Toutsavoir sur...Un livre de Emmanuel FraysseUne collection dirigée par Henri Kaufman...Businessis digital#C’est le moment !
— 13 —Introduction« Rien n’est permanent sauf le changement » (Héraclite). La période actuelledébutée dans les années 90, ...
— 14 —Business is digitalDans la continuité de mon précédent ouvrage axé « Web social », le présentouvrage vise à facilite...
— 39 —Chapitre 2 : Mythes et réalitésChapitre 2Mythes et réalités« Le pessimiste se plaint du vent, l’optimiste espère qu’...
— 40 —Business is digitaldistribuer les contenus. D’autres acteurs comme Microsoft suivent son cheminen intégrant certains...
— 41 —Chapitre 2 : Mythes et réalitésdomaine de Facebook et n’est pas indexable par les moteurs de recherche3. La« découvr...
— 42 —Business is digitalSur le 1ersemestre 2012, Google aurait reçu 1789 requêtes (quantité « révo-lutionnaire », non ?) ...
— 43 —Chapitre 2 : Mythes et réalitésEt maintenant, que faire ?La logique de l’Open source s’est généralisée au-delà du co...
— 44 —Business is digitalQu’est ce que tu regardes ?//	 Profiling et Big DataDonnées, données, donnez-moi ! Nous vivons da...
— 45 —Chapitre 2 : Mythes et réalitésavez consultés et de vous proposer ultérieurement des publicités très contex-tualisée...
— 46 —Business is digitalprivée est chahuté par les entreprises commerciales mais aussi par les inter-nautes qui partagent...
— 47 —Chapitre 2 : Mythes et réalitésbanqueroute sur le plan de l’identité numérique pour faire table rase du passé ?Le dr...
— 48 —Business is digitalde connexion et de son âge. En tout cas, le multi-tâche, si cher à la nouvellegénération s’appare...
— 49 —Chapitre 2 : Mythes et réalitésn’est rien. En revanche, inscrit au sein d’un groupe, il trouve sa place et peutse fa...
— 50 —Business is digitalaprès coup. Cas extrême concernant l’individu : le cyberbullying, « harcèle-ment virtuel » qui pe...
— 51 —Chapitre 2 : Mythes et réalitésIl est vrai qu’Internet a des allures de Far-West, des allures d’adolescent quicasse ...
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Business is digital - extrait publié par Les Echos

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Extrait de mon livre "Busines is digital, c'est le moment !" publié initialement par Les Echos (http://lecercle.lesechos.fr/cercle/livres/bonnes-feuilles/221170774/extraits-business-is-digital-cest-moment-demmanuel-fraysse)

Site du livre : www.businessisdigital.com

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  1. 1. Toutsavoir sur...Un livre de Emmanuel FraysseUne collection dirigée par Henri Kaufman...Businessis digital#C’est le moment !
  2. 2. — 13 —Introduction« Rien n’est permanent sauf le changement » (Héraclite). La période actuelledébutée dans les années 90, décennie de la diffusion d’Internet auprès dugrand-public, est riche en nouveautés « connectées ». Désormais, le monde sedigitalise à grands pas.Ce que nous imaginions il y 15 ans se déroule désormais sous nos yeux :puissance des communautés en-ligne, mobilité 24/7, ecommerce, consom-mauteurs, … Stimulant et inquiétant à la fois puisque la nouveauté nécessitedes adaptations plus ou moins profondes selon les secteurs et les individus.Encore périphérique il y a 15 ans, le digital est désormais au centre de toutesles attentions. Les entreprises sont face à une alternative simple : « se digita-liser ou mourir ». Du point de vue business, la digitalisation s’entend commele fait de faire basculer partiellement ou totalement un produit, un service,une marque ou un secteur d’activité dans le numérique en tenant compte desnouvelles technologies et des usages connectés de consommation. Du pointde vue des usages, elle peut se définir comme l’explosion d’une vie connectéemulti-écrans au quotidien (TV, ordinateurs, tablettes, mobiles, …).Selon une étude Microsoft/opinionway publiée en février 2013, il apparait queles enjeux du digital n’échappent plus aux Directions Générales. Principauxenseignements de l’étude :• 84% des décideurs considèrent que le digital est stratégique (dont 22%très stratégique)• 62% sont convaincus que le digital transformera le modèle économiquede leur entreprise d’ici 5 ans• 92% estiment que le digital va faciliter les échanges avec les partiesprenantes (clients, prestataires, partenaires, ...)Et si les évolutions allaient plus vite que prévu ? En tous cas, la conduitedu changement digital ne peut plus être retardée. Le temps (op)presse, lesnouveaux entrants prennent des positions face aux dinosaures qui se meuventavec lenteur. Il est temps de se digitaliser car « Business is Digital ».
  3. 3. — 14 —Business is digitalDans la continuité de mon précédent ouvrage axé « Web social », le présentouvrage vise à faciliter la compréhension de ce qui est à l’œuvre actuellementet à donner des pistes pour l’avenir. Nous changeons, d’ère, de société, de civi-lisation (rayez les mentions inutiles). Le digital imprègne notre vie privée etnotre vie professionnelle. Le web social est un acquis. Désormais, le businessest digital, les objets sont connectés et ce n’est qu’un début. Nous tendonsvers le transhumanisme avec des hommes augmentés par la technologie...Aussi, la pensée de Schumpeter est-elle plus que jamais d’actualité : « Lenouveau ne sort pas de l’ancien, mais apparaît à côté de l’ancien, lui faitconcurrence jusqu’à le ruiner. » Mythe ou prophétie ? A vous de voir en lisantcet ouvrage.
  4. 4. — 39 —Chapitre 2 : Mythes et réalitésChapitre 2Mythes et réalités« Le pessimiste se plaint du vent, l’optimiste espère qu’il va changer,le réaliste ajuste ses voiles. » (William Arthur Ward)La digitalisation du monde n’est pas une tendance parfaite et sans défauts : lesocial business n’est pas dénué de risques et il faut rester vigilant pour que lemonde digital reste un monde de choix et de liberté.Faisons la distinction entre le bon grain et l’ivraie, entre le fantasme et laréalité.2.1 Le Web se referme et l’accès se segmente ?Va-t-on vers un Internet à plusieurs vitesses ? C’est plus que probable. Laneutralité du Net et le Web ouvert accessible pour tous sont mis sous pressionpar la censure et les acteurs majeurs économiques souhaitant renforcer leurdomination.// Concernant la neutralité du NetLa neutralité du Net ou la neutralité du réseau est un principe qui garantitl’égalité de traitement de tous les flux de données sur Internet. Ce principeexclut ainsi toute discrimination à l’égard de la source, de la destination oudu contenu de l’information transmise sur le réseau1. D’inspiration technique,cette neutralité vise à considérer le réseau comme un bien public et d’allouer« la même bande passante pour tous ». En fait, ce concept est plus que misà mal. Il est peu probable qu’il puisse être maintenu à l’avenir. Parmi lesfacteurs pouvant mettre en danger cette neutralité, citons la verticalisationde certaines activités par les firmes à vocation technologique. Apple est lechantre de l’intégration des produits et services. Apple contrôle ses produitsà chaque étape de leur fabrication et dispose d’un AppStore puissant pour
  5. 5. — 40 —Business is digitaldistribuer les contenus. D’autres acteurs comme Microsoft suivent son cheminen intégrant certains des équipements mobiles dotés de son système d’ex-ploitation. Cette verticalisation n’est pas un phénomène nouveau comme lemontre Tim Wu dans son livre The Master Switch. Dans le secteur des médias,il explique que l’intégration des contenus et des contenants (tuyaux) est ungrand classique :• Pour la radio, les grands groupes médias ont freiné l’émission en FMpendant 10 ans sachant qu’ils avaient leurs radios en AM.• Les grands studios d’Hollywood possédaient les cinémas avant que legouvernement américain leur demande de s’en séparer pour éviter toutcontrôle excessif de la chaine Production+Distribution dès la fin desannées 30.A noter que ces acteurs majeurs qui participent à la remise en cause partielleou totale de la neutralité du Net ont su défricher de nouveaux horizons etcréer de la valeur à long terme2. Ils ont su mettre en place des écosystèmesefficaces et rentables. Leurs innovations justifient qu’ils puissent bénéficierd’une rente à ce titre. Pour autant, cela ne doit pas se faire au détrimentde l’innovation dans le cas d’abus de position dominante, situation danslaquelle l’innovation venant des concurrents est endiguée, voire stoppée pardes barrières à l’entrée qui sont liées à des freins anti-concurrentiels et / ouidéologiques répréhensibles. Tout est une question d’équilibre.// « Découvrabilité » et monétisation du WebNous avons connu une période d’unification du Web : le WWW a supplanté lesautres domaines de l’Internet (Gopher, FPT, …). Désormais, la fragmentationguette le WWW avec de potentiels hold-ups réalisés par des acteurs majeursdu Web qui ont créé leur propre Web. Un exemple : Facebook qui revendique 1milliard d’utilisateurs actifs mensuels et dont les données ne sont pas acces-sibles via les moteurs de recherche. La période de « toute l’information libre-ment pour tous sans distinction » touche à sa fin. La restriction de l’accès estune question d’actualité tant au niveau de la « découvrabilité » qu’au niveaude la monétisation.En termes de « découvrabilité », il apparait qu’une partie du Web demeurederrière des codes d’accès et n’est donc pas accessible librement via lesmoteurs de recherche. La grande majorité des contenus créés sur Facebookest inaccessible via les moteurs de recherche : groupes, pages fan, fil d’actua-lité… Pourtant, ces pages sont d’une grande richesse, richesse qui reste le
  6. 6. — 41 —Chapitre 2 : Mythes et réalitésdomaine de Facebook et n’est pas indexable par les moteurs de recherche3. La« découvrabilité » devient sociale, via ses amis / contacts et non plus via lesmoteurs de recherche. Cela transparait clairement en termes de trafic affluentprovenant des réseaux sociaux notamment pour les sites média4. Les visitesen provenance de Facebook & Twitter sont en croissance sans savoir exacte-ment leur provenance exacte (fil d’actualité ? groupe ? …). A noter que laquestion du Web invisible n’est pas une question nouvelle puisque, dès 2003,IBM a montré que le Web était structuré en plusieurs zones : une zone dontles pages sont très connectées et des zones peu ou pas accessibles par despages externes5.En termes de monétisation, le « tout gratuit » a montré ses limites : lesmédias on-line peinent à monétiser leurs contenus uniquement par la publi-cité face à des créateurs de contenu non professionnels qui leur grignotent desparts de marché. Le phénomène de l’accès payant revient à l’ordre du jour surun modèle freemium (partiellement payant), voire 100% payant. Les médiason-line mettent progressivement en place des « walls » payants et des offresd’abonnement numérique pour s’assurer de nouvelles sources de revenus.Conséquence, des restrictions sont appliquées sur les contenus : accès completuniquement pendant une période limitée, nombre limité d’articles gratuitementconsultables par mois… Le Wall Street Journal, la Harvard Business Review,Mediapart en sont de parfaits exemples.L’accès segmenté se fera aussi au regard du terminal utilisé et du taux d’usage.D’une part, le type de supports de lecture (ordinateur fixe ou portable, tablette,téléphone mobile) commence à conditionner l’accès à certains contenus. Dessites gratuits à partir de PC sont payants dès lors qu’ils sont consultés à partirde téléphone mobile par exemple. D’autre part, en termes de taux d’usage,les power users, à savoir les diginautes particulièrement gourmands en bandepassante, verront les offres « premium » se multiplier à leur attention.// Montée de la censureDe nouveaux rapports de force s’établissent entre les géants du Web, les auto-rités réglementaires et les internautes. Au fil des années, la législation évoluepour encadrer les débordements et les technologies de contrôle sont mises enservice.Google s’inquiète de cette surveillance législative dans son « Google Transpa-rency Report »6.
  7. 7. — 42 —Business is digitalSur le 1ersemestre 2012, Google aurait reçu 1789 requêtes (quantité « révo-lutionnaire », non ?) gouvernementales, de source juridique ou exécutive etpolicière, afin de retirer 17.746 éléments de contenu proposés via ses diffé-rents services (YouTube, moteur de recherche, ...). Ce qui constitue uneaugmentation de 70% par rapport à la même période 2011.Autre cas récent en France, la suppression de contenus par Twitter autournotamment du hashtag #UnBonJuif après la plainte déposée par l’UEJF. Lesrecours se multiplient pour censurer les contenus litigieux, à tort ou à raison.A chacun de se faire une idée dans un contexte global de liberté d’expression,qu’elle soit utilisée à bon escient ou pas. Ce qui est sûr : Internet n’est pas unespace de non-droit et les règles juridiques actuelles sont à appliquer lorsquecela s’impose.Quant aux ventes d’armes électroniques, à savoir les logiciels et applicationspermettant de filtrer et de surveiller le Web, la France est en pointe. Elle aéquipé plusieurs gouvernements arabes afin de surveiller leur peuple et defiltrer les informations. Le sujet est sensible, de grandes sociétés françaisesde services informatiques ont été montrées du doigt et certaines affaires ontété amenées devant la justice française. La logique de Web filtré localements’installe dans un nombre croissant de pays. Le périmètre de la censure varied’un pays à l’autre : entre autres, l’Egypte a banni la pornographie7, la Chinefiltre grandement son Web.La chape de plomb informationnelle n’est pas loin. Devant les risques decensure, il semble que le Parlement Européen œuvre pour leur limitation8maisles luttes de pouvoir s’intensifient.
  8. 8. — 43 —Chapitre 2 : Mythes et réalitésEt maintenant, que faire ?La logique de l’Open source s’est généralisée au-delà du code source. On parledésormais d’Open business, d’Open Innovation par exemple. Ce mouvement dulibre au sens large permet d’innover avec une vision collaborative. Les résul-tats sont partagés et exploitables par bon nombre d’individus.Les contre-pouvoirs sont nécessaires pour conserver une liberté d’expressionet d’action. Tout d’abord, les Etats ont un rôle à jouer dans le contrôle desrègles anti-concurrentielles. Ce n’est pas la position dominante, voire le mono-pole, qui est répréhensible mais l’abus de position dominante qui conduit àun blocage des innovations. Car sans innovations, point de salut. Le statu quoconduit à la destruction de valeur à moyen ou long terme. Ensuite, la sociétécivile a également un rôle à jouer. Les associations peuvent mettre en lumièredes atteintes à l’égalité d’accès à l’information et au réseau d’une manièreglobale9. Enfin, même les mouvements de hackers tels que Anonymous ont unrôle à jouer : En Syrie qui connait une situation de guerre civile, des groupesde hackers permettent à une frange de la population d’accéder au Web alorsque les instances gouvernementales ont mis en place un blocus digital. Lessituations d’infowar se multiplient nécessitant notre vigilance citoyenne.2.2 Vers la fin de la vie privée à l’ère digitale ?// Tout est public par défautCôté Facebook, un des principes de base est que « tout est public par défaut ».Ce parti-pris a fait grand bruit. N’oublions pas que Mark Zuckerberg a étudiél’informatique ET la psychologie. Résultat : il est familier avec l’âme humaineet a bien perçu que la vie privée n’était plus vraiment privée, ou, en tous cas,que le périmètre de la vie privée avait évolué. Depuis plus de 15 ans, la télé-réalité et la forte croissance des témoignages plus ou moins voyeurs à la TV,média de masse par excellence sont l’expression de cette redéfinition de ce quirelève désormais du domaine privé.Sur Facebook, les données personnelles sont collectées avec votre consente-ment. Ce que les Facebookiens et Facebookiennes savent moins : ces donnéespeuvent être extraites dans certaines conditions par des sociétés tiers (nom,prénom, email, centres d’intérêt, …).
  9. 9. — 44 —Business is digitalQu’est ce que tu regardes ?// Profiling et Big DataDonnées, données, donnez-moi ! Nous vivons dans un monde de données.Ce qui a changé : il est désormais possible non seulement d’accéder à cesdonnées mais aussi de les traiter pour un coût faible. Le Big Data est parminous. Et ces informations proviennent des entreprises mais aussi de l’Etat. Unseul exemple : les données de transport public10. Les entreprises vont pouvoirles utiliser en échange du paiement d’une redevance.Histoire vécueMon équipe et moi avons lancé en France le service www.reparmax.com. Ce service permet à tout automobiliste d’être mis en contact avecdes garagistes proches après estimation préalable de la réparation. Cetteestimation préalable dépend du véhicule,de l’opération et de la localisation.Concernant l’identification du véhicule, le moyen le plus simple est d’indi-quer sa plaque d’immatriculation. Ensuite, une requête est faite en tempsréel sur les fichiers des immatriculations des préfectures pour identifier levéhicule. Chaque requête effectuée coûte quelques centimes. Rapide etefficace.A noter que seules les informations liées aux véhicules sont acces-sibles, les données personnelles de l’automobiliste restent confidentielles,le fichier n’est pas nominatif donc conforme au respect de la vie privée.// Retargeting publicitaire et long clicVous vous sentez épié sur le Web ? Les publicités vous suivent de site en siteet vous trouvez ça bizarre ? Ce n’est pas bizarre, c’est du « retargeting publici-taire ». Le principe est simple : à partir de fichiers mouchards sur votre ordina-teur appelés cookies, il est possible de savoir quels sites / quelles pages vous
  10. 10. — 45 —Chapitre 2 : Mythes et réalitésavez consultés et de vous proposer ultérieurement des publicités très contex-tualisées. Après avoir consulté la page d’une jolie paire de chaussures rougessur un site e-commerce, il est possible que vous voyiez apparaître ces mêmeschaussures rouges dans une publicité sur un site média consulté le lendemain.Joseph Turow évoque le phénomène du « long click »11. Grâce notammentaux cookies et aux fichiers clients qui se louent / s’achètent, il est possiblede vous suivre dans le monde digital et de vous proposer le bon produit aubon moment. Cela peut vous éviter de voir s’afficher des pubs complètementinadaptées à vos besoins (ex : une promotion pour du lait maternel alors quevous n’avez pas d’enfants). Maintenant, à vous de voir si cela vous intéresse…// Et maintenant, que faire pour garder privée… sa vie privée ?Soyons lucides et réalistes : les données constituent un marché. Il y a uneoffre, une demande et un échange de valeur entre les parties. Ces données ontune valeur marchande et le marché reste à réguler intelligemment.Dans le monde digital, il est clair que, notamment dans le cadre d’utilisationde services en-ligne, « si c’est gratuit, c’est toi le produit ». D’ailleurs, pourcertains services (online ou offline), même quand c’est payant, c’est quandmême vous le produit… Par exemple, les coordonnées que vous laissez enachetant certains produits pour bénéficier d’offres promotionnelles dans desmagasins peuvent être vendues / louées à d’autres sociétés pour des opéra-tions de marketing direct.Dans le cas des réseaux sociaux, les données sont collectées, agrégées etcommercialisées de différentes façons. Seriez-vous prêts à payer ces servicespour protéger vos données personnelles ? Vaste question. Suite aux modifi-cations d’utilisation des données par Facebook fin novembre, des diginautesont manifesté leur mécontentement en postant un statut à vocation juri-dique interdisant à Facebook d’utiliser leurs données à des fins commerciales.Sauf que cette mention au vernis juridique n’avait aucune portée puisqueFacebook mentionne bien dans ses conditions générales d’utilisation que lesutilisateurs lui accordent un droit d’utilisation, de distribution et de partagesur l’ensemble de leurs données. A l’opposé de cette tentative de protectiondes données, d’autres diginautes plus réalistes et informés ont pris çà avechumour en relativisant la portée des changements.Les tentatives de régulation se multiplient actuellement. En France, le respectet la protection de la vie privée sont suivis par la CNIL. Peu de pays disposentd’une instance équivalente. Autant en profiter même si ce respect de la vie
  11. 11. — 46 —Business is digitalprivée est chahuté par les entreprises commerciales mais aussi par les inter-nautes qui partagent et donnent leur aval sans en mesurer les conséquences.Côté diginautes, il est trop facile ensuite de se retourner vers les entrepriseset de les blâmer.En savoir plusNous assistons aussi à une fiscalisation des données avec la publicationdu Rapport Collin et Colin disponible en-ligne. http://www.lefigaro.fr/assets/pdf/FiscaliteEconomieNumerique.pdfLe respect de la vie privée passe aussi par une responsabilité individuelle. Entant qu’internaute / socionaute / mobinaute, tout un chacun a des droits maisaussi des devoirs. Comme dit l’adage, « le droit n’est pas là pour protéger lesimbéciles ». Face à ces enjeux concernant la vie privée, il est important dereprendre le contrôle de ses données. Cela passe par un paramétrage de l’accèsà ses données sur Facebook, voire par le fait de ne PAS partager ce que vous nesouhaitez pas divulguer. La vie déconnectée a aussi du bon ! Méfiez-vous dusyndrome du « Viens chez moi, j’habite chez une copine. » Quand vous êtes surFacebook, vous n’êtes pas vraiment chez vous, autant le savoir dès le départ !Se croire chez soi sur Facebook est une erreur de jugement qui peut coûtercher. Et même si vous êtes prudent, il vous reste à espérer que quelqu’und’autre ne partage pas l’information, la photo à votre place.Quant au retargeting publicitaire, pour l’éviter, le nettoyage régulier descookies et le bon paramétrage sur les sites utilisant ces cookies s’impose. Enthéorie, les données partagées et récupérées ne sont pas nominatives. Ellessont agrégées au sein de masses uniformes et ne contiennent pas de nom/prénom par exemple. Mais cette règle peut vite être mise à mal si l’on n’yprend pas garde.En fait, la question n’est plus “Comment protéger les données personnelles surle Net ?” car, en réalité, toute société éditrice d’un site avec SSO (Single SignOn, système d’identification unique) accède à ces données et peut les partagertechniquement avec d’autres sites, mais plutôt “Est ce que j’ai confiance dansce site concernant la protection et l’utilisation de mes données personnelles?”En savoir plusPour effacer vos traces, vous pouvez aussi vous tournez vers des solutionscomme AccountKiller qui vous guide dans la gestion de votre e-reputation.Devant les problèmes liés à l’identité numérique, une solution radicale a étéproposée : et si on pouvait changer d’identité ? Et si on pouvait se déclarer en
  12. 12. — 47 —Chapitre 2 : Mythes et réalitésbanqueroute sur le plan de l’identité numérique pour faire table rase du passé ?Le droit à l’oubli appliqué au digital nous réserve encore des surprises12.2.3 Le monde digital favorise l’érosion du sentiment col-lectif et incite à l’individualisme ?// Montée de l’individualisme et perte de relianceInternet permet à chacun de s’exprimer, de revendiquer et de s’affirmer. Chacunpeut tisser sa propre toile et faire part de ses opinions facilement. Un levieridéal pour accompagner la montée de l’individualisme inhérente à nos sociétésmodernes. Les liens sociétaux se délitent. La reliance, « la création de liensentre des acteurs sociaux séparés, dont l’un au moins est une personne »13,comme la définit Marcel Bolle de Bal, fait de plus en plus place à la déliance,phénomène inverse de destruction de liens interpersonnels.Dans ce contexte délié, le matérialisme a tendance à tout envahir. Tout devientun marché : Internet à plusieurs vitesses selon les moyens financiers, consti-tution « d’égo-système », l’érosion du sentiment de « vouloir vivre ensemble »au profit d’une vie individuelle déconnectée des autres et du bien public. Lesliens interpersonnels s’effritent au profit d’une vie égocentrée. Il est facile dedénoncer, de pointer du doigt sans intégrer la pensée dans un contexte plusglobal et collectif, notamment pour tout ce qui touche à l’argent. Comme lesoulignait Alexandre Dumas, « N’estime l’argent ni plus ni moins qu’il ne vaut :c’est un bon serviteur et un mauvais maître. » En d’autres termes, trop devaleur (monétaire) tue les valeurs (morales).// Perte d’attentionDans un monde hyperconnecté, la vitesse est envahissante. On court après letemps, l’information est en temps réel, les réactions sont en temps réel. Noussommes en situation d’infobésité. Difficile de prendre le recul pour analyserles choses désormais. Le diktat du temps réel nous pousse à courir à gauche, àdroite sans cesse. Conséquence : notre faculté d’attention est en décroissance.Vous voulez vous en convaincre ? Déconnectez-vous pendant 3 jours, faites lamême tâche chaque jour et vous verrez une différence d’attention forte entrele 1eret le 3èmejour. Au 3èmejour, l’esprit sera plus libre et productif. Nousavions une faculté d’attention par période de 10 minutes14. Elle semble plusproche des 5 minutes désormais. Bien sûr, cela dépend de son propre taux
  13. 13. — 48 —Business is digitalde connexion et de son âge. En tout cas, le multi-tâche, si cher à la nouvellegénération s’apparente plutôt à un mythe. Notre cerveau n’est pas multi-tâche.Pour être plus précis, il n’est pas multi-tâche lorsque ces tâches nécessitentune réelle attention. Néanmoins, il semblerait que le cerveau féminin soitmieux armé que le cerveau masculin pour le multi-tâche selon certaines études.// Perte de tempsLe temps connecté, du temps utile ? Pas sûr. Après quelques annéesd’enthousiasme effréné en faveur des réseaux sociaux et l’apologie du « tout-connecté », il apparait que la productivité pâtit d’un usage à tort et à traversdes TIC.« L’Internet social est un monstre suceur de temps15 » affirme Cyrille deLasteyrie alias Vinvin. Et d’enfoncer le clou : « Le temps passé sur le Net estun gigantesque gâchis existentiel (…) une drogue comme le sont l’héroïneet l’alcool ». Ce témoignage d’un geek repenti, paru dans le magazine Clés,devient de plus en plus fréquent parmi les accrocs des réseaux sociaux.Armes de distraction massive// Et maintenant, comment redonner du sens au monde digital ?Il est intéressant de constater comment le Web individualise et « collabo-ratise » dans le même mouvement. Nous nous expliquons : oui, l’individu aun pouvoir d’expression jusqu’alors jamais atteint grâce au Web. Et en mêmetemps, l’importance du lien inhérent au Web social confère plus de poids àla relation entre individus qu’à l’individu lui-même. Seul, au final, l’individu
  14. 14. — 49 —Chapitre 2 : Mythes et réalitésn’est rien. En revanche, inscrit au sein d’un groupe, il trouve sa place et peutse faire entendre. Le Web participe à la « déliance » globale mais devient deplus en plus un lieu de « reliance » mais une reliance dont les fondamentauxont évolué.Nous insistons sur ce point mais il est fondamental : le monde digital est unmonde technologique défini par les hommes. La technologie n’est rien sansles hommes et sans une vision responsable de ce qui est bon pour le futur. Ledigital est ce que nous en ferons. A nous d’être responsables et de faire descures de déconnexion si nécessaire. Oui, vous avez bien lus. Soyez dé-con-nec-tés pour mieux vous reconnecter ensuite, et reconnectés intelligemment.Le P2P et l’intelligence collective ne peuvent se résumer aux seuls LOLcats16.En savoir plusContre le pessimisme ambiant concernant le fait qu’Internet nous renddébile, une mise en perspective riche, complète et réaliste évoquantl’opportunité de faire appel désormais plus facilement à notre intelligencecréative : http://www.businessisdigital.com/lintelligence-creative/2.4 Le modèle Pair-À-Pair (P2P) conduit à la désinformationet favorise les « corbeaux » ?// Manipulation des contenus produits par les diginautesComme dans tout phénomène humain, la manipulation et la propagande nesont jamais à exclure dans le monde digital tant au niveau des contenuscréés par les diginautes qu’au niveau de leurs relations interpersonnelles ainsiqu’avec les autres types d’entités présentes sur le Web.Les commentaires et les contenus UGC (comprenez « User Generated Content »)créés par les internautes sont rattachés à des individus qui ne sont pas forcé-ment compétents ou bien intentionnés. Et parfois même à des individus quine sont pas ceux qu’ils prétendent être. Preuves en sont les avis sur les sitesde tourisme, avis élogieux créés sur demande par des hôteliers en quête debonne réputation. Pour quelques euros, un e-commercant peut acheter desavis positifs pour augmenter son ranking.Si vous ne parlez pas de vous sur le Web, d’autres le feront à votre place (quevous soyez une marque, un produit, un service ou un individu…). Les badbuzz sont monnaie courante, il faut savoir les anticiper et, au pire, les guérir
  15. 15. — 50 —Business is digitalaprès coup. Cas extrême concernant l’individu : le cyberbullying, « harcèle-ment virtuel » qui peut avoir des conséquences dramatiques allant jusqu’ausuicide des victimes. Sans vouloir minimiser le sujet, ce harcèlement virtuelest sur-exposé et dramatisé dans les médias.// Comment éviter les débordements des contenus P2P ?Dans ce petit jeu de la lutte d’influence digitale, pas de miracle mais citons aumoins 4 pistes de réflexion.Première piste : la vérification et le contrôle des avis, commentaires etcontenus créés par les diginautes soit par une intervention humaine, soitpar une intervention automatique. Facile à dire, plus difficile à faire à grandeéchelle. Néanmoins, des tiers de confiance tels que Testntrust (comparateur desatisfaction et avis consommateur) et BazaarVoice viennent certifier les aviset commentaires des consommateurs.Seconde piste : le monde digital n’étant pas un monde de non-droit, la légis-lation s’exerce aussi dans le monde digital. Les mensonges, rumeurs, diffama-tions en tous genres (hashtags racistes, …) sont à sanctionner.Troisième poste : La mise en place d’un scoring social pour les individus. Danscette optique, tout individu intervenant sur le Web social dispose de sa répu-tation numérique sous forme de score. Cela favorise la transition de l’intelli-gence des foules vers l’intelligence des amis. Klout.com en est une premièremanifestation, imparfaite mais néanmoins opérationnelle.Last but not least : penser par soi-même et garder son sens critique demeurentquand même la meilleure solution pour prévenir et guérir tout problème liéà du contenu UGC (User Generated Content) biaisé ou à une e-réputationproblématique.2.5 Le piratage détruit les industries culturelles et tueles droits d’auteur ?// Pirater au lieu de payerL’effondrement du marché de la musique, les difficultés du marché des biensculturels, le fait que les internautes ne sont plus prêts à payer pour des bienset services comme avant, autant de maux qui sont reprochés au monde digital.
  16. 16. — 51 —Chapitre 2 : Mythes et réalitésIl est vrai qu’Internet a des allures de Far-West, des allures d’adolescent quicasse tout sur son passage sans nuances. Quand le digital arrive, les entitésétablies retiennent leur souffle, quitte à s’asphyxier.Trop de téléchargements de voitures sur Internet ? ;o)// L’alternative est simple : se digitaliser ou mourirInternet n’est qu’un outil. Certes, un outil dont le maniement n’est pas encoreforcément bien maitrisé. Ceci dit, plutôt que de se focaliser sur la crainte dudigital, les entités établies devraient réfléchir à leur stratégie globale à moyenet long terme. Internet est un accélérateur de changement, ni plus, ni moinsnotamment en termes de création, production et distribution. Après unebonne décennie de destruction forte de valeur, il semblerait que le secteur dela musique commence à trouver des pistes pour de nouveaux modèles écono-miques après l’échec de la loi Hadopi qui posait une bonne question maisapportait une mauvaise solution, à savoir sanctionner sans que le marchémusical n’apporte de valeur ajoutée supplémentaire aux consommateurs. Auniveau des modèles économiques, le secteur de la musique semble passer d’unelogique d’achat de biens musicaux à une logique de « souscription mensuelle àdes services musicaux » (Spotify, Deezer, …).
  17. 17. — 52 —Business is digitalLa notion de copyright est soumise à de fortes turbulences. Certains proposentmême son abolition. Un peu radical comme solution. Ce qui est sûr : nousnous dirigeons vers des solutions « hybrides » de copyrights sachant que lacollaboration devient centrale dans la création. Tout est une question d’équi-libre et de partage de la valeur ajoutée créée entre les différentes partiesprenantes. Dans le secteur musical, le succès du Gangnam Style s’est fait surune vision souple des droits d’auteur. Il suffit de voir le nombre de parodiesréalisées. Plutôt que de s’y opposer, plutôt que de les contrôler, le chanteurPsy a su s’appuyer sur les dérivés collatéraux de sa chanson pour lui donnerune dimension mondiale.Signalons les licences Creative Commons (CC), qui sont au nombre de 6modèles. Leur contenu varie en fonction des choix de l’auteur quant à lacombinaison des 4 options possibles et codifiées sous la forme d’un sigle endeux lettres : mention de la paternité (BY), pas de modification (ND), pasd’utilisation commerciale (NC), partage à l’identique (SA).Ainsi, il apparait que le droit d’auteur n’est pas mort, il est à redéfinir dansun contexte où l’économie collaborative va coexister avec une économieplus traditionnelle. L’Open source a ouvert la voie de cette économie digitalecollaborative. La pensée Open s’étend ainsi à d’autres domaines. Des servicesimmatériels et produits matériels sont créés en Open Source. On parle mêmede voitures Open Source. Autour de ces services immatériels et produits maté-riels, d’autres éléments sont en revanche payants, ce qui permet de créer denouveaux marchés.2.6 Le monde digital détruit des emplois sans les recréer ?// La disparition de métiers créateurs d’emploisActuellement, les technologies digitales détruisent des emplois. L’auto-matisation de moult métiers est en cours : ouvriers, réparateurs, caissiers,chirurgiens, conducteurs et pilotes, … Cette destruction s’effectue sans quedes emplois soient recréés ailleurs. Les applications digitales remplacent lesemployés. L’informatisation des organisations conduit à la disparation despostes les plus répétitifs. Les robots remplacent les hommes : un fast-foodentièrement opéré par des robots a vu le jour en Chine.
  18. 18. — 53 —Chapitre 2 : Mythes et réalitésAprès le robot ménager, voici le robot serveurGrâce aux nouvelles technologies (robotique, impression 3D, …), des entre-prises américaines relocalisent leurs activités aux Etats-Unis, mettant leurstroupes chinoises au chômage… sans créer une vague massive d’emplois auxEtats-Unis. Une relocalisation sans emplois, comment l’expliquer ? Par le faitque ce sont des robots qui prennent les emplois et que l’impression 3D nenécessite pas une main d’œuvre de masse.// Une situation à relativiserPourtant, le catastrophisme ambiant est à mettre en perspective à moyenterme. Les 2 exemples de robotisation sont bien loin d’être la norme. Ilssont au mieux anecdotiques. Selon nous, passé le vernis « effet d’annoncemarketing », il apparait que nous sommes en route vers une 3èmerévolutionindustrielle, vers un nouvel équilibre économique dont les contours sont loind’être correctement définis actuellement.Oui, des emplois sont détruits. Effectivement, les robots vont remplacer despans entiers de travailleurs et ces emplois ne seront jamais recréés. Pourautant, de nouveaux métiers émergent à l’ère digitale et nous pouvons espérerque ce n’est qu’un début. Le fait que le consommateur puisse devenir nonseulement producteur de service mais aussi producteur de biens grâce notam-ment à l’impression 3D et à un modèle économique collaboratif et Open, ouvrede nouvelles perspectives de ressources financières pour lui. Quant à la roboti-sation inévitable, nous pouvons espérer qu’elle permette d’accroitre la produc-tivité des entreprises favorisant un meilleur partage de la valeur ajoutée avec

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