• Share
  • Email
  • Embed
  • Like
  • Save
  • Private Content
20e Congrès des économistes belges de langue française
 

20e Congrès des économistes belges de langue française

on

  • 292 views

20e Congrès des économistes belges de langue française

20e Congrès des économistes belges de langue française
http://www.cifop.be/evenements.php?id=1359

Statistics

Views

Total Views
292
Views on SlideShare
291
Embed Views
1

Actions

Likes
0
Downloads
2
Comments
0

1 Embed 1

http://www.linkedin.com 1

Accessibility

Categories

Upload Details

Uploaded via as Microsoft PowerPoint

Usage Rights

© All Rights Reserved

Report content

Flagged as inappropriate Flag as inappropriate
Flag as inappropriate

Select your reason for flagging this presentation as inappropriate.

Cancel
  • Full Name Full Name Comment goes here.
    Are you sure you want to
    Your message goes here
    Processing…
Post Comment
Edit your comment
  • Nous pouvons comparer les capacités des étudiants entre les systèmes éducatifs sélectionnés (l’ancienne Europe des 15, la Pologne, le Canada et les Etats-Unis).La Fédération Wallonie-Bruxelles propose-t-elle un enseignement efficace ? Certainement ! Enfin, c’est ce que l’on pouvait penser avant. Avant les enquêtes PISA. La figure 1 présente la moyenne des scores obtenus pour la lecture dans une sélection de pays et régions. Comme nous travaillons sur un échantillon, nous ne pouvons fournir une moyenne exacte, mais nous pouvons calculer la fourchette que cette moyenne pourrait prendre (avec une certitude de 95 %). Nous voyons donc que la Fédération ne se distingue pas significativement de la moyenne de l’OCDE. Nous voyons également qu’un système d’enseignement fort proche du nôtre (la VlaamseGemeenschap) ainsi qu’un autre fort éloigné (la Finlande) obtiennent tous deux des résultats significativement meilleurs.Les deux systèmes belges partagent les mêmes structures, les mêmes filières, le même type de financement. Les deux seules différences historiques résident dans l’introduction de l’enseignement rénové de manière plus approfondie dans la partie francophone du pays et sans doute aussi sur une tradition et une culture pédagogique différente. Ainsi depuis 1961, les taux de redoublement en Communauté flamande sont deux fois inférieurs à ceux de la Fédération Wallonie-Bruxelles et ce tant en primaire qu’en secondaire. En outre, la réorientation dans le professionnel est traditionnellement plus fréquente dans la partie francophone du pays.
  • PISA répartit les élèves en six niveaux de performances. Ceux qui n’atteignent pas le deuxième niveau sont les élèves qui « manquent des compétences essentielles nécessaires pour participer de manière efficace et productive à la société. » (OECD, 2010, pp.12) Nous voyons dans la figure 2 que, parmi les pays riches, la Fédération Wallonie-Bruxelles est l’un des systèmes où la proportion d’élèves qui n’atteignent pas ce niveau est la plus élevée. Environ 23 % des élèves sont ainsi considérés comme ne disposant pas des compétences nécessaires pour participer de manière efficace et productive à la société. Nous pouvons constater que la Finlande parvient à la fois à assurer les meilleures performances scolaires et à limiter la proportion d’élèves qui réalisent des scores inacceptables (8,1 % n’atteignent pas le niveau deux).
  • Notre système parvient-il à assurer une certaine équité ? À nouveau, nous ne pouvons que répondre par la négative. La figure est l’illustration de la variance des résultats en lecture expliquée par une variable unique : l’Indice de statut économique, social et culturel (qui synthétise l’information issue de trois sources, à savoir le plus haut niveau d’occupation des parents, le plus haut niveau d’éducation des parents et les possessions domestiques). Plus ce pourcentage est élevé, plus la réussite scolaire des élèves d’un système est liée à leur origine socio-économique. Notre fédération est, parmi les pays riches, la grande gagnante puisqu’elle affiche une variance expliquée de 23 %, c’est-à-dire la proportion la plus importante parmi les systèmes sélectionnés. Plus qu’ailleurs, la position socio-économique des parents prédit les résultats des enfants.
  • Notre système parvient-il à assurer une certaine équité ? À nouveau, nous ne pouvons que répondre par la négative. La figure est l’illustration de la variance des résultats en lecture expliquée par une variable unique : l’Indice de statut économique, social et culturel (qui synthétise l’information issue de trois sources, à savoir le plus haut niveau d’occupation des parents, le plus haut niveau d’éducation des parents et les possessions domestiques). Plus ce pourcentage est élevé, plus la réussite scolaire des élèves d’un système est liée à leur origine socio-économique. Notre fédération est, parmi les pays riches, la grande gagnante puisqu’elle affiche une variance expliquée de 23 %, c’est-à-dire la proportion la plus importante parmi les systèmes sélectionnés. Plus qu’ailleurs, la position socio-économique des parents prédit les résultats des enfants.
  • La Finlande prouve qu’on peut parfaitement combiner excellence et équité. Notre Fédération, par contre, est le mauvais élève de la classe puisqu’elle est à la fois inefficace et inéquitable.Les systèmes scolaires peuvent être différemment catégorisés (Mons, 2007) : le modèle de l’intégration individualisée (Danemark, Finlande et Suède), de l’intégration à la carte (Canada, Etats-Unis et Royaume-Uni), de l’intégration uniforme (Espagne, France, Grèce, Italie et Portugal) ou de séparation (Allemagne, Autriche, Belgique, Luxembourg et Pays-Bas). Il est intéressant de noter l’importance du système scolaire dans la production des différences de performances : les systèmes unifiés (tronc commun long, classes hétérogènes, etc.), à savoir les deux premiers modèles, obtiennent de meilleurs résultats sur le plan de l’égalité des chances que les systèmes différenciés (programmes différents par type d’école, recours important au redoublement, etc.) (Jacobs, 2012, pp.7).
  • Il est possible de diviser la distribution des résultats en lecture selon qu’ils sont imputables aux individus ou à leur appartenance à une école. On observe que plus de 50 % de la variance des résultats de la Fédération se trouve au niveau des écoles. Autrement dit, notre système est constitué d’écoles aux performances très diverses mais dont les populations sont homogènes. À nouveau, une telle configuration n’est pas inéluctable puisque la Finlande, par exemple, affiche une ségrégation plus faible et des écoles similaires mais hétérogènes.
  • La mise en évidence des déterminants de la réussite nous amène au dernier point de notre état des lieux : la ségrégation scolaire. Celle-ci est définie comme la séparation spatiale d’étudiants porteurs de caractéristiques différemment valorisées par la société (Delvaux, 2005). Il a été montré à de nombreuses reprises comment le système en Fédération Wallonie-Bruxelles, et notamment son organisation en quasi-marché, produisait cette situation (Lafontaine et Monseur, 2011; Maroy, 2004).Notre système scolaire est l’un des plus ségrégués, tant selon des critères académiques que socio-économiques. Comme nous pouvons le voir dans la table 3 (Demeuse et Friant, 2010), la Fédération se place 11e et 14e lorsque l’on prend respectivement en considération la ségrégation académique et socio-économique. Nous invitons les lecteurs à consulter les travaux de nos collègues francophones à ce sujet (notamment Baye et Demeuse, 2008; Dupriez et Vandenberghe, 2004).
  • Les résultats s’interprètent ainsi : la constante est le score d’un individu le plus moyen dans une école la plus moyenne et les coefficients représentent l’effet net (toute chose étant égale par ailleurs) de chaque variable sur la réussite scolaire. Parmi les variables attachées à la personne, retenons qu’un niveau socio-économique plus élevé et la pratique de la langue de l’enseignement à la maison sont associés à une meilleure réussite scolaire. On peut également observer que la carrière scolaire et la place dans le système éducatif qui en découle sont également importantes : les élèves ayant raté une ou plusieurs années et ayant été orientés vers le qualifiant présentent des scores plus faibles en lecture. Ces variables influent non seulement sur les scores individuels mais encore sur les moyennes par école car celles-ci ne recrutent pas les mêmes types d’élèves.Ce genre d’analyse nous permet en outre de tester si la ségrégation scolaire, souvent pointée du doigt, a réellement un effet. Les variables de composition scolaire représentent l’effet net et supplémentaire de la ségrégation sur la réussite des élèves. Alors que la composition ethnique n’est pas significative, les compositions académiques et socio-économiques le sont : un élève avec du retard scolaire, dans une école avec davantage d’élèves issus de milieux défavorisés, présentera une réussite plus faible que celle qu’il aurait dû avoir au vu de ses caractéristiques individuelles.

20e Congrès des économistes belges de langue française 20e Congrès des économistes belges de langue française Presentation Transcript

  • Inégalité sociale, ségrégation et performance de l’enseignement obligatoire en Belgique francophone Dirk JACOBS Julien DANHIER Perrine DEVLEESHOUWER Andrea REA dirk.jacobs@ulb.ac.be Twitter: @DirkJacobs71 The research leading to these results has received funding from the European Research Council under the European Union's Seventh Framework Programme (FP/2007-2013) / ERC Grant Agreement 28360
  • Performances moyennes en lecture Le segment rouge représente la fourchette que cette moyenne pourrait prendre (avec une certitude de 95 %). Un segment qui ne croise pas la moyenne de l’OCDE indique une différence statistiquement significative. • • La Communauté flamande atteint un score significativement supérieur à la moyenne de l’OCDE. • 2/19 La Finlande obtient le score moyen le plus élevé. Les performances moyennes des élèves de la Fédération Wallonie-Bruxelles ne difèrent pas significativement de celles de l’OCDE. 20e Congrès des économistes belges de langue française - 21/11/2013
  • Niveaux de compétence en lecture Les étudiants qui n’atteignent pas le niveau de base en lecture (niveau 2) manquent des savoirs-faire essentiels, nécessaires pour une participation efficace et productive à la société (OECD 2012, 11) • • 3/19 13.4% des étudiants de la Communauté flamande n’atteignent pas le second niveau. 23.3% des étudiants de la Fédération WallonieBruxelles n’atteignent pas ce niveau. 20e Congrès des économistes belges de langue française - 21/11/2013
  • Performance en lecture c. niveau socio-économique La pente des droites traversant le nuage de points indique l'importance de la liaison entre l'origine socioéconomique et la réussite scolaire. • • 4/19 Les élèves issus d’un milieu plus favorisé ont une nette tendance à obtenir de meilleurs résultats en lecture que les élèves issus d’un milieu défavorisé. La corrélation entre l’origine socio-économique et les résultats en lecture est plus importante en Fédération Wallonie-Bruxelles qu'en Communauté flamande. 20e Congrès des économistes belges de langue française - 21/11/2013
  • Variance expliquée par le milieu socio-économique Plus ce pourcentage est élevé, plus la réussite scolaire des élèves d’un système est liée à leur origine socioéconomique et plus ce système est inéquitable. • • r = .48 5/19 En Communauté flamande, la réussite scolaire des élèves est davantage liée leur origine socioéconomique qu’en moyenne dans les pays de l’OCDE. • r = .41 La Finlande et le Canada présentent les pourcentages de variance expliquée les plus faible. Parmi notre sélection, cette liaison entre réussite et milieu socio-économique d’origine n’est nulle part aussi importante qu’en Fédération Wallonie-Bruxelles. 20e Congrès des économistes belges de langue française - 21/11/2013
  • Variance expliquée contre performances moyennes • Inefficace Equitable Efficace Equitable La Finlande et le Canada présentent des résultats dont la moyenne est élevés mais faiblement liés avec l’origine socio-économique.  Il est possible d’être efficace et équitable. • • Inefficace Inéquitable 6/19 La Communauté flamande fait partie des systèmes les plus efficaces mais présente également un déterminisme socio-économique important. La Fédération WallonieBruxelles est à la fois peu efficace et très inéquitable Efficace Inéquitable 20e Congrès des économistes belges de langue française - 21/11/2013
  • Ecarts de performances entre écoles Entre les écoles La proportion de la variance qui est attribuable aux écoles peut être interprétée comme l’inégale répartition, entre les écoles, des élèves (du point de vue de leurs performances en lecture) ou comme l’importance des différences entre écoles en termes de performances moyennes. • En Finlande, nous observons de faibles différences de performances entre écoles. • Au sein des écoles 7/19 Les deux Communautés belges sont caractérisées par une proportion importante de la variance qui est attribuable au niveau des écoles.  Les écoles présentent des performances très différentes. 20e Congrès des économistes belges de langue française - 21/11/2013
  • Ségrégation scolaire Ségrégation Socio-économique Allemagne 55.1 (17) 41.4 (18) Autriche 46.2 (12) 36.2 (12) Canada 40.2 (10) 33.1 (9) Danemark 33.5 (5) 36.6 (13) Espagne 31.5 (3) 31.7 (5) Etats-Unis 33.6 (6) 40.1 (16) Finlande 33 (4) 23 (1) France 53.3 (16) 36.8 (15) FWB 47.8 (13) 40.3 (17) Grèce 43.5 (11) 36.7 (14) Irlande 36.3 (8) 31.3 (4) Italie 50.7 (14) 35.5 (10) Luxembourg 34.1 (7) 30.6 (3) Pays-Bas 55.8 (18) 32 (6) Portugal 38.6 (9) 32.7 (8) Royaume-Uni 31.3 (2) 35.6 (11) Suède 28.1 (1) 28.5 (2) VlG 8/19 Académique 50.9 (15) 32.6 (7) L’indice de ségrégation de Gorard peut être interprété comme la proportion d’élèves défavorisés qui devraient être échangés pour atteindre un répartition égale de ces élèves entre les écoles (Demeuse & Friant 2011). • La ségrégation est définie comme la séparation spatiale d’étudiants porteurs de caractéristiques différemment valorisées par la société (Delvaux, 2005). • Les deux Communautés belges présentent une importante ségrégation. • On observera d'avantage une segregation academique prononcée en Communauté flamande et une segregation académique et socioéconomique en fédération Wallonie-Bruxelles 20e Congrès des économistes belges de langue française - 21/11/2013
  • Prop. d’élèves sous le niv. 2 c. ségrégation socio-éco. • 9/19 Plus un système d’enseignement présente une ségrégation scolaire (socioéconomique) importante, plus la proportion d’élèves n’ayant pas atteint le niveau de base en lecture (niveau 2) est élevé. 20e Congrès des économistes belges de langue française - 21/11/2013
  • performances des écoles c. composition scolaire • 10/19 En Communauté flamande comme en Fédération Wallonie-Bruxelles, l’origine socio-économique moyenne est associée avec les performances moyennes en lecture. Plus l’école accueille un public favorisé, plus elle sera caractérisée par des résultats moyens élevés. 20e Congrès des économistes belges de langue française - 21/11/2013
  • L’effet de composition Partie fixe Constante 513,6 (2,22) 518,1 (1,7) Communauté (VlG) 25,0 (4,55) 15,6 (5,46) Genre (Masculin) -12,1 (1,94) -12,6 (1,88) Origine socio-éco. (basse) -8,72 (1,09) -7,09 (1,11) Retard scolaire -52,2 (1,92) -49,9 (1,9) Qualifiant -68,4 (3,79) -61,6 (3,86) Autre langage -22,6 (3,62) -21,6 (3,63) (Langage invalide) -23,3 (4,59) -21,9 (4,46) Origine non-europ. -15,4 (3,06) -12,9 (2,96) L’analyse multiniveau (Goldstein 1995) est une technique d’analyse quantitative qui permet de traiter la structure hiérarchique de nos données, d’inclure des variables au niveau des élèves et au niveau des écoles ainsi que modéliser les relations intra- et inter-écoles. Comp. académique -32,5 (12,15) Comp. socio-écon. -27,5 (6,23) • Les 2 coefficients indiquent que, toute chose étant égale par ailleurs, la composition de l’école a un effet supplémentaire négatif sur les résultats scolaires.  La ségrégation importe ! Partie aléatoire Variance au niveau 1 (σ2) 3598,8 (162,4) 3589,1 (161,55) Variance au niveau 2 (τ00) 658,1 (90,64) 329,8 (59,87) Ajustement du modèle R2 (Niveau 1) 26,7 % 26,9 % R2 (Niveau 2) 85,1 % 92,5 % 11/19 20e Congrès des économistes belges de langue française - 21/11/2013
  • Estimer l’impact des enseignants Projet: « L’égalité des chances relative aux jeunes migrants dans les systèmes éducatifs à haut niveau de ségrégation sociale et ethnique » (ERC Starting Grant 2836601 EQUOP) Ce projet vise à identifier les facteurs cruciaux par lesquels un niveau élevé de ségrégation scolaire influence l'inégalité des chances pour les enfants d'immigrés. Au-delà du classique effet de composition, il a pour but d’examiner l'impact potentiel des profils « enseignants » différents sur les performances du groupe. L'hypothèse sous-jacente qui sera testée voit le lien entre la composition et le rendement scolaire comme un effet erroné (partiellement), dépendant en fait de caractéristiques de l'enseignant. Nous émettons l'hypothèse que les enseignants les plus qualifiés et les plus « positivement orientés », sont surreprésentés dans les écoles caractérisées par une population scolaire plus « facile », tandis que les écoles dites « difficiles » (peuplées par les enfants d'immigrés et/ou de la classe ouvrière) ont des difficultés à attirer et (surtout) à garder un personnel compétent et motivé. 12/19 20e Congrès des économistes belges de langue française - 21/11/2013
  • Merci pour votre attention ! Delvaux, B. (2005). Ségrégation scolaire dans un contexte de libre choix et de ségrégation résidentielle. In Vers une école juste et efficace (pp. 275–295). Bruxelles: De Boeck. Demeuse, M., & Friant, N. (2010). School segregation in the French Community of Belgium. In International perspectives on countering school segregation (pp. 169–187). Antwerpen/Apeldoors: Garant. Goldstein, H. (1995). Multilevel statistical models (2nd ed.). London: Arnold. Jacobs, D., & Rea, A. (2011). Gaspillage de talents: Les écarts de performances dans l’enseignement secondaire entre élèves issus de l’immigration et les autres d’après l’étude PISA 2009. Bruxelles: Fondation Roi Baudouin. OECD. (2010). PISA 2009 Results: Overcoming Social Background: Equity in Learning Opportunities and Outcomes (Volume II). Paris: OECD Publishing. OECD. (2012). PISA 2009 technical report. Paris: OECD Publishing. 13/19 20e Congrès des économistes belges de langue française - 21/11/2013