bénédictiou ou sa malé­ diction d~pen~e d~_Libre_A_rbitre dans les choses spilituelles; car, ainsi quil a déjà été dit, lhomme na pu être créé sans le Libre Arbitre, ni même la bête, ni loiseau, ni le poisson; mais les Bêtes sont seulement dans le Libre Arbitre naturel :w lieu que lhomme est dans le Libre A!bÎtre naturel et. ElU même temps dans le Libre Arbitre spi rituel. .. . rsoa. Ace qui précède seront "i... u~es ces MÉMORABLES : PRE­ . MŒR lh~IORABI..E. "ou<l10IS annoncer une Réunion •. dans laquelle on...dwicJ-telibérer sur le Libre Arbitre de lhomme dans les choses ~ rrituelles ; célait dans le Monde spirituel; de toutes les plages41 sy rendait dessavanls qui, dans le Monde où ils vivaient précé­ demmeut, avaient médité sur ce sujet, et plusieurs de ceux qui sétaient trouvés dans des Conciles et des Synodes tant avant qua­ près le Concile de Nicée; ils sassemblèrent dans un Temple rond, semblable à ce Temple de Rome, quon appelle Panthéon, qui avait dabord été consacré au Gulte de tOIlS les dieux, et qlli en­ suite fut inauguré pour le Culte de tous les Saints Martyrs par lAutorité Papale; dans ce Temple, contre les murailles il y avait comme des Autels, mais vers chaque autel, des siéges sur lesquels les membres de lassemblée se placèrent, et ils appuyaient les coudes snr les autels comme sur autant de tables; il navait pas été désigné de Présiden t pour diriger la rlélibêration parmi eux; mais chacun, quand lenvie lui en prenait, sélançait au milieu, parlait avec effusion et déclarait son sentiment; et, ce qui mé­ tonna, tous ceux glli composaient cetle Réunion étaient pleins de confirmations en faveur de· jimpuissance comp~ète de lhomme dans les choses spiriLUelles,. et par conséquent tournaient en dé­ rision le Libre Arbitre spirituel. Quand ils furent assemblés, lun dleulC-séJanca,aus~itôt au milieu, et sexprima ainsià haute voix:
  • LA VRAIE " Chez lhomme il ny a pas plus de Libre Arbitre dans les chosesspirituelles, quil nyen eut chez la femme de Loth après quelle eut été changée en statue de sel, car sil y avait davantage de librearbitre chez lhomme, il sallribueraiL certainement de lui-même la foi de notre Église, qui est, que Dieu le Père la donne gratui- tement, en loute Liberté et Bon Plai~ir, à qui il veut et quand il veut; ce bon plaisir et celle gratuité nappartiendraient en aucune manière à Dieu, si daprès quelque liberté 00 bon plaisir lhomme pouvait aussi se lallribuer, car ainsi notre Foi, qui est un astre brillant devant nous jour et nuit, serait dissipée comme une étoile qui file dans lair... Après celui-ci, un autre sélança de son siége, et dit: Chez lhomme il ny a pas plus de Libre Arbitre dans les f( choses spirituelles, quil nyen a chez la bête, et même pas plus que c . car si lhomme en avait, Il ferait le bien par lui- même,·lorsque cepen an . n vient de Dieu, et lhomme ne.peut flen prendre qui ne lui ait été 001 . 1. .. Après lui, un aulre santa de dessus son siége, et arlÏvé dans le ml l ,., é~va la voix cn disant; « Chez lhomme il ny a pas plus de Libre Ar Litre dans les choses spirituelles, même pour les examiner, quil nyen a chez le hibou pour voir pendant le jour, pas plus même que chez un poulet encore renfermé dans lœuf; dans ceschoses il est aveugle comme une taupe, car sil avait des yeux de lynx pOUl examiner ce qui concerne la foi, le salut et la vie éternelle, il proirait quil peut lui-même se régénérer el se sauver, et il fe- rait aussi des efforts pour cela, et ainsi .il profanerait, par mérites sur mérites, ce quil penserait et ce quil ferait.." Un autre courut encore dans le milieu, et exprima ainsi son sentiment: c( Celui qui sillJa~ine quil peut vouloir et comprendre quelque chose dans les sujets spirituels depuis la chute dAdam, est dans le délire et devient maniaque, parce qualors il se crlliL un demi-dieu ou une déité, possédant de son propre droit uue partie de la puissance Divine. » Après celui-ci, un autre vint tout essoufflé dans le mi- lieu, portant sous le bras le Livre inlÎlulé FORMULE DE CONCORUE, sur lO.lhodoxie duquel (cest le terme dont il se selvit) les Pro- t~stantsÉvangéliques jurent aujourdhui,; et il louvrit, et en Illi les passages suivants: II Lhomme quant au bien est entièrement, corrompu et mort, au point que, dans la nature de r homme de-
  • RELIGION CHRÉTIENNE. 45puis la chute, il ne demettre ou reste avant la régénél-ation pas.même une étincelle de (mces spirituelLes, par lesquelles il pui~separ lui-même être préparé à là grdCt de Dieu, ou la saisir quandelle lui est 0fte1te, ou êtle de lui-même ou par lui· même suscep­tible de cette grdce, ou, en (ait de choses spirituelles, compren­dre, croire, embrasser, penser, vouloir, commencer, achevel"agir, opéler, coopél-er, ou sappliquer ou sadapte, à la gldce, .ou (aire fjuelquechose pour sa conversion soit pour le tout,pour la moitié ou pour la plus petite partie. Lhomme dans leschoses spirituelles, qui regardent le salut de ldme, est comme la statue de sel de la (emme de Loth et semblable à une soucheet à une pierre privées de vie, qui nont lusage ni des yeux, ni de la bouche, ni, daucun sens. Néanmoins il a la puissance de locomotion, ou il peut gouverner ses membres externes, aller dans les Assemblées publiques, et entend,e la Parole et lÉvan­ gile . .. (Ces paroles, dans lÉdilion que je possède, se trouvent pag. 656, 658, 661, 662, 663, 671, 672,673.) - Après cette lec­ tnre, tous furent dtin même avis sécrièrent ensemble: » Cela est véritablement orthodoxe. » Moi, jétais debout et javais prêté une grande.atténlion à tout ce qui sétait dit, et comme je ~ouil­ lonnais en mon esprit, je leur dis dune voix forte: " Si dans les choses spirituelles vous faites de lhomme une statue de sel, une bête, un aveugle, et un insensé, à quoi bon alors vos dogmes Théo­ logiques? Tous en g~néral, et chacun en partic~lier, ne sont-ils pas spirituels? .. Après un moment de silence, ils répondirent: « Dans toule notre Théologie rien de ce que la raison saisit nest spirituel; notre Foi y est seule spirituelle; mais nous lavons soi­ gneusement fermée, afin que personne ne regarde en dedans, et nous avons pris de grandes précautions pour quaucun rayon spi­ rituel nen efflue, et ne se montre devant lentendement; et de plus, lhomme ne porte pas sur·· elle la moindre partie dune dé­ termination venant de lui: nous avons éloigné de tout spirituel la Charité, et nous lavons faite purement morale; de même le Dé­ calogue : ~ur la justificalion, la rémission des péchés, la régéné­ ration et la salvation, nOlis ne présentons rien de spirituel, nous disons que la Foi les opère; mais comment, nous ne le savons nul­ lement; au lieu de la pénitence, nous avons pris la contrition, et
  • pour quon ne.la croie pas spirituelle, nOlis lavons éloignée de 11afoi quant à tout contact: sur la Rédemption nous navons adoptéque des idées purement naturelles, qui sont, que Dieu Je Père.avait enveloppé tout le Genre humain SOU8 la damnation, et queson Fils a pris sur Lui ,celle damnation, et sest laissé suspendre à la ,croix, et quaillsi il a contraint son Père à la commisération,~ulle plusieurs autres choses semblables, dans lesquelles tu nesaisiras rien de spirituel ;au contraire, tout y est purement natu­ rel. li Alors dans lardeur du zèle, dont javais dabord été saisi, je continuai en disan~: Si lhomme navait pas le libre arbitre l(dans les choses spirituelles, que serait-il alors, sinon !lOe brute? Nest-ce pas par ce libre arbitre que .lhomme sélève au-dessus des bêtes bruies? Sans lui, que serait lÉglise, sinon la face noire dun tlscarbot, dans les yeux duquel il y a une marque blanche? Sans lui, que serait la Purole, sinon un livre inutile? Quy trouve­ t-on plus fréquemment dit et commandé, sirion que lhomme doit aimer Dieu, et quil doit aimer le prochain, et aussi quil doit croire, eLque le salut et la vie sont à lui selon quïl aime et quil croit? Qui est-ce qui na pas la faculté de comprendre et de faire les choses qui ont été ordonnées dans la Parole, et les préc@ptes qUI sont datls le Décalogue? Comment Dieu aurait-il pu les prescrire et les commander, si cette faculté navail pas élé donnéeà lhomme? Dis à queJque paysan, dont le menlal na pas élé fermé par des il­ lusions théologiques, quil ne peul, pas plus,quune souche et une. pierre, rien comprendre ni rien vouloir dins les choses de la foi et de la charité, et par conséquent dans les choses du salut, et quil ne peut pas-m~me sy attacher ni se les aœapler; est-ce qua­ lors il néclalera pas de rire et ne dira pas: ce Quoi de plus insensé? que serait alors pour moi U!l Prêtre el sa prédication? Que serait alors un Temple plus quune étable? et que sel3it alors un culte plus quun labourage? Oh! quelle démence de palIer ainsi, cest folie sur folie,» - Qui est-ce qui nie que tout bien vienne de Dieu? Na-l-il pas été donné à lhomme defaile daprès soi-même le bien daplès Dieu? Il en est de même de croire, Il En entendant ces mo.ts. ils crièrent tous ~ « Nous, nous avons parlé en orthodoxes daprès les orthodoxes; loi, au contraire, ~u as parlé en paysan dap"ès les paysans, .. Alais tout-à-coup la foudre lomba du ciel; et, pour
  • RELIGION CHRÉTIENNE. 47 •quelle ,ne les consumât pas, ,ils sélancèrent en ,fou1e, et senfuirentde là; chacun d~s sa maison. 5.04. SECONIl!lÉMORAB[,E. Jétais dans la vue intérieure spiri-lueHe où sont les Anges du Ciel supérieur, mais en même tempsdans .le Monde des esprits; et je vis deux Esprits non loill de moi,éloignés cependant lun de lau Ire, et japerçus que lun deux a:i- maiL le bien et le vrai, et était par là conjoint ail Ciel, eL que lao- tre aimaÙ le mal et le faux, et était par là conjoint à lEnfer; je mapprochai et les appelai; el, daprès le son de leurs voix et leurs réponses, je conclus qne lull comme lautre pouvait percevoir les vérités, reconnaître celles qui avaient été perçues, ainsi penser daprès lentendement, et aussi déterminer les intellectuels comme il lui plaisait, et les volontaires selon son gré, que par conséquent ils étaient lun et lantre dans un semblable Libre Arbitre quant aux rationnels; et, de plus, jobservai que daprès celte Liberté dans leurs mentais, il apparaissait une clarté depuis la première vue qui appartenait à la perception jusquà Ja dernière vue qui ap- partenait à lœil; mais quand celui qui aimait le mal et le faux pensait livré à lui-même, je remarquais quil sélevait de lenfer comme une fumée, et quelle éteignait la clarté qui était au-des- sus de la mémoire, doù pour lui, là, une obscurité comme celle du milieu de la nuit: puis aussi, que celle fumée sembrasant brû- lait comme une flamme, et que celte flamme éclairait la région du mental qui était au-desso,us de la mémoire; cest daprès celle fu- mée embrasée quil pensait des faux énormes provenant des maux oe lamour de soi. Alais chez lAutre qui aimait le bien et le vrai, je voyais, quand il était livré à lui -même, comme une flamme douce ~ui descendait du ciel, et qui éclairait la région de son mental au-dessus de la mémoire, el aussi la région au-dessous de cette mémoirejusquà lœil, et que la lueur de cetle flamme resplendis- sait de plus en plus, selon que daprès lamour du hien il percevait et pensait le vrai. Daprès ces remarques il fut évident pour moi que chaque homme, tant le méchant que le bon, a un Libre Ar- bitre spiriLuel ; mais que lEnfer léteint parfois chez les: méchants, et que le Ciel lexalte et lenOamme chez les bons. Après cela, je _conversai avec lun et avec lautre, et dabord avec celui qui aimait le, mal el le fa~x ; et, apllès Ç}uelqles questions sur son sort. lorsqQe .
  • 48 LA VRAIE je prononçai le mot de Libre Arbitre, il semporIa, et dit: cc Ah ! quelle folie de croire que lhomme ait le Libre Arbitre dans les choses spirituelles! Quel homme peut sattribuer la foi et faire Je bien par lui-même? Le Sacerdoce aujourdhui nenseigne-t-il pasdaprès la Parole, que personne ne peut prendre que ce qui lui aété donné du Ciel, et le Seigneur Christ na-t-il pas dit à ses dis­ciples: Sans lIoi, vous ne pouvez rien faire? Et à cela jajoute, que personne ne peut remuer ni le pied ni la main pour fairequelque bien, ni remuer la langue pour prononcer quelque vraidaprès le bien; cest pourquoi lÉglise par ses sages a conclu quelhomme ne peut ni vouloir, ni comprendre, ni penser aucun spi­rituel, ni même se disposer il le vouloir, à le comprendre et à lepenser, pas plus quune statue, une souche et une pierre; et quecest pour cela que Dieu, qui a Seul une Puissance très-libre etillimitée, inspire selon son bon plaisir la foi, qui, sans notre tra­vail et sans noire puissance, par lopération de lEsprit Saint, pro­duit toutes les choses que les ignorants allribuent à lhomme ...Ensui te je conversai avec lAutre, qui aimait le bien et le vrai, etaprès quelques questions sur son sort, lorsque je prononçai le .moldu Libre Arbitre, il dit: " Quelle folie de nier le Libre Arbitredans les choses spirituelles! Qui est-ce qui ne peut pas vouloir etfaire le Lien, penser et prononcer le vrai de soi-même daprès laParole, ainsi daprès le Seigneur, qui est la Parole? Car le Seigneura dit :Paites des fruits bons, etcroyez-.en la Lumière,. et aussi:Aimez-vous les uns les autres, et aimez Dieu,. puis: Celui quientend et fait mes préceptes, celui-là Maime, et Moi je laime­rai,. outre mille passages semblables dans toule. la Parole: A quoiservirait donc la Parole, si lhomme ne pouvait rien vouloir ni rienpenser, et par suite rien faire ni rien prononcer de ce qui Ya été.commandé? Sans cette puissance chez lhomme, que seraient laReligion et lÉglise, sinon comme un vaisseau naufragé, qui estau fond de la mer, et dont le pilote se tient au haut du mâl, etcrie: Je ne peux rien; tandis quil voit les autres marins séchap­per dans des barques après avoir hissé les voiles? Na-t-il pas étédonné à Adam liberté de manger de lArbre de vie, ei liberté demanger de lArbre de la science du bien et du mal? et comme da­près sa liberté il a mangé de_lArbre de la science, une fumée sottie
  • RELIGION CHRETIENNE. 49 du serpent, cest-à-(iire, de lEnfel. enlra dans son menlal, cest pour cela quil fut (;hat:sé <.lu Paradis et maudit; et cependant il ne perdit pas le Lihre,Arbilre, car on lit que le chemin qui conduit à lArbre de vie fol gardé par un Chérubin, ce qui na été fait que parce quil pouvait encore vouloir en manger. »Après quil eut parlé ainsi, celui qui aimait le malet le faux répondil: Je laisse (1,ce que jai entendu, et je garde en moi ce que jai avancé; qui ne sait que Dieu seul est vivant et par suite actif, et que lhomme par lui-même est mort, et par suite purement passif? Commcnt celui qui en soi est morl et puremenl passif. peul-il saUribuer quelque chose de vivant et dactif? A cela je répondis; « Lhomme est un Organe de la vie, él Dieu seul est la Vie, et Dieu répand sa vie dans lOrgane et dans toutes les parties de lorgane, comme le Soleil ré­ panod sa chaleur dans lArble et dan:; toutes les parties de Jarbre; et Dieu donne à lhomme de sentir celte vie en lui comme sienne, et Dieu veut qujlla senle ainsi, afin que, selon les lois de lordre,qui sont en aussi grand nomhrè quil y a de préceptes ilans la Pa­ role, lhomme vive comme par lili-même, et se dispose il recevoir lAmour de Dieu; mais néanmoins Dieu tient continuellement du doigt le ni"eau~ ~ml la balance, et modère, mais ne vioie jamais le Libre Arbitre par contrainte; lArbre ne peut lien recevoir de ce que la Chaleur du soleil introduit par la racine, à moins quil ne devienne tiède et ehaud quant à chacun de ses filaulenls; et les éléments ne peuvent monler par la racine, à moins qiJe chacun de ses filaments daprès la chaleur reçue nexhale aussi la chaleul, et ne contlibue ainsi au passage; de même lhomme daprès la cha­ leur de la vie quil a reçue de Dieu; mais lHomme diffère de lAr. bre en ce quil sent celte chaleur éomme sienne, quoiquelle ne lui appartienne pas; tOlltefois, autant il croit quelle lui appartient et non à Dieu, aulant il reçoit la lumière de la vie, mais non la chaleul de lamour plocédant Je Dieu; il reçoit au contraire. la chaleur de lamour provenant de JEnfer; et comme cetle chaleur est grossière, elle obstrue et bouche les plus purs rameaux de lOrgane, comme un sang in,pur les vaisseaux capillaires du corps; ainSI de spirituel lhomme se rend purement naturel. Le Libre re chez lhomme vient de ce quil sent la vie en sQi comme itie teen,nsdece que Dieu laisse lhomme senlir ainsi, afin que se u. 4
  • LA VRAIE fasse la conjonction, qui nest possible quaulant quelle est réci­ proque; et elle devient réciproque, lorsque lhomme daprès la Liberté a~it absolument comme par lui-même: si Dieu neût pas laissé à lhomme cette liberté, lhomme ne serait point homme, et il naurait point la vie éternelle, car la conjonction réciproque avec Dieu fait que lhomme est homme et non une bêle, et fait aussi quaprès la mort il vit pour léternité; le Libre Arbitre dans les choses spirituelles produit cet effet. .. Après avoir entendu cela. cet esprit mauvais se retira à une certaine distance, et alors je vis sur un arbre u)} serpent volanl, quon nomme dipsade, qui pré­ sentait il quelqutin du fruit de cet arbre; et alors je mapprochai en esprit vers lendroit; et là, au lieu du serpent, Je vis un homwe monstrueux, dont la barbe couvrait tellement la face, quil ne pa­ raissait que le nez; et au lieu de larbre, cétait un tison embrasé près duquel se tenait celui dans le mental de qui la fumée était précédemment entrée, et qui ensuite avait rejeté le Libre Arbitre dans les choses spirituelles; et tout- à~coup une semblable fumée sortit du tison, et les enveloppa lun et lautre; et comme ils furent ainsi soustraits ~ ma vue, je men allai; quant à .celui qui aimait le bien el le vrai, et qui avait souten" que lhomme a le Libre Arbitre dans les choses spiriluelles, il Illaccompagna ~ la maison, 005, TROISIÈME MEMORABLE. Un jour jentendis un bruit comme le frottement de deux meules de moulin lune contre lautre; je mapprochai vers ce bruit, et il cessa, et je vis une porte étroite, conduisant obliquement en bas vers une maison voûtée, où il y aai t plusieurs Chambres avec des cellules, dans chacune des­ quelles étaient assis deux Esprits qui recueillaient dans la Parole des passages confirmatifs de la justificàtion par la foi seule, lun re­ cueillait et lautre écrivait, et cela alternativement. Je mapp,ochai dune Cellule, qui élait an près de la porte, et je dem:lOdai ce quils recueillaient et écrivaient. Ils dirent: « Des passages sllr lACTEDE LA JUSTIFICATION ou sur la FOI EN ACTE, qui est la Foi même /justifiant, vivifiant et sauvant, et la Tête des doctrines de lÉglisedans notre Christianisme. Il Et alors je dis à lun deux: "Raconle­moi quelll.ue signe de cet Acte, quand celte Foi est introduite dansle cœur de lhomme... Il répondit: Le srgne de cet Acte existe fi
  • RELIGION CHRÉTIENNE. 5t.au moment où lhomme, pénétré <1e la douleur dêtre damné, etplacé dans celte contrition, pense que le Christ a ôté la damnation,de la Loi, et saisit ce mérite du Christ avec confiance et sadresse,.avec cela dans la pensée, à Dien le Père et le prie.)) Alors je dis: « Cest donc ainsi que se fait lacte, et cest donc là le moment? JO,Et jajoutai: cc Comment comprendrai-je, c.e qui est dit de cet Acte, qùe rien de. lhomme ny concourt, pas plus que rien ny-(:oncourrail, sil était une souche ou une pierre; et que lhomme, (}uant à cet Acte, ne peut rien commencer, ni vouloir, ni compren-~re, ni penser, ni opérer, ni coopérer, ni sappliquer, ni sadap- ter? Dis-moi comment cela saccorde avec les paroles, que lActe .a lieu lorsque lhomme pense au droit de la loi, à sa damnation <ltée par le Christ, à la confiance avec laquelle il saisit ce mérite ~u Christ, et quil sadresse, en pensant à cela, à Dieu le Père et le prie? Toutes ces choses ne se font-elles pas par lhomme? ... Mais il dit: « Elles solit faites par lhomme, non activement, mais passivement. » Et je répo_dis: « Comment quelquun pent-il pen- ser, avoir confiance el prier passivement? Ote à lhomme lactif, et alors le coopératif, ne lui ôtes-tu pas aussI le réceptif, ain: tout, ~t avec tout lAcle lui· même? Qne devient alors ton Acte, sinon -quelque chose de purement idéal, quon appelle être de raison? Jespère que tu ne crois pas, a~c quelques-uns, quun tel Acte na lieu qlle chez les Prédestinés, qui ne savent rien de linfusion de la foi chez enx ; ceux-ci peuvent jeter les dés, et chercher par là si la foi a été infllsée en eux, ou si elle ne Ja paS été: Crois donc, mOIl ami, que lhomme, quanl à la foi et 11 la charité, opère par lui-même daprès I~ Seigneur, et que sans celle opération Ion .a::te de foi, que tu as appelé la Tête des Doctrines de lÉglise dans le Christianisme, nest que la statue, femme de Loth, ne rendant dautre son que celui dll sel, effleurée par la plume de lécrivam, ou pal longle de son doigt, - Luc. XVI. 32; --jai dit cela, parce qne VOliS vous faiies vous-mêmes, quant à cet Acte, sem- bbble à tIes statues. " Quand jeus dis ces mots, il saisil brus- -qllement le chandelier pour me le jetel 11 la face, et alors la chan~ ~el1e sétanl tout-à-coup éteinte, il le lança au front de son com- pagnon ; et je men allai en riant. 506. QUATRIÈME MÈMORABLE, Je vis dans le Monde Spirituel:
  • 52 LA. VRA.IE deux troupeaux, Jun de Houcs el lau Ire de BREBIS: je me de­ mandai av~c étol)nemenl qui ils élaient ; car je saais que les Ani­ maux vus dans le Monde ~piritllel ne sont pas des Animanx, mais les Correspondances des affections et des pensées de ceux qui sont là; cest pourquoi japprochai plus près, el à mesure que jappro­ chai, les ressemblances d;animaux di~paraissaient, et à leur placejC" voyais des Hommes; et il me fut manifesté que cellx qui com­ posaient le Troupeau des Boucs, étaient ceux qui sélaient cqnlir­ més dans la Doctrinc de la Juslification par la Foi scule; et que ceux qui composaient If: T.oupeau des BIebis, étaient ceux qui avaient cru (lue la Charité el la Foi sont un, COlllme le Bien et le Vrâi sont un. El alo.s je convclsai av~c ceux qui avaienl été vus comme Bouc~, el je dis: «Pourquoi avez vous été ainSI rassem­ blés?" La plupart étaient des membres du Clfrgé, qui sétaient glorifiés de leur ren0ll11 ée dérndition, parce quils connaissaient les Arcanes de la jllstilication par la foi seule. Ils dirent quils étnient assemblés pOUl tenir un Concile, parce quils avaient en­ tendu dire que ce Passage de Paul, - Rom. III. ~8, - Lhomme est ju ifié par. la Foi salis OEuvres de loi, navait pas été bien compris, ce qui ét::lil affirmé de la manière suivante: Dans ce pas­ sage par la Foi Paul a entendu, non ra,~ la ai de lÉglise dau,:, JOUlc1hni. qui est en Trois Persqnnes Divines de toute éternité~ mais la Foi au Seigneur Dieu Sauveur Jésus·Christ; et pal OEuvres de Loi il a entelldu, non pas les OEuvres de la Loi du Déca­ legue, mais tes OEuvres de la Loi de Moïse, qui étaient pour les Juifs; ct ainsi, de ce I)eu de mots, on a conclu par une mauvaise interplétalion deux éllOrmes faussetés, qui sont, davoir entendu la Foi de lÉglise daujourdhui, etlcs OEuvres de la Loi du Déca­ logue; que Paul ait entendu, non pas ces OEuvres, mais les OEu­ vres de la Loi de Moïse, qui étaient pour les Juifs, on le voit clai­ rement rlaprèsses paroles à Pierre, auquel il reprochait de judalser, quoiquil sùt que personne nest justifié par des OEuvres de Loi~ mais par la foi de Jésus-Christ. - Gal. II. 14, t5, t6; - par la foi de Jr.sus-Christ, cest par la foi en Lui et par Lui, voir ci­ dessus, N° 338; et comme par des OEuvres de la loi il entendait les OEuvres de la Loi de lfoïse, c"est pour cela quil fit une dis-jnction eutre la toi de la foi et la Loi des œuvres, et entre les
  • RELIGION CHRÉTIENNE. 53 , Juifs eL les Gentils, ou entre la Circoncision et le Prépuce, et pàr la Ci lconcision est signifié le judaïsme, comme partout ailleurs ,; et méme il conclut par ces mots: Abrofleons-nous donc la Loi .pm· la Foi? Tant sen faut, mais nous affermissons la Loi; il dilloutes ces choses en une mêmesélie, -Rom. III. 27, 28, 29,.30, 3i ; - et il dil aussi dans le Chapitre qui précède: Non pas ie..s auditeurs de la Loi seront justifiés par Dieu, mais ceux qui font la Loi seront justifiés. - Rom. Il. 13; - et aussi: Dieu 1endJa à chacun selon ses œUV1es, - Rom. Il. 6 ; - cl encole : Il faut .que tous nous soyons manifestés devant le T,ibunal de Christ, afin que chacun rapporte ce quil a lait par le corps, soit bien, soit mal. - li. Cor. V. iO ; - outre plusieurs autres passages quon trouve chez lui; doù il est évident que Paul .a rejelé la Foi sans les bonne!) OEuvres, comme la rejette Jacques, •- Épil. II. {7 à 26. - Que Paul aiL entendu les OEuvres de la Loi de Moïse, qui étaient pour les Juifs, cest ce dont nous avons en outre I:l confiqnalion, en ce que dans Moïse tO!lS les Slatuts pOUl les .Juifs sont appelés Loi, ainsi OEuvres de la Loi, ce que nous voyons daprès celJ:-ci: Voilà la Loi de la Mù/chah. ­ Lévil. VI. 7, Il el suiv. - Voilà la Loi pour LHolocauste, pour la 1I1inchah, pow les sacrifices du péché et du délit, pour les Jmplétions. - Lévil. VII. 37. - Voilà la Loi de la Bête et de-:lOiseau. - Lévil. XL 46 el suiv. - Voilà la Laide celle qui en­ ;fante, pour le fils ou pour la fille. - Lévil. XII. 7. - Voilà la "2Loi de la lèp1e. - J,évit. XIII. 59. XVI. 2,32, 54, rn. - Voilà ...la Loi de qui est affecté de flux. ~ Lévi 1. X V. 32. - Ji oilà la Loi de la Jalousie. :.- Nomb. V. 29.30. - Voilà la Loi du Naziréen. - Nomb. VL 13, 21.·- Voilà la Loi de la pw·ification. - Nomb. XIX. 14, - Voilà la Loisurla Vacherousse. -Nomb. XIX. 2.­ -La Loi pOU? le Roi. - Delllél. XVJl. US à 19 ; - bien plus, tout le Livre de Moïse est appelé la Loi et le Livre de la Loi, _. Deu- . ..:tél. XXXI, 9, H, i2, 26; et allssi dans Luc, Il. 22. XXIV. 44. lean, I. 46. VII, 22, ~3. VIlI. 5. ~ A cela on a ajoulé aussi quoll ~ vu dans Paul quil faut vivre selon la Loi du Décalogue, el quelle estaccomplie par la Charilé, - Rom, XIII. 8.9, 10, 1. i ; - et quil dit quil y a trois choses, la Foi, lEspérance et la Charité, et ~U~ la plu:s 9,rande des trois est la Cha1ité, ~ 1~ Cor ~ XIIl. 13,
  • LA VRAIE ..:- ainsi, ce nest point la Foi. - Ils dirent que cétait pour ce su­ jet quils avaient été convoqués. Mais pour ne pas les troubler, je me retirai; et alors ils furent vus encore de loin comme des Boucs,. et tantôt comme couchés, ellantôt comme debout, mais ils se dé-­ tournaient du troupeau de brebis; ils apparaissaient comme cou­ chés quand ils délibéraient, et comme debout quand ils conciliaient;. je tins mes regards fixés sur leurs Cornes, et jétais étonné de voi~ que les Cornes sur leurs fronts apparaissaient tantôt tournées en avant et en haut tantôt courbées en arrière vers le dos, et enfin tout à fait recourbées en arrière; et alors ils se tournaient subite­ ,ment vers le Troupeau de 8rebi~, mais ils apparaissaient toujour~ -comme des Boucs; cest pourquoi je mapprochai de nouveau, et::je leur demandai où ils en étaient. Ils répondirent quils avaient conclu, que la Foi Seule produiL les Biens de la Charité, comme lArbre produit les Fruits: mais alors un tonnerre se fit entendre~. et la foudre fnt vue en haut; eL peu après un Ange apparut, se te­ nant entre ces deux Troupeaux, et il cria au Troupeau de brebis: « Ne les écoutez point; ils nont point renoncé à leur ancienne Foi, qui est que la Foi seule justifie et sauve, et que la charité actuelle. ne fait ahsolument rien; la Foi non plus nest point lArbre, cest lhomme qui est lArbre; mais faites pénitence et tournez vos re­ gards vers le Seigneur, et vous aurez la foi; la Foi avant cela nest pas une Foi dans laquelle il y ait quelque chose de vivant. .. Alors· les Boucs ayant les cornes recourbées en arrière voulurent sap­ procher des Brebis; mais lAnge qui se tenait entre eux divisa les drebis en deux Troupeaux, et il dit aux brebis de la gauche: .. Joi­ gnez-vous aux Boucs; mais je vous dis quil viendra un Loup, qui les ravira, et vous avec eux. II. Mais après que les deux Troupeaux de brebis eurent été sépa­ rés, et que ceux de la gauche eurent entendu les paloles mena­ çantes de lAn~e, ils se regardèrent mutuellement et dirent: Con­ ft féro,ns avec nos anciens compagnons... Et alors le Troupeau de la gauche sadressa au Troupeau de la droite, en disant: c< Pourquoi VOliS êtes-vous séparés de ,nos Pasteurs? La Foi et la Charité ne sont-elles pas un, comme lArbre et le Fruil sont un ? En effet, lArbre par les branches est continué dans les fruits; arrachez de la branche quelque partie par laquelle larbre influe par continuité
  • RELIGION CHRÉTIENNE. 55 dans le fruit, est-ce que le fruit ne périra point et avec le fruit chaque semence qui pourrait donner naissance à un autre Arbre? Demandez à nos Prêtres sil nen est pas ainsi" Et alors ils le de­ mandèrent, et les Prêtres regardèrent de tout côté vers les autres, qui leur orent signe des yeux de dire que ceux-là avaient bien parlé, et après cela ils répondirent: « Vous avez bien parlé; mais quant à ce qui concerne la continuation de la foi dans les bonnes œuvres, comme de Jarbre dans les fruits, nous connaissons plu­ sieurs arcanes quil nest pas à propos dexposer ici; dans le lien ou le fil de la Foi et de la Charité il y a plusieurs petits nœuits que nous seuls prêtres pouvons délier. " Et alors Jun des Prêtres; qui était parmi les brebis de la droite, se leva et dit: "Ils VOLIS ont ré­ pondu que la chose est ainsi, mais aux leurs ils disent quelle nest pas ainsi, car ils pensent autrement. En conséquence ils deman­ )1 dèrent: Comment pensent-ils alors? est-ce quils ne pensent pas ft coinme ils enseignent. Ce prêtre leur dit: « Non, ils pensent que )1 tout bien de la charité, quon appelle bonne œuvre, qui est fait par lhomme pour le salut et la vie éternelle, nest pas le bien en la moindre partie, par la raison que lhomme par lœuvre venant deJui veUt se sauver lui-même, sattribuant la justice et le mérite qui nappartiennent quau Sauveur, et quil en est ainsi de toute bonneœuvre, dans laquelle lhomme sent sa. volonté; cest pourquoi ils affirment quil ny a absolumtlnt aucune conjonction de la foi et--de la charité, et que même la Foi nest ni retenue ni conservée par les bonnes œuvres. Mais ceux du Troupeau de la gauche dirent: )1 CI Tu profères des mensonges contre eux; est-ce quils ne préchent pas ouvertement devant nous· la charité et ses OEuvres, quils ap­ pellent œuvres de la foi? El le prêtre répondit: « Vous ne com­ )1 prenez pas leurs Prédications, lhomme du clergé qui y assiste entend seul et comprend; ils pensent seulement une Charité mo­ rale et ,ses Biens civils el politiques, quils appelent biens de la foi, et qui ue le sont nullement, car lathée peut les faire pareille­ ment et sous la nême forme; aussi disent·ils unanimement que personne nest sauvé par .Iles œuvres, et ne lest que par la foi seuté: or, ils illustrent ceci par des comparaisons; ils disent que lArbre fruitier produit des fruits; mais si lhomme faiL des biens pour le saluL, comme cet arbre produit des fruits par continuité,
  • 56 LA VRAIE alors ces fruits sont intérieurement pourris et pleins de vers; ils disent aussi que le Cep produit des raisins, mais que si lhomme faisait des biens spirituels, comme le cep fait des raisins, il ferait des raisins sauvages ... Alors ils demandèrent: « Quels sont do-nc pour eux les biens de la Charilé ou les œuvres qui sonl des fruits de la foi? " Il répondit: « Peut-être sont-ce des choses impercep­ tibles quelque part près de la foi, avec laquelle cependant elles ne sont pas cohélentes; elles sont comme lombre qui suit lhomme par derrière, quand il regalde vers le soleil, ombre quil ne re­ marque pas à moins quil ne se retourne; je peux même dire qucHessont comme les queuc& des chevaux, que ,on coupe au­ jouldhui en heaucoup de pays, en disant: A quoi bon! Elles ne servent il rien, si 011 les laisse au cheval, elles se salissent facile­_mellt. " En èntendant ces mots, lun de ceux qui él~lient du trol{­ pe;Ju gauche de brebis, dit avec indignation: «, fi y a celtes quel­. que conjonction, autrement comment ces biens peuvent-ils être ,appelés œuvres de la foi? Peut-être que les biens dela charité sont jnslDués par Dieu dans les œuvres volontaires de lhomme par quelque influx, ainsi par quelque affection, aspiration, inspiration, incilation et excitation de la v~lonté, par quelque tacite· percep­ tion dans la pensée, et de Iii par Jexhortation, la contrilion et ainsi pal la conscience, et par suite par obligat ion (adactio) , pâl" obéissanee au Décalogue et il la Parole, comme un petit enfant 00 COIl1Jl1e un sage, ou par quelque autre moyen semblable il cellx-ci; ,autrement comment peuvent-ils être appelé~ fruits de la foi? » Le Prêtre répondit: (1 Non, et sils disent que cela se fait par quelque hose de leI, ils le mêlent lOlljours dans leurs discours avec des mots, dont il réslll!e que ce nest pas daprès la Foi; quelques-uns néanmoins donnent de semblables raisons, mais COMME SIGNES DE LA FOI, ET NON r.mUIE LIENS DE l,A FOI HEC LA CHARITÉ; cepe6­ dant il en est quelques-uns qui ont ima.giné uue conjonction par la, Parole. » ,EL alors ils dirent: « La conjonction nexistelait-elle pas ainsi? .. Mais il répondit: « Ils ne le pensent pas; mais ils pen­. sent que cest seulement par laudition de la Parole, car ils ~ou­ tiennent que tout rationnel el tout volontaire de lhomme dans les choses de la foi sont Impurs et méritoires, parce que dans les choses spirituelles lhomme ne peut comprendre, vouloir, opérer,
  • RELIGION CHRÉTIENNE. 57 coopérer pas plus quune Souche. Il Alais lun des membres, ayant entendu que lhomme est cru tel dans toutes les choses qui a{>par­ tjennent à la foi et au salut, dit: " Jai entendu quelquun qui di­ sait: Jai planté une vigne, maintenant j~ boirai du vin jusquà. li­ vresse; mais un autre lui dil : Ne boiras-tu pas ce vin dans ton verre. à aide de ta main? Et il dit: Non, Inais dans un verre invisible à laide dune main invisible? et Jautre répondit: Certes, alors ru . ne·tenivreras pas. Il Ensuite, ce même homme dit ~ "Mais écou­ tez-moi, je vous prie, moi je vous dis: Buvez du vin daprès la· Parole comprise; ne savez-vous pas qlle le Seigneur est la Parole? La Rarole Ile vient-elle pas du Seigneur? Nest-il pas Lui-Même dans la Parole? Si donc vous faites le bien daprès la ParoLe, ne le faites-vous pas daprès Je Seigneur: daprès sa bouche et da~ :près sa volonté? Et si alors vous pOltez vos regards vers le Sei­ _gneur, Lui·Même aussi vous conduira et vous enseignera; et VOliS, Y!5lJS ferez le bien par vous-mêmes daprès le Seigneur; celui qui fait. quelque chose daprès un Roi, daplès la bouche ou lordre de ce Roi, peut-il dire: Je fais cela daprès ma bouche on mon orelle"et daprès ma volonté? 1) Puis il se Lourna vers le Clergé, et dit: _!I llinistres de Dieu, ne séduisez pas le Troupeau.» A ces mots, la pins grande partie du Troupeau de la gauche se retira, et alla se joindre au Troupeau de la droite. Quelques-uns du clcrgé di­ .saient même: " Nous venons. dentendre ce que nOlis navions pas encole entendu; nous sommes Pasteurs, nons nabandonnerons pas les Brebis: » Et ils se retirèrent avec elles; ct ils disaient: c( Cet Homme a parlé seJon ia véritable Parole; qui est-ce qui peut dire, lorsqnil fait daprès la Parole, ainsi daprès le Seigneur, daprès la bàuche et la volonté du Seigneur; Je fais daprès moi? Qni est-ce qui dit, lorsquil fait daprès le Roi; daprès la bonche et la volonté de ce Roi: Je fais daprès moi? Nous, mainte~ant, nous voyons la Di­ vine Providence, pOllr(luoi on na pas pu trollveria conjonction de laFoi et des bonnes OEufes, qui a été reconnue par la Société Ecclésias· tique; elle na pas pu être trouvée, parce quelle na pas pu exister, car ce nétait pas la Foi auSeigneur qui eslla Parole, el par suite ce nétait pas non plus la Foi daprès la Parole. » llais les autres Prê­ tres, qui étalent du TrolJpeaudesboucs, sen allèrent; et ils.agitaient .-leurs bonnets et criaient: La Foi Seule, la Foi Seule vivra toujours.
  • 58 LA VRAŒ 507. CINQUIÈME MÉMORABLE. Jétais en conversation avec des Anges; et, pour dernier sJ,ljet, nous parlâmes sur la convoitise du mal dans laquelle chaque homme est par naissance; lun deux dit : « Dans le Monde où nous sommes, ceux qui sont dans la con­ 11 voitise nous a araissent, à nous an es,_~us, mais ~ 2- . se voient comme souverainemenJ s~ges ; cest pourquoi, afin quils soient tirés de leur folie, ils sont mis tantôt dans cette folie, et tan tôt dans le rationnel qui chez eux est dans les externes; et dans ce dernier état ils voient, reconnaissent et avouent leur folie, mais néanmoins ils désirent ardemment passer de leur état ratio­ nel dans leur état de fohe, et i~ sy élancent au~si comme ills passaient de l~contrainte et du déplaisir dans la ~té et dans le ( --- _pf:ilsir; ainSI cest a convoitise, et non lintelligence, qui les ré­ jonit intérieurement. Il y a trois Amours universels, dont tout homme par Créa lion a été composé: LAmour du prochain, qui est allssi lAmour de fai re des usages, cet amour.:- est spirituel lA­ mour du MomIe, qui est aussi lAmour de posséder es rIchesses,· cet amour ~st matéri~; et lAmour de soi, qui est aussi lamour de dominerSUrrësâUtres, et cet amour st corporèl:: lhomme est véritablement homme, Jor3que lAmour du prochain ou lamour J de faire des usages fait la Têle, que lAmour du lfonde ou la ­ mour de posséder des richesses fait la Poitrine et le Ventle, et ( que lAmour de soi ou lAmour de dominer fait les Pieds et les- - Plantes des pieds; mais si lAmour du monde fait la Tête, lhomme 2 .nest homme que comme un bossu; et si lAmour de soi fait la Tête, il est comme un homme qÜi se tieut, non sur les ~pieds, mais 3 ( sur les paumes des mains, la tête en bas et les jambes en haut. Quand lAmour de faire rlcs usages fait la Tête, et que les deux autres amours font en ordre le corps et les pieds, cet homme, vu du Ciel apparaît dune fac~ angélique avec un bel arc- en-ciel au­ --tour de la tête; mais si lAmour du monde on des richesses fait la2. t~te, lhomme vu di! Ciel, apparaîl dune face pâle comme celle dun mort, avec un cercle jaune autour de la tète; et si lAmour de soi ou dominer sur les autres fait la tête, lhomme, vu du Ciel, apparaît dune face_noire emJ:>rasée avec un cercle blanc au­ tour de la tête. » Alors je demandai ce q!-e représentaient les C~r­ cles autour des têtes; ils répondirent: «Ils représentent linteIli­
  • RELIGION CHRÉTIENNE. 59 gence; le cercle blanc autour de la tête de la face noire embrasée représente que lintelligence de lhomme est dans les externes, ou autour de lui, et que la folie est dans les internes ou en lui; et/1 même lhomme, qui est Lei, est sage lorsquil est dans le corps, et2- f.Q.u lorsquil est dans lesprit; et nul homme nest sage dans les· "prit, si ce nest par le Seigneur, ce qui arrive quand il est de nou- Jlveau engendré et créé par le Seigneur. » Aprés qUITs eurent ainsi-=====- ­ parlé la terre souvriffma gauche, et par Jouverture je vis mon­ ter ~Di;bl~)ilIne face noire embrasée· avec lin cercle blanc au­ tou~e, et je lui demandai: « Qui es-tu? )1 Il dit: « Je suis Lucifer, fils de laurore; et, comme je me suis fait semblable au Très-Hallt, jai été précipité, comme la décrit Ésaïe, chap. XIV. » Toutefois1 ce n~ta~t pas Lucifer!.. mais il croJait lêtre; et je lui dis: « Puisque tu as été précipité, comment peux~tu télever de.r lEnfer? Il Et il répondit: " Là, je suis Dia-ble, mais ici je suis un Ange de lumière; ne vois-tu pas ma tête entourée dun cercle 1 ~lanc; et même, si lu veux, tu verras que je suis moral parmi ceux qui sont moraux, et rationnel parmj ~lIX ~i _s~ ratiQn­ nels, et même spirituel parmi ceux qui sont spirituels; [&].U· aussi prècl!er. » Je lui dis: « Comment as-tu prêché? Il répon­ dit: «( Contre les fourbes, contre les adultères, et contre tous les ~(-~ Jl amours infernaux; et même alors, moi Llicifer-;-jai appelé Luciferr. pour Diable, et Ole suis maudit en le maudissant; et, c.omblé de louanges ·cela, jai été élevé au Ciel ; d~ient que jai été appelé ,fils de laurore; et, ce qui ma éLonné moi-même, cest que, lorsque jétaj~Èans la chaire, je pensais absolument que tout ce que je di -sais était juste et bien; mais la cause men a été découverte, cest ­ que jétais dans le externes, et qualors les .exLernes avaient été[ séparés de mes internes; et, quoique cela meût été découvert, je nai pu néanmoins me changer, parce que je métais élevé au­ dessus du Très-Haut, et soulevé contre Lui.» Je lui fis ensuite cette question: -Comment as-tu pu parler ainsi, quand toi-même Il ~ tl~es~ et adultère? 11 répondit: « Autre je suis qnand je)J 1 me trouve dans les ~xternes ou dans le c,orps et autre, quand, je2 Suis dans les inte.rpes ou dans lesprit; dans.le corps, je suis Ange; mais dans lesprit, je suis Diable; car dans le corps, je suis dans lentendement; mais dans lesprit, je suis dans la volon.!é; or. ----
  • 60 LA VRAIE lentendement me porte en haut, mais la volonté me porte en bas; ~t lorsque je suis dans lentendement, un Cercle blanc entoure ma Tête, mais lorsque lentendement se soumet entièrement à la vo­ lonté et qlli1 est 101l.t à elle, ce qui est notre dernier sort, le cer­ cle noircit et se dissipe; une fois dans cet état, je ne puis plus monter dans celle lumière. » Mais tout-à-coup, ayant vu les Anges . qui étaient chez moi, sa face et sa voix senOammèrent, ct il de­ vint noir, même quant au cercle qui élait autour de sa tête, et il tomba dans lEnfer parlouverlure par laquelle il était monté. Ceux qni étaient présents tirèrent de -ce quils venaient de voir et· dentendre cette conclusion, que lhomme est tel quest sa Volonté, e! non tel quest son Entendement, puisque la ~olonté entraiDe facilement de son côté lEntendement, ei le soumet. Alors je de­ mandai aux Anges doüvenait aux diables la rationalité; et "ils dirent (inelle venait de la gloue de lalllour de soi, car lamour de soi est entouré de gloire, parce que la gloire e&t la splendeur : du feu de cet nmour; et cette gloire élève lentendement presque r1 dans la lumière du Ciel, car lEntendement chez chaque homme t susceptible dêtre élevé selon les connaissances, mais ~YD­ 2 Jonlé ne peut être élevée que pa la vi selon les vrais de lEglise (­ ~e la Raison; de là vient que des Athé~ eux-mêmes, qui sOflt . dans ia gloile de la renommée daprès lamour de soi, et par suite dans le fasle de·la propre intelligence, jouissent dune. rationalité pl!1s sublime que beaucoup dautres; mais cest. lorsquils sont[f1 dans la pensée de lEntendement, et non lorsquils sont dans la­ e mour de la Volonté; et lamour ~ la Volonté possède lhomme Interl1e, mais a pensée de lEntendement possède jhomme Ex­ t1 teme. i!:Ufir(rAng~nOUs donna le motif pour lequel lhomme a :;. été composé (e ces trois Amours, savoir, ·de larn.Q.lIr de l~age, 3 de l·amQ.!!!....Q.!Ulonde et de lamo Ir Ile Soi; cest afin que lhomme . pense dapI è, Dieu, quoique absolument comme daprès lui-même; Il Il, nous dit que dans le Mental de lhomme les suprêmes ont été; 2 tournés en baut vers Dieu, les moyens en dehors veTS le Monde. 3 et les infillles en bas vers le cmps; et, comme les infimes ont été toumés en -bas, lhomme pense absolument comme daprès lui­ même, quoique cependant ce soit daprès Dieu. o(}8. SXIÈ~IE iIEMORAllLE. « Un jour il mapparut un Temple ~.
  • RELIGION· CHRÉTIENNE. 6i l) magnifique de forme c~rrée, dont le Toit était, à linstar dnue » couronne, voûté en dessu8 el élevé tout autour; ses murailles » étaient de continuelles Fenêtres de Cristal; sa Porte, dune sub­ » stance de perle; à lintérieur, du côté méridional vels locci­ » dent, était une ch:lire, sur laquelle à droite reposait la Parole )) ouverte entourée dune sphère de lumière, dont la splendeur se » répandait autoUl de toute la chaire et léclairait; dans le milieu ," du Temple était le sanctuaire, devant lequel il y avait un Voile, " mais alors soulevé, où se tenait un Chérubin dor ayant à la main » une épée qui se iournait de côté et dautre. Tandis que je "oyais ., ces oujels, il influait dang ma méditation ce que chacun deux " signifiait, à savoir, que ce Temple signifiait la Nouvelle Église; la " Porte de substance de perle, lentrée dans celte Église; les Fenê­ ., tres de Cristal, les VélÎtés qui lécl:lirent; la Chaire, le Sacer­ » do ce et les prédic:ùlOils; la Parolé ouverte sllr la chaire et éclai­ " rant la partie supérieuredecette chaire, la révélation de son.. » sens interne, qui est le sens spirituel; le Sanctuaire dans le mi­ "lieu du Temple, lUQ!!Jo~0ion de .@~ Église av c le Ciel an­ " gélique; le Chérubin dor, la Parole dans le sens de-la lettre; ., lÉpéë qui se tournait dans sa main, signifiait que ce ,P"l:; ~eut l) élle tournée de diff~rentes manières, pourvu que ce a soit fait en " lappliquant il quelque érité i le Voile soulevé devant le Chérubin, » signifiait que mai!!.tenant la Parole a été ou~e.I-te, Ensuite, lorsque " je mapprochai plus près, je vis sur la Porte cette Inscription:) "lhINTENA:iT IL EST PEllms, ce qui signifiait que maintenant ilî » est permis dentrer intellectuellement dans les Arcanes de la( " foi. En voyant cette Inscription, il tomba dans ma pensée, quil » est très-dangereux dentrel par lentendement dans_les dog~ » de la foi, qui ont é~é forgés d)près la propre intelligence, et par ;, suiterl)pi~s~x, et quil est encore plus dangereux de léS )) confirmel d~après la Parole; par là lentendement est ferlpé par " le haut, et peu il peu par le bas; et cela, au pOlO t que les choses l) théologiques sont non~seulement dédaignées, mais même obli­ » térées, comme lécriture dun papier par les teignes, et la laine li dun drap par les mites, et lentendement reste seulement dans ", les choses politiques qui concernent la vie de lhomme .dans le., "i,0uvernement sous lequel il est, dans, les choses civiles qui
  • .---------- - - - - ---- 62 LA VRAIE .. appartiennent à sa fonction, et dans les, choses dom~stiques .. qUI appartietlnent à sa maison; dans les unes et les autre:; il .. ssllache continuellement à la nature, et daprès les attraits de l) ~es voluptés i1Iaimecomme un Idolâtre limage dor quil porle II dans son sein. Comme les dogmes maintenant dans les Églises .. Chrétiennes daujourdhui ont été composés non pas daprès la .. Parole, mais daprès la propre intelligence, et par conséquent Il daprès des faux, et ont anssi été confirmés par quelques pas­ » sages de la Parole, cest pour celle raison que la Parole, dap!ès .. la Divine PIoviden~~ du Seignetir, a été enlevée aux La~s .. chez les Catholiques-Romains, et que chez les Protestants elle a » été ouvelte, mais néanmoins fermée par cette sentence générale » toujours da~~ur bouche,9,!.le renlendement doit être misS(;us .. l~béissance de lenrloi. Mais dans la Nouvelle Église, cest lin­ .. verse; il Ya été permis dentrer et de pénétrer par lentendement .. dans tous les secrets de la Parole, et aussi de les coufirmer par l) la Parole; et cela, parce que ses Doctrinaux sont ulle_ c.ha~e » Vérités que le Sei~neur a dévoilées par la Parole, et que les .. confirmations de ces Vérités par les ration.!lels font que I:En­ l) tendemen.L~vertpar le haut de plus en plus, _et est ainsi Il éle~é d~ns la lumière dans laquelle sont les Ange~ du Ciel; et li celle Lumière dans son essence est la Vérité, et dans celle Lu­ " mière 1~Q.nnaissance du ~~igneu.!:-èOïIïiiiC D~ cfuCTël et.J.e )) la Terre resplendit dans sa gloire. Cela est entendu par 1Ins­ Il C1iption sur la Porte du Temple: MAINTENANT IL EST PEII~f1S, Il et aussi en ce que le Voile du Sanctuaire devant le Chérubin » était soulevé; en effet, la Maxime de la Nouvellé Église est, ue li les faussetés bOllchent Ïèntendement, et que les vérités lou­ l) vrent. Ensuite je vis comme un enfant au-dessus de ma tête, .. lenant un Papier à la main; à meSllre quil approchait de moi Il sa sta[ljre devenaiL celle dun homme de moyenne taille; cétait li un Ange du troiSième Ciel, où tous apparaissent de loin comme Il des Enfants j lorsquil fut près de moi; il me tendit le Papier, llmais comme il était écrit en lettres de formes arrondielL telles li quelles sont dans ~,- je le rendis,-éï-d~anda;que Il les Anges exprimassent eux-mêmes le sens de son con.. » tenu en mols adéquates aux idées de ma pensée; et lAnge
  • RELIGION CHRÉTIENNE. 6311 me dit : Voici le contenu de lécrit : ENTREZ DÉSOa-Il MAIS DANS LES MYSTÈRES DE LA PAROLE JUSQuA PRÉSENT FER-1) -MÉE. CAR TOUTES SES VÉRITÉ"~ SONT AUTANT DE MIROIRS DU SEI-1) GNEUR.
  • LAVRAIE -. CHAPITRE NEUVIÈME ilE LA PENiTENCE. 009. Après les Traités sur la Foi, sur la Charité et sur le LibreArbitre, se présente selon lenchaînement des choses le Tlaité surla Pénitence, puisque la vraie Foi et la Charité réelle ne sontpoint possibles sans la pénitence, et que personne ne peut fairepénirence sans le Libre Arbitre: sil est question ici de la Péni­ tence, cest aussi parce quensuite il sera traité rie la Régéné­ration, et que personne ne peut êLIe régénéré, avant davoir éloi­gné les maux énormes qui renrlent lhomme dérestable devantDieu, et ces maux sont éloignés par la Pénitence; et quy a-t-ilde moins régénéré quun impénitent? et limpénitent nest-il pascomme relui qui est en léthargie? JI ne sait rién du péché" et parconséquent il le réchauffe dans son sein, et il lui donne chaquejour des baisers, comme ladultère à la prostituée qui est dansson lit. Mais pour quon sache ce que cest que la Péniten.ce et cequelle ploduit, ce Traité va être divisé en Articles.La Pénitence est la P~emiè1e chose de lÉglise chez lhomme. 510. La communion, qui est appelée Église, est composée dau­tant dhommes dans lesquels est JÉglise, eL lÉglise entre chezlhomme quand il est régénéré, et lhomme est régénéré par celaquil sabstient des maux du péché, et quil les fuit, comme quel­q~un fuirait des troupes infernales armées de torches quil ver­rait sefforcer de le surprendre et de le jeter sllr un bûcher. Il ya plusieurs choses qui, dans les premiers temps de la vie, pré­parent lhomme pour lÉglise, et ly introduisent; mais celles quiconstituent lÉglise chez lhonlme sont les actes de la pénitence;
  • RELIGION CHRÉTIENNE. 65 les actes de la péni.tence sont tous ceux qui (ont que lhomme ne veut plus les Maux, qui sont des péchés contre Dieu, et par suile ne les fait plus, car avant quil en agisse ainsi, lhomme se tient "en dehors de la régénération; et alors sil survient quelque pensée sur le salut éternel, il se tOUloe vers elle, mais peu après il sen détourne, car elle nentre pas dans lhomme plus avant que dans les idées de sa pensée, et de là elle sort dans les mots du langage, et peut·être aussi dans quelques gestes conformes au langage; mai~ lorsquelle entre dans la volonté, elle est dans lhomme, car la" volonté est lhomme même, parce que là hahite son amour; mais la pensée est hors de lhomme, à moins qu"elle ne procède de sa Volonté; quand cela arriv~, alors la volonté et la pensée font un, et en même temps elles constituent lhomme. Il suit d" là, que la Pénitence, pour être la Pénitence et produire des effets "dans lhomme, doit appartenir" à la" volonté et par suite à la pen­ sée et non à la pensée seule, par conséquent doit être actuelle et non de lèvres seulement. Que la Pénitence soit la Première chose de lÉglise, on le voit clairement daprès la Parole: Jean-Baptiste, qui fuI envoyé en avant afin de préparer les hommes pour lÉ­ glise que le Seigneur devait instaurer, prêcha la pénitence en même temps quil baptisait; cest pourquoi son baptême était" appelé baptême de pénitence; et cela, parce que le bàplême si­ gnifiait la lavalion spirituelle, qui est lablution d.es péchés"; i1lè fit dans le Jourdain, parce que le Jourdain signifiait lintroduc­ tion daps lÉglise, car cétait la premiàre limite (le la terre de Ca­ naan où était lÉglise: le Seigneur, a aussi Lui-Même prêché la Pénitence pour la rémission des péchés; par là il a enseigné que. la Pénitence est la Première chose de lÉglise, et que autant lhomme fait Pénitence, aulant chez lui les péchés sont éloi­ gnés, et autant ils sont éloignés, autant ils sont remis: et en outre, le Seigneur, en envoyant les douze Apôtres, et aussi les soixante-dix, leur ordonna de prêcher la Pénitence; daprès cela il est évident que la Pénitence eslla Première chose de lÉglise. 51 L Que chez lhomme il ny ait pas lÉglise avant que chez lui les péchés .aient été éloignés, chacun daprès la raison peut le conclure, et cela peut être illustré par ces comparaisons: Quel­ quun peul·.il mellre des brebis, des chevreaux et des agneaux: n 5
  • 66 .LA VRAIE dans des campagnes ou dans des forêts, où il y a des bêtes féroces de toute espèce, avant davoir chassé ces bêtes? Et quelquun peUL il disposer en Jardin une terre remplis dépines, de r0!lces et dor ties; avant davoir arraché ces planles nuisibles? Quelquun peutil ét~blir une forme dadministration de la justice daprès le juge­ment, et fonder une cité dans lIne Ville possédée par des ennemis.avant davoir chassé ces ennemis? TI en est (le même des mauxchez lhomme, ils sont comme des bêtes féroces, .comme des ronces et des ~pines, et comme des ennemis avec lesquels lEglise ne )leut pas plus cohabiter, quun homme ne pourrait habiler dans une ménagerie où sont des .tigres et des léopards; ni pas plus qui! nepeul concher dans un lit parsemé dherbes empoisonnées et dontles oreillers en seraient remplis; ni pas plus qui! ne peut dormirla nuit dans .un Temple sous le pavé duquel sont des tombes rem­plies de cadavres, les spectres ne ly .infesteraient-ils pas comme desfuries? LA CONTRITION, QUON DIT AlJJOURDnUI Plll~CÉDER LA FOI, ET tTRE SCIVlE DE LA CO:<SOLATION DE Lr~VANGlLR, NEST PAS LA PÉNITENCE. 512. Dans le Monde Chrétien Réformé on parle dune certaine espèce danxiété, de donleur et de terreur, quon appelle CONTRI­Tro:/, qui, chez ceux qui doivent être régénérés, précède leur foi.et est suivie de la consolation de lEvangile; on dit que ceLLe con­trition chez eux vient de la crainte de la juste colère de Dieu, etpar conséquent de la damnation éternelle inhérente à chacun àcause du péché dAdam ct du penchant aux maux par suite de cepéché; qne, sans cette conlrilion,la foi qui est. imputative du mé­rite et de la justicedu Seigneur Sauveur nest point donnée, .el que.ceux qui ont obtenu cette foi reçoivent la consolation de lEvan­gile, à savoir, quils sont justifiés, cest-il-dire, innovés, régénérésel ~anclifiés, salls aucuue coopération de leur part, et quils sontainsi transférés de la damnation dans une éternelle bénédiction.qui est la Nie éternelle. Quant à cette Contrition, il 1.3 être exa­miné; 1° Sj elle est la Pénitence, 2° Si elle est de quelque valeur,3° Si ellé existe réellemènt.
  • RELIGION CHRÉTIENNE. 67 5t3. CETTE CONTRITION EST-ELLE LA PÉNITENCE, OU NE: LEST­ELLE POINT? On peut le conclure de la description de la Pénitencedans ce qui suit, en ce que la Pénitence nest pas possible, à moinsque lhomme ·ne sache, non-seulement dune manière universelle, mais encor:e dans les plus petits détails, quil est pêcheur, ce que personne ne peut savoir, sil ne sexamine, ne voit les maux chez lui, et ne se condamne pour ces maux. !lais la Contrition quon dit nécessaire pour la foi na rien de comlllun avec cela, cal elle estseulement la pensée et par suite la confession quon est né dans le péché dAdOlIll et dans le penchant aux maux qui en proviennentcomme dune source; quon est pour cela sous la colère de Dieu;.el que pal suite on mérite la damnation, lexécration et la mort éternelle: il est donc évident que cette contlition nest point la pénilence. 514. Le second point,à examiner est celui-ci; puisque celle con­ trition nest pas la pénitence, EST-ELLE DE QUELQl:E VA~EUIl? On <lit quelle conduit à la foi, comme ce qui précède conduit à ce qui suit; mais que néanmoins elle nentre pas dans la foi, et ne se con­ joint pas avec elle, ell se mêlant; mais celte foi qui suil,quesl­ elle autre chose, sinon que Dieu le Père impute la justice de son Fils, et alols déclare juste, noueau et saint, un homme qui naconnaissance daucun de ses péches, et ainsi le reèt dune robe lavée et devenue blanche par le sang de lAgneau? Quand Il lIIarche vêtu de cette robe, que sont alols les maux de sa vie, sinon comme <les pierres de soufre jetées au fond de la mer? et que deviellt alors Je péché dAdam, sinon HI péché qui est ou couvert, 011 éloigné,.ou détourné par la justice imputée du Christ ?Quand lhomme daprès cette foi marche dans la justice et en même temps dans linnocence du Dieu Sauveur, à quoi sert alors ceLLe contrition, si­ non à la confiance quil est dalls le sein dAbraham, et que de là JI regarde les non-contrits avant la foi comme des misérables en enfer, ou conime des morls, car il est dit que la foi vive nest pas en ceux qui manqueut de contrition? Cest pourquoi on peut dire que ceux-là, sils se sont plongés ou sils se plongent dans des maux damnables, ny font pas plus dattention et ne les se~tent pas plus que de jeunes pourceaux, étendus au milieu de la (al!ge ~ans les fossés dune place, ne font attention à la puanteur et pe
  • 68 LA VRÂIE la sentent. Il est donc évident que celte contrition, puisquell~ nest pas la Pénitence, !lest daucune valeur. 5t 5~ Le troisième point à examiner est celui-ci: CETTE CON- TRITION SANS LA PÉNITENCE EXISTE-ELLE RÉELLEMENT? Dans le· Monde spirituel, jai demandé à plusieurs qui avaient confirmé­ chez eux la foi impulative du mérite du Christ sils avaient eu quelque Contrition; ils mont répondu: " A quoi bon la Contrition,~. .puisque dès lenfance nOlis avons cru comme certain que par sa passion le r.hrist avait enlevé tous nos péchés? la Contrition ne. cadre point avec cette foi; car la Contrition consiste à se jeter d,ms lenfer et à tourmenter sa conscience, et cependant lon sait quona été rachet~, et ainsi exempté de lenfer, et par suite sans dommage. » A celol ils ajoutaient: " Le statut de la Contrition nest quune fiction, qui a été acceptée at,t lieu de la Pénitence, dont il, est si souvent parlé dans la Parole, et dont léxécution est en­ jointe; cest peut-être quelque émotion du mental chet les simples qui ne savent que peu de choses de lÉvangile, quand ils entendent. parler des tourments de lenfer ou quils y"pensent... Ils me disaient encore, que la consolation de lÉvangile, imprimée eil eux dès la première adolescence, enlevait tellement la Contrition, quils en riaient de tout cœur, quand ils en entendent parler, et que lEnfer ne pouvait pas plus leur causer de teneur, que le feu du Vésuve et de lEtna nen cause aux habitants de Varsovie et de Vienne; ou que les basilics et les serpènts des déserts de lArabie, ou les tigres et les lions de~ forêts de la Tartarie, nen cau~ent à ceux qui sont en sûreté, en tranquillité et en repos dans une ville dEurope; et que la colère de Dieu ne les eJfrayait et ne les épouvantait pas plus que la colère du Roi de Perse ne peut effrayer lit épouvanter ceux qui sont dans la Pens)lvanie. Daprès cela, et aussi daprès les rai­ . sons tirées de leurs traditions, jai été confirmé que la Contrition, à moins quelle ne soit la Pénitence, telle quelle est décrite dans ce qui suit, nest autre chose quun jeu dé la phantaisie. Si les Ré­ formés ont pris la Contrition à la place de la Pénitence, ce fut aussi afin de rompre entièrement av~c les Catholiques-Romains, qui insistent pour la Pénitence et en même temps pour la Cha­ rité; et après quils eurent confirmé la justification par la foi seule, ils ont donné pour raison, ,que par la Pénitence comme par la Cha­
  • RELIGION CHRÉTIENNE. 69 " rité il entrerait dans la foi de lhomme quelque chose qui sent le mérite, et qui la noircirait. • La seule Confession de lèvres quon est Pécllew, nest pas la Pénitence. M6. Sur .celle Confession de lèvres, voièi ce que disent les Ré­ formés attachés à la Confession dAubourg: Personne ne peut ft• 11 jamais connaîlre sés péchés, cest pourquoi ils ne peuvent être Il énumérés; du reste, il y en a dintérieurs et de cachés; la con­ Il fession serait donc fausse, non certaine, incomplète et mutilée; Il or, celui qui confesse nelre tout entier que péché comprend ." tous les péchés, nen exclut aucun, et Den oublie aucun. Ce­ ,> pendant lénuméraüon des péchés, "quoiquelle ne ·soit pas né­ "• cessaire, ne doit pas êlre abolie, à cause des conciences tendres • et timides, mais cest seulement une forme puérile et communo .. de confession pour les simples et les ignorants, lJ - FORMULE DE CONCORDE," pag. 327, 331, 380." - Cette confession a élé ac­ ceptée par les Réformés à la place de la Pénitence actuelle, après quils se furent" séparés des Catholiques-Romains, parce quellé est fondée sur leur Foi imputative, qui seule sans la Charité, et par: conséquent aussi sans la Pénitence, opère la rémission des péchés, et régénère lhomme; et aussi sur ce motif quelle est un appen­ dice inséparable de celle foi, quil ny a aucune coopération de lhomme avec lEsprit saint dans lacte de la justification; et SUl" celui-ci, que personne na le Libre Arbitre dans les choses spiri- ­ tuelles; puis encore sur celui-ci, qU,e toutes choses appartiennent à la Miséricorde immédiate, et que rien nappartient à la Miséri­ corde médiate opérant daprès et par lhomme. 517. Parmi plusieurs raisons, que la seule Confession de lèvres ~uon est pécheur nest pas la Pénitence, se trouve celle-ci, que chaque homme peut sécrier quil est pécheur, qu:il est impie, et même Diable, et cela avec ulle dévotioll externe, quand il pense . .am:: tortures de lenfer qui le menacent et se présentent à lui j, mais qui ne voit que cela ne vient daucune dévotion interne, quainsi cela est imaginatif et par conséquent pulmonaire, mais
  • 70 LA VRAIE non volontaire par lintérieur ni par conséquent cardiaque? car un impie et un diahle sont toujours intérieurement embras~s par les convoilises de lamour de faire le mal, par lesquelles ils sont portés çà et là comme des ailes de moulin agitées par une tem­ pête; une telle exclamation nest donc quun artifice pour trom­ per Dieu afin dêtre délivré, ou pour en imposer aux simples ; car.. quy a-t-il de plus facile que douvrir les lèvres pour crier, que de préparer pour cela la respiration de la bouche, et qlle "délever les yeux et les mains en haut? Cest cela même que le Seigneur dit, dans ~Iarc: Ésaïe a bien prophétisé de vous, hypoc1ites! Ce­ (1 peuple des lèvres Mhonore, mais leur r-Œur est b~en loin de­ Moi. » - VII. 6 ; - et dalls Matthieu: « Malheu1 à vous, Scribes et Pharisiens, parce que vous nettoyez lextérieur de la coz(pe et du plat, tandis. que les" inté1ieurs sont pleins de ;apine et - ~. dintempérance! Pharisien aveugle, nettoie premièrement lin­ térieur de la coupe et du plat, afin quaussi lextérieU? devienne net. )) - XXIII. 25, 26, - et plusieurs autres passages dans ce même Chapitre. 5t8. Dans I1n pareil culte hypocrite sont ceux qui ont confirmé chez eux la Foi daujourdhui, qne le Seigneur par la Passion de­ ]a croix a enlevé tous les péchés du Monde; et par là ils enten­ dent tous les péché~ de quiconque emploie dans ses prières les formules sur la Propitiation et la Médiation; quelques-uns deux peuvent, du haut de leur chaire. prononcer dune voix élevée et. comme avec un zèle ardent plusieurs choses sur la Pénitence et sur la Charité, tandis quils les regardent lune et lautre comme inutiles pour le salut, car ils uentendent pas dautre Pénitence que la Confession de lèvres, ni dautre Charilé que la Charité ci­ viTe, mais ils font cela pour le peuple. Ce sont eux qui sont en­ tendus par ces paroles du Seigneur: « Plusieurs Me diront en ce jour-là: Seigneur! Seignew! par ton Nom navons-nous pas prophétisé? et en ton Nom des mitac/es nombreux "navons­ nous pas fait? Mais alors je leur dirai: Je ne vous connais"po.int, retirez-vous de Moi, ouvriers de liniquité. 1) ­ M~Uh. vn. 22, 23. - Un jour, pans le Monde Spirituel, jentendis quel­ qlfun prier ainsi: Cl Je suis plein dinfection, lépreux, en cor­ rdplion dès le ventre de ma mère j il ny a chez moi rien de sain
  • RELIGION CHRÊTIENNE. 71 depuis la tête jusquà la plante des pieds; je ne suis pas digne de lever les yeux en haut vers Dieu, je mérite la mort et la da~na­ lion éternelle; aie compassion de moi à cause de ton Fils, ,purifie­ moi. pal son sang; dans ton bon plaisir est le salut de tous, jim­ plore ta miséricorde, » Ceux qui .étaient présents, après avoir en­ tendu cette prière, lui dirent: « Doù sais-tu que tu es tel? » Il ré­ pondit: « Je le sais parce que je lai entendu dire. )) Alors il fut en­, voyé. vers les Anges examinateurs, devant lesquels il prononça de semblables paroles: et ceux-ci, après examen fait, rapportèrent que ce quil avait dit de lui élait vrai; mais que néanmoins il ne connaissait aucun mal chez lui, parce quil ne sétait jamais exa­ miné, et qui! avait cru qne les maux après la confession de lè­ vres nétaient pas plus des maux devant Dieu, tant parce que Dieu en détourne les yeux,. que parce quil est devenu propice; et quen conséquence il ne sétait repenti da1l0un péché, quoiquil fût adultère de propos délibéré, voleur, fourbe, calomniateur, et extrêmement vindicatif; quil était tel de volonté et de cœur; et que par conséquent il serait tel en paroles et en actions, si la crainte des ~is et de la perte de la réputation ne larrêtait pas. Après quil eût été découvelt que tel il était, il fut jugé, et jeté dans. lenfer vels les hypoclites. 519. Des compalaisons vont montrer clairement quels sont ces hypocrites: Ils sont comme des Temples où il ny a de rassem­ blés que des esprits du dragon, et ceux qui sont entendus dans lApocalypse p.ar les sauterelles; et ils sont comme des chaires dans ces temples où il ny a pas la Parole, parce quelle a été mise sous les pieds. Il sont comme des mUlailles récrépies dont len­ duit est dune belle couleur, entre lesquelles, les fenêtres étant ouvertes, voltigent des hiboux et daffreux oiseaux de nuit. Ils sont comme des sépulcres blanchis qui renferment des os de morts. Ils sont comme des monnaies faites de marc dhuile ou de fumier desséché et couvertes dor. Ils sont comme les écorces et )aubiel autour dun tronc pourlÏ; et comme les habits des fils d.Aharon autour dun corps lépreux; et même cOlllme des ulceres qllon croit guéris, et en dedans dtsquels est la sanie que recouvre .une peau mince, Qui est- ce qui ne sait que le saint extelDe et le profane interne ne peuvent coilcorder ensemble? De tels hommes
  • 7! LA VRAIEcraignent même, plus que les autres, de sexaminer; cest pour­quoi ils ne sentent pas plus en eux les choses vicieuses, quils nesentent les mati ères nidoreuses et puantes dans leur estomac eldans leurs intestins, avant quelles soient jetées dans les latrines.Mais il faut se garder de confondre ceux dont il vient dêtre parléjusquà présent avec ceux qui agissent bien et croient bien; ni avecceux qUi font pénitence de quelques péchés, et qui en eux-mêmesparlent ou prient daprès une pareille confession de lèvres lors­quils sont dans le culte, et plus encore lorsquils son t dans unetenta.tion spirilueIle; car celle commune confession non-seulementprécède, mais encore suit la réformation et la régénération.Lhomme naît enclin aux maux de tout genre; et, sil ne les éloi,qne en partze par la pénitence, il demeure en eux, et celui qui demeure en eux ne peut être sauvé. 520. Que tout homme naisse enclin aux maux, tellement quedès le ventre de sa mère il nest que mal, cela est notoire danslÉglise; et cela est devenu notoire, parce que les dflnciles et leschefs des Églises ont affirmé que le péché dAdam a été transmisà toute sa postérité, et que cest uniquement pour ce péché quetout homme après Adam a été condamné en même temps que lui.et que cest là ce qui est inhérent à chacun dès la naissance: enoutre ~ur cette assertion ont été fondés plusieurs dogmes que lesÉglises enseignent, par exemple, que le Bain de la, régénération..qui est appelé baptême, a été institué par le Seigneur pOlir éloi­gner ce péché; que ce fut là la cause de lavènement du Seigneur;et que la foi en Son Mérite est le moyen par lequel il est éloigné.outre plusieurs autres dogmes que les Églises ont fondés sur celleassertion. Mais quil ny ait aucun mal héréditaire provenant decette origine. on peut le voir daprès ce qui a été montré ci-des­sus" N° 466 et suivanls; on y voit quAdam na pas été le Pre":mier des hommes. mais que par Adam et son épouse a été décritedune manière représentative la première Église sur ce Globe; parle Jardin dÉden, la sagesse de celle Église; par lArbrQ de vie.son regard porté vers le Seigneur qui devait venir; et par lArbre
  • RELIGION CHRÉTIENNE. 73de la science du bien et du mal, son regard porté vers elle·mêmeet non vers le Seigneur: que celle Église ait été décrite dunemanière représentative par les premiers Chapitres de la Genèse,cela a été prouvé par plusieurs passa:ges parallèles tirés de la Pa-role, dans les ARCANES CÉLESTES, publiés à Londres. Devant cespreuves comprises et Ilaisles tombe lopinion jusquici adoptée,que ·le mal inné dans lhomme daprès ses parents vient dAdam.lorsque cependant ce nest pas de là mais d!antre part quil tireson origine. Que lArbre de vie et lArbre de la science du bienet du mal soient chez chaque homme, et quils soient dits placésdans un jardin, pour signifier le Libre Arbitre de se Lourner versle Seigneur et de se détourner de Lui, cest ce qui a été pleine-ment démôntré dans le Chapitre sur le LIEsRE ARRITRE. 621. Mais, mon ami, le mal héréditaire ne vient pas dautrepart que des parents, non pas le mal même que lhomme commeten actualité, mais linclination à ce mal; que cela soit ainsi, cha-cu e reconnaîtra, pourvu quil joigne la raison il lexpérience;qui ne sait que les fils naissent dans une. commune ressemblanceavec leurs parents quant aux faces. aux mœurs et aux caractères,et aussi les petils-fils et les arrière-petits-fils dans celle des aïeulset des aïeux, et que par suite beaucoup de personnes distinguentles familles, et aussi .les nations, par exemple, les nations Afri-caines davec les Européennes, les Napolitains davec les Alle-mands, les Anglais davec les Français, et ainsi du reste? Et quine reconnaît un Juif daprès la face, les yeux, le langage et lesgestes? Elsi lu pouvais sentir la sphère de vie qui émane du pen-chant natif de chacun. tu pourrais pareillement être convaincu dela similitude des caractères (animorum) et des mentais. 1 suitde là que lhomme naît, non pas dans les maux eux-mêmes, maisseulement dans linclination aux maux, mais portée plus ou moinsvers des maux particuliers; cest pourquoi après la mort, nulnest jugé daprès quelq.ue mal héréditaire, mais chacun est jugédaprès les maux actuels quil a lui-même commis; cest même{le qui est évident par cestatutdu Seigneur: « Le père ne mourrapmnt pour le fils, et le fils ne mourra point pour le père, cha-cun pour son péché mourra . .. - Deutér. XXIV. t 6. - Ceci es~devenu certain pour moi, dans le Monde spirituel, daprès les en-
  • 74 LA VlA.IECants qui meurent, en ce que seulemenl; ils ont une inclinationpour les maux, ainsi en ce q:le seulement ils les veulent, mais •néanmoins ne les font pas t car ils sont élevés sous lauspicedu Seigneu~ et sont sauvés, Cette inclinalion et ce penchàlll pour­les maux transmis par les parents aux enfanls et aux descendants,sont brisés uniquement par la nouvelle naissance que donn.e leSeigneur, et qui est appelée Régénération: sans el1e, celle inclina­ lion non-seulemenl demeure ininlerrompue, mais saccroit mêmeJlar les parenls successifs, et devient plus portée vers les maux,et enfin vers loule espèce de maux: de là ient que les Juifs sontencore les images de Judah leur père, qui, par son mariage avecune Canaanile, et par son adultère avec Thamar sa bru; engendra leurs trois souches; cest pourquoi cet héréditaire lar le laps jutemps a lellemenl été augmenlé chez ëiix~ qÜ"ilsnep:euvent pas em­ brasser Îa religion-Chréliênne par la foi du cœur: il est dit quils ne peuvent pas, parce que la volonlé inlérieure de leur mentalest opposée, et celle volonlé les empêche de pouvoir, -­ 522. Que tout mal, sil nest éloigné, demeure chez lhomme~et que lhomme, sil demeure daps ses maux, ne puisse être sauvé,ce sont là des conséquences qui découlent delles-mêmes; quaucun mal ne puisse êtle éloi,gné que par le Seigneur chez ceux qui croienl en Lui ef ailllent le prochain, on peutie voir clairement daprès ce qui a été plécédemment dit, surtout daprès ces Arti­cles dans le .Chapilre sur LA FOI: Le Seigneur, la Charité et la Foi font un, comme la vie, là volonté et lentendement, et silssont divisés, chacun est perdu, c01?Zme une Perle réduite enpoudle; le Seigneur est .11, Charité et la Foi dans t homme, et lhomme est la Charité ,! la Foi dans le Seigneur. Mais on de­ mande comment lhomme ileut entrer dans celle union; je ré­ ponJs que lhomme ne le peul, sil néloigne pas ses maux en partie par la pénitence: il est dit que lhomme éloigne, parce que le Seigneur ne le fail pas immédiatement sans la coopéralion de lhomme; cesl aussi ce qui a été pleinement monlré dans le mèmeChapitre, el dans le Chapitre suivant sur LE LIBRE ARBITRE. 523. On dit que personne ne peul accomplir la Loi, et quon P Jt dautant moins laccomplir que quiconque prévarique contre un préceple du Décalogue, prévarique contre lous: mais celte
  • RELIGION CHRÉTIENNE.formule de langage nest pas ce quelle parait, car cela doit êtreentendu de cette manière: Celui qui, de propos délibéré ou con--firmé, agit contre un précepte, agit contre lous les autres, parce que agir de propos délibéré et conDlmer cest nier absolument quece soit un péché; et si lon dit que cen est un, cest le rejetercomme dc nulle importance; et celui qui ainsi nie et .rejette un péché, considère comme rien tout ce qui est appelé péché. Dansce propos délibéré viennent ceux qui ne veulent pas entendre par-ler de la Pénitence. Au contraire, dans le propos délibéré de croireau Seigneur et daimer le prochain viennent ceux qui par la pé- nitence ont éloigné quelques maux qui sont des péchés; ceux-ci sont tenus par le Seigneul dans le propos délibéré de sabstenirde plusieurs; cest pourquoi, si par ignorance ou par la prépon-dérance de quelque convoitise ils péchent, cela ne leur est point imputé, parce quils ne se le sont pas proposé, et ne le confirmentpas chez eux. Il mest permis de confirmer ceci par ces expé-riences: Dans le MOllde Spirituel, jai rencontré plusieurs espritsqui, dans lc ~fonde Naturel, araieut vécu de même que dautres,en shabillant avec luxe, se nourrissan t avec rec11erche, trafiquantavec profit, fréquentant les spectacles, plaisantant sur des sujetsamoureux avec une sorte de volupté, et ûisant plusieurs autresactions semblables, et cependantOes Angcs considéraient chez lesuns ces actions comme des manx, et chez les autres ils ne les con-sidéraient pas comme des maux, et déclaraient ceux-ci innocen tset ceux-là coupables; interrogés pourquoI ils décidaient ainsi,puisque les actions étaient pareilles, ils répondaient quils exa-minent tous leshommes daprès le propos délibéré, lintention et lafin, et les distinguent ainsi; et que cest pour cela queux-même,excusent ou condamnent ceux que la fin ou excuse ou condamne-parce que la fin du bien est chez tous dans le Ciel, et la fin du malchez tous dans lEnfer. 524. !Jais ceci va être illustré par des comparaisons: Les pé-chés retenus chez lhomme impénitent peuvent être comparés avecdiverses maladies qui causent la. mort de lhomme, lorsque ·desmédicaments noilt pas été employés, et que par eux la malignitén) pas été enlevée; principalement avec la maladie appelée gan-grène, qui, si elle nest pas guérie à temps, se répand alentour.
  • 76 LA VRAIEet donne inévitablement la mort; de même avec les aposthèmeset les abcès sils ne sont pas dissous et ouverts, car les empyèmesou les amas de pus s& répandraient dans les parties voisines.et de I~ dans les viscères annexés ~ ces parties, et enfin dans""le cœur, et donneraient la mort. On peut aussi les comparer avecdes tigres, des léopards, des lions, des loups et des renards,qui, sils rrétaient pas tenus dàns des loges, ou liés de chaines oude cordes, se jetteraient sur le menu et le gros bétail, el le re­nard sur les poules, et les massacreraient: et aussi 3 des serpentsvenimeux, qui. sils nétaient tenus pressés par des pienx, ou sion ne leur arrachait les dents, porteraient des coups mortels àlhomme. Un troupeau qui serait lancé dans un champ où sontdes herbes vénéneuses périrait tout entier, si le berger ne le con­duisait dans des pâlurages non nuisibles; le ver ~ soie périrait de même, et avec lui toute la récolte de soie, si les autres vers né­ taienl pas chassés des feuilles de son arbre. On peut encore faire une comparaison avec du blé renfermé dans des greniers ou dansdes maisons, il deviendrait moisi et chanci, et par conséqueutinutile, si lon ne donnait à lair la facilité de passer au milieu, etdenlever ce qui est nuisible. Le feu, sil nétait pas éteint à la première explosion, ravagerait toule une ville ou toute une forêt. Un jardin serait entièrêment envahi par les ronces, les chardons et les épines, si on ne les arrachait. Les jardiniers savent quelarbre mauvais de semence et de racine porte ses mauvais sucs dans le tronc de larbre bon greffé ou enté, et que les mauvais sucs qni entrent sont changés en sucs bons. et produisent desfruits utiles;.la même chose se fait chez lhomme par léloigne­.ment du mal au moyen de la pénitence, car p~r elle lhomme est attaché au Seigneur comme le sarment lest au cep, et il porle de bons fruits. - Jean, xv. 4, 5, 6.~a connaissance du péché, et lexamen dun péché chez soi­ même, commencent la .pénitence. 525. La connaissance dun péché ne peut manquer à aUCUIlhomme dans le Monde Chrétien, car chacun y est instruil, !les
  • RELIGlON CHRÉTIENNE. 77lenfance, ~e ce que cest que fe mal; et dès la jeunesse, de ceque cest que le mal du péché; lous les jeunes gens savent celapar les parenls et par lesmaitres, et aussi par le décalogue, qUiest le premier Livre pour tous au-dedans du Christianisme; etplus tard, quand ils avancent en âge, ils le savent par les prédi­cations dans les Temples et par les instructions dans les lfaisons ;et en plénilude daprès la Parole; et en outre par les lois civilesde la juslice qui enseignent des choses semblables li c611es quisont dans le Décalogue, et li celles qui sonl ailleurs dan~ la Parole:car le mal du péché nest autre que le mal contre le prochain,et le mal contre le prochain est anssi le mal contre Dieu, mal qui est le péché, Toutefois, la connaissance du péché ne fait rien, si lhomme nexamine pas les actes de sa vie, et ne voit pas sil na pas fait quelque péché en secret ou en public; tout ce qui est avant cela est seulement de la science, et alors ce que le prédicateur dit est seulement un son qui, entre dans loreille gauche, passe dans loreille droite el senfuit; et enfin cela devient seulement objet de la pensée et dévotion pulmonaire; el, chez plusieurs, ima­ ginaire et chimérique, Mais il en est tout autrement si lhomme sexamine selon ses connaissances du péché, et quil découvre en lui quelque mal particulier, et se dise: Ce. mal est un péché; et que daprès la crainte de la peine éternelle il sen abstienne: alors seulement la Prédication instructive et oratoire dans les Temples est reçue par lune et lautre oreille, et est portée dans le cœur; et de païen lhomme devient Chrétien. 5~6. Peut-il y avoir quelque chose de plus connu dans tout le Monde Chrétien, que lobligation pour lhomme de sexaminer lui-même? car partout, dans les Empires et dans les Royaumes soumis lant à la Religion Catholique-Romaine quà la Religion évangélique, on enseigne et on avertit, avant dapprocher vers ia Sainte-Cène, que lhomme ait à sexaminer, à connaître el à recon· nattre ses pêchés, et à vivre désormais autrement; et cela avec de terribles menaces dans les Dominations Anglaises, où, daprès la Prière qui précède la communion, .le ministre près de lAutel lit et prononce à haute voix ces parQles: (~Voici la voie et le moyen » de participer dignement à la Sainte-Cène: D.abord, que oha­ .. cun examine les actions et les habitudes de sa vie selon la règle
  • 78 LA VRAIE » des commandements de Dieu; et quelles que soient celles dans Dlesquelles il découvre quil a failli par volonté, paf parole ou ».par action, quil déplore sa nature vicieuse, et quil sen confesse Il devant Dieu Tout-Puissan·t, avec la ferme résolution damender » sa vie; et sil découvre que ses offenses soient non-seulement » contre Dieu, mais aussi contre le prochain, alors quil se récon­ ) cilie avec lui, et quil soit prompt à lui faire restilution et salis­ .. faction, selon tout son pouvoir, pour les injustices et les maux Il quil lui aura faits; quil soit également prompt à remeUre aux » autres les offenses, comme il veut que ses offenses soienl remises " par Dieu; autrement, la réception de la Sainte Communion ne ) ferait quaggraver sa conrlamnation. En conséquence, si quel­ » quun de VOlIS est un blasphémateur de Dieu, médisant et se 1) moquant de sa Parole, ou sil est adullère ou coupable de ma­ Il lice, denvie, ou de quelque autre énorme crime, quil fasse pé­ » nitence de son péché; sinon, quil napploche point de la Sainte " Communio!! ; autremeut, avrès laVOIr rerue, le diable entrera » en lui, comme il est entré dans Judas, et il le remplira de toute " iniquité, et détruira et son corps et son âme. » . 527. 1Iais cependant il en est quelques-uns qui ne pellent pas sexaminer, par exemple, les enfants, les jeunes garçons el les jeunes filles avant davoil atteint lâge où lon jouit de lintuition: pareillement les simples, qui sont sans aucune réflexion ; puis .aussi Lous ceux qui nont point la crainle de Dieu; el oulre ceux­ ci quelques malades desprit el de corps; et, de plus, ceux qui,confirmés dans la doctrine de la justification par la seule foi im­putative du mérite du Christ, se sont persuadé que pal lexamen.et la pénitence; il entrerait quelque chose de lhomme qui détrui­ rait entièrement la foi, el ainsi chasserait et jeuerait le salut horsde son unique foyer. Les uns et les autres se servent seulement dela confession de lèvres, qui nest point la pénitence, ainsi quil aété montré ci-dessus dans ce Chapitre. Mais ceux qui savent ceque cest que le péché, et plus encore ceux qui daprès la Parolesavent plusieurs choses et les enseignent, et qui ne sexaminentpas, et par suile ne voient aucun péché en eux, peuvent être corn...parés à ceux qui amassent· des richesses et les renferment dansdes cassettes et dans des coffres, sans en tirer dautre usage que
  • RELIGION CHRÉTIENNE. 79·de les contempler et de les compter; et à ceux qui réunissent en trésors des raretés dor et dargent, et les cachent dans leurs caves, ayant pour seule fin lopulence; ils sont semblables au marchllnd qui cacha son talent dans la terre, et à celui qui énveloppa sa mine dans un linge. - lfauh. XXV, 25. Luc, XIX. 20. - Ils so~t :lIIssi comme les chemins ballus et les endroits pierreux, dans lesquels tombe la semence, - Mallh. XIII. 4, 5. - Et aussi comme oes figuiers qui sont chargés de feuilles et ne portent pas de fruits, ­ Marc, XI. 13. - Ce sont des cœurs de diamant, qui ne deviennent po.int des cœurs de chair, - Xach. VII. 12.-1Is sont « comme .des perdrix qui couvent et nont point pondu; ils font des ri­ chesses mais non avec jugement, au milieu de leurs jours ils les abandonnent, et à leU? fin ils deviennent insensés. )) .,-- Jé­ rém. XVII. i 1. - Ils sont comme les cinq vierges qui avaient des lampes, e~ point dhuile, -:- Mallh. XXV. 1 à 12. - Ceux qui tirent de la Parole beaucoup de choses sur la charité et sur la pénitence, qui connaissent une foule de préceptes, et qui ny conforment pas leur vie, peuvent être comparés à des gloutons qui mellent par morceaux les aliments dans leur bouche, et les font passer saus les mâchel dans lestomac, où ils restent indi,gestes, et ainsi, mal exprimés, corrompent le chyle et prodUisent des maladies len tes, par lesquelles ~mfin ils meu rent misélablement. Comme de tels hommes sont !lans chaleur spirÎLuelle, quoique dans la lu­ mière, ils peuvent être appelés hivers, lerres froides, climats arc­ tiques. et lIlême neiges et glaces·. La pénitence actuelle est de sexaminer, de connaître et recon­ naître ses péchés, desupplier le Seigneur, et de commencer une nouvelle vie. . 528. Quil faille absolument faire pénitence, et que de là dé­ pende le salut de lhomme, on le voit dans la Parole par de nom­ breux passagcs et dévidentes déclarations du Seigneur; en voici pour le moment quelques-uns: cc Jean p1êcha un baptême de pénitence, et il dit: Faites des /1ltits dignes de la pénitence. )) - Luc, III. 3, 8. llare, 1. 4. - c( Jésus commença à prêcher et à dire: Repentez-vous. .. - Mauh. IV. 17, - ft Et il dit: Parce que sest approché le Royaume de Dieu, faites péniten.ce. .. ­ Marc, 1. H, 15. - Puis: Si vous ne faite~ pénitence, tous vous (c
  • 80 LA VRAIE périrez. Il - Luc, XIIl. 3. - (( Jésus dit aux disciples quil fal­ lait prAche/ en son Nom la Pénitence et la Rémission des pé­ chés parmi toutes les nations. Il 0:- Luc, XXIV. 47. Marc, VI. n. :.- Cest pourquoi, (( Pierre prêcha la pénitence et le baptême au nom de Jésus-Christ pour la rémission des péchés. Il ­ Act. II. 38 ; - et il dit aussi: (( Faites pénitence, et convertissez­ vous, pour que vos péchés soient eftacés. Il - Act. Ill. t9. ­ Paul «.prêcha partout d tous, de faire pénitence. » - Act, XVII, 30 - Paul aussi (1 dans Damas, à Jérusalem, par tout le pays de la Judée, et aux Gentils, a annoncé quon fit pénitence, quOon se convertit à Dieu, et quon fit des œuvres dignes de la plnitence. Il - Act. XXVI. 20. - Et II ilprêcha aussi tant aux Juifs quaux Grecs la pénitence envers Dieu, et la foi au Sei­ gneur Jésus-Christ. » - Act. XX. 2t, - Le Seigneur a dit à lÉ­ slise dÉp.hèse: II Jai cont?e toi que ta charité première tu as abandonnée,. tais pénitence,. sinon, je viens à toi,. jôterai ton chandelier de sa place, si tu ne fats point pénitence.» - Apoc. II. 4,5. -A lÉglise dans Pergame: Il Je connais tes œuvres,fais penitence. )) - Apoc.11. t 3, t 6. - AlÉglise dans Thyatire : Il Je. la jetterai dans laffliction, s.i elle ne tait point pénitence de ses œuvres." -Apoc.lI. t9, 22, 23.-AIÉglisedesLaorlicéens: l( Je connais tes œuvres, agis avec zèle, et fais pénitence. » ­ Apoc. III. t 5, t 9. - « Il y a de la joie dans le ciel pow un sew. pécheu? qui fait pénitence.») -Luc, XV. 7; - et en outre ailleurs. n:après ces pàssages il est évident quil faut absolument faire péni­ tence; mais quelle pénitence, et comment la faire, cest cc quon verra clairement dans ce qui suil. 529. Qui ne peut, daprès la raison qui lui a été donnée, com­ prendre que la pénitence ne consiste pas seulement à confesser de bouche quon est pécheur, et à dire sur ce sujet· b~aucol/p de choses, comme lhypocrite do.nt il a été p.arlé, N° 5t~; car est·i~ rien de plus facile à lhomme, quand il est dans langoisse et ~ la­ gonie, que délancer de ses poumons et de pousser par ses lèvres des soupirs et des gémissements, el aussi de frapper sa poilJ:ine, et de se dire coupable de tous les péchés, lorsque cependant il na ra connai!isance dancun péché chez lui? Est-ce qualors la tourbe diabolique, qui réside dans ses· amours, sort en même temps que
  • RELIGION CHRÉTIENNE, 81 fe soupir? Est· ce quelle ne se moque pas plutôt de ses gémisse­ ments, el ne reste pas en lui comme dans sa propre maison de même quauparavant? Il est donc évident que ce ne&t pas une semblable pénitence qui a été entendue dans la Palole, mais que cest, comme il a éié dit, une pénitence des œuvres mauvaises. ­ - 530. On demande donc comment la Pénilence doit être faite, , je réponds quelle doit létle en actualité, et cela consiste à sexa­ miner, à conn3Ître et reconnaître ses péchés, à supplier le Sei­ gneur, et à commencer une nouvelle ·vie: que .la Pénitence ne soit pas possible sans examen, cela a été montré dans I"Article qui précède; or, à quoi bon lexanHn, si ce ne,t pas afin que lhomme connaisse ses péchés? et à quoi bon celle reconnaissance, si ce nest afin quil reconnaisse quils sont en lui? Et il quoi bo,n ces tlois choses, si ce nest afin quil confesse ces péchés devant le Seigneur, qui! le supplie de donner des secours, et que par là il commence une nOlJveHe vie, qui est la lin propter quem (quil doit se proposer) ? Cest lü la péni tence acli/elle. Que ce soit ainsi quil fant s3vancer el faire, ch3que homme peut le saroil aussitôt après le premier âge, et de plus en plu:; il mesure quil <Jerient maître de ses actions et quil jouit de sa raison; il peUL le savoir daprès le Baptême, pal lequel est entendue la Régénération, car dans le baptême le p31rain et la marlaine ont promis pour lui quil rejetterait le diable et toules ses œuvre,: pareillement da­ près la Sain le-Cène ; car avanl de sen approcher, tous sont aver­ tis de faire pénilence de leurs. péchés, de se convertir à Dieu et dentrer dans unc nouvelle vie; et en oulre, daprès le Décalogue ou le Catéchisme, qui est entre les mains de tous les Chrétiens; dans six préceptes du Oécalogue JI nest commandé autre chose que de ne pas faire les maux; si lhomme ne les éloj~ne par la pé­ nitence, il ne peut aima le prochain, ni à plus forle raison Dieu, et cependant de ces deux commandements dépendent la Loi et les Prophètes, cest-à-dire, la Parole, par conséquent le salut, Si la pénitence actuelle est faite de temps à autre, savoir, chaque fois que lhomme se prépare à la communion de la Sainte-Cène, et.. quensuite il sabstienne de tel ou tel péché, quil a alors saisi chez lui, cela est suffisant pour quil sinitie dans lactualité, et quand il y est, il est dans le chemin qui conduit au Ciel, car alors fi 6
  • 82 LA VRAIE lhomme commence à devenir de naturel spirituel, et à naître nou­ veau par le Seigneur, D3i. Cela peut êtrp. illustré par les Comparaisons suivantes: LHomme avant la pénitence est comme un desert, dans lequel sont de terrihles bêtes féroces, des dragons, des hiboux, des chouettes, des vipères et des serpents venimeux ; et dans les broussailles des ochim et des tziim, avec des satyres qui dansent çà et là ; mais après que par lindustlÏe et le travail de lhomme ces êtres ont été chassés, ce désert peut être défriché et labouré,on peut dabord y semer dé lavoine, des fèves et du lin, et ensuitede lorge et du froment. Cela peut aussi être. comparé à la ma­ lice qui règne en abondance chez les hommes; si les méchants n~ét3ient pas, selon les lois, châtiés et punis par des peines rigou­ reuses ou par la mort, aucune ville ne subsisterait, ni allcun royaume: lhomme est comme une société dans la plus petite forme; siluagissait pas avec lui-même dune manière spirituelle. comme on agit avec les. méchants dune manière naturelle dans la graude Sociélé, il selait châtié et puni après la mort, et cela,jusquà ce que par la crainte de la peil)e il ne fasse pas Je mal;<)uoiqualor!o il ne puisse jamais être amené à faire le bien daprès lamour du bien.La vraie Pénitence est dexaminel non-seulement les actes de sa vie, mais aussi les intentions de sa volonté. 532. Si la vraie Pénitence est dexaminer non-seulement lesactes de sa vie, mais aussi les intentions de sa volonté, cest parceque lEntendement et la Volonté· font les actes; en effet, lhommeparle daprès la pensée, et agit daprès la olouté, cest pourquoila parole est la pensée parlante, et laction est la volonté agis­sante; et comllle cest de là que viennent les paroles et les actions,il sensuit indubitablement que cest la pensée et la volonté quipéchent, quand le corps péche ; et même lhomme peut faire pé­nitence des maux quil a faits par le corps, et néanmoins penseret vouloir le mal; mais cest comme si lon coupait Je tronc dunatbre mauvais, et quon laissât en lerre la racine, doù ce même
  • RELIGION CHRÉTlE~NE. 83 mauvais arbre croilrait de nouveau, et sétendrait :1 lentour: mais il en est autrement quand la racine est arrachée aussi, et cela se fait dans lhomme, quand en même temps il examine les inten­ tions de sa volonté et éloigne les maux par la pénitence. Lhomme examine les intentions de sa volonté, quand il examine ses pen­ sées, car cest en elles que les intentions se manifestent; ainsi, (fuand ses pensées sont portées sur des vengeances, des adullères, des vols, des faul{ témoignages et des cupidités pour ces maux, et aussi sur des blasphèmes contre Dieu, l~ sainte· Parole et lÉglise, etc., il veut ces maux et il les a en intention; si cependant il porte son attention sur ces maux, et eX,amine sil les ferait en supposant .quil neût à craindre ni la loi ni la perte de sa réputation, et si :lprès lexamen il pense quil ne les veut pas, parce que ce sont, <les péchés, il fait une pénitence véritable et intérieure; et surtout sil résiste et sabstient, lorsquil est dans le plaisir de ces maux .et en même temps dans la liberté de les faire; cél,ui qui fait cela plusieurs fois perçoit comme désagréables les plaisirs des maux .quand ils reviennent, et enfin il les condamne à lenfer; cest là .ce qui est entendu par ces paroles du Seigneur: « Celui qui veut trouver son âme la perdra, et celui qui aura perdu son âme à .çause de Moi la trouvera. » - Matlh. X. 39. - Celui-là qui éloi­ gne les maUl{ de sa volonté par celle pénitence; est semblable à celui qui arrache de son champ en temps convenable livraie se­ mée par le Diable, doù il résulte que les semences qui ont été fllises par le Seigneur Dieu Sauveur trouvent un humus libre, et donnent une abondante moisson, - Matth. XIII. 25 il 3L 533. Il Y a deux amours qui depuis un temps fort reculé on t ~té enracinés dans le genre humain; lamour de dominer sur tous, et lamour de posséder les biens de tous; le premier amour, si les freins lui sont lâchés, sélance jusquà vouloir être le Dieu du ciel; et le second amour, si les freins lui sont lâchés, sélance jusquà vouloir être le Dieu du monde; à ces deux amours ont été subordonnés tous les autres amours du mal, qui en sont les .armées: mais scruter ces deux: amours est très-difficile, parce quils résident et se cachent dans lintime, car ils sont comme des vipères qui, cachées dans les trous dun rocher, retiennent leur v~nin jusquà ce que quelquun se couche sur ce rocher, et qui
  • 84 LA VRAIE alors lancent des coups mortels et se retirent. Ils sont aussi comme les s)fènes des anciens, qui allil3ient les hommes par-I leur chant, et ensuite les tuaient. Ccs deux amours se parent avec de belles robes et de belles tuniques, de. même que le diable par une phanlaisie magique sembellit parmi les siens et parmi ceux quil veut tromper. Mais il faut quon sache bien que ces deux amours peuvent régner davantage chez les petits que chez les grands, chez les pauvres que chez les riches, chez les sujets que chez les Roi~, car ceux-ci sont nés pour la domination et lopu­ lence, quils ne regardent que comme un autre regarde les gens à son service et ce quil possède, quil soit magistrat, adminis­ trateur, ou capitaine de navire, et même que comme un pauvre fermier regarde ce qui lui appartient : ~mais il en est autrement ~es R::Jis qui veulent dominer sur les Royaumes des autres. Si les. intentions de la volonté doivent être examinées, cest parce que dans la Volonté réside lamour, car la Volonté en est le récep­ tacle, comme il· a été montré ci-dessl.Js; tout amour exhale de 13 ses plaisirs dans les perceptions et les pensées de lenielldement~ car celles-ci ne font rien par elles-mêmes, mais elles agissent daprès la Volonté; en effet, elles la favorisent, et elles agréent et confirment toutes les choses qui appartiennent à son amour; cest pourquoi la Volonté est la maison même, dans laquelle lhomme habite, et lEnlendement est le vestibule par lequel il sort et il entre. Voilà pourquoi il a été dit que les intentions da la Volonté doivent être examinées; lorsquelles ont été examinées et éloignées, lhomme est élevé .de la Volonté naturelle, ou sont embusqués les maux héréditaires et actuels, à la Volonté spiri­ tuelle par laquelle le Seigneur réforme et régénère la "olonté na­ turelle,et au moyen de celle-ci les sensuels et les volontaires dn ~orps, ainsi lhomme Lout enLier 534. Ceux qui ne sexaminent pas ressemblent à des malades c11ez qui le sang est corrompu, parce que les vaisseaux les plus petits se sont ~ouchés; de là, latrophie, lengourdissement des membres, les maladies aiguës chroniques qui ont lem origine dans lépaississement, la ténacité, lacrimonie (et lacidité des hu­ meurs et du sang; mais ceux qui sexaminent même quant aux intentious de la Volonté ressemblent à ceux:rqui ont été guéris de
  • RELIGION CHRÉTIE~NE. 85 ces maladies, et qui reviennent dans la vie quils avaient quand ils étaient jeunés. Ceux qui sexaminent scrupuleusement sont comme des navires dOphi,, chargés dor, dargent et de chûses précieuses; mais avant quils 5e soient examinés, ils sont comme des navi les chargés de sales tonneaux dans lesquels on exporte les boues et les ordures des rues. Ceux qui sexaminent intérieu­ rement deviennent comme des mines, dout tOlltes les parois res­ plendissent de minerai dun noble métal, tandis quauparavant ils étaient comme des marais pua-nts, dans lesquels sont des couleu­ vres et des serpents venimeux dont les écailles: blillent, et des in­ secles nuisibles don t les ailes reluisent. Ceux qui ne sexaminent. pas sont comme des Os secs dans une vallée; mais après quils se sont examinés. ils sont comme ces mêmes os, sur lesquels le Seigneur Jéhovih mit des nerfs, fit monter de la chair quil cou­ vrit de peau, et dans lesquels il mit lesprit, et qui revécurent. - Ézéch. XXXVII. i à 14. Ceux qui ne sexaminent point, mais qui néanmoins renoncent aux maux pmce quils sont des péchés font aussi Pénitence; et cette pénitence a lieu chez ceux qui font par retif/ion les œuvres de la Charité. 535. Comme la Pénitence actuelle, qui consiste à sexaminer, ;) connaître et à reconnaître ses péchés, à supplier le Seigneur et ci commencer une nouvelle vie, est très-difficile dans. le Monde Chrétien Réformé, pour plusieurs causes dont il sera parlé dans le dernier Article de ce Chapitre, il va en conséquence être traité ici dune espèce de Pénitence plus facile, qui consiste à se dire, .quand on médite un mal et quon y tend: Il Je pense cela, et je tends .à cela; mais comme cest un péché, je ne le ferai point. » Par là, la tentation lancée par lEnfer est brisée, et sa marche pour péné­ trer plus avant est arrêtée. Il est étonnant que chacun puisse ré­ ,primander un autre qU! tend au mal, et lui dire: « Ne fais pas cela, parèe que cest un péché; .. et cependant ne puisse que très-diffici~ lement se le dire à lui-même; la raison de cela, cest que le second .acte meut la volonté, tandis que le premier acte meut seulement.
  • 86 LA VRAIEla pensée la plus proche de louïe. Ona recherché, dans leMonde spirituel, qui sont ceux qui peuvent se réprimander eux-­mêmes, et il sen est trouvé Iii peu, quils étaient comme des co­!ombes dans un vaste désert; et quelques-uns dirent quà la vérit~)Is pouvaient se réprimander eux-mèmell, mais non sexaminer, nt_èOnfesser leurs péchés devant Dieu; néanmoins tous ceux qui fonl­ le bien par religion éviten t les maux actuels, mais ils réfléchissent très-rarement sur les intérieurll qui appartiennent à la Volonté, croyant quils ne sont pas dans les Il)aux parce quils soni dans les Biens, et croyant même que les bieus couvrent les maux; majs~ mon ami! la première cllOse de la Charité est de fuir les maux, cest là ce quenseignent la Parole, le Décalogue, le Baptême, la Sainte-Cène, et même la Raison; car comment. quelquun peut-it ­ fuir les maux et les éloigner sans une intuition de lui-même? et comment le bien peut-il devenir bien, sil na pas été intérieure­ ment purifié? Je sais que tous les hommes pieux, et aussi tous­ ceux qui ont une raison saine, en lisant ceci, y donneront leur­ acquiescement, et le regarderont comme un vrai réel, mais que­ néanmoins il y en a peu qui le mettronl en pralique. 536. Toulefois cependant tous ceux qui font le bien par reli­ gion, non-seulement les Chrétiens, mais aussi les Païens, ont été­ acceptés par le Seigneur, et sont adoptés après la mort; car le Seigneur a dit: " Jai eu (aim, et vous Mavez donné à manger; jai eu sail, et vous Mavez donné a boire .. jétais étranger, et vous M avez recueilli; nu, et vous Mavez vêtu; malade, et vous Mavez visité; jétais en prison, et vous ètes venus vers Moi. Et il dit: En- tant que VallS lavez (ait à lun de ces plus petits de­ mes (rè1es, à Moi vous lavez (ait. Venez,_ les bénis de mon Père, possédez comme héritage le Royaume préparé pow vouse dès la londation du Monde. » - Matth. XXV. 34 et suiv. - A ceci, jajouterai celle Nouvelle: " Tous ceux qui Cont le bien par re-­ ligion rejettent, après la morl, la doclrine de lÉglise daujourdhui sur les Trois Personnes Divines de toute éternité, el aussi sa Foi ap­ pliquée à ces trois personnes en ordre, et ils se tournent vers le Seigneur Dieu Sauveur,- et puisent avec volupté toutes les choses. qui appartiennent à la Nouvelle Église. Quant à tous ceux qui nont point elercé la Charité par religion, ce sont des CŒlIUS de­
  • ! RELIGION CHRÉTIENNE. 87 1 diamant, par conséquent durs; ceux-ci sadressent dabord à trois Dieux, ensuite au Père seul, et enfin ils ne sadJessenr à aue.un ; ils regardent le Seigneur Dieu Sauveur seulement comme fils . .:e Marie, né de son mariage avec Joseph, et non comme fils de Dieu; .et alors ils repoussent tous les biens et tous les vrais de la Nou­ velle Église, et peu après ils sadjoignent aux esprits du dragon, etsont relégués avec eux dans les ~éserts, ou dans les cavellles~ qui sont dans les dernières limites du monde nommé Chrétien; et quelque temps après, comme ils ont été séparés du Nouveau Ciel, ils se jellent dans les crimes, et sont par conséquent précipités. dans lEnfer. Un tel sort est pour ceux qui ne font pas les œuvres de. la Charité par religion, en raison de la. foi que personne ne peut faire le bien par soi-même il moins quil ne soit méritoire, et qui. par suite les omettent; ils se réunissent aux boucs qui ont été damnés et jetés dans le feu éternel préparé pour le diable et pour ses anges, parce quils navaient pas fait les œuvres que res brebis­ avaient faites, -llatth. XXV. 41 et sui., ; - là, il nest pas dit. quils avaient fail de mauvaises œuvres, mais il est dit qu,ils na­ yaient pas fait de bonnes œuvres, et ceux qui ne font pas. de bonnes œuvres par religion font de mauvaises œuvres, « puisque personne ne peut senir deux Maîtres, à moins quil ne" haïsse jun et naime lautre, et quil ne sattache à lun et ne néglige lautre. Il - Mallh. VI. 24. - Jéhovah dit par Esaïe: « Lavez­ vous, purifiez-vous, éloignez la malice de vos œuvres de devant mes yeux, cessez de tait-/! le mal, apprenez à (aire le bien; et alors quand seraient vos péchés comme lécarlate, comme la neige ils deviendront blancs; quand rou,r;es ils seraient comme lapourpre, comme la laine ils seront,» -1. 16, t 7, 18;­ et il dit à Jérémie; « Tiens-toi debout li la porte de la maison de Jéhovah; et là, proclame cette parole: A insi a dit Jélwvah Sébaoth, le Dieu dJsraël: Rendez bonnes vos voies et vos œu­ vres; ne vous confiez point sur des paroles de mensonge, en disant: Le Temple de Jéhovah, le Temple de Jéhovah, le Tem­ ple de Jéhovah ici; (cest-à-dire, lÉglise) ; est-ce en volant, en tuant, en commettant adultère, en juranljaussement, que vous viendrez ensuite, et que vous vous tiendrez devant Moi, dans. cette Maison sur laquelle est nommé mon Nom, et que vous
  • 88 . LA VRAIE direz: Nous avons été délivrés, tandis que vous faites toutes ces abominations? Est-ce que celte Maison est devenue une ca­ vernede brigauds? Oui, Moi, voici, jai vu, parole de Jého­ vah. " - VIL 2,3,4,9, 10, fi. 15iS1, « Il faut quon sache que ceux qui font le bien par bonté naturelle seulement, et non en même temps par retigion, ne sont, pas acceptés après la mort, parce qui! y a dans leur Charité le bien seulement naturel eL non en même Lerpps spirituel, et que cest le spilÎLuel qui conjoint le Seigneur à lhomme, et non le naturel sans le spirituel. La Bonté naturelle appartient il la chair seule, ayant été reçue des parents, mais la Bonté spirituelle appartient il lesprit, étant née de nouveau par le Seigneur. Ceux qui font les. biens de la ChalÎté par religion, et qui par suite ne font pas les maux, ceux-là, avant davoir accepté la Doctrine de la Nouvelle Église sur le Seigneur, peuvent être comparés à des arbres qui portent de bons fruits, quoiquen petit nombre, et aussi à des ar­ bres quj portent des fruits excellents quoique petits, et qui néan­ moins sont maintenus dans les jardins: ils peuvent encore être comparés à des oliviers et à des figuiers dans des forêts; puis à des plantes odoriférantes et il des arbustes balsamiques sur des collines: ils sont comme de petites chapelles ou maisons de Dieu dans lesquelles un culte pieux est rendu; car ils sont les brebis à droite, et les béliers que les boucs attaquent, selon Daniel, ­ Chap. VIH. 2 il H. - Dans le Ciel, ilsonl été revêtus dhabits de couleur rouge, et depuis quils ont été initiés dans les biens de la Nouvelle Église, ils sont revêtus dhabits de couleur pourpre, qui, selon quils reçoivent aussi les vrais, brillent dun bel éclat.Il faut que la Confession soit faite devant le Seigneur Dieu Sau­ veur, et quil y ait alors supplication pour le secours et pour la puissance de résister aux maux, 538. Quil faille sadresser au Seigneur Dieu Sauveur, cestparce quil est le Dieu du Ciel et de la Terre, Je Rédempteur et leSauveur, à qui appartiennent la Toute-Puissance, la Toute-Science,la Toute-Présence, la Miséricorde Même et en même temps la
  • RELIGION CHRÉTIENNE, 89Justice, et parce que lhomme est sa Créalure, et lÉglise ~a Ber­~erie, et quil a commandé plusieurs fois dans la Nouvelle Alliancede sadresser à Lui, de lui rendre un culle, et de Ladorer; il aenjoint de sadresser à lui Seul dans Jean par ces paroles: (( Envérité, en vérité, je voûs dis: Celui qui nentre pas par la portedans la Bergerie, mais monte par un autre endroit, celui-là est un volew et un larron; mais celui qui ent1e pur la porteest herger des hlehis. Moi, je suis la porte: par Moi si quelquunentre, il sera saûvé, et pâture il trouvera. Le volew ne vient quepour voler, tuer et détruire) Moi, je suis venu pour quelles aient vie et abondance. Moi, je suis le hon Berger. » - X. 1,2,9,10.1 t. - Que lhomme ne doive pas monter par un autre endroil, cest quil ne doit pas sadresser à Dieu le Père, parce quU est invi­ sible, et par suite inaccessible et inconjongihle; et cest pour cela que Lui-Même est venu dans le ~Ionde, et sest fait visible,accessIble et conjongible, ce qui fut uniquement pour cette fin, que lhomme pût ètre sauvé; car si dans la pensée on ne sa­dresse pas à Dieu comme Homme, toute idée de Dieu périt; elletombe de même que la vue diligée dans le vaste univers, ainsidans une sorte de vide, 011 dans la nature, ou dans des objets audedans de la nature. Que Dieu· Lui-.Même, qui de toule éternitéest Un, soit venu dans le Monde, on le voit clairement par la nais­sance du Seigneur Sauveur, en ce quil a été conçu de la vertu duTrès-Haut par lEsprit Saint, et que de là son Humain est né dela Vierge Marie, doù il suit que son Ame était le Divin Même,qui est appelé le Père, car Dieu est indivisible, et que lHumainné de là est lHumain de Dieu le Père, qui est appelé Fils de Dieu,- Lnc, I. 32, 34, 3~: - il suit encore de là, que lorsquon sa­dresse au Seigneur Dieu Sauveur, on sadresse aussi à Dieu lePère; aussi répondit-il à Philippe qui demandait quil montrât lePère: « Qui Me voit, voit le Père, comment donc, toi, dis-tu:Montre-nous le Pèle? Ne crois-tu pas que Moi (je suis) dans lePè e, et que le Père (est) enMoi? Croyez-Moi, que Moi Ue suis)dans le Père, et que le Père (est, en Moi.» - Jean, XIV. 6 àH. - Mais sur ce sujet, on voit de plus grands détails dans lesChapitres sur Dieu, sur le Seigneur, sur lEsprit Saint, et sur laTrinité.
  • 90 LA VRAIE =53~L Il Y. a deux Devoirs dont lhomme d01C-sacquiuér àprès lexamen. cest la S~pplication et la ConfessIon. -La SlJPPiICATI~N sera que le Seigneur -ait pitié, donne la pu"issllnce de résister aux IDaux dont on sest repenti, et accorde linclination et laffection pour faire le bien,puisque sans Lui lhomme ne peut rien faire, - Jean, XV. 5. - La CONFESSION sera de voir, connaître et re­ connaîlre ses maux, et de se tenir pour un misérable pécheur. Devant le Seigneur il nest pas besoin de lénumération des ~é­ chés. Di de ;upplier pour- leur RémTssion; qüiI Dë soit pas be­ ) soin de lÉnumération des péchés, cest parce que lhomme les a examinés et vus chez lui, et que par suite ils sont présen~le Seigneur parce qu;i1s sont présents chez lhomme~; le Seigneur la même dirigé dans lExamen, il les lui a fait découvrir7 eliTlüi "il inspiré une profonde douleur, et avec cetle douleur le dessein de sen désister et de commencer llne nouvelle vie. Si devant le SeI­ gneur il ne doit as être fait de sUJlplicati~our la Rémission11 - d~é~és, en voici les r:lisons ~cest que les" pécl~és (ne sont pas annulés, mais sont éloIgnés, et quils sontélaignés ) selon que lhomme ensuite y renonce et ~re daM.. une nouveHe vie j car il y a dinnombrables convoitises qui sont allachées comme 1 en peloton à chaque mal, et qui ne peuvent être écartées en un moment, .!.!!ais ui le sont successivement, à mesure que" lhomme 2... ~ se laisse réformer et régénérer.CLa seconde raisOlD cest que le Sei­ ~ gntlur, parce quil est la Miséricorde llême, ~t ~us leurs pé­ chés, et~n .lm~~te pas un seul à qui que ce soit, car il dit: ~s ) ne savent ce quils fonl ; » - néanmoins ils nont pas pour cela été enfëVéS;--- quand Pierre lui demanda combien de fois il deva~ remeltre à son frère ses fautes, si ce serait jusquà sept fois, il lui répondit: Il Je ne te di~; pas jusquà sept fois, mais jusquà soixante­ 1 dix fois sept fois. li - AJatlh. XVIlI. 21, 22; - si lhomme doit re-~ n..ettre ainsi, il combien lus forte raison le Seigneur iToutefoi~,­ il nest pas nuisible que celui dont la,conscience ëSt chargée énu- UJêre, afin dêtre soulagé, ses péchés devant un Ministre de lÉ­ ~ glise. en vue dabsolution; p~ q~ainsi ~ est .introduit j.ans lhabitude de s xa iner, et de réfléchir sur ses maux journaliers: Smais cette Confession est natu~lle, tandis que celle qui a été dé- l crite ci-dessus est spirituelle. "
  • RELIGION CHRÉTIENNE. 91 560. t Adorer quelquun comme Vicairè de Dieu sur terre,ou invoquer quelque Saint, comme on invoque Dieu, na pas plus.deffet dans le Ciel, que de supplier le Soleil, la Lune et les As-tres, ou de demander une réponse à un Devin, et de croire à saparole, qui est vaine; ce serait encore comme si Jon adorait leTemple et Don Dieu dans le Temple; et comme si lon demandait.des distinctions de gloire au serviteur qui porte à la main le scep-tre el la couronne du Rui, et non au Roi lui-même: et cela serait.aussi vain que si, abstraction faite des sujets, on vénérait la splen-deur de la pourpre, la gloire, la lumière, les rayons dorés du So-leil, et le nom seul: cest pour ceux qui agissent ainsi que sont.ces paroles dans Jean: « Nous dememons dans la vérité en J é-sus-Christ; Lui est le vrai Dieu et la Vie éternelle; mes petits:enfants, gardez-vous des idoles. Il - 1 EpîL. V. 20, 2LLa Pénitence actuelle est facile chez ceux qui lon faite quel- que/ois, mais très-réfractaire pour ceux qui ne lont pas: faite. 561.. La Pénitence actuelle consiste à seuminer, à connaltr6ses péchés, à se confesser devant le Seigneur, et ainsi à commencer une nouvelle vie; elle est selon ladescription qui en a étéfaite dans les articles précédents. Dans le Monde Chrétien Ré-fOlmé, pal lequel sont entendus tous ceux qui sont séparés d~lEglise Catholique-Romaine, et aussi dans celte Eglise pour ceuxqui nont fait aucune pénitence actuelle, celle Pénitence est trèsréfractaire i la raison de cela, cest que quelques-uns ne veulentpas, et que dautres craignent, et que lhabitude de ne pas fairesinvétère chez lhomme, et amène un non-vouloir, confirmé parun entendement raisonneur, el chez quelques-uns du déplaisir,.de leffroi el de la terreur pour c.e1te pénitence. Ce qlJi fait prin-cipalement que la Pénitence actuelle est très-réfractaire pour les.Chrétiens Réformés, cest l~! Foi que la Eénilence et la charité- t La lacune dans la série des Numéros, depuis 540 jusquà 559. est une· .simple erreur de chiffres; le telte est complet. (Note du Traducteur.)
  • 92 LA. VRAIE ne contribuent en rien au salut, mais que de limputation de la Foi seufërésuflënt larémission des péchés, la justification, lin­ novation, la régénération, la sanctification, et le s:llut éternel, sans que lhomme coopère par soi-même ou comme par soi-même, cette coopération étant appelée par leUls dogmatiq~s inutile, contraire au mérite du Christ, offensanTe et injurieuse; et quoique le Vulgaire ignore les choses mystiques de cette foi, cela a été semé en lui par ée peu de mots: « La foi seule sauv-e j et qui est­ r ce qui pêut faire le bien par soi-même? » Oe là vient que la Pé­ nitence, chez les Réformés, est comme un nid abandonné avec l les petits par les oiseaux quun oiseleUl a pris et_ tués. A celle raison se joint celle-ci, que lhomme quon appelle réformé n~est. quant à son esprit, dans le ~Ionde spirituel, quavec des esprits semblables il lui, qui portent cette doctrine dans les idées de ses pensées, et le détournent de chercher à regarder en lui-même-et à sexaminer. . 562, Jai demandé, dans le Monde spirituel, à beaucoup deIl ~ pourquoi ils navaient pas fait la pénitence actuelle, lorsque cependant cela était enjoint, tant dans la Parole que dans le Baptême, et aussi avant la Sainte Communion dans toute5 leurs Églises; et ils mon t fait diverses réponses; LES UNS: Quil suffit de la Contrition, accompagnée de la Confession de lèvres quon est pécheur. DAUTRES: Quune telle pénitence, parce quelle est faite par lhomme agissant daprès sa volonté, ne coïncide pas avec la foi universellement reçue. 0AUTRES: Qui est-ce qui peut Ct sexaminer quand il sait quil nest que péché? Ce serait comme si lon jetait un filet dans un étang plein de bourbe depuis le fond jusquà la surface, et rempli dinsectes malfaisants_. » DAUTRES: « Qui est·ce qui peut regarder en soi si profondément, quil y voie le péché dAdam, doù tous ses maux actuels ont jailli? Ces maux nont·i1s pas été lavés en même temps que ce péché par les eaux du b;plême? Nont-ils pas été effacés et couverts par le mérite du Ch rist ? Que devient alors la pénitence, sinon une. imposition qui tro uble grièvement. les consciences timorées? Ne sommes-nous pas daprès lÉvangile sous la grâce, et non sous la dure loi de la pénitence? etc. » QUELQUES-UNS mont dit que, lorsquils cherchent à sexaminer, leffroi et la terreur semparent deux, comme sils
  • RELIGION CHRÉTIENNE. 93 voyaient un monstre près de leur lit au point du jour. Par ces ré­ 110nses, jai vu clairement pourquoi la Pénitence actuelle, dans le Monde Chrétien Rérormé, est comme cn oubli et rejetée. Je deman­ dai aussi, en présence de ceux-lil, à quelques Esprits aLlaehés à laL rReligion C3tholique-Roma~, au sujet de leur Confession actuelle devint eurs ministres, si cette eonfcs~ion était réfractaire ponr . eux; ils répondirent quaprès y avoir été initiés, ils ne craignaient pas de faire lénumération de leuls fautes devant un confesseur lion sévère, et quils les recueillaient avec une sorte de volupté, et énonçaient gaiement les plus légères, mais un peu timidement les plus lourdes; que chaque année il lépoque élablie pal la cou­ tume ils revenaient librement, et se réjouissaient après labso­ lution; et quenfin tous regardent co;nme impurs ceux qui ne veulent pas dévoiler les souillures de leur cœur, A ces mots, les Réformés, qui étaient présents, senfuircnt, les uns l~iaicnt el se moquaient, les autres étaient étonnés et cependant approuvaient. Ensuite §approchèrent de moi quelques autres qui avaient· été ~J la même Érrlise; mais qui, ayant demeuré dans des pays où il y avait des Réformés, avaient fait daprès un usage solennel parOli eux non pas une Confession spéciale, comme leurs frères ailleurs, mais seulement une Confession commune· devant leur guide spirituel; ceux-ci dirent quils navaient jamais pu sc son­ der, découvrit et divulguer leurs maux actuels, ni les secrels de leur pensée, et quils sentaient cela aussi répugnani et aussi ef­ frayant, que de vouloir franchir le fossé dun rempart, où se tient en armes un soldat qui crie: « Napproche point. " Daprès ce qui précède, il est maintenaant évident que la Pénitence actuelle est facile chez ceux qui lont faile quelquefois, mais très-réfractaire pour ceux qui ne lont pas faite. 563. On sait que lHabitude fait une seconde natme, et que par suite ce qui est difficile à lun est facile à lautre; de même aussi sexaminer, et confesser le résultat de lexamen; qUoi de plus facile pour un journalier, un porte-faix et un métayer, que de travailler des bras du matin au soir, tandis quau contraire ~n homme élevé aùx honneurs et délicat ne pourrait pas se livrer au même travail pendant une demi-heure sans lassitude et sans sueur! Il est facile à ùn coureur de faire avec un bâton et des souliers lé­
  • 94 LA VlA.IE ~ers une course de plusieurs milles, tandis quun homme habituéli aller en voilure peut à peine courir lentement dune rue dans-une autre. Tout artisan qQ.i se plaît à son ouvrage laccomplit faci­ lement el de hon cœur, et quand il le quitte il désire le reprendre, tandis quun autre du même métier, mais indolent, peut difficile­ ment être contraint à se mettre à lœuvre: pareillementtout fone, tionnaire, et tout homme délude. Quoi de plus facile à celui quj-sapplique à la piété, que de prier Dieu et quoi de plus diffiCIle pour celui qui sest livré à limpiélé? Quel est le prêtre qui, prê­ilhant pour la première fois devant un Roi. nest pas intimidé? mais après quil sest remis, il continue avec assurance. Quoi de_plus facile à lhomme-ange que délever les yeux au Ciel, el à lhomme-diable que de porter ses regards vers lenfer? Cepen­.{jant si celui-ci est hypocrite il peut pareillement lever les yeux vers le Ciel, mais son cœur est il lopposé: la fin propter quem(pour laquelle il agit), et par suite lhabitude, font la trempe delhomme. Celui qui na jamais fait pénitence, ou qui ne sest jamais r:J!..­ gardé intérieurement ni scruté, ne sait pas enfin ce que cest que le mal qui damne, ni ce que cest que le bien qui sauve. 564. Comme dans le Monde Chrétien Réformé il en est peu qui fasssent pénitence, cest pour cela quil a élé ajoulé ici, _que celui qui..!!.~sest ni r~gard~ i~t~rie,!!~rnent, Ji scruté, ne sait pas enfin ce que cest que le mal qui damne, ni ce que cest que le bien quisauve; car il na pas une religion qui le conduise à cette connais­sance; ep effet, le mal que lhomme ne voit pas, ne connaît paset ne reconnail pas, demeure, et ce qui demeure senracine deplus en plus, jusquà obstruer les inlérieurs du mental, ce quifait que lhomme devient dabord naturel, ensuite sensuel, et enfin-corporel, et dans lun ou_lautre de ces états il ne connaît aucunm!!l qui damne, ni aucun bien qui sauve; il devient comme unarbre qui, planté sur tin dur rocher, étend ses racines parmi sesfentes, et enfin se flétrit parce qu;il manque dhumeur. Touthomme bien élevé est rationnel et moral, mais il y a deux che­
  • RELIGION CHRÉTIENNE, 95 mins qui conduisent à la rationalité, lun daprès le lIonde, lautre -daprès le Ciel; celui qui est devenu rationnel et moral daprès le Monde, et non aussi daprès le Ciel, nest rationnel et moral que -de bouche et de geste, et en dedans cest IIne bête brute, et même une bête féroce, parce quil fait un avec ceux qui sont dans lenfer où tous sont tels; mais celui qui est rationnel et moral aussi daprès le Cie! est vraiment rationnel et moral, parce quil lest en même temps desprit, de bouche et de corps; au dedans du rationnel ét du moral il y a, comme âme, un spirituel qui met en action le lIa-: turel, le sensuel et le corporel, celui-là fait lin aussi avec ceux qui ~ont dans le Ciel: cest pourquoi il ya lhomme rationnel et mo­ ral spirituel, et aussi lhomme rationnel et moral purement na­ turel, et lun nest pas distingué de lautre dans le lfonde, surtout si lhypocrisie est passée en habitude; mais les Anges dans le Ciel. les dIstinguent aussi facilement quon distingue les colombe~ dave.c les hiboux, et les agneaux davec les tigres. Lhomme pu­ rement naturel peut voir le5 maux et les biens chez les autres, e~ même reprendre ceux chez qlli ils sont; mais comme il ne sest,( ni regardé illL~rieu.!:~Illli!!., n~té, il ne voit aucun mal che~ lui, el si un autre en découvre un, il le voile au moyen de son ra-, _. lionnel, comme le serpent cache sa tête dans la poussière; et il sen­ fonce d:lns ce mal, comme le frelon dans le fumier. Voilà ce ue fait l~ plaisir du mal, qui enveloppe cet homme, comme le brouillard couvre un marais, et absorbe et étouffe les rayons de la lumière; le plaisir infernal nest pas autre chose; ~plaisir du mal esti exhalé de lenfer, et Ï!!!!!!e chez tout homme, mais dans les plantes des pieds, le dos et locciput; mais sil est reçu par la tête dans le sinciput, et par le corps dans la poitrine, lhomlYte est asservi à lenfer; et cela, parce qup..le cerveau humain a été destiné à leo ­f tendement et à la s~gesse de lentendement, et le Cervelet à la vo­ z. l.nté et à lamour de la volonté; de là vient quil y a deux Cer ­ vëaûx. Mais ce plaisir infernal est corligé, réformé el retourné uniquement par le Spirituel rationllel et moral. 565. Il va êtredmmé, comme suite, une sorte de descriptio~ de lhomme rationnel et moral purement naturel, qui considéré en lui-même est sensuel, et qui, sil continue, devient corporel" o~ -charnel; mais cette description sera faite en une esquisse com~
  • 96 LA VRAŒ posée de diverses parties. - Le sensuel est le dernier de la vie dn menlal de lhomme, il est aôhérent et cohérent allx cinq sens de sou corps. - Est dit homme sensuel celui qui porte des jugements au sujet de tontes choses daprès les sens du corps, et qui ne croit que ce quil peut voir des yeux et toucher des mains, disant que ees objets sont quelque chose, et rejetant tout le resle. Les inté­.rieurs de son mental, qui voient daprès la lumière du Ciel, ont été fermés, de sorte quil né voit rien du vrai qui appartient au Ciel et à lÉglise. Un tel homme pense dans les extrêmes, et non intérieurement daprès quelque lumière spirituelle, parce quil est dans une épaisse lueur naturelle; de là vient quintérieure­ filent il est contre les choses qui concernent le Ciel et lÉglise. quoiquextérieurement il puisse parler pour ellés avec ardeur. selon son espoir dobtenir par elles domination et opulence. - Les Savants et les Érudits qui se sont confirmés profondément dans les faux, et plus encore ceux qui sont confirmés contre les vrais de la Parole, sont plus sensuels que les autres. - Les hommes sen­ suels raisonnent avec rigueur et adresse. parce que leur pensée est si près de leur parole, quelle est presquen elle et comme dans leurs lèvres, eL parce quils placent toute intelligence dans la parole provenant de la mémoire seule; puis, ils peuvent, adroi­ tement confirmer les faux, et après les avoir confirmés, ils les croient des vrais; mais Hs raisonnent et confirment daprès les il­ lusions des sens, par lesquels le vulgaire se laisse prendre et per­suader. - Les hommes sensuels sont plus llIsés et ont plus de ma­ lice que tous les autres. - Les avares, les adultères et les fourbessont principalement sensuels, lors même quaux yeux du Monde ils paraissent ingénieux. Les intérieurs de leur mental sont salesllt --corrompus; par ces intérieurs ils communiquent avec les en­fers: dans la Parole ils sont appelés morts. - Ceux qui sont dans tes-Enfers sont sensuels el dautant plus sensuels, quils sont dans des enfers plus profonds; la spl1ère des esprits infernaux se con­joi~t avec le sensuel de lhomme par derrière; et d:ms-Ia lumièredu-Ciel locciput paraît excavé. -:- Ceux qui raisonnaient daprès lessensuels seuls étaient appelés par les anciens les serpents delJ Arbre de la science. - Les sensuels doivent être au dernier ranget non au premier; et, chez lhomme sage et intelligent, ils sont
  • RELIGION ·CHR~TIENNE. 97au dernier rang, sous la déjlenUltnCtl des inlérieurs; mais chezlhomme insensé ils sont au premier rang, et ils t.lominent. S.i lessen-sueis sont ail dernier ran~, par eux est ouvert le chemin verslentendement, et les vrais sont perfectionnés par le mode dex­traction. Ces sensuels sont très-près dn Monde, et ils admettent les choses qui viennent du monde, et les criblent pour ainsi dire. - Lhomme pal les sensuels communique avec le Monde, et pnr les rationnels avec le Ciel. - Les sensuels fournissent les choses (pli s~l"ent aux intérieurs du menlal. Il y a des sensuels qui four­ nissent il la partie intellectuelle, et des sensucls qui fournissent à la partie volontaire. - Si ~pensée nest pas élevée audessns des -- sensuels, lhomme a peu de sagesse. Lhomme, quand sa pensée est élevée au-dessus des sensuels, vient dans une lueul plus claire, et enfin dahs une lumière céleste, et alors il perçoit~ choses qui défluent du Ciel. - Le dernier de lentcndcment c.:>t le së~q.ue naturel, et le deruicl de la volonté est le plaisil sen­ suel, 566, Lhomme, en tant qùhomme naturel est semblable il la bête, il prend lïmage de la bêle par sa vie; cest pour cela quau­ tour de tels hommes dans le Monde spirituel il apparaîl de! bèies de toule espèce, qui sont des correspondances; car, considéré en lui-même, le naturel de lhomme est purement animal; mais comme le spirituel y a été ajouté, il pcut clcvenil homme, et sil. ne le devient pas daprès la faculté quil en a, il pellt contrefaire lhomme, mais il nest toujours quune bêle parlante; car il pade .laprès le rationnel naturel, mais il pense daprès le vertige spi­ rituel; il agit daprès la mOlale naturclle, mais il aime daprès le­ satyriasis spirituel; ses acles, aux yeux de lholllme rationnel spiriluel, ne sont que comme la danse rie celui qui a été piqUé de la tarentule, et quoll nomme (Ianse de St-Vite ou de SI-Guy. Qui ne sait quun hypocrite peut parler de Dieu; un voleur, de sincé­ rité ; un adultère, de chasteté, et ainsi des autres; mais si lhomme navait pas la faculté de fermel et douvrir la porte entre les pen­sées et les paroles, et entre les intentions et les actions, et st! nyavait là pour portitr la prudence on lastuce, il se précipiteraitavec plus de férocité quaucune bête sauvage dans des actes cri­minels et atroces; mais cette porte est ouverte chez chacun après ~ 7
  • 98 LA VRAIE la mort, et alors chacun se montre tel quil a été; toutefois le mé­ chant est tenu dans un lien par les châtiments et les prisons dans lEnfer, cest pourquoi, bienveillant Lecteur, regarde-toi intérieu­ rement, va à la recherche de tel ou tel mal chez toi, et repouslie­ ]e par motif de Religion; si cest par un aut re OJotif ou une autre fin. lu ne le repousses que pour quil ne se ma.flifeste pas devant le Monde. • 56ï. A ce Chapitre seront joints le~ MÉMORABLES suivants: PREMIER MÉMORABLE. Je fus saisi subitement dune malailie presque mortelle; toute ma Têle était pesante; une fumée pes­ tilen tielle fut envoyée de la Jérusalem qui est appelée Sodome et Egypte, - Apoc. XI. 8 ; - jélais à demi-mort souffrant cruelle­ ment, j.allendais ma dernière heure; je restai ainsi étendu dans . mon lit pendant trois jours et demi; leI était devenu mon esprit, et par suite mon corps: et aloni jentendis autour de moi des voix. de gens qui disaient: « Le voici étendu mort dans la place ·de notre Ville, celui qui prêchait la Pénitence pour la rémission des péchés, et le seul Christ homme ... Et ils demandaient à quelques ecclé­ siastiques, si celui· là était digne de la sppullure. Ils répondirent: " Non; quil reste étendu, eL qui! soit en spedacle. " Et ils allaient, reenaient, se moquaient. Voilà, daprès la vériLé, ce qui mest arlÏvé, !,Qrsque jexpliquai~ le_ Cha itreXI~I:pocalyp.!e. On entendit alors ces moqueurs, prononcer des paroles sur lesquelles ils appuyaient fortement, surtout celles-ci: li Comment peuHm faire Pénitence sans la foi? Comment le Christ homme peut-il être adoré comme Dieu? Pltisque nous sommes sauvés gratuite­ ment sans aucull mérite de notre part, quest-il besoin dautre ,chose ((Ile de cette foi seule, que Dieu le Père a envoyé son Fils, . pOUl ôter la damnation de la. Loi, nous imputel son mérite, et ainsi devant Lui nous justifier, et nous absoudre des péchés par la déclatation dun Prêtre, et alors nous donner lEsprit Saint, qui opèle tout bien en nous? Ces choses ne sont-elles pas conformes à lÉclitUle, et en outre conformes fi la raison? Il La fOllle des as­ . sistants applaudissait à ces paroles. Je les en~end:is et ne pE..,!!ai8­ répondre, parce qu~.Jélais étendu les Ue mort; mais ap~is; j~rs el deini mon esprit reprit ~es. forces, et je sortis, quant!­=====-------=----------~~,-____.,o__---~
  • RELIGION CHRÉTIENNE. 99 mon esprit, de la place, et jallai dans la Ville, et je dis de nouveau: • Faites Pénitence et croyez au Chist, et vos péchés seront remis, et ,-ous serez sauvés; sinon, vous périrez; le Seigneur Lui-Même na-t-il pas prêché la pénitence pour la rémission des péchés, et ~ue lon crût en Lui? Na-t-il pas ordonné aux disciples de prê­ cher la même chose? Ulle. co!!!plète _ séçurité de vie ne~le pas la suite du dogl!!il de votre foi? .. ~fais ils dirent: « Que si-­ :gnifie ce verbiage? Le fils na-t-il pas satisfait? Le Père na-t-il J pas imputé celte satisfaction du Fils, eL ne nous a-t-il pas justi­_) fié~, nons qui y avons -cru? Ne sommes-nous pas conduits ainsi -- par lesprit de grâce? Dès lors quest-ce ue le p~ché en nous? - --- Dès lors quest-ce gue la mort a _de cOllimun avec nous? Com­ prends--=wcet Évatliile~toi, prêcheur du péché et de la péni~ r tence? !fais alors il sortit du Ciel une voix qui dit: Il Quest-ce ­ 1) ) que la foi de limpénitent, sinon une foi morte? La fin vient, la ) fin vient s~r Y~s-:q-uiêlM en sécurité, irréprochables à vos yeux. { justifiés dans votre foi, satans ! » Et au même instant un gouffre souvrit- au n1ilieü de la ville, et il sagrandit, et les maisons tom-_ bèrent les unes sur les aulres, et ils furent engloutis; et bientôt il sortit de ce vaste gouffre une eau bouillonnante, et elle inonda c_ette dévasta Lion. Lorsquils furent ainsi submergés et quon les vit inondés, je désirai savoir quel était leur sort dans labîme; et il me fut dit du Ciel: « Tu as voir et entendre. Et alors les eaux dont on les 1) avait vu inondés disparurent de devant mes yeux, car les eaux dans le lIona~ Spirituel s~t des C.o..!!espondances, et apparaissent pal suite uulour de ceux qui sont dans les faux; et alors je les vis dans lin Fond sablonneux où étaient des monceaux de pierres, entre lesquels ils couraient; et ils se lamentaient de ce quils avaient été précipités de leur grande Ville; et ils disaient, en vo­ ciférant et en criant: « Pourquoi cela nous est-il arrivé ? P~r notre Foi ne sommes-nous pas nels, purs, justes, saints? Par notre Foi - - ne sommes-llous pas nettoyés, plllil1és, justifié5 et sanclifiés? .. Et dautres disaient: cc Par notre Foi ne sommes-nous pas de­ venus tels, que nous soyons devant Dieu le Père réputés et con­ sidérés, et, devant les Anges, déclarés comme nets, purs, justes et saints? Navons-nous pas oblenu la réconciliation, la propi..
  • tOo LA VRAIE tlallon, lexpiation, et par là navons-nous pas été absous, lavés et nettoyés des péchés? La damn:.ltion de la loi na-t-elle pas été enlevée par le Christ? Pourquoi avons-nous donc été jelés ici ( comme des àamnés? Nous avons entendn crier dans notre grande 1 Ville par un audacieux prêcheul du péché: C1oyez au Christ, et.Î faites pénitence; est-ce que nous nons navons pas cru au Christ en l croyant à son mérile? et navons-nous pas fait péllitence, lorsque noliS avons confessé que nous étions pécheurs? Pourquoi ce mal­ heur nons est-il donc arrivé? .. Mais alors on entendil SUI le côté une voix qui leur dit: "Connaissez-vou.> un seul des péchés dans.) lesquelsvons êles? ~ êles-"ôu~ jamais ëX3iiïinés? Avez-~s") fui par conséqnent quelque mal comme péché contre Dieu? Or,.( celui qui ne fuit pas un mal comme péché, est dans ce mal. Le- péché nesl-il pas le diable? Vous êtes donc du nombre de ceux dont) le Seignr-ur dit: Alors vous commence1ez à dire: Nous (wons­ mangr! devant. Toi, et nous avons bu, et dans nos places tu as1 enseigné. Mais il dira: Je valls dis que je ne saù doù vous êtes, retireZ-VOlis de Moi vous tous, ouvriers diniquité. - Lu;), XIII. 26, 2i;· - comme aussi du nombre de ceux dont il esl parlé dans Matthieu, - VII. 22; 23. - Allez-vous en donc, chacun en son lieu; vou.> voyez des OllvCllurcs dans ces cavernes, entrez-y; et il y sera donné :) chacun de VOllS sa tàche il remplir; et alors chacun receVI;t de la nOllrritlJle à proportion de son travail; sinon, la faim vous forcera toujours il enlrer ... Ensuite une voi· u iel se fit entendre, là, sur celle lerre, ~ quelques-uns qui avaienl élé hors de celle grande Ville, el des­ quels il est anssi parlé, - Apoc. Chap. XI. 13, - et elle leur dit haulement: « Gardez-vous, gardez-vous de la consociation avec de semblables gens; ne pouvez-vous pas comprendre que les maux, qui sout appelés pécllés el iniquilésJ leudent (homme immonde et impur? Commentl;homrnc peut··il en êlre lavé et purifié autre­ ment que par la pénilence actuelle et par la foi au Seigneur) Jé~us-Christ? La. pénilence ac[u~lI~ consiste à sexaminer, 11 coo­ naltre et reconnaltre ses péchés, a s avouer coupable, à les· confes­1 ser devant le Seigneur, à impLorel du secours et la puissance dy résister, et ainsi à sen ahstenir et à mener uoe vie nouvelle, et à faire tout cela. comme par vons-mêmes: faites ainsi une ou
  • RELIGION CHRÉTIENNE. fOI deux fois dans lannée, quand vous approchez de la Sainte Com­ munion; et ensuite quand les péché~, dont vous vous êtes avoués )eoupables, reviennent, dites-vous fi vous-mêmes: Nous ne vou­ Ions pas faire de pareilles choses, parce que ce sont des péchés l .contre Dieu; voilà ce que cest que la Pénitence actuelle. Qui ne peut conlprendre que celui qui ne sexamin! p~s et ne voil pas ses péchés, r_~!e dans ses péchés? En elret, tout mal par naissance ( .est UlJ plaisir, car cest un plaisir de se venger, de commettre , scorlation, de volel" de blasphémer, et surtout de d.ominer da­ près lamOllI de soi. Nest-ce pas le plaisir qui fait quon ne voit .pas de mal dans ces actions; et sil arrive que lon dise que ce sont des péchés, le plaisir que vous en ressentez ne vous les fail-il pas excuser? Bien plus, vous avez recours à_ des faux our vous con~ r fi.!:mer que....c.e.-nlLs.QnJ pas des péchés; et ainsi vous restez dans ces p~é~) et ~nsuite vous les commetLez plus quaupar~vant; et cela, / .3U )ointde ne pas savoir ce que cest quun péché, ni même sil l en exisLZn én est tout aulremeul pour celui qui faTLIa péni: .tence-;ctuelle; ses maux quil a conuus et reconnus, il les appelle ( péchés; et pour cette raison il commence à les fuir, à les avoir en ) aversion, et enfin à trouver désagréable le plaisir de ces maux; ) -et plus cela.a lieu, plus il voitet aime les biens, et enfin il en sent le plaisir, qui est le plaisir des anges du ciel: en un mot, autant lhomme rejetle derri~re luiJe diable, autant il. est adopté pâi=le 5 :S~gler~!" et il eslpar Lui instruit, conduit, détollrn{des riiauxet l tenn dans les biens; voilà le chemin, et il nen est point dautre, (ponr aller de lenfer au Ciel. Il Cest une chose étonnante que les Œ!.or~ient greffée en eux, pour la Pénitence actuelle, une :sorte de répuguance, dhésitation et daversion, qui est si grande• .quils ne peuvent se résoudre ni à sexaminer, ni à voir leurs pé­ ..chés, ni à les confesser devànt Dieu; une sorte dhorreur les sai­ sit lorsquils se proposent de le faire; jen ai interrogé plusieurs -sur ce sujet dans le Monde Spirituel, et tous mont dit que cétait .au-dessus de leurs forces. Quand ils apprirent qne cependant les C~oliq~omains le font, cest-à-dire, quils sexaminent et( confessent ouvertement leurs péchés devant un Moin~, ils furent extrêmement étonnés;-""et dautant plus que les Réformés ne peu­ vent le faire secrètement devant Dieu, quoique cela leur soit éga­
  • 102 LA VRAIE 1ement enjoint avant que dapprocher de la Sainte-Cène; et quel­ ( ~s~l1ns de ceux qui étai~nt présent~ en~her_chèreni ~a raison~ ) -et Ils trouvère!Jt q~ la FOI Seule étal~ Etat d~m­ 1 pénitence el de cette disposition du Cœur; et àlors ineur fut 1donné de voir que ceux des Catholiques-Romains qui adorent le· ) Christ, et ninvoquent pas les saints, sont sauvés. Après cela, on entenùit comme un coup de tonnerre, ·et une .r ~oix qui, parlant du Ciel, disait: « Nous sommes dans létonne-­ ment; dis à l Assemblée des~!mj~: Croyez au Christ el faites pénitence, et vous serez sauvés.); Et je le dis, et jajoutai: li Le BAPTt~1E nest-il pas un SAcnE~IENT DE PÉNITENCE, et par 1 suite lIntroduction dans lÉglise? Que promettent les Parrains) Pour celui qui va être baptisé, sinon de renoncer au diable et à ses œuvres? La SAINTE-CÈNE nest-elle pas un SACRE~IEr;T DE PÉ­ NITENCE, et par suite lIntroductiou dans le Ciel? Ne dit-on pas ~ux communiants de faire entièrement pénitence avant de sen -approcher? Le CATÉcnls~lE, Doctrine Universelle de lÉglise Chré­ "tienne, nenseigne-t-il pas la pénitence? Ny est-il pas dit dans. Jes six préceptes de la Seconde Table: Tu ne feras poinllel et tel liaI? et il nest pas dit: TD feras tel el tel bien. Par là vous pou­ -vez savoil que, aulant quelquun renonce au Mal et le déleste, au­ -tant il aifeclionne et, ainle 19 Bien, et quauparavant iGie sait pas ce que cest que le Bien, ni même ce que cest que le Mal. " 568, SECOND MEMORABLE. Quel est lhomme pieux et sage, qui ·ne veuille savoir le sort de sa vie après la mort? Cest pourquoi. pour quil le sache, je vais mettre ici en évidence ce qui se passe -en ~éneral. Tout homme après la mort, dès quil sent quil vit en­ core et quil est dans un autre Monde, et ~il apprend quau­ dessus de lui est le Ciel où il ya des joies éternelles, et au-dessous -de lui lEnfer où il y a des douleurs éternelles, ~~t d~lis. dans ses externes dans lesquels il était dans le Monde précédent. etal 0r;ncroi t que certainement il viendra dans le Ciel, et il parle -avec in lelligence et agit avec prudence; et les uns disent: <c NOlfs. avons vécu moralement, nous avons recherché les choses hon­ -nêtes, nous navons pas fait le mal de propos délibéré. Il Et d~au­ -tres disent: ft Nous avons fréquenté les temples, entendu des -messes, baisé les statues des saints, et fait à genoux -beaucoup d~
  • RELIGION CHRÉTIENNE. 103 prières. » Et quelques-uns dis.nt: (( Nous avons donné aux pau- vres, secouru les indigents, lu des livres de piété et aussi la Pa- role, et fait plusieurs autres choses semblables. li Mais après quils se sont ainsi exprimés, des Anges se présentent et disent: (( Toutes( ces choses que vous avez rappo~tées, v_ous -les ave~~s_les) ExlelOes, mais vous ignorez encore quels vous êtes dans les In,,-î t~nes; .main~euant vous êtesdes Esprits dans u~ ~orps. substan- l tiel, et 1E~prit)~t _v~t::.e~J~t~rne; cest IUJ) qlll en vous. pense cc quil veut, et veut ce quil aime; et cest là le plaisir ~e sa vie; tout homme, dès lenfance, commence la vie par les Ex- ternes, et apprend à agir moralement el à parler avec inLelligence; et quand il sest fait une idée du Ciel et de la béatitude céleste, il commence à prier, à fréquenter les temples, à assister aux solen- DiLés du culte, et néanmoins à cach~r les maux dans le sein de son mental, lorsquils jaillissent de leur source native, et aussi à les voiler ingénieusement par des raisonnements provenant dillu- sions, au point que lui-même ne sait pas que le mal est le mal; ~t all?!:s les maux ayanl été voilés et comme couverts de poussière, il ny pei~l.us~pre~ant seuiemenLgard~q!lJls ne~ntf pas devant le Monde; ainsi il sapplique seulement à une vie mo- ) raTe dans les externes, el devient par conséquent -nn homme dou- t ble, il devient ~~neau dans les externes, etl~p dans les internes, ( et comme une boile dor dans laquelle il y a du poison; il devient ) comme un homme ayant la respiration infecte, qui lieol dans sa , bouche des aromates, pour que son infection ne soit pas sentie par 1 ceux qui sont près de lui; et il devient comme une peau de ratl parfumée.,Vous venez de dire que vous avez vécu moralemeut, et que vous vous êtes livrés à dese1ercices de piété; mais-je vous de- mande sijamais vo~ examiné votre homme Inlerne,- el si ja- mais vous y avez perçu quelques convoitises de pousser la ~ge~e jusquà donner la lIIort, luJé~u_cJle jusquà ladultère, ~je ju~qu.!!!.-Y9I, el le mensonge jusquau faux témoignage; dans qua- tre Préceptes du Décalogue il esl dit: Tu ne feras point ces maux; et dans les deux derniers il est dit: Tu ne les convoiteras Jloint.-1 Croyez-vous quecfcitre homme ln~ait, en ces choses, été sem-l blable à otre hommeExlernè? Si vous le croyez, peut-ètre vous trompez-vous.» aIs ·cel~ ils ré~ndent~ "Quest-~ q~e
  • LA VRAIE Interne? Est-ce qne cel homme et Jhomme Externe ne sont pas un-;eul et même homme? Nous avons appris de nos Ministres, què lhomme Interne nest autre chose qne la Foi; et que la piété de la houche et la moralité de la vie en sont les signes, parce quelles en sont lopération. » Les Anges leur répliquent: « La Foi salvi­ { l!~I!le ~~!,~omme Int~e, la Ch3rité p~~ar suite il y a dans lhomme Externe la Fidélité et la Moralité Chré­ fennes; mais si les convoitises sus énoncées restent dans lhomme Q.!J~, ainsi daus 13 volonté et par suite d31lS la pensée, par con­ séquent ~ vous les 3imez intérieurement, et que cependant VOliS agissiez et parliez autrement dans les~, alors chez fOUS k[ mal est au-dessus cil] bien, et le bien est au-dessous du mal; cest pOllrquoi, de quelque manière que vous parliez daprès lentende~ ment et qlle VOliS agissiez daprès lamour, le mal est à lintérieur,S et ce mal est ainsi couvert clun voile; et -;;1-o-;S-vOüs êtes comme - --) des singes adroits qui font des actes semblables à ceux des hommes, ( mais dont le cœllr en est bien éloigné. Quant à votre homme In­ terne, dont vous ne savez rien, p3rce que vous ne vous êtes ~s examinés, et navez p3S fait pénitence aprèSexamen, VOiïSVerrez quelU esl, après le temps vOlÎlu, quand vous serez dépouillés de ,~n.E!e Externj).- et introduitsd3ns ~me Inter~; et quand cel3 alTilera, VOliS ne ser.ez plus reconnus par vos consociés, ni p3r vous-mêmes ... - Jai lli des hommes mor3ux:méchants alors comme des bêtes féroces, regardant le prochain 3ec des yeux me­ naçants, brû13nt (lune haine mOItelle, et b!3sphémant Dieu, quils 1 avaient 3doré dan~Jeur hommc EXlerne. - Après quils ont en: tendu ees chosls, ils se letïrent,- et alols les Anges disent: " Vous 1verrez par la suile le sort de votre vie; C3r bientôt lhomme Ex­ ( terne vous sera ôté, el vous ellirerez dans ~le In~ qui maintenant est votre E~ Il 569. TIOISI~E ME~IOIABLE. Chaque Amour chez lhomme exhale un plaisir par lequel il se fait sentir, el il lexhale premiè= rement dans lespril, et par suite dans le cOrps, et le plaisir de chaque amOllI de compagnie avec le c~arme de sa pensée fail la vie ùe lhomme: ces plaisirs et ces charmes ne sont sentis quobs­ curémentp3r lhommtl, tant quil vit dans le Corps naturel, parce que ce corps les :lbsorbe et les émousse; mais après la mort,
  • RELIGION èHRÉTIENNE. iû5 10rsque le Corps matériel a été enlevé, et quainsi la couverture ou le vêtement de lesprit a élé éloigné, les plaisirs de lamour et les charmes de la pensée sont pleinement sentis et perçus, et, chose étonnante, parfois comme des odeurs; de là vient que lous, dans le lfonde spirituel, sont consociés selon leurs amours, dans le Ciel selon les amours célestes, et dans lenfer selon les amours infernaux; le5 odeurs, dans lesquelles sont changés les plaisirs des amour5 dans le Ciel, sont tonIes senties comme de douces et suaves OdeUr5, nagréables exhalai50ns et de délicieu5es perceptions, telles quon en sent dans les jardins, les bosquets, les champs el les fo­ rêts, le matin, dans la saison du printemps; mais le3 odeurs, dans lesquelle5 50nt changés les plaisirs des amours de ceux qui sont dans lEnfer, sont senties comm~ des odeurs infectes, fétides et puantes, telles que celles de latrines, de cadavres et délan3s rem­ plis de brindilles et de fange; et, ce qui est élonn ant, les diables et les satans les sentenl comme des odeurs de baume, daromates et dencens, qui réjouissent leurs narines ct leurs cœurs. Dans le Monde naturel il a aussi été donné aux bêtes, aux oiseaux el aux ver- . misseaux dêtre consociés selon les odours, mais il ne lest donné aux hommes quaprès quils ont déposé ICIJrs corps commedépouilles. De là vient que le Ciel a été disposé en ordre très-dis­ tinctemenl selon toutes les variétés de lamour du bien, etlEn(erdaprès lopposé selon toutes les variétés de 13mour du mal; cestà cause de celte opposilion, quentre le Ciel et lEnfer il y a unGouffre, qui ne peut êlre franchi; car ceux qui sont dans le Cielne peuvent supporter aucune odeur de lEnfer, parce quelle exciteen euda nausée et le vomissemennt, et les expose à tomber endéfaillance sils lattirent; il en est de même pour ceux qui sontdans lEnfer, sils traversent le milieu de ce Gouffre. Je vis unefois un diable qui apparut de loin comme un léopard; - il avaitété vu quelques jours auparavant parmi les Anges du dernier Ciel,et il possédait lart de se faire Ange de lumière; - il traversa lemilieu du gouffre, et se tint eritre deux oliviers, et ne sentit au­cune odeur opposée :1 sa vie; cela provenait de ce quil ny avait pasdAnges présents; mais dès quil sen présenta, il fut saisi de con­vulsions, et tomba ayant tou tes les jointures contractées, et alorsil parut comme un grand serpenl se roulant en anne aux et se pré­
  • .!66 LA VRAIE eipitant enfin à travers le Gouffre, et il fut reçu par les siens, et jeté dans une Caverne, où lodeur infecte de son plaisir le rappela à la vic. Une autre fois je vis un Satan puni par les siens; jen de­ mandai la cause, et il me fut dit, quayant bouché ses narines, il sétait approché de ceux qui étaient dans lodeur du Ciel, et quil était revenu, et avait rapporté avec lui celte odeur sur ses vête­ ments. Il est quelquefois arrivé quune puanteur cadavéreuse, sortie de quelque caverne ouverte de lËnfer, effleurait mes na· rines, et excitait en moi le vomissement. Daprès ces détails on peut voir. lourquoi dans la Parole lOdorat signifie la pêrception. car il est Jil très-souvent que Jéhovah a odoré lodeur agréable des Holocaustes; il Y est dit aussi que lHuile donction et les Encens étaient préparés avec des aromates; et que, vice vùsd", il avait élécommandé aux fils dIsraël de porter hors du camp ce quil y avait dimmonde dans le camp, et de faire un trou en terre pour leurs excréments, et de les couvrir, - Deutér. XXIII. oU, 15; - cétait parce que le Camp dIsraël représentait le Ciel, et que le. Désert hors du camp représentait lEnfer. 570. QUATRIÈME MÉMORABLE. Un jour je conversais avec un "E~prit novice qui, lorsquil était dans le Monde," avait beaucoup ·médité sllr le Ciel et sur lEnfer; par Esprits novices sont enten­ dus les hommes nouvellement décédés, qui, parce quils sont alors. hommes spirituels, sont appelés Ksprits. Celui·ci, dès quil fut entré dans le Monde spirituel, commença à méditer, comme au­ paravant, sur le Ciel el SI1! lEnfer; et il se sentait dans lallé­ gresse, quand cétait SUI le Ciel, et dans la tristesse qU<tnd cétait sur lEnfer. Lorsquil eut remarqué quil était dans le Monde spi­ rituel, il demanda aussitô! où était le Ciel et où était lEnfer. et aussi ce que cétait que le "Ciel et lEnfer, el quel était Jun et lau" tle; el ofl"!ui répondit: « Le Ciel est au-dessus de ta Têle, et lEn-. fer est sous tes pieds; car maintenant tu es dans le Monde des. esprits, qui ti~n-t le milieu entre le Ciel et lEnfer; mais ce que -cest que le Ciel et quel il est, el ce que cest que lEnfer et quel il est. nous ne pouvons te le dire en peu de mols. " Et alors, comme ·il brùlait du désir de connaître, il se jeta à genoux. et il. pria Dieu avec ferveur, afin dêtre instruit. Et voici, un Ange appa­ -rut à sa droite. le releva et lui dit: Tu as supplié afin dêtre­
  • RELIGION CHRÉTIENNE. 107 instrllit sur le Ciel et sur lEnfer; CH.BRCHE ET APPRENDS CR QUE CEST QUE LE PLAISIR, ET TU CONNAÎTRAS. Il Et après avoir ainsi parlé, lAnge fut enlevé. Alors jesprit novice dit en lui-même: Que ft signifient ees paroles: Cherche et apprends ce que ccst que le plaisi?, et tu connaîtras ce que cest que /e Ciel, et ce que cest r que Enfer, et quels ils sont? Il Peu après. quiltantce lieu,. il alla -de tOIlS côtés; et, sadressant à ceux quil rencontrait, il leur disait: Cl Dites-moi, je vous prie, sil vous plaît, ce que cest que le plai­ -sir. JI Et les uns disaient: « Quelle question nous fais-tu là? Qui ignore ce que cest que le Plaisir? Nest-ce pas la joie ~.1lallé­ gresse? Un plaisir est donc un plaisir, lun aussi bien què lautre, :nous ne connaissons point de différence, Dautres disaient: « Le 1) -Plaisir est le rire du mental, car .lorsque le mental rit, la face est gaie, le langage joyeux, le seste plaisant, et lhomme tout entier dans le plaisir, .. lJais dautres disaient: « Le Plaisir nest autre -chose que dêtre en festin, et de manger des mets délicats, de boire -et de senivrer avec un vin généreux, et alors de oauser de choses -diverses, et surtout des jeux de Vénus et de Cupidon. » Après avoir ilotendu ces paloles, lEsprit novjce indigné se dit en lui-même: « Ces réponses sont grossières et inciviles; ces Plaisirs ne sont ni le Ciel ni lEnfer; que ne puis-je trouver des sages! II Et il quitta ees Esprits, et alla à la recherche dEsprits sages; et alors il fut vu parun Esp-rit angélique, qui lui dit: Je perçois que tu es embrasé ft du désir de savoir ce qui est lUniversel du Ciel et lUniversel de lEnfer; et comme cet universel est le PLAtsIR, je le conduirai sur ilne Colline, où sassemblent chaque jour ceux qui scrutent les Ef­ fels, ceux qui recherchent les Causes, et eeux qui examinent les "Fins; là, ceux qui scrutent les Effets sont appelés les Esprits des -sciences, et abstractivement les Sciences; ceux qui recherchent les Causes sont appelés les Esprits de lintelligence, et abstractive­ ment les Intelligences, el ceux qui examinent les Fins sont appe­ lés les Esprits de la. sagesse, et abstractivement les Sagesses; di­ rectement au-dessus ·deux, dans le Ciel, sont les Anges qui daprès. les fins voient les causes, et daprès les causes les effets; cest da­-près ces Anges que ces trois Assemblées ont lillustration.» Alors, prenant lEsprit novice par la main, HIe conduisit sur la Colline, ·et vers l:Assemblée c,omposée de ceux qui examinent les Fins, et sont
  • lOS LA VRAIEappelés les Sagesses. LEsp.rit noviee leur dit: cc Pardonliez·m~idêtre monté vers vous; en voici la raison: Dès ma jeunesse raimédité sllr le Ciel et sur lEnfer, et je suis venu depuis peu dans celfonde ; et quelques-uns, qui alors me furent associés, mont ditquici le Ciel est au-dessus de ma tête, et lEnfer sous mes pieds;mais il~ ne mont pas dit ce que cest que le Ciel et "Enfer, ni quelsils sont; cest pourquoi, étant devenu inquiet par suite de ma pen­sée constante sur ce sujet, jai prié Dieu; et alors un Ange sest pré­senté et ma dit: CHERCHE ET APPRENOS CE OUE CEST QUE LE PUI­SIR, E _<II CONNAÎTRAS; jai cherc~é, mais en vain jusquà présent;je demande donc que vous mappreniez, si cela vous plaît,. ce quecest que le Plaisir. )) A celle demande les Sagesses répondirent: c( Le Plaisir est le tout de la vie pour tous dolns le Ciel, et le toutde la vie pOlir tous dans lEnfer; pour ceux qui sont dans le Ciel, cest un Plabir du bien et du vrai, mais pour ceux qui sont dans lEnfer, cest un Plaisir du mal et du faux; car tout Plaisir appar­ tient il lamour, et JAmour est JÊtre de la vie de Jhomme; cest pourquoi, de même que lhomme est homme selon la qualité deson Amour, de nlême il est homme selon la qualité de son Plaisir; lactivité de lamour fait le sens du plaisir; son activité dansle Ciel est avec la sagesse, et son activité dans lEnfer est avec la folie. lune et lautre fixe le Plaisir dans ses sujets; or, les Cieux et les Enfers sont dans des Plaisirs opposés, les Cieux dans lAmour du bien et par suite dans le Plaisir de bien faire, et les Enfers dans lamour du mal et par suite dans le Plaisir de mal faire; si donc tu connais ce que cest que le Plaisir tu connaîtras ce que cest que le Ciel et VEnfet, et quel est lun et lautre. Mais cherche, et apprenrls encore ce que cest que le Plaisir par ceux qui recher­ chent les Causes et qui sont appelés les Intelligences; ils sont ici sur la droile ... Et il se retira, et il y alla, et il dit la callse de son arrivée, et il les pria de lui apprendre ce que cest que le plaisir; et eux,· ravis de sa question, lui dirent: Cl Ce3t .rne vérité que celui qui connaît le Plaisir connaît ce que cest que le Ciel et lEnfer, el quel est lun et lautre; la Volonté, daprès laquelle lhomme est ho Illme, nest pas même excitée un seul instant, si ce nest par le Plai· sir; car la Volonté, considéree en elle-même, nest autre chose (tJe laffection de quelque amour, ainsi dun plaisir, puisque ce qui fait
  • RI!:LIGlüN CHRÉTIENNE. 109vouloir est quelque chose dagréable et par conséquent qui plait ;eL comme la Volonté pousse lEntendement à penser. il nexistepas la plus petiLe chose de la pensée, si ce nest pàr linflux duplaisi r de la volonté; sil en est ainsi. cest parce que le Seigneurmet cn action par Lui-Même au moyen de son influx toutes leschoses de lâme, et tou les celles du mental chez les Anges, etchez les Esprits, et chez les- hommes; et Il les met en aCLion parlinflux de lamoul et de la sagesse. et eet influx est lactivité même,doù procède touL plaisir, qui dans son origine est appelé béati­tude, bonheur et félicité, eL dans sa dérivation. plaisir. charme etagrément, et dans un sens universel. bien: mais les Esprits delEnfer changent chez eux touLes choses, ainsi le Bien. n Mal, et leVrai en Faux, le Plaisir néanmoins restant continuellement. carsans la permanence du Plaisil ils nauraient point de Volonté nide Sensation. ainsi point de vie; par là on voit clairement ce quecest que le Plaisir de lEnfer, quel il est et doù il vient, et ce quecest que le Plaisir du Ciel. quel il est el doù il vieul. li Après avoir entendu ces explications, il fut conduit vers la TloisiêmeAssemblée, où élaient ceux qui scrutent les Effets, et qui sont appelés les Sciences; et ceux-ci lui dirent; « Descends vers laTerre inférieure, et monte vers la Terre supérieure, Lu y perce­vras eL sentiras les plaisirs et du Ciel et de lEnfer. » Mais voici, alors à une certaine distance deux souvrît la telTe, ct. par lou­verLure monLèr~nt lIois Diables qui paraissaient cn feu daprès le plaisir de leur amour, et comme les Anges consociés avec lEsprit novice percevaient que ces trois diables étaient monLés de lEnfer daprès une Prévision Divine, ils leur crièrent: « Napprochez pas plus près; mais du lieu où vous êtes, racontez-nous quelque chose de vos Plaisirs. » Et ils répondirent: (( Sachez que chacun, quil soit appelé bon ou méchant, est .dans son Plaisir; celui qui est appelé Bon. dans le sien; el celui qui est appelé Méchant, dans le sien;» et on leur demanda: « Quest-ce que voIre Plaisir?.Ils direnL que célaitle Plaisir de commettre scortaLion. de se ven­ ger, de voler. de blasphémer; el lon demanda de nouveau: «Quels sont vos plaisirs? Il Ils dirent: I( Ils sont senlis par les aulres comme des puanteurs dexcréments. et comme des infections de cadavres. el comm,e des odeurs durines croupies, » Et lon demanda: Ce Il >
  • HO LA VRAIE~ont donc là des choses agréables pour vous? » ils répondirent: « Très-agréables. » Et on leur dit: « Alors vous êtes comme les bétes immondes qui vivent dans de pareilles ordures.» Et ils ré­ pondiren t: « Si nous le sommes, nous le sommes; mais ces odeurs sont les délices de nos narines... Et on leur demanda: " Quavez­ vous encore à raconter?» Ils dirent: l( Il est permis à chacun de nOls dêtre dans son Plaisir, même le plus immonde, ainsi quon lappelle, pourvu quil ninfeste ni les bons Esprits ni les Anges i mais comme daprès notre plaisir nous navons pu faire autrement que de les infester, nous avons été jetés dans des cachots, où nous souffrons cruellement; être privé et retiré de nos Plaisirs dans ces cachots. cest ce qui est appelé le tourment de lEnfer; cest~ussi une douleur intérieure. ,) Et on leur demanda: " Pourquoi avez-vous infesté les bons?» Ils dirent: » Nous navons pu faire autrement; cest comme une fureur qui sempare de nous, quand nous voyons un Ang-e, et que nous 5entons la Sphère Divine duSeigneur autour d~ lui. .. A celle réponse nous dîmes: Il Alorsvous êtes aussi comme des bêtes féroces. Il Et peu après, quandces diables virent lEsprit novice avec les Anges, ils furent saisisdune fureur qui apparut comme le Feu de la haine; cest pour­quoi, de peur quils ne causassent du dommage, ils furent replon­gés dans lEnfer. Ensuite apparurent des Anges qui daprès lesfins voyaien t les causes, et par les causes les effets, et qui etaientdans le Ciel au-dessus de ces trois A§selllblées, et ils furent vusdans une .lumière éclatante, qui, se d~veloppant par des sinuositésen spirale, porta avec elle une Guirlande de fleurs en forme ronde,et la posa sur la Tête de lEsprit novice; et alors de celle lumièresortit une voix qui lui dit: « Cette Couronne de Laurier test don­née, parce que tu as, dès ta jeunesse, médité sur le Ciel et surJEnfer. "
  • RELIGION CHRÉTIENNE. HI CHAPITRE DIXIÈME DE LA RÉFORMATION ET DE LA RÉGÈNÉRATION 57L Après avoir traité de la Pénitence, il est conforme fi lordre­ -suivi dans cet Ouvrage, de traiter de la Réformation et de la Ré­ génération, parce quelles suivent la Pénitence, et que pa"r la Pé­ nitenceelles font des progrès, Il y a deux États dans lesquels lhomme doit entrer, et quil doit subir, lorsque" de Naturel il de­ vient Spirituel; le Premier État est appélé RÉFORMATION, et le Second RÉGÉtÉlATlON; dans le Premier Élat, lhomme par son bomme Naturel regarde vers lhomme Spirituel, et il le désire; dans le second état, il devient SpiriLuel. natUlel ; le Premier état est formé par les vrais qui appartiendront à la foi, par lesquels il regarde vers la Charilé ; le Second état est formé par les hiens de la Charité, et par Il li X il entre dans les vrais de la foi; ou, ce qui est la même chose, le Premier "état appartient à 13 pensée daprès lentendement, et le Second état appartient" à lAmour daprès la Volonté; quand le second état commence et fait des progrès, il se fait lin changement dans le Mental, car il se fait un renversement, parce qualors lAmour de la volonté influe dans lEntendement, et il le pousse et le conduit à penser dune manière concordante" et convenable à son amour; cest pourquoi autant alors le Bien de lamour tien t le premier rang, et les vrais de la foi le second, au­ tant lhomme est spirituel, et est une nouvelle Créature; et alors ilagit daprès la charité et parle daprès la foi, et il sent le bien de la charilé. et perçoit le vrai de la foi, et il est alors dans le Seigneur.et dans la Paix, et ainsi Régénéré, Lhomme qui, dans le Monde.a commencé le Premier état, peut après la mort être introduit. ">
  • Ù2 LA VRAIEdans I~ Second.; mais celui qui, dans le ~Ionde, nest pas entré.dans le Premier état, ne peut pas après la morL être introduiLdans le Second, Ainsi ne peut pas être régénéré. Ces deux Etats·peuvent être comparés à la progression de la Lumière et de laChaleur pendant le jour. dans la saison du printemps, le Premierau point du jour ou au chant du coq, le Second au matill et à lau-rore, et la progression de ce second état il la progression du jourjusquà midi, et ainsi dans la Lumière et dans la Chaleur, il peutaussi être comparé à la Moisson, qui dabord est Une herbe velIe,ensuite croit en tuyaux et en épis, ct enfin dalJs ceux-ci devientblé. Puis aussi à ~Arbre qui dabord daprès la semence sort deterre, ensuite devient une tige, de laquelle sortent des branches,et celles-ci se parent de feuilles, et plus tard il fleuJit, et Je Jin- time des fleurs il commence des fruits qui, ~ mesure quils mù-lisselll, ·produisenl de nouvelles semences, comme de nouvelleslignées. Le premier état, qui est celui de la Réformation, peul aUSSiêtre comparé à létal du ver à soie, quand il tire de lui et quildéveloppe ses fils de sore; et après son travail industrieux, il voledans lair, el se nourrit, non de feuilles comme auparavant, maisde sucs dans les fleurs.Lhomme, sit nest une seconde jois engen(l1é, et comme créé de nouveau, ne peut entrer dans te Royaume de Dùu. ·572. Que lhomme, sil nest une seconde fois engendré, nepuisse entrer dans le Royaume de Dieu, cest la Doctrtne du Sei-gneur dans Jean, où sont ces paroles: « Jésus dit à Nicodème:En vérité, en vérité, je te dis: Si quelquun nest engendré denouveczu, il ne peut voir le Royaume de Dieu,. et de rechef: Il« En vérité, en vérité, je te dis: Si quelquun na pas été en-gendré deau et desprit, ü ne peut entrer dans le Royaume deDieu,. ce qui lst engendlé par la chaù est Chair, et ce qui estengendré par lesprit est Esprit. .. -III. 3, 5, 6; - par le.Royaume de Dieu il est entendu et le Ciel et lEglise; car leRoyaume de Dieu dans les terres est lÉglise i de même parloul.-ailleurs où est nommé le Royaume de Dieu comme- lIaUh. XL
  • RELIGION CHRÉTIENNE. 1i 3 H. XII. 28. XXI. 43. Luc, IV. 45. VI. 20. VIII. i, iO. IX. H, 60, 62, XVlI. if, et ailleurs; - être engendré par leau et par les- prit signifie par les vrais de la foi, et par la vie selon ces vrais; que leau signifie les vrais, on le voit dans lApocalypse Révélée, N° 50, 614, 615, 685, 932: que lesprit signifie la vie selon les Divins vrais, cela est évident par les paroles du Seigneur dans Jean, VI. 63; par li en vérité, en vérité, (amen, amen), • il·est. signifié que cest la vérilé; et comme le Seigneur était la vérité niême, cest pour cela quil a tant de fois employé ce mot; Lui- ~lême est aussi appelé Amen, - Apoc. III. U. - Dans la Parole, les Régénérés sont appelés Fil5 de Dieu, et Nés de Dieu; et la Ré- génération est décrite par un nouveau cœur et un nouvel esprit. 573. Comme I( être cléé JJ si~nifie aussi être régénéré, cest pour cela que cette expression est appliquée il celui qui ~st lIne seconde fois engeudré et comme créé de nouveau; Ille dans la Parole, être créé ait cette signification, on le voit par ces passages: (( Crée en moi un cœU? pur, ô Dieu! et innove un esp1it ferme au milieu de moi.» - Ps. LI. 12. - (( Tu ouvres ta main, elles sont rassassiées de bien,. tu envoies ton esprit, elles sont eréées. » - Ps. CIV. 28. 30. - «( Le peuple qui se1a créé loue1a Jah.» - Ps. CIl. 19. - « Voici, Moi, je vais Créer Jérusalem joie. » -Ésaïe, LXV. 18. - «.Ainsi a dit Jéhovah, ton Créateur, ô Jacob! et ton Formateur, d lsmël! Jet ai racheté,. quicon- que est appelé de mon nom, pour ma gloire je lai Créé. •, - _Ésaïe. XLIII. t. 7. --" « Afin quon voie, quon sache, que r on con- sidère et que lon comprenne, que le Saint dIsraël a Créé ce/a. » - Ésaïe, XLI. 20; - et en outre ailleurs, et dans les passages où ]e Seigneur est appelé Créateur, Formateur et Facteur. Par là il est facile de voir ce qui est entendu par ces paroles du Seigneur aux disciples: " En allant par le Monde entier, prêchez lÉvangile à toute. Créature. II - Marc, XVI. .HL - Par les Créatures sont entendus tous ceux qui peuvent être régénérés; pareillement, Apoc. _III. 14. Il Cor. V. 16, 17. 5i 4. QU.e lJlOmme doive être régénéré, la raison le montre clai- _rement; en effet, par ses parents il naît dans les maux: de tout ienre, et ces maux résident dans son homme nalure) qui, pàr _lui-même, est diamétralement opposé à lhomme spirituel; et· cè- u. .8
  • LA VRAIE pendant lhomme est né pour le Ciel, et il ne vient pas au CieJ, à moins quil ne devienne spirituel, ce -qui se fait uniquement pàr Ja régénération: de là il suit nécessairement que lhomme natu­ rel avec ses convoitises doit être dompté, subjugué et retourné, et quautrement il ne peut approcher dun seuJ pas vers le Ciel, mais se précipite de plus en plus dans lEnfer: Comment ne pas voir cela, quand on croit que lhomine est né dans les maux de tout genre, et quand on reconnaît que le bien et le mal existent, et que lun est opposé à lautre; et quand on croit quil y a une vie après lâ mort, quil y a un Enfer et un Ciel, et que les maux font lEnfer,et les biens le Ciel? Lhomme naturel, considéré en lui-même, quant à sa nature ne diffère en rien de la nature des bêles, il est pareillement féroce; mais il est tel quant à la volonté; néanmoins il différe des bête!l quant à lentendement; celui-ci peut êtle élevé. au-dessus des convoitises de la volonté, et non-seule­ ment les voir, mais aussi les modérer; de là vient que lhomme daprès lentendement peut penser, et daprès la pensée parler, ce que. ne peuvent les bètes. Quel est Jhomme par naissance, et quel il selail sil nétait régénéré, on peut le voir pal Jes bêtes de tout senre; il serait tigre, panthère, léopard, sanglier, scorpion, ta­ rentule, vipère, crocodile, etc.; si donc il nétait pas par la ré­ génération transformé en brebis, que serait-il autre chose quun diable parmi les diables dans lEnfer r Est-ce qualors, si les lois du gouvernement civil narrêtaient de tels hommes dans les féro­_cités nées avec eux, ils ne se précipiteraient pas Jun contre lau­ tre, et ne ségorgeraient pas, ou ne sarracheraient pas jusquà leurs chemises? Combien y en a-t-il dans le genre humain, qui ne soient pas nés satyres et priapes, ou repliles quadrupèdes? el qui de ceux-ci et de ceux-là ne devient pas singe, à moins quil ne soit régénéré? Cest à cela que conduit la moralité externe, quils ap­ prennent afin de cacher leurs internes. 575. Ce quest lhomme qui nest pas régénéré, cela peut en outre être décrit par ces comparaisons et ces similitudes, dans Ésaïe: ~( Le pélican et le canard le posséderont, et le -llÎbou et le corbeau » y habiteront; il étendra sur lui la ligne du vide et le niveau du » vague; de là monteront sur ses autels les épines, le chardon et Il la ronce dans ses forteresses, et il deviendra un habitacle de dr«­
  • RELIGION ·CHRÉTIENNE. us• gons, et un parvis pour les filles de la chouette: et ,accourront) les ziim avec les ijim, et le satyre au-devant de son compagnonJ) ira; là même se reposera la Iilith; là fera son nid le merle, etJ) il pondra, et il couvera, et il fera éclore sous son ombre; et mêmet) là seront rassemblés les milans, luu avec son compagnon."­ x.xnv. H, t3, U, HLLa nouvelle Génération ou nouvelle Création est lœuvre du Sei9neur seul par la Charité et par la Foi, co>nme les deux :Moyens, lhomme coopérant. 576. Que la Régénération soit lœuvre du Seigneur par la Cha­TÎté et par la Foi, ceslune co~séquence de ce qui a été démontrédans les Chapitres sur la Charité et sur la Foi ,el spécialement dans­lArticle où il est enseigné que le Seigneur, la Charité et la Foifont un, comme la vie, la volonté et lentendement; et que, silssont divisés, chacun est perdu, comme une perle réduite enpoudre. Ces deux choses, la Chalité et la Foi, sont appelées lesmoyens, parce quelles conjoignent lhomme avec le Seigneur, etfont que la charité est la charité, et que la foi est la foi; et celane peut êlre fait, à moins que ihomme nait part aussi dans la Ré­génération, cest pourquoi il est dit: « Lhomme coopérant. » Dansles Traités qui précèdent, il a été quelquefois question de 1a coo­pération de lhomme avec le Sdgneur; mais comme le lfentalhumain est tel, quil ne perçoit pas cela autrement que comme "fait par lhomm.e daprès sa propre puissance, ce point va être de nouveau illustré. Dans tolll .mouvement, et ,par suite dans toute action, il y a un actif el un passif, cest-à-dire, que lagent agit, et que le patient agit daprès lagent, de là il se fait daprès lun et lautre une seule action; cest par comparaison comme la meule daprès la roue, le char daprès le cheval. le mouvement daprès leffort, leffet daprès la cause" la force morte daprès la f.roe. vive, et en général comme linstrumental daprès le principal; que ces deux fassent ensemble une seule acti,on, chacun le sait: quan t, à ce qui concerne la Charité 6tla Foi, le Seigneur agit et lhomme agit dapr:ès le Seigneur, car lactif du Seigneur est dans le passif
  • H6 LA VRAIE de lhomme; cest pourquoi 1:1 puissance du bien agir vient du Seigneur, et par suite la volonté da~ir est comme appartenant à lhomme, parce· quil est dans le libre arbitre, daprès lequel il pellt ou agir avec le Seigneur, et ainsi se conjoindre, ou agir da- plès la puissance de lenfer, laqnelle est en dehors, et ainsi se sé- parer. Laction de lhomme concordante avec laction du Sejgneul~ est celle qui est entendue ici par Coopération; pour que ce point soit perçu avec plus dévidence, il sera encore illustré dans la suite par des comparaisons. 577. De là, il résulle encore, que le Seigneur est toujours en ac- tion pour régénérer lhol1l me, parce quil est tonjours en action pour le sauvel, et que nul ne peut être sauvé, s}il nest régénéré, selon les paroles mêmes du Seigneur dans Jean: (( Si quelquun nest engend"é de nouveau, il ne peu,t voir le Royaume de Dieu. ) - III. 3, 5, 6: - cest pourquoi la Régénération est le moyen de la salvation, et la Charité et la Foi sont les moyens de la régé- nération. Croite que la Régénération suit la foi de lÉglise dau- jourdhui, qui nadmet pas la coopération de Vhomme, cest la va- ni lé des van.ités, Laction et la coopération, telles quelles ont été décrites, peuvent être vues dans chaque cbose qui a quelque ac- tivité et quelque mobilité: Telles sont laction et la coopér:Hion du cœur et de chaque artère; le Cœur agit, et lArtère daprès ses enveloppes ou tuniques coopère, de là la circulation; il en est de même du Poumon, Jair agit daprès la pression selon la hauteur de son atmosphère, et les côtes coopèrent dabord avec le pou- mon, et bientôt ensuite le poumon itvec les côtes, de là la respi- ration de chaque membrane dans le corps; ainsi les méninges du cerveau, la plèvre, le péritoine, le diaphragme, et toules les au- tres membranes qui couvrent les viscères, et qui composent le de- dans, agissent et sont mises en action, et ainsi coopèrent, car ellessont élastiques, de là lexistence et la subsistance; il en est demême dans chaque fibre et chaque nerf, et dans chaque muscle,et même dans chaque cartilage; que dans chacune de ces partiesil y ait action et coopération, cela est notoile. Il y a aussi une tellecoopération dans chaque sens, cal les sensoria du corps, de mêmeque les mot01ia, se composent de fibres, de membranes et demuscles; mais décrire la coopération de chacun est inutile, car on
  • RELIGION CHRÉTIENNE. Hisait que la lumière agitsur lœil, le son sur loreille, lodeursurla narine, et la saveur sur la langue, et que les oq~anes sy adap­tent, doù résulte la sensation: qui est-ce qui de là ne peut per­cevoir que, sil ny avait pas une telle action et une telle coopéra­tion avec la vie qui influe dans lorganisme spirituel du Cerueau,ta pensée el la volonté ne pourraient pas exi,ster? En effet, la vieinflue du Seigneur dans cet organisme; et, parce que cet orga­ nisme coopère, ce qui est pensé est perçu, et pareillement ce qui yest examiné, conclu est déterminé en acte. Si la vie seule agissait,et que lhomme ne coopérât pas comme de lui-même, il ne pour­rait pas plus penser quune souche, ou quun temple quand leMinistle prêche; le temple peut, il est vrai, -sentir comme uoécho par la répercussion liu son sur les hatlants des portes, maisil ne sent rien du sermon: tel serait lhomme sil. ne coopérait pasavec le Seigneur quant à la charité et à la foi. oi8. Dnpeut aussi illustrer par des comparaisons quel serailhomme, sil ne coopérait pas avec le Seigneur: Quand il perce­vrait et sentirait quelque spirituel du Ciel et de lÉglise, ce seraitcomme quelque chose dantipathique ou de discordant qui influe­rait, et comme linfect pour le nez, le dissonant pour loreille, lemonstrueux pour lœil, et le dégoûtant pour la langue; si le plai­sir de la charité et le charme de la foi influaient dans lorganismespirituel du mental de ceux qui sont dans le plaisir du mal et dufaux, ceux-ci par lIntrusion de ces plaisirs et de ces charmes se- ,rilient tourmentés et torturés, et enfin ils tomberaient en défail­lance; comme cet organisme consiste en hélices perpétueIlès, ilse roulerait en spirales chez de tels hommes, et se tordrait commeun serpent sur un monceau de fourmis. Quil en soit ainsi, cestce qui est devenu évident pour ,moi daprès un grand nombre<Jexpériences dans le Monde spirituel.
  • liS LA VMlE:T(Jus ayant été rachetés. tous peuvent ~tre légénérés, chacun selon son état. 579. Pour que ceci soit compris, il faut auparavant dire quelque chos. da la Rédemption: Le Seigneur est venu dans le mODd~prÎneipalemen t pour ces deux fins : Éloigner de lange et de­l:homme lenfer. et glorifier son Humain; en effet, avant lavè­ nement du Seigneur. lenfer sétait accru au point dinfester les anges du dei, et dintercepter par son interposition entre le ciel et le monde la communication du Seigneur avec les hommes de­ la tene, doù il résultait quil ne pouvait passer du Seigneur vers les hommes aucun Divin Vrai, ni aucun Divin Bien: de là une­ Damnation totale menaçait tout le Genre Humain~ et les Anges du ciel ne pouvaient pas non plus subsister longtemps dans leu... îp.légrité. Afin dono de repousser lenfer. et denlever aipsi cett~ damnation imminente. le Seigneur vint dans le Monde. il élo-igna. l~elîfer et le subjugua, et ainsi il ouvrit le Ciel. de sorte quil a pu ~ans la suite être présent chez les hommes de la terre, et sauvel," cpux quiv·ivraient selon ses préceptes, par conséquent les régénére... et les sauver, car ceux qui sont régénérés sont sauvés: ainsi est.jotenduce point. que tous ayant été rachetés. tous peuvent être­.r~générés, et que, oomme la régénération et la salvation font un. to.u~ peuvent être sauvés: donc ce quenseigne lÉglise, que per­.$onne sans lavènement du Seigneur neût pu être sauvé, doit être­:flinsi entendu, que personne sans lavènement du Seigneur neût..pUêtre régénéré. Quant à la seoonde fin, pour laquelle le Sei­ gneur est venu dans le monde, fin qui consistait à glorifier SQ!.l Humain, ce fut parce quainsi il devint Rédempteur, Régénérateur et Sauveur pour léternité; oar il faut croire non pas que par la Ré­ demption une fois faite dans le Monde, tous après cetle rédemp­ tion aient été raohetés, mais que le Seigneur rachète perpétuel­ lement ceux qui croient en Lui et font ses paroles. Sur ce sujel .. voir de plus grands détails dans le Chapitre sur la Rédemption. 580. Que chacun puisse être régénéré selon son étal, oest parce, quil en est autrement des simples que des.savants; autrement de­
  • REliGION CJIRETIENNE. ua ceux quisappliq,uent à des études différentes, et aussi de ceux qui sonl dans des empl&is différents; autrement de ceux qui scrute.nl les externes de, la ,Parole, et de ceux qui en scrulentles internes;. autrement de ceux qui sont par leurs parents dans le hien naturel· que de ceux qui sont dans le mal; autrement de ceux qui dès len­ fance se sont jetés dans les vanilés du Monde, et autrement de ceux qui sen sont éloignés plus tôt ou plus tard; en un mot, au, trement de ceux qui conslituent lÉglise externe du Seigneur, el autrement de ceux qui cansliluent lÉglise interne; celle variétéest· infinie comme cell. des faces et des caractéres, mais néanmoins chacun peut être régénéré et sauvé selon son état. Quil en soitainsi, on peutIe voir daprès les Cieux, où viennent tous les régé­ nérés, en ce quil y en-a trois, le Suprême, le Moyen eL le Dernier,> et que dans le Suprême viennent ceux qui }lar la régénération re­çoivenL lamour envers le Seigneur. dans le Moyen ceux qui re­çoivent lamour à légard du prOchain, dans le Der·nier ceux qUiseulement sappliquent à la charité externe, et reconnaissent enmême temps le Seigneur pour Dieu Rédempteur et Sauveur. Tousceux-ci ont été sauvés, mais de·différente manière. Si tous peuventêtre régénérés el ainsi sauvés, c"est parce que le Seigneur avec,son Divin Bien et son Divin Vrai est présent chez tout homme; delà chacun a la vie, et par suite la faculté de comprendre et de vou­lpir, et le Libre Arbitre dans les spirituels; ces choses ne man­quent à aucun homrue; et en outre les moyens ont éLé donnés,aux Chréliens dans la Parole, et aux Gentils dans la religion deehacun, religion qui enseigne quil y a un Dieu, et donne des pré­certes sur le bien et sur le mal. Il suit de là que chacun peut êtresauvé, que par conséquenL si lhomme nesL pas sauvé, c"esL lui"1et non le Seigneur, qui esL en faute; eL lhomme est en faute, parcequil ne c-oopère pas. 5Si. Que la Rédemption et la Passion de la croix soient deux~hQses distincLes, et qui ne doivent pas être confoodues, et quele Seigneur par lune et par lautre se soit mis en puissance de·~égénérer eL de sauver les hommes, cela a été monLré dans leChapitre sur la RÉDEMPTION. De la foi reçue dans lÉglise dau­jourdhui sur la Passion de la croIX, qUll celle Pa<;sion a été lalédemption même, sont sorties des phalanges de f.lusselés hor­
  • 120 LA VRAIE ribles sur Dieu, sur la foi, sur la charité, et sur les autres choses qui en dépendent dans un enchaînement continu; par exemple, sur Dieu, quil a décidé la damnation du genre humain, et quil a voulu être ramené à la miséricorde par la damnation mise sur le Fils, ou reçue par le Fils en lui-même, et quil ny a de sauvés que ceux auxquels le mérite du Christ est donné ou par prévision ou llar prédestinai ion; de cette illusion est aussi sorti le dogme de celle foi, que ceux qui ont été gratifiés de cette foi ont été en même temps régénérés, sans quils aient en rien coopéré, et qne même ils ont ainsi été absous de la damn~tion de la loi, et ne sont plus sous la loi, mais quils sont sous la grâce; et cela, quoique le Seigneur ait dit « quil na pas m~me tJté un seul accent de la loi, ,,- Mauh. V. t8, 19, Luc, XVI. t7; - et quoiquil ailcom­ mandé aux disciples, " de p,êche1 la pénitence pow la "émis- . siondepéchés.» -Luc, XXIV. 47. Marc. VI. 12;-etquilait dit aussi Lui-Même:. Le Royaume de Dieu sest approché. H faites pénitence, et c,oyez à lÉvangile. .. - Marc, 1. t 4; ­ par lÉvangile il est entendu quils peuvent être régénérés et ainsi sauvés, ce qui naurait pu être fait, si le Seigneur neût fait la Ré­ demption, cest-~-dire. sil navait pas enlevé à lEnfer la puissance. par des combats contre 1111 et par des victoires sur lui, et sil na­ vait glorifié, cesl-à-dire, fait Divin son Humain. 082. Que celui qui pense rationnellement dise quel serait tont le Genre humain, si lon persistail dans la foi de lÉglise dau­ jourdhui, à savoil, quon est racheté par la seule Passion de la croix, et que ceux qui ont été gratifiés de ce mérite du Seigneur· ne sont point sous la damnation de la loi; que cette foi, dont lhomme ne sait rien, pas même si elle est en lui, remet les pé­ chés et régénère, et que la coopératlon de lhomme dans son acte, cest-à-dire, quand elle lui est donnée et quelle entre, détruirait enlièrement cette foi, et enlèverait avec elle le salùt, parce quil mêlerait son· mérite au mérite du Christ; que celui, dis-je, qtIi pense rationnellement dise si lon ne re etlerait pas ainsi toute la Parole, où ia régénération est principalement enseignée par la pllrification spirituelle des maux, et par les exercices de la cha­ rilé: le Décalogue, prinQlpe de la réformation, serait-il alors plus_ que le papier quon vend aux épiciers pour en faire des cornets 1
  • RELIGION CHRÉTIENNE. t2tque serait alors la Religion, sinon une lamentation sur ce quonest pécheur, et une supplication pour que Dieu le Père ail pitiéà cause de la Passion de s.on Fils, ainsi une supplication de labouche seule daprès le poumon, et rien de laction provenant ducœur? et que serait alors la Rédemption, sinon ulle indulgencepapale, ou tout au plus la flagellation dun moine pour les fautesde tout son couvent, QQJll!lle ce~t? Si cette foi seule régé­nérait lhomme, et que la Pénitence et la Charité ne fissent ren,que seraitalo~ lh0J!l.me Int~rne, qui est lesprit de l~omme.2.!­v-ant après la mort? ne serait- il pas comme ulle ville incendiée.dont les décombres feraient lhomme externe, ou comme un champou une prairie ravagés par le; chenilles et par les sauterelles? Untel homme devant les Anges napparaît pas autrement que commesil réchauffait dans son sein un serpent, et mettait un habit pardessus pour quon ne le vît pas; puis aussi comme celui qui dortcomme brebis avec un loup, ou comme celui qui couche sous unebelle couverture dans iim: une chemise tissue de toiles daraIgnée: etque serait alors la vie après la mort, quand tous ~ont distin uésdans le Ciel selon les différences de la régénération, et dans lEnferselon les différences du· rejet de la régénération,~inon une vie char.nelle, et ainsi relie quest la vie dun poisson ou dune écrevisse?La Régénération ·se fait absolument de la m~me manière que , lhomme est conçu, est porté dans lutérus, naît et est élevé. 583. Chez lhomme il y a une perpétuelle correspondance entrel~s choses qui se font n.aturellement et celles qui se font spirituel­lement, ou entre ce qui se fait par le corps et ce qui se fait parlesprit; cela vient de ce que lhomme est né spirituel quant àlâme, et est enveloppé du naturel qui fait son corps matériel; cestpourquoi quand ce corps est déposé, son âme revêtue dun corpsspirituel vient. dans le Monde où toules choses sont spirituelles~et elle y est consociée avec ses semblables. Maintenant, ~!~cor s S irituel doit être formé da!.s le corp-s m~!iel, et quilest formé par les vrais et les biens, qui influent du Seigneur parle Monde spirituel, et sont reçus par lhomme intérieurement dans
  • < _. h: .... LA V,RAIEdes choses qui lui viennent du Monde I}a~urelet sont nommées ci~viles et morales, on voit clairement de- quelle manière se fait sa.formation;. et puisque, comme il a été dit, il· Y a une perpétuellecorrespondance chez lhomme entre les choses qui se font natu­rellement et celles qui se font spirituellement, il s~ensuit quelleest comme la conception, la gestation, lenfantement et léduca­tion. Cest pour celte raison que dans la Parole par les Naissancesnaturelles il est entendu les Naissances spirituelles qui sont cellesdu bien et du vrai, car tout ce qui existe dans le sens de la loUrede la Parole. Cest-à-dire dans le sens naturel, enveloppe et signi­fie un spirituel: que dans toutes et dans chacune des expressions idu sens de la leUre de la Parole il ait un Sens spirituel, cela a étépleinement monlJé dans le Chapitre sur lÉCRITUIlE SAINTE. Queles Naissances naturelles mentionnées dans la Parole enveloppent des Naissances spirituelles, on le voit clairement dans ces pas­sages: « Nous avons eonçu, nous avons été en t1avail, nousavons quasi enfanté; de saluts nous navons point fait.» - Ésaïe.XXVI. t8. - Il A la p1ésence du Seigneur, enfante, ~ terre I)l ­Ps. cnv. 7. - Il Est-ce que la terre enfantera en un seul jour?Est-ce que Moi je blismai et nengend1èrai pas? Est-ce que je­ferai engendrer et je fmmerai? » - Ésaïe, LXVI. 7 à t O. - Il Sin­ t,e1a en t?avail denfant, et No sera près de rompre. )l - Ézéch.XXX. {o, {6. - li Les doulews de celle qui enfante viendront surËphraïm, lui, fils non sage, parce que dans le temps Zl ne se<tient pas dans lutérus des fils. » - Rosée, XIII. i 2, t 3 ; - pa­reillement ailleurs en b~allColp dendroits. Comme les générations naturelles signifient dans la Parole les générations spirituelles, etque celles-ci viennent du Seigneur, cest pour cela que le Sei~neu ..~t appelé Formateur, et Celui qui tire de lutérus, ainsi quil estévident daprès ces passages: " Jéhovah ton Facteur, e~ ton ,for­mateur dès futérus.» - Ésaïe XLIV. 2. ~)l Celu{";jftin;,fi tiPide.lutérus.)) - Ps. XXII. iO. -- ~<Sli":ToiYâÛtéappuyédèsluté­rus; des entrailles de ma mère, Toi, tu mas tiré. !l - Ps. LXXI.7. - " Faites attention il M~i, vous, pm·tés dès lutérus, soutenusdès la matrice. Il - Ésaïe, XLVI. 3; - et en oulre ailleurs. Dè làvient que le Seigneur est appelé Père, comme dans Ésaïe, - IX. ls.LXIIl. t 6. Jean, X. 30. XIV. 8, 9 ; - el que cellx qui sont par lui.
  • RELIGION CHRÉTJENNE. 423daD~ les biens et dans les;vrais sont dits fi,ls et nés de Dieu, et en­tre euisont appelés frères, - Matth. X:xIII. 8 ; - et que ntgliseest nommée Mère, - Hosée, II. 2, 5. Ézéeh. XVI. 45. Œ89 Daprès cela, il estmain~enant évident quil y a une ~()r­r~spondance entre les GénératIOns naturelles et les Générationsspirituelles; et puisquil Y a une Correspondance, il sensuit queDon-seulementla conception, la gestation, lenfantement etlédu­cation peuvent se dire de la nouvelle Génération, mais qu~ellesexistent aussi en actualité pour cette nouvelle Génération; quantà ce quelles sont, cela va êlre présentéen ordre dans cet Articlesur la Règénération. Ici, il sera dit seulement que la semence delhomme est conçue intérieurement dans lentendement, et fop­mée dans la volonté,el de là transportée dans le testicule, où ellesenveloppe dune couverture naturelle; et elle est ainsi portée dans lutérus, et entre dans le Monde. En outre, il y aune cor­respondance de la régénération de lhomme avec toules les chosesqui 30nt dans le Règne végétal; aussi, dans la Parole, lhomme est­H décrit par un Arbre, son Vrai par la semence, et son Bien par lefruit. Quun maUvais arbre puisse être de nouveau comme engen­dré, et porter ènsuite de bons fruits et dè bonne semence, on le.voit par les entés et par les ~reffes; alors, quoique le mênie- su~monte de la racine par le tro-nc jusquà lente ouà la greffe, néan~ moius il est changé en un suc bon, et fail un bon arbre. Dans lÉ­ glise, il en est de même de ceux qui sont greffés au Sei-gneur; cestce quil enseigne Lui-Même- par ces paroles: " Moi, je suûle Cep.,vous, les sarments; celui qui demeure en Moi, et Moi en lui~celui-là porte du fruit beal~coup: si quelquun ne demeure pasen Moi, il est jeté dehors comme le sarmetU, et il sèche, et est­jeté au feu. Il -Jean, xv. 5,6. 585. Que les végétations non-seulement des arbres, mais ausSÎ>de tous les arhustes, correspondent aux prolifications des homm~s~cest ce qui a éLé enseigné par plusieurs Erudits, cest pourquoijajouterai sur ce sujet quelque chose comme appendice. Dans lesarbre~ et dans tous les autres sujeLs du Règne végétal il ny a pasles deux sexes, le masculin et le féminin, mais chaque sujet y est­masculin; la Terre seule, ou lhumus, est la Mère commune, ainsicomme la Femelle; en effet, ellé" reçoit les s6DIences de tous lés
  • LA VRAIK végélaux, elle les ouvre, les porte comme dans UB utérus, et alors elle les nourrit, et les enfante, cest-à-dire, les produit au jour, et ensuite elle leur donne des vêlements et des aliments. La terre,. quand dabord elle ouvre la semence, commence par la racine, qui est à linstar du cœur; de cette racine elle envoie et transmet le suc, comme sang, et construit ainsi comme un corps pourvu de mem­ bres ;Ie tronc lui-même est le corps, les branches et les rameaux en sont leg membres; les feuilles quelle fait sortir aussitôt après lenfantement tiennent la place du poumon, car de-même. que le cœur sans le poumon ne produit ni mouvement ni sens, et ne vi­ vifie pas lhomme par eux, de même la racine ne donne point de végétation à larbre ou i larbuste sans les feuilles: les fleurs qui précèdent le fruit sont les moyens de décanler le suc, qui en est le sang, et den séparer les parties grossières davec les parties pures, et de former pour linflux de celles-ci dans leur sein une nouvelle petite tige par laquelle le suc décanté influe, et ainsi donne un commencement ct successivement une conformation au-fruit, qui peut être comparé à un testicule dans lequel les semences sont perfectionnées; lâme végétative, qui règne intimement dans toute particule du suc, ou son essence prolifique, ne vient pas dautre part que de la chaleur du Monde spirituel, laquelle, parce quelle procède du Soleil de ce monde spirituel, ne respire que gé­ nération, et par elle continuation de création; et comme elle res­ pire essentiellement la l;énération de lhomme, cest pour cela quelle donne à tout ce quelle engendre une certaine ressemblance de lhomme. Quon ne soit pas étonné de ce quil a été dit qu~ les sujets du Règne végétal ne sont que mâles, et que la Terre seule ou lhumus est -comme la Mère commune ou la femelle, cela sera illustré par une chose semblable chez les Abeilles; elles nont, selon lautopsie de SWAMMERDAM dans ses BIBLES - DE LA NATURE. quune seule mère commune, de laquelle est produite toufe la li­ gnée dune ruche entière; puisquà ces insectes il nest donné quune seule mère commune, pourquoi nen serait-il pas de mêmepOlll tous les végétaux? Qlle la Terre soit la mère commune,cest ce qui pent aussi être illustré spirituellement; et cela est illustré, en ce que la Terre dans la Parole signifie lÉglise, et que lÉ~lise est la mère commune, ainsi quelle est aussi nommée dans la Paroe_t
  • RELIGION CHRÉTIENNE. 125 que-lon consulte lAPOCALYPSE REVELEE, on y verra, Nol 280; 902, que la Terre signifie lÉglise. Si la terre ou lhumus peut entrer dan~ lintime de la semence jusquà son prolifique, le faire sortir et le porIel çà et là, cest parce que chaque petit grain de pous- sière ou pollen exhale de son essence quelque chose de subtil comme effluve, qui pénètrè la semence; cela se fait daprès la force active de la chaleur procédant du Monde spirituel. 386. Que lhomme ne puisse êlre régénéré que successivement, - cest ce qui peut êlre illustré par toutes et par chaèune des choses qui existent dâns le Monde naturel: Larbre ne peut pas croHre en arbre en un seul jour, mais il croît dabord daprès la semence, puis daprès la racine, ensuite daprès son jet, qui devient tronc, et de ce tronc sortent des branches avec des feuilles, et enfin des fleurs et des fruits: le froment et lorge ne sélèvent point en- mois- son en un seul jour j une maison ne!!t point bâtie en un seul jour; lin homme ne parvient pas non plus en un seul jour à la stature dhomme, et moins encore à la sagesse; lÉglise non pl~ n;;8t ni instaurée ni perfectionnée en un seul jour; et il ny a aucune pro- gression vers une fin, qui nait un commencement doù elle part. Ceux qui conçoivent la régénération autrementne savent rien de la Charité ni de Ja Foi, ni de laccroissement de lune et de lau tre_se~on la cOEpération... de lhomme avec le Seigneur. Dâprès cé q;îi précède il est évident que la Régénération se fait de la même ma- nière que lhomme est conçu, est porté dans lutérus, naît et est élevé. Le premier acte de la nouvelle génération est appelé Réjorma- tion, il appartient à lentendement; le second acte est app~le Régénération, il appartient à la volonté et par suite à len-_ tendement. 587. Comme ici et dam, ce qui suit il sagit de la Réformationef. de la Régénération, et que la Réformation est attribuée à JEn-tendement, et la Régénération à la Volonté, il est nécessaire quonsache les différences quil y a entre lEnlendement et la Volonté;.ces différences ont été données ci-des5us, N° 397; il convient-
  • f26 LA VlAIE donc ·de syreporler avant de lire ce que renferme..cetArlieJe : Que les maux dans lesquels naît lhomme aient été engendrés dans la Volonté de lhomme naturel, et qne la Volonté porte len­ tendement à lui être favorable, en pensant dune manière con­ forme à ses désiJ:s, cest aussi ce qui a été montré; cest pourquoi. pour que lhomme soit régénéré, il est nécessaire que cela se fasse par lEntendement, comme par une cause moyenne; et cela se fait par les informations que lEntendement reçoit, lesquelles viennent dabord d~s parents et des maîtres, pUis de la lecture de la Parole, des prédications, des livres et des conversations; les choses que lEntendement reçoit ainsi sont nommées des vrais;cest pourquoi il revient au même de dire que la Réformation se fait par lEntendement, ou de dire quelle se fait par les vrais que lentendement reçoit; en effet, les vrais enseignent il lhomme en Qui il doi t croire et ce quil doit croire, puis ce quil doit faire, ainsi ce quil doit vouloir, car ce que chacun fait, il le fait daprès la volonté selon lentendement. Puis donc que la Volonté même de lhomme est mauvaise par naissance, et puisque lEntende­ ment enseigne ce que cest que le mal et ce que cest que le bien,et quil peut vouloir lun et ne pas vouloir lautre, il en résulte que. lhomme doit être réformé .par lEntendement; or, tant qué quelquun voit ~t recJ)nnaîl j!!r ~ mental que le mil~ma et que le bien est bien, et quil pense que le bien doit être choisi,cet état est appelé Réformation; mais quand il veut fùir le mal et faire le bien, létat de la RégéÏiération commence. 588. Pour celle fin il a été donné à lhomme la faculté déleverlentendement presque dans la lumière dans laquelle sont lesAnges du ciel, pour quil voie ce quililli faut vouloir et par suitefaire, . afin dêtre ~ pr~spérité dans le Mon~e pend~nt le .!e~.et heureux après, la mort pour léternité; il devient en prospéritéet heureux, siLsacquiert l! sagesse et sil tient la Qlonlé SGUSlobéissance de l~ sa_gesse, mais il devient sans prospérité et mal:heureux, sil met son entendement sous lobéissance de sa vo­Jonté; et cela, parce que la Volo~té jl3r naissance incline v.ers l~ -- -maux, même les plus énormes; si donc elle nétait pas réfrénée -.par len"tendement, lhommeabandonné à la liberté de sa volontése précipiterait dans des crimes abominables, et daprès la nature
  • RELIGION· CHRÉTIENNE, :tW7 féroce greffée én lui il pillerait et massacrerait, pour sa propr.e -éause, tous oeux qui ne lui sont pas favorables et nollt pas de complaisance pour ses cupidItés, En outre, si lEntendement na­ vait pas pu être perfectionné séparément, et si la Volonté ·navait pas pu lêtre par lentendement, lhomme serait non un homme, mais une bête; car, sans cette séparation, et sans lélévation de lentendement au-dessus de la volonté, il naurait pas pu penser, Ili daprès la pensée parler, mais il aurait seulement pu exprimer son affection par un son; il naurait pas pu agir non plus daprès la raison, mais II aurait agi daprès linstinct; encore moins au­ rait-il pu connaître les choses qui sont de Dieu, et par elles Dieu, et ainsi être conjoint à Bieu, et vivre dans léternité? en effet, thomme pense et veut comme par lui-même, et ce Il comme par lui-même Il est le réciproque de la conjonction, car il ny a pas de . conjonction sans un réciproque, de même quil ny a pas de c-on­ jonction de lactif· avec le passif sans une adaptation ou sans une application; Dieu seul agit, et lhomme se laisse mettre en action~ et coopère en toute apparence comme par lui-même, quoique intérieurement ce soit daprès Dieu. Par ces choses bien peJçues. on peut voir quel est lamour de la volonté de lhomme sil est élevé par lentendement, et quel il est sil nest pas élevé; ainsi, quel est lhomme. 589. Il faut quon sache que la faculté délever lentendement jusquà lintelligence dans laqu.elle sont les Anges du Ciel, est P:U" création dans chaque homme, soit méchant, soit bon, et même dans chaque diable dans lenfer, car tous ceux qui sont dans len­ ter ont été des hommes; cela ma très-souvent été montré par vive expérience; toutefois, sils sont, non pas dans Jintelligence, mais dans la folie quant aux choses spirituelles, cest parco quils veulent, non pas le bien, mais le mal; ils ont par conséqnent en aversion de savoir et de comprendre les vrais, cal les vrais sont pour le bien et contre le mal. Daprès cela, il est encore évident que la Première chose de la nouvelle génération est la réception des vérités par lentendement, el que la Seconde est de vouloir faire selon les vérités, et enfin de faire les vérités, En effet, per­.sonne ne peut êtredil réforme par les connaissances seules .des~vérités. car lhomme d~après la faculté délever lentendement
  • 128 LA VRAIE ali-dessus de lamour· de la volonté peut les saisir, et aussi les prononcer, les enseigner et les prêcher; mais celui-là est ré ­ formé, qui est daus l:lffection de la vérité pour la vérité, cal celte affection se conjoint avec la volonté; et, sil continue, il conjoint la volonté 11 lentendement, et alors commence la Régénération: mais comment ensuite la Régénération avance-t-elle, et est-efIe per­ fectionnée, cest ce qui sera dit dans la suite.o 590. Quant à cette question, quel est lhomme dont lentende­ ment a été élevé, sans que lamour de la v910nté ait été_~vé par Jentendement, des comparaisons vont lillustrer: Cet homme est comme un aigle qui vole dans le haut des airs, mais qui, anssit6t quil voil en bas des proies, telles que poules, oisons, et même des agneaux, se jette à linslan t dessus et les dévore. Il est aussi comme un adultère qui tienl cachée dans une chambre basse de sa maison !Ine prostituée, et qui monte parfois à lMage au-dessus, et. parle avec sagesse de la ch-asteLé, devant son épouse, avec ceux qui sont présents, èt ensuite se d~robe à sa société, et va en bas ass9uvir sa luxure avec la prostituée. Il est encore semblable à des mouches de marais qui volentën colonne au-dessus de la tête dun cheval au galop, et qui, lorsque le cheval sarrête, .tombent et plongent dans leurs marais. Tel est lhomme qui est dans lélévation quant à lentendement, m,ais dont lamoUl de la volonté, en bas à ses pieds, reste plgngé dans les impuretés de la nature et (}ar;s-les déréglements des sens. Mais parçe que de tels hommes briÏIènt comme de sagesse quant à lentendement, et que leur volonté est contre la sagesse, ils peuvent aussi être comparés à des serpents dont la peau reluit, et il des c~ntharides dons les ailes brillent comme dor, puis aussi à des feux follets dans les marais, 11 des bois pourris qui éclairent, et il des phosphores: parmi eux il y en a qui peuvent se déguiser en anges de lumière, tant parmi les hommes dans le monde, quaprès la mort chez les anges du ciel; mais, après un court examen, ils sont dépouillés de vêlements et précipités tout nus; pareille. chose cependant ne peut pas être faile daus le monde, parce que leur esprit ny a point été ouvert,.mais a été survêtu dun visage, tel quest celui des comédiens sur un théâlre ; quils puissent par la face et la bouche se déguiser en anges de lumière, cest là une cause, et aussi un indice quHs
  • RELIGION CHRÉTIENNE.peuvent élevel lehtendement presqu? la sage~se angéliqhe, au­desstls de lamour de la volonté, ainsi quil a été dit; maintenant,cOllime jinterne et l"externe de lhomme rÎeuvent ainsi malcheren sens contraire, et comme le corps est rejelé et que lespritI~este, oh voit quun esprit noir peut habiter sous une face blanche,et un esprit tout de feu sous un visage doux; cest pourqüoi, mOIlami, forme ton jugement sur lhommtl, non daprès sà bouche,mais daprèS son cœur, cest-à-dire. non daprè~ son lang~ge,mais daprès ses an1es; car le Seigneur dil: Gardez-vous des (1(aux prophètes qui viennent à vous en habits de brebis, maisqùi au dedans sont des 10lps ravissants,. par lews fruits COll­naissez-les. » - Mauh. VII. Hl, 16.Lhomme Interne doit dabord être réformé. et par lui hommer Externe,. et ainsi lhomme est régénéré, 591. Que lhomme Inlerne doive d:lbord être régénéré, eL parlui lhomme Externe, cest ce quon diL communément <lujour­dllUi dans lÉglise; mais par Jhomme Interne on ne pense autre:­chose que la foi; qui est, de croire que Dieu le Père impute lemérite et la justice de son Fils, et quil envoie lEsprit Saint: oncroit que celle foi fait lhomme Interne, et que de lui prolluelhomme EXlerne, qui est lhomme moral-naturel, et que celui-ciest lIn accessoire pour celui"là, comme par comparaison la lUeu:edun cheval ou dun bœuf, ou comme la queue dun .paon ou dunoiseau du paradis, qui sétend au-delà des palles. sans quil y aitcohérence; car il est dit que la chalÎté suit ceLie foi, mais que sila charité entre daprès la volonté de lhomme, celte foi péril. Or,comme on ne reconnaît pas aujourdhui dans lÉglise ùn autrehomme Intrlrne, il ny.a aucun homme Interne, Càr personne nesail si celle foi lui a élé donnée; quelle ne puisse pas être don­née, et que pal conséquent elle soit imaginaire cest ce qui a étémontré ci-dessus: il suit de là quaujourdhui chez ceux qui secont confir.més dans celle foi, il ny a point dhomme Interne au­tre que cet honlme naturel qui par naissance est abondammentrempli de toule espèce de maux; et, de plus on affirme que la li 9
  • t30 LA VRAIE régénération et la sanctification suivent delles-mêmes cetle foi, et que la coopération de lhomme, par laquelle cependant se fail uniquement la régénération, doit être exclue; de là résulte que la Ré~énération nest point connue dans lÉglise daujourdhui, quand cependant le Seigneur dit, que celui qui nest pas régénéré ne peut voir le Royaume de Dieu. S92. Mais lhomme Interne et lhomme Externe de la nouvelle Église sont absolument autres; lhomme Interne appartient à la volonté daprès laquelle lhomme pense, lorsquil est livré ~ lui­ même, ce qui arrive quand il est à la maison; et lhomme Externe est I:action et le langage qui se produisent par lui dans une As­ semblée, par oonséquent dehors; lhomme Interne est donc la charité. parce que celle-ci appartient à la volonté, et il est en même temps la foi qui appartient il la pensée: lun et lautre homme avant la régénération constitue lhomme naturel, qui est ainsi di­ visé en interne et en externe: ce qui est hien évident par cela quil nest pas permis il lhomme dagir et de parler dans une As­$- semblée ou dehors, comme lorsquil est livré il lui-même, ou à la maison; la cause de celle division esl, que les Lois civiles pres­ crivent des punitions pour ceux qui agissent mal, et des récom­ penses pour ceux qui agissent bien; et ainsi lon se contraint à séparer lhomme Externe de lhomme Interne, car nul ne veut être puni, et chacun veut être récompensé, ce qui a lieu par des ri­ chesses et des honneurs; lhomme névite pas les peines et nob­ tient pas le~ récompenses, s~il ne vit pas selon ces lois; de là vient quil y a de la moralité et de la bienveillance dans les externes, même chez ceux qui nont aucune moralité, ni aucune bienveillance dans les internes; voilà lorigine de toute hypocrisie, de toul.e flat­ terie et de toute dissimulation. 593. Quant il ce qui concerne la division de lhomme naturel en deux fOJmes, cest une division actuelle tant de la volonté que de la pensée chez cet homme, car toute aclion de lhomme part de sa volonté, et tout langage part de sa pensée, cest pourquoi une autre volonté a été formée par lhomme au-dessus de la pre­ mière, pareillement urie autre pensée, mais néanmoins celle vo­ lonté et cetle pensée constituent lhomme nalurel; celle volonté qui est formée par lhomme peut être appelée volonté corporelle,
  • RELIGION CHRÉTIENNE. 13iparce quelle pousse le corps à se mouvoir par des gestes moraux,et celle pensée peut êlre appelée pensée pulmonaire, parce quellepousse la langue et les lèvres à prononcer des paroles qui appar­tiennent à lentendemenl. Celle pensée et celle volonté peuventêtre comparées ensemble au liher qui est iutérieurement allachéà lécorce de larbre, et à la membrane qui est attachée à la coquede lœuf; en dedans est lhomme interne naturel; sil est méchant,il peut être comparé au bois dun arbre pourri autour duquel lé­corce et le liber paraissent en bon état, et aussi à un œuf gâlé au .dedans dnne coque blanche. Mais il va être dit quel est lhommeinterne naturel par naissance: Sa volonté incline vers les maux de tout genre, et par suite sa pensée incline vers les faux aus~i de tout genre; cest donc cet homme intellle qui doit être régénéré, car sil nest pas régénéré, il nest que haine contre toutes les choses qui :Appartiennent à la charité, et quemportement con Ire toutes celles qui appartiennent à la foi. Il suit de là que lhomme interne naturel doit dabord être régénéré, et par lui lhomme ex­ terne, car cela est selon lordre, mais régénérer linterne par lex­ terne est contre lordre; en effet, linterne est comme lâme dans lexterne, non-seulement dans le commun, mais aussi dans tout particulier. par conséquent dans chacun des mols que lhomme prononce; il Y est, sans quil le sache; cie là vien t que les AngeE perçoivent par une seule action de lhomme quelle est sa volonté, et par une seule de ses paroles quell6 est !ta pensée, soit infernale, soit céleste; par là ils connaissent lhomme tout entier, par)e son ils perçoiventlaffecti.on de sa pensée, et par le geste ou la forme de laction ils perçoivent lamour de sa volonté; ils perçoivent celle affection et cet amour, quoiquil contrefasse le Chrétien et le c.έ toyen moral. 594. La régénération de lhomme est décrite dans Ézéchiel par des Os desséchés, SUI lesquels sétendirent des nerfs, puis de la chair, et de la peau; el eotln, lesprit ayant été soufflé sur eux, ils revécurent, - XXXVII. 1 à 14 ; - que la Régénération ail été re­ présentée par ces os, on le voit clai rement pal ces paroles du passage: « Ces Os sont toute la maison dIsraël. ) - Vers. 1 i. - Elle y est aussi comparée à des sépulcres, cal on lil: " Quil ouvrira les sé­ pulcres, et en fera monter les os, et quil donnera son esp1it
  • r t32 LA VRAIE en eux, et quilles placera sur la terre dIsraël. » - Vers. 1~, 13, 14 ; - par I~ terre dIsraël, là et ailleurs, est entendue lÉglise. Si la représentation de la régénération a été faite par des os et par des sépulcres, cest parce que lhomme non régénéré est appelé mort, et que le régénéré est appelé vivant, car dans celui-ci il y a la vie spirituelle, et dans celui-là la mort spirituelle. 590. Dans le Monde, en toute chose créée, tant vivante que morte, il y 3 un Interne et un Externe, il ny a pas lun sans quil a y ait lantre, comme il ny pai; deffet sans cause; et toute chose créée est estimée selon la bonté interne, et méprisée selon la mauvaise qualité interne, on méprise pareillement la bonté ex­ terne dans laquelle il y a une mauvaise qualité interne; lout sage - dans le Monde et tout Ange dans le Ciel juge ainsi; mais quel est lhomme non régénéré, et quel est lhomme régénéré, cela peut être illustré par des comparaisons: Lhomme non régénéré, qui con­ trefait le citoyen moral et lhomme chrétien, peut être comparé à un cadavre qui est enveloppé daromates, et qui néanmoins répand la puanteur dont il infecte les aromates, laquelle sinsinue. dans les narines et incommode le cerveau: il peut aussi être comparé à une momie recouverte dor, ou placée dans un tombeau. dargent, et qui, lorsquon lexamine à fond, présente laspect difforme dun corps noir. Il peut être comparé à des os ou à un squelette dans un sépulcre embelli de pierre lazuli et dornements précieux; il peut encore être comparé au riche qui était vêtu de pourpre el de, fin lin, et dont cependant linterne était infernal, - Luc, XVI. t9.­ - Il peut enfin être comparé à un poison dune saveur sucrée, al de la ciguë en fleur, à des fruits dans des écorces brillanles, cf; donl les amandes ont été rongées par les vers; et aussi à un ul­ cère couvert dun emplâtre et après cela dune leau mince, dans lequel il ny a que de la sanie. Linterne peut être estimé daprès lexterne dans le Monde, mais seulement par ceux dont linterne. nest pas bon, et qui à cause de cela jugent daprès lapparence; mais il en est tout autrement dans le Ciel; en effet, quand le corps versatile autour de lesprit, et flexible depuis le mal jusquau bien, est séparé par la mort, alors linterne resle, car il constitue lEspri t oe lhomme, et alors il se manifelte, et d~ loin il apparaît comme un serpent qui vient de quiller sa peau, ou comme un- bois
  • RELIGION CHRÉTIENNE. 133pourri privé du liber ou de lécorce qui le rendait brilla:: l. ~L::s lerégénéré est tout autrement; son Interne est bon, et son Externeest semblable à lexterne de lautre; toutefois son externedilfèrede lexterne de lhomme non régénéré comme le ciel diffère delenfer, parce quil y a en lui lâme du bien; et peu importe quece sOiL un grand de la terre, qui habite dans un palais et qui mar­che entouré de gardes, ou que ce soit un simple citoyen qui habiteune maisonnette, et qui n.a quun domestique à son service: peuimporte aussi que ce sail un Primat COllvert duu nlanteau de pour­pre, et dune tiare à deux degrés) ou que ce soit un berger quiconduit quelques brebis dans la forêt, et qui na sur le corps quunvêtement de paysan, et sur la tête quun cMtif bonnet. Lor esttoujours de lor, soit quapproché du feu il brille, soit que placé·au-dessus de la fumée sa surface se noircisse; ou, soit que mis enfI/sion on lui donne la belle forme dun enfant, ou la vilaine formedun rat; les rat& fails dor et placés auprès de larche furent ac­ceptés par Jéhovah et lapaisèrent, - 1Sam. VI. 3, 4, 5 et s!liv.; ­car lDI signifie le bien intelne. Le Diamant et le Rubis, dans quel­que matrice quils soient, calcaire ou boueuse, quand ils en ont étéextraits, sont estimés, daprès leur bonté interne, comme ceux quisont dans le caHier dune Reine; et ainsi du reste. Il est donc évi- .dent que lexterne est estimé daprès linterne, et non viœve1sâ.Quand cela anive, il sélève un combat entre lhomme Interne et lhomme Externe, et alors celui qui est vainqueur domine sur lautre. 591> Sil sélève all)ls un combat, cest parce que lhomme In­terne a été réformé par les Vlais, el voiL par eux ce qui est malet ce qui est faux, ct que le mal et le faux sont encore danslhomme Externe ou _naturel; il sélève donc dabord une dissen­sion entre la volonté nouvelle qui est au-dessus et la vieille vo­lonlé qui est au:dessous; et comme la dissension est entre les volonlés, clle est enlre les plaisirs de lune et de lautre, car lon sait que la chair est contre lesprit et lesprit contre la chair,4:t
  • f34 LA VRAIE que la chair avec ses convoitises doit être domptée avant· que lesprit puisse agir, ct que lhomme puisse devenir nouveau; après celte dissension des volontés, il sélève un combat, combat quiest appelé Tentation spirituelle; toutefois cette tentation ou cecombat SP. fait, non pas entre les biens et les maux, mais entreles vrais du bien et les (aux du mal; car le bien ne peut pas delui-même combattre, mais il combat par les vrais, et le mal nepeùt pas de lui-même combattre, mais il combat par ses faux, demême que la volonté Ile peut pas non plus delle-même com­battre, mais combat par lentendemenl où sont ses vrais. Lhommene sent pas ce combat autrement quen lui-même, et comme desremords de conscience; cependant cest le Seigneur et le diable, cest-à-dire, lenfer, qui combattent dans (homme, et ils corn· baltent au sujet de la domination sur lhomme, ou à qui le pos­ sèdera; le diable ou lenfer attaque lhomme et en évoque les maux, et le Seigneur le défend et en évoque les biens. Mais, quoi­ ~ .. que ce combat se fasse dans le Monde spirituel, toujours est-ilcependant quil se fait dans lhOmme entre les vrais du bien et les faux du mal qui sont en lui, cest pourquoi lhomme doit combat­ tre absolument comme par lui-même, car il est dans le libre arbitredagir pour le Seigneur, et aussi dagir pour le diable; il est pour le Seigneur, sil reste dans les vrais 4après le bien, et pour le diable, sil reste dans les faux daprès le mal: il resulte de là que celuiqui e<;t v:l.inqueur, soit lhomme interne soit lhomme externe,dor:nine sur lautre; cest absolument comme deux rois ennemisqui combattent ~ qui sera Maître du royaume dé lautre; (eluiqui est vainqueur sempare du royaume, et met sous son obéis­sance tous ceux qui lhabitent; ici donc si lhomme Interne estvainflueur, il rommande, et il subjugue tous les maux de lhommeExterne, et alors la régénération est continuée; si au contra~ ..e.lhomme Exteme est vainqlieul, il commande, et il dissipe 10usles biens de lhomme Interne, et alo;s la régénération est détruite. 597. Aujourdhui, il est Haî, lon sait fIIil ya des Tentations,mais il est à peine quelquun qui sache doù elles viennent, et quelleselles sont, et ce quelles prorluisent de bien; doù elles viennentet qneILe1o elles sont, cest ce qui vient dètre montré ci-dessus;pu~s aussi ce quelles produisent de bien, à safoir, que quand
  • RELIGION CHRÉTIENNE. t35 lhomme Interne est vainqueur, lhomme Externe esl ~::hjllGlé, et après quil a été subjugué, les convoitises sont écartées, et à leur place les affections du bien et du vrai sont implantées, et tel­ lement disposées en ordre, que les biens et les vrais que lhomme veut et pense, il les fait aussi et les prononce de cœur: outre cela, parla victoire sur lhomme externe, lhomme devient spirituel, et alorsil est consocié par le Seigneur avec les Anges du Ciel, qui tous sontspirituels. Si jusquà présent les Tentations nont pas été connues,et sil est 11 peine quelquun qui ait su doù elles viennent et quelleselles sont, et ce quelles produisent de bien, cest parce que jus­quà présent lÉglise na pas été rlans les vrais; personne nest dans les vrais, à moius de sadresser directement au Seigneur, de rejeter la foi précédente, et dembrasser la foi nouvelle; de ;) vientque depuis les siècles qui onl suivi lépoque où le Synode de Nicéea introduit la foi de trois Dieux, nul na été arlmis dans aucune tentation spirituelle, car si quelquun y eût été admis, il auraitaussitôt succombé, et ainsi se serait précipité plus profondémentdans lEnfer: la Contrition, que lon dit précé.der la Foi daujour­dhui, nest pas la Tentation; jai intelTogé un grand nombredEsprits sur celle contrition et ils mont dit que cest un mot etrien de plus, à moins que ce ne soit peut·être chez les simplesquelque pensée craintive au sujet du feu de lEnfer. 598. Lhomme, la Teutation étant passé, est quant à lhommeInterne dans le Ciel, et par lhomme Externe dans le Monde; cestpourquoi par les tentations chez lhomme il se fait une conjonctiondu Ciel et du Monde, et alors le Seigneur gouverne chez lui selonlordre son monde daprès le ciel. Le conlraire arrive, si lhommereste naturel, alors il désire ardemment gouverner lui-même leCiel daprès le lfonde; tel devient tout homme qui est dans la­mour de dominel daprès lamoul de soi; si cet homme esl exa­miné à lintérieur, il ne croit en auèun Dieu, il croit en lui seul;et après la mort, il croit Dieu celui qui leml;orle en puissance surles autres; telle est la folie dans renfe." et elle sest :Ugmenléeau point que quelques-uns se disent Dieu le Père, dautres Dieule Fils, et daulre Dieu lEspril Saint, et parmi les Juifs quelques­uns se disent le Mes:;ie. Par l~ on voit clairemenl ce que lhommedevient après la mOII, si lhomme naturel nest pas régénéré, par
  • i36 LA VRAIE conséquent ce quil devien~rait dans sa phantaisie, sil nét~i~ pa~ instauré par le Seigneur une nouvelle Église, dans laquelle les vrais réels sont enseignés: cest là ce qui est entendu par ces pa­roles du Seigneur: « Dans la consommation du siècle~») cest:"11­dire, dans la fin de lÉglise daujourdhui, « il y aura une alfliction,telle que point il nyen a eu depuis le commencement du Monde,et point il nyen aura: cest pourquoi si nétaient abrégés cesjours, ne serait sauvée aucune chair.)) - Matlh. XXIV, 21, 22. 599. Dans les combats ou tentations des hommes le Seignenropère une Rédemption particulière, comme il en a opéré une géné­rale quand il était dans le Monde; le SeigneUr dans le Monde parles combats et les tentations a glorifié son Humain, cest-à-dire, lafait Divin; de même maintenant dans le particulier chez lhom,me,pendant quil est dans les tentations, il combat en eHe.s pou,r luiet dompte les esprits infemaux qui linfestent, et après la tentationil le glorifie, cest-à-dire quil le rend spirituel. Le Seignenr, aprèssa Rédemption universelle, a remis toutes choses eu ordre d.a,ns leCiel et dans lEnfer; il agit de même avec lhomme après la tentation,cest-à-dire quil remet dans lordre toutes les choses qui appar­tiennent au Ciel et au Monde chez lui. Le Seigneur après la Rédemp,tion a instauré une nouvelle Église; de même aussi il instaure chezlhomme les choses qui :Jppartiennent à lÉglise, et il fait qlJil estune Église dans le particulier. Le Seigneur après la Rédemptiona gratifié de la Paix ceux qui ont cru en Lui, car il a dit: Il Paixje vous laisse, ma Paix je vous donne,. non pas comme le Mondedonne, Moi je vous donne. » - Jean, XIV. 27; - de même aprèsla tentation il donne à lhomme de sentir la paix, cest à-dire, lal­légresse de lesprit (animi) et les consolations. Par là, il est évi­dent que le Seigneur est Rédempteur pour léternité. . 600. LhoUlme Interne régénéré, sans que lhomme Externe lesoit aussi, peut .être comparé il un oiseau qui vole dans lair sansavoir de demeure sur ·un terrain sec, mais qui sarrête seulemedans un marais, où il est infesté par les serpellts et par les gla­nouilles, cest pourquoi il senvole et meurt de laSSitude. II peutaussi être comparé 11 un c)gne qui nage au milieu de la mer, sanspouvoir alleindre le rivage et construire un nid, cn conséqueJlceles œufs quil pond tombent dans les eaux, et sont dévorés pat les
  • RELIGION CHRÉTIENNE. t37poissons. Il peut être comparé à un soldat sur une muraille qui,sécroulant sous ses pieds, le précipite en bas, et lécrase sous sesruines. Il peut encore être comparé à un bel Arbre transplantédans une terre fangeuse, où une foule de vers rongent sa racine,ce qui fait quil se flétri eL meurt. Il peut être comparé à une mai­son sans fondement, el aussi à une colonne sans piédestal. Tel estlhomme Interne réformé seu lemen t, sans quc lhomme Ex terne lesoit aussi, car il na en lui aucunc détermination pour faire le~~. L Homme régénéré a une nouvelle Volonté et un nouvel En­ tendement. 60f. Que lhomme régénéré soit un homme renouvelé ou nou­ veau, lÉgl ise daujourdhui le sait, tant daprès la Parole que da­ près la raison; nAPRÈS LA PAROLE, par ces passages: cc Faites-vous,un cœur nouveau et un esprit nouveau; pourquni mouniez­vous, maison dIsraël?» -Ézéch. XVIU. 31. - Cl Je vous donne­rai un cœur nouveau, et un esprit nouveau au milieu de vous;et jtJterai le cœur de pierre de votre chair, et je vous dOllneraiun cœur de chair, et mon esprit je donnerai au milieu de vous.,»- Ézéch. XXXVI. 26. 27. - Cl Dês maintenant nous ne connais­sonspersonne selon la chair; si donc quelquun est en Ch1ist, il estune nouvelle Créature. ) - Il Cor. V. t 6, i 7 ;-là, parlecœurnou­veau il est entendu la volonté nouvelle, et lesprit nouveau len­tendement nouveau, car dans la Parole le Cœur signifie la volonté, etlesprit, quand il est employe avec le cœur,si gnilie lentendement.DAPRÈS LA RAISON: Si lhomme régénéré a une volonté nouvelle,et un nouvel entendement, cest parce .que ces deux facuhé& font,lhomme, et que ce sont elles qui sont régénérées; cest p.ourquoitout homme est tel quil est quant à ces facultés, méchani si savolonté est mauvaise, et plus méchant si son entendement favo­rise sa volonté; mais hon, si cest lopposé. La religion seule re­nouvelle et régénère lhomme, eJJe occupe la place supréme dansle men lai humain, et voit sous elle les choses civiles qui appar­tiennent au monde; elle p.tsse aussi par ces choses en montant,
  • t38 LA VRAIEcomme le suc pur monte par lArbre jusquà son sommet; et decelle hauteur clle regarde les choses naturelles, comme celui quiest sur une tour ou sur une montagne regarde les campagnes quisont en bas. 602. Toutefois, il faul quon sache que lhomme, quant à len­tendement peut sélever presque dans la lumière dans laquelle sontles Anges du Ciel, mais que sil ne sélèe pas aussi quant 11 la vo­lonté, il nest toujours que ]e vieil homme, et non le nouveau;quant à la manière dont lentendement élève la volonté avec luide plus en plus, il en a été parlé ci-dessus; cest pourquoi la régé­nération se dit principalement de la volonté et en second ordre delentendement: en elfet, lentendement chez lhomme est comme lalumière dans le Monde, et la volonté comme la chaleur; que lalumière sans la chaleur ne vivifie pas et ne fasse pas pousser lesvégétaux, mais quil faille la lumière conjointe à la chaleul, celàest connu; lentendement aussi, quant à la région inférieure dansle Menlal, est même en actualité dans la lumière du Monde, et dansla lumière du Ciel quant à la région supérieure; si donc la volonténest pas élevée de la région inférieure dans la région supérieure,et ny est pas conjoint à lentendement, clle reste dans le Monde,et alors lentendement vole en haul et en bas, mais chaque nuit versla volon lé en bas, et il y couche, et ils se conjoignent comme unhomme et une prostituée, et ils produisent des fœtus à deux têtes.Daprès cela il est encore évident que si lhomme na pas une nou­velle volonté et un nouvel entendemenl, il na pas été régénéré. 603. Le Ifenlal humain a été distingué en trois régions, lin­fime est appelée nalurelle, la moyenne spiriluelle, et la suprêmecéleste; lhomme par la régénération est élevé de la région in­fime, qui est la nalurelle, dans la région au-dessus, qui est laspirituelle, et par celle·ci dans la céleste; quil y ait trois régionsdu mental, cela sera démontré dans lArticle suivant: cest de làque lhomme non régénéré est appelé naturel, et lhomme régé­néré, spirituel: daprès cela il est évident que le men laI de lhommerégénéré est élevé dans la région spirituelle, et que de cetle régionsupérieure il voit cc qui se passe dans le mental inférieur ou na­turel. Que dans le meutal humain il y ait une Région inférieureel une Région supérieure, chacun peut, avec une légère attention
  • RELIGION CHRÉTIENNE. t39 sur ses pensées, le voir et le reconnaître, car il voit ce quil pense, cest pourquoi il dit quira pensé ou quil pense telle ou telle chose: cela ne serait pas possible, sil ny avait pas une pensée intérieure, quon nomme perception, qui regardât dans la pensée inférieure quon nomme simplement pensée. Quand un Juge a entendu ou lu les raisons présentées en longue série par un avocat, il les ras­ semble en une seule intuition dans la région supéliel1re de son mental, ainsi en une idée universelle, et ensuite de là il porte sa vile en bas dans la région inférieure qui appartient à la pensée naturelle, et là il dispose les arguments en ordre, et il prononce une sentence et juge selon la vue supérieure: qui ne sait que lhomme peut en une ou deux minules penser et conclure des choses quil ne peut exprimer par la pensée inférieure en une demi-heure? Ceci a été rapparté, afin quon sache que le Mental hu­ main a été diiltingué en régions inférieures et supérieures. 604. Quant il ce qui concerne la nouvelle Volonté, elle est au­ dessus de la vieille volonté, dans la rfgion spiritllelle ; il en est de même du nouvel entendement; il est avec elle, et elle avec lui; dans celle région ils se conjoignent, et examinent conjointement ce qui se passe dans la volonté vieille ou naturelle, et ils y dispo­ sent toutes choses afin quelles obéissent. Qui ne pellt voir que si dans le Mental humain il y avait seulement une seule Région, et que les maux el les biens, les faux et les vrais, y flissent mis et mêlés ensemble, il sy ferait un combat comme si des loups et des agneaux, des tigres el des veaux, des éperviers et des colombes, étaient mis ensemble dans une même loge? Ny aurail-i1 pas alors une cruelle boucherie, et les bêtes féroces ne déchireraient-elles pas les bêtes·douces? Cest pourquoi, il a été pourvu à ce que lesbiens avec leurs vrais fussent rassemblés dans la région supé­ rieure, afin quils pussent subsister en sùrelé et empêcher lassaut,et même par des chalnes et par dautres luoyens subjuguer et en­ suite dissiper les maux avec leurs faux. Cest cela même qui a étédit dans un précédent article, que le Seigneur gouverne par le.Çielles choses qui appartiennent au Monde chez lhomme régénéré.La Région supérieure ou sp"irituelle du mental humain est aussile Ciel dans la plus petite forme, et la Région inférieure ou natu­relle est le Monde dans la plus petite fOIme; cest pour cela que.
  • uo LA VRAIE lho,lllme a été appelé microcosme (peti t monde) par les anciens. et. il peut aussi être appelé micro-urane (petit ciel). 605, Que lhomme régénéré, cest-à-dire. renouvelé quant à la­ volonté et à lentendement, soit dans la chaleur du Ciel. cest-à­ dire, dans lamour du ciel, et en même temps dans la lumière du ciel, cest-il-dire, dans la sagesse (!u ciel, et que vice versd lhomme non-régénéré soit dans la chaleur de lenfer, cest-à-dire, dans la­ mour de lenfer, et en même temps dans les ténèbres de lenfer. cest-il-dire, dans les folies de lenfer, cela aujourdhui est connu et néal)moins est inconnu; et la raison de cela. cest que lÉglise. qui existe aujourdhui, a fait de la régénération un appendice de la foi. dans laquelle aucune raison ne doit êlre admise, ni pal con­ séquent dans quoi que ce soit de son appendice qui est, ainsi quiil vient dêtre dit, la régénération et la rénovation; celles-ci alec la foi elle-même sont pour celte Église comme une maison, dont les portes et les fenêtres ont été fermées, de sorte quon ignore ce q,u,il y a dans lintéri:eur de celte maison, si seulement elle est v·a­ cante, 011 si elle est pleine de génies de lenfer ou danges du, Cie1. En outre. ce qui a mis la confusion en cela, cest lillusion quj pro­ vient de ce que lhomme par lentendement peut sélever pres~ue d~ns la lum.ière du Ciel, et par suite daprès lintelligence penser et parler des choses spirituelles, quel que soit lAmour de sa v0. 0 I),Lé ; comme on ignore cette vérité, tOUI ce qui concerne la régénération clla rénovation est aussi devenu inconnu. 606. De tout ce qui précède on peut lirer ces conûlusions, qu~, lhomme non régénéré est comme celui qui voit des apparitions pen· dant la nuit, et croit que ce sont des hommes; qu~ensuite. qpand il est régénéré, il est comme ce même homme qui. le matil1 recon­. naiL que ce qun a vu la nuil était un jeu de lIlnagination; et que, plus tard, lorsquil a été régénéré, il est comme ce même homme qui dans le jOllr reconnaîl que cétaIt un délire. Lhomme non· ré­ généré est comme celui qui- rêve, el lhomme ré~énéré llst comme celui qui veille; dans la Parole, la vie naturelle est aussi comparéei ail sommeil, et la vie spirituelle à la veille. Lhommenon régénéré est signifié pal les Vierges iosensées qui avaienLdes lampes et qui navaient point dhuile, et le régénéré est signifié par les Vierges prudentes qui avaient des lampes et en même temps de lh-uil(};
  • RELIGION CnRÉTIENNE. Ut par le5 lampes sont signifiées les choses qui appartiennent à len­ tendement, et par lhuile celles qui appartiennent à lamour. Les régénérés sont comme les lampes allumées du Chandelier dans le TabernaCle; ils sont aussi comme les pains des faces avec lencens posé dessus; et ce sont eux qui resplendiront comme la splendeur . de létendue, et brilleront comme les étoiles pendant le siècle et léternité, - Daniel, XII. 3. - Lhomme non régénéré est comme celui qui est dans le jardin dÉden, et mange de lArbre de la . science du bien et du mal, et est pour cela même chassé du jar­ din, bien plus fi est cet Arbre même; mais lhomme régénéré est comme celui qui est dans ce jardin, el Jlla nge de lArbre de vie; quil lui soit donné den manger, on le voiL par ces paroles dans lApocalypse: " A celui qui vaincra, je lui donne1ai à manger- de lArbre de vie, qui (esL) dans le milieu du Paradis de Dieu. » - 11. 7 ; - par le jardin dÉden est entendu linleHigence dans les choses spriluelles daprès lAmour du vrai, voir LApOCALYPSE RÉVÉLÉE, N° 90. En un mot, le non régénéré est le Fils du mé­ chant, et le régénéré est le Fils du Royaume, - Maltll. XIII. 38; - là, le fils du méchant est le fils du diable, et le fils du Royaume; est le Fils dU! Seigneur. LHomme régénéré est en communion avec les Anges du Ciel, et le non-régénéré en communion avec les Esprits de lEnfer 607. Si tout homme est en communion, cest-à-clire, en con50­ ciation avec les Anges du Ciel ou avec les Esprils de lEnfer, cest "Parce quil est né pour devenir spiriluel, et que cela nest pas pos­ sible, à moins quil ne soit dans quelque conjonction avec ceux qui sonl spirituels ; que lhomme quant au mental soit Mns lun ef., lautre Monde, le naturel et le spirituel, cela a été montre dans le Traité DU CIEL ET DE LENFER; mais lhomme, lAnge el lEsprit, ne savent rien de celle cO!ljoncLion; et cela, parce .que lhomme, t·ant quil vit d~ns le Monde, est dans un état naLurel, et que lAnge et lEsprit sont dans un état spirituel, et quen jaisOn de la diffé­ rence entre le naturel et le spirituel, lun napparaît·pas à lautre; ceLte différence, telle quelle existe, a été décrite dans le Traité de
  • U2 LA VRAIE LAMOUR CONJUGAL, dans le Mémorable N° 326 fi 329; doù il ré­sulLe évidemment quils sout conjoints, non pas quant aux pen­sées, mais quant aux affections; et sur celles-ci à peine quelquunréfléchit-il, parce quelles ne sont pas dans la lumière dans la­quelle est lentendement et par suite la pensée de lenteadement,mais elles sont dans la chaleur dans laquelle est la volonté et parsuite laffection de Jamour de la volonté; la conjonction par lesaffections de lamour entre les hommes et les Anges et Esprits estsi étroite, que si elle était rompue, et que par suite ils fussent sé­parés, les hommes tomberaient à linstant en défaillance, et quesi elle nétait pas réparée, et quils ne fussent pas conjoints, leshommes expireraient. Sil a été dit que lhomme par la régénéra­ tion devient spirituel, il est entendiJ par là, non pas quil devient spirituel, tel quest lAnge en lui-même, mais quil devient spiri­ tuel-naturel, cest-à-dire que le spirituel est inlélieurement dansson naturel, de la même manière que la peusée est dans la parole,et la volonté dans laction, car lune cessant lauLre cesse; demême est lEsprit de lhomme dans chacune des choses qui sefont dans le corps, et cest lui qui pousse le nalurel ~ faire ce quilfait; le naturel considéré en lui·même est le passif ou la forceIIIorte, et le spirituel est lactif ou la force vive; le passif ou laforce morte ne peUL pas agir de soi-même, mais il faut quil soitmis en action par lactif ou la fOlce vive. Comme lhomme vit con­tinuellement en communion avec les habitants du Monde spiri­tuel, cest pour cela même que, lorsquil sort du llonde naturel ilse trouve aussitôt avec ses semblables avec qui il était en commu-­nion dans le Monde; de là dent que chacun après la mort sima­gine vivre encore dans le Monde, car alors il vient dans la com-·pagnie de ceux qui lui ressemblent quant aux affections de savolonté; et il les reconnaît, cOl,ome lès parents et les alliés recon­naissent les leurs dans le Ifonde, et cest pour cela que, dans laParole, il est dit de cellx qui meurent, quils ont été assembléset recueillis vers les leurs. Daprès ce qui vient dêtre dit, on peutvoir qne lhomme régénéré est en communion avec les Anges duCiel, et le non-régénéré en communion avec les esprits de lenfer. 608. Il faut quon sache quil y a trois Cieux distincts entre euxselon les trois degrès de lamour èt de la sagesse; que lhomme,
  • RELIGION CHRÉTIE~NE. 14.3selon la régénération, est en communion avec les Anges de cestrois cieu·x; et que, c"ela étant ainsi, le lIenlal humain a été dis-tingué en trois degrés ou régions selon les cieux; mais sur cestrois cieux et sur leur distinction selon les trois degrés de lamouret de la sagesse, voir dans le Traité DU CIEL ET DE LE~FER,Nol 29 et suir., el aussi dans lOpuscule DU COM~IERCE DE LAMEET DU CORPS, Nol 16, 17. Ici, il sera seuleme~t illustré par unecomparaison quels sont les lrois degrés selon lesquels ces cieuxont été distingués: Ils sont comme la lête, le corps et les piedsdans lhomme; le Ciel suprême fait la Têle, Ole Ciel moyen fait leCorps, et le dernier Ciel fait les pieds; car le Ciel enlier est de-vant le Seigneur comme un seul homme : quil en soit ainsi. cestce qui ma été prouvé par démonslration oculaire; car il ma élédonné de voir une Société du Ciel, composée dune myriadedanges, comme un seul homme; pourquoi le ciel entier ne se-rail-il pas ainsi devant le Seigneur? Sur celle vive expérience,voir dans le Traité DU CIEL ET DE LENFER, N° 59 el suiv. - Da-près cela, on voi-t clairemenl de quelle manière est entendu cedogme connu dans Je Monde Chrétien, que lÉglise faille Corpsdu Christ, et que le Christ eslla vie de ce corps: par là aussi peutêlre illustré ce point, que le Seigneur est lout dans toutes leschoses du ciel, car il est la vie dans ce corps; de même le Sei-gneur est lÉglise chez ceux qui Le reconnaissent Lui Seul pourle Dieu du Ciel el de la Terre, el croient en Lui; quil soit le Dieudu Ciel et de la Terre, il lenseigne Lui-Même dans Matthieu, -XXVIH. 18; - et quil faille croire en Lui, ill~nseigne dans Jean,-Ill. 15, 36. VI. 40. XI. 25, 26. 609. Ces trois degrés dans lesquels sont les cieux, par consé-quent dans lesquels est Je Mental humain, peuvenl aussi en quel-que sorle. être illustrés par des comparaisons avec les choses ma-térielles dans Je Monde: Ces lrois degrés son t comme lOr, lAr-gent elle Cuivre sont enlre eux par leur valeur; il est fait aussiune comparaison avec ces mélaux dans la Statue de Nébuchadné-zar, - Dan. Il. 31 et suiv. - Ces trois degrés sont encore dis-tingués entre eux, comme le sont en purelé et en bonté le Rubis,le Saphir et lAgate; et allssi comme lOlivier, le Cep el le Fi-~uier, et ainsi du reste; el même, dans la Parole, lOr, le Rubis et
  • LA VRAIE lOlivier signifient 1e bien céleste, qui est le bien du Ciel suprême; lArgent, le Saphir et le Cep signifient le bien spirituel; qui est le bien du Ciel mo)en ; et le Cuivre, lAgate et le Figuier signifierit Je bien naturel. qui est le bien du dernier Ciel: quil y ait trois de~ grés, le céleste, le spirituel et le naturel, cela a été dit plus haut. 6tO. A ce qui a été dit précédemment il sera ajouté ceci, quela Régénération de rhomme se fait non pas en un moment, maissuccessivement depuis le commencement jusquà la fin de la viedans Je Monde, et est ensuite continuée et perfectionnée; et commelhomme est réformé pa"r des combats et des victoires sur les mauxde sa chair, cest pour cela que le Fils de lhomme dit à chacunedes sept Égli~es, quil fera ùes dons à celui qui aura vaincu; ainsi,à lÉglise dEphèse: «A çelui qui vaincra, je lui donnerai àmanger de lArhre de vie. • - Apoc. Il.7. - A JEglise des Smyr­néens: « Celui qui vaincra ne recevra aucun dommage de lamort seconde. ) - Vers. 11. - A JÉglise dans Pergame: A If ce­lui qui vaincra, je lui donnerai à manger de la manne cachée. Il- Vers. 17. - A lÉglise dans Thyalire: Celui qui vaincra, je Iflui donnerai pouvoir sur les nations. Il - Vers. 26. - A lÉglisedans Sardes: Celui qui vaincra, il sera revhu de vÜementshlancs. Il - III. n. - A lEglise dans Philadelphie: cc Celui quivaincra, je le ferai une colonne dans le Temple de Dieu. Il ­Vers. 12. - A JEglise des Laodicéens: « Celui qui vaincra, jelui donnerai de sasseoir avec Moi en mon Trtme. • - Vers. !1.- En dernier lieu il sera ajoulé ceci; que, autant lhomme estrégénéré, ou autant la régénération est perfectionnée chez lui)alitant il ne saltribue rien du bien et du vrai, cest-à-dire, de lacharité et de la foi, et attribue tout au Seigneur; car les vrais quilpuise successivement le lui enseignent dune manière manifeste.Autant lHomme est régénéré, autant sont éloignés les péchés, et cct éloignemer:tt est la Rémission des péchés. 611. Si, autant lhomme est régénéré, autant sont éloignés lespéchés, cest parce que la régénération consiste à réprimer là
  • RELIGION CHRÉTIENNE. 145 chair pour quelle ne domine pas, et à dOl"npter le vieil homme avec ses convoitises pour qujl ne se relève pas, et ne détruise pas lintellectuel; car celui-ci étant détruit, lhomme nest plus sus­ ceptible de réformation, laquelle ne peut se faire, à moins que lesprit de lhomme, qui est au-dessus de la chair, ne soit instruit et perfectionné, Quel est lhomme, dont lenlendement est encore sain, qui ne puisse daprès cèla conclure que de telles choses ne peuvent pas être faites en un moment, mais quelles le sont suc­cessivement, de la même manière que lhomme est conçu, est porté dans lutérus, naît et est élevé, selon ~e qui a été montré ci­ dessus? en effet, les choses qui appartiennent à la chair ou au vieil homme sont inhérentes par naissance, et construisent la pre­ mière maison de son mental, dans laquelle les convoitises ha­ bitent coinme des bêtes féroces dans leurs loges; et elles habitent dabord dans les vestibules, et entrent parfois comme dans des par­ ties soulerraines de celle maison, et ensuite elles monlent pal des escaJiers et se construisent des chambres ;ce qui a lieu successi­ vement, à mtlsure que lenfant croît, devient petit garçon el en­ suite adolescent, et qualors il commence à penser daprès son propre entendement, et à agir daprès sa propre volon lé ; qui esl­ ce qui ne voit pas que cette maison jusqualors conHruile dans le mental, et dans laquelle les convoitises se tiennent par la main et dansent comme des ochim, des· jiims et des satyres, ne petit pas être détruite en un moment, et quune nouvelle maison ne peut en un moment être construite à sa place? Les convoitises qui se tiennent par la main, et qui se diverlissent ainsi, ne doivent-elles pas" dabord être éloignées, et de nouveaux désirs conCerllllnt le bien et le vrai ne doivent-ils pas élre introduits à la place des cu­ pidités qui appartiennent au mal et au faux? Qlle ces choses ne puissent être f~ites en un moment, tout homme sage pelll le" oir par cela seul que tout. mal est composé dinnomhrables conoi­ tises, et quil est comme un fruit qui en dedans de sa pellicule est plein de vers au corps blanc et il la tête noire, et aussi "en ce que les maux sont nombreux et conjoints entre eux, comme une li­ gnée daraignées lorsquelle sort du ventre de la mère; si donc I.cs maux ne sont pas mis dehors lun après lautre, et cela jusquil ce que la ligne ait été brisée, lhomme ne peut pas devenir nouveau. Il iO
  • t46 LA. VRAIE Ces détails ont été donnés, afin quon sache que, autant quelquon est régénéré, auLant sont éloignés ses péchés. 6t 2. Lhomme par naissance incline vers les maux de tom genre, eL daprès linclination il les convoiLe, eL mclme autant quil en est libre il les fait; car pllr naissance ilconvoiLe la domination sur les au tres et la possession des biens des autres, deux choses qui brisant lamour à légard du prochain; et alors il prend en haine quiconque soppose à lui, et daprès la haine il respire la vengeance, qui intélÏeurement fomente le meurtre; de là vient aussi quil regarde comme rien les adultères, comme rien les dé­ prédations qui sont des vols clandestins, el comme rien les blas­ phèmes qui sont aussi des faux témoignages; et celui qui regarde ces maux comme rien esL aussi un athée de cœur; tel esL lhomme par naissance; il est donc évidenL que par naissance il est· lenfer dans la forme la plus petite, lIainlenant, comme lhomme quant aux intérieurs de son menLal esL né spirituel, tout auLrement que la hête, par conséquent est né pour le ciel, eL que cependant son homme naturel ou externe est lenfer dans la forme la plus pétite, ainsi quil vienl dêtre dit, il sensuit que leèiel ne peul pas être implanté où est lenfer, si lenfer nest pas éloigné. 6t3. Celui qui saiL commenLle Ciel et lEnfer sont entre. eux, et comment lun est éloigné par lautre, peut savoir comment lhomme est régénéré, et aussi qliel hom,me.a été régénéré; pour que cela soit compris, il sera exposé en sommaite, que tous ceux qui sont dans le Ciel regardent le Seigneur par la face, et que tous ceux quisont dans lEnfer détournent leurs faces du Seigneur; cest pour.:quoi, lorsque du Ciel on regarde lenfer, ceux-ci apparaissenL seu­lement par ltlcciput et par le dos; bien plus ils apparaissent même renversés, comme les antipodes, les pieds en haut et la tête enbas; et cela, quoiquils. marchent sur les pieds, et tournent la facede côté et dautre, car cest la direction opposée des intérieurs deleur mental, qui produit ceLte vue; ces choses étonnantes, je lesrapporte carome témoin oculaire. Par là il ma été découvert dequelle manière se fait la régénération, à savoir, quelle se fait·ab­solumenL de même que lEnfer est éloigné et ainsi séparé du Ciel;car, ainsi quil a été dit ci-dessus, lhomme quant à la premièrenature quil tient par naissance est lenfer dans la forme la plus
  • RELIGION CHRÉTIENNE. U7petite, et. quant ~ la ·seconde nature quil lient dune seconde nais­sance il est le Ciel dans la forme la plus pelite. JI suit de là llue lesm3UX chez lhomme sont éloignés el séparés de même quil en està légard du Ciel et de lEnfer dans la grande forme, el que les!Danx, à· mesure quils sont éloignés, se détonrnenl du S.eignenretse renversent successivement, et que cela se foil :lU même d~ gré que le Ciel est Implanté, ce51-à-dire, à mesure que lhonmic devient nouveau. A cela il sera ajoulé pour illustration, que chaqJe mal chez lhomme li une conjonction avec ceux qui dans lenfer sont dans un semblable mal, et que vice ve7sâ chaque bien chez lhomme a IIne conjonction avec ceux qui dans le Ciel sonldans un semblable bien. 614. Daplès ce qui vient dêtre rapporté, on pellt voir qne,la rémission des péchés nen est ni lexlirpation ni le nelloiemcnl, mais que cen·est léloignemtnt et ain~i la séparation; puis aussi qlle tout mal, qiJe lhomme sest en actualité approprié, resle; et 1 comme la rémission des péchls en est léloignement et la sépara­ tion, il sensuit qùe lhomme est par le Seigneur délourné dti ma.! et tenu dans le bien; et que cest cela qui esl. donné A lhomme Pilr la ré~énéralion. Un jour, jen tendis dans le dernier Ciel quel­ quun qui se disait exempt de péchés p.1rce quils avaient élé n~t­ tayés, ajoutant que cétait par le sang du Chrisl; mais comine il ~tait au-dedans du. Ciel, et que celte erreur provenait de rigno~ rance, il fut plongé dans ses propres péchés, et à mesure quils revinrent, il les reconnut; alors il accepta la nouvelle foi, qui était, que tout homme, comme tOllt Ange, est par le Seigneur détour.né des maux et tenu dans les biens. J)après cela, on voit clairement ce que cest que la Rémission des péchés, quelle nest point ins­ tantanée, mais quelle suit la régénération selon ses p,ogrès. Lé­ loignement des ,péchés, qui est appelé rémission des péchés, pellt être comparé au rejet des immondices hors du Camp des fils d[s­ raël dans le déserl qui était alenlour, .car leur Camp représentait le Ciel, et le Déser( lEnfer. Il peut aussi êlre comparé à léloi­ gnement des nations davec les fils dIsraël, dans la lerre d~ Cha,­ naan, et des Jébuséens hors de Jérusalem; ces nations .furent non pa.~ rejetées, mais séparées. Il.peut ê.tre comparé à Dagon, le Dieu des Philistins, qui, après que "Arche eut été introdui:e dans son
  • us LA VRAIE temple, tomba dabord 3 terre sur ses faces, et ensuite fut trouvé sur le seuil la tête et les mains coupées, ainsi non rejeté, mais. éloigné. Il peut être comparé aux démons envoyés par le Seigneur dans des pourceaux, qui ensuite se précipit.èrent dans la mer; par. b mer, ici et aillcurs dans la Parole, est signifié lenfer. Il peut aussi être comparé à la troupe du dragon, qui, séparée du ciel, sempara dabord de la terre, et fut ensuite précipitée dans len­ fer. Il peut encore être comparé à une forêt, où sont en grand nombre des hêles sauvages; quand la forêt est coupée, les bêtes sauvages se sauvent dans les halliers dalentour, et alors la terre aplanie dans le milieu est cultivée en champ. La Régénération nest point po!>sible sans le Libre Arbitre dans les choses spirituelles. 6HS. Qui ne peut voir, à moins ,dêtre stnpide, que lhomme, sans le Libre Arbitre dans les choses ~pirituelles .. ne peut être ré­ généré? Sans ce Libre Arbitre peut-il sadresser au Seigneur, et Le reconnaître pour Rédempteur et Sauveur, et pour Dieu du Ciel et de la Terre, comme le Seigneur lenseigne Lui-Même? - Matth. XX~III. 18. - Sans ce Libre Arbitre, qui est-ce qui peut croire, cest~à-dire, regarder le Seigneur par la foi et Ladorer, sappli­ quer à recevoir de Lui les moyens et les bienfaits du salut, et coo­ pérer daprès Lui pour les recevoir? Sans le Libre Arbitre, qui est­ ce qui peut faire quelque bien au prochain, et exercer la Charité, outre plusieurs choses qui appartiennent à la Foi et à la Charité, les introduire dans la pensée et dans la volonté, les en faire sortir,.et les meUre en acte? Autrement que serait la Régénération, si­ non un simple mot échappé de la bouche du Seigneur, - Jean, III, - mot qui, ou reste dans loreille, ou passant dans la bouche daprès la pensée la plus proche du langage devient un son arti­ culé, de douze leures seulement, lequel son ne peut être élevé par aucun sens dans allcun région supélieure du mental, mais tombe dans lair où il se dissipe? 616. Dites, si vous le pouvez, si jamais il peUL exister sur l,a Régénération IIne stupidité plus aveugle que celle quon trouve
  • RELIGION CHRÉTIENNE. f49 chez ceux qui se confirment dans la Foi daujourdhui, à ~:"oir, que la foi est infusée dans lhomme lorsquil est comme une souche 011 comme une pierre, et qualors celle foi infuse est suivie de la justification, qui est la rémission des péchés, la légénération, outre plusie~lrs autres oons ; et que lopération de lhomme ooit être ab­ solument exclue, afin quelle ne porte aucune violence au mérite du Orb:;t : pour que ce dogme fût établi encore plus solioement, ils Ollt ôté à lhomme lout libre arbitre dans les choses spiriluelles, en admettant une complbte impuissance pour ces choses; et pour lors comme si Dieu opérait seulemcnt de son côté, et quil neût été donné à lhomme aucune puissance de coopérer ou sien, et ainsi de se conjoindre; que serait alors lhomme quan t à la régén6ra­ tion, sinon comme ayant les mains et les pieds liés, semblable à ceux qui sont enchainés dans les vaisseaux appelés galères, et comme eux puni et condamné à mort, sil se dégageait des me­ nolles et des fers aux pieds, cest-à-dire, si daprès le libre ar­ bitre il faisait du bien au prochain, et si daprès lui-même il croyait en Dieu pour cause de i>alut? Que serait lhomme confirmé oans de tels dogmes, et cependant dans un pieux Qésir du Ciel, sinon une sorte de fantôme se tenant dans celle vision, à savoir, si celle foi avec ses bénéfices a été infusée, ou, en cas quelle ne lait pas été, si elle sinfuse, par conséquent si Dieu le Père a eu pitié, ou si son Fils a intercédé, ou si lEsprit Saint occllpé ailleurs na pas opéré; et enfin daprès sa complète ignorance cesserait de sen occuper et se consolerait, en di:ianl: « Peut-être que celle grâceest dans la moralité de ma vie, dans laquelle je suis et je restecomme auparavant, et par conséquent sainte en moi, mais profaneen ceux qui nont pas obtenu celle foi; afin donc que la saintetéreste dans ma moralité, je me garderai bien par la suite dopérerde moi-même la foi et la charité, etc. Quiconque pense il la Ré­ 1)génération sans le Libre Arbilre dans les choses spirituelles de­vient un semblable fantôme, ou, si on le préfère, untJ semblablestatue de sel. 6f7. Lhomme qui croit que la Régénélalion peut exisler sansaucun libre arbitre dans les spirituels, ainsi -sans coopérai ion, de­vienl, quant 11 tous les vrais de lÉglise, fJoid comme ~n cailloll, etsil séchauffe, il est comme dàIlS lin foyer le Lison qui brûle par le~
  • 150 LA VRAIEmatières combustibles quil contient, car il brûle de convoitises. IleSI, par comparaison, comme un palais qui senfonce dans la terrejusquau toit, et est inondé deaux bourbeuses, et après cela il ha-bile, lui, sur le toit nu, et sy construit une tente avec des roseauxde marécage, et enfin le toit senfonce aussi, et lui-même est sub­mergé. Il est encore semblable à un navire, où il y a des maréhan­dises précieuses de toule espèce, tirées de la Parole comme dune trésorerie, qui sont ou rongées par les rats et par les miles, oujetées à la Iller par les malelots, et ainsi les marchands sont pri­ vés Je leurs biens. Les érudits, ou ceux qui sont riches des mys-, tères de cette foi, sont semblables à des marchands ambulants qui, dans les auberges vendent des statues didoles, des fruits et des fleurs en cire, des coquillages, des vipères dans des bocaux, et dautres objets semblables. Ceux qui ne veulent pas regarder en haut par une puissance spirituelle quelconque, appliquée à lhomme et donnée pal le Seigneur, sont en actualité comm6 les hêtes qui regardent de la tête en bas, et cherchent seulement des pâturages dans les forêls ; el .si1s viennent dans les jar~ins, ils sont comme les. vers qui dévorent les feuilles des arbres; et sils voient des yeux les fruits, et plus encole sils les touchent des mains, ils les remplissenl de vers: et enfin ils deviennenl comme des serpents à écailles, leurs illusions sonnent et brillent comme les écailles de ces serpen ls ; et ainsi du reste.La Régénéra#on nest pas possible sans les vrais, par lesquels est formée la Foi, et avec lesquels se conjoint la Charité: 618. Lhomme est régénéré par ces trois, il savoir, le Seigne,!r, la Foi et la Charité, ces lrois seraient cachés comme les choses du plus haut prix enfouies en lene, si les Divins Vrais de la Parole . ne Ics mettaient pas en évidence; il Y a plus, ils reslent caohés pour ceux qui nient la coopération, Ion; même qUlis Iiraienl la Parole des cenlaines ou des milliers de fois, quoique ce! lIois y soienL dans Ilne lumière claire. Quant il ce qui concerne le Sei­ gneur, quel est lhomme; confirmé dans la foi daujourdhui, qui)" voit à œil ouvert que Lui et le Père sont un, quil est Lui-Même
  • RELIGION CHRÉTIENNE. HH le Dieu, du Ciel et de la Terre, et que la volonté du Pèrr r~t C(uon croie au Fils, outre dinnombrables vérités semblables sur le Sei· gneur dans lun et lautre Testament? cela vient de ce que de tels hommes nesont pas dans les vrais, ni par conséquent dans la lu- mière, dapr~s laquelle les vérités de ce genre peuvent être vues; et siia lumière était donnée, les faux néanmoins léteindraient, et alors ils passeraient sur ces vélités comme SUI des phrases cpuvp,rles de ratures; ou comme on passe sur des conduits soulerrains sans sapercevoir quon marche dessus: ceci a été dit, afin quon ~:lche que sans les vrais ce point principal de la régénération nest pas vu, Quant à ce qui concerne la Foi, elle ne peut pas non plus exis:- ter sans les vrais, car la Foi ct le vrai font une seule chose; en ef- fet, le bien de la foi est comme lâme, et les vrais en font le corps; cest pourquoi dire quoll croit 011 quon a la foi, et ne connaîlre aucun vrai de la foi, cest comme extraire lâme du corps, et par- Ier av~c celle âme, quon ne voit pas; de plus, tous les vrais quifont le cor.ps de la foi émellent deux-mêmes la lumière, écl~irentet,pré:;entent sa· face à la vue. II en est ne même de la Charité, elleémet delle-mème la chaleur, avec laquelle la lumière du vrai se conjoint, ainsi que fait la chaleur :lvec la lumiè~e dans la saison du printemps dans le Monde; par la conjonction de celle-ci les animaux et les végélaux de la terre reviennent dans leurs prolifi-ques: il en est de même de la Chaleur el de la Lumière spirituelles,elles se conjoignent pareillemen t dans lhomme, lorsque celui-ciest dans les vrais de la foi et en même temps dans les biens de lacharité; car, ainsi quil a été dit dans le Chapitre sur la Foi, riechacun des vrais de l:l foi efflue une lumière qui illustre, et de ch:l-cundes biens de la charité efflue une chaleur qlii embrase; )lui~, laLumière spirituelle dans son essellce est lIntelligence, et la Cha-leurspirit.uelle dans son essencé est lAmour, elle Sei~neur seullesconjoint LdlJles,deux chez lhomme, quand il le régénère; en effet,le Seigneur a dit: (1 Les paroles que Moi je prononce sont esp,itet sont vit. » - Jean, VI. 63. - Il Croyez en la Lumière afinque /ils de lumière vous soyez,. Moi, Lumière, dans le Mondeje suis venu . .. - Jean, XII. 36, 46. - Le Seigneur est le Soleildans le Monde spirituel; de ce Soleil procèdent toule lumière cttoule chaleur spiriluelle; et cetle lumière éclaire ct celle clwl9ul
  • 152 LA VRAIE. embrase, et la conjonction de lune et de lautre vivifie et régénère lhomme. CH9. Daprès ce qui précède, on peut voir que sans les vrais il ny a pas de connaissance du Seigneur; et aussi, que sans les vrais il ny a point de Foi, et ainsi point de Charité, que par conséquent sans les vrais il ny a aucune Théologie; et, où il ny a pas de théo~ logie, il ny a pas non plus dÉglise: telle est aujourdhui lAssem­ blée des peuples qui se nomment chrétiens, et se disenl dans la 1umière de lÉvangile, quand cependant ils sont dans lobscurité même; car les vrais y sont autant cachés SOIlS les faux, que lor,_ Jargent et les pierres précieuses ensevelies parmi les os dans la vallée de Hinnom : quil en soit ainsi, cest ce que jai vu claire­ ment dans lé Monde spirituel par les sphères qui effiuent du Chris­ tianisme daujourdhui et se propagent. La première sphère con­ cerne le Seigneur, cest de la Plage méridionale, où sont les savants dentre le clergé el le~ érudits dentre les laïques, quelle sexhale et se répand; elle va de tout" üôté, sinsinue dans les idées, et chez plusieuis elle ôte la croyance à la Divinité de JHumain du Seigneur, chez plusieurs elle laffaiblit, et chez plusieurs elle en fait une fo­ lie; et cela, parce quelle introduit en même temps la croyance à trois Dieux, et quainsi toul esl confondu. La seconde sphère, qui concelne la foi, est comme dans la saison de lhiver lin nuage noir (Jui répand les ténèbres, change les pluies en neiges, dépouille les arbles, gèle Jes eaux, el enlève toute pâture aux brebis; cettesphère conjointe il la première introduit une sorte de léthargie ausujet de Dieu un, de la régénération et des moyens de salut. La troisième sphère, qui concerne la conjonction de la foi et de lacharité, est si forte quon ne peut y résister; mais aujourdhui elleest abominable, et comme une peste elle infecte quiconque iaspire,et brise lotit lien entre ces deux moyens de salut établis dès la créa­ tioll du Monde, et renouvelés par le Seigr.eur ; celte sphère envahitallssi les hommes dans le Monde naturel, et éteint Jes torches con­jugales entre les vrais et les biens; jai senti celte sphère, et alorscomme je pensais à la Conjonction de la foi et ne la charité, ellesest interposée entre elles, el sest violemment efforcée de les sé­parer: les Ange!! se plaignent de ces splJère~, et prient le Seigneurde les dissiper; mais ils ont reçu pour réponse quellcs n"e peuvent
  • RELIGION CHRÈTIENNE. 153 êlre dissipées lant que le Dragon est sur la terre, puisquelles pro­ cèdent des Esprits du dragon, car il est dit du Dragon, quil fut jeté sllr la lerre, et alors il est ajouté: « A cause de cela, réjouissez­ vous, Cieux; et malhew à ceux qui habitent la tene!» - Apoc. XII. 12. - Ces trois sphères sont comme des atmosphères poussées par une tempête, elles ont pour origine les souilles des Dragons; et, comme elles ~ont spirituelles, elles envahissent les mentais et les assujettisenl. Les sphères des vérités spiriluelles y sont en­ core en pelit nombre, seulement dans le Nouveau Ciel. et sous le Ciel chez ceux qui ont élé séparés davec les Esprils du Dragon: voilà pourquoi ces Vérités aujourdhui dans le Monde chez les hommes ne sont pas plus visibles, que Ile le sont des Vaisseaux dans la mer Orientale pour des Pilotes eL des Matelots qui navi­ guent sur la mer Occidentale. 620. Que la Régénération ne soit pas possible sans les vrais par lesquels est formée fa foi, cest ce qui: peut être illustré par ces comparaisons; elle nexisle pas plus que le !lent:!l humain nexiste sans lentendement, car lentendement est formé par les vrais, et par conséquent enseigne ce quil faut croire, et ce qnil faut faire, et aussi ce que cest que la Régénération, et comment elle se fait. La Régénération sans les vrais nest pas plus possible, que la vivi­ fication des animaux et la végétation des :ubres sans la lumière du soleil; car si Je soleil ne donnait pas la lumière en même tempsquil donne la chaleur, il deviendrait, ainsi qui! est décrit danslApocalypse, comme un sac de poil, - VI. 12, - el noirci, - Joël,In. 4, - et ainsi il y aurait dépaisses ténèbres sur la terre - Joël,IV, t 5; - il en selail de même de lhomme sans les vrais qui émet­ 1tent deux-mêmes la lumière; car le Soleil, doù profluent les lu­mières des vérilés, est le Seigneur dans le Monde spirituel; si lalumière spirituelle ninfluait pas de là dans les mentaIs humains,lÉglise serait dans dépaisses ténèbres, ou dans lombre produitepar une perpétuelle éclipse. Une Régénération, qui se. ferait par lafoi et la charité sans les vrais qui enseignent et conduisent, seraitcomme une navigation sur le grand océan sans gouvernail, ou sans ,boussole et sans cartes; et comme une cavalcade dans une forêtépaisse au milieu de la nui!. La vue irik:rne du mental chez ceuxqui sont non dans les vlais mais dans. les fà~, et qui croient que
  • {54 LA.. VRAI~ces fa~~ sont des vr~i~" p~~t être com,parM à la vue, de .JIe.Q~. ch,~.qui les nerfs optiqnes ont été obstrués, et dont lœil pira~t né~n:moins sain et voyant, quoiquil ne voie rien, cécité que le& M4dj};-,cin~ appellent Amaurose et Goulle sereine; car chez eu.x le, rati,QU-.ne on lintellectuel est obstrué par cn haul, et seulement ouvert·par en bas, doù il suit que la lumière ratiOllnelle esi comme la,lumière oculaire, et par suite tous le,s jugements sont se~lemen.timaginaires et liés ensemble par de pures illusions: et alor~ les J •hommes seraient comme des Astrologues qui se tiennent dans lesplaces publiques avec de longues lunettes, et font de vainespr~­dictions; tels deviendraient tous ceux qui font leur étude de la.Théolpgie, si le~ Vrais réels procédant de la Parole nétai,enl paionverts par le Seigneur. . .. . .. . . 62i, Aux explications de ce Chapitre seront joints ces ~B~O­RABLES:PHEMIER MÉMORABLE. Je vis une Assemblé~ d)i:sprits,top~ à genoux, priant Dieu d.é leur envoyer de& Anges, a,,~c qui iils pussent parler houche à bouc~e, et ouvrir les pensées de le"I1,cœur i et, quand ils se relevèren t, troi~ Anges "étus de fin liDo fu­rent vus debout en leur prés~nce,. ct dirent: Le Seigneur Jél)us­ fiChrist a entendu vos prières, el nous a en conséqu!lncjl envoyésvers vous; décollTez-noqs les pensées de votre cœur. " Et. ils ré­pondirent: « Les Prêtres nous ont dit que, dans les matières Théo­logiques, cest la foi qui a de la force, et non lEntendement, etque la Foi intellectuelle dans ces matières nest daucun aVantage,parce quelle vient et tire sa sagesse de lhomme et nQn de Di~~ ..Nous sommes Anglais, et nou~ avons appris de notre Saint Mil!ir;­tère plJlsieurs choses que nous avops ,crues, mais qual,d. no.u~ ilVOnSconversé avec dautres qui se di~aient.~ussi,RHormés, et avec d;m-.tres qui se disaient Cathllliques-Rolllai~~, eten oULIe avec. des sel}­taires, ils nous paraissaient tou.s savan!", qqQique cepelJdan~ enbeaucoup de choses ils ne saccordassent pas.; et néanmoins tousnous dirent: CROYEZ-NOUS; et quelques-uns: Nous SO~.~ES us.AIINISTRES DE DIEU, ET NOUS POSSEDONS LA SCIENCE. Mais commenous savons que les D!vines Vérités, qui sont appelées vérilés dela foi et qui apparti.6unentà lÉglise, ne sont chez aucune personnedaprès le s.ol natal, ni dap,rès lhéri~djt~ire! ma-is vie.!n.~pt ~e Di~u
  • RELIGION CHRÉTIENNE. 155 l par le Ciel; et comme ces vérités montrent le chemin qui conduit au ciel, ét entreni dans la vie avec le bien de la charité, et ains conduisent à la vie éternelle, nous sommes devenus inquiets, et, nous avons adressé il genoux des prières à Dieu. » Alors les Anges répondirent « Lisez la Parole, et croyez au Seigneur, et VOliS ver- rez les Vérités qni clevronl apparlenir fi voIre foi et à votre vie; tous dans le Monde Chretien puisent. lellrs Doctrinaux dans la Pa- role comme dam. la source unique. w Mais deux Esprits de lAs- sembléf dirent: « Nous avons lu, et nous navons pas compris. "Et les Anges répondirent: « VOliS ne vous êtes point adressés au Sei- gneur, qui. est la Parole; et en outre, auparavant, vous vous étiez confirmés dans des faux." Et les Anges ajoutèrent: « Quest-ce que la foi sans la lumière? et quest-ce qlie penser sans corr.pren- dre? Cela ne!!t pas Humain; les corbeaux et les pies peuvent aussi apprendre à parler sans lentendement; nous pouvons vous. assu- . rer que Lout homme, dont lâme désire, leut voir les vérités de la Parole dans la lumière; il ny a pas danimal qlli ne cO)lDaisse la nOtlrrilure qui convient il sa vie, quand il la voit; et lhomme est un Animal rationnel el spirituel, il voit la nourriture qui convienl ~ sa vie, non pas du corps, comme le simple animal, mais de Jâme, nourliture qui est le vrai de la foi, sil en est affamé et quil la de- mande au Seigneur; en outre, tout ce qui nest pas reçu par Jen- tendement ne sattache pas à la mémoire quant à la chose, il sy attache seulement quant aux mots; cest pourquoi, quand du ciel nous avons porté nos regards sur le Monde, nous navons rien vu, mais seulement nous avens entendu des sons, la plupart discor- dants: mais nous allons exposer certaines choses, que les &avants du Clergé ont éloigltées de lentendement, ne sachant pas quil y a deux chemins qui concluisent à lEntendement, lun venanl du IIonde, et lautre du Ciel, et que le Seignelll retire hOIs dll Monde.lEnlendement quand il léclaire ; mais si lEntendement est fermé daprès la Religion, le chemin qui vient du Ciel lui est fermé, et alors dans la Parole lhomme ne voit pas pIns quun aveugle; nous aons Vll plusieursde CClix-lit lombe. dans des fosses dont ils ne sorit poinl sorlis. Soient des Exemples pOlir illustration: Ne pou- vez-volis 11as comprendre ce que cest que la Charité, et ce que ctst que la Foi; que la Charité est de bien agir avec leplochain.
  • 156 LA. VRA.IEe"t la foi de penser sainement de Dieu et des choses essentielles delÉglise, et que par conséquen t celui qui agit hieu et pense slline-ment, cest-à-dire, qui vit bien et croit sainement, est sauvé? Al)cela ils dirent: "Nous le comprenons.» Les Anges ajoutèrent: " Ne pouvez-volls pas comprendre quil faut que lhomme fassePénitence de ses péchfs pour quil soit sauvé.; que si lhomme nefait pas pénitence, il reste dans .Ies péchés dans lesquels il est né;et que faire pénitence, cest ne point vouloir les maux parce quilssont contre Dieu, et une fois ou deux par an sexaminer, voir sesmaux, les confesser devant le Seigneur, implorer du seconrs, re-noncer aux péchés, et commencer une nouvelle vie, et quautantil fait cela et croit au Seigneur, autant les péchés lui sont remis? If Alors ceux de lAssemblée dirent: "Nous comprenons cela, et par conséquent nous comprenons aussi ce que cest que la Rémissiondes péellés. » Et alorsils prièrent les Anges de les instruire en-core davantllge, et même tII ce moment sur Dieu, sur limmorta-lité de lâme, sur la Régénération et sur le Baptême; à celte de-mande les Anges répondirent: «Nous ne dirons aucune choseque vons ne puissiez comprendre, autrement nos paroles tombe- raient comme la pluie sur le sable et sur les semences qui y sont, lesquelles, quoiquarrosées par les eaux du ciel, dépérissent etmeurent. » Et ils dirent à légard de Dieu: " Tous ceux qui viventdans le Ciel y obtiennent une place, et par suite une joie éternelleselon JUée quils ont de Dieu, parce que celle idée règne univer-sellement dans tou tes les choses du Culte; lidée de Dieu commeEsprit, quand on croit que lesprit est comme léther ou le vent,est une idée vaine; mais lidée de Dieu comme Homme est uneidée juste; car Dieu est le Divin Amour et la Di~ine Sagesse avectoute leur qualité, et leur Sujet est lHomme, et non léther ou levent; lidée de Dieu dans le Ciel est lidée du Seigneur Sauveur;Lui-~ême est le Dieu du Ciel et de la Terre, comme il la ensei-gné ; que votre idée de Dieu soit semblable 3 la nôtre, et nous se-rons consociés. » Pendant qui1s prononçaient ces paroles, leursfaces resplendissaient. Sur lIMMOIITALITÉ DE r:AME ils dirent: cc Lhomme vit éternellement, parce quil peut être conjoint 11 Dieupar lamour el par la foi; chacun le peut; que celte Possibilité fasselimmortalité de lâme, vous pouvez le comprendre pour pe~ que
  • RELIGION CHRÉTIENNE. {57vous y pensiez profondément. .. Sur la RÉGENERATION ils dirent:K Qui ne voit que chaque homme a la liberté de penser à Die~,et de ny pas penser, pourvu quil soit instruit quil y a un Dieu,quainsi chacun a la liberté dans les choses spirituelles de mêmeque dans les choses civfIes e.t naturelles? Le Seigneur donne con-tinuellemeut celle liberté à tous les hommes; aussi lhomme de-vient-il coupable, sil ny pense pas; lhomme est homme parcequil peut penser il Dieu, et la bête est bête parce quelle ne lepeut pas; cest pour cela que lhomme se peut réformer et régéné-rer comme par lui-même, pourvu quil r.econnaisse de cœur quecest par le Seignenr; tout homme qui fait pénitence et croit auSeigneur est réformé et régénéré; lhomme doit faire lun et lau-tre comme par lui-même, mais GO~IME PAil LUI-MÊME, cest par leSeigneur. Il eit vrai que Jhomme de lui-même ne peut nullementy contribuer, pas même en la moindre chose; cependant vous na-vez pas été créés statues, mais vous avez été créés Hommes, pourfaire cela par le Seigneur comme par vous; cest là lunique réci·proque de lamoJjr et de la foi que le Seigneul veut absolumentque lhomme accomplisse envers Lui; en un mol, faîtes par vous-mêmes, et croyez que cestpar le Seigneur, de cette manière vousfaites comme par vous-mêmes. Il Mais alols ils demandèrent sifaire comme par soi-même a été mis dans lhomme par création;lAnge répondit: Cela ny a point été mis, car faire par soî-même Kappartient à Dieu Seul, mais cela est donné continuellement, cest- à-dire, est adjoint continuellement; et alors en tant que l:homme fait Je bien et croit le vrai comme par lui-même, il est IJO Ange du ciel; mais en tant quil fait le mal et par sUite croit le faux, ce qui aussi est comme par lui-mème, il est un Esprit de lenfer; que ce soit aussi comme par lui-même, vous en êtes étonnés, mais néan- moins vous le voyez. quand en priant vous demandez à être préser- vés. du diable, de peur quil ne vous séduise, quil nentre en vous comme dans Judas, quil ne vous remplisse de toute iniquité, et . quil ne détruise et votre âme eL voLre corps: mais quicouque croit quil agit par soi-même, soit quil fasle le bien soit quil fasse le mal, devient coupable, tandis que celui qui croit quil agit comme par soi-mème ne devient pas coupable; car si cclIIi-là croit que le bien vient delui, il sarroge ce qui appartient à· Dieu; et sil croit
  • LA VRAm que le mal vient de lui, il sattribue ce qui appartienlau diable... Sur le BAPTÉME, ils dirent: .. Cest une Ablution spirituelle, qui est la Réformation et la Régénération, et lEnfant est réformé et régénéré quand, devenu adulte, il fail ce que ses Parrains ont pro­ mis pour lui, à savoil, ces deux choses, la Pénitence ct la Foi en Dieu, car ils promeLlent: t quil renoncera au diable et à tout,es O ses œuvres; 2° quil croira en Dieu; tous les Enfants dans le Cid sont initiés dans ces dèux clIOses, mais pour eux le diable est len­ fer, et Dieu est le Seigneur: de plus, le Baptême est un signe de­ vant les Anges que lhomme est de lÉglise. » Après avoir entendu ces explications, ceux de lAssemblée dirent: Il Nous comprenons,cela ... Mais alors une voix fut entendue sur le côté, criant: .. Nous ne comprenons pas. " Et une autre voix: .. Nous ne voulons pas comprendre... El lon rechercha de qui étaient ces voix; et lon découvrit quelles venaient de ceux qui avaient confillnt chez eux les faux de 13 foi, et avaient "oulu quon les crût comme des ora­ cles, ct quainsi on les adoràt. Les Ange!; dirent: Il Ne vous en éton­ nez point; il Yen a beaucoup aujourdhui qui laur ressemblent; du Ciel ils nous apparaissent co III me des statues faites avec un tel art, quelles peuvent remuer les lèvres, et produire des sons comme de véritables organes, el ils ne savent pas si le souffle daprès le­ quel ils produisent les sons viem de lEnfer, ou sil vient du Ciel, parce quils ne savent pas si cest le faux ou si cest le vrai; ils rai· sonnent et raisonnellt, puis ils confimJent et confirment, et ils ne voient jamais si la chose est ou nest pas; mais sachez que le Gé­ nie humain pellt confirmer tout ce quil veUl, au point de le faire paraître comme sil existait réellement; cest pourquoi les héréti­ ques le peuvent, les impies le peuvent et même les athres peuvent confirmer quil ny a point de Dieu; et quil ny a que la Nature. If Ensuite celte Assemblée dAnglais, brûlant du désir dêtre sage, dit aux Anges: « On parle de la SAINTE-CÈNE de tant de manières différentes, dites-nous la vérité SUI çe sujet. Les Anges répon­ dirent: La Vérité est que lhomme qui porte ses regards vers le ftSeigneur, et qui fait pénitence, est par celle chose très-sainte con­ joint au Seigneur et introdui t dans le Ciel. " Mais ceux de lAssem. blée dirent: le Ceci est un llJy~tère. Et les Anges répondirent,: IfCl Cest un mystère, mais il est tel cependant, quil peut être com­
  • RELIGION CHR);;TIENNE. 1!S9 pris; le Pain èt 1e Vinne foot point ce mystère, il ny a rien de s::iint en èiix ; mais lePain matériel et le Pain spirituel se corres­ :poridentmutuellement, et aussi le Vin matÛiel et le Vin spirituel; et le Pain spïrituel est le Sainl de lamoUl, et le Vin spirituel est le Saint de la foi ,procédant lun et lautre du Seigneur, et étant lun et lautre le Seigneur; de I:~ la conjonction du Seigneur avec l~homme, el de lliointiie avec le Seigneur, non avec le pain etle tjn, inâis avec lamolJret la foi de lhomme qui a fait pénitence; et la conjonction avec le Seigneur est aussi lintroduclion dans le Ciel. » Et après que les Anges leur enrent dannr qnelques ins­ tructions sur la Correspondance, ceux de lAssemblée dirent: 1( Maintenallt pour la première fois nous pouvons aussi comprendre cela. » Et comme ils prononçaient ces paroles, voici, une tlainme descendant du ciel avec une grande lLimière les consocia avec les. Anges, et ils saimèrent muluellement. 622. SeCOND lûËMORARLE. Tous ceux qui ont été préparés pour le Ciel, cequi se fait dans le Monde des esprits, situé dans le mi­ lieu entre le Ciel et lEnfel" désirent avec soupir le Ciel, aprè~ que le tempsèst achevé, et incontinent leurs yeux sont ouver!s, et ils voient un chemin qui conduit à quelque sociélé dans le Ciel; lls entrent dans ce chemin, et ils montent; et dans la montée il y li une pode, à laquelle est placé un garde; ce garde ouvre la porte, et ils enlrent; alors au-devant deux vient un Examinateur qui leur dit, de la part du Modérateur, dentrer pIUs avant, et de cher­ eller sil y a quelque part des Maisons quils reconnaissent comme élant à eux, car pour chaque Ange novice il y a une maison nou­ velle j et sils en trouvent, ils le déclarent et ils y demeurent; mais sils nen trouvent pas, ils reviennent et disent quils nen ont pas /11 ; etalors il est examiné par un Sage si la Lumière qui est en eUx concorde avec la Lumière qui est dans la société, et principa­ lement sil y a concord:ince de Chaleur; car la Lumière du Ciel dans son essence est le Divin Vrai, et la Chaleur du Ciel dans son ëssence est le Divin Bien, lun et lautre procédant .du Seigneur comme Sbleil dans le Ciel ; sil ya en eux UDe autre Lumière et une autre Chaleur que la Lumière et la Chaleur de cetle Société, cesf-à-dire, 8iJ y a un aulre Vrai et un autre Bien, ils ne sont pas reçus; en conséquenceilsse retirent, et ont par des chemins
  • {60 LA VRAIE ouverts dans le Ciel entre les Sociétés; et cela, jusquà ce quils trourent une Société absolument conforme à leurs affections, et ils y font leur habitation pour léternité; car ils sont là au milieu des leurs comme au milieu dalliés et damis quils aiment de tout cœur, palce quilssont dans une semblable affection; et là ils sont dans le bonheur de leur vie, et dans le dëlice de toute leur poitrine par la paix de lâme, car il y a dans la Chaleur et la Lumière du,Ciel un délice ineffable qui est communiqué; voilà ce qui arrive à ceux qui deviennent Anges. Quant à ceux qui sont dans les maux et dans les faux, ils peurent par permission monter dans le Ciel; mais dès quils entrent, ils commencent à haleter et il respirer pé­ niblement, et peu après leur vue sobscurcit, leur entendement se trouble, leur pensée cesse, une sorte de mort se présente à leurs yeux, et ainsi ils restent -debout comme des souches; et alors le cœur commence à baUre, la poitrine à se serrer, et le mental à ­ être saisi dangoisse et de plus en plus torturé, et dans cet état ils se tordent comme des serpcnts mis pr~s dun foyer, aussi séloi­ guent-ils de là en se roulant, et sélancent-ils en bas par un préci­ pice qui alors devieut visible pour eux; et ils ne se reposent que lorsqùissont avec leurs semblahles dans lEnfer, où ils peuvent respirer, et où leur cœur batlibremenl. Ensuite ils out cn l,laine le Ciel et rejettent le vrai, el dans leur cœur ils blasphèment le Sei­ gneur, croyarit que teurs tourments et leurs tortures dans le Cielvenaient de Lui. Par ce court exposé, on peut voir quel est le sortde cellx qui ne font aucun cas des Vérités appartenant il la foi,quoiquelles fassent la lumière daus laquelle sont les Anges duciel, et qui ne font aucun cas des Bièns appartenant il JAmour età la Charité, quoique ces biens fassent la chaleur de ra vie danslaquelle sont les Anges du Ciel: on peut encole voir par là dansquelle erreur sont ceux qui croient que chacun peut jouir de labéatitude céleste, pourvu quil soit admis dans Je Ciel; car la foiaujourdhui, cest quon est reçu dans le ciel daprès la lliséri­cOlde seule, et que la réception dans le ciel est comme celle dunhomme qui, dans le Monde, est invité dans une Maison de Noces,et sy liVle alors à la joie et à lallégresse avec les convives; maisquon sache que dans le Monde spirituel il y a communicationdes affections de lamour el des pensées qui en proviennent, car
  • RELIGION CHR~:TIENNE. 161 lHomme alors est un Esprit, et la Vie de lEsprit est laffection de lamour et par suite .la pensée; et que laffection homogène conjoint, et laffection hétérogène sépare, et que ce qui est hétéro­ gène cause des tourments, au diable dans le Ciel, et à lange dans lEnfer; cest pour cela quils ont été soigneusement séparés selon les diversités, les variétés et les différence~ des affections qui ap­ partiennent à lamour. 623. TROISIÈ~IE MEMORABLE. Un jour, il me fut donné de voir trois cents Ecclésiastiques et Laïques, tous savants et érudits, parce quils avaieul su confirmer la Foi seule jusquà 1:1 juslifica­ tion,et quelques-uns avaient même été au-ddà; et comme chez eux il y avail la foi, que le Ciel est seulement une admission par grâce, il leur fut accordé de monler dans une Société du Ciel, qui cependant nélait pas une des sociétés supérieures: et pendant· quils montaient, ils étaient vus de loin comme des Veaux; el quand ils entrèrent dans le Ciel, ils furent reçus acc civililé l,al les Anges, mais tandis quils conversaient, un tremblement sempara deux, puis un frisson, et enfin une torture comme celle de la mort, et alors ils sélancèrent précipitamment lIl bas, r,l dans leur chute ils furenl vus comme des Chevaux morts, Si en montant ils appa­ rurent comme des Veaux, cest parce que laffection naturelle de voir et de savoir se manifestant avec joie apparaît daprès la cor­ respondance comme un Veau; et si dans leur chute ils apparurent comme des Chevaux morts, cest parce que lEntendement dn vrai apparaîL daprès la correspondance comme un Cheva.l, et que lEn­ tendement nnl du lai qui appartient à lÉglise apparaiL comme un Cbeval mort. Au-deslous deux il y avait des eilfants qui les virent descendre, et auxquels ils apparurent, en descendant, comme des Chevaux morls; et alors ces enfants détournèrent leurs faces, cl ils dirent à leur lfaÎtre qui était a6C eux: « Quest-ce que ce pro­ dige? Nous avons vu des hommes, et maintenant au lieu dholllmes.ce-sont des Chevaux morls; comme nOlis ne pouvions pas les re­ garder, nous avons délourné nos faces; Maitre, ne reslons pas dans ce lieu, mais allons nous-en. li Et ils sen allèrent. El :llors le lfaître, dans le chemin, les instruisit de ce que cest quun Che­ val mort, en leur disant: « Le Cheval signifie lEntendement.du li Il
  • t6! LA VRAIE vrai daprès la Parole; tons les Chevaux que vous avez vus ont si­ gnifié cet entendement; en effet, quand lhomme va méditant da­ lras la Parole, sa lIéditation apparaît de loin comme un Cheval vigoureux et vivant selon quil médite spirituellement, et au con­ traire chétif et mort selon quil médite matériellement. Il Alors les enfants demanùèrent ce que cétait que méditer spirituellement et méditer matériellement daprès la Parole; et le Maître répon­ dit: « Je vais illustrer cela par des exemples: Qui est-ce qui, pen­ dant quil lit saintement la Parole, ne pense pas intérieurement en soi à Dieu, au Prochain et au Ciel? Quiconque pense à Dieu seulement ôaprès la Pelsonne, et non daprès lE5sence, pense matériellement; celui (lui pense au Prochain seulement daprès la forme externe, et non daprès la qualité, pense matériellement; et celui qui pense au Ciel seulement daprès le lieu, et non daprès la"mour et la sagesse qui font que le Ciel est le Ciel, pense encore matériellement:" lIais les enfanis dirent: cc Nous, nous avons pensé à Dieu daprès la Personne, au Prochain daprès la Forme, en ce quil est homme, et au ciel daprès le Lieu, en ce quil est au-dessus de nous, est-ce que pour cela, quand nous avons lu la Parole, nous avons alors appalu à quelquun comme des chevaux nlOrts"? Le maître leur nit: cc Non; "ous êtes encore des enfants, 1) et vous ne pouvez pas penser autrement; mais jai perçu chez vouslaffection de savoir et de comprendre, et celle affection étant spi­ rituelle, vous avez aussi pensé spirituellement, car il y a une pen­sée spirituelle intérieurement cachée dans votre pensée matérielle,ce que vous ne s:ivez pas encore. Mais je reviens à ce que précé­demment je disais, que celui qui pense matériellement, pendantqujllitla Parole, ou quil médite daprès la Parole, apparaît deloin comme un Cheval mort, tandis que celui qui pense spirituel­lement apparaîL comme un Cheval vivant; et que celui qui penseà Dieu seulement daplès la Personne, et non daprès lessence,y pense matériellement; car il y a plusieurs Attributs de la DivineEssence, comme la Toule-Puissance, la Toute-Science, la Toute­Présence, lÉternité," lAmour, la Sagesse, la Miséricorde ct laGrâce, et dautres; et il y a des Attributs procédant de la DivineEssence, qui sont la Création et la Conservation, la Rédemptionet la Salvation, lIllustration et lInstruction. Quiconque pense à JJ
  • RELIGION CHRÉTIENNE. 163 Dieu daprès la Personne, fait trois Dieu~, en disant, quil y a unDieu qui est Créateur et Conservateur, un autre qui est Rédemp­teur et Sauveur, et un Troisjèm~ qui est Illustrateur et Instruc­téur; mais quiconque pense à Dieu daprès. lessence, fait un SeulDieu, en disant: Dieu nous a créés, et ce même Dieu nous a ra­ -ehetés et nous sauve, et lui aussi nous illustre et nous instruit;.fie là vient que ceux qui pensent à la Trinité de Dieu daprès la Personne, et ainsi matériellement, ne peuvent daprès les idées·(je :leur pensée, qui est matérielle, que faire dun Seul Dieu Trois Dieux. mais néanmoins ils sont tenus, contre leur pensée, de dire quil y a Union de ces Trois Dieux par lEssence. parce quils ont,-comme à travers un treillis, pensé aussi à Dieu daprès lessence;,cest pourquoi, mes Élèves, pensez daprès lEssence, et daprès elle à la Personne, car penser daprès la Personne· à lEssence, ce~t peuser matéridlement aussi à lEssence, tandis que penser daprès lEssence à la Personne, cest penser spirituellement aussi à la Personne: les Gentils Anciens, parce quils ont pensé maté­ riellement à Dieu, et par conséquent aussi aux Attrihuts de Dieu,(lnt fait non-seulement trois Dieux, mais une multitude de Dieux jusquà plus de ccnt, car de chaque Attribut ils faisaient un Dieu: sachez que le matélÏel nentre pas dans le spirituel, mais que le spirituel entre dans le matériel. li en est de même de la pensée sur le Prochain daprès sa forme externe. et non daprès sa qualité·; et de même aussi de la pensée sur le Ciel daprès le Iieu~ et non daprès lAmour et la Sagesse qui constituent le Ciel. Il en est de même de loutes et de chacune des choses qui sont dans la Parole; cest pourquoi celui qui conserve une idée matérielle sur Dieu, et aussi sur le Prochain et sur le Ciel, ne peut rien comprendre dans la Parole, elle est pour lui une lettre morte; ct lui-même, quand il là lit, ou quil médite daprès elle, apparaît de loin comme un Cheval mort: ceux que vous avez vus descendre du ciel, et qui sont devenus devant vos yeux comme des Chevaux morts, étaient des hommes qui ont bouché chez eux et chez les autres la vue ra­ tionnelle, quant aux choses Théologiques ou spirituelles de fÉ­ glise, par ce dogme particulier, que lEntendement doit être mis sous lobéissance de leur foi, sans penser que lentendement fermé y par la Religion est aveugle comme une taupe, et quil a en lui
  • 464 LA VRAIE nne pure obscurité, el .une telle obscurilé, quelle rejelle loio delle toute lumière spirituelle, en abaisse linflux qui vient d", Seigneur et du Ciel. et pose pour cet influx une l>arre dans le sen­ suel corporel, bien au-dessous du rationnel dans les choses de la. foi, cest-à-dire quelle la pose près du nez, et la fixe dans son -cartilage, de sorte quensuile ilue peul pas. même sentir les choses. spiriluelles ; de là quelques-uns sont devenus tels, que, quand ils. senlent lodeur provenanl des choses spirituelles, ils lombent en défaillance; par lodeur jenlends la perception. Ce sont ceux-là qui font Dieu Trois; ils disent, à la vérilé, daprès l[ssence, que Dieu est Un, mais néanmoins quand ils prient daprès leur Foi,. laquelle est que Dien le Père a compassion à cause du Fils et en­ voie lEsprit Saint, ils font manifestement Irois Dieux; ils ne peu­ ent faire 3nlrernen f, car ils prient lUn davoir compassion à cause de lAutre, et denvoyer le Troisième... Et alors leur Maître leui enseigna ;lU snjet du Seigneur, quil est le Senl Dieu en Ql~i est la Divine Trinité. 6~{. QUATRIÈ~IE MÉlIORARLE. Ayant été réveillé de mon som­ meil au milieu de la nuit, je vis à une celtaine hauteur vers lO­ rient un Ange tenant dans la main droite un Papier qui, dapr€s le Soleil, apparaissait. dune blancheur éclalante; il Y avail au mi­ lieu une Écriture en lettres dor; et je vis écrit: MARIAGE DU BIEN ET DU VRAI; de lÉcriture sortit une splendeur qui forma un large cercle autour du Papier; ce cercle ou contour apparnt ensuite comme apparaît laurore dans la saison citt" printemps. Après cela, .je vis lAnge descendre avec le P:lpier il la main, et il mesure qui}descendait, le Papier apparaissait de moins en moins brillant, etcelle ÉCIj[ure, il savoir: MAillAGE DU BI"E~ ET Dt; VnAI apparais­sait changée de couleul dor en couleur dal(~ent, et ensuite en couleur dairain, puis en couleur de fel, enfin en une. couleur derouille de fer et de rouille dairain; etenfin je vis lAnge entrerdans un Nuage obsclIr, el arriver il travers le Nuage sur la Terre;et là, quoique ce Papier fûl encore dans la main de lAnge, je neJe vis pas; cela se passai t dans le )Ioncle des esprits, d:lns lequel.arrivent dabord tOI1~ les hommes après la mort; et alors JAngeme parla, en disant: « Demande à ceux qui viennent ici, sils mevoient, ou sils voient quelque chose dans ma main. » Il vint une
  • RELIGION CHRl1;TIENNE. 165 multitude desprits, les uns de lorient, dautres du midi, dautres de loccident, dautres du septent,:ion, et je demandai à ceux qui "enaient de lOrient et du Midi, - cétaient ceux qui dans le Monde sétaient livrés à lérudition, - sils voyaient quelquun près de Ploi, ou sils voyaient quelque chose dans sa main; tous dirent .quils ne voyaient absolument rien; ensuite je fis la même ques- tion à ceux qui venaient de lOccident et du Septentrion, - cé- taient ceux qui dans le Monde avaient cru aux paroles des érudits, - ils dirent quils ne voyaient rien non plus: cependant les der- niers dentre eux, qui dans le Monde avaient été dans la foi simple daprès la charité, ou dans quelque vrai daprès le bien, après que les premiers se furent retirés, dirent quils voyaient un Homme avec un Papier, lHomme vêtu élégamment, et le Papier avec des lettres tracées dessus; et, lorsquIls eurent approché les yeux, ils dirent quils lisaient MARIAGE DU BIEN ET DU VRAI; et ils sadres- -gèrent à lAnge, en le priant de dire ce que cela signifiait; et il dit: «( Toutes les choses qui existent dans le Ciel entier, et toutes celles qui existent dans le Monde entier, ne sont par. création que le Mariage du bien et du vrai, parce que toutes et chacune delles~ tant celles qui vivent et sont animées, que celles qui ne vivent: point et ne sont point animées, ont été créé du Mariage du bienet du vrai et pour ce Mariage; il nexiste rien de créer pour le Vrai-seul, ni rien pour le dien seul, le bien seul ou le vrai seul nest rien, mais par le Mariage ils existent et deviennent quelque cbose de tel quest un mariage, Dans le Seigneur Dieu Créateur le Divill Bien el le Divin Vrai sont dans leur Substance même, lÊtre de ]a Substance de Dieu est le Divin Bien, et lExister de la Substance de Dieu est le Divin Vrai; en Lui aussi ils sont dans leur Union même,car en Lui ils font un dune manière infinie; comme ces deux sont un dans Dieu Créaleur Lui-Même, cest pour cela quils sont aussiun dans Loutes et dans chacune des choses créées par Lui; pal là.aussi le Créatllur a été conjoint avec toutes ses créàlures par unealliance éternelle comme par une alliauce de Mariage. Il "De plus r.JAnge dit: " LÉcriture Sainte, qui a été dictée par le Seigneur,est dans le commun et dans la partie le Mariage du bien et du vrai, - voir ci-dessus, N° !48 à 253 ; - et comme lÉglise quiest formée par les Vrais de la Doc/rine, et la Religion qui est for-
  • 166 LA VRAIEmée pal les Biens de la vie selon les Vrais de la Doctrine, sont,.chez les Chrétiens, uniquement, tirées de lÉcrilure Sainte, on.peut voir que lÉglise aussi dans le commun et dans la partie estle Mariage du Bien et du Vrai ... - Ce qui a été dit ci-dessus du:Mariage du Bien el du Vrai, a été dit aussi pour le MARIAGE nE LA.CHARITÉ ET nE LA FOI, parce quele Bien appartient à la Charité.et le Vrai appartient à la Foi. - Après que lAnge eut ainsi parlé, ilséleva de terre, et porté à travers le nuage il monta dans le Ciel;et alors, à mesure quil mon lait, le Papier brillait comme aupara­vant; et voici, alors le Cercle, qui auparavant avait apparu commelaurore, sabaissa; et il dissipa le Nuage qui avait répandu des té...nèbres !Our la Terre, et le temps devint clair et serein. 620. CINQUIÈME MÈMORABLE. Un jour, pendant que je méditaissur le Second Avénement du Seigneur, il apparut tout à coup ungrand éclat ùe lumière qui me frappa fortet~ent les yeux; ceslpourquoi, je regardai en haut, et voici, tout le Ciel au-dessus demoi apparut lumineux; et de là de lOrient à lOccident sans auc.unejnt~rruption se faisait entendre une GLORIFICATION; et un Angese présenta, .et dit: <1 CeLle Glorification est la Glorification du.Seigneur à cause de son i.véllement ; elle est faiLe par les Anges.du Ciel Oriental et du Ciel Occidental. On nentendait du Ciel Mé­ 1)ridional el du Ciel Septentrional quun doux murmure; et commelAnge avait tout en tendu, il Ille dit dabord que ces Glorifications. et ces Célébrations du Seigneur se faisaient daprès la Parole; eLpeu après il me dit: ~Iaintenant ils glorilient et célèbrent leSeigneur en particulier par ces paroles qui sont dans le Prophète­Daniel: cc Tu as vu le fer mêlé avec largile de potie?, mais ils nauront point de cohérence: et en ces jours le Dieu des Cieu:r; fera surgir un Royaume qui dans les siècles ne périra point; il brisera et consommera tous ces Royaumes, rr.tJlis lui, il subsis­tera dans les siècles. »~Dan. Il. 43, 44. -.Aprèscela, jenten­dis comme le bruit d:un chant, et plus avant dans lorient je visun éclat de lumière plus resplendissant que le premier; et je de.-:­JJlandai à lAnge quelles étaient les .paroles de ce.tte glorification ~il me dit que céLaient celles-ci dans Daniel: Il Voyant je fus env~ions de nuit, et voici avec les Nuées du Ciel comme un JiIL8.DE LBOMlil~ qui venait; et il Lui fut donné la Domi1ation (lt le
  • RELIGION CHRÉTIENNE. t67Royaume, et tous les peuplès et nations Le serviront; sa Domi­natiOTt (sera) une Domination du siècle, laquelle ne passerapoillt; et son Royaume (un Royaume) qui ne périra point. Il - Dan. VII. t3, H. - En outre, ils célébraient le Seigneur daprès ces parole:> dans lApocalypse: « A Jésus-Christ soit la gloùe et r la force; voici, il vient avec les Nuées; Il est lAlpha et Oméga, le Commencement et la Fin, le Premier et le Dmnie1, Qui Est, et Qui Ét~it et Quidoit Venir, le Tout-Puissant. Moi, Jean,jai entendu cela du FILS DE J,HOMlIIE, du milieu des sept chande- . liers. -Apoc.1. 5,6,7,10,11,12,13. XXII. 13. Matth. XXIV. l) 30, 32. - Je portai de nouveau mes regards vers le Ciel Oriental, et le côté droit resplendissait de lumière, et la splendeur lumineuse entra dans lÉtendue Méridionale, et jentendis un son doux; el je demandai à lAnge quel élait là le sujet de la glorification du Sei­ gneur; il me dit que célaient ces paroles dans lApocalypse: « Je vis un Ciel Nouveau et une Te11e Nouvelle, et je vis la ,Jille, la Sainte Jérusalem Nouvelle, descendallt de Dieu par le Ciel,pmée comme U~E FIANCÉE ORNÉEPoun:SON~MAnI; et jentendisune voix grande du Ciel, disant: Voici"le Tabernacle de Dieuavec les HOMMES, et il habitera avec eux. Et lAnge me parll]"et il dit: Viens,je te montrerai la FIANCÉE, DE LAGNEAU LÉ­POUSE; et il menleva en esprit sur une Montagne grande etélevée, et il me montra la Ville, la Sainte Jérusaleni.- Apoc. XXI. 1, 2, 3, 9, 10. - Et aussi celles·ci : « Moi, Jésus, je suisf Étoile brillante et du matin; et lEsprit et la FIANCÉE disent:VlE~S. Et ildit: JE VIENS BIENTÔT; Amen! Oui, VIENS, SEIGNEURJÉsus! " - Àpoc. XXII. 16, 17,20. - Après ces glorifications etplusieurs anlres, on entendit une commune Glorification de lO­ rient à lOccident, et aussi du Midi au Septentrion: et je deman­ dai il lAnge quelles étaient alors les paroles; et il dit que cétaientcelles-ci, prises dans les Prophètes: « Afin que sache toute chair,que Moi (je suis) JÉHOVAH TON SAUVEITR ET TON RÉDEMPTEUR. ll:"­Ésaïe, XLIX. ~6. - (1 Ainsi a dit Jéhovah, le Roi dIsraël, etSON RÉDEMPTEUR JÉHOVAH SÉBAHOTH: Moi, le PREMIER ET LEDER!fIER, ET EX.CEPTÉ MOI, POINT DE DIEU. Il - Ésaïe, XLIV. 6.- « JI sera dit en ce jour-là: VOICI, NOTRE DIEU (esl) CELUI-CT,que nous avons attendu pour quil nous délivre; CELUI-CI (est)
  • -- 168 LA VRAIE JÉHOVAH QUE NOUS AVONS ATTENDU... - Ésaïe, XXV. 9. - I( Une voix (il est) de qui crie dans le désert: Préparez le chemin à Jéhovah; VOICI, LE SEIGNEUR JÉHOVIH EN FORT VIENT; comme PASTEUR son troupeau il paîtra. )) - Ésaïe, XL. a,5, 10, t t. ­ IC Un enfant nous est né, un Fils nous a été donné, dont sera appelé le nom Admirable, Conseiller, Dieu, Héros, PÈRE DÉ­ TERNITÉ, Prince de paix. .. - Ësaïe, IX. 5. - C( Voici, les jours viendront, et je susciterai à David un Germe juste, qui régnera. Roi, et voici son Nom: JÉHOVAH NOTRE JUSTICE. )) - Jérém. XXIII. 5, Ô. XXXIII. t5, t6. - « Jéhovah Sébaoth(est) son Nom, et TON RÉDEMPTEUR, LE SAINT DISRAEL, DIEU DE TOUTE LA TERRE SERA APPELÉ.)) - Ésaïe, UV, 5. - « EN CE JOUR-LA SERA JÉHO­ VAH EN ROI SUR TOUTE LA TERRE; EN CE JOUR-LA SERA JÉHOVAH UN, RT SON NOM UN. Il - Zach. XIV. 9. - Ayant entendu et com­ pris ces choses, mon cœur bondit, et jall~i avec joie à la maison, et là j~ rentrai de létat de lesprit d-ans létal du corps, dans le­ quel jai écrit ce que javais vu et entendu.
  • RÊLIGION CHRÉTIENNE. t69 CHAPITRE ONZIÈME DB LIMPUTATION.La Foi de lÉglise daujourdhui, qui seule est dite justifier, et r Imputation, font un, 6~6, Si la Foi de lÉglise daujourdhui, qui seule est dite jus­ tifiel, est lImputation; ou, si la Foi et lImputation dans lÉglise daujourdhui font un, cest parce que lune appartient à lautre, ou que lune entre dans lautre, mutuellement et réciproquement, et. fait quelle existe; car si lon dit la foi et quon najoute pas limputation, la foi est simplement un son, et si lon dit lImputa­ tion et quon najoute pas la foi, cest encore lm simple son; si. au contraire, on dit les deux conjointements, il y a quelque chose darticulé, mais encore sans aucun sens; afin donc que lentende­ ment perçoive quelque sens, il faut nécessairement quon ajoute un troisième terme, qui est le mérite du Christ, ce qui présente une sentence que lhomme peut énoncer avec une sorte de raison: en effet, la foi de lÉglise daujourdhui est, que Dieu le Père im­ pute la justice de son Fils, et envoie lEsprit Saint pour en opé­ rer les effets, 627, Ces trois choses, la Foi, lImputation et le ldérite du Christ, dans lÉglise daujourdhui, sont donc un, et peuvent être appetées triun; en effet, si lune des trois était ôtée, la Théologie daujour­ dhui deviendrait nulle; car elle dépend des trois perçues comme un, de même qunne longue chaîne dépend du crochet qui la fixe; ainsi, si lon ôtait ou la foi, ou limputation, ou le mérite du Christ,. toutes les choses qui sont dites de la justification, de la rémission des péchés, de la vivification, de linnovation, de la régénéra­ tion, de la sanctification, et aussi de lévangile, du libre arbitre,
  • 170 LA VRAIE Lde la charité et des bonnes œuvres, et même de la vie éternelle.deviendraient comme des villes désertes, ou comme les décombresdun Temple, et la foi elle-même, qui est la clef de voûte, ne seraitrien, et ainsi JEglise enlière serait un désert et une désolation.Par ll on voit sur quelle colonne a élé fondée la Maison de Dieuaujourdhui, et que si cette colonne était détachée, la Maison sé­croulerait comme celle dans laquelle les satrapes des Philistins ettrois mille hommes du peuple se divertissaient, et dont Samsondétacha en même temps les deux colonnes, ce qui les fit périr sousles décombres. - Jug. XVI. 29. - Ceci est dit, parce que dans cequi précède il a été montré, et que dans lAppendice Il sela mon­tré, que celle Foi ncstpas la Foi Chrétienne, parce quelle nestpas daccord avec la Parole, et que limputation de celle foi estvaine, parce que le mérite du Christ nest point imputable.LImputation appartenant li la toi d aujourâ hui est double, tune du Mérite du ()hrist, et lautre du Salut qui en résulte. 628. Dans toute lÉglise Chrétienne· on dit que la justificationet par suite la salvation sont faites par Dieu le Père au moyen delimputation du mérile du Christ son Fils, et que limputation estfaite pal· gràce QUANn ET ou 1L VEUT, ainsi à son gré, et que ceuxil qui le mérite du Christ est imputé sont adoptés au nombre desfils de Dieu; et comme les chefs de lÉglise nont pas porté leurspas au-delà de celle illlpul:llion, ou nont pas élevé leur mentalau-dessus, ils sont tombr·, ,le ce Choix de Dieu, déterminé fi son~ré, dans des erreurs énOlloies et fanatiques, et enfin dans la dé­testable erreur de la Préu-:stination, et dans celle erreur abomi­nable, que Dieu ne fait las attention aux actions de la vie delhomme, mais quil considère seulement la foi gravée dans lesintérieurs de son mental; si donc lerreur de lImputation nétait pas détruite, lAthéisme enlahirait tout le Christianisme, et alorssur les chrétiens régnerait le Roi de labîme, donl « le nom enhébreu est Abaddon, et qui en grec a nom Apollyon. " - Aroc.IX. fi; ~ par Abaddon et par Apollyon est signifié le destruc­ teur de. lÉglise par les faux, et par labime lenfer où llont ces
  • RELIGION -­CHRÉTIENNE. i71 faux; voir lApOCALYPSE RÉVÉLÉE, Nol 421, 440 et 442; de là il est évident que cest sur ce faux, et sur les faux qui en dérivent dans une longue série, que règne ce Destructeur; car, ainsi quil vient dêtre dit, tout le systéme théologique aujourdhui dépend de celte Imputation, comme une longue chaîne dépend du cro­ chet qui la fixe, et comme un homme avec tous ses membres dé­ pend de la T~te ; eL puisque celte Imputation règne partout, il ar­ rive ce que dit Ésaïe: " Le Seigneur retranchera d/sraëlla tête et la queue,. celui qui est honoré est la tête, et le docteur demensonge est ta queue. » - IX. 13, 14. 629. Il est dit que lhnputation de la foi daujourdhui est dou­ble, toutefois non pas double comme Dieu et la Miséricorde envers tous, mais comme Dieu et la Miséricorde envers quelques-uns;·ou, non pas double comme lin père et son amour envers touS- sesenfants, mais comme un père et son amour envers lun ou lautredentre eux; ou, non pas double comme la Loi Divine eL son com­mandement:l tous, mais comme ]a .Loi Divine et son commande­ment à un petit nombre; cest pourquoi lun de ces doubles estétendu et non-divisé, lautre est restreint et divisé, et celui-ci estréellement double, mais celui-là est uni lé ; car on enseigne quil ya imputation du mérite du Christ daprès uneélectioJi arbitraire,et quil y a imputation du salut pour ceux qui sont choisis, quainsi quelques-uns sont adoptés .et tous les alltres rejetés; ce qui serait comme si Dieu élevait quelques-uns dans le sein dAbraham, et li­ vrait les autres en pâture au diable; lorsque cependant la vérité est,que le Seigneur ne rejette et ne livre personne, mais que lhommese livre lui-même. 630. Quon ajoute à cela, que lImputation daujourdhui ôte àlhomme toute puissance provenant de quelque libre arbitre dansles choses spirituelles, et ne lui en laisse pas même assez pourpouvoir éteindre le feu pris à ses vêtements et en préserver soncorps, ou éteindre avec de leau sa maison en feu et en arrachersa famille, lorsque cependant la Parole, depuis le commencementjusquà la fin, enseigne que chacun doit fuir les maux parce quilssont du diable et viennent du diable, et faire les biens parce quils~ont de I)ieu et ~iennent ,de Dieu, e~ quil doit les faire par lui­même, le 8.eil;neur opér~nt. Mais la puissance de faire ainsi, lImpu­
  • t72 LA. VRA.IEtation daujourdhui la proscrit comme mortelle pour la foi et parsuite pour le salut; et cela, afin que rien de Jhomme nentre danslimputation, ni par conséquent dans le mérite du Christ; ce dogmeétabli, il en est résulté cette maxime satanique, quil y a pourlhomme impuissance absolue dans les choses spirituelles, ce quiest comme si lon disait: " Marche, quoique lu naies point depieds, pas même un seul; lave-toi, quoique tes deux mains soientcoupées;)l ou, Cl fais le bien, mais dors, ou," nourris-toi, mais l>sans langue, » El cest encore comme sil était donné à lhommeune volonté qui ne fût pas une volonté; ne peut-il pas dire: " Jene peux pas plus que la statue de sel femme de Loth, ni· plus queDagon le Dieu des Philistins, quand dans son temple fut intro­duite larche de Dieu; je crains que, comme il lui est arrivé,ma tête et mes mains séparées de mon corps ne soient jetées surle seuil, - 1 Sam. V. 4; - ni plus que Béelzébub le Dieu dÉkron,qui daprèf> la signification lie son nom ne peut que chasser lesmouches? )l Que Jon croie aujourdhui à cette impuissance dansles choses spirituelles. on le voit daprès les Extraits donnés dansle Chapitre sur le Libre Arbitre, N° 464. 631. Quant à ce qui regarde la première partie de ce doublede lImputalion concernant la Salvalion de lhomme, cest-à-dire,lImputation du mérite du Christ arbitrairement faite, et lImpu­ tation du salut qui en résulle, les dogmatistes sont davis diffé­rents; quelques-uns disent que celte fmputation est absolue daprèsun libre pouvoir, et se fait pour ceux dont la forme externe ou laforme inlerne plaît; dautres disent que lImputation se fait da­ près la prescience pour ceux chez qui la grâce a élé infusée el àqui cette foi peut être appliquée; mais néanmoins ces deux opi­ nions visent au même but, et sont co~me les deux yeux qui ont pour objet une même pierre, ou comme les deux oreilles qui ont pour objet un même chant; â la première vue il semble quelles se séparent mutuellement, mais toujours est-il quà la fin elles se conjoignent et sont dintelligence pour tromper; car lorsque de part et dautre on établit une complète impuissance dans les chose~ spirituelles, et quon exclut de la foi tout ce qui appartient à lhomme, il sensuit que celle grâce réceptrice dè la foi, infusée, ou daprès un libre pouvoir, 011 daprès la prescience, est un~ se:o­
  • RELIGION CHRÉTIENNE. 03blable éJection; car si cette gtice, quOon appelle prévenante, étaituniverselle, il sy joindrait une alJplication de lhomme daprèsquelque puissance propre, laqueiIe cependant est rejetée commeune lèpre. De là villnt Ilue personne ne sait si celle foi lui a étédonnée daprès la grâce; il ne le sait pas plus quune sOllche ouune pierre, auxquelles il se compare quand elle est infusée; car ilnexiste pas de signe qui en soit un témoignage, quand la charité,la piété, létude dune nouvelle vie, et la libre faculté de faire lebien comme le mal, sont déniées à lhomme: les signes quon ditêtre des témoignages de celle foi dans lhomme sont tous ridicules,et ne diffèrent pas des augures des anciens par le vol des oiseaux,ou des prédictions des astrologues par les astres, ou de celles destireurs de cartes. Quant à la justice imputée du Seigneur, qui estintroduite dans lhomme élu en même temps (lue là foi à laquelleon donne le nom de cette justice, le& signes qui la suivent sont dumême genre et encore plus ridicules.La Foi, qui est imputative du mérite et de la justice du Christ . Rédempteur, est dabord sortie des décrets du Synode de_ Nicée sur les Trozs Personnes Divines de toute éternùé, foi qui depuis celle époque jusquà présent a été 1eçue par tout le .Monde Chrétien, 632, Quant à ce qui concerne c~Synode d.!l~cée, lEmpereurConstantin -le-Grapd, à la persuasion dAJexandre, évêqne dAlexan­drië,-le tint dans so~ Palais de Nicée, ville de Bithynie, a rès~r convoqué tous les Évêques en Asie, en Afrique et enEurope,pour comballre et condamner~ daprès lÉcriture Sainte, lhé~siedArius rêtre dAlexa_ndrie, qui niait la Divinité de Jésus-Christ;cela eut lieu lan du Christ 318. Quil ait été conclu par les Évê­ques convoqués~ quil y a ell de toute éternité trois Personnes Di­vines, le Père, le Fils et lEsprit Saint, on peut le voir principale­ment par les deux Symboles, appelés Symbole de Nic~e et SymboledAthanase; dans le Symbole de Nicée on lit: « Je c1ois en unseul Dieu le Père Tout-Puissant, qui a lait le Ciel et la Terre;et en un seul Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, ll1liqûe-en­
  • tA VRAIE gendré du Père, né a an.t. u les siècles, rI!.ieu de Dieu, con­ substantiel au Père, qui est descendu des Cieux, et a été incarné de ï:ËspritS;;i"iîtparla Vierge Marie; et à lEsprit Saint, Sei­ gneur et Vivifiant, quiprocède du Père et du Fils, fJ1.tmt~ et glorifié avec le Père et le Fils. }) Dans le Symbole dAthanase sont ces paroles: (1 LaFoiëâthotique est quéiîôus vén rzons un seul Dieu dans la Trinité, et la Trinité dans lUnité, san..~ con­ fondre les Pe?·sf!..nnes et sans séparer ta substance; matS comme nous sommes forcés par la vérité Lfi.!.:étienne de confesser cha­ que Personne Dieu et Seigneur en particulier, de même nous sommes empêchés par la Religîon Catholique de dire trois Dieux ou trois Seigneurs. II Cest-fi-dire, quil est permis de con­ fesser trois Dieux et trois Seigneurs, mais quil est défëïïaudele dire, etcela pa;:~e que-la religion défend lun;-et que la veritédic"te lautre; ce Symbole dAthanase fut composé, aussitôt après la tenue du Concile de Nicée, par nn ou plusieurs de ceux qui avalêiit aSSlSïé à ce Concile, el il fut aussi accepté comme OEcuménique ou Catholique. Daprès cela, il est évident qualors il a été décr~té. ql(Qn doit reconnaUre trois Personnes Divines de toute éternité, et que, quoique chaque Personne en partiClllier-fût "DTëüpar elle:" même, il faut néanmoins dire, non pas trois Dieux ni troi~i­ gneurs, mais un Seul. 633. Que depuis ce temps la foi des trois Personnes Divines ait été reçue, et quelle ait été confirmée et prêchée jusquau temps présent par tous les Évêques, pal les divers Chefs de lÉglise dans les hauts degrés et par les Prêtres, cela est notoire dans le Monde Chrétien: et comme de là est émanée la ersuasioll mentale de trois Dieux, il na pu sortir dautre foi que celle qui était appliquée à ces Trois dans leur ordre, cest-à-dire, quil faut sadresser à Dieu le Père et limplorer, afin quil impute la justice de son Fils, ou quil ait .Eitié à cause de Ta passion de la croix dü Fils, et quil envoie lEs ït Saint pOlir opérer les effets moyens et-derniers du salut. Cette foi est le fœtus né de ces deux symboles; mais sitôtque les langues sont déroulés, il se présente non pas un stlul Dieumais trois Dieux, dabord conjoints comme arembrassement,mais bientôt séparés, ë:ïrOn- pose en princiPi:_que lEssence lesconjoint, mais que Îes pro-priétés,- qui sont la création, la ré emp­
  • RELIGION CHRÉTIENNE. t75 tion et lopération, ou limpu.tation, la justice imputée et Jeffectua- tion, .les séparent: cest Cl qui fait que, quoique de trois Dieux: ils aient composé un seul Dieu, néanmoins des trois Personnes ils nen ont point fait une seule; et cela, afin que "idée des trois Dieux ne fût point effacée; car tandis que chaque Personne en particulier est crue Dieu, comme il est dit dans le Symbole, si alors.par une conséquence nécessaire les trois Personnes devenaient une seule Personne, toute la maison fondée sur les trois comme sur des colonnes tomberait en un monceau de ruines. Si ce synode ~ introduit trois Personnes Divines de toure éternité, cest parce que ceux qui le composaient navaient pas bien scrutt> la Parole, et que par suite ils nont pas trouvé dautre refuge contre les Ariens. Si ensuite ils ont réuni en un seul DieiJ ces trois Personnes dont .chacune est Dieu par elle-même, ce fut dans la crainte dêtre inc.!!l- pés de croire en Ir s Dieux, et dêtre anathématisés par tout, homme rationnel leH ieux dans les trois Parties de la Terre. Sils ont ènseigné "la foi appliquée aux trois en ~, cest parce que de ,ce rinci e il ne ouvait as découler une autre foi: quon ajoute à cela, que si lun des trois était omis, le troisièmene selait pas envoyé, et quainsi toute opération de la grâce Divine deviendrait sans effet. 634. Mais la vérité va êlre mise au jour: Quand la Foi en trois Dieux a été introduite dans les Églises Chrétiennes, ce qui est ar- rivé d~ lem s du Synode de Nicée,. on a banni tout. bien de la cha- rité et tout vrai de la foi, car ce bien et ce vrai ne séjournent en aucune manière avec le culte mental _de trois d~ux joint au culte oral dun seul Dieu, puisque le Mental nie ce que la bouche pro·· n~, et que la bouche nie ce que le Mental pënse, doù il arrivequil nya ni la foi de trois Dieux, ni la foi dun seul Dieu,. De là il estéyident que, dès,ce temps.Je Temple Chrétien était non-seu- l!.ment lézardé, mais tombé en un monceau de déc~res ; et uedès ce tem s " ouvert le puits de lablme, doù monta une fu- mée comme une fumée dune grande fournaise, et furent obscurcisk soleil et-lair,-et de là sortirent des sauterelles sur la terre, » -Apoc. IX, 2, 3; - voir lExplication de ces paroles dans lApOCA- LYPSE RÉVÉLÉE; de plùs, dès ce temps a commencé et sest accrue la Désolation prédite par Daniel, - - Mat~ XXIV. i5,-~t vers celle foi et li~utation de celle foi se sont rasselllblés les ai-
  • 176 LA VRAIE gles, - Vers. 28 du même ChapîLre ; - là, par les aigles sont en­ tëfidus les riilcill-u.-X.de lÉglise comme lynx. Si lo!! dü ue le Concile, dans lequel siégeaient tari.t dÉvêques et dhommes dis­ tin ué~ a décrété cela par dunanimes suffrages, je répondrai: Quello confiance peut-oll avoir dans des Co~c!les, quand les COD­.­ ciles Catholiques-Romains onL décrété aussi par dunanimes suf­ ~~s ïè Vië~riât Pap~l, li~v~cati~ des saints, la vénération des / s~tues et des os, la division de la Sainte E~tie, le _purg~­ -toire, les indulge!!.ce::, etc. ? Et quelle conlJance peut-on avoir dans des Conciles.quand celui de Uordrecht a décrété - aussi par dunanimes suffrages labominable Prédestination, et la rocla­ IDée comme le Pallàdium de la religign. Mais, mon cher Lecteur, ne crois point anx Conciles, mais crois à la Sainte Parole, et adresse­ tOIaiiSeigneur, et lu seras illustré; car le Seigneur est la Pal:oïe, cest-à-dire, le Divin Vrai mênledans la Parole. 635. Cet arcane va enfin être dévoilé: La Consommation de lÉglise daujourdhui est décrite dans Sept Chapitres de r Apoca­ lypse, de la même manière quest décrite la dévastation de lÉ­ gypte, et lune et lautre par de semblables plaies, dont chacnne signifie spiriLuellement quelque faux qui en a étendu la dévas!a­ t~on jusquà Ja destruction corn lèle; cest pourquoÎ celle Église, qui aujoUldhui est entièremeut détruite, est aussi appelée spiri­ tuellement Égypt~, - Apoc. XI.-:S:=- Les plaies en Égyple ont été celles-ci: Les eaux furenl changées en sang, ce qui fit mourir lout poisson, et puer le fleuve, - Exod. VII : - il est dit la même chose dans lApocalypse, Cllap. VIII. 8, .Chap. XVI. 3; par le sang est signifié le Divin Vrai falsifié, voir lApOCALYPSE REVELEE, N°S 3ï9, 404, 68.1, 68ï, 688 ; et par les poissons, qui alols moururent, sont signifias les vrais pareille~enL morts dans lhomn~D:iturel, N°S 290, 405. Dans lÉgypte-les grenouilles pullulèrent sur la terre, - Exod. Vlll: - il est· dit aussi quelque chose des grenouilles dans lA­ pocalypse, CI]ap. XVI. ,13: par les grenouilles sont signifiés les raisonnements qui proviennent ue la cupidité de- falsifie! les vrais, . voÏ1 lApoc. REVEL. W 702. DansÉgypleil yeut sUl:-lhom~eeL sur la bète des ulcèles malins, - Exod. IX; - pareillement dans lApocalypse, Chap. XVI. 2; par les ulcères sont signifiés les maux etles faux. in térieurs qui détruisent le bien eL le vrai dans lEglise,
  • REL"~ION CHRÉTIENNE. fi7voir lArac. RtvÉL. N° 6i8. Dans lËgypte il y eui une grêle mê­lée de feu, - Exod. IX; - p:.reillemenl dans "Apocalypse, Chap. VIII. i. Chap. XVI. 21; la grêle signifie le faux infernal, voirArac. REVEL. N°s 399, i14. Dans lÉgyple il fut envoyé des ~aute­lelles, - Exod, X; - pareillement dans lApocalypse, Chap. IX. ià 11; les sauterelles signilleni les faux dans les extrêmes, voùApoc. REVEL. N°s 424, 430. Dau~ lÉgypte il y cnl dépaisses ténè­bres, - Exod. X; -pareillement danslApocalypse, Chal" VfI[. 12;Ics lénl-:bres signifient les faux qui tirent ICIII origine sO:l de li­ gnorance, 80il des faUx de la religion, soil des n311X IIPo la vie,VOl? Apoc REvEL, N°S 110, 413. 695. Enfin les Égyptiens périrenldans la mer de Suph, - Exod. XIV; - dan:-; lApocalypse le Dragonel le faux Prophète fllrellt précipités dans létang de feu et de soufle, Chap. XIX. 20. Chap. XX. 10; lun e el lautre, la mer de Suph el cel élang, signifientlEnfel. Si les mêmes chose:-; sonl diles·de lÉgypte el de lI;~glise dont la consommation ct la fin sont dé­crites dans lApocalypse, cest parce que par lÉgypte est entendue IIne Église qui dan~; son COllllllcncemenl tlail dune excellence supérieure, cest pourquoi lÉgyplc, araul que son Égli~e ait élé dévastée, est comparée au jardin dÉden et au jardin de Jéhovah,- Gen. XIII. 10. Éz~ch. XXXI. g, 9, et esl anssi appelée Pieneangulaire des tribns, Fils de~ sages et des rois ùe lalltiquité, ­ :Ésaïe, XIX. H, 13. - Voir, dans lApoCALyrSE REVEi.EE, N° 503, plusieurs c!loses sur lÉgvpte dans son étal primilif, el dans son état dévasté. ••La Foi zmputative du mérite dU Christ n Ct point été connue dans t>/!-glise Apostolique, qui a précédé le Concile de Nicée, et etle nest entendue nulle part dans la ParoÜ. 636. LÉglise., fJui :1 précédè ie Synode de Nicée, a été appeléelt:glise Apostolique, et elle sétait éten< ue et propagée dalls lestrois parlies du Globe, lAsie) lAfrique el lEurq])e, ainsi quon levoit daprès lEmpereur Constantin-le-Grand et sa Monarchie com­posée de plusieurs Royaumes de lEurope, plus t.ud div~és, el de contrées ~oisines hors d~ l~l~ope, en ce quil fut éhrétien, et zélé II. i2
  • 178 LA VRAIE pour la religion; aussi convoqnat-il, comme il a été dit ci-dessus, les Évêques dAsie,~frlque. ~t dEwope dans son palais de Ni­ cée, ville de Bithynie, afin de reetel de son empire les sc~les dArius. Cela est arrivé par la Divine Providence du Seigneur, parce que, si la Divinité du Seigneur est niée,_ [~zlise Chrétienne ex ire, et devIent comme un sépulcre omé de celle Épitaphe: Hic ,jacet. Ci-gît LEglise lui existait avant ce temps a été appelée Apostolique, et les Écrivains remarquables de cetl~É~lise él~nt aJ!.~lés Pères, et les vrais Chrétïens il leur suite, frèles. Que celte Église nait pas reconnu trois Personnes Divines, ni par consé­ quent UII Fils de Dieu de toule éternité, mais seulement un Fils de Dieu né dans le temps. on le voit pal le Symbole qui. en raison de leur Église, a été nommé ApostolilUle,. où on lit ces paroles: (1 Je c1ois en Dieu le Père TOltt- Puissant, Cléateul da Ciel et de la Terre; et en J éSlts- Christ son Fils uniqu~, notre Seiqneur qui a été conçu de lEsprit Saint, est né de la Vierqe Marie; je crois â lEsprit Saint, â la sainte Éqlise Catholique, d­ Ia communion des saints. Par ià il est évident quils nont re­ connu d!autre.Fils de D~eu ~Ie celui qui a été conçu de lEsprit Saint et est né de la Vierge ~Iarie, et nullement un Fils- e Dieu, né de toute éternité. Ce Symbole, ainsi que les "deux autres, a été 1~..!Ü111 con:me jJure!11ent Cat,holique p,2r toutc lÉglise Chrét~e jusquil ee joùr. 687. Que dans ce temps primitif, tous dans ce lIonde Chrétien aient reconnu que le. Seigneur Jésus-Christ était Dieu, à qui a été donné tout pouvoir dans le Ciel et sur Terle, et pouvoir sur toute chair, selon ses propres paloles, - MaUh. XX I !. 18. Jeall, X Ill. 2; - eL quils aienL cru en Lui selon son commandement daplès Dieu le Père, - Jean, m. 1!>, 16, 36. VI. 40. XI. 25,26, cest encore ce qui est bien évident daprès la convocation de tous les Évêques par lEmpereur Constantin-Ic-Grand,· dans Je but de combatlle par les saintes écritures et de condamnel- Arius et ses sectateurs, qui niaicnt la ivinité du Seigneur Sauvcur né de la Vierge liIarie ; cela a été fait, il est vrai, mais ces Évêques poul" éviter Uil lo@ tombèrent sous un lion; ou, comme dit le provc~be, tombèrent de Chalybde cn Scylla, en imagin_ant un Fils de Dieu de toute _él~Lé qui est àëscëndu ;t a pris lHumain~nt==!l!=""""=_........__...........~= - - - - - - -
  • RELIGION CHRÉTIENNE. i79par là revendiquer et reslilUH au Seigneur la Divinité, ne sachantpas queDi;u Créateur de lunivers était Lui-Même descendu, pourdevenir Rédempteur; et ai~si de nouveau Créateur, selon ces pas­sages explicites dans lAncien Testament, - Ésaïe, XXV. 9. XL. 3.5,10, H,XLIU.14. XLIV. 6,24. XLVIII. 4, XLVIII.O. XLIX. 7,~6, LX. 16. LXIII. 16. Jérém. L. 34. Hosée, XlII. 4. Ps. XIX. 15;~joutez aussi Jean, IX. 35, 37. 638. Celle Église Apostolique, parcr. quelle adora le SeigneurDieu Jésus-Christ, et alors en même temps en Lui Dieu-lePère,.peuL être comparée au Jardin de Dieu; et Arius, qui alors séleva,au sel ent sorti de lEnfer; et leCOncile de Nicée, à lÊpousëd A­dam qui présen!!.!~.fruit à son mall e.!Je .sé(iûi;it, doh il advintquaprès en avoir mangé ils se virent nus, et couvrirent leur iiïi­d.llé avec des feuilles de figuier; par leur nud ilé il est enten ulinnocence dans laquelle ils avaient dabord été, et par les feuilles<le figuiers lës vrais de lhomme natureÎ qiiifurent successivementfalsifiés. Cette primitive Église peut fnême être comparée au cré­puscule el à laurore; de là Je jour savança jusquà la dixièmeheure, mais alors survint une - nuée épaisse sous laquel e e joursavança vers le soir, et après le soir dans I~-nuit, pendantÎaquellela Lune se leva pour quelques-uns, qui à sa lueur vi len t quelquechose daprès la Parole, et tous les autres marchèrent dans lobs­curité de la nuitju~qu~~ ne plus rien voir de iâ DivinItédans lHu­manité du Seigneur, quoique Paul dise que dans - Jésus:Gïiiisttozitê la plénitude de la Divinité habite corp01ellement, - Co­]{)ss. Il. 9 ; - et que Jean dise que le Fils de Dieu, envoyé dans leMonde, est le vrai Dieu et la vie éternelle, - 1 Épît. V. 20, 21 , ­LÉglise rimiLire ou Apostolique na jamais pu présager quil viendrait après elle une Jtglis; qui adorerâit plusieurs dieux decœ-;-et un seul de bouché, qui séparerait la charité davec la foi, ia rémission des péchés davec f:;pénilence -ët lélude du;e ~u­ velk vic, et qui admettrait IIne totale impuissance dans I~_clioses sp.i!jtuelles; ni, fi plus forte raison, qUlin certain . rius lèverait la tète, et quaprès sa mort il reparaillait et dominerait secrèLementjusquil la fin. 639. Quaucune Foi imputative du mérite du Christ nait été entendue dans la Parole, cest ca qui résulte clairement de ce qu~
  • {SO LA VRAIE celte foi na pas été connue dans lÉglise, avant que le Synode de Nicée eût introduit les trois Personnes Divines de Ioule étë.=iiïé; O;::-quand cette foi eut été introduite et eut parcouru tout le Monde Chrétien, loute auLre oi fut rejelée _dans.Je~res; cest pour-­ quoi Illaintenant quiconque lit la Parole, et voit la foi, limpulalioJl,et le mérite du Christ, tombe de lui-mêwe dan~ c.! uil a unique~men.!..Eru, semblable à celui qui voit Jécriture dune seule page, et en reste I~, sans la lourner et sans voir autre chose; ou, sem,: blable à celui qui se persuade que telle chose est vraie, quoiquelle soit fausse, et qui la confirme seule; alors il voit le faux- eommevrai elle vr;ù comme faux, et plus tardTI serrerait les dents, et semO-uerait de quiconque Jimprouverait, et il lui dirait: « Tu es sans intelfrgence ; » son mental est en lui entièrement entouré dun calus, q!!.i rejette comme hélér~doxes_tou~ les choses qui ne cadre!!! pas avec ses croyances qui.!2.Ppelle orthodoxes; car sa mémoire­est comme une tablelle sur laquelle il ny a de gravé que cepoint lhéologique dominant; si quelque autre chose y entre, -il nya-I)ointdeplace pour linsérer, cest pourquoi il la rejelle comme­la bouche rejette lécume. Par exemple, dis à un Naturaliste con­firmé, qùi croit, ou que, la Nature sest créée elle-même, ou queDieu a existé après la nature, ou que la Nature et Dieu sont un,dis-lUi qne cest absolument le contraire, ne te regardera-t-il pascomme une dupe des fables des prêtres, ou comme un simple, oucomme ùn hèDélé,ou-conïïli6 un -hOmme en dén~ce? Il en estde même de togtes les chose-s que ~ persuasi.Q.!l et la ~~nfir~a!iQ!lont gravées, elles apparaissent enfin comme des tapisseries peintes·attachées par beaucoup..de clous à une rnur"ille composée de pier­rai Iles usées.J,.,Imputation du mérite et de la justice du Christ est impossible. 640. Pour quon s:lche que lImputation du Mérite et de la Jus­iice dc Christ est impossible, il est nécessaire de savoir Ct que,cest que le Mérile et la Justice du Seigneur: ~e Mérile du Sei­gneur notre Sauveur est la Rédemption; ce qua. été la Rédemp­110n. on le voit dans le Chapitre qui la concerne, N° H4 à 133;, --------
  • RELIGION CHRÉTIENNE. tin il Yest montré quelle a été la subjugation des Enfels et lordina­ tion des Cieux, et ensuite lInstauration de lÉglise, et quainsi la Rédemption ~été une ~uvlEL.P.u~ment~e; il Ya aussi été -- montré que le Seigneur par la Rédemption s~t mis en puissa~e ·de réOénéler el sauver les hommes qui croient en Lui et fonl ses préceptes, et que sans celle Rédemption aucune-- Chair naurait pu <être sauvée. Maintenant, puisque la Rédemption a été une OEuvre.purement Divine et lOEuvre du Seigneur seul, et quelle est le Mé­ Tite du Seigncur, H sensuit que ce mérite nest applicable, addi­ -cable ni imputable à aucun homme, as lus ue la Création ~ Conservation de lUnivers; la Rédemption a même été une sorte deCréation du Ciel Angélique à nouveau, e!- ~ussi c;le..r~se. Que lEglise daujourdhui allribue ce mérite du Seigneur Rédempteur ~ ce~~ ql!i par grâce obtiennent la Foi, cela résulte évidemment·des dogmes de cette Eglise, parmi lesquels celui-ci est le principal...; car il est dit par les chefs de cette Eglise et par ceux qui les sui­ vent, tant dal.ls lEglise Catholique-Romaine que dans les Églises-des Réformés, que par lImputation du Mérite du Christ ceux qui ont obtenu la Foi, non-seulement sont réputés justes et saints, !D_ai~e s(>nt réellement, et que leurs péchés ne sont point des pé­~de.!~nt Dieu, parce quils ont été remis, el queux ont étéjustifiés, cest-à-dire, réconciliés, innovés, régénérés, sanctifiés, et inscrits dans le Ciel. Que toute lEglise Chrétienne enseigne au­jourdhUI ces mêmes choses, on le voit clairement par le SynOde dë Trente, par les Confessions de Wiltemberg et dAugsbourg, .et par les commentaires annexés et e!! même temps acceptés, Des.chOSès dites ci-dessus, et tran"""Sportées dans celle foi, que dé.coule:­ t-il, sinon que la possession de celle foi est ce mérite et cette jus­ tice du Seigneur, quainsi son possesseur est un Christ dans uneautre personne? carn est dit que le Christ Lui-lf~!Jl~ e3t la Jus­ tice, et que cette foi est la justjce~ qüë limputation, par laquelle SOlÎt aussi entendues laddicalion et lapplication, fait que non­ seuleme.nt on est réputé juste et saint, mais quon lest réellemëiï~. ÂJoute_s.eulem~nt 1~.-!RANs~RIPT~à 1i!TI pu tatio..!! , à_ 1_~aypILç~n.et à laddication, et tu seras un vicaire Pape, 641. Puis donc que e Mérite et a Justice du Seigneur sont pur~ ment Divins, et que les purement Divins sont tels, que s~ils
  • 182 LA VRAIE étaient appliqués et addiqués, lhomme mourrait à linstant, et serait consumé, comme une bûche jetée dans le Soleil nu, de sorte quà peine en resterait-il une étincelle, cest pour cela que le Sei· gneur arec son Divin sapproche des Anges et des hommes pal une lumIère tempérée et modérée selon la faculté et la qualité de chacun, ainsi pal quelque chose qui est adéquat et accommodé; il en est de même quant à la chaleur. Dans le Monde spirituel il y a un Soleil, au milieu duquel est le Seigneur; de ce Soleil le Sei­ gneur influe par la lumière et par la chaleur dans tout le Monde.spirituel, et dans tous ceux qui y sont ; toute lumière et tout~ chaleul dans ce Monde vient de Iii : de ce Soleil le Seigneur influe aussi avec la même lumière et la même chaleur dans les âmes et dans les mentais des hommes; cette chaleur dans son essence est ]e Divin Amour du Seigneur, et cette lumière dans son essence est sa Divine Sagesse; le Seigneur adapte cette lumière et cette chaleuI-à la faculté et à la qualité de lAnge et de lhomme qui reçoivent, ce qui se fait par des aures ou atmosphères spirituelles qui les por­ -tent et transportent; le Diviu même qui entoure immédiatement le Seigneur constitue ce Soleil. Ce Soleil est distant des Anges•..comme le Soleil du Monde naturel est distant des hommes.; et cela, afin de ne pas les toucher à nu, ni par conséquent immédiatement. car ainsi ils seraient consumés comme une bûche jetée dans le Soleil nu, ainsi quil vient dêtre dit. Daprès cela, on peut voir qne le mérite et la justice du Seigneur, parce quils sont pu­ r.ement Divins, ne peuvent nullement être portés par imputation dans aucun ange ou dans aucun homme; et même, si quelque -étincelle de ce Divin, non modérée ainsi quil vient dêtre dit, les touchait, aussitôt ils se tordraient COlllme ceux qui luttent avec la mort, leurs pieds se disloqueraient, leurs yeux sécarteraient, et ils seraient privés de la vie. Cela a été CODnu dans lEglise Israélite. en ce quil lui a été dit que personne ne peut voir Dieu et vivre. Le Soleil du Monde spirituel, tel quil est depuis que Jéhovah Dieu a pris lHumain, et y a ajouté la Rédemption et la Justice nouvelle;. est même décrit en ces termes dans Ésaïe: « La Lumière du So~ lei! sera septuple, comme la Lumière de sept jours, au jour.que Jéhovah bande1a la fractwe de son peuple. ,,- XXX. ~6; - dans ce Chapifre, depUIs le commencement jusquà la fin, il
  • RELIGION CHRÉTIENNE. i83 sagit de lavénement du Seigneur. Ce qui arriverait, si le Sei­ gneur descendait et approchait de quelque impie, est aussi décri! par ces paroles dans lApocalypse: « Ils se cachèrent dans les cavernes et dans les 1ochers des montagnes; et ils disaient aux monta­ gnes et aux roche1s: Cachez-nous de la lacé de Celui qui est assis sur le Trône, et de la colère de lAgneau. » - VI. 15,16 ; - il est dit de la colère de lAgneau, parce quainsi leur apparais­ sent la terreuretle tourment à lapproche du Seigneur. Cela de­ vient encore évident en ce que, si quelque impie est introduit dans le Ciel, où règnent la charité et la foi au Seigneur. les ténèbres semparent de ses yeux, le vertige et la folie saisissent son men­ tal, la douleur et la torture envahissent son corps, et il devient comme privé de vie; que serait-ce alors si le Seigneur Llli-~Jèl11e avec son Divin Mérite, qui est la Rédemptiou, et avec sa Divine. Justice, entrait dans lhomme. Jean lapôtlc ne soutint pas non plus lui· méme la présence du Seigneur, car on lit que, « lorsquil. vit le Fils de lhomme au milieu des sr:pt Chandeliers, il tomba à ses pieds comme mort. » - Apoc. 1. 1i. 64~. Il est dit dans les Décrets des Conciles, et dans les Arti­ cles des ConfessiolJs SUI lesquelles jurent les Réformés, que Dieu par linfusion du mrrite du Christ justifie limpie, lorsque cepen­ dant le bien dun Ange ne peut pas même être communiqué à limpie, ni à plus forte raison lui être conjoint, sans que ce bien ne soit rejeté et ne rebondisse comme une balle élastique lancée contre une muraille, ou ne soit englouti comme un diamant jeté oons un marais; et même si quelque chose de vérilablement bQn était introduit en lui, ce serait comme si une perle était allachée au groüin dun pourceau; car qui ne sait que la clémence ne peut être inlroduite dans la férocité, ni linnocence dans la vengeance, ni lamonr dans la haine, ni la concorde dans la discorde, ce qui serait pour ainsi dire mettre ensemble le Ciel et lEnfer? Lhomme Don-régénéré est, quant à son esprit, comme une panthère ou comme un hibou, et peut êlre comparé à lépine ou à lortie; mais lhomme régénéré est comme une brebis ou comme une co­ lombe, et peut être comparé à lolivier ou au cep; pensez, je vous prie, comment un homme-panlhère peut être changé en un homme-brebis, ou de hibou devenir colombe, ou dépine deve­
  • 184. LA VRAIEllirolilier, ou dortie d~venircep, par quelque imputation, addi­cation, application de la justice Divine, qui le damnerait plutôtquelle ne le jllstifi~rait? pour que la conversion se fasse, ne faut­il pas auparavant ôter le féroce de la panthère et du hibou, ou lenuisible de lépine et de lortie, et implantel a la place ce qui estvéritablement humain et non nuisible.? Comment cela seffectue, le Seigneur lenseigne dans Jeàn, - XV. 1 à 7,Il Y a Imputation, mais du bien et du mal, et en même temps- de la foi. 643. Que ce soit lImputation du bien et du mal, qui est enten­due d:llls la P:lrole, quand il y est question dÎmputation, on leTOit pal dinnombrables passages, qui même ont déjà été rappor­tés en partie; mais pour que chacun soit certain quil ny a pasdautre Imputation, il sera encore présenté ici quelques citation~tilées de la Parole: .. Le Fils de lhomme doit venir, et alors ilrendra à chacun selon ses œuvres.» ~ lUallh. XVI. 27. - .. Ceuxqui ont fait de bonnes œuvres sortiront pour une résurrec­tion de vie, et ceux quien ont fait de mau.vaises, pour une lésurlec·tion de jugement. » - Jean,· V. 29. - « Un Livre fut ouvert,lui est (le Livre) de la vie, et ils furent jugés tous selon leursœUV1es. » - Apoc. XX. 12, 13. - .( Voici, je viens bientôt, et merécompense avec Moi, afin Ille je donne à chacun selon SOR,œuvre, " - Apoc. XXfI. 12. - « Je fmai la visite sur ses voies..et ses œuvres je lui lét1:ibuerai. » - Hosée, IV. 9. Zach. 1. 6.Jérém. XXV. 14. XXXII. 19. - « Dieu, dans le jour de sa colèreet de son juste jugement, rendra à chacun selon ses :euvres. » ~Rom. Il. 5. 6. - « Il nOlis faut tous comparaître devant le Tribu­nal de Christ, afin que chacun reçoive, selon ce quil a tait par lef:orps, soit bien, soit mal. » - Il. Cor. V. 10.- Ilnyapoinleu~~aulre Loi dimputatfoll dans le commencement de "Eglise, el ilny el! allra point dautre dans sa fin ; quil nyen ail point eu dall­tre dans le commencement de lÉglise, on le voil par Adam et parson Epouse, en ce quils ont été condamnés, parce quils avaientfaille mal en mange~ll de larbre de la science. du bien et du,
  • RELIGION CHRETIENNE. i85mal, - Gen. II et III; -etqui1nedoivepasyenavoirdautredansIl! ijn de lEglise, on le voit .clairement par ces paroles do Sej­gneur: Cl Quand viendra le Fils de lhomme dafts la gloire deson Pt!re, alors il sassiéra sur le Trône de sa gloire, et il diraaux brebis qui seront à sa droite: Venez, les bénis de monPère, et possédez comme héritat/e le Royaume préparé pourvous dès la fondation du Monde; c.a? jai eu faim, et vous 1I1a­ vez donné à manger; j ai eu so/ et vous 111àvez donné li boùc;jétais étranger, et vous Mavez recueilli; nu, et vous Mavez vêtu; jétais malade, et vous Mavez visité: jétais en p?ison; et vous êtes venus vers Moi. Mais il dira aux Boucs placés àsa gauche,parce quils nont pas fait de bonnes œuvres: Retirez­ vous de 1I10i, maudits, dans le feu éte1?wl, préparé au diable et à ses anges. Il - Mauh. XXV. 3i el suiv. - Daprès ces paroles, quiconque a les yeux ouverts peut voir quil ya imputation du bien et du mal. Quil y ait aussi Imputation de la Foi, cest parce que la charité qui appartient au bien, et la foi qui appartient au vrai, sont ensemble dans les bonnes Œuvres, et que si elles ne sontpas ensemble, les OEuvres ne sont pas bonnes, voir ci-dessus,N°S 3ï3 à 3ii ; cest pourquoi Jacques dit: .« Ab?aham notre pèrene fut-il pas justifié par des OEuvres, lorsquil offrit son fils surtautel? Ne vois-tu pas que la Foi coopérait avec ses œuvres,et que par les OEuvres la Foi fut connue pottr parfaite, etflu ainsi fut accomplie l ÉC?iture, qui dit: Abraham a cru enDieu, et cela lui a été imputé à justice? JI - Épîl. Il. 2i, 22,23. 644. Si par lImputalion dans la Parole les Chefs des EglisesChrétiennes, et par suite leurs suhalternes, ont entendu lImputa­tion de la Foi dans laquelle la Justice et le Mérite du Christ ontété inscrits, et par conséquent, attribués à (homme, cest parceque pendant quatorze siècles, cest-à-dire, depuis le Concile deNicée, on na pas voulu entendre parler dune autre foi; celle foiseule sest donc établie, comme organisée dans leur nlémoile, etpar suite dans leur mental; et, depuis ce temps, elle a empruutéune lumière! telle quest celle dun incendie pendant la nuit, lu­mière daprès laquelle celle foi fut vue comme le vrai théologiquemême, doù dépendent enchaînés en série tous les autres dogmes,
  • 186 LA VRAIE qui lomberaîent en lambeaux, si celle tête ou celle colonne était ôtée: si donc ils pensaient à une autre foi quà celle foi imputa­ live, quand Mlisent la Parole, colle lumière avec toute leur Théo­ 10giqne séteindrait, et il sélèverait des ténèbres dans lesquelles lE­ glise Chrétienne toute ePltière disparaîtrait, cest pourquoi celte foi a été laissée, comme une souche de racines en terre, après que larbre a été coupé et détruit, jusquà ce que les sept temps soient passés, - Daniel. IV. 25, 26. - Aujourdhui dans lÉglise, parmi les Chefs confirmés, qui est celui qui, lorsque cetle foi est. attaquée, ne se boucbe pas les oreilles comme avec du coton, de crainte dentendre parler contre elle? !lais, mon cher Lecleur, ouvre les oreilles, et lis la Parole, et tll percevras clairement une foi autre et une imputation autre que celles dont tu as eu jusquà présent la persuasion. 645. JI esl étonnallt qlle, quoique la Parole, depuis le commen­ cement j usqu il la fin, soi t pleine de témoignages et de confirma­ tions quà chaque homme sont imputés son bien et son mal, néanmoins les dogmalistes de la Religion Chrétienne aient bou­ ché leurs oreilles comme avec de la cire, et oint leurs yeux comme dun collyre, en sorte quils naient entendu ou naient vu, et quils nenlendent ou ne voient dautre Imputalion qlle celle­ de leU! Foi, dont il vient dêtre padé; et cependant cette Foi petit êlre convenablement comparée il la Maladie de lœil, qui est appe­ lée GOUTTE SEREIlŒ, et doit même être à jusle titre nommée ainsi; celle maladie est une cécité ab~olue de lœil, ploduile par lobs­ truction du Nerf optiqne, et cependant lœil semble voir complè­ tement; il en es~ de mèn l de ceux qui sont dàns celle foi, ils marchent comme ayant ll:· yeux ouverts, et devant les :lutres il mble quils voient t011t, 1:lOdis que cependant ils ne voient rien, puisque lhomme ne sait ricn de celte foi qüand elle entre. car il est alors commc une souche, et ensuite il ne sait si elle est en lui, et ne sait si en elle il y a quelque chose; et dans la suile il leur semble méme voir lrès-clairement celte foi concevoir et enfanter les nobles fœtus de la Justification, à savoil, la Rémission nes pé­ chés, la Vivification, lInnovation, la Régénération, la. Sanctifica­ tion, lorsque cependant ib nen ont vu et nen peuvent voir aucunsigne.
  • RELIGION CHRÉTIENNE. 187 646. Que le bien qui est la charité, et le mal qui est liniquité. soient imputés après la mort, cest ce qui ma élé prouvé par toule mon expérience sur le sort de ceux qui de ce Monde passent dans lautre; chacun, après y être resté quelques jours est examiné quel il est, par conséquent quel il a été dans le Monde précédent quant à la religion: cela fait, les examinateurs en font le lapport, au Ciel, et alors il est transporté vers ses semblables) par consé- quen t vers les siens; ainsi se fait lImputation. Quil y ai t impn- tation du bien pour tous ceux qui sont dans le Ciel, et imputation du mal pour lous ceux qui foon 1 dans lEnfer, cela est devenu évi- dent pour moi daprès lordination du Ciel et de lEnfer par le Sei- gneur ; tou t le Ciel a été disposé en ordre dans des sociétés selon toutes les variétés de lamour du bien, et tout lEnfer selon toutes les variétés de lamour du mal. LEglise dans les terres a été pa- reillement disposée en ordre par le Seigneur, car elle correspond au Ciel; sa religion est le bien. De plus, demande fi nimporte quel homme, ayant de la religion, et doué en même temps de raison, de quelque partie du Globe quil soit, quel est celui quil croit· devoir aller au Ciel, et quel est celui quil croit devoir aller en Enfel; et lous répond~ont dun commun accord que ceux qui font le bien iront au Ciel, et que ceux qui font le mal iront en Enfer. En outre, qui ne sait que celui qui est vraiment homme aime un homme, une réunion dhommes, une ville et un royaume daprès, le bien qui est en eux, et non-seulement les hommes, mais en- core les bêtes) et aussi les choses inanimées, telles que maisons, possessions, champs, jardins, arbres. forêts, terres, même les métaux el les pierres, daprès leur bonlé et leur usage, le bien et lusage sont un? Et Je Seigneur naimerait pas lb-omme et lEglise daprès le bien!
  • 188 LA. VRAIELa Foi et l lmputation de la Nouvelle Église ne peuvent nulle­ ment être de compagnie avec la foi ellimplltation de la pre­ cédente Église; el si elles sont ensemble) il se lait une telle collision et un tel conflit, que le tout de lÉglise chez lhomme périt. 647. Si la Foi et lImputation de la nouvelle Eglise ne peuvent être de compagnie avec la foi et limputation de lEglise précé­-dente ou qui dure encore, cest parce quelLes ne sont pas daccord en une troisième paltie, ni même en une dixième; car la foi de la précédente Église enseigne que de toule éternité il a existé trois Personnes Divines, dont chacune en particulier ou par elle-même seraiL Dieu, tout autant de Créateurs; mais la foi de la nouvelle Eglise est, que de toute éternité il ya eu seulement une seule Per­ sonne Divine, ainsi un seul Dieu, et quoutre ce Dieu il nyen a point dautre: la foi de la précédente Eglise a donc présenté une Divine Trin ité divisée en trois Personnes; mais la foi de la nou­ velle Eglise présente une pivine Trinité unie dans une seule Per­ sonne. La foi de la précédente Eglise a été en un Dieu invisible, inaccessible et inconjongible, dont elle a eu une idée telle que celle quon a dun Esprit, cest-à-dire, telle que celle quon a de léther ou du vent; mais la foi de la nouvelle Eglise est en Dieu.visible, accessible et conjongible, dans lequel il y a, comme lâme est dans le corps) Dieu invisible, inaccessible et inconjongible, du­ quel elle a lidée dun homme parce que Dieu un, qui a élé de toute éteruilé, a- élé fait Homme dans le temps. La foi de la précé­ dente Eglise attribue au Dieu invisible la toute-puissance) et lôte au Dieu visible, car elle enseigne que Dieu le Pèle impute la foi, et p:!r elle donne la vie éternelle, et que le Dieu visible inter­ cède seulement, et que llin et laulre, ou selon lEglise Grecque Dieu le Père donne à lEsprit Saint, qui esl dans lordre un troi­ sième Dieu par lui-même, toute puissance dopérer les effets de celle foi; mais la foi de la nouvelle Eglise allribue à Dieu visible, dans lequel est Dien invisible, toute puissance dimputer et all"si dopérer les effets du salut. La. foi de la précédente Eglise est
  • RELIGION CHRÉTIENNE. i89principalement en nn Dieu Créateur, et non en même temps entui comme Rédempteur et S:lUveur; mais la foi .de la nouvelleEglise est en un seul Dieu, qui est tout à la fois Créateur, Ré­dempteur et Sauveur. La foi de la précédente Eglise est que la Pé- .nitence, la Rémission des péchés, la Rénovation, la Régélleralioll.la Sanctification et le Salut suivent deux-mêmes la foi donnée etimputée, et cela, sans que rien de lhomme y soit mêlé ou con­joint; mais la foi de la nouvelle Eglise enseigne la pénitence, laréformation, la régénération, et ainsi la rémission des péchés,lhomme y coopél·ant. La foi de la précédenle Eglise affirme quily aimpulation du mérite du Chrisl, imputation que la foi donnéeembras~e; mais la foi de la nouvelle Église enseigne quil y a im­ putation du bien et du mal, et en même temps de la foi, el que·celle imputation est confolme à lEcriture Sainte, mais qlle Fautrey est contraire. La précédente E~lise soutient quil y a donationde la foi, dans laquelle est le mérite du Christ, quand lhommeest comme une souche ou une pierre, et soutient aussi quil yatotale impuissance de lhomme dans les choses spirituelles; maisla nouvelle Eglise enseigne une toute autre foi qui est non dans lemérite du Christ, mais en Jésus-Christ Lui-Même Dieu Rédemp­teur et Sauveur, et soutient quil y a libre arbitre tant pour sap­pliquer à la réception que pour coopérer. La précédente Église ad­joi.ntà sa foi la charité comme appendice, mais non comme salvi­fique, et constitue ainsi la religion; mais la nouvelle Eglise con_joint la foi au Seigneur et à la charilé à légard du prochain, comme deux choses inséparables, et constitue ainsi la Re1ig.ion; sans par­let de plusieurs autres discordances. 648. Par cette courte revue de discordances où dissentîments,il- est évident que la foi et limputation de la nouvelle Église nepeuvent nullement être de compagllie avec la foi et iimpulationde lÉglise précédente ou qui dure encore; et comme il y a entrela- foi et limputation de lune et de lautre Église une telle discor­dance et un tel dissentiment, il y a une complète lIétérogenéilé;si donc elles étaient ensemble dans le mental de lhomme, il seferait Une telle collision et un conflit, que le tout de lÉglisepérirait, et que dans les choses spililuelles lhomme tomberait ouen délire ou en défaillance; de là il ne saurait ce que cest que·lÉ­
  • i90 LA VRA.IE glise, ni sil y a Une Église; est-ce qualors il saurait quelque chose de Dieu, quelque chose de la foi, et quelque chose de la charité? La foi de la précédente Église, parce quelle a exclu toUle lumière pro­ venant de la raison, peut être comparée à une chouelle; mais la foi de la nouvelle Église peut être compar~e à uue colombe qui vole en plein jour, et voit par 1a lumière du ciel; cest pourquoi leur con­ jonction dans un même mental serait comme la conjonction dune chouelle et dune colombe dans un même nid, où la chouellepon­ drait ses œufs, et la colombe les siens; après lincubation les pe­ tits écloraient, et alors la chouette déchirerait les petits de la co­ lombe, et les donnerait en pâture à ses petits; car la chouette est un oiseau vorace, La foi de la précédente Église étant décrite dan s lApocalypse, Chap. XU, par le dragon, ct la foi de la nouvelleÉglise, par la femme enveloppée du soleil, sur la tête de laquelle est une couronne de douze étoiles, on peut conclule de la compa­ raison, quel serait létat du mental de lhomme, si elles étaientensemble dans la même maison, à savoir, que le dragon sarrête­rait devant la femme prête daccoucher pour dévorer son enTant,et quaprès que la femme se serait envolée dans le désert, il lapoursuivrait, et lancerait de leau comme Ull fleuve sur elle, afinquelle fùt submergée. 649. Semblable chose arriverait, si quelquun embrassait la foidc la nouvelle Eglise, et retenait la foi de la précédente Église surlImputation du mérite et de la justice du Seigneur; car de cette foi­ci, eOl1Jme racine, repousseraient comme rejetons tous les dogmesde la précédente Église: si cela arrivait, ce serail, par comparai­son, comme si quelquun se dégageait de cinq cornes du dragonet sengageait dans les cinq autres; ou comme si quelquull fuyaitun loup, et tombait sous un tigre; ou comme si quelquun, sor­tant dune f03se où il ny a point deau, tombait dans une fossepleine deall, oü il serait submergé; car ainsi il reviendrait facile­ment dans toutes les erreurs de la précédente foi, qui ont été ex­posées ci-dessus, et alors dans celte erreul damnable de simputeret de sappliquer les Divins mêmes du Seigneur, qui sont la Ré­demplion et la Justice, quon peut adorer et non sappliquer; carsi lhomme se les imputait et se les appliquait, il serait consumécomme sil était jeté dans le soleil uu, dont cependant la lumière
  • RELIGION CHRÉTIENNE. i91 et la chaleur le font voir et vivre par le COlpS : que le Mérite du SeigneUl soit la Rédemption, et que la R.édemption et la Justice du Seigneur soient deux Divins, qui ne peurent être conjoints à lhomme, cest ce qui a été montré ci-dessus. Qne chacun se garde donc de transporter Jimputation de la précédente Église dans limputation de la nouvelle Église, puisque cela serait une source deffets tragiques qui sopposelaient à son salut. Le Seigneur impute à tout homme le bien, et lEnfer impute à tout ho>nme le mal. 650. Que le Seigneur impute à lhomme le bien et ne lui Im­, rute aucun mal, et que le diable, par lequel est entendu lEnfer, impute à lhomme le mal et ne lui impute aucun bien, cela est nouveau dans lÉglise; si cela est nouveau, cest parce que dans la Parole on lit en beaucoup dendroits que Dien se met en colère. se venge, a de la haine, damne, punit, jette dans lenfer, tente. toutes choses qui appartiennent au mal, et par suite sont des maux; mais que le sens de la lellre de la Parole ait été composé de choses, qui sont appelées apparences et correspondance, dan s le but quil y ait conjonction de lÉglise Externe avec lÉglise In­ terne, par .conséquent du Monde avec le Ciel, cela a été montré dans le Chapitre sur lÉcriture Sainle; et il y a aussi été montré que, quand de telles expressions sont lues dans la Parole, les ap­ , parences du vrai, en passant ùe lhomme jusquau Ciel, sont elles­ mêmes changées en des vrais réels, qui sont, que jamais le Sei­ gneur ne se met en colère, ne se venge, na de la haine, ne damne. ne punit, ne jette dans lenfer, ne tenle, que par con5équent ja­ mais il ne fait de mal à lhomme; jai très-souvent remarqué cette transmutation et ce renversement dans le Monde Spirituel. 651.. La raison elle-même convient que le Saigneur ne peut faire de mal à aucun homme, ni par conséquent lui impuler le mal, car le Seigneur est lAmour Même, la llisélicorde ~Iême, ainsi le Bien Même, et ces qualités appartiennent à sa Divine Es­ sence; cesl pOUIquoi attribuer au Seigneur le mal ou quelque chose du mal, ce serait conlraire à sa Divine Essence, et ainsi.
  • (.92 LA VRAIE contradictoire, et ce serait aussi abominable que de conjoindre le Seigneur avec le diable, et le Ciel avec "Enfer, quand cependant « un gouffre immense a été établi enbe eux, de sorte que ceux qui veulent traverser de celui-là à celui-ci ne le peuvent, non plus que de celui-ci à celui-là on ne peut passe1. ) - Luc, XVI. 26. - Un Ange du Ciel ne peut pas même faire du mal à quelquun, parce que lessence du bien provenanl du Seigneul est en lui; el vice versâ un esprit de lenfer ne peut faire que du mal il aulrui, parce que la nalure du mal provenant du diabie est en lui; lessence ou la nature que quelquun sest appropriée dans le Monde ne peut pas être changée après la mort. Pense, je le prie, quel serait le SeigDeur, sil regardait les méchants avec co­. 1ère et les bons avec clérllenCe; il Ya des méchants par myriades de myriades, et des bons par myriades de myriades ; el sil sauvait ceux-ci par grâce et damnait ceux-là par vengeance, et considé­ rait les uns et les autres dun œil si différent, doux et dur, pi­ toyable et impitoyable, que serait alors le Seigneur Dieu? Qui­ est-ce qui na pas été instruit par les prédications dans les Temples, que tout bien, qui esl en lui-même le bien, vient dè Dieu, et quau contraire lout mal, qui est en lui-même le mal, vient du diable? Si donc quelque homme recevait elle bien et le mal, le bii;>].) da­ près le Seigneur, el le mal daprès Je diable, etrun et lautre par volonté, ne deviendrait-il pas ni froid ni chaud, et ne serait-il pas ce tiède, qui est vomi, selon les paroles ùu Seigneur dans lApo­ calypse? - III. j ti. 16. - 6:52. Que Je Seigneur imillté le bien à tout homme, et nim­ pute le mal à qui que ce soit, quainsi il ne condamne-personne à lEnfer. mais élève vers le Ciel tous les hommes, en tant que lhomme le suit, on le voit- par ses propres paroles: Jésus dit: l( Quand jaurai été élevé de la terre, t,ous les hommes jattireraz VetS Moi, » - Jean, XII. 32. - « Dieu a envoyé son Fils dans le Monde, non pour juger le Monde, mais pour que le Monde soit sauvé pm,Lui; celui qui croit en Ltti nest point jugé, mais celui qui ne ClOit point a déjà été jugé. )) - Jean, Ill. - 17, 18. -"- " Si quelquun entend mes paroles et cependant 1~e croit point, Moi, je ne le juge point; car je suis venu non pow juger lê- Monde, mais pour sauver le-Monde; celui quz Me méprise.
  • RELIGION CHRÉTIENNE. .i93et ne reçoit point mes paroles, il a qui le juqe, la Parole quejai prononcée le juqela au dernieljou1. )J ­ Jean, XII. 4i, 48.- « Jésus dlt: Moi, je ne juqe personne. » - Jean, VIII. f5;- par le Jugement, ici et ailleurs dans la Parole, il est entendule jugement }lour lEnfer, cest-à-dire, la damnation; mais ~ "é­gard de la salvation, il est dit la résurrection à la vie, et non lejugement, - Jean, V. 24, 29. III. i 6 ; - par la Parole qui ju€>era,il est entendu la Vérité, et la vérité est que tout mal vient delEnfer, et quainsi le mal· et lEnfer sont un ; cest pourquoi pen­ dant que le méchant est élevé pal le Seigneur vers le Ciel, son mal lentraîne en bas; et comme il aime le mal, il le suit lui-mêmede son plein gré: cest aussi une vérité dans la Parole, que le Bienest le Ciel, cest pourquoi pendant que le bon est élevé par le Sei­ gneur vers le Ciel, il monta lui-même comme de son plein gré, etil est introduit; les bons sont dilS avoir été écrits dans le Livra de vie, - Dan. XII. i. Apoc. XIII. 8. XVII. 8. XXL 2i. - Il ya en ac­ tualité une sphère par laquelle Lous sont élevés vers le Ciel, ell a procède cOJltinueJement àu Seigneur, et remplit tout le Monde spirituel et tout le Monde naturel; et elle est comme une forLe veine dans lOcéan, qui, sans quon le sache, entraîne le navire; tous ceux qui croient au Seigneur, et vivent seton ses préceptes, entrem dans cetLe sphère ou veine, et sont élevés; mais ceux qui ne croient pas ne veulent pas y enLrer; ils se rejettent sur les côtés, et ils y sont saisis par un torren t qui conduit à lEnfer. 653. Qui ne sait que l;lgneau ne peut agir que comme un agnea u, et la brebis que comme une brebis; que dun auLre côté, le loup ne peut agir que comme un loup, et le tigre que comme lin tigre? Si ces bêtes étaient mêlées ensemble, le loup ne dévore­ rait-il pas lagneau, et le tigre la brebis? Cest pour cela quil y a des bergers pour veiller. Qui ne sait quune fontaine deau douce ne peut faire jaillir de sa source des eaux amères, et quun arbre h on ne peut produire des fruits mauvais; que le cep ne peut pi­ quer commr. lépine, la Heur de lis causer une douleur vive comme lOItie, ni lhyacinthe déchirer comme le chardon? et vice ve1sd; cest pourquoi ces mauvaises planles sont arrachées des champs, des vignes et des jardins, et sont jetées en "monceaux dans le feu. Il en est de même des méchanls qui arrivent dans le Monde Spi- II. 13.
  • 194. LA. VRAIErituel, selon les paroles du Seigneur, - Matth. XIII. 30. Jean, XV.6. - Le Seigneur a dit aussi aux Juifs: cc Race de vipères) com­ment pouvez-vous de bonnes choses prononcer, puisque méchantsvous êtes? Lhomme bon du bon trésor de son cœur tire debormes choses, et l homme méchant de son mauvais trésor tirede mauvaises choses. -lfatth. XII. 34, 35. NLa Foi (ait la sentence à légard de ce avec quoi elle se conjoint; si la vraie (ai se conjoint avec le bien, la sentence est pour la vie éternelle,. mais si la (oi se conjoint avec le mal, la sen­ tence est pour la mort étemelle. 654. Le:> œuvres de la charité qui sont faites par le chrétien, etcelles qui sont faiLes par le païen, se présentent samhlahles dans laforme externe; car lun, de même que lautre, fait à légard du con­citoyen les biens de la civilité et de la moralité, qui en partie sontsemblables aux biens de la chariLé à légard du procham ; et mêmeils peuvent, llin comme lautre, donner aux pauvres, secourir lesindigents, et entendre les instructions dans les temples; mais quiest-ce qui peut par là juger si ces biens externes sont semblablesdans la forme interne, ou si ces biens naturels sont aussi spiri­tuels? Sur ce point, on ne peut conclùre que daprès la foi, car lafoi les qualifie; en effet, la foi fait que Dieu est dans ces biens etles conjoint avec lui dans lhomme interne. doù il arrive que lesbiens naturels deviennent intérieurement spirituels. Quil en soitainsi. on peut le voir plus pleinement dans le Chapitre sur la Foi,où sont démontrées les propositions suivantes: La Foi ne vit pasavant davoir été conjointe à la charité. La charité devient spi­rïtuelle par la (oi, et la loi devient spirituelle par la charité.La foi sans la charité, parce quelle nest pas spz·rituelle. nestpoint la foi,. et la charité sans la foi, parce quelle ne vit pas,nest point la charité. La foi et la charité sappliquent et se con-..joignent mutuellement ,et réciproquement. Le Seigneur,_ la Cha·, rrité et la Foi font un, comme la vie, la volonté et entende­ment,. et, sils sont divisés. chacun est perdu, comme une perleréduite en poudre.
  • RELIGION CHRÉTIENNE 195 655. Daprès ces propositions, en peut voir que la foi en unseul et vrai Dieu fait que Je bien est le bien aussi dans la formeinterne, et quau contraire la foi el1 un faux Dieu fait que le bienest le bien seulement dans la forme externe, ce qui nest pas lebien en lui-même; ainsi était autrefois la foi diS gentils en Jupiter,Junon et Apollon, celle dt:s Philistins en Dagon, et des autres enBaal et Baalpéhor, celle de Biléam le Magicien en son Dieu, et celledes Egyptiens en un grand nombre de dieux. Il en est tout autre-ment de la foi au Seigneur, qui est le vrai Dieu et la vie éternelle,selon Jean, - Epîl. V. 21 ; - et en qui toute la plénitude de laDivinité habile corporellement, selon Paul, - Epit. Coloss. Il. 9..- Quest-ce que la. foi en Dieu, sinon laspect et par suite la pré-sence de Dieu, et en même temps la confiance quil aide? et quest- .ce que cest que la vraie foi, sinon la foi au vrai Dieu et en même- temps la confiance que tout bien vient de Lui, et quil fait que sonbien devient salvifique? Cest pourquoi, si cette foi se conjoint avecle bien, la sentence est pour la vie éternelle; il en est tout autre-ment si elle Tle se conjoint pas avec le bien, el à plus forte raisonsi elle se conjoint avec Je mal. 656. Quelle est la conjonction de la charité et de la foi chezceux qui croient en trois Dieux, et cependant disent croire en unseul, cela a été montré ci-dessus, à savoir, que la charité se con-joint avec la foi seulement dans lhomme externe-naturel; et cela.parce que son mental est dans lidée de trois Dieux, et que sa bou-che est dans la confession dun seul Dieu; si done le mental sin-fusait à linstant même dans la confession de la bouche, il chas-serait lénonciation dun seul Dieu et il ouvrirait les lèvres et enferait sortir ses trois Dieux. 657. Que le mal et la foi en. un seul et vrai Dieu ne puissentêtre ensemble, chacun daprès la raison peut le voir, cal le male~1 contre Dieu, et la foi est pour Dieu; or le mal appartient à la·volonté, et la foi à lentendement, et la volonté influe dans l"en-tendement et le fait penser, mais non vice v~rsd,. lentendementenseigne seulement ce quil faut vouloir et·ce quil faut faire; c~estpourquoi le bien, quun tel homme fait, est en lui-même le mal;cest comme un os brillant dont la moelle est pourrie; cest commesur le théâtre un histrion qui représente un grand personnage;
  • i96 LA VRAIEcest comme le visage gracieux dune prosliluée surannée; cestcomme un papillon aux ailes argentées qui dépose ses œufs sllrles feuilles dun bon arbre, ce qu.i cause plus tard la perle de tontson fruit; cest comme la fumée odoriféraute provenant duneherbe empoisonnée; enfin, cest comme un brigand moral, et undélateur pieux: cest pourquoi son hien, qui en lui· même est lemal, est intérieurement dans la chambre, tandis que sa foi, quimarche et résonne dans le vestibule, est une pure chimère, unfantôme et une bulle de savon. Daprès c~la on voil clairement la vérité de celle proposition, que la foi fail la sentence à légard du.bien ou du mal, qui lui est conjoint.La Pensée nest imputée à personne, mazs la Volonté est z·mputée. 6~8. Toul homme Érudit sait quil y a deux facullés ou deux parties du Mental, la Volonté et lEntendement, mais il en est peu qui sachent avec justesse les discerner, en ,examiner séparément les propriétés, et ensuite les conjoindre; ceux qui ne le peuvent pas, ne peuvcnt non plus acquérir sur le mental quune notion très-obscure; si donc les propriétés que chacune de ces deux fa­ cultés a p:l.r elle·mème ne sont pas dabord décrites, celte propo­ sition, que la pensée nest imputée à personne, mais que la volonté est imputée, ne sera pas saisi~. Les propriétés de lune et de lautre son t, en abrégé, celles-ci: 10 Lamoul lui-même, et les choses qui appartiennent à lamour, résident dans la volonté; la science, lintelligence et la sagesse résident dans lentendement, el la vo­ lonté leur inspire son amour, et produit la faveur et lassentiment; il en résulte que tel est lamour et par suite Jintelligence, tel est.nomme. 2° De là. résulle encore que to.ut bien, et aussi tout mal, appartient à la volonté; en effet, loul ce qui procède de lamour est appelé bien, quand même ce serait le mal; car le plaisir qui fail la v.iede IJ~mqurproduit cela; la Volonté par ce plaisir entre dans lentendement et produit le consentement. 30 La Volonté est· ~onc .lêLre ou lessence de la vie de lhomme, etlEntendemenL en est lexister ou lexistence: et comme lessence nest rien si
  • RELIGION CHRÉTlE:"fNE. t91elle nest pas dans une forme, de même la volonté nest rien sielle nest pas dans Jentendement.; cest .pourquoi la volonté seforme dans lentendement, et ainsi se produit dans la lumière.4°. LAmour dans la volonté est la fin, et dans lentendement ilcherche et trouve les causes par lesquelles il savance vers Jeffet;et comme la fin est ce quon se propose et ce quon a en intention,elle est aussi ce que se propose la volonté, et par lintention elleentre dans lentendement, et le pousse il tourner et retourner lesmoyens, et à conclure des choses qui tendent aux effets. 5° Toutpropre de lhomme est dans la volonté, et ce propre est le mal parla première naissance, et devient le bien par la seconde; la pre­mière naissance vient des parents, mais la seconde vient du Sei­gneur. Daprès cet exposé sommaire on peut voir que, autre estla p-ropriété de la Volonté, et autre celle de lEntendement, et quepar création elles ont été conjointes cOlllme lêtre et lexister; quepar conséquent lhomme est homme en premier lieu par la vo­lonté, et en second lieu par lentendement; de là vient quàlhomme est imlJutée la volonté, mais non la pensée, par consé­quent le mal et le bien, parce que, comme il a été dit, lemal etie bien résident dans la volonté, et par suite dans la pensée de len­tendement. 659. Sil nest imputé à lhomme aucun des maux quil pense.cest parce que lhomme a été créé de telle manière, quil peutcomprendre et par suite penser Je bien ou le mal, le bien daprèsle Seigneur, et le mal daprès lEnfer, car il est dans le milieu, et ila la faculté de choisir lun ou lautre daprès le libre arbitre dansles choses spirituelles, dont il a été traité en son lieu ; et commeil a la facuIté de choisir avec liberté, il peut vouloir et ne pas vou­loir, et ce quil veut est reçu par la volonté et est approprié, mais cequil ne veut pas nest pas reçu et par conséquent nest pàs appro­prié. Tous les maux vers. lesquels lhomme incline par naissanceont été inscrits dans la volonté de son homme naturel; ces mauX,>en tant quil en tite de là, influent dans les pensées; de même lesbiens avec les vrais y influent den haut par le Sel~neur ; et ils ysont pesés comme des poids dans les plateaux dune balance; sialors lhomme adopte les maux, .ils sont reçus par ia volonté an­cienne, et ils sajoutent aux maux de cette volonté; mais sil adopte
  • "J9a LA VRAIE les lJielîs avec les vrais, il est formé par le Seigneur une DOuvelle olonté et un nouvel ~ntendement au-dessus de la volonté an­,cienne, et le Seigneur y implanle successivement de nouveaux biens par des vrais, et par ceuxcci il subjugue les maux qui sont au-dessous et les éloigne, et il dispose loutes choses dans lordre. Daprès cela, il est encore évident que la pensée est ce qui purifie et tamise les maux qui viennent des parents; si donc les maux que lhomme pense étaient impulés, il ne pourrait être fait ni ré­ formation, ni régénération. 660. Puisque le bien appartient à là volonté et le vrai à len­lendemenl, et que dans le Monde une multitude de choses cor­.r~spondent au bien,- comme les fruits et Jes usages, et que Jim­ putation elle-même èorrespond à lestimation et au prix, il sen­ suit que ce qui a été dit ici de Jimputation peuf être comparé avec toules les choses créées; car, ainsi quil a déjà élé montré ç~ et là, tout dans lunivers se réfère :ll bien et au vrai, el, dans un.autre sens, au mal ef au faux. La comparaison peul donc être faile avec lËglise, en ce quelle est réputée Église daprès la cha­ rité et la foi, el non daprès Jes rituels qui y sont adjoints La~omparaison peut aussi êlre faite avec un ministre de lÉglise, en ce quil est estimé daprès sa volonlé ct son amour, et en même temps daprès son.entendement dans les choses spirituelles, et non daprès son affahilité et son vêtEment. Il y a au~si compa­ raison avec le culte et le lemplt~ dans lequel il est fait; le culte lui-même se f.lit dans la VOIOlllé, et dans lentendement comme dans son temple, et le temple est appelé saint non daprès llli­ même, mais daprès le Divin quon y enseigne; il Y a encore com-·-paraison avec llll Gouvernement, qui est a imé, quand le bien règne et en même temps le vrai, mais non qu·and règne le -rai sans le bien. Qlfi est-ce qui juge dun roi daprès ses gardes, ses chevaux et ses chars, et non daprès le Sentime~1 Royal quon sait existe. en lui? le Sentiment Royal appartient à lamour et 3 la prudenu­ de gouverner, Dans un triomphe, qui est-ce qui ne regarde pas le Conquérant et daprès le conquérant la pompe, au lieu de juger du conquérant daprès la pompe? on juge donc daprès lessentiel.Je formel, et non daprès le formel lessentiel; la voJouté est les­ sentiel, et la pensée est 16 formel; et personne ne peut imputer
  • RELIGION CHRÉTIENNE. 199au formel qne ce quil tire de lessentiel, ainsi on impute à celui-ci etJlon à celui-là. • • ... * 6.6L Aux explications de ce chapitre jajcluterai ces MÉ~IORA­BLES: PREMIER MÉMORABLE. Dans la Plage septentrionale supé­ rieure près de lOrient, dans le Monde Spirituel, il y a des lieuxdinstruction pour les enfants, il y en a pour les jeunes hommes,il y en a pour les hommes adulres, et aussi pour les vieillards; lous ccux qui meurent dans leur enfance sont envoyés dans cesl~eux, et leur éducation se fait dans le Ciel; là aussi sont envoyéstous ceu·x qui arrivent nouvellement du Monde, et qui désirentdes connaissances sur le Ciel et sur [Enfer : cette Contrée esrprès de lOrient, afin que tous soient instruits par linflux procédant duSeigneur;. car le Seigneur est lOrient, parce quil est ti·dans leSoleil, qui par Lui est pur Amour; de là, la Chaleur de ce Soleil est dans son essence lAmour, et la Lumière qui en procède estdans son essence la Sagesse; ces deux èhoses procédan t de ceSoleil sont inspirées par le Seigneur il ceux qui sont instluits, ~telles sont inspirées selon la réception, et la réception est selon la­mour dêtre sage. Apr(:s le temps dinstruction, ceux qui sont de­venus intelligents sont congédiés et sont appelés disciples du Sei­gneur ; ils sont dabord envoyés de là dans lOccident, et ceux quine reste pas dans cette plage sont envoyés dans le Midi, et quel­ques-uns par le Midi dans lOrient, et ils sont introduits dans lesSociétés où doivent être leurs demeures. Un jour, pendant. queje méditais sur le Ciel et sur lEnfer, je commençai à désirerune universelle connaissance sur létat de lun et de lautre, sa­chant que celui qui connaît les universaux. peut ensuite saisir lessinguliers, parce que ceux-ci sont dans ceux-là comme des partiessont dans le commun. Dan5 ce désir, je portai mes regards verscelte Contlée dans la plage septentrionale près de lOrient, oùétaient les Lieux: dinstruction; et, par un chemin qui me fut alorsouvert jy allai, et jentrai dans un Collége où étaient de jeuneshommes; et je madressai aux principaux. Maîlles qui instrui­saient, et je leur demandai sils connaissaient des universaux surle Ciel et sur lEnfer; et ils répondirent: (( Nous en connaissonspeu; mais si nous regardons du côté de lOrient vers.1e Seigneur,
  • 200 LA VRAIEnous serons illustrés et nous saurons. )} Et ils regardèrent du côtéde lorient vers le Seigneur, et ils dirent: « Il y a trois Universauxde lEnfer; mais les Universaux de lEnfer sont diamétralementopposés aux Universaux du Ciel; les Universaux de lEnfer sontces trois Amours: LAmour de dominer daprès lamour de soi;lAmour de posséder les biens des autres daprès lamour dumonde; et lAmour scortatoire: les Universaux du Ciel qui leursont opposés sont ces trois amours: lAmour de dominer daprès lamour de lusage; lAmour de posséder les biens du monde da­près lamour de faire des usages par ces biens ; et lAmour vrai­ ment Conjugal. " Après ces paroles et un souhait de paix, je men allai et revins chez moi. Lorsque je fus chez moi, il me fut dit du Ciel: «( Examine ces trois Universaux en dessus et en dessous, et ensuite. nous les verrons dans ta main. " JI métait dit: « Dans ta main,» parce que toutes les choses que lhomme examine par lentendement apparaissent aux Anges comme inscrites dans les mains. Cest pour cela que, dans lApocalypse, il est dit recevoir un Caractère sur le front et sur la main, - Chap. XIII. 16. XIV. 9. XX. 4. . . Aussitôt, jexaminai le Premier Amour universel de lEnfer, qui était lAmour de dominer daprès lamour de soi, et ensuite JA­ mour universel du Ciel, qui y correspond, cest-à-dire, lAmour de ilominer daprès lamour des usages; en effet, il ne me fut pas permis dexaminer lun de ces amours sans examiner lautre, parce qne lEntendement ne perçoit pas lun sans lautre, car ils sont opposés; cest pourquoi, pour que lun et lautre soient per­ çus ils doivent être placés en opposition, lun contre lautre; car· un visage beau et ~égulier brille avec éclat quand on lui oppose un visage laid et difforme. Lorsque jeus bien examiné lAmour de dominer daprès lamour de soi, il me fut dOllDé de perce·voir que cet Amour était infernal au suprême degré, et par suite chez ceux qui sont dans lEnfer le plus profond; et que lAmour de dominer daprès Jam,our des usages était céleste au suprême degré, et par suite chez ceux qui sont dans le Ciel suprême. Si lAmour de do­ mir:ler daprès lamour de soi est infernal au suprême degré, cest parce que dominer daprès lamour de soi, cest dominer daprès le propre; or le propre de lhomme est par naissance le mal même,
  • RELlGIONCHRÉTlENNE. 201el le mal même est diamétralement contre le Seigneur; cest pour-quoi plus on fait de progrès dans ce mal, pluseon nie Dieu et leschoses saintes de lÉglise et plus on sadore soi-même et la nature;que ceux qui sont dans ce mal examinent cela en eux, je les enprie, et ils verront: cet amour aussi est tel que, autant on lui lâ-che les rênes, ce qui arrive lorsque limpossible ny fait pas ob-stacle, antant il sélance de degré en degre, et jusquau plus haut;et il ne se bOlne pas là, mais sil ny a pas un degré pIns élevé, ilse plaint et gémit. Cet amonr, chez les Politiques, luonte au pointquils voudraient être Rois et Empereurs; et, sil était possible,dominer sur le monde entier, et êlre appelés rois des rois et empe-reurs des empereurs; el, chez les Ecclésiastiques, ce même Amour monte à un tel point, quils voudraient être des dieux, et en tantquil est possible, dominer sur le Ciel entier, et être appelés dieux. Que ni les uns ni les autres ne reconnaissent de cœur aucun Dieu, on le verra dans re qui suit. lIais, au contraire, ceux qui veulent dominer daprès lamour des usages, veulent dominer non daprès eux-mêmes, mais daprès le Seigneur, parce que lAmour des usages vient du Seigneur, et est le Seigneur Lui-lIême; ceux-cine regardent les dignités que comme des moyens pour faire desusages; ils placent les usages bien au-dessus des dignités, tandisque les premiers placent les dignités bien au-dessus des usages. Pendant que je méditais .sur ce sujet, il me fut dit par un Angedaprès le Seigneur: Maintenant, ta vas voir, et daprès la. vue fttu te confirmeras quel est cet Amour infernal. » Et alors la terresouvrit tout-il-coup à gauche, et je vis monler de lEnfer un dia-ble la tête couverle dun bonnet carré enfoncé sur le front jus-quaux yeux, la face pleine de puslules comme celles dune fièvreardente, les yeux hagards, la poitlÎne gonflée en rhomhe ; de sabouche il lançait de la fumée comme une fournaise, ses lombesétaient entièrement ignés; au lieu de pieds il avait des talons os-seux sans chail" et de son corps sexhalait une chaleur infecte etimmonde. A sa vue je fus efflayé, et je lui criai: « Napprochepoint; dis-moi doù(lJ es. » Et il répondit dune voix lan que : « Jesuis des enfers, et jy demeure avec deux ceuts autres dans uneSociété, qui est I~ plus éminente de taules les sociétés; là, noussommes tous empereurs des empereurs, rois des rois, ducs des
  • 202 LA VRAIEducs, et princes des princes; nul ny est simplement empereur,simplement roi, duc, prince; nous y sommes assis sur les trônesdes trônes, et de là nous envoyons nos ordres sur tout le globe,et au-delà. » Alors je lui dis: " Ne vois-tu pas que la fantaisie dela prééminence te fait déraisonner? .. et il me répondit: " Commentpeux-tu parler ainsi? car nous nous voyons nous-mêmes tels, etnous sommes aussi reconnus tels par nos compagnons. A celte )1réponse, je ne voulus pas lui dire de nouveau: Tu déraisonnes;parce que la fantaisie le faisait dr.raisonner : et il me fut donné deconnaltre que ce diable, quand il vivait dans le monde, avait seule­-ment été intendant dune maison, et qualors il sétait enorgueillien son esprit au point quil méprisait tout le genre humain enle comparant à lui-même, et se complaisait dans la fantaisie quil était plus c:lpable quun roi, et même plus capable quun empe­ reur; daprès cet orgueil il avait nié Dieu, et considéré toutes les clJOses saintes de lÉglise comme rien pour lui, mais comme dequelque utilité pour la stupide populace, entln je lUI dis: (( Vous,qui êtp.s I~ deux cents, combien de temps vous glorifierez-vousainsi entre vous? .. Il dit: Éternellement; mais ceux de nous ft ..ui tonrmentent les autres, parce quils nient notre prééminence, sont engloutis; car il nous est permis de nous glolifier, mais non _de faire du mal à qui que cc soil. .. .Je lui fis encore celte question: " Sais-tu quel est le sort de ceux qui sont engloutis? .. Il me répon­ dit: " Ils tombent dans une sorte de prison, olt ils sont appelés plus vils que les vils, ou les plus vils; et ils travaillent. " Alors je dis il ce di:tble: "Prends donc garde, toi, dêtre aussi englouti. " Après cela, la terre souvrit de lIouveau, mais à droite; et je vis monter un autre diable, sur la tète duquel il y avait une sorte de Tiare entourée des replis dune espèce de couleuvre dont la tête brillait au sommet; sa face était couverte de lèpre depuis le front jusquau menton, et aussi lune et lautre main; ses l-ombes étaient nus et noirâtres comme de la s~ie, au travers de laquelle a passé le feu &ombre -dun foyer, et les talons de ses pieds étaient comme deux vipères: le premier diable layant aperçu se jeta à genoux et ladora: je lui demandai: " Pourquoi fais-tu cela? " Il dit: " Celui-là est le Dieu diJ ciel et de 1.1 terre, et il est tout-puis­ sant. II Et alors je dis à lantre diable: .. Toi, que dis-lu à cela?»
  • RELIGION CHRÉTIENNE. 203 Il répondit: .. Que ditaï-je? tout pouvoir sur le Ciel et sur lEnfer est à moi; le sort de toules les âmes est dans ma main. Il Je lui demandai de nouveau: .. Comment celui-ci, qui est empereur des empereurs, pent-i1 ainsi se soumettre? Et toi, comment peux-tu recevoir son adoration? » Il rép9ndit: Il Cest néanmoins mon ser­ "iteur; quest-ce quun empereur devant un Dieu? jai dans ma. droite la foudre dexcommunication, » Et alors je lui dis: Il Com­ ment peux-lu délaisonner ainsi; dans le Monde tu nétais quun chanoine; et parce que tu as été tourmenté de la fantaisie que tu avais les clefs, et par suite le pouvoir de lier ct de délier, tu as porté ton esprit à un leI degré de folie, que maintenant tu clois être Dieu même. " Indigné de ces paroles, il jura quil létait, et que le Seigneur na aucun pouvoir dans le t:iel; .. car, » ajouta­ t-i1, " il a transporté tout pouvoir en nous; nous navons quà com­ mander, et le Ciel et lEnfer obéissent respectueusement; si nous envoyons Lluelquun dans lenfer, les diables aussilôt le reçoient; de même les Anges reçoiient celui que nOlis envoyons dans le Ciel. » Ensuite je lui demandai: "Combien êles-vons dans votre sociélé? " Il dit: « Trois cenis; et tous, là, nous sommes dieux; mais moi, je suis le dieu des dieux. » Après cela, la terre souvrit sous les pieds de lun et de lautre, et ils tombèrent profondément dans leurs enfers; et il lhe fnt donné de voir que SOliS leurs en­ fers il y avait des prisons où tombaient ceux qui font du mal aux autres; en effet, dans lenfel la fantaisie de chacun lui c~t laissée, etmême la manie de sen glorifier, mais il nest pas permis de faire du mal il autrui: si là ils sont tels, cest parce qualors lhomme est dans son esprit, et que lesprit, après avoir été séparé du corps, vient dans la pleine liberlé dagir selon S(}S affections et selon les pensées qui en proviennent. Ensuite il me fut donné, de regarder dans leurs enfers; et lenfer où étaient les empereurs des empe­ reurs et les rois des rois était rempli de choses immondes, et ceux qui lhabitaient me parurent comme diverses hêles féroces, ·:lUX yeux U)enaçants: de même dans jaulre enfer où étaient les -dieux et le dieu des diéux, et dans celui-ci je vis voler autour.deux de féroces oiseaux de nuit. ql.li son t appelés ochim et ijim: cest 3.insi que les images de leurs fantaisies métaient représen­ tées. Par là je vis clairement quel est lAmour de soi chez les Po­
  • 204. LA VRAIE litiques, et quel est lAmour de soi chez les Ecclésiastiques; que celui-ci consiste à vouloir être des dieux, et celui-là 11 vouloir être des empereurs, et que cest ainsi quils veulent, et à cela quils aspirent, en tant que les freins sont lâchés à ces amours. Après avoir vu ces tristes et hideux spectacles, je portai me:; regards autour de moi, et je vis non loin de moi deux Anges de­ bout et conversant ensemble; lun était vélU duGe robe de laine resplend:ssante dune couleur pourpre enflammée, et avait sous cette robe ulle tunique de lin dune blancheur éblouissante; Jautre avait de semblables vêtements en écarlate, avec une tiare, dont le côté droit était enrichi de quelques escarboucles; je mappro­ chai deux,· et leur donnai le salut de pail!. ; et je leur lis dun toTi respectueux celle question: « Pourquoi êtes-vons ici en bas? » Et jls répondirent: "Nous sommes descendus du Ciel ici par lordre du Seigneur, pOllr nous entretenir avec toi sur le sort heureux de ceux qui veulent dominer daprès lamour des usages; nous, nous sommes des adorateurs du Seigneur ; moi, Prince dune Société; lui, Grand-Prêtre de la même société. " Etle Prince dit quil était le serviteur do sa société, parce quil la servait en faisant des usages; et Jantre dit quil y était ministre de lÉglise, parce quil servait ses consociés en leur faisant connaître les choses saintes pour les usages de leurs âmes; quils étaient tous deux dans de perpétuelles joies provenant de la félicité éternelle qui est cn eux. par le Seigneur; et que dans cette société tout est resplendissant et magnifique, resplendissant par lor et par les pierres précieuses, et magnifique par les palais et par les paradis; et ils ajoutèrent: " Cela vient de ce que notre amour de dominer procède, non de. lamour de soi, mais de lamour des usages; et comme lamour des usages vient du Seigneur, cest pour cela que tous les bons usages dans les cieux resplendissent et brillent avec éclat; et comme dans notre société nous somme!) tous dans cet amour, cest p.our cela que latmosphère y apparaît de couleur dor daprès la lu­ mière qui là tient de lenllammé du Soleil, et lenflammé du So­ . leil correspond à cet amour. Il Après quils eurent prononcé ces paroles, je vis aussi autour deux une semblable sphère, et je sen­ tis une odeur aromatique qui en sortait; je le leur dis mèrne,.et e les priai dajonter quelqu·e chose de plus à ce quils avaient dit
  • RELIGION CHRÉTIENNE. 205de lamour de lusage; et ils continuèrent en disant: « Les digni­tés dans lesquelles nous sommes, nous les avons ambitionnées,il est vrai, mais ce na été pour aucune autre fin que de pouvoirfaire plus pleinement des usages et de les étendre plus largement;et même nous sommes environnés dhonneur, et rious lacceptons,non pour nous, mais pour le bien de la société; car nos confrèreset eonsociés qui sont dentre la foule savent à peine autre chose,sinon que les honneurs de nos dignités sont en nous, et quenconséquence les usages que nous faisons sont de nous; mais nous,nous senlons autreruenl, nous sentons que les llOnneurs des digni­tés sont hors de nous, et quils sont comme des habits dont noussommes revêtus, mais que les usages que nous remplissons procè­dent de lamour des useges en nous par le Seigneur; et cel amourreçoit sa béatitude de la communication avec dautres au moyendes usages; et nous savons par lexpérience, quautant nous fai­sons les usages daprès lamour des usages, aulant cet amour sac­croit, et avec lamour la sagesse daprès laquelle se fait la commu­nicalion; mais quaulant nous retenons en nous les usa~es et neles communiquons pas, autant périt la béatitude; et alors lusagedevient comme un aliment renfermé dans lestomac, et qui, nesétant pas dispersé çà et là, ne nourrit ni le corps ni les partiesdu corps, mais lesle sans être digéré, doù résulte le vomissement:en un mol, tout le ciel nest que le contenant de lusage depuisses premiers jusquà ses derMiers: Quest-ce que lusage, si cenest lamour ~ctuel du prochain? et quest-ce qui maintient lescieux, si ce nest cet amour? » Après avoir entendu ces explica­ tions, je leur fis celte question: (( Comment quelquun peut-ilsavoir sil fait les usages daprès lamour de soi, ou daprès lamollldes usages? tout homme, snit bon, soit méchant, fait des lisages,et il fait des usages .daprès un amour; quon suppose que dans leMonde il y ait .une Société entièrement composée de diables, etune Société entièrement composée dAnges; et je crois que lesd·iahles, dans leur société, feront daprès le feu de lamour de soi,et daprès la splendeur de leur gloire, autant dusages que les· An­ ges dans la leur; qui donc peut savaii de quel Amour et de quelle origine. proviennent ·Ies usages? » A cela les deux Anges répondi­ rent: « Les diables font les usages pour eux-nlêmes et pour la
  • 206 LA VRAm réputation, afin dêtre élevés aux honneurs, ou dacquérir des ri­chesses; mais les Anges font les usages, non pOUl de tels motifs. mais pour les usages daprès lamour des usages; lhomme ne peutdiscerner ces usages, mais Ip. Seigneur les dicerne ; quiconquecroit au Seigneur, et fuit les maux comme péchés, failles usagesdaprès le Seigneur; mais quiconque ne croit pas au Seigneur, etne fuit pas les maux comme péchés, fait les usages daprès soi­ même et pour soi-même: cest là la distinction entre les usages faitspar les diables eL les usages faits par les Anges. »Les deux Anges,ayant ainsi parlé, sen allèrent; et de loin ils furent vus portés sur un char de feu comme Élie, et enlevés dans leur Ciel. 662. SECOND lIÉMORABLE. Après un certain espace de temps,jentrai dans lm Bois, et je my promenai en méditant sur ceux qui sont dans la convoitise et par suite dans la phanlaisie de possé­ der les choses qui sont du monde; et alors à quelque distance de moi je vis deux Anges qui causaient ensemble et parfois me re­gardaient; cest pourquoi je Jllapplochai pIns près, et tandis queje mapprochais ils madressèrent la parole, en disant: « Nous avons perçu en nous que tu médites sur UII sujet dont nous nous entretenons, ou que nous nous entretenons dun sujet sur lequel tu médites, ce qui provient dune communication réciproque des affections... En conséquence, je leur demandai de quoi ils par­ laient; ils répondirent : l ( De la Phantaisie, de la Convoitise et delIntelligence, et pour le moment même, de ceux qui se délectentde la vision et de limagination de posséder toutes les choses duMoIide. " Et alors je les priai de mettre en évidence leur mentalsur ces trois sujets, la Convoilise, la Phanlaisie el lIntelligence ;et ay.ant commencé à parler, ils dirent: l( Chacun est dans la Con­"oilise intérieurement par naissance, mais dans lIntelligenceextérieurement par éducation; et personne nest dans lIntelli­ieDce, ni à plus forte raison dans la Sagesse, intérieurement,ainsi quant à lesprit, à moins que ce ne soit par le &eigneur; cartout homme est détourné de la convoitise du mal, et lenu danslintelligence, selon quil regarde vers le Séigneur, et. en mêmetemps selon la tonjonction avec le Seigneur; sans cela lhommenest que convoitise; mais néanmoins dans les· externes, ou quantau corps, il est danslinteUigence par éducation; en effet, lhomme
  • RELIGION CHRÉTIENNE. 207convoite les honneurs et les richesses, ou la prééminence el.lo­pulence; et il nacquiert ni June ni Jautre, à moins quil ne semontre moral et spirituel, par conséquent intelligent et sage; etil apprend dès lenfance à se montrer ainsi; cest là cè qui faitque, dès quil vient parmi les hommes ou quil entre dans la so­ciété, il retourne son esprit et léloigne de la convoitise; il parleet agit daprès les choses décentes et honnêtes quil a apprisesdès lenfance, et quil retient dans la mémoire du corps; et il prend surtout garde quil ne se manifeste rien de la folie de laconvoitise dans laquelle est son esprit: de là tout homme, qui nest péls intérieurement conduit par le Seigneur, est dissimulé. trompeur, hypocrite, ainsi homme en apparence, et non hommecependant; on peut dire do lui que son écorce ou son corps est sage, et que son noyau ou son esprit est fou; que son externe est dun homme, et que son interne est dune bête; de tels hommes regardent par locciput en haut, et par le sinciput en bas; ainsi,. ils marchent la tête penchée en avant, el le visage incliné vers la terre, comme ceux qui sont en proie à un violent mal de tête; quand ils se dépouillent du corps et deviennent esprits, et qualors ils sont affranchis, ils deviennent les folies de leur convoitise; car ceux qui sont dans lamour de soi désirent ardemment dominer sur lunivers, et même en étendre les limites, afin de rendre plus grande la domination, ils ne voient jamais de bornes; ceux qui sont dans lamour du monde désirent ardemment posséder tont ce quil renferme7 et ils sont en proie au chagrin et à lenvie, sil ya des des trésors renfermés chez dautres; de peur donc que ceux qui sont tels ne deviennen( purement des convoitises, et ainsi ne cessent dêtre hommes, il leur est donné dans le Monde spiri­tnel de penser daprés la crainte de la perte de la réputation, et par conséquent de la perte de lhonneur et du gain, comme aussi daprès la crainte dala loi et de la peine quelle inflige; et il leur. est anss. donné dappliquer leur mental à quelque étpde ou à quelque ouvrage, par lesquels ils sont tellus dans les externe~ et ainsi. dans un état dÎ1llelligence, quoiquils soient intérieurement dans le délire et dans la fol~. Il Ensuite, je leur demandai si tous ceux· qui sont dans· la convoitise, sont aussi dans sa phantaisie ; ils répondirent que dans la phantaisie de leur convoitise sont ceux.
  • 208 LA VRAIE qui pensent intérieurement en eux-mêmes, et qui se livrent trop à leur imagination en parlant avec eux-mêmes; car ils séparent presque leur esprit du lien avec le corps, et il» inondent lellr en­ tendemeiJt de visions, et $en réjouissent follement comme sils possédaient lunivers; dans ce délire est plongé aprés la mort lhomme qui a détaché du corps son esprit, et na pas voulu aban­ donner le délice de son délire, en pensant daprès la religion quel­ que chose sur les maux et les faux, et en ne pensant point du tout, au sujet de lamour effréné de soi, quil est destructif de lamour envers le Seigneur, et au sujet de lamoul effréné du monde, quil est destructif de lamour à légard du prochain. Après cela, il survint aux deux Anges et aussi à moi un désirde voir ceux qui sont daprès lamour du monde dans la convoi­ tise visionnaire. ou phantaisie de possédel toules les richesses; et nous perçumes que ce désir nous élait inspiré afin quils fussentconnus: Leurs Domiciles étaient sous la terre où se trouvaient nospieds, mais au-dessus de lenfer; cest pourquoi nous nous regar­dàmes réciproquement, el nous dîmes: • Allons... Et nous ·îmesune ouverture, et là un e$calier par lequel nous·descendîmes; etUnous fut dit quil fallait les aborder par lorient, afin de ne pointentrer dans le brouillard de leur phantaisie, el de nêtre point plon­ gés dans lombre quant à lentendement et en même temps quant à la vue; et voici, nous vîmes une Maison construite en roseaux,~insi pleine de fentes, au milieu dun brouillard qui, comme unefumée, effluait continuellement par des fentes sur trois côtés dubâtiment; nous entrâmes et vîmes cinquante personnages duncôté, et cinquante de lautre, assis sur des bancs; et, tournant ledos à lOrienl et au Midi, ils regardaient vers loccident et vers leseptentrion; devant chacun deux il y avail une table, el sur latable des bourses étendues, et autour des bourses une grandequantitê de pièces dor; Cl nous leur dîmes: " Sont-ce là les ri­chesses de tous les habitan ls du Monde? » Et ilg répondirent:« Non pâs qe tous les lJabitanLs du Monde, mais de Lous ceux duRoyàume. " Le son de leur voix était sifflant; eux-mêmes appa­raissaient avec une face ronde, qui reluisait comme la coquilledun limaçon; et la pupille de lœil, dans un plan vert, lançait~omme des éclairs, ce qui provenait de la lumière de la phantaisie;
  • RELIGION CHRÉTIENNE. 209nous nous tînmes debout au milieu deux, et nous dîmes: « Croyez-vous posséder toutes les richesses du Royaume? .. Et .ils répon-dirent: .. Nous les possédons. » Ensuite nous leur demandâmes:« Qui dentre vous? » Ils dirent: .. Chacun. » Et nous dîmes: « Com-ment, chacun! nêtes-vous pas en grand nombre? .. Ils répondirent: « Chacun de nous sait qlIe tout ce quil a est à moi; il nest permis àaucun de penser, et encore moins de dire: Ce qui est à moi nestpas à toi; mais il est permis de penser et de dire: Ce qui est à toiest à moi. Les pièces de monnaie sur les Tables apparaissaient l)comme lor pur, même devant nous; mais quand nous eùmes faittomber sur elles la lumière venant de lorient, cétaient de petitsgrains dor, quils rendaient ainsi plus gros par la réunion de laphantaisie commune; ils disaient quil faut que chacun de ceux quientrent, apporte avec lui un peu dor, quils coupent en petits mor-ceaux, et les petits morceaux en petits grains, et par la force ilna-nime de la phantaisie ils les étendent en pièces de monnaie du plusgrand module: et alors nous dimes: « Est-ce qlle vous naes pas nés llOmmcs raisonnables? doù vous vient celte folie visionnaire? » Ils dirent: « Nous savons que cest une vanité imaginaire; mais corn me elle fait le plaisir des intérieurs de notre mental, nOLIs en· trons ici, et nous y trouvons des délices comme si nOlls possé- dions tout; cependant nous ny restons que quelques heure&. après lesquelles nous sortons, et chaque fois alors le bon sens nous re- vient; mais néanmoins notre amusement visionnaire revient ai- l ternativement, et fait que successivement nous rentrons et res- sortons; ainsi, nous sommes alternativement sages et fous. NOlIS savons aussi quun sort cruel aLLend ceux qui par ruse enlèvent aux autres lenrs biens. » Nous leur demandâmes quel était ce sort; ils dirent: « Ils sont engloutis, et sont jetés nus dans une prison infernale, où ils sont obligés de travailler pOlir le vêtement el pour la nourriture, et dans la suite pour quelques petites pièces de monnaie, dans lesquelles ils mettent la joie de leur cœur; mais sils font du mal à leurs compagnons, il faut quils donnent une partie de celle monnaie pour amende. " 663. TROISIÈME !IÉtORABLE. Un jour, je me trouvai au milieu des- Anges, et jentendis leur conversa lion ; leur conversalion était sur, lIntelligence el sur la Sagesse; ils disaient que lhomme ne II
  • 210 LA VRAIE sent et ne perçoit pas autrement, si ce nest quelles sont lune et lautre en lui, et quainsi tout ce quil veut et pense vient de lui, tandis que cependant de lhomme il ne vient pas la moindre chose de lintelligence et de la sag~sse, il na que la faculté de les rece­ voir; entre plusieurs autres choses quils dirent, se trouvait aussi celle-ci, que lArbre de la science du bien et du mal dans le Jar­ din dÉden signifiait la foi que lIntelligence et la Sagesse venaient de lhomme; et que lArbre de vie signifiait la foi que lIntelli­gence et la Sagesse venaient de Dieu; et quAdam, à la persuasiondu serpent, ayant mangé du premier arbre, croyant ainsi quilétait ou deviendrait comme Dieu, cétait pour ccla quil avait étéchassé du Jardin et condamné. Pendant que les Anges sentrete­ naient de ce sujet, il vint deux Prêtres avec un HOllln:e qui dansle Monde avait été Ambassadeur dun Roi, et je leur raconlai ceque javais entendu dire par les. Anges sur lIntelligence et sur laSagesse. Dès quils eurent entendu ce que je leur rapportais, ilsse mirent à discuter tous trois sur lune et sur lautre, et aussisur la Prudence, afin de décider si elles venaient de Dieu oa delhomme; la discussion était vive; tous les trois croyaient égale­ment quelles viennent de lhomme, parce que la sensation elle­même et par suite la perception le confirment; mais les Prêtres,qui étaient alols dans le zèle théologique, soutenaient que riende lIntelligence ni de la Sagesse, et par suite rien de la Prudence,ne venait de lhomme; et ils confirmaient cela par ce passage dansla Parole: Un homme ne peut prendre ?ielZ, à moins quil nelui ait été donné du Ciel. » - Jean, III. 27 ; - et par celui-ci:« Jésus dit aux disciples: Sans moi vous ne pouvez (aire rien. »-Jean, Xv. 5; - mais comme les Anges avaient perçu que,quoique les Prêtres parlassent ainsi, ils avaient néanmoins decœur la même croyance que le Diplomale, ils leur dirent: « Otezvos vêtements, et prenez des vêlements de Ministres Politiques,et croyez que vous êles ces Ministres. Et ils firen.t ainsi; et alors )Jils pensèrent daprès leur intérieur, et ils parlèrent daprès les ar­guments quils avaient intérieurement embrassés, lesquels étaient,que taule sagesse et toute intelligence habitent dans lhomme, etquelles lui appartiennent, disant: ,. Qui est-ce qui a jamais sentiquelles aient influé de Dietr? " Et ils se regarùaient mutuellement»­
  • RELIGION CHRÉTIENNE. 2f t et ils se c.:>nfirmaient. Il y a cela de particulier dans le Monde spi­ rituel, cest que lEsprit simagine être le personnage dont il a sur lui le vêtement, par la raison que là lentendement revêt cha­ cun. En ce moment il apparut un Arbre auplès deux, et il leur fut dit: « Cest lArbre de la science du bien et dit mal; gardez­ vous den manger,)) Mais eux, infatués de la propre intelligence, brûlaient du désir den manger; et ils se disaient entre eux: « Pour ­ quoi non! nest-ce pas un bon fruit? )) Et iL sapprochèrent et en mangèrent. Après que le Diplomate leut remarqué, ils se réuni ­ rent et devinrent amis de cœur, et ils prirent ensemble, en se te ­ nant par les mains, le chemin de la propre intelligence, qui con­ duisait en Enfer; mais néanmoins je les en vis revenir, parce quils néta-ient pas encore préparés, 664. QUATRIÈME MÉMORABLE, Un JOIH, je portai mes regards dans le Monde spirituel à droite, et japerçus quelques-uns des Éws qui conversaient ensemble, et je mapprochai deux, et je dis: « Je vous ai vus de loin, it autour de vous une sphère de lumière céleste, ce qui œa fait connaître que. vous êtes de ceux qui dans la Parole sont appelés Élus; en conséquence je me suis approché . pour entendre ce que vous dites de céleste entre vous... Et ils répondirent; (( Pourquoi nous appelles-tu Élus? " Et je répliquai: « Parce que dans le Monde, où je suis de corps, on ne sail autre chose, slOon que par les Élus dans la Parole il est entendu ceux. qui avant dêtre nés, ou après quils sont nés, sont choisis et pré­ destinés par Dieu pour le Ciel, et. quà eux seuls est donnée la Foi comme marque dÉlection, et que tous les autres sont réprouvés et abandonnés il eux-mêmes afin quils aillent, par le chemin quils voudront, vers lEnfir; et moi, cependant, je sais quil ny a aucune Élection avant la naissance, ni après la naissance, mais que tous sont élus et prédestinés pour le Ciel, parce que tous ont été appe­ lés, et que le Seigneur après la mort choisit ceux qui ont bien vécu et sainement cru, et ceux-ci, il les choisit après quils ont été ­ examinés: que cela soit ainsi, cest ce quil ma été donné de sa­ voir pal un grand nombre dexpériences; et comme je vous ai VilS la tête ceinte dune sphère àe lumière céleste, jai perçu que vous é~iez du nombre des Élus qui sont préparés pour le Ciel. II A cela ils répondirent: Tu rapportes là des choses que nous navions (1
  • 212 LA VRAIE jamais entendues auparavant; qui ne sait quil ne naît aucun· homme qui ne soit appelé pour le Ciel, et quaprès la mort sont choisis ceux qui ont cru au Seigneur et vécu selon ses préceptes, et que reconnaître une autre Élection, cest ,accuser le Seigneur Lui-Même non-seulement dimpuissance de sauver, mais encore dinjustice? 665. Après cela, il fut ent~ndu une voix du Ciel, venant des Anges qui étaieflt immédiatement au-dessus de nous, disant: ft Montez ici. et nous interrogerons lun de vous, qui est encore dans le lfonde naturel quant au corps, sur ce quon sait dans ce . monde sur la CONSCIENCE... Et nous montâmes; et après que nous fûmes entrés, quelques sages vinrent à notre rencontre, et ils me demandèrent: « Que sait-on dans ton Monde sur la Conscience? » Et je répondis: Si vous le trouvez bon, descendons, et nous ft convoquerons un nombre de Laïqnes et dEcclésiastiques dentre ceux qui son t réputés sages; nous nous placerons perpendiculaire­ ment au-dessous de vous, et nous les interrogerons; et vous, de celle manière, vous entendrez de vos oreilles ce quils répon­ dront. » Et il fut fait ainsi; et lun des Élus prit une trompette, et il en sonna au Midi, au Septentrion, à lOrient et à lOccident; et alors, après une petite heure, il sen était rassemblé un si grand nombre, quils remplissaient presque lespace dun stade; mais den haut les Anges les rangèrent tous en quatre Assemblées, lune composée de Politiques, la seconde dÉrudits, la troisième de Médecins, et l~ quatrième dEcclésiastiques; ainsi rangés, nous leur dimes: Excusez-nous de nous avoir convoqués; en voici la raison: Des Anges, placés directement au-dessus de nous, désiren t . avec ardeur savoir ce que, dans le Monde où VOllS étiez précédem­ ment, vous avez pensé sur la Conscience, et pal suite ce que vous en pensez encore, puisque vous retenez encore les idées que vous aviez sur de tels sujets; car il a été rapporté aux Anges que dans ]e Monde la Connaissance de la Conscience était au nombre des connaissances perdues. » Après cet exposé, nous commençâmes; et dabord, nous uous tournâmes du côté de lAssemblée qui était composée de Politiquee, et nous leur demandâmes de nous dire du fond du cœur, sils le voulaient bien, ce quils avaient pensé.et ce que par suite ils pensaient encore de la COiSClENCE; Ils fi­
  • RELIGION CHRÉTIENNE. rent, lun après lautrtl, à cette question des réponses, dont le- ré ­ suméétait, quils ne savaient sur la Conseience autre chose, sinon quelle consiste à savoir Avec soi-même, cest-à-dire, à co-savoir~ (Je quon a projeté, pensé, fait et dit; mais nous leur dîmes: .. Nous ne vous àvons pas demandé létymologie du mot Conscience, mais nous vous avons interrogés au sujet de la Conscience.» Et ils répondirent : ~ La Conscience ne peut être que la douleur pro­ venant dune crainte préconçue des périls de l}honneur ou des ri­ chesses, et aussi des périls de la réputation à cause de lhonneur et.des richesses; mais cette douleur est dissipée par les reras, les rasades de bon vin, et les propos joyeux sur les plaisirs de Vénus et de son fils. » Nous leUr dîmes: « VOliS voulez plaisanter; dites, sil vous plaît, si Jun de vous a senti quelque anxiété venant dautre part.» Ils répondirent: « Quest-ce qui aurait pu nous inquiéter dautre part? le Monde entier nest-il pas comme un Théâtre,sur lequel chacun joue son rôle, comme les comédiens sur le leud nous avons joué el circonvenu par leur propre convoitise tous ceux:lvec qui nous avons eu- des relations, les uns par des plaisànte­ ries, ù}autres par des flatteries, dautres par des fourberies, dau­tres par une feinle amitié, dautres par une feinte sincérité, etdautres par quelque autre artifice politique et par quelque autre appât; nous néprouvons pour cela aucune douleur du mental, mais ail contraire nous en retirons une gaieté et une allégresseque nous exhalons de nolre poitrine tacitement et néanmoins plei­ nement; nous avons, il est vrai, entendu dire li quelques espritsde nolre société, que parfois il leur survient une anxiété et UDeangoisse qui semblent partil du cœur et de la poitrine, et par suite(Jomme une contraction du mental; mais lorsquils ont consulté des pharmaciens sur ce sujet, ils ont appris que cela vienl dune hu­ meur mélancolique proùuite par des matières indigestes dans les­ tomac, ou par un état malaùif de la rate; et nous avons entendu dire .par quelques-uns deux quils avaient été rendus à leur précédente.gaielé par des médicaments. » Après avoir entendu ces réponses,flOUS nous tournâmes vers lAssemblée qui élait composée dEru ­dits, parmi lesquels il y avait aussi plusieurs physiciens habiles;et, leur adressant la parole, nous dîmes: Vous qui avez étudié of les sciences, et qui par suite avez été regardés comme des Oracles
  • 2U LA VRAIE de la sagesse, dites-nous, sil vous plaît, ce que cest que la Con­science? » Et ils répondirent: Quelle est celle proposition? Nonsavons, il est vrai, entendu dire que chez quelques hommes il y alIne tristesse, un chagrin et une anxiété qui infestent non-seule­ment les régions gastriques du corps, mais aussi les habitacles dumental; car nous, nOlis croyons que les deux cerveaux sont leshabitacles dü mental; et comme le mental consiste en tlbres conti.nues, nous croyons que cest quelque humeur acre qui agace,mord et ronge ces fibres, et comprime ainsi la sphère des penséesdu mental, de telle sorte qUII ne peut sépancher par des variétésdans aucun amusement, doù il résulte que lhomme ne saLlache quà une seule cllose, ce qui détruit la tensibilité et lélasticité de ces fibres; de là leur raideur et leur rigidi té, d OÜ provien t le mouvemeut irrégulier des esprits animaux, qui est appelé par les Médecins Ataxie, et aussi la faiblesse dans leurs fonctions, qui est app~lée Lipothymie: en un mot, le Mental est alors comme as­ siégé par des troupes ennemies, et ne peut pas pIns se tourner çà et là, que ne le peut une roue attachée par des clous, et que ne le pellt un navire engravé sur des bancs de sable: ces angoisses du Ytlental et tle la Poitrine se font senlir en ceux chez qni lA­ mour régnant souffre une perle; si cet amour est atlaqué, les fi­ bres du Cerveau se contracten l, et cetle con (laction empêche quele 11enlal ne fasse librement des excursions, et ne recherche des délices dans des formes nouvelles; quand ces hommes sont dans celle crise, ils sont en proie, chacun selon son tempérament, àdes phantaisies, à des démences et à des délires de divers genre, et quelques-uns dans les choses rdigieuses à des affections céré­ brales, quils appellent remords de Conscience. .. Ensuite nous nous tournâmes vers la troisième Assemblée qui se composait de Médecins, parmi lesquels il y avait aussi des Chirurgiens et des Pharmaciens; et nous leur dîmes: c Vous savez peut-être, vous, ce que cest que la Conscience; si cest une douleur nuisible qui saisil et la Tête et le p:Olrenchyme du Cœur. et par suile les Ré­ gions Épü,gastrique et Hypogastrique étendues ali-dessous; ou si ~est autte chose... Et ils répondirent: " La Conscience nest ab­ solument que celle douleur; nous, mieux que tous les autres, nous en connaissons les origines; car ce sont des Maladies contingentes,
  • ". RELIGION CHRÉTIENNE. 215 qui infestent les parties organiques du corps, et aus!>i les parties organiques de la Tête, par conséquent aussi le lfental, puisque le mental a son sié~e dans les organes du Cerveau comme laraignée a le sien au centre des fils de sa toile; par ces organes il fait d~s excursions et court pareillement; ces maladi~s, nous les nommons organiques, et quand elles reviennent de temps en temps, nous les nommons chroniques: quant à la douleur telle qu·elle est dé­ crite devant nous par les malade.s comme douleur de Conscience, ce nest autre chose quuue lblaqie hypocondriaque, qui prive dabord la Rate, et ensuite le Pancréas et le lIésenthère, de leurs fonctions propres; de là dérivent des Maladies dEstomac, et en· tre autres la Cacochymie; car il se fait autour de lorifice de les­ tomac une compression qui est appelée Cardialgie; de là provien­ nent des humeurs imprégnées de bile noire, jaune ou verte, qui tordent les très-petits vaisseaux sanguins appelés vatsseaux capil~ laires, ce qui produit la cachexie, latrophie et la symphysie, et aussi la Péri pneumonie bâtarde daprès une pituite l(mle et une lymphe ichoreuse et rongeanle dans toute· la masse du sang: de semblables effets viennent aussi de lépanchement du pus dansle sang el dans sa sérosité par la résolution Jempyèmes, dabcès et daposthèmes dans le corps; quand ce sang mon te par les caroti­ des dans la tête, il frotte, ronge et mord les parties médullaires, les parlies corticales et les méninges du Cerveau, et excite ainsiles douleuls qui sont appelées douleurs de Conscience. Après Mavoir entendu cette explication, nous leur dîmes: .. Vous parlezla lanbue dHippocrate et de Galien, cest pour nous du grec, nous ne comprenons pas; ce nest pas sur ces Maladies que nous vous avons interrogés, mais sur la Conscience, qui appartient au !fen­tal seul. Il El ils dirent: .. Les maladies du mental et les maladIesde la tête sont les même.s, et celles-ci montent du corps, car la têteet le corps sont cohérents comme deux étages dune maison entrelesquels il y a un escalier pour monter et descendre; aussi savons­nous que létat du mental dépend inséparablement de létat ducorps; or ces pesanteurs de tête ou Céphalalgies, que vous, commenous nous en sommes aperçus, vous prenez pour des couscien­ces, nous les avons glléries, les unes par des emplâtres et des vé­sieatoires, dautres par des infusions et des émulsions, et dautres
  • 21.6 LA VRAIE par des condiments, et par des anodins. JI Quand donc nous leur eùmes entendu dire encore plusieurs autres choses de ce genre, nous nous détournàmes deux, et nous tournant vers les Ecclésias­ tiques, nous leur dîmes; «. Pour vous, vous savez ce que cest. que la Conscience; dites-le dOliC, et instruisez ceux qui sont pré­ sents. " Et ils répondiren t: « Ce que cest que la Conscience, nous. le savons, et nous ne le ·savons pas; nous avons cru que cétait la- CONTRITION qui précède lElection, cest-à-dire, le moment où lhomme est gratifié de la foi, par 1:lquelle il a un nouveau cœur et un nouvel esprit et est régénéré; mais nous nous sommes aper­ çus quil y en a peu qui aient eu cette Contrition, seulement quel­ ques-uns ont ressenti une peur et par suite une anxiété pour le feu- infernal, et à peine quelquun en a-t-il ressenti pour ses péchés et pour la juste colère Je Dieu; mais 1I0US, Confesseurs, nous les avons guéris par la Bonne Nouvelle que le Christ par la Passion de la croix a enlevé la damnation, et ainsi a éteint le feu infernal, et a ouvert le ciel à ceux qui ont été gratifiés de la foi, dans laquelle limputation du mérite du Fils de Dieu a été inscrite.. Il y a dail­ leurs dans toute Religion, vrOlie ou fanatique, des hommes dune conscience timorée. qui se font des scrupules dans les choses du - salut, non-seulement dans les essentielles, mais aussi dans les - formelles, et même Jans celles qui sont indifférentes; cest pour­ quoi, comme nous venons de le dire, nous savons quil y a une Conscience, mais ce quest et quelle est la vraie conscience, qui doit être tout à fait spirituelle, nous ne le savons pas. " 666. Toutes ces réponses, qui furent faites par les quatre as­ semblées, les Anges qui étaient au·dessus de nous les avaient en­ tendues, et ils dirent entre eux: cc Nous percevons que dans le Christianisme il ny a·personne qui sache ce que cest que la Con­ science, envoyons donc lun de nous pour le leur apprendre. "Et, tout à coup, au milieu des Assemhlées se présenta un Ange vêtu de blanc, dont la tête était entourée dune auréole brillante, dans laquelle il y avait de très-petites étoiles; et, sadressant aux quatre Assemblées, il dit: te Nous avons entendu, dans le ciel, que vous avez présenté en ordre vos sentiments sur la CONseIENcE, et que 1.0us vous avez pensé que cétait quelque douleur du mental qui -infeste de pesanteur la Tète et par suite le Corps, ou le corps et
  • RELIGION CHRÉTIENNE. 2t.7 par suite la Tête; mais la Conscience, considérée. en e!Je7même. nest pas une douleur, cest une bonne-volonté. spirituelle dagir selon ce qui appartient à la Religion et à la Foi; de là vient que-..ceux qui jouissent de la Conscience sont dans la tranquillité de la paix et dans une béatitude interne, quand ils agissent selon la conscience, et dans un certain trouble quand ils agissent contre ~l1e ; la douleur du mental, que vous avez cru être la Conscience. nest donc pas la Conscience, mais cest une Tentation, qui est le combat entre lesprit et la chair, et quand cette tentation est spi­ rituelle elle tire sa source de la conscience, mais si eHe est seu­ lement naturelle, elle tire son origine des maladies, dont les Mé­ -decins viennent de parler. Quant à ce que cest que la Conscience• .cela peut être illustré par des exemples: Un Prêtre, en qui ily a la bonne-volonté spirituelle denseigner les vrais, afin que son Troupeau soit sauvé, a de la conscience, mais celui qui les en­ seigne pour tout autre cause na point de conscience: le Juge qui <considère uniquement la Justice et la rend avec jugement a de la .conscience; mais celui qui considère en premier lieu les présents, lamitié -é[ la faveur, na pas de conscience: de plus, tOllt homme -qui a chez lui les biens dun autre sans qne celui-ci le sache, et .qui peut ainsi en profiter sans crainte de la loi, ét sans craindre .(Je perdre lhonneur et la réputation, mais qui néanmoins, parce .quils ne lui app:.lrtiennent pas, les rend à lautre, celui-là a de la .conscience, car il fait le juste à cause du juste. Soit encore un .exemple: Celui qui, pouvant parvenir à une fonction, sait quun ~utre, qui la recherche aussi, est plus utile il la société, celui·là a une b9nne conscience sil lui cède la place pour le bien de la so­ -eiété; il en est de même pour tous les autres cas. Tous ceux qui ont -de la conscience disent de cœur ce quils disent, et font de cœur ce .quils font, car ils ont le Mental non-divisé, puisquils disent et font ce quils comprennent et croient être le vrai et le bien. II suit de là que chez ceux qui sont plus que les autres dans les vrais de la foi, et plus que· les autres dans une perception claire, il peut J avoir une conscience plus parfaite que chez ceux qlli ont été moins iIlustrés, et sont dans une perception obscure. Dans la vraie Conscience est la Vie spirituelle même de lhomme, car la Foi y est conjointe à la Charité; cest pourquoi pour ceux qui ont cette
  • 218 LA VRAIEconscience, agir daprès la conscience, cest agir daprès leur ViespiriluelIe, et agir contre la conscience, cest agir contre leur Viespirituelle. En outre, qui est-ce qui ne sait pas, daprès le lan­gage ordinaire, ce que cest que la Conscience, comme lors­quon dit de quelquun: Cet homme a de la conscience? Est-cequalors on ne veut pas dire aussi: Cet homme est juste? Et réci­proquement, quand on dit de quelquun: Cet homme na pasde conscience; est-ce qualors on ne veut pas dir" aussi: Cethomme est injuste? " Quand lAnge eut dit ces paroles, il fut toutà coup enlevé dans son Ciel, et les quatre Assemblées se réunirenten une seule; et après quils .eurent parlé quelque temps entreeux sur ce que lAnge avait dit, voici, ils se séparèrent de nou­veau en quatre Assemblées, mais non composées comme précé­démment; dans la première sétaient placés ceux qui avaientcompljs les paroles de lAnge, et les avaient approuvées; dans laseconde, ceux qui ne les avaienl pas comprises, mais qui. néan­moins les appuyaient; dans la troisième, ceux qui navaient pasvoulu les comprendre, disant: " Que nous importe la Cutiscience?»el dans la quatrième, ceux qui sen moquaient, disant: « Quest­ce que la Conscience, sinon unsouffie? Et je vis ces Assemblées 1)se séparer les unes des autres, et alors les deux premières se di­figer à droite, et les deux dernières à gauche, et celles-ci des­cendre, et celles-là monter.
  • RELIGION CHRÉTIENNE. 2i9 CHAPITRE DOUZIÈME DU BAPTÈME.Sans la connaiçsance du Sens spirituel de la Parole. personne ne peut savoir ce que les deux Sacrements_ le Baptême et la Sainte Cène, enveloppent et ellectuenl. 667. Que dans toules et dans chacune des choses de la Parole il y ait un Sens spirituel, et que ce sens ait été inconnu jusquà présent, et ait été ouvert aujourdhui pour la Nouvelle Eglise qui doit être instaurée par Je Seigneur, cest ce qui a été montré dans Je Chapitre- sur lÉCRITUIIE SAINTE; on peu t voil quel est ce sens, non-seulement dans ce Chapitre, mais aussi dans le Chapitre sur le Décalogue, qui même a été expliqué ~elon ce sens. Si le sens spirituel navait pas été ouvert, qui est-ce qui penserait sur ces deuxSaclements, le Baptême et la Sainte Cène, autrement que selon le sens naturel, qui est le sens de la lettre, et plll sui [e ne dirait ou ne murmurerait en lui-même: Quest-ce que le Bap- tême, sinon Jaction de verser de leau sur la tête dun enfant? et à quoi ~ela sert-il pour le salut?» Puis: " Quest-ce que la Sainte Cène, sinon laction de prendre du pain et du vin? et à quoi cela sert-il pour le !alut? »Et, de plus: " Où est en eux le Saint, à moins quil ne vienne de ce quils ont été reçus et commandés comme Sainll; Divins par lOrd.e Ecclésiastique? Et sont-ils en eux-mêmesautre chose que des Cérémonies, au sujet desquelles les Eglisesdisent que, lorsquà ces Éléments sajoute la Parole de Dieu, ilsdeviennent des Sacrements? » Jen appelle -aux Lnïques, et mêmeaux Ecclésiastiques, ont-ils desprit el de cœur perçu ~utre chose sur ces deux Sacrements? ont-ils per~.u quils les vénéraientllomme Divins pour des causes et des raisons différentes? Et ce-pendant ces deux Sacrements, considérés dans le Sens Spirituel,
  • 220 LA VRAIEsont les choses les plus Saintes du culte: quils soient tels, on leverra dans ce qui suit, où leurs Usages seront présentés. Maiscomme les usages de ces Sacrements ne peuvent nullement tom­ber dans 1. men laI de qui que ce soit, à moins que le Sens spiri­tuel ne les découvre et ne .les développe, il sensuit que sans ceSens personne ne peut én savoir autre chose, sinon que ce sontdes Cérémonies qui sont Saintes, parce quelles ont été instituéesdaprès un Commandement. ­ 668. Que le Baptême ait été commandé, on le voit clairementdaprès le Baptême de Jean dans le Jourdain, auquel accoururenttoute la Judée et Jérusalem, - 11atth. III. 5, 6. Marc, I. 4, 5.­Puis, en ce que le Seigneur notre Sauveur fut Lui-Même baptisépar Jean, - lHatlh. III. 13 à 17; - et en outre, en ce que le Sei­ ~neur commanda aux disciples de baptiser toutes les nations,­Mauh. XXVIII. 19, - Qui est-ce qui, sil veut voir, ne voit pasque dans cette Institution ily a un Divin qui a été caché jusquàprésent, parce que le Sens spirituel de la Parole navait pas en­eore été révélé ? et ce sens a été révélé aujourdhui, parcè quecest maintenant que commence lEglise Chrétienne, telle quelleest en elle-même; la précédente Eglise a été Chrétienne de nomseulement, mai~ non en réalité ni en essence. 669. Les deux Sacrements, le Baptême (;t la Sainte Cène, sont dans lEglise Chrétienne comme deux Joyaux sur le sceptre dun Roi; mais si leurs usages ne son t pas connus, ils sont seulementeomme deux figures débène sur nn bâton. Ces deux Sacrements dans lEglise Chrétienne peuvent aussi être comparés â deux Ru­ bis.ou Escarboucles sur le Manteau dun Empereur; mais si leurs usages ne sont point connus, ils sont comme deux carnéoles ou. deux cristaux sur un manteau vulgaire. Sans les usages de ces deux Sacrements; révélés par le Sens spirituel, on ne formerait sur ces sacrements que des conjectures, comme celles que font ceux qui prédisent daprès les Astres, et même comme celles que faisaient autrefois ceux qui prédisaient daprès le vol des oiseaux ou les entrailles des victimes. Les usages de ces deux Sacrements peuvent être comparés à un Temple qui, par le laps du telups, sest enfoui en terre et a été entièrement couvert de ruines jus­ el,quau toit, et sur lequel jeunes gens vieillards marchent, vont
  • RELIGION CHRÊTIENNE. 22ten voitures et à cheval, sans savoîr que sous leurs pieds est cachéun pareil Temple, où il y a des. Autels dor, des murailles intérieu­rement recouvertes dargent, et des ornements en pierres pré­cieuses, trésors qui ne peuvent être retirés de terre et produitsà la lumière que par le sens spirituel, qui a été dévoilé aujour­dhui en faveur de la Nouvelle Eglise pour lusage du culle du Sei- .{;neur. Ces Saèrements peuvent aussi être comparés à un doubleTemple, dont lun est en bas, et lautre au-dessus; dans le Tem­ple den bas est prêché lEvangile du Nouvel Avénement du Sei­gneur, et aussi la Régénération et par conséquent la· Salvation parLui; et de ce Temple, près de lAulel, on peut monter dans leTemple den haut où est célébrée la Sainte Cène et de là passerdans le Ciel où lon est reçu par le Seigneur. Ils peuvent encoreêtre comparés au Tabernacle, dans lequel après lentrée se pré­sente la Table où sont placés en ordre les pains des faces, et aussilAutel dOr pour les parfums, et au milieu le Chandelier avec seslampes allumées dont ·léclat rend toules ces choses visibles; etenfin pour ceu.x qui se laissent éclairer souvre le Voile qui couvrele Saint des sainls, où, ,à la place de lArche dans laquelle étaitle Décalogue, est déposée la Parole au-dessus de laquelle. il yalePropitiatoire avec les Chérubins dOr. Ce sont là des Représenta­ tions de ces deux Sacrements avec leurs Usages. Pm lAblution, qui est appelée Baptême, il est entendu lAblu­ tion spirituelle qui est la Purification des maux et des /auxJ et ainsi la Régénération. 670. Que des Ablutions aient été ordonnées aux tils dIsraëL, cela est notoire daprès les statuts portés par lIoïse ; ainsi, Aha:::ron devait se laver avant de revêtir les habits du ministère, _LévÎt. XVI. 4, 24; - et avant dapprocher de lAu leI pour y rem­plir ses fonctions, - Exod. XXX. 18 à 2t... XL. 30, 31 ; - pareil­lement les Lévites, - Nomb. VIII. 6.. 7 ; - et aussi ceux qui étaientdevenues impurs par des péchés, et ils sont dits sanclifiés par lesAblutions, -Exod. XXIX. 4. XL. 12. Lévit. VIII. 6. - Cest pOUl.quoi, afin quils se lavassent, la lIer dairain et plusieurs Cuves,
  • 222 LA VRAIE avaient été placées près du Temple, .- 1 Rois, VII. 23 à 39; - et même on lavailles vases et ustensiles, tels que tables, bancs, lits, plats et coupes, - Lévi!. Xl. 3!. XIV. 8,9. XV. 5 à f2. XVII. HS, f6. Marc, VIL 4. - Mais les Ablutions, et plusieuxs autres choses semblables, avaient été enjointes et ordonnées aux fils dIsraël, par celle raison que chez eux lEglise avait été instituée Eglise re­ présentative, et quelle fut instituée ainsi pour figurer lEglise Chrétienne à venir; cest pourquoi, lorsque le Seigneur vint dans Je Monde, il abrogea les représentatifs, qui tous étaient des exter­ nes, et il institua une Eglise dont toutes les choses devaient être des internes; ainsi le Seigneur dissipa les figures, et révéla les ef­ figies elles-mêmes, comme celui qui ôte un voile ou qui ouvre une porte, et fait que non-seulement on voit les intérieurs, mais que même on en approche: de toutes ces figures le Seigneur Den a retenu q11e deux, qui devaient contenir dans un seul complexe toutes les choses de lEglise interne; cest le Baptême au lieu des Ablutions, et la Sainte Cène au lieu de lAgneau, qui était sacri­ fié chaque jour, et généralement à la Fête de Pâques. 67L Que les Ablutions, mentionnées ci-dessus, aient figuré et ombré, cest-à-dire, représenté les Ablutions spirituelles, qui sont Jes purifications des maux et des faux, on le vOil clairement par ces passages: « Lorsque le 8eigneur aura lavé lexcrément des filles de Sion, et aura nettoyé les sangs par un esprit de juge­ ment etparun esprit de purification.» - Esaïe, IV. 4. - « Quand tu te laverais avec du nitre, et qu.e tu multiplierais pour toi le savon, toujours ton iniquité retiendrait des taches. ») - Jérém, Il. 22. Job. IX. 30, 31, - « Lave-moi de mon iniquité, et plus que la neige blanc je serai. ») - Ps. LI, 4, 9: - « Nettoie de la malice ton cœw, Jérusalem, afir. que ta sois sauvée. » - Jérém. IV: 14. - (( Lavez-vous,pw·ifiez-vous. éloignez la malice de vos.œUU1es de devant mes yeux, cessez de faire te mal. » - Esaïe, l. i6. - Que lablution de lesprit de lhomme ait été entendue par lablution de son corps, et aue les Internes de lEglise aient été représentées par les Externes tels quils ét-aient dans lEglise Israélite, on le voit clairement par ces paroles du Seigneur: « Les Pharisiens et les Scribes ayant vu ses Disciples manger des paius avec des mains non-lavées, ils les bldmèrent,. car les
  • RELIGION CHRÉTIENNE. 223Pharisiens et tous les Juifs, sans s~tre lavé les mains à poi­gnée, ne mmigent pas; et heaucoup f! autres choses il y a quilsont reçues pour les retenir, comme les ahlutions des coupes etdes pots; et des vases dairain et des lits. Le Seigneur sadres­sant à eux el à la foule, leur dit: Écoulez-Moi tous, et compre­nez: Il ny a rien au dehors de lhomme, entrant en lui, quipuisse le souiller; mais les choses qui smlent de lui, ce sontcelles-là qui le souillent. » - Marc, VII. 1,2, 3, 4, 14, HS. Matth.XV. 2,11, fi, 18,19, 20; - et aill~urs: Cl Malheur à vous. Scri­bes et Pharisiens, parce que vous nettoyez lextérieur de lacoupeet du plat, tandis que les intérieurs sont pleins de rapineet dintempérance. Pharisien aveugle, nettoie premièrementlintérieur de la coupe et du plat, afin quaussi lextérieur de­tienne net. ,, - Matth. XXIII. 25, 26. - Daprès ces passages ilest évident que par lAblution, qui est appelée Baptême, il est en­tendu lAblwtion spirituelle qui est la Purification des maux el desfaux. 672. Quel est lhomme, dune raison saine, qui ne puisse voirque se laver la face, les mains, }tS pieds, tous les membres, etmême tout le corps dans un bain, ne fail autre chose que denle­ver la crasse pour se présenter propre dans la forme humaine de­vant les hommes? et qui est-ce qui ne peut comprendre quau­cune ablution nentre dans lesprit de lhomme, et ne le rend netd~n8 semblable manière? car tout fripon, brigand ou voleur, peutse laver jusquà être dune extrême propreté; est-ce que pour celale penchant à la friponnerie, au brigandage et au vol sera effacé?est-caque ce nest pas linterne qui influe dans lexterne, et y<lpère les effets de sa volonté et de son entendement, et non lex­terne dans linterne? en effet; linflux de lexterne dans linterneest contre la nature, parce quil est contre lordre, mais linflux delinterne dans lexterne est selon la nature, parce quil est selon.r ordre. 673. Il sensuit que les Ablutions, et aussi les Baptêmes, si lIn­terne de lhomme nest pas purifié des maux et des faux, ne fontpas plus que les pots et les plats nettoyés par les Juifs; et il sensuit aussi que, de même queux, on est comme des sépulcres qui au ~ehors paraissent beaux, mais au dedans sont pleins dos de morts
  • 224. LA VRAIE et de toute pourriture, - Mauh. XXIII. 2ts à 28. Cela est encore. évident en ce que les enfers sont pleins de Satans qui avaient été des hommes, les uns baptisés, et les autres non. Quant à ce que produit le Baptême, oille verra dans ce qui suit; cest pourquoi. sans ses usages et sans ses fruits, il ne contribue pas plus au salut. que la triple Tiare sur la tête du Pape et le Signe de la croix SUI" ses mules ne contribuent à sa suréminence pontificale; pas plus que le vêtement de pourpre du Cardinal ne contribue à sa dignité; ou le pallium de lÉvêque, à la vraie fonction de son ministère; ou le Trône, la Couronne, le Sceptre et le Manteau du Roi, à son pouvoir Royal; ou le bonnet de soie sur la tête du Docteur lanréat, à son intelligence; ou létendard dun escadron de cava­ lerie, à la bravoure des cavaliers dans le combaL; et même Oll peut encore dire quil ne purifie pas plus lhomme, que leau ne nettoie une brebis ou un agneau avant quils soient tondus; car lhomme naturel séparé de lhomme spirituel est purement ani­ maI; et même, comme il a déjà été montré, il est plus bête féroce que la bête féroce des forêts; quand donc on le laverait avec de leau de pluie, de leau de rosée, de leau des fontaines les plus renommées, 011, comme disent les prophétes, quand on le nettoie­ rait avec du nitre, de lhysope, du smegma ou savon, chaque jour. on ne le purifierait cependant pas de ses iniquités, sinon pu les moyens de la Régénération, dont il a été traité dans les Chapitres.. sur I~ Pénilence, et sür la Réformation et la Régénération. Comme la Circoncision du cœw était 1eprésentée par la Cir­ concision du p1épuce, le Baptême a été institué li la place de la Circoncision, afin que lÉglzse Interne succédât li lÉgtise Externe qui, dans toutes et dans chacune de ses choses, était unrJ figure de lÉglise Interne. 6i4. Dans le Monde Chrélien on sait quil y a un homme In­ terne et un homme Externe, et que lhomme Externe est le même que Jhomme Naturel, et lhomme Interne. le même que lhomme Spiriluel, parce que dans celui-ci est lesprit de lhomme; et que, comme lEglise se compose dhommes, il ya une Eglise Interne et
  • RELIGION CHRÉTIENNE. 225une Eglise Externe; et si lon examine les successions des Eglisesdans leur ordre depuis les temps anciens jusquau lemps présent,on verra que les Eglises précédente:; ont été des Eglises Externescest-à-dire que leur CulLe se composait dExternes qui représen­taient les Internes de lEglise Chrétienne, qui a été fondée par leSeigneur, quand il était dans le Monde, et qui, mainlenant pourla première fois, est édifiée par Lui. Ce qui a principalement dis- .tingué lEglise Israélile des aulres Eglises dans le jIonde Asiatique,et plus lard de lEglise Chrétienne, a été la Circoncision; et com me,ainsi quil a été dit, toutes les choses de lEglise ISIaélite, quiétaient des Externes, étaient des figures de loules les choses delEglise Chrétienné, qui sont des Internes, cest pour cela que leprincipal. signe de lEglise Israélite a élé intérieurement semblableau signe de lEglise Chrétienne, car la Circoncision signifiait lerejet des convoitises de la chair, et ainsi la purification des maux;cest aussi ce que signifie le Baptême; de là il est évident que leBaptême a été commandé à la place je la Circoncision, non-seule­ ment pour qlle lEglise Chrétienne fût distinguée de lEgliseJuive, mais encore pour quil fût ainsi connu de plus près que cestune Eglise Inlerne et cela est connu daprès les Usages du Bap­ tême, dont il sera parlé dans ce qui suit. 675. Que la .Circoncision ait été instituée comme un signe que les hommes de lÉglise Israélite étaient de la postérité dAbraham, dIsaac et de Jacob, on le voit par ces passages: « Dieu dit à Abraham: Ceci (est) mon Alliance, que vous garderez en!1e Moi et VOltS, et ta semence après toi: Que soit circoncis denl1e vous tout mâle; et vous circollcùez la chair de vot?e prépuce, afin que ce soit en signe de lalliance entre lJ10i et vous. » ­ Gen. XVII. i 0, H. - Que lalliance ou le signe de lalliance ait plus lard été confirmé par Moïse, on le voit, LéviL XH. 1, 2, 3. - Et comme celle Église élai~ distinguée des au Ires p3r c~ signe, voilà pourquoi, avant qne Jes fils dI!iraël eussent traversé le Jour­ d~in il avait été commandé de les cilconcire de nouveau; - Jos. V; - et cela, parce que la terre de Canaan représentait lÉg)j~e, et Je fleuve du Jourdain lintroduction dans lÉglise: et, de plus, afin que d:ws la terre de Canaan ils se ressouvinssent de ce signe, Voici ce qui leur fut commandé: « Quand vous serez venus dans Il. f5
  • 226 LA VRAIE la Ter?e, et que vous aurez planté quelque arbre fruitier, vous­ tJterez son prépuce, son fruit; pendant trois ans il vous sera incÏ1concis, vous nen mangerez point. » - Lévit. XIX. 23.­ Que la Circoncision ait représenté et par suite signifié le rejet des convoitises de la chair, et ainsi la purification des maux, la même chose que le Baptême, on le voit dans la Parole par les passages où il est dit de circoncire le cœur, par exemple, par ceux-ci: « Moïse dit: Circoncisez le p1épuce de votre cœur. votril COlf, nendurcissez point. » - Deu!ér. X. 16. - « Jéhovah Dieu cir­ concira ton cœur, et le cœur de ta semence, pour que tu aimes Jéhovah ton Dieu de tout ton cœur, de. toute ton dme, afin que tu vives. » - Deutér. XXX. 6. - EtdansJérémie: "Circoncisez­ vous à Jéhovah, afin quil éloigne les prépuces de votre cœur, homme de Jehudah et habitants de Jérusalem, de peur que ne sorte comme un feu ma colère à cause de la malzce de vos œu­ vres. » -IV. 4. - Et dans Paul: « En Jésus-Christ ni ftl Cir­ concision na aucun~ force, ni le Prépuce, mais il faut la Foi opérant par la Charité, et être une nouvelle Créaltt1e.» - Gal. V. 6. VI. HS. - Daprès ces passages, il est maintenant érident que le Baptême a été institué à la place de la circoncision, parce que la circoncision de la chair représentait la circoncision du, cœur, qui signifie aussi la purification des maux, car les maux de tout genre sélèvent de la chair, et le pré uce si nine les amours impurs~_la chair; comme la circoncision et lablution du bap­ tême signifient la même chose, cest pour cela que dans Jérémie il est Jil : « Circoncisez-vous à Jéhovah. et éloignez les prépuces de votre cœur. » - IV. t ; - et peu après: « Nettoie de la ma­ lice ton cœur, Jérusalem, afin que tu sois sauvée. ,,- Vers. 14. - Ce que cest que la circoncision et lablution du cœur, le Sei­ gneur lenseigne dans Matthieu, Chap. XV. 18, 19. 676. 1 Y en a eu beaucoup chez les fils dIsraël, et il y en a beaucoup alljoul~dhui chez les Juifs, qui croient avoir été élus de préférence à tous, parce quils ont été circoncis, et parmi les C~­ tieus, parce quils qnt été baptisés, lorsque cependant la Circon­ cision et le Baptême sont ~eulemenL donnés en Signe eL en Mémo­ rial, afin ql1on soit purifié des maux, et quainsi lon devienne élu. Quest-ce ue lExlerne sans lInterne chez lhomme? nest­
  • RELIGION CHRl!..TIENNE. 227 ce pas comme un Temple sans le Culte, Temple qui nest ulile àpersonne, à moins quil ne serve détable? Et, de plus, quest-ce.qlle lExterne sansl[,nlerne? nest-ce -pas comllle un Champ cou"vert de tuyaux de blé sans grains dans lépi; comme une Vigne remp1ie de ceps el de feuilles sans raisins; comme le figui~sfruÎl, qge le ~igneur a maudit; ...... Mauh. XXI. 19; - comme les lampes sans huile dans les mains des vierges insensées, - Matt)J. XXV. 3; - et même comme un logement dans un Mausolée où ily a des cadales sous les pieds, des os autour des murailles, ct· des fantômes noclurnes qui volent sous le toit; ou comme un char traîné par des léopards, ayant un loup pour cocher, et dans le­ quel est un fou? En effet, !homme exterl1C nesl pas lhomme, J!est seulement la figure de lhomme, car lInterne, qui consiste à-être-sage par Dieu, fâit lhomme; il en est de même du ciroonciset du baptisé, à moins quil ne circoncise ou ne lave son cœur.Le premier Usage du Baptême est lIntroduction dans lEglise Clz?étienne, et en même temps linse?·tion parmi les Chrétiens dans le Monde spù·ituel. 6ii. Que le Baptême soit lIntroduction dans lÉglise Chrétienne, il y a de cela plusieurs preuves, par exemple, celles-ci l..: Le Bap­ tême a été inslilUé à la place de la Circoncision, et de même que la Circoncision a été le signe quon était de lÉglise Israélite, de même le Baptê:11e est le signe qu~on est de lÉglise Chrétienne, comme il a été montré dans lArticle précédenl ; et ~i.@eest seu­ lement pour quon soit connu, comme des langes de couleur diffé­ rente mis sur lesenfants de deux mères, pour quils soient distin­ gués lun de lautre et ne soient point cbangésrlI. Cest seuleme,ntk.§.i@.!l de linlroduction dans lÉglise, comme il est évident en ce.quon baptise les enfants qui ne jouissent encore daucune raison,et ne sont pas plus capables de recevoir quelque chose de la foi,que les nouvelles branches dun arbreQ!.!) Non-seulement les En­fants sont baptisés, mais aussi les étrangers prosélytes qui sontconvertis à la religion chrétienne, Lant pelits que grands; et cela,:avant quils aient été instruits, pourvu uils confessent vouloir
  • ~28 LA VRAIE embrasser le Christianisme, auquel ils sont inaugurés par le Bap­ tême ; cest aussi ce que firent .les apôtres, selon les paroles du Seigneur « de faire disciples toutes les nations et de les bapti­ser. » -llatth. XX.VIII. 19. -IV. « Jean baptisait dans le Jour­ dain tous ceux qui venaient li lui de la Judée et de Jérusalem. II - Mallh. Ill. 6. Marc, I. 0 ; - sil baptisait dans le Jourdain, cest parce que ce fleuve était lentrée dans la t.erre de Canaan, et que la terre de Canaan signifiait lEglise, palce que lÉglise y était, et quainsi le Jourdain signifiait lIntroduction dans lÉglise; que cell~ Terre_ ~t ~i.g!!-~fié lJtgli~, et le Jourdain lIntroduction dans lÉglIse, on le voit dans lApOCALYPSE RÉVELEE, N° 285. Cela a lieu dans les terres. Mais, dans les Cieux, les Enfants pal le Baptême sont introduits dans le Cie~tien ; et là le Seigneur leur assigne des Anges qui prennent soin deux; cest pourquoi, dès que les Enfants ont été baptisés, ils sont sous la direction dAnges, par lesquels ils sont tenus dans létat de recevoir là foi au Seigneur; mais à mesure quils grandissent, et quils jouissent de leu! indé­ pendance et de Jeur raison, les Anges leufsJl,lteurs les abandon­ nent, et ils ~adjoignent eux-mêmes à des esprits qui font un avec leur vie et avec leur foi; de là il est évident que le Baptême est linsertion parmi les Chrétiens, même dans le Monde spirituel. 678. Que non-seulement les enfants, mais tous aussi soient in­ sérés par le Baptême parmi les Chrétiens dans le llonde spirituel, cest parce que dans ce Monde-là les ~euples et les ~ations ont_~té distingués selon leurs Religiosités; les Chréliells sont dans le mi­IT~ les Mahométans autour deux, les f<loiàtres cie divers genres -- - après les mahométans, et les Juifs sur les côtés. En oulre, tousceux de la mème Religion OnL été disposés en Sociét~~, dans leCiel selon les "ffections de lamour envers Dieu ct de lamour àlégard du prochain, dans lEnfer eu conglégations selon les affec­ lions opposées à. ces deux amour~, ainsi selon les convoitjses du mal. Dans le Monde spirituel par lequel nous entendons et Je Cielet . lEnfer, loutes choses ont été trè3-distincLemcnL mises en ordledans Je commliîlët dans toule partie,-OUëilgenre et eu toule es­pèce; 4e celle ordination distincte y dépend la conservation detout lunivers etcelte distinction nest pas possible, il -;~lOins quechacun, après qu.il est né, nait quelque signe pal lequel on con­
  • RELIGION CHR~~TIENNE. 229 naisse quil appartient aux Assemblées de telle religion: en effet. sans le _signe Chrétien, qui est le Bapt~m~, quelque Esprit Maho-- m~an, ou qu~lqüe ~sprit_ (l entre le~ Idolâtres, pôurrait sa ttacher à des enfants Chrétiens nouveau-nés, et aussi il des enfants du s~ge, et leur insuffler 1!n pënc~an~();î"r sa::~.liiglgn, etê!in~i partager leur attention et les détourner du Christianisme, ce qui serait gêner el détruire lordre spirTtuel:--- - - - - 679. Quiconque suit avec soin les effets jusquà leurs cau~es pellt savoir que la consistance de toutes choses dépend de lordre, et quil y a des Oldres de plusieurs sortes, communs et palticuliers ; quil en est l!!L9:!!i ~t le plus Uniycrsel de !pus, et de qui dépen- dent en série continue les communs et lesparticuliers; que lOr- d~lus Universel entre dans tous ces ordtes comme lessence même dans les formes, et que cesl ainsi, et non autrement, quils. font un; cest celle unité JI!!Lfait la conservation .Q.tUQ!Jt, qui ;;): trement sécroulerait, et retomberait non-seulement dans le pre- mier chaos, mais dans le I)éant. Qucn serait-il de lhomme, si dans son corps toutes et chacune des parties navaient pas été très-distinctement mises en ordre, et si leur communauté ne dé- pendait pas dun cœur et ~nn poumon? sans cela, y aurait-il autre chose que confusion? est-ce qualors lEslomac remplirait ses fonc- tions; le Foie et le Pancréas, les leurs; le Mésentère et le Méso- colon les leurs; les Reins et les Intestins, les leurs? cest d:.a~s lordre en elles et entre elles que toutes et chacune des parties se présentent comme--!!n devant lhomme. Sans un ordre distinct 1 dans le Mental ou lEsprit de lhomme, si lensemble du mental ne dépendait pas de la Volonté et de lEntendement, y aurait-il autre chose que confusion et désordre? sans cet ordre lhomme pourrait-il penser et vouloir plus que son portrait peint ou sa sta- lue dans sa maison? qu~r.@:..lhomme, sans linflux très-hien ré lé du Ciel, et sans la réception de cet influx? et que serait cet influx, sans lordre le plus Universel, dont dépend le gOllverue- ment du tout et de ses parties, par conséquent si toutes choses ne procédaient de Dieu, el nétaient, Ile vivaient et n; se mouvaient en Lui et par Lui? Ceci peut être illustré devant lhomme natu- rel par dinnombrables choses; par exemple, par celles-ci: Que serait un Empire QU I!.!LI!ovaume sans lQrdre, sinon une Troupe , ....- - - l~~;;;;;;;:=====:------------=-=;:;.;;;;.---
  • LA VRA.IE de b.rigands, dont le plus gril,nd nombre, rassemblés, massa­ creraient nes milliers, et un petit nombre enfin exterminerait ces premiers? Que serait une Ville sans lordre? et même que~it u:ne Maison_sans lordre? et q~!att un 10 aUlne, une ville, une maison, sil ~y _av~it_ pas quelquun qui en eût la suprême direction? -680. En outle, quest-ce que lOrdre sans la distinction, et quest-ce que la distinction sans des indices, et quest-ce que des ind.ices sans des signes par lesquels sontconnues les qualités? car saRS ~a connaisance des qualités lordre nest point corin!:J--ill!!!Lf!le ~e: les signes ou marques distinctives dans les Empires et dans les Royaumes sont 1,,5 Titres des dign!lés el ~roits dadminis­ t.ration qui y..§o_nt attachés, de là les subordinations au moyen. des­ quelles tous sont cooldonnés comme en un ; de celle manière le Roi exerce so~_ Po~~i~.-=.roy~l-dislribué ~Ion lordre entre plu­ sieurs, c~ qui fait que le Royaume devient ReY:lIIme. Il en est de même dans un très-grand nombre dau-tres choses, ,par exemple. . dans les Armées; à quoi servirait leur valeur, si elles nétaientdistinguées avec ordre en brigades, les brigades en r~giments, les régiments en halaillons, et sil ny avait pas à la téte de chaque divisiQn. des c~moins élevés, eLpour t~0m .Q.hclSuÏ·ême ? et:. quoi serviraient ces Ordinalions sans des signes uon lIomme - --~- -Drapeaux ou Étendards, qui indiqup.nt à chacun la ,lace guil doittenir? p!!!: ces moyens tous da~Jes combats agissent comme un ; --­et sans eux, ils se précipiteraient contre lennemi comme des.meutes de chiens avec la bouche béante, avec des hurlements elu~Jure~!_vaine, et-.!!g!:.s ~ous san00rce seraient massacr~Lpar·u!!.... en_nemi rang~ ~n _or(1Ic d_e bataille; car q~ teuvent d_eshommes divisês contre des hommes unis? Par ces exemples setrouve illustré cê prmnler usage du baptême, à s:noir, que cestun signe, dans le !fonde spirituel quon est du nombre des Clfé­tiens. chacun y étant inséré dans des sociétés et dans des congré ­gations, selon la qualité ~.!! Christianisme en lui ou hors de lui.
  • RELIGION CHRÉTIENNE. 231Le second Usage du Baptême est que le Chrétien connaisse et reconnaisse le Seigneur Jésus-Christ Rédempteur et Sauveur, el quil Le suive. 681. Ce second usage du Ba-pt~me, qui est de connaître le Sei­gneur Rédempteur et Sauveur Jésus-Christ, suit inséparablementle Premier, qui eSllIntroduction dans lEglise Chrétienue, el lin­sertion parmi les Chrétiens dans le Monde spirituel; et que seraitle premier usage sans ce second qui le S~lit? ce serait seulementun nom; et ce serait comme un sujet qui sattache au Roi et rejettecependant les lois du roi ou de la patlie, pour sattacher à un Roiétranger et le servir; ou comme un valet qui se met au servicedun maître, en reçoit des habits comme livrée, et senfuitpourservit avec ces habits un autre maître; ou comme uu porte-dra­peau qui part avec son drapeau, le met en pièces, et en jette les morceaux en lail ou SOIIS les pieds des soldats pour le leur faire fouler. En un mot, prendre le nom de Chrétien ou de disciple duChrist, et ne pas Le reconnaître el Le suivre, cest-à-dire, ne p.asvivre selon ses commandements, cest lrendre un nom 3tlssi .inu­tile que lombre, que la fumée, et quune peinture noircie ;car leSeigneur dit: Powquoi Mappelez-vous Seignem, Sei,qneur, ftet ne faites-vous pas ce qae je dis? » - Luc. VI. 46. et suiv. ­ Il Plusieurs !Ife diront en ce jour-là: Seigneur, Seigneur! !lfaisalors je leur dirai ouvertement: Je ne vous connais point. lJ ­~fatth.VII. 22,23 . . 682. Par le Nom du Seigneur Jésus-Christ il nest pas entendu,dans la Parole. autre chose que la reconnaissance du Seigneur et la vie selon ses préceptes; que ce soit,là ce que signifie son Nom.on en voit la raison dans lExplication du second Précepte du Dé­calogue: Tu ne porteras point le Nom de Dieu en vain. Il nest pas enten~u autre chose par le Nom du Seigneur dans ces pas­ sages: « Jésus dit: Vous serez haïs de toutes les nations à cause de mon Nom. II - Mauh. X. 22. XXIV. 9, tO. - « Où deux ou trois sont assemblés en mon Nom, là je suis au milieu deux. »- Matth. XVIII. 20. - « A tous ceux qui Lont reçu, il leur a
  • 232 LA VRAIE donné pouvoir dêl1e lils de Dieu, à ceux qui croient en son Nom. Il - Jean. l. 12. - « Plusieurs crurent en son Nom. » ­ Jean. II. 23. - Il Celui qui ne croit pas a déjà été jugé, parce qail na pas cru au Nom de lUnique-Engendré Fils de Dzeu. Il - Jean. III, f 7, 18. - « Ceux qui c1Oient auront la vie en Son Nom. » - Jean. xx. 21. - « Pour mon Nom tu m travaillé, et tu ne tes point découragé. - Apoc. II. 3, et ailleurs. - Qui ne peut voir que par le Nom du Seigneur dans ces passages il est enteudu, non pas seulement le Nom, mais la reconnaissance du Seigneur, quil est Rédempleur et Sauveur, et en même temps lobéissance, et entin la foi en Lui; en effet, dans le Baptême, lEn­ fant reçoit le signe de la croix sur le front et sur la poitrine, ce qui est le signe de linauguration dans la reconnaissance et dans Je culte du Seigneur. Par le Nom il est aussi entendu la qualité de la personne, et cela, parce que dans le Monde spiriluel chacun est nommé selon sa qualité; cest pourquoi par le Nom de Chrétien il est entendu quon possède par le Christ la foi au Christ el la Cha­ rilé à lég:rrd du prochain; cest là ce qui est entemlu par le Nom dans lApocalypse: « Le Fils de l/lOmme dit: Jai quelque peu de Noms dans Sardes, qui nont point souillé lews vêtements, et ils marcheront avec Moi en (vêtements)blancs, parce que dignes ils sont. » - III. 4 ; marcher avcc le Fils de lhomme dans des vête­ ments blancs, signifie suivre le Seigneur et vivre selon les vrais de sa Parole. La même chose est entendue par le Nom dans Jean: « Jésus dit: Les brebis ma voix entendent, et mes prop1es bre­ his jappelle par lew Nom, et je les fais sortù,. devant elles je marche, et les brebis lJfe suivent, parce quelles connaissent ma voix,. mais un étranger, elles ne le suivent pas, parce quelies ne connaiesent point des étrangers la voix. ») - X. 3, 4, ü; ­ par le nom, cest par la qualité par laquelle ils sont Chrétieus ; et Le suivre, cest entendre sa voix, cest-il-dire, obéir à ses com-, mandements; ce Nom, lous le reçoivent dans le Baptême, car il est dans le signe. 683. Quest-ce que le nom sans la chose? Nest-ce pas quelque, chose de vain, un son comme celui que rendent les arbres dune forêt ou les lambris dun appartement, et quon nomme écho, ou comme le son presquinanimé de ceux qui rêvent, ou comme-le
  • RELIGION CHRÉTIENNE. 233bruit du vent, de la mer, ou dune machine, lequel nest daucuneutilité? et même qnest-ce que le nom de Roi, de Général, de Con­sul, dÉvèque, dAbbé, de Moine, sans la fonction qui est allachéeau Nom? nest·ce pas une vanité? ainsi, quest-ce que le Nom deChrétien, si lon vit en barbare et contle leI précepte!> du Christ?nest·ce pas comme la marque du signe de Satan au lieu du signedu Christ, dont le Nom cependant a été tissé en fih: dor dans lehaptême? Que sont donc ceux qui, après aloir reçu le sceau duChrist, se moquent ensuite de son enlte, glapissent en entendantson Nom, et padent de Lui non comme du Fils de Dieu, mais commedu Fils de Joseph? Ne sont-ce pas des rebelles et des régicides, etleurs paroles ne sont-elles pas des blasphèmes contre lEspritsaint, qui ne peuvent être remis ni dans ce siècle, ni dans Je siècleà venir? Ceux-ci, semblables à des chiens, mordent la Parole et ladéchirent li belles dents; chez eux, contre le Christ et contre sonCulte, « toutes les tah/es sont pleines dun vomissement â éva­ cuation. )) - Ésaïe, XXVIII. 8. Jérém. XLVIII. 26; - lorsquecependant le Seigneur Jésus-Christ est le Fils du Dien Très-Haul, - Luc, 1. 32,35, -lUnique-Engendré, - Jean, 1. 18. m. 16;­le Vrai Dieu et la Vie éternelle, - 1 Jean, V. 20, 2l ; - dans Le­quel habite corporellement toute la plénitude de la Divinité, ­Coloss. II. 9; - et nest point le fils de Joseph, - Mauh. I. 25 ; - outre mille autres passages. Le troisième Usaqe du Baptême, qui est lusaqe final, cest que l homme soit réqéné1é. 684. Cet usage est lUsage même pour lequel a été institué le Baptême, ainsi ce~t lusage final; et cela, parce que le vrai Chré­. tien connaît et reconnaît le Seigneur R~dempteur Jésus-Christ, qui puisquil est Rédempteur, est aussi Régénérateur; car la Ré­ demption et la Régénération font un, comme on le voit dans le Cnapitre sur la Réformation et la Régénération. Art. Ill; puis, parce que le chrétien possède la Parole dans laquelle sont décrits les moyens de la Régénération, et ces moyens sont la Foi au Sei­ gneur et la Charité à légard du prochain: cest la même chose que
  • 234, LA VRAIE ce qui est dit du Seigneur, qUIl Il ~aptise dEsprit saznt et de Feu" - MaUh. III. 11. Marc, 1. 9 à 11. Luc, III. 16, Jean, I. 33 ; - par lEsprit saint il est entendu le Divin Vrai de la foi, et par l~Feu le Divin Bien de lamour ou de la Charité, lun et lautre pro­céda.nt du Seigneur; que par lEsprit saint il soit entendu le DivinVrai de la foi, on le voit dans le Chapitre sur LESPRIT SAINT; el que par le Feu il soit entendu le Divin Bien de lamour, on le voit dans lApOCALYPSE REVELEE" N°s 468, 395; cest par lun etl:lUtre que le Seigneur opère toute Régénération. Si le Seigneur b.Qt;­ :Mêm~ a été baptisé pal Jean, - Mallh. III. 13 à tï. Marc, I. 9. Luc, III. 21, 22, - cétait non-seulement afin dinstÎluer le Bap­ tême pour lavenir, et den donner le premier lexemple, mais. aussi parce quil a glorifié flon Humain et La rendu Divin, comme il régénère lhomme et le rend spirituel. 681), Par ce qui précède et par ce qui est dit maintenant, on-peut voir qlle les trois Usages du baptême sont cohélenls en un, cornille la callse première, la cause moyenne qui estefficien te, et la cause dernière qui est leffet et la fin même pOUl laquelle sont les deux premières; en effet, le premier usage est que lhomme soit nommé Chrétien; le second, qui en est la suite, cest quil connaisse et reconnaisse le Seigneur Rédempteur, Régénérateur et Sauveur; et le troisième, cest quil soit régénéré par Lui; et quand cela se· fait, il est racheté et sauvé. Puisque ces trois usages se suivent en ordre et se conjoignen 1 dans le dernier, et que par sui te dans lidée des Anges ils sont cohérents comme un seul, cest pourquoi, quand un baptême est fait, quand ce mot est lu dans la Parole, et quand il est prononcé, les Anges qui soilt présents entendent non pas le baptême, mais la Régénération j cest pourquoi, par cès­ paroles du Seigneur: ~. Celui qui aura au et aura été baptisé sera sauvé, mais celui quz nawa pas cru sera condamné. Il ­ Marc, XVI. 16, - il ést entendu par les Anges dans le Ciel que elui qui reconnaît le Seigneur et est régénéré et sauvé. De là vient aussi que le Baptême est, appelé BAIN DE REGENERATION par les Églises Chrétiennes sur la terre; que le Chrétien sache donc­ que celui qui ne croit point au Seigneur ne peut être régénéré,-quoiquil ait été baptisé, ct que la Cérémonie du baptême sans la foi au Seigne.ur ne fait absolument rien; vair ci~dessus dans ce:
  • RELIGION CHRETIENNE.- ~35 Chapitre, Art. II. N° 673. Que le Baptême ellveloppe la .}H!.rjftca:._ tion des maux, et ainsi la Régénération, cest ce que tout Chrétienpeut très-bien connaîlre,car lorsquun Enfant est baptisé, leprêtre fait avec son doigt sur le front et sur la poitlÏne le signe dela croix, comme mémorial du Seigneur, et ensuite se tourne versles parrains, et demande si lenfant renonce au diable et à toutesses œuvres, et sil reçoit la foi, questions auxquelles Je parrainrépondent pour lenfant: .. Oui; Il le renoncement au diable, cest­à-dire, aux maux qui viennent de lenfer, et la foi au Seigneur,font entièrement la régénération. 686. Dans la Parole il est dit que le Seigneur Dieu, notre Ré­demptelll, baptise desprit saint et de feu, ce par quoi il est enten­du que le Seigneur régénère lhomme par le DivID Vrai de la foi etpar le Divin dien de lamour ou de la charité; voÏ1 ci-dessus danscet Art. N° 684. Ceux qui ont été régénérés par lE~prit saint,cest-à-dire, par le Divin Vrai de la foi, ont dans les Cieux été dis­tingués de ceux qui ont été régénérés par le Feu, cest-à-dire,par le Divin Bien de JamollI. Ceux qui ont èté régénéré.s par leDivin Vrai de la foi marchent dans Je Ciel en vêlements blancsde fin lin, et sont appelés Anges spirituels; mais ceux qlli ont étérégénérés par le Divin Bien de lamour marchent en vêtements.de pourpre, et sont a.ppelés Anges célestes: ceux qui marchenten vêtements blancs sont entendus dans ces passages: .. Les Ar­mées suivaient lAgneau, vêtues dun fin lin blanc et pur. Il- Apoc. XIX. 14, - .. Ils mmcheront avec Moi en vêtementsh/ancs. - Apoc. III. 4; et aussi VII. 1.4. - (( Les Anges, dansle sépulcre du Seigneur, furent vus en vêtements blancs etresplendissfmts . .. - lIalLh. XXVIII. 3. Luc, XXIV. 4; - cé­taient des Anges spirituels, car le fin lin signifie les justices dessaints, - Apoc. XIX. 8, où cela est diL ouvertement. - Que les Vê·~ements dans la Parole signifient les vrais et les Vêtements blancset de fin lin les Divins vrais, on ~e voit dans lApOCALYPSE REVE­LÉE, N° 379, où cela a été montré. Si ceux qui ont aussi été ré­généJés p.ar le Divin Bien de lamour sont en vêtements de pour­pre, cest parce que la pourpre est la couleur de lamour quil Liredu feu du Soleil et de son rouge, par lequel est signiflé lamour;voir lApOCALYPSE RÉVÉLÉE, N° 468, 72·5. Comme les vêtements
  • 236 LA VRAIEsignifient les vrais, cest pour cela que celni qui, parmi les invités,fut trouvé non vêtu dun habit de noces, fut chassé et jelé dans lesténèbres extérieures, ,-Mauh. XXIl. H, 12, 13. 687. En outre, le Baptême, comme Régénération, est repré­senté tant dans le Ciel que dans le lIonde par un grand nombre·de choses; dans LE CIEL, par exemple, ainsi quil vient dêtre dit,par des vêlements blancs et des vêlements de pourpre, et de pluspar les noces de JÉglise avec le Seigneur, puis par le Nou"eauCiel et la Nouvelle Terre, et par la Nouvelle Jélusalem qui en des­cend, de laquelle Celui qui était assis sur le trône a dit: Voici, toutes choses nouvelles je ferai. - Apoc. XXI1·à 45; - et par le Flezwe deau de la vie sortant du T1ône de Dieu et de lA­ gneau - Apoc. XXII. 1, 2; - et aussi par les cinq viergespru­ dentes, qui avaient des lampes et de lhuile, el qui entrèrent avec le Fiancé aux noces, -lIallh. XXV. 1,2, 10. - Le baptisé, cest­ à-dire, le régénéré, est enlendu par la Créature, - llarc, XVI. t5. Rom. VIII. 19, 20, 21.- et par la nouvelle Créature, - Il.Cor. V. 17. Galat. VI, 15; - car Créature se dit de ce qui aélécréé, et être créé signifie aussi être régénéré; voir lApOCALYPSERÉVÉLÉE, N° 254. Dans LE MONDE, la Régénération est représentée par diverses choses, ainsi par la fleuraison de tous les végétaux de la terre dans la saison du printemps, et par leur accroissement successif jusquà la fructification; de même par laccroissement de chaque arbre, de chaque arbrisseau et de chaque fleur depuis le premiel jusquau dernier mois de chaleur; elle est aussi représen­ tée par la maturité progressive de tous les fruils depuis son com-_ mencement jusquà son plein; elle est encore représenlée par les pluies du matin et du soir, et par les rosées; les flenrs souvrent quand elles tombenl, et elles se replient quano· viennent les ténè­ hres de la nuit; elle est encore représentée par les exhalaisons odo­ riférantes des jardins et des champs i et. aussi par larc-en-ciel dans la nuée, - Gen. IX. t4 à 17; - el parles resplendissantes couleurs de lAurore; el en général par la continuelle rénovalion de loutes choses dans les Corps au moyen du chyle el de lesplÏt animal, et par suite au moyen du sang, dOlllla purification des parties vieilles, la rénovation, et pour ainsi dire la régénération, sont perpé­ tuelles. Si lon porle son allention sur les animaux le plus vils de
  • RELIGION CHRÉTIENNE. 237la terre, limage de la régénération se manifeste dans la merveil­leuse tlansforma.tion des vers à soie et de plusieurs autres vers ennymphes et en papillons, et de ceux qui après un certain t.emps sedécorent dailes; on peut encore à ces comparaisons en ajouterde plus légères, la régénération est représentée par le désir decertains oiseaux de se plonger dans leau pour se laver et se net­toyer, après quoi ils retournent comme le) rossignols à leurs ra-·mages. En un mot, le Monde entier, depuis ses premiers jusquàses derniers, est plein de représentations et de types de la régé­nération.Pm le Baptême de Jean a été p"épa1é le chemin pour que Jéhovah le Seignew pût descendre dans le Monde, et achever la Rédemption. . 688. On lit dans Malachie: « Voici, Moi, jenvoie mon Ange, qui préparera le chemin devant Moi, et incontinent viendravelS son Temple le Seigneur que vous cherchez, et lA nge delalliance que vous désirez; qui soutiendra le jour de son avè­nement? et qui subsistera quand il apparaitra?)l - III. 1, 2; .­et de nouveau: l( Voici, Moi, je vous enverrai Elie le plophète,avant que vienne le jour de Jéhovah, grand et terrible, de pewque je ne vienne, et que je ne frappe la te11e danathème." ­HI. 23, 24. - Et Zacharie, père de Jean, prophétisant sur son fils: l( Toi, petit enfant, plophète du Très-Haut. tu seras appelé;tu iras devant la face du Seignew pour préparer ses chemins, Il- Luc, 1. 76. - Et le Seigneur Lui-Même dit de ce Jean: ( Cestcelui de qui il a été éClit: Voici, Ir/ai, jenvoie mon Ange de­vant ta face, lequel préparera ton chemin devant Toi. >l Luc, -VII. 27. - Daprès ces passages il est évident que ce Jean a étéJe prophète qui fu t envoyé pour préparer le chemin à JéhovahDieu qui devait descendre dans le Monde, et achever la Rédemp­tion, et quil a préparé ce chemin par le Baptême, et alors en an­nonçant lAvènement du Seigneur, et que sans cette prépalationtous là auraient été frappés danathème, et auraient péri. 689. Si le chemin a été préparé par le Baptême de Jean, cest
  • 238 LA VRAIE parce que lal ce Baptême, ainsi quil vient dêtre montré, on était introduit dans lÉglise future du Seigneur·, et in.:;éré dans le Ciel parmi ceux qui avaient attendu et désiré le lIessie, et quainsi on était gardé par les Anges, ann que les Diables ne sélançassent point de lEnfer, etquon ne fût point perdu; cest pourquoi il est dit dans Malachie: « Qui soutiendra le jO/.t1. de son avènement? » Et: « De peur que Jéhovah ne vienne, et ne trappe la terre fla­ nathème.l) - III. 2, 24. - De même dans Ésaïe: « Voici le jour de Jéhovah vient, cruel, et dindiqnation et demportement de colère: jébranlerai le Ciel, ~t la terre sera remuée de sa place au jour de lemportement de sa co/ère. ,) - XIII. 6, 9, f3, 22. XXII. 5, 12. - De même dans Jérémie, ce jour est appelé jour de vastation, de Lengeance, et de destruction, - IV. 9. VII. 32, XLVI. 10, 2.1. XLVII. 4. XLIX. 8, 26. - Dans Ézéchiel, jour de colère de nuage et dobscurité, - XIII. 5. XXX. 2, 3, 9. XXXlV. H, 12. XXXVIII. H, 16, t8, 19.-Pareillementdans Amos,­V. t3, t8, 20. VIII. 3, 9, 13 - Dans Joël: « Grand (esl) le jourde Jéhovah, et terrible,. et qui le soutùmdra ? » - II. 1, 2, 11.Ill. 3, 4. - El dans Séphanie: cc En ce j01l1-là il y aura une voix de c1·i,. le g1and jour de Jéhovah est proche,. jour demporte­ment, ce jour-là,. jour dangoisse et de détresse, jour de vas­tation et de dévastation,. au jour de lemportement de Jéhovahsera dév01ée toute la terre, et il fera consommation avec touste~ habitants de la terre. » - I. 7 à 8 ; - et en outre dans beau­coup dautres endroits: daprès ces passages il es évident que sile chemin de Jéhovah, descendant dans le Moude, neût pas été­préparé par le Baptême de Jean, dont leffet dans le Ciel fut defermer les Enfers, les Juifs nauraient pu être préservés dune en­tière destruction: Jéhovah dit aussi à Moïse: c( En un moment,si je montais au milieu de toi, je consumerais ce peuple. » ­Exod. XXXIII. 5. - Quil en soit ainsi, on le voit clairement parles paroles de Jean à la foule qui venait pour être baptisée par lui: ~( Race de vipères, qui vous a montré à luùla colère à venir?))- MaUh. III. 7. Luc, Ill. 7. - Que Jean ait aussI annoncé leChrist et son avènement, quand il baptisait, on le voit dans Luc.- III. 16. Jean, 1. 25, 26, 31, 32, 33. III. 26. - Daprès cela, ilest facile d.e voir comment Jean a préparé le chemin.
  • RELIGION CHRÉTIENNE. 239 690. Quant à ce qui concerne le Baptême de Jean, il représen­tait la purification de lhomme externe; mais le Baptême, qui est au­jourdhui chez les Chrétiens, représente la purification de lhommeIllterne, cest-à-dire, la Régénération; aussi lit-on que Jean bap­ tisait deau, mais que le. Seigneur baptise desprit saint et de feu,et cest pour cela que le baptême de Jean e~t appelé baptême depénitence, - lIalth. m. 1. L Marc, l. 4 et suiv. Luc, III. 3, 1.6.Jean, I. 25, 26, ;)3. Act. I. 22. X. 3ï. XVIII. 25. - Les Jutfs,,qui éraient baptisés, étaient des hommes purement Externes, et:lhomme externe sans la foi au Christ ne peut devenir interne;~ue ceux qui furent baptisés du baptême de Jean soient devenushommes internes, lorsquils eurent reçu la foi au Christ, et qua­lors ils aient été baptisés au Nom de Jésus, on le voit dans les Actes des Apôtres, - XIX. 3 à 6. 69t. Moïse dit à Jéhovah: Il Montre-moi ta gloire,. Jehovahlui dit: Tu ne peux voir mes faces, parce que nepeut Me voir Jhomme, et vivre,. et il dit: Voici un lieu où tu te tiendras sur le rocher, et je te mett?ai dans la fente du rocher, et je te cou­ vrirai de ma main jusquà ce que je sois pàssé; et torsque je retirerai ma main, tu vernzs ·mes der1ières, et mes faces ne.seront point vues-, " - Rxod. XXXUI, 1.8 à 23. - Si lhomme ne {)eut voit- Dieu et vivre, cest parce que Dieu est lAmour Même, et que lAmour Même ou le Divin Amour apparaît dans le ~Iond6 spirituel devant les Anges comme un Soleil, distant deux comme le Soleil de notre monde est distant des hommes; si donc Dieu, qui est au milieu de ce Soleil, approchait près/des Anges, ils péri­ raient, de même que les hommes périraient si le Soleil du monde approchait deux·, car il est également ardent; cest pourquoi il y a de perpétuelles températures qui modifient et modèrent lar­ deur de cet amour, afin quil ninflue pas dans le Ciel comme il est en soi, cal les Anges en seraient consumés; aussi lorsque le Seigneur se manifeste dans une plus grande présence dans le Ciel.les impies qui sont au-dessous du Ciel commencent-ils à se lamen­ ter, à être tourmentés et à perdre la respiration, ccst pourquoi ils senfuient dans les cavernes et dans les rochers des montagnes. en criant: « Tombez sur nous, et cache:l-nous de la face de Celui qui est assis sur le Trône, .. - Apoc. VI. t 6. Ésaïe, Il. 1.9,21 : .......
  • 240 LA VRAIEcc nest pas le Seigneur Lui~~Ième qui descend, mais cest unAnge ayant autour de lui la sphère de lamour procédant du Sei­gneur: jai vu quelquefois des impies terrifiés par celte descentecomme sils voyaient la mort devant leurs yeux, les uns se préci­pitant dans lenfer de plus en plus profondément, et dautres tom­bant en furie. Ce fut pOUl cela que les fils dIsraël se préparèrentpendant trois jours, avant la descente de Jéhovah le Seigneur surla .montagne de Sinaï, et que la montagne fut entourée dune bar­rière, afin que personne nen approcbât et ne mourût, - Exod.XIX. - Il en a été de même de la Sainteté de Jéhovah le Seigneurdans le Décalogue qui fut alors promulgué, et gravé du doigt deDieu sur deux Tables, et ensuite déposé dans lArche, sur laquelledans le Tahernacle avait été placé le Propitiatoire, et sur le pro­pitiatoire les Chérubins, afin que personne ne touchât immédia­tement de la main ou de lœil celle Sainteté; Abaron· ne pouvaitpas non plus en approcher, si ce nest une seule fois pu an, aprèsquil sétait expié par des Sacrifices et des Fumigations. Ce futpour cela que les Ekronites et les Betbschémites moulUrent palmilliers, seulement parce quils avaient porté leurs yeux sur lAr­che, - ISam, V. H, 12. VI.:l9; - et aüssi Uzzah, parce quil la­vait touchée, - II Sam. VI. 6, 7. - Par ce peu dexemples, il aété manifesté de quel anathème et de quelle destruction auraientété frappés les Juifs, sils navaient pas été préparés par le Bap­tême de Jean à recevoir le Messie, qui était Jéhovah Dieu dansune forme humaine, et si Jéhovah Dieu navait pas pris lHumain,et ne sétait pas révélé de celle manière; ils furent pr~parés par.­cela que, dans le Ciel, ils furent inscrits et mis au nombre deceux qui de cœur avaient altendu et désiré le Messie, ce qui fit ~ ... . .. ..qualors des Anges furent envoyés et devinrent leurs gardiens. 692. A ce Chapilre jajouterai ces lUÉ~IORAliLES: PRDIIER l1E:)IO- .RADLE. Lorsquaprès avoir assisté au Jeu de la S:lgesse, 1 je re­tournais chez moi, je vis dans le chemin un Ange en vêtementde couleur hyacin the; il se mit à mon côté, et dit: « Je vois quetu sors du Jeu de la sagesse, et que tu es ravi de ce que lu y as 1 Voir le MÉMORABLE N0 18. (Note du Trad.)
  • RELIGION CHRÉTIENNE. 241. entendu; et comme je perçois que tu nes pas pleinement dans ce.llonde, parce que tu es en même temps dans le lfonde naturel~et que par conséquent tu ne connais pas nos Gymnases Olym- piques, où les anciens Sages sassemblent, et apprennent de ceux:.qui arrivent de ton Monde les changements et successions détat que la Sagesse a subis et subit encore; si tu veux, je te conduirai dans un lieu où habitent plusieurs de ces anciens sages eL plu-sieurs de leurs fils, cest-~-dire, de lenrs disciples." Et il me COD- duisit vers les confins entre le Septentrion et lOrient, et tandis que là jc regardais dun lieu élevé, voici, je vis une ville, et à lun de ses côtés deux Collines; et, la plus proche de la ville, moinsélevée que lautre; et il me dit: .. Cette Ville est appelée Athénée; la Colline la moins hàute, Parnasse; et la plus haute, Hélicon; elles sont nommées ainsi, parce que dans la ville et aux alentours habitent danciens Sages de la Grèce, comme Pythagore, Socrate, Aristippe, Xénophon, avec leurs disciples et ceux de leur école, Il Et je minformai de Platon et dAristote; il me dit queux et leurs secLateurs habitaient dans une auLre région, parce quils avaient enseigné les choses rationnelles qui appartiennent à len- tendement, tandis que les autres avaient enseigné les choses mo- rales quLappartiennent à la vie. Il me dit que de la Ville dAthé- née il est fréquemment envoyé des Esprits studieux vers les let- trés dentre les Chrétiens, pour quils rapportent ce quon penseaujourdhui concernant Dieu, la Création de lUnivers, lImmor-talité de lâme, .lÉtat de lhomme comparé à celui des bêtes, etdautres sujets qui appartiennent à la s:lgesse intérieure; et il medit quaujourdhui le héraut avait annoncé une assemblée, ce quiétait un indice que les envoyés avaient rencontré de nouveauxvenus de la terre, de qui ils avaient appris des choses curieuses;el nous vîmes un grimd nombre desprits qui sortaient de la villeet des environs, quelques-uns ayant des couronnes de laurier surla tête, dautres tenant des palmes dans leurs mains, dautresavec des livres sous les bras, et dautres avec des plumes sous lescheveux de la lempe gauche. Nons nous mêlâmes parmi eux, etnous monlâmes ensemble; et voici, sur la Colline il y avait unPalais octogone, quils appelaient Palladium, et nous entrâmes;et voici, là, huit réduils hexagones, dans chacun desquels il y II. f6
  • 242 LA VRAIE avait une petite Bibliothèque, et aussi une Table, près desquels prirent siége ceux qui avaient des couronnes de laurier; et dans )e Palladium même je vis des bancs de pierre ciselés sur lesquels les autres se placèrent; et alors à gauche souvrit une porte, par laquelle deux nouveaux venus· de la terre furent introduits, el après quils eUlent été ~alués, lun de ceux qui étaient couronnés-de laurier leur demanda; « Quy A-T-IL DE NOUVEAU DE LA TERRE? Il Et ils dirent: (1 Il Ya de nouveau, quon a trouvé dans les bois des hommes qui sont comme des bêtes, ou des bêtes qui sont comme des hommes; mais daprès leur face et leur corps on a connu quils étaient nés hommes, et avaient été perdlJ5 ou aban­ donnés dans les bois à lolge de deux ou trois ans; 011 dit qUIls ne peuvent exprimer par le son rien de ce quils pensent, ni ap­ prendre il articuler le son en aucun mot; quils ne savent pas non plus discerner, COIJlme le savent les bêles, la nourriture qui leurconvient. et quils mettent dans leur bouche les choses tant saines que malsaines quils trouvent dans les bois: on raconte encore plusieurs autres par-ticularités ; de là quelques Érudits parmi nous ont conjecturé et quelques autres ont conclu plusiellIs choses SUI;létat des hommes comparé à celui des bêtes... A ces mots, quel­ ques-uns des anciens Sages demandèrent ce quils en avaient conjecturé et conclu; et les deux nouveaux venus répondirent: .. Beancoup de choses, qui cependant peuv6nl se réduire à ce quisuit: 1° Que lhomme daprès sa nature, et aussi daprès sa nais­ sance, esl plus stupide et par suite plus vil que la bête, et quil ledevient pareillement sil nest pas instruit; 2° quil peut être ins­ truit, parce quil a appris à produire des sons articulés, et par suite à parler, et que par là il a commencé à manifester des pensées, et cela successivement de plus en plus, au point quil a pu exprimer les lois de la société, dont plusieurs cependant ont étt gravées dans les bêtes dès la naissance; 3° que les bêtes ont la Rationa­ lité de même que les hommes; 4° si donc les bêtes p·ouvaienL par­ ler, elles raisonneraient sur chaque chose aussi subtilement que les hommes; ce qui lindique, cest quelles pensent daprès la­ raison et la prudence aussi bien que les hommes; !S0 que lEnten­ dement est seulement une modification de la lumière d·u soleil. aec la coopération de la chaleur, au moyen de léther, de sorte­
  • RELIGION CHRÉTIENNE. 243que cest seulement une aClivité de la nature intérieure, et quecette activité peut êlre exaltée ail point de se montrer comme sa­gesse; 6" quil est par conséquent ridicule de croire que lhomme,après la mort, vive plus que la bête, si ce nest que peut-êlre pen­dant quelques jours après le décès il peut, daprès lexhalaison dela vie du corps, apparaîlre comme nimbe sous la forme dun fan­tôme, av~nt quil soit dissipé clans la nature, il peu près commeune hranche brûlée, retirée des cendres, se fail voil sous la les·semblance de sa forme; i~ quen conséquence la Religion, qui en­seigne une vie après la mort, e~t une pure iIlen lion , afin que lessimples soient tenus intérieurement liès par les lois religieuses,comme ils le sont extérieurement par les lois civiles. » Ils ajoutè­rent que cc sont les hommes purement ingénieux qui raisonnentainsi, (t non les hommes Intelligents; et on leur demanda: "Com­ment raisonnent les Intelligents? "Ils dirent quils ne les avaientpas en tendlis, mais quils ont deux cette opinion. Après cet exposé, 10US CCliX qui étaient près des Tables sécriè­ rent: (( Oh! quels temps aujourdhui sur la Terre! Félas! quellesvicissiludes la Sagesse a ép,ouvées! na-l-eHe pas été tournée enune folle adresse ingénicose? le Soleil est couché; et, sous la terre,il est diamétralement opposé ~ son midi. Daprès ceux qui ont été :ibandonnés et trouvés dans les bois, qui est-ce qui ne peut savoirque semblable est lhomme non instruit? Est-ce quil nest passelon linstruction quil reçoit? Ne naît-il pas dans Jignorance plusque les bêtes? Ne doit-il pas apprendre à marchel el à parler? Sil napprenait pas à marcher, se dresserait-il SUI les. pieds? Et sil napprenait pas à parler, exprimerait-il par des sons quelque chosede la pensée? Tout homme nest-il pas selon quil a été enseigné; insensé, si cest daprès des faux, et sage, si cest dapri:s desvrais; et insensé daprès les faux avec la· phanlaisie dêtre plus sage que celui qui est sage daprès les vrais? Ny· a-t-il pas des hommes fous el extravagants, qui ne sont pas plus hommes que ceux qui out été .trouvés dans les bois? Ceux qui sont privés de la mémoire ne leur sont-ils pas semblables? Pour nous, nous avons Conclu de tout cela que lhomme sans linstruction nest ni un homme, ni une bête, mais quil est une forme qui peut recevoir en soi ce qui fait lhomme, et quainsi il ne naît pas homme, mais
  • 2U LA VRAIE quil devient homme; et que lhomme naît une telle forme, pour quil soit un organe récipient de la vie qui procède de Dieu, afin dêtreun sujet dans lequel Dieu puis~e introduire tout bien. et par lunion avec lui le rendre heureux pour léternité. Nous per­ cevons par votre rapport que la sagesse aujourdhui est tellement éteinte ou devenue folle, quon ue sait absolument rien de létat de la vie des hommes dans sa relation avec létat de la vie des bêtes; de là vient quon ne connaît pas non plus létat de la vie de lhomme après la mort; quant il ceux qui peuvent le connaîLre, m;lis ne le veulent pas, et par suite le nient, comme fonl beau­ coup de vos Chrétiens, nous pouvons les assimiler il ceux qui ont été trouvés dans les bois, non pas quils ,soient devenus ainsi stu­ pides par privation dinstruction, mais parce queux-mêmes se sont· rendus ainsi stupides par les illusions des sens, qui sont les ténè­ bres des vérités. " Mais alors un des assistants, qui se tenait debout au milieu duPalladium, ayant à la main une palme, dil: " Développez, je vousprie, cet arcane: Comlllent lhomme creé forme de Dieu, a-t-ilpu être changé en forme du diable? Je sais que les Anges du Cielsont des formes de Dieu, et que les anges de lenfer sont desformes du diable; et ees deux formes sont opposées entre elles,celles·ci sont des Folies, celles-là des Sagesses; dites donc com­ment lhomme, créé forme de Dieu, a pu passer du jour dans unetelle nuit, quil en soit arrivé à nier Dieu et :. la vie éternelle? Il Acetle question les Maîtres répondirent dans cet ordre, dabordles Pythagoriciens, puis les Socraticiens, et ensuite les autres:mais parmi eux il y avait un Platonicien, celoi-ci parla le dernier,et son opinion prévalut; elle consistait en ceci: Les hommes de ftlâge de Saturne ou du siècle dor, savaient et reconnaissaientquils étaient des Formes récipientes de la vie qui procède deDieu, et par conséquent ,la sagesse était gravée dans leurs âme:>et dans leurs cœnrs; et par suite daprès la lumière du vrai ilsvoyaient le vrai, et par les vrais il,s percevaient le bien daprès leplaisir de lamour du bien; mais à mesure que les hommes, dansles Siècles suivants, séloignèrent de la reeonnaissance que toutvrai de la sagesse, et par suite tout bien de lamour chez eux, in­fluait continuellement de Dieu, ils cessèrent dêtre des habitacles
  • RELIGION CHRÉTIENNE. 245 de Dieu, et alors cessa aussi leur entretien avec Dieu, et leUl con­ sociation avec les Anges; car les intérieurs de leur mental, de leur direction qui avait été élevée en haut vers Dieu par Dieu, furent pliés vers une direction oblique de plus en plus en dchors dans le Monde, et ainsi vers Dieu par Dieu au moyen du Monde, et enfin furent retournés dans la direction opposée qui est en bas vers soi-même; et comme Dieu ne peut être regardé par lhomme intérieurement retourné et ainsi lourné dans un sens opposé, les hommes se séparèrent de Dieu, -et devinrent des formes de lEn­ fer, et par conséquent du diable. li suit de là que, dafJs les pre­ miers Ages, les hommes reconnurent de cœur et dâme que tout bien de lamour, et par suite tout vrai de la sagesse, leur venaient de Dieu et appartenaient à Dieu en eux, et quainsi ils élaient eux-mêmes de purs réceptacles de la vie procédant de Dieu, ce qui fit (lU ils ont été appelés Images de Dieu, Fils de Dieu, ·et Nés de Dieu; mais que, dans les Ages qui suivirent, ils reconnurent cela non de cœur ni dàme, mais par une certaine foi persuasive, et ensuite par une foi historique, et enfin seulement de bouche; et reconnaître cela seulement de bouche, cest ne point le recon­ naître; bien plus, cest le nier de cœur. Par là on peut voir quelle est aujourdhui la sagesse slIr la terre chez les Chrétiens, puisque ceux-ci, quoiquils puissent daprès la Révélation écrite êlre ins:", pirés de Dieu, ne connaissent pas la différence quil y a entre lhomme et la bête; et que par suite plusieurs croient qlle .si lhomme Vil après la ITIort, la bête aussi doit vivre, 011 que si la .bète ne vit pas après la mort, lhomme non plus ne doit pas viyre ; notre lumière spiritu,elle, qui éclaira la vue du mental, nest-elle pas devenue obscurité chez eux; et leur lumière naturelle, qui éclaire seulement la vue du corps, nest-elle pas devenue pour eux une lumière éclatante? » Après cela, ils se tournèrent tous vers les deux nouveaux ve­ nus.. et ils les remercièrent de ce quils sétllient rendus au milieu deux et du récit quils avaient fait, et les prièrent de rapporter à leurs frères ce quils venaient dentendre: et les nouveaux venus répondirent quils confirmeraienl!es leurs dans cette vérité, quau­ tant on attribue au Seigneur et non à soi tout bien de la charité et tout vrai de la foi, autant on est homme et on devient Ange du Ciel.~----------==:::::=::::==----:---
  • 246 LA VRAIE 693. SECOND MÉ~IORABLE. Quelques semaines aplès, jentendi~ une voix du Ciel qui me dit: « Voici de nouveau une Assemblée au Parnasse; approche, nous te montrerons le chemin."» Je map­ prochai, et quand je fus auprès, je vis sur lHélicon quelquun te­ Dant une trompette avec laquelle il annonçait et indiquait lAs­ semblée. Et je vis, comme précédemment, des esprits monter de la Ville dAthénée et des environs, et au milieu deux trois No­ vices du Monde; ils étaient tous trois dentre les Chrétiens, lun Prêtre, lautre Politique, et le troisiême Philosophe; on les égayait en chemin par une conversation sur divers sujets, principalement sur les Sagès Anciens quon désignait par leur nOJ:l); ils deman­ dèrent sils les verraient; ou leur répondit quils les verraient, et .que, sils le voulaieut, ils lellr présenteraient le salut, attendu quils étaient affables. Ils sinformèrent de Démosthènes, de DIo­ gène et dÉpicure. On leur dit;« Démosthènes nest point ici, il est auprès de Platon; Diogène, avec ceux de son école, demeure sous lHélicon, par ceUe raison quil regarde les choses IT,ondaines comme rien, et ne soccupe que de choses célestes; Epicure habite .à loccident sur les confins, ct nentre pas chez nous, parce que nous, nous distinguons entre les affections bonnes et les affections mauvaises, et nous disons que les affections bonnes sont avec la sagesse, et les affections mauvaises contre la sagesse... Quand ils eurent monté la colline du Parnasse, quelques gardes y appor­ tèrent de leau de la fontaine dans des vases de clistal, et dirent: «Cest de leau de la fontaine, que, selon les récits de lantiquité, le cheval Pégase avait fail jaillir en frappant la terre avec la corne de son pied. et qui fut ensuite consacré aux neuf Vierges; or, })ar le Cheval ailé, Pégase, ils désignaient lEntendement du vrai pal lequel existe la sagesse; par la corne de son pied, les expé­ riences par lesquelles on acquiert lintelligence naturelle; et par les neuf Vierges, les connaissances et les sciences de tout geme; ces choses aujourdhui sou t appelées fables, mais elles étaient des correspondances, daprès lesquelles sexprimaient les hommes de lantiquité. » Ceux qui a"ccompagnaient les trois nouveaux venus leur dirent: c( Que cela ne VOliS étonne pas, les gardes ont été ins­ -fruits il parler ainsi; et nous, par boire de leau de la fontaine 1l0US entendons être instruit des vrais, et des biens au moyen----------
  • RELIGION CHRÉTIENNE. 247 ges vrais, et amstavoir la sagesse.)l Ensuite ils entrèrent dans Je Palladium, et avec eux les trois Novices du Monde, le Prêtre, le Politique et le Philosophe; et alors ceux qui étaient couron­ nés de laurier, et assis près des tables, demandèrent: Quy A­ T-lI. DE NOUVEAU DE LA lERRE? Il Et ils répond