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  • 1. Lire en Vendée n° 22 décembre 2010 - juin 2011 Abonne z-vous pour 5 €Échos MuséesL’Agriculture en VendéeValentin Roussière
  • 2. critères retenus pour ce diction- naire – ont aussi exploré d’autres pistes : Michel Gaborit, Joël Dabin, Jacques Launois, Michel Concours Moy pour n’en citer que quelques- uns. des écoles Les auteurs, François Wiehn et primaires Gérard Aubisse, ont choisi la rigu- eur et la simplicité, permettant de Treize- ainsi à tous d’entrer dans l’univers Septiers. des peintres vendéens. L’éditeur aussi, grâce à un rapport qualité- Remise des prix prix qui, pour un beau livre d’art, dimanche 03 Avril mérite d’être souligné. 2011 Règlement prix littéraire jeunesse : Gilles Bély La Municipa- lité de Treize-Sep- Dictionnaire tiers organise un des peintres de Vendée concours de nou- velles littéraires. Ce François Wiehn concours est ouvert Geste éditions, 320 p., 45 €. aux enfants scolari- Petites sés du CE2 au CM2. Les textes en com- Voilà un très beau livre, un annonces pétition devront être en prose, écrits de façon manus- cadeau idéal pour les amateurs crite, 1 à 2 pages de peinture, et même qui n’y maximum sur des connaissent rien. Le Dictionnaire feuillets recto verso des peintres de Vendée, de nais- fournis par les orga- sance ou d’adoption, recense par nisateurs. Le genre ordre alphabétique, 273 peintres et présente plus de 450 tableaux. Concours du texte devra être un récit imaginaire, Tous sont décédés avant le 1er jan- de nouvelles : agrémenté ou non vier 2008. Pour chacun d’eux, une de dialogues. Ils ne courte biographie, avec les lieux L’enfant et la mer devront comporter des expositions et une approche aucun nom, le pro- du style et des courants picturaux fesseur devra seule- qui les ont influencé. Et une, ou ment numéroter les parfois plusieurs, reproductions copies et remettre de leurs œuvres. la liste aux organi- sateurs. Ils devront Ici, les plus célèbres, Chaissac, mettre en scène la Chevolleau, Milcendeau, Deman, suite des histoires Paul Baudry, Octave de Roche- jointes en annexe. brune, côtoient d’autres artistes Dernière ligne droite pour le Il ne sera accepté connus seulement des spécia- concours de l’Association des amis qu’un texte par can- listes ou complètement oubliés de Jean Huguet : racontez un souve- didat. Les profes- aujourd’hui. C’est aussi toute la nir, une histoire vécue, un rêve ou ima- seurs devront faire Vendée qui se déploie dans les ginez ! Seule règle : l’enfant et la mer parvenir les textes peintures représentées. Avec une sont les acteurs principaux. avant le 11/02/2011 profusion naturelle pour les toiles Date limite d’envoi de vos nouvelles : à: du littoral et des îles et une belle 31 janvier 2011. Mairie de Treize- présence des peintres de l’École de Septiers Saint-Jean-de-Monts et du Salon La maison chaumoise, 12, rue du moulin Prix Littéraire yonnais de René Robin. Compte 85100 Les Sables d’Olonne des Trois Provinces tenu de l’époque, l’art figuratif y Tél : 02 51 95 24 83 16, rue de la domine largement. Mais certains Couriel : amisdejeanhuguet@gmail com Roche-Saint-André des artistes qui sont nés en Ven- Site internet : amisdejeanhuguet 85600 Treize- dée, y ont séjourné ou exposé – les Septiers2 Lire en Vendée - décembre 2010 - juin 2011
  • 3. LES ÉCRIVAINS DE VENDÉE LES AMIS DE L’HISTORIAL DE LA VENDÉE Éditorial Chaissac, on ne s’en lasse pas, j’ai gardé cette image, un de ses premiers tableaux, pour réchauffer notre numéro d’hi- ver Chaissac, c’est toujours aux Sables d’Olonne, au Musée Sainte-Croix, et à Sainte-Flo- rence de l’Oie. Ce numéro, Lire en Vendée et Échos-musées, les pôles d’in- térêts et les activités sont très liés, fait encore la part belle à Sommaire, la peinture, la bande dessinée, l’agriculture et... à Valentin Roussière, le «chantre» de la 2 Les peintres Vendée. 3 Sommaire 4 Clara Davaugourg, Claude Béziau 5 Prix des écrivains 6 Jean Robuchon Bonne moisson encore pour les livres, nous avons 7 Les salons littéraires engrangé le meilleur de notre grain pour passer l’hiver. 9 La bande dessinée Merci, oui, les écrivains vont bien ; ils sont de plus en 15 Échos-Musées plus nombreux dans les sa- Exposition Agriculture lons, dans nos rangs et dans notre revue pour vous faire 16 Valentin Roussière part de leurs nouveautés, de leurs trouvailles, leurs souve- 23 la page Offset’5 nirs et leurs rencontres. 24 Les amis des musées Cette revue est la vôtre, ne la laissez pas sous le bois- 25 Nos sélections seau, semez-là partout où vos chausses vous mèneront 38 Autres parutions toute cette saison. 39 Les écrivains de la mer Jean de RaigniacLire en Vendée - décembre 2010 - juin 2011 3
  • 4. Deux auteurs à l’honneur, Clara Davaugourd et Claude Béziau Clara DAVAUGOURD Claude Béziau Bocains des âges ne vieillit pas Mes sourires du monde Marie-Thérèse Dupont a vu le Claude Béziau, vous connaissez. Cet infatigable jour le 20 juillet 1918 à Pouzauges. globe-trotter a parcouru quatre fois la distance de A peine âgée de dix ans, elle com- la terre à la lune. Pendant des années, ce Monsieur mence ses études secondaires à Fran- kilomètres du Figaro Magazine a emmené ses lec- çoise d’Amboise, à Nantes. Elle dé- teurs dans les moindres recoins de la planète. Il est couvre et apprécie la littérature et la poésie. Pour le plus rapide d’énumérer les pays où il n’a pas fait plaisir, elle apprend de nombreux textes en vers et, en escale que ceux où il a ouvert son sempiternel sac classe de première, elle acquiert la certitude d’une vo- de voyage. cation : Écrire des romans. Sans plus attendre, elle ré- Avec lui, nous avons survolé la Californie en dige l’histoire d’une princesse dans un palais oriental. avion-taxi, parcouru la Cordillère des Andes dans Ses amies proches ont le privilège de lire le manuscrit un merveilleux petit train, découvert les tribus de et l’apprécient grandement. Seule, la directrice du «ba- Bornéo qui conservent au plafond de leurs huttes hut» manifeste une hostilité contre son élève : les têtes coupées de leurs ennemis, accédé à des para- dis encore préservés en Polynésie, en Chine ou au - C’est à mourir de rire ! Je n’ai vu que des fautes Pérou. Ses lecteurs l’ont accompagné à l’île maurice d’orthographe ! Vous feriez mieux de préparer votre bac ! avec Eric Tabarly et sur le «Mermoz» avec Raymond Oliver. De l’île de Pâques aux Galapagos, de la Pata- Son bac, Marie-Thérèse l’obtient quelques mois gonie aux steppes de l’Asie, Claude Béziau fut pen- plus tard et, toute fiérote, va réclamer son manuscrit à dant des dizaines d’années un guide apprécié de nos l’acariâtre directrice. rêves et nos plus belles vacances. - Votre manuscrit ? Il est passé dans la chaudière du Avant d’écrire son premier livre, Nationale 137, chauffage central ! Cessez donc d’écrire, jeune fille ! L’imagi- il parcourt 200 000 kilomètres au volant d’un poids nation est dangereuse pour la santé morale. Elle conduit lourd, de l’entreprise paternelle. Son entrée dans le aux pires débordements. monde littéraire est fulgurante. L’ouvrage, écrit dans la cabine même du camion, est remarquable, palpi- Malheureuse mais pas abattue, marie-Thérèse tant de vie, frémissant (Ouest-France). D’autres suc- continue à écrire, tout en obtenant sa licence en philo- cès suivront, parmi lesquels : Le mal des étoiles, Bons sophie. Faut-il préciser que, désormais, elle cache soi- baisers du Paradis... gneusement sa prose ? Diplômé de l’Institut Français de Presse, Claude Après une honorable carrière d’enseignante, elle Béziau se constitue une belle carrière. Il est suc- revient à Pouzauges et participe activement à la vie cessivement attaché aux directions de Publicis et culturelle de la cité. Sortant ses vieux cahiers de ses du groupe Amaury (Le Parisien, L’Équipe, Marie- tiroirs, elle se remet sérieusement à l’écriture et publie France...). Rédacteur en chef à L’Auto-Journal, il y sous le pseudonyme de Clara Davaugourd le célèbre continue ses grands reportages à travers le monde : «Bocains des âges». Le succès est au rendez-vous et URSS, Liban, Dahomey, Turquie, Kenya, Bahamas, Clara Davaugourd entre de plain pied dans le cercle Niger, Thaïlande... Grands reportages qu’il poursuit des grands noms des écrivains vendéens. pendant des années pour le plus grand plaisir des Aujourd’hui, Marie-Thérèse / Clara est une jeune lecteurs du Figaro Magazine. femme de 92 éternels printemps. De tous ses voyages, Claude Béziau a rapporté - Écrire a changé ma vie, ma façon de penser, de réflé- des milliers de photos. Des portraits d’hommes et chir, de décider, avoue-t-elle. Aujourd’hui, je continue à de femmes de toutes races et de tous pays. Accompa- écrire, mais j’ai abandonné la volonté de me faire éditer. gnés d’anecdotes colorées, passionnantes et souvent Je photocopie mes textes pour mes amis et tous ceux qui émouvantes, ces Sourires du monde ont été collectés me font l’amitié de prendre plaisir à me lire. Mon seul par leur auteur en un DVD dont nous attendons problème réside en la mauvaise volonté de mon ordina- l’achèvement et la parution avec une impatience teur qui, visiblement, n’apprécie pas vraiment ma façon certaine. de taper... Jacques Bernard4 Lire en Vendée - décembre 2010 - juin 2011
  • 5. Les Prix des Écrivains de VendéeCette année, Ils étaient dans la sélection :le Prix des Ecrivains de Vendée Amours, délices et tragédies de Bernard Brunelière, chez Durand-Peyroles,couronne un premier roman Les amants de Pachacamac de Jean-Michel Adrien, chezThélès,C’est le rôle d’un prix comme La chute d’un flic poitevinle nôtre de découvrir et d’en- de Jean-Luc Loiret, chez Geste, livres décrits dans notre précédent numérocourager de nouveaux talents de Lire en Vendée et L’impossible voyage autour du monde avec Spray of Saint-Briac Afrikaners de Guy Bernardin, à La Découvrance livre relaté pages des écrivains de la mer Les secrets de Vryland La ballade Cyriaque Griffon Michalon, 352 p., 22 € de Jenny Marcel Grelet Prix L’Apart Buissonnière, des Écrivains 300 p., 20 € de Vendée Prix Crédit Mutuel des Écrivains de Vendée Cyriaque Griffon frappe d’entrée par sa matu- Le Prix Crédit Mutuel des Écrivains de Vendée,rité avec son premier livre. Afrikaners ainsi que le décerné pour la deuxième fois, n’est nullement unlaisse entendre le titre, a pour décor l’Afrique du prix de consolation, ni le championnat de deuxièmeSud. Cyriaque connaît bien son sujet. Il y a vécu. Il division des romanciers... Il avait couronné l’an der-a arpenté le pays. Et il s’est lancé, comme on part en nier Hélène Tallec pour Le Maître et le violoncelle. Ilvoyage, dans la généreuse et passionnante aventure récompense un livre original, le signale aux lecteursde raconter en 350 pages la saga des descendants et veut encourager son auteur.de colons hollandais installés en Afrique du Sud A la quasi-unanimité, le jury a distingué Marceldepuis le XVIIème siècle. On est en 1980, chez les van Grelet pour La Ballade de Jenny.Heerden, dans l’État Libre d’Orange, une région Fasciné par l’étranger – au point d’apprendreultra conservatrice du pays. Le régime de l’apartheid l’anglais à 40 ans passés – l’ancien agriculteurest encore en place. Et le jeune Mervin, qui préfère raconte ici les tumultueux voyages de Pierrot, unécouter son cœur plutôt que celui de son clan, va jeune paysan du Bocage, attiré par la mer, qui, auavoir le courage de braver les interdits : il va oser début des années vingt, quitte sa famille pour s’em-aimer Blanche, une jeune fille de la bourgeoisie barquer à Nantes. Après bien des péripéties, un nau-noire. Tandis que son père défend les idéaux sacrés frage va l’échouer sur les côtes du Pays de Galles.et racistes du peuple Boer… Il connaîtra alors le dure vie des mineurs de Pas de bons sentiments faciles dans ce roman qui charbon dans la vallée du Rhonnda. Il sortira pars’appuie sur une solide documentation historique. miracle d’un éboulement et connaîtra l’amour avecLes dialogues sonnent juste. Les personnages sont Jenny, la fille du mineur qui l’a accueilli. C’est aussicampés en force, en tendresse ou en violence, c’est un roman social, celui d’un émigré qui quitte laselon. On entre lentement dans les complexités de Vendée parce que la terre y est trop rare.l’Histoire de ce grand pays qu’on connaît mal. Mais Après Le dernier canasson, Marcel Grelet tracepeu à peu on se laisse prendre. vaillamment son sillon de romancier populaire. Et on aime Mervin, Blanche, la vieille Barbara et Il semble bien que Jenny va l’aider à le prolongerles autres… Un roman plus que prometteur. (Édi- encore...tions Michalon) Gilles Bély Yves Viollier Lire en Vendée - décembre 2010 - juin 2011 5
  • 6. Jean ROBUCHON, L’essentiel de son œuvre littéraire fut publié après écrivain fontenaysien la seconde guerre mondiale : - Légendes et récits vendéens - Le surnaturel, publié à Fontenay-le-Comte en 1944, avec une préface de Un neveu de Jules fait briller René Baticle, professeur agrégé. - Les noms de famille en Bas-Poitou, chez Lussaud la culture par l’écrit en 1947. Le texte primitif de ces deux ouvrages vient d’un à Fontenay-le-Comte travail réalisé au camp de prisonniers. De modestes ouvrages, par le volume, mais très précieux par les remarques contenues dans ces essais d’anthropolo- Un précédent numéro de Lire en Vendée présen- gie régionale, comme l’indique le sous-titre. tait Jules Robuchon et ses magnifiques albums. Aujourd’hui, rendons un hommage respectueux - Les grandes heures de Georges Clemenceau, un à un des ses neveux, Jean Robuchon, que nous avons volume de 300 pages, qui célèbre à la fois le vendéen connu, et estimé. et l’homme politique, ouvrage publié à Fontenay-le- comte en 1967. Né à Paris le 30 juin 1896, il se sentait et était - Le bosquet des Lauriers ou Les fastes d’une petite fontenaysien de cœur et de conviction. Avocat, ville, Fontenay-le-Comte en Bas-Poitou, en 1970 à bâtonnier de l’ordre, très respecté en Vendée. On Fontenay-le-Comte. pouvait le voir, square Saint-Michel, sortant de sa - Les chefs vendéens de 93 - Cathelineau, d’Elbée et maison, toujours élégant et portant avec aisance Bonchamps, Lescure et La Rochejaquelin, Charette. en son chapeau et ayant à la main une canne de conve- 1974 à Fontenay-le-Comte. nance, plus que de nécessité. Officier, il fut prison- nier en Allemagne durant la guerre 39/45. Dans le Tous ses ouvrages sont édités dans sa ville de camp, il fut un animateur de rencontres culturelles Fontenay et toujours chez le même imprimeur Lus- et d’entretiens littéraires et historiques. saud. Le désir de Jean Robuchon était d’enrichir le Passionné par le barreau, il n’en resta pas moins champ culturel de son département. Il ne cherchait un défenseur du droit et anima plusieurs organismes aucunement le succès, car il aurait pu proposer ses sociaux. Ce fut aussi un chercheur passionné par ouvrages à une maison d’édition nationale. tout ce qui concernait la Vendée, son architecture, ses légendes et son passé. Défenseur de Clemenceau, il n’hésitait pas à célébrer l’homme politique ven- Deux ouvrages sont à souligner : Clemenceau et déen en diverses conférences. Nous l’avons entendu Le Bosquet de Lauriers. Pour le premier, c’est à la fois à Bordeaux parler du Tigre devant une vaste assem- une biographie, avec un regard pertinent sur l’ap- blée conquise par ses propos. port de la Vendée dans son jugement, et en même Il est décédé à Fontenay-le-Comte le 12 janvier temps une analyse de l’action politique et patrio- 1976. tique du Tigre. Quant au second volume cité, il faut souligner deux alinéas du texte. De la préface, on retient : En dehors d’une étude de droit publiée en 1924, Nous avons essayé seulement de faire revivre les plus il semble que ses premiers écrits se retrouvent dans «illustres»de ses fils (de Fontenay le Comte), en les rat- la Revue du Bas-Poitou. II faut se souvenir que cette tachant à leur époque, tout juste pour qu’ils ne soient revue née à Fontenay fut durant de nombreuses pas dépaysés. » années la seule revue littéraire et culturelle du Bas- De la dernière page : Nous nous sommes tenus à Poitou. Elle avait pour directeur monsieur René Val- l’essentiel. Au reste la vie continue, j’entends celle de lette, puis messieurs de Maupeou, avant que le flam- notre cité en dépit des coups, souvent cruels qui lui ont beau ne soit repris par le docteur Merle de Niort. été portés. elle a cessé de paraître faute d’abonnés. Jean Robuchon, un écrivain, passionné du patri- On peut citer quelques articles publiés par Jean moine culturel de l’ancienne capitale du Bas-Poitou, Robuchon : qui mérite d’être (re) découvert. - Le Congrès des Syndicats d’Initiative et la fête des Marais, paru en 1921, Guy Perraudeau - Histoire de chats, conte de la Mère-Grand, pour une veillée de la chandeleur, livret paru en 1936, Avec l’aide précieuse d’Alain Raiffaud de la Média- - Les buttes huîtrières de Saint-Michel-en-l’Herm, thèque Jim Dandurand de Fontenay-le-Comte en collaboration avec Jean Gautier, en 1929.6 Lire en Vendée - décembre 2010 - juin 2011
  • 7. Salons De beaux moments de convivialité à l’occasion de la deuxième édition du Festival Contes en forêt, qui avait lieu simultanément sur la scène du théâtre de ver- dure de Grasla.Le salon du livre vendéenà Grasla Mais la 4ème édition du Refuge du Livre a été aussi l’occasion d’un événement bien particulier, celui de lales 17 et 18 juillet 2010 publication du livre Contes et Légendes de Vendée. L’idée remonte, confie Wilfrid Montassier, à un voyage au Québec avec Jean-Pierre Bertrand, du côté des îles de La Madeleine où ils ont découvert son fes- tival Contes en îles. Ce n’est pas possible, se sont-ils dit, s’ils le font, nous on peut le faire dans le cadre du salon de GraslaLes Lauréats du prix Charette, Gilles Bély et Roger Albert Avec Christophe Prat est venue l’ambition d’alleravec Yves Viollier plus loin. Pourquoi ne pas éditer un livre, comme il venait de le faire en Eure-et-Loir, avec l’assistance4ème édition du Refuge du Livre : un succès de Grrr Art éditions ? L’appel à écriture de nouveaux contes de Vendée a été lancé. La Vendée, siège d’un Tout y était : le cœur, le temps, le public, les patrimoine, redevenait terre d’inspiration. Les contesauteurs, les bénévoles. Ce fut donc un grand et beau pouvaient être inventés ou revisités à partir d’un lieusuccès. Année après année, Le Refuge du Livre affirme ou de personnages. La réponse ne s’est pas fait attendre.son caractère si particulier de salon du livre vendéen Plus de 200 contes ont été adressés. Une présélectionau milieu des arbres de la forêt de Grasla, le troisième de 85 contes a été effectuée à l’aveugle. Et le jury finalweek-end de juillet. Les amoureux du livre s’y pressent en a retenu 30 pour publication.chaque fois plus nombreux. Les rencontres s’y font à Le résultat est formi-l’ombre chaleureuse des grands arbres qui, à eux seuls, dable. Le livre est richeracontent bien des histoires… d’une grande diversité Après la Bourgogne, l’an de talents et inspira- dernier, conduite par Claudine tions de tous les âges. Vincenot, Présidente d’hon- Des amateurs de qualité neur, cette année c’était le tour se mêlent à des auteurs de l’Aquitaine d’être l’invitée plus chevronnés. Le bon d’honneur, avec Alain Vircon- accueil de l’événement delet pour Président. L’auteur de par le public continue. « Séraphine » a donné dans Des signatures dans les l’après-midi du dimanche une librairies de Vendée ontAlain Vircondelet passionnante conférence sur lieu avec une pléiade Albert Camus, à partir de la bio- d’auteurs. L’expériencegraphie qu’il a publiée chez Fayard « Albert Camus, fils de Christophe Prat a été précieuse, de Grrr Art édi-d’Alger ». Michel et Geneviève Querre, producteurs tions aussi ; le Conseil Général a salué l’opération enà Pomerol et Saint-Emilion, se sont fait les ambassa- retenant un nombre important d’exemplaires. Mais cedeurs des vins de Bordeaux en partageant avec les visi- qui explique une telle réussite, c’est sa cohérence avecteurs les plaisirs de la dégustation. Le Refuge du Livre. La forêt de Grasla n’est-elle pas à Au cours de la matinée de samedi, le Prix Char- elle seule une forêt de légende ? Aventure à suivre et…rette 2010 a été remis à Roger Albert et Gilles Bély poursuivre…pour leur ouvrage Fiers d’être paysans, la JAC en Vendée Le 5ème Refuge du Livre est dans les tuyaux.(Centre Vendéen de Recherches Historiques éditions). Il aura donc lieu le 3ème week-end de juillet 2011. La Province invitée d’honneur est déjà retenue. L’événements en quelques chiffres : Wilfrid Montassier et Anne Derocq, présidente du - Plus de 100 auteurs présents Refuge du Livre, nous en donneront bientôt le nom… - Plus de 10 maisons d’éditions - Plus de 50 partenaires Yves Viollier - Plus de 200 bénévoles - Plus de 4700 visiteurs Renseignements : www.refugedulivre.fr, 02 51 42 96 20 - Plus de 1400 ouvrages vendus Lire en Vendée - décembre 2010 - juin 2011 7
  • 8. Noirmoutier Saint-Gervais 11, 12, 13 2, 3, avril 2011 juin 2010 Montaigu Printemps du livre 8, 9, 10 avril 2011 Le 4ème salon du livre de mer s’est ouvert à Noirmoutier le jour de la mise à flots de notre dernier numéro. On ne pouvait rêver meilleure compagnie ; ce salon est tous les ans un havre pour marins en goguette et lecteurs en quête d’aventures et de bon air. De chaleur aussi, la qualité de l’accueil ne faiblit jamais et c’est une bordée de trois jours qu’il ne faut rater à aucun prix. Face à la mer depuis maintenant deux ans, ce salon nous baigne égale- ment dans les embruns tumultueux de l’Océan. Nous y étions avec trois écrivains gaspésiens qui ont reçu les honneurs de la table amirale. Noir- moutier n’a pas failli. C’est en effet un lieu de rencontre renforcé par l’insularité de Noir- moutier, au bout du monde. Les liens se tissent, la qualité des invités s’y prête. Jacqueline Bouyer, présidente Moi, J’aime pas la mer, martelait sans cesse la prési- de l’association, Christiane Collange dente du salon, Françoise Xénakis, en reprenant le titre présidente du salon de son premier succès littéraire. François Tallec, Secré- taire général de la mer (venu nous parler de la Politique Française de la mer) et l’amiral Laurent Merer (dans le civil, Osmane, pirate somalien) n’ont pas pipé mot, res- L’Épine, pectueux des usages comme il convient à La Royale. 7 et 8 août 2010 Différentes librairies du port pré- sentaient des livres dont l’action se si- Les 8 et 9 août 2010 s’est tue à Noirmoutier comme Maléfices de déroulé le salon des arts et des Boileau-Narcejac et deux policiers ré- lettres à L’Épine dans l’île de cents, Vagues à lames à Noirmoutier de Noirmoutier. Environ soixante Serge Le Gall et Casa del Amor de Jean dix peintres et écrivains étaient Failler, de quoi remplir notre casier. présents. Ils ont pu converser Les organisateurs s’interrogent sur la avec un public nombreux et possibilité de tenir le salon en ville, près fidèle malgré le très beau temps. du château. Il s’avère en effet nécessaire Christiane Collange présidait de trouver un mouillage plus fréquenté. cette manifestation et félicitait Ce salon le mérite, il faut aller là où chaleureusement Jacqueline sont les prédateurs. Bouyer, et Freddy Bonnin ainsi que tous les bénévoles de l’asso- Ce sont là quelques points relevés à la hâte, car la ciation pour l’organisation et la force de ce salon, c’est, là encore, la conviction et la convivialité de ces rencontres. mobilisation de tous ses organisateurs et bénévoles. Année après année, ce salon Gageons qu’ils sauront trouver les meilleurs courants en s’ancre dans le paysage littéraire 2011. de la Vendée avec un succès grandissant. Merci encore à Jacques Oudin et à toute son équipe ! J. R. Eveline Thomer8 Lire en Vendée - décembre 2010 - juin 2011
  • 9. La bande dessinée en Vendée :les enfants de Benjamin Rabier Cestac, Goetzinger) ce sont Mais avant de nous tourner bien, maintenant, plusieurs vers notre trio, ouvrons cet centaines de dessinatrices, article sur un duo d’auteurs/ scénaristes et coloristes éditeurs vendéens qui mili- (dont trois vendéennes) qui tent depuis 16 ans pour que oeuvrent dans le milieu du rayonne la bande dessinée 9ème art. dans le département.Continuons notrepériple au cœur dela bande dessinéevendéenne Après les trois au- teurs fon- dateurs ( R a b i e r, A u c l a i r, Crisse) et leurs dixémules qui émergèrent aucours de la dernière dé-cennie (voir Lire en VendéeN°20), tournons-nous main-tenant vers les derniers ar-rivés et leurs consœurs. Car,si le monde des auteurs debande dessinée (départe-mental et national) se conju-gua longtemps au masculin,il est heureux de constaterune récente féminisationde la profession et de sonlectorat. Des deux ou troisauteurs emblématiques desannées 70-80 (Brétécher, Lire en Vendée - décembre 2010 - juin 2011 9
  • 10. Pibuc et Elbée Parler de la bande dessinée en Vendée c’est d’abord souligner le formidable travail du duo de la Lorem- pière. Pibuc et Elbée, les heureux parents de « César et Isabelle Plongeon Jessica » ont publié, avec une constance remarquable, quatorze albums depuis décembre 1994. Isabelle Plongeon est née en 1968 à Challans. Pibuc, c’est Pierre Buquet né à Paris en 1939. De Enseignante, elle se lance dans l’écriture de scénarios l’atelier de charpentier à la R.T.F. il n’y a qu’un pas sous l’impulsion de son frère Jean-Charles Gaudin, le de géant que le jeune Buquet franchit allégrement. Il prolifique scénariste de Saint-Jean de Monts. y commence une carrière comme réalisateur audiovi- En 2000, elle publie chez l’éditeur Pointe Noire suel. Films pédagogiques pour l’éducation nationale l’album Les Apatrides dessiné par Frédéric Peynet (Le et expériences africaines d’alphabétisation par la télé- Feul). La même année, elle écrit Darkan pour François vision s’enchaînent tout au long d’une carrière riche Mougne (éditions Nucléa). Après l’arrêt des éditions et variée. L’écriture de scénarios pour l’audiovisuel Pointe Noire, elle enchaîne avec Frédéric Peynet sur la conduit naturellement Pibuc vers l’écriture de scéna- trilogie Toran aux éditions Nucléa. rios pour la bande dessinée. Chez ce même éditeur, elle publie en 2001 deux La bande dessinée est, en effet, une passion d’en- tomes de la série Eloïms (dessin  : Zerriouh) ainsi fance qu’il partage avec son neveu Laurent Buquet. Ce que le premier tome d’Ultimo dessiné par Stéfano dernier (dont les initiales forment le pseudonyme) est Palumbo. né le 3 juin 1962. Il vit et travaille à la Roche-sur-Yon. En 2002, elle publie avec Mougne Léa aux éditions Architecte DPLG, il choisit en 1989 de se consacrer à Captain prod. la représentation graphique (dessin, peinture, illustra- Elle lance ensuite plusieurs séries aux éditions tion…) et à l’enseignement. Soleil : Les Seigneurs d’ Agartha, T1 et T2 dessinés par En 1992, Pibuc et Elbée décident de lancer leur le talentueux Briones ; Les poussières de l’infini, T1 et propre série de bande dessinée. La nostalgie des albums T2 (dessin : Zérriouh) et Virus dessiné par Palumbo. et des auteurs de leur enfance (Hergé, Goscinny) guide Toujours pour le compte des éditions Soleil, elle leur réflexion. Ils créent l’association La Lorampière reprend, après Tarquin et Crisse, le scénario de la série afin d’éditer leur premier album. Huit cent souscrip- Les ailes de Phaéton et écrit trois tomes pour le dessi- teurs répondent à leur appel et permettent de publier nateur Serge Fino. (à 2000 exemplaires) le premier album des «  Aven- Elle redémarre une collaboration avec Mougne tures de César » (qui deviendront en 1999 les « Aven- chez l’éditeur Bamboo pour la collection Grand angle. tures de César Les trois tomes de la trilogie L’homme qui refusait de et Jessica  »). mourir paraîtront de 2004 à 2008. Accompagnés Depuis deux ans, Isabelle Plongeon s’est fait dis- de leurs fidèles crète dans le monde de la bande dessinée. Ses fans souscripteurs, attendent avec impatience ses nouveaux projets. Pibuc et Elbée, formidables métronomes, publieront ensuite un album par an jusqu’à l’année 2007.10 Lire en Vendée - décembre 2010 - juin 2011
  • 11. Fanny Lécrivain Jactance Fanny Lécrivain est une jeune dessinatrice olon- naise au talent des plus prometteur. On découvre ses premiers travaux lors du concours organisé par le festival Abracadabulles 2007. En 2008, trois planches dessinées sur des scéna- rios de Jean Van Hamme et Arleston gagnent le concours organisé par le magazine spécialisé Case- mate. Son travail est publié dans le HS N°1 de Février 2009. Jean Van Hamme Jactance est la dernière arrivée dans le Landerneau juge son trait en phase avecde la bande dessinée vendéenne. Son travail s’appa- la mouvance actuelle ; quantrente cependant plus à celui d’une nouvelliste qu’à à Arleston il note la justessecelui d’un scénariste. Les dessinateurs qui illustrent de son récit et un sens cer-ses textes (Crisse, Pena, Besson) sont, quant à eux, tain de la mise en scène.proches ou faisant partie intégrante du monde de la Fanny étudie à l’écolebande dessinée. Pivaut de Nantes. En 2008, elle réalise Swift, un film d’animation 3D. Ses projets autour de la bande dessinée sont visibles sur le site www.affalo.com. Fan du dessinateur amé- ricain Mignola, elle y développe le projet Fantôme et ténèbres, une bande dessinée au format comics. Jactance est née le 23 mars 1984 à Montluçon.Son cursus scolaire est atypique puisque après avoirfréquenté la faculté d’arts plastiques, elle passe unCAP de coiffure avant de décrocher un diplôme uni-versitaire en sciences criminelles. Autant d’expériencesqui, alliée à une année sabbatique, vont la conduirevers l’écriture. Les secrétaires est son premier ouvrage, illustré parCrisse et mis en couleur par Besson. Le monde dessecrétaires y est vu avec humour. L’album paraît auxéditions Soleil en 2008. Couleurs tolérables est son deuxième album éditéégalement chez Soleil (2010). Les textes de Jactance semêlent ici harmonieusement avec le formidable travaildu dessinateur suisse Robi Pena. Depuis quelques années, Jactance vit en Vendéenon loin des Sables d’Olonne. Lire en Vendée - décembre 2010 - juin 2011 11
  • 12. Tofepi Tofepi est né le 21 septembre 1974 en Vendée. Il passe cinq ans aux Arts décoratifs de Strasbourg où il ne se montre pas assez assidu pour obtenir son diplôme...  Paral- lèlement à ses études, il participe au Journal de Judith et Marinette (dont il est aussi cofondateur) dans lequel il écrit et dessine les  aventures de la famille Carrou- let, des Simpson franchouillards tendance Deschiens. Ces histoires sont Ludwig compilées dans un Alizon recueil, Putoche, en 1999. Il publie Ludwig Alizon est né en ensuite, aux édi- 1977 à Châteaubriant. Il décide tions du Seuil, d’arrêter l’école l’année du bac. trois livres fon- Il se consacre alors au dessin dés sur les mêmes d’illustration pour des entre- personnages : prises de communication ou Rebelote (2001), des magazines. Tartines de Succès Il rencontre Cédric Le Roy à (2004) et Nicotine Nantes. Celui-ci présente son travail à Fred Blanchard, Crime (2005). dessinateur et directeur du label série B des éditions Alors qu’il doit Delcourt. se rendre au Ben- En 2003, il publie chez gladesh pour pré- cet éditeur sa première his- parer un album toire dans le collectif Car- d’inspiration Hol- men + Travis sur un scéna- lywood, il se retrouve bloqué plusieurs jours dans un rio de Fred Duval. hôtel à l’ambiance Tex-Mex à attendre le décollage L’année suivante, il des- de son avion. Un nouveau projet de BD prend alors sine et fait la couleur du forme dans l’imagination de tome 6-2 de la série Travis cet émule de Morris, Pellos toujours sur un scénario de et Reiser. Ce sera l’histoire Duval (éditions Delcourt). d’un indien d’Amérique, En collaboration avec Poco-Woki, qui sort en 2007 Cédric Le Roy, il monte un aux éditions Delcourt. projet de BD humoristique racontant le quotidien En 2009, il participe en d’une princesse et d’un dragon. C’est la naissance tant que scénariste au collec- de Barbeük & Biaphynn, projet qui grandit dans les tif hommage au groupe de pages du Lanfeust Mag puis paraît en album aux Édi- tions Soleil en Janvier 2009. rock Motörhead : Nous La même année, il sommes Motörhead publie chez Delcourt le T1 (Dargaud ). de la série Tokyo Girls scé- Rappelons qu’avec narisé par l’écrivain Vincent 324 autres dessinateurs Ravalec. de 24 pays, il a colla- Il habite depuis 2009 à boré au monument St-Laurent-sur-Sèvres (ville qu’est Comix 2000, un qui abrite chaque année album de 2000 planches le festival BD Bulles de muettes édité par l’édi- Sèvres). Ludwig Alizon fré- teur l’Association pour quente assidûment  l’atelier fêter le passage à l’an des auteurs choletais, Dav, 2000. Esteban et Ples.12 Lire en Vendée - décembre 2010 - juin 2011
  • 13. Il travaille également sur quelques histoires de Peyo (le Top des Schtroumpfs), des textes de chan- sons pour Nathalie Lhermitte, des publicités en bande dessinée (Milka, Kinder, P’tit Dop, Casino), des gags pour Disney Planète… En 2002, il devient correspondant local pour LeDidier Courrier Vendéen dont le siège est à Challans. Il yLe Bornec publie de nombreux articles. En 2005, il crée le personnage Superbât pour Didier Le Bornec est né le 18 septembre 1959 à l’Union des Artisans du Bassin Challandais. DeuxMantes-la-Jolie. Il vit à Challans. Dessinateur de scénarios sont publiés avec Péhel (Philippe Larbier)presse dans divers journaux, il change plusieurs fois au dessin.d’activités. Il tient un blog (http://laboitadidier.over-blog. En 1984, il est assistant animateur pour des séries com) où on peut lire une ancienne BD non publiée :de télévision  adaptées de Michel et Véronique, dessinée par Bibeurlu, ainsibande dessinée : Bibifoc, que le story board d’un projet en cours : Porcelaine.Les Triplés, Rahan fils desâges farouches, Astérix et leCoup du menhir. Il travaille égalementsur des pièces radiopho-niques pour France Interpuis s’oriente vers l’écritureet devient alors journaliste,scénariste et auteur chezEdi-Monde. De 1986 à 2009, il estscénariste de bandes dessinées pour divers magazines(Le journal de Mickey, Disney Club Vacances, MickeyParade Géant) et traducteur adaptateur pour Super Anton LavignePicsou Géant, Mickey Parade, Le Journal de Mickey,Picsou magazine. En 1999, il crée le personnage de Michel Souris.Celui-ci est un rat qui se prend pour Mickey. Il paraîtdans le journal de Mickey et Mickey Parade géantjusqu’en 2009. A n t o n On lui doit aussi les adaptations en bande dessi- Lavigne est archi-née (pour Disney Hachette Édition), des films Les viste aux SablesAristochats, Les 101 Dalmatiens, Peter Pan, Merlin d’Olonne. Pas-l’Enchanteur, Toy Story, Aladdin et le Roi des voleurs, sionné d’histoire,etc… (onze albums sont ainsi publiés de 1986 à 2001). il collabore à la revue trimes- trielle Olona qui traite de l’his- toire et des per- sonnalités histo- riques des Sables d’ Olonne. Mais c’est du coté de la science fiction qu’il va se tourner pour écrire le scéna- rio de Eno One dessiné par Polpino, un autre auteur sablais. Le T1, Après moi le déluge, sort en 2008 aux éditions Théloma. Après l’arrêt de celles-ci, le duo décide de s’auto éditer. Le T2, intitulé Ne perdons pas le Nord, paraît en septembre 2010. Lire en Vendée - décembre 2010 - juin 2011 13
  • 14. Après ce tour d’horizon consacré à la bande dessinée mentionnons les quatre festivals et les trois librairies spécialisées qui participent et accompagnent le dynamisme du 9ème art en Vendée. Le festival Abracada- bulles d’Olonne-sur-Mer se tient chaque année au mois de septembre et ras- semble, sur deux jours, une quarantaine d’auteurs (onze éditions depuis 2000). Le festival Bulles de Sèvre de Saint Laurent sur Jean Sèvre, initié par le dyna- Verney mique Jacky Sabiron, se déroule quant à lui au mois d’avril et accueille une vingtaine d’auteurs dans Impossible de consacrer un la salle de l’Ilot (six éditions depuis 2005). dossier à la bande dessinée sans Le festival Bulles parler du coloriste, le troisième d’ho ! de La Roche- partenaire qui, au même titre que sur-Yon, organisé le scénariste et le dessinateur, est par les étudiants indispensable à la création de tout des métiers du livre album. La mise en couleur d’une de l’IUT, invite bande dessinée est en effet rare- plusieurs auteurs ment réalisée par le dessinateur. Les délais de publica- chaque année au tion l’obligent souvent à faire appel à un profession- mois de Février nel. Jean Verney, l’un des meilleurs coloristes, vit au (cinq éditions Château d’Olonne. depuis 2006). Après un bac scientifique, il Le festival Bulles s’oriente vers les arts plastiques en Folie du Pays de et prépare un B.T.S. d’expres- Pouzauges accueille sion visuelle à l’E.T.P.A. de Tou- tous les deux ans, louse. Il travaille ensuite comme au printemps, une infographiste dans une maison demi-douzaine d’auteurs dans un cadre prestigieux, d’édition sablaise où il rencontre chaque fois différent (2007, Pouzauges ; 2009 manoir Gaël Séjourné, le dessinateur des de Réaumur ; 2011, château médiéval de St Mesmin). séries   Lance Crow Dog et Tatanka  La particularité de ce festival, au-delà des séances de (éditons Soleil et Delcourt). Ver- dédicaces, est la mise en place d’actions pédagogiques ney assure la mise en couleur des en milieu scolaire et dans le cadre d’ateliers BD. T1 et T5 de la série Lance Crow Dog après avoir fait Notons également une forte délégation d’auteurs son apprentissage sur le T7 du cycle Taï Dor  (dessin : de bande dessinée sur les deux festivals de littérature Foccroule - éditions Vents d’Ouest). du département  : en avril au Printemps du livre de Après une courte interruption, ce coloriste talen- Montaigu et en juillet au Refuge du livre de Grasla. tueux revient au monde de la bande dessinée en La librairie 85000 de la Roche-sur-Yon, une véri- réalisant les couleurs du cycle  Terra Incognita (des- table institution dans le département, accompagne les sin : Chami – éditions Théloma) passionnés de bande dessinée depuis plus de 20 ans. puis des cinq volumes du thriller La toute nouvelle librairie spécialisée Kara passe en Tatanka (dessin : Séjourné – édi- bulle, aux Herbiers, propose depuis fin 2009 un grand tions Delcourt). choix d’albums pour tous les publics. En 2010, il poursuit sa col- La librairie choletaise, Le Yéti, fait de fréquentes laboration avec Séjourné et réa- incursions dans le département pour promouvoir la lise les couleurs de Paris, secteur bande dessinée, notamment au travers de sa dyna- soviétique, T2 de la série Jour mique présence au Printemps du livre de Montaigu. J (éditions Delcourt). Serge Perrotin (avec la collaboration de René Nicolas)14 Lire en Vendée - décembre 2010 - juin 2011
  • 15. Échos-Musées Les amis de l’Historial de la Vendée Historial de la Vendée, Allée Paul Bazin 85170 Les Lucs-sur-Boulogne permanence le mercredi à l’Historial, 02 51 47 61 77 www.ami-historial-vendee.com e-mail : conservation-musée@vendee.frL’Agricultureen terre vendéenneL’exposition annoncée estmaintenant ouvertePrenez vos bottes et n’ayez paspeur de vous crotter un peudans la glèbe vendéenne L’exposition sur l’histoire de l’agriculture ven-déenne, qui s’est ouverte le 10 décembre à l’Historialde la Vendée, sera accompagnée, au mois de janvier,de la publication d’un ouvrage. Conformément à l’idée Marais breton-vendéen, un couple charge des genêts sur une charretteoriginale mise en œuvre voici une quinzaine d’années Cliché Jean Challet, années 50-60, Conservation départementale des muséespar la Conservation des musées de Vendée, il ne s’agitpas d’un classique catalogue d’exposition, mais d’unouvrage de référence, superbement illustré. taire et assurer l’écoulement des excédents agricoles Sous la houlette de Christophe Vital, conservateur vers des marchés extérieurs. Cela implique égalementen chef des musées de Vendée, et de Pierre-Yannick la transmission de ces conceptions «révolutionnaires»Legal, un universitaire qui avait supervisé le pôle «Grand aux générations vouées à prendre la relève.XIXème» de l’Historial, il réunit les contributions de diversspécialistes, qui décrivent l’évolution de l’agriculture À l’autre bout, l’imminence de bouleversementsvendéenne sur cent cinquante ans, tout au long d’un irréversibles, avec la diffusion du machinisme agri-«Grand XIXème siècle» qui se prolonge jusqu’aux années cole, l’utilisation intensive des engrais chimiques et des1950. OGM, le calibrage et l’uniformisation des variétés de En amont, la reconstitution d’une agriculture rava- produits agricoles, le remembrement… Une nouvellegée par la Révolution. Cela suppose l’adoption de nou- révolution à laquelle sont confrontés les paysans ven-velles méthodes de cultures, la prise de conscience qu’il déens.faut sortir de la traditionnelle autosuffisance alimen- Michel Chamard Lire en Vendée - décembre 2010 - juin 2011 15
  • 16. darmerie. Il arrivait d’ailleurs à Valentin d’expri- Maurice Bossard, élève... et pa- mer une certaine condescendance à l’égard de ses tron deValentin Roussière confrères, jusqu’à ce qu’il les considère, en raison de leur compétence, comme ses pairs. Une profonde reconnaissance Une stature et un statut au chantre de la Vendée Après une période à Challans, je me suis Ancien directeur départemental de Presse-Océan, retrouvé directeur Maurice Bossard a été le supérieur hiérarchique de départemental de Presse Valentin Roussière... qui l’avait embauché, en 1942, Océan. Valentin Rous- au Phare de la Loire, à l’âge de 13 ans. Ses souvenirs sière y achevait sa carrière dessinent l’image du journaliste reconnu et respecté, professionnelle. Il avait mais aussi celui du chantre de la Vendée tradition- eu le choix entre cette nelle qu’il aimait passionnément et dont il adorait situation et un poste à faire découvrir les sites chargés des symboles les plus Châteaubriant. Il vivait forts. bien sûr tout cela avec une profonde amertume. « En 1942, j’avais treize ans. Mon instituteur, Les conférences de rédac- Honoré Menanteau, qui savait nous donner le goût tion étaient pour moi d’apprendre, pratiquait le cyclotourisme en compa- une dure épreuve, face à celui qui m’avait formé au gnie de Valentin Roussière. métier et qui me faisait lire Lamartine pour amélio- C’est ainsi que celui-ci lui demanda, un jour, si rer mon style... l’un de ses élèves ne pourrait pas faire le courantin Son âge, sa stature, son statut, considérable depuis pour son journal. Le courantin, dans le jargon de des décennies, imposaient le respect. Et je gardais le la presse, c’est le garçon à tout faire, celui qui va souvenir de tout ce qu’il m’avait fait découvrir de chercher les communiqués et porter au train ou la Vendée, quand il m’emmenait en vélo avec lui, aux Autobus vendéens les « hors-sac » contenant les vers la crête du Moulin des Bois, à Sainte-Cécile, les articles à paraître les jours suivants. moulins des Justices ou la « belle bouillée » de chênes M’étant présenté dans mon meilleur costume, majestueux entre Vendrennes et Les Herbiers... celui de ma deuxième communion, j’ai donc été embauché en qualité de courantin, le 14 janvier 1942, au « salaire » de 300 francs par mois. Place La Vendée éternelle, toujours renouvelée du Marché, dans le bureau au plancher disjoint du Phare (1). C’est ainsi que j’ai mis le pied dans une entreprise, où j’ai accompli toute ma carrière. Je ne veux pas porter d’appréciation sur son écri- Valentin Roussière y fut un moment le seul pro- ture très particulière qui, aujourd’hui, est en effet fessionnel, rejoint ensuite par Claude Poitevin. Il datée et difficile d’accès. Il avait surtout une prodi- n’avait pas de voiture et partait en reportage avec son gieuse connaissance de l’insurrection de 1793, de la vélo équipé de deux grosses sacoches dans lesquelles Vendée profonde, de ses traditions et de ses grandes il enfouissait son casse-croûte et son inséparable familles. On a pu lui reprocher ce compagnon- appareil photo Leica sans flash dont il tirait pourtant nage avec les possédants, son goût pour les logis, d’admirables clichés. Des intérieurs en clair-obs- les réceptions au château, la chasse et la vénerie. cur, des compositions recherchées qui m’évoquent Son penchant pour la culotte de cheval et la vareuse toujours les toiles d’Henry Simon. La plus émou- de velours. Sans doute trouvait-il là une forme de vante de ses photos reste pour moi celle de Roger reconnaissance et un réseau de relations utiles à son de Lattre, aveugle et presque centenaire, caressant, métier et à son travail d’écrivain. à Mouilleron-en-Pareds, le bâton de maréchal posé Mais il était tout aussi à l’aise avec les petits, les sur le cercueil de son fils, Jean de Lattre de Tassigny. humbles, à qui il pouvait reconnaître une noblesse Pendant la guerre, Valentin Roussière a encou- du cœur. Bon vivant, il adorait l’omelette au jambon ragé les peintres vendéens, Henry Simon bien sûr, de « La Girafe », à Chambretaud, les champignons mais aussi Coquet et Droillard, conviés à accrocher et le ragoûtant de Rosnay qu’il aimait déguster avec leurs œuvres à la rédaction du Phare. le maire-vigneron, Honoré Aubin. Et le Maroilles À cette époque, la concurrence – et donc l’ému- qu’il avait découvert en Thiérache, au début de la lation – existaient réellement dans la rivalité avec guerre de 1939-45, guerre dont il parlait d’ailleurs l’Ouest Eclair de Bonnenfant, en face de la Gen- souvent.16 Échos-Musées - décembre 2010 - juin 2011
  • 17. 100ème Anniversaire, Valentin Roussière, le chantre de la Vendée Valentin Roussière, Cliché Ferlicot De ses années de séminaire, il avait gardé legoût pour les manifestations populaires – dirait-onaujourd’hui ostentatoires ? - de la religion: les Mis-sions paroissiales, les Fête-Dieu, les enterrementsdes grands, le passage triomphal de Notre-Dame deBoulogne en Vendée. Il rappelait souvent la visitede Mgr Roncalli, le futur pape Jean XXIII, au Montdes Alouettes et restait fasciné par la survivance dela Petite Église, dont il connaissait l’histoire sur lebout des doigts. Valentin Roussière vénérait le passé glorieux de saprovince et il en fut le chantre. L’avenir l’inquiétait,comme le révèle le titre d’un de ses derniers livres,Dieu meurt-il en Vendée ? . Il n’était pas pour autantpessimiste pour la Vendée. Son dernier ouvrage, Les Une mission à Saint-André-d’Ornay, 1949, Cliché V. Roussièrenouveaux chefs de file, témoigne de sa vision juste dufutur. Il avait parfaitement compris que le temps de« Monsieur not’ maître » était définitivement révolu.Il avait senti que de nouvelles élites, fils d’artisansdu meuble, de la chaussure, de l’habillement, syn-dicalistes paysans, allait émerger. Car il appréciaitfinalement ceux qui vont de l’avant, sans renier latradition. Cela nous ramène bien sûr à Jean Yole: « La tradi-tion, c’est le pied-mère, le progrès, c’est le greffon ». Et àcette autre citation de l’auteur du « Malaise paysan »que les jeunes journalistes ont maintes fois entenduede la bouche de Valentin: « Les privilèges se légiti-ment tous les jours par la compétence et les servicesrendus. » Entretien : Gilles Bély et Yves Viollier. (1) Le Phare de la Loire et l’Ouest Éclair qui avaient conti-nué de paraître pendant l’Occupation ont été interdits deparution à la Libération. Ils ont été remplacés par La Résistancede l’Ouest, puis Presse Océan pour le premier, par Ouest-Francepour le second.Échos-Musées - décembre 2010 - juin 2011 17
  • 18. Valentin Roussière vain, quand, un jour, un vieillard cévenol l’accueillit écrivain «pour se défouler» par ces mots : Je vous atten- dais pour mourir. Valen- tin Roussière pour sa part Journaliste dans l’âme, il disait qu’il avait écrit a reçu une lettre du der- ces livres « pour se défouler ». Mais on s’aperçoit nier meunier du Moulin très vite que chacun de ses ouvrages est un acte qui des Bois en 1941 et c’est affirme, confirme, exalte son amour pour ce « Haut ainsi qu’avec lui il fait Pays », ses paysages, ses hommes, sa culture, son his- revivre les temps pénibles toire. Ses titres à eux seuls sont éloquents. et heureux de la meunerie à voiles. On est en com- Ce sont : pagnie de Pierret, Jacquet, Les grands jours du Mont des Alouettes Marie et les autres. L’au- Dieu meurt-il en Vendée ? teur demeure journaliste. Il reste dans son registre et A l’écoute de la Vendée ne cherche pas à être penseur. D’autres le font mieux La Vendée terre de vacances que lui. Son récit sonne juste. Il emploie les mots de Vendée touristique l’époque. La vie court. On sent des paroles et des Haut Pays : logis de Vendée chansons recueillies à la source. Comme ce refrain En province de Vendée : Les nouveaux chefs de file lancé à la mariée : Il s’est voulu le chantre de la Vendée. Il l’a été. Le Prenez garde à votre pigeon temps a passé et on a oublié l’importance de sa voix Madame la Mariée dans la Vendée du milieu du siècle. Il était l’ami des Prenez garde à votre pigeon plus grands, des artistes, des écrivains. Il était fier La mèche va s’allumer ! d’être lié à Jean Yole qu’il admirait. Mais il savait être proche des plus humbles. Il n’aimait rien mieux que Ce Jetée de Galerne de Valentin Roussière est retrouver les paysans dans leurs caves pour goûter le ce qu’il a écrit de mieux. vin de leurs barriques et aussi les entendre raconter Yves Viollier leurs histoires. Son meilleur ouvrage a cette saveur de vérité récoltée au plus près, au plus près des hommes et des femmes, au plus près de la terre de Vendée. Il a pour titre : Jetée de Galerne Il a été écrit pendant la guerre. Valentin Roussière avait un peu plus de 30 ans. C’est sa seule grande œuvre de fiction, un roman de la meunerie plein de saveur qui se passe sur les collines des Moulins des Bois en Saint-Cécile. De ces hauteurs, comme d’une colline inspirée, on découvre la forêt du Parc Soubise, plus loin le Bois de la Folie et « sur la crête de l’horizon » les pins squelettiques de la Colline des Justices et les genêts du Mont des Alouettes. L’écri- vain embrasse toute sa Vendée du bocage. Le Lay coule dans la vallée. Et devant lui dégringolent les rangs de « folle », une vigne d’un vin blanc « déli- cieux ». Valentin Roussière évoque Mistral dans sa pré- face. Le poète provençal voulant ressusciter la vie Jean Epaud, sur le seuil de sa maison du marais breton des bateliers sur le Rhône, chercha longtemps en Cliché V. Roussière, Conservation départementale des musées18 Échos-Musées - décembre 2010 - juin 2011
  • 19. Valentin Roussière (1910-1983)Reporter photographe Originaire des Herbiers, Valentin Roussière est issud’une famille paysanne. Il fut orphelin dès 1916. Études supérieures en philosophie et en histoire,licence classique de grec et latin. En 1935, il laissa sesétudes pour un poste de rédacteur au Phare de la Loireà Nantes. Il fut un des premiers à illustrer ses articles deses propres photographies. Ce métier associant la dé-couverte à la mobilité satisfit pleinement ses attentes. Dès cette époque il fit partie d’un groupe compre-nant les frères Martel et l’archiviste L. Monnier. et en-tra également en contact avec Georges-Henri Rivière,le futur initiateur des écomusées en France. Ce milieului fit prendre conscience de la nécessité de conserverles « arts et traditions populaires ». Dans ce but, de 1935 à 1980, il réalisa plus de cin-quante mille clichés d’abord avec un appareil à plaques9 x 12, puis avec un Leica. Il fut l’une des chevilles ou-vrières de la préparation du stand de la Vendée à l’Expo-sition Internationale de 1937 ; celle-ci lui donna l’op-portunité d’une grande campagne photographique.Il nous a ainsi légué un témoignage authentique, ex-traordinaire et irremplaçable de la vie quotidienne dela société rurale vendéenne avant les grands change- Procession à Mouchamps, années 30ments consécutifs au second conflit mondial. Les tra-ditions vendéennes, l’architecture, l’artisanat, la pêche,les techniques agraires furent ses sujets de prédilec-tion. La recherche et l’appréhension des grandes lignesconstituant l’identité culturelle de la Vendée furent saquête inlassable. Il fut et restera un des plus grandsphotographes de la Vendée. Il fréquenta également les milieux artistiques ven-déens dont il identifia le premier le « Groupe de Saint-Jean-de-Monts » dans plusieurs articles, notammentcelui publié en 1968 au décès d’Armand Laîné, hôteliermontois chez qui les artistes se retrouvaient souvent.Dans le domaine des arts, il fut aussi à l’origine dusauvetage de l’atelier de Charles Milcendeau au Bois- Famille paysanne dans la cour de sa ferme près d’un échalierDurand à Soullans, actuel musée Charles Milcendeau. En 2002, la Conservation départementale desmusées de Vendée acquiert le fonds photographiqueainsi que la majeure partie des articles que Valen-tin Roussière publia au Phare de la Loire de 1935 à1975 (et qu’il archiva consciencieusement). Ils per-mettent de référencer avec précision ses photogra-phies. À l’heure actuelle, seuls les clichés sur plaquesde verre sont numérisés, les clichés sur films argen-tiques (les plus nombreux) ne sont eux pas encoreindexés, leur numérisation est en projet. Le fondsest consultable en l’état sur rendez-vous pris au-près de la Conservation départementale des musées.À plus long terme, il devrait être consultable sur le fu-tur site Internet de l’Historial de la Vendée. Les vendanges à Rosnay Jean-Pierre Remaud 3 Clichés V. Roussière, Conservation départementale des muséesÉchos-Musées - décembre 2010 - juin 2011 19
  • 20. Une famille du bocage devant sa ferme Cliché V. Roussière, Conservation départementale des musées Madame Dubé, La Chapelle-Thémer Homme devant son moulin concasseur de fèves, St-Jean-de-Monts Cliché V. Roussière, Cliché V. Roussière, Conservation départementale des musées Conservation départementale des musées Bouin, port des Brochets Cliché V. Roussière, Conservation départementale des musées20 Échos-Musées - décembre 2010 - juin 2011
  • 21. Patrick Guilloton : où nous devions nous approvisionner fermait« J’avais 20 ans, Valentin 60 » le samedi à midi. Comme vous avez fait le plein de votre 4L, il suffit que « Les privilèges se justifient par la compétence vous ameniez un tuyauet les services rendus ». Cette citation de Jean Yole, pour me dépanner,je l’entends encore jaillir de la bouche de Valentin expliquait-il, mi-qué-Roussière . Il l’utilisait aussi souvent que possible, mandeur, mi-donneurà toutes les sauces. Sans doute était-il encore plus d’ordre.attaché à sa musique qu’à son sens profond. Un jour, une fois Dans un autre registre, ce catholique désireux de l’opération terminée,ne pas risquer le pire, l’heure venue, affirmait, l’air après avoir malencontreusement voulu constater sitrès sûr, que « ce n’est pas un péché que de prendre l’essence avait du corps et de la cuisse, nous voilàune cuite par mois ». Ce qui, dans la foulée, l’autori- partis, à bord de la 4L, nous rincer les dents au cafésait à raconter ses dernières visites à Honoré Aubin, « Le Bordeaux ».alors maire de Rosnay, demeuré, en dépit de l’âge, Nous avons bu deux demis en tentant d’ignorerun docte galopin. Valentin avait le plus grand res- les basses attaques, les affreux persiflages et la perfi-pect pour ce prince du ragoûtant chez qui il aimait die si bienveillante de Thérèse, dite la «mère Gras »,conduire sans tarder chaque nouveau locataire de la la maîtresse des lieux.préfecture afin qu’il se frotte à la Vendée profonde. En sortant, Valentin avise un chat profondémentNombre de malheureux représentants de l’Etat s’en endormi sur une chaise de la terrasse. Il l’agrippe parsont effectivement souvenu longtemps… la peau du cou, ouvre la portière arrière et le jette Ces coups d’œil jetés dans le rétroviseur font dans la voiture. « C’est le chat de ma femme, il nerenaître l’image de ce sacré Valentin, amoureux de cesse de se sauver. Ramenez-nous à la maison ».la vie, homme de cœur, capable d’alterner sérieux Direction la rue du Roc où la bestiole, apeurée,et causticité. Un professionnel toujours disponible est sortie sans ménagement du véhicule.pour conseiller, encourager l’apprenti journaliste – Une heure plus tard, un Valentin tout piteux« l’employé de rédaction » - que j’étais à mon arrivée – avec néanmoins un joli petit sourire en coin -à Presse-Océan. effectuait son retour au journal. « Je me suis fait Je connaissais déjà le notable, le personnage engueuler par ma femme qui m’a dit que j’auraisconsidérable – à prendre au premier degré, certains pu m’apercevoir que ce chat ne « rebondissait » pasjournalistes locaux s’apparentant, à l’époque, à de comme le sien. Et je n’ose même pas vous répétervraies vedettes ! - qu’était alors « Monsieur Rous- tout ce que la mère Gras m’a tassé quand je lui aisière ». En ce tout début des années 70, nous avi- ramené son chat ! »ons coutume de converser – disons que je l’écoutais Aujourd’hui, en songeant à tout ce que Valentinbeaucoup -, lorsqu’il venait acheter ses petits cigares Roussière a pu donner en travaillant pour Le Phare,puants ( des ninas) au « Narval », le bureau de tabac devenu La Résistance de l’Ouest puis Presse-Océan, jede mes parents. Souvent, nous buvions un verre en me dis que c’est bien qu’il soit parti avant d’assister,discutant peinture, histoire, politique… et journa- impuissant, à la mort de ce journal en Vendée.lisme. Patrick Guilloton Plus tard, au sein de cette rédaction dirigée avecgentillesse et compétence par Maurice Bossard, j’aipartagé son bureau. Je n’avais pas 20 ans, il en avaitplus de 60. Je me souviens de son professionnalisme, de sonenthousiasme juvénile, intact, de traqueur d’info ence jour de très grosse tempête (février 72), laquelleavait fait plusieurs morts. Je me souviens de l’habitude prise, juste avantqu’il ne parte déjeuner, de lui demander s’il n’avaitpas une photo pour illustrer le papier que j’écrivais.A son retour, je disposais toujours du document col-lant pilepoil au sujet. Je me souviens enfin de la 2CV de Valentin tou-jours garée sur la place du marché. Le dimanche,son réservoir était souvent vide alors que la station Femmes en noir et en coiffe Cliché V. Roussière, Conservation départementale des muséesÉchos-Musées - décembre 2010 - juin 2011 21
  • 22. Valentin Roussière vu et entendu fils pour suspendre les pellicules et les faire sécher. Lorsque Valentin Roussière rentrait d’une chaude par Bertrand Illegems tournée journalistique passée dans les caves du pays de Mareuil, il commençait par jeter sur son bureau son flash dont la batterie, portée en bandoulière, En mars 1973, je faisais mon entrée comme devait bien peser deux kilos. On imagine le bruit journaliste dans la rédaction de La Roche-sur-Yon lorsque le matériel tombait sur le bureau. Une fois les du quotidien Presse-Océan. Parmi les collègues qui pellicules rembobinées, Valentin Roussière prenait m’accueillaient, il y avait Valentin Roussière. Trente- la direction du labo photos. Au bout d’une minute, sept ans plus tard, pour Lire en Vendée, évoquer les un juron bien placé indiquait que la pellicule venait souvenirs de Valentin Roussière s’apparente à une de tomber au fond de la cuve, profonde de plus d’un plongée réellement dans un autre siècle. mètre. Il revenait plus tard dans le bureau, trempé Jusqu’à son départ à la retraite, j’ai partagé son jusqu’aux épaules. bureau, dans cette rédaction située place du Mar- ché, devant les halles. Un bureau de trois mètres sur Par le petit bout de la lorgnette trois, dont la fenêtre donnait sur la cour intérieure de l’immeuble. Nos bureaux étaient collés l’un à Pour l’avoir accompagné une fois dans un repor- l’autre, des bureaux métalliques gris. tage effectué dans les coulisses du théâtre municipal yonnais, rencontrer un artiste étranger, je me sou- Homme libre, toujours tu chériras la Vendée viens comment Valentin Roussière boucla l’inter- view en peu de temps, faisant à la fois les questions Valentin Roussière jouissait d’une totale liberté et les réponses, après avoir interrogé l’artiste sur sa dans son travail, sur la forme et sur le fond. Il était vision de la Vendée qui l’accueillait. présent au bureau entre deux reportages libres, le Pour l’avoir accompagné une fois en voiture temps de développer les pellicules de son appareil jusqu’au Poiré-sur-Vie, pour assister à une repré- 6x6, de bavarder pour refaire le présent aux couleurs sentation de la pièce de théâtre L’autoroute de du passé et de remettre à Françoise, la secrétaire, le Yves Viollier, je me souviens de la manière dont il paquet de feuilles de ses articles. Puis il disparaissait. conduisait sa 4L de service. Son épouse, assise à ses En ce temps-là, est-il besoin de le dire, l’ordinateur côtés, se chargeait de faire marcher les phares et les n’existait pas. La rédaction n’était même pas dotée clignotants, tandis que le conducteur monologuait de machines à écrire. Les articles étaient rédigés à la en conduisant. Quant à ses articles, à la fin de sa main sur des feuilles 21x27 vertes. En ce temps-là, carrière, ils ressemblaient souvent à un patchwork : dix le téléphone n’était pas encore automatique. Il fallait lignes de l’auteur, un collage d’article ou de livre, passer par « les demoiselles » de la Poste. dix lignes de l’auteur et nouveau collage, et ainsi de La liberté dont jouissait Valentin Roussière avait suite sur dix ou quinze pages. Ses articles, comme les été acquise au terme d’une longue carrière. Après nôtres, étaient, soit lus au téléphone par Françoise à avoir été directeur départemental, il ne pouvait pas une sténo à Nantes, soit placés dans une enveloppe redevenir fantassin. Il était donc « grand reporter » « hors-sac » qu’il fallait remettre au chef de gare pour vendéen. le prochain train vers Nantes. Savoir se mouiller pour la bonne cause La jeunesse est sans pitié. C’est connu. Aussi En faisant mes reportages, ici et là en Vendée, j’ai rédigé, à cette époque, mes interlocuteurs me disaient toujours : Ah, vous sur le vif, un Diction- travaillez dans le journal de Monsieur Roussière ! naire des expressions L’homme était connu pour toutes les facettes de son roussiériennes. Dans nos personnage : reporter, écrivain, historien, œnologue, moments de tête à tête photographe. Il en imposait, à la fois par sa stature dans le bureau, l’homme physique et par son langage. Un langage mêlant le parlait beaucoup. J’écou- ton aristocratique, la simplicité paysanne, la verdeur tais. J’enregistrais. Je pre- du militaire, la philosophie d’un homme ancien nais des notes (déforma- crucifié sur l’autel de la médiocrité moderne. tion professionnelle). Je souriais intérieurement. Il Bien-sûr, les anecdotes ne manquent pas. Citons n’y a rien d’iconoclaste. Je relis ces définitions aussi ses combats avec les pellicules photos… Au fond comme la marque d’une sorte de respect profession- du couloir, en montant cinq marches, on pous- nel et filial, mâtiné de tendresse. sait la porte des vécés. C’était aussi le labo photos. Bertrand Illegems Les Bousats, Saint-Michel-en-l’Herm Les grandes cuves en inox y… trônaient, avec les Cliché V. Roussière, Conservation départementale des musées22 Échos-Musées - décembre 2010 - juin 2011
  • 23. Échos-Musées - décembre 2010 - juin 2011 23
  • 24. Les Amis de L’Historial de la Vendée Historial de la Vendée, Allée Paul Bazin 85170 Les Lucs-sur-Boulogne permanence le mercredi à l’Historial, 02 51 47 61 77 www.ami-historial-vendee.com e-mail : conservation-musée@vendee.fr Les Amis de L’Historial sont toujours fidèles à leur mission essentielle : contribuer au rayonnement de l’Historial et l’aider dans toutes ses actions. Dans ce cadre, ils organisent maintenant régulière- La conférence a été donnée le 19 novembre par ment quatre manifestations annuelles : Monique Demagny sur Robert d’Arbrissel, fonda- teur de l’abbaye de Fontevraud. Monique Demagny - en hiver, une visite de musée dans la région, est l’auteur de nombreux livres et a reçu à Montaigu - au printemps, le Rallye du Patrimoine avec la Fon- en 2003 le Prix Ouest pour son livre Fontevraud, une dation du Patrimoine, journée et dîner, femme et la fin d’un monde. - en été, assemblée générale et dîner, - en automne, une conférence suivie d’un dîner de Pour l’année 2011, notre visite de musée pourra fête. nous conduire encore à Nantes, ou à Rochefort ou à Fontevraud (ou ailleurs), notre Rallye se déroulera Ils aident de leur présence l’Historial pour la Nuit dans la partie centrale de la Vendée ; nous attendons des musées et les Journées du Patrimoine. vos suggestions pour la conférence d’automne. Ils éditent maintenant chaque année deux numé- Vous recevrez aussi le programme de l’Historial ros Échos-musée en association avec les Écrivains de pour les prochains mois sans oublier la prochaine expo- Vendée. Cette revue, Lire en Vendée est disponible dans sition sur l’Agriculture en Vendée dès le 9 décembre. les librairies vendéennes et à l’Historial. On peut s’y abonner pour 5 € par an. Cette fin d’année est la période de renouvellement En 2010, les amis de des cotisations et nous vous invitons donc à renouve- l’Historial ont ainsi visité ler ou initier votre cotisation 2011. en mai à Nantes le Châ- Avec nos remerciements. teau et le Musée Dobrée. Les Amis de l’Historial LES AMIS DE L’HISTORIAL DE LA VENDÉE Historial de la Vendée, Allée Paul Bazin 85170 Les Lucs-sur-Boulogne Bulletin d’adhésion année 2011 10 €/personne Le rallye-auto du 8 mai a exploré le pays du Lan- à adresser aux amis de l’Historial aux Lucs, gon. M. Mme Mlle NOM : Prénom : Adresse : Code postal Ville Tél : E-mail :24 Lire en Vendée - décembre 2010 - juin 2011
  • 25. Poésie Nos SélectionsOnze Millimètres Tout un itinéraire, de la jeune fille à la femme,Sandrine Billet des hésitations professionnelles au service de ceuxEdilivre.com, 76 p, 12 € qui sont en souffrance, Sandrine Billet commence par des phrases très quotidiennes qui tiennent du Les cavernes de tes doutes récit élémentaire. Puis elle évolue vers des formes Sont à 100 pieds sous terre, aux rythmes plus poétiques qui sont autant d’inter- 100 pieds de nez rogations et de jeux avec les mots. Que tu fais à ton innocence. Le tout se termine par une nouvelle plus légère et plus fantaisiste, quoique… Alain PerrocheauLe Théâtre des ChosesCharles d’EstèveÉditions Les Introuvables, 20 € Quelques éclatements d’images qui flottent entre glissade longs silences de la page, tissant un nombre de mots d’aube fragile pourtant dépouillés parfois jusqu’à l’aphorisme, instance comme pour mieux mesurer l’émerveillement sans d’enfance cesse renouvelé de vivre. « A. P. à venir.Onirisme Une petite vingtaine de pagesou Le regard oblique pour des visions de rêves endormis ou éveillés qui transportent dansJean Billaud un autre quotidien, que l’écrivainEncres vives, 6.10 € énonce comme on se libère, avec une vague envie de vaincre ses Maintenant débarqué sur ces terres humides peines, avec aussi un plaisir évident Je dois me contenter l’amertume à la bouche des mots qui purgent tout en se De bonheurs plus tactiles jouant du réel. A. P.Câline école Magnifique recueil à déguster en ces temps de rentrée que celui d’Anne Poiré et Patrick Guallino.Anne Poiré Aux magnifiques photographies couleurs de l’artistePhotos Patrick Guallino qui a su capter toute la fraîcheur et les interroga-Soc & Foc, 12 € tions des enfants d’une classe de maternelle, répon- dent les courts poèmes éclatés comme des bulles qui Dans la cour un sifflet libèrent d’envoûtantes saveurs, celles qui coulent de Des cordes à sauter la mémoire que chacun met en œuvre, inexorable- Piaillent les oisillons. ment. À lire sans modération. A. P.Les Pommes Je veux de gentilles pommes Un long poème dépliant, facé- de pommiers d’antan. tieux et disert, qui décline au fil deXavier Je veux des pommes ses vers la pomme en tous ses états.Bouguenec à souvenirs. Un long poème à accrocher au coinÉditions Soc & Foc, 6 € d’un mur et à croquer par bribes, à chaque fois qu’on passe devant. A. P. Lire en Vendée - décembre 2010 - juin 2011 25
  • 26. Poésie (suite) La vie comme un poème L’ancien architecte des Bâtiments de France qu’est Michel Dillange a gardé tout au long de sa vie Michel Dillange des textes poétiques qu’il édite aujourd’hui, assortis Les Chantuseries, 40 p., 9 € de quelques courts commentaires. L’art de la construction sous-tend cette poésie de Lorsque ma bière facture souvent classique, mais aussi plaisamment Fleurira le chardon, libérée dans son ton parfois badin qui cousine avec Le vent, comme prière, la chanson. L’auteur y joue avec la distance et la Me chantera ton nom proximité. A. P. À l’ombre de la Grotte Un recueil de poèmes sous-titré Méditations et méditations et chemin chemin de croix dans une jolie présentation agré- mentée de dessins de Pierre Boyer. Gilles Hybert en de Croix tant que prêtre nous donne à suivre ce chemin qui Gilles Hybert mène à Lourdes, mais qui ensuite accompagne les Siloë, 12 € étapes de la Passion, pour une contemplation toute spirituelle qu’affinent des rythmes bien scandés et une prosodie tout autant rigoureuse que lyrique. Je rends grâce et bénis Celui que mon cœur aime : Chaque jour le poème peut être réflexion et, sûre- Je veux suivre ses pas jusqu’au don de moi-même. ment, prière. A. P. Apnée du soleil Une salutaire descente au cœur de l’être, au moyen du «je» et d’un langage dont l’eau coule une Véronique Joyaux rigueur légère, mais riche de sens. Les illustrations Éditions Soc et Foc, 12 € de Claudine Goux, aux tonalités primitives, illus- trent cette invitation à goûter ce moment de vie Célébrer la vie avec des mots ciselés qui bat au fond de nous, en s’arrêtant pour s’écou- Lui montrer du respect ter penser. Tout un programme pour ce beau recueil Faire signe dense et limpide à la fois. A. P. La chambre des astres Entre les belles illustrations couleurs de Bru- nella Baldi qui ouvrent de nouveaux espaces, de Gilles Brulet petits textes à forme très courts –souvent une phrase Éditions Soc et Foc, 12 € unique étalée sur trois ou quatre vers- qui sont des concentrés d’imaginaire et de visions de paysages qui Hameaux filent comme la vitre d’un train, ne laissant à l’esprit Satellites des villages Envoyés là-haut qu’un détail de nature, pourtant précis et définitif. Dans la chambres des astres. A. P. Litanie des bulles Le poème se construit dans une abondance et un défilement continu de rythmes joliment enroulés Lionel-Edouard Martin dans les harmonies de consonnes et Éditions Soc et Foc, 12 € dont les respirations du blanc vien- nent ponctuer les versets. Quelque chose entre Francis Ponge, pour la Poème, ce frêle suspens saisi par l’œil, précision de la matière et du geste, l’éphémère équilibre des touches de couleur, tenue des joueurs, voiles des yoles et Paul Fort, pour le lyrisme à forme scintillante et furtive, prolongé par les encres de couleurs de Marc Ber- gère aux beaux à-plats oniriques. A. P.26 Lire en Vendée - décembre 2010 - juin 2011
  • 27. JeunesseLe petit berger bercée dans le culte de la religion et de la morale tra-des Bénardières ditionnelle, un bain de jouvence attend les lecteurs sans a priori ni préjugé qui s’y abandonneront.Ghislaine Pommeret Simplicité d’écriture qui raviront les fans de laÉdilivre, 230 p., 18 € Comtesse de Ségur et de Bernardin de Saint-Pierre qui se sont délectés de L’auberge de l’Ange Gardien et de Paul et Virginie. Il n’y a rien de mièvre dans cette On aurait aimé de belles illustrations pour fixerhistoire émouvante, conte char- notre enchantement. Pierre Latastemant d’une gentille grand-mèreLalie chien), sans atermoiements. Aventures, déceptions et chagrins n’épargneront pas notre héroïne qui lesGhislaine Pommeret surmontera pour une fin pleine d’espoir.Édilivre, 188 p., 16 € Un exemple à méditer par tous sur la nécessité de retrouver le sens de nos responsabilité à l’égard Du même auteur dans un tout de l’enfant.autre registre ; oubliée la pro- On apprécie aussi une édition plus soignée, avecvince d’une époque révolue, nous une correction plus attentive, attentions que méri-sommes à Paris en 2010 avec Lalie, taient bien ces deux manuscrits. À méditer, chers10 ans, qui mène son monde, (famille, amis, voisin, éditeurs et imprimeurs. P. L. Aventure maqique au bord de l’océan Catherine Roquant-Pouzet Éditions Chrisolène, 13.80 € Coup de cœur pour ce très beau livre, ludique, monieusement. L’enfant fait voyager son imaginairepratique, interactif et pédagogique, destiné aux en gardant le lien avec son environnement. Chaqueenfants de 5 à 10 ans ! page est animée par un jeu en lien avec l’histoire Au Pays des Hommes et au Pays des Vagues, et dévoile les secrets du monde maritime : faune,les petits héros, une jolie nymphe inspirée de la pêche, dunes, navigation,… avec un point d’orguemythologie et son jeune ami aventurier, invitent le sur un jeu labyrinthe présentant quelques lieux inso-jeune lecteur dans un univers d’aventures et de pou- lites.voirs magiques... L’histoire de ce premier album se Présentation originale et souple, le carnet à spi-déroule sur le littoral vendéen qu’elle a pour but de rale, dessins et couleurs magnifiques, textes faciles,faire découvrir. intéressants dans de jolies bulles et petit prix. Sur un décor de photos, évoluent des person- Deuxième album de la série Le petit vacancier ennages dessinés (illustrations de Sabrina Échappé, cours de préparation pour mai 2011.agence Webcréatif) : fiction et réalité se mêlent har- Eveline Thomer Lire en Vendée - décembre 2010 - juin 2011 27
  • 28. Nouvelles Idylles, mensonges Un professeur qui sait faire aimer le français à ses et compagnie élèves de première ES. Des élèves qui veulent lui faire admettre qu’ils Agnès Niedercom sont bilingues (français - SMS) et que le langage des Calmann-Lévy, 280 p., 8.90 € SMS n’est rien moins que l’expression de ce qu’ils sont. Prix Nouveau Talent 2010 Entre parents et enfants, la compréhension n’est Amours adolescentes avec des pas facile non plus. Peut-on espérer qu’être de bonne secrets, des non-dits, des men- volonté, s’aimer, se dire la vérité permettra pourtant songes qui engendrent soupçons, de se comprendre ? L. G. jalousie et situations embrouillées. La Vieille conteuse souvenirs d’anesthésie ; l’histoire des cœlacanthes, de Vendée sujet scientifique, devient «une histoire fascinante». Contes et nouvelles D’autres histoires, imaginaires, nous transportent entre mer et marais dans des mondes poétiques, riches de sensibilité ; ou ont le caractère gaulois de celles qu’on entend Françoise Bidois dans les caves. Certaines nouvelles piquent notre Édilivre, 148 p., 14.50 € curiosité, nous surprennent par leur dénouement. Françoise Bidois donne à la nature une place très Françoise Bidois raconte. Elle sait tout raconter. importante, ce n’est pas un simple décor, c’est un Ses histoires peuvent ressembler à des documen- personnage dont le rôle est important. Elle s’inté- taires : elle décrit avec beaucoup de justesse la vie resse beaucoup à l’enfance et à la vieillesse dans des d’une cave vendéenne, elle conte avec humour ses récits plein de délicatesse et de sagesse. L. G. Le pêcheur Le pêcheur et le poisson bleu Michel Dillange grands classiques de la première moitié du XXème siècle comme André Gide. Elles nous conduisent et autres nouvelles Le pêcheur et le poisson bleu et le poisson bleu De la Sicile à la Chine, en passant par la Vendée, Paris, le Maroc et d’autres lieux mystérieux, Michel Dillange, avec son regard malicieux, son style alerte, sa grande sensibilité, et autres nouvelles à la rencontre de personnages attachants ou pitto- et autres nouvelles entraîne le lecteur sur des chemins pittoresques et riches en émotions. Le rêve rejoint la vie. Issu d’une famille aux attaches luçonnaises, Michel Dillange est resté fidèle à son terroir vendéen. resques croqués avec l’art du portraitiste dont un Michel Dillange Architecte urbaniste en chef de l’État, Michel Dillange a eu en charge la première agence des Bâtiments de France de Paris. Il a ainsi assuré la conservation de monuments prestigieux comme brin de malice vient lisser le trait qu’il avait été juste auparavant tenté de grossir. la Sainte-Chapelle et le Palais- Royal. Il a terminé sa carrière au Conseil général des Ponts et Chaussées. Les Chantuseries, 100 p., 12 € Docteur en histoire de l’art, Michel Dillange est l’auteur de nombreux ouvrages consacrés à l’archéologie et à l’histoire. La chute de chaque récit est toujours travaillée Lauréat de l’Académie Française et membre correspondant de la Société Nationale des Antiquaires de France et de plusieurs sociétés savantes, il a présidé la Société des écrivains de Vendée et le Souvenir vendéen de Clemenceau. Voici une douzaine de déli- et, la page tournée, on s’aperçoit qu’on vient tout simplement de redécouvrir le plaisir de lire. Éditions Les Chantuseries cieuses nouvelles écrites dans un Prix : 12 € ISBN : 978-2-9535472-4-5 style rigoureux qui rappelle les Du meilleur Dillange assurément. A. P. Un cygne Un regard posé sur des personnages sortis tout droit de l’imagination de l’auteur. parmi les orties Des histoires de l’environnement, du quotidien, Gaëlle Charrier-Bretagne parfois complexes et qui témoignent de la fragilité Éditions les 2 Encres, 128 p., 13 € de notre existence ou de la folie des hommes. À chacun de s’y retrouver ou de s’y perdre ? E. T.28 Lire en Vendée - décembre 2010 - juin 2011
  • 29. Régionalisme Les Bleus de Vendée Recherches vendéenes C.R.V.H., 498 p., 25 € Parmi les acteurs des guerres de Vendée émergent surtout les noms des héros du soulèvement, Cha- rette, La Rochejaquelein, Bonchamps. Et ceux des bourreaux, Turreau, Westermann, Carrier. Mais qui pourrait citer aujourd’hui les Bleus de Vendée ? Ces républicains, bourgeois ou prêtres jureurs, qui se ran-Mémoires de la Marquise gent du côté du nouveau pouvoir révolutionnaire et, à moins qu’ils n’aient été eux-mêmes victimes de lade la Rochejaquelein Terreur, s’enrichiront en achetant des biens d’ ÉgliseÉdition présentée Sous la direction de Jean Artarit, auteur d’une bio-par Alain Gérard graphie remarquée de Robespierre, Recherches ven-C.R.V.H., 614 p., 26 € déennes trace le portrait des plus marquants des Bleus de Vendée. À commencer par Jean-Gabriel Gallot, le médecin des pauvres de Saint-Maurice-le-Girard. Lui succèdent Louis-Constant Trastour, des Essarts, insurgé malgré lui, puis embarqué sur un vaisseau de la République qui surveille la Marine anglaise, et Gou- C’est la quarante-deuxième édition des Mémoires pilleau de Montaigu, conventionnel vendéen, envoyéde la Marquise de la Rochejaquelein. Et pourtant, en mission en Provence.c’est la première. La première en date, avant les Un long chapitre très détaillé, raconte ce que futretouches et les réécritures des éditions ultérieures. la vie à Fontenay-le-Comte pendant la Révolution.Et donc, la plus spontanée, la plus vraie, la plus Chef-lieu du département avant que Napoléon ne luivivante. Indemne des mythes et des versions contra- enlève la préfecture pour l’installer à La Roche-sur-dictoires d’une histoire falsifiée, récupérée, instru- Yon, la ville est dirigée par les élites bourgeoises quimentalisée parfois, ce récit éclaire d’une lumière dif- adhèrent sans états d’âme au nouveau régime. Ellesférente les Guerres de Vendée. seront cependant jugées bien trop tièdes par les sans- La Marquise occupe une place à part dans la culottes et les représentants en mission qui dresserontgeste vendéenne. Elle fut l’épouse de Lescure, la guillotine sur la place de la Révolution, l’actuellele « saint du Poitou », puis, après la mort de celui-ci en place Viète.1793, de Louis de la Rochejaquelein, le frère de son La Terreur passée, la Vendée retrouve la paix et leshéros, « Monsieur Henri ». Elle écrit ces mémoires républicains se coulent alors dans le bonapartisme etlors de son exil en Espagne, en 1802-1803. Puis elle l ‘orléanisme. Ils deviennent même parfois de parfaitsles confie à Prosper de Barante, le jeune sous-préfet réactionnaires... Avec la correspondance de la famillede Bressuire. En 1889, son petit-fils éditera à nou- Bujeaud, le lecteur suit pas à pas les péripéties de l’an-veau le manuscrit, avec quelques modifications. née terrible, celle de la guerre de 1870-1871. Puis Jérôme Bujeaud évoque la figure d’un voisin, le colo- Alain Gérard a rassemblé les archives privées nel Denfert-Rochereau, le Lion de Belfort.pour restituer les mémoires de la Marquise dans leur La grande figure républicaine de la Vendée, c’estpremière fraîcheur. Elle était née au Louvre et avait évidemment celle de Georges Clemenceau dont Jean-grandi à la Cour de Versailles. Elle vit les guerres au Yves Perrot souligne la passion de la liberté et de l’ou-plus près des chefs, dans la tumulte des combats, la verture au monde, dans la fidélité absolue à sa terreterreur de tous les jours, les rivalités des comman- natale. « Il entre dans cet attachement à la libertédants, l’atroce Virée de Galerne après la défaite de quelque chose de viscéralement vendéen », relèveCholet. Au plus près aussi des paysans de la Gâtine, notamment Jean-Yves Perrot. Examinant les « autresdans sa demeure de Boismé. Son témoignage direct, Vendées » qui se soulevèrent aussi contre une Révolu-exempt de haine, souligne à nouveau la vraie nature tion dévoyée, Thierry Heckmann montre leur dimen-du soulèvement des Vendéens: une révolte popu- sion populaire. Mais il les distingue aussi de « la » Ven-laire et spirituelle face à l’utopie révolutionnaire qui dée qui a su s’engager dans la modernité sans reniersombre dans la Terreur. G. B. son passé. G B. Lire en Vendée - décembre 2010 - juin 2011 29
  • 30. Régionalisme (suite) Félicie de Fauveau sembla plus à une lamentable échauffourée qu’une vraie guerre dont les Vendéens ne voulaient de toute Emmanuel de Waresquiel façon plus ! Mais Félicie de Fauveau fut anachro- Éditions Robert-Laffont, 280 p., 20 € nique jusqu’au bout de sa vie. L’amazone conspi- ratrice qui voulait le retour d’un roi de droit divin Difficile de rester insensible au avait fait allégeance à une femme aux mêmes idées, destin d’artiste et de rebelle de Féli- Félicie de La Rochejaquelein, amour équivoque d’un cie de Fauveau évoqué par Emma- écuyer pour son maître. Et son destin fut à l’image nuel de Waresquiel. Car cette de sa naissance et de sa mort, puisqu’elle est née à artiste sculptait et son talent fut encensé par Balzac florence (1801) et qu’elle est décédée dans cette ville et Stendhal, Alexandre Dumas et Théophile Gautier. à l’âge de 85 ans… en exil ! Le travail de réhabilita- Mais l’artiste allait aussi à la guerre et se perdit dans tion de Waresquiel est louable mais il y manque un le soulèvement mené par la duchesse de Berry en poil de souffle et Félicie est tout aussi agaçante que 1832, durant la dernière Guerre de Vendée, qui res- magnifique. Philippe Gilbert En habit d’un trait de plume le dicton, à chacun sa vérité. Et de peaux Vendéennes en la circonstance, comme l’énonçait un passionné Jean-Henry Bouffard éclairé de l’Histoire de notre département, à chacun ses archives, à chacun le choix de ses documents. Éditions Geste, 368 p., 16 € L’ouvrage de J-H Bouffard est intéressant à plus d’un titre. Fruit d’un travail sérieux, émaillé de J’ai écrit cet ouvrage dans un nombreuses citations, enrichi des archives familiales souci de vérité sur le génocide de la de l’auteur, il nous incite à un devoir de mémoire et, Vendée Militaire, affirme Jean-Henry Bouffard au s’il y a une chose que les vendéens ne risquent pas dos de son ouvrage. Connaissant l’homme, nous d’oublier, c’est que le nom de Turreau n’a toujours sommes tout à fait disposés à lui accorder crédit pas été effacé de la liste des gloires militaires figurant de ses bonnes intentions, même s’il ne peut effacer sur l’arc de triomphe de l’Étoile. J. B. vail impressionnant sur la réalité, sur le terrain, des Histoire militaire guerres de Vendée. des guerres de Vendée Philbert Doré Graslin nous avait livré un itinéraire Hervé Couteau-Bégarie au jour-le-jour, son fils Charles, avec Hervé Couteau- Bégarie, éminent spécialiste et directeur de la revue Charles Doré Graslin Stratégique, consacre un très fort volume à l’histoire Economica, Bibliothèque stratégique, militaire proprement dite, sujet peu abordé jusqu’ici 256 p., 49 € mais pourtant déterminant. Véritable «bible» historique, qu’il faut avoir lu si Tous les universitaires ne sont pas l’on veut continuer à parler sérieusement de notre obnubilés par les querelles politiques. On a ici un tra- guerre. J. R. La Désinformation Au-delà des opinions politiques, du «politique- autour des guerres de Vendée ment correct», ce témoignage illustre la difficulté pour et du génocide vendéen un chercheur de bousculer les idées reçues avec des élé- Reynald Secher ments nouveaux, qui «dérangent» l’institution établie. Éditions Atelier Fol’fer, 100 p.,16 € Les vendéens sont rompus à ce genre d’exercice, mais on reste confondu par l’acharnement de certains Instructif et inquiétant, ce plai- universitaires envers un des leurs ! doyer en défense est aussi un réquisi- La sobriété du style met ce livre à la portée de tous, toire violent et implacable contre ses détracteurs. alors, informez-vous. J. R.30 Lire en Vendée - décembre 2010 - juin 2011
  • 31. Comment se mettre Claude est intarissable, inépuisable, inénarrable...« en Goule » Il met en pages ses expériences au service des associa- tions vendéennes les plus diverses.le patois vendéen Ici un manuel, simple, savoureux, savant et atta-Claude Mercier chant pour «comprendre» le patois. Du vocabulaire,L’Étrave, 240 p., 20 € des exemples, des fables... Chaque mot révèle une nouvelle histoire, à prendre mot-à-mot, par cœur. J. R.Agenda de la Vendée documentée parmi les villes et les villages de notre2011 département. Une vision diverse et contrastée, comme ses paysages et son histoire. Mine de rien,Geste éditions au fil des jours, on en découvre et on en apprendGeste, 152 p., 14.90 € beaucoup sur la Vendée et sur les Vendéens. Les écrivains du cru ont ajouté leur patte personnelle, Fort heureusement, les alma- comme Michel Dillange, Eveline Thomer, Robertnachs et les agendas perdurent et se renouvellent. Aujard ou Gilles Perraudeau. Prenez le temps de lirePréfacé par Michel Gautier - un expert en la matière et d’admirer les images, avant de noter vos rendez-- qui y a beaucoup contribué, cet agenda de la Ven- vous et vos envies de lectures vendéennes !dée 2011 propose une promenade agréable et très G. B.Le grand almanach mères, trucs du jardinier, morale d’autrefois, devi-de la Vendée nettes, histoires drôles, contrepèteries, rubriques Le saviez-vous ?, événements d’hier et ceux qui marque-Éditions Geste, 178 p., 9.90 € ront la vie vendéenne de 2011. . Tout y foisonne ! Rien d’original pour un alma- Cet almanach, instructif et inté- nach, me direz-vous. N’empêche que j’ai pris un réelressant, dépasse largement le cadre et enrichissant plaisir à le feuilleter. Je vous invitedu département. Des infos les plus vivement à le découvrir en vous distrayant, au fil desdiverses y trouvent place : astuces de nos grands- saisons. J. B.Catalogue général Geste nous a fait parvenir son catalogue. BonneGeste éditions idée, demandez-le aussi ! Caverne d’Ali Baba ou la profusion, la diversitéCentre routier, rue Norman-Borlaug, et la richesse des sujets abordés servent à merveille79260 La Crèche, www.gesteditions.com un guide précieux, ambassadeur de poids pour la province ! J. R.Une ville vendéenne Rien n’échappe à l’examen d’Henry Brunetière.La Roche-sur-Yon Une très riche iconographie montre les lieux et les hommes qui ont « fait » La Roche-sur-Yon. Les1914-1944 trente années yonnaises ainsi exposées sont mar-Henry Brunetière quées par deux guerres mondiales et une terribleÉditions d’Orbestier, 342 p., 28 € crise économique. Entre progrès et incertitudes, La Roche-sur-Yon s’est malgré tout développée. On Directeur des archives munici- voit le paysage urbain se modifier avec l’apparitionpales pendant plus de dix ans, historien passionné des gratte-ciel et des cités-jardins, tandis que l’at-par sa ville, Henry Brunetière est celui qui sait tout traction nantaise commence à se manifester. Unesur La Roche-sur-Yon. Il a déjà campé le portrait de dernière partie prolonge utilement la mémoire de lala cité naissante, celle de Napoléon (1804-1870), et ville : le décollage économique, la fusion de 1964,celui de la ville républicaine (1870-1914). Le tome l’arrivée de la gauche aux commandes, la diversifi-III embrasse la période 1914-1944 et raconte la cation des activités qui font définitivement de Laville vendéenne, administrative et laïque, celle qui, Roche-sur-Yon, la ville-centre de la Vendée. En unpetit à petit, va devenir la capitale d’un département mot, une ville vendéenne.encore très attaché à ses traditions. G. B. Lire en Vendée - décembre 2010 - juin 2011 31
  • 32. Régionalisme (suite) Histoires Gautier. Une page pour le parlanjhe, une autre pour la traduction en français et des dizaines d’histoires, du jeune temps d’anecdotes, de bons mots ou de souvenirs. Plus ou Michel Gandemer moins vrais, toujours succulents et évocateurs d’un Éditions Geste, 252 p., 18 € mode de vie qui s’éloigne et qu’on ne comprend vraiment bien que dans le langage du pays. Cela se passe au Simon-la- Alors, on se régale en égrenant ces éclats de vie Vineuse, tout près de Sainte-Her- qui illuminent la pêche à la vermée, les nez-de-chat mine. C’est le jeune temps des fils qu’on entend pousser, le pèlerinage à Lourdes, les de paysans des années quarante. vignes gelées ou les récréations dans la cour de l’école. C’est dire que Michel Gande- Michel Gandemer rappelle aussi des moments qui mer ressemble à celui de milliers appartiennent désormais à l’Histoire comme l’Oc- d’autres petits Vendéens de l’époque. Il s’en sou- cupation, le bombardement et la Libération du vient après avoir été instituteur, puis professeur à Simon, l’« emprisonnement » par les Allemands de la Chambre des Métiers. Il le raconte en parlanjhe, la statue de Clemenceau à Sainte-Hermine. Un livre avec l’aide incontournable et précieuse de Michel jubilatoire. G. B. Journal d’un cavalier gers et les angoisses de ces simples soldats dont le à pied 14 - 18 vécu dramatique ne peut laisser indifférent. Ce n’est Jean Michenaud pas un cours d’Histoire mais un authentique repor- tage effectué par les acteurs eux-mêmes. L’un d’eux, Siloë, 207 p., 23,90 € Camille Poirier explique : J’avais avec moi un carnet dans lequel je mettais au jour le jour tous mes dépla- cements aussi bien aux tranchées qu’ailleurs, quoique À partir de documents col- ce fût interdit. Quand une page était écrite des deux lectés par Jean Michenaud, côtés, je la déchirais et l’envoyais chez moi avec ma cor- cet ouvrage relate essentiellement la vie quoti- respondance. J’ai eu la chance que la censure n’a jamais dienne de quelques poilus de la guerre 14-18. ouvert mes lettres. À travers les récits qui sont proposés, le lecteur Un passionnant retour dans un passé qui ne doit pénètre au cœur des tranchées et partage les dan- pas sombrer dans l’oubli. J. B. Voyageurs en Vendée Les voyageurs des siècles passés ont probablement Pierre Rézeau prêté plus d’attention à la Vendée de leur temps que Éditions CVRH, 268 p., 10 € les vacanciers d’aujourd’hui. Ils en décrivent les pay- sages variés, les activités et les ressources, les mœurs, les distractions, les costumes, leur passion pour la Lexicographe éminent, auteur chasse et les foires. Ils dessinent aussi un étonnant de La Vendée au fil des mots (2009), portrait des Vendéens: ils ont remarqué la fidélité à Pierre Rézeau propose un florilège leurs convictions, leur sens de la solidarité et de l’ac- des impressions des voyageurs qui ont traversé et cueil, leur goût pour le travail et leur attachement à regardé la Vendée au XIXème siècle et même avant. la fête. Parmi lesquels, René Bazin, Jean-Alexandre Cavo- leau, Georges Clemenceau, Alexandre Dumas, Ce que disent « les voyageurs » vient de loin, mais le général Kléber ou Jean Yole. Le témoignage le frappe toujours par son actualité. Ils décrivent un plus ancien est celui du Pierre, moine à l’abbaye de pays mangé par le genêt et l’ajonc et des hommes de Maillezais au XIème siècle, qui décrit précisément le progrès qui se battent pour l’ouvrir et construire un Marais mouillé et ses habitants, les Colliberts. avenir meilleur pour leurs familles. G. B.32 Lire en Vendée - décembre 2010 - juin 2011
  • 33. Pas si fous ces vendéens ! pas étonnés s’il avait également suivi les cours du pro- fesseur Choron ! Le but de son ouvrage est, affirme-Sakoch t-il, «de faire rire les vendéens». Nos concitoyens seÉditions Geste, 168 p., 25 € reconnaîtront-ils dans ce recueil de dessins ? L’auteur, Sakoch, revendique une Posséderont-ils assez d’humour pour s’esclaffer avecfiliation avec Reiser et avoue être Sakoch ou auront-ils envie de lui dresser un gibet ?imbibé de l’esprit de «déconnade» That is the comic question !propre à Hara-Kiri et Charlie Hebdo. Nous ne serions À découvrir pour les amateurs du genre. J. B. PoliciersLa demoiselle aux Iumas de la Maison des libellules. Le lecteur vendéen a l’im-Louis Dubost pression de vivre la vie de ce bourg, de connaître les lieux, les figures locales, les jeunes de notre temps, ceLe Geste noir, 110 p., 9 € petit monde qui est d’ici ... et d’ailleurs (il s’agit d’une fiction !). Un crime vient troubler la vie ordinaire. L’enquête est menée par un gendarme peu conformiste et une gendarmette sexy, passionnée de contrepèteries qui a Les libellules ont découvert un accédé à son poste après avoir étudié les Beaux-Artscadavre. Les escargots font découvrir les suspects. et la Philosophie. On a le plaisir de retrouver la cari-Cette histoire, où la logique du roman policier s’allie cature d’un monde connu et, jusqu’à la dernière page,à la fantaisie et un langage, parfois cru ou patoisant, celui de se laisser surprendre par l’inattendu.à de fines malices, se déroule, évidemment, non loin Lydie GaboritSidonie 2 bords de la Loire où il va devoir exercer ses talents. Il y traque les indices laissés par les voleurs d’un tableau,Le mystérieux tableau legs de grande valeur fait à la Mairie par une châtelaineJoseph Violleau défunte. Maraîchers et pêcheurs en barques jouent lesÉditions Amalthée, 10 € premiers rôles dans cette histoire qui met l’honneur du Maire en jeu. Joseph Violleau nous invite Grâce à un sens aigu de l’observation de la partà retrouver le discret et intrigant d’Hubert et à la participation souvent involontaire deHubert, son enquêteur fétiche, qui Sidonie, l’affaire est promptement résolue dans unecôtoie de nouveau son amie Sidonie atmosphère tendue que le chat lui-même concourt àet son chat dans un gros village des détendre. A. P.Une petite culotte Elle va mener l’enquête...Valérie Mazeau Ce petit roman se lit avec délice, le style est aci-par l’auteur 240 p., 4 € dulé, vif, précis, bref bien écrit, très bien écrit, bien vu, détonnant... À noter, ce roman est le sixième dehttp://valeriemazeau.nuxit.net l’écrivain, la pétillante Valérie Mazeau et s’inscrit Louisette est dame pipi dans les dans une trilogie de recueils Portrait de femme auxtoilettes publiques d’une gare. Elle couleurs acidulées, Une petite culotte, Le joli cœur etfait un jour une découverte éton- Le bonbon réglisse.nante sur le sol du W.C. 3, une Nul doute qu’à ce prix, la petite culotte trouverapetite culotte en dentelle noire... acquéreur. E. T. Lire en Vendée - décembre 2010 - juin 2011 33
  • 34. Policiers (suite) La Traque Très in, très off, très glamour ce policier très urbain et très déjanté à la fois, qui règle d’abord ses comptes Didier Beau à tous les piliers de réception people qui peuplent les Le petit véhicule, 280 p., 18 € soirées nazes de nos compatriotes soisante-huitards en mal de Faulkner ou d’Hemingway. L’intrigue se noue, le dénouement se profile, les personnages réussissent à garder un peu d’huma- nité, du moins ceux qui échappent à la vengeance de notre douce héroïne. Pourquoi pas une suite, en éliminant sans plus de scrupules que notre meur- trière quelques poncifs finalement inutiles ? J. R. Le Fauteuil Alain-Pierre s’est toujours joué des mots, des en Quarantaine choses et de ses petits camarades. C’est à «L’exter- nat» (des enfants nantais) que l’on nous aurait appris Alain-Pierre Daguin à avoir un peu de recul devant les événements ordi- Le petit véhicule, 64 p., 10 € naires et à oublier tout préjugé avant d’aborder un problème. Toutes ces vertus sont appliquées à la lettre dans ce petit volume très maîtrisé, très joyeux et très humoristique. J’espère que vous avez eu, vous aussi, des camarades de classe de cet acabit ; sinon, retour- nez-vite à l’école ! J. R. Froid dans le dos Ce Policier, vous tient en haleine, Tout au long de sa lecture, avec ses Maurice Lecompte Accidents mortels, certains identiques Le Geste noir, 272 p., 22 € Un héritage imprévu, la famille très déçue Le tout se passant aux Sables d’Olonne C’est une enquête à rebondissement De plus, les caractères sont clairs et Nous donnent envie de le lire aussitôt Anny Launay Voyages Deux ans Tchad. Pendant deux ans, elle y sera professeur de au cœur du Tchad français dans un collège. La rencontre avec l’autre, avec une autre culture, Christèle Gaboriau d’autres valeurs, d’autres convictions. L’isolement, L’Harmattan, 280 p., 28 € les difficultés de l’intégration, l’insécurité dans un pays troublé par les guerres civiles et la corruption. Même si « un peu de sang tchadien » coule mainte- nant dans ses veines, Christelle Gaborieau découvre Ce livre occupe une place à part. finalement qu’elle sera toujours étrangère. Bien structuré, bien écrit, tout Grave, mais par moments drôle, illuminé par autant un voyage intérieur que la découverte d’un la solidarité et le rêve magnifique de la fraternité, pays inconnu. Christelle Gaborieau a choisi de quit- ce livre en dit beaucoup sur une réalité africaine, ter son métier, sa famille et ses amis pour un poste trop souvent travestie par les préjugés et les clichés. de volontaire, dans la région du Guéra, au sud du G. B.34 Lire en Vendée - décembre 2010 - juin 2011
  • 35. RomansDélivre-moiYves Viollier La rencontre se fait au Mans, Clothilde affronte la pluie, Sétima court à corps perdu.Robert Laffont, 190 p., 19 € Tue ! Tue ! La panique est à son comble... Attention ! Les essuie-glaces vont finir par se bloquer ! Il en sort un chaque automne, Clothilde parvient enfin sur les lieux du massacre,ne traînez pas dans les alentours de les dépouilles des vendéens sont là, bien alignées...Château-fromage, il va sûrement Clothilde retrouve Sétima ; un bleu, Leloup, lavenir avec sa fourche, cette histoire cache, la protège, la sauve, la force, l’épouse...du charnier au Mans lui a tournéla tête ! Clothile retrouve la trace de Sétima aux archives, dans un dossier miraculeusement épargné lui aussi. Obsession, possession... Sétima, dénoncée, jugée, sauvée..., revient à Châ- Yves Viollier se devait de fouiller encore, creuser, teau-fromage ; Clothilde y est aussi, délivrée, enfin !gratter, racler dans le tréfonds de nos âmes. Occultisme ? Ésotérisme ? En fait, une simple, Va-et-vient des personnages, des essuie-glaces,une double fiction. Clothilde vit en 2010, Sétima des hussards, cache-cache avec la mort, l’amour, lafuit les colonnes infernales, elles se fondent en une destinée. Quel tour de passe-passe entre Clothildeseule personne pour se délivrer de leurs angoisses et Sétima ! Yves est un magicien des mots, du texte,(Yves soutient pour la circonstance que notre ADN du temps...est imprégné de l’épopée tragique de la Vendée per- Ses deux histoires hanteront à jamais vossécutée, vous le croirez). mémoires. J. R.Le Cimetière des Martyrs nous entraîne ensuite dans une aventure plus roma- nesque, voire style feuilleton.Michel Stéphani Un petit époussetage et les œillades et les effets deLa Découvrance, 270 p., 17 € voilette de notre héroïne nous séduiraient pour de vrai. Les amateurs du genre tomberont comme des La couverture, très «terroir» mouches. Cela se termine comme une biographieannonce un roman historique ; on un peu triste pour notre héroïne, désabusée et bieny est bien, dans le terroir, avec les délaissée, comme la «jolie môme» chère à Juliettepremiers chapitres de ce livre qui Gréco. J. R.L’amour envers Quand l’amour s’invite au creux d’une mêmeet contre tout famille ? Aimer son beau-frère c’est très compli- qué... Une suite de mensonges de bonheurs furtifs,Suzie Triffaut de souffrances, de doutes...Amalthée, 66 p., 10 € Suzie Triffaut raconte simplement un quotidien fait de petites choses. On suit sa vie pas à pas... de malheurs en petits bonheurs. E. T.« ...et L’école renaîtra Un roman ? Un plaidoyer, un combat, unede mes cendres ! » attente pleine de suspense. Il s’agit de réformer l’école, de faire accepter uneAlain Valeau proposition de loi en ce sens. La réforme est reprisePublibook, 356 p., 26 € dans le dernier chapitre, intitulé L’essentiel. Un livre à lire, pour peu qu’on s’intéresse aux problèmes actuels de l’École et de l’Éducation en général. P. L. Lire en Vendée - décembre 2010 - juin 2011 35
  • 36. Ce soir fient. C’est le « grand-père» qui raconte l’histoire de cette famille recomposée, depuis la petite enfance Marc Bonnet jusqu’à la très grande vieillesse, avec les liens qui Éditions Elzevir se nouent, les périodes de tension, les personnages qui n’ont jamais fini d’apprendre à se connaître, qui À l’âge où l’on devient grands- jusqu’à la fin, gardent leur part de mystère. parents, un couple sans enfant qui Le conteur porte sur eux un regard plein d’une se supporte avec difficulté adopte sensibilité pudique et d’une lucidité sans concession une jeune femme et son bébé. Une vie nouvelle s’or- mais sans méchanceté, une tolérance véritable, un ganise, chacun garde les traces de son passé, les carac- amour qui n’a pas l’éclat de la passion mais qui est tères différents s’influencent, s’affrontent, se modi- vrai et humain. L. G. Témoignage Merci, la vie Merci la vie n’est pas vraiment un livre et n’a Bernard Dronneau jamais eu d’ailleurs l’intention de l’être. C’est le par- 173 p., 15 € cours d’un prêtre atypique, un prêtre au travail dans un monde où on ne les attend guère: le monde pay- san. Vacher de remplacement, peseur au contrôle laitier, formateur d’adultes, animateur de Solidarité Paysans, il a regardé, fait réagir, conseillé et lutté pour ceux qui souffrent. Tout en poursuivant sa mission D’emblée, la vie n’a guère gâté pastorale en paroisse et dans les mouvements. Au fil Bernard Dronneau. En la lui donnant, sa mère a des réflexions et des anecdotes, des itinéraires et des perdu la sienne. Et le voilà aux prises avec la mala- événements, des turbulences et des remises en ques- die, alors qu’il arrive au terme de son ministère tion, Bernard Dronneau se retourne sur sa vie: une presbytéral. Et pourtant, il remercie la vie... Pour sa vie qu’il dit heureuse, avec ses solitudes et ses souf- famille d’accueil, pour sa vocation, pour les hommes frances assumées. Parmi lesquelles la crainte de voir et les femmes qu’il a rencontrés depuis son ordina- l’Église se recroqueviller et les prêtres d’aujourd’hui tion, voilà 45 ans. dévorés par les contraintes institutionnelles. G. B. Je n’ai pas dit Le harcèlement moral au travail, le chômage, le divorce, les maladies... mon dernier mot Tout cela en quatre ans, relaté avec optimisme, Martine de la Roche courage et une formidable envie de vivre... Éditions Bénévent, 82 p., 13 € Elle gagne, gagnera toujours, elle l’a décidé... Un quotidien difficile, traité avec humour... E. T. Revues Belle revue, sérieuse et documentée, ou com- Développement ment en savoir plus, et plus sérieux, sur les sujets qui scellent notre existence. durable et La rédaction ne doit pas chômer, à réunir autant action publique de spécialistes sur les problèmes et la vie de notre Revue Administration, 138 p., 12.50 € planète. Ici développement durable, il y a peu un numéro complet sur la Vendée sous toutes ses formes, cette revue devient une référence incontournable À la portée des néophytes, qui se surprendront à terminer leurs articles. J. R.36 Lire en Vendée - décembre 2010 - juin 2011
  • 37. Essais épouse d’un architecte vendéen réputé et mère de deux médecins. Saint Augustin par son africanité renvoie l’Europe à d’autres racines. Puiser dans l’histoire, aller à la source de ces racines communes doit enrichir nosSaint Augustin différences». D’où un second colloque en 2005 avec lele passeur des deux rives soutien également de l’Unesco (et toujours aux SablesMalika Pondevie, Goulven Madec, François d’Olonne) qu’elle consacre cette fois-ci à l’AndalousieDolbeau, Claude Lepelley, Rosa Guerreiro des trois cultures : la juive, la chrétienne, la musulmane.Éditions d’Orbestier 120 p., 12 € Le juif Maïmonide (1135-1204) qui pensait en grec et écrivait en arabe et le musulman Averroès (1126-1198) philosophe, médecin et juriste, grands commentateurs d’Aristote, ayant considérablement Orchestré par Malika Pondevie influencé les intellectuels et les maîtres à penser deavec la collaboration de spécialistes l’Occident chrétien et parmi eux, Saint Thomascomme Goulven Madec, François d’Aquin. »Dolbeau, Claude Lepelley et Rosa Saint Augustin est né à Thagaste en Algérie en l’anGuerreiro. cet ouvrage rappelle 354, dans la Numidie romaine proche de la Tunisie,l’universalité d’un philosophe qui, il d’un père demeuré païen et d’une mère Monique,y a seize siècles, posait des questions chrétienne. Avec lui, cette terre d’Afrique du Nordqui dépassaient de loin l’africanité qui fut chrétienne avant que l’Europe ne le devint,romaine ou la chrétienté antique. accueillait un maître. Son rayonnement s’imposait à Questions qui demeurent résolument contempo- l’Afrique entière. On y comptait cinq cents évêchésraines aujourd’hui. au Vème siècle. L’Afrique du Nord donnera trois papes à l’Église : Victor sur le trône épiscopal au IIème siècle, Qui est Malika Pondevie ? Algérienne, de culture mais aussi Gélase qui succédera au pape Félix III surmusulmane, elle suit ses études secondaires en Algérie. la chaire de Saint Pierre à Rome, en mars 492, et éga-Et elle passe sur « l’autre rive ». Études de pharma- lement Milciade, sacré pape quant à lui en l’an 311.cie à Rennes, où elle obtient son diplôme de Docteur Le christianisme en Afrique du Nord s’y révèle tôt,en pharmacie. Elle y poursuit des études, mais dans aux alentours du II° siècle, probablement venu d’Orient,un autre domaine, celui de l’Histoire de l’art. On la christianisme qui connaît son apogée au Vème siècle, siretrouve ensuite à Paris aux Langues Orientales et l’on en juge notamment par le nombre d’évêques réu-au Centre des Hautes Études sur l’Asie et l’Afrique. nis à Carthage durant l’année 411, lors de la ConférenceEnseignante (la médecine médiévale arabe à Nantes), épiscopale.elle intervient à l’Institut du monde arabe à Paris et à Une Afrique du Nord riche de personnalités de toutl’Institut Maïmonide de Montpellier. Chercheur, elle premier plan. Augustin reste sans doute le plus illustrese consacre désormais à des thèmes d’intérêt majeur représentant de cette chrétienté de l’Antiquité. Messageet qui la passionnent : apport de la civilisation arabo- d’un homme, d’une stature exceptionnelle, qui a vécu àmusulmane à l’Occident, influence et interférence des la croisée des mondes, africain d’origine, mais marqué dutrois grandes religions : chrétienne, juive, musulmane. sceau de la romanité et nourri de pensée grecque qu’on neD’où ce premier colloque en 2003, organisé aux peut que méditer par les temps qui courent… conclut-Sables d’Olonne dans le cadre de l’année de l’Algérie elle.en France, avec le soutien de l’Unesco, qui a donné à Les études d’Histoire de l’Art qu’elle a suivies dansMalika Pondevie l’opportunité exceptionnelle de rap- sa jeunesse lui ont fait découvrir la peinture et la pho-peler la personnalité emblématique de Saint Augustin, tographie. Ne vous étonnez donc pas de voir régulière-l’enfant de l’autre rive de la méditerranée, et de rappe- ment des expositions au nom de Malika Pondevie quiler des pages de son histoire. est également Membre de l’Académie de Bretagne et Mes études, mes réflexions, m’ont donné une vision des Pays de Loire ...« universaliste » nous dit cette sablaise d’adoption, Frédérique Mory-RauloLes recettes de la joie Sainte Hildegarde aux fourneaux, ce n’est qu’unJanny Rosset livre de recettes, mais inspiré des enseignement de la vénérable sainte née en 1098, avec des explicationsPierre Téqui, 176 p., 19.50 € sur la nature des aliments et des épices. Ce qui est plus étonnant, c’est que nous en sommes déjà à la cinquième édition depuis 2005, Janny Rosset serait-elle un des auteurs vendéens les plus lus ? J. R. Lire en Vendée - décembre 2010 - juin 2011 37
  • 38. Autres Parutions Les Prix et concours littéraires de la mer en Vendée Ne l’avez-vous pas remarqué, depuis une dizaine d’années notre côte vendéenne se dote d’activités livresques maritimes d’une certaine importance ! Ces salons, bibliothèques et autres lieux du patrimoine littéraire génèrent À la vie, à la mort ! des récompenses pour les auteurs Alain Latron qui ont su le mieux traduire les émotions Amajyp, 194 p., 33 € des gens de mer. Histoire très documentée du Pour commencer, un peu village natal de l’auteur en Cham- d’histoire. Un formidable prix fut pagne. attribué, en 1913 pour un roman dont les péripéties se passaient à l’Herbaudière sur notre Île de Les Jacobsen Noirmoutier, je veux parler du prix Goncourt couronnant Marc à noirmoutier Elder pour Le Peuple de la Mer. Yvonnick de Chaillé Éditions régionales de l’Ouest, 360 p., 40 € Un peu moins d’un siècle plus tard, l’Association Printemps Lecture et Culture de Noirmoutier crée Autrefois, la Bloire une grande manifestation annuelle du livre de mer. Olivier Lacarrieu, Alain En 2007, elle délivre le premier Prix du Salon du Jouanneau Livre de Mer à Marlène Manuel pour son ouvrage : Le saunier de Noirmoutier. Suivent Jean Bulot, Oli- Société d’Histoire et d’Études du Pays Chal- vier de Kersauson et Isabelle Autissier. landais, 51 p., 15 € Dans le courant de l’année 2010, les organisa- teurs et le jury composé d’écrivains fréquentant assi- Dans le silence d’un père dûment le salon décidèrent de changer le nom du Liliane Malenfant prix pour le Prix Marc Elder, juste retour des choses. Siloë, 256 p., 15 € Il récompense une œuvre littéraire maritime et deux autres distinctions voient le jour, l’une pour un beau livre de mer : Prix Vent du Large et l’autre pour une Clemenceau bande dessinée remarquable : Prix Bulle de Mer. et la Grande Guerre En mettant le cap un peu plus au sud, nous arri- C. R. V. H. vons à Saint-Gilles-Croix-de-Vie. Depuis dix ans la bibliothèque de la Conserverie s’occupe d’un Les vendéens excellent concours de nouvelles appelé Nouvelles du dans la guerre de 1870 Large. Depuis sa création, sa réputation est telle que 1076 textes sont arrivés des quatre coins de la pla- Gilles Bresson nète : des Antilles, de La Réunion, de Saint-Pierre et Éditions d’Orbestier, 208 p., 20.90 € Miquelon, de la Nouvelle Calédonie, de Belgique, de la Suisse, du Luxembourg, de Grèce, du Mali, Harcelés par une pluie du Cameroun, d’Algérie et du Canada. Le lauréat de cette joute en littérature se voit remettre son prix de fer et de feu après la lecture de son œuvre par Jean-Paul Rou- Auguste Hervouët land. Un grand moment à ne pas louper à la fin des 13 € vacances d’été. Saint-Gilles-Croix-de-Vie est aussi l’estuaire de Ces livres feront l’objet la littérature maritime avec sa Maison des écrivains d’articles dans notre prochain de la mer. À la demande de la Fédération Nationale numéro. de l’Ordre du Mérite Maritime et de la Médaille d’Honneur des Marins, notre site littéraire de la mer38 Lire en Vendée - décembre 2010 - juin 2011
  • 39. La journée Les écrivains de la mer de la Maison des écrivains de la mer Deuxième salon de la littéra- L’impossible voyage ture maritime le samedi 26 février autour du monde 2011 de 11 h 00 à 19 h 00 dans avec Spray of Saint-Briac la salle de La Conserverie à Saint- Guy Bernardin Gilles-Croix-de-Vie. La Découvrance, 204 p., 22 € Le Maison des écrivains de la mer vous invite à Pour les curieux et amoureux departager une jour- la mer ; pendant de longs mois lenée entre amis de nos Spray of Saint-Briac a fait escale dans le port descôtes vendéennes et Sables d’Olonne. Depuis début novembre l’auteurles auteurs de la mer et navigateur Guy Bernardin a repris le large en(déjeuner, dédicaces, nous laissant un ouvrage maritime à déguster avec ladeux tables rondes : tête pleine de rêves de mer.l’une au sujet des cap- Le Spray, un nom est célèbre, celui du voilierhorniers et l’autre de Joshua Slocum, et du premier tour du mondeconsacrée à l’approche en solitaire. le Spray of Saint-Briac est la répliquede l’écrit par Madame de celui de Slocum. À son retour, je vous sou-Pascale Albert, anima- haite de le découvrir dans notre port des Sables.trice d’ateliers d’écri- Comme le dit Guy Bernardin : Naviguer sur leture). Spray, c’est retrouver les vraies valeurs de la mer. Renseignements À méditer ! au 02 51 98 55 04 - courriel : Au service des gens maisondesecrivainsdelamer@wanadoo.fr de mer et de l’Évangile - site internet : http://ecrivains-mer.fr 1951 – 2001, 50 ans dans la vie d’un prêtre Bernard Tesson organise, depuis quatre ans, le Prix Siloë, 20 € Écume de Mer. Le jury se réunit une fois par an, il est composé de Depuis Saint Paul l’église est liée capitaines au long cours, d’offi- avec la mer, même si le peuple de Palestine n’était ciers de la Marine Marchande, du pas réputé pour être particulièrement amariné. Ber- professeur Jean-Paul Migevant et nard Tesson nous livre ses cinquante ans de « métier ».de Sylvie Guillemot, responsable de la bibliothèque Naître aux Sables d’Olonne, il aurait pu être marin,de la Conserverie. Cette récompense est délivrée et commencer sa vie de prêtre à Saint-Gilles-Croix-lors de l’assemblée générale de la Fédération dans de-Vie fera de lui un grand ami et serviteur duun port de France. Le dernier lauréat, Olivier Bass, peuple de la mer.a été couronné à Dunkerque pour La Musique des Lire cet ouvrage, c’est aussi parcourir les Ins-Kerguelen. tructions Nautiques rédigées par le père Tesson. Il À signaler que le président de la Maison des écri- nous présente les lieux où il s’est immergé dans la vievains de la mer est membre du jury du Grand Prix de certains pêcheurs de l’Atlantique et de l’Océande la Mer de l’A.D.E.L.F.. (Association des écrivains Indien. Parti de Saint-Gilles-Croix-de-Vie pour Lade langue française). Rochelle ; l’Île de La Réunion, où il va vivre cinq ans Nous terminerons par un concours de nouvelles avec de temps en temps des escales à Madagascar etqui vient d’être mis en place par la toute jeune dans l’Île Maurice, et les Caraïbes se l’approprient.Association des amis de Jean Huguet, des Sables Il fera même un court passage à Hong Kong pour led’Olonne. Pour ce premier exercice le thème est : Congrès mondial de l’Apostolat maritime.« L’enfant et la mer ». Trois prix seront décernés en Notre prêtre et écrivain maritime, tel Ulysse,avril 2011 : le prix des amis de Jean Huguet ; le prix après de nombreuses années au service des pêcheursdu Jeune auteur (moins de 20 ans) et le prix spécial de deux océans, retrouve sa Vendée pour un dernierdu jury. « embarquement » comme curé de Notre-Dame du La Vendée est un grand département de la litté- Port à l’Île-d’Yeu, avant de devenir l’aumônier derature maritime … à vos plumes ! l’hôpital de Luçon. Incroyable odyssée ! René Moniot Beaumont R. M. B. Lire en Vendée - décembre 2010 - juin 2011 39
  • 40. La BD et la Vendée, suite...Beaucoup de BD ont été consacrées à la Vendée, écrivez à la rédaction si vous en connaissezquelques-unes, nous préparons un numéro sur ce sujet. Merci d’avance. Lire en Vendée a pour mission de faire connaître les œuvres littéraires vendéennes. Merci de communiquer vos ouvrages à : Société des écrivains de Vendée, Bibliothèque pour tous 85280 La Ferrière Abonnez-vous à Lire en Vendée, 5 € pour 2 numéros. Envoyez votre chèque à la revue, LES ÉCRIVAINS à La Ferrière. DE VENDÉE LES AMIS Lire en Vendée est une publication DE L’HISTORIAL de la Société des écrivains de Vendée Mise en pages : J. R.. sur une maquette de l’I.U.T. Infocom DE LA VENDÉE Impression : Offset 5, La Mothe-Achard Ce numéro est tiré à 6 000 exemplaires. Site Internet : www.ecrivainsdevendee.fr © Peinture de couverture : Foire de La Roche, (fragment), André Astoul Dictionnaire des peintres de Vendée, François Wiehn, Geste La reproduction ou l’utilisation sous quelque forme que ce soit de nos articles, informations, illustrations et photos est inter- dite sans la mention de la société éditrice.

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