la presse en sourdine numérique

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    la presse en sourdine numérique - Presentation Transcript

    1. The death or the deaf ? [ Démesures ] Death or deaf? La mort ou la surdité. Même sonorité en anglais. David Lodge joue avec les sons pour le titre de son roman Deaf Sentence [1] ou La vie en soudine pour la version française. La traduction littérale La fin des journaux, sentence d’une presse en sourdine est encore plus explicite : la sentence de la surdité ! Ce titre nous est apparu comme une évidence. numérique ? Desmond Bates, professeur à la retraite, imagine retrouver sa liberté après une carrière académique de servitude. Mais il a la même maladie que son père sur la fin : il est on ne peut plus sourd ! Et même si au fil du temps, il se dote d’oreillettes de plus en plus poussées technologiquement, sa situation ne s’améliore aucunement : trop souvent il oublie de les mettre, trop souvent il n’entend que le bruit autour de lui. Et petit à petit, il finit par se couper de toute vie sociale à cause des malentendus qui s’accumulent et auxquels il est incapable de pallier sauf en parlant fort ou en faisant comme si. Mais rien n’y fait ! Et il est Christophe Cariou* et Patrick Le Floch° amené à penser à sa propre fin à cause de son père, à réfléchir à y mettre fin à cause de sa doctorante. Nous pourrions poursuivre mais nous vous laissons aller lire le livre. La presse est en crise structurelle depuis des lustres [2, 3], en crise conjoncturelle maintenant, la publicité et le lecteur s’en sont allés ailleurs. Les journaux et magazines américains disparaissent plus régulièrement qu’ils ne paraissent. Les débats deviennent de plus en plus âpres sur la fin des journaux, la fin du * everydata lab, 31 A5 Rue Mirabeau, 35700 Rennes journalisme, la faute du web et de la blogosphère, les bouées d’une potentielle survie... La nostalgie christophe.cariou@everydatalab.com d’antan refait surface d’autant plus rapidement que les gratuits tels que Métro et 20Minutes sont en grande difficulté, ou que les pures players tels que Rue89 ou Médiapart n’ont pas encore fait leur preuve ° Institut d’Etudes Politiques de Rennes, 104 Bd Duchesse Anne, 35700 Rennes dans le temps. Même réalité sur le web, le succès Youtube, puis Facebook puis plus récemment Twitter ne lefloch@sciencespo-rennes.fr sont toujours aucunement rentables. La publicité ne suffit pas ! Dès lors, l’internaute ne peut prétendre continuer vivre dans l’utopie de la gratuité du web, Google ne peut se permettre de vivre sur le dos de la presse, la blogosphère de piètre qualité en plus d’être trop subjective ne peut continuer à faire de l’information, et ainsi de suite ! L’impression étrange laissée par les débats actuels est que la presse a fait son maximum, que la presse est maintenant innocente de son avenir, et que seule seule la culture web est coupable de sa disparition. Les jeux sont faits ! Les débats semblent démesurés, plus aucune distinction entre crise structurelle et crise conjoncturelle, plus aucune distinction entre modèle physique et modèle numérique, etc. Et surtout les débats s’avèrent instantanés, laissant voir leur panique : quelqu’un suggère de faire payer l’information à l’article comme la musique à la chanson, et les débats s’emballent, puis vient le succès de l’iPhone et plus récemment celui du Kindle, le nouveau sauveur de la presse. Et face à cette démesure, les mesures ne sont pas meilleures : les audiences papiers et web mois après mois, les faillites des quotidiens, les baisses des recettes publicitaires... Il y a un contraste saisissant entre les mots écrits sur la crise de la presse, sans commune mesure, et les études de fonds sur la question, quasi-absentes. [4, 5] article #06 Nous ne nions aucunement la crise de la presse. Mais nous ne pouvons accepter toutes les idées reçues qui se diffusent telles des conclusions sur lesquelles il n’est guère possible de revenir. Sur quelles données se fondent toutes ces conclusions ? Nous sommes en droit de nous le demander, les débats nous semblent tout mélanger en oubliant de prendre un recul nécessaire, une sorte d’analyse froide de son passé, de son présent et de son futur possible. Nous allons nous intéresser à la presse française, et à une comparaison de son audience papier avec son audience web, mais sur des bases comparables : le nombre de lecteurs uniques au jour le jour. Notre première conclusion est on ne peut plus simple : il y a un manque cruel de données disponibles nécessaires pour réaliser une analyse poussée. www.everydatalab.com
    2. [ Mesures ] [ Détails des données mobilisées ] Le fil conducteur de notre étude est de comparer ce qui est comparable afin de pouvoir proposer un diagnostic fondé sur des faits plutôt que des idées reçues. Nous avons souhaité mobiliser un certain nombre de variables sur l’audience papier et l’audience web. Nous nous sommes rapidement heurté à un manque de données disponibles et accessibles aisément sur la presse française. Par conséquent, il ne nous a été possible de mobiliser un ensemble de variables que pour un échantillon de 37 quotidiens et périodiques français. Il ne s’agit donc pour nous que d’une Données Contenus étude préliminaire, mais elle suggère déjà tellement d’éléments qu’il nous a semblé intéressant de la réaliser. Diffusion totale Diffusion totale France et Etranger, nombre d’exemplaires diffusés au numéro, nombre d’exemplaires diffusés le 7ème jour, moyenne sur 2008, accessible en ligne sur les Procès Verbaux, Diffusion Contrôle Nous avons mobilisé des variables relatives à l’audience papier de ces Proportion de la diffusion totale France “par tiers” et “non payée”, moyenne sur 2008, accessible en ligne sur les Procès Diffusion gratuite titres : la diffusion de la presse française pour l’année 2008, accessible en Verbaux, Diffusion Contrôle ligne auprès de Diffusion contrôle ; la circulation de la presse française Circulation totale ou Nombre de lecteurs moyens au numéro et au 7ème jour, moyenne 2008 pour la presse nationale, gratuite et pour l’année 2008, accessible en ligne auprès de Audi Presse ; et le type audience papier magazine, moyenne 2006-2008 pour la presse régionale, accessible en ligne, Audi Presse de presse. Il nous est alors possible de lisser le nombre de lecteurs, la Nombre de numéro Nombre de numéro par semaine (5 ou 6) diffusion payante et la diffusion gratuite pour un jour moyen, et ce par type de presse. Jour moyen Lissage de la presse quotidienne et hebdomadaire sur 7 jours, lissage de la presse mensuelle sur 30.4375 jours Nous avons également mobilisé des variables relatives à l’audience web Quotidienne nationale quotidienne régionale, quotidienne gratuite, hebdomadaire d’actualités, autres Type de presse hebdomadaires, mensuelles d’actualités, autres mensuelles de ces titres : le nombre de visiteurs et de visites, pour un jour moyen du mois de décembre 2008, accessibles en ligne auprès de Diffusion Prises en main ou contacts Nombre de prises en main d’un numéro par type de presse, moyenne 2008, accessible en ligne, Audi Presse papier Contrôle ; et une variable nommée “multi-sites” afin de prendre en compte le fait de certifier l’audience de plusieurs sites notamment. Toutes Visiteurs web ou audience Nombre de visiteurs uniques par jour du site de presse, moyenne décembre 2008, accessible en ligne sur les Procès les autres variables se focalisent sur un seul titre, il fallait donc pouvoir avoir web Verbaux, Diffusion Contrôle une variable capable de nettoyer l’audience web des “autres” sites Visites web ou contacts Nombre de visites par jour du site de presse, moyenne décembre 2008, accessible en ligne sur les Procès Verbaux, mesurés. Nous avons alors le nombre de lecteurs web pour un jour moyen, web Diffusion Contrôle et ce par type de presse. Prend la valeur 1 lorsque plusieurs sites sont certifiés et la valeur 0 lorsque un seul site est certifié, accessible en ligne sur Multi-sites les Procès Verbaux, Diffusion Contrôle Nous avons ensuite mesuré des variables relatives à la popularité sur le Nombre de pages web retournées par Google France à la requête de l’adresse principale du site, en date du 4 avril web et les médias sociaux, effectuées en date du 04 avril 2009 : la visibilité Visibilité web 2009 sur le web (via Google Recherche), la visibilité sur les agrégateurs sociaux Visibilité sociale ou Nombre de digg, de bookmarks et de votes à la requête de l’adresse principale du site sur respectivement Digg, (via Digg, Delicious et Wikio), la popularité sur la blogosphère (via Google agrégateurs sociaux Delicious et Wikio France, en date du 4 avril 2009 Recherche Blogs), la présence sur Wikipedia (via Powerset) et la Nombre de pages blog retournées par Google Blog France à la requête de l’adresse principale du site, en date du 4 popularité multimédia (via Dailymotion). Le choix des mesures s’est posé Popularité blogosphère avril 2009 sur des sites connus et reconnus dans leurs domaines, et sur la possibilité d’une réponse relativement pertinente à l’adresse principale de chaque Nombre de visionnements de vidéos sur la page officielle du site de presse sur Dailymotion, moyenne mensualisée pour Popularité multimédia tenir compte de l’ancienneté, en date du 4 avril 2009 titre de la presse. Nombre de liens sur Wikipedia retournées par Powerset à la requête de l’adresse principale du site, en date du 4 avril Présente wikipedia Nous avons réalisé des comparaisons ainsi que des estimations 2009 économétriques [6]. Le modèle général est un modèle logarithme, la Traitements particuliers : Nous avons éliminé les audiences d’Aujourd’hui en France de celles du Parisien ; l’audience web de ADDX de celle de Auto variable dépendante d’audience et les variables explicatives d’audience Plus. Nous avons alloué à La Tribune les visionnements vidéos de BFM / La Tribune, et nous avons additionné les deux pages Dailymotion disponibles et de popularité sont toutes transformés en logarithme, ce qui nous pour Le télégramme. Et enfin, nous avons nettoyé le résultat Powerset pour la requête La Croix. permet d’obtenir les élasticités directes ; les variables types de presse sont des dummies variables, et la variable multi-sites est une variable binaire. Le modèle est linéaire et estimé par la méthode des moindres carrés ordinaires (ou doubles moindres carrés), et la qualité de l’ajustement mesuré par le R2 ajusté pour tenir compte de la faible taille de notre échantillon.
    3. [ Audience papier vs audience web ] [ La fin de l’information et le début de la gratuité ? ] Parmi les nombreux bouleversements introduits par la culture web, il y a le désintérêt type de presse Lecteurs gratuits / Lecteurs web / pour l’information et l’utopie de la gratuité. Mais sur quelles données se fondent de Total lecteurs (papier) Lecteurs papier telles conclusions ? Nous sommes en droit de nous le demander. Nous nous focalisons sur le lecteur papier. Nationale 84,90% 29,85% Le tableau de gauche mesure la proportion de Si la diffusion tend à stagner ou diminuer, la circulation n’a de cesse d’augmenter : Régionale 71,72% 5,43% lecteurs papiers qui ne paient pas l’information paradoxe passé inaperçu dans la presse, cette dernière a préféré surfé sur l’occasion lue. Le nombre de lecteurs dits gratuits est la Gratuite 100,00% 8,95% différence entre la circulation et la diffusion par pour en faire de la publicité. Nous ne remettons pas en question ces chiffres tiers et non payée. Ces valeurs sont lissés pour un fortement utilisés par les titres envers les annonceurs, nous les utilisons telle une jour moyen de l’année 2008. référence puisque tel semble en être le cas. Grosso modo, il y aurait 4 lecteurs par Hebdo Actu. 76,65% 36,05% exemplaire, ce qui nous fait rien moins que 75% des lecteurs papiers qui ne paient Autres Hebdo. 79,53% 3,46% pas leur lecture de l’information. La culture web ne semble rien à voir avec ce fait. Pour notre échantillon, si nous considérons la diffusion “par tiers” et la diffusion “non Mens. Actu. 86,97% 80,77% payée” comme également une lecture gratuite [4], nous parvenons à une moyenne de 4 lecteurs sur 5 qui ne paient pas l’information, avec une très faible disparité au Autres Mens. 88,57% 8,66% niveau des différents types de presse En somme, le lecteur papier a l’habitude d’une presse gratuite ! Total 80,39% 19,44% Courbes de Gini Et malgré les tendances opposées, il n’en demeure pas moins que la diffusion et la 100% circulation sont fortement corrélées, laissant à penser que plus l’on distribue d’exemplaires et plus le nombre de lecteurs est élevé. Toutefois, il nous semble 80% pertinent d’introduire la variable type de presse comme déterminant tant de la diffusion que de la circulation, de manière à mieux appréhender l’effet réel de la diffusion sur la circulation. [6] Le tableau ci-dessus mesure la proportion de 60% lecteurs web par rapport aux lecteurs papiers. La comparaison s’effecture sur un jour moyen D’une part, l’estimation de la diffusion payante nous indique que distribuer respectivement pour décembre 2008 et pour gratuitement des exemplaires n’augmente aucunement les ventes. Dit autrement, la l’année 2008. 40% stratégie de distribuer gratuitement l’information ne s’avère ici pas pertinente pour accroître le nombre de lecteurs, même si elle est susceptible d’intéresser l’annonceur 20% compte-tenu du type de lecteurs ainsi visés. La diffusion payante dépend plus fortement du type de presse : être un mensuel réduit fortement la diffusion payante, ce qui n’est pas le cas des quotidiens et des hebdomadaires. En somme, il n’y a pas 0% 1 3 5 7 9 11 13 15 17 19 21 23 25 27 29 31 33 35 37 de lien entre diffusion gratuite et diffusion payante, mais plus entre fréquence et diffusion payante. Diffusion Audience papier Audience web D’autre part, lorsque l’on insère cette information dans l’estimation de la circulation, Diffusion Audience Audience Papier web la diffusion payante ne constitue plus un déterminant significatif de la circulation. Seul La Courbe de Gini est l’uns des mesures de la le type de presse s’avère être valable, et plus précisément la fréquence de premier 12,9% 11,2% 21,3% concentration du secteur de la presse. Le traitement de l’information : être un hebdomadaire, et encore plus être un mensuel, tableau ci-joint complète l’analyse en mesurant réduit fortement le nombre de lecteurs quotidiens supplémentaires par rapport au fait le poids de quelques groupes d’acteurs. Ils Top 5 45,7% 44,2% 62,5% illustrent tous les deux le fait que le haut de la d’être un quotidien national ou régional dans notre cas de figure. Dit autrement, un longue traîne est beaucoup plus concentré sur le titre semble avoir peu de prise sur son nombre de lecteurs supplémentaires, lesquels Top 6-10 23,6% 22,1% 19,2% web qu’au niveau tant de la diffusion que de la semblent relativement plus intéressés par une information quotidienne. En somme, le circulation. Les 5ers acteurs concentrent 45% de l’audience pour le papier contre 63% pour le nombre de lecteurs papiers dépend uniquement de la fréquence de l’information. Top 11-15 12,5% 12,9% 8,7% web. A contrario le milieu et le bas de la longue traîne comporte plus d’acteurs moyens pour le En conclusion, si nous considérons l’augmentation du nombre de lecteurs comme un Top 16-20 7,9% 8,9% 3,9% papier que pour le web. fait, ces premiers résultats suggèrent très clairement non seulement un intérêt croissant pour l’information mais également un intérêt fort porté à une information Top 21-37 10,3% 11,8% 5,7% quotidienne.
    4. [ La révolution de la culture web, un lecteur si différent ? ] [ Les déterminants des lecteurs supplémentaires ] Une autre idée reçue est le fait que la presse n’a jamais été autant lue que sur le web mais que Qu’estimons-nous ? ces lecteurs ne veulent aucunement payer l’information. Par rapport aux éléments précédents, il s’agirait alors de modifier en soulignant que l’ampleur de la lecture gratuite est beaucoup plus Le modèle (1) estime les déterminants de la diffusion payante autrement dit du nombre d’exemplaires effectivement vendus aux élevée sur le web que pour le papier. Nous allons considérer qu’aucun lecteur web ne paie lecteurs. Les modèles (2) et (3) estiment les déterminants du nombre de lecteurs supplémentaires, autrement dit de tous les lecteurs l’information, quelque soit le modèle économique du titre en question. n’ayant pas acheté ou reçu d’exemplaires. (Le quotidien gratuit n’est pas inclu dans ces estimations) Les modèles La comparaison entre le nombre de lecteurs papiers et web unique doit se réaliser sur une base Modèle (1) Modèle (2) Modèle (3) temporelle similaire. Nous avons choisi le nombre de lecteurs uniques quotidien. Et la Diffusion payante Lecteurs Lecteurs Les variables de diffusion et de (MCO) supplémentaires supplémentaires comparaison est sans discussion possible : il y a 5 fois plus de lecteurs papiers que de lecteurs (MCO) (DMCO) circulation sont en logarithme web au quotidien. Les mensuels d’actualités s’en sortent relativement bien avec un “taux de (donc les coefficients estimés sont les élasticités directes), les conversion” de l’ordre de 80%, L’Expansion étant le seul à avoir au quotidien plus de lecteurs Diffusion payante 0.5871* 0.0839 variables type de presse sont des web que de lecteurs papiers. Les hebdomadaires d’actualités atteignent 36% et les quotidiens (0.0831) (0.3374) variables dummy (0 ou 1). 30%. Quant aux régionaux, aux gratuits ou aux autres périodiques, ils ne parviennent Les modèles (1) et (2) sont estimés aucunement à atteindre une proportion de 10%. Ainsi, même les régionaux et les gratuits avec Diffusion gratuite 0.009** séparément par la méthode des une très forte diffusion et circulation semblent souffrir de ne pas parvenir à retranscrire leur (0.000) moindres carrés ordinaires, les succès papier sur le web. En somme, la lecture quotidienne de l’information se réalise encore modèles (1) et (3) sont estimés par Quotidienne ref ref ref la méthode des moindres carrés principalement sur le papier bien plus que sur le web. nationale en deux étapes ou des doubles moindres carrés. L’estimation (2) Toutefois, le web introduit un changement trop peu considéré. En faisant l’hypothèse que tous Quotidienne 0.1569 -0.2759* -0.1973 est dit à information limitée les acteurs papiers peuvent être présents sur le web, la concentration s’avère relativement plus puisqu’elle ne tient pas compte régionale (0.1872) (0.0912) (0.1457) de l’information contenue dans forte sur le web que sur le papier. Dit autrement, le haut de la longue traîne représente l’estimation (1), contrairement à beaucoup plus de lecteurs sur le web que sur le papier, ces derniers représentent une Hebdomadaire -0.3463 -0.3731* -0.5476* l’estimation (3) dite à information proportion plus élevée au milieu de la longue traîne. Cette tendance se retrouve sur un d’actualités (0.2113) (0.1073) (0.1929) complète. La variable ensemble beaucoup plus large de titres américains [7]. Il n’y a qu’un seul Google, Amazon, instrumentale nécessaire est la Autres -0.0281 -0.1174 -0.1037 diffusion gratuite, laquelle n’est eBay, Youtube, Wikipedia, iTunes, Facebook, Twitter, etc. en termes d’audience. Pourquoi le aucunement corrélée avec le hebdomadaires (0.2224) (0.1073) (0.1616) secteur de la presse serait-il le seul à ne pas suivre cette logique ? Plus rien ne sera comme nombre de lecteurs sans avant, ou plus précisément le web ne peut être une reproduction à l’identique du papier en exemplaires. Mensuelle -1.4137* -0.5149* -1.2271** termes de nombre et de taille des acteurs. d’actualités (0.3046) (0.1881) (0.5260) Les valeurs indiquées sont les coefficients estimés. Entre Par ailleurs, le lecteur web est-il ou non un lecteur papier ? Une estimation relativement simple Autres mensuelles -1.2932* -0.3036*** -1.030*** crochets, nous avons l’écart-type. nous indique que c’est le cas, avec une inélasticité proche de l’élasticité : augmenter le (0.2227) (0.1575) (0.5107) La significativité du coefficient estimé est indiqué par les étoiles : * nombre de lecteurs supplémentaires de 10% engendre une augmentation de l’ordre de 9% des pour 1%, ** pour 5% et *** pour lecteurs web. Dit autrement, certains lecteurs papiers utilisent le web de manière Constante 5.0725* 2.8389* 5.3937* 10%. Compte-tenu de la faible (0.1436) (0.4277) (1.7159) taille de notre échantillon, nous complémentaire pour leur lecture de l’information. Dès lors, l’abandon du papier pour devenir avons indiqué le R2 ajusté plutôt un titre uniquement en ligne est susceptible de poser quelques problèmes d’un non report de que le R2 usuel. R2 ajusté 0.7257 0.8827 0.7346 ces lecteurs papiers, lesquels complètent leur lecture via le web. L’explication peut être relativement simple : les lecteurs supplémentaires ne sont pas obligatoirement attachés à un titre mais à l’obtention gratuite d’un titre, et cette habitude se retrouve sur le web lorsqu’ils doivent faire un choix de site web. Comme le rappelait Jeff Jarvis, le passage de certains Les résultats du modèle (1). La diffusion gratuite est significative à 4%, cependant acteurs du papier au web se fait sur l’existence d’une marque “papier”, et ce n’est pas parce sa valeur est extrêmement faible, une que les recettes tirées du web peuvent à un moment donné financer la rédaction papier qu’il augmentation de 1000% augmente la en est de même pour l’audience. En somme, certains lecteurs ont un usage complémentaire diffusion payante de 9%. Etre un régional Les résultats des modèles (2) vs (3) s’avèrent dès lors relativement distincts : la ou un hebdomadaire ne sont pas diffusion payante n’est plus un déterminant significatif lorsque l’on tient compte du du web par rapport au papier. fait que cette dernière dépend “qualitativement” de la fréquence. D’ailleurs, significatifs par rapport à être un quotidien national. Par contre, être un mensuel réduit l’impact même des fréquences s’en trouve modifiés. Etre un quotidien suffit, être Enfin, le résultat de l’estimation précédente est de qualité moyenne, de l’ordre de 50%, nous fortement la diffusion payante quotidienne un régional ne se distingue pas d’être un national. Par contre, plus la fréquence de indiquant qu’il nous manque très clairement un certain nombre de déterminants. Le lecteur en la divisant entre 1.3 et 1.4 fois. parution se réduit et plus l’impact sur la diffusion est faible : division par 0.55 pour L’ajustement est de très bonne qualité, de un hebdomadaire et par 1.2 pour un mensuel. La qualité de l’ajustement est très papier ne suffit aucunement à comprendre le lecteur web. Il faut également se tourner vers le l’ordre de 72%. bonne, de l’ordre de 73% pour (3). lecteur uniquement web, et étudier par conséquent des caractéristiques propres au web. En somme, certains lecteurs ont un usage unique ou substituable du web par rapport au papier.
    5. [ Les statistiques descriptives des mesures ] [ La presse Google ? ] L’un des bouleversements également important introduits par le web est l’émergence de nouveaux acteurs dans le secteur de la presse. Nous ne parlons pas des pures players tels que Rue89, Lecture du tableau Backchich, Slate ou encore Mediapart, mais des moteurs de recherche et des agrégateurs Min pour minimum, moy pour moyenne, max pour maximum et var pour coefficient de variation. La médiane partage l’échantillon d’actualités. La particularité de ces agrégateurs est de ne pas produire de contenu mais de mettre en deux sous-ensembles de même nombre. Le coefficient est le rapport entre l’écart-type et la moyenne. L’ensemble de ces en concurrence les différents titres. La concurrence n’est pas nouvelle, elle se retrouve dans tous les statistiques permet d’illustrer l’existence de distributions asymétriques, et le coefficient de variation permet de comparer les kiosques. La nouveauté est alors que la concurrence ne se réalise aucunement au niveau des titres inégalités des distributions. eux-mêmes, mais bien plus de chaque article, chaque information. En la matière, la presse semble littéralement obnubilée par Google. Les débats laissent une impression étrange : Google et Google Actualités, c’est bonnet blanc et blanc bonnet. Pourtant, il n’en est rien [8]. L’agrégateur d’actualités n’est jamais parvenu à reproduire le succès du moteur de recherche. D’ailleurs, il n’est même pas l’agrégateur d’actualités le plus utilisé par les lecteurs d’actualités : toujours derrière Yahoo! Actualités, il est également dépassé par les agrégateurs diff, diff. lect. lect. web visibilité visibilité visibilité visibilité visibilité nationaux tels que Orange ou TF1, et talonné de près par Free entre autres (Médiamétrie). Il semble payante gratuite supp. web sociale multiméd wikipedia blogosph que dans le cadre de l’actualité mise à jour régulièrement, l’automatisation à outrance de Google papier papier papier ia ère ne soit pas aussi efficace qu’un mixte entre automatisation et intervention humaine. Et enfin, il ne représente qu’une part relativement minime de tous les lecteurs des sites de presse en ligne. En min 0 0 20593 968 9530 1 1 1 4 somme, la forte dépendance envers Google Actualités ne nous semble qu’un mythe dont il est nécessaire de se défaire. médiane 74446 3752 314400 27293 426000 18 5694,67 5 3140 Il demeure alors la dépendance possible envers le moteur de recherche Google, il représente après moy. 128455,5 24924,32 476493,1 106502,5 786771,1 111,05 34826,19 533,19 13682,78 tout les 2/3 de toutes les requêtes effectuées sur le web (Comscore). Mais la problématique de Google revient à une problématique de visibilité plus globale sur le web : sur combien de pages, max 703576 565779 2293725 1565125 6590000 2005 296747,1 17636 178661 l’internaute trouve-t-il un lien vers le site de presse sur lequel il peut cliquer ? Nombre d’études ont montré une corrélation et causalité entre le nombre de liens et le nombre de lecteurs, cela étant var. 1,25 3,72 1,07 2,06 1,58 2,99 1,78 5,43 2,32 d’autant plus vrai que l’on se situe dans le haut de la longue traîne [7, 9]. Dans le même temps, les études ont montré également une inélasticité de la visibilité web tant pour le commerce en ligne [10] que pour la presse internationale [9]. Et nous retrouvons ce résultat pour la presse française : augmenter sa visibilité web de 10% augmente le nombre de lecteurs de 5%. Par contre, dès que d’autres variables explicatives sont introduites dans le modèle, la visibilité web n’est plus significative, Papier vs Web. Nous retrouvons les résultats Popularités médias sociaux. Les inégalités et ne représente alors plus un déterminant de l’audience web. En d’autres termes, condition de la courbe de Gini avec une distribution sont extrêmement forte sur Wikipedia, très nécessaire, tous les acteurs ont joué la logique du référencement, condition insuffisante papier moins hétérogène que la forte sur les agrégateurs sociaux et la distribution web. blogosphère et forte sur le multimédia. actuellement pour accroître son audience par rapport à celle des autres. En somme, si la visibilité sur le web est une condition nécessaire, elle est devenue fortement insuffisante pour accroître son audience web. Nous pouvons le dire autrement : à trop se focaliser sur Google la presse tend à avoir une vue relativement restrictive de ce qu’est le web. Plusieurs caractéristiques nous semblent pouvoir être Visibilité web. La distribution de la visibilité sur le web est mises en évidence. Si la presse est dépendance du lecteur Google, cela nous semble plutôt une asymétrique, il y a très clairement des inégalités conséquence d’une mauvaise compréhension du web. Ainsi, comme il y a nombre de lecteurs importantes. Toutefois, il est à noter qu’elle est moindre différents pour le papier [3], il y a également une diversité de lecteurs sur le web [11]. Dit autrement, que pour l’audience web et également plus faible que pour les médias sociaux. le lecteur moyen n’a pas réellement de sens. Dès lors, la problématique de la marque se pose : considérer qu’une marque physique suffit pour devenir une marque numérique est insuffisant. Une étude française montre que sur les moteurs de recherche, même pas 10% des requêtes sont réalisées avec le nom du titre de presse [12]. Une étude américaine montre que plus des 2/3 des lecteurs ne passent pas par la page d’accueil [13]. Enfin, il existe des logiques de métier sur le web, et avoir une réelle notoriété au sein de son propre secteur représente un atout plus important que d’être simplement visible sur le web [9]. En somme, une presse dépendante des lecteurs Google est une presse n’ayant clairement pas compris l’environnement web.
    6. [ La presse Academy ?] [ Les corrélations entre les mesures ] Un autre bouleversement introduit par la culture web est l’intérêt relativement fort des internautes pour le vote populaire. En effet, des agrégateurs sociaux tels que Digg, Deilicious, Wikio ou encore Le Post démontrent le poids accordé aux autres en termes de choix de sites / pages visités. A l’image des filtres classiques, ce ne sont pas les Lecture du tableau titres mais les articles qui sont ici mis en concurrence. La différence est qu’il n’y a Les coefficients de corrélation sont symétriques, ils n’indiquent aucunement la causalité. Dès lors, le tableau se lit de la manière aucun panorama a priori de l’information, seuls les articles “votés” par les internautes suivante : la corrélation entre la diffusion payante et les lecteurs supplémentaires est de 0.71, autrement dit elle est relativement élevée. constituent au final le contenu éditorial de ces agrégateurs. Le bouleversement est relativement important puisque les articles, et indirectement les journalistes, sont en diff, payante diff. gratuite lect. supp. lect. web visibilité web visibilité visibilité visibilité quelque sorte notés par rapport à l’intérêt que leur portent les lecteurs. papier papier papier sociale multimédia wikipedia La presse en parle relativement peu de ces agrégateurs sociaux dont l’actualité, ou diff. payante 1 plus précisément, l’information produite par la presse, représente une part non papier négligeable de leur activité, comme si leur influence était faible. Nous n’avons pu mesurer la présence des titres uniquement sur Digg et Delicious, deux agrégateurs diff. gratuite -0,0654 1 plutôt anglo-saxons, où la presse française se trouve quelque peu noyée, et papier faiblement présente. Le succès de l’agrégateur français Wikio représente quelques 4 lect. supp. 0,7096 0,3801 1 millions de visiteurs uniques, dont une partie use ce site pour choisir leur lecture papier quotidienne de la presse. Là encore, l’inégalité s’avère relativement importante, et le classement mensuel réalisé par l’agrégateur montre clairement que seuls quelques lect. web 0,2689 0,1698 0,7255 1 titres ont trouvé leurs contributeurs très actifs. Pourtant, quelques études [7, 14] ont montré que ces agrégateurs représentent des sites pourvoyeurs d’audience pour la visibilité web 0,0519 0,0685 0,052 0,0086 1 presse en ligne. En somme, certains lecteurs viennent lire la presse par l’intermédiaire des agrégateurs sociaux. visibilité 0,1062 0,0776 0,3009 0,5911 0,0695 1 sociale Ces agrégateurs ont trouvé leur public, il s’agit alors de savoir si leur réussite a un impact sur l’audience de la presse française. L’estimation économétrique de l’effet visibilité -0,0037 0,3996 0,2886 0,5016 0,1006 0,7476 1 multimédia unique de ces filtres sur l’audience nous indique très clairement un effet non négligeable : 10% de votes supplémentaires signifie 5% de lecteurs supplémentaires. visibilité -0,0406 -0,04 -0,0413 -0,062 -0,0272 -0,0834 -0,0834 1 Et l’estimation générale confirme cet impact, avec une inélasticité de l’ordre de 2.6% wikipedia pour la visibilité sociale contre un effet non significatif pour la visibilité générale sur le web. Il en ressort alors un intérêt non négligeable de ces agrégateurs, pas visibilité 0,1006 0,1754 0,3553 0,6613 -0,0272 0,9547 0,8177 0,0084 uniquement pour les internautes en général, mais également pour les lecteurs de la blogosphère presse française. En somme, être plus présent sur les agrégateurs sociaux permet d’augmenter son audience web. Les médias sociaux Le phénomène des agrégateurs sociaux a potentiellement un impact plus important Les médias sociaux s’avèrent fortement corrélés entre eux : la visibilité sur la blogosphère, la visibilité sociale et pour la presse française. Cet intérêt porté aux autres peut également se retranscrire la visibilité multimédia. L’une des explications possibles au niveau même de la ligne éditoriale de chaque titre de presse en ligne. Nous de la “superposition” entre la blogosphère et les avons par ailleurs montré [15] que la plupart des titres français ont intégré quelques agrégateurs sociaux peut provenir des choix de mesure réalisés pour ces derniers. En effet, Delicious est utilisé éléments de vote pupulaire avec d’une part la présence de “widgets” au niveau de par nombre de blogueurs influents, leur permettant chaque article permettant de voter directement, et d’autre part la présence sur la même de mettre les billets lus ailleurs directement sur La visibilité sur le web page d’accueil ou la page de l’article des articles les plus lus, les plus envoyés, etc. leurs blogs : Digg et Delicious sont en langue anglo- Mais nous avons également montré que seuls 20Minutes ou Rue89 parmi les saxonnes ; et enfin, WIkio est également un agrégateur Il est possible de noter que la visibilité sur le web n’est corrélée avec aucune et moteur de l’actualité des blogs, il est devenu la quotidiens nationaux proposaient dès le départ une autre manière de lire le journal : référence française, un équivalent de Technorati pour des variables mesurées, même pas avec la visibilité sur la blogosphère, la une page d’accueil où l’édition est réalisée par les votes des lecteurs. Et nous avons visibilité sociale ou encore la visibilité multimédia. Outre le faible impact sur la blogosphère américaine. En conclusion, et cela suppose pour la visibilité sur le web, cela suggère également qu’il assez clairement conclu la faible prise en compte de cet intérêt porté par les quelqu’en soient les raisons, ces 3 variables sont trop n’existe pas un web mais bien plusieurs web. D’ailleurs, même Google a fortement corrélées pour être mis ensemble dans la lecteurs, se coupant potentiellement de ce lectorat. En somme, la presse française même estimation économétrique en tant que variables développé différents moteurs de recherche, afin de prendre en n’intègre que très timidement le vote populaire, et se coupe potentiellement de ce considération ces différences. explicatives. lectorat social.
    7. [ Les déterminants de l’audience web ] [ Dia la presse ? ] Qu’estimons-nous ? Deux autres bouleversements nous semblent relativement importants mais trop souvent considérés comme mineurs : le multimédia et Wikipedia. Les 6 modèles estiment séparément les déterminants de l’audience web. Le premier est l’intérêt considérable des internautes pour le multimédia avec les succès Les modèles considérables des sites de partage de photos (Flickr) et de vidéos (Youtube, Dailymotion). La presse est clairement dans une situation relativement ambigüe par rapport notamment aux Les variables sont toutes sous la forme logarithmique, la lecture est vidéos : ce n’est pas son métier de base mais elle en produit en ligne, et dans le même temps, le similaire à précédemment. succès de certaines vidéos “peole” est dénigré par rapport au non succès des articles considérés “de fond”. Nous ne nous demandons aucunement si la presse doit ou ne doit pas produire de vidéos. La tendance est que certains acteurs s’orientent clairement vers le multimédia. Audience 1 2 3 4 5 6 web L’idée reçue que tout le monde visionne les vidéos mais ne vient jamais lire les articles semble des plus restrictives. Nous avons précédemment montré [14] que certains lecteurs de la presse Audience 0.8875* viennent clairement de ce web multimédia (photos et vidéos). La question est alors de savoir si papier (0.1521) ce phénomène est ou non relativement important pour la presse française. L’estimation nous indique que l’effet n’est pas négligeable : lorsque le nombre de visionnements augmente de Visitibilité 0.4922** web (0.1925) 10% le nombre de lecteurs augmente de 1%, et l’effet tend à disparaître lorsque l’on y insère d’autres variables. L’explication nous semble être dans la très forte inégalité non en termes de Visibilité 0.4918* visionnements mais plus généralement en termes de présence régulière et participative sur ces sociale (0.0944) médias sociaux. En somme, être plus présent dans le multimédia augmente légèrement le nombre de lecteurs web. Visibilité 0.1116** multimédia (0.0548) Dès lors, notre question est également la présence du multimédia sur les sites mêmes des titres de presse [15]. Certains le mettent en avant dans le cadre d’une page d’accueil possible. Dans le Visibilité 0.3549* wikipedia (0.1007) même temps, Le Monde permet de visionner des vidéos Dailymotion sur son propre site mais ne propose aucun lien, sauf depuis la création de son journal télévisé. La Tribune fait une large Visibilité 0.4637* publicité sur le journal papier pour sa chaîne BFM / La Tribune, beaucoup moins sur son site web. blogosphère (0.0525) Et ainsi de suit. En somme, la presse nous semble encore mal à l’aise avec la valorisation de son propre contenu multmédia. Multi-sites 0.3118*** 0.3391 0.2739 0.4373*** 0.2346 0.3068** (0.1725) (0.2234) (0.1826) (0.2324) (0.2120) (0.1345) Le second est le succès considérable de l’encyclopédie participative Wikipedia, avec rien moins que plus de 250 millions de visiteurs uniques, dont 14 millions pour la France. Nous avons Constante -0.4931 1.6491 3.8562* 4.0486* 4.1089* 2.9715* (0.8434) (1.0797) (0.1513) (0.2186) (0.1507) (0.1804) précédemment montré [14] que certains lecteurs de la presse viennent de Wikipedia, et plus encore WIkipedia représente un site utilisé par les internautes pour venir de manière privilégiée R2 ajusté 0.5044 0.1684 0.4488 0.1160 0.2738 0.6987 vers quasiment tous les leaders de presse internationale. L’estimation du seul effet de Wikipedia nous indique qu’une présence plus importante de 10% engendre 3.5% de lecteurs supplémentaires, l’effet passe à 2.3% dans le cas de l’estimation générale, toujours à comparer avec l’effet non significatif de la visibilité web. Il nous semble que les lecteurs Wikipedia représentent un public potentiellement intéressé par des articles de synthèse sur des Le R2 ajusté La variable multi-sites thématiques, et par un besoin d’approfondissement de ces informations. En somme, être plus présent sur Wikipedia augmente le nombre de lecteurs web. Il nous indique la qualité de l’ajustement, autrement dit il C’est une dummy variable qui nous indique si le apporte un élément de réponse à la question : y-a-t-il ou non fait d’avoir certifié l’audience non pas d’autres déterminants importants de l’audience web ? Il uniquement du titre principal a ou non un impact Dès lors, une question peut-être la présence non de Wikipedia mais du “wiki” par la presse. nous indique alors que la blogosphère et l’audience papier sur l’audience web. Dans les deux cas de figures Certains observateurs ont souligné une telle utilisation comme potentiellement porteuse compte- sont des facteurs explicatifs relativement importants de où l’estimation est la plus élevée qualitativement, tenu de l’intérêt des internautes pour des sites d’informations de type synthétiques et l’audience web, contrairement à la visibilité web ou encore cette variable est significative, permettant de à la visibilité multimédia. Il ne s’agit dès lors de ne pas se nettoyer l’effet des autres sites par rapport au cumulatives, avec mises à jour régulières. Ce que finalement fait le journaliste sans considérer focaliser uniquement sur la valeur de l’élasticité estimée. titre principal. cela comme du contenu potentiellement valorisable après du lecteur. En somme, la presse ne semble pas encore avoir étudié l’utilisation possible du wiki pour valoriser son propre contenu.
    8. [ Les déterminants de l’audience web ] La presse Amateure ? L’un des bouleversements les plus importants pour tout le secteur de la presse semble être le développement considérable de la blogosphère. La relation entretenue entre la blogosphère et la presse n’est guère au beau fixe, le dénigrement se réalise clairement dans les deux sens. La blogosphère amène nombre de questions tant sur le poids des experts, le métier de journaliste, les Qu’estimons-nous ? règles de qualité, l’interaction avec les lecteurs. Les 3 modèles estiment l’impact des différentes mesures considérées ensemble. Il y a 3 modèles à cause des corrélations trop élevées entre les médias sociaux. Pour certains observateurs, la blogosphère est ce qui a le plus bouleversé le web et la tendance fortement développée maintenant des médias sociaux. Si un blog en particulier n’engendre pas forcément un large nombre de lecteurs à la presse, la blogosphère dans son ensemble est susceptible de pourvoir nombre de lecteurs. Nous avons précédemment montré que des hébergeurs de blogs [14] tels que Blogger, Xanga, Wretch... représentaient finalement des manières privilégiées Audience web 7 8 9 de venir lire les leaders de la presse internationale. En somme, certains lecteurs viennent lire la presse par l’intermédiaire de la blogosphère. Audience papier 0.4906* 0.6698* 0.7325* (0.1125) (0.1305) (0.1316) L’explication s’avère finalement relativement simple. Le succès des blogs est indéniable et certains blogs représentent pour certains internautes des “attaches préférentielles” [16], autrement dit des Visitibilité web 0.0568 0.0863 0.1215 sites de référence visités régulièrement et représentant des points de départ de navigation pour (0.1055) (0.1355) (0.1392) l’internaute. Et comme la blogosphère cite plus souvent les titres de presse que l’inverse [17], ces internautes peuvent alors choisir de poursuivre leur lecture de l’article repris sur un blog. L’estimation Visibilité sociale 0.2569** (0.1053) simple confirme ce fait : une popularité supérieure de 10% augmente de l’ordre de 4.6% le nombre de lecteurs, avec un pouvoir explicatif relativement élevé, de l’ordre de 70%. Et l’effet demeure dans Visibilité multumédia 0.0676*** l’estimation générale : alors que la visibilité web n’est plus significative, la popularité sur la (0.0361) blogosphère a une inélasticité de 3.5%. En somme, la popularité sur la blogosphère est une source de croissance importante de l’audience web. Visibilité wikipedia -0.0057 0.0951 0.2264* (0.0721) (0.0886) (0.0746) Les sites de presse sont plus ou moins bien parvenus à intégrer les blogs de journalistes ou d’experts au sein de leur propre contenu éditorial [15, 18]. Pour certains titres américains, l’audience de ces Visibilité blogosphère 0.3489* blogs peut représenter jusqu’à 10% de l’audience totale (Alexa), avec nombre d’entre eux parmi les (0.0672) plus influents de la blogosphère (Technorati). La difficulté est clairement d’intégrer de vrais blogs, Multi-sites 0.2889** 0.2343 0.2672*** autrement dit insérés dans la blogosphère. En France, il faut reconnaître qu’il y en a relativement (0.1124) (0.1399) (0.1473) peu, ils ne sont même pas une dizaine parmi les 300ers blogs du classement Wikio. Encore trop peu de blogs de nos 37 acteurs sont pleinement intégrés dans la blogosphère et représentent des blogs Constante 0.3120 -0.1285 -0.6909 dits influents. (0.7620) (0.9685) (0.9513) R2 ajusté 0.7986 0.6841 0.6588 Le lecteur papier ou le lecteur web, deux stratégies distinctes ! Nous avons rappelé que la culture web ne nous semble aucunement à l‘origine d’une lecture gratuite de l’information : non seulement la très grande majorité des lecteurs papiers ne paient pas l’information mais également ils sont beaucoup plus nombreux que les lecteurs web. Par ailleurs, Commentaires l’estimation globale nous indique deux grands déterminants pour augmenter le nombre de lecteurs Dans tous les cas de figure, la visibilité sur le web n’est plus significative. Les 3 mesures de la web : d’un côté, il faut augmenter le nombre de lecteurs papier, d’un autre côté, il faut se focaliser visibilité sur les médias sociaux sont toutes significatives, même si l’effet du multimédia est sur le lecteur web et ses attaches préférentielles au sein de la blogosphère. Les premiers viennent sur très proche de 0. La visibilité sur Wikipedia n’est significative que lorsqu’elle est combinée à la visibilité multimédia, et elle a alors une valeur non négligeable. Le R2 ajusté nous indique le web en compléments de leur lecture papier, ils sont donc potentiellement attachés à l’existence clairement que le modèle avec la blogosphère est le plus pertinent. d’une marque physique du titre. Les seconds viennent sur le web en substitution d’une potentielle lecture papier, ils ne semblent pas attachés à une marque ou un titre particulier (probablement du fait qu’elle n’existe pas), mais bien plus aux règles tacites de liens proposés par les uns et les autres, et particulièrement par la blogosphère.
    9. Andrew Keen [19], grand pourfendeur du web collaboratif, considère que la plus grande erreur des Références médias traditionnels est d’être allé sur le web. Peut-être mais tant que la presse demeure sur le web, elle ne peut se cacher derrière des règles établies dans un autre monde. Et son refus de jouer avec les règles [1] D. Lodge (2008) Deaf Sentence, Harvill Secker, London. Trad. fr. La vie en sourdine, Editions Payot et numériques n’est pas pourvoyeuse d’audience. Au niveau du web, la presse ressort avoir un Rivages, Paris. comportement très atypique en termes d’hyperliens et donc de navigation des internautes [20]. Elle doit [2] P. Le Floch et N. Sonnac (2005) Economie de la presse, Editions La Découverte, Repères, Paris. très clairement tenter de répondre à la question de savoir si elle souhaite ou non être un véritable acteur web. La presse nous semble actuellement relativement sourde aux lecteurs web, mais là encore il semble [3] P. Albert (2008) La presse française, La Documentation Française, Paris. que ce soit hérité du passé [21]. Aussi, nous terminerons par Christian Salmon [22] qui montre que nous ne [4] B. Poulet (2009) La fin des journaux et l’avenir du journalisme, Editions Gallimard, Paris. Il propose une sommes plus au temps où l’on vend du contenu ou même une marque, mais bel et bien une histoire qui description économique du secteur de la presse. parle aux consommateurs potentiels : si la presse raconte des histoires, elle doit se demander quelle histoire numérique elle raconte ? [5] D. Gillmor (2004) We the media: grassroots journalism by the people, for the people, O’Reilly Media, Sebastopol. Il propose une description numérique du secteur de la presse. [ La liste des titres de l’étude ] [6] W. Greene (2003) Econometric Analysis, Pearson Education, New-jersey, 5th Edition. [7] M. Hindman (2008) The myth of digital democraty, Princeton University Press, Princeton. [8] R. Ross (2008) Planet Google: one company’s audacious plan to organize everything we know, Free La Croix, La-croix.com, Quotidienne Nationale ; La Tribune, Latribune.fr, Quotidienne Nationale ;Le Figaro, Lefigaro.fr, Quotidienne Nationale ; Le Monde, Lemonde.fr, Quotidienne Nationale ; L'Equipe, Lequipe.fr, Press. Quotidienne Nationale ; Les Echos, Lesechos.fr, Quotidienne Nationale ; Libération, Liberation.fr, Quotidienne Nationale ; La Provence, Laprovence.com, Quotidienne Régionale ; La République du Centre, Larep.com, [9] P. Le Floch, C. Cariou et F. Le Guel (2008) “La presse en ligne : audiences, contenus et hyperliens”, Quotidienne Régionale ; La Voix du Nord, Lavoixdunord.fr, Quotidienne Régionale ; Le Parisien, Leparisien.fr, everydata lab, article #04, Décembre. Quotidienne Régionale ; Le Télégramme, Letelegramme.com, Quotidienne Régionale ; L'Indépendant, Lindependant.com, Quotidienne Régionale ; Midi Libre, Midilibre.com, Quotidienne Régionale ; Nice Matin, [10] C. Ennew, A. Lockett, I. Blackman and C.P. Hollanet (2005) “Competition in internet retail markets: Nicematin.com, Quotidienne Régionale ; Ouest-France, Ouest-france.fr, Quotidienne Régionale ; Sud-Ouest, the impact of links on web site traffic”, Longe Range Planning, 38, 359-372. Sudouest.com, Quotidienne Régionale ; 20 Minutes, 20minutes.fr, Quotidienne gratuite ; Challenges, Challenges.fr, Hebdomadaire Actualités ; Courrier International, Courrierinternational.com, Hebdomadaire Actualités ; Le Point, [11] B. Huberman (2001) The laws of the web: patterns in the ecology of information, MIT Press, Boston. Lepoint.fr, Hebdomadaire Actualités ; L'Express, Lexpress.fr, Hebdomadaire Actualités ; Le Nouvel Observateur, Nouvelobs.com, Hebdomadaire Actualités ; Télérama, Telerama.fr, Hebdomadaire Actualités ; Auto Plus, [12] Xiti (2008) Impact de la notoriété sur le trafic des sites média, Etude. Autoplus.fr, Autres Hebdomadaires ; Closer, Closermag.fr, Autres Hebdomadaires ; Télé Poche, Telepoche.fr, Autres Hebdomadaires ; Télé Star, Telestar.fr, Autres Hebdomadaires ; TV Magazine, Tvmag.com, Autres Hebdomadaires ; [13] The Project for Excellence in Journalism (2008) Digital journalism: the state of the news media, L'Expansion, Lexpansion.com, Mensuelle Actualités ; Le Monde Diplomatique, Monde-diplomatique.fr, Mensuelle Annual Report on American Journalism. Actualités ; ADDX, Addxonline.com, Autres mensuelles ; FHM, Fhm.fr, Autres mensuelles ; Notre Temps, Notretemps.com, Autres mensuelles ; Pleine Vie, Pleinevie.fr, Autres mensuelles ; Sport Auto, Sportauto.fr, Autres [14] Christophe Cariou, Patrick Le Floch et Fabrice Le Guel [2008] “La presse d’ailleurs vers ailleurs !”, mensuelles ; Système D, Systemed.fr, Autres mensuelles. everydata lab, article #03, Octobre [15] Christophe Cariou et Patrick Le Floch (2009) “La presse en ligne une prison éditoriale”, everydata lab, article #05, Février. Autres mensuelles Quotidienne nationale 6 7 [16] A-L. Barabasi (2003) Linked: how everything is connected to everything else and what it means for business, science and everyday life, A Plume Book, Cambridge. Mensuelle d’Actualités [17] J. Turow and L. Tsui (2008) The hyperlink society: questionning connections in the digital age, Digital 2 Culture Books, Michigan. 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