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Atelier BNP Paribas : Référencer les oeuvres sur internet, prescrire la culture ?
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Atelier BNP Paribas : Référencer les oeuvres sur internet, prescrire la culture ?

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  • 1. RéféRenceRles œuvRessuR inteRnet,pRescRiRela cultuRe ?Novembre 2011
  • 2. RéféReNceR les œuvRessuR iNteRNet, pRescRiRela cultuRe ?
  • 3. Référencer les œuvres d’une manière générale par l’ensemble des médias : TV, Radio, Presse, affichages publici-sur internet, taires, services mobiles etc.prescrire la culture ? Le référencement gratuit par les moteurs deSur les réseaux numériques, les contenus, recherche2 est un processus dans lequelles références et la prescription sont indis- des logiciels appelés robots, créent dessociables références dynamiques3 à partir des conte-Pour référencer un bien culturel sur Internet nus des pages web, de manière à présenteril suffit d’en évoquer l’existence par un texte, ces références en réponse à des questionsune photo, un enregistrement sonore, une vi- d’internautes formulées à l’aide de motsdéo… ou de signaler l’existence d’un contenu clés4. Chaque référence consiste en un lienculturel numérique, à l’aide d’un lien hyper- hypertexte et un résumé placés à l’intérieurtexte, d’une adresse de site internet, d’un d’une nouvelle page web créée dynamique-nom de profil Facebook, d’un nom de compte ment en réponse à chaque requête d’inter-ou d’un hashtag sur Twitter1, ou encore d’un naute. Sur Internet, les meilleures référencesmot clé à utiliser sur son moteur de recherche sont elles-mêmes considérées comme despréféré... Chaque contenu peut renvoyer vers contenus de valeur et une source de traficd’autres références ou d’autres biens cultu- important pour les sites web et les moteursrels présents en ligne mais surtout vers des de recherche.biens réels, l’adresse d’un monument histo-rique ou d’un libraire de quartier, les dates et Le référencement payant consiste à publierlieu d’un concert ou d’un ballet, le titre d’un des références publicitaires en ligne, soit en les associant à des contenus (Display Adver-disque ou d’un livre… Sur Internet les conte- tising5), soit en les associant à des mots clésnus à caractère culturel sont de facto des recherchés sur les moteurs de rechercheréférences aux biens culturels et aux artistes. (Keyword Advertising6). Ce dernier méca- nisme permet aux annonceurs de placer desLe référencement naturel consiste en un en- références commerciales dans les pages desemble de bonnes pratiques qui permettent résultats des moteurs de recherche en fonc-aux administrateurs des sites Internet de tion des mots clés choisis par les internautesveiller à ce que leurs contenus soient visibles pour formuler leurs requêtes.et accessibles par les internautes. Ces bonnespratiques comprennent, entre autres, le fait Les références aux biens et services cultu-de créer des références directes aux conte- rels véhiculent de facto une forme denus à l’intérieur des pages d’un même site prescription, avec par exemple une valeurweb, en faisant en sorte que les pages et les pédagogique pour des articles Wikipedia,contenus d’un site soient également référen- une valeur communautaire et sociale pourcés directement par d’autres sites web, par des recommandations sur Facebook ou Twitter,l’ensemble des canaux et supports d’Inter- et une valeur commerciale pour des liensnet (email, photos, vidéos, jeux, médias), et sponsorisés. Selon Bruno Racine7, un acteur1- Sur l’outil de réseau de social et de « microblogage » (microblogging) Twitter (2006, USA), un nom de compte est référencé par le signe @ et le thème d’un tweet (message de 140 caractères maximum) par le signe # appelé hashtag2- Les principaux moteurs de recherche sont Google, Bing (Microsoft), Baidu (acteur chinois), Altavista (Yahoo!)3- C’est-à-dire de manière automatique et pour une durée éphémère4- Tous les moteurs de recherche ne fonctionnent pas à partir de mots clés (cf. moteurs paramétriques, moteurs de recherche par navigation etc.) mais les moteurs grand public privilégient en général la simplicité, pour l’utilisa- teur, de la requête par mots clés5- Bandeaux publicitaires6- Liens sponsorisés7- Bruno Racine est Directeur Général de la Bibliothèque Nationale de France (BNF) 5
  • 4. Etude de l’Atelier BNP Paribas pour le Forum d’Avignon – Novembre 2011 de la culture d’envergure mondiale doit viser pour penser que les acteurs historiques de l’exhaustivité des références et la prescrip- la culture n’ont pas toujours su innover pour tion est le résultat d’une contrainte liée à cet faire face aux changements induits par la objectif d’exhaustivité. révolution Internet. Dans les entretiens qu’ils ont accordés pour l’édition 2011 du Forum Le référencement et la prescription de la d’Avignon, deux acteurs en particulier ont in- culture en ligne suivent les règles du jeu sisté sur ce fait. mises en place par les leaders de l’Internet Les acteurs de la culture n’ont jusqu’ici que Certains médias peinent encore à innover peu développé des règles du jeu particulières dans l’univers numérique pour référencer et prescrire leurs contenus Marc Tessier11, rappelle qu’au cours des pre- sur Internet. Les règles qui s’appliquent pour mières années de la révolution Internet, l’en- les contenus culturels sont les mêmes que semble des médias ont été comme tétanisés pour l’ensemble des contenus accessibles en par la baisse des prix inhérente à la dématé- ligne. Elles ont été développées et mises en rialisation de leur contenus et ont laissé les place par les acteurs qui se sont le plus inves- leaders du numérique développer sans eux tis dans l’économie numérique. des pratiques nouvelles. Ces nouveaux acteurs d’envergure mondiale, animés d’une straté- gie à long terme, ont investi significativement Google existe depuis 1998. On peut estimer pour définir et mettre en place des nouvelles à environ 100 milliards de dollars sa contri- règles du jeu. Ce constat est valable pour bution au développement d’Internet et des l’ensemble des médias classiques12, mais réseaux numériques, si l’on somme ses coûts contrairement aux industries du livre ou de de fonctionnement entre 2001 et 20108. Ce la musique dont le référencement des pro- chiffre représente en quelque sorte l’effort duits tend désormais à l’exhaustivité sur In- produit par l’entreprise pour se hisser à la pre- ternet, et pour lesquels des modèles légaux mière place sur Internet, en termes de trafic et et rentables de diffusion ou de distribution d’audience9. sont opérationnels, les industries du cinéma et de la vidéo en particulier peinent encore Amazon existe depuis 1994. On peut estimer à proposer leurs catalogues sur Internet. Le à environ 132 milliards de dollars sa contri- secteur de la VoD13 n’a pas su (ou n’a pas pu) bution au développement du e-commerce et beaucoup innover pour référencer ni prescrire de l’économie numérique en général, si l’on ses produits sur Internet ; pour la diffusion de somme ses coûts de fonctionnement entre vidéo légale en ligne, les principaux modèles 1995 et 201010. Ce chiffre représente en économiques sont restés en général des mo- quelque sorte l’effort produit par l’entreprise dèles très classiques, malgré quelques initia- pour se hisser à la première place du com- tives de rupture, comme par exemple celle de merce en ligne. Netflix14 aux Etats-Unis. De nombreux experts de la culture, des La stratégie numérique des acteurs histo- technologies et de l’économie s’accordent riques de la culture est encore immature 8- Cf. http://investor.google.com/financial/tables.html 9- D’après www.alexa.com 10- Cf. http://phx.corporate-ir.net/phoenix.zhtml?c=97664&p=irol-reportsAnnual 11- Marc Teissier est Président de Video Entertainment Group SA 12- Les médias classiques sont ceux dont les supports historiques ne sont pas des supports numériques 13- Vidéo à la demande (Video On Demand) 14- Cf. www.netflix.com6
  • 5. Mats Carduner15, constate que la stratégie Svensson21, c’est la seule façon d’être cré-des acteurs historiques de la culture et des dible face aux sites de piratage, convictionmédias sur Internet n’est pas mure, car elle partagée également par Marc Tessier. Pourest encore essentiellement conçue à partir de Maxime Tiran22, référencer tous les contenustentatives de transposer les modèles histo- du web de manière exhaustive est un objectifriques et de conserver les positions établies chimérique, mais c’est la mission de Google.à très court terme. De nombreux acteursadoptent une attitude de défiance et de rejet Annina Svensson, « l’accès à la musique doit être le plusdes nouveaux mécanismes qui, selon lui, ne simple possible afin de capter et retenir les utilisateurs. Ces principes, énoncés en 2006, restent la base de la stratégiepeut porter ses fruits à long terme « alors de Spotify ».qu’il est essentiel d’embrasser le sujet, de sa-voir prendre des risques et se placer dans une Simplifier la vie des internautes à des tarifsdynamique d’expérimentation permanente ». acceptables est une des lois de la net économie, largement soutenue par l’écosystème de l’in-Mais de nombreux acteurs de l’écosystème novation américain avec des investissementsculturel ont une vision claire des nouvelles financiers importants. La plupart des leadersrègles du jeu actuels d’Internet sont des entreprises qui ontEn 2011 de nombreux acteurs de la culture su, avant tout, développer un service auquelont visiblement pris la mesure de la révolu- les internautes ont adhéré massivement,tion numérique en cours. Pour Marc Tessier,Internet est devenu en soi un patrimoine avant de trouver leur modèle économique.culturel et pour Bruno Racine, il faut repenserde manière fondamentale les outils de réfé- La somme des revenus de Google entre 2001rencement et d’accès à ses ressources pour et 2010 s’élève à environ 144 milliards departiciper au développement des nouvelles règles dollars et ses bénéfices nets à environ 31 mil-du jeu. L’entreprise française MyMajorCompany16 liards de dollars. La marge commerciale dedémontre qu’il est possible de développer Google est importante, mais elle est réaliséeun métier classique d’éditeur de musique en essentiellement en services B2B23 avec la pu-s’appuyant sur les mécanismes du web social. blicité en ligne. Ses services Internet délivrés au grand public sont en général gratuits.Simon Istolainen17 : « MyMajorCompany est un label demusique18, au sens traditionnel de ce métier, mais qui uti-lise les mécanismes du web communautaire pour produire La somme des revenus d’Amazon entre 1995et développer la carrière de ses artistes. La logique de label et 2010 s’élève à environ 136 milliards et sesl’emporte sur la logique de plate-forme Internet19 ». bénéfices nets à environ 1,3 milliards de dol-Exhaustivité des contenus, simplicité d’usage lars, (son résultat net était négatif entre 1995et tarifs attractifs sont les trois règles d’or du et 2002). Son activité, dont le chiffre d’affairesréférencement sur Internet principal est réalisé en commerce B2C24,Pour Andrew Cecil20, l’exhaustivité des réfé- produit une marge commerciale très faible.rences est le premier des objectifs qu’il faut En 2010, la société a réalisé un bénéfice deviser pour proposer au client la meilleure 1 milliard de dollars pour un chiffre d’affairesexpérience possible en ligne. Pour Annina de 35 milliards de dollars.15- Mats Carduner est CEO de FIfty-Five, société spécialisée dans l’analyse et le développement de solutions de conversion de trafic internet. Avant ce poste, il a été Directeur Général de Google France16- cf. www.mymajorcompamy.com17- Simon Istolainen, co-fondateur de MyMajorCompany.18- MyMajorCompany édite également des livres et des BD. Cf. www.mymajorcompanybooks.com et www.myma- jorcompanybd.com19- Par opposition au site allemand www.sellaband.com qui est une plate-forme de production de musique en ligne20- Andrew Cecil est Director Public Policy au sein de la direction européenne d’Amazon21- Annina Svensson est Directrice France de Spotify22- Maxime Tiran est ingénieur chez Google France23- Business To Business. Services dédiés aux entreprises24- Business To Consumer. Services dédiés au grand public 7
  • 6. Etude de l’Atelier BNP Paribas pour le Forum d’Avignon – Novembre 2011 L’automatisation s’impose pour référencer d’accueil d’un navigateur, de bookmarks mé- l’ensemble des contenus en ligne morisés dans le navigateur, d’une URL26 saisie Le référencement gratuit par les moteurs de directement dans la barre d’adresse internet, recherche est un mécanisme industriel dans de liens mémorisés dans les applications per- lequel les moteurs de recherche créent des sonnelles installées sur un ordinateur person- références dynamiques à partir de l’ensemble nel, une tablette ou un smartphone. des pages web auxquelles ils ont accès. Google, est devenu le leader mondial des mo- En 2011, Google (Search, News & Maps) était teurs de recherche grâce à la performance de l’acteur qui apportait le plus de trafic pour les ses algorithmes et de ses centres de calcul. 25 plus importants sites d’actualités (News) Historiquement, sa capacité à gérer automa- aux Etats-Unis27, avec des taux compris entre tiquement des très grands volumes d’infor- 20% et 40% pour sept sites leaders, mais ce mation lui a permis de prendre rapidement n’était pas la source de trafic dominante. Les l’avantage sur ses principaux concurrents, et liens directs représentaient en moyenne 60 à notamment sur Yahoo!, dont le service ini- 65 % du trafic, contre 35 à 40 % pour les liens tial était un annuaire réalisé à partir d’une indirects externes à leurs sites (dont les liens sélection de sites par des personnels spécia- en provenance des moteurs de recherche)28. lisés. Le référencement dynamique par les moteurs de recherche s’impose aujourd’hui Sur Internet, ce sont les pages Web qui four- comme un outil incontournable pour accéder nissent l’essentiel des références culturelles. à la culture, que ce soit depuis les grands mo- Celles des artistes qui créent leurs propres teurs généralistes25, ou que ce soit depuis des sites et se laissent héberger par les plates- moteurs de recherche spécialisés intégrés formes du web communautaire et social désormais en standard à la plupart des sites comme Myspace, Daylimotion, Youtube, Fa- de fournisseurs de contenus. cebook ou Twitter; Celles de leurs fans qui créent spontanément des Newsgroups, des Les sites de contenus sont les principaux ré- Forums, des Wikis, des Blogs, des groupes férents et prescripteurs des biens culturels Facebook, des comptes Twitter, via lesquels en ligne sont publiées des milliards de références à Le référencement naturel consiste à publier leurs artistes et à leurs œuvres préférées. Il des contenus sur un site Internet et à créer, y a enfin les sites des éditeurs, des institu- ou à laisser créer, des liens vers ces contenus, tions, ceux des portails d’information opérés grâce à l’ensemble des applications de l’Internet. par les leaders des médias ou de l’accès à In- ternet comme Orange en France et ceux des Ce sont probablement les liens directs qui nouveaux leaders de la diffusion, de la dis- apportent le plus de trafic aux sites Internet. tribution et de la vente de biens artistiques C’est-à-dire des références entre pages d’un en ligne (Youtube, Netflix, Amazon, iTunes, même site. Mais aussi des liens mémorisés Spotify…). par les internautes eux-mêmes par exemple à l’aide d’une adresse mémorisée en page En 2008, le crawler29 de Google parcourait 25- Cf. Google, Yahoo!, Baidu, Bing, Ask, Yandex… 26- Unique Resource Locator : adresse permettant de localiser un contenu sur Internet de manière unique 27- A l’exception de The Wall Street Journal, BBC News, Reuters, and Bing News 28- Selon une étude réalisée en 2011 par Nielsen et PEJ Research. Cf. http://www.journalism.org/analysis_report/ who_drives_traffic_news 29- Logiciel « robot » qui parcoure automatiquement les liens du web de page en page pour en effectuer le recensement8
  • 7. plus de 1 000 milliards de pages pour en in- En mai 2011, l’audience de l’ensemble desdexer quelques milliards. Il se créait alors sites de Google a atteint un milliard d’utili-plusieurs milliards de nouvelles pages par sateurs33, soit en ordre de grandeur la moitiéjour30. Entre juin et septembre 2011, la taille des internautes dans le monde34.estimée de l’index de Google a oscillé entre40 et 50 milliards de pages web (celle de A titre de comparaisons :Bing a varié entre 18 et 6 milliards. Celle de Microsoft a servi plus de 900 millions d’inter-Yahoo ! Search entre 18 et 10 milliards)31. Il nautes, Facebook plus de 700 millions,n’est pas rare que ces pages web indexées Yahoo! près de 690 millions,contiennent plusieurs dizaines d’URLs32, Wikimedia35 environ 400 millions.qui sont elles-mêmes des références à descontenus d’Internet. Nous ne pouvons pas D’après Mats Carduner, Google joue un rôlecompter les références incluses sous forme d’aiguilleur du ciel et les moteurs de recherchede contenus non cliquables (texte, images, vi- en général sont devenus des acteurs incon-déo, animations etc.) mais elles augmentent tournables du référencement, non seulementencore probablement de plusieurs facteurs à cause de leurs performances techniques etl’ensemble des références présentes sur de leur excellence opérationnelle inégalée,Internet. Parmi ces références non dénom- mais encore parce qu’ils sont une source debrables, il y a celles renvoyant vers des res- trafic importante, et parfois prépondérante,sources non numérisées (titres de livres en pour les sites de contenus culturels. Mais lespapier, adresse de monuments, dates d’évè- moteurs de recherche ne sont pas la principalenements etc.). Le référencement des objets source de trafic des sites Internet en généralet des lieux physiques sera un des enjeux du et un certain nombre de défis vont remettreréférencement sur Internet pour les années en question leurs performances dans les an-qui viennent et un défi majeur pour les mo- nées qui viennent, notamment les défis liés à la vidéo36, au temps réel, aux réseaux sociauxteurs de recherche. et aux services mobiles.Malgré leur objectif d’exhaustivité, les mo-teurs de recherche ne peuvent pas indexer En mars 2011, le trafic Internet généré par Netflix sur les réseaux fixes en Amérique dul’ensemble des contenus d’Internet et leur Nord dépassait celui de toutes les autresservice de prescription est extrêmement ba- applications Internet37. En outre, quatre dessique, comparé aux formes de prescription cinq types de flux les plus populaires étaientmises en œuvre sur les sites de contenus. Ils des flux de vidéo : Netflix représentait 25%représentent des marques les plus populaires des flux ; Bittorrent38 : 17% ; Youtube : 10% ;sur Internet, mais ce ne sont pas les princi- Flash video : 4%. En troisième position, le tra-paux prescripteurs de la culture en ligne. fic du web (http) représentait 17% des flux Internet.Les moteurs de recherche sont des portesd’entrée et des ronds points du trafic sur Pour l’instant le réseau social dominant,Internet Facebook n’atteint pas le niveau d’influence30- http://googleblog.blogspot.com/2008/07/we-knew-web-was-big.html31- Source : www.worldwidewebsize.com32- Au cours des années le site www.majesticseo.com indique avoir parcouru environ 353 milliards de pages web différentes et a identifié environ 3 530 milliards d’URLs, soit une moyenne d’environ 10 URLs par page33- D’après www.comscoredatamine.com34- En mars 2011, le nombre d’internautes dans le monde dépassait 2 milliards. Cf. www.internetworldstats.com/stats.htm35- Par exemple : Wikipedia, Wikibooks etc. cf. http://fr.wikipedia.org/wiki/Wikimedia36- Les moteurs de recherche leaders sont conçus essentiellement pour analyser des pages de texte37- D’après www.sandvine.com38- Service de téléchargement de fichiers, majoritairement vidéo et audio 9
  • 8. Etude de l’Atelier BNP Paribas pour le Forum d’Avignon – Novembre 2011 de Google en termes de trafic généré pour les artistes disposent déjà d’une boutique en sites Internet, mais sa progression historique ligne sur Facebook, dans laquelle ils vendent est très semblable à celle de Google et le réseau des produits dérivés, mais aussi directement social pourrait à terme devenir le service Internet leurs albums. le plus populaire au monde devant Google. Les moteurs de recherche prescrivent les ac- En septembre 2011, Facebook générait un teurs de la culture davantage que les biens peu moins de 0.64 % des références du web culturels (sur 10 000 liens suivis, 64 étaient en prove- Parce qu’ils doivent faire des choix pour ré- nance de Facebook), contre un peu plus de férencer l’ensemble des contenus du web, 0.1 % pour Youtube, 0.02 % pour Twitter et les moteurs de recherche se placent, de 0.001 % pour Google+.39 facto, en position de prescripteurs. Mais ce sont des prescripteurs techniques qui s’atta- Si les réseaux sociaux n’atteignent pas en- chent essentiellement à mettre en valeur les core le niveau d’influence des moteurs de meilleurs élèves du référencement naturel. recherche, leur progression est rapide et ils Leurs pages de résultats renvoient vers les sont déjà les sources de trafic les plus im- sites des fournisseurs de contenu, qui sont les portantes pour des acteurs dont le modèle véritables prescripteurs de la culture, davan- de développement dépend de mécanismes tage que vers les biens culturels eux-mêmes. communautaires. En revanche d’autres outils, comme les com- parateurs ou les moteurs de recommanda- Annina Svensson: « Facebook est la première source de trafic de Spotify devant les moteurs de recherche ». tions, cherchent à prescrire directement les biens culturels. Certains acteurs autonomes, En 2010, Facebook a généré jusqu’à 10% du comme Twenga42, se donnent pour objectif trafic vidéo trimestriel des sites de médias en de référencer et de prescrire l’ensemble des ligne (contre environ 1% pour Twitter et 60% biens en vente sur Internet. Mais pour l’ins- pour Google)40. tant, leur audience est faible par rapport à celle des moteurs de recherche leaders, et En mars 2011, Facebook représentait déjà leur nombre de références culturelles est une source de trafic importante pour les 25 très inférieur au nombre de références dispo- plus importants sites d’actualités (News) aux nibles sur les principaux sites de distribution. Etats-Unis41, avec des taux compris entre 1% pour 8% du trafic des sites leaders. Facebook Fin septembre 2011, Twenga référençait plus était la deuxième ou troisième source de trafic de 420 millions de produits43. Environ 30 000 pour Huffingtonpost.com (8%), AOLNews.com, références du catalogue d’Amazon y étaient MSNBC.com, Topix, et The New York Times. représentées alors qu’Amazon contient près de 30 millions de références bibliogra- En outre les réseaux sociaux sont déjà des phiques, plus de 17 millions de titres et 1.7 plates-formes de distribution de biens cultu- millions d’albums de musique, 900 000 réfé- rels. A l’instar de Lady Gaga, de nombreux rences vidéo44… 39- D’après le site www.netmarketshare.com 40- Selon l’étude réalisée par BrightCove et Tubemogul aux Etats-Unis 41- Selon l’étude Nielsen et PEJ Research. Cf. http://www.journalism.org/analysis_report/who_drives_traffic_news 42- Cf. www.twenga.com 43- Source : Twenga 44- Source : Amazon10
  • 9. Avec le référencement payant par mots clés, On assiste sur Internet à une désintermédia-les directeurs marketing deviennent des tion et une réintermédiation de la relationjoueurs d’enchères entre le public et les biens culturelsThomas GUIGNARD45: « Adwords fonctionne comme une En pointant du doigt le fait que la prescrip-place de marché dont les prix, à l’équilibre, sont indexés sur tion culturelle est absente des débats sur In-les niveaux de rentabilité des plates-formes de e-commercevers lesquelles renvoient les liens sponsorisés : le coût du clic ternet, Thomas Paris50 suggère plusieurs axesmaximal est fixé par l’annonceur en fonction de la marge de réflexion, non seulement pour mettre encommerciale générée par client sur chaque plate-forme de lumière les raisons de cette absence, maise-commerce. Ces niveaux de rentabilité étant standards parsecteur d’activité, les tarifs d’Adwords sont stables en régime encore pour sensibiliser l’écosystème de lapermanent et correspondent au niveau de rentabilité des culture sur ses conséquences. Sur Internetplates formes par secteur d’activité ». la prescription de la culture est masquée parLe référencement payant consiste à publier plusieurs mythes, notamment celui selon le-des références publicitaires en ligne, soit en les quel Internet relierait directement le publicassociant à des contenus (Display Advertising46), aux artistes et à leurs œuvres. Or l’une dessoit en les associant à des mots clés recher- règles qui s’impose à grande échelle sur In-chés sur les moteurs de recherche (Keyword ternet est celle de la désintermédiation de laAdvertising47). Ce dernier mécanisme, mis au relation créée par les acteurs historiques depoint par Google à l’aide d’un algorithme de la culture entre le public et les biens culturels,place de marché pour la vente de mots clés au profit d’une réintermédiation de cette re-aux enchères, permet aux annonceurs de lation par des grands acteurs de l’économieplacer des références commerciales dans les numérique. Selon Thomas Paris, un ensemblepages de résultats des moteurs de recherche de mythes associés à Internet masquent leen fonction des mots clés saisis par les inter- fait que le développement de l’économie surnautes dans leurs requêtes. Comme suite au les réseaux numériques s’organise classique-succès de Google sur le marché de la publi- ment autour de la concurrence entre acteurscité en ligne, ce mécanisme a été adopté par qui tendent chacun vers une prise de positionles principaux moteurs de recherche et par dominante.de nombreux sites de contenus qui le propo-sent en marque blanche à leurs annonceurs, La question de la neutralité des acteursfaisant de lui un standard mondial du référen- techniques sur Internet n’est pas celle de lacement par mots clés. La publicité par mot partialité, mais celle de l’indépendance de laclé est actuellement le mécanisme dominantdu référencement payant en ligne dans le prescriptionmonde48. Les directeurs marketing qui adop- Alors que l’approche industrielle s’imposetent ce système deviennent des joueurs d’en- pour appréhender la nouvelle mémoire nu-chères, simples utilisateurs d’une application mérique du monde, les plates-formes tech-développée par Google. Selon Cédric Naux49, niques leaders, devenues incontournablesle métier des directeurs de marketing est en pour accéder à l’offre des biens culturels,train d’évoluer de la négociation de contrats héritent d’un pouvoir et de responsabilitésde lecture à un rôle de trader sur une place tout nouveaux. Si Google, Amazon, iTunes,de marché. sont unanimes pour confirmer que leurs ser-45- Thomas GUIGNARD est Responsable Médias et Marché Local de Google France46- Bandeaux publicitaires47- Liens sponsorisés48- En dépenses49- Cédric Naux est directeur Technique chez Bayard Presse50- Thomas Paris est chercheur au CNRS (GREG HEC/CRG École polytechnique), et professeur affilié à HEC, co- auteur avec Pierre-jean Benghozi de plusieurs publications sur la prescription de la culture en ligne parmi lesquelles : « The economics and business models of prescription in the Internet », in Eric Brousseau, Nicolas Curien (eds) Internet and Digital Economics, Cambridge University Press, 2007 11
  • 10. Etude de l’Atelier BNP Paribas pour le Forum d’Avignon – Novembre 2011 vices se limitent à une forme de prescription sont prescrits par les auteurs, leurs fans, les technique de la culture, la plupart ont éga- éditeurs, les distributeurs etc., soit parce que lement des activités dans lesquelles ils exer- quelqu’un les y cherche ; car si une recherche cent une prescription commerciale propre à par mot clé sur les principaux moteurs de leurs intérêts, ne serait-ce que pour combler recherche ne suffit pas, une question posée les lacunes de l’écosystème actuel lorsqu’une dans un forum ou une communauté spé- demande existe, à laquelle aucun fournis- cialisée ne tarde pas en général à renvoyer seur de contenu ne peut ou ne souhaite ré- vers les bonnes références, voire à les créer. pondre. Les positions dominantes prises par En outre, sur des requêtes très précises et certains intermédiaires techniques inquiè- spécialisées, les références aux blockbusters tent de nombreux acteurs de l’écosystème sont en général moins bien classées que les de la culture, notamment lorsqu’il y a risque artistes ou les œuvres qui correspondent de collusion lié d’une part à une activité fon- précisément à la demande, y compris sur dée sur une prestation de prescription tech- les moteurs de recherche généralistes. En nique au service de tous, et d’autre part des ce sens Internet favorise la diversité des pro- activités commerciale concurrentes à celles duits culturels, disons de manière absolue, si des clients ou usagers de la plate-forme l’on mesure le nombre et la variété des réfé- technique. La question que posent certains rences culturelles disponibles en ligne et la acteurs est celle d’une gouvernance garan- facilité avec laquelle il est possible d’y accé- tissant l’indépendance des activités menées der (pour ceux qui ont un accès à Internet52). par ces acteurs techniques clés. En France, le rapport « Création et Internet » commandé à Fin septembre 2011, le moteur de recherche Patrick Zelnik51 par Frédéric Mitterrand, Mi- intégré au site d’Amazon aux Etats-Unis ren- nistre de la Culture en France, recommande voyait plus de 33 millions de références de la mise en place d’une régulation pour garan- livres. Une recherche dans le catalogue pour tir la diversité et la légalité des plates-formes Kindle renvoyait plus de 900 000 références de musique sur Internet, et d’une manière dont plus de 500 000 eBooks. L’offre Video générale la diversité de l’offre et le respect de & TV renvoyait près de 900 000 références. la propriété artistique en ligne. L’offre MP3 downloads renvoyait plus de 17 millions de titres et plus de 1.7 millions de Patrick Zelnik : « la régulation implique un transfert de ri- chesse des nouveaux opérateurs techniques - qui en ont les références d’albums. L’offre Music renvoyait moyens - vers les industries de contenu ». près de 4 millions de références de disques. Les nouveaux mécanismes du référence- Les nouveaux mécanismes de référence- ment favorisent la diversité des produits mis ment et de prescription peuvent également à disposition du public favoriser la concentration de la demande au- Nous devrions partir du principe que tous les tour des best sellers biens culturels sont référencés sur Internet, Tous les contenus culturels ne sont pas éga- ou le deviennent rapidement dès qu’ils ont lement visibles de tous les internautes. La une existence publique, soit parce qu’ils y visibilité des références culturelles en ligne 51- Patrick Zelnik est Président Directeur Général du label Naïve. Rapport Zelnik : http://www.culture.gouv.fr/mcc/ Espace-Presse/Dossiers-de-presse/Rapport-Creation-et-Internet 52- Environ 50% de la population mondiale a accès à Internet en 201112
  • 11. dépend de la détermination des internautes, Ce phénomène est exacerbé par le fait quede leurs intérêts et de leur aptitude à bien l’offre actuelle concentre la demande autourutiliser les mécanismes d’accès à ces conte- d’un petit nombre de plates-formes d’enver-nus. Les œuvres alternatives sont visibles en gure mondiale.priorité des internautes qui sont intéresséspar les alternatives aux blockbusters. Car les Patrick Zelnik : « Ce n’est pas en soi Internet qui empêche la diversité de l’offre de se développer, mais le phénomène deplates-formes leaders de la diffusion et de concentration industrielle en général»la distribution en ligne cherchent à propo-ser en priorité les catalogues des majors du La performance des nouveaux mécanismeslivre, du disque ou du film sur support DVD de prescription en ligne se mesure encore(la vidéo à la demande est moins avancée difficilementpour le moment). Le phénomène de concen- La mesure des performances comparéestration constaté traditionnellement sur ces entre la prescription en ligne et la prescrip-marchés se reproduit donc sur les réseaux tion offline n’existe pas a priori, car bien qu’ilnumériques. soit en théorie possible de tout mesurer sur Internet, pour l’instant, il n’existe pas de mé-Si l’augmentation de la taille des catalo- thode fiable pour mesurer la performancegues disponibles en ligne peut s’interpréter des campagnes en ligne54. Mais la perfor-comme un effet du phénomène de la longue mance technique de certaines plates-formes,traine annoncée par Chris Anderson53 en et le niveau d’intégration de leurs services,2004, les méthodes de référencement indus- permet de traduire concrètement et instan-triels et les mécanismes de recommandation tanément la force de prescription de l’en-qui mixent les automatismes des logiciels et semble des médias en un hit commercial.les avis des internautes favorisent égalementles phénomènes de hits. Car, dans leur grande Patrick Zelnik : « Lors des Victoires de la Musique55 2011, Benjamin Biolay56 était en compétition. Il occupait la 60èmemajorité, les acteurs techniques laissant aux place sur iTunes. A la fin de la cérémonie, quand Benjaminéditeurs et aux producteurs de contenus le Biolay a gagné, il occupait la première place sur iTunes ».soin de prescrire eux-mêmes les artistes et lesœuvres de leurs catalogues, ceux-ci privilé- Apple est un cas d’école pour illustrer com-gient logiquement leurs best sellers pour des ment l’intégration des services le long de laraisons de coût et de rentabilité. Les distribu- chaîne de prescription permet de conduireteurs en ligne mettent également en avant le public depuis les références culturellesleurs propres best sellers (les références les jusqu’aux biens culturels, sans ruptureplus demandées par leurs utilisateurs), soit chaîne. Mais cette maîtrise n’est pas le stan-automatiquement, soit en laissant leurs dard des services en ligne aujourd’hui, loinclients recommander leurs achats. In fine, la s’en faut.convergence de ces mécanismes peut créerun effet « boule de neige » qui concentre la Mats Carduner : « Le référencement payant par les services de publicité, fournis par les moteurs de recherche notam-demande sur quelques références plutôt que ment, permet aux sites des annonceurs d’acquérir du traficsur l’ensemble des références du catalogue. de manière relativement efficace, mais il ne permet pas53- Cf. Chris Anderson “The Long Tail: Why the Future of Business is Selling Less of More” - 2006, Hyperion, New York54- Cf. “measuring the effectiveness of online advertising Study”, PwC 201055- Cf. www.lesvictoires.com56- Cf. www.benjaminbiolay.com 13
  • 12. Etude de l’Atelier BNP Paribas pour le Forum d’Avignon – Novembre 2011 de transformer ce trafic en ventes par exemple. Dans un accessible sur PC, sur son mobile ou sa tablette, qu’elle qu’en contexte où les canaux d’acquisition sont de plus en plus soit la marque… Il s’agit également de créer un écosystème nombreux, poreux et complexes, il est nécessaire d’aider de la diversité : en favorisant la diffusion et l’identification l’entreprise à bien comprendre quels canaux d’acquisition des contenus, en regroupant les acteurs autour de projets elle utilise, à quel prix et avec quel retour sur investissement communs, en espérant voir émerger des plates-formes euro- en termes de conversions ». péennes, pour contrebalancer la concentration du marché où les entreprises auront toujours tendance à favoriser la diffusion des blockbusters. Or nous savons tous qu’il faut toujours La discipline est d’autant plus délicate qu’elle beaucoup d’artistes et de créateurs produits pour qu’émerge un est bouleversée de façon continue par des blockbuster permettant de financer l’ensemble de l’écosystème ». nouveaux mécanismes, comme ceux du web social par exemple. Le recours aux alliances entre acteurs semble plutôt bien perçu de l’écosystème Mats Carduner : « le web social est en train de bouleverser culturel l’écosystème et il peut transformer de manière fulgurante les De nombreux acteurs pensent également positions dominantes des aiguilleurs de l’Internet en chan- geant le rapport de force entre l’émetteur et le récepteur que les alliances seront les bienvenues, sinon du message. Les nouveaux mécanismes du web social et nécessaires, pour orienter l’écosystème de la communautaire, comme les recommandations entre amis, culture en ligne vers un équilibre favorable à favorisent en effet la dispersion des internautes sur les sites web (phénomène de long tail) sous la forme de micro-visites la diversité culturelle. motivées par la recherche de micro-contenus. Facebook, dont la durée d’audience moyenne par internaute est d’en- Bruno Racine : « La démarche collective est tentante car des viron 55 minutes par jour, a deux atouts essentiellement : la positions dominantes rendent très coûteux l’accès aux res- propagation instantanée des messages et la capacité du site sources, particulièrement celles dont la durée de péremption à convertir ses utilisateurs. Les conversations observées sont est très courte. Créer des consortiums sera peut-être né- très fortement colorées de prescription qui a une capacité cessaire pour donner aux conservatoires [de la culture] un très forte à se propager vers d’autres publics et à rediriger pouvoir de négociation face aux fournisseurs de contenus vers des sites ». numérisés ». Mats Carduner : « Les alliances entre acteurs d’un même sec- Pour favoriser la diversité culturelle sur In- teur ne doivent pas être négligées car elles permettent de ternet, certains acteurs jouent la carte de faire contre poids aux acteurs dominants, mais également l’ouverture d’influencer les décisions des régulateurs». Grâce au rôle de diffuseur de contenus et d’agrégateur de services d’Orange, David La- Les risques de situation dominante existent, combled57 propose de rassembler les acteurs mais les acteurs dominants ne durent pas d’Internet, de la Presse, la Radio, la Télévi- dans le temps sion, les services mobiles autour d’une plate- Pour faire face à la situation dominante de forme commune, ouverte, pour s’adresser à certains acteurs, l’écosystème de la culture l’ensemble du marché. cherche donc naturellement à rétablir un équilibre, au besoin en constituant des al- David Lacombled : « Il s’agit d’offrir une alternative pour les liances. Mais les situations dominantes ne utilisateurs qui ne souhaitent pas dépendre d’un écosystème fermé, qu’il s’agisse d’un univers de terminaux ou d’un service, durent pas éternellement, et les nouveaux et d’être un garant de la diversité dans l’accès aux contenus… acteurs, comme Facebook, ou Wal-Mart, Il s’agit d’un engagement contre l’obsolescence des formats menacent déjà la domination de Google ou dans l’univers numérique : un droit acheté sur un contenu doit pouvoir être adapté par l’opérateur à tous les termi- d’Amazon. naux du marché, un livre numérique doit être par exemple 57- David Lacombled est Directeur Délégué à la stratégie des contenus d’Orange14
  • 13. Bruno Racine : « Il y a bien émergence de nouveaux acteurs physique captent l’essentiel de la demandedominants mais le monopole vers quoi ils tendent ne se réa-lise pas dans le temps de manière durable… la partie ne fait grand public, les acteurs leaders de l’Inter-que commencer et cette révolution numérique pourrait bien net peuvent être perçus comme des vecteursêtre déclassée avant vingt ans par une autre». d’ouverture et de diversité de l’offre.Mats Carduner : « Le web social est en train de rééquilibrerl’écosystème et les plates-formes de réseaux sociaux peu- Quelles seront les futures grandesvent devenir les alliés des entreprises culturelles ». « marques » de la culture sur Internet ?Annina Svensson: « Facebook est la première source de trafic Marc Tessier : « Les professionnels croient en la force desde Spotify devant les moteurs de recherche ». marques en tant que prescripteurs. Mais de quelles marques parle-t-on ? ».La prochaine révolution numérique repla-cera le point de vente, et les biens culturels Google et Facebook et Twitter sont trois motsphysiques au cœur des enjeux autour desquels sont probablement tisséesAvec environ 1% à 2% de son chiffre d’affaires les trois plus importantes toiles de l’Internet.réalisé en ligne, Wal-Mart58 occupe déjà l’unedes premières places du e-commerce mon- Fin septembre 2011, une recherche sur Google, avec le mot clé Facebook, renvoyaitdial en termes de chiffres d’affaires59. Depuis près de 18 milliards de hits60, Google et Twit-cette année, les géants de la distribution ter près de 12 milliards chacun. Chacune decommencent à intégrer les usages du numé- ces références renvoie respectivement àrique dans leurs réseaux de distribution. Les chacune de ces entreprises uniquement, aenjeux du e-commerce passent donc désor- priori, puisqu’ils ne sont pas usités en dehorsmais par les usages des applications numé- de ces contextes précis. A titre de comparai-riques au point de vente. Les services mobiles son, le mot clé Bible renvoie un peu moins depermettent déjà d’accéder aux références en 420 millions de hits, Beatles 206 millions, etligne depuis un point de vente physique, et Shakespeare 34 millions. Louvre renvoie prèsdans les pays émergents ce sont sur les ré- de 40 millions de hits. Parthenon un peu plusseaux mobiles que se développent le plus les 1.5 millions.usages du numérique. Mais l’intégration desservices entre les biens culturels, ou leurs Au classement Interbrand61 des marquesréférences physiques, et leurs références mondiales, six des dix plus grandes marquesnumériques a encore à peine commencé. sont des entreprises de technologies. Micro-Les acteurs qui sauront exploiter les nou- soft occupe la troisième place et Google lavelles possibilités qu’offrent l’ensemble des quatrième. Apple est 6e. Les dix plus grandesréseaux de distribution définiront les règles marques mondiales sont américaines. Lesdu jeu de la prochaine révolution numérique, deux premières entreprises du secteur despar exemple en ne laissant pas systémati- médias occupent respectivement la 9e place,quement le consommateur revenir vers les pour Disney et la 37e, pour Thomson Reuters.moteurs de recherche, faute d’alternative. La visibilité de Disney62 sur Internet est sensi-En outre, dans un contexte concurrentiel où blement inférieure à celle des autres grandesles acteurs leaders de la grande distribution marques de sa catégorie.58- Le chiffre d’affaires 2010 de Wal-Mart s’élève à environ 420 milliards de dollars (cf. www.wal-mart.com )59- La première place revient à Amazon60- Références dynamiques crées par les moteurs de recherche en réponse à une requête par mots clés61- www.interbrand.com62- Le mot clé Disney renvoie environ 188 millions de hits sur Google 15
  • 14. Les marques les plus célèbres sur Internet cœur de nos réflexions sur le référencement sont des marques d’entreprises de technolo- et la prescription afin de rééquilibrer les rap- gie. La plupart d’entre elles n’existaient pas il ports de force entre acteurs historiques de la y a quinze ans et parmi les dix premières il y culture et nouveaux acteurs de l’économie a deux entreprises chinoises ; les autres sont numérique. Le phénomène de dématériali- américaines. La Chine et les Etats-Unis sont sation et de re-matérialisation de nos objets les deux plus grands marchés d’Internet. quotidiens est un processus continu qui en- gendre à chaque nouveau cycle d’innovation Replacer les biens culturels au cœur de la ré- de nouvelles opportunités et de nouveaux flexion, en créant une toile autour de chacun défis. d’eux Bruno Racine: « Un de nos projet consiste à créer une toile autour d’un objet, à partir d’autres couches d’informations, afin de recréer le besoin d’ordre et d’organisation qui favori- sera les trouvailles à partir des outils techniques du web, par exemple en réponse à une question comme « Qui est Victor Hugo ? ». Nous avons déjà commencé à tisser des toiles autour des biens culturels, mais de façon dé- sorganisée et probablement inconsciente. Pour replacer les biens culturels au cœur des réflexions il s’agit de leur donner un corps et un poids sur internet, pas uniquement sous la forme de copies numériques, mais sous la forme d’un graphe Internet, c’est-à-dire d’un ensemble de contenus faisant référence les uns aux autres et créant ensemble un sens qui sera détectable par les outils du web sé- mantique. Certains fournisseurs de contenus ont peut- être eu tendance, ces dernières années, à négliger sur Internet les fondamentaux du « parcours client » au profit d’une solution de facilité qui consiste à laisser les utilisateurs trouver leur chemin seuls, grâce aux outils délivrés gratuitement par les acteurs tech- niques. L’évolution du commerce au point de vente, parce qu’elle intègre désormais les outils numériques, nous donne une opportu- nité de replacer les biens culturels réels au Retrouvez l’intégralité de l’étude sur http://www.forum-avignon.org/fr/edition-2011/publications-201116