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Em Swedenborg Les Delices De La Sagesse Sur Lamour Conjugal Le Boys Des Guays 1887
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Em Swedenborg Les Delices De La Sagesse Sur Lamour Conjugal Le Boys Des Guays 1887

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[Ecrits de Swedenborg en Français par Le Boys Des Guays]

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  • 1. ~~~, DÉLICES DE LA SAGESSE LES 1 SUR LAMOUR CONJUGAL A la suite sont placées LES VOLUPTÉS DE LA FOLIE SUR LAMOUIt SCORTATOIllE PAR Il:MMANUEL SW(!;DENBORO 1~4dull du laliu PAR J.-F.-E. LE BOYS DES GUAYS Sar lMllioa ,n1lCQl (AlIIJlerdlll. 1768). nv.uxlèlll ÉDITION Revue par C. H. PAlUS LIBRAIRIE DE LA NOUVELLE JÉRUSALEM ~~ 12, no< ::""" 12 i881 .
  • 2. tins .. . ..~SS~DVS VI ~a S~aI1~a S~1
  • 3. OUVRAGES DE SWEDEN BORG Traduits en Français Par J •• 1l.·E. Le BOys des Guays. PRIXArcan.es Céle~tesl 18 vol. grand in-8°. go:r l»))eDoctrme de vIe In-12. . . . . . " 75Doctrine sur lb.criture Sainte, in- 1:1. " 75Doctrine sur le Seigneur,in-l2. . . • . )) 75Doctrine sur la foi, in- 12. . . . . . . . lJ 75Du Divin AmourJouvrage posthume), in-8·. 3 »»Du Cheval blanc, e lApocalypse, in-l2. . . 1 »»Exposition sommaire du sens interne des Pro ­ phètes et Psaumes), in-I:1. . . . . 3 »»Doclrine de la Charité (extr. des Arc. Cél.), in-12etin-32 . 1 »)Doctrine de la Charité (ouvrage posthume), et in-32 : .. . . .. ; . . • . . l) 50Des biens de la Charité et du Décal06ue, in-8°. »»Exposition sOll?mai.re de la Doctrme de la Nouvelle Eglise, mou. . . . . • . . » 75De la Parole et de sa Sainteté, in-32 . . • l) 25Du Commerce de lAme et du Corps, in-18 . 1 »»Appendiceà la Vraie Religion Chrétlenne,in. 18. 1 »))Du Jugement Dernier, in-18. . . . . . 2 »»Continuation sur le Jugement Dernier, in- 18 1 »»Du Ciel et de l"Enfel"l grand in-8· . . . . 3 J»~Des Terres dans lUnIvers, in-18. . . . . 2 »»Sagesse Angélique sur le Divin Amour,gr.in- 18. 3 »» sur la Divine Providence, grand in·18. . . . . . • . . . . . 5 lJ»La Vraie Religion Chrétienne, 2 voL gr. in·8°. 8 »»La Doctrine Céleste, grand in-18. . . . . 1 50LApocalypse Expliquée, 7 voL gr. in 8· 35 »»LAmour Conjugal, grand in-18 . . . 6 »)}Doctrine sur Dieu Triun, in-h . . . . . 1 »»De la Toute-Présence et de la Toute-Science de Dieu, in-32. . . . . . . . lJ· 25Neuf questions sur la Trinité, in-18. II 25Lettres à un Homme du Monde, par Le Boys des Guays, Ire série, in-18. . .... . 7 50LApocalypse dans son sens spIrItuel, par le même, grand in-8° 3 >lI)
  • 4. LES DÉLICES DE LA SAGESSE SURLAMOUR CONJUGAL A la suite sont placées LES VOLUPTÉS DE LA FOLIE SUR LAMOUH. SCOItTATOIHE PAR EM.MANUEL SWEDENBORG traduit du latin PAR J.-F.-E. LE BOYS DES GUAYS Sor lMllloD prlDceps (AmSltrdam. 17GS). DEUXIÈIIE ÉDITION Revue par C. H. PARISLIBRAIRlE DE LA NOUVELLE JÉRUSALEM 12, RUE THOUIN, 12 t887
  • 5. f- -- .() ~ 1 -D . 0 ...... .. -;; .a ~ ~ " M ~ ~ ~ ~""Cl< " a -~" "- i. ~ ~c;; f~ ~ ~ ~en~<~E-<CIl~Q .. ...;:: ~ -.<"8;:: c. ~-8
  • 6. LES DÉLtCES DE LA SAGESSÈ SUR LAMOUR CONJUGAL PRÉLIMINAIRES SUR LES JOIES DU CIEL, ET SUR LES NOCES DANS LE CIEL. f. « Je prévois que beaucoup de ceux qui lironl ce qui va" suivre, el les Mémorables placés à III suite des Chapitres,» croiront que ce sonL des invenlions de limaginalion ; LoUle-» fois, jaffirme dan~ la vérité que ce ne sont pas des choses» invenlées, mais que ce sonl des choses qui vérilablement» onl eu lieu el onl élé vues, non pas vues dans un certain" élat du men lai assoupi, mllis dans un étal de pleine veille;» car il a plu au Seigneur de Se manifester Lui-même à moi,» el de menvoyer pour enseignr.r les choses qui doivenl ap-» parlenir à la Nouvelle Ëglise, laquelle esl enlendue dans» lApocalypse par la NOUVELLE JÉRUSALEM; pour celle lin,• il Il ouvert les inlérieurs de mon mental el de mon esprit;» par là il ma été donné dêlre dans le Monde SpilÎLuel avec» les Anges, el en même temps dans le Monde Naturel avec» les Hommes, el cela mainlenanl depuis vingl-cinq ans, • 2. Un jour je vis sous le Ciel Orienlal un Ange qui volail,ayant dans la main el à la bouche une lrompelle, et il ensonna vers le Seplentrion, vers lOccident el vels le Midi: ilélail vêtu dune Chlamyde, qui pllr le vol fioliaiL en arrièle, <Jt il étaiL ceint dune écharpe qui lançail comme de la flamme el de la lumière pal les escarboucles el Ili sllphirs ; il volait le corps penché, et descendait lentement vers la 1. i
  • 7. 2 LES DÉLICES DE LA SAGESSE No 2. lerre près de lendroit où jélais: dès quil euL touché la terre, se lenant droit sur ses pieds, il allait cà et là, et alors mayant vu, il dirigea sa marche vers moi; jélais en esprit ; el, dans cet élat, je me tenais sur une colline dans la Plage méridionale; et quand il flit près de moi, je lui adressai la parole, en disant: a Quy a-t-il donc mainlenan t? jai en­ lendu [e son de ta trompette, et je lai vu descendre à tra­ vers les airs. » LAnge répondit: • Jai élé envoyé pour con­ voquer les plus célèbres en érudition, les plus perspicaces en génie, et les plus éminents en réputation de sagesse, qui, sortis des Royaumes du Monde Chrétien, sont sur toute lélendue de celle lerre, afin quils sassemblenl sur celte. Colline où lu es, el quils déclarent du fond du cœur ce que dans le Monde ils ont pensé, compris et goûté au sujet de la JOIE CÉLESTE, et de la FÉLICITÉ ÉTERNELLE, Voici quel a élé le moUf de IDa mission: quelques nouveaux venus duMonde, ayant été admis dans notre Société Célesle, qui eslà lOrient, onl rapporté que, dans tout le monde Chrétien, il ny a pas même un seul homme qui sache ce que cest quela" Joie Céleste el la félicité Éternelle, ni par conséquent ce que cest que leDiel. Mes frères el consociés en onl élé extrê­mement surpris, et ils mont dit: Descends, appelle et con­ voque les plus sages dans le Monde des esprits, où sontdabord rassemblés tous les Mortels après leur sortie duMonde naturel, afin que, daprès ce «tui sortira de la bouohedun grand nombre de sages, nouil soyons certains si cest une vérité quil y ail- cbez les ChrétieDll une lelle obscuritéou une Lelle ignurance lénéb.euse sur la vie fUI ure. » El ildil : « Allends un peu, el tu verras des Cohortes de sagesqui se rendenl ici j le Seigneur préparera pour eux une Salledassemblée. » Jallendis j et voioi, après une demi-heure. jevis deux compagnies venant du Seplentrion, deux de lOeci·dent, el deux du Midi, et à mesure quelles arrivaient, ellesélaient intr<>duiles par lAnge de la Irompelle dans la Sallepréparée; el là, elles prenaien t les places qui Jeur élaienldésignées selon les pl·a-ger.. Il y avait six Troupes ou Coher­Ips; il· en étaÏl venu de lOrient une seplième qui, à causee sa lumière, nélait pas vue par les autres. Quand elles fu·
  • 8. No 2. SUIl LAMOUR CONJUGAL. 3rent réunies, 1,Ange exposa le motif de la convocalion, etdemanda que les Coborles, selon leur rang, manifestassentleur sagesse sur le sujel de la JOIE CÉLESTE eL de la FÉLICITÉETERNELLE; el aiors cbaque Cohorle se forma en cercle, lesfaces lournées vers les faces, pour se rappelér ce sujet daprèsles idées prises dans le Monlle pré,cédent, ot maintenantlexaminer, el Ilprès examen et délibération déclarer sonsentiment. 3. Après la délibéralion, la PREMIÈRE CO.ORTE, qui était(1u Septentrion, dit: « La Joie Céleste el 1a Félicité éternellesonl un avec la vie même du Ciel; cest pourquoi, qu/con-que entre dans le Ciel enlre quant à la vie dans les réjouis-sances du Ciel, absolumenl de même que celui qui enlredans une salle de noces, entre dans les réjouissances quisy font; le Ciel, devant uotre vue, nesl-il pas au·dessus denous, ainsi dans un lieu? el cest là, et non ailleurs, q~il y8 bonheur surbonbeur, et voluptés sur voiuptés i lbommeest introduit dans ces délices quant à toute perception, ~umenlai, el quant à loule sensation du corps, dl1oprès ia plé-nilude des joies de ce lieu, quand il est introduit dansle Ciel: la félicilé céleste, qui aussi est éternelle, nestdonc autre chose qùe iadmission dans le Ciel, et lad-mission daprès la Grâce Divine.» Après que la Premi~reCohorle eut ainsi parlé, la SECOl{OE du Septentrion i~,rade sa sagesse ce sentimenl: • La Joie Céleste ei la Féli-cilé éternelle ne sont autre cbose que des Réunions lrès- " fjoyeuses avec les Anges el des Conversations très-agréa-bles avec eux, daprès lesquelles les vi~ages toujours épa-nouis sont lenus dans laiiégresse, el loutes les bouches dansdeI! ris graci~ux exciléspar des paroles agréables el des pro-pos joyeux; et que pourraient êlre les joies célestes, sinonles variélés de ces plaisirs pendant J;éternité?» La TROI-SltM& COHORTE, qui était la Premiè~e des sages de la ~I.ageoccidentale,. sexprima ainsi daprès les pensées de ses afJ!lC-lions: « Quest-ce que la Joie Céleste et la Félicité étllrllelle,sinon des Banquets al:ec Abraham, Isaac et JacQb, sur lesbi;lbles desquels seront des Mets déU~ts et rechercbés, et desVins i6néreux et excellents i el, après les repas, des ieux et
  • 9. 4 LES" DÉLICES DE LA SAGESSE No 3.des Chœurs de jeunes vierges et de jeunes hommes dansantau son de symphonies et de flûles, elltrecoupés par deschants mélodieux de cantiques; et enfin, le soir, des repré­sentations théâtrales; et, aplès ces représentations, de nou­veau des repas, et ainsi chaque jour durant léternité. »Puis, la QUATRIÈME COHORTE,qui était la Seconde de la plageOccidenta le, énonça son senlimenl, en disant: c Nous, nousavons caressé plusieurs idées au sujet de la Joie Céleste etde la FéHcité éternelle, et nous avons exploré diverses Joieset les avons comparées entre elles, et nous avons conclu queles Joies Célestes sont des Joies Paradisiaques; le Ciel est-ilautre chose quun Paradis, qui sélend de lOrient à lOcci­dent et du Midi au Septentrion. et où sont des arbres char­gés de Cruils et des fleurs délicieuses? Au milieu de ces ar­ bres et de ces fleurs est lArble magnifique de la vie, autourduquel seront assis les bienheureux, se nourrissant de fruilsdune saveur délicate, et ornés de guirlandes de fleurs delodeur la plus suave; ces arbres et ces fleurs sous lin­tluence dun printemps perpéluel naissen.t et renaissent cha­que jour avec une variété infinie; et par celle naissance et cette floraison perpéluelles, et .en même temps par cetle température éternellement printanière, les esprits (animi) conl inuellement renouvelés ne peuvent quaspirer et respirerdes Joies chaque jour nouvelles, et ainsi rentrer dans la fleur de lâge, et par là dans létat primitif, dans lequel Adam et son épouse ont été créés, ct par conséquent être replacés dans leur Paradis, transCéré de la terre au Ciel. » La CINQUIÈME COHORTE, qui élait la Première des plus pers­ picaces en génie de la Plage méridionale, selprima ainsi: " Les Joies Célesles et la Félicité éternelle ne sonl aulre chose que des Dominations sur-éminentes et des Trésors immenses, et par suite une magnificence plus que royale, et une splendeur au-dessus de lout éclat: que les Joies du Ciel, et la jouissance conlinuelle de ces joies, qui est la félicité éternelle, soient telles, cest ce que nous -avons vu claire­ Illent daprès ceux qui, ~ans le Monde précédent, ont joui de ces avantages ;. et, en outre, en ce que les bienheureux dans le Ciel doivent régner avec le Seigu6ur, eL être rois et
  • 10. No 3. SUR LAMOUR CONJUGAL. , 5,prince!, parce quils sont fils de Celui qui est le Roi des roiset le Seigneur des seigneurs, et en ce quils ~eront assis SUIdes trônes, et que les Anges les serviront. Nous avons vuclairement la magnificence du Ciel, en ce que la Nouvelle.Jérusalem, par laquelle est décrite la gloire du Ciel, aumdes Portes donl chacune sera une Perle, et des Places dorpur, et lne Muraille dont le fondement sera de pierres pré­cieuses; que pal cop.séquent ljuiconque a été reçu dans leCiel a un Palais resplendissant dor et de choses Ilun grandprix, et que la Dominalion y passe successivement et en or­dre de Jun à lautre: et comme nous savons que dans desemblables choses il y a des joies innées et une félicit(~ in­hérente, et quelles sont dirréfragables promesses de Dieu,nous navons pu tirer dautre part létat le plus heureux de la vie céleste. » Après celte Cohorte, la SIXiÈME, qui était laSeconde de la Plage Méridionale, éleva la voix, el dil: « LaJoie du Ciel et la Félicité éternelle ne sont autre chose quune perpétuelle Glorification de Dieu, une fôle qui dureéternellemen t, et un cu Ile de grande béatitude avec chants et cris de joie; et ainsi, une constante élévation du cœur vers Dieu, avec pleine confiance de lacceptation des prières et des louanges pour ceLLe divine munilicence de béatitude. " Quelques-uns de eette Cohorte ajoutèrent que ceLle Glori­ fication se fera avec de magnifiques illuminations, de très­ suaves parfums, et de pompeuses processions, à la têle des­ quelles marchera, avec une grande TrompeLle, le souverain Ponlife, suivi des Primats et Porte-masses, grands el petits, et derrière eux des Hommes porlant des palmes, et des femmes ayant des staluettes dor dans les mains. 4. La SEPTIÈME COHonTE, qui nétait piS vue pal les autres à cause de sa lumière, était de lOrient du Ciel; ellese com­ posait dAnges de la même Société, de laquelle était lAnge de la trompette: ayant appris dans leur Ciel que, dans le Monde Chrétien, il ny avait pas même un seul homme qui sût ce que cest que la Joie du Ciel et la Félicité éternelle, ces anges sétaient dit entre eux: « Cela ne peut nullement être la vérité; il est impossible quil y ait. chez les Ch(étiens une si grandeobscurité, et un tel engourdissement des men­
  • 11. LES ntLIcEB DE LA S1GESBH tais; descendons aussi nous-mêmes, et sachons si cest la vérité j et, si cest la vérité, certainement cest un prodige. Il Alors ces Anges dirent à lange de la trompette: « Tu !oais que tout homme qui a désiré le Ciel, et a pensé quelque chose àe positif au sujet des joies du Ciel, est introduitaprès la mort dans les joies de son imagination; et quaprès. quil a appris par expérience quelles sont ces joies, cest-à­dire quelles sont selon les vaines idées de son mental, et selon leg dr.lires de sa phantaisie, il en est détourné et est instruit; cest ce qui arrive dans le Munde des Esprits à la plupart de ceux qui, dans la vie précédente, ont médité sur le Ciel, et qui, daprès certaines idées arrêtées, au sujet des joies célestes, désirent les possédel,. Après avoir entendu ces paroles, lAnge de la trompette dit aux six Cohortes de Sages du Monde Chrétien quil avait convoquées: « Suivez­ moi, et je vous introduirai dans V08 Joies, par conséquent dans le Ciel. » 5. Après quil eut prononcé ces mots; lAnge marcha en avant; el, dabord, il fut suivi par la cohorte de ceux qui sétaient persuadés que les Joies Célestes étaient seulement de très-joyeuses réunions et de très-agréables conversations;JAnge les introduisit dans des Assemblées de la Plage Sep­tentrionale, qui navaient pas eu, dans le monde précédent,dautres notions au sujet des joies du ciel. Il y avait là uneMaison spacieuse d<lns lalluelle ceux qui étaient tels avaientété réunis; celle Maison avail plus de cinquante chambres,distinguécs selon les divers genres dentretiens; dans lesunes on parlait de ce quon avait vu et entendu dans laplace publique et dans les rues; dans dautres, on tenait di­vers propos aimables sur le beau sexe, en les entremêlantde facéties, multipliées au point de répandre les ris de lagaîté sur tous les visages de lassemblée; dans dautreschambres, on soccupait de Nouvelles des Cours, des Minis­tères, de lÉtat politique, des différentes choses qui avaienttranspiré des Conseils secrels, et lon faisait des raisonne­ments et des conjectures sur les événements; dans dautres,on parlait de commerce; dans dautres, de littérature; dausdautres, de ce qui a rapport à la Prudenoe ~ivile et à la
  • 12. N° 5. SUR LAMOUR CO:-rJUGAL. 7 Vie morale; dans daulres, des cho<;es Ecclésiasliques et des Sectes; el ainsi du reste: il me fUl donné de faire une ins­ peclion dans celle maison, el je vis des gens qui couraienl de chambres en ehambres, cherchanl des compagnies COII­ ·formes à leur affeclion et par conséquenl il leur joie; el, dans les compagnies, jen vis de lrois espèces; les uns hale­ tanls de parler, daulres désireux de queslionner, et daullcs avides denlendre. Il y avait qualre porles à la Maison, une vers ch,lque plage, et,je remarquai que plusieurs quillaient les compagnies, el se hâtaient pour sonir ; jen suivis quel­ ques-uns vers la pOlle Orientale, el jen vis quelquos autres assis dun air lrisle près de celle porle ; cl je mapprochai, et je leur demandai pourquoi ils étaient assis ainsi tJistes: et ils répondirent: « Les porles de celle Maison ;,onl leuues fermées pour ceux qui veulent sortir; et voici mainlenanl le Iroisième jour que nous y sommes enlrés; el que nous y avons vécu, conformémenl à notre désir, en compagnies et en co.nversalions ; et ces entreliens continuels nous onl lel­ lemenl faligués, que nous pouvons à peine supporlel den e:J1endre le simple bourdonnement; cest pourquoi, POUgg(:s pal lennui, nous nous sommes Jendus vers celle porle, cl nous avons frllppé; mais on nous il répondu: Les pori es tic~ cetle Maison souvrenl, non pour ceux qui veulenl sorlir, mais pour ceux qui veulent enlrer; reslez el. jouissez des joies du Ciel. Daprès ces réponses, nous avons conclu que nous reslerons ici éternellemenl; de ce momenl la trislesse sesl emparée de nos mentais, et maintenant noire poitrine commence à se serrer, el lanxiélé à semparer de nous. II AIOJs lAnge prilla parole, el leur dit: «Cel élal est la Illorl de vos joies que vous avez cru êlre uniquemenl célestes, lorsque cependanl elles ne sonl que des accessoires des joies célestes. II El ils direnl à lAnge: « Qu:esl-ce donc que la Joie Célesle ?" El lAnge répondit en peu de mots: " Cest le plaisir de faire quelqu~ chose qui soit utile il soi-même el aux aulres ;, el le plaisir de lusage lire de lAmour son es­ sence, et de la Sagesse son exislence; le plaisir de lusage qui lienl son origine de lAmour par la Sagesse esl làllle et la vie de loutes les joies célesles. 11 y a dans le! Cieux de
  • 13. 8 LES DÉI,CF.S OF. LA SAGESSEtrùs-agréables Réunions, qui égayünt I,s menlals des An~es,diverlissent leurs mentais extérieurs (animi), réjouissentleurs cœurs, et récréent leurs corps; mais ils nen jouissen 1quaprès avoir lail des usages dans leurs fonctions el dansleurs œuvres; par là il ,Y. a Ame et vie dans Ioules leurs al­légresses el {jans tous leu rs amusemenls; mais quon ôlecelle àme ou celle vie, les joies accessoires cessent successi­vement dêtre des joies, et devien/lenl dabord indifférentes,ensuite comme rien, el enfin elles ne sont que lrislesse etanxiété.• Après quil eut parlé ainsi, la portc souvril, etceux qui élllient assis auprès sortirent précipitamment; etils senfuirent chez eux, chacun à Sl fonction et à son on­vrage, el ils furent soulagés. 6. Ensuile lAnge sadressa à ceux qui sétaient formé dela Joie duCiel et de la Félicité éternelle celle idée,queeélaientdes Banquets avec Abraham, Isaac et Jacob; el, après les repas, des Jeux el des Speclacles, et de nouveau ::les repas, etainsi durant lélernité; el il leur dit: « Suivez-moi, et jevous inlroduirai dans les félicités de vos joies, » Et il les fitenlrer, à travers un bois, dans une plaine couverle dun plancher, sur laquelle avaienl été placées des lahles, quinzedun côlé, el quinze de lautre; el ils demandèrent: « Pourquoi lalll de lables ? »etlAnge répondit, « La première lable estcelled Abraham ;la seconde,celle dIsaac ;Ia 1roisième,celle deJacob; et près de celles-ci sonl en ordre les lables des douze Apôlres; de laulre côlé sont aulant de lables pour leurs Épouses, les trois premières son t celles de Sarah épouse dAbraham, de Rébeceah épouse dIsaac, el de Léah el Ra­ chel épouses de Jacob; el les douze au Ires, celles des épouses des douze Apôtres.» Quelques inslanls après, toutes les Tables apparurent couverles de mels, el les petils espaces, enlre les plaIS, omés de pelites pyramides chargées de Ioules espèces de sucreries. Ceux qui devaienl prendre parI à cc banque élaienl dehoul, alllour des tables, dans lallenle den voir arliver les Présidenls; aplès quelques momenlsdatlenle, on les vil enlrer en ordre de marche depuis Abraham jus­ quau dernier des Apôtres; el aussitôt chacun dcux. sappro­ chant de sa tahle, sy plaça à la lêle sur un IiI; el, de là, ils
  • 14. liDiî -: 1: ~- ==:;%C;:;s:s;:,~_- ;-·4::.1ôi$~~~_":-- -:l No 6. l;lUR LAMOUR CONJUGAL. 9 dirent à ceux qui ,~e 1()li ai en t uehout alentour: « Prenez place aussi avec nOlis. » Et ils prirent place, les hommes avec ces Pères, et les femmes avec leurs Épouses; et ils mangèrent.el burenl avec allégresse el avec vénéralion. Après le repas, ces Pères sortirent; et alors commencèrent des jeux, des danses de jeunes filleg et de jeunes hommes; et, aprig les danses, des speclacles : les speclacleg terminés, les assislants furent invités de nouveau à des Festins, mais avec ce règlemenl, que le premier jour ils mangeraient avec Abra- ham, le second avec Isaac, le Iroisième avec Jacob, le qua- trième avec Pierre, le cinquiime avec Jacques, le sixième avec Jean, le septième avec Paul, el avec les autres en sui- vant lordre jusquau quinzième jour, à parlir duquel ils re- prendraient de nouveau les festins dans le même ordre en variant les places, et ainsi duranl léternité. Ensuite lAnge convoqua les hommes de la Cohorte, et il leur dit: • Tous ceux que vous avez vus aux lahles onl élé dans une pensée imaginaire, semblable à la vôlre, sur les ·Joies du Ciel et sur la Félicité élernelle ; et afin juils voient eux-mêmes les va- nités de leurs idées,el quils en soien tdél ournés,de lelles scènes de table ont été instituées, et onl élé permises par le Sei-~ gneur. Les Présidents, que vous avez vus il la lête des lables, étaienl des Vieillards jouant un rôle, la plu pari dextraction rustique, qui ayant beaucoup de barbe, et glorieux dune certaine opulence au-dessus de~ aulres, avaient eu la fantai- sie quils étaiunt ces anciens Pères. M:is suivez-moi par les chemins qui conduisent hors de CllIe enceinte. Il Et ils le suivirenl, et ils en virent cinquante à un endroit, et cin- quanle à un aulre, qui sélaient gorgés de nourriture au point den avoir des nausées, et désiraient relourner dans linté- rieul de leurs maisons, les uns à leurs emplois, dautres à leur commerce, et dautres à leur ouvrage; mais ungrand nombre élaientret.enus par les gardes du bois, et interrogés sur les jours de leurs repas, sils avaient mangé aussi aux lahles de Pierre et de Paul; et on leur disait que sils sor- taient auparavant, comme cela est conlraire à la décence, ils en seraient couverts de honle. Mais la plupart répondaient: " Nous sommes rassasiés de nos joies, les mels nOlls sont l, i"
  • 15. LBS DéLICES DI LA SAGESSE devenus insipides, et nolre goOt est desséché, lestomao les dédaigne, nous ne pouvons plus y toucher; nous avons passé quelques jours et quelques nuits dans celle bombance, nous demandons instamment quon nous renvoie. 1 Et, lIyant été renvoyés, ils senfuirent haletants et à course précipitée cha­ cun chez soi. Après cela lAnge appela les hommes de la Cohorle; et, dans la rOUle, voici ce quil leur enseigna sur le Ciel: Dans le Ciel, de même que dans le Monde, il y a (C des Aliments et des Boissons, il y a des Festins et des Ban­ quels; et là, chez les Principaux, il y il des Tablell sur les­ quelles sont servis des mets délicats, des choses friandes et recherchées, par lesquelles Jes mentais extérieurs (animi) sont égayés et récréés; il Y a aussi des Jeux et des Specta­ cles; il y a des Concerts et des Chants; et tout cela dans la plus grande perfection; ces choses sont aussi des joies pour les anges, mais non une félicité, celle-ci doit être dans les joies, et par suite provenir des joies; la félicité dans les joies lail quelles sont des joies, elle les fertilise, et les soulient afin quelles ne deviennent ni communes ni fastidieuses; et celle félicité, chacun la possède daprè5 lusage dans sa fonc­ tion. Dans laffection de la volonté de challue Ange, il y Il une certaine veine cachée, qui allire le mental à faire quel­que chose, le menlal par là se tranquillise et se salisfait;celle satisfaction et cette tranquillité rendent (état du mentalSuscEplible de recevoir du Seigneur lamour de lusage; decelte réceplion vient la Félicité céleste, qui est la vie de cesjoies dont il a déjà été parlé. La nourriture céleste, dans sonessence, nest pas Ion plus autre chose que lamour, la sa­gesse et lusage ensemble, cest-à-dire, lusage par la sagessedaprès lamour; cest pourquoi, dans le Ciel, il est donné àchacu n lIne nourriture pour le corps selon lusage quil lail,somptueuse à ceux qui sont dans un usage éminent, médio­cre mais dune saveur exquise à ceux _qui sont dans unusage dun degré moyen, et vil à ceux qui sont dahs un usagevil, mais il nen est point donné aux paresseux. 7. LAnge appela ensuite auprès de lui la Cohorte des pré­tendus saf.(es, qui avaient plaCé les Joies Célesles et daprèsces joies la Félicité éternelle, dans des Dominations sur-émi­
  • 16. ...., - .-.---~ ~ _._~_~~ o ............ ~ No 7. SUII r} AMOUR CON.lUGAL, 1.1. nentes et des Trésors immenses, et dans une mllgnificenp.e plus que royale el une splendeur au-dessus de toul éclat; et cela, parce quil esl dit dans la Parole quils seront rois et princes, et quils règnp,ront avec le Christ élernellement et seront servis par les Anges, outre plusieuls autres choses: lAnge leur dit: ./ Suivez-moi, et je vous introduirai dans vos Joies, II Et il les introduisit dans un Portique composé de Colonnes et Je Pyramides: sur le devant étail un Porche peu élevé pal lequel il y avait entrée dans le Portiquc; cest par ce porche quil les introduisit; et voici, ils furcnt vus vilgt dun CÔlé et vingl dun ilulre, el ils allendaienl. El tout à coup apparul quelquun remplissaf!tle rôle dun Augc, el. il leur dit: « Par ce Porlique est Je chemin qui conduit au Ciel; restez UII peu, et préparez-vous, larce que Ics plus grands dentre vous vont devenir Rois, et les moindres se­ r(lnt Princes. » A ces mots, auprès de chaque Colonne appa· rut un Trône, N sur le lrône une chlamyde de soie, el sur la chlamyde un sceplre et L1ne couronne; et auprès de cha­ que Pyramide apparut un Siége élllvé de trois coudées llU­ dessus de lerre, e~ sur le siége une chaîne en anneaux dor, el des cordoDsde lordre équestre réu nis pal les bouts avec:. des petits cercles de diamants. Elt alors on cria: « Allez, maintenant; revêtez-vous, asseyez-vous cl allende7.. » Et à linstant les Grands coururenl aux trôncs, el les Moindres aux siéges, et ils se revêtirenl, et ils se placèlent: mai,: alors il RJparljt corn me un brouillard sélevant des enfers; ceux qui étaient ïlssis sur les trônes et sur les siéges layant aspiré, leur face commença à devenir bouflie, leur creur à se gon­ fier, et ils furenl pleins de la confiance quils élaienl main­ tenant lois et princes; ce LJrouiliard élait laure (atmosphère) de la phantaisie dont ils étaient inspirés: Cl tout à coup il accourut, cotnme venant du Ciel, des jeunes hommes; et ils se pla.cèrent deux dcrrière chaque trône, et un derrière cha­ que siége, pour servir; et alors de temps cn temps un héraut criait: l( Vous êles des lois et des princes; atlendez encore un peu, on prépare maintenant dans le Ciel vos cours; vos courtisill1s vont LJienlôt venir avec vos gardes, et ils vous in­ ~foduironl. » Ils attefJ.daief!1 et allendaient, au point que .<
  • 17. r 12 LES DÉLICES DE LA SAGF.SSE No 7. leurs esprits respiraient à peine. et élaient excédés par leur désir. Après trois heures dallente, le Ciel souvrit au-des­ su, de leurs têtes,et des,Anges abaissèrenl I<urs regards sur eux, el en eurent pitié; ils leur dirent: G Pourquoi êles-vous assis ainsi comme des fous, el agissez-vous comme des his­ Irions? On sest moqué de vous; el dhommes on vous a changés en idoles; el cela, parce que vous avez mis dans vos cœurs, que vous règneriez avec le Christ comme des rois et des princes, et qualors vous seriez servis par les Anges. Est­ ee que vous avez oublié ces paroles du Seigneur: Que celui qui veut êlre grand dans le Ciel devienne serviteur? Appre­ nez donc ce qui est entendu par rois et princes, et par régner avec le Christ; sachez que cest êlre sage el faire des usa~es; en elfet, le Royaume du Christ, qui est le Ciel, eslle Royaume des usages; car le Seigneur aime tous les hommes, et par suite veut du bien à lous, el le bien est lusage; et comme le Seigneur fait les biens ou les usages médialement par les Anges, el dans le Monde par les hommes, cesl pour cela qUà ceux qui fonl fidèlement les usages il donne lamour de lusage, et la récompense de lusage, qui est la béatitude inlerne, et celle-ci est la félicité éternelle. Il y a dans les cieux, comme dans les terres; des Dominations sur-éminentes el des Trésors immemes, car il y a des gouvernements, el des formes de gouvernemenl, et par conséquent il y a de plus grands el de moindres pouvoirs, de plus grandes el de moin­ dres dignilés, el ceux qui sont dans le suprême degré des pouvoirs et des dignités ont des Palais el des Cours, qui su­ passent en magnificenee et en !iplen,deur les palais et les cours des Empereurs et des Rois sur la lerre, et ils sonl en­ tourés dhonneur el de gloire par le nombre des courtisans, des ministres el des gardes, et par les vêlements magnifiques de ceux-ci: mais ceux qui sont ainsi élevés au rang su prême sont choisis parmi ceux dont lc cœur est pour le salut public, et dont les sens du corps sont seulement dans la grandeur de la magnilicence à cause de lobéissance: el puisquil est du salut. ,ublic que chacun soit de quelque usage Jans 11 société comme corps commun, et puisque loul usage vient du Seigneur, et est fait par les anges et par les hommes
  • 18. ------~---~---_~_~ = ~.= _c _~. :0;;:::;;;::....., ::JO~-~ No 7. SUR LAMOUR r.O:l./UGAL. r{ comme par eux-mêmes,il e~t évident que cest là r(;gner avec le Seigneur. " Après avoir el;tendu ces paroles prononcées du Ciel, ces prétendus rois et princes descendirent des trônes et des siéges, et jetèrent loin deux sceptres, couronnes et chlamydes; et le brouillard dans lequel était latmosphère de la phantaisie séloigna deux, et ils fu llnt enveloppés dune nuée blanche où était latmosphère de la sagesse, qui rendit la santé à leurs mentaIs. 8. LAnge revint ensuite à la Maison de lassemblée des sages du Monde Chrétien, et il appela vers lui ceux qui sé­ taient persuadés que les .Joies du Ciel et la Féliciti5 éternelle étaient des délices paradi~iaques; il leur diL: « Suivez-moi, et je vous introduirai dans le Paradis, votre Ciel, afin que vous commenciez à jouir des.béatitudes de votre félicité éter­ nelle. " Et il les introduisit par une Porte élevée, construite avec un entrelacement dè hranches et de rejetons darbres pri5cieux : quand ils furent enlrés, il les conduisit par des dé­ toursde plage en plage; cétait effectivement un Paradis dans la première entrée vers le CieJ,Paradis dans lequel sont envoyés ceux qui, dans le Monde, onl crn flue le Ciel enlier est un seul Paradis parce quil lsi appelé le Paradis, et qui onl im­~ primé en eux lidée, quaprès la mort il y a entière cessation de travail, et que ce repos consisterait uniquement à respirer des délices, à se promener sur des roses, à se délecter du jus le plus exquis des raisins, et à célébrer des fêtes par des festins; el que celle vie ne peut exister que dans le Paradis Céleste. Conduits par lArige, ils voyaient une grande mul­ titude tant de vieillards que de jeunes hommes el denfants, et aussi de femmes et de jeunes filles, trois par trois, et dix pal dix, assis dans des bosquets de rosiers, tressant des guir­ landes dont ils ornaient les têtes des vieillards, les bras des jeunes hommes, et par faisceaux les poitrines des enfants; ailleurs, cueillant des fruits sur les arbres, et les portant dans des corbeilles à leurs compagnons; ailleurs, exprimant dar.s des coupes le jus des raisins, des cerises et des groseilles, et le buvant avec réjonissance; ailleul~, respirant l~s par­ fums exnalés par les lIeurs, les fruits et les feuilles odorifé­ rantes, et répandus de tous côtés; ailleurs, chantant des odes -~ --=00
  • 19. LF.8 DhlCE8 DE LA SAGESSE No 8.mélodieuses dont ils charmaiL:nt les ureilles de ceux quiétaient présents j ailleurs, assis près des fonlaines, et deseaux qui jaillissaient en prenant diverses formes; ailleurs, s~promenanl, causant et lançanl de joyeux propos; ailleurs,courant, jouant, dansant ici en mesure. là en rond; ailleurs,se relirant dans des cabinels au milieu des jardins, pour sy ri:poser sur des lits; sans parler de plusieurs autres allégres­ ses paradisiaque~. Après quils eurent vu tous ces groupes, lAnge conduisit ses compagnons par des circuits çà et là, el enfin vers daulres esprits qui éLaient assis dans un très-beau bosquel de losiers, enlouré dolivicrs, dolangcrs el dc ci­ lronni<Jrs, el qui, la lête penchée et les mains sur les joues,gémis:laient el. répandaient des larmes; céux qui accompa­~naient lAnge leur adressèrent la parole, el direnl : « Pour­quoi êles-vous ainsi assis?» El ils répondirenl: « Il y a IDllinlenanl sept jours que nous sommes venus dans ce Para­dis; quand nous sommes enlrés, nolre menlal semblait êlreélevé dans le Ciel el plongé dans les inlime3 béaliludes deses joies; mais au boul de lrois jours ces béaliLudes corn·mencèrer.l à diminuer el à seflacOl dans nos mentais, el àdevenir insensibles, el par suiLe nulles; el quand nos joiesimaginaires se furenl ainsi évanouies, nous avon~ clainl laperte dé loul lagrémenl de nolre vie, el nou:;-. sommes deve­nus, à légard de la félicité élernelle, incertains sil y en aune; el depuis ce moment nous avons erré par les allées elpar les places, cherchanl la porte par laquelle nOlis élionsenllés; mais nous avons erré en vain de circuils en circuits;e~ nous avons inlerrogé ceux que nous renconlrions, el quel­ques-uns deux nous on tiil: On ne lrouve pas la porle, parceque ce jardin Paradisiaque est un vaste labyrinthe, qui esttel, que celui qui veul en sortir sy enfonce davanlage; vousne pouvez donc faire autremenl que dy resler élemellemenljvous êles maintenanl dans le milieu, où Lou Les le& délicessont concenlrées. " En oulre, ils dirent à ceux qui accom­pagnaienllAnge: • Voilà mainlenanl un jour el r1emi quenous reslons assis, el comme nous sommes saos espoir tiel lou ver une sortie, n.ou5 nous sommes replacés dans ce bos­quet de rosiers, el nous voyons en abondance aulour de
  • 20. -~~-----------------N° 8. BUR LAMOUR CONJUGAL. t5nous des olives, des raisins, des oranges et des citrons, maisplus nous les regardons, plus se lasse la vue en voyant, lo·dorat en odorant, et le goût en gotItant ; voilà la cause dtl lalrislesse, des gémissements el des larmes, dans lesquels vousnous voyez. " LAnge de la Cohorte, ayanl entendu ces pa­roles, leur dit: l( Ce Labyrinthe Paradisiaque est véritable­ment une entrée du Ciel, je connais une issue, Pot je vousferai sortir. " A ces mots, ceux qui étaient assis se levèrent,et embrassèren t lAnge, et ils le suivirent avec sa cohorte;rt lAnge leur apprit en chemin ce que cest que la Joie Cé­leste et par suite la Félicité ételDelle. « Ce ne sont pas desDélices paradisiaques externes, à moins quil ny ait en mêmetemps avec elles (les Délices paradisiaques internes; les dé­lices paradisiaques externes iont seulement les délices dessens du corps, mais les délices paradisiaques internes sontles délices des atTacUons de lâme; si celles-ci ne sont pasdans celles-là, il ny a pas de vie célesle, parce quil ny apas dâme dans les délices externes; et lout délice sans sonAme correspondante languit et sengourdit par la cc.ntinuilé,et fatigue, plus que le travail, le mental extérieur (animus).Dans les Cieux, il y a parlout des Jardins paradisiaques, etles Anges y lrouvent aussi des joies, et autant ils y placentle délice de lâme, autant ces joies sont pour eux des joies.•A ces mols, tous demandèrent ce que cest que le délice de19.me, et doù il vient; lAnge répondit: « Le délice delâme vient de lamour et de Ill. sagesse procédant du Seigneur;et comme cest lamour qui effeclue, et qu:i1 effectue par lasagesse. cesl pour cela que le siége de lun et de lautre estdans leffet, et letTet est .Jusage :ce délice influe du Seigneurdans lâme, et descend par les supérieurs et par lesinférieurs dumental dans Lous les sens du corps, el il sy complète; de làla joie devient joie, et elle devibnt éternelle daprès lÉternelde Qui elle procède. Vous avez vu dfs Jardins Paradisiaques,el je vous assure que là il ny a pas la moindre chose, pasmême la plus petite feuille, qui ne provienne du maria~e delamour el de la sagesse dans lusage; si donc lhomme estdans ce mariage, il est dans le Paradis Céleste, ainsi dans leCiel. »
  • 21. 16 LES D·~L1CES. DR LA SAQESSE No 9. 9. Ensuite lAnge conducteur revint à la Maison vers ceux:qui sétaient fermement persuadés que la Joie Céleste el laFélicité éternelle sont une perpétuelle Glorification de Dieu,et une Fêle qui dure toute léternité; et cela, parce (lue aansle Monde ils avaient cru qualors ils verraient Dieu, et parceque la vie du Ciel daprès le culle de Dieu est appelée unSabbath perpétuel. LAnge leur dit: • Suivez-moi, et je vousintroduirai dans votre joie.» Et il les fit entrer daos unepetite ville, au milieu de laquelle il y avait un Temple, etdont toutes les maisons étaient appelées demeures sacrées.Dans cette ville, ils virent une affluence desprits de tous lesquartiers de la contrée environ:lanle, et parmi eux un grandnombre de Prêtres qui recevaient les arrivants, Ils saluaient,et leur prenant les mains, les conduisaient aux porles duTemple, et de là dans quelques demeures sacrées autour duTemple, et les initiaient dans lc culle continuel de lJieu, endisant: « Cette ville est le parvis qui mène au Ciel, et leTemple de celte ville esl lenlrée pour le magnifique et très­ vasle Temple, qui esl dans le Ciel, où Dieu est glorifié durant lélelOité par les prières el les louanges des Anges: les or­donnances, ici et dans le Ciel, sont, quil faut dabord entrerdans le Temple, et y rester trois jours ct trois nuits; el qua­près celte initiation il faut entrer dans les maisons de celteville, qui sont autant de demeures sanctiHées par nous, etpasser de lune dans lautre; etlà,en communion avec ceuxqui y sont rassemblés, prier, sécrier à haute voix, et réciterdes oraisons: ayez bien soin de ne penser en vous-mêmeset de ne dire avec vos consociés que des cbuses saintes,pieuses et religieuses. ) LAnge inlroduisit donc sa cohortedans le Temple; il était rempli par une foule très-serrée,composée de beaucoup de gens qui dans le Monde avaientété en grande dignité, et aussi de beaucoup de gens dentrele menu peuple; et des gardes avaienl été placés aux portes,afin quil ne fûl permis à personne de sortir avant dy êtrereslé lruis jours; el lAnge dil : « Il y a mainlenant deuxjours que ceux-ci sont enlrés ; examinez-les, el vous verrezcommenl ils glorifient Dieu. " Et ils les examinèrenl, et ilsles virent pour la plupart endormis, et ceux qui étaient éveil·
  • 22. N° 9. SUR LAMOU R CONJUGAL. iïlés ne cessant de bâiller; quelques-un, ayant, par une con­linuelle élévation de leurl! pensées vers Dieu sans aucunretoul sur le corps, la face comme sépalée de leur corps,car ils apparaissent ainsi à .eux-mêmes et par suite aussianx autres; dantres ayant les yeux égarés à force de lestourner conliouellement en dessonl!; en un mot, ayant tousle cœur serré et lesprit abaUu par lennui, el se détoll lOantde la chaile, et criant: " Nos oreilles sont élourdies; finis­ser. les sermons, on nenlend plus un mot, et le son de vos voix nous devient fastidieux. JI Et alors ils se levèrent, et ilscoururent en masse aux porles, les enfoncèrenl, el se jetèrentsur les gardes el les chassèrenl. Les Prêtres, voyant cela,les suivirent et se mirent à côté deux, prêchant el prêchant,priant, soupirant, disanl: « Célébrez la Fête, glorifiez Dieu,sanctifiez-vous; dans ce parvis du Ciel, nous vous initieronsà la Glorification elernelle de Dieu dans le magnifique el très-vasle Temple qui est dans le Ciel, et ainsi à la jouis­sance de la félicité éternelle. » Mail! ces paroles, ils ne les comprenaient pas, et ils les entendaient à peine, à cause delabaltement du menlal par la suspension et la cessation,pen··dant deux Jours, de toutealfuiredomesliqueetpublique.Tou­tefois,comrneilsselforçaitnt déchapper aux prêtres,les prêtresles prenaient par les bras, et aussi par les habits, les pous­sant vers les demeures.sacrées où des sermons devaient êtreprêchés; mais cétait en vain, el ils criaient: « Laissez-nous,nous sentons dans le corps comme une défaillance.• A cetinstant, voici, il apparut qualre Hommes vêtus de blanc etavec de~ tiares; lun deux avait été Archevêque dans leMonde, et les trois autres y avaient été Évêque!); ils étaientdevenus des Anges; ils appelèrent les I)rêtres ; et, leur adres­sant la palole, i1~ dirent: « Nous vous avons vns du Cielavec ces brébis ; comment les paissez-vous ? vous Jespaissez jusquà les rendre folles ; vous ne saver. pas ce quiest flolendu par la glorification de Dieu; il est entenduporter des fruits dcl (amour, cest-à-dire, faire fidèlement,sineèrement et soigneusement lœuvre de sa fonclion, carcela appartient à lamour de Dieu et à lamour du prochain,et cela est le lien de la société et le bien de la société; par
  • 23. 18 LES DÉLICES DE LA SAGESSglà Dieu est glorifié, et il lesl. alors par le culte quon luirend à dps temps marqués; navez-vous point lu ces parolesdu Seigneur: En ceci EST GLORIFIÉ MON PÈRE, que du (ruitbeaucoup vous portiez, et que vous deveniez ml!s düciples?- Jean, XV. 8. - Vous, Prêtres, vous pouvez être dans laglorificlltion du Culte, parce que cest votre fonction, et quevous y trouvez honneur, gloire et rémunération j mais vous,néanmoins, vous ne pourriez pas être plus queux dans cetteglorification, si en même temps avec votre fonction il nyavait. pas honneur, gloire et rémunération .• Après avoir ainsi parlé, les Évêques ordonnèrent aux gardes de la porte de laisser chacun ent.rer et sortir; il Y a, en effet, une mul­titude dhommes qui nont pu penser à une joie Céleste autleque le culte perpétuel de Dieu, parce quils nont rien su delétat du Ciel. 10. LAnge, avec ceux qui (avaient accompagné, revint ensuite à la salle dassemblée, doù les cobortes da Sages ne sétaient pas encore retirées; et là, il appela près de lui ceux qui croyaient que la joie céleste el la félicité éternelle ne sont que ladmission dans le Ciel, el lad mission daprès la grâce Divine; et qualors ceux qui sont admis ont la mêmejoie que ceux qui, dans le Monde, enlrellL dans les cours desRois les jours de réjouissances, ou qui invilés à des nocesentrent dans la salle de festin. LAnge Iflur dit: « Demeurezici un peu, et je vais sonner de la trompelle, et ceux qui on 1une grande réputation de sagesse dans les choses spirituellesde lÉglise se rendront ici.• Après quelques heures il appa­rut neuf hommes, chacun couronné de laurier en signe desa réputation; lAnge les introduisit dans la salle dassem­blée, où étaient présents tous ceux qui avaieut été précé­demment convoqués j lAnge, adressant en leur présence laparole aux neuf hommes couronnés de laurier, dit : « Je saisque, daprès voIre vœu conforme à votre irlée, il vous a ét4donné de monter dans le Ciel, et que vous êtes revenus surcette lerre inférieure ou sous-céleste, avec une entière con­naissance de létat du Ciel; racontez donc comment vous JI.paru le Ciel. • Et ils répondirent lun après lautre; et l~ PREM~&R dit: • Mon idée sur le Ciel, depuis mon enfancl
  • 24. NoiO sua LAMOPR CONJUGAL, 19 jusquà la fin de ma vie dans le Monde, avait été que cétait le lieu de toutes Les béatitudes, et de tous les agréments, plai­ sirs, charmes el voluptés, et lue si jy étais admis, je me trouverais entouré de latmosphère de ces félicités, et que je la respirerais à pleine poitrine, comme un fiancé lorsquil célèbre ses noces, et quil eutre avec sa fiancée dans la cou­ che nuptiale; dans cette idée, je montai au Ciel, et je passai les premières gardes, et ausli ies secondes, mais lorsque jar­ rivai aux tloisièmes, le chef des gardes madressa la parole et me dil : « Qui es-tu, ami?)) Et je répondis: • Nest ce pas ici le Ciel? jy suis monté daprès Je vœu de mon désir; laisse-moi entrer, je te prie. » Et il me laissa enlrer; et je vis des Anges vêtus de blanc, et ils mentouraient, et ils mexaminajent, et ils disaient tout bas: Voici un nouvel hôte qui na pas le vêtement du Ciel; et moi, jentendis ces paroles, et jeus cette pensée: Il me semble quil en est de moi comme de celui dont le Seigneur dit quil était entré au festin des noces, sans un habit nuplial i et je dis: Donnez­ moi des vêtements du Ciel; mais ils se mirent à rire; et alors accourut un Ange de la Cour avec cet ordre: Meltez-le lout nu, chassez-le, et jetez ses habiLs après lui; et je fus chassé ainsi. )) Le SECOND ell OIdre dit: a Moi, jai cru, comme lui, que si jétais seulement admis dans Je Ciel, qui est au-dessus de ma tête, les joies menvironneraient et que jen jouirais éternellement; jobtins aussi ce que javais dé­ siré ; mais en me voyant les Anges senfuirent, et se dirent entre eux:. Quest-cil que ce prodige? Comment oet Oiseau de nuit est-il venu ici? Et en effet je senlis un changement comme si je nétais plus homme, quoique je ne (usse pas changé; cela provenait chez moi de lallraction de latmos­ phère céleste; mais bientôt accourut un Ange de la Cour avec cet ord re, que deux serviteurs me lissent sortir et re­ prendre le chem in par lequel jétais monté pour me ramener jusquà ma maison; et, quand je fus à la maison, japparus aux autres et à moi-même comme homme. )) Le TRoIsIÈaIE dit: « Lidée du Ciel était constamment pour moi une idée du lieu et non de lamour; cest pourquoi, quand je vins dans Qi! monde, je désirai avec une vive ardeur le Giel; el je vis.},
  • 25. 20 LES DÉLICES DE LA SAGESSE No 10. dls esprits qui monlaient, et je les suivis, et je fus admis, lOais non au-delà de quelques pas; or, quand je vou lus réjouir mon menlal (animu,~) de lidé~ des joies et des béatitudes célestes, par la lumière du Ciel, qui était blanche comme la neige, et donl lessence est dite _être la sagesse, mon mental fut saisi de stupeui: et PU suite mes yeux furent couverts dobscurité, et je commençai à être insensé; et bientôt, par la chaleur du Ciel, qui correspondait à la blancheur écla­ tante de celte lumière, et dont lessence est dile iltre lamour, mon cœur palpita, lanxiété sempara de moi, et jétais tour­ menté par une douleur intérieure, et je me jetai là par lelre étendu sur le dos; cl, pendant quc jétais ainsi couché, un garde vint de la Cour avec lordre de me faire transporter doucement dans ma lumière et dans ma chaleur; quand jy fus rentré, mon esprit et mon cœur me revinrent. » Le QUATRIÈME dit: « Moi aussi, au sujét du Ciel, jai été dans lidée du lieu et non dans lidée de lamour, et dès que je fus arrivé dans le !Ionde spirituel, je demandai aux sages sil élait permis de mou ter dans le Ciel; ils me dirent que cela était permis à chacun, mais quil fallail prendre garde den êire chassé; celte réponse me fit rire, et je montai, croyant, moi comme les aUlres, que tous dans le Monde entier peuvent recevoir les joies du ciel lians leur plénitude: mais en effet dès que je fus entré je me trouvai presque sans vie, et ne pouvant supporter la douleur et le tourment que jéprouvais dans la tête et dans le corps, je me jetai par terre, el me roulai comme un serpent approché du feu, et je rampai jus­ quà un précipice et my élançai; et ensuite je fu~ relevé par ceux qui étaient en bas, et porlé dans une hôtellerie, où la santé me lut rendue. Les CINQ AUTRES raconlèrent aussi les choses él.onnanles qui leur étaient a.rrivées, qUdnd ils étaient montés dans le Ciel; et ils comparaient les change­menls détats do leur vie avec lélat des poissons enlevés des eaux dans lair, et avec lélat des oiseaux dans léther; et ils dirent quaprès ces dures épreuves ils navaient plus désiré le Ciel, mais seulement une vie conforme à celle de leurs semblables, en quelque lieu quils fussent; ils ajoutèrent: « Nous savons que Jans le Monde des esprits, où nous
  • 26. ""l1lI N~ 10. SUR L","HiuR CONJUGAL; 21 sommes, 10ÛS sont dabord préparés, les bons pour le Ciel, et les méchants pOUl lEnfer ; et que, quand ils ont été pré­ parés, ils voient des chemins ouverts pour eux vers les Socié­ tés de lems semblable~, avec qui ils doivent rester durant léternité; et qualors ils enlrent dans ces chemins avec plai­ Sil, parce que ce sont les chemins de leur amour.» Tous ceu"{ dc la première Convocation, entendant ces déclarations, avouèrenl aussi quils navaient pas eu non plus dautre idée du Giel que comme dnn lieu, où lon savoure .à pleine bou­ che durant léternité des joies donL on est inondé. Ensuite lAnge de la LrompeLle leul" diL: • Vous voyez maintenbnL que les Joies du Ciel eL la Félicité éternelle nappartiennent pas au !ieu, mais quelles apparLiennent à létat de la vie de lhomme ~ ur, létaL de la fie célesLe vient de lamour eL de la sagesse; et comme lusage esL le contenant di lun et de laulre, létat de la vie céleste vient de la conjonction de lamour eL de la sagesse dan!! lusage; cest la même chose, si lon diL la ,Charité, la Foi el la bonne OEuvre, car la Cha­ · rilé est lAmour, la Foi esL la VériLé doù procède la Sagesse, · eL la Bonne OEuvre est lUsage: en oulre, dans notre Monde · Spirituel il y Il. des lieux comme dans le Monde naturel, au-· tlement il ny aurait pas dhabitations ni de demeures dis­ · Linctes; LouLetois, cependant, le lieu ny est pas un lieu, mais cesL lapparence dun lieu selon léLat de lamour eL de ~a sagesse, ou de la charilé et de la foi. Quiconque devient ange porte intérieurement en soi son ciel, parce quil porle inLérieurement en soi lamour de son ciel; car lhomme par création esL en Lrès-peLiL leffigie, limage eL le Lype du grand .Ciel; la forme humaine uesL pas autre chose; cest pourquoi cbacun vienL dans la sociélé du Ciel, dont il est la forme dans une effigie singulière; cesL pour cela que, lorsquil enLre dans celle sociélé, il entre dans une forme correspon­, dante à lui-même, ainsi il entre dans celle société comme de lui en lui, et il enlre en lui comme delle en elle, eL il tire la vie de celle société comme élanL à lui, et il Lire la .,Sienne comme étant à celle société; cbaque société est comme un Commun, el les Anges y so~1 c~rilme les parlies similaires daprès lesquellell coexiste le Commun. 11 résulte
  • 27. 22 LES DéLICES DE LA SAGESSE donc de là que ,ceux qui s~nt dans le~ maux èl par suite dans ·Ies faux ontrorrné on eux une effigie cie lEnfer, et cette efllgie est tou·rmentée dans le Ciel da,près linflux et la vio­ lence de lactivilé de lopposé contre lopposé, car lamour infernal est opposé à lamour célesle, el par suile les plaisirs de ces .deux amours combaLtentlun con!re lau Ire comme des ennemis, et se tuenlquand Hs se rencontrent. H. Ges diverses épreuves ,étant terminées,.jf fut entendu- du Ciel une voix, disant à lAnge de bi trompette: « Choisis­ en d<ix dlentre tOIiS ceux qui ont été .co:oVoqués, et inlloduis­ les auprès de nous; nous avons appris du Sei~neur quil les préparera, afin que la chaleur et la lumière, ()u lamour et ,la sagesse de notre Ciel, ue leur nuisenl en rien. pendant trois ~Gurs. » Et il en (luI choisi d4s, et ils suivirent lAnge; el, par nnsen.tier tncliné, ils montèrent sur une calUna, et de là sliIr une Montagne, où élait Je Ciel de e~ Ange~, lequel leur avaiL dabord apparu à ·une certaine distance comme une Étendue dans les nuées: et les porles s~ouvrirenl poor eux; et, ,apr,ès quils eurent passé la troisième, lAnge intro­ ducteur courut vers le Prince de celle Société au de ce Ciel, et annonça leur arrivée ; et le Pr·ince répondit:,. Prends quelques-uns de ma garde, et :Îinnonce à ceux tqcl1i se pré­ .senlent que leur i3rrivée mest agréable, el ,iutroduis-Ies dans mon ivant-Cour, et donne àchacunsa ehambie et son cabinet; iPrends ausi>i quelques-uns -de mes. oourtisans et de mes serviteulls pou1r ,leur rendre de bons ,ormees, et les servir au moindre signe.·. El il fuI fait ainsi. -Mais, lorsquils eurent été introduits par lA.nge, .i1s ,demandèreot sil était permis daborder ~ de ..oir le Prince; et lAnge ,rép0ndit: « Il est encore malin, et cela nest Ipas ,permis avanlmidi; tOUI, jusquà ce m0ment-Ià, sont à lep.ns fonctions et à leurs - occupa~ions; ,mais vous avez élé illvilés-à diner; et alors VODS serez ,assis à Iahle avec notre ·P,rince : en altendant, je vais .vous in~roduire,dalls son Palais, où vous verrez des choses magnifiques et resplendissan,tes.• 1,2. LorsqulHs eurent :été amenés près du ,Palais, ils en virent dabord les dehors; il était vaste, bâti en porphyre Il>1i1r des fondements de jaspe,·d&vanLla.pOlle ,Six hautes ~
  • 28. No f2. SUR LAMOUR CONJUGAL. 23Jonnes d,e pierre lazuli, le toit en lames dor, de baules fe­nêtres dun cristal extrêmement transparent, leurs embra­sures aussi dor. Ensuite ils furent introduits dans linté·"ieur du Palais, et conduits dappartements en appartements;et ils virent des ornements dulle beauté ineffable; sur les plafonds, des décors dune ciselure inimitable; près des Il ur;;, des LabIes dargent damasquinées dor, sur lesquellesétaient divllls ustensiles en pierres précieuses et t~n perles tines dans des formes célestes; et bien dautres choses quau­ cun œil na vues sur la lerre, et desquelles en conséquence personne na pu croire qnel/es fussent dans le Ciel. Comme la vue de ces objets magnifiques les jetait dan~ Jélonne­ ment, lAnge leur dit: « Ne soyez pas surpris; les objets que vous avez·vus ne sont ni fails ni fabriqués par la main des Anges, mlliis ils sont composés par lA,rlisan de lUni­ Vers, et donnés en p"ésent à notre Prince; cest pou,rquoiici lArt archilectonilueest dans son art même; et de l,ui sont dérivés toules les règles de cet art dans le Monde. » LAnge ajoula: « Vous pourriez présumer que de telles choses charment nos yeux et les éblouissent· au point de nous faire croire que ce SOlIt là les joies de notro Ciel; mais comme nous ne meltons pas nos cœurs seulement en ces choses, cal elles sCJnt des accessoires pOUl les joies de nos cœurs, il en résulIe quautant n@us les contemplons comme des accessoires, et comme des œuvres de Dieu, autant IH!lUS contemplons en eHes la Divine ToUle-P.uissallce et la Divine Clémence.• 13. Ensuite lAnge leur dit: « ill nest pas encor-e Midi, venez avec moi dans l-c Jard·in de ,notre ,Priull6, il touche àce Palais. ,) Et ils y allèrent, et llès lentrée il leur dit : « Voici UII Jardin fllus magnifique que les autres jnrdins de celle Société Céleste.• Et ib, répondirent; • Que dis-lu? ce ne,t point ici un Jardin, ·nons. ne, voyons qUIIl seul Arbre,,et dans ses b.anches el à -sa cime comme des fruits dor et comme des fcui·lles dargent; et leurs bords ornés àéme­ lauLles ; et sous "cet Arbre des enfants avec leu-rs nourri ­ ces. " Mors lAnge dit dune voix inspirétl ; • Cet Arbre est dans le milieudll ,J~J>din, etil..estappelé ,par nous lArbre
  • 29. 24 LES DÉLICE~ DE LA SAGESSE N° 13. de nolre Ciel, el par quelques-uns lArbre de la vie. Mais avancez, el approchez-vous, el vos yeux seront ouverls, el vous verrez le Jardin.» El ils firent ainsi; el leurs yeux furenl ouverls, el ils voyaienl des Arbres chargés· de fruils. savou­ reux, enlourés de ceps avec leurs pampres, donl les exlrémi­ lés se penchaient avec leurs fruils vers lArbre de la vie qui étail au milieu. Ce~ arbres élaient plantés en une série con­ tinue, qui parlait el se prolongeail en ronds ou tours con­ tinus comme ceux dune hélice sans lin ; cétait une Hélice parfaite en arbres, dans laquelle les espèces suivaient les espèces sans inlerruption selon lexcellence des fruils: le commencemenl de la formalion des tours fitait séparé de lArbre tlu milieu par un inlervalle considérable, el linler­ valle brillail dun éclal de lumière, par lequel les arhres du tour resplendissaient dune splendeur successive el COllti­ nuée depuis les premiers jusquauX" derniers j les premiers de ces arbres élaient les pills excellents de tous, abondam­ ment chargés des meilleurs fruils; ils étaienl. appelés arbres paladisiaques; il nen a élé vu nulle parI, parce quil nyen a pas eu elqllil ne pouvait pas y en avoir dans les le lles du Monde nalurel ; à la suile de ces arbres élaienl des oliviers, aprèp ceux-ci des ceps de vigile, puis les arbres odGrifé­ raUls, et enlin ceux de bois de conslrucLioll. Çà el là, dans cetle Hélice en arbres ou dans celle série de tours, il y avail des Sièges, formés avec de jeunes branches darbres rapprochées et entrelacées par derrière, el enrichis el ornés de leurs fruils. Dans ce rond conlinu darbres il y avail des portes qui ouvraienl sur des parlerres, doù lon passait dans des lieux de verdure dislribués en bandes el en lils. Ceux qui accompagnaienl lAnge sécriaienl en voyant cela: • Voici le ciel en forme! de quelque côlé que nous lournions les yeux il inllue quelque célesle paradisiaque, qui esl ineflitble. » LAnge, enlendanl ces paroles, en res­ sentit de lajoie, et il dil: • Tous les Jardins de notre Ciel sonl des Formes représe.nlalives ou Types des béatiludes cê·- lesles dans leurs ongines ; el comme linfiux de ces béati­ tudes a élevé vos mentaIs, vous vous êles écriés: Voici le Ciel en forme 1 mais ceux qui ne reçoivent pas cet intlux
  • 30. No ll. SUR LAMOUR CONJUGAL. 25 ne regardent pas ces objets paradisiaques aulrement quils ne regarderaient des objet~ champêtres; et tous ceux-là reçoi- vent linflux, qui sont dans lamour de lusage; mais ceux- là ne le reçoivent pas, qui sont dans lamour de la gloire, et non daprès lusage. " Il leur expliqua ensuite et leur apprit ce que chaque objet de ce Jardin représentait et si- gnifiail. H. Tandis quils recevaient ces instructions, il vint un massaf.(er de la part du Prince qui les invitait à manger le pain avec lui; et en même temps deux gardes dela courappor- tèrent des vêtements de lin lin, et ils dirent: (( Revêtez-vùus- en, parce que personne nest admis Il. la table du Prince, à moins quil ne soiL en vêtements du Ciel: • et ils sapprê- tèrent, et ils accompaguèrent leur Ange, et ils lurent intro- duits dans lHypèthre, cour de promenade du Palais, et ils attendirent le Prince; et là, lAnge les mit en relation avec des Grands et des Gouverneurs qui attendaient aussi Je Prince: et voici, après une petite heure, les portes souvri- lenl, et par une porle plus large du côté de lOccident ils virent lentrée du Prince avec lordre et la pompe dun cor· tège: Devant lui marchaient les Conseillers assistants, après eux les Conseillers chambellans, et ensuite les Principaux de la cour; au milieu de ceux-ci était le Prince, et après lui les courtisans de ran~s divers, et enfin les gardes; tous fOFmaient un nombre de cent vingt. LAnge se tenant debout deYantles dix nouveaux venus, qui par leur vêtement parais- saient alors comme ries commensaux, sapprocha avec eux du Prince, et les lui présenta respectueusement; le Prince, sans ralentir sa marche, leu"r dit: c< Venez avec moi au pain. Il Et ils le suivirent dans la Salle à manger, et ils virent une Table magniliquement servie, et au milieu de la table une haute PyramiJe dor avec cent p"Jats creux en triple rang sur leur formes, contenant des pains sucrés et des gelées de vin doux avec dautres choses délicates prépiirées avec le pain et le vin; et du milieu de la Py,amido sortait comme - une fontaine qui jaillissait ave~ uu vin de neclar, el dont la veine se di visait au sommet de la Pyramide el lemplissait les coupes. Aux côtés de cetle haute Pyramide élaien~ diffé- 1. 21
  • 31. 26 LES DÉLICE~ DE LA SAGESSErentes formes célestes en or, SUI lesquelles étaient des platset des assiettes couverts de toute sorte de mêts: les formescélesles, SUI lesquelles étaient les plals el les assiettes, étaientdes formes de lart daprès la sagesse, qui ne peuvent, dansle Monde, être tracées par aucun art, ni décrites par aucuneexpression: les plaIs et les assiettes étaient ([argent, ciselésen pareilles formes aux bords eL dans le fond, avec leurssupports; les coupes étaient de pierres précieuses transpa­rentes: tel élait lapareil de la Table. 15. Or, voici quel était lhabillement du Prince et de sesMinistres: Le Prince était vêlU dune Robe longue couleurde pourpre, parsemée détoiles brodées couleur dargent;sous la robe il portait une tunique de soie brillante couleurdhyacinthe; celle tunique était ouverte sur la poitrine, oùlon voyait la partie anlérieure dune sorte de ceinture avec lInsigne de sa Soclété; lInsigne était une Aigle couvant ses petits à la cime dun arbre; il était dun or brill&nt, en­ touré de diamants. Les Conseillers assistants nétaient pas vêtus autrement, mais sans cet Insigne, au lieu duquel ils porlaient des saphirs gravés qui pendaient à un collier dor à leur cou. Lcs courtisans étaient en robe couleur brun-clair, sur lesquelles étaient brochées des ileurs autour de petits aiglons; les tuniques sous ces robes étaient de ,soie cou­ leur (lopale; de même aussi les vêtements qui cou­ vraient les cuisses et les jambes. Tel était leur Costume. Ig. Les Coaseillers assistants, les Conseillers chambellans et les Gouverneurs se tenaienL debout aulour de la lable, etsur Jordre du Prince ils joignirenl les mains, et prononcè­ rent en même temps à voix basse une louange votive au Seigneur; ,et eniuite, à un signe du Prince, ils se mirent à table sur des lits; et le Prince dit aux dix nouveaux venus; {( Mellez-vous aussi à table, vous, avec moi; voici, là sont vos places. lJ Et ils se mirent à taole ; et des ofliciers de la cour, envoyés davance par le Prince pour les servir, se te­ naient debout derrière eux; et alors le Prince leur dit: « Prenez chacun une assiette de dessus leurs ronds, et en­ suiLe chacun un plat-creux de la Pyramide. » El ils les pri­ renL.; _eL v9ici! aussitôl de. nouvelles assietLes et de nouveaux 01
  • 32. N9 16. SUR L AMOUR CONJUGAL, 27 plaIe-creux furent vus les remplaçant; et leure coupes étaient remplies du vin de la fontaine qui jaillissait de la grande Pyramide; et ils mangèrent et burent. Quand on fuI il demi-rassasié, le Prince adressa la Parole aux dix invités, et dit: « Jai appris que dans la terre, qui est sous ce Ciel, vous avez été convoqués pour faire con­ naître vos pensées sur les Joies du Ciel, et sur la Félicité éternelle quelles procurent, et que vous les avez mani­ festées-de diverses manières, chacun selon les plaisirs des sens dc son corps. Mais, que sont les plaisirs des sens du corps sans les plaisirs de làme? cest lâme qui fait quils sont des plaisirs; les plaisirs de lâme sont en eux-mêmes des béa li! udes non-perceptibles, mais elles deviennent de plus en plus perceptibles selon quelles descendent dans les pensées du mental, et par ces pensées dans les sensalions du corps; dans les pensées du mental, elles sonl perçues comme bon­ heur, dans les sensations du corps comme agréments, et dans le corps même comme voluptés; les unes el les au Ires prises emembles conslituenlla Félicité éternelle; mais celle Félicilé qui ne résulle que des dernières seules nest pas élernellb, cesl une félicilé lemporaire qui finit el passe, et qui parfois devient infélicité. Vous avez maintenant vu que toutes vos joies aussi sont des joies du Ciel, et bien au-des­ sus de ce que vous avez jamais pu imaginer; mais néan­ moins ces joies nalfectent pas intérieurement nos mentaIs (animi). Il ya trois choses qui influent comme une seuledu Seigneur dans nos âmes; ces trois choses comme une seule, ou ce lrine, sont lamour, la sagesse et lusage; toulefois, lamour et la sagesse nexistent que dune manière idéale,100squils ne sonl que dans lalfection el dans la pensée dumental, mais dans lusage ils exislent en réalité, parcequils sont en même lemps dans lacle et dans lœuvre ducorps; et où ils existent en réalité, là aussi ils subsis­lent; et puisque lamour et la sagesse existent et subsis­lenl dans lusage, cest lusage qui nous affecle, et lusageconsisle à remplir fidèlement, sincèremenl et soigneusementles œuvres de sa fonction; lamour de lusage, et par suitelapplication à lusage, empêche le menlal de se répandre çà.
  • 33. 28 LES DÉLICES DE LA SAGESSE N° 16 el là, derrer vaguement, et de se remplir de taules les cu­pidilés qui influenl du corps et du monde par les sens avecde séduisanls attraits, et par lesquelles les vrais de la Reli­gion et les vrais de la Morale avec leurs biens sonl dissipésà tous vents; mais lapplication du meutal à lusage contientet lie ensemble ces vrais, et dispose le mental en une formesusceptible de recevoir la sagesse daprès ces vrais; et alorselle chasse sur les CÔlés les jouels et les amusements desfaussetés el des vanités. Mais vous en apprendrez davanlaKesur ce sujet avec les sagcs de notre Sociétll, que jenvellaivers vous celle après-midi. "Le Prince, ayant ainsi parlé,se leva, et avec lui tous les convives, el il dit.: « Paix! » etil donna ordre à lAuge, leur conducteur, de les ramenerdans leurs appartemcnts, et de leur rendre tous les honneUlsde la civilité, et dappeler aussi des hommes polis el alTablespour les entrelenir agréablement sur les ditlérentes j oies decelle sociélé. 17. Quand ils furent renlrés, cet ordre fut exéculé; et ceuxqui avaient élé appelés de la ville; pour les entretenir agréa­blement sur les dilTérentes joies de la Société, arrivèrent;et, après les saluls, ils eurent avec eux dagréables conver­salions en se promenant: mais lAnge leur conducteur dit:« Ces dix hommes ont été invités dans ce Ciel, pour en voirles Joies, et par suite recevoir une nouvelle idée de la FéH­cité éternelle; racontez-leur donc sur les joies de ce Ciel,quelque chose qui ~ trecle les sens du corps; ensuiïe vien­dront des Sages qui parleront de ce qui faÙ que ces joiesprocurent le bonheur et la félicité." A ces mots, ceux quiavaient été appelés de la ville relatèrent les particularités sui­vantes: « 1° Il Y a ici des jours de fête indiqLlés par le Prince,af! n que les mentais (animi) se remellent de la fatigue quelardeur de lémulation aurait causée à quelques-uns; dansces jours il y a dans les places publiques des Concerts dhar­monie musicale el des Chants, et hors de la ville des Jeuxel des Spectacles; alors dans les Places puhliques sont élevésdes Olcheslres enlourés de treillis formés avec des ceps en­trelacés auxquels pendent des grappes de raisins; au dedans des (reillis sur trois rangs délévation sont assis les musiciens
  • 34. N" i7. SUR LA~IOUR CONJUGAl,. 20avec Instruments à cordes, et avec instrument!" à- vent, deson divers, haut et bas, f011 et doux, et sur les côtés sont lesChanteurs et les Chanleuses, et ils récléent les cHoyens paldes airs ct des chants très-agréables, en chœur el en solo,variés pal intervalles quant aux espèces; cela dure ces joursde fête depuis le matin jusquà midi, et continue laprès­midi jusquau 80ir. 2° En outre, chaque matin, des maisonsqui entourent les Places on entend des Chants très-suavesde vierges et de jeunes filles; (oute la ville en relentit; cest une seule affection de lamour spirituel qui est chantée cha­ que matin, cest-à-dire, qui résonne par les modifications du son de la voix ou pal les modulations; et celle affection dans le chant est perçue comme si cétait laffection elle­ même; elle influe dans les ames de ceux qui lenlendent etexcite ces âmes à la correspondance; tel est le chantcéleste; les chanteuses disent que le son de leur chant sem­ble sinspirer el sanimer de linlérillur, et sexalter agréable­ ment selon quil est reçu par ceux qui lentendeut. Ce chantfini, les fenêtres des maisons de la Place, et en même tempscelles des maisons des rues, sont fermées, et les portesaussi; et alors toute la ville est dans le silence, et nulle plirton nentend de bruit, el lon ny voit personne aller ç