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  • S sv. Quel impact de l’économique sur le politique ?
  • S sv. Alors que faire ? Qu’est-ce que nous pouvons changer personnellement ?
  • S sv. Comment est née l’économie de marché ?
  • S sv. Quel rôle a joué l’Islam ?
  • S sv. Parlez nous de Colomb …
  • S sv. Quel a été le moteur spirituel du premier capitalisme ?

Capitalisme & christianisme Capitalisme & christianisme Presentation Transcript

  • Capitalisme et christianisme DIDIER LONG 01 mai 2010 © Didier Long 2010
  • Livres de Didier LONG 2005 2006 2007 2008 2009
  • SOMMAIRE
    • Hypercapitalisme, la fin d’un monde
    • La « Civilisation du capitalisme »
  • Résumé : L’hypercapitalisme, une passion née dans les années 80
    • L’hypercapitalisme né dans les années 80 s’écroule sous nos yeux. Enrichissant les riches et ne laissant aux plus pauvres que les miettes du festin il fonctionnait sur un espoir d’hyperconsommation des classes moyennes, à l’infini. La vie à crédit, devait financer la bulle. Le crack du crédit en 2008, brusque retour à la réalité, a brisé ce rêve. Il révèle l’inéluctable appauvrissement des classes moyennes, piliers de la démocratie, invitées à passer à la caisse pour refinancer le système.
    • Véritable culte du marché appliqué à toute l’existence humaine, l’hypercapitalisme a surtout trahi cette « passion pour l’égalité » qui, selon Tocqueville et les philosophes des Lumières était la marque des peuples démocratiques. La crise, durable, révèle le crépuscule de la démocratie et de ses valeurs. La mauvaise nouvelle c’est que si la démocratie a besoin du capitalisme, le capitalisme n’a pas forcément besoin de la démocratie pour survivre.
  • Hypercapitalisme : que nous est-il arrivé ? Source : Robert Reich, Supercapitalisme, 2007.
    • les très hauts revenus étaient taxés au taux marginal de... 91% dans les Etats-Unis des années 1950. Aujourd’hui, les gérants de "hedge funds" ou de "private equity" sont taxés à 15%. Si leur taux de taxation passait à 40%, rares sont ceux qui quitteraient les Etats-Unis... Un système où certains des très riches sont moins taxés que le reste de la population ne peut pas fonctionner longtemps !
    Part du revenu national par type de contribuable US
  • Le retournement des années 80 Source : Robert Reich, Supercapitalisme, 2007. Croissance du revenu familial réél par quintile aux US 1947-1973 1974- 2004
  • L’impact sur la rémunération des dirigeants Source : Robert Reich, Supercapitalisme, 2007. Ratio de rémunération du PDG par rapport au salaire moyen aux US
  • Et pendant ce temps là en France (1/2) … 0,01 % les plus riches 0,1 % 1 % 5 % 10 % 90 % + 32 % + 19,4 % + 11,3 % + 8,7 % + 4,6 % + 42,6 % Évolution des revenus moyens déclarés pour différents fractiles (euros 2006). Note : le fractile P90-100 correspond aux 10% des foyers les plus riches (3,5 millions de foyers sur 35 millions), le fractile P95-100 au 5% des foyers les plus riches, etc. Le fractile P99,99-100 correspond aux 0,01% des foyers les plus riches (3 500 contribuables les plus riches sur 35 millions) Source : « Les hauts revenus en France (1998-2006) : Une explosion des inégalités ? » Camille Landais, Paris School of Economics, juin 2007..
  • Et pendant ce temps là en France (2/2) … Part dans l'ensemble des salaires des 50 % des salaires les plus faibles et des 10% des salaires les plus forts en France. Source : « Les hauts revenus en France (1998-2006) : Une explosion des inégalités ? » Camille Landais, Paris School of Economics, juin 2007..
  • Classe moyenne/ propriétaires
  • Le décrochage financier des années 80 Résultats du secteur financier américain en comparaison du secteur non financier (Ratio) On constate un décrochage du secteur financier par rapport à l’économie réelle dans les années 80. Sources : Andrex Glyn, Capitalism Unleashes , New York, Oxford University Press, 2006, pg. 52.Cité par Robert Reich, Supercapitalism , 2007.
  • La crise de 2008 : une faille dans la coque du Titanic ?
    • « Vous avez déclaré que : ‘‘des marchés libres et concurrentiels sont de loin la meilleure façon d'organiser les économies, sans équivalent’’ ?
    • Oui, j'ai trouvé une faille. Je ne sais pas à quel point elle est significative ou durable, mais cela m'a plongé dans un grand désarroi. 
    • En d'autres termes, vous trouvez que votre vision du monde, votre idéologie, n'était pas la bonne, ne fonctionnait pas ?
    • Absolument, exactement… C'est précisément la raison pour laquelle j’ai été ébranlé, parce que cela faisait quarante ans et même plus que de façon très évidente cela fonctionnait exceptionnellement bien. »
    Le 23 octobre 2008, à Washington, Henry Waxman, le président de la Commission de surveillance et de réforme gouvernementale de la Chambre des représentants interroge Alan Greenspan, président de la Réserve fédérale américaine de 2003 à 2006 : 
  • Hypercapitalisme : de quoi parle-t-on ? Globalisation Déréglementation Émergence des nouvelles technologies Leviers
    • Consommateurs et investisseurs ont maintenant un monde d’opportunités qui s’ouvre à eux. Les entreprises doivent donc se livrer à une compétition intense pour attirer les uns et les autres.
    • Leurs PDG ne peuvent plus se permettre de prendre des positions divergentes des intérêts des actionnaires. Ils ne peuvent plus prendre en compte les intérêts des autres parties prenantes de l’entreprise - salariés, fournisseurs, collectivités. Ce renversement crée des problèmes majeurs, allant jusqu’à saper la démocratie.
    • Dans leur rivalité acharnée, les entreprises cherchent à accaparer tous les leviers du pouvoir.
    Effet Source : Robert Reich, Supercapitalisme, 2007.
  • La montée du lobbying et le détournement de l’intérêt général à des fins privées Source : Robert Reich, Supercapitalisme, 2007. La montée du lobbying est le fruit de cette concurrence renforcée entre entreprises, et c’est la cause de l’affaiblissement de la démocratie. Le politique et els lois sont devenus un levier parmi d’autres du business
  • La « professionnalisation » du politique
  • Quelle représentation sociale ? > Les partis politiques Le taux de pénétration des partis politiques en France, c'est-à-dire le nombre d'adhérents par rapport au nombre d'électeurs inscrits était de 2,6 %, le plus faible d'Europe en 1980 ! En comparaison ce taux était de 3,3 % en Grande-Bretagne, 9,7 % en Italie, 9,2% en Belgique… Ce taux a encore baissé, chutant de 2,6 % à 2 % en France entre 1980 et 2005, de 4 à 2 % en Allemagne. Les adhérentes aux partis politiques représentent 2 % de la population en France, 812 000 personnes déclarées en 2005 pour 63 millions de français dont 44,5 millions d'électeurs et 38 millions de votants.
  • Quelle représentation sociale ? > Les syndicats Adhésion aux syndicats en France (en % d’adhésion par rapport à la population active)
  • Qu’est-ce que la classe moyenne ?
  • La montée de l’endettement des ménages Sources : Comptes nationaux, base 2000, Insee - Banque de France (Sesof).
  • L’augmentation de la dette publique 1980
  • Exemple : la chute des empires textiles ? En moins de 2 ans les recul des ventes de vêtements a annulé 15 ans de croissance dans le secteur Le chiffre d’affaire du secteur textile-habillement après correction de l’inflation est en 2009 prêt de 10% inférieur à celui de 1990 (source IFM 2009)
  • Et pourtant… on ne peut pas se passer du développement
  • SOMMAIRE
    • Hypercapitalisme, la fin d’un monde
    • La « Civilisation du capitalisme »
    • > Moyen Age > Révolution industrielle
  • Résumé
    • Il n’est pourtant pas inévitable que la « Civilisation du capitalisme » se termine dans le chaos.
    • Car cette civilisation, née du rêve d’égalité des citoyens d’Athènes, une citoyenneté que les stoïciens vont étendre à l’humanité toute entière, va fusionner avec l’utopie fraternelle juive. Ce qu’Athènes et Jérusalem rêvaient, le christianisme a essayé de le réaliser : une société fraternelle dans laquelle la richesse serait subordonnée au bonheur. Une société utopique reposant sur l’énergie des machines et non plus la force de travail des hommes réduits à des bêtes de somme. Une société égalitaire et sans esclaves dans laquelle la création de richesse serait mise au service du bien commun. Cette utopie fraternelle, misant sur le développement économique, la raison et les technologies est l’âme de la civilisation du capitalisme.
    • Ce développement économique naîtra concrètement en occident dans les monastères au moyen âge. Ces premières ‘World companies’ seront les premières communautés d’égaux et les premières sociétés de production capitalistes, des pauvres volontaires partageant la richesse de manière égalitaire au mépris des règles du sang et du siècle. Au XIIIe siècle, les ordres mendiants nés avec les villes en pleine expansion, riches mais remplies de paria, épouseront à leur tour ‘dame pauvreté’ au nom de cette même aventure. Ils seront les premiers théoriciens de l’économie moderne, réfléchissant comment mettre la richesse au service du bien commun. Contrairement à ce qui est souvent dit, cette période du Xe-XVe siècle voit en occident un accroissement constant de la richesse par habitant sans précédent depuis Rome.
    • La révolution industrielle portée par l’ « esprit du capitalisme » de la Réforme, la liberté d’entreprendre et les Lumières poursuivra cet élan. Montesquieu ou Adam Smith théorisent une société où chacun mystérieusement et sans le vouloir collabore à l’intérêt économique et politique de tous en cherchant son propre profit et son intérêt particulier.
  • L’économie sur une échelle longue
  • La démographie sur une échelle longue
  • XII ème siècle : Vézelay et la mondialisation médiévale
  • La révolution économique monastique du XIIème siècle L’économie de production de masse du premier capitalisme s’inscrit dans une histoire sacrée, le travail de l’homme accompagne la révélation de Dieu lui-même et son extension aux extrémités des peuples de la terre.
  • Les technologiques déterminants Les rendements agraires en Bourgogne atteignent 4 pour 1 au XIIe siècle contre 2 à 3 pour 1 à l’époque carolingienne. 4 pour 1 contre 2,5 pour 1 selon Duby entre le IXe et le XIIIe siècle
  • La révolution économique monastique du XIIème siècle chaque meule d'un moulin à eau peut moudre 150 kg de blé à l'heure ce qui correspond au travail de 40 esclaves
  • La fin de l’esclavage la machine à vapeur avait déjà fait son apparition à Alexandrie entre 150 et 100 avant Jésus-Christ, 17 ou 18 siècles avant Denis Papin ! Héron y avait inventé l’éliopile, une turbine à vapeur, qui resta à l’état d’un jouet capable d'ouvrir et fermer la lourde porte d'un temple. Pourquoi cette ingénierie de l’école d’Alexandrie dés le 3ème siècle avant notre ère ne s'est-elle pas transformée en une révolution de production industrielle ? Tout simplement parce que le besoin en énergie dans la société hellénistique reposait sur les esclaves. Mosaïque tunisienne - Fin du IIe siècle apr. JC Musée du Louvre
  • Le réchauffement climatique médiéval
  • Les foires de champagne et la naissance de « l’économie de marché » Les Flamands vendent draps et toiles ; les Italiens les produits du Levant, les soieries, les épices orientales ; les gens du Midi français des cuirs venus de Cordoue ; les Bourguignons du vin ; les Allemands des fourrures et des cuirs. Les Anglo-normands sont les grands absents de ce rendez-vous quasi-permanent du commerce européen. Au XIIème et XIIIème siècle, les foires de Champagne deviennent la plaque tournante du commerce international entre le bassin méditerranéen et le nord de l'Europe. Des petits vendeurs y côtoient des grands marchands et négociants.
  • L’émergence d’une humanité citadine
  • Routes économiques médiévales Représentation des activités de la Ligue hanséatique qui contrôle les mers du Nord à la fin du Moyen Âge
  • La naissance des outils financiers qui ne vont cesser dés lors de se complexifier : sauf conduits, obligations, assurances… Sauf conduit
  • Venise : un lean manufacturing !
  • Disparités européennes
  • Venise, centre d'une « économie-monde » à la fin du Moyen Âge
  • Route de la soie
  • Déjà la Chine… en 1405
  • SOMMAIRE
    • Hypercapitalisme, la fin d’un monde
    • La « Civilisation du capitalisme »
    • > Moyen Age > Révolution industrielle
  • Résumé
    • La raison occidentale héritée des Grecs s’est d’abord épanouie comme raison théologique au Moyen Âge. Avec les temps modernes, la raison théologique est devenue la raison organisationnelle perdant son obligation à Dieu. L’Occident a cru en cette raison au moment des Lumières de manière naïve comme on croit en Dieu. Le refus du sacré et du religieux a conduit à sacraliser la raison elle-même. En réalité, en France, jusqu’en 1930 la moitié de la population vit encore à la campagne. En ville jusqu’à la seconde guerre mondiale, chacun reste marqué par son terroir et une vie rurale dont le christianisme, ses clochers et sa morale sont l’ossature. L’ « esprit » du capitalisme que décrit Weber est une survivance du christianisme dans la mémoire de la Civilisation du capitalisme, il faudra attendre les années 80 pour que naisse l’hypercapitalisme. Celui-ci à l’aune de l’histoire est une sacralisation païenne de la raison financière fondée sur une lecture réductrice des Lumières anglaises, un néo-libéralisme économique divulgué comme doctrine, justifiant son existence par le besoin de développement économique bien réel, lui, de la planète. L’adoration de la raison financière prend alors le pas sur la mémoire chrétienne. La sphère financière domine alors l’entreprise, la politique, et les institutions garantes du bien commun.
  • Vers l’Ouest … > Depuis la fin du XIVe siècle, l’économie-monde occidentale a connu 5 changements de centre  (Braudel) New York – XXè s San Francisco – XXIè s Venise – XII-XIVè s Londres – XIXè s Amsterdam – XVIIè s Gênes – XVIè s Anvers – XVIè s ?
    • Vers 1500, à la suite de la découverte du Nouveau Monde, la Méditerranée perd son influence au profit de l’Atlantique : Venise doit céder le rôle dominant qu’elle exerçait depuis plus d’un siècle au profit d’Anvers.
    • Vers 1550-1560, l’argent des mines d’Amérique se met à transiter par Gênes, qui le redistribue ensuite dans l’Europe entière.
    • Au début du XVIIe siècle, c’est Amsterdam qui parvient à éclipser définitivement le bassin méditerranéen après que les marchands nordiques ont inondé le marché de camelote et de contrefaçons grossières.
    • Ce n’est que deux siècles plus tard qu’un nouveau transfert aura lieu progressivement vers Londres.
    • Enfin, la crise de 1929 profite à New-York.
  • La révolution industrielle Croissance du PIB annuel par habitant entre 400 et 2000. (Sources : données de Angus Maddison, OCDE, 2001)
  • … et la démographie
  • L’« Esprit du capitalisme » : Weber citant Benjamin Franklin Souviens-toi que le temps, c'est de l'argent. Celui qui, pouvant gagner dix shillings par jour en travaillant, se promène ou reste dans sa chambre à paresser la moitié du temps, bien que ses plaisirs, que sa paresse, ne lui coûtent que six pence, celui-là ne doit pas se borner à compter cette seule dépense. Il a dépensé en outre, jeté plutôt, cinq autres shillings. […] Souviens-toi que l'argent est, par nature, générateur et prolifique. L'argent engendre l'argent, ses rejetons peuvent en engendrer davantage, et ainsi de suite. Cinq shillings qui travaillent en font six, puis se transforment en sept shillings trois pence, etc., jusqu'à devenir cent livres sterling. […]Celui qui perd cinq shillings, perd non seulement cette somme, mais aussi tout ce qu'il aurait pu gagner en l'utilisant dans les affaires, ce qui constituera une somme d'argent considérable, au fur et à mesure que l'homme jeune prendra de l'âge.
  • Adam Smith, « discours de l’épingle » (1778) « Regardez cette épingle, gentlemen ! Nous pouvons être fermement convaincus que son producteur ne l’a pas créée pour son usage personnel ou sa joie solitaire… Un ouvrier non qualifié, aussi sérieux et appliqué qu'il fut, ne pourrait sans doute pas en produire en une journée une seule qui puisse servir à quelque chose -et dans le meilleur des cas il n'en fabriquerait que quelques-unes… J'ai moi-même visité tout récemment une manufacture dans laquelle 10 ouvriers étaient capables de produire 48 000 épingles chaque jour… C'est dans cette division intelligente du travail et sa recomposition tout aussi judicieuse, Messieurs, que vous pourrez à l'avenir chercher les causes dernières de la richesse des nations, en cela et en rien d'autre… Imaginez, Messieurs, qu'il existe dans une nation de 10 ou 20 manufactures d'aiguille dont chacune n'ait rien à envier à la productivité de celle que j'ai décrite : il faudrait en même temps demander un peuple d'acheteurs d'aiguilles qui exprimeraient son besoin d'être abondamment après approvisionné à ces entités délicates… Dans une seule fabrique on produit 48 000 épingles pour chacun des 300 jours ouvrés de l'année, soit un total d'environ 15 millions… Comprenez-vous à présent ? Voyez-vous les conséquences ? Quel flot de richesse d'une autre nature voyons-nous forcément défiler ici devant nos yeux… Là où l'on a besoin d'un aussi grand nombre d'épingles, il faut aussi qu'existent des montagnes de tissus, des halles entières de soie noble, des trésors textiles du monde et de gigantesques entrepôts pleins de vêtements, de draps, de couvertures et de rideaux de toutes espèces… des dizaines de milliers de mains qui cousant qui piquent tout ce qu'elles attrapent… Nous voyons immédiatement apparaître l'image d'innombrables dames élégantes qui, vêtus de robes magnifiques, virevoltent devant leur miroir… Et songez aux navires dans les ports, aux véhicules sur les routes nationales, qui acheminent à de tels trésors de par le monde ! Bref, il a fallu que tous ces besoins soient éveillés et aient atteints des niveaux éminents pour que l'industrie locale de l'épingle atteigne le sommet de ses performances. Qui sait honorer alors que cette épingle insignifiante devienne une source de grande prospérité pour un nombre non négligeable de personnes, est une base de revenus assez sûre pour beaucoup d'autres ?... Plus nous envisageons sèchement les choses, plus notre admiration va augmenter en constatant que non seulement les épingles, mais des dizaines de milliers de produits différents suivent leur route avec la ponctualité la plus étonnante, comme si une main invisible les guidait vers leur lieu de destination. Que résulte-t-il de tout cela pour l'art de diriger une grande communauté ? demanderez-vous Messieurs... Dans un état bien régi ou l'on a bridé le gaspillage des gens improductifs apparaît inévitablement une prospérité générale sensible jusque dans les catégories les plus basses de la population. Elle se forme obligatoirement si les gouvernements se conforment à l'idée de ne pas entraver le grand métier à tisser et la main invisible qu'il l’actionne… Heureux le monde qui sera un jour une unique foire emplie du bruit des marchands et des acheteurs !... Tous admettront un jour que ce bien élevé qui, depuis l'époque des Anciens, porte le nom de liberté humaine, n'est rien d'autre que le reflet des choses mobiles sur les marchés, qui ont acquis la liberté par leur prix, si je peux m'exprimer ainsi. La liberté signifie pour les choses de la possibilité de changer de propriétaire ; la liberté pour les personnes signifie en revanche qu'elles se libèrent par rachat du service qu'elles devaient à des pouvoirs féodaux de devenir leurs propres propriétaires. »
  • Tocqueville : le christianisme, moteur de l’égalité économique et de la démocratie « parmi les objets nouveaux qui, pendant mon séjour aux Etats-Unis, ont attiré mon attention, aucun n'a plus vivement frappé mes regards que l'égalité des conditions », les américains ont eu la chance d' « être nés égaux au lieu de le devenir ». Cette « passion pour l’égalité est la marque de la démocratie ». Cette égalité nivelle les écarts sociaux en faisant émerger une classe moyenne « il n'y a plus de races de pauvres, il n'y a plus de races de riches » « Je me reporte pour un moment à ce qu’était la France il y a sept cents ans : je la trouve partagée entre un petit nombre de familles qui possèdent la terre et gouvernent les habitants ; le droit de commander descend alors de générations en générations avec les héritages ; les hommes n’ont qu’un seul moyen d’agir les uns sur les autres, la force ; on ne découvre qu’une seule origine de la puissance, la propriété foncière. Mais voici le pouvoir politique du clergé qui vient à se fonder et bientôt à s’étendre. Le clergé ouvre ses rangs à tous, au pauvre et au riche, au roturier et au seigneur ; l’égalité commence à pénétrer par l’Église au sein du gouvernement, et celui qui eût végété comme serf dans un éternel esclavage, se place comme prêtre au milieu des nobles, et va souvent s’asseoir au-dessus des rois.  » «Si, à partir du XIe siècle, vous examinez ce qui se passe en France de cinquante en cinquante années, au bout de chacune de ces périodes, vous ne manquerez point d’apercevoir qu’une double révolution s’est opérée dans l’état de la société. Le noble aura baissé dans l’échelle sociale, le roturier s’y sera élevé ; l’un descend, l’autre monte. Chaque demi-siècle les rapproche, et bientôt ils vont se toucher. » Tocqueville, De la démocratie en Amérique, 1835.
  • Demain la Chine
  • Comment se porte la démocratie ?
  • Le paysage religieux
  • © Didier Long 2010