Action universitaire - décembre 2004

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Action universitaire - décembre 2004

  1. 1. l’Actionuniversitaire ❚ LE JOURNAL DE L’UNION NATIONALE INTER-UNIVERSITAIRE ❚ N°243 ❚ décembre 2004 ❚ 2 Euros ❚Relancer ou réformer la recherche ! Par Guéric Jacquet L a France aime se com- croissance américaine valide 2,2% en plaire dans les débats en partie ces conclusions théo- L’investissement en capital- France.manichéens, opposant des riques. Le niveau de vie des risque était, sur les annéescamps aux contours fixes et Etats-Unis est 20% plus élevé 1995-2000, de 0,21% du PIBidentifiés. Le conflit des cher- que le niveau de vie en France. pour les Etats-Unis, de 0,007%cheurs du printemps 2004, et La croissance y est proche de pour l’Europe et de 0,006%l’ensemble des propositions 4%, en rythme annuel, sur les pour la France. Pour rattraperavancées aux Etats généraux de 10 dernières années, contre l’économie américaine et relan-Grenoble, en fournissent un moins de 3% en France. cer la croissance, il faut queexemple supplémentaire. Ainsi nous investissions plus dans lacaricaturé à destination de l’o- Ce décalage ne trouve pas sa recherche.pinion publique, le débats’est présenté de la façon Ce constat, désormais cer-suivante. D’un côté des tain, masque cependant unechercheurs passionnés, réalité beaucoup plus fragi-enthousiastes, prêts à tra- le. Augmenter les dépensesvailler, à enrichir l’hexagone de R&D en France, sansde leurs travaux. De l’autre réformer notre système deun gouvernement, dont la recherche sera contre-pro-seule ligne se résume à l’or- le site des étudiants chercheurs : ductif. La recherche améri-thodoxie budgétaire, pra- http://www.etudiants-chercheurs.com caine est productive pourtique l’anti-intellectualisme deux raisons : elle s’appuieet la guerre contre l’intelligen- source dans les différentiels sur des partenariats public-ce. Rien n’est plus faux. d’inflation, de taux d’intérêt ou privé – entre les universités et de flexibilité du marché du les entreprises – et sur unL’accumulation de rapports sur travail, mais dans l’accumula- marché très concurrentiel quila recherche (Jean-Paul Betbèze tion de connaissances résultant absorbe les nouvelles technolo-pour le Conseil d’Analyse de dépenses plus élevées en gies. Or, ces deux conditionsEconomique, l’opération Recherche et Développement. sont désespérément absentesFuturis de Jacques Lesourne, En effet les dépenses de R&D en France.Rapport de Jean-Louis Beffa) a aux Etats-Unis représentaientun mérite : rappeler que la en 2000 le total des dépenses Accroître l’impact économiquerecherche-développement est de l’Europe et du Japon. En de la recherche signifie deune des sources les plus pourcentage du PIB, elles financer des projets viables, deimportantes de la croissance représentent 2,6% aux Etats- mettre en place des synergieséconomique. L’étude de la Unis contre 1,9% en Europe et avec des objectifs précis etUNI - LA DROITE UNIVERSITAIRE - 8, rue de Musset - 75016 Paris - ✆ 01.45.25.34.65 - fax. : 01.45.25.51.33 Directeur de la publication : J. Rougeot - CPPAP 1204 G 79428 - dépôt légal quatrième trimestre 2004 - MensuelL’action universitaire - page 1
  2. 2. quantifiables à moyen terme, et tions de dépenses publiques Jeune Entreprise Innovante,d’évaluer les résultats. Aux sont abondantes : sortir les accordant des exonérations fis-Etats-Unis, les laboratoires dépenses de recherche du cales aux PME qui investissentpublics font preuve d’innova- pacte de stabilité et de crois- dans la R&D. Elle a instituétion pour obtenir des crédits sance, relancer les grands pro- des Fondations de Recherchede l’Agence Nationale de la jets industriels, créer des pôles permettant à des entreprisesRecherche. Des résultats insuf- de compétitivité. On en oublie de s’associer à des projets defisants impliquent l’arrêt des le principal. Pour relancer la recherche. L’Agenceactivités… Parallèlement, une recherche, il faut réformer la d’Innovation Industrielledécouverte technologique recherche. dispensera 2 milliards d’eurosentraîne la création d’une sur des projets prioritaires quientreprise, et son soutien par Si le débat sur la recherche seront évalués. Que reproche-l’université d’origine. Chacun donne parfois un sentiment t-on alors au gouvernement :connaît désor- de ne pas créermais l’histoire de Plaidoyer pour des emplois deLarry Page et de un corps unique de la recherche fonctionnaires ?Serguei Brin, thé-sards à La recherche française est artificiellement coupée en deux avec La réforme de l’ad-l’Université de d’un côté le corps des enseignants-chercheurs de l’université et ministration de laStanford. Ils de l’autre, le corps des chercheurs des établissements public recherche japonai-commencent à scientifiques et technologiques (EPST). Cette dichotomie, qui est se en 2004 est untravailler en jan- aujourd’hui de plus en plus critiquée, nuit tout autant à notre exemple à suivre,vier 1996 sur un recherche qu’à notre système d’enseignement supérieur. même si les diffé-projet d’algorith- rences de structu-me permettant de Les chercheurs des EPST (CNRS, INRA ..) sont totalement res entre la Francetrouver une déchargés de cours ce qui fait peser la totalité de la charge de et le Japon impli-information sur l’enseignement sur les universitaires et explique en partie les quent de cernerle web et créent mauvais résultats de la France en matière de diffusion de la cul- l’esprit plus queGoogle en sep- ture scientifique. En effet, dans toutes les plus grandes nations les mesures enga-tembre 1998 avec scientifiques, c’est l’ensemble de la communauté de la recherche gées dans l’archi-une mise de qui est chargé d’enseignement afin de favoriser la diffusion des pel. Le statut desdépart de 1 travaux scientifiques vis à vis des pairs enseignants comme étu- professeurs d’uni-million de dol- diants. versités a été pro-lars. Elle emploie fondément boule-aujourd’hui 2300 La situation de la recherche française, le départ à la retraite pro- versé. Ceux-ci nepersonnes dont grammé dans les prochaines années de près de cinquante pour sont plus fonction-700 en recher- cent des enseignants-chercheurs militent pour que l’on répartis- naires et peuventc h e – d é v e l o p p e - se la charge d’enseignement et de recherche sur l’ensemble de la participer à desment. Google est communauté scientifique française. activités deentré au NAS- recherche dansDAQ en août Le salut de la recherche Française passe par la création de ce des laboratoires2 0 0 4 . corps unique. Pour cela, il faudra le courage de résister au retour privés. Le renou-Représentant plus des pétitionnaires et dépasser le corporatisme forcené du per- vellement de leursde 1,5 milliards sonnel des grands organismes. contrats et lede dollars, cette financement publicentreprise est devenue la d’immobilisme, c’est parce que découle d’une obligation dedeuxième plus grosse intro- le gouvernement a pris des résultat. Enfin la mobilité desduction en bourse dans le sec- mesures efficaces, qui s’inscri- chercheurs est obligatoire, à lateur de l’internet. En France, vent dans une logique de ren- fois entre le public et le privéun succès dans la recherche tabilité économique et non pas et entre le Japon et des unitésn’est pas toujours synonyme de subventions à fonds perdus. étrangères. La croissance éco-de succès économique. L’équipe de Jean-Pierre nomique est à ce prix.A l’heure actuelle, les proposi- Raffarin a créé le statut de lapage 2 - L’action universitaire
  3. 3. ApprentissageEntretien avec M. Patrick BEAUDOIN Député de rieurs. La loi sur la cohésion sociale, laquelle vous militez ? S a i n t - par son volet apprentissage, va jus- M a n d é , tement dans ce sens. La forme de la « grande école de Vincennes, Pendant très longtemps, le monde l’apprentissage » prendra corps Fo n t e n ay - de l’éducation et celui de l’entrepri- notamment grâce à l’amélioration du sous-Bois. se se sont tournés le dos, ce qui n’a cadre tutoral et de la formation des Maire de pas facilité l’insertion professionnel- maîtres d’apprentissage prévue par Saint-Mandé le des jeunes. Comment peut-on le projet de loi sur la cohésion socia- et membre améliorer la connaissance de l’entre- le. Une prise en compte des acquis du groupe prise chez les jeunes mais aussi chez de l’expérience et la création dede travail sur l’apprentissage. les enseignants ? modules complémentaires de forma- Notre groupe d’études a dégagé des tion pour une meilleure connaissan-AU : Monsieur le député, vous venez de propositions visant à améliorer ce ce des divers types d’entreprises,présenter les conclusions du groupe de lien entre l’entreprise et le système sont également prévues. Car la véri-travail sur l’apprentissage qui avait été scolaire : parrainage des collèges et table école de l’apprentissage, c’estinstallé en juin dernier par le ministre délé- des lycées par des entreprises, bien l’entreprise, mais en lien étroitgué aux PME, Christian Jacob. Pouvez-vous meilleure connaissance du monde avec l’Education Nationale. L’objectifnous rappeler pourquoi ce groupe de tra- de l’entreprise par les enseignants est véritablement de créer une Hautevail avait été créé ? (formation à développer à l’IUFM). Ecole de l’apprentissage offrant un La prochaine loi sur l’école devra troisième cycle de haut niveau etCe groupe de travail sur l’apprentis- affirmer ce lien encore trop faible et reconnu en matière d’apprentissage.sage a été créé afin de compléter et le renforcer.d’approfondir les travaux menés AU: Enfin, comment expliquez-vous quedans le cadre du Livre Blanc sur AU : L’apprentissage est encore souvent les grandes entreprises fassent aussi peul’apprentissage, du plan de moderni- présenté comme une « filière au rabais ». appel à l’apprentissage ?sation sociale, de la loi sur la décen- Pourtant, les formations les plus prestigieu-tralisation. Le but était d’examiner, ses ont-elles aussi recours à ce procédé L’apprentissage a trop longtemps étéen particulier, les moyens de déve- (ENA, écoles de commerce...), comment soumis à des dispositions contrai-lopper ce mode de formation dans redorer le blason de l’apprentissage et le gnantes pour les entreprises. Leun nombre plus important d’entre- développer dans l’enseignement supérieur volet apprentissage de la loi deprises et de rappeler aux apprentis ? cohésion sociale a pour but d’en-qu’ils peuvent devenir des patrons, courager l’embauche d’apprentis eten reprenant ou en créant une Le blason de l’apprentissage sera simplifie les démarches en la matiè-entreprise. Il s’agit donc de faire de redoré si on fait comprendre qu’il re. Il prévoit par exemple un allège-l’apprentissage une voie d’excellence permet de former des élèves parfai- ment des dispositions sur l’autorisa-et non plus une voie de repli mal tement qualifiés et adaptés à la vie tion d’allongement de la durée d’ap-valorisée, au rabais. Ce groupe d’é- de l’entreprise et qui peuvent deve- prentissage. Il permet la prise entudes a confirmé qu’il faut tirer l’ap- nir de futurs repreneurs d’entrepri- compte des besoins spécifiques deprentissage vers le haut et faire ses voire de véritables entrepre- certains métiers (notammentdisparaître cette connotation négati- neurs. L’apprentissage contribue à concernant les horaires de travail). Ilve qu’il a, tant chez les jeunes et maintenir ou à revitaliser le tissu prévoit la création d’unité de forma-chez leurs parents qu’au sein de économique. Il constitue notamment tion par apprentissage, simplifie lesl’Education nationale. Il s’agit de une réponse adéquate aux besoins contrats aidés en les unifiant et amé-montrer que l’apprentissage est un des métiers des PME-PMI de proxi- liore le cadre tutoral. Enfin, il encou-véritable volet de l’instruction mité, qui renforcent justement la rage l’embauche de jeunes handica-publique, où la formation et la qua- cohésion sociale. pés en apprentissage grâce à un cré-lification se font au plus près des dit d’impôt.besoins de l’entreprise, et qu’il mène AU :Quelle serait la forme et l’objectif de laégalement vers les niveaux supé- « grande école de l’apprentissage » pour page 3 - L’action universitaire
  4. 4. l’Actionuniversitaire ❚ LE JOURNAL DE L’UNION NATIONALE INTER-UNIVERSITAIRE ❚ Formulaire d’abonnement Nom : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Prénom : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Adresse : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .................................................... Code Postal : . . . . . . . . . . . . . Ville : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Tél. : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Fax : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Profession : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Etablissement : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Email : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ❏ désire s’abonner à l’Action universitaire 38 euros (un an) ❏ désire souscrire un abonnement de soutien à partir de 230 euros : . . . . ❏ désire soutenir financièrement l’UNI et verse : ❏ 300 euros ❏ 500 euros ❏ 1.000 euros ❏ . . . . . . . euros ❏ déclare adhérer à l’UNI 35 euros (lycéens 5 euros, étudiants 10 euros, membre bienfaiteur 100 euros, cotisation de soutien à partir de 200 euros) Date et signature :A découper et à retourner, accompagné d’un Chèque à l’ordre de l’UNI à : Action Universitaire - 8, rue de Musset - 75016 Paris - ✆ 01.45.25.34.65 page 4 - L’action universitaire

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