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  1. 1. En route pour lep.26Questionsà...PierreFaesselp. 14 Grande interviewKydamEntre ombreset lumièresGRATUITp.16PortraitI&IENDEMIXn°03juin-juillet-août2013p. 36 EnquêteL’ART ET LE NUMÉRIQUE :MARIAGE DE RAISON ?p.48MétierÉditricenumérique
  2. 2. ENDEMIXn°03juin-juillet-août2013
  3. 3. Directeur de la publication : Chris TatéossianRédactrice en chef : Gaëlle Bessaudou-Perrier (perrier.gaelle@gmail.com)Coordination : Marie-Lise Rousselot (marielise.rousselot@gmail.com)Rédaction : Léna Quillier, Myriam Grandcler, Giovannah Kiki, Clémence Lehoux, AmélieRigollet, Frédérique de Jode, Mathurin Derel, Sandrine Chopot, Julia Trinson, NathalieDarricau.Corrections : César et RosaliePhotographies : Éric Aubry (dont photo de couverture), Éric Dell’ErbaPublicité : Laëtitia Carpintero, tél. : 74 75 51, commercialepoemart@gmail.comMaquette, réalisation et couverture : Push & Pull, tél. : 24 22 49Impression : Artypo Tirage : 20 000 exemplairesDistribution : Brian Ukéiwé, tél. : 87 31 53ISSN : en coursLe Pôle Export de la Musique et des Arts de Nouvelle-Calédonieest une association à but non lucratif créée en décembre 2007.Il a pour mission de promouvoir la création locale à l’intérieuret à l’extérieur du Territoire en accompagnant collectivementet un réseau-ressources local et international.Le Poemart :Pôle Export de la Musiqueet des Arts de Nouvelle-Calédonie27, rue de Sébastopol,Le Central 310, 98800 Nouméa,Nouvelle-CalédonieTél. : (687) 28 20 74contact@poemart.ncwww.poemart.ncLa Maison du Livrede la Nouvelle-Calédonie21, route du Port-Despointes,Faubourg-Blanchot98800 Nouméa,Nouvelle-CalédonieTél. : (687) 28 65 10accueil@maisondulivre.ncwww.maisondulivre.ncLa bibliothèque Bernheim41, avenue du Maréchal Foch98800 Nouméa,Nouvelle-CalédonieTél. : (687) 24 20 90bernheim@bernheim.ncwww.bernheim.ncEndemix est publié par :éditoQUESTIONS À…Pierre FaesselPAROLESCritiques en herbeFICHES PRATIQUESLe correcteur littéraire et l’éditeur musicalPALABRES D’ÉCRIVAINSDavid Fauquemberg / François Garde /Keiichiro HiranoENQUÊTECRITIQUESMUSIQUESky Vola / Afrikanak / Domino / BrianLITTÉRATUREUn destin hors du communMon petit FACKOTHÉÂTREChute d’une nationEXPOSITION« Carte blanche » à Nicolas MoléDANSEVery Wetr !MÉTIERVanessa Pol, éditrice numériquePORTFOLIOK-MuzikSlamakasiLIEULabel image : place des clichésAGENDAConcerts, spectacles, expos...À SUIVREFestival Waan danse / Festival de La Foa /Muzik mix / Lavaley / Ekoten / Notes de voyageANNUAIREQuel art pratiquez-vous?ACTUALITÉS D’ICIThe Groovin’ Mozs à suivreLe prix Michel Lagneau décaléLe bus Librairie est en routeOrdonnance musicaleTop 20Le festival des HurluberlusPaul Wamo s’exporteACTUALITÉS D’AILLEURSCoups de cœur internationauxLes 300 ans de l’École française de danseFaites de la musiqueLa rue est vers l’artLouvre d’Abou DabiACTUALITÉS WEBZoom sur le nouveau site du PoemartCHRONIQUEGraines de SILO par Roland RosseroÉVÉNEMENTSFestival des Arts du PaysRencontre avec Déwé GorodéGRANDE INTERVIEWKydam, l’homme de la ruePORTRAITSMUSIQUEI&ICadaTHÉÂTREDominique JeanLITTÉRATUREJean-Marc EstournèsLiliane TauruASSOCIATIONSci-Fi ClubLITTÉRATURENoëlla PoemateLE CRI DU CAGOULe tatouage dans la peauPARCOURSLydie Gardet au service de l’art46 289301034364248505852545611121416252624Au sortir de l’enfance, l’heure est auxpremiers bilans. Né en 2003 de la volonté deDéwé Gorodé, notre petit salon est venu auil voulait être l’expression d’un pays, d’unerégion, celui qui rassemblerait par-delàles frontières récifales et linguistiques lesartisans du livre océanien. Aujourd’hui,pour son anniversaire, on lui trouvera unsalon frère à Tahiti, un autre en gestation enAustralie, des amis et défenseurs en pagailleà travers le monde et puis de charmantsrejetons de papier, fruits des rencontres qu’ilaura pu susciter. En parcourant l’album defamille, on verra à quel point il a grandi,on verra les cheveux blanchis et bien plusencore de pages noircies. On y trouvera unprix Nobel, des prix Goncourt, des auteurs,acteurs, éditeurs… beaucoup de sourires etmême quelques larmes. L’édition 2013 vouspropose, du 8 au 11 août prochains, au cœurdu terrible hiver austral, un menu alléchantde mets japonais, australiens, océaniens et…Si le livre est à l’honneur dans ce troisièmenuméro d’Endemix, la musique, le théâtre,l’art pictural trouvent aussi leur place.Kydam, Dominique Jean, I&I, Cada… Ils ontla culture est à votre porte…Christophe Augias,directeur de la bibliothèque BernheimMécène de laun MARIAGEde RAISON ?L’Art et LE
  4. 4. ENDEMIXn°03juin-juillet-août2013Micro-trottoirp.4la danse. C’est le seul moyenque j’ai pour me défouler,pour penser à autre chose,pour me sortir du quotidienet c’est, par-dessus tout,danse, c’est comme si jem’exprimais, mais sansparler, et je pense que c’està la danse que je donne lemeilleur de moi-même.Fanydu piano. Le piano, c’està cause de ma mère, elleenseigne cet instrument.Pour la guitare, c’estinstrument qui me plaîtvraiment. La musique,ça prend beaucoup detemps, mais il faut savoirArtenePropos recueillis par Léna QuillierartpratiquezC’est le seulmoyen que j’aipour me défouler,[...] et c’est,par-dessus tout,ma passion !
  5. 5. ENDEMIXn°03juin-juillet-août2013p.5p.5Micro-trottoirJe veux me faire éditer, maisje ne sais pas comment faire.Comment la Maison du Livrepeut-elle m’aider ?JeanPrenez un rendez-vous (tél. 28 65 10 ouaccueil@maisondulivre.nc) et venezprésenter votre manuscrit (avant letravail de mise en page) à la MLNCpour des conseils personnalisésconcernant les démarches à suivreen fonction de l’avancement et de laLe Womad a été annulé. Sera-t-il reconduit l’année prochaine ?PetitCagou3Nous l’espérons fortement,mais rien ne nous permet aujourd’huiFestival Womad a été annulé en raisondu cyclone Freda, rappelons que lespectacle K-Muzik, lui, a été joué etqu’il sera joué à nouveau au cours del’ouverture de l’exposition du quaiPour le reste, nous n’avons pas encoretoutes les informations.touche un peu à tout. J’essaied’en faire tous les jours. J’aicommencé avec des cours,puis j’ai continué tout seul.Au début, c’était pour draguerDavidgroupe de kaneka. Comme jevoulais jouer d’un instrument,mais que je n’avais aucunecompétence, je me suis tournéevers le DJing. De nombreuxgroupes ont besoin d’un DJ.Je voulais chanter et mixeren même temps. Le mélangemixer du kaneka avec autrechose par exemple. Depuistoujours, j’aime la musique etje continue à exploiter monpotentiel artistique pour unjour, pourquoi pas, devenirprofessionnelle. Mais les étudesSéphorala chorale Amadeus carc’est sympa et convivial. Çam’apprend à mieux respirer, àcontrôler mes émotions. Et puisil y a une très bonne ambianceSolènecourrieRdes lecteursQuel est le lien entre EndemixTV et le magazine ?FranciaEndemix TV est réalisépar Imagin’ Productions et produitère,le Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, le Poemart, la provinceSud, la province Nord, la MLNC,la bibliothèque Bernheim, Imagin’Productions, et l’OPT, tandisqu’Endemix magazine est réalisé parle Poemart, la Maison du Livre etmême si nous sommes deux entités,nous travaillons ensemble, en bonneintelligence. D’un côté, Endemix TVà la culture une belle vitrine cathodiqueaux artistes du Caillou. De l’autre,Endemix magazine, sous son formatplus en profondeur avec notammentdes dossiers de fond, comme « l’art etOù trouver des infos surles écrivains ou sur les livrescalédoniens ? Je ne sais jamaisoù chercher.TylaRendez-vous surwww.maisondulivre.nc, qui répertorieles auteurs du Caillou, ainsi que tousles acteurs du livre de manière plusgénérale. Un clic et vous saurez tout
  6. 6. p.6ENDEMIXn°03juin-juillet-août2013Actualités d’icicomme Trias ou Soul Sindikate, vient de sortir son premiermorceau, , et le clip. Avec ce premier titre,les musiciens, fans de surf pour la plupart, rendent unhommage à un ami disparu et à leur passion de la glisse.Pas encore de disque ou de tournée, mais on peut voir leurtravail sur le site www.neamix.com ou les suivre sur leurpage Facebook. On y trouve des photos de ,le clip et la chanson téléchargeable gratuitement.Pour l’album complet et les , il faudra être un peupatient. Leur première autoproduction devrait arriver dansscènes. Il va y avoir du show…Initié en 2005 par l’ADAMIC - Association pour leDéveloppement du Mécénat Industriel et Commercial -le prix Michel Lagneau viendra couronner une nouvelle foisbonne puisque la raison de ce délai tient au grand nombre departicipants. Le jury a souhaité prendre un peu plus de tempspour étudier avec soin les 27 romans qui lui sont parvenus.Pour rappel, le prix MichelLagneau créé en mémoire dufondateur des imprimeriesArtypo, vise à encouragerNouvelle-Calédonie, et lemoins que l’on puisse direc’est que le pari est réussi.par les imprimeries,une publication de 700exemplaires de son œuvreéditée par les éditionsMadrépores.Xstrata dans le cadre d’un sponsoring., nouvel outil fruitd’un partenariat entre la Maison du Livre de laNouvelle-Calédonie et l’Association des éditeursen Brousse et dans les Îles, là où l’on a moinsfacilement accès à la lecture. Il n’est pas questionde concurrencer les médiathèques ou le bibliobusde la bibliothèque Bernheim puisqu’il s’agit devendre des livres et non les prêter. Mais c’est aussiun peu plus qu’une librairie classique.Le camion servira à transporter, en plus de livreset de disques, des artistes et des intervenants quiécrite et orale (comme les contes ou le slam). Sivous voulez connaître les lieux et dates de passagede près de chez vous,contactez la Maison du Livre au 28 65 10.musiquellLa vague se prépareLe prix MICHELLagneau 2013est décaléEn voiturela culture> L’Art-bus de la Ville de Nouméa prend sa retraiteaprès 18 ans de service, pour laisser place à un nouveauvéhicule plus moderne. Conçu sur mesure, il a étééquipé de panneaux solaires, et d’un système adaptépour accueillir les élèves à mobilité réduite. L’Art-busproposera encore toute l’année des expositions et desanimations aux élèves de la ville.> En avril, Jyssé partait en France pour une tournéeà Paris, à Marseille et aussi en Italie, à Florence. Unetournée qu’il voulait faire afin de promouvoir Sudrehu, sonalbum solo sorti en 2012, dont il avait écrit une partie destextes lors de ses études en Métropole.> L’association École de cirque de Nouvelle-Calédonie areçu une subvention de la Ville de Nouméa, pour une étudesur les pratiques culturelles, en vue de la création d’unpôle des arts du cirque en Nouvelle-Calédonie.ACTUS
  7. 7. p.7Actualitésd’iciENDEMIXn°03juin-juillet-août2013Au classement du Top 20 calédonien, Phâânemi, le groupeoriginaire de Pouébo, est resté en tête pendant plus de 28semaines, avec son extrait de son album. Au classement d’avril, Phâânemi était suivi de prèspar :2. Koulnoué Boys Band,3. Espoir,4. Nodeak,5. Atregeti,En remontant le classement, on retrouve les artistes qui ontoccupé le tiercé de tête pendant une semaine au moins :Jyssé , Popaï , Haile , FusionJ.S.T.P. , Gulaan , SoulSindikate & Dub Trooper et Gayulaz.Pour voter pour votre artiste préféré :www.top20caledonie.commusiqueslamTOP làOrdonnancemusicalemusiqueLa musicothérapie soulage les maux et le stress despatients, mais c’est tout un art d’écriredes musiciens reconnus du pays, le trombonistedes Wailers, Vin Gordon, ainsi qu’un spécialiste dugenre, ont travaillé ensemble lors d’une résidencepar titre), plus proches des goûts des patientstraditionnel du Conservatoire, la province Nord,du CHT, répond à une forte demandedes personnes hospitalisées qui souhaitaientPaul Wamo,le voyageur du mondeLe poète/slameur continue sa course à l’export. À l’occasion dele quai Branly a organisé avec la maison de productionWamo y donne avec verve et intensité sa vision personnelle duleader politique.Avant de retourner au pays, l’artiste a fait escale au festivalEtonnants Voyageurs à Saint-Malo où il a pu interpréterses textes et inaugurer le deuxième numéro de la revuepour laquelle il a écrit un poème sur la beauté dumonde, celle qui le pousse à aller toujours plus loin.Paul Wamo lors de l’inauguration du deuxième numéro de la revue IntranQu’îllités> Le premier concours de roman Jeunesse du Territoire aété lancé par les Éditions du Cagou et la Société HachetteCalédonie. Il est ouvert jusqu’au 31 juillet 2013 et présidépar Bernard Berger. Le 1erprix de ce concours est uncontrat d’édition. Renseignements sur :www.maisondulivre.nc.> Lovaïna Guirao, maître-parfumeuse, a proposé en mai,dans l’enceinte du Méridien, une drôle d’exposition.La jeune femme s’est associée au peintre vanuatais Piliokopour proposer un parcours pictural tout en odeurs. Restede cette association, un parfum que l’on peut « voir » surle Facebook de la Carte aux senteurs.> La 15èmeédition du Festival international des trèscourts s’est déroulée en avril 2013 au centre culturel duMont-Dore. Ce festival, unique au monde, promeut les trèscourts métrages : 3 minutes durant lesquelles réalisateursaguerris ou néophytes ont pu s’exprimer librement.
  8. 8. p.8ENDEMIXn°03juin-juillet-août2013Actualités d’iciCherchelogoLe centreculturelse livrelconcoursAutant de questionsque les jeunes lecteurscalédoniens peuventse poser, et quitrouvent désormais unécho dans. Un livreanimé, avec des fenêtres à soulever pour découvrirl’intérieur d’une case, et surprise : un centre Tjibaouqui apparaît en au centre de l’ouvrage. Edité parl’ADCK, il est écrit par Annabelle Noir tandis que lesdessins sont nés sous le crayon d’Isabelle Ritzenthaler.L’ouvrage est disponible dans la boutique du centre etdans les librairies.Toushurluberluspour le ChapitôLe Chapitô fête ses cinq ans de tournée. Pour célébrerces belles années de spectacles et de découvertes,la structure a imaginé le festival des Hurluberlus.Du 7 au 10 août à Koumac et du 22 au 25 août àNouméa, Sainte-Marie, le public pourra apprécier unvillage forain, des spectacles de rue, des ateliers ettroubadours rock’n’roll venue d’Aix-en-Provence, serade la partie et proposera pas moins de sept spectaclesd’antan, de kermesse, de fête foraine, vous pourrezfaire un voyage dans le temps grâce aux jeux et auxinventions délirantes qui peupleront le village desHurluberlus. Bonne humeur, convivialité et émotionssont les ingrédients d’un festival qui promet de joyeuxmoments de surprises et de rires.Informations au 27 56 36 et sur lechapito.unblog.fr.lancé un grand concours auprès des artistes etsur le Territoire).(prix du concours), demandez le réglementà contact@casedesartistes.nc et envoyezvotre proposition à la même adresse avant leMonstres, un spectacle du Théâtre du Maquis.> Pour les Nuits des musées, la Maison du Livre a offertau public une plongée littérale au cœur des contes.Chaque pièce permettait au spectateur de découvrir ununivers et revivre un petit bout de son enfance.> Michel Bénébig a sorti un nouvel album, Yellow Purple,qu’il a enregistré à San Francisco avec deux musiciensde légende : Carl Lockett et James Levi. L’opus permet deconclure leur tournée américaine sur une belle note !> Stéphanie Wamytan propose en juin sa nouvelleexposition Conviction ou un rapport au corps, visible à lagalerie 11 & 1/2. Dans la continuité de son travail, l’artistepropose une série de 20 estampes érotiques, sans aucunecensure.ACTUSfestival
  9. 9. p.9ENDEMIXn°03juin-juillet-août2013Actualités d’ailleursUn artistequi Clapton«titrait en avril lemensuel musical,qui le sacrait 2èmemeilleur guitariste de tous les temps derrièreJimi Hendrix en 2011. Eric Clapton fêtedonc ses 50 ans de carrière en 2013, et pour( ).Un 20èmealbum, au titre improbable, où il sedévoile avec des reprises d’artistes qui ontà Peter Tosh sur le titre, cet opus festif est aussi lepremier que Clapton sort sur son propre label. Paul McCartney, Chaka Khan ouencore Jim Keltner ont été invités sur l’albumet ont ainsi participé à la fête d’ .Joyeux anniversaire, Monsieur Clapton.BeautifulRokiaestla chanteuse franco-malienne RokiaTraore.Sorti début 2013, cemélangent le rock, le blues, et la musiquetraditionnelle malienne. L’artiste chante sestextes essentiellement en bambara (languenationale du Mali), avec une voix douceairs du et de la guitare électrique.Enregistré à Bamako où elle vit,c’est aussi le titre d’une chanson danset son espoir pour son pays en pleinetourmente. Un album aussi sublime que soninterprète, qui invite à découvrir la beautéCoups de coeurinternationauxmusiqueChroniques dumondeLes 300 ans de l’École française de danseEn avril dernier, le Ballet de l’Opéra de Paris et son École de dansecommémoraient les 300 ans d’existence de l’École française de danse,fondée en 1713 par Louis XIV. Ce dernier, surnommé le roi danseur,voulait créer un corps de danseurs professionnels, alors que l’aristocratietricentenaire que 154 danseurs du Ballet de l’Opéra et 138 « petitsÉcole de danse ont fêté au Palais Garnier. Des spectaclesprestigieuse, haut-lieu de la transmission du style et de l’éléganceclassique à la française…Faites de la musique !, en espagnol, ou bienencore en bosniaque ; autant de nomset de pays où la musique se fête tous les 21 juin.Célébrée dans une centaine de pays aujourd’hui,un musicien américain qui travaillait pour Radiole plus souvent avec le solstice d’été, donc aussi unedes nuits les plus courtes de l’année. En Nouvelle-à une cinquantaine de groupes amateurs de se produire sur des podiumsdressés par la ville. Rendez-vous est donné, si vous aussi, vous faites deLa rue est vers l’art, c’est un programme qui permet de donner parole aux jeunesà travers les arts urbains et la bande dessinée. Pour sa 4èmeédition,l’opération réunit depuis le début de l’année près de mille élèvesguadeloupéens autour d’un concours franco-allemand, qui verra seslauréats invités à Berlin en juin pour représenter l’Outre-Mer. Des artistesantillais sont ainsi invités dans les classes pour animer des ateliers d’art,, le projet veut renforcer lacohésion sociale et promouvoir la diversité culturelle, dans des collèges etdes quartiers situés en zones d’éducation prioritaire.Louvre d’Abou DabiEncore en cours de construction, le Louvre d’Abou Dabi, la capitaledes Émirats arabes unis, exposait à partir d’avril des œuvres d’art dePicasso, de l’art pharaonique, et des miniatures islamiques. L’inaugurationdu musée devrait avoir lieu en 2016, un musée universel dont le projetarchitectural revient à Jean Nouvel, également concepteur du musée> Teri Moïse, l’interprète des Poèmes de Michelle s’estéteinte à l’âge de 43 ans, à Madrid. Victoire de la musique1997, la chanteuse s’est donnée la mort.> Le Festival de Cannes 2013 s’est ouvert avec le filmGatsby le Magnifique, tiré du roman légendaire de FrancisScott Fitzgerald. Depuis des années, le livre est une sourceinépuisable d’inspiration pour les réalisateurs, preuve enest avec l’adaptation également récente de L’Ecume desjours de Boris Vian par Michel Gondry.> Le 10 juin, le mythique groupe Boards of Canadaproposera son nouvel album, Tomorrow’s Harvest. Lesfans des deux écossais attendent depuis huit ans cetévènement. Autant dire une éternité. Espérons que les 17tracks annoncés soient à la hauteur de cette attente.
  10. 10. p.10ENDEMIXn°03juin-juillet-août2013Actualités webTROIS RENDEZ-VOUS WEB :Site : www.poemart.ncTwitter : #EndemixFacebook : /EndemixNcLe Poemart a mis en ligne au mois de mars son toutnouveau site Internet. S’adressant aussi bien auxartistes qu’aux professionnels de la culture ou aupublic, www.poemart.nc propose aux internautes desuivre l’expansion des arts en Nouvelle-Calédonie.Artistessur toileSobre élégant et e cacesi le site vitrine duPoemart a pour objectifprincipal l’exportationdes artistes vers l’international,il souhaite également faire leurpromotion sur le Territoire.Avec l’aide d’Endemix, il meten exergue l’actualité culturelledu pays. Ainsi les internautesl’émission TV sans oublier leschroniques radio et l’actualité aurendez-vous à ne pas manquersur le Caillou. Tous ces supportsreprésentent un excellent moyen dese rendre compte de la diversité etdu dynamisme de la vie culturelle enNouvelle-Calédonie. Et pour cadreravec son objectif premier, les projetsmenés à l’international, que ce soitailleurs, sont également visibles surouverture vers l’extérieur.Une plate forme pour les artistesEn œuvrant pour l’export,répertorie les artistes dansl’ , développant leurvisibilité aussi bien à l’étrangerque localement. Autre outil utilepour faciliter les échanges entreles maisons de disques et autresinstitutions culturelles y sontplus réactif possible, poemart.professionnels de se créer uncomposée de photos, biographies,contacts et liens Internet. Sansoublier la possibilité de téléchargerdes documents comme les demandesd’aide, par exemple.À l’écoute de l’artRelayer l’information est un des axescet esprit, deux lecteursla du mois ou de découvrirun titre en exclusivité. De quoi ravirles oreilles du public et promouvoirVous ne voulez plus rien rater desmensuelles pour tout savoir des derniersrebondissements du monde de la culture.site Internet désormais incontournable enmatière de culture en Nouvelle-Calédonie.Et parce que l’art et la culture bougent surles réseaux sociaux, retrouvez le PoemartPar Léna QuillierACTUS> Après Gangnam Style et ses 1,5 milliard de vues, Psy aréalisé un nouveau record avec son autre titre Gentleman :53 millions de vues en deux jours. Le chanteur coréen aréalisé ainsi le meilleur démarrage de l’histoire de YouTube.> Amazon gagne du terrain sur l’iTunes d’Apple dansle téléchargement musical légal aux États-Unis. Uneaugmentation de parts de marché pour Amazon qui sembleavoir été porté par le lancement de ses tablettes low cost.> Une série Internet 100 % calédonienne est née sur la toilelocale. Les deux, c’est l’histoire d’une rencontre entre uneToulousaine et un homme de Lifou. A découvrir sur You Tubeet Facebook.
  11. 11. ©ÉENDEMIXn°03juin-juillet-août2013p.11ChroniqueGraiNeSde SILOLa jeunesse ne lit plus…trois points de suspension à compléter.Car la jeunesse lit, c’est indéniable,mais peut-être pas les mêmes choseset pas de la même manière que lesgénérations précédentes. De plus,et médiathèques du pays vient aussiconcrètement contrecarrer ce cliché.Et ce postulat sur la lecture – quin’en est à l’évidence pasun – débouche sur sonÀ l’occasion des 10ans de l’anniversairedu SILO – SalonInternational du LivreOcéanien –, quid del’écrit local au paysun fait, voire une fête,il y a de plus en plus d’ surl’archipel. Pour preuve, le succèscroissant des concours d’écriturepar des prix aboutissant à des éditionsd’écriture, la multiplication des fêtesdu livre, la pérenne manifestationd’auteurs organisées par la MaisonLes plumes calédoniennes neconnaissent pas la panne de SILOSi l’AENC – Association desÉregroupe qu’un petit noyau d’auteurspubliant régulièrement, d’autresbonnes volontés, comme la trèsactive association Écrire en Océanie,débusquent de jeunes talents danstoutes les provinces. Ce n’est pas unhasard si les jeunes du cru viennentà l’écriture par la poésie, le slam oules paroles de chansons car tous lesLCe n’est pas un hasard si lesjeunes du cru viennent à l’écriturepar la poésie, le slam ou lesparoles de chansons...genres abordés dériventde l’expression orale.pas d’avoir des plumesactives, encore faut-ille support de l’éditionqui, localement, estpratiquement absenteEt, jusqu’à présent, tousles audits et rapportsLorsque l’on sait larichesse du pays enhistoires, toutes ethniesconfondues, on estjachère au fond des tiroirs. Seulel’édition professionnelle – galvaudéepar les publications informatiques àd’auteur – permet une véritableéclosion et la dispersion éditoriale surqu’un pis-aller.Tous les deux ans, le SILO regroupeprochainement aussi à Nouméa, et surun rythme annuel), celle-ci côtoyantauteurs et écrivains internationaux.privilégiés et un public restreintfont des rencontres chaleureuses etconstructives. Après avoir échangéMcLaren, Chantal Spitz ou MichaelRobotham, entre autres, tout leparoles est un grand moment pour laplupart des plumes calédoniennes neconnaissant pas la panne de SILO.et chacun, même en pleine périodede créativité, retourne galérer surson coin de table. Il faut dire que laabsente que l’édition.Dans ce microcosme où l’ego estsouvent démesuré, le moindre bémolprovoque une cacophonie médiatiqueet informatique indigne. On voitpar là même que le chemin risqued’être encore long avant que l’écritne dépasse les cris. Nonobstant,comptons sur le renouvellement etPar Roland Rossero
  12. 12. ©ÉENDEMIXn°03juin-juillet-août2013p.12ÉvénementsDÉWÉ GorodeEn quoi consiste leFestival des Arts duPays ?Festival des Arts etdes Cultures. Pour leconstituer, nous avons choisinos grandes manifestationsculturelles (organisées par leGouvernement), et nous y avonsajouté les fêtes communales.des moments forts, concentréssur deux semaines, lors duMois de la citoyenneté enseptembre. Nous n’avons paslumière nos artistes locaux,tandis que la seconde laisseraplace aux artistes de Mélanésie.Il aura lieu tous les deux ans,et se déplacera de provinceQuelle est sa particularité ?On y regroupe l’ensemble desmanifestations organiséespar le Gouvernement, on yajoute celles des provinces,des communes, bref, chacunla programmation estfaisait de son côté. C’est unévénement important sur unelongue période, rassemblant pluspromouvoir la culture et les artsdes peuples originels des terresde la Mélanésie.De quelle façon les municipalitésse sont-elles impliquées ?Au Gouvernement, nous sommestrès satisfaits de leur implicationparce que chacune des 33 mairiesles maires ont répondu présent.L’idée étant qu’ils conserventleur fête annuelle, mais quela fête soit célébrée ensemble.joué le jeu.Peut-on parler alors delabélisation des arts du pays ?Oui. Nous avons souvent montédes délégations pour l’extérieur,mais rien n’a été fait pour le paysvéritablement depuis Mélanésia2000. C’était indispensable quenous nous rendions dans chaquecommune pour découvrir leursdans ce festival pays.Le fait d’« encadrer » le festivalen amont et en aval par deuxJournées de la femme, celle de2013 et celle de 2014, est unchoix ou une nécessité ?Un choix, parce qu’il y anécessité, tant les violencesfaites aux femmes sont encorenombreuses. Et on ne peutpas parler de culture et decitoyenneté sans parler de lafemme, qui transmet en tantque mère, en tant que sœur.transmises s’il y a eu respect,écoute et partage. Si ces valeursquand il s’agit de l’institution etdes valeurs citoyennes.Lors d’une interview pourEndemix, Hervé Lecren** nousa confié que « la musique et l’arten général peuvent contribuerà la cohésion sociale de cepays ». L’art comme catalyseurdu destin commun, vous ycroyez ?Nous pouvons nous réunirautour de l’art, car le destincommun, c’est la citoyennetécommune. C’est pourquoi on atenu à ce que ce premier festivalpays soit axé sur le thème dela culture et de la citoyenneté.Nous avons une vraie volontéd’aller de l’avant ensemble.chose. Réunir les communes par-C’était déjà un grand pas.Qu’apportez-vous concrètementaux événements communaux ouprovinciaux déjà existants ?Il y a bien sûr un seuilbudgétaire, mais toutes lescommunes ont eu la possibilitéde nous demander une aide« La culture est un chemin vers les autres »Pour sa première année d’existence, le Festival des Arts du Pays a choisicomme thème « Culture et citoyenneté ». Endemix s’est rendu dans lebureau de Déwé Gorodé, en charge de la culture au Gouvernement, afin decomprendre les tenants et les aboutissants de ce nouveau rendez-vousculturel. Rencontre à l’ombre d’une toile d’Yvette Bouquet*.
  13. 13. ENDEMIXn°03juin-juillet-août2013p.13ÉvénementsLE PATRIMOINEKANAK SERASSEMBLELe Festival des Artsdu Pays rassembledésormais desévénements commela Journée de lafemme, le SILO (SalonInternational du LivreOcéanien) ou encore leFestival internationaldu Cinéma desPeuples Anûû-rûâboro. S’ajoutent lesfêtes communales etprovinciales. Au cœurdu festival, de façonparallèle au centreculturel Tjibaou etau musée du quaiBranly à Paris, unegrande expositionsur le patrimoinekanak dispersé auralieu, avec des piècesinédites. Il existekanak, sans parlerdes reproductions,dans le monde. Uneexposition unique dontle lancement se fera le15 octobre.sur la Journée de la femme, notamment parceque le lendemain, c’était l’ouverture du festival.Un colloque baptisé22 et 23 mars – organisé par l’Académie desLangues Kanak (ALK) au centre culturelTjibaou. L’autre investissement important estkanak dispersé. On y travaille depuis longtempsmaintenant.Le festival pays a donc des ambitions« internationales » ?C’était une nécessité d’avoir un festivalcommun, englobant, surtout pour s’ouvririnternationalement. On est plus grandplus beaux objets kanak qu’on a pu retrouverde par le monde (voir encadré).En tant que femme, quel événement attendez-vous particulièrement ?La Journée de la femme. Celle de l’ouverture,mais surtout celle qui clôturera ce premierplus car on pourra dire si oui ou non ce fut uneréussite. Sans oublier le 24 septembre à Poya,durant le Mois de la citoyenneté. Et cela seraune vraie manifestation culturelle partagée. Lesgens de la commune sont vraiment prêts pource genre d’exercice, ils le font depuis longtempset sont la preuve d’une belle cohésion.Propos recueillis par Nathalie Darricau et Gaëlle PerrierL’idée est de promouvoirla culture et les arts despeuples originels des terresde la MélanésieDéwé Gorodé est membre du Gouvernement,chargée de la culture, de la conditionféminine et de la citoyenneté. Elle est aussiconnue comme écrivain et poétesse.
  14. 14. C’est presque un fantôme dans le monde de la musique, tant il est difficileà voir sur scène et en interview. Kydam a beau vouloir rester dansl’ombre, ses textes engagés, à la fois poétiques et furieux, sont fredonnéspar beaucoup. Après un maxi en 2010, il nous promet un album avantseptembre. Rencontre avec l’homme de la rue, engagé, agacé, passionné,amoureux de son pays et de la musique. Simplement Kydam.ENDEMIXn°03juin-juillet-août2013p.14Grande interviewKydam, c’est quand même un nomparticulier, c’est l’homme de larue, celui qu’on ne reconnaît pas.C’est parce que je suis métis…ma culture, dans mes origines. Etpuis, je suis discret. J’ai un peu dumal avec les foules. Je n’aime pastrop montrer ma tête, je suis l’hommeà la capuche qui passe à côté et qu’onne reconnaît pas, qu’on ne voit pas.En parlant de te voir, à quand tonJ’ai un peu de mal avec les scènes,mais là, on prépare un nouveauset qui déboîte, et je pense que çaplaisir, je ne le trouve pas sur scène.Un seul set m’a fait plaisir, c’étaitau vélodrome, on avait fait uneavant-première pour .Le public avait été génial. Mais engénéral, mon plaisir, je le trouve dansla création musicale.Le militantisme, c’est ce quim’inspire. Pour le reste, je n’ai pasde structures. Je ne sais même pasce qu’est un quatrain. Souvent,j’arrive en studio avec des morceauxdéchirés, parce que c’est la paniqueet qu’il faut que je rassemble toutpour l’enregistrement. Parfois, dès lepremier son, ça déboîte, des fois, t’esune après-midi pour écrire unechanson, d’autres, ça fait plusieursd’être terminées.Pour le de ton prochain album,De l’inconnu au roi de la jungle, il y aJ’étais plongeur. Y’avait troismémés avec moi qui faisaient çadepuis douze ans. Je n’ai pastenu trois mois. Et quand jesuis parti, je me suis retourné,j’ai regardé les mémés et dansont fait le ménage, la vaisselle,un truc que tu ne peux passupporter toi, parce que sinon tun’es pas dans les bonnes . Tu netous tes projets pour faire la vaisselleparce qu’il faut vivre et gagner del’argent. Ce sont des lionnes et on estNotre petit doigt nous a dit que tuavais produit une bonne partie de lamusique de l’album.Ce n’était pas du tout prévu quej’en fasse autant. DJ SE devait faireles sons. Je l’ai observé, j’ai essayé,comme ça que je me suis retrouvé àcomposer les musiques de l’album.Il y a tout de même des sons de DJSE et d’un pote à lui, El Gordo. Lamusique, ça fait longtemps que je lapratique. Je joue de la guitare depuisplusieurs années, c’est donc une suitelogique.Il n’existe pas de mauvais sons. Avectous les sons, tu peux faire quelquechose de joli. C’est ça la musique.Si je tape, si je claque des doigts,je peux faire quelque chose de joli.Non, le plus dur, c’est le mixage, laqualité du son. Rendre au format queC’est pour ça que j’ai encore besoinde SE .Parle-nous un peu de ton nouvelalbum.Il sortirait avant septembre.. Il y aura un autregroupe.Kydaml’homme de la ruemusiqueLe militantisme,c’est ce quim’inspire 
  15. 15. ENDEMIXn°03juin-juillet-août2013Grandeinterviewp.15Depuis tout petit, Kydam joueavec les mots. A l’âge de 8ans, il signe son premier texte.causes fortes pour lesquellesil s’engage aujourd’hui, etencore très loin du rap.sesouvient-il en riant. Le jeunenatale pour la Métropole à l’âgede 10 ans. C’est un véritabledéracinement qui dure presquede lui, une envie : celle de fairequelque chose de ses mots.mais c’est en rencontrant DJ SEle rap.. C’est le début d’unegrande histoire entre lui etrévolutionnaire. ÀKydam a déjà sorti un maxi,, et enregistre en ce momentmême un album.Même s’il ne fait pas beaucoup de scènes, Kydam a un vrai public, surtout chez les jeunes. Ces derniersl’arrêtent souvent dans la rue en criant « Kanaky, Yes I », l’un de ses titres qui tournent sur YouTube.Comment vous êtes-vous rencontrésLe destin. C’est la merde qui nous aréunis.On est deux électronslibres, deux métis. Donc on est un peule cul entre deux chaises. On a notremot à dire sur ce qui se passe aussi. Ona une légitimité. Le rap, c’est un bonde créer des ponts entre les gens.Pour pouvoir communiquer. C’est çanotre démarche. Aujourd’hui, il y a unmanque de communication et il fautqu’on se parle.La musique, on l’utilise pourparler de tout. Tu sais ce qui se passetrain de faire un génocide. Et le mondeentier ferme les yeux. Je vais te direpour conquérir le monde, pour passertous nos messages, dire ce qu’on a surle cœur. Si c’est mal, il faut le dire,il faut qu’on se lève. La centrale aumanifestent dans la rue.Prends ta pancarte, dis-le sursimple aujourd’hui, avec Internet, tupeux toucher tout le monde. Y’a plus dePropos recueillis par Gaëlle Perrier et Jessy DerocheEn général,mon plaisir,je le trouvedans lacréationmusicaleSUR LE NETRetrouvez cette interview en vidéo surwww.poemart.nc et découvrez un morceaudu duo Kydam/Nathanaël en exclu !BIO EXPRESS
  16. 16. ©ÉENDEMIXn°03juin-juillet-août2013p.16PortraitsPonérihouen, Nouméa, Lifou ou Ouvéa… les musiciensd’I&I écument les salles calédoniennes depuis 2010.De vrais mordus du qui n’avaient pas encore prisle temps de se poser pour composer leurs propreschansons et sortir un album. Il faut dire que le groupe s’estformé avant tout pour rendre hommage au leader du reggaeBob Marley.Fabian Clavel, 25 ans, le chanteur explique la genèse du. Stanislas Wanakaen a ajouté son clavier etle tout a donné la formation .Durant six mois,ils apprennent le répertoire du roi du reggae et débutent lesconcerts hommage en juillet 2010.Un anniversaire tremplinEn 2011, le calendrier leur donne un coup de pouce. Les 30 ansde la scène. se souvientFabian. L’USTKE les contacte aussi pour animer les 30 ans dusyndicat, le 1ermai de la même année.assure la première partie du concert d’Anthony B, ils se disent.Un album en gestationet plus facile à retenir, I&I, et se lance dans son plus gros*., insiste le leader.Studio de Katiramona. Ils seront mixés par Fabrice Soler etde l’album est prévue au second semestre 2013 et sera suiviedélecter d’une belle performance du groupe le 12 avril dernier,lorsqu’I&I a fait la première partie du concert de Soja lors dufestival. Fabian et sa bande ont simplement mis le feu àla pelouse du centre culturel Tjibaou avec, pour la premièrefois, leurs propres compositions.Par Amélie RigolletI&I I&I, c’était au départ quelques copains qui voulaient juste rendrehommage à Bob Marley en interprétant ses titres les plus connus.Mais une quarantaine de lives plus tard, le public calédonien est conquispar la voix du chanteur et le groove des musiciens. Le groupe n’a plusd’autre choix que de sortir enfin son album et ses compos originales.Ce sera bientôt chose faite avec Common Fate.sur la routede ZionmusiqueQUI FAIT QUOI ?Fabian Clavel, alias Fab, guitariste, chanteurAnthony Dupre, alias Tosh, bassisteJordan QenegeiStanislas Wanakaen, clavier, chœurNéhémie Kuanene, clavier, chœurLouis Perez, guitariste, solisteFabrice Kjan, guitariste, solisteI&I prévoit de sortirson premier album en3 000 exemplaires afinde l’exporter.
  17. 17. ENDEMIXn°03juin-juillet-août2013Programme détaillé disponible en ligne à partir du 11 juin sur www.culture.noumea.ncRenseignementsorganisation et programmation :Dispositif Musique 25.07.52FÊTEDE LAMUSIQUE21 & 22 JUINDE 13H À 23HNOUMÉAPLACE DES COCOTIERS, HÔTEL DE VILLE,BIBLIOTHÈQUE BERNHEIM ET QUAI FERRY
  18. 18. ENDEMIXn°03juin-juillet-août2013
  19. 19. ©ÉENDEMIXn°03juin-juillet-août2013p.19Portraitsi Cada (prononcez ,ndlr) ne sort en moyennequ’un album tous les troisans, le succès est toujoursau rendez-vous.a remporté le prix de lameilleure vente lors desFlèches de la Musique en 2008 et, le prix Kaneka en2010.De la tribu au top 20Cada, c’est l’histoire de dix artistesoriginaires de Hienghène, tousfrères ou cousins et musiciens deexpliquent l’harmonie et l’unité dugroupe. Celui-ci s’est formé dansfabriquée à l’aide de boîtes de laitJean-Mathias à la guitare et soncousin Yoan Bouanou au clavier.se rappelleJean-Mathias, le leader du groupe,.Pendant dix ans, Cada joue dansles tribus de Hienghène et se bâtitune petite renommée, doucement,mais sûrement. Lorsque le grandfrère, Angelo Fisdiepas, revientde l’armée en 2004, il commenceà composer pour le groupe.raconteJean-Mathias. Le groupe lui doitnotamment son premier tube,, extrait de leur premieralbum sorti en autoproduction,.Un kaneka engagéLa politique et l’environnementsont les deux thèmes phares de leurnouvel album, dans la continuitédu précédent.,interpelle l’auteur-compositeurpour qui les artistes ont un rôle réelà jouer.. Ce quatrième opus devraitcontenir douze titres, dont certainsinterprétés en duo avec d’autresartistes locaux. Mais chut,la musique, même si le groupeest emblématique du kaneka(aire coutumière duNord) dans lequel il plonge sescourant 2013, lors de la sortie del’album.Par Myriam GrandclerTrois ans après Po hun koi theen, le groupe Cadareprend le chemin des bacs avec un quatrième album.Mais un certain mystère plane encore sur ce nouvelopus dont l’enregistrement est en cours.QUI SONT-ILS ?Cyril Djaiwé :Jean Jac ues Jamet :UkuleleSteeve entao :basseoan Bouanou :clavierDayan Djaiwé :guitare solo/acoustiqueLionel Kayara :basseJocelyn Bouanou :clavierann Bouanou :clavierJean athias Djaiwé :lead vocal/auteur-compositeurAngelo Fisdiepas :guitare/auteur-compositeurLe groupe Cadadoit enregistrerson quatrièmealbum austudio Mangrove,comme les deuxprécédents.Setdequatre !musiqueCaDa
  20. 20. ENDEMIXn°03juin-juillet-août2013p.20Portraitsominique Jean est unhomme pressé. Entre lesmatinales sur NRJ, lesspectacles sur le feu, les créationsthéâtrales en préparation, et lescours de théâtre qu’il dispense, riend’étonnant qu’il n’ait pas le tempsIl est la voix du 9-12 d’NRJ. Mais Dominique Jean est surtoutdepuis vingt ans un abonné des planches. Comédien et metteuren scène, créateur de la Compagnie de l’Archipel, il a présentédébut juin, au centre culturel du Mont-Dore, Les Précieusesridicules de Molière. Un classique qui n’a pas pris une ride.DDomiNique JEaNthéâtrecôté coulissesOn le rassure,tout en imaginant ses proposexprimés avec l’accent québécoisqu’il maîtrise parfaitement – unautre de ses talents –, l’impactsur son interlocutrice aurait étésent qu’il a adoré se plonger dansce grand classique et travaillernotamment avec Alain Mardel,Catherine Dinevan, Célia Chabut,Stephanovitch.Les FemmessavantesEsprit critiquetransition au texte de David Lodge,, avant de se lancercomme acteur dans deux comédiesmusicales. La chanson, une nouvelleTout semble sourire àl’artiste.Et de poursuivre, sanslangue de bois, sur les politiquesqui ne s’intéressent pas assez auxjeunes de quartier qui ont une vraiecréativité.Par Frédérique de Jodeen scène passera certainement entreles mailles de la dépression puisqueson emploi du temps est bookéjusqu’en décembre.Un texte d’actualitéAprès avoir réalisé la mise encentre culturel Tjibaou, organiséle spectacle de concours de slamà la Maison Tuband, le créateurde la Compagnie de l’Archipela enchaîné avecde Molière. Une pièce quel’on pourra découvrir lors d’unetournée et qui tranche avec sonrépertoire plutôt contemporain., analyse Dominique Jean.Tout en ponctuant sa phrase avechumour d’un©É
  21. 21. ENDEMIXn°03juin-juillet-août2013p.21PortraitsJouRnAlisTe,point à la ligneDe ses propres ailes1932-2012, aéroportinternational de NouméaLa Tontouta(Chambre de commerce etd’industrie de Nouvelle-Calédonie, 2013)eux qui ont eu àtravailler avec luiconnaissent sonperfectionnismeau service de la CCI pour écrire, Jean-MarcEstournès a écumé les salles derédaction. Lorsqu’il sort du Centrede formation des journalistes enplus précisément le football. Il pigepour les plus grandes publicationsd’années des souvenirs incroyablesde reportages, à vadrouiller un peupartout dans le monde.retrouve en Calédonie. Il intègrequi fermerapidement. Avec PhilippePentecost, il lance alors l’hebdo, sans vraimentde moyens – pas de bureau, nitéléphone – mais garde en mémoired’excellents moments. C’est à la têtede ce titre qu’il publie la saga desgrandes familles calédoniennes.Une plume d’enquêteurIl fait ensuite un bref passage àavant de saisirl’opportunité qui le conduit sur lechemin de l’écriture. Il réalise onzelivres pour la collection(aux éditions), sorte de mini-encyclopédieéducative. L’actualité politique decomme responsable du pôle presseécrite à la province Sud pour cinqphotos, et un livre pour NC 1èredernier livre sur La Tontouta quine devrait pas l’être… Dans sescartons, il a quelques idées, mais ça,c’est une autre histoire.Par Mathurin DerelLa dernière actu de Jean-Marc Estournès, c’est sonlivre – De ses propres ailes 1932-2012 – édité parla CCI à l’occasion de l’inauguration de la nouvelleaérogare de La Tontouta. Un ouvrage historique quia nécessité un travail de recherche considérable.llCUne maison d’édition, un talent de conteuse, beaucoup d’amour pour la littérature et, depuis peu,une voix pour les Calédoniens… Rencontre avec Liliane Tauru, une femme de passion.LiliaNe TauRu, édiTRicEla plume des p’tits cagousde contes locaux. C’est à son initiative que paraît la superbecollection d’albums-CD de contes kanak bilingues pourenfants, coédités par l’ADCK et les éditions Grain de sable,dont constitue le premiermaillon en 2003. En 2011, elle vole de ses propres ailes et créela maison d’édition Jeunesse Plume de notou,, souligne-t-elle.De défis en défisEt c’est avec deux collections, et quela petite maison d’édition se hisse chez les grands, tandis queElle écrit ainsi et , sans oublier sonprochain album qui devrait sortir au mois d’août.Aujourd’hui, l’auteure, conteuse et éditrice anime l’émissionradio dans laquelle nous retrouvons chaquesemaine une chronique d’Endemix. Entourée de ses invités,Pour les plus grands,Liliane Tauru estaussi l’auteure de labiographie illustrée deJean-Marie Tjibaou,parue en 2009.Liliane commentel’actualité culturelleet met à l’honneur lescréations artistiqueslocales., lâche, ravie,celle qui n’en estpourtant pas à sonpremier challenge.Par Myriam Grandcler
  22. 22. ©É©ÉENDEMIXn°03juin-juillet-août2013p.22Portraitsepuis sa création, la vocationduet le fantastique sous toutesleurs formes.souligne Marianne Tissandier,vice-présidente. Sans oublier qu’avecl’explosion du fantastique dans laculture populaire, cinéma et séries entête,reconnaît Franck Touzé,NOëlla PoeMaTeart narratifassociationlLes 27 aNsdu FanTastiqueD, organisé parle , a lancé la saison 2013de la Maison du Livre, preuve s’il enest que l’association est devenue aucompte.Un geek et ça repart !Les évènements organisés parl’association rythment le calendrierculturel (voir encadré), et certains,comme , héritièredes 24 heures, sont une vraieinstitution à Nouméa. Mais le, c’est aussi une permanence lesamedi après-midi à la Maison duLivre, où l’on peut découvrir en touteconvivialité des jeux de plateaux et derôle, une bibliothèque de l’imaginaireou encore la toute récente collectiond’audio-livres. Et, pourquoi pas,Par Julia TrinsonContact : scificlubncal@gmail.comPage Facebook : SCI-FI CLUB NouméaÀ VENIR- 31 août, Maison du Livre : journéethématique sur « Les universde l’absurde »- août, Dumbéa : week-end médiéval-fantastique, un rendez-vous costumé- décembre, Ciné City : Nuit du FantastiqueRécompensée par Écrire en Océanie en2011, présente au Salon du livre de Parisen 2012, participante au SILO… à 33 ans,Noëlla Poemate est déjà une auteure denouvelles reconnue. Pourtant, elle insiste sur le fait quel’écriture est surtout un loisir, qu’elle pratique quand ellepassée à l’ordinateur pour écrire.soupire-t-elle avec humour, avant de préciserrédaction de deux nouvelles en même temps.Une passion contagieuseProfesseur de français dans un collège de Voh, Noëlla estavec ses élèves lors d’un atelier qui leur ouvre les portesles aider à se forger une culture personnelle, leur fairefemme avoue son admiration pour Guy de Maupassant,dont elle relit les nouvellesrégulièrement depuis lecollège. Un goût classiquedont elle s’excuse presque,mais qu’elle explique parla contemporanéité dessujets choisis par l’auteur.annonce-t-elle sobrement.Gageons qu’avec son donpour les mots, Noëlla yparviendra.Par Julia TrinsonSES ŒUVRES PUBLIÉES :- Tein, Éditions du Banc d’Arguin, 2010- Olé Oléti, avec Léopold Hnacipan, Écrire enOcéanie, 2011- Au pays de l’or vert, dans le recueil Nouvellescalédoniennes, Vents d’Ailleurs, 2012Auteure de nouvelles, Noëlla Poemate est aussi unelectrice avide qui aime partager sa passion pourl’art sous toutes ses formes.Prenez quelques fans de StarWars amateurs de cinéma degenre, secouez avec énergiependant 27 ans... vous obtenezune association où se côtoientjeux de rôle, littérature, ciné etarts plastiques : le Sci-Fi Club.
  23. 23. ENDEMIXn°03juin-juillet-août2013LES EXPOSITIONSENCHÈRES D’ŒUVRES / EN CHAIR D’ŒUVREExposition collective.Jusqu’au 6 juinDes œuvres sur la placede l’artiste et la valeur de l’art.TREMPLIN DE LA CRÉATIONDu 20 juin au 25 juilletConcours pour les 15-26 ans et candidats à une première exposition.PENSÉESSECRÈTESde David LodgeAdaptée en français pour lethéâtre par Gérald Sibleyras.La compagnie ArchipelMis en scène par DominiqueJean15, 16, 22 et 23 août à 20h17, 18, 24 et 25 août à 18hEL DUENDELa compagnie Show DevantMis en scène par WénaëlAstierÉMOI…ÉMOI…ET MOI…Samuel SafranaMis en scène parAlain Mardel4, 5 juillet à 20h6, 7 juillet à 18hLE PRÉNOMLa compagnieÇa CartoonMis en scène parMarie-Ève Delatte19, 20, 21, 26,27 et 28 juin à20h22, 23, 29 et 30 juin à 18hJ’AIMEBEAUCOUPCE QUEVOUSFAITESde Carole GreepNuma et compagnieMis en scène par Sam Kagy11, 12, 18 et 19 juillet à 20h13, 14, 20 et 21 juillet à 18h1er, 2 août à 20h3, 4 août à 18hVÉRALINE AU PAYSD’ÉMERAUDELa compagnie Histoire de MarionnettesMis en scène par Christine Rigaultet Nicolas Roustit14, 15, 16 juin à 17hLES SPECTACLESculture mélanésienne.Vous pouvez vous abonner à lanewsletter hebdomadaire ducentre d’Art en appelant le 25 07 50Plus d’infos sur www.culture.noumea.ncPROGRAMMEJuin-Juillet-Août2013 LE CINÉMAFilm d’ouverture du festivalprojeté gratuitementle mardi 23 juillet à 18hContracorrientede Javier Fuentes-LéonEvade Kike MailloL’œil invisiblede Diego LermanMiss Balade GerardoNaranjoL’année oùmes parentssont partis envacancesde Cao HamburgerUn jourde chancede Alexde la IglesiaFESTIVAL REFLETSDU CINÉMA IBÉRIQUE &LATINO-AMÉRICAINDu 25 au 28 juilletSmoking roomde Julio Wallovits, Roger GualPlus d’infos surLes 1eret le 3emardi du mois, de 18hà 20h. Spectacles gratuits en plein airaccompagnés d’une collation.le 18 juinScène musicale avec Le Michel BÉNÉBIG Super Bandle 2 juilletSoirée « Tutti Frutti » avec les Frères Milton etd’autres groupesle 16 juilletRendez-vous Flash mob organisé par le Chapitôle 23 juilletet latino-américainle 6 aoûtFestival Pikininile 20 aoûtLES ART’PÉRITIFSLA SÉANCE CINÉ’ARTChaque 2emardi du mois, le centre d’Art11juin Aguirre lacolère de Dieu9 juillet Une histoirevraie 13août Crisis on cakecompagnie du Maquis.Entrée libre et gratuite sur présentation d’unbillet à retirer en billetterie
  24. 24. ENDEMIXn°03juin-juillet-août2013p.24CriduCagouLe cri du cagou présente... la peauOn m’a dit, un jour, que si je mele corps entièrement recouvert24 ans. Je me suis fait faire un tatouage.Depuis ce jour, je ne rêve que de réitérerl’expérience. Voilà que le Cri du Cagouveut faire un dossier sur la peau. Je mepropose pour écrire un article sur unartiste tatoueur. Et comme le journalismeme faire tatouer pour raconter mesimpressions.Ça tombe bien, j’ai un copain qui vient dese lancer dans le tatouage.Je le rassure, lui expliquant que lemoins lu. .sur l’épaule droite, un poisson, unbossu doré au pied d’un cagou, les ailesdéployées et la crête hérissée avec au-gothiques de feu et en-dessousou (au choix)et s’il lui reste de l’encre, je veux bienaussi un dé à vingt faces et deux sabreslaser croisés, un rouge et un bleu. Il aregardé mon bras et m’a conseillé de fairedeux années de musculation intensive oude revoir mes envies à la baisse.Les membres du Cri du Cagou se sont emparés d’une page d’Endemixpour parler, chaque numéro, d’un thème qui leur tient à cœur.Mon nouveautatouageAMOUR SANS ÂGEElle arrive…Femme sans âgeElle arrive…Sans peauincertitudesD’hier et de toujoursElle se dresseFace à notre œil…Celui de l’âmeElle nous parleDu chant d’amourGravéSur les yeux des vivantsAux mains tenduesPour donnerRecevoir et construireD’une peau nuancéeDe foncé ou de clairSes seins bas et lourdsInvitent au reposDe la femme-racinesMère des hommesAllaitant toute forceNichée sous ses cuissesEntrailles du mondeElle accueille le silence etl’asileNés du ventreDe la glaise nourricièrecouchePour la palpitation desheuresApprivoisée en un éclairDe bruissement et d’au-delàImasangoPour tes mains sourcesÉditions Bruno Doucey,2011arts visuelsMon pote Dric, Poé 2011.©Il est assis en tailleur. Il prépare sonencre à la lueur du feu, un mélange decharbon de coco dilué dans de l’huile demixture. Il ferme les yeux. Il visualise leMoko qu’il va tatouer sur mon épaule.Je serre les dents…Mon corps recouvert d’encre, ce n’est pasencore pour demain.Par BoSS URetrouvez La peau sur le Cri du Cagou :www.lecriducagou.nc
  25. 25. ENDEMIXn°03juin-juillet-août2013Parcoursp.25ParcoursApremières maîtrises d’Arts Plastiques sur le Caillou.Langues et Culture, option Patrimoine.Elle multiplie ensuite les collaborations avec les municipalités(notamment le Mont-Dore et Nouméa) et les instituts deformation (Greta, IFM, IUFM, UNC). Le centre culturelTjibaou la charge d’orchestrer les visites guidées tandisque le centre d’Art lui demande d’animer des ateliersd’Arts Plastiques et d’Histoire de l’Art. Intervenante,conférencière, commissaire d’exposition, Lydie gardeAu centre de l’artParmi toutes les fonctions qu’elle a occupées, l’art en estla ligne directrice. Pas étonnant que celui-ci soit aussi aucentre de la vie de Lydie.rappelle la jeune femme.En 2013, Lydie pose ses valises et délaisse ses chaussuresde nomade à l’entrée du centre d’Art, dont elle devientfemme qui voit ce lieules échanges avec le public et faire de cet endroit historique,conclut-elle. A 40 ans à peine, Lydie Gardet comptebien continuer son chemin dans le sillon artistique calédonien.Par Nathalie DarricauDepuis septembre 2012, Lydie Gardet reprend lesmanettes du centre d’Art et du Théâtre de Poche.Comment cette boulimique de l’art et plasticienneest-elle arrivée sur les pavés de ce lieu historique ?Récit d’un parcours au service de deux objectifs :la création artistique et sa promotion.LYDIE GARDETartiste au service de l’artarts visuels
  26. 26. ENDEMIXn°03juin-juillet-août2013p.26Questions à...e Salon Internationaldu Livre Océanien(SILO) a 10 ans cetteannée. Quel publicvise-t-il aujourd’hui ?vrai qu’il s’adresse beaucoupaux professionnels de l’ensembleCalédonie, comme les auteurs,les bibliothécaires, les éditeurs…Mais le SILO propose aussiun programme et des activitésgratuites pour tout le monde, desenfants aux adultes. Surtout pourles enfants. Il faut penser à nosQue trouveront lesécrivains locaux, amateurs,professionnels, ou simplementles curieux ?sujets que nos invités peuventavoir en commun. Par exemple,nous comptons aborder ledu récit historique ou devoyage. Plusieurs auteurscomme François Garde, DavidFauquemberg et Pierre Furlanse rejoignent sur ce point.C’est quelque chose de trèsintéressant parce qu’aujourd’huien Nouvelle-Calédonie, desécrivains commencent às’emparer de l’Histoire, maisfranchir le pas entre faithistorique et transpositionC’est également un momentde partage avec l’Océanie.Comment se passent leséchanges ? Comment se créentles liens ?Le SILO fonctionne en synergieavec le Salon du livre de Tahiti.Il y a eu énormément d’échangesentre les écrivains des deuxzones. De ces échanges sontnées des choses très fortesgrâce aux deux salons. Avec lafrancophones ou non, le SILOpermet des rencontres entregens de cultures très procheset qui, en tant qu’auteurs, ontles mêmes problématiqueset des points communs surlesquels discuter. Ils peuventaussi découvrir comment leschoses se font ailleurs. Celacrée des possibilités d’échanges,génère des invitations dans lespays respectifs. Nous invitonstoujours le responsable d’unannée, c’est un festival de Bali –« Le SILO est un festival littéraire,pas une foire du livre »On ne présente plus Pierre Faessel, ancien libraire reconverti en chroniqueurlittéraire, et son appétit insatiable du bon mot et de la phrase joliment tournée.Pour 2013, il nous réserve de belles surprises en tant que chargé de laprogrammation culturelle du SILO. Des tables rondes aux cafés littéraires, en passantpar les spectacles, derrière ses lunettes, Pierre scrute chaque détail de ce rendez-vous littéraire. Tour d’horizon d’une édition qui s’annonce riche en rencontres.Le SILO permetdes rencontres entregens de cultures trèsprochesLNotre SILO est bien différent duSalon du livre de Paris. Peut-ondire que l’échange humain estvalorisé ?pas une foire du livre. L’aspectcommercial ne prédomine pas.En termes d’ambiance, on serapproche d’à Saint-Malo ou duà Ouessant, avec uncôté convivial, moins anonyme,où des liens profonds se créent.Pierre Faessel
  27. 27. ENDEMIXn°03juin-juillet-août2013p.27Questionsà...Il faut penser ànos futurs lecteurs...et écrivains !où les échanges formels peuventse prolonger facilement.Trois Japonais sont attenduscomme invités de cetteédition. Pouvez-vous nous lesprésenter ?La consule honoraire du Japon,Marie-Josée Michel, nous a aidéà faire venir ces trois grandsécrivains, tous francophonesune star du roman dans son paysAkutagawa, l’équivalent japonaisnous invite au cœur d’une poésietrès contemporaine, tout enproposant aussi des livres enTaku Nishimura représentera lemanga.Hormis le pays du Soleil Levant,quelles thématiques serontabordées durant le SILO ?L’accent est plutôt mis surs’inscrire dans ce qu’Édouardmonde. Le SILO est là pourcréations contemporaines de larégion, pour que chacun puisseécrire en toute liberté et touteindépendance, sans forcémentutiliser les cadres classiquesvenus d’Occident, ou alors ense les réappropriant. Le thèmedu numérique sera aussi abordé.Sans oublier l’aspect festif de cedixième anniversaire qui nousdonnera l’opportunité de dresserun bilan des éditions passées.Propos recueillis par Julia TrinsonUn festival aux dix bougiesEn 2013, le Salon International du LivreOcéanien (SILO), sixième du nom, fêtera sesdix ans d’existence. Lancé à l’initiative dugouvernement de la Nouvelle-Calédonie,charmée par le Salon du livre insulairePoindimié.souligne ChristopheAugias, directeur de la bibliothèqueBernheim, une institution qui est derrièrel’organisation du SILO depuis l’origine.Conçu dès le départ comme un rendez-vousdu monde du livre, le SILO a permis de tisserdes réseaux professionnels solides. Au gréde l’évolution des formules, le grand publicn’a pas toujours trouvé le chemin du salonet se déroulera en quasi-totalité dans la salleomnisports de Poindimié. Pour la premièrefois, le SILO fera un passage en tribu,proposant une sorte de pour lequelquelques écrivains feront le déplacement.une fois sur deux à Nouméa. Ceux qui nepeuvent pas faire le déplacement jusque dans
  28. 28. ENDEMIXn°03juin-juillet-août2013p.28ParolesMUSIQUEet tous les autresplus jeune. J’écoutais Groundation. J’ai même euma période transe électro house pendant un bonle chanteur propose sa propre philosophie. En ceJ’aime ses thèmes, j’aime sa musique, mais il faut qu’ilSouvent, on ne comprend pas ce qu’il dit mais ça poseun problème car ses chansons sont censées passer unLITTÉRATURESPECTACLEça. Le break calédonien ne pourra survivre que sid’autres jeunes danseurs se forment. Pour cela il fautmais on ne sait pas si ça va percer ou si ça va durerCINÉMA. Il déchire. J’aiadoré. Les costumes sont incroyables. Et à un momentJe trouve que c’est tout le temps la même chose et qu’ilPropos recueillis par Léna QuillierCritiquesen herbeIls ont entre 15 et 25 ans, ils sont curieux, ils aimentaller au cinéma, écouter de la musique, rester aucourant des nouveautés et donner leur avis surl’actualité culturelle : la parole est aux jeunes du Rex !Pour discuter des dernières sorties culturelles, des artistes,spectacles, films qui vous ont touchés récemment, autour d’unbon goûter, inscrivez-vous au Rex en appelant le 28 26 29 ousur Facebook : /endemix.poemart ou /lerex.nouméa
  29. 29. ENDEMIXn°03juin-juillet-août2013
  30. 30. ENDEMIXn°03juin-juillet-août2013p.30Fiches pratiquesLe CORRECTEURLITTERAIRE,cellule de veille de la langue françaiseQuelles sont ses missions ?de corriger tout texte destiné à êtrepublié, quel que soit son support(électronique ou papier). Mot partypographique et assure le respectde la ponctuation, de la syntaxe et del’orthographe. Il veille également ausens et à la cohérence du contenu,ce qui l’amène parfois à couper,reformuler, éclaircir certains passagesobscurs, en réécrire d’autres,réorganiser des chapitres… sansdénaturer le texte, tout en prenantsoin de respecter la pensée de l’auteur.correcteur de rendre un texte sansvéracité des informations citées.presse magazine, imprimerie, publicitéet communication.Quelles doivent être ses qualités ?Il doit avant tout posséder uneexcellente maîtrise de la languefrançaise et des règles typographiquesmais aussi de vraies capacitésrédactionnelles. C’est une personnepourvue d’un esprit d’analyse et d’unsens critique aiguisé ainsi que d’unegrande érudition, capable de corrigeraussi bien un récit de voyage, unerevue politique ou économique, unmanuel technique qu’un article depresse ou un roman.Il se distingue par la qualité et larapidité d’exécution de son travail.Aucun diplôme n’est requis pourexercer ce métier, mais une formationgénéraliste de bac à bac + 3 est toutde même nécessaire pour acquérirun tel niveau de maîtrise de lalangue et une solide culture générale.Les correcteurs orthographiquessont des outils précieux au serviceremplaceront jamais ses capacités àappréhender la cohérence d’un texteet le choix judicieux de sa formulation.Quelle rémunération ?La rémunération du travailleursalarié peut varier du SMG à environnégocie la facturation avec l’éditeur.Certains correcteurs font un devis parmagazine, ou bien au mot ou à la page.Mais la facturation peut aussi varieren fonction de la façon dont c’estécrit, des délais, de la nature des textes(guide technique…), etc.LE CORRECTEURLITTÉRAIRE ESTLE GARANT D’UNE ŒUVREÉDITORIALE IRRÉPROCHABLE.IL PASSE CHAQUE MOT DE LALANGUE FRANÇAISE AU PEIGNEFIN. TRAQUANT LA MOINDREERREUR RELATIVE AUSSI BIENAU FOND QU’À LA FORME.Quel contrat ?code APE 748F - secrétariat etrédaction. Pour les travailleurssalariés, le statut de correcteurde presse dépend des accordsprofessionnels de la brancheniveau 2, échelon 2.Comment exercer ?un salarié d’une maison d’édition oud’une entreprise de presse intégré ausein d’une équipe de rédaction qu’unCalédonie, ces derniers sont lesplus nombreux, le métier se prêtantparfaitement au télétravail.Par Myriam GrandclerPLUS D’INFOSSyndicat des correcteurs :www.correcteurs.orgSyndicat national de l’édition :www.sne.fr
  31. 31. ENDEMIXn°03juin-juillet-août2013Fichespratiquesp.31L’EDITEURMUSICAL,Quelles sont ses missions ?Si, à l’origine, l’éditeurmusical était la personne qui,ayant assuré la transcriptionde l’œuvre sur papier, vendaitles partitions en vue de faire exécuterl’œuvre par tous supports. Son rôle estdonc plus étendu que celui de producteurmusical.> C’est lui qui procède ou fait procéderà la reproduction de l’œuvre dans lesentre lui-même et les auteurs de l’œuvre(obligation de résultat).>commerciale conformément aux usagesdes projets, sous forme d’avances oud’investissements avec des partenairesde disques…)Quelles doivent être ses qualités ?Une grande capacité d’adaptation, de lapolyvalence (administratif, juridique,auteurs ou compositeurs.Quelle rémunération ?Par la conclusion du contrat d’édition,l’auteur cède à l’éditeur une partie de sesdroits sur l’œuvre ou les œuvres qu’il aenregistrées. En France, la règle applicableest celle des trois tiers : un tiers pourl’éditeur, un tiers pour l’auteur et un tierspour le compositeur.Quel contrat ?Ci-dessous, quelques clauses essentielles> L’objet du contrat : cession d’une,> La garantie de l’auteurgarantir avoir le droit de céder l’œuvreà l’éditeur (elle n’est pas ou plus éditée)> La durée du contratminimum de trois ans, il peut aussi êtresoit aussi longtemps que l’œuvre est> Le territoire du contratl’édition musicale, généralement, il s’agit> L’avance éditoriale ;> Les obligations de l’éditeur> La cession de droits en cas de sous-édition.Comment exercer ?Pour faire valoir ses droits sur leTerritoire, mieux vaut adhérer à la Sociétédes Auteurs, Compositeurs et Éditeurs deNouvelle-Calédonie, la SACENC. Celle-cia pour mission de percevoir et répartirles droits d’auteur pour le compte de sessociétaires, dans la limite de leurs apports.d’édition d’au moins dix œuvresoriginales faisant partie du répertoirede la société, avec ou sans textes, qu’il aqu’elles font l’objet d’un commencementPar Clémence LehouxPLUS D’INFOSLa Société des Auteurs, Compositeurs et Éditeurs de Nouvelle-Calédonie :www.sacenc.ncLa Chambre syndicale des éditeurs musicaux :www.csdem.orgEN ÉTROITECOLLABORATIONAVEC L’AUTEUR,L’ÉDITEUR EST CELUIQUI LUI DONNERAL’EXPLOITATIONMUSICALE LA PLUSLARGE POSSIBLE.
  32. 32. ENDEMIXn°03juin-juillet-août2013
  33. 33. ENDEMIXn°03juin-juillet-août2013p.33Publi-reportagePaula Boi :sortir du cadreUne timidité presque maladive, un coup decrayon quasi instinctif… Paula Boi trouve dansle dessin et la peinture le moyen de s’exprimerinstruments, raconte les paysages qu’elle aperçoitComme un journal intime, son carnet de dessin lui permetd’art remarque son talent et décide de lui présenter Jean-se rappelle-t-elle, en souriant. Elle apprend ainsi les bases de la réalisationd’un produit publicitaire, un métier peu répandu à l’époque.ReconnaissanceLe 4eCalédonie et Jean-Marie Tjibaou cherche de jeunes artisteskanak pour les faire participer à cet immense rendez-vousculturel. La jeune femme a 21 ans et son talent est viteplus tard l’ADCK).De ces rencontres océaniennes, elle réalise une choseUn crayon dans une main, un pinceau dans l’autre, Paula Boi a unemission : lier art et transmission, culture et jeunesse. Du Festivaldes Arts du Pacifique à la création du Parcours Waladio, l’artiste aconsacré sa vie à comprendre la culture de ses ancêtres pour laléguer aux jeunes générations. Esquisse d’une femme talentueuse.L’art et la culture figurent aussi parmi lesdomaines d’intervention du Congrès dela Nouvelle-Calédonie. Dans ce contexte,l’institution a choisi d’engager unpartenariat avec Endemix au travers d’unechronique régulière. Le Congrès souhaitedans ce rendez-vous mettre en évidencele travail, les aspirations et les réalisationsdes artistes locaux.Elle consacre dès lors son temps à trouver unereprésentation graphique, propre à la culture kanak.TransmissionPaula Boi porte alors son regard sur les motifs des bambousgoût du jour la technique traditionnelle de la gravure,plus en plus forte. En 2004, son souhait se réalise avec lacréation du , au centre culturel Tjibaou.une culture qu’elle ne veut pas perdre, comme ses visionsd’enfants.Aujourd’hui, l’artiste peintre est toujours sur le terrain,des œuvres. Intervenante culturelle engagée auprèsPar GP et GK
  34. 34. ENDEMIXn°03juin-juillet-août2013p.34Palabres d’écrivainsDavidFAUQUEMBERG« La force du roman,c’est de vous isoler du monde »voyage.Vous êtes romancier, mais aussi reporter ettraducteur : comment organisez-vous votretravail ?Assez naturellement, car les rythmes ne sontannées, c’est une vraie épreuve d’endurance.J’alterne donc de longues périodes d’écritureavec deux mois de traduction, un mois detemps de digérer les choses.Vos écrits sont inspirés de vos voyages maisvous n’aimez pas l’appellation d’écrivain-voyageur. Pourquoi ?Comme je voyage pas mal depuislongtemps, tout naturellement, mes romans,mes nouvelles se passent en Australie,le sujet d’un récit, n’est-ce pas toujoursn’ont rien à voir entre eux. Il y a juste unQuel regard portez-vous sur le numérique etce qu’il peut apporter aux récits ?Je suis plutôt vieux jeu, là-dessus. Je croisqu’un romancier doit s’appuyer avant toutsur les forces propres au roman. Je ne suisdonc pas très convaincu par les premiersessais de récits où s’entremêlent écriture,vidéo, liens Internet… La force du roman,c’est justement de vous isoler du monde,langue – ces liens, ces vidéos m’apparaissentle récit.Propos recueillis par Julia TrinsonRetrouvez l’interview complète de DavidFauquemberg sur www.poemart.ncQui se cache derrière les noms en haut des livres ? Comment un écrivaintrouve-t-il l’inspiration ? Que pense-t-il de l’évolution de son travail vers lenumérique ? Autant de questions que le SILO abordera avec l’aide de plusieursécrivains du monde entier. Endemix a eu le privilège d’en rencontrer trois !
  35. 35. ENDEMIXn°03juin-juillet-août2013p.35GrandeinterviewVous n’êtes pas auteur à temps plein.Comment organisez-vous votre travaild’écriture ?Le temps de l’écriture est un tempsle train, dans l’avion, dans la maisonAvec un premier roman publiépar Gallimard, que vous a apportél’accompagnement d’un éditeur ?J’ai beaucoup apprécié le travail avecdu texte. Même si bien évidemment ilne joue qu’à la marge et que chacundes mots n’est que de moi, le regardintelligent et complice de l’éditeur,à aller encore plus loin dans son projet,Le fait d’avoir vécu ici a-t-il joué unrôle dans la genèse de Ce qu’il advint dusauvage blanc, dont le récit débute dansle Pacifique Sud ?Certainement, même si ce n’est pas demanière consciente. J’y ai découvert descultures non-européennes, un tempshistorique plus court, des paysagessinguliers. Je suis heureux d’avoiremmené tant de lecteurs de MétropolePropos recueillis par Julia TrinsonFrancoisGARDE« Le temps de l’écriture est un temps spécial,presque un temps volé »François Garde a reçu en 2012 le Goncourt du premier roman pour. L’invitation au SILO ne sera pasune découverte totale pour cet énarque qui a travaillé plusieursannées dans le pays.KeiichiroHIRANOL’accompagnement éditorial est-ilnécessaire à l’écrivain ?L’éditeur est le premier et le plus prochelecteur de l’écrivain. Il se doit d’être lepont entre son auteur et les lecteurs.original. Le rôle de l’éditeur est doncde discuter avec lui des points qui luitrop longs ou ennuyeux ou ne quilecteurs, sans dénaturer la penséeou l’œuvre de l’auteur. Aujourd’hui,le numérique facilite la publicationd’œuvres, notamment chez les auteurspeu ou pas connus qui n’ont pas trouvéd’éditeur. Mais je pense sincèrementbonne qualité sans l’expérience et leQue pensez-vous des perspectives dunumérique ?Pour l’instant, ce n’est pas encoretrès réussi sauf aux Etats-Unis maisle marché du numérique s’étend dansle monde entier. Au Japon, la plupartde mes romans sont publiés sous lesdeux formes, papier et numérique.Propos recueillis par Myriam Grandcler« Un livre a besoin du regard aiguisé de l’éditeur »À 37 ans, l’écrivain japonais Keiichiro Hirano est l’auteur multi-récompenséd’une dizaine de romans et nouvelles, dont quatre traduits en français., lui a valu d’être le plus jeune auteurrécompensé par le prestigieux prix Akutagawa, l’équivalent du prix Goncourt.
  36. 36. ENDEMIXn°03juin-juillet-août2013p.36EnquêteLe numérique a toutenvahi. Tout, ycompris la culture.expo et des derniersdes peintures numériques et des clips surYouTube… le binaire a introduit de nouvellesbien une chose qu’il ne pourra pas changer, c’estla rencontre entre un artiste et son spectateur.,explique François Druart, artiste numérique,styliste et illustrateur,qui tient la boutiqueAngel Wings à Nouméa..À la portée de tous ?eux-mêmes.,l’Observatoire du numérique, selon le baromètreLes 1 et les 0 font désormais partie intégrante de notre quotidien.Non content d’avoir simplifié la création et sa diffusion, le numériquebouleverse notre manière de s’approprier la culture. Réalisateurs,producteurs ou écrivains, les créateurs font face à un défi inédit : surfersur ce nouvel outil en restant à la surface d’un océan d’informations.Par Mathurin Derelun MARIAGE deL’Art et LELes règles en matièrede communication et demarketing sont nouvellesÉvariste Wayaridri, directeur de la SACENC
  37. 37. ENDEMIXn°03juin-juillet-août2013p.37Enquêteaux autres, ils peuventdécouvrir le multimédiadans les Maisons dequartier avec dessi l’on veut pousser un peu, lesoptions se font rares, notammentpour le maniement de logiciels pluscomplexes.Depuis prèsde deux ans,une école d’artnumérique et destylisme tentede se monter,l’Ecole duMultimédia et del’Image de Konéqui a formé unecinquantaine destagiaires, maispour l’instantrien de concret.Des droits difficiles à réclamerMais la question de la formationn’est pas la seule problématique àlaquelle doit faire face le numérique.La perception qu’en ont les gens,peut être un facteur restrictif. Lors deson exposition d’œuvres numériquesa reçu pas mal de questions.juridiquement l’achat.reste plutôt classique. Pour les autres,ce sont tous les modèles en matièrede droit d’auteur qui sont à revoir(voir encadré Internet et les droitsd’auteur).culture, le numérique pourraitplus décemment de leur travail.produits dérivés… Le monde binairepostale ou une toile imprimée surun tissu sont à la portée de toutesles bourses. Reste que ces formesde commerce de biens culturels nesont pas courammentutilisées par lesartistes calédoniens., insisteÉvariste Wayaridri,.Une communication illimitéeMais si toutes les possibilités ne sontpas exploitées, les musiciens ont bienliste des résultats. a,quant à lui, mis en ligne son clip etson premier morceau à téléchargergratuitement avant même de s’êtreproduit sur scène., glisse LaurentMourinet, le chanteur du groupe.Et aussi d’argent puisque les sommesconsidérablement moins importantes,voire nulles. Mais le numériquene réduit pas tout. Assurément lesremplacera le travail de création etRAISON ?Le numérique a encore du mal àacquérir ses lettres de noblesses185 MILLIONS DE FRANCSC’est le montant des sommesreversées par la SACENC à sesplus de 650 sociétaires en 2011.sont en cours de calcul.INTERNET ETLES DROITS D’AUTEURAvec Internet, les biens culturelsaudiovisuels sont accessiblesen un seul clic. Mais derrièrese posent bien évidemment lesquestions de l’accessibilité àInternet et de la rémunérationdes artistes.Évariste Wayaridri, le directeurgénéral de la SACENC. Mêmes’il estime que l’accessibilitépour tous à la culture doit êtredéfendue, elle ne doit pas se faireau détriment des droits d’auteur.Et le sujet est d’actualitépuisqu’une mission actuellementen cours a été dépêchée par leministère de la culture et doitdéboucher sur un texte quiprenne en compte le respectde l’œuvre dans le domainedu numérique., indiqueÉvariste Wayaridri.François Druart,artiste numérique
  38. 38. ENDEMIXn°03juin-juillet-août2013p.38Enquête,prévient Pierre Faessel, ancien gérant de lalibrairie Montaigne et aujourd’hui un desorganisateurs du Salon International dupasse tout d’abord par la garantied’un bon travail d’édition, ce quene favorise pas naturellement lenumérique. Avec les solutionsnumériques, publier un livre peutpresque devenir gratuit, alors quedans le fond, sur la question dutravail,, insiste LucDeborde, auteur et fondateur deséditions Humanis qui propose uncatalogue de livres numériques. «.L’aspect financierReste que, noteYann Yoro, auteur calédonien de ,livre numérique (également disponible enversion papier) récemment classé dixièmedes meilleures ventes du site Amazon. Et ce,, note PierreFaessel, ce qui est notamment le cas pour lelivre de Yann Yoro.Mais de manière plus générale, la Calédoniene semble pas encore prête pour se lancerdans le livre numérique. Christine Rousselle,qui a longtemps travaillé dans l’édition,avait lancé le site Internet Passion desmots qui avait vocation à promouvoir lesauteurs calédoniens, y compris sous la formenumérique.Après y avoir consacré énormément detemps et constatéD’autres ont en revanche eu plus de succèsvend des et des applications sur laLa filière calédonienne du livreest aujourd’hui sinistrée. Pourelle, le numérique pourraitdevenir une planche de salut,à condition de parvenir à biennégocier le virage.Le livre2.0Le livre numérique neva pas détruire le livrepapier, à condition quel’on fasse bien les chosesPierre FaesselL
  39. 39. ENDEMIXn°03juin-juillet-août2013p.39EnquêteLe SILO à l’heure du numériqueAprès les assises du numérique organisées enle SalonInternational du Livre Océanien sera le théâtred’une nouvelle rencontre, ouverte à tous, autour duColleu sera présent pour la troisième fois. Enseignantsur le métier du livre et de l’édition numérique,consultant sur la numérisation pour les collectivitésterritoriales, fondateur de la maison d’édition Ventsd’ailleurs et aujourd’hui, chargé de la numérisation dufonds d’ , il fera une présentation générale dulivre numérique. Benjamin Lacombe et Sébastien Perez,auteurs d’albums Jeunesse et d’applications numériquesferont une présentation de ce que l’on peut réaliserconcrètement avec du numérique et des modèleséconomiques associés. D’autres personnalités serontégalement présentes, comme Guy Wallart, responsabledes éditions polynésiennes , ou encoreLiliane Tauru des éditions .Votre livre numérique sur Endemix.ncVous pourrez bientôt télécharger gratuitement surnotre site www.endemix.nc un contenant desnouvelles écrites par vous-mêmes. Les textes retenusdevront faire au maximum quatre pages (sous Word,police Times New Roman et taille 12) et être envoyésavant le 31 octobre 2013 à contact@endemix.nc.Àplate-forme Applestore ou encore Didactibook.com de Benoît de la Bourdonnaye qui propose uns’adressent pas à un public calédonien mais bienL’édition à la demandeC’est peut-être l’avenir du livre, et en tout cas unoutil qui pourrait être très utile sur le Territoire., relèveLuc Deborde.Le principe est simple et déjà proposé en Calédoniepar EIP : une machine imprime, façonne, colle etvous sort un livre en un temps record. Certaines,comme l’Espresso Book Machine, vous préparentmême un bouquin le temps d’un café. Lesavantages sont considérables puisque l’on n’estplus obligé d’importer les livres ni de les stocker,pourrait donc écrire le futur chapitre de l’éditioncalédonienne.
  40. 40. ENDEMIXn°03juin-juillet-août2013p.40Enquêteabrice Absil est éditeur, sociétaire dela SACEM et spécialiste du numérique.Au mois de septembre, il viendra animerune formation sur la promotion et lamonétisation sur Internet. Nous luiavons posé quelques questions surles évolutions du monde de la cultureface au numérique.En quoi consistent les formations que vous proposez ?Elles se proposent d’expliquer auxpotentielle de leur public et les solutions nouvellesapportées par les moyens étonnants mis à notredisposition. La prise de conscience est importante etnous leur montrons des cas concrets de succès, parfoistrès brefs, ou des accélérations maîtrisées de carrière.Nous essayons de leur faire prendre conscience quedes choses toutes simples comme la traduction debiographies ou de présentations d’artistes dans desde toucher potentiellement des centaines voire desmilliers de personnes qui ont un intérêt dans ce qui estproposé à l’écoute. C’est un exemple, mais il y a desmilliers d’emplois possibles liés à ce développement,aux changements.L’intérêt de ces échanges est aussi de répondreet nouveaux modes de rémunération. Par exemple,sur Deezer, Spotify ouYouTube est très faible, voire très très faible. Est-ce quela rémunération est la seule manière d’appréhender lales réactions sont, et ont été, très vives sur ces sujets àlongueur de blogs et d’échanges entre les internautes.Estimez-vous que la Métropole et l’Outre-Mer ont duretard, notamment par rapport à d’autres pays commeles Etats-Unis ou la Grande-Bretagne ?Oui et non. Les principaux acteurs majeurs que sontGoogle, Apple, Amazon ou Facebook sont aux USA,mais certains acteurs hors USA, ont apporté leurcréativité (Deezer, Samsung…). Nous avons peut-êtredu retard dans les comportements, mais c’est davantageune question de générations. L’Asie est un continentqui apporte et apportera sans doute d’autres créateursincontournables, sans oublier d’autres pays peu citésaujourd’hui dans l’économie numérique, qui devrontchercher à conserver dans leurs frontières les créateursnumériques de demain. Ils apporteront des retombéeséconomiques insoupçonnées.Quels sont les avantages du numérique par rapport auxautres moyens de diffusion et quelles évolutions voyez-vous pour les années à venir ?L’un des plus gros avantages estque l’on peut écouter ce que l’onveut où l’on veut quand on veut,mais devant un nombre toujourscroissant d’enregistrementsdisponibles on a aussi besoinhumbles, je laisse le soin aux usagers et aux générationsles plus créatives de trouver et de proposer des usagestoujours plus en adéquation avec nos besoins. Il sorttous les jours beaucoup d’applications, et force est deconstater que très peu passent à la postérité.QuestionsàFabriceABSIL,spécialiste du numérique« Des retombées économiques insoupçonnées »FL’un des plus gros avantages du numériqueest que l’on peut écouter ce que l’on veutoù l’on veut quand on veut
  41. 41. ENDEMIXn°03juin-juillet-août2013
  42. 42. ENDEMIXn°03juin-juillet-août2013p.42CritiquesEndemix a sorti sa chaîne, ses enceintes et même son lecteurMP3 pour écouter les dernières nouveautés sur le marchéde la musique calédonienne. Verdict ?Ils sont quatre et fous furieux de musique. Mais pasn’importe laquelle, celle qui bouge. Dans leur album, tout droit sorti du studio Akoustik le 6 avrildernier, Sandrine, Adrien, Gérald et Joël, membres dugroupe Sky Vola, nous entraînent dans des notes pop rocksaupoudrées d’électro. Si leur style est plutôt inclassable,les voix de Gérald (aussi guitariste) et Sandrine fontmouche avec les rythmiques endiablées portées parAdrien et Joël, respectivement à la guitare/synthé et à. Depuis leur participation à l’édition 2012 du festivalFemmes Funk, le 6 octobre dernier, Sky Vola s’est retrouvégros son sur une toute petite clé USB, bon pour l’écologieUn album espéré, la joie indubitable d’appuyer sur play etPar ARon AirmusiqueSKY VOLAÇA BOUGE !DOMINOUN ROCK PULSÉ !Voici un projet pour le moins original qui propose defaire le lien entre deux pays, le Sénégal et la Nouvelle-Calédonie, tous deux profondément marqués dans leurhistoire, par l’impact de la colonisation française. Un échoqui les réunit malgré l’espace qui les sépare, et dont l’ondeperpétuée se répercute au creux de textes parlés par LucCamoui et Waixen Wayewol. Puissantes et inspirées,leurs voix dévoilent toute la dimension sonore d’écritsl’habillage sonore, car l’on capte ici et là des rythmes etambiances qui auraient gagné à plus de présence.Par JBLe nouvel album de Brian, ,se décline en 12 titres dontla diversité mène l’auditeurconsentant sur un parcoursmusical aux paysages tour à tourkaneka, zouk, blues ; il aura mêmedroit à une pause au nakamal dansla chaleur ouatée d’un reggaeapologique. La voix du chanteur, lancinante, fait souventtouche au cœur. La richesse des arrangements et la qualitétrop sage et appliqué, c’est avec plaisir que l’on presse latouche pour refaire un tour de piste.Par JBDomino revient dans les bacs avec un EP 5 titres dontdeux inédits. La mélodie, la maturité électrique dugroupe et la tenue des textes font de et, deux bonnes chansons de rock local. Surprenant,tonalités d’un morceau un peu ska. Le second, lui, sonnebien plus rock. Sylvain Sorignon, le leader, semble s’yrégaler et a envie de le faire partager.À l’écoute des paroles, écrites par Sänh la chanteuse, onsent bien que la jeune femme est en train d’emprunter leon aurait aimé l’entendre aller chercher au fond de sestripes ce qu’elle a de plus rebelle. Comme elle s’amuse àle faire lors du refrain de . Bémol en carton :plus rock’n’roll.Par AKBRIANTOUCHE-À-TOUT DOUÉAFRIKANAKPARLERLA NÉGRITUDE
  43. 43. ENDEMIXn°03juin-juillet-août2013Tous les mercredis à 20hsur NC1èreTVRADIOTELEémissionsRETROUVEZVOTRE MAGAZINEEndemixART & CULTURE DE NOUVELLE-CALÉDONIETous les mercredis de 12h15 à 13hsur NC1èreradio dans l’émissionEntre les lignes.p.30FichespratiquesManageretproducteurp.26Questionsà...HervéLecrenp. 36 DossierLa saisonculturelle 2013décryptéep. 16 PortraitRetour surBOAGANGRATUITp.34GrandeinterviewJean-MarieCreugnetp.48MétierÉditricenumériqueEn route pour lep.26Questionsà...PierreFaesselp. 36 Grande interviewKydamEntre ombreset lumièresGRATUITp.18PortraitI&IENDEMIXn°03juin-juillet-août2013p. 16 EnquêteL’ART ET LE NET :MARIAGE DE RAISON ?
  44. 44. ENDEMIXn°03juin-juillet-août2013p.44CritiquesAvec Un destin hors du commun, Anne Pitoiset et Claudine Wéry quittent, aumoins le temps de cet ouvrage, le champ de la biographie. Elles se livrent àl’exercice de la chronique politique en égrenant les grands faits de l’année 2012.Mêtre espiègle qui se dissimule derrièreContemporain Kanak et Océanien du centre culturel Tjibaou,Dans une belle harmonie de couleurs, chaque double pagetantôt un conte, tantôt un poème, parfois l’évocation demoments de vie. À droite, une photo de l’œuvre et quelquesmots sur l’artiste. Issue de Nouvelle-Calédonie et des paysdans les formes d’expression, depuis les supports traditionnelsrevisités (tapas, masques de danse, etc.) jusqu’aux techniquesmixtes plus internationales.Un livre ludiqueSur un ton sémillant, l’ouvrage donne vie à des œuvresfermement enracinées dans les traditions océaniennes,vision sur tel ou tel objet d’art, stimulel’imagination et ouvre la porte à bien des rêves.la lecture compliquée tant pour les enfants que pourPar Julia TrinsonTenue politiquecorrecte exigéeles deux journalistes n’en sont pas à leurcoup d’essai. Anne Pitoiset et ClaudineWéry rapportent depuis de nombreusesannées l’actualité politique et économiquecalédonienne pour la presse écrite localeet métropolitaine ainsi qu’au travers de documentairestélévisuels. Elles sont aujourd’hui connues et reconnuespour leurs deux derniers ouvrages biographiques communs,etn’est pas une biographie, maiss’inscrit dans la continuité de leurs deux premièrespublications. Après, écrivent-elles en prologue. Elles répondent du même coup à laréponse de pourquoi maintenant et de l’intérêt de dresser leportrait des femmes et des hommes qui ont été choisis pourdessiner ce destin hors du commun.La vérité, toute la vérité…Le moins que l’on puisse dire, c’est que cela fait du bien.Simplement parce que l’on n’a pas souvent l’occasion del’actualité pour s’en convaincre. Si les journalistes nelivrent pas de ou d’indiscrétions, on comprend queles politiques puissent ne pas apprécier outre mesure cetélus, dans leur plus simple vérité, et soulignent parfois ledécalage entre les préoccupations et les enjeux que le paysdevra relever.La présentation sous forme de carnet de bord rend la lecturecommun. Un livre à lire et à relire.Par Mathurin DerelPetit esthètedeviendra grandPublié par l’Agence de Développement de la Culture Kanak, Mon petit FACKO, de Peggy BonnetVergara, offre aux enfants une plongée vivante et colorée dans l’art contemporain d’Océanie.lLMon petit FACKOPar Peggy Bonnet VergaraPublié par l’ADCK - centreculturel Tjibaou, 2013.
  45. 45. Le candidat de gauche Jean Vampel entouré de sonéquipe planchant sur sa stratégie de campagneLes dessous de la politique ou les petits arrangements entre amisÎENDEMIXn°03juin-juillet-août2013p.45Critiquesapter un auditoire pendant huitheures sur un thème loin d’êtreléger, celui de la question dela fragilité de la démocratie,l’exercice était osé. Le pari estréussi. Yann Reuzeau, auteur età maintenir en haleine les spectateurs.Dialogues enlevés, échanges percutants,plongée dans les arcanes de la politiquese déroule sous nos yeux à un rythmesoutenu, portée par un suspens digne d’unede découper la pièce en quatre épisodesen fait son originalité. Àépisode, les comédiens jouent le résumédu prochain en quelques scènes, toutcomme ils rappellent les moments pharesdes précédents avant de poursuivre.campé par des acteurs convaincants etDans les coulisses du pouvoirOn est très vite happé par l’histoire quinous dévoile le parcours d’un députélambda de l’Union de gauche, Jean Vampel,présenter aux primaires de son parti envue des élections présidentielles pourcontrecarrer un autre candidat véreux.– que rien ne prédestinait à un destinnational – va se retrouver tout à coup dansla lumière médiatique. D’abord hésitant,la campagne, défendant ses convictions,d’otage d’un policier, pour mieux assoirsa notoriété montante… Pour arriver àêtre désigné le candidat de la gaucheaux présidentielles avant qu’un dramedans les coulisses du pouvoir, où lescompromissions, les calculs, les coups baset dans lesquelles se débat le candidatVampel, écartelé entre la défense de sesidéaux et les petits arrangements entrequ’entretient la presse avec le mondepolitique. Mais au-delà, il est surtoutquestion de la fragilité de la démocratie.Toute l’action de la pièce relève évidemmentmince pour ne pas faire de parallèle avecPar Frédérique de JodethéâtrePolitique tion ?Le Théâtre de l’Île a ouvert sa saison 2013 en présentant Chute d’une nation.Une  pièce ambitieuse, en quatre parties, conçue à la manière d’une sérietélévisée. Un feuilleton de huit heures qui nous plonge dans l’univers impitoyablede la politique où la performance des acteurs est à saluer.C
  46. 46. ©ÉENDEMIXn°03juin-juillet-août2013p.46CritiquesLorsque l’on pénètre dans la salleKanaké, on se retrouve face àune représentation plane de laforêt kanak, travaillée avec des formessimples et épurées, en noir et blanc,peuplé de chimères, l’œil du spectateurde couleur qui navigue allègrementsur l’écran. Un poisson rouge. Sorti enRetour Very Wetr ?expositiondanseConte-moiune œuvre d’artÊtes-vous prêt à vous lancer dans une aventure interactive au cœur d’uneforêt à la fois protectrice et périlleuse, peuplée par des êtres invisibles ?Jusqu’au 20 octobre, le centre culturel Tjibaou donne « carte blanche »à l’artiste plasticien Nicolas Molé, l’occasion pour lui de réaliser une œuvreinteractive et évolutive, mêlant image et son.Très attendupar lesCalédoniens,le spectacleVery Wetr !de RégineChopinot,UmuneHnamano etles danseursdu Wetr s’estjoué à guichetfermé au centreculturel Tjibaou.Verdict ?Régine Chopinot a voulu avant tout rendrecompte de sa rencontre avec le Wetr.orale, des rythmes du corps, de la relation avec letemps, avec la nature, de l’énergie des danseurs,Mais la création ne fait qu’esquisser un travailde recherche par rapport au mouvement, auxsons et à l’énergie qui aurait pu être largementdéveloppé. On aurait pu, par exemple, imaginerun mélange ou l’envie d’une forme inventée, quinous surprenne, inspirée des danses du Wetr etde la danse contemporaine expérimentale de lachorégraphe. Mais ce n’est pas le cas. Même sicertaines chorégraphies se démarquent malgrétout par leur originalité, l’ensemble du spectacledu Wetr.La fusion comme inévitableLes costumes de Jean-Paul Gaultier créentun univers décalé où tradition et modernitéextravagantes et de pièces asymétriques.football qui remet en question la forme de lareprésentation scénique (qu’est-ce qui est dansepublic un véritable moment de jeu et de partage.fait parler et soulève les débats, c’est déjà en soiune grande réussite.Par Léna Quillierle mystérieux poisson volant d’. D’autres y verront peut-êtrel’incarnation du petit ChaperonÀ chacun son interprétation.Voyage interactifCar l’installation multimédia donnel’occasion au spectateur de deveniracteur. À la manière d’un jeu vidéo,on entre dans l’œuvre grâce à unetélécommande. Chaque déplacementcombinaisons. Si aujourd’hui,personnages totémiques ou encoreanimaux perdront leur timiditénaturelle et sortiront du bois… grâce àfrustrée de ne pas avoir rencontréd’elfes, druides ou dragons… je comptePar Sandrine ChopotJusqu’au 20 octobre,case Kanaké du centre culturel TjibaouTel : 41 45 45
  47. 47. ENDEMIXn°03juin-juillet-août2013©ADCK-CCT,œuvredeY.Moto,photogr.E.RighettidécouvrezDu 18 au 20 juillet à 20h0021 juillet à 18h00Salle SisiaThéatre - dansePORTRAITSCOMPAGNIE NYIANnganjila,lamaisondesrichesses.Renseignements : Tél. 41 45 45 - www.adck.nccentre culturel TjibaouLe mystérieux cercle BenedictReynie possède des qualitésde raisonnement hors ducommun, Sticky une mémoirephénoménale, Kate un fabuleuxsens de la débrouillardise etConstance une tête plus dure quedu bois. Le point commun de cesà la vérité, qui leur vaut de faireéquipe pour former le mystérieuxpension aux activités très inquiétantes.Plein de rythme, bourré de fantaisie, ce roman auxextraordinaires et nous réserve des moments de fou rire.profonde sur la liberté individuelle, les manipulationsmédiatiques et l’esprit de contestation. Un récit génial,qu’apprécieront grands et petits (à partir de 11 ans).Un roman de Trenton Lee Stewart, Bayard Jeunesse, 2013Vent de glace. Une enquête de KayScarpettaPatricia Cornwell nous plongepour la vingtième fois dans les’abat sur Boston, celle-ci reçoitun message vidéo énigmatiqueconcernant la disparition d’unepaléontologue au Canada. Lesévènements se succèdent bientôt àmédecin-légiste, qui ne tarde pas àà sa réputation d’enquêtrice forte, intelligente et sensible.Un roman de Patricia Cornwell,Éditions des Deux Terres, 2013Idées lecturePubli-reportageRetrouvez cette sélection de livres à la librairie Pentecost.

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