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Action universitaire - juin 2005
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Action universitaire - juin 2005

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  • 1. l’Actionuniversitaire ❚ LE JOURNAL DE L’UNION NATIONALE INTER-UNIVERSITAIRE ❚ N°249 ❚ juin 2005 ❚ 2 Euros ❚2007 : UNE ÉCHÉANCE CRUCIALE POUR LA FRANCE Par Jacques Rougeot P our les nombreux militants de l’UNI qui se sont engagés dans la campagne pour le oui, la jour- convient de faire dans les mois qui vien- nent. crer toute son énergie à la défense des pri- vilèges acquis, ce serait le déshonneur de dirigeants dignes de ce nom d’assurernée du 29 mai 2005 a été marquée par la UN SCRUTIN PERTURBATEUR qu’ils ont « entendu le message » et dedéception. Cette réaction est naturelle, promettre qu’ils vont tout faire pour réali-mais ils l’ont d’ores et déjà dépassée. Bien entendu, le rouleau compresseur de ser cette lâche utopie.Ils l’ont surmontée d’abord parce qu’ils la gauche politicienne et médiatique s’est Si l’on voulait trouver une référence com-sont fiers de leur action. Ils ont fait ce immédiatement mis en branle pour impo- mune aux arguments qui ont été échangésqu’ils avaient à faire. Ils l’ont fait sans se ser une interprétation « officielle » des dans les deux sens, ce serait assurément laménager, même lorsqu’ils ont constaté résultats du scrutin. Deux affirmations sont référence nationale, même si les uns et lesqu’ils étaient souvent sur le terrain les martelées comme des évidences : c’est le autres en tiraient des applications pra-seuls à faire un véritable travail de mili- président de la République et son gouver- tiques diamétralement opposées. Les parti-tants. Ce dépérissement de l’esprit militant nement qui ont été sanctionnés par l’élec- sans du non brandissaient la menace quedans les partis traditionnels n’est malheu- torat et, d’autre part, la signification pro- les travailleurs étrangers feraient peser surreusement pas nouveau. Il explique en fonde de la victoire du non est un rejet du le travail des Français. Sans prononcerpartie le résultat du 29 mai. Les étudiants libéralisme économique. Ces deux affirma- l’expression, l’extrême-gauche faisait qua-de l’UNI ne doivent pas seulement éprou- tions sont fausses à force de simplification siment appel à la préférence nationalever la satisfaction morale d’avoir tenu le grossière. Quand on entend François chère à Jean-Marie Le Pen et rejouait à saflambeau et d’avoir apporté la vie et l’ar- Hollande et ses compères prendre le ton façon le sketch de Fernand Raynaud, ledeur dans une campagne qui autrement du juge ou du procureur pour discréditer boulanger étranger qui vient « manger leeût été souvent bien terne. Ils doivent sur- Jacques Chirac, on pourrait croire qu’eux- pain des Français » étant remplacé cettetout savoir que c’est eux qui représentent mêmes ont été investis comme leurs porte- fois-ci par le plombier polonais. Quant auxl’avenir. C’est d’eux qu’on aura besoin parole par 55% des Français, ce qui est partisans du oui, ils proclamaient que cettepour les prochaines échéances et non d’or- pousser l’impudence un peu loin. Sans nouvelle constitution était essentiellementganisateurs blasés de manifestations asep- trop forcer le paradoxe, on pourrait même un instrument dont la France pourrait setisées. remarquer que Jacques Chirac a été suivi saisir pour renforcer son rayonnement etEt nous voilà bien au cœur de la situation par la grande majorité de son camp poli- ils trouvaient des accents lyriques pourprésente. C’est vers l’avenir que doivent tique (la droite traditionnelle), alors que dire que ce texte parlait français et qu’ilêtre dès maintenant tendues les énergies, les caciques du PS ont été désavoués par la était fils de 1789. Il faut, une fois dans sanon pas un avenir lointain et flou mais un grande majorité de l’électorat socialiste. vie, avoir entendu Jack Lang psalmodieravenir tout proche et très précis. 2007, Quant à la signification du fameux « mes- avec des trémolos patriotiques que chaqueavec ses deux élections capitales, sera en sage » que les Français sont censés avoir électeur ne devait avoir en vue qu’uneeffet une année cruciale pour la France. Il adressé à la classe politique, elle est beau- seule considération : « La France ! Lan’est plus question de remâcher les diver- coup plus composite que l’on feint de le France ! La France ! ». Les argumentsgences qui ont pu apparaître à l’occasion croire. En admettant même que la crainte internationalistes ou proprement euro-du référendum. Il faut rassembler et mobi- d’une politique économique dite libérale péens n’ont pas tenu la vedette dans leliser tout le potentiel nécessaire pour assu- ait animé la majorité des électeurs du non, débat. On pourrait voir un signe encoura-rer la victoire de la droite. L’UNI, qui a cela ne représenterait pas pour autant la geant dans ce retour en force du sentimentprouvé une fois de plus qu’elle était un majorité du corps électoral tout entier. national. Ne nous réjouissons pourtant pasmouvement indispensable et irremplaça- Allons plus loin. Même s’il était vrai, par trop vite, car, s’il peut être un moteur puis-ble, combattra évidemment au premier pure hypothèse, qu’une majorité de sant pour le dynamisme de notre pays, ilrang. Français ait voulu affirmer son attachement peut être aussi dévoyé pour donner uneIl faut donc avoir une vue claire de la à une « exception française » consistant à pseudo justification cocardière à l’idéologiesituation présente pour envisager ce qu’il travailler moins en gagnant plus et à consa- de l’avachissement hexagonal. UNI - LA DROITE UNIVERSITAIRE - 8, rue de Musset - 75016 Paris - ✆ 01.45.25.34.65 - fax. : 01.45.25.51.33 Directeur de la publication : J. Rougeot - CPPAP 1204 G 79428 - dépôt légal premier trimestre 2005 - Mensuel L’action universitaire - page 1
  • 2. RETOUR A UNE CONSTANTE : DROI- se présentent les camps antagonistes. A considérations le conduisent à durcir for- TE CONTRE GAUCHE gauche, le parti socialiste apparaît comme tement sa position et ses propos à l’égard profondément divisé, voire éclaté. Certains de la majorité et du gouvernement. C’estLa vie politique française est principale- fondent là-dessus de grands espoirs et ainsi qu’on l’a vu dicter son devoir sousment rythmée par des échéances électora- annoncent sa défaite comme certaine en forme d’ultimatum au président de lales plus ou moins importantes. Au lende- 2007. Rien n’est moins justifié que cet République (démissionner ou dissoudremain même des élections de 2002, nous optimisme. D’une façon ou d’une autre, le l’Assemblée nationale) avec une morgueavions insisté sur le fait qu’il fallait immé- PS présentera un candidat à l’élection pré- hargneuse qui s’accorde fort bien avec sadiatement préparer celles de 2007. Cette sidentielle et des candidats dans toutes les personnalité mais qui ne convient nulle-évidence, qui semblait relever de la bana- circonscriptions législatives. Le résultat ne ment à un dirigeant de droite conscient delité, a été en fait obscurcie par les échéan- dépendra pas de la stratégie des états- ses responsabilités. M. de Villiers sembleces intermédiaires de 2004 et de 2005, qui majors, mais de la volonté unitaire des oublier que ses limites naturelles sont auxont concentré sur elles l’intérêt des électeurs de gauche. Tout donne à penser dimensions régionales ou, à l’échelonmédias. Aujourd’hui, plus aucun événe- que, après la mésaventure de 2002, cette national, circonscrites à l’incarnation dument prévisible ne peut distraire notre volonté unitaire est et demeure très forte, souverainisme, conception honorable maisattention de la double échéance, présiden- dès lors qu’il s’agira de battre la droite. En qui ne saurait constituer une politiquetielle et législative, de 2007 : c’est à ce 1997, le PS était présenté comme désorga- nationale globale. Il pourrait utilementmoment-là que se jouera le destin poli- nisé, pris à contre-pied et quasi moribond. méditer la fable de La Fontaine où il esttique de la France, que tout ce qui précè- On a vu le résultat. Globalement, la gauche question d’une certaine grenouille qui n’a-de sera remis en jeu. C’est dire que, à reste très haut dans les intentions de vote. vait pas pris la juste mesure du volumemoins d’être aveugles et sourds, nous Il est donc très possible qu’une gauche que la nature ne lui permettait pas d’outre-devons organiser toute notre action en divisée et sans programme remporte les passer. En attendant, il serait bien avisé defonction de ce moment décisif. élections. Elle sera ensuite évidemment retrouver les règles de la bonne éducationComment se présente la situation d’un incapable de gouverner et c’est encore la qui recommandent, pour le moins, de nepoint de vue strictement politique ? La France qui en fera les frais, mais ceci est pas déverser trop de boue sur ceux dontdernière idée à la mode parmi les beaux une autre affaire. on aura besoin au moment décisif.esprits est que le référendum a rendu L’autre cas névralgique est évidemmentcaduque la distinction entre droite et gau- CHOISIR SON CAMP celui de M. François Bayrou. Il mèneche, puisque la frontière entre le oui et le depuis longtemps, avec une rigueur impla-non passait à l’intérieur de chaque camp. A droite, le temps des clarifications est cable, une stratégie parfaitement claire quiCe serpent de mer déjà ancien, que l’on venu. Il faut que chacun choisisse son est destinée à le conduire à l’Elysée. Il fran-s’efforce de repêcher dès qu’une occasion camp sans ambiguïté. Il n’est pas tolérable chit à chaque occasion une étape supplé-se présente, ne résiste pas à un examen que certains, au fil des jours, se livrent à mentaire qui le situe dans l’oppositionsérieux. Outre que la question posée par le des actions de guérilla et à un travail de d’une manière de plus en plus marquée. Ilréférendum n’était que l’une de celles qui sape contre les gros bataillons de la droite, en est arrivé au point symbolique de neconstituent la vie politique de notre pays, puis, le moment venu, crient « pouce » pas voter la confiance au gouvernement deil est évident qu’il n’existait aucune unité, pour se faire élire avec les voix de ceux sur Villepin. Quelle attitude adopter envers unmême limitée et provisoire, du côté du oui lesquels ils auront constamment craché. homme qui n’a aucune chance d’assouvircomme du côté du non. Ainsi, parmi les Deux cas, à l’évidence, doivent être traités son ambition effrénée mais qui détient unélecteurs qui ont voté non, on trouve aussi sans faux-fuyants. L’un est celui de fort pouvoir de nuisance ? Il faut parler àbien des libéraux purs et durs de tendan- Philippe de Villiers. Ce n’est certes pas chacun le langage qu’il est en mesure dece libertarienne que des pourfendeurs du d’aujourd’hui qu’il évolue de façon sinueu- comprendre. Dans le cas présent, il fautlibéralisme. A l’inverse, parmi les électeurs se aux limites de la majorité, mais, jusqu’à rappeler à cette grande conscience que s’ildu oui, les fédéralistes ont voté comme présent, il était resté, bon an mal an, du a le pouvoir d’endommager les positionsceux qui ne voyaient dans le traité consti- bon côté de la ligne, recueillant des avan- de la droite, celle-ci a le pouvoir d’anéan-tutionnel qu’une sorte de « règlement inté- tages substantiels sans trop se soucier, tir électoralement l’UDF, car il n’y a sansrieur » simplement destiné à apporter un comme on dit familièrement, de renvoyer doute pas un seul député de ce parti quipeu de clarté dans une situation qui s’était l’ascenseur. La situation s’est nettement puisse être élu sans les suffrages de l’UMP.obscurcie au fil du temps. Qui plus est, les détériorée à l’occasion du référendum et le Certains commencent à le comprendre,fluctuations très inhabituelles des sondages personnage a revu à la hausse son ambi- puisque neuf parlementaires centristes suront bien montré les incertitudes qui habi- tion et son agressivité. Le succès du non et trente-et-un ont bravé l’interdiction fulmi-taient un bon nombre d’électeurs. On peut l’absence dans ce camp de personnalités née par leur président et ont voté lamême dire que, jusqu’au bout, certains se de droite importantes l’ont manifestement confiance au gouvernement. On dit que,sont sentis intérieurement partagés à 55 et incité à s’attribuer en toute propriété les sous l’effet de la peur, les moutons peuvent45% entre le oui et le non. Il serait donc suffrages qu’on peut qualifier de souverai- devenir enragés et se retourner contre leurartificiel, stérile et dangereux de penser nistes. D’autre part, l’extrême discrétion mauvais berger.que le corps électoral français a été dura- dont ont fait preuve Le Pen et le Front Il faut que MM. de Villiers et Bayroublement recomposé selon de nouvelles national semble dégager, à l’extrême-droite, sachent qu’il n’y a pas pour eux de moyenfrontières le 29 avril dernier. Ce qui sub- un territoire que Villiers s’estime en mesu- terme entre l’alliance majoritaire et l’af-siste, c’est la distinction traditionnelle, re d’occuper. Cet espoir est peut être frontement, dont ils ne peuvent pas sortirbeaucoup plus fondée qu’on ne le dit, imprudent, car l’expérience prouve que les vainqueurs.entre la droite et la gauche. Elle se retro- vieux chefs que l’on croyait abattus ontuve à chaque scrutin, elle se retrouvera encore des ressources vigoureusementencore en 2007. combatives dont leurs successeurs tropDès lors, il importe d’examiner comment pressés peuvent faire les frais. Ces deuxpage 2 - L’action universitaire
  • 3. UN GOUVERNEMENT pédagogie à long terme et d’ouvrir de mul- être très attentive à la stratégie qu’elle POUR GAGNER tiples fronts. développera et à la pédagogie qui en Le premier ministre a donc choisi de ne découlera. Si elle s’imagine qu’elle gagneraLe gouvernement de Dominique de pas se placer sur le terrain des grandes des voix de gauche en se présentantVillepin a le dos au mur. Il ne suffit pas idées et de ne pas prononcer les mots qui comme le garant des droits acquis et desqu’il fasse preuve de bonne volonté et il fâchent (par exemple révision du code du protections de toutes sortes, elle se trompen’a pas le temps de tâtonner. Il a l’obliga- travail), mais de proposer des mesures radicalement. Elle ne fera que s’amputertion de gagner et il dispose pour agir vrai- pratiques qui vont dans le bon sens. d’une bonne proportion des électeurs dement d’un peu plus d’un an, car, dès la fin Certaines, comme le chèque-emploi, droite. Remarquons dans cet ordre d’idéesde 2006, il n’y aura plus de place que apportent une simplification bien venue et que, à l’occasion du référendum, les parti-pour les turbulences de la campagne élec- ne suscitent guère d’opposition. D’autres sans du « oui de droite » ont cru habile detorale. Cette urgence renforce ce que nous sont plus significatives ; c’est le cas de celle développer presque exclusivement desdisions sur la nécessité pour chacun de qui donne deux ans aux petites entreprises arguments qu’ils estimaient propres àchoisir son camp. Des actions de guérilla pour juger de l’utilité d’une nouvelle séduire les électeurs tentés par le « non demenées désormais contre le gouvernement embauche sans être soumises au couperet gauche ». Cette erreur stratégique est l’unene pourraient rien avoir d’anodin et entraî- de l’actuel CDD, ce qui permet de mieux des causes du résultat que nous connais-neraient une rupture du pacte majoritaire, adapter les effectifs au marché du travail. sons. L’effet sera encore plus sanglant si laquels que soient les prétextes hypocrites Cette mesure, qui semble réduire la pro- même erreur est commise lors des élec-qui pourraient être mis en avant. tection attachée aux emplois précaires tions de 2007.Dominique de Villepin ne manque pas d’a- mais qui, globalement, incite les Les dirigeants de droite doivent se rendretouts, mais il est condamné à avancer sur employeurs à profiter de la souplesse qui compte qu’une bonne partie de la popula-une ligne de crêtes, entre deux politiques leur est accordée pour embaucher, a été tion, en tout cas toute celle qui peut voterqui seraient fatales l’une et l’autre : ou bien immédiatement combattue par les syndi- pour eux, est maintenant à même de rece-une gestion étriquée au jour le jour, c’est- cats parce qu’elle porte atteinte à un sacro- voir la vérité et même qu’elle la réclame.à-dire en fait l’immobilisme, ou bien le saint « droit acquis » censément garanti On continue à faire comme si nous pou-lancement de réformes draconiennes qui par le carcan administratif. C’est donc une vions choisir un dosage subtil entre unn’auraient pas le temps de produire de mesure qui a valeur d’exemple, et presque peu moins de dynamisme national et unbons effets et qui paraîtraient particulière- de symbole. peu plus de confort social. Il est temps dement amères au moment des échéances Les dispositions du plan Villepin seront- dire que, en raison des forces qui s’exer-électorales. Voilà qui ressemble fort à la elles efficaces ? Les résultats seront proba- cent dans le monde, si nous refusons dequadrature du cercle. Pour en sortir, le pre- blement positifs, mais limités, c’est-à-dire faire les efforts nécessités par le développe-mier ministre a choisi la meilleure métho- que le chômage diminuera, mais pas de ment de notre dynamisme, nous n’auronsde, et peut-être la seule, qui s’offrait à lui façon massive. Il ne faut pas attendre de plus les moyens de préserver notredès lors qu’il s’était fixé (ou qu’on lui avait miracles en quelques mois. Quels seront confort, même à un niveau minimal.fixé) un objectif quasi unique : la réduc- les effets prévisibles sur les élections de Il ne serait pas mauvais non plus de cou-tion du chômage. On pourrait appeler 2007 ? Il serait puéril de fixer un taux de per les ailes à quelques canards, en parti-cette méthode un pragmatisme orienté. réduction du chômage qui, s’il était atteint, culier à propos des « modèles » étrangers.Dominique de Villepin est parti de cette assurerait le succès de l’actuelle majorité. Il y a le modèle répulsif, celui de laidée évidente que l’état lamentable de l’em- En fait, tout dépendra de l’état d’esprit de Grande-Bretagne, dont on nous dit commeploi en France est dû à une quantité de l’électorat potentiel naturel de la droite. Si une évidence qu’il n’est pas transposableblocages qui opposent des obstacles jus- cet électorat a l’impression que les mesu- en France parce qu’il est trop brutal. C’estqu’alors insurmontables (ou en tout cas res prises sont, en effet, des éléments d’un oublier que, avant l’action de Margaretnon surmontés) à une politique de réfor- plan d’ensemble orienté dans le bon sens Thatcher, la Grande-Bretagne était encoremes qui permettrait d’appliquer des remè- et qui se développera en cas de victoire de plus déliquescente que la France des tren-des de fond. En fait, chacun sait bien que la droite, il se mobilisera pour ses repré- te cinq heures. On nous vante maintenantces blocages, qu’il est facile d’identifier sentants naturels, c’est-à-dire pour la droi- le modèle danois, après les modèles sué-(religion des droits acquis, nuisances syn- te gouvernementale, essentiellement pour dois, rhénans ou hollandais, en attendantdicales, discrédit jeté sur le travail avec la l’UMP. Les employeurs, gagnés par la peut-être de trouver l’illumination auloi sur les trente cinq heures et l’incitation confiance, n’hésiteront pas à embaucher. Liechtenstein ou à Saint-Marin. En vérité, ilà la retraite précoce, accumulation de Mais si le gouvernement paraît n’avoir pris semble qu’on veuille réduire les Français àmesures administratives ayant pour effet que quelques mesures timides et isolées l’état infantile. S’il est vrai, comme l’a dit lede figer le marché du travail, etc.) procè- ou, pire encore, s’il recule devant quelques premier ministre, qu’il est judicieux d’allerdent tous d’une même inspiration, celle manifestations sous prétexte de ne pas chercher quelques idées pratiques dans lesd’un socialisme archaïque. En bonne faire de vagues avant les élections, il est expériences des autres pays, il est vain delogique, il serait souhaitable de dénoncer certain que les citoyens de droite se démo- se mettre en quête d’un « modèle » globalcette inspiration, de se réclamer hautement biliseront ou qu’ils émettront un vote sanc- clés en mains qui, grâce à l’application dede l’inspiration inverse et de prendre les tion contre le parti majoritaire. Un peuple quelques mécanismes sociaux, nous per-mesures générales et cohérentes qui en peut pardonner beaucoup de choses au mettrait de nous laisser glisser sans effortsdécouleraient naturellement. Mais pour pouvoir en place, sauf d’être inexistant, de vers des lendemains qui chantent.mener une telle politique, il faut du temps se renier et de baisser pavillon devant ses En fait, il ne s’agit que d’une fuite en avant.et une position solide. On peut évidem- adversaires. Nous savons bien que nos faiblesses sontment toujours regretter que cette politique en nous-mêmes et que notre redressementn’ait pas été menée plus tôt et plus vigou- LA VÉRITÉ EN FACE dépendra de nous-mêmes. Il aura pourreusement, mais c’est un fait que le gou- condition première le respect de principesvernement n’a plus le temps de faire de la C’est pourquoi la majorité actuelle doit vieux comme le monde qui s’expriment en page 3 - L’action universitaire
  • 4. quelques mots : bon sens, effort, volonté. ment la bonne parole. braillards et d’acheter fort cher les oraclesC’est à partir de là seulement qu’on peut A droite, l’action militante a toujours fait de quelques gourous de la communication.imaginer des solutions techniques. Toutes partie de la tradition gaulliste. Cette tradi- Pour notre part, nous disons dès mainte-celles qui prétendraient éluder ces nécessi- tion se perd, comme elle se perd, à droite nant à nos militants qu’il n’y aura pas detés sont vouées à l’échec. et à gauche, dans tous les partis qui ont temps morts d’ici à 2007 et que nous n’au-C’est sur ces bases que le Président de la pignon sur rue et qui se sont, peut-on dire, rons de répit que si la victoire est rempor-République et le Premier Ministre remobi- embourgeoisés. Ce sont ces partis qui se tée. Est-il utile de préciser que, en atten-liseront les Français. sont prononcés pour le oui. Ils ont organi- dant, nous ne contribuerons en rien à faire sé des réunions, mais on n’a presque pas bouillir les turbulences politiciennes qui OBJECTIF 2007 : MOBILISER vu leurs tracts et encore moins leurs affi- pervertissent les forces potentielles de L’ACTION MILITANTE ches. En revanche, on a vu les groupes notre camp ? d’extrême-gauche retrouver leurs ancien-Il faut évidemment faire une bonne poli- nes habitudes et placarder partout leurs NOTRE DESTIN EST ENTRE NOS MAINStique pour le bien de la France, mais il ne appels à un « non de gauche ». Le résultatfaut pas oublier non plus que les efforts les est éloquent. Même si, évidemment, l’ac- C’est tout d’abord en tant que Français queplus méritoires et les résultats les plus tion militante n’est pas le facteur unique nous tenons notre destin entre nos mains.encourageants peuvent être réduits à néant ou essentiel de la victoire du non, elle a C’est nous qui sommes responsables de nossi la gauche accède au pouvoir. Nous ne joué assurément un rôle d’importance. propres tares. Pour nous rassurer, et surtoutnous sommes jamais remis de 1981 et de Mais au fait, à quoi servent les militants ? pour ne rien faire, nous invoquons souventses suites. C’est dire que les élections de Ils sont toujours minoritaires et ne détien- l’Europe ou la mondialisation comme cau-2007 ne sont pas un simple épisode de la nent pas les leviers du pouvoir. Leur rôle ses de nos déboires. Mais ce n’est nivie politique française et qu’il est crucial est pourtant essentiel. Ils sont un intermé- l’Europe, ni la mondialisation qui nous ontque la majorité actuelle l’emporte. diaire indispensable entre les impulsions incités à voter la calamiteuse loi sur les tren-Malheureusement, la droite oublie trop qui viennent du sommet (ou qui du moins te cinq heures, bien au contraire. Si nous nesouvent qu’une échéance électorale ne se devraient en venir) et la majorité de la sortons pas du marasme, c’est que nousprépare pas seulement pendant les derniè- population. Mais ce ne sont pas de simples n’aurons pas fait les efforts nécessaires.res semaines et qu’une campagne politique passerelles. Ce sont des multiplicateurs C’est aussi en tant que membres de la droi-ne s’organise pas comme le lancement d’énergie, grâce à leur conviction, à leur te que nous avons prise sur notre destin.d’un produit cosmétique. Ainsi n’est-il pas enthousiasme, à leur pouvoir de persua- Une partie du travail incombe au pouvoirmauvais de rappeler cette vérité, toujours sion. A la manière d’une roue dentée qui, politique. Ce que les Français attendent, ceconfirmée par l’expérience, qu’une élection au centre d’un mécanisme, a assez de force ne sont pas des miracles, c’est que le capnationale ne se gagne jamais sans la mobi- pour faire mouvoir une roue plus grande, soit nettement indiqué et que l’action quilisation des militants. et ainsi de suite, ils communiquent bien sera menée au cours des prochains moisLes hommes politiques n’ont souvent qu’u- au-delà de leur sphère d’action immédiate trace nettement et courageusement la direc-ne connaissance très sommaire du militan- les idées auxquelles ils croient et ils amè- tion qui, au travers d’inéluctables difficultés,tisme. A vrai dire, le militantisme est une nent les tièdes à se mobiliser. D’autre part, aboutira au redressement national.notion assez vague. Ce qui existe vraiment, comme ils sont parmi la population « Mais une autre partie du travail incombe àce sont les militants. Ces êtres bizarres, qui comme des poissons dans l’eau », ils sont tous les citoyens et en particulier à tousne font pas partie de la bulle politico- des indicateurs souvent plus fiables que les ceux qui ont une ambition forte pour lamédiatique, ne reprennent consistance que sondages pour faire connaître en profon- France, c’est-à-dire d’abord à nous-mêmes.quelques semaines avant les scrutins sous deur l’état d’esprit des électeurs et ainsi, Notre objectif principal est clair : faireforme de colleurs d’affiches et de distribu- comme on dit, faire remonter l’informa- gagner la droite en 2007. Nous avons deteurs de tracts. Et encore ces fonctions tion. Voilà à quoi renoncent trop souvent longue date choisi notre camp et noussont-elles en voie de dépérissement parce les partis en dédaignant les militants, tur- apporterons au gouvernement un soutienque, tout simplement, les partis n’ont plus bulents certes, incommodes parfois, mais déterminé, sans nous interdire, évidem-d’affiches à coller ni de tracts à distribuer. irremplaçables. ment, de défendre vigoureusement les idéesLa doctrine officielle ne jure que par les Quand on veut vraiment remporter une qui nous sont propres. Enfin, nous faisonsplans-médias, onéreux mais rassurants victoire électorale, il faut la préparer tout ce qui est possible pour rendre encoreparce que tout se passe entre gens du méthodiquement, longtemps à l’avance et plus efficace cette force militante, qui estmême monde. Quant à la population ordi- ne pas s’imaginer qu’il suffira au dernier toujours un artisan nécessaire de la victoire.naire, elle est priée de recevoir passive- moment de recruter quelques amateurs l’Action Nom : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Prénom : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . universitaire LE JOURNAL DE L’UNION NATIONALE INTER-UNIVERSITAIRE Adresse : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Code Postal : . . . . . . . . . . Ville : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Tél. : . . . . . . . . . . 8, rue de Musset Profession : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Etablissement : . . . . . . . . . . . . . . . . . . 75016 Paris ✆ 01.45.25.34.65 ❏ désire s’abonner à l’Action universitaire 38 euros (un an) fax : 01.45.25.51.33 ❏ désire souscrire un abonnement de soutien à partir de 230 euros : . . . . ❏ désire soutenir financièrement l’UNI et verse : ❏ 300 euros ❏ 500 euros ❏ 1.000 euros ❏ . . . . . . . euros Imprimé par nos soins ❏ déclare adhérer à l’UNI 35 euros (lycéens 5 euros, étudiants 10 euros, membre bienfaiteur 100 euros, cotisation de soutien à partir de 200 euros) CCP 30 075 33 Y Orléans La Source Date et signature : page 4 - L’action universitaire

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