Em-Swedenborg-La-Vraie-Religion-Chretienne-TomePremier-Numeros-1-462-Le Boys Des Guays-1878
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scan en simple page // La Vraie Religion Chrétienne, Tome Premier, Numéros 1-462.
[ la Table des Matières, qui est au Tome Second, a été ajoutée par commodité ici en fin de volume ]
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  • 1. LA VRAIERELIGION CHRETIENNE COllTIlNAl"f TOUTE LA TlIEOLOGIE DE LA NOUVELLE EGLlSEPredite par le Sei~neur dans Daniel, VII, 1.3, U; et dans lApocalypse, XXI, 1.,2. PAR EltIltI4.ftlIJEL SWEDENDOUG Serviteur du Seigneur "e.u• .()hrl•• TRADUIT DU LATIN PAR I. F. E. LE BOYS DES GUAYS. Sur "Edition princeps (AlRsl,:rdam. 1774). SECONDE EDITION TOME PREMIER Paris A la Librairie, 19, rue du Sommerard. J..ondrt. SWEDllNBORG SOCIBTY, 36, Bloomsbury Street, V. C. New.York NEW CHURCH BOOK-RoOII, 20, Cooper Union. 1878
  • 2. LA VRAIERELIGION CHRETIENNE CONfENANT TOUTE LA THEOLOGIE DE LA NOUVELLE EGLISEPredite par le Seip;neur dans Daniel, VII, i3, i4.; et dans IApocalypse, XXI, i, 2. PAR " ElJIltIAllIJEL SWEDENBOUG Serviteur du Seigneur .JesDs-Chrlst TRADUIT DU LATIN PAR J. F. E. LE BOYS DES GUAYS. Sur lEdilion princeps (AlIlsl,:rdam, 1771). .I SECONDE EDITION TOME PREMIER Paris A la Librairie, 19, rIle c1u Sommerard. Londrts SWEDI!NBORG SOCIBTY, 36, Bloomsbury Street, V. C. New-Work NEW CnuRcH BOOK-RoOM, 20, Cooper Union. 1878
  • 3. DANIEL, VII, t3, H. a Voyant je fus en visions tie nuit, et voici avec les nuees des Cieux commeun FILS DE LHoMME qui venait; et il Lui fut donne Domination, et Gloire etRoyaume; et tous les peuples, nations et langues Le serviront: sa Domination(sera) une Domination du siecle, laquelle ne passera point, et S<3n Royaume(un Royaume) qui ne perira point. » APOCALYPSE, XXI, t, 2, 5, 9, 10. .. Moi, Jean, je vis un Ciel Nonveau et une Terre Nouvelle; e~ je vis la Ville;la Sainte Jerusalem nouvelle, descendant de Dieu par le Ciel, pllree, commeune Fiancee ornee par son Mari. Et un Ange me parla, disant : Viens, je temontrerai la FIANCEE, DE L AGNEAU LEpoUSE; et ,il menleva en esprit sur unemontagne grande et elevee, et il me monlra la Ville gran de, la Sainte Jerusa­lem, descendant du Ciel daupres de Dieu. ,. a Celui qui etait assis sur le Tr6ne, dit : Voici, NOUVELLES TOUTES CHaSES lEHIS ;, et il me dit : Ecris,. car ces paroles sont veritables et certaines. "
  • 4. LA VRAIE I. RELIGION CHRETIENNE CONTENANT TOUTE LA THEOLOGlE DU NOUVEAU CIEL ET DE LA NOUVELLE EGLISE LA FOI DU NOUVEAU CIEL ET DE LA NOIJVELLE EGLISE. t. La Foi dans la forme universelle el dans la forme singuliere est dabord presentee, afin quelle SOil comme la Face devant lOu ­ vrage, qui suit; afin aussi quelle soit comme la Porte par laquelle it y a enlr~e dans le Temple, et quelle soil le Sommaire dans Iequel cbacunedes choses qui suivent est conlenue 11 sa manil~re. 11 est dit: La Foi du Nouveau Ciel et de la NouveJle Eglise, parce que le Ciel oil sont les Anges, ellEglise dans laqllelle sont les Hommes, font UU, comme lInterne et lExterne chez Ihomme; cest de III que lhomme de lEglise, qui est dans le bien de lamour dapl1~s les vrais, de la roi et dans les vrais de la foi dapres le hien de ramour, est un Ange du ciel Clllanl aux inhjrieurs de son mental; cest meme pour cela quapres la mort it vient 9ans le Ciel, et y jouit de la fclicite selon lelal de conjonclion de ce hien et de ces vrais. 11 faul qUOD sache que dans le Nouveau Ciel, qui est aujourdh~i inslaure par le Seigneur, cette Foi en est la ~acel, la parte et le sommaire. 2. LA FOI DU NOUVEAU CIEL ET DE LA NOUVELLE EGLISE DANS LA I. i
  • 5. 2 LA VRAIE!,ORME UNIVERSELLE est celle,·ci: Que le Seigneur de toute eternile(ab cetemo) , Qui est JEHOVAH, est venu dans le Monde pour subju-guer les Enfers et glorifier son Humain; que sans cela aucun mortelnaurait pu etre sauve ; et que ceux qui croient en Lui sont sauvts. Il estdit: DaTls la forme Universelle, car cest la lUniversel de lafoi, el lUniversel de la foi est ce qui doit etre dans toutes eL cha-cune des choses de la toL Cest un Universel de la foi, que Dieu estUn en Essence et en Person ne, dans Lequel est la Divine Trinite, etque le Seigneur Dieu SallveurJesus-C"hrist est ce Dieu. Cest un Uni-versel de la foi, que nul mortel naurait IlU etre sauve, si le Seigneurne flit venu dans le }Ionde. ~est un Unilersel de la foi, quil estvenu dall~ le Monde pour eloigner de Jhomme lEnfer, et qllil laeloigne par des combaLs contre lui et par des victoires remportecs .sur lui; ainsi it la subjugue et Ia remis dans Iordre et sous son obeissance. Cest un Universel de la foi, quit eSl venu dans le lJonde.pour glorifier son Humain, quil a pris d:UlS le Monde, cesl-il-dire,pOUI 1liiJir au Divin a Quo (dont iI procCdail) ; ainsi it tient pourlelernile lEnfer dans .lordre et sous son obeissance. Comme celane pouvaiL se faile que par les Tentalions admises dans sop Humain jusquil la derniere de loutcs, eL que celte derniere fut la Passion dela Coix, cest pour cela quil Ia subie. Ce sO!!llil les Universaux de a foi en cc qui concerne le Seigneur. De la p:ut de lhomme, lUniversel de la foi est quH croie all Sei-gneur, car par croire en Lui, il se fait avec Lui une conjonclion pal."laquelle il ya Salvation: croire en Lui, cest avoir la confiance quflsauve; el comme il ny a que celui qui vit bien qui puisse avoil"cetle confiance, it en resulle que par croire en Lui il est enlenduaussi vivre dans le bien. Le Seigneur le dit aussi dans Jean: « Cestla volonte du PC1e, que qUlconqlle croit au Fils ail la vie ete-r-nelle. » . - VI, 40. - Et ailleurs: « eelui qui cloit au Fils d lavie clemelle; mais celui qui ne croit pas au Fils ne velra pas la vie, mais la colere de Dieu demeure sw lui. » -Ill, 36. 3. LA FOI DU NOUVEAU CIEL ET DE LA NOUVELLE EGLISE DANS LA FORME:SINGULI ERE est celle-ci :Que Jehovah ,Dieu esllAmour Meme et laSagesse Meme, ou qllil est le Bien lJeme et le V,rai Meme; et queLui-Meme quant au Dihn Vrai, qui est la Parole, et qui a ele Die1.tchez Dieu, est descendu et a prisIHumain, dans lebut de remeHr
  • 6. RELIGION CHRETIENNE. ?-dans I ordre toules les choses qui elaienl dans le Ciel, toutesC~Hes qui elaienl dans le~fer, et toutes celles qui elaient .danslEglise, parce q1,l:llors la puissance de IEnfer Iemportaitfoiur la. puissance du Ciel, cl que dans les Terrcs, la puissance du mal lemportait sur la puissance du bien, et quen conse- quence une damnation generale etait it la porte et imminenle. Jeho- vah Dieu, par son Humain qui etait le Divin Vrai, a enlevecette-Damnation qlli all:lil arriver, el iI a ainsi rachele les Anges et les Hommes; ensuite dans son Humain il a uni le Divin Vrai au Divin Dien, Oll la Divine Sagesse au Divin Amour, el ainsi il esl relourne . dans son Divin, dans Lequel il a eie de toule eternile, en meme temps avec et pans lHumain glolifie. Ces! ce qui est entendu par--ce passage dans Jean: La Parole <!tait chez Dieu,et Dieu hait la Parole,. et la Pmole Chair Cl et£! jaite. » - I, 1, 14. - Et <Ians le lfeme: «le suis issu du Pere etje suis venu dans le ],fonde; de nouveau je laisse le Monde, et je men vais au pere. " - XVI, 28.-- El en outre par ce passage: « Nous sa- mons que le Fils de Dieu est venu, et quil nous a donne lintel- igence pour que nous connaissions le Vrai, et nous sommes dans le Vlai, dans son Fils I esus-Christ: Celui-ci est le vrai Dieu et la Vie eternetle. " - Jean, I Epit. V, 20, :ilL - Dapres <oela, iI esl evident que sans lavenement du Seigneur dans le Monde 7 ,nlll nalirait P[, etre sauve. II en est de meme aujourdlmi; si done le Seigneur ne vienl de Ilouveau dans le Divin Vrai qui est la Parole. personne non plus ne peut etre sauve. Dc la part de lhoITJme les Singllliers dela foi sont: 1.0 Quil ya lJll seul Dieu en qui est la Divine Trimte, et que ce Dieu est le Sei- gneur Dieu Sauveur Jesus-Christ. 2° Que la Foi salyifique est de. .croite en Lui. 3° Que les maux ne doivent pas elre faits, parce quiIs sonl du diable et viennent du diable. 4° Que les biens doivent elrc faits, parce quils sont de Dieu et viennent de Dieu. o· Et que les biens doivent etre faits par lhomme eomme par lui-meme, m~is qUil doit eroire que cest dapres le Seigneur quiIs sont chez lui et. faits par lui. Les deux premiers appartiennent a la foi, les deux sui- van ts it la charite, et le cinquieme appartient it la conjonetion de la. (lharite et de la foi, ainsi ala conjonction du Seigneur et de Ihomme.
  • 7. I LA VRAIE CHAPITRE PREMIER. DE DIEU cnf:ATRUn. 4. LEglise Chretienne, depuis le temps du Seigneur, avail par­ couru ses ages, de lEnfance 11 lextreme Vieillesse; son enfanee fut a lepoque oilles ApOtres vivaient et prechaient dans tout le lfond~ la Repentance et la Foi au Seigneur Dieu Sauveur ; quils aient pre­ cbe ces deux points, on le voit dapres ces paroles dans les Aetes. des Apotres: (( Paul attestait et aux Jui(s et aux G1ecs la Re­ pentance envers Dieu et la Foi en Noire Seif/nem JeSUS-Ch1ist. )~ - XX, 2t. - Il est un fait memorable, eest. que le Seigneur a convoque, it y a quelques mois, ses douze Disciples, qui sont main­ tenant des Anges, et les a envoyes dans tout le Monde Spirituel,. avee ordre dy precher de nouveau lEvangile. par..c.lL<L~:!~e: le Seigneur avail instal,l!ee Rar eux, est aujourdJ1Ui ~ellement eon­ ~!1e~,Jl..t.La ~peine en subsiste-t· it quelques restes; et que eela es&. arrive, paree quoTl a divise la Divine Trinite en trois Personnes,. dont ehacune est Dieu et Seigneur; et que de la, it est deeoule, comme une frenesie dans toute la Theologie, et ainsi dans IEgHs61 qui du nom du Seigneur est appelee Chr~tienIle; iI est dit fl·enesie,. paree que les mentalshumains ont ele par ll pousses 11 un tel delire. quon ne sait pas sil y a un seul Dieu, ou sil y en a trois; il ny·eD a quun dans le langage de la bouche, mais iI y en a trois dans la pellsee du mental; le mental est done en opposition avec la bouche.I - ou la pensee avec le langage; de celle opposi tion il resulte quon ne­I reconnait aucun Dieu; le.Naturalisme qui regne 3ujonrdhui na p~s dautre origine. Fais-en, si tu veux, lexamen: Quand la bouche dit. un, et que le mental pense tlois, est-ce quen dedans all milieu du chemin Iun ne chasse pas Iautre; et cela reciproquement? de liI, a veine lhor;lme pense.l.t-il 3Utrementsur Dieu, sil y pense, que·da­ pres le mot tout nu deDieu, sans aucun sens qui enveloppeune connaissance deDJei.i:luisque liMe sur Dieu, a-vec toute notion quon en peut avoir, a ele ainsi dissiree, je vais dans lenr ordre trai­ ter de Dieu Createur, du Seigneur Redempteur, et de lEsprit~Saint
  • 8. . RELIGION CHRETlENNE. ~ ~ 1}a,ns son Op~ralion, et enfin de la Divine Trinile; et cela, afio que ce qui a ete dissipe soit retabli, ce qui arrive lorsque la Raison hu­ maine, dapres la Paroiaet la lumiere qui en provient, est convailJ­ cue quj} ya une Divine Trjnit~, et que ceLLe Trinile est dans le Sei­ :~n~u~ Dieu Sauveur Jesus-Christ, comme lAme, le Corps etla Pro- ( cedanl sonl dans lhomme; et quainsi resle en vigueur ca passage dans le Symbole dALhanase, que dans le Chlist, Dieu et IHomme. ou le Divin et lHumain, ne sont pas deux, mais sontdans une .settle Personne; et que, comme lAme rationnelte et la Chair .:sO2t un settl homme, de meme Dieu et lHomme sont un seul .christ. . DE LUNITE DE DIEU , 5. Puisque la reconnaissance de Dieu dapres la connaissance 1I,u;,on a de Lui est lessence m~ma et Iame de loutes choses dans toute la TheoIogie, il est necessairede prendre pour exorde l Unite de ,Dieu; elle sera demontree en ordre par les Articles suiv:J.nls: 1. Toute lEcriture-Sainte, et par suite les Doctrines des Eglises .qans le Mon<f,c Chdtien, enseiqnent que Dieu est un. U. Linflux universel dans les dmes des hommes est quil y a .ttn IJieu, et quil est Utl r 111. De Id vient que dans le Monde entier, il ny a pas une ,Nation, ayant une leliqion et une raison saineJ qui ne recon­ naisse Dieu et que Dieu est un. IV. Quel est ce Dieu un: les nations et les peuples ont eU ~t ont, dapres plusieurs causes des opinions dilferentes sur ce point. V. La raison, humaine, dapres un grand nombre de choses dans le Monde, peut percevoir ou conclwe, si elle le veut, quit !J a Ull Dieu, et quil est un. , VI. Sil ny avait pas un seul Dieu, lUnivers naurait pu ni ~tr:e cr-ee, ni eere conserve. ­ VU. Lhomme qui ne reconnait pas Dieu est excommunie de ~ EgliseJ et damne.
  • 9. tt,~~6 LA VRAIE VIII. Rien de IEglise nest en coherence chez lhomme quireconnazt non un seul Diezl, mais plusieurs dieux. J Chacun de ces Articles va etrc developpe separement. 6. I. TOUTE LECRlTURE SAINTE, ET PAR SUITE TOUTES LES Doc­TRINES DES EGLISES DA~S LE MONDE CURETIIl:N, ENSEIGNEN~ QUIL Y,A UN DIEU, ET QUIL EST UN. Si toute lEcriture Sainte enseigne quil y a un Dieu, cest que­dans les intimes de celle Ecritur~ il ny a absolument que Diiu,.cesl-a-dire, le Divin qui procede de Dieu, car eUe a ete dictee pal"Dieul et de Dieu il ne peu t proceder que ce qui estLui-Meme, etest appeJe Divin; ce Divin est dans les intimes de IEcriture Sainte~Mais dans les derives, qui sonl au-dessous des inlimes et qui en pro­viennenl, cetle Sainte Ecriture a ele accomodee il la perception desAngesel des Hommes; dans ces derives il y a pareillemenlle Divin,.mais dans une autre forme, eL dans celte forme il est appele Divin Celeste, Divin Spirituel et Divin Nalurel, Divins qui ne sont que des.enveloppes de Dieu, pllisque Dieu LUi-Meme, tel quil est dans lesinti,mes de la Parole, ne peut etre vu par aucun titre cree; car it aJ(lit a MOlse, qni demandait avec instance de voir la gloire de Jeho Jvah, que personne ne peut voir Dieu et.vivre, il en esL de meme desintimes de la Parole, ou Dieu est dans son Etre et dans son Essence:mai-s neanmoins le Divin, qui y est intimement, et est enveloppe pal des Divins ajustes aux perceptions des Anges et des Hommes, bril1e comme la Lumiere 11 travelS des formes cristallines, mais avec va- riete, selon lelat du mental, etat que lhomme sest forme ou dapresDieu ou dapres lui-meme; devant qlliconqlle a-forme dapres Hiel} lctat de son mental, lEcriture Sainte est comme un Miroir, danslequel il voit .Qieu, mais chacun le voil a sa maniere; les Verites quon apprend par la Parole, et dont on sest imbuen y conformanC sa vie, composent ce Miroir: dapres cela, iI est dabord evident" que lEcritule Saillte est la plenitude de Dieu. Que cene l£critureenseigne non-seulemeIlt qllil y a un Dieu, mais aussi que Dieu est un, onpeut le voir par les Vel:ite~, qui, ainsi quil a ete dit, forment ce }fi,roir, en ce quelles sont coherentes en IIn seul enchainement,et font que Ihomme ne peut penser de Dieu que comme etant un; de III vient que tout homme, dont la raison a ete imbue de quelque saintete dapres la Parole, sait comme de lui-memeque Dieu est HI);
  • 10. RELIGION CHRETIENNE. 7et percoit quil y a une sorte de folie a dire quil y a plusieurs dieux;les anges ne peuvent pas ouvrir la bouche pour prononcer le motdieux, car laure celeste dans laquelle ils vivent soppose avec efforta celle prononcialion. Que Dieu soit un, JEcrilure Sainte lenseignenon-seulemenL universellement, comme il vient detre dil, mais aussiell parLiculier dans un grand nombre de passages, par e~emple, d:msceux-ci: « Ecoute Israel: Jelzovah not?e Dieu, J elzovalz est un, )- Deutel. VI, 4. - Pareillemenl dans Marc, XII, 29. - (( Seu-lement en Toi est Dieu, et excepte llfoi, il ny a point de Dieu. »Esaie, XLV, f4, HL - « Ne suis-je pas Jelzovalz? Et ya-t-itdautre Dieu quP. Moi?)) - ES3ie XLV, 20, 21.. ;- « Je suisJelwvah ton Dieu, et de Dieu outre Moi tu nereconnaitraspoint.))- Osee. XIII, 4. - « Ainsi a dit Jelwv«h, le Roi dIsrael: le(suis) le Premier et le Dernier, et excepte Moi point de Dieu. »- Esafe, XLIV, 6. - « En ce jour-la, J elwvah sera pour Roisw toute la tene; en ce jour-Id, Jelzovah sew, un, et son Nomun. » -.Zach. XIV, 9. 7. Que les doctrines des Eglises dans le Monde Chretien ensei-gnent que Dieu est un, cela estnotoire; elles lenseignent parce quede la ,Parole sont tin~es toutes les doctrines de ces Eglises ; ces doc-trines onl de la consislance en lant quon y reconnail un seul Dieunon-seulement de bouche, mais aussi de ereur: quant 11 ceux qui debouche seulement confessent un seul Dieu, et de creur trois, commecela arrive aujourdhui chez un grand nombre dans le Christianisme,Dieu nesl pour eux quun simple mol prononce par la bouche, ettout dogme Theologique nest que comme une Idole dor renfermeedans une casselte, dont les Prelats ont seuls la clef, eL quand ceux-ei lisenL la Parole, ils ny apercoivenL nulle part aucune lumiere, nimeme que Dieu est UII ; la Parole pour eux est comme c~uverle deratures, et entierernent voilee quanl it lunite de Dieu; ce sonteux que le SeigneUl a depeinLs dans MatLhieu: « Douie vousentendrez, et vous ne comprendrez point; et en voyant vousverlez, et vous ne discernerez point. lIs ont fe?me leurs yeux,de peur quil nanive quils voient des yeux, et que des oreillesils entendent, et que du CffiW ils comprennent, et quils se con-:vertissent, et que je les guerisse. » - XII(, 14, i 5. - Tous ceux-la sont comme ceux qui fuient la lumiere, et qui entrent dans des
  • 11. 8 LA VRAIEcllambres sans fenetres, L310nnent autour des murailles et chercheTJtou sont les v,ivres et ou sont les ecus, et qui se font une vue commeceBes des hiboul(, et voient dans les tenebrcs; ils l>ont semblables itune femme qui, ayant plusieurs maris, est une lascive courtisanenon une apouse; ils sont semblables encore a une jeune fille,qui re­~oit des anneaux de plusieurs amants, ~t qui, apres le mariage, 10lleses nuits a run et aussi aux autres. 8. n. LI:IFLUX UNIVERSE., PROCEOANT DE DIEU OANS LES AMESDES lIOi{lIIES, EST QUIL Y A iN DIEU, ET QUH, EST UN. Quil y ail ,un influx procedant de Dieu dans lhomme, cela estvlai dapres cet aveu general, que tout hien qui en soi e"l le bien.et qui est dans lhomme et est fait par lui, vieot de Dieu, et pa­f.eillemenL tout ce qui appartient a la charite ellout ce qui appar··tient a la foi; car on lit: 11 Un homme ne peut prendre rien, amoins quil ne lui all ele donne du Ciel. )) ..,- Jean, 1[[, 27: ElJ.esus a dit: (( Sans Moi VOltS ne pouvez faire rim. ) - Jean,XV, D; - cest-a-dire, rien de ce qui appartienL a la charite et .deee qui appartient a la foi. Si cet influx est dans les ~lmes des hommes,(fest parce que Iameestlintime et le supr~me de lhomme, et que lin­flux proce~ant de Dieu se fait la, et descend de la dans !es choses quiBunt au-dessous et les vivifie selon la reception: les Vrais qui appar­t~endrol1t a la foi influent, il la verite, par louie, et de cettema­Iliere sont implantes dans le meAlal, ainsi all dessous de Iame, maisl,bomme par ces Vrais est seulement dispose a recevoir l,intlu:< pro­cedant de Dieu par Iame, et telle est la disposition, lene eslla re­oel~tion, et telle a<ussi la transformation de la foi natureBe en foi spi­rituelle. Si lintlux, procedant de Dieu dans les times des hommes,est que .Dieu esllln, cest parce que tout diin,pris tant universelle­ment que .singulierement, est Dieu; et comme tout Divin est cohe­rent comme une unite, il ne peut pas ne pas inspirer alhomme lideedlIn seul Dieu; et cette idee est corroboree de jOllr en jour, selonque lhomme est eleve par Dieu dans la lumiere du Ciel; -Ies Anges,~n -effeL, ne peuvent dans Ieur lumiere se conLraindre a prononeerle mat dieux; cest pourquoi aussi leur langage ala fin de chaquesens est, quant a Iaccent, termine en unite, ee qui ne vient dautrepart que de linflux dans leurs ames, que Dieu est un. Si, quoiqui(influe ~l.1nsles Ames de tous les hommes que Dieu est UD, il Yen ll
  • 12. ----- -- - -- ,l!"";" RELIGION CIllfrJ:1IENNE. 9 neaJllnoins un grand nornbre qUI peusent que sa Diviflile a ete divise& cn Plusieurs de m~me Essence, cest parce que cet Influx, quand il descend, tombe daDS des formes non correspondantes, et que la forme elle-meme le diversifie, comme cela arrive dans tous les sujets -des trois regnes de la natUle; le Dieu qui vivife loule bete eSl le 1b~me Dieu qui ivifie tout homme, mais la forme recipienle fait que la bete est bete et que lhomme est homme; de meme il arri;e 1 t·homme, quand celui-ci introduit dans son menlal la forme dune bete: lintlux qui procMe du solei! dans tons les arbres est semblable, mais i! est dhersifie selon la forme de chaque arbre; il est sembb....,.1 1 ble pour le cep comme ponr Iepine, mais si lepine est greffee sur le cell, cet influx est relourne et procede selon la forme de Iepine. 11 en eSl de meme dans les sujets du Regne mineral; la lumiere qui influe dans une pierre calcaire et dans un diamant est la rn~me, mais elle brille dans celui-ci, et elle devient opaque dans celle-HI. Quant 11 ce qui concerne les ITItlnlals Humains 115 sont diversifies Suivanl leurs formes, qui au dedans sont spirituellcs selon la foi en Dieu el en m~me temps selon que 1on vit dapres Dieu, et ces formes deviimnenl brillantes el Angeliques par la foi en un seul Dieu, tandis quau conlraire elles deviennent opaques et bestiales par la foi en plusieursDieux, laquelIe differe peu de la foi en aucun Dieu. 9. m. DE LA VIENT QUE DANil LE MONDE ENTlER IT- NY A PAS UNE NATION, AYANT UNE RELIGION ET UNE RAISON Sj,INE, QUI NE RECON­ NAISSE DIED, ET QUE DIEU EST UN. De lIntlux Divin dans les ~mes des hommes, duquel ~I vient dctre . parle, il resulte qui1 existe chez chaque homme un dictamen, interne qui1 y a un Dieu, et qui1 est un: si cependant iI en est qui nie~t Dieu el qui reconnaissent la Nature pour Dieu, et dautres qui re­ .connaissenl plusieurs Dieux, et d;utres aussi qui adoren~ des Simll-" lacres comme dieux, cest parce qui!s ont bouche les iriteriewrs de leur raisoli ou deleur entendement par les choses mondaines,el co.... porelles, et que par la i1s ont efface la primitive idee de Dieu ou Ii­ dee de lenfance, et rejele alors en meme lemps de la poilrine SUd0 .dos la R.eligion. Que les Chretiens reconnaissent unselll Dieu, rnais de quelle maniere, cest ce qu:on voil clairemeut dapres leur C@n.., fession Symbolique, qui est celle~ci : ( La Foi catholique consiste ,en ce que nous ad01ions un seul Dieu dans la Tlinite et la.
  • 13. ,"w LA VRAIETrinite dans lUnite. 11 y a trois Personnes Divines, le Pere rle Fils et lEsprit Saint, et cependant ils ne sont pas trois­dieux, mals il y a un seul Dieu: autre est la Personnedu Pere, autre celle du HIs, et autre celle de lEspritSaint, et leur Divinite est une, la Gloi!e egale et la MajesteCo-~ternelle; ainsi le Pere est Dieu, le Fils est Dieu, et lEspritSaint est Dieu; mais parce que nous sommes forces dapres laverite Chdtienne de reconnaltre que ehaque personne en pm­lieulier est Dieu et Stigneur, it nous est cependant interdit patia: Religion Cathotique de dire quit y a trois DietlX et trois Sei­gneurs. »Telle esl la foi Chretienne wr rUnite de Oieu; mais on )1,verra, dans Ie Chapilre sur LA DIVINE TRI~ITE, que dans ceLle Con­fession la Trinile de Oieu et IUnile de Dieu sont incompatibles.Dans le lfonde, loutes les autres Nations, qui ont une Religion etune raison saine, saccordent iJ. n:connaitre que Oieu est un; tous lesMahometans dans Jeurs Empires; les Africains, dans plusieursRoy:wmes de Jeur Region; les Asiatiques aussi, dans la plupart desleurs; et en outre les Juifs daujourdhui. Les Tres-Anciens, dans ]e siecle dor, ceux chez qui exisLait la Religion, ont adore unseulDieu, quils nommaient JEHovAH; il en a ete de meme des Anciensdans le .Siecle suivilnt, avan Lla fondation des Empires rnonarchiques. avcc lesquels les amours mondains et imsnite les amours corporels commencerent a fermer les superieurs de lentendemeuL, qui aUlJa­ ravant :naient ete ouverts, ct sCfaient alors de Temples et de Sanctuaires pour le eulte dun seul Dieu; toutefois, le Seigneur Dieu, aftn de les oUlrir et de reslaurer ainsi le cullc dun seul Dieu, insti­tua une Eglise chez les descendants de Jacob, et a la ttle de tous lespreceptes de leur religion, il pla~a celuicci: « Il ny awa pointdautre Dieu devant ma lace,) - Exod. XX, 3. - Jehovah. qui est aussi le nom quil $e donna de nouveau devant eux, signifie¥Elre supreme el unique, de qui procede tout ce qui est etexiste dans lunivers. Les anciens Genlils ont reconnu pour supreme Jupi­er (J ovem), ainsi nomme peut-elre de Jehovah, et ont aussi attri­bue,la Divinite a plusieuls autres qui composaient sa cour; mais. dans lage suivant, des Sages, tels que Pia ton el Aristote, ont de­ clare que cellx-lil etaient, non des Dieux, mais autant de pro­ prietl~s, de qualites et fatributs dun seul Dieu, lesquels furellt
  • 14. RELIGION CHRETIENNE.· H JPpeMs dieux, parce que dans chacun deux il y avait la di"inite. to. Toute Raison saine, quoique non religieuse, voit que toute chose divisee, it moins quelle ne soit sous la dependance dune unite, se dissipe delle-meme; ainsi se dissiperait IHomme, compose de t:mt de membres, de visceres, d organes de la sensibili te et du mou­ vemen t sil netail sous la dependance dune seule dme; et le Corps lui-m~me, sil n:etait sous la dependance dun seul coour. 11 en serait de memc dun Royaume sil netait gouverne par un seul Roi; dune Maison, si elle navait un seul maitre, et de toutesles [onctions, qui sont en grand nomhre. dans chaque Royaume, ~i elles netaient pas sous la directiondun seul fonctionnaire. QueUe force aurait une Armee contre les ennemis sans un General investi dun pOllvoir su­, preme et ayant sons ses ordres des officiers, dont chacun exerce son droit sur les soldals? 11 en serait de meme de lEglise, si elle ne re­ connaissait un seul Dieu ; et aussi du Ciel Angelique, qui est comme la tete de lEglise dans les terres, le Seigneur etant rame meme de Iune et de lautre, aussi le CieI et lEgliie sont-ils appeles son Corps; sils ne reconnaissaient un seuI Dieu, ils seraieDt Iun et Iautre comme un corps inanime, qui, netant utile 11 rien, seraiL rejete et enseveli. it. IV. LES NATlONS ET LES PEUPLES ONT EU ET ONT, DAPRES PLUSIEURS CAUSES, DES OPINIONS DIFFERENTES SUH LA QUALITE DE CE DIEU UN. Une premiere cause, cest quil ne peut y avoir connaissance. de Dieu, ni par consequent reconnaissance de Dieu sans Revelation, et quil n~y a connaissance .<iu Seigneur, et par suite reconnaissance. que dans le Seigneur habite corporellement toute la plenitude de la Divinite, que dapres la Parole, qui est la Couronne des Revelations; car lhomme, quand une Revelation a ete donnce, peut aller au-de­ vant de Dieu et recevoir lint1ux, et par eonseqiJent de naturel deve­ nir spirituel: or, une primitive RevelaLion a ete repandue sur tout le globe, et lhomme naturel Ia pervertie de plusieurs manieres; de la les ecarts, les dissentimen Ls, les heresies et les schismes des reli­ gions. Une seconde cause, cesl que lhomme Naturel ne peut rien percevoir ni rien sappliquer de ce qui concerne Dieu, mais peut scnlement percevoir et sappliquer cc qui concerne le Monde ; aussi est-il dit daDS les canons de lEglise Chretienne que lhomrne Nalu­
  • 15. 12 LA YRAlEr.aleSl oppose a lhomme Spiriluel, et qllils eombal~ent lan .con~r~:lautre; de la v~ent que ceux qui, dapres une,Parole resultant dune~ulre Revelation, ont conOn quil y a un Dieu., onteuet ont desopi-,~ions ditferentes sur la Qualite de Dieu et sur lUnite de Dieu. Ceuxdonc de qui la vue du menIal clait sous la dependance des serisdu-corps, et qui cepelldant voulaient voir Dieu, se sont forme desSimu­ lacres dor, dargent, de pierre et de bois, afin que sous ces simuJa­.cre&, comme Qbjets de la vue, ils adorassent Dieu ; et dautres qui par religion avaient rejete les simulacres, se sonl represenle Dieu par les Images du Soleil el de la Lune, des Astres et de divers ob­lets sur la terre; mais ceux qui setaient crus plus sages que le Vul­ g~re, et qui,cependant etaient restes hommes naturels, ont, dapres~immensile de Dieu et sa tout~ prese,nce en creant le Monde, re­,connu pour ,Dieu la Nalure, les up~ dans ses intimes, et les autres -dans ses derniers, et quelques-uns, afiu de separer Dieu de la na­ lure, ont imagine quelque chose de tres-universel quils ont nommh IEtre de lunivers; et comme ils ne savent rien de plus sur Dieu, <iet Etre devient chez eux lIn elre de raison, cest-a-dire, u,nechose 4e neant. Qui ne pe,ut com,prendr~,que les connajssances sur Dieu sont des miroirs de Dieu, et que ceux qui ne savent rien de Diea yoient Dieunon dans un miroi.r tourne velS lesyeux, mai~ da,nsun Jlliroir retGlUrne, OU par le dos qui est couvert de vifargent ou du~ noir gluten, et ne retlechit pas image, mais letouffe.1 La Foi de pieu entre dans Ihomme par le Chemin anterieur qui va de lame dans les superieurs de lentendement ; mais les connaissances su, Dieu entrent par le Che!nip p05telieur, parce que lEntendement ~l!S puise par les sens du corps dans la Par@le relllelee ; et la rencon lre des influx se fait au milieu de IEntendement, et la la foi natu~relle, , qui nest qvune persuasion" devient la foi spirituelle, qui est ta re­ connai:ssance ellll-meme; lEntendement humain est; donc comme :tn hureau de change dans lequel se fait la permutation. {,2. V. LA RAISON I1UMAINE, DAPRES UN GRAND NOMDRE DE CH~SES DANS . LE IfIoNlm, PEUT ~ERCEVOI:R OU CONCLURE, ,SI ELLE I.I!; VEUT, QUIL Y A UN DIEU, ET QUIL EST UN. Cette verite peut etre confirmee par dinnornbrables chQses dansle IfI(}nde visible. En effet, )Univers est comme un Theatre sur l.e-.·quel se presentent continuellementdes Temoi.gnages qui.l y a lIn pie~,
  • 16. RELIGION CHRl!JTIENNE. 3 et quil cst un. Mais pour iIluslrer ce sujel, je rapporterai ce MEMO­ RABLE du ~Ionde spirituel. Un jour, pendant que je mentretenais avec des Anges, j,vint quelqucs N.ovices du Monde naturel ; des que je IC8 vis, je leur sou:lailai une heureuse arrivec, et Icur racontai sIn le iUonde Spirituel plllsieuls choses quils ignoraicnt; et, apres la conversation, je leur demandai quel savoir ils appoltaient avec eux du Montle sur lJieu et sur la Nature. lis me dirent : Void notre savoir, cest que la Nalure opere toutes les choses qui se font dans lUnivers Cree, el que Dieu apres la Creation lui a donne et imprime celle faculte et ceLle puissance, Dieu les soutenant seulement et les conservant, atin quelles ne perissent point; c,est pourquoi toutcs les choses qui existent, naissent el renaissent sur la Terre sont altri­ buees aujourdhui a la Nature. Mais je repontlis que la Nature par elle-meme oopere rien, que cest Dieu qui opere par la nature ~ et comme ils demandaien,t un" demonstration, je leur dis : Ceux qui croient a la Divine opera.tion: dans chaque chose d,e la nature, peu­ vent, par un tres-grand nombl"e de faits quils voientldans lel~londe, se confirm,er pour Diau beaucoup plus que jJour la Nature: ceux, en elfet, qui se confirment pour la Div,ine Operation dans chaque chose de la nature, font attention laux Merveilles quils apercoivent tant dans les Pr0ductions des Vegetaux que dans celles des Animau~ : Dans les PRODUCTIONS DES VEGETAUX, en cc que dune trl~s-petite se­ mence jetee en terre i sort une lacine, par la racine une tige, et successivement des rameaux, des branches, des fellilles, des fleurs, des fruiils jllsqua de nouvelles semences, absolument comme si la Semence savait loldre de succession ou le procede par leqllel ella doit se renoureler. Un homme ratronnel pellt-il penser que.)e Seleil, qui est pur feu, sache cela, OU qui puiss~ insinuer a sa chaleut et.a sa lumicre de faire cela, et puisse avoir en vue les usages? lorsque lhomme, dontle rationnel a ere eleve, voit ces merveilles et les exu­ mine allenlivement, il ne peutfaire~autrement que de penser qUeHes, viennent de Celui dont la Sagesse est infinie, par consequenlde Dieul ; ceux qui reconnaissent la Divine Operation dans chacune des choses de la natllre,se ,confirment aussi en cela, quand ils les voient; cel1X( aucontraire, qui ne la reconnaissent pas,les vOient Mn paS a¥ec Ms yeux de la raison dans le front, rnais avec les yeux da,ns toccipu-t;I ce sont cellx qui tlren~ de5sens du corps toutes les idees de le4r
  • 17. u LA VRAIE Pensee, et confirment les illusions des sens, en distlnt : Ne .vOit-OD .pas le Soleit operer tout~s ces choses par sa chaleur et par sa lu­ micre? Ce quon ne voit pas, qUest-ce que cest? Est-ce quell{ue chose? Ceux qui se confirment pour le Divin font attention aux MER­ VEILLES quils voient dans les PRODUCTIONS DES ANIMAUX ; et pour par­ ler dabord ici de celles qui sont dans les OEufs, ils y voient le .pelit cache dans. son germe, avec lout ce qui est necessaire pour la for­ mation, el aussi avec tout ce qui concerne laccroissemellt ap.I,es Ie­-closion, jusqua ce quil devienne oiseau dans la forme de la mere. De plus, si Ion fait allention :lUX Volatiles en general, it se presente devant un mental, qui pense profondemenl, deschoses qui produi­ sent Iadmiration, par exemple, en ce que dans les plus petits. comme dans les ,plus grands, dans ceux qui sont invisibles comme dans ceux qui sont visibles, cest-i1-dire, dans les plus pelits insectes comme dans.les oiseaux et les animaux les plus gr:.nds, il y ales or­ ganes des sens, qui sont la vue, Ionle, Iedoral, le gout elle tou­ eller. et les organes des mouvemenls, qui sont les muscles, car ils volent et ils marchent; comma aussi les visceres adherents au creur et a,u poulnon, qui sont mis en aClivile par les cerveaux. Ceux qui attribuent tOUlt a la nature voient, il est vrai, de telles choses, mais ·ils lJensent seulemellt quelles sont, et disentque la Nature les pro­ duit; et ils disent cela, parqe quils ont deloNrne leur mental de tOllle pensee sur le Divin; et ceux qui se son,t detour,nes du Divin. quand ils voient des lDerveilles dans la nature, ne peuvent y pense,r raLio,lU1ellement, ni a plus forte raison spiriluellement, mais ils y pensent sensuellement et materiellement, et alors ils pensent dans Ia nature dapres la nature et non au-dessus de la nature, differant seu­ I~ment des beles en ce qui!s jouissent de le rationnalite, cest-a-dire quils .pellvent compre,ndre, sils veulent. Cellx qui se sont detournes de toute pensee ,~U1 leni vin, et son t par UI deven us sensuels-corporels. ne pensent pas que la vue de I:reil est si grossiere et si materielle, quelle considere plus,ieurs peli,ts insectes comme une seule chose. obscure; et cependant chaque petit insecte a ete organise pour sentir et pour se mouvoir ; ainsi ils ne retlechissent pas quil a ete doue de fibres et de vaisseaux, de petits coours, de canaux pulmonaires. de petits visceres et de cerveaux, et que ces organes ont ete tisslls des plus pures substances qui soient dans la nature, et que ces tissus
  • 18. RELIGION .CHRETIENNE. is~orrespondent ala vie dans le dernier degre, laquelle met distincte-ment en action leurs part:es les plus deliees. Puisque la vue de lreilest si grossiere, quun grand nombre dinsecles, avec les partiesinnombrables que chacun renferme, apparaissent comme un petitpoint obscur, et que cependanl ceux qui sont sensuels pensent et ju-genl dapres cette vue, on voit clairement combien leur ~Iental est devenu epais, et par suile dans quelle obscurite ils sonl sur leschoses spilituelles. Ch:wun par les choses visibles dans la Nature peut se conlirmev , pour le Divin, sil veut; et aussi se conlirme celui qui peuse 3 Dieu et 3 sa Toute~Puissance encreant IUnivers, et 11 sa Toute-Presence en le CORservant ; par exemple, ]orsquj[ voit les Volatiles du Ciel ; chaque espece connait ses aliments et sait oil ils sont, cOllnait ses Pareils au SOil et 3 la vue; et parmi les oiseaux, ceux-ci connais!>ent leurs amis et leurs ennemis; ils savent sous les plumes le lieu de laccouplement, ils forment des mariages, conslruisent avec art des nids, y dcposent leurs ceufs, les couvent, savent le temps de incu- bation; est-ilecoule, Us funt eclore leurs petits, quils aiment avec tendresse ; jls les rechauffent sous [eurs ailes, leur preparent des alimen ls, et leur donnent la becquee, et eela, jusqua ce quils soient. en etal dagir par eux-memes et de faire comme eux. Quiconqu6 veut penser a Iinflux Divin venant par le Monde spirituel dans le Monde naturel, peut voir cet influx dans ces sciences; il peut aussi~ sille veut, dire en son eceur : Le SoleiI ne peut donner de telles sciences aces volatiles par sa chaIeur et sa lumiere, car le Soleil.. doiI la Nature tire son origine et son essence, est un pur Feu, et paJ." suite les efl1u~ de sa chaleur et de sa lumiere soot absolument morts! et ainsi ron peut conclure que de telles choses viennent de linflux: de Divin par le llonde spiriluel dans les derniers la nature. C.hacun par les .choses visibles daos la Nature peut se confirmel" pour le Divin, quaod il voit les Vels, qui, dapres le plaisir dun certain amour, soot portes et aspirent 11 changeI leur tHat terrestre en uo elat qui est lanalogue de leLat celeste, et pour cela se trat- fneot dans des Iieux convenables, seoveloppent dune couverlure-.. , .et ainsi se mettent dans un uterus afin de renaitre, et la deviennent chrysalides, aurelies, nymphcs, et enfin papillons; et quand i1s ont subi la Metamorphose et ont ate, seIon leur espece, decores dailes:
  • 19. ,16 LA. VlAIE magnifiques, ils volent dans lair comme dan! leur ciel, ils y fol:1­ lrent joyeusement, et forment des mari~ges, depOSenL des rellfs, etpourvoienl a leur posterile ; et alors ils se nourrissent dun aliment agreable et doux quj)s tirent des fleurs, Parmi ceux qui se confil1­ ment pour le Divin par les choses visibles dans la nature, est-it quelqulIn qui ne voie dalls ces elres comme une sOlte l1image de letat telrestre de lhomllle, et dans ccs memes etres comme pa­ pillons une sorte dimage de l elat celeste? Ceux qui se confirment pour la Nature voient,. iI est vrai, ces melvcilles; mais, comme ils ont rejete loin deux letat celeste de Ihomme, ils les nomment de ,pures operations de la nature, , Chacun par les choses visibles dans la Nature peut se confirmer pour le Divin, quand il fait attention il tout ce que Ion connait des. Abeilles. Elles savent des roses et des fleurs recueil1ir la cire, en sucer le miel, conslruire des cellules comme de petite:; maisons, et les disposer en forme de ville, avec des places par lesquelles elles entrent et par lesquelles elles sortent; elles odorent de loinles. fleurs et les herbes, doni clles recueillent la cire pour la maison e,t le miel pour la nourriture; et, quand, dies en sont chargees, revo­ lent selon la plage vels leur ruche, et pourvoient ainsi aleur nOllr­ . rilure pour lhiver suivanl, comme si elles le prevoyaient: elles met­ ~ tent aussi aleur Wte comme Reine une souveraine, par qui la pos, terite doit etre propagee, et pour qui elle~ construisent une S(W~ de palajs au-dessus de leurs cellules, ep pla~,ant des se~,tinelles teHH autour: quand le temps de la ponte ,arrive, la Reinll, !lC~Ol~)pagnel, des satellites, qui sont nomlllcs Faux-bourdons, va de cellule e~ cellule et pond des reufs, que la troupe qui la suit entoure dun en;­ duit, pour quils ne soient point alteres par lairj,de la pour elle~ tine race nouvelle : plus tard, quand celle generation est parvenue,a lage necessaire pOUl pouvoir faire les memes, travaux, ell~ est chassee de la ruche; et dabord Iessaimse r,cunit elll troupe, afin I que la consociation ne soit pas,rompue, el ensuile il.... senvo)e pour ( ~e cherche~ un do,~icile :,.vers IA,ulomre, ces faux.-bourdlf)qsj n~.yant,cqnlrjbue en rien a la re9.olte de la ,cire, et dl1 miel, SOl)t 1I)irS d~horset.prives d"e leurs·~i!e~, pour quil~ ne reviennent pa& e~ M, consommentlpas des alimenLs, a lapprovisionnement desquels ilfi nont coopere ~n}ien ; sans parl~r 4e plusieurs aut res faits remar.­
  • 20. RELIGION CHRETIENNE. i7quables: dapres eela on peutvoir qu~ cest en raison de lUsagerendu par elles au Genre Humain, quelles re~oiv6nt d~ linflaxDivin par le Monde Spirituel une forme de gouvernement, leUequelle existe chez les hommes dans les terres, et meme chez lesAnges dans les Cieux. Quel est Ihomme, pourvu dune raison saine,qui ne voie que de telles choses chez ces insectes ne viennent pasdu monde Naturel ? Quest-ce que le Soleil, dou provient la Nature,a de commun avec un Gouvernement pareil et analogueau Gouver-namen t celeste 1. Dapres ces observations et autres semblables chezles Mtes bru tes, ceiui qlli reconnaiL et adore la Nature se confirmepour la Nature, tandis que celui q11i reconnait et adore Dieu se con- firme pour Dieu, car Ibomme Spirituel yvoit des chases spiriluelles,et lhomme Naturel y voit des choses naturelles, ainsicllacull s~)on ce quil est lui-meme. Quan t 11 ce qui me concerne, de telles obser- vations ont ete pour moi des temoignages de lInflux procedant de Dieu par III Monde Spirituel dans le Monde Nature!. Quon examine si, all sujetde queh(ue Forme de gouvernement, ou de Cjnelqne Lo~ civile,ou de quelqueVerlu morale, ou de quelliue Veri le spiriluell~, il est possible de penser analytiquement, a moins que le Divin, daL pressa Sagesse, ninflue par le lIonde Spirituel; quam it moi, cela ma e[(~ e.t mest impossible; fai, en offet, Iemarque cet influx dune maniere perceptible et sensible depuis vingt-six annees continuellement: jen parle done daplcs un ternoignage cel- tain. La,NaLure peut-elle avoir pour fin IOsage, el disposer les usages dans des ordres et dans des formes?U ny a quele Sage qui le puisse; et il ny a que i)ieu, QO .Qui la Sagesse est infinie, qui puisse ainsi ordonner et former lUnivers; quel autre peut plevoil poulles hommes ce qui est necessaile a la nourrilllre et au vetcme:ll, et y pOUfoir ; it la nourriture, par les moissons des champs etles fruils de lalerre, et par les animaux, am. "elements, par ces productions de la terre et parces memes auimaux? Nest-il pas au nombre des .merveilles, que c~svils insecles, que lon nomme Vels it soie, foul- nissent. de vetements et decolent avec magnificence et les femmes .et les hommes, depuis les Reines et les Rois jusquaux femmes de .chambre et aux valets ;et que ces viIs Insectes que I OIl nohuhe abeilles fournissent la cirepour la lumiere qui remplit de splendeur J. 2
  • 21. <to ( ;8 LA VRAIE les Ie,mples etles Palais? Ces choses et plusieufs autres sont des preuv~s existantes que Dieu de Soi-m~me par le Monde Spiritual o,pere tout ce qui se fait dans la Nature. A cela je do is ajoJ.lter que dans le Monde Spiri tuel, jai vu ccux.qui, par les chos{~svisibles dans le Monde, setaient confirmes pour,1~ Nature jusqui!, devenir athees, et que leur Entendement dans la,LI.lmiere spirituelle ma apparu ouvert par le bas, mais ferme par l!ll~~ul; et cela, parce que par la Pensee il.s ont· regarde en bas vels la terre, et non en hauL vels le Ciel : au-dessus du sensuel, qUi e51linfime de lenlendement, ilapparaissait comme un voile brill­ Iant par le feu infernal, chei quelques-uns noir comme la suie, et,ehez daulres livide comme un cadavre. Que chacun se garde don<i( des confirmations pour la Nature, mais qlli,l se lJOnfirme pour.Diell; les moyens ne manquent pas. ,13. VI. SIL Ny AVAIT PAS UN SEUL Dnm, LUNlVEIIS NAURAll"PU [;1 I~TRE CIIEE, ~[ ~TRE CONSERVE.. Si de la creation de IUnivers on peut conclure lunite de Dieu,,cest parce que IUnivers est un Ouvrage coherent comme lIn depuis les premiers jusquaux derniers, el quj( depend dun seul Dieu. comme le corps depend de son ame; lUnivers a ele crM ainsi, afin que Dieu puisse dIre tout-present, tenir sous son au:;pice toules et chacune des chases qui le composent, et le conlenir perpetueUe.l,menL comme un, ce qui est conserver. Cest aussi de la que Jehovah Dieu dit quIl est" le Premie1 et l~ Dernier, le Commencement,et la Fin, l Alpha et lOmeqa. )) - Esaic XLIV, 6. Apoo. I, 8.. ,1 i ; - et aillellrs " Quit fait tauies chases,. quil deptoie les Cieux et etelld la Tene pal Lui-meme. 11 - Esaie, XLIV, 24. - Ce grand Systeme, quon appelle lUnivers, est un ouvrage co­ herent comme un depuis les premiers jusquaux derniers, parce que Dieu cllle cn~ant a ell en vue une seule Fin, qui a ete le Ciel an­ gelique forme du Genre humain, et les lfoyens pour celle fin sont toules les choses dont le Monde est compose; car qui Yeut la fin veut allssi les moyens ; celui donc qui contemple le Monde comme: /In Ouvrage qu.i contient les moyens pour ceUe fin, peut con tem plel" lUnivers cree comme un Ouvrage coherent comme un, et peut voir que le llonde est un Enchainement dusages en ordre successif POUL" le Genre HUlJa:in, dont se forme le Ciel Angelique ; le Divin Amour
  • 22. RELIGION CIIRETIENNE. ft )le pauL avoir en vue une autre fin que la Beatitude eternelle des hommes dapres son Divin, et sa Divine Sagesse ne peut produir4 autre chose que des usages qui soient des moyens pour cette fin ; en examinant le lfonde dans cette idee universelle, tout homme sage peut comprendre que le Createur de lUnivers est un, et qUlt son Essence est I Amour et la Sagesse; cest pour cela quil nexisto pas dans le monpe un singulier dans lequel. il ny ait de cache de pres ou de loin un usage pour Ibomme, soit pour sa nourrituf8 par les fruits de la terre et aussi par les animaux, soit pour SOD velement par ces memes choses. (Et, eomme iI a ele dit, ) it est an nombre des meneillesl que ces viis insectes, que Ion nom me Vers it soie, faurnissent de velements el decorent avec magnificence et ~es femmes et les hommes, dcpnig les Reines et les R:ois jusquaux femmes de chaulbre et aux valets; et que ces viis insecles, qlJe Ion nomme Abeilles, foulDissent la cire pour la lumiere qui remplit de splendeur les Temples et les Palais. Ceux qui examinent dans le ~onde quelques objels singulierement, et non le tout universelle- ment dans la serie dans laquelle sont les fins, les causes moyennes ~t les effets, et qui ne deduisent pas que la Cr6ation provi ent du piin Amour par la Divine Sagesse, ne peuvent pas voir que IUni- ( vels est lOuvrage dun seul Dieu, ni que ce Dieu habite dans cha- cun des u~ages, parce quil est dans la fin. En e1let, quiconque est dans la fin est aussi daDS les moyens ; car dans tous les moyens il < "Ha iptimemenlla fin, qui met en action et uirige les moyens. Ceux·~,ui conlemp!,ent IUnivers non comme IOuvr~e de Dieu ni comme lHabitacle de son Amour et de sa Sagesse, mais comma IOuvrage de la nature et comm,e IHabitacle de la chaleur et de la lumiere du Wleil, ferment les superieurs de leur menial pour Bieu et ou- vreotles inferieurs de leur mental pour le diable,. et par suite de- pouiHent IHumain et revetent le bestial, et non-seulem~nt ilsse croient semblables aux betes, mais ils le deviennent meme ; en effet. ils deviennent des renards quant al,astuce, des 10ups quallt a la ferocite, des leopards quant a la fourberie, des tigres quant it la ~rt.laute, des crocodiles" des serpents, des hiboux et des chouettes quan! ala natur~de ces betes : ceux qui sout tels apparaissent aussi de loin, l1ans)e MQnde Spirituel, semblables a res animaux; la~ ~our de leur mal prend ainsi celteforme.
  • 23. ~o LA VRAIE t4. VII. LHOMME QUI NE RECONNAlT PAS DIEU EST EXCOMMUNlt:. DE LEGLlSE, ET DAMNE. Si -lhomrne qui ne reconnait pas Dieu est excommunie de lEglise, cest parce que Dieu est le Iou t de IEglise, et que les Divins, qui­ sont appeles Theologiques, fonllEglise, cest pourquoi.la negation­ de Dieu est la negation de tQutes les choses de lEglise; et cetle nega­ tion elle-meme lexcommunie,ainsi lhomme lui-meme sexcommunie., et Dieu ne Iexcommunie point. Si cet homme est damne, cest paree quetant excommunie de lEglise,il est aussi excommunie du Ciel ; cat IEglise dans les terJ;es et le Cielangelique font un, comme lIntern&­ et IExterne, et comme le Spirituel et le Naturel chez lhomme; et lhomme~a ele cree pal Dieu; afin quil soit quant 11 son Interne da~s le Monde spirituel et quant a son Externe dans le lIonde naturel. par consequen t il a e,te cree indigene de lun et de laulre Monde. atin que le spirituel quiapparlienL,au Ciel soit itnplante dans le natu­ rei qui appartient au Monde, comme it arrive pour une semence qui ~st mise en lerre, et quainsi lhomme existe et dure elernellemenl. Lhomme qui, par la negation de Dieu, sest excommunie de IE­ glise, et flar consequent dll Ciel, ai, ferme Ihamme Inlerne chez lui quant illalvolonte, ainsi quanl it son amour natif, car la volanle de I~homrne est le receptacle de son amour ct en devient la demeure ~ toutefois, il ne peut fermer son homme Interne quallt 11 lEntende­ ment, car sil le pouvail et le faisail, lhomme ne serail p~us homme; mais lamourlde sa volanle infatue par des faux les superieuls de lEntendeme,nt ; de la .1Entehdemen l devien t comme ferme quanl£ aux vrais quiapp,artienneut 11 la fQi et quant aux biens qui appar­ tiennent if la:1char.ile ; ainsi ilest de plus en plus contre Dieu et erl meme lemps contre les spirituels de lEglise; et par consequent it est exclu de la communion mec les Anges du Ciel ; des quit en a ete exclu, il se met en communion avec les Salans de IEnfer, et sa pensee fait un avec la leur, or tOllS les SaLans nient meu,et pen­. sentfollelllent de Dieu e,t des spirittfels de lEglise.; il en est de meme de lihomme conjoint ~vec!le1jx ; lorsque celrJi-ci est dans sori Esprit, ce qui arri,~e qu1t>nlil dans sa. lmlais~n, livre a lui-meme, il 1aisse dirigErll ses{perfsees pa~)lesJt>laisirs du }inal et du faux quil conyus et enrfanaes cnez ~u,r, lit penseral1lrs de :Dieu quil nexisle pas, mais que ce nest quun motlqui )relen Lft {lans les chaires piour lier
  • 24. RELIGION CHRETIENNE. 2·, 1e peuple a l~oMissance aux lois de la justice. qui concernent la Socie~e ; et eri outre il pense que la Parole, dapres laquelle les mi!. nistres parlent de Dieu, est un amas de reveries quon a, dapr~s IAutorite, revetu de Saintete; que le Decalogue ou Gatechisme est un petit livrequi, apres avoir ele use par les mains des enfants, -doit etre mis de cote, car il prescrit dhonorer les parents, de ne pointtuer, de, ne point commettre adullere, de ne point voleI, de ne pointJaire de faux temoignage,et il nest personne qui ne sache ·oola dapres la loi civile: au sujet de lEglise 1 il pense que cest seulement une reunion de genssimples, faciles it croir-e, et pusilla­ nimes, qui v,oient ce qllils ne voienL point: au sujet de lhomme et ,de lui-meme comme homme, i1 pense de la mame maniere quau sujet de la bele; etsur la vie apres la mort, de la mame maniere· que sur la vie de la .bete lorsquelle est morte. ,Ainsi pense SODl homme Interne, quelque different que soit le langa%e de son homme Externe; car, ainsi qui! a tHe dit, chaque homme a un Interne et un Externe, et son Interne conslitue Ibomme qui est appele Esprit et qui vilt apres la mort, et son Externe, dapres lequel par mora­ liteil a agi en hypocrite, est enseveli ; et alors it cause de la nega": tion de Dieu il devient un.damne. Tout homme quant a son Espdt est consocie a ses semMalJles dans le Monde Spirituel, et il est pour 3insidire.un avec ellX; et il ma eLe Lres-souvent donne dyvoir dans le~ Societes les EspriLs dhommes encore vivallts, quelques-uns, dans des Societ{~s angeliques, et quelques autres dans des Societesi infernales, et if ma aussi ete donne de parler pendant des jours ,entiers avec eux, et jelais etonne que lhomme lui-meme vivant en­ cOfe dans son corps len sutabsolllment rien : par HI jevis claire­ menl que celui qui nie Dieu est deja parmi,Jes damnes, et quapres la morl i1 est reeueilli vels les siens. 15. VIII. RlEN DE LEGLISE NEST· EN COHERENCE CHEZ J:IiOMMEQUI RECONNAIT, NON UN SEUL DIEU, MArs PLUSIEURS DIElJX Celui qui reconnait de foi et adorede creudm se1I1 Diell est danSla comnlunion des Sain,ts dans le5 terres et dans la cOmmunion de~ Anges dansles deux; ces assemblees sont diles, communions, et.,elles le sont, parce que ceux qui les composent sont en un seul Dieu, et quun seul Dieu eS1t en eux ; ,ils SOllt meme en conjonclion alec le Ciel Angeliq1le tout enlier, et joserai dire, avec lous el cba­
  • 25. 12 LA VRAIE elln la, ear ils sont ta.ns comma les tils1e.t les descendants duD senl P~re; leurs men tals. ~animi), le.iJrs mreurs et leurs faces sGnt si~ mHaires. ce qui fait qiJi,ls se connaissent mutuellemenL. Le Cial Ain­ lelique a ete coordonne en Societas oolon loutes ies varietes de Fa mOUF do bien, varietes qUii tendent a ,un seul Amour tres·,universoo., lamQurpour Dieu ; par eet Amour ont ete propages tous ceux qui J1lJconn;lissent de foi et adoren:t de COOllr un seul ;Dieu, Createur del lunivels, et e.n meme temps Reaempteur et MgeneratmJr. Maill it en est aulrement de ceux qUoi :cberchent et adorent non un seu:l Di~u mais plusieurs Dietix.slit que cala arrive en celqui1s e.n ado... rent un Mbouche et trojs par la pensee, CO.lllme font dans ,1EgLise: d:aujourdhui ,Ceux qui diskinguen,t Dieu,en trois P,ersonnes, et de-• clarent, chaqueJPetsotme Dieu par elle-rnenle, et attrlbuerll a chil­ cune des qua,lite~ separees, .ou des proprieHYs qui n"ap:partienneDll ppintrilune:atMe; ce qui fa,it que non-seu.Jement Ilmite l"de:/lnieu est en actnaiite ,divisee, inais palleillement ansst la Tijeologie elle;" m~rne et le Mental hurnai.n dans lequel elle doit ~tre. Qu,e nejaillit i1 de la dans les c~oses. de ,Eglise; sinon la ,perple:x!ite e,t l~illcoqe;" r.enc~? pans IA,ppendice qui sulvra cet Om,rage, it s8llaidemontr" qlue tel est !etat de lEglise daujourdhUi. Cast une verite que la division de Dieuou de iEssence Divine eh: frbis Personiles, dant,l cll~c.lille par elle-meme 011 ~eparellient estDieu, conduit it la nega:: tion d.e Diet! ; cest comme quelqulIo qui entredans un Temple pour ad9Ter, et qui voit sur 1;10 Autel un Tableau representant lin Diew comme l Ancien des joJJrs, Uf) Second Dieu comme Sbuv,erain.Poli-, tire, et un Troisiem.e oomme UlYl Eole volant, et a4-dessous celt~, inspription : Ces trois solit un Seul Dieu: ou peut-etra comme si lop y voyait lUnite et JaTrinite represeritees comma Ull homme avec trois Teles sur un seul corps, du avec ~rdis corps, s@us UJ;le saule Tete, ce qui est une forme "rn0nstrueuse ; si quelquun entrait avec ceUe idee dans,le Ciel, il en serail certainement precipite, lors, roeme qu:il dirait que la T,ete,du les Tlele6 signinent lEsserice,"et ]e Cp~ps ou les Co~pslesl PropFitHes dislincLes. .. ... " , .. ... C!fJA cequi lIientde~,e dit jlajouterai un MiiIORABLE: Je"vis quel... qQes E!!prits, nouvelJem~Qt a,rtjv6s du llonde naturel dans le Mond~
  • 26. RELIGION ·CHRETIENNE. 2~Spirituel, qui parlaient entre ellx des Trois Personnes Divines d~tOllte eTernite; i1s avaient ete Chanoines, et Iun deux Eveque; f1~JJaab orderent, et apres les avoir entretenus un inMant du MondeSpirituel, dont auparavant i1s navaient eu aucune connaissance, jeleur dis: Se vous ai enlendus parler des lrois Personnes Divines de (oule eternite : je VOIlS prie de developper ce grand Mystere selon les idees que vous en avez prises Jans le Monde naturel dou vousH ~les nOllvellement venus: et alors le Primal, me regardant, medit~ Je v6is que lu es laic; jouvrirai donc les idees de ma pellsce sur ce gtand Mystere, et je l enMignerai. Mes idees ont ete et son t encore que Dieu le Pere, Dieu leFils et Dieu IEsprit Saint son:assis dans le Milieu du aiel sur trois Sieges au Trones magnifiques el eleves; Dieu le Pere, sur un Trone dor fin avec un Sce·plre dans la main ; Dieu le Fils, a la droile du Pere sur un Trone daq;ent lres~pur avec une Couronne sur la lele ; el Dieu lEsprit Saint pres deux surun TIorle de cri~tal resplendiasant, lenant une Colombe dans lamain; que touL aulour deux" en triple rang, brillent par l~clat,despierres precieuses des lampes suspendues; et que loin de ce Cerclese tientune quantitcinnombrable dAnges qui tous adorent et glo~riflent; qllen outre Dieu le Pere et son Fils senlretiennent conti­nuellement de ceux qui doivenl etre justi-fies, eL quentre ettxilsdeterminent et decident quels sont dans les telres celiX qui seraientdignes detre reClIs parmi,les Anges et dMre couronnes die la vieeternelle; que Dieu IEsprit Saint, aussitot quil a entendu pronon­ cer leurs noms, se dirige plomptement sUT]e globe de la terre velseux, pOllant avec lui les dons .de la jusLice, tout aulant dasswrancesde salut pour ceux qu i doivent etre justifies, et des qui arrive etqui1 souffle, iI dissipe les peches. comme un venLilateur chasse lafiJm~~ dune rou-rnaise et la olanchit ; il enleve aussi de leurs creurles duretes de la pierre et y porte les mollesses de la chair, el enIMme temps iI renouveJle leurs Esprits ou leurs mehtals, il les engendre,de noUeau et leur d~nne des physionomies enfanlines; en­fin, il marque leuFs fronts du signe de la croix, et les nomme tHuset fils de Dieu. Ce. discours termine, ce Primat me dil; Cest ainsique rat developpe ce grand m)sLere dans le Monde; et conll~e l:tp:lupart desmembres de notre Oldre y ont applaudi mes paroles.je Stispersua~ que ~oi aussi, qui es laie, tu y aioules foi. :lrM
  • 27. 2:4 LA VRAIEque lePrimal eut prononce ces mOIS, je le regardai attentivementet en mem~ temps les ~banoines, qui etaient av.ec lui, et je emar­q.uai quils I,uidonnaient tous un plein assentiment, je commen~aidonc it repondre, etje dis: Jai bien examine lenonce de ta foi, etj,eD ai c~mclu qle tu Ces forme et que tu retiens avec plaisir surDieM Trium une idee absolument nalurelle et sensuclle, et memema,terielle, de laquelle decoule inevitablement lidee de trois Dieux ; n;e~t-ce pas penser sensuellement de Dieu ,le Pere que de lasseoir sur un Trone avec un Sceptre dans la main; et du Fils, que de las­ seoir sur son Trone avec une Couronne sur la ,Wte; et de IEsprit &aint, que:,~fe le placer sur le sien avec une Colombe dans la main, e~,~~ lui faire parcourir leglobe de laterre selon ce qujJ a entendu? ~tiPllisqulIne lelle idee resulte de la, je ne puis ajollter foi 11 tes p~roles : en etr~t, dans mon enfance, je nai pu admeUre dans mon merltal doautre idee que celle OUN SEUL DlEuhe,t comme je rai seule admise et que je la retiens, tout ce que tu as, dit sevanouit cheli lloi,; et alorsjai vu que palle Trone sur lequel, selon IEcriture, Jehovah est dit sasseoir; est entendu le Royal)me ; par le Sceptre et,la Couronne, le Gouvernement e,l la Domination ; par ,sasseoir a. la d~oite, la TOlJte-Puissance ,de Dieu par son Humain ; et par, t,outes les choses qui sont diles de IEsprit Saint, lIes Operations de l,a Dirille Toute-P~esence: prends, si1, le paH, Iidee I)UN SEUL ~1EU,: ron,le-la bien dans ton Raisonnement, et tu saisiras entin avec clarle que cela est ainsi. Vous, it est vr~i" vous dites ainsi floe Dieu, ~st ~Jn, et cela, parceque"vo,us failes une, et aus~i indivisible lEs­(~ence de ces Trois PersRnnes; ma,is vOJ!L.D.~J~~rmett~ pa~_~e) que)qu,pn disc que ce Die].1lJ~jq~e ~sl u~e seu,I~ r..~e, VOll~- e~!!_u ...Q.o,nlraire~i...Y ,"ep!,~it trois; eL vOl,Isllfaites eela aE.~ Cl!!1 ti,d~e de,l,!.,g!s .Q.iellx, teJ!e. ql!~~ la :~~re, ~. p~isse, ~oi-"-t ; et vous altribue~ anssi 11 chacun une propriete separee de I la proprieL~i de rautre,~ l1est-ce p~sde celle maniere divise,r votre Essence Divine!) Ppisquil en est ajnsi, comment pouNez~vous dire ,et e,n meme temps1 penser que Dieu est lIln? J,e vqus le pardonner,ais, si vous disiez que le Divin es~ un. Go_~en~ q~q~un".q!!!!!<!. il !n~end ~ire~, Le ~he.....ft.§.tPieltt.!.(0!J~tDif!u, (~§.sprif:t..S~nt est Die~t, e~~ha-.) que Persori!:.een parliculier est pieu, peut[ICp,enserquil uya ql~~~ se~1 Dieu ?Nest-~e pas ~ne co.nlradfcLion ~ laqueile ilUesl
  • 28. RELIGION CiHRltTIENNE. 25 jaUlais possible d ajouter foi? Qu on puisse dire, non pas un seul Qieu, mais un sernblable Divin, ceb, peut elre- illuslre ainsi: De ph.lsieurs hommes qui formeu,t ensemble un Scnat, un Consistoire ,~uun Concile, on ne peut pas dire q,uils sont un seul homme ; mais, .quand sur touLes choses en general et en particulier il y a. une seule opinion, on peul dire quils ont un seul sentiment: on ne peut pas (dire non plus de lrois diamanls dune meme substance quits sont I un seul Diamant, mais on peut dire quis sonl un quant il. la subs­ tance, et aussi que cbaque Diamanl differe de lautre par leprix se­ Ion le poids propre ; toutefois, iI nen est pas de meme, sil y en a ( un seul et non trois~ lIais je percois pourquoi vous dites que leSl, trois Pe~sonnes Divines, dont chacune par elle-meme 011 en parti­ culier est Dieu, sonl un seul Dieu, et pourquoi vous enjoignez a .chaque membre de lEglise de parler ainsi ;;;CSI p~une Rai­ ~ 1;,;; eclairee etsaine reconnatt danSiOlitiUnivers quil ny a quun ) seul Dieu, el quen consequence vous seriez couverls de,bonle, si vous ne teniez pas aussi le meme langage;mais neanmoins quand ) vous prononcei un seul Dieu, quoique vo~ensiez !!:Qis, cette honte I .cependant ne retient pas ces deux mols dans la bouche, mais vous lIes enoncezLEveque, aprcs avoir entendu ce que je venais de dire, ( se relira avec ses Chanoines, et en se relirant il se relourna, et vou­ ) 1ut secrier: Il ny a quun seul Dieu; mais il ne put, pa~qu~a , p<e!!-~eti~::.I_~g!!.e, eL~lors ill!.~nca~~~_~e :1.1 l J l!lrois Dieux. En oyaIlLc.et~tf~pro~Jgieux, les assistants ecla­ leren~ de ;rire et sen allerent. ~ Ensuite je demandai OU je trouverais, parn1i les Erudits, ceux ,qui ont le plus de penetration, et qui liennenl pour la Divine Tri­ njte divMe en trois Personnes: et, it sen plesenla trois auxquels je dis: Comment pouvez-vons diviser la Divine Trinite, en Trois ~ersonnes, et sou.lenir que chaque Personne par elle-meme au en Pilrliculier est Dieu et Seig·neur? Est-ce quainsi la confession de ,boucbe, que Die!!-est DJ), nest pas aussi eloignee de la pensee, que., leUidi est loin. du Selten.Lri,on? A cela ils repondirent ~ Elle nen ,est nullement eloigpee, paree que les trois Personnes onfUne Seule } -" " . . - ­ ~enee, et que la Divine ,E~senQ~.est Di~ll; nous avons ele dans le .Monde les Tuleurs de la .rrinite .des Personnes, elle Pupille dont .n.ous avons g~re la tutelle etait notre foi, dans Iaquelle ehaque Per­
  • 29. 26 LA. VRAIE so nne Divine a oblenu sa part; Dieu le Pere a eu en partage dim­ puter et de donner; Dieu le Fils, dintercedel et d.elre mediateul"p et Dieu IEsprit Saint, deflectuer les us:lges de .JJmputalion et de ]a mediation, Mais, ai-je demande, quenten,dez-vous par Divine E.!~e? lis repondirent: Nous entendons la Toute:Pllissance, la T oUle-Science, la TOII;le· Presence, IImmensite, lEternile, lEga­ lite de Majestc. Alor:; je leur dis : Si ~elte Essen~fait de plusieufS! Dieux Un Seul, vous pouvez encore en ajouter plusieurs, par exem­ ,pIe, un qualrieme dont iI est parle dans MOlse, dans Ezcchiel et dans Job, et qui est appele Dieu Schaddat; cesl alOsi que, dans la Grece et dans )Italie, ont agi les Anciens, qui ont departi de pare~hj; atlribuls et par consequent un!! se...mblabl~ce a lellrs dieux, comme a Salurne, a JUI)iter, a Neptune, aPluton, a Apollon, aJu- non, a Diane, a MineIve, et m~me aussi 11 Mercure et a Venus, maiS) toujours est-il qujls nont pH dile que tOllS ces dieux etaient un seul Dieu ~t vousaussi, qui elestlois, et,co7nmeJeTeper~ois .. )dune semblable erudition, et ainsi dune sen~blable ~ssence qu..!!!·"I a,l.erudition, vous ne pouvez cependant vous combineI, en un seul. I bomme erudil. iJais a ces mats, ils se mirent a rire, eri disant ~i Cest une plaisanterie: il en est tout autrement delEssenc..eJ1i.YJ.!le ;1 celle-ci est une et Don lriparlie, et cUe est indivisible et ainsi non divisee; le partage et la division ne lombent point en elle, Lorsqll feus elil.endu ces paroles, je repliquai : Deseendonsdans cette arene, et con/ballons ; et je leur demandai : Quel]l.llILd~~o~ paue !!lot Pe!~ne, el que signitie celle expression? Ell ilsdirent: Le nom, de Persorme signifie, non pas tine partie ou tine qualiti dam un aul1e, maisCe qui suhsiste proprement ; ain~i est defini I(l Ul..Q!.Personne par tous les Chefs de IEglise, et par nous avec eux, Et je dis: Est·celil la definition du mot Personne? Et ils repondi­ rent: Oui. Ains;, leur dis-je, il ny a aucune partie clll Pere dans­ le Fils, ni aucune parlie ite Iull cl de Iautre dans IEsprit Saint; doil il resulte que chacun est mail re. de son arbilre, de son droit" ct de SOD !luuvoir, et ainsi il nYja rien qU:i conjoigne, sinon la vo lonle qui est ,propre 11 chacun, e par con,sequent colnoHinieable selon le ban plaisir: Jes _trois_ PersQ,~!!~ ne sont-~!l~Lpas _Mns) tr9i.s ~i~~_x disti~.ls? Ecoutez enco~ : ~VoUS1ez aussi donn~ pour;/ . definition de la Personne, qUtJ cest Cl~_A!!!,~bsiste proprem~tl;
  • 30. RELIGIQN CHREtIENNE. 21 par consequent il y a tr~ substances ~!~_1esquel~s V~~_B partagez t rEssence Divine, et~p~~~ue Essence, .:-~~us le diles: . ll.ussi, ,estimparlageable, parce qUelle est une et indi,viSffile; et d& plus ~. cbaquesubStance, cest-it-dire, a chaque Persollne, VOUSl attribuez des proprietes qui ne sont point dans une autre, et qui ne peuvent point non plus ·~tre communiquees a une autre, savoir, IImputation, la MMiation et lOpera-tion; alors que resJUte-t-il de la, sin.Qn qu~_les .!!oi~~ersonnes sonl trois Dieux ~ A ce~mols, ils se retirerent, en disant: Nous agiterons ces questions; et apres lexamen nous repondrons. Un sage, qui etait present, ayanl en­ tendu celle discussion, leur dit : Je ne veux pas considerer ce 8ujef sublime it travers des treillis si subtils, ma.is· en debors de ces sub­0{ { tilites je vois dans une lumiere claire q~ l!a~les _idees de vOI~e p~n~~jl la trois pieux ; mais comme iI y a pudeur a exposer ces ( idees devantle Monde entier, car si vous les pubJiiez, VOUi) seriez:2 ~ appeles insens.es el fous, il-i~yort~ donc, pour evi~lig~ominie, 1 que vous con(essiez de bonche un seul Dieu. Neanmoins cell trois erudils ~t~~~ient a,vel" opl1i,atre~-~ leur opinion, ne firent au­ cune attention aux ~aroles du sage, et en sen allant ils pronoH­ ~aieflit en murmurant quelques termes empruntes ala metaphysique; ce qui me fit remarquer que celle science etait le brepied doit ils, vo~draient donner des reponses. DU blVIN tTRE, QUI EST JEHOVAH. is. Il sagit dabord dli Divin EIre, et ensuite il sera traite de I Divine Essence: il semble quil y ait r entre Jes deux une identite parfaile, mais loujours est-il que lEtre est plus Univers,el. que IEs­ sence, car IEissence suppose lElre, et cestdapres rElre quil ya lEssence: lElre de Dieu ou lEtre Divin ne peut etre decrit, parce quil est au-dessus de 10.lte idee de la pensee hilmaine ; il ny a que le crM et Iefini quitomblmt dans celle p,ensee, mais lIncree et liJnfininy lambent point, oi par consequent lEtre Divin: IElt-e, Divin est lElre meme daples lequel toutes choses SOOl, el qui dait.· titre dans toulesch-oses pour qu eltes so.ient. ,Une union plus com­ plt~le sur lEtre Divin pe~t decouler des Arlicl.es suivanls :
  • 31. ~8 LA VRA.IE I. Ce Die" Un est appete.JChovah dapres l~tre, par cons!, quent parce que Selll il Est, il a Ete et il Sera, et parce quil ~st le Premier et le Demier; le Commencement et la Fin, lAI­ pha e~ l Omega. n. Ce Di~u Un est la Substance m~me et la Forme m~me, lft; les Anges et les Hommes sont des substances et des forme~ 4apres 4Y..i; et autant its sont en Lui et Lui en eux, autant its..~qnt ses images et ses ressemblances. Ill. Le Divin Etre est l Etre en soi, et en meme temps l Exis­ ter en soi. IV. Le Divil1 Etre et Exister en .soi ne peu,t produire un auer ~ Divin qui soi.t l Etre et l Exister en soi, par consequent un autre Diete de mhne Essence nest pas admissible. V. La Plumlitd des dieu.x dans les,Siecfes anciens et aussi4e nos jours na existe qt;e palce qu~on na pas compris le Di~ v,in Etre. I Chacun de ces Articles va etre explique separernent. ,19. I. CE DIEU UN EST APPELE JEHOVAH DAPRES r:ETRE, PAR CON..SEQUENT, UJCE QUE SEUJ, lJ"EST,. IL A En!: ET XL SERA, ET PAltCE~UIL EST LE PREMlER ET LE DERN-IER, LE Comn:NCEMEN! ET LA .E~~, r:ALPHA, ET r:OMEGA .. Que Jehovah signifie Je suis et I Etre, cela est connn; et queDieu des les temps tres-anciens ait ete ainsi appele, cela est cons­tant dapres le Livre de la Creation, ou dapres la Genese, oudansle Premier Chapitre ihest nomrne DielJ, et dans le Second Chapitre e.t dans Jes suivants, Jehovah Dieu : et plus tard, quand les descen­dantsdAbraham issus de Jacob. eurent oublie le nom de Dieu .pen­dant leur residence en Egypte, il le,ur fut rappele 11 la mernoire; il en est ainsi parle: «I Moise dit aDieu: Quel (estj ton Nom?Dieu.dit: JE 8ms QUI (est) JE SUIS. Ainsi tu diras aux Fils dIs,­ rael: JI!: 8ms ma envoye ve1:S vous; et .tu diras: JEROVAH, LE HIED de vos, lP eres, nz a envoye lYers vaus : Geei est mon nompour NtemitfJ, et ,eeci mon Memorial de generation en !leneration. )~ - Exod. Ill, 14, i5. - Puisque,Dieu Seull est Je .suis et .lEtre, ou Jehovah, it uy a donc rien ,dans lUnivers Icreefjlli n~ tire son etre de Lui ;rmais comment? cest ce quon verra ci-de~.:;ous :la m€me chose est. aussi enlendue pal ces paroles: « Jesuis le PIe~
  • 32. RELIGION CHRETIENNE. 29 mieret le Dernier, le Commencement et la Fin, lAlpha et 10- meqa. ) - Esai"e. XLIV, 16. Apoe" I. 8, i1, XXII, 13; - ce qui signifie Celui qui depuis les premiers jusquaux derniers est le Memeet IUnique, de Qui, toutes choses procedent. Si Dieu est ap-fete l Alpha et lOmega, le Commencement et la Fin, cest parce que l Alpha est la Premiere et lOmega la Derniere Letlre dansl Alphabet Grec, etI par suite signitient tontes choses dans le com- plexe; cela vient de" ce que chaque Letlre Alphabetique,L11 dans le Monde Spirituel, signifie quelque chose, et que les Voyelles, paree ~uelles servent au son, signifient quelque chose de Ialfection ou de lamour ; de cette origine procede le langage Spirituel ou AngeIi- que, et aussi lEcrilllre dans le Monde Spirituel. Mais cela est un Arcane jusqui!. presellf inconim; it y a, en effet, une Langue Uni~ verselle, dont se servent tous les Anges et tous les Esprits, et qui na rien de commun avec aucune Lang-ue des hommes dans le Monde; tout homme apres la mort po&sMe cette Langue, car elIe est innee dans chaque homme dapres la creation; cest pourquqi da~ns tout le Monde Spirituel chaeun peut comprendre ce que dit un autre: iI llIa tres~souvent He donne dentendreparler cette Langue, et j ai reconnu quelIe n.a pas meme de conformite dalls la plus p~- tite chose avec aucune Langue naturelle de la terre; elle en diffe,e dapres son premier principe, qui eonsiste en ce que chaque letlr~ de chaque mot signifie quelque chose. Cest done de Ja que Dieu es:t appele I Alpha et !Omega, ce qui signifie que depuis les, premiers jusquaux derniers it est le Soi-nieme et lUnique; de Qui toute~ , 11 ~ choses procedent,; mais sur celte Langue et sur son Ecdlure qui decoulent dela pensee Spirituelle deS ~Anges, voir dans le Trai!~ ~ 11 de l AMOUR CONJUGAL N°S 326 it· 329, et aussi dans ce qui suit. 20. H. CE DIEU UN EST LA SUBSTANCE MEME ET LA FORME lII1hIE, ET LES ANGES E~LES HomfEs soNT DES SUBSTANCES ET DES FORMES DAPRES LU!; L . ET AUTANT lLS SQNT EN lH ET LUI EN EUX, AUTANT .1 , , ,I~ , , ~ .l 11 lLS SONT SES IMAGES ET SES RE5SElIIBJ,ANCES. Puisque Dieu est IEtre, il est ~ussi la Substance; en effet, IE.~re, it moins qu)l ny ait substance, est un elre de raison; car la sub~ stance est letre subsistant (ens subsistens) ; et celtii qui est la sub f ~l~nce est I :ussi la !form~, carJ l~ "substance, a moinsquil ny ai~ lorme, est un etre de raison; Itine el Ialltre peuvent done se dire
  • 33. ~o LA VRA.JE de· Dieu, mais en ce $ens qui! est la Substance unique, la Sustancememe, la Substance prl~miere, et la Forme unique, la Forme me~~. la Forme premiere. Que cette Forme soit la Forme humaine meure. cest-a-dire que Dieu soit lHomme Meme, dont tout est infini, cest ce qui a He demon~re dans LA SAGESSE ANGELlQUE SUR LE DIVIN AMOUR. ET LA DIVINE SAGESSE, publiee a Amsterdam en 1763; il Y est de meme demolllre que les Anges et les Hommes sont des substances,et des formes creees et organisees pour rr.c6voir les Divins qui in­ fluent ell eux par le Cie; cest pourquoi, dans le Livre de la crea­ tion, ils sont appeles Images et RessemOlances de Dieu, - Gen. I. 26, 27; - r et ailleurs il est dit CfUils sont fib de Dieuel nes de Dieu ; nJais, dans le cours de cet Ouvrage, iI sera demontre en plu­ s·i.eurs endroils, quautant Ihomme vit SOilS Iauspice Divin, cesl-3­dire, se laisse conduire par Dieu, autant il d~vienl de plus en plus,inlerieurement limage de Dieu. Si lon ne se forme pas de Dieu lir­ Me quit est la premiere Substance et la pr,emiere Forme, et qu~ sa Forme est la Forme Humaine meme, les ifentals humains peuentfacilement inlroquire en eux des fantaisies comme des spectres surpi ell Lui-Meme l SUI lorigine des hommes, et. Sill la,Cre,aLio!n du Monde ; s~r, Dieu, navoiT daulre nOlion qu.e comme de la N1ture de lunivers dans ses premiers, ainsi comme de IEtendue de la na,­(tur.e, ou comme du vide ou dJljneant ; Sill lorigin y des hommes. Den avoir que comme du concours forfuit des elements dans laforme humaine; sur la Creation du Monde, sima.giner que Iorigine de ses substances et de sesformes vient de points et ensuite delignes geometr.iques, qui, nayant aucupe attribution, ne sont par con~er quent r,ien en eu)(.-memes ; chez de tels hommes tout, ce qui appar­ tient a IEglise est commele Styx, OU comll,le Iobscuritedans le Tarlare. ., . 24. Ill. LE DIVIN ETRE EST LETRE EN SOl, ET EN Mlhm TEMP~LExISTER EN 501. Si Jehovah Dieu est IEtre en soi, cest parce quil est Je Suis, le a Soi..,meme, lUnique, eUe premier, de toute eternile toule ete~nite. par qui est tout ce qui est· pour etre quelque chose ;, cest ainsi" e.t non autrement, quil e,sl le Commencement et la Fin, le Premier et ne le Dernier. lAlpha et lOmega : on peut dire"quil est SOn Etredesoi, parce que ce DE 501 suppose un ariterieur ~t ains~ le temps, c;
  • 34. RELIGION CHRETIENNE. 31-qui nest pas admissible dansllnfini quon nomme DE TOUTE ETERNITE (ab ceterno), et sup,pose aussi un autre Dieu, qui Est Dieu en wi,ainsi suppose Dieu de Dieu (Deus a Deo), ou que Dieu sest forme Lui-merne, et, ainsi ne serait Di lncree, ,Ili Infini, parce quainsi il sest fini de lui-meme ou dapres un autre. De ce que Dieu est IEtre en soi, it sensuit qu..jJ est lJmour en soi, la Sagesseen soi, et la Vie en soi, et qUit est le Soi-meme de quoi toutes choses sont, et a quoi toutes choses se referent, pour etre quelque chose; que Dieu soit la vie en soi, et ainsi Dieu, on le voit par les paroles du Sei~ gneur dans Jean, ch. V, 26; et dans Esaie: « Moi Jehovah, je fais toutes choses, deployant seul les Cieux, et etendant la Terre par Moi-meme. - XLIV, 24. - Et it est dit quit est Seul Dieu et quexceptd Lui il ny, a point de Dieu.--:- Esaie, XLN, 14, i5, 2, 22; Hosee, XIII, 4. - Si Diell est,non-seulelpent IEtre en soi, mais aussi IExister en so,i, cesl parce que lEtre. a moins qUil nExisle, nest pas qllelque chose; et de mcme lExister, a moins quil ne soit dapres lEtre ; cest pourquoi, Iun etant donne,. lautre doit clre donne; pareillement, si la suhslance aussi na pas. une forme; de la Substancc, sil ny a pas form~, rien ne peut etr6J dit, et cela nayanl point de qualite, nest rien en soi. Si1 est dit ici IELre el lExister, et non IEssence et IExistellce, cest parce quil faut dislinguer entre lElre et lEssence, et par suite en­ tre IE:l.istpr et lExistence, comme entre lanterieuret le poste­ rieur; au Divio Et,e sappliquent lInfinile et IEternite, tandis qua la. Divine Essence et a la Divine Existence sappliquent le Divin Amour et la Div,ine Sagesse, et par ces deux-ci hi Toute-Puissance et. la Toute-Presence,donrpar consequentil sera traite dans leur ordre. 22. Que Dieu soit le Soi-rtJeme, lUnique et le Premier, qui est Domme IEtre en soi et lExistel en soi, de qui procMent toutes les. choses qui sout et existent, cest ce que lhomme Naturel ne peut nullement decouvrir dapres sa raison, car lhomme Naturel dapres sa raison ne peut saisir que ce qui apparlient a la nature; en effet, ,ce qui appartient it la nature cadre avec son. essence, parce quH ny est entre rien autre chose depuis son enfance et sa jeunesse ; mais cdinme Ihomme a ete.cree pour etre Spirituel aussi, parce qUit doit vivre apres lamort et etre alors parmi les Spirituels dans Ieur Monde, cest pour cela que Dieu dans sa Providence a donne une Parole.
  • 35. 32 LA. VRAlE dans laquelle non-seulement il sesl rcvele Lui-Meme, mais dans la­. quelle il a aussi rcvele quil y a un Ciel el un Enfer, et que tout homme doit vivre eternellcment dans run ou dans lautre, chacufl . selon sa vie et en meme temps selon sa foi. Dieu a aussi revcle dans la Parole quil est Je Suis ou rElre, et le Soi-meme et rUnique qui en soi est, et ainsi le Premierou le Principe. dou procedent toutes chases. Cest par celle Revelation que Ihomme Naturel peut scle­ vel au-dessus de la nature, ainsi au-dessus de lui-meme, et voir­ les chases qui sont de Dieu; mais toujours cependant comme de I loin, quoique Dieu soit procle chez cbaque homme, car il est en lut. avec SO/l Essence; et cela etant ainsi,il.est proche chez ceux qui Laiment, et ceux-lil Laiment, qui vivent scIon ses precepteset qui eroient en Lui ; eux Le voient pour ainsi dire Lui-~feme ; quest-ce que la foi, siooo la vue spirituelle que Dieu est? Et qu€st-ce que la vie selon les preceptes de Dieu, sinoo la reconnaissanoe acluelle que· le salut et la vie eterI)elle viennent de Diell ?Ceux, au conlraire, qui sont non dans la foi spirituelle, mais dans la foi naturelle, laqllelle. est seulemenl une science, et par suite dans une vie sernblable,voient: Dieu, il est vrai, mais de loin, el cela seulemenl quand ils parlent de Lui ; entre les premiers el ceux-ci i1 ya une difference, comme entre ceux qui sont dans la c1arle de la lumiere et qui voient les hommespres d1 eux elles louchent, el ceux qu i sont dans un brouillard epais, el qui par sui le ne peuvent· voir si ce sont des hommes, ousi ce sont des arbres 011 des rOGlrers ; ou bien enC0J.c,comme enUre eeux qui sont sur une halite Monlagntl ou est situee une Villa et qui vont c;a et la et sentreLieilnent a"ec leurs concitoyens("et ceux qui ,de celle IIIonlagne re(ardent en bas et ne distinguent pas si les o~­ jets quils voient sont des hommcs, ou si ce sont des beles oUdes statues; ou Lien encore comme entre ceux qui sont sur un globe planetaire et y voient leurs semblables, et ceux/qui sont sur un aw.. Ire globe planetaire un telescope a la main, et regardentune planete,,.et qui uisent y voi,r des hommes, lorsque cependant its nCINoienUen genler,,1 que des terres lelles quien presente le brillant,del]atune, et des eaux telles quen presenten! les taches de ce satelJ,ile.JII.&"a une 4ipareille difference enlre vloir.Dieuet les D1vins qui procedent de Dieu dansJeurmental" chez ceux,qui sont dans la foi et,~n menre,.temps dans la vie de lachalitc, ctchez ceuX qui sont seulement a
  • 36. RELIGION CHRETIENNE. 33 eel egard dans la science, par consequent entre les homilies Naturels et les hommes Spirituels. Quant it ceux qui nient la Divine Saintete de la Parole, et qui cependanl portent comme dans un sac sur le dos les choses qui apparliennent ~ la Religion, its ne yoient point Dieu, mais ils font seule;nent reter,tir le nom de Dieu, diffelanl peu en cela des perroquets. 23. IV. LE DIVIN ETRE ET EXISTEIl EN ~OI NE PEGT PRODUlRE UN AUTRE DIVIN QUI SOIT LETRE ET LExISTER EN sal; PAR CONSEQUENT 11N AUTRE DIEU DE M"EME ESSRNCE NEST PAS AmnSSIBLE. Que le Dreu un, qui est le Createlir de JUnivers, soitlEtre et l;Exisler en soi, ainsi Dieu en soi, cest ce qui a ele monlrejus­ qUici; il suit de la quun Oieude Dieu (DellS a Deo) nest pas ad­ missible, parce quen iui il ny aurait pas IEssentiel Divin meme, qui est lElre et lExister en soi ; peu importe que ron dise elre en­ gendre de Dieu, ou procCdel de Dieu, cest loujours neanmoins etre produit par Diell, el ceb differe peu dctre crM; en consequence, inlroduire dans JEglise la foi quily a lrois Personnes Divines, dont cbacune en parliclllier est Dieu, el de meme Essence, el que lun est ne de toute eternile, et qlleletroisiemeestprocCdantdelouteeternite, cest absolumentabolirlidee de IUnitedeDieu etavecelle toule notion de la Divinile, et ainsi faire que toulleSpiritueldelaraisonsoitexile; par suite, !homme nesl plus un homme, mais il eslloul enlier Na­ lurel ; il ne dilfele plus de la bete quen ce quil peul parler, et iI est oppose it tous les Spirituels de lEglise, car Ihoml11e naturelles nomme des reveries; cest de HI et non dautre part que sont sorties lant denormes heresies sur Dieu : la Divine Trinile divisee en Per­, sonnes a donc porle da~s lEglise non-seulement la nuit, mais aussi la mort. Que lidenlile des trois Essence~ Divines soit le scandale de la raison, cesl ce qui ma ete prouve par les Anges; ils mont dil qui!s ne peuvent pas meme prononcer quil y a trois Divinites egales, et que si quelquun venait it eux, el voiJlait le prononcer, il ne le pourrait pas sans se detourner, et quapres Iavoir prononce, it deviendrait comme un tronc humain, et serail precipitc en bas, pour, aller ensuite dans IEnfer vels ceux qui ne reconnaissent all­ cun Dieu. Cest une verite, que graver daps lenfant et dans le jellne homme Iidee de trois Personlies Divines, a laquelle sattache inevi­ lablement lidee de trois dieux, cest leur enlever lout lailage spiri. I. -- . 3
  • 37. 34. LA VRAIE tuel, et ensuile tOllt aliment spirilUel, et en6n lout raisonnement spirituel, et chez ceux qui sy sont eontlrmes, introduire la mort spi­ rituelle. 11 en est tOllt autrement chez ceux qui de roi et de crellr adOient un seul Dieu Createur de lUnivers, e,t cn meme temps Re­ dempteur et Regenerateur; leur situation resscmble a celle de la Ville de Sion du temps de David, et tl celle de la Ville de JerusalemIdu temps de Salomon apres que le Templeeut ete b:iti, tandis que lEglise qui croit en trois Personnes, et en chacune comme en un Dieu particulier, ressemble aux villes de Sion et de Jerusalem de­ truites par Vespasien, et au Temple qui y rut incentlie. De plus, 1homme qui adore un seul Dieu flans Leqllel est la Divine Trinitc7 • I et qui e~t par consequent une ,seule Personne, ,devient de plus en plus vivant et homme ange, tandis que celllr qui se con6rme dans la pluralite des Dieux dapres la pluralilc fles Personnes, devient.suc­ cessivement comme une Statue composee <le membres mobiles, au milieu de laquelle est Satan, qui parle par la houche articulee de la statue. 24. V. LA PLURALlT~: DES DTEUX DANS LES SIl~CLES AiiCIEN~, ETAlISSl DE NOS JOURS, NA EXISTE QUE PAReE QUO:-i N,. PAS COMPBISLE DIVIN ItTR!:. Qne IUnite de Dieu ait ele intirnement gravee dans le mental de,chaque homme,. parce quel!e est dans le miiieu de toutesles chosesqui influent de Dieu dans rame de Ihomme, ce~t ce qui aete mon- tre ci-dessus N° 8 : mais si neanmoins elle nest pas descendue delil (lans lEntendement humain, cela vient de ce que les connais­sance~" pal]esquelles it faut que lhomme monte au-C1evant de DieD,onl u:anque ; chacun, en effet, doit prepareIll Dieu le chemin, cest­a-dire, doil se prepareI : la reception, et cela doit se faire par lesconnaissances. Les connaissances qui ont manqlle, de sorte que ren­tendernent lla pu penetrer jllsquil voir que Dieu est un, qllil ny apas de Diyin ]<~tre possible sil nesl Unique, et que tout ce qui ap­partient il la::Nature vienl de ee Divin EIre Unique, sont les sui­vallles : to Jusqua present personne n;lva.it rien su du Monde Spi­rituel, oil: sont les Esprit:; et les Anges, et dans lequellout hOI!lm6vie,nt apres ~la mort. 2° On avait pareillement ignore que dans eelMonde il y a un Soleil, lequel e~t le pur Amour lirocedant de Jeho-vah Dieu, qui est au milieu de ce Soleil; 3°, Quil procMe de ce So­
  • 38. RELIGION CHRETIENNE 35leil une Chalellr qui daJjs son essence est rAmour, et une Lumierequi. dans son essence est la Sagesse; 4° Que par suite lootes leschoses qui sont dans ce Monde sont Spiriluelies, affeclent lhomInterne, et constituent sa Volonle et sonl Entendemeut; 5° Que lit­hovah DiCl! pal SOil Solei! a non-seulement produit le :&1onde Spi­ rituel, et loules les choses spirituellcs de ce monde, qui sont inoom­ brables et substantielles, mais allssi le lIonde nalurel et loutes les.choses naturelles de ce monde, qui sont de meme innombrables, mais malerielles, 6° Pelsonne jusqllil present na su la difference.quil y a entre le Spirituel et le Naturel, ni m~me ce que cesl queJe Spiriluel dan~ son essence; 7° Ni quil y a trois Degres de IA­ mour et de la Sa~esse, scion lesqllels lesCieux angeliqiJes ont ete.mis en ordre ; 8° Ni que le lIental humain a ete dislillguc en aulant-de degres, c,t cela, pour quil puisse apres la mOll Nre clevc dans Illn des trois Cieux, ce qui se fail selon sa vie el en mcme lemps~elon sa foi ; go Ni enlin, que toutes ces choses nonl pu, quanl it un.scul point, exislcr que pal le Divin Elle, qui eSllc Soi-lIcme en soi~.et ai:Jsi le Premier et le Principe clou procedent. toutcs choses. Ces conllaissances par le~.qllclles cependallt Ihomme doit montel et con... llaille le Divin EIre, OflL manque jusquil present. 11 est dit que Jhomme monte, mais il est enlendu quit est elell~ pal Dieu ; car lholl)llJe a le Libre arbitle de sacquerir des Connaissances, etselon illld sel! acquiell dapres la Parole, au moyen de IEntendernent, il aplanit le chemil) pal leqllel Dieu descend elleleve. Les connais­ sances par lesquelles se fait lascension pour lEntendemenl humain. Dieu tenant lhomme paf la main el le conduisant, peuvent elre.compar6es aux dcgres de lechelle que Jacob vit appuyee SUI la terre, et dont le sommet alteignait le Ciel, par laquelle des Anges montaient, et au dessus ae laqueILe se tenait Jehovah. - Gen. XXVIII,. 1~, 13. - 11 en est tout aulrement quand ces Connaissances manqucnl, ou quand lhomme les rneprise; alors lElevation de felllendement peut elle compalee it une echelle dressee de terre vels une fenelle du premier clage dun Palais magnifique, ou de­ meurent des hommes, et non vels les fenetres du second 6tage oil demellren t des Esprils, et moins encore vels les fenetres du troisiem6 elage Oil demeurent des Anges; it arrive de 111 que lhomme nha­ . bile que l1an~. l~s a-tmosplleres et dans les chos~s materielles de la .
  • 39. 36 LA VRAIEnature, dans resqllelles it tient ses yeux, ses oreilles et ses.narines,. et de!>quelles il ne pllise sur le Ciel etsuI IEtre et IEssenee de Die~~.autres idees que des idees atmospheriques et matericlles; etlhomllle qui pense dapres ces idces ne peut en rien juger de Dieu,siliexiste ou sil nexiste paF, sil est un ou. sils sont plllsieurs, ni, a, plus forte raison, quel il est quant a son Etre et quant iJ. son Es­ sence. Cest de la qllest proven lie la Pluralite des dieux dans les sie­"Cles anciens, et aussi de nos jours. ~ ~ ~ ~ ~ 25, A Ice qui vieot delre dit, jajouterai cc MEMORABLE. Un jour.. a mon reveil, je tombai dans une profonde meditation sur Dieu ; et.. comme je regardais en haut, je vis au-dessus de moi dans le Giel Une Lumiere dun blanc tres-cclatant de forme ovale; et comme je­ "fixais la vue sur celte Lumiere, la Lumiere se retirait vels les cotes. et entlait dans les peripheries; et alors, Yoici, le Ciel me fut ouvert,. f et je vis des choses lllagl1ifiques, et des Anges qui se tellaient en forme de Cirque du cote meridional de louverlure, et qui conver­ saient entre eux; et comlllC je brulais tiu desir dentendrc ce quils. ------ ---- ~disaient, il me fut dabord donne del1tendre le Son de ~r voix. - ql!ietaitplein de ramour celeste, et ensuite leur J.angage, qui etait plein de la sagesse procedant de cet amour; ils parlaient entre eule. de DlEu UN, de la CONJONCTJON AVEC LVI, et de la SALVATION qui re­ suIte de celte conjonclion : ils disaient des chl:lses ineffables, dont la. plupart ne peuven t lombcl dans les mots d 3ucune Lallgu6 naturelle; rnais comme javais ete quelqucfuis en societe avec les Anges dans. le Ciel meme, et alols parlant le meme langage qu ellX, parce que Tetais dans un meme etat, je pus en cOlls~quence les comprendre. et tilel de leurs discours quelqucs notions qui peuvent etre expri­ rnees rationnellemenl par les mols (I une langue naturelle. lis disaient que le DlvrN ETIIE EST UN, LE:ME~IE, LE SOI-}IEME, ET INOIVISIBLE. lis i!lus­traient cela pal des idees spiriluelles, en disant que le Divin Etre ne peut tomber dans plusieuls, dont chaclln allrait le I>ivin Eire, et con­ tinuerit etre Un, le Meme, le Soi-Mell1e, et lndivisible ; en effet,chll­leun deux dapres son Etre penserail dapres soi et en palticuliel par 50i; si meme alors celait av~c unanl!!!..ite dapres les autres el par leg.-autres, il y aurait plusieur:- Dieux un:inimes, et non un SellI Dieu ;~ar l!!!!ani!!ite, elant le consenlement de plusieurs et en meme
  • 40. RELIG~(i)N CHHETJENNE ,3,7, temps de chacun dapras sDi et par sDi, cojncorde non pas,aveclu,:" nite de Dieu, mais avec u.ne pluralile, Us ne dirent pas de Dieux. parce quils ne le purent point, car la Lumiere du Ciel de iaquel! provenait leur pensee, et laLmosphere dans laqueJle se repandai~ )leur discours, sy ollposaient; Us disaient meme que quand ils veu i lent prononccr des Dieux, et run de ces Dieux comme Personne par $oi (per se), letfort pour prononcer tomhe aussilol sur Un S~ul. e~ meme sur Un Dieu Unique. Aces explications ils ajoutaient, que l~ Divin Etle est .le DIVIN ETHE EN SOl, et non de Soi (a Se), parce qu~. de Soi sunpose IEtre en soi proeedanl dun autreanterieur, ainsi $ulpose Dieu de Dieu (Deus a Deo), ce qui nest pas admissible; (ce qui est de Diell nest pas appele Dieu, mais est appe.le Divin ; car ) qllest-ce que Dieu de Dieu? ainsi, quest-ce que Dieune de toute eternite de Dieu; et qUesl-ceque Dieu procedant de Dieu par Dieu l1e de toute elernite, sinon des mots dans lesquels il ny:a rien,de Lb lumiere qui procMe du Ciel ~De plus, ils disaient que le Divin Etre, qui en Soi est Dieu, est LE ME~I~ (IDEM), non le lIemesim­ ;pIe, mais infini, cest-a-dire, le Meme de toute elernite i.I toute e~er;­1 t1ite ; il est le Meme partout, et le !feme chez chacun et dans cha­ -;cun, mais tout est varie et variable dans _._...-- ­ le recipieuL; cest letat -- ~u recipient qui faiL cela. Voici comment ils illustraient que le Di­ vin Etre, qui est Dieu en sDi, est LE SOI-MEME (IPSU1lf) : Dieu est ,le Soi-Meme, parce quil est I Amour meme et la Sagesse meme, ou Iparcc quil est I~ Bien meme et le V~ai meme, et par consequentG Vie me me ; si ces choses nctaient point le Soi-M~me en Dieu, elles ne :seraient rien dans le Ciel ni dans le Monde, parce quelles nauraient .allCllne relation avec le Soi-Meme; to~_t~~lile tJ.!!.-~~ 1ualile de ,c~g!lil_ y a un_..§.oj:-M~me, daJ!.1?J~.l~1 eBe est, et auquereTIeSe refere pour qU,elIe soit tcl!e, Ce Soi-:lIerne, qui est lEtre Divin" ;,nest pas oans un lieu, maisil est selon la re~ep!!Qn chez ceux et eJl "ceux qui ~ont dans un lieu, puisque le lieu et la progression dun I lieu dans un lieu ne peuvent pas se dire de l Amour et de la Sagesse" :011 du Rien et du Vrai, ni par consequent de la Vie, qui sont le Soi­ Meme en Dieu, DU plutOt Diel! Lui-Meme, de la la Toute-Presence ,; "cest pour cela que le Seigneur dit, quil est au ,milieu deux> ;quil est Lui-meme en eux, et queux sont en Lui. Mais cornm6 :iJ 11e peut dtre reell par ~ucune creatur,e tel qUI1,est en Soi, il ilP­
  • 41. 38 LAVRAIE parait lel qUj} est dans son Essence comme Solei! au-dessrrs des Cieux Angelique~, ce qui procede de. ce Solei! comme Lumiere est Lui-Meme quant. 11 la Sagesse, et ce qui en procede comme Chaleull: est Lui-M~me quant 11 lAmour; Lui-Meme nest pas ce Soleil, mai~ le Divin Amour et ]a Divine Sagesse sortanl de Lili, le pIllS pres, tont aulour de Lui, apparaissent aux yeux des Anges comme un So­ leil : Lui dans le Solei! est Homme, cest NOTRs SEIGNEUII JESUS· CURIST, NOl-~EULEMENT QUANT AU DIIN A Quo (de qui t01l1 proeede).. JlAIS AUSSI QUANT Au·DIVIN HmIAI~, jlllisquE le Soi-.l1eme, qui est IA­ Dlour meme et la Sagcsse meme, a ete lAme qnll tenait du Pere> ainsi .Ia Divine Vie, qllieslla Vie en soi ; il en est aulremenl dims,. chaque homme, en Iui lli01e nest point la. vie, mais e1le est un reci~ picftol de la vie: le Seigneur enseigne aussi cela, en disanl : cc le­ suis le Chemin, la Write et la VIE: e.t ailleurs: cc Cormne le­ >I Pere· a LA VIE EN LUI-MEME, ainsi it a aussi donne au Fils J) AVOIR. LA VIE EN LUI-ME~IE. " - Jean, V, 26. - La Vie en Soi-Meme est. Di~u. A ce qui precede ils ajoulerent, que ceux quisont dans quel­ que Lumiere spililuelle peuvent percevoir par ces notions, que le­ Divin Etre elant Un, le Meme, le Soi-Meme, et pal suite Indivisible... ne pent exister dans plusieurs; et que si 1on disait quil·le peut, it y aUlaildesconlradictions manifesles dans les adjoints (inadjectis,!. 26. Apres que jells entendu ces explicalion!, les Anges per~urent ~ans ma pensee le;; idees communes de lEglise Chrelienne sur la: Trinite de...:; Personnes dans lUnite, et Sill lUnite des Personnes.. dans la Trinite concernant Dieu ; et aussi sur la Naissance dun Fil~ de Dieu de toute elernile: et alors ils dirent : Quest-ce qne tu( penses-llI ? n~.penses-lu Jl3S ces ehoses da.pre~~ I.;umier~~relle:) avec laqllelle notre Lumiere spirituelle ne concorde point? Si done: tu neloignes pas les idees .de celle pensee, nous te fermons le Ciel.l et nOlls nous en allons . .Mais alors je leur dis: Elllrez, je vous prie... plus avant dans ma pensee, cl peuH.lre y verrez-vous une concor­ -dance? El jls firent ainsi, et ils virent que pal les lrois Personnes. jentendais les Trois AlLribuls Divins proceuanls, qui sont la CIIEA­ TJON, 13, REDE~IPTION et la REGENERATION, et que ces Altribuls appar­ tiennent r. un Seul Dieu ~l que par la. Naissance duD Fils de Dieu de toute eternite, jentendais sa Naissance prevue de 10Ule eternite... et pourvue dans ]e temps; el qui1 est, non pas au-dessus du nature!.
  • 42. RELIGION CHRETIENNE 39 et du rationnel, mais con Ire le nalurel et le ralionoel, de penser que quelque Fils soit ne de Dieu de loule elerllite ; qUau conlraire le Fils fl~tle Dieu P!U:t..ViergLMarie dans le lemps est le Fils Uniqiie et !l~ig~Jlil de lli,eu ; et que croire autrement, -cesl une monstlueuse erreur. El alors je leur raconlai que ma pensee nalurelle sur la Tri- nile et IUnite des Personnes, et sur la Naissance du Fils de Dieu de lonte eleri1ile, metail VCllue de la Doctrine· de foi de IEglise, qui pOlle le nom dAthanase: alors les Anges direnl : Rien; el ils me priereol de .dire, comme venant de leur !1Ouche, que si lhomme ne sadresse at.! Dieu Meme du Ciel et de la Terre, it ne peul venir) dans le Ciel. parce que le Ciel est Ciel dapres ce Dieu Uni- que, et que CE DIEU EST JESUS-CHBIST, QUI EST JEHOVAH LE SEI- GNEUII, DE· TOUTE ETEINITE CIIEATEUR, DANS LE TEMPS REDEMPTEUR,( ET POUR LETERNITE REGENERATEun, qui est ainsi en meme lemps le Pere, le Fils et lEsprit Saint ; e~u~~slla lEvangile qui doit elre preche. Apres cette inslruction, la LlIlIliele celeste que yivais da- bord Vile revint sur louvertllre, et peu 11 pell sabaissa tie la, et elle remplit les interieurs de mon menlal, cl illustra mes idees sur la Trinite et lUnite de Dieu ; et alors les idees prises dans le commen- ) cemenl sur ce sujet, lesquelles avaient Me purement natlirelles, ie I les vis separees, comme la paille est separee du fromentpar le van- I neur, et emporLees comme· pal le vent dans le Septentrion du Ciel, eLdispersees. DE LINFINlTE, OU DE LIM~IENSITE ET DE LETERNlTE DE DIEU, a 2i, li y deux Plupres du llonde naturel, qui font que touLes choses y sont finies: lulI est IESPACE, ellautre est le TEMPS; et comme ce Monde a ele cree par Dieu, et quen meme temps avec le Monde onl ete crees les Espaces et les Temps, el que ces espaces et ces lemps le finissent, cest pour cela quil faut lrailer des deux ori- gines des Espacel et des Teir/ps, qui sonL IhlMENSITE el IItTERNITE. En etfel, IImmensite de Diell se refere aux Espaces, el IEternite aux Temps; llNFINIT~; ,comprend el llmrt:;rnsite et IEternile. Mais comme Infinite est transcendante par rapport au fini, et que la oonnaissance de Iinfinite est transcendante par rapport . un MenIal
  • 43. 40 LA VRAlb:fini, cest pourqlloi, afin que lInfinite sQit en quelque sorte per~,ue.il va en Hre traite dans celle serie : I. Puisque Dieu Est et Exis~e en soi, et que toutes chosesdans l Univers sont ct existent d apres Lui, il est Infini. n. Puisque Dieu a ete avant le Jjfonde, ainsi avant foriginedes Espaces et des Temps, il est lnfini. III. Depuis quq le Monae a ete fait, Dieu est dans CEspacesans Espace, et dan~ le Temps sans Temps. . IV. Relativement aux Espaces llnfinite est appetee lmmen~site, et relativement (lUX Temps elle est appetee Eternite; etMen-quil y aitces rapports, cependant il ny a 1ien de lEs­pace dons llmmensiti de Dieu, ni rim du Temps dans IEter­nite de Dieu. V. La Raison, illus/de par un grand riombre de failS dansle Jjfonde, peltt voir llnfinite de Dieu Crealeur. VI. Tout ce qui a ete cree est lini. et lIllfini est dans le!> fini.~ .commedans des 1eceptacles, et dans les hommes comme dans,ses images. Ces propositions vont etre expliquees une a une, 28. I. ,PUlSQUE DIEU EST ET EXISTE EN SOl, l!:T QUE TOUTES CRO­SES D~NS LUNIVERS SONT ET EXISTENT DAPRES LUI. IL EST INFINI. Jllsqlla present iI a ete montre que Djeu est un, qui1 est le Soi­meme, quil e~l le premier Etre de tOilS, et que toules les choses 1 qui sont, existent et subsistp,nt dans IUnivels, sont dapres LIri~ de la resulte quil est Infini. Que la Raison humaine puisse voir cela dapres un grand nombre de failS dans lUnivers Cree, cest ce qui sera oemontre dans la suiLe. Mais quoique le mental humain dapres ces faits puisse reconnaitre que le IHcmiel1 En.£Q!L le -pre­ miei E!reesL inQ.!!.i, neanmoins il ne peUiconnailrequel iI eSl~ni pal consequent le definir aulremellt quen disant quil est 1~I.Q!!t Infini, et quil subsiste en soi, et par suite qujJ est ~e melll~ 1~~q~le ; et comme rien ne se peut dire de la substance a moins qui ny ail une forme, qui1est la Forme meme et unique: mais qUest-ce encole qlle touL cela ? On ne voit pas clairement par la quel est lInfini ;.en e~~J(i!M~tai)~aTiD meme le plus ana­ lyLique et le 0~ls.e " est fini ; et le fini dans ca mental ne pent etre ecarLe ;: ._" st donc lout a fait incapable de voir lIufinite de it-
  • 44. .RELIGION CHRETIENNE 41Dieu, telle quelle est en elle..;meme, ni Dieu par cons~quen t j mais iI peut voi I Dieu dans lombre par derriere, ainsi qui a ete dil alUolse, lorsqutl demanda avec instance a voil Dieu, car iI fut place(Ians la fente dun rocher, et i vit les posterieurs de Dieu, --- Exod. XXXIIl~ 20 a23: ~ p3r les posIt~rieurs de Dieu sont entendues les~ho~es visibles dans le lfonde, et specialement les ·choses percepli~ pies danST:i Parole:-aapres cela, 011 voit clairement quil est i,nu~ tile de vouloir conrailreqllel est Dieu dans son EIre ou dans sa ?ubstance, mais qu~1 suffitlle Lereconnailredapres les finis, cest a-dire, d3pres les choses creees, dans lesquelles il est dune mn-, niere infinie.Lhomme qui sefforce de penetrer ail-deJa peut etrecomp3re 3 un poisson attire dans lair, 011 3 IIn oiseau place danslIne machine pneumatique, et qui, 3 mesure qlleIair est rarefie, se . pame et enfin expire! it peut aussi ,etre compare a un vaisseau qui,lorsquil est le jouet de la tempcte et lIobeit point au gOllvernail,,est jete contre des Iochers et sur des banes de sable; cest ainsi qui1 arrive a ceux qui, non conlents de pouvoir, daprcs des indices manifestes, reconnailre par le dehors lInfinitede Dieu, veulent la-eonnallre par le dedans. On lit (lun certain Phitosophe chez les An­ ciens quil se precipitadans la mer, parce quil ne pouvait pas dans la lueur de son mental voir 011 comprendre lElernite dll llonde;.queut-il fait, sil cut voulu voir, ou comprendre llnfinite de .Dieu? 29. 11. PGISQUE DlEU A ETF. AVANT LE lfONDE, AINSI AVANT LO­RIGINE DES ESIACE! ET DES TEMPS, II, EST INFINI. D:ms le Monde naturel il ya des Temps et des Espaces, mais dansle lfonde spirituel iI ny en a point en actllalite, et cependant ily en a en apparence : si les Temps et les Espaces ont ete introduils dans les lIondes, M fut afin quil y eut distinction entre une chose et une.autre, entre le grand et le pelit, enlre le beaucoup et le peu, parconsequent entre quantite et q"antite, et ainsi entre qualite et qua­lite; et afin qlle par lilIes senfl, du corps pllssenl distinguel leurs ob­jets, et les sens du mental les leurs, et pal consrquent etre affectes,penser el choisir. Les Temps onl ete intloduits dans ·le· ![onde na­1uJel, par cela que la Terre lourne sur son axe, et que ces rotationssav:ll1cent dune station a un autre selon le zodiaque, et qne cesretours periodiques &emblent etre faits par le Soleil, de qui tout le lobe telraque tire sa chaleur ct sa Inmiele; de la les temps du
  • 45. 42 LA VRAIE~our, qui sont le matin, le midi, le soir, la nuit ; et les temps delAnnee, qui sonL le printemps, rele, lalltolDne ellhiver; les tempsdes Jours pour la IUllliere et les tenebres, et les temps des Anneespour lachaleur et le froid. Les Espaces ont IHe i,nlroduils dans leMonde nalu rei, par cela que la Terre a ele reunie en un Globe elremplie de matieres, dont les parlies ont et~ distingllees entre elleset en m~rne temps eLendues. Dans le Monde spiriluel, au contlaire,il ny a point dEspaces materiels, ni de Temps qui y correspon­dent; mais neanmoins il y a des apparences dEspaces et de TelJlp~,et ces allparences sont s~lon les d~fferences des clals dans lesquelsy sont les Menlals des Esprils Cl des Ariges, aussi les Temps et les Espaces y sont-ils conformes ;lUX affections de leur volonll~ et par suile aux pensees de leur enlendement; toulefois, ces apparences.sonL reelles, panie quelles sont ,constantes selon les etats de~ Es­ prils et des Anges. La commune opinion sur lelal des Ames apresla mort, et par suile aussi sur celui des Anges et des Esprils, cestqui1s ne SOllt dans aucune Etendue, pal consequent ni dans lEs­ pace ni dans le Temps; dapres celle idee on dit des Ames apres ,la mort qllelles sont dans un Quelquc part ou un On ne sait oil et que les Esprits et les Anges sont des Souftles, don t on ne pense aulre chose que cc quon pense de Iether, de lair, dune vapeur ou du ent, lorsque cependanL ils sont -des hommes substantiels ct vi­ vent enLre eux, comme les hommes du Monde~mLurel, sur des Es­ paces et dans des Temps, qui ont ele determines, comme iI a ete dit, selon les elals de (curs mental!; sil en elait auLrement, cest­ a-dire, sil ny avait ni Espaces ni Temps, ce~ Univels dans lequel arrivent les Ames, et oil derheurentles Anges el les Esprits, pour­ rait passeI par le trou dune aiguille, ou etre concentre sur Iexlre­ mite dun cheveu, ce qui serail possible, siI oy existait pas une. etendue substantielle ; mai~ puisquil y a une etendue substantielle, cest pour cela que les Anges habitent entre eux aussi separement el distinclement, et meme plus distinclement que les bommes pour lesquels iJ ya une Elendue 1Oaterielle. Toutetois, les Temps ny ont point ete distingues en Jours, Semaines, Mois et Annees, parce que la le Soleil napparail ni se lever, ni se coueher, ni deerire une circonference; mais il resle the 11 10rient dans le Degre moyen entre le Zenith ellhorizon : el iI ya des Espaces pour eux, parce
  • 46. RELIGION CHRETIENNE 43que loules les choses qui sonl ma terielles dans le Monde nalurelsont sljbsrantielles dans ~e Mondc spirituel: mais il sera donne deplus grands developpements sur ce sujet dans le Lemme de ce Cha­pilre sur la Creation. Dapres ce qui vient delre dit, on peut com­prendre que les Espaces et les Temps finissentloutes el chacunedes choses qui sont dans run et dans lautre Monde, et· que parsu ile les hommes sont finis, non-seulement quant aux corps, mais ~, .aussr quant aux ames, et pareillement les Ang~s et les Esprits, Detout ce qui precede on peut conclure que Dieu est Infini, cest-a­dire, non fini, parce que Lui-Meme, comme Createur, Formateuret Facteur de IUnivers, a fini tOUles les choses, et it les a tlniespar son Soleil, dans le milieu dl1quel il est, lequel consiste dans laDi,ine Essence qui sort de Dieu eomme une Sphere; lil est et de III"ient le commencement de ce qui est fini ; mais sa progression vajusquaux dernierps choses dans la naluredu Monde; il suit de laque Dieu en soi est lnfini, parce quit est Incree. lJais iJ semble alhomme que linfini nest rien ; et cela, parce que rhomme est tllliet pense dapres des chases finies; si donc le fini qui est adherentasa pensee etaitenleve, il percevrait comme si le reste netait rien,cependant la verite est que Dieu est infiniment tout, et que rhommepar lui -meme n est resIJectivemen t !ien. 30. Ill. DEPUlS QUE I;E MONOE A inE FAIT, DIEU EST DANS LEs­PACE SANS ESPACE, ET DANS LE TEMPS SANS TEMPS. Que Dieu, et le Divin qlli procede immedialement de Lui, ne soitpoint dans lEspace, qlloiquiJ soit Tout-Present, et chez chaquebomme dans le Monde, chez chaqlle Ange dans le Ciel, et chezchaque Esprit sous le Ciel, cela ne peut etre compris par une ideepurement nalur011e, mais peut letre par une idee spiriluelle; sicela ne peut etre compris par une iqee purement naturelle, cestparce que, dans celle idee il ya IEspace, car elle aCie formee dechases qull sont dans le Moude, et dans tbutes et chacune des chasesqui sont vues par les yeux il y a IEspace; lil, tout ce qui est grandet tout ce qui est pelit appartient it lEspace; tout ce qui est lon~,large et profond appartient a lEspace; en un mot, toute mesure,figure et forme apparlient a lEspace, Cependant toujours est-ilque lhomme peut jusqua un certain point comprendle cela parla pensee naturelle, pourvu quil y admette quelque chose de la lu­
  • 47. 44 LA VRAlE miere spiritueHe: mais il sera dit dabord quelques mots de lide,,de la pensee spiriluelle ;celte idee ne tire rien de IEspace, mais tout ce qui lui apparlientelle le tire de IEtat; lEtat se dit de Ia­ ,mour, de la vie, de la sagesse, des affeclions, des joies, el en genf­ ral du bien et du vrai; lidee veriiablemenL Spirituelle sur ces cho­ ses na rien cle commun avec lEspace, elle est superie,ure, et regarcle les idees dEspace sous elle, comme le ciellega,rde la (eHe. Que Dieu soit present dans lEspace sans Espace, et dans le Temp~ sans Temps, cela vienL de ce que Dieu est toujours le meme, de 10llte eternite a loute eternite, ainsi tel iI elait avantle Mond~ cree, ( , tel il est clepuis, et de ce que dans Dieu et en presence de Dieu avant la creation il ny avail ni espaces ni temps, mais qujls existerent apres fa creation; cest pourquoi comme il est le !Jeme, il est dans IEspace sans espace, et dans le Temps sans temps: il suit de la que la nature a ete separee de Lui, et que cependant il est lout-present en elle, a peu de cho,se pres comme la vie est dans tout le substantiel et dans tout le materiel de Ihomme, qlloique!le ne se melange point avec eux ; et, par comp3laison, comme la lu­ miere est dans les yeux, le son dans les oreilles, le gout sur les hngues, ou comme dans les terres et dans les eaux est lelher par lequelle Globe terraque est COlllenu et mis, en mouvemenl, et ainsi du reste ; si ces Agents elaient enleves, ces choses qui ont ele failes :substances et maliercs saffaisseraient ou se dissiperaient a Iinslant; bien plus, si Dieu nelait pas pr~sent dans le Mental humain en tout endroit el en lout temps, ce, mental serait dissipe comme une bulle de savon dans lair, et les oeux Cerveaux dans lesquels il agit dapres les principes &en iraient en ecume, et aillsi lout ce qui ·est humain deviendrait poussiere de la terre et odellr yolant daDS latmosphere, Comme Dieu est dans tout le Iemps sans temps; cest pour cela que dans sa Parole il par1le dll passe el dll futur all pre­ :sent, comme dans Esale: " Un Enfant nous est ne, un Fils ?tOUf a ete donne, son nom est Hbos, Prince de paix. l/- IX, 5 r - Et dans David: « J annonce1 ai sur le Statut: Jehovah mlI dit: Mon Fils, Toi; MO,i aujowdhui Je rai enyendle. II ­ lJ Ps, II, 7; - ces paroles concernenlJ le Seigneur qui qev,ili venir j ; ,cest pOllrquoi il est dilaussi dans I~ Meme: « Mille (IUS tcs a yeux (sont)comme le jour dhie1.)l - Ps, XC,4. - lllil s~it
  • 48. RELIGION CHRETIENNE 45partout presenl dans le Monde enlier, el que cependanl il ny ailen Lui aucun propre du MOllde, cest-a-dire, auclIne chose quiappartienne ;1 lespace et all temps, cest ce que ceux-la qui voientet 80nt altentifs dans la Parole peuvent apercevoir dapre~ un grandDombre de passages, par exemple, dapres celui-ci dans Jeremie:.. Ne suis-je quun Dieu de pres, Moi? et ne suis-je .pas Dieude loin? Est-ce que se cuchera l homme dam des retraites, queje ne le voie point? Tout le Ciel et toute la Terre, Moi, je,oemp/is, ) - XXIII, 23, 24 .. 3L IV. RELATlVEME1iT AUX ESPACES LINFINl1E EST ,PPHLEEbfMENSITE, ET RELATlVEMENT AUX TEMPS ELLE EST AIPEI.EE ETER-NITE; ET BIEN QUIL Y All CES RAPPORTS, CEPENDANT 11, Ny A RIENDE LEsfACE DANS LIMMENSllE DE DIEU, NI RlEN DU TEMPS DANSLETEIINITE DE DIEU. Si llnfinite de Dieu relatiYemeot aux espaces est appelee Immen-site, cest parce que lImmense se dit de ce qui est Grand et Ample~et aussi ne ce qui est Elendu, et en cela de ce qui est Spacieux: etsi llnlinile de Dieu relativement aux temps est appelee Elernite,ce3t parce que elernellemenl se dil des choses qui progressellt sans.fin, lesquelles sont mesurees par les temps; par exemple : Les chosesqui apparliennent il. lespacese disent du Globe terraque considereen lui-meme, et les choses qui appartiennent au temps se diseot dela rOlation et de la marche de ce globe; celles-ci aussi font lestemps, el celles-la font les espaces, et elles se fixent ainsi dapres lessens dans la perception des mentals qui reflechissent; mais en Dieuil ny a rien de lespace ni dt. temps, comme il a ete montre ci- dessus, et cependanl cesl de Dieu qoe viennent leurs commence-men Is; de la resulte que lInfinile de Dieu relatiyement aux espaces est entendue par limmensile, et que son infinite relalivement auxtemps est entendue par IEternile. Mais dans leCiel, par llmmensite de Dieu. les Anges percoivenlla Divinile quant it l£tre, et par IEter-nite la Divinite qualll i11Exister; et aussi par lImmensilela Divi-.nHe quant 11 IAmour, et par IElernite la Divinite quant a la Sa-~esse ; cela vient de ce que les Anges, en pensant a la Divinite, font abstrac~on des espaces et des temps, et alors ces nOlions en resul- tent. rtIais puisque 1.holll~e ne peut pas penser. aulrement que da- jires desidees prisesdes ehoses qui appartiennent it lespace et au
  • 49. 46 LA VRArE temps, iI ne peut rien percevoir de IImmensile de Di-eu avanl les~spaces, ni de lElernite de Dieu avant les lemps; el rneme quand it en veul percevoir quelque chose, iI esl comme si son menial tom­ bait en defaillance, flp.eu prl~s comme celui qui elanl 10l1lbe dans leau est dans un elal de naufrage, Oll comme celui qui saffaissanldans un tremblemenL cia terre est dans un etat cIabsorption; bie~ plus, sit persiste loujours a penelrer dans un tel sujet, il peut fa­ ciJement lomber darJs le delire, et elre porle par la :) nie~ Dieu. Une fois aussi, moi, je fus dans un semblable etat, en pensant it ceqne cesl que Dieu de loule etclUite, ce quil faisait avant la foncla­ tion du 110nde, sil a delibere sur la Creation, el renechi sur 101(116 selon lequel il la ferait, si clans cc qni est purement le vide line pen­ see deliberative e!~it possillle,el a plusieurs aulres cho:;es vailles ; mais atin que par de lelles pensees je ne lombasse pas dans des d~­ Iir~s, je fus eleve pal le Seigneur dans la sphere et la !ullliere ou. sont les Anges interieurs, et lil, apres que lidee de Iespace et du temps, dans laquelle avaitele precedemment ma pensee, eUt eLe un peu eloignee, il me fut dOline de comprendle que l1~ternite de Dieu nest pas lelelnile du telllps, et que le temps nayant pas existe avant le Monde, ilelait absolument inulile davoir de lelles pensees SUI Dieu ; puis, de ce que le Divin de loute cternile, par consequentabslrail de lout temps, ne rnnfelme ni jours, ni annees, ni siecles,. mais que tout cela eSl pour Dieu UII Instant, je cOllclus que leMondea ele cree par Dieu, non dans le lemps, mais que les lemps onl eteintroduiis par Dieu avec la, Cr~alion. A cela jajoulerai ce Memo­rable: n ap,paraH a une eXlremit~ du Monne Spililuel deux Statuesen forme humaine monslrueuse, la bouche ouverte et le gosicr di­lale, par lesquels se croient engloulis ceux qui pensent des chosesinutile3 el extravagantes sur Dieu de toute elernile; mais ccsontdes fantaisies dans lesquelles se jellent ceux qui ont de Dieu avan! leMonde cree des pensees disconvenantes et quils ne doivent point avoir. 32. V. LA RAISON, ILLUSTRI~E ,nAPRES UN GRAND iXOMBRE DEFAITS DANS LE MONDE, PEUT VOIR LINFINITE DE DIEU, n va ~lre enum~re quelques-uns des failS par lesquels la Raison.humaine peut voir lIntlnite deIPeu : ce sonl les suivants: to DansIUnivers cree, il ny a pas deux choses qui soient ldentiques: quilny ait pas cet~e ldelltile dalls les simultane3, cest ce que IErudi­
  • 50. RELIGION CHRETIENME 47tion humaine a vu et eonfirme dapres la raison, et eependant leschoses substanlielles et materielles de Iunivers, eonsiderees indivi..,.duellernent, sOlll en nornbre illfini ; quil ny ait pas non plus dam;,le Monde ldenlite de deux elfets dans les suceessifs, eesl ee qUOThpeut co~cltlre de la 7yration de la Terre, en ce que son excenlri­ que dans les poles fail que jamais rien ne revient de meme; quilen soil ainsi :. legard de lldenlitc, on le voit avee evidence par les faces humaines. en ce que dans le Monde enlier il ny a pas uneseuleface absolumenl semblable a une autre ou la meme <Iuune .aulre, el qljil ne peul pas non plus y en :woir durant Ielernite; cette varietc infiiJie ne peut absolument veni1r que de lInfinite de Dieu C~eaLeur. 2°Il ny a pas un seul horn me qui ail un Caraelere (Anirnlls) ahsolumenl semblable a eelui dun autre; aussi dil-on: Aulanl de letes, autanl cle senliments; pareillernent it ny a .pas un seul homme qui ait un Menlal, cest-a-dire, une volonle Cl un en­ tendemenl, absolument semb!able 3U meillal dun alllre ou. le rnem~ que cellli c1un autre; par consequent pas un seul hornme donl le langage quant au son el quanl 11 la pensee c1ou resulte le son, et donllaclion quant au geste el quant Et laffection, soient exacte­ ment les rnemes que le langage et laction du]) aulre; par cette va­ rietc inflnie on peul voir aussi comme dans un rniroir lInfinile de Diell Crealeur. 3° Dans toule semence, lant des animaux que des vegetaux, il y a implanlee (insita) une sorle dimmensite et deler­ nite; dimmensite, en ce que la semence peul elre rnullipliee it lio­ fini ; delernile, en ce que cetle multiplication a dllre depuis la creation du Monde sans interruption jusqui! present,_ el qUelIe dure a perpetuite : dans le Regne animal, prends les poissons de la mer; sils etaient multiplies selon labondance des semences, en v:ingt ou cinquante Ans ils rempliraient IOcean, au point quiI ne. ~onsislerait quen poissons, el que son Eau inondelait toute la. terre et ainsi la ravagerail; mais pourqlle cela narrivat pas, il a .ele pourvu par Dieu a ee que le poisson servil de nourriture au. poisson. Il en serail de merne des semences des vegetaux; si elles etaient planlees en aussi grand nombre que chaque vegetal en pro­ duit ehaque annee, en vingt ou trente ans elIes rernpliraient la sur­ face non~seulement dune seule terre, mais encore de plusieurs globes; en effet, iI y a: ~es arbrisseaux dont cllaque semence pr~
  • 51. 48 LA VRAIE duit des cenlaines et des milliers dautres semences; fais-en Iexpe­ rience par le calcul, en ~ulputant la production dune .seule en conlinuanl vingt ou trenle fois, Cl lu "erras ; par ce~ exemples on peut voir la Divine [mmensite et la Oivin~ Eternite, dont il est im­ possible que Iimage (inslar) ne soit pas produite dans une sorle de· face commune, 4° LlntlniH1 de Dieu peut encore se manifesler de-· vant une Raison illustn~e, quand on considere Iinfini te dans laquelle peut croitre chaque science, et par chaque science linlelligence et la sagesse, lune et lautre pouvant croitre par les sciences comma Farbre par des semences, et comme les fort~ts et les jardins par des arbres, c~r il ny a pas de fin pour Iintelligence ni pour la sagesse; la memoire de lhomme est leur humus, Ientendement le lieu oil elles germen t, et la volon te le lieu ou elIes fructifien t ; et ces deux facultes, lentendemcnt et la volonte, sont telles, quelles peuvent etle cullivees et peJfectionnees dans le Monde jusqua la fin de la vie el eusuite eternellernent. 5° Llnfipite de Dieu Crealeur peut encore litre vue dapres le nombre infini des Etoiles, qui som all~ tant de Soleils et par suite al!tant de Mondes; que dans le Ciel AShal it y ait aussi des Terres, SUI lesquelles il y a des hommes, des betes, des oise:lUx et des vegetaux, cest ce que fai montre dans un Opuscule ecrit dapres ce que fai vu. 6° Llntini.le de Dieu est devenue encore plus evidente pour moi dapres le Ciel Angelique, et aussi dapres lEnfer, en ce quils ont ete Iun et Iautre distri­ hues et coordonnes en d·.innombrables Socieles ou Congregations selon toutes les varietes de lamour du bien et du mal, et en ce­ que chacun y occupe une place selon son amour; car HI to us pro­ viennent du Genre Humain; ils y (}nt ete rassembles depuis la Crea­ tion du Monde, et pendant lesSiecles des siecles on y sera ralsem­ hie; et en ce que, qlloiqlle chacun y ait son lieu et sa demeure,. tous cependant y ont ele tellement conj oints, qu~ le Ciel Angeliqu6 tout entier represente un seul Homme Divin, et IEnfer tout entier un s~ul Diable monslrueux; dapres le Ciel ellEnfer et dapres les­ merveHles infinies quils renferment, IImmensite de Dieu unie it sa Toute-Pui·ssance se present6 a la vue dune maniere manifeste. 7° Qui m8me ne peut comprendre, pour peu quil,eleve le raisonne. ment de soil menta-i, qtle 13 v,ie ,durailt l eternite, dont jouit chaque 1 homme apres la mprl, -ne peut ~tte donnee que par. un Dieu Eter.­
  • 52. RELIGION CHRETIENNE 49nel? 80 putre cela, il y a une sorte dlnfinite dans beaucoup dechases qui lombent dans la lueur naLurelle, et dans la lueur spiri­tuelle chez lhomme : Dans la luem natwelle; ainsi it y a dansla Geoinetrie differentes Series qui vonL jusqua Iinfini; enlre ,les trois degres de hauteur il y a une proglession. a linfini, cest a. sa­ voir, que le premier Degre, qui est appele naturel, ne peut etre rti perfectionne, ni eleve ala perfection dusecood degre qui est appele spirituel, ni cellli-ci 11 la perfeclion du lroisieme degrc qui est appele celeste: il en est de meme enlre la fin, la cause et Ieffet; ainsi l effet ne peut pas etre perfeclionne, de maniere 11 devenir comme sa cause, ni la cause de maniere iI devenir comme sa fin: cela peul etre illuslre par les aLmospheres, clOIH il exi~te lrois de­ £res, car it y a Iaure supreme, sous elle Iether, el an-dessous de lelher lair; eL aucune des qualiles de lair ne peut eLre elevee a lune des qualiLes de leLher, ni aucune des qUilliles de lelher it lune des qualitt.s de [,lure; et cependanl it y a clans chaeune des trois une elevalion de perfections a linfini: Dans la lueur Spi1i­ tuelle; ainsi lamour nalurel, qui apparLienL 11 la bete, nc peut etre ele6 dans lamour spiritue! qui par la erealioll a ete lllis dans lhomme ; il en est de meme de lilllelligcnce nalurelle de la bete respeetivement it lintelligenee spiriluclle de Ihommc ; mais comme ces choses ont ete jllsqui present ignorees, ellcs seronl cxpliquces ailleurs. Dapres ce qui vient deLre dit; on peut voir que les uf!i­ verS:lUX du ltlonde sont cles types perpeluels de llnfiniLc de Dieu Createur; mais commentles singuliers irnitenl les univcrsaux, et representent llnfinile de DieiJ, cest un Ahime, el casl lIn Ocean, dans lequelle Mental humain peul pour ainsi dire naviguel; 1l1:,lis quil se meLle en garde contre la tempete que souleve lhomme na­ turel, laquelle submergera le vaisseau .wee mats et voiles par la poupe, oil se lient lhorume nalurel plein de confiance en lui­ m~me. 33. VI. TOUT CE QUI A tTE CREE EST I"INI, ET LINj<INI EST DANS LES FINIS COM~IE DANS DES RECEPTACLES, 1:1 DANS ,LES HO:.UIES CuMME DANS SES BIAGES. Si lout ee qui a ele cree elL nni, cest parce que to,utes choses prQcMent de Jehovah Dieu parle Solei! du Monde spiriluel, qui Lentoure le plus pres, et que I Solei! provienl de la Substance ce, ! I. .4
  • 53. M : LA- VRAIE qui e!r !oJlie lie Jehovah, l!onllessence esl I~monr; de cc Sofeil par sa chaleurel ~a 11"J1~ere a ele ctM JUnJvers depn,is ses pre- ­ miers jusqlli se~dernlers; Dais ce nest pas ici leliell dexpo!ier eu ordre la prbgtes~ion de la creallon ; dan&la sllile il en sera donneune sorte de plan. Ici, il imporleseulemenl de ~aoir quune -chose a elf formee dune aUlre, et qUainsi onl ele constlttlesdes dClres, froi:> dans le Mond e spirilllc I, et trois correspondan~~ a ceux·ci clans le Monde naturel, et lout alltant dans les sllbslanees: en repos (quiescentzbus) dans lesquelles consiSle le Globe terraque; mais (I~il viennlnl ce~ ~egresel quels ils sonl, cest cc qui a eie- pleillllllcnl expose clans LA ~AGF.SS" A~GEI.IOIIE SUII I,E DiYI:" AMOUR £1 SUII LA Drvl>;E SAr,ESSE, publice;1 Amslerdam en 1i63; et .tans ],Opll:cllle Ill; CO)IMEIICE liE .HIE ET IlU COIIIS, imprhne, it Londre~ en 1if9 : par ces c1egres, il esl arrive (llle lOllS les poslcriellrs sont , receplacle,:; des anleriehrs, ccux-ci receplacles d~ chose~ encore :10­ telieures, et ainsi en ordle receplacles des prilllilifs, dans lesquels con~i~le le Soleil (Ill Ciel Angeliqllc, el quainsi les finis sonL le~ re(eplacles de lintini ; cc qui eOlncicle allssi :tree la Sagcsse ties Anciens, s:livantlaquelle lout, en general el en parliculier, est di­ isihl.ea Iinfini. LiMo vnlgaire est que, lefini ne pOlirant conte­ nil lintini, les finis ne pel1ent el,e les receptacles de Iintini ; mais, dapres ce lJui, clans ~ES OUVIlAGES, a rle raPPOrle SlIr la Crealion, onvoil. que Dicu a daborcl flni son Infinite p;1r les snbsl:llices erni­ ses de Llli, dapres le:>f]lIclles a cxist~ son enveloppe la plus I)roche, qui eonslitne le Soleil du ~Ionde Spirillrel; el (llIellsuire pal ce 80­ ~eil il a perfeclionne les 31llres enveloppes jUSqU;1 la delni~re,qui con~isle en suhslances de "epos (qlliescentihus), el quainsi par degres il a fini de plll~ en pillS le .1Ionde : ceci a cte rapporte dans le bUl de satisfaire la Jaison humainc, qui na pas de repos fi moins qUelle ne voie la cause. 34, Que llnfini Diviu ~oil dans les hommes comme clans ses ima­ ges, on le vOil dapres la Parole dan~ laquelle on lit: .. Enfin Dieu dit: F aisons l homme a notre image, seton nolle ressemhlance; Dieu erea done lhomme a son image, a limage de Dieu itle crea . .. - Gen. 1,26, 27. - JI SUil de la que lhomme est un Or­ gane recipient de Dien, et quil est Organe selon la qualilc de la reception. Le Mentalhuoi-ai·o, l1apres lequel et selon ·lequel rhooime - . ,
  • 54. RELJ{~ION CHRETlENNE ·SI"~m Homme, a ~tl forml~ ~o tiois lW~~lons selon les t Iois degres; ce Itlelltal e!H cele!;te rl~tIPr:t~llIiel degre, dans leqlJel sonl :lIIssi les IAn1t~ dll Clel SII,)r~lI1e : il est SI;irituel d:ms le ~econd degre, dans }cqllcl $onl 31ls!;i les Angcs du Ciel moyen; ct i1 est nalu/-et dans,~, dans lequel sont allssi les Atigesrlll dernier Ciel; le MenIal hllmaiu, olganise selon ces trois de~rcs, est le re­ ceptacle de Iinflux Divin; maisjamais .Ie Divin ninflue plus :lant~~~!Q!...lllle. homme .!pliinit _ll~ chc~nTn ou selon<jill ~ra ~. Si le chemin est apl:lOi, 011 si la Iwrte est ouverle jllsqllau dcgre sllpn~mc Oil celeste, alols Ihomme c1edent ~ritablement Ii­ . ---­ n]~~e de Dieu, et aplcs la 1lI0lt il devient Ange elu Ciel supreme; si Ihomme ll:qllanil le chemin on houvle la porle qne jusqU:ll:i de­ gre moyen ou ~pili!uel, it oeient, il est. vrai, Iim,ge cie DielJ, rnais non flans cclie pCIfeclion, et aples la mort il deient Ange (lu Ciel moycll ; si Ihomme napllinit le chelr,in ou nouvre la porle lllle pOll I Ic demier (Iegre ou degre nat.urel, et qualors il recon­ flaisseDiell et. Ladore par une picle actuelle, il devicnt Iimage de Dieu tblls le delnier degrc, et apre~ la mort il devienL Ange du derntcl Ci~ : <Ill conllaire, si Ihomme ne reconnait pas Diell et ne I:aciore pas par line piete actuelle, il dCpoJille Iimage de Dieu, et {lgi~nl semhlable it une sorte danin~al, a Iexception quil jouit de la faclllle de comprendre, et par suite, cie pall er ; si alors it felme le degre suprcnle~~el, qui correspond all supr~rne ce!este, it lIeielil quant 11 Iamoul semblable ilia hele de la terre; sil ferme le..tlegre ,mo.ycn naturel, ql.ii correspond all rnoyen spirituel, it de­ ienl qU{IlIL illamour comme un renalo, et quant a la vue de len­ terldemcnt comme un oiseau cie nuit; sil ferrne aussi le t1crni~r <!~:..e 1l;!,.t~1 quapt all spirituel de ce natlllel, il devient quant fa ramour comme une bete feroce, et quant a Ientendernent tlu rai {;omme un poisson, La Vie Divino qui, par Jinflux procMant du Solei I du Ciel Angeliquc, mel Ihomme en action, peut etre com­ .paree it la Lumiere proceciant du Soleil du Monde et a son influx , <lan:; un objet diaphane ; la reception de la vie dans le supreme de­ grc, lIliriflux de la lumiere dans un diamant, la reception de la ie dans le second degre, 11. iinflux. de la lumiere dans un crisla}; , et la reception de la vie dans le dernier degre, 11 !influx de la lu­ uiiere dans un verre ou daDS une membrane traDsparente;· mais
  • 55. 52 LA VRAIEsice dernier degre quant a son spirituel elail entierement ferme t ,ce qui arrive quand Dieu est nie et Satan adore, la reception de lavie procedant de Dieu peut 6tle comralee a linfliJx de la lumieredans les corps opaques de la terre, comme dans du bois poulri, OUdans un gazon de marais, ou dans du fumier, et ·ainsi du r:esle;car lhom me alors devient un cadavre sp irituel. 4 ~ ~ ~ • 35. A ce qui precedejajouterai ce MEMORABLE. Unjour jelais lres­ etonne de limmense multitude dhommes qui altribuenta la Nature la Creation,~t par suite tout ce qui est all dessous du Soleil et tout cequi est au-dessus duSoleil, disant, en le reconnaissallt du fond du CooUI, quand ils voient que!que chose: Cela nesl-il pas de la na­ ture? Et quand on leut demande poulquoi ils allribuent cela 11 la nature et non aDieu, lorsque cependanl ils disent parfois avec ~ communion de IEglise, que Dieu a cree la Nalure, el que par suite:fils pourraient aussi hien dire que les choses quHs voient sont de Dieu, que de dire quelles sont de la nature; alors ils rapondent dun ton interne presque tacile : Quest-ce que Dieu, sinon la1Nalure? Tous ceux-la se monlrent glorieux de la pe~uasion qUEJ; IUnivers a ele cree par la Nalure, et de celle folie comme dune sa­ gesse, au point quils regardenllous ceux qui reconllaissenl la Crea-. tion de lUnivers par Dieu, comme des fourmis qui se trainent sur la terre et sllivent le chemin battu, et quelques-uns, comme des pa­ plllons qui volent dans lair, appelant leurs dogmes des songes~ parce qlils voient ce queux ne voient pas, disanl : Qui a vu Dieu, et qui est-ce qui ne voit pas la Nalure? Pendant que je metonnais de la mullitude de ccs hommes, un Ange parut devant moi SUI le cote el me dit : SUI quoi medites-lu ? el je repondis: Sur la m,ulti­ tude de ceux qui C!Oienl que la Nalyre est par elle-meme, el quainsieIle a crt~e lUnivers; et rAnge me dit: ToutlEnfer est composede tels hommes, et jls y sont appelcs Sat:ms el Diables ; Sa tans,ceux qui se sont coniirmes pour la Nature, et ont pal suile nie Dieu;Diables, ceux qui ont VCCll dans les crimes, et onl ainsi Ietejc deleurscceurs toute reconnaissance de Dieu : mais,je vais .le conduire:t des Gymnases silucs dan,s la Plag~ ,meridionnale-occidentale, ouresident ceux qui sonl tel,s et qui ne sont pas encore dans lEnfer:et it me prit,Par l,a main; e,t me co~duisit; et je vis des maisonnel.t~s
  • 56. RELIG ION CHRETiENNE 53 . .cam; lesqilelles iI y avait des Gymnases, et au mi1ieu dellesune qui etait comme le Pretoire de tou tes les aulres ; ce pretoire eLait cons­ trlliL en pierres de poix qui etaient recouvettesde lamines eotnme­ de, verre brillantes comme dor et dargent, lelles que sont celles oqlfon nomme seh3nites ou talc; et ca et ·Ia cJJes eLaient parsemees ,de.brillallts coquill3ges. Nous nous approchames de ceLle maison, et nous frapp:lmes 3 13" porle; et bientot quelqulln loltvr,it, etnons ,dit: Soyez les bien-venus; et il couruL a une table; et- il appOI1a .quatre Iivres-, et il diL: Ces Livres sonL laSagesse, idaqueJleuile multitude de Royaumesapplaudit :lujourdhui ; a ee Livre ou aeet[e Sagesse,applaudissetlt nombre dhommes en France, it celui-ci nOlfr­ -brei dhommes en Allemagne, 3 celui-ci quelques-uns en HoJlahde~ ,et,a celui-ci quelques-uns en Angleterre; puis il dit :Si OUS vonlez Voir, je ferai que ces quatre Livres vont briBer a vos yeux ; et alors il exhala et repandiL tout a lentour la gloire de sa reputation, et leil Livres aussitOt resplendirent comme de Iumiere t mais Mile lUmiere -deantnos yenx se dissipa sur-le-champ :. et :ilors nous lui deman~ -d&mes ce qUil ecrivait maintenanL ; et il repondit quen ce moment, il tiraiL de~,s" tresors et exposait les choses quiappaltierinent a la. sagesse in time, eL qui en resume sont celles-ci : I La Natwe appar­ tient...elt-e a la Vie, ou la Vie appartient-elle ala Nature. 11. Le • Centre appartiellt-il cl l Etendzte, Ott l Etendue appartient-elle au Centre. III. Sur Le centre de IEtendue et de la Vie. Apres aVdir ,.ainsi parle il se remit sur un Siege vels la table; mais no US, nous ,pa-rcounilJies son Gymnase qui etait spacieux; il avait sur la Lable une Chandelle, parce que la"jJ yavait non pas une Lumiere de soleil, mais uneI... umi~re nocturne de lune ; et, ce qui metonna, la ehandelle pa­ raissaitetre portee la de tout cOte et eclairer; mais comme elle netait pas mouchee, elleeclairait peu; et pcndantqui1 ecrivait, nousvoyions vo!tiger de la table sur les mu~ des images de forme dHferente, qui, -dans ceLle lumiere nocturne de lune, apparaissaient comme de beaux oiseaux des lodes, ma.is quand nons ouvrions la porte, "oiei, ces images, dans la Lumiere diurne du Soleil, apparaissaient comme des oiseaux de nuit dont les ailes sont en forme de filet; en etfet., cetaient les vraisemblances, qui par des c0nfirmations etaicnt deve- nues des illusions, quil a·aiL ingenieusement liees en serie. A:pres I avois vu cela" nOlls nODS approch·ames de la table, et nous lui de- ~
  • 57. 51:, L! VllAI~mandam6~ c, q4il ecri3it dans ca IflO{ll~lIt ; iI dit : Sur ee PaBlltE~POINT: LA NAl1URE ·... PPMITIENT-~LI.~ A L~,NIE, OV I-A VIS "1.PARTIEN1(.,.ELLE A LA NArv,RE; eL, ~ul ce POi.-.,I, iI di~, quil POllVjljt confirm.elfrun eL Iautre, e.t faire que run ~t 131tre sQj~ vraj ; ma,is c,omme Hyavait;lll ded~ns qUllque chose o~ qache quil redou~ait, il nosai·tcon.Hnner que celle prllPo~ilj~n, qIJe l.a NallJ~e appar.tieot a la, Vie.. cest-il-di~e. viem dll la Vie; a~ ,DQn la!Jtre, que la Vialappartienta la Nature, cest-il-dire, v,ient dp, I~ Na tllre. NOlls lui demau(iames. avec hooneleLe ce qnit y ~vait a.lI dedans de ca<he quif re~Qlltait ;. iI repondil que celait qetre appe,le NaLllraliste, et par con"equeol Athee Pill les ~retres, et Homme dlIne raisQn peu sailll P~lI les Lai­ ques, parce 1J",e I~s I!ns et les al!tres O,lI ~roient dapres line foillVe.., gle, 011 ,oiant oaf1res la vue -da ceUX qui copfirm.ent cene roi. AlofS­ pOllsses p,ar un~sor·~ed.iJldign;Hio.n de z~le PQUP la ~Ilile, QQIU nn;­ terpel>l~llles, en disa,I1L: Aimi, tll. te trolUjJes Ibe:lu~our ; tasa~e.sse, qui consiste a eelire av~c llllllnl, ta seduit, et la gtoire de lil rep"Har lion fa induil a 1l0nijmJl~r ce que tu ne crois pas :ne sil·is-tu paS!­.que le Mllntal humain p~UL,Sre~ever all-des~~!. des se{l!iuels, leJ;ql,l~lS, sont ce qui, dans les pensee~, pl1o~iellt des1seps du co~~; et que" 10rsqui1 est eleve, iI ~oit en haut les choses qui appa;rtiinneilt a la Vie, et en bas cellas qui appartiennent a la Nature? QuesL-ce qu~ la Vie, sinonlAmour et la Sagesse, et qllest-ce que la Nature, sinQ,n. le recllpt,acle par lequel l Amour et la Sagesse operent lell!s etlets. ou les u~ages ?Est-ce que la Vie eL la Nature p~uvent elre un a~u,tr.e-, ment que comOle le p~in(ipal et lin!1.trumental? es~-ce que la lu­ miere pellt e:re un avec looiJ, Oil le son av.ec Ioreille ; do,u vien~ , nent les sens de Iooil et de loreille si,non, QC la vie; el leurs formes. sinon de la natlre? Qlest··ce q,l,Ie le Corps humain, sinon un Organ.& de la Vie? tout ce q!Ji le compQse,en general et en partjclllier, na-t­ il pas eie organiqllemePt forme pour produire ce que I·Amour veut. et ce que lEnlend~m.ent pel!se? les organes du corps njl vii}T)l)en).-i1s. pas deI;ll)ature; 6tlF~mollr et la,Pensee ne procedent-i1s pas de la. viej?,res. choses J)~ son,t-elles, pas ahsolumeQt distinctes entre ~I.es ,r Elev.e ,encqre un, pell plus hapt la perwicllcite de ton genrie., e,t tll nrras que c e~t le pr,QJlre de la vie d,etfe aftect.e et de penser, e~ qu6tr6 ~(fecJe app:m,ient illilll1our,.ql,le p~l)ser appartiftnt ~ la S~ g~~, eL que llI.n .eL 1!:utt.re·lJPp.arLienL. lavie; car, ainsi qtlij a.,
  • 58. RELIGION CHRET1E~NE 55el~dit, lam(),urel.l~ S~gesse soot la vie: si tu elev,es encore un penpi..::; :hauL.la fa~ll~,de cQrnprendre, tu verras ql.Je "raman, et la Sa-gefooS6 ne ,peuven~ e.xister, a moil.ls que leur origine,ne SOil quelquepart, et queleur or.igioe estlAllIour ~eme eL la SagesselMcllIe, e.tpar consequent la Vie M~me; et cas chases spot Dieu de qui plO-vienl la Natul,e, Ensuite 1I0US par!;lmes avec lui dll SECOND POINT:LE CENTIIE AJPAIITIENT,IL A I:ETENDUE, DU L~ETENUUE APIAIITlENT-ELLEAU CErr~t:; et noris lui delllanJames pOllrquoi il agil,aiL (,BIte Ijues- lion; il nous r~pondil: Dans letiul lie conclllre sur le Cenlre eL rE-tepdlle de la Nature ,et de la Vie, ainsi sur Ioligine de lune cL de Jautre; et quand nous IlIi elimes demallde queUe elail son opiniollSI!r ce pain I ; iI ~ous repondit, comme SUI le plemier point, quil pouvail confirmer Iune et Iautre proposition, mais q,ue, o:lO.S lacJ:ainl,e de perdre sa repulation, iI conlirmait ql,le lEt~nJue appa,r- lient all Centre, ce:it-il-dire, "ienL du Centre; quoique je sache,ajollta-t-i1, quavant le Solei! H y a eu quelque chose, et ql,l6 cequelque choseetait parlqut dans IEteudue, et a conflue de ,soi· meme eu oldre, ainsi dans le Centre, Alors nailS Iinlerpelhinles delJoueau _~ec line indignation excihie par le zele, et nous lui dimes:Ami, tu)s faD; et des qui1 eut enlendu oes mots, iI recula sonsie~e de la table. el nous regarda avec timidite, et alols il prlHa 10-reille, mais en riant: cependant no us continll:imes en ces termes:Quoi de plus insetlse que de dire que le Centre vieut de IEtendue,- pal ton Cenlre nous entendons le Soleil, et par Ion Etendue nousentendons IUnivers. - et quains,i llJnivers auraiL eXlsle sans leSoleil ! Est-ce que le Soleil rie fait pas la Nature et toutes sel pro-prilHes, qui dependent uniquernent de la Lumiere et de la Chaleurprocedant du Soleil par les Atmospheres? oil I.a Nature a ete aup3-ravanl el dou elle vient, cest ce que nqus te dirons lorsque le IIoi-sieme point sera agile; les AlllJOspheles et IOU les les chases quiSODt sur la Terre ne sont-elles point comme des S!lperficies, et leSoleil nesl-il point lellr Cell Ire ? qUest-ce q,ue toutes ces chasessans le Soleil, peuvent;..elles subsister un selll instant? par conse-quent, quest-ce que toutes ces choses avant le Soleil, ont-elles puexisler! la sltbsistaDcenest-elle pas une perp6luelle existence? puisdono que I~ subsistance de touLes 1e8 chases de la Natur:e vient duSoleil, il seo suit q,ue lexistence de toule,s chos~s eD vient aussi ;
  • 59. 56 , . LA VIlAIEchacun le voit et I~ reconD:lll par intuition; de m~me que le poste-rieur existe dapres Ianterieur, ne subsiste·t-il pas aussi dapres lui!Si la superfieie etait lanterieur, ct le Centre le posterieur, lant~­rieur ne subsisterai t-il pas dapres le posterieur, ce qui est cepen-danLcontre les lois de lordre.? Commenlles posterieurs peuvent-i1sprodllire les anterieurs, ou les exterieurs les inteliellrs. ou les plusgrossiers les plus purs ? en consequence comment les superficies quiconstitnent lEtenduepeuvent-elles prodllire le Centre? Qui ne voitpas que cela est contre les lois de la nature? Nous tavons donne ces argllmenls tires de lAl1alyse de la raison pour confirmer que lEtendue existe dapresle Centre, ~t non vice vetsd, quoique qui- conque pense juste le voit sails ces arguments. Tu as dit que IEten- due avait delle-meme eonflue dans le Centre, aint:i ce serait fortoi- tement, dans un ordre tellement admirable et slIlprenant, que cha- que chose est pour line autre, et que tOllt en general et en particulier est pour lhomme et pour sa vie eternelle ; est-cc quela Nature peut de quelque amour par quelqlle sagesse tendre aux fins,envisager les causes, et pOllToir auxelfet!lo, de maniere que de telles choses exis- tent dans leur ordre ? el peut-el,le avec des hommes faire dl,lJ Anges, eb de ceux-ci comaituer le Ciel, el faire qtle ceux qui y sont vivent elernellemten t? Pose loi ces propositions, et reflcchis, et alors tOID-- bera lon idee de Icxislence de la nature par la nature: Apres cela, nous lui demandames ce qUil avail pense, cl cc qujl pensait apre- sent du TRolSiEME POINT: SUR LE CENTRE ET LETENDUE DE LA NATURE ET DE LA VIE; sil croyait tIue IcCentre et IEtenduc d~ la Vie fus- sent la meme chose que le Centre et lElendue de la Nature. 11 re- • pond it quit etait en suspens; que dabord il avail pense qlje laclivile interieure de la Nature CI:lit la Vie, et que I Amour et la Sagosse qui font essenticllement la vie de lhomme en provenaient ; et que 1( feu du Soleil par la chaleur et 1:llumiere, les atmospheres ~fr- . va,"t de moyens, la produisait ; mais que main tenant, dapres ce ~ quil venait dentendre sur la vie des hommes apres la mort, il etait·· dans lincertitude, et que ·ceLlo incertitude portait son mental tanlot en hauL, tantol en bas; qU3Odcest en hau,t; iI reconnait un Centre donl il navail ell auporavant llhcune notion ;; III quund ceSren bas, ,I iJl,voit ie Centre qu"Havaitcru·tJrlique; que la Vie ienhill CbnlPd dont jJ: ~avaft!)et1· auparnY~nl),aUcune notion l ; qu6Jla Nature vient .
  • 60. RELIGIONCHRETIENNE 57 ,du Centre quil avail cru auparava~tetre unique; et que Iu net [au,­ tre Centre a une Etenduc an/our de lui. Aces mots, nous dimes =, C"estbien, ponrvu quaussi, du Centre et de IEtendue"de la Vce tuveuilles considerer le Centle et IEtendue de la Nature, et non vice versd: et nous [ui apprimes quau-dessu;; du Ciel Angeliqne il y a un Seleil, qui est pur Amour, et en apparence igne comme le Solei.! dumonde; que cest dapres la Clialeur qui pr-ocMe de ce Solei! que les Anges et les homrnes ont la Volonle et lAmour, et que cestdapres I sa Lumierc qui!s ontIEnfendemenl el 1:1 Sagesse; que Ies choses qui procMenl de 111 sont dites SpiritueHes, et que cenes qui proce­ dent <lu Soleil du Monde, sonl.les contenanls ou les /eceptaclesde la vie, et sont diles Naturelles ; que lEtendue du Centre de la Vie est le MONGE SrlRlTUEL qui subsisle par son Soleil, et que lEtendue ~u Centre de la. Nature est le MOl(JE NATUIEL, qui subsisle par son Solei!. Puis donc que Jes Espaces et les Temps ne peuvent se dire de IAmour et de la Sagesse, et soot remplaces par les Etats, i1 sen suit qne ce qui est en expansion autour du Soleil <lu Ciel Angclique n~est pas une Etendue, mais est neann~oin5 dans lEtendue du Solei! naturel,;tIt la scion les receptions chez les sujets vivants, et les re­ ceptionsselon1les formes et les Mals. Alors il demanda d oil veoait le feu du Soleil dlJ Illonde ou de la nature; nous repondimes qui! vient du Solei! du Ciel Angeliqne, qui est non pas un feu, mais le Divin Amour procedant inlInediatement de Dieu, qui est au milieu de ce Solei! : comme iI en ctait BIOnne, nou s le lui demontrames ainsi : UAmour dans son essence est le feil spirituel; cest pOllr cela que Ie- feu, dans le sens spirituel de la Par/e, signifie Iamour ; de la les Prelres, dans les Temples, prient que les creurs soient remplis <lu Feu celeste, par Jequel Hs entendenl Iamour; le feu de IAulel et le fen ou Chandelier dans le Tabemacle, chez les Israelites, ne representait pas autre chose qlte le Divin Amoul; la Chaleur du -sang, ou la Chaletir vilale des hommes et en general des animaux, na pas dautre origine que Iamour quj fait Jeul vip.; de la vient -que Ihomme sembrase etlsenflamme, lorsque son amour est exalte .en zele, ou excite eo coJere etemporlement: cest pourquoi de ee -que la Chaleur spirituelle, qui est l Amour, produit chez les hommes uhe chaleur natnrelle, au po(nt decbauffer et denflammer Ieurs faces et leurs membres, il devient eVldenl que le Feu du Solei! na­
  • 61. 58- L~ VJ~ lEtu_r~l ne~i~tfl que d,a,pr~~ ~feu ~u,~leil ~pirjtuel, qui es~ le Di­vin Amour, rtJ.aiDl~nan,t, puisque 1F;teD9le vient du Centre, 6,t !l,OBvice vels4; a9~~e nOll~ laYQn~ dit ph,~ bauL, et q,~e le Centre d~la, vie, ,Iaque.! est le Solei! duCiel Allgelique, e,st le I)ivin Amourpr.ocedant immedialement de Dieu, qui est au miliel de ce So!eil ;et puisque cest de la que v,ient lItlendle de l?e Centre, laqllel!~qui ,est llppe1ee Monde spiritijel, el que crest lIar ce Soleil qut,ex,iste le Soleil dll Monde, et par celui-ci son Etend~e qui est ap­pelee Monde naturel, il est, ev~dent que )UniMers a ete cree parDieu, Aprcscela, nous nous e,lI allam,es, et lui nous accompllKhaall del;. dUlpr,tique de son ~Ylnnas~, et senlre.lint avec 1I0US sur le Ciel et lEnfer, el sur Divin a,lIspice, 3vec une nouvelle sagaciLed,esprit. DE :ESSENCE DE DIEU, ESSEJlin: QTJl EST LE DlVIN AlIolOUR ET LA mVINE SAGESSE. 36. Nous avons dislingue entre lEtre de Diell ~,I lEs~~nce deDieu, parce qui! y a une distinction entre lIlIfinile de Dieu etlA­rn,our de Dieu, et que Ifnfinile se dit par application il IEtre 46Dieu, et lAmour par application a n~ssence de Diell; en elfet, ainsiqui1,a rlejil et~ dil, IRtre de Dieu est plus universel que IRssencede, Dieu, pareillemenllI~lfinile de Diet! est plus universelle q;ue IA­mour df, Dieu, cest pour.qnoi Ilnlini devie,nt-il un adjectif des Es­sentiels et des Attribu,ts de Dieu, qui tous sont ,dilS (nfinis; ainsilon dit du Divin Amour quil est Inllni" de la DiviI!e Sagesse quelleest fnfinic, de la IJivine Puissance pareillement; non pas que IEtrede Dieu ~reexisle, mais parce quil entre dalls I.Essence comme un:l11jonctif coherent, determinant, form,ant, et en meme It:.mps elllvant,Mais ceLtesecliondu Chapitre, de meme,que les precedentes, seradi­viseeen Articles, ~avoir : ~. Dieu est; I.Am,our :meme et la ,Saqesse meme, et ces deux!fJnt son Essence. 11. Dieu est le iJ~en me~e et le Vrai meme, par:ce que le Bie,~ oppartient d lA,mqur, et le Vr~i (i ~a ~~~qes$~.
  • 62. RELIGION CHRETIENNE 59 m. L.Mnour mbne et-la.. Saqesse mbne sont la Vie meme,qfli, IlS~ la ,Vie fJn. soi. lV, L,Amo!J.r fe If/.. $agesse .en Qieu {out un•. V. LEssence d.e l amOU1; est daimer. les autres hms de soi,de voulair etre U1~. a/Jec eux, et de les rend,e heurellX par soi. 11. Ces es,sentt.:/1J. de Jamo.ur Oivin ant eM la cause de lacre(i!,tirJn de t Univ((1s, et SOfJt la cause de sa oonservation. Cha/illnl de ~sArlicle$ya et.:re expliqlle separem.ent. 31. I. DIE.U EST- L:ANoun ~t)LE t:T LA SAGI£I>$K M1!:AIE, ET eEs.DEU.l( FOliT SONE8:SEN€,E. Que. I Amou~ e,L la Sa,gesse..~oieJlt deux Essentiels auxqueJs se re­ fer~t·tolls Jes l.n6ois qui sont en Dieu, et qJi procMent de Dieu,C%t ce quevit la pr~miere Antiqu.ite; mais comme les Ages quisui·vi.rtlQtonl sllwes.siv6luent delGlrOe du Ciel les men:lals, et les.ODt plonges dtlPS les ~ond·ains et d;ln$ les corporels, ils,ne purenlle voir; e.n elre~, lel ·hol!lmes·co.mmencereol it ne. pas sa:oir ce que,cest q,l,Ie rAmour Olnsson essence, ni par suite pe que cest que laS~esse.dam; SQU ess.npe, i~nOfant que· lamour abs1r;lil de forme,nes,l p,as pp~sible, et quil operr-d;ms la forme et,par la forme. Or,p~isqle Diell e&l.la,SlIbStance Iri~llle et la Forn18 [ueme, la Subs­taooe unique, et la Forme unique, et ainsi la Substance premi.ere et.la .Forme prem.i~r:e, desquelles lEssence est l Amour et III Sagesse,et puisque par Lui (}lll cIa failes lOllles les choses qui onL ele failes,iI sensl,lit.que, dapres IA,nwur par la Sagesse, il a cree liUnivers.avec loule~et ohacune des C~G~~S qui1 contienl, et que de la le Di­vin Amour est con.iointe.ment avec la Divine Sagesse dans to,Us etdans chacun de;s SIJjets cr,ees: IAmo.l,lr. est encore non-seuleme~tIEsseQce (orm~l)t toules chos(ls, Inais allssi les lInis~ant et les con­joignant, el alOsi les contenant formees dans IJn enchaineloeal.Cela peut etre iIIustre par des choses in~Qrnbrables dans I~ Monde ; . .par exemple. par 1;1 CijALE;UR ~t I,a LmllElIE proe~.ant du Sol~il, quisont les deux Essentie.ls et les deux Univers3ux· p~rlesquels tOllte~et chacune des c!wses existent el subsislent sur la Terre; la cha­teur ella lUlpjere sonl I~, pan~e quelles corr.e~poJld~fJ,t au DivinAmour el a la,J)ivine ~agesSll"car III C~~leur qui pJ:oc~de du Solei!dQ Monde spirituel ~l ~ans son eS&eI,l~e 1!ll)our;, et la LI,nniereqllien provien~ .~t d~ns ~on. ll~senCe la Saiess;~. C~)~ peul afss etre
  • 63. 60 LA VRAIEiIIuslre par les deux es~enliels et les deux universaux, parlesquelsles Mentals humains existent el subsistent, et qui sont la VO~OIlTEet IENTENDEMENT ; en effet, cest en eux deux que, consiste le Men­tal de chacun, et tous deux sont et operent dans toutes etdans chacune des choses de ce Mental ; et cela parce que la Vo.:..lonle est le receptacle eL, ),habitacle de Iamour, et quj) , enest de meme de lEntendemenl a Iegard de la Sagesse; cestpourquoi . ces deux correspondent all Divin Amour et a laDi.vine Sagesse, dont i1s tirent leur origine. Cela, peilt encore elre iIIuSlre par les deux essentiels et les deux lIniversaux, par les­~uels les Corps humains existent el subsistent, et qui sont le ClEUR et le POUlION, ou la systole et la diastole du creur, et la ,espirationdu pOllmon ; iI est bien connu ;queux deux operent dans ,toutes et jdans chacllne des choses du corps; et cela, .parce que leCreur cor­ respond a Iamour, elle Poumon ala Sagesse; cellecorrespondanc6 I~ etc pleinement demanlre-e dans la SAGESSE ANGELIQuE SUR LE DIVIN . AMoUR,ET LA Dlv,rNE SAGESSE, publiee a Amsterdam, Que l Amour .{lomme fiance et mariptodu,ise ou engendre toules les formes, mais .par la sagesse comme fiancee el epouse, cest ce dont on peut se cOflvaincre par de~ choses innombrables dans lun et lautre ~onde, le Spirituel et le Nature!; it suffit de rappeler que tout le Ciel An­~elJque est dispose dans sa fOlme et contenu en elle dapres le Divin Amour par la Divine Sagesse: ceux qui deduisent·la crealion du monde dalltre part que du divin amour par la divine saResse, et ne savent pas que cesdeuxfonL la DivineEssence, descendent de la vue de la raison a la vue de lreil, et embrassent la Nature comme oreatricede IUnivers, et,par suite conl;oivent des chimeres etenfanle,nt des fantomes; i1s pensenl des ilIusionsd:tpres lesquellesils raisonnent, et ils liren~ pour conclusions des reufs dans tesquels sont des oiseaux de nu it ; detels hommes peuvenl etre appeles noll pas deS Mentals, mais des Yeux et des Oreilles sans entendement, ou des Pensees sans ame~ ils patIent des coiJleurs comme si elles pouaient exisler sans la lumiere; de lexistence des arbres comme si elle, pouvait avoir lieu et sahs semenee, de. toutes leschoses du Monde comme sielles pou­ valent exisler sansle Soleil, puisquils fonl principes les prineipies (principiata) , et causes les resultats des causes (causata); ainsi ils/lenversent loul, its. assoupisselll les veilles de la raison, et oient par consequent des songes.
  • 64. RELIGION GHRETIENNE 61 38. 11. Dmu EST LE BIEN M~ME ET LE Viu MtME, PAReE QUE LEBIEN APPARTIENT A L AMOUR, ET LE VnAI A I.A SAGESSE. 11 est IIniversellement connll que loutes choses se referent au bienet au vrai. indice que loules choses ont existe dapres IAmour etla Sages8e; en effet, lout ce qui procMe de lamour est appele hien,car cela est senLi, el le plaisir par lequel Iamour se manifesle estpour chacun le bien ; dun autre cOle, toul ce qui procede de laSagesse est ap!lele vrai, car la sagesse ne consiste que dans les vrais, et" affecle ses objels par le charme de la lumiere, et ce charme, lors­ qUil est per~u; est le vrai procMant du bien; aussi lAmour est·it le complexe de toules les .bontes, et la Sagesse le comJ.llexe de toutes les verites; mais les unes et les aulres viennenl de Dieu, qui est I Amour meme et par suile le Bien m~me, et aussi la Sagesse m~me el par suiLele Vrai meme. De lil vient que. dans 1Eglise, il ya deux essenLiels, qui sont appeles Charite et Foi, dans lesquels consistent loutes et cbacune des choses de lEglise, et qui doivent etre dans toutes eL dans chacune des choses de lEglise; et cela, parceque tous les biens de lEglise apparliennent a la charile et sont appeles Charile, et que lous les vrais de lEglise appartiennent a la foi et sont appeles Foi : les plaisirs de lamoul, qui sont aussi les plaisirs de la charite, fonL que les plaisirs sont dits hiens, et les charmes de la sagesse, qui sonL aussi les charmes de la foi, font que les charmes font la vie des biens et des vrais ; sans la vie qui en provient les biens eL les vrais sonL comme inanimes, et aussi sont steriles. Mais, les Plaisirs de Iamour sont de deux genres, pareillement les Charmes qui semblent appartenir il. la sagesse; savoir, les plaisirs de lAmour du bien elles plaisirs de lamour du mal, eL par suite les charmes de la foi du vrai et les charmes de la foi du faux; ces deux plaisirs de lAmour, dans les sujets en qui ils sont, dapres leur sensation, sont nommes biens, et ces deux char­ mes de la foi, dapres leur perceplion, sont aussi, nommes biens, mais parce qui!s sont daps lentendement, ils ne sonL autre chose que des vrais; quoique les deux genres soient opposes enlre ell~, et que le bien de Iun des amours. saiL le bien, et le hien de lautre amour le mal, et que le vraide lune des fois soit le vrai, el le vrai de lautre foi le faux:: mais IAmoUl dont le plaisir est essenlielle­ ment le hien est comme la chaleur du Soleil, frucLifianL, .vivifiant
  • 65. 62 ,A VRAlE et operan!: dans un humus ftrrtile, lians des albres de bbnnleqoolit~ et dans des mOlssons, el faisant du terrain, oil elle opere, un~, sO;le de paradis, dn jardin de JehDvah, et une espeoe deterlede Cnanaan; et le chll1;me du: vrai de eel alflour est comme la Iumiere du sJleil 3li jlrlntem~s, et comme la lumiere ((11. infllle clans un vase de cris­ tal, ou. sont renfermeesde belles tlellrs et dou sexhale une odeUr suave qlland il:est Olert ; all contraire, le plaisir de Iamour do ,m:ll est comme la chalellr du solei! desser-hant, suftoquant et ope­ ranI, oans hn hLimus sterile, et daOs des arbres ingrats, tels qu~ des epilles et des bllissons, el faisantdn terrain, oil ella opere, IInel sorle de desert d Anhie haHite pal des selp~nts, des hydres et des dip­ sarles; et ,le charmedll .faux de cet amou eSl cOlnme la lumiEHe du soleil en hiler, et conIIne la IUllliere qlli tnfluc daos une hOIJ­ teille, ou sooLdes vers nageanl dans du vinaigre, el des reptilesI d1une orletir infecle. 1I faut qUon saclle que toul li>i·ense folflle ~Iar des vrais, s(,n revet aussi, et !le distingue airisi dun autre bien ; il faut encore quon sache que les hien! dune m~me sOllche se lient en faisce:llIx et le! COl/Vlent ensemble dun vetelfJent, et se (hslio­ guent ainsi des aulres; que les formations se fass-enl de cette ma­ niere, cest ce quon voil claircmeut dapres tOllt ce qui sc passe en general et en particlllier dans le Corps,hulTI3in ; que la m~llle chose se fasse dans leMental humajn~lcela est evident en ce quj( ya UDe correspondance Perpetuelle de tou~es les ehoses dll menIal avee toule~ ceHes du corps: de 1:1 iI resulte que Mental humain a ele or­. ganise interieurement de subslanceS spirituelles, et exteriellrement de substances naturelles, et enfrn de substanccs materielles; le ~Iental dontles ,plaisirs de Iamour sont des biens consisle iOlerielI­ rement en substances spirituelles telles qucllcs 5ant dans le, Ciel, tandis que le Menta. dontles plaisirs sont des Inallx COrlsiste inte­ riellremeot en substances spil1ituelles telles quelles sont dans Ien­ fer, etles maux de ce mental sont lies en faisccallx par des faux, comme les biens de Iautre mental sont .Iies en faisceaux par des vrois,; puisque les biens et les maux soot ainsi lies en faisceaux. voila pourqu1oi ,le"Seigneur dit, que Nvraie doit ~tre rassern­ bUe en faisceaux pour ~tre br.11Ue, et quil en seta de - m~me des scandales: - Alatth. XIll, ,30, 40, 41. Jean. XV, 6.,
  • 66. R~~LmION CflIHi:T1ENNE d3 39. Ill. Dum, tnANT 1.AMOUR MbiE ET LA SAGESSE MbtE, H!;T I.A, Vut rd)IE, QlJt EMT J,A VIE EN ~Ol, 1I est dit rlans Jean: " La Parole etriit chez Diell, et Dieu Itdit, la Parole ;en El/e etait la Vie, et la Vie etait la Lztmi(}re des nomrrtes. N - I, 1, 4 ~ - dans ce pasliage, par Diell est entendu le Divill Amour, et r10n la Parole la Divine Sagesse; et la Diville Sagesse est prb~llemetlt la Vie, etla Vie est proprernent·la I~Uftliere qui procede <iu Solei! du Monde spllituel, dans le miliell dllquel est Jehovah Diell : le Divin Amour forme la Vie comme le fell fOIt116 la Illmiere: tians le ~eu it ya deux cho~es, ~ Callslil~ile et la Splendellf; de la C:lllsticitli ~u feu procedela chaleur, el de la Splelldeur nu fell procMe la lumiere: onos I Amour 11 ya pareille­ .ment deux choses, IlIne a laquelle correspond la calJ~licitc du feu. et cast quelque chose qui atfecte intimement 13 volonte de lholl1me; lautre a laquelle correspond la splendeur till fell, eL cest quelqll6 chose qui alfacle intimement enlendemenL de lhomme; cest della -que Ihomme jlossede Iamollr et Iintelligence ~ car, ainsi quil a dejill~te dil qnclqllefois, du Solei! dll Monde spirituel procedent une Ch~leur clui dans son ess,enee est lamour, et une Lumiere qui dans ~oo essel1ce est la sagesse ; celle chaleur et ceLle lumiere in­ flllent dans loules el dans chacune des choses de lUlilvers, et les atfeclent intimerilent, eL inflocnt chez les hommes dans leur volonte ,et ~ans teur entenllemcnl, qui tous deux ont ete crees receptacfes de linflux, la volollte receptacle de lamour, et Ienlendement fa·· eeptacle de la sagesse , de la, iI est evidcllt que la vie de lhomme habite dans lEnlendement, el qUelleesL talle quest la sagesse de .IenLendement, et que Iamour de la volonte la modifje. 40. Dans Jean, onlit aussi : « Comme le PfJre a la vie en Lui­ Mhne, airisi il a domuJ aussi au Fits davoir la vie en Lui­ Meme. " - V, ~6 : - par la il est entendu que, comme le Divin meme, qui a eta de toutc ete.nite, vit enSoi, ainsilHumain qllil a pris dans le Lemps vit allssi ell Soi ; la Vie en soi est la V,ie meme et unique, de laquelle viveot tous les anges et tous les hommes. La raison humaine peut voir cela dapres la lumiere qui proced& du Soleil du Monde n:llurel, en ce que celle lumiele nest pas cr~a­ hIe, mais quj) a ete clee des formes qui la rec;oivent, car les yeux sonL ses formes recipientes, et la lumiere qui influe du soleil fait.
  • 67. 6i LA VRAJE que les yeux voie~t: il en est de meme de la Vie, qui, comme il a ete dit, est la Lumiere procedant du Solei! du Monde spirituel. en ce qUelIe n est pas cr6able. mais quelle influe continuellement, et que de meIDe q4elle cclaire, de meme elIe vivilic rEnt~ndement de lhomme; que par consequent, comme la Lumiere, la Vie et la Sa­ gesse sont eux, la Sagesse nest p~s creable, ni pareillement la foi, ni le vrai, ni la/llour, ni la chariui, ni le bien, mais qui1 a ete cree des formes qui les recoivent ; les mentals humaills eL angeliques sont ces formes. Que chacun se garde donc de se persuadeI que par soi il vit, et que par soi il sait, croit, aime, percoitle vrai, veu( le billn et le fait; en etTer, autant quelquun se persuade cela, aulant il pre­ cipite son mental du Ciel en terre, et de spirituel devient naturel, sensuel et corporel, car il fermeles regions superieures de soon Mental; de la il devient aveugle quant a tout ce qui concerne Dieu,. le Ciel et lEglise, et alors tout ce quil pense, raisonne et dit sur ces sujets devient de la folie, parce quil est dans les tenebres, et alors en meme lemps il est dans Iassurance que cesl de la sagesse ~ en etTel, les regions superieures du mental, ou habile la vraie lu­ miere de la vie, etant ferll1ees, alols souvre la region inferieure du mental, dans laqual1e est seulement admise la lueur du lfonde, et celle lueur separee de la lumiere de~· regions sllperieures est une lueur fanlastique, dans lac[uelle le~ faux se monlrent comme vrais,. etles vrais comme fanx, le raisonnement fonde sur des faux comme sagesse, et le raisollnement fonde sur des vrais comme folie; et alors lhomme croit avoir la vue de laigle, quoiquil ne distingue pas plus ce qui concerne la.sagesse, quune chauve-soulis ne voit dans la lumiere du jour. 41.. VI. L AMOUR ET LA SAGESfiE EN DIEU .FONT ut". Tout homme Sage dans lEglise sait que lout bien de lamour et de la charite vient de Dieu, et parei:Iement tout vrai de la sagesse et de la foi ; qllil en soit ainsi, la Raison llUmaine peut meffie le voir, pourvu quelle sache que Iorigine de lamoul et de la sagesse proc~de du Solei1dll Monde spirituel, dans le milieu duquel est Jehovah Dieu, OU, en dautres termes, que cellc origine procede de Jehovah Dieu par le SoleiI qui est autour de Lui; en etTet, la Chaleur procedant de ce Soleil est dans son essence lamour, et la lumiere qui en proceJe est dans son essence la sagesse; dou lon
  • 68. RELIGION CHRETIENNE 65voit, comme daDs la clarle du jour, que dans celle origine lamourella sagesse soot un, par consequent en Dieu, de Qui vrocede 10- rigioe de ce Solei!. Cela peul allssi etre iIIuslre dapres le Soleil du Monde naturel qui esl pur Feu, en ce que de son igne pro~ede la ,chClleur, el de la splenlleur de soo igne procMe ]a lumiere, et quaiosi la chaleur et la lumiere dans leur ori- ~ioe sont uo. Mais queo proc(>(Ianl elles soient divis~es, 00 levoit dapres les sujets, don t quelques-uns re(:o ivent plusrle chalfmr, el daulres plus de lumiere; cela arrive priocipalemeot chez les hommes.; en eux la Lumiere ,de la vie, qui est Iintelligence, et la chaleur de la vie, qui est Iamour, -sont divisees; il en est ainsi, parce que Ihomme doit etre reforme et regenere, eleela ne peut tllre fait, a moins que la Lumiere de la vie,qui est lIntelligence, nenseigne ce quil doit vouloir et aimer: cepeodaot, il faut quon sache que Dieu opere continuellement la conjonciion de Iamour et de la sagesse chez Ihomme, mais que lho:nme, si1 ne ,tolHne pa~ ses regards vels Dieu et ne croit pas en Dieu opere continuellement ]a division; aulant done ces deux choses, le bien de Iamour ou de )a charitc et le !fai de la sagesse ou de la foi, sont conjointcs chez ),hOOlIll6, aulanl Ihomme devient lin:age de Dieu, el est eleve vers ]e Cielet ,dans le Cial ou sont leg anges; et vier; versd, autanl ces deux choses sont divisees par lhomme, aulant Iholurne devient limage de Lucifer el du Dragon, et est precipi t6 du Ciel en terre, et ensuile sous 1: terre en Ellfer: par la conjonction dc lamowr et de la sagesse, Ietal de Ihomrne devient comme rel,:lt dun arbre dans la saison dll prmtemps, qlland ,1a chaleur se conjoinl en ega- ]ite avec la lumiere, doiJ. resultenl la germination, la florai.;;on et ]a fruclific"ation de Iarbre; et vice versa par la division de lamoul el de la sagessse, letal de Ih0mme devient comme celui de Iarbre dans la saison de lIaiver, quand la chaleur se retire de la lumiere, dou reslIlte pour Iarbre la privalion et le nepollillemenl de toute flelll et de (oute fellille, Qlland la chalellr spirilllelle, qui est la- mour, se separc de la lumihe spiriluelle, qui esl la sagesse, ou, cequ i est la m~me chose, (]Iland la charile se separe oe la foi, Jhomme devient comme un humus qui saigrit Oll sepourrit, dans lequel naissen t des velS, W, sil produit ,des arbr.isseaox, leurs feuilles sont couvertes dinsecles et devorees; en eftel,.. leg attr:li:ts I. 5
  • 69. 66 LA VRAIE de lamoull du mal, qui en eux m~mes sont des coneupisc8DC6S, ecl3­ tent tout a coup, et lIntelligence ne les domple ni ne ]es reprime. mais elle les cherit, les entretient et les nourr.it ; en un mot, diviser Iamollr et la sagesse, ou la eharite et la foi, que Dieu sefforce conlinuellement de eonjoindre, cest, par comparaison, priver de rouge la face, de la une paleur comme celle dun mort, ou enlever au rouge le blanc, ee qui rend la face comme une torche enflammee; cesl encore, par comparaison, rompre le lien conjugal entre deux epoux, et faire que lepouse devienne proslitueeet le mari adullere ; cal Iamour ou la cha,rite est comme le mari, et la sagesse ou la foi est comme )epouse, et comme oes deux choses sont separees, iI se fait une prbSiitution spirilUelle et une scortation spirituelle, qui. SOil! la falsification du vrai el Iadulteration du bien. 42. Il faut en outre quon sache quil y a trois degres damour et de sagesse, et par suite trois degres de vie, et que le lfenta] humain a .ete forme comme en regions selon ces degres, et que la vie dans la region supreme est dans le degre supreme, daDS la se­ conde region dans le degre moyen, et dans la derniere region dans ]e degre infime ; ces regions sont successivement ouvertes chez les hommes ; la derniere region, ou la vie est dans le degre infime, souvre depuis la premiere enfance jusqua la seconde (pueritia), et cela se fait par les sciences; la seconde region, oula vie est daDS un degre plus grand, souvre depuis la seconde enfance jusqua Ia­ dolescence, etcela se fait par les pensees provenant des sciences; et la region Sl!pr~me, ou la vie est dans le degre supreme, sollvre depuis ladolescence jusqua la jeunesse et au-dela, et cela se fait par les perceptions des verites et morales et ·spirituelles. Enfin, if faut quon sache que la perfection de la vie consiste non pas daDS la pensee, mais dans la perception du vlai dapr~s la IUIlliere du vrai; cest de la quon peut. juger des differences de la vie chez les homme3; en effet, il en est qui, aussitot qUits entendent le vrai, pervoivent que cestle vrai, ceux-ci dans le Monde spirituel soot representes par des aigles; il en est qui ne pert;oivent pas le vrai, mais qui le concluent da,pres les confirmations par les apparences, celJx-ci sont representes par des oiseaux qui ont une voix agreab]e; it en e:>t qui croiellt quuoe chose. ~st ]e vrai, parce. quelle a ete dite par une bomme dautorite, ceux-ci soot represeotes, par des~1
  • 70. RELIGION CHRETlENNE 61;pies; et en outre, il en est qui ne veulent pas et qui ne, peuvenL pa~,percevoir le vra i, mais qui per~oivent seulemeBt le f;lux, et cela..!paroe quils sont dans une lumiere fantastique, dans laquelle lefaux se montre comme le vrai, et le rai se montre OU comme quet­,que chose de cache au-dessus de la We dans un nuage epais, ou-eomrr.e un meleore, ou comme le faux. Les pensees de ceux-ci sout Jrepresentees par. des hiboux, et leurs paroles par des chats-huants;; tJarmi cesderniers, ceux qui ont confirme leurs faux ne SUPPOJlr tent pas dentendre les vrais, et des que quelque vrai frappe Iou­ verture de leur oreille, ils le rejettent par aversion, a peo pres -comme un estomac charge de bile vomilla nourrilure. _, 43. V. LESSENCE DE LAMOUR EST DAIMEI bES AU~EES HORS D~ 501, DE VOllI.l)!R tTRE UN AVEe EUX, ET DE LES UENDRE HEUR,EUX,pAR 501. Il Ya deux choses, lAmour et la Sagesse, qui font lessence de nieu, mais il y en a trois qui font lessence de son amour: Aimer ;les aulres hors de soi, vouloir ,etre un avec eux, et les rendre heu­ reux par soi ; ces trois memes choses font aussi lessence de sa sa- . gesse, parce que I Amour et la Sagesse en Dien font un, ainsi quilca ete montre ci-dessus; mais ,lAmour venl ces choses, et la Sa­ ,gesseles produit. L., PUEmEREssENTIEL, qui est daimer les au­.t?es hors de soi, est reconnu dapres lamour de Dieu envers lout le Genre humain, et acause du Genre humain Dieu aime toutes les ,choses quil a creees, parce queHes sont des moyens ; car, qui aime; la fin, aime allssi les moyens: lous et tOlltes choses dans lllnivers cSont hors de Dieu, parce quils sont finis, et que Dieu eSl Infini: fam01Jr de Dieu va et setend non-seulement sur les bons et sur les <lhose:i honnes, mais aussi sur lesmechants et sur les choses mau­ vaises, par consequent non-seulement sur ceux qui sont dans le Ciel ~t sur les choses que le Ciel renferme, mais aussi sur ceux qui soot dans lEnfer et sur les ohoses que IEnfer renferme, ainsi non-seu­ lement sur Michel et Gabriel, mais aussi sur le diable et Satan; car partolll et de loute eternite a toule eternite Dieu est le Metrie; aussi dit-il que, « son Soleil il fait lever sur mechants et bon$, et.quil envoie la pluie .sur justes et injustes. )) - Maltb, V,. 45 ; - rnais ne1l.omoins si les rnechanls sont mech~nts, et si les cho.ses mauvaises sont.mauvaises, eelatient aux sujets memes et aux objels
  • 71. 68 LA VRAIE m8mes en ce qui!s re~oivent lamour de Dieu, non tel quil est· el se trouve intimement, mais lel quils sont eux-memes, comlIle font pareillement l epine ellortie iI Iegard de.la chalenr du solei! et de, la pluie du Ciel. LE SEGOND ESSENTIELDE LAMoun DE DIEu qui est de voulmr etre un avec eux, est reconnu aussi dapres la con­ "jonclion de Dieu avec le Ciel Angelique, avec IEglise dans les. :,terres, avec chaque homme de lEglise, et :Vec 10llt hien· el lout "Vrai, qui entrent dans Ihomme et dans lEglise et qui les consti­ tuent; ramour aussi, considere en lui-J!leme, nest autre choseo quun effort vels la conjonclion : cest pourquoi, afin que celle pro­ priete de le.ssence de lamoul flit obtenue, Di eu a cr.ee Ihomme a:1>00 image €i it sa ressemblance, avec lesquelles la conjonclion peut. ~tre faite :-que lAmour Divin tende continuellement it la conjonc­ tion, cela est evident dapres ces paroles du Seigneur, " quil veut quils soient un, Lui en eux et eux en Lui, et que lamour de· Dieu soit en eux. " - Jean, XVII, 2t, 22, 23, 26, - LE TROI­ SIEME ESSE:<TIEL DE LAAIOUR DE DIEu, qui est de les rendre heu­ reux par soi, esl reconnu dapdls la vie elelnelle, qui est la beati­ tude, le bonhellr et la feliciLe sans fin, que Dieu donne it ceux qll~ rel(oiv·enl en eux 80n amour; en elfet, comme Dieu est lAmour­ meme, car tout amour exhale de soi un plaisir, et le Divin amour­ exhale la beatitude meme, le honheur meme et la felicilc mem~ durant Ielernile, ainsi Dieu rend heureux par soi les Anges, et les:. hommes apres la mort, se qui se fait par la conjonction avec eux. 44, Que lel soit le Divin Amour, cela est connu dapres sa Sphere" qui se repand dans IUnivers, el alfecle chacun seloll letal de ch~cun; elle affecle sllrloul les Parents; cesl dapres elle quils ai­ menttendrement leurs enfants, qui sont hors deux; quils veulen>t.~tre un avec eux et qllils venlent les rendre heureux: celle Sphere dttDivin Amour affecte non-seulement les bons, lJlais aussi les mechants,.et non-seulement les hommes, mais aussi les beles et les oiseaux detout genre; la mere, quand elle a infante, pellse-t-elle a aUlre chosequa sunir pour ainsi dire it son ·enfan r, el il pOllrvoir ,I son bien? L oi­seatr, forsquil afait sortir des reufs ses petils, fail-il autre chose que deles reehauffer sous ses ailes, et dinserer padeur petit bee de la nourri- .lure dans leu,r gosier.? Nest-il pas connu que les serpentset les vipe­res ~iment leur progenilure ? CeLle sphere universelle alfecle speciale­ (
  • 72. RELIGION CHRETIENNE 6!t: ~efll-ceux qui recoivent en eux cet, Amour de Dieu ; ee sont ceUli -qui croient en Uieu et aiment le procbain; l~ cbarite chez eux est. firnage de cet amour. Lamilie entre ceux qlli ne sont pas booS! imile meme cet amour; en effet, Iami a sa table donne les meilleur morooaux ~ son ami, iI lembrasse, il lui saisil la main et la lui ~erre, et itlui promet ses services. Les sympathies etles efforts des ~Omog(mes et des semblables pour la conjonclion, ne tirenl pas<tiaulle part leur {,lrigine. Celle meme Sphere Divine ope re aussi ,.daDS les choses inanimees, comme les arbres et les herbes, mais par le Soleil du ~Ionde, el par sa chaleur el sa lumiere, car la eha.., ~eur entre en clles par le dehors. se conjoint avec ~ll~s, et fai~-quelles germent, fleurissent et frllctifieDt, ce qui tientla place de la beatitude dans les choses animees ; voila ce que fait celle cba­,}eur, parce quelle correspond it la chalcur spiriluelle, qui est I~a-, amour. 11 y aussi dans les divers sujels du Regne mineral des re­ presentations de Ioperation de cet amour; ses typiqlles ~e T)1ani­ lestent dans les exaltations des mineraux pour les usages et par Suite pour des valeurs de grand prix. 45. Par la description de lEssence du Divin amour, on peu~ ""oir quel est Iessence de Iamour diabolique, on peut le v9ir da-i pres loppose; lamour diabolique est Iamour de soi, iI est appele=amMr, mais considere en lui-meme, cest la haine, car i1naime :personne hors de lui, et it veut etre conjoint aux ~utres non pas pour leur faire du bien, malS seulement pour sen faire 11 lui-meme; :par son intime iI aspire continuellement it dominer sur, lOus, etoaussi it posseder les biens de tOilS, et enftn 11 etre adore comme Dieu:,~est par celle r:ljson meme que ceux qui sont dans IEnfer, ne.~econnaissent point Dieu, mais i1s reconnaissent pour dieux ceuXj~ui surpassent les autres en pouvoir, ainsi des dieux inferieurs e .des dieux superieurs, ou des dieux plus pelits et des dieux plus grandsl,selon letendue du ,pouvoir ; et comme la chacun porte dansJsorr <lq!llr celle meme ambition, cbacun est aussi devore de haine con,r,C( Son dieu, et eelui-ci contre ceux qui sont sous son empire, et ill les considere comme de viis esclaves, avec qni il parle, iI est vrai .av;ec douceur. tant quHs ladorent, mais il est, comme par le feuol! tra.nsporte de fureur contre teus les, autres, et aussi lin,terieulemel~ lQ.U ,dans le creur, contre ses clienls ; en effet, lalDour de soi est la
  • 73. "0 que lam-our desvoleurs,VRArEsembrassent lmutuel,rement,.m~me LA quiqualld Hs exercent leurs btigandag-es, mais qui ensuite brulent dilldesir de se massacrer.pour se der()lb~II Ituts portions d,u butiD~.test cetamaur qUi est callse qye .sas cupidites dans lEnfer, oil itregne, apparaissent de loin commediversesespeces de Mtes f.etoces;les unes, comme des re~ar.ds et ·des ,leopards; les autres, cornme·des loups el des tigres;. et daulres, comme des crocodiles erdes.serpenls venimeux : et que lesdese.rts,ou i1s vivent, ne consistentquen monceaux de pierres, ou en g.ravier nu, parmi l~squels sontdes marais oil croassenl des g-renouilles ; et que sur leurs hUlles.voltigent d~s oiseallx lugubres qui poussenl des crislamenlables:les ocliim,~iis lziim et les jiim, qui sont nommes dans les Iivres.plapheliqlles de la P-arole, Oll il est queslion de Iamour de comman­der daptes lamour desoi, ne sont pas aUlre chose, - Esale, x Ill,.211. Jereln. L, 39. Ps. LXXIV, 14. . 46. VI. Cis ESSENTIELS DB LAMOUR DIVIN ONT ETE LA CAUSE DE: L~ CREATlONDE LUNIVERS,ET SONT LA CAUSE DE SA CONSERVATION. Que ces trois Essentiels de lamour Divin aient ete la oausedeJ lalCreation, cest cequan peut vo·ir en les scrutant et en l les exa­. minaot ; que le PREMtER ESSE NT/EL, qui est dairher les autres: hors de SOt, en ait ete la cause, on ,le v@llt pjir rUnhi(lr·s, qui est­ horsde Dieu comme le monde est hors du Soleil, et sur llequel Diel~ p~ut etendre son amour, et dans lequel il peul lexercer, et ainsii ge reposer ; aus~ilil-on, quaples que Dieu eUl cree leCieltl.t I<. terre, tiJ·se reposa, et que de la fut -fait .Ie jour du Sabbath. ­ Gen:I1, 2, 3. - Que le SECOND ES&ENTIEL, qui est de vduloi.,... ~tre un avec eux, en ait e,te la cause, on ,~e voit par la creation del lhomme a Iimage et a la ressemblancede Dieu, par lesqueHes H est entendu que Ihomrn.e a eM fait fo;rme recipiente de larnour et. 4le la sagesse qui plocMent de Dieu, ainsi Dieu peut sunir aveCO Jui, et pour lui avec louteset chacunedes chosesde Iuoivers, qui ne sont que des moyens ; car la conjonction avec ]a cause f~rrale e~t! aussi la conjonction avec les causes moyennes; que toutes chostsl aient ete oreees1pQur·I"Homme, cest aussi c1l que prouve le iLivre­ de la ereation dulaGenese, Chap. I" 28;1291 130. W flue le TMI­ SIEME ESSENTJEL Iqui est de les ienar.e,1 heureit:r: pM -soi, eo ait ~t~ la cause~ ~m le voit par lie ·C161A.lfl~~lique;llequel a. ale deslille­
  • 74. RELIGION GBRETIENNE 71 par la Providence Inout bomme.qui r~oit lamour de DieD, et dans , lequeltous sonl beureux par Dieu seul. Que ces trois. essentiels de lamour de Dieu soient aussi la cause de la conservation de lUnivers. cest parce que la "Conservation est une perpetuelle Crealion, comme la suhsistance est une perpelUelle existence; et que le Divin Amour est le meme de tonle eternile a lOute elerDite ; ainsi, tel il a ete en cre~t le Monde, tel il est et demeure dans le monde cree. . 47. Par ces explications bien comprises on peut v,oir que IUni~ vers est un Ouvrage coherent depuis les premierS jusquaux derniers, parce que cest un ouvrage quiconlient,les Fins, les Causes elles Effetsdans un enchainement indissoluble: et comme dans tout amour iI y a la fin, et que dans toule sagesse il y a promotion de la fin par les causes moyennes el par ces causes aux effets, qui sontles usages, il en resulte aussi que IUnivers est un OUrage qui contient le Divi~ Amour, la Divine Sagesse et les Usages, et ainsi un Onvrage. tout afait coherent depuis les premiers jusquaux derniers. Que lUnivers consiste en de perpetuels Usages produils par la Sagesse et commences par lAmour, cest ce que tout homme sage peut contempler comme dans un miroir, quand iI sacquierl une idee commune de la Creation de lUuivers, et quen elIe il considere les choses particulieres, car les paiticllliers sadaplent a leur commun, et le commun les dispose en forme afin quils concordent; que celasoil ainsi, cesl ce qui sera illuslre dans la suile par de plus grandsdetails. t • ~ ~ ~ 4-8. A ce qui precede jajoulerai ce MEMORAllLE. UII jour je men­tretins aV6C deux Anges, Iun etait du Ciel oriental et laulre duCiel meridional; lorsquils perlfurent que je meditais sur les Ar­canes de la sagesse concern,ant IAmour, ils me dirent: As-tu quel.que connaissance des Jeux de la sagesse dans notre monde 1Je re­pond is: Pas encore; et ils dirent: 11 y en a plusieurs, el ceux quiaiment les vrais dapres laffection spirituelle, ou parce que ce sontdes vrais el que la sagesse exisle par les vrais, se reunissent a unsignal donne, et ils agitenl et decident des ,questions qui apparlien­nentaun entendement tres-profond. Alors ils me prirent par lamain, en disanl: Suis-nous, et tu verras ettu entendras: le signalere la reunion a ele doune atijourdhui. Je fus conduit atraversune
  • 75. 72 LA- VRAIE plainevers une colline, el voici, au pied de la colline, un porlique de palmiers, continue jusqua son sommet; nous y eotrimes et DOUS mont~mes ; et sur la tele ou le sommet de la colline je vis un 80­ cage, entre les arbres duquel un terrain eleve fofmait une sorle de Th-ealle, ah il y Rvait une Plate-forme, payee de pelites pierres de,diverses couleurs : autour de celle Plate-forme en carrt avai~nt ele. places des Sieges sur lesquels elaienl assis les amaleurs~, la sagesse; et dans le milieu du Theatre etait fune Table, sur laquelle avait ete place un Papier cachete. Ceux qui etaient assis sur lesSieges nOlls illviterent 11 prendre des Sieges encore vacanls, et je . repondis :1 Jai ~le conduit ici par deux Anges pour voir et ecouler, ~, non pour masseoir: et alors ces deux Anges allerent au milieu de la Plate-forme vels la table, et i1srompirent le cachet dll papier et ils lurent devant ceux qui etaient assis les arcanes de la sagesse.ecrits sur le papier, lesquels allaient ~tre agiles et developpes; Ms avaient ete ecrits par les Anges du troisieme ciel" et envoyes surla table; iI y avait trois Arcanes, le PnEMIER: Qrtest-ce que lI­mage de Dieu, et qUest-ce que laRessemMance de Dieu, selon l6squelle.~1h@mme a ete cree? Le SECOND,: Pourquoi /homme ne nait-il dans la science daucun amour, lorsque cependant les fletes et les Oiseaux tant noMes quignobles, naissent dansles Sciences de tous leurs amours, Le TRoISIEME: Que signifie IArbre de vie,; que signifie l.Arbrede la science du,bien et du mal, et que signifie tAction de manger de ces arbres? Anbas etait ecrit: Reunissez les trois decisions d31lsune seule sen­ tence, et ecrivez-Ia sur un nouveau Papier, et revlacez-Ie sur cette table, et nous errons; si la senlence, dans la balance, parait depoids et juste, le prix de la sagesse sera don ne iI chacun de vous.Apres celle lecture les deux Anges se relirerent, et ils furent en­Ieves dans leurs Cieux. Et alors ceux: qui elaient assis sur les Sie- .ges commencerent a agiter et a developper les Arcanes qui leuretaient proposes, et ils parlerent en o~dre; dabord, ceux quietaient assis au Septentrion, ensuite .ceux qui elaient a IOccident,puis ceux qui etaient alOrient ;,et ils .prirept le Premi~r sujet dediscussion, qui elait: QUEST-CE, QUE LIMAGE DE DIEU, ET QUEST-CEQUE I.A RESSEMBLANCE DE li)JEU" SELON LESQUELLES LHOMME A ETE ClltE,?Etalors on lut dabord devant tous les assistants ces passages du Livre
  • 76. RELIGION CHRETIENNE 7,3 de la creation: «Dieit dit": Faisons l homme a NOTREIMAGE, d LA. RESSEMBUNCE DE OIl;;U il le fit. )) - I: 26, 27. - "Ate jour que l)ieu crea lhomme, d LA RESSEMBLANCE DE DIEU ilte fit. " Gen. v, (. Ceux ql~i etaient assis, all SEPTENTRION parlerent daboId, disant <tue llmage de Dieu et la Ressemblance de Dieu sont les deux Vi,es inspirees elllhomme par Oieu, cest-a-dire, la Vie de la volonte .et ~. Vie de Ientendement, car il est dit: It Uhovah Diete ins­ pira dans les narines d A dam une dme de VIES, et l homme jut fait en Ame viQante... ~ Gen. 11, 7; - Par quol il parait -etre enlendu quil lui a eLe inspire la volonte du bien et la Percep­ ~lioll dll vrai, et ainsi une Ame de vies: et comme la vie lui a ele inspiree par Dieu, nmage et la Ressemblance signifient linlegrih~, ~n !ui dapres Iamour et la sagesse, et dapres la justice et le ju­ gement. Ceux qui siegeaient 11 OCCID~NT etaient fallorables acelte .()pinion, enajoutant cependanL que lelat dinlegrile, q1,li lui a ele inspire par Dieu, est continuellement inspire 11 chaque bomme apres lui, mais qui! est dans lhomme comme dans un receplacle, et que lhomme etant un receptacle est limage et la ressemblance de Dieu. Ensuite les Troisieme en ordre, savoir, ceux qui siegeaient au MIDI, dirent : Llmage de Dieu et la Ressemblance de Dieu sont deux choses distincles, mais unies dans Ihomme par la creation, et nons voyons comme par une sorte de IlImiere interieure que lhomme , peut detruire limage de Diell, mais non la ressembrance de Dieu ; cela se presente comme a Lravers un voile, en ce quOAdam a r~tenu la ressemblance de Dieu, apres.quil eut perdu limage de Dieu, car :lpres la malediction; on lit ces paroles: « Voici, lhomme est,comme lun de nOltS, sachant If! hien et le mal. " - Gen. Ill" 22. - EL ensuite il est appele ressemblance de Dieu, - Gen. V, t, - mais laissons dire a nos co-associes qui siegent 11 IORIENT, e,t. sonl par consequent dans une lumiere syperieure., ce que cest proprerrient que Iimage de Diell, et ce que cesL propre­ ment que la ressemblance de Dieu. Et alors, apres que le si­ ,lence fut elabli, ceux qui etaient assis a lORIENT se leverent de 1eurs sieges, et jls porterent leurs regards vens le Seigneur, et ensuiLe ils se replaeerenL sur l~}lrS sieges, et ils dirent: Llmage de Dieu est le receptacle de Dieu,. et Dieu clant IAmour D,leme er. la, sagesse mama, limage, 4e Dieu est la reception de lamour et de
  • 77. 1t,. LA VRAIEla sa-£e~se 4ui procMent de Dieu dans Thomme; mais la Ress~m: blantede Dieu est une parfaite ressemblance et UDe pleine appa­ rence.comme si lamour et ,la sagesse etaient dans Ibomme, jrt par sUite absoliJment comma sils lui appartenaieilt; car lh{jmme ne, peut filire autremtlnL que de sentir quil aime par lui-m~me eL qniI est sage pal lui-meme, ou quil veut le bien et comprend le v",ai, pal llii-rneme, lorsqu6 cependant ce nest pas en la moillire chose· lpar lui-Oleme, Dlais cest par Dieu; Dieu seul aime par IOi-rncme et est sa~epar lui-meme, paroe que Dieu est IAm6lrr ~me eL la Sagesse meme ; la Iessemblance ou lIapparence que Ia­ mour et la sagesse, ou le hien et le vrai, sonl daDS lhornme comme lui apparlenanL, faiL que l·homme est bOlDIne, et qui1 peut ctre conjoint a DttlU, et ainsi vivre dans lelernite; il suit de la que Jbomme esL homme, en ce qui1 peuL vouloir le hien et comprendTC le vrai absohiment comme par luj·meme, et neanmoilis savoir et croire que cest par Dieu, car a mesure qui1le sait et le croil, Dieu place son image dans lhomme, 1I en serail autrement sil croyait que cest par lui-meme et non par Dieu. Apres quils eurent ainsi parle, le zele que prodliitlamour de la verile les saisit, et ils pro­ 1l0ncerent cesparoles: Commentlhomme peut-i! reccvoir quelque chose de Ianiour et de la sagesse, et lIe retenir et le reproduire~ si1 ne le sentpas comme lui appartenaIit! Comment peut-i1 exiSler une eonjonction avec Dieu par Iamour el par la sa~esse, sil na pas. w~ donne 11 lhomtue quelque reciproque de cODjonclion, car sans un rel:liproque aucnne cOlljoJlction ne peut exister ; el le reciproque de oIa conjonelion est que lhomlne aime Dieu et fasse les choses qui SOnL de Dieu COIl/me par lu-m~me, eL cr6ie ,cependant que cest par Dieu ! Comment lhon1me peut-il ivre dllns leternite, sil na pas ete conjoint aDieu eternel ! Et par consequent comment lhomme peuL-i1 ttre homme S:fflS celle ressemblance en lui! A cas mols tous. llpplaudirtlnt, et i1sdirent: Qui! SOil lire une c()nclusioD de ce qui vient d"etre dil, et Ion en tira celle-ci : LHomme est le receptacle­ de Dieu, et le Rece~tacle de Dieu est Iimage de Dieu; el comme meu est lAmou r meme et la Sagesse mellle, lhomme est le Recep- ~cle de lamour eL de la sagesse, et le Receptacle devient limage. die Dieu balon quil re~oit: et lhomme e5t Ia ressemblance tie Dielr~ en ee quilsent en lui que les choses qui viennenL tie Dieu sont"~
  • 78. RELIGION ttiIREIfIENNE. 15,luicomme si elles Iui: apparlenaienl ;mais neaninoins par cette tes­semblancei! nest Iimage de. Dieu, qu:M-anL< qu~il reconnalt quel~amour et III sagesse, OU le bien et-le vrai, Del sont point enlui des.chases lui apparrenant, et quaInsi eWls ne vielln;ent pas non plos.de 1ui, mais queJiles sont seu1eiDent de Dieuet viei1l1ehtpar conse­quent de Dieu. - pres cela, i1s prirentle second degre deladiseussibn : .. POUR­ QUOI LUOMME NE NAIT""IL DANS LA SCIENCE D AUCUN AModR, LonSQUE CE­ PENDANT LES B~TES ET LES OISEAUX, TANT NOftLES QUIGNORLES,NAISSENT DANS LES SCIENCES DE TOUS LEURS AMOURS. D~abord, ils eonfirmerent )a verite de la prop6sillon par diver~ moyens, p.ar exemple,au su­jetdelhommc, quill ne nait dans aucuoe science, pas m~me dans.la science de ramour conjugal; et ils s!ufoIITierent, et des observa­teurs leur apprirent que lenfant ne connail pas m8me par unescience innee la inamelle de la mere, mals que cest la mere ou la noltrrice qui la )·u! fail oollDaitre"en len approchant ; que seulement il sait leter; et quil a appriscela par unirchnlinuelle succiotJ dans. luMtus dela ,mere; que plus lard ilne sait ni marcher, ni articular­ le son en aueunl parole humaine, ni Illemeexprimer par des SOhS. comme l~sbeies, les affeclionsde lamonr ; quen ou lre, il ne con­ HaiL aucJ>n des alimenls qui lui conviennenl, comme les connaissent les beles, mais quil prend ce quil rencontre, que ce soit propre, 011 sale, et leporle ha boucbe : ces observateiJrs dirent que lhomme, sans liJistruclion, ignore absolumerlt les manieres dahner lesexe, et que m~meles jeunes fllles et les jeunes gaTl,;ons les ignorenl, sils. nen ont pas ete linslruils par dautres: en iln mot, rhomme nail corporel comme le vel; et il demeure corporel, 11 indins qliil na1­ prenne par dautres it savoir, a comprendre et a 8lre .sage. Apres. eela, ils cohfirmetent que les B~tes, lant nobles qu"ignobles, comma les animaux dela terre, les oiseaux du ciel, 16l repliles, les poissons, ces VelS quona1pelle insectes, r.aissent dans toulCS Ies sciences des. amours de Ieur vie, par exerrlple, oa~s tout ee qui c6ncerne la nu­ trition, dans lout Ice qlJi concerne lhilbilalion, dans Lout ce qui. cencerne lamour du sexe et de la prolificatien, etdans toul ce­ qui concerne leducalion ;de leurs petits: i1s confirmaiimt cela pa~ des meneilles, qurIs rappelaient dans letJr memoii-e, d~apres ce 4ui1s avaient vu, enlenduel lu:dans le Mondellaturel, ou ils aviierte
  • 79. 76 LA VR~IE ~ecu auparavan~, et dans lequel il y. a des jMtes non pas represen tatives mais reelles. Apres que, la verite de la proposili~n eut el~ ainsi prouvee, ils appliquerept leurs lI,Ienlals a rechercher et it lrquver les causes par lesqueHes ils dcvelopper,aient et decouvri­ r.aienl cet Arcane; et ils dirent tous: Cala ne peut exi~ler ainsi-que dapres la Divine Sagesse, afin que Ihomme soit homme et que· la bete l~oit bete, et qu1ainsi (imperfection de naissance de Ihom.e•en devienne la perfection, et que la perfection de naissance de labete en soit (,imperfeclion. Alors, ceux du SEPTENTnlON commencerent dabord a donner leur opinion, et ils dirent que lholl}m.e nail sans les sciences, a6n quil puisse les recevoir toutes, tandis que sjl naissait dans ,Ies sciences, il ne pourrait en recev.oilj daulres ,que celles dans Ies­ -quelles il serait ne, et qUalors il ne pourrait non plus sen appro­ prier aucune; ils ilIuslraient cela par comparaison: Lhomme a sa naissance esl comme un humus dans lequel aucune semence na et6 repandue, mais qui nCllDmoins peut recevoir toutes semences, et les f~ire croUre, et fructifier; la Mte, au contraire, est comme unhumus deja ensemence, et rempli de gramen et dherbes, lequel l1e ref;oil dautnes semences que celles qui y sont semees ; si dautres lui etaient confiees, it les etoutferait; d~ la yieDt que lhomme, pour acquerirtoute sa croissance, emploie plusieurs ~lDnees, pendant lesquelles 11 peul, comme un humus" etre -c,ultive et produire comme des moissons, des fleurs et des arbres de toule espece, tandis que la Mte acquiert sa croissance en, tres-peu dann~es, pendanl lesquell,e~ elle ne peul ~tre cullivee que -daDs les scienc~s quclle a ref;ue~ en naissant.. Ensllite ceux de IOc~ CIDENT parlerent, et ils dirent que lhomme ne nail pas science., -c~mme la bMe, mais qu:il nail Faculte ~l Inclination, Faclllte pour savoir, et Inclination pillr aimer, et quil na}l Faculte non-seule­ ment pour aimer les choses qui sont de lui et du mOlide, mais aussi ·celles qui sont de Dieu et du Ciel; cuen conseqlence lhomme nail, Organe. vivant ~ peine par les sens exlernes, si ce ,nest obscure­ ment, mais ilullement par les sens illternes, afin que sucqes~ivement. il vive, el deienne homple, dabord, naturel" ensuite. raliolln~l et, entin spi~ituel ; ce qui narrlverail pas, sil nalssait da,ns les sciences, et 4ans les amours commeJes betes ; en ef~, es sciences et les.
  • 80. RELIGION CHRETIENNE. 77 affections de lamour innees (connat<e) limitent ceUe progression; mais les seules facultes et inclinations innees ne limitent rien ; cest, pOI!r cela que Ihomme peut etre perfectionne par la science, Iin­ telligence et la sage~se pendant r eleruite, Ceux du MIDI parJereIit. ensuite, Cl ils emirent Jeur opinion en disant: 1I ef>! impossible a "lhomme d·acqilerir de Ini-meme aucune scieuce, maiscest dapres les autres quil doit acquerir la science, puisquaucune science nest innee (connata) en lui ; et comme it ne peut acquerir de lui-meme aucune science, iI ne peut non plus aClUeril aucun amour, puisque­ oil nest pas la science, la nest pas lamour; la science et lamour­ sont des compagnons indivisibles, et ne peuvent pas plus elre se­ pares que la volollte et Ientendement, 011 Iaffection el la pensee, enfin pas plus que lessence ella forme; a mesure donc que lhomme. acquiert des autre:, la science, Iamour sy adjoint comme compa­ gnon de la science; ramour univQrsel qui sy adjoint est lamour­ de savoir, et ensuite lamour de comprendre et lamour detre sage; ces amours sont 11 lhommeseul, et ne sont a aucune MLe, et ils influent de Dieu. Nous convenons, avec nos compagnolls de lOcci­ dent, que rholDme ne nait dans aucun amour, ni par consequent dans :lucune science, mais qui! nait seulement dans linclination a aimer, et par suite dans la facul!e de recevoir les sciences, non de lui-meme, mais dapres dautres, cest-a-dire, par Iintermediaire des aulres ; il est dit par Iinlermediaire des autres parce que ceux-ci nont rien re.;u non plus deux-memes, rnais ils ont re~u origiflairemenl de Dieu. Nous convenons aussi avec DOS compagnon& du Septentrion, que Ihomme 11 sa naissance est comme un humus. dans lequel aucune semence na tHe repandue, mais OU peuvenL etre semees touter:;cboses tant nobles quignobles ; de la vient quil a ete nomme HOMME du mol Humus, et ADAM du mot Adama qui est lHu­ mus. A cela nous ajoutons que les Betes naisserit daDS les amours naturels, et par suile dans les sciences qui y correspondent, et que neanmoins de ces sciences eUes ne sav:ent rien, ne pensent rien, De comprennent rien et ne discernent rien, mais quelles y sont conduites par leurs amours, a peu pres comme les aveugles dans les .ruespardes chiens, car elles sont,aveugles quan! 11 lelllendement, -ou plutot cllef> sont comme des somnambules qui font ce quils ,fODt d,apres unescien..~ aveugfe, lenicndemEmt elant"assoupi. Ceux
  • 81. .~ LA ¥RAIE delOrientpa-rlerent en dernier lieu, et ils dirent ; :Nous CQns~ ton~ allx op~n,ions que. nosJreres ont emise~, que· lhomme lie sa it rie~ ~e Iui-meme, mais qui1saiL dapres Ies autres et par linter­ m~pj~irll d,es :lULres, afin qui1 connaisse et reconnaisse que tout ce quH saH, qompreml et disc,erne, vient de Dieu; et qualllrement Ih,oml)1~ ne peuL naitre et elre engendre .de Dieu, ni .devenir son image et S;l ress6n;.blance ; car il devient limage de Dieu. en. oe quil reconnait et croit qlli1 a recu et recoit de Dieu, el nop de lui­. meme, 10llt bien de Iamqur et de la charite, et tout vrai de la S3­ gesse et de la foi ; et il est la ressemblance de Dieu, en ce qui1 sent ~D Iui ce bieD et ce vrai comme vimanl de lui·meme; iI sent cela. parce qllj) ne nait point dans les sciences, mais les recoit, et. quil Jui semble que ce quil recoi~ vient de lui; Dieu don ne melIie a lhomme de s~ntir ainsi, afin quil soit homme et non Mte, puisque .parcela quil veut, pense, nime, sait, comprend et est sllge comma <le IlIi-meme, iI rel;oit les sciences, et Ies exalla en intelligence, et par leurs uiiages, en sagesse ; ainsi Dieu conjoin~ l~homme a Lui, et fhomme se conjoint aDieu: ces choses nauraielll pu se faire, si. Dieu navait.pas pourvu a ce que lhomme naqllit dans une igno. rance totale,. Apres ces paroles, tous vo.ulureot quon format un~ Conclus~on de ce qui v.eoaH delre di t, et 100 forma cell e-ci : " Que lhc;>mme ne naH dans aucuoe $cjence, ann quil puisse venir dans toule science, et faire des progres dans lintelligence, et par Iin­ telligence dans la sagesse ; et qui1 ne nail dan~ aucun amour, afio quil puisse vellir dans lout :tmour, par les applications des science..> dapres lintelligencc, et dans Iamour, envers Dieu par )amour~ legard .du proch~in, ~t ain&i etre, ~onjoint it Dieu, et par la deve­ nir homme, el vivre dans lelernile. " En~uite, ils prirent le papier et lur,ent le troisieme Objet de dis­ Gu~si,o~,t~ sivoir: QUE SI«,;NIFIE LAR8RE DE VIE; QUE SIG:lIFIE LAR­ IllEJlE L,~ SCIENCE DU.8IEN ET DU MAJ.; ET QUE SIGNIFIE J:ACTlON DE ~[~GER DE CES ARllRES? ~t ilsdemanderenllous que ceux qui etaielt ~~~j.s a lORIENT q~ve.I;o~passent eet Arcane, comme eLant dun en­ ten~elIelltl plus pro,fond, et paree que c~ux qui sont de lOrient sont ,~n.s la lumiere entlammee" cest-a-dire, dans la sagesse de lamour.,. Qt que celle sagesse es~ entepdue par le Jardin dEden dans lequel ces, deux Arbres avaient ete places; ce.u~-ci repQndiren~: NOIJI ,.
  • 82. RELIGION CIIRElIENNE. 7.4).CI.llons. par1llr.•.m~is COmllle Ihomme Re prend r,ien de, tuidfl6me. ~t lir:lt tout de Dieu,. nous parlerons dapres Dieu, mais neanmDins .dapres nous comme··si celail dapres nous-mamas; et alQr8 i1s di­ rent: LArbre signifie lhomme. et le· fruil de Iarbre le bien deJa vie; de la IArbre de vie signifie lhomme vivant par Dieu; et COmme lamour et la sag~s~!l, la cbaril~ et la foi, ou le bien et le vrai, font la vie de Dieu dans lhomme, IArbre de vie signifie thomme en qui ce·s choses sont par Dieu, et par SUiIEl.la vi~ elerr nelle pour IbollHpe: lArbre de vie dont iI sera donn~ de manger, - Apoc. Il, 7 ;.X:XIl, 2, 1.4, - a la mama signilicalion. J:Arbre .de la science du bien et du mal signifie Ihommequi croi.t "ivre p.ar lui-mame et lion par Dieu, ainsi, qui croit que lamol,lr e.t la sagesse., la charile et la foi, cesl-a-dire le bien et ie vrai, apparliennen.t .dans Ihomme a Ihomme, el non a Dieti, croyant cela pa,ree· quil pense et veut, parle et agit ,en toule ,resselllblance et en tOllte appa­ rence comme par lui-mame : et comme Ihomme par suite se per;­ suade qui1 est aussi un Qi~lI, cest pour cela que I~ Serpent a dit: "Dieu sait qu au jour qu~ vous manqe1ez d~ fruit de ce.t a~bre, vos yeux seront ouverts, et vou~ serez comme /)ieu. sa­ .chant le Men et le mal. " - Gen. Ill, O. - LAction (le manger de ces arbres signifie la reception et lappropriation; lactioJlde manger de larbre de vie la reception de la vie eternelle; et raction de manger de Iarbre de la science du bien el du mal .. la reception de la damnation; par le Serpent est entendu le .diablequant a lamour de soi et au faste de la propr.e in­ telHgen~e; et cet amour est le possesseur de cet arbre,et les hommes quilsont dans le fasle 4apres cet an,our sont ces, arbres. lis sont done dans une grande erreur ceux qui croient qu Adam a et.e sage et a fait le bien par. IUi-mem,e, et que ee fut la son elat dintegrile, lorsque cependanl cet Adam a ete m:llIdit a cause de .cetle roi ; car cela est signifie par Manger de larbre de la science du bien et du mal; cest pour cela qualors il tomba de letat dinle­ ~rite, dans lequel il avait ele quand il croyait alre. sage et faire le bien dapres Dieu et nullement par lui-meme, car cela est entendr.t par Manger de lArbre de vie. Le S~igneur Seul,etant dans Il: .Mpnde.. a ete sage par Lui-Meme, p~rce que par naissagce le Divin M;m,e ~tait en Lui et Lui appat;tenait, aussi est-ce pour cela que par la ~:
  • 83. So LA VRAIE propre puissance il est devenu Redempteur et Sauveur, De tout c~ quils venaient de dire ifs firent cette Conclusion, « Que par IArbre de Vie, et par I Arbre de la science du bien et du mal, et par I Ac­ tion de manger de ces arbres,.il est entendu que la Vie pour Ihomme est Dieu en lui, et qualors il a le Ciel et la Vie eternelle; et que la. Mort pour Ihomme est la persuasion et la foi que la vie pour .homme­ est non pas Dieu, mais IUi-meme, doiI il a lEnfer et la Mort eter­ nelle"qui est la damnation ... Apres cela, ils examinerent le Papier ,Iaisse par les Anges sur la. table, P.t ils virent ecrit au bas: REUNISSEZ LES TROIS DECISIONS E:i­ UNE SEULE SENTENCE; et alors ils les rassemblerent, et ils virent quelles se reunissaient tOlltes trois en une seule serie, et que cetl~ $erie ou cett.e sentence etait c(ille-ci: II Que 1Uomme a ete cree pOllr recevoir de Dieu Iamour et la sagesse, et cependant en tout~ ressemblance commede IlJi-m~me, et cela a cause de la reception et de la conjonction ; et quen consequence Ihomme ne nait dans­ aucul} amour, ni dans aucune science, ni m~me dans aucune puis- , sance daimer et detre sage par lui-meme; cest pourquoi sil attd­ bue tout bien de lamour et tout vrai de la sagesse aDieu, il devient Domme vivant; mais sil se les attribue a lui-meme, il devient, homme mort. Il lis ecrivirent ces paroles sur un nouveau Papier,etle placerent sur la Table; et voici, aussitotles Anges furent presents­ dans une nuee dune bJancheur eclatante, et ils porterent le Papier dans le Ciel, et apres quit y eut e~e lu, ceux qui etaient assis sur lesSieges erltendirentdu Ciel des voix: Bien; bien, bien. Et aussiLCJl iI apparut un Ange qui semblait voler, ayant comme deux ailes aux pieds et deux aUK tempes; il portait des prix, qui consistaient en Robes, en Bonnets et en <;ouronnes de laurier ; et il descendit, et i1 donna a cellx qui etaient assis au Septentrion des Robes de couleur opale; il cellx qlli etaient iI lOccident, des Robes de couleur ecar­ late; i:l ceux qui et:)ient alJ Midi, des Bonnets dontle tour etail oln~ ,de bandes en or et en perles, et dont lelevaLion du cote gauche etait enrichie de diamants tailles en for,me de flel!ls; et 11 ceux qui etaient 11 lOrient des Couronnes de Iauriel ,dans lesquelles elaient,des rubis et des saphirs : et tous, decores de ces prix. s en allerertt du leOde la sage~se cl1ez eux avec joie,
  • 84. RELIGI,ONC,HlETIENNE. 81 DE LA TOUTE-PUlSSANCE, DE LA TOUTE-SCIENCE ET DE LA TOU:J:E-PRESENCE DE DIEU. 49. Jl a ele traite du DIVIN AMOUR et de la DIVINE SAGESSE, etmontJe quils soot lous deux: la OIVlNE ESSENCE; il sera maintenan tparte de la TOUTE-PUlSSANCE, cle la TOUTE-SCIENCE et de la TOUTE"PREsENCE de Dieu, parce quelles procMent toutes Trois du diviilAmour et de la Divioe Sagesse, a peu pres comme la puissance etla presence du Soleil dans ce Monde, et dans loules et chacune deschoses du monde par la chaleur et la lumiere; la Chaleuf qui pro­cede du Soleil du r,fonde spirituel, clans le milieu duqllel est JehovahDieu, est aussi dans son essence le Divin Amour, et la Lumiere quien en provienl est aussi dans son essence la Divine Sagesse : de 111Hest evident que, comme 1lnfinile, llmmensile et lEternile appar­ titlOnent all DIVIN ETRE, de meme la Toute-Puissance, la Toute­Science et la Toule-Presence apparliennent a la DIVI:-iE ESSENCE.Mail comme cestrois AlIribuls universels de 1:1 Divine Essenceoont pas ete jusqua present compris, parce que teur progressio):!selon leurs voiel, qui sonl les lois de IOrdre, na point ete connlle,iI est necessaire de les meltre en lumiere par des ,ticles distincts-,qui seront. , J. La Tottte-Puissance, la Toute-Science et la Toute- Presenceappartiennent d la Divine Sagesse d aPleS le Divin Amour. n. La route-Puissance, la Tou~e-Science et la Toute-Pre­sence de Dieu ne peuvent ctre connues, si ton ign01e ce quecest que lOrdre, et si lon ne sait pas relativement d lordr.!,que Dieu est IOrdre, et qud Ii~stant de la Creation il a in­troduit I 0ldre, tant dans l Unzvers quedans toutes et dans cha­cune des choses de l Univers. HI. La Toute-Puissance de Dzeu tant dans I Univels, que danstoutes et dans chacune des choses de I Univers, p1ocede et opereselon les loisde son Ordre. IV. Dieu est omni-scient, cest-a-dire quil perfoit, voit etsait toutes choses tant en ghl-dral quen particulier, jusq.uaua:vlus minutieuses, qui sorit (aztes selon lOrdre; et aussi,tfapres celles.-ci, towes celles qui sont (aztes contre lOrdre, I, 6
  • 85. 82 LA. VRA.rE V. Dieu est Tout-Present depuis les p1emitftos jusquaux der.­nie1s de son Ord1e. VI. LHomme a eM cree forme de IOrdre Divin. VI{. Autant IHomme vit selon lOrdre Divin, autant il estdans la puissance contre le mal et le faux d apres la Divine Toute­.puissance, et autant dans la sagesse sur le hien et le vrai da­pres la Divine Toute-Science, et autant en Dieu dapres la Di­ vine Toute-Presence. Ces propositions vont etre developpees rune apres Iautre. 50. I. LA TOUTE-PUISSANCE, LA TOUTE-SCIENCE ET LA TouTE-PaK­SEliCE APPARTIENNENT A LA DIVINE SAGESSE. DAPRES LE DIVIN A!lIOt:R Que la TOllle-Puissance, la Toute-Science et la Toute-Presence apparLiennenl 11 la Divine Sagesse dapres le Divin Amour, et nonall Divin Amour par la Divine Sagesse, cest un Alcaneju Ciel, quin:l encore brille dans Ientendement de personne, parce que per­sonne, Ila encore su ce que cest que IAmour dans son essence, nice que cest que la Sagesse dans son essence, ni a plus forte raisolllien dE! linflux de run dans [,autre, it savoir, que IAmour, avectoules et chacune des choses qui lui appartiennent, influe dans laSagesse, et y reside comme un Roi dans son Royaume, ou commeun mailre dans sa maison, et quil ahandoone 11 son jllgement toutle gouvernement de la justice; et comme la justice appartient 31a­mour et le jugement 11 la sagesse, il abandonne 11 sa sagesse tout legouvernement de ramour: mais cet Arcane sera mis en lumier~dans la suite; que cela en attendant serve de regIe. Que Dieu soit1.0ut-Puissant, TOlJt-Sachant et Tout Present par la Sagesse de sonamour cest aussi ce qui est entendu par ces paroles dans Jean:" Dans le commencement ,ftait la Pmole, et la Pmole tftait chezDieu, et Dieze etait la Parole, toutes choses par Elle ont tfu!faites, et sans Elle na ete fait 1ien de ce qui a ete fait. Enelle Ctait la Vie, et la Vie rftait la Lumiere des hommes; et leMonde par Elle a ete fait,. et la Parole ChaJr a 6te /aite. ») ­I, i, 3, 4, iO, 14 ,. - lil, par la Parole est ~nlendu le Divin Vrai,ou, ce qui revient au meme, la Divine Sagesse; cest pourquoi eUeest aussi appelee Vie et Lumiere, et I~ vie et la Lumiere ne sontautre chose que la Sagesse. 5i. P~!sque dans la Parole la Justice se dit de IAmour et que le ;
  • 86. RELIGION CHRETIENNE. sa-JlIgement se dil de la Sagesse, il va en consequence elre rapporte,quelques passageg qui monlrenl que le Gouvernement de Dieu se fait dans le Monde par ces deux choses ; voici ces pa~sages: l( JEHO-VAn, LA JUSTICE et LE JUGEMENT (sonl) le soutien de ton Trone. )) - Ps. LXXXIX, HL - « Que celui qui se glorifie, se glorifie de ce que Moi JEHOVAH je fais JUr.E~IENT et JUSTICE ell la ter1e.» - Jel8m. IX, 23. ,--- ExalM soit JEHOVAH, parce qui~ a rempli Sion de JUGEMENT et de JUSTICE. » - Esaie, XXXIII, 5. .......- 11 Et coulera comme leau le JUGE~IE:IT, et la JUSTICE comma un torrent. fort. » - Amos, v, 24. - 11 JEHOVAH! ta JUSTICE (est) comme. les montagnes de Dieu, tes JUGEMENTS (sonl) un abime gland. ,. - Ps. XXXVI, 7. - « JEHOVAH fela sort,il comme la lumiere ta JUSTICE, et ton JUGEMENT comme le midi. » - Ps. XXXVlI, 6. - « JEHOYAH jugela son peuple dans la JUSTICE, et ses mal!teu nux dans le JUGEMEiH. » - Ps. LXXII, 2. - l( Qaand j aurai c.ppl·is les JUGEMENTS de fa JUSTICE; sept fois dims le jour je Te ./oue sw les .IUGEm:NTS de ta JUSTICE. » - Ps. C!OX, 7, {Q4.. - « le me fiancerai a toidans la JUSTICE et lE(JUGEMENT. » - Hos. U, t 9. - (I Siort dam la JUSTICE sera lac!tetee, et ses lamenes -dans le JUGEMENT... --:Esaie I, 27. - « !l sera assis sur le Trone de David et sur son 1l0yaume, pour laltermir en JUGEMENT et -en JUSTICE. " - Esaie, IX, 6. - « le sllsciterai a David un gelme juste, qui regnera Roi, et fera JUGEMENT et JUSTICE enla .terre. ) - Jerem. X~JH, ~. XXXIII, 1~; - et ailleurs, il est dit ,quon doit faire la Juslice et le Jugemenl, comme dans Esaie, I, 2t. V, {6. LVIH, 2. J8rem. IV, 1 XXII, 3, 13, US. Ezecn. XVIII, 5. ~XXIU, H, 1.6, 1.9. Amos, VI, 12. Mich. VII, 9. Deuter. XXXIII•. 2t. Jean, XVI, 8, 10, H. 52. 11. LA TOUTE-PUISSANCE, LA TOUTE-SCIENCE. ET LA TOUTE- PHESENCE DE DIEU NE PEUVENT ETlm CONNUES, SI LON IGNORE CE QUE CEST QUE LORDRE, ET SI LON NE SAIl PAS RELATlVEMENT A LOUDRE, QUE DIEU EST LORDRE, ET QUA LINSTANT DE LA CRE,.-. TION IL AINTRODUJT LORDRE TANT DANS LUNIVERS QUE DANS TOUTES . , £1 DANS CHACUNE DES CHOSES DE L UNIVERS Combien d extravagances et queUes extravagances se sont repan:- dues dans les. mentals humains, et de la dans lEglise par les fetes des inslauraleurs, par eela quils n ont . pas compris, lOr4re•. 4ans
  • 87. $i LA. VRAIE )equel Dieu a cree IUnivers, et toutes el chacune des choses da )univers !on pourra le vOIr dans ce qui suit dapres le seul recen ... sement qui en sera fait, Mais ici nous allons dabord faire connailre­ )lOrdre par une sorte de definition generale, cest celle-ci : LQr­ dre est la quo,lite de la. disposition, de la determination et de­ Pactivite des parties, des substances ou etres, qui constituent let forme, d.oil provient tetat, dont la sagesse.dapres son amour produit la perfection, ou dont la folie de raison d apres la cu, pili fmge timperfection. Dans cette definition sont nomm~s la Substance, la Forme etlElat, et par la Substance nous·entendons. en m~me temps la forme, parce que loute substance est formt: ; et la qualit~ de la forme est son etat, doIlt la perfection ou Iimperfec­ tion resulte de Iordre. Mais comme ces choses sont lfetaphysiques.. elles ne peuvent etre que dans Iobscurite, toutefois ceUe obscurite­ sera dans la suile dissipee par des l.lppbcations a des exemples qui iIlustieront ce suje!. . , 53. Que Dieft soit IOrdre, cest parce quil est la Substance. m~me eFla Forme lllcme ; la Substance, parce que toutes les choses. qui subsistent ont existe elexislent dapres Lui; la Forme, parce quetoute la qualite des Substance est sortie et sort deLui, la qua­ lite ne vient pas dailleurs que de la forme. Mailllenant, puisqu6:: Dieu est la Substance meme, unique et premiere et la Forme m~me .. unique et premiete, et .quen meme temps it est lAmour meme et.. uniqiJe et la Sagesse meme et unique; et puisl[ue la Sagesse dapres. lamour faith forme, et que relat et la qualite de la forme sont se­ Jon Iordre qui est la, il sensuit que Dieu est "Ordre meme; CODSe,.,quemment, que Dieu dapres Lui-Meme a inlroduit lOrdre tant dans lUnivers que dans tOlltes et dans chacune des choses de IUni­ vels; et quil a introduiL 10rd.e le plus parfait, parce que toutes. lles choses qujl a creees ont ele bonnes, comme on le lit dalls le Li­ vrtl de la Creation: que les choses mauvaises aient existe en Ill~me temps que lEnfer, ainsi 3pres la creation, cest ce qui sera demon­ lre en ~on lieu.lla:s pa~sons a des choses qui e~Lrent de plus pres. dans lEntendement, qui lmust,rent aveo ,plus de clarte, et qui laf­-fectent aveo ,plus de douoru!. 54. Or, queI est rOrdre dans IcquellUnivers a ele crM? Cest ce­qui ne· peuL ~tre expo~c que pal un grand nombre de volumes; il
  • 88. RELIGION CHRETIENNE. 8$ ~nsera donne une sorte desqu,isse dans le Lemme suivant sur la Creation. On dQit tenir pour certain, que, ~ans lUnivers, loutes ,t ehaeune des choses ont ete creees dans leur ordre, pour quelles subsistent par elles-m~mes, el quil en a ete ainsi des le commepce­ ment, pour quelles se conjoignent avec rordre de [unhrers, afill ({ue les ordres sin~uliers subsistent dans IOrdre universel, et ainsi fassent un: mais recourons 11 quelques exemples: LHomme a ete cree dans son ordre et chaque ·par.tie de lhomme dan~ le sien;~insi la Tele, dans le sien; le COljpS, dans le sien; le Creur, le Poumon, le Foie, le Pancreas, IEstomac, dans le leur; tout Organe du mouvement, quon nomme ¥uscle, dans le sien, et louLorgane des sens, comme l~il, loreille, la langne, daus lesien; il ny a pas meme darteriole ni de fibrille, qui ny soit dans son or­ dIe; et cependant ces parties innombrables se conjoignent avec le .,commun de lhomme et sy unissent tellement, qUensemble elles font un: il en esL de meme des autres choses, dont un simple re­~ensement suint pour lillustration ; Toule Bete de la terre, tout Oi;­ seau du ciel, towl Poisson de Ia mer, tout reptile, et meme to,.l,t ver jusquit la Itlit.e, a ete cr.M dans son. ordr.e; pareillement tout albre, tout arbusle, arbrisseau et legume, dans le sien; et, hien.plus, ·;1.oute pierre et tout mineral, jusqua chaque grain de poussiere d,e Ill- terre, a ete crae dans le sien. 55. Qui ne voit quil ny a pas dEmpire, de Royaume, de DucM,;de Republique. de Cite, de~laison, qui ne soient etablis sur des lois1Jui constituent Iordre, et ainsi la forme de )eur go,uvernemenl !Dans ehacun de ces Etats les Lois de la justice sont au Premi~r ang. les Lois politiques au second, et les Lois economiques au troi­iSleme; si on .Ies compare avec Jhomme, les Lois de la Ju~tice font:sa :rete, lesLois politiques son Corps, et les Lois ecoilomiques Se,s vetements, cest meme POUl cela que celles-ci peuvent elr~ c~~ngees-comma desvetements. Mais quanta ce qui concerne rOrdre dans le.:.«IlIel rEglise a ete instauree par Dieu, H consi~te ~n ce que Dieu e·~t·~dans toutes et dans chacune des choses de lEglise, et que cest ~q:­ versle prochain que lprdre doit etre exerce; l.e.s Lois de c.et Ordr.e,sonten aussi grand nombr~ qUil y a deVeri~s daosla p~r{)le, iesILois ..qui concernentI)ieu font saT.ete, lesLois qui cOJlcer,n~lltI8:prodhainfont sonCo:rps, etles C.eremQnie~ font Ies v6~emeQ~,lcar
  • 89. 86 LA VRAIE si ces dernieres ne conlenaienl pas les aulres dan s leur Ordre, ce­ seraiL comme si le Corps etait mis anu el expose a la chaleur daDs lett, et all froid dans lbiver ; 011 comme si on entevait dun Templ$ les murs el le loil, et quon laiss:i.t ainsi le Sanctuaire, IAulel et la Chaire exposes aux diverses intemperies des saisons. 56. Ill. LA TOUTE-PUISSANCE DE DIEU, TANT I.)ANS LUNIVERS QUB. "DANS TOUTES ET DANS CHACUNE DES CHOSES DE LUNIVERS PROCEDE. l!:r OPERE SELON LES LOIS DE SON ORDRE. Dieu esi Tout-Puissant, parce quil peul toules choses dapres. Soi, et que tous les autres ne peuvenl que dapres Lui ; son Pouvoir­ el son Vouloir sont UIl, ,et comme iI ne Veut que le Bien, il ne peu. par consequent faire que le Bien; dans le Moude spirituel nul ne-o l,eut faire quelque chose contre sa olonte, tous y tiennent cela de Dieu, de ce que Son pouvoiT et Son vouloir sont un: Dieu est aussi 4e Bien meme, 10rs done quil fait le Bien, it est en Soi, el il ne: -peut sortir de Soi ; de liI on voit clairement que sa Toule-Puissance: savance et opere en dedans de la Sphere dextension du Bien, la­ quelle est infinie; en effet ceLLe Sphere parlintime remplit lUni­ .vers, et touleset chacune des choses qui y sonl, et par lintime elle, ~ouverne celles qui sont en dehorf., en tant que celles-ci se conjoi­ ~ ~DeJlt selon leurs ordres, et si elles ne se conjoignent pas, elle les. soutient toujours, et par touLe snrte defforts elle travaille a le8£;­ mener dans un ordre concordant avec Iordre universel, dans lequel Dieu Lui-Meme est dans sa Toute-Puissance,et selon lequel il agit;. ·et si cala na pas lieu, elles sont rejetees hors de llli, oil neanmoins.. ·il les sootient par Iintinle. D3pres ceJa il devient evident que la. · Toule-Puissance Divine ne peut nullement sorlir hors de Soi pour­ "se· metlre en contact avec le mal, ni le lepousser de Soi, car le nial seloigne lui-meme, doil il arrive qtie le mal est absolument separe­ de Dieu, et precipite dans IEnfer, entre lequel el le Ciel. oil est. -Dieu, il exisle un goulfte immense. Par ce peu de detail on peut vorr­ ., dans queUe extravagance sont caux qui pensent, et davantage ceux · qui croienl, et plus, encore cell x qui enseignerrl que Dieu peut damner­ quelquun, maudire ,quelquun, jcter quelquun dans lenfer, pre­ ,desliner rame ,de quelquun P.a,,la mort eternelle, se ~enger des in­ jures, se metlreen colereipunir; bien plus,il ne peut pas memese 1detourner de Ihomme, ni le regarder avec un front severe: ces.
  • 90. RELIGION· CIIRETlENNE. 87 croyances et autres semblables sont contre lEssence de Diau, et ca qui est contre son Ess~nce est contra Lui-Meme. 57. I; opinion dominante aUjourdhui, cest que .la Toute-Puis~ sance de Dieu est semblable it la puissance, dans le monde, dun Roi absolu, qui peut it son gre faire tout ce quil veul, absoudre et condamner qui iI veut, faire le coupable innocent, declarerfideIe eelui qui est infidele, placel Ihomine incapable et sans merite au­ dessus de lhomme c3pable et de merite, el. qui peut m8me, sous un pretexte quelconque, en lever a ses sujels leurs biens, et les livrer a la mort, outre plusieurs autres abus semulables, Par celle opinion, cetle M-, et cette doctrine insensee sur la Toute-Puissance Divin~. . ~ il sest repandu dans IEglise autant de faussetes, dillusions et d~ ebimeres,quil y a la de moments, darticulations et de genMations de la foi, et iI peut eucore sen repandre alltant quon peut remplir de vases avec les eaux dun grand lac, ou autant quil y a de ser­ pents qui sorlent de leurs caverllP,s et vont jouif de lexposition au soleil dans un desert de lArabie. On na besoin que de deux mats, TOUTE-PUlSSANCE et tQI, et alors on repand devant le vulgaire aUi tant de conjectures, de fables et de velilles, quil en lombe .sous les sens corporels, car la raisonest exclue par Iun et lautre de ces. mOls; et une fois la raison exclue, en quoi la pensee de lhomme e~t-elle superieure a la raison de loiseau qui vole au-dessu!o de sa tete? ou, il qui ressemble alors le Spirituel, que lhomme a de plu~ que les betes, sioon alodeur quexhalent lesmena~eries, odeur qui convierit aux betes qui y sont renfermees, Dais non a Ihomme, [I moins quil ne soit semblable it elles? Si la Toute-Puissance Divine a,vait de lextension pour faire le mal comme pour faire le bien, quelle difference y aurait-il enlre Dieu et le Diable? il ny en aurait pas clautre que celle qui exisleentre deux lIonarques, dont lun est un Roi et en m8me temps un tyran et Iautre un Tyran dontla puissance a ete Hee, ce qui fait qllil ne peut etre appele Roi ; all enlre un Pasteur a -qui il a eUl permis dagir en brebis et aussi en leopard, et un Pasteur a qui cela na pas ete perm is. Qui ne peut sa­ voi I que le bien et le mal sont opposes, et que si Dieu dapres sa Toule-Puissance pouvait vouloir Iull et Iaulre, et faire run et la~­ tre daprils ce vouloir, il ne pourrait absolument rieo, et naurait par consequenl aucUlle puissance, ni a plus forte raison la Toute­
  • 91. 88 LA.·VRAIEPuis~ance? Ce serait comme deux roues qui agiraient mutuellemen.tI en sens contraire, par eette reaction chaque roue Iesterai·t ell plaee; el ~lles serajent cornpletemenl en repos; ou comme un Navire qui, d·ans un torrent oppose it sa route, serait entraine et perilait, stH n>ictait pas en repos sur son ancre ; ou comme un homme qui a deux volontes opposees enlre elles, dont rune est n~cessairemenl en re­ pos quand laulre agit; mais si elIes agissaient Iune et Ial.tre en ipeme lemps, elles jelteraient son mental dans le delire ou le ver­ tige. 58. Si selon la foi daujourdhui, la Toule-Puissance de Dieu etait absolue tant pourf aire le bien que pour faire le mal, ne serail-il I,as possible, et meme ne serait-il pas facile it Dieu delever tout i"Enfer dans le Ciel, de changer les diables et les sat;ms en Anges, et de purifier ell un instant de ses ptkhes tout impie sur la .terre, d~ le renollveler, de le sanctifier de le regenerer, denfaire dun fils de la colel1e un fils de la grace, cest-a-dire, de le justifier, ce qui se ferail seulement par laddication et Iimputalion de la justice de stl,nFils? mais Dieu dapres sa Toute-Puissa~ce ne peut pas cela, parce que cela est contre les lois de son Ordre dans IUnivers, et eo meme temps contre les lois de lOrdre mises dans ehaque bomme~ Iesquell(s consistent en ce que de part et dautre il ail mutuelle­ ment conjonction; que cela soit aim:i, 00 le verra dans la,suite de c-e Traite. De cetle opinion et de cette foi insensees sur la Toute­ Puissance de Dieu, iI resulterait que Dieu pourrail changeI chaque bomme-bouc en homme-brebis, et par bon .plaisir le faire passeI de rsa gauche ~ sa droite; quil pomrait aussi par bon plaisir changer ,les Esprits uu .dragon en Anges de Michel, el quil pourait donner la vue dun aigle il un bomme dont lentendement est commela vue Ilune taupe, en un mat dun homme~hibou faire un homme-colombe; l:Dieu ne peut pas ces chases, parce que cela est oontre les lois de son Ordre, quoique continuellemenl ille veuille et fasse des efforts. Sil lavail pu, iI nuwrait pas perm is a Adam decouter le serpent, de prendre le fruit de IArhre de la science du bien et du mal, etl:1e Iapprocher de sa houche; si1lavail pu, iI naurail pas permis a etrn de tuer son frere ; a David de ofaire le denolllbreliJeol Clu peu­ pIe; a 8alomon delever ,des .templesa des idoles; et aux Rois ;de Juda et dIsrael, de profaner le Temple, ce qiJils ani fail- tant·de
  • 92. RELIGI OltCHRErfIENNF;. 89:: fois: et m6me sil lavait pu, 11 altrait par la R-edemption.deston Filssauve lout le gtlnre JhUlnain sails en excepler un seulhomtDe~ ~t,~irpe"lout lEnfer, Les anciens Ge/lLilsavaient attribue une-pa­ ~eile Toule-PuiS6anee a I:eurs dieux et Jlleurs d.eesses; de,la sont :so~Lies leurs fables ; ~ar exemple, celle de Deucalionet de J>yrnha, .qui, en jetant des pielres derriere eux; firent des hommes; ceHe ~Apollon qui changea Daphne en laurier; celle de Diane qui m~­ tamorphosa, IIn cbasseur en cal·r; et cella ,dun autre de leurs dieuli qui changea en pies~les "ierges du Parnasse. La roi daujourdhui sur la Toule-Puissance Divine est s~mblable; de la Ollt ete portees -dans le Monde tant didees fao;ltiques et par suite heretiques dans toute Region Oll cxisle 13. Religion. 59. IV. DIEU EST OMNI-SCIENT, CEST-A-DlRE QUIL PERCOlT, VOlT ET :SAlT TOUTES CHOSES, TANT EN GENERAH QUEN PAIITLCULIim, JUSQUAUXi PLUS MINUTlEUSES QUI SONT FAIT,ES SELON LORDRE ; ET AUSSI D~APRi!:S (;ELLES-CI TOUTES CELLES QUI SONT FA.JTES CONTRE LonDRE. Si Dieu est Omni-Scient, cest-a-dire, sil percoit, toit et sait toules choses, cest parce ,qui/ est la Sagesse meme et la Lumiere meme, or la Sagesse meme pel"c;oit toules choses, et la Lumiere meme voit touLes choses; que Dieu soit la Sagesse meme, cest ce ~ui a ete montre ci-dessus; qui/ soit la Lumiere meme, cest parce qui est le Soleil du Ciel ~ngelique, qui iIIustre lentendement de tous, t.ant celui des Anges que celui des hommes; car de memeque looil esteclaire par la Lumiere du Soleil naturel, de meme Ienten­ demenL est eclaire par la Lumiere du Soleil Spiritucl ;et non-seule­ ment iJ est eclaire, mais il est meme rempli dintelligence selon Ia­ mour de recevoir Iintelligence, puisque cetteLumiere dans son ~ssenceest la· Sagesse ; cest pour cela quil est dit ,dans David. ,QUE DIEU JlABITE DANS UNE LU~IlERE INACCESSIBLE; el dans I Apocalypse~ 1ue dans la Nouvelle-Jerusalem, on na pas hesoin de Lampe., parce que le Seigneua Dieu leclaire,. et daDS Jean, que la Pa­ role qui etait chez Dieu, et quiitaitDieu, ,est la Lumierequi .eclaire tout lwmme venant dans le Monde,. par la Parole il est entendu la IDivine Sagesse. De la vient que les ADges sont autant dans leclat de la lumiere,qu 1ils sorrt dans la sagesse: et de la vient a.ussique, daDS la ParoJe"lorsque la Lumicre est .nommee, Hest en­ tendu la sages~e.
  • 93. 90 ", LA VRAIE 60. Si Dieu perl;oit,voit et sait toutes choses, jusquaux plus mi­ ilUtieuses, qui sont failes selon lordre, cest "parce que lOrdre est Universel dapres les tres-singuliers; car les singuliers pris ensem­" ble" sappellent IUniversel, comme les particuliers pris ensemble sappellent le Commun: lUniver~el avec ses lres-singuliers est un Ouvrage coherent comme un, tellement que cet un ne peul ~Ire ni touche ni aftecle, saDS que quelque sensation en rejaillisse sur toul le resle. Dapres cellequalile de Iordre dans IUnivers exisle une qualile semblable d:ms 10llles les choses creees dans le Monde ; mais cela sera iIluslle par des comparaisons prises dans les choses visi­ bles: Dans 1l1Omme 10llt enlier iI y a des communs et des particu­ liers, et les communs y enveloppent les parliculiers, el ils sarran­ t;ent dans un lel entrelacemenl, que Iun apparlienl a laulle; cela arrive parce qui1 y a une enveloppe commune autollr de chaque membre, et que celle enveloppe sy insinue (bns chacune des par­ ties qui le composent, pour quelles fassent un dans chaque fonclion et dans chaque usage; par exemple, Ienveloppe de chaque muscle .entre dans chacune des fibres mOlrices et les rev~t delle-m~me; il en est de meme de Ienveloppe du foie, du pancreas et de la rale pour chacune des choses qui sont au dcdans de ces visceres; il en est de meme de lenveloppe du poulDon, quon nomme plevre, pOUf les inlerieurs du poumon ; de meme aussi du pericarde POUl toutes et pour chacune des choses du coour ; et communement du periloine par les anastomoses avec. les enveloppes de lOus les visceres ; de me-me des Meninges du Celveau, celles-cipar des fils exlrails delles­ memes, entrent dans lOlltes les glanuules substratees, et par celles­ ci dans tOlltes les fibres, et par les fibres rlans toutesles parties du corps; ,cest de la que la Tele dapres les Cerveaux gouverne toutes et ch:i.cune deschoses placeAs SOilS elle, Cas exemples n ODt ele pre­ sentes quafiri quon se forme, dapres des choses visibles, quelque idee de la maniere dontDieu perl;oit, voit et sait lOules les choses. jusquaux plus minutieuses, qui sont faites selon lordre. " 61. Si Dieu, dapres les choses qui apparliellnent it lOrdle, per­ {:oit, sait et voit toutes celles, tant en general quen particulier, jus­ quaux plus minutieuses, qui S<11lt faites conlre IOrdre, cest parce Dieu ne tienl poiat Ihomme dans le mal, mais le detourne du mal, ainsi ne le conduit point, mais lulle avec lui ; dapres cetle lutle­
  • 94. RELIGION CHRETIENNE. 91 perpetuelle, dapres reffort, la resistance, la repugnance et la IleaC. tion du mal et du faux contre son Bien et son Vrai, par consequent eontre Lui-lUeme, il per~oit ella quantite et ]a qualite de ce mal et de ce faux; cela est une consequence de 1a Toute-Presence de DieD dans toutes et dans chacune des choses de son Ordre, et en meme temps de sa Toute-Science de ces choses; ainsi, pour comparaison. lbommedont Ioreille est dans lharmonieet laconsonnance, decouvre exactement la desbarmonie er la dissonnance, de combien et comment elles different quand elles penetrent; parelllement lhomme donl le sens est dans le plaisir, quand le deplaisir intervient ; pareillemen~ lhomme dont la vue est dans le heau voit exactemenL le beau; quand il y a a cllLe quelque chose de difforme·, aussi ks peintres oot- , ils lhabitude de placer une figure laidea cote dune belle; il en est de meme du bien et dll Hai, quand le mal et le faux luttent conlre eux, en ce que le mal elle faux SORlt distinctement perl;us dapres. le hien et le vrai ; en etfet, quiconqueesl dans le hien peul percevoir le mal, et quiconque est dans le vrai peut voir le faux; et cela, parce que le hien est dans la cbaleur du ciel, et que le "rai est dans. la lumiere du ciel, tandis que le mal est dans le froid de Ienfer, et le faux dans lobscurite de 1enfer; cest ce qui peut etre ilIustre par ~ela que les Ahges du ciel peuvent voil tout ce qui se passe dans renfer, et quels sont les mOllslres qui 1habitent, tandis quau (;on- traire les esprits de lEnfer ne peuvent voir la moindte chose de cc qui se passe dans le Ciel ni meDie les Anges, pas plus quun aveugle, ou pas plus quun reil qui rega~rle dans lair vide ou dans l ether vide, Ceux dont 1Entendement est dans la lumiere dapres la sa- gesse, son.t gemblables 11 cem.. qui se tiennent 11 rnidi sur une Mon- 1agne et voient clairement tous les objets ~ui sont plus bas; et ceux qui sont dans Ime lumiere encore superieIJre ressemblent it ceux qui, a laide de lunelles dapproche, voient comme pres deux les objels"-qui sont autour et en bas ; mais .ceux qui sont dans la lumiere ilJu-Isoite de Ienfer dapres la confirmation des fausseles, Tessemblent a(;eux qui se tiennent sur la meme lfontagne pendant la nnit avec des flambeaux dans leurs mains, et qui ne voient que les objels leS- plus pres, et nen aperl;oivent quindistinctement les formes et con--,fusement lescouleurs. Quand .im homme qui est dans quelque lu-miere tIu vrai, et cependan t dans»le mal de la vie, est dans le plaisil"
  • 95. ·t2 fiA. ~]}A;lJ} d.e liaw.olJf -de ~n mal,lil Bt .Y.6.lL l~s v~.s d:~ls:.le ,CPJJ1P1~fAm~PJ, tlu.e ,com:me, upe e:haU,{t-souri.s vQit dllJls .)I) ,jardin _d,es .liJl8~ SQ&­ pen.dus, ver.s lesq:uelsJeUe YQle,po.m.~e vers sJm as~le; e~, pIps l!l.r~, H detjenL ~olilln.e un.e GbOUeU~,llt enftn ,CQmJll~J1J1 hi~o!,l; f:lt.~I~n iJe,st,coPlme, un ramo~eur qlJi sarr~ladans III parti~ la plus OPSCIl.. $ill la cheminee, et qt,ti, l~rsqliUeve les yel/xe,n h~ut. voit III ciel • t,llav.ers la fumee, et l~rsqui1 regarqe enbas, voit le foyer dou,pr,o­ yj~n.t .ce~te:fum~e. I 6rl. 11 (3ut ,tenir pour certain que la perception desoppo,ses est .autre que la perception des ,relplifs ; en etfet, J,es opp,oses sO,nt (le~ ihoses qui .sont en dehor.s~t cpn;tre ~eles qui sont en d,edans ; C;lr .il ~e produit .lIUQp.p,G/le" ql,lilnd lun cess,~ entiererneutp.etre quelj iI.ue·ChOS;6, et quullautre lllors sWtve en,se(f()r,<;:mt d~g,ir contr~ ~t aJlll~rieur, c,omme .u:ue .roue qui ~git contre ulla roue, ~t u~ ,f)l;uve contre un 1011Ie: .1es, Rl,llalifs. au conlraire, sont plusieurs choses d·iverses IH"posee.s d.":ns un .~eJ:t!lin ordre, de fa.~ol) a ce quil . J ,ait en~re elle.s ufle !?onV,~l)allce e~ ,un a~cord, comme des pitlrr~~ lp;recieuses :de :diver~es cQIJ,leurs d~nsun c()llier sur la poilr.ipe dune .~ej~e, Olil comma d.es .fleursd,e J)u~n~es vari~es ,dansuneguirllnde pour-;proGurer le ch~r:we ge la VUjl ; il y a done des relalifs da.ns lun ~t la,utre Q.ppose"tanl ,dans.le ~bien que dans le mal, et tpn·t dans le v.rai que ~ans le ta!lx, alnsi. tan 1 dans le ciel que dans l~nfer, mais les rel-atifs dans Ienfer sont tous. des opposes aulC relatifsqans le 9iel: ~.aintan.~n t, ,puisque Dieu pefl;o,it et v9it, et par suile connait tous ,les rela,tifs d<oS le Ciel ,da:pres IOrdre dapslequel il lest Lui-:Meme, et quepar-lfl i1ler~G,it, v0it et connait tous les ()ppos~s relalifs daps lapfer, "insi qui/ re~ulte d;e ce qlJi v-ienl;dclredil, il est!evident ·que Dieu eSl Tout-811cb-ant dans lEnfer comme daps le Ciel, et pa~ ,1)~iUelllent chez les h()mmes dans le Monde ; quainsi iI per~it, voit ~t cQPnait leurs maux et lems faux dapres le hien et le vrai, .dan~ ll}s.quels ,il est Lui~Meme et qui di!-ns II~ur essenlle sQi}t Lui-Mell16: en effet,il est di,l: .Si je f(tonte aux Cieux, la Tu (es) ;si i(J ,f( descrm,ds en ,Enfer, T,y Poita.)) - CXXXJIX,8. -·Et aillaurs: ..((Quandi(s pe~~tr.~rq,ient .(1(ln$ ,ien/er, 4,e lama main .les rei -tirer4~t, )) - Amos, IX t ,2, 3... 63. V, .PlEU lST TouTTP,R,t!>Jl:lln .QEPUIS L~S :IlR~~IEllS 1I:S.QV ~t!~ t:>nIlNJERs, l)ESON ORD~E, it:
  • 96. RELIGION ClIRElIENN.E. ,93, Si Dieu est, tout-present deptHs les premiers jusquaux delloiers de son Ordre, cest par la Cbaledr et la Lumiere du Soleildu Moode Spiriluel, au milieu duquel it est ; par ee Solei! a ele fail IOrd~et dapres lOrdre if repand la ohaleur et la lumiere qUi penetrant, rUniver5 depuis ses preniiers jusqua S6S derniers, et produisent la vie qui esl dans Ihomme et dans chaque animal, el aussi ldme vege. tative qui esl dans chaque germe sur la Terre, et ellM influent toules. deux dans cbacune des choses, et font que chaque sujet vit et croH selon lOrdle introdllit en lui par la creation: et comme Dieu nest pas etendu, et que cependan I it rempli I toutes les etendues de IUn,i velS, i! esl tout-present; que Dieu soit dans lout espace sans espace,. el dans toul lemps saD:) temps, el que par suite IUnivers, quant a r tlssence et a Iordre, soit la plenitude de Diell, cest ce qui a et6­ montre ailleurs; etcela ~lanl ainsi, par la Toute-presence it per:oit tout, par la Touie-sciimcr. iI pourvoit 11 101lt, el par la Toute-puis­ sance il opere tout; d~ou il eSl eviden I que hi Toule-presence, la Toute-science el la Toute-puissance fonl un, ou que lune suppose Iautre, et quainsi elles ne peuvent eLre separees. . 64. La Toute-presence Divine peut clre iIlustree par ladmirable presence des Anges et des Esprils dans le Monde Spirituel : COlIlme. il ny a point despace dans ce Monde, mais qui! ya seulement lap­ parence de Iespace, lange ou Iesprit peut clre en un instant enpresence dun aUlre, pourvu qUil vienne dans une ~emblable affec­ tion de I:amour et par suite daus u,ne semblable pensee, car ces deux choses font lapparence de Iespace ; quil y ail la une telle presence de tous, cest ce qui est devenu pour moi evident, en ce que jai pu y voir des Africains ct des Indiens a proximite les uns des autres, quoiqui!s sotent· separes par tan! de kilometres sur la terre, et quen oUlre jai pu me trouver en presence de ceux qui sonl dans les Planetes de ce Monde, et aussi en presence de ceux qui sont aans les Planetes des aulres Mondes hors de notre systeme solaire : cest par le moyen dune lelie presence, non de lieu, mais dapparence, de lieu, que jai converse avec les Ap~lres, avec des Papes, des Emp&­.reurs el des Rois defunts, avec les inSlaurateurs de lEglise dall,. jourdhui, Luther; Calvinet Melancbl~J~~t avec dautres de pays ~Ioignes; quand il existe une telle pFesehc6 pour les Anges et pour Ies Esprits, que ne doit pas ~tre ,dans lUnivers la presence Divine
  • 97. ~i LA. VRAIE qui est infinie! Si telle est la presence pour les Anges et pour les Esprits, cest parce que toule affection de ramour. et par suite toule pensee de lenlendemenl, sont dans Iespace sans espace etdans le temps sanslemps, car quelquun peut penser a un frere, a un parenl, ou a un ami, qui est dans les Indes, el alors Javoir comme present devant soi ; it peut pareillemenl elreaffecte damour pour eux dapres un ressouvenir. Par ces choses qui sonl connues de Ihomme, la Toute-PIesence "Divine peul en quelque sorle atre iIlustree; elle peut aussi Ielre par les pensees humaines, en ce que,,quand quelquun rappelle dans sa memoire les choses quit a vues en voyage dans differenls lieux, illes a comme presenles. Bien plus. la vue du corps imile celle mame presence; elle ne remarque les-objels dislanls que par les inlermediares qui servent pour ainsi dire de mesnre; le Soleillni-mame serail pres de lceilet mame commedans lceil, si les inlermediaires ne devoilaient pas qui esl a une sigrande distance; que cela soit ainsi, cest ce quont fait observerdans leurs Livres ceux qui ont ecrit sur lOptiquc. Une lalie pre­se,o:ce exisle tan t pou r la vue in lelleclllelle que pall r la vue corporell ede"T~omme, parce qne son esprit vC/it par ses yeux, mais it oenexiste pas de semblable pour aucune bete, parce que les betas nontpas de vue spirituelle. Dapres ces explicalions, on pent voir queDieu eSl Toul-Present dermis les Premiers jusquaux Derniers de sonOrdre; quit soit aussi Tout-Present dans lEnfer, cela a ete mon­ tre dans I Arlicle precedent. 65. VI. L HOMME A ETE CREE FORME DE LOIlDRE DIVIN. Si lhomme a ete cree forme de lOrdre Divin, cesl parce qui1 aele cree image et ressemblance de Dieu, et puisque Dieu esl Lui­Mame lOldre, lhomme a ele cree image et ressen)blance de lOrdre.It y a deux choses dapres lesquelles lOrdre a existe et par lesquellesil subsiste, le Divin Amour et la Divine Sagesse ;et lholDme a etecree receptacle des deux ; cest pourquoi il·a aussi.ete cree dans 101­dre selon lequel ces deux agissent dans IUnivers, el. principalementselon lequel ils agissent dans le Ciel angelique, dou. resulle que toutee Ciel dans sa plus grande effigie est la forme de IOrdre Divin, e,tque sous laspect de DJ~!Lc.e Ciel est comme un seul Homme ; et il ya aussi entre ce Ciel eflhomme unecorrespondance complele; eneffet, il ny a dans le Ciel aucune societ~ qui ne corresponde a quel
  • 98. RELIGION CHRETIENNE. 95 que membre, a quelque viscere, 11 quelque organe daDs ibomme ; cest pourquoi, dans le Ciel, on dit que telle socieLe est daDs la pro­ vincedu Foie, ou du Pancreas, ou de la RaLe, ou de lEslomac, OQ de 100il, ou de lOrciHe, ou de la Langue, ou de lelle autre partie; les Anges enx-memes savent aussi dans le domaine de queUe Partie -de Ihomme ils habitent : que cela soit ainsi, cest ce quil ma ete do n ne de savoir par vive experience (ad vivum); jai vu une spciete de quelques milliers dAnges dont Iensemble formait comme un seul hOlllme; par lil it a ete evident pour moi que le Ciel dans le complexe -estlimage de Dieu ; et limage de Dieu est la forme de IOrdre Divin. 66. Il faut quon sache que toutes les choses qui procMent dIJ Solei! du Monde Spirituel, ,au milieu duquel est Jehovah Dieu, se rapportent it lhomme, et que par suite tout ce qui existe dans re Monde tend it la forme humaine et la presente dans ses intimes; de la tous les objets qui sy offrent aux yeux sont de~ represenlatifs de lhomme: la apparaissent des Animauxde toute espece, et ces ani­ maux sont les Ressemblances des affections de Iamour des Anges, -et par suite de leurs pensees ; la apparaissent aussi des vergers, des parterres -et des lieux couverts de verdure; eL iI ma ete donne de savoir queHe affection represente chacun de ces objets: et, ce qui est admirable, quand la vue intime estollverte, on connait son image .(Ians ces objets ; et cela, parce que toul hpmme est son amour et llar suite sa pensee ; eL comme les affecLions et les pensees chez chaque hOIDme sont variees et multiples, et que quelques-unes se rapportent a laffection de tel animal, et dautres a laffectian de tal autre, voila. pourquoi les images de leurs affections se preselltent ainsi ; mais on verra plus de details sur ce sujet dans IArticle sui­, vant Oll il est traite de la Creation. Par 111 se manifeste aussi cette verite, que la fin dela creation a ete le Ciel Angelique dapres le -Genre Humain, par consequentlHomme, en qui Dieu put habiter comme dans son~,recepr.lcle: cest donc pour ceLle raison que fhomme a ete cree forme derOrdre Divin. 67. Dieu avant la Cleation a ete l Amour meme et la Sagesse meme, et ces deux etaient en effo~t de faire des usages, car IA­ mour et la Sagesse sans lusage sont seulement des etres de raison. et sevanouissent aussi, a moins quils ne se conjoignent dans 111­ -sage; les deux premiers separes du troisicme sont aussi comme de
  • 99. 96 Ll: YiLIEoiseaux qlii volent sur le grand Ocean, et enfin las d,e yoler tombentet bont submerges: de la on voit que lUnIvers a tHe cree par Dieo.:afin que les usages existent, 3ussi IUoivers peut-U etre appele I~:Theatre des usages; et comme lhomme est la principale fin de}aereation, il eo resulte que loules chos,es en general,et en parr,jculiel~ Ollt ete creees pour lhomme, et que par suile toutes et chacune:des chos~s de Iordre on.t ete conjointes et concentrees en lui, afi,n que par lui Dieu fasse les usages principaux. L Amour et la Sagesse:sans lour troisieme, qui e~t .rUsage, peuvent ,etre compares a Ill! chaleur et a la lumiere du soleil, qui seraient d~s choses vaines, si elles noperaient dans les hommes. dans le5 animaux et dans les ve­ getaux, mais qui deviennent reelles pa,r linflux et par leur opera­ tion en wt. Jl y a aussi troischoses qui se suivent en ordre, la Fin" la Cause et IEffet, 6t Ion sait dans le l1onde 8ayant que la fin nest rien si elle na en vue la cause efficiente, et que la fin et ceUe cause ne sont rien sil n}en resulte un effet; la fin et la cause peuvent, iI est vrai, etre agitees abstractivement dans le 1Iental, mais toujours. pour quelque effet que la fin a en vue et que la cause procure; il en est de meme de Iamour, de la sagesse etde lusage, el cest lu:­ sage qu~ 1~mOut a en vue et produit par la sagesse, et quand lu­ sage est prod,l~it,lamoUl et la sa,gesse existent reellement, et ils se­ font dans lusage une habitation et une residence, et sy reposen,t. COfnme d;lllS leur maison ; il en est de meme de lhomrne dans le­ .cIuel sont lamour et la sag,esse d~ Diee, quand il fait des usages; j:lt PQQr quil fasse ,des usag~s de Dieu, il a ete cree image et,ressell)­ bl~ljce, ces~+~ire, forme de IOrdr:e Divin. 68. VII. AUTANT .I;HOMME VIT SELON LOfIDRE DIVIN, AUTANT IL EST DANS LA PUISSANCE CONTRE LE MAL ET LE FAUX DAPRES LA DI­ VINE TOUTE-PUISSANCE, ET AUTANT DANS LA SAGESSE SUR LE BIEN ET LE VHil nAPRES LA DIVINE TOUTE-SCIENCE, ET AUTANT DANS DIEU DAPRES LA DIVINE TOUTE-PRESENCR. Si aulant Ihomme vi~ selon lOrdre Divin, aulant it es~ danslar puissance conlre les ll)aUX et les II)aux dapres la Divine ToulerPuis­ a sanc~, .cest parce quiJ ny qu~ Dieu ,seul qui puisse resister aUf­ ~aux eL par spite aux faux; en effet, tous, les ~aux et tous les, fall;x_v~eQnent de IEnfer, jll.soqt coheren,ts comma uu dans lEnfer, absQ­tlUmcoL de la meme mani~re ql,le tOllS les biens et tous les vrais dans
  • 100. RELIGION CHRETIENNE, 97 le Ciel; ear, ainsi quil a deja ete dil, tOil I le Ciel devant Dieu e&t COffilue un seul Homme, et vice versd lout lEufer est comme un. se..}Geant qui est un MOIlstre; cest pourquoi agir eontre un s6ul mal et conlre le faux qui ell provienl, cestagir conlre ce Geant 1R0nslrueux ou· contre rEnfer, el personne ne le peut, si ce nest Dieu, parce quil est Toul-Puissant ; dapres ceJa, il est evident qUtl si )bomlne ne sadresse aDieu Toul·Puissa,nl, il na pas par luiL m~me plus de force cootle le mal et le faux de ce mal, quun pois­ . son contra lOcean, quun insecte conlre une baleioe, el quun grain de sable contre une monlagne qui .secroule, el Leaucoup moins . quune saulerelle contre 110 elephant, 011 quune mo.uche conlre un chameau: et en OUlre lhomme a encore moins de force conlrele mal et le faux de ce mal, parce quil est ne dans le mal, et que le mal ne peutagir conlre lui-meme, Il suit de la que si lhomille ne , vit pas selon IOrdre, cesl-a-dire, S,i! ne reconnalt pas Dieu, sa Toule-Puissance eL le secours quj en doit lirer conlle Ienfer, et que si. lhomme de son cOle ne combat pas aussi conilll le mal qui est en lui, car cc poinl apparlienUl. Iordre comme le precedent, il ne peul quetre plonge et submerge dans lenfer, et y el.re pousse par les maux, les uns apres les aulres, comme une barque dans la. mer par les tempeles. 69. Si autanllhoffime vit selon IOrdte Divin, autant iI est dans .la sagesse sur le bien el le vrai, dapres la Divine Toule-Science, cest parce que lout amour du bien et toute sagesse du vlai, ou toul bien de Iamour et lout vrai de la sagesse, viennent de Dieu; cest meme ce qui est conforme it la confession de toutes le~ Eglises dans le Monde Chrelien; de lit il suit que lhomme nepeut ctre interieu­ rement dans aucun vrai de la sagesse que par Dieu, parce qlli Dieu appartient la Toute-Science, cest-il-dire, la sagesse infinie. Le Menlal humain a et~ dislingue en trois degres, comme le Ciel Ange­ HCI,e, et par suite il,peul etre eleve dans un degre superieur et su­ perieur, et il pe11t aussi etre abaisse dans un degre inferieur et in­ ferieur; et auta,nt il e~l, eJeve dans les degres superieurs, autant il resl dans la sagesse, caraulanl illesl dans la lumiere dll Ciel, ei eela ne peut elre fait que par Dieu, el aulant il y est eleve, autant il est hOIDJlle; mais aUlanlil est abilisse dam; ·Ie-s,degr.es inferieurs, autant illest dansla·lumiere fantastique de lenfer, el autant iI I, 7
  • 101. i, 98 LA VRAIE cesse detre homme et devient bete; cest meme a cause de cela que lhomme se tient droit sur les pieds, et quil tourne sa face vers le ciel et peut lelever vers le zenith, landis que la bete se tient sur les . pieds dans line position parallele a la terre, et quelle lourne vers elle tous ses regards et ne peut quavec peine les porter vers le ciel. Lhomme qui eleve son MenIal vers Dieu, et reconnait que lout vrai de la sagesse vient de lui, et qui vit en meme tempsselon lordre, est comme celui qui se tient sur une tour elevee, et voit au-dess()us de lui une cite populeuse. et enmeme lemps tout ce qui sy fait dans les rues; mais lhomme qui chez lui confirme ,que tout vrai de la . sagesse lui vient de la lumiere nalurelle, et vient ainsi de lui-meme, est comme celui qui habite dans un caveau sous celle tour, et regardQ verscelle meme ville par quelques lrous, celui-ci ne voit dans fa ville que la muraille uune seule maison, et comment les briques y sont cimenlees. Enfin lhomme q,ui tire de Dieu la sagesse esLcomme un oiseau qui, planant dans les airs, voit tout ce qui est dans ]es jardins, dans les farets eL dans les metairies, el vole vers .ce qui appar~ient iI son usage; mais lhomme qui tire de lui-meme les choses qui concernent la sagesse, sans la foi que ~es choses ne-an­ .mains viennent de Dleu, est comme un taon qui, volant pres de la terre, se dirige.ou il voit du fumier, et trouve son plaisir dans 10­ deur infecte quil repand. TOllt homme, tantquil vit dans le monde, marche enlre le Ciel et fEnfer, et est par suite dans lequilibre. et ainsi dans le Iibre arbitre de regarder en haut vers Dieu ou en bas vers l"enfer ; sil regarde en haut vers Dreu il reconnait que toute sa­ gesse vient de Dieu, el iI est en acLualite quant ason esprit avec les Anges dans le Ciel ; mais sil regarde en bas, ce que fait quiconque est dans les faux dapres le mal. iI est en aclualile quant a son esprit avec les diables danslenfer. 70. Si autant lhomme vit selon IOrdle Divin, autant il·est dans Diell dapres la Divine Toul-Presence, cest parce que .Dieu est Tout-Present, et parce que ou il est dans son Ordre Divin, la il est comme dans Soi, car Lui-Meme est l"Ordre, ainsi ~uil a ete mon­ fre ci-dessus : puis donc que lhomme a ete crM forme de lOrdre Divin, Dieu est danslui, mais en tant que lhomme vit pleiriement selon lOrdre Divin ; sil ne vitpas selon lOrdre Divin, Diellest toujours dans lui, mais dans ~eS supremes, et illui donne de pou-·
  • 102. RELIGION CHRETIENNE. 99 voir corn prendre It vrai et vouloir le bien, cesl-a-dire quillui -donne la facultC de cornprendre et Iinclination a airner; rnais au­ tant Ihomrne vit contre lordre, auLant il ferme les infMieurs de son mental ou de son esprit, et ainsi empeche que Dieu ne descende ~t ne rem plisse ses inferieurs par sa presence; dapres cela Dieu .est dans lui, mais lui nest pas dans Dieu : cest une regIe generale Jans le Ciel, que Dieu est dans tdut homme, tant mechant que bOD, mais que lhomme nest pas dans Dieu, sil ne lit pas selon Iordre ; <car le Seigneur dit, quil veut que lhomme soit dans Lui, et Lui dans lhomme. I Jean, XV, 4. - Si lhomme par la vie selon lordre esldans Dieu, cest parce que Dieu est Tout-Present (Jans IUnivers, el dans toutes el chacune des chases de Iunivers, -dans leurs intimes, car ces intimes sont dans lordre ;" mais dans les choses qui sont contre Iordre, lesquelles sont seulement celles qui sont hors des inlimes, Dieu est Toul-Present par une lutte conti­ nuelIe conlre elles, et par un effort continuel pour les ramener dans lordre; cest pourquoi aulant lhomme se laisse .ramener dans lordre, aulanl Dieu est tout-present dans tout ce qui le constilue,. ·par consequent autant Dieu est dans lui, el lui dans Dieu. Dieu ne peut pas plus etre absent de Ihomme, que le Solei! ne peut Ietre de la terre par la chaleur et la lumiere ; mais les objels. de la terre De ;sont dans la vertu du Soleil, quautant quils revoivent ces deux ,choses qui pt-ocMent de ce Solei!, ce qui arrive dans les saisoDs du prinlemps et de lete : cela peut ainsi etre applique a la Toute-Pre­.,sence de Dieu en ce que, aUlant lhomme est dans lordre, autant iI Elst dans la chaleur spirituelle et en meme temps dans la lumiere spiritllelle, cest-il-dire, dans le bien de lamour et dans les vrais de la sagesse; mais la chaleur et la lumiere spirituelles ne sont pas comme la chaleur et la lumiere naturelles, car la chaleur naturelle se retire de la Terre et de ses objets dans le temps de Ihiver, et la lumiere se retire daDS le temps de la Duit, et cela arrive parce que !}a Terre produit ces temps par sa rotatioD sur alle-meme et par son mouvement autour du Solei! ; mais iI neD est pas de m~me de la chaleur spirituelle et de la lumiete spJrituelle, car Dieu par son·.solei! est present avec lune et lautre,et na point dalternatives (e presence et dabsence, comme en appareDce le Solei! du monde~ lhomme lui-meme se detourne comme la Terre se dtHourne d~ SOD..
  • 103. HO LA VRAIE Soleil; et quand i! &e delourne des vrais de" la sagesse, il est COffiOl& la Terre qui se detourne de son Soleil dans le temps de la nuit; el.. quand lhomme se delournc des biens de lamour, iI est comme la Tllrre qui se delourne de son Solell dans le temps de Ihiver; teBe est la correspondance entre les effels Ilt le,s usages procedant du Solei! dll Monde spirituel et les etfets et les usages provenant dlJ Solei! du Mond~ nature! .,. .. .. .. -¥ 71. Aux cxplications precedentesseront ajoutes trois rtH:MORABLES. Voici le PnEMIER : Un jour jentendis sous moi comme un bruisse­ ment de la mer, et je demandai ce que cetait; et quelqllun me dil que cetaitun tumulte parlOi des Esprits assembles dans la Terre­ inferieure, qui est le plus pres au-dessus de IEnfer; et incontinent le sol qui faisailloit au-dessus cleux sentrouvrit, et voici, a travels. louverture senvolerent des IIl1eeS doiseaux de nuit, qui se repall­ direnl a gauche; el aussitOl apres seleverent des saute-relies qui sautaient sur le gazon du sol, et en firent de tout cOte un desert; et peu apr~s jentendis tOlll it tour comme des cris lamentables de ccs oiseaux de nuit, et sur le cOte un cri confus comme de spectres. dans le:; forets. Ensuite je vis de beaux oiseaux du ciel, qui se re­I pandirent a droite ; ces oise;,lux se faisaienl remarquer par des ailes. comme dorees, parsemees de raies et de taches comme argenlees,. et,sur les ll~tesde quelques-uns i! y avait des cretes en forme de couronnes. Tandis que je voyais et admirais ces objets, tout-a-cou{) e la Terre inferieure, oil se faisait cc tUOlullc, it seleva unEs­ prit qui pouvait se donner la forme dun Ange de lumiere, et. C1jail: Oil est-il·celui qUI parte et ecrit sur IOldre, auquel Dieu Tout-Puissant sest astreint Lui-Meme quant a ce qui concerne lhomme? Nous enteldio~s a travelS le toil ces paroles prononcees au-dessous; cet Esprit, tandis qui1 etail sur celle Telre, parcou­ rait un c,h~min baltU, et enfin iI vint velS moi, et aQssit6t it prit lapparence dlIn Ange du Ciel, et, parlanl d,un ton qui ne lui etait pas propr.e, it dil : Es~ce tQi qui pel,ls~s et parIes sur If)rdre ?Dis­ JIloi somm~irement,ce que ces~ que 19rdre et quelques-lInes des r,ehos.es concern:aI1tlor,dre, E~ je"re,p;oodis :,J,8- teI,! d,onnerai les pro­ rietes sommaires, mais pon les parlicuLieres, parce ,que tu ne Jes !Qomprendrais pas, eL je di~,: I. Dieu es~ Lui-Meme lordre. n. 11 a
  • 104. RELIGION CHR~:TIENNE. to!(lle-e lhomme dapres lOrdre, dans lOrdre et pour lOrdre. Ill. 11,a riree son Mental rationnel selon IOrd~e de tout le Monde spirilllel, d son Corps selon IOrdre de tout le llonde naturel; cest pour,cola que lhomme a ete appelepar les Anciens Mfcro-U1ane (petit Ciel), et Microcosme (peLit monde). IV. De la, cest une Loi de rOrdre, que lhomme par son llicro-Urane ou petit monde spirituel-doit gouverner son Microcosme ou petit monde naturel, commeDieu par son lfacro-Urane ou Monde spirituel gouverne le M:acro-.(losme 011 Monde n3turel·dans Iensemble et. dans chaque partie. V. Par suite, cest une Loi de Iordre, que Ibomme doit sinlrodllire-dans la,foi par les veriles dapres la Parole, et darts la charite par Jes bonnes reuvres, et par consequent se reformer et se regenerer.VI. Cest une Loi de Iordre, que [homme par son travail et sa puis-:sance,se purifie des peches, et quil ne se tienne point dans la foi de limpuissance et naltende point que Dieu lave lmmediatement ses peches. VII. Cest aussi une Loi de Iofdre, ,que Ihommeaime Dieu -detoute sonlme etde tout son creur, et le prochain comme lui- meme, et quil ne differe point et naUende pointque ces deux amolrs:soient introduits parDieu immedialement daDS son mental et dans:son creur, comme du pain ~serait mis dans la bouche par un houlall.£., gel ; Olltre plusieurs lois semblables. Apres avoir entendu ces pa- roles, ce satan repliqua dune voix douce dans laquelle il y avail interieurement de Iasluce: Que dis-tu la? Quoi! Ihomme doit,-dapres sa puissance, sintroduire d:ms Iordre en accomplissanl :ses lois! Ne sais-tu ·pas que I"homme est, non pas SOllS la loi, mais SOllS la grace; que toutcs choses ,lui sontdonnees gratuitement; ,qui! ne peut prendre que ce qui lui a ete donnedu Ciel, et que dans Jes chOses spiriluelles il ne peut pas phis agir par lui-meme que la femme de Loth devenue statue, ou que Dagon lidole des Philistins dans Ekron, et quen consequence, il est impossibleJl IhoIilme de se justifier, cela aevant eLre fail par la !,oi et par la Charite? ~ais j.e lui t1s cette seule reponse: Cest aussi une Loi de lordre, que lhomme par sOn travail et sa puissanee doit sacquerir la foi par les ·vedles dapres la Parole, et quc cependant il croit que par lui meme il na pas un seul grain de foi, mais que toute ~sa fai vient d Dieu ; et aUisi, que Jhomme par son travail, ,et sa puiss:lnce doitl :se justifIer, et que cependan~ iI croitquil tly a pas meine lin seuli
  • 105. i02 LA VRAIE 1point de justification qui vienne de lui, mais que toute la justifica- .tion vient de Dieu: Na-t-il Pis été commandé que lhomme Mi,lcroire en Dieu, et aimer Dieu de toutes ses forces et son prochain:comme lui-même? réfléchis, et dis-moi comment ce commandement.aurait pû être donné par Dieu, si lhomme navait aucune puissancedobéir et de faire. A ces mots, ce Satan éprouva un changemenD. dans sa face, qui de blanche devint dabord livide, puis noire; et~ parlant du ton qui lui était naturel, il dit: Tu as prononcé des pa­ radoxes contre des paradoxes; et aussitôt il senfonça vers les siens el disparut; et les oiseaux de la gauche de compagnie avec les spectres poussèrent des cris extraordinaires, et se précipitèrent. dans la mer, qui là est appelé mer de Suph, et les sauterelles les suivaient en saltillan.t, et lair fut purifié, et la terre fut nettoyée: de ces bêtes immondes, et ie tumulte den bas cessa, et il yeut. tranquillité et sérénité. 72. SECOND MÈ~lORABLE. Un jour jentendis un bruit extraordinaire venant de loin, et moi en esprit je suivis la directioB du son, et je. mapprochai; étant arrivé au lieu doù il venait, voici, cétait une: Cohorte dEsprits qui raisonnaient sur lIMPUTATION et la PRÉDESTI­ NATION; elle était composée de Hollandais et dAnglais, et dur~ IBél~nge de quelques Esprits des autres Royaumes, et ceux-ci, à la fin de chaque raisonnement sécriaient: Admirons! admirons! La discussion roulait SUI ces Iloints: Pourquoi Dieu nimpute-t-il pas. le mérite et la justice de son Fils à tous et à chacun de ceux qui­ ont été créés par Lui, et ont ensuite été comme rachetés, nest-il p~s rout-Puissant ?Ne peut-il pas, sil le veut, de Lucifer, du Dra-, gon et de tous les Boucs faire des Archanges, nest-il pas Tout­ Puissant? Pourquoi permet-il que linjustice et limpiété du diable triomphent de la justice. ùe son Fils et de la piété des adOrateurs. de Dieu? quoi de plus facile à Dieu, que de donner à tous b foi et. ainsi. le salut? pour ceJa que lui f3[ut- il de plus quun petit mot ? et sil ,ne,Je fait pas, nest-il pas en .contradiction avec ses paroles~ lesquelles sont, quil veut le salut de tous et ne veut la:mort de per­ sonne? Dites donc doù vien t et en quoi réside la cause de la dam­ nation de ceux qui périssent? Et alors, un Prédestinalien-Supralap" saire dentre les Hollandais dit: Cela nest-il pas dans le bon plaisil" du Tout-Puissant? largile doit-elle réprimander le potier de ce
  • 106. RELIGION CHRÉTIENNE. t03 quil fait delle un pot à urine? Et un autre dIt: Le salut de chacun est, dans la main de Dieu, comme une balance dans la main de celui qui pèse. Sur les côtés se tenaient quelques Esprits simples ùe foi et droits de cœur, les uns lœil enflammé, dautres comme stupéfaits, dautres comme enivrés, et dautres comme suffoqués, disant entre eux à voix basse: Quavons-nous besoin découter ce$ extravagan- ces? Ils se sont infatués de cette foi, que Dieu le Père impute la justice de son Fils à qui il veut et quand il veut, et quil envoie !"Es- prit Saint ptmr opérer les décisions de celle jnstice ; et que lhomme, pour quil ne sattribue pas la moindre chose dans lopqation de son salut, doit être absolument comme une pierre dans laffaire de la justification, et com me une souche dans les choses spirituelles: et alors lun deux sintroduisit dans la Cohorte, et parlant à haute~oix, il dit: 0 insensés! votre raisonn.ement est de laine de chèvre ;,~ous ignorez absolument que Dieu Tout-Puissant est Lui-même Ordre, et quil y a des myriades deLois de lOrdre, en aussi grand ombre quil existe de vérités dans la Parole, et quil ne peut agir dtntre ces lois, parce que agir con tre elles, ce serait agir contre Li-Même, et ainsi non-seulement contre sa Juslice, mais encore cORtre sa Toute-Puissance; et il vit de loin sur la droite comme un~ brebis et un agneau, et une colombe qui volait, et sur la gau- ch~,comme un bouc,.un loup et un vautour, et il dit: Vous croyez quel Dieu par sa Toule-Puissance peut changer ce bouc en brebis, ou ~e loup en agneau, ou ce vautour en colombe, ou réciproque-m,tt? Point du tout, car ce changement est contre les lois desoJOrdre, dont pas même un seul point Ile peut tomber en terre,selon ses propres paroles: comment alors peut-il transporter lajustice de la Rédemption de son Fils sur quelquun qui est réfrac-taire aux lois de sa justice? Comluent la Justice elle-même peut-elle commettre linjustice, et prédesliner quelquun à lenfer, et lejeter dans un feu vers lequel le diable se tient avec de~ torches à lamain et quil attise? 0 insensés, vides desprit, votre foi vous a sé-duits; nest-elle pas dans vos mains comme un lacet pour prendredes colombes? A ces mols un certain ~Iagicien fil de cette foi commeun lacet, et la suspendit à un arbre, en disant : Vous verrez que jevais prendre cette colombe; el aussitôt le vautour prit son vol, passason coti dans le lacet, et y resta suspendu, et la colombe ayant vu],e
  • 107. tM LA VRAIEvautour ,{envola a:u-d:elà.. Les spectateurs furent dans ladmiration etsécrièrent: Ce jeu cependant est un gage de justice. 73. LeJendemain,il vi,nt vers moi quelques Esprits de cette co­ho,rte. qui étaient dans la foi de la prédestination elde limputation,el ils me dirent: Nous sommes comme ivres non de vin, mais dudiscours que cet homme tint hier; il a pa"rlé de la Toute-Puissanceet en mème temps de lOrdre, et il a conclu que comme la Toute­P-ulssance est Divine, de même aussi lOrdre est Divin, et de plus,que Dieu Lui-lJême est lOrdre ; et il a dit quil existe" autant de lois de lqrdre que de vérités d,ans la Parole, quil y en a non-seu­ l-ement des kiliades, mais des myriades de m)Tiades, et que Dieu est aslreint il ses lois, et lhomme aux siennes; quest-ce alors que la Toule-Puissance Divine, si elle est astreinte il des lois, car ainsi touL absolu se retire de la Toute-Puissance? Dieu a-L-il donc moins .de pouvoir quun Roi du Monde, qui gouverne seul? Celui-ci peuL tourner les lois de la justice comme les paumes de ses mains, et agir despotiquement comme Octave-Auguste, et même despoliqu ment comme Néron; nous, après avoir pensé à la Toute-Puissanoo Divine astreinte à des lois, nous sommes devenus comme ivres, ~t nous sommes prêts à Lomber en défaillance, si lon ne DOUS a;ppo~te promptement un remèd e ; en effet, daprès notre foi, nous aV~Ds prié, afin que Dieu le Père ait pitié de nous à calJse de son Fils{,et nous avons cru quil peut avoir piliéde qui il lui plaît, et reme~tre les péchés il qui il ju?e il propos, et sau.ver qui il veut, et.nolls nl1a­ vons pas osé soustralre de sa Toute-Plllssance la plus pellte chose, ~ussi regardons-nous comme un crime de lier Dieu avec les chaî~es de quelques-unes de ses lois, parce que cela nous semble contradic­ t-oire avec sa TOUite-Puissance. Aya,nt ainsi parlé. ils me regardèrent; et moi je les regardai ,et je les vis éperdus, et je dis: Jadresserai des supplications au Seigneur, et jen apporterai un remède, en illustrant ce sujet; mais pour le moment ce sera seulement ~ar des exemples, et je dis; Dieu Tout~Puissant a créé le Monde daprès l~(!)rdre er. soi, ainsi pour lOrdre dans lequel il est, et selon lequel il gOllvelrie, et il âiimposé à lunivers, et il toutes et à chacune des choses de lunivers, son ,ordre; à lhomme le sien, à l@iseauet au poisson le leur, aUverie sien, à cbaque3Jibre, et même à .chaque hrin ,dher~e le sten; mais pOl,lr que de$ exemples iHustrént ce
  • 108. RELIGION CHRÉTlE~NE fOSsujet, je vais en peu de mots :donner les suivants: Les lois delOrdreimposées à lhomme sont, qUil sacquière des vérités daprès laP.arole, et quil y pense naturellement, et, autant quil le peut, ra­tionnellement, et quainsi il se procure la foi naturelle; alors leslois de lOrdre de la part de Dieu sont, quil approche, quil ,rem­plisse de sa Divine lumière les vérités, e~ de sa Divine eSS~Qce lafoi natureNe qui est seulement une sèience et une persuasion; ainsiet non aulrement1a foi devient salvifique ; il en est de même pourla charité: mais nous allons brièvement rapporter qlielques-unesde ces lois: Dieu ne peut selon ses lois remettre les péchés dlinhomme, quautant que cet homme sen désisle selon les siennes; Dieu ne peut régénérer spiritucHiement lhomme, quantant que lhomme scIon ses lois se.régénère naturellement; Dieu est en per·· péluel effort pour régénérer et ainsi sauver lhomme, mais il. ne peut le fal.re, à moins que lhomme ne se prépare pour être récep­ tacle, et quil naplanisse ainsi le chemin à Dieu, et nouvre la parle; un fiancé ne peut enlrerdans la chambre à coucher dune vierge qui na pas encore été fiancée, celle-ci ferme la porte et garde chez &1Ie la clé en dedans; mais après que la vierge est devenue la qan­ «ée, elle donne la clé au fiancé. Dieu na pu par sa Toute-Puissance racheter les hommes, sans quil se fit Homme; et il na pu rendre Divin son Humain, sans que son Humain fût dabord comme lHu­ main dun enfant, puis comme lHumain dun adolescent, et sans que lHumain se formât ensuite en réceptacle et en habitacle dans lequel en lrerait son Père,.ce qui a cu lieu en ce quil a accompli toutes les choses dê la Parole, cest-à-dire, toutes les loisde lordre qUelle contient; et autan;t il a fait cela, autant il Sest uni au Père, -et le Père Sest uni à Lui. Mais ce ne sontlà que très-peu dexem­ ples, donnés pour illustration, ,afin que vous voyiez que la Toute­ Puissance Divine est dans lOrdre, et que son gouverntment, qui est appelé Providence, est scIon lOrdre, et quelle agit continuelle­ ment et éternellement selù,n les lois de son Ordre, et ne peut agir contre ces lois, ni les changer en un seul point, parce que lOrdre a,vec toutes ses lois est Dieu Lui-ltlême. Après ces paroles, une splendeur de lumière dune couleur dal influa à travers le toit, et ffOrma dans lair des ~hérubins volants, et par suite le brillant de ï.or illustra les tempes de quelques,uns deux du côté de locciput,
  • 109. 106 LA VRAIEmais non encore du côté du front; car ils disaient tout bas: Nous.ignorons encore ce que cest que la Toute-Puissance; et je dis: Elle.vous sera révélée, maintenant que les explications qui viennent devous être données vous ont communiqué quelque lumière. 74. TROISIÈ~If} MÉMORABLE. Je vis de loin plusieurs Esprits ras­sembltis, ayant sur la tète des bonnets; les uns, des bonnets entou­rés dune gance de soie, ils étaient de lOrdre Ecclésiastique; lesautres, des bonnets dont les bords étaient ornés dune gance dor, ils étaient de lOrdre Civil; tous étaient savants et érudits; et en outre jen vis quelques-uns avec des tiares, ceux-ci étaient des ignolants; je n)approchai, et je les entendis parler entle eux sur­ la Puissance Divine illimitée, et dire que si elle sexerçait selon certaines lois qui sont devenues lois de lordre, elle serait non pas illimitée, mais limitée, et ainsi une puissance et non la Toute-Puis­ sance; m3is qui ne voit quaucune nécessité de la loi ne peut con­ traindre la Toute-Puissance à faire de teUe manière et non dline autre? certainement quand nous portons nos pensées sur la Tou te­ Puissance et en même temps sur les lois de lOrdre, selon lesquelles elle est obligée de marchf:r, les idées que nOLIS avions conçues de la Toute-Puissance tombent comnle la main lorsque le bâtou se brise. Lorsquils me virent près deux, quelques-uns accoururent. et Ille dirent dun ton assez véh;ément: Est-ce toi qui a circons­ crit Dieu dans des lois comme dans des chaînes? nest-ce pas là une impudence extrême? par là nas-tu pas aUfisi mis en pièces Ilbtre foi sur laquelle est fondé notre salut, au mHieu de laquelle nous plaçons la justice ùu Rédempteur, et au-dessus la Toute-Puis­ sance de Dieu le Père, en y ajoutant lopération de lEsprit Saint, et son efficacité dans limpuissance absolue où est pour les choses spirituelles lhomme, pour qui il suffit de parler de la plénitude de la justification qui est dans celle foi par la Toute-Puissance de Dieu? mais nous avons appris que toi tu vois de linanité dans celte foi, parce quil ny aen elle rien de lordre Divin du côtéde lhomme. Après les aoir entendus, jouvris la bouche, et parIant à haute voix, je dis: Apprenez les lois de lOrdre Divin, et ensuite découvrez, cette foi, et vous verrez une vaste solitude, et en ,elle le Léviathan tortueux et oblong, et tout il,lentour des filets roulés comme en un Dœud inextricable ; mais faites comme on lit que fit Alexandle, qui~
  • 110. RELIGION CHRÉTIENNE 107lorsquil eut vu le Nœud Gordien, tira son épée, le coupa en deux,en rompit ainsi les entortillem ents, le jeta par terre, et en broyalesfils sous sa chaussure. A ces paroles, ces Esprits mordaient leurslangues, voulant les aiguiser en mots piquants, mais ils nosèrentpas, parce quils voyaient au- dessus de moi le Ciel ouvert, et en­tendaient une voix qui de là leur disait: Écoutez dabold avec mo-dération ce que cest que lOrdre, selon les lois duquel Die,u Tout-Puissant agit: Dieu a, de Lui-}Iême, comme étant lOrdre, créélUnivers dans lordre, selon lordre; il a créé pareillement lhommeen qui il a établi les lois de son ordre, daprès lesquelles lhomme aété fait image et ressemblance de Dieu; le sommaire de ces lois estque lhomme croie en Dieu et aime le prochain, et autant il fait cesdeux choses daprès la puissance naturelle, autant il se fait récep­ tacle de la Divine Toute-Puissance et autant Dieu Se conjoint à lui et le conjoint à Soi; par là sa foi devient vive et salvifique, et cequil fait devient la charité, de même vive et salvifique: mais il faut quon sache que Dieu est perpétuellement présent, et que con­ tinuellement il fait effort et agit dans lhomme, et touche aussi sonlibre arbitre sans néanmoins le violenter, car sil violentait le librearbitre de lhomme, la demeure de lhomme oans Dieu périrait; ilny aurait que la demeure de Dieu dans lhomme, et cette demeureest dans tous, tant dans ceux qui sont sur terre que dans ceux quisont dans les cieux, et aussi dans ceux qui sont dans les enfers, carcest par là quils peuvent, veulent et comprennent; mais la de­meure réciproque de lhomme dans Dieu nest que chez ceux t[uivivent selon les lois de lordre données dans la Parole, et ceux-cideviennent les images et les ressemblances de Dieu, et le paradisleur est donné en possession, et le fruit de ,larbre de vie pour nour­riture; tous les autres, au contraire. sassemblent autour de larbrede la science du bien et du mal, et là ils sentretiennent avec le Ser­pent et mangent le fruit de cet arbre, mais ensuite ils sont chassésdu Paradis; cependant Dieu ne leg abandonne pas, mais eux aban­donnent Dieu. Ceux qui avaient des bonnets comprirent cela, et ilsapprouvèrent; mais ceux t}ui avaient des tiares le nièrent, et ilsdirent: La Toute-Puissance nest-elle pas ,ainsi limitée 101, uneToute-Puissance limitée est une contradictioll. Mais je répondis:Il ny a point contradiction à agir tout puissamment selon les lois
  • 111. i@8 ,liA. VR~IE<1e la jusfÎc~ avec jugement, 011 selon les 10s inscrites dans lAmourda.prèsta Sagesse; mais cèst mle contradiction, que Dieu puisseagir contre les lois de sa Justice ,et de son Amour, et·ce se.rait agirsans jugement Iii sagesse; une telle contradiction est renferméedans velr.e foi qui prétend que Dieu par pure grâce peut justifierlinjuste, et lenrichir de tous les dons du salut et des récompensesde la viel Toutefois, je dirai en peu de mols ce que cest que laToute-P.uissance de Dieu: Dieu daprès sa Toule-iPüissance a créélUnivers, et il a en même ,temps introduit son ordre dans toùtes et (lans cliacune des CllQSeS de lunivers; Dieu aussi daprès sa 1Toute-Pllissance conserve llUnivers, et,il y mclinlient lOrdre aveoses lois à perpétuit~, et quand quelque chose sécllappede lordre,il ly ramène et ly réintègre. De plus, Diel1 daprès sa Toute-Puis­sanoe a instauré lEglise, et il a révélé les lois de son orMe dans la Parole; et quand lEgHse fut tombée hors de lordre, il la res­taurée, et quand elle fut totalement tombée, il est descendü Lui­ Même dans le Monde, et en prenant lHumain il sest revêtu de laToute~Puissance et il a rétabli liEglise. Dieu daprès la Toute-Puis­sance et aussi aaprès la Toute-Science examine chacun après la mort, et prépare les justes ou les brebis pour leurs demeures dansle Ciel et en const·ruit le Ciel, et il prépare les injustes ou les boucspour leurs demeures daJlls lenfer et en construit lenfer: et il dis­ pose le Ciel et lEnfer en Sociétés et en Congrégatioris selon toules les variétés de le~lr amour, qui dans le Ciel sont en aussi grand nombre que leséloiles dans le firmament) du .Monde, et il conjoint en un les Sociélés da.ns le Ciel, afin quelles soient devant Lui commè un seul Homme; il agit d;e même pour les congrégations dans lEn­ fer, afin quelles soient oomme un seul Diable, et.il sépare ceux-oi del autres par un gouffre, afin que· lEnfer ne fasse pas violence au Ciel, et afin que le Ciel ne cause pas.de tourment dans lEnfer; car autant le Ciel influe, aulant ceux qui sont dans lEnflfr sont tour­ mentés. Si Dieu daprès sa Toule·Puissance ne faisait pas toutes ces choses à chaque instant, la féJocité entrerai.t dansles hommes, au poi~t quils ne pourraient,plus êlre contenus pai" les lois daucu,. 0rdre, et aimL!e Genre humain p~rirait ; ces choses ct aul :esl sem:: blables arriveraient, si Dieu nétait pas lOrdre, et Tout-Puissanl (lans lOrdre. Après avoir entendu oes paroles, ceut qui avaienlde!;
  • 112. RELIGION CHRÉTIENNE i09 bonnets se retirérent le bonnet sous le bras, lOuant Dieu, car dans ce Monde-hl les intelligents portent des bonnets; mais ceux q,ui sont couv.erts de tiares ne sont pas intelligents, parce quils sont chauves, et que la Calvitie signifie la stupidité; et ceux-ci sen allè ­ rent il gauche, mais les autres allèrent à droite. DE LA CRÉATION DE LUNIVERS. 75. Puisque dans ce Premier Chapitre il sagit de Dieu Créateur, il faut aussi parler de la Création de lUnivers par Lui, de même que dans le Chapitre suivant où il sera question du Seigneur Ré­ dempteur, il sera aussi parlé de la Rédemption; mais personne ne . peut se former une idée jU!lte de la Création de lUni.vers, sl-quel­ q~l!.nai~~es générales données davance ne mette~t pas len­ { t~ment da~~état de perception; ces connaissances seront le,s suivantes: I. Il Ya deux Mondes, le~IondeSpirituel où sontlesAng~s et les Esprits, et le ·1Ionde naturel où sont les hommes. Il. Dags lun et. lautre Monde, il y a un Soleil; le Soleil du Monde spirituel est le pur Amour procédant de Jéhovah Dieu, qui est au milieu de lui; de ce Soleil procédent une chaleur et une lumiàre; la chale4r qui en procède est dans son essence l~mour, et la lumière qui en - ­ procède est dans son essence la sagesse; et toutes deux affectent la .. 1 volonté et lentenclement de lhomme, la chaleur sa volonté, et la i lumière son entendement: mais le SoleiCdu MonlÎe nàt~l C$t Ull pur feu, eTëii conséquence lach:ileur qui en procède est mort~, pareillemeut la lumière, et elles servent denveloppe et de support à la Chaleur et à la Lumière spirituelles afin quelles pénètrent ju~­ quà lhomme. III. La Chaleur et la Lumière qui [JrQc~dent du SQ­ leil du Monde spirituel, et par suite toutes les clloses qui là existent-1 par el1es,soot substantielles et sont nommé~s sp~lles; et la Chaleur et la Lumière;qui procèaenTdu- Soleil du Monde naturel, et ,par suH~ toutes les choses qui là existent par elles, sont maté,rielles et sonlt4 nommées naturelles. IV. Dans lun et lautrë1foïi4~ iJ y~l trolSDer J ,N -/f, ~s quisÔÏliROmmés qegréSlI"e,nauteun;et ,pa~ite trois ~ol)~A selon lesquel,les ont, été mis en :ordre les trois Ci.eu~ ang~li9.l,Ies" e!­E. (aussi les, m~&a.ls humains qui ail1si,correspondent à ces lr-oi.s Ci!luJ
  • 113. HO LA VRAIE angéliques; et pareillement toutes les autres choses ici el là. V. Il If. y a un~ Correspondance entre les choses qui sont dans leJlonde 2 ~piri~el et celles qui sont dans I~onde naturel. VI. Il Ya un Or­ dre, dans lequel toutes et chacuM des choses de lun et lautre ( Monde ont élé.créées. VIL Il faut dabord absolument se f!trme.r uue l idle de ces notions; sinon, "Teilental huma~étant dans une ~orn­ pIète ignorance sur ces points tombe facilement dans lidée que lU­ nivers a été créé par la Nature, et cest seulement daprès lAuto­ rité Ecclésiastique quil dit que la Nature a été créée. par Dieu, mais Comme il ne sait pas comment, sil scrute intérieurement la c40se, il se précipite tête baissée dans le Naturalisme qui nie Dieu. Toute­ (fois, comme iTIiUdrait un l?;rosVOÏiIinepourexpôser et démontrer ) comme il convient chacune de ces vérités, et quen outre cela nen­ j Ire pas proprement, comme Lemme 011 Argument, dans le Système 1TI1éologique qui est lobjet de ce Livre, je veux seulement rapporter quelques lIÉ~IORABLES, par lesquels on pouna concevoir une idée de la Création de lUnivers par Dieu, et obtenir par cette conception une sorte de fœtus qui la représente. • 1 ~ • ~ • (!~PREMIER MbIORABLE. Un jour jétais en"méditation sur l~ Créa­ "tion de rUnivers; et comme cette méditation fut perçue par des Anges au-dessus de moi au coté droit, où étaient ceux qui avaient quelquefois médité et r.aisonné sur ce même sujet, lun deux des­ cendi!, et minvita, et je devins en, esprit, et je laccompagnai, et après que je fus entré, je fus conduit au Prince, dans la Cour duquel je vis environ des centaines dAnges réunis, et.le Prince au milieu f deux: et alors un de ces Anges me dit : No.!!~avQ.n~çu ici que "1 tu é~~}s _da!!.Ltine.J!léqit~.EQ ..I!..-s.~~ la Création de lUniv~rs;- etno~s. ~- ---­ 1quelquefois, nous avons été dans -une semblable méditation, mais --_. --_.• ..- nous ne pouvions pas conclure, parce quà nos pensées sétait atta­ chée cette idée du Chaos, que cétait comme un grand OEuf; doù. r avaient été, tirées toutes et chacune des choses de lUnivers dans~ Î leur Ordre, lorsque cependant nous. percevon~_1)l~ant, quu~ ~i vaste Un~vers IiilP.~ll!Léclo!,e dec~tk.~nière; une autre idée f sétàit aussi atlachéé à nos mentaIs, cétait.que toutes choses avaientZ été créées de rien par Dieu, lorsque cependan.t nou.~.ceY@SJ!HÜn­ l tel!.=!.I!!, que_tien ne_~!lJ~jJ ..9_lLriên ; et nos MentaIs nont pas encoro ."(.1 1 1.
  • 114. RELIGION CHRÉTIENNE Hl pu se dégager de ces deux idées, ni voir dans quelque lumière com­3 ) ment la Création a été faite; c)st p!>urqI!Qi n~~~~~ré du~ 1 li~u_ou tu J~~is_,_~]L que_~_~~po~~~ méditation sur ce sujet. A ces mots, je répondis: Je Jexposerai; et je dis: Jai longtemps mé­ .(lité sur la Création, mais en vain; mais, plus tard, quand jeus été (introduit par le Seigneur dans votre Monde, je p~~ç~ quil ~~it ) inutile de conclure quelque chose sur la Création de lUnivers, si Î .aupâravant lon ne sait pas -qufi y a <!ëUXMOndes, FUn da~s Ié= l quelSOritÏes Anges:ètlauire dans leq~ël sont les hommes, et que ~elx~ci après la mort passent de leur Monde dans lautre; et alors .. je vis aussi quil y avait deux Soleils, lun doù p!Q..fuJe lout ce qui t .es~piri.!:.!!el, et lautre doù proflue tout ce....Cl:ui est Naturel; que le Soleil doù profluent tous les spirituels est le pur Amour proc~dant de Jéhovah Dieu, qui est au milieu de ce Soleil, et que le Soleil doù. profluent tous les naturels est le pur Feu. Ces connaissances étant acquises, un jour que jétais dans lillustration, il me fut donné de !l)ercevoir que Jéhovah Dieu a"ait créé lUnivers par le Soleil au mi­ lieu duquel il est; et que, lAmour nayant dexistence quaulant quil est uni à la Sagesse, Jéhovah Dieu avait, IDQILAJl!our p~a ~a~§.e, créé lUnivers; que cela soit ainsi, cest ce dont jai ac­ .quis la convietion par toutes et par chacune des choses que jaie vues 2- -dans I~JI.Q.nde_,_Q~lI.§ êtes et d!!!.i-!Jl ~tQW~ je suis de corps. Il serait trop long dexposer comment sest opérée la progression 11e la Création depui~ son commencement; toutefois, quand jétais ,dans lillustration, je ~erçus quau moyen de la Lumière et de la ·Chaleur du~oleil de votre Monde il ~été créé desatrnCisphères spi­ . ~iiie.~sqilLen elles-~êmes:.-s_Q!lt supstanÜi!Îes,rune ayantj>r~é r· { de lautre.; et comme elles sont trois, et quainsi il y a tlois degrés ;fo j -,-~ datmosphères, il a été formé trois Cieux, lun pour les Anges qui 1 /1 sont dans I~Eprême degré de lamour_et de la sag~sse, lautre pour 2 les Anges. qui sont dans l~ ~cond _~egr~, et le troisièm~ pour l~s 3 Anges qUlsont dans le_dermer degré. MalS comme cet Umvers SPI- rituel ne peut exister sans u~ Univers naturel dans~qlJel ilpro~e 4. ses effets et ses us_ag,!ls, je perçus qualors en_ même tem~ a été créé 1t le Soleil, doù procèdent tous les Naturels. et pareillement par C6< --­ 2.. Soleil, au moyen de la lumière et de la chaleur, trois atmosphères. r-. 10( 3 lui enveloppent les trois premières, comme les coquilles enveloppent.
  • 115. tt2 LA VRAIE li les no~aux, ou les écorces le bois, et~~~ l?ar ces atmosphères l~ Gl6be terraqué, où sont les hommes, les bêtes, les poissons, et aussi les. arbres, lesarbrisseaux et les herbes, al~ort!:!!. de terres qll~n­ siste.nt en humlls~ ell pierres et en minéraux. Toutefois, cest là une­ esquisse très-commune de la Création et de sa progression; quaRt aux particuliers et aux singu/iers, ils ne peuvent pas être ,e-xposés~ sans quon écrive des Volumes; mais tout conduÜ à cette conc1m;j{)-DI, que Dieu n:a pas créé lUnivers de rj.1}n, car, ainsi que VODS lav~ ,r 110 dit, rien ne se fait de rien, mais quil la créé par le Soleil ~~1 5An~lique, qui procède de Son Ëtrë;- eCqulest par conséquent le pur l Amour uni na .§.age§e: que r~nivers, pa!:J~quel est entendu lun l et lal!tre iIo!,de, le Spirituel et le, Naturel, ait été créé dAprès le-J Divin Amour et la Divine Sagesse, cest ce que prouvent et aHestent toutes et chacune des choses quil contient; et vous, si. vous les exa.c. minez en ordr~ et enchaînement, I[aprèsla lumière oi! sont l.~_ p_~r­ c~ption~d~ votre ent~.ndement, vous pouvez clairement ·Ie voir: (mais il faut tenir pour ~erlain que lA.mPjlr et la Sagesse qui e!! Di~~ ) font un, ne sont pas 1Amour et la Sagesse dans un sem abstraIt, mais sont en Lui comme Substance, car Dieu est la Substance et Es­ sence ~êm-;:-îas~i~l;~~·~-;.~,Essenc~ unique~ et par cons~quent la 1 . Substance et Essence premlere, qUI en SOI Esl el SubSiste. Que toutes et chacune des choses aien t été créées daprès le Divin AmOllI" et la Divine Sagesse, cest ce qui est entendu par ces expressions dans Jean: «(La Parole était chez Dieu, et pieu était la Parole; toutes choses par Elle on,! été (ai(es, et le Monde par Elle a· été 1/ai(.» - J,. 1, a, 10. - Là, Dieu signifIe le~i!l.::Ambur, et la 2 Parole. signlQ.e le Divi!! Vlai O~l la Divine Sagesse, cest pOllrquoi la P}Dlle y est app,elé·e Lumière, et par la Lumièlc quand il sagi~ de Dieu, il est entendu la Divin.e.Sagesse. Âyant achevé de parler. f comme je le/lr disais adieu"deSJlarcelles ,de lumière tombèrent d~! S,oleU spiritu.el p~~.~ieux 2Ilgé.!iqt.!.~s dans leurs yeux, et par! ) le,l:Irs ye~x dans les. habitacles de. leUl mental, e~ a~~~ilt été ài.n~i.i!­ .1ustlés, Ils applaudlrenL à mes ,parlilles, et en:slllle Ils melsutvtrenù jusqu1au wes~ibule, et.ce1ui qu:i m~v:ait. d:lbard accompagné vinl}us­ qqà 1~ maison où jjélais, et dc, Hl Hrlmlonta vers st Sec·iété. « • (7DSECOND ltfÉ?IIPRABLFb uh màtin,a mon l r-6veil, tnéoitan~"dans une lumi-èremati1},ale et serei,rra ,avanit la/Illelne~ velUe, je vis à· trll.,
  • 116. RELIGION CURÉllENNE H3 vers la fenêtl!6 comme un brillant é(,lair, e~ aüssitÔl après jentendis comme un éclatant coup de tonnerre; comme je métonnais doù celt:pouvait venir, jentendis du Ciel, que cétaient quelques Esprits qli, non loin, de moi, raisonnaient· avec emportement surDIEl; et. SlW la NATURE, et que la vibration de la lumi;we semblable à un ) éGlair, et la, secousse de. lair semblable à un coup de tonnerre, " étajeot~~ofrespon~_ances et par suitf: I~apparenc~~~~~mbat et de -la collision des,~g~!l1~n.ts, dun côté pour D~~~, et~e.1.@!.I.e l pour la Na~i!!e, VOICI longlne de ce combat spIrItuel: Il y avaIt dans lEnfer<J@~"iSat~ui avaient dit entre eux: Que ne nous est-il peJ:mis de converser avec les Anges du Ciel! nous leur dé­ montrerions dune manière complète et absolue que la Nature est ) ce quils appellent Dieu de qui tout procèdent, et quainsi Dieu est seulement un mot, à moins que par Dieu on entende la Nature; et parce que(~---saïan~) avaient cru ~ cela àe tout leur cœur et de toute le~e, et avaient désiré de sentle~llir aveet~il, Ar~U1 Ciel, il leur avait été donné de monteJ" du bourbier et des ténèbres de lEnfer, et de converser aveEA.n~descendant du Ciel; la scène se passait dans le Monde des esprits, q!!i.lientle milieu en­ tre le Ciel et lEnfer: là,€..§a.tan)ayant vu(i~s. A~~ acco~(~~ellt avec vitesse, et crièrent dune voix furieuse: Êtes-vous~~ An~j) du Ciel avec lesquels il nous est permis de nous aboucher pour rai~ sonner sur Dieu et sur la Nature? vous êtes appelés sages, parce que vous reconnaissez Dieu; mais, oh que vous ètes simples! Qui a vu Dieu? qui comprend ce que cest que Dieu? qui conçoit que Dieu gouverne et puisse gouv,ercel lUnivers, et toutes et chacune des choses quil renferme? qui reconnaît, à lexception de la populace et du vulgaire, ce quil.ne voir pas et rre complend pas? quy a-t·il de plus évident, sinon que la Nature est tout d~an9 tout? qui a vu avec lœil autre chose que la n:llure? qui a entendu avec loreille " autre chose que la ,nature? qui a odoré avec les narines autre chose 1 que la nature? qui a savouré avec la langue autre chose que la na­ ~l~ ture? qui a senti par le toucher de la main et du corps au tre chose que la nature? Les sens de notre corps .De·sont~ils pas les témoins f tl1 des vérités? qui ne peut daprès eux jurer que telle chose est de reJJ e manièref? la respiiration. dâplès1laqueUeivit aussi notre coJrp~ nest-e1l6pas Dn témoin? respirons"DouS autre chQse que la naure? J. . 8
  • 117. {~4 ., LA.V,RAl;E d:Où ~iel!t;, l)pflpx dal.s. les, penSé~~les. sinon, deJa nature ~ s~,lq n~l4fle ,éta~ e.nlev~oltrriez-~ous pen$erquelque.chose !:ou- ) trfl, ,U!JJ~ie4rS" a~~r~s ;lrgmnents de ,même espèce~sA.ng~-a-~rèS::> le,s, ~y,oi;I lécolté~j r,épQtldirllot: VOllS patlez ;Hnsi, parce que vousn ête~ ~n,~i~çem~nt ~eq~/l~I~;,tQllS. dansllEnfer, alJt les i,dées,des pen sée~IP,!Pn~é~&?ans I~s s~n~ d.l,ll ,Mrp.s, li:lliJ6 peuv:entélever les men-lr taIs 1 ~Pides$us d&ux, 1J}OUS ~OilS pardonnons daDe ~ la wie dul m~l (lt~ ) P~G ~,ui~e laJQJ.~x o.r. l,b9,ll.cQéJes inléri~ur~~ vos nlentals, aU1) p,qi,Dl ~~~i ch~, VfO4~, Ijé;l~N;l:tipJ). aUrdessils des seJi.siie~s nest pas :~os- Il sl~le,. SlpO~ dans,.,uolJéljlt é)Qlglié ,des lIaux de la vIe 6tl des fa.u~ dell (la.(o,i ;, ç,ar"JIn ,~alafd.peuct, ,aussibiefl quun Ange;,comprendre Ië"} .--u--- _ - ­ . vrai, quand il .li~nlendIP-r(j)J101l/ile~dllais,ilJl§:~i:ent pas, parce l qle.,k: .IJ1il- ,efflli!lle. ~1Ji. el in,troduit,lr fa!!" ; mais.f1ou$ perdevonSl . qu~ ,vPJ-!s êt~~j 4qfl~ I!cel é~at élQiKné. et quainsi vous PO~~-) 1 p.;e.,ndJe ce ql,le no~,ronon,çons, ,faites;donc aUentionaux paroles r qlle nous dirons; e~dirent: Vousavez été,dans le M@nde Inature•• 1~î el OUS y êtes morts, ~llll~i;it~.~~tes dansle Monde spirilUel;)~ 1 aez-vo,I1~;, Su auparavant quelqull chase sur la vie après l,a mort Y ne la~e~-voY~lpas I)iée. et IP~ vou,sêtes-vous pas fails pareils :j.lIx:bêles! ,1 aveZ-~OijS s,l;L~uparavan~ quelque. ch@se sur le, Ciel et lEnfer? q,uel- JI q[~e chose..~u[ la Ilumière ,e,t la chaleur èJe:lce Monde? su:r, ce. que vous 1l}!~~~R.1l~ e!1--l9.e,~.la, ~ature, l~aiS~~S de la Nature? ~~JlI(l~~.$nd,e ~L tO()~i~6. quiLreoferme, est.~p~t~el tés spiri~els,)J -sopt ilSd~ss~s;de~~els, à, un;lel ,po~n~qJJe laplUs,petite,chose delJl Ia ~;J.ll)r~l ~~{lS ~aqu~II~:v>ou,s-avef été,lneAeu1t,pa mçme ~r dansl -ce +wopde:. illatS. ~~ll.S; .na~e~queVQUS avez cru. atyre DIeu 00 Déesse", VQ~s;croyez ;aBss~ ijuo l,a Lumièr.e et ~a. Chaleur d6(§ .A!?1!4~ sont la L~m-iè.re ell41Çnaieur ,du ~[onde nalulel, lorsqUe cependant il n:et: e,~t" ljie,Jl, ,~w.r la Lumièro l,l3turelle, licÏiest,IObseur.ité. el:la,-II­ Chaleur,; "naturellll ici estI~. EroiQI; ,3veZ-VOU5SU quelque chosel sur J le Soleil de ce ,~Joi~de1ci,,, doù ,procèd~nt n@tre,Lumièr6et"not~ 1; Chal,eul ?.av,ez-vqus s~ qu~, c~ So~il est le pUI.:Â.!!!0ur, ~el ique IeSoi leil dl.! llg~~e naLureljes~ le )l~r Feu ?, lweZcYOUSISU que;le ,Solejrldoll MOlde"ltqu11es~ ~le!.p}lIj,Jeq.~s.l ce d"a.pl1èsqup.i ~3!NallJl:e :e~istè ~t:!l ~ subs,isl~, .,e~jqq,tl l~:dY~~l ui e~~jle, uf AmOUI1l eSf;ce.tl!a-wl " près quoi ~xisLe,~tJsu~~iM~JJ~,.Mie ,m êJiJ Il, qui ~s:t( amo.ur~uoi,à la:Sa­ ge~sel; .el JqJiainlli la- ~Jl~.Ile,,:ql,l,~~0."s},i1ife$lDitlù,.Q,Ù>Dées8ejTest e..-J" r
  • 118. RELIGION I-CHRÉTIENNE HP dèrellent morte? Vous pouvez,s~il vous est don hé une garde, mon- ter Qvèr nouSJdans, le Ciel, el1l0us pouvons, sil"nous est donné nne :galJde, desbendre a.vec vous tllins lEnfer" ei vous "errez ~& ~iel des 6üjets itriagnifiques el resplefldissaifts,i et dans ?E-tlfer des ob"- )jëis ~:iffOlmes III lirllh6ndM ;·éesdiftérences ~iennent de ce que dans 1 J :leICiel" roès l:tQoretl~,Dièu, et que d1ans lEilfer taus adorent la Na..J )ture; ces objelJs mag11ifiqùesJ .Wresplendissan.tsdansIes Cieux sont ~esllcoflres~ortdàaées"deshaffectiolHtdeI~~rÎl(iurJdlI bien et du ,vrai, et œs- JobjetS! tii,ffdrrmes· et imrnoÀdès :dans.les E;fers S(Hfl les: corresJ1 ~ ;pondanoès des lll!ffeol1Q!ns derartloor du I.!!alel du faux, De tout cela. cOllGlùez Illarflitenant 1 si e~est Dieù, OUi la Nature, qui est tout dans ) 1out. ~ ceia @:s ISa~~j répondi:rent ~ D:tns lélat aù nolis sommes .mainlenani, nOos p6uvons de ce qlie nous verrons dentendre con"" ~dur,e, que;è"est DÏeu, lll!!S quah~.JJl ,plaisir du mal sempare d~ no_ ;rr.!..~tals, lIOUS ln-e voyons que la ~NalUre, Cès €u_~ An~eL~­ tlm])~e tenaienl flonIolil de Inoi, cest pourquoi je les vis et les en- tendis; et ICiici, je vis autour de~couPtfESPi1ts-,gui, dans le ~ Monde .lliaJlurel, avaiénllél~èbres p-ar leur-l!:.l_~i0q!J,) et jétais i étonné,dVee) qlie è~!!flI(né.Je~àieltLJantê:t:près des A?ge~. ) tlfulôt près des Sa1tans, el applaudissaient ceux près desquels Ils se tlJi),àiool; ~tl ri Ime fut: djl~que leurs changemelHs de position étaient les chaligemënts détal de leur·menlal qui favorisait tantôl un parli ll tanlôt laUtré,," car - étaienl qùant à1J:a foi comme des Verlûltllles: ils - - -----...,.-..:- .e~al1.g~meJdîrent myslère:~No-us avons jeté nos regards sur Ile Ja- 1Térle versdies hommes cèlèbles plWleur érüditioD J et sur niHle DOits en,avotls treué six cents pour là Nature et lesau~rés p(hir l, J~ie~, e~ ceux-ci· étai:ntp@~r m~u,· parce q~j}s en ayaient parlél. ) fréquemment, n~ d après 1entendeinent,"ID3tS seùlem~nrd"aPtèSl ce qu~i1s ,avaient entendu dire qùeia Nature vient de Dieu, et pafc& o(}aun,langage ,habiluel·daprès la mémOire et la rémfiriscenciW quoi"" q(ièrll_~~ e~tempslapr~s 1~l)én~et FinteHig~e" .]!.oûliiti une 1 espèce de foi. Après cela~rle garde"fut d6nlléeauxSata1ill ët,,) .,..-- ._r-- "_ -__ ils l montÈlrent dia;nstleCilJl avec)~;s deux Ang~ !et ils"virent lIesob""i jels~ D1agi1ifiqùtketres~lendi&~ants,. et ét~rlt alors datls JliI1 ustr:Hibb par; lia HUIlière du 1ii~I?!il:s y IrecbnnUren-t qu~i1-Y"a un Dieu! ef qu~ l~. Nat~re-~ li >élé eréée p&ur seM-ifl (l:Ïnsrtrument à.tla vie qui probè"de"de D~u~lwque Jla Nànii<-èJtm;elië-mêmeJ~tJm6rte, et· quain:Si :pat el1é~l
  • 119. U6 LAVRAlE même elle na aucune activité, mais quelle est mjse en action p~ , _ l!....!ie. Après avoir vu et perçu "ces choses, ils descelldirent i et:-z comme, ils descendaient, l"jlmo!Jr du IDal revint, et ,boucha leur en­ tenQementen dessus et,louvri,t en ~essous, et alorsau-d~ssus appa-· rut comme une.. ombr~ Jan,çaqt des éclairs dun feu, infernal; et aussi­ tôt .qu~ de ,leurs p~e~s ils eure.nt touché la ierre, le sol sentrou­ vrit sou,s eu~, et il (etombèrent vers leurs compagnons. , 78. TROISIÈME MtMORAliLfi:. Lelendem~in .il vint vers moi~_Ang~ ( dune autre Société du Ciel, et il-dit: Nous avons allpris quen rai­ 1 l son dune méditat;Qn sur la Créa,tion de lUnivers lu as été appelé d~ns JlDe Sociélé voisine de la nôtre, el que là tu as· 5y_r la Création ) raconté . des choses ,auxqullIes; ont alors ap plaudi les Anges de celte; . Société, et depuis ils sont dans la.joie ;moi maintenant je le fera voir comment les Animaux et les Végétaux de toul genre ont été­ prodllils par Dieu; et il me conduisit dans ulle v~,:.te Campagne cou­ verte ,de verdure, et il di,t: R...ega .J:l;teJ~. .t~és ; el je regardais: )d~ULQQ!éS" et je v~s des Oiseaux dont le plumage offrait les plus 1 belles couleurs; qUelques-uns volaient, dautres étaient sur des ar­ 1. Îbres, et dautres sur lelgaz~lI~ péqu,etant des feuilles de roses; parmi.~ (cès,1 oiseaux il y avait aus si des Colombes et des Cygnes.Après que , ce,s Ob,W1S eurent djsr.aru de devant mes yeux, je vi,s non loin de· mo,i des T,roupeaux de Brebis et dAgneaux, d~ Chevreaux e~ de­ C~èvres; et, autpur de ces troupeaux, des Troupes de Bœufs et de ) Veaux, deChamea,ux et de, Mulets, et dans une sorte de bocage. des Cflrfs,~ Ilong~e,s cQrnes,; el~al~si·des Lieornes~Lorsqllejeus consi ­ d6ré ces jani,llaux" iljdit: TQunn~,)a ,face vers 191.ient; et je vis un ( Jardin, où il YI aVjlH.d~ Albres fruitiers, des Orangers, des Citron­ . ) niers, des Olïvier,s,., QI1S Ceps de, vig,.lle; des Figviels, des Grenadiers t et .aussi Jdesi,Ar~u~jt,e~"qui portaient des baiesEnsuite Udit: Re­ ~ garde Imaintellantl:v~rhs, leJ!!idi ; et je vis des Moissons de grains de., ~ tOI-l,les espèp~1 d~lfrqlliept, dorge,,eI- de fèves, el 10ut autour des va;r,terI;e!i d;e/,ros-e~ qqj,pTé~en taienl des couleurs, heureusement va- rié~l: rqai~ Jll}..êe~rion. il Yayai·t des Forêts ,de"cMtaigniers, de­ r p3~miers" ,de Itil~~t,l,l~l de: pl;lJ/lpes, ,et a1J1res ilrbre~;~ feuilles~Après 1 q~~ ,jeu~ ~onsLd~~"p~sljO~j~ts;, il dit, ;r~utesiçllS choses .que u as V&~, IsoDt.le~, Corre~~e6sl~1§:~Jfep.tiQns :è~owutl,des, An.ge$ qu~!l..t. d~4s~~g6J; ,et ,jlJe~liqu;ijfà q~lIe rafftitiQq;correa....
  • 120. JELlGION ·OHRÉTIENNE Hr rpondait cbaqueobjet; et il âjouta: Nonl.selilement ~bfets, mais ~lencore tou~~~l!.!!!!:.e~ ll!.i·sé·prés~nteJtl:àJ!.Q.~ue, ~or~ llespondanees, pail exemple; les Maisons, l-es~Meubles, les Tables et :.IJes Mets,. les Vêtements, et aussi lesMonnaifls dor et dargent, les ~iamants et les autres pie~res précieusesdontles Épou~es et lés J,Vierges se parent dans les Cieux; nous, par cesditrérents obj~s. )Il.~ plEcevon..§. quel est chaque ~ng~ q~~nt à la~_~sagme; Jes -objets qui sont. dans nos maisons, et qui servent à nos usages, y lestent constamment; mais devant ceux qui voht de sociétés en so­ { ~iéléS; ces objets sont changés selon I.es compagnies: Ces èhbses tont >étémontrées, afin que tu voie.s d~l!!.!YP__~J~à~~er la Cré9tÏEn ·lJmverselle ; en effet, Dieu est l Amour_Ill~ne et ~a ~ge~1!!le, ( et les a1f~éons de son ~oursont infinies, etlesp"~epti~ons de la }~age~e sont infini-es, el lesCorres~ndances de ces affections et de <:esperceptions sont. !Q.!1tes ~e~l ta~ génétalquen p"arti­ ) -eùl!er, qui semontrentsur 1~Terre ;;3e là les diseauxÎllles bêtes, ~e là les arbres et les arhrisseaux, de là les récoltes et les moissons, :et -de 1: les planles et lherbe,/carDieu nesrpoi-nt étendu;:iii!iISAill;néâiï~Oins il est p~rtoll.t·dan~ létendue, ~insj pàrtout da. n,s r,.~nivers ~epUls Ses premIers Jusqu à ses d~rnlers, et çomme 11 est ToUI­ Présent, de teHes correspondances des aWectionsdé stin AîHobr et de .sa Sagesse sont dans toudeMondenaturel riIâiis rÎ6trè Mond~2/.q 1 estapp~lé MondeSpirituel: i1y a de semblables correspondances -chez beux qui reçoivent de Dieu les affections et les percep-tions; la. ~ifféren"ce est, que danslnotre )Ionde ces choses sdnt crééès en tin ,instant par Dieu selon les affections des Anges~et dans votte }londe (ëllef> ont ~té créées de la même manïère dans le commencement, )·,mais quHa été pourvu à Mquelles soient renouvelées Perp~l,u~pe-: î ment par le!. génér~lîons de lune, pa,.! PaiIl.re, et à ce que la Cr,éa~ tion soit ainsi continuée ~si dans not.re Monde il y â fihè Créatlo* momentanée, et dans le V6tre une Création qui durepa·r les géné­ rations, cest parce que les Atmosphères et les terres de notre Mond8 { ( ,s6nt spirituelles, et que les Atmos~è;esêt1ësiër;èSdë votre M~ê l,­ ) sont naturelles, et qtie les naturels bnt -été créés Vo~ e~~.,QPper les 1 :spirrtuels, comme .Ies peaux -enveloppentIes corps des homtnes el ùesanimaux; lécorce et lèliber, le tronc elles brancpes liés Drès;: les mères eL les méninges, les cerveaux; tes tun:iqtu!s, -leS .r­
  • 121. U8 LA-VRMK ~erfs;. et les plùlyres" leurs fibres ;; et ainsi du, reste: de là ·vjelilt. que toules les chpse,s.qui sOP,t dans voIre ~onde sont conslan.te~,,~t .reviennent constamment ~~aq!Je année. Puis il ajouta,:. Ce que Lu,as. 1 vu et entendy, irapporte-le aux habilaats de I~n.d.~, pavee que jusq~à"ce,jour ils ont été,d~n~ upe,c91llllrète ig,9prallce ~ur le;MoD~e 2. ~il~el, e,lque san~ la connaissap.çe le ce MOll,de, on. Ile p,6ut saY:9ir. ni mêm,e.soupçonner que la Cré.ati,~n e,~tlcon~i~~elle, qans fl~~·IO_91I~. ~t qu~ dans vglre, Monde, jelle ~ $té,~eJPblable,à celle d~,nôtre, lQrs­ queJUnivers,a été,crM,P~l/Di~u. I I l " l .,,).---:.- .Ensuite no/us p.arl~mes, de pi~ers sujets, e,l enfin de lEnfer,; de c,e qu~ ,là, !?n Ilj~" y,~it"la~solulll,en:~ rien d~ Ic~,que renferme ,le Cie~. ma~~,.que t~lut y ,~t,RP~Rs~IIR~llc~ ij~e,l~sl~tf~c,Liqns,4~ l!llr,~p}~ur. ,ui sqnt, les çVPidit~s dU"m~l, ,sqf!.IIQPlwsé~ aux, a~e,c~~ons, del~­ ~o/lr d.~~s 1 lesq~~~es. ~OIJI ~t ,Açges du JGiel.; IC:,~~t iPour cela q~ , ! - , ch~~t eux,d~f~r" .l~t ~n ,gép.,~al,~aTJs ~u~s :p,és~rH,A·~pparalt. d~& Oiseaq~ 19~ .,9.ui,tl ,1~lsiflu~ Id~6 Ghauve·s~uris, de~ hjbqu~ ïe~ A~s. ,ou~~,l,~p, le~1 au~~i,Aes Ila~Hs~ ~~~jJépp~r~s etl q~s . !~~r,E}~, 4e~ r~ls. ~r.Wj, el"P~lis", et des ~~r~ep ts ,y~ni,p~ij~ld,e, tou t g~nr~1 pe~j dr.a.gQqs .~~~ ~B~J qr.o,?04i1~~ ;le~1 days.I~,s,.~J),drqi,ls o~lil ~,a, q~~l<Lue l~gé,Wion, il,Y·f~Q.II~e~.,~qnp~s, des,.%ties, des ~piqe~,et dps c~aftdo~ll, ehqu,et ue~, h~rb,~~ ,~~,néPI~4~e~., qu~ PIl~lIfAi~ dispir,~isspnt, ef, alo~s onlY v,~,i,~, sel,I,~p;lr~t de~ 1arn~~ 1d~, pierr~sli1et ~~~ m.~rais d~(W·I~!iJiuels ~r~ass~ll~, de~, ,grenQuiHe~.; lQ~tes; qes choses soçt allssi Ides Corre~­ l Jlon~anGef ~nl~isl jlil1~i,HjJ;il~. été ~it, Q~ ICf>-rl;{l.sIlq~dal~f,­ _ f!lé.lli>Qî,.9J }_~l!r ~~091lJ qu~ sonlt ,jes cup.Ldij~~lq!!aL CependanL ,d,e telles ~hQsps n;b; s~nt PQi~1 crééc~pa,r.;Dieu; et ~lIes n onf,.poin~ nRB 2- plus été .créépr, par,~i~u ~~i1]le,M,0,9de I1ature), où i.en, exisLe ~ ~emblables; caf I~Q.I,te~1 es ilçhos,e~lflHe,~ieu a créées, e~ Huil crée,. ~Dt ét~ bon~esé eL ~q%.~opMs; ,m~islceqeHà, 00.1, e,u leu~ pfjigine I~ur l~ Terrel e~ m~me ,1@WpS q~~lljEnfe~ q.uil~ été fo~~ pa~, les h.~fDrpe~1 qu,!,.,enl IS~, 4Mo,urnjil1~ Ae, Dieui SPn,I!plle~u~ élprèsjleul" 0l,rlt d,els"rllable~etlldes. ~aLans,J;omme ces détails. affreux ,commen;­ ~.I 1 r1, ,"1 1 -inr 1 1 .J f iitf~Ptl c,à.pJess.er no~ ~r.r-iJ~esl ,119US, elD) QétQjur,D~~~~ n~s, p~I1~ées" en Jef ~~~~fl~~nf~~1~II!rs,.qpj.~t~ q4~ pbiU,~ a~iNns,jv~sl.dans lesGie,~x., l .?~ 1 AVrtT!~IIf1 IfdÉMqRAB!:-~I· Un ,j.QUf ,qu,e;féais en méditation, sur­ a(Çr.é~t!Q,q 411.llPD,ivers, il V~Îl,~ q~.e,l,qpes E;sp,:its ~u ;Mon~e Chrétien .. g~i~, d~psl J~UI: ~emp~, avaient i~~.aY,~9.mre.,de~ ,plus c~lèbrjl~i­
  • 122. RELIGION/·èHl~TIENNE. ilH9 lo~bes, et réputés plus sages queiesallties, et i1sdirërW: Nous percevons que ·tu médites sur la Cré:Hiorl~ dià1nous qùèl est fon se/l- -1, liment sur; ce SlIjet ; maisJje ~époi:idis :I],itesJlalia,rd ,qM.t~sfJe v6- 2.. 1re; et 1 lun d6ux~dit: Mon senlîfuerl"l ést qiJell:{Créalibnvient Be . 1; NatUi~; qUllinsi la NaliJ~elSest créée11e1Ié~m1êrne;fetrquéllea J1 / -été ,de touW"éternilé; cal le vidè il "e~islé point, et ne peu l poin t exister ; d~ailleurs que voyons-nous paries yeux, que··saisisson~.rlous h t~ par les :ore~~les,~ ,q~odorod~;noll~: parJle~IJarinres:etque respirdns- ( f III Douspal la poUrIne, qUi ne SOit de lâlNat_urb? let comme ~Ie ll~t . / hors a~ f1~US; etle e~t, àUss~ all!d~danS-dèf nous: ~.!!t~e enlerlda~t ) Z cela lUI dll:-l1uparles de la Nature, et tu lia faIs créatrlcede lUm- -vers, mllis ,tu ne sais pascomtnenl la Nalute.a f~rméTBnivers, je vais donc.Je,dirf 1: Elle s~est roulée éd tOurbillons quPsènlrechoquè- rent t comme des nuages entre eux ,011 cortline des maisons dans tin tremblemeIitlde terre qU2nd elles sécroUlenl, et1par ce ehoc les par- ties les plus ~rossières se réunirent elltin, de là la Terre ; lesJ par- Ilies plu~ fluides sen séparèrent etiseirooilirerit aussi en un; ae là lés Mers; des 1pàrties plusJég-ères slen Séparêrent aussi, de la lEcher et l,Ail1; et par lesplus légèrès lie èes partièS fut fClrmé leSoleÎl; DaveZ~vol/s pas vu lIue lorsque (le lHLiIl~, de lEau et de la Pous- sière de la! terre, sont méléesenseînble, elll!s se séparent delles- / mê~es, èt se p,lacent en ordre lune sut l"autre?Alors un atijre e?- i rendant ce système, dit: Vous parlez lun et lautre daprès la phan- -tai:;ie ; qUI ne sait que la première origini de toutes choses a"été le chaos, qui en grandeur avait rém~lila quatrième p~rtie de tlUni- vers, etqu 1au milieu du chaos était le Feu,autburde ce feu léther, -et autour de létirer lIa matière. qùe èé Chaos sest crev3ss~, et qbe par ces ollvértures le Feu s~st écHappé, comme-il Séchappe de rËtnll. l et dù Vésùve, de I~ leI Soleil; quaprès le feu l"Ethei sest 1 dégagé ef répandu toUI all~Ol:lt, de là lëslAtmÙsphèrès; et quenfin la m3lière qU1 était restée sest rass~m~fée en globe, de là la Perre? i Quant aux Étoj:les,eilès sorit !6uiement des~lùminaites dans lÉten- due de lUnivers et doiventIeur origine au Soleil, et au feu et à la lumière de clll.astre ; cal lé, Soleil a dabdrd été comme un Océan de féu~ et pour ne j pas ,incendierla Terre, il a ~iré de soi des pelites fhimm"J; brillalitekJ qui, s~étant~pmcéês à la dirconférence ont per.:. ,/ fectionné lUnlvets, de là le Firmament. M~is_p~~lIii ces Esprits ilLI-
  • 123. l20 L~ VoMIE . sen~pr.ésenta u~qJL~it: Vous errez, il vous sembleq1l6 vousêMs des ~ges, et moi je vous parais simple, fflltis toutefois dans ·ma . siOlplicité j-ai cru etje crois que lUnivers a·été ·eréé par IHeu.Let qu ~Lors t,oute la nature a été cré~ ·en méiIle t~mps, puisque la~Da- ,. I~ ç .~ure appartie~t à lunh~ers; si la Nature se fut créée elle-mêllle, ",1,1.. 1~,lIurait-elle pas été de toute éternité? Mais cest le cODlbl:e~é- ­ . lire l Et alors un de ces prétendus sages sapprocha de plus près enç ./. plus près vers celui qui parlait, et il mit loreil,le gauche vers~ ~ bouohe, son oreille droite était bouché COmme avec du coton, etil demanda ce quil avait dit, et celui-ci répéta les mêiues paroles; L .. alors celui g!!!Jiélait ~pprocM, regarda de tous côtés sïl-!lY ll"ait ,P.!!~ . quelque_Pr:être, et il en ~n auprès de, celui qui parlait, eL alors il répHq,ua en disant: Javoue aussi, moi, que toute la n.lture ~ient de Dieu, mais... ; et alors il sen alla chuobo.ter avec ses ,oom­ . pagnûns, et il .leur disait: Jai Rarlé ainsi, par:ee quil y a~aiL un Prêtre auprès de lui; vous et moi nous savons ·que la nature vieoL de la nature, et parce ~i La nature est . V,ieü--Tai dhqu8 (tç>ule ia nature vient de Diel,l, milis.... Cependant Le Prêtre~ en~en­6 /" •~aJl,t·leurs chuchotements, leur dit: Votre sa~esse, quies~ purement )_llli1osoph;que, vous a sé4lJÎts, et elle abouçh~intéri~urs.de!..os rn~ntlls, ,au ,point quaucune Lumière prooédant de Dieu et des.on ). Ciel na pu in.f1uer, ni vous illustrer, ous lavez éteinte; et il dit: Agitez·donc et décidez entre Y()US doù viennent vos Ames, qui sont ill,lmortelles? vienneTt~elles de la Nature? ou bien ont-elles été en­ , ~emble lIans ce grand Chaos? En entendant celle·question. celui quJ /1 / , av!!tpar~J~J).!.~!!.üer.~r!!.~de_~~nons, leur <i~inaD­ • ,dant de laider à dénouer ce nœud dela question; et1B>conclu ­ f r~ que I~ h!!!!!!!in~ .•!fe!;t_qlJ!l de ~ther, q!le la.p~~ée nest yqu~.une modi~cation de léther par la lumièr,e du soleil, et que lé­ l ther aupartient à la nature; et ils dirent: Qui ne sait que nous : parlons par le moyen. de lair? et quest--ce que la_p~ée, sinon un ~ ( langage dlns. un air plus pur, qui est appelé éther? de là.-!ientq!.8 ~. p.~lJsée_ ct lelangag~..JQnLlIn; qui ne peUL remarquer cela d,a­ près, lhomme tanqis quil est enfant? dabord il apprend à pa.!l_er,. .et successivement à parler ayee lui-même, et cela, cest penser; dès lors, qllest-ce que la pensée, sinon une modifi.catioll de.léther; ,et le son du langage, quest-ce sinon sa moduliltion? dpù nQUS 4t­
  • 124. RELIG10NiCHRRTIENNE Ut cidons que r!!!le apparWmt à lIa, jnatlr~Quelqll~s-nns demne .40X -1iMl furent pas d~ltn :avis:itliJférent, :ilest vrai, mais :ils iJlustr~~eDt ~~éJiat :Qe la qijesli~n, en;d·i.sauLque,les· Anges ont.eu leur~or.igi.e, . Jlfl~1I1d [!·éther sest ,dég,a;gé de ··ce,.gr,and Chaos, Jet qualors ill sest 9ivisédans la région suprê.me en.di.Iln.q.!!l_~i.abL~~fq.r:m.es il]ill.vidu~lles, ~ ),lI u,LÙl!fQduisentdans les hommes, qUand:ils.commen_cent à,pelfser .d·après~u~ air plusJl?~r, lesquelIes Conmes sont alors nommées:Ames. ;. ces mots,.nn autre dit :,Jaccome quil ait été formé dans la ré­ !~io{) supérieure par léther ,dei formes individuelles, en nombJle .)Dlmense, mais néanmoins les hommes nés depuis la création du ~onde en Ollt excédé le no~re, comment alors ces formes éthérées . ~ (()n~.elles pu suffire? jai aonc pe~sé en m0ï.::-mê~lej.ue_:le~Am6s .1 qUi sorlent de la bouche des. hommes, quand. ils...rne!!.r~.nt,~i~n­ Î.~taprès queJqu~s milliera dannées chez les mêmes, et.queUes reqQmmeOcent el mènent u~e vie semblable à la précédente; il èst .noloire que plusieurs dentre·Jes sages croient à des retours senJ- J b.lables,et à la Métempsycose.Oulre ceux dont les opinions vien­ r·nent dêtre rapp()rtées, les autres aussi présentèr.ent leurs conjee­ l tures, que je passe sous silence, pa~ queJ.kU!:ll~n~Mi(jS. /,A~rès une petite hëure I~.r.êmfrevint, et alors celui gui tprécé­ , ...<lemment avait parlé de la Création de lUnivers par Dieu, lui rap­ ~ / ,porla ce quils avaient décidé sur lAme; après ce rapport, le Prê­ rtre leur dit: Vous avez parlé absolum~I!.:~~~~~Ol.IS avez pensé . l1aos le Monde, sans. savoir que vous êles ~ pas dan:s ce Monde, ) ,mais da,!}s un autre, qui §,Lappelé MOE_<!~pirit!!el ; tous ceux qui ,.50nt devenus .sensuels-corporels par des confirmations pour la Na ­ tUlle, ne savent autre chose, sirion quils sont dans le même Monde, . ,()Û ils sont nés et ont été .élevés; cela vient de ce que 1à1Is,ontl~1é ,dans un _~rps matériel, et quici ils sont dans un,!-orps _~~tie), ·etqlJe lhomme substantiel se voit et voit ceux qui lenvironnent, { absol.ument comme lhomme naturel se voit et voit ceux qui sont . autour de lui; en effet, le subst~.~iel e~ili;.primBi.[.QlI_lllatéJ:.Ïel;let pa,rce que vous pensez, voyez, odo·rez, goûtez et parlez de lamême ~ manière que dans le.Monde natu,rel, vous croyel que la Nature est 4ci la même, lorsque cependant la natu.re de ce Monde diffère de la .flature du Monde ii"atûrèï autant. que fe subslaiïtieldiffère d~~~t~ itel, ou Je ~"pirituerJdù .naturel, ou lantérieur ,du postérieur; et
  • 125. .( U2 ~, ( LA VRAIE comme la nature!lii Mond~, dans la~uelle vous avez dabord vécu, est respeclivement morte, oest, pour cela que vous, daprès des co1­ ~ firmaLions pourielle, vonsête» devenus comme morLs, surtout dans) Jeschosesqui p0...n~6rf.l~I!.lDeu, le Citl.ët lEglise, etaussi dimsi ceHeqùi .regarde" vos Ames: maill ,néan~.ins tout h~ql_me, fantIe méchant (·,que le bon, pe.!!.t êB1~_ élID~ .quant il lenlendèmentjusquè dans }la 1,I1mière où so~t les Anges du Ciél, etalors/oir quil ya un Dieu, qUli Y a une; vle après l,a mort, et que lAime de lihomme nést pas une upeur éthérée, et quain,)i eHe iDe vHmt 1pas de le nature de ce( .Monde-là, mais ql.,elles est spirituèlle, et quen conséquence:elle doit Itivre.éternellement ; lenilendement peuL être dans cette lumière angélique, Ipourvu que les amours natllres qui provienllellt du Monde el soiilpôvr Îe ,Monde,et pour sa nalure, ,et qui proviennent du / co,rps el sont pour le corps et pour son propr,e, soient éloi~,!~s. E:t alQrs ces amours furent tout à coup éloignés pail le Seigneur, eL -il, leur fUbdoflné de converser avec les Anges, et daprès celle coo­ -Y~FSation i1s.perQurentdans cet~lat quil y alun Dieu, et quHs vi­f nient ap,rèsl, ,)a Im.ortdans un aUtre Monde, aussi furent-Hs cémfus h1del,honte, nel ilssiécFiè;ent: 1 Nous élions.fouS.t.~ous élions~/;( f It~ ~ - - - - - - . J;--- - - . -. r mais,! domm6 cel état nétait"pas leur éLat propre, êl que par· suite~f ~U b?ut de;~tJeJqy?s minutes, Iii, leur d:ève~ail imDl~yeux el désagréa­ ble, I1s...,se de!our~reI!! du ~Prêlleet nevouiuren:lr plus enlend~n) }angp,ge; et ainsi ils revj,nrent>à-Illurs précédentesamours, qui étaient pùrèment n~ell~s, m!lnd:àin_~setcQ!floreUes, etitssen allèren,l vers la g~uche, ,de :socié~éen société, etepfin Jis entrèrenlt dans, un chemin .O,Ù les plaisirs de leurs amôulTs lesattiraiem, et i1Sldirent: Suivons .ce ehemin; et ils lesuivireÎ1t, eL ils!descendirent, et eofinils vilέ (.:rent",veJi~; ceux qui é.taieDt dâ~s des plaisirs de semblables amours,) .~lils. a-HèJ)enbaul delà; e.t comme! leur plàisir élait un plaisj.!!Jl~!~re)Jepmal" etl1.llii...danslelLi:..che.rnin (i1~Jlv:il~nt a"!Jssi fait du· mal à plu­ .sie!!rs, ils..:fuf~!)llllcar~~és, et ~~inr~nt de~ démons; et alors leur J~Üsir fut chimgê en déplaisir, car par les peines et par les craint~ . .des ,peines,",~iJs ,furent eonliaiots et, réprimés dans leur, précédent (.iplais~r;,, qui tco,nstituaH leur /laLure:; el, Hs âemanderent, là ceux qui ) ~1li~llt dàns.,llla ltnêmeiipri~on, ,sils delaie~tl vivre"ainsi, éternelle­ JR~lllr i et quelqltes-uns répondirent çNous sommes iCi depuis quel..) ques sièoles; ,et-nous devons y, rester pendant les sièqles des siècles-;
  • 126. RELIGlON ~OHRÉTIENNE .t23 car la ~atllre.q~.J.lQus;ayons çon.tr~clée ~ç1Jj!!SI le~();nde Ile paub être .changéel -pi chpssée. ,pa~l, lest. peines; et,quand~1Ie"es~lchasSée,par eJle$., tou~urs; après un,çqurt espace de t6!1PS ellerev~ent . ., ~o. ClNqplÈM~ M~MQRABLI. Un jour ~.Sl!1,aQr patlpemnission, ]J1onta, de l~l)fer, ay,~~JIQJ!Jm!!.IDe:, ~ sapp,rpcha de la ,maisimloù .félais,;,l~~Y~!J,~d~.l1!JeIIêtllet1 n~aBimoins. je. leurl JlêlrIai à tra~e,rs la, croisée" ;~t~e"qemaI1daiaU ,Satan d,oit ihvenait;i:ibme cljtilD~ a ;com~agni,e ~~ 9~~s.e,wJ:>laible~; ,el.jelQemanq;li,d!iOitr.v.enlit ()a..J~Igm,~.;" i.1 Irn~· dit.;"Ji;le ,enjvieJl1t Pilr.,eVlem.e~,t; ceUe,Gi~était (le ) Ja troupe Iles ~irène,~1 qJli ,par,ÀllSj plW,J,J;1aisies ,savent prenàiFeto.us .J~lpe~?rS iet,~9Jl,t~S!II.~~/fQrlp~s de-la.beauté et;de1lalg.r.âce; tantqt 1 elle~ ~e Ijdo.qpen1I11~1 beaut~ de,Véllus" tantôt ,le visage décent èiUlle {.•v1ergl}, du Il?arDa~~e. JW!~Ô~ ~Uel1(se ,parent d,enCOullonnes at"derrnan... ~tlal}xl cPlllp;le des:einl~, ,~J Illil:rcb,ent ,avec rn,ajesLé appIUiy~è~ sprun b4~o,~,,d:::m~~n,~i; te~~~~ son!, d;:m,s l:e llop.d,e-deSiEspr-its!JC:$:ca.urlisanes, ct, ~ll~s 1~~llidi~pJ..Jàu;(}p~1!W dits phanaisie~,;, ~p--~~i~o~e l ~aLJhpe~.Jen~,~~e(1 ~.n~lfef;nlaJJt ~~~&Ji<!CéEls.fl~tpIJjvieJlne~t de qJ,lmq~~e&~~i:iryi!U"i~re~ ~el d~~~pd;~,i jau $,ata,~~ si 1 iélaÏtlsOlh eille- ltpoIlS~:;~~J:~P9In!l1t.,: ,Qu !lst-cl1.q!1,Une~l~pouse,~e llgno-re,.~lflma so­ ( ,.~!été,~:ig~~r6r ~qs~~il~J.I~lftS.~~JITL.~s~ne ; et alor? ;eelle-.ci iÏnspil1a ) ,«e, lw a~c,iYe,té;lk llh,QQilill;e, ice,len ,ql!Qi excelhmt aussil~es!lSirèn~s, uat 1.d$qu).l~ut&!jiî:ul&tl=L~s.Piira~qp; ~L lui;dÇlD:Qa uIî! ba~se1116p. disan1i: {_~h 1(Il,lo~.> 4JdQnisJ!,lUqis (aJTivlqn,~:aills~rie~~xL: Je,coemaIîdait1îW-Sataij) (:q!1:ele élaA, s,1 f,oi~cli.on,:;,et, il, ,<t,it : IMa.f~nQli6n~~!l!L,r.~d.itioii~; Ille ) .V.()l~ïLy, pa~ ,un I!~uq~r ,SU-rj m~dtl:l~e)? APPlll!l:.l palyson aot; a,corn:p@::.é " _c~,tte Icopr~nn~et !~~)I;al(;OlllIItQ.S~1 p~;rl d:er~iène, lEt je dis/: Puisque--1 ~y. Ivi~~fi 1dil,ln~~Ç)a.jMé;q~UIY ;l-)ldes,acl!.d.ém,ies,ldü!-m:f.}ijr;quecf(~is- JJ!1.1ili!4.~ s:~pi~Pl~~~.!.Hllmp.~Q~~1LPje,u ,?P .répliqua :·Dieui pour ~QUS, les,t,: ,lpnÏjYf3r;$,. ,qu~lfIn.OU~1 J).()Il).oop1J;~tlaUSSh Na.Uulte, et," q.tIe les .simp)e~~V:~I~r~ 1noJ4S nom[flen~(At!ll0(),~MI~l :qui p9ur~lIx,est"liaiJ1, [ mais: mH ,les! sagesJ,n9Winent A,mospMl!ejqui"auss} estlliEtheci; . We~.Ir:l~ ,j::iel"l jes AII,ges lJ ~~ all~resJ~hoses sembla,ble,s; SLII1Iq,~iiplil- ~ieu~s q~~s l<~ ~loDd;er.oJ;l;t ,cilW,po~~,)une, fQ!)l~ Id~ C,O/l tes;$o_~~~_~vrains mQt~ ~t.Ae~l!fic~ipD~ ti~~~,)de;lf~~té,or~slqui jouent ,ici sGiug;,lcsly-euK d~;pbJi;i~ur~ ;.M,~t~ l~~ c~!oses q~~ SlllmaJ;lirestent,sun lal T,erre n",ont­ elles. ,pas, é~~(qrM~&:~Piafi, l~ SQI~il,tà;S.Qn: afI;jv;ée,a,u: priJtéwp.$lnemail­ i1-pas des Y~~m.issllilI}I a,V;ec Q~g"ailes,(Ejt safl~ailes.11 e~ par saehaleur
  • 127. t24 LA VRAIE rJMè Oise/lux ne se livrent-ils pliS mùtuellemenH lamonre( à la prô­ Iliijclltion:? ,et,~a Terre ~hautréepar son ardeur né fait-elle passo~tir les semences Iln i boorgeons et eiifin en Ifrllits comme lignée ? ainsi, J.l/tJn~u~~s ,t;Iesl-ilp~sDieu ~ ~a !N&lure:Dée~se ? et, Conime~ épouse de 11t~UnJ,velis, ,ne conçolt·~le pas, -nélèVei-t-elle pas; l)!enfante-l-eHe pas, ) " iet ne M.urJtH-elle lipas?r Ensuite, jellui demll<ndai quelle était sa"L - - tcwoyance etfc611e 1de Ila· Sociélé sur la Rèligi.Qn; ,il répondit :Poor nous .qui sommes ,plus iBStruits quell~ vulga-ire~-Ia "Religion lnest quun (char~e ;pour .fasc.~e~ la populace; ce charmeest, aUio,ur des cho~es )~.sH1Ves et Imagllllu!.e~~eJ.eur 1!1~.!1taJ, comme ·une aur~, (;tlmos­ 1 phère), ~ans laquelle. l~s .idéés de piété vinent comme des papillons (lClans 1:nr ;!e1 leur·fol, qUlent(el~ce ~es Id~es -en une sorte de chaine, f~st.comme un ver·à soie dans sa-coque, doùïl senvole comme le rM ) ules papillons; caruoe Communautédh0t!,)mes sans It!strubt!En aime f ,des i1iJages au dëssQ.s des settsuels !iu c~rps, et par su i te au-dessusAes ) c.sen,stlels:de la.pe1!:t~e~dan~ le désir·de voler; ainsi ils se font aussi des î eailes. afiïr de sélever comme ;des"ilj.gles, et de se présenter avec )ao­ llante aux· habitantsde lHerre, pour leur dire :voici, cest moinoos, ·au ,~ootra.ite, nous eroyons ce que hous VoyoflS,:et nous aimons ce que nous ·touchons ;16t alors iHeucha :sa courtisane, et il dit :1 Je crois oela, parèe; que, je! vois et toullhe: mais nous, nO]$ jetQ!!A~J~ls ,j ouels P.a.!:. nos fenêlres, et ,par un sOlime nous repoussons les rires. ~e demandai ensuite quelle élait sa croyance. etcelle1tle ses compa­ 3 . - rg.npns, "s,uLle GieI.~e,l FÈv,fer ; il répondiLavec un éclal )de rire: ----.-" . , l . :Ouest-ce que le Cjel, sinon le nrmllmen(élhëré dam: son alti rude ; et Jes Anges; Qnon les taches errantes autour du:JSoleil ; etIles Ar­ .changes, ,si non les comètes à longues quelJes sur laquelie habite leur tro(Jpe? et quest-ce que r~r, sinon. d~s ma~ais, où les gren..!~lIes leV_e,s_crocodiles, dansIeur phantaisie, ~ont les dÎables? excepté ~ ) ,idées sur le ciel et sur lenfer, toutes lès autressont des sornettes ;introduH~s par quelque Prélat pour sl!ltirer deJa. gloire,della;part i 9~!Jn peuple ignoranl,:Mais toutes ces choses, ïllesprononçaabsdlù­ ~)Imenl comme:ij avaît pensé surelles,dans leJMonde, ,!e sachant pa_s ) All!1LxlY~iLaVr.b.! lia rI1ort, ,èt_ayal!1 ouhlié tOllt cie qûi avait eo­ l·tenduqoarid il ,était ent,rél dans lei Mond·e des;Esprits ;ce!>t poùr­ quoi,qu~mJ je linterrogeai aussi sur la, vj~ après làJ!!..ort, il!épQ..D­ dit que !J,était une ..chose ~maginaire (ens imagjryarium) ; et 1°8 - - --_ _---.- -­ ~-
  • 128. RELIGION ,l!:HRR,mENNE !2.5f ( p~~t~ q!!elqu~_em.~ve sélevant dun ca,davre au tombeau dans ) une forme comme un homme, ou queJque &h-.Q~~ qu~on nom~~sp~c­ ) ti.e, dont quelques personnes font des contes, avait introduit une telle idée dans les phantaisies des hommes~ A ces mots, il ne me fut plus possible de me retenir, jéclatai de rire, et je dis: Satan; tu (dé!disonlles~en dél.:!~~Q~!!ant; que~-tu _Illaintenant, ,toi 1- né~-t~ i) pas homme dans la forme? ne parles-tu pàs~nTvois-tïi-:pas, nen­ r ) tends-tn pas, ne marches-tu pas? Rappelle-toi que-iU--as vécu dans.Il un autre,Monde, donttulneo te souviens pas, e~ q~-, n.!.~ÎJlt,~,QE,!!!J.u vi~ apr~ la__~rt" et que tu as· parlé abso.Lu.~ent comme tUI parlais" ) au.par,a,van, t ; eUe re~Q.!!yenir lui fu t, d.onné, e~ i,l s~_"&pp~a" e_t Il .-­ r i" !1{) 1alors il~~_~ ho,!!te, et il~,~cri~: Je_jlél2~Q!!n{; jailvuile- ciel aU J ) /_ ln dessus, et jai entendu les anges- y dire des choses ineffables, et cela quand je venais darriver -ic~; mais maintenaIlt, je retiendr,3Jhcelail P9ur le raconter, à mes.compagnons, qlle je viens: dequiHerl et f peut-êtrè alors auront-ils, honte, pareillem,ef)t,; et iLp.ersist~_l!14tr.6 qP,:.!lles ~,P, P, ellerait insel!~és, mais à mesuleiqu~escen~aiti l()l!." ) bli cha8lai.tJ~ Jres~~_nir, et quand il fut- arrivé, il qéraisonnat co~~e. . e!,!li-, et l!Pp,ela,,(olies les_ choses qu:U mavai~ _~4!J_~illr.e"( Telest létat dela pensée .,et du larigage,des Sa,t;ans après la mortj) sont appelés Satans ,ceux qui chez eux on,t c2E_~_~~,~~~_~~x,jusqua{ l~ foi; et Diables"lceux qui c~ezeuJ( ont c~pfiIm~l~s.mall1(parlah V1.6.
  • 129. rœ) :.]" II!.N:V~Aml .}IJ!l CHA PITRE SECeND Il III ,IL JIl~: h ~j I . , ! 1 J Il ," ,: I l l i lll lIl~!il" : i( J ,li 1: J,JIll Il ! 1 ; JI 1 . _. " . - t J 1 , " (-":I-:Ii ) 1"~I "1 ."& .~, pU. ,SEIGNE_UA 1 lÉDEMRT.EÇ~i - 1 ~, ." ~ ~,! fi IlJ 1 .l~ II! l co. Ji II 1:·, 1 1. 1 " 1 lI8t:;. Dansi ;lelChàpitte p.réeédenit IliFa eféltraitéde Die.t Créiltëuret ia:Lor.Sj enl,lDIême tempsJde IllàJ i(i)réaVidn ;"dans de Chapitre-di;: il Serattait6idu~igneuri Réd6rnpteUre~ au~sïiell même talbps ;de lâ Ré1dempLlon ;"bnl dans le) ;lCI:la~itre stlivatit; d~ liÊspIiltlS~rne J~t enméme1temps ,de lai Div,hie Opérà~i:Gn: ::parqeSeign~ùrJRéd~mpteur~1nouS! entendons Jéhovahda.n~ lFIuriJaih ~ éIÎ eff6IJ,llque Jéhovah ÜJi­Même~ soit. qescendwet arti.plis lHumaitlafiniJdopérer l~ Rédertl~-ti.Oll~ ce1:l.·sera !àéffi0ntti~:Gans lès:A,rtiéles qudui·veHt. Sjl ,. e~t· ditle Seiign:eur et mon Uéhovah cest· parce."que <Jéhovah de lAncienTestantent esdinommél:le1Seigr.eurLdlmsle ·Nouveau. comme bn peut,lleé~ôlr lpaJ".ldes ~:ll;sagés ~ïvtPes~.Idi~ daIiJ M~Be :1.(, Écoute Israël;JÉHOVAH 1wtrt:,~IDIEU, JJÉHbvAH!~stunl:, Tu aime1asJ~~ItOV~H TONDifiqJtiei.to:uil um~C(Ij;U1"et lde :mttteJlhml.fi-me.... ".ill·!Deutéî.IVJ, 4,5~1; .~ Itb~(idans Mall0 : « h~ .lSEIGNEfJR not""e DIEU-, lile SEIGNEUR;est un: Tu aimeras le SEIGNEUR TON DIEU de tout ton cœur et detoute ton âme. » - XII, 29, 30. - Puis dans Esaïe: « Préparezle chemin de JEHovAH, aplanis.sez dans la solitude un sentier ànotre Dzeu. " - XL, 3; - mais dans Luc: Tu iras devant laface du SEIGNEUR, pour préparer son chemin. "J, 76, - et enoutre ailleurs: et le Seigneur a aussi commandé à ses Disciples deLappeler Seigneur, et cest pour cela quil a été appelé ainsi par lesApôtres dans leurs Epîtres, et ensuite par lEglise Apostolique,comme on le voit par le Symbole de cette Eglise, quon appelleSymbole des Apôtres: la raison de cela, cest que les Juifs nosaient.pas nommer Jéhovah à cause de la sainteté, et en outre, par Jého~vah est entendu le Divin Être, ql}i a été de toute éternité, et lHu­main qui,1 a pris dans le temps nétait p.as cet l1;tre: ce que cestque le Divin Être ou Jéhovah, cel~ a été expliqué dans le Chapitreprécédent, N°S 48 à 26, et N°S 27 à 35; cest pour cette raison
  • 130. RELIGION:CHRÈTIENNE t27 ql.1·ici~et dans ce q,uj suit, par Ile SeigUeuJl Dl~US!enleildons Jého.vah d~l)~ son Humain,. MaiD~enan~,lcorniDe laaconnaissa.nce su,r ·Ie Sei" 1 < gv.eI1r,s,urpasse eD elcellence. toutes les ,connajssa,nèes qui è exist~nt d:ms I:Egise" ~~( lllêIJ;le to.ute9 celles q:u-i 1. S(i}nt dan~ ,·le Ciel"1e,sujet, v~.. ê,tre disp,Qs~ en ordre~ afin ,qllJe ,celte ·eo,nuàissalIce »soit Iilis~ ~en lU,iniè~~ ;,C&~ Q-rdreser.a,dooc c,elui·,ci:,· ". . ll l (I~. L Jéh;Q11O,h 6réa!(J~11 d,~ ,/J.eU,ni.v,ens: est ,descéJi du et a pris, tHu ...,_ mairt.p(}W,r.a~fJeteTl et sauver,leslhommes. i " - . l I t. JI .~~ .U.l{~e~t descenduçomme,.])/tJinJ,v11ai;qui,. est.la Par.ole, et cepe,!-d,(/,ntil,p-,a point séparéle Divin Bi~n. "1" , , " ,1 ~V. Il a pri~ ( Buma,tw selon sort ardre Divin. i 1 l ,,:, . l,V, I,{ff,rr((lin..par. leqltel~ Ü s ~st lenvoyé ,dans.le MOnde estcel~ l qui,. ~tappelél-te. !Fils d,e Dieù.,I. 1 •V., Le $eig.neu,r p,ar l~stact(J$ de.Ja fédemption,sest tairla ~ ju~tzCf(""i ,. , ,il" 1.1 l, ,vI. Par .les rhrê1.nes 4Çtesl il s;eshmiau Père, et le ,;Père- Sest u~i« Lui; aussi selol,l"lor.dre Divin. " - " .VII. A in~i Dieu, a, ét,é fait B Q1!lme. et: l H omme ,Dieu·, en une. . S~l(le P.(lrso(tne,,~, " ." 1. , ,j , , ," " , • J)" vm .IlL.Ii.P.!.2gressid!!.J!..e~.t ?LEj@n 1a été Jétat desonexinalzi­ iio,Tl, et t.E!:.!!IU!têm,e aétffléta,( de sa gIQr,i/ication. :IX. Dés01"mai$nul,d:en&e .les Çh~étiens?,:te,vientdans le Ciel:;" si~~on,.çe,llfi qui ,crI/il a~ Seigne1l-rDieuSauveulf, et qui sJ~adresse à :~ui S~ul. . • . , J ;. "~" .? i 1 Il - - ,1 ~ Cha,c.une, de, c,es proposiltons. ser.a expliquée .en p,arlieu~,er. " 1 J12. ~, JÉ1!QV4H D~~lJ ;~SP. ,DESCBlfDU( ET"A ,PRIS LHUMAIN,. POUR ~BEI!j:RETSAUVER ILES HOMMES. Il v­ );lans les Eglise.s Chrétiennes,aujouB!.:!lU(ron croit que Dieu Gréa­ tel,lr, <le, -lUniver,s 1 eog.endré un,FilSlde toute ,étel1nifé, et que ce,~ FiJ~est descenlÎu et a p.ri~ l;Humain pou.r, ,1<acheter et ,sauver .les (hom,mes ~,mai.~ ç~la esterr.Qné et tompe.desoiTD;lême"p9urv.u qU·OD, h 83 p~m;eqleIP-i.eu.,.esl UO" et ,que df;lEnt Ja: }alsQ,ni1 est,.jlu.tque f~Qu-rl leUlCque :Dieu .U1l, ait engeIid:~é. de, . t,oute~éteIlnHé un IF,iJs,. et ra, ussÏ!,i~ ! que,Dieu..le,P.èreav,e6"Je,~ils- et l,Esprit ~aint,doJnt"~~~pst s~ea" J r~!!1~~ill.i~!I, ,Se jtJ Il n seul J) i~u;; e,eJ~lH!leij~; es.t e.ntièrement dissIpé",. cOlnme .ulieÉ t.o,~le,filànte da~s l;air.,qjl.Isqu~ d aprè$ la~Par,()ll&JÎl est .démonbfréf;~eJ,~.b:()~ah-Die.u;_<les! Lu~:alêp.~.d6~~DduJet,8~e~faft:lt
  • 131. 128. LM VJ{AIEI~!!Lme, et aussi Rédempteutl. Quant au premier point, q~ Jéhovahl).ieu.est l Lui-~lême descmdu et s~esLfait H~mme, (m le voit daprèSc;;-p~ssages: 1 Voië[j; Vierge con~~~ra, et elle en/antera unFiLS~ qui sera appelé DIEU AVEj: NOUS •.1I - - Esaïe, VN, i4, Mat1h.J, 22; 23. - " Un en/ant nous est né, un Fils nous a été donné;sur son épaule (sera) là principauté, . e/; sera, appelé son Nom,Admirable, DIEu, Héros, PERE nÉlfERNnË, Pr.ince de paix. li ­Es. IX, 5, 6. - " Il sera dit en ce jottr-là: Voici, notre Dieu Celui-ci, que nous avons attendu pour quil n~us délivre; Ce~lui-ci (esL) Jéhovah, que nous avons attendu; bondissons etréjQuissons-nous dans son salut, » - Es. XXV; 9, - Il Unf! voix qui crie dans le désert: Préparez le chemin de JEHOVAH, aplanissez dans la solitude un sentier à N01RE DIEU; et ils ver­ ront, toute chair ensemble. » - Es. XL, 3, 5. - " Voici, If! SEIGNEUR JÉHOVIH en fort vient, et son bras dominera pour Lui; voici sa récompense avec Lut; comme PASTEUR il paîtra son troupeau. » - Es. XL, iO, H. - " JÉHOVAH dit: Sois dans lajubilation et dans lallégresse, fille de Sion; voici, MOi je viens pour habiter au milieu de toi: alors seront attachées des N{ltt·ons.nombreuses li JÉHU>VAII en ce jour-là. » - Z:lch. n, U, 15. -" MOI JÉHOVAH, je Tai appelé dans la justice, et je Te dQnnerai pOU1 lalliance au peuple: ~Iol JEHOVAH CEST LA MON NIJM; ET MA,GLO,IREA"UN AllTREJE NE DONNEIlAI POINT. » - Es. XLII, l, 6, 7, 8. - " Voici les jours qui viennent, ou je ,sllsciterat li David un germe juste, q.ui règ.n:era Rdi, et fera jugementet jUfJlice enla te11e; etc~est làl"S07iln6m: JEHOVAH NOTRE JUSTICE. » - Jérém. XXIII. 5, 6. XXXIII, OS ,1 t6. - Et de plus d{loS les paSS1lges oÙ rav~nement.du Seignaunsta,ppelé le·J6uR DE JÉIfOVAH: comme,Es. xm" 6,,:,9, t3l",.Q2, Ezéchi XXXI, Us. Joël l l, li O. Il; i,"2, Un nI, ~, 4/,INi"Ii, tl~,d8~1 Armos, V,lt3" 1:8:; 20.~ Séph.I,1 ---- l, 7"à. ,116). Z:rch .. XIV, t~l 4 ill2f " et el! oUL!1a·;:lJiHefirs! QUél,t.éhovab L!krMême soit,d~cendUlièl ail f>ris lHÜlnain, on le voLcluÏ11e:flient . dansll!Juè"~ oùsont,lYes ~a)lOI6sI:I<lIMmil dit à.PA;ige l : Ooln?Jmen~·,r 88"0. celOi, JljltZs9ilefhomme;jeJnpèollri,{tt~ pfYf;m? LAnfJ~ "Üt~ ré.. 1 PQllclit: :UN.EsRRtT SÂINTIV:(.ENbItAj6UR tOI,; k~ reNÉ VBRlJ"l3 _1»0 f.RtS B.u~ iIOJÙR~("ERAI~cettl.po1i1qfta~jlt~qui ,naitft"a dti- toi SAlINt;•.seNl1apPèlé FiLS DE.DIEU.~·"ILt-.. I~n,34,JI35., .~ lEt dàns lJaullieut
  • 132. RELIGION CHRÉTIENNE 129 ,« Un Ange dit en songe à Joseph le fiancé de Marie, ce qui en elle est né est â Esprit Saint, et Joseph ne la connut POÙlt jus­ quà ce quelle eut enfanté son Fils, et il appela son nom Jésus . .. - l, 20, 25: - Que Pl!!_Esprit Saiot soit entendu le Divin ql!. proçède de Jéhovah Qieu, on le verra-dan-s le Troisième Chapitre de cet Ouvrage. Qui ne sail que ce.5t daprès le Père que . lenfant a lAme el la Vie, et que cest daprès lAme que le Corps existe? Est-il donc quelque chose qui soit plus clair, que de dire que le Seigneur a eu dl!.Q.!:.-ès~.~.hovah Oi!lu t.AlOe ~ la Vie, et que, puisque le Divin ne peut être divisé, le Divin même du~é lAme et la Vi~ du Seigneur? cest lOUI cela que le Seigneur a ap­ pelé lant de fois Jéhovah Dieu son Père, et que Jéhovah Dieu La appelé son Fils: Que peut-il donc y avoir de plus ridicule que den­ tendre dire que lAme de notre Seigneuresl venue de Marie sa mère, ainsi que le rêvent aujourdhui et les Catholiques Romains et les Réformés, sans que la Parole les ai.! encore tirés de ce songe cn f . 83. Quun Fils né de toute éternité SOil descendu et ait pris lHu­ main, cest là une QQmpJèt~.-JlfJ:eur qui tombe et est dissipée pal ) les passages de la Parole, dans lesquels Jéhovah LuHl~le dit qllil ) est, Lui, le Sauveur et le Rédempteur; voici ces passages: Nest~ C< r ce pas moi, JÉHOVAH, et y a-t-il dautre Dieu que Moi? Ya-t­ dautre Dieu juste et SAUVEUR QUE MOI ... - Esaïe, XLV, 21, 22. - ct Mor (Je suis) JÉHOVAH, ET IL NEST POINT DAUTRE SAüVEUR QUE Mor. " - Esaïe XLIII, iL - JE SUIS JÉHOVAH TON DIEU, et de Dieu outre Moi tu ne reconnaît1as point, ET DE SAUVEUR IL NY APOINT SINON 11101. c< - Hosée, XIII. 4. - c< Afin que sache toute chair que MOI (Je suÏs) JÉHOVAH TON SAUVEUR ET roN RÉ­ D&MPTEUR. )) Esaïe, XLIX, 26. LX, 16. - « Quant à NOTRE RÉ­ D~MPTEUR, JÉHOVAH SÉBAOTfl (esL) SQ!LriOM. " - Esaïe XLVII, 4, - ct LEUR RÉDEMPTEUH, FOUT, JÉIIOVAH SÉBAOTH (est) SON NOM.• - Jérém. L, 34. - « Ô JÉHOVAH! mon Rocher et mon RÉDEMP TEUR. » - Ps. XIX, Hi, - Ainsi a dit JÉHOVAH TON RÉDEMP­ TEUR, le Saint dIsratJl.· Je suis JÉHOVAH TON Dnm." - Esaïe, XLVIII, i 7. XLIII, 14. XLIX, 7. - « Ainsi a dit JÉHOVAH TON , RÉDEMPTEUR :, Moi JÉHOVAH ie fais toutes choses, et seul par Moi-M~me. » - Esaïe, XLIV, 24. - « Ainsi a dit JÉHOVAH, .le liai dIsratJl, et SON RÉDEMPTEUR JÉHOVAH SÉBAOTH: Je suis ie L1 9
  • 133. i30 LA VRAIE Premier et le Dernier, et excepté Moi point de Dieu. Esaïe. )l - XLIV, 6. - JÉHOVAII, Toi, notre Père, NOTRE RÉDEMPTEUR dès le siècle (cest) tOrt Nom, .. - Esaïe, LXIll, !6. - cc Avec une miséri­ corde déternité jaurai compassion de toi, ainsi a dit TON RÉDEMI*_ TETJRJÉHOVAH. ~ Esaïe, LIV, 8. -Tu mAvAIs RACHETÉ, ôJÉHOVAIr (Oieu)DE VÉRITÉ. li -PSt XXXI, 6.- ccQltIsraëlespèreenJÉHovAJI~ parce qu avecJÉHOVAH (est) la Miséricorde, enaboridance avec Lui ,RÉDEMPTION ; Lui-Même RACHÈTERA Israël de toutes sesiniquités. » - Ps.CXXX, 7, 8. - uJÉHovAHDIEu, etToNRimEMPTEuR.leSaint dIsraël, DIEU DE TOUTE LA TERRE SERA APPELÉ. » - Esaïe, LlV, 5. ) - Daprès ces passages, et beaùcoup dautres, tout homme qui a des yeux, et dont le mental a été ouvert par les yeux, peut. l voir que Q.ieu, qui est !Jn, est desc~ndu ~.Ji---.élé fait Ho III !De, dans le but dopérer la RMemption; est-il un homme qui ne puisse voir cela, comme dans la lumière du matin, I~quil f~it attention il toutes ces s_entenges Divines qui viennent, dêtre rappor­ î !é.es ? mais quant àëeux qui sont dans lombre de la nuit daprès ( leur confirmation pour la naissance dun autre Dieu de toute éter­ I:S? ) nité, et pour sa descente et sa Rédemption, ils fermen..llesJ!.aupThres .. ) dev3.~~.S DL~i?~ sent~nces, et sous les paupières ils pensent à.la ( mamère dappliquer ces sentences à leurs faux et de les pervertir. 84. Que Dieu nait pu Racheter les hommes, cest-à-dire, les retirer de la damnation et de lEnfer, sans pre!!4re, !tl!!!!!ain, il. , y a pour cela plusieurs causes, qui seront dévoilées en "série dans (33 - ) .ce qui suit; en effet, la Rédemption a été 1~~~bj~ga00n des E!!fers.. leJ tordination des Cieux, et après cela Hins~!!.r~i~Egli§e; (Dieu d4aplès sa Toute-Puissance na pu exécuter ces opérations que ),par lHumain, de même que personf)e ne_peut rien op,éDw, ~mo.iPs ,qillP":1i!t!!.! bras, a~~~iJJ:fu_!ll~l!.!,Q,~.l!ieu est:!! appelé ,dans la Pa­ ) role le Bra~ de Jéhoval1, - Esaïe, XL, 10; LIlI, 1 ; - de même ne cîiiaussi personne peut attaquer une ville fortifiée et y détruire les temples des idoles, que par des Forces qui servent de moyens; ) que· Dieu d~~ OEuvre Divine ait eu la Toute-Puissan~e Pôlr son Humain, cest encore ce qui est évident daprès la Parole; eo ). effet, Dieu qui est dans les intimes et ainsi dans les choses les plus 5.pures, !!~ po~vai(p~s passer autrement ju~quaux derniers, 93ns ) l~squels :Ol1t les ~nfers, ,e~esguels étaient l~s hom~es de cetle
  • 134. RELIGION CHRÉTIENNE. {3I ~oque, de même que lâme ne peut rien faire sans le corps, ou de) mime que pe.!.§0!l.~ne peut va~cre d~un.!!.emis ({!lL!JlL-:i~nl!-etit) pO®lLs.a pré!~.nce, OJ! vers lesquels ~eut ni aller ni sappro­ ~her avec des armes, telles que lances, boucliers ou fusils: il était aussi impossible à Dieu dopérer la Rédemption sans l!Iumilin. quil serait impossible à un homme de subjuguer les Indiens sans transportel dans leur pays des soldats sur des navires, 011 quil -sera.it impossible de faire croître des arbres seulement par la cha­ leur et la lumière, si lair par lequel passent la chaleur et la lu­ mière, el si la terre de laquelle ils poussent, navaient pas été créés; et même aussi impossible que de jeler des filets dans lair et .flon dans les eaux, et dy prendre des poissons: en effet, Jéhovah, tel quil est en Lui-Même, n.!L p~t daprès sa Toule-Puissànc~~-J teindre~~iabk.dans lE.nfel:,ni aucun dia~I~!J~~rre, ni le modérer, ni apaiser sa fureur, ni dompter !a violence, sil n~st) pas dans les derniers comme il est dans les premiers; iilg dans les . .{)~rniers daJls_so!!..~J!.!.!l!in. aussi est-il appelé dans la Parole le Pre­ mier et le Dernier, lAlpha et lOméga, le Commencement ei la FiÏl. 85. II. JÉHOVAH DIEU EST DESCENDU COMME DIVIN VRAI, QUI EST J,A PAROLE, ET CEPENDANT IL NA POINT SÉPARÉ LE DIVIN BlEN. Il ya deux choses qui conslituent lEssence de Dieu, savoir, le Divin Amour et la Divine Sagesse, ou, ce qui revient au même, le ·Divin Bien et le Divin Vrai; que lEssence de Dieu soit composée -de ces deux choses, cest ce,qui a été démontré ci-dessus, N°S 36 à 48. Ces deux choses dans la Parole sont entendues aussi par Jého­~ vah Dieu; par Jéhovah, le Divin Amour ou le Divin Bien, et parl -!>~eu, hl Divin0à-g~;uJe DTv1D-.l~iellt que dans la Parole les deux sont distingués de diverses manières, el que lantôt Jébovah seulement est nommé, et tanlôt Dieu seulement, car où ----- - il sagit du Divin Bien, il y est dit J!fuQyah, où il sagit <lu Divin Vrai, il y est dit D~u, et où ,il sagit de lun et lau­ .tre, il y est dit Jt~Q.Y~Q..J.Eeu. Que JébovahDieu soit descendu comme Divin Vrai, qui est la Parole, on le voit dans Jean par ·ce passage: «( Au commencement était la Parole, et la ParOle était chez Dieu, et Dieu étùit la Parole,. toutes choses pa1 Elle ()nt étéfaites, et sans Elle na été fait rien de ce qui a été fait. Et la Pa1ole Chair a été faite, el Elle a habité parmi nous.... 1
  • 135. 13 . LA VRAIE - l, 1, 3, U. - Si par la Parole dans ce passage il est ent-endu ·le Divin Vrai, cest parce que la Parole, qui est dans lEglise, est le· Divin Vrai même, car elle a été dictée par Jéhovah lili-même, et ce qui est dicté pal Jéhovah est purement le DiviQ Vrai, et ne peut étre autre chose: mais comme la Parole a traversé les Cieux pour venir ~u~que dans le llo~.d~, elle aélé~aptéêàTa-côïiception des Anges­ dans le Ciel, et aussi à celle des hommes dans le Monde; de là ~ quil y a dans la Parole un sens spiritliel, dans lequel le Oï­ l. vin Vrai est dans la lumière, et un, sens naturel dans lequel le Divin Vrai est dans lombre ; cest poUr clela queUe Divin Vrai dans celle Parole est ce qui est entendu dans Jean): cela est encore évident 1. en ce que le Seigneur est venu !lans le !fonde pour accomplir toutes .f . .--,.,. ----­ les choses de la Parole, aussi lit-on si souvent que telleou telle chose Lui est anivé afin que lEcriture fût 3ccomplie. Il nest pas.. non plus entendu autre chose que le Divin Vrai par le lIessie­ , ou_-k.-Christ, ni 3utre chose par le Fl~allne, ni aut~e chose pal le Par.,!clet,J:Esp!~int, que le Seigneur a envoyé après sa. (rsortie de ce monde. Que dans la Transfiguration devant les troi~ ) Disciples sur la montagne, - Manil. XVU. lIarc, IX. et Luc, IX,. - ct aussi deranl Jean dans lApocalypse, - l, 12 à 16, ­ il.2e ----­ soit représenté comme étant celte Parole, cest ce quon verra dans.. . .,...­ .. le Chapitre sur lECRITURE SAINTE. Que le Seigneur dans le Monde. ait été le Divin Vrai, cela est évident par ses propres paroles: « Jer ~ suis le Chemin, la VÉRITÉ et la Vie .. - Jean, XIV, 6; ­ et par­~ f 3 c~ltes-ci : « Nous savons que le Fils de Dieu est venu et nous a d?nné lEn(e~ent, 4fin que nous connaisstons la YÉ~l~É~· et "!:ous ~"!:!ne~~s la VJlliIT~, ll.WJ.Lsoij,..F)~§.. JÈSU~-CHRIST:. Lui est le vrai Dieu et la vie éternelle. - Jean, l, Epît. V, 20" 21. ­ Et aus~i en ,ce quil est appelé la Lumière, comme dans cès pas~ages; (( Il était la VRAIE LUMIÈRE, qui éclaire tout homme­ venant dans le lIfOlide. " ~ Jean, I, 4,9. - « Jésus dit" Pour encore un peu d(!. temps LA LUMIERE EST AVEC vous; marchez pendant que LA LUMIÈRE vous avez, de peur que les ténèbres ne: vous surprennent, pendant que LA LUMIÈRE voüs avez, croyez: en LA LUMIÈ!E, afin que FILS IlE LUMIÈR.E vous SOYEZ. " ­ Jean,. XII, 35, 36, 46. - « JE SUIS J.A LUMIÈRE DU MONDE. ,,- Jean, IX, lS. - « Siméon dit: Me$ ye~ex ont vu tan. Salut, LUMIÈRE
  • 136. RELIGI9N 1 CI!RÉTIENNE. 131 .lJqur la révélation des m!,tions.» - Luc, II, 30, 34, 32. -, (Jflst là l~ jugement, que LA LUMIÈRE EST VENUE DANS Le MONDE. ÇELUI QUI F,AIT LA VËRI1É, VIENT ALA LUMIÈRE. » - Jean, m, 19,. ·~~t ; et en ~)Utre ailleurs; par la Lumière est entendu le Divin Vrai. 86. Si Jéhovah Dieu est descendu dans le Monde comme Divini (vrai, cétait pOlir opérer la Rédemption; or la lÇi~ption_~_~a13~s!!.~jugation des En.~s ~QIdinatioE_ des ~~~ux, ~ après cela llillstauralion de lEgll.§e : ce ne!t pas le Divin Bien qui peut faire) (les opérations, mais cest le Divin Vrai daprès le Divin Bien? ( le DiYin Bien, considéré en lui-même est comme la poignée .1lrrondie ,dune épée, comme un - bois obtus ou comme un arc! ( ~ans. flèches; mais Le Divin Vrai ,d)p.r!s le D~ Bien est comme J une épée aiguë, comme un jaelot acéré, et comme un arc avec des flèches, armes qui sO.1t fortes contre les enne:nis; par les épé~s, les javelots et les arcs, sont aussi entendus, dans le sens spirituel de la.Palole, l,es vrais qui combattent, voit lApûCAL~PSE RÉVÉLÉE, N°S 52, 299, 436, où cela a été démontré; et ce nest pas autre- nlent que par le Dhin Vrai daprès la Parole, que ~a~~~s t .maux, dans lesquels a été et est continuellement tout lEnfer, ont ~----. __ . pu être corrÎilap~~-,~lïîèus et subjugués; ni par autre chose qui. pu être fondé, formé et mis en ordre, le nouveau Ciel, qui a aussi .,~ -~.- .. î alors été fait; ni par autre chose qua pu être instaurée une nou~ . 1velle Eglise dans les. terres : en outre, toule vigueur, loutëforè~ ,et toute puissance de Dieu appartient a!!..p.b::i.!!.Vrai d.a(>rè~Je Di~ln ~i~n : Voilà la raison pour laquelle Jéhovab Dieu est descendu ·.comn,e Divin Vrai, qui est la ,Pafole ; aussi est-il dit d~ns ~@1: ( Ceins ton épée sur (ta) cuisse, à PUISSANT; et dans ton hon- · d . ,/, .:nrew monte; CHEVAUCH1 SUR LA PARÛLE DE VÉR:1TE; ta lozte Tenseinnera des merveilles,. tes traits sont acérés, tes ennemis J , » tomb~ront so~s toi. " - PSI XLV, 4, 5,.6; - ces paroles ~ntll été dites ~11 Seigneur, et de ses combal5 contre les Enfels, el (les ,vict~res quil a remportées sur eux. 87. Quel est le Bien sans le Vrai, et quel est le Vrai daprès le bien, on le voit clairement par lhomme; tout son Bien léside dans ( la V~é, et tout sor Vrai, .dans lEntendement, et la Volonté ne ) poot de s9n bien rien faire si ce nest par LltnteJ!~ment; elle 1 ne p,eul pas opérer;~lle ne peut pas ,parler, elle ne .peut .p~
  • 137. 111i l", lM LA VRAIE Sentir, toute sa force et toute sa puissance existent par len­ tenJement, en conséquence par le vrai, car lentendement est le réceptacle et lhabitacle du vrai. Il en est de cela comme de 10­ ~ération du Cœur et du Poumon ~ans le Corps; 10 Cœur sans la respiration du Poumon ne ploJuit aucun mouvement, ni aUCUD, sentiment, mais la respiration du Poumon produit lun et lautre g~p-rè§.J.~~~r, ce qui est évid;tpâTles dMailÎanceSiféce--UX-qul ) ~ont suffoqués ou plongés dans leau, chez lesquels cesse la respira­ I fion, lactivité systolique du cœur persistant encore; que ceux-ci . naient ni mouvement ni sentiment, cela est notoire; la même chose­ . ) arrive ,aux embryons dans le sein de leur mère; cela vient de ce­ l que le Cœur correspond à la Volonté et aux biens de la volonté, et t le Poumon, à lEntendement et aux vrais ~e leotendement. Dans.lA """:5 r le Monde spirituell~_puis~~I~ai est sbrtout rematquable ;.. ,,~r.</l_ quoique ) Ang~, qui est par le Seigneur dans les Divins Vrai~, soit ,..··"·"-<5 Jfaible. quant ao corps,com~e ~n enfant, ilycut n~anmoins l!J.ill!:e~~~5 ) e~ f~ un~pe_?_.~prlts IDfer~aux, qUI avparals~ent comme des. . t . . 7,.. . 1 . Enaklm el des Néplllhm, cest-à-dire, comme des Geants, les pour­ suivre jusquà lEnfer, et les y précipiter dans des Cavernes; quand,: : ~ .. ~........ ils en sortent, ils "nosent pas sapprocher dun ange. Ceux qui sont ,...... ..., .., f d. ans les D1vins Vrais par le Seigneur sontda[Js c~ Môiîdë cOJïiiIle­1 des !0r.ns, ll!!Qlque quant aux corps ils naient pas plus de force·1 .- .....- -- -. ~~ des brebis. Il en est de même des hommes qui sont dans les. I1 Pivin~vrais parle Seigneur, contre les maux et les faux, pa~sé­: ql1cnt,contre des, phalanges de diables qui, considérés en leu essence,. ne sont autre chose que des maux et des faux. Sil y, a dans le .Qi­ )l~nVrai même, et force,ace~t p~e que par leestDivin Bien mêmeque­ le Vrai une telle quil créé lUnivers Dieu le Vrai; et et Mtoutes I?s, lois ~ordle, par l~squelle~_i1 cO,~~èrve lunivers, ~t ~ JIdes vérltes ; c est ponrcela qu II est dit dans Jean, « que par!!!: )...",7"", CT Parole toutes choses ont été faites, et que sans Elle na été fait rien,de ce qui a été f.ait. » l ,1,3, iO, - el dans David: « Par ,~, 1 - • la Pat,0le de Jéhovah le,s Cieux ont été faits, et par i Esprit de sa bouche toute leur, armée.)) - Ps. XXXIII, 6. J l,~I, ~~·311le Diel;, quoiquil soit descendu comme Divin Vrai, nait t p~ cependant séparé le Divin Bien, on, le_yoit daprès la Concep­ tion, au sujet de laquelle il est dil queeert~~a ~­
  • 138. 1.I...~ - - ~~ ­ ,f:;: ~ ~ 1" rr__" - vIa. n.... ~ RELIGION CHRÉTIENNE. {33 ~ag~~~ - .~uc, ~, 35; - or?pa~d~~~ il-";:>est entendu le.DIYllLBlen ; on le VOIt encore par1ëS passages ou le Seigneur dit Lui-Même que le Père est en Lui et que Lui est dans Je Père, que tout ce qui est au Père est à Lui, que Père et Lui sont un, et dans plusieurs autres passages; parUe Père il est en­ tendu le Divin Bien. ~111.~-PRIS LHUMAIN SELON SON ORDRE DrvIN. Dans Je Paragraphe sur la Divine TouLe-Puissance et la Divine Toute-Science, il a été montré que Dieu av~JLC.~on !. int.!:o- ~ duit lOrdre tant dans lUnivers que dans toutes etdans chacune dêSëhOSés qui le composellt; et que cest pour cela que la T~le­ Puissance de Dieu dans JUnivers, et dans toutes et chacune des ---------- -. choses_c!.~~~rs, P~ç.~Q~_etopèr~2.~lonles lois de son Ordre, _ dont il a été traité ci-dessus en série, du N° 49 au N° 74. llain- - 2­ le~~t,..1.~,~q~_ Die,! est descendu, et qt1.!LesLLui-}fême-!O@re, (,ainsi quil y a aussi été démontré, i:I_Ei pu, PO,!!I~~IljLmsi ~ e~tualité, faire autrement que ..etê!rlH!9.Qçu, dêtr~ porté )dans un utérus, d_~lt_re, _d~~ élevé, d~~pp~n~~slJccessi-"e­ melÎt}ëssëiènces, et dêtre par elles introduit dans lintelligence et dans la sagesse; cest pour cela que, quant à lHumain, il a l été petit enfant comme un petit enfant, enfant comme un enfant, et ainsi de suite, avec la seule différence quil achevait cette progression plus vite, plus pleinement et plus parfaitement que les autres: quil ait ainsi progressé, selon lOrdre, on le voi,t i par ces paroles dans Luc: « Jésus enfant croissait et se lortifiatt en esprit, et il aV(lnçait en sagesse, en dge et en grdce chez Dieu et les hommes. )J ­ Il, 40, 52; - que ce fût plus vite, plus pleinement et plus parfaitement qU6 Jes autres, on le voit da­ près ce qui est dit de Lui dans Je même Evangélisle, par exemple, que « lorsquil était dgé de douze ans, il sassit dans le Temple au milieu des Docteùrs et enseignait, et que tous ceux qui lé­ coutaient étaient étonnés deson Intelligence et de ses Réponses. 1l - Il, 46, 47; - et ensuite, IV, 1.6 à 22, 32. - Cela a élé fait ( ainsi, parce que lQs.dreJ)ivin est que lhomme se ]ré"par~J-même ) ft la récepti~~ d~ nieu, el que, s~Jon_(H01 s~LPrépare, D.Leu~ntre en lui comme dans son habitacle et dans sa maison, et cette pr$pa­ l ration se fait ,par le~onnaissancessur Dieu et sur ies.sQirituels qui
  • 139. f36 LA VRAIE ~p~tiennentà lEglise, et ainsi par lintelligence et par la sagèsse; ( Oal la Loi de lOrdre est que, autant lhomrnU! "y"er,LDieu et scrt, 1approéhE~, ce quil, doit faire absolument comme de lui-même, 3tl­ ,t~t Dieu ya verslho.n.!.-me et sen approche:-;t" se conjoint à lui"àu . î milieu de lui: que le Seig,neur ait progressé selon cet Ordre jus­ quà lUnion avec son Père, cest ce qui sera d6montré plus ample­ ment d:msla suite. 90. Ceux qui ne savent pas que la Divine Toule-Puissance pro­ cMe et opère selon lordre, peuvent faire naître de leur phantaisie plusieurs questions opposées et contraires à la saine raison; par exemple, pourqlJoi Dieu na-t-i1 pas pris immédiatement lHumain sans une telh~ progression? pourquoi ne sest-il pas créé ou com­ posé un corps avec des Éléments tirés des quatre plages du llonde. et ne sest-il·pas ainsi montré comme Dieu-Hommedeva.ntle peuple jui f, et même devant le Monde entier? ou : Sil a voulu naltre, pour­ quoi na-t-il pas infusé tout son Divin en Lui quand il était embryon. ou quand il élait peLit enfant? ou: Pourquoi après quil eut été en­ fanté, na-t-i1 pas pris aussilôt la stalure dun adulte, et na-t-il pas parlé sur le champ daprès la Divine Sagesse? Cest ainsi que ceu~qui p~nsent à la Divine Toute-Puissance s~ lordre, veuvent 1 concevoir et enfanter de telles questions et autres semblables, et remplir de cette manière lEglise de folies et de niaiseries; cest ) même ce qui a été fa>Ït; ainsi, lOnprélend que Dieu a pu engendrer un Fils de toule étern.ité, ~t faire. quun Troisième Dieu procédât ) àussi alors de Lui et du Fils ;, quel!~ a pu se meure en colère contre le Genre humain, le déVOiler a lexécration, eL vouloir êlre ramené par le Fils à I~ miséricorde, et cela par lintercession et le souvenir de sa croix; que de plu&,i]a voulll mettre dans lhomme la (Justice de sO,n Fils, etlinlroduire dans son cœur comme une suhs­;> ) tance simple de Wolf, dans laquelle, ainsi que cet Auteur lui·même î ledit, sont toutes les choses du mêrite du Fils, mais quelle ne ( peut être d,ivisée parce qu~ si elle est divisée,· elle est réduite à lléimt : et quen outre, il peut; comme par Ilne Bulle du Pape, re­ ~éltre les péchés à-q,ui il, veUt, ou purifier entièrement limpie de .ses rrnauxla,ffr,eux! etairysi ,de noir comme lun, diable l~ rendre res­ plendifsant comlpe un Ange de lumière, san,slqne,lhomme S~lmeuvCJ. pluS quune,rpier:re, ou pell,danl.l qU"i1 se !tent COID!l1!l _un,e ~tatl6 op
  • 140. RELIGION CHRÉTIENNE. 437 @omm6 une idole; outre plusieurs autres folies, que ceux qui éta- blisS6ftt une Divine Puissance absolGe sa.!2.s la, canna, i~[rÎ..ce_e~~si la~nnaissance daucun Grdre, peuvent répandre 7.0mme un van- lleur répand la balle dans lair : ~ci, dans les roses spiritueIles (Jui appartiennent au Ciel et à lEglise;:~t~8Ûite à la vie éter- nelle, peuvent séloigner des vrais Divins ct se fourvoyer, comme .dans une forêt un aveugle, qui tantôt tombe sur des pierres, tan- .tôt se frappe le front contre un arbre, el tantôt se prend les che- veux dans les branches.f 91. Les Miracles Divins ont~ussi été f~ts §~lIlor.dre Divin, -mais selon lORDRE IlE LINFLUX DU ~IONDE ,SPIRITUEL DANS LE MONDEî .NATUREL. Ordre dont-~ejusquà présent na rien su, parce qu~ personne ne sait rien du Monde spirituel: mais quel est Qlll.. Or4re, -cest ce qui sera manifesté en son temps, Jorsqu:,il sera qJestion des MIRACLES, DIVINS et des MIRACLES MAGIQUES. g2. IV. LHtJMAIN PAR LEQUEL DIEU SEST ENVOYÉ DANS LE MONDE EST LE FILS DE DIEU. Le Seigneur a dit souvent que le Père la envoyé, et quil a été ~nvoyé parle Père, par exemple: lUatth. X. 40, XV, 24. Jean,lII.. 17, ;$4, V, 23,24,36, 37,38. VI, 29,39,40,44, 57. VII, 16, 18, 23, 29, VIII, 16,18,29,42. IX, 4; eL très·!ouvent ailleurs. et il dit cela, parce que par être e.!!!oyé dans le Monde, il est en~ -tendu d~~~~!!dre et v~r parmi les hommes, et cela a été fait par 11Iu- main, quil a pris par la Vierge ~ie; et aussi cet Humain est en ~clUalité le Fils de Dieu, parce qu~il a été conçu de Jéhovah Dieu, eomme Père, selon Luc, ~I. 32, 35. - Il est appeé Fils deDieu, Fils1 de rhomme, et Fils de Marie, et par Fils de Dieu" il est entendu Jého-~ vah Dieu dans son Humain, par Fili__Q.~.J]~JIlme le Seigneur quant3 à la Parole, et par Fils de Marie proprement lHulIlain quil a pris; que le Fils de Dieu et le Fils de lhomme aient ces deux signipca- ·tions, cest c~ qui Sel"a démontré dans la sui le: que le Fils de lfarie si~nifie proprement lHumain, on le voit avec êvidence da- près la génération des hommes, en ce que du père vient lâme, et pe la mère le corps; en effet, lâme est dans la semence du père, ~t elle est revêtue dun corps chez la mère, ou, ce qui est la même .c~>se7 t~ spi~, q~.à lhomme vient lu ~Ie, et tout c! quil .est~~l~~ ~9.i vi~H.! qe ~~.!ll~re ; ql,lant au Seigneur, le .~ qui
  • 141. ~ !38 LA VRAIE 2.. _ Jèhovah Pè~e, ~ .~. __ __ était--- Lui venait de....-_._._---- et lHumain venait .de . - ­ ... en la mère;-~ ces deux unis son.!.k.!J!s-d-eJlleu ; qUEl cela soit ainsi, on le voit {llairement daprès la nativité du Seigneur, de laquelle il est ainsi parlé dans Luc: Il LAnge Gabriel dit à Marie: Un Esprit Saint viendra sur toi, et une vertu du Très-Haut tombragera, cest pourquoi ce qui naîtrtl de toi Saint, sera appelé Fils de Dieu.» - l, 35. - Le Seigneur sest nommé lEnvoyé du Père, aussi pour la raison que, par lEnvoyé il est !iignifié la même c10se que par l nge, car lAnge dans la Langue originale est lEnvoyé; en effet~ il est dit dans Esaïe: « L A~GE DES FACES DR JÉHOVAH les a déli­ vrés; à cause de son amoU1 et de sa clémenee il les a rachetés. Il - LXIII, 9; - et dans lIalachie; Aussitôt viendra vers son C( Temple I.E SEIGNEUR que vous cherchez, et 1: ANGE DE L~ALLIANCE. que vous désirez. » - Ill, J ; - et en outre ailleurs. Que la Di­ A vine Tril!.!.té, Dieu Père, Fils et Esprit Saint, solt....Q.i!ns le S;gneur~ 2 et quen Lui l~re soit le Divin a quo (de qui tout procède), le 3 Fils le Divin Humain, et lEsprit Saint le Divin procédant, on le verra dans le Chapitre III de cet Ouvrage, où il sera traité de la Divine Trinité. 93. LAnge Gabriel ayant dit à Marie que le SAINT ql:li naitrait delle serait appelé Fils de Dieu, les passages slli~ants tirés de la Parole vont montrer que !JL~eigneur quant à JHumain est appelë le SAINT LIsRAEL: Il Voyant jétais en visions, et VOici, le Vi­ gilant et le SAINT qui du Ciel ,descendait. » - Dan. IV, 10, ~O. - Il Dieu de Théman viendm ; et le SAINT, de la montagne de­ Paran.)1 - Habak. III, 3. - (( Je suis Jéhovah LE S,uNT, le­ Créateur d!s,aël, VOTRE SAINT.» - Esaïe XLIlI,H, HI.­ Il Ainsi a dit Jéhovah, le Ridempteur dIsraël, SON SAINT. -- . Esaïe, XLIX, 7. - Je suis Jéhovoh ton Dieu, LE SAINT DISRAEU,. c< TON SAUVEUR. - Esaïe, XLIII, 1, 3. - Quant à no17e RÉDEMP­ TEUR, JéllOvah Sébaoth (est) son Nom, LE SAINT nISRAEL. )1 ­ Esaïe, XLViiI, 4. - ,Il Ainsi a dit Jéhotah votre RÉDEMPTEU, le­ SAINT DISRAEL. ~ ..:.... Esaïe, XLIII, t4. XLVIII,17.- Jéhovah­ Sébaoth (est) son nom, et TON RÉDEMPTEUR I.E SAINT DISRAEL. Il· ~Esaïe, t:IV, 5. - « Ils ont tenté Dieû, et LÈ SAINT DlsRAEL. n - Ps. LXXVIlI, 41. - Ils ont abandonné Jéhovah, et ils ont provoqué LE SAlin DISRAEL. " - Esaïe, 1, 4. - (t Ils ont dit t
  • 142. RELIGION CHRÉTIENNE. t39Faites cesser de devant nos face$ le SAINT DIsRAEL: cest pour­quoi, ainsi a dit LE SAINT n1SRAEL. » - Esaie, XXX, 1 t, t 2.- « Ils disent: Quil hdte son œuvre pour que nous voyions.et que savanee et vienne le conseil du SAINT DISRAEL.)) ­Esaie, V, 19. - (1 En ce jour-là, ils sappuieront sur Jéhovah,le SAINT DISRAEL, en vérité. )) - Esaie, X, 20. - (1 Ecrie-totèt sois dans la jubilation, fille de Sion , parce que grand (est) aumilîeu de toi le SAINT nISRAEL.» - Esaïe, XII, 6. - Parole (tdu Dieu dIsraël: En ce jour-là, leurs yeux vers le SAINT nIs­ RAEL regarderont. » - Esaïe, XVII, 7. - " Les indigents âen­ tre les hommes dans le SAINT DISRAEL ségaieront. 1) - Esaie, XXIX, 19. XLI, t6. - « LA TERRE EST PLEINE DE DÉLIT CONTR~.LE SAiNT DlsBAEL. "Jérém. LI, 5. - Et en outre, Esaie, LV, ô.LX, 9, et ailleurs. - Par le Saint dIsraël est entendu le Seigneur quant au Divin Humain, car lAnge a dit i1lfarie : « LE SAINT quz naîtra de toi sera appelé FILS DE DIEU. » - Luc, l, 35. Que~­ ~h et l~L~,!.!!l- dIsraël soient un, bien quils soient nommés distinctement, ou peut le voir aussi par les passages qui viennent dêtre rapportés, en ce que Jéhovah est ce Saint dIsraël. Que le Seigneur soit appelé le DIEU DISRAEL, on le voit allssi par un très­ grand nombre de passages, par exemple, Esaïe, XVII, ô. XXI, 10, 1.7. XXIV, i5. XXIX, 23. Jérém. VII, 3. IX. 14. Xl, 3. XIII, 12: XVI, 9. XIX, 3.15. XXIH, 2. XXIV. 5. XXV, i5, 27. XXIX, 4, 8, 2t, 25. XXX, 2. XXXI, 23. XXXIL 14, 15, 36. XXXIII, 4.. XXXIV, 2, t3. XXXV, t3, t7, 18,19. XXXVII, 7. XXXVIII, 17. XXXIX, 16. XLII, 9,15, t8. XLIII, iO. XLIV, 2, 7, 11,25. XLVIII, 1.. L. 18. LI, 33. Ezèch. VIII, 4 IX. 3.X, i9, 20. XI, 22. XLIII, 2. XLIV, 2. Séph," II, 9. Ps. XLI, 14. Ps. LIX, 6. Ps, LXVIII, 9. , 94. Dans les Eglises Chrétiennes daujourdhui on appelle com­ munément notre Sauveur Fils de Marie, et rarement Fils de Dieu, il­ moiI)s qualors on nentende le Fils de Dieu né de toute - - - , , éternité; cela vient de - - - - les catholiques Romains ont_ sanctifié au-dessu& - ce que . - - . - _..-- --1- --.------~J de tou,S lesautresl~(frie Mère, et lont placée comme Déesse ou comme Reine à la tête de tous les saints, lorsque cependant le ~Seigneur,. quand il a glorifié son H-umain, a dépouillé tout ce qUil tenait de la Mère et revêtu tout ce qui appaltenait au Père, ce qui sera plei­
  • 143. ~. , ~s "~ vM.~ u--~ r- lJ-f- ~,,~,... J lb- tU../6.~1 UQ " LA VR.fIE ~ )-.. ...... "-"/~r-- - . k. nement démontré dans la ~e cet Ouvrage. De ce nom commUJI ·de Fils de Marie, qui est dans labollChe de tous, ont influé daD~ lEglise Plusieurs énormités, surto~c~z ceux Qui:.non.!....p~~umis àJ.~éflexion ce que le Seigneur a dit dans la Parole, par exemple- que le Père et Lui sont un ; que Lui est dans le Père, et que le Père est en Lui; que tout ce qui est aUPère est à Lui; quil a Lui­ lfême appelé Jéhovah son Père, et que Jéhovah la appelé son Fils.. Les Énormilés qui ont influé dans lEglise par cela quon y nomme le Seigneur Fils de Marie, et non Fils de Dieu, sonl, .Quau sujet du S~[!I~u_r.ri,!lÙ de Diyinilé ,périt, et avec elle tout ce-9ui,~ la Parole, a tlé dit de Lili c01l1me Fils de Dieu; el que par là enlrent I€.J~~e, "lÀiianismë,le SOClnianisme]1 l~ Calvinisme tel ~it fut" dans le commencement, et enfin le Naturalisme, et avec le na­ turali,srrië li3ée fanatiqye que le!jlslîë"~~arie veE~!Uç Joseph, que son Arne venait de sa Mère, et quainsi il est dit Fils de Dieu et ne lest pas; que chacun se consulte, soit ecclésiastique, soit laïque, et quil examine siÏâ cgnçu et,~sil entretient une idée du .~jgneur c.omrue FiI~ de Marie autre que celle dun simple homme. Comme une t~lIe id~e avait déjà, d:ms le troisième Si~cle,ëommencé à prévaloir ,parmi les ChrétieÎls, quand les Ariens se levèrent, cest pl)ur cela que le Concile de Nicée, afin de revendiquer pour le Seigneur la Diviïli"l[Wpposa un_Fils dê!!!?u.n~ de toute é_t!!,llilé, et par celte fiction lHumain du Seigneur était alors, il est vrai, ,élevé vêrs le Divin, et il lest aussi aujourdhli chez plusieurs. mais non chei ceux qui par lUnion hyposlatique entendent une Union comme entre deùx, d.ont lun- est au-dessus et lautre est .:iu-dessous. Mais què résulle-t-il de là, sinon que toule l~glise 1 Chrélienne périt, elle qui a été fondée uniquement sur le cul~e de Jéhovah dans lHumain, par conséquent sur Dieu-Homme; que per­ ,sonne ne puisse voir le Père, ni Le conllaître, ni venir à Lui, ni -r~roire en Lui, ~i ce nest, par son Humain, cest ce que le SeigneUr" déclare d~.ns un grand nombre de passa~es ~ si cela na pas lieu, tout~.s~Jp~.n.~~ob~eJ~lise es~ ~h;I!.l~é~ en sein~ce ignobre~la semence dolivieren semence de pin; la semp,nce doran.,-er, de ci- o ~ q -tronpier, de pOI,nmier, de p~!rier, en semence de saule" dorme, -de tilleul, dyeuse; le cep en jo~c de marais, le froment et lor~e -en .paille ; et même toute nourriture spirituelle devient comme --t • - ~ .-... .~ • "fQ-~~~"- r- .. 14J.
  • 144. -:/""- RELIGlON CHRÉTIENNE. Ut p.Q!!.§sLère dont les se~pents se ~}!!rissen l; car dans lhomme la lumière spirituelle devienlune lumière nl.~le, el enfin s~elle. corrorelle, qui, considérée en elle-même, est une ln mière pÈ,lnEs- tiiue; bien plus lhomme alors devient comme un oiseau -qui, peîldant quil vole dans les airs, élant tout à coup privé de ses ailes, tombe sur la terre, où en march:lOt il n~voi~plus aytour de lui que ce-lll!i~evanU.El.~ pieds; et alors s!~JP-itil!J~JU_Lllilise, ql1i .Qoivent êlre pOulla-.g~..e.r.DelIe, cel homme ne.Ëense, pas.autre- ment quun devin; voilà ce qui arrive, quand lhomme considère le Seigneur Dieu Rédempteur e.t Sauveur comme simple Fils de Marie, ! par canséquellt cOlDme un simple homme. 95. V. LE SEIGNEUlI PAR tES ACTESfDE LA RÉDEMPTION SESlFAIT JUSTICE. On dit et lon croit aujourdhui dans les Églises Chréliennes que le mérite et la justice appartiennenl au Seigneur Seul par lobéis- , sance quil a montrée à Dieu le Père dans l~ Monde, et surtout par- la Passion de la croix; mais dn a pensé que la Passion de la croix a été l;acte mêmc de la rédemption, lorsque ce.pendant celle passion a été non lacte de la rédemption, mais lacle de la glorification de lHumàlO du Seigneur, comme on le verra dans le Lemme suivant sur J,A RÉDEMPTION; les actes de la Rédemption, par lesquels le Sei- gneur sest fait la justice, ont consisté en ce quil a accompli le Ju- . gemenl Dernier qui a été fait dans le ~ionde Spirituel, et qualors . il a séparé les méchants dayecles bons et les boucs daveb les brebis, chassé du Ciel ceux qui faisaient un avec les bêtes du dragon, fondé ) un Nouveau Ciel de ceux qui élaient dignes et un Enfer de cëUx q·~i nétaient pas dignés, el lenis succe~siv~~~~~te~hoses da~s ) lorôre de part et dautre, et en outre instauré une Nouvelle Eglise; 1 ;sactes ont été les actes de la Rédemption, parlësquels leSli- ~ ~uellr sest fait la Justice; en effet, I~J~ce~.~lli!~~~rè t~ltes )- choses _~lliQn JOrdre Divin, et à rell)eltre dans lordre celles q.ui se so~t échappées deT~rdré, car lOrdreI)jvin lui·même est la ~uhice. Cest là ce qui est entendu par -ëësparoles (fif 8ei,ghéur:." Il me convient daccomplir TÛ~TE JUSTICE DE j)[~:u. » ...:... ~Iatlh. lU, i 5; - et par celles-ci dans lAncien Testament: « Voici les jours qui vienrtent, e/}e srtsciterai à ~avid un.. Germe JqSTE, qu!i fëgneJ.a .Roz. et 1era JUST~CE EN LA TERRE, et VOtez. son nom, JÉHOVAB NOTl& r. . !, . l
  • 145. 142 LA VRAIE JUSTICE. » - Jérèm. XXIII, 0, 6. xxxm, {5, 16. - « Je parle -en JUSTICE, qrand pour sauver. » Esaie, LXIII, L - « Il sera assis sur le trône de David, pour le raffermir en JUGEMENT ET JUSTICE. ,,- Esaie, IX, 6. - " Sion sera rachetée en JnsTICE. JO - Esaïe, l, 27. 96. De nos jours ceux qui tiennent le premier rang <lans lÉglise. décrivent tout autrement la Justicr. du Seigneur, et en outre par son· :inscription chez lhom~e ils font sa foi salvifique, lorsque cepeq.,-· <lant la vérité est que la Justice du Seigneur, étant telle et venant de là, et étant en elle-même purement Divine, ne peut êtle conjointe -à aucun homme, ni par conséquent produire aucune salvation, pas plus que la Vie Divine, qui ~s.L le Divin Amour et la DivinA Sagesse; le Seigneur entre chez chaqiîe homme avec, cet amour et cette sa­ gesse, toutefois si lhomme ne vit pas selon rordre, c~!~ie,y est, à la vérité, mais elle ne sert absolument à li~n pour le salut, elle· donne seulemeRI la faculté de comprendre le vrai et de faire le bien.) VivrA selon lOrdre, cest vivre selon les préceptes de Dieu, et quand lhomme vit et agit 3i~si, il sacquiert la justice, non la jUS-.Î lice de I~ rédemption du Seigneur, mais Je Seigneur même comtlle Justice; ce sont ceux-là qui sont entendus par ces paroles: " Si vo- TRE JUSTltE ne surpasse celle des Scribes et des Pharisiens, VO?.I,S nentrerez point dans le Royaume des Cieux. " - Matth. V. 20,- « Heureux ceux qui sont persécutés pour LA JUS1lCE. car , à eux est le Royaume des Cieux. li -Matth. V, 10. - Il Dans la consommatio1J. du siècle sortiront les Anqes, et ils sépare1ont les méchants du milieu des JUSTES,» - Matth. Xlll, 49. - et en l ·outre ailleurs; par les justes dans la Parole sont entendus ceux qui ont vécu selon lordre Divin, puisquë lordr.:.~ divin _~I~_Justice. La .Justice même, qùi est devenue le Seigneur par les actes de la Ré­ demption, ne peut pas être att.ribuée, inscrite. adaptée ni conjointe à lhomme, autrement que comme la lumière à lœil, le son à lQ­ reille, la volonté aux muscles decelui qui agit, la pensée aux lèvres- de celu~ qui parle, lai~1 poumon qui respire, la chaleur au sang, au et ainsi ldu reste; queceschoseS influent el sadjoignent plutôt quelles, ne, se conjoignentI c)lacun le perçoit par soi-même. Mais la jusÙce est acquise en tant que lhomme, exerce la justice, et-il elerce la jus­ tice en tant q~if agIt avec~e prochain daprès lamour du juste.et t·
  • 146. RELIGION CHRÉTlENNE. U3<lu vrai; dans le bien même, ou dans lusage même quil fait, ha­ bite la ju~tice; en effet, le Seigneur dit que tout arbre est connu.daprès son fruit; quel est lhomme qui ne connaît pas un autrenomme daprès ses œuvres, si! examine attentivement dans quel fin.et dans quelle dess.ein de volonté, par quelle intention et pour quelles.causes elles sonL faites? LouS les Anges, et aussi tous les sages dans.notre ~Ionde se livrent il cet examen; en général, loute herbe et,tontgerme sortant de terre est connM daprès sa,fleur et sa semence,08t daprès lusage de la semence; tout métal, dapr~s sa bonté; 10ute pierre, daprès sa qualité ; tout champ, daprès la sienne; tout aliment, daprès la sienne; tout animal de la terre et tout oi­:seau du Ciel, daprès la leur; pourquoUhomme ne le serail-il pas daprès la sienne? Mais quant à la qualité des œuvres de lhomme~.doù elle vient, cela sera dévoilé dans le Chapitre sur la Foi. 97. VI, LE SEIG~oUR PAR LES MÊMES ACTES SE1T uro AU PÈRE ETLE PÈRE SEST UNI i.. L U I . . . Si lunion a été faite par les actes de la rédemption, cest parce,que le Seigneur les a .opérés daprès son Humain, et quà mesure qui/les opérait, le Divin qui est entendu par le Père sest approché ..de plus près, la aidé et a coopéré, et quenfin ils ~e sont conjoints~ au point quils élaient non pas deux mais un ; et celle Unio,n ~st la. Glorification, dont il sera traité dans la suile... 98. Que le Père et le Fils, cest-à-dire, le Divin et lHumain, aient j été unis dans le Seigneur comme lAme et le Corps, cela fait Jlarlie~ il est vrai, de la foi de lEglise daujourdhui, el résulte de la Pa­ lole, mais néan,moins à peine en est-,il cinq sur,cent, ou cinquan(e, sur mille, qui le sachent; la cause de cett~ ignorance vient de la doctrine de la justification par la foi seole, à laquelle la plupart des ecclésiastiques, qu.i recherchent une renommée déru.dition pOUF ar­ river aux honneurs et aux ,richesses, sattachent avec tant dardeur ~ que cette doctrine aujourdhui tient et occupe tout leur mental; et·comme, à linstar de lesprit de vin appelé Alcool, ell~ a enivré leurs pensées, cest pour cela que, semblables à des hommes ivres, ils cnont point ;U ce pOini, le plusessenliel de lÉglise, que Jéhovah: Dieu est descendu e,ta pris lHumain, lorsque cependant, cest uni­ ~uement par celte Union quil y a conjo~ction de lhoIl!"e avec Dieu, et par la conjo~ct~OIsal~ation : que)e. salq,t dé~eDde de la con­
  • 147. H~4 LA VRAIE naissance el de la reconnaissance de Dieu, cest ce que peut voir quiconque considère que Dieu est tout dans toules les choses du ciel, et par suite tout dans loutes les choses de lÉglige, par conséquent tout dans toutes les chos.es de la Théologie. Mais dabord ici il sera démontré que lUnion du Père et du Fils: ou du Divin etde lHumain dans le Seigneur, est comme lunion de lâme et du corps, et en­ suite que cette Union est réciproque; lUnion comme celle de lâme et du corps a été établie dans le symbole dAthanase, qui aété reçlt dans tout le Monde Chrétien comme Doctrine sur Dieu; on y lit ces paroles: .. Notre Seigneur J ésuscChrist est Dieu et Homme; et quoiquil soit Dieu et Homme, néanmoins ils ne sont pas deux, mais il est Un Seul Christ; il est Un, parce que le IJivin a pris sur soi l,~ umain,. il est même entièrement Un, et il est une­ Seule Personne, car de même que lAme et le Corps sont un seul homme, de même Dieu et lHomme son~1P!,selfl Christ,. Il mai~ dans ce passage on entend quune telle union est"êelle du FilsdeDieu de toute éternité avec le Fils né dans le temps; toutefois, comine il ny a quun seul Dieu el non trois, celte Doctrine concorde avec la. Parole, pourvu que celte Union soit entendue avec Dieu un de toute éternité; dans la Parole on lit" quil a été conçu de Jéhovah Père, " - Luc. l, ~4, 35; - cest de là quil a eu Jâme et la vie, aussi dit-il, «que Lui et le Père sont un. " - Jean, X, 30: ­ « Que celui qui Le l)oit et Le connaît, voit et connaît le Père, " - Jean, XIV, 9. - « Si vous Me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père. )) - Jean, VOl, 19. - « !-@elui qui Me reçoit, re~oit Celui qui Ma envoyé. " -.Jean, xm, 20 . ..:.- «,QuIl est dans le seindu Père. ,,-Jean, 1,18. - « Que tout ce que le Père a est à Lui. " - Jean, XVI:; HL ~ « JI est appeM Père déternité, » - Es:ùe, IX, o. ~, « Que par suite Il a pouvoir sur toute chair; 1,-, Jem, Xvn, 2. - « Et tout pouvoir dans le Viel et. sur la Terre. » ----l Matth. XXVIII, 18. Daprès ces pasSà­ ges et plusieurs autres dans 1àI>arole, on peut voil clairement que lUnîon du Père et de Lui est comme celle.de lAlme etlidu Gorps; cest aussi pou[lcela1que dans lAncien ,Testament Yi est Eui-MêItie ", r fl • très~souventnommé Jéhovah, Jého~ah Sébaolh, et Jéhovah Rédemp­1 leur, voit!ci-dessus, N° 83. 1 • 1 ~ 99:Cette union est réciproque :on le voit clairement par ces
  • 148. RELIGION CHRÉTIENNE. U5p.assages dans la Parole: « Philippe! ne c?ois-tu pàs que Moi(je suis) dans le Père, et que le Père (est) en il/ai? Croyez-Moi,que Moi (je suis) dans le Père; et que le Père (est) en Moi, » _Jean, XIV, 9, 10, H, - « Afin que tous,connaissiez et quevous 1 croyiez que le Père (est) en Moi, et Moi dans le Père. II- Jean, X, 36, 38, - Afin que tous soient un,comme Toi,Père, (tu es) en Moi, et Moi en raz, » - Jean, XVII, 21, ­ « Père, toutes les choses miennes sont tiennes, et toutes les tien­nes sont miennes. .. - Jean, xvn, 1. O. - Si lUnion est récipro­que, cest parce quil nexiste aucune Union ou aucune conjonctionentre deux, à m,oins que réciproquemenl lun ne sapproche de lau­1re; toUle Conjonction dans tout le Ciel et dans loutle Monde, etdans tout lhomme, ne vient dautre part que de lapproche réci­proque de lun vers lautre, et alors que lun veut la même choseque lautre; par là dans toutes les parties de lun et de lautre il ya homogénéité et sympatl,lie, Unanimité et concorde; telle est la con­jonction réciproque de lâme et du corps chez chaque homme; telleest la conjonction de lesprit de Jhomme avec les organes de la sensibilité et du mouvement de son corps; telle est la conjonction du cœur et du pouhlon ; telle est la conjonction de la vo!ollté et delentendement; telle est la conjonction de tOIlS Jesmembresetdetousles viscères en eux, et entre eux, dans lhomme; telle est la conjonc­ tion des mentais entre tous ceux qui saiment intérieurement, car elle est gravée dans tout amour et dans toute amitié, puisque la­ mour veut aimer et veut être aimé. Il y a dans le blonde une con­ jonction réciproque de toutes les choses qui ont Hé étroitement con·jointes entre elles; semblable est la conjonction de la chaleur du so­ leil avec la. chaleur du bois tl de la pierre, de la chalelll vitale avec la chaleur de toutes les fibres dans les êtres animés; semblable est celle de larbre avec la racine, par la racine avec larbre, et par lal. bre avec le fruit; telle esL.celle de laim,ant avec le fer, et ainsi du reste. Si la conjonction nest pas faite par une approche réciproque­ ment et vice versd de lun vers lauLre, il y a seulement une con­ jonction externe et non interne, et celte conjonction externe, avec le temps, est détruite delle-même de part et dautre, et quelquefois au point que tes deux n,e se connaissent plus. . !OO. Maintenant puisquil ny a pas de conjonction qui soit con:. ~ 10
  • 149. 14,6 LA VRAIE jonction, il moins quelle ne soitfaite réciproquement et vice versâ, cest pour cela que la conjonction du Seigneur et de lhomme nest pas autre, comme on le voit clairement par ces passages: Celui ft qui mange ma chair, et boit mon sang, EN MOI DEftlEURE ET MOI EN LUI. » - - Jean, VI, 06. - cc DEMEUREZ EN MOI EJ MOI EN vous; CELUI QUI DE~IEURE E~ MOI ET MOI EN LUI, celui-là porte du fruit heaucoup. » - Jean, XV, 4, 0: - cc Celui qui ouvre la porte. jentrerai chez lui, et JE SOUPERAI AVEC LUI, ET LUI AVEC MOI. » ­ Apoc. III, 20, - et en outreajlleurs; cet.te conjonction est faite. par cela que lhomme sappI;oche vers le Seigneur, et que le Sei­ gneur sapproche vers lui; car cest une Loi certaine et immuable quautant lhomme sapproche vers le Seigneur, aUlant le Seigneur sapproche vers lhomme; mais on en verra davantage sur ce sujet dans le Chapitre sur LA CHARITE ET LA FOI. iOt. VII. AINSI DIEU A )~;TJt lAIT HOM~1E, •.I:T LHbmIE DIEU EN ~VlE SEULE PERSONNE. Que léholah Dieu ait été fait Homme, et rHomme Dieu en une seule Personne, cest ce qui résulte comme conclusion de tous les précédents Articles de ce Chapitle, et surlout de ces deux, .. que Jéhovah Créateur de lUnivers est descendu et a pris lHumain pour racheter et saUver les hommes, " N°S 82, 83, 84 ; et cc que le Sei­ gneur par les actes de la Rédemption sest UOI au Père et que le Pére sest uni. il Lui; " ainsi réciproquement et vice versd, N°S 97 à . 100; daprès cette Union réciproque il est bien évident que Dieu a été fait Homme, et lHomllie Dieu en une seule Personne: il résulLe pareillement de lUnion de lun et de lautre, quelle est comme celle de lAme et du Corps; que cela SOiL conforme à la foi de lÉ­glise daujourdhui daprès le symbole dA.thanase, on le vOit ci-des­sus, N° ~9 ; cela est encore conforme à la foi des Évangéliquesdans un Chapitre des livles de leur Orthodoxie, quon nomme laFoiuiuLE DE CO~COHDE, où il est solidement établi, tant daprès lÉ­criture Sain~e que daprès les Pères, et aussi par des raisons, q!Jela Nature Humaine du Chlist a été élevée à la Divine lUajeslé à la .Toute-Puissance et à la Tou le-Présence, el que dans le Christ . , .lHomm(l est Dieu et Dieu Hqmme, pag. 607, 765. Il a en outre élémontré dans ce Chapitre q~e Jéhovah Dieu quant ft son Humain est , lnommé, dan~ la Parole, J.éhova~, Jéhovah.Dieu, Jéhovah Sébaolh. et
  • 150. RELIGION CHRÉTIENNE. 14,7Dieu dIsraël; cest pourquoi Paul dit, ,c Que dans Jésus-Chtist toute la. plénitude de la Divinité hahite corpmellement. " ­·Coloss. Il, 9; - et Jean dit, " Que Jésus-Christ Fils de Dieu,·est vrai Dieu et la Vie éternelle, " - 1 Epît. V, 20, 21 ; - qu~: par te Fils de Dieu soit entendu proprement lH~main du SeigneulO, QD le voit ci-dessus, N°S 92 et suiv. ; et en outre, Jéhovah Dieu ap­ pelle Seigneur et Soi-f ême et Jésus-Christ, car on lit: " Le SEI- o " -GNEUR a dit mon SE1GNEUH Assieds-toi cl ma droite .. » - Ps. CX, t : - et dans Esaïe: « Un Enfartt nous est né, un Fils nous a .-étédonné, et lon appellera son Nom DIEU, PERE DETERNITE)) - IX, 5, 6: - par le Fils est aus!>i entendu le Seigneur qoantà JHumain dans David : " Jannoncerai le statut: Jéhovah ma dit: .MON FILS, TOI, !lOI AU.IOU1OIIU1 je Tai engendté; baisez LE FILS: .de peur quil ne sirrite et que vous ne périssiez en chemin" ­ 1 • Ps. Il, 7, t2 ; - ici, est entendu non le Fils de toute éternité, mais le Fils né dans Mo01le, car cest une prophéti~ sur le Seigneur deï Vant venir, aussi est-eHeappelée le Statut que Jéhovah a annoncé à David, et dans ce Psaume on lit précédemment: « Jai oint mon Roi sur Sion.» Vers. 6, et ensuite: :" Je lui donnerai les na­ tions en héritage.) Vers. 8; cest pourquoi AUJOunoHI]l, dans ce passage, ce nest pas de toute éternité, mais cest dans le temps, caç -chez Jéhovah le futur est présent. i02. On croit que le Seigneur quaut il lHumain non-seulement a. été, mais est encore Fils de Marie; mais en cela le Monde Chrétien ~st dans une grande eneur: il est vrai quil a été Fils de Marie, mais il nest point vrai quil le soit encore, car par les actes de 1, :Rédemption il a dépouillé lHumain provenant dune ~ère, et il ~ T~U l~uma5n procédant du Père, cest de là que lHumain dq Seigneur est Divin, e.lJluen Lui Dieu esl.Homme et lHomme Dieu. Quil ait dépouillé lHumain provenant dune mère et r~vê(u ~ 4 .m 1!!.!1 qui Q!Qcéd},i t du P~Ie, eL.!llii.~st)e Divin Humain, on peut le voir en ce quil na jamais Lui-lIême appelé Marie sa mère, ainsi -que ces passages peuvent le constater: cc La Mère de Jésus lui dij: Ils nont point de vin. Jésus lui dit: Quy a-t-il entre Moi et toi.. FElIME" mon hewe nest pas encore venue. » - Jean, Il,4. ~ Et ailleurs: « De la croix Jésus voyant sa Mère,et ptès dell~­ le Disciple nuil aimait, dit cl sa Mère: FE,M~IE, ~ voilà ton fils ?IJ 1, rI
  • 151. .448 LA VRAIE Puis il dit au Disciple: Vùilà ta Mère. )). - Jean, XIX, 26, 27 :: - El une autre fois il ne la pas reconnue: « On vint dire à J é­ sus: Ta Mère et tes Irères se tiennent dehors et veulent te voir. Jésus répondant, leur dit: Ma Mère et mes fléres, ce sont ceux qui écoutent la Parole de Dieu, et, qui la font. » - Luc, VIII, 20, 21. Matth. xn, 46 à 49. Marc. m,3t il 35; - Ainsi le Sei­gneur ne la point appelée Mère, mais femme, et il la donnée pQ.ur ~J:e à Jean:· d~ ~:~utres .pa.§.sages elle ~sl appelée sa Mère, maisce Ilest pas de la boucl1e du Seigneur. Ce qui confiJme encore ce rnrme poinl, cest que le Seigneur-ne sest pas reconnu pour Fils de David, car on lit dan,; les Évangélistes: « Jésus interrogea le$ Pharisiens, en disant: Que vous semble-t-il du Christ? De qui est-il Fils? Ils lui dirent: De David. Il leur dit: Comment aonc David en esp1itLappelle-t-il son Sezgneur, en disant: Le SEIGNEUR a dit A MO:/ SEIGNEUR: Assieds-toi làma droite, jusquà ce que jaie mis tes ennemis pour marchepied de tes pieds? Si donc David Lappelle Seigneur, comment est-il son fils? Et per­ sonne ne pouvait Lui répondre une parole. Malth. XXIl,4t à 1) 46. Marc, XII, 35, 36, 37. Luc, XX, 41 à 44. Ps. CX, t. - A ce qui précède rajouterai ce fait nouveau: <c lJne fois il ma été donné­ à de parler à Marie; ell;passa7t un jour, et fut~Ciel au­ <c dessÎls deOlatête en vêtement bla~ui res~emblait à de la soie, « et sétant alors un peu anêlée, clle dit quelle avait été la loThre­ « du Seigneur, pluce quil était né delle, mais quayant été fait (c Dieu, il sétait aêpouillé de tout lHumain q,uiltenait delle, et Cf qlle par cette raison el,le l:adoraitcommeson Dieu, flt ne voulait (1 qlle personne Le reconnût pour son Fils, parce que tout le Divin « est en Lui. » Tout ce qui précède présente donc lIne preuve écla­ tante de celte vérité, que J.éhovah est Homme aussi bien dans les aerniers que dans les premiers, selon ces paroles: « Moi je suis lAlpha et lOméga, le Commencement e,t la Fin; celui qui Est,. et qui Était, et qui doit Venir, le Tout-Puissant. 1) ­ Apoc. l, 8, t 1. - « Lorsque Jean vit l~ Fils de lhomme au mi­ lieu des sept chandeliers, il tomba à- ses pieds comme mort; mais I(mi~ sat~roite sur lui, disant: lIai, je suis le Premier "et le Der~if!l." - Apoe. l, 13, tt. XXI,,6. - ~~ Voici, je viens hient<1t, poûr donnet à chacun selon son œuvre,. Moi; je suis
  • 152. RELIGIQN CHRÉTIENNE U9 rlAZpha if! Oméga, le Com,mencement et la Fin, le Premier etle Qernier. l) - Apoc. XXII, 12, 13. - Et dans Esaïe: « Ainsi,.(J, dit Jéhovah, le Roi d/sia.ël, et son Rédempteur Jéhovah Sé-: baotlt: Moi, je suis le Premier et le Dernier. » - XLIV, 6. XLVIII,1.2 . . 103. A ce qui précède je joindr~i cet Arcane: LAme qui vieq~-du père es t lhomme lui-même, et le CQrps qui YienI~e.ne~~~):homm~ en ~oi, ma~ il est daprès lhomme, cest seul~~!1ll.enJ sop vêtement, tissu de choses qui sont du Monde naturei.tandis que lAme est composée de choses qui sont dans le Mond~ spirituel; tout homme après la mOlt dépose le naturel quil a reçu.<Je la mère, et retient le spirituel qui lui vient du père, et en mêQl8;temps au.lour de ce spirituel une sorte de limbe tiré des parties les.plus pures de la nature; mais ce limbe, cbez cel.lX qui viennent dansJe Ciel, est en bas.!t le ;,;pirituel en haut. tandis que chez ceux qui "Viennent dans lEnfer ce limbe est en haut et Je spirituèl en bas; de là résulte que lhomme-ange parle daprès le Ciel, ainsi prononce l~ bien et le vrai, mais que lhomme-diable parle daprès lenfer lors­ que cest du fond du cœur, et comme daprès Je Ciel lorsque ces~ de bouche; il fait cèci dehors, et cela chez lui. Puisqué JAme dé jh9m;h~ ést lh(>mme lui·même, et quelle est spirituelle par son origine, on voit clairement que cest de là que le mental, lanimuf. 111 cilractère, linclination et laffection de laqlOur du Père demeu­ r~nt dans les enfants issus des enfants, et quils reviennent et se présentent visibles de génération en génération; cest de là que, plusieurs familles et même des nation~ sont connues daprès leur premier Père; d~ns toutes les faces dune race il y a une commun~ image qui se manifeste; et cette image nest changée !Ille par les ~pirituels de lÉglise: si la commune image de Jacob et de Jud~·deme.ure èncoredans leurs desgendants, et si par elle Qn les dis­ tingue des autres, cest par~e Ç[uils ont ét~ jusquici fermement at­ tacM~ à leur réligiosité; en effet, dan~ la semence dont chacun est.conçu? il y a· une bouture ou un provin d.e lAme du père en son plein dans une sorte denveloppe tirés des éléments de la nature; ,par l?ldans rutérus de la mère est formé son corps,qui peut être fait O,u à la ressemblance du père, ou à la ressemblance de la mèr~~ limage du père, rest~n~ n,~.anrroins en dedans, toujoul6 en eft:ort
  • 153. t50 LA VRAIElour se manifester, cest pourquoi si elle ne le peut à la première,génération, elle le fait dans les suivantes. Si lilllllg-e dlLP.è.re est en~ein dans la semence, cest parce que lAme, ainsi quil a été dit"es~ spirituelle par son origine, et que le spirituel na rien de-éom­ mun avec lespace, aussi est-il semblable à lui-même dans un petitvolume com.me dans un grand. Quant à ce qui concerne le Seigneur,. ii a, pendant quil était dans le ~Ionde, dépouillé par les actes de la rédemption tout Humain provenant de la Mère, el revêtu lHu~ main qui procédail du Père et qui est le Divin Humain; cest de lit quen Lui lHomme est Dieu, et Dieu Homltle.. 104. VIII. LA PROGRESSION VERS J:UNION A ÉTÉ LÉTAT DE SON EXI­NANITlON., ET L)UNION EI.LE-lII~ME EST LÉTAT IlE SA GLORIFICATION,. Que le Seigneur, pendant quil était dans le Monde, aiL eu deux. EtaIS, qui sont nommés état dExinanition et~état dr. Glorification,. ceJa es~ connu dans lEglise; le premier Elat, qui était celui dExi~ nanition, est décrit dans plusieurs passages de la Parole, surtout. dans les Psaumes de David, et aussi dans les Prophètes, el particu­ lièrement dans Esaïe, Chap. LIlI, où il est dit que « Jusquà la mo?! il a épuisé (exinanivit) son âme. » - Vers. 12; - ce ~ême Etat élait létat de son h1lmiliation devant le Pèle, car dans. ~et état il pria le Père; il dit quil failla volonté du Père, et ilattri...­ bue au Père tout ce quil a fait et dit; quil ait prié Je Père, on le voit par ces passages: Mallh, XVII, 43. Marc, l, 35. VI, 46. XIV .. 32 à 39. Luc, V. 15. YI, 12. XXII, 41 à 44. Jean, XVII, 9, Hi. 20; quil ait fait la volonté·du Père, on le voit dans Jean, IV, 34~ V, 30 ; quil ait attribué au Père tout ce quil a fait et prononcé. on le roit dans Jean, vm, 26,27,28. XII, 49, ~O. XIV, 10; de; plus, sur la croix il sest écrié: " jJIon Dieu,· mon Dieu, pour~ quoi Mabandonnes-tu? )) - lJatth. XXVII, 47. Marc, XV, 34 ;. - et en outre, sa~s cet état, il neût pu être crucifié. LEtat de· Glorification est aussi lEtat dUnion; il était dans cet élat, quand: il fut lransfigl,lré devant se.s trois Disciples, et aussi quand il tit-des. Mira~les, et Ioules les fois quil dit que le Père et Lui sont un, que le Pè~~ est en Lui ~t quil est dans le Père, que tout ce qui est au. Père est,: Lui; et, - après Junion plénière, - quil avait pou­ voir sur toute chair, Jean, XVII, 2, et lotit pouvoir dans le Ciel el sur Terre: Matlh, 18, outre plusieurs autres choses.
  • 154. . RELIGION CHRÉTIENNE. ilB i 05. Si le Seigneur a été dans ces deux états, celui dExinani­ lion et celui de Glorification, cest parce quil ne peut pas y avoir dautre progression vers lUnion, puisquelle est selon lOrdre Di­ vin, qui est immuable; rOrdre Divin est, que Jhomme se dispose à la réception de Dieu et se prépare pour être un réceptacle· et habitacle où Dieu puisse entrer et habiter comme dans son Temple; lhomme doit faire cela par lui-même, et néanmoins re­ connaître que cest par Dieu; il doit le reconnaître, parce que, quoi­ quil ne sente ni la présence ni lopération de Dieu, cependant Dieu opère tout bien de lamoul et tout vrai de la foi chez lhomme: cest selon cet Ord re qü.e progresse et doi t progresser tout homme, pour que de naturel il devienne spirituel: il en a été de même dit Seigneur, pour quil fit Divin son Humain Naturel; de là vient quil a prié le Père, quil a fait la volonté du Père, qui! Lui a attri­ bué tout ce quil a fait et prononcé, et qlle gUI la croix il a dit: Mon Dieu, mOIl Dieu, pourquoi lUabandonnes-tu? car dans cet état Dieu semble absent: mais après cet état vient lautre, qui est létal de Conjonction avec Dieu; dans celui-ci Jhomme agit pa­ reillement, mais alors daprès Dieû, et alors il na pas besoin, comme auparav;mt, dàttribuer à Dieu tout bien quil veut et fait et tout vrai quil pense et prononce, parce que cela est gravé dans son cœur, et e~t par suite intérieurement dans toutes se~ actions et dans toutes ses paroles. Pareillement le Seigneur sest uni il son . , Pêre, et le Père sest uni à Lui: en un mot, le Seigneur a glorifié son Humain, cest-à-dire, la fait Divin, de la même manière que ]e Seigneur régénère Jhomme, cest-Il-dire, le fait spirituel. Que chaque homme, qui de naturel devient spirituel, subisse ces deux étals, et que par le premier il entre dans Je second, etsavance ainsi du Monde vers le Ciel, cest ce qui sera pleinementdémontré dans les Chapitres sur LE LIBRE ARBITRE, sur LA CHARITÉET LA FOI, et sur LA RÉFORMATION ET LA RÉGÉNÉRATION; ici il sera dit seulement que dans le Prem iel état, qui est appelé létat oe Réfor­ malion, lhomme est dans la pleine liberté dagir selon le Rationnel de son entendement, et que dans le Second qui est létaL de Régéné­ration, il est aussi dans unli semblable liberté, mais qualors il veutet agit, pense et parle daprès un nouvel amour et une nouvelle in~telligence qui viennent du Seigneur; en effet, dans le premier état
  • 155. US2 LA VRAIE lentendement tient l~ premier rang el la volonté le second· rang, dans le second état la volonté tient le premier rang et lentendement le second, mais néanmoins lentendement daprès la volonté, et non la volonté par lentendement: la conjonction du bien et du vrai, de la charité et de la foi, de lhomme interÎle et de lhomme externe, ne se fait pas autrement. 106. Ces deux Etats sont représentés par diverses choses dans lUnive~s, et cela, parce quils sont selon lOrdre Divin, et que lOrdre Divin remplit toutes et chacune des choses jusquaux très­ singuliers dans lUnivers: le Premier état est représenté chez tout homme par létat. du premier et du second ;~âge de son enfance jus­ quà sa puberté, son adolescence et sa jellOesse, état qui est dhu­ IlJiliation devant les parents et aloisdobéi~sance, et aussi dinstruc­ tion par les maîtres et par les ministres; le Second état est repré­ senté par létal de ce même homme lorsquil jouit pleinement de son droit et. de son libre arbitre, ou de sa volonté et de son enten­ dement, état dans lequel il a le pouvoir dans sa maison, Le Pre­ mier Elàt ainsi est représenté par létat dun Prince ou Fils de Roi, ou dun fils de Duc, aant quil soit Roi ou Duc; pareillement par létat du citoyen, avant quil devienne lI)agistrat; du sujet, avant quil rempli~se!une charge; de lélève qui est init.ié au ministère,cavant quil devienneprêtre du prêtre, avant quil devienne pasteur ; au pasteur, avant quil devienne primat; de la jeune fille avant quelle devienne épollse; de la servante, avant quellesoÎt maîtresse; et en gt>néral de tout com:nisavant, quil devienne marchand; de Ltoul soldat, avanl qu l il devienne officier~ et. de toul domestique, ~vant quil ~oit maître; le premier de ces états egt lin état de ser­ ililde, et le second est létat de la volonté propre et par conséquent de lent~ndement propre. Ces deux étals sont représenlês aussi par ,différentes choses dans le Règne Animal; le premier, par les béte~ et par les oiseaux, Ümt quils sont avec)es mères et les pères qu:ils suiv~nt alors continuellement, et par lesquels ils sont nourris el élevés; et le second état, quand ils les quittent, et quils pounoient eux -mêmes à leur::; besoIns: pareillement par les vers ; le, premier, quand ils rampent et"se nourrissent de fEmilles; le second, quand ils quittent leur enveioppe et deviennent papillons. Cesdeui. ét~ts sont aussi replésentés daus les sujets du Règne végétal,; le pre~