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La Guerre au Pays de Fouesnant -  y5esx
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La Guerre au Pays de Fouesnant -

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  • 1. Pierre HERVÉ Souvenirs d’un enfant pendant la guerre 1939-1945 Je suis arrivé à l’école primaire de Pleuven au mois d’octobre 1939. Le 3 septembre la guerre avait été déclarée à l’Allemagne ; elle allait durer plus de cinq ans. Le premier jour d’école se passa très mal. Lorsque j’arrivai dans cette école, je ne parlais pas un mot de français. Ma mère avait bien essayé de m’apprendre cette langue, mais ce qui avait été appris un jour était oublié dès le lendemain. De plus, je ne connaissais personne, j’étais perdu. Les autres se moquaient de moi : « Imbécile ! Crétin !…» J’avais envie de rentrer à la maison, mais qu’aurait dit la mère ? Il était préférable pour moi de rester. L’institutrice, une femme de Brest, ne connaissait pas le breton ; moi, j’ignorais le français. Il était donc bien difficile de nous comprendre. Ainsi, je fus mis au fond de la classe. On ne me demandait rien, mais j’écoutais les autres répéter : « B-a ba, B-i bi, B-o bo… ». Deux ou trois mois après, la maîtresse étant malade, un garçon de ma parenté, élève de la grande classe, fut désigné pour surveiller la nôtre. Il prit la longue baguette et me demanda de lire les mots écrits au tableau noir. Les autres ricanaient, mais ils furent bien étonnés : je lus tout de suite et sans faire de faute. Je savais lire ! L’école. Elle comprenait deux bâtiments : L’un longeait le bord de la route qui va de la place du bourg à la grande route Fouesnant-Quimper. Il y avait là une classe à deux divisions. L’autre bâtiment comprenait trois classes, une pour les petits, la seconde pour le cours élémentaire, la troisième avec deux divisions dont l’une pour les élèves en âge de se présenter au certificat d’études. On demandait alors beaucoup de travail aux écoliers. Que devions-nous apprendre ? L’arithmétique, la dictée avec des questions sur le texte et la grammaire, histoire, géographie ; la journée d’école terminée, des devoirs à faire à la maison, des leçons à apprendre… Il ne fallait pas perdre de temps. Quoi d’autre encore à l’école ? Deux cours, une pour les garçons, l’autre pour les filles, avec chacune un préau. La mairie se trouvait dans un angle de l’école. Il y avait aussi deux jardins avec des légumes et des fleurs. Près de l’église. Chaque jeudi, nous allions au catéchisme. Le prêtre enseignait dans l’église, et, quand le temps était trop froid, dans la sacristie, un peu plus chaude. Le dimanche était le jour des messes. Nous étions tenus d’assister soit à la messe basse, soit à la grand’messe, pour faire signer une fiche de présence. Trop d’absences pouvait priver de première communion. Maintenant, à l’église, les hommes et les femmes se trouvent mêlés. A l’époque, les hommes occupaient le côté droit de la nef ; les femmes, les unes vêtues à la mode de Fouesnant, les autres habillées « comme à la ville », c’est-à-dire ne portant pas le costume breton, et la tête chapeautée, se mettaient sur le côté gauche de l’église. 1/8
  • 2. M. HERVÉ a rédigé son texte d’abord en breton, puis en français. Nous présentons les deux versions en vis à vis, la première sur les pages de gauche, la seconde sur les pages de droite. Envorioù ur c’hrouadur e-pad ar brezel 1939-1945 Degouezhet e oan er skol kentañ derez e Pluwenn e miz here 1939. D’an 3 a viz gwengolo, e oa diskleriet ar brezel d’an Alamagn, hemañ a bado muioc’h evit pemp bloaz.. Tremenet e oa fall-tre an devezh skol kentañ.. Pa oan deuet er skol-se, ne ouien ket tamm galleg ebet. Ma mamm a glaskas deskin ar yezh-se din, ar pezh desket a veze disoñjet an deiz war-lerc’h..Hag ivez ne anavezen den ebet, kollet e oa ar paotr. A re all a rae goap : “Ginaoueg, skudell ! ” C’hoant am boa da vont d’ar gêr, met petra a lavaro ar vamm ? Gwelloc’h din chom amañ. Ar skolaerez, ur vaouez eus Brest, ne ouie ket brezhoneg, ha me ne ouien ket galleg : diaes-tre neuze en em gomprenn. Evel se e oan bet lakaet e traoñ ar c’hlas ; ne veze ket goulennet netra ganin, met selaou a raen re all o adlavaret B-a Ba, B-i Bi, B-o Bo, …Daou pe dri miz warlerc’h, unan eus ma c’herentiezh, skoliad er c’hlas diwerzhañ, a oa lakaet da eveshant ma c’hlass, ar vestrez a oa klañv. Degouezhet er c’hlas-se, hemañ a gemeras ur wialenn hir, ha c’houlenne ganin lenn gerioù skrivet war an daolenn du . A re all a vousc’hoarzhhe, met souezhet e oant bet, lennet em boa gerioù, diouzhtu hep fazi ebet : deskiñ lenn em boa graet ! An ti-skol Daou savadur a oa en ti-skol : unan lec’hiet war ribl an hent a ya eus plasenn ar vourc’h betek hent bras Foen-Kemper. Aze e oa ur c’hlas gant div rann, hag er savadur all e oa tri c’hlas : unan evit ar re vihan, ur c’hlas all evit ar skolidi brasoc’h, hag ar c’hlas diwezhañ gant div rann, unan evit ar re a oa en oad da vont da dremen an testini a studi. Goulenn a reer, neuze, kalz labour gant an skolidi. Petra a veze da zeskin ? Niveroniezh, ur skrivadenn gant goulennoù dre skrid ha yezhadur, istor, douaroniezh, ha goude echuet an devezh skol, er gêr, deverioù da ober, kentelioù da zeskin. Ne veze ket amzer da goll ! Petra e oa c’hoazh en ti-skol ? Bez e oa daou borzh, unan evit ar baotred, hag egile evit ar merc’hed, gant pep heni ur disglavier; an ti- kêr a oa neuze e korn an ti-skol ; bez e oa ivez div liorzh gant legumaj ha bleunioù. E-kichen an iliz Bep yaou, e veze katekiz evit ar vugale. An person a c’helenne en iliz, ha pa veze amzer re yen, ar c’hatekiz a veze graet er sakristin, un tammig tommoc’h. Ar sul a oa devezh an oferennoù. Oblij e oant mont d’an oferenn-vintin, pe d’an oferenn-bred, rak ur gartenn ranke bezañ sinet. Re a ziankadennou , pask kentañ ebet. Bremañ, en iliz, gwazed ha merc’hed a vez kemmesket ; neuze, en em lakae ar wazed war tu diou, hag ar merc’hed, lod gwisket e-giz Foen, lod all gwisket e-giz kêr, fennoù goloet, en em lakae en tu kleiz d’an iliz. 2/8
  • 3. Maintenant, une histoire vraie. Une fois, j’avais sept ans, je me trouvais dans l’église aux environs de Pâques. Pour que faire, je l’ai oublié. Je regardais des gens disparaissant derrière un rideau. Ils restaient ainsi un petit moment, puis reparaissaient et se mettaient en prière. Que signifiait cela ? Il fallait que j’en aie le cœur net, et faire comme eux. Le vieux prêtre ouvrit le guichet, jeta un coup d’œil, et bondit hors de son confessionnal : « Qu’est-ce que tu fais ici ? » J’étais effrayé et restai muet. Le recteur, me montrant la porte de l’église, me dit alors : « Tu es encore trop jeune pour te confesser ! » Autres travaux… En plus du travail scolaire, on confiait aux enfants d’autres tâches. Par exemple, ramasser les doryphores. Arrivés les mois d’avril et mai, les enfants des écoles étaient envoyés en groupe « cueillir » les doryphores dans les champs ensemencés en pommes de terre. Il s’agissait d’abord de capturer les insectes, ensuite de couper les feuilles où se trouvaient leurs œufs : ceux-ci devaient être détruits avant l’éclosion des larves, particulièrement voraces, qui avaient vite fait de dévorer les feuilles. Il nous fallait aussi ramasser les vieilles ferrailles et métaux non ferreux. Écoutez cette conversation entre un enfant et sa mère : - Où vas-tu avec ce morceau de fer ? - L’institutrice nous a dit de ramasser du fer, de la fonte, du cuivre, et de les porter jusqu’à l’école. - Pour quoi faire ? - Je ne sais pas, elle ne nous l’a pas dit. - Moi je sais ; ce morceau de fer restera ici ! - Mais que dira la maîtresse ? - Rien, certainement. Il est temps que tu ailles te laver les mains, tu es sale comme un cochon ! Le bourg A cette époque, le bourg n’était pas aussi important que maintenant.. Il n’y avait aucune maison sur le côté gauche de la grand’route Fouesnant-Quimper. Même chose sur les chemins de Pont-Couloufant et de Saint-Thomas ; mais les commerces étaient plus nombreux : Un marchand de grains, trois boulangeries, un tailleur, une couturière avec un magasin de vêtements, un menuisier, un forgeron avec un atelier pour réparer les bicyclettes, un bureau de tabac avec journaux, dont les deux quotidiens régionaux : « L’Ouest-Éclair » devenu « Ouest-France » après le départ des allemands, et « La Dépêche de Brest » actuellement « Le Télégramme ». Il existait au bourg, avec ou sans autre commerce, dix cafés ! A l’entrée du bourg, à l’automne, un bouilleur de cru travaillait, près d’une source qui alimentait en eau son appareil. A l’endroit où se trouvent maintenant des bâtiments neufs tels que la Poste, le salon de coiffure, s’élevait alors un mur long et haut. Pleuven possédait également une étude de notaire. Événements de guerre L’école alors commençait au début d’octobre. Le 3 octobre 1942, je m’en souviens bien, l’institutrice de ma classe, Mme Pennec, fut appelée dans la cour : nous ne savions pas par qui. Revenue dans sa classe, elle ne nous dit rien. Ce n’est qu’après que nous avons su que M. Tressard avait été arrêté dans sa classe. Il était âgé alors de vingt-quatre ans. Déporté en Allemagne, il a perdu la vie à la gare d’Elrich, en Thuringe, le 11 avril 1945, après deux ans et sept mois de misère*. 3/8
  • 4. Breman, un istor gwir : Ur wec’h, war dro Pask, e oan en iliz ; seizh vloaz e oan. Evit ober petra, disonjet em eus. Sellout a raen ouzh tud o vont a-dreñv ur rideoz, chom a raent ur pennadig, ha goude en em lakaat war bennou o daoulin da bediñ. Petra a oa amañ ? Mont a raen da welout, n’e oa ket den araok. Ar person kozh a zigoras an dorikell, un taol lagad, hag ar person dont founus tre er-maez eus e gador-gofez, en doa goulennet ganin :”Petra emaout oc’h ober amañ ?” Mut ha spontet a oan. Ar beleg o teskin din toull an nor an iliz a lavare : “Re yaouank out evit kofes c’hoaz !” Labourioù all goulennet d’ar vugale Ouzpenn labouriou skol, e c’houlenner ober traoù all gant ar vugale, da skouer, dastum amprevaned anvet « doryphores » e galleg. Degouezhet miz ebrel pe miz mae, e veze kazet ar vugale eus ar skoliou er parkeier dindan avalou-douar. Petra a raemp ? Al labour-se n’e oa ket diaes d’ober : da gentan, dastum amprevaned, a goude-se, troc’han an deliou ma oa viou, ar re-mañ a ranke besañ distrujet a raok dezho diglorañ, rag an amprevadennou a oa marlonk, deliou an avaou-douar na badent ket pell outo. Oblijet e oamp da zastum metal ivez. Selaouet ur diviz etre ur c’hrouadur hag e vamm : Da belec’h emaout o vont an tamm houarn-mañ ganit? - Ar skolaerez he deus lâvaret deomp dastum houarn, kouevr, houarn-teuz, ha degas anezho betek an ti-skol. - Evit ober petra ? - N’ouzon ket, n’he deus ket lâvaret deomp. - Me a oar, an tamm houarn-mañ a chomo amañ ! - Met petra a lavaro ar skolaerez ? - Netra ! Poent eo dit mont da walc’hiñ da zaouarn, lous out evel ur pemoc’h ! - Ar vourc’h Er mare-se n’oa ket ar vourc’h ken bras ha bremañ, ne oa den ebet o chom en tu kleiz d’an hent-bras Foen-Kemper. Memes tra war an hentou da Sant-Thomas ha Pont-Couloufant, met muioc’h kenwerzhiou a oa : ur marc’hadour greun, teir stal-vara, ur c’higerezh, ur c’hemener, ur wrierez gant ur stal dilhad, ur c’halvez, ur gov gant ur stal labour evit renkañ marc’h-houarnou, ur burev butun gant kazetennou. Neuze e oa div kelaouen bemdeziek : « L’Ouest-Éclair » anvet « Ouest-France » ur wec’h aet an Alamaned kuit, ha «La dépêche de Brest anvet « Le Télégramme » goude.Bet oa dek ostaleri er vourc’h a rae lod diouto kenwerzh diwar marc’hadourezhiou all. Tost d’ar vourc’h e vezet kavet : en diskar-amzer, ul lambiger e-kichen ar feunteun ( stivel ) evit dezhañ kaout dour. E lec’h zo breman savaduriou nevez e giz an ti-post, ti ar perukenner, e oa neuze ur voger hir hag uhel ; bez oa un noter ivez. Darvoudou ar brezel. A benn neuze e kroge ar skol e penn kentan miz here, sonj mat am eus eus ar skolaerez eus ma c’hlas, an Itron Pennec, a oa bet galvet er porzh d’an 3 a viz here 1942, ne ouien ket gant piv. Deut en-dro er c’hlas, he ne lavare netra. Goude e oa bet lavret deomp e oa bet harzet an Aotrou Tressard .An den-se, oadet a bevar bloaz warn-ugent neuze, bet tapet er skol e Pluwenn ha harluet d’an Alamagn. En doa kollet e vuhez e porzh-houarn Elrich ( Thuringe ) d’an 11 a viz ebrel 1945, goude daou vloaz ha seiz miz a viser. 4/8
  • 5. Le 11 août 1943, aux environs de trois heures de l’après-midi, je me trouvais dans le champ de mes grands-parents. Soudain, j’entendis un bruit de moteurs d’avion, et aussi des détonations : au-dessus de ma tête se déroulait un combat entre deux petits avions et un autre beaucoup plus gros. Les petits, hargneux comme des guêpes, tiraient sur le grand appareil. Ils se dirigeaient vers la mer. Le lendemain, j’entendis la nouvelle qu’un avion américain était tombé dans un champ près de la chapelle Saint-Thomas. Quatre aviateurs américains furent trouvés, morts, dans l’appareil. Un cinquième, indemne malgré cette chute brutale, fut secouru et caché par un marchand de poissons demeurant à Toul an Bic. Beaucoup de personnes assistèrent aux obsèques des quatre aviateurs tués au combat. La place était noire de monde. En dehors de l’église, un officier allemand fit une allocution devant les quatre cercueils portant chacun un casque. Au mois d’août 1944, des soldats allemands venant de Bénodet se dirigeaient vers Concarneau. Avant de quitter Bénodet, ils avaient fait sauter le grand phare. Arrivés à Fouesnant, ils furent attaqués par la Résistance. Une femme, l’épouse d’un facteur, fut tuée en traversant la route. Plusieurs maisons furent incendiées. Retour de mon père, prisonnier de guerre Le 30 avril 1945, je fus appelé par l’instituteur qui surveillait les enfants déjeunant à la cantine ( celle-ci était alors au milieu du bourg ). Il me dit : « Ton père esr revenu à la maison ! » ; Je rentrai vite à la maison, ayant hâte de revoir mon père. Il avait été pris par les Allemands aux alentours de Sedan. Il est resté cinq ans et demi derrière les barbelés ; son camp se trouvait en Prusse Orientale, une région qui fait maintenant partie de la Pologne. Les gens aidés par les bêtes ! Au mois de septembre 1944, je fus réveillé au milieu de la nuit par un bruit au-dehors. C’était ma chatte qui miaulait. Que se passait-il ? La porte ouverte, la chatte bondit dans la maison, un lièvre dans la gueule. Lavé et préparé, ce lièvre fit un bon repas, car nous ne mangions pas souvent de viande à cette époque. Par la suite, la chatte nous amena souvent du gibier. Mais quand mon père est rentré, elle n’a plus apporté ni lièvre, ni lapin. Peut-être pensait-elle : « Mon travail est terminé ! A toi maintenant, ton tour est venu ! » Qui sait ? Conclusion On dit souvent : « Le bon vieux temps… » Ce n’est pas vrai. Il n’y avait alors d’eau courante nulle part ; les gens devaient aller chercher de l’eau au puits. Aux environs de 1950 le courant électrique n’était pas encore arrivé dans beaucoup de maisons. On s’éclairait à la lampe à pétrole. Peut-être existait-il deux ou trois téléphones dans la commune** ; maintenant, on peut en avoir un dans chaque poche. Ceux qui possédaient un poste de radio écoutaient la B.B.C. de Londres, bien que ce fût défendu : Verboten, disaient les allemands. Le canton comptait quatre médecins : deux à Fouesnant, un à Bénodet, un à La Forêt ; deux pharmacies, l’une à Fouesnant, l’autre à Bénodet. A cette époque, la scolarité était courte : pour la majeure partie des écoliers, elle s’achevait le jour du Certificat d’études. Maintenant, il existe des écoles pour apprendre un métier, ou obtenir des diplômes plus élevés. • Voir N° 19 et 20 de Foen Izella ; ** Voir N°17. 5/8
  • 6. D’an 11 a viz eost 1943 war-dro teir eur diouzh an abardaez, e oan e park ma zud kozh. Un taol, am boa klevet, trouz kefluskerioù karr-nij, ha tennoù ivez : a-us ma fenn ; un emgann e oa etre daou garr-nij hag un all kalz brasoc’h. A re vihan a oa tagus, e-giz gwesped, o tennañ war ar lestrad-nijered eus an ardivink bras. Mont a raen etrezek ar mor. Antronoz, am boa klevet : ur c’harr-nij amerikan a zo kouezhet war ur park tost d’ar chapel Sant-Tomaz. Pevar den a oa bet kavet, marv, en ardivink ; unan, bev c’hoazh goude ur gouezhadenn ken kreñv ; ha pa oa aet kuit, kuzhet ha sikanet gant ur marc’hadour-pesked o chom e Toull an Big. Leiz a dud a oa deut d’an interamant ar pevar soudard lazhet en emgann. Goloet e oa ar blasen gant tud. E-maez an iliz, un ofisour alamaneg a rae ur diskleriadur dirak pevar arched, un tokarn lakaet war pep hini... Emgannoù :E miz eost 1944, an alamaned o tont eus Benoded a oa o vont etrezek KonkKerne. A raok mont kuit eus Benoded, o doa pilet an tour-tan, an hini ueloc’h. Degouezhet e Foen, e oa bet taget an alamaned gant ar Stourm. Ur vaouez, gwreg da paotr al lizheroù a oa bet lazhet en ur dreuziñ an hent ; kalz tiez a oa bet devet. Distro ma zad, prisoner-brezel D’an 30 a viz ebrel 1945, oan bet galvet gant ar skolaer a eveshae bugale gant o merenn en dinell ; homañ a oa e-kreiz ar vourc’h neuze. Hag en da lavaret din : :”Da dad a zo deut d’ar gêr” Aet e oan buan d’ar gêr, tizh warnon, mall am boa da welout ma zad. Tapet gant an alamaned war dro Sedan, e chomas pemp bloaz hanter a-dreñv an orjaldreinek ; er c’hamp a oa e Prus. Bremañ emañ ar vro-se e Polonia. Tud sikouret gant loened E miz gwengolo 1944, e kreiz an noz e oan bet dihunet gant trouz er-maez : ma c’hazhez a oa o vioual. Petra a c’hoarveze ? Ur wech digor an nor, ar gazhez da lammat en ti, ur c’had en he geol ; gwalc’het hag aozet, al loen-se a rae ur pred mat, rak na oa ket kalz kig da zebriñ neuz. Goud-se, e tegase jibouez en ti alies. Ur wech deut ma zad d’ar ger, n’eus ket mui degaset na gad, na konifl ebet. Marteze he doa sonjet : “Echuet eo ma labour, dit bremañ d’ober, da dro zo deut ! » Piv oar ? Klozadur Alies e vez lavare : « An amzer gozh mat ». N’eo ket gwir. Er mare se n’e oa ket dour red neblec’h, oblijet e oa an dud mont da glask dour er puñs. War dro 1950, n’oa ket deut an tredan betek kalz tier c’hoaz, an dud a sklerijenne gant lampoù karget gant eoul-maen. Marteze e oa daou pe dri bellgomzer er c’humun ; breman e vez moaien da gaout unan e pep chakod. Skingomzerioù a oa, selaou a rae an dud skingomz Londrez, difenn a oa, Verboten a lavare an alamanted. Pevar medisin a oa, daou e Foen, unan e Benoded, unan er Forest ; breman zo kalz muioc’h diouto. Daou apotikerezh oa, unan e Foen hag egile e Benoded. Er mare-se, e veze berr an amzer da dremen er skol evit an darn vrasañ eus ar skolidi. Ar skoladur a echue da zeiz an testini-studi. Bremañ zo skolioù evit deskin micherioù pe evit mont pelloc’h. 6/8
  • 7. GÊRIOU Adlavarout : répéter Ardivink : machine Diankadennoù : absences Disglavenn : préau Forbannañ : déporter Gov : forgeron Gwialenn : baguette Herzel : arrêter Keflusker : moteur Kouezadenn : chute Kintus : Hargneux Rann : division, section Skouer : exemple Stivell : fontaine Stourm : Résistance Testini a studi : Certificat d’études 7/8
  • 8. La classe de M. Pennec (C.M. et C. M.) en 1945-46 Rangée du bas, de gauche à droite: Denise Renot - Solange Le Floc'h - Louise Trolez ( dame Lahuec ) - Louise Nédélec - Annick Coriou ( dame Tudal ) - Jacqueline Cuzard Bodivit - Georges Cotten - Pierre Bodivit- Alain Guéguen - Le Carre - Yves Rivière - Albert Larzul- Yves Lahuec. Rangée du milieu: Marie- Thérèse Quéau - Annick Duvail- Yvette Hérlédan - Lisette Merrien Yvonne Rannou - Jeanne Bodivit - Jean Quéméré - Pierre Hervé - François Baccon Alain Jan Vincent Larzul- Lucien Capp - Le Carre - Eugène Bodivit - Pierre Coatmen. Rangée du haut: Marie-Louise Le Meur - Marie Quéau- Jeanne Barzic - Jeanine Stervinou (dame Herlédan) - Marie- Thérèse ? (Dame Bodivit) - Marie- Thérèse Caradec - Albert Coriou - Joseph Clorennec - ?- Pierre Bodivit - Christophe Nédélec - Jean-Louis Larzul - ? - L’identification des élèves est due à Lucien CAPP. 8/8