René Bleuzen :
Une vente mobilière à Kerconan en 1802
Inventaires dans le canton de Fouesnant

L'environnement matériel d'...
La revue des troupeaux

Notre propos n'est pas de faire
l'énumération de tous les objets vendus,
certains par lots, mais d...
- 7 F. à Yves Guerriven, crieur,
pour huit journées de vacations;
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Autres Inventaires dans le canton
Parmi ces acheteuses, mesdames Danzé et
Kermoal sont qualifiées par le notaire de
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D'ailleurs, toute une panoplie d'outils suffiraient à un atelier de tonnelier: valet,
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La même année, le 25 mai 1750, une vente
a lieu à Guénolay, en Clohars. Outre le
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Le blé noir permettait la confection des
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On constate dans les grandes
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Faits divers du Pays de Fouesnant - i7l4a

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Faits divers du Pays de Fouesnant - i7l4a

  1. 1. René Bleuzen : Une vente mobilière à Kerconan en 1802 Inventaires dans le canton de Fouesnant L'environnement matériel d'une population est, dans une large mesure, révélateur de son mode de vie. Les objets mobiliers, les outils, les denrées sont autant d’éléments qui contribuent à donner une idée des conditions dans lesquelles se déroulait l'existence à l'époque considérée. Ces renseignements se trouvent essentiellement dans les actes notariaux établis dans les familles au décès de l'un ou l'autre des époux. Les documents de l'étude notariale de Pleuven, déposés aux Archives Départementales par Maître Le Goff, comprennent un nombre considérable d'inventaires, de ventes et d'estimations mobilières enregistrés en l'étude tout au long du XVIII ème et pendant les deux premiers tiers du XIX ème siècle. Il s'agit de situations qui se sont trouvées dans des fermes du canton de Fouesnant et qui apportent des éléments intéressants concernant le monde rural: l'agriculture était alors l'activité essentielle qui conditionnait en outre l'existence des artisans et commerçants. A travers quelques exemples, comparés à une vente importante qui eut lieu à la ferme de Kerconan en 1802, nous voyons apparaître des conditions comparables, généralement prévisibles mais parfois curieuses ou même insolites. Une vente aux enchères à la ferme de Kerconan La ferme de Kerconan, dont les bâtiments se dressent à deux pas de l'église de Perguet, était une des tenues importantes de la commune. Une vente aux enchères de tout le bien mobilier s'y déroula du 5 au 15 thermidor An X de la République. Soyons clair : la vente débuta le samedi 24 juillet 1802, se poursuivit tous les jours de la semaine suivante et se termina le mardi 3 août. L'acte de vente, dressé par Me Clorennec "le jeune", notaire à Pleuven, a été enregistré à Quimper le 19 thermidor An X. Cette vente était réalisée à la suite du décès de François Caradec survenu à Kerconan le 23 pluviôse précédent. Le défunt avait épousé en premières noces Jeanne Le Guen, elle aussi décédée. De ce premier mariage était issu Charles Caradec (né à Kerconan le 12 février 1789, ondoyé le jour même par la sage-femme et baptisé par Jean L'Haridon, curé de Perguet). Les demandeurs étaient Charles Caradec, parrain et tuteur de l'enfant, et Magdeleine Nédélec, seconde épouse du défunt, dont celui-ci avait eu d'autres enfants. Yves Guerriven, demeurant au Lety, en Perguet, avait accepté d'être le crieur de la vente qui commençait, selon l'usage, par tous les objets se trouvant dans l'âtre, et se poursuivit par le mobilier meublant, les outils et le matériel agricole, le cheptel, les réserves de grain, la récolte et les fruits. 1/8
  2. 2. La revue des troupeaux Notre propos n'est pas de faire l'énumération de tous les objets vendus, certains par lots, mais de relever ceux qui nous ont paru les plus significatifs. Quelques exemples : - Le trépied, la crémaillère, les "piguettes" (râteaux à braises) : 8,65 F -4 marres: 3 F. - 2 couteaux de table: 2 F. - Un fanal, un chandelier et une massue: 6 F. - 2 haches et 4 faucilles: 10 F. - Une faux avec son enclume et son marteau: 7 F. - Une marre et un grand bassin d'airain: 12 F. - 2 fusils: chacun 9 F. - Un pistolet: 1 F. - 2 barriques: 5 F. - Plusieurs lits-clos avec leur "accoutrement", vendus à des prix variables, de 17 à 60 F. - Une "table coulante" et un banc dossier: 14 F. - 2 charrettes non ferrées: 27 et 28F. - 2 charrettes ferrées: 72 et 84 F. - 4 draps: 20 F. - Un dévidoir : 6 F. - Un bassin d'airain, un peigne à chanvre: 25 F. - 2 armoires à quatre battants: 16 F chaque. - Du chanvre broyé: 9 F. - 16 barriques, en plusieurs lots, 3 F pièce. - 2 broyeurs : 3 F. - 2 poêles à crêpes: 22 F. - Une pendule: 36 F. - Buffet-vaisselier: 39 F. - 2 armoires à deux battants : 69 et 78 F. - 2 baillots, dont un à buée (lessive) : 18 F. - Une brouette : 5 F. -Une maie : 7,75 F. - Des écheveaux de fil, des couettes, des draps ... Sept vaches sont vendues une par une, à des prix variant de 39 à 54 F. Deux paires de boeufs de labour , 117 et 252 F. ; deux chevaux, 36 et 76 F. ; une jument et son poulain, 81 F. ; un cochon, 60 F . La récolte avec tous les fruits est adjugée 229 F. - 200 fagots: 8 F. - La mesure de blé noir : 39 F. - 2 mesures de seigle: 10 F. La vente terminée, Me Clorennec en compta le produit: 2.704,15 F. Puis il inventoria les papiers de famille découverts dans les tiroirs: contrats de mariage, quittances, prêts, reçus, et il procéda au règlement des créanciers : - 0,80 F. à Michel Lahuec pour avoir creusé la fosse du défunt; 2/8
  3. 3. - 7 F. à Yves Guerriven, crieur, pour huit journées de vacations; - 58,17 F. au percepteur pour contributions de l'année à Perguet ; - 32,80 F. à Pierre Le Noach, domestique, pour gages de l'année; - 8,90 F. à Corentin Golhen, valet, pour gages; - 110,70 F. à Le Goff, chirurgien à Quimper, "pour soins au défunt pendant sa maladie mortelle"; - 70 F. à la citoyenne Berthou, veuve Brindejonc, pour 5 années de rente sur le lieu de Kergoff; - 1,50 F. à Le Goff, meunier, pour farine de froment; - 7,50 F. à Magdeleine Goarin, pour boissons; - 3 F. à Alain Caradec, pour boissons. Le total, soit 432,50 F. prélevé, il restait à partager 2274,13 F. entre les ayants-droit. Charles Caradec en a reçu la moitié revenant à son pupille, "le défunt n'ayant point borné la communauté avec la dite feue Jeanne Le Guen, sa première femme". Magdeleine Nédélec en a eu le quart, distraction faite de 54 F., prix des hardes du défunt et de celles de Jeanne Le Guen. L'autre quart augmenté des 54 F. a été divisé entre les enfants mineurs de Magdeleine Nédélec. (Au sujet des hardes des défunts, relevons qu'elles avaient été adjugées à Jean Le Goff pour 45 F. On peut en déduire, bien que cela ne soit pas mentionné dans l'acte, que Magdeleine Nédélec a donc surenchéri pour les conserver.) Les acheteurs à Kerconan En ces temps où les nouvelles se transmettaient surtout de bouche à oreille, la vente mobilière de Kerconan fit grand bruit. Les acheteurs vinrent de tout Perguet, du bourg de Bénodet et des communes voisines. On ne dénombre pas moins de cinquante adjudicataires. Certains soumissionnent une seule fois, pour un objet bien précis. D'autres se montrent plus éclectiques ; parmi eux, un nommé Corentin Nédélec qui a acheté tout le nécessaire pour monter un ménage : ustensiles de cuisine, armoire, lit clos, table et banc, poêle à frire, des écheveaux de fil de chanvre, une vache. On aura remarqué que cet acheteur porte le même nom de famille que la veuve Caradec dont le mobilier était à l'encan. On peut supposer qu'il agissait pour elle, achetant le minimum dont elle avait besoin pour continuer à vivre à Kerconan. D'autres acquéreurs, tels Alain Hélias, Jean Le Goff, Guillaume Berrou, Paul Kergoat, ont emporté d'importants lots de matériel, de bêtes et d'objets divers ; il s'agit là, à coup sûr, d'exploitants agricoles. Ainsi, deux paires de boeufs de labour sont acquis par Corentin Le Floc'h, et par Vincent Caradec. Jacob Quilfen a acheté des barriques et, en association avec François Le Goff, la récolte de la ferme et les fruits de l'année. Mais Joseph Cosquéric n'est venu que pour un fusil. La vente du grain mérite attention. On remarque l'absence de froment, de seigle, d'orge, une faible quantité d'avoine: ce qui ne veut pas dire que ces céréales n'étaient pas cultivées; mais nous étions fin juillet, à un moment où la moisson n'était pas encore rentrée. Les grains ne sont pas vendus au poids, mais à la mesure. Par contre, une quantité importante de blé noir, base de l'alimentation courante en crêpes et galettes. Beaucoup de femmes ont acheté du blé noir. 3/8
  4. 4. Autres Inventaires dans le canton Parmi ces acheteuses, mesdames Danzé et Kermoal sont qualifiées par le notaire de "citoyennes". Pourquoi ce titre ? On peut penser que l'officier ministériel a voulu distinguer de l'ensemble des acheteurs campagnards deux citadines dont les maris occupaient un rang privilégié dans la hiérarchie sociale: si on ne sait rien de ces deux familles, on peut noter qu'un Jacques Danzé figure dans les archives de la commune comme officier public tenant les registres de l'état-civil de Perguet entre l'an II et l'an VII de la République. Noms de familles Les noms d'acheteurs déjà cités montrent bien que les familles n'ont pas beaucoup changé en deux siècles : on les retrouve encore bien implantés à la campagne. Ajoutons-en quelques autres qui confirment ce fait: Berrou, Goarin, Le Pulloch, Le Quilliec, Bertholom, Le Guen, Le Cain, Rouanès, Le Gall, Roué ... Par contre, il en est d'autres qui ont disparu du terroir, comme les Mocaer, Kermoal, Danzé, Madua, Terrier... Le 28 germinal an X avait lieu à Keraven Vras l'estimation après décès des biens de Jean Philippe. On y retrouve à peu de choses près le genre de meubles signalés à Kerconan : un buffet-vaisselier vaut 24 F., les lits clos de 40 à 48 F. Notons encore deux charrues, des marres, une faux et son enclume, des boeufs de labour, une jument et un cheval... Un fusil est vendu 9 F., et un pistolet 1 F. A Kermaout, les 15 et 16 frimaire an XI, l'inventaire suit le décès de Guillaume Gléonec, dont la veuve est Marie D'hervé. L'importance du mobilier, de l'outillage, du cheptel, des réserves, témoigne d'une exploitation de belle taille et de la situation aisée des tenanciers. On note un cheptel d'une quinzaine de bêtes à corne, quatre chevaux, des cochons; quatre boeufs de labour sont vendus par paires 180 et 165 F. Un pressoir, 60 barriques, dont 20 pleines de cidre, un outil servant à greffer témoignent de la place importante des vergers de pommiers. 4/8
  5. 5. D'ailleurs, toute une panoplie d'outils suffiraient à un atelier de tonnelier: valet, herminette, tari ères, plane, rabot, hache, tenailles. On remarque encore plusieurs auges de pierre, un métier à tisser. Le grenier abrite une réserve de grains, froment, seigle, avoine, blé noir, orge, fèves, et des noix. Dans les armoires, 16 grands draps et 30 petits, 6 couettes, 12 traversins, 8 nappes, 12 serviettes. Les hardes du défunt comprennent entre autres deux pourpoints, un gilet d'étoffe, une culotte de berlingue, un chapeau, une paire de souliers, deux chemises. Ajoutons du lin, des abeilles, et comme partout, deux fusils et un pistolet. L'ensemble monte à 4.255 F., les prix à l'unité étant voisins de ceux que nous avons mentionnés à Kerconan. moins embrouillée dans la famille de Corentin Le Breton, tuteur des enfants mineurs d'un premier mariage de son épouse Marie Le Roy avec Louis Crédou, décédé le 16 mai 1728. Lequel Louis Crédou avait eu d'un premier mariage avec Jeanne Le Roy une fille, Jeanne Crédou, baptisée en l'église de Perguet le 26 avril 1728. Or cette fille était introuvable, et pour cause: elle était décédée, mais son acte de sépulture ne figure pas aux registres de la paroisse. Un demi-siècle plus tôt ... Le 12 mai 1749, à Perguet, Anne Le Glouédic abandonnait tous ses biens à son fils Paul Malléjacq et ses autres enfants. Sont vendus les meubles habituels dans un ménage : - Une armoire à quatre battants, 18 Livres. - Un lit clos: 18 L. - Un trépied et une galettoire, une marmite, des assiettes; du fil de chanvre et de l'étoupe; des auges ... - 4 boisseaux d'avoine: 12 L. - 6 boisseaux de seigle: 27 L. - 6 boisseaux de blé: 18 L. - Deux boeufs de labour : 48 L. Le total se monte à 539 L. 4 sols. Le 13 mars 1750, à Kerurio (que nous identifierons ensuite pour être l'actuel Kerorié), domaine congéable, le notaire est appelé à régler une situation pour le La dégustation du cidre à la cave Le notaire dut faire établir un "acte de notoriété". Le 29 mai 1750, au manoir de Kergoet en Clohars comparurent donc Corentin Le Breton, de Kerurio, Corentin Le Calvez, du bourg de Perguet, Pierre Le Louic, de Coatalen, Michel Le Marec, de Talavern, Jean Nédélec, de Kermeur, lesquels déclarent "qu'ils se rappellent et se souviennent parfaitement que la dite Jeanne Crédou a été inhumée dans l'église paroissiale au mois de novembre ou décembre de l'année 1728, ce qu'ils affirment véritable et certifient". 5/8
  6. 6. La même année, le 25 mai 1750, une vente a lieu à Guénolay, en Clohars. Outre le mobilier et les instruments habituels, notons un joug, "trois grands linceuls», 50 écheveaux d'étoupe, 3 de lin, ... et un fusil. Un demi-siècle plus tard ... Le 22 septembre 1848, à Ty Piguellou, dit Parc Perguet (aujourd'hui Ty Gout), on vendait les affaires de Jeanne Le Mao, veuve de Alain Le Goff. Ici, peu de mobilier, mais tout de même deux armoires vendues 11,50 F. et 13,50 F. Par ailleurs, 15,25 F. les pommes à cueillir, et 18 F. la vache : on a l'impression d'une braderie. La vente a rapporté 151,48 F et sert à régler des dettes: 4,80 F. pour travaux; 22,95 F. pour contrat de mariage; 10,90 F. à René Berrou, de Kerconan, 5 F. à une veuve Guillermou, 1,75 F. à Jean Donnard, de Kermine, 60 F. à Yves Le Mao; 60 F. à J. Coray, de Kergarrec. Le montant de la vente ne couvre pas le total des dettes ! Le 24 août 1848, au "Petit manoir de Pleuven", on estime les biens de Pierre Renot, veuf de Marie Le Cloarec et père de cinq enfants. Une tenue importante si l'on en juge par le cheptel: 4 boeufs, 7 bouvillons, 6 vaches à lait, une jument et son poulain, 4 veaux; une grosse réserve de grain, et un linge de maison confortable. Quelques prix : - Une table à coulisses: 18 F. - Une vieille armoire à quatre battants: 15 F. - 5 grands draps: 51 F. - 50 écheveaux de fil: 75 F. - Et encore 6 couettes, 12 draps de lin, un traversin, 5 nappes, etc... Dans l'outillage, relevons : - Une charrette ferrée: 240 F. - Un pressoir à levier: 25 F. - 50 fûts vides: 40 F. - 500 fagots: 90 F. - Une auge de pierre: 20 F. - Un métier à corder, plus un fusil: 10 F. Le cheptel est également livré aux enchères: - Quatre boeufs, sept bouvillons et deux génisses: 400 F. - Huit vaches à lait: 300 F. - Quatre veaux : 67 F. - Jument et pouliche: 240 F. - trois moutons: 30 F. - Trois porcs: 70 F. La moisson n'était pas entièrement battue. Les 500 Kg de froment valent 100 F. Le même poids de seigle, 60 F. 250 Kg de blé noir : 30 F. La récolte non battue, déjà en tas sur l'aire à battre, est estimée en "bernes " : froment, seigle, avoine. Deux hectares de blé noir, à récolter, sont estimés à 150 F. et les pommes à cidre "pendantes" à 140 F. Le total de la vente monte à 3.800 F., y compris les hardes de la défunte. A la lumière de ces estimations, on peut vérifier quelques images reçues de la vie à la campagne dans notre canton entre le milieu du XVIII ème et le milieu du XIX ème siècles. Mais il serait imprudent de prétendre généraliser à partir de quelques exemples. La présence dans chaque ferme de réserves de froment, blé noir, seigle et avoine montre bien l'importance de ces cultures dans une société qui, vivant pratiquement en autarcie, devait assurer la base de son alimentation. 6/8
  7. 7. Le blé noir permettait la confection des crêpes et galettes cuites sur les "poêles" que l'on retrouve dans tous les inventaires. L'avoine était la base de la fameuse "yod kerh" (bouillie d'avoine). Le pain de seigle ou "pain noir", cuit en fournées collectives dans les fours des villages, constituait l'accompagnement incontournable du "kig sal" (lard salé). On retrouve partout les écheveaux de fil de lin et ceux "d’étoupe", c'est-à-dire de chanvre. Ces plantes étaient rouies à la ferme, puis brisées et peignées pour en extraire les fibres, qui étaient filées par les femmes. Les bobines de fil étaient ensuite confiées aux tisserands (nous avons déjà entretenu nos lecteurs des avatars de "Laouic Ty-Pont-Nevez", le dernier des tisserands de Bénodet). Les toiles obtenues fournissaient le linge de ménage, les draps, les solides "roched" ou chemises des lutteurs, ainsi que les sacs pour porter le grain au moulin. Si la charrue est d'usage courant dans toutes les fermes, on remarque aussi et jusqu'au début du XIX ème, des marres (sortes de houes) servant au défrichage, au décapage des parcelles soumises à la pratique de l'écobuage. Toutes les fermes possèdent des boeufs de labour, toujours vendus par paires. Dans notre région l'utilisation du cheval est plus tardive, une parenthèse entre le boeuf et le tracteur. A travers ces inventaires, il apparaît encore que le pays de Fouesnant était déjà, voilà deux siècles, un grand producteur de cidre: les barriques, d'une contenance d'environ 120 litres, se comptent par dizaines dans chaque ferme. C'est donc une réputation solidement justifiée que Frédéric Le Guyader a confirmée au début de ce siècle dans sa "Chanson du Cidre". La présence dans chaque ferme d'un ou deux fusils, voire d'un pistolet, semble surprenante, surtout avant la Révolution, les paysans n'ayant pas alors le droit de chasse; étaient-ils braconniers, ou craignaient-ils les bandits de grands chemins ? En tout cas, il ne faut plus s'étonner de voir armés de fusils les participants à la révolte de Fouesnant de 1792. 7/8
  8. 8. On constate dans les grandes tenues, comme celles de Kermaout ou du Petit Manoir de Pleuven, des quantités importantes de linge de maison, draps, nappes, serviettes ..., qui sont révélatrices d'une aisance certaine. Il serait hasardeux de vouloir étudier l'évolution des prix pendant la période d'un siècle que nous avons choisie: notre échantillon n'est pas assez représentatif. Mais il est certain que cette époque troublée a vu une érosion monétaire indiscutable. des archives de l'Étude de Pleuven la place importante du notaire dans la société de l'époque: il intervient à de multiples occasions dans les rapports entre particuliers, règle les différents et les successions. Très fréquemment - et bien que cela ne ressorte pas de notre courte étude - il est l'intermédiaire privilégié dans les prêts d'argent: l'acte devant notaire était une garantie pour les deux parties, à une époque où les besoins de numéraire étaient fréquents, mais les organismes de prêt totalement inexistants. Il ressort enfin de cette consultation 8/8

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