WEBDOCMAGAZINENUMÉRO 1 - SEPTEMBRE 2010                            Mémoire de                            premier cycle    ...
Photographies d’illustration de la couverture tirées des web-documentaires suivants :(de gauche à droite de haut en bas)1è...
PAGE 1 Avant-propos Pourquoi avoir choisi la forme magazine ?                                                             ...
SOMMAIRE                                                                                             SOMMAIRE PAGE 2Avant-...
EDITORIAL PAGE 3         Éditorial         Pourquoi s’intéresser au web-documentaire ?                 Le web-documentaire...
Le web-documentaire : une oeuvre                                                                                          ...
La photographie                                       documentaire lorsqu’elle est associée au son.ELEMENTS PAGE 5        ...
ELEMENTS PAGE 6  Capture d’écran du web-documentaire «HomoNuméricus»,  photographie introduisant le portrait de la femme r...
ELEMENTS PAGE 7                  Le 360°                         Le concept du «  360°  » permet de                  plong...
ELEMENTS PAGE 8L’hyperlien                                                            ILLUSTRATION D’UN CAS D’HYPERLIEN DA...
ELEMENTS PAGE 9                  Le son                                               l’espace, au delà d’une découverte d...
ELEMENTS PAGE 10                                                                               Exemple d’apparition d’un p...
ELEMENTS PAGE 11                   Les réseaux sociaux                                  d’accès  » au web-documentaire et ...
ELEMENTS PAGE 12Capture d’écran du web-documentaire «India in Motion», exemple d’intégration des options derecommandation ...
ELEMENTS PAGE 13                   Le commentaire                          Les réseaux sociaux ne sont pas seuls,         ...
ELEMENTS PAGE 14La vidéo                                            L’illustration         La présence de la vidéo est, av...
INTERACTIVITÉ PAGE 15                             L’interactivité au coeur du web-                             documentair...
INTERACTIVITÉ PAGE 16EXEMPLE DE L’INTERACTIVITÉ PARDEGRÉS DANS «360DEGREES»L’interactivité est présentée dans ce web-docum...
INTERACTIVITÉ PAGE 17                        L’exemple de « Prison Valley » : une interactivité à tiroirs                 ...
INTERACTIVITÉ PAGE 18           5ème stade  : L’entrée en contact    direct avec les personnes présentées dans    le récit...
Les défis de l’interactivitéINTERACTIVITÉ PAGE 19                               L’interactivité, véritable apport de      ...
INTERACTIVITÉ PAGE 20Le risque de l’interactivité                          L’interactivité limitée auxforcée              ...
L’introuvable définition du web-QUESTIONNEMENTS PAGE 21                          documentaire                          Un ...
QUESTIONNEMENTS PAGE 22Une nouvelle                                                                  Une discipline enméth...
QUESTIONNEMENTS PAGE 23                           Une discipline                           méconnue du                    ...
QUESTIONNEMENTS PAGE 24Quelles lois pour le web-                                                    À savoir, aux Etats-do...
Le web-documentaire au cœur desQUESTIONNEMENTS PAGE 25                          évolutions des médias                     ...
Le cross-média                                      spécificités de chaque média sont en effet                            ...
Parle-t-on de web-documentaire ou deQUESTIONNEMENTS PAGE 27                          web-reportage ?                      ...
QUESTIONNEMENTS PAGE 28Le web-documentaire est donc enconstante évolution ?      Depuis l’apparition des premiers véritabl...
SUJETS PAGE 29                 Quels sujets pour le                 web-documentaire ?                            Les suje...
SUJETS PAGE 30Le web-documentaire est-il adapté autraitement de sujets d’actualités dits« chauds » ?       Sur Internet, l...
Quelle est l’audience des web-AUDIENCE ET CONSOMMATION PAGE 31                                   documentaires ?          ...
Quelles sont les pratiques de                                                                                             ...
QuellesTECHNIQUES PAGE 33                                                                        Le web-documentaire est t...
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
Upcoming SlideShare
Loading in...5
×

WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)

7,604

Published on

Mémoire de fin de DUT Communication des Organisations soutenu en septembre 2010 à Bordeaux (Université Michel de Montaigne Bordeaux 3).

Certains passages, notamment les images sont en basse qualité dans la version ci présentée.

N\'hésitez pas à me contacter si vous avez des questions.

Published in: Technology, Education
0 Comments
3 Likes
Statistics
Notes
  • Be the first to comment

No Downloads
Views
Total Views
7,604
On Slideshare
0
From Embeds
0
Number of Embeds
5
Actions
Shares
0
Downloads
368
Comments
0
Likes
3
Embeds 0
No embeds

No notes for slide

WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)

  1. 1. WEBDOCMAGAZINENUMÉRO 1 - SEPTEMBRE 2010 Mémoire de premier cycle universitaire DUT Information- Communication Spécialité Communication des Organisations Écriture et réalisation : Emma POUPEL LE MAGAZINE DU NOUVEL OUTIL MULTIMÉDIA AU SERVICE DE L’INFORMATION ET DE LA COMMUNICATION Sous la direction d’Alain BOULDOIRES et de Vincent BENGOLD
  2. 2. Photographies d’illustration de la couverture tirées des web-documentaires suivants :(de gauche à droite de haut en bas)1ère ligne : Thanatorama / Piraterie en Somalie / Le Challenge : le procès du pétrole en Amazonie2ème ligne : Un Somalien à Paris / L’Obésité est-elle une fatalité ? / Le Challenge : le procès du pétrole enAmazonie / Les Communes de Paris3ème ligne : Les Bras de la France / Le Corps handicapé, vivre après l’accident / Brèves de Trottoirs / PrisonValley / La Vie rêvée des pavillons
  3. 3. PAGE 1 Avant-propos Pourquoi avoir choisi la forme magazine ? AVANT-PROPOS L’idée est venue d’elle-même au fur et à mesure des investigations menéessur le sujet du mémoire. En effet, plus l’étude du format web-documentaire avançaitet plus la linéarité dans le traitement d’un sujet, et en particulier celui du web-documentaire, semblait obsolète. Car la forme du mémoire «  traditionnel  » est très linéaire  : le cheminementprésenté au lecteur ne permet généralement pas d’aller-retour entre les parties. Lelecteur est censé partir du début « point A » pour atteindre la fin, « point B ».Et cette forme semblait aux antipodes de notre sujet : un nouvel objet multimédia etdélinéarisé.Dans le web-documentaire, le lecteur peut à tout moment accéder au menu (ici ils’agit du sommaire) et accéder directement au contenu qui l’intéresse spécialement.Les sujets sont présentés comme des domaines à explorer, s’appuyant sur unenarration sémantique. Il en découle un rapport privilégié avec le lecteur. C’est cerapport que j’ai voulu retrouver dans cette forme magazine. Cette idée, qui est le fondement du web-documentaire, est appliquée au papiervia le format magazine de ce mémoire. Utiliser le format magazine est donc un apportde cohérence avec le sujet interactif, c’est la mise en pratique du sujet étudié. Lapossibilité de lire les éléments de réponses au sujet de façon indépendante estproposée au lecteur. Comme dans le web-documentaire la linéarité est rompue. Leformat magazine permet donc de s’exercer à cette pratique délicate avec le défi dene pas s’éloigner du sujet, tout en s’approchant au plus près de la forme étudiée. Cette forme magazine est ainsi une alternative au format web-documentairequi lui est tout numérique. Car si l’idée de traiter le sujet du web-documentaire àtravers justement un web-documentaire est apparue, cette idée s’est très rapidementrévélée techniquement irréalisable au regard des compétences pluridisciplinairesnécessaires à sa réalisation Et surtout, la perte de tout support papier semblaitincompatible avec un mémoire.C’est ainsi qu’est née la forme magazine de ce mémoire.
  4. 4. SOMMAIRE SOMMAIRE PAGE 2Avant-propos 1Sommaire 2Éditorial 3 Acteurs 52Éléments 4 réalisateurs / artisans /plateformesphotographie / hyperlien / réseaux / organes de presse / agences desociaux / vidéo / carte... production / figures / internauteInteractivité 15 Précurseurs 59navigation / degrés d’interactivité Oulipo / hyperfictions / livres-jeu / cinéma photographié / audioramaQuestionnements 21 Naissance 64définition ? / documentaire ?/ loi ? / médias ? / évolution ? terminaux Internet / web journalismSujets 29 Solution 71sujets récurrents / sujets d’actualité surabondance informationnelle /eldorado du photojournalismeAudience etconsommation 31pratiques / fréquentation Marketing 72 professional branding / storytellingTechniques 33 Économie 73compétences / contraintes / logiciels économie d’Internet / business model / financements / subventionsFormes 37formes identifiées / séries Entreprises et marques 80 SFR / Lacoste / PoweradeÉcritures 43écriture du récit / usage de l’écrit Institutions 83 Ministère de la DéfenseNarrations 45Structure narrative /différentes narrations Communication 84 agences / festivalsJeu 49réel -virtuel / jeu en réalité alternée Table des matières 87Linéarité 51 Sources et Ressources 90délinéarisation / bibliographie / webographieconvictions contradictoires
  5. 5. EDITORIAL PAGE 3 Éditorial Pourquoi s’intéresser au web-documentaire ? Le web-documentaire est un nouvel outil multimédia en pleine définition dont les premières grandes productions sont apparues cette année. Certaines se sont même vues primées lors du dernier festival Visa pour l’image de Perpignan1. En plein essor sur Internet, son lieu de naissance et d’existence, et exploré tant par les journalistes, les chaînes de médias (Arte, Canal + et France Télévisions notamment) que par les agences de communication, cet «  ovni  » multimédia, encore méconnu du grand public pose de grandes questions tant au niveau de sa forme que de ses usages. De l’écriture aux financements, le web-documentaire est en pleine définition, mais semble très en avance car il présente déjà tous les critères des nouveaux médias. Considérés jusqu’il y a peu comme des gadgets, certains voient en ce nouvel objet Un «ovni multi- multimédia l’outil qui sauvera la presse de la crise actuelle. Et ce média encore sans compter les premières applications faites de ce nouvel outil méconnu du trans-média par les entreprises et dans les institutions (le format a grand public». déjà du succès auprès des ONG2). Encore méconnu du grand public le web-documentaire présente cependant toutes les qualités d’un nouvel outil performant et efficace au service de l’information, pour le traitement de sujets journalistiques, mais aussi de la communication, dans le cadre de campagnes de communication internes ou externes.1 Édition 2009 du festival2 Comme c’est le cas de la Croix-Rouge avec son web-documentaire sur le Tsunami ou du Samusocial avec laplateforme Danslapeaudunsansabri.com
  6. 6. Le web-documentaire : une oeuvre ELEMENTS PAGE 4complèteUne œuvre pluri média Plus loin encore, on peut également Le web-documentaire utilise tout ou trouver des diaporamas commentés, desune partie des médias disponibles sur animations en trois dimensions, des croquisInternet pour traiter un sujet. C’est une ou encore des émissions de radio.véritable expérience interactive qui est Encore une fois, il convient deofferte à l’internaute. souligner le format indéfini de notre sujet. Le web-documentaire intègre ainsi Enfin, avant de détailler tous cesplusieurs formats en son sein : éléments constituant le web-documentaire,photographies, textes, illustrations, vidéos, il est important de préciser qu’il n’y a pas debande sonore, cartes, hyperliens. Il peut présentation type, que ces éléments ne sontaussi offrir la possibilité à l’internaute de pas reliés entre eux de façon déterminée.laisser des commentaires, ou bien être relié Chaque web-documentaire est « aménagé »aux réseaux sociaux. selon son sujet et le choix de ses auteurs. Cette liste de formats intégrés dans le En ce sens, si on observeweb-documentaire n’est pas exhaustive. En généralement la présence d’un menueffet, tout ce qui peut illustrer ou expliciter le principal, ce n’est pas systématique.sujet peut figurer dans le web-documentaire. Hervé Chabalier3 explique à ce sujet :«  Ce qui est intéressant dans le web-documentaire, ce nest pas quelinteractivité mais le fait de pouvoir raconter « Les nouvelles technologies (...)une histoire en se servant à la fois de lécrit, enclenchent unede limage, du son, de la photo". Et il insiste nouvelle manièresur la dynamique apportée par l’utilisation de créer».de ces nouveaux médias  : "Cest pour çaque les nouvelles technologies ne sont pas Hervé Chabalierporteuses que de progrès techniques, ellesenclenchent une nouvelle manière de créer".3 Hervé Chabalier dirige lagence Capa
  7. 7. La photographie documentaire lorsqu’elle est associée au son.ELEMENTS PAGE 5 C’est d’ailleurs une des principales forces du La présence de la photographie dans web-documentaire  : la mise en avant de le web-documentaire semble, dans la plupart clichés photographiques grâce à des effets d e s w e b - d o c u m e n t a i r e s v i s i o n n é s , sonores percutants. primordiale. Enfin, la photographie peut aussi se Alternées avec la vidéo ou enchaînées présenter sous la forme d’une galerie en diaporama, les photographies sont d’images accessible depuis le menu principal généralement présentées dans un rythme du web-documentaire. Elle illustre alors lent. Le spectateur a le temps de les observer. souvent davantage que les lieux et les Et il y a souvent un effet de focus léger sur les personnages, et complète le sujet en photographies. présentant de nouveaux éléments. Elles sont souvent de très bonne qualité (qualité «reflex numérique») ce qui n’entrave pas la diffusion en Haute Définition du web-documentaire. Cependant, si l’image est souvent qualifiable de «  propre  » (les plans sont souvent originaux, les portraits très soignés, Photographie d’accueil du web- les couleurs vives, le flou maîtrisé) ce n’est documentaire «Un somalien à Paris» pas une généralité. Dans le web- documentaire «  Prison Valley  » (Arte) par exemple l’image sert vraiment le récit et joue en grande partie sur l’ambiance du web- documentaire. Mais dans le web- documentaire Concubines (France 5), les images de nuit sont quasiment toutes ratées. Photographie de la série de web- La série de clichés semble disséminée dans documentaires «Brèves de Trottoirs» le récit sans grande logique pour justifier l’étiquette web-documentaire au projet. On peut expliquer ces différences de qualités dans la photographie par la provenance des auteurs de web- documentaires  : certains sont originellement photoreporters, d’autres journalistes de presse écrite. La qualité peut alors s’en ressentir. Photographie extraite de «Voyage au La photographie intégrée au récit bout du Charbon» p re n d t o u t e s a f o rc e d a n s l e w e b -
  8. 8. ELEMENTS PAGE 6 Capture d’écran du web-documentaire «HomoNuméricus», photographie introduisant le portrait de la femme représentée. Capture d’écran du web-documentaire «Le Corps Incarcéré», photographie accompagnant le témoignage (voix) de l’homme représenté.Capture d’écran du web-documentaire «Les Communes de Paris»,Photographie extraite de la séquence de présentation de «Chatelêt»,une des sections du web-documentaire.
  9. 9. ELEMENTS PAGE 7 Le 360° Le concept du «  360°  » permet de plonger le spectateur au cœur d’une pièce ou d’un paysage comme s’il y était. Le web- documentaire frôle d’encore plus près la réalité avec cet outil. En effet, il s’agit de juxtaposer à l’aide d’un logiciel spécialisé plusieurs clichés bords à bords pour atteindre un panoramique complet. Le lecteur sera alors projeté au centre de ce 360° lorsqu’il visionnera le web-documentaire. Il y a d’ailleurs un web-documentaire, qui concerne encore le milieu carcéral, dont le 360° est un outil central utilisé par les concepteurs. Il s’agit «360degrees Perspectives on the U.S. Criminal Justice System  » où le lecteur est plongé dans l’univers des détenus (visite des cellules ou de leur foyer, entretiens avec leur psychiatre, leurs proches ou eux mêmes). Cette technologie, réalisée avec le logiciel QuickTime VR, donne une étrange impression de 3D. Illustration du 360° avec des captures d’écran du web- documentaire «360degrees»
  10. 10. ELEMENTS PAGE 8L’hyperlien ILLUSTRATION D’UN CAS D’HYPERLIEN DANS LE WEB- Le web-documentaire peut DOCUMENTAIRE «BRÈVES DE TROTTOIRS»également présenter de l’hyperlien. L’atout 1principal est de justifier le traitement dusujet en renvoyant le lecteur vers desréalisations extérieures renforçant ou Capture d’écran du menu du web-documentairecomplétant son propos. Il peut aussi s’agir «Brèves de Trottoirs»de réalisations sur lesquelles s’est appuyél ’ a u t e u r p o u r c o n s t r u i re s o n w e b - 2documentaire. Mais encore, il peut s’agirde documents évoqués dans le récit. En cesens, les références utilisées sontdirectement proposées au lecteur. Dans le web-documentaire, leshyperliens sont des éclairagescomplémentaires sur le sujet que le visiteurpeut, selon ses envies, explorer ou non. Capture d’écran de la rubrique «Infos» 3 Capture d’écran d’un article sur l’hiver des sans abris à Paris
  11. 11. ELEMENTS PAGE 9 Le son l’espace, au delà d’une découverte de la géographie des lieux. Comme évoqué plus haut avec la Dans le web-documentaire La Cité des photographie, le son a une réelle force dans le Mortes par exemple, vous pourrez accéder à web-documentaire. une carte de Ciudad Juarez (la ville « sujet » du Tout type de son peut prendre un rôle web-documentaire) où sont localisés tous les crucial  : le claquement d’une porte, une meurtres de femmes par quartier. Mais il s’agit alarme, un reniflement, ou encore un rire. là d’une carte « à la demande », car pour voir Associé à la photographie, l’effet produit sur le apparaître ces points sur la carte, il vous fait spectateur peut être à couper le souffle. En choisir le type de meurtre que vous souhaitez effet les sons prennent toute leur dimension visualiser. Pour les meurtres à l’arme blanche dans le web-documentaire  : on y entend des les points sont de couleur, et pour ceux non voix, des extraits radiophoniques ou élucidés de couleur, et ainsi de suite. Vous télévisuels, de la musique, des sons pouvez les faire apparaître les uns à la suite d’ambiance, des citations et dans certains cas des autres, ce qui vous donne, une fois tous la voix du ou des auteurs. les types de meurtres sélectionnés, un aperçu Il y a un véritable travail sur l’ouïe, les du nombre total de femmes assassinées dans sons retiennent parfois davantage l’attention cette ville. que les images. Dans la plupart des web- Autre exemple, dans «Brèves de documentaires il n’y a jamais de «blanc», les Trottoirs» le menu principal même est une voix s’enchaînent sur les musiques de fond, le carte. bruit du véhicule qui sert de trame principale Pour accéder aux portraits réalisés par au récit. les auteurs, vous devez déplacer la souris sur le plan de Paris. Il y a un portrait d’une personnalité iconoclaste parisienne par La carte interactive quartier, ils sont localisés sur la carte par un La carte est un élément très intéressant petit drapeau de couleur. Lorsque vous du web-documentaire. Dans la plupart des cas survolez l’emplacement de cette personne, elle est interactive et sert à repérer vous pouvez cliquer et accéder au reportage spatialement des faits mais aussi à se repérer ( de 4 à 10 minutes selon les cas). dans le web-documentaire, ce qui est un Vous choisissez donc grâce à la carte véritable double atout. d’une part de visualiser l’information qui vous Concrètement, l’internaute peut afficher intéresse, et d’autre part vous vous repérez grâce à cette carte des informations qui vont dans le récit. lui permettre de restituer les événements dans
  12. 12. ELEMENTS PAGE 10 Exemple d’apparition d’un portrait lors du survol de la carte interactiveCapture d’écran de la carte qui sert d’écran principal au web-documentaire «Brèves de Trottoirs» Agrandissement des fonctions proposées par la carte interactiveCapture d’écran de la carte interactive de «Cuidad Juarez» Capture d’écran de la carte de «PIB» Capture d’écran de la carte de «Prison Valley»
  13. 13. ELEMENTS PAGE 11 Les réseaux sociaux d’accès  » au web-documentaire et un véritable moyen de promotion instantané. L’intérêt pour le web-documentaire Le réseau social Twitter est par exemple le d’être « relié » aux réseaux sociaux (Facebook 5ème4 «  apporteur de trafic  » pour le web- le plus souvent, ou Twitter) réside dans le documentaire Prison Valley. développement de son audience d’une part, Logo Twitter en étendant sa visibilité, mais aussi dans le renforcement de son critère multimédia ou Dans la plupart des « pluri média ». cas, les réseaux sociaux Logo Facebook se limitent cependant à la simple fonction de En effet, la participation recommandation, avec par exemple l’option des internautes est, selon « J’aime » proposée aux membres du réseau les web-documentaires, plus ou moins mise Facebook. en avant, mais souvent perçue comme valorisante par ses auteurs. Car certaines interfaces facilitent plus que d’autres le partage de contenu entre internautes. Exemple de proposition de recommandation En donnant la parole aux internautes sur le d’une page sur le réseau Facebook (ici pour le sujet étudié dans le web-documentaire, les journal Libération). Il suffit que l’utilisateur clique sur le bouton «J’aime» et tout son réseau en sera auteurs ont différentes intentions  : voir les informé. internautes contribuer au sujet et apporter de nouvelles informations d’une part, mais espèrent d’autre part voir naître le débat. Le débat se fait soit en interne, c’est à dire dans le web-documentaire lui même (exemple dans «  Prison Valley  ») ou en prolongement sur les réseaux sociaux. La connexion à un ou plusieurs réseaux sociaux valorise l’aspect participatif et «  web 2.0 » du web-documentaire. Plus loin encore, certains web- documentaires permettent même leur visionnage intégral ou partiel sur les réseaux sociaux, qui deviennent alors une «  porte 4 Chiffre avancé par Joël Ronez, responsable du pôle web sur Arte France lors de «  La journée du webdocumentaire de la Communauté française »
  14. 14. ELEMENTS PAGE 12Capture d’écran du web-documentaire «India in Motion», exemple d’intégration des options derecommandation des réseaux sociaux dans la barre d’outils inférieure. Les logos Facebook et Twitter sontprécédés de la mention «Share this vidéo on social network» («partagez cette vidéo sur un réseau social»).La présence sur le réseau social n’est pas gage departicipation de qualité ? En effet, les web-documentaires sont nombreux et le réseau social est un outilincontestable dans la course à l’audience pour ces « ovnis » Internet.Mais la force du réseau social (il s’agit de Facebook ou de Twitter la plupart du temps)ne réside pas dans la quantité d’internautes abonnés : la force du réseau social vientde sa qualité.Cette idée, à laquelle sont confrontées toutes les marques présentes sur les réseauxsociaux, est absolument centrale dans le succès d’un web-documentaire à caractèreparticipatif.Ainsi la crédibilité de la communauté est le pilier central du web-documentaire : lapertinence des éléments complémentaires publiés et la qualité des commentaires. Cesont ces éléments mêmes qui feront la différence entre deux web-documentaires àl’interface similaire.Le nombre de membres et de billets postés ne reflète donc en rien la qualité departicipation du web-documentaire. Il s’agit de fédérer une communauté dynamiqueautour du web-documentaire.
  15. 15. ELEMENTS PAGE 13 Le commentaire Les réseaux sociaux ne sont pas seuls, Le web-documentaire permet, grâce à un autre outil participatif du web- cette possibilité, de renvoyer vers des documentaire existe. Dans certains cas, le pétitions ou des votes. Alors que les auteurs commentaire est proposé, en complément ou du web-documentaire n’auraient peut-être en alternative aux réseaux sociaux. pas prévu d’associer ces contenus à leur Ce commentaire peut être directement web-documentaire. Le rôle que peut prendre intégré au web-documentaire (la possibilité l’internaute peut ainsi être bien réel. de laisser un commentaire est donnée à Le web-documentaire peut alors certains moments clés du récit), ou bien devenir une arme de militant avec l’apport de souvent à la fin du visionnage dans une ces réactions à chaud, en pouvant dépasser rubrique spécialement créée. Le commentaire l’intention initiale des auteurs. donne une dimension collaborative ou La question de la modération se pose collective au web-documentaire. Les donc, et amène avec elle la question de la spectateurs peuvent grâce à cet outil donner censure. directement leur sentiment sur le document Car n’oublions pas que les sujets visionné ou sur le thème abordé, sur abordés dans les web-documentaires sont d’éventuelles incompréhensions ou sujets à de fortes polémiques (prostitution, désaccords avec le traitement du sujet. immigration, milieu carcéral, mort..) et donc Cette possibilité est parfois proposée sujets à d’éventuels débordements sur ces sous d’autres termes. «  Condoléances  » est forums. ainsi le terme employé dans « Thanatorama ». Capture d’écran des «condoléances» proposées dans le web-documentaire «Thanatorama».
  16. 16. ELEMENTS PAGE 14La vidéo L’illustration La présence de la vidéo est, avec la Bien que la photographie et la vidéophotographie, prépondérante dans le web- soient deux médias très utilisés dans les web-documentaire. documentaires, cet usage n’est pas exclusif. Il est en effet très rare de rencontrer un En effet,des illustrations sont parfoisweb-documentaire qui n’en fait pas usage. présentes et revêtent différents atouts. Les équipes de réalisation de web- Dans «La Crise Du Lait» par exemple,documentaire sont souvent restreintes, l e s i l l u s t r a t i o n s , i n t é g r é e s à d e scomparativement aux équipes engagées pour photographies en noir et blanc, servent àson homologue télévisuel. accéder aux contenus du web-documentaire. Il en découle pour la vidéo despratiques spécifiques : un cadrage plus intime, des plansserrés et souvent la pratique du regard-caméra lors d’interviews. La vidéo est d’ailleurs presque toujoursla trame conductrice du récit. C’est un piliercentral, souvent accompagné de la voix del’auteur. Elle fait le lien entre les photos les Capture d’écran du menu principal decartes et autres outils médias intégrés au «La Crise du Lait»récit.Capture d’écran de «La cité des Mortes».Les vidéos de web-documentaire sontancrées dans ce graphisme à la manièred’une télévision. Pour changer de vidéo ilfaut changer de chaine de télévision sur ceposte.
  17. 17. INTERACTIVITÉ PAGE 15 L’interactivité au coeur du web- documentaire Si la particularité du web-documentaire est de croiser plusieurs médias au sein d’une même production, un élément central les connecte entre eux  : l’interactivité. Ce critère donne la force même au web-documentaire, mais n’est pas sans risques. Aussi, bien que l’interactivité ne se résume pas aux choix de parcours dans le web- documentaire, nous verrons que certains auteurs choisissent pourtant cette forme d’interactivité. Concrètement, l’interactivité dans le web-documentaire consiste à offrir des choix de navigation à partir d’un menu ou sous forme de liens au sein du récit. Ces choix, matérialisés par des liens cliquables par l’internaute, permettent d’accéder aux contenus périphériques du web-documentaire, et sont généralement présentés sous forme hypertextuelle (parfois ils sont accompagnés d’une image ou d’un symbole). Différents degrés d’interactivité L’interaction entre l’usager et le web-documentaire est très aléatoire dans les web- documentaires. Ainsi, les internautes ont parfois la possibilité de contrôler uniquement leur cheminement au sein du web-documentaire (qui s’apparente à une exploration). Cécile Cros5 n’envisage pas de laisser intervenir l’internaute plus que dans les choix à faire avec l’interface. Elle insiste même sur «  le choix de ne rien faire  » qui doit être laissé aux internautes face au web-documentaire. Mais ils ont parfois la possibilité d’ouvrir des portes vers des éléments multimédias complémentaires (photos, vidéos, sons…). L’interaction est alors plus poussée car l’internaute, en plus de décider de son cheminement, va décider d’accéder à des contenus supplémentaires. Tout va dépendre ensuite de la «  maturité Internet  » de l’internaute. Rappelons que ces contenus sont des notes, des photos, des interviews dont les auteurs se sont servis ou ont réalisé durant leur enquête. C’est alors une visite « à la carte », dont l’internaute devient le maître. 5 Fondatrice de l’agence de production Narrative
  18. 18. INTERACTIVITÉ PAGE 16EXEMPLE DE L’INTERACTIVITÉ PARDEGRÉS DANS «360DEGREES»L’interactivité est présentée dans ce web-documentaire sous cette forme schématique.Au centre les récits de détenus (stories), puis desdonnées relatives au sujet comme le nombre dedétenus par exemple (dynamic data), vient ensuiteune chronologie (timeline), des liens vers desdocuments connexes (ressources), un forum dediscussion (dialogue), et enfin une rubrique deprésentation du projet (about).
  19. 19. INTERACTIVITÉ PAGE 17 L’exemple de « Prison Valley » : une interactivité à tiroirs Dans le web-documentaire «  Prison Valley  », l’interactivité est poussée car elle se présente via les différents médias au sein même du web-documentaire mais surtout, elle s’étale sur différents niveaux. C’est une interactivité « en profondeur ». On peut qualifier ces niveaux de «  tiroirs  » car ils s’imbriquent les uns dans les autres  ; pour accéder aux niveaux d’interactivité les plus élaborés, il faut passer par les premiers stades du récit. Plus vous avancez dans l’exploration du web-documentaire et plus nombreuses sont les possibilités d’interactions qui s’offrent à vous. On peut classifier l’interactivité du web-documentaire de cette façon : 1er stade : Le document se regarde d’une traite, avec de rares interactions indispensables à la poursuite du récit. Cela consiste pour 2 è m e s t a d e  : L a p o s s i b i l i t é l’internaute à cliquer sur «  retour au film  » (le d’approfondir certains sujets avec terme « film » surprend). des interviews complémentaires, la La compréhension de la navigation à ce consultation de statistiques, la stade du récit est aisée. Tout internaute ayant géolocalisation des faits rapportés déjà utilisé un CD-Rom peut arriver à suivre la dans le récit. Puis l’internaute revient trame du récit. au récit. Ce deuxième niveau est relativement accessible, surtout par 3ème stade : L’offre d’un système interne ce que dans Prison Valley les de discussion en temps réel. Les internautes sont graphismes sont très soignés et invités à échanger avec d’autres internautes qui l’internaute est visuellement guidé visualisent eux aussi le web-documentaire. Ce pour retourner au récit. procédé fait appel à la technologie Facebook Connect6, car les discussions transitent via le serveur du site Facebook. 4ème stade  : L’accès au forum du web-documentaire et la prise de position dans les débats lancés. L’internaute est y invité une fois tout le web-documentaire visionné. Ce niveau d’interactivité est aisé à gérer pour tout internaute ayant déjà participé à un forum quelconque sur Internet. En effet, la présentation et le fonctionnement du forum sont classiques et seule sa présence au sein d’un documentaire est une nouveauté. 6 « Facebook Connect » permet aux développeurs de pages Internet et de contenus web d’intégrer Facebook sur différents sites ou plateformes.
  20. 20. INTERACTIVITÉ PAGE 18 5ème stade  : L’entrée en contact direct avec les personnes présentées dans le récit. Cette fonctionnalité n’est pas disponible en continu. Les internautes avaient cette possibilité seulement au lancement du web-documentaire. Ils consistaient à des rendez-vous en direct via le tchat interne et sur le forum. Ce niveau d’interactivité est, au regard des autres web-documentaires étudié, une exclusivité 6ème stade  : Ce stade est la suite de «  Prison Valley  ». On peut en effet logique du précèdent, une fois les acteurs deviner que cette fonctionnalité est assez du récit interrogés par les internautes, le lourde à mettre en place pour les web-documentaire présente des rendez réalisateurs. vous hebdomadaires avec des spécialistes du sujet. Cette continuité dans l’interactivité proposée à l’internaute est un véritable atout dans le sens où le sujet n’est pas uniquement approfondi via la participation des internautes mais via l’apport de données spécialisées. Le fonctionnement est le même que pour le stade précédent, et est de la même façon relativement accessible. 7ème stade : Enfin, le web-documentaire invite les internautes à poursuivre le débatsur d’autres sites reliés (Yahoo, France Inter, Télérama, YouTube) à celui du web-documentaire.  A ce stade, l’interaction est plus aisée pour un internaute sans grande maîtrise desfonctionnalités qu’offre Internet. La participation est facilitée car elle ne se fait pas au seinmême du web-documentaire et la présence des vidéos est là pour cadrer l’internaute quiserait égaré dans toute cette sphère tournant autour du web-documentaire. Mais ilsemble tout de même préférable que l’internaute ait visionné le web-documentaire enintégralité pour prendre part aux débats. Aussi, on peut imaginer que ce dernier stade d’interactivité attire une nouvelleaudience, celle des sites sur lesquels le web-documentaire est partiellement retransmis.
  21. 21. Les défis de l’interactivitéINTERACTIVITÉ PAGE 19 L’interactivité, véritable apport de dynamiques au sein du web-documentaire doit cependant se confronter à quelques défis. D’une part pour l’auteur, et d’autre part, pour le visiteur. Pour l’auteur Et ce sans oublier que l’interactivité ne P o u r l ’ a u t e u r, l e s peut être une fin en soi, elle doit servir le questions liées à l’interactivité du sujet. Et ce point est peut être le défi central web-documentaire sont du web-documentaire  : ne jamais laisser le multiples. Ces problèmes contenant dépasser le contenu. d’écriture adaptée au format sont détaillés plus haut dans l’écriture du web-documentaire car elles se posent à l’auteur précisément au moment de la rédaction. Pour le visiteur Pour l’internaute, les problèmes d’interactivité sont rencontrés dès l’ouverture du web-documentaire. Il est en effet très rapidement précipité au cœur d’un document interactif dont il ne maîtrise pas toujours le fonctionnement. Confronté à une multitude d’éléments narratifs, à une histoire éclatée en fragments et disséminés tout au long de l’histoire, l’interactivité doit participer à l’enrichissement de l’histoire sans risquer de brouiller cette dernière. Et il est très délicat pour les auteurs de mesurer la capacité des internautes à gérer l’interactivité au sein du web-documentaire. Le risque pour le lecteur est que le déroulement du récit soit affecté par ses multiples possibilités d’interactivité. L’internaute est en effet habitué à offrir une audience passive (lors du visionnage d’un documentaire télévisuel).
  22. 22. INTERACTIVITÉ PAGE 20Le risque de l’interactivité L’interactivité limitée auxforcée choix de navigation Nous avons expliqué que Dans certains web-documentaires,l’interactivité n’est pas une chose aisément pour éviter de rencontrer les problèmes quemaîtrisée. nous venons de citer ou par souci deMais un internaute qui maîtrise l’interactivité simplicité dans le montage du web-ne fait pas forcément un internaute satisfait. documentaire, on constate que les auteursAndrew DeVigal7 dit: « Si elle est forcée, ont limité l’interactivité aux choix dans lal’interactivité peut très bien détruire un récit navigation.». Et c’est peut être l’interactivité la plus P o u r t a n t l ’ i n t e r a c t i v i t é e s t créatrice dans le web-documentaire. Enfondamentale au web-documentaire. effet, si on connaît le concept des jeux deDans «  Voyage au bout du Charbon  » par rôles, des blogs, des réseaux sociaux, leexemple, on sent parfois que l’interactivité web-documentaire est le premier outilest forcée. Elle est assez lourde, présente à multimédia qui permet un tel choix dechaque tournant du récit. À force de choix navigation dans le traitement d’un sujet réel.dans la navigation, elle fait perdre le fil des Dans ces web-documentaires, leévénements. Le rythme en est cassé, pouvoir de l’internaute réside dans l’ordrel’expérience du web-documentaire devient qu’il donne au récit. Il choisit quellesanxiogène pour le lecteur et le risque qu’il informations visualiser ou non.décroche est bien réel. Ce choix peut donner au web- documentaire une ambiance « reporter ». Le w e b - d o c u m e n t a i re d e v i e n t a l o r s l e documentaire dont vous êtes le héros. Cet effet a pour conséquence de renforcer le caractère immersif du web- documentaire mais ceci n’est pas anodin : le web-documentaire, bien qu’il traite de faits réels et souvent graves, n’est alors pas sans Illustrations de choix de navigation rappeler le jeu de rôle. dans le web-documentaire «Voyage au bout du Charbon»7 Andrew De Vigal est le responsable multimédia du New-York Times.
  23. 23. L’introuvable définition du web-QUESTIONNEMENTS PAGE 21 documentaire Un concept aux Une définition contours flous proche de celle Le web-documentaire d’Internet est un concept multimédia Mais s’il y a une aux formes encore définition dont le web- indéterminées. L’absence de documentaire peut Ce nouveau concept s’approcher, c’est la définition associe du texte, des photos, définition propre d’Inter net. En effet, les des cartes, des vidéos, du E n e f f e t , l e w e b - caractéristiques mêmes du son, des animations, et les documentaire se cherche web-documentaire réseaux sociaux, de façon encore, il n’y a donc pas de s’approchent fortement de interactive et didactique. On définition précise. C’est une celles d’Internet. A savoir : un p e u t p a r l e r d e c o n c e p t nouvelle pratique observée produit disponible sur «  h y p e r m é d i a  »  : c ’ e s t s u r I n t e r n e t d o n t l e s Internet, associant de l’agencement et l’exploitation principaux acteurs (la presse, multiples médias (vidéos, des différents outils qu’offre les photo reporters, les sons, cartes…), dont I n t e r n e t e n u n e u n i q u e maisons de productions, les l’agencement est l’œuvre production autour d’un sujet. d o c u m e n t a l i s t e s , l e s d’un d’auteur. Tous ces Et chaque nouveau sujet est journalistes, les agences de éléments sont en interaction l ’ o c c a s i o n d ’ u n n o u v e l communication entre autres) avec le spectateur. Le web- agencement. Il n’y a pas de cherchent encore la forme documentaire est donc le genre unique, de modèle, de exacte et les limites. «  produit Inter net  » par format prédéfini ou identifié. E n c o n s é q u e n c e , excellence, ou du moins une plusieurs terminologies sont f o r m e t r è s a b o u t i e d e d o n c e m p l o y é e s p o u r l’association des différents désigner le w e b - outils Internet. Plus qu’une documentaire  : le journal en expérimentation multimédia, ligne LeMonde.fr le qualifie c ’ e s t u n e d é m a rc h e d e par exemple de «  visuel « médium total ». i n t e r a c t i f  » o u d e « documentaire multimédia ».
  24. 24. QUESTIONNEMENTS PAGE 22Une nouvelle Une discipline enméthode de évolutiontraitement d’un constantesujet En effet, le web- d o c u m e n t a i re n ’ e s t p a s Le web-documentaire Une nouvelle encore totalement défini et ilest une nouvelle forme de semble qu’il continuera à seréponse à un sujet  : c’est un architecture au chercher encore. Car il netraitement croisé de documentaire pourra trouver sa formelinformation au service d’un Le web-documentaire propre tant qu’Internet serasujet. C’est une nouvelle apporte en effet une nouvelle en constante évolution (sonfaçon de traiter un thème, architecture8, ou structure au caractère principal étantmais surtout de raconter une récit documentaire. l’exploitation des outilshistoire. L e d o c u m e n t a i r e Internet). Ce nouveau traitement classique, visionné à la Ainsi le web-implique une nouvelle forme télévision, est défini comme documentaire semble être,décriture multimédia. Il s’agit «  u n f i l m d i d a c t i q u e pour une durée impossible àen fait d’une histoire que l’on p r é s e n t a n t d e s f a i t s évaluer aujourd’hui, voué araconte grâce à l’assemblage réels  n’intervenant pas sur le être un outil protéiforme.des outils exploitables sur déroulement des faitsInternet. Il en résulte relatés ».l’aménagement d’une Cette définition peutinterface autour d’un récit. s’appliquer au web- documentaire à condition de préciser son caractère pluri média, apporté par son canal de transmission, Internet. E n c l a i r, i l s ’ a g i t généralement d’une enquête jour nalistique interactive conçue pour Internet. 8 Terme employé par Monique Simard, directrice générale du Programme français de l’Office National du Film (ONF) dans une interview de Charles Gervais pour alternatives.ca.
  25. 25. QUESTIONNEMENTS PAGE 23 Une discipline méconnue du grand public Enfin, il est important de signaler que le web- documentaire est un outil si récent qu’il est encore méconnu du grand public. Quelle est la différence Comme le dit Aurélie avec un documentaire Hamelin9 «dans les milieux diffusé sur Internet ? de l’audiovisuel, on en parle beaucoup, mais le grand La différence entre un documentaire diffusé sur public n’identifie pas encore Internet et un web-documentaire réside dans les caractères bien ce genre ». mêmes du web-documentaire. C’est-à-dire la non linéarité Ce qui n’est pas et le caractère pluri média de ce dernier, que ne possède étonnant compte tenu de la pas le « simple » documentaire. difficulté des milieux En effet, un documentaire diffusé sur Internet n’est autre spécialisés (web, médias, que l’utilisation du médium Internet comme un canal de communication…) à définir diffusion, sans agir sur la forme propre du documentaire et le genre. sur son contenu. Sur Dailymotion10 ou Youtube11, par exemple, il est possible de trouver des documentaires précédemment diffusés à la télévision qui trouvent sur Internet un second public. Mais le web-documentaire est plus que cela : il détient ses critères multimédias spécifiques qui le rendent impossible à qualifier de «  simple  » documentaire. C’est un nouvel outil multimédia construit pour Internet et exclusivement diffusé sous cette forme sur Internet. En ce sens, un web-documentaire est donc en aucun cas la rediffusion d’un documentaire sur Internet. 9 Aurélie Hamelin est responsable du pôle contenu média global de France Télévisions 10 Dailymotion est une une plateforme dhébergement, de partage et de visionnage de vidéo en ligne. 11 YouTube est une plateforme d’hébergement, de vidéos sur lequel les utilisateurs peuvent envoyer, visualiser et partager des séquences vidéos.
  26. 26. QUESTIONNEMENTS PAGE 24Quelles lois pour le web- À savoir, aux Etats-documentaire ? Unis les règles sont différentes : le Le web-documentaire n’a pas de définition légale propre. C’est producteur du web- documentaireune œuvre multimédia et légalement les œuvres multimédias sont très détient tous lesdifficiles à encadrer. En effet, chaque création ne repose pas droits. Les artisans du projet sont alorsforcément sur les mêmes lois. considérés commeLe web-documentaire peut ainsi s’appuyer sur les lois du logiciel, les des techniciens.lois des bases de données ou encore les lois de l’œuvre audiovisuelle.Car il peut correspondre à ces trois catégories d’outils numériques.On constate ainsi l’existence d’un vide juridique.Le web-documentaire est une création collective. Il s’agit d’un travailréalisé par des professionnels spécialisés dans des domainesdifférents qui ne sont pas protégés par les mêmes lois. Et cela amène la question du droit d’auteur pour ces différentespersonnes concourant à la réalisation d’un même projet.Pour cela, il est possible de qualifier le web-documentaire d’œuvrecollective ou d’œuvre de collaboration, ou encore d’œuvre composite.Il s’agit de qualifications légales. Celles-ci permettent aux différentsartisans ayant contribué au web-documentaire de protéger une partiede leur travail. Ainsi, bien qu’il soit impossible de qualifier légalementle web-documentaire dans son intégralité d’œuvre audiovisuelle, il estpossible de considérer les différents éléments le composant commedes œuvres audiovisuelles indépendantes. Le web-documentaire est alors considéré légalement commeune œuvre multimédia collective ou comme un assemblage d’œuvresaudiovisuelles.
  27. 27. Le web-documentaire au cœur desQUESTIONNEMENTS PAGE 25 évolutions des médias On emploie alternativement les termes «  multimédia  », «  pluri-média  », «  trans- média », « cross-média » et enfin « rich-média ». Bien que ces termes se rejoignent (et soient pour certains presque des synonymes) ils peuvent tous plus ou moins correspondre au web-documentaire. Il convient donc de les définir plus précisément afin de situer le web-documentaire qui navigue entre ces différents concepts. Le multimédia pour un même sujet mais ces derniers peuvent être utilisés de façon dissociée. La Le multimédia est la combinaison de stratégie pluri-média consiste par exemple médias (textes, images, graphiques, sons, pour une entreprise à penser ses supports vidéo) au sein d’un objet numérique de communication interne (newsletter, commun. Le multimédia correspond ainsi jour nal d’entreprise, événements, au traitement simultané de ces médias intranet…) comme un tout et non plus grâce à une programmation informatique. comme des supports de communication Cette programmation rend la lecture de pris individuellement. L’idée du pluri-média l’objet numérique possible depuis un est de faire que ces outils se complétent ordinateur. dans une même logique. Ce dispositif peut Le web-documentaire correspond bien à s’apparenter à celui d’un plan de cette définition, dans le sens où la communication mais, plus que ça, il s’agit particularité du web-documentaire est ici de porter une réflexion globale sur un sujet, mise en évidence  : l’usage de plusieurs en utilisant différents médias. Le pluri- médias. média implique, dans ce cas d’une Cependant, cette définition n’est pas communication interne, une cohérence complète, il manque le caractère interactif éditoriale totale de toutes les productions du web-documentaire. de l’entreprise, quelques soient les supports. Le pluri-média De même pour le cas du web- La définition du pluri-média documentaire  : il s’agit d’une réflexion s’approche de celle du multimédia : il s’agit d’auteur sur un sujet, mis en forme dans le de la combinaison de plusieurs médias. web-documentaire en combinant différents Cependant, le traitement de ces médias de façon à répondre avec le plus médias n’est pas simultané. Ainsi le pluri- de cohérence possible à ce sujet. média désigne l’usage de plusieurs médias
  28. 28. Le cross-média spécificités de chaque média sont en effet QUESTIONNEMENTS PAGE 26 prises en compte, ce qui n’est pas le cas du Le cross-média est le principe de la cross-média.mise en réseau des médias. Ce terme Ainsi le même contenu n’est pas décliné surdésigne l’usage rationnel de plusieurs chaque média, chaque média présentant lemédias, mais il se distingue du multimédia même sujet mais d’une façon qui lui estcar il ne sollicite pas l’attention de l’individu propre. L’utilisateur a alors la possibilitédepuis un même lieu et à un même moment. d’entrer dans le sujet par différentes En effet, le cross-média n’a pas le «  portes  », c’est-à-dire par différents médiascritère synchronisé du multimédia qui portant le sujet.mélange le son, le texte et la vidéo sur un À grande échelle le trans-média peutseul support numérique. Dans le cross- correspondre à un jeu à taille humaine où lesmédia, les médias utilisés sont utilisés les uns événements du jeu arrivent au spectateur viaaprès les autres. son mobile Internet ou la radio (comme nousÀ la différence du pluri-média, le cross média l’avons expliqué avec les ARG).ne véhicule pas forcément un même À l’échelle du web-documentaire il s’agitmessage sur les différents médias utilisés. d’utiliser les différents médias qui lePar exemple, pour une agence publicitaire, le composent en fonction de l’intérêt que revêtcross-média consiste à décliner une chaque média  : le témoignage d’un individucampagne sur différents médias (radio, se transmet avec une plus grande réalité viatélévision, presse..). C’est la combinaison et le son ou la vidéo que via le texte, le portraitl’utilisation coordonnée de différents médias via la photographie ect..au service d’une même stratégie. A savoir, la société de téléphonie Orange aL’intérêt du cross média est de créer des lancé un laboratoire du trans-média. Il estinteractions entre les médias utilisés. explorable à l’adresse :Ainsi on peut qualifier le web-documentaire http://www.transmedialab.org .de cross-média uniquement lorsque celui-làconnaît une version déclinée à la télévision. Le rich-mediaEn effet, le web-documentaire n’est pas Enfin, le rich-média désigne un formatintrinsèquement cross-média  : il fait appel à numérique composé d’animations utilisant dudifférents médias, mais ceux-ci sont son, de la vidéo ou encore des photographiesregroupés en un même support. basés sur la technologie Flash avec la particularité de proposer des interactionsLe trans-media avec l’internaute. Le rich média est beaucoup utilisé dans la publicité car il permet de Le trans-média consiste, comme le proposer sur Internet des publicités trèscross-média, à développer un contenu dynamiques à l’internaute. Le rich-média anarratif sur plusieurs médias. Cependant, le cette particularité qui fait aussi la force ducontenu développé sur chaque média est web-documentaire  : l’interaction avecdifférent.  Les capacités d’interaction et les l’internaute.
  29. 29. Parle-t-on de web-documentaire ou deQUESTIONNEMENTS PAGE 27 web-reportage ? Les deux terminologies sont utilisées mais la plus fréquente est «  web- documentaire ». Il est possible d’utiliser les deux termes, mais le terme web-documentaire semble plus approprié, c’est pourquoi nous l’utiliserons. Les différences entre le web-documentaire et le web-reportage sont celles existant déjà entre le documentaire et le reportage. Le documentaire relève du champ artistique et cinématographique alors que le reportage relève quant à lui du champ journalistique. Ainsi le documentaire se distingue du reportage par l’angle utilisé d’une part, le point de vue présenté et la pérennité. L’angle utilisé n’est pas le même  : dans le documentaire lauteur ramène les faits réels à lui même («  je pars à la rencontre d’ouvriers de la mine  ») alors que pour le reportage c’est l’inverse (« les ouvriers vont à la mine »), la réalité présentée est ramenée au spectateur. Le point de vue est en ce sens plus affirmé dans un documentaire que dans un reportage. Un même sujet n’est donc pas traité de la même façon dans un documentaire et dans un reportage. Dans ce dernier est présenté un fonctionnement et ses conséquences, alors que dans le documentaire sont présentées les causes de cette situation, les mécanismes qui amènent cette situation. Les enjeux ne sont donc pas les mêmes. Le documentaire présente donc un questionnement plus complexe, il porte une dimension d’analyse. Aussi, les sujets du documentaire sont des sujets qui s’inscrivent dans le temps, les documentaires sont voués à durer. Ils témoignent de leur époque : c’est une mise en perspective. Ce n’est pas le cas des reportages qui, eux, sont plus dans l’actualité, ils sont liés au présent. Ils ne sont pas conçus pour durer, ils sont dans l’instant. Ainsi la notion de temps est aussi très importante pour différencier ces deux genres. Cependant, il n’y a aucune hiérarchie entre ces deux genres, le documentaire n’est en aucun cas d’une meilleure qualité que le reportage. Il existe de mauvais documentaires et de bons reportages, et vice versa.
  30. 30. QUESTIONNEMENTS PAGE 28Le web-documentaire est donc enconstante évolution ? Depuis l’apparition des premiers véritables web-documentaires en 2007 (quin’étaient pas de simples diaporamas accompagné d’une bande son), on observe une netteprogression du genre.En effet, si comme nous l’avons annoncé plus haut le genre ne sera pas arrêté tantqu’internet continuera d’évoluer, le web-documentaire a malgré tout significativementgrandi.Guillaume Blanchot12, décrit bien cette évolution  en parlant des projets en demande desubventions «On ne reçoit plus comme au début des web-docu conçus comme descompléments, un peu comme des bonus de DVD». Désormais loin de la présentation de clichés photographiques sur fond de musiqued’ambiance montée sur PowerPoint, le web-documentaire est un genre évolutif à part.Entémoigne Alexandre Brachet, de l’agence de création de web-documentaires Upian, quireconnaît aussi cette évolution dans ses propres productions : «En 2002, avec “La Cité desmortes”, on essayait dutiliser les contenus différents, vidéos, photos, cartographie. Puisdans “Thanatorama”, on a vraiment introduit linteractivité, puisque linternaute en est lehéros… mort ! Enfin, avec “Gaza/Sderot”, on a intégré graphisme et technologies àlhistoire, puisquil sagissait de décrire les vies parallèles dans ces deux villes, avec parexemple une frontière entre deux écrans sur le site». Le genre web-documentaire est donc un genre expérimental qui se cherchecontinuellement une place à la croisée des médias. Capture d’écran de la page daccueil du web- documentaire «Thanatorama», «une aventure dont vous êtes le héros mort» précise le site avant de commencer le récit.12 Guillaume Blanchot est Directeur des nouveaux médias du Centre National du Cinéma et de l’imageanimée (CNC)
  31. 31. SUJETS PAGE 29 Quels sujets pour le web-documentaire ? Les sujets traités par les web- documentaires sont très variés. Mais on peut leur reconnaître un dénominateur commun  : les sujets abordés sont audacieux. On pourrait supposer, au regard de la charge de travail que demande la réalisation d’un web-documentaire, que les sujets abordés seraient légers et divertissants. Bien au contraire, il s’agit dans tous les web- documentaires rencontrés de sujets lourds et complexes. Comme si le web-documentaire venait répondre aux sujets les plus délicats à traiter. La prison, la mort et les grands conflits Quels sont les politiques actuels sont les trois thèmes risques dans cette dominants les web-documentaires français, nouvelle façon de dont la réalisation est la plus aboutie et surtout les plus vus. traiter un sujet ? Avec «  Le corps incarcéré  », «  Prison Les risques que présente ce nouveau Valley  », «  Thanatorama  », «  La Cité des traitement concernent principalement la Mortes  » ou encore, «  Gaza/Sderot  » et navigation à laquelle l’internaute n’est pas Havana/Miami  » , le web-documentaire se habitué. Si celle ci est trop complexe le risque présente comme une nouvelle forme de est de «  perdre  » l’internaute qui, lassé de réponse aux thèmes les plus dérangeants de chercher comment se déplacer, quittera le notre société actuelle. web-documentaire. Mais ce n’est pas tout, ce traitement innovant peut aussi « tuer « le sujet si la forme prend l’ascendant sur le fond. En effet la forme très interactive peut « polluer » le récit, le destructurer. Ainsi le contenu, qui est la substance même du web-documentaire et sa raison d’être, doit rester maître sur le contenant, comme dans tout autre projet,
  32. 32. SUJETS PAGE 30Le web-documentaire est-il adapté autraitement de sujets d’actualités dits« chauds » ? Sur Internet, l’information est souvent brute, les billets d’actualité ressemblenténormément à la dépêche AFP et ne sont pas très différents entre les différents journauxen ligne.On appelle cela du « flash journalism » : les articles sont courts sans réelle profondeur etrarement accompagnés d’illustrations multimédias. Pourtant le web-documentairepourrait être un réel apport de profondeur en élargissant le traitement de l’actualité aumultimédia. Mais le web-documentaire coûte cher, c’est un format lourd à mettre en place(professionnels, matériel, temps de réalisation, investigations..) et il est souvent réservéaux sujets magazines. Pourtant on peut imaginer que certaines formes de web-documentaires « allégés » s’adaptent à l’actualité chaude et soient réalisés en un tempsbeaucoup plus court. Il s’agirait dediaporamas sonores avec uneinteractivité un peu plus légère. Vers une industrialisation du processus de création ?Lemonde.fr a par exemple couvert le Selon la rédactrice de la chaînesommet de Copenhague en direct sur France24.com Karine Broyer : «Le but estson site Internet via le multimédia. Ce dindustrialiser le processus». La chaîneprocédé est du «  live journalism  » qui d’informations internationales France 24vient de la radio et de la télévision. Il réfléchit en effet à une organisationconsiste à faire vivre en direct un spécifique de son équipe web pourévénement au public (procès, émission réaliser des web-documentaires en 24 oude télévision, débat politique, match 48 heures sur des sujets d’actualité chaude.sportif). Ainsi la forme du web-documentaire, bien qu’elle soit plus contraignante qu’unarticle « classique », semble adaptée aux « news » dans le sens où elle est un véritableapport de profondeur dans le traitement du sujet. La forme du web-documentaire doitcependant être un peu allégée pour permettre de raccourcir le délai de création etpermettre aux internautes d’y accéder le plus tôt possible. Il reste aux journalistes àmaîtriser ce nouvel outil et d’en faire un atout, ce qui permettrait aux journaux en lignede faire une véritable différence avec les éditions papier.
  33. 33. Quelle est l’audience des web-AUDIENCE ET CONSOMMATION PAGE 31 documentaires ? L’audience des web-documentaires est, tout comme l’outil en lui-même, encore floue. En effet, si l’on connaît le nombre de visites uniques et le temps moyen de visite de certains web-documentaires, on ne sait pas vraiment qui « accroche » à ce nouveau format. D’une façon générale, il semble que les jeunes générations, habituées à chercher l’information sur le médium Internet, sont demandeuses de nouveaux formats et de nouvelles approches de l’information. Le boom des blogs et des réseaux sociaux en témoigne, le « do it myself  » est devenu une banalité, les jeunes générations connaissent le processus de publication d’une information, aussi futile soit elle, sur Internet. Elles ont en effet vu naître les nouveaux médias numériques et ont bouleversé les usages des médias. La presse traditionnelle n’est plus le seul médium des nouvelles générations qui choisissent ce qu’elles regardent et veulent participer. Le web-documentaire semble en ce sens un nouvel outil pour la « digital native generation ». A cela il faut ajouter les internautes dans leur globalité (la France comptait en 2007 plus de 30 millions d’internautes)  : selon Médiamétrie ce sont 5, 9 millions de français qui regardent une vidéo par jour. «Voyage au bout du Charbon» a ainsi reçu la visite de 70 000 internautes, mais ce chiffre est a prendre avec précaution car ce web-documentaire a bénéficié d’une large publicité sur Internet. Il n’est donc pas représentatif de l’ensemble des web-documentaires qui forment un ensemble hétérogène. Affiche du web-documentaire «Voyage au bout du Charbon»
  34. 34. Quelles sont les pratiques de AUDIENCE ET CONSOMMATION PAGE 32consommation et de fréquentation desweb-documentaires ? On observe de grands changements dans les attitudes de consommation desinternautes. En effet, la consommation de contenus audiovisuels s’est individualiséavec la généralisation des ordinateurs et des terminaux Internet personnels. Lesinternautes ont aussi changé leur temps de consommation, désormais leur attentionest sollicitée de toutes parts  :ils sont devenus moins attentifs au contenu multimédiaqu’ils visionnent. À cette baisse de l’attention en ligne il faut ajouter le phénomène de« multi-tasking » : les internautes font plusieurs choses à la fois, ils ne s’attardent passur un sujet mais en « consomment » plusieurs simultanément. C’est dans ce contextedélicat que le web-documentaire tente de se faire un public. Pour ce qui est de la fréquentation des web-documentaires, elle est modérée.En effet, la fréquentation est moindre que certaines vidéos au contenu beaucoupmoins travaillé qui ont fait le buzz13 sur YouTube (extrait d’émissions de télé réalitéentre autres). Les chiffres sont rares, on sait que la durée moyenne de visite du web-documentaire «  Gaza/Sderot  » est de 6,30 minutes14 en moyenne. Cette durée estcomparable à celle observée à la télévision pour un documentaire. Pour « Voyage aubout du Charbon », plus de la moitié des internautes l’ayant visionné sont restés plusde 10 minutes15 ce qui est considérable pour Internet.13 Le buzz (anglicisme de bourdonnement) est un concept marketing traduisant ce que lon pourraitdécrire en français comme un écho. Il s’agit d’un engouement soudain des internautes pour une vidéo,un article, ou un site internet. Celui-ci est repris sur des blogs, des sites spécialisés, des réseauxsociaux et devient notoire en quelques jours voir parfois quelques heures.14 Durée avancée par Alexandre Brachet de la société Upian ayant produit ce web-documentaire lorsd’un débat diffusé sur le site de la SCAM, intitulé « Doc on Web ».15 Durée avancée par Samuel Bollendorff lors d’une interview de Canon SA disponible sur le site owni.fr
  35. 35. QuellesTECHNIQUES PAGE 33 Le web-documentaire est très long et très compétences sont complexe à réaliser. Il est nouveau et il n’y a nécessaires à la pas de modèle de création défini. Chaque réalisation d’un web- documentaire disponible aujourd’hui a été documentaire ? conçu a sa façon. A cela il faut ajouter le caractère précaire de Les compétences nécessaires à la la plupart des corps de métiers auquel il fait réalisation d’un web-documentaire sont aussi appel (journalisme, montage, développement vastes que le panel d’outils que ce dernier Internet). utilise. En résulte des mutations importantes dans L’écriture du sujet, les recherches sur le sujet, les conditions de travail  pour les différents les photographies, les interviews à réaliser, acteurs du web-documentaire : dégradation les outils interactifs à définir, le paramétrage, du salaire (car bénéfices incertains), réduction l’intégration, l’exploitation, le design du site des moyens généralement disponibles (car l ’ h é b e r g e a n t , l a m o d é r a t i o n d e s pas de modèle économique), standards de c o m m e n t a i r e s … To u t e s c e s t â c h e s qualité ambigus (car pas ou peu d’historique), concernent énormément de corps de métiers délais imprécis, incompréhensions dans la différents (que nous verrons plus loin). On répartition des tâches et tâches non peut cependant déjà citer le journaliste, le maîtrisées attribuées (pluralité d’auteurs sur photographe, le technicien du son, et le web un même projet), format «  type  » inexistant, designer. flou sur les financements, absence de Les compétences requises sont très générique de fin, préoccupations juridiques nombreuses et transforment les réalisateurs sur les notions d’auteurs et sur les droits. de web-documentaires en de véritables Mais surtout, comme il n’y a pas «  une  » hommes-orchestres. profession spécialisée en web-documentaire, Mais, si les compétences techniques les auteurs viennent de différents univers que demande un tel format sont complexes, il p a r f o i s i n c o m p a t i b l e s . A i n s i l e s n’est pas possible de s’improviser expert. professionnels d’Internet sont habitués aux Le web-documentaire est donc très lourd à cadences des projets de communication (car mettre en place. C’est un outil qui offre de le modèle économique impose une grande nombreux agencements possibles, mais qui réactivité). Alors que les professionnels issus est délicat à organiser, tant les possibilités du l’univers de l’audiovisuel sont eux habitués sont nombreuses. à rythmer leurs projets par des commissions Quels changements d’écriture puis par des commissions du CNC, du SCAM, des régions… Au final, les deux le web- univers ne vont pas à la même vitesse et documentaire amène lorsqu’il s’agit de créer un web-documentaire -t-il dans les l’enjeu est de trouver un rythme et des conditions de méthodes de création communes. travail ?

×