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REPUBLIQUE DU CAMEROUN             Paix-Travail-Patrie           LOI DE FINANCES 2013        RAPPORT SUR LA SITUATIONET LE...
SOMMAIRECHAPITRE 1: VUE D’ENSEMBLE...................................................................................... 1...
4.1.2. Prix à la consommation finale des ménages ............................................................................
7.5.4 Encadrement des jeunes ................................................................................................
LISTE DES TABLEAUXTableau 1 : Quelques indicateurs de performance de l’économie mondiale ....................................
Tableau 40 : Taux de réussite aux examens officiels de l’enseignement secondaire (en %) ........................ 73Tableau...
CHAPITRE 1: VUE D’ENSEMBLEConformément aux dispositions de la Loi n°2007/006 du 26 décembre 2007 portant régimefinancier d...
Quant à l’économie américaine, sa croissance plus élevée que prévue en début 2012, a ralenti à1,7 % au second trimestre. F...
A moyen et à long terme, les risques d’un sérieux ralentissement de l’économie mondiale sontalarmants. La probabilité que ...
croissance en 2012. Quant à la demande extérieure nette, son impact reste négatif. Hors pétrole,les taux de croissance son...
 la Jordanie a amorcé en 2005 une réduction progressive des subventions. A la libéralisation  intégrale en février 2008, ...
Tableau 1 : Quelques indicateurs de performance de l’économie mondiale                                              Histor...
Gouvernement en vue de rationaliser et d’améliorer la qualité de la dépense publique,notamment celle relative aux achats d...
de paiement unique par virement bancaire des impôts, droits, taxes fiscales et parafiscales ; (ii) lerenforcement de la lu...
1.2.3. Monnaie et financement de l’économie1.3.3.1 Situation monétaireEn 2011, la situation monétaire est caractérisée par...
S’agissant des normes prudentielles, plusieurs banques présentent une relative solidité ; d’autressont fragiles au niveau ...
reflète l’amélioration dans le processus d’engagement et de paiement de la dépense publique. Enparticulier, les émissions ...
appuis financiers de la part de ses partenaires au développement pour la construction des centresde formations professionn...
marchés publics et en assure le contrôle d’exécution sur le terrain ; (iii) autorise la passation desmarchés de gré à gré ...
1.3.6.4 Budget programme : une nouvelle ère dans la gestion économique et financièreLe budget programme est un nouvel outi...
2014 du barrage de retenu de Lom Pangar qui fera croître de 170 MW la production des barrageshydroélectriques d’Edéa et de...
ventes de coupe. Sur la période 2013-2015, la croissance du secteur primaire est projetée à 4,5%en moyenne et sa contribut...
Tableau 3 : Quelques indicateurs clés de l’économie camerounaise                                              Historiques ...
Cameroun: Rapport économique et financier 2012
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Rapport économique et financier 2012 de la République du Cameroun

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  1. 1. REPUBLIQUE DU CAMEROUN Paix-Travail-Patrie LOI DE FINANCES 2013 RAPPORT SUR LA SITUATIONET LES PERSPECTIVES ECONOMIQUES, SOCIALES, ET FINANCIERES DE LA NATION EXERCICE 2012 Novembre 2012
  2. 2. SOMMAIRECHAPITRE 1: VUE D’ENSEMBLE...................................................................................... 11.1. Environnement économique international ......................................................................................11.1.1. Une reprise affaiblie .......................................................................................................................11.1.2. Les défis pétroliers..........................................................................................................................41.2. Evolution récente de l’économie camerounaise .............................................................................61.2.1. Croissance et prix ...........................................................................................................................61.2.2. Relations avec le reste du monde ...................................................................................................71.2.3. Monnaie et financement de l’économie ..........................................................................................91.2.4. Finances publiques .......................................................................................................................101.2.5. Secteurs sociaux ...........................................................................................................................111.2.6. Réformes structurelles et institutionnelles ....................................................................................121.3. Perspectives macroéconomiques et budgétaires 2013 ..................................................................141.3.1. Perspectives macroéconomiques ..................................................................................................141.3.2. Contraintes budgétaires ................................................................................................................181.3.3. Projections et cadrage budgétaires 2013.......................................................................................22CHAPITRE 2 : PRODUCTION ........................................................................................... 242.1 Secteur primaire ...............................................................................................................................242.1.1 Sous-secteur agricole .....................................................................................................................242.1.2 Elevage, chasse et pêche................................................................................................................272.1.3 Exploitation forestière et faunique ................................................................................................302.2. Secteur secondaire ...........................................................................................................................312.2.1 Industries manufacturières.............................................................................................................312.2.2 Industries extractives .....................................................................................................................322.2.3 Eau et Electricité ...........................................................................................................................332.2.4 Bâtiments et Travaux Publics ........................................................................................................342.2.5 PME, économie sociale et artisanat ...............................................................................................352.3 Secteur tertiaire.................................................................................................................................362.3.1 Commerce… .................................................................................................................................362.3.2 Transports…. .................................................................................................................................372.3.3 Télécommunications .....................................................................................................................392.3.4 Tourisme……................................................................................................................................39CHAPITRE 3: DEMANDE ................................................................................................... 413.1. Demande intérieure .........................................................................................................................413.1.1. Consommation finale ...................................................................................................................413.1.2. Investissement ..............................................................................................................................433.2. Demande extérieure nette ................................................................................................................443.2. 1. Demande extérieure nette des biens ............................................................................................443.2.2 Demande extérieure nette des services ..........................................................................................45CHAPITRE 4 : PRIX ET COMPETITIVITE .................................................................... 474.1.1. Déflateur du PIB ...........................................................................................................................47 i
  3. 3. 4.1.2. Prix à la consommation finale des ménages .................................................................................474.2 Compétitivité… ............................................................................................................................494.3 Climat des affaires ........................................................................................................................49CHAPITRE 5 : FINANCEMENT DE L’ECONOMIE ...................................................... 515.1- Politique monétaire .........................................................................................................................515.1.1 Politique des taux d’intérêts ..........................................................................................................515.1.2 Politique de refinancement ............................................................................................................525.2 Situation monétaire...........................................................................................................................525.2.1 Contreparties de la masse monétaire .............................................................................................525.2.2 Masse monétaire ............................................................................................................................535.2.3 Taux de couverture de la monnaie.................................................................................................545.3 Secteur bancaire et financier ............................................................................................................545.3.1 Secteur bancaire ............................................................................................................................545.3.2 Microfinance………………………………………………………………………………………565.3.3 Secteur des assurances...................................................................................................................575.3.4 Marché financier............................................................................................................................575.4 Stratégie de financement de l’économie...........................................................................................58CHAPITRE 6 : SECTEUR EXTERIEUR ........................................................................... 596. 1 Balance des paiements.....................................................................................................................596.1.1 Solde global et financement ..........................................................................................................596.1.2 Compte des transactions courantes ................................................................................................596.1.3 Compte de capital et d’opérations financières ...............................................................................626.2 Commerce extérieur .........................................................................................................................646.2.1 Balance commerciale ....................................................................................................................646.2.2 Orientation géographique des échanges ........................................................................................66CHAPITRE 7 : SECTEURS SOCIAUX .............................................................................. 717.1 Education…… ………………………………………………………………………………………717.1.1 Enseignements maternel et primaire .............................................................................................717.1.2 Enseignement secondaire ..............................................................................................................727.1.3 Enseignement supérieur.................................................................................................................747.2 Santé……………….. .......................................................................................................................757.2.1 Lutte contre la maladie ..................................................................................................................757.2.2 Programme Elargi de Vaccination.................................................................................................777.2.3 Amélioration de l’offre en soins et services de santé ....................................................................787.3 Emploi………. .................................................................................................................................787.4 Habitat et assainissement..................................................................................................................797.4.1 Assainissement ..............................................................................................................................797.4.2 Construction de logements sociaux ...............................................................................................797.5 Affaires sociales, promotion du genre, de la famille et de la jeunesse .............................................797.5.1 Prévention et protection sociales ...................................................................................................797.5.2 Solidarité nationale et lutte contre l’exclusion sociale ..................................................................807.5.3 Promotion de la femme et de la famille.........................................................................................80 ii
  4. 4. 7.5.4 Encadrement des jeunes ................................................................................................................81CHAPITRE 8 : EXECUTION DU BUDGET 2012 ET PROJET DE BUDGET 2013 .... 828.1 Réalisations provisoires et estimations de l’exercice 2012 ..............................................................828.1.1 Ressources budgétaires totales ......................................................................................................828.1.2 Exécution des dépenses budgétaires ..............................................................................................848.2 Projet de budget de l’exercice 2013 .................................................................................................858.2.1 Présentation du budget programme ...............................................................................................858.2.2 Rappel des paramètres clés du projet de budget 2013 ...................................................................878.2.3 Analyse des recettes ......................................................................................................................878.2.4 Analyse des dépenses ....................................................................................................................888.3 Projections budgétaires en 2014 et 2015 ..........................................................................................918.4 Exposé de motifs des mesures nouvelles..........................................................................................938.4.1 Dispositions relatives aux droits de douane ..................................................................................938.4.2 Dispositions relatives au code général des impôts ........................................................................94GLOSSAIRE DES SIGLES ................................................................................................ 100 iii
  5. 5. LISTE DES TABLEAUXTableau 1 : Quelques indicateurs de performance de l’économie mondiale ................................................... 6Tableau 2 : Taux de croissance du PIB en termes réels (en %)..................................................................... 15Tableau 3 : Quelques indicateurs clés de l’économie camerounaise............................................................. 17Tableau 4 : Statistiques salariales des actifs civils ........................................................................................ 20Tableau 5 : Projections budgétaires pour lexercice 2013 ............................................................................. 23Tableau 6 : Cultures de rente et produits industriels d’origine agricole ........................................................ 26Tableau 7 : Production des principales cultures vivrières (en tonnes) .......................................................... 27Tableau 8 : Production et exportations dans le secteur forestier (en milliers de m3) .................................... 30Tableau 9 : Indice de la production industrielle ............................................................................................ 32Tableau 10 : Production de pétrole brut (en millions de barils) .................................................................... 33Tableau 11 : Mises à la consommation des produits pétroliers (en tonnes m3) ............................................. 33Tableau 12 : Production deau potable (en milliers de m3) ............................................................................ 33Tableau 13 : Production délectricité (en milliers de KWH) ......................................................................... 34Tableau 14 : Entreprises créées dans les CFCE d’avril 2010 à novembre 2011 ........................................... 36Tableau 15 : Transport aérien global ............................................................................................................. 38Tableau 16 : Evolution du trafic ferroviaire .................................................................................................. 38Tableau 17: Evolution du trafic maritime ..................................................................................................... 39Tableau 18 : Effectif d’abonnés et chiffre d’affaires dans le sous- secteur des télécommunications ........... 39Tableau 19 : Structure des dépenses de consommation finale des ménages (en %) ..................................... 42Tableau 20 : Variation du déflateur du PIB et ses emplois (en %) ............................................................... 47Tableau 21: Evolution de l’indice des prix à la consommation finale des ménages ..................................... 48Tableau 22 : Classement du Cameroun selon certains indicateurs caractéristiques ...................................... 49Tableau 23 : Taux directeurs de la BEAC et conditions de banque (en %) .................................................. 51Tableau 24 : Situation monétaire (en milliards) ............................................................................................ 53Tableau 25 : Principaux indicateurs de la situation monétaire ...................................................................... 54Tableau 26 : Dépôts de la clientèle (en milliards) ......................................................................................... 55Tableau 27: Dépôts de la clientèle par nature (en milliards) ......................................................................... 55Tableau 28 : Répartition des crédits par type de clientèle ............................................................................. 56Tableau 29 : Principaux agrégats du marché des assurances en 2011 (en milliards) .................................... 57Tableau 30 : Balance des Paiements 2007-2013 (en milliards)..................................................................... 63Tableau 31 : Résultats du commerce extérieur (en milliards) ....................................................................... 64Tableau 32 : Exportations du Cameroun (Q : quantité en milliers de tonnes, V : valeur en milliards)......... 65Tableau 33 : Evolution des importations (Q : quantité en milliers de tonnes, V : valeur en milliards) ........ 66Tableau 34: Poids des échanges par zone géographique (en %) ................................................................... 67Tableau 35 : Principaux partenaires bilatéraux ............................................................................................. 70Tableau 36: Nombre de salles de classe fonctionnelles, des élèves et des enseignants ................................ 72(primaire et maternel) .................................................................................................................................... 72Tableau 37 : Ratios élèves/enseignant et élèves/salle de classe .................................................................... 72Tableau 38 : Effectifs des élèves et des enseignants dans l’enseignement secondaire.................................. 73Tableau 39 : Ratios élèves/enseignant et élèves/salle de classe .................................................................... 73 iv
  6. 6. Tableau 40 : Taux de réussite aux examens officiels de l’enseignement secondaire (en %) ........................ 73Tableau 41 : Répartition des étudiants et des enseignants............................................................................. 74Tableau 42 : Ratios d’encadrement (étudiants/enseignant) ........................................................................... 75Tableau 43 : Evolution de la couverture vaccinale au Cameroun (en %) ..................................................... 77Tableau 44 : Ressources budgétaires de l’exercice 2012 .............................................................................. 83Tableau 45 : Dépenses budgétaires de lexercice 2012 ................................................................................. 85Tableau 46 : Ventilation des recettes (en millions) ....................................................................................... 87Tableau 47 : Structure des dépenses de l’Etat (en milliards) ........................................................................ 88Tableau 48 : Propositions de crédits ouverts pour l’exercice 2013 (en millions) ......................................... 89Tableau 49 : Projections budgétaires (en milliards) ...................................................................................... 92LISTE DES GRAPHIQUESGraphique 1 : Evolution comparée du PIB nominal, du taux de croissance réel et de l’inflation ................... 7Graphique 2 : Evolution des recettes forestières (en milliards)..................................................................... 30Graphique 3 : Contributions à la croissance du PIB (en %) .......................................................................... 41Graphique 4 : Taux de croissance de l’investissement (en %) ...................................................................... 43Graphique 5 : Contributions de la demande extérieure à la croissance (en %) ............................................. 44Graphique 6 : Structure des exportations de services en 2011 ...................................................................... 45Graphique 7 : Structure des importations des services en 2011 .................................................................... 46Graphique 8 : Soldes des services en 2011 (en milliards) ............................................................................. 46Graphique 9: Taux de change effectif réel (base 100 = 2005) ...................................................................... 49Graphique 10 : Evolution des cours des actions sur 12 mois ........................................................................ 58Graphique 11 : Solde global et variations des avoirs extérieurs nets en milliards...................................... 59Graphique 12 : Evolution du solde du compte courant et de ses composantes (en milliards)....................... 60Graphique 13 : Transferts de capital et opérations financières (en milliards) ............................................... 62Graphique 14: Echanges hors pétrole par zone en 2011 ............................................................................... 67Graphique 15 : Echanges avec la CEMAC (en milliards) ............................................................................. 68Graphique 16 : Poids des échanges commerciaux avec l’Asie Orientale (en %) .......................................... 69 v
  7. 7. CHAPITRE 1: VUE D’ENSEMBLEConformément aux dispositions de la Loi n°2007/006 du 26 décembre 2007 portant régimefinancier de l’Etat, qui fait obligation au Gouvernement de joindre au projet de loi de finances,un rapport sur la situation et les perspectives économiques, sociales et financières de la Nation, leprésent Rapport présente les faits socio-économiques et financiers marquants, la conjoncture àfin juin voire à fin septembre 2012. Sur cette base sont estimées les réalisations de l’exercice2012 et les prévisions pour l’exercice 2013. Le Rapport est complété par l’exposé des motifs despropositions de mesures nouvelles. Afin de permettre d’apprécier le projet de budget et d’éclairerson exécution, le Rapport souligne les contraintes et les arbitrages faits pour l’équilibrer.D’application progressive depuis le 1er janvier 2008, la Loi n°2007/006 du 26/12/2007 entre envigueur dans son intégralité le 1er janvier 2013. Entre autres innovations, elle introduit l’exigencede spécialisation des crédits par programme et, des autorisations d’engagement qui constituent lalimite supérieure des dépenses pouvant être engagées au cours d’une période n’excédant pas troisans. Le Rapport rappelle l’apport de ces innovations.1.1. Environnement économique international 1.1.1. Une reprise affaiblieDans l’édition des « Perspectives de l’économie mondiale » d’octobre 2012, le FMI vient pour laseconde fois dans l’année de réviser à la baisse le taux de croissance de l’économie mondiale, enle projetant à 3,3% en 2012 et 3,6% en 2013 contre respectivement 3,5% et 3,9% dans l’éditionde juillet 2012. En particulier, les prévisions de croissance des économies avancées et, des paysémergents et en développement baissent respectivement de 0,3% et de 0,2% en 2013, surtoutparce que l’intensité de la crise dans la zone euro n’a pas diminué comme l’envisageaient lesprojections antérieures. En conséquence, le chômage restera élevé dans beaucoup de pays.La croissance des pays avancés est freinée par le rééquilibrage budgétaire pesant sur la demandeet, par la fragilité persistante des banques du fait de la croissance faible de nombreux pays. Eneffet, les banques exigent encore à certains emprunteurs des conditions rigoureuses. Néanmoinsla croissance reste tirée par la politique monétaire accommodante des banques centrales quimaintiennent des taux directeurs très faibles, et mettent en œuvre des mesures novatrices visant àréduire les taux sur certains marchés, à aider certaines catégories d’emprunteurs, ou à favoriserl’intermédiation financière de manière générale.Malheureusement, l’incertitude est entretenue par des craintes concernant, d’une part, la capacitédes dirigeants européens à maîtriser la crise dans la zone euro et, d’autre part, l’incapacité desdirigeants américains à s’accorder jusqu’ici sur un plan budgétaire. La faiblesse de la croissanceet l’incertitude dans les pays avancés ont des répercussions négatives sur les pays émergents etles pays en développement, à travers le commerce et la finance.La crise dans la zone euro s’est aggravée et a nécessité de nouvelles interventions pour empêcherune détérioration rapide de la situation. Les banques, les compagnies d’assurance et lesentreprises ont transféré leurs liquidités inutilisées de la périphérie au cœur de la zone euro : lesécarts de taux souverains espagnols ont atteint des niveaux records et les écarts italiens ontaugmenté nettement aussi, en raison de la persistance des doutes concernant : la capacité despays de la périphérie d’opérer les ajustements budgétaires et structurels nécessaires; la volontédes Etats d’appliquer les mesures adéquates au niveau de la zone euro pour combattre la crise et ;la volonté de réaction de la Banque Centrale Européenne et du Fonds européen de stabilitéfinancière/mécanisme européen de stabilité si les scénarios les plus défavorables se matérialisent.Ces doutes ont remis en question la viabilité de la zone euro et nécessité d’autres mesures. Entreautres, les dirigeants ont engagé des travaux sur une union bancaire. A la suite, la Commissioneuropéenne a présenté une proposition d’un mécanisme unique de surveillance. La BanqueCentrale Européenne a envisagé l’achat de titres de dette publique. Ces mesures ont apaisé et faitremonter les marchés financiers, et l’euro s’est apprécié vis-à-vis des monnaies principales. 1
  8. 8. Quant à l’économie américaine, sa croissance plus élevée que prévue en début 2012, a ralenti à1,7 % au second trimestre. Face à la faiblesse persistante de la consommation et du marché dutravail, la Réserve fédérale a pris de nouvelles mesures de relance. Mais, la question du précipicebudgétaire attendra les élections de novembre. Du côté positif, le marché immobilier serait entrain de se stabiliser à un bas niveau, et le crédit privé a continué de progresser en dépit de laréduction du crédit octroyé par les banques de l’Union Européenne sur le marché américain.Dans les pays émergents et en développement, le durcissement de la politique économique, lefléchissement de la demande des pays avancés, et des facteurs internes ont fait chuter lacroissance. Selon le FMI, plus de la moitié des révisions à la baisse de la croissance du PIB réelen 2012 tiennent à des facteurs intérieurs. En Chine, l’activité a ralenti nettement, en raison d’unresserrement du crédit, d’un retour à une cadence plus soutenable de l’investissement public etd’un fléchissement de la demande extérieure.Le FMI prévoit un regain d’activité modeste, que favoriserait une réduction de l’incertitude liéeaux politiques publiques dans la zone euro et aux États-Unis, la poursuite d’une politiquemonétaire accommodante et un assouplissement progressif de la situation financière, lareconstitution du stock de capital et une augmentation progressive de la consommation des biensdurables. L’assouplissement des politiques monétaires et budgétaires stimulera la croissancedans les pays émergents et en développement.Deux hypothèses cruciales sous-tendent ces prévisions. La première est que les dirigeantseuropéens prennent des mesures supplémentaires pour faire avancer l’ajustement au niveau despays et l’intégration au niveau de la zone euro. La deuxième hypothèse est que les dirigeantsaméricains évitent le précipice budgétaire et relèvent le plafond de la dette, tout en avançant dansla mise en place d’un plan global de rétablissement de la viabilité des finances publiques. Si cesmesures ne sont pas prises, il est possible que les prévisions s’avèrent de nouveau optimistes.La reprise serait anémique dans les principaux pays avancés, tandis que la croissance resteraitrelativement rapide dans de nombreux pays émergents et pays en développement. Les paramètreséconomiques fondamentaux restent solides dans de nombreux pays qui n’ont pas connu de crisefinancière, notamment dans beaucoup de pays émergents et en développement. Dans ces pays, lanette progression de l’emploi et la vigueur de la consommation alimenteraient la demande et,conjuguées à un assouplissement de la politique macroéconomique, devraient concourir à uninvestissement et à une croissance robustes. Cependant, les taux de croissance ne devraient pasretrouver leur niveau d’avant la crise.Le taux de chômage mondial resterait stable en 2012 et 2013. Étant donné le ralentissement del’activité et l’abondance des capacités inutilisées dans de nombreux pays avancés, l’inflation areculé. Les cours ont aussi replié, mais dans une moindre mesure. Un nouveau recul del’inflation est prévu dans les pays avancés. Dans les pays émergents et les pays endéveloppement, l’inflation globale devrait plus ou moins stagner.Ces prévisions d’inflation reposent sur des cours des produits de base plus ou moins inchangés.Mais, la forte hausse des prix de l’alimentation est de plus en plus préoccupante. Jusqu’à présent,elle ne concerne pas toutes les principales cultures vivrières, contrairement à ce qui s’était passéen 2007 et 2008. Selon le FMI, la politique monétaire ne doit pas réagir à des hausses del’inflation globale liées aux prix de l’alimentation à moins qu’il n’y ait des risques considérablesd’effets secondaires sur les salaires. Les pouvoirs publics devront peut-être renforcer desmesures sociales ciblées et adopter d’autres mesures budgétaires par exemple, réduire les taxessur l’alimentation lorsqu’ils en ont les moyens. À plus long terme, il est nécessaire d’opérer desréformes de plus large portée pour réduire la volatilité des prix mondiaux de l’alimentation.En définitive, les perspectives sont particulièrement incertaines. Les risques à court terme lesplus importants auxquels sont exposées les prévisions sont une escalade de la crise dans la zoneeuro et l’inaction budgétaire aux États-Unis. 2
  9. 9. A moyen et à long terme, les risques d’un sérieux ralentissement de l’économie mondiale sontalarmants. La probabilité que la croissance mondiale tombe au-dessous de 2% en 2013, ce quicorrespondrait à une récession dans les pays avancés et à un sérieux ralentissement dans les paysémergents et les pays en développement, est montée à environ 17%, contre environ 4% en avril2012.Par ailleurs, les prix du pétrole pourraient de nouveau monter en flèche. Si le scénario négatifeuropéen ou américain se matérialisait, il est probable que les prix du pétrole baisseraientconsidérablement. Mais il existe aussi un risque important qu’une exacerbation des tensionsgéopolitiques les fasse monter.Les problèmes structurels contribuent aux déséquilibres courants élevés à l’échelle mondiale, quiont aggravé la crise dans la zone euro. Des réformes qui s’attaquent à ces problèmes structurelspeuvent avoir des effets considérables sur la croissance. Par leurs effets sur la confiance et larichesse, ainsi qu’en facilitant les ajustements des prix relatifs, les réformes structurelles peuventstimuler la demande globale au fil du temps, en particulier l’investissement. Mais il est peuprobable que ces bénéfices se matérialisent si ces réformes ne sont pas appuyées par despolitiques macroéconomiques qui réduisent l’incertitude et renforcent la confiance parmi lesinvestisseurs.Les réformes structurelles seront importantes pour stimuler la croissance et faciliter lerééquilibrage de la demande mondiale, tout en réduisant la vulnérabilité y afférente. Dans lespays en excédent tels que la Chine et l’Allemagne, ces réformes sont nécessaires pour stimuler lademande intérieure; dans les pays en déficit à l’instar du Brésil et de l’Inde, elles sont nécessairespour améliorer l’offre.En Afrique subsaharienne qui profite de la persistance des cours élevés des produits de base, lacroissance devrait rester supérieure à 5% en 2012 et en 2013 selon le FMI. Elle est soutenue parune demande intérieure forte et en particulier, l’investissement dans les pays à faible revenu.L’environnement international contrariera toutefois les pays à revenu intermédiaire exportantsignificativement vers l’Union Européenne.Quant à la Banque Mondiale, elle se dit optimiste concernant la situation de la région Afriquecar, le taux de croissance moyen y est de 5% voire de 6% en excluant l’Afrique du Sud. On ytrouve les pays qui affichent les taux de croissance les plus rapides au monde. Par ailleurs, lecadre macroéconomique s’est amélioré avec notamment une inflation en baisse de moitié. Enoutre, la réduction de la pauvreté y est de 1% par an et en nombre absolu depuis 2000, et il en estde même de la mortalité.Cet optimisme est tempéré par des risques majeurs de décélération de la croissance à savoir :l’environnement économique international incertain ; le chômage élevé ; la malédiction desdécouvertes de minerais étant donné des processus budgétaires plus opaques ou de mauvaisindices de développement humain dans les pays producteurs ; la difficulté à sortir de la trappeune fois une économie fragilisée. La Banque Mondiale indique entre autres que la croissancecrée jusqu’à présent peu d’emplois, ou que par exemple malgré des coûts identiques qu’enFrance, les prix du transport sont 118% plus élevés sur l’axe Ngaoundéré-Ndjamena à cause desmonopoles et des syndicats.Au Nigéria voisin, le FMI estime à 7,1% le taux de croissance en 2012 et le prévoit à 6,7% en2013. Le Bureau National des Statistiques a calculé un taux d’inflation en glissement annuel de11,3% en septembre 2012, et postulé sur la base du trend baissier un taux d’inflation inférieur à10% au premier trimestre 2013 voire au quatrième trimestre 2012.Pour la zone CEMAC, le FMI estime le taux de croissance à 5,5% en 2012 et le projette à 4,3%en 2013. La BEAC précise que l’accroissement de la production pétrolière, le renchérissementdu baril, et la demande intérieure toujours soutenue, expliquent largement l’accélération de la 3
  10. 10. croissance en 2012. Quant à la demande extérieure nette, son impact reste négatif. Hors pétrole,les taux de croissance sont de 6,8% en 2012 et de 6,7% en 2013 selon le FMI.Projetés par le FMI à 4,1% en 2012 et à 3,8% en 2013, les prix à la consommation resteraient au-dessus de la norme communautaire qui les plafonne à 3%. Selon la BEAC, l’accélération despressions inflationnistes en début 2012 s’explique par : (i) la fermeté de la demande intérieuredans la CEMAC, face à une offre locale limitée ; (ii) le rebond de l’activité économique auCameroun ; (iii) la révision à la hausse depuis le 1er janvier des prix à la pompe des produitspétroliers en RCA ; (iv) la faiblesse de l’offre locale en produits vivriers et céréaliers au Tchad,en raison d’une faible pluviométrie. L’année 2012 devrait être marquée par un retour del’inflation dans la sous-région. Le taux dépasserait légèrement la norme communautaire, pour sesituer à 3,2% en fin 2012, contre 2,7% un an plus tôt.En définitive, la BEAC considère que la tenue de l’économie Sous régionale est bonne, grâce audynamisme du secteur non pétrolier, à la poursuite des grands chantiers publics, à la vigueur dela consommation et de la bonne orientation du secteur pétrolier. A l’instar de l’ensemble del’Afrique Subsaharienne, les pays de la CEMAC résistent bien au ralentissement économiquemondial grâce notamment à la diversification des exportations vers les pays émergents d’Asie, lafaible intégration du système financier et la fermeté des cours des matières premières. Toutefois,compte tenu de la faible diversification des bases productives, les pays de la CEMAC restentvulnérables aux soubresauts de l’environnement international. La persistance, voire l’aggravationde la crise de la dette en Zone euro pourrait se traduire à terme par une dégradation de laconjoncture Sous-régionale, d’où l’importance d’une gestion macroéconomique prudente. 1.1.2. Les défis pétroliersAtout pour les pays producteurs, l’envolée des cours mondiaux du pétrole a représenté un défipour tous les pays d’Afrique subsahariens au sujet de la fixation du niveau des prix intérieurs. Al’instar du Nigéria, l’inflation en 2013 dépendra de la déréglementation des prix des carburants.Le FMI estime néanmoins important pour les pays subsahariens de réduire les subventionsénergétiques car : d’une part elles absorbent une grande part des maigres ressources publiquesalors que les principaux bénéficiaires sont les classes aisées ; d’autre part elles ont des effetsdissuasifs sur l’entretien et l’investissement dans le secteur énergétique, ce qui perpétue lespénuries et les faibles niveaux d’accès.Etant donné qu’elle porte surtout préjudice aux pauvres, la suppression des subventions nécessitedes mesures d’accompagnement. Le FMI cite en exemples divers pays : le Gabon où les prix de l’essence et du gazole ont été relevés de 26% en mars 2007, avec 6 mesures ciblées dont la gratuité de l’inscription et la fourniture des livres de classe à l’école primaire publique et, l’élargissement du réseau des transports en commun de Libreville ; le Ghana où on a relevé les prix des carburants de 50% en février 2005 tout en supprimant les droits d’inscription aux écoles primaires et secondaires, en augmentant et en accélérant les investissements dans les transports en commun, en allouant davantage de fonds au programme d’électrification rurale, etc. ; le Mozambique qui a relevé les prix des carburants de 38% en 2008, et fortement augmenté les crédits budgétaires affectés à toute une série de programmes de protection sociale ; l’Indonésie qui a relevé de plus de 100% les prix des carburants en mars et octobre 2005, puis de 25-33% en mai 2008. Un programme temporaire de transferts monétaires destiné à 19 millions de familles pauvres a été exécuté en 2005. Un programme analogue a accompagné les hausses des prix de carburant en 2008 pendant sept mois. Certaines économies budgétaires réalisées grâce à la réduction des subventions ont été affectées aux programmes dans les domaines de la santé, de l’éducation et des infrastructures dont bénéficient les ménages à faible revenu ou à revenu intermédiaire ; 4
  11. 11.  la Jordanie a amorcé en 2005 une réduction progressive des subventions. A la libéralisation intégrale en février 2008, les prix des carburants ont été majorés de 33-76%. On a relevé le salaire minimum et accordé les plus fortes augmentations de salaires aux agents de l’Etat au bas de l’échelle. Une prime ponctuelle a été versée aux retraités et agents de l’Etat à faible revenu. Des transferts monétaires en espèces ont été accordés aux autres ménages à faible revenu dont le chef n’était ni agent ni retraité de la fonction publique. L’accès à l’électricité étant presque universel, un tarif social a été maintenu.Dire que les subventions énergétiques profitent surtout aux riches est quelque peu spécieux car,les riches bénéficient de beaucoup d’avantages parfois exclusifs. Ainsi, les distorsions de prix oude concurrence profitent aux entreprises dont l’actionnariat exclut les pauvres. La question duciblage semble donc secondaire à bien des égards.Par contre, il est établi qu’un blocage des prix, une distorsion de prix ou de concurrence engénéral, empêche une économie de marché de bien fonctionner. Les subventions énergétiques enAfrique subsaharienne sont coûteuses et inefficaces. Leur réduction fait augmenter l’inflation, etest surtout préjudiciable voire fatale aux pauvres. Les soulèvements contre la hausse des prixdans les seuls pays pauvres rappellent qu’il s’agit d’un problème de pauvreté qu’il convientd’aborder avec méthode dans sa globalité, sans faire une fixation sur une conséquence. Lesmesures d’accompagnement ci-haut montrent que l’efficacité d’une politique de réduction voirede suppression des subventions dépend de l’état particulier de chaque économie.Dans la CEMAC où seule la RCA ne produit pas du pétrole, les problèmes semblent spécifiquescomme l’atteste une publication du FMI d’octobre 2012 « Oil Wealth in Central Africa : Policiesfor Inclusive Growth » qui relève que le pétrole représente 41% du PIB, 86% des exportations, et67% des recettes budgétaires de la CEMAC. Mais les ressources pétrolières ont eu peu d’impactsur le développement. En particulier, l’indice de développement humain est très en retrait parrapport au revenu moyen par tête de certains pays de la CEMAC.Selon l’étude, l’un des plus grands obstacles au développement de la CEMAC se trouve être lesconflits récurrents dans deux pays, conflits liés au contrôle des ressources. Le second obstacle estla gestion des prix cycliques : quand les prix du pétrole sont élevés, les dépenses explosent ;quand les prix chutent, les dépenses sont rigides à la baisse d’où l’éviction des investissementsdans les infrastructures, l’éducation et la santé. Du fait de la prédominance de la productionpétrolière qui est peu intensive en main d’œuvre, l’emploi est rare, les économies sont peudiversifiées et l’intégration régionale piétine en l’absence de produits pouvant alimenter lecommerce intra-CEMAC.L’étude recommande notamment de rendre productif l’investissement public, regrettant que lespays y consacrent aujourd’hui des milliards de dollars américains, et que sur place on ne trouvepas de routes à la hauteur de ces dépenses. Les Gouvernements doivent donc conduire desévaluations de projets d’investissements de qualité et planifier davantage.Cette recommandation n’est qu’une exigence et une contrainte de base en économie, à savoirqu’on doit acheter au plus bas prix sinon on gaspille des ressources, et produire au plus bas coûtautrement on dilapide les ressources et on n’est pas compétitif. La régulation des coûts et desprix élevés dans la CEMAC permettraient de sauvegarder voire de relever le pouvoir d’achat desplus pauvres malgré une réduction des subventions énergétiques. Ce serait une bonne mesured’accompagnement qui en outre est un préalable à la croissance économique. Pour le Cameroun,le passage en revue des contraintes budgétaires plus loin, fait apparaître que c’est l’une des raresvoire la seule mesure qui reste aux pouvoirs publics pour accompagner la réduction ou lasuppression des subventions énergétiques. 5
  12. 12. Tableau 1 : Quelques indicateurs de performance de l’économie mondiale Historiques Estimations Projections 2010 2011 2012 2013Croissance du PIB (en %)Economie mondiale 5,1 3,8 3,3 3,6Etats Unis 3 1,6 1,3 1,5Zone euro 2,4 1,8 2,2 2,1Japon 4,5 -0,8 2,2 1,2Chine 10,4 9,2 7,8 8,2Inde 10,1 6,8 4,9 6Afrique subsaharienne 5,3 5,1 5 5,7Nigeria 8 7,4 7,1 6,7CEMAC 5,2 4,8 5,5 4,3Inflation (en %)Etats-Unis 1,6 3,1 2 1,8Zone euro 1,6 2,7 2,3 1,6Afrique subsaharienne 7,5 9,7 9,1 7,1Nigeria 13,7 10,8 11,4 9,5CEMAC 2,2 2,9 4,1 3,8Sources: FMI (World Economic Outlook, Octobre 2012)1.2. Evolution récente de l’économie camerounaise 1.2.1. Croissance et prixAprès la reprise entamée en 2010, l’activité économique s’est consolidée en 2011, avec unecroissance estimée à 4,1% contre 3,3% l’année d’avant. Cette évolution est tirée par les serviceset l’agriculture vivrière avec des contributions à la croissance respectives de 2,1% et 0,6%.Dans le secteur primaire, le taux de croissance est estimé à 3,1% en 2011, contre 6% en 2010. Ceralentissement est imputable au repli des activités dans les branches « agriculture industrielle etd’exportation » et « sylviculture et exploitation forestière ». Ces deux branches ont enregistré unralentissement en 2011 ; leurs taux de croissance sont respectivement estimés à -1,6% et 2,1%contre 7,8% et 32,8% en 2010. Par contre, l’«agriculture vivrière » et l’«élevage et pêche » ontmaintenu leur dynamisme, avec des taux de croissance respectifs de 3,8% et 4,1% en 2011contre 3,7% et 2,7% en 2010.Le secteur secondaire a renoué avec une croissance significative ; il a affiché un taux de 1,6% en2011 contre 0,5% l’année précédente. Outre la baisse moindre de la production pétrolière (-7,3%en 2011 contre -12,6% en 2010), ce secteur a bénéficié de la bonne tenue des « bâtiments ettravaux publics » (+9,6%) et des « industries agro-alimentaires » (+4,2%).Le secteur tertiaire a enregistré un taux de croissance de 5,5% en 2011 contre 4% en 2010. Cetteprogression est essentiellement attribuable à celles des branches «commerce, hôtels etrestaurants» (+4,8%), « transports, entrepôts et communications » (+4,7%), « banques etorganismes financiers » (+8,4%) et « services non marchands des APU » (+4,6%).Sous l’optique demande, la croissance reste tirée principalement par la demande intérieure dontla contribution s’est située à 7%. Par composante, les évolutions se présentent comme suit :La consommation privée a progressé de 5,3% grâce à une inflation modérée et à l’augmentationdu revenu global des ménages. Celle-ci s’explique par des recrutements dans la Fonctionpublique, des embauches par les entreprises en lien avec les grands chantiers, et la bonne tenuedes ventes des produits agro-pastoraux.La consommation publique s’est accrue de 5,5% en 2011 mais a décéléré par rapport à 2010 oùsa progression était de 8,4%. Ce relâchement s’explique par les efforts entrepris par le 6
  13. 13. Gouvernement en vue de rationaliser et d’améliorer la qualité de la dépense publique,notamment celle relative aux achats de biens et services.Après une hausse de 11,6% en 2010, l’investissement privé a crû de 12,3% ; cette accélérationest reflétée dans l’accroissement des achats des produits métallurgiques de base et ouvrages enmétaux (+29,6%), des équipements et appareils audiovisuels (+17,2%), des machines et appareilsélectriques (+15,2%) et des meubles et mobiliers (+13,2%). L’investissement public a augmentéde 10,8% en 2011 contre 4,4% en 2010, en rapport avec le démarrage effectif des grandschantiers dans les domaines des infrastructures, de l’énergie et des transports.Les exportations de biens, dominées par le bois, le cacao et le café, se sont accrues de 8,7% etcelles des services progressent de 1,5%. Les importations de biens et celles de servicesaugmentent respectivement de 17,4% et 1,6%. Ces évolutions ont situé à -2,9% en 2011 lacontribution de la demande extérieure nette à la croissance.S’agissant des prix, le taux d’inflation s’est établi à 2,9% contre 1,3% en 2010. Cette hausserésulte de l’augmentation des prix des produits alimentaires (+4,8%), des articles d’habillementet chaussures (+3,1%) et des dépenses de maison (+3%).La hausse des prix des produits alimentaires est consécutive à celle des produits vivriers (+6%),des poissons (+7,4%) et des céréales (+2,9%). Le renchérissement du poste « habillement etchaussures » est imputable à celui des pagnes en liaison avec l’accroissement des coursmondiaux de coton. La progression des prix des dépenses de maison est liée, en partie, àl’augmentation du tarif de la seconde tranche de consommation d’électricité qui est passé de 70 à77 francs depuis janvier 2011.Graphique 1 : Evolution comparée du PIB nominal, du taux de croissance réel et de l’inflation 6 10000,0 5 8000,0 4 6000,0 3 4000,0 2 2000,0 1 0,0 0 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 proj PIB nominal (en milliards) taux dinflation (en %) taux de croissance réel (en %)Source : MINFI/DAE 1.2.2. Relations avec le reste du monde 1.2.2.1 CompétitivitéLa compétitivité est appréhendée à travers le taux de change effectif réel (TCER) et le climat desaffaires. En 2011, le TCER s’est déprécié de 0,02%, traduisant un gain de compétitivité globalede l’économie en liaison avec l’amélioration des termes de l’échange de 22,1%.Selon le rapport 2012-2013 du Forum économique mondial sur la compétitivité des économies,l’attractivité du Cameroun s’est améliorée. Le pays a été classé au 112e rang mondial parmi 144pays, soit une progression de 4 rangs. Il occupe la 11e place sur les 38 pays d’Afrique classés.Concernant l’environnement macroéconomique, le pays connaît une progression de la stabilitémacroéconomique et de la taille du marché intérieur ainsi qu’un développement du marchéfinancier.Afin d’améliorer l’environnement des affaires et faciliter l’activité des entreprises, leGouvernement a mené plusieurs actions : il s’est agi notamment de : (i) l’instauration d’un mode 7
  14. 14. de paiement unique par virement bancaire des impôts, droits, taxes fiscales et parafiscales ; (ii) lerenforcement de la lutte contre la contrebande, la fraude et la contrefaçon par l’estampillage desvignettes sécurisées sur les tabacs et les alcools ; (iii) la création et la nomination des présidentsdes chambres commerciales auprès des juridictions d’instance afin de faciliter le règlement desdifférends commerciaux. 1.2.2.2 EchangesEn 2011, les échanges avec l’extérieur ont été influencés par les facteurs suivants : (i) la crise dela dette souveraine dans certains pays de la zone euro ; (ii) le ralentissement de la demande dansles pays de l’OCDE ; (iii) le tsunami et l’accident nucléaire au Japon affectant la productionmondiale de l’automobile ; (iv) le recul des cours des produits de base à l’exception de ceux dupétrole brut qui se sont élevés en moyenne à 104 dollars le baril, moyenne la plus élevée de leurhistoire ; (v) la dépréciation du franc CFA par rapport au dollar.Les exportations ont été de 2 171,5 milliards contre 1°924,2 milliards en 2010, soit une hausse de12,9% consécutive à la celle des carburants et lubrifiants (+39,9%), des huiles brutes de pétrole(+14,4%), du coton brut (+33,9%), du caoutchouc brut (+31,1%), des bois sciés (+10,5%), desbananes fraîches (+3,2%) et des cafés (+4,1%). Par contre, les exportations de cacao brut enfèves, d’aluminium et du bois grume sont en baisse de 19,8%, 8,1%, et 6,2% respectivement.Hors pétrole, les exportations se sont accrues de 12% pour s’établir à 1372,4 milliards.Les importations se sont élevées à 3 209,8 milliards contre 2 503 milliards en 2010, soit uneaugmentation de 28,2% consécutive à celle des achats des huiles brutes de pétrole (+49%) et deséquipements pour la réalisation des grands projets (+32%). Hors pétrole, les importations ontaugmenté de 22,9%. Cette progression est principalement attribuable aux achats des biensd’équipement (+32%), des poissons de mer congelés (+59,1%), des céréales (+38,1%), desengrais (+45,2%) et des produits pharmaceutiques (+22,7%).Reflétant ces évolutions, le solde de la balance commerciale s’est détérioré, passant de -459,5milliards en 2010 à -1 038 milliards en 2011. Il en de même du solde hors pétrole qui est passéde -763,9 milliards à -1 072,9 milliards.Au premier semestre 2012, le déficit commercial s’est situé à 345,6 milliards, se rétrécissant de260,7 milliards par rapport à la même période de 2011. Cette réduction découle d’uneaugmentation de 20,8% des exportations et d’une diminution de 4,5% des importations.Le Nigéria est le premier fournisseur (22,6% des importations), suivi de la France (12,8%). Lesprincipaux clients sont l’Espagne (14,3% du total des exportations) et les Pays-Bas (10,1%). Parzone géographique, l’Union Européenne demeure le premier partenaire commercial avec 38% dutotal des échanges contre 43% en 2010. Elle est suivie dans l’ordre par l’Afrique (27,1% dont14,4% avec le Nigéria et 5,7% avec la CEMAC), l’Asie (23,7%) et l’Amérique (10,1%).Quant à la balance des paiements, le solde du compte courant a affiché un déficit de 353,1milliards, soit 2,8% du PIB, en amélioration de 43,2 milliards par rapport à 2010. Ce déficitrésulte de ceux de la balance des biens (-273,5 milliards), de la balance des revenus (-142,8milliards) et de la balance des services (-58,3 milliards). Le solde du compte d’opérationsfinancières est excédentaire de 235,2 milliards mais se rétrécit de 173 milliards. Il en résulte undéficit de 163,5 milliards du solde global (1,8% du PIB) contre un excédent de 99 milliards en2010. 8
  15. 15. 1.2.3. Monnaie et financement de l’économie1.3.3.1 Situation monétaireEn 2011, la situation monétaire est caractérisée par une augmentation du crédit intérieur et unrecul des avoirs extérieurs nets.Au 31 décembre 2011, le crédit intérieur a augmenté de 48% par rapport à la même date en2010, pour s’établir à 1 440,9 milliards. Cette évolution est imputable à l’accroissement de 19%des créances nettes sur l’Etat et de 21% des crédits à l’économie.Les avoirs extérieurs nets du système monétaire ont régressé de 11,8%, par rapport à findécembre 2010 pour s’établir à 1 627 milliards. Cette situation découle au niveau de la BEAC dela baisse de 8,6% de ses avoirs extérieurs concomitamment à l’augmentation de ses engagementsextérieurs et, au niveau des banques de la hausse plus que proportionnelle de leurs engagementspar rapport à leurs avoirs extérieurs.La masse monétaire s’est accrue de 9,6% et se situe à 2 897 milliards. Elle est constituée à 42%de la monnaie scripturale, à 41% de la quasi-monnaie et à 17% de la monnaie fiduciaire.Au 30 juin 2012 et en glissement annuel, le crédit intérieur, tiré par la progression du crédit àl’économie (+16,4%) et des créances nettes sur l’Etat (+8%) augmente de 29,9% pour s’établir à1495,7 milliards. Le crédit à l’économie se répartit en crédits à court terme (67,5% du total), encrédits à moyen terme (30,6%), et en crédits à long terme (1,9%). Il reste dominé à 90% par lecrédit au secteur privé. Les avoirs extérieurs nets ont diminué de 11,4% et s’établissent à 1 484milliards. La masse monétaire est en hausse de 4,5% par rapport à la même date en 2011.S’agissant des taux d’intérêt, la majorité d’entre eux est en hausse, particulièrement, le tauxd’intérêt sur placements publics au titre du fonds de réserves sur les générations futures et dumécanisme de stabilisation des recettes budgétaires qui a été révisé à 1,5% le 1er novembre 2011avant d’être ramené à son niveau antérieur (1,25%).1.3.3.2 Financement de l’économieEn 2011, la diversification du financement de l’économie s’est poursuivie avec le lancement del’émission des titres publics et de nouveaux instruments à l’instar du crédit-bail.L’activité bancaire à fin décembre 2011 et comparativement à la même période de 2010, s’estcaractérisée par un accroissement des fonds propres (+13,3%), des dépôts (+17%) et des crédits àl’économie (+13,3%), et une baisse des avoirs extérieurs nets (-22%). Les créances sur l’Etat ontprogressé de 20,8% tandis que les dépôts de ce dernier ont augmenté de 5,4%.A fin juin 2012, l’activité bancaire, animée par 13 banques, se caractérise par une augmentationdes dépôts bancaires (+4,1%) et des concours accordés à la clientèle (+13,2%) par rapport à finjuin 2011 pour se situer respectivement à 2 604,1 milliards et 1 953,5 milliards.Les dépôts sont constitués à 40,5% par ceux des particuliers, à 21% par ceux des entreprisesprivées, à 8,09% pour l’administration publique centrale et à 8,06% pour les entreprisespubliques. Par nature, les dépôts à vue représentent 78,7 % de l’encours des dépôts, ceux à terme14,3 % et ceux à régime spécial 7%.Par type de clientèle, 68,4% des crédits sont accordés aux entreprises privées, 12,9% auxparticuliers, 7,8% aux entreprises publiques et 1% aux organismes publics. Ces crédits financentnotamment le commerce de gros et détail, la restauration et l’hôtellerie à hauteur de 25%, lesbâtiments et travaux publics (17%), les industries extractives (12,4%), les services sociaux etpersonnels (12,4%), l’agriculture, élevage, pêche et sylviculture (11,9%) et les transports ettélécommunications (8,1%). Au 30 juin 2012, le niveau d’intermédiation mesuré par le rapportdes crédits sur les dépôts se situe à 74% contre 69% à fin juin 2011. 9
  16. 16. S’agissant des normes prudentielles, plusieurs banques présentent une relative solidité ; d’autressont fragiles au niveau des fonds propres et peinent à se conformer à la règlementation COBAC.Dans le secteur de la microfinance, les dépôts de la clientèle sont de l’ordre de 410 milliards à findécembre 2011, pour un encours de crédits de 240 milliards. Par rapport à l’année 2010, lescrédits distribués sont en augmentation de 16,6%. Ils sont destinés en priorité au commerce (40%du total) et à la consommation (30%). Les principaux bénéficiaires en sont les PME, les trèspetites entreprises et le secteur informel.Sur le marché des assurances 25 sociétés ont été agréées en 2011, dont 18 dans la branche« IARDT » et 7 en « Assurance vie ». Le chiffre d’affaires réalisé s’est situé à 139,8 milliards, enprogression de 8,5% par rapport à 2010 et le résultat net d’exploitation a été de 11,7 milliards. Leratio des actifs admis sur les engagements réglementés est de 10% supérieur au minimum de100% exigé, traduisant le respect de la norme prudentielle liée à la couverture des engagementspar les actifs admis.Au niveau de la Douala Stock Exchange, la capitalisation boursière au 30 août 2012, s’élève à332 milliards, contre 314 milliards un an plus tôt, soit une hausse de 5,7%. Elle se décompose en112,9 milliards pour le marché des actions et 219,1 milliards pour le marché obligataire.Sur le marché des obligations, le Trésor public procède depuis 2011 à l’émission des bons dutrésor à l’effet de couvrir ses besoins de trésorerie à court terme. Ainsi, en 2011, une somme de50 milliards a été levée en Bons de Trésor Assimilables (BTA) à un taux d’intérêt moyen de2,3%. A fin juin 2012, un montant de 55 milliards a déjà été levé à un taux d’intérêt moyen de2,2%. Cette opération relève d’une stratégie permettant à lEtat d’emprunter à moindre coût etd’assurer le paiement à date de ses prestataires. 1.2.4. Finances publiquesL’exécution du budget de l’exercice 2012 se déroule de façon conforme aux prévisions grâce à labonne tenue de l’activité économique en 2011 et 2012, et aux plus-values issues des recettesinternes. Au terme des sept premiers mois dudit exercice, le taux de recouvrement des recettesinternes est estimé à 64,6% et celui de l’exécution des dépenses à 56,1%.A fin juillet 2012, le cumul des ressources budgétaires recouvrées se chiffre à 1609,2 milliards,en augmentation de 15,9% par rapport à fin juillet 2011. Cette hausse est observable aussi bienau niveau des recettes internes qu’à celui des autres recettes.Les recettes internes progressent de 13% pour se situer à 1473,1 milliards. Elles sont constituéesde 393,8 milliards de recettes pétrolières et 1079,3 milliards de recettes non pétrolières.Les recettes pétrolières augmentent de 24,4% consécutivement à une hausse de 13% de laredevance SNH et de 69,9% d’impôts sur les sociétés pétrolières. Cette augmentation s’expliqueessentiellement par le niveau élevé des cours mondiaux de pétrole brut.Les recettes non pétrolières, quant à elles s’accroissent de 9,3% du fait de la progression des troiscomposantes : recettes des impôts et taxes (+7,2%), recettes douanières (+10,7%) et, recettes nonfiscales (+27,3%). Ces trois catégories de recettes se chiffrent respectivement à 666,4 milliards,350,5 milliards et 62,4 milliards. Cet accroissement résulte de l’amélioration des procédures derecouvrement, de l’effort des administrations d’assiette et de l’évolution positive des activités dusecteur non pétrolier.Les autres recettes progressent de 61,1% pour s’établir à 136,1 milliards. Cette hausse estattribuable aux prêts projets et aux dons qui passent respectivement de 32,1 milliards à 101,3milliards et de 20,9 milliards à 34,8 milliards. L’amélioration de la capacité de mobilisation etd’absorption des financements extérieurs expliquent ces évolutions.Les dépenses budgétaires totales sont estimées à 1 570 milliards, en augmentation de 20,1% suiteà l’accroissement des dépenses courantes et des dépenses d’investissement. Cette évolution 10
  17. 17. reflète l’amélioration dans le processus d’engagement et de paiement de la dépense publique. Enparticulier, les émissions de bons du trésor permettent de rencontrer les besoins de trésorerie entout temps, ce qui ramène de façon permanente les délais de paiement par le Trésor à moins de60 jours au lieu des évolutions erratiques pouvant faire dépasser la norme CEMAC qui plafonnece délai à 90 jours.Les dépenses courantes sont en hausse de 12,5% et se situent à 984,5 milliards dont : 393,9milliards de dépenses de personnel ; 334,7 milliards de dépenses de biens et services ; 74,7milliards de dépenses de pensions et 181,2 milliards pour les bourses et subventions.Les paiements au titre du budget d’investissement public s’élèvent à 445,1 milliards, en haussede 70,7%. Cette hausse s’observe sur toutes les composantes : les dépenses d’investissement surfinancements extérieurs passent de 46 milliards à 112,9 milliards ; les dépenses d’investissementsur ressources intérieures de 196,3 milliards à 292,1 milliards et, les dépenses de restructurationsde 18,4 milliards à 40,1 milliards.Le service de la dette publique est évalué à 140,4 milliards et augmente de 7,8%. Ce montantcomprend 52,8 milliards de service effectif de la dette extérieure (11,6 milliards d’intérêts et 41,2milliards de principal) et 87,6 milliards pour la dette intérieure (constituée de 33,9 milliardsd’amortissement du principal ; 42 milliards de remboursement de crédits TVA et 10,7 milliardsd’arriérées intérieurs). 1.2.5. Secteurs sociauxUne enveloppe de 587,6 milliards est allouée aux secteurs sociaux en 2012, soit 21% du budgetde l’Etat contre 529,6 milliards en 2011. Cette enveloppe est destinée au financement desactivités inscrites dans la politique sociale du pays, notamment : (i) la promotion de l’éducationuniverselle et professionnelle; (ii) l’amélioration de l’état de santé des populations ; (iii) lapromotion de l’égalité des sexes et de l’autonomisation des femmes ; (iv) la protection sociale dela petite enfance et des personnes marginales ; (v) la promotion de la jeunesse, de l’emploi et del’habitat social.Dans le secteur éducatif, les effectifs sont les suivants pour l’année 2011/2012 : 375 300 élèvesencadrés par 16 863 enseignants dans l’enseignement maternel ; 3 747 404 élèves pour 107 092enseignants dans le primaire ; 22 668 élèves et 2 512 enseignants dans l’enseignement normal ;1 415 401 élèves pour 24 465 enseignants dans le secondaire général ; 357 928 élèves et 6844enseignants dans le secondaire technique ; 283 488 étudiants et 3 550 enseignants dans lesupérieur. Le secteur éducatif a bénéficié d’une enveloppe de 405,3 milliards en 2012, soit14,5% du budget de l’Etat. Cette somme a permis de renforcer l’offre d’éducation à travers laconstruction et l’équipement des établissements scolaires et universitaires.S’agissant de la santé, les principaux indicateurs en matière de lutte contre la maladie ont étéencourageants en 2011. En effet, le taux de prévalence du SIDA est estimé à 4,3% contre 5,1%en 2010 ; le taux de mortalité liée au paludisme dans la population a reculé, passant de 24% à19%, le taux de réussite thérapeutique chez les nouveaux cas de tuberculose à 78,3% contre 78%et, les taux de prévalence du diabète et de l’hypertension artérielle à 6% et 24% respectivement.Par contre, la couverture vaccinale enregistre un léger recul par rapport à 2010 en raison de larupture de certains vaccins. Des nouveaux centres d’hémodialyse ont été rendus opérationnels.En 2012, la santé bénéficie d’une allocation budgétaire de 151,4 milliards et de nombreuxfinancements extérieurs pour divers programmes axés sur la lutte contre la maladie, lavaccination et l’amélioration de l’offre de soins de santé.S’agissant de l’emploi, le taux de chômage au sens du BIT est estimé à 11,4% en milieu urbainet 2,4% en milieu rural. Par contre, le taux de sous-emploi global est de 70,6%. Pour améliorer lasituation de l’emploi, le Gouvernement poursuit les recrutements directs et l’insertion de jeunes àtravers différents projets, programmes et autres institutions spécialisées comme le FNE. Parailleurs, afin de renforcer l’offre de formation professionnelle, le Gouvernement a reçu des 11
  18. 18. appuis financiers de la part de ses partenaires au développement pour la construction des centresde formations professionnelles d’excellence et pour la mise en place de 6 centres de formationaux métiers agricoles.Concernant l’urbanisme et l’habitat, la mise en œuvre du programme de construction de 10 000logements sociaux s’est poursuivie ainsi que les travaux d’assainissement du cadre urbain,notamment la réhabilitation des stations d’épuration, la construction des drains et le recalibrage descanaux.Pour ce qui est des Affaires sociales et de la promotion du genre, de la famille et de la jeunesse,les principales actions menées en 2011 ont porté sur : (i) le renforcement des capacités d’environ500 intervenants en matière d’identification et de prise en charge des orphelins et enfantsvulnérables ; (ii) la promotion de l’entreprenariat féminin avec la formation de 16 968 femmesau montage des projets dans des domaines variés (conservation des produits agricoles, industriede l’habillement, hôtellerie, restauration, TIC, intervention sociale, etc.) et l’octroi dessubventions d’un montant global de 75 millions à 53 associations et groupes de femmes ; (iii) lefinancement de 2 321 projets de jeunes. 1.2.6. Réformes structurelles et institutionnellesLa simplification des procédures de création d’entreprises a consisté en la suppression parmi lespièces exigées : du certificat de célibat, de l’attestation de domiciliation ainsi que de la copiecertifiée de la carte nationale d’identité ou de l’acte de naissance. Par ailleurs, une nouvelleprocédure d’obtention du numéro du registre de commerce et du crédit mobilier a vu le jour etl’exigence du titre foncier différé de trois mois. Les coûts de création d’entreprise ont été réduitsde 22% dans les Centres de formalités de création d’entreprises et un délai de 48 heures estdésormais prescrit pour les actes notariés.Le paiement des impôts et taxes a été simplifié par : (i) l’instauration d’un mode unique depaiement par virement bancaire ou par voie électronique ; (ii) l’opérationnalisation du Centre desimpôts destiné aux petites entreprises; (iii) la déclaration de la sécurité sociale en ligne ;(iv) l’application des vignettes sécurisées sur certains produits manufacturés (tabac, alcools).Pour l’exécution des contrats d’affaires et la protection des investisseurs, les Chambrescommerciales auprès des juridictions d’instance ont été créées afin de faciliter les règlements desdifférends commerciaux. Les présidents de ces Chambres ont été nommés et le programmed’informatisation du système judiciaire s’est poursuivi à Yaoundé, notamment en ce quiconcerne le registre de commerce.Dans le domaine du commerce transfrontalier, les réformes ont concerné : (i) la dématérialisationdes procédures à travers le paiement électronique des droits de douanes, la déclaration et ledédouanement des marchandises ; (ii) la création d’une plateforme virtuelle entre le systèmeSYDONIA et le système OSCAR qui permet de repérer des containers ; (iii) l’interconnexiondes bureaux de douane au niveau national.En ce qui concerne l’électricité, la Loi régissant le secteur et consacrant la libéralisation de laproduction, du transport et de la distribution a été promulguée le 14 décembre 2011. Sa mise enapplication devrait induire la réduction des coûts d’accès à l’énergie électrique avec l’entrée denouveaux producteurs.1.3.6.2 Marchés publicsLe Gouvernement a engagé en 2011 une réforme du cadre juridique et institutionnel des marchéspublics qui a abouti à : (i) la création d’un Ministère chargé des Marchés publics (MINMAP) ;(ii) la réorganisation de l’Agence de Régulation des Marchés Publics (ARMP).Ainsi, le MINMAP assure désormais l’attribution des marchés publics. A ce titre, il : (i) lance lesappels d’offres des marchés publics (supérieurs à 50 millions) sous réserve des seuils decompétence des commissions régionales et celles internes ; (ii) procède à la passation des 12
  19. 19. marchés publics et en assure le contrôle d’exécution sur le terrain ; (iii) autorise la passation desmarchés de gré à gré conformément à la réglementation ; (iv) crée les commissions et en nommeles présidents et les secrétaires ; (v) signe les marchés et suit leur exécution avec délégation decette compétence ; (vi) arbitre les différends éventuellement après avis de l’organe de régulation.Aussi ont été mises sur pied : (i) 5 commissions centrales sous l’autorité du Ministre des marchéspublics ; (ii) les commissions ministérielles auprès des services centraux des ministères et decertaines administrations publiques pour les marchés compris entre 5 et 50 millions ; (iii) lescommissions locales (régionales et départementales) auprès des services déconcentrés duMINMAP en remplacement de celles jusque-là existantes auprès des gouverneurs et des préfets ;(iv) les commissions internes, auprès des établissements et entreprises du secteur public etparapublic, des collectivités territoriales décentralisées et des projets ; (v) les commissionsspéciales pour les projets à financement conjoint.Quant à l’ARMP, le décret relatif à sa création, son organisation et son fonctionnement a étémodifié et complété. Ses missions sont restées pratiquement les mêmes, mais la plupart d’entreelles sont désormais exécutées à la demande du MINMAP ou d’autres administrations.1.3.6.3 Entreprises publiquesAu niveau de la Cameroon Telecommunications (CAMTEL), des efforts de restructuration pouradapter l’entreprise à la concurrence ont été entrepris avec la fin des travaux de construction dubackbone national de transmission de la fibre optique. Sur le marché de la téléphonie mobile, leGouvernement, sur la base des manifestations d’intérêt reçues, a achevé la phase de préqualification des candidats pour l’attribution d’une troisième licence.Pour ce qui est de la Cameroon Airlines Corporation (CAMAIR Co), elle a lancé ses activités enmars 2011 et a poursuivi le déploiement de son réseau en Afrique de l’Ouest et dans laCEMAC ; toutes ces destinations sont desservies à partir du hub de Douala. Un plan derenforcement progressif de la flotte a été adopté pour faire face à la vive concurrence.Concernant la CAMPOST, son redressement se poursuit dans le cadre de l’exécution du contratde partenariat signé entre l’Etat et la SOFREPOST. Il s’agit de : (i) la mise en place d’unorganigramme adapté aux besoins de la clientèle ; (ii) la mise en œuvre du plan d’acheminementdu courrier ; (iii) la révision à la baisse du taux d’intérêt servi aux épargnants ainsi que desgrilles tarifaires de tous les produits et prestations. Par ailleurs, des contrats ont été signés aveccertains partenaires comme Bolloré pour l’acheminement du courrier en France, ECOBANKpour offrir des crédits scolaires aux clients, l’Ecole Nationale Supérieure des Postes etTélécommunications pour le renforcement des capacités du personnel, et la Camerounaise desEaux pour le règlement des factures d’eau. Ces actions ont permis une meilleure maîtrise de lasituation financière de la CAMPOST dont le chiffre d’affaires est passé de 4,6 milliards en 2010et à 5,3 milliards en 2011, et le résultat net de -3,1 milliards en 2010 à -1,8 milliard en 2011.S’agissant de la SONARA, le plan de modernisation de la raffinerie a été élaboré. Il permettra detraiter le pétrole lourd et porter la production annuelle à 3,5 millions de tonnes. Sa mise en œuvrenécessite des ressources évaluées à 405,8 milliards. Le financement de la première phase, d’unmontant de 134,5 milliards, a été bouclé avec l’autofinancement et la participation d’un pool debanques locales. Les travaux, réalisés à 75%, devraient s’achever en juin 2013. Pour la deuxièmephase, la SONARA a signé avec une syndication de banques locales, une convention de prêt de75 milliards. Les négociations sont en cours avec des partenaires financiers pour la mobilisationdu reliquat. La fin des travaux de cette phase est prévue au plus tard au premier semestre 2016.S’agissant du Parc National de Matériel de Génie Civil, le processus de réhabilitation décidé parle Gouvernement en 2007 a franchi une étape clef avec la réception de 120 engins neufs destinésà renforcer sa capacité d’intervention. Ces engins ont été réceptionnés et mis en exploitationdepuis février 2012. Dans le cadre du plan de restructuration, un contrat-plan triennal est encours d’élaboration. Ce dernier permettra un retour à un équilibre durable de l’exploitation. 13
  20. 20. 1.3.6.4 Budget programme : une nouvelle ère dans la gestion économique et financièreLe budget programme est un nouvel outil de gestion des finances publiques consistant à élaborer,présenter et exécuter la loi de finances sur la base de programmes. Ce dernier est la structurationd’une politique conduite dans le champ de compétence d’un ministère ou d’une institution, etorientée sur la recherche des résultats précis. Pour comprendre ce qui change par rapport aurégime qui était en vigueur, il faut revenir à l’ordonnance de 1962 qui avait consacré le budgetdit de « moyens » qui reconduisait les crédits votés et donc parfois des projets qui n’étaient pluspertinents au détriment de nouveaux. Les insuffisances de cette pratique que le budgetprogramme vise à corriger sont notamment : (i) la reconduction automatique des crédits d’uneannée à une autre ; (ii) le manque de prévisibilité à moyen terme ; (iii) la dichotomie entre lesbudgets de fonctionnement et d’investissement ; (iv) l’absence d’une exigence de performance.Parmi les principes du budget programme, la pluriannualité et l’exigence de la performanceconstituent un pas en avant dans la modernisation de la gestion économique et financière. Lamesure de la performance fait que le contrôle budgétaire ne soit plus seulement axée sur larégularité mais, sur l’efficacité et l’efficience de la dépense publique. Par ailleurs, avec lapluriannualité, la mise en œuvre des projets peut se dérouler au-delà d’un exercice budgétaire,ce qui garantit une meilleure prévisibilité à moyen terme. C’est également sur ce plan que laprévision joue son rôle.Aux résultats à atteindre, le budget programme associe systématiquement les ressources requises.Sa mise en œuvre nécessite une bonne prévision qui permet de préparer, d’orienter et d’anticiperles effets des décisions de politique économique, financière sociale. La prévision fournit lesindicateurs macroéconomiques et budgétaires projetés et présentés sur une période triennale.Chaque programme, conçu sur base triennale, est assorti d’un objectif et des indicateurs deperformance précis, ce qui permet de suivre et d’évaluer la mise en œuvre effective des projetsde développement.Il reste que la planification et la conduite efficace des projets envisagés vont dépendre de ladisponibilité à bonne date des financements nécessaires. Ceux-ci sont davantage tributaires de laprévisibilité des ressources qui seule garantit leur bonne programmation et leur réalisationeffective dans les délais convenus. C’est aussi à ce titre que la gestion économique et financièrepourrait s’en trouver améliorée.1.3. Perspectives macroéconomiques et budgétaires 2013 1.3.1. Perspectives macroéconomiquesMalgré un environnement international morose et en particulier les risques de stagnation voire derécession chez les principaux partenaires européens, la croissance de l’économie camerounaisepoursuit son accélération enclenchée en 2010. En 2013, la croissance se consoliderait à 6,1%contre 5,1% en 2012.Cette accélération serait liée à la croissance soutenue de l’agriculture tant vivrière qu’industrielleou d’exportation, aux services non marchands des administrations à la faveur des recrutementsdans la fonction publique, à un second élan des BTP avec la mise en œuvre des grands travauxd’infrastructure, et dans leur sillage au dynamisme des industries agro-alimentaires, des branches« transports, entrepôts et communications », « banques et organismes financiers. En même tempsaprès des années de déclin, la production pétrolière rebondit en 2012 puis en 2013. Par ailleurs,après la réalisation du programme thermique d’urgence en 2012, le goulot d’étranglement queconstituait le rationnement en électricité commencera à être dégagé par la mise en service de lacentrale à gaz de Kribi en 2013 qui apportera 216 MW à partir du second trimestre 2013.L’élan devrait continuer en 2014 et 2015 avec des taux de croissance respectifs de 4,8 et 7,3%.Le ralentissement de 2014 s’explique par un passage à vide de la production pétrolière. Laproduction d’électricité croîtrait de 27,8% en 2015 avec la mise en eau au troisième trimestre 14
  21. 21. 2014 du barrage de retenu de Lom Pangar qui fera croître de 170 MW la production des barrageshydroélectriques d’Edéa et de Song Loulou, et la mise en service en décembre 2014 du barragede Mekin d’une puissance de 15 MW. La sylviculture stagnerait en 2013 du fait de la crise dansles principaux pays clients, et repartirait en 2014 et 2015. En dehors de ces trois sous-secteurs,les autres connaîtraient des croissances régulières en 2014 et 2015.Tableau 2 : Taux de croissance du PIB en termes réels (en %) Historiques Estimations Projections 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015Secteur primaire 3,0 5,9 5,2 2,9 6,0 3,1 4,0 3,6 4,6 5,3Agriculture des produits vivriers 3,2 5,6 6,6 5,0 3,7 3,8 4,5 4,1 4,0 4,0Agriculture industrielle et dexportation -3,3 -5,1 2,1 4,2 7,8 -1,6 9,0 4,5 9,3 13,3Elevage, chasse 1,9 4,9 2,8 0,0 2,7 4,1 3,6 2,9 3,5 3,2Pêche 25,2 26,9 -33,0 1,2 3,5 1,9 2,0 3,0 3,0 3,0Sylviculture et exploitation forestière -8,3 2,0 56,9 -10,6 32,8 2,1 -2,6 0,0 7,5 12,4Secteur secondaire 1,8 -1,4 1,2 -2,5 0,5 1,6 6,4 8,7 3,8 12,1Industries extractives 7,6 -7,7 -1,8 -13,6 -12,6 -7,3 9,7 15,8 -6,6 20,8 Dont : Hydrocarbures 7,7 -8,1 -1,8 -13,6 -12,6 -7,3 9,7 15,8 -6,6 20,8Industries Agro-alimentaires -0,7 3,4 1,8 -1,2 5,8 4,2 5,5 4,9 4,3 4,5Autres Industries manufacturières -0,6 -1,0 4,4 -0,9 1,1 1,2 3,8 6,4 5,2 12,2Electricité, gaz et eau 3,3 4,5 5,7 -0,6 3,9 3,6 4,5 18,4 5,5 27,8BTP 4,0 0,5 -8,2 12,5 9,1 9,6 13,9 12,5 11,7 10,9Secteur tertiaire 3,5 5,0 2,3 3,5 4,0 5,5 5,0 5,9 5,3 5,7Commerce, restaurants et hôtels 1,8 2,0 0,3 -0,1 1,9 4,8 2,8 5,5 4,3 5,4Transports, entrepôts, communications 11,9 9,2 8,6 7,5 5,2 4,7 8,5 8,3 7,9 8,3Banques et organismes financiers -3,9 6,6 7,2 3,8 6,1 8,4 5,9 5,0 6,0 5,3Autres services marchands 1,5 5,8 -2,3 7,4 7,5 4,7 5,4 4,8 6,0 5,3SIFIM (serv. Dintermé. indirect. mesurés) -3,8 -7,7 6,3 -6,0 4,3 3,7 4,0 2,8 2,6 2,3Services non marchands des APU 2,9 6,0 4,2 3,5 3,7 4,6 5,4 5,1 3,7 3,7Autres services non marchands 2,7 7,7 4,8 4,5 5,2 3,3 4,4 4,3 4,3 4,1PIB aux coûts des facteurs 2,9 3,3 2,6 1,7 3,5 3,9 5,1 6,1 4,8 7,3Impôts et taxes moins subventions (% PIB) 7,3 2,9 6,0 4,9 0,4 6,7 6,7 6,7 6,7 6,7PM: impôts et taxes (%PIB CF) 8,2 8,2 8,5 8,7 8,5 8,7 8,7 8,7 8,7 8,7PIB 3,2 3,3 2,9 1,9 3,3 4,1 5,1 6,1 4,8 7,3Source : MINFI/ DAEDans le secteur primaire, la réhabilitation des fermes de multiplication des semences, la mise àdisposition des semences pour plusieurs spéculations (riz pluvial, maïs, manioc, banane plantain,pomme de terre, igname), l’aménagement des bassins de production, l’acquisition des engrais àmoindre coût, ainsi que la demande régionale et locale, contribueraient à augmenter laproduction vivrière. Parallèlement, l’extension des superficies (cacao, hévéa, coton, huile depalme), l’amélioration de la productivité, la distribution des plants à haut rendement, l’entretiendes vergers, ainsi que l’entrée en production de nouvelles plantations, stimuleraient la productiondes cultures de rente. En ce qui concerne le bois, la crise dans la zone euro et le ralentissement dela Chine expliquent la stabilité projetée de la production en 2013 ; mais la croissance de cettebranche repartirait en 2014, le MINFOF continuant à attribuer des concessions forestières et des 15
  22. 22. ventes de coupe. Sur la période 2013-2015, la croissance du secteur primaire est projetée à 4,5%en moyenne et sa contribution à la croissance à 1%.Le secteur secondaire connaîtrait l’accélération de croissance la plus forte. De 6,4% en 2012 et8,7% en 2013, son taux de croissance atteindrait 12,1% en 2015. Ce boom est sous tendu par lacroissance des industries extractives consécutive à la réouverture de certains puits, à l’entrée enexploitation de nouveaux, ainsi qu’à l’amélioration des taux d’extraction dans les champsmatures. L’ensemble du secteur industriel bénéficiera d’une meilleure fourniture en énergieélectrique. Les grands chantiers (bitumage, construction et réhabilitation des routes, programmede construction de logements sociaux, construction des ponts ...) accéléraient la croissance desBTP. Ainsi, la croissance du secteur secondaire pourrait avoisiner 8,2% en moyenne sur lapériode 2013-2015 et, le secteur contribuerait pour 2% à la croissance.La croissance du secteur tertiaire est estimée à 5% en 2012 et prévue à 5,9% en 2013. Le secteur,qui a représenté 43,2% du PIB en 2011, bénéficie du dynamisme des secteurs primaire etsecondaire. En matière de télécommunications en particulier, il est prévu l’octroi de nouvelleslicences et l’entrée de nouveaux opérateurs sur le marché de la téléphonie mobile. Sur la période2013-2015, la croissance du secteur tertiaire serait de 5,7% en moyenne et sa contribution à lacroissance de 2,6%.Du côté de la demande l’absorption interne continue de soutenir la croissance, tirée par ses deuxcomposantes que sont la consommation et l’investissement. De 5,4% en 2012, la contribution àla croissance de la demande intérieure est projetée à 6,2% en 2015. Sur la période 2013-2015, lacontribution moyenne à la croissance serait de l’ordre de 5,6% dont 3,7% pour la consommationet 2% pour l’investissement. La contribution à la croissance de la demande extérieure deviendraitpositive à hauteur de 0,4% en moyenne.Concernant les prix, l’inflation est projetée à 3%, nonobstant le poids sur les finances publiquesdu blocage des prix des carburants à la pompe et de la subvention à la SONARA. Les termes del’échange redeviendraient défavorables (-6% en moyenne sur la période 2012-2015) à causenotamment de l’amorce d’un moindre appétit de la Chine pour les matières premières.A prix constants, le PIB non pétrolier est projeté à 5,7% en 2013 et son déflateur à 2,5%. On endéduit un taux de croissance de 8,2% de la valeur nominale du PIB non pétrolier sur laquelle estadossée la projection des recettes non pétrolières. 16
  23. 23. Tableau 3 : Quelques indicateurs clés de l’économie camerounaise Historiques Estimations Projections 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015PIB à prix courant (milliards deFCFA) 10444 11040 11700 12546 13488 14589 15468 17015 PIB pétrolier 911 789 757 941 1045 1107 1005 1186 PIB non pétrolier 9533 10251 10943 11605 12443 13482 14463 15829PIB à prix constant 8699 8867 9157 9536 10023 10633 11138 11954 PIB pétrolier 488 421 368 342 375 434 405 489 PIB non pétrolier 8211 8445 8788 9194 9649 10200 10734 11465 Croissance annuelle (en %)PIB à prix constant 2,9 1,9 3,3 4,1 5,1 6,1 4,8 7,3 PIB pétrolier -1,8 -13,6 -12,6 -7,3 9,7 15,8 -6,6 20,8 PIB non pétrolier 3,2 2,9 4,1 4,6 4,9 5,7 5,2 6,8PrixDéflateur du PIB 3,8 3,8 2,7 3,1 2,4 2,1 1,3 2,7Déflateur du PIB pétrolier -1,6 0,3 9,7 34,0 1,3 -8,5 -2,7 -2,3Déflateur du PIB non pétrolier 4,4 4,5 2,6 1,4 2,2 2,5 1,9 2,5Prix à la consommation 5,3 3,0 1,3 2,9 3,0 3,0 3,0 3,0Prix des exportations 20,0 -15,4 26,3 24,3 1,3 -1,8 -2,5 -2,2 dont prix du pétrole camerounais 29,6 -29,1 31,3 27,0 8,4 -3,0 -2,4 -2,1Prix des importations 1,4 3,1 9,2 2,2 11,6 3,5 1,8 1,9Termes de léchange 18,7 -18,5 17,0 22,1 -10,2 -5,3 -4,2 -4,1Répartition sectorielleSecteur Primaire 5,2 2,9 6,0 3,1 4,0 3,6 4,6 5,3Secteur Secondaire 1,2 -2,5 0,5 1,6 6,4 8,7 3,8 12,1 dont pétrole -1,8 -13,6 -12,6 -7,3 9,7 15,8 -6,6 20,8Secteur Tertiaire 2,3 3,5 4,0 5,5 5,0 5,9 5,3 5,7 En pourcentage du PIBRépartition sectorielleSecteur Primaire 21,6 21,7 21,7 21,7 22,1 21,6 21,7 21,2Secteur Secondaire 26,7 27,6 27,7 27,3 27,5 27,6 26,8 27,9 dont pétrole 8,7 7,1 6,5 7,5 7,7 7,6 6,5 7,0Secteur Tertiaire 43,9 43,0 43,2 43,2 42,9 43,3 43,9 43,4Impôts et taxes moins subventions 7,8 7,7 7,4 7,8 7,6 7,6 7,6 7,6Les composantes de la demandeConsommation 85,9 86,5 86,6 87,5 85,2 84,3 83,2 81,1 Privée 75,1 75,2 75,0 75,9 73,5 72,9 72,5 71,1 Publique 10,8 11,3 11,6 11,6 11,8 11,4 10,7 10,0FBCF 17,6 17,8 19,0 20,6 22,3 22,8 24,4 24,5 Privée 15,2 15,6 16,7 18,2 19,5 19,8 21,2 21,2 Publique 2,4 2,2 2,2 2,4 2,8 2,9 3,2 3,3Exportations B&S 24,1 16,0 17,3 18,4 19,7 19,4 18,2 19,1Importations B&S 28,2 21,0 23,0 26,5 27,3 26,4 25,9 24,7GouvernementRecettes hors Dons 19,7 16,3 15,4 16,9 16,9 16,8 18,7 19,3 Pétrolières 7,8 4,6 4,2 5,1 4,9 4,8 4,3 4,4 non pétrolières 11,9 11,7 11,1 11,8 12,0 12,0 14,4 14,9 non pétrolières (% PIB non pétrolier) 13,0 12,6 11,9 12,7 13,0 13,0 15,4 16,0Dépenses 18,4 17,5 17,2 19,7 19,4 24,9 26,8 27,5 Courantes 13,0 13,5 13,7 14,1 13,5 17,6 18,1 17,9 en capital 5,6 4,0 3,6 5,5 5,9 7,3 8,7 9,7Secteur extérieurBalance commerciale 2,0 -1,7 -0,9 -2,2 -1,8 -2,1 -3,3 -1,9Solde compte courant -0,9 -4,8 -3,4 -2,8 -1,9 -2,0 -2,5 -1,1Source : MINFI/DAE 17

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