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Les projets de mise en place du télétravail se multiplient en France et force est de constater
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Depuis quelques années, une forme nouvelle d’organisation qui permet d'exercer
son activité en deho...
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J’espère que ce manuel vous aidera à vivre votre bien-être en télétravaillant.
En toute amitié,
Marie-France Médana
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Quelques éléments de réflexion
Un nouveau monde du travail
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UN NOUVEAU MONDE DU TRAVAIL
Comme il parait loin ce temps où il était possible d’entrer dans une entreprise et d’y
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LE TÉLÉTRAVAIL
Dans notre monde professionnel actuel, le télétravail se développe et de plus en plus
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AU-DELÀ DU TÉLÉTRAVAIL
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En plus de ces risques potentiels, le rapport aborde les disparités d’usages de
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LE BIEN-ÊTRE EN QUESTION
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Quand vous êtes surchargé de travail, vous éprouvez spontanément le besoin de
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> Le mieux est de faire une pause toutes les 2 heures et marcher au moins 3 minutes.
Ainsi, vous améliorerez votre circ...
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Attention ! Si le télétravail nous évite le stress des déplacements, il nous rend un
peu plus sédentaire. Alors pensons...
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Voici une variante qui prolonge bien les effets de ce massage, mais peut également
se pratiquer seule. Dans la même pos...
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L’ESSENTIEL A RETENIR
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Guide du bien-être du télétravailleur
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  1. 1. 2
  2. 2. 3 PRÉFACE Les projets de mise en place du télétravail se multiplient en France et force est de constater qu’à ce jour il s’agit presque systématiquement de télétravail exercé au domicile du télétravailleur. Or, notre expérience du terrain nous a démontré que rares étaient les logements dans lesquels un espace de travail existait et que la grande majorité des salariés ne connaissaient absolument pas les règles élémentaires de l’ergonomie d’un poste de travail. C’est pourquoi nous avons pensé utile d’en rappeler les principes essentiels pour tous les télétravailleurs qui sont amenés à installer leur « coin de travail » chez eux. Un autre constat est celui de l’intensité de travail du télétravailleur dont il est communément admis qu’il est généralement plus productif que le salarié qui va au bureau. Une des raisons étant souvent que le télétravailleur estime qu’il bénéficie de conditions de travail privilégiées et qu’il veut démontrer qu’il travaille. En effet, le temps n’est pas encore révolu où certains collègues ne se privent pas de remarques désobligeantes telles que « ah, tu as pris ton jour de RTT » ou encore « ah, tu es maintenant à temps partiel », etc. Pour dépasser ce retard culturel, il faudra que le nombre de télétravailleurs dont l’organisation du travail est contractualisée soit beaucoup plus important qu’aujourd’hui. Pour ceux-là, nous avons pensé qu’il était utile de donner quelques clefs simples pour mieux vivre physiquement et mentalement leur(s) journée(s) de télétravail. Il s’agit de conseils et de recommandations émis par une professionnelle expérimentée de notre réseau avec qui le dialogue est ouvert à partir de ce Petit Manuel que nous vous offrons. Vous le trouverez en ligne à www.distance-expert.eu et nous vous proposons de nous faire part de vos commentaires. Nous espérons ainsi contribuer à augmenter le nombre de télétravailleurs heureux en France. Nicole Turbé-Suetens Expert International Distance Expert
  3. 3. 4
  4. 4. 5 POURQUOI CE MANUEL ? Depuis quelques années, une forme nouvelle d’organisation qui permet d'exercer son activité en dehors des locaux professionnels, le télétravail, se développe en France et dans le monde. En tant que psychologue du bien-être j’accompagne des adultes actifs dans ce domaine. Cet accompagnement se fait de façon personnalisée au cours de séances individuelles ou d’ateliers qui allient soutien psychologique, relaxation, dynamique mentale, sophrologie, Qi-Gong, massage et exercices physiques, pour la plus grande satisfaction des participants. Encouragée par ce succès, j’ai souhaité mettre à la portée de tous ceux qui utilisent quotidiennement un ordinateur de bonnes pratiques pour leur bien-être. En effet, ma double formation de physiothérapeute1 et de psychologue m’a conduite à prendre le contrepied de l’avalanche de maltraitances dont la presse se fait écho chez les travailleurs et que je constate moi-même chaque jour. Consultante spécialisée dans la communication interculturelle et interpersonnelle, je me suis consacrée au développement personnel et professionnel au sein de multinationales en Europe, Canada, USA et Amérique Latine pendant une trentaine d’années. Puis j’ai étendu cette pratique à la communication engendrée par les nouvelles approches de travail à distance telles que le télétravail, l’e-learning et le management de la connaissance. Ceci m’a permis de développer une expertise de coach dans l’utilisation des technologies de l’information et de la communication auprès des différents partenaires de plusieurs projets européens. Voici longtemps déjà que je travaille à distance, depuis mon domicile, un centre d’affaires, un télécentre, un espace de co-working, un hôtel ou même dans le train grâce à mon ordinateur portable, pour concevoir un rapport, rédiger un compte-rendu ou maintenir le contact avec mes clients. Le tourbillon de la vie et les pressions croissantes que celle-ci nous impose font que, trop souvent, nous ne pensons plus qu’au travail et négligeons notre bien-être. Celui-ci est pourtant essentiel à notre équilibre et notre santé. C’est pourquoi ce manuel se propose d’être un « mode d’emploi » pratique pour mieux vivre en télétravaillant. Vous y trouverez un rappel des conseils ergonomiques de base et de nombreux exercices utiles à votre bien-être pour travailler sur un ordinateur en toute sérénité. Tous ont fait l’objet d’études scientifiques qui ont confirmé leur efficacité. Dans la première partie, « Quelques éléments de réflexion », je m’intéresse tout d’abord au contexte général du monde du travail actuel, puis de façon plus spécifique au « télétravail ». En effet, quel que soit notre secteur d’activité (travailleurs, salariés, chefs d’entreprises, enseignants, étudiants, chercheurs ou écrivains…) nous sommes aujourd’hui tous, ou presque, concernés par le travail sur ordinateur. Aussi, au-delà même du télétravail, j’aborde dans ce chapitre l’impact des technologies de l’information et de la communication sur les conditions de travail au quotidien. La deuxième partie se présente comme un « Guide pratique » riche en ressources. Quant à la troisième, intitulée « Condensé de bien-être », elle propose 4 séquences d’exercices : « 5’ pour rester en forme », « 5’ pour récupérer », « pour une détente totale » et « visualisez votre bien-être » très faciles à réaliser et surtout très efficaces pour vous sentir bien. 1 Equivalent de kinésithérapeute en France
  5. 5. 6 J’espère que ce manuel vous aidera à vivre votre bien-être en télétravaillant. En toute amitié, Marie-France Médana
  6. 6. 7 TABLE DES MATIÈRES Préface.........................................................................................................................................3 Pourquoi ce manuel ?..................................................................................................................5 Table des matières ......................................................................................................................7 PREMIERE PARTIE : QUELQUES ELEMENTS DE REFLEXION Un nouveau monde du travail.................................................................................................. 11 Le télétravail............................................................................................................................. 13 Au-delà du télétravail............................................................................................................... 17 Le bien-être en question .......................................................................................................... 19 Bien-être au travail............................................................................................................... 19 Le stress, un ennemi personnel ?......................................................................................... 21 Bien-être et performance..................................................................................................... 23 Bien équilibrer télétravail et vie privée................................................................................ 24 Dix règles d’or du bien-être en télétravail ........................................................................... 26 La dimension cachée du bien-être ........................................................................................... 27 Bien-être avec soi-même ..................................................................................................... 27 Bien-être avec les autres...................................................................................................... 28 DEUXIEME PARTIE : GUIDE PRATIQUE S’installer confortablement...................................................................................................... 33 S’organiser................................................................................................................................ 40 Se détendre en télétravaillant.................................................................................................. 41 Bien-être et repos..................................................................................................................... 51 Bien-être et Nutrition............................................................................................................... 55 Bien-être en déplacement........................................................................................................ 57 En conclusion............................................................................................................................ 59 TROISIEME PARTIE : CONDENSE DE BIEN-ETRE 5’pour rester en forme............................................................................................................. 63 5’pour récupérer ...................................................................................................................... 65 Pour une détente totale........................................................................................................... 66 Visualisez votre bien-être......................................................................................................... 67 Bibliographie............................................................................................................................. 69 Sites Internet............................................................................................................................ 70 Remerciements ........................................................................................................................ 71
  7. 7. 8
  8. 8. 9 PREMIERE PARTIE Quelques éléments de réflexion Un nouveau monde du travail Le télétravail Au-delà du télétravail Le bien-être en question La dimension cachée du bien-être
  9. 9. 10
  10. 10. 11 UN NOUVEAU MONDE DU TRAVAIL Comme il parait loin ce temps où il était possible d’entrer dans une entreprise et d’y faire carrière jusqu’à la retraite ! Aujourd’hui, le changement est devenu la règle et nous pousse à développer sans cesse nos capacités d’adaptation. Au fil du temps, notre mode de vie et nos activités professionnelles ont évolué d’un monde agricole vers un monde ouvrier, puis vers une sédentarisation des employés et des cadres, les « cols blancs », pour acquérir récemment un profil plus « nomade ». Après l’ère industrielle qui a dominé le 19e et le 20e siècle, voici l’ère du numérique au 21e siècle. L’avancée des technologies de l’Information et de la Communication progressant, l’être humain s’est vu fréquemment secondé et parfois même remplacé par des robots dans les usines et des ordinateurs dans les bureaux. Et c’est loin d’être fini ! On peut parler en ce début du 21e siècle, avec des services d’accueil en tous genres, services à la personne, domotique, avancées dans le domaine de la défense, de la sécurité, de la prévention et de la médecine, d’une véritable « robovolution »2 . Et nous assistons à une expansion impressionnante des nanotechnologies, vaste sujet qui dépasse le cadre de ce manuel, mais mérite d’être mentionné pour l’impact qu’il aura sur les modes d’organisation du travail à-venir. En effet, nos sociétés évoluent à grande vitesse. D’essentiellement physique, le travail est devenu intellectuel et l’ère des services a placé le client au cœur de la stratégie des entreprises, ce qui rend aujourd’hui toute activité éminemment relationnelle. En parallèle, la mobilité s’est développée. Qu’il s’agisse des migrations géographiques quotidiennes ou des déplacements professionnels et familiaux, la mobilité physique caractérise nos sociétés modernes. Aussi une mobilité des mentalités devient-elle nécessaire pour s’adapter à ce monde en mutation. En effet, au modèle de carrière se déroulant dans une structure stable et protectrice a succédé un système où la vie professionnelle est rythmée par des ruptures multiples. Cela se traduit concrètement par la nécessité de migrer d’un emploi à l’autre, faisant souvent appel à des compétences différentes, et aussi d’une entreprise à une autre. La mobilité de l’environnement professionnel et familial se généralise aussi. Par ailleurs, la mondialisation a transformé le monde du travail en le fractionnant, faisant ainsi appel à une plus grande flexibilité du temps et du lieu où s’exerce l’activité. Comme le souligne Daniel Cohen dans son livre Nos temps modernes3 : « Le travail était standardisé, rigide, il est devenu polyvalent, flexible. Les institutions (entreprises, familles, patries) étaient paternalistes, autoritaires ; elles sont devenues permissives, voire libérales. Un sentiment d’unité habitait le monde, c’est celui d’insécurité qui domine ». Aujourd’hui le travail se décline selon de nouvelles modalités : à temps plein, télétravail régulier ou occasionnel, mais aussi semaine compressée pendant laquelle on travaille le nombre d’heures correspondant à un temps plein ou à un temps partiel hebdomadaire, la plupart du temps annualisé et effectué en partage de poste. Les « travailleurs » sont devenus des « actifs » et doivent faire preuve d’une grande capacité d’adaptation. La mondialisation implique et la technologie permet que l’on soit disponible et réactif à tout moment, y compris sur son temps personnel. De fixe, l’ordinateur est devenu portable. On a vu apparaître les tablettes, smartphones et autres auxiliaires et se développer le travail collaboratif. L’apparition du Web 2.0 en 2006 a boosté les réseaux, les communautés virtuelles et aujourd’hui les « clouds ». On peut maintenant échanger de l’information grâce à différents outils : Intranet, communautés internes 2.0, blog, microblogging, Wiki, entre autres. On peut discuter d’une idée avec d’autres collaborateurs 2 Comme Yves Calvi intitulait son émission C dans l’Air sur France 5 le 15 Mars 2012. 3 Daniel Cohen, Nos temps modernes, Paris, Flammarion, 2002, p. 13.
  11. 11. 12 sans être obligés d’être réunis physiquement. Il en va de même à l’extérieur de l’entreprise avec les « tweets » et autres réseaux sociaux qui facilitent la communication instantanée à distance. « Etre connecté », dans tous les sens du terme, est ce qui caractérise ce nouveau monde du travail.
  12. 12. 13 LE TÉLÉTRAVAIL Dans notre monde professionnel actuel, le télétravail se développe et de plus en plus nombreuses sont les entreprises qui y recourent. Littéralement, le mot « télétravail » signifie « travail effectué à distance ». Le préfixe « télé », du grec ancien « τῆλε », lui confère aussi le sens de « travail exécuté par l'intermédiaire de la télécommunication » c’est-à-dire la transmission, l’émission et la réception à distance de signaux, d’écrits, d’images, de sons ou de renseignements de toute nature par fil, radio, électricité, fibre optique ou autres systèmes. La notion de télétravail combine ainsi l’utilisation des technologies de l’Information et de la Communication avec la notion de flexibilité du lieu de travail. Si le concept de télétravail est évoqué dès 1950 par Norbert Wiener dans son ouvrage The human use of Human Beings. Cybernetics and Society4 , il faut attendre les années 1970 pour que celui-ci devienne, au moins dans les esprits, une option face au travail nécessitant la présence dans l'entreprise. Et ce n’est qu’en 1978 que la Direction Générale des Télécommunications, devenue France Télécom, lance des expériences de télétravail en créant des agences de proximité, vitrines de nouvelles formes de consommation dans les télécommunications. En 1983, aux Etats-Unis, l'inventeur du « telecommuting », Jack Nilles, insiste sur l'idée d'un lieu satellite « construit ou mis à disposition près du domicile des télétravailleurs… par la firme qui les emploie ». Les appels à projets lancés en France dans les années 90 montrent le chemin parcouru et le passage de rêves futuristes à des réalités plus concrètes. Au cours de cette même décennie, l'Europe investit dans des missions de recherche sur le télétravail. Et, comme toujours, la technologie et ses usages conduit à légiférer. C’est ainsi que, depuis l’accord-cadre européen de 2002, en passant par l’Accord National Interprofessionnel de 2005, la France aboutit en 2012 à la loi Warsmann5 dont l’article 46 définit le télétravail. Cette loi vient d’inscrire le télétravail dans le code du travail grâce à la ténacité d’un groupe de parlementaires parmi lesquels le député de la Lozère, Pierre Morel à l’Huissier, auteur, avec Nicole Turbé-Suetens, de l’étude « Le télétravail en France »6 . Etude très documentée, que je ne saurais trop vous recommander de lire. Voici la définition du télétravail suivant l’Accord National Interprofessionnel (ANI)7 du 19 juillet 2005 qui a été étendue en mai et en juin 2006 et finalement retenue dans le texte de loi cité plus haut. « Le télétravail est une forme d’organisation et/ou de réalisation du travail, utilisant les technologies de l’information dans le cadre d’un contrat de travail et dans laquelle un travail, qui aurait également pu être réalisé dans les locaux de l’employeur, est effectué hors de ces locaux de façon régulière. » Cette définition formalise une fois pour toutes le fait que le télétravail concerne les salariés avec un contrat de travail en France et que la double règle du volontariat et de la réversibilité8 est un élément clé à respecter tant de la part de l’employeur que du salarié. 4 Da Capo Press, 1988. 5 Loi adoptée en lecture définitive le 29 février 2012 par l’Assemblée nationale - JORF n°0071 du 23 mars 2012 p. 5226, texte n° 1. 6 Pierre Morel à l’Huissier et Nicole Turbé-Suetens, Le Télétravail en France, Préface de Nathalie Kosciusko- Morizet, Editions Pearson, Collection Village Mondial, 2010. 7 Journal Officiel de la République Française : http://www.journal-officiel.gouv.fr/
  13. 13. 14 Dans son excellent article paru dans Les Echos le 14 Avril 2012, Nicole Turbé-Suetens souligne que par rapport à l’Accord national interprofessionnel9 (ANI) en vigueur depuis le 19 juillet 2005, cette loi apporte : « Tout d’abord une définition légale, qui inclut le volontariat et s’applique à l’ensemble des salariés du secteur privé. » Et elle remarque que « Cette loi présente aussi le grand avantage de bien distinguer le télétravail du travail à domicile dans l’Art. L.1222-9, définissant le télétravail. Il ne faut pas perdre de vue que le télétravail ne peut être assimilé au travail à domicile, géré par des aspects législatifs qui lui sont propres. Autre aspect extrêmement intéressant pour le monde du travail français : la loi sur la précarité dans la fonction publique, dont le rapporteur était le député Pierre Morel à l’Huissier, votée à l’unanimité le 31 janvier 2012 et publiée le 12 mars 2012 au Journal officiel, prévoit dans son article 133 l’introduction du télétravail dans le statut des fonctionnaires relevant de la loi N°83-634 du 13 juillet 1983. Ces derniers peuvent exercer leurs fonctions dans le cadre du télétravail, tel qu'il est défini au premier alinéa de l'article L. 1222-9 du Code du travail, prévu par la loi Warsmann. Donc, un texte identique s’applique au secteur public et au secteur privé. » La loi Warsmann pose ainsi les principes essentiels des droits et devoirs des employeurs et des télétravailleurs, tout en laissant toute la place à la négociation collective pour le détail des modalités d’organisation du travail, qui sont consignées dans un avenant au contrat de travail du télétravailleur. Le législateur précise aussi qu’il est nécessaire de fixer les plages pendant lesquelles le télétravailleur est joignable, afin d’éviter les abus du « joignable à tout moment, du fait des technologies de l’information et de la communication ». Depuis deux ans le télétravail progresse nettement en France et cette législation va inciter les dirigeants hésitants à le mettre en place dans la mesure où celui-ci fait maintenant officiellement partie du droit du travail. Le télétravail peut se pratiquer à son domicile, si celui-ci offre l’espace nécessaire aux aménagements procurés à cet effet par l’employeur. Le plus souvent il se fait dans ce que l’on appelle des espaces de bureaux partagés : télécentres, espaces de « coworking10 », centres d’affaires. Espaces qui existent aussi dans certaines gares et aéroports qui sont équipés de tables et chaises de bureau ergonomiques ainsi que de prises de courant adaptés à un réseau Internet permettant de travailler en connexion permanente. Face aux défis posés par la crise sociale et économique et aux enjeux du développement durable, de nouvelles formes d’organisation coopérative entre les structures et les personnes se développent au niveau local. Ce sont de nouveaux espaces de travail, dénommés « tiers-lieux11 », en référence à un troisième lieu après la maison et le bureau. Ils englobent ceux cités dans le paragraphe précédent plus des structures innovantes. Les inconvénients, suivant l’expérience de certains télétravailleurs, peuvent être d’éprouver le besoin de se justifier en travaillant plus que de raison, de se négliger, voire même de s’oublier à leur poste de travail, de « zapper » des repas, des pauses ou encore de souffrir d’isolement. Les avantages qu’ils soulignent sont principalement de travailler dans un lieu choisi avec des conditions choisies, d’équilibrer vie personnelle et vie professionnelle, 8 La réversibilité est un mode d’organisation, soumis à l’accord du manager du télétravailleur, dans lequel le télétravail peut être remis en cause à tout moment par l’une ou l’autre des parties, selon les modalités négociées dans l’accord d’entreprise ou l’avenant individuel du télétravailleur. 9 Journal Officiel de la République Française : http://www.journal-officiel.gouv.fr/ 10 Communauté mondiale de personnes qui se consacrent aux valeurs de collaboration, transparence, communautaire, accessibilité et développement durable dans leurs lieux de travail : http://coworking.com/ 11 A l’origine, c’est un sociologue urbain américain, Ray Oldenburg, qui a parlé de l'importance des lieux de rassemblement informels pour un bon fonctionnement de la société civile, la démocratie et l’engagement civique. C’est lui qui a inventé le terme de « tiers-lieux », repris dès 2011 par les spécialistes du télétravail.
  14. 14. 15 d’être plus productif et d’améliorer la qualité du travail fourni, retirant ainsi une satisfaction personnelle plus grande du travail accompli. Quelle que soit la raison pour laquelle vous avez choisi de télétravailler – limiter les problèmes liés aux temps de transports, la maternité, la maladie, la relocalisation des bureaux de votre entreprise – vous avez sûrement fait ce choix parce que pour vous les avantages dépassent ou contrebalancent les inconvénients. Quels sont les métiers que l’on peut exercer en télétravail ? Toute activité dont le résultat peut être facilement mesuré ou dont l'exercice ne nécessite pas une relation de proximité avec les collègues ou avec le management. On pense ainsi en priorité à la saisie administrative, au secrétariat ou à la traduction, mais étant donné l'évolution rapide des métiers et des technologies, il est difficile d’en dresser une liste exhaustive. Toutefois, on peut considérer que le télétravail est à même d’intéresser les employés de bureaux, que ce soient les personnels faisant de la saisie, du traitement de texte, de la télévente, de la comptabilité, du secrétariat ou du suivi téléphonique d'activités ; les professions spécialisées telles que les architectes, experts comptables, cadres, commerciaux, chargés de relations publiques, ainsi que la plupart des métiers liés aux ressources humaines et à la finance ; les métiers de supports comme ceux de traducteur, correcteur, documentaliste ou la téléassistance ; les personnels mobiles ou itinérants comme les représentants, vendeurs, enquêteurs, consultants, agents d'assurances, agents de maintenance. Et aussi, bien sûr, les spécialistes des technologies de l’Information et de la Communication, comme le sont les analystes, programmeurs, ingénieurs, développeurs et concepteurs de sites Internet, webmestres ; les spécialistes de l'information tels que les journalistes, rédacteurs, photographes ou encore les métiers de création intellectuelle : musiciens, auteurs, publicitaires, graphistes. Avec le télétravail, ce nouveau mode d’organisation du travail, fini le « métro-boulot- dodo » ! Chacun(e) doit trouver le rythme qui lui convient pour assurer son bien-être dans un juste équilibre entre avantages et inconvénients. Faute de l’avoir appris à l’école, il est essentiel d’y consacrer une attention particulière, car il est bon que ce bien-être fasse partie de nos habitudes de vie au quotidien. Facile à dire ! Soit, mais aussi facile à faire quand on a le mode d’emploi, ce qui est justement ce que vous propose ce manuel…
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  16. 16. 17 AU-DELÀ DU TÉLÉTRAVAIL Dans le langage courant, le terme « télétravail » recouvre des réalités différentes. On a ainsi parlé de « télétravail gris » pour les travailleurs, dits « nomades », qui utilisent les mêmes outils que le télétravailleur sans toutefois en avoir le statut légal. Ces travailleurs sont les commerciaux, cadres, agents de maintenance, travailleurs indépendants ou free-lances, consultants qui, dans leur travail quotidien, le plus souvent pendant leurs déplacements, continuent à collaborer avec leur entreprise en accédant ponctuellement à son système d'information à distance. Ce sont aussi tous les métiers cités dans le chapitre précédent lorsqu’ils sont exercés de manière indépendante. Au cours des quinze dernières années, les technologies de l’Information et de la Communication ont considérablement évolué et modifié notre vie quotidienne. Pourtant l’impact de ces technologies sur le travail a été jusqu’à présent peu analysé, alors que près de deux actifs sur trois les utilisent régulièrement dans leur activité professionnelle et que toutes les professions ou presque sont concernées. Au moment où la loi sur le télétravail vient d’être promulguée, il était grand temps que les experts se penchent sur ce sujet. C’est ce que viennent de faire conjointement le Centre d’analyse stratégique et la Direction Générale du Travail dans un rapport commun12 présenté le 29 février 2012. Rapport qui reflète bien la réalité actuelle de l’emploi des technologies de l’Information et de la Communication, dont l’impact sur les conditions de travail influence notre bien-être. Pour tenter de faire évoluer favorablement les usages et améliorer les impacts des technologies de l’Information et de la Communication ou en prévenir les risques, le rapport propose vingt recommandations, articulées selon quatre axes : 1. considérer le système d’information comme un outil d’aide au travail des salariés et développer des dispositifs de régulation interne des usages des technologies de l’Information et de la Communication dans les entreprises ; 2. intégrer systématiquement les utilisateurs des technologies de l’Information et de la Communication et les directeurs de ressources humaines dans la définition et la mise en œuvre des projets ; 3. renforcer l’effort des entreprises en matière de formation continue concernant les technologies de l’Information et de la Communication ; 4. et enfin mettre en place un groupe de travail interdisciplinaire et interinstitutionnel de suivi des usages professionnels des technologies de l’Information et de la Communication au niveau gouvernemental. Les effets de ces technologies sur les conditions de travail s’avèrent généralement positifs, parce qu’elles permettent aux salariés d’accéder plus simplement à l’information et de trouver des solutions rapides et adaptées à leurs problèmes. Il existe néanmoins un certain nombre de risques tels que l’augmentation du rythme et de l’intensité du travail, un renforcement du contrôle de l’activité pouvant réduire l’autonomie des salariés, l’affaiblissement des relations interpersonnelles et/ou des collectifs de travail. À cela s’ajoutent le brouillage des frontières spatiales et temporelles entre travail et « hors travail »13 , ainsi que les effets de la surinformation qui se traduit notamment par l’accroissement excessif du flux des courriels. Bien entendu au-delà des évolutions technologiques, l’organisation du travail et de la production ainsi que les mutations sociétales peuvent contribuer à favoriser ces risques. 12 Rapport « L’impact des TIC sur les conditions de travail » du 29 Février 2012, coordonné par Tristan Klein, économiste, chef de projet "Prospectives des métiers et des qualifications" au département Travail-Emploi du Centre d’analyse stratégique et Daniel Ratier, chargé de mission à la Direction générale du travail. 13 Charles Goldfinger, Travail et hors travail, vers une société fluide, Paris, Odile Jacob, 1998.
  17. 17. 18 En plus de ces risques potentiels, le rapport aborde les disparités d’usages de l’informatique et des technologies de l’Information et de la Communication sur le lieu de travail. Cet usage atteint près de 100% dans les professions intellectuelles et chez les cadres supérieurs, alors qu’il n’est que de 20% chez les ouvriers non qualifiés. Une telle disparité touche aussi les équipements. En effet, si 98% des entreprises possèdent l’ordinateur, 24% seulement disposent d’un logiciel de gestion intégré et 19% d’une solution de gestion de la relation client. Il importe enfin de souligner que ce rapport déplore un pilotage essentiellement technique dans le management des technologies de l’Information et de la Communication en entreprise, alors que la dimension humaine y est de la plus grande importance. Je pense que c’est ce que veut dire Monsieur Jean-Denis Combrexelle, Directeur général du Travail, lorsqu’il souligne : « L’impact des technologies de l’Information et de la Communication sur les conditions de travail est une question de management ». Il est vrai que le management à distance, au-delà des qualités humaines propres à la fonction, requiert des compétences spécifiques qui ont une incidence directe sur le bien-être du télétravailleur.
  18. 18. 19 LE BIEN-ÊTRE EN QUESTION Chaque jour de nouvelles publicités nous promettant l’amélioration de notre bien- être grâce au confort d’une voiture, à l’efficacité d’une crème de beauté, aux bienfaits d’une marque de produits alimentaires fleurissent, et les slogans offrant « le bien-être en plus » se multiplient. Je n’hésite pas à proclamer moi-même : « Télétravailleurs, télétravailleuses, favorisez votre bien-être ! ». Mais le bien-être, au juste c’est quoi ? Selon la définition du dictionnaire c’est un : « État agréable résultant de la satisfaction des besoins du corps et du calme de l'esprit ». Et nous pouvons lire dans le préambule à la Constitution de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) : « La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité »14. Ainsi, la santé serait le bien-être et le bien-être la santé !... Soit ! Il est vrai qu’un bien-être physique, mental et social est un facteur décisif pour nous maintenir en bonne santé, mais seul chacun peut dire ce qu’est le bien-être pour lui. « La santé est un processus en constante évolution et adaptation », écrit le Dr. Liliane Reuter, médecin de famille, dans L’alchimie du chemin personnel15, livre qui nous invite à réfléchir sur ce que nous faisons de notre vie au jour le jour et à la façon dont nous prenons soin de nous. « Notre santé ne se résume pas à notre bien-être physique ; elle s’exprime chaque jour par des degrés subtils et varie en permanence entre bien-être, mal-être, malaise et maladie, reproduisant les multiples facettes de l’existence… », dit-elle. Et d’ajouter : « La santé se construit sur cette dynamique du changement, suivant une des lois universelles du vivant : créer et défaire, dans un perpétuel mouvement ». C’est là le principe de l’homéostasie : une recherche d’équilibre constante. Grâce à ce mécanisme, notre organisme s’adapte à toutes les situations afin de nous maintenir en vie et en bonne santé. Bien-être au travail Ces deux termes seraient-ils antinomiques ? Peut-être pas, bien que de nombreux indices nous montrent une augmentation des signes de souffrance dans différentes professions. Ces plaintes, reflétées par de nombreuses enquêtes, je les entends aussi dans ma consultation. Et je ne suis pas la seule. Ce malaise dont les salariés se plaignent est bien présent et pourtant diffus. Les personnes qui viennent consulter se culpabilisent de ne plus comprendre à quoi sert leur travail et sont fatiguées de devoir s’adapter à de nouvelles restructurations qui, dans certaines entreprises se succèdent tous les 18 mois… Prises entre la peur du chômage et une évaluation quasi permanente de leur travail plus en termes de « rentabilité » qu’en termes de « qualité », elles se sentent exclues et vivent dans la crainte d’une exclusion définitive. Elles se plaignent d’une surcharge de travail à laquelle elles ont du mal à faire face, avec le sentiment qu’elles ne disposent pas du temps nécessaire pour bien faire leur travail. De plus, elles estiment ne pas recevoir le respect ni l’estime qu’elles méritent au vu des efforts fournis ce qui les décourage d’autant plus. De plus, elles souffrent de ne pouvoir s’exprimer et de ne pas être invitées à contribuer aux changements en cours. 14 Ce préambule signé le 22 juillet 1946 par les représentants de 61 Etats est entré en vigueur le 7 avril 1948. (Actes officiels de l'Organisation mondiale de la Santé, n° 2, p. 100). 15 Editions Robert Laffont, 2003.
  19. 19. 20 Des Experts consultés à ce sujet estiment que ce sont les nouvelles méthodes de management, ajoutées aux nouveaux outils informatiques, qui produisent une augmentation sensible du stress au travail16 . Marie Pezé, responsable de la consultation « Souffrance et travail » à l’hôpital de Nanterre (Hauts-de-Seine), s’exclame ainsi : « Les suicides reliés à des causes professionnelles […] ont toujours existé. Mais jamais, jamais, dans ces proportions ». Et Michel Niezborola, médecin du travail, fait remarquer que « le profil type du salarié en souffrance, c’est quelqu’un de très investi dans son travail, parfois au détriment de sa vie personnelle et qui, face à un échec, se sent personnellement remis en cause ». Il souligne : « En France, le travail s’est beaucoup intensifié. On part tôt à la retraite, on a beaucoup de congés mais, en conséquence, quand on est au travail, les rythmes sont parfois insoutenables ». L’un et l’autre dénoncent « la dictature de la montre » qui se double désormais d’une « contrainte client ». Dans ma propre consultation, on me rapporte fréquemment des conditions de travail pénibles, voire dégradantes ou oppressantes, assorties d’agressions verbales, de pressions excessives, d’incohérence managériale. Reconnaissons-le, de véritables risques pèsent aujourd’hui sur l’intégrité physique et la santé mentale de nombreux salariés. D’où l’urgence de reconsidérer très sérieusement la question du bien-être au travail. Le niveau de vie moyen s’est amélioré et pourtant notre qualité de vie semble se détériorer. La vie accélérée dans les grandes villes, nos soucis économiques, la crainte constante d’être agressés d’une manière ou d’une autre sont source d’angoisse. Preuve en est la surconsommation d’anxiolytiques, hypnotiques, antidépresseurs et autres tranquillisants. Le mal-être lié aux contraintes du travail est dû aux changements organisationnels, à l’incertitude du lendemain, aux situations de harcèlement, aux pressions de tout ordre, aux relations difficiles entre les personnes, aux agressions, et à la violence. Toutes choses que notre société nous encourage plutôt à ignorer ou à dissimuler, en cherchant le moyen de ne pas sentir et faire comme si tout allait bien. Face à ces réalités, de nombreuses personnes choisissent aujourd’hui le télétravail afin de prendre du recul et retrouver confiance en soi. Au niveau européen, près d’un tiers des travailleurs estime que sa santé est affectée par le stress ressenti sur le lieu de travail17 . En France, le mal-être au travail, défini comme « risque psychosocial », est devenu la première cause de consultation pour pathologie professionnelle18 . Plusieurs facteurs y contribuent : l’augmentation des exigences des clients, la peur du chômage, les restructurations et modifications des conditions de travail, et aussi l’accent mis sur la performance financière. Depuis dix ans, les pathologies liées au travail ont évolué : si certaines comme l'asthme professionnel connaissent une diminution, d'autres, comme les dépressions plus ou moins sévères sont en constante augmentation. Le rapport de l’Agence Nationale Sanitaire de l’alimentation, l’environnement et le travail ANSES19 souligne que « les risques psychosociaux sont désormais en seconde position avec 22%, devant les maladies de la peau à 17%, et les troubles musculo-squelettiques à 16%. » En 2010, le rapport sur le bien-être au travail, réalisé en France à la demande du Premier ministre proposait déjà dix pistes pour améliorer la santé psychologique au travail20 . 16 « Mourir au travail », article du journal La Croix du 15-09 2009. 17 Rapport « Bien-être social et efficacité au travail » par Henri Lachmann, Février 2010 18 Rapport du 11 avril 2011 du Collège d’expertise sur le suivi statistique des risques psychosociaux au travail, à la demande du Ministre du travail Monsieur Xavier Bertrand fin 2008 animé par l’INSEE. 19 Documents ANSES RNV3P-Ra, Septembre 2011 20 Rapport de la Documentation Française BRP/104000081/0000
  20. 20. 21 Le stress, un ennemi personnel ? Dès 1936, le Professeur Hans Selye développe la théorie du stress 21 qu’il définit comme « la réponse non spécifique de l’organisme à toute sollicitation », et présente comme une réaction naturelle de notre corps pour s’adapter à une demande du monde extérieur et nous permettre d’agir sur notre environnement. « Non spécifique, c’est-à-dire générale. Le stress est une réponse générale de l’organisme à une stimulation d’ordre physique et/ou psychologique. Cette stimulation peut être forte ou légère, agréable ou désagréable. Toute variation de l’environnement représente un stress heureux (eustress) ou malheureux (distress), bon ou mauvais pour l’organisme, qui répond immédiatement par une sécrétion d’hormones et de neurotransmetteurs… La vie est un processus d’adaptation permanent et efficace, mais seulement jusqu’à un certain point. L’intensité, la durée et la répétition des sollicitations peuvent créer un effet de surcharge », font remarquer le Dr. Gérard Guasch et Anne-Marie Filliozat22 , dans la droite ligne de Selye, qui affirmait que « sans stress, il n’y aurait pas de vie ». C’est vrai, mais nous savons bien que l’excès de stress, ou plus exactement l’excès de facteurs stressants, entraîne un mal-être. Que vous pensiez : « Quel bonheur! Ma fille (mon fils) se marie ! », en éprouvant de la joie, ou « Quel malheur! Ma fille (mon fils) divorce ! », en éprouvant de la tristesse, votre cerveau envoie les mêmes informations d’alerte à l’ensemble de votre organisme. Les réactions physiologiques sont identiques : accélération du rythme cardiaque et respiratoire, augmentation de la tension artérielle, contraction musculaire, transpiration. L’organisme ne fait pas la différence entre les deux, il s’efforce simplement d’absorber l’impact d’un changement, de s’adapter. Dans son livre Vive le Stress23 , le Dr. Hanson, souligne avec justesse : « Le stress peut être stimulant ou il peut être mortel. Tout dépend de vous… vous pouvez apprendre à en tirer le meilleur parti ». Le mécanisme du syndrome d'adaptation évolue en trois stades successifs : 1. « Réaction d'alarme » : les forces de défense sont mobilisées 2. « Stade de résistance » : adaptation à l'agent stressant 3. « Stade d'épuisement » : inexorablement atteint si l'agent stressant est suffisamment puissant et agit longtemps. Soyons clairs : en aucun cas le stress n’est une maladie, même s’il est souvent évoqué comme « la maladie du siècle », c’est une réaction naturelle de l’organisme qui mis en alerte se prépare aussitôt à lutter ou à fuir. Malheureusement, notre mode de vie actuel nous immobilise et permet de moins en moins souvent à cette réaction de se développer complétement. Il en résulte une accumulation de tensions résiduelles qui engendrent de nombreux dysfonctionnements tant physiques que psychiques. L’Agence Européenne pour la Sécurité et la Santé au travail24 donne aujourd’hui une définition du stress plus restrictive que celle de Selye : « l’état de stress survient lorsqu’il y a déséquilibre entre la perception qu’une personne a des contraintes que lui impose son environnement et la perception qu’elle a de ses propres ressources pour y faire face ». Ce qui montre une évolution du concept. 21 Cf. The Stress of Life par le Prof. Hans Selye, endocrinologue, fondateur et directeur de l'Institut de médecine et chirurgie expérimentale de l'Université de Montréal, 1956. [Le Stress de la vie, Paris, Gallimard, 1962, rééd. 1975.] 22 In : Aide-toi ton corps t’aidera, Paris, Albin Michel 2006, p.26. 23 Editions Menges, 1987. 24 Agence Européenne pour la Sécurité et la Santé au Travail - définition du stress : http://osha.europa.eu/fr/topics/stress/definitions_and_causes
  21. 21. 22 Par exemple, on parle volontiers maintenant du « Web Stress »25 qui survient lorsqu’une application web fonctionne mal et ne répond pas aux attentes de l’utilisateur. Le télétravail repose en grande partie sur l’utilisation d’Internet et le télétravailleur souhaite disposer d’applications Web toujours disponibles et réactives. Il souhaite qu’un problème soit résolu dans les 10 minutes, dans l’heure ou au maximum dans la journée. 80 % des utilisateurs dépassent leur seuil de « Web Stress » au bout d’une minute, ce qui génère un impact négatif sur les conditions de travail, des pertes de temps, une baisse de productivité et suscite des émotions négatives. Alors, le stress, serait-il notre ennemi personnel ? Bien au contraire, c’est un signal d’alarme et un précieux allié pour nous prévenir de nos excès. Car le mal-être lié à un excès de travail peut conduire à de nombreuses maladies voire même, à un état d’épuisement physique et psychique. Celui-ci, appelé communément « burn out », risque de nous laisser « brûlé jusqu’au bout » comme une chandelle !26 Cet état correspond au stade d’épuisement ou troisième stade du syndrome général d’adaptation décrit par Selye. En général, le burn out apparaît chez un individu qui s’est longtemps (entre un à cinq ans) épuisé à la tâche, soit en essayant d’atteindre des objectifs irréalistes, soit à cause d’une surcharge de travail difficile à assumer. Il n’a alors plus assez de ressources pour faire face aux agressions car ses capacités d’adaptation sont épuisées. Attention ! Un état de fatigue important, une fragilité émotionnelle, la perte du sens de l’accomplissement de soi au travail, de la colère, un sentiment d’impuissance, des performances en baisse et un désinvestissement relationnel voire un état dépressif sont des symptômes qui doivent alerter car, physiquement, le risque d’infarctus du myocarde ou celui d’un accident vasculaire cérébral ne sont pas à écarter. Attention aussi à la prise de substances psycho-actives (drogues, alcool, médicaments) pour diminuer la sensation de fatigue ! Aujourd’hui généralisée, elle peut nous conduire tout droit au burn out. Rassurez-vous toutefois : nous avons tous des seuils de tolérance différents et notre façon de réagir à l’intensité des agents stressants (transports, travail sous pression, dans l’urgence ou à flux tendu, organisation défaillante, manque de reconnaissance, conflits interpersonnels, harcèlement, panne d’ordinateur…) varie grandement. Voilà une autre bonne raison de chercher à se connaître mieux soi-même, afin de ne pas entrer inutilement dans une zone de risque. Et pour éviter les conséquences fâcheuses des excès de stress n’oublions pas que nous avons toujours deux alliés : l’alimentation et l’activité physique27 . Bouger permet d’éliminer certaines toxines accumulées dans les états de tension et conduit à une meilleure détente. L’activité physique n’a pas besoin d’être intensive, seulement de se pratiquer régulièrement afin d’améliorer humeur, bien être général, voire espérance de vie ! (Voir le chapitre « se détendre en télétravaillant » page 41) Il en va de même pour notre nourriture et les temps de repos dont nous reparlerons aux pages 51 à 53. 25 CA (NASDAQ: CA), l’un des principaux éditeurs indépendant de logiciels pour la gestion des systèmes d’information, a publié le 21 juillet 2009, les résultats d’une enquête indépendante : l’Indice «CA Web Stress Index» 2009 : l'enquête complète http://www.ca.com 26 Le terme « burn out » a été introduit en psychologie par Herbert Freudenberger en 1974 pour décrire les symptômes de l’épuisement professionnel à partir d’une étude approfondie qu’il a menée sur le sujet. Cf. Herbert Freudenberger et Géraldine Richelson, Burn Out: the high cost of high achievement, Bantam Books, 1980. 27 Campagne gouvernementale « manger-bouger » : http://www.mangerbouger.be/Presentation-de-la-campagne
  22. 22. 23 Bien-être et performance La performance, dans le sens où je l’entends ici, est le résultat ultime de l’ensemble des efforts d’un individu. Ce qui est aussi valable pour une entreprise que pour une organisation. Ces efforts consistent à faire les bonnes choses, de la bonne façon, rapidement, au bon moment et au moindre coût, pour produire les bons résultats répondant aux besoins et aux attentes des clients et, plus généralement, des parties prenantes de l'entreprise afin d’atteindre les objectifs fixés. Le bien-être vécu contribue ici à une meilleure performance. Pour concilier bien-être et performance, il convient de chercher un juste équilibre entre ses nécessités personnelles et les objectifs que l’on se propose d’atteindre, que nous nous les soyons fixés nous-mêmes ou qu’ils nous soient fixés par notre hiérarchie. Un objectif, pour pouvoir être atteint, se doit d’être SMART28 : Spécifique : c’est-à-dire précis et sans équivoque ; répondant précisément à la situation et aux résultats à atteindre, qui auront eux-mêmes été décrits avec précision. Mesurable : par des indicateurs nécessaires et suffisants. En répondant à des questions simples, on peut savoir si l'objectif est atteint ou non. Ambitieux : il doit impliquer un effort, un engagement. Un objectif qui n'incite pas au challenge n'est pas un objectif ambitieux. Réaliste : ce qui signifie prenant en compte les moyens, les compétences disponibles et le contexte. Temporel : il est défini dans le temps avec une durée, une date butoir, des étapes. Le bien-être au travail est une composante essentielle de la satisfaction que nous allons retirer de ce dernier. Je citerai pour l’illustrer cette fable des casseurs de pierres, que l’on attribue généralement à Charles Péguy. En se rendant à Chartres, Charles Péguy aperçoit sur le bord de la route un homme qui casse des cailloux à grands coups de maillet. Les gestes de l’homme sont empreints de rage, sa mine est sombre. Intrigué, Péguy s’arrête et demande : - « Que faites vous, Monsieur ? » - « Vous voyez bien », lui répond l’homme, « je casse des pierres ». Malheureux, le pauvre homme ajoute d’un ton amer : « J’ai mal au dos, j’ai soif, j’ai faim. Mais je n’ai trouvé que ce travail pénible et stupide ». Un peu plus loin sur le chemin, notre voyageur aperçoit un autre homme qui casse lui aussi des cailloux. Mais son attitude semble un peu différente. Son visage est plus serein et ses gestes plus harmonieux. - « Que faites vous, Monsieur ?», questionne une nouvelle fois Péguy. - « Je suis casseur de pierre. C’est un travail dur, vous savez, mais il me permet de nourrir ma femme et mes enfants. » 28 Guide de la planification, du suivi et de l’évaluation du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), modèle SMART page 58 : http://web.undp.org/evaluation/handbook/french/docments/PME- Handbook_Fr.pdf
  23. 23. 24 Reprenant son souffle, il esquisse un léger sourire et ajoute : « Et puis allons bon, je suis au grand air, il y a sans doute des situations pires que la mienne ». Plus loin, notre homme, rencontre un troisième casseur de pierre. Son attitude est totalement différente. Il affiche un franc sourire et il abat sa masse avec enthousiasme sur le tas de pierres. Pareille ardeur est belle à voir ! - « Que faites-vous ? » demande Péguy - «Moi, répond l’homme, je bâtis une cathédrale !» Cette fable nous invite à méditer sur le sens que nous donnons à notre travail et à considérer la plus-value personnelle que nous lui attribuons. Elle rejoint d’une certaine manière, les trois temps mis en avant par l’auteure de Et si l’on décidait d’être heureux même au travail ? »29 : – se préoccuper de soi, – s’engager professionnellement, – être conscient d’être un élément d’un tout dont tous les éléments sont interdépendants. Bien équilibrer télétravail et vie privée. Il y a une grande relation entre la vie professionnelle et la vie personnelle. Il est difficile d’obtenir un véritable équilibre professionnel sans vie individuelle et familiale harmonieuse. Une vie personnelle satisfaisante nous ressource et contribue à notre stabilité émotionnelle au travail. Nous vivons en société ! Il est donc essentiel de se faire des amis, de rencontrer du monde, d'entretenir des relations avec ceux qui nous entourent, au travail comme à la maison. Même si sa durée hebdomadaire a considérablement baissé depuis le début du siècle, le travail reste l'un des éléments qui rythme notre quotidien. Libérer du temps pour soi, sortir, se distraire selon ses goûts ou pratiquer un sport, est un atout pour l’épanouissement, l’efficacité et le bien-être en télétravail. L’éloignement vis-à-vis de l'employeur et l'absence d'un environnement de travail stimulant peut amener à souffrir d'un sentiment d'isolement ou d'incompréhension, voire de démotivation. Sans encadrement strict, grande est la tentation de remettre son travail à plus tard et la séparation entre vie privée et vie professionnelle finit par en pâtir. D’où l’importance de recréer un cadre de travail bien défini et, pour garder le dialogue et établir une relation de confiance, l'instauration d'échanges quotidiens est essentiel. Afin de délimiter clairement travail et famille, il est judicieux d'instaurer des « rites de passage » entre les deux domaines. Il est ainsi indispensable d'avoir un espace de travail dédié - au minimum un coin bureau, de sorte que l'on s'y rende comme on se rendrait au bureau. La mise en place d'une routine régulière permet aussi de passer plus aisément d'un univers à l'autre. Par ailleurs, les outils, sans cesse améliorés et renouvelés, d’une technologie de plus en plus sophistiquée facilitent la mobilité et la performance dans le travail, mais ils requièrent aussi beaucoup de souplesse de la part des utilisateurs que nous sommes car 29 Monique Pierson, Et si on décidait d’être heureux même au travail ? : 3 principes pour retrouver le goût de vivre du lundi au vendredi, Paris, Editions Afnor, 2011.
  24. 24. 25 nous devons constamment apprendre de nouvelles manipulations et nous sommes très souvent sollicités pour réagir en temps réel. Certes, tout ceci facilite le travail et nous empêche de tomber dans la routine ; c’est même stimulant. En revanche, nous devons développer une plus grande autonomie et la capacité à gérer notre temps pour équilibrer vie professionnelle et vie privée. Quatre règles de base, propres à la gestion du temps, permettent de trouver une harmonie entre sphère privée et sphère professionnelle. La première consiste à poser des limites et les respecter. Pour bien séparer sa vie privée de sa vie professionnelle, il est indispensable de gérer ses horaires de télétravail. Pour passer plus de temps avec ses proches, il est nécessaire d’aménager ses horaires. Eviter de travailler pendant le week-end, ces deux jours de congés hebdomadaires permettant de sortir en famille ou avec des amis, se promener en forêt, aller au cinéma, voir une exposition, faire autre chose que travailler – voire même ne rien faire, « buller » - et cela sans culpabiliser30 . En télétravail vous avez cette liberté après un accord préalable avec l’employeur afin d’être joignable en toute sérénité31 . La deuxième est de se faire aider à la maison. Pourquoi plus en télétravail ? Parce que la tentation est grande si l’on travaille depuis son domicile de se laisser piéger par les tâches ménagères, ne serait-ce que pour assurer son confort au niveau de son environnement. Pour assurer ces tâches ménagères sans perturber son rythme de télétravail, que l’on soit un homme ou une femme, il est essentiel de les planifier et éventuellement de se faire aider pour le ménage, le repassage ou les courses. Aujourd’hui, les chèques emploi service universels (CESU) permettent d’utiliser les services de professionnels à moindre coût. Bien évidemment, ces activités ménagères peuvent aussi être un moment de détente à alterner avec les temps de travail sur l’ordinateur, si vous travaillez à votre domicile. La troisième règle consiste à pratiquer une activité de loisirs régulière. Que ce soit du sport, de la musique, du bénévolat, du théâtre, de la relaxation ou toute autre activité correspondant à vos centres d'intérêt, il est important d’y consacrer au minimum deux heures au moins une fois par semaine. Nous avons souvent l’impression de ne pas avoir le temps parce que nous sommes persuadé(e)s de ne pas l’avoir. Or, il est toujours possible et surtout souhaitable avec une bonne gestion de son temps de trouver le moment approprié pour ces activités de notre choix qui nous font du bien. Enfin, la dernière règle est de se ressourcer pendant les vacances. Avec les RTT32 les « vacances » ont pris un tout autre sens car elles ne sont plus concentrées forcément sur les cinq semaines de congés payés pris en une seule ou deux fois sur une année de travail. Depuis que les RTT ont été mises en place, les vacances sont fractionnées en grand week-end de repos. Il n’en reste pas moins que planifier ses congés à l'avance fait partie d’une bonne gestion de son temps. Les vacances ne sont pas l’équivalent de « ne rien faire », mais bien plutôt de faire autre chose avec plaisir pour se ressourcer. En résumé, pour réussir et être bien en télétravail, voici dix conseils à mettre en pratique. Ce sont les « dix règles d’or du bien-être en télétravail ». 30 Le repos hebdomadaire est de 24h consécutives minimum. 31 Ne pas oublier les 11h consécutives de repos quotidien imposées par le droit du travail. 32 RTT (pour réduction du temps de travail) désigne une tendance générale à la réduction du temps de travail annuel en Europe comme en Amérique du Nord à partir de la deuxième moitié du XIX e siècle. La réforme des 35 heures, mise en place à partir de l’année 2000, fixe en France la durée légale du temps de travail salarié à temps plein à 35 heures par semaine, en moyenne annuelle, au lieu de 39 heures précédemment, en contrepartie d'une plus grande flexibilité des horaires. Dans le langage courant, on appelle « RTT » des journées de récupération, quand le salarié a travaillé au-delà des 35 heures légales.
  25. 25. 26 Dix règles d’or du bien-être en télétravail 1. Avoir des objectifs clairs 2. S’organiser : tenir un agenda précis, faire des plannings réalistes et les tenir 3. Être autonome 4. Maintenir un lien social tant privé que professionnel 5. Se tenir au courant de l’actualité de son entreprise, des concurrents, de l’environnement 6. Faire des pauses 7. Observer ce qui vous entoure d’un œil neuf afin de reposer votre regard et détendre les muscles de vos yeux hors du champ de votre écran 8. Bouger : sortir, marcher, s’aérer, nager, bien manger 9. Respirer au sens propre comme au sens figuré 10. Faire un bilan régulier de son activité.
  26. 26. 27 LA DIMENSION CACHÉE DU BIEN-ÊTRE La dimension cachée du bien-être, c’est, à la fois, être bien avec soi-même et être bien avec les autres. C’est aussi le fait que nous détenons chacun la clé de notre vie et pourtant, comme le souligne Boris Cyrulnik : « Curieuse contrainte de la condition humaine : sans la présence d’un autre nous ne pouvons pas devenir nous-mêmes »33 . Notre relation avec nous-mêmes n’est pas toujours aussi simple que nous le souhaiterions. Bien se connaître, se respecter, s’accepter tel que l’on est, s’aimer et s’affirmer, en un mot bien être avec soi-même demande d’y consacrer un peu de temps et d’attention. Chacun de nous est un être humain unique, mais notre appartenance à cette espèce nous confère de nombreux points communs. Pour avoir parcouru le monde, j’ai constaté que, hormis les différences culturelles évidentes, sous toutes les latitudes l’être humain éprouve les mêmes sentiments face aux mêmes situations et cherche à s’y adapter en fonction de ce qu’il perçoit comme son bien-être. Bien-être avec soi-même Il suffit parfois de trois fois rien pour voir la vie en rose, ne croyez-vous pas ? Par exemple, cela vous est sans doute déjà arrivé de vous retrouver à déambuler dans la rue en vous ressentant profondément bien, avec une joie intérieure qui vous inonde, et ce sans aucune raison particulière. Cela dure quelques secondes ou quelques minutes. Difficile à dire, car, en général, dans une telle situation on perd la notion du temps, et cela fait beaucoup de bien. Les batteries sont rechargées et l’on se sent plein d’allant. Lorsque cela m’arrive, je me sens personnellement en « état de grâce », mais voilà, ce n’est pas tous les jours. Alors, que faire pour me sentir le plus souvent possible dans un tel état ? « Connais-toi toi-même », répondrait Socrate ! Eh oui ! Pour être bien avec soi-même il faut avant tout bien se connaître ; ce qui demande beaucoup de sincérité, car, même si nous avons souvent du mal à l’admettre, il nous faut bien reconnaître que, petits ou grands, nous avons tous des défauts. Si l’on vit très bien avec certains, d’autres nous gâchent franchement la vie. Alors pourquoi ne pas y remédier ? Nous sommes responsables aussi bien de ce qui nous arrive que de ce qui ne nous arrive pas. Dans les situations de télétravail, mon esprit et mon corps sont constamment sollicités. Or, corps et esprit s’influencent mutuellement pour nous procurer ou non un état de bien-être. C’est pourquoi le bien être avec soi-même commence par la prise de conscience de ce merveilleux outil qu’est notre corps, cet admirable ensemble d’organes et de fonctions qui s’autorégulent dans une recherche constante d’équilibre. « Tout ce que nous faisons de bénéfique pour notre corps et notre psychisme a une répercussion globale sur notre bien-être et notre santé », nous rappellent Anne-Marie Filliozat et Gérard Guasch34 . Notre corps c’est nous-mêmes, alors commençons par arrêter de le maltraiter. 33 Boris Cyrulnik, De Chair et d’âme, Paris, Editions Odile Jacob, 2006, p. 14. 34 Aide-toi ton corps t’aidera, op. cit. p. 15.
  27. 27. 28 La première étape est d’oser se regarder tels que nous sommes et de reconnaître nos besoins. Et pourquoi ne pas devenir notre propre médecin par une meilleure connaissance de notre corps ? Nourriture, repos, mouvement, nous sont indispensables pour éviter de vieillir prématurément et de nous user inutilement. En donnant à notre corps les moyens de mieux fonctionner, nous nous offrons la possibilité de vivre en harmonie avec nous-mêmes. De plus, notre corps révèle ce que nous sommes et l’essentiel de notre communication passe par lui. A tel point que le langage non-verbal, celui de nos gestes et attitudes prévaut sur notre parole. Un chercheur américain, Albert Mehrabian35 , a évalué que dans les situations de communication 7% du contenu seulement est imputable aux mots, alors que 38% l’est à la façon dont ces mots sont prononcés, principalement le ton de la voix, et 55% aux postures, aux gestes, aux expressions du visage, le regard principalement, qui traduisent nos émotions. Ainsi notre corps dément ou confirme ce que nous disons. Etre à l’écoute de son corps, c’est être attentifs à de menues choses. Par exemple à de petites tensions qui n’entraînent qu’une petite gêne et dont on croit que l’on peut s’accommoder. Erreur ! Soyons vigilants et même si la gêne est petite, cherchons lui vite un remède. Le plus souvent il suffit de faire une pause et de souffler un peu : plus précisément de respirer là où est la tension en imaginant qu’à l’expiration celle-ci s’en va. En général cela suffit à la dissiper. La respiration est un besoin vital qui peut devenir un outil conscient pour mieux maîtriser notre corps. Vous trouverez dans la deuxième partie de ce manuel les exercices simples et pratiques qui vous permettront de le faire selon vos besoins. Bien être avec soi-même c’est aussi bien être dans sa tête. L’esprit a ce pouvoir de nous faire sentir bien ou moins bien voire très mal. Siège de nos émotions, de nos réflexions, notre identité, de nos émotions, notre cerveau nous permet de percevoir et de découvrir le monde qui nous entoure. C’est le quartier général du système nerveux central avec ces quelques 10 milliards de cellules qui transmettent et reçoivent des messages des différentes parties de l'organisme. La confiance en soi permet d’occuper la place qui est la sienne. D’une part, une personne consciente de l’importance et de la valeur de son travail, produit beaucoup plus qu’une personne qui ne fait qu’exécuter des ordres. Sachez aussi que si vous ne communiquez pas vos envies et vos besoins, personne ne pourra les deviner. Alors n’hésitez pas à vous exprimer ! Bien-être avec les autres Pour aussi isolé qu’il soit dans l’exercice de ses fonctions, le télétravailleur, n’est pas seul. C’est ce que nous rappelle l’illustration suivante. Autour de lui gravitent les divers groupes auxquels il appartient. Ils sont ici symbolisés par des engrenages pour nous rappeler qu’il est de sa responsabilité de faire tourner l’ensemble de ses relations sans gripper la machine… ce qui implique essentiellement de communiquer adéquatement avec chacun. 35 Albert Mehrabian, Nonverbal communication, Editions Aldine Transaction, 2007.
  28. 28. 29 Dans le monde professionnel, il ne suffit pas d’avoir de bonnes compétences, il faut aussi savoir gérer ses relations : relations avec les clients, avec les collègues, avec sa hiérarchie. Or l’Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE)36 note que la France est le pays où les relations entre employés et managers sont les plus conflictuelles. Voilà qui devrait nous rendre attentifs ! Les problèmes entre un individu et son groupe, des individus entre eux ou avec leur leader sont fréquents. Examinons donc cet écosystème plus en détail. Commençons par la famille. On constate aujourd’hui l’augmentation de couples faisant chacun carrière, le nombre croissant de familles monoparentales ou recomposées et un vieillissement notable de la population. D’où le besoin de flexibilité pour s’occuper des enfants et aussi des parents vieillissants. En plus du télétravail, de plus en plus d’entreprises proposent à leurs salariés un ensemble de ressources relatives au « hors-travail »37 : des infrastructures intégrées aux locaux de l’entreprise ou à proximité, qu’on appelle souvent « services de conciergerie » avec crèche ou garderie d’enfants, teinturerie, bureau de poste ou autres fournisseurs. Des informations et conseils sont dispensés par des services de l’entreprise, des prestataires externes ou des réseaux auto-organisés de salariés autour des pôles majeurs de la vie personnelle. La santé et le bien-être, la prévention, l’hygiène de vie, l’éducation des enfants font l’objet de conférences et de débats. Il s’y adjoint parfois une assistance juridique, logistique et psychologique. Prenons ensuite les amis. La clé pour comprendre les autres et nouer des liens, c'est la sociabilité. Il faut souvent mettre de côté sa susceptibilité et son égoïsme pour être plus à l'écoute. Nos amis nous y aident au quotidien. Les collègues : le collectif de travail est une addition d’individualités. Nous vivons aujourd’hui à l’heure de l’intergénérationnel et il est fréquent de voir trois générations cohabiter dans une même entreprise ; chaque individu, chaque génération avec des besoins différents. Il ne faut pourtant pas oublier que la formation d’un groupe pour réaliser un travail collectif obéit à des lois «psychosociales » qui déterminent les règles à suivre ; si elles ne sont pas suivies, on risque l’échec total ou partiel du travail d’équipe. Une ambiance de travail est faite de confiance mutuelle et de respect humain, nourrie par les relations interpersonnelles que l’on y développe. L’échange « direct » entre deux collègues, lorsqu’il est possible, est toujours plus bénéfique que le courriel, le téléphone ou autre. Pendant votre journée de télétravail, vous pouvez échanger avec vos collègues à distance, comme lorsque vous êtes au bureau. Par contre, chaque fois que vous avez un problème de relation, prenez un rendez-vous en face à face pour le clarifier et le traiter avec la personne concernée. On respecte l’autre comme on aimerait être respecté(e). Cela commence par la politesse : «Bonjour», « S’il vous plaît », « Merci » sont autant de petits mots rituels qui 36 www.oecd.org/statistiques/travauxocde 37 Cf. Charles Goldfinger, Travail et hors travail, vers une société fluide, Paris, Odile Jacob, 1998.
  29. 29. 30 facilitent un bon relationnel. Proposer son aide, demander des conseils, anticiper, chercher par soi-même les réponses à ses questions, partager ses informations, ses fichiers, mettre en valeur les apports de chacun sont autant d’actions qui facilitent nos rapports avec nos collègues. La hiérarchie : si vous êtes manager vous savez qu’il vous incombe d’orienter vos collaborateurs au quotidien, de donner du sens à leurs missions, de valoriser le travail accompli, d’insuffler l’esprit d’équipe et de les soutenir en cas de difficulté. Vous avez un impact considérable sur la motivation, l’enthousiasme et le bien-être de chacun de vos collaborateurs. Et ce, encore plus lorsqu’ils sont en télétravail. Manager à distance demande une plus grande écoute qu’en proximité. Vous devez consacrer plus de temps et d’énergie en termes de communication. C’est à vous de faire le tri dans la masse des informations qui circulent et faire les liens nécessaires pour donner du sens au travail de chacun. Votre mission est également de favoriser les liens entre les membres de votre équipe en sachant reconnaître à chacun sa place et la valeur de ses contributions. Lorsque l’un de vos collaborateurs est en télétravail, à vous de l’accompagner pour qu’il ne se sente pas exclu de l’équipe tout en veillant à ce que les modalités de communication soient en conformité avec les outils dont il dispose. Les autres services : même si les relations sont plus ponctuelles qu’avec vos collègues, c’est le respect et l’écoute qui guideront vos relations. Les clients : l’expression « le client est roi » reste d’actualité. Cela veut dire tout mettre en œuvre pour le servir au mieux, tout en sachant refuser avec une argumentation adéquate pour certaines demandes excessives voire nuisibles pour le client lui-même. Si vous devez vous rendre disponible en priorité pour le client, ce n’est pas à lui de dicter votre agenda. Soyez clair(e) dans votre communication sur vos disponibilités à son égard. Pour le client ce qui compte c’est chaque fois qu’il est en contact avec vous ou l’un des collaborateurs de votre entreprise : ce que l’on appelle les moments de vérité du cycle de service. Pour cela il faut savoir ce qui compte réellement pour lui, ce qu’il aime et n’aime pas, ce qu’il va acheter et ce qu’il n’achètera pas, bref tout ce qu’en tant que client nous-mêmes nous apprécions d’une bonne qualité de service. Mieux informés et plus exigeants aujourd’hui vu l’ampleur de la concurrence, les clients choisissent une entreprise et y restent fidèles tant que celle-ci les respecte, comprend leurs attentes et y répond au mieux. C’est un ensemble de paramètres qui concourent à fidéliser le client, dont le principal est la qualité de contact. Les fournisseurs : Vous avez besoin d’eux autant qu’ils ont besoin de vous. Une bonne communication dans le respect et l’écoute renforcera vos liens avec eux qui sauront, quand vous en aurez besoin, vous faire passer en priorité. Comme vous pouvez le constater, l’enjeu est la communication. Et dans la communication entre les êtres humains, le langage est l’instrument, l’outil le plus efficace que nous possédions. C’est avec la parole que nous communiquons avec les autres. Une parole peut plaire, blesser, convaincre, stimuler, attrister, instruire, tromper, louer, critiquer ou ennuyer les personnes auxquelles elle est destinée. Chacun doit apprendre à s’en servir pour améliorer ses relations avec les autres, savoir parler au moment opportun, en utilisant les termes et le ton de voix qui conviennent à la situation et aussi savoir se taire quand il le faut sans oublier l’importance du langage non-verbal évoqué plus haut. 5 principes à retenir pour de bonnes relations de travail : 1. Respect 2. Confiance 3. Politesse 4. Exemplarité 5. Coopération
  30. 30. 31 DEUXIEME PARTIE Guide Pratique S’installer confortablement S’organiser Se détendre en télétravaillant Bien-être et repos Bien-être et nutrition Bien-être en déplacement
  31. 31. 32
  32. 32. 33 S’INSTALLER CONFORTABLEMENT Pour assurer son bien-être dans la pratique du télétravail il est important de bien configurer son environnement. Lorsque l'on s'assied devant un ordinateur, une mauvaise position ou de mauvais réglages peuvent occasionner des Troubles Musculo-Squelettiques38 : maux de dos, de tête, ou fatigue visuelle. Dans un environnement professionnel39 , toutes les dispositions sont prises pour assurer bien-être et efficacité à travers une bonne ergonomie du cadre de travail. En revanche, en situation de télétravail, il appartient au télétravailleur de veiller à ce que les conditions les plus fonctionnelles et favorisant la santé au travail soient réunies. Cela est particulièrement vrai pour ceux d’entre vous qui avez choisi de travailler, en partie du moins, à votre domicile. Pour favoriser productivité et créativité tout en s’assurant un confort personnel, il faut bien choisir l’emplacement de son poste de travail (Fig.1) et l’aménager de telle sorte qu’il soit adapté au type d’ordinateur utilisé et au format des documents traités (Fig 2). L’idéal est de s’installer près d’une fenêtre, de manière à pouvoir regarder à l’extérieur de temps en temps, sans être perturbé par l’environnement, la source de lumière venant de préférence de la gauche si l’on est droitier. De même, un siège ergonomique bien réglé (Fig.4) facilite les mouvements et donne la possibilité de bouger dans son espace de travail. L’idéal est de s’installer près d’une fenêtre, plutôt perpendiculairement, de manière à pouvoir regarder à l’extérieur de temps en temps, sans être perturbé, la source de lumière venant de préférence de la gauche pour les droitiers. Figure 1 38 Campagne pluriannuelle de sensibilisation et de prévention sur les troubles musculo-squelettiques (TMS) du Ministère du Travail, de l’Emploi et de la Santé, réalisée en collaboration avec les partenaires préventeurs Assurance maladie- Risques professionnels, ANACT, OPPBTP, INRS, MSA, Ministère chargé de l’agriculture. 39 Photos © Steelcase offertes par Thierry Coste, Directeur Consulting & Services, et Catherine Gall, Directeur Recherche et Prospective, co-auteur de « Office Code : diversité culturelle et espaces de travail en Europe : le décryptage indispensable », 2009 et de « Working and Living in the city of knowledge », 2010.
  33. 33. 34 Figure 2 Que ce soit une simple table ou un bureau dit « informatique », la nature et les dimensions du plan de travail seront choisies en fonction du type d’outils informatiques utilisés : ordinateur portable ou fixe, imprimante, scanner, téléphone, ainsi que du volume et de la diversité des documents sur lesquels on va travailler. La hauteur du plan de travail est en général standard à un mètre du sol. > Un point essentiel à retenir : l’espace sous le plan de travail doit impérativement être dégagé. Une table ou un bureau fonctionnel comprend en général un plan escamotable sous la table pour y poser le clavier. > Mieux vaut que le clavier soit un peu incliné, d’environ 4 cm, pour éviter de plaquer les poignets contre le bureau. Positionnez la souris juste au-dessus du plan ou repose le clavier. > Attention, la tendance d’excentrer la souris ou de trop l’éloigner si le clavier est large et sur le même plan, provoque des douleurs d’épaule et de poignet, voire de dos. La souris doit être atteignable facilement, à hauteur ou plus basse que les coudes, sans avoir à étendre le bras, ni se pencher en avant, en gardant l’avant-bras à angle droit avec l’épaule. Je vous recommande vivement d’utiliser une souris à infrarouge qui permet une plus grande liberté de mouvement. Situé directement en face de vous, l’écran doit être lui aussi ajusté : placé de manière à éviter la lumière directe, avec un fond d’écran à faible contraste. Vous le positionnez de manière à respecter une distance entre lui et votre œil de 50 à 70cm (Fig.3). N’oubliez pas d’en régler la hauteur afin que votre ligne de vision se situe en haut de celui-ci. Elle est ainsi descendante, de 10° à 20° par rapport au haut de votre écran, et parfaitement adaptée à votre travail informatique. Il est utile de vous assurer de sa bonne luminosité et de l’adapter pour ne pas être gêné(e) : cela limite la fatigue oculaire. Pour éviter les reflets sur l’écran, il existe des caches. Il est utile d’installer une lumière d'appoint sur le bureau, en général placée à gauche pour un droitier.
  34. 34. 35 Figure 340 A RETENIR Distance œil-écran = 50 à 70cm = bras tendus devant vous Ligne de vision descendante 10° à 20° par rapport au haut de l’écran Pas de lumière directe et un fond d’écran à faible contraste Un siège réglable pour être bien assis et pouvoir bouger L’espace sous le plan de travail impérativement dégagé 40 La lumière est un ensemble d’ondes électromagnétiques. Le Lux est une unité d’éclairement : c’est la quantité de flux lumineux reçu par une surface de 1m 2 ; il peut se mesure avec un luxmètre. 300 Lux est la bonne mesure pour éclairer un espace localisé dans une pièce et 500 Lux pour éclairer le plan de travail.
  35. 35. 36 Figure 4 En ce qui concerne le siège, il est nécessaire, comme pour un siège de voiture, de l’adapter à sa taille, à sa corpulence et à ses activités au poste de travail. La hauteur d’assise est correctement réglée lorsque les jambes forment un angle supérieur ou égal à 90°, c’est-à-dire les pieds posés à plat sur le sol avec une profondeur d’assise adaptée à la longueur de vos jambes pour éviter les points de compression sous les genoux et les cuisses. Le soutien lombaire s’ajuste au moyen du réglage en hauteur du dossier, permettant un parfait maintien de votre cambrure lombaire. Les accotoirs, si vous en utilisez, sont le prolongement nécessaire du plan de travail pour éviter toute souffrance du canal carpien au niveau de la main et du poignet. Ils soutiennent l’avant-bras et le poignet et s’adaptent à la longueur de vos avant-bras évitant ainsi bien des contractures musculaires tant au niveau du dos que des bras et de la nuque. Le dossier doit suivre, dans son amplitude de basculement, les mouvements naturels de votre dos pour un soutien constant. La têtière, réglable en hauteur et en angle permet d’accompagner certaines activités de frappe et est un bon soutien au niveau des cervicales.
  36. 36. 37 Figure 5 Dans le cas particulier de l’ordinateur portable, l’inconvénient est d’avoir l’écran attaché au clavier. Vous pouvez y ajouter un clavier et une souris afin de pouvoir reculer l’écran à la bonne distance et le surélever pour qu’il arrive au niveau de vos yeux grâce à un élévateur (Fig.5). Il n’est pas toujours évident, bien sûr, de s’installer aussi confortablement, mais disons qu’il s’agit d’un idéal qu’il est bon de chercher à atteindre. > Attention : travailler n’importe où, sans prendre soin de soi, l’ordinateur sur les genoux est à éviter. En dehors de l’inconfort de cette position, la chaleur dégagée par l’ordinateur ne favorise pas une bonne circulation des énergies et la posture est loin d’être idéale pour les yeux et le dos ; elle risque d’entraîner à plus ou moins long terme des troubles musculo- squelettiques et des douleurs. Et aujourd'hui, la tablette Ni smartphone ni ordinateur portable, la tablette, sortie en 2010, est venu compléter l’équipement informatique des salariés. Elle rend plus facile et agréable l’exécution de tâches en mobilité et on la voit dans les salles de réunion, les stands de démonstration, en avion, dans le train et dans les sacoches des consultants, commerciaux, chargés de communication, responsables web… C’est un véritable assistant à l’ordinateur que l’on possède déjà. En aucun cas elle ne le remplace car on ne peut y connecter ni disque dur externe ni clé USB. C’est un outil plus mobile et confortable pour montrer un document illustré qui engage l’interlocuteur à interagir instinctivement, se tenir au courant de l’actualité, relire un document, prendre des notes, suivre ses réseaux sociaux et surfer sur le web ; éventuellement, avec un petit câble, on peut faire une présentation sur un vidéo projecteur. Objet léger (600g), facile à transporter grâce à son encombrement réduit (7 à 10 pouces), très maniable et utilisable partout, la tablette a un allumage instantané et une grande autonomie. On la tient comme un livre, debout ou assis confortablement dans un fauteuil ou un canapé :
  37. 37. 38 La tablette permet de travailler avec la plupart des formats de fichiers que l’on rencontre dans le domaine professionnel avec des applications pour lire, éditer et sauvegarder des fichiers Word, Excel et Powerpoint. Elle intègre agenda, calendriers synchronisés avec Outlook et carnet d’adresses. Avec son écran tactile l'utilisateur interagit à l'aide de ses doigts, de ses mains ou même d'objets : cela ne demande pas les mêmes gestes que la souris et la frappe n’est pas aussi rapide que sur un clavier «physique». Si nécessaire, la tablette peut être équipée d’un clavier externe voire d’un clavier intégré coulissant avec un support permettant de la positionner à la verticale sur une table et dans ce cas on l’utilise comme l’ordinateur portable. La tablette est aussi une console de jeux-vidéos, un baladeur multimédia pour écouter de la musique et regarder des vidéos où et quand vous le souhaitez et accessoirement un outil pour retoucher ses photos ou montrer des photos à ses amis, offrant ainsi un moment de détente, dans les transports ou à l’occasion de réunions informelles conviviales. > Attention : préférez la position assise pour utiliser la tablette plutôt qu’allongé(e) sur un canapé ou dans un lit.
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  39. 39. 40 S’ORGANISER Quand vous travaillez à votre domicile, il est important de circonscrire votre activité à un endroit précis, de préférence isolé du reste de la maison et fermé dans la mesure du possible. Vous avez positionné vos outils de travail de manière à ne faire aucun effort inutile et vous avez regroupé les câbles électriques et électroniques, éventuellement dans des gaines, afin de ne jamais vous prendre les pieds dedans. Quand vous travaillez dans un tiers- lieu vous respectez la même organisation facilitant votre productivité au moindre effort. Voici quelques conseils d’organisation pratique : Vous avez préparé les dossiers pour les indispensables papiers et autres documents à conserver. Soyez attentifs à en limiter le nombre et à tenir à jour leur classement et archivage. Dans votre espace de travail lumineux, dépouillé et pratique vous pouvez commencer à organiser votre activité. Cela commence par l’organisation de votre ordinateur en créant les dossiers dans lesquels vous rangerez tous les documents se rapportant à un thème défini. Faites simple dans la nomination de vos dossiers : le nom de chaque client (ou son code), de chaque projet sur lesquels vous travaillez devrait être suffisant. Prenez l’habitude de dater chaque document : je vous recommande la méthode américaine qui consiste à dater en inscrivant d’abord les deux chiffres de l’année puis le mois et le jour ; cela facilite la recherche d’un document précis et vous permet d’archiver plus facilement. Par exemple nous sommes le 26 Mars 2012 ; tous vos documents, créés ce jour-là commenceront par « 120326 » suivi du nom attribué au document. Gardez en mémoire que votre « bureau » affiché sur votre ordinateur peut être visible par les personnes avec lesquels vous communiquez via Internet ; vous avez tout intérêt à garder un bureau propre, visible par tous mais seulement lisible par vous. La même règle d’organisation s’applique à « Mes documents » car lorsque vous recherchez un document vous devez pouvoir le retrouver en 2 ou 3 clics maximum. Une bonne organisation vous permet de tenir sur votre ordinateur un suivi précis de votre activité pour savoir, au jour le jour, où vous en êtes. Il est également utile de vous organiser mentalement, c’est-à-dire de mettre un cadre à votre activité pour éviter que vos clients, collègues ou hiérarchie ne définissent à votre insu vos propres plages de travail. A ce propos, il va vous falloir apprendre à communiquer. La plupart du temps vous communiquez par courriel à partir de votre adresse professionnelle, sans omettre d’avoir programmé une signature automatique dans votre boîte à lettre électronique. Communiquer c’est aussi prévenir quand il y a du retard plutôt que de devenir soudainement injoignable dès qu’il y a un problème ; c’est informer au fil de l’eau de ce qui vous paraît pertinent pour vos interlocuteurs ; c’est prévoir des plages de temps programmées pour des visioconférences, e-meetings ou du travail collaboratif dans un espace virtuel réservé à cet effet. Voilà, vous avez les clés pour vous organiser de manière optimale et travailler dans le confort.
  40. 40. 41 SE DÉTENDRE EN TÉLÉTRAVAILLANT Quand vous êtes surchargé de travail, vous éprouvez spontanément le besoin de bailler, vous étirer, marcher un peu, boire un verre d’eau, aller prendre un café. En un mot, de faire une petite pause. Dans ce chapitre je vous invite à systématiser ces pauses, sans attendre que la fatigue vous gagne et pour cela je vais vous proposer quelques exercices simples, adaptés au travail sur ordinateur. La détente est parfaitement compatible avec le travail, n’en doutez pas ! Et la première chose à faire est de ne pas se tendre ou alors le moins possible. Commençons donc par nous installer confortablement, en prenant conscience de notre position et en nous rappelant ce à quoi il convient de prêter attention, comme nous l’avons vu dans les pages précédentes. D’abord la position du corps. Assis devant un ordinateur, le principal danger réside dans la tentation de courber la tête par dessus le clavier. La position idéale consiste à conserver le buste à angle droit avec les cuisses, ce qui permet d'aligner les oreilles, les épaules et les hanches à la verticale, avec la nuque bien droite. Les yeux ensuite. A force de fixer un écran, nos yeux ont tendance à se dessécher, ce qui provoque un état de fatigue oculaire. Pour l’éviter il faut respecter une distance entre 50 et 70 centimètres entre l’ordinateur et soi. > Comment vous assurer que vous êtes à la bonne distance ? Il vous suffit d’étirer les bras, effleurant ainsi l'écran du bout des doigts (Fig X). La tête. Pour que votre regard soit au niveau du haut de l'écran et que vos yeux descendent naturellement vers le bas, le haut de votre front doit se situer au niveau du haut de votre écran. Ce sera mieux ainsi pour votre tête, votre cou et pour vos yeux aussi. Et les bras. Que l'on se serve de la souris ou du clavier, les avant-bras doivent reposer sur le bureau ou les accotoirs du siège, dans le prolongement du plan de travail. Quand on utilise le clavier, les avant-bras forment un angle droit avec les bras. La principale cause du syndrome du canal carpien41 est la compression prolongée des nerfs au niveau du poignet, d’où l’importance de décoller le poignet lorsque l'on utilise le clavier - poignet plus haut que l'extrémité des doigts sans appuyer ses poignets sur le bord du bureau. Si vous vous servez de votre ordinateur portable, à l’occasion d’une réunion par exemple, vos poignets doivent être posés sur le plan de travail. > Etre bien assis, qu’est-ce que cela veut dire ? Tout simplement, bien se caler contre le dossier du siège. La position du dos détermine à elle seule la plupart des habitudes de travail. Il est important de garder cela en mémoire. Les jambes enfin. Positionnez-les dans l’espace dégagé sous le plan de travail. Les pieds sont posés à plat sur le sol ou sur un repose-pied car la position des pieds conditionne votre confort général ; les genoux sont fléchis à 90° et le bassin bien posé. Surtout ne croisez pas les jambes : pensez à votre circulation sanguine qui, pour s’effectuer de manière fluide, ne doit rencontrer aucun blocage. Et maintenant que vous êtes bien installé(e), au travail ! Oui, mais attention ! Pas sans faire de pauses. L’écran a tendance à nous fasciner et littéralement nous « scotcher » pendant des heures sur notre siège face à notre ordinateur. Pour éviter ce piège, il faut de temps en temps quitter la position assise. 41 Le syndrome du canal carpien se manifeste par des engourdissements et des fourmillements dans les doigts, et par une perte de force musculaire dans le poignet et la main. Les symptômes résultent de la compression du nerf médian au poignet qui, avec les tendons fléchisseurs des doigts, traverse un « tunnel » nommé canal carpien.
  41. 41. 42 > Le mieux est de faire une pause toutes les 2 heures et marcher au moins 3 minutes. Ainsi, vous améliorerez votre circulation sanguine et reposerez vos yeux. Parlons maintenant de notre respiration. Nous n’avons pas besoin de penser pour respirer ; cela se fait tout seul, heureusement ! Mais cela ne nous empêche pas de prendre conscience de comment nous respirons et d’apprendre à contrôler notre respiration. > Etre conscient de sa respiration et savoir l’utiliser à bon escient permet de rester serein face aux pressions. Alors n’hésitez plus ! Respirez consciemment en faisant une « pause respiration » de temps en temps. Vous serez ainsi plus alerte et plus productif(ve). > Comment procéder ? Si vous êtes déjà en position assise, ne changez rien. Gardez la colonne vertébrale droite et la nuque étirée. Mettez les mains à plat sur la table de travail (Fig. 6) et inspirez profondément en gonflant votre ventre, puis mettez les mains à plat sous la table de travail (Fig. 7) et expirez en dégonflant votre ventre et en vidant l’air de votre poitrine. A la fin de l’expiration poussez le plan de la table vers le haut. En pratiquant cet étirement (Fig. 8 et 9), autorisez-vous un bâillement et frottez-vous régulièrement le visage (Fig. 10). Vous stimulez ainsi les nombreux points énergétiques et vous vous faites du bien. Allez-y ! N’hésitez pas ! Testez ! Les yeux sont nos organes les plus précieux. Il nous faut donc les protéger car la fatigue oculaire s’installe vite. > Comment procéder ? Le premier geste à faire est de cligner des yeux régulièrement, car le travail sur écran entraîne une fixité du regard et réduit considérablement le clignement naturel des yeux. Cela provoque un dessèchement de la muqueuse de l'œil. De temps en temps, fixer un objet loin en face de soi au-dessus de l’écran facilite la détente oculaire. C’est là une première chose à faire, mais il existe bien d’autres moyens pour détendre les yeux. La Méthode Bates42 , par exemple, propose une série d’exercices fort utiles parmi lesquels un me paraît essentiel en télétravail : le « palming », car il procure une agréable détente. > Comment procéder ? Il suffit de poser les coudes sur la table de travail, épaules détendues, et de placer les mains en coque sur les yeux (Fig. 11 et 12). Concentrez-vous sur le mouvement naturel de votre respiration et sentez comment vos yeux se détendent peu à peu. Voici quelques autres exercices oculaires que vous pouvez aussi faire. Ils permettent d’améliorer la vue. En conséquence, ils vous permettent de travailler plus sereinement plus longtemps devant votre ordinateur. Pour bien les réaliser, je vous conseille de les faire quand vous êtes seul(e) et vous suggère de répéter chaque exercice lentement, une dizaine de fois, tout en observant votre respiration naturelle. Soyez vigilants, car au début nous avons tous tendance à retenir notre souffle ! Dans un premier temps, écarquillez les yeux le plus possible (Fig. 14) puis fermez-les. Ensuite vous allez alterner un regard loin à droite (Fig. 15) avec un regard loin à gauche (Fig. 16) sans bouger la tête. Enfin, vous levez les yeux au ciel le plus haut possible (Fig. 17) puis abaissez le regard le plus bas possible (Fig. 18), comme si vous vouliez voir vos pieds – que vous ne verrez pas bien sûr ! – toujours sans bouger la tête. 42 William Bates, Une vue parfaite sans lunettes : Ni traitement, ou intervention, Le Courrier du Livre, 1971, réédité en 2008.
  42. 42. 43 Attention ! Si le télétravail nous évite le stress des déplacements, il nous rend un peu plus sédentaire. Alors pensons à bouger ! Oui, c’est possible, sans avoir à y consacrer beaucoup de temps ni pratiquer un sport contraignant. Il suffit de se discipliner un peu pour faire quelques mouvements pour se détendre et entretenir ses muscles. Commençons par le cou. Soutien permanent de notre tête, notre cou est sollicité à chaque instant. Les tensions s’y logent facilement, entraînant une certaine raideur de la nuque et même parfois des maux de tête ; sans parler des répercussions sur notre dos car notre corps est fait de chaînes musculaires et compense une tension ici par une autre tension là. Le cou est un lieu« stratégique » pour se sentir bien. Le contracture de ses muscles restreint les échanges sanguins avec notre cerveau. Un cerveau mal irrigué ralentit notre métabolisme général et nos performances. Voyons donc quelques mouvements simples et efficaces pour soulager les tensions au niveau du cou. Vous êtes en position assise, le corps bien droit, calé sur votre siège. Très lentement et sans oublier de respirer, baissez la tête le plus possible (Fig. 19), puis relevez-la en allant le plus loin possible en arrière (Fig. 20). Maintenant, vous tournez la tête vers la droite (Fig. 21) puis vers la gauche (Fig. 22). Puis vous étirez le cou en portant l’oreille vers l’épaule tout en tirant celle-ci vers le bas, à droite (Fig. 23) puis, après une petite pause au centre, vous faites de même à gauche (Fig. 24). Enfin, faites une rotation complète vers la droite puis vers la gauche toujours très lentement et sans oublier de respirer. Si vous répétez cette petite séquence une dizaine de fois, vous allez sentir une agréable chaleur détendre vos muscles. Tirez-en plaisir. Activer les muscles des épaules soulage les tensions inhérentes à la position assise face à l’ordinateur. Vous pouvez les bouger en restant à votre place. Il vous suffit de monter et descendre les épaules. Dans un deuxième temps, vous pouvez également faire une rotation vers l’avant puis vers l’arrière sans utiliser les bras qui pendent, détendus, au bout de vos épaules (Fig.s 25 et 26). Il en va de même avec les bras. Vous allez les étirer vers le haut (Fig. 27), à droite puis à gauche (Fig. 28) avant de les laisser retomber en douceur. Les mains sont également très sollicitées. C’est la raison pour laquelle il faut les assouplir. Vous allez étirer (Fig. 36) puis fléchir (Fig. 37) la main droite puis la gauche en vous aidant de la main opposée pour pousser. Si le dos se voit très souvent affecté de troubles musculo-squelettiques, c’est qu’il soutient notre structure corporelle et « encaisse » bien des émotions. Ça n’est pas pour rien que nous nous plaignons d’« en avoir plein le dos ». Avant que les contraintes de la vie ne nous amène à cet état de tension qui conduit aux lombalgies et autres maux de dos, voyons comment soulager cette partie de notre corps. Vous allez placer votre main droite sur votre épaule gauche et masser les muscles du cou qui vont de la base de notre tête jusqu’au milieu du dos : les « trapèzes ». En massant la partie supérieure de ces muscles, la détente s’étend à tout le dos. Maintenant, faites l’inverse en posant votre main gauche sur votre épaule droite (Fig. 29).
  43. 43. 44 Voici une variante qui prolonge bien les effets de ce massage, mais peut également se pratiquer seule. Dans la même position, la main gauche pousse le coude droit vers l’arrière, puis on inverse. Vous sentirez les bienfaits de cet étirement en profondeur. Vous pouvez même aller plus loin en faisant glisser la main derrière le dos le plus bas possible. Voyons maintenant les jambes. Quand on travaille assis, on marche peu et les jambes s’ankylosent. C’est ainsi que petit à petit, au fil du temps, les articulations des hanches, des genoux et des chevilles perdent leur élasticité et leur mobilité. Il est donc essentiel de les entretenir. Pour cela vous allez étirer la jambe droite puis la jambe gauche (Fig. 32) puis les deux jambes ensemble (Fig. 33). Facile, non ? Ne restent plus que les pieds qu’il faut également bouger de temps en temps : les étendre c’est-à-dire faire les pointes (Fig. 34) puis les fléchir c’est-à-dire ramener les pieds vers soi (Fig. 35) ensemble ou séparément. Vous activez ainsi toute la circulation dans les jambes en favorisant un bon retour veineux. Vous pouvez ensuite faire une rotation dans un sens puis dans l’autre avec chaque pied séparément. Tous ces mouvements peuvent être faits en séquence ou séparément en fonction de vos besoins et du temps dont vous disposez. Ce sont les résultats qui vont guider votre choix.
  44. 44. 45 L’ESSENTIEL A RETENIR • Faire une pause toutes les 2 heures et marcher 3 minutes Pour améliorer la circulation et reposer les yeux • Respirer consciemment en faisant une « pause respiration » de temps en temps Pour rester serein face aux pressions En position assise, en gardant la colonne vertébrale droite et la nuque étirée, mettre les mains à plat sur la table de travail et inspirer profondément Puis mettre les mains à plat sous la table de travail et expirer. A la fin de l’expiration pousser le plan de la table vers le haut. • Pratiquer un étirement, un bâillement, un frottement du visage régulièrement Pour favoriser une meilleure concentration • Protéger ses yeux  Cligner des yeux régulièrement Pour éviter le dessèchement de la muqueuse de l'œil  Fixer un objet loin en face de soi au-dessus de l’écran Pour détendre les yeux et reposer l’esprit  Faire un palming (Méthode Bates43 ) régulièrement Reposer les coudes sur la table de travail, détendre les épaules et placer les mains en coque sur les yeux. Pour détendre tous les muscles des yeux  Faire quelques exercices oculaires : Ecarquiller les yeux le plus possible, alterner avec un regard loin à droite, loin à gauche sans bouger la tête, lever les yeux au ciel le plus haut possible et baisser le regard le plus possible, toujours sans bouger la tête. 43 William Bates, Une vue parfaite sans lunettes : Ni traitement, ou intervention, Le Courrier du Livre, 1971, réédité en 2008.

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