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d’admirations. Créatifs, inventifs, en osmose complète avec la société actuelle, ces médias réussissent unpari périlleux :...
Je partais alors avec une idée bien précise de la réponse que j’allais y apporter, la solution ne pouvantêtre, selon moi, ...
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PREMIERE PARTIEETUDE D’UNE SOCIETE ET DE SON   SYSTEME D’INFORMATION                                9
Afin de comprendre les enjeux de notre sujet et de parfaitement en appréhender les tenants et lesaboutissants, il est prim...
Bretagne, le Times. Inchangé depuis, il fait office de symbole et d’exemple pour la plupart des rédactionset étudiants en ...
En 1887, la France connaît les débuts de la presse spécialisée avec la première édition du journal Améri-cain à tendance é...
La seconde moitié du XXème siècle sera marquée par l’expansion de la presse magazine, les journauxse diversifient pour rép...
largement entendu par la population. Cette emprise de l’état sur la radio durant la guerre mènera, lors dela libération, à...
Cinématographique aux Armées, et diffusent les annales de la guerre, un programme diffusé juste avantle grand film, afin d...
A l’instar de la visite du Tsar Nicolas II à Paris, la diffusion du couronnement de la reine Elizabeth II, le 2juin de la ...
Elles proposent alors un tout nouveau genre de contre programme : alors que les chaînes proposent desfilms, elles proposer...
A. QUELQUES DEFINITIONS DU MOT “JOURNALISME”:    ●    Dictionnaire Larousse:1. Ensemble des activités se rapportant à la r...
●    Dictionnaire de TV5 Monde:(nom commun) personne qui collabore à la rédaction d’un journal.Là aussi, la profession de ...
quelques uns des résultats de cette enquête, ce qui nous permettra de nourrir notre réflexion quant à ladéfinition de l’in...
l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cetteliberté, dans les c...
qu’elle peut avoir. L’affaire Wikileaks et les débats d’opinion qu’elle a engendrés par la suite se trouveêtre l’applicati...
vera donc parfois en situation dillégalité. L’application de ces chartes n’ayant aucune valeur juridique,qu’elle soit nati...
revanche, les journalistes sont légalement contraints de dénoncer tout crime et délit dont ils auraient con-naissance. Dan...
riodiques ou dans une ou plusieurs agences de presse et qui en tire le principal de ses ressources (art. L.761-2). L’obten...
la définition d’un langage commun rendant possible la communication entre tous les ordinateurs et lesréseaux existants.En ...
En 1995, les sites de ventes en ligne Amazon et eBay apparaissent sur la toile. Un an plus tard, alors que10 millions d’or...
ces dernières années, l’emploi de cette notion est devenu un véritable phénomène de mode. Pourtant, peude personnes sont f...
On comprend que le web 2.0 est devenu le terme adopté par tous pour désigner les nouvelles interfaces,les applications qui...
Le wiki est un autre de ces éléments aujourd’hui indissociables du web 2.0. Inspiré de l’expressionhaïtienne Wiki Wiki sig...
c) LES ENJEUX ACTUELSInternet est donc un lieu public sur lequel les populations du monde entier publient, échangent, modi...
A. LE CONSOMMATEUR ET INTERNET:Selon une étude Médiamétrie du 10 février 2011, Internet compte 22 millions d’internautes f...
facilement une notoriété, une image publique. La difficulté du moment étant devenue de contrôler cetteimage. L’internaute ...
c) LE MODE COLLABORATIF ET LE CLOUD COMPUTING:La majorité des grands groupes internet proposent, depuis quelques années dé...
années et les parts d’audiences ne cessent de diminuer. Nous ne nous arrêterons pas ici sur ce constat,mais plutôt sur la ...
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Mémoire de Maeva Demay, étudiant en dernière de communication à l'EFAP Bordeaux.

Elle a contribué sur Infolab ( http://blogs.lexpress.fr/infolab )

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  1. 1. REMERCIEMENTSEn premier lieu, je souhaite remercier toutes les personnes qui m’ont aidée, soutenue et encouragéedurant la réalisation de ce mémoire :Joël Aubert, directeur de publication du site Aqui !, qui a soutenu ma démarche en acceptant de devenirmon parrain, pour son inspiration aussi et la passion avec laquelle il évoque sa profession ;Caroline Perret, directrice de mon mémoire, pour ses conseils, son écoute et sa disponibilité,Thierry Guillemot, rédacteur en chef de TV7, pour m’avoir reçue, écoutée et guidée alors même quemon mémoire n’était qu’une suite d’interrogations personnelles ;Laurent François, responsable marketing et développement du groupe L’Express Roularta, pour letemps qu’il m’a accordé lors de nos divers entretiens, les informations qu’il a accepté de me communi-quer, d’une aide précieuse tout au long de la réalisation de ce mémoire, mais aussi pour l’intérêt qu’il y aporté ;Alexandre Kara, journaliste au service politique de France 2, pour avoir pris le temps de répondre à mesinterrogations ;L’équipe pédagogique de l’EFAP, pour leur écoute, leur disponibilité et l’occasion qu’ils m’ont offertede travailler sur la réalisation de ce mémoire de fin d’études. 1
  2. 2. SOMMAIREINTRODUCTION………………………………………………………………………………………….3PREMIERE PARTIE : ETUDE D’UNE SOCIETE ET DE SON SYSTEME D’INFORMATION………9I. HISTORIQUE .................................................................................................................................................... 10 A. La presse écrite : ............................................................................................................................. 10 B. La radio : ......................................................................................................................................... 13 C. La presse filmée : ............................................................................................................................ 14 D. Du Grand au petit écran : ................................................................................................................ 15II. JOURNALISTE ET JOURNALISME, DÉFINITION D’UNE PROFESSION: ................................................ 17 A. Quelques définitions du mot “journalisme”: ................................................................................... 18 B. Quelques définitions du mot “journaliste”: ..................................................................................... 18III. GRANDS PRINCIPES ET TEXTES FONDATEURS : .................................................................................... 20IV. INTERNET ......................................................................................................................................................... 25 A. Historique ........................................................................................................................................ 25 B. Le web 2.0 ....................................................................................................................................... 27 a) Origines et définition : ................................................................................................................ 27 b) Eléments constitutifs: .................................................................................................................. 29 c) Les enjeux actuels ....................................................................................................................... 31V. LE CONSOMMATEUR..................................................................................................................................... 31 A. Le consommateur et internet: .......................................................................................................... 32 a) “All about me” : Lheure du réseautage et du personnal branding : ............................................ 32 b) La géolocalisation et la mobilité: ................................................................................................ 33 c) Le mode collaboratif et le Cloud Computing:............................................................................. 34 B. Le consommateur, ses médias et son actualité ................................................................................ 34 C. Le consommateur et ses attentes ..................................................................................................... 37SECONDE PARTIE : A LA RECHERCHE DUN NOUVEAU MODELE…………………………40I. LES MEDIAS TRADITIONNELS REORGANISENT LA TRADITION ........................................................ 41 A. Une information professionnelle rassurante.................................................................................... 41 2
  3. 3. B. De nouvelles fonctionnalités intègrent l’internaute au fonctionnement du journal en ligne ........... 42 a) Les commentateurs : ................................................................................................................... 42 b) Les blogueurs associés : .............................................................................................................. 43 c) Les communautés :...................................................................................................................... 44 C. Leurs limites : ................................................................................................................................. 45 a) Un dialogue unilatéral : ............................................................................................................... 45 b) Une externalisation vers des blogs internes: ............................................................................... 46 D. Synthèse : ........................................................................................................................................ 47II. LES PURE PLAYERS, LINFORMATION RÉINVENTÉE : ........................................................................... 48 A. Les pionniers, à la découverte d’un nouveau mo(n)de d’information: ........................................... 48 B. Les créatifs, les laboratoires de développement du web 2.0 : ......................................................... 52DE LOPTIMISATION DU TRAITEMENT DE LINFORMATION…………………………………56I. LA QUALITE DE L’INFORMATION : ............................................................................................................ 57 A. La vérité : ........................................................................................................................................ 57 B. La responsabilité : ........................................................................................................................... 57 C. La contextualisation et l’aide à la compréhension : ........................................................................ 58 D. La diversité : ................................................................................................................................... 59II. LE TRIPTYQUE DE L’INFORMATION : ....................................................................................................... 60 A. Les faits : ......................................................................................................................................... 61 a) La source : ................................................................................................................................... 61 b) La vérification : ........................................................................................................................... 62 c) Les données :............................................................................................................................... 63 B. Les opinions : .................................................................................................................................. 64 a) Le billet/ Le post : ....................................................................................................................... 64 b) Le commentaire : ........................................................................................................................ 65 c) L’enquête : .................................................................................................................................. 66 C. La conversation ............................................................................................................................... 67 a) Principe : ..................................................................................................................................... 67 b) Spécimen : ................................................................................................................................... 68CONCLUSION………………………………………………………………………………………….70SOURCES………………………………………………………………………………………………..73ANNEXES………………………………………………………………………………………………..76 3
  4. 4. La presse et les journalistes font face, depuis quelques années déjà, à une véritable crise des mé-dias. Entre perte d’Audimat et fuite des budgets publicitaires, les groupes de presse s’effondrent. Le jour-nal Libération passe de 137 000 ventes quotidiennes en 2005 à moins de 112 000 ventes pour l’année2009; Le Monde subit une perte de près de 33 000 lecteurs sur cette même période citée, le tout lui valantune dette de plus de 125 millions d’euros1, qui force la direction à mettre le groupe en vente en juin 2010.La fin des journaux est décrite dans un certains nombres de livres, tous traitant le sujet sous un angle dif-férent mais la grande majorité prévoyant le déclin de la presse écrite et la fin du journalisme.Véritable crise des médias, la profession doit aussi essuyer de nombreuses critiques : Manqued’autonomie, autocensure, liaisons politiques et économiques, sensationnalisme, conformisme... Sontautant de reproches auxquels les journalistes doivent aujourd’hui faire face. Nous assistons à une réellecrise de confiance du public vis à vis de leurs médias. Florence Aubenas, consciente de cette probléma-tique, introduit son livre La fabrication de l’information, les journalistes et l’idéologie de la communica-tion par un constat assez sombre : « Après avoir longtemps cru qu’une chose est vraie ‘parce qu’elle est écritedans le journal’, la conviction populaire s’est inversée. De paroles sacrées, les nouvelles données par la presse sesont faites, aux yeux de ceux qui les lisent, forcément fausses, ou toujours suspectes. En se branchant sur le journaltélévisé, la première curiosité est devenue ‘Qu’est ce qu’ils vont encore nous faire croire?’ Il n’y a aujourd’hui plusune analyse de taux de lecture qui n’a intégrée cette méfiance dans ses évaluations. » En effet, on peut notam-ment citer le baromètre de confiance des médias, édité chaque année par TNS Sofres pour le journal LaCroix et aujourd’hui repris et analysé par l’ensemble des médias. Cette crise de la presse débute alorsmême que parallèlement, internet connaît une expansion sans précédent. Il apparaîtra même comme l’unedes plus grandes menaces que les journalistes aient du affronter. Pourtant, Internet permet aussi de nou-velles possibilités. Bien longtemps restés sourds face à la réalité du marché, les médias se réorganisent et tentent unenouvelle approche du journalisme. Mêlant les codes journalistiques à ceux de la communication, la pressecherche à retrouver son lecteur sur la base d’un nouveau fonctionnement, d’une nouvelle vision del’information. Il apparaît que ces réponses aux maux du journalisme passent, pour la majorité, parl’interaction, la participation de l’internaute. Qu’il soit placé comme simple participant au débat surl’actualité ou, à son extrême, comme rédacteur à part entière, l’internaute a enfin la possibilité de cons-truire un média qui lui ressemble. Ces tentatives, aujourd’hui reconnues, font l’objet de nombre1 Source OJD, 2010 4
  5. 5. d’admirations. Créatifs, inventifs, en osmose complète avec la société actuelle, ces médias réussissent unpari périlleux : Relancer l’intérêt du lecteur, et notamment des jeunes, pour l’information.Cette mutation constitua l’un des items abordés aux états généraux de la presse écrite, lancé en 2005 parle Président de la République ; mais a aussi donné lieu, depuis, au Spiil, Syndicat de la Presse Indépen-dante en Ligne. Nous assistons à une réelle prise de conscience nationale. La réorganisation d’un systèmequi n’avait pas subit de telles modifications depuis l’avènement de la télévision. Alors que ce processusdure depuis un peu plus de 5 ans déjà, il commence seulement à s’introduire réellement dans les mœursdu public et de la profession. Pour preuve, le prix Pulitzer du journalisme d’investigation a, pour la pre-mière fois en 2010, récompensé deux journalistes web : Sheri Fink, pour un article publié sur le site Pro-Publica, The Deadly Choices at Memorial, sintéressant de près à un centre médical de la Nouvelle-Orléans après le passage de l’ouragan Katrina; Le second récompensant le site du San Francisco Chro-nicle dans la catégorie du meilleur dessin de presse. Ces deux récompenses sont, pour les journalistesweb, le signe tant attendu d’une reconnaissance de leurs pairs vis à vis de leur travail. C’est aussi, pourmoi, l’occasion de m’interroger sur la profession et ses évolutions. Passionnée de communication et fascinée par le monde du journalisme, il était tout naturel dechoisir un sujet de mémoire en lien direct avec ces deux domaines, différents par certains aspects, maistoujours liés, complémentaires. C’est en premier lieu pour cette raison que je me suis intéressée de près àl’évolution des médias d’information sur internet, leur mutation résultant d’une étude de marché, d’uneétude du consommateur d’information. C’est en m’entretenant sur le sujet avec Thierry Guillemot, rédac-teur en chef de TV7 Bordeaux, qu’une première interrogation est apparue : A l’instar de la télévision, lessites web d’informations sont ils plutôt des médias de l’offre ou des médias de la demande ?L’intervention de l’internaute dans le choix de l’information, la capacité à « zapper » d’un site à un autrerappelait ainsi, dans un processus plus évolué puisque facilité par les nouvelles technologies, des pro-blèmes déjà soulevés pour la télévision, entre programmes culturels et divertissements.Nous en arrivions donc à parler de l’émergence du « journalisme lol », terme désignant des articles néces-sairement tournés sur un angle comique de manière à attirer le lecteur et provoquer « le clic ». Tant desujets qui tournaient finalement tous autour des deux même notions : Le public, que nous appellerons icil’internaute ; et la qualité de l’information. Ainsi, au fil de la conversation, et après réflexion, ma problé-matique avait évoluée : L’intervention de l’internaute dans le processus d’information nuit-elle à la qua-lité du journalisme ? 5
  6. 6. Je partais alors avec une idée bien précise de la réponse que j’allais y apporter, la solution ne pouvantêtre, selon moi, que négative. C’est avec ces aprioris que j’ai rencontré mon parrain, M. Joël Aubert, di-recteur de publication d’Aqui.fr. Véritable entretien autour du journalisme, nous avons eu la possibilitéd’échanger autour des diverses problématiques que j’avais en tête, autour de l’actualité des médias, maisaussi et surtout autour de leur avenir. Enrichissant en tout point, c’est pourtant la fin de notre entrevue,teintée d’optimisme et marquée par le plaisir que mon interlocuteur ressentait en parlant de son métier,que ma réflexion a évoluée, mûrie. Cette rencontre a été décisive quant à l’évolution de mon mémoire2.Trop orientée, elle ne correspondait pas suffisamment aux réelles problématique actuelle, ne laissant laplace ni au doute, ni à d’éventuelles solutions. Ainsi, il m’a semblé plus cohérent d’ouvrir cette probléma-tique de manière à introduire un aspect plus positif à ma réflexion. Ainsi, la problématique retenue pource mémoire est : L’intervention de l’internaute améliore ou détériore t’elle la qualité de l’information ?C’est donc cette problématique qui me guidera tout au long de mes recherches, à l’instar du journalistesouhaitant créer un nouveau média répondant aux attentes des internautes, tout en conservant la qualité del’information qu’il y fournira. De la même manière, nous commencerons ici par revenir sur les fondamen-taux de la profession. Le journalisme étant intrinsèquement lié à son histoire et à la société dans laquelle ilévolue, il est évident que ce sont deux facteurs qu’il nous faudra étudier en priorité. De même, le métierde journaliste subissant aujourd’hui une réelle remise en cause, nous tenterons d’apporter une définition,la plus actuelle possible, de la fonction, du rôle et des missions dont doivent s’acquitter tout bon journa-liste. Nous y parviendrons notamment par l’étude des textes fondamentaux de la profession, encore au-jourd’hui à la base de son fonctionnement.Internet est un média complexe et en perpétuelle évolution, nous devrons donc y accorder une attentiontoute particulière, détaillant son histoire, ses diverses transformations et les fonctionnalités qu’il renddésormais possible. Nous nous pencherons plus particulièrement sur l’étude de ce qui fait aujourd’huison franc succès, entre web 2.0 et nouveaux usages des médias.Bien sûr, l’internaute étant l’un des pivots de notre problématique, nous ne pourrions traiter de notre sujetsans définir au préalable ce qu’est aujourd’hui le consommateur d’information. Entre son usage2 Le compte rendu de cette interview est disponible en annexe 6
  7. 7. d’internet, son rapport aux médias mais aussi ses attentes réelles, nous tenterons d’établir une analyse laplus précise possible d’un acteur devenu désormais indispensable à l’information. Pour y parvenir, nousnous baserons en grande majorité sur une étude, encore inédite, menée cette année par le service marke-ting du groupe de presse l’Express Roularta ; et dont certains résultats m’ont été expliqués par LaurentFrançois, son directeur marketing et développement. Une fois les limites et les notions fondamentales de notre sujet définies, son traitement nécessiteforcément une approche plus pratique ; une analyse de ce que l’internaute peut aujourd’hui retrouver surla toile, en termes de médias d’information. Il s’agit donc d’établir un benchmark1 de ce qui se fait actuellement comme sites d’information, d’analyser et comparer nos différentsexemples et d’en retirer une critique la plus objective possible des médias internet et du métier de journa-liste tel qu’il est sur le web. Pour ce faire, nous étudierons dans un premier temps l’évolution des médiastraditionnels et leur mutation sur internet ; leur réorganisation, les nouvelles fonctionnalités qu’ils ontintégrés et ce, au travers des commentaires, des blogs associés et de la mise en place de véritables com-munautés de lecteurs. Par la suite, nous nous intéresserons aux médias qui, plutôt que de muer, ont fait lechoix de se réinventer intégralement. Crées spécialement pour fonctionner sur internet, nous verronsl’émergence des Pure Players, leur singularité et la valeur ajoutée qu’ils apportent à l’information surinternet. Etant aujourd’hui nombreux, nous les classerons en deux catégories distinctes : Les pionniers, àla découverte d’un nouveau monde d’information et les créatifs, véritables laboratoires de développement.Bien sûr, il s’agit par la suite de fournir une synthèse, la plus réaliste possible des pratiques actuelles dujournalisme web, du traitement de l’information et d’en analyser les avantages, comme les inconvénients. En définitive, cette analyse approfondie, couplée aux recherches effectuées en premier temps,nous permettront d’apporter un certain nombre de réponses à la problématique initiale. Après une pre-mière phase durant laquelle nous établirons nos conclusions quant à cette étude, nous verrons par la suitecomment mettre en place un traitement de l’information utilisant les possibilités offertes par Internet touten conservant les notions fondamentales qui permettent au journaliste de fournir une information la plusqualitative possible.11 Le benchmarking (ou analyse comparative) est une technique utilisée en marketing qui consiste à étu-dier et analyser les techniques de gestion, les modes dorganisation des autres entreprises afin de seninspirer et den retirer le meilleur. 7
  8. 8. Tout l’intérêt de mon mémoire se retrouve dans la mise en place d’un système d’information appliqué àinternet, prenant en compte l’internaute et sa participation, mais aussi et surtout, la place que doit au-jourd’hui occuper le journaliste. 8
  9. 9. PREMIERE PARTIEETUDE D’UNE SOCIETE ET DE SON SYSTEME D’INFORMATION 9
  10. 10. Afin de comprendre les enjeux de notre sujet et de parfaitement en appréhender les tenants et lesaboutissants, il est primordial de commencer ce mémoire par les premières fondations de la presse et dumétier de journaliste à travers les différents types de médias d’information (journal, radio et télévision). Ils’agit d’en établir un rapide historique, afin de saisir l’évolution et les mutations qu’il a subi à travers letemps. En effet, le journalisme est un métier nécessairement lié à la société, à l’histoire et aux diversestransformations du monde qui nous entoure. Son futur et les bouleversements qu’il subit actuellementsont donc obligatoirement liées à son passé. I. HISTORIQUE A. LA PRESSE ECRITE :La presse est, comme nous l’avons dit, liée à l’Histoire. Révolutions technologiques, économiques et so-ciales accompagnent son développement. On associe ainsi très naturellement la naissance de la presse àcelle de l’imprimerie, par Gutemberg en 1430, puisque cette dernière permet une plus large diffusion desécrits et donne donc la possibilité à un plus large public d’y avoir accès. L’information n’est plus uneaffaire de privilégiés, elle concerne le peuple dans sa grande majorité.Le premier journal à être reconnu en tant que tel dans notre pays, est celui d’un médecin français quiobtint, en 1631, le privilège royal de pouvoir imprimer une parution de 4 pages. C’est alors qu’apparaît laGazette de Théophraste Renaudot, le père de la presse écrite française. Avec cette gazette, plusieurs con-cepts toujours d’actualité verront le jour. C’est le cas des illustrations qui, encore aujourd’hui, viennentappuyer les informations quotidiennes ; des espaces publicitaires et des éditoriaux. C’est aussi la premièrefois qu’est introduit en France le principe d’informations factuelles. « Les faits, pas les commentaires »est devenu, depuis, l’un des dictons favoris des journalistes et des rédacteurs en chefs.Tirée à plus d’un million d’exemplaires entre 1631 et 1638, la Gazette et son fondateur se heurtent alors,en moins de 7 ans, à la censure royale. La panique du roi face à cette publication, dont l’importance dulectorat devient de plus en plus incontrôlable, ralentit le développement de la Gazette. A l’époque, lesrédacteurs ne sont pas des hommes faisant profession d’informer mais des hommes politiques, des écri-vains, des philosophes ou des artistes.En 1788, le premier quotidien fait son apparition et les français peuvent désormais lire, chaque jour, lejournal de Paris. Un an plus tard, un journal de référence dans le monde journalistique est crée en Grande 10
  11. 11. Bretagne, le Times. Inchangé depuis, il fait office de symbole et d’exemple pour la plupart des rédactionset étudiants en journalisme.La liberté de la presse est introduite par l’article 11 de la déclaration des droits de l’homme et du ci-toyen, stipulant que « la libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux del’homme ; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement (...) ».Il s’agît de la première déclaration officielle de ce qui sera, par la suite, l’un des principes les plus impor-tants, mais aussi les plus disputés de l’histoire du journalisme.Le XIXème siècle est historiquement considéré comme l’âge d’or de la presse. A cette période, les An-glais mettent en place la fameuse règle de trois, appelé le LEAD, soit l’importance des trois questionssuivantes : où, quand et comment. Depuis, chaque journaliste apprend à construire son sujet de manière àrépondre à ces interrogations.C’est aussi l’époque de la révolution industrielle. La presse se multiplie et devient, au fur et à mesure, uneinstance si importante qu’on la considère alors comme le quatrième pouvoir. C’est grâce à cette considé-ration qu’elle gagne ses lettres de noblesses. Face à la politique, à l’économie et à la société, la presses’oppose. C’est notamment à cette période que survient la fameuse affaire Dreyfus, première réelle oppo-sition médiatique au pouvoir politique en place.Bien que plus largement diffusée, la presse de l’époque reste tout de même une affaire intellectuelle, ré-servée aux bourgeois et aux grands penseurs. La majorité des journalistes n’en sont pas réellementpuisque le terme ne sera utilisé qu’à partir de 1870 et qu’il s’agît en grande partie d’hommes de lettres,d’hommes politiques, de scientifiques ou encore de philosophes.En février 1863, Moïse Polydore Millaud lance Le Petit Journal, notamment grâce à l’invention de lapresse cylindrique, permettant une impression à plus grand tirage. Avec ce quotidien, il devientl’initiateur de la presse populaire. Mélange de publicité et d’histoires racoleuses (beaucoup de faits di-vers), il est tiré en 1880 à plus d’un million d’exemplaires.L’année 1881 marque une étape primordiale pour le journalisme : la première loi sur la liberté de lapresse est votée. Elle n’est pas conséquente mais énonce clairement l’idée voulue : « l’imprimerie et lalibrairie sont libres ». C’est grâce à cette simple phrase, première déclaration légale à protéger les journa-listes, que la presse est officiellement libre. 11
  12. 12. En 1887, la France connaît les débuts de la presse spécialisée avec la première édition du journal Améri-cain à tendance économique, le N.Y Herald tribune.Le XXème siècle débute en pleine guerre mondiale. Les premiers correspondants de guerre font leurapparition, le plus célèbre d’entre eux étant Robert Capa. Pour l’anecdote, il est important de se souvenirque les correspondances de l’époque se faisaient à l’aide de pigeons voyageurs, les citoyens n’ayant pasaccès aux technologies auxquelles nous sommes habitués. Mais cette époque marque aussi une forte rup-ture dans l’histoire de la presse et du journalisme. En effet, 2 facteurs vont forcer la profession à serestructurer: d’une part, les journalistes ont pour la plupart participé à la propagande de guerre, perdantainsi l’essence même du métier. D’autre part, la guerre a fortement touchée l’économie française, causantla fragilité de l’économie de la presse. En réaction à la censure et à la propagande dont les journaux sesont fait l’outil, Maurice et Jeanne Maréchal créent en 1915 le Canard Enchaîné, journal satirique et con-testataire, aujourd’hui encore, bien connu des français.Pour les même raisons, le 10 mars 1918, à l’initiative de 15 journalistes voulant structurer et défendre laprofession, le Syndicat National des Journalistes est crée. Il a pour mission de défendre et de disciplinerla profession, bien trop discréditée lors de la guerre. Afin de regagner la confiance de la population, leSNJ met en place, en juillet 1918, “la charte des devoirs professionnels des journalistes français”.Entre 1922 et 1938, il se bat pour obtenir une véritable reconnaissance de la profession. Le statut légal dejournaliste ne sera obtenu qu’en mars 1935, lors de la mise en place de la loi Gernut-Brachard et lacréation, un an plus tard, de la commission de la carte d’identité des journalistes et de la carte de presseen mai 1936.Malgré tous ces efforts, la seconde guerre mondiale provoquera la même utilisation des médias à des finspropagandistes. En effet, nombreux sont ceux qui participeront à l’expansion du régime de Vichy. Pour-tant, une nouvelle forme de presse, clandestine, continue de lutter avec la résistance et participe ainsi aurenouvellement de la presse française. A la libération, les ordonnances de 1944 vont imposer une véri-table épuration : Tous les journaux ayant collaboré sont supprimés, les membres de leur rédaction serontmême, pour la plupart, jugés. C’est à cette période, en 1945, qu’est signée “La charte des droits et desdevoirs de la presse”.A dater de ce moment, la presse est désormais dotée d’un devoir de service public aux yeux des citoyens. 12
  13. 13. La seconde moitié du XXème siècle sera marquée par l’expansion de la presse magazine, les journauxse diversifient pour répondre notamment à un nouveau besoin de divertissements et de sujets de fonds.Notons la création en 1953 du premier newsmagazine français, l’Express, par Jean Jacques ServantSchreiber et Françoise Giroud. S’en suivrons, les créations du Nouvel Observateur, de Marianne, duPoint et en 1990 du magazine Courrier International.Dix ans plus tard, un nouveau type de presse vient chambouler l’organisation en place, il s’agit del’arrivée des premiers journaux gratuits. Le premier à faire son apparition en France est le quotidienMetro. Suivit de près par 20 minutes, ils seront longtemps (aujourd’hui encore), considérés comme lapremière cause du déclin de la presse écrite payante. En effet, alors que la presse traditionnelle perd deslecteurs, la presse gratuite, elle, est en pleine croissance. Pourtant, ce n’est pas la première fois que lapresse doit affronter l’arrivée d’un nouveau média sur le marché : elle a déjà fait face, entre autre, àl’avènement de la radio. B. LA RADIO :En 1896, Guglielmo Marconi, physicien italien, réalise de nombreuses expériences sur la transmission desondes hertziennes. Il participe ainsi à la création de l’une des plus grandes inventions du siècle : la radio.En France, c’est Radio Tour Eiffel qui émet, le 24 décembre 1921, les premiers programmes à destinationdu public. Son nom, est tout naturellement trouvé du fait qu’elle émet depuis le sommet de la Dame defer, sur lequel était installée une antenne. Elle n’est diffusée qu’une trentaine de minutes par jour et n’estaccessible qu’aux très rares français possédant alors un poste de radio. La première information parléerévolutionne les mœurs le 3 novembre 1925 et marque le début d’un fort développement des radios fran-çaises.Ce n’est que dans les années 30 qu’apparaîtra le premier modèle de radio tel qu’on le connaît aujourd’huiavec la création par Marcel Bleustain Bleuchet, de Radio Luxembourg. Elle mêle alors la publicité, lesinformations et la chanson française. C’est cette première radio qui deviendra RTL en 1956, la radio laplus écoutée de nos jours.Il faut savoir que la guerre provoque une forte politisation de la radio et un contrôle de celle-ci par lapropagande. Il s’agît en effet d’un moyen efficace et populaire qui permet une forte prolifération desidées. Rappelons que c’est par voie radiophonique que le général De Gaulle lance l’appel du 18 Juin, très 13
  14. 14. largement entendu par la population. Cette emprise de l’état sur la radio durant la guerre mènera, lors dela libération, à l’instauration du monopole de l’Etat sur les ondes, par ordonnance du 26 mars 1945.Elle restera effective durant près de 40 ans, puisqu’il faudra attendre l’investiture de François Mitterrand,en 1981, pour obtenir la loi de liberté de la radio, le 9 mars de la même année. Entre temps, un nombreconsidérable de radios pirates feront leur apparition, dans l’illégalité la plus totale, elles sont très large-ment suivies par les jeunes générations, entretenant un vent de liberté bercé par la musique contestataireet rebelle de l’époque. Parallèlement, la presse filmée se développe. C. LA PRESSE FILMEE :En effet, tout commence avec la création en 1896 de la compagnie Gaumont par Léon Gaumont. Peu detemps après, Léon Pathé fonde lui aussi sa société, la société Pathé. Toutes deux débutent avec la diffu-sion d’actualités filmées, jonglant entre images authentiques et reconstitutions. Le but étant de créer dusensationnel. La guerre est lancée entre les deux concurrents, c’est à celui qui provoquera le plusd’émotion auprès d’un public déjà conquis.L’année 1896 marquera les esprits à tout jamais puisque pour la première fois, les parisiens pourront vi-sionner un événement important : la visite du Tsar Nicolas II à Paris. Un an plus tard, « le premier repor-tage » retransmet les images de la bénédiction du Pape Léon XIII.En 1900, l’exposition Universelle qui se déroule à Paris et présente le cinématographe confirmel’engouement de la population pour le 7ème art. Neuf ans plus tard, Pathé lance Pathé actualité ciné-matographique, dont le principe est de diffuser chaque semaine des images du monde entier, en 35 mi-nutes. Ce sont les images de guerres qui feront le succès de ce programme. Gaumont le suit de près enlançant, en 1910, Gaumont actualité, un programme similaire de 15 minutes. L’alimentation de ces pro-grammes demande de l’organisation et un déploiement important : un réseau mondial fonctionnant nuit etjour est mis en place afin de couvrir tous les domaines d’actualité nécessaires : culture, sport, politique etvie mondaine.Durant la guerre de 14-18, les actualités filmées tombent dans le domaine de la censure, le pouvoir mili-taire n’appréciant que très peu d’être filmé sur le champ de bataille. Mais le cinéma devient très vite unobjet de convoitise pour les pouvoirs politique, y voyant, comme pour la presse, un bon moyen de diffu-ser le plus largement possible ses idées. La propagande s’empare donc de ce nouveau moyend’information, de cette fenêtre ouverte sur le monde. Jean Louis Croze et Pierre Marcel fondent le Service 14
  15. 15. Cinématographique aux Armées, et diffusent les annales de la guerre, un programme diffusé juste avantle grand film, afin de relayer leur actualité hebdomadaire.En 1918, Gaumont crée l’événement et diffuse le défilé de la victoire française en couleur. A cette inno-vation vient s’ajouter, en 1927, le tout premier sujet sonore, diffusé par Fox Movietone. La couleur et leson sont donc désormais possibles.Quelques années plus tard, en 1932, Gaumont permet, encore une fois, une nouveauté incroyable en lan-çant le premier numéro du journal commenté. On peut alors considérer qu’il s’agît là de l’ancêtre duJournal Télévisé tel que nous le connaissons aujourd’hui. Débute alors les années fastes de l’actualitécinématographique, son public étant de plus en plus conséquent. Il s’agît d’une source importanted’information pour les classes populaires. Les grands événements de l’époque y seront tour à tour relayés. D. DU GRAND AU PETIT ECRAN :Les actualités filmées connaissent donc un succès grandissant mais l’information n’est disponible qu’ausein des cinémas et reste donc dans le domaine de l’exceptionnel, du divertissement. Les familles se dé-placent pour assister à ces représentations particulières. Ce sera le cas jusqu’à l’invention et la démocrati-sation des postes de télévisions. En effet, en 1934, très peu de temps après l’apparition des premières ac-tualités commentées au cinéma, René Barthélémy met en place le premier programme expérimental detélévision. Un an plus tard, l’installation d’un émetteur ondes-courtes, ici encore au sommet de la tourEiffel, permet la diffusion d’émissions régulières.Ce média aussi, comme l’ont été la presse et la radio pour la Grande Guerre, s’est heurté aux difficultésde la Seconde Guerre mondiale. Les avancées technologiques sont très fortement ralenties, la science etles industries étant mobilisées pour l’armement du pays. Il faudra donc attendre la fin de la guerre pourvoir réapparaître les programmes télévisés.En 1947 l’exploitation régulière de la télévision reprend donc et 124 heures de programmes sont diffuséeschaque semaine. Cette émergence de la télévision provoque la fin des actualités cinématographiques. Parla suite, le 2 octobre 1949 marquera a jamais le début d’un nouveau journalisme, d’une nouvelle formed’information : le premier journal télévisé, présenté par Pierre Sabagh, est diffusé sur les postes de télé-vision. C’est le « JT ». Quotidien au départ, il deviendra très vite biquotidien, en novembre. 15
  16. 16. A l’instar de la visite du Tsar Nicolas II à Paris, la diffusion du couronnement de la reine Elizabeth II, le 2juin de la même année, sur les écrans de télévision, marquera à tout jamais les esprits. La cérémonie estretransmise dans 5 pays différents.C’est à partir de ce moment que les pouvoirs politiques s’intéresseront réellement à la télévision. Entre1955 et 1956, les élections législatives permettent la première campagne électorale télévisée et les pre-mières « soirées électorales ». C’est aussi la première fois qu’une caméra est acceptée à Matignon puisqueGuy Mollet, alors président du conseil, consent à répondre aux questions de Pierre Sabagh.En 1958 les français observent l’apparition de la publicité sur leurs écrans. L’importance de la télévisionest en forte croissance mais il nous faut rappeler que seulement 13% de la population dispose à l’époqued’un poste de TV, son pouvoir est donc à relativiser.S’en suivra, en 1960, la première intervention présidentielle du général De Gaulle sur les écrans. Asavoir qu’un an plus tôt, en 1959, au moment des élections présidentielles des Etats-Unis, Nixon utilise àson avantage le pouvoir de la télévision. C’est le début de la politisation de la télévision.En 1963, la création de « 5 colonnes à la Une », marque le début des magazines d’information télévi-sés. Un an plus tard, les stations régionales apparaissent. Jusque là, les français ne connaissent pas la di-versité des chaînes de télévision puisqu’il aura fallu attendre 1964 pour voir l’apparition d’une secondechaîne.Dix ans plus tard, en 1974, au moment de l’élection de Valéry Giscard d’Estaing face à François Mitter-rand, l’Office de Radio et Télévision Français est défait pour laisser place à Télé Diffusion France.C’est aussi l’année de création de l’Institut National de l’Audiovisuel et de la Société Française de Pro-duction. La même année, la création de TF1, Antenne 2 et France 3 viennent diversifier l’offre télévisée.L’Etat exerce toujours son monopole sur les chaînes de télévision jusqu’en 1982, ce qui va, à la libération,impulser la création de nouvelles chaînes privées. En effet, le 4 novembre 1984, à 8 heures du matin,les français peuvent désormais s’abonner à Canal +. C’est la première fois que le public doit payer pouraccéder à un programme télévisé. Peut de temps après, en 1986, deux autres chaînes désormais célèbresfont leur apparition : La 5 et TV6. Initialement vouées à la diffusion de clips musicaux, elles ciblent lesjeunes de moins de 25 ans, l’intérêt étant de ne pas se positionner sur le même marché que TF1 et FR2. 16
  17. 17. Elles proposent alors un tout nouveau genre de contre programme : alors que les chaînes proposent desfilms, elles proposeront elles, des émissions thématiques.Le 4 avril 1987, TF1, première chaîne de télévision française, est privatisée. En 1989, la création duConseil de Surveillance de l’Audiovisuel, permet d’encadrer les modalités de diffusion. Doté d’un rôleconsultatif il n’a pas le pouvoir de censure mais peut, si besoin, sanctionner une chaîne de télévision.En 1996, Internet étant en pleine période d’expansion, les français débutent leur entrée dans l’ère du toutnumérique. Ainsi, la création cette année là, de TPS et Canal Satellite marque une très grande diversitédes chaînes de télévisions et la profusion de thématiques multiples. Les français peuvent cibler leur be-soins et choisir une chaîne plutôt qu’une autre en fonction de leurs centres d’intérêts. On peut dire quec’est aussi le début d’une aire d’ultra-ciblage, la télévision approfondit et précise son offre pour répondreà une forte demande de personnalisation. En 2005, la création de la Télévision Numérique Terrestreforcera ses deux derniers à fusionner, au profit de Canal Sat.En octobre 2008, le gouvernement français met en place la TNT HD qui comprend quatre chaînes gra-tuites: TF1 HD, France 2 HD, M6 HD et ARTE HD. La même année, Nicolas Sarkozy, Président de laRépublique, annonce la suppression de la publicité sur les chaînes publiques. II. JOURNALISTE ET JOURNALISME, DÉFINITION D’UNE PROFESSION:Pour la commission de la carte d’identité des journalistes professionnels, est journaliste toute per-sonne remplissant les conditions fixées par la loi du 29 mars 1935 (notamment dans son article L 7111-3): “Le journaliste professionnel est celui qui a pour occupation principale, régulière et rétribuée lexercice de saprofession dans une ou plusieurs publications quotidiennes ou périodiques ou dans une ou plusieurs agences depresse et qui en tire le principal de ses ressources.”On sait donc que le statut légal de journaliste dépend d’une condition économique. Hors, quels sont lesrôles et missions du journaliste ? Quelle est la définition de la profession ? 17
  18. 18. A. QUELQUES DEFINITIONS DU MOT “JOURNALISME”: ● Dictionnaire Larousse:1. Ensemble des activités se rapportant à la rédaction dun journal ou à tout autre organe de presse écriteou audiovisuelle (collecte, sélection, mise en forme de linformation) ; profession du journaliste.2. Manière décrire, de présenter les événements, propre aux journalistes. ● Le Dictionnaire.com(Nom masculin singulier) métier de ceux qui informent le public dans les journaux, à la télévision ou à laradio. ● Dictionnaire de TV5 Monde:(Nom masculin) Etat, profession de journaliste.On constate donc que le journalisme est une profession, un métier. Fondamentalement lié à l’information,il est très souvent associé à l’écriture. Selon le dictionnaire Larousse, le journalisme est aussi une façonpropre à la profession de traiter les événements. Il peut être lié à différents médias, que ce soit la presseécrite, la radio et la télévision. Internet n’est pas cité ici, pourtant, ces trois définitions proviennent deversions numériques disponibles sur internet. On peut donc supposer que le web journalisme n’est pasencore assez développé pour être intégré à la définition de la profession.On retrouve aussi la notion de public, sans laquelle le journalisme ne peut exister. B. QUELQUES DEFINITIONS DU MOT “JOURNALISTE”: ● Dictionnaire Larousse:(Nom) Personne qui a pour occupation principale, régulière et rétribuée, lexercice du journalisme dans unou plusieurs organes de presse écrite ou audiovisuelle. (Titulaire de la carte didentité professionnelle, toutjournaliste peut se prévaloir de la clause de conscience.) ● Le Dictionnaire.com:(Nom singulier)1. Personne qui informe le public par les journaux, la télévision ou la radio2. Personne qui traite de l’information dans un système médiatique 18
  19. 19. ● Dictionnaire de TV5 Monde:(nom commun) personne qui collabore à la rédaction d’un journal.Là aussi, la profession de journaliste est toujours associée aux organes de presse, qu’elles soient écrites ouaudiovisuelles, mais là encore, internet n’est pas nommé. Les notions de collaboration, de traitement del’information et de système médiatique font leur apparition. On comprend bien que l’un des rôles du jour-naliste est de traiter l’information qu’il reçoit, en équipe, et de la diffuser à un public par le biais d’unmédia. la notion de système médiatique implique que le journaliste ne peut exercer cette profession indé-pendamment de la société qui l’entoure.Nous retrouvons aussi le critère officiel pour la reconnaissance de son exercice du métier, la rémunéra-tion.La Fédération Internationale des Journalistes décrit, dans La Charte Qualité de l’Information, le métiercomme suit: « Le journaliste est celui dont le métier est de rechercher des informations, les vérifier, les sélection-ner, les situer dans leurs contextes, les hiérarchiser, les mettre en forme et éventuellement les commenter. Il le faitau travers d’un média imprimé, radiodiffusé, télévisé ou numérique, au moyen de textes, de sons, d’images fixes ouanimées. »On constate que chacune de ces définitions lient le journalisme, et par là même, le journaliste, àl’information. Cette notion leur étant absolument indissociable. Si l’information est à la base du métier, ilest indispensable pour nous d’en connaître la définition, l’essence même de cette notion sans laquelle lejournaliste n’est rien. C’est notamment l’une des questions que se sont posées l’Express Roularta etIligo au travers d’une étude qualitative et quantitative sur le mode de consommation actuel del’information : « Without information : Are we nothing ? Une étude sur les nouveaux modes de consom-mation de l’information ». Réalisée auprès de 1001 personnes représentant au mieux la diversité de lapopulation française, cette enquête dispose d’un caractère inédit puisqu’avant d’interroger la populationsur sa consommation de l’information, ils sont en fait repartis des fondamentaux avec la volonté de com-prendre ce qu’est l’information pour cette population. Définition pas si simple si l’on considère que cellequi en est donnée par le dictionnaire Larousse n’est pas si explicite : “Action d’informer quelqu’un, ungroupe, de le tenir au courant des événements : la presse est un moyen d’information”.Cette étude, dont la diffusion publique est prévue pour mars 2011, est complétée par une expérience deprivation de l’information réalisée sur des étudiants de Sciences Po et du Celsa. En contact avec LaurentFrançois, responsable Marketing et Développement du groupe l’Express Roularta, j’ai pu obtenir 19
  20. 20. quelques uns des résultats de cette enquête, ce qui nous permettra de nourrir notre réflexion quant à ladéfinition de l’information.Pour 98% des personnes sondées, l’information est “un sujet d’échange avec les autres” et l’une des étu-diantes ayant participé à l’expérience de privation d’information, Clara Guilliet, interrogée à posteriori, endonne, elle, la définition suivante: « Linformation cest de la nourriture quotidienne pour pouvoir se positionnerdans ses choix, ses décisions etc. et pour pouvoir avoir une vision globale du monde dans lequel on évolue, desrapports de force etc ».On constate donc que l’Information, notion très impersonnelle si l’on considère qu’il s’agît d’un messageextérieur dont le sujet est, lui aussi, externe à l’individu, a pour la majorité des français une vocation per-sonnelle. Plus simplement, l’information nous donne des renseignements sur ce qui ce passe autour denous, mais son utilité est en fait interne à chaque personne. Elle a un objectif primordial : le lien social.La définition donnée ici par Clara Guilliet est très intéressante puisqu’elle évoque l’idée que l’informationest indispensable à l’être humain, lui permet de se développer lui même au sein d’une société, d’ungroupe. De plus, suite à l’expérience, le service marketing de l’Express Roularta fait un constat importantconcernant l’essence même de l’information : « Les participants déclarent avoir été dans une situationd’extrême solitude, en étant privés d’information, ils ont en fait été privés d’une monnaie d’échangesociale. » III. GRANDS PRINCIPES ET TEXTES FONDATEURS :Nous l’avons déjà partiellement abordé tout au long de l’historique, la profession de journaliste est enca-drée par la signature de plusieurs chartes. Contrairement aux déontologies qui font foi en médecine ou enjustice, celles-ci ne font pas force de contrainte. Elles n’ont aucune valeur juridique et aucune sanctionn’est définie dans le cas où elles ne seraient pas respectées. Il sagirait plutôt d’une ligne de conduite né-cessaire à la bonne pratique de la profession. Or, cette spécificité porte aujourd’hui à de nombreux débatset se trouve être à la base des problèmes de confiance du public vis-à-vis des journalistes. Nous le verronsplus en détails dans une partie prochaine, dédiée aux lecteurs et à leurs attentes.Avant même la signature de chartes spécifiques à la profession, un texte fondamental est à la base du sensque prend la notion de liberté d’information, c’est La Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyende 1789 : « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de 20
  21. 21. l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cetteliberté, dans les cas déterminés par la Loi.»La première en France est la charte des devoirs professionnels des journalistes français. Crée en 1918,au sortir de la première guerre mondiale par le Syndicat national des journalistes, elle a pour but de re-donner à la profession la crédibilité perdue lors de la guerre. Révisée depuis, en 1938, elle inspire encoreaujourd’hui de nombreux journalistes. Très simple, composée de 13 préceptes fondamentaux, on peutconsidérer qu’elle définit le métier même de journaliste. La toute première phrase de cette charte: « Unjournaliste digne de ce nom prend la responsabilité de tous ses écrits, même anonymes » introduit pour la pre-mière fois le principe de responsabilité, aujourd’hui encore primordial et en plein cœur de l’actualité.Elle considère « la calomnie, les accusations sans preuves, laltération des documents, la déformation des faits, lemensonge, pour les plus graves fautes professionnelles ». La base même du journaliste tient donc, selon lacharte des devoirs professionnels des journalistes français, dans l’idée de faire passer la vérité.Elle est suivie et complétée en 1971 par la déclaration des droits et des devoirs des journalistes, aussiappelée Charte de Munich, signée par les représentants des fédérations de journalistes de la Communau-té européenne, de Suisse et d’Autriche, ainsi que par diverses organisations internationales de journa-listes. Le préambule de cette charte définit clairement les enjeux auxquels la profession a dû faire face,des années durant:« Le droit à linformation, à la libre expression et à la critique est une des libertés fondamentales de tout être hu-main. De ce droit du public à connaître les faits et les opinions procède lensemble des devoirs et des droits desjournalistes. La responsabilité des journalistes vis-à-vis du public prime toute autre responsabilité, en particulier àlégard de leurs employeurs et des pouvoirs publics. La mission dinformation comporte nécessairement des limitesque les journalistes eux-mêmes simposent spontanément. Tel est lobjet de la déclaration des devoirs formulée ici.Mais ces devoirs ne peuvent être effectivement respectés dans lexercice de la profession de journaliste que si lesconditions concrètes de lindépendance et de la dignité professionnelle sont réalisées. Tel est lobjet de la déclara-tion des droits qui suit. »On observe ici qu’outre les notions de responsabilité, d’indépendance, de liberté d’information etd’expression... Une notion bien plus complexe encore selon moi est introduite : celle des limites de lamission d’information. Loin de promouvoir l’autocensure, cette valeur met en avant le caractère réfléchitet le recul nécessaire à l’exercice de la fonction de journaliste. L’information est primordiale, à l’originemême des libertés fondamentales de tout citoyen, mais elle doit être livrée en toute conscience de l’impact 21
  22. 22. qu’elle peut avoir. L’affaire Wikileaks et les débats d’opinion qu’elle a engendrés par la suite se trouveêtre l’application idéale de ce préambule.D’autre part, on constate que les devoirs du journaliste doivent être mis en application « dans la recherche,la rédaction et le commentaire des évènements ». Par conséquent, la fonction même du journaliste est définie.Lié à un événement, le journaliste a pour mission fondamentale de chercher l’information, de la rédigermais aussi, de la commenter de manière à la rendre intelligible au plus grand nombre.Ici aussi, le principe de vérité est énoncé en premier lieu: « Respecter la vérité, quelles quen puissent être lesconséquences pour lui-même, et ce, en raison du droit que le public a de connaître la vérité. » Le journaliste sedoit donc de faire passer l’intérêt commun, l’intérêt public avant ses propres besoins. Il est doté d’unemission de service public. C’est en cela, et parce qu’il se doit de faire respecter le droit à l’information età la liberté d’expression, qu’il est considéré comme l’un des piliers de la démocratie. Très souvent nom-més “le quatrième pouvoir”, les médias ont le devoir d’appliquer et de développer ces libertés fondamen-tales, elles même définies dans la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Le journalistese doit, non seulement de se placer comme le fer de lance de ces libertés mais a aussi pour mission d’endénoncer les dérives.Editée en 1954, puis révisée en 1986, la déclaration de principe de la FIJ (fédération internationale desjournalistes) sur la conduite des journalistes, a été reléguée au second plan par la signature de la Charte deMunich. Elles intègrent toutes deux une notion politique et internationale fort intéressante: « Reconnaissantle droit connu de chaque pays, le journaliste nacceptera, en matière professionnelle, que la juridiction de ses pairs,à lexclusion de tout intrusion gouvernementale ou autre. »Par conséquent, tout en respectant la loi en vigueur dans le pays où il se trouve, le journaliste a pour mis-sion de respecter, plus que tout autre chose, les préceptes énoncés dans la présente charte. Il s’agit, làencore, de faire passer l’intérêt public, le droit à l’information et la liberté d’expression avant son propreintérêt. Par extension, l’exercice du métier de journaliste doit être le même dans tous les pays, quelle quesoit le droit en vigueur, et ce, parce qu’il s’agit de faire respecter et d’entretenir les libertés fondamentalesde l’Homme et du Citoyen. Libertés applicables à tout être humain, sans distinction. Nous ne sommes passans savoir que chaque pays n’est pas dirigé de la même manière ou soumit au même régime politique.Les lois, les droits et les devoirs des hommes ne sont pas les mêmes pour tous, et la déclaration des droitsde l’homme et du citoyen n’est malheureusement pas un texte sacré pour toute les nations. Or, un journa-liste, si l’on considère qu’il se doit d’appliquer les règles énoncées dans les chartes susnommées, se trou- 22
  23. 23. vera donc parfois en situation dillégalité. L’application de ces chartes n’ayant aucune valeur juridique,qu’elle soit nationale ou mieux encore, internationale, n’a pour garde fou que la conscience profession-nelle. Ajoutons que les organismes de défense internationale des droits de l’Homme prennent tout demême en compte cette problématique. Là encore, on constate que le métier de journaliste est intrinsèqueaux droits fondamentaux de l’Homme et du Citoyen.Plus récemment, lors des premières Assises Internationales du Journalisme, en mai 2008, un groupede travail constitué de syndicats, d’organisations professionnelles, d’associations, de sociétés de journa-listes et d’universitaires ont mis en place une nouvelle proposition déontologique: La Charte Qualité del’Information. En voici le principe comme définit dans son préambule « Le droit à lʼinformation est uneliberté fondamentale de tout être humain, comme le droit à la critique et à la libre expression affirmé par la Décla-ration des Droits de l’Homme et du Citoyen. Il est aujourd’hui garanti par la Constitution Française et par la Con-vention Européenne des Droits de L’homme. Il n’est pas dʼexercice de la démocratie sans une information honnête,rigoureuse, fiable, pluraliste et responsable. Le droit du public à une information de qualité fonde la légitimité dutravail des journalistes telle qu’elle est reconnue par la loi du 29 mars 1935. Une information de qualité déterminela confiance du public et qualifie la valeur des médias qui les éditent. La présente Charte de la Qualité delʼInformation sʼinscrit dans le droit fil des chartes qui ont structuré le débat sur les exigences dʼune informationlibre et indépendante. Celle de 1918 et celle ratifiée par les syndicats européens de journalistes en 1971. Les édi-teurs et les journalistes signataires en portent aujourd’hui les valeurs. »Y sont développées plusieurs notions considérées comme indispensables à la création d’une informationde qualité:- L’honnêteté- Le souci de la vérité des faits- le respect des personnes- le respect de la diversité des opinions- le refus de la manipulation des consciences- le refus de la corruption- le devoir de publier ce qui est dʼintérêt public- La culture du douteParallèlement, chacune de ces chartes rappellent que le journaliste n’est ni policier, ni juge. Il ne doit enaucun cas se substituer à ces professions. Par conséquent, le respect de la présomption d’innocence ou laprotection des sources, et ce, même si il s’agît d’un cas judiciaire, en sont des principes fondamentaux. En 23
  24. 24. revanche, les journalistes sont légalement contraints de dénoncer tout crime et délit dont ils auraient con-naissance. Dans ce cas, deux exemples forts illustrent la problématique que soulève ce principe : En 1975,la population et les médias restent bouche bée devant le New York Times : Le journal accepte de laisser 40jours en prison Myron Farber, l’un de ses journalistes, plutôt que de divulguer les notes confidentiellesqu’il récoltait sur le cas d’un médecin qui assassinait ses patients. En 2010, l’agence de presse françaiseCAPA, à l’origine de la production de l’émission « Les infiltrés », diffusée sur France 2, dénonce 23 pé-dophiles présumés après les avoir rencontrés pour le tournage d’une émission. Il est inutile de préciserque l’affaire a provoqué un débat sans précédent. Pour quelles raisons et dans quelle mesure peut-on dé-cider que l’un des principes énoncés dans ces chartes ne tient plus ? Il sagit ici d’une illustration parfaitedes dérives déontologiques du métier de journaliste. N’ayant aucune valeur juridique et s’opposant mêmeparfois à la loi, les règles du métier sont sujettes à la conviction et à la conscience personnelle de chacun.La liberté des sources, pierre angulaire de la liberté de la presse, doit-elle prévaloir sur la sécurité de lapopulation ? Si l’on pousse la réflexion plus loin, cela mène à se demander si la liberté de la presse, et parlà même la liberté d’information, est plus, ou moins importante que la sécurité des personnes. La problé-matique se retrouve très largement dans l’actualité, qu’il s’agisse d’une confrontation entre libertéd’information et droit à la vie privée, liberté d’information et sécurité nationale, liberté d’information etdiffamation... les exemples sont nombreux et leur dénouement toujours sujet à débat.De plus, les organes de presse eux-mêmes ont pour certains établis leur propre charte déontologique. Oncitera par exemple la charte de l’Equipe, celle de Radio France Internationale, du Nouvel Observateur,du Monde1 ou encore de la Tribune. Chacun y ajoute donc ses propres règles, et la déontologie propre àleur spécificité, leur ligne éditoriale. Par conséquent, bien que la grande majorité des journalistes et desrédactions considèrent réellement les chartes établies de la profession, il reste le risque qu’une rédactionfasse primer ses propres intérêts. Là encore, le sujet se prête facilement au débat de société.Dans son livre Déontologie journalistique: simple formule magique? Sabrina Lavric, docteur en droit àl’université de Nancy dénonce l’absence de distinction entre la morale et le droit en ce qui concernel’application de la déontologie journalistique. Le journalisme dépendant donc plus de sa propre cons-cience morale que d’une loi établie. Elle affirme aussi que « Si par déontologie, on désigne la norme dontl’irrespect produit une sanction par les « pairs », on doit, en matière de journalisme, conclure à son ab-sence… Pour le code du travail, le journaliste professionnel est celui qui a pour occupation principale,régulière et rétribuée l’exercice de sa profession dans une ou plusieurs publications quotidiennes ou pé-1 La charte déontologique du journal Le Monde est disponible, à titre d’exemple, dans le corps des annexes. 24
  25. 25. riodiques ou dans une ou plusieurs agences de presse et qui en tire le principal de ses ressources (art. L.761-2). L’obtention de la carte de presse n’est nullement conditionnée par le respect d’une démarcheéthique mais par un critère purement économique ».Le problème est donc lancé, la déontologie journalistique, bien que chargée de sens et de valeurs fortes,est aussi à la base de nombreux questionnements liés à l’avenir de la profession. IV. INTERNET A. HISTORIQUEInternet, au sens large du terme, tient ses origines d’une initiative du département américain de la défense,prise à l’époque de la Guerre Froide, dont le but était de réaliser un réseau de transmission de donnéesà grande distance entre différents centres, capable de résister à une attaque nucléaire. Alors nomméARPANET, le projet est développé par l’Advanced Research Project Agency en 1969. Le principe estsimple: si l’on met en place un maillage dépourvu de centre, cela devrait permettre de conserverl’essentiel des informations dans le cas où une partie du réseau devait être détruite dans un affrontementEst-Ouest.Le ministère de la défense finance alors la mise en œuvre du projet par divers centres de recherche uni-versitaire. Au départ, le réseau relie entres elles les universités de Standford, de Los Angeles, de SantaBarbara et de l’Utah. En 1972, il s’étend encore jusqu’à relier une quarantaine de sites. En mars de lamême année est envoyé le premier courriel de l’histoire d’Internet. L’arobase est déjà utilisé afin dedéfinir l’adresse du destinataire. En 1973, le partage d’information est facilité par la création des serveursFile Transfert Protocol, encore utilisés de nos jours.De la même manière, d’autres réseaux informatiques autonomes reliant des centres de recherches sontcrées aux Etats-Unis, mais aussi en Grande Bretagne et en France. Leurs créations se multiplient à unevitesse folle et personne ne peut réellement la contrôler.Il est évident qu’il s’agît encore d’une technologie accessible et connue de très peu de personnes, il ne faitalors l’objet que d’une utilisation militaire et scientifique. De plus, Internet, soit la connexion entre tousles réseaux existants, n’est rendu possible qu’après la création du protocole de communication Transmis-sion Control Protocol/Internet Protocol, élaboré en 1974 par Vint Cerf et Robert Kahn. En effet, il permet 25
  26. 26. la définition d’un langage commun rendant possible la communication entre tous les ordinateurs et lesréseaux existants.En 1978 est adoptée la première loi relative aux traitements des informations personnelles. C’est laloi « informatique et liberté », instaurant la mise en place d’une autorité administrative indépendantechargée de veiller à son respect: le CNIL (commission nationale de l’informatique et des libertés), encoreen vigueur aujourd’hui, bien que naturellement réévaluée.En 1983, l’intérêt civil du projet est véritablement pris en compte et l’aspect militaire est isolé sous lenom MILNET. Le projet ARPANET devient entièrement civil et adopte officiellement la norme TCP/IP.La même année, les serveurs DNS font leur apparition. Ils permettent d’attribuer des noms plus simplesaux postes d’ordinateurs, et se substituent ainsi aux adresses chiffrées. A l’époque, seuls les établisse-ments scientifiques utilisent le réseau, ce qui revient à un millier de postes connectés environ.Les entreprises et les particuliers n’accèderont au réseau qu’en 1992, réseau qui est alors géré et intégré àla National Science Foundation depuis 1990 et ce, jusqu’en 1995. Le terme ARPANET disparaît. A lamême époque est crée l’Internet Society (ISOC) une organisation américaine à but non lucratif dontl’objectif est de promouvoir ainsi que de coordonner le développement des réseaux informatiques mon-diaux. L’une des branches de cette société est l’Internet Activities Board, ayant pour but de mettre enplace les normes et les standards d’internet. C’est le début des tentatives de gestion et d’uniformisationd’un projet qui ne cesse d’évoluer.Malgré son ouverture à la sphère privée, il est évident qu’Internet n’est pas encore véritablement acces-sible au grand public. Il faudra pour cela attendre la mise en place en 1991, à l’occasion du Conseil Euro-péen pour la Recherche Nucléaire, du World Wide Web. Crée par Tim Berners-Lee, il s’agît d’un systèmed’interface graphique facilitant l’utilisation du réseau grâce à une ergonomie plus avancée. L’utilisateurpeut désormais se déplacer d’un site ou d’une page à une autre en cliquant sur un lien. Il n’est donc plusnécessaire de connaître le langage du code informatique, Internet est désormais accessible au plus grandnombre, connaisseurs ou non. C’est à partir de cet instant que les sites web se multiplieront. En quelquesmois, les utilisateurs s’approprient la toile qui devient alors un véritable instrument de publication. Leprincipe d’ouverture et de libre participation était déjà au cœur d’Internet, il deviendra de plus en plus réelet concret, sans jamais freiner son développement jusqu’à aujourd’hui.En 1994, nous assistons à l’essor du WWW, à la généralisation du langage HTML, des URL et desadresses web. C’est aussi l’année de création d’un célèbre moteur de recherche: Yahoo! 26
  27. 27. En 1995, les sites de ventes en ligne Amazon et eBay apparaissent sur la toile. Un an plus tard, alors que10 millions d’ordinateurs sont désormais connectés, Hotmail est crée.En 1997, la bibliothèque nationale de France met en place Gallica, sa propre bibliothèque numérique. Elleregroupe les documents du domaine public.En 1998 est crée l’ICANN, Internet Corporation for Assigned Names and Numbers, chargé del’attribution des noms de domaines dans le monde. La même année, un autre moteur de recherche fait sonapparition, Google. Ce sont les débuts de celui que l’on appelle aujourd’hui “le géant du net”. Un an plustard, en 1999, un jeune étudiant américain crée Napster, considéré comme le premier site de partage enPeer to Peer. Il permet de partager en ligne de la musique en format mp3. En 2001, après une longuepériode de procès, le site sera forcé de fermer, condamné pour violation de copyright.Parallèlement, les premiers réseaux sociaux tels qu’on les connait aujourd’hui, font leur apparition: Co-pains d’avant, Meetic et Wikipédia. Tous trois fonctionnent entièrement sur la participation des inter-nautes. En 2002, lors de la création de Skyblog, le monde connaît alors une émergence impressionnantede blogs. Ces journaux intimes en ligne deviennent une véritable mode, un phénomène toujours en vogue.Facebook, Twitter et Flickr (site de partage de photos) sont crées en 2004, un an plus tard, les sites departage de vidéos Youtube et Dailymotion font leur apparition sur la toile. A ce moment, Internet comp-tabilise 1 milliard d’ordinateurs connectés.Suite à cet historique non exhaustif de l’évolution d’Internet, un constat s’impose comme une évidence :Depuis ses débuts, l’expansion et le développement de ce nouveau média ne cesse d’accroître et ce, à unevitesse considérable. Alors qu’il n’existe réellement que depuis une vingtaine d’année, Internet a déjàmué vers une nouvelle version, de nouveaux usages, caractéristiques d’une nouvelle époque. C’est le web2.0. B. LE WEB 2.0 a) ORIGINES ET DEFINITION :Alors qu’il y a peu de temps nous parlions d’Internet, aujourd’hui le terme semble désuet et laisse plusvolontiers la place à celui de Web 2.0. Utilisé pour décrire les changements qu’à subit internet au cours de 27
  28. 28. ces dernières années, l’emploi de cette notion est devenu un véritable phénomène de mode. Pourtant, peude personnes sont finalement capables d’en définir le sens exact. En effet, à la question « Qu’est ce que leweb 2.0 ? », de nombreuses personnes se contentent d’affirmer qu’il s’agît de la version actuelled’Internet, de l’Internet moderne. Pour preuve, les diverses bévues d’hommes politiques qui ont pu tour-ner sur le net à l’époque, la plus marquante étant celle de Frédéric Lefevbre et son fameux « euuuuuuh »retenu par la majorité des internautes. Or, la réflexion que nous menons ici sur les sites d’information et laparticipation de l’internaute nécessite obligatoirement une bonne compréhension de la notion, de ses ca-ractéristiques et de ses enjeux. Il s’agît ici de l’une des pierres angulaires de ce mémoire.La notion de web 2.0 est prononcée pour la première fois en 2003 par Dale Dougherty, co-fondateur dela société d’édition O’Reilly Media, alors qu’il intervient lors d’une conférence sur les transformations duweb. La seule explication qu’il donne sur cette nouvelle notion est une comparaison de quelques sites quisont, ou ne sont pas, 2.0. Voici quelques-uns des exemples qu’il propose : WEB 1.0 WEB 2.0 DoubleClick Google Ad Sens Ofoto Flickr Akamai Bitorrent Mp3.com Napster Brittanica Online Wikipedia Site web personnel BlogUn an plus tard a lieu la toute première conférence du Web 2.0. Le 1er octobre 2005, Tim O’Really pro-pose une première définition de cette notion, devenue depuis un phénomène social : « Le Web 2.0 est leréseau en tant que plateforme, enjambant tous les dispositifs reliés ; les applications du Web 2.0 sont celles quitirent le meilleur des avantages intrinsèques de cette plateforme : fournissant un service de logiciel mis à jour enpermanence, offrant plus et mieux aux utilisateurs, consommant et ré-agençant des données de sources multiples,incluant les particuliers qui peuvent fournir leurs propres données et services sous une forme qui autorise le retrai-tement par dautres, créant des effets de réseau au travers dune architecture de participation, et allant au-delà de lamétaphore de page du Web 1.0 pour fournir des expériences riches dutilisateur. »11 Traduction proposée par le site Les Infostratèges. 28
  29. 29. On comprend que le web 2.0 est devenu le terme adopté par tous pour désigner les nouvelles interfaces,les applications qui offrent aux internautes la possibilité d’interagir sur le contenu d’un site, mais aussicelle d’interagir les uns avec les autres. Cette notion sociale, d’interaction entre les personnes est ici pri-mordiale. Composé des blogs, des réseaux sociaux, des flux RSS… il constitue donc tout ce qui est colla-boratif et social.Dans le web 2.0, l’internaute n’est plus uniquement consommateur ou lecteur mais il est aussi acteur deson site, et c’est là toute l’importance de notre sujet. b) ELEMENTS CONSTITUTIFS:Nous l’aurons compris, l’utilisation du terme de web 2.0 est en fait dû, en premier lieu, à l’arrivée surInternet de nouvelles fonctionnalités, de nouveaux processus plaçant tous les internautes au centre desréflexions, qu’elles soient technologiques, sociales ou de l’ordre du design.La notion étant définie par l’émergence de ces nouvelles fonctionnalités, elles-mêmes issues de nouveauxsites, il est primordial d’en définir les plus importants.Les blogs sont devenus un phénomène remarquable, particulièrement représentatifs de cette transforma-tion des usages du web. Le blogueur publie des billets qui apparaissent par ordre chronologique. Ce typede sites s’apparente très fortement à un journal intime. Son succès est dû à la facilité de publication, lagrande liberté d’expression qu’il offre à l’usager ainsi que la capacité d’interaction immédiate avec sonlectorat, via la possibilité pour les lecteurs de poster des commentaires et pour le blogueur d’y répondreinstantanément. Les blogs permettent donc un réel échange entre internautes. Leurs émergences provo-quent aussi une rupture dans le traditionnel schéma qui opposait vie privée et vie publique. Le blog étantun site d’expression personnelle, son utilisateur place donc sa vie privée au centre de la place publique laplus fréquentée de nos jours : Internet.Bien sûr, l’émergence des réseaux sociaux, MySpace1, Facebook et Twitter en tête, ont une grande partde responsabilité dans le basculement entre le web 1.0 et le 2.0. La formation de communautés et deréseaux d’internautes liés les uns aux autres, soit par des liens d’amitiés (Facebook), soit par le statut desuivis/suiveurs (Twitter). Cette caractéristique sociale joue pour une part importante dans la définition decette nouvelle aire de l’Internet.1 Une étude récente de Emarketer portant sur les réseaux sociaux aux Etats-Unis place MySpace en 1ere place. 29
  30. 30. Le wiki est un autre de ces éléments aujourd’hui indissociables du web 2.0. Inspiré de l’expressionhaïtienne Wiki Wiki signifiant rapide, il sagit de permettre aux internautes d’agréger un contenu cons-tamment modifiable par les visiteurs du site. L’exemple le plus frappant, parce qu’aujourd’hui totalementintégrer aux usages, est l’encyclopédie participative Wikipedia. Le fonctionnement de ces wiki permet laconstruction collective de bases de données.Ici, le partage de texte est mis en avant mais il est évident qu’Internet étant un média fondamentalementmultimédias, de nombreux sites, en tête desquels se trouvent les bien connus Flickr et Youtube, permet-tent aussi le partage simplifié d’images et de vidéos. Tout deux permettent aux utilisateurs l’agrégation decontenus multimédias facilement identifiables grâce à un système de mots clés, les tags, apposés parl’auteur du post. Cette classification collaborative des contenus internet reposant sur l’attribution de motsclés par des utilisateurs lambda est appelée la folksonomie. Particulièrement représentative de cette èredu web 2.0, elle associe deux notions majeures : Les gens “folk” et le processus de classification qu’est lataxinomie.Dans ce nouvel internet, les usagers sont donc considérés comme des co-développeurs du site web, ilsdeviennent la valeur ajoutée d’un site. Tim O’Really, dont nous avons déjà parlé plus tôt, décrit cette évo-lution comme l’arrivée dans une ère d’intelligence commune. Selon lui, « Le web 2.0 repose sur un en-semble de modèle de conception: des systèmes architecturaux plus intelligents qui permettent aux gens de les utili-ser, des modèles d’affaires légers qui rendent possible la syndication et la coopération des données et des services.Le web 2.0 c’est le moment où les gens réalisent que ce n’est pas le logiciel qui fait le web, mais les services. »Nous sommes donc, et ce depuis déjà quelques années, entrés dans un Internet nouveau qui ne cessed’évoluer et de produire toujours plus de service afin d’en faciliter l’utilisation, la personnification etl’appropriation de tous. Or, nous l’aurons facilement compris, internet est un média qui ne cessed’évoluer, de changer, il est en devenir permanent. Aujourd’hui qu’il fait désormais partie du quotidien detout un chacun, les évolutions technologiques et sociales se poursuivent et continuent de bousculer lesusages. Alors que certains n’ont pas encore cerné les caractéristiques fondamentales du web 2.0, les ex-perts débattent déjà sur notre entrée dans l’univers du web 3.0, une troisième version de l’Internet, dé-sormais basée sur la sémantique. 30
  31. 31. c) LES ENJEUX ACTUELSInternet est donc un lieu public sur lequel les populations du monde entier publient, échangent, modifient,ajoutent du contenu et de l’information de toute sorte. Considérant que plus de 17,5 millions de foyersdisposent désormais d’un accès à internet, (dont 95% en haut débit) et ce rien qu’en France1, et que tousparticipent, à leur échelle, à l’ajout de contenu internet, que tous sont devenus de véritables sourcesd’information en puissance, affirmer qu’Internet est devenu un lieu de surinformation est un euphémisme.L’internaute est en permanence sollicité par de nouveaux signaux.Qu’il s’agisse de flux RSS, de fil Twitter, de page Facebook, de générateurs de contenu, de moteurs derecherche, de blogs... L’information est partout, en tout temps et faite par tous.Alors qu’il fut une période où les acteurs du web imaginaient de nouveaux moyens d’engendrer ce conte-nu, une source d’information en temps réel, les préoccupations actuelles sont différentes. Les spécialistesse consultent désormais afin de trouver des solutions de gestion, pour guider l’internaute dans ce bouillond’information. Le tri, la qualité, le sens, l’orientation... Autant de sujets mis aujourd’hui au centre desdébats Internet. Loin de chercher à réduire cette masse d’information, il semble plutôt que le but soit de-venu de la rendre plus digeste, plus compréhensible pour l’internaute lambda. D’une information perpé-tuelle et instantanée, il semble que le mouvement se dirige désormais vers des problématiques différentes,vers une consommation intelligente et une gestion réfléchie de cette masse d’information. V. LE CONSOMMATEUROn ne saurait traiter de la participation de l’internaute dans le processus d’information sans définir aupréalable la relation actuelle qu’entretient le consommateur avec les médias d’information ainsi que sonrapport à internet. Toute la problématique à laquelle nous tentons de répondre repose sur les attentes d’unconsommateur qui a évolué avec sa société. Désormais, le lecteur est devenu un consommateurd’information, un internaute acteur. C’est ce que nous étudierons dans cette partie réservée à l’étude duconsommateur d’information, de l’internaute du web 2.0, du citoyen.1 Etude Médiamétrie, premier trimestre 2010 31
  32. 32. A. LE CONSOMMATEUR ET INTERNET:Selon une étude Médiamétrie du 10 février 2011, Internet compte 22 millions d’internautes français sup-plémentaires depuis 2001. La France compte désormais 38 millions d’Internautes. L’utilisation du réseaus’est démocratisée, s’est ouvert à d’autres profils de consommateur : Toujours selon la même étude, 31%des plus de 65 ans ont surfé sur internet au cours du mois précédent l’enquête, contre 4% en 2001.L’enquête Profiling 2010 mené par Ipsos Media, ajoute qu’entre juin 2002 et Juin 2010, internet compte900 000 femmes, 600 000 personnes âgées de 50 ans et plus et 600 000 CSP- supplémentaires sur le ré-seau français.Des chiffres probants qui confirment qu’internet est bien devenu un média populaire dont l’utilisationn’est plus le monopole d’une catégorie de technophiles avides de nouveautés. Aujourd’hui le phénomèneconcerne bien l’ensemble de la population française, dont les pratiques actuelles, les modes de consom-mations correspondent à plusieurs tendances identifiables : a) “ALL ABOUT ME” : LHEURE DU RESEAUTAGE ET DU PERSONNAL BRANDING1 :Nous l’avons vu, internet offre désormais des possibilités multiples à l’internaute. Placé au centre du ré-seau, chacun dispose d’une place privilégiée au cœur de cet espace public mondial. L’émergence du web2.0 a permis au citoyen lambda de s’exprimer sur la place publique, de mettre en avant ses idées, sesatouts, ses centres d’intérêts... Chacun s’exprime désormais librement, utilise les réseaux sociaux et leblogging pour faire passer ses idées et échanger avec ses amis sur les sujets qui lui sont chers. Une au-baine pour cette génération du dialogue social, de la transparence et de la personnalisation. Nous le sa-vions dans la communication, le citoyen n’est plus dans une ère du one-to-many (d’un émetteur vers unemasse) mais bien dans une relation en one-to-one (de l’émetteur vers le consommateur, personnalisé),dans un schéma de dialogue social et d’échange. L’internaute, bien que s’exprimant sur un réseau mon-dial fréquenté par des milliards d’individus, souhaite être considéré comme une entité, une personnalité àpart entière: La masse n’est plus d’actualité, c’est la personne qui compte désormais. Ainsi, l’une despréoccupations première des français sur internet devient la gestion de la marque personnelle “le personalbranding”. Selon une étude Scanblog réalisée en mars 2010, 70% des internautes français ont déjà tapéleur nom sur un moteur de recherche. L’internaute a compris que le web 2.0 lui permettait de se construire1 Titre tirés d’une étude réalisée par la société Isobar ; Le Personnal Branding est le terme anglais pour évoquer latendance actuelle de gestion de sa propre image : L’internaute gère son image comme s’il s’agissait d’une marque. 32
  33. 33. facilement une notoriété, une image publique. La difficulté du moment étant devenue de contrôler cetteimage. L’internaute exprime un besoin de reconnaissance évident.Ajoutons, toujours selon Médiamétrie au 10 février 2011, que 22 millions de nos concitoyens sont inscritssur au moins un réseau social, soit près de 6 internautes sur 10. 156 163 889 de blogs sont identifiés sur latoile par le site blogpulse.com au mois de février 2011. b) LA GEOLOCALISATION ET LA MOBILITE:La floraison d’applications liées à la géolocalisation permet à l’internaute de se situer sur le réseau mon-dial. Foursquare, Places, Flipboard (iPad)... Sont autant de sites communautaires qui offrent la possibi-lité au citoyen d’indiquer sa position en temps réel. Ainsi, je peux informer mes amis de mes déplace-ments, et ce à la seconde à laquelle je quitte mon domicile. Ce phénomène est renforcé par la mobilitéqu’offre aujourd’hui les smartphones et autres tablettes. D’après l’étude Ipsos de mars 2010 citée plushaut, 25% des internautes sont aussi des mobinautes1. Un pourcentage élevé si l’on considère la jeunessedu phénomène et sa forte croissance : En 2009 ils n’étaient que 14% au premier semestre contre déjà 18%au second.Plusieurs applications dérivées ont permises à l’internaute de croiser les données qu’il fournit à sonréseau : Certains sites communautaires d’évaluation de restaurants par exemple, demandent à leurs inter-nautes d’indiquer le restaurant où ils se trouvent et d’envoyer, au même moment, une photo de leur platsaccompagnée d’une note. Les applications sont donc mises en commun afin de fournir une information, etune participation, la plus complète possible.Si l’on croise ce phénomène de géolocalisation à celui du tout personnel, d’autre sites sont alors à noter,tel que Yuback qui permet à l’utilisateur de géolocaliser son coup de foudre : Nous connaissions les an-nonces affichées sur les panneaux électroniques du métro (à Toulouse) ou les petites annonces de lapresse, aujourd’hui l’internaute indique le lieu précis où il est tombé sous le charme d’un inconnu et es-père ainsi le retrouver.1 Qui utilisent leur téléphone mobile, leur smatphone, pour se connecter à internet. 33
  34. 34. c) LE MODE COLLABORATIF ET LE CLOUD COMPUTING:La majorité des grands groupes internet proposent, depuis quelques années déjà, aux internautes de colla-borer en ligne. Ce système s’est très vite adapté à une utilisation professionnelle du phénomène. Justeavant l’utilisation de messagerie instantanée (47%), la principale occupation des français sur Internet restela consultation de leurs emails (86%) selon les chiffres communiqués par Médiamétrie au 10 février 2011.Ceci s’explique notamment par l’usage professionnel qui en est fait. De plus en plus de services sont doncmis à la disposition de l’utilisateur afin qu’il puisse travailler en ligne avec ses collègues en toute simpli-cité. Le partage de document s’est donc très vite transformé vers une forme plus élaborée : Le documenten ligne. Ainsi l’internaute réalise désormais ses projets directement sur le réseau et peut donc les consul-ter via n’importe quels ordinateurs ou écrans numériques. L’exemple le plus marquant est bien entendul’application Google document qui permet à l’utilisateur de facilement participer et collaborer à la réalisa-tion d’un document qu’il partage avec d’autres utilisateurs. Le document n’est plus conservé surl’ordinateur de l’utilisateur mais directement sur le réseau. C’est l’émergence du Cloud Computing,l’informatique dans les nuages. Les documents de l’utilisateur (textes, vidéos, sons, images...) ne sontplus stockés sur son disque dur mais dans un espace infiniment plus important, toujours à disposition : Leréseau. Picasa, Youtube, Google document... Autant de sites internet qui permettent donc de conservernos contenus multimédias directement en ligne. L’une des prospectives actuelles étant l’extension de ceprincipe afin de mettre à disposition un bureau entièrement en ligne. De nombreuses entreprises travail-lent désormais sur la possibilité de mettre en place un véritable bureau informatique (comme celui denotre ordinateur) en ligne. L’utilisateur pourra par exemple y télécharger tous les logiciels dont il a besoinet les retrouver par la suite sur n’importe quel ordinateur, tout simplement en se connectant sur internet.On constate donc que le consommateur a désormais accès à de nombreuses fonctionnalitésl’accompagnant au quotidien, que ce soit dans le cadre de la vie privée ou dans celui de la vie profession-nelle. Instantanéité, collaboration, échange, partage... Sont autant de notions auxquelles l’internaute s’esthabitué depuis déjà quelques années et ne pourrait renoncer aujourd’hui. B. LE CONSOMMATEUR, SES MEDIAS ET SON ACTUALITELa crise des médias est un sujet dont on ne se lasse pas. Lavènement d’internet et des médias gratuitsayant modifié les modes de consommation du lecteur, les médias traditionnels font face à de grosses diffi-cultés financières, ce n’est plus une nouveauté. Depuis 2004, la chute des médias est le sujet préféré desjournalistes eux-mêmes. De nombreux titres de presse écrite ont déposé le bilan au cours de ces dernières 34
  35. 35. années et les parts d’audiences ne cessent de diminuer. Nous ne nous arrêterons pas ici sur ce constat,mais plutôt sur la relation qu’entretiennent les français avec leurs médias. Alors que certains annoncentencore la mort des médias traditionnels d’ici à 2025, nous préférerons en comprendre les raisons. Plutôtque d’analyser le nombre de pertes estimées, nous nous pencherons donc plus volontiers sur les modes deconsommation actuels des médias par les français et le regard critique qu’ils leurs portent.Se basant sur le dernier baromètre de confiance dans les médias publié par TNS Sofres et la Croix enjanvier 20111, nous pouvons commencer par constater qu’Internet, bien que jouissant d’une croissancesans précédent d’histoire de médias, n’est pas le préféré des français lorsqu’il s’agît de se tenir au fait del’actualité. La télévision reste sans nul doute le média le plus plébiscité dans ce domaine, qu’il s’agisse del’actualité nationale ou internationale, et ce pour 82% de la population. En seconde place arrive la radiopour 44% des Français puis la presse écrite à 38%. Internet est donc le dernier média d’information pourl’ensemble de la population française, à 27%. Il est important de préciser en revanche que les moins de 35ans le placent en seconde place, juste derrière la télévision, puisque 50% d’entre eux s’informent sur leréseau.Ces résultats sont très différents de ceux obtenus aux Etats Unis par le Pew Research Center qui constateen revanche une moindre importance de la télévision et de la radio, alors qu’Internet est, chez nos voisinsd’Outre Atlantique, plébiscité à 41% en tant que média d’actualité. C’est sans nul doute l’exemple Amé-ricain qui inquiète les médias français de nos jours, ajouté aux importantes pertes financières auxquellesils ont fait face.La chute des médias français est donc à relativiser en 2011. Pourtant, il reste que les journalistes ne béné-ficient pas d’une côte de popularité très élevée auprès de leurs concitoyens. En effet, les français accor-dent de moins en moins de crédit aux journalistes de médias traditionnels. On constate qu’ils sont unemajorité à estimer que la qualité des médias s’est détériorée au cours des 10 dernières années: 49% chezles catégories sociales supérieures, 49% ayant obtenu un diplôme supérieur et 45% des lecteurs fréquentsde presse écrite. A l’inverse, les catégories plus populaires sont moins intransigeantes puisqu’ils ne sontque 31% à estimer que les médias aient baissés dans leur estime.De la même manière, alors que les français considèrent à 56% que les médias bénéficient d’une certaineneutralité politique, 63% estiment à l’inverse que les journalistes sont sujets à une forte dépendance auxpressions politiques et 58% pensent qu’ils ne sont pas suffisamment indépendants aux pressions finan-1 Analyse disponible en annexes 35

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