Penthièvreau fil des âges    1909-2009
Penthièvre                      au fil des âges                                                              1909-2009Ouvr...
Sommaire •   De la préhistoire au XXe siècle       p. 9 •   Les transports à Penthièvre           p. 21 •   L’histoire du ...
Penthièvre… un village tout plat, niché à l’étran-glement de la presqu’île, comme un troupeaude maisons qui se serait arrê...
De la préhistoire        e au XX siècle
La vie à Penthièvre il y a 6000 ans     Bien que certaines familles se vantent d’être présentes     ici depuis plusieurs g...
Une tribu vivant de chasse, de pêche et de coquillages                                   Un promontoire rocheux pour se pr...
La famille Péquart, archéologues modernes en 1928Au début de l’été 1928, la famille de Saint-JustPéquart, honorable quinca...
Au Moyen-âge, Penthièvre est terre de chasse     Le niveau de la mer est progressivement monté, recouvrant les forêts. Qui...
Un lieu-dit : les Dunes de la FalaiseLe territoire allant du Fort Penthièvrejusqu’à la commune de Plouharneln’était alors ...
L’histoire du fort de Penthièvre     Les premières fortifications dites de Vauban datent de 1694/95. Cela s’appelait la red...
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Les transports à Penthièvre
La route impériale en 1853     Lors du projet de la nouvelle route, le maire de Plouharnel,     Joseph Sébastien Le Diot, ...
1882 : le train vient désenclaver la presqu’île     Plusieurs explications sont avancées pour justifier la création de cett...
Penthièvre en train et à vélo     Après le train, le vélo     apporte une nouvelle     vie à Penthièvre.     Grâce au proj...
L’histoire du lotissement
Histoire du lotissement Penthièvre Plage     Les dunes de Penthièvre offrant peu d’intérêt au        terrain occupant une ...
Les premières maisonsLe premier cahier des charges pour la ventede terrains par lots est signé le 14 février 1909.Auparava...
1909 : un village est né     En 1914, la société de Penthièvre plage édite un livret de publicité pour promouvoir le lotis...
Deux lotissements : au nord en 1909, au sud en 1958.Sur ces vues on voit une dizaine des premièresmaisons du lotissement n...
1914 : que la lumière soit... d’abord au gaz     C’est aussi de 1914 que date l’éclairage des rues de Penthièvre grâce aux...
1929 : et la Lumière fut.En 1929, les propriétaires de Penthièvre se regroupent pour créer une association « La lumière »,...
Histoire de la chapelle, clé de voûte de la genèse     Dédiée à la vierge Marie, la chapelle « Notre-      entière. En 20 ...
Penthièvreen images
La genèse de Penthièvre42                         Les villas du boulevard de L’Océan avant 1914. Collection Lannelongue.
43L’hostellerie des Pins et la villa Ker Zoé avant 1914. Collection Petitjean.
La genèse de Penthièvre44               Agence de la plage avec halte du chemin de fer en arrière-plan, avant 1914. Collec...
45Deux villas vues de l’hostellerie des Pins : à gauche, la maison forestière (Saint-Hubert), à droite Carpe Diem et la Br...
La genèse de Penthièvre     Panorama de la dune de 192146
Liste des maisons du panorama de la dune1.     Ker Marie-Thérèse (1910)2.     Au premier plan : maison Petit (1910)2bis Au...
L’entre deux guerres (1920-1950)48                     A l’époque (1932), la dune est si haute, qu’il faut construire un e...
49Villas à l’entrée des bois, vers 1925. Collection Gresse.
L’entre deux guerres (1920-1950)50                                 Le camping dans les années 50. Collection La Cigogne.
51Avant 1940, la villa Ker Chahut était une pension de famille. Collection Cim.
L’après-guerre (1950-1980)52                     Par grand vent, les baigneurs s’abritaient derrière d’anciennes traverses...
53Le camping de Penthièvre dans les années 1960. Collection Jean.
L’après-guerre (1950-1980)54                           Vue du ciel, la baie du sud de Penthièvre et les baraques de la col...
55Place Neptune, qui marque la limite entre les lotissements nord et sud.Vue aérienne prise en 1970, collection non identi...
Photos insolites56                        Promenade spirituelle. © V. Pouliquen
57Pêcheurs de tellines. © V. Pouliquen
Photos insolites58                        Totem à tête de goéland. © Y. Bonneau
59Place Neptune sous la neige. © Y. Bonneau
Les lieux symboliquesde Penthièvre
L’hostellerie des Pins et l’hôtel des deux mers                                                                           ...
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Du thonier à la Trinitaine… 60 années                                    Le premier « restaurant » de l’isthme fut un     ...
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Du dépôt de vin     au bar-brasserie     Dépôt de vin en 1932, sur le bord de la     route nationale, cet établissement ét...
Les Autans                                                      Place Neptune - villa Atanaoua                            ...
La place Neptune, au centre de Penthièvre                                    En forme de demi-soleil, la place Nep-       ...
On aurait pu encore s’y perdre, si le penthièvroisYan Bonneau, n’avait mis en place, un judicieuxsystème de deux totems, c...
L’histoire du camping de Penthièvre     A l’est de la voie ferrée, aucune construction n’est autorisée de-     puis que la...
Les activitésde terre et de mer
Sports de terre, sports de mer...     Les familles qui ont acheté une résidence secondaire à Pen-     thièvre dans les ann...
Les tennis de Penthièvre,     d’hier à aujourd’hui     Dans les années 80, avec l’aide du club de     plage « Olympic » (s...
Pêche à la senne et canotage     Les débuts de Penthièvre coïncident avec un nouvel engouement des Français pour les vacan...
Les belles années de la voile     Ces années-là nombreux sont les jeunes Penthiévrois qui     s’adonnent à la plaisance.  ...
On se souvient de départs musclés, par fort vent d’ouest, quand il fallait franchir les rouleaux.     Il ne fallait pas se...
La plage à marée basse : le paradis des chars à voile     La plage de Penthièvre à marée basse est                 gereux ...
La biodiversité à Penthièvre
Le grand site dunaire et Penthièvre     Au XXIe siècle, la plage ouest de Penthièvre a perdu son     sable et ses pentes d...
A droite : envol d’oiseaux (tourne-pierres, gravelots) © Arep
Epaves et laisses de mer…     une plage abandonnée     De vieilles épaves percent la plage à marée basse…     ou encore de...
La plage serait-elle sale et polluée ?     Au fil des années, le trait de côte se modifie entre Quiberon et Gâvres. L’isthme...
Le retour des fleurssur la duneDes séances de ramassage des déchetsplastique sont organisées, mais il faut lais-ser sur pla...
La biodiversité retrouvée     La plage redevenue sauvage, inspire les artistes :     quelques hauts piliers de galets plat...
101A gauche : le haut de la plage est maintenant couvert de galets et de plantes. © ArepA droite : les ganivelles ont rédu...
Annexes
Penthièvre 100 ans plus tard      Les premières familles sont toujours représen-      tées, pour la plupart.      Bien d’a...
POEMES D’YVES COSSON*PETITE GARE                                                                           ETE PANIQUEOn j...
De l’exposition au livre et au DVD...      Plus de 1000 visiteurs sont passés voir l’expo :      les membres de l’Arep, le...
Les autres animations du centenaire                                                         107A gauche : concours traditi...
Remerciements à :      •   Maître Josse, notaire honoraire à Carnac, qui a          fourni de nombreux documents sur la cr...
Bibliographie« La Revue des deux îles n°4 : Marthe et Saint-Just Péquart, archéologues des îles, deHouat à Hoëdic 1923 – 1...
Penthièvre au fil des âges
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  1. 1. Penthièvreau fil des âges 1909-2009
  2. 2. Penthièvre au fil des âges 1909-2009Ouvrage réalisé par : Hélène Tattevin et Pascal Lecomte pour le compte de l’Arep(Association des résidents et propriétaires de Penthièvre).Création graphique et réalisation technique : Emmanuelle Didou.
  3. 3. Sommaire • De la préhistoire au XXe siècle p. 9 • Les transports à Penthièvre p. 21 • L’histoire du lotissement p. 31 • Penthièvre en images p. 41 • Les lieux symboliques de Penthièvre p. 61 • Les activités de terre et de mer p. 77 • La biodiversité à Penthièvre p. 91 • Annexes p. 103
  4. 4. Penthièvre… un village tout plat, niché à l’étran-glement de la presqu’île, comme un troupeaude maisons qui se serait arrêté là pour faire unepause avant de sauter… et qui ne saute pas!En 1909, le docteur Gaillard exerçant à Plouhar-nel, homme d’affaires ou visionnaire, a créé le« lotissement de Penthièvre » avec son beau-frère, banquier à Paris et un notaire de Vannes,en réunissant 20 hectares de terrains achetés àla mairie de Saint-Pierre-Quiberon.A l’époque, sur cette bande de sable coincéeentre deux mers, il n’y avait pas d’eau courante,pas d’arbres, ni gaz ni électricité, mais une route 7(créée en 1853) et une voie ferrée (inaugurée en1882 à Quiberon).Affiche peinte par Fouché et Charbonnier vers 1905.Utilisée pour la promotion de Penthièvre, elle symbolisela réconciliation entre chouans et républicains.
  5. 5. De la préhistoire e au XX siècle
  6. 6. La vie à Penthièvre il y a 6000 ans Bien que certaines familles se vantent d’être présentes ici depuis plusieurs générations, aucune ne revendique d’aïeuls ayant connu Penthièvre il y a 6000 ans. Grâce à un heureux concours de circonstances, des squelettes et objets retrouvés sur Téviec ont permis de reconstituer, de manière vraisemblable, ce qu’était la vie à Penthièvre aux10 temps préhistoriques. A l’époque, la mer devait être à quelques kilomètres à l’ouest de Téviec. L’île n’était donc pas une île, mais un promontoire rocheux peu élevé, comme le Mont Dol en plus petit. Tout autour s’étendait une large forêt, ou peut-être de la savane, en tout cas un terrain propice à la chasse. A droite : vue aérienne de Téviec. © Olivier Macé
  7. 7. Une tribu vivant de chasse, de pêche et de coquillages Un promontoire rocheux pour se protéger et surveiller les alentours, des terres giboyeuses et la mer à proxi- mité : le lieu est idéal pour installer un campement. Une tribu d’environ 50 individus s’installe sur le promontoire. En été, ils vont chasser dans la forêt : des sangliers au dîner, des cerfs au dessert. Tout est utilisé : les peaux, les os font l’objet d’artisanat déjà évolué. En hiver, les ressources viennent de la mer. Nos an- cêtres pêchent des mammifères marins (baleines, phoques…), des poissons (maquereaux, bars…). Pendant ce temps, femmes et enfants ramassent quantité de coquillages, pour les manger d’abord puis pour en faire des bijoux (colliers, bracelets...) et des12 pagnes.Les squelettes trouvés à Téviec comme à Hoëdic sont richement parés. Aujourd’hui exposés au Musée de Carnac, ils méritent une visite. Grâce à cette abondance de coquillages en calcaire, les squelettes de Téviec ont été protégés de l’acidité du granite breton. La même configuration (dépôt co- quillier et squelettes enterrés assis) a été retrouvée à Hoëdic. Presque partout ailleurs, le sol acide a rongé les os, ne laissant aucune trace de cette époque méso- lithique, située entre le paléolithique et le néolithique. Cela a permis de dater les premiers habitants de Pen- thièvre autour de 6000 ans avant JC.
  8. 8. La famille Péquart, archéologues modernes en 1928Au début de l’été 1928, la famille de Saint-JustPéquart, honorable quincailler de Nancy pas-sionné d’archéologie, plante de robustes tentessur l’îlot de Téviec avec son épouse Marthe,et leurs trois enfants : Hélène, Marc et Claude.Un nombre important d’indices leur laissait suppo-ser la présence, sur l’île, de vestiges humains trèsanciens. Avec rigueur et constance, les 5 passion-nés ont passé leurs journées à creuser, gratter, tami-ser…. en notant le tout d’une manière si rigoureusequ’elle est devenue une référence dans le mondedes fouilles. Toutes leurs archives ont malheureuse-ment été brûlées lors de la seconde guerre mondiale.A gauche : reconstitution d’une sépulture de Téviec au Musée deCarnac. © Musée de CarnacA droite : les Péquart expérimentent un moulage de plâtre, pourtransporter un squelette sans risquer de le détruire.© Melvan, Muséum national d’histoire naturelle
  9. 9. Au Moyen-âge, Penthièvre est terre de chasse Le niveau de la mer est progressivement monté, recouvrant les forêts. Quiberon restera longtemps une île, accessible seulement par la mer. Mais des courants marins se heurtent entre l’île et le continent. Une langue de sable s’accumule (le terme géologique est tombolo), qui finit par relier naturellement l’île de Quiberon au continent. La vie de la presqu’île de Quiberon suit l’histoire de toute la Bretagne, sans que survive une quelconque anecdote pouvant être reliée à l’isthme. Au XIe siècle, le duc Alain V de Bretagne venait chasser sur ses terres de la presqu’île, dans les forêts denses et giboyeuses… En 1438, le duc Jean V donna à son fils Pierre « la chastellenie de Kemboeren, sans y comprendre les garennes ».14 Impressions de voyage d’Hyppolite Taine, 1863-1865, se rendant en voiture d’Auray à Quiberon. « Enfin à l’isthme apparaît la double mer : l’une à l’orient, d’un bleu intense, le plus riche et le plus fort que l’on puisse imaginer, immobile ; l’autre à l’occident, écumeuse et déversée contre le bord, en vagues incessantes. On l’appelle la mer sauvage. Elle luit, glauque et miroitante à l’infini, coupée, ça et là, d’îlots rugueux et noirâtres. En approchant de la côte, sur les algues, elle se gonfle en lames violettes, de la teinte la plus magnifique et la plus nuancée, frangées d’argent à la cime et retombant en volutes, sous la pluie de rayons qui les traverse. Par elle, toute la côte semble se tresser une opulente couronne de violettes fauves et d’argent bruni. Les paillettes de talc scintillent, par millions, dans le sable blanc de la plage [...].
  10. 10. Un lieu-dit : les Dunes de la FalaiseLe territoire allant du Fort Penthièvrejusqu’à la commune de Plouharneln’était alors qu’une dune herbeuse ser-vant de pâturages aux moutons.On l’appelait « la Falaise », car il y avaitune forte déclivité sur la partie ouest ;les dunes surplombaient la plage. Lorsde la création de la commune de Saint-Pierre en 1856 par scission d’avec Qui-beron, cette partie de la nouvelle com- 15mune fut désignée comme la « sectionA de Kerhostin », le village de l’autrecôté de l’isthme.Plan de Penthièvre, datant de 1856.
  11. 11. L’histoire du fort de Penthièvre Les premières fortifications dites de Vauban datent de 1694/95. Cela s’appelait la redoute de la Palisse.16 Collection Collet.
  12. 12. Pourquoi ce nom de Penthièvre ?C’est parce que l’armée anglaisea saccagé la presqu’île de Qui-beron en octobre 1746 avec lestroupes du Général Sainclairamenées par l’escadre de l’ami-ral Lestock, que le jeune Duc dePenthièvre, âgé de 21 ans, estvenu sur place peu de tempsaprès pour constater les dé- 17gâts, en sa qualité de Gouverneurde Bretagne et Amiral de France.Il a alors préconisé de transfor-mer la modeste redoute de la pointe de la Palisse en vraiFort, n’hésitant pas à payer une partie des travaux sur sesdeniers personnels. En reconnaissance, les habitants ontnommé ce fort « Fort-Penthièvre ».
  13. 13. Le fort « sans-culotte» Le fort au XXe siècle Pendant la Révolution, il prendra le nom de Le 23 juin 1933, le fort est désaffecté et classé mo- « Fort-sans-Culotte ». nument historique. Il est cité sous ce nom dans les récits de « l’Af- Pendant la seconde guerre mondiale, il fait partie faire de Quiberon », (27 juin – 21 juillet 1795), du Mur de l’Atlantique, avec trois blockhaus en ci- l’une des plus grandes batailles de l’histoire ment armé pour canons anti-chars et mitrailleuses de la presqu’île, lorsque le Général Hoche re- lourdes. D’avril à juillet 1944, il sert de geôle, tri- pousse victorieusement l’armée des Emigrés et bunal sommaire, lieu d’exécution et charnier : 59 des Chouans (voir « 1795 : Quiberon ou le des- patriotes y sont exécutés. Un monument élevé sur tin de Quiberon », Patrick Huchet). le glacis du fort rappelle leur sacrifice, qui est com-18 A l’entrée de l’isthme, un musée rappelle les mémoré chaque année le 13 juillet. événements de la Chouannerie. Depuis 1969, le fort est placé sous la responsa- La fortification reçoit sa forme définitive sous la bilité du 3ème Régiment d’Infanterie de marine Restauration (1845) et reprend le nom de Fort stationné à Vannes. Il sert maintenant de centre Penthièvre. d’instruction et d’initiation commando. A gauche : le fort Penthièvre, collection Laurent. A droite : le commandant Jean-Christophe Dumont, habitant de Penthièvre, a organisé une visite guidée du fort Penthièvre pendant l’été 2009. ©Arep
  14. 14. Les transports à Penthièvre
  15. 15. La route impériale en 1853 Lors du projet de la nouvelle route, le maire de Plouharnel, Joseph Sébastien Le Diot, obtient en 1834 le passage de la nouvelle route par le bourg de Plouharnel, au grand dam des maires de Quiberon et Carnac, partisans d’un itinéraire par le22 chenal en face de Pen-ar-Lé (au milieu de l’anse du Po). Mais les changements de pouvoir font que les travaux tardent. La route Royale se transforme en route Nationale, puis en route Impériale sous Napoléon III, puisque la route est enfin réalisée en 1853. A droite : entrée de la presqu’île, au passage de l’isthme, dans les années 1915. Collection Lannelongue.
  16. 16. 1882 : le train vient désenclaver la presqu’île Plusieurs explications sont avancées pour justifier la création de cette voie ferrée. L’épisode des Anglais a sensibilisé les pouvoirs publics à la nécessité d’acheminer des pièces d’artillerie pour protéger la presqu’île en cas de conflit. En parallèle, l’installation de conserveries de poissons et d’usines d’iode à Quiberon et à Portivy intensifie les échanges commerciaux. La route en terre n’était pas pratique pour les camions lourdement chargés des précieuses conserves. Et enfin troisième raison : les forêts plantées 30 ans plus tôt à l’initiative de la princesse Ca- merata, nièce de Napoléon III, commencent à fournir du bois. Ce bois est destiné à étayer les galeries des mines de charbon anglaises. Les trains de bois quittent la presqu’île et reviennent chargés de charbon anglais, pour faire fonctionner les conserveries... tout se tient !24 Auparavant, le trafic de bois se faisait par bateau, entre Port d’Orange et Saint-Goustan à Auray. Le chemin de fer Auray-Quiberon a été inauguré le 23 juillet 1882. Construite à l’initiative de Charles de Freyssinet, ministre des Travaux publics de l’époque, la ligne est gérée par la Compagnie des chemins de fer d’Orléans. Il n’existait à l’époque aucune construction à Penthièvre, hormis le fort. On reparlera plus tard de l’importance du train dans l’aménagement du lotissement de Pen- thièvre (16 allers-retours par jour en 1914 entre Paris et Quiberon, c’est dire l’essor du tourisme au début du XXe siècle grâce à ce train ! ). Aujourd’hui il ne circule plus que l’été : c’est le « tire-bouchon ». Son conducteur n’oublie jamais de klaxonner à l’Isthme, car le passage est étroit : voitures, trains, vélos et piétons se frôlent d’un peu près parfois. A droite : voie ferrée, collection Laurent. Double page suivante, à gauche : ancien train à vapeur 1955-1960, collection Jos. Double page suivante, à droite : tire-bouchon. © Arep
  17. 17. Penthièvre en train et à vélo Après le train, le vélo apporte une nouvelle vie à Penthièvre. Grâce au projet de piste cyclable reliant Quiberon à la pointe de Gâvres, aux portes de Lorient, des solu-28 tions sont en cours pour relier Penthièvre de manière sécurisée à Plouharnel, Erde- ven, Kerhostin, Por- tivy, St-Pierre et Qui- beron… Le franchissement de l’isthme est à la charge du Conseil général du Morbihan, les travaux sont prévus pour les années à venir. A gauche : vendue à un particulier, la gare ne reprend vie qu’en été. Collection Manheimer. A droite : l’arrêt de l’Isthme dessert surtout la colonie de vacances des Ardennais. © Arep
  18. 18. L’histoire du lotissement
  19. 19. Histoire du lotissement Penthièvre Plage Les dunes de Penthièvre offrant peu d’intérêt au terrain occupant une surface de 8 hectares. La niveau économique, la commune de St-Pierre même année, monsieur Gaudelas revend ses décide de s’en séparer en 1890. Le terrain pro- dunes à son beau-frère et à sa belle-sœur : l’un posé à la vente était limité à l’ouest par l’océan, à est banquier à Paris, l’autre est l’épouse du mé- l’est par la route nationale Quiberon-Saint-Malo, decin de Plouharnel. Nous voilà donc avec trois et au nord par une limite mal définie, le tout fai- propriétaires : deux pour la partie « sauvage » sant un peu plus de 12 hectares, essentiellement (ouest) et un pour la partie « calme » (est).32 des dunes sur lesquelles paissaient les moutons. Les trois nouveaux propriétaires créent en 1909 Un seul acquéreur s’est présenté : monsieur la Société anonyme « Plage de Penthièvre », Gaudelas, installé à Plouharnel en qualité d’ar- avec l’intention de revendre chaque lot dans le mateur. Un peu plus tard (1907), la commune cadre d’une vaste opération immobilière. Cet de Saint-Pierre vend à maître Buguel, notaire à acte marque véritablement la naissance de notre Vannes (et conseiller général), les dunes de Pen- village, dont le centenaire a été célébré en 2009. thièvre situées entre la baie et la nationale, ce
  20. 20. Les premières maisonsLe premier cahier des charges pour la ventede terrains par lots est signé le 14 février 1909.Auparavant, une seule maison : l’hostelleriedes Pins, construite au bord de la Nationale àl’entrée de Penthièvre en 1908. Avant 1914, denombreux terrains sont vendus entre le Bd del’Océan et la voie ferrée, mais seulement 23maisons sont construites. 33« Une des plus belles stations balnéaires de Bre-tagne, entre 2 mers avec d’admirables bois depins et desservie par le Chemin de Fer d’Or-léans… », peut-on lire en couverture de ce livret. Livret de publicité pour le lotissement en 1914.
  21. 21. 1909 : un village est né En 1914, la société de Penthièvre plage édite un livret de publicité pour promouvoir le lotissement. Sur la publicité on peut lire « lots à partir d’1 franc le mètre », « centres d’excursions », « 15 trains par jour ». Les prix paraissent peu chers, mais tout est à faire...34
  22. 22. Deux lotissements : au nord en 1909, au sud en 1958.Sur ces vues on voit une dizaine des premièresmaisons du lotissement nord.Les villas du boulevard de l’océan, face à la mer,attirent du beau monde : Penthièvre est une sta-tion balnéaire « à la mode » dans les années1914.Côté est, les maisons sont plus espacées. Onretrouve la maison à tourelle, qui sert de repèreau fil des années.En 1958, la partie sud de Penthièvre fait l’objetd’un cahier des charges plus rigoureux. Seule 35couleur autorisée : le blanc ou le gris. Les toi-tures sont en ardoise, les maisons sont toutesblanches depuis la chapelle jusqu’à l’isthme. Sur120 parcelles mises en vente, la plupart sont au-jourd’hui construites.En 2009, il y a plus de 300 maisons à Penthièvre. Les vues de ces deux pages sont extraites du livret édité en 1914 par la société Penthièvre Plage pour promouvoir la vente des lots.
  23. 23. 1914 : que la lumière soit... d’abord au gaz C’est aussi de 1914 que date l’éclairage des rues de Penthièvre grâce aux lampadaires à gaz. Eau potable et téléphone sont également installés pour tous les lots. Le numéro de téléphone « 1 » est attribué à l’hostellerie des Pins, le premier à s’abonner.36 Inauguration des becs de gaz en 1914, sur le boulevard de l’Océan. Collection Petitjean.
  24. 24. 1929 : et la Lumière fut.En 1929, les propriétaires de Penthièvre se regroupent pour créer une association « La lumière »,en vue de faire parvenir le réseau électrique jusqu’à leurs maisons. Dans les années 1930, lesautomobiles se font plus nombreuses. On compte deux pompes à essence à Penthièvre : l’uneau niveau de l’hostellerie desPins, l’autre près de l’isthme,au niveau du restaurantLe Thonier. Le commerceGresse, faisait station es-sence, agence immobilièreet vente de cartes postales.Enfin en 1963, Penthièvre 37est reconnu par la communede Saint-Pierre, comme vil-lage à part entière au mêmetitre que Kerhostin et Portivy.Puis, en 1980, l’Associationdes résidents et propriétairesde Penthièvre est créée, pouranimer le village et préserverses valeurs, son identité. La maison Gresse, avec sa pompe à essence dans les années 1930. Collection Quiberon au fil des cartes.
  25. 25. Histoire de la chapelle, clé de voûte de la genèse Dédiée à la vierge Marie, la chapelle « Notre- entière. En 20 ans, les premiers propriétaires de Dame-de-Penthièvre » fut construite en 1924, Penthièvre ont transformé une étendue de dune entièrement financée par les habitants du vil- en station balnéaire huppée. lage, de plus en plus nombreux (entre 300 et Arrivés en 1914 sur des dunes quasi désertes, 350 habitants en 1923). ils ont construit de fort belles villas et, regrou- Les résidents étant principalement des catho- pant leurs efforts, ils ont pu aménager le village liques pratiquants, une chapelle à Penthièvre sans l’aide des pouvoirs publics. s’avérait nécessaire. C’est ce double dynamisme, des promoteurs Elle est plutôt petite (douze mètres sur six), et d’une part et des acquéreurs de l’autre, qui ont38 ne peut accueillir plus d’une centaine de per- rendu viable cette portion de sable qui semblait sonnes. De privée à ses débuts, elle appartient dédiée au pâturage des moutons et au stockage aujourd’hui à la municipalité de Saint-Pierre- du goémon. Le passage obligé de la route et du Quiberon, qui l’a restaurée en 1997 (clocheton chemin de fer ont bien sûr facilité l’apport des et toiture, espace vert autour de la chapelle). matériaux de construction, puis les allées et ve- La construction de la Chapelle marque la recon- nues des résidents. naissance de Penthièvre comme village à part Chapelle de Penthièvre Au loin, la Sirène, construite en 1914. Collection Gresse.
  26. 26. Penthièvreen images
  27. 27. La genèse de Penthièvre42 Les villas du boulevard de L’Océan avant 1914. Collection Lannelongue.
  28. 28. 43L’hostellerie des Pins et la villa Ker Zoé avant 1914. Collection Petitjean.
  29. 29. La genèse de Penthièvre44 Agence de la plage avec halte du chemin de fer en arrière-plan, avant 1914. Collection Petitjean.
  30. 30. 45Deux villas vues de l’hostellerie des Pins : à gauche, la maison forestière (Saint-Hubert), à droite Carpe Diem et la Brise.Collection Lannelongue.
  31. 31. La genèse de Penthièvre Panorama de la dune de 192146
  32. 32. Liste des maisons du panorama de la dune1. Ker Marie-Thérèse (1910)2. Au premier plan : maison Petit (1910)2bis Au second plan : St-Hubert, maison forestière sur la route départementale2ter Au troisième plan : Carpe Diem – La Brise (1912)3. Annexe de Ker Bella4. La Chaumine (1913) agrandie en 19245. Hostellerie des Pins (1909) agrandie en 19206. Ker Bella (1912) transformée en 19367. Ty Jannick et Ty Paulic (La Vague, 1920) 478. Colonie Ker Yhouannic (1915) devenue colonie de la ville de Choisy-le-Roy depuis 1951.9. Les Tamaris (1910)10. La Sirène (1914), toit ajouté en 1953 puis tranformé en 196111. Ker Marie-Louise (1909)12. Ker Brun (1909) puis Ker Guellan, remplacée par Eden Plage en 198913. Saint-Gildas (1912)14. Ker Kiki (1910)15. La Korrigane (1910)16. La Tourelle (1910)
  33. 33. L’entre deux guerres (1920-1950)48 A l’époque (1932), la dune est si haute, qu’il faut construire un escalier de bois pour accéder à la plage. On appelle cet escalier « la girafe ». Collection Manheimer.
  34. 34. 49Villas à l’entrée des bois, vers 1925. Collection Gresse.
  35. 35. L’entre deux guerres (1920-1950)50 Le camping dans les années 50. Collection La Cigogne.
  36. 36. 51Avant 1940, la villa Ker Chahut était une pension de famille. Collection Cim.
  37. 37. L’après-guerre (1950-1980)52 Par grand vent, les baigneurs s’abritaient derrière d’anciennes traverses de chemin de fer, plantées là pour stabiliser la dune et la protéger des grandes marées.
  38. 38. 53Le camping de Penthièvre dans les années 1960. Collection Jean.
  39. 39. L’après-guerre (1950-1980)54 Vue du ciel, la baie du sud de Penthièvre et les baraques de la colonie des Ardennais. On aperçoit une épave sur la plage. Collection Jack.
  40. 40. 55Place Neptune, qui marque la limite entre les lotissements nord et sud.Vue aérienne prise en 1970, collection non identifiée.
  41. 41. Photos insolites56 Promenade spirituelle. © V. Pouliquen
  42. 42. 57Pêcheurs de tellines. © V. Pouliquen
  43. 43. Photos insolites58 Totem à tête de goéland. © Y. Bonneau
  44. 44. 59Place Neptune sous la neige. © Y. Bonneau
  45. 45. Les lieux symboliquesde Penthièvre
  46. 46. L’hostellerie des Pins et l’hôtel des deux mers 63A gauche : hostellerie des Pins, construite en 1908. Collection Laurent. A droite : construit par Mr et Mme Petit en 1923,l’hôtel des deux mers est tenu aujourd’hui par Delphine et Mathieu Dubos. © Arep
  47. 47. Avé Maria Avé Maria fut construite en 1931. Elle apparte- nait à un officier de marine. Celui-ci, très pieux, dédia la maison à la Vierge, d’où son nom « Avé Maria ». Il était veuf et avait deux filles célibataires qui, à la mort de leur père, vendirent la maison. C’est ainsi qu’en 1946, cette grande maison jaune, amer remarquable, fut acquise par la famille Bouché. Un an après la fin de la guerre, la mai-64 son occupée par les Allemands n’avait plus une seule vitre aux fenêtres, des chèvres avaient été élevées au rez-de-chaussée. Il y fut trouvé plusieurs affiches publicitaires du lotissement de Penthièvre et nombre de gravures pieuses. Comme la plupart des maisons anciennes du lotissement, Avé Maria était pourvue d’un puits et d’une pompe qui, avant l’installation de l’eau courante, permettait d’utiliser l’eau douce de la nappe phréatique peu profonde. © Arep
  48. 48. VentoleraSurplombant la dune au sud de Penthièvre, lesgrandes baies vitrées de Ventolera datent de1964. Cette année-là, le docteur René Huchet,chirurgien à Vannes, son épouse et leurs 15 en-fants, ont voulu cette grande façade de verre,pour profiter pleinement de la vue sur l’océan.Ventolera viendrait du mot « bourrasque » enespagnol. 65 En 2005, la maison a été rénovée et agrandie par Laurence et Jean-Pierre Adam-Huchet. © P. Lecomte
  49. 49. Du thonier à la Trinitaine… 60 années Le premier « restaurant » de l’isthme fut un thonier-dundee (Notre Dame de la Garde), construit en 1908 et ayant navigué jusqu’en 1933. Désarmé et transformé en ponton à Penthièvre côté baie, il devient bar-gla- cier-restaurant en 1934. Pour cela, il fallut le tracter (tracteur de l’usine d’iode de Por- tivy aidé de 2 chevaux) jusqu’au bord de la route. Cela prit un mois!66 Un commerce est construit à la même époque à côté du thonier : l’Entre Deux Mers, qui fait également station d’essence. Entre le dundee de 1934 et la Trinitaine aujourd’hui, un seul point commun : l’emplacement exceptionnel. En haut, à gauche : Collection Cim. En bas, à gauche : Collection non identifiée. A droite : © P. Lecomte
  50. 50. Le thonier a été détruit dans les années 50 et un nouveau local est construit en 1952 : le relais duThonier, hôtel-restaurant... qui sera fermé dans les années 1990 pour être transformé en commercede biscuits et autres produits La Trinitaine (ouvert depuis 1998). 67
  51. 51. Panorama vu de l’hôtel des deux mers (1950 – 2009)68 Penthièvre vu du haut d’une fenêtre de l’hôtel des deux mers (1950). Collection non identifiée.
  52. 52. 69La même vue en 2009, prise d’une nacelle au-dessus de l’hôtel des deux mers. © D. et M. Dubos
  53. 53. Du dépôt de vin au bar-brasserie Dépôt de vin en 1932, sur le bord de la route nationale, cet établissement était tenu par deux sœurs. Ce fut ensuite une épicerie, exploitée par monsieur et ma- dame Le Fahler, avant d’être tenu pendant 20 ans par la famille Achani, sous le nom de « La Godaille », bar-hôtel-restaurant. C’est maintenant le bar « Le Surf ».70 En haut : collection non identifiée . En bas: © P. Lecomte
  54. 54. Les Autans Place Neptune - villa Atanaoua 71A l’entrée de l’avenue Tourville, les Autans (en 1930, collection Gresse puis en 2009 © Arep). « Atanaoua » vient de lacontraction des prénoms Antoine (Atane) et François (Aoua). En haut : collection Le Bourhis et en bas : © P. Lecomte
  55. 55. La place Neptune, au centre de Penthièvre En forme de demi-soleil, la place Nep- tune marque la limite entre les lotissements de Penthièvre nord et de Penthièvre sud. D’abord plate, elle permettait aux voitures et campings-cars de stationner, ce qui peu à peu fit disparaître toute végétation, au grand dam des riverains. Pour répondre aux besoins de stationnement,72 la mairie a proposé de transformer la place en parking. Ce projet a heureusement été contré par les ha- bitants, soucieux de garder le côté sauvage de Penthièvre. La mairie a alors placé de grosses pierres afin de sauvegarder le lieu. En haut : place Neptune vers 1960, collection CIM. En bas : place Neptune vue du dessus, collection non identifiée.
  56. 56. On aurait pu encore s’y perdre, si le penthièvroisYan Bonneau, n’avait mis en place, un judicieuxsystème de deux totems, comportant chacundes pancartes indiquant de manière claire lesdistances et coordonnées géographiques deslieux les plus lointains, de Hawaï à Saïgon enpassant par le Yukon et l’Australie. Ce totemsymbolise un goéland et s’inspire des indiensHaïdas (tribu du nord Pacifique). Pour beau-coup, la place Neptune marque ainsi le centredu monde...Chaque pancarte est peinte et fixée par une fa-mille ayant fait le déplacement de Penthièvrevers une destination lointaine et exotique. Totem de la place Nepture. © Y. Bonneau
  57. 57. L’histoire du camping de Penthièvre A l’est de la voie ferrée, aucune construction n’est autorisée de- puis que la maison Labigne, construite en 1931, s’est effondrée dès 1936 lors d’une grande marée. C’est en revanche un terrain idéal pour le camping. Ici la mer se retire très loin, découvrant de vastes espaces pour la74 pêche à pied : coques, palourdes et huîtres font la joie des cam- peurs. Ouvert au début des années 1950, le camping de Penthièvre s’étend sur cette partie située entre la voie ferrée et la baie. Une habitante de Penthièvre se souvient que dans ces années-là, sa famille restait 4 semaines d’affilée dans ce camping, pour une somme dérisoire (l’équivalent de 50 euros aujourd’hui). Mais il n’y avait qu’un seul point d’eau, ni toilettes ni électricité. Vues aériennes du camping en 1950 et en 2005. En haut : collection Cim. En bas : collection Jack.
  58. 58. Les activitésde terre et de mer
  59. 59. Sports de terre, sports de mer... Les familles qui ont acheté une résidence secondaire à Pen- thièvre dans les années 50, se sont peut-être inquiétées des animations inexistantes : comment occuper leurs nombreux enfants ? Le village comporte alors une centaine de familles, soit trois78 fois plus d’enfants. Ces jeunes gens ont largement profité de leurs vacances. Pendant ces années 70 à 90, les plages, le camping et les tennis de Penthièvre ont connu une animation régulière pen- dant les 2 mois d’été. Entre les deux mers, il y a de quoi faire ! A droite : de 1982 à 1990, les courses pédestres de Penthièvre. © Arep
  60. 60. Les tennis de Penthièvre, d’hier à aujourd’hui Dans les années 80, avec l’aide du club de plage « Olympic » (situé côté Baie), de nom- breuses autres manifestations sportives étaient proposées à ceux que le nautisme ten- tait moins : des courses à pied qui attiraient près de 100 participants (les Foulées de Pen- thièvre, années 80), du tennis aussi (deux tournois par an)...80 A gauche : double mixte 1982/ remise de lots 1981. © Arep A droite : carte postale de 1920, collection Laurent.
  61. 61. Pêche à la senne et canotage Les débuts de Penthièvre coïncident avec un nouvel engouement des Français pour les vacances en bord de mer. On parlait alors de « canotage », ancêtre du nautisme et de la plaisance82 Ces deux images sont extraites du livret publicitaire de la société « Plage de Penthièvre », édité en 1914.
  62. 62. Les belles années de la voile Ces années-là nombreux sont les jeunes Penthiévrois qui s’adonnent à la plaisance. C’est l’âge d’or des 420 et 470, quelques 485 et 505, tous de la même famille des coques en plastique… Plus lourdes mais robustes, les fières coques en bois font de la84 résistance : le Fireball des de Sèze, les Vauriens des Huchet et des Lambert, le Flibustier des Evenard... restent de beaux ba- teaux, bichonnés par leurs propriétaires. Plus lourds, ils se lais- sent rarement distancer dès lors qu’ils sont correctement barrés. La Société Nautique de Penthièvre Plage a eu ses années de gloire dans les années 70 à 90. A l’époque les bateaux étaient immatriculés, des bouées étaient installées pour signifier le par- cours et le départ était donné par une corne de brume, tandis qu’un jury devait trancher les nombreuses irrégularités. A droite : équipage P. Le Brize/ A. Juglard.© Arep
  63. 63. On se souvient de départs musclés, par fort vent d’ouest, quand il fallait franchir les rouleaux. Il ne fallait pas seulement avoir le meilleur bateau mais aussi la meilleure technique. Les premiers catamarans étaient bien sûr les plus rapides aux bords de largue, mais un bon monocoque pou- vait toujours se rattraper sur les bords de près. Ensuite les planches à voile, plus à l’aise dans les vagues, ont pris le relais.86 A gauche : challenge Jean Morin 1970, avec départ de la plage façon « 24h du Mans ». Ce challenge figure comme compétition nationale de 470. © Arep. A droite : planches à voile. © Arep
  64. 64. La plage à marée basse : le paradis des chars à voile La plage de Penthièvre à marée basse est gereux pour les baigneurs ou pêcheurs à aussi réputée pour la pratique du char à voile, pied qui traversent la vaste étendue de sable lancée par monsieur Pouchelle. mouillé pour atteindre la mer. De grandes compétitions nationales ont eu Pendant toutes ces années, la municipa- lieu sur les 6 kilomètres de sable fin inin- lité a fait au mieux pour que les afficionados terrompu entre Penthièvre et Plouharnel. des multiples loisirs puissent tous passer de La qualité du sable, la constance du vent et bonnes vacances sans trop de gêne pour les88 l’immensité de plage découverte à marée autres. Par exemple, la mise en place de che- basse ont fait de Penthièvre une capitale du naux pour se baigner, ou d’horaires pour le char à voile, avec plusieurs clubs comme passage des chevaux et des chars à voile… Vent de sable ou les Passagers du vent. L’activité reste aujourd’hui proposée par l’Au- berge de jeunesse de Penthièvre (située sur la commune de Plouharnel) : elle connaît tou- jours un franc succès. La pratique du char à voile est réglementée, car ces engins peuvent être rapides et dan- A droite : char à voile dans les années 1970. © Hedwige Delsaut
  65. 65. La biodiversité à Penthièvre
  66. 66. Le grand site dunaire et Penthièvre Au XXIe siècle, la plage ouest de Penthièvre a perdu son sable et ses pentes douces.... On y trouve souvent des galets , des algues sèches, des herbes...92 Touristes et sportifs préfèrent maintenant les plages situées plus au nord : Mentor, Guérite, Mané Guen, Ste Barbe, mieux adaptées à la pratique du surf, kite-surf, char à voile, fun-board... ou bronzing. Mais les habitants de Penthièvre continuent à pratiquer leur sport devant chez eux, défiant les galets, les vagues et le shore-break (forte vague qui se brise dans très peu d’eau).
  67. 67. A droite : envol d’oiseaux (tourne-pierres, gravelots) © Arep
  68. 68. Epaves et laisses de mer… une plage abandonnée De vieilles épaves percent la plage à marée basse… ou encore des poutres de ciment, vestiges du mur de l’Atlantique. Le bas de la plage se creuse et libère peu à peu ses94 secrets. Tandis que le haut de la plage se développe de ma- nière spectaculaire d’une année à l’autre : oyats et graminées ont envahi le sable en puisant leur nour- riture dans la laisse de mer. Ces algues sèches, déposées lors des grandes marées, sont ponctuées de débris plastiques, hélas ! A droite, épave sur la plage : on a longtemps cru qu’il s’agissait de la Duchesse d’Aguillon (naufragée en 1765). A noter : la neige en haut de la plage. © Y. Bonneau
  69. 69. La plage serait-elle sale et polluée ? Au fil des années, le trait de côte se modifie entre Quiberon et Gâvres. L’isthme si fragile au pied du fort Penthièvre s’ensable vite sur le côté ouest (tandis que la falaise s’érode à l’est). Parfois la mer vient déposer, en grandes quantités, des monceaux d’algues sur la plage. Les goémoniers n’existent plus, le ramassage systématique est contraire à la préservation de l’éco- système. A la tempête suivante, la mer vient récupérer son précieux fardeau d’algues vertes et brunes.96 Dépôt d’algues au niveau de la Trinitaine. © Arep
  70. 70. Le retour des fleurssur la duneDes séances de ramassage des déchetsplastique sont organisées, mais il faut lais-ser sur place les algues et la végétation, quicontribuent à la biodiversité de la plage. Celacrée sur le sable de petites oasis. Citons larenouée maritime. Devenue rare à l’échelleeuropéenne, elle prolifère à Penthièvre.Certains arrachent les herbes intempestivespour poser une serviette, d’autres protègentces îlots de verdure en les entourant d’un cor-don de galets.Au printemps la plage est fleurie, surtout versle fort, au sud de Penthièvre.L’ensablement progressif et l’engrais fournipar les algues ont densifié la végétation.Dune fleurie de Penthièvre. © Arep
  71. 71. La biodiversité retrouvée La plage redevenue sauvage, inspire les artistes : quelques hauts piliers de galets plats superposés, des alignements de mini-menhirs, un muret où au98 printemps, s’accrochent les fleurs mauves du liseron. Les oiseaux viennent en masse picorer ces nou- veaux biotopes, tandis que sur les dunes d’oyat, si rases autrefois, poussent aujourd’hui de véritables buissons fleuris : œillet des dunes, armérie, giroflée, queue-de-lièvre ou lagure, onagre, chardon bleu... A droite : sculpture de pierres. © Arep
  72. 72. 101A gauche : le haut de la plage est maintenant couvert de galets et de plantes. © ArepA droite : les ganivelles ont réduit le piétinement et renforcé la dune. © Arep
  73. 73. Annexes
  74. 74. Penthièvre 100 ans plus tard Les premières familles sont toujours représen- tées, pour la plupart. Bien d’autres sont venues les rejoindre. C’est toute cette histoire qu’a retracé l’Associa- tion des résidents de Penthièvre, l’Arep, pendant l’été 2009, dans la chapelle du village. L’exposition racontait « Penthièvre au fil des âges », depuis la préhistoire (l’homme de Té- viec) jusqu’à aujourd’hui. De celle-ci est née l’idée de ce livret...104 Affiche réalisée par Rémy, annonçant l’exposition du centenaire de Penthièvre.
  75. 75. POEMES D’YVES COSSON*PETITE GARE ETE PANIQUEOn jargonnait trop fort dans les amphis Fragiles translucides comme des nacres usées par les maréesPropos amphigouriques Dans les rayons pathétiques d’un noir obliqueMoi je vais dans mes terres me taire Se flétrissent dans l’heure les onagres qui meurentUn luma lent bave sur un yucca En sacrifice d’un été calcinéJ’attends le train La grève réverbère un ciel turquoise zénithalIl pleut Dans un silence de cathédraleAh ! Petite gare qui s’ennuyait Pourtant tous les frissons des peupliers ne trompent pasElle dégouline de jaune La dune alors verte des oyats a bruniUne loco hulule à travers les embruns Viendra le temps des pommes à cidreMa fille va descendre* Professeur émérite à la faculté de lettres de Nantes. Yves Cosson est penthiévrois (La Chaumine).
  76. 76. De l’exposition au livre et au DVD... Plus de 1000 visiteurs sont passés voir l’expo : les membres de l’Arep, leurs familles et plus lar- gement ceux qui s’intéressent à Penthièvre. Même succès au Centre culturel de Saint-Pierre, où l’exposition est présentée à l’automne 2009, notamment pour les enfants scolarisés dans la commune. Pour ceux qui n’ont pu venir, un DVD réalisé par Xavier Maugis sera prochainement disponible106 auprès de l’Arep : il contiendra tous les élé- ments de l’exposition (cartes postales, photos, textes...). Ouverte au public du 4 au 19 août 2009, l’exposition du centenaire a attiré plus de 1000 visiteurs dans la chapelle de Penthièvre. © Arep
  77. 77. Les autres animations du centenaire 107A gauche : concours traditionnel du far breton. © ArepA droite : pique-nique entre voisins. © Arep
  78. 78. Remerciements à : • Maître Josse, notaire honoraire à Carnac, qui a fourni de nombreux documents sur la création du lotissement Plage de Penthièvre. • Monsieur Guillevic, ancien adjoint au maire de St-Pierre-Quiberon (épisode duc de Pen- thièvre). • Toutes les familles qui ont transmis des témoi- gnages et des photos. • Les commerçants de Penthièvre.108 Nous rappelons que l’exposition du centenaire a pu être réalisée grâce à la mise à disposition des documents de l’exposition organisée en 1992 par monsieur et madame Creusot. Nous remercions madame Marchand, maire de Saint-Pierre-Quiberon, ainsi que ses adjoints, ma- neaux. Enfin merci au Père Plisson, recteur de dame Le Bihan et monsieur Guillemette, qui ont la paroisse, qui a mis la chapelle à la disposi- rendu possible cette exposition par le prêt de pan- tion des organisateurs. Inauguration de l’exposition, 4 août 2009 : le Père Plisson, recteur de Saint-Pierre, Pascal Lecomte et Xavier Maugis, en compagnie de Geneviève Marchand, maire de Saint-Pierre-Quiberon. © Arep
  79. 79. Bibliographie« La Revue des deux îles n°4 : Marthe et Saint-Just Péquart, archéologues des îles, deHouat à Hoëdic 1923 – 1934 », éditions Melvan.« Les miroiteries de l’infini, recueil de poèmes », Yves Cosson, éditions du Petit véhicule.« Au cœur de la presqu’île de Quiberon », Daniel Le Corre et Jacques Le Corre, éditions desMontagnes noires. 109« Des notables aux édiles municipaux de la presqu’île de Quiberon de 1789 à nos jours »,Alfred Le Quer, à compte d’auteur.« Le Mur de l’Atlantique dans la presqu’île de Quiberon », Jacques Tomine, éditions Histoireet fortifications.« Quiberon au fil des cartes », Bernard Colas, à compte d’auteur.« Quiberon et sa presqu’île », Lud. G. Hamon-Trémeur, éditions Hamon-Trémeur.« 1795 : Quiberon ou le destin de Quiberon », Patrick Huchet, éditions Ouest-France.

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