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Action universitaire - septembre 2004

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Action universitaire - septembre 2004

  1. 1. l’Actionuniversitaire ❚ LE JOURNAL DE L’UNION NATIONALE INTER-UNIVERSITAIRE ❚ N°240 ❚ Août-septembre 2004 ❚ 2 Euros ❚Échéances 2007Le temps presse Par Jacques Rougeot a vie politique n’est décidé- voir d’électeurs dans lequel la droite des diverses utopies d’extrême-gauche. L ment pas un long fleuve tran- quille. Pour ceux qui en dou- doit s’efforcer de puiser est celui des abstentionnistes et non celui des Mais nous n’en sommes pas là. Le vote des électeurs de gauche relève aujour- teraient, les deux élections votants qui se sont prononcés contre d’hui d’un automatisme psychologiquedu printemps 2004 sont venues appor- elle. L’habitude que nous avons de rai- et quasi organique. C’est ce quiter un rappel spectaculaire aux dures sonner presque exclusivement en ter- explique que le vide sidéral de la pen-réalités. Mais, au lieu de nous complai- mes de pourcentages et non en nomb- sée socialiste et la transparence blafar-re dans la morosité, nous pouvons res réels d’électeurs nous fait perdre de de d’un François Hollande, chef officielnous dire qu’il n’est pas mauvais que le vue les réalités humaines concrètes et du PS, n’entament à peu près pas lagouvernement et la droite en général nous mouvoir dans l’abstraction arith- volonté du « peuple de gauche » deaient reçu cet avertissement après deux métique des chiffres. serrer les rangs.ans d’exercice du pouvoir, c’est-à-dire Cette évidence première est renforcée A l’évidence, les gros bataillons de l’ab-alors qu’il reste trois ans pour redres- si nous affinons un peu l’analyse. En stention sont constitués par les élec-ser la barre avant les échéances décisi- effet, on feint souvent de croire que la teurs de droite ou, en tout cas, nonves de 2007. désaffection à l’égard de la chose poli- inféodés à la gauche. Le problème poli- tique touche de façon à peu près égale tique qui se pose pratiquement pour la LES LEÇONS D’UN SCRUTIN toutes les catégories de citoyens fran- droite est donc : comment remobiliser çais. En fait, il n’en est rien. Les victoi- à notre profit ces électeurs désenchan-Encore faut-il tirer les véritables leçons res actuelles de la gauche sont des tés qui sont nombreux et, dans l’en-des événements en mettant provisoire- répliques au séisme du 21 avril 2002. semble, assez accessibles à nos idées ?ment de côté nos sentiments et en Les électeurs de gauche ont été à la fois La stratégie inverse, qui consiste àabordant l’examen des faits comme une traumatisés et culpabilisés par l’élimi- essayer de débaucher, par des manœu-sorte de problème de physique poli- nation de leur candidat au premier tour vres de séduction, quelques électeurstique. de l’élection présidentielle. Le choc a appartenant à un bloc systématique-La première constatation qui s’impose, été si fort et si profond qu’il a entraîné ment hostile et solidement soudé est unc’est l’importance de l’abstention, mas- la naissance d’un véritable réflexe, celui défi au bon sens élémentaire, d’autantsive aux élections régionales, écrasante de la mobilisation et du rassemblement plus inexcusable que cette illusion,aux européennes. On a tout dit sur les au profit du parti socialiste, puisque maintes fois cultivée, a toujours été àmille et une raisons qui détournent les c’était la démobilisation et la dispersion l’origine de cuisants échecs.citoyens des urnes, on s’est longuement qui avaient provoqué la catastrophe delamenté sur les atteintes que subit ainsi 2002. Ce réflexe jouera sans doute de L’UMP : DES GRAINS DE SABLEla démocratie dans notre pays. Reste à façon durable, au moins tant que la DANS LA MECANIQUEen tirer les conséquences très pratiques gauche sera dans l’opposition. Pourpour l’avenir. qu’il s’émousse, il faudrait une nouvel- L’UMP est une pièce essentielle dans leLa première conséquence, aussi simple le expérience décevante de la gauche au dispositif de la droite et elle ne sauraitque l’œuf de Christophe Colomb mais pouvoir qui pourrait de nouveau pro- évidemment être exemptée de toutefort peu prise en compte, semble-t-il, voquer le désenchantement, c’est-à-dire responsabilité dans les échecs du prin-dans les choix stratégiques, c’est que, l’abstention, et la naissance d’autres temps.pour les scrutins à venir, le vaste réser- illusions, c’est-à-dire le vote en faveur On ne peut pas dire que les médias fas- UNI - LA DROITE UNIVERSITAIRE - 8, rue de Musset - 75016 Paris - + 01.45.25.34.65 - fax. : 01.45.25.51.33 Directeur de la publication : J. Rougeot - CPPAP 51358 - dépôt légal troisième trimestre 2004L’action universitaire - page 1
  2. 2. sent le silence sur l’UMP. discrédité comme suspect de « ringar- et permanentes. Il est certain que,Malheureusement, chaque fois qu’ils en dise ». On est obligé de vérifier une fois depuis deux siècles, il existe à droite etparlent, c’est pour monter en épingle de plus une sorte de loi de l’action au centre deux familles politiques dis-les rivalités de personnes qui s’y exer- politique : les basses eaux électorales tinctes que l’on assimile très schémati-cent. Certes, leur malignité se déploie coïncident toujours avec la mise en quement au bonapartisme et à l’orléa-avec gourmandise, mais elle est ample- veilleuse du militantisme. nisme. Dans la deuxième moitié dument alimentée par le spectacle que Ajoutons à cela certaines maladresses, XXième siècle, ces deux familles ont étédonnent les protagonistes sans grande génératrices de malaise, dans le choix représentées, sous des étiquettes diver-discrétion. Les voies du Seigneur étant des candidats aux élections, qu’il s’agis- ses, par le gaullisme et par le centrisme.impénétrables, proposons aux combat- se de la composition des listes euro- Faut-il qu’elles s’amalgament dans untants de réfléchir sur un exemple inat- péennes et régionales ou, par exemple, même ensemble ou qu’elles restenttendu fourni par un court métrage de du refus d’accorder l’investiture à séparées tout en étant alliées ? La pre-Laurel et Hardy. Nos deux compères Bernard Debré (en envoyant au massa- mière formule (solution UMP) prendessaient de gagner quelque argent en cre un candidat estimable qu’il aurait acte du fait que, sur bien des problè-s’efforçant de vendre et en livrant à mieux valu réserver pour de meilleures mes politiques précis, la frontière nedomicile des sapins de Noël. occasions) : autant de graviers ou de passe pas entre ces deux familles : dèsMalheureusement, ils tombent sur un grains de sable qui ont sensiblement lors, pourquoi ne pas se réunir ? Aclient irascible et aussitôt, sous un pré- réduit le rendement de la mécanique l’appui de la seconde formule, on doittexte futile, la querelle s’enflamme et électorale que devrait être l’UMP. constater que, si les programmes poli-une mécanique implacable se met en tiques ne sont pas très différents, lesbranle. Les uns arrachent la sonnette de L’UDF : CACTUS OU ADVERSAIRE ? facteurs plus irrationnels, c’est-à-direla maison, l’autre réplique en enlevant les ressorts sentimentaux et passion-un phare de la voiture et dès lors, Dans les rangs de l’UMP, il suffit sou- nels, continuent à caractériser deuxméthodiquement, inéluctablement, les vent de prononcer le nom de l’UDF tempéraments politiques très différentsreprésailles succèdent aux représailles pour entendre les dents grincer. Les et très peu miscibles. Les faire cohabi-jusqu’à la fin de l’épisode, c’est-à-dire jugements les moins flatteurs se font ter de force dans une même structurejusqu’à la destruction intégrale de la entendre et l’accusation de trahison risque d’exacerber les réactions épider-maison et de la voiture. Chacun triom- n’est pas la moins répandue. Ces réac- miques au lieu de les apaiser. Unephe, puisque l’autre est écrasé. Fin de tions épidermiques peuvent soulager alliance entre deux entités distinctes,l’exemple, début de la méditation. Au ceux qui les expriment mais, politique- fondée sur la raison et sur l’intérêt, estcinéma, les spectateurs éclatent de rire. ment, elles ne mènent pas loin. Sur peut-être plus saine et électoralementDans la réalité, nous devons nous cette question comme sur beaucoup plus efficace qu’une fusion conflictuelle.contenter de ne rien faire qui puisse d’autres, avant d’arrêter quelque attitu- La question mérite en tout cas d’êtreenvenimer la situation et de tout faire de que ce soit, il faut examiner les posée.pour faciliter les nécessaires réconcilia- tenants et les aboutissants avec objecti- Quoi qu’il en soit dans le domaine dutions. vité et pragmatisme (n’allons pas jus- souhaitable, c’est bien dans cette der-La création de l’UMP était une entrepri- qu’à parler de cynisme). nière configuration que nous nousse délicate : il n’est pas facile d’amalga- Il faut d’abord prendre acte de l’exis- trouvons de fait aujourd’hui. Il fautmer des familles politiques diverses, tence et de la consistance de l’UDF. En donc, entre les deux familles, UMP etchacune ayant son histoire, ses pra- 2002, l’UMP aurait pu l’étouffer politi- UDF, organiser une coexistence paci-tiques, ses traditions. Il n’est donc pas quement en l’isolant complètement aux fique. On peut voir à cela deux avan-étonnant que l’opération se fasse avec élections législatives. Elle aurait perdu tages : d’une part, si l’UDF a l’impres-quelques grincements. Pour parvenir à quelques plumes (pas beaucoup), mais sion qu’on remet en cause son existen-cet amalgame, les considérations théo- l’UDF aurait sans doute perdu la vie ce, elle ne pourra que se crisper afin deriques et lénifiantes sont de peu d’inté- par asphyxie. Dès l’instant où l’on refu- se poser en s’opposant. D’autre part, enrêt. Ce qui est beaucoup plus efficace, sait cette solution assez radicale, on ne donnant l’impression de cultiver l’ani-comme l’expérience l’a maintes fois pouvait que se résigner à l’existence de mosité à l’égard de l’UDF, on resserre-démontré, c’est de faire travailler les l’UDF et il ne sert à rien aujourd’hui de rait immanquablement les liens entregens ensemble, en tout cas ceux qui maugréer. les troupes et leur chef, Françoisont besoin d’activité, et d’abord dans Les résultats honorables enregistrés par Bayrou.des tâches simples et concrètes : rédac- l’UDF donnent à réfléchir. Ils condui- Il y a en effet un « cas Bayrou », sanstion de textes, distribution de tracts, sent d’abord à penser que désormais, doute plus difficile à résoudre que lecollage d’affiches, animation de réuni- en termes électoraux, les voix et les problème posé par l’existence de l’UDF.ons. Cela porte un nom, cela s’appelle élus de l’UDF seront indispensables à François Bayrou ne correspond nulle-le militantisme. C’est ainsi qu’un mou- la droite pour constituer une majorité. ment à l’image assez molle que l’on sevement vit. Le militantisme a toujours Plus profondément, on peut se deman- fait généralement d’un centriste. C’estété l’une des forces du gaullisme et il der si cette présence autonome de un homme animé d’une volonté forte etaurait fallu le diffuser dans l’ensemble l’UDF est conjoncturelle, accidentelle habité par un orgueil et une ambitionde l’UMP. Il faut avouer que cet aspect ou si elle repose sur des bases solides implacables. Pour parvenir à son butdes choses a été souvent négligé, voire suprême, il se garde bien d’élaborer un page 2 - L’action universitaire
  3. 3. programme précis : il sait qu’il est électeurs ne l’ont pas eue au printemps a, c’est le moins qu’on puisse dire,beaucoup plus efficace de mettre en dernier. Pourtant, après les élections de montré ses limites. Inspirée par lesœuvre une stratégie très mûrie à laquel- 2002, la confiance, l’espoir, l’impatien- meilleures intentions du monde, elle ale tout doit se plier. L’application de ce de faire éclater l’étouffoir socialiste pour résultat de faire apparaître ceuxcette stratégie pourra varier selon les étaient très perceptibles dans le pays. qui les pratiquent comme des exécu-circonstances, mais elle ne peut le Comment en est-on arrivé à cette teurs de basses œuvres qui ne peuventconduire à accepter provisoirement morosité qui continue à alourdir l’at- que plaider les circonstances atténuan-une solution de conciliation que si mosphère politique de la France ? tes pour se faire pardonner de deman-celle-ci doit se tourner à son avantage. Comme nous l’avons précédemment der aux Français de consentir àIl n’envisage nullement de se contenter remarqué, le vent a tourné à partir de quelques efforts. Résultat très injuste,durablement d’un rang que d’autres l’été 2003. Le printemps avait été mar- mais dont il faut tirer les conclusionsjugeraient enviable, mais qui ne serait qué par l’épreuve de force, à propos du pratiques en partant sur des basespas le premier. Voilà un facteur humain régime des retraites, entre la rue et le résolument différentes. Peut-être mêmequi fait partie du jeu politique et qu’il pouvoir politique légal. Ce dernier n’a- faut-il aller jusqu’à l’électrochoc pourserait imprudent de négliger ou de mal vait pas cédé et, quoique la réforme dissiper le brouillard anesthésique quiapprécier. votée ne fût qu’un premier pas dans la enveloppe notre pays et pour rappeler bonne direction, le gouvernement était aux Français les exigences de la réalité. L’ETAT : FIXER ET TENIR LE CAP apparu comme le vainqueur. Bien loin Pour cela, il faut remplir plusieurs d’être affaibli par l’affrontement, il sor- conditions : affirmer des principesDans un pays comme la France, une tait de l’épreuve avec une autorité ren- nets, opposés à ceux de la gauche, êtremajorité politique est jugée, certes, en forcée. visiblement animé par la consciencefonction des partis qui la composent, L’atmosphère s’est dégradée à la suite d’appliquer des mesures foncièrementmais, plus encore, d’après l’action du des conséquences dramatiques de la bonnes pour le bien du pays, agir avecgouvernement et le rôle de l’Etat. On canicule. En vérité, la responsabilité constance, sans se laisser détourner parpense plus ou moins ouvertement que n’en incombait pas principalement au les oppositions ou par les premièresles partis peuvent bavarder, mais que le gouvernement Raffarin. Outre l’effet de difficultés.pouvoir doit agir. C’est donc lui qui est surprise naturellement produit par des Mais peut-être faut-il d’abord situer àen première ligne, lui qui porte le poids circonstances exceptionnelles, la désor- leur juste niveau les enjeux d’une poli-le plus lourd de la responsabilité. Du ganisation qui a pu se manifester dans tique nationale digne de ce nom. Oncap qu’il fixera et de l’action qu’il les hôpitaux ne datait pas de 2002 et dit toujours que les hommes politiquesaccomplira dépendra en grande partie avait été fortement aggravée par l’appli- doivent être proches des préoccupa-le résultat des élections de 2007. cation des 35 heures hebdomadaires, tions des Français. Mais qu’est-ce quiAprès celles du printemps 2004, on a comme cela avait été maintes fois se cache derrière cette lapalissade ?parlé de vote-sanction et on a dit que dénoncé au cours des mois précédents. Tout se passe comme si les Françaisle président et le gouvernement Pourtant, impressionné sans doute par étaient considérés comme incapablesdevaient tenir compte du « message » le caractère fortement émotionnel du de lever le nez des conditions les plusenvoyé par les Français. Certains ont drame, le gouvernement s’est laissé cul- terre-à-terre de leur vie quotidienne.traduit le message en question comme pabiliser avec humilité, comme s’il avait C’est faire bien peu de cas des capaci-une injonction à donner un coup de commis une faute morale. Toujours sur tés de nos compatriotes, et même de labarre à gauche. Bien entendu, la ques- la défensive, presque désemparé, il est démocratie, qu’on invoque à tout pro-tion n’est pas aussi simple. devenu la cible d’un harcèlement pos et qu’on met à toutes les sauces.D’abord, Jacques Chirac et Jean-Pierre médiatique permanent, beaucoup plus C’est très bien d’organiser la sécuritéRaffarin ont eu bien raison de faire pernicieux qu’une opposition frontale sur les routes et de limiter les accidentsremarquer qu’il ne fallait pas tout sur le terrain politique ou social. Plus domestiques. Mais, après tout, c’est lemélanger : l’action gouvernementale se grave encore, il a ensuite donné l’im- service minimum d’entretien de lajuge sur la durée. Cinq ans est un mini- pression, justifiée ou non, que son zèle mécanique sociale. C’est loin d’être l’al-mum. Bien entendu, les trois ans qui réformateur s’était sensiblement tempé- pha et l’oméga d’une politique nationa-restent à courir jusqu’à 2007 ne doi- ré, comme englué dans une mauvaise le.vent pas être considérés comme un conscience diffuse. Or, à l’égard des Ce qui est en cause aujourd’hui, pro-sursis retardant la chute inéluctable du détenteurs du pouvoir, l’opinion fondément, c’est la vitalité de la France.couperet, comme une application nou- publique peut être indulgente pour Il ne s’agit pas d’un petit supplémentvelle de la supplique : « Encore un bien des fautes, sauf une : que le gou- facultatif que nous pourrions, seloninstant, Monsieur le Bourreau ! ». Ils vernement paraisse hésiter à gouverner, l’humeur du moment, décider ou nousdoivent être mis à profit avec une que l’Etat semble ne pas assumer plei- dispenser d’ajouter à notre traintrainvigueur redoublée pour que l’action du nement sa fonction d’autorité, comme quotidien : c’est une nécessité pourgouvernement produise des fruits visi- s’il doutait du bien-fondé de son notre survie. En effet, même si nous enbles et soit en mesure de convaincre les action, et presque de sa légitimité. éprouvions la lâche tentation, nous neFrançais de son efficacité. La méthode qui consiste à faire des pourrions pas nous retirer de la scèneCette conviction, il est évident que les réformes en les faisant passer pour du monde. Nous sommes pris dans un aussi douces et insensibles que possible réseau mondial de plus en plus serré et page 3 - L’action universitaire
  4. 4. de plus en plus mobile. De nombreux nous d’attirer l’attention sur quelques et pas seulement sur le plan électoral :pays veulent se faire leur place au soleil points qui découlent à l’évidence de il est dangereux de faire monter laet ils emploieront pour cela tous les tout ce qui précède, mais qui semblent pression dans la cocote minute tout enmoyens sans s’arrêter à nos petites relégués à l’arrière-plan des préoccupa- bloquant le sifflet.délicatesses de privilégiés douillets qui tions politiques. Un pouvoir politique, même légalementse croient à l’abri dans une bulle feu- D’une façon générale, l’action publique élu, est toujours fragile. Pour acquérirtrée et confortable. N’en déplaise à devrait favoriser, ou pour le moins ne une légitimité ancrée dans la durée, ilMadame Aubry, il y a déjà longtemps pas brider les ressorts de l’effort per- doit respecter les lois élémentaires de laqu’ils sont au régime des trente-cinq sonnel et de l’esprit d’entreprise. Elle vie. En matière économique, le dyna-heures de travail, à effectuer, bien devrait se défier des tentations de l’an- misme, la capacité d’adaptation et d’in-entendu, en deux ou trois jours. Si gélisme, surtout quand cet angélisme novation sont les conditions nécessai-nous ne suivons pas le train, nous ne est peint en vert, la couleur de l’écolo- res du développement de la prospérité.pourrons même pas rester en place, gie, c’est-à-dire de l’idéologie à la En revanche, une société a besoin d’unnous serons poussés hors des rails par mode, dont les préceptes sembleraient socle assez stable de tradition morale.les convois rapides, indifférents à nos devoir se substituer aux commande- La question du mariage des homo-petits «bobos» dans les deux sens du ments du Décalogue et faire oublier l’ef- sexuels est, parmi d’autres, illustrative àterme. fet psychologique fâcheux produit par cet égard. Elle permet de voir claire-Or, c’est cette vitalité française qui est l’accumulation de certaines mesures. ment l’opposition de deux principes :en péril, et notre premier travail est d’i- C’est ainsi qu’on finit par avoir l’im- d’un côté, celui qui fait appel à une loidentifier les menaces qui pèsent sur pression que l’automobiliste, dès qu’il naturelle qui n’est pas démontrableelle. Serait-ce en priorité la prétendue prend le volant de sa voiture, est soup- intellectuellement mais qui s’imposediscrimination dont souffriraient çonné d’être une sorte de malfaiteur par son évidence et par son ancienne-quelques homosexuels (ceux qui récri- qui participe à l’empoisonnement de la té multi-millénaire, comme une condi-minent sont loin d’être la majorité) qui planète, autant dire à un véritable tion inhérente à la vie, de l’autre celuis’avisent tout d’un coup qu’ils ne peu- crime contre l’humanité. A l’inverse, les qui procède d’une idée abstraite, cellevent plus supporter une situation qui intermittents du spectacle et les d’égalité, qui doit être d’applicationdure depuis des millénaires et qui employés d’EDF, qui appartiennent à universelle. Malheureusement, les idéeséprouvent le besoin irrépressible de se deux catégories privilégiées et qui se poussées aveuglément dans leurs der-marier et d’élever des enfants ? conduisent comme des voyous et des nières conséquences ont une propen-En fait, chacun sait bien que le vérita- délinquants de droit commun, accumu- sion irrépressible à devenir folles etble danger que court notre société est lant de façon provocante les violences malfaisantes.celui d’une sorte de désagrégation favo- les plus illégales, semblent bénéficier Peut-être pourrait-on tirer de là unerisée par toutes les formes du relâche- d’une indulgence à la fois verbale et de judicieuse application du principe dement : discrédit du travail et de l’effort, fait, comme si, dans le fond, ils n’é- précaution. Souvent inopportun, voirecommunautarisme (en particulier celui taient coupables que des excès pardon- paralysant et pervers dans les domainesqui est lié à l’immigration et spéciale- nables nés d’une saine colère. On se de l’innovation, il pourrait être valable-ment à l’islamisme), laisser-aller moral, trouve devant ce paradoxe que le ment invoqué pour préserver les fon-le tout étant paradoxalement aggravé citoyen moyen se sent culpabilisé en dements moraux d’une société et l’i-par des rigidités structurelles étouffan- permanence et de façon diffuse, alors dentité historique d’une nation.tes. que le délinquant avéré se sent sacrali-Passer en revue les remèdes souhaita- sé, intouchable, pourvu qu’il agisse aubles serait dresser un véritable pro- nom de la préservation des acquisgramme de gouvernement qui irait sociaux. Cette situation, qui porte gra-d’une véritable politique familiale à l’af- vement atteinte à l’autorité de l’Etat, estfirmation de l’identité nationale. Ce à la fois injuste et malsaine. A terme,serait ici hors de propos. Contentons- elle ne manquera pas d’être explosive, l’Action Nom : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Prénom : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . universitaire LE JOURNAL DE L’UNION NATIONALE INTER-UNIVERSITAIRE Adresse : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Code Postal : . . . . . . . . . . Ville : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Tél. : . . . . . . . . . . 8, rue de Musset 75016 Paris Profession : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Etablissement : . . . . . . . . . . . . . . . . . . ✆ 01.45.25.34.65 ❏ désire s’abonner à l’Action universitaire 38 euros (un an) fax : 01.45.25.51.33 ❏ désire souscrire un abonnement de soutien à partir de 230 euros : . . . . ❏ désire soutenir financièrement l’UNI et verse : ❏ 300 euros ❏ 500 euros ❏ 1.000 euros ❏ . . . . . . . euros Imprimé par nos soins ❏déclare adhérer à l’UNI 35 euros (lycéens 5 euros, étudiants 10 euros, membre bienfaiteur 100 euros, cotisation de soutien à partir de 200 euros) CCP 30 075 33 Y Orléans La Source Date et signature : page 4 - L’action universitaire

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