Revue française de
psychanalyse (Paris)
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque Sigmund Freud
Société psychanalytique de Paris. Revue française de psychanalyse (Paris). 1927.

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TABLE

DES
DU

MATIÈRES

TOME

XXV

N° 1

AU

XXIIe

RAPPORTS
INTERNATIONAL

CONGRÈS

(Edimbourg,

DE

juillet

PSYCHANALY...
REVUE

1036

DE

FRANÇAISE

PSYCHANALYSE

N° 3
PROBLÈMES
DE

LA

CURE

DES

TECHNIQUES
NÉVROSES
OBSESSIONNELLES

S. NACHT....
TABLE

DES

MATIÈRES

1037

PAGES

KATAN. — Rêve et psychose : leur rapport avec les processus
cinatoires
de la sécurité
J...
REVUE

1038

FRANÇAISE

DE

PSYCHANALYSE

PAGES

et latentes
G. BYCHOWSKI. — Structure
des dépressions chroniques
chez le ...
REVUE
DE

FRANÇAISE

PSYCHANALYSE

INSTITUT DE PSYCHANALY
187, Rue Saint-Jacques
PARIS -5°
REVUE

FRANÇAISE
DE

PSYOIANAL
TOME

XXV

N° 1
JANVIER-FÉVRIER

PRESSES

UNIVERSITAIRES

108, BOULEVARD

1961

DE

SAINT-G...
TOUS

DROITS

RÉSERVÉS
Publication
XXIIe

en français des rapports
CONGRÈS
INTERNATIONAL
(Edimbourg,

30 juillet-3

du Symposium du
DE PSYCHANALY...
La théorie
de la relation parent-nourrisson(
par D. W. WINNICOTT

1)

(Londres)

Le meilleur moyen de mettre en évidence l...
8

REVUE

FRANÇAISE

DE

PSYCHANALYSE

Dans l'enfance

cependant, il arrive au nourrisson des choses, bonnes
et mauvaises,...
LA THÉORIE

DE LA RELATION

PARENT-NOURRISSON

9

Le paradoxe est que tout ce qui est bon et mauvais dans l'environMais ma...
10

REVUE FRANÇAISE

DE PSYCHANALYSE

Les mots : « Si seulement l'on compte aussi les soins maternels »,
ont une grande im...
LA

THÉORIE

DE

LA

RELATION

PARENT-NOURRISSON

II

développement normal, le Ça se met au service du Moi qui le domine d...
12

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DE

PSYCHANALYSE

tension des instincts

ou à la perte de l'objet. Cette partie de la théorie
présup...
LA

THÉORIE

DE

LA

RELATION

PARENT-NOURRISSON

13

Il semble qu'en étudiant les défenses du Moi on se trouve ramené aux...
14

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On peut classer grossièrement
stades qui se recouvrent :
a)
b)
c)

DE

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les soins paren...
LA

THÉORIE

DE

LA

RELATION

PARENT-NOURRISSON

15

A cette période, le Moi passe d'un état non intégré à une intégratio...
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DE

PSYCHANALYSE

compliquée où l'agression se sépare de l'expérience érotique après une
période où ...
LA

THÉORIE

DE

LA

RELATION

PARENT-NOURRISSON

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C'est l'organisation
du Moi qui peut faire face à ces heurts qui se
...
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DE

PSYCHANALYSE

de
commence alors à développer les sophistications
qui permettent
A ce stade, le
r...
LA

THÉORIE

DE

LA

RELATION

PARENT-NOURRISSON

19

nels dont il dépend de façon absolue, dans un sens psychologique (1)...
20

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Ce serait une erreur de situer la gratification
instinctuelle
(nourriture, etc.), ...
LA THÉORIE

DE LA RELATION

PARENT-NOURRISSON

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dont son nourrisson a besoin, ce serait magique et cela ne constituerai...
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PSYCHANALYSE

devraient provoquer ce que fait la mère, tout cela manque parce qu'elle
a déjà sat...
LA THÉORIE

DE LA RELATION

PARENT-NOURRISSON

23

tuent une annihilation
et s'associent évidemment avec une souffrance
de...
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PSYCHANALYSE

puerpérales. Il est certain que de nombreuses variations de qualité ne
constituent...
LA THÉORIE

DE LA RELATION

PARENT-NOURRISSON

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une existence personnelle et commencer à construire ce qu'on pourrait
a...
26

[9]
[10]
[11]
[12]
[13]
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[15]
[16]
[17]
[18]

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DE PSYCHANALYSE

in respect of Mother's
Defence aga...
Quelques
sur la relation

considérations
parent-nourrisson

par PHYLLIS GREENACRE,

M.D.

(New

York)

(1)*

INTRODUCTION
...
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REVUE

FRANÇAISE

DE

PSYCHANALYSE

sur l'idée qu'à ce moment, la croissance physique est terminée et que
s'est dévelo...
QUELQUES

CONSIDÉRATIONS

SUR

LA

RELATION

PARENT-NOURRISSON

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une discussion riche en suggestions, de l'inter-relati...
3°

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DE

PSYCHANALYSE

essentielle à ce point de vue et la théorie a pu abonder dans ce sens.
Récemment e...
QUELQUES

CONSIDÉRATIONS

SUR

LA

RELATION

PARENT-NOURRISSON

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assurée, d'être prêt à le faire de nouveau (1). Quand ...
32

REVUE

FRANÇAISE

CARACTERISTIQUES

DE

PSYCHANALYSE

DE

LA

CROISSANCE

La croissance biologique a certaines caracté...
QUELQUES

CONSIDÉRATIONS

SUR

LA

RELATION

PARENT-NOURRISSON

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certain degré même avant et pendant le premier dévelop...
34

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DE

PSYCHANALYSE

terme

et qui ont le même âge, par rapport à la date de naissance
(Scammon, 1922) ...
QUELQUES

CONSIDÉRATIONS

SUR

LA

RELATION

PARENT-NOURRISSON

35

Hoffer

entreprend l'examen des diverses façons par le...
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DE

PSYCHANALYSE

de son corps par rapport au monde
pas en avant dans la délimitation
extérieur. Mai...
QUELQUES

Hoffer

CONSIDÉRATIONS

SUR

LA

RELATION

PARENT-NOURRISSON

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retrace

ensuite l'intégration
de l'activité
c...
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DE

PSYCHANALYSE

nisation

est stupéfiant. Si cela devait continuer sans s'affaiblir après le
de la...
QUELQUES

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SUR

LA

RELATION

PARENT-NOURRISSON

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vient de « la pression de grandes quantités d'excitati...
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  1. 1. Revue française de psychanalyse (Paris) Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque Sigmund Freud
  2. 2. Société psychanalytique de Paris. Revue française de psychanalyse (Paris). 1927. 1/ Les contenus accessibles sur le site Gallica sont pour la plupart des reproductions numériques d'oeuvres tombées dans le domaine public provenant des collections de la BnF.Leur réutilisation s'inscrit dans le cadre de la loi n°78-753 du 17 juillet 1978 : *La réutilisation non commerciale de ces contenus est libre et gratuite dans le respect de la législation en vigueur et notamment du maintien de la mention de source. *La réutilisation commerciale de ces contenus est payante et fait l'objet d'une licence. Est entendue par réutilisation commerciale la revente de contenus sous forme de produits élaborés ou de fourniture de service. Cliquer ici pour accéder aux tarifs et à la licence 2/ Les contenus de Gallica sont la propriété de la BnF au sens de l'article L.2112-1 du code général de la propriété des personnes publiques. 3/ Quelques contenus sont soumis à un régime de réutilisation particulier. Il s'agit : *des reproductions de documents protégés par un droit d'auteur appartenant à un tiers. Ces documents ne peuvent être réutilisés, sauf dans le cadre de la copie privée, sans l'autorisation préalable du titulaire des droits. *des reproductions de documents conservés dans les bibliothèques ou autres institutions partenaires. Ceux-ci sont signalés par la mention Source gallica.BnF.fr / Bibliothèque municipale de ... (ou autre partenaire). L'utilisateur est invité à s'informer auprès de ces bibliothèques de leurs conditions de réutilisation. 4/ Gallica constitue une base de données, dont la BnF est le producteur, protégée au sens des articles L341-1 et suivants du code de la propriété intellectuelle. 5/ Les présentes conditions d'utilisation des contenus de Gallica sont régies par la loi française. En cas de réutilisation prévue dans un autre pays, il appartient à chaque utilisateur de vérifier la conformité de son projet avec le droit de ce pays. 6/ L'utilisateur s'engage à respecter les présentes conditions d'utilisation ainsi que la législation en vigueur, notamment en matière de propriété intellectuelle. En cas de non respect de ces dispositions, il est notamment passible d'une amende prévue par la loi du 17 juillet 1978. 7/ Pour obtenir un document de Gallica en haute définition, contacter reutilisation@bnf.fr.
  3. 3. TABLE DES DU MATIÈRES TOME XXV N° 1 AU XXIIe RAPPORTS INTERNATIONAL CONGRÈS (Edimbourg, DE juillet PSYCHANALYSE 1961) PAGES D. W. WINNICOTT. P. GREENACRE. — nourrisson — La théorie de la relation parent-nourrisson .. considérations sur la relation Quelques parent- 27 ARTICLES F. PASCHE. — Freud S. VIDERMAN. — De 7 ORIGINAUX et l'orthodoxie judéo-chrétienne l'instinct de mort PSYCHANALYSE LEVITT O. RUBENSTEIN, Morton dans l'apprentissage et distorsion Les Livres Les Revues Livres reçus par la rédaction Informations Ben 55 89 APPLIQUÉE et M. L. FALICK. du moi — Déficiences 131 149 155 167 173 N° 2 MÉMOIRES ORIGINAUX BARANDE. — Du temps d'un silence : approche technique, transférentielle et psychodynamique C. STEIN. — La castration comme négation de la féminité R. PROBLÈMES L. BOLK. — Le problème Les Livres Les Revues Revue des Revues Institut de Psychanalyse contre177 221 ANTHROPOLOGIQUES de la genèse humaine 243 281 283 295 301
  4. 4. REVUE 1036 DE FRANÇAISE PSYCHANALYSE N° 3 PROBLÈMES DE LA CURE DES TECHNIQUES NÉVROSES OBSESSIONNELLES S. NACHT. — Problèmes de la cure des névroses obsestechniques sionnelles C. J. LUQUET. — La structure obsessionnelle R. HELD. — De la singularité de la structure obsessionnelle aux nécessités techniques impliquées par cette singularité MÉMOIRES 305 309 319 ORIGINAUX Sami Mahmoud ALI. — Le corps et ses métamorphoses (contribution à l'étude de la dépersonnalisation) R. HENNY. — De quelques et psychothérapiques aspects structuraux de l'adolescence Les Livres Les Revues Livres à la Rédaction parvenus — Rapport Institut moral pour l'année de Psychanalyse. 1960 .... — Compte Société de Paris. rendu des activités psychanalytique scientifiques 1960 Melanie Klein (1881-1960) 333 379 405 407 423 425 428 431 Nos 4-5-6 XXIe CONGRÈS DE INTERNATIONAL (Copenhague, juillet 1959) PSYCHANALYSE (1) de Psychanalyse du XXIe Congrès international Rapport affectifs M. SCHUR. — Phylogenèse et ontogenèse des phénomènes des structures et le phénomène d'automatisme de la formation 439 et de répétition du moi : quelques observaM. JAMES. — Le développement prématuré tions sur les troubles des trois premiers mois de la vie entre le début des identifications S. RITVO et A. J. SOLNIT. — Rapport du moi et la formation du surmoi A. BONNARD. — La signification fondamentale de la langue COLLOQUE I. II. III. SUR PSYCHANALYSE W. TIDD. — Introduction des et l'évolution J. BOWLBY. — L'éthologie I. C. KAUFMAN. — Quelques implications et l'étude du comportement des animaux et de de l'instinct, de l'énergie conception 577 591 601 ÉTHOLOGIE .' C. BERES. — Perception, et réalité imagination et état conscient J. AUFREITER. — Psychanalyse D. ET 551 relations objectales.. tirées de théoriques faciliter la pouvant la pulsion 615 623 633 651 669 de la Revue internationale de Psychanalyse qui nous a (1) Nous remercions la rédaction du XXIe Congrès internaautorisés à publier la traduction française des rapports scientifiques tional de Psychanalyse 1960. parus in : The Int. J. of Psycho-An., vol. XXI, july-october
  5. 5. TABLE DES MATIÈRES 1037 PAGES KATAN. — Rêve et psychose : leur rapport avec les processus cinatoires de la sécurité J. SANDLER. — L'arrière-plan de la faculté de travail E. JAQUES. — Les troubles M. « LA SUR LE RAPPORT DISCUSSION DE SAUSSURE DE RAYMOND DU PLAISIR MÉTAPSYCHOLOGIE — hallu- 681 701 711 » (1) I. M. KANZER et L. EIDELBERG. — Description structurale du plaisir II. D. BRUNSWICK. — Le point de vue physiologique — Intervention dans la discussion III. R. DIATKINE. (2) — Sur l'unité de base M. LITTLE. S. NACHT et S. VIDERMAN. — Du monde pré-objectal dans la relation transférentielle (2) considérations sur le contre-transfert A. REICH. — Nouvelles M. BÉNASSY. — Fantasme et réalité dans le transfert (2) et rôle structurant de M. FAIN et P. MARTY. — Aspects fonctionnels au cours des traitements l'investissement homosexuel psychanalytiques d'adultes (2) le contre-transfert M. A. ZELIGS. — Le rôle du silence dans le transfert, et dans le processus psychanalytique A. PETO. — De l'effet désintégrant transitoire des interprétations... et ses phases diverses R. GREENSON. — L'empathie de valeur en psychanalyse N. NIELSEN. — Les jugements de la personnalité M. M. R. KHAN. — Aspects cliniques schizoïde : affects et technique M. BONAPARTE. — Vitalisme et psychosomatique (2) SUR COLLOQUE DE L'APPAREIL SUR LES 749 764 765 778 778 779 791 807 815 825 841 LES MALADIES DIGESTIF I. A. GARMA. — Les images inconscientes dans la genèse de l'ulcère peptique II. M. SPERLING. — Vie fantasmatique inconsciente et relations dans la colite ulcéreuse objectales III. S. Z. ORGEL. — Régression orale au cours de la psychanalyse de malades atteints d'ulcère IV. W. HOJER-PEDERSEN. — États névrotiques chez les malades atteints d'un ulcère du duodénum — Affections V. B. MITTELMANN. et psychosomatiques, psychose action thérapeutique H. A. ROSENFELD. — De la toxicomanie COLLOQUE 733 741 747 ÉTATS I. E. ZETZEL. — Introduction II. S. NACHT et P.-C. RACAMIER. — Étude III. confusion W. C. SCOTT. — Dépression, 843 853 863 875 881 885 DÉPRESSIFS psychanalytique et polyvalence (2)... n° 6, 1958, pp. 649-674. (1) In : Revue française de Psychanalyse, t. XXII, en langue française ont déjà fait l'objet d'une publication (2) Les participations de Psychanal., t. XXIII, n° 5, septembre-octobre 1959. (N.d.R.) 901 911 913 in : Rev. fr.
  6. 6. REVUE 1038 FRANÇAISE DE PSYCHANALYSE PAGES et latentes G. BYCHOWSKI. — Structure des dépressions chroniques chez le schizophrène M. KLEIN. — Note sur la dépression ... H. ROSENFELD. — Note sur le facteur précipitant 927 937 941 de l'amertume J. ALEXANDER. — Psychologie des états d'âme chez Soren Kierkegaard E. WEIGERT. — L'alternance B. JOSEPH. — Quelques de la personnalité caractéristiques psychopathique — Approche d'un du traitement A. H. WILLIAMS. psychanalytique assassin 945 959 IV. V. VI. COLLOQUE SUR LA RELATION 969 979 D'OBJET PSYCHOTIQUE I. S. LEBOVICI. II. III. IV. — Considérations sur la relation d'objet psycho993 tique (1) R. DIATKINE. — Réflexions sur la genèse de la relation d'objet chez le jeune enfant (1) psychotique et « relation M. S. MAHLER. — Dé-différenciation perceptuelle » psychotique objectale et restauration des relations d'objet D. S. de SOUZA. — Disparition chez une petite fille schizophrène C. W. TIDD. — L'emploi mation médicale (1) Voir des concepts psychanalytiques 993 995 1007 dans la for1017 note 2, de la page précédente. Le gérant : Serge LEBOVICI.
  7. 7. REVUE DE FRANÇAISE PSYCHANALYSE INSTITUT DE PSYCHANALY 187, Rue Saint-Jacques PARIS -5°
  8. 8. REVUE FRANÇAISE DE PSYOIANAL TOME XXV N° 1 JANVIER-FÉVRIER PRESSES UNIVERSITAIRES 108, BOULEVARD 1961 DE SAINT-GERMAIN, 1961 FRANCE PARIS
  9. 9. TOUS DROITS RÉSERVÉS
  10. 10. Publication XXIIe en français des rapports CONGRÈS INTERNATIONAL (Edimbourg, 30 juillet-3 du Symposium du DE PSYCHANALYSE août 1961) sur LA DE LA THÉORIE RELATION PARENT-ENFANT 1 PREMIER RAPPORT LA THÉORIE DE LA RELATION PARENT-NOURRISSON par D. W. WINNICOTT (Londres) DEUXIÈME RAPPORT CONSIDÉRATIONS QUELQUES SUR LA RELATION PARENT-NOURRISSON par PHYLLIS GREENACRE (New York) (1) Les rapports du Dr WINNICOTT et du Dr GKEENACRE sur le même sujet feront l'objet d'une discussion au XXIIe de Psychanalyse. Il a été convenu avec les Congrès international auteurs et en accord avec le Comité d'Organisation de ce Congrès, de publier ces rapports dans la Revue française de Psychanalyse, pour permettre aux congressistes de langue française d'en connaissance en vue de la discussion qui suivra son exposé. prendre dès maintenant
  11. 11. La théorie de la relation parent-nourrisson( par D. W. WINNICOTT 1) (Londres) Le meilleur moyen de mettre en évidence l'idée principale de ce travail est peut-être de comparer l'étude de l'enfance à celle du transfert psychanalytique (2). Je tiens à insister sur le fait que mon propos concerne la première enfance et non la psychanalyse principalement. La raison pour laquelle il faut bien en tenir compte touche au coeur du sujet. Si ce travail ne constitue pas un apport positif, il ne pourra alors qu'ajouter à la confusion actuelle quant à l'importance relative des influences personnelles et du milieu sur le développement de l'individu. Nous savons qu'en psychanalyse, il n'y a pas de traumatisme qui soit hors de portée de l'omnipotence Tout arrive finalement de l'individu. sous le contrôle du Moi et se relie ainsi à des processus secondaires. Le psychanalyste n'est d'aucune aide au patient en lui disant : « Votre mère n'était pas assez bonne... Votre père vous a séduite... Votre tante ne se produisent en analyse vous a abandonné. » Les modifications s'introduisent dans le matériel que lorsque les facteurs traumatiques analytique à la façon du patient, et dans son omnipotence. Les interprétations qui provoquent des altérations sont celles qui sont données en termes de projection. Il en est de même pour les facteurs bénins, qui mènent à la satisfaction. Tout doit être interprété en fonction de l'amour et de l'ambivalence du patient. L'analyste sait qu'il peut avoir à attendre longtemps pour être en mesure de faire exactement ce type de travail. de J. MASSOUBRE. (1) Traduction (2) J'ai étudié ce sujet sous un angle clinique primitif [8]. plus détaillé dans Le développement émotionnel
  12. 12. 8 REVUE FRANÇAISE DE PSYCHANALYSE Dans l'enfance cependant, il arrive au nourrisson des choses, bonnes et mauvaises, qui sont totalement en dehors de sa portée. La première enfance est en fait la période au cours de laquelle se forme la capacité de rassembler des facteurs externes dans le champ de puissance du nourrisson. Les soins maternels, par leur support du Moi, permettent au nourrisson de vivre et de se développer bien qu'il ne soit pas encore capable de maîtriser ce qu'il y a de bon et de mauvais dans son environnement ou de s'en sentir responsable. On ne peut estimer que les événements de ces stades précoces sont perdus à la suite de ce que nous appelons les mécanismes de répression, et les analystes ne peuvent donc pas s'attendre à les voir réapparaître à la suite d'un travail qui amoindrit les forces de répression. Freud tentait peut-être de tenir compte de ces phénomènes quand il employait l'expression de répression primaire, mais cela reste ouvert à la discussion. Il est à peu près certain que beaucoup des auteurs psychanalytiques ont considéré comme admis les problèmes étudiés ici (1). Pour en revenir à la psychanalyse, j'ai dit que l'analyste est prêt à attendre jusqu'à ce que le patient soit capable de présenter les facteurs de milieu en des termes qui permettent de les interpréter comme des Dans les cas bien choisis, ce résultat est atteint grâce à la projections. capacité que le patient redécouvre, de faire confiance à l'analyste et à la situation Parfois, l'analyste doit attendre très longprofessionnelle. temps ; et dans les cas mal choisis pour une psychanalyse classique, il est vraisemblable que le fait que l'analyste est digne de confiance est le car c'est une plus important (plus important que les interprétations), chose que le patient n'a pas vécue en recevant les soins maternels dans son enfance ; s'il doit être capable d'en tirer profit, il faudra qu'il en trouve l'occasion pour la première fois dans le comportement de son analyste. Il semble que ceci pourrait être la base d'une recherche sur ce qu'un psychanalyste peut faire dans le traitement de la schizophrénie et des autres psychoses. Dans les cas limites, l'analyste n'attend pas toujours en vain ; avec le temps, le patient devient capable d'utiliser les interprétations psychanalytiques des traumatismes originaux comme des projections. Il peut même arriver qu'il soit capable d'accepter ce qu'il y a de bon dans son environnement comme la projection des éléments continus, stables et simples qui dérivent de son potentiel originel. (1) J'ai décrit certains aspects de ce problème [16]. chez une patiente en état de profonde régression
  13. 13. LA THÉORIE DE LA RELATION PARENT-NOURRISSON 9 Le paradoxe est que tout ce qui est bon et mauvais dans l'environMais malgré nement du nourrisson n'est pas en fait une projection. cela il est nécessaire pour que le nourrisson se développe bien, que Nous toutes les choses stables lui paraissent être des projections. et le principe de plaisir, et il est trouvons ici en action l'omnipotence certain qu'ils sont actifs dans la période de l'enfance précoce ; on peut ajouter à cette observation que la reconnaissance d'un vrai « Non-Moi » est une question d'intellect ; elle dépend de l'extrême sophistication et de la maturité de l'individu. Dans les travaux de Freud, la plupart de ses idées concernant l'enfance viennent de l'étude d'adultes en analyse. Il y a des observations de l'enfance (matériel de la bobine [5]) et il y a l'analyse du petit Hans [3]. Il semblerait à première vue qu'une grande partie de la théorie psychanalytique concerne les premières années et l'enfance, mais dans un certain sens, on peut dire que Freud a négligé l'enfance en tant qu'état en soi. On peut le constater dans une note de Deux principes du fonctionnement mental (Formulations on the Two Principles of Mental Functioning [4], p. 200) ; il y montre bien qu'il sait qu'il prend pour établis les faits mêmes qu'il étudie dans ce travail. Dans ce texte, il décrit le développement qui va du principe de plaisir au principe de réalité, selon sa façon habituelle de reconstruire l'enfance de ses patients adultes. Voici le texte de cette note : On peut légitimement objecter qu'une organisation qui est l'esclave du principe de plaisir et qui ne tient pas compte de la réalité extérieure, est incapable de se maintenir en vie pendant le temps même le plus court, si bien qu'elle n'aurait pas pu se former du tout. L'emploi d'une fiction de ce genre est cependant justifié par la considération suivante : le bébé, si seulement l'on compte aussi les soins maternels, réalise en fait, à peu près, un tel système psychique. Freud reconnaissait pleinement par là l'importance de la fonction des soins maternels et on peut supposer que s'il n'a pas développé ce sujet, c'est simplement qu'il ne se sentait pas prêt à analyser ses implications. La note se poursuit ainsi : Il hallucine probablement la satisfaction de ses besoins internes, il trahit son déplaisir (résultat de l'accroissement de la stimulation et du retard de la satisfaction), par la décharge motrice consistant à crier et à se débattre et il éprouve alors la satisfaction hallucinatoire. Plus tard, devenu enfant, il apprend à user intentionnellement de ces modes de décharge en tant que moyen d'expression. Comme les soins donnés au bébé sont les prototypes des soins ultérieurs donnés à l'enfant, la suprématie du principe de plaisir ne peut en réalité cesser qu'avec le détachement psychique complet d'avec les parents.
  14. 14. 10 REVUE FRANÇAISE DE PSYCHANALYSE Les mots : « Si seulement l'on compte aussi les soins maternels », ont une grande importance dans le contexte de ce travail. Le nourrisson et les soins maternels forment une unité (1). Il est certain que si l'on veut étudier la théorie des relations parent-nourrisson, on doit prendre une décision à ce sujet, car il concerne la signification exacte du mot dépendance. Il ne suffit pas de reconnaître l'importance du milieu. S'il doit y avoir une discussion de la théorie de la relation parent-nourrisson, les participants se trouveront divisés si certains n'admettent pas qu'aux stades précoces, le nourrisson et les soins maternels appartiennent l'un à l'autre et ne peuvent être démêlés. Ces deux choses, le nourrisson et les soins maternels, se démêlent et se dissocient au cours d'une évolution heureuse ; et la santé mentale, qui signifie tant de choses, signifie dans une certaine mesure la séparation des soins maternels de quelque chose que nous appelons alors le nourrisson ou les débuts d'un enfant en évolution. Les mots de Freud à la fin de la note recouvrent cette idée : « La suprématie du principe de plaisir ne peut en réalité cesser qu'avec le détachement psychique complet d'avec les parents. » (Je discuterai de la partie centrale de cette note plus loin et je suggérerai que les mots de Freud sont ici inadéquats et induisent en erreur à certains points de vue, si l'on considère qu'ils se réfèrent au stade le plus précoce) (cf. p. 18). LE MOT « NOURRISSON » (infant, EN ANGLAIS) J'emploierai dans ce travail le mot nourrisson pour désigner le très jeune enfant. Il est nécessaire de le spécifier car dans les travaux de Freud, le mot enfant (infant) semble parfois inclure l'enfant jusqu'à l'âge de la résolution du complexe d'OEdipe. En fait le mot nourrisson (infant) implique l'absence de langage (infant) et il n'est pas inutile de considérer cette époque comme la phase qui précède la représentation par le mot et l'usage des symboles. En conséquence, il s'agit d'une phase où le nourrisson dépend des soins maternels qui sont basés sur l'empathie de la mère plutôt que sur sa compréhension de ce qui pourrait être exprimé verbalement. Il s'agit essentiellement d'une période où le Moi se développe et dont l'intégration est l'aspect principal. Les forces du Ça réclament de l'attention. Au début, elles sont extérieures au nourrisson. Au cours d'un (1) J'ai dit un jour : « Cette chose qu'on appelle un nourrisson n'existe pas. » J'entendais naturellement par là que partout où l'on trouve un nourrisson, on trouve des soins maternels et que sans soins maternels, il n'y aurait pas de nourrisson. (Cela se passait lors de la discussion à une réunion scientifique de la Société psychanalytique britannique, autour de 1940.) Etais-je influencé, sans le savoir par cette note de Freud ?
  15. 15. LA THÉORIE DE LA RELATION PARENT-NOURRISSON II développement normal, le Ça se met au service du Moi qui le domine de sorte que les satisfactions du Ça deviennent des renforcements du Moi. Mais ceci est l'évolution normale, et au cours de la première enfance, il peut y avoir beaucoup de variantes dues à un échec relatif de cette réalisation. En cas de mauvaise évolution, peu de résultats dé cette sorte sont atteints, ou bien ils sont atteints puis perdus. Dans la psychose infantile (schizophrénie) le Ça reste relativement ou totalement « extérieur » au Moi et les satisfactions du Ça restent physiques et ont comme effet de menacer la structure du Moi jusqu'à ce que s'organisent des défenses de qualité psychotique (1). Je défends ici l'opinion que la raison principale pour laquelle, au cours de son développement, le nourrisson devient habituellement capable de dominer le Ça et le Moi de l'inclure, est le fait que, par les soins maternels, le Moi de la mère renforce celui del'enfant et le rend ainsi puissant et stable. Reste à étudier comment ceci se passe et aussi comment le Moi de l'enfant peut se libérer du support du Moi de sa mère afin d'arriver à se détacher mentalement d'elle, c'est-à-dire à réaliser une différenciation et à être un soi personnel séparé. Pour pouvoir examiner la relation parent-enfant, il est nécessaire de tenter d'abord un bref exposé de la théorie du développement émotionnel du nourrisson. HISTORIQUE Au cours de l'évolution de la théorie psychanalytique, les premières hypothèses concernèrent les mécanismes de défense du Ça et du Moi. On considérait que le Ça arrivait en scène très tôt et une des principales données de la psychologie clinique est la découverte et la description par Freud de la sexualité prégénitale, grâce à ses observations sur les éléments régressifs des fantasmes génitaux, des jeux et des rêves. Les mécanismes de défense du Moi furent peu à peu formulés (2). On considérait qu'ils s'organisaient en relation avec l'angoisse due à la de cette hypothèse destinée' à la compréhension (1) J'ai essayé de montrer l'application des psychoses dans mon article : Psychose et soins du nourrisson [13]. sur les mécanismes de défense qui ont suivi celui d'Anna FREUD (Le Moi (2) Les travaux et les mécanismes de défense [1] ), sont parvenus par un chemin différent à une réévaluation significative du rôle du maternage et son premier développement. dans les soins au nourrisson A. FREUD [2] a réaffirmé ses vues actuelles sur ce sujet. Willi HOPFER également a fait des observations pertinentes dans ce domaine du développement dans ce [7]. Cependant, mon intention travail est de montrer non seulement l'importance cruciale du rôle du milieu parental pour le du nourrisson pendant les premiers mois, mais aussi la façon dont ceci prend développement une signification clinique spéciale dans notre travail avec certains types de malades à troubles caractériels et affectifs.
  16. 16. 12 REVUE FRANÇAISE DE PSYCHANALYSE tension des instincts ou à la perte de l'objet. Cette partie de la théorie présuppose que le Soi est séparé, le Moi structuré et psychanalytique peut-être, un schéma corporel personnel. Au niveau qui nous intéresse dans ce travail, on ne peut encore envisager un tel état principalement de choses. La discussion se centre précisément sur l'établissement de cet état de choses, c'est-à-dire du Moi qui rend possible la structuration l'existence de l'angoisse à partir de la tension des instincts ou de la perte de l'objet. A ce stade précoce, l'angoisse n'est pas une angoisse de castration ou de séparation, elle concerne bien d'autres choses et est en fait, une angoisse d'annihilation (cf. l'aphanisis de Jones). Dans la théorie psychanalytique, les mécanismes de défense sont et liés en grande partie à l'idée de l'enfant qui a de l'indépendance, une organisation les de défense bien personnelle. A cette frontière, recherches de Klein complètent en clarifiant la théorie freudienne le jeu entre les angoisses primitives et les mécanismes de défense. Ce travail de Klein concerne la première enfance et attire l'attention sur des pulsions agressives et destructrices qui sont plus prol'importance fondément enracinées que celles qui sont une réaction à la frustration et sont en relation avec la haine et la colère ; il y a également dans le travail de Klein une dissection des premières défenses contre les aux premiers stades angoisses primitives, angoisses qui appartiennent de l'organisation mentale (scission, projection, introjection). Ce que décrit le travail de Melanie Klein appartient clairement à la vie du nourrisson dans ses phases les plus précoces et à la période de Melanie Klein a bien montré dépendance dont s'occupe ce travail-ci. à cette période de l'environnement qu'elle reconnaissait l'importance et de diverses façons à tous les stades (1). Je pense donc que son travail et celui de ses collaborateurs laissent la porte ouverte à de plus amples développements du thème de l'entière dépendance, thème qui apparaît dans la phrase de Freud : «... le nourrisson, si seulement l'on compte aussi les soins maternels. » Il n'y a rien dans le travail de Klein qui contredit l'idée de dépendance absolue, mais il me semble n'y avoir aucune référence spécifique à un stade où le nourrisson n'existe qu'à cause des soins maternels avec lesquels il forme une unité. Ce qui m'amène à faire remarquer ici la différence entre l'acceptation par l'analyste de la réalité de la dépendance, et son travail sur elle dans le transfert (2). (1) J'ai exposé en détails dans deux articles Klein dans ce domaine [14, 19]. voir [15]. (2) Pour un exemple clinique, comment je comprends le travail de Melanie
  17. 17. LA THÉORIE DE LA RELATION PARENT-NOURRISSON 13 Il semble qu'en étudiant les défenses du Moi on se trouve ramené aux manifestations prégénitales du Ça, alors que l'étude de la psychologie du Moi ramène à la dépendance, à l'unité nourrisson-soins maternels. Une moitié de la théorie des relations nourrisson-parent concerne le nourrisson et est l'étude de son évolution de la dépendance absolue à l'indépendance en passant par une dépendance relative, et parallèlement, de son évolution du principe de plaisir au principe de réalité, de l'auto-érotisme aux relations d'objet. L'autre moitié de cette théorie concerne les soins maternels, c'est-à-dire les qualités et modifications de la mère qui répondent aux besoins spécifiques du nourrisson vers lequel elle est orientée. a) LE NOURRISSON Le mot clé de ce chapitre est dépendance. Les nourrissons humains ne peuvent commencer à Être que dans certaines conditions. Celles-ci sont étudiées plus loin au chapitre B, mais font partie de la psychologie du nourrisson. En effet les bébés commencent à Être différemment selon qu'elles sont favorables ou non. En même temps, elles ne déterminent pas le potentiel. Celui-ci est hérité et il est légitime d'étudier séparément ce potentiel originel, toujours à condition de ne pas oublier que le potentiel originel d'un nourrisson ne peut devenir un nourrisson s'il n'est pas lié à des soins maternels. Le potentiel hérité comporte une tendance à la croissance et au On peut dater grossièrement tous les stades de la développement. croissance émotionnelle. On peut supposer que tous les stades du développement ont une date chez chaque enfant. Et cependant, non seulement ces dates varient d'un enfant à l'autre, mais aussi, même si on pouvait les connaître à l'avance chez un enfant donné, on ne pourrait les employer à prédire le développement réel de l'enfant à cause de l'autre facteur, les soins maternels. Si on pouvait utiliser de telles dates à faire des prédictions, ce serait en se basant sur la supposition de soins maternels adéquats dans tous les aspects importants (ceci, de toute évidence, ne signifie pas uniquement adéquat au sens physique ; la signification de soins adéquats ou non dans ce contexte sera discutée plus loin). Le potentiel hérité et son destin Il nous faut maintenant tenter de décrire brièvement ce qu'il advient du potentiel originel, si celui-ci doit se développer en un nourrisson puis en un enfant tendant à une existence indépendante. Étant donné la complexité du sujet, une telle description ne peut se faire qu'en supposant des soins maternels adéquats, c'est-à-dire des soins parentaux.
  18. 18. 14 REVUE FRANÇAISE On peut classer grossièrement stades qui se recouvrent : a) b) c) DE PSYCHANALYSE les soins parentaux satisfaisants en trois Soutien (1); Vie ensemble de la mère et de l'enfant. Ici le nourrisson ne connaît pas la fonction du père (qui s'occupe du milieu pour la mère) ; Vie ensemble du père, de la mère et de l'enfant. du mot soutien s'étend ici non seulement au fait que la L'emploi mère porte réellement physiquement le nourrisson, mais aussi aux soins totaux du milieu, antérieurs au concept de vie avec. En d'autres termes, cette notion de soutien se réfère à une relation spatiale à trois dimensions, à laquelle s'ajoute progressivement le temps. Ceci débute avant les expériences instinctuelles qui, à un moment donné, vont déterminer les relations d'objet, et se superpose à ces expériences. Ce concept inclut le maniement d'expériences inhérentes à l'existence, telles que l'accomplissement (et donc le non-accomplissement) de processus qui, de l'extérieur, peuvent paraître purement physiologiques, mais qui appartiennent à la psychologie du nourrisson et se situent dans un champ psychologique et l'empathie de la complexe, champ déterminé par la compréhension mère (je discute plus amplement ce concept de soutien, un peu plus loin). La notion de vie avec implique des relations d'objet et l'émergence du nourrisson de l'état où il était fusionné à la mère, ou la perception des objets comme extérieurs à soi. Ce travail s'intéresse spécialement à l'époque du « soutien » des soins maternels, et aux événements complexes du développement psychologique du nourrisson qui sont liés à cette phase. Il ne faut cependant pas oublier que la séparation d'une phase de l'autre est artificielle et surtoutune question de commodité, adoptée dans le but d'une définition plus claire. Le développement du nourrisson pendant la période de soutien On peut énumérer les caractéristiques du développement risson pendant cette phase. C'est à cette époque que — les processus primaires ; — l'identification primaire ; — l'auto-érotisme ; — le narcissisme primaire ; sont des réalités vivantes. du nour- (1) Le mot anglais est holding, gérondif du verbe to hold, tenir, c'est-à-dire soutenir, porter dans ses bras, etc. l,'auteur explique lui-même un peu plus loin ce qu'il entend par là. Nous emploierons en français le mot « soutien », qui nous semble se rapprocher de l'idée de l'auteur.
  19. 19. LA THÉORIE DE LA RELATION PARENT-NOURRISSON 15 A cette période, le Moi passe d'un état non intégré à une intégration structurée et ainsi le nourrisson devient capable d'expérimenter l'anLe mot désintégration se met à goisse associée à la désintégration. du prendre une signification qu'il n'avait pas avant que l'intégration Moi devienne un fait. A cette phase, dans un développement normal, le nourrisson retient la capacité de vivre à nouveau des états non intéde soins maternels sûrs grés, mais cela dépend de la continuité ou de l'édification par le nourrisson de souvenirs des soins maternels qu'il commence peu à peu à percevoir comme tels. Le résultat de progrès normaux dans son développement pendant cette période est que le nourrisson atteint ce qu'on pourrait appeler un « état d'unité ». Il devient une personne, un individu de son propre chef. L'existence du nourrisson est associée à cette psychosomatique réalisation et elle commence à avoir une allure personnelle ; j'ai appelé cela l'installation de la psyché dans le soma (1). La base de cette installation est constituée par le lien entre les expériences motrices, sensorielles et fonctionnelles et le nouvel état du nourrisson : être une personne. Dans la suite du développement apparaît ce qu'on pourrait appeler une membrane de délimitation qui, dans une certaine mesure (dans les cas normaux), se confond avec la surface de la peau et qui se situe entre le « Moi » et le « non-Moi » du nourrisson. Ainsi le nourrisson en vient à avoir un intérieur et un extérieur et un schéma corporel. C'est ainsi que la fonction de prendre en soi et de rejeter prend une signification ; bien plus, postuler une réalité psychique interne ou personnelle pour l'enfant devient plein de signification (2). D'autres processus débutent pendant cette période de soutien ; le plus important est l'éveil de l'intelligence et le début d'un esprit, distinct de la psyché. De là découle toute l'histoire des processus secondaires et du fonctionnement et de l'organisation d'un contenu symbolique, psychique personnel qui forme une base pour les relations de la vie et des rêves. Au même moment commence chez le nourrisson la jonction de deux racines du comportement impulsif. Le mot « fusion » indique le processus positif par lequel les éléments diffus du mouvement et de l'érotisme musculaire fusionnent avec le fonctionnement orgastique des zones érogènes (dans le développement normal). Ce concept est mieux connu comme étant le processus inverse de la désintrication, défense à ce sujet. (1) Voir dans [11], ce que j'ai dit auparavant (2) C'est ici que l'on peut appliquer de façon appropriée les connaissances sur les fantasmes dont l'enseignement de Mélante Klein nous a appris la richesse et la complexité. primitifs
  20. 20. 16 REVUE FRANÇAISE DE PSYCHANALYSE compliquée où l'agression se sépare de l'expérience érotique après une période où avait été réalisé un certain degré de fusion. Tous ces développements dépendent de la qualité du soutien offert par le milieu, et si elle n'est pas suffisante, ces stades ne peuvent être atteints, ou s'ils sont atteints, ils ne peuvent s'affermir. La dépendance Pendant la période de soutien, le nourrisson est dépendant au maximum. On peut classer la dépendance ainsi : 1) Dépendance absolue. — Ici le nourrisson n'a aucun moyen de connaître les soins maternels qui sont surtout une question de prophylaxie. Il ne peut acquérir la maîtrise sur ce qui est bien ou mal fait mais est seulement dans une position où il peut profiter ou souffrir. 2) Dépendance relative. — Le nourrisson peut se rendre compte de son besoin des détails des soins maternels et peut de plus en plus les relier à des impulsions personnelles et alors plus tard, dans un traitement psychanalytique, il pourra reproduire celles-ci dans le traitement. 3) Vers l'indépendance. — Le nourrisson développe les moyens de se passer des soins. Ceci est rendu possible par l'accumulation des souvenirs de soins, la projection des besoins personnels, et l'introjection du détail des soins, en même temps que se développe la confiance dans l'environnement. Il faut ajouter ici l'élément de compréhension intellectuelle avec ses innombrables implications. Isolement de l'individu Un autre phénomène à prendre en considération à cette époque est le fait que le germe de la personnalité est caché. Examinons le concept d'un vrai Soi central. On pourrait dire que ce Soi central est le potentiel originel qui expérimente de façon continue le fait d'être et d'acquérir, à sa façon et à sa vitesse propres, une réalité psychique personnelle ainsi qu'un schéma corporel personnel (1). Il semble nécessaire d'admettre l'idée de l'isolement de ce Soi central comme une caractéristique de l'état normal. Toute menace dirigée vers cet isolement du vrai Soi constitue une angoisse majeure à ce stade précoce et les défenses de la première enfance semblent apparaître à la suite d'échecs de la part de la mère (ou des soins maternels) à écarter les heurts qui pourraient troubler cet isolement. (1) J'ai étudié dans un autre article [20] un aspect différent ment, tel que nous le voyons chez l'adulte normal. de cette phase du développe-
  21. 21. LA THÉORIE DE LA RELATION PARENT-NOURRISSON 17 C'est l'organisation du Moi qui peut faire face à ces heurts qui se ressemblent dans l'omnipotence du nourrisson et sont ressentis comme des projections (1). Mais ces attaques peuvent aussi traverser cette défense malgré le support du Moi que constituent les soins maternels. Alors le noyau central du Moi est touché et c'est là la vraie nature de L'individu normal devient rapidement invull'angoisse psychotique. nérable à ce point de vue et si des facteurs externes le heurtent, il se de degré et de qualité de la une modification produit simplement retraite du Soi central. La meilleure défense à cet égard est l'organisation et les relations d'objet d'un faux Soi. Les satisfactions instinctuelles elles-mêmes constituent une menace pour la continuité de l'individu. satisExemple. — Un enfant nourri au sein est en train d'obtenir faction. Le fait en soi n'indique pas si cette expérience du Ça est acceptée par le Moi ou si au contraire il souffre du traumatisme d'une séduction, d'une menace pour la continuité personnelle de son Moi ou d'une menace constituée par une expérience du Ça qui n'est pas acceptée voulu pour réagir. par le Moi et à laquelle le Moi n'a pas l'équipement les relations d'objet peuvent se développer sur la Normalement, dans ce que plus tard base d'un compromis qui implique l'individu alors qu'une relation directe on appellerait tricherie et malhonnêteté, n'est possible que sur la base d'une régression à un état de fusion avec la mère. L'annihilation (2) A ce stade précoce de la relation parent-enfant, l'angoisse est liée et il est nécessaire d'expliquer la signification à la menace d'annihilation de ce mot. A cette phase, caractérisée par l'existence essentielle d'un environnement qui soutient, le « potentiel originel » devient « un sentiment continu d'existence ». L'opposé d'exister est réagir, et réagir interrompt l'existence et annihile. Les deux alternatives sont : existence ou annihilation. La fonction principale du milieu qui soutient est donc de réduire au maximum les heurts auxquels le nourrisson doit réagir avec, comme de l'existence personnelle. Dans des conditions résultat, l'annihilation établit un sentiment d'existence continu et favorables, le nourrisson » dans un sens descriptif et dynamique et non dans sa ici le mot « projections (1) J'utilise des mécanismes totale. La fonction psychiques primitifs signification métapsychologique tels que l'introjection, la projection, la scission, sort des limites de ce travail. (2) J'ai décrit dans un précédent article les variétés cliniques de ce type d'angoisse d'un point de vue légèrement différent. PSYCHANALYSE 2
  22. 22. 18 REVUE FRANÇAISE DE PSYCHANALYSE de commence alors à développer les sophistications qui permettent A ce stade, le rassembler les heurts dans le domaine de l'omnipotence. mot mort n'a aucune application possible, ce qui rend l'expression instinct de mort inacceptable pour décrire les racines de la destructivité. La mort n'a aucune signification jusqu'à l'arrivée de la haine et du concept de la personne humaine totale. Lorsque l'enfant peut haïr une personne humaine totale, la mort a alors une signification et, immédiatement après, suit ce qu'on pourrait appeler la mutilation ; l'enfant maintient en vie la personne aimée et haïe en la châtrant ou en la mutilant autrement au lieu de la tuer. Ces idées font partie d'une phase plus tardive que celle caractérisée par la dépendance envers l'environnement et son soutien. Nouvel examen de la note de Freud Arrivé à ce point, il faut nous tourner à nouveau vers la note de Freud citée plus haut. Il écrit : « Il (le bébé) hallucine probablement la satisfaction de ses besoins internes ; il trahit son déplaisir, résultat de l'accroissement de la stimulation et du retard de la satisfaction, par une décharge motrice consistant à pleurer et à se débattre, et il éprouve » La théorie esquissée dans cette alors la satisfaction hallucinatoire. partie de la note ne parvient pas à répondre aux conditions de la phase la plus précoce. Déjà par ces mots, Freud se réfère aux relations d'objet et la validité de ce passage n'est acquise qu'en admettant les aspects les plus précoces des soins maternels, ceux que je décris ici dans la phase de soutien. D'autre part, cette phrase de Freud répond exactement aux exigences de la phase suivante qui se caractérise par une relation entre le nourrisson et sa mère dominée par les relations d'objet et les satisfactions instinctuelles ou des zones érogènes ; ceci, quand le développement évolue normalement. b) LES SOINS MATERNELS tenter de décrire certains aspects des soins Je vais maintenant dans maternels, et spécialement le soutien. Ce concept est important cet article, et il mérite d'amples développements. L'emploi de ce mot est destiné à introduire le développement du thème de la phrase de Freud : «... la considération suivante : le bébé, si seulement l'on compte aussi les soins maternels, réalise en fait à peu près un tel système du mental. » Je me réfère à l'état de la relation mère-nourrisson début, quand l'enfant n'a pas encore séparé un Soi des soins mater-
  23. 23. LA THÉORIE DE LA RELATION PARENT-NOURRISSON 19 nels dont il dépend de façon absolue, dans un sens psychologique (1). A ce stade, l'enfant a besoin, et en fait reçoit du milieu des apports dont les caractéristiques sont : — ils répondent aux besoins A ce moment, la physiophysiologiques. logie et la psychologie ne sont pas encore distinctes ou commencent seulement à le devenir; et — ils sont dignes de confiance. Mais non Ils le sont mécaniquement. d'une façon qui implique l'empathie de la mère. Le soutien a) b) c) d) Protège contre les dangers physiologiques ; et Tient compte de la sensitivité de la peau (toucher, température) — de la sensitivité auditive ; — de la sensitivité visuelle ; — de la sensitivité à la chute (action de la pesanteur) ; — ainsi que du fait de quoi que l'enfant ignore l'existence d'autre que le Soi ; : que ce soit Inclut la routine des soins de jour et de nuit, soins qui ne sont pas les mêmes et il n'y a pas deux pour deux bébés car ils font partie du nourrisson nourrissons semblables ; dus à la croissance et au dévejour après jour aux changements S'adapte et psychologiques. loppement, physiques Il faut noter qu'on peut aider à mieux faire les mères qui ont en elles le désir de donner des soins suffisants, en s'occupant d'elles d'une façon qui reconnaît la nature essentielle de leur tâche. Mais ce n'est pas simplement en les instruisant qu'on rendra plus aptes les mères qui n'ont pas la capacité d'assurer des soins suffisamment bons. Le soutien comporte spécialement le fait physique de porter le nourrisson, ce qui est une forme d'amour. C'est peut-être la seule façon par laquelle une mère peut montrer son amour au nourrisson. Il y a celles qui savent, et celles qui ne savent pas tenir un enfant, et ces dernières provoquent rapidement chez le bébé un sentiment d'insécurité et des pleurs de détresse. Tout cela mène à l'établissement des premières relations d'objet du nourrisson et de ses premières expériences de gratification instinctuelle (2), comprend cet établissement et coexiste avec lui. et de la gratification (1) Rappel : pour être certain de séparer cela des relations d'objet il me faut, de façon artificielle, limiter mon attention aux besoins corporels de instinctuelle, type général. Un patient m'a dit : « Une bonne séance d'analyse dans laquelle la bonne inter» prétation est donnée au bon moment est une bonne nourriture. (2) Pour une plus ample discussion de cet aspect des processus de développement, voir mon article [12].
  24. 24. 20 REVUE FRANÇAISE DE PSYCHANALYSE Ce serait une erreur de situer la gratification instinctuelle (nourriture, etc.), ou les relations d'objet (relation avec le sein) avant l'organisation du Moi (j'entends le Moi du nourrisson renforcé par le Moi La base de la satisfaction instinctuelle et des relations maternel). d'objet est constituée par le maniement et les soins du nourrisson, qu'on considère trop facilement comme allant de soi quand tout va bien. La santé mentale de l'individu, c'est-à-dire libre de psychose ou enclin à la psychose (schizophrénie), s'établit à partir des soins maternels des qu'on note à peine quand ils sont bons et qui sont la continuation de la période prénatale. Cet apport du milieu apports physiologiques est aussi la continuation de la vie des tissus et de la bonne santé des diverses fonctions qui (pour le nourrisson), fournissent au Moi un la support silencieux mais vital. C'est ainsi que la schizophrénie, à une psychose plus tardive psychose infantile ou une prédisposition sont liées à la carence des appels du milieu. Cela ne veut pas dire cependant qu'on ne peut décrire un tel échec en termes de distorsion du Moi et de défenses contre les angoisses primitives, c'est-à-dire en fonction de l'individu. On voit donc que le travail de Klein sur les mécanismes de défense par scission, sur la projection, etc., constitue l'introjection, une tentative pour décrire les effets de cet échec des apports du milieu, en fonction de l'individu. Ce travail sur les mécanismes primitifs et c'est la reconstruction du qu'une partie de l'histoire n'explique milieu et de ses échecs qui pourra éclairer l'autre partie. Cette autre partie ne peut pas apparaître dans le transfert car le patient ne connaît pas les soins maternels, ni dans leurs bons ni dans leurs mauvais aspects, tels qu'ils furent au cours de sa première enfance. Étude d'un détail des soins maternels Je voudrais donner un exemple pour illustrer la subtilité des soins maternels. Un nourrisson est fusionné avec sa mère, et tant qu'il en est ainsi, plus la mère comprend exactement les besoins de son enfant, mieux cela vaut. Un changement apparaît cependant avec la fin de cette fusion, qui n'est pas nécessairement graduelle. Dès que, du point de vue du nourrisson, lui et sa mère sont séparés, on peut noter une tendance chez celle-ci à changer d'attitude. C'est comme si elle réalisait alors que le nourrisson ne s'attend plus à une compréhension presque magique de ses besoins. La mère semble savoir que son bébé a une nouvelle capacité, celle de donner un signal qui la guidera pour comprendre ses besoins. On pourrait dire que si à ce moment elle savait trop bien ce
  25. 25. LA THÉORIE DE LA RELATION PARENT-NOURRISSON 21 dont son nourrisson a besoin, ce serait magique et cela ne constituerait pas la base possible d'une relation d'objet. Nous en venons ici aux mots de Freud : « Il (le nourrisson) hallucine probablement la satisfaction de ses besoins internes ; il trahit son déplaisir (résultat de l'accroissement de la stimulation et du retard de la satisfaction) par la décharge motrice consistant à crier et à se débattre et il éprouve alors la satis» En d'autres termes, à la fin de la fusion, quand faction hallucinatoire. le nourrisson s'est séparé du milieu, un fait important est qu'il a à donner un signal (1). Cette subtilité apparaît clairement dans le transfert, dans le travail psychanalytique. Sauf lorsque le patient a régressé à son enfance la plus précoce et à l'état de fusion, il est très important que l'analyste ne connaisse les réponses que dans la mesure où le patient lui en fournit les éléments. Il les réunit et fait les interprétations et il arrive souvent que les patients ne donnent pas ces éléments, s'assurant ainsi du pouvoir de que l'analyste ne pourra rien faire. Cette limitation l'analyste est importante pour le malade, tout comme est important le exacte, donnée pouvoir de l'analyste représenté par une interprétation au bon moment, et qui se base sur les indices et la coopération inconsciente du malade qui fournit le matériel nécessaire à l'élaborer et la justifier. C'est ainsi que l'analyste débutant fait parfois de meilleures analyses que quelques années plus tard, quand il connaît toutes les réponses. Quand il a eu plusieurs patients, il commence à trouver ennuyeux d'aller aussi lentement que son malade et il se met à donner des interprétations basées, non sur le matériel fourni ce jour-là par son patient, mais sur ses connaissances accumulées ou sur le groupe d'idées auquel il adhère à ce moment-là. Ce qui n'est d'aucune utilité pour le et lui exprimer son patient. Il peut trouver l'analyste très brillant correcte est un traumatisme admiration, mais à la fin, l'interprétation que le patient doit rejeter parce que ce n'est pas la sienne. Il se plaint c'est-à-dire que l'analyste de ce que l'analyste essaye de l'hypnotiser, encourage une importante régression vers la dépendance en le poussant à un état de fusion avec lui. La même chose peut s'observer chez les mères ; celles qui ont eu plusieurs enfants commencent à tellement exceller dans la technique du maternage qu'elles font toujours la bonne chose au bon moment, et alors, le nourrisson qui a commencé à se séparer de sa mère n'a pas le moyen d'acquérir la maîtrise de toutes les bonnes choses qui se passent. tous ces petits signes qui Le geste créateur, le cri, la protestation, (1) Cf. La théorie plus tardive de Freud sur l'angoisse, signal pour le Moi [6].
  26. 26. 22 REVUE FRANÇAISE DE PSYCHANALYSE devraient provoquer ce que fait la mère, tout cela manque parce qu'elle a déjà satisfait le besoin comme si le bébé était toujours fusionné avec elle et elle avec lui. De cette façon, la mère en étant apparemment une bonne mère, fait quelque chose de pire que de châtrer son enfant ; elle le laisse devant une alternative : ou bien être dans un état permanent de régression et de fusion avec elle, ou bien échafauder un rejet total d'elle, même si elle paraît bien adaptée. Nous voyons donc que dans la façon de s'occuper des nourrissons il y a une distinction subtile entre la compréhension maternelle des besoins du nourrisson basée sur l'empathie, et son évolution vers une compréhension basée sur quelque chose chez le bébé ou le jeune enfant qui indique un besoin. Ceci est particulièrement difficile pour les mères parce que les enfants oscillent d'un état à l'autre ; à un moment, ils sont fusionnés avec leur mère et réclament de l'empathie, alors que la minute suivante, ils sont séparés d'elle, et si elle connaît alors leurs besoins à l'avance, elle est dangereuse, une sorcière. Il est très curieux de voir comme des mères peu instruites s'adaptent de façon satisfaisante à ces modifications de leur enfant en cours de développement, sans avoir la moindre connaissance théorique. Ce détail se retrouve dans le travail psychanalytique avec les cas limites et dans tous les cas, à certains moments de grande importance où le transfert est à son plus haut point. Absence de connaissancedes soins maternels satisfaisants Dans le domaine des soins maternels du type du soutien, il est un axiome : lorsque tout va bien, le nourrisson n'a aucun moyen de connaître ce qui lui est convenablement fourni et ce dont il est préservé. D'autre part c'est quand les choses ne vont pas bien que le nourrisson devient conscient, non pas de la carence des soins maternels, mais des résultats de cet échec, quels qu'ils soient, c'est-à-dire que le nourrisson devient conscient d'une réaction à un heurt. Le résultat de soins maternels satisfaisants est l'élaboration chez le nourrisson d'un sentiment continu d'exister qui est la base de la force du Moi ; tandis que chaque carence de soins maternels résulte en une interruption de ce sentiment causée par les réactions aux conséquences de cette carence, et il s'ensuit un affaiblissement du Moi (1). De telles interruptions constice sont cet affaiblissement (1) Dans les cas caractériels, du Moi et les diverses tentatives de l'individu pour le résoudre qui se présentent à l'attention et cependant il est immédiate, nécessaire d'avoir une vue claire de l'étiologie pour pouvoir séparer l'aspect défensif de ce système de son origine dans la carence du milieu. Je me suis référé à un aspect spécifique de ceci en diagnostiquant la tendance antisociale comme le problème de base derrière le syndrome de la délinquance [17].
  27. 27. LA THÉORIE DE LA RELATION PARENT-NOURRISSON 23 tuent une annihilation et s'associent évidemment avec une souffrance de qualité et d'intensité psychotiques. Dans les cas extrêmes, le nourrisson n'existe que sur la base d'une succession de réactions aux heurts et de rétablissements après ces réactions. Ceci contraste avec le sentiment continu d'exister qui est ma conception de la force du Moi. c) LES CHANGEMENTS CHEZ LA MÈRE Il importe à ce sujet d'étudier les modifications qui surviennent chez les femmes qui vont avoir un bébé ou qui viennent d'en avoir un. Au départ, ces modifications sont surtout physiologiques, et commencent avec le fait physique de porter un bébé dans son sein. Cependant l'expression « instincts maternels » ne suffirait pas à les définir. En les femmes changent leur orientation envers ellesfait, normalement mêmes et le monde, mais si profondément enracinés dans le physiologique que soient ces changements, ils peuvent être déformés par la mauvaise santé mentale de la femme. Il faut donc envisager ces changements en termes psychologiques bien qu'il puisse y avoir des facteurs endocriniens, influençables par la thérapeutique. Les changements physiologiques préparent certainement la femme aux modifications ultérieures, plus subtiles. psychologiques Peu après la conception, ou dès que celle-ci est soupçonnée, la femme commence à se modifier dans son orientation et à s'intéresser aux changements qui ont lieu en elle. Son propre corps l'encourage de diverses façons à s'occuper d'elle-même (1). La mère transfère une partie de son sentiment de soi au bébé qui croît en elle. La chose est que prend corps un état de choses qui mérite d'être importante décrit et dont la théorie demande à être élaborée. L'analyste placé devant les besoins d'une patiente qui revit dans le transfert ces premiers stades, subit de semblables changements d'orientation et, au contraire de la mère, il doit être conscient de la sensibilité et à la dépendance qui se développe en lui en réponse à l'immaturité de la malade. On pourrait considérer ceci comme une extension de la description donnée par Freud de l'analyste en état volontaire d'attention. Ce n'est pas ici le lieu de décrire ces changements d'orientation chez une femme qui va être mère ou vient de l'être et j'ai tenté ailleurs cette description en langage populaire sans termes techniques (21). Il existe une psychopathologie de ces changements, et les anomalies extrêmes intéressent ceux qui étudient la psychologie des démences (1) Pour une étude plus détaillée de ce point, cf. « Préoccupation maternelle primaire » (18).
  28. 28. 24 REVUE FRANÇAISE DE PSYCHANALYSE puerpérales. Il est certain que de nombreuses variations de qualité ne constituent pas une anomalie. C'est le degré de déformation qui la constitue. En général les mères s'identifient d'une façon ou d'une autre au bébé qui croît en elles, et arrivent ainsi à une connaissance très puissante des besoins du bébé. Il s'agit d'une identification projective. Cette identification au bébé dure pendant un certain temps après la naissance puis perd peu à peu sa signification. l'orientation D'ordinaire, spéciale de la mère envers son enfant se poursuit au delà de la naissance. La mère, qui n'est pas perturbée à ce point de vue, est prête à abandonner son identification au nourrisson lorsque celui-ci a besoin de devenir un être séparé. Il peut arriver qu'une mère donne de bons soins au début, mais échoue à compléter de le processus parce qu'elle est incapable de le laisser se terminer, sorte qu'elle tend à rester mêlée à son enfant et à différer le moment où le nourrisson se sépare d'elle. Il est de toute façon difficile pour une mère de se séparer de son nourrisson à la vitesse requise par les besoins de ce dernier (1). Ce qu'il importe ici à mon avis, c'est que la mère, grâce à son identification à son enfant, sait comment le nourrisson se sent et peut ainsi lui fournir à peu près exactement ce dont il a besoin en matière de « soutien » et de façon plus générale, de l'apport d'un milieu. Sans une telle identification, j'estime qu'elle ne pourrait procurer ce dont un nourrisson a besoin au début, c'est-à-dire une adaptation vivante aux besoins du nourrisson. Le principal est le soutien physique qui est la base de tous les aspects plus complexes du soutien et de l'apport d'un milieu en général. Il est vrai qu'une mère peut avoir un bébé très différent d'elle de sorte qu'elle peut se tromper. Le bébé peut être plus rapide ou plus lent qu'elle, etc. Dans ce cas, il peut y avoir des moments où ce qu'elle sent être nécessaire au bébé n'est en fait pas exact. Il semble cependant que d'habitude les mères, quand elles ne sont pas troublées par des difficultés psychiques ou par des stress actuels dus au milieu, tendent dans l'ensemble à savoir de façon assez précise ce dont leurs nourrissons ont besoin et elles aiment le leur fournir. C'est cela l'essence des soins maternels. Grâce aux soins qu'il reçoit de sa mère, le nourrisson peut avoir (1) J'ai présenté dans un article précédent le matériel d'un cas pour illustrer en clinique et qui se relie à ce groupe d'idées (9). problème que l'on rencontre un type de
  29. 29. LA THÉORIE DE LA RELATION PARENT-NOURRISSON 25 une existence personnelle et commencer à construire ce qu'on pourrait appeler un sentiment d'existence continu. Sur la base de ce sentiment, le potentiel originel se réalise peu à peu en un nourrisson individuel. Si les soins maternels ne sont pas suffisamment bons, le nourrisson ne vient pas alors réellement à l'existence, car il n'a pas de sentiment d'existence continu ; à la place sa personnalité s'édifie sur des réactions aux heurts du milieu. Tout ceci est important pour l'analyste. En effet, ce n'est pas tant directe du nourrisson grâce à l'observation que grâce à l'étude du transfert dans la situation analytique; que l'on peut comprendre plus clairement ce qui se passe pendant les premières années. Ce travail sur la dépendance infantile découle de l'étude des phénomènes de transfert et de contre-transfert qui sont le lot du psychanalyste qui s'intéresse aux cas limites. A mon avis cet intérêt constitue une extension légitime de la psychanalyse, la seule altération réelle se trouvant dans le diagnostic de la maladie du patient dont l'étiologie remonte au delà du complexe d'OEdipe et comporte une déformation à l'époque de la dépendance absolue. Freud put découvrir la sexualité infantile parce qu'il la reconstruisit à partir de son travail analytique avec des patients psychonévrotiques. Si nous étendons son travail pour couvrir le traitement des cas limites psychotiques, nous pourrons reconstruire la dynamique de la première enfance et de la dépendance infantile, et des soins maternels qui répondent à cette dépendance. BIBLIOGRAPHIE [1] [2] [3] [4] [5] [6] [7] [8] A. FREUD, Le Moi et les mécanismes de défense, Presses Universitaires de France, Paris, 1949. A. FREUD, Some remarks on infant observation. Psychoanalytic study of the child, VIII, London, Imago, 1953. FREUD (S.), The complete psychological works of Sigmund Freud, Standard vol. X, Hogarth Edition, Press, London, 1909. FREUD (S.), Formulations on the two principles The of mental functioning. works of Sigmund Freud, Standard vol XII, complete psychological Edition, Hogarth Press, London, 1911. FREUD (S.), Au delà du principe de plaisir. Essais de psychanalyse, Payot, Paris, 1920. FREUD (S.), Inhibition, et angoisse, Presses Universitaires de symptôme France, 1927. HOFFER (Willi), : practical and research aspects, Williams Psychoanalysis and Wilkins Co., Baltimore. WINNICOTT Primitive Emotional (D. W.) (1945), Development.
  30. 30. 26 [9] [10] [11] [12] [13] [14] [15] [16] [17] [18] REVUE FRANÇAISE DE PSYCHANALYSE in respect of Mother's Defence against ID. (1948), Réparation Organized depression. ID. (1949), Birth Memories, Birth Trauma, and Anxiety. ID. (1949), Mind and its relation to the psycho-soma. ID. (1951), Transitional objects and transitional phenomena. Care. ID. (1952), Psychoses and Child Emotional ID. (1954), The depressive Position in Normal Development. ID. (1954), Withdrawal and régression. et repli, R. fr. de Régression Psa., nos 1-2, 1955. ID. (1954), Metapsychological and clinical within aspects of Regression the psycho-analytical Set-Up. ID. (1956), The antisocial Tendency. ID. (1956), Primary Maternai Preoccupation. Tous ces travaux se trouvent dans Collected Papers : Through to psycho-analysis. Tavistock Publications, London, 1958. [19] [20] [21] WINNICOTT (D. W.), and (1956), Psycho-analysis contemporary thought, and the sense Paediatrics of guilt., London, Press, Hogarth Psycho-analysis 1958. WINNICOTT (D. W.), (1957), On the capacity to be alone, Int. J. PsychoXXXIX, VI, sept-oct. Verlag, Analysis, 1958, et Psyche, Ernst Klett Stuttgard, 1958. Tavistock PubliWINNICOTT (D. W.), (1949), The Child and the Family, cations, Londres, 1957.
  31. 31. Quelques sur la relation considérations parent-nourrisson par PHYLLIS GREENACRE, M.D. (New York) (1)* INTRODUCTION Le Dr Winnicott une et moi-même avons été chargés d'introduire discussion sur le thème très étendu de La théorie de la relation parentnourrisson au Congrès international de 1961. Si j'ai bien compris, l'intention du Comité qui a élaboré le programme n'est pas tellement que ces exposés donnent un résumé de la théorie généralement admise de la relation parent-nourrisson dans les premières années, mais bien plutôt qu'ils traitent des questions que les auteurs ont plus spécialement étudiées et sur lesquelles ils ont développé des points de vue plus larges, plus complets ou même divergents des théories déjà largement admises. C'est pour cela que j'ai intitulé cet article Quelques considérations sur la relation parent-nourrisson. Ce sujet est un sujet plaisant, car il m'offre de consolider et de clarifier des idées sur l'occasion, et l'obligation, certains problèmes du développement infantile qui m'ont préoccupée tout au long de mes années de travail psychanalytique. Il me faut d'abord mieux définir mon sujet. Le terme enfant (infant) (2) est employé de diverses façons. D'un point de vue légal, un enfant est une personne qui n'a pas atteint l'âge de la maturité, généralement fixé à 21 ans dans nos contrées (3). Cette limite s'appuie de New York et Département de Psychiatrie de l'École de Médecine de l'Uni(1) Hôpital versité Cornell, New York. * Traduction de J. MASSOUBRE. définit dans ce paragraphe a diverses traductions (2) Le mot anglais infant que l'auteur possibles en français : nourrisson, enfant, etc., suivant le contexte. (N.d.T.) de la maturité et de l'enfance coïncide en fait très étroitement (3) Cette définition avec les mesures de la croissance linéaire du squelette chez l'homme. De même, la fin de l'enfance fixée à 18 ans chez la femme est aussi en accord avec les statistiques sur la croissance biologique.
  32. 32. 28 REVUE FRANÇAISE DE PSYCHANALYSE sur l'idée qu'à ce moment, la croissance physique est terminée et que s'est développée la capacité mentale d'une entière parallèlement, individuelle. En pédiatrie et en médecine générale, le responsabilité mot nourrisson (infant) s'emploie souvent pour l'enfant qui ne marche pas encore. Ensuite, il passe au stade de « château-branlant », ce qui amène approximativement à la fin de la première année, ou des premiers 18 mois. Dans certains groupes d'éducateurs, un jeune enfant (infant) est un enfant qui ne va pas encore à l'école ou qui fréquente le jardin d'enfants. La distinction correspond ici à la période oedipienne dont la fin voit l'enfant tendre encore un peu plus vers l'indépendance et élargir le domaine de ses activités hors du cercle de la maison et de la famille. En psychanalyse, quand nous parlons d'une névrose infantile, nous incluons généralement la période oedipienne. Dans le cas présent, le Comité du Programme du Congrès a désigné comme période à étudier les deux premières années de la vie. Ceci correspond à l'époque où l'enfant apprend à marcher et à parler et où débute la pensée par de cette période est d'autant plus processus secondaires. L'intérêt et les premiers stades du grand qu'elle comprend le commencement du Moi. développement Il me paraît évident et significatif ici que, quelle que soit la façon dont on définit le mot « enfant », ses limites semblent toujours marquées dans la maturation par des acquisitions qui amènent une certaine indépendance vis-à-vis de la mère ou des deux parents. Aussi vais-je consacrer ce travail à l'étude des stades importants des fonctions, formes et structures corporelles, lors de la maturation physique (1), leur interaction et leur avec la relation parent-nourrisson j'étudierai effet sur le développement Dans son livre psychique du nourrisson. La psychologie du Moi et le problème de l'adaptation [21], Hartmann montre clairement et de façon répétée l'influence des processus et des sur le développement du Moi, et, étapes biologiques de maturation en liaison avec la fonction du Moi, sur l'adaptation à la réalité de la personnalité totale tout au long de la vie. Il est très tentant de citer de larges extraits de ce livre qui présente (1) On a employé dans des sens divers les mots croissance, développement et maturation. En en volume ou en poids, le développement général, le mot croissance est lié à une augmentation peut inclure cette notion mais met surtout l'accent sur un accroissement dans l'élaboration de la structure et/ou du fonctionnement en ; alors que maturation concerne le développement direction d'un état fonctionnel Comme ces mots sont employés dans des sens qui se optimum. à la confusion. Je les employerai superposent, vouloir les utiliser avec discrimination ajouterait donc indistinctement, suivant en cela la décision de H. V. MEREDITH lorsqu'elle fit une revue de la littérature en 1945 [32].
  33. 33. QUELQUES CONSIDÉRATIONS SUR LA RELATION PARENT-NOURRISSON 29 une discussion riche en suggestions, de l'inter-relation intrinsèque entre les facteurs biologiques et les découvertes et théories psychanalytiques. Bien qu'Hartmann estime que l'étude des processus de croissance biologique n'appartient pas, à proprement parler, au domaine de la psychanalyse, il déclare qu'il faut cependant s'y intéresser si l'on veut la signification de la psychanalyse pour l'éducation, la comprendre sociologie et l'hygiène mentale, domaines difficiles à délimiter et définir. Ainsi qu'il le signale (p. 4), dès 1936 Anna Freud dans Le Moi et les mécanismes de défense [4] (p. 4), a défini la tâche de la psychanalyse comme la nécessité d'arriver « à la connaissance aussi approfondie que possible des trois instances dont l'ensemble constitue, d'après nous, la personnalité psychique, d'étudier leurs rapports mutuels ainsi que leurs relations avec le monde extérieur » (1). Se basant sur ceci, Hartmann ajoute : 1° Qu'il est toutefois possible qu'on puisse attendre de la psychanalyse qu'elle fournisse ou devienne une psychologie générale du développement ; 2° Que s'il en est un jour ainsi, cette psychologie devra inclure l'étude et l'appréciation de domaines extérieurs aux névroses dont nous nous occupons habituellement. Il pense que c'est une anticipation de cette sorte que Freud poursuivait pendant les à la premières années de son travail, quand il se référait continuellement substructure et physiologique des phénomènes psycholobiologique giques et cela a pu être le cas à nouveau quand il a écrit : Analyse terminable et interminable (1937) [7]. « Après tout, dit Hartmann, le développement mental n'est pas simplement le résultat de la lutte avec les pulsions instinctuelles, les objets d'amour, le surmoi, etc. Nous avons des raisons de penser que ce développement est servi par des processus qui fonctionnent depuis le début de la vie... La mémoire, les associations, etc., sont des fonctions qui ne peuvent pas dériver de la relation du Moi aux pulsions instinctuelles ou aux objets d'amour ; elles sont plutôt des conditions préalables à l'idée que nous nous faisons de ces relations et de leur développement » (p. 15). Il est possible que la tendance rigide à restreindre le champ de la psychanalyse à la métapsychologie et à son étude des fonctions mentales établies ait été renforcée par le fait que la psychanalyse s'est développée surtout comme une méthode thérapeutique s'occupant essentiellement de conditions pathologiques ; la théorie a été fortement influencée par les investigations cliniques. Mais c'est surtout la nécessité de maintenir le traitement à l'écart des autres thérapies qui est psychanalytique (1) C'est moi qui souligne.
  34. 34. 3° REVUE FRANÇAISE DE PSYCHANALYSE essentielle à ce point de vue et la théorie a pu abonder dans ce sens. Récemment en vue de protéger la psychanalyse, il a fallu réaffirmer des frontières strictes, à la suite même de sa popularité car celle-ci comportait le danger de sa dilution ou de sa dégradation par des personnes qui, dans notre domaine propre ou dans des domaines adjacents, l'adoptent avec enthousiasme mais sans formation psychanalytique suffisante et qui par conséquent, travaillent parfois sans une discrimination suffisante. De toute façon, l'intérêt pour les problèmes du développement trouve inévitablement sa place si la psychanalyse doit biologique développer un jour une théorie psychologique générale ; or ceci semblé probable si l'on tient compte de l'expansion de l'intérêt pour la science de la psychanalyse elle-même ainsi que de sa croissance inhérente dans ses applications cliniques. Pour parler de façon plus spécifique, on ne peut plus émettre l'objection que « tous ces problèmes sortent du domaine de la psychanalyse... si nous avons sérieusement l'intention de développer la psychologie du Moi commencée par Freud et si nous désirons étudier les fonctions du Moi qu'on ne peut faire dériver des Ces fonctions font partie du domaine du pulsions instinctuelles. développement du Moi autonome. Il est évident que ces processus, le développement et les fonctions somatique et mental, influencent du Moi qui les utilise... qu'ils constituent une des racines (1) du Moi » (Hartmann, p. 101). BUT DE CE TRAVAIL dans ce travail mon opinion sur l'effet J'ai l'intention d'indiquer chez le nourrisson des forces de la maturation et des réciproque influences parentales, et surtout maternelles, pendant les deux premières années. Je mettrai l'accent spécialement sur le développement du Moi. D'un point de vue phénoménologique, j'ai été longtemps impressionnée par l'apparition chez le jeune enfant de certains stades, on pourrait dire de certains noeuds, de capacité et de lutte pour une activité indépendante. Et même, ces stades semblaient être en liaison étroite dans le temps avec des stades de maturation physique : périodes où des réalisations ou incertaines, physiques, jusque-là impossibles « marchaient ». Le jeune enfant semblait alors retirer un sentiment de gratification de la réussite avec un accroissement subséquent d'aisance (une sorte de confiance physique) qui se remarquait dans sa façon (1) C'est moi qui souligne.
  35. 35. QUELQUES CONSIDÉRATIONS SUR LA RELATION PARENT-NOURRISSON 31 assurée, d'être prêt à le faire de nouveau (1). Quand on emploie le mot lutte comme je l'ai fait, il peut sembler qu'on implique déjà la direction autonome d'un Moi développé. Ce dont je veux parler ici est certainement aux frontières du développement du Moi, mais me paraît être d'une poussée de la maturation d'une part à agir et à l'expression des progresser d'une certaine façon, en accord avec le développement structures innées de la croissance, et d'autre part à former les fonctions corporelles des expansions du Moi autonome. Il est très facile de se tromper dans l'interprétation de telles observations à cause des éléments subjectifs de l'observateur. Medawar a écrit : « Chacun reconnaît qu'il y a en fait de profondes ressemblances entre le comportement des hommes et des animaux, mais ces similitudes éveillent des pensées entièrement différentes chez les biologistes et chez les profanes. Quand les profanes voient des souris nourrir et chérir leur jeune, leur première pensée est : « Comme elles sont semblables aux êtres humains, après tout ! » Le biologiste (en tout cas quand il est à son travail) pense : « Comme les hommes sont semblables aux souris après tout ! » [31]. » J'ai toujours ressenti la nécessité d'être prudente devant les extrapolations à partir des observations du comportement animal et devant les interprétations basées sur la ressemblance au comportement humain. Si j'utilise un point de vue biologique, c'est donc plutôt dans un effort pour comprendre les stades et problèmes du développement de l'homme sous l'angle des principes généraux de la biologie — spécialement ceux de la croissance et de la maturation. de façon systématique Personnellement, je n'ai jamais pratiqué l'observation directe de jeunes enfants ; beaucoup de mes observations ont été occasionnelles et comprenaient une relation personnelle. Mais le travail des autres (psychologues et pédiatres), j'ai essayé d'utiliser surtout sur les stades de maturation physique et de comportement dans l'enfance. J'ai complété ces données par le travail de psychanalystes, surtout de ceux aux intérêts cliniques et théoriques très étendus. En premier lieu, mon intérêt fut stimulé par Les trois essais sur la théorie de la sexualité (1910) [8] de Freud, travail dans lequel il a clairement vu se base sur les stades de la croissance libidinal que le développement physique ; plus tard, il a constamment insisté sur les éléments constitutionnels des pulsions instinctuelles et de leur qui sont à l'origine intensité. (1) Ceci rappelle l'opinion de Hartmann que le plaisir est essentiel pour l'acceptation de la réalité. des fonctions du Moi en développement
  36. 36. 32 REVUE FRANÇAISE CARACTERISTIQUES DE PSYCHANALYSE DE LA CROISSANCE La croissance biologique a certaines caractéristiques générales qui sont importantes si nous voulons comprendre l'inter-relation des progrès mentaux et physiques chez le nourrisson : 1° Son évolution a un haut degré d'autonomie ; 2° Elle a tendance à progresser selon une direction céphalo-caudale sauf de rares exceptions et variations ; est jeune, plus la vitesse de croissance est 3° Plus l'organisme grande (taille, poids et différenciation progressive) ; 4° Le développement des fonctions antagonistes des systèmes neuromoteurs (la capacité musculaire d'extension et de flexion) est entremêlé ; ceci se manifeste dans le balancement périodique de la domination de chacun des systèmes ou fonctions, avec une modulation de l'activité qui en résulte ; progressive et avec l'intégration 5° La croissance est sujette à des fluctuations progressives qui aboutissent à des conditions et des réponses plus stables ; j'ai déjà fait allusion à ceci en parlant de la tendance à atteindre des stades ou noeuds, avant de se diriger dans une autre direction de développement ; 6° Elle se fait le plus souvent selon un principe d'individualisation c'est-à-dire que le développement comporte toujours une réponse de l'organisme entier et la croissance de chacune de ses parties ou systèmes ne dépasse pas beaucoup les limites de l'ensemble. Cette réponse de le caracl'organisme entier n'exclut pas, sur une base constitutionnelle, tère unique de l'individu dans des détails spécifiques [12] (1). de l'individu n'est cependant pas L'organisation homéostatique aussi stable et efficace qu'elle le sera plus tard. Le principe de vie semble prendre plus de force après les grands accroissements et fluctuations du développement. Le taux de mortalité de la période néonatale (2 à 4 premières semaines) est extrêmement élevé et est sans doute dû à l'incapacité du nouveau-né de s'adapter promptement à l'expérience de la naissance, et spécialement au changement de milieu. Après les un rôle deux premières années de la vie, le Moi joue certainement des divers aspects d'une dans la synthèse et l'intégration important expérience donnée, quelle que soit sa nature (Nunberg) [34] [35]. Mais à l'intégration, cette tendance de l'organisme qui est liée plus tard, sans doute de façon organique, au principe homéostatique, existe à un (1) GESELL (A.), « L'ontogenèse du comportement chologie de l'enfant de CARMICHAEL. infantile » ; chap. VI du Manuel de psy-
  37. 37. QUELQUES CONSIDÉRATIONS SUR LA RELATION PARENT-NOURRISSON 33 certain degré même avant et pendant le premier développement du Moi, alors que l'expérience ne contient à aucun degré appréciable, une vraie relation d'objet. Il n'y a sans doute pas de stade où le caractère autonome des processus de maturation est plus clair que pendant la vie intra-utérine où ils sont cependant couplés à une dépendance essentielle de l'embryon ou du foetus à la mère, pour sa vie même. En effet, sans cette complète enveloppe protectrice maternelle et sans la nourriture reçue passivement, le très jeune embryon ne pourrait pas croître en taille et en complexité à cause de l'inévitable et exorbitant besoin de subsistance, simplement pour maintenir la chaleur du corps, étant donné la proportion relativement élevée de surface corporelle par rapport au volume [31] (1). Les idées concernant l'influence maternelle sur l'enfant avant sa naissance ont beaucoup varié ; il y a eu d'une part les vieilles croyances superstitieuses suivant lesquelles les attitudes et les expériences spécifiques de la mère pendant la grossesse marquent l'enfant et, d'autre part, le concept lui aussi dérivé des fantasmes, d'une vie intra-utérine Nos complètement exempte de toute influence maternelle troublante. connaissances sur ce sujet sont encore incomplètes. Mais il semble significatif qu'en général, des troubles graves chez la mère peuvent, selon leur nature, affecter la nutrition et la taille du foetus ou provoquer une réactivité plus élevée à certains stimuli. Mais autrement, il n'y a d'ordinaire pas d'interférence avec les schémas de croissance du foetus. Il est cependant évident qu'il y a des époques de la vie intra-utérine où l'accélération du développement de la taille et les changements de forme sont relativement plus grands que ce qui se passera après la naissance. Et il y a des périodes de plus grande vulnérabilité où les facteurs externes peuvent avoir un effet catastrophique (2). Mais en général, ce sont des stimuli endogènes plutôt qu'exogènes qui déterminent nettement le développement de la taille et de la forme. Gilbert décrit les anomalies du développement en termes de troubles de la croissance à des stades critiques [14]. Il peut être intéressant aussi, à propos de schéma autonome de la croissance, de savoir que l'évolution du poids des prématurés après la naissance se conforme à celle des foetus de mêmes taille et âge, plutôt qu'à celle des nourrissons nés à (1) MEDAWAR (P. B.), Le caractère unique de l'individu, chap. V. (2) « Le premier trimestre de la grossesse... alors que l'organogenèse progresse rapidement, est une période de grande sensibilité à l'influence des maladies maternelles, notamment la rubéole. Le second trimestre (4, 5, 6e mois) est beaucoup plus sûr alors que le troisième trimestre est à nouveau un peu plus dangereux » [Traité de pédiatrie de NELSON, p. 27). PSYCHANALYSE 3
  38. 38. 34 REVUE FRANÇAISE DE PSYCHANALYSE terme et qui ont le même âge, par rapport à la date de naissance (Scammon, 1922) [37]. La tendance de la maturation à s'étendre dans une direction céphalocaudale a beaucoup d'importance pour l'étude des premiers déterminants du développement du Moi. En effet, cela signifie qu'à un âge précoce, la maturation des sens (olfaction, vision, ouïe) et de l'activité de la bouche est relativement neuro-musculaire plus avancée que celle qui concerne les mouvements des mains et des pieds et même du tronc. De même, la convergence des yeux apparaît avant les mouvements contrôlés des mains et des avant-bras qu'elle aide à progresser. Au début, les bras et les jambes ont tendance à réagir comme des touts, et les à l'action viennent principalement de l'épaule et de la impulsions ceinture pelvienne. Quand la maturité avance, la mobilité se manifeste au coude et au poignet ainsi qu'au genou et à la cheville. Vers 4 mois, les coudes et les doigts participent aux mouvements de préhension avec de plus en plus d'efficacité jusqu'à ce que, vers 9 ou 10 mois, ils atteignent la même efficacité que l'épaule (Halverson) [20]. Mais à 4 mois, les muscles oculaires ont déjà atteint un degré appréciable de converdes mouvements contrôlés de l'avant-bras gence. Le développement et des mains est donc nettement en retard sur celui des mouvements visuels et de la convergence. Encore plus frappante est la disparité dans le temps du développement du contrôle aux deux extrémités du tube digestif. Les mouvements de la bouche sont bien développés dès la anal n'est atteint que naissance, alors que le contrôle du sphincter plusieurs mois plus tard. Ceci est un tel truisme analytique que l'on en tant que partie du schéma des pourrait négliger ses implications sur la signification de la Je reviendrai séquences de développement. direction céphalo-caudale de la maturation le dévequand j'étudierai loppement du Moi corporel. LE MOI CORPOREL Les travaux de Hoffer [27] [28] [29], sur le développement du Moi corporel offrent un excellent point de départ pour cette discussion. Il se base sur la conception mise en avant par Hartmann, Kris et Loewenstein [23] selon laquelle et le Moi et le Ça viennent d'un état de Freud pour qui le Moi indifférencié, plutôt que sur la formulation se différencie du Ça (1927) [9] et pour qui le premier pas le plus fondamental qui conduit à la différenciation du Moi « concerne la capacité du nourrisson de distinguer entre le soi et le monde qui l'entoure ».
  39. 39. QUELQUES CONSIDÉRATIONS SUR LA RELATION PARENT-NOURRISSON 35 Hoffer entreprend l'examen des diverses façons par lesquelles le soi corporel peut se séparer de « l'autre » (n'importe quoi dans le monde extérieur). Freud avait parlé de perceptions internes, plus fondamentales et plus élémentaires que les perceptions extérieures auxquelles le nourrisson de la réponse du corps à lui-même et aux répond aussi, c'est-à-dire organes internes, par des états variables de tension et de détente. Il semble alors que ces derniers pourraient fournir le point central d'une vague conscience corporelle. S'il est exact que les états corporels qui donnent naissance à ces perceptions ne sont en aucune façon complètement chaotiques mais plutôt sont déjà unis de quelque façon par les schémas internes du développement cette quasi-orgaontogénétique, nisation en elle-même pourrait contribuer à fournir un noyau à l'image à son début ; et alors le problème de la séparation corporelle primitive se centrerait surtout sur la surface du corps (1) et sur la connaissance des fonctions qui participent aux perceptions de contact principalement de diverses intensités (2). Le toucher a certainement une grande importance dans la délimitation du soi par rapport au non-soi du corps, par rapport à l'environnement. C'est par lui que sont connues les perceptions de différences de température, de texture, d'humidité et beaucoup d'autres changements subtils dans les sensations et les pressions kinesthésiques vibratoires ; ce sont ces différences qui s'organisent peu à peu en un sentiment de degrés de séparation ou d'unicité. Hoffer dit que l'importance du Moi corporel, repose spéciale du toucher, pour le développement sur le fait que toucher son propre corps provoque deux sensations de même qualité ; au fur et à mesure où ces surfaces à réponses sensorielles fait un grand semblables s'unifient ou se rassemblent, le nourrisson (1) J'ai eu l'idée que la naissance elle-même est le premier agent qui prépare la conscience de la séparation ; ceci se fait par la pression considérable exercée sur la surface corporelle et par la stimulation de cette surface pendant la naissance et surtout par les changements de pression au cours du passage du nourrisson de la vie intramurale à la vie et de conditions thermiques extramurale [16]. (2) Il est intéressant à ce sujet de noter que l'épaisseur du tissu sous-cutané croît rapidement pendant les neuf premiers mois alors que la croissance générale du corps ralentit. Après quoi cette épaisseur diminue de telle sorte qu'à 5 ans, elle est à peu près la moitié de ce qu'elle était à 9 mois (Manuel de pédiatrie de NELSON, p. 15) [33]. Il est possible que ceci soit en partie une réponse au besoin de conserver sa chaleur pendant une période où la croissance, quoique ralentie, avec les conditions du milieu. On retrouve une augmentation est toujours hors de proportion semblable du tissu sous-cutané à,la prépuberté et une nouvelle diminution quand la croissance En liaison avec cette adaptation générale ralentit. réciproque des divers moyens de croissance, il faut noter que cette première augmentation après la naissance des tissus sous-cutanés locomotrice diminue à un moment où l'activité (se traîner, essayer de marcher, périphérique est définitivement entrée dans une nouvelle phase. jeux musculaires),
  40. 40. 36 REVUE FRANÇAISE DE PSYCHANALYSE de son corps par rapport au monde pas en avant dans la délimitation extérieur. Mais je voudrais ajouter que le toucher peut aussi être un puissant support du contraire, c'est-à-dire encourager un sentiment d'unité avec l'autre, le non-soi, si « l'autre » est le corps chaud de la mère ou de la nourrice, ou s'en rapproche. La différence de température, texture, odeur, élasticité, est alors relativement faible (comparée par exemple aux mêmes qualités d'un objet inanimé), et l'enfant y est déjà habitué. décrit par Winnicott L'objet transitionnel [41] est un témoignage de ce besoin de contact avec le corps de la mère qui s'exprime de façon si touchante dans la préférence marquée du nourrisson pour un objet durable, doux, souple, chaud au toucher, mais surtout dans la demande qu'il reste saturé d'odeurs corporelles. Quoique l'odeur confortable et choisi vienne en fait du propre corps familière de l'objet transitionnel du nourrisson, le fait de le presser d'habitude contre la figure, tout près du nez, indique combien c'est un substitut du sein probablement maternel ou du tendre cou de la mère. Il est virtuellement impossible au nourrisson une partie de son propre corps comme d'employer une aussi bonne simulation du sein. Ses tentatives avec ses doigts et ses orteils ne peuvent être complètement satisfaisantes, à cause du manque de douceur des doigts et à cause de leur différence de configuration par rapport aux courbes et aux creux du corps maternel. Quant à la vision, il me semble qu'elle est non pas accessoire, mais à l'établissement de la confluence des diverses surfaces indispensable du corps et à la prise de conscience de la délimitation de soi par rapport au non-soi. Toucher et absorber par les yeux (vision) les différentes parties du corps aide à se faire une idée d'ensemble du corps, à en dessiner une image centrale qui dépasse le niveau de la simple connaissance sensorielle immédiate. En plus, la perception visuelle convergente (possible très tôt, selon le principe de la maturation céphalo-caudale), qui diffère des contacts corporels réciproques entre les diverses parties du corps par le toucher du cutané, permet une sorte de point de départ du développement Moi à un niveau mental (1). C'est une fonction d'auto-observation qui prend de l'importance quand elle se combine à l'auto-perception par le toucher, et le contrôle, afin de former une image du soi corporel et de la séparer des autres objets, animés ou non. (1) GESELL écrit : « Les yeux montrent le chemin de la conquête et de la manipulation de l'espace. Le bébé prend possession du monde physique par la vue longtemps avant de pouvoir s'en saisir manuellement. Il peut remarquer une bille de 7 mm de diamètre 20 semaines avant de pouvoir la prendre avec ses doigts » (Ontogenèse du comportement de l'enfant) [12].
  41. 41. QUELQUES Hoffer CONSIDÉRATIONS SUR LA RELATION PARENT-NOURRISSON 37 retrace ensuite l'intégration de l'activité cheiro-orale qui apparaît et gagne en capacité de direction et de contrôle, au cours des troisième et quatrième mois (10 à 16 semaines). Il considère que : du plaisir ; 2) Le fonctionnement probable de la mémoire 1) L'apparition qu'on peut voir dans l'emploi régulier de schémas définis de suçage du doigt ou de la main ; 3) L'existence possible de l'épreuve de la réalité par le rejet des autres objets offerts ; et 4) La maîtrise considérable que peut exercer le nourrisson sur la satisfaction de son besoin en suçant un doigt — tous ces développements indiquent nettement les débuts du Moi. Je suis entièrement d'accord avec tout ceci mais cependant, à la vision dans je donnerais une place beaucoup plus importante l'établissement de ce contrôle organisé. Il est certain que l'influence pénétrante et puissante de la vision est très tôt apparente, dès que le nourrisson commence à indiquer un choix par les mouvements de la tête (Spitz) [39]. Le non est un refus parce qu'en tournant la tête de côté, le nourrisson dispose de l'objet stimulant gênant en l'écartant de sa vue ; tandis que le oui, par son mouvement de haut en bas, permet à l'objet de rester dans le centre de la vision, et de s'affirmer à nouveau. Le non semble donc lié à un échec de l'hallucination négative qui en s'extériorisant, gagne une force secondaire de communication. Mais c'est dans une large mesure la bilatéralité des yeux qui détermine le contraste entre l'affirmation et la négation. LA LE MATURATION, ET LE PLAISIR DÉBUT DE DU FONCTIONNEMENT L'AGRESSION de me semble depuis longtemps qu'il faut chercher l'origine l'agression ainsi que du plaisir libidinal dans les premiers processus de maturation. Peut-être même l'agression et la satisfaction corporelle sontelles par moment des aspects superposés de la croissance même, c'est-àdire la satisfaction à la période qui précède le début du Moi ou l'instauration à un degré appréciable d'une relation d'objet. A cette période et les premières semaines après la (spécialement la vie intra-utérine Il naissance), l'activité physique de l'organisme consiste principalement dans la multiplication des éléments cellulaires et dans leur différenciation et organisation en divers systèmes d'organes. Même l'activité des divers organes est généralement très en-dessous de ce qui se développera pendant l'enfance. Pendant que les divers systèmes se perfectionnent, le degré de croissance en volume, poids et complexité d'orga-
  42. 42. 38 REVUE FRANÇAISE DE PSYCHANALYSE nisation est stupéfiant. Si cela devait continuer sans s'affaiblir après le de la grossesse, une fois que l'organogenèse est premier trimestre terminée, toute autre vie serait bientôt expulsée. Mais, paradoxalement, une telle croissance ne peut exister que quand l'organisme est dans un état relativement sans défense et qu'il a pour but essentiel de croître plutôt que de fonctionner. Après le troisième mois de la vie foetale, un fonctionnement actif indépendant commence à apparaître. La mère sent des mouvements des extrémités du foetus, comme des coups de pied, des poussées (1). Le développement, dans le sens d'accroissement, diminue alors, bien qu'il soit toujours prodigieux, si on le compare à ce qu'il sera à l'époque post-natale, quand ces mouvements de coups de pied seront utilisés pour ramper, ou pour les premières tentatives de marche ou lorsque plus tard, les coups de pied seront une marque d'hostilité dirigée contre l'objet. Il faut poser ici la question d'un plaisir rudimentaire tiré du fonctionnement de même que son corollaire, la manière dont plus tard, cela mène au plaisir du Moi à fonctionner, ou s'y rattache. J'ai déjà parlé de l'opinion de Hartmann selon laquelle le plaisir tiré des fonctions du Moi en développement est essentiel pour l'acceptation de la réalité ; et de la conception de Hoffer pour qui l'apparition du plaisir tiré du fonctionnement des mouvements cheiro-oraux est un des critères du début de la formation du Moi (à un niveau mental). J'ai mentionné d'une gratification infantile lors d'une réussite, par exemple l'apparition le début de la marche. Toutes ces références concernent le comportement au début ou aux premiers stades du développement psychologique du Moi. Dans les périodes pré- et post-natales, il ne peut cependant y avoir Dans le premier qu'une forme de base du narcissisme, très primitive. travail de Freud sur le narcissisme [10], il parle de la « libido narcissique du foetus » et à nouveau du « complément libidinal à l'égoïsme de l'instinct de conservation, de toute créature vivante ». Dans le attribut chapitre sur « L'analyse de l'angoisse », dans Le problème de l'angoisse [11] il exprime l'opinion qu'à la naissance le foetus ne peut pas ressentir autre chose qu'un trouble grossier de l'économie de sa libido narcissique qui (1) Le coeur du foetus commence à battre le premier mois. Corner expose ceci d'une façon très imagée : «... les mois qui précèdent la naissance sont à leur façon la partie la plus fertile en événements et nous la passons très rapidement. Au début, le corps consiste en une cellule ; au moment de la naissance, il en a deux cents billions... Vous aviez les débuts d'un cerveau avant d'avoir des mains, et vos bras avant vos jambes ; vous avez développé vos muscles et vos nerfs et vous avez commencé à vous battre. » « Nous mêmes avant la naissance », chap. I, L'embryon, germe et archive, Goerge W. CORNER [3].
  43. 43. QUELQUES CONSIDÉRATIONS SUR LA RELATION PARENT-NOURRISSON 39 vient de « la pression de grandes quantités d'excitation provoquant de nouvelles sensations de déplaisir : de nombreux organes renforcent un investissement en leur faveur comme si c'était le prélude à l'investissement objectai qui va bientôt commencer » (pp. 96-97, 102) (1). Avec toutes ces opinions à l'esprit, on peut se demander si on ne peut décrire cette forme précoce du narcissisme comme l'investissement libidinal de la croissance, avant qu'une vie indépendante ne soit possible. La question suivante est alors de savoir si le concept de déplaisir n'a pas sa contrepartie dans une forme plus précoce de plaisir : un prélude, peut-être guère plus qu'un stade de repos relatif, d'aisance avec une tension diminuée, un léger plateau dans le développement comme on peut sans doute en supposer vers le 3e ou le 4e mois de la grossesse, avant le début d'une nouvelle phase ou d'une nouvelle forme d'activité. Il ne faut pas oublier cependant que la diminution de la tension est due non pas à un arrêt de l'activité mais bien plutôt à un assouplissement de la performance ou de l'activité récemment acquise. Il me semble que dans la première enfance, on voit de telles périodes, autour du 4e ou du 5e mois, ou de nouveau vers le 15e ou le 16e mois, en relation avec des réussites fonctionnelles spécifiques. A ces stades ou points de développements plus généraux, il y a un léger sentiment de bien-être, et d'engrenage, des activités en inter-relation, avec en d'ajustement même temps, un adoucissement temporaire de l'urgence des anciennes pressions. A ce moment, de nouvelles tendances de la maturation peuvent être ressenties comme une stimulation plaisante plutôt que vécues encore comme des accumulations de tension inconfortables. Il semble qu'alors, une partie fondamentale du schéma a surgi des processus entremêlés et sans fin de la croissance. de Quels sont donc les stades antécédents dans le développement l'agression ? Mais tout d'abord comment la définir ou la décrire ? On s'accorde d'habitude à reconnaître qu'il y a deux groupes de tendances instinctuelles : sexuelles et agressives. D'un point de vue bioau service de logique, on peut considérer qu'elles sont respectivement Mais du point de vue de l'adaptation indivil'espèce et de l'individu. duelle à la vie, il est évident qu'on ne peut les réduire à ces seuls termes. Il me semble d'autre part utile de ne pas négliger complètement les des débuts biologiques de l'activité même quand on essaye implications (1) Dans des articles à l'angoisse, Ire Partie, foetal [16] [17]. anciens sur L'économie biologique de la naissance et La prédisposition j'ai étudié les implications théoriques de ce concept de narcissisme

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