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Emanuel Swedenborg, La Sagesse Angélique sur le Divin Amour et sur la Divine Sagesse, 1763, traduction : J.F.E. Le Boys Des Guays et Charles Humann. 1892... / Voici un livre qui mérite d'être …

Emanuel Swedenborg, La Sagesse Angélique sur le Divin Amour et sur la Divine Sagesse, 1763, traduction : J.F.E. Le Boys Des Guays et Charles Humann. 1892... / Voici un livre qui mérite d'être qualifié du beau nom de "Philosophie"... un livre pour Vrais Philosophes... un livre qui est à placer à l'origine de leurs formulations, intuitions, inspirations...

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  • 1. LASAGE·SS ANGE QUE StR LE DIVIN AMOUR BT sua U DI VI NE SAGESS AH EMMANUEL SW1:0ENBOR"",. 1ltADUIr DU LATIN PAR. J.-F.-E. LE BOYS DES GUAYS SllÏlEditionprinœps (Amsterdam,1763). EUl:IÈME tiDrr.ON Revue par C. H. ~ . PARIS, I.IBRAIRIE DE LA N()UVELl~i. J8BfJ8A. • •• 12, RUE THOOIN. ÎS92
  • 2. ~ ~ .. 0 ~ ~~• ~ ~ 7: ::> 0 < ~ - <D ~ ;:l en :;?j < 00 Z ...... ;FJ ;> ~ ...... Cl ~ -< Xl ~ ~
  • 3.
  • 4. LASAGESSE ANGÉLIQUE SUR LE DIVIN AfllDUR ET sun LA. HIVINE SAGESSE PAR E).IMA 1:UF.:L S"VÉDENDOHG. TRA.DGIT DU LATIN PAR J.-F.-E. LE BOYS DES GUAYS, gur EMonprînetps(À msllrdam, 1763;. DlmXIÈ)!E ÈDITIO~ Revue par C. H. • --~~~_. PA.RIO, LIBI1AJRIE DE LA NOUVELLE JÉRUSA r.E.ll 12, RUE THOUIN. 1890.
  • 5. LA SAGESSE ANGELIQUE SUR LE DIVIN AMOUR PREMIÈRE PARTIE. LAnwu? est la Vie de lhomme. 1, Lhomme sai t que lamour existe, mllis il ignore ce que cest que lamour; que lamour existe, il le sait daprès le langage commun. par exemple, en ce quon dit: Un tel. maime; le Roi aime ses sujets; et les sujets aimen t leur Roi, le mllri aime son épouse, et la mère ses enfants, ~t récwro­ quement; et aussi: Tel ou tel aime la patrie,lesconcit9yèns, le prochain; de même pour les choses, abstraction faite de la personne, par exemple: Il aime telle ou telle chose. Mais, quoique dans le langage il soit si universelle~nent question de lamour, toujourlii est-il quil est à peine quelquun qui sache ce que cest que lamour; quand lhomme médite sur lamour, comme il ne peut alors sen fOlmer aucune idée de la pensée, il dit ou que ~e nest rien, ou que cest !Jaule­ ment quelque chose qui influe de la vue, de louïe, 9.u tou­ cher et de la fréquentation, et ain,si émeut; illgrlQ~~ lument que cest ~a vie même, non-seulement la VIe com­ mune de tout son corps, et la vie co~mune de toutes ses pensées, mais même la vie de tous les singuliers du c.qrps et des pensées: cest ce que peut percevoir le sage. quand on dit: Si tu éloignes laffection qui appartient a lamour, peux· tu penser quelque chose, et peux-tu faire que1qlIe chose? la pensée, la parole et laction ne se refroidissent­ elles pas selon que se refroigjt r?-frey.llCllI qui a,pp.artient à lamour, et ne séchauffent·elles pas selon qp.e cette affec­ tion séchauffe? mais le sage le perçoit, noti aaprès,la con­
  • 6. 6 LA SAGESSE ANGf!:LIQUE naissance que lamour esLla vie de lhomme, mais daprès lexpérience que, cela arrive ainsi. 2, Personne ne sail ce que cest que la vie ùe lhomme, à moins quon ne sache que cest lamour ; si on ne sait pas cela, lun peut croile que la vie de lhomme, cest seule­ men t sentir et agÏ1; lautle, que cest pensel; quand cepell­ Jantla pensée est le premier effet de1a vie, et la sensation et lac~ion le second effet de la vie. Il est dit que la pensée est le premier effet de la vie, mais il y a une pensée inté­ rieure et une plus intérieure, et aussi ulle pensée exté­rieure et une plus extérieure; la pensée intime, qui est laperception des fins, est en actualité lepremier effet de lavie: mai,s il en sera parlé ci-dessous, quand il sagira desdeOrés de la vie, ~. Par la chaleur du soleil dans le monde, on peut avoirquelque idée que lamour est la vie de lhomme; que cellechaleur soil conime la vie commune de toules les végéta­ tions de la terre, cela esL connu; car par elle, lorsquellecommence à se faire sentir, ce qui aIrive dans la saison duprintemps, les végétaux de tout genre sortent de LerIe,sornen t de feuilles, puis de fleurs, eL enfin de fruiLs, etainsi sont comme vivants; mais quand la chaleur se retire,ce qui arrive dans les saisons de lau Lomne et. de lhiver,ils se dépouillent. de ces signes de leur vie, et se flétrissent.Il en est de même ,de lamour chez lhomme, cal lamoureL la chaleur se correspondent mutuellement; cest pour­quoi aussi lamour est chaud. Dieu seul, ainsi le Seigneu1" est lAmour même, parce quil est la Vie même; et les Anges et les hommes sont les 1écipients de ,la vie. 4. Ce sujet sl~ra illustré pal un grand nombre dexplica­tions dans les lIaités sur LA DIVINE PROVlDENCE et sur LAVIE; ici il sera seulement dil que le Seigneur, qui est leDieu de lUnivers, est Incréé et Infini, mais que lhommeet lange sont créés et,finis; et c.)mme le Sei~neur estIncréé et Infini, il estlEtle même, qui est appele Jéhovah,et il est la Vie même ou la- Vie en soi: nul n,e peut êtrecréé immédiatement de lIncréé,delInfini, de lEtre même,ni de la Vie même, parce que le Divin est un et non divisi­
  • 7. SUR ~ DIVIN AMOUR 7ble, mais il faut que chacun le soit de choses créées etfinies, tellement formées que le Divin Fuisse être en elles:comme tels sont les hommes et les an~es, ils sont des ré­cipients de la vie: cest pourquoi SI un homme par lapensép. se laisse entlainer au point de croire quil nestpas un récipient.de la vie, mais quil est la vie, il ne peutétre détourné de la pensée quil est Dieu: si lhomme sentcomme sil était la vic, et si par suite il croit quil est lavie, cest daplès une iilusion; car dans la cause instru­mentale la cause principale nest perçue que comme étantune avec elle. Que le Seigneur soit la Vie en soi. illensei­gne I.ui-mème dans Jean: Comme le pJre a la Vie en Lui­.![éme, ainsi il a aussi donné au Fils davoir la Vie en Lui­Même. - V. 20; - il enseigne aussi quil p.stla Vie méme,- Jean, XI. ~:>. XIV. 6. - Mainlenant, puisque la ~ie etLamo~r sont un, comme il est évident daprès ce qui vientdêt! e dit, Nol 1. ~, il sensuit que le SeigneUl, parce quileslla Vie même, est lAmour même. 5. Mais pour que cela tombe dans lentendement, il faut"absolument quon sache que le Seigneur, parce quil estlAmour dans son essence mê::.e, cest-:-dire. le DivinAmour, apparai. devant les Anges dans le Ciel commeSoiAil, et que de ce Soleil procèdent une Chaleur et uneLumière; que la Chaleur qui en procède est dans son es··s~nce lamour; que la Lumière qui en procède est dlOSson essence la sagesse; et que, autant les anges sont deslécipients de celle chaleur spirituelle et de celle lumièrespiriluelLe, autant ils sont des amours et des sagesses,non des amour3 et des sagesses daprès eux-mêmes, maisdapr;s le Seigneur. Celle chalEur spirituelle et celle lu­mière spiriluelle non-seulement influent chez les anges etles affeclent, mais aussi intluent chez les hommes et lesaffectenl., absolum~nt selon quils deviennent des réci­ pients j el ils deviennent des récipients selon leur amourenvers le Seigneur et leul amour à légard du prochain.Ce Soleil lui-même, ou le Divin Amour, ne peut par sa chaleur et sa lumièle créer quelquun immédiatement daprès soi. car ainsi il serait l Amour dans son essence, qui est le Seigneur Lui-Mème; mais il peutie créer da­ près des substances et c1es matières tellement formées, quelles puissent recevoil la chaleur même et la lumière méllle, pal compalaisoa comme le Soleil du monde ne
  • 8. 8 , tA SAGESSE ANGfLIQUEpeut pal la chaleur eLla lumière ploduire immédiatementdes ger,minations dans la terle, mais les produit daprèsdes matières de qmmus dans lesquelles 11 peut être palla chaleur et la lUlllière, et donner la végétation. Que leDivin Amour du Seigneur apparaisse comme Soleil dansle Monde spirituel, et que de ce Soleil procèdent unechaleur spirituelle et une lumière spilituelle, da:près les­quelles les .nges out lamOlli et la sagesse, on le voitdans le Traité ou CŒL ET OE LE:iFEII, N°s HU à 140, 6, Puis donc que lhomme nest pas la vie, mais est unrécipient de la vie, il sensuitque la concêption de lhommepar le père nest pas la conception de la vie, mais est seu­lementla conception de la premièle et de la plus pureforme qui peut recevoir la vie, forme .i laquelle, comme àun t3névas ou à un commencement, se joignent su<cessi­vement dans lutélUS les substances et les matières adap­tées dans des for,nes pOUl la léception de la vie dans leurordre et dans leur deglé. Le Divin nest point dans lespace, 7. Que le Divin ne soit point ùans lespace, quoiquil soitToul-Présent. et chez chaque homme dllns le monde, etchez chaque Ange dans le Ciel. et chez chaque esprit sousle l~iel, ~ela ne peut pas être saisi par lidée purement na­tUIelle, mais peut lêtre par lidée spiri tuelle : si cela nepeut pas être saisi pal lIdée naturelle, cest parco quenelle il y a lespace; cal elle a été formée daprès des ~hosesqui sont dans le mon je. et lespace est dans toules et danschacune des choses qui son t vues des yeux; 1l, tout ce quiest grand et tout ce qui est petit appartient il lespace;tout ce qui est long, large et haut appartient à lespace;en un mot, toute mesure, figule et fOlme appaltient a les­pace; cest pour cela quil a été dit que pnr lidée pure­ment naturelle on ne peut pas saisil que le Divin ne soitpoint dans lespace, quand on dit quil est patIout Néan­moins lhomme peut le saisir pal la pensée naturelle,pourvu quen elle il admette quelque chose de la lumièrespiriluelle ; cest pourquoi, il sera dabord dit quelquechose sur lidée spirituelle, et ensuite sur la pensée spiritueUe : Lïdée spilÎtuelle ne tire rien de lespace, mais ~lletire son tout de létat; létat se dit de lamour, de la vie,
  • 9. SUR LE DIVIN AMOUR 9 de la sagesse, des affections, rlesjoies qui en proviennent, en général du bien et du vrai; lidee vélitablement spiri- tuelle SUl eos choses )Ùl JiBn de commun avec lespace, elle est sup~)1ieule, et elle regarde les idées despace sous elle comme le eiel regarde la terre, Mais conllue les anges et les esplils voient par les yeux de même que les hommes dans le monde, et comme les objets ne peuvont être vus que dans lespace, ces~ pour cela que dans le Monde spi- rituel, où sont les esplj Ls et les anges, il appalait des es- paces semblables aux espaces sur terre, mais néanmoins ce ne sont pas des espaces, ce sont des appUlences, car ils ne sont ni fixes ni déterminés comme sUlterre ; en eflelils peuvent êtl e allongés et )étlécis, ils peuvent être changtls et vari8s; et comme ainsi ils ne pement êtlüdétellnillés par la meSUle, ils ne peuvent être saisis là pal aucune idée naturelle, ils le sont seulement paIlidée spilituelle, qui sur les distunces de lespace nest point autlo que comme elle est sm les distances du bien ou SUI les distances du vrai, qui son t des affini tés et des ressemblances selon ~eurs Mats, 8, Daprès cela on peut voir que lhomme, par une idée purement natUlelle, ne peut pas saisir que le Divin soit PaJtout et cependant ne soit pas dans 1espace; et que les anges et les esplits le saisissent clair ~llIent; que paJ con- séquent lhomme aussi peut le saisir, pourvu que dans sa ppnsée il admette quelque chose de la lumièle spirituelle; si lhomme peut le saisil, cest parce que cest non pas son corps qui pense, mais son espli 1., ainsi non pas son natu- lel. mais son spirituel. 9, Si plusieuls ne le saisisdent point, cüst palce quils aimelil. le natUlel. etque par eula même ils ne veulent pas élever dans la lumitre spilituelle;Hl-llessus du natulelles pensées d(~ LeU! entendoment eL (PUX qui ne le veulent pas ne peuvent pensel que daprès le;pace, mêrne il Dieu; et penser à Dieu daprès lespace, eesl. y penser d,après létendue de la nèltu rc. Ci:d est donné eomme pléliminaÏlc, paIce que sans la science et SilllS quelqle PGreeption que le Divin nes,t pas d?ns ~spa(i~, on ne peut ~ien complen-1 dre SUI la DlvlIle Vie, qUI est 1Amolli el la ~agesse. dont il sagit ici; et que pal suite on eomprendlait peu, si tou- tefois lon comprenai., quelque chose, sur la Divine-PIovi- dence, la Toute-PIésence, la Toute-Science, la Toute-Puis-
  • 10. 10 LA SAGESSE ANG~LIQUEsance, llnfinité et lEternité, dont il sera traité en série. 10, Il a été dH que dans le Monde spiriLuel il apparaîtdes espaces comme dans le Monde naturel, pal conséquentaussi des distances, mais que ce sont des apparences selonJes aliinités SpilHuelles qui apparLiennentalamour età lasagesse, ou au bien et aIL vrai: delà vient que le Seigneur,quoiquil Sùit dans les cieux chez les anges parlout, appa­rail néanmoins en haut au-dessus Jeux comme Soleil: etcomme la réception de lamour et de la sagesse fait laffi­nité avec Lui, cest pour cela que les Cieux, où les angessont daprès la réce~Lion dans une afdllité plus procHe,apparaissent plus pres de Lui que ceux ou le~ anges sont~~ns une. affinité ?lus éI9i~n~e ,: de ~à vient aussi que. lesCleux.-qUl sont troIs, qnL ete dlstmgues entre eux, pareille­ment les Sociétés de chaque Ciel; et que les Enfers sousles CitlUX sont éloi~nés selon le rejet de lamour et de lasagesse. Il en est de même des lIo:nmes. en qui et chezqui le Seigneur est présent sur toutP. la Lelre, et eela parlunique laison que le Seigneur nest point dans lespace. Dieu est lHomme JJféme, 11. Dans tous les Cieux il ny a dautre idée de Dieu q.!.elidée dun Homme ;,cela vient de ce que le Çiel dans letout et dans l,a partie est dans la forme comme un Homme.eL de ce que le Divin, qui est chez le~ anges, fait le Ciel; orla pensée sétend selon la forme du Ciel; cest pourquoipenser auLrement de Dieu est impossible aux anges: cestde là que dans le monde tous ceux qui ont été conjointsau Ciel pensent paleillement de Dieu, qnand ils pensentmLérieUlement en eux OJ dans leul esprit. De ce qu-n Dieuest Homme, Lous les anges et tous les esp1ÏLs sont hommesdans une forme parfaite; ce qui fait cela, cest la formedu Ciel, laquelle dans les très-grands eL dans les LIüs-petitsesL semblable a elle-même : que le Ciel dans 10 lout et dansla partie soit dans la forme comme un Homme, on le voitdans le Tlaité nu ClEL ET DE LENFER, N° 5J à Iii; et que lespensées sétendent selon la fOlme du ciel, on le voit, N°203. J04. Que-les hommes aient été créPs à limage et il lalessemblance de Dip.u, cela esL noLoire daprès la ,Genèse,- I. J6, 27; - on sait aussi que Dieu a été vu comme Hom,
  • 11. sUR. LÉ DIVIN AMOUR 11me par Abraham et par dautres. LE.S Anciens, depuis lessages jusquaux simples, nont pas pensé de Dieu autre-mentque comme dun Homme, et enfin quand ils ont com-mencé à adorer plusieuIs dieux, comme à Athènes et àRome, ils les ont Lous aùo~és comme hommes. Ceci peutêtre illustré pal ce passage extrait dun Opuscule publiédernièrement (1) : « Les nations, surtout les Africains, quif reconnaissent et adorent un seul Dieu Cré:l.teul de lu-c nivers, ont de Dieu lidée dun Homme; ils disent quee personne ne peut avoiI de Dieu une autre idée: quandc ils entendent dire que plusieurs se forment de Dieu unee idée comme dune petite Nuée dans un milieu, ils deman- rient où sont ceux-là; et quand on leur dil quils sonle pmmi les Chrétiens, ilsnienl que cela soit possible; maisf on leur répond quune lelle idée leur vient de ce que• Dieu dans la Palole esl appelé ESPlil, el q:uils ne pen-e sent dun espril que comme dune parlicule de nuée. ne f sachanl pas que lout espril elloul ange esl homme: ce-e pendanl il a elé examiné si leur idée spirituelle esl sem- 1 blable à leur idée nalurelle. et il a élé découvell quellec nesl pas semblable chez ceux qui reconnaissenl inté- rieUlement le Seigneur pour Dieu du deI el de la terre. r Jai enlendu un Prêlre denLre les Chrétiens, qui disail, « que personne ne peut· avoir une idée du Divin Humain; elje lai vu lransporlé vels différenles Nalions, succes- c sivemenl de plus en plus inlérieures, et aussi vers leurs Cieux, et enfin vers le Ciel Chrétien. et partout il lui fut donné communicalion de leur perceplion inlérieure sur " Dieu, el il remarqua quen eux il ny avail dautre idée « de Dieu que lidée dun Homme, qui esl la même que « lidée du Divin Humain, ) 12, Dans le Ctuislianisme Jidée populairlJ de Dieu eslcomme dun Homme, parce que Dièu esl nommé PERSONNEdans la Doclrine de la Trinilé Alhanasienne : cependanlceux qui se croienl plus sages que le peuple déclarentDreu invisible; et cela, parce quils ne peuvent ni saisircommenl Dieu, conme 1I0mme, aUlait pu créer le Ciel etla Terle, el lemplir lunivers de sa présence, ni saisir plu- (1) La CONTINUATION SUR LE JUGEMIJ;T DERNŒR, No 74; publiée lamême année. 1763, li Amsterdam. (Note du Traducteur.)
  • 12. 12 LA SAGESSE ANGnIQUE sieurs autres choses qui ne peuvent pas ~omber dans len ­ tendement, tant quon ignore que le Diin nest point dans lespace. Mais ceux qui sadressent au Seigneur seul c.on­ <oivent le Divin Humain, ainsi Dieu comme Homme . • 13. Combien il est impoltant davoir une juste idée de Dieu, on peut le voil eil ce que ridée de Dieu fait lintime de la pensée chez tous ceux qui ont (le la religion, cal tou­ tes les choses de la religion et toutes celles du culte le­ gardent Dieu: et comme Dieu est ~niverseHementet sin­ gulièrement dans toutes les choses de la religion et du culte, il en résulte que sil ny a pas une juste idéo ùe Die~, il ne peut pas y avoiI cotnmunication avec les Cieux: ces t de là que chaque Nation ùans le Monde spirituel obtient une place selon lidée de Dieu comme Homme. car d~n:: cette idée, et non dans une autre, il y a liMe du Seigneur. Que létat de la vie de lhomme apres la mOlt soit selon lidée de Dieu affilmée chez lui, on le voit clairement pal son opposé, en ce que la négation de Dieu. et dans le Christianisme la négation de la Divinité du Seigneur, fait lenfer. LÊtre et lExister dans Dieu-Homme sont disUnctement lm. 11. OÜ est l:Être, là est lExistel; lun nest pas sans lautre; car lEtre Est par lExistel, et non sans lui. Le Ha ­ ~iolJnel saisit cela, quand il pense sil peut y noil quelque ELre qui nExisLe pas, eL sil peut y aVJir un Existel sinon daprès lj<,tre; et puisque lun est donné avec lautre eL non sans laulle, il sen suit quils sont. un, mais disLinc­ tement un. Hs sonL distinctement un comme lAmour et la Sagesse; lAmour aussi est lÊtre, et la Sage,;se est lExistel, cal il ny a pointùAmoul sillon dans la Sagesse, et il ny a point de Sagesse sinon daprès L.IlIOUI·, cesL pourquoi quand lAmour est dans la Sagesse, alOI;, il Existe: ces deux sont tellement un, quils peuvenL, il est lai, être disLing1l8s par la pensée, mais non en fail; eL tamUIe ils pemen Lêtre disLingués par la pensee ,eL non ell faiL, oilà pouquoi il estdit : Distinctement un. LElre et lExi.~Ler dans Dieu-Homme son l distinctement un aussi eOll1me lArrieet le COlpS ; il ny a poinl dAme sans SOli cOlps,lli clecOIPS) llaus son Amg : cest la Divine Allie de Dieu· Homme qui.
  • 13. SUR LE DIVIN AM.(!)UR 13 ,est en tendue par le Divin E.tr~, et cest son Dilin Corps quiest entendu par le Divin Exister. Que lâme sans le corpslpuisse exister, et quelle puisse penser et être sage, cest­là une erreur qui provient dillusions; c!ll_lQlJte _!!!1.edhomme est dans un corps spirHuel, après quelle a r:.e­jelé les dépçmilles matérielles quelle portail aulour afelledans le monde. ­ 15. Que lÈ.re ne sail pain tlÊtre à moins quil nExiste,cest rarce quaupalavant il nest pas dans une forme; etsil n est pas dans une forme, il na pas de qualité; et cequi na pa~ de qualité nest pa~ quelque chose. Ce qui Existedaprès lEtre fail un avec lEtre par cela quil vient del~are, cest de là quil y a union en un, et c~st de li"l quelun appar·tient à lautre mutuellement et vice ve1sfî, et quelun est tou. dans toutes les choses de lautre comme en soi. 16, Daprès ces explications, on peut voir que Dieu est Homme et que par là il est Dieu Existant, Existunl non pas daprès Soi, mais en Soi: Celui qui existe en Soi est Dieu. de Qui procèdent toutes choses. Dans Dieu-Homme les Infinis sont d2:stinctement un. 17, On sail que Dieu est Infini; en effet, il est appelé In­ fini; mais il est appelé Infini. parce quil est Jnfim : il est Infini, non pas pal cela seulement quil estlEtlo même et lExister même en soi, mais parce que les Infinis sont en Lui; lInfini sans les Infinis en Lui nest Infini que quant au nom seul. Les Infinis en Lui ne peuvent être dits ni in­ finiment nombreux, ni infiniment tous, à cause de lidée natUlelle attachée aux expressions nomûreu,x etlolls, cal lidée naturelle dinfiniment nombreux est limitée, et celle dinfiniment tous est, il est nai, illimitée, mais elle tient aux choses limitées dans lunivers: cest pourquoi lhomme, parce quil est dans lidée naturelle, ne peut pas pal ~ubli­ mation ni par approximation venir dans la perception des Infinis en Dieu; mais lAnge, paree quil est dans lidée spirituelle, peut par sublimation et par approximation ve· nir au-dessus du degré de lhomme, non cependant jus­ quà cette perception. 18. Que les Infinis soient dans Dieu, cest ce dont peut trouver la preuve chez soi quiconque cr<>it que Dieu est
  • 14. 14 LA SAGESSE AJIIGÉLIQUEHomme: Puisque Dieu est Homme, il a un corps, et tout cequi appartient au corps; ainsi, il a une Face, une Poitrine,un Ventre, des Lombes, des Pieds, car sans ces parties ilne serait point Homme; et puisquil a ces parties, il a aussides Yeux, des Oreilles, des NaJines, une Bouche, une Lan­gue; puis aussi les parties qui sont intérieuremenl danslHomme, comme le cœur et le Poumon, et celles qui endépendent, qui toutes prises ensemble font que lhommeest homme: dans lhomme créé ces parties sont en grandnombre, et considérées dans leurs contextures elles sontinnombrables; mais dans Dieu-Homme elles sont infinies,rien ny manque, de là chez Lui linfinie perfection. Sil estfai tune com9,araison de lHomme Incréé, qui est Dieu, aveclhomme creé, cest paree que Dieu est Homme, et parcequil est dit par Lui, que lhomme du monde a été créé àson image ~t selon sa ressemblance, - Gen. I. 2fJ, 27, 19. Que les infinis soient dans Dieu, cestce qui est bienplus évident pour les Anges daprès les Cieux dans lesquelsils sont: Le Ciel entier, qui consiste en des myriades demyriades dAnges, est dans sa forme universelle commeun Homme; chaque société du Ciel, tant grande que petite,pareillement; de là aussi lAnge est homme, car lAnge estle Ciel dans la forme la plus petite; quil en soit ainsi, onle voit dans le Traité DU CIEL ET DE r:EliFER, N°S 51 à 87, LeCiel dans le tout, dans la pallie et dans lindividu. est dansune telle forme daprès lé Divin que les Anges reçoivent,car autant lAnge reçoit du Divin, autant il est homme dansune forme parfaite: cest (le là quil est dit que les Angessont dans Dieu, et que Dieu est dans eux, et aussi que Dieuest leur tout. Il est impossible de décrire quelle multitudede choses il y a dans le Ciel; et comme le Di vin fait le Cielet que par conséquent cette multitude inexprimable dechoses procède du Divin, il devient bien évident que lesInfinis sont dans lHomme Même, qui est Dieu. 20. On peut daplès lUnivers créé tirer une semblableinduction, quand on le considère par les usages et parleurs correspondances: mais avant que cela puisse êtrecompris, il faut que des préliminaires lillustrent. 21. Puisque dans Dieu-Homme, il y a les Infinis, qui,dans le Ciel, dans lAnge et dans lHomme, apparaissen tcomme dans ur. miroir, et puisque Dieu-Homme nest pointdans lespace, ainsi quil a été montré ci-dessus, N°S 7., 8,
  • 15. ~UR LE DTVlN AMOUR 15 9, 10, on peut en quelque sorte voir et saisir comment Dieu peut être Tout-PrésenL, Tout-Sachant et fout-Prévo­ yant, et comment il a pu comme Homme créer toutes cho­ ses, et peut comme Homme tenir éternellement dans leur ordre taules les choses créées par Lui. 22. Que les Infinis soienL distinctement un dans Dieu­ Homme, on peut encore le voir comme dans un miroir daprès lhomme: Dans Lhomme il y a des parties en gran­ de quantité et innombrables, comme ila déjàétédit,mais néanmoins lhomme les sent comme un; paI le sens il ne sait lien de ses Cerveaux, de son Cœur, de son Poumon, de son Foie, de sa Hate, de son Pancréas; ni rien des par­ ties innomJJIables qui sont dans les Yeux, dans les Oreil­ les, dan, la Langue, dans lEstomac, dans les Membres de la génération, el dans toutes les autres choses qui le cons­ liluent; et parce que par le sens il nen sait lien, il est pour lui-même comme un. La cause de cela, cest que tau· tes ces choses sonL dans unt. telle fOlmB, quïl ne peut pas en manquer une seule; car il est une forme récipiente de la vie qui procède de Dieu-Homme, comme il a été démon­ tré ci-dessus. N°s 4. 5.6; daprès lordre etla connexion de toutes ces choses dans une telle forme se présen te le sens et par suite lidée, comme si elles étaient non pas en gran­ de quantité et innombrables, mais un. De là on peut con­ clure que ces partie.s en grande quantité et innombrables qui font comme un dans lhomme, sont distinctement et même tlès-distinetement un dans lHomme Même qui est.Dieu.Il Y a un seul Dieu-Homme de Qm: p1ocèdent tOlltes choses. 23. Tout ce qui appartient à la Raison humaine se léunitet pour ainsi dillJ se c.oncentle en ceci, quil y a un seulDieu Créateur de lunivers; cest pourquoi lhomme qui ade la raison ne pense et ne peut penser autrement daprèsle commun de son &ntendemenL: Dis à quelquun. quijouit.dune lahan saine, quil JT a deux Créateurs de lunivers, ettu découvliras de sa part une répugnance contre toi. et.peut-être daprès le son seul du langage dans loreille: ilest donc évîdent que tout ce qui appartient à la Raisonhumaine se réunit et se concentre en .::eci, quil y a un
  • 16. 16 LA SKGESSE ANGÉLI~UE seul Dieu: quil en soit ainsi. il y a pour cela deux causes; la P,ennère, cest que la faculté.même de penser rationnel ­ lement, considérée en elle-même, appartient non pas à , lhomme, mais à Dieu chez lhomme; de cette faculte dé ­ pend la Raison humaine dans le commun, et le commun fait que lhomme voit cela comme par lui-même. La Se­. conde, cest que lhomme, par celle faculté, ou est dans la lumière du ciel, ou en Lire le commun de sa pensée; et luniversel de la lumière du Ciel est quil ya un seul Dieu. n en est autrement si lhomme, daprès cette faculté, a pererti les inférieurs de len Lendement, celui-Ill, il est vrai. jouit de cette faculté, mais par la torsion des inférieurs il la tournée dans un autre sens, de là sa Baison cesse dêtre saine. 2!~. Tout homme, sans quil le sache, pense dune Assem­ blée dhommes comme dun seul homme, cest. même pom cela quil perçoit aussitôt, quand on dit quun Hoi est la Tête. eL les sujets le Corps, et aussi quand on dit que t.el ou LeI esL dans le Corps commun, cest-à-dire, dans le Ro­ yaume. n en est du Corps Spiri tuel comme du Corps Civil; le Corps spirituel est lEglise, sa Tète est Dieu-Homme; de li, on voit c1airemel1t comment dans cette perception lE­ glise apparaîtraiL comme Homme. si lon ne pensait pas à un seul Dieu Créateur et COllservateur, mais quau lieu de ponser il un Seul on pensùtù Plusieurs; dans cette percep­ tion elle apparaîtrait comme un seul Corps sur lequel il y aurait plusieurs Têtes, ainsi non comme un Homme mais comme un Monstre. Si lon disait que ces Têtes ont une seule Essence, et que pal là elles fon t ensemble une seule Tête, il nen pourrait résulter dautre idée, sinon quune Tête a plusiems fal,es. ou que plusieurs Têtes ont une seule face. ainsi lÉglise dans cette perception se prés~n­ terait difforme: et cependanL un. seul Dieu est la Tête, et lEglise est le Corps, qui agit au gré-de la Tête, et non par soi, comme il arrive aussi dans lhomme. De là vient aussi que dans un .Hoyaume il ny a quun seul Roi; car plusieurs déchireraient, mais un se1.1 peut maintenir. 25. n en serait de même dans lEglise répandue sur tout le globe, laquelle est nommée Communion, parce quelle est comme un seul Corps sous une seule Tête: on sail que la Tète dirige à son gré le Corps qui est sous elle, car dan~ la Tête résident lentendement et la volonté, et
  • 17. SUR LE DIVIN AMOUR 17le corps est mis en action daprès lentendement et lavolon~é, a,u p04.nt que .la,,~orps es.t seulement une obéis­sance: le corps ne peut rien faire que daprès lentende­ment et la vqlonté, qui sont dans la Tête; de mêmelhomme de lEglise ne peut rien faire que daprès Dieu;il semble que le corps agisse de lui-même, par exemple,que les mains et les pieds en agissant se meuvent deux­mêmes, et que la bouche et la langue en parlant seremuent delles-ffièmes, lorsque cependant ils ne font riendeux mêmes, mais agissent daprès laffection de la vo­lonté et par suiLe daprès la pensée de lentendement, quisont dans la fête. Pense maintenant: Si sur un seul corpsil y avait plusieurs têtes, et que chaque tête fîtt indépen­dante quant â. son entendement et à sa volonté, est-ce quele corps pOUlraiL subsister? entre elles il ny aurait paslunanime tel quil appartient à une seule tète. De mêmequil en est daus lEglise, de même il en est dans le Ciel,qui se compose de myriades de myriades dAnges; si touset chacun ne portaienl pas leurs regards vers un seul Dieu,ils tomberaient lun par laulre, et le Ciel serail dissipé:cest pourquoi dès qu:un ange du ciel pense seulement àplusieurs dieux, il est aussitOt séparé, car il est jelé dansles derniers confins des cieux, et il tombe. 26. Comme tout le Ciel et toules les choses du Ciel seréfèrent à un seul Dieu, cest pOUl cela que le langageangélique est tel, que par un celLain àccord découlant delaccord du Ciel il se termine en un; indice quil est impos­sible aux anges de penser autrement quà un seul Dieu, carle langage procède de la pensée. 27. Quel homme, dont la raison est saine, ne doit paspercevoir que le Divin esL indidsible, et quil ny a ni plu­sieurs lnfiuis, ni plusieurs Incréés, ni plusieurs Tout-Puis­sants, ni plusiems Dieux! si quelquautre, privé de la rai­son, disait que plusieurs Infinis, plusieurs Incréés, plu­sieurs Tout-Puissanls, et plusicUls Dieux sont possibles,pourvu quils aient une mème essence, ct quainsi cest unseul Infini, un seul Incréé, un seul TouL-Puissant et un seulDieu; est-cc qUUD(~ même essence nest pas une mêmechose! et une méu[() chose petit-elle être chez plusieurs? silon disait que lun procède de lautre, alors celui qui pro­cède dun autre nest pas Dieu en soi, et cependant Dieu en 2
  • 18. ~18 LA SAGESSE ANGÉLIQUEsoi est Dieu de Qui procèdent toutes choses, vo1r ci-des­sus N° 16. La Divine Essence même est lAmour et la Sagesse. 28. Si tu rassembles toutes les choses que tu connais, etque tu les places sous lintuition de ton men lai, et quedans une certaine élévation de lesprit tu recherches ce quecest que luniversel ,de toutes, choses, tu ne pounas faireautrement que de conclUle que cest lAmour el la Sagesse;car ce sont là les deux essentiels de toutes les choses de lavie de lhomme; tout son Civil, tout son Moral el tout sonSpirituel dépendent de ces deux, et sans ces deux ils nesont rien: de même toutes les choses de la vie de lHommecomposé, qui est, comme il a déjà été dit, une Société soitgrande soit peliLe, un Royaume et un Empire, lEglise, etaussi le Ciel Angélique. Otes-en lamour et la sagesse, etpense alors sils sont quelque chose, et tu découvriras quesans lamour et la sagesse, comme (principes) dont ils pro­cèdent, ils ne sont rien. 29. Que dans Dieu il y ait lAmoUl et en même. temps laSagesse dans leur essence même, personne ne peut le nier,car daprès lAmour en Soi Dieu aime lous les hommes, etdaprès la Sagesse en Soi il les conduit lous. LUniversCréé, considéré daprès lOrdre, est même tellement pleinde la Sagesse procédant de lAmour, quon dirait que tou­tes choses dans le complexe sonl la sagesse même; carelles y sont indéfiniés dans un tel ordre, successivement etsimultanément, que prises ensemble elles font un; cest delà., et non dautre parl, quelles peuvent êlre conlenues etêtre perpétuellement conservées. SO. De ce que la Divine Essence même èst lAmour et laSagesse, il résulte que chez lhomme il y a deux Facultésde la vie, daprès lune desquelles il a lEntendement, etdaprès lautre la Volonté; la faculté, daplès laquelle il alEntendement, Lire tout ce qui lui appartient de linflux dela Sagesse procédant de Dieu, et la faculté, daprès laquelleil a la Volonté, Lire tout ce qui lui apparlient de linflux delAmour procédant de Dieu: de ce que lhomme nest passage et naime pas, comme il le devrait, cela nOte pas lesfacultés, mais seulement cela les ferme, et tant quelles sont
  • 19. SUR LB DIVIN AMOUR 19fermées, lentendement, il est vrai, est appelé entendement,et la volonté est appelée volonté, mais toujours est-ilquessentiellement ce nest ni lentendement ni la volonté;cest pourquoi, si ces facultés étaient ùtées, alors périraittout humain, qui consiste à penser et dal)lès le penser àparler, el aussi à vouloir et daprès le vouloir à agir. Delà il est évident que le Divin chez lhomme réside dans cesdeux facultés, qui sont la faculté dêtre sage et la facultédaimer, cest-à-dire que lhomme pout. Que pouvoir êtresage ct pouvoir aimer soit dans lhomme, quoiquil nesoil pas sage et quil naime pas ainsi quil peut, cest ce quiest vellU à ma connaissance daprès de nombreuses expé­riences. que lon Yona ailleurs en abondance. 31. De Cl-! que la Divine Essence même es,llAmour et laSagesse, il résulte que toutes choses dans lUnivers selefè­lent au Bi()J1 d au Vrai; car tout ce qui procède de lAmouresL appelé bien, et toul ce qui IHocède de la Sagesse estappelô lai; mais il sela clonné Œi-dessous de plus grandsdétails sur ce sujet. 32. ne ce que lu ])Ïinc Essence même est lAmour et laSagesse, ilrésulle que lUnivers et toutes les choses quilrenferme, tant vivantes que non vivantes, subsistent da­près la Chal<-JUl et la Lumière; cal la Chaleur corlespond àlamour, el la Lumière cOllespond à la sagesse; cest mêmepour cela que la Chalour spirituelle est lAmour, et que laLumière spirituelle est la Sagesse: mais SUI ce sujet ilsera aussi donné ci-dessous de plus grands détails. 33. Du Divin Amour ot de la Diine Sagesse, lesquelsfont l:EssoIlce même qui est Dieu, Urent leur origine toutesles afleelions el toutes les pensées cuez lhomme, du DivinArnoul les a:tïeeLions, el. de la Di.ine Sagesse les pensées;et toutes et chacuml cles choses de lhomme ne sont quaf­fection el pellsée, ces doux sont comme les sources de tf)u­tes les choses de sa vie; de laffection ct de la pensée pro­viennent Lons les plaisirs el lous les charmes de sa vie, delafleclion de son amonr les plaisirs, et de la pensée de ceUeatrection les charmes. Maintenant, comme lhomme a étécréé pOUl être récipient, et quil est récipient en t.ant quilaime Dicu, el que dnpr(>s lamolli envers Dieu il a de lasagesse, cesl-à-cli!"), en lant quil a de laffection poU! leschoses -qui procèdent de Dieu, et en tant quil pense daprès
  • 20. 00 LA•• S,~~E~,ANGE~Q.UEc*"e:,~?:eeti~I!-. il s:e?suil. que la Di1ne Essence, qui estGreatnce, est le Dlvm Amour et la DivIne Sagesse. le Divin Amour appartient à la Divine Sagesse, et la DiIJine Sagesse appartient au Divin AmoU?. 34. Que le Divin Être eUe Divin Exister dans Dieu- Hommesoient distinctement un, on le voit ci-dessus, N°s H à 16 ;et comme le Divin Être est le Divin Amour, et que le DivinExister est la Divine Sagesse, cest pour cela que le DivinAmoul etla Divine Sagesse sont de même distinctement un.Ils sont dits distinctement un, parce que lAmour et. laSagess-e sont deux choses distinctes, mais tellemerll unies,que lAmour appartient à la Sagesse, et la Sagesse à lA­rnOUl; car lAmour Est dans la Sagesse,et la Sagesse Existedans lAmour: et Comme la Sagesse tire son Existel delArnoul, ainsi quil a été dit ci-d~ssus, N° 15, il en résulteque la Divine Sagesse est aussi lEtle ; il suit de)à que lA­mour et la Sagesse pris ensemble sontle Divin Etre ; maisque, pris distinctement, lAmour est appelé Divin Etre, et laSagesse Divin Exister. Telle est lidée Angélique sur leDivin Amour et sur la Divine Sagesse. 35. Puique telle est lUnion de lAmour avec la Sagesse,et de la Sagesse avec lAmour dans Dieu-Homme, la DivineEssence ost une; cal la Divine Essence est le Divin Amourparce que cet Amour appartient à la Divine Sagesse, et elleest la Divine Sagesse parce que cetle Sagesse appartient auDivin Amour: et puisque telle est leur union, cest aussipour cela que la Divine Vie est une: la Vie est. la DivineEssence. Si le Divin ArnoUl et la Divine Sagesse sont un,cest parce que lUnion est réciproque, et que lunion réci­proque fait lunité. Mais il en sera dit davantage ailleurssu,~ lunion réciproque. :36. Vunion de lAmour et de la Sagesse est aussi danstoute Œuvre Divine; de cette union vient la pürpétuité etmême léternité de lœuvre. Sil y avait plus de Divin Amourque de Divine Sagesse, ou plus de Divine Sagesse, que deDivin Amour dans quelque œuvre créée, elle ne subsiste­rait quen tant quil y aurait autant de lun que de lautre;ce quil y a de surplus passe. 37. La Divine Providence dans laction de réformer, régé­
  • 21. SUR liE >DIViN AMOTIR ~1nérer el. sauver les hommes participe également du Div.inAmour el. de la Divine Sagesse; avec plus de Divin. Amourque de Dh-irw Sagesse, ou plus de Diine Sagesse que deDivin Amour, lhomme ne peut être ni réformé, ni régé­néré, ni sauvé: le Diin AUlOur veut sauver tausles hom­mes, mais il ne peuL sauver que palla Divine Sag.eslio et àla Divin~Sagesse-appalLieJlmen toutes les lois·par lesquel­ .les se tail la salvution, el lArnoul ne peut transgresserCeS lois, puisque le Divin Amour ct la Divine Sagesse &..onlun, et agissent. en union. 38. Le Divin Amour el.1a Divine Sagesse dans la Parolesont entendus par la Justice el le Jugement, le Divin Amourpar la Justice, et la Divine Sagesse par le Jugement; cestpourquoi dans la parole il est dil ,Justice et Jugement enparlant de Dieu; par exemple, dans Dnvid: c La Justiceet le Jugement (sonl) le soutien de ton Tr6ne•• - Ps.LXXXIX. 15. - Dans le Même : c Jéhovah {em .$or.tircomme la lumière ta Justice et ton Jugement comme lemidi. » - Ps, XXXVIl, 6. - Duns lIoschée: c Je me {lance­rai èt t01: pOUl léte1nité en Ju·stice et .Jugement. » - Il. 19.- Dans Jérémie: c .Ie suscite1ai à David un ge1-me lustr:,qui règnem. Roi: et il.fera .Jugement et Justice en la te1"1·e. »- XXIlI. 5. - Dans Esaïe: c Il sem assis Stt1 le tr6ne deDavid et sur son 1oyaume pour laffermi1 en Jugement eten J1tstice, » -IX. 6. - Dans le même: c Exalté sera Jé­hovah pa1ce quil a ;,.empli Sion de Jugement et de Justice.» - XXXIII. 5. - Dans David: c Qttanll jaJtrai appris lesJugements de ta Justice: sept fois dans lelou1je telo.uestl1·le.~ Jugements de la .Justice. » - Ps. CXJX. 7, 16.i. - Lamême chose est entendue par la Vie el par la Lumière dansJean: c En EUe la Vie était, et la Vie était la Lttmià,e deshommes. ) - 1. 4·; - là, par la Vie est entendu le DivinAmour du Seignem, et pal la Lumière sa Divine Sagesse.La même choseesL encore entendue pal la Vie et par l:Es·plit dans Jean: c Jésus dit: Les paroles que Moi je ·vous .p1ononce sont Esprit et sont lie, » - VI. 6:t 39. Dans lhomme, lamour et la sagesse apparaissentcomme deux choses sépalées, mais néanmoins en elles­mêmes elles sont distinctement. un. palce que chez lhommela sagesse est telle quest lamoul, el lamour tel quest lasagesse; la sagesse qui ne fait point un avec son.amoul, apparaiL comme si olle étailla sagesse, et cependant elle
  • 22. 22 LA SAGESSE ANGÉLIQUEne lest point; et lamour qui ne fait point un avec sa sa­gesse, apparaît comme sil élaillamour de la sagesse, quoi­quil ne le soit poinl, caI lun doiL tirer de lautre son es­sence et sa vie, réciproquement. Si la sagesse et lamourchez lhomme apparaissent comme ùeux choses séparées,cest parce que la faculLé de comprendre chez lui esl sus­ceptible dêlre élevée dans la lumière du ciel, mais non lafacullé daimer, si ce nesl quen tant que lhomme faiL demême quil comprend; cesl pourquoi la chose de la sa­gesse apparente, qui ne fail poinl un avec lamour de lasagesse, relombe dans lamour qui faiL un, lequel peut êtrelamour de la non-sagesse, et même lamour de la folie;car lhomme peut daprès la sagesse savoir quil lui faulfaire telle ou telle chose, et néanmoins il ne la fait poinl,parce quil ne laime point; mais autant daprès lamour ilfail ce qui appartient à la sagesse, autant il est limage deDieu. Le Divin Amour et la Divine Sagesse sont une Substance et une F01nw. 40. Lidée que les hommes vulgaires ont de lAmour etde la Sagesse, est comme de quelque chose de volatil el defluant dans lair subtil ou éther, ou comme dune exhalai­son de quelque chose de semblable; et à peine est-il quel­quun qui pense que cet Amour et cette Sagesse sont enréalité et en actualité une Substance el une Forme. Ceuxqui voient que cest une substance et une forme, perçoivent néanmoins lamour el la sagesse hors dun sujetcomme profluant de lui, el ce quils perçoivent hors dunsujet comme profluanl. de lui, quoique connue volatil etfluant, ils le nomment aussi substance et fornw, ne sachantpas que lamour el. la sagesse sont le sujet lui-même, etque ~e qui est perçu hors de ce sujet connue vol:lLil etfluant, est seulement Japparence de létat du·sujet en lui­même. Si cela na point été vu jusquà présenl, il y en aplusieurs raisons; entre autres, cest quI les apparencessonlles premières cl10ses dont le Menlal humain formeson entendement, et quil ne peut les dissiper que par larecherche de la cause; el si la cause est profondémentcachée, il ne peut la rechercher, à moins quil ne lienne
  • 23. SUR LE DIVIN AMOUR 23 long-temps lentendement dans la lumièrespiriluelle, dans laquelle il ne peut pas le tenir longtemps à cause de la lumière naturelle qui continuellement le relire. Néanmoins, la vérité est, que lamour et la sagesse sont une subslance et une torme réelles et actuelles, qui cons-.tiluentle sujet lui-même. 41. Mais comme celle vérité est contre lapparence, elle peut être considérée comme ne méri tan t pas la confiance, à moins quelle ne soitdémonlrée, etellene peut être démon- lrée que par des cboses que lhomme peut percevoir da- près le sens de son corps; elle va donc être démontrée par ces choses. Il y a chez lbomme cinq sens externes, qui sont nommés Je louchel, le goût, lodorat, louïe et la vue. Le sujet du Toucher r.st la Peau, dont lhomme est enve- loppé ; la substance même Ht la forme même de la peau font quil sent Jes choses qui jr sont appliquées; le sens du toucher nest point dans les choses qui sont appliqnées, mais il est dans la substance et dans la forme de la p~au, lesqur.lles sont le sujet; ce sens est seulement lafTeclion du sujet produite par les ehoses qui on t été appliquées. Il en est de même du Goût; ce sens est seulement laffection de. la substance ct de la fOlme qui appartiennent li. la lan- gue, la langue est le sujet. Il en est de même de lOdorat; on sail que lodeur affecte les narines, quelle est dans les nalines, et quelle est lallection des narines daprès les chuses odoliférantes qui les touchent. Il en est de même de lOuïe; il semble que louïe soil dans le lieu où le son coml11~mce, mais rouie est dans loreille, et elle est laffec- tion de la substance et de la forme de loreille; que louïe soit à distance de loreille, cest là une apparence. Il en est de même de la vue; lorsque lhomme voil des objets à une disL:lnce, il semble que la vue soillà, mais néanmoins elle est dans lœil qui est le sujet, et pareillement elle est laf. fection du sujet: le distant vient seulement du jugement qui conclut SUI Jespace daprès les intelmédiaires, ou da- près la diminution ~t par suite daprüs lobscurcissement de lobjeL, dont jimage se présente intérieurement dans lœil selon langle dincidence: de là il est évident que la vuo ne sort point de lœil crs lobjet, mais que limage de lobjet entre dans lœil, et en affecte la substance et la forme: en otTot, il en est de la vue comme de louïe; louïe ne sorL pas non plus de loreille pour saisir le son, mais le
  • 24. 24 LA SAGESSE ANGÉLIQUEson entre dans loreille, et il laffecte. Daprès ces explica­ tions, çm peut voir que laffection de la substance et de laforme, qui fait l~ sens, nest point quelque chose de sé­ paré du sujet, mais quelle fait seulement en lui un chan­gement, le sujet restant sujet alors comme auparavantet après; il SUit de là que la vue, louïe, lodorat, le goût etle toucher, ne sont point quelque chose de volatil effluantde leurs organes, mais quils sont les organes considérésdans leur substance et dans leur forme; quand la sub­st.ance et la forme son t affectées, le sens se fait. 42. Il en est de même de lAmour flt de la Sagesse, avecla seule différence que les substances et les formes, quisont lamour et la sagesse, ne paraissent pas devant lesyeux, comme les organes des sens externes; mais néan­moins personne ne peut nier que les choses de lamour etde la sagesse, qui sont nOl1lmées pensées, perceptions etaffections, soient des substances etdes formes, et non desêtres (entia) volatils et qui tluent du néant, ou des abs­tractions sans substance ni forme réelles el actuelles, subs­tance et forme qui sont les sujets: en effet, il y a dans lecerveau dinnombrables substances et jinnombrables for­mes, dans lesquelles réside tout sens intérieur qui se ré­fère à lentendement et à la volonté. Qlie toutes les affec­tions, les perceptions et les pensées ny soient point dessouffles exhalés de ces substances et de ces formes, maisquelles soient en actualité et en réalité des sujets qui né­mettent rien deux-mêmes, mais qui seulement subissentdes changements selon les affluants qui affectent, cest cequon peut voir daprès ce qui vient dêtre dit des sensextelnes. Il en sera dit davantage ci-dessous sur lesaftluants qui atfectent. 43. Daprès ces explications, on peut dabord voir que leDivin Amour en soi et la Divine Sagesse en soi sont uneSubstance et une Forme, car ils sont lÈtre même et lE­xister même; et si un tel Être et un tel Exister nétaientpas, comme ils le sont, une substance et une fvrme, ils neseraient quun être de raison, qui en soi nest rien.Le Dwin Amour et la Divine Sagesse sont la Substance en soi et la Forme en soi, ainsi le Soi-ll!éme et lUnique. 44. Que le Divin Amour et la Divine Sagesse soient une
  • 25. SUR LE DIVIN AMOUR 25Substance et une. Forme, cest ce qui vient dêtre confirmé;et que le Divin Etre el le Divin Exister soient lr...tre etlExister en soi, cest aussi c~ qui a été dIt ci-dessus. Il nepeut pas être dit que cest lEIre et lExister daprès soi,parce que cela enveloppe un commencement, et mêmedaplès, quelquun en lui qui est l~tre et lexiste) en soi;mais lEtre même et lExister même en soi est de touteéternité (ab œte1no); lÈtre même et lExislermême en soiest aussi incréé. et tout créé ne peut être que daprès lIn­cléé, et ce qui a éLé créé, est fini aussi, et le fini ne peutnon plus exister que daprès lrnfini. 4·:>" Celui qui, par quelque pensée, peut concevoir eL sai­sir lEtre eL lExister en soi, concevra etsaisira pleinementque cest le Soi-Même et lUnique; est appelé le Soi-Mêmece qui seul EsL, et lUnique cc dont plocède tout autre.Maintenant, comm~ le Soi-Mème et lUniquE esl, une Subs­tance et une Forme, il sen suit que cest la Substance même et unique et la FOIme même et unique; et commeceLte SubsLanee même et cette Forme même est le Divin ÂmoUl et la Divine Sagesse, il sen suit que cest l Amourméme et unique e.lla ~agesse même et unique, que parconséquent cest lEssence même et unique, et aussi la Viemême et unique, car lAmour et la Sagesse, cest la Vie. i6. Daprès cela, on peut voir combien pensent sensuel­lement. cest-à-dire, daprès les sens du corps, et dapr~~sles ténèbres de ces sens dans les choses spirituelles, ceux qui disent que la Nature est daprès elle-même; ils pen­ sent daprès lœil, et ne peuvent penser daprès len Lendp-­ ment; la pensée daprès lœil ferme lentendement, mais la pensée daprès lentendement ouvre, lœil : ceux-là Jl(~ peuvenL pas penser quelque chose sur lEtre eLlExisteren soi. ni penser que cest lÉternel, lIncréé et lInfini; ils ne peuvent pas non plus penselquelque chose SUl la Vie, sinon comme SUI une chose volatile qui tombe dans le néant, ni autrement SUI lAmouI et la Sagesse; ils ne pensent nul­ lement que cest de lun etde lautre que procèdent toules les choses do la nature. Que toutes les choses de la nature procèdent de lamour et de la sagesse, on ne peut pas non plus le voÎl, à moins que la natUle ne soit considérée da­ près les Usages dans leur série et dans leur ordre, et non aaprès quelques-unes de ses formes, qui sont les objets de lœil seul; car les usages ne proviennent que de la vie,
  • 26. 26 LA SAGESSE ANGÉLIQUEet leur série et leur ordre ne proviennent que de la sagesseel de lamour. mais les formes sont les contenants des usa­ges ; si donc on ne considère que les formes, on ne peutpas dans la nature voir quelque dlOse de la vie, ni à plusforle raison quelque chose de lamour et de la sagesse, nipm conséquent quelque chose de Dieu. Le Divin Amour et la Divine Sagesse ne peuvent quêtre et exister dans dauttes, àéés pm eux. 47. Le soi-mAme de lamour nest pas de saimer, maiscest Jaimer les autres etdêtre conjoint à eux pal amour;le soi-même de lamour est aussi dêtle aimé des autles.car ainsi il est conjoint; lessence de lout amom consistedans la conjonction; de plus, dans la conjonction consistesa vie quon appelle plaisir" charme, délice, douceul, béa­titude, bonheur et félicité, Lamoul consisle en cela, quele sien soit à un autre, et quil sente le plaisil de lautrecomme un plaisir en soi, cest là aimer; mais senlir sonplaisil dans un autre, et non le plaisÎl de lautle en soi, cenest point aimer; car ceci est saimel soi-mème, mais celaest aimer le prochain: ces deux genres damoul sont dia­métralemenl opposé::; : lln etlautle genres conjoignent, ilest vlHi, et il ne semble pas quaimer le sien, cest-à-dire,soi-mème dans un autre, disjoigne, lorsque cependant celadisjoint au point, quautant quelquun a ainsi aimé unautre, aul.ant ensuite illaen haine; Cal cette conjonctionest dissoute par soi successivement, et alols lalllour de­vienl haille dans l~ même degré. 48, Comment celui qui peut considéler lessence de la­mour, peul-il ne pas voir cela ~ quest-ce, en elIel, quai­mer soi seul, et non hor::; de soi quelquun de qui on soit aimé en letam ? nest-ce pas plut6t une dissolution quune conjonction? la conjonction. de lamour existe par le réci-. proque, et il ny a point de réciproque dans soi seul; silon cloi t que cela a lieu, cest pal un réciproque imagi­ natif dans les autres, Daprès ces explications; il est évi·­ denl que le Divin Amour ne peut quêlro el exister dansdaulles, quil aime el dont il soit aimé; cal puisque cela est dans t.out amour, cela doit être plillcipalement, cest­ à-dire, infiniment, dans lAmour Mème.
  • 27. SUR LE DIVIN AMOUR 27 49, Quant à ce qui concerne Dieu, aimer et être récipro­quement aimé ne peut pas avoillien dans dautres, dansleS41018 il y aUlait (IUelque cho~e tlo lin/illi, ou quelquechose ùe lessülJ(e el Je lu vie de ltnuoul en soi, ou quel­que chose du DiYin ; cal si quelquo lhuse de l;infini, oude lessence eL de la vie de l,UlOUI elt soi, cest-i1-diJe,quelque chose du Divin, él.ail OH PLIX, alors il ne serait pasaimé pal dau Lees, mais il SaiLllelail lui-même; cal lin­fini ou le Divin est unique; si ("t"lait claus dautres, ceserait le ::;oi-iJéme, et ce serait la 111 our méme de soi, dontil ne peut y :woir la moindre (hase (lans Dieu j car cestabsolumonl. lopposé de lEssol1l( 1>ivin(~; eesl pourquoicela doit avoir lieu (lans dautres dalls 1t~4.uels il ny aitrien du Didn en soi: que cela ail lieu dans des êlres cltééspal le Divin, on le verra plu:" l1H8. ~Iilis poli! que cela aillieu, il faul quil y ail. la Sêlgcs~e Infinie qui fasse un aveclAmoU! Infini, cesL-u·dile quil fllut quU y ait le DivinArnoUl de la Divine Sagesse pt la lJii/lll Sagesse du DivinAmour, dont il a élé tlaiLé ci-dtssus, Nos 3!~ à a9, 50, De la perception el de la cOllTwü,sance de cet Alcane dépendent la peeceplion ,eL la (OIIWIÎsSélUCl de toules l(~schoses de lExisLence ou de la Création, puis de toutescelles de la Sltbsisl.ance ou de la t:ollselaliun par Dieu,cest-à-diJe, de loutes les œuvres de Vieu d:ms lUniverscréé, desquelles il sera Ilail.é dam; (e qui suit, 51. Mais, je leu plie, ne mèle I.os idees ni avoc le TempSni avec lEspace; en effet, auLanl il ) a dulemps lL de les­pace dans les iMes quand Lu lis cc qui ~uit., auLant tu nele comprends pas, Cal]o Divin nlsi lJi dans lé temps nidans lespace; OllIe vena clairement dans la c.onLinualionde cet Ouvrage, spé~ialln1()nL au ~t1Jc~ llè lmelnilé. ùelInfinité el. cie la loule-Présence, Touteschose,~ dans lU?âve-rs ont été I"{,:ée:s J1Il le Divin Amou? et pal la Divine Sagessf dl- Dieu-Homme. 52, LUnÏers dans les llès-glallds tl dans les Lrès-petits,dans les premiers eL dans les derniPls, est tellement pleindu Divin Alli our et de la Divino Sagesse, quon peut direquil est le Divin Amour lLIa Divino Sagesse en image:quil en soit ainsi, on ll~ voit manifestement daprès la cor­
  • 28. 28 LA SAGÉSSE A~GÉLIQUErespondance de toutes les choses de lUnivers avec toûtescelles de lHomme: Toutes et chacune des choses quiexistent. dans lUnivers créé ont une telle corlespondancea,ec toutes et chacune des choses de lhomme, quon peutdire que lhomme aussi est un univers; il Y a correspon-dance de ses affeclions et de ses pensées avec toutes leschoses du Hègne animal, de sa volonté et de son entende-ment avec toutes celles du Règne végétal, et de sa vieDernière avec toutes celles du Règne minéral. Quil y aitune telle correspondance, personne ne le voit dans leMonde natJ.rel, mais cela est visible dans le Monde spiri-tuel pour quiconque y fait attention; dans ce Monde il yatoutes les choses qui existent dans les trois Hègnes duMonde naturel, et elles sont les correspondances ùes affec-tions et des pensées. def; affections daprès la volonté etdes pensées daprès lentendement, et aussi des dernièreschoses de l~ vie de ceux qui y sont; et les unes et les au-tres apparaIssent eutoul deux dans un aspect tel questcelui de lUnivers créé, avec cette différence que cest dansune plus petite effigie. Par là il est bien évident pour les an-~es que lUnivers créé est lImage représentative de Dieu-Homme, et que cest son Amour et sa Sagesse qui se pré-sentent en image dans lUnivels, non pas que lUniverscleé soit Dieu-Homme, mais parce quil vient de Lui; carrien dans lUnivers créé nest substance et forme en soi,ni vie en soi, ni amour et sagesse en soi; et même lhommenon plus nest pas homme en soi; mais tout vient de Dieu,qui est lHomme, la Sagesse et lAmour. la Forme et laSubstance en soi; ce qui est en soi, est Incléé et Infini:mais ce qui vient de Dieu, cela, ne tenant chez soi rienqui soit en soi, a été créé et fini, et ceta représente limagede Celui Même par Qui cela est. et existe: 53, Lêtre et lexister, puis la substance et la forme,comme aussi la vie, et même lamour et la sagesse, pl:U-vent se dirQ des objets créés et finis, mais toutes ces cho-ses sont créées et finies; si elles peuvent se dire de cesobjets, ce nest pas que quelque DIvin soit à elles, maiscest quelles sont dans le Divin et gue le Divin est ùanselles: en effet, tout ce gui à été crée est en soi inanimé etmOIt, mais il est anime et vivifié paree que le Divin estdans les choses créées et finies, et qURlles sont dans leDivin.
  • 29. !:?J1~, ~~ DJV~ (MOUR ~ 54, Le Divin nest pas clans un sujet autrement. que dansun autre, mais un sujet créé est différent dun autle, calil nyen a pas deux qui soient le même, et par suite cha­que contenant diffère dun autre; de là résulte que le Di­vin dans son image se présente varié, Dans la suite, ilsera pallé de la présence du Divin dans les opposés.Toutes choses dans lUnivers c1éésontdes récipients du Divin Amour et de la Divine Sagesse de Dieu-llormne. 55. Il est connu que toutes et chacune des choses delUnivers ont été créées par Dieu; lUnivfrs, par consé­quent, avec toutes et chacune des choses quil conlient estappelé, dans la Parole, lŒuvre des mains deJéhovah. Ondit que le Monde dans son complexe a été créé du néalll.,et lon conselve du néant lidée dun néant absolu, lorsquecependaI:lt dun néant absolu rien nest fait, ni aU,cunechose ne peut ëtle faite; cela est une véri té constan te ;cest poUJquoi lUnivers, qui est limage de Dieu, et parsuite plein de Dieu, l}a pu être créé qU!3 dan,; Dieu palDieu; car Dieu est lEtro même, et de lEtle doit venil cequi est; du néant qui nest point, créer ce qui est. cela estabsolument contradictoire. Mais néanmoins co qui a étécréé duns Dieu par Dieu nesl poinl une continui té de Dieu,car Dieu est lÊtre en soi, et dans les objets créés il ny apas quelque chose de lêtre el). soi; si dans les objels créésIl y avait quelque chose de lEtre en soi, ce serait une con­tinuité de Dieu, et une continuité de Dieu est Dieu. Lidéeangélique SUI ce sujet est, que ce q:li a été créé dans Dieupar Dieu, est. comme la chose créé dans lhomme, quelhomme a tiJôe de sa vie, ruais de laquelle la vie a été ex­tlai te, chose qui csl telle, quelle est convenable à la vie delhomme, mais néanmoins nest point sa vie: les Angesconfirment cela dapIès plusieurs choses qui existent dansleur Ciel, où ils disent quils sont dans Dieu et que Dieuest dans eux, el que cependant ils nont dans leur êtrerien de Dieu qui soi t Dieu: dans la suite, il sera lapportéplusieurs autres raisons, daprès lesquelles ils confirmentcela; que ce qui est ditici soit seulement pour la science. 56, Tout ce qui a été créé daprès celte origine est teldans sa nature, quil est un récipient de Dieu, non pal COll­
  • 30. 30 LA SAGESSE ANGm..IQUE tinuité mais pal ,contigUïté ; cest pal le contigu et non pal le continu quil est su:>cep lible dêtre conj oin t, car il est convenable parce quil a été crélj dans Dieu par Dieu; et parce quil a été lréé ainsi, il est un analogue, et par cette conjonction il est comme limage de Dieu clans un miroir. 57, De là vient que les Anges ne sont point Anges par eux· mêmes, mais quils sont Anges pal celle conjonction avec Dieu-Homme, et celte conjonction est selon la l{~cep­ tion du Divin Bien,et du Divin Vrai, qui sont Dieu, et ap­ paraissent procéder de Dieu, quoiquils soient dans Dieu; et la réception est selon quils appliquent les lois de lOldre, qui sont les Didnes Vélilés, à eux-mêmes, daprès la liberté de penser el cie vouloir selon la raison, facultés quils tiennent du Selgneul comme si elles lour apparte­ naient; pal là il ya pOUl eux réception clu Divin Bien et du Divin Vrai eomme pal eux-mêmes, el, pal là il Y fi le ré·· ciproque de lamour; cal, ainsi quil a déjù été dit, lamour nexiste pas sil nest pas réciproque, Hen est cie même cles hommes SUl telre. DapIès ce qui vient cIêtre rlit, on peut daborrl voir que toutes les choses de lOnivers Créé sont des récipients du Divin AmoU! et de la Divine Sagesse de Dieu-Homme. . il8. Que touLes les choses de lUnivers, qui ne sont ni comme les anges, ni comme 10s hommes, soient aussi des récipient.s du Divin AmoU! et de la Divine Sagesse do Dieu-Homme, ainsi celles qui sont nu·dessous cles hommes dans le Bègne ani~al, celles qui sont au-dessous des ani­ maux dans le Ilègne végMal, eI;, colles ,qui sont au-dessous des végétaux dans le Il(~gne, nll~léral, cesl ce qui ne peut pas encore êtle exposé dovantlentenclomenl, cal il y a... aupalavant.plusieurs explications à donner slllIos degrés do la vie, et SUI les dHgIés des récipients do la vie. La con­ jonction avec ces choses est selon leurs usages; cal lous les usages bons ne lirent leur origine que dune conjonc­ lion semblable avec Dieu, mais dissemblable selon les de­ grés, conjonction qui successÏ"emenl. dans la descente de­ vient telle, quil ny a en ces choses lien de la liberté, parce quil ny a rien de la raison, el. par suite rien de lap­ palene.e oe la vie, mais lIéanm ,)ins elles sont des récipients: comme elles sont des récipienls, elles sont aussi réagissan­ tes, car pal ~ela quelles sont léagissantes, elles sont des
  • 31. SUR LE DIVIN AMOUR 31 contenants. Quant : la conjonc Lion avec les usages qui ne sont pas bons, il el1 sera parlé aprl~s que lorigine du mal aura été montrée. 59. Daplès (.es explicaLions on peut voir que le Divin est dans Loutes eL dans chacune des choses de lUnivers créé, eL que pal conséquent lCnivels crééest lŒuvre des mains de Jéhovah, comme il est dit jans la Parole, cesL­ il-dire, lŒ:uvre du Divin Amour el de la Divine Sagesse, cal cet Arnoul eL cette Sag.lsse sont entendus pal les mains de Jéhovah: eL quoique le Divin sail dans taules eL dans chacune des choses do lUni nl" CIN, lopendanL il ny a ri~)1l du Divin en soi dans lem êlre, car lUnivers créé nesL pain l, Dieu, mais il es: pal Dieu; lt palce quil esL paI Dieu, il y a en lui limage de Dieu, connue il y a li­mage de l11Olll1Il8 dans un miloir, cla.n:; IClC]llI3l lhommeapplllaît, il csL vrai, l1wis néanmoins dans celte image ilny a rien de lhomme. 60. .lai enlondu dans le Monde spilitU/!l plusiellls es­prit.s qui pmlaieuL <1IlLolll <le moi, (lisant, il lst vrai, quilsvoulaient roconnaille que dans Loules cL dans chacune deschoses de lUnivers il yale Divin, J~ar(e quils voyaient.en eUes des choses lllervoillellSeg do Dic~u, cl dautanL plusmerveilleuses quelles sont ues plus iu!.llieurement; maisnéanmoins quand ils eUlonL ;l ppl"is que dam; Ioules el danschacune des ehoses !le ru ni H.lI·S cleé il y a e1l ael.uali Lé leDivin, ils furent indignés, indice quils disaient cela, ilest vrai, mais quils ne le croyaienL pas, ttst poUlquoi il]eUl fuL demandé sils ne pouvaient pas le voiJ sllllementdaprès ladmirable far,nllp qllil y a chms toute scm,nce deproduire son "ùgtllal rl ans uu ordrü adlllila hIe j lIsquà denouvelles semences; ci. en ce l"flle dans I1ne semence quel­conque il y il lidée de linfini eL de lélelnel. lai daus lessemences il y a une Leildance il se mullipiiplCL àfruclifierà linfini eL <JLemellelllenL; puis. duplis rhaque animal,même Je plus petil, en ce quil y u eu eux des olganes dessens, des celveaUX, des cœUlS, des poumons, elles autresiscilles, avec des arLères, des veines, dos fibres, des m us­clos, eL les acles qui on résulLenl.,.oulle les choses mel­veilleuses que plèsenLe leul eaructmo su: lequel des Li­vres entiers ont été écriLs. Toutes ces melveilles viünnenlde pieu, mais les formes dont elles ont été revêlues pro­viennenL des matières de la lerve; de ces malières pro
  • 32. 32 LA SAGESSE ANGWQUE viennent les végétaux, et dans leur ordre les hommes; cest pourquoi il est dit de lhomme, quil a été créé cie lhumus, et quil est poussière de la terre, et quune âme de vies a été soufflée dans ses narines, - Gen. II. 7 ; - doù il est évident que le Divin nest pas à lhomme, mais quil lui a été adjoint. Toutes lçs choses qui ont été créées rep?ésentent l homme dans une smte dimage. 61. On peut le voir daprès toutes et chacune des choses du Règne animal, et daprès toutes et chacune des choses du Hègne vùgétal, et daprès toutes et chacune des choses du Hègne minéral. Le rappmt avec lhomme dans toutes et dans chacune des choses du Règne animal se manifeste en ceci: Les Animaux de toutgeme ont des membres par les­ quels ils se meuvent, des organes par lesquels ils sentent, et des viscères par lesquels ils fonlles operations qui leur sont communes avec lhomme; ils ont aussi de~ appétits et des affections semblables aux appétits et aux affections naturels chez lhomme; et ils ont des sciences innées (con­ natœ), correspondantes à leurs affections; dans quelques­ unes de ces sciences on voit comme un spirituel, qui se montre plus ou moins devant les yeux chez les bêtes de la terre, chez les oiseaux du ciel, chez lès abeilles, les vers à soie, les fourmis etc: cest de là que les hommes purement naturels font les êtres animés de ce Hègne sem­ blables il. eux, au langage près. Le mppo?[ avec lhomme par toutes et par chacune (les choses du Règne végétal se manifeste en ceci: Les végétaux lirent leur existence dune.... semence, et daprès elle ils progressent successivement dans leurs âges; il Y a chez eUX quelque chose qui res­ semble au mariage, et après cela prolification ; leur âme végétative est lusage, dont ils sont les formes; sans par­ ler de plusieurs autres choses, qui sont des rapports avec lhomme, rapports qui olltmême été décrits par plusieurs auteurs, Le rapport avec lhomme pa? toutes et pa? chacune des choses dt Règne minéral se montre seulement dans la tendance à produire des formes qui rep.ésentent, lesquel­ les sont, comme il a été dit, toutes et chacune des choses
  • 33. SUR LE DIVIN AMOUR 33 du Règne végétal, et par com;équent à remplir des usa~es ; en etie l, dès que la semence tombe dans le sein de la terre, la terre léchauffe, et lui donne delle-même de toute part des moyens pour quelle germe, et quelle se montre dans une forme représentative de lhomme; quil y ait aussi une semblable tendance dans les objets secs de ce règne, on le voi t clairemen t par les coraux dans le fond des mers, et par les efflorescences dans les mines, là par les miné­ raux, et aussi pal les métaux. Leffort pour se végéter, et ainsi pour remplir des usages, est le dernier qui procède du Divin dans les choses créées. 62. Comme il y a dans les minéraux de la terre un effort pour se végéter, de même il y a dans les végétaux un effort pour se vivifier; de là les insectes de divers genres qui cor­ respondent aux exhalaisons odoriférantes des végétaux: que cela provienne non pas cIe la chaleur du soleil dumonde, mais de la vie par cette chaleur solon les récipients,on le verra dans la suite. 63. Quil y ait un rapport ri.o toutes les choses :le lUni­vers créé avec lhomme, on peut le savoir, il est Tai, da­près ce qui vient dêtre exposé, mais on ne peut le voirquobscurément, tandis que dans le Monde spirituel on levoit clairement; là sont aussi toutes les choses des troisRègnes, au milieu desquelles est lAnge; il les voit autourde lui, et il sait aussi quelles sont ses représentations;bien plus, quand lintime de son entendement est ouvert,il se cannait, et voit son image en elles, à peu près commedans un miroit, 64. Par ces rapports et par plusieurs autres concordan­ces, que je nai pas le loisir dexposer ici, on peut savoiravec certitude que Dieu est Homme, et que lUnivers crééest limage de Dieu; car il y a un rapport commun detoutes choses avec Lui, de même quil y a un rapport par­ticulier avec lhomme.Les Usages de toutes les choses qui ont été c1éées montent pm degrés depuis les de1niersjtlsquà lhomme, et pallhomme y"usquàDieu Cléatw1, A QUO (de qui tout proc~de). 65. Les DERNIERS sont, comme il a déjà été dit, toutes etchacune des choses du Règne minéral; ces choses sont les 3
  • 34. 34 LA SAGESSE ANGÉLIQUEmatières de divers genre, provenant de substan~e pier-reuse, saline, huileuse, minérale, métallique, enveloppéedun humu~ consistanten débris de végétauxet danimauxréduits en poussière très-menue; dans ces matii~res estcachée la fin et aussi le principe de tùus les usages quiprocèdent de la vie; la fin de tous les usages est leffortpour les produire, et le principe est la force qui agit da·près cet effort; ceci est pùur le Règne minéral. Les MOYENSsont toutes et chacune d~s choses du Hègne végétal; ceschoses sont les gramens et les herbes de tout geme, lesplantes et les arbrisseaux de tout genre, et les albras detout genre; leurs usagf1s sont pour tOU!l et pour chacundes êtres du Règne animal, tant imparfaits que parfaits;ils les nourrissent, les délectent et les vivifient; ils nour-·rissent leurs corps par les matières. ils délecten tlems senspar la saveur, lodeur. la beauté, et ils vivifient leurs affec-tians: leffort pour cela est aussi en eux par la vie, LesPREMIERS sont toutes et chacune des choses du Bègne ani-mal; les infimes dans ce Règne sont nommées vers etinsectes; les moyens, oiseaux et bêtes; et les suprêmes,hommes; car ùans tout Règne il y a les infimes, les moyenset les suprêmes; les infimes pour lusage des moyens, etles moyens pour lusage des suprêmes: les usages de tou-tes les choses qui ont eté créées montent ainsi en ordredepuis les derniers jusquà lhomme, qui est le premierdans lordre, 66. Il ya trois de8rés dascension dans le Monde naturel,et il y a tl:.ois Q~gles <t!lS~Il_~on dans le Monde spirituel:tous les animaux sont des lécipients de la vic; les animauxplus parfaits sont des récipients de la vie des tlois degrésdu Monde naturtl, ceux qui sont moins parfaits sont desrécipients de la vie de deux degrés de ce Monde, et lesimparfaits sont des récipients de la vie dun seul degré:mais lhomme seul est un récipient de la vie des troisdegrés, non seulement ùu :10nde naturel, mais aussi destrois degrés du Monde spirituel: de là vient. que lhommepeut être élevé au-dessus de la nature, ditlélant en celade tout animal; il peut penser analytiquement et ration-nellement sur les choses civiles et morales qui sont audedans de la nature, et il le peut aussi sur les choses spi-rituelles et célestes qui sont au-dessus de la nature; ilpeut même être élevé dans la sagesse jusquau point de
  • 35. SUR LE DlVIN AMOUR 35 voil Dieu, Mais il SCla, dans un article spécial, traité des six Degrés, pal lesquels les usages de toutes les choses qui ont été créées monLént, dans leur ordre, jusquà Dieu CIéateur. Daprès cet exposé sommaire, on peut voir que, de toutes les choses qui ont été créées, il y a ascension vers le Premier, qui seul est la Vie, et que les usages de toutes les choses sont les récipients mêmes de la vie, et que de là viennenL les formes des usages, 67, Il sera dit aussi en peu de mols comment lhomme monLe, cest-à-dire, esLélevô, du dernier degré au premier: Lhollmw naiL dans le delnier degré du monde naturel;il est ensui te élevé par les sciences dans 113 second degré, et selon que pal les sciences il pelfoclionne son entende­ment il esl élevé dans le troisiùme degré, et alJrs il devient laLionnel: les Lrois degrus dascellsion dans le Monde spi­rHuel SOll Ldans lhomme au-dessus des Lrois degrés natu­ lels, el Ile semontren Lpas avan Lquil ait dépouillé le corps tellesLIe; uprès quil la dépouillé, le pre~ier degré spi­rituel lui est ouyerL, ensuiLe le second, et enfin le troi,­sième, mais celui-ci seulement clre7. ceux qui deviennentAnges du Lroisièmè Ciel, ce SOllt eux qui voient Dieu: ceuxchez qui le second et le demier deglé peuvenl être ouvertsdeviennent Anges du second eL du delnier Ciel: tout degréspIrituel che7. lhomme est ouvelL selon la réception duDivin Amour et de la Divine Sagesse procédant du Sei­gneur; ceux qui on reçoivent un peu viennent dans le pre­mier ou dernier degré spirituel; eeux qui en reçoÏentdavantage, viennent dans le second ou moyen degré spiri­tuel; ct ceux qui en let,:oivent beaucoup viennent dans 10 tloisième ou suprèrne doglC) ; mais ceux qui nen re~oiventrien reslent dans les degrés naturels, el. ne tilent des degrés spilituels que ce ljui csl. indispensable pour quilspuisscnt pensel et pal suite paJlCl, et vouloir et par suiteaOil, mais non avec intelligence. °68. Sur lélévalion des in téricurs de lLomme qui appar­tiennent il son men Lai, il faul enCOJe quon sache ceci:Dans tout ce qui a été créé pal Dieu il y a une réaction; àla Vie seule, esllaclion, et la réaclion est excitée Dar lac­tion de la Vie: cette réaction semble appartel,1ir à ta chosecré6e en ce quclle existe quand la chose est actionnée;ainsi dans lhomme elle semble lui appartenir, parce quilsent absolument comme si la vic lui appartenait, lorsque
  • 36. 36 LA SAGESSE ANGÉLIQUEcependant lhorrime est seulerr;ent un récipient de la vie.De cette cause il résulle que lhomme daprès son malhérédita1le réagit contre Dieu: mais autant il croit quetoute sa vie vient de Dieu, et que tout bien de la vie vientde laction ·de Dieu, et tout mal de la vie, de la réaction delhomme, autant la réaction devient de laction, et lhommeagit avec Dieu comme par soi-même. Léquilib)e de touteschoses vient de laction et en même temps de la réaction,et il faut que tout soit dans léquilibre. Ceci a été dit, afinque lhomme ne croie pas que cest par lui-même quilmonte vers Dieu, mais quil croie que cest par le Sei-­gneur.Le Divin remplit tous les espaces de lUnivets sans espace. 69. Il Ya deux propres de la Nature, lEsp.CE et le TEMPS;daprès eux lhomme dans le Monde naturel forme les idéesde sa pensée, et par suite son entendement; sil reste dansces idées, et quil nélève pas son merital au-dessus, il nepeut jamais percevoir rien de spirituel ni de Divin, car ilenveloppe le spilituel et le Divin didées qui tiennent àlespace et au temps, et autant il fait cela" autant la lueurde son entendement devient purement naturelle; penserdaprès les~ace et le Lemps en raisonnan t sur les spirituelset SUI les Divins, cest comme penser daprès lobscuritéde la nuit SUl" les objets qui apparaissent seulement dansla lumière du jour; de là vient le naturalisme. Mais celuiqui sai t élever son mental au-dessus des idées de la pen­sée, qui tiennent à lespace et au temps, passe de lobscu­rité. à la lumière, et il goûte les spilÏtuels elles Divins, etvoit enfin les choses qui sont en eux et qui en procèdent;et alors daprès cette lumière il dissipe lobscurité de lalueur nai.urelle, et il en relègue les illusions du milieuSUI les côtés. Tout homme, qui est doué dentendement, .peut penser, et pense aussi en actualité, au-dessus de cespropres de la nature, ct alols il affirme et ,oiL que le Divinparce quil est Tout-Présent, nes-t point dans lespace; etil peut aussi affirme) et voir les choses qui ont été expo­sées ci-dessus: mais sil nie la Divine Toute-Présence,et attribue toute chose à la Nature, alors il ne veut pas êtreélevé, quoiquil le puisse,
  • 37. " SUR LE DIVIN AMOUR ;31 70, Tous ceux qui meurent et deviennent Anges se dé­ pouillent de ces deux propres de la Nature, qui, ainsi quU a été dit, sont lespace et le Lemps; CUI ils entrent alors dans la lumièro spirituelle, dans laquelle les objet:;; de la pensée sonL les Vlais, eLles obj ets de la vue son t semblabloS a ceux du Monde naturel, mais cOl:Iespondallts à leurs pensées. Les objet:; de leUl pensée, qui, ainsi quil a été dit, sont les vrais, ne tirent absolument rien de lespace ni du temps; quant aux objets de leur vue ils apparaissent, il est vlai, comme dans lespace et dans le temps, ma-is néanmoins euxne pensent pas daprès lespace etle temps; et cela, parce que les espaces et les temps ny sont point fixes comme dans le ~fonde naturel, mais varient selon les états de leur vie; par suite dans les idées de leur peusée.l au lieu des cspaces et des temps, il y a les états de la vie; au lieu des espaces, les choses qui se rapportent aux états de lamour; cL au lieu des Lemps, les choses qui se rappor­ tent aux états 4e la sagesse: de là vient que la pensée spi­ rituelle et par suite aussi le langage spirituel diffèlent Lellement de la pensée ctdu langage naturels, quils nont rien de commun, sinon quant aux intérieurs des choses, inLérieurs qui tous sont spirituels; il Rera donné ailleurs de plus grands détails sur cetLe différence, Maintenant, comme les pensées des Anges ne lirent rien de lespace,~ ni rien du Lemps, mais tirent tout des états de la vie, il est évident que les Anges ne comprennent pas, quand il est dit que le Divin remplit les espaces, car ils ne savent pas ce que cest que les espaces, mais quils comprennent clai­ rement quand, sans lidée daucun espa~e, il est dit que le Divin remplit toutes choses. 71. Pour quil soit bien évident que lhomme purement naturel pense daprès lLspuce aux spiritu,els et aux Divins, et que lhomme spirituel y pense sans lespace, soil ceci pour illustralion : Lhomme purement l1aturel pense par les idées quil sest acquises daprès les objets de la vue, qui tous on tune figllle tenant du long, du large et du haut, el terminée claprès la fOlme pal ces dimensions, laquelle est ou angulairc ou circulaire; ces figures et ces for.nes sont pvidemment dans les idées de sa pensée SJ.lr les objets visibles de la terre, et sont aussi da us les idées de sa pen­ sée sur les choses non-visibles, telles que les choses civi­ les et les choses morales; il ne voit pas celles-ci, il est r·
  • 38. 38 LA SAGESSE ANGELIQUE v~ar, mais néànmoins elles y sont comme continuités dl:s objets visibles, Il en est autrement de lhomme spirituel, et principalement de lange du ciel; sa pensée na rien de commun avec la figure el la fûlme tenant quelque chose. du long, du large et du haut cie lespace, mais elle est ~ur létat de la cbose daprès létat de la vie; par conséquent, au lieu du long de lespace Il pense le bien de la chose Japrès le bien de la vie; au lieu du large de lespace, le vrai de la chose daprès le vrai de la vie; et au lieu du haut, les degrés du bien et du vlai ; ainsi, il pense daprès la correspondance qui existe enLre les spirituels et les natu­ reIs; cpst daprès celle cOllespondance que, dansla Parole la longueur signifie le bien de la chose, la largeur le vrai de la cbose, et la hauteU! les degrés du hien et du vrai. ;Daprès cela il est évident que lAnge du ciel, quand il-pense a la Taule-Présence Divine, ne peut que penser que le Divin remplit toutes choses SallS espace; ce que lAnge pense est le vrai, parce que la Lumière qui éclaire son enlendement est la Divine Sagesse. 72. Cest là la pensée fondamentale sur Dieu, cal sans elle les choses qui seront dites surla création de lUnivers par Dieu-Homme, sur sa PrOidence, sa foute-Puissance, sa foute-Présence et sa Toute-Scicllce, peuvent,· il est vrai, être comprises, mais néanmoins ne peuvent êlre retenues, parce que lhùmme pUlement naturel, quand il les com­ prend, retombe toujours dans lamour de sa vie, lequel appartient à sa volonté, et cet amour les dissipe, et plonge "la pensée dans lespace, dans lequel est sa lueur, quil appelle le rationnel, ne sachant pas quautant il les Ole, autant il esLinationnel. Quil en !loit ainsi, on peut le con­ firmel par lidée de ce vlai, QUE DIEU EST IlO!>B.JE ; lis, je te prie, avec aLLention ce qui a été dit ci-dessus, N°s 11 à 13, et ce qui a été éc1Ït ensuite, alors lu comprendras quil en est ainsi; mais remets ta pensée dans la Iucu! naturelle qui tient à lespace, ne Yerlas-tu pas ces choses comme des paradoxes, et si tu ly remets beaucoup, ne les rejeUeras­ tn pas? Cest pour ceLLe raison quïl est ùil que le Divin remplit tous les espaces de lUnivels, et quil nest pas dit que Dieu·Homme les lAmpli t, car si ceci etait dit, la lueur purement naturelle ny acquiescemit point; mais sil est dit que le Divin les remplil, elle y acquiosce, parce que cela concorde avec cette formule du langage des Théolo­
  • 39. SUR LE DIVIN AMOUR 39giens, que Dieu est Tout-Présent, et quil entend et saittout. Voir sur ce sujet ce qui a été dit avec plus de détailsci-dessus, N°S 7 à 10, Le Divin est dans tout temps sans temps. 73. De même que le Divin est dans tout espace sans es­ pace de même il est dans toultemps sans temps; en effet, aucun propre de la nature ne peut se diJe du Divin, et les propres de la nature sont lespace et le temps. Lespace dans la nature esL mesurable, il en est de même du temps; le temps est mesuré par les jours, les se naines, les mois, les années et les siècles; le jour par les heures, la semaine et le mois par les jours, lannée par les quaLre saisons, et les siècles par les années. La NaLure tire cette mesure du mouvement Ilpparent de rotation et de circunvolution du Soleil du monde. Mais il en est autrement dans le Monde spiriLuel; là, les progressions de la vie appalaissent pareil­ lement dans le temps, car les habi tanLs y vivent entre eux comme les bommes du monde entre eux, ce qui nest pas possible saIlS lapparence Ju temps; mais le Lemps ny est pas distingué en des temps comme dans le monde, car leur Soleil est à son Olient constamment, jamais déplacé, puisque cest le Divin Amour du :Seigneur qui leur appa­ raiL comme Soleil; ainsi.il ny a point pour eux de jours, de semaines, de mois, dannées. de sièeles, mais à la place il y a des états de la vie, par lesquels se failla distinction, qui ne peuL pas être appelée dislinction en temps, mais peut être appelée distinction en éLats : de là vient que les Anges ne savenL pas ce que cest que le temps, et que quand il est nommé, à sa place ils perl:oivenl. létat; et quand létat détermine le temps.le Lemps esL seulement une appalellce, car le plaisir de létat fai t que le temps apparaît courl, et le déplaisir fait que le templ> apparaît long; da­ près cela il est évident que le Lemps nest absolument là que la qualité de léLat. Cest de là que, dans la Parole, par les heures, les j ours, les semaines, les mois et les an­ nées, sont signifiés les étals et les progIessions des états dans la série eL dans le complexe; et que, quand les temps se disent de l"Eglise, par le matin est ent.endu son pre­ miel état. par midi son plein, pal le soir son déclin, etpal. la nuit sa fin : de semblables choses sont enLendues pal
  • 40. 40 LA SAGESSE ANGl1:LIQUEles quatre saisons de lannée, qui sont ]e printemps, lété, lautomne et lhiver. 74. Daprès ces explications on peut voir que le Temps fait un avec la pensée procédant de laffection, car la qua­lité de létat de lhomme en provient. Que les distances dans les progressions pal les espaces dans le Monde spi­rituel fassent un avec les progressions des Lemps, cest cequi peut être illustré par plusieurs observations, car là leschemins sont en actualite abrégés selon les désirs qui ap­partiennent à la pensée procédant de laffection, et sontvice Versa prolongés: cest de là quon dit aussi espacesde temps. Dans de semblables circonstances, quand lapensée ne se conjoint pas avec laffection propre de lhom­me, le temps napparait point; par exemple, dans le som­meil. 75. Maintenant, comme les temps, qui sont les propres de la nature dans son monde, sont de purs étaLs dans leMonde spirituel, qui là apparaissent progressifs, parce queles Anges et les Esprits sont finis, on peut voir que dansDieu ils ne sont point progressifs, parce quil est Infini, etque les Infinis en Lui sont un, selon ce qui a été démontréci-dessus N°S 17 à 22 : de là résulte que le Divin est danstout temps sans temps. 76. Celui qui ne sait pas et ne peut p,as, daprès quelqueperception, penser de Dieu sans le temps, ne peut absolu­ment percevoirlELelOité que comme une éternité de temps,et alors il ne peut quextravaguer dans sa pensée sur Dieude toute éternité, car il pense daprès un commencement,et le commencement aPl?artient uniquement au temps:son délire consiste alors a penser que Dieu a existé parsoi, doil il tombe facilement dans loriOine de la naturepar soi; il ne peut être déLaclIé de celle idée que par lidéespirituelle ou àngélique sur léternité, idée qui est sansle temps; et quand lidée est sans le temps, lELernité etle Divin sont une même cllose ; le Divin est le Divin ensoi, et non par soi; les Anges disent quils peuvent, il estvrai, percevoir un Dieu de tou,te éternité, mais daucunemanière une nature de toute éternité, encore moins unenature par soi, et nullement une pature qui serait natureen soi; car ce qui est e.n soi est lEtre même. de qui touteschoses proflèdent, et lEtre en soi est la vie même, qui estle Divin Amour de la Divine Sagesse et la Divine Sa­
  • 41. SUR LE DIVIN AMOUR 41gesse du Divin Amour. CesL là pour les Anges lÉternité,ainsi elle est abstlaite du temps, comme llncréé est abs­trait du créé, ou comme lInfini est abstrait du fini, entrelesquels il ny a pas même de lapport.Le Divin est le méme dans les très-gmnds et dans les très-pelits. 77. Cela réslùte des deux Articles qui précèdent, savoir:Le Divin est dans tout espace sans espace, et le Divin estdans tout temps sans temps, al il y a de plus grands eL detlès-grands espaces, et de moindlcs I~t de tlès-pctits espa­ces; et comme les espaces et les temps font un, ainsi quila été dit ci-dessus, il en est de même des temps. Si en euxle Divin est le mème, cest palce que le Divin nest ni va­riable ni llluable, comine est tout ce qui appartient à les­pace et au temps, ou tout ce qui appaltient à la nature,mais il est invariable et immuable, pal conséquent il estpartout et toujours le mêlne. 78. II semble que le Divin ne soit pas dans un hommele même que dans un autre, ainsi il semble q~lil soi t aulredans le sage que dans le simple, eL aulre dans le vieillardque dans lenfant; mais cest une illusion provenant delappUlcnce, lhomme esL autrc, mais le Divin nest pointautre dans lui; lhommE;) est un récipient, elle récipient ouréceptacle est diflÉJIcnt; lhomme sage est un lécipient duDivin Amour et de la Divine Sagesse dune manière plusadéquate, ainsi plus pleinement que lhomme simp.le; et levieillard, qui aussi est sage, plus pleinement que le pelitenfant et lenfant ; mais néanmoins le Divin est le mêmedans lun et dans laul.re. Pareillement, cest une illusiondaprès lapparence si lon ClOit que le Divin eSt différentchez les Ange;; du ciel et cher. les hommes de la te lle,parce que les Anges du ciel sont dans une sagesse ineffa­ble, et non de même les hommes: mais la difféI"Onee appa­rente est dans les sujets selon la qualité de la réceptiondu Divin eL non dans le Seigneur, 79. Que le Divin soit le même dans les tIès-g)ands etdans les très-petits, cela peut ètle illustré dapriJs le CieleL lAnge dans le Ciel; le Divin dans le Giel entier et leDivin dans un Ange est le même; cest aussi pour cela quele Ciel enlier peut apparaître comme un seul Ange. Il en
  • 42. 42 LA SAGESSE ANGÉLIQUE est de même de lÉglise et dun homme de lÉglise: le très-grand dans lequel est le Divin, cest le Ciel entier èt en même temps lEglise entière, le très-petit; cest un ange du ciel et un homme de l"Eglise. QUelque fois il mest apparu une société entière du ciel comme un homme ange; et il ma été dit quelle pouvait apparaîtle comme un homme grand, tel quun géant, et comme un homme­ petit, tel quun enfant; et cela parce que le Divin est le même dans les très-grands et dans les très-petits. 80. Le Divin est aussi le même dans les très-grands· et dans les très-petits de toutes les choses qui ont été créées et ne viven t pas; car il est dans tout bien de leur usage; si eUes lie vivent pas, cest parce quelles sont, non pas des fOlmes de la vie, mais des formes des usages; et la forme est ditTélente selon la bonté de lusage. Mais com­ ment le Divin est en elles, cest ce qui sera dit dans la suite quand il sagira de la Cléalion, 81. Fais abstlacLion de lespace, et nie absolument le vide, et alors pense du Divin Amour et de la Divine Sa­ gesse, quils son t lEssenee même abstraction fai Le de les­ pace elle vide nié; pense ensuite daprès lespace, eL lu percevras que le Divin est le même dans les très-grands et dans les très-peLi ts de lespace; CUl dans lEssence, abstraite de lespace, il y a non le grand ni le petit, mais le même, 82, 11 sera dit ici quelque chose sur le Vide: Un jOUl, jai entendu des Anges sentletenil avec Newton SUl le Vide; ils disaient quils ne support1ienl pas lidée du vide comme néant, parce que dans leur Monde, qui est spiri­ tuel, et en dedans ou au-dessus des espaces et des temps dur Monde nalurel, ils ont également la sensalion, la pensée,1 laffection, lamour, la volonté, la respitation et même la parole et laction, toutes choses absolumenL impossibles). que quelque chose ne néant, parcedire du néant. Newton dans le vide comme peut pas se que lien nest rien, et leur dU quillavaiL que le Divin qui Es-r lemplit lout, et que lui-même était saisi dhorreur à .idée du néant à pro­ pos du vide, palce que celte idée est destlUctive de tout, exhortant ceux qui parlaient avec lui sur le Vide à se garder de lidée du néant, appelant cetle idée une défaillance, patce que dans le néant il ny a aucune actualité du mental.
  • 43. LA SAGESSE ANGÉLIQUE SUR LE DIVIN AMOUR SECONDE PARTIE,Le Divin Amou? et la Divine Sagesse appa1aissent dans le Monde spirituel comme Soleil. 83. Il Y a deux Mondes, le Spiriluel eLle Nalurel; ct leMonde spililuel nt} lire rien du ~ronde nalurel, ni le Mon­ùe nalurel rien du Monùe spililuol, ils sont entièJementdistincts; ils communiquent seulement par les Conespon­dances, dont la qualité a été mo~IlI"(e aillelUs dn plusicmscndlOits : l,our iIluslrer ce sujet, soit cet exemple: LaClJaleur dans le Monde naLUIPl correspond au hien de lachaIill) dans le Monùe spiriluel, et la Llllnièle clans le1Ionde nalUlel correspond au vrai de la foi clans le ~londespilituel; qui est-cc qui ne ,"oit pas que la clwlclU ellebien de la c1larilé, et que la IUl1Iièle eUe vI"ai de la fois ontabsolument distincts? à la p)(~H~iiIe inspection ils appa­ruissent aussi distincts que cieux choses absolullwnl clitlé­rentes; ils appiuaissent ainsi quand on pense: Qucsl-ceque le bien cie la charité a de eomlllUll avec la rhaleUl, etquest-ce que le Hai de la foi a de c:ommun uyec la lumi~le?El cepcndaut la Chaleur spirilucll<, ost co bien, et lu Lu­mièrc spi ri LucUe est ce Tai. Quoique ces choses soientainsi distinctes en elle s-mèll1cs, elles font néanmoins unpal la corre::;pondance ; elles fonL tellement un, que quandlhomme, clans la Palole, lit III Chaleur el la LUllliiHe, lesEsprits et les Anges qui sonl chez lhomme, au lieu de lachaleur perçoivent la cltnrilé, ct nu lieu de ln lumière la
  • 44. 44 LA SAGESSE ANGÉLIQUE foi. Cet exemple a été rapporté, afin quon sache que les. deux Mondes, le Spirituel et le Naturel, sont tellement dis­ tincts, quils nont rien de commun entre eux, mais néan­ moins tellement créés, quils communiquent et même sont conjoints pal les correspondances. 84. Puisque ces deux Mondes sont ainsi dislincts, on peut voir clairemen t que le ~Ionde spililuel est sous un autle Soleil que le Monde naturel, car dans le Monde spi­ rituel il y a Chaleur et Lumière comme dans le Monde na­ turel; mais la chaleur y est Spirituelle, et la lumière pa­ leillement; et la chaleur Spirituelle est le bien de la cha­ lHé, et la lumière Spilituelle le vrai de la foi. Maintenant, comme la chaleur et la lumière ne peuvent tirer leur ori­ Rine que dun Soleil, il devient éviden t que dans le Monde Spirituel il y a un autre Soleil que dans le Monde naturel; puis aussi, que le Soleil du monde spirituel est LeI, dans son essence, que daprès lui la chaleur et 1:), lumière spiri­ tuelles peuvent exister, et que le Soleil du monde naturel est trJ, dans son essence, que daprès lui la chaleur (et la lumièle) naturelles peuvent exister: tout Spirituel, qui se réfèle au bien et au vlai, ne peut venir dautre part que du Divin Amoul et de la Divine Sagesse, cal tout bien ap­ pmtient à lamour, et tout vrai appartient à la sagesse: quil ne vienne pas dauLre palt, tout homme sage peutIe voir. 85. Quil y ait un autre Soleil que le Soleil du monde na­ turel, cest ce quon a ignoré jusquà présent; et cela, parce que le Spirituel de lhomme a tellement passé dans son naturel, quon ne savait pas ce que cest que le spiri­ tuel, ni pal conséquent quil y a un Monde spilituel, dans lequel sont les EspriLs et les Anges, autre que le Monde naturel et ditlérenL. Comme le" Monde spirituel est resté si longtemps caché à ceux qui sont dans le Monde naturel, il a plu au Seigneur douvrir la vue de mon esprit, afin que je visse les choses qui sont dans ce Monde comme je vois celles qui sont dans le Monde naturel, et quensuite jen donnasse une description, ce qui a été fait dans le Traité DU CIEL ET DE LENFER, où, dans un Article spécial, il a aussi étéparlé du Soleil d8 ceMonde : en effet,je lai vu, et il mapparu dans une grandeur semblable à celle du So­ leil du monde naturel, et aussi pareillement comme igné, mais plus brillant; et il ma été donné de connaître que le
  • 45. SUR LE DIVIN AMOUR 45Ciel angélique tout entier est sous ce Soleil; et que les Angesdu Troisième Ciel le voiont continuellement, les Anges duSecond Ciel très-souvent, el les Anges du Premiel ou Der­nier Ciel quelquefois. Que toule Chaleur et toule Lumièrechez les Anges, et aussi toutes los choses qui apparaissentdans ce Monde, proviennent de ce Soleil, on le verra dansla suite, 86. Ce Soleil nest pas le Seigneur Lui-:Même, mais il pro­cède du Seigneur; il est le Divin Amolli et la Divine Sa­gesse plocédanls, q~i apparaissel~t comme Soleil ~d~ns ceMonde: et comme tAmOUl et la Sagesse d.ans le ~elgnoursont un, ainsi quil a été montré dans la Premièr8 Partie,il est dit que ce Soleil est le Divin Amour; en effet, la Di­vine Sagesse appartient au Divin Amour, par conséquentelle est aussi lAmour. 87. Si ce Soleil apparait devant los yeux des Angescomme igné, cest parce que lAmour et le Feu se carrespondent: cal de leurs yeux ils ne peuvent voir lamour,mais au lieu do lamoUl ils voient ce qui y cOllespond ; eneffet, les Anges ont comme les hommes un interne et unexterne; cest leU! interne qui pense et est sage, et quiveut et aime, et cest leur externe qui sent, voit, parle etagit; et tous leurs externes sont des cOJlespondances desinternes, mais des correspondances spirituelles, et non pasnaturelles. Le Divin amour aussi est senti comme un feupar les Spirituels; cest de là que le Feu, quand il est nOI1).­mé dans la Parole, signifie lamour; le feu sacré dans lE­glise ISlilélile le signifiait; do là vient que Jang les prièresquon adresse à Dieu on emploie cetle formule ordinaire:Que le feu céleste, cest-à-dire, que le Divin Amour em­brase le cœur! 88. Puisquil y a une telle différence enlre 10 Spirituel etle Naturel, ainsi quil a été mon tré ci-dessus, N° 88, il nepeut par conséquent passer dans le Monde spiJitue1 rien dece qui procède du Soleil du Monde naLmel, cest-à-dire,rien de sa lumière et de sa chaleU!", ou rien daucun objetde la tene; la lumière du monde natlllei y est obscurité,et sa chaleur y est la mort; mais néanmoins la cholelll dumonde peut. èLre vivifiée par linflux de la chaleur du ciel,et la lumière du monde peut ètro illusLrée par linflux dela lumière du ciel; linflux se fait par les correspondanceset ne peut pas se taire par le continu.
  • 46. 46 LA SAGESSE ANGÉLIQUEDu Soleil, qui exi,~te daprès le Divin Amour et la Divine . Sagesse, procèdent une Chaleur et une Lumière. 89, Dans le Monde spirituel, al! sont les Anges et lesEsprits, il ya aussi une Chaleur et une Lumièle, commedans le Monde naturel, olt SOIlt les hommes; et aussi laChaleur est senlie comme cltalem, et la Lumière est vuecomme lumière pareillement; mais néanmoins la Chaleuret la Lumière du Monde spilituel et celles du Monde natu­rel cliffèlent tellement, quelles nont rien de commun,ainsi quil a été .dit ci·dessus; elles diflèrent entre ellescomme le {ivant et le mort; la ChaleurduMonde spiIiLuelest en soi vivante, paleillement la Lumièle, et la ChaleurduMonde naLurel esten soi mOlle, pareillement la Lumière;car la Chaleur et la Lumière du Monde spiri luel procèdentdu Soleil qui est le pur Amour, et la Chaleur et la Lumièredu Moncle natmel procèdent du soleil qui ostIe pur Feu;or, lAmour est vivant, et le Divin AmoUl est la Vie elle­mème; ct le Feu esl mOIt, et le feu 801aile est la mort e11e­même; il peut être appelé ainsi, par la raison quen lui ilny a absolument rien de la vie. gO, Les Anges, pmce quils sont spirituels, ne peuventpas vivre dans une autre chaleur, ni dans une autre lumièreque dans la chalenr et la lumiiwe spirituelles, et les Hom­mes ne peuvent pas vivre dans UIIe autre ehaleur ni dansune autre lumière que dans la chaleur et la lumièle natu­re.lles. car le Spiriluel convient au Spirituel, et le Naturelau Naturel; si lAnge lirait la plus petite pOlcelie de cha­leur et de lumière nalUlellcs, il pélilUil, car cela ne con­vient nullement à sa vie, Chaque homme, quant aux inté­rieurs de son mental, est un Esprit ; quand lhomme meurt,il sort enlièrement du Monde de la nature el. laisse tout cequi apparLïenl à la nature, et il entle dans un Monde où ilny a lien de la natme ; et dans ce Monde-Il il vil tellementsépalé de la natUle, quil nexiste aucune communicationpar le continu, cest-à-dire. comme entre un plus pur et unplus grossior, mais il y en a une comme entr/:) un antérieuret un postériem, dont la communication na lieu que parles correspondances, De là on peut voir que la ChaleurSpirituelle nest pas une chaleur naturelle plus pme, etque la Lumière Spirituelle nest pas une lumière naturelleplus pure, mais quelles sont absolument dune au~re
  • 47. SUR LE DIVIN AMOUR 47essence, cal la chaleur et la lumièle spin tuelles tirent leuressence du Soleil qui est le pur Amour, lequel est la Vieelle-même, tandis que la chaleur et la lumière naturellestiren t leur essence du Soleil qui est le pur Feu, dans lequelil ny a absolument rien de la yie, COlllme il a été dit ci­dessus, 91. Puisquil y a une telle diffélence entre la chaleur etla lumière ;1"un Monde et celles de laulre Monde, on voitbien clairement pourquoi ceux qui sont dans un Monde IlepeuvenL pas voi, ceux qui SOllt dans lauLre; car les yeuxde lhomme qui voit dapIès la lumière na LUlelle sont de lasubstance de son ~Jonde. etlns yeux de lange sonL de lasubslance de son Monde, ainsi fOlrnés de )lUIL et dautlepOUl recevoir dune manière adéquate leur lumiine, Da­ près cela 011 peul, yoir avec quelle profonde ignornnce pen­sent ceux qui nadmettent point dans lE:ur foi que les an­ges elles esprits soient hommes, parce quils ne les voient point de leurs yeux. ·02. Jusquàprésent on a ignoré que lesAngesellesEsprits salit dans une Lout aulre lumièle eL une louL auLre cha­leur que les hommes, ct même on a ignoré quil y a une auLle lumièle eL une auLle chaleur; en etTel, lhomme na pas pénéLI(: pal sa pensée plus profondémenLque dans les inlérieUls de la naLUIe, ou dans do:> choses plus purcs de la naLure ; cest mèlIle pour cela que beaucoup dhommes se sont figuré les demeures des ang<~s ot des cspliLs dans léLher, et quelques-uns dans les éLoiles, ainsi en dedans de. la natura, et non pas au-dessus ou en dehors de la naLu­ re; el. cependant les Anges et les Esprils sonL absolumenL au-dessus ou en dehors do la nalure, al, dans lem Monde qui est sous un autre Soleil: et comme dans ce Monde-Ill les espaces sont des appaJcnces, ainsi quil a (lé dérnontlé ci-dessus, on ne peut pas pal conséquent dire quils sont dans léther, ni quils sonL dans les éLoiles; en effet, ils sonL en mème Lemps avec lhomme, conjoinLs à laffecl.ion et il la pensée de son Esprit; ear lhomme est Esp"it, cest daprès lesprit quil pense el vcnt; le ;londe spil"ituel e3t donc où est lhomme, ct nullement disLanL de lui: un unmot, tout homme quant aux inlélieurs de son menLal est dans le Monde spiri Luel au milieu des Esprits eL des Anges qui y sont, et il pense daplès la lumière de ce monde, el aime daprès la chaleur de ce monde,
  • 48. 48 LA SAGESSE ANGtLIQUECe Soleil nest point Dieu, mais il est le procédant du Divin Amour et de la Divine Sagesse de Dieu-Homme: il en est de même de la Chalew el de la Lumiè1e . procèdant de ce Soleil, 93. Par ce Soleil visible pour les Anges, daprès lequel ils ont la ChaleU! et la Lumière, il nest pas entendu le Seigneur Lui-même, mais il est enlendu le premier procé­dant du Seigneul, cest-à-dire, le plus haut degré (Stun11wm) de la chaleur spirituelle; le plus haul (degré)de la chaliur spirituelle est le feu spirituel, qui est. le Divin Amour et la Divine Sagesse dans leur première correspondance: cest de là que ce Soleil apparaH igné, et quaussi il est igné pour les Anges, mais non pOUl les hommes; le feu qui estfeu pour les hommes nest pas spirituel, mais il cst naturel; ent.r·e le feu spirituel et le feu naturel il y a la même diffé­ rence quentre le vivant et le mort; cest poUlquoi le Soleilspirituel pal la chaleUl vivifie les êtres spirituels et renou­velle les choses spÎlituelles; le Soleil naturel agit de même,il est vrai, SUI les étres naturcls el. sur les choses naturel­les, mais ce nesl. pas daprès lui-même, cest par linfluxde la chaleur spirituelle, à laquellc il portc un secourssecondaire. 94. CG Feu spirituel, dans lequel est aussi la LUll).ièredans son origine, devient une chaleur et une lumière spi­rituelles, qui décroissent en procédant, et le décroissementse faitlJal des degrés, dont il sera parlé dans la suite.Cest ce que les Anciens ont représenté ~)al des Cerclesb,illants de feu el resplendissants de lumiere aulour de laTête de Dieu; celle représentation esl enCOle communeaujourdhui, quand dans des tableaux on présente Dieucomme Homme. 95. Que lAmour produise la chaleur, et la sagesse lalumière, on le voit manifestement daprès lexpériencemême; quand lhomme aime il devient brûlant, et quand ilpense daprès la sagesse il voit les choses comme dans lalumière: de là il est évident que le premier procédant delamour est la chaleur, et que le plcmier procédant de lasagesse eslla lumièle. Que ce soient aussi des correspon­dances,cela est évidenl, car la chaleur nexiste pas danslamour lui-même, mais daprès lamour elle existe dans la
  • 49. SUR LE DIVIN AMOUR 49volonté et par suite dans le corps; ct la lumièle nexistepas dans la sagesse, mais elle existe dans la pensée delentendement et par suile dans le langage. Lamour et lasagesse sonL donc lessence et la vie de la chaleur et de lalumièr(, la chaleur ct la lumière sont des procédants, etCOlllille elles sont des procédan ts, elles ~on t aussi des C01­responclances, 96. Que la Lumière spilituelle soit absolument distinctede la Lumière naturelle, chacun peut le savoir, sil failattention aux pensées de son men laI ; en efIet, quand lemental pense, il voil ses objets dans la lumièrc, et ceuxqui pensent spiriluellell1{~lIl voient les vrais, et cela aumiliell üe la nuit aussi bien que dans le jour; cesl luêlllüpOUl cela que la IUlllii~re se dil de lentondement, et quelen tendemenl esL dit voir. car lorsque quelquun pmle SUIun sujet, parfois un autre dit quil voit que la chose estainsi, cest-iJ-dilo, quil COlll[llcnd; lentendmnent, ét(lnlspiriLuel, ne peut voÏl ainsi daprils la IllmiiJrc nalmeLle,cal la lumiülü natulell<- nost poinL inhérente, mai:,> eUesen YU avec le soleil: il osl douc évidcll t que llm tcndementjouit dune lumièlü alllle que celle üont jouiL lœil; el, quecoUe lumiiJre est dullo au tle origine. 97, Quon se gUlde de penser que le Soleil du mondospiri tuel soit Dieu Lui-~JêlJle ; Dieu Lui-~lême esllIomme;le premier procédant de son Amour et de sa Sagesse esLlIgné ~pilÎtuel qui arpanüt devalll.lesAnges comme Soleil:cest pOUlquoi, lorsque le SeigneUl se manifeste aux angesen Personne, il se manifeste comme Homme, et cela, par­fois dans le Soleil, paIfois llOrs du Soleil. 98. Cest tlaprùs cetl ü correspondance que le SeigneUl,dans la Parole, !lou-seulement. esL appelé Soleil, Illais aussiFou et Lumièro ; et par le Soleil est entendu le Seigneurquan t au Divin Amolli ct à la lJivinf~ Sa,!.!;esse ensemble;par le Feu, le Seignelll quant au Divin Amour; el par laLumière, 10 Seigneur quant ü la Diyine Sagesse.La Chaleur SpùittLelle et la Lumiè1e Spi1ittLelle en 171océ­ dant du Seigneur comme Soleil tont tm, comme son Divin Amotw et sa Diviue Sagesse lont un. 99, Dans la Première ParLie, il a été dit comment le Divin il
  • 50. 50 LA SAGESSE ANGÉLIQUEAmour et la Divine Sagesse dans le Seigneur font un ; laChaleur et la Lumière font paleillement un, parce queUesen plocèdent, et les choses qui en procèdent font un parla cOrJespondance ; en effet, la chaleur cOITespond à lA­rnoUl, et la LùmièIe il la Sagesse.. Il sen sui t que, de mêmeque le Divin Amour est le lJivinEtre, etla Divine Sagessele Divin Existel, comme ci-dessus, ~u. 14 à 16, de même laChaleur spirituelle est le DiYin pl:océdant du Divin Être,et la Lumière spirituelle le Divin plocédantdu Divin Exis­ter; cest pOUlquoi, de meme que pal cetle union le DivinAIlour appartient à la Divine Sagesse, et la Divine 8agessl-au Divin Arnoul, comme ci-dessus, No ~4 il B9, de mêmela ClJaleul spirituelle appartient à la Lumière spirituelle,et la Lumièle spirituelle à la Cllaleul spiJiluelle; et parceque telle est lunion, il sen suit que la Chaleur et la Lu·mièle en plocédant du SeigneUl comme Soleil sont un. Mais. dans la suite, on velTa quelles ne SOlit pas re~ues COlUme un pal les anges ni pal les IJommes, 100, La Chaleur eL la Lumiele, lui procèdent du Seigneur comme 801eil, sont ce qui est éminemment appelé le Spili­ luel, et elles sont appelées le Spilituel au singulier, parce quelles sont un; cest pOUlquoi, dans ce qui suit, lorsquil esl dit le Spirituel, il est entendu lune et lautre ensemble. C, st il cause de "e Spifituel que tout ce Monde est appelé Spililuel, toutes les choses de ce Monde-là lilent pd! ce ~piriluelleUl origine, et pal suite aussi leU! dénomina­ lion, Si cette chaleul et cette lumièle sonl appelées le Spirituel, cest parce que Dieu est appélG Esplit, el Dieu comme Espri t est ce Jlocédant; Dieu liaPIeS son Essence même es t appelé J ôhovalt ; mais pal ce llocéùan t il vivifie el illustre les Anges du Ciel et les hommes de lEglise; cesl même pOUf cela que la vivification et lillustration SOli t di les êLre fai tes par lEspliL de ,Jéhovah, 10-1. Que la ChaleU! et la Lumièle, cest à-dire, le Spili­ tuell)rocédan l du SeigneUl comme Soleil, fassen t un, cest ce qui peut être illustré pal la chaleU! et la lumière qui procèdent du Soleil du Monde naturel; ces d,lUX aussi font un en sortant de ce Soleil: si elles ne font pas un sU! tene, cela vien t lion pas de ce Soleil, mais de lu Tene; cm celle-ci roule chaque joUI autour ,de son axe, et elle est transporlée chaque allnee selon lEcliDlique; de là vient lapparence que la Chaleur et la Lumière ne font pas un,
  • 51. SUR LE DIVIN AMOUR 51 car au milieu de lété il Ya plus de chaleur que de lumi~re,et au milieu de lhiver il y a plus de lumière que de cha- leur: il en est de même dans le Monde spiriLuel; là cepen- dant la terre na ni mouvement de rotation ni mouvementde translation, mais les Anges se tournent plus ou moinsvers le SeigneUl, et ceux qui se tournent davantage reçoi-vent plus de chaleur et moins de lumière, et ceux qui setournent moins vels le Seigneur reçoivent plus de lumièreet moins de cllaleur ; de là vient que les Cieux, qui se corn·posent dAnges, ont été distingués en deux Royaumes,dont lun est appelé Céleste, et lautre Spirituel; les Angescélestes reçoivent plus de chaleur, ct les Anges spirituelsplus de lumière. Cest aussi selon la léception de la cha·leur et de la lumière pal eux quapparaissenL les terres surlesquelles ils habitcn l. La correspondance es t complète,pourvu quau lieu du mouvement de la tOlTe on prenne lechangement de lélat des anges. 10:2. Que considérés en eux-mêmes tous les spirituelsqui ont leur origine pal la chaleur et la lumière de leursoleil, fassent aussi pareillement un, mais que considéréscomme procédants dos affections cles Anges, ils ne fassentpoint un, cest ce qUaIl verra dans la suite: quand la cha-leur et la lumière font un clans les Cieux, cest comme lasaison du printemps chez les Anges, mais quand elles nefont point un, c"est ou comme un temps dété, ou commeun temps dhiv~r, non pas comme un temps dhiver dansles zônes froides, mais comme un temps dhiver dansles zünes chaudes; car la réception de lamour et de lasagesse par égale quantité, cost langélique même; ceslpourquoi lange est ange du ciel selon lunion de lamou let de la sagesse chez lui. Il en est de même de lhomme delEglise, si chez lui lamour et la sagosse, ou la charité etla foi, font un.Le Soleil du monde spiritttel appa1aU, à ttne hauteur moyen- ne, distant des Anges, comme le Soleil du monde natmel apparaît dislant des hommes, 103. La plupart dos hommes emportent avec eux duMonde lidée que Dieu est au-dessus de la tête en haut, etque le Seigneur est dans le Ciel parmi les Anges. Sils
  • 52. 52 LA SAGESSE ANGÉLIQUEemportent lidée que Dieu est au-dessus de la tête enhaut, cest parce que Dieu dans la Parole est appelé leTrès-Haut, et quil est dit qu il habite en haut; cest pour­qlloi, quand ils supplientet adorent, ils lèvent les yeux:Jtles main.s E}n haut, ne sachant pas que par le]J:iJ.~:JIaut iles .§.ignill~LiI.LtL~le. Sils emportentlïdéo que le Seigneûrest dans le Ciel parmi les Anges, cest parce quils ne pen­Silll de Lui que comme dun autre homme, et quelquos­uns que comme dun Ange, ne sachant pas que le. Sejg!)e~re~,~)o.:Qie!!. Même e~ Unique qui gouverne l{jnivèrs; sÎléLalt parmi les Anges dans le Ciel, il ne pounai[ pas avoirlunivers sous SOIl intuiLion, ni sous son auspice et sousson gouvernement; et sil ne brillait pas comme Soleildevant ceux qui sont dans le Monde spirituel, les Angesne pourllient avoir aucune autre lumière; car les Angessont spiritupls, el par conséquent aucune lumière que lalumière spiri LueUe ne comion t à leur essence; que dansles cieux il y ait une lumière qui surpasse immensémentla lumière sur terre, cest ce quon verra ci-dessous quandil sagi ra des degrés. 104. Quant à ce qui conceme 10 Soleil, daprès lequel les Anges ont la lumière et la chaleur, il appal<lît au-dessus des terles sUt lesquelles habitent les Anges, à une éléva­ tion denviron quarante-cinq degrés, qui est la moyenne hauteur; et en outre il appUlaîL distant des Anges, comme le Soleil du monde apparall distant des hommes. Ce Soleil apparaît constamment à celle hauteur el à cette distance, et il ne so déplace point: de là vient que les Anges nont point de temps distincts en jours et en années, ni aucune progression dujoUl allant du matin par le midi. vers le soir dans 11 nuit, ni proglession de lannee allant du printemps pal lété vers lautomne dans lhiver; mais il y a une per­ pétuelle lumière et un perpétuel printemps; cest pour­ quoi, au lieu de temps, il y a là des états, ainsi quil a déjà été dit. 105. Si le Soleil du Monde spirituel appaJaîl à une mo­ yenne hauteur, il y a principalement pOUl cela les raisons suivant.es: La Pnm,Jli-:nE,cesl quainsi laChaleul et la Lu­ mière, qui plocèdent de ce Soleil, sont dans leur moyen degré, et de là dans lem égalité, et pal conséquent dans leur juste température; car si le Soleil apparaissait au­ dessus de la moyenne hauteur, il serait perçu plus de
  • 53. SUR LE orVIN AMOUR 53cha leur que de lumière,et sil apparaissait au-dessous,il serai t per~u plus ùe lumièle que de ehaleur, comme ilarrive sur terre 10lsque le Soleil est au-dessus ou au-des­sous du milieu du ciel, lorsquil est au-dessus la chaleurlemporte sur la lumière, et lorsquil est au-ùessous lalumière lemporte sur la chaleur; car la lumière leste lam;me dans la saison de lpté et dans celle de lhiver, maisla chaleur augrr.ente ou diminue selon les degrés de hau­teur du Soleil, La SECONDE lUison pour laquelle le Soleil duMonde spirituel apparaît à une moyonne hauteUl au-des­sus du Ciel Angélique, cest palce quainsi il y a dans tousles cieux angéliques un printp.mps .perpétuel, daprès le­quelles Anges sont dans létaL de paix, cUIceL éLaL corres­pond il la saison du printemps sur terre. La TROISIRME rai·son, cest quainsi les Anges peuvent tourner continuelle­ment leurs faces vers le Seigneur, et Le voir de leurs yeux,car de quelque c6té que les Anges toument leurs corps, ilsont devant leurs faces lOrient, ainsi le Soigneur; cela estpaI,ticulier à ce &londe, ot cela nauraiL pas lieu si le Soleilde ce Monde apparaissait au-dessus ou au-dessous dumilieu; ni il plus forLe raison sil apparaissait su-dessus dela tête au zénith. 106. Si le Soleil du Monde spiriLuel napparaissait pasdistant des Anges, comme le Soleil du Monde naturel ap­paraît distant des hommes, touL le Ciel Angélique, et souslui lenfel, el sons lun et lalltle notle globe Lmraqué, neseraient point sous lintuition, lAuspice, la TaULe-Présen­ce, la Toute-Science, la TauLe-Puissance et la Providencedu Seigneul : cest par compalaison comme le Soleil denotre Monde, si ce soleil nétail pas à ceLLe digtance de latelie, où il apparaU, il ne pourrait êlre ni présent ni puis­sant par la chaleur et la lumière sur Loule la terre, ainsiil ne pounait pas fournir un SOCOUJS secondaire au Soleildu Monde spilituel. 101. Il est très nécessaire quon sache quil y a deuxSoleils, lun Spirituel et lautre Nalulel; le Soleil spirituelpour ceux qui sont dans le Monde spirituel, el 10 Soleilnaturel pour ceux qui sont dans le Monde naturel: si on nele sait pas, on ne peut rien comprendre avec juslesse SUIla Cléatioll ni sur lllomme, sujets donl il sera traité ci­dessous; on peUl, il est nai, voir les effets, mais si les
  • 54. 54 LA SAGESSE ANGÉLIQUEcauses des effets ne sont pas vues en même temps, leseffets ne peuvent apparaître que comme dans la nuitLa distance entre le Soleil et les Anges dans le If/onde spiri- tuel est une appatence selon la réception du Divin Amour et de la Divine Sagesse par eux. 108. Toutes les illusions, qui rè~nent chez les méchants et chez les simples, ont leur origme dans des apparencesconfirmées: tant que les apparences restent apparences,elles sont des vérités apparentes. selon lesquelles chacun peut :penseret parler, mais quand elles sonlreçues comme des verités mêmes, ce qui arlive quand elles sont confir-mées, alors les vérités apparentes deviennent des fausse- tés et des illusions, Par exemple, cest uue apparence, que le Soleil tourne chaque jOtU autour de la terre, et savance cbaque année selon lEcliptique; tant que cela nest pasconfirmé, cest une vérité apparente, selon laquelle chacun peut penser et parler; car on reut dire que le Soleil selève et se couche, et que par là i fait le matin, le midi. lesoir et la nuit; et aus~i, que le Soleil est maintenant danstel ou tel degré de lEcliptique ou de sa hauteur, et quepar là il fait le printemps, lété, lautomne et lhiver; maisquand on confirme que celle apparence est la vérité même,alor:; celui qui le confirme pense et dit une fausseté da-près une illusion. Il en est de môme des autres apparen-ces, qui sont innombrables, non-seulement dans les cho-ses naturelles, civiles et morales, mais aussi dans les cho-ses spirituelles. 109. Il en est de même de la distance du Soleil du Mondespirituel, soleil qui est le lwemier procédant du DivinAmoUl et de la Divine Sagesse du Seigneur; la Vélilé estquil ny a aucune distance, mais que la distance est uneapparence selon la réception du Divin Amour el. de la Di-vine Sagesse dans leur deglé pal les anges: que les dis-lances dans le Monde spirituel soient des appalences, onpeut le voir daprès ce qui a été démontlé ci-dessus, parexemple, N°S 7 a 9, que le Divin nest point dans lespace:et N°· 69 à 72, que le Divin remplit tous les espaces sansespace; or sil ny a point despaces, il ny a point non plusde distances, ou, ce qui est la même chose, si les espaces
  • 55. SUR LE DIVIN AMOUR 55sont des apparences, les distances sont aussi des appa­lences, car les distances appartiennent à lespace. 110. Si le Soleil du Monde spiri luel appalail à une tlis­I,ince des anges, cest parce que le Divin Amour et la Di­vine Sagesse sont leçus pareux dans un deglé adéquat de(,haleur et de lumièle ; car lAnge, parce quil est créé etfini, ne peut recevoil le Seigneur dans le plernier degréde chaleur el de lumièle, leI quil est dans le Soleil. caralols lAnge selail enlièrement. consumé; cest poulquoile SeigneuI est reçu pal eux dans un degré de chaleul etde lurnièle cOlrespondanl à leul amoul el à leUl sagesse.Cest ce qui peut. 8tle illuslré pal ceci: Un Ange du del­niel Ciel ne peul mon leI "els les Anges du troisième Ciel,Cill sil monle el eulIe dans leul ciel, il tombe comme encléfaillancf, el sa "ie est dans llne lulle comme avec lamort; el (da, parce que l amoul et la sagesse sont en luidans un Il.oindre del;,lè, et que ia chaleuI de son arnouretla lumièle de sa sagessG sonl dans ce mêllle degré: queselail-ce "tlors si un Ange montait jusque vers le Soleil et(Jnl.rail dans son feu? Les dilTélonces de réception du Sei­gneul paI les Anges font aussi que les Cieux appalaissentdislillcls enlre eux; le Ciel suplème, qui esl appelé llaisii:J:ne Ciel, apparail au-dessus du Second, et celui-ci au­dessus du Plemiel ; ce nest pas que les Cieux soient dis­tants lun de lautle, mais cest quïls apparaisscllt êtredist<ints; car lc Seigneur est présent chez ceux qui sontdans le DClDier Ciel, COUlIlle il lesl chez ceux qui sontdans le Troisième; ce qui fai l la ppalence de la distance esldans les :"ujets, qui soulles Anges, el non daus le Seigneul, 111, Quil en soit ainsi, cest ce qui ne peul être tacile­menl saisi par lidée IHllulelle, palce quen elle il y a Jes­Jl~ce, mais cela peul être saisi pal lidée spi)ituelle, palcequen elle il ny a poinllespace ; dans celle idée sont lesAII"OS, ~éanmoins on peul saisi! par lidée nalurelle quelA~lour el la Sagesse, ou, ce qui rbvienl au même, que leSeif1neuI qui eslle Divin Amour ct la Diine Sagesse, nepela pas savancel par des espaces, mais quil est chezehacun selon la )éceplion, Que le Seigneur soit présentchez tous, Lui-Même lenseigne dans Mathieu, - XXVIlI.~O; - et qui! fasse sa demeure C!H~Z coux qui Laiment,il lenseigne dans Jean, - XIV. 23.
  • 56. :56 LA SAGESSE ANGf!:LJQUE 112. Mais cela ayan~ été confirmé par les Cieux et parlesAnges, peut êtIe considélé comme dune sagesse supé­rieure; néanmoins la même chose est chez les hommes;les hommes, quant aux intérieurs de leur mental. sontéchauffés et illustrés par ce même Soleil, pal sa chaleurils sont échauffés, et pal sa lUITllère ils sont illustrés, entant quils reçoivenL du Seigneur lamour et la sagesse:la différence entre les anges et les hommes, cest que lesanges sont seulement sous ce Soleil, tandIs que les hom­mes sont non-seulement sous ce Soleil, mais aussi sous leSoleil du monde; car les COI!?S des hommes, sils ne sontpas sous lun et lautre SOlOll, ne peuvent ni exister nisubsister; il en est autrement des corps des An~:es, quisont des corps spirituels.Les Anges .~ont dans le 8eignew, et le Seigneur est dans eux; et comme les Anges sont des 1écipients, le Seigneur Seul est le Ciel. 113. Le Ciel est appelé lHabitacle de Dieu, et aussi leTrOne de Dieu, et de là on Cloit que Dieu y est, commeun Roi est dans son Hoyaume ; mais Dieu, cest-à-dire leSeigneur, esl. dans le Soleil au-dessus des Cieux, et palsa présence dans la ChaleU et dans la Lumièle il est dansles Cieux, ainsi quil a été montlé ;lnos les deux Articlesprécédents, et quoique le Seigneul soit de celle manièredans le Ciel, il y est néanmoins comme en soi: cal, ainsiquil vient dêtre démontré, Nos1ü8 à 112. la distnnce entrele Soleil et le Ciel nest point une distance, mais elle estune apparence de distance; puis donc que cette distancenest quune apparence, il sen suit que le Seigneur Lui­Même est dans le Ciel, cm il est dans lAmour et dans laSagesse des A.nges du Ciel; et puisquil est dans lAmour(~l dans la Sagesse de tous les Anges, et que les Angesconstituent le Ciel, il est dans t.out le Ciel. 114. Que le Seigneul soit non-seulement dans le Ciel,mais quil soit aussi le Ciel même, cest parce que lamouret la sagesse font lAnge, el. que ces deux choses appar­tiennent au Seigneur chez les Anges; il suit de là que leSeigneur est le Ciel. En effet, les Anges ne sont point An­ges pal leur propre, leul prople est absolument comme
  • 57. SUR LE DIVIN AMOUR 57celui de lhomme, propre qui est le :;;.al ; que ce soit là lepropre des anges, cest parce que tous les angRs ont étédes hommes, eL que ce propre leur est inhérent par nais­sance; il esL seulement éloigné, et autant. il est éloigné,autanL ils reçoi vent. lamour eL la sagesse,cest-à-dire,le Sei­gneur dans eux. Chacun peut voir, pour peu quU élèveson "entendement, que le Seigneur ne peut habiler chezles anges que dans ce qui lui appartient, cesL-à-dire, dansson propre, qui est lAmom et la Sagesse, et nullementdans le propre des anges, qui est le mal; de là vient quau­tant le mal esL éloigné, autant le Seigneur est dans eux,et autant eux sont anges; langélique même du Ciel est leDivin Amour et la Divine Sagesse; ce Divin est nomméAngélique tanL quil est dans les anges; de là il est denouveau évidentque Ifls Angessont Anges par le Seigneur,et non par eux-mêmes; par coniléquen t. aussi le ciel. 111>. Mais on ne peut. pas saisir comment le Seigneur est.dans lAnge, et lAnge dans le Seigneur, si lon ne sait pas quelle est. la. conjonction; il Y a conjonction du Seigneuravec lAnge et de lAnge avec le Seigneur, la conjonctionesL dunc réciproque; de la part de lAnge elle est commeil suit : LAnge ne peryoit pas autrement, sinon quil estdans lamour et dans la sagesse par lui-même, pareille­ment commëlllOmme, et par conséquent. comme si lamouret la sagesse lui apparlenaient, ou étaient siens; sil nepercevait pas ainsi, il ny aurail aucune conjonction, ainsile Seigneur ne serait pas dans lui, ni lui dans le Seigneur ;et il nest pas possible que le SeiBneur soit dans quelqueange ou dans quelque homme, a moins que celui danslequel il est avec lamour eL la sagesse. ne pelçoive et nesente cela comme sien; par Ul le Seigneur non seulemen Lest reçu. mais encore après avoir éte reçu ilest ]etc.)l1u, eten outre il est ai né réciploquemcnt ; aussi est-ce pal làque lAnge est sage, et leste sage; qui peut vouloir aimelle Seigneur et 12 prochain, et qui peut vouloil être sage,sil ne sent et ne perçoit comme sion ce quil aime, apprendet puise? qui peut autrement retenir cela chez soi? silnen était pas ainsi, lamolli" et la sagesse qui influent nau­raient aucun siège, ~ar ils se répandraient au dehors etnaffecteraient pas; ainsi lange ne serait point ange,lhom:ne ne serait point homme, et même il ne serait quecomme quelque chose dinanimé. Daprès ces explications,
  • 58. 58 LA SAGESSE ANGtLIQUEon peut voir que pour quil y ait conjonction il faut quil yait le réciproque. 116. MaiS comment se fait-il que lAnge perçoive et sentecela comme sien, etainsi reçoive et retienne, quand cepen­dant cela ne lui appUItient pas, car il a été dit ci-dessusque lAnge est Ange non par ce qui lui appartient, maispar les choses qui chez lui viennent du Seigneur? cest cequi va maintenant êlre dit; voici quelle est 1:1 chose enclle-même: Il y a chez chaque ange une Liberté ct uneHalionalité; ces deux choses sont chez lui afin quil soitsusceptible de recevoir lamour et la sagesse qui procè­den du Seigneur; mais lune et lautre, lant la Libertéque la Hationalité, appalIiennent non pas fi lui, mais auSeigneur chez lui; cependant comme ces deux e!loses ontété intimement conjointes ù sa vie, et si intimement, quonpeut les dire jointes dans la vie (injuncta vitéU), cest pourcela quelles apparaissent comme ses propres; daplèselles il peut pensel et vouloir, parler et agir, et ce quedaprès elles il pense, veut, dit et fait, apparaîl comme sicélait daprès lui-même; cesllà ce qui fait le réciproque,par lequel il y a conjonction. Mais nranmoins aulant lAn­ge croit quo lamour et la sagesse sont en lui, et ainsi seles attribue comme siens, aulant lAngèlique nest pointen lui, et autant pal suite il ny a point conjonction de luiavec leSeigneur, car il nest point dans la vüité; et commela vérité fait un avec la lumière du ciel, aulant il ne peutêlre dans le ciel; car pal là il nie quil vive pal le Seigneur,et il ClOit qu il vit pal lui même, par conséquent que laDivine essence est a lui; cest dans ces deux choses, laLiberté et la Rationalité, que consiste la vie, qui est appe­lée angélique et humaine. Daprès ces eXI~lications on peutvoir que lAnge a le réciproque pour la conjonction avec leSeigneur, mais que le léciploque, considéré dans sa faculté,appartient. non pasàlui mais au Seigneur : de là vient que silabuse de ce réciproque, par lequel il perçoit et sent commesien ce qui est au Seigneur, ce quiarric quand il se lapplo­prie, alors il déchoit de langr>lique. Que la conjonction soitréciproque, le Seigneullenseigne Lui-Même dans Jean. ­XIV,20 à 2~.XV, 4,5, 6; - et que la conjonction du Seigneuravec lhomme, et de lhomme avec le Seigneur, soit dansles ch9ses qui appartiennent au Seigneur, lesquelles sontappelées ses paroles, on le voit dans Jean, - XV. 7.
  • 59. SUR LE DIVIN AMOUR 59 117. Il yen a qui croient quAdam a été dans une telleLiberté ou un tel Libre Arbitre, quil a pu daprès lui­même aimer Dieu et être sage, et que ce Libre AIbitre aété entièrement. perdu dans ses descendants; mais cestlà une erreur; cal lhomme nest point la vie, mais il estle récipient de la vie, voir ci-dessus, N°s 4 i1 6. 55 à W; etcelui qui est le récipient de la vie ne peut ni aimer ni êtresage daprès quelque chose du sien: aussi lui-même quandil a VOtÙU aimer et être ,sage daprès ce qui était sien, est­il déchu de la sagesse et de lamour, et a-t-il été chassé duParadis. 118. Ce qui vient dêtre dit de lAnge doit pareillementêtre dit du Ciel qui se compose dAnges, puisque le Divinest le même dans les très-glands et dans les très-potits,ainsi quil a été démontré ci· dessus, Nus 77 a 82. Ce qui aété dit de lAnge .et du Ciel doit. pm-eillement être dit delHomme et de JEglise, cal lange du Ciel el lhomme delEglise font un par la conjonction; cl aussi Lhomme delEglise, quant aux intélieUls qui appalliennen~ à sonmental, ost un ange: mais pal 1I1Omme de lEglise ile st entendu lhomme dans lequel il ~T a lEglise./Jans le Monde spirit1œllOrient est où appa1aît le Seigneu1 comme Soleil, et de là dépendent les mûres Plages, 119. Il a été traitp du Soleil du Monde spirituel et de sonessence, de sa Chalem et de sa Lumière, et de la Présencedu Seigneèlr provenant de l ; maintenant il sera tyaitéaussi des Plages de ce Monde. Sil est tlaiLé de ee Soleil etde ce Monde, co<:;t parce quil est traité de Dieu, et de lA­mour et de la Sagesse; or, traiter ces sujets autrement quedaplès lorigine elle-même, se serait en traïleldapès leseffets et non d aplès les causes; et cependant les effetsnenseignent que des effets, et examinés seuls iLs ne met­tent en évidence aucune cause; mais les causes meLtent enévidence les effets; et savaiI les effets daprès les causes,cest ètre sage; au contraire, rechercher les causes da­près lès etfets. cest ne pas être sage, parce qualors il seprpsonte des illusions, que celui qui fait des recherchesappelle cause, et cest là rendle insensée la sagesse; eneffet, les causes sont les antérieurs, et les effets sont les
  • 60. 60 LA SAGESSE ANGÉLIQUEpostérieurs; et daprès les postérieurs on ne peut pas voirles an térieurs, mais daprès les an térieurs on peut voirles postérieurs; cest lit lordre. Voilà la laison pour laquelleici il est traité dabord du Monde spirituel, car là son t toutesles causes; et, plus tard, du Monde naturel, où toutes leschoses qui apparaissent sont des effets. 120. Ici donc il sera parlé des Plages dans le "Monde spi­tuel : Là il Y a pareillement des Plages comme dans leMonde naturel; mais les Plages du Monde spirituel commele Monde lui-même sont Spirituelles. et les plages du Mon­de naturel comme le Monde lui-même sont naturelles,aussi sont-elles si différentes, quelles nont rien de com­mun. Dans lun et dans lautre Monde il y a quatre Plages,qui sont appelées lOrient, lOccicl~nL. le Midi et le Septen­trion : ces quatle Plages dans le ~ronde n.aturel sont cons­tantes, déterminées pal le soleil à Midi, par devant est leseptentrion, sur lun des cOtés lorient, sur lautre locci­dent; ces plages sant déterminées par le midi de chaquelieu, cal la position du Soleil à midi est toujours la mêmepartout, et par conséquent fixe. Il en est autrement dansle Monde spirituel; là, les Plages sont déterminées par leSoleil, qui apparait constamment dans son lieu; et où ilapparaît,cestrOrient; cest pourquoi la détermination desplages dans ce monde nest pas ùaprès le Midi commedans le Monùe naturel, mais elle est daprès lOrient; pardevant est lOccident, sur lun des cOtés le Midi, sm lautrele septentrion. Mais que ces Plages proviennent non pas duSoleil du Monde spirituel, mais des habitants de ce Mondequi sont les Anges et les ESPlits, cest ce quon verra dansla suite. 121. Puisque ces Plages daprès leur origine, qui est leSeigneur comme Soleil, sont Spirituelles, les Habitationsdes Anges et des Esprits, qui toutes sont selon ces Plages,sont aussi par conséquent Spirituelles; et elles sont Spi­rituelles, parce que les anges et les esprits habitent selonles réceptions de lamour et de la sagesse procédan t duSeigneur; dans lOrient habitent. ceux qui sont. dans undegré supéliem de lAmour, dllns lOcciden t r.eux qui sontdans un degré inférieur de lAmour, dans le Midi ceux quisont dans un degré supérieur de la Sagesse, et dans leSeptentrion ceux qui sont dans un degré intérieur de laSagesse. De là vient que, dans la Parole, pal lOrient il
  • 61. SUR LE DIVIN AMOUR 61est entendu dans le sens suprême le Seigneur, et dans lesens ref>pectif lamour envers Lui, par lOccident lamourenvers Lui en décloissemen t,pal le Midi la sagesse dans lalumière, et pal le Septentrion la sagesse dans lombre;ou, des choses semblables respectivement à létat de ceuxdont il sagit. 122. Comme cest daprès lOrient que taules les Plagesdans le Monde spirituel sont déterminées, et que par lO­rient il est entendu dans le sens suprème le Seigneur, etaussi le Divin Amour, il est évident que cest du Seigneur et de lamour envers Lui que procèdent toutes choses, etque, autant quelquun nest pas dans cet amour, autant ilest éloigné du Seigneur, et habite soit dans loccident, soitdans le midi, soit dans le septentrion, à des distances làselon les réceptions de lamour. 123. Cest parce que le Seigneur comme Soleil est cons­ tamment à lorient, que les Anciens, chez qui toutes les choses du culte étaient des représentatifs des spilitucls, toul11aient leurs faces vers lorient dans leuls adorations.; et que, pOUI faire la même chose dans tout culte, ils tOUl­nèlent aussi leurs Temples de ce côté; de là vient que les Temples aujourdhui sont aussi bàtis selon la même di­ rection.Les Plages dans le .~fonde spilittcel proviennent, non pas clu Seigneu1 comme Soleil, mais des Anges selon la 1écep­ tian. 124. Il a été dit que les Anges habitent distinctemenLentre eux, les uns dans la Plage orien LaIe, dautles dansloccidentale, dautres dans la mélidionale, eLdautres dansla septentrionale; et que eeux qui lJabitent dans la plageorientale sont dans un degré supérieur de larnoll, ceuxde la plage occiden tale dans un degré infl!rieur de lamourceuxde la plage méridionale dans la lumière de la sagesse,et ceux de la plage septentlionale dans lombre de la sa­gesse. Cett{~ diversiLé dhatilaLions semble provenir duSeigneur comme Soleil, lorsquo cependant elle provientdes Anges; le Seigneur nest pas dans un plus ou moinsgrand degré damour et de sagesse, ou, Lui-Même commeSoleil nest pas dans un plus ou moins grand degré de
  • 62. 62 LA SAGESSE ANGRI.IQtJE·clraleu! et de lumiè!e chez lun que chez lautre. car il estpartout le même; mais il nest ~as reçu pal lun et parlautre dans un semblable degre ; et cola fait quils appa­raissent entre eux êtle plus ou moins distants, et différem­men t aussi selon les plages: il suit de la que les Plagesdans le Monde spirituel ne sont autle chose que les récep­lions différen tes de lamoul et de la sagesse, et par con­séquent de la chaleUl et de la lumièlo qui procèdent duSeigneur comme Soleil: quil en soit ainsi, on le voit clai­rement daprès ce qui a été démontré ci-dessus, N°S 108 à112, que les Distances dans le Monde spililuel sont desapparences". 1~5. Puisque les Plages sont les Héceptions diffé!entesde lamour et de la sagesse par les anges, il sera parlé dela diffé!ence daprès laquelle eeLt~ appurence existe. LeSeigneur est dans lange et lange est dans le Seigneur,ainsi quil a été montlé dans lArticle ptécédent; maisparce quil semble que le Seigneur comme Soleil soit horsde lange, il semble aussi que le Seigneur le voit du Soleil,et ,que lui voil le SeigneUl dans le Soleil, cc qui est il. peupres comme limage qui se pléscnte dans le mitoir; cestpourquoi, sil faut pUIlor daprès telle apparance, telle estalols la chose: Le Seigneur voit ct regalde chacun ellface, mais illlen est pas réciproquement ainsi poullesAnges il légard du Scig-neUl; ceux qui sont palle Sei,gneUldans lamDuI em-ers le Seigneur Le voient directement;aussi sont-ils dans lOrient et dans lücCÎJenL; mais ceuxqui sont daantage dans la sagesse voient le SeigneurobliquemenLà droite, eL ceux qui sont moins dans la sa­gesse Le voienL orJliquement cl gauche, cest pourquoiceux-ci sonL dans le SepLenLlion eL reux-là dans le Midi.Sils sonL dans un aspect oblique, cest parce que lamour etla sagesse procèdent comme un du Seigllem, luais ne sontpas leçus comme un pal les Anges, ainsi quil a aussi étédit ci-dessus, et que la sagesse qui est en plus glande abon­dance que lamour apparail, il est vrui, comme sagesse,mais nèanmolllS nest point sagesse, parce que ùans lasagesse surabondante il ny a point la vie procédant delamour. Daprès ces explicaLions on voit clairement doùvient la ditIérence de réception, confOlmé01ent à laquelleles habitations des Anges apPaIuissen t selon les Plagesdans le monde spirituel.
  • 63. SUR LE DIVIN AMOlJR 63 1:26. Que la réception difiélente <:le lamoUl eL de la sa-gesse fasse la plage dans le Monde spirituel, on peulle voiren ce que lAnge change de plage selon laccroissement etle décroissement de lamoli! chez lui, doù il est évidentque la plage plOvicnt non pas du Seigneur comme Soleil, mais de lAnge selon la réception. 11 en est de même delhomme quantà son esprit, il est. quant. à lesprit dans une des plages du Monde spirituel, quelle que sail la plage duMonde natUJel dans laquelle il est; car, ainsi quil a été dit ci-dessns.les plages du l1011l1e spiÏtuel nont rien de commun avec les plages du Monde natUJel; lhomme est dans ceaes-ci quant au corps, cL dans celles là quant il l espri l. .127. Pour que lamour ot la sagesse fassent un chez lange et chez lhomlLe, tout ost par paires dans loules les choses de son corps; il Y a deux yeux, deux oreilles et deux narines; il Y a fieux mains, deux jambos el deux pieds, le coneau a été divisé en deux hémisphères, le cmUJ en deux chambres, le poumon en deux lobes, paleillement toutes les autres choses; ainsi dans lange el dans lhom- me il y a une droite et une gauclJe; el taules les padies droites se réfèrent il lamour doù procède la sagesse, et toutes les parties gauches il la sagesse plocéùanl de la- mour, ou, ce qui esl la même chose, toutes les parties droites se réfèrent au bien doù procéde le veui, et loutes los p:JTties gauelles au Tai procédant du bien. Ces paires sonl clans. lange el clans lhomme, pour ql1e lamour el la sagesse, ou le bien el le vrai, fassent un, ()t pour quils regUlclenl comme un vers le Seigneur: mais, dans la suite, il en sera dit davantage sur ce sujet. 128. Daprès cela, on peut. ,"air dans quelle illusion et pal suite dans queUe fausseté sont ceux qui ceoienl que le Seigneur donne il son goeé le ciel, ou quil donne il lion gré à lun clètle plus sage el daimer plus quun aulee; lors- que eepemlanlle Seigneur veut également que lun comme lautre soit sage el sail sauvé; car il pourvoil àdesmoyens pOUl tous; ellacun selon q;,il reçoil. ces moyens el y con- forme sa vie est sage el. esl sauvé, car le SeigneUl est le mème clle2- lun el cher, lautre; mais les r6cipienls, qui soulles anges elles hommes, sont différents daprès une réception différenle el. une vie ditlérenle. Quil en sail ainsi, on peul le voir par ce qui vienl dêtle dil des plages
  • 64. 64 LA SAGESSE ANGÉLIQUEet des habitations des anges selon les plages, à savoir, queceLLe ditlérence provient non pas du Seigneur, mais deceux qui reçoivent.Les Anges tournent continuellement leu1 {ace vers le Sei­ gneu1 comme Soleil, et ont ainsi le midi à droite, le septent1ion à gauche, et loccident derrière eux. 129, Toutes les choses qui sont dUes ici des Anges et deleur conversion vers le Seigneur comme Soleil, doiventêtre aussi entendues de lhomme quant il son esplit, callhomme quant à son menlal est un esprit, et sil esl. danslamour ct dans la sngesse, il est un ange; cest aussi pourcela quaprès la mort, lorsquil a dépouillé ses exte)nesquil avait tirés du monde nalmel, il devient esprit ouange: el comme les anges tournent continuellement latace vers lOrient du soleil. ainsi vers le Seigneur, il estdit aussi je lhomnie, qui est parle Seigneur dans lamouret la sagesse, quil voit Dieu, quil tomne ses regards "ersDieu, quil il Dieu devant les yeux, expressions par les­quelles il est enlendu quil vU (omme un Ange: on sex­p)ime ainsi dans le monde, tant parce que ces choses exis­tent en actualité dans le ciel, que parce quelles existenten actualiLé dans lcsplit de nomme; qui est-ee qui nevoit pas Dieu devant soi, lo)squil prie, quelle que soit laplage vers laquelle est tOUlnée sa face? 130, Si les Ange:,; tournent continuellement leUls facesvels le Seigneur comllle Soleil, cest paIce que les A.ngessont dans If) Seigneur et que le Seignelll est dans eux, etparce que le Seigneur conduit intérieurement leurs affec­tions et leurs pensées, et les tourne eonlinu(~llement velSLui; ainsi ils ne peuvent faire aulrement qlle de regardc)vcrs lOrient, où appalaH le Seigneur comme Soleil; delà il es t éviden t que les Anges ne se tournen t pas vers leSeigneur, mais que le Seigneur les tourne vers Lui: eneUe l, quand les Anges pensent intérieuremen t au Seigneuralo)s ils ne pensent p:lS à Lui autrement que comme étanlclans eux, la pensée inlérieure elle-même ne fait point ladistance, mais la pensée extélieure, qui tait un avec la vuecles yeux, produit la distance; etcela, palce que la lwnséeextériemc est dans lespace, mais non lintérieure, ct là
  • 65. SUR LE DIVIN AMOUR 65 où elle nest pas dans lespace, comme dans le Monde spi­ rituel, elle est néanmoins dans lapparence de lespace. Mais ces chuses ne peuvent pas être facilement comprises par lhomme qui pense à Dieu daprès lespace, car Dieu est partout, et cependant nest pas dans lespace, ainsi il est Lant en dedans quen dehors de lange, et par suite lange p.mt voir Dieu, cest-à-dire. le Seigneur, et en de-­ dans de soi et en dehors de soi; en dedans de soi quand il pense daprès lamom" et la sagesse, en dehors de soi quand il·pense à lamour et à la sages3e. Mais il sera parlé spécialem.ent de ce sujet dans les traités sur LA TOUTE-PRÉ­ SENCE, LA fOUTE-SCIENCE Er LA TOUTE-PUISSANCE DU SEIGNEUR. Que chacun se garde bien de tomber dans cette hérésie exécrable, que Dieu sest infusé dans les hommes, ct quil est dans eux et nest plus dans soi, lorsque cependant Dieu esL partout tanL en dedans quen dehors de lhomme, car il ost dans tout espace sans espace, comme il a été montré ci-dessus, N°s 7 à 10, eL 60 à 72; car sil était dans,lhomme il serait non seulement divisible mais encore renfermé dans lespace; bien plus. lhomme pourrait même alors penser quil est Dieu: cette hérésie est si abominable, que dans le monde spirituel elle pue comme un cadavre. 131. La conversion des Anges vers le Seigneur est telle,que dans toule conversion do leur COI"PS ils ont leurs re­gards vers le Seigneur comme Soleil devant eux: lAngepeuL se tourner de tous les cOtés, et voir ainsi les différents objeLs qui sonL aulour de lui.mais néamnoinsle Seigneurcomme Soloil apparaît continuellemont devanl sa face.Cola peut paraître étonnant, mais cependanl cela est lavérile ; il ma aussi été donné de voir ainsi le Seigneurcomme Soleil; devant ma face je Le vois, el pendant plu­sieurs années, vers quelque plage du Monde que je mesois tourné, je Lai vu pareillemenl. 132. Puisque le Seigneur comme Soleil, el ainsi lOrient,esl devant les faces de tous les Anges, il sensuit que poureux à droite est le midi, à gauche le septentrion, et parderrière loccident, par eonséql.lent aussi dans toute con­version de leur corps ; car, ainsi quil a lléjà été dit, toutesles plages dans le Monde spirituel ont été déterminées pallOrient; cest pourquoi ceux poUl qui lOrient est devantles yeux, sont dans les plages mêmes, bien plus ils en sonteux-mémes les déterminations; car, ainsi quil a été mon­ o
  • 66. 66 LA SAGESSE ANG~LIQUEtré ci-dessus, N°S 124 à 128, les plages proviennent nonpas du Seigneur comme Soleil, mais des anges selon laréception. 133. Or, comme le Ciel se compose dAnges, et que lesAnges sont tels, il sensuit que le Ciel tout enlier se tournevers le Seigneur, et que par celle conversion le Ciel estgouverné comme un seul Homme par le Seigneur, de mêmequaussi le Ciel est sous le regard du Seigneur. Que le Cielsous le regard du Seigneur soit comme un seul Homme,on le voi t dans le Trai té DU CIEL ET DE LENFER, N06.59 à 87 :de la viennent aussi les Plages du Ciel. 134. Puisque les Plages son t ainsi comme inscri tes danslAnge et aussi dans le Ciel tout enlier, cest pour cela quelAnge connait sa maison et son habitalion, en quelquen­droi t quil aille, tou tau tremen t que lhomme dans le monde;si lhomme ne connait ni la maison, ni lhabitalion daprèsla plage en soi, cest parce quil pense daprès lespace,ainsi daprès les plages du monde naturel, qui nont rien de commun avec les plages du monde spirituel.Mais néan­moins chez les oiseaux et chez les animaux il y a une sem­ blable science, car il a été insité en eux de connailre leursmaisons et leurs habitations daprès eux-mêmes, comme on le sait par un grand nombre dexpériences; indice quil y a quelque chose de semblable dans le monde spirituel; car toutes les choses qui existent tians le monde naturel sont des effets, et toutes celles qui existent dans le monde spirituel sont les causes de ces effets; il nexiste pas de naturel qui ne tire sa cause du spirituel.Tous les intérieurs tant du mental que du C01pS des Anges ont été tournés vers le Seigneur comme Soleil. 135. Les Anges ont un entendement et une volonté, ilsont une. face et un corps, et ils ont aussi les intérieurs delentendement et de la volonté, et les intérieurs de la faceet du corps: les intérieurs de lentendement et de la vo­lonté sont,les choses qui apps.rliennenl à leur affection età leur pensée intérieures; les intérieurs de la face sont 1eRcerveaux, et les intérieurs du corps sont les viscères, dontles principaux sont le cœur et le poumon: en un mot, ily a chez les Anges toutes et chacune des choses qui sontchez les hommes sur terre; cest par ces choses que les
  • 67. SUR LE DIVIN AMOUR 67 Anges sont des hommes; ce nest pas la forme externe sans ces internes qui fait quils sont des hommes, mais cest la forme externe jointe à ces internes, ou plutôt pro­ venant de ces internes; autremEnt ils seraient seulement des images dhomme, dans lesquelles il ny aurait point la vie, parce quen dedans il ny aurait point la forme de la vie. 136. On sait que la volonté et lentendement gouvernent le corps à leur gré, car ce que lentendement pense la bou­ che le prononce, et ce que la volonté veut le corps le fait; il est donc évident que le corps est la forme correspon­ dante à lentendement et à la volonté, et comme la forme se dit aussi de lentendement et de la volonté, il est de même évident que la forme du corps correspond à la forme de lentendement et de la volonté; mais quelle est lune el lautre forme, ce nest pas ici le lieu de le décrirè ; il Y a même des choses innombrables dans lune et lautre, et ces choses innombrables de part et dautre font un, parce queUes se correspondent mutuellement: de là vient que le Mental, oula volonté etlentendement, gouverne le corps à son gré, ainsi absolument comme il se gouverne lui­ même. 11 sensuit que les intérieurs du mental font un avec les intérieurs du corps, et que les extérieurs du men­ tal font un avec les extérieurs du corps. U sera parlé plus loin des intérieurs du mental, après quil aura été traité des degrés de la vie, et alors il sera pareillement parlé des int.érieurs du,corps. . 137. Puisque les iniérieurs du mental font un avec les intérieurs du corps, il sensuit que lorsque les intérieurs du mental se tournent vers le Seigneur comme Soleil, les intérieurs du corps font aussi de même; et puisque les extérieurs de lunet de lautre, Lant du mental que du corps, dépendent de leurs intérieurs, il en résulte queux aussi font de même; en effet, ce que lexterne fait, il le fait da­ près les internes, car le commun tire son tout des particu­ liers dont il se compose. Daprès cela il est évident que, puisque lAnge tourne la face et le corps vers le Seigneur comme Soleil, tous les intérieurs de son mental et de son corps ont aussi été tournés vers le Seigneur. Il en est de même de lhomme, sil a continuellement le Seigneur.devant les yeux, ce qui arrive sil est dans lamolli et dans la sagesse, alors non-seulement il Le regarde des yeux et
  • 68. 68 LA SAGESSE ANGÉLIQUEde la face, mais aussi de tout son mental et de tout soncœur, cest-à-dire, de toutes les choses de la volonté et delentendement, et en même temps de toutes celles ducorps. 138. Cette conversion vers le Seigneur est une conver­sion actuelle, cest une certaine élévation; en effet, on estélevé dans la chaleur et la lumière du ciel, ce qui se faiten ce que les intérieurs sont ouverts; quand ils ont étéouverts, lamour et la sagesse influent dans les intérieursdu mental, et la chaleur et la lumière du ciel influentdans les intérieurs du corps, de là lélévation, qui estcomme si lon passait dun nuage épais dans lair, ou delair dans léther; et lamour et la sagesse avec leurchaleur et leur lumière sont chez lhomme, le Seigneur,qui, ainsi quil a déjà été dit, le tourne vels Lui. Cest lecontraire chez ceux qui no sont point dans lamour et la sa­gesse, et encore plus chez eeux qui sont contre lamouret la sagesse, leurs inté:ieurs, tant du mental que ducorps, ont été fermés, et quand ils ont été feJmés,les exté­rieUls réagissent contre le Seignour, car une telle natureest en eux; de là vient quils tournent le dos au Seigneur,et tourner le dos au Seigneur, cest se tourner vers len­fer. 139. Cene conversion actuelle vers le Seigneur provient ùe lamoUl eL en même temps de la sagesse, non de la­ mOllI seul, ni de la sagesse seule; lamou,r seul est comme lêtre sans son exisler, cal lamour exisLe clans la segesse; eL la sagesse sans lamour est comme lexister sans son être, car la sagesse existe daprès lamour. Il y a, il est vrai, un amour sans la sagesse, mais cet amour appartient à lhomme et non au Seigneur; eL il y a aussi une sagesse sans lamour, celte sagesse vient. il estvrai, du Seigne:lr, mais elle na pas le Seigneur en elle, car elle est comme la lumière dhiver qui vient, il est vrai, du soleil, mais les­ sence du soleil, qui est la chaleur nest pas on elle. Chaque Esprit quel quil soit se tomne pareillement velS son amOUl dominant 140. Il sera dabord dit ce que cest quun esprit, et ce que cest quun ange: Tout homme, après la mort, vient
  • 69. SUR J:.B DIl1N: AMOUR g9dabord dans le Monde des Esprits, qui lient le milieu entrele Ciel et lEnfer; et là, il remplit ses temps ou ses états,et selon sa vie il est préparé ou pour le Ciel, ou pour lEn­fer: tant quil reste dans ce Monde, il est appelé esprit;celui qui de ce Monde a été élevé dans le Ciel est appeléAnge, et celui qui a été précipité dans lEnfer est appelésatan ou diable; tant que les mêmes sont dans le Mondedes esprits, celui qui est préparé pOUl le Ciel est appeléEsprit angélique, et celui qui est préparé pour lEnfer Es­prit infernal: pendant cette préparation lEsprit angéliquea été conj oint avec le Ciel, et rEsprit infernal avec lEnfer.Tous les Esprits, qui sont dans le Monde des esprits, ontété adjoints à des hommes, parce que les hommes quantaux intérieurs de leur mental sont pareillement entre leCiel el lEnfer, et par ces Esprits ils communiquent avec leCiel ou avec lEnfer, selon la vie. Il faut quon sache queautre est le MONDE DES ESPRITS, et aulre le MONDE SPIRITUEl,;le Monde des esprils est celui donl il vienl dêtre parlé;mais le Monde spirituel est dans le complexe et ce Mondedes esprits et le Ciel et lEnfer. 141. 11 sera dit aussi quelque chose des Amours, puisquilsagit de la conversion des· anges et des esprits daprèsleUJs amoUlS vers leurs amours. Le Ciel tout entier a étél1istingué en Sociétés selon toutes les différences desamours; pareillement lEnfer; et pareillement le Mondedes esprits: mais le Ciel a été distingué en Sociétés selonles difYéJences des amours célestes, lenfer selon les diffé­rences des amours infernaux, eLle Monde des esprits selonles ditlérences des amours, tant célestes quinfernaux. Ily a deux Amours, qui sont les Têtes de tous les autres, ouauxquels se réfèrent. tous les autres amoUls: lAmour quiest la téte, ou auquel se réfèrent tous les amours célestes,est lArnoUl envers le Seigneur; etlAmour qui est la tête,ou auquel se réfèrent tous les amours infernaux, est lA­mourde dominer daprès lamour de soi: ces deux Amourssont diamétralement opposés lnn il. lautre. 142. Puisque ces deux Amours, lAmour envers le Sei­gneur et lAmour de dominer daprès lamour de soi, sontentièrement opposés lun il. lautre; et que tous ceux quisont dans lAmour envers le Seigneur se tournent vers leSeigneur comme Soleil, connue il a élé montré dans lAr­ticle précédent, on peut voir que lous ceux qui sont dans
  • 70. 0 LA SAGF;SSE ANGÉLIQUE lAmour de dominer daprès lamour de soi tournent le dos au Seigneur; sils se tournent ainsi dans un sens opposé, cest parce que ceux qui sont dans lamour envers le Sei­gneur naiment quà être conduits parle Seigneur, et veu­ lent que le Seigneur seul domine, tandis que ceux qui sont dans lamour de dominer daprès lamour de soi nai­ment quà être conduits par eux·mêmes, et veulellt domi­ ner seuls. Il est dit lamour de dominer daprès lamour de soi, parce quil y a lamour de dominel daprès lamour defaire des usages, amour qui, parce quil fait un avec la­ mour à légard du prochain, est lamour spirituel; toute­fois, cet amour ne peut pas être appelé lamour de domi­ner, mais il doil être nommé lamour de faire des usages. 143. Que chaque esprit, quel quil soit, se tourne versson amour dominant, cest parce que lamour est la vie dechacun. comme il a été montré dans la Première Partie,Nes 1, 2, 3 ; et que la vie tourne ses réceptacles, qui sontappelés membres, organes et viscères, ainsi lhomme toutentier, vers celle société qui est avec lui dans un amoursemblable, ainsi où est son amour. 144. Comme lamoUl de dominer daprès lamour de soiestentièrement opposé à lamour envers le Seigneur,cest pourcela que les espriLs, qui sont dans cet amour de dominertournent la face- en arrière du Seigneur, et par suite regar­dent des yeux vers lOccident de ce Monde; et parce quainsiils sont quant au corps en sens contraire, ils ont derrièreeux lOrient, à droite le Septentrion, et à gauche le Midi;ils ont derrière eux lOrient parce quils haïssent le Sei­gneur, à droite le Septentrion parce quils aiment les illu­sions et par suite les faussetés, et à gauche le Midi parcequils méprisent la lumière de la sagesse. Ils peuvent setourner dans tous les sens, mais toutes les choses quilsvoient autour deux apparaissent semblables à leur amour.Tous ceux-là sont naturels-sensuels, et quelques-uns sonttels, quils croient queux seuls vivent, et quils regardentles autres comme des images: ils se croient sages au-des­sus de tous, quoiquils soient insensés. 145. Dans le Monde spirituel, il apparait des chemins,frayés comme les chemins dans le Monde naturel, quel­ques-uns conduisent au Ciel, et dautres à lEnfer; maisles chemins qui conduisent à lEnfer napparaissent pointà ceux qui vont vers le Ciel, et les chemins qui conduisen t
  • 71. If­ SUR: LE DIVIN AMOUR . 71 au Ciel napparaissent point à ceux qui vont vers lEnfer; ces chemins sont innombrables, car il y en a pour chaque société du Ciel, el pour chaque société de lEnfer; chaque esprit entle dansle chemin qui conduit à la société de son amour, et ne voit point les chemins qui tendeut ailleurs: de là vient que chaque esprit marche aussi en avant, à mesure quil se tourne vers son amoul dominant. Le Divin Amour et la Divine Sagesse, qui procèdent du Sei­ gneur comme Soleil, et font la chaleur et la lumière dans le Ciel, sont le Divin procédant, qui est lEsprit-Saint, 146. Dans la Doctrine de la NottvelleJérusalem sur le Sei­ gneur, il a été montré que Dieu tst un en Personne et en Essence, dans lequel est la Trinité, et que ce Dieu esl le Seigneur; et aussi que la Trinité du Seigneur est nommée Père, Fils, et Esprit-Saint, et que le Divin a Quo (de qui tout procède) est nommé Père, le Divin Humain Fils, et le Divin procédant Esprit-Saint. Il est dit le Divin procédant, et néanmoins personne ne sait pOUlquoi il est dit Procé­ dant; si on ne le sait pas, cest parce que jusquà présent on a ignoré que le SeigneuI devant les Anges apparaît comme Soleil, et que de ce Soleil procède une Chaleur qui dans son essence est le Divin Amour, et une Lumière qui dans son essence est la Divine Sagesse; tant que cela a eté ignoré on na pas pu savoir autre chose, sinon que le Divin procédant était Divin par soi, cest pourquoi aussi, dans la Doctrine Athanasienne de la Trinité, il est di t que, autre est la Personne du Père, autre celle du Fils, et autre celle de lE3prit-Saint: or maintenant, quand on sait que le Sei­ gneur apparaît comme Soleil, on peut avoir une jus te idée du Divin procédant, qui est appelé lEsprit-Saint, à savoir, quil est un avec le Seigneur, mais quil procède de Lui, comme la Chaleur etla Lumière plocedent du Soleil: cest même pour cela que, autanlles Anges sont dans lamour et dans la sagesse, autant ils sont dans la Divine Chaleur et dans la Divine Lumière. Sans la connaissance que le Seigneur dans le Monde spirituel apparaît comme Soleil, et que son Divin procède ainsi, on ne peut jamais savoir ce qui est entendu par procéder, par exemple, si cestseu­
  • 72. 72 LA SAG~SSE ANGéLIQUE lement communiquer les choses qui appartiennent au Père et au Fils, ou seulement illustrel et enseigner ; mais tou­ jours est-il quainsi il nest pas dune raison illustrée de reconnaître le Divin Procédant comme Didn pal soi, et de lappeler Dieu, et de le distinguer, quand aussi il est connu que Dieu est un, et quIl est Tout-Présent. 147.11 a été montré ci-dessus que Dieu nest pas dans lespace, et que par cela même il est Tout-Présent; et aussi, que le Divin est le même partout, mais que son apparence différente dans les anges et tians les hommes vient dune réception diffélente: maintenant, puisque le Divin Procédant du Seigneur comme Soleil est dans la Lumière et dans la Chaleur, et que la lumière et la chaleur influent dabord dans les récipients universels, qui dans le Monde sont appelés atmospheres, et que celles-ci sont les récipients des nuées, on peut voir que, de même que les intérieurs qui appaltiennent Ù lentendement chez lhomme ou cbezlange ont été enveloppés de telles nuées, de même lest le réceptacle du Divin procédant; piU les nuées sont entendues les nuées spiIiluelles, qui sont les pensées,lesquelles sont en concordance avec la Divine Sagesse sielles viennent des vrais, et sont en discordance si elles viennent des faux; cest même pOUl cela que les penséesdaprès les vrais dans le Monde spirituel, q)land elles seprésentent à la vue apparaissent comme ries nuées blan­ches, el les pensées dapIès les faux comme des nuées noi­res. Daprès ces explications, on peut voil que le Divinprocédant est, à la vérité, dans tout homme, mais quil estdifféremment voilé pal chacun. 148. Comme le Divin même est présent dans lange etdans Ihomme par la chaleur et la lumière spirituelles, cestpour cela quil est dit de ceux qui sont dans les vrais de laDivine Sagesse et dans les biens du Divin Amour, quandils en salit affectés et que l?ar laffection ils pensent SUlces vrais et ces biens dapres ces vrais ei. ces biens, quilssont embrasés de Dieu, ce qui arlive mème parfois JUSqUli.la perception et à la sensation, comme lorsquun Prédica­teur pmle daprès le zèle: il est dit aussi des mêmes, quilssont éclairés de Dieu, parce que le Seigneur par son Divinprocédant non-seulement embrase la volonté par la Cba­leur spirituelle, mais éclaire aussi lentendement par laLumière spirituelle.
  • 73. SUR LE DIVIN AMOUR 78 H9. Que lEsprit-saint soille méme que le Seigneur, etquil soilla Vérilé méme daprès laquelle il y a pour lhommeillustration, cela est évident par ces passages dans la Pa­lole: c Jésus dit: Quand sera venu r:ESPRIT DE I.A VÉRITÉ, ilvous condui1a dan"s taule la VÉRITÉ; il ne pmlem pas da­près lui-méme, mais tout ce quil ctum entendu il pronon­ceta. » - Jean XVI. 13. - c Lui Me gto1iflem, parce quedu J.Vien il1ecevra, et il vouos lannonce1a. ) - Jean, XVI.14, HS: - ( Il demeu1e1Yt chez les Disciples, et il sera eneux, » -Jean, XIV. 17. XV. 26. - (Jésus dit: Les parolesque je vous ptononce sont Esprit et sont Vie. b - Jean, VI.63; - daprès ces passages, il est évident que la Vérilémême, qui procède du Seigneur, est appelée Espril-saint;et, parce quelle est dans la lumière, elle illustre, 1~O. Lillustration, qui est altlibuée à lEspri t-sain., est, àla vérité, clans lhomme par le Soigneur, néanmoins elle sefait par le moyen des esprils et cles anges; mais quelle estcette média lion, ces t ce qùi ne peul pas encore être décrit;il sera dit seulement que les anges et les esprits ne peuventnullement illustrer lllomme daprès eux-mêmes, car euxsont illuslrés de même que lhomme par le Seigneur; elcomme ils sont pareillement illustrés, il sensuilque touteillustra tion vient du Seigneur seul: si elle se fait par lemoyen des anges ou des esprits, cest parce que lhomme,qui est dans lillustration, est alors placé au milieu fie cer­tains anges et de certains esprits, qui reçoivent du Seigneurseullillustralion plus que les autres.Le Seigneur a c1éé lUnive1s et toutes les ehoses de lUnivers au moyen du Soleil, qui est le premie1 p1océdant du Divin AmoU? et de la Divine Sagesse. 151. Par le Seigneur il esl entendu Dieu de toute éter­nité ou Jéhovah, qui est appelé Père et Créateur, parce quele Seigneur est un avec Lui, comme il a été montré dansLA DOCTRINE DE L. NOUVELLE JÉRUS.LEM SUR LE SEIGNEUR; ceslpourquoi, dans lu suite, où il sagit ausside la Création, ilest nommé le Seigneur. 152. Que toutes choses dans lUnivers aient été crééespar le Divin Amour et par la Divine Sasesse, cest ce quia été pleinement montré dans la Premiere Partie, spécia­
  • 74. 14 LA SAGBSSB ANGm.IQUBlement N°S 52, 53 ; ici maintenant il sera montré que cestau moyen du Soleil, qui est le Premier procédant du DivinAmour et de la Divine Sagesse. Quiconque peut voir leseffets daprès les causes, et ensuite voir par les causes leseffets dans leur ordre et dans leur série, ne peut nier quele Soleil ne soit le premier de la création, car par lui sub­sistent toutes les choses qui sont dans son Monde; etcomme elles subsistent par lui, elles ont aussi existé parlui, lun conclut et atteste lautre; en effet, elles sont tou­tes sous son aspect, parce quil les a placées pour quellesy soient; et les tenir sous lui, cest les placer continuelle­ment; cest pourquoi il est dit aussi que la subsistanceest une perpétuelle existence; si même quelque choseétait soustrait entièrement à linflux du soleil par lesatmosphères, cela serait sur-le-champ dissous; car lesatmosphères, qui sont de plus pures en plus pures, etmises activement en puissance par le soleil, contiennentchaque chose dans un lien; maintenant, puisque la sub­sistance de lunivers et de toutes les choses de luniversvient du Soleil,il est évident que le Soleil est le premier dela création a Quo (duquel tout procède). Il est ditduSoleil,mais il est entendu du Seigneur pal le soleil, car le soleil aussi a été créé par le Seigneur. 153. Il Y a deux Soleils, par lesquels toutM choses ontété créées par le Stligneur, le Soleil du Monde spirituel etle Soleil du Monde naturel; toutes choses créées viennentdu Seigneur par le Soleil du Monde spirituel, mais nonpal le Soleil du Monde naturel; car le Soleil naturel estloin au-dessous du Soleil spirituel; il est à une moyennedistance, au-dessus de lui estle Monde spirituel, et au-p,es­sous de lui est le Monde naturel; et le Soleil du Mondenaturel a été créé pour porter uu secours secondaire; dansla suite, il sera parlé de ce secours. 154. Si lUnivers et toutes les choses de lunivelS ontété créées par le Seigneur au moyen du Soleil du Monde spirituel, cest parce que ce Soleil est le premier procé­ dant du Divin Amour et de là DivinE;) Sagesse, et que tou­ tes choses viennent du Divin Arnoul et de la Divine Sa­ gesse, comme il a été démontré ci-dessus, N°l 52 à 82.Dans tout objet créé, tant dans le plus grand que dans le plus peUt, il y a trois choses, la Fin, la Cause et lEffet; il ny a point dobjet créé dans lequel ces trois ne soient:
  • 75. SUR i.E DIVIN AMOUR 75 dans le plus Grand ou dans lUnivers ces Trois existentdans cet ordre: Dans le Soleil, qui est le Premier procé .dant du Divin Amour et de la Divine Sagesse, est la Finde toutes choses; dans le Monde spirituel sont les Causesde toutes choses; èl dans le Monde naturel son tles Effetsde toutes choses: mais comment ces trois sont dans lesPremiers et dans les Derniers, cest ce qui sela dit dansla suile. Maintenant, puisquil ny a pas dobjet cléé, danslequel ne soient ces trois, il sensuit que le Seigneur acreé lUnivers et toutes les choses de lUnivers pal le Soleil,où est la fin de toutes choses. 155. La Création elle-même ne peut pas être mise à laportée de la conception, si lespace et le temps ne sont paséloignés de lu pensée; mais sils son t éloignés, elle peutêtre saisie : ~loigne-les, si tu I?eux, ou autant que tu peux,et Lient le mental dans une idee séparée de lespace et dutemps, et tu perceveras que le très-grand de lespace eLletrès-petit de lespace ne diffèrent en rien, et alors tu nepourras avoir de la Création de lunivers quune idée sem-blabe à celle de la Création des singuliers dans lUnivers,et Lu verras que la diversité dans les objets créés vient dece que les Infinis sontdans Dieu-Homme, et par conséquentles indéfinis dans le Soleil, qui est le premier procédantde Dieu, et de ce que ces indéfinis existent comme dansune image dans lUnivers créé; cest de là quil ne peut yavoir en aucun endroit une chose qui soit la même guuneautre; de là vient la variété de toutes choses, valieté quise présente devant les yeux avec lespace dans le Mondenaturel, et dans lapparence de lespace dans le Mondespirituel; et la varieté concerne les communs et concerneles singuliers. Ce sont là des choses qui ont été démon-trées dans la Première Parlie; pal exemple, que dansDieu-Homme les Infinis sonL distinctement un, N°s 17 il 22;que toutes choses dans lUnivers ont été créées par leDivin Amour et pal la Divine Sagesse de Dieu-Homme,N°s 52, 53; que toutes choses dans lUnivers créé sont desrécipients du DIvin Amour et de la Divine Sagesse deDieu-Homme, N°S 55 à 60; que le Divin nest point danslespace, N03 7 à 10 ; que le Divin remplit tous les espacessans espace, NQs 69 à 72; que le Divin est le même dansles très-grands et dans les trè::.-petHs, NoK 77 à 82. 156. On ne peut pas dire que la création de lUnivers et
  • 76. 76 LA SAGESSE ANGÉLIQUEde toutes les choses,de lunivers ait été faite dun espaceà un espace et dun temps a un temps, ainsi progressive­ment ,et successivement, mais on doit dire quelle a été faitede lEternel et de lInfini, non, de lÉternel du temps,puisquil nyen a point, mais de lEtérnel du non-temps,car cest la même chose que le divin, ni de lInfini de les­pace, puisquil nyen a point non plus, mais de lInfinidu non-espace, ce qui est aussi la même chose que leDivin. Je sais que cela surpasse les idées des pensées quisont dans la lumière naturelle, mais cela ne surpasse pasles idées des pensées qui sont dans la lumière spirituelle,car dans celles-ci il ny a rien de lespace ni du temps:et même cela ne surpasse pas non plus absolument lesidées des pensées dans la lumière naturelle, car lorsg:uondit quil ny pas dinfini de lespace, chacun laffirmedaprès la raison; il en est de même de léternel, carcest linfini du temps; si lon dit éternellement (in œter·num), cela est saisi daprès le temps; mais de toute étel­nilé (ab œterno), nest saisi que si le temps est écarté,Le Soleil du Alonde natu1"el est pur {eu, et pm" conséquent mort; et comme la Natu1e tire son origine de ce Soleil elle est rno1te. 157. La CIéation elle-même ne peut en rien être attri­buée au Soleil du Monde naturel, mais elle doit lêtre toutentière au Soleil du Monde spirituel, puisque le Soleildu Monde naturel est ,entièrement mort, tandis que leSoleil du Monde spirituel est vivant, car il est le premierProcédant d!! Divin Arnoul et de la Divine Sagesse, etpuisque ce qui est mort nagit point par soi-même, maisest mis e:l action; cest pourquoi lui attlibuel quelquechose de la création, ce serait comme si lon altribuait àun instrument, mis en action par les mains dun ouvrier,louvrage que fait louvrier. Le Soleil du Monde naturelest un pur Feu dont a été séparé tout ce qui appartient àla vie; mais le Soleil du Monde spirituel est un Feu danslequel est la Vie Divine. Lidée Angélique sur le feu duSoleil du Monde naturel, et sUlle Feu du Soleil du Mondespirituel, cest que la Vie Divine est intérieurement dans
  • 77. SUR LE DIVIN AMOUR 77le Feu du Soleil du Monde spirituel, et extérieurementdans le Feu du Soleil du :Ionde naturel. Par là on peutvoir que lactivité du Soleil naturel vient non pas de lui,mais de la force vive procédant du Soleil du Monde spiri­tuel; si donc la force vive de ce Soleil ét.ait retirée ou Olée,le Soleil naturel Lomberait. De là vient. que le culte duSoleil est le plus bas de t.ous Ifs l:nHes de Dieu, car cestun culte absolument. mort, cOlDwële Soleillui-mème; cestpourquoi dans la Parole ce culte est appelé une abomina­lion. 158. Puisque le Soleil du Monde nat.urel est pur feu, et.que par consôquent il est mort, la Chaleur qui en procèdeest donc morte aussi; de même est morte la Lumière quien procède; de même sont morLes les Atmosphères, quisont appelées éther el air, et qui reçoivent dans leUl seinet transportent la chaleur et la lumière de ce Soleil. Puis­que tout cela est mort, tout.es et chacune des choses duglobe terresLre, qui sont au-dessous et sont appelées ter­res, sont mortes aussi: mais néanmoins toutes ces choses,en gpnélal et en particulier, ont été enveloppées de spiri­tuels qui procèdent et profluent du Soleil du Monde spiri­tuel; si elles nen avaient pas ét.é enveloppées, les terresne pomraient pas être mises en action, ni produire desformos des usages qui sont les végétaux, et destormes dela vie qui sont les animaux, ni fournir les matières par les­quelles lhomme existe et subsiste. 159. Maintenant, comme la NatUle commence par ceSoleil, et que tout ce qui existe et subsiste daprès lui estappelé NatUlel, il sensuit que la Natme, avec toutes etchacune des choses qui la composent, est morte. Si laNature apparaît dans lhomme et dans lanimal commevivanle, cest daprès la Vic qui laccompagne et la met enaction. 160. Puisque les infimes de la Nature qui constituent lesterres sont morts, ct quils ne sont ni muables ni variablesselon les états des affections et des pensées, comme dansle Monde spirituel, mais SO:1t immuables et fixes, cestpour cela que dans la Nature il y a des espaces et des dis·tances desfJuces: il y il de telles choses, parce que lacréation finit là, et y subsiste dans son repos. Daplèscela, il est évident que les espaces sont les propres de lanatUle ; et pnisque les espaces ny sont point des apparen·
  • 78. 18 LA SAGESSE ANG:ÉLIQUEces despaces selon les états de la vie, comme dans leMonde spirituel, ils peuvent aussi être appelés morts. 161. Comme les Temps sont pareillement fixes et cons­tants, ils sont aussi les propres de la nature, car le tempsdu jour est constamment de vingt-quatre heurGs, et letemps de lannée est constamment de trois cent soixante­cinq jours et un quart: les états mêmes de la lumière etde lombre, de la chaleur et du froid, qui varient ces temps,reviennent constamment aussi; les états qui reviennentchaque jour sont le matin, le midi, le soir et la nuH. etceux qui rnviennent chaque année sontIe printemps, lété,lautomne et lhiver; les états de lannée varient, constam­~ent aussi les états des jours: tous ces états, nétantpoint des états de la vie, comme dans le Monde spirituel,sont morts aussi; cal dans le Monde spirituel il y a uneLumière continuelle et une Chaleur continuelle, et la Lu­mière correspond à létat de la sagesse, ella Chaleur à létatde lamour chez les anges, ce qui rend vivants lp.urs états. 162, Par là on peul voir la folie de ceux qui attribuenttoutes choses à la Nature; ceux qui se sont confirmés pourla Nature ont introduit en eux cet état, quils ne veulentplus élever le mental au-dessus de la ,nature, cest pour­quoi leur Mental est fermé par le haut et est ouvert par lebas, et ainsi lhomme devient naturel-sensuel, cest-à-dire,spirituellement mort; et comme alors il ne pense que da­pl-ès les choses quil 11 puisées dans les sens du corps, oudans le monde par ces sens, il" nie Dieu aussi de cœur.A10rs toute conjonction avec le Ciel étant rompue, il se faitune conjonclion avec lEnfer, les facultés de penser et devouloir restant seulement, la faculté de penser daprès larationalité, et la faculté de vouloir daprès la liberté, facul­tés qui sont par le Sp,igneul chez chaque homme, et ne sontpoint ôtées: ces deux facultés sont chez les diables commechez les anges, mais les diables les appliquent à extra­vaguer et à malfaire, et les anges à être sages età bien faire. Sans deux Soleils, l"un vivant et lautre mort, il ny a point de création. 163, UUnivers en général a été distingué en deux Mon­des, lun Spirituel et lautre Naturel; dangle Monde spiri·
  • 79. SUR LE DIVIN AMOUR 79luel sont les Anges et les Esprits, dans le Monde naturelsont les Hommes: ces deux Mondes sont absolument sem­blables quant à la face externe, et tellement semblablesquils ne peuvent être distingués, mais quant à la faceinterne ils sont absolument différents; les hommes eux­mêmes qui sont dans le Monde spirituel, lesquels, commeil a été dit, sont appelés Anges et Esprits, sont spirituels;et, parce quils sont spirituels, ils pen sen t spirituellementet parlent spirituellement; mais les hommes qui sontdans le Monde naturel sont naturels,etpar conséquent ilspensent naturellement et parlent naturellement, et la pen­sée spirituelle et le langage spirituel nont rien de com­mun avec la pensée naturelle et le langa~e naturel. De là ilest évident que ces deux Mondes, le spirituel et le naturel, sont absolument distincts entre eux, au point quils nepeuvent en aucune manière être ensemble. 164. Maintenant, puisque ces deux Mondes sont ainsidistincts, il est nécessaire quil y ait deux Soleils, lun dontprocèdent tous les spirituels, et lautre dont procèdenttous les naLurels ; et comme tous les spirituels dans leurorigine sont vivants, et que tous les naturels daprès leU!origine sont morts, et que les Soleils sont les Origines, ilsensuit que lun des Soleils est vivant et que lautre estmort, et aussi que le Soleil mort a lui-même été créé parle Seigneur au moyen du Soleil vivant, 165. Si le Soleil mort a été créé, cest afin que dans lesderniers toutes choses soient fixes, déterminées et cons­tantes, et que par là existent les choses qui doivent se per­pétuer et durer longtemps; ainsi et non autrement estfondée la Création: le Globe terraqué, dans lequel, surlequel et autour duquel sont de telles choses, est commela base et laffermissement, car il est le dernier ouvragedans lequel tout se termine, et sur lequel toul se repose:quil soit aussi comme une Matrice, de laquelle les effets,qui sont les fins de la création, sont produits, cest ce quisera dit dans la suite. 166. Que le Seigneur ait créé toutes choses par le Soleilvivant, et nait rien créé par le Soleil mort, cest ce quonpeut voir en ce que le vivant dispose le mort sous sa dé­pendance, et le forme pour les usages, qui sont ses fins,mais non réciproquement. 11 ny a quun homme privé dela raison qui puisse penser que toutes choses viennent de
  • 80. 80 LA SAGESSE ANGÉLIQUEla nature, et que la vie en vient aussi, celui-là ne sait pasce que cest que la vie; la nature ne peut disposer la viepour quoi que ce soit, car la nature est en elle-même ab­solument inerte; que le mort agisse dans le vivant, ou laforce morte dans la force vive, ou, ce qui est la mêmechose, le naturel dans le spiriLuel, cest absolument contrelordre, et par conséquent penser cela est cOl1tle la lueurde la saine raison, Il est vrai que le mort ou le naturel peutêtre renversé ou changé de plusieurs manières pal des ac­cidents externes, cependant toujours est-il quil ne peutagir dans la vie, mais la vie agit en lui selon le change­ment de forme introduit; il en est de cela comme de lIn­flux physique dans les 0Rérations spirituelles ùc làme;on sait que cet influx n existe pas, parce quil nest paspossible.Dans les dernù:1s e.riste la (ln de la création, qui est, que toutes choses retournent litt C1éatew, et quil y ait conjonction. 167, Il sera dabord dit quelque chose des Fins: II yen atrois qui se suivent en ordre, lesquelles sont appeléesFin première, Fin moyenne ct Fin dernière; elles sont ap­pelées Fin, Cause et Effet: ces trois dohcnt être ensembledans tout sujet pour quil soit quelquc chose, car il ny apas de Fin première sans une Fin moyenne, et en mêmetemps sans une Fin dernière, ou, ce qui est la même chose,il ny a pas de Fin seule sans une cause ct sans un effet;pareillement il ny a pas de Cause ~eule sans une fin ùontelle provienne, et sans un effet dans lequel elle soit;pareillement il ny apas dEtlet seul, ou dEtlet sans causeet sans fin. Quil en soit ainsi, on peut le saisir, si lonpensc que la Fin sans leffet, ou séparée de leffet nestpoint quelque chose qui existe, aussi nest-ce quun mot;carla Fin, J?our quen actualité elle soit une fin, doit avoirété terminee, et elle a été terminée dans 11 effct, dans lequelle premier est appelé Fin parce quil est la Fin: il sembleque lagent ou lefficient existe par soi, mais cela est uneapparence provenant de ce quil est dans un effet, maissil est séparé de leffet, à linstant il disparaît. Daprèsces explications, il est évident que ces trois, la Fin la
  • 81. SUR LE DIVIN AMOUR 81 Cause et lEffet, doivent être dans tout sujet, pour quil soit quelque chose. 168. De plus, il faut quon sache que la Fin est le tout dans la Cause, et aussi le tout dans lEffet: cestde là que la Fin, la Cause et lEffet, sont nppelées Fin première, Fin moyenne et Fin dernière. Mais pour que la Fin soit le tout dans la cause, il faut quil y ail quelque chose daprès la fin, dans lequel elle sera; et pour quelle soit le tout dans leffet, il faut quil y ait. quelque cllose daprès la fin pal la cause, dans lequel elle sera; car la fin ne peut pas être en soi seule, mais elle doit être dans quelque chose exis­ tant par soi, dans lequel quant à son tout elle puisse étle et efticier en agissant, jusquà ee quelle subsiste; ce dans quoi eUe subsiste est la Fin dernière, qui est appelée Effel. 169. Dans lUnivers eréé, tant dans ses très-grands que dans ses tlès-petits, il y a ces ~rois. savoir, la fin, la cause et leffet; si ces trois sont dans les très-glands etdans les tlès-petits de rUnhels clé(J, cest parce que dans Dieu Cléaleur, qui est le Scignelll" de toute étell1îté, il y a ces trois; mais comme il est Infini, et que les infinis dans lInfini sont distinctement un, ainsi quil a été démontré ci-dessus. N° 17 à 22, cest pour cela aussi qlle ces trois dans le Seigneur et dans ses infinis, sont distinc,tement un; de là vient que lUnivers, qui a élé créé par lEtre ju Sej~neur, et qui, considéré quanl aux usages, est limage du :seigneur, a obtenu ces trois dans toules et dans cha­ cune de ses choses. 170. La fin universelle ou de toutes les choses de la création, cest quil y ait une conjonction éternelle duf Créateur. avec, lUn.ivers c.réé; et. cell.e ?onjoncLion nest pas pOSSIble, a mOllis quIl ny Olt des sUJq_~s dans lesquels( le Divin du Créateur puisse être connue dans soi, ainsi) dans lesquels il puisse !Jabiler eL demeurel; ces sujets, Pour quils soient ses habitacles el ses demeures. aoivenl ôtre des récipients de son Arnoul et de sa Sagesse comme( pal eux-mêmes, ainsi doi"enL comme pal eux-mêmes sé­ lever vers le Créateur, et se conjoindre avec Lui; sans ce réciproque il ny a point de conjonction. Ce~_ sl;ljeLs sorll les Hommes, qui peuvent. romme pm eux-mêmes sélever ét se ëonjêiindre : que les hommes soient de tels sujets, et quils soient des récipients du Divin comme par eux­ 6
  • 82. 82 LA SAGESSE ANGÉLIQUEmêmes, cela a été démontré ci-dessus plusieurs fois. Parcett.e conjonction le Seigneur (st présent dans toute œuvrecréée par Lui, car tout objet créé est finalement pourlhomme; cest pourquoi les usages de toutes les chosesqui ont été créées montent par degrés depuis les derniersjusquà lhomme, et par lhomme jusqua Dieu Créateura Quo (de qui tout procède), comme il a été montré ci­dessus, N°S 65 a 68. 171, La création va continuellement vers cette dernièrefin par ces trois, qui sont ~n, la cause et 1:9ffgt, parceque ces trois sont dans le SeigneurCréat.eur, ainsi quilvient dêtre dit; et parce que 10 Divin estdans tout espacesans espace, N°S 69 à 72; et est le même dans les très­(Jrands et dans les très-petits, N°S 77 à 82 ; de là il est évi­dent que dans la commune progression vers la fin dernièrelunivers créé est la fin moyenne respectivement; cal lesformes des usages dans leur ordre sont continuellementélevées de la terre par le Seigneur Créateur jusquàlhomme, qui, quant à son corps, vient aussi do la t.erre :lhomme ensuite est élevé par le Seigneur au moyen de laréception de lamour et de la sagesse; et pour quil reçoivelamour et la sagesse, les 1lI0yens ont tous été pourvus;et il est fait de telle manière quil peut recevoir, pourvuquil veuille. Daprès ce qui vient dêtre dit, on peut voir,quoique ce ne soit encore que dune manière commune,quo dans les derniers existe la fin. de la création, qui est.que toutes choses retournent au Créateur, et quil y aitconjonction, 172, Que ces trois, la Fin, la Causeet lElf.ot, soient danstoutes et dans chacune des chosesqui ônt été créées, onpeut encore le voir en ce que tous les effets, qui sont appelésfins dernières, deviennent de nouveau tins premières dansune continuelle série a partir du Premier, qui est le Sei­gneur Créateur, jusquau dernier, qui est la conjonctionde lhomme avec Lui. Que touLes les fins demi ères devien­nent de nouveau fins premières, cela est évident en Cequil nexiste pas une chosE tellement inerte et morte,quil ny ait rien defficient en elle; même dun grain desable il sort une exhalaison qui aide il produire quelquechose, par conséquent à efficier quelque chose.
  • 83. LA SAGESSE ANGELIQUE SUR LE DIVIN AMOUR ---.~-- TROISIÈME PARTIEDans le il/onde spirituel il y a des Atmosphè1es, des Eaux et des Terres, comme dans le illonde natu1el; mais elles sont spirituelles, tandis que dans le J}/onde naturel elles sont naturelles. 173. Que le Monde spirituel et le Monde naturel soient semblables, avec la seule différence que toutes et chacunedes choses du Monde spirituel sont spirituelles, et quet.outes et chacune des chose!; du Monde naturel sont natu-relles, cela a été dit dans ce qui précède, et montré dansle Traité DU CIEL ET nE LENFER. Puisque ces deux Mondessont semblables, il y a par conséquent dans lun et danslautres des Atmosphères, des Eaux et des Terres, qui sontles communs par lesquels et daprès lesquels toutes etchacune des choses existent avec une variété infinie. . 174. Quant aux Atmosphères, qui sont appelées Étherset Airs, elles sont semblables dans lun et dans lautreMonde, le Spirituel et le Naturel, avec ceU... différence quedans le Monde spirituel elles sont spirituelles, et que dansle Monde naturel enes sont naturHlles: elles sont spirituel-les, parce quelles existent par le Soleil qui est lepremier procédant du Divin Amour et de la Divine Sa-gesse clu Seigneur, et parce que de Lui elles reçoivent enelles le Divin Feu qui est lAmour, et. la divine lumière quiest la Sagesse, et transportent lun et lautre vers les Cieuxoù sont les Anges. et y font la présence de ce Soleil dansles tlès-grands oL dans les très-pelits. Les Atmosphèr(~sspirituelles sont des substances discrètes, ou des formestrès-petites, qui tilen t leur origine du Soleil; et comme elles
  • 84. 84 LA SAGESSE ANGÉLIQUEreçoivent particulièrement le Soleil, il en résulle que lefeu du Soleil, divisé en tant de substances ou de formeset quasi enveloppé par elles, et tempéré par les envelop­pes, devient une Chaleur adéquate enfin à lamour desAnges dans le Ciel et des esprits sous le ,ciel; il el). est demême de la lumière du Soleil. Les Atmosphèr(.)s naturellessont semblables aux Atmosphères spirituelles, en celaquelles sont aussi des substances discrètes et des formestrès-pelUes, qui tirent leur origine du Soleil du Monde na­turel,lesquelles aussi reçoivent particulièrementle,Soleil,renferment son feu en elles, le tempèrent .etle transpor­tent comme chaleur vers la Lerre où sont les hommes; et de même pour la lumière. . . 175. La différence entre les Atmosphères spirituelles etles Atmosphères naturelles, cest que les Atmosphères spi­rituelles sont les réceptacles du Divin Feu et de la Divine Lumière, ainsi de lAmour et de la Sagesse, car elles les contiennent intérieurement en elles, tandis que les Atmos­ phères .naturelles ilont les réceptacles, non pas du Divin feu ni de la Divine lumière, mais du feu et de la lumière de leur Soleil, qui en soi est mort, comme il a été montré ci-dessus; cest pourquoi il ny a intérieurement en elles rien du Soleil du Monde spirituel, mais néanmoins elles sont environnées dfls Almosphères spirituelles qui procè­ dent du Soleil spirituel. Quil y ail cette différence entre les Atmosphères spirituelles et les Atmosphères naturelles, cest un objet de L, S,GESSE ANGÉLIQUE, 176. Quil y ait des Atmosphères dans le Monde spirituel, comme dans le Monde naturel, on peutIe voir en ce que les Anges et les Esprits reSpIrent, parlent et entendent com­ me les hommes dans le Monde naturel, et la respiration se fail par la dernière atmosphère,. qui est appelée Air, pa­ reillement le langage etlaudilion ; puis, en ce que les Anges et les Esprits voient COlllme les hommes dans le Monde naturel, et la vue nest possible que pal une atmos­ phère plus pure que lair; puis, en ce que les Anges et les Esprits pensent et sont affectés comme les hommes dans le Monde naturel, et la pensée et lallection ne sont possibles quau moyen datmosphères encore plus pures; et enfin, en ce que toutes les choses du COlpS des anges et des esprils, tant celles qui sont exlernes que celles qui sont internes, sont contenues dans un lien, les externes
  • 85. SUR LE DIVIN .4MOUR 85par latmosphère aérienne, et les internes par les atmos-phères éthérées; il est évident que sans la pression queces atmosphères exelcent en tous sens, et sans leur ac-tion, les formes intérieures et extérieures du corps se ré-pandraient de côté et dautre. Puisque les Anges sont spi-rituels, et que toutes et chacune des choses de leur corpssont contenues dans un lien, dans une forme et dans unurdrepar les Atmosphères, il sensuit que ces Atmosphè-res sont spirituelles; eUes sont spilituelles, parce quellestirent leur origine du Soleil spirituel, qui est le plemierprocédant du Divin Amour et de la Divine Sagesse du Sei-gneur. 177. Que dans Je Monde spirituel il y ait aussi des Eauxet des Terres comme dans le :Monde naturel, avec cettedifférence que les eaux et les terres du Monde spirituelsont spirituelles, cest ce qui a été dit ci-dessus, et montréùans le Traité DU CIEl. ET DE LENFEU; et comme elles sontspirituelles, elles sonl mises en action et modifiées par lachaleur et la lumière du Soleil spirituel au moyen dès at-mosphères qui en proviennent, absolument comme leseaux elles terres dans le monde naturelle sont par la cha-leur et la lumière du Soleil de leur Monde au moyen desatmosphères de ce monde. 178. Il est padé ici des atmosphères, des eaux et,des ter-res, parce que ces trois sont les communs par lesquels etdaprès lesquels toutes et chacune des choses existent avec une variété infinie; les atmosphères sontles forces actives,les eaux sont les forces moyennes, et les terres sont les for- ces passives, daprès lesquelles existent tous les effets: que ces trois soient de telles forces dans leur série, cest uniquement daprès la Vie qui procède du Seigneur comme Soleil, et qui fait quelles sont actives.Il Y a des Degrés de lamour et de la sagesse, et par suite il y a des Deg1és de la chalew et de la lttlniè1e, puis des 1Jeg1és des atmosphères. 179. Si lon ne sait pas quil y a des Degrés ni ce quecest, ni quels ils sont, ce qui va suiv-rêlle peut pas êtrecompris, cal il y a des degrés dans toute chose créée;ainsi dans toute forme; cest pourquoi dans ce-tte PARTIE
  • 86. 86 LA SAGESSE ANG~LIQUE DE LA SA.GESSE ANGÉLIQUE, il sera traité des Degrés. Quil y ail des Degrés de lamour et de la sagesse, on peut l,e voir clairement daprès les~.!lges des trois c~~x ; les {!1ges d_u Tr.o.is.til.ID~ Ciel lemportent en amour el en sagesse sur lQs AQgEt~ ..du Second Ci~l, et ceux-ci sur l~sAnges du De!:Ili.~r Cl~.l, ,au point quils ne peuvent pas être ensemble; les degres de lamour et de la sagesse les distinguent et les séparent: dè là vient que les Anges des cieux inférieurs ne peuvent pas monter vcrs les Anges des cieux supé·· rieurs; et sil leur est donné dy monter, ils ne les voient point, ni rien de ce qui est chez eux: ce qui fait quils ne les voient point, cest que lamour et la sas-esse des anges des cieux supérieurs sont dans un degre supérieur qui surpasse la perception des anges des cieux inférieurs :en effet, chaque ange est son amoUl et sa sagesse, et lamour uni avec la. sagesse est homme dans sa forme, parce que Dieu, qui est lAmour Même et la Sagesse Même, est Homme. Il ma été donné quelquefois de voir que desAnges du Dernier CLel montaient vers des Anges du Troi­sième Ciel; ct lorsquils y étaient élevés avec effort, jeles entendais se plaindre de ce quils nen voyaient aucun,et néanmoins ils étaient au milieu deux; et ensuite ilsétaient instruits que ces anges navaient pas été visibles,parce que lamour et la sagesse de ceux-ci nétaient pasperceptibles pOUl eux, et que lamour et la sagesse fontque lAnge apparaît comme homme. 180. QujJ y ait Jes Degrés de lamour et de la sagesse,on le voit encore plus manifestement daprès lamour etla sagesse des Anges respectivement à lamour et à lasagesse des hommes: que la sagesse des Anges soit res­pectivement ineffable, cela est connu; quelle soit mêmemcompréhensible pour les hommes, quand ils sont danslamour naturel, on le verra dans ce qui suit: si ello sem­ble ineffable et incompréhensible, cest parce quelle estdans un degré supérieur. 181. Puisquil y a des Degrés de lamoul et de la sagesse,il y a aussi des degrés de la chaleur et de la lumière: palla chaleur et la lumière sont entendues la chaleur et lalumière spirituelles, telles quelles sont chez les angesdans les Cieux, et telles quelles sont chez les hommesquant aux intérieurs qui appartiennent à leur Menlal, carchez les hommes il y a une chaleur de lamour et une
  • 87. SUR LE DIVIN AMOUR 87 lumière de la sagesse, semblables à celles qui sont chez les Anges, Dans les Cieux la chose se passe ainsi: Tel et aussi grand est lamour chez les Anges, telle et aussi grande est chez eux la chaleUl; pareiflernent la lumière quant à la sagesse; cela vient de ce que chez eux lamoul est dans la chaleur, et la sagesse dans la lumière, comme il a été montré ci-dessus: il en est de même sur terre chez Its hommes, cependant avec ceLLe diftélence, que les Anges sentent ceLLe chaleur et voient ceLLe lumière, tandis quil nen est pas ainsi des hommes; el cela parce que les hommes son t dans la chalem et la lumière naturelles, et tant quils y sont, ils ne sentent la chaleur spirituelle que par une sorte de plaisil de lamour, ,et ne voient la lumiere spirituelle que par la perception du vrai. Maintenant, comme lhvmme, tant quil est clans h chaleur et la lumière naturell~s, ne sail rien de la chaleur et de la lumière spi- rituelles c:hez lui, eL que cela ne peut être su que pallex- périence que donne le Monde spiriluel, il va, par cette rai- son, être principalement parlé ici de la chaleur et de la lumière dans lesquelles sont les Anges et leurs Cieux; cest du Monde spirituel, et non dautre palt, quil y a sur ce sujet illustration, 182, Toutefois, les degrés de la chaleur spirituelle ne peuvent pas être décrils .daprès lexpérience, parée que lamour auquel correspond la chaleur spirituelle ne tombe pas ainsi sous les idées de la pensée, mais les degrés de !JI hllnièr~ spiri~uelle peuvent être décrits, parce que la lumière y tombe, ëar elle appartient à la pensée; néan- moins pal les degrés de la luuJièJ:ü on peut comprendre les degrés de la chaleur spirituelle, car elles sont dans un degré pareil. Or, quanL il ce qui concerne la Lumière spi- rituelle dans laquelle sont les Ange:;, il ma éLé donné de la voir de mes yeux: la Lumière chez les AI}ges des Cie.l1x supérieurs est dune blancheur si éblouissante queue ne peut êtle décrite, pas même pal la blancheur de la neige, eL en outre si 6claLanLe quelle ne peut non plus être dé- crite, pas même par léclat du Soleil du monde; en un mot, celle Lumière surpassedr.s milliers de fois lalumière de midi sur telre, Mais la Lumière cllez les Anges des cieux inférieurs peut en quelque sorte êLre décrite par déS com- paraisons, néanmoins elle surpasse la lumière la plus grande de noLre monde. Si la Lumière des Anges desl
  • 88. 88 LA SAGESSE ANGÉLIQUE Cieux supérieurs ne peut être décrite, cest parce que leur Lumière fait un avec leur sagesse, et comme leur sagesse relativement à la sagesse des hommes est ineffable, il en résulte que la lumière lest aussi. Daprès ce peu dexpli­ calions, on peut voir quil y a des degrés de la lumière; et ~uisque la sagesse etlamour sont dans unsernblable de­ gre, il sensuit quil ya de semblables degrés dela chaleur. 183. Puisque les Atmosphères sont les réceptacles et les contenants de la chaleur et de la lumière, il sensuitquil y a autant de degrés des aLmosphères quil y a de degres de la chaleur et de la lumière, et quil y en a aussiautant quil y a de degrés de lamour et de la sagesse.Quil y ait plusieurs Atmosphères, et quelles soient dis­ tinguées entre elles par des degrés, cest ce que jai vuclairement par un grand nombre dexpériences dans leMonde spirituel, surtout par celle-ci, que les. Anges descieux inférieurs ne peuvent pas respirer dans ln région desA.n~es supérieurs, et quils semblenL tiler le soume, comu1ele tlrelit orïHii81rement les êtres vivanls qui sont élevés delair dans léther, ou comme les êtres qui vivent dans leseaux quand ils sont exposés dans lair; les Esprits au-des­sous des ci8UX apparaissent même comme dans un brouil­lard épais. Quil y ait plusieurs atmosphères, el. quellessoient distinguées entre elles par des degrés, on le voit ci­dessus, N° 176. Il Y a des Degrés de deux gerl1es, Deg1és de hauteU1 et Degrés de lmgelt1 , 18Q, La science des degrés est comme une clef pour ou­vrir les causes des choses, et pour y enLrer; sans celtescience on peut à pei~e savoir quelque chose de la cause,car sans elle les objets et les. sujets de lun et de lautleMonde apparaissent univoques, comme sil ny avait eneux que ce que lœil y voit, tandis que cepelldant celanest, relativement aux choses qui sont intérieurementcachées, que comme un est à des milliers, et même à desmyriades. Les intérieurs qui ne se manifestent pas nepeuvent jamais être découverts, si lon ne cannait pas lesdegrés; cal les,extérieurs vont vers les intérieurs et parceux-ci vers les intimes par des degrés, non pal des degrés
  • 89. SUR LE DIVIN AMOUR 89continus, mais pardesdegrés discrets. Sont appelés De.gré_scontinus les décroissements ou les diminutions du pInsélwsau plus léger, ou du plus dense au plus lare, ouplllL6tles accroissements ou les augmenLalions du plusléger au plus épais, ou du plus lare au plus dense, abso­lument comme de la lumièle à lomble 0".1 de la chaleUlau froid, Mais les Deg}és discrets sont Lout il fait ditlé­rents ; ils sont coi"i"iîile-les- antériellrs, les postérieu:s et lesderniers, ou comme la fin, la cause et_leftet ; ces deg~ssont nommés discrets, parce que lantérieUl est pal SOL,le postérieur par soi, et le dernier pal soi, mais néanmoinsplis ensemble ils font un. Les Atmosphères, appeléeséthers et ails, depws-le haut jusquau bas, ou depuis leSoleil jusquà la terre, sont dislinguées en de tels deglés;et elles sont comme les choses simples, les assemblagesde ces choses, eL les assemblages de ces assemblages, quipris ensemble sont nommés un composé: ces Degr(~s sontdiscrets parce quils e~istenL.disLinct~!!.2nt, et ils sontentendus par Degrés do hauteur; mais les autles Degréssont con tinus, parce quils croissent continuellemen t, et ilssonl entendus par Degrés de largeur, 185, Toutes et chacune des choses qui existent dans LeMonde spirituel, el de celles qui existent dans le Mondenaturel, coexistent daprès les deglés diêcrets et en mêmetemps daprès les degrés continus. ou daprès los deglés dehauteur et les degrés de largeUl; celle dimension quiconsiste en degrés discrels est appelée hauteUl, et ~ellequi consiste en ùegrés continus esl appelée largeur; leurposition relativement à la vue de lœil ne change poinlladénomination. Sllns la connaissance de ces ~eglés, on nopeut rien savoir de la ditiérence entre les trQis_ Cieux, nide la différence enlre lamour et la sagesse des Anges <:leces cieux, ni de la ditfélence entre la chaleur et la lumièredans lesquelles ils sont, ni de la différence entre les atmos­phères qui les entourenl et les contiennent. Sans l!!. con­naiss2nce _de ces D_egl~~s. on ne peut non plus rien savaitde la différence des facultés dos intérieurs qui appartien­nent au ~Iental chez les hommes, ni pat conséquent deleur état quant à la réformation et fi la régénélalion; nide la différence des faculLés des extérieurs qui apVaLtien­nent au corps, tant chez les anges que chez les IlOmmes ;ni absolument rien de la différence e;ltre le spirituel et le
  • 90. 90 LA SAGESSE ANGÉLIQUE naturel, ni par suite rien de la correspondance; ni même jien daucune différence de la vie entle les hommes et les bêtes, ni de la différenee entre les bêtes plus parfaites et les bètes moins parfaites; ni des différences enLIe les fOI­ mes du l{ègne végôtal et les matières du Règne minéral. Daprès cela, il devient évident que ceux Cf}lÏ ignorent ces I?l,3g!,~_s ne peuvent, daprès aucunjugement~voirles cau­ ses; ils voient seulement les effets, et jugent les causes daprès ces effets, ce qui se fait le plus souvent par une induction continue deflets, 10lsque cependant l_es1 cal:§t;ls produi~.ent les effets non pa!·~.~ontin1J., n~ais p.?r l~~cret; cal autle dlOse est -la cause,étauTfe -chose 1 est 1 effet; il y a une différence COlllme entre lantélieur ( et le postérieur, ou comme entre ce qui forme et ce qui est formé. 186. Pour quon saisisse mieux ce que cest que le~_ Degrés djscrets, quels ils sont, et quelle ditIélence il y aentre eux et les Degrés continus, soient pOUl exemple les Cieux Angéliques:ll y-f!. tr~llx et ils ont été distingués pal les Deglés de hauteur; cest pourquoi ces Cieux sont lun au-dessous de lautre; et ils ne communiquent entre eux que par lï!1tlux qui vient du Seigneur par les Cieux dans lQQLQ!:Qre jllsquau plus bas, et non réciproquement. IiIafs chaque Ciel par lui-même a été distingué non par les deglés de hauteur, mais par les deglés de largeur; ceux qui sont au milieu ou au centre sont dans la lumière de la Sagesse, mais ceux qui sont dans les périphéries jus­ quaux limites sont dans loml))e de la sagesse; ainsi la sa­ gesse décIoitjusquàlignorance comme lalumière décroît jusquà lombI8, ce qui se fait par le continu, Il en est de ( même cl.rez les hommes; les intérieurs q.Ui 3. p. partiennenta ) leur Mental ont éfé-distingués en an tan t .de i)ogrés"(fuele sont les Cieux Angéliql!~s, et cës-DJ,9;rés sont lln au-des­ ) sus de lautle ; cest pourquoi los intérieurs des hommes, qui appartiennent ideur Men tal, ont été distingués par les degles discrets ou de haut.eur ; de là vient. que lhomme peut être dans le deglé infime, puis dans le supérieur, et aussi dans le suprême selon le degré de sa sagesse; et que, quand il est seulement dans le degTé infime, lë -degré supérieur a été fermé, et que ce_degré est ouvert selon que lhonnne reçoit du S~igneur là" sage~~.è. -Iryaaussi cliez lhomme, comme dans 1e- Cier, des deglés continus
  • 91. SUR LE DIVIN AMOUR 91 ou do largeur, Si lhomme est semblable aux Cieux, cest parco que, quant àU~jntérieurs de son ~lental, il est 19r Ç!J:l {hms la fOlllle li plus peLi te, en tarir qïi11 est pal le , ~elgnelU dans Tamoul d dans la sagesse: que lhomme quanl. aux intériems de son mental soil le Giel dans la./ forme la plus petile, on le voit dans le Traité DU CIEl. ET DE LENFER, N° 51 il 58. 187. Daprès ce peu dexplicaLions on peut voir que celui q1}.i ne sait lion des Degrés disclets ou do hauteUl, ne peut non plus rien savoir de létat de lhomme quant· il sa ré­ formation et il sa régénéralion, qui se font par la récep­ tion de lamour et cle la sagesse I?roc~dant du Seigneul, et pUl louvertUle alors dell clegles intérieurs de son men­ ~a.J dans leur ordre; il ne peut non plus lien suyoil de linflux procédant du Sei~neUl par les Cieux, ni lien de lordre dans lequel il a ete créé; car si quelquul! pense à( ces choses, non daprès les degrés discrets ou de hauteur mais daprès les degrés continus ou de largeur, il ne peut en voir quoi que ce soil que daprès les effets, et il) ne voit rien daprès les causes; 01, voir daprès les etlel.s seuls, cest voir daprès des illusions; ùe là des erlellS, lune après lautre, qui par des iuduclion::; peu"ent êlre multipliées à un lei point, quenfin dénormes fausselés soient appelées vérités. 188. Je ne sache pas que jusquà present ou ait eu quel­ que connaissance des Degré~Ldiserels ou de bauteur, mais on connait seulement les degrés con tinus ou de lal­ geur; et cependant lien de ci:). qui concerne la caUS(1 ne peut se montrer dans sa vérité sans la connaissance d~s degréfi de lun et de lautle genre; cest pOUlquoi fC0h scraLraiLé dans toute cette lroisiGmo Pal,tie ; car le but de ( cet 0pusclùe e::;t, que les cailles soi.en 1. ùévoiléps: et que . dapres elles on voie les enets; et quainsi soient .clissi pees les ténèbles dans lesquelles est lhoHllllO de lEglise au [ sujet ùe Dieu et du SeigneUl, et en génélal au sujet des Divins qui sont appelés 8pirituels../e peux rapporler ceci,~ que les Anges sont dans la tristesse il cuuso des ténèl>res qui sont sur-la terre; ils disent quils y voient à peine de la lumière quelque part, et que les hommes saisissent avi­~ ùemontles illusions el. les confirment, el pal là entassent faussetés sut faussetés, et que pOU les confirmel ils re­ cherchent, par des raisonnements tirés de faux et de vrais
  • 92. 92 LA SAGESSE ANGÉLIQUE falsifiés, des paradoxes qui .ne peuvent être dissipés en raison ries ténèbres sur les causes eCùëTIgnorance sur les vérités: ils sc plaignerit principalement des confirma­ tions sur la foi séparée davec la charité, et SUl la justifi­ cation par cette foi; et aussi des idées SUl Dieu, sur les Anges et sur les Esplits, et de lignorance SUI ce que cest que lamour et la sagesse. Le.~ Degrés de hautenr sont homogènes, et dérivés lnn de lantre en série, çom~e la {in, lct cq,yse eiJ~efl~t. 189. Puisque les Degrés de largeur ou continus sont comme ceux de la lumière à lombre, du chaud au froid, du dur au 1Il0U, du dense au rare, de lépais au ténu, el ainsi du reste, et puisque ces degrés sont connus daprès lexpérience des sens et des yeux, tandis quil nen est pas de même des Degrés de hauteur ou discrets, cest princi­ palement de ceux-ci quil seraTl~aiteaalls cette Partie, cal sans la connaissance de ces Degrés .:ln ne peut pas vàir les causes. On sait, il è-st Vl;al, que la fin, la cause et leffe-t se suivent en ordre, comme lantérieur, le postérieur et lA dernier, et que la fin produit la cause, et par la causeJ leftet, pOUl que la fin existe, et lon snit aussi plusieurs autres choses SUl ce sujet; cependant les savoir, et ne pas 18s voir par des applications sur ce qui existe, cest seulement savoir des choses abstraites, qui ne lestent quautant de temps que dans la- pensée il y a des choses 1J.nalytiques tirées de la Métaphysique; de là vient qlle, quoique la fin, la cause cl leffet marchent par les _p-eg~~s discrets, cependant dans le Monde on sait peu de chose SUI ces Degrés, si toutefois on en sait quelque chose; car la seule connaissance des choses ah::;tlaites est comme une sorte dobjet aérien qui senvole;--mais si les choses apstraites sont appliquées à des choses qui sont dans le monde, elles sont comme un objet que lon voit des yeux sur la telle, et qui reste dans la mémoire. 190. Toutes les choses qui existent dans le Monp.e, aux­ quelles sappUquenlles trois dImensions, ou quon nom­ me des composés, consistent en des Degrés de hauteur ou di~~rets ; mais des exe~ples vont illustrer ce sujet: On sait daprès lexpérience oculaire que cilaque Muscle dans
  • 93. SUR LE DIVIN AMOUR 93le COlpS humain consiste en de très-petites fibres, et quecelles-ci composées en faisceaux présentent des fibres plusgrandes, qui son t appelées motrices, et que par les fais-ceaux de ces fibres moLrices existe un composé, qui estappelé Muscle. Il en est de même des Nerfs; dans les nerfs,de très-petites fibres en forment de plus grandes, qui seprésentent comme des filaments, et de la réunion decelles-ci se forme le Nerf. Il en est de même de tous lesautres assemblages, faisceaux eL réunions, dont sont com- posés les Organes et les Viscères, car les organes et lesviscères sont des compositions de fibres et de vaisseauxdiversement conformès pal de semblables degl~)s. Il enest aussi de même de touLes les choses du Hègne végétalet. de tauLes les choses du Règne minéral, en général et en particulier; dans les bois, ce sont des assemblages de fi- lamen ts dans un ordre triple; dans les métaux et dans les pierres, ce sont. des pelololls de parties aussi dans un 01- dle triple. Par là on voit clairement quels sont les Degrés discrets, à s.voir, que dune chose en vient une autre, et de celle-ci une troisième, qui est appelée un composé; etque chaque Degré a été séparé dun autre Degré, 191. De ces objets visibles on peut conclure li ceux qui ne se monlrent pas devant les yeux, parce que cest la même chose pour eux; par exemple, pour les substances organiques, qui sont los réceptacles et les habitacles des pensées et des atlections dans les Cerveaux; pOUl les At- mosphères; pOUl la Chaleur et la Lumière; ct pour lA- mour et la Sagesse. En effet, les Atmosphères son t les ré- ceptacles de la Chaleur et de la Lumière; et la Chalom et la Lumière sont les réceptacles de lAmour 0 t de la Sagesse; cest. pourquoi, puisqüil y a des degrés dAtmosphères, il y a aussi de semblables Degrés de Chaleur et de Lumière el de semblables Degrés dAmour et de Sagesse; car il ny a pas entre ceux-ci un autre lapport quenlle celles-là. 192. Que ces Degrés soient homogènes, cest-à-dire, do même caractère et de môme nature, on le oit daprès ce qui vient dêtre dit: les fibres motrices des muscles, les très-petites, les grandes et les hiJs-grandes, sont homogè- nes; les fibres nerveuses, les tlès-petit.es, les grandes et les très-grandes sont homogènes; les filaments ligneux, depuis les plus peLits jusquà leU! eomposé sont homogè- nes; les part.ies pierreuses et métalliques de chaque gEnre,
  • 94. 94 LA SAGESSE ANGÉLIQUE pareillement: les substances organiques, qui sont les ré­ ceptacles et les habitacles des penséès et des affections, depuis les plus simples jusquà leur assemtlage commun qui est le Cerveau, sont homogènes: les ALmosphères de­ puis le pur éther jusquà lail sont homogènes: les Degrés de la chaleur eL de la lumière dans la série selon les De­ grés des Atmosphères sont homogènes ;.et par suite aussi les Degrés de lamour et de la sagesse sont homogènes. Les choses qui ne sont point de même caractère ni de même nature sont hétérogènes, et ne concordent point avec les homogènes; ainsi, elles ne peuvent pas présenter avec elles des Degrés discrets; mais elles nen peuvent présenter quavec les leurs, qui sont de même caractère eL de même nalurü, avec lesquelles elles sont homogènes. 193. Que ces choses soienL dans leur ordre, comme les fins. les causes el les effets. cela est évident; car1eprë­ miel, qui est le plus peut, fait sa cause par le moyerl,êl son effet par lê Qfx!!ier. -_. 194. Il faut quon sache que chaque Degré a été distin­ gué dun autre par de_s· enveloppes. propres, eL que tous les Degrés ensemble ont éLé aisLingués pa,; une E.nveI9Pp_e c.ommulfe; et que lEnveloppe commune communique avec les intérieurs et avec les intimes dans leur ordre; de là vient la conjonction de Lous eL laction unanime ._-r- , . Le p1emie1 Degré est le tOltt dans toutes les choses des J)eg1és suivants, 195, Cela vient de ce que les Degrés de chaque sujet et de chaque chose sont homogènes; et ils sont homogènes, parce quils ont été produits par le premier degré: en eftet, leur formation est Lelle, que le premier pal des fais­ ceaux ou des pelotons, en un mot, par des assemblages, produit le second. et par celui-ci le troisième; e.t elle sé­ . pare lun de lautre par une e:lveloppe qui lenLoule : de ( là, il est évident que le premier degré est le principal eL ) celui qui règne uniquement dans les suivants; quainsi ) degrés suivants, esi, le tout dans toutes les choses des le premier degré 196. Il est dit que Lels sont les Degrés entre eux, mais il est ententIu que telles sont les s"ubslances dans leurs
  • 95. SUR LE DIVIN JMOUR 95 deg!i.s; la locution pal les Degrés est une locution abs­ (faite, qui est univel;;elle, par conséquent applicable à chaque sujet ou à chaque chose, qui est dans des Degrés de celle sorle. 197. Lapplication peul être faile à toutes les choses dont il a été parlô dans lArticle p)écédent; ainsi, aux Muscles, aux Nerfs, aux Matières et aux Parties des Hè­ gnes végétal et minéral, aux Substances organiques qui sont les sujets des pensées et des affections dans lhomme, aux Atmosphères, à la Chaleur et à la Lumière, et à lA­r mour et à la Sagesse: dans toutes il y a un p)emie) qui [jg)~~_l!l2i(Tll(n1entdans ,les suivants, et nfême il esl uni­ ) que en eux: et parce yu li cst unique en -eux, il est le t,jtJl 1Cl.1I eux:l)uil en sail ainsi, cest en<.:ore cc quon voit clai­ )élllelil daprès ce qui est connu, savoir, que la fin est le tout de la cause, et que par la cause elle est l~ t9utJe~ leffet; et voilà pourquoi la fin, la cause etleffel sont ap­ IJ01èes fin première, fin moyenne et fin dernièrè ; puis- on voreque la cause de la cause est aussila cause du ré sul­ ) tat de la cause c.causa.tu,1.n); et que dans les causes il ny a rien dessentiel CJlle la fin, et dans le 1lI0uement rien dessentiel que leffort: et enfin quil y a une substance unique, qui est la substance en ~oi. 198. Daprès cela, on peut clairement voir que le Divin, ( qui est la substance en soi ,ou lunique et seule substance, est la substance de laquelle procèdent toutes et chacune des choses qui ont été créées, quainsi Di!}!l est le tout (Jans toutes les choses de lUnivers, selon ce qui a été dé­-) montré dans la première Parlie; savoir, que le Divin Amour et la Divine Sagesse sont une substance et une forme, N°S 1.0 il. 48; que le Divin Arnoul et la Divine Sa­r gesse sont la substance en soi ct la forme en soi, ainsi le soi-même et lunique , N"s 44 à 46; que toutes choses dans lUnivers ont été créées pal le Divin Amour et par la Divine Sagesse; N°S 52 à 60; que par suile toutlunivelS créé est ) limage du Seigneur, N°s 61 à 65; et que le Seigneur seul est le Ciel, où sont les Anges, N° 113 à 118. Totl.tes les pe1{ections croissent et montent avec les Degrés et selon les Degrés. 199. Il a été montré ci-dessus, N0s 184 à 188, quil y a
  • 96. 96 LA SAGESSE ANGÉLIQUE des degrés de deux genres, degrés de largeur et degrés de hauteur; et que les degrés de largeur sonl comme ceux de la lumière qui décline vers lombre, ou comme ceux de la sagesse qui décline vers lignorance, tandis que les degrés de hauteur sont comme la fin, la cause et leffet, ou comme lantérieur, le postérieur et le dernier: de ces degrés-ci il est dit quils montent ou descendent, car ils appartiennenl à la hauteU! ; mais de ceux-là il est.dit quils croissent ou décroissent, car ils appartiennent à la lalgeur. Les uns diffèrent tellement des autres, quils nont rien de commun, aussi doivent-ils être distinctemen t perçus, et nullement confondus. 200. Si toutes les perfections croissent et montent avec les degrés et selon les deglés, cest parce que tous les at­ tlibuts suivenlleurs sujets, et que la perfection el lim­ perfection sont des attributs communs; CUl elles se di­ sent de la vie, des forces et des fOlmes. L. !ER[oECTIO~ DE J.A VIE est la perfection de lAmour et de la Sagesse; et comme la volonté el lentendement en son lies réceptacles, la perfection de la vie est aussi la perfect.ion de la volonté et de lenlendement, et pal suite celle des affections et des pensées; et comme la chaleur spirituelle est le conte­ nant de lAmour, et la lumière spirituelle le contenant de la Sagesse, leur perfection peut aussi être rapportée à la pelfection do la vie. L, PERFECTION DES FORCES est la per­ fection de touLm; les choses qui sont mises en acLion et CH mouvement pal la vie, dans lesquelles cependant il ny a point la vie; les ntlnosphèlos quant à leurs actions (actua­ litates) sont de telles forces; les substances organiques intérieures et extélieules chez lhomme, puis aussi chez les .animaux Je tout genre, sont aussi de telles forces; t.out.es les choses, dans le Monde natmel, qui obtiennent immédiatement et médiatelllent des activilés pal le soleil de ce monde. sont encole de telles forces. LA PERFECTIOIoi DES FOR~fES el"la perfection des fOIc.~s font un, cal telles sont les forces, telles sont les formes, avec la seule ditTé­ rence que les formes sont des substances, tandis que les forces en sont Les aèliviLés, cest pourquoi il y a pour les unes el pour les aulros de semblables degrés de pelfec­ tion : le3 formes qui ne sont pas en même temps des for­ ces sont pqrfaites aussi selon les degrés. 201. Il ne serl;l. pas parlé ici des perfections de la vie,
  • 97. SUR LE DIVIN AMOUR 97 des forces et des formes, qui croissent ou décroissent se· Ion les degrés de largeur ou continus, parce que ces de· grés sont connus dans le Monde j mais il sera parlé des perfections de la vie, des forces et des formes, qui mon­ tent ou descendent selon les degrés de hauteur ou discrets, parce que ces degrés ne sont point connus dans le Monde. Or, de quelle manière montent et descendent les perfec. tions selon ces degrés, cela peut être connu quelque peu par les choses visibles dans le Monde naturel, mais claire­ ment par les choses visibles dans le Monde spirituel j par les choses visibles dans le Monde naturel, on découvre seulement que plus on les considère intérieurement, plus ,on y rencontre de mervl:illes ; comme, par exemple, dans les yeux, dans les oreilles, dans la langue, dans les mus­ cles, dans le cœur, le poumon, le foie, le pancréas, les reins, et dans tous les autres viscères ; puis, dans les semences, les fleurs et les fruits; et aussi dans les métaux, les minéraux et les pierres j que dans tous ces objets on rencontre dautant plus de merveilles, quon les considère plus in térieurement, cela est notoire; mais pal cette ins­ pection il est peu venu ilia connaissance quils soient inté­ rieUlement plus parfaits selon les deglés de hauteur ou discrets, lignorance de ces degrés tenait cela caché. Mais comme ces mêmes degrés dans le Monde spirituel se pré­ sentent manifestement, car tout ce Monde, depuis le su­ prême jusquà linfime, est distinctement divisé en ces degrés, il en résulte quon y peut puiser leur connaissan­ ce ; ensuite daprès ces degrés on peut conclure sur les perfections des forces et des formes, qui sont dans de semblables degrés dans le Monde naturel. 202, Dans le Monde s~irituel,Jl y. a troi,LCi~ux disposés en ordre selon les Degres de hauteur; dans le Ciel suprême, les Anges sont dans toute perfection au prix des Anges qui sont dans le Ciel moyen, et dans le Ciel moyen 1es Anges sont dans toute perfection au prix des Anges du Ciel infime. Les degrés des perfections sont tels, que les ~Ilges du Ciel infime ne peuvent monter jusquau premier sëüil des perfections des Anges <lu Ciel moyen, ni ceux-ci jusquau premier seuil des pel1ections -des À,nges du Ç~l ~prême: cela semble un paradoxe, mais cependant c est la vérité: la raison de cela, cest quils ont été consociés selon les degrés dis~ts, et non selon les deglés conti­ 7
  • 98. 98 LA SAGESSE ANGtLIQUE ous. Il ma été donné de connaHre par expérience, quen­ tre les ~ge3!Ji~s Cj.e1..!~ s.p-périejlrs et les A.nges d.~s.Gieux inférieurs, il y a unetelle différence des affections et des pensées, et par conséquent du langage, quils nont rien de commun, et que la communication se farrsëùlemeilt .J) par des correspondançes, qui existent par lintlu2llmm.é­ qiat du Seigneur dans tous les Cieux, et par linflux médiat 2.­ par le Ciel suprême dans le Ciel infime. Comme ces diffé­ rences sont telles, elles ne peuvent être exprimées pal une langue naturelle, ni par conséquent être décrites, car les pensées des Anges ne tombent point dans le.., idées naturelles, puisque ces pensées sont spirituelles; elles peuvent seulemen t être explimées et décrites par eux dans leurs langues, leurs mots et leurs écritures, et non par les langues, les mots et les ér.ritures des hommes: de là vient quil est dit que dans les Cieux lon entend et lon voit des choses ineffables, Ces différences pel.lvent être sai­ ( sies que~qll~ peu par c,eci, que les .pensées d...e,s Anges d.u 1 Ciel :-uprême ou troisieme Ciel sont les pensees des fins; les pensées des Anges du Ciel moyen ou se-cond Ciel, les pensées des causes; et les pensées des Anges du Ciel infi­ ) me ou premier Ciel, Jes pensées des effets. Il faut quon sache que, autre chose est de penser daprè~ l!ls. tjns, et autre chose de penser sur les fins; puis autre chose de pensel daprè~ les causes, et autre chose de penser s~.! ~ les causes; et aussi autre chose de penserd~après les effets, ( et autre chose de penser sur les effets: les Anges des cieux inférieurs pensent sur les causes et sur les fins, mais les Anges des Cieux supérieurs pensent daprès les Causes et daprès les fins, et .penser daprès les causes et daprès les fins appartient à la sagesse supérieure, tandis que penser sur les causes et sur les fins appartient à la sagesse infé­ rieure. Penser daprès les fins, cest de la sagesse; penser daprèsles çausl3s, cresro:P. lintelligence; et penser d~a­ l près les effets, cest ùe la science. Par ces explications, il.{ es[ évidenfque toute perfection monte et descend avec les degrés et selon les degrés. 203. Comme les intérieurs de lhomme, qui appartien­ nent à sa volonté et a son entendement, sonl..§emblables aux Cieux. qUJ!DJ~.tlX ç!egt:é.s, car lhqmme quan,t aux!~Jé­ rieurs qui apPi!rtlennent a son Mental est le CIel dans la { forme la plus petite, cest pour cela que leurs pelfeètions
  • 99. SUR LE DIVIN AMOUR 99 aussi sont semblables: mais ces perfections ne se mani­ festent à aucun homme tant quil vit dans le Monde, car alors il est dans le degré infime, et daprès le degré infime, 1~~?~grés.-§.upér.i9.1!!s ne peuvent pas être ëciI1nüs;mais( apres la mort ils sont connus, car alors lhomme vient ) dans le degré qui correspond à son amour et à sa sagesse," puisqualors il devient Ange, et quil pense et dit des cho­) ses qui étaient ineffables pour touteshomme naturel: en effet, il y a alorséglvaUpn de son les Qh9ses _~~_~n mental non en raison simple, mais en raison triple; en raison triple sont les degrés de hauteur~eTeÏrraison sim­ ple les degrés de largeur. Mais dans les degrés de haut.eur lliJ mont.ent et ne SOllt élevés qq~ ceux qui, dans le Monde, ont été dans les vrais et les ont appliqués à la vie. 204. Il semble que les Antérieurs soient moins parfaits que les Postérieurs, ou que les simples soient moins par­ faits que los composés; mais néanmoins les antérieurs doù proviennent les postérieurs, ou les simples doù pro­ viennent les composés, sont plus parfaits; et cela, parce que lçs antérieurs ou les simples sont plus nus, et moins) ),ioilés de substances et de matières privées de vie; et ils S!lnt comme plus l)iY.ills, aussi sont-ils plus près du Soleil spirituel, où est le Seigneur; car la perfection même est( dans le Seigneur, et par suite dans le Soleil, qui est le1 premier ProcéJant du Divin Amour et de la Divine Sagesse du Seigneur; et de là, dans les choses qui suivent de plus) près, et ainsi en ordre jusque dans les infimes, qui sont( plus imparfaites selon leur distance, Si dans les antérieurs~ et les simples il ny avait pas cette éminente perreèTiOn, niThomme, ni aucun animal, nauraient pu exister daprès une semence, ni ensuite subsister; et les semences des arbres et des arbrisseaux nauraien t pu ni végéter ni proli­ fier: car tout antérieur est dautant plus exempt de dqrp.pla­ ge.s quil E:)st plus antériil.!1r, ettoutsimple en est dautant plus exempt quil est plus simple,parce quils sont plus parfaits. Dans lOrd?fJ...§IJ-Pcessif le premier Deg?é fait le suprême, et le troisième linfime; mais dans lfJ:!:!l.re simy,1.tC!.né le pre­ mie? Degré fait lintime, et le troîsième lextîme. 205. Il Y a un Ordre successif, et un Ordre simultané;
  • 100. 100 LA SAGESSE ANGÉLIQUE;1 lOrdre successif de ces degrés est depuis le suprême jus­ quà linfime, ou depuis le haut jusquau bas; dans cet Ordre sont les Cieux angéliques, I~Jroisl~mE) Ciel y est le , suprême, ~e sec<.m.d le moyen, et l~premier linfime; telle est entre eux leur situation: dans un semblable Ordre suc­ ) cessif y sont les états de lamour et de la sagesse chez les Anges, puis ceux de la chaleur et de la lumière, comme aussi ceux des atmosphères spirituelles; dans un sembla­ ble Ordre y sont toutes les perfections des formes et des forces, Puisque les Degrés de hauteur ou discrets sont dans un Ordre successif, ils peuvent alors· être ë-ompârès à une Colonne divisée en trois ùegrés pour monter et des­ cendro, dans lé1ag~u;~périeur de laquelle il y a des cho­ ses très-parfaites et très-beITes; dans celui du milieu, des choses moins parfaites et moins belles ;ef danS le Rlus billl, des choses encore moins parf:lites et moins belles. - Ma,is lOr<!-.r.~imultané, qui consiste en de semblables de­ gres, est dans une autre _~pparence; dans celui-ci, les suprê­ mes de lOrdre successif, qui sont. comme il a été dit, très-parfaits et t.rès-beaux sont dans lintime, les inférieurs dans le moyen, et les infimes dans le contour; ils sont comme dans un solide consist.ant en ces trois degrés, au milieu ou au centre duquel sont les parties les plus subti­ les, autour de ce centre les parties moins subtiles, et dans les extrêmes qui font le contour les parties composées de celles-là et par suite plus grossières: cest comme cetto colonne, dont il vient dêtre parlé,saffaissant sur un plan, de laquelle le"§,!pl~ême fait lin time, le ffi9yen fait le moyeu, et linfime fait lextrême. 200:l:-ümme le suprême de lOrdre successif devient lin­ time de lordre simullané, et que linfime devientleXtime, cest pour cela que dans la Parole- par le supérieur est signifié lintérieur, et par linférieur lextérieur; de même par en haut et en bas, et aussi par lélevé et par le profond. 207, Dans tout dernier il y a les degrés discrets en ordre simultané: les fibres motrices dans tout muscle, leslibrès dans loùt nerf, puis les fibres et les petits vaisseaux dans tout viscère et dans tout organe, sont dans un tel ordre; intimement en eux il y a les parties les plus simples qui sont les plus parfaites, lextime en est le composé. Il y a un Ordre semblable de ces degrés dans toute semence et dans tout fruit. puis aussi dans tout métal et dans toute
  • 101. SUR LE DIVIN AMOUR 101 ........ pielle ; Lelles sont leurs parties dont résulte le tout; le~ intimes, ~e~"p!oyens et les ~xUJl.les des parties son t dans ces degres, car ce sont de successives compositions, ou de successifs assemblages et pelotons provenant des simples, qui sonLleurs premières substances ou matières. ( 208. En un mot, il y a de tels degrés dans tout dernier, ) a!nsi dafls louteffet; car tout dernier se coi:riposè des anté­ rieurs, et ceux-ci se composent de leurs premiers; et tout ) effet se compose de la cause, et celle-ci de la fin, et la fin ~~t l~ tout de la cause, et la cause eSJJe tput .(te leffet, comme il a été démontré ci-dessus, et la fin fait lïntime, la cause le _moyen, et leffet le .<ternier. Quil en soit de mème des degrés de lamour et de la sagesse, de la cha­ leur eL de la lumière, puis aussi des formes organiques des affections et des pensées chez lhomme, on le verla). dans la suite. Il a aussi été traité de la série de ces degrés~ dans lOrdre successif et dans lOrdre shpultané, dans la DOCTRINE DE LA NOüVELLE JÉRUSALEM SUR LECRITURE SAINTE, ~ N° 38, et ailleurs; il a été montré quil y a de semblables degrés dans toutes et dans chacune des chosfs de la Pa­ t lole. Le dernier Degré est le complexe, le contenant et la base des degtés antérieurs. r2(9)La Doctrine des Degrés, qui est donnée dans cette ~ aetè·musEréêJlïSqua- present pal diffélentes cho­ ses qui existent dans lun et lautre Monde; ainsi, par.les degrés des Cieux où sont les Anges, par lei degrés de la chaleur et de la lumière chez les anges, par les degrés des atmosphères, el par différentes choses dans le corps humain, et aussi dans le Règne animal et dans le Règne minéraL. Mais cette doctrine est dune étendue plus ample; {. elle sétend nOll-seulement aux choses ~atUlelles, mais i aJJ,.§§.LID!.x choses Civiles, Mora!es. et SptlilueIIes, et à tout ce qui les concerne, tant en generaI quen particulier. Il ya deux raisons pour lesquelles la dO..Q.triIle_<!~s _de~rés sétend aussi à ces choses; la Premiè1e, cest que Clans r to~ dont on P~J!_t parler il y a unJrine, qui est appelé ) fin, causeel effet, et que ces trois choses sont entre elles { selon les degrés de hauteur. La Seconde raison, ee.st que to.ut .Çivil, to~..!:l!~Ial_ et ~lll§p~rituel, nest point une
  • 102. u.- r~t/ ~ .Ur ­ i02 LA SAGEsSE ANG~LIQtJE(r abslracti~n, mais est une Subst~l1ce. car de même que la­ moür-ël1a sagèssè sont non -pas des choses abstraites, m~j~_ un~substl!!!.ce, comme il a été démontré ci-dessus, .N0· 40 à 4~même aussi toutes les choses qui sonl.aJllle­ lées civiles, Iflorales e~ spi~tuelles ;O"fipéût, ifëst vrm., y (~~ penser en falsant abslractlOn des substances, mais tou­ ) Jours est-il quen elles-mêmes elles ne sont point deu.Qs­ ( tractions: ainsi, par exemple, latTëëtiori et la pensée, la charité et la foi, la volonté et lentendement; en effet, il en est de ces choses comme de lamour et de la sagesse, J cest-à-dire qu~ll~~ J(~~iste~t Il.oi!lLllQrs ~es suk!s~it~ aont des submànces, malS quelfes sontles e.ll!t~ëfes sUjets OJl su)is,!p,ces; que ce soient leurs changements qui manέ festentles variations, on le verra dans la suite. Par subs­ tance il est aussi entendu la forme, car il ny a pas de subs ­ tance sans forme. ~10. De ce quon a pu penser et de ce quon a pensé sur la volonté et lentendement, sur laffection et la pensée, et sur la charité et la foi, en taisant !!!>str51ction des subs­ Il tances qui en sont les s~~rs-, 11 est arrivequon a pe@u la jusfe Idéë aë ées -(:n08es; savoir, quelles sQn~ts des substances ou des formes; absolument corome sont les sensations et leS1retlo-ns, qui ne sont pas non plus des (cl!~ses alLs,~rai~~s des orga,nes sensorUt. et mo~§ria; abs­ ) tralles ou séparées de ces organes, elles ne sont que des êtres de raison; car elles sont comme la vue sans lœil. l comme louïe sans loreille, comme le goût sans la langue, et ainsi du reste. 211. Puisque toutes les choses civiles, morales et spiri­ tuelles font l~ur ,n.rogresslon par les degres,. cOïiïIDe lès choses naturelles, non-seulëment pal les degles continus, mais aussi par les degrés_discrets, et que les progressions : des degrés discrets sont commë les progressions des fins • aux causes, et des causes aux e1@..ts, jai voulu que la pro­ posilïonprésente, qui est, que le dernier Degré est le complexe, le contenant et la base des degrés antérieurs, fût illustrée et confirmée par les choses décrites ci-des­ } sus, savoir, parcelles qui appartiennent à lamour et à la sagesse, à la volonté et à len tendemen t, à laffection et à la pensée, à la charité et à la foi. 212. Que le dernier Degré sQit le complEl~e, le contenant et la b~se des degrés antérieurs, on le voit c1airemeilt
  • 103. SUR LE DIVIN AMOUR 103 daplè3 la progression des fins et des causes vers les effets; la raison illustrée peut saisir que leffet est le com­ plexe, le contenant et la base des causes et des fins, mais elle ne peut pas de même saisir clairement que 1.ll!.P avec ;1 l0..!:l!.-~~_qu,i lui appartient, et la_ cause avec tout ce qui lui t appartHm.t, sont en aCJualil.é dans l~~t, et que leffet en 3 est le plein complexe. Que la chose sOirâinsi, on peutIe voir ( par les propositions déjà présentées dans celle Partie, sur ­ I tout pal celle-ci, que lun plocède de lautre dans une tri­ pl~e ; et que leffet nest autre que la iln dans sonaer ­ ) t nier; et comme le delnier est le complexe, il sensuit que le d~rnie!:..e!311e_~onten~nt!et aussi la base. 2l:f." Quant à ce qui concerne lAnlour et la Sagesse, lA­ -;; mOilr cst la fin, la_~ag.l;l_sse est la cause pe? quarn (pal .": laquelle lArnoul agit,) et lU.sage ~sU:~J!et; et lUsage est ( le complexe, Je contenant et la base de la sagesse et de 1 lamour; or, lusage est un tel complexe et un leI conte­ nan t, quil y a en lui en actualité toutes les choses de la ­ ) mour et toutes celles de la sagesse, il en est le simultané, Mais il faut quon sache bien que toute$ les cl.!.~esd~ ra ­ mour et de la_sagesse, qui sont homo~ènes et concordan ­ tes, sont dans lusage, selon ce qui a eté dit et montré ci­ dessus,uanSlArlfcle N°S 189 à 194.r 214. Dans une série de semblables degrés sont aussi7. lAff~c~Lon, laY~nsée etl~Aclion, parce que toute atleclion3 so réfère à lamour, toute -pensée à la sagesse, el toute action à lusage. Dans une série de semblables degrés sont la chari té, la foi et la bonne œuvre, car la chari té appar­ tient à laffection, la foi à la pensée, et la bonne œuvre il ladion, Dans une série de semblables degrés sont aussi la volonté, lentendement el lexelcice, cal la volonté appaItient à lamour et par suite il latfection, lentende·· ment à la sagesse et pal suite à la foi, et lexercice à lu­ sage el par suite à lœuvre. De même donc que d!!.ruL1~­ sage il y a toütes les choses de la sagesse et de lamoUl, de même dans laction il y a toutes les choses de la pensee et de laffection, dans la bonne œuvre toutes les choses de la foi et de la charité, el ainsi du leste j mais toutes l~htlSeS homogènes, cest-à-dire, concordantes. 215 Que le dernier de chaque série, qui est lusage,lac­ tl • lœuvre et lexercice, soit le complex~.etle-i!Qntenant de tous les antérieurs, cestre qui na pas encore été ëOiiÏÎÜ;
  • 104. 104 LA. SAGESSE ANGÉLIQUE il semble que dans lusage, dans laction, dans lœuvre et dans lexercice, il ny ait rien de plus que ce qui est dans le mouvement, mais néanmoins it y a en actuali tg~!!X t9u~ le!:!.. an télï.el!rs, et si pleinement quil ny manque rien; ils y sont renfermés comme le vin dans son tonneau,Î et comme des meubles dans une maison. Si ces antérieurs. n~a~p.~rJ!Jssent point, cest parce quils ._soïit~onsidères1 e.Jterieurèiilent, et que considérés extérieurement ils sontl seulement des activités et des mouvements: cest comme lorsque les bras et les mains se meuvent, et quon ignore que mille fibres motrices concourent à chacun de leurs ) mouvements, et quà ces mille fibres motrices c()xr~spqI)..-, dQ.nt des milliers de choses appartenant à la pens~ etal raffection, qui excitent les fibres molrices;ëfcomme ëlle·s agissent intimement, elles napparaissent devant aucun seIlS du corps: cela est notoire, que lien nest mis en ac­ tion dans le corps ou par le corps que daprès la volonté par la pensée, et comme lune et lautre agit, il nest ~as( possible que toutES et chacune des choses de lllqlon~e et ) de ll!_p~ée ne soient pas dans la.Qtiç>n; elles ne peuvent pa~ être séparées : ~ la vient quecest dapr~s_l!ls....i@s1 ou lèsOOûvfëS quon jUge-de tlq)éIiSéede1a volont.é de lhomme, quon nomme întention. Il est devenu notoire~ pour iiioi, que les Anges daprès un seul fait ou une seule œuvre de lhomme perçoivent et voient le tout de)a vo­ lonté et de la pensée de celui qui agit; les anges du troi­ sième ciel perçoivent et voient dàprès la volonté la fin propter quern (pour laquelle on agit), et les anges du second ciel la cause pal laquelle la fin agit. Cest de là que, dans la Parole, les œUVles et les faits sont tant de( fois commandés, et quil est dit qJlEJJ!.omme est connu par se~llY"~S et pa.!, s_es faits. 216. Cest un point de la sagesse angélique, que si la~ volonté et lentendement, ou laffection et la penséè, el aussi la charité-enaroi, ne se couvrent et ne senvelop­ pent des œuvr~s 9u des faits, quand il est possible, elles pe~nt; ne sont qu rQ~_me des souffleSqui passent, ou comme des images%ns lair qui se et quelles ne jemeu­ re.!!! chez lhQIDIlle et ne deyiennen.t choses d.~tS~_ Vie, cu!e ql,1arïO lhomme.opère et..l~s f~it: la raison de cela, cest que le dernier est le complexe, le contenant et la base des antérieurs.Wn tel so.uft1~et uhe telle image, cest la foi
  • 105. SUR LE DIVIN AMOUR 105( séRa.rée davec les bon:ws œuvres, et cest aussi la foi et, laclulrfleJ;ans leuFs"ëxelcices, avec la seule difléreriêe que ceux qui admettent la Joiella charité savent et "p~L, v?uloi,r faire les bie~s, mais non ceux qui sont dans la foi( seEree davec la charité, Les Deg?és de hattteur dans leur Dernier sont dans le plein et dans la puissance, 217, Dans lArticle pré~édent il a été montré que le der­ nier Degré est complexe et le contenatlt des degrés anté­ rieurs; il suit de là que dans leur dernier les Degrés an­. térieurs sont dans le plei!).; car ils sont dans leur effet, et ~effet est le plein des causes. 218, Que ces Degrés ascendants et descendants, qui sont aussi appelés antérieurs et postérieurs, puis Degrés de hauteur et discrets, soient dans lem puissance dans leur Dernier, cest ce qui peut être confirmé par tout ce qui a été rapporté dans les Articles précédents daprès les cho­ ses sensibles et percept.ibles pOUl confirmations; mais ici je veux seulement le contirmer par les Efforts, les Forces et les Mouvements dans les sujets morts etdans les sujets vivants. On sait que lEffort ne fait rien de lui-même, mais quil agit par des forces correspondantes à lui, et que par elles il manifeste le mouvement; et quil résulle de là que leffort est le tout dans les for~es, et par les forces dans le mouvement; et que, comme le mouvement est le dernier degré de leffort, cest par lui que letfort. met en aclion sa puissance; leffort, la force et. le mouvement nont été conjoints que selon les degrés de hauteur, dont la conjonction existe non pas pal le continu, puisquils sont disclcts, mais par les corres­ pondances; car leffort nest pas la force, et la force nest pas le mouvement, mais la force est produite par leffort, puisque la force est leffort excité, et le mou­ vement e.st pro.duit par la force; ce~t..P9Ur!1!. ..il nI.l!.au- ) UQL cun1-tJuissance dJUlS leff9r~. seul, nt tians l~_force seulé, m..2!..s a-puissance esL dans le moltvement qui en est le produil. Quil en soit ainsi, cest ce qui sembl.... encore douteux, parce que cela na pa,:; été illustré par des appli­ cations aux choses sensibles et perceptibles dans la nature;
  • 106. 106 LA. SAGESSE ANGtLIQUE mais neanmoms telle est leur progression à la puissance. 219. Mais soit une application de ceci à leffort vif, à la force vive et au mouvement vif: Leffort vif dans lhomme, qui est un sujet vivant, est sa volonté unie à son entende­ ment; les forces vives dans lhomme sont les parties qui en dedans constituent son corps, dans toutes ces parties il y a des fibres motrices entrelacées de diverses maniè­ les; et le mouvement vif dans lhomme est laction, qui est produite par ces forces daprès la volonté unie à len­ tendement; car les intérieurs qui appartiennent à la vo­ lonté et à lentendement font le premier degré, les inté­ rieurs qui appartiennent au corps font le second, et tout le. corps qui en est le complexe fait le troisième degré: que les intérieurs qui apparLiennent au mental ne soient dans. aucune puissance sinon par les forces dans le corps, et -que les forces ne soient non ~lus dans aucune puissance1 $inon par laction du corps lm-même, cela est notoire. Ces trois agissent non pas par le continu, mais parle discret,( et agir par le discret, cest agir par les correspondances: lès intérieurs qui appartiennent au mental correspondent ) aux intérieurs du corps, et les intérieurs du corps corres­ pondent à ses extérieurs,par lesquels existent les actions;) cest pourquoi les deux antérieurs sont dans la puissance par les extérieuÏ·s du corps Il peul sembler que les efforts et les forces dans lhomme soient dans quelque puissance. quoiquil ny ait pas action, comme dans le sommeil et dans les états de repos, mais néanmoins alors les détermi­ nations des etforts et des forces sont dans les motoria com­ muns liu corps, qui sont le Cœur et le Poumon; cepen­ dant laction du cœur et du poumon cessant, les forces cessent aussi, et avec les forces les etforts. 220. Comme le tout ou le corps a déterminé ses puissan­ ces principalement dans les bras et dans les mains, qui sont les derniers, cest pour cela.JIue par les br:as el E~r les mains, dans la Palol~, est signifiée la puissance, efpar la main droite üÏle ·puissance supérieure. Le déroulement et le développement des degrés vers la puissance étant tels, voilà pourquoi d.:alllès une seule.-acjJQI1,JI.l!ÏJlst faite par les mams.les_Anges qui sont chez lhomme el dans la correspondance. de to.utes les choses de lhomme, con­ nah.sent queUl.est quantà lentendement el à la volonté, et aussi quant à la charité et à la foi, ainsi quant à la vie
  • 107. SUR LE DIVIN AMOUR 107 interne.JIui appartient à son mental, et quant à la vie ex­ 19.roe quiàaprès celle-là est dans le corpsJ Quil y aiL chez les Anges une telle connaissance daprès une seule acLion du corps ~les mains, cest ce qui ma tres-souvent éton· né, mais toujàUlsêst-il que cela ma éLé monLré quelque­ fois par vive expérience, et i.l ma été dit que cest. de là f que les inaugulalions dans le ministère se font par lim­ } po.sllion des mains, ~t que pal toucher avec la main il est, . signifié communiquel, outre I.)lu.sieurs autres choses sem- blables. De là a été tilée cette .conclusion que le tout de la J charité et de la foi est dans le_8 œUyres, et que la charité et la foi sans les œuvres sont comme autoUl du soleil les arcs-en-ciel qui sévanouissent et sont dissipés pal une nuée; cest pOUl cela que, dans la Parole, il est si souvent ( parlé des œuvres, et quil est dit ùe faire, et que re-sal~t 1 de lb<;lmme en déQend ; et même. c(lui qui fait est appelé . sàgé, ct celui qUI ne fait pas est u1>pelé insensé. Mais il , muf savoir que par les œuvres ici son t entendus les us.a­ ~es,..9ui sont faitsen actualité; car dans ces usages et se­ 10n ces usages est le tout de la chalité ~t de-l~ foi; avëc les usages il y a cette corresponââllce, parce que celte correspondance esl sl~iriluelle, mais elle ,~~_Jait. P1lr les suQs.tances et les matie!~, ~ui ~Q!!:t les_.glJ~~~. 2~t. ICi peuvent être revétes deux Arcanes, qui tombent dans lente:ldemen t pal les explications données ci-dessus:Il,.,--. Le PREMIER ARCANE est, que la Parole, dans le sens de la lettre eJ>t dans son plei.n et dans sa puissance: en effét, ( dansia Parole,. il y a trois sens selon· les trois deg!:.és, le ) sens céleste, le s~~pir.ituel ot le sens naturel; comme ces sens selon les trois degrés de hauteur sont dans la ) Parole, el que leur conj onction se fait pal les correspon­ dances, cesl pour cela que le demior sons, qui est le na­ ( lurel et est appele le sens ùe la lettre, non-seul~m~f!t est ) le complexe, le contenanl el lu base ùes sens mterleurs correspondants, mais aussi est la Parole dans le dernier J sens dans son plein el dans sa puissance. Quil en soit ainsi, cela a été montré et confirmé on plu~ieurs endroits dans la DOCTIlINE DE LA NOt;VELLE ,h~RusHlm SUR LÉCBITUnE S.I~TE, N°· 27 à 36, 37 il 49, 50 à û1, 62 à 69. Le SECONU AR­ Z - CANE est, que le Seigneur est venu dans le Monde et a pris lHumain, pour se mettle en puissance de subjugu~r les enfers, el<lf}oétablir toulesQJl.oses danslorjfre; taÏll dans
  • 108. 108 LA SAGESSE ANGÉLIQUE les Cieux que sur Terre. De cet Humain il a survêtu son Humain Antérieur: lHumain, dont il sest SUlv6tu dans le Monde, a été comme lHumain de lhomme dans le Monde, lun el lautre eependanLDivins,et pal suite infini­ ment au-dessus des Humains finis des anges et des hom­ mes: et comme il a pleinement glorifié lHumain Naturel jusque dans ses derniers, voilà pourquoi il est ressuscité . avec tout le Corps, autrement que ne ressuscite tout hom­i me : par cela quil a pris cet Humain, il se.~t revêtu de la ) To~Puissance Divine non-seulement de subjuguer lès ] EIlfer:s etd~--KélabJir les Cieux. dans lordre, mais encorel de tenir les Enfers étèrnellemennijl).fllgu~s, et de sauver les hommes. Cette Puissance-eST entendue par être assis à( la droite de la puissance et de la vertu de Dieu. Comme-4t) Se),1Ileur.en pre.nantlhumainn!!tur:el sest fait_le, pi,::inî Vrai dans les deJ:njers, il est pour cela même appelé la( Parole, et il est dit que la Parole a été faite Chair, et le Divin Vrai dans les derniers est la Parole quant au sensue la lettre; il sest fait le Divin Vrai en accomplissant toutes Ies choses de la Parole dites de Lui dans Moïse et dans lesf Prophètes. En effet tout homme est son bien et son vrai, lhomme nest point homme dautre part; mais lrBèi­ gneur, parce quil a pris lhUlr.ain naturel, __est le Divin( Bien Mên.1e et l~ D..iv.~.·I1-YJ:ai Même, ou, ce. qui eSlliùIiêID.e ) chose, il e§t le D~in Am?ur Même et la" Di~pe...-....S~ge_sse Même, tant dans les Pre:;;J8rs que dans les permers : de) raviënt que depuis son avènement dans le MondEilT appa­ raît dans les Cieux Angéliques comme Soleil avèc un ~lus vif éclat et une plus grande splendeur quavant son avene­ ment. Cest là un Arcane qui, par la Doct)jne des d~grés, peut tomber sous lentendement. Dans la sui te il sera parlé de la Toute-Puissance du Seigneu: avant son avènement. dans le Monde. Les DegrJs de ltm et de lautre genre sont dans les t?ès ---g10,nds et dans les très-petits de toiiles-les-choses qtti ont été c.r...éi~s. 2.. ~ 222. Que les lrès-grands;commeQes très-petilsde t.outes les choses consistent en degrés discrets et continus, ou de hauteur et de largeur, cela ne pe-.lt pas être illustré
  • 109. SUR LE DIVIN AMOUR 109 pal des exemples pris dans les choses visibles, parce que les très-petits ne se présentent pas devantles yeux et que les très-grands qui se présentent ne se montrent pas dis- tingués en degrés; ce sujet ne peut donc être demontré que par des universaux; et comme les Anges sont dans la sagesse daprès les universaux; et par suite dans la science sur les singuliers, je vais rapportel ce quils en disent.~ 223, Ce que dise.!!U~~Anges sur ce sujet,cest qui~ny a p~_~ un t~lle~~nt tres-petjt; d~ns lequel il ny _aiu~jle- - grés 9&:fun et.de lautre g~nre; --ainSI pas· ün trè~-~etit dans aucun annnal, ni un tres-petit dans aucun vegetal, ni un très-petit dans aucun minéral, ni un tlès-petit dans léthel et dans lair; et comme léther et lair sont les ré- ceptacles de la chaleur et de la lumière, pas un très-petit) de la chaleur et de la lumière; et comme la chaleur spiri- tuelle et la lumière spirituelle son t les réceptacles de la- maur et de la sagesse, pas un très-petit non plus de lamourl et de la sagesse, où il ny ait les degrés de lun et de lau- tre genre. De ce que disent les Anges ilr6sulte aussi~ qUe lEnre-s-petit dune affection, et le très-petit dUl1e pensée, et même le très-petit dune idée de la pensée, consiste en des degrés de lun et de lautre genre, et que le très-petit) quL!l~ __c~ p~_ces degrés nest ri~n, car_ il nil P9.!!l.!..Q_~forme, par consequent point de qualité, ni aucun) état qui puisse être changé et varié, et par là exister. Les Anges confirment cela par ce vrai, que les Infinis dans Dieu Créateur, qui ~stle Seigneur de toute éternité, sont distinctement un, et quil y a des infinis dans ses infinis, et que dans les infiniment infinis il y il les degrés de lun et de lautre genre, qui aussi sont distinctement un en Lui; et comme ils sont en Lui, et que toutes choses ont été créées pal Lui, et que les choses qui ont été créées présentent dans une sorte dimage celles qui sont en Lui,) il sensuit quil ny a pas un très-petit fini, dans lequel il",I1y_ ait de tels-aeg;ï·~s.-~ès-dëgl·és~ sont --clans--les-tf~­1 petits comme dans les tres-glands, c est parce que le DI- vin est le même clans les tlès-grands et dans les très-petits. Que dans Dieu-Homme les infinis soient distinctement un, on le voit ci-dessus, N°S 17 à 22; et que le Divin soit le même dans les très-grands et dans les très·petits, on le voit N°s 77 à 82,ce qui aété encore illustré N°s 155,169,171. 224. Sil ny a pas un très-petit de lamour et de la sa-
  • 110. 110 LA SAGESSE ANGELIQUE gesse, ni un très-petit de laffection et de la pensée, ni même un très-petit de lidée dune pensée, où il ny ait les de~rés de lun et de lautre genre, cest parce que lamour ( et la sagesse sont une substance et urie f6rme,-ëomme il ) a été mo-rïtré Ci:dessus, Noà 4<Jà.[3, parëillement liftëcfion et la pensée·: et comme il ny a pas de forme, 0Ù ne soient î pas ces degrés, ainsi quil a été dit ci-dessus, il sensuit { quil y a de semblables degrés dans ces choses, car sépa­ rer dune substance dans une forme lamour et la sagesse, puis laffectiun et la pensée, cest les annihiler, parce Q:!le ces choses nexistent pas hors de leu·rs sujéts, carce qui les fixe, ce sontleîTI:S états perçus par-lhomme dans la variation., ..,-- 225.(J.. es-très-gran~dans lesquels sont . les degrés de lun et"ae lautre géi1re, cest lUnivers dans tout son com­ plexe; cest le Monde Naturel dans son complexe, et cest le Mondfl Spirituel dans le sien; cest ~haque Empire et chaque Royaume dans leur complexe; cest toutleurcivil, t(Lut l~!l_r !!lOFa! e.t _tou t leur spirituel, daiii;-leül; complexe; tout le Règne animà1~Tôtiné Hègnè végétal ét tout lè Hè­ gne minéral, chacun dans son complexe; ce sont toutes les Atmosphères de lun et de lautre Monde, prises ensem­ ble, puis leurs chaleurs et leurs lumières. Pareillementles moins communs; COlIllue lhomme dans son complexe, Lout animal dans le sien. tout arbre et tout arbrisseau dans le leur, puis aussi toute pierre et tout mélal dans le leur. Les forples de ces choses sont semblables en ce quelles ~ consistent en des degrés de lun et de raut,r,e, gellre : la rai­ son de cela, cest que le Divin, par qui eUes ont été créées, est le même dans les LJès-grands et claiis Tëstres-petits, comme il a été démontré ci-dessus, N° 77 à 8t. Les singu­ liers et les très-singuliers de toutes ces choses sont sem­ blables aux communs et aux très-communs, en cela, quils sont des forIlles des degr.és de lun et de lautr~enre . . 226. De ce que lesLrès-grand~ e"les très-petits sont des formes, des degrés de lun-etlté laùlre genre, il ya entre eux une conneXi,on depuis les prem,iersjusquaux der,niers, i car la lessemblance les conj oin t. Mais néanmoins il ny a aucun très-petit qui soitle même quun autre, paÏ1à existe la distinction dè tous les singuliers et de tous les très~sin­ guliers. Sil ny a aucun très-petit dans quoIque forme, où parmi quelques formes, qui soit le même quun-àutre,
  • 111. SUR LE DIVIN AMOUR 111 cest ;parce que dans® ~rès-gran~11 ya des semblables degres,et que ~f,Iès-granQs consiStent en de très-petits; puisque de tels, a~gres sont. d~ns lIfs~rès~~,r~S) et qu.e selon ces degres 11 y a des dlfferences perpetuelles depUIS le hauL jusquau bas, et depuis le centre jusquaux péri­ phéries, il sensuit quil ny a aucun de leurs plus Iletits) ni d~.Jeurs_. t!~s-petits, dans lesquers- s"on t de semblàIiIès degres, qUl soiL le même quun autre. 227. Cest encore un point de la sagesse angélique, que, la perfection de lUn~vers créé vient de la ressemblance 1 des communs et des particuliers, ou <les très-grand§> et . de~ "!r_ès-peti~ quant à ces degrés, car aro-rslun regarde lautre comme son semblable, avec lequel il peut être con­ joint pour tout usage, et fixer toute fin dans leffet. 228. Mais ces propositions peuvent paraitre comme des paradoxes, parce quelles ne sont pas démontrées par des applications à des choses visibles; cependant, toujours est-il que le~ pro.po.§jtiQ.nL~straites, étant universelles, sont ordinairement mieux saiSies que le~ prgposilions 2p­ pliquées, car celles-ci sont dune variété perpétuèI1e;"ër la varié1eobscurcit. 229. Quelques-uns prétendent quil y li. une substance si( simple, quèlIë na pas de" forine ve-rîanfùe-"fOrïnes-plus ) petites; eCque de cette substance résultent par entasse ­ ments les substanciés ou composés, et enfin les substan­ ces qui sont appelées matières: mais néanmoins de telles1 substances très-simples nexistent pas; c2-I-, quest-ce quune substance sans une forme? cest quelque chose dont rien ne peut se dire; et dtïn être (ens) dont rien ne peut se dire, il ne peut pas être composé quelque chose par entassements, Quil y ait des choses innombrables dans les premières substances créées de toutes choses, qui sont très-petites et très-simples, on le verra dans la suite, lorsquil sagira des formes. Les t1ois De{f1és de hauteu1 sont infinis et inc1éés da(ts le Sei­---- {fJKI.l", ëf ces tr..ois degr§.s sont finis et c1éés dans lhomme. 230. Que dans le Seigneur les trois degré~,çle hauteur " soient infinis et incré§ls, cest parce que le Seigneur-ëst lAmour Meme et la Sagesse Même, comme il a eLé précé­
  • 112. 112 LA SAGESSE ANGÉLIQUE demment démontré; et puisque le Seigneur est lAmojll Même et la Sagesse Même, il est par conséquenrallssi lUsag~ Même; car lArnoul a pour fin lusage, quil pro­ duit par la sagesse; en effet, lamour et la sagesse sans( lusage nont point de but oude fin, ou nont point de domi­ ) cile; cest pourquoi, on ne peut pas dire quils sont et existent, à _.moins quil ny ait lusage in Q~o (d~ns lequelÎ ils soient et existent). Cës trois constituèrit les trois dëg-rQs de hauteur dans les suj~s de la vie: ces trois sonE comme la fin première, la fin moyenne qui est appelée cause, et la fin dernière qui est appelée effe t: que la fin, llLlli!!!§e eL leffet constituent les trois degrés de ha1Ïtëur, cest ce qui a été montré ci-dessus et confirmé plusieurs fois. 231. Que ces trois degrés soient danslhomme, onpeut le voir daprè-s lélévation de sonmenliil fusqlï""aux degrés de lamour et de la sagesse, dans lesquels sont les Anges du second et du troisieme ciel. car tous les Anges sont nés hommes, et lhomme quant aux intérieurs qui appal­ 1 tiennent à son mental est le ciel dans la forme la plus l petite; autant donc il y a de Cieux, autant il ya de degrés de hauteur chez lhomme par la création; lhomme aussi est limage et la lessemblance de Dieu, cest pourquoi ces tlois degr:Qs ont été gravés dans lhomme, parce quils sonE dans Dieu-Homme, cest-à-dire, dans le Seigneur. Que ces tlois Deg~s dans le Seigneursoient infinis et in­ créés;eTiIuoaans lhomme ils soiènt finis et créés, on peut le voir daprès ce qui a été démontré dans la Pre­ mière Partie, par exemple, daprès ces propositions, qU[~ le Seigneur est lamour en Soi et la Sagesse en Soi; el- que "lhomme est le récipient de lAmour et de la Sagesse procédanY-du Seigneur; puis aussi, que du Seigneur on ne peut rien dire que dInfini, et de lhomme rien dire que de fini. 232. Ces trois Degrés chez les Anges sont nommés CÉ­( LESTE, SPIRITUEL et NATUREL; et pour eux le Degré céleste ) est le Degré de lamour, le Degré spirituel est le Degré de la sagesse, et le Degré natUlel est le Degré des usages.) Si ces Degrés sont ainsi nommés, cest parce que les Cieux ont été distingués en deux Roya!!!!!.es, lun nommé RoyaiJ.­ me céleste, et lautre Hoyaunî.e spilituel, auxquels est adjoint un troisième Royaume, ou sont les hommes dans le Monde, cest le Royaume naturel. Et même les Anges
  • 113. SUR LE DIVIN AMOUR 113 dont est composé le Royaume céleste sont dans lamour, et les Anges dont est composé le Hoyaume spirituel sont dans la sagesse; mais les hommes dans le Monde sont dans les usages; et cest pour cela que ces Royaumes ont été conjoints. Dans la Partie suivante, il sera dit comment il faut entendre que les hommes sont dans les usages. 233. Il ma été dit du Ciel que dans le Seigneur de toute éternité, qui est Jéhovah, avant quil eût pris lHumain dans le Monde, il y avait les dêllx ( actualité, et le troisième Degré en D-egres" arïterfeursen puissance, tels quils sont aussi chez les Anges, mais quaprès avoir pris lHu­1 main dans le Monde, il sest survêtu aussC <fü- tlorsIeîlle Degré, qui est appelé Naturel, et que par là il a été fait Homme semblable il. un homme dans le Monde, avec cette différence cependant, que ce Degré, comme les Deo-rés antérieurs, est Infini et Incréé, tandis que ces Degrés dans lAnge et dans lhomme sont finis eL créés. En effet., le Divin qui avait rempli tous les espaces sans espace, N°! 69 à 72, a pénétré aussi jusquaux derniers·de la nature; mais avanCquifeûL ilils lHumain il y avaifnanSfëërégré natu­ rel un influx Divin médiat par les Cieux Angéliques, tan­ dis que depuis quil a pris lHumain il y a un influx immé­ diat venant de Lui: cest pour cette raison que toutes les Eglises dans le Monde avant son avènement avaient été revrésentalives des spirituels et des célestes, mais qua­ pres son avènement elles ont été faites naturelles-spiri­ tuelles eL naturelles-célestes, et que le Culte répré ­ sentatif a été aboli: ce fut aussi pour cette raison que le Soleil du Ciel angélique, qui est, comme il a déjà été dit, le premier procédant de son Divin Amour et de sa Divine Sagesse, a brillé dun plus vif éclat et dune plus grande splendeur depuis quIl a eu pris lHumain quavant quil leût pris: cest aussi ce qui est entendu par ces paro­ les dans Esaïe: « En ce jour-là sera la lumière de la Lune comme la lumière du Soleil, et la lttrniè?fJ du Soleil sera septuple comme la lumière de sept jours. J - XXX. 26; ­ ces paroles ont été dites de létat du Ciel ct de lEglise après lavenement du Seigneur dans le Monde: et dans lApoca­ lypse : f La face du Fils de lhomme fut vue de même que le soleil brille dans sa puissance. » - 1. 16; et ailhmrs, paI exemple, Esaïe, LX. 20. II Sam. XXIII. 3,4, Matth. XVII. 1, 2. - Lillustration Ill_~_diate des hommes par le Ciel Angé­ 8
  • 114. 114 LA SAGESSE ANGÉLIQUE lique, illustration qui existait avant lavènement du Sei­ gneur, peut être comparée à la lumière de la Lune, qui est la lumiere médiate du Soleil; et comme après lavènement du Seigneur lillustration est devenue immédiate, il est dit dan s Esaie, que la lumière de la Lune SëraComme la lu­ mière du Soleil; et dans David: c Dans Son jour fleurira le juste, et beaucoup de paix, jusque là quil ny aura point deLune.--Ps.LXXH. 7;-celaa été dit aussi du Seigneur. 234. Si le Seigneur de toute éternité, ou Jéhovah, s~est sur­ v~tu d~~E:l __ !.r~!§!ème degré en prenant lHumain daiis le Monde, cest parce quil na pu entrer dans le Monde que par( une nature semblable à la nature humaine, ainsi il na pu y, entrer, quen étant conçu de son Divin, et en naissant dune vierge; car de cette manière il a pu se dépouiller de la nat1.l,te, qui en elle-même est morte, et néanmoins un) réceptacle du Divin,-ehevêtir le-Orvin. -Cela èsC-ënfëridu par les deux états du Seigneur dans le Monde, qui sont ap,I>elés état dExinanition et état de Glorification, dont il a etÉl traité dans la DOCTRINE DE LA NOUVELLE JÉRUSALEM SUR LE SElGNEUR. 235. Ces choses qui concernent la triple ascension des Degrés de hauteur ont été dites en génét:al, mais comme ces Degrés sont(crans les très-~ranas et~ns les très petits; ainsi quil vient dêtre montre daris lArticle précédènÇil nen peut être rien dit ici en particulier; excepté ceci, quil y a de tels Degrés dans toutes et dans chacune des choses de lAmour, et par êonséquEmt de tels Degres-aans1ôUfés et danschacune des choses de la Sagesse, et daprès ceux-ci de tels Degrés dans toutes el dans chacune des choses ~e_s f l1..§.ag~ ; mais que dans le Seigneur tous ces degrés sont InfiOls, tandis que dans lange et dans lhomme ils sont ) finis. Mais comment ces Degrés sont dans lamour, dans la sagesse et jans les usages, cela np. peut être décrit et développé quen série. Ces tr..Q1!l#gr!s de hauteur sont dans chaque homme dès la naissance; ils peuvent successivement être ou~rts, et selon quils sont ouverts, lhomme est dans le SêigneU?, et le Seigneur est dans lhomme. 236. Que les trois Degrés de hauteur soient dans chaque
  • 115. SUR LE DIVIN AMOUR 115 homme, cest ce quon a ignoré jusquà présent; et cela, parce que ces Degrés nétaient pas connus, et que, tant ) que ces Degrés sont cachés, on ne peut connaître dau­ tres Degrés que les Degrés continus; or, quand on ne con­ naît que les Degrés continus, on peut croire que lamour 1 et la sagesse chez lhomme ne croissent que par le continu. f MaL~._g fau} quon sache que chez chaque homme dès la naj.§sancel! Y a les trois degrés de haùteur ou.!llli--erers, ) lun au-dessus ou au dedans de lautre, et que chaqüêae­ gré de hauteur ou discret a aus:;i des Degrés de largeur ou continus, selon lesquels il croît par le continu, cal les Degrj~ diJ lun et dG l).utre genre sont<âans les très-grandS) et çLaJ1~ les-rrës-petils de loutes choses, comme il a "èTé montré ci-dessus, N°s 222 à 229; en effet, il ne peut pas y avoir des Degrés dun genre salis les Degrés d~ lautre genre. 237. Ces trois Degrés ùe hauteur sont nommés N~el, Spirituel et Céleste, comme il a déjà été dit, No 232: quand lhomme nait, il vient dabord dans le Deglé natUlel, et ce Degré chez lui croit par le continu selon les sciences,Il et. selon lentendement acquis par elles, jusquau plgs ha~t 1 point de lentendement, qui est appelé -rationnel: mais neanmoins pal là nest point ouvert le second-negré qui est appelé Spirituel, celui-ci est ouvert par lamour des usages daplès les intellec1uels, mais par lamour spiri­ tuel des usages, amoUl qui est lamour à légard du pro­ chain; ce Degré peut pareillement croître par le continu du Degré jusquà son plus haut point, et il croît par les connaissances du vrai et ùu bien; ou par les vérités spiri­3 tuelles. Toutefois cependant par ces vérités nest point ouvelt le troisième Degré, qui est appelé céleste, mais celui-ci est ouvert par lamour céleste de lusage, amour ( qui est lamour envers le Seigneur; et lamour envers le ) Seigneur nest autre chose que dappliquer à@vie les pré- cep tes de la Parole, qui en somme consistent à fuir les ) maux parce quils sont infernaux et diaboliques, et à faire les biens parce quils sont célestes et Divins. Ces trois degrés sont ainsi ouverts successivement chez lhomme. 238. Tant que lhomme vit dans le Monde, il ne sait rien de louverture de ces Degrés chez lui; et cela, parce qualors il esTdans le Degré natûrel, qui est le dernier, et que cest daprès ce Degré qualors il pense, veut, parle et agit; or,
  • 116. 116 LA SAGESSE ANG(;:LIQUE le Degré spirituel, qui est intérieur, communique avec le Degr.e naturel non pas par le continu mais par les corres­ pondances, et la communication par les correspondances nest point sentie. Mais néanmoins, quand lhomme dé­/ pouille le Degr~~aturel,.ce qui arrive l?r~quil meurt, il vient alors dans ce Degre qui chez lui aete ouvert dans le 2. Monde, dans le Degré spirituel celui chez qui a été ouvert le Degré sp.rrit~l; dans le Degré céleste celui chei qui a ""3 été olivért le Degré céleste; celui qui vient après la mort dans le Degré spirituèlpense, veut, parle et agit spirituel­ lement, et nori plüsriaturellement; et celui quivient dans ( le Degré céleste pense, veut, parle et agit selon son degré: ) et comme la communication des trois Degrés entre eux nexiste que par les correspondances, cest pour cela que les différences de lamour, de la sagesse et de lusage, quant ) à ces degrés, sont telles, quils nont entre eux rien de ,commun par aucun continu. Daprès ces explications il est évident que les trois Degrés de hauteur sont chez lhomme, et quils peuvent être ouverts successivement. 239. Puisquil y a chez lhomme trois degrés de lamour, . trois degrés de la sagesse et par suite trois degrés de lu­ sage, il sensuit quil y a chez lui trois degrés de la Volonté, trois degrés de lEntendement et par suite trois de~résdu Conclusum, et par conséquent trois degrés de la Determi­ nation à lusage; car la Volonté ëst le réêéplacle Ue la ­ mour, lEntêÏ1dement le réceptacle de la sagesse, et le Con- f clu-sum appartient à lusage qui provient de lamour et do la sagesse: il est donc évident que chez chaque homme il ya une volonté et un entendement naturels, une volonté et un entendement spirit.uels, une volonté et un entendement .célestes, en puissance un mot, naissance, de en acte lors·· qulissont ouverts. En dès la le Mental et lhomme qui se compose de la volonté et de lentendement, est des trois degrés daprès la création, et raI suite daprès la naissance, de sorte que dans lhomme i y a un Mental natgrel, un Mental spirituel et un Mental ,céleste; etqüo lhomme pai­ là peut être efevé dansta sagesse-angélique, et la possé­ der quand il vit dans le Monde, mais cependant ne vient en elle quaprès la mort, sil devient Ange, et alors il dit des choses ineffables et incompréhensibles pour lhomme naturel. Jai connu un homme médiocrement savant dans le Monde, et après sa mort je lai vu et me suis entretenu
  • 117. SUR LB DIVIN AMOUR ~17 avec lui dans le ciel, et jai clairement perçu quil parlait comme un Ange, et que les choses quil disait nétaient pas perceptibles pour lhomme naturel: cela venait de ce que, dans le Monde, il avait appliqué à la vie les préceptes de la Parole, et adoré le Seigneur, et par suite avait été élevé parle Seigneur dans le troisième degré de lamour et de la sages­ se. Il est important que cette élévation du mental humain soit Ç.on!l.ue, carlentendement de ce qui suit en dépend. 240.11 y a chez lhomme par le Seigneur deux facultés, par lesquelles lhomme est distingué des bêtes; lune de1{ 5ces facultés, cest quil peut comp-rendre ce qui est vrai eL l ce qui est bien, cette faculté est appelée R!!tionaHté, et cest la faculté de son Entendement; lautre faculté, cest ) quil peut faire le vrai et le bien.. cette faculté est appelée ~ 1Lmerté , et cest la faculté de SI! ~olQ!lté; en effet, lhomme peut daprès sa rationalité penser ce quil lui plaît, tant pOUl Dieu que contre Dieu, et tant pOUl le prochain que contre le prochain, et aussi il peut vouloir et faire ce quil pense, mais lorsquil voit le mal et craint la punition, il peut daprès la liberté sabstenir de faire. Lhomme daprès ces deux facultés est homme et est distingué des bêtes. Ces deux facultés chez lhomme procèdent du Seigneur, et elles en procèdent continuellement, et ne peuvent lui 1 être ôtées, car si elles lui étaient ôtées, son humain péri­ rail. Da.J:l~ c~s deu_x_!acul~és le Seigneur est chez tOlft ( homme, non-seulement chez le bon, mais aussi chez le ) m.~~hant, elles sont la demeure du Seigneur dans le Geme ) Huriïil1n; cest de là que tout homme, soit le bon, soit le méchant, vit éternellement. Mais la demeure du Seigneur ( chez lhomme est plus ploche, selon_que lhomme allmo­ ) yen de ces facultés ouvre- les degrés supérieuxs ; car pal leur ouverture il vient dans les Degrés supérieurs de la­ ) mour et de la sagesse, ainsi plus près du Seigneur. Da­ près ces explications on peut voir que seloÏùfüe ces Degrés sont o.uverts, lhomme est dans le Seigneur, et le"Seigneur ëSfoans Thomme, 241. 11 a été dit ci-dessus que les trois Degrés de hau­ teur sont comme la fin, la cause et leffet, etque selon ces Degrès succèdent lamour, la sagesse et lusage, cest pourquoi ici en peu de mots il sera dit de lamour, quil est la fin ; de la Sagesse, quelle est la cause; et de lusa­ ge, quil est leff~t. Quiconque consuTIeSii raison, lors­
  • 118. 118 LA SAGESSE ANGÉLIQUE quelle est fians la lumière, peut voir que lamour deJ lhomme est la fij1 de toutes les choses qui son t en lui, car ) ce quil aIme ine pense, il le collC1illël HIe faH; par con­ séquent il la pour fin ; lhomme aussi daprès sa, raison2 peut voir que la sagesse est l~se, car lui, ou son amour qui est la fin, cherche dans lehfendemenl les moyens par lesquels il peut parvenir à sa fin, atI.lsi il cqnsQlte.!li! sa­ ) gesse, et ces moyens font la cause pe1 quam (par-IaqueTIe:3 il parvient) ; que lusage soit leffet, on le voit clairement sans explication. Mais lamour èliez un homme nest pas le même que chez un autre, pareillement la sagesse chez lun nest pas la même que chez lautre, ni par conséquent lusage; et comme ces trois sont homogènes, ainsi quil a été montré ci-dessus, N°S 189 Ù 194, il sensuit que tel est lamour chez lhomme, telle est chez lui la sagesse et t.el esrtüsage. Il est dit la sagesse, mais il est entenau ce qui apparTIënt à son entendement. La Lumière spirituelle influe pat lf}.~!.!..ois Qegrés chez lhomme, mais non la Chaleu1 Spiritue1lë, si cenest en tant qtte lhomme fuit les mauœ comme péchés, et se tou1ne vers le Seigneur. 242. Daprès ce qui a été démontlé ci-dessus, on voit que du Soleil du ciel, qui est le premier procédant du Divin Amour et de la Divine Sagesse, dont il a été traité dans la Seconde Partie, procèdent la Lumière et la Chaleur; de Sa Sagesse, la Lumière; et de Son Amour, la Chaleur; que la Lumière est le réceptacle de la Sagesse, et la Cha­ leur le réceptacle de lAmour; quautant lhomme vient dans la sagesse, autant il vient d:ms celle Divine Lumière, et quautant il vient dans lamour, autant il vient dans ceLLe Divine Chalepr. Daprès ce qui a été démontré ci-des­ ( sus, on voit ellcore quil jr a trois degrés de la lumière et ttois degrés dela chaleut, ou trois degrés de la sa~esse et trois jegrés de ramour, et que ces degrés ont éte for­ més chez lhomme, afin ~ue lhomme fût l~ r~~.epta_~~_<:lu 1Divin Amour et de la Divme Sagesse, ainSI fe réceptacle du Seigneur. Ici maintenant il faut démontrer que la Lu­ mière Spirituelle influe par ces trois degrés chez lhomme, mais non la Chalem Spirituelle, si ce nest en tant que
  • 119. SUR LE DIVIN AMOUR 119 lhomme fuit les maux comme péchés, et se tourne vers ~ le Seigneur; ou, ce qui est la même chose, que lhomme peut recevoir la sagesse jusquau troisième degré, mais ) non lamour, à moins quil ne fuie les maux comme pécbés, et ne se tourne vers le Seigneur; ou, ce qui est encore la même chose, que lentendement de lhomme peut être élevé dans la sagesse, mais non sa volonté, si ce nest en tant quil fuit les maux comme péchés. 243. Que lEntendement puisse être élevé dans la lumière du Ciel, ou dans la sagesse angélique, et que la volonté ne Jluisse être élevée dans la chaleur du Ciel ou dans Pa­ } mour angélique si lhomme ne fuit les maux comme péchés et ne se tourne vers le Seigneur, cest ce qui est devenu pour moi bien évident daprès lexpérience dans le Monde1 (spirituel; jai plusieurs fois vu et perçu que les Esprits- 1 simples qui ont seulement su quil y a un Dieu, et que le Seigneur est né homme, sans avoir su à peille a!!!!"e chose, ) ont pleinement compris les arcanes de la sagessefmgéU­ que, presque comme les Anges ;et non~s~lement eux,2- malS même plusieurs de la tourbè diabollque) toutefois (_Qs comprenaient quand ils,féSentendaient prononcer, mais non quand ils pensaient avec eux-mêmes, car lors­ quils les entendaient. la lumière entrait par le haut, mais qu~n.Q ils p~n~aient avec eux-mêmes, il ne p~u.!1!tt_Jl!!trer dautre lumière que celle qui correspondait à leurchaleùr ou a leuram.cfur; cest pourquoi aussi, après avoir entendu prononcer ces arcanes et les avoir perçus, aussitôt quils avaient détourné les oreilles, ils nen retenaient rien; bien plus, ceux qui étaient de la tourbe diabolique les reje­ taient alors et les niaient entièrement; et cela, parce que le feu de leu! amour et sa lumière, qui étaient chiméri­ gues, introduisaient des ténèbres, par lesquelles était eteinte la Lumière céleste qui entrait par le haut. 2U. La même chose arrive dansle Monde; quand lhomm~) -, Il r qui nest pas complètement stupide, et qui na pàs côn­ firmé les faux chez lui par le faste de la propre intelli­ gence, entend ceux qui discourent sur des sujets élevés, , ou qUand.illit des choses semblables, sil est dans. quel­ ) que affectio~de savoir, ille~ c~mprend alors, et mêmël1 les retient, et ensuite il peut les confirmer ;~méch!!:l:t1e ~ peut aussi bien que le bon; et même le méchant, quoi- quil nie de cœur les Divins qui appartiennent à lEglise,
  • 120. 120 LA SAGESSE ANGtLIQUE peut néanmoins les comprendre, et aussi en parler et les prêcher, et même les confirmer dans de savants écrits; mais quand il pense livré à lui-même, il pense contre eux daprès son amour infernal, et il les nie: il est donc évi­ dent que lentendement peut êtle dans la lumière spiri­ tuelle, quoique la volonté ne soit pas dans la chaleur spi­, rituelle. De là résulte aussi que lentendement ne conduit pas la volonté, ou que la sagesse ne produit pas lamour, mais que seulement elle enseigne et lIionlre le ëb-emln, elle enseigne comment lhomme doit vivre, et montre quel chemin il doit suivre. De là résulte encore qle la volonté conduit lentendement, et fait quilagrt "Comme un avec) elle; ef que lâniour, qui appartient à la volonté, appelle sagesse dans lentendement ce qui concorde avec lui. Dans la suite on verra que la volonté ne fait rien par elle-même sans lentendement, mais que tout ce quell8 fait, elle le fait en conjonction avec lentendement; et que la volonté f!!i~enir lentendement en société avec elle par TlIltliïx, mais non réciproquement. ... 245. Maintenant il sera dit quel estljnfh.!x de la lumière dans les trois degrés de la vie qui appartiennent au Men­ tal, chez lhomme: Les formes, qui sont les réeeptacles de la chaleur et de la lumière ou de lamour et de la sa­ gesse chez lui, et qui sont, comme il a ·été dit, dan~ . lIn ordre triple ou des trois<le~s, sont diaphanes dès la naissance, et Lransmettent la- rumière spirituelle comme le cristal transmet la lumière naturelle; de là vient que lhomme peut, quant {tla sagesse, être élevé jusque dans le troisième degré. Toutefois cependant ces formes ne sont ouvertes que quand la chaleur spirituelle se corijoint à la lumière spirituelle, ou lamour à la sagesse; parcelle conjonction ces formes diaphanes sont ouvertes selon les Degrés. Il en est de même de la lumière et de la chaleur du Soleil du Monde quant aux végétaux sur la terre; la lumière dhiver, qui est aussi éclatante que la lumière dété. nouvre rien dans la semence ou dans larbre, mais elle ouvre quand la chaleur du plintemps se conjoint à la lumière: la chose est semblable, car la Lumière spirituelle correspond à la lumière naturelle, et la Chaleur spirituelle correspond à la chaleur naturelle. 246. Cette Chaleur spiriluelle nest acquise.quen fuyant les maux comme péchés, et alors en se tournant vers le
  • 121. SUR LE DtVIN AMOUR 121 Seigneur j car tant que lhomme est dans les maux, il est aussi dans lamour de ces maux, puisquil est dans une concupiscence pour eux, et lamour du mal et la concupis­ cence sont dans lamour opposé à lamour et à laffection spirituels j 01 cet amour ou cette concupiscence ne peutêtre éloigné quen fuyantles maux comme péchés, et commelhomme ne peut les fuir par lui-même, mais quHIes fuitdaprès le Seigneur, il doIt pour cela se tourner vers leSeigneur: lors donc quïlles fuit daprès le Seigneur, la­mour du mal et sa chaleur :~ont éloignés, et à leur placesont introduits lamour du bien et sa chaleur, par laquellele Degré supérieur est ouvert: en effet, le Seigneur influepar le haut et il louvre, et alors il conjoint lamour ou lachaleur spirituelle à la sagesse ou à la lumière spirituelle,et par celte conjonction lhomme commence à fleurir spi­rituellement, comme larbre dans la saison du printemps. 247. Pal linflux de la lumière spirituelle dans les troisDegrés du Mental, lhomme est distingué des bêtes, etlhomme peut, de plus que les bêtes, penser analytique­ment, voir les vrais, non-seulement les naturels, mais aussiles spirituels j et lorsquil les voit, il peut les reconnaHreet ainsi être réformé et régénéré. La faculté de recevoirla lumière spirituelle est ceUequil faut entendre par laRationalité, dont Il a été parlé ci-dessus, qui est par le Sei­gneur chez chaque homme, et qui ne lui est point ôtée,car si elle lui était ôtée, il ne pourrait pas être réformé:eest daprès cette faculté, qui est appelée Rationalité, quelhomme peut non-seulement penser, mais parler daprèsla pensée, différent en cela des bêtes; et ensuite daprèsson autre faculté, qui est nommée Liberté, dont il a aussiété parlé ci-dessus, il peut faire ce quil pense daprès len­tendement. Comme il a été traité ci-dessus, N° 240, do cesdeux facultés, la Rationalité et la Liberté qui sont plopresà lhomme, il nen sera pas par conséquent parlé davan­ tage ici. Lhomme devient naturel et sensuel, si chez lui le Degré supé1ieu1, qui est le spirituel, nest point ouvert. 248. Il a été montré ci-dessus quil y n trois Degrés dumental humain, qui sont nommés naturel, spirituel et cé·
  • 122. 122 LA SAGESSE ANG~LJQUEleste, et que ces Degrés chez lhomme peuvent successive­ment souvrir: puis, il a été montré que·le degré naturelest dabord ouvert, et ensuite le degré spirituel, sil fuit lesmaux comme péchés et se tomne vers le Seigneur, et en­fin le degré céleste. Comme ces degrés sont successive­ment ouverts selon la vie de lhomme, il sensuit que lesdeux degrés supérieurs peuvent aussi ne pas être ouverts,et qualors lhomme reste dans le degré naturel, qui est ledernier. On sait aussi dans le Monde quil y a lhommenaturel et lhomme spirituel, ou lhomme externe etlhomme interne, mais on ne sail pas que lhomme natu­rel devient spirituel par louverture dun degré supérieurchez lui. et que louverture se fait par la VIe spirituelle,qui est la vie selon les préceptes Divins, et que sans la vieselon ces préceptes lhomme reste naturel. 249 Il Y a trois espèces dhommes naturels; la premièreespèce se compose de ceux qui ne savent rien des précep­tes Divins; la seconde, de ceux qui savent quil y a despréceptes divins, mais qui ne pensent rien de la vie selonces préceptes; et la troisième, de ceux qui les méprisentet les nient. Quant à ce qui concerne la Premiè1e Espèce,composée de ceux qui ne savent rien des préceptes Divins,ils ne peuvent que rester naturels, parce quils ne peuventpas être instruits par eux-mêmes; touth0l3me est instruitsur les préceptes Divins par dautres qui les connaissentdaprès la religion, et nest point instruit par des révéla­lions immédiates; voir sur c~ sujet, rians la DOCTRINE DELA NOUVEI.LE JÉRUSALEM SUH LEcRITCRE SAINTE, les N°S 114 à118, Ceux de la Seconde Espèce, qui savent quil y a despréceptes Divins, mais qui ne pensent rien de la vie selonces préceptes, restent naturels aussi, et ne soccupent quede ce qui concerne le monde et le corps; après la mort, ilsdeviennent des domesticilés et des servitudes, selon lesusages quils pellvent lemplir auprès de ceux qui sontspirituels; car lhomme naturel est domestique et servi­teur, et lhomme spirituel est maitre et seigneur. Ceux ùela Troisième Espèce, qui méprisent et nient les préceptesDivins, restent non-seulement naturels, mais deviennentmême sensuels selon le mépris et le reniement: les sen­suels sont les naturels les plus bas, qui ne peuvent penserau-dessus des apparences et des illusions des sens du(~orps ; ceux-ci aplès la mort sont dans lEnfer,
  • 123. SUR LE DIVIN AMOUll 123 250. Comme dans le Monde on ignore ce que cest que lhomme Spirituel et ce que cest que lhomme Naturel, et que la plupart appellent spirituel celui qui est entière­ ment naturel et vice ve1sâ, il faut par conséquent dire dune manière distincte :Q:lCe que cest que lhomme na­ turel, et ce que c:est que lhomme spirituel. Q0 Quel est lhomme naturel chez qui le Degré spirituel a été ouvert. ~ Quel est lhomme naturel chez qui le degré spirituel n a pas été ouvert, mais néanmoins na pas été fermé.(î~ Quel est lhomme naturel chez qui le degré spirituel a été entièrement fermé,(Y) Enfin quelle différence il y a entre la vie de lhomme absolument naturel et la vie de la bête. 251Q:--:"Ce que cest que lhomme naturel, et ce que cest que lhomme spirituel. Lhomme est homme non daprès la face etle corps, mais daprès lentendement et la volonté; cest pourquoi par lhomme naturel et pal lhomme spiri­ tuel, il est entendu que lentendement et la volonte de lhomme sont ou naturels ou spirituels. Lhomme naturel quant à son entendement et à sa volonté est comme le Monde naturel, et peut aussi êtr!"! appelé Monde ou micro­ cosme; et lhomme spirituel quant à son entendement et à sa volonté est comme le Monde spirituel, et peut aussi être appelé Monde spirituel ou Ciel. Daprès cela, il est évident que lhomme naturel, étant dans une sorte dimage le Monde naturel, aime les choses qui sont du Monde na­ turel; et que lhomme spirituel, étant dans une sorte di· mage le Monde spirituel, aime les choses qui sont du Monde spirituel ou du Ciel: lhomme spirituel, il est vrai, aime aussi le monde naturel, mais non autrement quun maître aime son domestique, par qui il remplit des usages; selon les usages aussi lhomme naturel devient comme spirituel, ce qui arrive quand lhomme naturel sent le plaisir de lusage daprès le spirituel; cet homme naturel peut être appelé naturel-spirituel. Lhomme spirituel aime les vrais spirituels, il aime non-seulement les savoir et les comprendre; mais encore il les veut, tandis que lhomme naturel aime à parler de ces vrais, et aussi a les faire;. faire les vrais, cest remplir les usages. Cette subordination vient de la conjonction du Monde spirituel et du Monde naturel; car tout ce qui apparaît et se fait dans le Monde naturel tire sa cause du Monde spirituel. Daprès ces ex­ plications, on peut voir que lhomme spirituel est absolu­
  • 124. 124 LA SAGESSE ANGÉLIQUEment distinct de lhomme naturel, et quil ny a entre euxdautre communication que comme entre la cau Si et leffet. 252.@ Quel est lhomme natu1el chez qui le Deg?é spiri­tuel a eté ouve?t: on le voit claireIJlent daprès ce qui vientdêtre dit; il faut y ajouter, que lhomme naturel est unhomme complet, lorsque le De~ré spirituel chez lui a étéouveJ·t; car alors il est consocie aux Anges dans le Ciel,et en même temps consocié aux hommes dans le Monde,et quant à lune et lautre consociation il vit sous les aus­pices du Seigneur; car lhomme spirituel puise les com­mandements dans la Parole daprès le Seigneur, et il lesexécute par lhomme naturel. Lhomme naturel dont ledegré spirituel a été ouvert ne sait pas quil pense et agitdaprès son homme spirituel, car il lui semble penser etagir daprès lui-même, lorsque cependant ce nest pas da­près lui-même, mais cest daprès le Seigneur. Lhommenaturel chez qui le degré spirituel a été ouvert ne sait pasnon plus que par son homme spirituel il est dans le Ciel,lorsque cependant son homme spirituel est au milieu desAnges du Ciel; parfois même il apparaît aux Anges, maisparce quil se retire vers son homme naturel, il y disparaîtaprès peu de temps. Lhomme naturel chez qui le degré spi­rituel a été ouvert ne sait pas non plus que son mental spi­rituel est rempli pal des milliers darcanes de la sagesse, etpar des milliers de plaisirs de lamour procédant du Sei­gneur, et quaprès la mort il vient dans ces arcanes et dansces plai~irs, quand il devient ange. Si lhomme naturel nesait pas cela, cest parce que la communication entrelhomme naturel et lhomme spirituel se fait par les corres­ pondances, et que la communication par les correspondan­ces nest perçue dans lentendement quen ce que les vraissont vus dans la lumière, et nest perçue dans la volonté quen ~Tque les usages sont remplis daprès laffection. 253.~~ Quel est lh.omme naturel chez qui le Degré spi-rituel n a pas été ouvert, mais néanmoins na pas été fermé. Le De~ré spirituel na pas été ouvert, maiR néanmoins na pas éte fermé chez ceux qui ont mené une sorte de vie d·ela charité et cependant ont su peu de chose du vrai réel; cela vient de ce que ce Degré est ouvert par la conjonc­ tion de lamour et de la sagesse, ou de la chaleur avec la lumière, lamour seul ou la chaleur spirituelle seule ne louvre pas, ni la sagesse seule ou la lumière spirituelle
  • 125. SUR LE DIVIN AMOUR 125seùle, mais lun et lautre en conjonction louvrent; cestpourquoi, si les vrais réels, dont provient la sagesse ou lalumière, ne sont point connus, lamour ne peut pas ouvrirce degré, mais seulement il le tient en puissance pourpouvoir être ouvert; ce qui est entenliu par. na .pas étéfermé. ~ Il en est de même que dans le Rès-ne végétal; cenest pas la chaleur seule qui donne la végetation aux se­mences et aux arbres, mais cest la chaleur en conjonctionavec la lumière qui opère cela. Il faut quon sache que tousles vrais appartiennent à la lumière spirituelle, et tous lesbiens à la chaleur sr-irituelle; et que le bien ouvre par lesvrais le degré spirituel, car le bien opère lusage par lesvrais, et les usages sont les biens de lamour, qui tirentleur essence de la conjonction du bien et du vrai. Le sortde ceux chez qui le Degré spirituel na pas été ouvert, etnéanmoins na pas été fermé, consiste après la mort en ceque, comme ils sont toujours naturels et non spirituels,ils sont dans les infimes du Ciel, où parfois ils souffrentdes choses dures, ou bien ils sont dans un des Cieux su­périears sur les limites, où ils sont comme dans une lumièredu soir; car, ainsi quil a été dit ci-dessus, dans le Cielet dans clIaque société du Ciel la lumière décroit depuisle milieu jusquaux limites, et dans le milieu sont ceuxqui, plus que tous les autres, sont dans les Divins vrais,et SUl les limites ceux qui sont dans peu de vrais; et dans peu de vrais sont ceux qui, daprès la religion, savent seu­lement quil y a un Dieu, que le Seigneur a souffert poureux, et que la charité etla fJi sont les essentiels de lÉglise,et ne sempressent pas de savoir ce que cest que la foi etce que cest que la charité; cependant la foi est dans sonessence la vérité. et la vérité est multiple. et la charité est toute œuvre de fonction, que lhomme fait daprès le Sei­gneur ; il la fait daprès le Seigneur, alors quil fuit lesmaux comme péchés. Cest absolument, comme il a déjàété dit, parce que la fin est le tout de la cause, et leffetle tout de la fin par la cause; la fin est la charité ou le bien,la cause est la foi ou le vrai, et leffet, ce sont les bonnesœuvres ou lusage; de là il est évident quil ne peut pasplus être mis de charité dans les œuvres, quen tant quela charité a été conjointe aux vrais qui sont appelés vraisde la foi; par eux la charité entre dans les œuvres et lesqualifie.
  • 126. 126 LA SAGESSE "ANGÉLIQUE 254.@ Quel est lhomme naturel chez qui le Degré "spi- .1ituel a été entièrement fe1mé. Le Degré spirituel est fer­ mé chez ceux qui sont dans les maux quant à la vie, et encore plus chez ceux qui, daprès les maux, sont dans les faux; il en est de cela comme de la fibrille dun nerf qui se contracte au moindre toucher dun corps hétérogè­ ne; pareillement se contracte toute fibre motrice dun muscle, bien plus l~ muscle lui-même, et aussi tout lecorps au toucher dun objet dur ou froid; de même aussi les substances ou les formes du DeQTé spirituel chezlhomme à lapproche des maux et des faux provenant dumal, parce quils iont hétérogènes; car le degré spirituel,étant dans la forme du Ciel, nadmet que les biens et lesvrais qui proviennent du bien; les biens et les vrais luisont homogènes; mais les maux et les faux qui apparlien­nenl au mal lui sont hétérogènes. Ce degré se contracte,et par la contraction esl fermé principalement chez ceux qui dans le Monde sont daprès lamour de soi dans la mour de dominer, parce que cet amour est opposé à la­ mour envers le Seigneur; il est fermé aussi chez ceux quisont daprès lamour du monde dans la cupidité effrénéede possédeI les hlens des autres, mais il nest pas autantfermé: si ces amours ferment le degré spirituel, cestparce quils sont les oligines Jes maux. La contraction oula feImeture de ce degré est comme la retorsion dune spi­rale en sens opposé; cest puur cela que ce degré, aprèsquil a été fermé, repousse la lumière du Ciel; dès lors,au lieu de la lumière du Ciel, il y a là obscurité; par con­séquentla vérité, qui est dans la lumière du Ciel, excitele dégoût. Chez ceux-ci est fermé non-seulement ce degrélui-même, mais aussi la région supérieure du degré natu­rel, qui esL appelée région rationnelle, au point quenfinil ny a douvert que la région la plus basse du degré natu­rel, qui est appelée région sensuelle, car celle-ci est laplus proche du monde et des sens externes du corps, da­près lesquels lhomme ensuite pense, parle et raisonne.Lhomme naturel, qui est devenu sensuel par les maux elpar les faux du mal, apparail dans le Monde spirituel,dans la lumière du Ciel, non pas comme un homme, maiscomme un monstre, et même avec le nez en retraite; silapparait avec le nez en retraite, cest parce que le nez COI­lespond à la perception du vIai : celui-là ne supporLe pas
  • 127. SUR LE DIVIN AMOUR 127même un rayon de la lumière du Ciel; ils nont dans leurscavernes dautre lumière que celle qui ressemble à unelueur de charbons embrasés, Daprès ces explications, onvoit clairement qui sont et quels sont ceux chez qui le de­gré spirituel a été fermé. 2:.l:.l.® Quelle différence il y a entre la vie de lhommenatu1el e~ la vie de la bête: il sera parlé spécialement decette différence dans ce qui suit, lorsquil sagira de laVie; ici, il sera seulement dit que cette différence consisteen ce que chez lhomme il y a trois degrés du Mental, outrois degrés de lEntendement et de la Volonté; que cesdegrés peuvent être successivement ouverts; et que,comme ils sont diaphanes, lhomme quant à lEntende­ment peut être élevé dans la lumière ùu ciel, et voil lesvrais, non-seulement les vrais civils et moraux, maismême les vrais spirituels, et de plusieurs nais vus con­clure des vrais en ordre, et ainsi perfectionner éternelle­ment lentendement. Mais chez les bêtes il ny a point lesdeux Degrés supérieurs, il y a seulement les Degrés na­turels, qui, sans les degrés Supélieurs, ne donnent aucunefaculté de penser sur quoi que ce soit de civil, de moralet de spirituel; et comme leurs degrés naturels ne sont~as susceptibles dêtre ouverts, ni par conséquent dêtreelavés dans une lumière supérieure, elles ne peuvent paspenser dans un ordre successif, mais elles pensent dansun ordre simultané, ce qui est ne point penser, mais agirdaprès une science qui correspond à leur amour; etcomme elles ne peuvent pas penser analytiquement, nivoir la pensée infeJieure par quoIque pensée supérieure,elles ne peuvent pas par conséquent parler, mais ellespeuvent produire des sons dune manière conforme à lascience de leur amour. Mais toujours est-il que lhommesensuel, qui est naturel au dernier rang, ne diffère de labête que parce quil peut remplir sa mémoire de scientifi­ques, et daprès eux penser et parler, ce quil tient de lafaculté propre à chaque homme, consistant à pouvoir com­prendre le vrai, sil le veut; cest ceUe faculté qui fait ladistinction; mais néanmoins plusieurs par labus de ceUefaculté se sont rendus inférieurs aux bêt.es.
  • 128. 128 LA SAGESSE ANG~LIQUELe Degré naturel du Mental humain, considé1é en lui-méme, est contin.fI-; mais pour la correspondance avec les deux mgrés supérieurs, lorsquil est élevé, il se montre comme discret. 256. Quoique cela puisse difficilement être saisi par ceux qui ne sont pas encore dans la science des degrés dehauteur, il faut cependant le révéler, pal;ce que cela appar­ tient à la Sagesse Angélique; et bien que lhomme nepuisse pas penser sur ceUe Sagesse de la même manièreque les Anges, il peut cependant la saisir par lentende­ment, lorsque lentendement esL élevé jusquau degré dela lumière dans laquelle sont les anges, car lentendementpeut ëlre élevé jusque-là, et être illustré selon lélévation.Toutefois, lillustration du Mental naturel ne monte pointpar les degrés discrets, mais elle saccroît par le ùegrécontinu; alors à mesure quelle saccroît, il est illustrépar lintérieur daprès la lumière des deux degrés supé­rieurs. Comment cela se fait, on peut le saisir daprès laperception des degrés de hauteur, en ce que lun est au­dessus de lautre, et que le degré naturel, qui est le der­nier. est comme lenveloppe commune des deux degréssupérieurs; alors à mesure que le Degré naturel est élevévers le Deg)é du supélieur, le supérieur agit :par lintérieurdans lextérieur naturel et léclaire : lillummation, il eslvrai, se fait par lintérieur daprès la lumière des degréssupérieurs; mais le degré naturel, qui enveloppe et quientoure, la reçoit par le continu, ainsi plus clairement etplus purement selon lascension; cest-à-dire que le degrénaturel est illustré par lintérieur, daprès la lumière desdegrés supérieurs, dune manière discrète, mais en soi dunemenière continue. Daprès cela il estévidentque lhomme,tant quil vit dans le Monde, et est par la dans le degrénaturel, ne peut pas être élevé dans la sagesse même tellequelle est chez les Anges, mais peut seulement être élevédans la lumière supérieure jusquaux Anges, et recevoirlillustration par leur lumière, qui influe el éclaire parlintérieur. Mais ceci ne peut pas encore être décrit plusclairement; les effets peuvent mieux le faire saisir, calles effets meUenten eux-mêmes les causes dans la lumière,et ainsi illustrent, pourvu quauparavant on connaisM unpeu les causes.
  • 129. SUR LE DIVIN AMOUR 129 257. Les effels sont ceux-ci: 1° Le Mental naturel peut êlre élevé jusquà la lumière du Ciel, dans laquelle sonl les Anges, ~t percevoir nalurellemenl ce que les Anges perçoivent spirituellemenl, ainsi non aussi pleinement que les Anges; mais néanmoins le men laI nalurel de lhomme ne peut pas être élevé dans la lumière An~éliql.j.e même. 2° Pal son men laI nalurel élevé a la lumiere du ciel, lhomme peut penser avec les Anges, et même parler avec eux, mais alors la pensée et le langage des anges in- fluent dans la pensée elle langage nalurels de lhomme, et non réciproquemenl, cesl pourquoi les Anges parlenl avec lhomme dans une langue nalurelle, qui est la :lan-gue propre de lhomme. 3" Cela se fait par linflux spiri- tuel dans le nalwel, et non par quelque influx natureldans le spiriluel. 4° La sagesse humaine, qui est natu-relle, tant que lhomme vit dans le MondE natulel, ne peuten aucune manière être élevée dans la Sagesse Angélique,mais elle peut lêtre dans une sorte dimage de cette sa-gesse: et cela, parce que lélévation du mental naturel sefait par le continu, comme depuis lombre jusquà la lu-mière, ou depuis le plus épais jusquau plus pm. Mais tou-jours est-il que lhomme chez qui le de~ré spirituel a étéouvert vient dans cette sagesse, quand il meurt, et il peutaussi y venir par lassoupissement des sensations du corps,el alors par linflux venanl ùu supérieur dans les spiri-luels ùe ce men laI. 5° Le men laI nalurel de lhomme estcomposé de subslances spirituelles el en méme Lemps desublances nallrelles; la pensée se fail daprès les subs-tances spiriluelles, et noa daprès les substances natUlel-les; ces substances-ci sécartent quand lhomme meurt,mais non les subslances spirituelles; cest pourquoi cemême mental après la mort, quand lhomme devient es-prit ou ange, resle dans une forme semblable à celle danslaquelle il éLait dans le monde. 6° Les subLances naLurel-les de ce Mental qui sécartent par la mort, ainsi quilvient dêtre dit, font lenveloppe cutanée du corps spiri-luel, dan.., lequel sonl les esprits el les anges. Par unelelle enveloppe, qui a été Liree du Monde naturel, subsis-tent leUls corps spirituels, car le nalurel esl le derniercontenant: cesl de là quil ny a pas un seul esprit ni unseul ange, qui ne soil né homme. Ces arcanes de la SagesseAngélique sonl lapportés ici, atin ql:lon sache quel eslchez. 9
  • 130. 130 LA SAGESSE ANGELIQUElhomme le Mental naturel, dont il est encore davantagequestion dans les Articles suivants. 258. Tout homme naît dans la faculté de comprendreles vrais ,jusquau de~ré intime dans lequel sont les Angesdu troisième Ciel; car lentendement humain sélevantpar le continu autour des deux degrés supérieurs reçoîtla lumière de la Sagesse de ces degrés, de la manièredont il a été parlé ci-dessus, N° 256; cest de là que lhommepeut devenir rationnel selon lélévation; sil est élevé au troisième degré, il devient rationnel du troisième degré; sil est élevé au second degré, il devient rationnel du se­ cond degré; et sil nest point élevé, il est rationnel dans le premier degré: il est dit quil devient rationnel de ces degrés, parce que le degré naturel est le commun récep­ tacle de leur lumière. SI lhomme ne devient pas ration­ neljusquau plus haut point, comme il peut le devenir, cest parce que lamour, qui appartient à la volonté, ne peut pas êtle élevé de la même manière que la sagesse qui appartient à lentendement; lamour qui appartient à la volonté est élevé seulement par cela quon fuit les maux comme péchés. et alors par les biens de la charité, qui sont les usages, que lhomme daprès le Seigneur remplit ensuite; si donc lamour qui appartient à la volonté nest pas en même temps élevé, la sagesse qui appartient à len· tendement, quoiquelle soiL montée, retombe jusquà son amour; de là vient que lhomme, si son amour nest pas élevé en même temps dans le degré spirituel, nest t.ou­ jours rationnel que dans le dernier degré. Par ces expli­ cations on peut voir que le rationnel de lhomme est en a:pparence comme des trois degrés: Hationnel daprès le celeste, rationnel daprès le spirituel, et rationnel daprès le naturel; et que la rationalité, qui est la faculté d_~ POl,l­ voir être élev.é, est toujours chez lhomme, soil quilsé­ léVe ou quil ne sélève pas. ~59. Il a été dit que tout homme naît dans cette faculté ou dans la rationalité, mais il est entendu tout homme chez qui les externes nont point été lésés par quelque accident, soit dans lutérus, soit après la naissance par u.ne maladie, ou par une blessure à la tête, ou par un amour effréné qui éclate et lâche les freins; chez ceux-ci le rationnel fie peut être élevé; car chez eux la vie, qui appartient à la volonté et à lentendement, na point de
  • 131. SUR LE DIVIN AMOUR 131limites dans lesquelle~_elle sELtermine, par consequentdisposëes p5ï1i quelle puisse selon lordIe opéledes der-niers actes, cal elle op~re selon les dernières détérnilna-tions, et non daprès elles; que le rationnel ne puisse pa~non plus êLIe élevé chez les petits enfants, ni chez les en-fants. on le voi t plus bas, No 266 fin,Le Mentalnatu1el, étant lenveloppe et le contenant des deg1és supérieurs d.u Mental humain, est réaQissant. etsi.l~~d_e­ g1i.HJ:wé1ieyrs ne S01Y poinrouve1ts_il agiLc02.ttre eux, mais sils sont ouverts il.agit a~c eux. 260, Dans le précédent Article il a été montlé que leMental naturel, éLant dans le dernier degré, enveloppe etrenferme le Men Lai spi:-ituel et le Mental céleste, qui sontsupérieurs quant aux degrés: ici maintenant il faut démon·trer que le Mental naturel réagit contle les MentaIs ~pé­rieurs ou intérieurs: Ce qui lail quil réagit, cest qUHieS}enveloppe, les renferme et les conlient, etëela ne se peutfaire sans réaction, cal sil ne réagissait pas, les intérieursou les choses lenfermées se relâchelaient, et se lance-raient dellols, et ainsi se lépandraient de coté et daûtre:ce serait comme si les Tuniques autoUl du Corps humainnétlient pas e:1 réaction; les viscères qui sont les inté-rieurs clu corps séchappeIaient, et ainsi se répandIaientça et là; et ce serait commesi la Membrane qui enveloppeles fibres motrices dun Muscle ne réagissait pas contreles forces de ces tibles dans les aclions; non-seulemellLlaction cesserait, mais encore tous les tissus intérieurs sedissoudraient. Il en est de même de tout delniel degrédes degrés de hauteUl, pal conséquent du Mental naturelrespectivement aux degrés supérieurs; car, ainsi quil adéjà été dit, il Y a tIois degIés du Mental humain, le natu-rel, le Spilüuel et If céleste, et le Mental naturel est dansle dellüel degré. Si le Mental naturel réagit con-tre le Mental spiIituel, cest aussi parce que le Mentalnaturel est composé non-seulement desubsLances dU,Mon·de spirituel, mais encore de substances du Monde natu-rel, comme il a été dit ci-dessus, N) ::257, et que (!,Çl.pr~~leur nature les substances du Monde naturel réagissentcontre les substances du Monde spirituel, car les subs·
  • 132. 132 LA SAGESSE ANGÉLIQUE tances du Monde naLux:~1 sonL en elles-mêmes q:J.orLes, et sont mises.enaction liU dehors parles substances àüMOn_de { spirituel, et les substances qui sont mortes, et-ïiïises en aclion a,u dehors, résistent daprès leur nature, et ainsi réagissent daprès leur nature. Daprès cela, on peut voir que lhomme naturel réagiLcontre lhomm~sp!rit!!..el, et quil y a~QJnbat: cest la même chose. de dire lhomme naLurelet lhomme spirituel, ou de dire le Mental naturel et le Mental spirituel. . 26L On peuL voir par ces explications que si le Mental spiriCuel à été ferme, le Mental naturel agit .continuelle- ment contre ce qui appartient au Mental spirituel, et craint quil nen .influe quelque chose qui tlouble ses états: toul ce qui influe par le Mental spirituel vient du ciel, cal le Mental spirituel dans la forme est le Ciel; et tout ce qui intlue dans le Mental naturel vient du Monde, car le Men- tal naturel dans la forme est le monde; doù il suit que le Mental naturel, quand le Mental spirituel a été fermé, réagit contre toutes les choses du Ciel, et ne les admet en lui quautant quelles lui servent de moyens pour acquélir et posséder les choses qui appartiennent au monde; et quand les choses qui appartiennent au Ciel servent de moyens au mental naturel pour Sf:lS fins, alors ces moyens, quoiquils apparaissent célestes, deviennent néanmoins naturels; en effet, la fin les qualifie, car ils deviennent comme les scien- tifiques de lhomme naturel dans lesquels intérieurement il ny arien de la vie, Mais comme les Célestes ne peuvent pas être conjoints aux naturels de manière quils fassent un, ils se séparent par conséquent, et les célestes chez les hommes entièrement naturels se placent en dehors dans le circuit autour des naturels qui sont en dedans: de là vient que lhomme entièrement naturel peut parler des célestes et les prêcher, et même les feindre par des actes, quoi!luintérieurement il pense contre eux; il agit de cette maniere-ci quand il est seul, et de lautre quand il est dans une assemblée. Mais, dans la suite, il en sera dit davantage sur ce sujet. 262. Le Mental naturel ou lhomme naturel, daprès la réac lion née avec lui (connata), agit contre les choses qui appartiennent au Menlal spirituel ou à lhomme spirituel, quand il saime et aime le monde par-dessus toutes cho- ses; alors aussi il sent du plaisir dans les maux de tout,
  • 133. SUR LE DIVIN AMOUR 133genre, tels que les adultères, les fraudes, les vengeances,[es blasphèmes, et autres semblables; et même. alors ilreconnail la nature comme créatlice de lUnivers; et ilconfirme toutes choses par son rationnel; et, après lesconfirmations, ou il pervertit, ou il étouffe, ou il repousseles biens et les vrais de lEglise etdu Ciel, et enfin où Hiesfuil, ou il les a en aversion, ou il les a en haine; et cela,dans son espril, et même dans son corps autant que da­près son espril il ose parler avec les autres sans cJaindrede perdre sa réputation dont il tire honneur et profit.Quand lhomme est tel, il ferme successivement et deplus lm plus étroilementle Mental spirituel; les confirma­tions du mal par les faux le ferment principalement; cestde là que le mal et le faux confirmés ne peuvent pas être ex­tirpés après la mort, ils sont extirpés seulement dans leMonde par la repentance. 263. Mais tout autre est létat du Mental naturel, quandle Mental spirituel a été ouvert; alors le Mental naturelest disposé pour obéir au Mental spirituel, eL il est subor­donné, car le Mental spiriluel agit daprès le supérieur oulintérieur dans le Mental naturel, et éloigne les chosesqui y réagissent; et il sadapte celles qui agissent de lamême manière avec lui, pal la est successivement enlevéela réaction surabondante. Il faut quon s:lche que dans lestrès-grands et dans les très-petits de lUnivers, tant vivantsque morts, il y a action et réaction, de là léquilibre detoutes chof>es; cet équilibre est enlevé quand lactionsurpasse la réaction, et réciproquement: il en est de mêmedu Mental naturel et du Mental spirituel; quand le Mentalnaturel agil daprès les plaisirs de son amour et les char­mes de sa pensee, qui en eux-mêmes sont des maux et desfaux, la réaction du Menlal natmel repousse les chosesqui appaltiennent au Mental spirituel, elle ferme les portesafin q,uelles nentren t pas, et elle fait que laction sopèredapres les choses qui concordent avec sa réaction; ainsise font laction et la réaction du Mental naturel. qui sontopposées à laction et à la réaction du Mental spirituel, delà le Mental spirituel se ferme comme lorsquune spiralese retourpe. Au contraire, si le Mental spirituel est ouvert,alors laction et la réaction du Mental naturel sont en sensinverse; car le Mental spirituel agit daprès le supérieurou lintérieur, et en même temps par les choses qui, ùans
  • 134. 134 LA SAGESSE ANG~L1QtiI~le Mental naturel, ont été disposées pOUl lui obéir daprèslinférieur ou lextérieur, et il retourne la spirale danslaquelle il y a laction et la réaction du Mental naturel; carce Mental naturel, comme on le sait, est pal naissance enopposition avec les choses qui appartiennent au Mentalspirituel; il tient cela des parents par héritage. Tel est lechangement détat qui est appelé réformation et régéné­raLion: létat du Mental naturel avant la réfnrllation peutêtre comparé à une spirale qui se tord ou se tourne vers lebas; mais après la reformation il peut être comparé à unespirale qui se tord ou se tourne vers le haut; cest pour­quoi lhomme avant la réformation regarde en bas verslenfer, mais aprè3 la réformation il regarde en haut versle ciel.L01igine du mal vient de labj1s_ d,e_~ f!:.cultés, qui sont pro· ptes à lhomme, et sont appelées Ratwnalité et Liberté. 264. Par la Rationalité est entendue la faculté de com­prendre les vrais et par suite les faux, et les biens et parsuite les maux j et par la Liberté est entendue la facultéde librement les penser. l(1s vouloir et les faire. Daprès cequi précède on peut voir, et daprès ce qui va suivre onverra encore mieux, que ces deux Facultés sont chez cha­que homme par création et ainsi par naissance j quellesviennent du Seigneur; quelles ne sont pas enlevées j quedaprès elles il y a lapparence que lhomme pense, parle,veut et agit comme par lui-même; que le Seigneur habiledans ces facultés chez chaque homme; que lhomme da­près ceLLe conjonction vit éternellement; que par elles, etnon sans elles, lhomme peut être réformé et régénéré;et que par elles lhomme est distingué des bêtes, 2ô5. Que lorigine du mal vienne de labus de ces facul­tés, cest ce qui va être montré dans cet ordre :Q.") Lhommeméchallt jouit de ces deux facultés comme lhomme bon.@ Lhomme méchant en abuse pour confirmer les maux etles faux, et lhomme bon en use pour confirmer les bienst:l les vrais. Q.!!) Les maux et les faux confirmés chezlhomme restent et deviennent des choses de son amoure.t par conséquent de ~a vie.Qy! Les ch~ses qui s~nt d~ve­nues des choses,..l.le 1amour et de la vie sont transmIsesaux descendants~.Tousles maux, tant les maux transmis
  • 135. SUR LE DIV1N AMoutt 135par" les parents que lAs maux ajoutés, résident dans leMrntal naturel. " 266(!: Lhomme méchant jouit de ces jeux facultés com·me lhomme bon, Que le Mental naturel puisse, quant àlentendement, être élevé jusquà la lumière dans laquellesont les Anges du troisième ciel, et voir les vrais, les re·connaître, et ensuite en parler, cest ce qui a été montrédans lArticle précMent: il est donc évident que, puisquele Mental naturel peut être ainsi élevé, lhomme méchantjouit, comme lhomme bon, de ceLLe facuIté qui est apjJeléeHaLionalité: et puisque le Mental naturel peut être élevési haut, il sensuit que le mél:hant peut aussi penser lesvrais et en parler. Mais quil puisse les vouloir et les faire,quoiquil ne les veuille pas et ne les fasse pas, cest cequaLLestent la raison et lexpérience; la Raison: Qui est-cequi ne peut vouloir eL faire les choses quil pense 1 Sil neveut pas et ne fait pas, cest palce quil naime pas lesvouloir ni les faile: quil puisse vouloir et faire, cest làla Liberté, qui est donnée par le Seigneur à tout homme;mais quil ne veuille pas etue fasse pasle bien, quand HIepeut, cela vient de lamour du mal qui gy oppose, auquelcependant il peut résister, et plusieurs aussi résistent.LExpé1ience : Cela, dans le Monde spilitl/el, a parfois étéconfitmé ; jai entendu des esprits m~chants, qui intérieu­rement étaient des diables, et qui dans le Monde avaientrejeté les vrais du Ciel et de lEglise; tant que laffectionde savoir, dans laquelle est tout homme dès lenfance,était excitée chez eux par la gloire qui entoure chaqueamour comme une splendeur de feu, ils percevaient lesarcanes de la Sagesse AngéIiquA aussi bien que les espritsbons qui intérieurement étaient dei; anges; et même cesesprits diaboliques disaient, quà la vérité ils pouvaientvouloir et faire selon les vrais. mais quils ne voulaientpoint; quand on leur disait quon veut les vrais, pourvuquon fuie les maux comme péchés, ils répondaient quïlspouvaien t cela aussi, mais quïls ne voulaient pas: par làJai vu clairement que la faculté, qui est appelée Liberté,est chez les méchants comme chez les bons: que chacunse consulte, et il découvrira que cela est ainsi: si lhommepeut vouloir, cest parce que le Seigneur, de qui vient cettefaculté, lui donne continuellement de pouvoir; car, ainsiquil a été dit ci-dessus, le Seigneur habite chez ch.aque
  • 136. 136 t.A SAGESSÈ ANGtUQUË homme dans ces deux facultés, ainsi dans la faculté OU dans la puissance de pouvoir vouloir. Quant à ce qui con­ cerne la Faculté de comprendre, qui est appelée Hationa­. lité, elle nexiste pas chez lhomme avant que son menlal naturel suit parvenu à son âge; avant ce temps elle est comme une semence dans un fruit qui nest pas mûr, la­ quelle ne peut souvrir dans la terre, ni croître en tige : cette faculté nexiste pas non plus chez ceux dont il a été parlé ci-dessus, N° 259. . 267.@ Lhumme méchant abuse d~ ces facultés pour confirme? les maux et les faux, ell/lomme bon en use pour con/hme?" les biens et les V1ais. Cest de la faculté intellec­ tuelle, qui est appelée Hationalité, et de la faculté volon­ taire, qui est appelée Liberté, que lhomme tient de pou­ voir confirmer tout ce quil veut; en effet, lhomme natu­ rel peut élever son entendement vers une lumière supé­ rieure jusquoù il désire, mais celui qui est dans les maux et par suite dans les fauxne lélève pas au-delà de la région la plus haute de son mental naturel, et rarement vers la région du mental spirituel; et cela, parce quil est dans les plaisirs de lamour de son mental naturel, et que sillé­ lève au-dessus de ce mental, le plaisir de son amour périt; sil est élevé plus haut. et quil voie les vrais opposés aux plaisiJs de sa vie, ou aux principes de sa propre intelli­ gence, alors ou il falsifie ces vrais, ou il passe outre et les laisse par mépris, ou HIes retient dans sa mémoire pour quils servent de moyens à lamour de sa vie, ou au faste de sa propre intelligence. Que lhomme naturel puisse confillIler tout ce quil veut, cest ce quon yoit bien clai­ rement daplès tant dhérésies dans le Monde Chrétien, hérésies dont chacune est. confirmée par ses sectateurs. Qui ne sait que les maux et les faux de tout genre peuvent être confi·rmés? On peut confirmer, et aussi les méchants chez eux confirment, quil ny a point de Dieu; que la nature est tout, et quelle sest créée elle-même; que la r.eligion est seulement un moyen pour tenir les simples dans des liens; que la prudence humaine fait tout, et que la Divine Providence ne fait que maintenir lUnivers dans lordre olt il a été créé; que les meurtres, les adultères, les vols, les fraudes et les vengeances sont permis selon Machiavel et ses partisans. Lhomme naturel peut confir­ mer ces propositions et plusieurs autres semblables, il
  • 137. SUR LE DIVIN AMOUR 137 peut nième remplir des livres avec des confirmations, et quand ces faux ont été confirmés ils se présentent dans leur lumière fantastique, et les vrais dans une teUe om­ bre quils ne peuvent être vus que comme des fantômes dans la nuit: en un mot, prends ce quil y a de plus faux, établis-le en proposition, et dis à un homme ingénieux: Confirme cela; et il le confirmera jusquà la complète ex­ tinc:tion de la lumière du vrai; mais mets à lécart les con­ firmations, rentre chez toi, et considère la proposition elle-même daprès ta rationali té, et tu en verras l(~ faux dans toute sa laideur. Daprès cela, il devient évident que lhomme peut abuser de ces deux facultés, qui lui vien­ nent du Seigneur, pour confirmer les maux et les faux de tout genre. Cest ce quaucune bête ne peut faire, parce quelle ne jouit pas de ces facultés; cest pourquoi la bête, tout au contraire de lhomme, naît dans tout lordre de savie, et dans toute la seience de son amour naturel. 268. (IIi) Les maux et les {aux confi"més chez lhomme ,-estent èt deviennent des choses de son amottr et de sa vie. Les confirmations du mal et du faux ne sont absolument que des choses qui éloignent le bien et le vlai, et qui les rejettent si elles saccroissent, car le mal éloigne et rejettele bien. et le faux éloigne et rej ette le vrai : de là aussiles confirmations du mal et du faux ferment le Ciel, car tout bien et tout vrai influen t du Seigneur par le Ciel; etquand le Ciel a été fermé, lhomme est dans lEnfer, et ily est dans une société où règnent un semblable mal et unsemblable faux, dont ensuite il ne peut être délivré. Il maété donné de converser avec des esprits qui avaient con­firmé chez eux, il y a des siècles, les faux de leur religion,et je vis quils restaient dans les mêmes faux dans lesquelsils avaient été dans le Monde; et cela, parce que toutes leschoses que lhomme confirme chez lui deviennent deschoses de son amour et de sa vie; elles deviennent deschoses de son amour, parce quelles deviennent des cho­ses de la volonté et de lentendement, et que la volonté etlentendement font la vie de chacun; et quand elles devien­nent des choses de la vie de lhomme, elles deviennentdes choses non-seulement de tout son mental, mais ausside tout son corps: de là il est évident que lhomme quisest confirmé dans les maux et dans les faux est tel depuisla tête jusquaux pieds, et quand ,il est tel tout entier,il ne
  • 138. 138 LA SAGESSE ANGÉLIQUE peut, par aucune inversion ou rétorsion, être ramené dans lélal opposé, ni par conséquent être retiré de lenfer. Da­ plès ces explications el celles qui précèdent dans cet Arti­ cle, onJ?~ut voir doù vientlOligine du mal. 2G9,QY! Les choses qui sont devenues des choses de la­ mour et pa? conséquent de la vie sont transmises aux des­ cendants. On sait que lhomme nait dans le mal, et quil tient cela de ses parents comme héritage; et quelques-uns croient que cest non pas de ses parents, mais d"Adam par ses palents, toutefois ceci est une erreur; il le Lient ùe SQn père, de qui lui vient 1 âme, et lâme est revêtue du corps chez la mère: en effet, la semence qui vient du père, est le premier réceptacle de la vie, mais réceptacle tel quil était chez le père, car il est dans la forme de lamour .du~ père, et lamour de chacun est semblable à lui-même daris les très-grands et dans les tlès-petiLs, et il y a en lui un) effort pour la forme humaine, dans laquelle aussi il va successivement; il sensuit que les maux, qui sont. appe­ lés héréditaires, viennent des pères, ainsi des aïeuls et des aïeux, et ont été successivement dérivés dans les descen­ dants, Cest même ce quenseigne lexpérience; en effet, il y a, quant aux affections, ressemblanc~"des nations avec leu) prermer père, et-davantage iessemblnnce des famil­ les, et plus encore ressemblance des maisons; et même ·ressemblance telle, que les gônérations sont distingu.ées non-seulement par les caractères (anind), mais aussi par les faces_. Mais, dans la suite, lorsquil sagira de la cor­ respondance rlu mental, ou de la volon lé et de lentende­ ment, avec le corps et avec les membres et les organes du corps, il en sera dit davantage sur celle transmission__Ae lamour du mal des parents chezles descendants: le peu qui est lapporté ici est seulement pour quon sache gue les maux sont dérivés sucçess.ivement des parents, et qui1S sacc)oissent par les accumulations de lun après un autre, ( au point que lhomme par naissance nest que mal, etque l~_. .!!lalignité9u maJaugmente selon le degré auquel le ) 1!ental spirituel est fermé, car ainsi le Mental naturel é"st fermé âussi pal en haut; et quil ny a rétablissement chez les descendar)~s, que quand daprès le Seigneur ils fuient les maux comme péchés; ainsi, et non autlement, ~tJl.g­ yertle Mentalspirituel, et...Par là le Mentalnaturelestramené dans la forme correspondante.
  • 139. SUR LE DIVIN AMOUR 139 270,(y) Tous les maux et pa? stâte tous les {aux, tant lesmaux t?ans?nis par les pa?ents que les maux aioutés, ièSi­dent dans le Mental naturel. Si les maux et par suite lesfaux résident dans le Mental naturel, cest parce que cemental est dans la forme, ou en image, le monde, tandisque le Mental spirituel est dans la forme, ou en image, leCiel, et parce que le mal ne peut pas être logé dans le Ciel;cest poulquoi le mental spirituel nest point ouvert dès lanaissance, mais il est seulement en puissance afin quilpuisse être ouvert; le Mental naturel tile aussi en partiesa fonDe des substances du Monde natulel, mais le Men­tal spirituel tire seulement des substances du Monde spi­rituel sa forme, qui est conservée dans son intéglité parle Seigneur, afin que lhomme puisse devenil homme; Calil nait animal, et il devient homme. Le ~Iental naturel,avec tout ce qui lui appartient, a été tourné en courbes(gy?i) de droite à gauche, ec le Mental spirituel, en cour­bes de gauche à droite; ainsi ces MentaIs sont en senscontlailc lun à légard ùe lautre; indice que le mal résidedans le Mental naturel, et que de lui-même il ag:t contrele Mental spilUuel; la circongYlation de droite à gauchese dirige en bas, ainsi vels lenfer, mais la circongyrationde gauche à droite se dirige en haut, ainsi vers le riel:que celé! soit ainsi, cest ce que jai vu clailemcnt pal cetteexpélÏence: Un mauvais esprit ne peut pas faile tournerson corps de gauche à droite, mais il peut le faire tournerde droite il gauche, tandis quun bon esprit peut faile tour­ner difficilement son corps de dloite à gauche, mais faci­lement de gauche à droite; la citcongYlation suit le fluxdes intérieurs qui appartiennent au mental.Les maux et les faux dans tout opposé sQ1!t (oryr!l.les biens et les vrais, parce que les maux et les {aua: sont diaboliques et infernaux, et qtle les Viens et les Crais sont Divins et Célestes, 2i1. Que le mal et le bien soient opposé!i, puis le fauxdu mal et le vrai du bien, chacun le reconnaît dès quillentend dile; mais comme ceux qui sont dans le mal nesen tent et pal suil.e ne perçoivent autrement sinon que lemal est le bien, car le mal réjouit lems sens, surtout lavue et louïe, et par suite )éjouit aussi les pensées et par
  • 140. 140 LA SAGESSE ANGÉLIQUEconséquent les perceptions, ils en résulte quils reconnais­sent, il est vrai, que le mal et le bien sont opposës,mais comme ils sont dans le mal, le plaisir du mal fair quils disent que ·le mal est le bien, et que lebien est le mal. Soit cet exemple: Celui qui abuse de saliberté pour penser et faire le mal, appelle cela liberté, etson opposé, qui est de penser le bien, qui en soi est le bienil le nomme esclavage, quoique cependant ceci soit vérita­blement la liberté, et cela lesclavage. Celui qui aime lesadultères appelle liberté laction de commettre ladultère,et la défense de le commettre il appellè cela esclavage, caril sent dans la lasciveté un plaisir et dans la chasteté undéplaisir. Celui qui daprès lamour de soi est dans lamourde dominer, sent dan!! cet amoui un plaisir ùe la vie, quiest au dessus Jes autres plaisirs de loutgenre, par suiteil appelle bien tout ce qui appartient à cet amour. et pro­clame mal tout ce qui le contrarie, quoique cependant cesoit tout lopposé. Il en est de même de tout autre mal;ainsi quoique chacun reconnaisse que le mal et le biensont opposés, néanmoins ceux qui sont dans les maux ontde cette opposition une idée contraire, et ceux-là seulsqui sont dans les biens en ont une idée juste: qui que cesoit, tant quil est dans le mal ne peut voir le bien, maiscelui qui est dans le bien peut voir le lllai : le mal est enbas comme dans une caverne, le bien est en haut CommeSUl une montagne. 272. Maintenant, puisque plusieurs ignorent quel est lemal, et quil est absolument opposé au bien, et que ce­pendant il impolte quon le sache, ce sujet va être examiné dans lordre suivant :(1; Le Mental naturel, qui est dans les maux e~ar suite crans les faux, estla forme et limage de lenfer.ill- Le Mental naturel, qui est la f!Nr..me et lima­ ge de lenfer, descend par les trois degrés.!I!. Les trois degrés du Mental nalurel, qui est la forme eT limage de lenfer, sont_oppo~ér aux trois degr~fndu Mental spirituel, qui est la fOrme e image du Ciel. Q,Y.. Le Mental naturel, qui est lenfer._es~ dans tout OP2osé contee le Mental spi­ ri tuel 5L1!J es t le Ciel. 273.(1.1 Le Mental naturel, qui est dans les maux et pm suite dans les fattX, est la forme et limage de lenfe,. Il ne peut pas être décrit ici quel est le Mental naturel dans sa torme substantielle chez lhomme, ou quel il est dans sa
  • 141. SUR LE DIVIN AMOUR 141forme tissue de substances de lun et de lautre Mondedans les Cerveaux, olt réside ce Mental dans ses premiels;il sera donné une idée un ive Jselle de celle forme dans lasuite, quand il sagira de la correspondance du Mental etdu Corps, Ici, il sera seulement dit quelque chose de saforme quant aux états et à leUlS changements, par les­quels se présentent les perceptions, les pensées, les inten­tions, les volontés, et les choses qui leur appartiennent;cal le Mental naturel, qui est dans les maux et par suiledans les faux, est quant à ces choses la forme etlimage delenfer; celle forme suppose une forme substantielle llom­me sujet. car les changements détat ne peuvent existersans une forme substantielle qui soit le sujet, absolumentde même que la vue ne peu l exister sans lœil, ni louïesans loreille, Ainsi, quant à ce qui concerne la forme oulimage par laquelle le mental naturel ressemble à lenfer, telle est cette forme et celle image: Lamour régnant,avec ses concupiscences, qui est létat univelsel de ceMental, est de même que dans lenfer est le diable, elles pensées du faux qui tirent leur origine de cet amour jé­ gnant sont comme la troupe du diable; par le diable et pal sa troupe il nest pas non plus entendu autre clJose dans la Parole. Cest aussi la même chose, car dans lEn­ fer lAmour de dominer daprès lamoUl de soi estlAmoul régnant; la, cet amour est appelé le diable, et les affec­ tions du faux avec les pensées qui tirent leur origine de cet amour, sont appelées la troupe du diable: il en est de même dans chaque société de lenfer, avec des différences telles que sont les différences spécifiques de chaque geIlle. Dans une semblable forme est aussi le Mental naturel qui esL dans les maux et par suite dans les faux: aussi est-ce pour cela que lhomme naturel, qui est tel, vient après la mort dans une société de lenfer semblable il lui, et fait un alors avec elle en toutes eten chaque chose, caril vient dans sa forme, cest-à-dire, dans les étaL~ de son mental. Il y a aussi un autre Amour, qui est appelé Satan, subor­ donné au premier amour qui est appelé diable; cet amour­ là est lamour de posséder les biens des autres par un ar­ tifice quelconque; les malices ingénieuses et lastuce son t sa troupe. Ceux qui sont dans ceL Enfer sont en général appelés Satans, et ceux qui sont dans le premier sont en général appelés Diables, et là ceux qui nagissent pas clan­
  • 142. 142 LA SAGESSE ANGÉLIQUE deslinement ne rejeUent pas leur nom; cest de là que les Enfers dans le composé sonl appelés Diable et Satan. Si les deux Enfers ont été distingués en général selon ces deux amours, cest parce que tous les Cieux ont été dis­ tingués en deux Royaumes, le Céleste et le Spirituel, se­ lQn les deux amours, et que par opposition lEnfer diabo­ lique correspond au Hoyaume céleste, et lEnfer satanique au Royaume spirituel: que les Cieux aient été distingués en deux Royaumes, le Céleste et le Spirituel, on le voit dans le Traité DU CŒL ET DE LENliER, N°S 20 à 28. Si le Men­ tal naturel, qui est tel, est dans la forme lEnfer, cest parce que toute forme spirituelle dans les très-grands et dans les trèJ-petits est semblable à elle-même, dolt il résulle que chaque Ange est le Ciel dans la forme la plus petite, comme il a été montré aussi dans le Traité DU CIEL ET DE LENFER ~os 51 à 53; de là résulte encore que tout homme ou lout esprit, qui est un diable ou un satan, est lenfer dan;; la forme la plus petite. ( :274.@ Le !l/ental naturel, qui est la forme et limage de lenfer, descend par les l1ois degrés. Que dans les très­ , grands et d~I)_~!~~ tr:,è~:pe.tits de toutes choses il y ait les1 Degrés des deux genres, qui sont appelés degrés dtl hau­ 1teur et degrés de largeur, on le voit ci-detisus, Nos 2-2;2 à 1 229 ; ainsi le Mental naturel a aussi ces degrés dans ses très-grands et dans ses très-petits: ici sont entendus les degres de hauteU!. Le Mentl.l naturel, daprès ses deux facultés, qui sont nommées Rationalité et Liberté, est dans cet élat, qui! peut monter par les trois degrés, et descen­ (dre par les trois degrés; il monte daprès les biens et les vrais, et descend daprès les maux et les faux; et tant 1quil monte, les degrés inférieurs qui tendent vP-,.rs lenfer 1sont fermés, et tant quil descend, les de~rés supérie:lrs qui tendent vers le Ciel sont fenllés ; et cela, parce quils sont en réaction. Ces trois degrés supérieurs et inférieurs nont été ni ouverts ni fermés dans lhomme récemment né; car il est alors dans lignoran.::e du bien et du vrai, et aussi du mal et du faux; mais selon quil se Illet dans les uns et dans les autres, les degrés sont ouverts et sont fer­ més ou dun côté ou de lautre. Quand ils sont ouverts du côt~..de lenfer, lamour régnant qui appartient à la volonté oElient la place suprème ou intime, la pensée du faux qui appartient à lentendement daprès cet amour obtient
  • 143. SUR LE DIVIN AMOUR 143 la seconde place ou place moyenne, et le conclusum (ré- sulLa,t) de lamour par la pensée, ou de la volonté pal len- tendement, obtient la place infime. 11 en est encore ici rIe même que des degrés de hauteur, dont il a été parlé pré- cédemment, en ce quils sont en oldre comme la fin, la cause et leffet, ou lomme la fin première, la fin moyenne et la fin dernière. La descente de ces degrés est vers le corps, par conséquen t dans la descente ils sépaississen t, et deviennent matériels et corporels. Si des vrais lilés de la Parole sont admis dans le second degré pOUl le formel, alors daprès le premier degré, qui estlamoUl du mal, ces vrais sont falsifiés, et deviennent des dome~tiques et des) esclaves: de là on peut voir ce que deviennent les vlais de lÉglise tirés de la Parole chez ceux qui sont dans lamouil du mal, ou dont le mental naturel est dans la forme len- fer, en ce quP" palce quils selvent au diable comme mo- yens, ils s0nt plofanés ; car lamoUl du mal régnant dans le Mental nalulel, qui est lenfer, est le diatle, comme il a été dit ~Iessus. 275.VlJ. L.f2.s trois degrés du ltfental nattt1el, qui est la forme et limage de lenfer, sont opposés aux trois degl~s du ltlental spirituel qui .est la fmme et limage du Ciel. Quil y ait trois deglés du Mental, qui sont appelés natu- rel, spirituel et céleste, et que le mental humain consistant en ces trois de~rés 1~~gQ.rde. eLse J,9ulne ~_yeLLJe_~i~l, cest ce qui a eté montré cl::(Iessus; daples cela on peut voir que le Mental natUlel, lorsquil legarde en bas et se tOJ!lne .velS lenfer, consiste pareillement en tlois deglés, et que chacun de ses degrés .est opposé à un degré du mental qui est le Ciel. Que cela soil ainsi, cest ce qui est devenu bien évident pour moi daprès ce que jai vu dans( le Monde spirituel, à savoÏ!, quiLY5LJrois Cieux, et quils) ont été distingués selon les trois degrés de hauteur; quil) y a trois Enfers, et quils ont aussi été distingués selon lesl trois degrés de hauteur ou de profondeur; quen toutes et en chaque chose les Enfers sont opposés aux Cieux; et que lEnfer le plus bas est opposé au Ciel suprême, lEnfer moren au Ciel moyen, et lEnfer le plus élevé au dernier Ciel. Il en est de même du Mental natUlel qui est dans la forme de lEnfer; car les formes spirituelles sont sembla- bles à elles-mêmes dans les très-gra!!ds et danLle.s_tf..ès- Pl3tits. Si les Cieux et les Enfers sonCainsi dans lopposé,
  • 144. 14,4 LA SAGESSE ANGÉLIQUE cest parce que leurs amours sont de même opposés. LAmour envers le Seigneur, et par suite lAmour à légard du. prochain, font le degré intime dans los Cieux, tandis que lamour de soi et lamour du monde font le deOré in­ time dans les enfers; la sagesse et lintelligence daprès (leurs amours font le degré moyen dans les Cieux, tandis, que la folie et la sottise, qui se présentent comme sagesse ) et intelligence, font daprès leurs amours le degré moyen dans les enfers; les conclusa (résultats) de leurs deux de· grés, qui sont, ou placés dans la mémoire comme scien­ ces, ou fixés en actes dans le corps, font le dernier degré dans les Cieux; les conclusa de leurs deux degrés, qui deviennent ou sciences, ou actes, font le degré extime dans les enfers, Comment les biens et les vrais du Ciel sont changés dans les enfers en maux et en faux, et ainsi en lopposé, on peut le voir par celle expérience: Jai ap­ pris quun Divin Vrai était découlé du Ciel jusquen enfer,( et )ai appris qu.e c~ ~ai dansle trajet en qescendant avait ) éte.par degré changé eïdaux, ainsi vers lenfer infime en ce qui est absoliimentopposé; par là jai vu clairement) que les enfers selon les degrés sont dans lopposé à lé­ 1gard des cieux quant à tous les bieqs et à tous les vrais, et que les biens et les vrais y deviennent des maux et des faux pal linflux dans les formes tournées en sens contrai­ re; car on sait que tout ce qui influe est perçu et senli ~~­ Ion les fOlmcs qui reçoivent, etselon leurséJa.ts. Que les biens et les vrais soient changés en opposés, c est encore ce qui est devenu évident pOUl moi pal celle expérience: Il ma été donné de voir les Enfers dans leur situation res­ pectivement aux Cieux, et ceux qui y étaient apparaissaient renversés, la Lête en bas et les pieds en haut; mais il ma été llique néanmoins, entre eux, ils se voient droits sur les pieds; ce qui peut être comparé aux antipodes.Daprès ces enseignements de lexpérience. on peut voir que les trois degrés du Mental naLurel, qui dans la forme èL dans limage est lenfër,--soriTopposés aux trois degrés du Mental ~piriluel qui dans la forme et dans lilnage -est le Ciel. 276.@ Le Mental naturel qui est lente,., est, dans tau}) opposé contre le Nental spirituel qui est le Ciel. Quand les . amours sonL opposés, toutes les choses qui app-artiennent à la perception deviennent opposées; car de 1amour, qui
  • 145. SUR LE DIVIN· AMOUR 145fait la vie même de lhomme, découlent toutes les autreschoses, comme des ruisseaux de leur source; les chosesqui nen proviennent pas se séparent, dans le Mental natu­rel de celles qui en proviennent; celles qui proviennentde son amour régnant sont au milieu, et toutes les autressur les côtés; si celles-ci sont des vrais de lEglise puisésdans la Parole, elles sont reléguées loin du milieu sur lescôtés, et sont enfin c!.assées, et alors lhomme ou le Men­tal naturel perçoit le mal comme bien, et voit le fauxcomme vrai, et réciproquement; cest de là quil prend lamalice pour de la sagesse, la folie pour de lintelligence,lastuce pour de la prudence, les artifices pour du génie;et alors aussi il ne fait aucun cas des Divins et des céles­tes qui appartiennent à lEglise et au culte, et il estimebeaucoup les corporels et les mondains: ainsi il renverselétat de sa vie, de sorte que ce qui appartient à la tête ille met à la plante des pieds et le foule, et que ce qui ap­partient à la plante des pieds il le met à la tête: par con­séquent de vivant lhomme devient mort; est appelé vivantcelui dont le mental est le ciel, et mort celui dont le men­tal est lenfer.Toutes les choses qui appartiennent aux t1ois degrés du Men­ tal naturel ont été renfermées dans les œuvres, qui se font par les actes du corps. 277. Par la science des degrés, qui a été exposée danscette Partie, est découvert cet Arcane, que toutes les cho­ses du mental, ou de la volonté et de lentendement delhomme, sont, dans ses actes ou dans ses œuvres, renfer­mées presque comme dans la semence, dans le fruit oudans lœuf les choses qui tombent sous la vue et celles quiny tombent pas; les actes mêmes ou les œuvres nappa­raissent que comme celles-là dans les externes, mais néan­moins dans les internes il y a des choses innombrables,car il y a les forces des fibres motri~es de tout le corpsqui concourent, et il y a toutes les choses du mental quiexcitent et déterminent ces forces, lesquelles sont des troisdegrés, ainsi quil a été montré plus haut; et comme il ya toutes les choses du mental, il y a toutes celles de lavolonté ou toutes les affections de lamour de lhomme, 10
  • 146. 146 LA SAGESSE ANG~LIQUEqui constituent le premier degré; il Y a toutes celles delentendement, ou toutes les pensées de sa perception, quifont le second degré; et il y a toutes celles de la mémoire,ou toutes les idées de la pensée, qui est la plus proche dulangage, doù elles ont été prises, lesquelles presententletroisième degré; par toutes ces choses, déterminées enacte, existent les œuvres, dans lesquelles, vues dans laforme externe, napparaissent point les antérieurs quicependant y sont en actualité. Que le dernier soit le com­plexe, le contenant et la base des antérieurs, on le voit ci­dessus, N°s 209 à 216 ; et que les degrés de hauteur dansleur dernier soient dans le plein, on le voit, N°s 217 à 221. 278. Si les actes du corps, considérés par lœil, se pré­sentent ainsi simples et uniformes comme dans la formeexterne les semences. les fruits, les œufs, et comme lesnoix et les amandes dans la coquille, et néanmoins con­ tiennent en eux tous les antérieurs dont ils proviennent,cest parce que tout dernier est enveloppé, et par là dis­ tinct des antérieurs; chaque degré aussi est couvert duneenveloppe, et par là distinct dun autre deg-ré: cest pour­quoi les choses qui sont du premier degre ne sont pointconnues par le second degré, et celles qui son t de ce degréne sont point connues par le troisième; soit cet exemple:Lamour de la volonté, qui est le premier degré du men­tal, nest connu dans la sagesse de lentendement, qui estle second degré du mental, que par une sorte de plaisirde la pensée de la chose; le premier deglé qui, comme ila été dit, est lamour de la volonté, nest connu dans lascience de la mémoire, qui est le troisième degré, que parune sorte de charme de savoir et de parler. Il sui t de là quelœuvre, qui est lacte du corps, renferme toutes ces cho­ses, quoique dans la forme externe elle se montre simplecomme un. 279. Cela est confirmé par ce fait, que les Anges, qui son tchez lhomme, perçoivent une à une les choses qui daprèsle Mental sont dans lacle ; les Anges spirituels, celles quiy sont daprès lentendement, et les Anges célestes cellesqui y sont daprès la volonté: cela se présente comme unparadoxe, mais néanmoins cela est vrai. Toutefois, il fautquon sache que les choses du mental qui appartiennent àlobjet proposé ou présent sont au milieu, et les autres àlentour selon les affinités. Les Anges disent que daprès
  • 147. SUR LE DIVIN AMOUR 147 chaque œuvre lhomme est perçu tel quil est, mais dans une ressemblance de son amour, laquelle varie selon les déterminations de cet amour dans les affections et par suite dans les pensées. En un mot, tout acte ou toute œu­ vre de lhomme spirituel devant les anges est comme un fruit savoureux, utile et beau, qui ouvert et mangé donne saveur, usage et délices. Que telle soit pour les Anges la perception des actes et des œuvres de lhomme, on le voit aussi ci-dessus, N° 220. 280. Il en est rte même du langage de lhomme; les An­( ges daprès le son du langage connaissent lamour de) Thomme, daprès larticulation du son sa sagesse, et da­ près le sens des mots sa science; et de plus ils dise,n,t quel ces trois choses sont dans chaque mot, parce que le _mot est comme le conclusurn, car en lui il yale son lartiëu­ .... latIô..ILet le sens.. 11 ma été dit par les Anges dU troisième ciel, que daprès chaque mot dun homme qui parle en ~érie, ils pArçoivent létat commun de son esprit (anirni),~ et même quelques états particuliersQue dans chaque mot de la Parole il y ait un spirituel qui appartient à la Divine sagesse, et un céleste qui appartient au Divin amour, et) q,]le ce spirituel et ce céleste soien t perçus par les Ange~ quand la Parole estlue saintement par lhomme, cela a étéJ1 montré en plusieurs endroits dans LA DOCTRINE DE Lj Nou­ VELLE JÉRUSALEM SUR LECRITURE S.HNTE. 281. De ce qui précède est tirée cette conclusion,~que dans les œuvres de lhomme, dont le Mental naturel des­ cend par les trois degrés ùans lenfer, il y a tous ses maux et tous ses faux du mal; et que dRns les œuvres de lhomme, dont le Mental naturel monte dans le Ciel, il ya tous sesç biens et tous ses vrais; et que tous ces biens ~etçesavNi,s, et tous ces maux et ces faux, sont perçus par les Anges) daplès une seule parole et une seule action de lhomme. De là vient que, dans la Parole, il est dit que lhomme sera jugé selon ses œuvres, et quil rendra compte de ses paro­ les. ~
  • 148. LA SA.GESSE ANGELIQUE SUR LE , DIVIN AMOUR ~UATRIÈME PARTIELe $f!igrteu1 de tou.te éternité, qui est Jéhovah, a créé de Lui­ M~me, et non c:(u néant, lUnivers et toutes les choses de lunivers. 282.. On sait sur tout le Globe, et daprès la perceptioniI:Mrieure tout homrile sage a reconnu, quil y a un seulDWll"qui est Créatetir de lUnivers; et, daprès la Parole,oi1" sait qu~ Dieu Créateur de lUnivers est appelé JÉHOVAH,du notE,tre, parce que Seul il Est: Que le Seigneur detoO.t6 éternité soit ce Jéhovah, cest ce qui a été démontréeit plusietlls endroits, daprès la Parole, dans LA DOCTRINEDE LA NOUVELLE JÉRUSALEM SURLE SEIGSEUR. Jéhovah est appeléle Seigneur de toute éternité, parce que Jéhovah sest re­vêtu de lHumain pour sauver ùe lEnfer les hommes; etalors il a commandé à ses disciples de lappeler Seigneur: cest pour cela que Jéhovah est appelé le Seigneur dans le NQuveaû Testament; comme on peut le voir par ce passage: c Tit aimeras JÉHOVAH TON DIEU de tout ton cœur et de toute to"; dtrœ: . - Deutér. VI. 5 j - et dans le Nouveau Testa­ m~nt ~. c ·Tu aimeras LE SEIGNEUR TON DIEU de tout ton cœur et dé tqùteton ame. .» - Matth. XXII, 37: - pareillement dalr~ dautres passages tirés de lAncien Testament dans les Evangélistes. 283. Tout homme, qui pense daprès une raison saine, voit que lUnivers na point été créé du néant, parce quil voit que du néant il ne peut pas être fait quelque chose; car rien, ce nest rien; et du néant faire quelque chose, cela est contradictoire, et ce qui est contradictoire est
  • 149. LA SAGESSE AN<Thi.tQUE, SUR LE DivIN AMOUR 149contre la lumière du vrai, qui procède de ia- pivineSagesse; et tout ce qui ne vient pas .de ·la :QivhieSagesse ne vient pas non plus de la Ùivine T.Oll·~­P J.lssance. Quiconque pense daprès une raIson !làit(è,voit aussi que toutes choses ont été créées duneSubstance, qui est la Substanc~ en soi j car celte-ci ~sllÊtre niême, daprès lequel toutes les choses qUi s9nt:P&ù-vent exister: et comme Dieu seul est la Substance tin s61.et par suite lÊtre même, il est constant que lexistènaedes choses ne vient pas dautre part:Plusieur,s ontv1,l cere.,èar la raison le fait voir, mais ils nont pas osé leconfir-mer, craignant quainsi il ne leur vint peut-être dans lapensée que lUnivels créé est Dieu, parce quil viendJia-itde Dieu, ou qU!: la nature est par elle-même, eL quainsilintime de la nature est. ce quon appelle Dieu; de là vlentque, quoique plusieurs aient vu qu,e le~is~Elnce dll tout~schoses ne procède pas dautre part que dé Dieu, et de lE-tre de Dieu, ils nont pas cependant osé aller au-delà dela première pensée SUI ce sujet, pour ne pas engager leurentendement dans un nœud gordien, comme. on dit, doùils ne pourraient pas ensuite le dégager ; ilsnauraientpa-spu dégager leur entendement, parce quils pensaient deDieu, et de la création de lUnivers par Dieu, daprès letemps et lespace, qui sont les propres de la nature; el. per-sonne n.e peut, daprès la nature, percevoir Dieu ni lacréation de lunh~ers j mais tout homme, dont lentende·ment est dans quelque lumière intérieure, peut percevoirla nature et la création de la nature daprès Dieu, parceque Dieu nest ni dans le temps ni dans lespace.:, Précé.-demment, on a vu que le Divin nest point dans. lespacé,N°s 7 à 10; que le Divin remplit tous les espaces Q,e l:uni-vers sans espace, N°S 69 à 72; et que le Divinest dans tout temps sans temps, N°S 73 à 76. Dans ce qui. suit, .on verraque, quoique Dieu ait créé de Lui-même.lUnivers et .toutce quil contient, néanmoins il ny a pas dans lUnivers cré.éla moindre chose qui soit Dieu joutre plusieùrs .autresproposi tions qui meLt:~m t Ce s~jetdans toute s.à.l~miè~e.. 284. Dans la P·rermere Partt,e de cet Ouvrage,.. Il..a ,etéquestion de Dieu, à savoir, quil.est le. Divin., Amour et la Divine Sagesse, et qu~il est la Vie.j pms. aussi,quil est la Su?stance et la For.me. qu~ eS,t, r~tre mè~eet unique. Dats la Seconde Parlt,e, Il a ete questlOh
  • 150. 150 LA. SAGEssE: ANG~LIQUEdu Soleil spirituel et de son monde, du Soleil naturelet de son monde; et que lUnivers, avec tout ce quilcontient, a été créé par Dieu au moyen de lun et lautreSoleil. Dans la Troisième Partie, il a été traité desde$rés dans lesquels sont toutes et chacune des chosesqUl ont été créées. Maintenant, dans cette Quatrième Par­tie il va être traité de la Création de lUnivers par Dieu.Sil est traité de ces divers sujets. cest parce que les An­ges se sont lament.és devant le Seigneur, de ce que, lors­quUs portent leurs regards vers le Monde, ils ne voientque des ténèbres, et ne trouvent chez les hommes au sujetde Dieu, du Ciel et de la Création de la nature, aucunechose de la science sur laquelle leur sagesse sappuie. Le Seigneur de toute éternité, ouJéhovah, naurait pu créer lUnivers, et toutes les choses de lunivers, sil neât été Homme. 285. Ceux qui ont de Dieu comme Homme une idée natu­ relle-corporelle, ne peuvent nullement saisir comment Dieu, comme Homme, a p.u créer lUnivers et toutes les choses de lunivers; car Ils pensent en eux-mêmes: Com­ ment Dieu, comme Homme, peut-il parcouril lUnivers despace en espace et créer~ ou : Comment peut-il, du lieu où il est, dire une parole, et que par une parole dite tou­ tes choses aient éte créées? Voila, quand il est dit queDieu est Homme, ~e qui tombe dans les idées chez ceuxqui pensent de Dieu-Homme comme dun homme de ceMonde, et qui pensen t de Dieu daprès la nature et daprèsles propres de la nature, qui sont le temps et lespàce ;mais ceux qui pensent oe Dieu-Homme, non daplèslhomme de ce Monde, et non daprès la nature, ni daprèslespace et le temps de la nature, perçoivent clairementque lUnivers na pu être créé, à moins que Dieu ne soitHomme. Mets ta pensée dans cette idée Angélique surDieu, quil est Homme, et éloigne autant que tu le peuxlidée de le3pace"et par la pensée tu approcheras de lavérité. Quelques Erudits, aussi, perçoivent que les espritset les anges ne sont pas dans lespace, parce quils perçoi­vent le spirituel sans espace; car cest comme la pensée.quoiquelle soit dans lhomme, néanmoins lhomme peu tpar
  • 151. SUR LB DIVIN AMOUR 151elle être comme présent ailleurs, nimporte dans quel lieu,même le plus éloigné. Tel est létat des esprits et des an­ges, qui sont hommes, même quant à leurs corps; ilsapparaissent dans le lieu où est leur pensée, parce ql,le lesespaces et les distances dans le Monde spirituel sont desapparences, et fonl un avec la pensée provenant de leuraffection. Daprès cela on peu t voir quil ne faut pas daprèslespace penser li Dieu, qui apparaît comme Soleil loin au­dessus du Monde spirituel, et en qui il ne peut être aucuneapparence despace; et qualors il peut être saisi quil acréé lUnivers, non de rien mais de Lui-même; puis aussique son Corps Humain ne peut être imaginé g-rand oupetit, ou dune stalure quelconque, car cela aussi est delespace; quainsi il eslle même dans les premiers et dansles derniers, dans les très-grands el dans les très-peUts;et quen outre lHumain est lintime dans tout objet créé, mais sans espace. Que le Divin soit le même dans les très­grands et dans les très-peli ts, on le voit ci-dessus, Nol 77 a 82 ; el que le Divin remplisse tous les espaces sans es ­ pace, on le voit, N°S 69 à 72; et puisque le Divin nest pas dans lespace, il nest pas non plus continu, comme est lintime de la nature. 286. Que Dieu naurait pas pu créer lUnivers, et toutes les choses de lunivers, sil neût été Homme, cest ce quun homme intelligent peut très-clairement saisir, palce quen lui-même il ne peut pas nier quil ny ait en Dieu lAmour et la Sagesse, quil ny ait la Miséricorde et la Clémence, el quil ny ait le Bien même et le Vrai même, puisque tout cela procède de Dieu; et comme il ne le peut nier, il ne peut nier non plus que Dieu ne soit Homme; car aucune de ces choses ne peut exister séparée de lhomme, puis­ que lhomme est leur sujet; et les séparer de leur sujet, cest dire quelles ne sont point. Pense à la Sagesse, et place-la hors de lhomme, est-ce quelque chose f Peux-tu la concevoir comme une sorte déther ou comme une sorte de flamme ~ Tu ne le peux, à moins que peut-être tu ne la places dans cet éther ou dans cette flamme, et si tu ly places, ce sera la Sagesse dans une forme, telle quelle est pour lhomme: elle sera dans toute la forme de lhomme, il ny peut manquer une seule chose, pour que la Sagesse y soit; en un mot, la forme de la Sagesse est lhomme; et puisque lhomme est la forme de la Sagesse, il est aussi
  • 152. 152 , LA SAGESSE ANGf!:LlQUE la forme de lamour, de la miséricorde, de la clémence, du bien et du vrai, parce que ces choses font un avec la Sagesse, Que lÂmour et la Sagesse ne puissent exister qu~ dans une fOlme, on le voit ci-dessus, Nos 40 à 43. . 287. Que lamour et la sagesse soient homme, on peut aussi le voir daprès les Anges du Ciel, qui, autant ils sont par le Seigneur dans lamour et par suite dans la sagesse, autant en beauté ils sont hommes, On peut voir la même chose en ce que dans la Parole il est dit dAdam, quil a ét{l créé selon la ressemblance et à limage de Dieu; ­ Gen. I. 26, - parce quil a été créé selon la forme de la­ mour et de la sagesse, Tout homme dune terre naît selon la forme humaine quant au corps; et cela, parce que son esprit, qui est aussi appelé âme, est homme; et cet esprit est homme, parce quil est susceptible de recevoir du Sei­ gneur lamour et la sagesse, et autant lesprit ou lâme dun homme reçoit, autant il devient homme après la mort du corps matériel, qui lentourait; et autant il ne reçoit pas, autant il devient un monstre, qui tienl quelque chose de lhomme à cause de la faculté de recevoi), 288, De ce que Dieu est Homme, toulle Ciel angélique dans le complexe représente un seul Homme; et ce ciel a été distingue en Régions et en Provinces selon les Mem­ bres, les Viscères et les Organes de lhomme; en effet, il y a des Sociétés du Ciel qui constituent les Provinces de toutes les parties du Cerveau, et de tous les Organes de la face, el aussi de tous les Viscères du corps; et ces Pro­ vinces en tre elles sont distinguées absolumen t comme ces parties chez lhomme; les Anges savent même dans quelle Province de lHomme ils sont. Le Ciel entier est dans cette effigie, parce que Dieu esl Homme; et Dieu est le Ciel, parce que les Anges, qui constiLuent le Ciel, sonlles réci­ pients de lamour el de la sagesse procédanl du Seigneur, et que les récipients sont des images. Que le Ciel soit dans la forme de toutes les parties de lhomme, cest ce qui a été montré dans les ARCANES CÉLESTES à la fin de plusieursChapitres. 289. Dlaprès ces explications, on peut voir le vide desidées chez ceux qui pensent de Dieu aulrement que dunHomme, et des Attributs Divins autrement qUf!ll ce quilssont dans Dieu comme Homme, parce que séparés delHomme ils sont de purs êtres de raison, Que Dieu BOit
  • 153. StIRL11 tHVtH :ÀMOUR ff)glHomme Même, daprès lequel tout homme est h6mmeselon la réception de lamour et de la sagesse, on le voitci-dessus, N°S 11, 12, 13 : la même chose est confirmée icien vue de ce qui suit, afin quon perçoive la création delUnivers par Dieu parce quil est Homme.Le Seigneu7 de toute éternité, ou Jéhovah, a produit del/IU­ Même le SolejJ1&.Mond.e. ~pi7ituel. et dap7ès ce Soleil il a créé lUnivers et toutes les choses de lunivers. 290. Dans la Seconde Partie de cet Ouvrage, il a été traité du Soleil du Monde spirituel, et il y a été montré ce qui suit: Que le Divin Amour et la Divine Sagesse apparais­ sent dans le Monde spirituel comme Soleil, ~os 83 il 88; que de ce Soleil procèdent la chaleur spirituelle et la lu­ mière spirituelle, N°s 89 il 92; que ce Soleil nest pointDieu, mais quil est le Procédant du Divin Amour et de laDivine Sagesse de Dieu-Homme; et quil en est de mêmede la Chaleur et de la Lumière procédant de ce Soleil, Nol93 à 98; que le Soleil du Monde spirituel està une moyennehauteur, et apparaît distant des Anges, comme le Soleildu Monde naturel apparaît disLant des hommes, N°l 103 à107; que dans le Monde spirituel lOrient est où appalaltle Seigneur comme Soleil, et que de là dépendent lesautres plages, N"S 119 à 123, 124 à 128; que les Angestournentcontinuellementleur face vers le Seigneur commeSoleil, Nos 129 à 134, 135 à 139; que le Seigneur a ciéélUnivers et toutes les choses de lunivers au moyen de ceSoleil, qui est le premier procédant du Divin Amour et dela Divine Sagesse, Nos 151 à 136 ; que le Soleil du Mondenaturel est pur feu, et quainsi la nature qui tire son ori­gille de ce Soleil est morte; et que le Soleil du Monde.naturel a été créé, pour que lœuvre rie la création pûtêtre achevée et finie, N°s 157 à 162; que sans deux Soleils,lun vivant et lautre mort, il ny a point de Création, N°s163 à 166. 291. Parmi les choses qui ont été montrées dans laSeconde Partie, il y a aussi celle-ci, que ce Soleil nestpoint le Seigneur, mais quil est le Procédant du DivinAmour et de la Divine Sagesse du Seigneur. Il est dit Pro·cédant, parce qae ce Soleil a été produit du Divin Amou~
  • 154. 154 LA. SAGESSE ANGtUQUBet de la Divine Sagesse, qui en eux-mêmes sont la subs ­tance et la forme, et que le Divin procède par là. Mais •comme la naison humaine est telle, quelle ne donnepas son acquie:::icflment, à moins quelle ne voie lachose daprès la cause, ainsi à moins quelle ne perçoiveaussi comment, ici comment a été produit le Soleil duMonde spirituel, qui nest point le Seigneur, mais qui pro­cède du Seigneur, il faut par conséquent en dire aussiquelque chose: Je me suis beaucoup entretenu sur ce3ujet avec les Anges; ils mont dit quils perçoivent celaclairement dans leur lumière spirituelle, mais quils nepeuvent pas le présenter facilement devant lhomme danssa lumière naturelle, parce quil y a une telle différenceentre lune et lautre lumière et par conséquent entre lespensées; ils monl dit cependant que cela esl semblableil la sphère des affections et des pensées, qui entoure cha­que ange, par laquelle sa présence est manifestée à ceuxqui sont près et a ceux qui sont loin; et que cette sphèreambiante nest point lAnge lui-même, mais quelle pro­vient de toutes el de chacune des choses de son corps, doùdes substances émanent continuellement comme un fleuve,­et celles qui émanent se pressent autour de lui; et que ces substances contiguës à son corps, continuellement mises en action par les deux sources du mouvement de sa vie,le cœur et le poumon, excitent les atmosphères dans leurs activités, et par là manifestent une perception comme de sa présence çhez les autres; et quainsi il ny a pas une autre sphère des affections et des pensées,( quoiquon la nomme ainsi, qui sorte et soit continuée, perce que les affections sont de purs états des formes du mental en lui. Ils mont en outre dit quil y a une telle sphère autour de chaque Ange, parce quil y en a une autour du Seigneur, et que cette sphère autour du SeigneUl vient pareillement de Lui, et que cest elle qui est leur Soleil, ou le Soleil du Monde spirituel. 292. Il ma très-souvent été donné de percevoir quil ya une telle sphère autour de lange et de lesprit, et aussi une sphère commune autour de plusieurs dans une société, et en outre il ma été donné de la voir sous diverses appa­ rences, parfois dans le ciel sous lapparence dune flamme légère, dans lenfer sous lapparence dun feu éJ?ais; et parfois dans le ciel sous lapparence dune nuée legère et
  • 155. SUR LB DIVIN AMOUR 155 blanche, et dans lenfer sous lapparence dun nuage épais et noir; et il ma été aussi donné de percevoir ces spheres sous diverses apparences dodeurs ou agréables ou infec­ tes: par là jai été confirmé que chacun dans le ciel, et chacun dans lenfer, est entouré dune sphère consistant en substances dégagees et séparées de son corps. 293. Jai aussi perçu quune sphère émane, non-seule­ ment des anges et des esprits, mais aussi de toutes et de chacune des choses qui apparaissent dans ce Monde-là, comme des arbres et de leurs fruits, des arbustes et de leurs fleurs, des plantes et des herbes, et même des ter­ res et de toutes leurs parties; par là jai vu clairement que, tant dans ce qui est vivant que dans ce qui est mort il y a cet Universel, que chaque objet est enYironné de quelque chose de semblable a ce qui est intérieurement en lui, et que cela émane continuellement de lui. Quil en soit de même dans le Monde naturel, cela est connu par lexpérience dun grand nombre dérudits; par exemple, que des flots deffluves émanent sans cesse de lhomme, et de tout animal, et aussi de larbre, du fruit, de larbuste, de la fleur, et même du métal et de la pierre: le Monde naturel tient cela du Monde spirituel, et le Monde spirituel le tient du Divin. 294. Comme les choses, qui constituent le Soleil du Monde spirituel, procèdent du Seigneur, et ne sont pas le) Seigneur, elles ne sont pas par conséquent la vie en soi, mais elles sont privées de la vie en soi, de même que les choses qui émanent de lange et de lhomme. et font les sphères autour deux, ne sont ni lange ni lhomme, mais 1 en proviennent, privées de la vie qui est en eux; elles ne font pas un avec lange ou lhomme, autrement quen ce quelles concordent, parce quelles ont été tirées des for­ mes de leur corps, lesquelles étaient en eux les formes de leur vie. Cest là un arcane, que les anges, au moyen de leurs idées spirituelles, peuvent voir par la pensée et même exprimer par le langage, mais les hommes ne le peuvent pas au moyen de leurs idées naturelles, parce que mille idées spirituelles font une seule idée naturelle, et quune idée naturelle ne peut être résolue par lhomme en une idée spirituelle, ni à plus forte raison en un si grand nombre: cela vien t de ce que les idées diffèren t selon les de­ grés de hauteur, dont il a eté traité dans la Troisième Partie.
  • 156. 156 lA ~AGËSsg ANG~ï.iQUE 2!J5. Quil y aH ûne telle différence entre res pensées desanges et celles des hommes, cest ce dont jai eu connais­sance par celle expérience: Il a été dit à des anges qepens,er spirituellement sur quelque sujet, et de. me direensuite ce quils avaient pensé; quand cela fut fail, etquils voulurent me le dire, ils ne le purent, avouant quilsne poùvaieritlénoncer: il en était de même de leur lan­gagé spirituel, et de méme de leur écriture spirituelle; ilny avait aucun mot du langage spirituel qui fût sembla­ble à un mot du langage naturel, Qi rien de lécriture spj­rituelle qui fût semblable à lécriture naturelle, exceptéles lettres, dont chacunecontenait un sens entier. Mais, ceqùi est étonnànt, ils me dirent quil leur semblait pense:l,parlér et écrire dans létat spirituel ùune semblable ma­nière que lhomme dans létat miturel, tandis que cepen­dant il ny a rien de semblable: par là je vis clairementque le naturel et le spirituel diffèrent selon les degrés dehauteur, et quils ne communiquent entre eux qué par lescorrespondances.Dans le Seignettr, il y a trois choses qui sont le Seigneur ,. le Divin de l Amottr, le Divin de la Sagesse, et le Divin de lUsage, et ces bois se p?ésentent en apparence hors du Soleil du Monde spi?ituel,. le Divin de lAmour pa? la Chalet!?, le Divin de la Sagesse pa? la Lumière, et le Di­ vin de l U§.age par lAtmosphè?e, qui est le contenant. 296. Que du Suleil du Monde spiritùel procèdent uneChaleur et une Lumière, et que la Chaleur procède du Di­vin Amour du Sei~neur, et la Lumière de sa Divine Sa­gesse, on le voit Cl-dessus, N°S 89 à 92,99 à 102,146 à 150.Ici, maintenant, il sera dit qu~ la Troisième chosè, quiprocède de ce Soleil, est une Atmosphère, qui est le .éOn­limant de la chaleur et de la lumière, et que cette atmos­phère procède du Divin du Seigneur, Divin qui est appeléUsage. , 297. Quiconque pense avec quelque illustration .pimtvoir, que lamour a pour fin et pour intention lusage, etquil produit lusage par la sagesse; car lamour ne peùtde lui-même produire aucun Usage, nlais il en prodUlt aumoyen de la Sagesse; etnillme, quest-ce que lamour, sil
  • 157. SQ~ LE DIVIN ~OU~ 1~7( ny a pas quelque cbose qui soil aimé? ce Quelque chose) est 1usag-e ; et puisque lusag-e est ce qui est aimé, et quil est produit par la sagesse, il sensuit que lUsage est le) coiltenant de la Sagesse et de lAmour. Que ce~ tr9i~ ç.hQ­ ses, li}mour, l,a Sagesse et lUsag~ se suiv~nt e:o, 9rdr.e SéTon les degres de hauteur, et que le dermer degre. SOl~ le pomplexe.le contenant et la base des degrés antérieurs, c~st c!l qui a été montré, N°S 209 à 216, et ailleurs. pa,près cela, on peut voir que ces trois choses, le Divin de lA,mour, là Divinde la Sagesse, et ~e Divin de lUsage, sont dil:~s le Seigneur, et quen essence elles sont le Seigne~r. 298. Que lhomme, considéré quant à ses extérieurs et quant à ses intérieurs, soit une forme de tous usages, et que tous usages dans lUnivers Créé correspondent aux usages de lhomme, cela sera pleinement demontré dans la suite: ici, il faut seulement en faire mention, -afin quon sache que Dieu comme Homme est la forme même de tous usages, de laquelle tous les usages dans lUnivers créé tirent leur origine j et quainsi lUnivers créé, consi­ déré quant aux usages, est limage de Dieu-Homme. Sont appelées Usages les choses qui, procédant de Dieu-Hom­ me, cest-à-dire, du Seigneur, sont par création dans lor ­ dre jmais ne sont point appelées usages celles qui sont du propre de lhomme, car ce propre est lenfer, et ces choses sont contre lordre. 299. Maintenant, puisque l:es trois, à savoir, lAmou~, la Sag~~se et l.!.[glg~, sont dans le Seigneur et sont1ëSei- gneur, et que le Seigneur est partout, car il est tout-pré ­ sent; et puisque le Seigneur ne peut se montrer plésent tel quil est en Lui-Même, ni tel quil est dans son Soleil, à aucun ange ni à aucun homme, cest pOUl cela quil se maniteste par des choses qui peuvent être reçues, et quil se manifeste quant à lAmoul pal la Chaleur, quant à la Sag-esse par la Lumière, et quant à lUsage par lAtmos­ phere. SI le Seigneur quant à lUsage se manifeste par lAtmosphère, cest parce que lAtmosphère est le conte­ nant de la chaleur et de la lumière, de même que lusage est le contenant de lamour et de la sagesse; car la lu­ mière et la chaleur, qui procèdent du Divin Soleil, ne peu­ vent pas procéder dans le néanl, ni par conséquent dans le vide, mais elles procèdent dans un contenant qui est le sujet; et ce .::ontenant, nous lappelons Atmospbère ; celte
  • 158. .­ 1p8 LA SAGESSE ANGÉLIQUE Atmosphère entoure le Soleil, le reçoit dans son sein, et le transporte vers le ciel où sont les Anges, et de là vers le Monde où sont les hommes, et ainsi manifeste partout la présence du Seigneur. 300. Que dans le Monde spirituel il y ait des Atmosphè­ res comme dans le Monde naturel, cela a été montré ci­ dessus, N°S 173 à 178, 179 à 183; et il a été dit que les At­ mosphères du monde spirituel sont spirituelles, et que les Atmosphères du Monde naturel sont naturelles : mainte­ nant, daprès lorigine de lAtmosphère spirituelle qui en­ toure de plus près le Soleil spirituel, on peut voir que chacune de ses parties est, dans son essence, telle quest le Soleil dans la sienne. Que cela soit ainsi, les Anges par leurs idées spirituelles, qui sont sans lespace, le déclarent par ceci, quil y a une substance unique, de laquelle vien­ nent toutes choses, et que le Soleil du Monde spirituel est cette substance; et que, comme le Divin nest point dans. lespace, et est le même dans les très-grands et dans les très-petits, il en-est de même de ce Soleil, qui est le pre­ mier procédant de Dieu-Homme; et, outre cela, que ceUe unique substance, qui est le Soleil, procédant selon les degrés continus ou de largeur, et en même temps selon les degrés discrets ou de hauteur, au moyen des Atmos­ phèles, présente les variétés de toutes choses dans lUni­ vers créé. Les anges mont dit que ceci ne peut nullement ( être saisi, à moins que les espaces ne soient écartés des ) idées, et que sils ne sont point écartés, il est impossible que les apparences ninduisent pas dans des illusions; ) cependant on l1e peut pas y être induit, quand on pense que Dieu est lEtre même dont procèdent toutes choses. 301. Daprès les irlées Angéliques, qui sont sans lespa­ (ce, il est en outre bien évident que, dans lUnivers créé. , rien ne vit que le seul Dieu-Homme, cest-à-dire, le Sei­ ) gneur; que rien na de mouvement que par la vie venant de Lui; et que rien nexiste que pal le Soleil procédant de Lui; quainsi cest une vérité, que dans Dieu nous vivons, nous nous mouvons et nous sommes.
  • 159. SUR LB DIVIN AMOUR 159Les Atmosphères, qui sont trois dans lun et laut1e Monde, le Spirituel et le Naturel, se terminent dans leurs dernie1s en substances et en matières, telles quelles sont dans les terres. 302. Que dans lun et lautre Monde, le Spirituel et leNaturel, il y ait trois Atmosphères, qui ont été distinguéesentre elles selon les degrés de hauteur, et qui déc:oissentselon les degrés de largeur en avançant vers les inférieurs,cela a été montré dans la Troisième Partie, Nos 173 à 176 :et, puisque les atmosphères décroissent en avançant versles inférieurs, il sensuit quelles deviennent continuelle-ment plus denses et plus inertes, et enfin tellement denseset inertes dans les derniers, quelles ne sont plus des at-mosphères, mais sont des substances de repos, et, dans leMonde naturel, des substances fixes, telles quelles sontdans les terres, et sont appelées matières. De celle originedes substances et des matières il résulte :GO)Que ces sub..s-tances et ces matières sont aussi des tlois degrés (~quelles svnt contenues dans un lien entre elles par lesatmosphères ambiantes ;C®quelles ont été accommodéespour produire tous les usages dans leurs formes. 303. Que les substances ou matières, telles quelles sontdans les terres, aient été produites par le Soleil au moyende ses Atmosphères, cela nest-il pas affirmé pal quicon-que pense quil y a de perpétuelles médiations depuis lePremier jusquaux Derniers, et que rien ne pe:lt existerque par un antérieur à soi, et enfin par un Premier? et cePremier esUe Soleil du Monde spirituel, et le Premier de ceSoleil est DiAu-Homme ou le Seigneur. Maintenant, comme les Atmosphères son t ces antérieurs, par lesquels ce Soleilse présente dans les derniers, et comme ces antérieursdécroissent continuellement en activité et en expansionjusquaux derniers, il. sensuit que, quand leur activitéet leur expansion cessent dans les derniers, ils devien-nent des substances et des matières, telles quelles sontdans les terres; ces substances et ces matières retien-nent en elles, daprès les atmosphères auxquelles ellesdoivent leur origine, un effort et une tendance à pro-duire des usages. Ceux qui nétablissent pas la créationde lUnivers, et de toutes les choses de lunivers, par decontinuelles médiations à partir du Premier, ne peuvent
  • 160. 16D LA SA.G~~E ANGÉLIQUEqu,~ b4tir des hypothèl:!es sans cohérence et sans lien avecleurs Cill.lBes, lesquelles hypothèses, lorsquelles sont exa­minées par un Mental qui considère les choses intérieure­ment, apparaü;sent non COmme un~ maison, mais commeun amas de déeombres. ;30~. De cette origine univeJselle de toutes choses danslUpivers créé, chacune tient pareillement davancer de­Pl.l~s S01" premier jusquaux derniers, qui sont respective­ment dans un état de repos, afi:L de se terminer et de sub­si~tE?~ : ainsi vont, dans le Corps humain, les fibres depuisleu,rs premières formes jusqua ce quelles deviennent destendons; puis les fibres avec les petits vaisseaux depuisleurs premiers jusquà ce quelles deviennent des cartila­ges et des os; sur eux elles se reposent et subsistent.Comm~ il y a, dans lhomme, une telle progression desfibres et des vaisseaux depuis les premiers jusquaux der­nier$, il y a par conséquent une semblable progression deleurs états; leurs états son t les sensations, les pensées etles affections; celles-ci aussi vont depuis lews premiers,où elles sont dans la lumière, jusquaux derniers où ellessont dans lombre; ou, depuis leurs premiers, où ellessont dans la chaleur, jusquaux derniers où elles ne sontpoint dans la chaleur: et comme telle estleur progressiontelle est aussi la progrfssion de lamour et de toutes chosesde lamour, puis aussi de la sagesse et de toutes chosesde la sagesse; en un mot, telle est la progression de tou­tes choses dans lunivers créé: il ya identité entre ceci elce qui est démontré ci-dessus, ~os 222 à 229, savoir, queles degrés de lun el de lautre genre sont dans les très­grands et dans les très-petits de toutes choses qui ont étécréées. Si les degrés de lun et de lautre genre sont aussidanl> les très-petits ùe toutes choses, cest parce que le So­leil spirituel est lunique substance doù proviennent tou­ tes choses, selon les idées spirituelles des Anges N° 300.Dans. les substances et dans les rnatiè1es, dont proviennent les terres, il ny a 1ien du Divin en soi, rnais néan­ rnoins elles procèdent dtt Divin en soi. 305, Daprès lorigine des;terres. dont il est traité danslAr.tjcle pré~éd~n~, Qn peut voir que dansleurs substanc.es
  • 161. SUR LE DIVIN AMOUR 161 et dans leurs matières il ny a rien du Divin en soi, mais quelles ont été privées de tout Divin en soi; car elles sont, comme il a été dit, les fins et les terminaisons des Atmosphères, dont la chaleur sest terminée en froid, lalumière en obscurité, et lactivité en inertie; mais néan­moins par continuation elles ont emporté de la substance du Soleil spirituel ce qui y venait du Divin, qui, ainsiquil a été dit ci-dessus, N°s 291 à 298, était la sphère en­tourant Dieu-Homme ou le Seigneur, de laquelle sphèrepar continuation depuis le Soleil, au moyen des Atmos­phères, sont issues les substances et les matières dont lesterres sont formées. 306. Lorigine des terres daprès le Soleil Spirituel, aumoyen des Atmosphères, ne peut pas être décrite autre­ment par des mots qui découlent des idées naturelles,mais elle peut lêtre autrement par des mots quidécoulent des idées spirituelles, parce que ces idéessont sans lespace; et comme elles sont sans lespace,elles ne tombent dans aucun des mots de la langue natu­relle. Que les pensées, les langages el les écrituresspirituels diffèrent tellement des pensées, des langageset dos écritures naturels, quils nont rien de communentre eux, et quils ne communiquent que par les corres­pondances, on le voil ci-dessus, N° 295 : il suffit donc quelorigine des terres soit, en quelque manière, perçue na­turellement.Tous les usages, qtti sont les (lns de la c1éation, sont dans les tonnes; et cest des substances et des matières, telles quelles sont dans les ter1es, quils reçoivent les formes. 307. Toutes les choses dont il a été parlé jusquà présent,par exemple, celles concemant le Soleil, les Atmosphèreset les Terres, sont seulement des moyens pOUl les fins;les fins de la création sont les choses qui sont produitesdes terres par le Seigneur comme Soleil au moyen desAtmosphères, et ces fins sont nommées Usages; et C~sont dans leur extension toutes les choses du Règne vé­gétal, et toutes celles du Règne animal, et enfin le GenreHumain, et daprès lui le Ciel Angélique, Ces choses sont 11
  • 162. 162 LA SAGESSE ANG~LIQUEnommées Usages, parce quelles sont les récipients duDivin Amour et de la Divine Sagesse, et aussi parce quellesse tournent vers Dieu Créateur a quo (de qui tout procède),et par là Le conjoignent à son grand Ouvraoe, et par laconjonction font que par Lui elles subsistent de même quepar Lui elles ont existé: il estdil quelles se tournent versDieu Créateur a quo, et Le conjoignent à son grand Ouvra­ge, mais cela a été dit daprès lapparence; toutefois, Ilest entendu que Dieu Créateur fait quelles se tournent etse conjoignent comme delles-mêmes; mais comment ellesse tournent et par là se conjoignent, cela sera dit dans lasuite. n en a été précédemment dit quelque chose en di­ vers endroits, par exemple, il a été dit que le Divin Amour et la Divine Sagesse ne peuvent qUêtrd et exister dans dau­ tres, créés par eux, N°S 47 à 51: que toutes les choses dans lUnivers créé sont des récipients du Divin Amour et de la Divine Sagesse, N°S 55 à 60; que les Usages de toutes les choses qui ont été créées montent par les degrés jus­ quà lhomme, et par lhomme jusquà Dieu Créateur a qtW (de qui tout procede) W" 65 à 68. 308. Que les fins de la Création soient les usages, est-il un homme qui ne le voie pas clairement, lorsquil pense que par Dieu Créateur il ne peut exister, ni par conséquent être créé, autre chose que lusage; et quafin que cela soit un usage, il doit.être pour dautres; et que lusage pour soi est même pour dautres, car lusage pour soi, cest dêtre en état dêtre utile à daut.res ? celui qui pense cela, peut aussi penser que lusage, qui est usage, ne peut pas exister par lhomme, mais quil existe chez lhomme par Celui par lequel tout ce qui existe est usage, ainsi par le Seigneur. 309. Mais comme il sagit ici des formes des usages, il en sera parlé dans cet ordre (j)Dans les terres il y a un effort pour produire les usages (fans des formes, ou les formes des usages.@ Dans toutes les formes des usages il y a quelque image de la création de lunivers.GlD Dans toutes les formes des usages il y a quelque image de lhomme.(JT) Dans toutes le,..,s formes des usages il y a quelque image(le lInfini et de lr.t.ernel. B10fD Da1l,s les tertes il V a un effort pottr produire les usagesaans des fa-lmes, ou les (ormes des usages. Que dans les terres il y ait cet effort, on le voit daprès leur origine,
  • 163. SUR LE DIVIN AMOUR 163 en ce que les substances et les matières, dont proviennent les terres, son t les fins et les 1erminaisons des atmosphè­ res, qui procèdent du Soleil spirituel comme usages, vo~r ci-dessus, N° 3l)i), 306 ; et puisque les substances et les matières, dont proviennent les terres, ont cette origine, et que leurs assemblages sont contenus en un lien par la pression des atmosphères, il sensuit que de là leur vient un effort perpétuel pOUl produire des formes des usages: cette qualité ùe pouvoir produire, elles la tiennent de leur origine, savoir, de ce quelles sont les derniers des atmos­ phères, avec lesquelles par conséquent elles concordent. Il est dit que cet effort et ceLLe qualité sont dans les terres, mais il est entendu quils sont dans ces substances et dansces matières dont ploviennent les terres, soit quellessoient dans les terres, sail quexhalées des terres ellessoient dans les atmosphères; que les atmosphères soientremplies de ces substances et de ces matières, cela estnotoire. Quil y ait un LeI effort et une telle qualité dansles substances et dans les matières des terres, on le voitclairement en ce que les semences de lout genre, ouvertesau moyen de la chaleur jusquà leur intime, sont impré­gnées de substances ltrs-subtiles, qui ne peuvent ètre quedune origine spirituelle, et par là en puissance de se con­j oindre à lusage,doù résulte leur prolifique, et alors parla conjonction avec les matières doligine natUlelle, pro­duire des formes des usages, les faire sortir ensuite commedun utérus, afin quelles viennent aussi à la lumière, etainsi poussent et croissent. Cet effort est ensuite continueldaprès les terres pal la racine jusquaux derniers, et desderniees aux plemiers, dans lesquels lusage lui-même estdans son oeigine : cest ainsi que les usages passent dansles fOImes; et les formes tiennent do lusage, qui estcomme lâme, que, dans la progression des premiers auxderniers et des derniers aux premiers, toutes et chacunede leurs parties soient de quelque usage: il est dit quelusage est comme lâme, parce qlie la forme de lusageest comme le corps. Quil y ait un effoet encore plus inté·rieur, qui est leffort pour produire des usages par desgeTminations pour le Règne animal, cest aussi ce qui sen­su,it, car les animaux de tout genre sen nourrissent. Quily ait aussi en elles un etiort intime, qui est leffort pOUllemplir un usage pour le genre Humain, cest encore ce
  • 164. 164 LA SAGESSE ANGÉLIQUEqui sensuit: tout cela résulte, 1° De ce quelles sont desderniers, et que dans les derniers sont ensemble dansleur ordre tous les antérieurs, selon ce qui a plusieursfois été montré ci-dessus. 2° De ce q;ue les degrés de lunet de lautre genre sont dans les tres-grands et dans lestrès-petits de toutes choses, comme il a été montré ci-des­sus, N°S 222 à 229, pareillement dans cet effort. 3°De ce quetous les usages sont produits par le Seigneur daprès lesderniers; cest pourquoi dans les derniers doit être uneffort pour les usages. 311. Mais néanmQins tous ces efforts ne sont point vifs,car ce sont les efforts des forces dernières de la vie, forcesdans lesquelles, daprès la vie dont elles proviennent, ily a enfin par les moyens offerts une tendance à revenir àleur origine: les atmosp.hères dans les derniers devien­nent de telles forces, par lesquelles les substances et lesmatières, telles quelles sont dans les terres, sont misesen action dans des formes, et sont contenues dans les for­mes tant par dedans que pal dehors. Ce nest pas le mo­ment de démontrer ce sujet par de plus grands dévelop­pements; parce quil est dune vaste étendue. 312. La première production sortie de ces terres, quandelles étaient encore récentes et dans leur simplicité, a étéla production des semences; le premier effort en elles napas pu être autre. 313.(i1) Dans toutes les formes des ttsages il y a quelqueimage (lé la création. Les Formes des usages sont de troisgenres: Les Formes des usages du Règne minéral; lesFormes des usages du Règne végétal, el les Formes desusages du Règne animal. Les Formes des usages du Règneminéral ne peuvent être décrites, parce quelles ne se mon·trent pas à la vue; les premières formes sont les substan­ ces et les matières, dont proviennent les terres, dans leurs très-petits; les secondes formes en sont des assemblages,qui sont dune variété infinie; les troisièmes formes pro­viennent de végétaux tombés en poussière et danimauxmorts, de leurs évaporations et de leurs exhalaisons con·tinuelles, qui se joignent aux terres, et en font lbumus.Ces formes des trois degrés du Hègne minéral représen­tent en image la création, en ce que, mises en action parle Soleil au moyen des atmosphères, et au moyen de lachaleur et de la lumière des atmosphères, elles produisent
  • 165. SUR LE DIVIN AMOUR 165dans des formes les usages, qui ont été les fins de la cré..ation: cette image de la création repose cachée dans leursefforts, dont il vient dêtre parlé. N° 310. 314. Dans les formes des usages du Règne végétal, li­mage de la création se montre en ce quelles procèdent deleurs premiers vers leurs delniers et de leurs derniersvers leurs premiers; leurs premiers sont les semences, etleurs derniers sont les tiges recouvertes décorce; et parlécorce, qui est le dernier des tiges, elles tendent auxsemences, qui, comme il a été dit, sont leurs premiers.Les tiges recouvertes décorces ressemblent au Globe re­couvert des terres daprès lesquelles existent la créationet la formation de tous les usages, Que les végétations sefassent pal les écorces, par les philyres et par les tuni­ques, en faisant effort par les enveloppes des racines, con­ tinuées autour des tiges et des branches, pour les com­mencements des fruits, et pareillement par les fruits pourles semences, cela est connu de beaucoup de personnes.Limage de la création dans les formes des usag-es semanifeste dans la progression de leU formation des pre­miers vers les derniers, et des derniers vers les premiers,puis en ce que dans toute progression il y a la fin de pro­duire les fruits et les semences, qui sont les usages. Da­près ce qui précède, il est évident que la progression dela création de lunivers a été de son Premier, qui est leSeigneur entoUlé du Soleil, vers les derniers, qui sont lesterres, el de celles-ci pal les usages velS le Premier ou leSeigneul ; et que les fins de toute la création ont été lesusaOes. 315. Il faut quon sache que la chaleur, la lumière et lesatmosphères du Monde naturel, ne font absolument rienpour cette image de la cléation, mais cest seulement la chaleur, la lumière et les atmosphères du Soleil du Mondespirituel, celles-ci portent avec elles cette image, et elleslintroduisent dans les formes des usages du Regne végé­ tal. La chaleur, la lumière et les atmosphères du Monde naturel ouvrent seulement les semences, tiennent les pro­ ductions de ces semences dans lexpansion, et y introdui­sent les matières qui les fixent; non toutefois par les for­ ces provenant de leur Soleil, lesquelles, considérées en.elles-mêmes, sont nulles, mais par les forces procédant du Soleil spirituel, par lesquelles elles sont perpétuelle­
  • 166. i66 LA SAGESSE ANGÉLIQUE ment poussées vers elles; mais elles ne contribuent nul­ lement à leur donner limage je la cléa.ion: en effet, limage de la cr13aLion est spirituelle, mais pour quelle apparaisse et fasse lusage dans le Monde naturel, et pOUl quelle soiL fixe ct durable, elle doit être jointe à la ma­ tière (rnateriata), cest-à-dire garnie de matières de ce Mvnde. 316. Dans les fOlmes des usages du Règne animal il y a une semblable image de la création, J?ar exemple, en ce que de la semence, déposée dans luterus ou dans lœuf, est formé Ip. corps, qui en est le dernier, et que celui-ci, quand il a acquis sa croissance, produit de nouvelles se­ mences, Celle progression est semblable à la plogression des formes des usages du Hègne végétal; les semences sont les commencements (inchoarnrmta), lutérus ou lœuf est comme la terre, létat avant lenfantement est comme létat de la semence dans la terre quand elle prend racine. létat après lenfan tement jusquà la prolilication est com­ me la germination de larbre jusquà son état de fmcti­ ficalion.Daprès ce parallélisme il est évident que, comme il y a une ressemblance de la cléation dans les formes des végétaux, il y en a aussi une dans les formes des ani­ maux, cest à savoir, quil y a une progression des pre­ miers vers les derniers, et des derniers vers les premiers. Une semblable image de la cléation existe dans chacune des choses qui sont dans lhomme, car il y a une sembla­ ble progression de lamour par la sagesse vers le,~ usages. par conséquent une semblable progression de la volonté pal lentendement vers les actes, et une semblable pro­ gression de la charité par la foi vers les œu vres ; la volon té et lentendement, et aussi la charité et la foi, sont les pre­ miers ex quibus, les actes et les œuvres sonlles dell1iers; de ceux-ci {laI les plaisirs des usages se faille retour vers leurs premIers, qui, ainsi quil a été dil, sont la volonté et lentendement. ou la charité et la foi; que le retour se fasse par les plaisirs des usages, on le voil manifestement par les plaisirs perçus des actes et des œuvres, qui appar­ tiennent à chaque amour, en ce quilg refluent vers le pre­ mier de lamour a quo (dont ils procèdent,) et que pal là il Y a conjonction; les plaisirs des actes et des œuvres·sontles plaisirs qui sont appelés Usages. Une semblable progression des premiers vers les derniers, et des der­
  • 167. SUR LE DIVIN AMOUR 167niers, vers les premiers, existe dans les formes le pluspurement organiques des affections et des pensées chezlhomme; dans ses cerveaux ces formes sont comme étoi·lées, elles sont appelées substances cendrées; de ces subs­tances sortent des fibres par la substance médullaire àtravers le cou dans le corps, lesquelles y vont jusquauxderniers, et des derniers retournent vers leurs premiers;le retour des fibres vers leurs premiers se fait par lesvaisseaux sanguins. Il y a une semblable progression detoutes les affections et de toutes les pensées, qui sont leschangements et les variations de létat de ces formes etde ces subst.ances; car les fibres, sortant de ces formesou de ces substances, sont par comparaison comme lesatmosphères procédant du Soleil spirituel, qui sont les contenants de la chaleur et de la lumière; et les actes procédant. du corps sont comme les choses qui sont pro­ duites des terres par les atmosphères, et dont les plaisirs des usages retournent vers leur origine. Mais quil y ait une semblable progression de ces choses, et que dans celle progression il y ait une image de la création, cest ce qui ne peut pas être facilement saisi par un plein en­ tendement, et cela, parce que des milliers et des myria­ des de forces, qui opèrent dans lacte, apparaissent comme un, et parce que les plaisirs des usages ne présentent pas des idees dans la pensée, mais seulement affectent sans une distincte perception. Voù sur ce sujet ce qui a été dit et montré précédemment, pal exemple, que les usages de toutes les choses qui ont été créées mon tent pal les de~rés de hauteur jusquà lhomme, et par lhomme jusquà Dieu Créateur, a quo (de qui tout procède), W" 65 à 68; et que dans les derniers existe la fin de la création, qui est, que toutes choses retournent au Créateur, et quil y ait con­ jonction. N°S 167 à 172. Mais ceci se présentera dans un jour encore plus clair dans la partie suivante, où il sera traité de la correspondance de la volonté et de lentende· ment avec le cœur et le poumon. 317. (ffi. Dans tout~s les rO~mes de~ ~ages il y a que,lque image ae lhomme. Cela a ete montre Cl-dessus, Nol 61 a 64. Que tous les usages depuis les premiers jusquaux der­ niers, et depuis les derniers jusquaux premiers, aient un rapport avec toutes les choses de lhomme, et une corres­ pondance avec elles, et que par suite lhomme soit en une
  • 168. ~68 LA 8AGESSE ANGID.IQUE certaine image un univers, et que réciproquement luni­ vers considéré quan t aux usages soi t en image un homme, on le ~ra dans lArticle suivant. 318. IV~ Dans toutes le,s formes des usages il y a quelque image e lInfini et de lEtemel. LImage de lInfini dans ces formes se manifeste clairement par leffort et la puissance de remplir les espaces de toutle globe, et aussi de plusieursglobes, à linfini; car dune seule s~mence est produit un arbr~, un arbrisseau, ou une plante, qui remplit son espace; de chaque arbre, de chaque arbrisseau, ou de chaqueplante sontproduiLes des semences, de quelques-uns jus­ quà des milliers, qui, semées et poussant, lemplissent leurs espaces; et si de chacune de leurs semences il sor­ tait autant de nouvelles productions se reproduisant denouveau et de nouveau, après un certain nombre dannées le ~lobe entier en serait rempli, et si les productionsétalent encore continuées, un grand nombre de globes en seraient remplis, et cela à linfini; compte dune seule semence des milliers de semences, et multiplie les mil­liers par des milliers, et ainsi de sui te dix fois, vingt fois,cent fois, et tu verras, Limage de lEternel est pareille­ment aussi dans ces formes; les semences se propagentdannée en année, et les propagations ne cessent jamais;elles nont pas cessé depuis la création du Monde jusquàprésent, et elles ne cesseront point durantléLernïLé. Cesdeux choses sont des indices éminents et des signes cer­tains que tout dans lunivers a été créé pal un DieuInfini et Eternel. Outre ces images de lInfini et de lEtre­nel, il y a encore une ima9e de lInfini et de lEternel dansles varlétés, en ce quil n est jamais possible que danslunivers créé rl y ail une substance, un état ou un objet,qui soit le même quun autre, ou identique avec un autle;ni dans les atmosphères, ni dans les terres, ni dans lesformes qui en tirent leur oligine, ni par conséqu ent par­mi tous les objets qui remplissent lunivels, il ne peut pasêtre produit durant léternité une chose qui soilla mêmequune autle : on le voit bien clairement dans la variétédes faces de tous les hommes, en ce quil nyen a pas unesur tout le globe, et que durant léternité il ne peut pas "1en avoir une, qui soit la même quune autre, ni par conse­quent un mental (animus), dont la face est le type, quisoit le même quun autre.
  • 169. SUR LE DIVIN AMOUR 1.69 Toutes les choses de lunivers créé, considérées daprès les usages, représentent en image lhomme; et cela atteste que Dieu est homme. 319. Lhomme a été appelé Microcosme par les Anciens,parce quil représente le Macrocosme, qui est lUniversdans tout le complexe: mais aujourdhui lon ne sait paspourquoi lbomme a été ainsi appelé par les Anciens; cartout ce qui se manifeste de lUnivers ou du Macrocosmeen lui, cest seulement que du Règne animal et du Règnevégétal de lunivers il se nourrit et vit quant au corps,que daprès sa chaleur il est tenu en éta t de vi 10, que parsa lumièr-e il voit, et que par ses atmosphères il entend etrespire; mais cela ne fait pas que lhomme soit un micro-cosme, de même que lunivers avec tout ce qui le consti-tue est le Macrocosme. Si les Anciens ont appelé lHommeMicrocosme ou petit Univers, ils ont puisé cela dans lascience des correspondances dans laquelle avaient été lesTrès-An03iens, et dalls la communicatioll avec les angesdu Ciel; car, daprès les objets visibles qui les entourent,les Anges du Ciel savent que toutes les choses de luni-vers, considérées quant aux usages, représentent en imagelhomme. 320. Mais que lhomme soit un Microcosme ou petit Uni-vers, par cela que lunivers créé, considéré quant aux usa-ges, est en image lHomme, cest co qui ne peut venir dansla pensée, ni par suite dans la science de qui que ce soitdaprès lidée de lUnivers considér-é dans le Monde spiri-tuel ; cela ne peut donc être confirmé que par lAnge quiest dans le Monde spirituel, ou par quelquun à qui il aitété donné dêLre dans ce Monde, et de voir les choses quiy sont; comme cela ma été donné, je peux révéler cetarcane daprès ce que jy ai vu. 321. Il faut quon sache que le Monde spirituel dans lap-parence externe est absolument semblable au Monde na-turel; il Y apparait des t~rres, ùes montagnes, des colli-nes, des vallees, des plames, des campagnes, des lacs,des fleuves, des fontaines, comme dans le Monde natu-rel; ainsi, toutes les choses qui sont du Règne minéral:il y apparait aussi des paradis, des jardins, des bocages,
  • 170. 170 LA SAGESSE ANGÉLIQUE des forêts, dans lesquels il y a des arbres et des arbris­ seaux de tout genre avec fruits et semences, et aussi des plantes, des fleurs, des herbes et des gazons; ainsi, tou­ tes les choses qui sont du Règne végétal: il y apparait des animaux, des volatiles et des poissons de tout genre; ainsi, toutes les choses qui sont du Règne an:mal: lhomme y est Ange et Esprit. Ceci est dit par avance, afin quon sache que lunivers du Monde spirituel est absolument semblable à lunivers du Monde naturel, avec h seule différence que les choses qui sont là ne sont ni fixes ni stationnaires comme celles qui sont dans le Monde natu­ rel, parce que là rien nest naturel, mais tout est spiri­ tuel. 322. Que lunivers du Monde spirituel représente en image lhomme, on peut le voir clairement en ce que tou­ tes les choses dont il vient dêtre parlé, Nô 321, apparais­ sent au vif et existent autour de lange et autour des so­ ciétés angéliques, comme produites çu créées pal eux; elles restent autour deux, el ne sen éloignent point:"quelles soient comme produites ou créées par eux, on le voit en ce que, quand lAnge se retire, ou quand la société passe ailleurs, elles napparaissent plus; puis, en ce que, quand dautres Anges viennent à leU place. la face de toutes choses autour deux est changée; les jardins para­ disiaques sont changés quant aux arbres et aux fruits; les parterres, quant aux roses et aux semences; les plai­ nes, quant aux herbes et au gramen; et aussi les espèces danimaux et de volatiles sont changées. Si de telles cho· ses existent et sont ainsi changées, cest parce que toutes ces choses existent selon les affections des anges et selon leurs pensées pr-ovenant ùes affections, car ce sont des correspondances; et comme les choses qui correspondent font un avec ce à quoi elles correspondent, cest pour cela quelles en sont une image représentative. Limage elle­même napparait pas quand Loutes ces choses sont consi­ dérées dans leurs formes, mais elle apparaît quand elles sont considérées dans les usages. Il ma été donné de voir que les Anges, quand leurs yeux étaient ouverts pal le Seigneur, et quils voyaient ces choses daprès la corres­ pondance des usages, p,e reconnaissaient et se voyaient eux-mêmes en elles. 323. Maintenant, puisque les choses qui exi3tentautoUl
  • 171. SUR LE DIVIN AMOUR 171 des anges selon leurs (lffections et leurs pensées, repré- sentent une sorte dunivers, en ce quelles sont des terres,des végétaux et des animaux, et puis quelles font uneimage représentative de lAnge, on voit clairement pour- quoi les Anciens ont appelé lhomme microcosme. 324. Quil en soit ainsi, cela a été confirmé en beaucoup dendroits dans les ARCANES CÉLESTES et aussi dans le TraitéDU CTEL ET DE LENFER, et même ça et là dans ce qui précède,quand il a été question des correspondances: il y a aussi été montré quil ny a rien dans lUnivers créé, qui nait une correspondance avec quelque chose de lhomme, non-seulement avec ses afleeLions et par suite avec ses pensées,mais aussi avec les organes et les viscères de son corps, nonavec eux comme substances, mais avec eux comme usages.De là vient que,dans la Parole, lorsquil sagitde lEglise etdelhomme de lEglise, il est si souvent fait mention darbres, ~els quoliviers, ceps et cèdres, et de jardins, de bocages etde forêts, comme aussi danimaux de la terre, doiseaux duciel et de poissons de la mer; il Y ost fait mention de ceschoses, parce quelles correspondent, et quelles font unpar correspondance, ainsi quil a été dit; cest même pOUlcela que, quand ces choses sont lues dans la Parole parlhomme, les Anges ne les perç.:>ivent point, rp.ais à la placeils perçoivent l.l!,;glise, ou les hommes de lEglise quant àleurs états. 325. Comme toutes les choses de lunivers représententen image lhomme, Adam. est décrit quant à la sagesse età lintelligence par le Jardin dE~len, où étaient des albresde toute espèce, et aussi des fleuves, la pierre précieuseet lor, puis des animaux, auxquels il donna des noms; partouLes ces choses sont entendues celles qui étaie,nt chezlui, et faisaient ce qui est nommé lhomme. Dans EzécltielXXXI. 3 à 9, des choses presque semblables sont ditesdAschur, par qui est signifiée lEglise quant à lintelligen-ce ; el de Tyr, par qui est signifiée lEglise quant auxconnaissances du bien et du vrai, - Ezéchiel, XXVIII. 12,13. 326. Daplès ces explications, on peut voir que toutesles choses de lUnivers, considérées daprès les usages,représentent en image lhomme, et que cela atteste queDieu est Homme; car ces choses, dont il vient dêtre fait
  • 172. 172 LA SAGE~SE ANGÉLIQUEmention, existent autour de lhomme-ange, non daprèslAnge, mais daprès le Seigneur par lAnge; en effet,elles existent daprès linflux du Divin Amour et <k-laJ2i­,:ine ~agesse du S!:ligneur ifârïSTAnge, quCë-st -récipient;et devant ses yeux il est produit comme une création delUnivers; par là les Anges connaissent que Dieu estHomme, et que lUnivers créé, considéré quant aux usages,est limage de Dieu,Toutes les choses qui ont été créées pa? le Seigneu? sont des usages; et elles sont des usages dans lo?dre, dans le deg?é et dans le ?apport, où elles se ?éfè?ent à lhomme, et par lhomme au Seigneur a quo. 327. Il a été dit ci-dessus sur ce sujet, que par Dieu­Créateur il ne peut exister aulle chose que lusage, N° 308 ;que les usages de toutes les C1l0SflS qui ont été créées mon­tent par deglés depuis les derniers jusquà lhomme, etpar lhomme jusquà Dieu i::réateura quo (de qui tout pro­cède), N°S 65 à 68; que dans les derniers existe ]a fin dela création, qui est, que toutes choses reLournent à DieuCréateur, et quil y ait conjonction, N° 167 à 172; que leschoses sonL des usages, en tant quelles se LOUlnellt versle Créateur, N° 307; que le Divin ne pmli quêtre et existerdans dautres créés pal Lui, N° 47 à 51; que toutes leschoses de lUniveTs sont des récipienLs selon les usages,eL cela selon les degrés. N° 58; que lunivers, considérédaplès les usages, est limage de Dieu, No oH; outre plu­sieurs autres choses; de lit résulte évidemment cette vé­rité que toutes les choses, qui ont éLé créées par le Sei­gneur, sont des usages, et quelles sont des usages danslordre, dans le degré et dans le rapport, où elles se refèrent à lllOmme, et par lhomme au Seigneur a quo. Il resteà dire ici quelque chose en particulier sur les usages. 328. Par lhomme auquel les usages se réfèrent, il estentendu non-seulement un homme, mais aussi une réu­nion dhommes, une société petite, et une société grande,comme une république, un royaume, un empire, et aussila société la plus grande qui est tout le monde, car celui­ci et ceux-là sont un homme: il en est de nlême dans lesCieux; tout le Ciel angélique devanL le Seigneur est com­
  • 173. SUR LE DIVIN AMOUR 173me un seul Homme, pareillement chaque Société du Ciel,de là vient qUG chaque Ange est homme; quil en soitainsi, Oll le voit dans le Traité DU CIEL ET DE LENFER, N°S68 à 103. Daprès cela, on voit clairement ce qui est en-tendu dans ce qui suit par lhomme. 329. Par la fin de la Création de lUnivers on peut voirce que ces t que les usages: La fin de la création de lu-nivers, cest que le Ciel Angélique existe; et comme leCiel Angélique est la fin, lHomme ou le Genre Humainlest aussi, puisque de lui est composé le Ciel; il suit delà que toutes le~ choses qui ont éte créées sont des finsmoyennes, et que ces fins sont des usaOes dans lordre,dans le degré et ùans le rapport, où elles se refèrent àlhomme, et par lhomme au Seigneur. 330. Puisque la fin de la création est le Ciel Angéliqueprovenant du Genre Humain, ainsi le Genre Humain, lesfins moyennes sont par conséquent toutes les autres chosesqui ont été créées; lesquelles, parce quelles se refèrent àlhomme, regardent c.es Trois choses de lhomme, sonCorps, son Rationnel et son Spirituel, pOUl la conjonctionavec le Seigneur: en effet, lhomme ne peut être conjointau Seigneul,sil nest spirituel; et il ne peut être spirituel,sil nest rationnel; et il ne peut être rationnel, si le corpsnest pas dans un état de santé; ces choses sont commeune Maison, le Corps est comme le fondement, le Ration-nel est comme la maison construite dessus, le spilituelest comme les choses qui sont dans la maison, et la con-jonction avec le Seigneur est comme lhabitalion, On voitpar là (~1l qllel ordre,quel degré Ht quoI lapporUes usages,qui sunt les fins moyennes du la Création, se réfèlent illhomme, savoir, pOUl soutenir son Corps, pOUl perfec-tionner son rationnel, et pour recevoir du Seigneur leSpirituel. 331. Les usages POU? soutenir le Corps se réfèren t à sa Nourriture, son Vêtement, son Habitation, son Délasse-ment et son Amusement. sa Défense. et la Conservation de létat. Les usages, créés pour la Nourriture du corps,sont toutes les choses du Hègne végétal, qui concernentle manger et le boire, comme fruils, raisins, semences,légumes et herbes; et toutes celles du Règne animal, qui sont mangées, comme bœufs, vaches, veaux, cerfs, brepis,chevreaux, chèvres, agneaux, et le lait qui en provient;
  • 174. 174 LA SAGESSE ANGtLIQUEpuis aussi des oiseaux el des poissons dun grand nombredespèces. Les usages créés pour le vêtement du corpssont aussi plusieurs choses tirées de ces deux Règnes:pareillement les usages pour lHabitation, et aussi pourle Délassement, lAmusement, la Défense et la Conserva­tion de létat; ces choses ne seront point énumérées, parcequelles sont connues, et parce que leur recensement seulremplirait des pages. Il y a, il est vrai, beaucoup de cho­ses qui ne sont point utiles à lhomme; toutefois les cho­ses superflues nenlèvent point lusage, mais font que lesusages persistent. Il y a âussi labus des usages, maislabus nenlève point lusage, de même que la falsificationdu vrai nenlève point le vrai, si ce nest seulement chezceux qui font la falsification. 332. Les usages POU? pe?(eclionne? le Rationnel son t tou­tes les choses qui enseignen t ce dont il vient dêtre parlé,et qui sont nommées f>ciences el études, lesquelles seréfèrent aux choses Naturelles, Economiques, Civiles etMorales, qui sont puisées soit chez les parents et les maî­tres, soit dans les livres, soit dans le commerce avec lesautres, soit en soi-méme par des réflexions. Ces chosesperfectionnent le Halionnel, en tant quelles sont des usa­ges dans un degré supérieur, et elles restenten tant quellesso:1t appliquées à la vie. Enuméler ces usages serait inu­tile, tant à cause de leur grand nombro, quà cause deleur rapport varié avec le bien commun. 333. Les usages POtt? ?ecevoi? du Seigneu? le spirituetsont toutes les choses qui appartiennent à la Heligion, etpar suite au Culte, ainsi celles qui enseignent la recon­naissance et la connaissance de Dieu, la connaissance etla reconnaissance du bien el du vlai, et ainsi la vie éter­nelle; ces cl,oses, de même que les instructions, sont pui­sées chez les parents, chez les maîtres, dans les prédica­tions et dans les livres, et rrincipalement par lattache­ment à y conformCl sa vie; dans le Monde Chrétien, parles Doctrines et les prédications daprès la Parole, et parla Parole daprès le Seigneur. Ces usages, dans leur ex­tension, peuvent être décrits par les mêmes choses par les­quelles les usages du corps lon tété; ainsi, par la nour­riture, le Vêtement, lhabitation, 10 délassement et lamu­sement, la défense et 12 conservation de létat, pourvuquelles soient appliquées à lâme, la nourriture aux biens
  • 175. SUR LE DIVIN AMOUR 17bde lamour, le vêtement aux vrais de la sagesse, lhabita­tion au ciel, 10 délassement et lamusement fi la félicitéde la vie et à la j oie céleste, la défense aux maux qui infes­tent, et la conservation de létat à la vie éternelle. Toutesces choses .sont données par le Seigneur, selon que lonreconnaît que toutes celles qui appartiennent au corpssont données aussi par le Seigneur, et que lhomme estseulement comme un serviteur et un ministre économeétabli sur les biens de son Maitre. 334. Que ces choses aient été données à lhomme pourquil en eût lusufruit, et que ce soient des dons gratuits,on le voit clairementdaprès létat des Anges dans les Cieux;les Anges ont unCorps, un HaLionnel et un Spirituel, commeles hommes de la terre; ils sont nourris gratuitement, carchaque jour il leur est donné de la nourriture; ils sontvêtus gratuitement, cal il leur est donné des vêtements;ils sont logés gratuitement, car il leU! est donné des mai­sons; et ils nont aucun souci pOUl tauLes ces choses, etautant ils sont rationnels-spirituels, auLant il y a pOUl euxamusement, défense et conservation de létal. La difIélenceest que les ang(s voient que ces choses viennent du Sei­gneU!. parce quelles sont cléées selon létat de leuramour el de leur sagesse, comme il a été montré danslArLide précédent, NO} 322, et que les hommes ne le voient pas, parce quelles reviellnent chaque année, et existentnon pas selon létat de leur amoul et de leur sagesse, mais selon leurs soins. 335. Quoiquil sail dit quelles sont des usages, parceque par lhomme elles se réfèrent au SeigneU!, néanmoins on ne peut pas dire que les usages viennent de lhomme pour le Seigneur, mais ils viennent du SeigneU! pour lhomme, parce que tous les usages sont. infiniment un dans le Seigneur, et il nyen a aucun dans lhomme si ce nest daprès le Seigneur; cal lhomme ne peut fairele bien daprès lui-même, mais il le fait daprès le Sei­gneU!; le bien est ce qui est appelé usage. Lessence delamour spirituel est de faire du bien aux autres, non pour soi mais pour eux; infiniment plus lEssence du Divin A.mour. Cela est semblable à lamour des parents envers les enfants, en ce que daprès lamoU! ils leur font du bien, non pour eux-mêmes mais pour leurs enfants; cela se manifeste clairement dans lamour dune mère en­
  • 176. 176 LA SAGESSE ANGÉLIQUEvers ses en,fants. On croit que le Seigneur, parce quondoit ladorer, lui rendre un culte et le glorifier, aime ra·doration, le culte et la gloire pour Lui-Même; mais il lesaime pour lhomme, parce que lhomme par là vient dansun état, où le Divin peut influer et être perçu, car par làlhomme éloigne le propre qui empêche linflux et la ré­ception ; en effet, le propre, qui est lamour de soi, en­durcit le cœur et le ferme; cela est éloigné par la recon­naissance que par soi-même il nest rien fait que du mal,et que par le Seigneur il est rien fait que du bien; de làlatLend