MASTER II Professionnel       "e-Administration et Solidarité Numérique"                      Année universitaire 2008-200...
"Tout groupe humain prend sa richesse dans lacommunication, lentraide et la solidarité visant à  un but commun : lépanouis...
De la solidarité numérique à l’ICT4D : Etude des potentialités d’élargissement et de   développement du réseau professionn...
Remerciements :Je tiens dans un premier temps à adresser toute ma gratitude à :   -   Mon maître de stage Jean Pouly, qui ...
Résumé :       La solidarité numérique, concept francophone né des deux rencontres du SMSI àGenève et à Tunis entretien un...
SommaireIntroduction ........................................................................................................
Introduction          Le paradoxe de la société de linformation, nouveau contexte mondiale à travers lequellorganisation i...
Cest dans ce sens que Jean Pouly, directeur de lASN, ma confié la missiondidentifier les acteurs clefs de lICT4D et de car...
Cest par la présentation de la méthodologie dexpertise et de ses capacités en matière demutualisation et de catalyse que l...
1) Solidarité Numérique versusICT4D : Quelles similarités, quellesdivergences et quelles perspectives de          rapproch...
Cette partie correspond à la première étape du stage. Lobjectif a été didentifier et decartographier les acteurs clefs de ...
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C’est à travers cette approche que les acteurs de la coopération et du développemententendent donner une réponse à la rédu...
De plus, un second élément fait balance par rapport aux thèses néo-colonialistes, il sagit desintentions institutionnelles...
La seconde particularité réside dans le fait quil sest déroulé en deux temps, unpremier volet à Genève en 2003, pendant le...
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L’agence a mené à terme différents programmes daction :       -   Accompagnement à la mise en œuvre de dix projets de soli...
à travers le rassemblement et la mutualisation des bonnes pratiques dans le domaine des TICet du développement.Dans un dom...
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Figure 3 : Présentation des débats lancés sur le réseau Web2solidarité1.1.2.3) FSN et ASN : une institutionnalisation limi...
parties essayant de prendre la place de l’entité maitresse du système, dans une indépendancegénérale vis-à-vis de son homo...
• La dissolution du FSN et les impacts structurels qui en découlent         Actuellement, l’avenir du FSN est très hypothé...
Cette situation pourrait être à l’origine d’impacts structurels forts, notamment pour l’Agencede Solidarité Numérique, qui...
1.2) Cartographie analytique des jeux et enjeux d’acteurs de l’ICT4D           Il est tout d’abord important de revenir su...
Cette phrase reflète concrètement le concept de "l’Information and CommunicationTechnology for Developement", qui à la dif...
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1.2.2) Typologie des acteurs de l’ICT4D dans une approche sectorielle       A partir d’une approche globale de l’organisat...
Schéma 1 :
1.2.2.1) Les acteurs académiques    • Instituts et laboratoires de recherches        Parmi les acteurs académiques, les la...
- les grandes structures associatives telles que "International Institute for Communication andDevelopment" (IICD) "School...
professionnel, faisant l’objet de nombreuses demandes, à l’origine d’un contenu et de critèresd’entrée de plus en plus poi...
Schéma 2 :
1.2.2.2) Les ONG et associations du domaine de l’ICT4D       Dans un souci de lisibilité, les acteurs associatifs retenus ...
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Schéma 3 :
1.2.2.3) Les organisations internationales   • Institutions internationales       Les institutions internationales jouent ...
Le deuxième élément important correspond à la place occupée par la BanqueMondiale et le PNUD, qui établissent des liens av...
Schéma 4 :
• Réseaux de partenariats pluri-acteurs           Dans un premier temps, il est important de définir précisément ce que no...
A partir de cette analyse, il devient naturellement incontournable de prendre en compte lepositionnement du GKP comme un m...
Schéma 5 :
• Agences de coopération et de développement       Les agences nationales de coopération et de développement, dans certain...
Schéma 6 :
1.2.2.4) Les fondations privées pour le développement   • Fondations pour le développement par les TIC       Dans le maill...
La "Grameen Foundation", banque internationale de microcrédit, à l’origine de l’ouverturedes "Villages phone"22 et de la c...
• Fondations des entreprises informatiques       Le positionnement des acteurs privés est relativement isolé du système ég...
Schéma 7 :
A travers cette cartographie analytique globale, l’objectif est de faire ressortir les axesessentiels par lesquels l’ASN p...
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2.1) Scénario 1 : le réseau international des acteurs du domaine des TIC auservice du développement       Le monde de l’IC...
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"De la solidarité numérique à l'ICT4D - Etude des potentialités d'élargissement et de développement du réseau professionnel Web2solidarité", ASN, eASN, 07.2009

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Mémoire de Master II eASN, 2009

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  1. 1. MASTER II Professionnel "e-Administration et Solidarité Numérique" Année universitaire 2008-2009 Rapport de stage De la solidarité numérique à l’ICT4D : Etude des potentialités d’élargissement et de développement du réseau professionnel Web2solidarité Travail réalisé par : Jonathan STEBIGStructure d’accueil :Agence mondiale deSolidarité Numérique – ASN (Lyon)Maître de stage : Encadrant pédagogique :Jean POULY Jean-Jacques GUIBBERT Soutenance : juillet 2009 Master 2 Professionnel du Centre universitaire J.-F. Champollion (site de Castres) Domaine "Sciences humaines et sociales", Mention "Géographie et Aménagement", spécialité "e-Administration et Solidarité numérique"
  2. 2. "Tout groupe humain prend sa richesse dans lacommunication, lentraide et la solidarité visant à un but commun : lépanouissement de chacun dans le respect des différences." (Françoise Dolto) 2
  3. 3. De la solidarité numérique à l’ICT4D : Etude des potentialités d’élargissement et de développement du réseau professionnel Web2solidarité 3
  4. 4. Remerciements :Je tiens dans un premier temps à adresser toute ma gratitude à : - Mon maître de stage Jean Pouly, qui ma ouvert les portes de lAgence Mondiale de Solidarité Numérique malgré un contexte de restructuration profonde, et ma apporté toute sa confiance dans la réalisation de mes missions.Jadresse ensuite tous mes sincères remerciements à : - Toute léquipe de lASN, qui ma accueilli chaleureusement, facilitant ainsi mon intégration au sein dun environnement très professionnel, transparent et convivial. Le dynamisme combiné de David Menchi, Najet Tenoutit, Christine Tornare et Milène Salmeron à eu un effet très positif sur mon activité et ma motivation. Mention particulière à Destiny Tchehouali, qui par ses compétences intellectuelles, sa confiance et sa réflexion autour de projets concrets a ouvert de nombreuses perspectives quand à mon avenir personnel dans le monde du développement. - Tous les experts qui ont participés activement aux échanges autour des débats thématiques tout au long du stage, et qui par leur expérience ont apportés une importante plu value qualitative aux discussions. Mention spéciale à ceux avec qui jai eu des échanges enrichissant, Fred Bordage (Green IT), Fabricia Devignes (Enda Europe), Alassane Sanou (Ateliers du Bocage), Jean Michel Cornu (FING). - Mes professeurs Jean-Jacques Guibbert, Emmanuel Eveno, et Matthieu Vidal, ainsi que tous les intervenants du MASTER eASN. Les savoirs théoriques, techniques et méthodologiques qui nous ont transmis correspondent à la base sur laquelle je serais en mesure de construire mon avenir professionnel.Je transmets ensuite une dédicace toute particulière à : - Mes camarades de la promotion 2008-2009 du MASTER eASN, dont les identités et cultures diversifiées ont permis une réelle ouverture desprit sur les enjeux du développement, et une meilleure approche des contextes dans les pays du sud. - Mes amis de Lyon, avec qui jai découvert une ville dynamique, culturelle et conviviale, et qui mont permis daborder le stage dans des conditions plus détendues. 4
  5. 5. Résumé : La solidarité numérique, concept francophone né des deux rencontres du SMSI àGenève et à Tunis entretien une vision politique ambitieuse autour des mécanismesdintégration des pays du sud à la société de linformation. En parallèle à cette approcheinnovante, les acteurs anglophones du développement ont construit une analyse pluséconomique et techniciste visant à mettre les Technologies de lInformation et de laCommunication (TIC) au service du développement : "lICT4D".Dans un contexte mondialisé, les acteurs internationaux orientent leurs réflexions autour duneapproche globale et collaborative, visant à donner des réponses communes aux enjeux dudéveloppement. Le rassemblement des acteurs internationaux du domaine des TIC dans un systèmeglobal organisé autour de la communication correspond à une étape incontournable pourconstruire une pensée politique collaborative autour des problématiques de la fracturenumérique.Cest pour répondre à cet objectif que sest développé le réseau Web2solidarité, espace decollaboration et de production dexpertises sur les projets de développement par les TIC.Dans le but délargir cet espace au monde anglophone de lICT4D, plusieurs scénarios ont étéélaborés, chacun dentre eux visant à introduire de nouvelles communautés dacteurs dans leréseau. Les journalistes et reporters, les volontaires internationaux, les étudiants etenseignants chercheurs, autant de pistes douvertures potentielles qui pourraient apporter àWeb2solidarité une plus grande crédibilité internationale dans sa mission despace dexpertisede terrain sur des projets de solidarité numérique. Le monde du développement par les TIC doit se construire et sappuyer la constitutiondun espace collaboratif élargi, Web2solidarité dispose de toutes les potentialités pour jouer cerôle de catalyse internationale.Les mots clefs :Développement, TIC, Territoire, Société, Synergie, Collaboration, Mutualisation, Catalyse,Expertise, Numérique, Solidarité, Communication, Echange, Fracture, Information,Universitaire, Journalisme, Volontariat, Reportage, International, 5
  6. 6. SommaireIntroduction .............................................................................................................................. 71) Solidarité Numérique versus ICT4D : Quelles similarités, quellesdivergences et quelles perspectives de rapprochement ? .................................... 10 1.1) La solidarité numérique et ses acteurs clefs.................................................................. 11 1.2) Cartographie analytique des jeux et enjeux d’acteurs de l’ICT4D ............................... 252) Les potentialités de développement du réseau professionnelWeb2solidarité.org............................................................................................................ 50 2.1) Scénario 1 : le réseau international des acteurs du domaine des TIC au service du développement ..................................................................................................................... 51 2.2) Scénario 2 : UniversDéTIC, le rassemblement du monde universitaire pour une réflexion autour de la synergie "développement, Territoire et TIC".................................... 61 2.3) Scénario 3 : Cyberplumes et volontaires numériques : élargissement des communautés sur Web2solidarité................................................................................................................ 733) Retours d’expériences................................................................................................. 79 3.1) Animation et développement de Web2solidarité.......................................................... 80 3.2) Les contraintes et les difficultés rencontrées ................................................................ 94 3.3) Les apports du stage...................................................................................................... 96Conclusions et perspectives ................................................................................................... 98Bibliographie.......................................................................................................................... 102Webliographie ........................................................................................................................ 104Liste des figures ..................................................................................................................... 108Liste des schémas cartographiques VUE ............................................................................... 109Liste des sigles ....................................................................................................................... 110Annexes.................................................................................................................................. 112Table des matières :................................................................................................................ 115 6
  7. 7. Introduction Le paradoxe de la société de linformation, nouveau contexte mondiale à travers lequellorganisation internationale doit se redéfinir, réside dans la manière dont on aborde sonavènement.Depuis le télégraphe de Chappe jusquà lintronisation dInternet, chaque innovation techniqueest accompagnée d’un discours dit millénariste, qui annonce un monde meilleur. Ce genre dediscours est de type performatif car il “dit la société telle qu’on la veut, et en la disant laprépare, lui donne un peu plus de réalité, la fait accepter : (…) le performatif est efficace”1En déplaçant les Technologies de lInformation et de la Communication (TIC) de leur cadreprésupposé de fonctionnement au cadre d’usage réel, les techniciens, les journalistes, lesorganisations internationales et les vulgarisateurs produisent par leurs discours un contexteparadigmatique qui vise à faire des nouvelles technologies la base de la société moderne,construite sur la connaissance.Système avéré ou en construction ? Nouveau modèle de développement ou organisationnéocolonialiste ? Mythe ou réalité ? Au-delà de ces questions, un constat doit être fait, celuide la nouvelle donne internationale autour de laquelle les acteurs politico-économiquesentendent fixer les fondations dune nouvelle idéologie, celle de la société du savoir partagé. Afin de mieux comprendre les enjeux et les impacts de ce nouveau paradigme, jaidonc choisi de réaliser mon stage à lAgence Mondiale de Solidarité Numérique (ASN),organisation née de cette prise de conscience internationalement partagée selon laquelle lesoutils dinformation et de communication peuvent jouer un rôle dans le rattrapage des sociétésdu sud, structure au sein de laquelle le champ de vision serait à la fois le plus large et le pluspertinent.Pour répondre plus largement aux enjeux de la société de linformation, lobjectif de lAgenceconsiste à élargir son influence dans le monde anglophone des "Information andCommunication Technology for Development" (ICT4D), et de se positionner comme lun despiliers institutionnels de la mutualisation des compétences et des bonnes pratiques, en matièrede développement par les TIC.1 : BOURDIN Sylvie, Cours Master 2 eASN: “La société de linformation”, 2007-2008. 7
  8. 8. Cest dans ce sens que Jean Pouly, directeur de lASN, ma confié la missiondidentifier les acteurs clefs de lICT4D et de cartographier leur organisation.Afin de donner quelques indications sur la lorganisation de travail mise en place pourrépondre à la mission qui ma été confiée, revenons sur la méthodologie abordée.Lidentification du système de lICT4D sest faite par une analyse approfondie sur Internet desdifférents acteurs, en établissant comme principe de base la recherche par partenariat ; chaqueacteur identifié comme ayant un rôle clef dans le système servant de porte dentrée verslensemble des structures avec lesquels il entretenait des relations.Après avoir établi une liste élargie et exhaustive des structures impliquées, le deuxièmeexercice a consisté à limiter le champ dacteurs2 à cartographier uniquement aux têtes deréseaux, pour obtenir des schémas qualitatifs lisibles.Le logiciel libre de "Mind Mapping" ou "cartographie des savoirs" utilisé est le "VisualUnderstanding Environment" (VUE), très approprié pour mettre en relation au sein de cartesschématiques les acteurs et didentifier leur organisations et les liens quils entretiennent (laméthodologie abordée pour la construction des cartes sera précisée dans la partie 1.2.2). Cette première étape devait servir de point de départ à la constitution des différentsaxes de partenariats à définir avec certaines structures ayant un positionnement stratégiquedans le réseau de lICT4D.Pour mieux comprendre les potentialités de rapprochement de lASN avec lICT4D, il sestavéré central de réaliser un travail de définition, à la fois historique et politique, des conceptsvoisins de la solidarité numérique et de lICT4D. Et ainsi de faire émerger les similarités, lesdivergences, ainsi que les perspectives de rapprochement entre ces deux sphères.Afin de solliciter limplication des acteurs anglophones dans les projets et activités de lASNpour le développement de la société de linformation, un outil dexpertise permettant de faireémerger des savoirs de terrains et de synthétiser les expériences éparses des acteurs dudéveloppement par les TIC à été lancé officiellement en janvier 2009 : le réseau social de lasolidarité numérique "Web2solidarité".2 : Les acteurs et la présentation de leurs activités, missions et organisations sont regroupés dans un documentintitulé :"Atlas des têtes de réseau de lICT4D". Trop volumineux pour être mis en annexe, il sera présenté auxmembres du jury lors de la soutenance du rapport de stage. 8
  9. 9. Cest par la présentation de la méthodologie dexpertise et de ses capacités en matière demutualisation et de catalyse que les partenaires potentiels du monde anglophone devraient êtresollicités. Le contexte politique et stratégique fragile auquel doit faire face le monde de lasolidarité numérique depuis près dun an a eu un réel impact sur le déroulement de mon stageet la définition de mes missions au sein de lAgence. Par mesure de pragmatisme, la secondepartie de mon travail sest progressivement réorientée vers une identification (sur la base dutravail comparatif des organisations de lICT4D et de la solidarité numérique) des différentsscénarios délargissement de Web2solidarité qui permettrait au réseau de souvrir et de faireparticiper à son développement les acteurs anglophone des TIC et du développement.Construite sur une approche dhypothèses plus ou moins ambitieuses, la scénarisation despistes délargissement de Web2solidarité sest avérée être lapproche la plus adaptée aucontexte politique sensible et en restructuration.A défaut daborder le stage dans le détail, et damener à son terme une propositiondélargissement du réseau (impossible face aux obligations politiques de lAgence), montravail sest établi autour de la définition des potentialités de rassemblement des acteursanglophones et francophones des TIC et du développement, en identifiant des portes dentréespécifiques adaptées. Enfin, dans la mesure où le réseau professionnel Web2solidarité nest encore qua uneforme simplifiée, tant les potentialités dexpertises et de remonté de savoir sont importantes,lactivité en tant que chargé de mission pour lASN sest déroulée aussi autour de lanimation,et de lapprofondissement des applications du réseau, afin de lui donner une valeur ajoutéeréelle, et den faire émerger une expertise de projet qualitative. Après avoir analysé, dans une analyse comparative, les concepts et organisationsrespectives de la solidarité numérique et de lICT4D, nous proposerons les différents scénariosdélargissement du réseau Web2solidarité, pour enfin présenter un retour dexpérience sur lesréalisations et perspectives professionnelles issues du stage. 9
  10. 10. 1) Solidarité Numérique versusICT4D : Quelles similarités, quellesdivergences et quelles perspectives de rapprochement ? 10
  11. 11. Cette partie correspond à la première étape du stage. Lobjectif a été didentifier et decartographier les acteurs clefs de lICT4D, et de présenter, à partir dune étude comparativeavec le monde francophone de la solidarité numérique, les perspectives de rapprochement àtravers lélargissement de Web2solidarité au monde anglophone. Dans cette analyse croisée,les méthodes de description sont différentes. Dans la mesure où la mission qui m’a été confiée résidait dans l’identification et lacartographie du monde anglophone de l’ICT4D, l’analyse de ce système sera construite sur lalecture de schémas et de cartes d’interrelations, afin de mieux percevoir les jeux et enjeuxd’acteurs de ce milieu. Pour l’analyse l’étude du concept de la solidarité numérique,l’approche sera plus chronologique (du fondement et de l’évolution du système).L’identification des acteurs de la solidarité numérique a été réalisée par Destiny Tchehouali,dans le cadre de la création du réseau social de la solidarité numérique Web2solidarité. Il m’asemblé ainsi plus pertinent de proposer une réflexion autour du concept de gouvernance et deson évolution. Dans une analyse comparative, nous reviendrions sur deux concepts à première vuesimilaires, mais dans les réalités de leurs organisations respectives, très différents.Les actions qui découlent des partenariats du monde anglophone, leur envergure financière etgéographique, ainsi que le fondement même du concept, sont sans communes mesures avecl’implication des structures francophones sur les questions et enjeux existant, dans le domainedes TIC au service du développement.Nous nous contenterons ici de dresser un état des lieux par une approche comparative entreles deux sphères, afin de mieux comprendre les similarités, danalyser les divergences, defaire ressortir les perspectives et modalités de rapprochement.1.1) La solidarité numérique et ses acteurs clefs.1.1.1) Définition du concept de solidarité numérique "La solidarité numérique se veut une approche positive de la coopération visant àdéployer toutes les potentialités de l’Internet et du multimédia auprès de tous les publicsconcernés. La solidarité peut s’exercer à travers le transfert de ressources financières, 11
  12. 12. matérielles et humaines. Elle permet de mettre en place des projets et des réseaux d’acteurspartout dans le monde.Un projet de solidarité numérique se caractérise par le fait qu’il permet :- L’accès aux informations et aux connaissances de manière libre et générale, sans distinctionde moyens ;- L’appropriation, par les groupes ciblés, des outils de la société de la connaissance et leurcapacité à tirer partie de toutes leurs fonctionnalités ;- Le partage de méthodes, de savoir-faire et de compétences entre les partenaires engagésdans une action3". Le concept de la solidarité numérique est né dune véritable intention politiquedinstitutionnaliser les projets de développement construits sur lutilisation des Technologiesde linformation et de la Communication (TIC).Cette approche, qui a vu le jour lors du premier Sommet Mondial de la Société delinformation (SMSI)4, saligne sur une vision de coopération et daccompagnement dessociétés dans leur intégration au monde de linformation.Dans sa définition, le concept ne répond pas directement à la question "pourquoi utiliser lesTIC?", il présente à linverse une réflexion plus construite sur la réponse à la question"comment intégrer les populations dans la société de linformation?".La solidarité, dont létymologie provient du latin "solidus" (qui signifie "entier et consistant,lien unissant entre eux les débiteurs dune somme"5), renvoi directement à lidée delassociation des différentes parties dans lintégration de tous (dans l’unité), à la société delinformation.3 : "Guide de la coopération décentralisée pour la solidarité numérique", Direction Générale de la CoopérationInternationale et du Développement (DGCID), ASN, Ministère des affaires étrangères et européennes.http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/580_Int_Solidarite_numerique-2.pdf4 : Aux termes de sa Résolution 56/183 (21 décembre 2001), lAssemblée générale de lOrganisation des NationsUnies a approuvé la tenue du Sommet mondial sur la société de linformation (SMSI) en deux phases, dont lapremière a eu lieu à Genève (Suisse), du 10 au 12 décembre 2003 et la seconde à Tunis (Tunisie) du 16 au 18novembre 2005. http://www.itu.int/wsis/basic/about-fr.html (les objectifs seront décrits dans la partie 1.1.2.1).5 : Définition issue extraite du "Nouveau petit robert 2010". 12
  13. 13. C’est à travers cette approche que les acteurs de la coopération et du développemententendent donner une réponse à la réduction de la fracture numérique6.Il est intéressant de voir dans la manière daborder les programmes de développement par lesTIC comment cette notion francophone sest inscrite dans la continuité des notionsoccidentales des théories du développement. Elle consiste en un transfert du capital techniqueet humain dans les sociétés du sud, afin de leurs permettre de rattraper leur retard (Rostow,19977).Les dérives de cette approche pourraient sinscrire dans une lecture trop néo-colonialiste delapproche francophone, dans la mesure où les savoirs et connaissances techniques des paysdu nord sont mis à disposition des sociétés du sud. Cependant, à la différence de lensemble des sommets internationaux (sommetmondial sur lenvironnement, sur la population, etc), qui ont tous émergés de la volonté despays du nord, le SMSI est née à la demande de lAfrique : "Ils ont dû combattre ce qui ad’abord été le refus, puis une relative indifférence des États-Unis et, dans une moindremesure de l’Europe, qui ne souhaitaient pas traiter de ce sujet dans le cadre de l’ONU oùchaque pays dispose d’une voix quelle que soit sa population, sa puissance économique etmilitaire. Il n’était effectivement pas dans l’intérêt des pays développés de mettre en jeu, dansle cadre onusien, la suprématie de fait qu’ils exerçaient dans le domaine des infrastructures,des équipements, des logiciels et, surtout, de la gouvernance de l’Internet" (Ministère desaffaire étrangères et européennes, 2007).6 : "On qualifie généralement de « fossé » ou de « fracture » numérique (de l’anglais « digital divide »), lesinégalités d’accès et les inégalités d’usages d’Internet et des TIC entre pays riches et pays pauvres, zonesurbaines denses et zones rurales « blanches », entre hommes et femmes, jeunes et vieux, diplômés et personnespeu instruites,… En effet, compte tenu de l’évolution très rapide et de l’instabilité du secteur des TIC et destélécommunications, le temps d’adoption de ces innovations technologiques varie d’une société à l’autre(adoption tardive, lente et longue de certaines innovations en Afrique et dans les pays du Sud), et d’un individu àl’autre (selon qu’on soit technophobe ou technophile par exemple). Ces constats fondent les différentsparadigmes d’une société à double vitesse marquée par une « fissure » ou un « écart » entre les « infos-riches »et les « infos pauvres », les « info-émetteurs » et les « info-récepteurs » " (Tchehouali D., 2008).7 : Rostow, W.-W., Les étapes de la croissance économique, un manifeste non communiste, Economica, 1997,305p. 13
  14. 14. De plus, un second élément fait balance par rapport aux thèses néo-colonialistes, il sagit desintentions institutionnelles de la solidarité numérique, pilotées par deux structures"coordonnées"; le Fond de Solidarité Numérique (FSN), moteur financier des programmes dedéveloppement et des projets stratégiques institués par lASN. Pour financer les programmesde développement, ces structures ont tenté de mettre en place des outils et des mécanismes deredistribution veillant à rassembler lensemble des acteurs internationaux dans la perspectivedune intégration de tous dans la société de la connaissance, "le un pourcent de solidariténumérique".Ce programme de financement innovant consiste à proposer à lensemble des institutions,publiques ou privées, désireuses de participer à l’édification d’une société de l’informationplus équitable, de reverser un pourcent des marges des appels doffres relatifs aux TIC auFSN, en léchange dune labellisation "solidarité numérique". Cest à travers ce mécanisme queles institutions de la solidarité numériques entendent proposer un modèle de la société delinformation juste et équitable8.1.1.2) Un contexte fragile, des objectifs à redéfinir1.1.2.1) SMSI et création du Fond de Solidarité Numérique Adoptés par l’Assemblée générale de l’ONU, les SMSI ont convié les 198 Étatsmembres à s’asseoir autour dune même table, et visent à élaborer un plan daction général surles problématiques liées au développement de la société de linformation.Pour différentes raisons, ce sommet international sest construit sur une certaine originalitévis-à-vis des autres sommets internationaux.Tout dabord, comme nous lavons abordé précédemment, il est important de revenir surlorigine de ce sommet, dont lidée émane dune proposition soumise en 1996 par la Tunisie,en tant que membre de lUnion Internationale des Télécommunications (UIT). Cest àloccasion de la Conférence Bamako de 20009 que lidée à débouché sur lorganisation dupremier volet des SMSI.8 : Éléments de présentation issue du site du FSN : http://www.dsf-fsn.org/cms/content/view/39/73/lang,fr/9 : Cet évènement est né de l’initiative d’un réseau Afrique-Europe de la société civile avec le parrainage duprésident du Mali de l’époque M. Alpha Oumar Konaré (actuel Secrétaire général de l’Organisation de l’Union 14
  15. 15. La seconde particularité réside dans le fait quil sest déroulé en deux temps, unpremier volet à Genève en 2003, pendant lequel les déclarations et les plans dactions ont étémis en place, et un second à Tunis en 2005, au cours duquel lensemble des engagements ontété établis.A la différence du sommet sur le développement durable de Rio ("sommet planète terre"), quià donné lieu dix ans plus tard à une conférence de suivi à Johannesburg (pendant laquelle lesdéclarations de 1992 ont été reprises et affirmées de manière plus concrète), les SMSI ont étéorganisés en deux étapes d’égale importance diplomatique. Cette solution a été mise en placevis-à-vis de la méconnaissance générale des états concernant les thématiques abordées, dansle souci de disposer dune période de trois ans pour permettre aux acteurs de se positionner surle sujet. La troisième particularité du SMSI correspond à limplication de la société civile.Cette nouvelle règle du jeu sest mise en place dans le but de proposer à une plus grandediversité dacteurs (universitaires-chercheurs, experts, ONG, groupements dintérêts, etc.), dese réunir autour des problématiques de la société de linformation. Cette nouvelle approche apermis de proposer un contrepoids dans les échanges du sommet, face au pouvoirdécisionnaire des Etats nationaux, la société civile ayant un rôle de conseil et dexpertise surles sujets techniques en raison de leur connaissance du terrain. Enfin, il est très important de noter que pour la première fois de son histoire, lONU aproposé de rassembler les acteurs internationaux autour dun thème "positif", dans le sens oùles questionnements nont pas fait état dun risque ou dune quelconque analyse anxiogène.Lobjectif étant dexplorer les nouvelles possibilités apportées par les TIC, et non pas derépondre à des catastrophes pressenties (la guerre, la faim, la pauvreté ou les changementsclimatiques)."Il s’agit de mobiliser les énergies, de canaliser les programmes et les investissements pourfaire émerger et s’approprier de nouveaux bénéfices, inconnus jusqu’ici, et non pas pour seprémunir d’un danger collectif"10.africaine, équivalent de la Commission européenne pour l’Afrique) et M. Guy-Olivier Segond, alors président duConseil d’État de la République et canton de Genève (premier président du FSN).10 : Extrait du "guide de la coopération décentralisée pour la solidarité numérique", DGCID – ASN, page 26. 15
  16. 16. Dans son déroulement, nous pouvons cependant constater que les SMSI nont pasdirectement répondu aux problématiques de la réduction de la fracture numérique, dans lamesure où les discussions nont débouché que sur des engagements, sans quaucun programmene soit mis en place. Cest en effet plus autour des questions inhérentes au développement, à lasouveraineté nationale, ou encore à léducation que les débats se sont orientés.Au-delà de cet immobilisme relatif, parfaitement résumé par la déclaration de la société civiledu 18 décembre 2005 intitulée "bien plus aurait pu être réalisé", le sommet a été à lorigine delémergence de réseaux de partenariats entre le nord et le sud, à travers la constitution devéritables opportunités économiques, en associant directement différents acteurs impliqués(gouvernements, ONG, collectivités locales, entreprises, etc.)«Le tout premier résultat de cette grande messe de l’information et de la connaissance, c’estle processus lui-même. Dans l’esprit de ses initiateurs le SMSI devait sensibiliser lesdécideurs des pays en développement à l’immense potentiel (des TIC) pour l’expansion futuredes économies, l’amélioration du bien être des populations, la cohésion sociale et l’extensionde la démocratie.» (Renaud P. 2006). Il en ressort ainsi un véritable point positif, lié à la prise de conscience généralisée dessociétés internationales sur les enjeux liées à la réduction de la fracture numérique, lanécessité dinstituer des structures spécialisées autour de ces problématiques, et de définirprécisément les mécanismes logistiques et financiers pour donner à tous la possibilité desapproprier les outils, et de sintégrer dans la société de linformation. Cest en ce sens que lonpeut voir dans cet évènement le point de départ dun processus participatif pour définir lesnouvelles perspectives de coopération entre le nord et le sud en matière dinformation et decommunication.Ainsi, l’un des aboutissements de ce processus a été le progressif établissement dun fondpour la réduction de la fracture numérique. Il est né de linitiative du Président sénégalaisAbdoulaye Wade, et a été présenté sous la forme dune proposition des pays endéveloppement.Le principe, née en 2003 sest concrétisé à Tunis, dabord sous la forme dun pacte desolidarité numérique, pour voir linauguration officielle en mars 2005 du Fonds Mondiale deSolidarité Numérique (FSN) basé à Genève.Créé dans la même dynamique, et associée en tant que bras opérationnel financé en parti parle FSN, lAgence Mondiale de Solidarité Numérique (ASN) laccompagne dans ses actions et 16
  17. 17. projets de terrain liés à lapplication des TIC dans les différents domaines du développement,tels que la santé, léducation, lenvironnement, ou encore la connectivité.1.1.2.2) Rôle de l’Agence Mondiale de Solidarité Numérique L’Agence Mondiale de Solidarité Numérique (ASN), structure au sein de laquelle jairéalisé mon stage, est une association loi 1901 dont la mission consiste à proposer un appuilogistique et technique à la mise en place de projets de solidarité numérique. Cest à la suite delimplication associée des villes de Lyon et de Genève, de la province du Piémont en Italie etde la République du Sénégal dans le développement et lintégration solidaire des populationsdans la société de linformation que la structure à été mise en place. La démarche de lagence est construite sur une réduction des inégalités de laccès ausavoir et à linformation, à travers une solidarité active permettant lémergence duneéconomie active et créatrice demploi.Loriginalité de son action est liée au fait quelle se consacre uniquement aux usages, auxcontenus, à la formation et au matériel, ne travaillant pas sur les projets dinfrastructure et deconnectivité.Pour avancer dans ses missions, lASN dispose dun Conseil dAdministration qui rassembledes personnalités issues de secteurs diversifiés tels que lenseignement supérieur, la recherche,le secteur privé, le droit ou encore le secteur associatif, ainsi que dune équipe opérationnelledynamique composée de cinq membres constituant le secrétariat exécutif et un stagiaire. Nom et prénoms Fonction Jean Pouly Directeur Christine Tornare Chargée de ladministration et des finances Najet Tenoutit Directrice adjoint et chargée de projets David Menchi Chargé de projets et des systèmes dinformation Destiny Tchehouali Chargé détude et doctorant (programme CIFR) Milène Salmeron Stagiaire, assistance juridique Figure 1 : Composition de léquipe de lASN (STEBIG Jonathan, juin 2009) 17
  18. 18. L’agence a mené à terme différents programmes daction : - Accompagnement à la mise en œuvre de dix projets de solidarité numérique dans le cadre de la coopération décentralisée (mise en place de plans locaux numériques, informatisation des services publics, recyclage de matériel informatique, télémédecine, e-Learning, protection de la diversité culturelle et linguistique, systèmes d’information pour l’agriculture, etc.) pour le Ministère des Affaires Etrangères et Européennes (MAEE). - la conception dun réseau européen des acteurs clefs de la solidarité numérique (EDSKAN11). - la première version du projet ordi 2.0 (plateforme nationale de reconditionnement et de recyclage de matériel informatique) en partenariat avec la Délégation aux Usages de lInternet, rebaptisé aujourdhui ordinateurs solidaires et appuyé directement par la région Rhône-Alpes et le Grand Lyon, construit sur un fonctionnement régional. Par la suite, elle a lancé une action de grande envergure, à la suite de laquelle unensemble dinitiatives positives ont pu voir le jour. Il sagit de lorganisation de la Conférencemondiale sur la solidarité numérique à Lyon en novembre 2008.Cest à cette occasion que lASN a lancé officiellement le réseau social de la solidariténumérique, baptisé Web2solidarité, réseau rassemblant aujourdhui près de 500 membres issusde divers horizons professionnels et géographiques, réseau que nous présenterons en détaildans la seconde partie.Avec lappui doutils dexpertise tel que son réseau social Web2solidarité, lASN agit commecatalyseur12 dans la mise en œuvre de projets financés par le fond. Son rôle consisteessentiellement à se positionner comme un facilitateur des initiatives de solidarité numérique,11 : European Digital Solidarity Key Actors Network. Le projet a finalement été rejeté récemment, pour manquédancienneté et dassise budgétaire suffisamment importante.12 : Il existe une méthode scientifique appelée « Méthode Catalyse » qui a été mise au point par le professeurJean-Jacques Girardot, directeur du laboratoire universitaire « Méthodes de traitement de linformation appliquéeaux sciences de lHomme et de la Société » (MTI@SHS) de lUniversité de Franche-Comté en France. Il s’agitdune méthode d’intelligence territoriale qui vise à mobiliser les informations détenues par des communautésterritoriales pour améliorer la pertinence, l’efficience et l’impact des actions de développement conduites àl’échelle des territoires. Cette méthode préconise l’utilisation des outils scientifiques fondamentaux comme lesbases de données en ligne, les techniques d’édition numérique, les techniques de gestion des projets etd’évaluation, les statistiques quantitatives et qualitatives des données (Tchehouali D. 2008). 18
  19. 19. à travers le rassemblement et la mutualisation des bonnes pratiques dans le domaine des TICet du développement.Dans un domaine où les activités sont le plus souvent cloisonnées, avec un réel manque decoordination, lASN propose de rassembler les acteurs et leurs initiatives, afin den faireressortir une méthodologie commune dans lapproche du terrain pour les projets decoopération décentralisée (la réalisation du "Guide de la coopération décentralisée pour lasolidarité numérique" publié en 2008, au profit des collectivités locales, en est une parfaiteillustration). La particularité de son action réside aussi dans larticulation quelle propose par lacoordination des acteurs et initiatives à une échelle globale, pour une meilleure méthodologiede projet à des échelles très localisées. Figure 2 : Rôle catalyseur de l’Agence Mondiale de Solidarité NumériqueCette figure illustre bien le cadre d’action de l’Agence dans perspective de globalité(interdépendance des éléments et des sous-systèmes appartenant au système global desinteractions). Ici la réduction de fracture numérique est considérée dans une approchesystémique13. Cette approche suppose de la part de l’Agence mondiale de solidariténumérique un savoir (ensemble de concepts et de valeurs liées au fonctionnement du système)un savoir-être (nouveau regard porté sur les systèmes humains), un savoir-penser (du local au13 : Ensemble complexe dans lequel les éléments interagissent les uns avec les autres et où les changements dunepartie du système a un impact sur lensemble (Brunet R. 1993) 19
  20. 20. global, mais aussi du global au local), et un savoir-faire (observation, analyse, modélisation etexpérimentation) pour une efficacité des actions sur le terrain (Tchehouali, 2008).Ce schéma met par ailleurs en évidence lapproche pluri-acteur de lASN, dans la mesure oùelle construit son expertise et son appui logistique à partir dune mutualisation des réflexionset des points de vues. Cette méthode est en parfaite adéquation avec lorigine de sa création, leSMSI, et plus largement avec les approches actuelles des politiques de développement, quisétablissent sur lassociation et le croisement des savoirs et des domaines dexpertise desacteurs impliqués. Louverture de son réseau Web2solidarité, portail francophone des acteurs de lasolidarité numérique vise à produire de lexpertise technique et informelle, à travers lestémoignages des acteurs de terrains, qui mettent à disposition sur le réseau lensemble despratiques et des méthodologies de projet qui seront ensuite analysées et restituées sous laforme de synthèses par les chargés de projets et chargés détudes de lAgence.Lensemble des applications lancées sur ce portail visent à proposer une véritableméthodologie dexpertise construite sur la base de guide des bonnes pratiques en matière deprojets de solidarité numérique, "la matrice Web2solidarité" (concept sur lequel nousreviendrons plus longuement dans la deuxième partie).Cest dans la perspective de la rédaction des cahiers de Web2solidarité (rassemblant unensemble de synthèses des différentes remontées de projets de terrains proposées par lesmembres du réseau) que les coordinateurs de la plateforme ont lancé une série de débats surles différentes thématiques de la solidarité numérique, permettant pendant un mois auxacteurs (invités témoins et intervenants directs) de sexprimer et dalimenter les contenus quiserviront à la rédactions des synthèses. 20
  21. 21. Figure 3 : Présentation des débats lancés sur le réseau Web2solidarité1.1.2.3) FSN et ASN : une institutionnalisation limitée dans un contexte fragile • La conférence mondiale de la solidarité numérique : vers une fusion du fond et de l’agence ? L’organisation de la conférence du 28 novembre à Lyon a été instituée dans laperspective d’un rapprochement et d’une fusion des activités de l’ASN avec celles du fond.En effet, dans la mesure où le fondement même de ces deux entités s’est élaboré sur la based’une coordination profonde, le Fonds étant le bailleur de l’Agence, le principal soutienfinancier permettant de donner les moyens d’action à l’Agence de Lyon (jouant ainsi le rôlede bras opérationnel), l’organisation de la conférence trois ans après le dernier SMSI devaitpermettre de rétablir ce principe de coordination qui n’avait jamais été mis en place. Afin mieux comprendre cette situation de coexistence qui s’est établie sur une périodede trois ans, faisons un bref retour dans le passé récent de ces structures.Dans un jeu de stratégies et des rapports de pouvoirs entres les différents dirigeants de cesdeux entités, la situation générale s’est fondue en une guerre de leadership, chacune des 21
  22. 22. parties essayant de prendre la place de l’entité maitresse du système, dans une indépendancegénérale vis-à-vis de son homologue.Cette guerre très politisée opposant représentants de la société civile et présidents respectifs àeu un réel impact sur le manque d’efficacité du modèle de la solidarité numérique, dans lamesure où l’énergie des parties était perdue dans ces conflits d’intérêts, qui n’ont réussi àapporter aucune réponse concrète, ne clarifiant en rien une situation complexe et polémique. C’est donc dans une perspective de consensus et d’association de principe que l’ASNet son directeur (avec le soutien actif de la ville de Lyon), ont organisé cet évènement pourofficialiser une fusion, naturelle dans son fondement, et primordiale dans son contexte,symbolisant la coordination des politiques stratégiques de deux entités enfin décidées àtravailler conjointement.Les retombés politiques de la manifestation seront en réalité très différentes, le manqued’efficacité du FSN étant à l’origine de sa dissolution14. Avant de présenter les circonstances de cette crise à laquelle a du faire face le FSN,revenons brièvement sur les résultats de la conférence de Lyon, à l’origine de beaucoupd’initiatives n’engageant qu’indirectement l’organisateur de l’évènement, l’ASN.En effet, par rapport aux objectifs initiaux de la conférence, les résultats ont été très différents,l’Agence de Lyon n’ayant directement pas tiré partie de l’ensemble des rencontres pourétablir des partenariats pérennes (notamment avec le Fonds). A l’inverse, l’ensemble desparticipants ont pu profiter de l’évènement pour fonder les principes de certainescollaborations étroites autour des axes clefs du développement par les TIC, de projetsinnovants (Enda Europe, en partenariat avec l’ONG Hollandaise Waste, et son projet de"solidarité numérique responsable" en est une parfaite illustration).Les effets positifs ont été réels, mais dans la mesure où les deux principales entités de lasolidarité numérique n’ont pas réussi à faire émerger un accord durable de principe autour deleurs activités, ils en ont été les principaux perdants. Nous analyserons maintenant les impactsstructurels de ce rendez-vous raté.14 : La réponse du Conseil Administratif du FSN à la motion du conseil municipal de Genève intitulée : "Le Fondde Solidarité Numérique doit rester à Genève" est une parfaite illustration des rapports de force et de l’échec dela conférence mondiale du 28 novembre à Lyon.http://w3public.ville-ge.ch/CANDIDE/IntraCM2.nsf/0/d649f0e4a6147f8fc12575550030817f/$FILE/M-843.pdf 22
  23. 23. • La dissolution du FSN et les impacts structurels qui en découlent Actuellement, l’avenir du FSN est très hypothétique.Nous réaliserons ici un rapide aperçu de la situation et des perspectives pour le Fonds, avantde voir les différents impacts structurels que cette situation pourrait avoir sur l’avenir del’ASN. Les états membres du FSN ont voté à la majorité la dissolution de ce dernier, quiquitte ainsi des bases de Genève. Différentes raisons expliquent cette décision.Tout d’abord, il s’agit de son identité trop politique. La structure n’a en effet réussi à fairepasser aucun de ces principes fondateurs comme un véritable modèle économique viable pourla réalisation de sa mission de solidarité pour et par le numérique. L’illustration de l’échec du« un pourcent de la solidarité numérique » fait écho de cette inefficacité générale.Tout au long de son existence, le Fonds a donc essayé de s’installer au sommet de lahiérarchie des acteurs de la solidarité numérique, bataille dans laquelle il a perdu toute sonefficacité en matière de projet et d’action concrète. Sa vision trop globale des problématiques,cherchant à définir un modèle ambition pour répondre aux questions liées à l’intégration detous dans la société de l’information sont à l’origine d’une trop faible implication directe deses actions sur des projets modestes, appuyés sur des entités locales existantes (privées ouassociatives), permettant ainsi d’actionner des dynamiques endogènes fortes. Par ailleurs, et ce second point découle du précédent, la gestion financière du Fond àété profondément décriée, d’une part parce qu’il n’a jamais rempli sa fonction de soutienfinancier de l’ASN, ne lui donnant pas de marge de manœuvre et de vision stratégique à longterme, mais aussi, d’autre part, parce qu’une grande partie des fonds qu’il a eu à sa dispositionont été utilisés pour des frais de déplacement et de logement, dans le but de tisser un grandréseau et de promouvoir son rôle et sa place auprès des acteurs de la solidarité numérique. La principale hypothèse de son devenir est tournée vers une réouverture au Sénégal,dont le président (Abdoulaye Wade) avait lui-même proposé sa création. Cette hypothèse nerèglera en aucune mesure les problèmes actuels, mais il en va de la crédibilité de la solidariténumérique de ne pas voir une de ces structures centrales disparaître complètement. 23
  24. 24. Cette situation pourrait être à l’origine d’impacts structurels forts, notamment pour l’Agencede Solidarité Numérique, qui n’a en effet jamais bénéficié des moyens pour tenir sesresponsabilités. Dans ce contexte problématique, les différents scénarios concernant l’avenir de l’ASNrevêtent des aspects très différents.La première hypothèse consiste à voir l’ASN rattachée aux organisations de l’état français, entant qu’entité opérationnelle sur les questions de développement liées aux TIC, faisant officede structure partenaire de l’Agence Française de Développement (AFD). Elle pourrait ainsiavoir une marge de manœuvre durable et une vision stratégique sur le long terme.La seconde hypothèse correspond au changement d’échelle d’intervention, l’ASN devenantune Agence locale (Lyonnaise) spécialisée sur les politiques numériques de la ville de Lyonou de la région Rhône-Alpes.Enfin, hypothèse à ne pas écarter, l’ASN pourrait ne plus avoir de raison dêtre et voir sonorganisation dissoute, dans la mesure où la structure créée pour lui donner les moyensfinanciers nécessaires à son action nexiste plus. Le contexte très fragile des deux structures pilotes est un signe d’une profonde crise dusystème de gouvernance ambitieux de la solidarité numérique.Bien que le concept soit toujours fort, et de plus en plus repris dans des projets dedéveloppement divers, le modèle voit ses deux entités d’origines connaitre un période fragile,remettant en question le fondement même de ce système institutionnel et politique. 24
  25. 25. 1.2) Cartographie analytique des jeux et enjeux d’acteurs de l’ICT4D Il est tout d’abord important de revenir sur les critères définis pour l’identification desacteurs, et l’inscription dans « l’Atlas des têtes de réseau de l’ICT4D »15.D’une manière générale, l’objectif n’étant pas d’établir une liste exhaustive de l’ensemble desacteurs anglophones de l’ICT4D, nous analyserons ici les rôles et positionnements desorganisations centrales, dont l’implication dans le domaine des TIC pour le développementest très approfondie.Au-delà des activités de chaque acteur d’une manière individuelle et isolée, il est pluspertinent d’analyser leur rôle par rapport à leur positionnement (public, privé, associatif, ouacadémique). A travers cette analyse, nous remarquerons qu’il ressort une lecture des rôles etimplications plus efficiente et compréhensible dans un système de jeux et enjeux d’acteurstrès complexe.En s’appuyant sur des schémas détaillés, l’objectif est de mettre en avant certains acteursclefs, sur lesquels l’organisation du système se construit.1.2.1) Définition du concept de lICT4D « De nombreuses personnes ont dit des nouvelles technologies de linformation et dela communication (TIC) quelles étaient une balle magique qui permettrait aux pays endéveloppement de faire progresser leur développement économique et social. Est-il possiblede brûler les étapes du développement grâce aux TIC ? En un mot, la réponse est ... Peut-être.En étant un peu moins bref, Nous essayons de le vérifier. Et la réponse la plus éclairée venantde la part des personnes qui consacrent leur vie à ces sujets est Nous espérons vraiment queoui. » (Geoffrey Kirkman, 1999)1615 : L’atlas des têtes de réseau de l’ICT4D, correspond au rassemblement des différentes structures identifiéescomme ayant un rôle prépondérant dans l’organisation des acteurs de l’ICT4D. D’une manière générale, ilconstitue l’annuaire à partir duquel toutes les pistes d’élargissement des actions de l’ASN vers le mondeanglophone ont été établies. Ont été retenus les critères suivants ; le degré d’implication (financier oupartenariale), les domaines d’interventions (TIC et développement), les liens avec les autres acteurs identifiés etles zones d’intervention (exclusivement le sud).16 : Extrait du cours en ligne " Technologies de linformation et de la communication pour le développement "développé par Barbara Fillip. http://www.aedev.org/ict4d/www.knowledgefordevelopment.com/ICT4D03SP/ 25
  26. 26. Cette phrase reflète concrètement le concept de "l’Information and CommunicationTechnology for Developement", qui à la différence du modèle de la solidarité numérique,répond à la question "pourquoi utiliser les TIC" mais ne donne aucune indication directe surles moyens d’y parvenir.Les concepts anglo-saxons se dessinent sur cette ligne de lecture, les TIC étant présentéescomme le nouveau levier du développement, permettant aux pays du sud de sauter les étapeset de rattraper leur retard. Cette vision idéaliste est directement liée à celle contenu dansl’approche de la solidarité numérique, dans la mesure où ces outils sont considérés commeétant à l’origine d’un nouveau modèle de développement équitable durable et impliquantdirectement les sociétés dans le savoir et la connaissance.Cependant, c’est dans la manière de présenter le concept que les deux approches sedistinguent, l’approche anglophone de l’Infodev17 ou celle de l’ICT4D présentent directementles outils d’information et de communication comme étant la réponse aux problématiquestransversales du développement. Au-delà de cette différence fondamentale apportée par les concepts respectifs de cesdeux modèles, il existe une divergence profonde et paradoxale, concernantl’institutionnalisation et la place du politique dans leurs organisations.L’ICT4D n’est en effet pas née d’un consensus international visant à créer un cadre politiqueglobal dont la mission principale serait de répondre aux questions liées au développement parles TIC. En effet, il est difficile de trouver dans le paysage de l’ICT4D une structure qui soiten haut de la pyramide des acteurs impliqués, proposant un modèle général defonctionnement, et dictant les stratégies politiques à mettre en place.A l’inverse de la solidarité numérique, née d’une intention politique forte, l’ICT4D à étéappropriée par un ensemble de structures internationales, rendant difficile la lecture del’organisation, et proposant ainsi des démarches cloisonnées et parallèles.Parmi les entités identifiées, nous pouvons voir apparaitre un ensemble d’organisationsinternationales (la Banque Mondiale, le Programme des Nations Unies pour le17 : Le programme dinformation pour le développement est développé par la banque mondiale et un ensembledagences de développement internationales sintéressant aux moyens offerts par les TIC pour combattre lapauvreté et créer des opportunités denrichissement et de croissance économique (définition de la banquemondiale). 26
  27. 27. Développement, le Global Knowledge Partnership, l’Union Internationale des Télécom, laGlobal Alliance for ICT and Development, les Agences Suisses, Suédoises et Canadiennes deCoopération et de Développement, etc.) qui jouent indépendamment les unes des autres lerôle de tête de réseau, véritables porteurs institutionnels du modèle.A l’exception du GAID, aucune de ces entités n’a été directement créé afin de répondre auxproblématiques de la fracture numérique, mais ce sont directement les structures dudéveloppement internationales qui se sont respectivement impliquées dans la réduction decette fracture, là définissant comme un enjeu central pour l’intégration des sociétés18.Paradoxalement, de part l’ancrage institutionnel de ces acteurs respectifs, ainsi qu’en raisonde leur poids financier et de leur champ international d’action, le modèle de l’ICT4D et lespolitiques stratégiques qui en sont issues exercent un impact beaucoup plus global dont lavision à long terme est facilitée par la stabilité même de ces entités. Par ailleurs, le référentiel de l’ICT4D et la majorité des programmes qui en sont issuscorrespondent à une approche techniciste et statistique, dans la mesure où les politiquesdéployées visent à répondre à l’objectif central de la connectivité et de l’accès auxinfrastructures. Nous sommes donc dans une approche "top down" (du haut vers le bas, ou de"ranking" (classement), où le principal objectif est de trouver dans le déploiement des réseauxde communications de nouvelles niches de marché, et de faire ainsi bénéficier les populationsdu sud des infrastructures de bases pour les intégrer à la société de l’information. C’est unedistinction qui marque encore une fois les divergences entre les deux concepts, dans la mesureoù le modèle de la solidarité numérique pourrait à l’inverse être caractérisé par une approche"bottom up" (du bas vers le haut), plus orienté vers les objectifs de formation, d’éducation etde soutien à l’appropriation des outils de communication par les sociétés (Vidal, P., 2009). A travers son degré d’institutionnalisation limité, son envergure financière et sonapproche plus techniciste, l’ICT4D présente des caractéristiques qui le distinguent de lasolidarité numérique. Dans le but d’identifier les têtes de réseau de ce système et de faireressortir les interrelations existantes, nous allons réaliser une étude cartographique à partir desliens entretenus entre les différentes structures identifiées.18 : Rapport sur le développement humain du PNUD visant à "Mettre les nouvelles technologies au service dudéveloppement humain", 2001. 27
  28. 28. 1.2.2) Typologie des acteurs de l’ICT4D dans une approche sectorielle A partir d’une approche globale de l’organisation des acteurs de l’ICT4D dans unsystème complexe, la méthode a consisté à réaliser des zooms sur les maillages etinterrelations entretenues par chaque type d’acteurs identifiés dans la typologie.Dans cette typologie, les différentes catégories identifiées ont été réparties sur quatredomaines principaux, à savoir le milieu académique, le secteur privé, les organisationsinternationales et le milieu associatif.D’un premier schéma général (cf. schéma 1) sur lequel l’ensemble des liens de partenariatssont identifiés, la méthodologie de construction des cartes analytiques à permis d’identifier unensemble d’éléments de manière synthétique. Pour réaliser les différents schémas par secteur, seul les relations directes entretenuespar chacun des acteurs appartenant à une catégorie de la typologie ont été retenues. Cetteapproche a permis de faire ressortir les liens forts entre les structures, et a permis de clarifierla lecture des schémas.Dans chacun des schémas sectoriels, les structures centrales ont été identifiées, afin de faireressortir les acteurs ayant une position clef dans l’organisation avec les partenaires directs.Par ailleurs, une attention particulière à été accordée à l’identification des types de relationsentretenues, que l’on a différenciées selon qu’elles étaient construites sur des partenariatsd’actions ou des partenariats financiers.La mise en visibilité des partenariats financiers a permis d’identifier les structures ayant unrôle d’accompagnement financier des projets, à l’origine du montage et de la réalisation desdifférents projets de développement par les TIC.Ainsi, les institutions internationales, les centres de recherche, les agences de développementou encore les fondations privées rassemblent un ensemble de structure dont la missionessentielle est de venir soutenir financièrement des démarches spécifiques dans le domaine. Dans l’analyse typologique des acteurs de l’ICT4D, nous ferons référence dans unpremier temps au positionnement de la structure dans le schéma d’ensemble, pour ensuiteanalyser dans le détail son inscription dans les schémas sectoriels détaillés, afin de tirer devéritables analyses issues des maillages que l’on a pu voir apparaître. 28
  29. 29. Schéma 1 :
  30. 30. 1.2.2.1) Les acteurs académiques • Instituts et laboratoires de recherches Parmi les acteurs académiques, les laboratoires et centres de recherches occupent uneplace charnière dans l’organisation du système.En effet, un ensemble de programme et de structure œuvrant dans le domaine des TIC pour ledéveloppement passent par des centres de recherche pour appuyer leurs projets, approfondirles études sur les impacts des TIC, mais aussi entretenir l’émergence de nouvelles pistesd’expertises, et de nouveaux domaines d’actions. D’un point de vu global, les deux structures identifiées, à savoir le Centre deRecherche et de Développement International (CRDI) et le laboratoire de recherche"Information and Communication Technology for Development" (ICT4D) ont un encragedifférent.Le CRDI faisant figure de véritable porteur financier et logistique des programmes derecherches lancés exclusivement dans les pays du sud.De son côté, le laboratoire ICT4D, institué par la chair des nations unies ICT4D, s’inscritdans le maillage comme espace de réflexion, de publication, et de communication autour desprogrammes de recherches dont ils sont les instigateurs.De part son impact financier, son inscription sur les programmes d’actions et de terrains, etson inscription dans le réseau des acteurs institutionnels, associatifs et privés des TIC auservice du développement, le CRDI joue le rôle de véritable passerelle entre la réflexion etl’action. Il est maintenant intéressant de se focaliser sur le positionnement des instituts derecherches dans le schéma détaillé (cf. schéma 2). Plusieurs constats centraux doivent êtreidentifiés.Le CRDI se positionne comme la structure centrale dans le maillage des structuresacadémiques dans le monde de l’ICT4D. L’ensemble des partenariats qu’elle établi avec lesacteurs associés sont financiers. Le CRDI joue ainsi le rôle de banque de financement maisaussi d’accompagnement logistique aux programmes de recherches et aux projets dedéveloppements institués par :
  31. 31. - les grandes structures associatives telles que "International Institute for Communication andDevelopment" (IICD) "SchoolNet Africa" (SNA) et "Association for ProgressiveCommunication" (APC).- les réseaux internationaux pluri-acteurs représentés par la "Bellanet Alliance for SocialEntrepreneurs" (BASE) et Telecentre.org.- les agences de développement avec la "Canadian International Development Agency"(CIDA), la "Swedish International Development Agency" (SIDA) et la "Swiss Agency forDevelopment and Cooperation" (SDC)- les institutions internationales à travers la Banque Mondiale, le "Programme des NationsUnies pour le Développement" (PNUD) et le "Commonwealth Of Learning" (COL). Le laboratoire de recherche ICT4D de Londres est de son côté plus inscrit dans uneposition satellitaire, dans la mesure où il entretien des liens directs avec le "Swedish Programfor ICT in Developing Regions" (SPIDER), chemin par lequel le laboratoire est relié auCRDI. Le laboratoire dispose par ailleurs d’un soutien fort de la part des structures privées,desquels elle tire l’essentiel de ses sources de financements. Signe d’un intérêt particulier deces fondations pour la mise en place de programmes de recherches sur les questions del’ICT4D.En effet, les programmes de recherches institués par le laboratoire ICT4D sont à l’origined’importantes expertises mises à disposition de Microsoft, de la "Development GatewayFoundation" (DGF) ou encore de "CISCO", appuyant ainsi leurs programmes et politiquesstratégiques. • Formations spécialisées dans le domaine de l’ICT4D Les formations spécialisées ICT4D connaissent aussi un ancrage institutionnelimportant.Les 3 différents MASTERS identifiés "ICT for Development" à Stockholm, Manchester, et leMASTER "Alliance for Technology, Learning And Society" (ATLAS) de l’université duColorado proposent des formations pointues, dans lesquels les compétences techniques eninformatiques sont mises en valeur.Autant en raison de l’appui institutionnel dont disposent ces formations, qu’en raison descritères de sélection et du nombre de demande, il est important de constater que dans lemonde anglophone, ces spécialisations représentent une porte d’entrée réelle dans le monde 31
  32. 32. professionnel, faisant l’objet de nombreuses demandes, à l’origine d’un contenu et de critèresd’entrée de plus en plus pointus19. Intéressons nous maintenant de manière approfondie aux relations entretenues par cesdifférentes formations avec les acteurs de l’ICT4D (cf. Schéma 2).D’une manière générale, nous constatons que l’essentiel des fonds venant alimenter lefonctionnement de ces MASTERS proviennent des organisations internationales, avec unancrage particulièrement fort de la CIDA, mais aussi de la Banque Mondiale, du PNUD et dela SIDA.Par ailleurs, il est intéressant de noter le relatif isolement du MASTER ATLAS du Colorado,ne disposant d’aucun partenariat avec les acteurs identifiés dans le monde anglophone del’ICT4D. D’un point de vue d’ensemble, trois acteurs académiques qui ressortent dans ceschéma comme occupant une position centrale dans l’organisation du monde de l’ICT4Dsont :- Le CRDI, comme force de financement et d’expertise de terrain en matière de recherche surles impacts provoqués par le nouveau modèle de société de l’information dans les territoiresdu sud.- Les Master ICT4D de Manchester et de Stockholm, disposant d’un soutien institutionnelfort, structures depuis lesquels les futurs experts en recherche et développement de l’ICT4Dvont émerger.19 : Pour en résumé les critères dentrées, il est important de mettre laccent sur deux des principales conditionsdadmission : un niveau danglais littéraire et scientifique (oral et écrit) équivalent au "Test of English as aForeign Language" (TOEFL), ainsi quune multitude de compétences techniques et théoriques dans le domainede linformatique (cf. grille dadmission du MASTER du Stockholm : http://dsv.su.se/en/education/addm 32
  33. 33. Schéma 2 :
  34. 34. 1.2.2.2) Les ONG et associations du domaine de l’ICT4D Dans un souci de lisibilité, les acteurs associatifs retenus dans cette cartographie del’ICT4D ont été limités aux plus influents, ayant un ancrage géographique élargi, et disposantde moyens financiers conséquents. Ainsi, les ONG et associations locales et même nationalesn’ont pas été prises en compte dans ce travail. Dans le but de proposer une analyse élargie du rôle des grandes structures associativesde l’ICT4D, les ONG identifiées l’ont été dans un souci de diversification des domainesd’interventions.Le domaine de l’éducation, avec SNA, véritable réseau des écoles et universités, dont le butest d’utiliser les TIC au service de l’éducation pour tous.Le domaine du volontariat, avec les ICVolunteers, réseau international de volontariatnumérique avec les Cybervoluntaires.Les questions liées à la coordination et à l’accompagnement des initiatives de solidarité, avecl’association APC, utilisant les TIC pour la coordination des projets de développement.L’expertise, la réflexion et la communication autour de l’appropriation des TIC par lescitoyens du monde, spécialité de l’association Internet Society (ISOC) à travers les forums,colloques, workshops, et publications dont elle est à l’origine.L’approche de terrain, d’accompagnement et de conseil auprès des acteurs associatifs locauxet de leurs projets de développement, incarnée par IICD, qui met à disposition son capitalintellectuel pour soutenir et dynamiser les initiatives locales innovantes dans le domaine del’ICT4D. Venons-en maintenant à l’analyse détaillée du schéma, afin de définir lepositionnement des différentes structures associatives identifiées (cf. schéma 3).Dans un premier temps, il est important de constater que les partenariats des ONG sontsouvent financiers, leur fonctionnement étant conditionné à l’attribution de fonds par lesdifférents bailleurs soutenant les programmes de développement impulsés par ces structures.Par ailleurs, il est très intéressant de constater qu’aucune des ces associations n’entretien deliens directs avec les autres. Cet élément est le signe de l’absence de communication entre lesONG dans leurs projets de développement, les initiatives étant très souvent concurrentes, dansla perspective d’obtenir des financements directs. Paradoxe important dans la mesure où ces
  35. 35. structures ont pour principal fondement la coordination et l’utilisation des outils decommunication au service du développement. Dans un second temps insistons sur la position centrale d’IICD, dans la mesure oùl’Institut a établi des relations de partenariats avec l’ensemble des types de structuresidentifiés. Le secteur privé avec la DGF, les réseaux internationaux pluri-acteurs avec le"Global Knowledge Partnership" (GKP) et BASE, les agences de développement avec"Humanity Institute for Development Cooperation" (HIVOS), la CIDA et la SDC, le milieuacadémique avec le CRDI, et les institutions internationales avec la Banque Mondiale.Ces liens tissés avec une grande diversité de structures est à l’origine d’un élargissement dessources de financement et d’une plus grande indépendance dans leurs activités.Notons que cette diversité des partenariats est relativement partagée par l’ensemble desassociations inscrites dans le système identifié de l’ICT4D. Un dernier élément concerne la prépondérance du positionnement du GKP, en relationavec l’ensemble des ONG identifiées, véritable réseau de mutualisation et de financement desinitiatives et actions de solidarité et de développement dans le domaine de l’ICT4D. 35
  36. 36. Schéma 3 :
  37. 37. 1.2.2.3) Les organisations internationales • Institutions internationales Les institutions internationales jouent le rôle de véritable moteur de l’ICT4D, tant parleur fonction de soutien financier aux initiatives de développement que par la multiplicité desliens qu’elles entretiennent avec les acteurs internationaux de l’ICT4D. Dans l’établissement de la cartographie des têtes de réseau, les institutions identifiéespeuvent être regroupées dans trois grandes instances.Les structures appartenant aux Nations Unies, organismes et programmes indépendants ayantdes domaines d’expertise spécifique, faisant parti du système comme acteurs à part entière. La"Global Alliance for ICT and Development" (GAID), le PNUD, la "International Union forTelecommunication" (ITU) et "United Nations Educational, Scientific and CulturalOrganisation" (UNESCO) sont les principales structures identifiées dans le domaine del’ICT4D.Les structures appartenant au Commonwealth, avec le COL, le "Commonwealth Network ofInformation Technology for Development" (ComNet IT), la "CommonwealthTelecommunication Organization" (CTO), Commonwealth Connect, la fondation duCommonwealth, forment un système dans le système global, relié essentiellement au réseaupar le COL, faisant figure de passerelle entre les deux sphères.Enfin, la Banque Mondiale représente la dernière instance identifiée, en raison de sa positioncentrale en matière de financement des programmes de l’ICT4D. A travers la lecture du schéma plusieurs éléments doivent être analysés (cf. schéma 4).Tout d’abord, le positionnement des instances du Commonwealth, étant toutes reliées les unesaux autres, illustrant leur positionnement en marge du système. Les seules instancesentretenant des relations de partenariat avec les autres acteurs du système étant le COL et dansune moindre mesure le CTO (exclusivement avec le GAID).Cette situation d’indépendance vis-à-vis des acteurs internationaux de l’ICT4D symbolisel’approche du Commonwealth, dans la mesure où son action s’oriente exclusivement vers lespays membres, via les structures qui lui sont associées.
  38. 38. Le deuxième élément important correspond à la place occupée par la BanqueMondiale et le PNUD, qui établissent des liens avec l’ensemble des types de structuresidentifiées dans l’ICT4D, le rôle intrinsèque de ces institutions étant de proposer des soutiensfinanciers pour le développement des pays pauvres. Revenons maintenant sur la place centrale accordée au GAID, identifié dans ceschéma comme la tête de réseau de l’ICT4D.Bien que n’occupant pas une place aussi importante que le PNUD ou la Banque Mondiale, leGAID représente la principale porte d’entrée vers l’ICT4D pour l’ASN, dans la mesure oùson rôle et ses activités sont celles de catalyseur, facilitateur et accompagnateur des projets dedéveloppement par les TIC, les objectifs par lesquels l’ASN entant s’inscrire dans lesprogrammes de développement. Son réseau social récemment créé en est une parfaiteillustration. Construit à partir du logiciel Ning20, et proposant des services interactifssimilaires à ceux disponibles sur web2solidarité, il joue le rôle de plateforme de mise enrelation et de mutualisation des initiatives issues des discussions et des rencontres via laplateforme.Un dernier élément significatif positionne le GAID comme pilier des acteurs institutionnelsinternationaux, il s’agit des relations de proximité qu’il existe entre Jean Pouly et SeburlanKhan, les directeurs respectifs de l’ASN et du GAID, facilitant ainsi la mise en place d’unpartenariat pérenne. Le GKP revient une nouvelle fois dans ce schéma comme étant un véritable carrefourde coordination et de mutualisation entre les différentes structures du système, de par lespartenariats qui le lient à la fois au GAID, au PNUD, à la Banque Mondiale, au COL, à l’ITUet à la SDC.20 : Plateforme en ligne permettant à tout internaute de créer son propre réseau social, avec des tarifs différentssuivant les fonctionnalités demandées. Site web : http://www.ning.com 38
  39. 39. Schéma 4 :
  40. 40. • Réseaux de partenariats pluri-acteurs Dans un premier temps, il est important de définir précisément ce que nous entendronsdans ce travail par réseaux de partenariat pluri-acteurs.Les structures identifiées dans cette catégorie de la typologie orientent toutes leurs activitéssur la mise en relation, la communication et la coordination des activités des différentsmembres dans leurs projets de développement par les TIC.N’étant pas définis par un statut associatif, elles peuvent avoir une approche de coordinationconstruite sur le soutien financier et logistique aux différentes initiatives des membres duréseau, l’approche proposée par la BASE et le GKP.Les réseaux peuvent aussi être définis par la mise à disposition d’espace de communication etde coordination, comme le Digital World Forum (DWF), dont l’objectif est (par la mise enréseau), de rassembler un maximum d’acteurs dans des discussions autour des problématiquesliées au TIC pour le développement.La dernière méthodologie de mise en réseau identifiée à l’échelle internationale correspond àl’approche de Telecentre.org, qui propose un espace de coordination pour l’ensemble desanimateurs et gérants de télécentres dans le monde. Dans son activité, la communauté proposeune assistance technique, des subventions et un espace référence d’échange et demutualisation des initiatives (le réseau en ligne). A travers la lecture du schéma plusieurs analyses se dessinent (cf. schéma 5).Comme précédemment observé, le GKP est dans ce réseau d’acteurs de l’ICT4D la plaquetournante, le véritable point d’encrage par lequel la majorité des structures passent pourmettre en place des projets, solliciter des financements, entrer en contact avec des acteurs dudéveloppement, qu’ils soient privés (DGF et Microsoft), institutionnels21 (Banque Mondiale,PNUD, COL, ITU, GAID, SDC, SIDA et BASE), ou associatifs (Telecentre.org, APC, IICD,IC volunteers et ISOC).Notons cependant que le GKP ne présente aucun partenariat direct avec les acteursacadémiques identifiés dans la cartographie de l’ICT4D.21 : Les partenariats du GKP entretenus avec les instances des Nations Unies sont d’ailleurs très fort, dans lamesure où parmi les structures dépendants de l’ONU impliquées dans l’ICT4D, seul l’UNESCO n’entretien pasde relations directes avec le GKP.
  41. 41. A partir de cette analyse, il devient naturellement incontournable de prendre en compte lepositionnement du GKP comme un maillon stratégique du système dans la perspective d’uneinscription et d’un élargissement du réseau web2solidarité au monde anglophone. Un second élément concerne l’inexistence de liens entre les formations en ICT4D etles réseaux de partenariat, aucun des MASTERS n’étant directement relié à l’un des réseauxpluri-acteurs. C’est d’ailleurs à partir de cette analyse que va émerger l’idée de la mise àdisposition d’un espace de collaboration des formations en TIC et développement au sein duréseau social Web2solidarité, dans le cadre du projet UniversDéTIC. Un dernier constat annexe doit être souligné.La place de la SDC, qui est une source de financement de trois des réseaux internationauxidentifiés, seul le DWF n’est pas soutenu par la coopération Suisse, signe de la polarité decette structure, ayant ainsi un positionnement soutenant indirectement un éventail d’initiativestrès élargi. 41
  42. 42. Schéma 5 :
  43. 43. • Agences de coopération et de développement Les agences nationales de coopération et de développement, dans certains pays, ontune approche spécifique orientée autour des questions liées au développement par les TIC.Les différentes institutions identifiées sont celles de la Suisse (SDC), du Canada (CIDA), dela Suède (SIDA et le programme SPIDER), et les Pays-Bas (HIVOS).Leur implication est exclusivement financière, proposant des subventions aux différents typesde projets développés par des structures qui peuvent être associatives, institutionnelles ouacadémiques.A travers leur importante implication, les agences de développement (n’ayant par ailleursaucune exclusivité de financement pour les organisations issues de leur pays d’activité), ontun réel impact sur le dynamisme des projets dans le monde de l’ICT4D. Dans cette modélisation des interrelations directes des institutions identifiées, certainséléments définissent le positionnement de ces dernières (cf. schéma 6).L’importante prédominance de la SIDA, dans la mesure où l’agence suédoise entretient desrelations et soutien financièrement une grande proportion d’acteurs de l’ICT4D, d’autant plusqu’elle a lancé un programme exclusivement orienté autour des questions liées au TIC, leprogramme SPIDER, élargissant ainsi son champ d’intervention.Noter ici que la SIDA bénéficie du soutien financier des deux grandes institutionsinternationales précédemment identifiées, le PNUD et la Banque Mondiale. Le second élément réside dans le positionnement des structures académiques auprèsdes agences de développement. En effet, ces dernières bénéficient d’un soutienparticulièrement important de la part des institutions nationales de développement, que ce soitles formations en ICT4D, ou les laboratoires et instituts de recherche.Dans cette organisation, le CRDI fait figure de pilier, dans la mesure où il reçoit des soutiensfinanciers de la part de la SIDA, du CIDA et de la SDC. Outre le CRDI, nous pouvonsidentifier les MASTERS ICT4D de Manchester (soutenu par le CIDA et la SIDA), et deStockholm (soutenu par la SIDA et son programme SPIDER). La dernière observation correspond à l’absence totale des fondations et entreprisesprivées dans le schéma des agences de développement, signe étonnant d’une absence totale deliens et de partenariats financiers entre les institutions d’état et les organisations privées.
  44. 44. Schéma 6 :
  45. 45. 1.2.2.4) Les fondations privées pour le développement • Fondations pour le développement par les TIC Dans le maillage de l’ICT4D, les fondations pour le développement jouent un rôlerelativement marginal, malgré un intérêt réel pour les TIC. En effet, au-delà du fait même de leur existence, qui est principalement orientée surl’appui financier aux initiatives et projets visant à aider les pays en voie de développement àsortir de la pauvreté, il est intéressant de voir que les questions liées à l’intégration despopulations du sud dans la société de l’information représentent pour ces dernières un enjeuincontournable.Au regard des structures financées, qui ont des activités souvent basées sur l’appropriation desTIC au sud, les fondations identifiées présentent un intérêt particulier pour la réduction de lafracture numérique. Dans ce travail, les fondations retenues ont des activités où sont à l’origine deprogrammes d’envergure internationale, ayant un impact direct sur la réduction de la fracturenumérique.La DGF, qui développe une succession de plateforme collaborative en ligne ("DGCommunities", "Accessible Information", "le Country Gateway Support"), à destination desorganisations internationales, afin d’optimiser l’utilisation de l’aide internationale, et d’enfaire profiter les populations au niveau local, de la manière la plus efficiente.La "One Village Foundation" (OVF), est une structure internationale dont l’objectif est deréduire la fracture numérique, d’équiper les milieux ruraux en infrastructure informatique, enproposant un système de coordination et de gestion de l’aide au développement.
  46. 46. La "Grameen Foundation", banque internationale de microcrédit, à l’origine de l’ouverturedes "Villages phone"22 et de la création des logiciels "Mifos"23 ; véritable promoteur d’unaccès généralisé aux TIC, à un coût limité, à travers une approche adaptée aux contexteslocaux dans les pays du sud. A travers la lecture du schéma, deux constats doivent être analysés (cf. Schéma 7).Tout d’abord, la place forte et centrale du DGF, qui bénéficie du soutien financier des grandsbailleurs internationaux tels que Microsoft, Intel et IBM, mais aussi des institutionsinternationales comme le PNUD et la Banque Mondiale. Paradoxalement, les structures identifiées dans cette cartographie ne sont que très peureliées aux fondations identifiées.Le DGF, bien que disposant de soutien financiers multiples, ne propose sont soutien et sonaccompagnement qu’au laboratoire ICT4D de Londres, et au GKP. La Grameen Foundationest entièrement isolée dans le système de l’ICT4D, OVF ne propose de soutien qu’au DWF età IICD.Ces interrelations limitées peuvent être directement expliquées par le fait que ces structuresdisposent de véritables réseaux internes, dans lesquels elles s’impliquent financièrement.De plus, la Grameen, banque internationale de microcrédit, finance directement desentrepreneurs individuel, et soutien leurs programmes. De leurs côtés, le DGF et OVF ont uneapproche plus indirecte, dans la mesure où leur objectif est de rassembler et de coordonner lesactions, afin de faire bénéficier le sud d’une meilleure gestion et orientation de l’aideinternationale.22 : Cette démarche permet de proposer aux populations rurales un accès aux outils d’information et decommunication, les téléphones portables étant loués aux habitants, avec une facturation très abordable basée surla durée des appels.Les opérateurs téléphoniques de villages deviennent ainsi des véritables portails de communication dans lesvillages reculés, avec des outils qui peuvent s’adapter à une infrastructure de communication limitée.http://www.grameenfoundation.org/what_we_do/technology_programs/village_phone/23 : La fondation à développé un nouveau logiciel libre, conçu pour intégrer l’utilisation des TIC comme unvéritable outil dans la mise en place de projets de micro finances.Ce système de management informatisé à pour objectif de proposer des démarches standardisées, tout endonnant la possibilité d’adapter le logiciel par ses fonctions aux variations régionales où il est utilisé, mais ausside permettre une adaptabilité de l’outil aux innovations techniques futures.http://www.grameenfoundation.org/what_we_do/technology_programs/mifos_initiative/ 46
  47. 47. • Fondations des entreprises informatiques Le positionnement des acteurs privés est relativement isolé du système également.A travers le schéma, nous constatons que les entreprises informatiques entretiennentdirectement d’importantes relations entre elles, notamment CISCO, qui est directementassocié aux trois autres multinationales de l’informatique identifiées (cf. schéma 7). Comme noté précédemment, il est intéressant de voir que le laboratoire ICT4Ddispose d’un soutien fort de la part du secteur privé, signe d’un intérêt important pour lesrecherches dans le domaine des TIC pour le développement.Au côté de la DGF, c’est Microsoft qui fait ici figure de tête de réseau, dans la mesure où ellemet à disposition des fonds importants pour soutenir des initiatives associatives, comme cellede ISOC, mais aussi académiques (ICT4D), et accompagne les réseaux de partenariatinternationaux (GKP, Telecentre.org). La faible implication des acteurs privés dans le financement et le soutien des structuresspécialisées dans le développement par les TIC tien principalement au fait que l’essentiels desfonds qu’ils mettent à disposition des projets de développement sont principalement orientésvers des domaines dont les conséquences sont directement plus anxiogènes (le réchauffementclimatique, la faim dans le monde, l’accès à l’eau, la santé, etc). 47
  48. 48. Schéma 7 :
  49. 49. A travers cette cartographie analytique globale, l’objectif est de faire ressortir les axesessentiels par lesquels l’ASN pourrait s’impliquer et devenir un acteur charnière dans lemaillage de l’ICT4D. Par le biais des portes d’entrée identifiées, certaines structurespourraient jouer le rôle de pont entre la solidarité numérique et l’ICT4D, nous lesidentifierons.A la lecture comparée des deux modèles, l’enjeu d’un rapprochement est donc réel : - Mettre en concordance une approche plus techniciste, qui prend en compte lesproblématiques d’infrastructure et de connectivité, et qui dispose de moyens financiersconséquents, avec un modèle plus social et sociétal, dont l’objectif réside dans une meilleureappropriation des TIC par les sociétés. - Associer un concept qui répond à la question "pourquoi les TIC ? Pour ledéveloppement" avec un modèle qui donne des réponses sur "comment y parvenir ? Par lasolidarité". - Croiser un modèle sans hiérarchie et stratégie générale, mais disposant d’une assisefinancière importante, avec un modèle politique établie sur un système de gouvernance précis,mais victime d’une crise conflictuelle et dépourvu de moyens financiers. A la lecture de ces éléments, il paraît primordial de trouver les mécanismes etmodalités de croisement de mutualisation des deux sphères différentes mais complémentaires,et de proposer des solutions de coordination et de fusion des concepts.En proposant la mise à disposition d’un outil de mise en relation et de coordination desacteurs au niveau international, disposant d’une approche innovante dans son utilisation,Web2solidarité pourrait jouer le rôle d’espace virtuel de communication, de carrefourinformationnel et de plateforme de discussion sur laquelle le monde de l’ICT4D s’inscriraitcomme interlocuteur et modèle complémentaire de la solidarité numérique.A travers la construction de différents scénarios, nous analyserons dans la seconde partie lespotentialités d’élargissement de Web2solidarité au monde anglophone de l’ICT4D, etproposeront les différentes modalités de rassemblement des deux modèles sur un espaced’expertise et de coordination.
  50. 50. 2) Les potentialités de développement du réseau professionnel Web2solidarité.org 50
  51. 51. 2.1) Scénario 1 : le réseau international des acteurs du domaine des TIC auservice du développement Le monde de l’ICT4D, tel qu’il a été analysé dans la partie précédente présente descaractéristiques complexes dans ses interrelations.Cependant, à travers la lecture des schémas, certains acteurs se positionnent comme étant lestêtes de réseau par lesquels Web2solidarité doit obligatoirement passer pour toucher le chample plus large possible.L’enjeu réside ainsi dans la présentation auprès des acteurs clefs de l’ICT4D des potentialitésd’un réseau social thématique pour les personnes qui s’y impliquent directement.Bien qu’il existe un nombre important de réseaux dans le monde anglophone dudéveloppement par les TIC, les méthodologies d’expertises proposées par Web2solidaritéprésentent des caractéristiques très innovantes, la simple mise en relation des acteurs dans laplupart des réseaux thématiques identifiés ne correspondant qu’à la base à partir de laquellel’expertise de Web2solidarité peut se mettre en place.2.1.1) Quels sont les acteurs clefs qui permettront d’élargir la communauté deWeb2solidarité au monde de l’ICT4D A partir du travail de modélisation des interrelations des acteurs de l’ICT4D dans lapremière partie, plusieurs entités sont apparues comme étant au cœur de l’organisation dusystème.Dans le but de proposer un modèle qui implique directement l’ensemble de ces têtes deréseaux, un travail cartographique a été réalisé en plaçant directement au centre du système leréseau professionnel Web2solidarité. Toutes les interrelations des acteurs identifiés ont étépréservées, afin de donner une idée visuelle des potentialités d’élargissement du réseau enpassant par les portes d’entrées dans le système de l’ICT4D : • La Global Alliance for ICT and Development Son fondement en tant que structure spécialisée dans les questions de développementpar les TIC, et son rattachement à l’ONU font du GAID le premier partenaire à intégrer àWeb2solidarité (cf.schéma 8). 51
  52. 52. Par son implication, il ouvrirait les portes d’une assise internationale forte, donnantune grande crédibilité institutionnelle à Web2solidarité.Plusieurs éléments laissent entrevoir des perspectives concrètes d’un rassemblement de sesmembres sur Web2solidarité, comme nous l’avons exposé dans la première partie :- Le GAID entretien des relations privilégiées avec l’ASN- Il dispose d’un réseau social thématique construit sur Ning, mais n’a aucune méthodologied’expertise- Ses objectifs sont similaires à ceux de l’ASN, à savoir rassembler, mutualiser et coordonnerles acteurs du développement par les TIC • Le Global Knowledge Partnership Dans la partie précédente, nous avons pu constater que dans chacune des cartographiestypologiques, le GKP occupait une place charnière, permettant de faire le pont entre lesacteurs du système.Son positionnement de véritable réseau de partenariat de l’ICT4D et son encrageinstitutionnel important lui donnent une place de choix dans la perspective d’un élargissementde Web2solidarité (cf. Schéma 8). Dans le monde de l’ICT4D, le GKP fait figure de réseau international de partenariat, etdispose d’une grande diversité de membres en son sein, mais ne dispose pas d’un réseausocial d’expertise et de mutualisation des savoirs. Il pourrait par son intégration àWeb2solidarité bénéficier d’un groupement d’acteurs francophones (très peu représentés dansle GKP) de près de 500 entités, et apporterait directement une valeur quantitative au réseau,qui ouvrirait des perspectives de sponsoring pour la vitalité financière de Web2solidarité24. • La Swedish International Development Agency L’agence de développement suédoise correspond à la structure nationale la plusimpliquée dans les problématiques de développement par les TIC, en témoigne la mise enplace du programme SPIDER, et son soutien au Master ICT4D de Stockholm (cf. schéma 8).24 : Les chargés de projets de lASN réfléchissent au moyen dattirer certains sponsors, cependant, il estnécessaire davoir un nombre de membre suffisamment important (supérieur à 5000) pour attirer lintérêt destructures à être représentées sur le réseau. Linscription des membres du GKP et du GAID apporterait desréponses concrètes à cette condition. 52

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