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Police, pensions, intercommunales, logement… une rentrée studieuse pour les journées d'étude à l'UVCW
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Police, pensions, intercommunales, logement… une rentrée studieuse pour les journées d'étude à l'UVCW

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La rentrée fut très active pour les journées d’études à l’Union des Villes et Communes de Wallonie. Le mois de septembre a ainsi vu, outre les Midis de la Gouvernance consacrés aux synergies entre......

La rentrée fut très active pour les journées d’études à l’Union des Villes et Communes de Wallonie. Le mois de septembre a ainsi vu, outre les Midis de la Gouvernance consacrés aux synergies entre communes et CPAS (notre autre dossier de ce mois), de nombreuses journées s’organisent autour de thèmes essentiels.

Jugez plutôt: « Encadrement des manifestations publiques - Communes et polices locales garantes de l’ordre public » le 23 septembre 2011 à Wépion, « Intercommunales - focus sur les marchés publics » le 30 septembre 2011 à Wépion, « Quelles pensions pour les agents des pouvoirs locaux ? » le 6 et le 13 septembre 2011 à Seraing et Saint-Denis, « Ancrage communal du logement - De la conception à la réalisation, quels facteurs clés de succès ? » le 29 septembre 2011 à Wépion, méritaient, entre autres, d’être ici mis en lumière.

Mais notre dossier nous permettra également de revenir sur un colloque plus ancien consacré aux relations entre communes et fabriques d’église organisé, lui, en février et mars 2011 à Tilff, Rochefort et Mons. Qu’on se le dise: s’ancrant fortement dans la réalité quotidienne de terrain, l’Union s’adresse, par ces séances d’informations, aux mandataires et aux fonctionnaires locaux dirigeants sur les thèmes d’actualité qui constituent leurs dossiers prospectifs du moment.

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  • 1. Journées d’étude Police, pensions, intercommunales, logement… Une rentrée studieuse pour les journées d’étude à l’UVCW ALAIN DEPRET SECRÉTAIRE DE RÉDACTION La rentrée fut très active pour les journées d’études à l’Union des Villes et Communes de Wallonie. Le mois de septembre a ainsi vu, outre les Midis de la gouvernance consacrés aux synergies entre communes et CPAS (notre autre dossier de ce mois), de nombreuses journées s’organisent autour de thèmes essentiels. Jugez plutôt : « Encadrement des manifestations publiques - Communes et polices locales garantes de l’ordre public » le 23 septembre 2011 à Wépion, « Intercommunales - focus sur les marchés publics » le 30 septembre 2011 à Wépion, « Quelles pensions pour les agents des pouvoirs locaux ? » le 6 et le 13 septembre 2011 à Seraing et Saint-Denis, « Ancrage communal du logement - De la conception à la réalisation, quels facteurs clés de succès ? » le 29 septembre 2011 à Wépion, méritaient, entre autres, d’être ici mis en lumière. Mais notre dossier nous permettra également de revenir sur un colloque plus ancien consacré aux relations entre communes et fabriques d’église organisé, lui, en février et mars 2011 à Tilff, Rochefort et Mons. Qu’on se le dise : s’ancrant fortement dans la réalité quotidienne de terrain, l’Union s’adresse, par ces séances d’informations, aux mandataires et aux fonctionnaires locaux dirigeants sur les thèmes d’actualité qui constituent leurs dossiers prospectifs du moment.12 MOUVEMENT COMMUNAL N°862 NOVEMBRE 2011
  • 2. DOSSIER ENCADREMENT DES MANIFESTATIONS PUBLIQUES Communes et polices locales garantes de l’ordre public réaction immédiate à une situation impré- vue et extrêmement urgente ». ALAIN DEPRET SECRÉTAIRE DE RÉDACTION D’où la nécessité plus prégnante de travail- ler de concert à la planification d’urgence, comme l’a également évoqué le Président : « En bonne entente et en parfaite coordina-Depuis les décrets révolutionnaires français de 1789, 1790 tion avec les administrations à tous les éche-et 1791, les municipalités françaises d’abord, les communes lons, avec les services de police, d’incendie, de sécurité, les entreprises le cas échéant, lebelges ensuite, se sont vu confier la mission essentielle de bourgmestre, dans son rôle central, pivot dugarantir et de restaurer l’ordre public sur leur territoire. Cette maintien de l’ordre public, a besoin d’êtrenotion, que la loi décline en quatre thématiques bien connues, correctement informé, en temps réel, de toutla propreté, la salubrité, la sécurité et la tranquillité publiques, ce qui se passe dans sa commune, pour pou- voir évaluer au plus juste les risques inhérentsconstitue aujourd’hui encore la base juridique de l’action du à une situation donnée. D’où l’importancebourgmestre et plus généralement des autorités communales cruciale du Bulletin de renseignements, desface à de nombreuses situations problématiques de la vie en comptes rendus ou plus généralement des contacts réguliers entre bourgmestre et chefsociété. Actuellement, cette compétence se trouve décrite dans de corps d’une zone de police ».l’article 135 par. 2 de la nouvelle loi communale. Comme un orchestre à dirigerM AIS LE 20E SIÈCLE a vu émer- Pour l’UVCW, il était donc essentiel de fixer De planification d’urgence, il sera égale- ger une profusion de nouvelles la rencontre police version 2011 autour de ment question un peu plus tard avec l’in- réglementations de police dans ce thème. L’objectif était donc de montrer tervention de Denis Mathen, Gouverneur des matières extrêmement diver- par l’exemple, le 23 septembre dernier à de la Province de Namur. Nommé par lesifiées, Code de la route, environnement, Wépion, comment les divers niveaux de Gouvernement régional wallon sur avis duurbanisme, santé publique, transports, pla- pouvoir, les différents services et autori- Conseil des Ministres fédéral, le gouver-nification d’urgence - ce que la doctrine tés parviennent à gérer le bon ordre sur le neur de province est avant tout un com-appelle les « polices administratives spé- domaine public et les voiries. missaire de ces deux exécutifs. A ce titre etciales » - et qui sont venues limiter, modali- « Le nombre et la complexité croissante des en vertu de diverses dispositions légales, ilser ou compléter le pouvoir de police admi- législations et réglementations diverses, exerce donc des compétences tant régio-nistrative générale des communes, tel qu’il combinés à l’explosion des situations pro- nales que fédérales et est le représentantest décrit par la nouvelle loi communale. blématiques potentielles, sont un réel défi de l’Etat dans sa province, revêtu de la qua-La bonne gestion de l’espace public, qui auquel font face au quotidien les respon- lité d’officier de police administrative. Enest et reste une des missions-phares des sables communaux et les services de police ce sens, le gouverneur exerce, en matièrepouvoirs locaux, doit donc de nos jours locale » a ainsi débuté Jacques Gobert, de sécurité, des compétences importantes.s’accommoder de législations et réglemen- Président de l’Union. « Ce colloque, sur La planification d’urgence et la gestiontations multiples. Et ce n’est pas le moindre base d’expériences de terrain variées, de crise font partie de ces prérogatives,des défis qui se présente aux responsables entend vous montrer comment les services comme nous l’expliquait Denis Mathen,communaux, mais également aux ser- et autorités de tous niveaux de pouvoir par- Gouverneur de la Province de Namur, ora-vices de police locale, que faire cohabiter viennent, chacune dans le cadre bien com- teur de cette journée d’étude.harmonieusement les règles d’autono- pris de leur intérêt et de leur responsabilité, Interrogé il y a tout juste un an dans lesmie communale avec le prescrit - parfois à gérer le bon ordre sur le domaine public colonnes du Mouvement communal, Denistrès rigide ou au contraire très flou - des et les voiries face à un grand rassemble- Mathen déclarait ainsi : « Il existe trois phasesdiverses polices spéciales susceptibles de ment de personnes. Avec beaucoup de pré- de planification et de coordination. La phases’appliquer aux mêmes événements. paration et de réflexion, ou à l’inverse en communale concerne le bourgmestre lorsque, NOVEMBRE 2011 N°862 MOUVEMENT COMMUNAL 13
  • 3. Journées d’étude en cas de crise, les moyens locaux et les ren- forts nécessitent une coordination commu- nale. Le gouverneur de province intervient, bien entendu, dans la phase provinciale, c’est- à-dire lorsque l’ampleur de la situation, au point de vue des conséquences et des moyens requis, concernent plusieurs communes à la fois. Il intervient alors aussi sur les aspects émotionnels ou médiatiques de l’événement. Enfin, une troisième phase peut être enclen- chée, la fédérale, lorsque plusieurs provinces sont touchées ou en cas de circonstances dont l’ampleur nécessite le niveau national, comme le nucléaire, par exemple ». COMME « Le gouverneur intervient à la planification au niveau communal, car il s’agit de l’auto- UN ORCHESTRE rité qui va analyser et approuver, en termes de recevabilité et de fond, les plans com- À DIRIGER munaux », continuait-il. « Dans ce cadre, le gouverneur doit aussi être le partenaire qui, préalablement à l’approbation formelle et à l’arrêté qui sera pris, conseille et rappelle les seront organisés entre services communaux, exigences qui existent dans les circulaires. Le mais surtout entre zones de police, et avec gouverneur doit ainsi se fonder sur l’expé- la police fédérale. La montée en puissance rience passée et, sur base d’échanges per- peut ainsi se poursuivre, jusqu’à l’activation manents, appuyer au mieux les autorités complète des plans d’urgence, au niveau communales dans la rédaction des plans local, provincial, et ultimement au niveau communaux. Mais le gouverneur est aussi national ». chargé de rédiger et de transmettre au Minis- Après l’intervention de Frédéric Viatour, tère de l’Intérieur des plans provinciaux Commissaire Divisionnaire à la Direc- plus particuliers, qui sont liés à des risques tion de coordination et d’appui de Namur spécifiques. Enfin, nous sommes chargés de concernant la police intégrée et les mis- l’organisation d’exercices et de la mise de dis- sions de maintien de l’ordre, et de Lionel positifs préventifs en cas de grands rassem- Deleu, Commissaire à la Police fédérale blements, de grands événements à risque ». de la Route, de Péruwelz, et Marc Sanrey, « L’ordre public est comme un orchestre à Chef de corps à la ZP Botha concernant les diriger », a également expliqué à ce propos courses cyclistes, rallyes et autres mani- métaphoriquement John Robert, Conseiller festations sportives sur voirie, il restait aux responsable Police de l’UVCW, lors de son participants de choisir, l’après-midi, un intervention. « L’encadrement d’événements atelier en présence d’orateurs venus faire publics est susceptible - en fonction de sa taille partager leurs expériences de terrain. et de son degré de risque - de faire appel à des Se sont donc succédé dans deux salles conti- procédures légales et à des moyens en per- gües : Philippe Borza, Commissaire Direc- sonnel et matériel du plus simpliste au plus teur de la Sécurisation de la Zone de police élaboré. Pour la fête de village, la foire ou le Mons-Quévy, venu évoquer l’encadrement concert sous chapiteau, une autorisation du du Doudou montois, Sergio Bizzotto, Offi- bourgmestre suffira, mais si la taille de l’évé- cier à la Zone de police de Namur, à pro- nement augmente, les mesures seront plus pos de rassemblements tels que les Fêtes précises et nombreuses : conditions de sécu- de Wallonie, mais aussi Carlo Di Antonio, rité supplémentaires, arrêtés de police pour Député-Bourgmestre de Dour, et Rudy la circulation… Pour certains événements, le Van Waeyenberge, Commissaire à la Zone bourgmestre pourra poser comme condition de police des Hauts-Pays, concernant le le recours à un service de gardiennage. Si de festival de Dour, et Marc Minet, Chef de grandes foules sont attendues, des réunions cabinet du Bourgmestre de Liège, et Domi- de coordination vont s’imposer. Si l’ampleur nique Bailly, Directeur opérationnel à la de l’événement dépasse les moyens normaux Zone de police de Liège, pour l’exemple de d’une commune, les collaborations et appuis Liège-Bastogne-Liège.14 MOUVEMENT COMMUNAL N°862 NOVEMBRE 2011
  • 4. DOSSIER INTERCOMMUNALES regard de la réglementation des marchés publics. Mais c’est en début de journée que Paul Par le prisme Furlan, Ministre des Pouvoirs locaux, s’est adressé à l’assemblée pour rappeler le fon- dement même des intercommunales. « La réforme de la tutelle fait partie des sujets des marchés publics brûlants pour les intercommunales car elle ne rassemble pas tous les suffrages » a-t-il ainsi d’emblée déclaré. « J’espère pourtantLa réglementation relative aux marchés publics, sous l’impulsion pouvoir fédérer les intercommunales autoureuropéenne, façonne l’ensemble de la vie des intercommunales du concept de bassin de vie. Car qu’est-ce qu’une intercommunale, si ce n’est la mise enwallonnes. Qu’il s’agisse, pour une intercommunale, de passer oeuvre d’une communauté de communes ouun contrat à titre onéreux en vue d’exécuter des travaux, de d’un bassin de vie ? Ce concept soulève unefournir des biens ou de prester des services au profit d’une de réflexion transversale, qui touche à la fois au logement, à la mobilité, au cadre de vie,ses communes associées, de passer des commandes pour au développement économique, au déve-son propre compte ou pour le compte de pouvoirs adjudicateurs loppement touristique… Cette notion est undistincts, de mutualiser ses ressources avec une autre entité concept de vie multisectorielle qu’il faudraou encore de créer une filiale avec un associé public ou privé, définir : la ville n’est pas une simple agglomé- ration d’hommes et d’équipements, c’est unla question de l’application de la réglementation relative aux état d’esprit ».marchés publics est susceptible de se poser. Au cours d’une « La Wallonie ne compte pourtant aucunejournée d’étude à Wépion le 30 septembre, l’UVCW faisait le ville au sens international du terme », apoint sur l’actualité des questions relatives à l’application de la commenté ensuite le Ministre. « A l’échelle mondiale, nos villes sont des villages ou desréglementation des marchés publics aux intercommunales en bourgs. Dans ce cadre, la notion de bassin deprésence du Ministre des Pouvoirs locaux, Paul Furlan. vie devient très cohérente : il faut travailler à développer la notion de périmètre, de mise en cohérence d’un certain nombre de politiques locales. En abordant le ministère de la ville, il faut mettre au point une politique multi- ALAIN DEPRET SECRÉTAIRE DE RÉDACTION ministérielle de la ville… Ce que l’on a d’ail- leurs déjà essayé d’initier lors du colloque surE VOLUTION DE LA JURISPRU l’Union des Villes et Communes de Wal- la ville qui s’est tenu les 6 et 7 octobre dernier DENCE européenne en matière de lonie : « Focus sur la coopération public- à Charleroi. Le but de ce colloque était de coopération public-public, méca- public », par Ann-Lawrence Durviaux, réfléchir ensemble comment cette politique nismes des marchés conjoints et cen- Professeur à l’ULg et Avocat au Barreau de de la ville peut être menée à l’extérieur de nostrales d’achat et de marchés, application de Namur, et Laetitia Vander Borght, Conseil- frontières. L’objectif final étant évidemmentla réglementation des marchés publics aux ler à l’UVCW ; « Focus sur les partenariats de jeter des bases de réflexion sur la véritablepartenariats public-privé : autant de ques- public-privé institutionnels », par Mathieu politique de la ville et des bassins de vie entions essentielles pour les intercommu- Lambert, Conseiller à l’UVCW, et « Cen- Région wallonne. Le monde des intercom-nales auxquelles cette matinée d’études trale d’achat et marchés conjoints », par munales a donc tout intérêt à faire part detentait de répondre. Sylvie Bollen, Conseiller responsable à ses réflexions en la matière ».La parole était ainsi donnée à de nom- l’UVCW. Quant à l’après-midi, organisée Jacques Gobert, Président de l’UVCW a,breux experts, parmi lesquels on pouvait autour de différents ateliers, elle était cen- pour sa part, rappelé que les intercom-retrouver la Cellule Marchés publics de trée sur l’examen de divers cas pratiques au munales pèsent toutes ensemble 20 000 NOVEMBRE 2011 N°862 MOUVEMENT COMMUNAL 15
  • 5. Journées d’étude emplois. « Il n’est pas exagéré de dire thème abordé ce jour se révèle sous un angle communes-intercommunales, de partenaire que chacune des 262 villes et communes crucial. Il s’inscrit dans un enjeu plus vaste, privilégié au départ, l’intercommunale a fini wallonnes est partie prenante dans une mais essentiel, pouvant être ramassé en une par être considérée comme cocontractant. intercommunale au minimum », a ainsi question : que devient la philosophie du ser- L’exception in house constitue une parade, expliqué le Président. « C’est dire leur vice public dans une économie de marché ? une réponse heureuse à cette évolution dom- importance, la part essentielle que cette Dans un contexte d’ouverture à la concur- mageable en termes de service public ». forme d’association de communes prend rence au niveau européen, résultante de l’en- Faut-il le rappeler, les relations contrac- chaque jour dans l’existence de nos conci- trée en vigueur de la directive Bolkenstein et tuelles entre communes et intercom- toyens, de nos administrés. C’est l’équilibre des grandes tendances voulues par l’Europe, munales ont longtemps été considérées entre la préservation de l’intérêt commu- comment garantir, comment pérenniser les comme pouvant bénéficier d’un régime nal et l’efficacité économique qui explique missions de service public ?» juridique particulier se concrétisant par le succès non démenti de la formule inter- l’absence d’application de la réglemen- communale. Sans compter, que, s’il faut le Un service public local toujours tation relative aux marchés publics, pour rappeler, la formule intercommunale est plus proche et efficace, au autant que la commune soit affiliée à l’in- quand même la seule, avec la convention bénéfice du citoyen tercommunale et que la mission soit dans entre communes et l’association de projet, Jacques Gobert continue : « Comme nous l’objet social de l’intercommunale. que la Constitution belge permet lorsque l’exprimions déjà dans le mémorandum de « Mais voilà », conclut le Président de deux communes ou plus veulent s’associer ». l’UVCW, les intercommunales permettent l’UVCW, « la directive Bolkenstein notam- de garantir la réalisation de missions ment, et l’ouverture à la concurrence sont d’ordre public, dans un souci de perfor- passées par là, remettant ouvertement en PAR SON TRAVAIL mance alliée à une garantie de primauté de l’intérêt général, mais également de don- question ce principe. Il me vient ici l’envie d’adresser un cocorico à l’Union des Villes DE LONGUE ner au plus grand nombre de citoyens et d’entreprises l’accès à des infrastructures et et Communes de Wallonie, car elle n’a pas ménagé ses efforts au départ d’un colloque HALEINE, L’UVCW A à des services permettant leurs épanouisse- ments personnels et économiques, sans que tenu en septembre 2004 et intitulé « Quel avenir pour le service public local à l’heure CONTRIBUÉ À la seule recherche de profits ne prime dans européenne ? ». Pendant des années, elle la détermination des prix et de l’accessibi- n’a eu de cesse de mobiliser ses homologues LA JURISPRUDENCE lité des services ». Cette vision du service allemands et français, d’agiter avec eux des public ne peut évidemment pas se déve- sonnettes d’alarme auprès des autorités lopper hors de toute considération pour européennes, décrochant fin 2005, de haute IN HOUSE l’efficacité, l’innovation et la durabilité dans la gestion et le fonctionnement des lutte, une rencontre auprès de la Com- mission européenne au cours de laquelle, intercommunales. elle et ses partenaires, ont eu le loisir d’ex- « Je m’en voudrais de ne pas évoquer ici le « Nous souhaitons voir encore renforcées pliciter les spécificités de la coopération travail d’évaluation du Code de la démocra- ces qualités, déjà bien présentes », a ensuite intercommunale ». tie locale mené par le Gouvernement wallon expliqué le Président. « Il serait sot de nier « Et puis une audition déterminante devant dans sa partie relative aux intercommunales, l’existence, au niveau des instances euro- le Parlement européen a fini par convaincre et à laquelle notre Association est partie pre- péennes, de conceptions philosophiques et emporter l’adhésion quant aux nécessités nante », a ensuite déclaré Jacques Gobert. différentes du service public. Visant à la locales de choisir librement le mode de ges- « L’avant-projet en discussion aborde des solidarisation des pertes et à la privatisa- tion le plus adéquat de l’intérêt local. Bref, notions essentielles, telles que la transparence tion des profits, au détriment de la société nous, municipalistes wallons, pouvons res- et la participation, la représentation démo- et de l’intérêt général, cette vision a déjà sentir de la fierté d’être pour quelque chose cratique et les mandats, la gestion optimale généré des dérives en termes d’accessibi- dans la réouverture européenne à la coopé- et le fonctionnement efficace des organes, la lité et de coûts raisonnables de ces services ration public-public. En conclusion, nous simplification administrative et le personnel, essentiels à la population et aux activités devons nous réjouir de cette ouverture pro- le contrôle et la tutelle, soit autant de pro- socio-économiques ». gressive, de ces possibilités de plus en plus blématiques abordées par l’Union dans son « Il n’y a pas si longtemps, l’Europe, qui ne larges qui s’offrent aux intercommunales - mémorandum intercommunales en 2009 ». comprenait pas la relation privilégiée qui se donc aux communes - d’œuvrer librement, Et le Président d’en venir aux enjeux et nouait entre la commune et son intercom- avec d’autres autorités publiques, dans le perspectives, pour les intercommunales, munale pour rendre un bon service public sens d’un service public local toujours plus de la législation sur les marchés publics : au bénéfice des citoyens, a exigé que la com- proche et efficace, au bénéfice du citoyen ». « Si l’on se souvient que les pouvoirs locaux mune considère l’intercommunale comme « Sous cet angle, l’évolution récente de la concentrent à eux seuls plus de la moitié des n’importe quel cocontractant. Il fallait la jurisprudence européenne est très positive et investissements publics, et que la concrétisa- mettre en concurrence, faire jouer à pur et s’apparente à une sorte de vertueux retour tion de ces investissements obéit au respect de à plein la procédure des marchés publics. aux sources. Car, en définitive, elle rend aux la législation relative aux marchés publics, le Ainsi, au fil du temps, dans la relation villes et communes, par le biais de l’outil16 MOUVEMENT COMMUNAL N°862 NOVEMBRE 2011
  • 6. DOSSIERintercommunal notamment, la faculté des’associer volontairement et sans entravespour remplir efficacement des missions de Quelles pensionsservice public, ce qui est l’essence même,l’objet originel d’une intercommunale ». pour les agents des uvcw. be L’UVCW a développé un pouvoirs locaux ? outil pour ses membres : le réseau « Marchés On le sait : le financement des pensions du personnel constitue publics et PPP » un des enjeux majeurs pour les pouvoirs locaux, et ce tant Ce réseau constitue une réelle en ce qui concerne la pension des statutaires que celle des plateforme d’échanges, de réflexions et de concertations contractuels. Le Mouvement communal n’a d’ailleurs pas hésité réservée à nos membres, à aborder très régulièrement ce sujet en ses pages. Avec le intéressés quotidiennement par soutien d’Ethias, l’Union des Villes et Communes de Wallonie la pratique de la matière - souvent complexe - des marchés publics et invitait ses membres à participer à deux matinées d’études sur des partenariats public-privé. l’avenir des pensions locales, à Seraing et à Saint-Denis, les 6 Espace de libre échange, il et 13 septembre derniers. Salles bondées et jeux de questions- vise à favoriser et faciliter le partage d’expériences, de réponses en pagaille : le rendez-vous GRH annuel a, à nouveau, bonnes pratiques et l’entraide attiré la foule. Un résultat plus qu’attendu puisque le sujet n’a mutuelle entre les acteurs. Il pas fini d’inquiéter les communes. se veut également un soutien à l’implémentation des récentes A et futures évolutions légales et INSI, UN PREMIER BILAN quant Luigi Mendola, Conseiller responsable à réglementaires en la matière. au financement des pensions du l’UVCW, pour un état de la question des Le contenu du réseau pourra secteur public local y fut dressé, pensions du secteur public local ; Jean évoluer avec le temps. Mais, tandis que les orateurs tentaient de Moureaux, Directeur de la Cellule Pen- dès à présent, il est possible de répondre aux questions suivantes : quelles sions du Ministre des Pensions et des poser des questions, de déposer sont les perspectives d’évolution quant au Grandes Villes, concernant les enjeux et des documents (modèles, financement des pensions des agents sta- perspectives du premier pilier ; Philippe schémas, etc.) ou des articles tutaires, quels premiers enseignements Nys, Administrateur général adjoint de et de répondre aux questions. peut-on tirer des solutions mises en oeuvre l’ONSSAPL, pour un point sur la réforme Des mails sont aussi envoyés en matière de second pilier, quels seront du financement des pensions des agents aux membres du réseau pour les impacts en termes de coûts, d’impli- statutaires, et, enfin, Michel Mahaux, les informer en temps réel des cations pratiques et administratives, sub- Directeur général adjoint de Santhea, pour nouvelles questions posées, siste-t-il des incertitudes au niveau légal ou un focus sur les établissements de soins de réponses ou documents réglementaire ? santé. disponibles. Car, certes, de nombreuses inquiétudes Après la pause, venait ensuite la présen- Quant à l’UVCW, elle est bien planent encore, comme l’ont confirmé tation de quelques retours d’expériences : présente sur le réseau, ses les experts présents autour de la table : Joël D Drion, Employee Benefits Consultant conseillers suivant les discussions (juridiques, techniques, Ethias et Laurence Lahaye, Consultant Ethias, pratiques, etc.) et intervenant Organ Organisations et Entreprises Dexia (le si nécessaire. L’UVCW pourra 6.9.20 6.9.2011), Serge Pitet, Employee Benefits également relayer, vers les Consu Consultant Ethias, et Bernard Verschaeren, instances régionales et fédérales Respo Responsable Organisations & Entreprises concernées, les constats et les Dexia (le 13.9.2011), ainsi que Marc Tara- préoccupations émis par ses bella, Député-Bourgmestre de Anthisnes membres, via ce nouveau canal. (le 6.9.2011), Emmanuel Burton, Bourg- 6.9 N’hésitez donc pas à rejoindre le mestr de Villers-la-Ville, et Alain Leclercq, mestre réseau et à le faire vivre. Recev Receveur de Péruwelz (le 13.9.2011). Le lecteu trouvera dans ce dossier un article lecteur Inscrivez-vous sur www. de Luigi Mendola, Conseiller responsable Lu marchespublics.uvcw.be à l’UV l’UVCW, concernant ce sujet. NOVEMBRE 2011 N°862 MOUVEMENT COMMUNAL 17
  • 7. Journées d’étude Le futur est irrévocable. C’est le Service des Pen- sions du Secteur public (SdPSP, l’ex-Admi- nistration des Pensions) qui est chargé du des pensions locales calcul et du paiement des pensions rele- vant de ce pool, tandis que l’ONSSAPL, via la fixation des taux de cotisations appliqués aux administrations locales, en assure le a-t-il… un avenir ? financement. Le pool 2, régime dit des « nouveaux affi- liés », regroupe les administrations locales affiliées au régime solidarisé à partir du 1er janvier 1994. L’affiliation est ici aussi irrévocable. LUIGI MENDOLA CONSEILLER RESPONSABLE Le régime de pension au sein de chacun de ces deux pools est basé sur la solidarité : le taux de cotisation à payer par chaque Why should I care about future generations ? administration d’un pool est fonction du What have they ever done for me ? rapport entre la masse salariale (des sta- tutaires) et la charge de pension propres à Groucho Marx ce pool. Cette solidarité pure et simple est un des Le régime de pension des agents statutaires des pouvoirs locaux éléments qui explique la problématique actuelle du déficit des régimes de pensions est à un tournant : au moment d’écrire ces lignes, un avant-projet publiques locales : nous y reviendrons3. de loi venait d’être adopté en seconde lecture par le Conseil des Solidarité au sein des pools, et donc ges- Ministres1 et tentait de résoudre la problématique chronique tion séparée des pools 1 et 2 : pendant du déficit des pools de pensions solidarisés au sein de l’Office longtemps, la charge de pension du pool 1 (composé essentiellement de petites national de Sécurité sociale des Administrations locales et administrations qui organisaient depuis provinciales (ONSSAPL). Depuis lors, la réforme a été votée. Dans de nombreuses années leurs pensions de cette contribution, nous tenterons de montrer en quoi celle-ci manière solidarisée) est demeurée relati- vement modeste, tandis que la charge de peut résoudre une partie de la problématique bien connue des pension des administrations ayant rejoint municipalistes et essaierons de voir de quelle façon elle pourrait le pool 2 (essentiellement des grandes être sensiblement améliorée, afin d’assurer la stabilité à long villes) pouvait atteindre des taux réels terme du régime public de pensions locales. individuels très élevés (dans certains cas, plus de 70 % de la masse salariale). Il était donc exclu de faire supporter par Le régime de pension des agents La loi du 6 août 19932 a mis en place un les administrations solidarisées depuis statutaires des pouvoirs locaux mécanisme de « pools » de pension. Quatre de nombreuses années l’augmentation jusqu’en 2011 régimes ont ainsi été créés : de charge impliquée par ces nouvelles La répartition des pouvoirs Le pool 1 réunit les administrations locales affiliations4-5. locaux en pools pensions qui étaient auparavant affiliées à la Caisse Les pools 3 et 4, mal nommés, ne sont pas Le régime actuellement en vigueur des de répartition des pensions communales, de réels pools de pension, dans le sens où pensions des agents statutaires locaux peut transférée en 1987 du Ministère de l’Inté- il ne s’agit pas de groupes à qui s’applique être résumé comme suit : rieur vers l’ONSSAPL. L’affiliation au pool 1 un régime commun de pension.18 MOUVEMENT COMMUNAL N°862 NOVEMBRE 2011
  • 8. DOSSIERLe pool 3 désigne l’ensemble des adminis- 1 et 2 augmentant progressivement et, On voit que la solidarité ainsi conçue, dès lorstrations locales qui ont passé une conven- d’autre part, le taux constant du pool  5, que n’est prise en compte que la masse sala-tion individuelle avec une institution de répartition inadéquate des ristournes riale des statutaires, présente l’inconvénientprévoyance, qui pratique la gestion de fonds entre l’administration locale et le pool 2 suivant : si un ou des membres d’un poolcollectifs de retraite et de survie. Fondé sur auquel l’administration s’est affiliée après décide(nt) de ne plus ou de moins jouer leun mécanisme de convention individuelle, le 31 mars 20019, etc.) 10. jeu de la solidarité (en d’autres termes s’il(s)ce système est révocable. La résiliation du Un mécanisme de répartition, apporte(nt) plus de charges que de cotisa-contrat et l’affiliation au système solidarisé fondé sur la solidarité des tions, en comparaison aux autres membresau sein de l’ONSSAPL est donc possible. affiliés aux pools de pension du pool), c’est l’ensemble du pool qui estLe pool 4 désigne quant à lui les adminis- Le mécanisme de pension actuel est fondé affecté par cette diminution de recettes. Latrations qui gèrent leur propre caisse de sur un strict régime de répartition : les question n’est pas, à ce stade, de porter unpension. Ici aussi, le passage au régime actifs actuels cotisent pour les pensionnés jugement de valeur sur les comportementssolidarisé est envisageable, tout comme actuels. Le taux de cotisation est fonction individuels (nous reviendrons sur les élé-la conclusion d’une convention avec une du rapport entre la charge de pension pré- ments qui amènent une autorité à moinsinstitution de prévoyance. sumée pour une année donnée et la masse nommer), mais d’établir le constat que laSuite à la réforme des polices, la loi du 6 mai salariale (statutaire) pour cette même réglementation présentait, dès son origine,20026 a prévu une affiliation obligatoire de année. Ce système est donc directement cette faiblesse d’être directement affectée partout le personnel nommé des services de affecté par les phénomènes de diminution les comportements individuels.police à partir du 1er avril 2001 : il s’agit du salariale et de vieillissement de la popula- Les mécanismes correcteurs, déjà évo-pool 5, qui comprend donc une compo- tion11. Au fil des ans, les taux de cotisations qués plus haut, sont divers : on parle desante locale et une composante fédérale7. réclamés aux pools 1 et 212 ont largement « réserves affectées », c’est-à-dire dédica-Ce pool ne prenant en charge que les pen- évolué (v. tableau 1). cées au financement du régime de pen-sions ayant pris cours après le 31 mars Il faut cependant noter que, malgré leurs sions publiques locales. Y sont compris :2001, il a automatiquement affiché un augmentations respectives, ces taux sont - Le Fonds d’égalisation du taux des coti-solde largement positif (apport impor- plus bas que ceux qui auraient dus être sations pension, qui trouve sa base danstant de cotisations8 et charge de pension effectivement réclamés : pour le pool 1, au l’article 10 de la loi du 6 août 1993, qui pré-réduite). Les pensions déjà en cours des lieu de 30 et 32 % en 2010 et 2011, ce sont voit que ce fonds a pour but de contribuer àanciens policiers demeurent à charge des 32,5 et 38,5 % qui auraient été nécessaires aligner les taux de cotisation des pools 1 etrégimes de pension auxquels ils étaient pour atteindre l’équilibre financier. Même 2. Ce fonds est alimenté par une retenue deaffiliés avant la réforme. Le maintien de constat pour le pool 2 : au lieu des 37 et 13,07 % sur le montant complet du péculecette charge des anciennes pensions a 40 % réclamés en 2010 et 2011, ce sont 46 de vacances secteur public payé aux agentsimpliqué la mise en place d’un mécanisme et 48,5 % qui eurent été nécessaires13. des administrations locales16.de ristournes du pool 5 vers les régimes de C’est grâce à l’application de « mécanismes - Les bonis d’allocations familiales : ilpension prenant en charge ces pensions correcteurs » que ces taux ont pu être s’agit, d’une part, du surplus des cotisa-antérieures au 1er avril 2001 afin d’assurer contenus. tions de sécurité sociale de 5,25 % perçues,la neutralité de la réforme pour les pou- De l’application de ces taux moindres, en après paiement des prestations familialesvoirs locaux. Cet objectif de neutralité n’a sont résultés des déficits pour les pools 1 et dues en vertu de la loi aux ayants droit detoutefois pas été atteint (distorsion entre, 2 qui durent être comblés par des réserves l’ONSSAPL et, d’autre part, des produitsd’une part, les taux applicables aux pools (v. tableaux 2 et 3). financiers ou intérêts de l’excédent précité Tableau 1 - Evolution des taux de cotisation pool 1, 2 et 5 de 1997 à aujourd’hui Pool De 1997 à 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 1 27,5 % 27,5 % 27,5 % 27,5 % 27,5 % 27,5 % 30 % 32 % 2 27,5 % 29,5 % 32,5 % 34,5 % 34,5 % 34,5 % 37 % 40 % 5 27,5 % de 2002 (création du pool) à 2011 Tableau 2 - Déficit Pool 1Année 2007 2008 2009 2010 2011Déficit (en millions d’euros) 28,6 91 81 81 (estimation) 90 (estimation)Mode de couverture du déficit Utilisation d’une partie du Fonds d’égalisation14 Réserves pool 1 Réserves pool 1 Réserves pool 1 Réserves pool 1 Tableau 3 - Déficit Pool 2Année 2007 2008 2009 2010 2011Déficit (en millions d’euros) 318,7 (déficit cumulé jusque 2007) 125 141,1 133 (estimation) 131 (estimation)Mode de couverture du déficit Utilisation du Fonds d’égalisation (13,07 % sur le pécule de vacances, v. ci-après). NOVEMBRE 2011 N°862 MOUVEMENT COMMUNAL 19
  • 9. Journées d’étude Tableau 4 - Taux escomptés en l’absence de réforme Pool 2012 2013 2014 2015 2016 1 41 % 41,33 % 43,44 % 45,44 % 47,33 % 2 51,5 % 64,10 % 70,33 % 76,55 % 82,76 % Tableau 5 - Taux de cotisation de base avec la réforme Cette solidarité se traduit en outre par l’ap- PL de l’ex-pool 3 et 4 Zones de police plication d’un taux de cotisation de base Ex-pool 1 Ex-pool 2 qui s’affilient23 locale qui sera commun à l’ensemble des pou- voirs locaux d’ici 2016 (voy. le tableau 5). 2011 (32 %) (40 %) (27,5 %) Par la même occasion, un pool unique sera 2012 34 % 41 % 34 ou 41 % 31 % créé afin de permettre une meilleure maî- 2013 36 % 41 % 36 ou 41 % 34 % trise des hausses de cotisation. A noter que 2014 38 % 41 % 38 ou 41 % 37 % l’ex-pool 5 (policiers) sera scindé : les poli- 2015 40 % 41 % 40 ou 41 % 40 % ciers locaux intégrant le pool unifié, tandis 2016 41,5 % 41,5 % 41,5 % 41,5 % que les policiers fédéraux demeurent iso- lés afin d’assurer au niveau fédéral qu’il ne Tableau 6 - Illustration du mécanisme de responsabilisation à 50 % paiera que le taux réel de cotisation. Une fois atteint le « régime de croisière »21, Illustration : soit une administration X, présentant une masse salariale de 1 000 000 d’euros et une charge de pension de 400 000 euros en 2012 ; avec un taux de base de 34 % (ex-pool 1) et un taux de la fixation des taux de base devrait être responsabilisation de 50 %, on arrive au résultat suivant : opérée de façon à ce que les pouvoirs Masse salariale : 1 000 000 d’euros locaux disposent d’une prévisibilité à trois, Charge pension : 400 000 euros (taux propre qui devrait être appliqué est donc = 40 %) Cotisation de base : 1 000 000 x 34 % = 340 000 euros voire même six ans. Ainsi, le taux de base Responsabilisation : (400 000 – 340 000) x 50 % = 30 000 euros qui sera applicable en 2017 sera fixé dès Charge pension à payer : 340 000 + 30 000 euros = 370 000 euros au lieu de 400 000 euros 2014. En 2014 seront également communi- Au total, l’administration locale paiera un taux de 37 % au lieu de 40 %. qués, mais à titre indicatif, les taux de base 2018, 2019 et 202022. et du Fonds de réserve des allocations un équilibre financier annuel, moyennant L’évolution, à la hausse, du taux de cotisa- familiales17. la combinaison de deux principes complé- tion de base est en outre prévue pour ne - Chaque pool solidarisé dispose, en théo- mentaires : la solidarité et la responsabili- pas dépasser le coût du vieillissement. rie, d’un fonds propre de réserve alimenté sation individuelle. La responsabilisation individuelle par les excédents de cotisations et aug- Les taux de cotisation résultant des prin- - Sur la base de la charge de pension menté des intérêts y afférant. En pratique, cipes ici évoqués étant atténués par l’appli- individuelle seul le pool 1 a pu se constituer, au fil du cation de mécanismes correcteurs. La charge de pension individuelle qui ne temps, un tel fonds de réserve18. La solidarité peut être financée par le taux de base fera - Les « ristournes police » constituent éga- Une affiliation généralisée est recher- l’objet d’une facture supplémentaire, à lement un mécanisme correcteur permet- chée : les pouvoirs locaux déjà affiliés un taux de 50 %. Nous présentons dans le tant de limiter l’augmentation des taux des à l’ONSSAPL ne peuvent faire marche tableau 6 une illustration de ce mécanisme. pools 1 et 2 : nous l’avons évoqué ci-dessus. arrière et les pouvoirs locaux des anciens Sur base des données actuellement dis- L’évolution du régime pools 3 et 4 sont incités à s’affilier (reprise ponibles, il semblerait que 495 pouvoirs En l’absence de réforme, une hausse de leur charge de pension à concurrence locaux sur 1 236 relevant de l’ex-pool 1 importante des taux de cotisation était du taux de cotisation pension de base seraient concernés par cette cotisation de attendue (voy. le tableau 4). payé l’année d’affiliation et non à concur- responsabilisation, tandis que l’ensemble De tels taux ne pouvaient être supportés rence du taux qui serait théoriquement des pouvoirs locaux de l’ex-pool 2 devraient par les autorités locales19, d’autant que nécessaire pour couvrir les dépenses en payer une, en fonction de leur situation les mécanismes correcteurs - qui s’ame- pension - avec majoration maximale de individuelle. nuisent rapidement - ne pourraient plus 7,5 % 20, conservation de leurs réserves, La facture totale de responsabilisation contenir efficacement leur augmenta- application du taux de cotisation de base pour 2012 devrait être fixée, par le comité tion. Une réforme d’envergure, permet- applicable à l’ex-pool 1, sauf si leur propre de gestion de l’ONSSAPL, après la clô- tant d’assurer un équilibre budgétaire à taux est égal ou supérieur à 41 % en 2012 - ture des comptes 2012. Le paiement de long terme, se devait d’être mise en place dans ce cas, paiement du taux applicable cette responsabilisation par les différentes rapidement. aux pouvoirs locaux de l’ex-pool 2, main- administrations concernées n’intervien- tien de la possibilité de gestion par l’insti- drait donc qu’en 2013. Les tentatives de réponse tution de prévoyance, séances d’informa- - Sur la base d’un rattrapage de cotisations apportées par la loi tions organisées par l’ONSSAPL, mesures versées à l’ONSS Le nouveau mécanisme de financement d’accompagnement individuelles éven- Le système actuel de calcul de la pen- doit permettre d’atteindre et de maintenir tuelles si la nécessité en est démontrée). sion statutaire, non remis en cause par la20 MOUVEMENT COMMUNAL N°862 NOVEMBRE 2011
  • 10. DOSSIERloi, implique qu’un agent contractuel qui constituant le nouveau pool fusionné etvient à être nommé se verra octroyer une permettra d’appliquer une déduction surpension statutaire pour l’ensemble de sa la charge de pension totale.carrière (“back services”). Or, ces années A titre d’illustration, le tableau 7 reprendcontractuelles n’ont été financées que par un état des réserves résiduaires (réservesdes cotisations de 16,36 % (8,86 % en part affectées et une partie des réserves nonpatronale et 7,5 % en part personnelle) au affectées) au 31 décembre 2011.lieu des 27,5 à 40 % requis en régime public C’est au Gouvernement qu’il reviendra dede 1997 à 2011. Ce différentiel de cotisa- déterminer, sur proposition du Comité detion, qui n’est pas comblé, constitue, aux gestion de l’ONSSAPL, la part des réservesdires mêmes de la Cour des Comptes24, un qui sera utilisée annuellement pour dimi-transfert de charge du secteur privé vers le nuer le taux de base et/ou ou le taux desecteur public. responsabilisation.Afin de tenter de répondre à ce transfert - Les réserves non affectéesde charge, la loi prévoit un mécanisme Certaines réserves non affectées (montanten vertu duquel toute nomination consi- estimé entre 275 et 300 millions d’euros)dérée comme tardive entraînera le paie- pourraient, moyennant l’adoption d’unment d’une « contribution de régularisa- arrêté royal, être utilisées. Sont visés lestion » par l’autorité locale statutarisant un bonis, allocations familiales pool 4 et 5, les LES ÉLÉMENTScontractuel qu’elle occupe depuis plus intérêts sur bonis non encore répartis etde cinq ans (à noter que la contribution la retenue sur le pécule de vacances 1993de régularisation ne portera que sur les (intérêts inclus).années postérieures à cette période decinq ans). Nous reviendrons par la suite CONTESTABLES Ces réserves seraient utilisées pour dimi- nuer en partie le taux de base et en partiesur ce mécanisme (voy. infra).L’application de mécanismes DE LA RÉFORME pour aider certains pouvoirs locaux à payer une partie de leur facture de responsa-correcteurs- Le Fonds de réserve de l’ex-pool 1 ONT ÉTÉ AJOUTÉS bilisation (selon des modalités encore à déterminer). AU PROJETConstituées par les administrations locales La situation spécifique des hôpitauxs’étant inscrites au plus tôt dans un régime Le Conseil des Ministres du 20 juilletsolidaire, il nous semblait indispensable dernier a décidé qu’un groupe de travailque ces réserves propres demeurent dédi- serait mis sur pied afin de réfléchir auxcacées aux pouvoirs locaux de l’ex-pool 1. dans les comptes définitivement clô- moyens permettant de neutraliser l’im-Ce principe est entériné par la loi. turés et approuvés de l’ONSSAPL au pact de la hausse des taux de cotisation- Les réserves affectées 31 décembre 2011. pour les hôpitaux relevant de l’ONSSAPL.La loi crée un « Fonds d’amortissement Ce fonds est entre autres constitué du boni La recherche de solutions ne serait pasde l’augmentation des taux de cotisa- allocations familiales et de la retenue de axée sur le domaine des pensions, maistion pension », auquel sont transférées 13,07 % sur le (double) pécule de vacances. serait prise sous l’angle d’une révisiontoutes les réserves autres que les réserves Le produit de ce fonds sera utilisé au du budget des moyens financiers despropres du pool 1 qui sont enregistrées profit de l’ensemble des pouvoirs locaux hôpitaux. Tableau 7 - Etat des réserves 2009-2011 Estimation des réserves 2011 Etat des réserves Estimation des après régularisation Fin 2009 fin 2009 Variation 2010 Variation 2011 réserves fin 2011 comptableRéserves Pool 1 613 413 601 -59 649 294 -117 105 828 436 658 479 436 658 479Pool 2 -266 077 363 -162 502 990 -139 538 086 -568 118 439 0Boni A. F Pool 4 142 079 730 12 129 055 0 154 208 785 154 208 785Boni A. F Pool 5 79 129 969 11 753 752 0 90 883 721 90 883 721Fonds égalisation 362 114 336 85 804 059 62 010 932 509 929 327 0Boni A. F à répartir 65 816 831 5 923 727 0 71 740 558 71 740 558Intérêts sur boni A. F non répartis 65 037 832 5 555 793 0 70 593 625 12 404 513Total 1 061 514 936 -100 985 898 -194 632 982 765 896 056 765 896 056 (source : Cabinet du Ministre des Pensions) NOVEMBRE 2011 N°862 MOUVEMENT COMMUNAL 21
  • 11. Journées d’étude Position de l’Union des Villes et d’atténuer la progression des taux de coti- contractuels subventionnés. Nommer ces Communes de Wallonie sations (cf. l’évolution de 41 à 47 % pour le agents entraînerait nécessairement une La mise en place d’un mécanisme quali- pool 1 de 2012 à 2016 sans réforme, et de perte de subsides et une perte de l’avan- fié de solidarité responsable était indis- 51,5 à 83 % pour la même période pour le tage non négligeable de la diminution de pensable : sans celui-ci le régime de pool 2). cotisations sociales (économie de près de pension publique locale allait rapide- Il est cependant difficile, actuellement, de 23 % de cotisations ONSS). ment devenir impayable. C’est donc avec déterminer avec certitude le montant qui Cette perte d’avantage en termes de coti- satisfaction que nous pouvons constater sera réclamé à chaque autorité locale prise sation peut être chiffrée assez aisément : avoir été suivis dans l’adoption de ces individuellement, dès lors que des factures pour un salaire moyen de 2.500 euros principes de base. Il en va de même de supplémentaires liées à leur attitude indi- bruts/mois, la nomination d’un contrac- l’introduction, dans la loi, de la récu- viduelle seront engendrées. tuel APE entraînerait un surcoût en charge pération des réserves constituées dans Les données - globalisées - actuellement salariale de quelque 850 euros par mois le cadre d’un second pilier de pension connues permettent d’estimer les surcoûts pour l’employeur local. contractuelle en cas de nomination de liés au taux de base à25 : Ce surcoût ne concerne pas que les l’agent contractuel, et ce, au profit du 30 millions d’euros pour le pool 1 contractuels subventionnés : le même régime de pension statutaire. 15 millions d’euros pour le pool 2 exercice met en évidence un surcoût de Toutefois, vu le calendrier serré et le 35 millions d’euros pour la composante 225 à 275 euros par mois pour la nomina- contexte politique (affaires courantes) locale du pool 5. tion d’un contractuel « pur ». dans lesquels s’est inscrite cette réforme, Ces estimations ne tenant pas compte des Il ne nous semble donc pas judicieux de le Cabinet du Ministre des Pensions et factures individuelles de responsabilisa- faire peser sur les autorités locales le coût l’ONSSAPL n’ont pas accepté d’ouvrir le tion, il nous paraît indispensable que les de ce différentiel de cotisations dès lors débat sur des éléments autres que le strict autorités locales soient tenues informées que l’engagement et le maintien au tra- mécanisme de financement : outre un le plus rapidement possible du montant vail de ces travailleurs répondent au souci ensemble de mesures liées au mode de exact de leur facture pension. constant des pouvoirs locaux de mener à calcul de la pension publique et aux condi- Sur le mécanisme de contribution bien les missions qui leur sont imposées tions d’octroi de celle-ci, il nous semblait de régularisation (couverture par les autorités supérieures dans une pourtant indispensable de réfléchir à l’ins- du différentiel de cotisations sur optique d’indispensable maîtrise des coûts tauration d’une réforme d’envergure, per- les nominations « tardives ») afin, selon les cas, de respecter un plan de mettant d’aboutir à la mise en place d’une Outre le fait qu’il ne répondrait qu’impar- gestion ou tout simplement d’assurer le pension mixte. Nous n’avons pas été suivis faitement à la remarque de la Cour des maintien d’un service optimal au public. sur ce point. Au contraire, des éléments Comptes (le transfert de charge du secteur Bien plus, ce mécanisme, qui viserait à de la réforme qui nous paraissent contes- privé vers le secteur public demeure, si ce considérer comme tardive toute nomi- tables ont été ajoutés au projet (absence n’est que désormais ce n’est plus le régime nation survenant seulement après cinq d’intervention du Fédéral dans le surcoût solidarisé dans son ensemble qui subit années d’engagement contractuel avec police et prise en charge du différentiel ce transfert de charge, mais les autorités une pénalité à la nomination à la clé nous de cotisations par les autorités locales). locales individuellement), ce nouveau paraît constituer un frein à la nomination Ces éléments devraient à notre sens faire mécanisme tient-il parfaitement compte de nombreux agents26. l’objet d’amendements. de la réalité du terrain ? Nous ne le pen- Sur la hausse des taux de cotisations Sur le nouveau mécanisme en général sons pas. applicables aux zones de police locale Le nouveau mécanisme mis en place, Pour l’ensemble des pouvoirs locaux La nouvelle composition du pool soli- alliant solidarité et responsabilité permet wallons, 33 % des contractuels sont des darisé, en isolant la police fédérale, a un22 MOUVEMENT COMMUNAL N°862 NOVEMBRE 2011
  • 12. DOSSIERimpact sur le niveau local et entraîne une carrière, etc.), à l’octroi de subsides et/ou pension du secteur privé pour les annéeshausse des cotisations applicables aux de réductions de cotisations sociales lié au prestées en qualité de contractuel et unezones de police. Cette hausse de cotisa- seul engagement contractuel ; pension publique locale pour les annéestions, qui était prévisible, est précipitée - l’outil informatique fédéral permettant de en qualité de statutaire, cette solution nouspar ce parti pris de la loi consistant à ne réaliser des simulations à plus long terme paraissant la plus durable compte tenu depas faire intervenir le niveau fédéral dans en matière de pensions devrait être rendu la problématique du vieillissement de lale coût de cette augmentation. accessible aux autorités locales. population et de la création de charge pen-Nous estimons que, à l’instar de ce qui Par ailleurs, une réforme plus globale sion supplémentaire résultant automati-devra être mis en place pour aider les devrait mettre en place un mécanisme de quement de la nomination de personnelhôpitaux publics à faire face au surcoût pension mixte, impliquant l’octroi d’une supplémentaire.pension via une réforme du budget desmoyens financiers, une intervention del’autorité fédérale est indispensable pour 1 Voy. Projet de loi assurant un financement pérenne des 14 A.R. 10.11.2009 pris en exécution de l’art. 10, par. 1er, al. 3accompagner les zones de police qui font pensions des membres du personnel nommé des adminis- L. 6.8.1993 rel. aux pensions du personnel nommé des admi- trations provinciales et locales et des zones de police locale nistrations locales, M.B. 23.11.2009.face à cet important surcoût (la définition et modifiant la L. 6.5.2002 portant création du fonds des pen- 15 A.R. 10.11.2009 pris en exécution de l’art. 10, par. 1er, al. 3de critères spécifiques, dont un critère sions de la police intégrée et portant des dispositions parti- L. 6.8.1993 rel. aux pensions du personnel nommé des admi- culières en matière de sécurité sociale et contenant diverses nistrations locales, M.B. 23.11.2009 et A.R. 8.7.2011 pris encharge du personnel-pension pourrait dispositions modificatives, Doc. parl., Ch. repr., sess. Ord. exécution de l’art. 10, par. 1er, al. 3 L. 6.8.1993 rel. aux pen- 2010-2011, n°1770 devenu L. 24.10.2011, M.B. 3.11.2011.être intégrée dans la dotation fédérale aux 2 sions du personnel nommé des administrations locales pour L. 6.8.1993 rel. aux pensions du personnel nommé des admi- les années 2008 et 2009, M.B. 25.7.2011.zones de police, dotation qui évoluerait nistrations locales, M.B. 17.9.1993. 16 Comme le soulignent J. Gysen et R. Janvier dans leur ouvrageen fonction des surcoûts attendus et ne 3 A noter que les administrations locales des pools 1 et 2 Payabilité des pensions des fonctionnaires (locaux) – Existe- peuvent également confier à une institution de prévoyance le t-il des solutions ?, Bruxelles, Politeia, 2009, p. 56, la Courconstituerait pas une enveloppe fermée). paiement des cotisations pensions (le paiement des pensions d’Arbitrage a eu l’occasion de se prononcer sur le caractèreSur le calcul de la pension publique étant toujours assuré par le SdPSP) : on parle dans ce cas de non discriminatoire de l’intervention du Fonds d’égalisation pool 1 bis et pool 2bis. Enfin, les administrations locales au seul bénéfice des administrations des pools 1 et 2 alorsLa loi porte uniquement une réforme du ayant une convention avec une institution de prévoyance que les retenues sont opérées sur le pécule des agents desystème de financement des pensions sta- peuvent décider de s’affilier au régime solidarisé tout en l’ensemble des pouvoirs locaux dès lors que ce mécanisme maintenant la mission de paiement de pension à l’institution se fonde sur un critère objectif, découlant de l’adhésion detutaires, sans aborder la question du mode de prévoyance. Les cotisations ne devant d’ailleurs même ces pouvoirs locaux à un régime de solidarité : voy. C. Arb.,de calcul et des conditions d’octroi des- plus transiter par l’ONSSAPL : on parle dans ce cas d’un pool 4.4.1995, arrêt n° 29/95. 2ter. 17 Pour plus de détails sur le sujet, v. J. Gysen et R. Janvier, op.dites pensions. 4 Nouvelles affiliations opérées à des conditions plus avanta- cit., pp. 58-59.Nous estimons qu’une série de mesures geuses que celles qui auraient prévalu s’il s’était agi de s’affi- 18 Environ 440 millions d’euros fin 2011. lier au pool 1.devraient être prises afin de maîtriser 5 19 Comme le souligne fort à propos l’exposé des motifs du pro- Notons d’ores et déjà que, indirectement, les administra- jet de loi « Une augmentation si brusque est totalement contredurablement les dépenses de pensions du tions du pool 1 ont quand même dû supporter ces charges nature dans des régimes de répartition. Une augmentationsecteur public local. supplémentaires dès lors que le Fonds d’égalisation (nous de 9 % pour le pool 1 (actuellement à 32 %) et 11,5 % pour le reviendrons sur cette notion) dû être utilisé au profit quasi- pool 2 (actuellement à 40 %) en à peine trois mois constitueAinsi, diverses dispositions pourraient être exclusif du pool 2 pendant plusieurs années, ce qui entraîna un effort budgétaire que la plupart des communes, dont beau- la nécessité d’utiliser le Fonds de réserve du pool 1 pour ten-prises : ter d’amortir la hausse des taux de ce même pool, plutôt que coup connaissent déjà des difficultés, ne seront pas capables de supporter.- l’âge effectif du départ à la pension doit d’utiliser le Fonds d’égalisation de façon équilibrée entre les Le caractère imprévu d’une dépense nouvelle aussi élevée les 2 pools.être amélioré : des incitants (aménage- 6 mettra dans l’impossibilité de trouver des nouvelles recettes L. 6.5.2002 portant création du Fonds des pensions de la pour couvrir cette dépense.ments de fin de carrière,…) devraient police intégrée et portant des dispositions particulières en matière de sécurité sociale, M.B. 30.5.2002. Une coupe sombre dans les budgets communaux qui sontencourager au maintien au travail ; déjà actuellement sollicités par d’autres mesures d’économies 7 Le caractère mixte de ce pool le soustrayant de facto à la ges-- la règle de détermination des années tion de l’ONSSAPL. ne pourrait que causer une dégradation importante des ser- vices offerts à la population par les communes, hypothéquerprises en compte pour le calcul de la pen- 8 A noter toutefois l’instauration d’une période transitoire du des projets, retarder le paiement de factures des fournisseurssion de statutaire devrait être revue : plutôt 1.4.2001 au 31.12.2002 pendant laquelle les cotisations conti- voire entraîner dans certains cas extrêmes des mises en chô- nuèrent d’être transférées aux régimes de pensions auxquels mage ou des licenciements de certains membres du personnelque de prendre en compte les cinq der- étaient affiliés les policiers avant la réforme. contractuel.nières années de carrière, une période plus 9 Une correction de cet écueil de la réglementation a été Le recours à l’emprunt ou à des prêts pour couvrir l’augmen- apportée par la L. 25.4.2007 rel. aux pensions du secteur tation des cotisations alourdirait encore la charge budgétaireétendue pourrait être envisagée ; public (M.B. 11.5.2007), mais ce mécanisme correctif a été pour l’administration provinciale ou locale. »- une concertation entre le niveau fédéral introduit sans effet rétroactif et donc pour la première fois au 20 On met ainsi fin à l’incitant à l’affiliation qui avait cours solde disponible pour l’année 2007. jusqu’à présent et qui, générant un coût budgétaire certain, aet les entités fédérées devrait être mise 10 Sur la conformité du mécanisme de ristourne aux art. 10 et participé au déficit du pool 2.en place pour répondre durablement à 11 de la Constitution combinés ou non avec l’art. 1er du Pre- 21 C’est-à-dire après 2016, les taux jusqu’à 2016 étant directe- mier Protocole additionnel à la Convention de sauvegardela problématique des freins à la nomina- des droits de l’homme et des libertés fondamentales, voy. ment fixés par la loi. 22 Le taux de base d’une année N étant donc définitivement fixétion, en tenant compte des compétences C.E., Ville de Bruxelles c. ONSSAPL, 28.6.2011, n°214.226 et à l’année N-3. C. Const.128/2008 du 1.9.2008.de chaque niveau de pouvoir : nous pen- 11 Sur la problématique du vieillissement, voy. le Rapport 23 Selon que la charge de pension est inférieure ou égale/supé-sons notamment à la lourdeur de la pro- annuel du Comité d’étude sur le vieillissement du Conseil rieure à 41 %. supérieur des Finances, juin 2011, téléchargeable sur le site 24 Cour des Comptes, Transfert de cotisations pension du sec-cédure disciplinaire, à la problématique du Bureau du Plan à l’adresse suivante : http://www.plan.be/ teur privé au secteur public, Rapport transmis à la Chambrede l’accumulation des congés de maladie admin/uploaded/201107120843500.Rapport_CEV_FR. pdf des Représentants, Bruxelles, juillet 2008.en fin de carrière, à la difficulté d’attirer 12 Ne sont pas visés les pools 3 et 4 qui ne constituent pas un 25 Source : Cabinet du Ministre des Pensions. régime solidaire, cf. supra. La constance du taux applicable 26 La possibilité, prévue par le projet de loi, de payer cette- et de conserver - les talents au sein des au pool 5 a quant à elle été expliquée précédemment. facture de responsabilisation « bis » au moyen des réservespouvoirs locaux (échelles barémiques peu 13 Le pool 5 lui-même aurait connu de prochaines hausses constituées dans le cadre d’un (éventuel) second pilier ne de taux, par l’arrivée progressive de policiers à l’âge de la nous semble constituer qu’un pis-aller bien insuffisant.flexibles, impact insuffisant de l’évaluation retraite et l’augmentation corrélative d’une charge de pen-des agents sur leur rémunération et leur sion jusqu’ici fort limitée. NOVEMBRE 2011 N°862 MOUVEMENT COMMUNAL 23
  • 13. Journées d’étude ANCRAGE COMMUNAL DU LOGEMENT de réalisations issues de cette program- mation. La parole était ainsi notamment donnée à Maggy Yerna, Echevine du Loge- les facteurs clés ment à la Ville de Liège, et Michel Boulan- ger, Directeur technique au « Logis social de Liège », ainsi qu’à Gérard Lemaire, Bourgmestre de Braine-le-Château, et Pol du succès Rochefort, Directeur-gérant de « Le Roman Païs ». Plus tôt dans la journée, c’est pourtant à une brève présentation des objectifs attendus par la Région, et envisagés tant au sein de la ALAIN DEPRET SECRÉTAIRE DE RÉDACTION future réforme du Code wallon du logement qu’au travers de ladite circulaire, que l’on a pu assister. Bernard Monnier, Chef de Cabi- Les programmes communaux de logement, qui constituent net adjoint du Vice-Président et Ministre du la transposition effective des déclarations de politiques Développement durable et de la Fonction publique, est ainsi venu débattre des enjeux communales du logement, sont l’outil de base de la mise en et perspectives de la politique du logement oeuvre de la politique du logement. En effet, pour exercer en Région wallonne, tandis que Guido Van pleinement leurs responsabilités d’acteurs-clefs du logement Geem, Directeur à la DGO4, nous présentait les programmes communaux en pratique. au service des citoyens, les décideurs et acteurs locaux doivent Quant à la politique du logement à l’éche- pouvoir anticiper les besoins futurs de leur territoire en ces lon local, c’est Jacques Gobert, Président matières. Ces programmes sont devenus, au fil des ans, un des de l’Union des Villes et Communes de moyens essentiels pour mener à bien une politique du logement Wallonie, qui, tout naturellement, en parle le mieux. « Il y a un préalable indispen- au sein des communes et de la Région. Bien qu’ancrés au sable », a-t-il ainsi déclaré. « Il faut repenser niveau local, cette stratégie et son programme de mise en les fondamentaux régissant le Code wallon œuvre s’inscrivent dans un cadre régional permettant une du logement. Procédure, financement, attri- bution, tutelle, tous les aspects devaient en cohérence globale des actions locales. Les objectifs de cette être revus pour parfaire le soutien aux opé- politique sont notamment transposés dans la circulaire relative rateurs dans le double objectif-clé poursuivi au programme communal d’actions. par l’UVCW : l’équilibre financier du secteur du logement social et la mixité sociale au sein des quartiers. Au regard des 8 000 logements L E CARREFOUR LOGEMENT DE et de la Fonction publique en charge de programmés sur les deux derniers ancrages, l’Union des Villes et Communes l’Energie, du Logement et de la Recherche de nombreuses difficultés de mise en œuvre de Wallonie édition 2011 (29 sep- et en collaboration avec la DGO4, propo- sont en effet apparues. Parmi celles-ci, la tembre à Wépion), avec le soutien sait d’analyser, par le biais d’expériences lenteur dans la délivrance des permis, la du Ministre du Développement durable concrètes et locales, la mise en oeuvre complexe application des marchés publics24 MOUVEMENT COMMUNAL N°862 NOVEMBRE 2011
  • 14. DOSSIER Débat - À chacun sa clé La journée s’est terminée par un panel de discussion animé par Paul Piret, journaliste à La Libre Belgique, autour du thème des clés pour un ancrage réussi. Moyens financiers, supracommunalité, bassins de vie, tension immobilière et timing : autant de sujets qui n’ont pas manqué d’alimenter une discussion longue mais passionnante. Le point avec quelques extraits des interventions de chacun des orateurs. André Bouchat, Député-Bourgmestre de Marche-en-Famenneet leur contrôle. Mais aussi l’insuffisance de « Pour moi, les communes qui sont concernées par la problématique dufinancement, la carence de moyens humains logement social sont déjà prêtes pour l’ancrage communal. L’ancrage vitau sein des opérateurs, le déficit de forma- donc une certaine continuité. Par contre, la notion des noyaux urbainstion… Face à ces constats, la réforme du doit être définie rapidement, en quelques jours si l’on veut respecter lesCode initiée par le Ministre du Logement, délais qui sont imposés. C’est inadmissible parce que les villes évoluent,dans son approche multifocale et ses mul- parce qu’elles grandissent et qu’on nous demande de mener un travail detiples mesures, nous semble porter les germes fond en moins d’un mois…annonciateurs d’une réponse adéquate ». Je suis pour un remodelage au-delà des frontières communales. Je plaide ainsi pour queC’est alors que le Président a évoqué, selon des conventions soient existantes entre les communes. Je préfèrerais qu’on puisse veiller aului, les trois objectifs majeurs de la réforme, bien-être de la population par des conventions assorties de cadres définis par le pouvoirla collaboration accrue entre acteurs, la régional wallon. S’il n’y a pas d’encadrement des loyers dans le privé, le logement socialmotivation pour réussir et les moyens sera malheureusement condamné à court terme. Tout cela doit se faire dans le cadre de lanécessaires pour y arriver : « La complexité réflexion par bassin de vie…de la politique du logement, dans son Pour réussir l’ancrage, il faut d’abord une volonté politique très ferme. Ce n’est pas le casapproche et sa concrétisation, et l’ampleur dans toutes les communes, malheureusement. Mais une volonté politique qui doit s’affirmer,des défis nécessitent l’implication active c’est aussi considérer que les communes ont un rôle important à jouer. Il faut donc encoura-et solidaire de nombreux partenaires, au ger les communes à s’impliquer dans le logement public. Il y a trop de rigidité dans la loi etsavoir-faire riche et aux complémentarités dans la tutelle. Le moment est donc venu d’aller vers beaucoup plus de souplesse et de saisirindiscutables. Meilleure sera la collabora- les opportunités. La société connaît des hausses de loyers qui n’ont rien de commun avection, meilleure sera la réponse aux besoins l’augmentation des salaires. Nous en sortirons si l’on parvient à fixer un loyer de référenceet attentes de nos concitoyens, tant en termes par bassin de vie ».qualitatifs que quantitatifs. Dans ce cadre, le Philippe Defeyt, Président du CPAS de Namurrassemblement de nombreux acteurs locaux « Je pense qu’il est important de débattre sur la répartition des logementsdu logement au sein de l’Union a permis de publics ou assimilés, ou tout ce qui concerne l’ancrage communal. On saitfavoriser les rencontres et la connaissance que les questions de pauvreté sont inégalement distribuées entre les com-réciproque. La multiplication des contacts, munes, et entre quartiers d’une même commune. Ces paramètres doiventdans une dynamique de fertilisation croisée, être pris en compte et les communes doivent donc faire des choix en termesvéritable ADN de l’Union, agit comme un de localisation géographique pour tout ce qui concerne la politique ducatalyseur précieux qui porte ses premiers logement…fruits. Les communes doivent également La question du logement public est extraordinairement large. Dès que l’ontravailler de concert, unir leurs forces. Enfin, sort des cadres habituels, il faut multiplier le nombre des acteurs. Certainscette collaboration doit se nouer entre tous les autres acteurs peuvent jouer un rôle dans ce remodelage territorial. Je pense, par exemple,acteurs publics, en ce compris les organismes aux problèmes des maisons de repos. Il n’est pas rare que des communes d’un centre urbainde tutelle. A cet égard, la volonté régionale n’investissent pas dans des maisons de repos et laissent aux centres urbains le soin de s’ende créer une équipe pluridisciplinaire réu- charger. Il faut, à mon sens, alors être plus directif. Il y a des impératifs généraux qui doiventnissant SWL et DGO4 pour aider les opéra- s’imposer aux communes…teurs dans l’élaboration de leurs documents,notamment liés aux PPP, est une initiativequi va en ce sens ».Ecueil cependant, une véritable questionà laquelle une réflexion par bassins de vie NOVEMBRE 2011 N°862 MOUVEMENT COMMUNAL 25
  • 15. Journées d’étude Les moyens financiers manquent, c’est certain. Mais, il y a quand même quatre solutions possibles. D’abord, la question de la hauteur des loyers dans le logement public devra se poser, surtout lorsque les écarts avec le secteur privé deviennent à ce point importants. Il faut aussi rappeler que tout est bon pour faire baisser la tension immobilière. Tout ce qui peut contribuer à faire baisser cette tension, parfois à moindre coût, est donc le bienvenu. Troi- sièmement, je pense qu’il y a une marge d’innovation extraordinaire à la fois industrielle et de logement qui, en Wallonie, est sous-exploitée. Enfin, il faudra peut-être autoriser les communes et les CPAS à avoir une plus grande souplesse patrimoniale. Par contre, en termes d’allègement des tutelles, il y a encore pas mal de choses à faire ». Bernard Monnier, Chef de Cabinet adjoint du Vice-Président et Ministre du Développement durable et de la Fonction publique « Le temps que l’on nous donne pour réaliser un bon ancrage, pour bien le préparer, est un peu à la mesure des moyens financiers qui seront dis- UN SEUIL ponibles. Il y a, d’une façon générale, un manque de moyens pour réaliser les objectifs que nous voudrions rencontrer. Il faut compter que dans le MINIMAL DE 10 % courant du mois de février, l’administration sera en mesure de remettre au Ministre une proposition. Et puis, le Ministre va proposer au Gouver- DE LOGEMENTS PUBLICS POSE nement l’ensemble du programme. Nous serons donc sans doute en mars pour finaliser un programme 2012-2013… PROBLÈME Le Gouvernement a approuvé, fin du mois d’août, la création d’un centre d’études en habi- tat durable qui aura notamment pour mission de mener une nouvelle enquête en ce qui concerne la qualité de l’habitat en Région wallonne. Une autre de ces missions sera de travailler rapidement à l’élaboration des bassins de vie. Cela sera le résultat d’une bonne pourrait sans doute répondre : « En raison collaboration avec l’ensemble des acteurs, avec, pour objectif, d’être prêts pour l’ancrage de leur réalité plurielle, nous avons toujours communal prochain… considéré que fixer un seuil minimal de 10 % La clé de la réussite : la créativité, selon moi. Soyons fiers de notre parc de logements publics ! de logements publics, pour chaque commune Cela va peut-être permettre de donner une autre image du logement public et donc conduire wallonne, posait question, sinon problème. les communes à mieux s’investir ». Les entités rurales ou décentrées ne peuvent Guido Van Geem, Directeur à la DGO4 être comparées aux villes, aux pôles écono- « Je crois qu’on a un peu trop sollicité les SLSP ces dernières années. Il y a miques, sociaux ou culturels. L’adéquation une série de changements législatifs qui ont amené les SLSP à saturation. entre l’offre et la demande induit de facto des Elles doivent donc faire preuve d’un dynamisme très grand compte tenu seuils différents. En conséquence, si l’adop- du timing relativement court. C’est vrai qu’il y a une certaine lassitude par tion d’un seuil reste nécessaire pour une rapport aux charges de plus en plus grandes. On verra si elles font preuve lutte efficace contre le mal-logement, il doit d’un dynamisme suffisant pour pallier cette grosse fatigue… impérativement être déterminé au regard Quand il y a une réelle volonté communale de réussir l’ancrage, il n’y a des spécificités locales, et non abstraitement, pas de raison d’être sanctionné. Mais il y a toujours quelques communes à l’échelle de l’ensemble des communes. La récalcitrantes. La difficulté, pour le Gouvernement, sera de faire la part notion de bassins de vie doit être intégrée des choses de manière à répartir la charge sociale de manière équitable. Voici le vrai débat : dans cette analyse. L’Union restera extrê- placer le curseur entre liberté locale et sanction. Nous pourrions ainsi donner des bonifica- mement attentive aux projets de partena- tions aux opérateurs dynamiques, étendre à une plus grande échelle le volet bonification riat public-public en leur sein. Cette notion aux communes… supracommunale, à notre sens plus apte à Pour moi, la clé d’un bon ancrage, au niveau communal, est la réunion de concertation, à répondre aux objectifs de création de loge- condition qu’elle ait été préparée suffisamment tôt par tous les acteurs et tous les opérateurs. ment publics, recèle bien des promesses ». C’est là que l’on peut décider et voir tout ce que l’on peut mettre en commun, tout ce que l’on Les acteurs désireux d’aller de l’avant, peut faire grâce aux partenariats, au lieu de réfléchir chacun pour soi. C’est le moment clé doivent être encouragés, soutenus dans pour un ancrage réussi ». leurs initiatives. Les impulsions régionales et la réforme du Code du logement en cours d’adoption, ont dans cette optique un rôle moteur à jouer, en évitant toutefois certains écueils. Le Président de l’Union s’interroge donc : « Quelle est l’opportu- nité du mécanisme de sanction envisagé pour les communes qui ne s’impliqueraient pas activement dans l’ancrage. Le Conseil d’administration de l’Union est d’avis qu’il26 MOUVEMENT COMMUNAL N°862 NOVEMBRE 2011
  • 16. DOSSIERconvient de renforcer la solidarité, Michel Deffet, Directeur-gérant du Foyer de la Régionnotamment en développant les méca- de Fléron et Vice Président du Comité permanent des SLSPnismes de récompense des communes « Il ne faut pas oublier que, que dans la majorité des cas, dans les SLSP,qui font des efforts en matière de loge- l’actionnariat principal est détenu par les pouvoirs locaux. Il va donc dement social, comme celui qui existe déjà soi qu’en tant qu’opérateur immobilier de référence, les sociétés de loge-dans le Fonds des communes, par exemple. ments de service public répondent correctement à la demande. Mais, bienD’importants nouveaux moyens régio- souvent, il manque parfois de structures technico-administratives adé-naux doivent également être dégagés pour quates dans les communes pour pouvoir mener à bien l’ancrage commu-soutenir effectivement les communes réelle- nal. Le rôle des SLSP est de pallier certaines carences communales car lesment désireuses d’augmenter leur offre de communes s’adressent naturellement aux sociétés de logements pour leslogements publics. Le mécanisme encoura- aider à concrétiser leur programmation…geant du travail à l’échelle des bassins de vie Je pense que les SLSP doivent, comme tout opérateur immobilier public en Wallonie, anti-est loin d’être abouti actuellement. Il faut y ciper les programmes d’ancrage communaux. Les SLSP ont cependant des ressources asseztravailler impérativement ». limitées. Il vaut donc mieux prévenir que guérir et anticiper le mouvement sur des bases« Modifier les conditions d’attribution des malheureusement parfois inconnues puisque, par exemple, les arrêtés de financements nelogements sociaux en supprimant les points sont pas encore officiels. Les SLSP doivent aller vers les communes en leur disant qu’ellesde priorités communales nous interpelle peuvent faire évoluer le projet dans le cadre d’un futur ancrage communal, qu’elles peuventtout autant. Ces points sont rien moins proposer, d’une certaine manière, un service plus complet et concentré…qu’essentiels pour une appréhension locale Pour qu’un partenariat fonctionne, il faut impérativement qu’il y ait une notion d’intérêtde la politique du logement. Une suppres- commun, il faut que chacun des partenaires y trouve son compte. Dans l’état actuel dession pure et simple de ces critères risque choses, on peut dire que ce n’est pas le cas. Le prochain challenge du logement social n’estd’être contraire aux objectifs recherchés, à pas nécessairement d’appliquer un nouveau calcul de loyers uniquement aux nouveauxsavoir, notamment, inciter les communes locataires, mais à l’ensemble des locataires. Nous constatons tous, nous qui vivons la gestionà créer des logements publics sur leur ter- au quotidien, que le modèle a vécu ».ritoire. Elle ne peut être admise sans méca-nismes alternatifs. L’UVCW a fait des pro- Alfred Breuwer, Echevin à Verviers, Président de Gestion Logementspositions dans ce cadre ». Verviers et Administrateur de LogivesdreMais, la meilleure volonté du monde ne « Il faut peut-être sanctionner ceux qui ne participent pas à l’ancrage,peut se concrétiser sans les moyens adé- certes, mais il faut aussi donner des incitants plus importants aux com-quats. Et le Président d’évoquer les indis- munes pour qu’elles assument correctement leurs responsabilités face auxpensables moyens financiers : « La plus problèmes du logement public. La fatigue des SLSP vient, à mon sens, desgrande responsabilisation des acteurs, systèmes d’attribution des logements, du niveau de loyer, des impayés, denotamment par la création d’un droit de l’état du parc de logement existant… Il y a probablement un intérêt à allertirage, semble améliorer significativement plus loin et à oser prendre ses responsabilités par rapport à l’insalubrité,le dispositif existant. Ce droit de tirage à l’indécence de certains logements. Cela pose donc la question de la supracommunalité : ilrépond à une attente historique des com- faudra trouver une façon de respecter l’autonomie communale, donner la liberté aux muni-munes. Dans le respect du principe énoncé, cipalistes de décider un maximum de choses sur le territoire dont ils ont la responsabilité…elles escomptent une autonomie réelle dans A mon sens, la Région raisonne uniquement en termes de réponse publique au problèmel’utilisation de ce forfait. A nos yeux, le du logement. Il faut surtout, me semble-t-il, tout autant s’intéresser au logement privé loca-contrôle de la Région ne doit viser que la tif. Il y a un acteur qui, pour moi, n’est pas suffisamment pris en compte dans le cadre decohérence du projet au regard des objectifs l’ancrage, ce sont les AIS…régionaux. L’opportunité d’un tel projet doit Pour moi, il faut surtout privilégier la qualité. Il ne faut donc pas intensifier et augmenterquant à elle être laissée à l’appréciation des bêtement le nombre de logements tout en ayant un certain nombre de logements agréés. Ilopérateurs concernés. Dès lors, l’obligation faut faire preuve de pragmatisme et de réalisme, mais surtout de conviction ».faite aux communes de présenter deux àtrois fois plus de projets que ceux effective- Olivier Dechenne, Directeur-gérant de Centr’Habitatment réalisables va à l’encontre de ces aspi- « Certaines communes ont envie de développer du logement public,rations et aussi des objectifs de responsabili- d’autres pas… C’est peut-être pour ça que la Wallonie rencontre quelquessation et de simplification administrative ». difficultés en la matière. C’est vrai qu’on nous a demandé beaucoup, maisEn termes de financement pour la créa- il faut se rendre compte qu’un ancrage communal, cela nécessite une éner-tion de logements sociaux, cette journée gie énorme.d’études fut l’occasion, pour l’Union, derappeler tout le bien qu’elle pense des pro-grès significatifs inscrits dans les projetsd’arrêtés de subvention : mise en place d’unsystème de forfait, augmentation des mon-tants, quoique fort limitée, suppression de NOVEMBRE 2011 N°862 MOUVEMENT COMMUNAL 27
  • 17. Journées d’étude C’est vrai que quand l’on veut trouver un équilibre financier, il faut aller chercher d’autres certains plafonds. Soit autant de revendi- partenaires ou d’autres sources de financement. Mais, dès que l’on sort des sentiers battus, cations portées par l’UVCW, et que l’on l’administration doit pouvoir faire preuve de souplesse… Et, malheureusement, elle reste trouve dans les cartons du Gouvernement. parfois bloquée sur certains textes législatifs. Cela ne nous aide pas beaucoup… « L’Union ne peut que déplorer néanmoins La clé de la réussite, c’est la bonne préparation afin de ne pas être confrontés à des statis- l’insuffisance des moyens alloués », a cepen- tiques catastrophiques, avec beaucoup trop de projets abandonnés ou qui ont des délais dant terminé Jacques Gobert. « Un effort invraisemblables. Je pense que SLSP ont de très beaux projets, mais qu’il est très difficile de financier plus conséquent semble devoir être les vendre dans l’état actuel des choses ». consenti par l’Elysette pour la construction Geneviève Longrée, Directrice de l’Aide locative, de logements publics. De quoi permettre chargée des programmes d’ancrage au Fonds du logement aux opérateurs de concrétiser les ambitieux objectifs régionaux, de booster l’offre de loge- « Le Fonds du logement participe à l’ancrage depuis 2001. Au fur et à ments publics dans toute la Wallonie ». mesure des programmes, on constate que de plus en plus de communes « Par ailleurs, nous regrettons que la prépa- comprennent l’intérêt d’une réelle concertation. En ce qui concerne le ration de l’ancrage 2012-2014 se réalise sur Fonds, il est important qu’il y ait une mobilisation locale qui permette de base des arrêtés de financement actuelle- trouver les bâtiments nécessaires. On observe de plus en plus fréquemment ment en vigueur. Les modifications projetées des collaborations entre les opérateurs eux-mêmes, animées par la com- ne sont en effet pas connues des opérateurs. mune. Tout cela est soutenu par une certaine nécessité de trouver plusieurs Or un nombre important d’informations, sources de financements pour mener à bien certains projets… influençant grandement le contenu et les L’ancrage dépend de la volonté locale. En tant qu’opérateur, nous n’avons pas de prise sur modalités de financement du programme ces situations. Cependant, de nombreuses communes souhaitent pouvoir faire avancer les d’ancrage, vont se trouver modifiées. L’Union choses, mais ne le font pas par manque de points de repères. A partir du moment où il a des regrette vivement que le calendrier poursuivi incitants, que les opérateurs peuvent, lors des réunions de concertation, informer, expliquer par le Gouvernement wallon entrave la pré- et inciter à ouvrir d’autres voies, comme la mutualisation de moyens et de résultats, je pense paration sereine du programme d’ancrage que cela peut faire avancer les choses. Ce sont bien souvent les premières expériences qui sont 2012-2014. L’atteinte des objectifs fixés, aux les plus difficiles à initier, mais qui sont, ensuite, les plus déterminantes… niveaux régional et communal, ne pourra Je pense qu’il faut avoir des réponses plurielles pour pouvoir créer des logements accessibles se réaliser sans assurer, dans les plus brefs à un plus grand nombre de personnes. Le fait de solliciter des initiatives privées à travers délais, l’équilibre financier des projets nour- l’intervention des AIS, par exemple, est souple, rapide et peut venir renforcer l’action de tout ris et montés par les sociétés de logements ». un chacun dans le cadre de l’ancrage. J’ai trois clés pour un ancrage réussi, c’est, d’une part, Autant de sujets cruciaux qui n’ont pas man- un cadre politique clair et proche des préoccupations des personnes concernées, mais éga- qué de fuser lors du débat de conclusion lement de la souplesse pour pouvoir saisir les opportunités quand elles se présentent. Enfin, de ce colloque. Car la journée s’est termi- c’est aussi la préparation de l’ancrage à l’avance, avec les communes, avec les différents née par un panel de discussion animé par opérateurs pour que les projets soient vraiment pertinents ». Paul Piret, journaliste à La Libre Belgique, Gaëtan Michel, Directeur des Programmes autour du thème des clés pour un ancrage d’investissements de la SWL réussi. Participaient à cet échange : André Bouchat, Député-Bourgmestre de Marche- « La SWL accompagne la mise en œuvre des projets. Nous faisons un en-Famenne, Alfred Breuwer, Echevin à maximum, avec les équipes dont nous disposons, pour participer aux Verviers, Président de Gestion Logements réunions de concertation, pour assister les projets sur le plan technique. Verviers et Administrateur de Logivesdre, Car il y a une grande complexité dans toutes ces opérations. Je pense que Philippe Defeyt, Président du CPAS de la SWL est surtout perçue comme une source d’assistance pour la mise en Namur, Michel Deffet, Directeur-gérant œuvre des projets… du Foyer de la Région de Fléron et Vice- Je trouve qu’il est important que toutes les communes soient solidaires, Président du Comité permanent des SLSP, qu’elles participent financièrement à l’effort. Je ne peux pas concevoir qu’il Olivier Dechenne, Directeur-gérant de y ait des zones dans notre Région où l’on soit dispensé de participer au logement public. Le Centr’Habitat, Geneviève Longrée, Direc- logement est l’un des droits fondamentaux de notre constitution et donc il faut le mettre en trice de l’Aide locative, chargée des pro- œuvre de manière solidaire… grammes d’ancrage au Fonds du logement, Pour moi, la réussite dépend de l’implication accrue des acteurs et de leur professionna- Bernard Monnier, Chef de Cabinet adjoint lisme. Je crois que ces deux notions sont aujourd’hui en pleine croissance ». du Vice-Président et Ministre du Dévelop- pement durable et de la Fonction publique, Gaëtan Michel, Directeur des Programmes d’investissements représentant Alain Rose- noer, Directeur général de la SWL, et Guido Van Geem, Directeur à la DGO4. Le lecteur trouvera, en encart, l’essentiel des propos de chacun de ces orateurs.28 MOUVEMENT COMMUNAL N°862 NOVEMBRE 2011
  • 18. Journées d’étude RELATIONS COMMUNES Fabriques d’église : perspectives d’évolution ALAIN DEPRET SECRÉTAIRE DE RÉDACTION Selon le décret impérial du 30 décembre 1809, les communes doivent suppléer à l’insuffisance des revenus de la fabrique pour les dépenses cultuelles, assurer les grosses réparations des édifices du culte et fournir un logement aux curés ou desservants. D’un point de vue financier, ces obligations sont loin d’être anodines. Ainsi, en 2009, les dépenses ordinaires des communes wallonnes s’élevaient à pas moins de 42,5 millions d’euros, soit 1 % des dépenses communales, tandis que les dépenses extraordinaires pour travaux se chiffraient à 40 millions d’euros (2,5 % du budget extraordinaire). investissements demandait, pour le col- lège nivellois, une étude d’ensemble tant M ATIÈ RE RÉ G IONALISÉ E Le Mouvement communal s’était déjà du point de vue technique que du point de DEPUIS 2002, le décret de 1809 penché sur le sujet, dans le numéro de vue financier. En effet, certaines fabriques reste à ce jour la base juridique novembre 2010, avec l’interview d’Étienne possèdent des terres agricoles, des cures, des rapports entre communes et Laurent, Échevin à Nivelles. Pour tous les des maisons, certains biens ayant même temporel du culte en Wallonie. Le Gouver- échevins des finances, l’intervention des fait l’objet d’un don. L’idée, selon Étienne nement wallon a cependant inscrit cette communes dans les budgets des fabriques Laurent, était de conclure une sorte de réforme au rang de ses objectifs pour la d’église est en effet un réel souci car les contrat win-win moyennant l’engagement présente législature. Les questions sont montants en jeu ne sont jamais anodins. de chaque partenaire. L’initiative a débou- cependant très nombreuses. Le régime de Face à ce constat, la Ville de Nivelles, où le ché sur un programme des travaux pré- gestion du temporel des cultes est désuet, budget total pour les cultes en 2010 a été senté au conseil communal. peu transparent et son contrôle compli- fixé à 960 986 euros, a trouvé la parade. Mais l’Union n’en est pas restée là. Ainsi, qué, les dépenses pour travaux aux édi- Étienne Laurent, Échevin des Finances a-t-elle organisé, en février et mars dernier, fices du culte constituent une charge non et du Patrimoine, y a ainsi fait voter un trois journées d’études sur le sujet à Tilff, négligeable qui nécessite une bonne pré- programme spécifique avec fixation de Rochefort et Mons. Avec l’ensemble des visibilité et un étalement. Ensuite, la ges- priorités pour les chantiers. Les fabriques intervenants présents, ont été abordées tion du patrimoine affecté au culte pose d’église ont donc été rencontrées afin toutes ces questions tout en suggérant des différentes questions : travaux, désaffec- qu’elles participent financièrement aux pistes de solution ou de réforme en prévi- tation, simplification des procédures tout projets. Pas facile, sans doute, mais terri- sion notamment des débats qui s’annon- en maintenant la double décision civile blement efficace. cent au Parlement wallon. et religieuse, démolition, réaffectation ou A Nivelles, il s’agit donc de l’entretien et Se sont donc succédé à la table des ora- vente, le tout dans le respect des convic- du fonctionnement de neuf églises. Elles teurs : John Robert, Conseiller responsable tions de chacun. Pas simples non plus : les constituent un patrimoine exception- à l’UVCW concernant les relations entre conditions de reconnaissance de nouvelles nel, dont la conservation exige des tra- communes et établissements cultuels, paroisses ou communautés. vaux importants. La réalisation de ces Benjamin Renzetti, Chargé de cours au30 MOUVEMENT COMMUNAL N°862 NOVEMBRE 2011
  • 19. DOSSIER Le point sur les relations entre communes et établissements cultuelsCIFoP pour un focus sur le cadre légal, et JOHN ROBERT CONSEILLERJean-François Husson, Secrétaire général Ldu CIFoP pour un aperçu des perspectives A DÉCLARATION DE POLITIQUE Afin d’appréhender au mieux les perspec-en la matière. Les trois dates promettaient régionale 2009-2014 dispose que tives d’évolution de la matière, il est néces-aussi des échanges d’expériences avec « le Gouvernement mènera, dans le saire de rappeler les principales règles enMichel Petit, Président du CPAS de Jalhay, respect de la diversité des convictions vigueur à ce jour, en soulignant l’articu-l’Abbé André Lieutenant et Jean-Claude religieuses et philosophiques reconnues, lation parfois délicate entre les compé-Pauly, Président de fabrique d’église, et une large concertation avec l’ensemble des tences fédérales, régionales, provincialesCharles Havard, Secrétaire communal de acteurs intéressés afin d’aboutir à un cadre et locales, autour des divers aspects duVisé (Tilff ), Aurélie Naud, Échevin, Olivier décrétal et réglementaire modernisé, trans- temporel des cultes.Parvais, Président du CPAS de Braine- parent et simplifié pour les établissements Je ne m’attarderai pas ici sur la présenta-l’Alleud, et Benoît Tricot, Bourgmestre des cultes ainsi que les établissements et tion de ces fondements légaux. Messieursde Rendeux (Rochefort), Jean-Marie Van- organisations laïques ». Renzetti et Husson auront l’occasion dederberghe, Échevin à Tournai, et Étienne C’est donc dans la perspective prochaine développer amplement ces questions.Laurent, Échevin à Nivelles (Mons). d’une large réforme de la matière du tem- J’ai préféré, dans cet exposé introductif,Une table ronde avec l’ensemble des porel des cultes en Wallonie que s’inscrit vous parler de deux choses, l’une actuelle,intervenants et la participation de l’Abbé la journée d’étude d’aujourd’hui, et les l’autre plus prospective, qui me touchent deRaphaël Collinet - Évêché de Liège (Tilff ), plus expérimentés, voire peut-être les plus plus près, en tant que conseiller à l’UnionCatherine Naomé, Secrétaire à l’Évêché de sceptiques d’entre-vous, auront quelques des Villes et Communes de Wallonie.Namur (Rochefort), et Christian Draguet, difficultés à croire, avant de l’avoir vu, que La première porte sur l’expérience passéeMembre du SAGEP - Évêché de Tournai la Région wallonne réussira, avant la fin que l’on peut avoir de la matière, et ce à(Mons), terminait les débats. Le lecteur de la législature, à abroger et remplacer travers les questions que nous posent nostrouvera ici l’intervention de John Robert, ces deux antiques législations fondatrices membres, les communes wallonnes.Conseiller responsable à l’UVCW, concer- des fabriques d’église et du temporel des J’ai donc réalisé un petit travail denant les relations entre les communes et cultes, que sont le décret du 30 décembre recherche dans les archives de l’Unionles établissements cultuels. 1809 et la loi du 4 mars 1870. au cours des cinq dernières années, pour NOVEMBRE 2011 N°862 MOUVEMENT COMMUNAL 31
  • 20. Journées d’étude identifier toutes les questions écrites non de modes de financement public des - et, d’autre part, la gestion administrative que les communes nous ont posées en la travaux à effectuer dans les églises. quotidienne. J’ai inclus, pêle-mêle, dans matière. J’ai répertorié une bonne soixan- Outre ces trois thématiques liées à l’applica- cette ultime catégorie, des questions aussi taine de questions, auxquelles il faut ajou- tion directe de la loi, j’en ai identifié une qua- diverses que : ter les appels à notre helpdesk télépho- trième, portant sur toutes les relations entre . le placement d’une antenne GSM sur un nique, en général plus nombreux. Je peux les communes et les autres cultes que le culte clocher, donc estimer à deux, trois par mois les catholique, ainsi que sur la laïcité organisée. . la responsabilité du curé pour les dégâts questions auxquelles nous répondons en Définies de manière aussi large, ces ques- au logement qu’il a occupé, matière de cultes. tions représentent - on ne s’en étonnera pas . l’hébergement des archives paroissiales, Il est plus intéressant encore de se pen- vraiment - la thématique la plus large des six . la prise en charge de l’assurance des édi- cher sur les questions précises qui ont été présentées ici. Ainsi, près de 30 % des ques- fices cultuels appartenant à la commune, posées. Pour la commodité de la présenta- tions communales concernent : . les modalités d’utilisation d’une chapelle, tion, je pourrais les répartir en six thèmes. - le culte protestant (principalement) : à . ou encore la propriété d’un orgue. Les trois premiers s’articulent fort logi- savoir les obligations légales des com- Il y a certes, dans ce panorama, des interro- quement autour des trois obligations munes à l’égard des fabriques protestantes, gations qui agitent les responsables locaux principales des communes à l’égard des qui pour rappel sont identiques à celles wallons, des questions assez banales liées fabriques catholiques (décr. 1809, art. 92) : valables pour le culte catholique (le loge- à l’absence de connaissance juridique pré- - quelque 25 % des questions posées ment du pasteur protestant, l’intervention cise de la matière (et c’est l’un des rôles portent ainsi sur les formes que doit communale dans le déficit fabricien et les premiers et quotidiens du Service d’Étude prendre l’intervention communale dans le grosses réparations), mais également des de l’Union des Villes et Communes de déficit des budgets de fabrique, ou d’autres questions relatives à la tutelle, à l’avis com- Wallonie que d’y apporter réponse), mais questions relatives à l’attitude à adopter munal sur les budgets de fabrique, etc. ; au-delà, on voit aussi transparaître - ce par la commune à l’égard d’une dépense - ensuite, ce sont les relations avec le culte n’est que logique - les plus gros problèmes fabricienne en particulier. On peut éga- islamique et celles avec la laïcité organisée qui pèsent sur les relations communes- lement inclure dans ce thème les inter- qui occupent, avec à peu près la même fré- fabriques et, plus largement, sur le tempo- rogations concernant les possibilités de quence, l’attention des communes; rel des cultes au niveau le plus local. contrôle de la commune sur les budgets de -enfin, les paroisses anglicanes n’ont, quant Cela me permet une transition vers la fabriques et, plus largement, l’exercice des à elles, été évoquées qu’une seule fois. seconde partie de mon exposé, qui est tutelles sur les actes des fabriques ; Ayant jusqu’ici couvert près de 80 % des consacrée aux évolutions juridiques et ins- -pour un peu moins de 20 % des questions, questions de nos membres relatives aux titutionnelles que devrait connaître la thé- ce sont également les modalités du logement cultes, il me reste à citer les deux dernières matique dans les deux prochaines années. à fournir au curé ou desservant qui suscitent thématiques sous lesquelles j’ai décidé de Et à cet égard, notre association a bien l’interrogation des communes, avec comme regrouper les questions restantes, chacune entendu déjà été mise à contribution. problèmes subsidiaires la situation d’un pour 10 % de l’ensemble : Sous le précédent Gouvernement wallon, presbytère inoccupé que la commune vou- - d’une part, la gestion financière des la réforme du temporel des cultes était drait réaffecter, ou encore la répartition des fabriques, cet intitulé recouvrant des ques- inscrite à l’agenda et, en mai 2006, déjà, dépenses de logement du curé entre deux tions telles que les modalités de vente de le Parlement wallon a procédé à une série ou plusieurs communes couvertes ; biens paroissiaux, des travaux à effectuer d’auditions des représentants des cultes -la troisième obligation légale des com- aux biens non affectés au culte, la possi- reconnus, d’une part, de la laïcité organi- munes à l’égard des fabriques, à savoir la bilité d’exonération de taxe communale à sée, d’autre part, et, enfin, des représen- prise en charge des grosses réparations aux l’égard d’une communauté religieuse, les tants des autorités publiques, dont l’Union. édifices cultuels, pose apparemment moins éventuels conflits d’intérêts ou incompa- À cette occasion, nous avons développé de problème, puisque seuls 5 % des courriers tibilités dans le chef de gestionnaires de une série de revendications et propositions que nous recevons y ont trait. Dans ce cadre, fabrique, pour la conclusion de conven- d’améliorations, dont le Parlement a bien l’intérêt se porte surtout sur l’existence ou tions avec des tiers, pris note, mais qui n’ont pas débouché sur32 MOUVEMENT COMMUNAL N°862 NOVEMBRE 2011
  • 21. DOSSIERun projet de décret avant la fin de la légis- des dépenses légales obligatoires des com-lature en 2009. munes au profit des fabriques.C’est donc - comme je l’ai évoqué en début On attend une Des règles similaires pourraient, selond’exposé - dans la DPR de l’actuel Gou- prochaine réforme nous, être proposées dans les autres cas devernement wallon que l’objectif d’une fabriques pluricommunales.réforme du temporel des cultes en Wal- de la matière du Dans la foulée, on peut penser que, comptelonie est à nouveau fixé, avec bien sûrcomme « deadline » la fin de la présente temporel des cultes tenu d’une implantation locale très for- tement différenciée, il serait indiqué delégislature. en Wallonie transférer aux provinces (ou à la Région) laLes objectifs de la réforme ainsi relan- compétence en matière de temporel pourcée peuvent être précisés en trois axes tous les cultes autres que catholique. Pouressentiels : dans l’intérêt bien compris des divers rappel, les cultes islamique et orthodoxe (et,- favoriser une rationalisation du nombre acteurs. pour son financement, la laïcité) relèventet du ressort territorial des fabriques En effet, on recensait, en 2009, en Belgique, déjà de la province, on y ajouterait donc lesd’église, de sorte qu’elles correspondent quelque 3 918 paroisses, dont 2 018 en cultes protestant, anglican et israélite.aux limites communales ; Région wallonne, et, parmi elles, quelques- moderniser, en assurant la transparence dizaines de « fusions par absorption » et S’agissant de la coordinationdans la gestion du temporel des cultes, et autres rationalisations ont déjà eu lieu communale et de la planificationaméliorer le contrôle de l’autorité locale depuis 2002. Outre la dynamique de fusion deschargée d’intervenir financièrement ; Il s’agit sans doute d’une tendance pro- fabriques, il conviendrait, selon l’Union,- harmoniser les structures existantes gressive, qu’il conviendrait d’encourager d’instaurer dans chaque commune, autourchargées du temporel des cultes et assurer partout où c’est possible. À cet égard, il du bourgmestre ou de son délégué, unl’égalité de traitement entre les différents paraît souhaitable de prévoir, dans le res- organe de coordination communal, réu-cultes. pect du droit d’initiative locale, un cadre nissant toutes les fabriques de l’entité (enLe Ministre en charge de la matière, Paul procédural dans le futur décret wallon. s’inspirant par ex. de l’organe de concerta-Furlan, s’est très vite attelé à la tâche, tion commune-CPAS).en créant en 2010 un groupe de travail S’agissant du ressort territorial Un agent communal pourrait assisterauquel l’Union des Villes et Communes pour les autres cultes cet organe pour préparer les budgets, laest associée. Dans ce cadre, notre Conseil On remarquera que la coordination des comptabilité et la politique de gestion desd’administration a décidé, en octobre limites territoriales communales et parois- fabriques pour la ou les années à venir, en2010, d’actualiser la position qui était la siales ne va pas résoudre la question des ce compris l’établissement d’un plan plu-sienne lors de l’audition au Parlement en paroisses (surtout celles des cultes autres riannuel des travaux et investissements.2006. que catholiques) dont le ressort s’étend sur Dans la foulée, les budgets et comptes desJe vous en livre les principaux points : deux ou plusieurs communes, et parfois fabriques, actuellement fort disparates, sur plus d’une province voire d’une région. doivent être rénovés et standardisés (codi- Concernant le ressort territorial C’est par exemple le cas des fabriques pro- fication), mais pas complexifiés. des fabriques testantes qui s’étendent à la fois sur des L’organe de concertation pourrait éga- d’église catholiques communes de la Région wallonne et de la lement faire office de centrale d’achats/Les autorités locales souhaitent très forte- Communauté germanophone : la solution de marchés pour les fabriques, dans unement que des mesures et incitants viennent trouvée a été de recourir, en 2009, à un optique de simplification administrativefavoriser une rationalisation du nombre et accord de coopération entre Région wal- et de réduction des coûts (gestion desdu ressort territorial des fabriques d’église, lonne et Communauté germanophone, assurances, coordination des travaux, desde sorte qu’elles correspondent aux limites qui a organisé, d’une part, l’exercice de la investissements, etc.).communales. Cette dynamique de fusion tutelle entre les deux autorités et, d’autre L’intérêt communal pourrait de la sorteserait de préférence volontaire et négociée, part, a établi des critères de répartition être mieux respecté, sans porter atteinte de NOVEMBRE 2011 N°862 MOUVEMENT COMMUNAL 33
  • 22. Journées d’étude manière excessive à l’autonomie de gestion -premièrement, on peut s’interroger sur la et religieuses locales des cultes reconnus, de chaque fabrique. Il faut également pré- latitude dont dispose réellement la Région prévoit les critères suivants : ciser qu’il ne s’agirait aucunement d’une dans sa compétence de reconnaître des . pertinence sociale, structure intermédiaire lourde et coûteuse, communautés au niveau local : la compé- . engagement dans l’ensemble de la com- mais bien d’un lieu de concertation, où les tence fédérale relative à la reconnaissance munauté locale, problèmes seraient traités en amont, au lieu des cultes eux-mêmes et aux traitements . nombre de croyants, d’être subis en aval (il faut en tout cas éviter des ministres du culte, mais également le . engagement à écarter de l’organisation que les frais de fonctionnement d’une telle prescrit constitutionnel de la liberté de culte et du fonctionnement de la commu- structure intermédiaire ne dépassent les éco- ne réduisent-ils pas la Région à un rôle de nauté d’église/religieuse des individus nomies escomptées de cette rationalisation). simple « notaire » (sans aucun pouvoir de agissant ou incitant à agir en violation refus ni même d’adaptation), des décisions de la Constitution et de la Convention de A propos de la tutelle de création des communautés locales prises sauvegarde des droits de l’homme et des Il conviendrait de soumettre à l’approba- par les autorités cultuelles reconnues ? libertés fondamentales, tion du conseil communal les budgets et . etc. ; comptes des fabriques (et assimilés), cette -deuxièmement, en ce qui concerne les cri- solution étant déjà celle retenue dans les tères et les modalités de reconnaissance pro- décrets flamand et germanophone. prement dits (et le retrait éventuel de ceux-ci) des communautés religieuses locales recon- Pour ce qui concerne la nues, il s’agit avant tout d’une compétence composition des conseils de d’intérêt régional, pour l’examen de laquelle fabrique (et assimilés) les communes concernées devraient pou- L’Union estime souhaitable, en s’inspi- voir donner un avis préalable, de manière rant du décret flamand, de créer un même particulière, lorsque dans le cadre du futur cadre démocratique pour les six cultes : des décret, un dossier est présenté pour obtenir élections après appel aux candidatures au ladite reconnaissance. Cet avis communal sein de la paroisse ou de la communauté, porterait au minimum sur la faisabilité des l’obligation d’être inscrit aux registres de projets de prise en charge des dépenses population, etc. obligatoires au profit de la communauté à Les autorités publiques doivent être repré- instituer, et sur la possibilité de prévoir un sentées (sans voix délibérative) au sein des plan pluriannuel pour organiser les rapports fabriques (et assimilés). communes-fabriques concernés ; -enfin, la multiplication de certaines com- Sur le patrimoine munautés cultuelles locales pose la question Il nous apparaît nécessaire de réaliser, Par exemple, la Région dispose-t-elle du du contrôle de la légalité des messages et par fabrique, un inventaire (tenu à jour pouvoir de poser des conditions mini- valeurs véhiculés lors de leurs assemblées. annuellement) du patrimoine, en ce com- males à la création de nouvelles commu- Si la grande majorité des communautés pris des biens non affectés au culte. nautés (nombre minimal de fidèles, preuve cultuelles respectent la loi et les valeurs Il conviendrait également de mieux valori- de ce nombre). de notre Etat de droit, on ne peut toutefois ser l’aspect patrimonial, culturel et touris- Il s’agit d’une question sur laquelle toute exclure l’existence ou l’apparition de cer- tique des édifices du culte et, plus généra- la clarté doit être faite par la Région, afin tains discours intégristes et antidémocra- lement, de gérer le patrimoine de manière d’éviter des recours constitutionnels ulté- tiques. Il convient, selon nous, d’examiner davantage proactive, qu’il s’agisse des rieurs. On notera toutefois qu’à ce jour, spécifiquement cet aspect lors de la pro- édifices du culte, des presbytères, du patri- le décret flamand du 7 mai 2004 sur les cédure de reconnaissance d’une nouvelle moine privé. cultes reconnus n’a pas fait l’objet d’une communauté par la Région. La gestion du patrimoine affecté au culte remise en cause sur la constitutionnalité J’en arrive ainsi à la fin de mon propos, en pose différentes questions : travaux, désaf- des principes qu’il pose à cet égard. Il pré- constatant que le nombre de questions fectation, démolition, réaffectation/vente voit pourtant que « le Gouvernement fla- à résoudre, le caractère fort délicat de dans le respect des convictions de chacun. mand reconnaît les paroisses et leur ressort certains problèmes liés à l’exercice de la Il conviendrait de simplifier la procédure territorial sur la proposition de l’organe liberté de culte et de pensée, ainsi que les de désaffectation tout en maintenant la représentatif du culte reconnu par l’auto- exigences de la célébration des cultes et double décision civile et religieuse. rité fédérale, dénommé ci-après l’organe le rôle de soutien mais aussi de contrôle, représentatif agréé. Les critères d’agrément que les autorités publiques, commu- Enfin, concernant la seront fixés par arrêté du Gouvernement nales en particulier, peuvent ou doivent y reconnaissance des flamand ». jouer, cette multiplicité d’approches et de communautés locales Et l’arrêté du Gouvernement flamand du conceptions, vont alimenter d’ici peu une Ce point appelle trois commentaires 30 septembre 2005 établissant les critères bonne part des débats au sein de notre principaux : d’agrément des communautés d’églises Assemblée législative wallonne.34 MOUVEMENT COMMUNAL N°862 NOVEMBRE 2011