Action universitaire - janvier 2005

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Action universitaire - janvier 2005

  1. 1. l’Actionuniversitaire ❚ LE JOURNAL DE L’UNION NATIONALE INTER-UNIVERSITAIRE ❚ N°244 ❚ janvier 2005 ❚ 2 Euros ❚Contre la manipulation politiqueQuelques vérités sur la loi école ... Par Benoît PerrinD epuis quelques jours, une poignée de lycéens sions de l’Ecole. fond les problèmes des élèves en difficultés en leur assurant desencadrée et manipulée par l’en- Trop d’élèves quittent l’institu- cours de soutien. La notion desemble de la gauche politique et tion scolaire sans maîtriser les contrat a son importance puis-syndicale bat le pavé pour s’op- bases de l’enseignement. Face à qu’elle sous-entend que l’ensem-poser au projet de loi Fillon. cela, le texte définit un ensemble ble des contractants, l’école, leEntre la désinformation, le men- de compétences que chaque lycéen et sa famille, ont des obli-songe et les amalgames qui sont élève doit posséder au terme de gations mutuelles et réciproques.colportés par les syndi- Dans le même esprit, etcats lycéens et ensei- pour mettre à mal legnants, il est très difficile nivellement par le bas,de connaître le contenu objectif trop souventréel de cette loi. Contre recherché, les boursesla manipulation, voici, sont multipliées au profitquelques éléments sur la des lycéens les plus méri-loi école. tants. L’idée est la même : redonner à chaque lycéenLe projet de loi rappelle le goût de l’exellence.un certain nombre deprincipes jugés à tort « Face à la montée de laringards et conservateurs violence dans les lycées,». Alors que certains se sont la scolarité obligatoire : la lectu- le projet de loi définit un conte-appliqués, depuis des années, à re, les mathématiques, l’écriture, nu minimal du règlement inté-exclure du langage de l’anglais. Ainsi, l’Ecole doit se rieur de chaque lycée. Parmi lesl’Education Nationale, les termes recentrer sur ces savoirs mentions obligatoires, figure leautorité, mérite, résultat et entre- indispensables avant de chercher principe selon lequel l’école doitprise, les voilà gâtés ! En effet, la à multiplier les enseignements. garantir « la protection des élè-loi redonne à ces termes la place ves contre les agressions phy-qu’ils n’auraient jamais du quit- Pour aller dans le sens de l’éga- siques et morales ». Les chefster, une place de premier ordre. lité des chances, le projet de loi d’établissement sont donc dansFaisant fi de la trop célèbre théo- crée un contrat individuel de l’obligation de prendre toutes lesrie de l’enfant roi, le ministre réussite. Loin d’adopter des mesures nécessaires à cet effet.replace la transmission des solutions superficielles comme laconnaissances et des valeurs de discrimination positive, le Certains considèrent encore quela République au cœur des mis- Ministre propose de résoudre au l’Ecole doit rester hermétique auUNI - LA DROITE UNIVERSITAIRE - 8, rue de Musset - 75016 Paris - ✆ 01.45.25.34.65 - fax. : 01.45.25.51.33 Directeur de la publication : J. Rougeot - CPPAP 1204 G 79428 - dépôt légal premier trimestre 2005 - MensuelL’action universitaire - page 1
  2. 2. monde qui l’entoure. Le texte notre pays ». Dans un pays où pé au déclin du système éducatifrappelle qu’elle doit préparer les les forces syndicales méprisent français. Le message est clair : lejeunes à trouver un emploi en le monde de l’entreprise, inutile laxisme, la démagogie et la faci-France et en Europe. Aussi, pour de souligner à quel point cette lité n’ont plus leur place à l’éco-donner l’envie d’entreprendre idée est révolutionnaire. le. Il ne reste plus qu’à convain-aux élèves, le système éducatif cre les protagonistes de « l’Educdoit « mieux prendre en consi- Ce texte ambitieux, même Nat » des bien-fondés de cesdération le rôle fondamental que imparfait, lève un certain nomb- orientations.les entreprises jouent dans le re de tabous et tourne le dos à C’est peut être là que le travaildéveloppement économique de bien des théories qui ont partici- commence…Service minimumEntretien avec Hugues Portelli Hugues PORTELLI est professeur de Sciences Politiques et sénateur Pensez-vous qu’il y ait la place, dans notre pays, pour un vrai dialo- maire d’Ermont (Val-d’Oise). gue social apaisé ? Il répond à nos questions sur le service minimum. Oui à condition que l’Etat accepte une fois pour toutes de ne plus se substituer à la négociation entre les partenaires Alors que les mouvements sociaux se sociaux et que ceux qui jouent le jeu de la négociation ne multiplient ces derniers jours, comment soient pas pénalisés. expliquez-vous que notre pays soit, si on le compare à ses homologues européens, Pensez-vous qu’il faille légiférer sur le service minimum, ou la voie celui qui connaît le plus souvent des grè- contractuelle vous semble-t-elle préférable ? ves ? Ne pensez-vous pas que cette situa-tion handicape, y compris économiquement, notre pays ? La voie contractuelle est inapplicable du fait de la balkani- sation syndicale : 15 syndicats à la SNCF par exemple. LesLa fréquence des grèves en France est le résultat de plu- accords signés ne seront jamais tenus. La seule solution estsieurs handicaps : le premier est que les grèves provien- de légiférer et d’assortir le non-respect de la loi de sanc-nent presque exclusivement du secteur public (avec ses tions dissuasives. C’est ce que prévoient de nombreuxfonctionnaires et agents à statut) qui est plus développé en Etats démocratiques.France que dans les autres pays européens. Le second estl’absence de syndicalisation : les Français se syndiquent Que répondez-vous à ceux qui arguent de l’inconstitutionnalité d’unpeu (moins de 10% des salariés alors que le taux moyen service minimum pour s’y opposer ?en Europe est supérieur à 50%) et les mouvementssociaux sont donc lancés par des minorités peu représen- Le principe de continuité du service public a été reconnutatives. Le troisième est l’émiettement syndical : là où il n’y par le Conseil constitutionnel comme de valeur égale àa qu’un syndicat (Europe du Nord) voire deux ou trois celui du droit de grève dont, rappelons-le, la constitution(Europe du Sud), la France en compte sept nationaux sans (par le préambule de 1946 qu’elle reprend) prévoit qu’"ilparler des multiples syndicats catégoriels ou locaux : la s’exerce dans le cadre des lois qui le réglementent". Nousconcurrence et la surenchère entre ces micro-organisations attendons toujours ces lois depuis 1946.est un facteur décisif de multiplication des grèves. l’Action Nom : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Prénom : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . universitaire LE JOURNAL DE L’UNION NATIONALE INTER-UNIVERSITAIRE Adresse : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Code Postal : . . . . . . . . . . Ville : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Tél. : . . . . . . . . . . 8, rue de Musset Profession : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Etablissement : . . . . . . . . . . . . . . . . . . 75016 Paris ✆ 01.45.25.34.65 ❏ désire s’abonner à l’Action universitaire 38 euros (un an) fax : 01.45.25.51.33 ❏ désire souscrire un abonnement de soutien à partir de 230 euros : . . . . ❏ désire soutenir financièrement l’UNI et verse : ❏ 300 euros ❏ 500 euros ❏ 1.000 euros ❏ . . . . . . . euros Imprimé par nos soins ❏ déclare adhérer à l’UNI 35 euros (lycéens 5 euros, étudiants 10 euros, membre bienfaiteur 100 euros, cotisation de soutien à partir de 200 euros) CCP 30 075 33 Y Orléans La Source Date et signature :page 2 - L’action universitaire
  3. 3. feste res Mani rsitai ve des uni contrela discrimination positive C’est dans l’enseignement supérieur qu’a été accompli ouvertement l’un des premiers actesofficiels, abondamment médiatisé, de « discrimination positive ». Il s’agit de l’initiative prise par ladirection de l’Institut d’études politiques de Paris, ayant pour objet de réserver, sans concours, unquota de places à des élèves de certains lycées, arbitrairement choisis, de la région parisienne. Cettepratique a été condamnée par la Cour administrative d’appel à la suite d’une action en justice inten-tée par l’UNI. Elle n’en a pas moins été, pour l’essentiel, maintenue en vigueur. Il ne s’agit pas là d’un acte isolé et dépourvu de signification. C’est la première pièce d’unmécanisme destiné à mettre en œuvre le principe illégal de « discrimination positive », avec l’arrière-pensée, à peine dissimulée, que le fait finirait par s’imposer contre le droit et contre l’esprit mêmede nos institutions. Il faut donc réagir dès maintenant, car c’est l’un des piliers de la société françai-se qui est menacé. C’est bien, en effet, un principe essentiel qu’il s’agit d’abord de défendre. Le terme peut paraî-tre abstrait et rhétorique : quand on parle des « grands principes », c’est souvent sur le ton de la déri-sion. Pourtant, la question est parfaitement concrète et pratique. Dans une société comme la nôtre,fortement codifiée en termes juridiques, les principes servent de clef de voûte. Le respect ou la néga-tion de l’un d’eux entraîne d’innombrables conséquences en chaîne, interdisant ou permettant tou-tes sortes d’actions qui peuvent être de la plus grande importance. Le principe de droit qui est en cause ici, c’est celui de l’égalité de droit dans l’accès aux diver-ses fonctions sociales, en particulier celles qui ont un caractère officiel. On sait bien qu’il existe entreles individus de nombreuses inégalités, naturelles ou autres, mais, précisément, il faut à toute forceéviter que ne s’y ajoute une inégalité liée par nature à l’appartenance à un groupe quel qu’il soit.C’est sans doute pourquoi le président de la République a dit que la « discrimination positive » n’é-tait pas « convenable ». Le principe de détermination, et presque de prédestination, est celui qui régitles sociétés de castes, comme dans la tradition indienne. Ces castes, dans le langage politiquement correct d’aujourd’hui, on les appelle des commu-nautés. Ces communautés sont constituées selon divers critères : religieux, ethniques, sexuels, ou telsautres qu’on peut inventer au besoin. La « discrimination positive » est donc nécessairement liée aucommunautarisme : elle repose sur lui, et en même temps elle le pérennise, elle le durcit et elle lerenforce. Le communautarisme est étranger à la tradition français, ce qui devrait déjà inciter à une gran-de prudence. Qui plus est, il est générateur d’innombrables difficultés dans son application et sur-tout dans ses conséquences sur l’unité nationale. La « discrimination positive » produira même,immanquablement, des effets contraires aux objectif poursuivis. Les membres des communautésainsi « favorisées » qui auront atteint la réussite sociale par leurs propres forces seront souvent soup- page 3 - L’action universitaire
  4. 4. çonnés d’avoir bénéficié de leur identité communautaire et ressentiront eux-mêmes comme une jus-tice ce soupçon dont ils ne pourront jamais se débarrasser. Et puis, on oublie souvent que les discri-minations destinées à être « positives » pour les uns seront considérées comme fortement négativespar les autres. Quand un candidat « issu de l’immigration » (car c’est bien à ce propos que la ques-tion est généralement posée) obtiendra un poste sans le devoir à son mérite personnel, croit-on queles candidats évincés ne verront pas là une injustice flagrante et qu’ils se résigneront en toute dou-ceur à être pénalisés ? Bien loin, comme on le prétend, d’être un facteur d’intégration, la « discrimi-nation positive » est le meilleur moyen pour susciter le racisme et la xénophobie. Est-ce à dire que, pour autant, nous devions refuser de voir les handicaps dont souffrent cer-tains jeunes Français ou nous abstenir d’y porter remède ? Assurément non, pourvu que deux condi-tions soient remplies. Il faut d’abord que les mesures pratiques qui devront être prises s’adressent àdes individus et non à des groupes, et encore moins à des « communautés », ethniques ou autres.C’est une question de justice et d’efficacité. Les mesures collectives sont toujours exposées auxmêmes effets pervers : être détournées au bénéfice de profiteurs et renforcer la frustration desmeilleurs. D’autre part, les solutions adoptées doivent avoir pour objectif non pas de dispenser leursbénéficiaires de remplir les exigences attachées aux fonctions qu’ils briguent, mais de donner à tous,les moyens d’accéder aux fonctions dont leurs capacités personnelles les rendent dignes sans qu’ilsen soient empêchés par des considérations extérieures (d’ordre économique, familial, etc).Autrement dit, il ne faut pas abaisser ou supprimer les barrières, il faut fournir à chacun la possibili-té pratique de franchir celles qui sont proportionnées à ses forces. Telles sont les conditions pour que, dans la tradition française, le nécessaire ascenseur socialfonctionne efficacement et que nos concitoyens disposent de chances égales pour être membres àpart entière, quelle que soit l’hétérogénéité des situations de départ, de la seule communauté ras-sembleuse, c’est-à-dire la communauté nationale. La « discrimination positive », à l’inverse, sansrésoudre aucun problème dans le présent, porte en germe les divisions, les affrontements et, finale-ment, l’éclatement de l’unité de notre pays.Signez et faites signer le Manifeste des universitaires contre la discrimination positive et pour l’égalité des chances. À retourner à : UNI - 8, rue de Musset - 75016 PARIS ✆ 01.45.25.34.65 - fax : 01.45.25.51.33 Nom : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Prénom : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Grade : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Discipline : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Etablissement : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Adresse personnelle : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Code postal : . . . . . . . . . . . . . . . . La droite Ville : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .Tél. : . . . . . . . . . . . . . . .Email : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . universitaire Désire : ❒ signer le manifeste contre la discrimination positive ❒ adhérer à l’UNI ; enseignants 35 Euros, étudiants 10 Euros www.uni.asso.fr ❒ recevoir ....... exemplaires de ce manifeste ❒ sabonner gratuitement à la liste de diffusion électronique de lUNI Date : Signature : page 4 - L’action universitaire

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