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Hébergement illégal: l’industrie touristique face à un dilemme
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Hébergement illégal: l’industrie touristique face à un dilemme

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Les AirBnB et autres plateformes P2P viennent bousculer l’ordre établi dans la distribution hôtelière. Quelles sont les solutions pour régulariser la situation? ...

Les AirBnB et autres plateformes P2P viennent bousculer l’ordre établi dans la distribution hôtelière. Quelles sont les solutions pour régulariser la situation?

Pour lire l'article directement sur mon blogue: http://fredericgonzalo.com/2013/06/13/hebergement-illegal-on-fait-quoi-maintenant/

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Hébergement illégal: l’industrie touristique face à un dilemme Presentation Transcript

  • 1. Hébergement illégal: l’industrie touristique face à un dilemme Frédéric Gonzalo
  • 2. Depuis qu’on apprenait, en mars 2013, que Tourisme Québec se décidait enfin de pourchasser les locateurs illégaux, pas un jour ne passe sans qu’une voix ne s’élève pour réclamer une action encore plus rapide, plus concrète. Et avec le jugement récent de culpabilité d’un locateur ayant utilisé la plateforme populaire AirBnB dans l’État de New York, le débat est plus que jamais d’actualité. Afin de mieux juger la problématique, voyons voir l’état des lieux.
  • 3. Avant toute chose, il faut d’abord comprendre qu’un site comme AirBnB s’inscrit dans une mouvance populaire, une tendance lourde qui affecte plusieurs industries: le peer-topeer (P2P). L’avènement des médias sociaux et des plateformes collaboratives vient accélerer et exarcerber un phénomène qui a toujours eu cours, soit de transiger en direct avec le prestataire de service, au détriment parfois des règles édictées ou des intermédiaires dans un secteur donné. Cette révolution est la plus flagrante au niveau de l’hébergement, avec de nouveaux sites apparaissant sur une base quasi-quotidienne. Mentionnons notamment: LA RÉVOLUTION P2P
  • 4. • AirBnB • Couchsurfing (on y trouve de tout, allant de dormir par terre ou le sofa jusqu’à un loft ou appart au complet) • Bedandfed (surtout au Royaume-Uni et en Irlande) • Campingmygarden (louez votre jardin comme micro-site de camping) • Ficalaemcasa (site brésilien à la AirBnB) • Homeexchange (vous ne payez pas, mais vous échangez plutôt votre maison contre celle d’un autre voyageur) • Housetrip (un des leaders émergents) • Homeaway (leader mondial des locations de vacances, mieux connu comme Abritel en France) • Onefinestay (surtout dans les grandes villets, comme Londres et New York) • VRBO (acronyme pour Vacation Rentals By Owners, fait partie de la famille HomeAway) • Wimdu (location d’appartements, surtout en Europe et Asie) • Tripping (site de méta-recherche parmi les grands sites: Wimdu, HomeAway, FlipKey, Roomarama, Bedycasa)
  • 5. Le mouvement P2P n’est toutefois pas exclusif à l’hébergement et il se transpose tout aussi bien au monde du transport, surtout sur de courtes distances inter-cités. On peut même trouver de l’espace de stationnement à meilleur prix! On pense notamment à:
  • 6. • AmigoExpress (leader émergent du co-voiturage au Québec) • Allo-Stop (pionnier du co-voiturage au Québec) • Drivemycarrentals (louez votre voiture à quelqu’un, ou l’inverse. Site australien) • Getaround (site dédié à la région de San Francisco et de Portland, Oregon) • Parkatmyhouse (site britannique pour trouver du stationnement privé) • Parkingpanda (site de stationnement privé pour quelques villes américaines) • Relayrides (voir la vidéo ici-bas, en anglais) • Zimride (co-voiturage américain)
  • 7. • Et tout comme certaines destinations règlementent les tours de villes ou exigent une certification pour offrir des visites guidées, on retrouve aussi des options P2P qui viennent court-circuiter l’offre de services. Mentionnons: • Canaryhop (sites offrant tours, activités, cours et autres expériences à destination) • Dogvacay (chenil pour chiens chez les gens) • GetYourGuide (plus de 1900 destinations avec services privés de guides) • Kitchensurfing (service de chef à domicile – NYC, Boston et Berlin) • Uniiverse (services et activités offerts par des particuliers) • Vayable (tours guidés et concierge dans plusieurs villes internationales) • Zilok (site de locations diverses: voitures, maisons, services, etc.)
  • 8. Les grands joueurs de l’industrie musicale ont goûté à cette médecine au début des années 2000 avec la naissance de Napster et de ses nombreux émules. Après une guerre épique, que l’industrie a perdu malgré la fermeture de Napster, plus personne ne s’étonne aujourd’hui de payer 0.99$ par chanson sur iTunes ou encore de payer une mensualité pour un accès musical illimité sur Spotify, quand ce n’est un accès mobile via Songza ou Grooveshark. Ce phénomène affectant dorénavant l’industrie touristique, on la comprend de se braquer. Est-ce la meilleure solution face à cette lame de fond qui ne semble pas s’essouffler, au contraire?
  • 9. Voyons tout d’abord les arguments mis de l’avant par les divers lobbys de l’industrie touristique qui ont récemment uni leur voix face à ce qui est considéré comme de l’hébergement illégal: LES ARGUMENTS DE L’INDUSTRIE
  • 10. Il existe un principe généralement reconnu selon lequel lorsqu’il y a échange d’argent au cours d’une transaction, des taxes doivent être payées, et la rémunération devient un gain imposable. Or, hormis quelques sites où on ne retrouve pas d’échange monétaire (ex: HomeExchange), la plupart des sites sont soustraits à la perception de taxes obligatoires. Chaque locateur est responsable de déclarer ou non ses revenus, ce qui est d’ailleurs un des points les plus reprochés aux AirBnB de ce monde. Pour reprendre l’analogie de l’industrie musicale, le modèle a certainement changé, mais on recherche encore à préserver les droits d’auteurs et lorsqu’on achète sur iTunes, on paie les taxes applicables. 1. Évasion fiscale
  • 11. Lorsque vous séjournez à l’hôtel, dans un gîte ou tout établissement officiellement reconnu, vous paierez souvent une taxe additionnelle dont les revenus servent à faire la promotion d’une destination. Je repense à l’époque pas si lointaine où je travaillais dans la région de Charlevoix. En 2009-2010, on estimait à plus de 1,000 le nombre de chalets non déclarés et locations illégales dans la région, un chiffre qui a sûrement pris de l’ampleur avec le développement du Massif de Charlevoix. Or, l’association touristique régionale ne peut compter que sur les revenus d’une fraction de l’hébergement pour effectuer son marketing, étant donné qu’une bonne partie de cette offre opère sous le radar des autorités provinciales. Le comble, c’est que les locateurs illégaux bénéficient des efforts faits au niveau de l’image de marque d’une destination, justement propulsée par les investissements marketing auxquels ils ne contribuent pas. 2. Manque à gagner marketing
  • 12. Un autre argument qui mérite réflexion est celui du manque de standards lorsqu’on transige directement avec des locateurs opérant en direct ou via des plateformes P2P. D’aucuns seront d’accord pour dire que le système de classification hôtelière n’est pas toujours fiable, que l’on parle d’étoiles, de soleils ou d’autres façons de classifier l’expérience d’hébergement. (Lire: Le classement hôtelier par étoiles: inutile ou mal compris?) Mais aussi incomplet que ce système puisse être, il repose néanmoins sur des critères et standards acceptés, vérifiés d’année en année par des inspecteurs du gouvernement. Les standards sont moins évidents quand on en vient à de la location d’appartements, de chambres, voire d’un divan chez l’habitant… D’ailleurs, qu’arrive-t-il en cas de vol ou de feu? Le propriétaire a-t-il une assurance pour couvrir de tels événements et si oui, estce sous un chapeau résidentiel ou commercial? 3. Expérience inégale
  • 13. • Ce dernier argument découle essentiellement du précédent. L’industrie hôtelière et les intervenants qui opèrent un hébergement touristique doivent se conformer à plusieurs règlements, payer pour des certifications et continuellement mettre à jour leur produit et service afin de rester conforme. Autre point majeur, on doit payer des taxes foncières selon le nombre de chambres offertes, et non en fonction du nombre de chambres louées. Or, au Québec les taux d’occupation en hébergement à travers la province se situent près de 55%, et le tarif affiché n’a pas augmenté au cours de la dernière décennie, ou si peu, en raison de la conjoncture: 9-11, SRAS, crise économique, etc. Pendant ce temps, les taxes ont continué d’augmenter, venant de ce faire réduire la marge bénéficiaire par chambre vendue. Un problème que n’ont pas les locateurs illégaux, évidemment, puisqu’ils évitent de payer les taxes. 4. Compétition déloyale
  • 14. De l’autre côté, voici les arguments qui reviennent le plus souvent du côté des utilisateurs d’AirBnB et autres plateformes P2P: LES ARGUMENTS DES « ILLÉGAUX »
  • 15. Face à l’argument quant à la classification hôtelière et aux standards des divers types d’hébergement, on vous répondra que grâce aux sites de commentaires, on en sait autant sinon plus au sujet des logements et des locateurs. Ayant récemment testé la plateforme AirBnB, j’ai justement pu constater à quel point on incite les voyageurs à donner leur opinion, avant, pendant et après la réservation et séjour. Un locateur qui propose des chambres ou maisons aux conditions douteuses sera rapidement mis au ban par les autres utilisateurs. De même, le locateur est invité à « qualifier » le voyageur, de sorte qu’une personne qui ne respecte pas les règles ou qui effectuerait des dommages serait également identifié comme tel. 1. Intelligence des foules
  • 16. • Ce que démontre le plus récent jugement contre un locateur d’AirBnB à New York est qu’il y a plusieurs zones grises, et que tout n’est pas forcément tout blanc ou tout noir dans ce dossier. Au Québec, la règlementation demande que toute personne souhaitant louer un logement pour une période de moins de 31 jours doit obtenir un permis au préalable, au coût de 250$. Lorsqu’on sous-loue une partie de son appartement, par exemple une chambre, mais que le propriétaire est sur place, certaines dispositions dans la loi new-yorkaise permettent de toucher un revenu de location de courte durée. Le problème surgit lorsque certains propriétaires de plusieurs unités de location passent en mode commercial, et l’on n’est plus dans le modèle de « dormir chez l’habitant » mais bien dans un système commercial parallèle et sophistiqué. 2. Zones grises
  • 17. Pour plusieurs, les sites P2P ouvrent de nouvelles possibilités qu’on ne retrouve pas, ou si peu, dans l’offre traditionnelle actuelle. On pense notamment aux séjours pour de grandes familles, ou voyages multigénérationnels, particulièrement lorsqu’il s’agit de plus longs séjours. Une nuitée à l’hôtel, passe encore, mais lorsqu’on reste trois semaines à destination, le confort d’une maison ou d’un appartement pour soi est inégalé. On retrouve d’ailleurs une panoplie d’hébergement disponible sur ces sites: igloos, cabanes dans les arbres, apparts, lofts, etc. 3. Variété de l’offre
  • 18. Un autre point souvent mis de l’avant est le fait que les utilisateurs de sites comme AirBnB tendent à vouloir dépenser moins au niveau de l’hébergement afin de pouvoir dépenser plus dans l’économie locale: supermarché, café du coin, restaurants et attraits, activités de proximité, etc. Ce dernier point reste difficile à prouver, mais on sait toutefois que le marché de la location de vacances représentait plus de 85 milliards de dollars en 2012, uniquement sur l’Europe et les États-Unis! 4. Impact économique local
  • 19. L’industrie touristique fait donc face à un véritable dilemme: accepter cette nouvelle réalité en adaptant les processus et la règlementation, ou bien se braquer en faisant respecter les règles actuelles et en pourchassant les locateurs illégaux. Existe-t-il d’autres avenues et quelles solutions sont envisageables afin de faire face à la musique? C’est le sujet de mon prochain billet: Hébergement illégal: on fait quoi maintenant? ON FAIT QUOI MAINTENANT ?
  • 20. Dans mon dernier billet, Hébergement illégal: l’industrie touristique face à un dilemme, j’expliquais comment les plateformes de réservations en mode P2P (peer-to-peer) comme AirBnB font voler en éclat le modèle traditionnel de distribution hôtelière. Tendance lourde qui ne s’estompera pas de sitôt, si on en croit les derniers chiffres disponibles de ce marché florissant: Hébergement illégal: on fait quoi maintenant ?
  • 21. • Les locations de vacances représentent un marché de 85 milliard de dollars US uniquement sur les marchés américains et européens • Un locateur génère 26,000$ de revenus en moyenne par année de ses locations (Source: 2012 Summer VRM Owners report) • AirBnB est peut-être le plus connu, mais pas forcément le plus gros joueur avec ses 300,000 propriétés listées dans 34,000 villes différentes • HomeAway est le plus gros site mondial, avec un peu moins de 500,000 propriétés. Il fait partie de la famille VRBO (Vacation Rentals by Owners) • Même les agences de voyages en lignes en proposent: TripAdvisor propose des locations de vacances sous une entente avec FlipKey (170,000 propriétés) alors que Booking.com annonçait récemment son intention d’envahir cette sphère lucrative via une entente avec Interhome (260,000 propriétés). Travelocity en offre également, caché sous l’onglet « Hotels » alors qu’Expedia a fait part de son intention d’en proposer sous peu.
  • 22. Comme plusieurs locateurs opèrent en marge de la loi sans déclarer les revenus, ni sans recueillir les taxes applicables, on comprend les hôteliers, aubergistes et divers intervenants de l’industrie de dénoncer cet état de fait. Quelles sont donc les solutions possibles? Voici certaines retenues jusqu’à présent ainsi que d’autres que je soumets, bien humblement:
  • 23. Un premier réflexe qui nous vient est de dénoncer ceux et celles qui opèrent sous le radar et qui engrangent des revenus sans payer les taxes tout en proposant une compétition déloyale à ceux qui respectent les règles et cotisent à leur organisme de gestion de la destination. C’est d’ailleurs l’initiative prise par un groupe anonyme opérant sous l’acronyme AHEM, qui a récemment mis en ligne le site tourismeaunoir.com où l’on dénonce des gens soupçonnés de tenir des opérations illégales de locations d’hébergement, photos et descriptions à l’appui. Une fausse bonne idée, si vous voulez mon avis. On se croirait à l’époque de la Gestapo ou du Maccarthisme, un parallèle douteux en 2013 alors que nous devrions envisager une manière plus civilisée de régler les différends en cours 1. DÉNONCER LES ILLÉGAUX
  • 24. Pour d’autres, la solution ultime passe invariablement par un renforcement musclé du processus d’amendes. Plus les amendes seront salées, rapidement données et publicisées, plus on devrait entrevoir un effet dissuasif auprès des contrevenants. C’est vrai, en théorie. On a vu des campagnes sociétales contre l’alcool au volant, pour le port de la ceinture de sécurité ou pour réduire la vitesse, obtenir des résultats positifs au fil des ans. On oublie néanmoins un facteur de taille: les investissements publics pour y parvenir. Non seulement en publicités tout azimut, mais aussi par une force policière constamment sur le qui-vive, avec des campagnes de rappels en continu. Or qu’en est-il en tourisme? Au Québec, il y a présentement deux inspecteurs qui travaillent ce dossier au Ministère du Tourisme. Deux! 2. IMPOSER DES AMENDES
  • 25. Selon un article paru dans La Presse, 1569 dossiers auraient été épluchés entre novembre 2012 et mars 2013. Parmi eux, neuf sont sur le bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales. S’ils sont reconnus coupables, ceux qui louent illégalement une chambre ou un appartement sont passibles d’une amende allant de 750 à 2250$ par jour d’infraction. De plus, les contrevenants ont droit à deux avis avant de recevoir une amende. Lorsqu’on vous arrête pour excès de vitesse, on vous donne un « avis », vous? On voit donc qu’il y a loin de la coupe aux lèvres afin de véritablement dissuader une masse critique de gens d’opérer dans la clandestinité, non seulement en raison des ressources limitées mais également à cause du processus lent.
  • 26. Évidemment, il s’en trouve plusieurs pour suggérer de laisser faire les choses telles qu’elles le sont en ce moment, et de laisser les consommateurs choisir par eux-mêmes. Le marché s’auto-régularisera de lui-même, en somme. Il s’agit d’une vision idéaliste et peu réaliste de ce qui se vit sur le terrain. Suite à la parution de mon dernier billet, je recevais d’ailleurs ce courriel d’une lectrice, dont voici un extrait: 3. LAISSER FAIRE
  • 27. Dans ce contexte, laisser faire équivaut à inciter les hébergements illégaux à foisonner, avec tout ce que cela peut avoir d’impacts négatifs sur les rouages de l’industrie et l’évasion fiscale qui en découle pour l’économie locale et provinciale. C’est pourtant l’avenue empruntée par les dirigeants de Tourisme Nouvelle Écosse devant l’hébergement illégal – lire l’article ici (en anglais).
  • 28. • Une approche plus créative et mentionnée par certains dirigeants hôteliers consiste plutôt à renchérir sur une demande qui ne trouve pas, ou si peu, d’écho depuis quelques années: l’assouplissement de certaines règles ou du fardeau fiscal. On pense notamment aux taxes foncières qui ne cessent d’augmenter d’année en année, alors que le revenu moyen par chambre stagne, tout comme le niveau d’occupation à l’échelle provinciale. Les hôteliers de la région de Québec pensaient d’ailleurs avoir obtenu une partie de leurs revendications plus tôt cette année, pour plutôt faire face à une hausse rétroactive de leurs taxes. (lire ici à ce sujet) • Dans un contexte où les plateformes P2P pullulent, ne devrait-il pas y avoir un assouplissement au niveau de certains autres standards qu’on impose aux hôteliers afin d’obtenir leur certification? Est-ce que toutes ces assurances et taxes sont vraiment nécessaires au bon fonctionnement d’un établissement en 2013? Si on en revient aux taxes foncières, pourquoi doit-on continuer de payer en fonction du nombre de chambres disponibles et non en fonction du nombre de chambres vendues (louées)? 4. ASSOUPLIR LES RÈGLES
  • 29. Une question plus délicate encore touche au mode de financement des organismes de gestion de destination (OGD, ou DMO en anglais, destination management organizations). La plupart, du moins au Québec et à travers l’Amérique du Nord, fonctionne sur le principe du membership. Or pour un hôtel, la cotisation annuelle est calculée sur la base du nombre de chambres disponibles dans l’établissement. Un exemple? Le Fairmont Reine Elizabeth, à Montréal, avec ses 1,200 chambres, paie tout près de 10,000$ en membership annuel à Tourisme Montréal. Certains paient même plus que ce montant, selon la région et la taille de l’établissement, les ratios n’étant pas tous pareils. Ces coûts contribuent à la cagnotte marketing de la destination, à laquelle les hébergements illégaux ne contribuent évidemment pas, même s’ils en bénéficient par la bande. Or la question se pose: pourquoi une destination ne représente que les membres et non pas la totalité de l’offre d’hébergement sur son territoire? N’y a-t-il pas lieu de remettre en question le modèle de financement des associations touristiques régionales? Ceci est tout aussi vrai pour les membres restaurateurs, attraits, événements ou transporteurs, remarquez. OK, j’en conviens: ce dernier point dépasse le cadre de l’hébergement illégal. Mais il y est intimement lié, nul doute. 5. REVOIR LE RÔLE DES DESTINATIONS
  • 30. Dernière piste de solution: mettre tout le monde autour d’une même table pour mieux comprendre les enjeux et envisager des solutions durables. Dans l’État de New York, en raison de la cause présentement en appel, AirBnB souhaite régulariser la situation mais on se parle par l’entremise d’avocats. N’y aurait-il pas moyen de trouver des manières d’obtenir au minimum le paiement des taxes applicables? D’assurer que toutes les propriétés listées doivent montrer patte blanche avec au minimum l’attestation de classification, disponible moyennant dépense de 250$? 6. OUVRIR LES PONTS DE COMMUNICATION
  • 31. L’avenir nous dira comment l’industrie réagira face à cette révolution, et il est possible que ce soit au moyen d’une solution hybride combinant une ou plusieurs des solutions ci-haut mentionnées. Une chose est sûre: le status quo est intenable, et il est grand temps pour tous les joueurs, incluant les lobbies hôteliers et les dirigeants de Tourisme Québec d’aller au fond de cette problématique pour trouver des solutions qui seront au bénéfice de l’industrie, certes, mais surtout du consommateur qui aura toujours le luxe de décider des plateformes qui lui conviennent le mieux.
  • 32. Inscrivez-vous au blogue http://fredericgonzalo.com Saisissez votre courriel pour souscrire à ce blogue et recevoir les notifications de nouveaux billets par courriel. Ebook à télécharger 5 règles d’or pour une stratégie de contenu efficace