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Feed AFRICA N°1 - Entreprenariat Rural
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Feed AFRICA N°1 - Entreprenariat Rural

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Feed AFRICA, les cahiers de capitalisation du réseau FIDAfrique. Bulletin N°1 – Dakar, Octobre 2010

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  • 1. (©IFAD/Susan Beccio Entreprenariat rural
  • 2. SOMMAIRE 1. Editorial 3 2. Présentation du programme FIDAfrique 4 3. Quand le partage des risques garantit l’accès durable 5 des MPER au crédit 4. Service de développement des entreprises : Comment 9 améliorer les performances des MER 7. Subvention d’équipement aux apprentis diplômés – 13 Un plan efficace pour créer des emplois dans les zones rurales 8. Expositions et salons commerciaux : un outil d’accès aux marchés pour les micros et petites entreprises 18 rurales 9. Ghana : La décentralisation des Centres d’assistance Remerciements aux entreprises et des Unités de technologies 20 rdonnateurs du PROM ER rurales pour faire face au défi de développement de Nous remercions les coo leurs les contributions de l’entreprenariat rural. 2 et du REP 2 pour mier la publication de ce pre équipes respectives à . Nos remerciements vont numéro de FeedAFRICA 10. B. Keita, boulanger : Un exemple de promotion 25 s en communication égalem ent à tous les expert eau économique et sociale oirs partenaires du rés et/ou en gestion des sav 11. Ressources 29 FIDAfrique. Développement Agricol (FIDA). 35 du Fonds International pour leCette pub lication a été faite grâce au don n°10 l’opinion du FIDA. urs et ne reflète pas nécessairementSon contenu appartient aux aute talisation du réseau FIDAfrique.Feed AFRICA, les cahiers de capi 0Bulletin N°1 – Dakar, Octobre 201 a tenu à Le comité éditorial de Feed Africa Coordination : ce que le contenu de ce num éro soit aussi Abdou FALL exact que possible. Mais seuls les auteurs Comité édit orial : sont responsa bles du contenu de chaque Hadj urs à Abdou FALL, Foly AKOUSSAN, El article. Nous encourageons les lecte KASSE, Anthony YOUDEO WEI, Mohamed photocopier et à faire librement circuler efois les KEBBEH. ces articles, en mentionnant tout res sion : aute urs et la source. CONTACT Conception graphique & Imp FRAO, Coordination générale du Imprimerie Graphi-Plus Copyright FRAO 2011 programme FIDAfrique-IFADAfrica Tél. (221) 33 869 10 16 Dakar - Sénégal N° 10075, Sacré Cœur III VDN, CP 13 Dakar Fann - Sénégal Photo de couverture : ment Tél. (221) 33 865 00 60 Yandé Ndao, Présidente du Groupe de Promotion Féminine de Soukouta pour Fax (221) 33 860 66 89 la transformation du poisson, village de Email : contact@fidafrique.net Toubaco uta, Fatick, Sénégal Site web : www.fidafrique.net 2 Feed Africa • LES CAHIERS DE CAPITALISATION DU RÉSEAU FIDAfrique - IFADAfrica
  • 3. EDITORIALChers membres et partenaires du réseau FIDAfrique,C’est un réel plaisir pour nous de vous Ces différentes expériences capitali-présenter le premier numéro de ‘Fee- sées portent sur le renforcement desdAFRICA’, les cahiers thématiques du capacités et les subventions d’équi-réseau FIDAfrique. pements comme levier de dévelop-Cette publication est un support de pement des MPERs ; l’organisationdiffusion des produits de capitalisation de foires commerciales pour faciliterdes membres du réseau, principale- l’accès aux marchés et l’écoulementment les projets financés par le FIDA des produits ; la création d’un environ-en Afrique de l’Ouest et du Centre. nement favorable par l’installation deCe premier numéro est consacré à la centre de conseil d’affaires et d’atelierspromotion des micro et petites entre- de fabrication d’équipements ; l’accèsprises rurales, un secteur qui constitue durable au crédit par un système inno-un levier important pour la lutte contre vant qui distribue les risques.la pauvreté et qui dispose d’un formi- Toujours dans le cadre de la promotiondable potentiel pour la création d’em- des entreprises rurales, ce numéro deplois et d’un dynamisme économique ‘FeedAFRICA’ présente l’itinéraire deen milieu rural. En effet, des MPER Boubacar Keïta, qui grâce à son espritperformantes peuvent contribuer à d’entreprise nourri par les appuis dul’amélioration de la productivité agri- PROMER 2 et de ses partenaires no-cole et à la valorisation des produits de tamment des services techniques éta-l’agriculture par la transformation. tiques, a pu moderniser sa boulangerieA travers six articles, ce cahier inves- traditionnelle et multiplier son chiffretit l’expérience de deux projets dans d’affaires par huit en l’espace de dixl’appui à la création, la consolidation ans.et la pérennisation des micro et pe- Nous vous souhaitonstites entreprises en milieu rural. Il dé- bonne lecture etcrit, analyse et tire les enseignements attendons impa-de diverses stratégies d’appui et d’ac- tiemment voscompagnement aux MPER menées par réactions etle Rural Enterprise Project (REP 2) au contributions.Ghana et le Projet de promotion del’entreprenariat rural (PROMER 2) auSénégal. Ces articles ont été produitsgrâce à l’appui de FIDAfrique dans laconception et la réalisation des plansde capitalisation de ces deux pro-grammes. Des mission d’identificationdes thèmes de capitalisation à l’éditiondes articles, en passant par l’organi-sation d’ateliers d’échange et de pro-duction, ont permis à ces projets deréfléchir de manière critique sur leursexpériences et de partager à travers cesarticles, les résultats et les principauxenseignements. Abdou FALL Responsable programme à la FRAO Coordonnateur du Programme FIDAfrique, AOC Email : contact@fidafrique.net Dakar, SénégalLES CAHIERS DE CAPITALISATION DU RÉSEAU FIDAfrique - IFADAfrica • Feed Africa 3
  • 4. PRESENTATION DE FIDAFRIQUE FIDAfrique est un réseau qui relie des l‘Afrique de l’Ouest (FRAO). Il com- La Fondation Rurale de l‘Afrique de personnes, des organisations et des porte trois composantes techniques l’Ouest (FRAO), basée à Dakar, est réseaux en vue de promouvoir l’ap- : le renforcement des capacités et la responsable de la coordination gé- prentissage, le partage d’expériences formation ; l’appui à la collecte et au nérale du réseau subsaharien et de la et des innovations pour la réduction partage des savoirs ainsi qu’à la com- coordination de l’Afrique occidentale de la pauvreté rurale en Afrique subsa- munication ; l’appui à la concertation et centrale. L’Association Africaine de harienne. Les deux premières phases sur les politiques publiques. Crédit Rural et Agricole (AFRACA), (1999-2007), sous forme de projet, Il vise notamment à accroitre l’effica- basée à Nairobi, bénéficie d’une sub- ont concerné uniquement l’Afrique cité des projets/programmes et amé- vention de la FRAO pour coordonner de l’Ouest et du Centre. La troisième liorer la concertation sur les politiques la région Afrique orientale et australe. phase dénommée FIDAfrique/IFADA- à travers une meilleure identification Le comité de pilotage de FIDA- frica, a été lancée à Nairobi en avril des processus d’innovation, d’appren- frique-IFADAfrica, principal organe 2009 pour une période de trois ans et tissage et de partage. En cela, elle in- de gouvernance du réseau, regroupe couvre toute l’Afrique Subsaharienne. tègre la vison de la FRAO et du FIDA essentiellement des projets et des pla- Dans sa forme actuelle, FIDAfrique- de se renforcer en tant qu’organisation teformes d’organisations paysannes, IFADAfrica est un programme financé de savoirs et d’utiliser les savoirs pour mais aussi des représentants des gou- par le Fonds Internationale pour le accroître l’efficacité en matière de dé- vernements et des partenaires interna- Développement Agricole (FIDA) et veloppement. tionaux comme le FIDA, le CRDI et coordonné par la Fondation Rurale de le CTA. ©FIDAfrique4 Feed Africa • LES CAHIERS DE CAPITALISATION DU RÉSEAU FIDAfrique - IFADAfrica
  • 5. MICRO ET PETITES ENTREPRISES RURALESQuand le partage des risques garantitl’accès durable au créditAhmed Hady Seydi, ameth_hady@hotmail.comIbrahima Sory Diallo, sori02ibrahima@yahoo.frLa caution solidaire, couplée au partage des risques, facilite l’accès durable des « caution solidaire » et de « partageentrepreneurs ruraux à des services financiers adaptés et garantit la sécurité du des risques », telles qu’inscrites dansportefeuille de prêts constitué. Dans l’expérience sénégalaise du Service d’Ap- les conventions signées (SFD/PROMERpui à la Finance rurale (SAFIR) du PROMER, près de 700 micro-entrepreneurs et Groupe de Caution des MPER/SFD),ruraux, de Tambacounda et de Thiénaba (région de Thiès), ont bénéficié de l’accès marquent une véritable avancée dans leau financement pour quelque 58 millions de francs CFA. Le taux de remboursement, financement des micro et petites entre-de plus de 98%, montre la bonne santé du portefeuille. prises rurales. En quoi consiste cette stratégie duDans les régions de Tambacounda et de cation du PROMER, s’appuie sur une partage des risques et en quoi facilite-Thiès, au Sénégal, les micro et petites vision commune qui, grâce à un partage t-elle l’accès au crédit ? Ce documententreprises rurales (MPER) sont caracté- concerté des risques financiers, chaque tente de répondre à ces questions dansrisées par la faiblesse de leur patrimoine partie milite pour un accès sécurisé et une première partie. Il fait ensuite l’éco-(biens meubles, biens immobiliers, etc.). durable au financement. Dans ce cadre, nomie des conventions mises en œuvreBien qu’assistées par le PROMER, le Pro- les MPER se sont constituées en en mettant l’accent sur l’expérience desjet de Promotion de l’Entreprenariat groupes homogènes et solidaires pour boulangers traditionnels de la région derural, elles accèdent difficilement aux être des interlocuteurs crédibles face aux Tambacounda. Enfin, les points positifscrédits d’investissement et aux fonds de SFD. Le partenariat tripartite qui en dé- et les limites révélés lors de la mise enroulement des institutions financières, coule – entre les groupes de MPER, les œuvre des conventions sont passés endeux leviers pourtant indispensables à SFD et le PROMER – pose les jalons d’un revue pour en tirer des enseignements.leur développement. Pour ces institu- partage des risques guidé par la respon-tions, en effet, l’absence ou la rareté sabilité qui s’assure que chaque partie Trois acteurs pour un partenariatde garanties matérielles implique des assume dans une perspective de sécuri- Le partage des risques est une stratégierisques financiers élevés. sation des prêts. globale dans laquelle chaque acteurC’est pourquoi le Service d’Appui à la Il y a ici de réelles innovations qu’illus- tient un rôle bien déterminé. La réus-Finance rurale (SAFIR), une composante trent, d’une part, les termes de la par- site de sa mise en œuvre dépend de ladu PROMER, à initié des stratégies ticipation de chacune des trois parties définition de certains préalables qui enpour résoudre cette question. Le but est, au risque global et, d’autre part, la res- constituent les principes de base (iden-entre autres, de favoriser une relation du- ponsabilité individuelle des MPER à la tification des acteurs, constitution desrable, fondée sur la sécurité, la confiance sécurisation des prêts. Les notions de groupes de caution).et le partenariat. Pour permettre l’ac-cès des micro et petites entreprisesau financement, le SAFIR s’appuie PROMER IIsur son partenariat avec cinq systèmes SFD SAFIR partenairesfinanciers décentralisés (SFD) bénéfi-ciaires d’une ligne de crédit d’un milliard RISQUESde francs CFA de la BOAD. Ces SFD − Diminution des taux d’intérêt, des Couverture des créances aban- dérogations sur le délai d’obser- liés aux prêtsl’UIMCEC, l’URMECS, la CAURIE-MF, vation pour l’adhésion et sur les données par le Fonds de garantie «SAFIR» (50 à 70% des créances à prises de garantie réellesle CPS/ASACASE et la MEC Dimbalante plus de 12 mois de retard)–, en raison de leur proximité et de leur Couverture annuelle d’une partie des créances en retard par le fondsflexibilité, constituent en outre les domi- de garantie du groupe (x% des crédits de 03 à 12 mois de retard)ciles financiers les mieux indiqués pourles micro et petites entreprises rurales. GROUPE DE CAUTIONLe partenariat SFD/MPER, avec l’impli-LES CAHIERS DE CAPITALISATION DU RÉSEAU FIDAfrique - IFADAfrica • Feed Africa 5
  • 6. Trois acteurs principaux interviennent MPER débitrice. Il est représenté par un C’est en quelque sorte le moyen trouvédans les conventions mises en œuvre. bureau signataire de la convention avec par les institutions de micro-financeCe sont le PROMER, le SFD partenaire le SFD. Le bureau agrée les requêtes de pour instaurer la confiance entre elles etdu SAFIR et le groupe de caution. financement émises par les MPER et ap- leur clientèle pauvre.Avec ses différentes composantes, ses puie les SFD dans le recouvrement des A la base du cautionnement solidaire,prestataires de services non financiers prêts en retard. il y a un groupe homogène et organisé.et ses partenaires techniques et finan- Le groupe de caution établit une charte Dans ce noyau, la connaissance per-ciers, le PROMER met à la disposition d’adhésion aux MPER, définit des mo- sonnelle et réciproque des membresdes bénéficiaires des appuis pour un dalités de cautionnement solidaire et est un élément central. Les dettesrenforcement de leurs capacités. II a mis mobilise un fonds de garantie destiné contractées par un membre, dansen place un fonds de garantie chargé à couvrir une partie des créances mal- le cadre du cautionnement solidaire,de couvrir 50 à 75% des créances ir- saines du portefeuille (le niveau de cou- relèvent de la responsabilité morale derécouvrables (prêts à plus de 12 mois verture sera défini dans la convention l’ensemble du groupe qui exerce unede retard de remboursement) issues du qui lie le groupe au SFD). pression sociale sur le bénéficiaire duportefeuille constitué grâce à la ligne de prêt. Mais, pour être efficace, le cau-crédit de la BOAD. Caution et garantie tionnement solidaire implique la possi-Les SFD, partenaires du PROMER – ac- bilité de pénalités financières en cas de Partout dans le monde, le caution-tuellement l’UIMCEC et l’URMECS –, défaillance dans le remboursement des nement solidaire a permis à des po-bénéficient d’un appui financier grâce prêts. C’est la raison d’être du fonds pulations défavorisées d’avoir accès àà la ligne de crédit. Ce sont les domi- de garantie constitué par les membres. des services financiers. Dans les expé-ciles financiers du groupe de caution Moyen du partage des risques détenu riences de Tambacounda et de Thiès, leavec lequel ils signent une convention par le groupe de caution, il est destiné groupe de caution est fondé sur le prin-de partenariat. Ils instruisent les dossiers à couvrir une partie des créances mal- cipe du cautionnement solidaire. Celui-de financement, accordent les prêts et saines. ci est une réponse au manque de biensen assurent le suivi. Ils gèrent aussi les réels à offrir comme garantie, aux coûts Si les fonds de garantie sont souventfonds logés dans leurs comptes. Par de transaction liés à la mise en place considérés comme des réserves d’argentailleurs, dans le cadre du partage des du financement et aux risques élevés démobilisatrices – les cas de dilapida-risques, les SFD accordent au groupe de des prêts, trois facteurs principaux qui tion de ces fonds sont monnaie courantecaution des dérogations sur certaines expliquent l’exclusion des pauvres du −, il est admis que leur bon fonctionne-dispositions qui constituent de réels blo- marché financier. ment nécessite qu’ils s’inscrivent dans lecages à l’accès au prêt : le délai d’attente cadre d’une convention qui suggère une En effet, les institutions financières ontobligatoire, le taux d’intérêt, la prise de gestion cohérente, transparente et collé- toujours trouvé le financement des dé-garantie, etc. giale. Le fonds, ainsi constitué en munis incompatible avec leur exigenceTroisième acteur, le groupe de caution compte à terme, sera mobilisé selon de viabilité. Se basant sur le principe deréunit des micro et petites entreprises des modalités définies dans la conven- la solidarité et de l’aide réciproque, lerurales bénéficiaires du PROMER. Elles tion ; celle-ci fixe, en outre, le taux d’in- cautionnement solidaire a rapprochésont clientes des systèmes financiers térêt et les types de crédits qui y seront les institutions financières et leurs clientsdécentralisés partenaires du projet. Le adossés. pauvres. Il a été une alternative à l’ab-groupe de caution, dont les condi- sence de biens réels à constituer en ga-tions de mise en place sont définies ci- rantie pour sécuriser les financements. Instrument de sécurisationaprès, apporte sa caution solidaire à la Dans le sud-est du Sénégal, la straté- gie du partage des risques, initié par le groupe de caution des membres de l’organisation professionnelle des bou- langers traditionnels de la région de Tambacounda, a été une réponse à la crise qui l’opposait à une institution financière, l’UIMCEC. Suite au mauvais dénouement d’un financement collectif octroyé en août 2007, les relations entre l’institution et l’organisation profession- nelle s’étaient fortement détériorées : les 7 millions de francs CFA, qui ont servi au financement de 42 micro et petites entreprises rurales, ont été rembour- ©PROMER 2 sées avec plus de douze mois de retard, après avoir été basculés en créances abandonnées. Cette situation, après sa régularisation, a amené le SAFIR, à inviter les différentes6 Feed Africa • LES CAHIERS DE CAPITALISATION DU RÉSEAU FIDAfrique - IFADAfrica
  • 7. parties – organisation professionnelle,institution financière et antenne Suddu PROMER – à s’asseoir autour d’unetable pour réfléchir sur les causes d’unetelle déconvenue. Globalement, les dé-faillances étaient imputables à un vastedétournement de l’objet du prêt et à unsuivi inapproprié des débiteurs. Il fallaitrapidement remédier à cette situationafin de permettre aux micro et petitesentreprises rurales d’accéder au finance-ment pour mener à bien leurs activités. ©PROMER 2L’institution financière n’était plus dansles dispositions de reconduire des finan-cements dans les mêmes conditions queprécédemment – chat échaudé craintl’eau froide, dit l’adage. Le SAFIR, dontl’objectif est de faciliter l’accès durabledes MPER aux services financiers, pro- caution. Pour pouvoir bénéficier d’un Un taux de remboursement de crédit, les MPER membres doivent, au- 98%posa alors une solution : le partage des paravant, être partenaires du PROMERrisques entre l’institution, l’organisa- La stratégie qui consiste à faciliter l’ac- et être membres du système financiertion professionnelle et le PROMER. Le cès des MPER aux crédits, par le biais décentralisé, notamment y avoir unfonds de garantie, issu de la ligne de cré- de leurs groupes de caution, gagne de compte.dit de la BOAD, allait servir d’instrument plus en plus en pertinence compte tenude sécurisation des prêts. Cette dé- Ils doivent, en outre, bénéficier des ap- des résultats enregistrés. A ce stade demarche, inédite, marquait une rupture puis préalables (pré-diagnostic et dia- mise en œuvre du programme « Accèstotale avec ce qui existait auparavant. gnostic) et adhérer au groupe de cau- aux services financiers » du PROMER, tion selon les conditions définies. Par trois conventions ont été signées entreLa participation de l’organisation pro- ailleurs, leurs requêtes de financement des groupes de caution et des SFD par-fessionnelle au risque encouru par les doivent être validées et leurs besoins tenaires du projet (une à Tambacounda,financements à venir supposait l’orga- financiers justifiés. La validation de la une à Kaolack et une à Thiénaba).nisation de ses membres en groupe de requête de financement, matérialiséecaution. Les financements se feraient Pour le cas de la région de Tambacoun- par un accréditif, est effectuée par ledonc dans le cadre d’une convention da, le financement des boulangers tradi- bureau du groupe. Elle représente unesignée entre l’institution financière et tionnels est devenu une réalité. Le Prési- étape très importante et constitue unele groupe de caution. Cette convention dent de l’organisation professionnelle, innovation en tant que premier niveaudéfinissait les dispositions spécifiques Boubacar Keïta, se félicite du dénoue- de contrôle de la pertinence de la re-de mise en place et de gestion du prêt. ment globalement heureux du premier quête. C’est aussi le premier jalon d’uneAu-delà des conditions liées à la no- participation à la sécurisation du crédit cycle de financement pour une enve-tion de cautionnement solidaire qui le et du partage des risques. Elle équivaut loppe globale de près de 8.000.000 defonde, la constitution du groupe de donc à la caution que le groupe apporte francs CFA. La satisfaction du groupecaution des boulangers de la région de à la MPER membre, conformément aux réside surtout dans la possibilité quiTambacounda a respecté des disposi- modalités de cautionnement solidaire. lui est offerte de négocier directe-tions bien précises. Le groupe a procédé ment l’accès des membres aux services Après l’accord du dossier de prêt par le financiers. Trois autres conventions sontà l’ouverture d’un compte collectif au- Comité de crédit du SFD, la micro en- en cours de finalisation (deux à Thié-près de l’UIMCEC et exhorté les MPER treprise informée se rend au guichet de naba et une à Tambacounda). Ceci tra-membres à en faire autant. Un fonds de l’institution financière, signe un contrat duit un engouement certain des MPERgarantie y a été logé avec la participa- de prêt individuel et s’acquitte des frais bénéficiaires du PROMER, mais aussition de chaque MPER. La mobilisation de dossier. Le montant du prêt sera viré l’adhésion des institutions financières àdu fonds de garantie, qui répond aux dans son compte pour assurer la traça- la démarche.dispositions définies dans la convention bilité des fonds et la responsabilisa-signée par les deux parties, se fera selon Grâce à cette démarche, près de 693 tion individuelle de la MPER. Celle-ci estle niveau d’engagement des MPER. Le personnes ont vu leur accès au finan- entièrement responsable des rembour-groupe apporte sa caution morale aux cement facilité. Elles ont reçu au total sements et ne bénéficiera de la cautiondébiteurs. La convention « Groupe de 58.200.000 de francs CFA. L’intérêt de qu’en cas de défaillance de rembourse-caution/SFD » qui intègre la convention la démarche réside aussi dans le fait ment avérée. C’est à ce moment que le« Refinancement/Fonds de garantie» lie que les populations les plus vulnérables fonds de garantie sera mobilisé selon lesle PROMER avec l’institution financière. peuvent accéder au financement. Par dispositions prévues dans la conventionUn certain nombre de conditions sont (couverture d’une partie des prêts en re- exemple, 93% des MPER constitués ennécessaires pour l’accès aux finan- tard entre 3 et 12 mois). groupes de caution et bénéficiaires descements des membres du groupe de prêts sont des femmes. Au-delà de ceLES CAHIERS DE CAPITALISATION DU RÉSEAU FIDAfrique - IFADAfrica • Feed Africa 7
  • 8. chiffre, c’est la qualité du portefeuillequi constitue un motif de satisfactionnon négligeable. Globalement, le tauxde remboursement affiché est de plusde 98% pour un taux de portefeuille àrisque à plus de 90 jours quasi nul.Du point de vue de l’organisation dugroupe, la participation des différentsacteurs au risque encouru lors de lamise en place des prêts milite en faveurde l’instauration de la confiance. La res- ©PROMER 2ponsabilisation individuelle des MPERdébiteurs qui consentent à participer aurisque favorise la durabilité du dispositifet la sécurisation des financements.Toutefois, la mise en œuvre de la straté-gie du partage des risques par le PRO- de Thiénaba, affirme : « Le SAFIR a bien SIGLES ET ACRONYMES :MER, les SFD et les Groupes de caution, fait d’initier cette démarche puisqu’elle UIMCEC : Union des Institutions Mu-n’est pas exempte de quelques écueils, constitue un moyen de sécurisation tualistes Communautaires d’Epargne etpar exemple le manque d’implication des prêts. En participant au fonds de Créditde la majorité des membres à la vie du de garantie du groupe, chaque débiteur URMECS : Union Rurale des Mutuellesgroupe de caution. A cela s’ajoutent les se sent responsable du remboursement d’Epargne et de Crédit du Sénégaldifficultés liées à la bonne circulation de des prêts. En préservant leur fonds de ASACASE : Association Sénégalaisel’information. Enfin, les relations SFD/ garantie qui doit couvrir 15% des pour la Création des Activités SocioGroupes de caution s’inscrivent dans prêts ayant trois à douze mois de Economiquesun environnement de différence de ni- retard, ils sécurisent le fonds de garantie CPS : Crédit Populaire Sénégalaisveau de capacités techniques. Aussi, la du PROMER qui est quant à lui, mobilisé MEC : Mutuelle d’Epargne et de Créditgestion du partenariat n’est pas réalisée pour la couverture des créances ayant SAFIR : Service d’Appui à la Financeavec un même niveau d’appréciation. plus de douze mois de retard. En Rurale plus, le fonds de garantie (15% de PROMER : Projet de Promotion de l’En-Servir une clientèle délaissée l’enveloppe de prêt) est un moyen effi- treprenariat Rural cace de mobiliser à moindre coût (taux BOAD : Banque Ouest Africaine de Dé-Le partage de risques, comme outil d’intérêt de 2 à 3%), une épargne veloppementde facilitation de l’accès au crédit des stable qui permet au guichet de faire du SFD : Système Financier DécentraliséMPER bénéficiaires du PROMER, est financement durable ». MPER : Micros et Petites Entreprises Ru-une démarche à dupliquer dans les Pour l’Unité de Gestion du Projet, au- raleszones d’intervention des projets FIDA delà de l’accès au crédit et de la sécurité OP : Organisations Professionnelles(Fonds international pour le Dévelop- des prêts octroyés, le partage des risques FIDA : Fonds International du Dévelop-pement agricole). Mais la réussite im- assure la durabilité des relations entre pement Agricoleplique sa mise en œuvre à partir des les SFD et les MPER. En effet, commegroupes de caution. Sous cet angle, ce le dit Ibrahima Sory Diallo, le prestataire BIBLIOGRAPHIE :sont de réelles perspectives qui s’offrent chargé des appuis financiers de l’Unitéaux organisations professionnelles qui Guide stratégique et opérationnel du Opérationnelle de Tambacounda, « s’ilsont naturellement des groupes homo- PROMER II est bien géré, le fonds de garantie quegènes et organisés. le groupe de caution a mis en place Convention de partenariat OrganisationL’approche est d’autant plus crédible survivra au PROMER qui est un projet à professionnelle des Boulangers et UIM-qu’au-delà de l’accès aux financements, durée limitée. Tant que ce fonds existe, CECc’est la sécurisation des fonds qui est la relation avec l’institution financière va Convention de partenariat Femmesen jeu. C’est là l’enjeu qui est perçu du demeurer ». transformatrices des noix d’anacarde decôté des SFD qui voient par ce procédé Les groupes de caution, calés aux or- Thiènéba/URMECSle moyen de servir une clientèle a priori ganisations professionnelles, sont de vé- Convention « Refinancement/ Fonds dedélaissée. En plus, la concertation dans ritables étapes dans l’établissement des garantie », PROMER/UIMCECla définition des modalités de partage sociétés de cautionnement qui serontdes risques et de validation des requêtes animées par des cadres de concertationdes MPER s’avère être une véritable inter-filières. C’est là en tout cas un axeinnovation dans la prise en charge de qu’il importe d’explorer pour un finan-leurs besoins en services financiers. cement efficace et adapté des interve-El Hadji Moussa Diongue, le Direc- nants des filières.teur de l’URMECS, se félicitant de laconvention signée avec les femmestransformatrices de la noix d’anacarde8 Feed Africa • LES CAHIERS DE CAPITALISATION DU RÉSEAU FIDAfrique - IFADAfrica
  • 9. SERVICE DE DEVELOPPEMENT DES ENTREPRISESComment améliorer les performancesdes micro et petites entreprisesruralesFatoumata Sané Guissé, fatoumata.sane@promer-sn.orgOusseynou Ndiaye, osendiaye@yahoo.frHawa Diarra, masagne58@yahoo.frUn service de développement des entreprises de qualité garantit la performance et des porteurs d’initiatives économiques,la compétitivité des micro et petites entreprises rurales (MPER). L’expérience des de leur appui dans l’élaboration demarchés de services de développement des entreprises du Projet de promotion dossiers de projet, et de leur suivi-de l’entreprenariat rural du Sénégal (PROMER) montre que la disponibilité de accompagnement. La sélection de cescompétences avérées des prestataires de services, d’outils méthodologiques et de conseillers se faisait sur la base d’un ap-normes adaptés entraîne une augmentation de la productivité des MPER et des em- pel à candidatures et d’entretiens.plois. Elle améliore également la qualité des produits, favorise l’accès aux marchés Les leçons tirées de cette expérience, àlocaux et ouvre des perspectives sur les marchés nationaux et régionaux. la fin de la première phase du PROMER, ont conduit le projet à externaliser cette fonction lors de sa deuxième phase. Celle-ci a ainsi voulu aller plus loin en autonomisant et en responsabili- sant les prestataires de services non financiers dans une perspective de pé- rennisation d’une offre de qualité et de proximité au profit du développement des MPER. C’est fort de cette convic- tion que le PROMER estime qu’un ser- vice de développement des entreprises de qualité favorise la performance et la compétitivité des micro et petites en- treprises rurales définies comme des ©PROMER 2 entreprises établies en milieu rural qui emploient au maximum 20 personnes et font un chiffre d’affaires n’excédant pas 25 millions de FCFA pour les prestations de services, ou 50 millionsLe BIT, partenaire méthodologique PROMER, a été le maître d’œuvre dans la sélection etla formation de prestataires de qualité. FCFA pour les opérations de livraison de biens.Avant la mise en œuvre de la première Le service de développement des en- Le principe de mise en œuvre desphase du Projet de Promotion des mi- treprises, au profit des micro et petites appuis du PROMER est basé sur le «cro-entreprises rurales (PROMER), le entreprises rurales (MPER), est né avec faire-faire ». Il a pour mission de déve-service de développement des en- l’avènement du PROMER. Lors de sa lopper un marché pérenne et durable detreprises était quasi-inexistant. Le peu première phase, le PROMER avait un services d’appuis non financiers et finan-d’offres disponibles en ce domaine éma- pool de 24 conseillers internes en en- ciers. La démarche consiste à identifier,nait des centres urbains vers le monde treprises répartis dans autant de Zones sélectionner et renforcer les prestatairesrural. Il y avait un réel problème d’Animation Economique de Proximité locaux afin qu’ils puissent offrir desd’adéquation entre l’offre et la de- (ZAEP). Ils étaient chargés de la sensi- services de qualité, accessibles auxmande et cela constituait une entrave bilisation et de l’animation sur les op- MPER. Ces services se sont traduitsà la productivité et à la compétitivité portunités, des ouvertures de comptes par une amélioration de la producti-des entreprises rurales. courants et d’épargne, de l’identification vité dans les différentes filières d’inter-LES CAHIERS DE CAPITALISATION DU RÉSEAU FIDAfrique - IFADAfrica • Feed Africa 9
  • 10. vail) et du PROMER, à l’aide d’un guide. Les critères de sélection sont basés sur le niveau d’éducation, l’expérience en gestion et création d’entreprise, la com- préhension des étapes de création et de gestion d’entreprise, les activités de formation réalisées, la motivation, la dis- ponibilité et la capacité de prise d’initia- tives. Les prestataires sélectionnés suivent une série de formations. La formation des formateurs leur permet d’être en me- ©PROMER 2 sure d’accompagner les porteurs d’ini- tiatives économiques et les micro et petites entreprises rurales dans des formations dites GERME niveau 1, GERME classique et Evaluation de prestataires par un maitre formateur du BIT dans une approche qualité. TRIE/CREE et Suivi. La formation des formateurs est dispensée par des ex- perts du BIT aux prestataires qui sontvention du PROMER (augmentation des périence pilote, en mettant en œuvre ensuite coachés jusqu’à la certifica-chiffres d’affaires et création d’emplois) cette fois la stratégie du « faire faire ». tion.et de la compétitivité des produits des Cette approche, en organisant l’offre etentreprises concernées (disponibilité et Les prestataires sont aussi formés en la demande solvable, a suscité l’émer-accès aux marchés local, régional et na- technique de diagnostic afin de pouvoir gence et le renforcement de l’offre detional). conduire efficacement un diagnostic services aux micro et petites entre- d’entreprise, étape clé du dispositifIl s’agit, dans ce document, de mon- prises rurales (MPER) dans un souci de d’accompagnement des entreprises ru-trer que le PROMER a appuyé et ac- pérennisation. rales. Certains prestataires bénéficientcompagné la mise en place d’une Ainsi a été mis en place un système d’une formation renforcée dans des do-offre adaptée au service du dévelop- de prestataires de services avec un maines spécifiques tels que le genre,pement de la MPER afin de tirer les processus de sélection fondé sur des cri- le marketing, le contrôle de qualité etenseignements nécessaires pour une tères objectifs. Le prestataire de services la gestion des approvisionnements. Enéventuelle réplicabilité. L’analyse ap- non-financiers (PSNF) est un consul- outre, des ateliers de mise à niveauprofondie de la problématique SDE/ tant professionnel indépendant ou un sont régulièrement organisés pour in-PROMER comme outil apte à booster groupe de consultants (bureau d’étude, former et sensibiliser les prestataires surle développement de la micro entre- cabinet, association, structure de for- les filières, l’environnement des MPER etprise rurale nous amènera ensuite à pas- mation) spécialisé dans la fourniture de le PROMER ou pour, de manière géné-ser au crible l’offre de qualité, l’amélio- services de conseils d’entreprises (infor- rale, renforcer leurs capacités.ration de la performance des MPER, mation, diagnostic, accompagnement,la compétitivité et les perspectives de La formation des prestataires et des suivi, etc.), de formation (technique, ges-durabilité. micro et petites entreprises rurales est tion, alphabétisation) et d’appuis spéci- un volet important dans la stratégie du fiques (innovation commerciale, promo-Formation de formateurs PROMER. Cette formation comporte tion commerciale, innovation technique plusieurs aspects : gestion d’entre-Le développement des micro-entre- et technologique). prise, capacitation des organisationsprises en milieu rural est une for- Le processus commence par l’identifi- professionnelles, techniques de pré-dia-midable opportunité pour contribuer cation des prestataires de services non gnostic et de diagnostic… Par ailleurs,à la réduction de la pauvreté dans les financiers. Les candidats remplissent une le PROMER II a très vite compriscampagnes sénégalaises. En effet, il peut fiche d’informations sur leur profil (cabi- qu’en plus du renforcement des capa-favoriser l’émergence de services de net, institution de formation spécialisée, cités des prestataires, il fallait, pourproximité et faciliter l’accès aux intrants. consultant indépendant, raison sociale, les rendre plus opérationnels, accroîtreLa première phase du PROMER a adresse, contacts, forme juridique, nu- leur niveau d’équipement. C’est pour-permis de concevoir et d’adapter des méro de registre de commerce, res- quoi ces prestataires sont accompa-outils méthodologiques d’appui à la sources humaines, ressources phy- gnés pour l’accès au crédit. Thiernomicro entreprise rurale (MER) essen- siques, expériences, références). Une Ibrahima Diallo, un prestataire de ser-tiellement axés sur la communica- commission technique sélectionne en- vices non financiers de Kaolack, a ainsition et l’animation, l’identification de suite les candidats à l’aide de critères obtenu un crédit de 1 755 000 F CFA.porteurs d’initiatives économiques, le inscrits dans une grille. La sélection Cette somme lui a permis d’acheterpré-diagnostic, le diagnostic, le suivi et proprement dite est enfin effectuée par une moto, des ordinateurs (fixe et por-l’appui conseil. Pour la seconde phase, il un comité composé de représentants table) et du mobilier de bureau.s’agit de consolider les acquis de l’ex- du BIT (Bureau international du Tra-10 Feed Africa • LES CAHIERS DE CAPITALISATION DU RÉSEAU FIDAfrique - IFADAfrica
  • 11. Satisfaire les besoins des popu-lations ruralesLes acteurs qui participent à cette ini-tiative – PROMER, prestataires de ser-vices non financiers, micro et petitesentreprises rurales, organisations pro-fessionnelles – ont tous apporté leurcontribution aux succès et aux progrèsenregistrés.Le PROMER informe et sensibilise lesmicro et petites entreprises rurales surl’importance du service de développe-ment des entreprises. Il identifie aussi lesprestataires avec lesquels il contractua-lise pour répondre aux besoins d’appuides entreprises. Pour ce faire, il renforceleur capacité avant de leur confier la réa-lisation de pré-diagnostic, de diagnostic,d’appui à la définition de plans de finan-cement et de plans de formation. Aprèsune formation appropriée, ces presta-taires peuvent également dispenser desformations et des appuis en gestion.Les prestataires de services non fi- ©PROMER 2nanciers accompagnent, sur le plantechnique, les porteurs d’initiative éco-nomiques et les micro et petites entre-prises rurales. Cela va du diagnosticde leur activité au suivi, en passant parla formation et l’appui-conseil. Les pres-tataires sont localisés dans 6 régions, 12Zones de concentration et 33 commu-nautés rurales. Formation de qualité = produits de qualité.Les micro et petites entreprises ru- la défense des intérêts de ses membres. sélection fine de prestataires locauxrales sont le réceptacle de tous les suffisamment outillés pour offrir desappuis fournis par le PROMER via ses Le Bureau International du Travail, services de qualité, accessibles et pé-partenaires opérationnels. On retrouve, dans le cadre d’une convention de rennes aux micro et petites entreprisesdans les MPER, les PIE (porteurs d’initia- partenariat, a apporté entre 2006 et Sep- rurales.tives économiques), les AGR (activi- tembre 2010, un appui méthodologiquetés génératrices de revenus), les MER dans l’application des normes GERME En effet, l’approche qualité qui sous-(micro entreprises rurales) et les PER pour l’acquisition d’un marché po- tend cette démarche novatrice explique(petites entreprises rurales). Les MPER tentiellement rémunérateur au profit des en partie les performances enregistrées prestataires. par les MPER appuyés par le PRO-délivrent un service, ainsi que des pro- MER. Elles se traduisent par uneduits de qualité pour la satisfaction des 427 nouveaux emplois ruraux augmentation de la productivité et dubesoins des populations rurales. Elles es- chiffre d’affaires des MPER. Cette si-saient de pérenniser l’offre en satisfaisant L’une des missions principales du tuation est illustrée par l’analyse quan-la demande. PROMER2 est l’appui à l’émergence titative, qualitative et d’impact du bilanParmi les acteurs, il y a aussi les organi- et au renforcement de l’offre de ser- des réalisations techniques de 2010 dusations professionnelles, qui constituent vices non-financiers aux MPER par l’or- PROMER. Un réseau de 71 prestatairesun regroupement de personnes ou de ganisation de la demande et de l’offre et de services non financiers formés depuismicro entreprises rurales autour d’une le développement durable d’un mar- le démarrage du projet (dont 47 PSNFmême filière. L’organisation profession- ché de services d’appui adaptés aux opérationnels) a contribué à l’atteintenelle, ou OP, est une plateforme de MPER. La mise en œuvre de cette re- des résultats qui suivent.service vis-à-vis de ses membres, en commandation, tirée des enseignements Sur le plan quantitatif, 352 MPER onttermes de renforcement de capacité. de la première phase du PROMER, est été créées ou consolidées en 2010 surElle est également un interlocuteur cré- basée sur une contractualisation avec un objectif initial de 405, soit un taux dedible, face aux pouvoirs politiques et les prestataires de services non finan- réalisation de 87 % qui porte le porte-aux partenaires au développement, pour ciers. La démarche consiste à faire une feuille global de MPER appuyées (créa-LES CAHIERS DE CAPITALISATION DU RÉSEAU FIDAfrique - IFADAfrica • Feed Africa 11
  • 12. tion et consolidation) à 1101 MPER sur Malgré les innovations et les avan- MPER. Par exemple, dans la région deun objectif global du projet de 1330, soit tages apportés par cette approche qui Kolda, l’exploitation des rapports de sui-un taux de réalisation de 83 % à deux favorise l’émergence et la disponibilité vi-accompagnement des unités deans de la fin du projet. Sur le plan qua- d’une offre de services de qualité et transformation du lait local montrelitatif, la mise en œuvre d’appuis non fi- de proximité entraînant l’augmentation qu’avec les appuis reçus du PRO-nanciers dans la formation technique, la de la performance, on note quelques MER pour l’acquisition d’équipementsgestion et l’apprentissage, a favorisé le difficultés d’ordre économique et social. et de financement mais surtout l’appuidéveloppement d’un réseau de MPER L’analphabétisme reste toujours très éle- commercial (emballage, conceptionfortes, la structuration des filières courtes vé et les difficultés d’accès au finan- de logo et événementiel pour le lance-dans les zones d’intervention ainsi que cement des investissements sont réelles. ment de nouveaux produits) ont permisl’émergence d’organisations profession- d’augmenter leurs recettes annuelles denelles locales et l’effectivité des cadres Augmentation de la compétitivité l’ordre de 30 % en 2010. Les chiffresde concertation filière et inter-filières. d’affaires annuels qui étaient de 7 300 La compétitivité des MPER correspond 000 F CFA ont atteint 9 490 000 avecLes effets de ces appuis du projet sont ici à leur capacité à satisfaire aussi bien des recettes journalières de 30 000 à 35perceptibles au niveau des entrepre- en qualité qu’en quantité le marché local 000. Aujourd’hui, grâce aux appuis com-neurs à travers, entre autres, la maî- et national. En effet, la mise en œuvre de merciaux reçus du PROMER, l’améliora-trise des instruments et procédés de la première phase du PROMER, comme tion de la qualité, le financement d’ana-transformation et de conservation des de sa deuxième phase, a contribué à la lyses microbiologiques pour l’obtentionproduits. Les données issues du sui- création de conditions favorables qui ont d’autorisation de fabriquer les produitsvi-accompagnement auprès de 48 % des permis aux micro et petites entreprises alimentaires (autorisation FRA) et la réa-MPER révèlent la création de 427 nou- rurales d’exploiter toutes les opportunités lisation de guides de bonnes pratiquesveaux emplois ruraux et la consolidation de marché. La boutique des MER, dans ont aidé à une nette augmentation de lade 1977 autres, l’augmentation moyenne la première phase, puis les infrastructures compétitivité des produits des MPERde 26 % des chiffres d’affaires des en- commerciales/filière, dans la deuxième au niveau local et régional, commetrepreneurs entre septembre 2009 et phase, entrent dans ce cadre. l’illustrent les cas cités. Sur les plansseptembre 2010. Le chiffre d’affaires Ces actes posés ont engendré des résul- national et sous-régional, les foirescumulé passe de 1 030 787 969 FCFA à 1 tats appréciables du point de vue de et rencontres professionnelles sont des298 939596 FCFA, soit un accroissement l’amélioration de la compétitivité des baromètres importants pour mesurer laen valeur absolue de 268.151.627 FCFA. compétitivité des produits des MPER. FORMER POUR LA PERFORMANCE La formation des prestataires et des micro destinée à renforcer les capacités des Techniques de pré diagnostic et de dia- et petites entreprises rurales est un volet organisations professionnelles à mieux gnostic. La mission de diagnostic des important dans la stratégie du PROMER. assumer leurs rôles et responsabilités MPER consiste à faire une évaluation ob- Cette formation comporte plusieurs as- en tant que plate-formes de services pour jective des caractéristiques et fonctions pects : gestion d’entreprise, capacitation les micro et petites entreprises en milieu des entreprises. Elle aboutit à un plan des organisations professionnelles, tech- rural. Il constitue un outil de référence d’action opérationnel et réaliste. En effet, niques de pré-diagnostic et de diagnos- pour le ministère de l’Agriculture et du l’objectif est de procéder à une analyse tic… Développement rural, pour le Fonds In- approfondie de l’entreprise à travers une Bien gérer son entreprise. Cette forma- ternational de Développement Agricole analyse de l’ensemble de ses fonctions tion, destinée aussi bien aux entrepre- (FIDA) et pour le Bureau sous-régional de (approvisionnement, production, gestion neurs potentiels qu’aux entrepreneurs BIT pour le Sahel à Dakar, qui s’efforcent des ressources humaines, financement, en activité, vise à améliorer de manière d’apporter un appui dans le domaine de commercialisation) et de son environ- durable les performances des MPER. la formation, en vue de doter les organi- nement (marché, concurrence). D’une Les outils utilisés, selon une démarche sations professionnelles d’outils et de do- manière participative, les obstacles et les participative, sont simples, pratiques et cuments qui puissent leur permettre de pistes de solutions doivent être identi- adaptés à la réalité. Il s’y ajoute un outil réaliser des actions de formation au profit fiées et analysées. complémentaire basé sur le jeu d’entre- de leurs membres. Cet exercice vise la responsabilisation de prise. Dans le cadre de l’adaptation des Le PACTE est aujourd’hui mis en œuvre la MPER et son autonomie à conduire outils aux cibles du PROMER, le GERME dans plus de neuf pays. Sa méthodolo- les activités sur tous les plans, avec une niveau 1 (formation en gestion d’entre- gie repose sur une approche triangulaire intervention minimum de l’extérieur. Elle prise adaptée aux entrepreneurs faible- en trois phases : apprendre à mieux nous est amenée à se sentir responsable de ses ment alphabétisés) a été initié. C’est un connaître ; réfléchir ensemble sur les so- réussites et de ses échecs, ce qui l’incite à ensemble de modules qui s’adressent aux lutions à nos problèmes ; agir pour pro- se former, pour progresser dans les résul- cibles faiblement alphabétisées exerçant gresser ensemble. Cette approche trian- tats. L’autonomie de la MPER se rapporte des micro-activités de type activité gé- gulaire, fondamentalement participative aussi au financement des activités si, au nératrice de revenus (AGR) et souhaitant pour créer une dynamique collective, départ, un soutien financier ou matériel migrer vers la dynamique d’entreprise. doit être maîtrisée par les formateurs est nécessaire pour faire décoller les acti- Partenariat pour des actions concer- conseillers PACTE et les outils doivent vités. Le suivi conduit la MPER à valoriser tées par des transferts et des échanges en tenir compte. La formation, basée sur le soutien par l’accroissement des béné- (PACTE). Le PACTE est une formation la demande, repose sur un package de fices afin qu’elle arrive à réinvestir dans modules. les activités.12 Feed Africa • LES CAHIERS DE CAPITALISATION DU RÉSEAU FIDAfrique - IFADAfrica
  • 13. La participation de MPER, appuyées de la MPER des boulangers de Tamba- Le deuxième enseignement à tirer depar le PROMER, aux douze éditions counda, affirme qu’il est prêt à mettre la l’émergence d’un marché de servicede la FIARA (Foire Internationale de main à la poche pour payer le service de développement des entreprises enl’Agriculture et des Ressources Animales) même après la fin du projet, car « le sui- milieu rural du PROMER, c’est le fait− une vitrine pour la promotion des vi-accompagnement permet à la MPER d’avoir des prestataires de services nonproduits des MPER sur le plan na- d’appliquer les règles de comptabilité et financiers capables de s’approprier lestional et sous-régional − confirme cet les normes d’hygiène et de qualité ». outils et de les adapter aux besoins desengagement du PROMER à promou- cibles du PROMER, en fonction des ni- Selon le prestataire de services non fi- veaux d’instruction et d’alphabétisa-voir les produits des MPER. Les nanciers Thierno Abdoul Diallo, pourdeux dernières éditions de la FIARA, tion. D’où la nécessité de traiter avec rendre le service pérenne même après le plus grand soin l’étape de la sélectioncelles de 2010 et de 2011, ont la fin du projet, il faut « établir une rela-vu les chiffres d’affaires générés monter. des prestataires de services non finan- tion de confiance en incitant les MPER ciers.Pour la FIARA de 2010, le chiffre d’af- à considérer les PSNF comme desfaires des MPER est de 2 776 875 FCFA Enfin, le GERME niveau 1 constitue une conseillers et non comme des pres-et plusieurs contacts ont été noués. En innovation salutaire dans l’approche tataires tout court ». Ce travail peut2011, il est passé de 3 900 000 FCFA SDE du PROMER, dans la mesure se faire avec l’implication des prési-environ, soit une augmentation de plus où il a permis de prendre en compte dents de conseils ruraux. La péren- dans sa stratégie d’appui les cibles45%. Ce bond qualitatif est une consé- nisation du service passe aussi parquence de l’accompagnement qualité alphabétisées dans les langues locales. le renforcement/recyclage des compé- Cependant, pour plus d’efficacité, il ga-dont bénéficient les MPER de la part des tences techniques et institutionnellesprestataires de services non financiers gnerait à être traduit en langues locales. des prestataires. Il appartient aussi auxqui assurent leur suivi de façon régulière. Les cibles totalement analphabètes, prestataires de diversifier leurs revenus non prises en compte jusqu’ici dans par la conquête d’autres marchés enDes MPER prêtes à payer les les formations en gestion d’entreprise, dehors du PROMER. L’espoir est permis mériteraient une attention toute particu-services puisque, de 2007 à 2010, les montants lière dans le cadre de la recherche/dé-La durabilité de l’offre et de la demande des prestations des prestataires a veloppement de modules de formationse mesure à travers la participation des connu une nette évolution, comme le destinés à compléter la stratégie d’appuiMPER aux coûts des prestations et à tra- montre le graphique ci-dessous. du PROMER.vers l’accès au marché par les pres-tataires. L’état des lieux montre une Une innovation salutaire BIBLIOGRAPHIE :faible participation des MPER aux coûts La disponibilité d’une offre de service dedes prestations. Avant la revue à mi- 1. Rapport de pré évaluation du PRO- développement des entreprises de qua-parcours du PROMER, le projet n’avait MER 2 (RPE) lité en milieu rural garantit l’émergenceréalisé aucune activité de suivi-accom- et la viabilité des micro et petites entre- 2. Guide de la Stratégie Opérationnellepagnement parce que les MPER devaient prises créées ou consolidées. Toutefois, (GUISOP)participer au coût à hauteur de 33% la pour assurer la pérennité de ce service, 3. Manuel des Opérations Techniquespremière année, 66% la deuxième an- il faut à tout moment adapter les mo- (MET)née et 100% la troisième année. C’est dules de formation au contexte et auxquand la mission du FIDA a rendu gra- 4. Rapports suivi accompagnement 4 cibles. Autrement dit, la meilleure stra-tuit le suivi-accompagnement pour la des MPER (Antenne Sud- Est Kolda) tégie de développement est celle quipremière fois que l’activité a pu démar- s’adapte aux réalités de l’environne- 5. Rapport Annuel 2010 du PROMER 2rer. En tout état de cause, le paiement ment et non celle qui voudrait que l’en- 6. Rapport Final Evaluation Externe dedu service, surtout pour la première fois, vironnement s’adapte à la stratégie. C’est l’Impact de l’intervention des Presta-est inhérent à la qualité des presta- là le premier enseignement que nous taires de Services Non-Financierstions fournies et donc à la capacité avons voulu démontrer et partager àdu prestataire à développer l’activité de travers l’expérience du PROMER dans le 7. Rapport de la Revue à mi parcours dul’entrepreneur. cadre de l’approche SDE. PROMER IILes MPER interrogées disent qu’ellesn’hésiteraient pas à payer le service si Evolu on des Montants payés aux PSNF par le PROMER II de 2007 à 2010elles y voient leur intérêt. Une MPERcomme Sira Fofana affirme être prête à 35000000payer le service car cela lui permet de 30000000satisfaire ses préoccupations, notam- 25000000 Montantment ses besoins en formation et en 20000000 Montantemballage à travers le prestataire qui 15000000l’accompagne. L’entrepreneur Wassa Année 10000000Senghor de Dassilamé Socé, qui s’ac- 50000000tive dans la transformation de noix de 0cajou, se dit prêt à payer le service pour- 2007 2008 2009 2010vu que l’expertise lui permette de dé- Annéevelopper son activité. Boubacar Keita,LES CAHIERS DE CAPITALISATION DU RÉSEAU FIDAfrique - IFADAfrica • Feed Africa 13
  • 14. SUbVENTION AUx APPRENTIS DIPLôMéSUn plan efficace pour la créationd’entreprises et d’emplois dans leszones rurales du Ghana Cletus Kayenwee, cletuskayenwee@gmail.com ; Felix Appiah Gambrah, gambeegh@gmail.com ; Justice Darko, justicedarko@gmail.comL’attribution de subvention d’équipement aux apprentis diplômés facilite la création et le développement des entreprises. Depuis2006, une collaboration a initiée entre le Rural Entreprises Project (REP), les Assemblées de district et les apprentis diplômésdans les districts couverts par le projet. Elle consiste à acheter des équipements de démarrage grâce à un dispositif de partagedes coûts entre le projet et les Assemblées de districts complété par les engagements des jeunes entrepreneurs.Depuis 2006, le Rural Enterprises Pro- majeur reste le manque de capital de duction de la pauvreté dans les zonesject (REP) soutient des apprentis diplô- démarrage, une conséquence de la rurales.més avec des équipements et des ou- pauvreté relativement élevée qui sévit Cette subvention fait partie des activi-tils leur permettant de démarrer leurs dans les zones rurales. L’objectif du tés intégrées du REP (Rural Enterpriseentreprises dans les zones rurales du plan de subvention pour équipement Project). Elle cible les jeunes qui ontGhana. Dans ces communautés ru- au profit des apprentis diplômés est de obtenu leurs diplômes d’apprentis-rales, de nombreux jeunes diplômés promouvoir l’installation d’entreprises, sage traditionnel dans les 66 districtssont confrontés à de sérieux défis pour la création d’emplois, l’amélioration couverts par le projet à travers les 10créer leurs propres entreprises. Le défi des conditions de vie et enfin la ré- régions du Ghana. Le projet a élaboré14 Feed Africa • LES CAHIERS DE CAPITALISATION DU RÉSEAU FIDAfrique - IFADAfrica
  • 15. des critères de sélection des apprentisdiplômés afin de garantir l’efficacité etla pérennité du système de subvention.Les expériences tirées par le REP decette initiative suggèrent fortementque la dotation d’équipements en tantque subvention accordée aux appren-tis diplômés dans les zones rurales duGhana facilite la création et le dévelop-pement des entreprises.Apprentissage traditionnel etciblage des jeunesAu Ghana, l’apprentissage est organiséprincipalement à travers le systèmetraditionnel dans lequel les jeunesfréquentent l’atelier d’un maitre arti-san pour acquérir des compétences ets’initier à un métier. La durée de l’ap- l’équipement peuvent être regroupées les Associations d’entreprises localesprentissage traditionnel va de 2 à 3 en trois catégories : qui ont contribué à identifier les béné-ans, avec les frais supportés par les ap- La 1ère catégorie comprend les bailleurs ficiaires et les clients du projet.prentis eux-mêmes et/ou leurs tuteurs majeurs du projet, notamment le Minis- En fin, une partie prenante majeure aou parrains. tère du commerce et de l’industrie (mi- été la direction du projet qui était res-Après un apprentissage réussi, des op- nistère de tutelle), le Fonds international ponsable de la gestion globale de laportunités d’emplois leur sont offertes de développement agricole (FIDA) et mise en œuvre du projet.dans des structures existantes ou à tra- la Banque africaine de développement Le projet a spécifiquement ciblé lesvers l’installation de leurs propres en- (BAD). Le ministère en tant qu’agence jeunes vulnérables des zones ruralestreprises. Cependant, dans les zones d’exécution, donne les orientations po- qui ont fait preuve d’engagement dansrurales où la pauvreté est relativement litiques et stratégiques de la mise en l’acquisition de compétences. Un dis-élevée, de nombreux apprentis diplô- œuvre du projet. Il préside également positif de partage des coûts a été mismés ne sont pas en mesure d’acqué- les réunions du Comité de pilotage du en place entre le projet et les Assem-rir des équipements, leur permettant projet. Le FIDA, partenaire au déve- blées de districts pour le financementd’installer leurs propres entreprises. loppement, appuie financièrement les de la subvention d’aide à l’équipement.Aussi, certains jeunes apprentis di- Services de développement de l’entre- Les bénéficiaires ont fourni l’espace deplômés restent-ils dans l’atelier de prise, les Services financiers ruraux, les travail et le fonds de roulement, uneleur maitre artisan pendant plusieurs volets Développement institutionnel indication de leur capacité opération-années après l’obtention de leurs di- et Gestion de projet de la phase II du nelle à tirer profit de ce plan.plômes, pendant que d’autres accep- REP. La BAD, autre partenaire au dé- veloppement, assiste financièrement le La mise en œuvre de ce protocoletent des emplois subalternes qui n’ont volet Promotion de la technologie et de subvention d’aide à l’équipementrien à voir avec leur formation ou se Appui à l’apprentissage et les Service implique la sensibilisation des Assem-rendent dans les zones urbaines à la de développement de l’entreprise dans blées de districts participantes, l’éva-recherche d’un emploi. le cadre de la mise en œuvre de cette luation des besoins en équipementsPour relever ces défis, l’intervention du des apprentis diplômés, la sélection phase II dans certains districts.REP a ciblé les apprentis diplômés vul- des bénéficiaires par les Assembléesnérables des zones rurales âgés de 18 à La 2e catégorie est composée de repré- de districts, l’achat d’équipements par30 ans qui ont démontré des potentiali- sentants du gouvernement du Ghana, le projet, la distribution des équipe-tés à mettre en valeur les compétences du Ministère de la gouvernance lo- ments aux bénéficiaires et le suivi desacquises durant leur formation pour le cale et du développement rural et de missions d’appui technique pour l’ins-développement de leurs communau- la Fondation GRATIS. Le Ministère tallation et l’opérationnalisation destés. Les activités du projet REP ont ci- s’occupe de l’orientation stratégique entreprises.blé également les familles des appren- et a été actif dans le Comité de pilo-tis diplômés bénéficiaires qui auraient tage du projet. La Fondation GRATIS Subvention d’équipement pourde la peine à trouver des ressources a été l’agence d’exécution majeure en termes de promotion de la technologie la création et le développe-pour installer une entreprise. et de formation-apprentissage. ment de l’entrepriseParties prenantes et partenaires La 3e catégorie comprend les bénéfi- Cinq ans après la mise en œuvre deau développement ciaires du projet, notamment les As- ce plan de subvention d’aide à l’équi- semblées de districts participantes qui pement, son impact est réel sur la vieLes parties prenantes majeures à cette des groupes ciblés. Cet impact est senti ont fourni les fonds de contrepartie, etintervention de subvention d’aide à dans trois domaines : l’accès à l’équi-LES CAHIERS DE CAPITALISATION DU RÉSEAU FIDAfrique - IFADAfrica • Feed Africa 15
  • 16. ployés. Jusqu’à maintenant, 70% des bénéficiaires ont réussi à installer leurs propres entreprises. Au mois de mars 2011, 2 227 emplois directs ont été créés. Ces entreprises et emplois créés ont permis aux bénéficiaires d’acquérir des revenus et de réduire le fossé entre les zones rurales et les zones urbaines et de contribuer au PIB à l’échelon du district. En dehors de ces emplois di- rects ou indirects créés, les apprentis diplômés sont également parvenus à créer des opportunités pour les jeunes dans les zones rurales de fréquenter les ateliers d’apprentissage. Développement et promotion de l’en- treprise : le troisième domaine d’im- pact de la subvention d’aide à l’équi- pement réside dans le développement et la promotion de l’entreprise dans les communautés rurales. Les jeunes en- trepreneurs continuent à être soutenus à travers une formation leur permettant de renforcer leurs capacités entrepre- neuriales et d’acquérir de nouvelles méthodes de prestations de services de qualité au bénéfice de leurs clients. En plus du renforcement des capacitéspement par la subvention, l’implanta- significative dans les districts bénéfi- à travers des sessions de formation,tion de l’entreprise et le développe- ciaires. A travers cette augmentation des services en termes de suivi et dement l’entreprise. des activités économiques, les pro- conseil sont offerts aux jeunes entre- priétaires des entreprises obtiennent preneurs afin de les motiver à amélio-Accès à l’équipement par la subven- de revenus leur permettant de soutenir rer leurs compétences.tion : L’activité de subvention s’estétendue à 52 districts à travers le pays. leurs familles et de contribuer au dé- L’un des résultats majeurs de l’initiativeCette expansion a contribué à une ré- veloppement global des districts à tra- réside dans l’intérêt des jeunes entre-partition équitable du programme de vers le paiement des différents impôts preneurs à formaliser leurs entreprisesdéveloppement national en comblant et taxes. dès que cela est possible. Le projet ales différences d’opportunités d’accès La création des entreprises par les appuyé 41 entreprises appartenant àà l’emploi entre les zones rurales et les apprentis diplômés a également créé des apprentis diplômés afin qu’ils en-zones urbaines. En outre, à l’échelon de la valeur ajoutée dans l’économie registrent leurs entreprises au niveaudu district, l’initiative a suscité l’inté- rurale. En effet, la plupart des bénéfi- du bureau du Registar General. Cesrêt des jeunes à participer à une for- ciaires de ce programme offrent actuel- entreprises ont gagné en crédibilité aumation-apprentissage afin d’acquérir lement leurs services aux personnes sein de la communauté des entreprisesdes compétences pratiques et recevoir engagées dans différentes formes d’ac- et peuvent participer efficacement à laéventuellement de l’aide pour démar- tivités agricoles. A titre d’exemple : des compétition sur le marché.rer leurs propres entreprises. Certaines soudeurs, des menuisiers assembleurs L’accroissement de la production etAssemblées de districts, à l’instar de et des forgerons produisent de l’équi- des niveaux de vente des produitscelle de Mporhor Wassa East, sont par- pement agricole et fournissent des ser- des entreprises installées par les bé-venues à relever ce défi en mettant en vices de réparation aux producteurs néficiaires a servi de catalyseur de laœuvre cette activité dans leurs districts et aux transformateurs agricoles. Les création d’autres entreprises (exemple :sans le soutien du projet. apprentis diplômés travaillant en tant fournisseurs/détaillants) dans les dis-Implantation de l’entreprise : Un mé- qu’électriciens et mécaniciens pour tricts. L’augmentation des actifs descanisme efficace a été élaboré pour of- les automobiles dans les zones rurales entreprises implantées par les bénéfi-frir aux jeunes un capital pour démar- se chargent de la réparation des ma- ciaires donne lieu à de hauts niveauxrer leurs entreprises. A ce jour, 3 182 chines agricoles et de transport dans de pérennité des entreprises.jeunes des zones rurales ont tiré profit le secteur agricole. Un autre impactde cette activité, dont les 70% ont déjà de l’implantation d’entreprises par Dispositifs de financement etinstallé leurs propres entreprises. En les apprentis diplômés est la création défisconséquence, le niveau des activités d’emplois et l’acquisition de revenus pour les bénéficiaires et leurs em- Le projet REP et les Assemblées deéconomiques a augmenté de manière district participantes contribuent au16 Feed Africa • LES CAHIERS DE CAPITALISATION DU RÉSEAU FIDAfrique - IFADAfrica
  • 17. financement du plan de subvention en compétition… Un autre défi a été entrepreneuriales pratiques, au besoind’aide à l’équipement. Le coût total le changement d’adresses de certains à travers des les ateliers de démarragede l’acquisition des équipements pour bénéficiaires rendant difficile leur lo- des entreprise.3 182 bénéficiaires est de 1 800 000 calisation. D’autres défis ont pourcedis (1 200 000$ US). Le projet REP nom : le manque de volonté de cer- Conclusion et perspectivesa contribué à hauteur de 80% et les tains bénéficiaires de faire d’autres Pour améliorer la mise en œuvre de ceAssemblées de district à hauteur de investissements dans l’entreprise en plan de subvention d’aide à l’équipe-20%, alors que les bénéficiaires cibles subvenant à la formation, la faiblesse ment, il faudra s’inspirer des acquis endevaient s’occuper des espaces d’ate- de la tenue des archives et le manque les optimisant, et prendre en chargelier et du capital de roulement. de volonté de certains bénéficiaires de quelques questions majeures. Premiè-La mise en œuvre de ce plan de sub- partager les informations et les expé- rement, les Associations d’entreprisesvention aide à l’équipement a rencon- riences tirées de leurs activités, surtout locales devraient participer davantagetré des défis intéressants, notamment sur les transactions financières, ainsi à la sélection des bénéficiaires. Celale manque d’intérêt de quelques dis- que l’accès aux crédits pour couvrir le garantira une plus grande transparencetricts. Cela a affecté négativement fonds de roulement pour de nouvelles et minimisera les interférences indési-l’objectif de promotion de l’implan- entreprises. rables. Deuxièmement, davantage detation rapide de nouvelles entreprises En dépit de ces contraintes, il est large- femmes devraient être encouragéesdans tous les districts couverts par le ment prouvé que la mise en œuvre de à participer à des activités largementprojet. Le projet n’était pas également ce plan de subvention d’aide à l’équi- dominées par les hommes en les do-capable de répondre de manière adé- pement pour les apprentis diplômés tant en équipement après avoir obte-quate aux niveaux élevés de la de- a facilité la création rapide, le déve- nu leurs diplômes afin d’installer leursmande pour cette intervention. loppement et la promotion de l’en- propres entreprises. Troisièmement,Bien que des orientations claires treprise. Cependant, la réussite peut le projet devrait augmenter chaqueaient été formulées pour veiller à être plus importante si les clients et les année le nombre de bénéficiaires parune sélection transparente des bé- Assemblées de district restent détermi- district. Quatrièmement, pour garantirnéficiaires, le processus a parfois nés à contribuer financièrement à ce la pérennité du plan, les Assembléescréé des conflits entre les différents plan. De plus, les Centres d’Assistance de districts doivent être encouragéesgroupes d’intérêt, notamment les As- aux Entreprises et les Unités de Tech- à prévoir des ressources financièressociations d’entreprises locales les nologies Rurales devraient mener un dans leurs budgets annuels pour sub-Assemblées de districts (membres suivi et une évaluation plus efficaces ventionner l’équipement des apprentisde l’autorité et de l’assemblée), et les de l’usage des équipements ; les bé- diplômés. Cinquièmement, il devrait yCentres d’Assistance aux Entreprises néficiaires devraient être dotés au pré- avoir un processus de partage d’expé-et/ou Unités de Technologies Rurales alable de savoirs et de compétences riences avec d’autres institutions met- tant en œuvre cette activité ou d’autres similaires afin d’obtenir un plus grand Coûts moyens de quelques lots équipements impact. Par exemple : une collabora- tion avec le Programme national pour séchoir des cheveux, sèche-mains, rouleaux, l’emploi des jeunes qui propose des 206,30 cedisCoiffure porte rouleaux, jeux de peignes, cuvette de la- activités d’apprentissage et de soutien (150$) vage, ciseaux, brosses à l’équipement aux jeunes sans em- ploi. ponceuse, plane de fer, vilebrequin, plane à Durant cinq ans, le projet REP a fourni rayon, coupe-verre, presse F, ruban à mesurer, de l’aide aux jeunes ruraux qui, au- marteau de 25 mm, marteau de 20 mm, marteau 442,50 cedis trement, n’auraient jamais pu installerMenuiserie de charpentier, scie manuelle de 24 pouces, scie (295$) ; leurs propres entreprises. Ce plan a manuelle de 18 pouces, équerre de charpentier, contribué de manière significative à biseaux de 8 pouces faciliter l’installation, le développe- machine à coudre, fer électrique, fer creux à lin- ment et la promotion de l’entreprise 368,70 cedis par les jeunes des zones rurales duCouture got, ciseaux de taille moyenne, ciseaux de grande (245$). Ghana. Il devrait être intensifié et re- taille, machine à surjeter produit par les autres partenaires au soudeuse électrique, câble de soudage, câble de développement. soudage terre, support pour électrode, huile de 1151 cedisSoudure transformateur, perceuse électrique, étau d’établi, (767$) ruban pour mesurer, marteaux, marteau de pi- quage, meuleuse d’angle clé à extrémité ouverte, clé à combinaison, arra-Mécanique 451 cedis cheuse, clé à molette, clés à roues, tournevis, vé-auto (300$) rin hydraulique, boite à outilsLES CAHIERS DE CAPITALISATION DU RÉSEAU FIDAfrique - IFADAfrica • Feed Africa 17
  • 18. ExPOSITIONS ET SALONS COMMERCIAUx LOCAUxUn outil d’accès aux marchés pour lesmicros et petites entreprises rurales Elizabeth Nguah, betnguah@yahoo.com Marina Serwaa Kusi, marinakusi@yahoo.com Roland Roosevelt Agodzo, agodzzo@gmail.comLe Rural Enterprises Project (REP-Ghana) a organisé des expositions etdes salons commerciaux locaux1 pourpermettre aux micros et petites entre-prises d’exposer leurs produits et dechercher de nouvelles opportunitéscommerciales, spécialement des dé-bouchés sur les marchés hors de leursdistricts d’origine. Ces événements ontaidé les entrepreneurs à partager leurssavoirs et leurs expériences et à acqué-rir de nouvelles techniques pouvantgénérer de nouvelles idées par rapportaux produits. La participation des mi-cro et petites entreprises rurales (MSE2)aux expositions et aux salons commer-ciaux a ainsi créé des opportunitésd’expansion des marchés et d’augmen-tation des ventes des produits. les distributeurs et les consommateurs. cités suffisantes pour participer à cesAu Ghana, les MPER sont confrontées Ces évènements offrent des opportu- événements. Ce qui fait que le Ruralà de nombreux défis liés à la demande nités aux entrepreneurs et aux com- Enterprises Project (REP-Phase 1) aet à l’accès aux marchés, notamment merçants pour exposer leurs produits organisé des expositions et des salonsla faiblesse de la qualité des produits et servir d’outil d’accès aux marchés commerciaux au niveau des districtset des opportunités commerciales. Ce pour les micros et petites entreprises. pour aider les micro et petites entre-qui fait qu’elles ne sont pas capables prises à exposer leurs produits et àd’explorer les marchés au-delà de Organisation d’expositions et explorer de nouveaux marchés poten-leurs localités et ne parviennent pas à de salons commerciaux par le tiels au-delà de leurs localités.augmenter leurs parts de marchés et REP Le premier événement a été organiséleurs ventes. dans le district de Techiman dans la L’organisation de foires commerciales région de Brong-Ahafo où les clientsLes expositions et les salons com- au Ghana a été initiée par le Ghana venant des 13 districts participants ontmerciaux constituent des événements Trade Fair Authority en 1967. Depuis exposé leurs produits. L’événementcommerciaux annuels facilitant des lors, des foires commerciales interna- réservé aux clients du projet a été ap-contacts directs entre les fabricants, tionales étaient organisées principale- pelé « Exposition et salon commercial1 Il s’agit d’évènements organisés au ment pour les grandes et moyennes des clients du projet REP » pour mon-niveau des districts (le Ghana est subdi- entreprises à Accra et dans certaines trer son caractère exclusif. Ensuite, il avisé en 10 régions, elles-mêmes subdi- capitales régionales. Cependant, les été institutionnalisé en harmonie avecvisées en districts) micros et petites entreprises ont diffi- les services offerts par le projet. cilement accès à ces foires internatio-2 MSE : Micro and Small Entreprises (Mi- nales du fait de la cherté des frais de L’organisation de salons commerciauxcro et Petites Entreprises) implique la participation de plusieurs participation et du manque de capa-18 Feed Africa • LES CAHIERS DE CAPITALISATION DU RÉSEAU FIDAfrique - IFADAfrica
  • 19. parties prenantes qui jouent diffé-rents rôles afin de garantir la réussitede l’événement. Les parties prenantessont notamment le Fonds internationalde développement agricole (FIDA), laBanque africaine de développement(BAD), les Assemblées de district etdifférents clients du projet. Le projet aorganisé 9 salons commerciaux de dis-trict pour 1 507 opérateurs dont 48%de femmes entrepreneurs. Le coûttotal de l’organisation de ces évène-ments pour les clients est de 102 075cedis ghanéens (68.050 $ US) et a ras-semblé 200 exposants.Des salons commerciaux ont été or-ganisés en réponse à des demandeset des engagements des districts d’ac-cueil ; ce qui fait qu’une approcheaxée sur la demande a été adoptée.La réussite de l’organisation de salonscommerciaux implique la sélectiond’un district d’accueil ayant d’impor-tantes activités commerciales et dis-posant d’un engagement financierpouvant soutenir l’événement. L’As- mentation des ventes des produits. En apporter leurs contributions aux fraissemblée de district doit également y 2009, l’organisation de salons com- d’organisation.participer en formant un comité de merciaux à Asamankese a suscité l’in-planification comprenant différents térêt de 800 chefs d’entreprises pour Conclusionexperts pour superviser la sélection et les produits des clients. De plus, 140 Les expositions et salons commerciauxla préparation d’un lieu approprié, la des 232 exposants ont enregistré des locaux ont jusqu’à présent joué unpublicité et les dispositifs logistiques clients en provenance d’autres dis- rôle essentiel dans l’amélioration dedes exposants. En outre, ces exposants tricts. Lors de cet événement qui a l’accès aux marchés pour les MSE ensont choisis et préparés au niveau du duré une semaine, des recettes totales tant que stratégie commerciale appro-district en fonction des possibilités de 55 059 cedis ghanéens (36 706$ priée pour une exposition adéquate etcommerciales de leurs produits et de US) ont été réalisées et de retour dans une visibilité des MSE au sein et en de-leur capacité à prendre en charge leur leurs communautés, les données en- hors de leurs districts. L’appui des As-participation au salon commercial. De registrées montrent une hausse des semblées de district, des clients et desplus, un service de développement de ventes. Il y a eu également un effet autres parties prenantes a contribué aul’entreprise est fourni aux clients pour d’entrainement : une station de radio succès de cette initiative qui a créé desprofiter des liens commerciaux établis FM a organisé un salon commercial si- opportunités d’expansion des marchéslors du salon. milaire six mois plus tard ; l’événement et de croissance des ventes. a montré le potentiel commercial desOn donne aux clients du projet l’op- districts d’accueil et permis une hausseportunité d’exposer des produits agri- du taux de fréquentation de toutes lescoles transformés (produits à base maisons d’accueil et les hôtels.de manioc, huile de palme, savon,acajou, noix de karité, aquaculture) ; L’organisation de l’«exposition et sa-des produits de l’artisanat tradition- lon commercial des clients du REP » a Visitez www.fidafrique.netnel (teinture au batik, poterie, maro- été exigeante en investissements et laquinerie) ; la fabrication et réparation pérennité d’un tel événement consti-d’équipements de transformation de tue un défi majeur. Par conséquent,produits agricoles, la machinerie et les le REP envisage de sensibiliser les As-outils agricoles ainsi que les habits et semblées de district afin de prendreles produits de beauté. leur entière responsabilité pour ac- cueillir cet événement à tour de rôle.Promotion de l’économie Le Ghana Trade Fair Authority seralocale également sensibilisé afin d’envisa- ger le développement de partenariatsLa participation des MSE aux salons avec les Assemblées de district danscommerciaux a créé des opportuni- l’organisation de salons commerciaux.tés d’expansion des marchés et d’aug- De plus, on encourage les exposants àLES CAHIERS DE CAPITALISATION DU RÉSEAU FIDAfrique - IFADAfrica • Feed Africa 19
  • 20. DEVELOPPEMENT DE L’ENTREPRENARIAT RURAL AU GhANALa décentralisation des structuresd’appui crée un environnementfavorable.Richard Boateng, rboateng1952@yahoo.comMrs Juliana Adubofour, jadubofour@yahoo.comNanabanyin Brown-Addo, nabaddo@gmail.comOppong IsaacDes Centres d’assistance aux entre- la Fondation GRATIS fonctionnaient Les institutions et les acteursprises (BAC)1 et des Unités de techno- respectivement à travers des Centres soutenant le développementlogies rurales (RTF)2 décentrés peuvent d’assistance aux entreprises (BAC) etcréer un environnement favorable à des Unités intermédiaires de transfert des MSEla mise en place et au développement des technologies (ITTU). Au Ghana, le concept de la décen-durable de micros et petites entreprises tralisation des BAC et des RTF consti- Ainsi, au niveau des districts, il n’exis-rurales (MSE=micro and small entre- tuait une intervention initiée par le tait pas de structures disponibles pourprise) au Ghana. Jusqu’en 1995, du fait REP (Projet de l’entreprenariat rural) proposer aux entrepreneurs des so-de l’absence de services de dévelop- en 1995 pour trouver des solutions lutions aux défis de developpement :pement des entreprises au niveau des aux problèmes des entrepreneurs des l’accès à la formation en gestion desdistricts, les entrepreneurs ghanéens se MSE. Les deux premiers BAC et RTF entreprises, la faiblesse des servicesrendaient dans les capitales nationale ont été installés à Sekyere West (ac- de conseil et d’assistance, l’insuffi-et régionales pour trouver des solu- tuellement Mampong Municipal) et à sance des transferts de technologies.tions aux défis du développement de Techiman. Des Bac et des RTF ont été D’autres défis concernent la natureleurs entreprises. La mise en place de mises en place dans des districts pour rudimentaire de la formation par l’ap-BAC et de RTF à l’échelon du district offrir des services de développement prentissage, la faiblesse de l’accès auxa permis : le rapprochement de ces de l’entreprise et stimuler la mise en ressources financières et l’engagementservices offerts aux micros et petites place et le développement durable des très limité des MPER dans les dialo-entreprises rurales, la création d’un en- MSE, contribuant ainsi à la création gues politiques.vironnement favorable à leur dévelop- d’emplois, à la croissance des revenuspement et leur croissance, la création Les propriétaires des MSE étaient alors des populations rurales et prendre end’emplois. obligés de parcourir de longues dis- charge les questions liées à la réduc- tances pour aller dans les capitales ré- tion de la pauvreté.Avant 1995, le soutien de l’Etat pour le gionales et nationale pour trouver desdéveloppement des petites entreprises Les bénéficiaires cibles de ces ini- solutions aux problèmes qu’ils rencon-au Ghana était limité aux zones ur- tiatives étaient les entrepreneurs des traient au niveau de leurs entreprisesbaines, spécialement à Accra et dans MSE qui constituent les acteurs ma- dans les districts.les capitales régionales. Les institu- jeurs des activités socioéconomiquestions majeures de soutien aux MPER Cet article décrit les expériences et rurales. Les autres bénéficiaires cibléssont notamment le National Board les enseignements tirés dans le cadre étaient les Conseils de district quifor Small Scale Industries (NBSSI)3,), de la mise en œuvre du Rural Enter- étaient chargés de la promotion dula Fondation GRATIS et la Fonda- prises Project qui visait à examiner développement socioéconomique destion EMPRETEC Ghana. Le NBSSI et comment « La décentralisation des communautés rurales. BAC et RTF pouvait créer un environ- nement favorable à la mise en place et Les parties prenantes : Une variété de1 BAC : Business Advisory Centers (Centres parties prenantes ont contribué à la à la croissance durable des MSE » etd’assistance aux enterprises) mise en œuvre de cette intervention les implications des conclusions dans le développement socioéconomique novatrice. Le Ministère du commerce2 RTF : Rural Technology Facilities (Unités des districts. et de l’industrie, tutelle du projet, ade technologie rurale)3 NBSSI (Bureau national pour les petites fourni l’orientation stratégique de laindustries) mise en œuvre du projet alors que le20 Feed Africa • LES CAHIERS DE CAPITALISATION DU RÉSEAU FIDAfrique - IFADAfrica
  • 21. Du personnel technique chargé de développement de l’entreprise a été affecté aux BAC en appoint au person- nel fourni par le NBSSI. Dans le cadre de la phase II du projet REP, les activités ont été intensifiées pour couvrir 53 nouveaux districts. Les Assemblées de district ont fourni deux membres du personnel aux BAC (un assistant administratif et une per- sonne chargée de développement de l’entreprise), quatre aux RTF (2 tech- niciens, un commis de bureau et un agent chargé de la sécurité) et payé leurs salaires. Les Assemblées de dis- trict ont également offert un espace de bureau, des meubles, un climatiseur et ont contribué progressivement aux dépenses de fonctionnement, 25% àMinistère chargé de la gouvernance ces questions, un atelier de démarrage la deuxième, 50% à la troisième, 75%locale et du développement rural s’est est organisé pour lancer le projet dans à la quatrième et 100% la dernièreoccupé de l’orientation stratégique au les districts. année. En outre, ces Assemblées ontniveau des Conseils de district. Ces Les deux BAC et RTF pilotes ont dé- contribué à la construction de l’atelierderniers constituaient les centres de marré leurs activités dans les districts de la RTF et fourni des commoditésmise en œuvre du projet et de coor- de Sekyere West (actuellement Mam- pour le site.dination des activités des parties pre- pong Municipal) et Techiman de 1995nantes majeures. Le Bureau national Le projet a fourni des véhicules, des à 1997, avec une participation directe fonds pour la formation et le fonction-pour les petites entreprises (NBSSI) des Conseils de district. Les Assem-était l’agence d’exécution majeure du nement en les diminuant progressive- blées de district ont fourni des ter- ment de 100% à la première annéeprojet et le prestataire de services de rains pour la construction de bureaux,développement de l’entreprenariat à 75% à la deuxième, 50% à la troi- d’ateliers, de routes d’accès et autres sième et 25% à la quatrième année. Ilau niveau des districts. La Fondation (eau, électricité sur place).GRATIS était chargée de la promotion a également fourni du matériel de bu-des technologies et de la formation La direction du REP a construit le bâ- reau et mis en œuvre des programmespar l’apprentissage. Les Communautés timent abritant les bureaux, fourni des de renforcement des capacités du per-et les banques rurales assuraient les véhicules, des équipements et des sonnel sur le terrain.ressources financières, la mobilisation meubles de bureaux et financé les ac- Le NBSSI et la Fondation GRATIS ontde l’épargne et l’offre de crédits. Le tivités de formation ainsi que les dé- recruté le personnel, pris en chargeprojet REP a soutenu financièrement, penses de fonctionnement. Le NBSSI les salaires et organisé des activités dematériellement et technologiquement et la Fondation GRATIS ont fourni le renforcement des capacités à traversles BAC et les Conseils de district. personnel pour les deux unités et payé des sessions de formation pratiques. Ils leurs salaires et autres émoluments. ont également effectué des missionsRésultats de l’intervention Dès mars 2011, les BAC et les RTF ont d’appui technique pour assurer le suivi démarré leurs prestations de services des activités des BAC et des RTF.La mise en place d’un BAC et d’une au profit de 207 048 clients. Ainsi Ces résultats ont été réalisés grâceRTF est effectuée en cinq (5) étapes. 171 342 clients ont été formés en dé- aux engagements financiers atteignantPour commencer, un séminaire de veloppement en gestion et en mar- 12 213 819 dollars US provenant dusensibilisation est organisé au profit keting. De même que 3 519 maitres gouvernement du Ghana, du Fondsdes Conseils de district, suivi d’une artisans et 11 358 apprentis. 3 182 international de développement agri-manifestation officielle de l’intérêt des apprentis diplômés ont été appuyés en cole (FIDA), de la Banque africaine deConseils de district. Ensuite, le projet équipements. 5081 entrepreneurs ont développement (BAD) et des Assem-mène une évaluation des préparatifs bénéficié 2 200 000 cedis4 de fondsdes Conseils de district pour la mise blées des 53 districtscouverts dans la de crédit.en œuvre du projet : fourniture de phase II du projet REP.208 310 dol-locaux, de matériels de bureau et de Extension de l’implantation des BAC lars ont été dépensés par REP pourpersonnel de projet, engagement indi- et des RTF : entre 1997 et 2002, le les districts en 2008. Ces dépensescatif d’affectation budgétaire pour les concept a été élargi à 11 districts ad- concernaient également la fournitureopérations des BAC/RTF. Au même ditionnels avec un engagement accru d’équipements, de matériels ou demoment, le projet, en partenariat avec des Conseils de district par la fourni- véhicules, la formation du personnel,le NBSSI et la Fondation GRATIS, four- ture d’espace de bureaux et la mise en place de Comité de gestion. les dépenses de fonctionnement et lesnit du personnel respectivement pourles BAC et les RTF. Après avoir réglé salaires du personnel du projet. 4 1 cedi=0,61 dollar USLES CAHIERS DE CAPITALISATION DU RÉSEAU FIDAfrique - IFADAfrica • Feed Africa 21
  • 22. Collaboration et partenariat : Dansle cadre de la mise en œuvre du pro-jet, les BAC et les RTF ont noué despartenariats avec les institutions et lesONG concernées par les services dedéveloppement de l’entreprise. Cespartenaires étaient notamment : Si-napi Aba Trust pour la fourniture etla formation en matière de crédit auprofit des clients du projet ; le Pro-gramme d’amélioration et d’accès aumarché des racines et tubercules (etCARE International pour la fabrication ©REP2d’équipements améliorés de transfor-mation des produits agricoles. Les ins-titutions suivantes ont collaboré avecles BAC et les RTF dans les prestationsde services en matière de formationen gestion de l’entreprise : Hunger BAC et les RTF sont devenus des struc- trations concernaient des équipementProject Ghana, Millennium Villages tures permanentes au niveau dont les de transformation du manioc (râpes,Project, Methodist Development and services sont facilement disponibles presses à mono vis, séchoirs solaires),Relief Services, Presbyterian Relief Ser- pour les entrepreneurs des MPER. Les des équipements de transformation devices and Development. D’autres insi- prestations de services comprennent l’huile de palme (autoclaves, pressestituions ont participé à ce projet, no- la facilitation de l’accès au crédit et la à mono vis, presses d’huile de palmetamment le National Vocational and formation à la gestion communautaire, continues, décortiqueuses de noix deTechnical Institute qui a procédé à la la gestion d’entreprise, le marketing, palme), des batteuses et égreneuses decertification des apprentis formés dans Au mois de juillet 2010, l’effectif des maïs, des craqueurs de noix de karitéles différents domaines commerciaux bénéficiaires se présente comme indi- et d’arachide. Environ 70% des 3 182et l’International Center for Entreprises qué dans le tableau ci-après. apprentis diplômés qui ont bénéficiéand Sustainable Development. du plan de soutien en équipements Les RTF ont appuyé les MSE dans la du projet ont démarré leurs propres fabrication d’équipements notamment entreprises.Experiences et enseignements pour la transformation des produitstirés : acquis de l’intervention agricoles. Ces RTF ont également fa- Effet d’entrainement : Les nouveaux briqué des machines agricoles et des districts créés au sein des districts bé-Un environnement favorable à l’im- équipements d’exploitation minière à néficiaires du projet ont mis en placeplantation et à la croissance des MSE : petite échelle. A partir de mars 2011, leurs propres BAC et financé leursDès mars 2011, 66 BAC et 21 RTF ont les RTF ont procédé à la démonstra- activités de prestations de servicesété mis en place dans 66 municipali- tion d’équipements améliorés de- de développement des MPER. Celatés ou districts à travers les 10 régions vant 2 013 entrepreneurs dont 889 concerne plus de 10 disctricts notam-du Ghana et touché 211 604 béné- hommes et 1 124 femmes. Ces démons- ment Tano North, Amansie Central,ficiaires. Au niveau des districts, les Offinso North, Sekyere Afram Plains, Sissala West, Ellembelle, Lambushie et Nombre Bosome Freho. L’Assemblée de district Pourcentage de Activités de clients de Sissala West a appuyé la construc- clients ayant adopté formés tion d’une structure au profit d’une Transformation des produits agricoles RTF. Cette initiative a motivé la direc- 534 85% tion du projet à doter cette unité d’un (notamment le manioc) équipement d’atelier. Habillement et textile (notamment la 1794 45% Instruments nationaux pour la pro- teinture batik) motion et la croissance des MSE : Aquaculture 130 73% Deux importants instruments de pro- Transformation du poisson 286 71% motion et de soutien à la croissance des MSE ont été élaborés. Il s’agit du Apiculture 2895 61%; système de mise en place de sous-co- Elevage de pintades 1143 57% mités MSE des Assemblée de districts et de l’Instrument législatif 1961 visant Exploitation des herbages 3056 37% à créer un département du commerce,22 Feed Africa • LES CAHIERS DE CAPITALISATION DU RÉSEAU FIDAfrique - IFADAfrica
  • 23. de l’industrie et du tourisme au niveau de l’entreprise et marketing). Dès mars chauffeur du BAC. La Fondationdes Assemblées de districts. 2011, 182 prestataires de services de GRATIS, quant à elle, paie un salaireAinsi, les activités de promotion des développement de l’entreprise ont col- mensuel net de1 110 cedis au gestion- laboré avec les BAC et les RTF. Plus de naire et au superviseur de la RTF. IlsMSE ont été intégrées dans le sys- 67% des prestataires de services ont prennent également en charge la for-tème des Assemblées de district afin été formés par les BAC et les RTF. mation et les dépenses de fonction-d’appuyer les programmes de travail Pour bénéficier des services de ces nement des BAC et des RTF: le NBSSIannuels des BAC et des RTF et de prestataires, les clients sont tenus de assure les frais de formation du BACfaciliter le développement socioéco- payer des frais minimum d’engage- dans le district d’Atebubu Amantinnomique local, à travers l’intégration ment représentant 20% du coût total (28 029 cedis).des ressources financières nécessairesdans les budgets annuels des 66 As- de la formation. Cet engagement dé- montre la haute considération que Initiatives des Conseils desemblées de district,. les clients ont de l’intervention et les district pour la promotion et laLes BAC et les RTF sont devenus des a encouragés à démarrer leurs entre- croissance des MSEpoints focaux sur toutes les questions prises. Ces frais d’engagement ont étéliées à la promotion des MSE au sein Les initiatives de développement honorés en liquide et en nature pour prises par certains Conseils de districtdes districts. Depuis mars 2011, ils col- garantir la flexibilité dans le paiement ont contribué à renforcer la promotionlaborent effectivement avec 11 autres et un accès plus facile aux services du des MSE dans leurs districts. Les dis-institutions d’appui notamment CARE projet. tricts d’Amansie East, Berekum, Techi-International, Ghana, Hunger Project man, Sefwi Wiawso, Aowin Suaman, Au mois de mars 2011, 53 districts im-Ghana, Millennium Villages Project, Asutifi et de Tano South ont mis en pliqués dans la phase II du projet ontMethodist Development and Relief place de petits sites industriels (Light mis en place des sous comités MSEquiServices, Presbyterian Relief Services Industrial Sites) avec l’appui de la GTZ ont servi de plateforme officielle pourand Development, Sinapi Aba Trust, (Coopération allemande) pour un envi- la coordination de toutes les initiativesNational Vocational and Technical ronnement de travail décent au profit et activités de programmes relativesInstitute and International Center for des MSE. 5 nouveaux districts notam- à la promotion des MSE. De plus, lesEnterprises and Sustainable Develop- ment Tano North, Pru, Offinso North, opérations des BAC et des RTF ontment. La collaboration avec des ins- Sekyere Afram Plains et Tain ont mis réussi à intégrer les plans de dévelop-titutions d’appui aux MSE a créé des en place des BAC et continuent à les pement et les budgets annuels de l’As- appuyer.synergies et a permis de trouver des semblée de district développant ainsiressources pour la promotion et le dé- l’appropriation par les Conseils de Poursuite de l’investissement dansveloppement des entreprises rurales district. 11 des 13 districts de la phase les BAC et les RTF par les Conseilsdans les districts. Par exemple dans le I ont mis en place des sous comités de district : Les Assemblées de districtdistrict d’Asante Akim South, au total ont apprécié l’impact des activités des MSE qui sont actuellement opération-622 278,33 cedis ont été levés par le BAC et des RTF de la phase I du pro- nels. Ce sont notamment les districtsBAC pour la promotion des MSE. jet REP dans leurs agendas de déve- de: Afigya Sekyere, Sekyere West, loppement et ont fourni les ressourcesDans le contexte de la transformation Ejura-Sekyedumase,Offinso, Tano, Be- financières nécessaires. En 2008, lade l’environnement de l’entreprise rekum, Jaman, Wenchi et Atebubu totalité de l’appui reçu par ces districtsdans les zones rurales, les BAC et les Dans les districts d’Asante Akim South, a atteint le montant de 249 972 cedisRTF ont appuyé l’enregistrement de Fanteakwa et Sefwi Wiawso, les sous796 entreprises au niveau du ‘Regis- comités MSE ont formé d’autres sous- Création d’emploistrar General Departement’ entre avril comités pour superviser les micros 53 districts participant à la phase II duet septembre 2010. Cet enregistrement et petites entreprises afin d’identifier projet REP ont mis en place des microsa permis aux MSE de formaliser leurs leurs préoccupations en termes de entreprises prospères qui ont créé desplans d’entreprise et d’accroitre leur développement et les domaines aux- emplois pour les jeunes des commu-accès aux opportunités d’affaires et quels l’Assemblée de district sollicite nautés rurales. En mars 2011, les BACaux offres des des Conseils de district de l’assistance. et les RTF ont mis en place 25 702et des institutions des secteurs public Le NBSSI et la Fondation GRATIS ont micros et petites entreprises créantet privé. poursuivi leur appui aux opérations 52 486 emplois. Il s’agit notamment des BAC et des RTF. Cet appui com- des emplois créés directement par lesPérennité des services de dé- prend notamment le paiement des nouvelles entreprises et des emploisveloppement des entreprises salaires du personnel recruté dans ces déjà existants mais consolidés par les BAC et les RTF. Ces résultats positifsdans les districts deux unités. Par exemple, le NBSSI en matière d’emploi ont généré des re- paie un salaire mensuel net de 866Les MSE ont plus facilement accès aux venus pour les employeurs et les em- cedis5 au Directeur et 316 cedis auprestataires de services locaux pour ployés. Ils ont également permis dessatisfaire leurs besoins en formation améliorations marquées des moyens(renforcement des capacités, gestion de subsistance dans les zones rurales. 5 1 cedi=0,61 dollar USLES CAHIERS DE CAPITALISATION DU RÉSEAU FIDAfrique - IFADAfrica • Feed Africa 23
  • 24. Les défis à relever en matière de développement des être renforcés afin d’améliorer la qua- MPER. Cette activité de sensibilisation lité des services proposés aux MSE ru-Les résultats positifs enregistrés par les a été complétée par des visites menées rales et diversifier leurs revenus, créerBAC et les RTF dans la prise en charge par le personnel de gestion du projet de nouvelles sources de croissancedes contraintes liées à la mise en place au niveau des districts De plus, les économique et générer d’autres oppor-et à la consolidation des MSE ont en- sous-comités de district pour la promo- tunités d’emplois (y compris le travailtrainé des défis majeurs à relever. Par tion des MSE servent de fait ’de struc- indépendant) dans les zones rurales.exemple, certains Conseils de district ture institutionnelle officielle veillant à Le développement de partenariats avecn’étaient pas en mesure de fournir des ce que les opérations des BAC et des les parties prenantes majeures des pro-ressources financières internes pour RTF soient entièrement intégrées dans grammes de développement et des ac-appuyer les activités de développe- les plans de développement à moyen tivités des projets collaborant avec lesment. Ils s’appuyaient largement sur les terme et les plans de travail et budgets BAC et les RTF contribue à mettre enfonds communs de l’Assemblée de dis- annuels (PTBA) des Conseils de district. commun les ressources et à promou-trict (District Assembly Common Fund) voir la complémentarité pour la pro-fournis par le gouvernement central Implications sur le dévelop- motion durable des MSE et la créationtous les trois mois. Cependant, la libé- pement socioéconomique des d’emplois au niveau des districts.ration des fonds de cette source a sou- districts Pour finir, des opportunités doiventvent accusé du retard, affectant ainsi le Le sous secteur des MSE constitue être créées pour les institutions d’appuipaiement à temps des fonds de contre- l’épine dorsale du développement so- aux MSE à l’échelon du district afin departie par certains Conseils de district. cioéconomique des districts tiré par s’engager dans le dialogue politique surDe plus, les sous-comités MSE formés la promotion des MSE, de développer le secteur privé. Il joue un rôle majeurpar les Conseils de district sont en gé- des solutions locales et de s’approprier dans l’absorption des nouveaux venusnéral constitués de membres élus et/ou les MSE dans les zones rurales dans la population active, en particu-nommés par ces Conseils. Dans la me- lier les femmes et les jeunes des zonessure où les élections aux Conseils de Conclusion rurales.district sont organisées tous les quatreans, il y a souvent des changements La mise en œuvre de la décentralisa- Cet article décrit la mise en place et leau niveau des membres des sous co- tion des BAC et des RTF par le projet fonctionnement des BAC et des RTF aumités MSE. Un changement au gou- REP a démontré que le renforcement niveau des districts en tant que struc-vernement central entraine également des structures institutionnelles per- tures permanentes permettant de re- manentes à l’échelon du district peut lever efficacement les défis auxquelsdes changements de dirigeants des contribuer à promouvoir le développe- les entrepreneurs des MSE ruralesConseils de district. Par conséquent, ment et la croissance des MSE rurales sont confrontés. Les facteurs de réus-les nouveaux dirigeants ont générale- ainsi que la création d’emplois. site utilisés pour définir les avantagesment besoin d’une période d’appren-tissage qui retarde souvent la mise en Ce modèle de BAC et de RTF au niveau de cette interventions sont notammentœuvre des activités du projet. des districts pourrait être intensifié de l’environnement favorable à la mise en manière à couvrir tous les districts des place et à la croissance des MSE, la pé-Pour relever efficacement ces défis, le zones rurales, augmenter la création rennité des services de développementprojet REP a créé un programme pour de nouvelles entreprises, des emplois des entreprises dans les districts et laengager et sensibiliser périodiquement et améliorer la qualité de vie des popu- création d’emplois.les ‘nouveaux’ dirigeants des Conseils lations rurales vulnérables.de district sur les questions pertinentes En fonction de ces facteurs de réussite, Les BAC et les RTF existants devraient on peut en conclure que « Des BAC et des RTF décentralisés contribuent à créer un environnement favorable à la mise en place et à la croissance des MSE rurales ». Le concept des BAC et des RTF à l’échelon du district constitue une in- novation du Projet REP qui mérite d’être reproduite par d’autres projets et programmes qui visent à promouvoir et à développer des MSE rurales. ©REP224 Feed Africa • LES CAHIERS DE CAPITALISATION DU RÉSEAU FIDAfrique - IFADAfrica
  • 25. bOUbACAR KEITA, bOULANGER TRADITIONNELUn exemple de promotion économiqueet socialeAhmed Hady Seydi, ameth_hady@hotmail.comHawa Sow Bousso, hawasow.bousso@promer-sn.orgLa boulangerie traditionnelle constitue un moyen de promotion économique et sociale en milieu rural. Le cas de Boubacar Keitaen est une illustration parfaite. De 2000 à 2011, le chiffre d’affaire mensuel de sa boulangerie est passé de 300 000 à 2 400 000francs CFA. Avec l’appui du PROMER, il a créé une micro et petite entreprise rurale leader et développé une réelle expertise deformateur endogène. ©PROMER 2 Le four amélioré de BoubacarLa boulangerie traditionnelle connaît un la consolidation de micro-entrepreneurs d’intervention n° 2 du PROMER, est issudéveloppement considérable dans les boulangers qui, ayant largement amélio- du portefeuille des micros-entrepreneurszones rurales sénégalaises. Après avoir ré leurs conditions d’existence, arrivent de la première phase du projet.pris la pleine mesure de la situation, le à vivre correctement de leurs activités. En 2000, face au chômage qui frappe lesPROMER a mis en œuvre des appuis ap- C’est le cas de Boubacar Keita. Installé à jeunes de son village, Boubacar, alorspropriés visant le renforcement des ca- Mbourkou, un village à 15 km à l’ouest âgé de 26 ans, décide d’abandonnerpacités des populations cibles dans ses de Tambacounda, région est du Sénégal, le commerce de marchandises fraudu-zones d’intervention. L’impact, très tôt ce micro-entrepreneur de la commu- leuses, une activité qui lui causait beau-ressenti, s’est traduit par l’émergence et nauté rurale de Ndoga Boubacar, zone coup de tracas. Il se lance dans la bou-LES CAHIERS DE CAPITALISATION DU RÉSEAU FIDAfrique - IFADAfrica • Feed Africa 25
  • 26. langerie traditionnelle avec l’objectif de tion avec incorporation de céréales lo- L’existence d’un marché local et l’en-satisfaire la demande croissante en pain cales, et en hygiène et qualité. Il a mis à gouement des populations en périphérietraditionnel – dit « tapa-lapa » − du vil- la disposition du bénéficiaire une farine des zones urbaines pour le pain tradi-lage et des populations rurales voisines. spécifique à la boulangerie tradition- tionnel (que les boulangeries modernesSa rencontre avec le PROMER en 2000 nelle. Le CERER a construit le four amé- ne parvenaient pas à satisfaire) ont vitea constitué un tournant décisif dans la lioré, tandis que le Service des eaux et guidé Boubacar. Fortement imprégnémise en œuvre de son entreprise. Le forêts s’est occupé de la protection de de la culture entrepreneuriale, il entamaPROMER, dont l’objectif majeur est de l’environnement. son activité avec des installations som-lutter contre la pauvreté, ambitionne La réussite de l’activité de Boubacar est maires.de favoriser la création de richesses et le fruit d’une synergie entre le PROMER,d’emplois correctement rémunérés, en Au-delà de la productivité et de l’amé- ses partenaires techniques et financiersappuyant entre autres la filière bou- lioration de la qualité du pain, l’amé- et les services déconcentrés de l’Etat.langerie traditionnelle. Il s’agit ainsi de nagement d’un nouveau four a permiscontribuer à la valorisation de la pro- Dès le début, le PROMER a entrepris une économie substantielle du bois deduction agricole à travers l’incorporation une campagne d’information et de sensi- chauffe. En effet, une diminution de prèsdes céréales locales dans la fabrication bilisation qui lui a permis de toucher les de 25% de ce matériau est notée. Cetdu pain. porteurs d’initiatives et les entrepreneurs aménagement a été possible grâce à un qui aspiraient aux appuis prévus. Pres- accès facilité aux services financiers avecBoubacar, boulanger très entreprenant, a tataires de services, émissions de radio, une mise en relation du boulanger avecsu profiter des opportunités offertes par ciblage direct, etc., ont été utilisés à cet des institutions financières, les systèmesle PROMER. L’évolution de son activité effet. L’accent est particulièrement mis financiers décentralisés qui ont installésest décrite ci-dessous, mettant en exer- sur les modalités d’accès aux appuis du des guichets locaux. Par ailleurs, l’instal-gue le renforcement de capacités dont projet. La réaction des populations cibles lation du four est une mise en pratiqueil a bénéficié. Les raisons de sa réussite a été massive, car elles entrevoyaient, à de la politique de préservation de l’en-sont ensuite analysées ainsi que les pers- travers l’entreprenariat, une porte pour vironnement prônée par les bailleurspectives qu’ouvre son activité. L’accent sortir de la pauvreté. Ce fut le déclic (gouvernement et Fond international deest mis sur les aspects liés à l’augmen- pour le jeune Boubacar Keita. L’avis fa- Développement Agricole/FIDA).tation de sa production et de ses reve- vorable accordé à sa requête d’appui vanus, mais aussi sur l’amélioration de son Le Crédit Mutuel du Sénégal (CMS), l’Al- sceller un long partenariat − de 2000cadre de vie et la réalisation de son dé- liance par le Crédit et l’Epargne pour la à nos jours − entre le PROMER et lui.veloppement personnel. Production (ACEP) et l’Union des Ins- Celui-ci l’a aidé, avec ses prestataires titutions Mutualistes Communautaires de services non financiers, à concevoirLe succès, fruit d’une synergie son activité de manière plus claire, avec d’Epargne et de Crédit (UIMCEC) ont été des objectifs de développement et des tour à tour, les domiciles financiers deLe PROMER met en œuvre un pro- Boubacar depuis la première phase dugramme de renforcement des capacités éléments d’appréciation fondés sur une étude de marché réaliste. projet. Les comptes ouverts successive-qui s’articule autour d’appuis non finan- ment dans ces institutions lui ont permisciers et d’appuis financiers. Pour les ap- Le plan d’affaires, qui sert de tableau de d’accéder de manière quasi permanentepuis non financiers, il identifie et recrute, bord à Boubacar et au projet, a facilité aux financements. De 2000 à 2009, cinqdans le cadre du faire faire, des presta- l’identification des besoins et la réalisa- dossiers de financement on été traitéstaires de services qui assurent les appuis tion des appuis sous forme de formation pour un montant total de 2.500.0000préalables, élaborent des plans d’affaire à la gestion comptable, de formation en référence des modules GERME (Gé- francs CFA. Au-delà des équipements,et assurent le suivi accompagnement ces prêts ont permis à Boubacar de fairedes activités. Ces prestataires non fi- rer Mieux son Entreprise), de formation technique et de visites d’échange. Les face à ses besoins en fonds de roule-nanciers ont pris le relais des conseillers ment. Depuis 2010, la boulangerie de connaissances engrangées ont profon-en entreprises de la première phase du Boubacar fonctionne sur fonds propres dément façonné l’activité de Boubacarprojet (initialement désignés sou le nom et tout, sauf la construction du bâtiment, et son ancrage dans une logique de dé-d’animateurs économiques polyvalents). a été financé sur ses économies pour un veloppement et de rentabilité. Elles luiPour les appuis financiers, le PROMER ont ouvert, en outre, de nouvelles pers- montant de 600.000 francs CFA.collabore avec des systèmes financiers pectives. Des formations techniques endécentralisés partenaires, qui permettent La mise en œuvre de cette initiative pâtisserie (2001), en hygiène et qualité a impliqué les conseillers en entre-aux bénéficiaires d’ouvrir des comptes, (2002), en techniques de panificationde mobiliser de l’épargne et d’accéder prises (première phase du PROMER) et et en incorporation des céréales lo-aux financements. Les acteurs des ap- les prestataires de service (deuxième cales dans la fabrication du pain (2004puis non financiers et des appuis finan- phase du PROMER) pour l’informa- et 2008) l’ont poussé naturellement versciers constituent les partenaires tech- tion, la sensibilisation, le diagnostic, une augmentation et une diversifica-niques et financiers du PROMER tion de sa production. De 80 baguettes le renforcement de capacités et le suivi/ de pain par jour en 2000, Boubacar en accompagnement. Ont aussi été impli-Dans l’appui à Boubacar, les services qués l’équipe du projet (pour les appuisdéconcentrés et techniques de l’Etat ont produit 800, en 2011. Sans compter la pâtisserie. financiers et non financiers, la supervi-joué un rôle primordial. Ainsi, l’Institut sion, le contrôle de qualité), les autori-de technologie alimentaire (ITA) a assuré tés locales et administratives (pour l’ap-la formation en technique de panifica- Cinq dossiers de financement pui à l’initiative), les systèmes financiers26 Feed Africa • LES CAHIERS DE CAPITALISATION DU RÉSEAU FIDAfrique - IFADAfrica
  • 27. chose la plus visible est la construction de son appartement et la protection de son four dans un local. Les deux bâti- ments sont construits en dur. Boulangerie traditionnelle amé- liorée Conscient des difficultés rencontrées dans le secteur de la boulangerie tradi- tionnelle, Boubacar a très tôt compris l’intérêt de l’association pour mutuali- ser les efforts. Alphabétisé en pulaar, il s’imprègne des mouvements de masse ©PROMER 2 et comprend alors que la corporation des boulangers a besoin de s’organiser pour participer au dialogue autour des politiques pour une prise en compte de Les produits de Boubacar : la micro pâtisserie leurs intérêts par l’Etat. En effet, la lé- gislation restrictive en matière de pro- duction et de vente du pain traditionneldécentralisés (pour faciliter l’accès au de 84 emplois indirects ont été créés constitue une réelle contrainte, car limi-financement), les services techniques dans la communauté rurale. Le témoi- tant leur rayon de vente. Il leur est inter-de l’Etat - le service régional du com- gnage du chef de village est tout à fait dit de vendre du pain traditionnel dansmerce – (pour assurer le suivi et l’enca- éloquent : « Boubacar a inculqué un les milieux urbains.drement), les organisations profession- esprit de travailleur à nos enfants. Cesnelles (pour la défense des intérêts de Boubacar est à l’origine de la création, derniers ne s’adonnent plus à la fraudela filière, l’accès au crédit et la pérennité en décembre 2004, du GIE des bou- et ne sont plus oisifs. En ce moment,de l’activité), l’Institut technique alimen- langers. Celui-ci a évolué en une or- beaucoup d’entre eux parviennent àtaire (pour la mise en place d’une farine ganisation professionnelle dont il est le subvenir à leurs besoins et c’est uneboulangère), le CERER pour la construc- président en 2007. Elle est partenaire du chose merveilleuse. »tion des fours, les Grands Moulins (pour PROMER qui lui a apporté des appuisla mise en place d’une centrale d’achat L’apprentissage des jeunes à la boulan- institutionnels et un appui conseil, no-et l’accès aux matières premières). gerie traditionnelle, les différentes for- tamment pour un accès durable au fi- mations et l’expérience accumulée tout nancement. L’organisation a permis de« Boubacar a inspiré un esprit le long de ces années ont développé régler les problèmes liés à l’approvision-de travailleur aux enfants » chez Boubacar des capacités techniques nement, à la formation des jeunes bou- indéniables. Naturellement porté vers langers, à la facilitation de l’accès auLa régularité de sa production, l’appro- la formation des jeunes, Boubacar pro- crédit par la mise en place du Groupevisionnement correct du marché et la fite de la nouvelle vision du PROMER de caution solidaire, mais aussi et sur-satisfaction de sa clientèle ont valu à d’encourager l’émergence des forma- tout à la défense de la corporation pourBoubacar une reconnaissance de ses teurs endogène pour se positionner. un meilleur positionnement et une re-pairs et une notoriété au niveau de la Ainsi, depuis 2009, il soumissionne connaissance totale. C’est dans ce senspopulation locale. Les gens voient en lui et gagne des marchés du PROMER et que s’inscrit la tenue du Techno foruml’exemple de la réussite professionnelle d’autres projets. A ce titre, il exécute trois les 4 et 5 juin 2010 à Kaolack, au centreet sociale et lui confient l’apprentissage du Sénégal, sur la boulangerie tradition-de leurs enfants. Grâce à sa réussite, le sessions de formation pour le compte du PROMER et deux pour le compte de nelle. Cette manifestation a été initiéemétier de boulanger a gagné en respec- par le PROMER, de concert avec l’Or-tabilité. La garantie des revenus régu- l’ONG Groupe d’Action pour un Déve- loppement Endogène Global. Ces ses- ganisation professionnelle des boulan-liers en a fait un créneau porteur aux gers de Tambacounda et d’autres par-yeux des villageois. sions lui ont rapporté près de 5 millions de francs CFA. tenaires. Il s’agissait de positionner uneLe rôle joué par Boubacar dans la lutte boulangerie traditionnelle améliorée, decontre le chômage des jeunes de la lo- L’augmentation de ses revenus et le faire son plaidoyer, d’échanger sur lescalité est donc indéniable. Depuis la changement de mentalité ont eu un im- différents processus de fabrication demise en place de sa boulangerie, une pact positif sur sa vie sociale. Sa famille pain et les technologies de fours et devingtaine de jeunes ont appris le métier et lui accèdent davantage aux soins de capitaliser sur l’expérience du projet.grâce à lui et, leur apprentissage termi- santé, ses enfants fréquentent l’école à Tambacounda et l’alimentation fami- Engagés dans la lutte pour la reconnais-né, se sont mis à leur compte. Une fois sance et l’émergence de la boulangerieinstallés, ils ont accueilli d’autres jeunes liale, basée sur la consommation des rurale, Boubacar et ses pairs participentqui suivront un cursus similaire. En plus produits de céréales locales tirés des ré- diverses initiatives qui touchent au vécude la vingtaine d’emplois directs, près coltes, est de plus en plus variée. Mais laLES CAHIERS DE CAPITALISATION DU RÉSEAU FIDAfrique - IFADAfrica • Feed Africa 27
  • 28. été un écueil non négligeable. Mais l’expérience, riche d’enseignements, a démontré que la boulangerie tradi- tionnelle est un moyen de promotion économique et sociale en milieu rural. Son développement nécessite toute- fois un renforcement des capacités et la professionnalisation du secteur, par l’acquisition d’équipements adéquats et le renforcement des compétences techniques, préalables aux exigences de qualité et d’hygiène. En dépit de ces acquis, les défis aux- ©PROMER 2 quels doit faire face la boulangerie tra- ditionnelle demeurent entiers. Il faut introduire des technologies appropriées pour diminuer la consommation de bois de chauffe, seul moyen de faire face aux Le premier four de Boubacar avant les aménagements restrictions de la législation par rapport à la gestion de l’environnement et d’ac-des ruraux. On peut citer, entre autres, Boubacar est devenu, grâce à l’appui du céder aux marchés urbains. Il faut aussila caravane des initiatives, le forum des PROMER, maître formateur en boulan- organiser les acteurs de la filière pourboulangers ruraux et le techno forum gerie traditionnelle dans la zone d’inter- peser dans le dialogue politique. C’est lesur la boulangerie traditionnelle. Bou- vention du projet. Il gagne beaucoup de moyen d’accéder à certaines instancesbacar a également contribué à l’infor- marchés et vise, à présent, les marchés de décisions pour s’informer, de se fairemation et à la sensibilisation des jeunes de Bouroukhou et des villages environ- connaître et de constituer un groupe nants de Tambacounda. En 2011, il a pouvant défendre ses intérêts.sur l’intérêt de la filière (émissions radio, bénéficié d’une opération pilote de fourréunion villageoise, caravane, forma- Boubacar compte sur l’appui du PRO- à gaz pour renforcer son activité et as-tions, fora), à la sécurisation de l’activité MER pour élargir sa base de travail, surer sa fonction de plate-forme de ser-par la protection de l’environnement et acquérir d’autres moyens de déplace- vice pour les nouvelles créations dansà l’introduction de fours améliorés. Il a le secteur. ments pour couvrir la demande. Il aaidé à faire prendre conscience de l’im- besoin de cet appui pour installer des Selon Boubacar, « l’association est un fours secondaires dans quatre villagesportance de l’hygiène, de la qualité et pilier très important pour la défensede la formalisation. environnants, promouvoir l’économie des intérêts de toute corporation pour la d’énergie et la protection de l’environ- reconnaissance et le positionnement ». nement par la mise en place des foursUn moyen de promotion sociale Il affirme avoir appris que la gestion fi- solaires et à gaz, obtenir l’autorisationAu total, de nombreux résultats ont été nancière et la gestion de l’approvision- de vente des produits ruraux, commeenregistrés, parmi lesquels l’acquisition nement sont « les deux grandes portes le pain, en ville. Il demeure cependantd’un four amélioré, de tables de pétris- d’entrée » pour entreprendre dans son convaincu qu’avec la connaissance qu’ilsage, d’équipements pour la production métier ; viennent, ensuite, les tech- a acquise pour entreprendre et réussir, ildu pain (pelles, bassines, pétrin, pots, niques d’utilisation des intrants (farine, « peut puiser dans ses réserves propresbassines en plastique, moules pour bois, sucre...) et de fabrication d’un et avancer seul, même sans appui exté-cakes, 2 tables carrelées pour la prépa- four amélioré. Enfin, il a appris, grâce rieur ».ration du pain, des bidon de 30 l et de aux formations (gestion comptable, al-20 l). Il faut aussi mentionner l’achat de phabétisation, marketing, germe, Pactetrois bicyclettes et d’une motocyclette, etc.), aux voyages d’échanges au Maroc SOURCESla formation de plus de 20 apprentis et aux visites d’échanges dans la zone FIDA, PROMER I, « Rapport de pré-qui se sont par la suite installés à leur d’intervention du projet, l’importance évaluation, volume II : documents depropre compte, la production de pain de la qualité et de l’hygiène. travail ». Rapport n° 1769-SN. Avril« tapa lapa », de pâtisserie, de pain riche La réussite d’une telle entreprise a mobi- 2005.aux céréales. Par ailleurs, deux terrainsont été achetés à Tambacounda, dont lisé quelque 2,5 millions de francs CFA, FIDA, PROMER I, « Rapportl’un est en chantier ; des bovins ont été entre les acquisitions d’équipements, d’évaluation d’intermédiaire»,achetés pour l’élevage et des comptes l’aménagement du four, l’approvisionne- décembre 2004.- Rapport n° 1565-SNbancaires ouverts au CMS, à l’ACEP et ment en matières premières, etc. Parmi PROMER I, « Rapport d’Achèvementà l’UIMCEC. les difficultés rencontrées, il faut citer, au final du PROMER I ». Mai 2005, 65 p.Aujourd’hui, sûr de lui et de la formation premier chef, les contraintes relatives à la réglementation commerciale, notam- PROMER I,.- Rapport diagnostic dequ’il a reçue, Boubacar ambitionne de ment celles interdisant la vente du pain Boubacar KEITA – 2000.-s’attaquer au marché de la ville de Tam-bacounda. Sa boulangerie est devenue traditionnel en milieu urbain. L’analpha- PROMER I, « Banque d’images duune micro-entreprise de référence et bétisme des populations rurales a aussi PROMER I et II ».28 Feed Africa • LES CAHIERS DE CAPITALISATION DU RÉSEAU FIDAfrique - IFADAfrica
  • 29. RESSOURCESGuide méthodologique – Capi- leurs propres plans de capitalisation ettalisation des Expériences des d’échanges. Certes, il s’inspire des pra- tiques déjà testées dans d’autres projetsProjets et Programmes de Dé- du même type appuyés par le FIDAveloppement, 84 pages, 2010 en Amérique latine et en Asie. Seule-Ce guide est destiné de façon prioritaire ment, il essaie de garder une certaineaux agents des projets et programmes spécificité par rapport à des habitudesdu FIDA en Afrique de l’Ouest et du et pratiques de partage typiquementCentre. Les unités de gestion des pro- culturelles ou dues à la pauvreté (orali-jets et leurs partenaires trouveront dans té, analphabétisme), et aussi au niveauce document, une approche qui les ai- inégal d’accès à un certain environne-dera à mettre en œuvre un processus ment de communication.interne de réflexion, de partage des Enfin, il s’adresse à tous les projets etexpériences et des savoirs. Il s’adresse programmes qui partagent la visionégalement aux équipes de terrain des selon laquelle le développement du-projets dont le rôle dans la remontée rable n’est pas un ensemble d’actes seul l’apprentissage des expériencesde l’information vers les unités de ges- isolés, mais un processus de transfor- réussies ou non est porteur de savoir.tion est primordial pour le suivi-évalua- mation qui se réalise parce que dif-tion des indicateurs du projet. férents acteurs (agents, partenaires, Cet ouvrage est disponible en version française et en version anglaise à la FraoIl s’inscrit en droite ligne de la straté- opérateurs, bénéficiaires, presta- (FRAO- WARF – Tél. (221) 33 865 00 60gie du réseau FIDAfrique de proposer, taires…) interviennent à des moments - (221) 77 644 52 22 - Fax (221) 33 860pour les programmes de développe- et à des échelles différentes, et selon 66 89 – Email : secretary@frao.info Dakar -ment et leurs partenaires, une approche des modalités diverses. Cela signifie Sénégal) ou en lignesusceptible de les aider à développer que les connaissances sont sans va- http://www.fidafrique.net/article2379.html leur lorsqu’elles ne sont pas partagées;Forum Régional du FIDA en Afrique de l’Ouest et du CentreLe 6è Forum Régional du FIDA (anciennement dénommé «Atelier sur l’exécution des projets») aura lieu du 14 au 17 novembre2011, à l’hôtel Laico de Libreville (Gabon). Ce forum est organisé et financé conjointement avec le Ministère de l’agriculture,de l’élevage, de la pêche et du développement rural de la République gabonaise.Le thème central du forum est le suivant : «Rendre les petites exploitations d’Afrique de l’Ouest et du Centre plus productiveset plus rentables». Ce thème illustre bien l’approche dynamique du développement rural qui est adoptée, et rend compte dela diversité des contextes et des problèmes qui seront abordés dans le cadre du forum : des difficultés rencontrées par lescommunautés pour répondre à leurs besoins de base en matière de sécurité alimentaire, au soutien apporté aux communau-tés rurales pour qu’elles tirent davantage profit des débouchés offerts.http://www.fidafrique.net/rubrique795.html Lire plus … Le REP a réussi à changer le mode de transformation du gari… Une ferme-école opérationnelle au Bénin : un outil pour mobiliser les jeunes et http://www.fidafrique.net/article2781.html réduire la pauvreté rurale http://www.fidafrique.net/article2828.html Les femmes peuvent y arriver si elles sont bien soutenues… Culture maraîchère à Avlékété : une réponse à l’insécurité alimentaire http://www.fidafrique.net/article2783.html http://www.fidafrique.net/article2822.html Enoch, un paysan qui a diversifié son entreprise agricole Lutte contre la petite délinquance : les jeunes en difficulté apprennent le maraî- http://www.fidafrique.net/article2782.html chage de saison sèche http://www.fidafrique.net/article2825.html Capitalisation d’expériences et innovations institutionnelles en Afrique de l’Ouest Le Centre d’Appui à l’Agriculture engage les jeunes à Aguie http://www.fidafrique.net/article2756.html http://www.fidafrique.net/article2826.html La FAO met en ligne un calendrier des cultures Micro-élevage : Les aulacodes améliorent les moyens de subsistance http://www.fidafrique.net/article2750.html http://www.fidafrique.net/article2823.html L’Evaluation Finale du PRCG 1 recommande une nouvelle phase Semer les expériences : Comité de Pilotage de la Facilité Alimentaire de l’UE http://www.fidafrique.net/article2799.html http://www.fidafrique.net/article2957.html Rapport d’Evaluation Finale du PRCG 1 6è Forum Régional du FIDA en Afrique de l’Ouest et du Centre http://www.fidafrique.net/article2801.html http://www.fidafrique.net/rubrique795.html Comprendre et utiliser les informations sur le marché Vidéo - La FIARA vitrine des innovations paysannes (film de 13 mn) http://www.fidafrique.net/article842.html http://www.fidafrique.net/article1854.html Sénégal : Saloum Métal forge un avenir d’acier pour les jeunes de la région de Sokone http://www.fidafrique.net/article2827.htmlLES CAHIERS DE CAPITALISATION DU RÉSEAU FIDAfrique - IFADAfrica • Feed Africa 29
  • 30. Visitez w w w.fidafri q ue.net http://www.facebook.com/fidafrique http://twitter.com/fidafrique http://fidafrique.blogspot.com http://www.youtube.com/fidafrique30 Feed Africa • LES CAHIERS DE CAPITALISATION DU RÉSEAU FIDAfrique - IFADAfrica

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