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Memoire slachemot Memoire slachemot Document Transcript

  • IntroductionDepuis toujours, les plantes ont joué un rôle essentiel dans l’histoire de l’humanité. Non seulementle règne végétal a donné à la médecine certains de ses meilleurs remèdes, mais a aussi occupéune place prépondérante dans la cosmétologie. D’ailleurs le philosophe grec Théophraste (300avant J.-C), élève de Platon et d’Aristote, spécialiste de botanique, décrivait déjà plus de cinqcents espèces de plantes utilisées pour leurs vertus thérapeutiques.L’étymologie du mot cosmétique vient du grec « kosmetikos » qui signifie mettre de l’ordre,harmonisé et de kosmos qui se traduit l’univers, un système qui englobe tout.En revanche, en Egypte, la cosmétologie n’était pas qu’une simple parure et les couleurs des fardsavaient un rôle non seulement esthétique, mais aussi thérapeutique, symbolique, rituel et sacré.D’ailleurs, il semble probable que le mot cosmétique provienne plutôt du grec Kemet qui désignaitla terre noire des bords du Nil. Depuis l’Antiquité, la cosmétologie a ainsi occupé une placeimportante dans la plupart des civilisations. La notion de beauté varie certes avec les époques, lesethnies, les lieux, mais également les pratiques pour embellir le corps ont toujours existé. Lesproduits de cosmétiques font partie des coutumes, en partant de l’époque des romains et desgrecs, en passant par le moyen âge, et jusqu’au XXème siècle. Il est ainsi aisé de faire lerapprochement avec notre siècle.A partir du 3e millénaire avant Jésus Christ, des traces d’objets démontrant l’utilisation de parfumset cosmétiques ont été retrouvées. Des objets ou plutôt des fragments d’objets ont souvent étédécouverts lors de fouilles archéologiques, servant de contenant à des poudres ou des mixtures.Les composants utilisés à cette période se sont révélés provenir d’huiles végétales parfumées quiservaient à hydrater la peau. Des pigments issus de minéraux mélangés avec des substancesgrasses avaient la vertu de servir de collyres contre les irritations et autres infections.Pendant longtemps, la fabrication de ces produits a été artisanale, destinée aux personnes depouvoir et utilisée à des fins religieuses ou sociales. La conservation de ces produits à base devégétaux ou minéraux se faisait grâce à des substances toxiques comme l’arsenic, et leur usageétait critiqué.Quand lorsqu’au Moyen Age, qui a duré près de dix siècles, l’usage des produits de beautésemble avoir été révoqué par l’Eglise, ils réapparaissent de plus belle à la Renaissance. Cetteépoque annonce le retour de la coquetterie, les femmes sont maquillées et attirantes, ellesannoncent le siècle des lumières.A la fin du XVIIIe siècle, il y eut une prise de conscience concernant la toxicité de certainscomposants de cosmétiques tels que le plomb, le mercure et l’arsenic. Une hausse de l’hygièneest à noter et nous voyons apparaître des professionnels du métier de la parfumerie installer leursboutiques dans tout Paris.Puis l’ère du Romantisme ne fut pas très gaie pour les produits de cosmétique, puisque la moderéservée aux gens les plus fortunés consistait à adopter un look de dandy, à savoir un air triste etun teint blafard.En revanche à l’aube de l’industrialisation du XIXe siècle, les nombreuses découvertesscientifiques et techniques comme la chimie de synthèse font prendre un nouveau tournant à lafabrication des parfums et des produits de cosmétiques. Le visage de la cosmétologie change : 1
  • Parfums de synthèse, dérivés pétroliers, tensioactifs et stabilisateurs d’émulsion font partie desnouveaux composants entrant dans les formulations complexes qui caractérisent les cosmétiquesmodernes. Grâce à l’industrialisation, les coûts de production se réduisent et les produits sont plussûrs. A l’origine de cette industrie française, les grandes maisons de couture sont souventassociées. Les entreprises Chanel ou Dior n’y sont pas inconnues.Le bio, est lun des sujets en vogue, essentiellement dans lagriculture, il sagit dune nouvellefaçon de consommer.En effet les consommateurs de nos jours sont plus responsables vis à vis de leur consommation,de leur santé et de lenvironnement.Ce sujet de mémoire m’a été inspiré des publicités que l’on voit à la télévision mais aussi dans larue, les panneaux publicitaires, dans les magasins, ou encore sur internet.Aujourd’hui nous sommes enfin plus conscients et plus sensibles à notre bien-être, mais pas àn’importe quel prix. Nous sommes des consommateurs avisés et recherchons de plus en plusl’information car celle-ci est devenue plus accessible.Etant moi-même consommatrice, je me suis demandée ce que les industriels des cosmétiquesnous proposaient réellement. Que contiennent les produits ? Que sont les cosmétiques bios ? Dequoi sont-il composés ? Que signifient les labels bio ?Toutes ces questions m’ont orientées à faire mon mémoire sur un sujet d’actualité, en plein boomet en évolution constante.Au-delà des cosmétiques, le bio est aussi dans nos assiettes. Mais que signifie réellement le bio ?Comment la législation arrive-t-elle à contrôler et réglementer un si vaste secteur ? Les législationssont-elles homogènes ?On parle aussi de commerce équitable, les pays en développement sont très investis, je medemandais comment ces producteurs s’inscrivait dans cette démarche de commerce équitable.Qu’apporte le commerce équitable au commerce local, national et aux producteurs à un niveauéconomique et social ? 2
  • 1. Le Secteur du Bio 1.1. Historique du Bio, ses origines1.1.1 Au niveau internationalL’agriculture biologique s’est progressivement implantée en Europe sous l’influence de troiscourants :Le philosophe Rudolf STEINER jette les premières bases de l’agriculture biodynamique, fort deson courant anthroposophique qui prône d’une part, la voie à une perception et à unecompréhension approfondies des principes régissant l’être humain et la nature et d’autre part, uneaction inspirée de cette perception.C’est en 1924 que R.STEINER effectue sa première démonstration en termes d’agriculturebiodynamique « Le cours aux agriculteurs ». Ce premier événement fut à l’origine d’un mouvementinternational fortement implanté en Allemagne, Autriche, Suisse, Hollande, Etats-Unis et dans lespays scandinaves. Les principes de l’agriculture biodynamique se fondent sur uneapproche « vitaliste ». C’est ainsi qu’il exposait les premiers dangers causés par les engraischimiques qui peuvent tuer la terre et tout organisme vivant. C’est pourquoi il proposa uneapproche et une méthode de culture différente. En composant un compostage basé sur l’emploi desubstances végétales et minérales. Expérimentée par son collaborateur Erhenfried PFEIFFER enEurope, la pratique fut rapidement exportée aux Etats-Unis. Le mouvement prit son essor surtouten Allemagne et en Europe du nord dans les années 30.Le courant anglophone, celui de « l’agriculture organique » s’est développé en Grande-Bretagneaprès la seconde guerre mondiale. C’est sur les bases d’un certain Sir Albert HOWARD, directeurde l’Institut de l’industrie végétale Indore, conseiller agricole des Etats de l’Inde centrale et auteurd’un ouvrage intitulé Le testament agricole, qu’il conteste l’utilisation d’engrais artificiels. De retourde mission en Inde où il était chargé de résoudre les problèmes de pénurie alimentaire, il s’estinspiré des méthodes traditionnelles de cultures indiennes pour mettre au point une techniquesimple d’utilisations des déjections. Au lieu de les transformer en combustible comme avant, ellesétaient compostées, son « procéder Indore », démontra l’action bénéfique sur les rendements etsur la résistance des plantes au parasitisme.La méthode organo-biologique apparaît en Suisse dans les années 30, sous l’influence d’unhomme politique, le Dr MULLER, dont les objectifs socio-économiques sont assez semblables àceux de ses prédécesseurs puis se développe en 1960 sous l’impulsion du médecin autrichienHans Peter RUSH qui publia un ouvrage majeur, « La fécondité du sol ». Ses réflexionspréfiguraient les propositions écologiques sur la protection de l’environnement, l’utilisation desénergies douces, l’influence de l’alimentation sur la santé et le gaspillage des ressources. Cemouvement fit de nombreux adeptes en Allemagne et à l’origine de la création de l’associationBioland, l’une des principales organisations bios outre-Rhin, et du réseau des coopératives Muller,en Suisse. 3 View slide
  • 1.1.2 Au niveau nationalEn France, c’est après la seconde guerre mondiale qu’un groupe de médecins, de consommateurset d’agronomes lança le débat sur l’agriculture biologique, en constatant l’apparition de maladiesnouvelles, et l’augmentation du cancer, qu’il attribuait aux produits chimiques de l’agriculture et àla transformation industrielle des aliments. La première association fut créée en 1950 par ledocteur William BAS (L’Association Française Pour une Alimentation Normale). Composée demédecins et de naturopathes, elle défendait les traditions paysannes.Poussé par la création de cette première association, un premier groupement d’agriculteursbiologique se forme en 1959 dans l’ouest. Il faudra attendre 1962 pour voir l’apparition de l’AFAB(Association Française pour l’Agriculture Biologique) avec des personnalités qui ont réellementmarqué le grand départ de l’AB en France.Depuis les créations de ces associations, des réseaux de distributions et de coopératives se sontorganisés autour des agriculteurs.De nombreux autres domaines se sont mis au bio, notamment celui de la médecine, de l’industriedu textile, des matériaux de construction ou encore récemment celui des cosmétiques. 1.2. Les modes de distribution et de diffusion du bio1.2.1. La distribution et commercialisationLa distribution et commercialisation des produits de la filière bio se fait à plusieurs niveaux :  Le réseau de proximité : vente directe à la ferme ou sur les marchés locaux. Cest sans aucun doute la forme de commercialisation la plus appropriée pour les produits du terroir extra frais. Ce type de point de vente s’accroît de plus en plus. Sans intermédiaire, c’est souvent que les consommateurs sont en liaison directe avec le producteur.  Les magasins spécialisés et coopératives bio : Biocoop, Nature et Progrès, Canal Bio, Côté vert, Dame Nature, La Vie Claire, Rayons verts, Nouveaux Robinson, etc... Ils sont souvent installés en centre ville ; on y trouve des produits alimentaires bios mais aussi des produits cosmétiques naturels.  La grande distribution : les grandes surfaces répondent elles aussi à la demande croissante des consommateurs de produits bio. Alors qu’autrefois les grandes surfaces ne réservaient qu’un misérable espace aux produits bio, maintenant on peut constater l’apparition de rayons entiers consacrés au bio et aux produits naturels. Au top 3 des meilleurs points de vente : Carrefour, Monoprix et Auchan.  La vente par correspondance : Il n’y a qu’à jeter un coup d’œil sur Internet pour se rendre compte de l’essor des produits bio. De très nombreux sites proposant toutes sortes de produits bios sont présents sur le net, en majorité de l’alimentation, des herbes et des soins et cosmétiques pour le corps. 4 View slide
  • 1.2.2. La diffusion et promotion La diffusion et la promotion des produits bio s’effectuent par le biais de plusieursmanifestations et évènements étalés tout au long de l’année et sur l’ensemble du territoirefrançais. Chaque année a lieu depuis maintenant sept ans, le printemps Bio. Pendant 15 jours, les22 régions françaises vont ainsi vivre au rythme des actions menées par les acteurs de la bio pourfaire connaître au plus grand nombre les techniques, les pratiques, les principes et les valeurs dece mode de production respectueux de lenvironnement. Comme chaque année, agriculteurs,artisans, transformateurs et distributeurs vont aller à la rencontre du grand public, ouvriront leursfermes, leurs entreprises... L’importance des ces actions est telle que, l’Union européenne finance 50 % du budgettotal de cette campagne. Dans cette optique, lensemble des actionsréalisées, à savoir les supports de communication, lévénement delancement, les publi-reportages ainsi que les actions menées dans toutela France apportent un éclairage particulier sur le logo européen bio. Enlintégrant notamment sur tous les outils réalisés mais aussi enexpliquant au grand public la réglementation européenne.1.2.3. Les arguments du BioDepuis plusieurs années maintenant, on ne cesse de parler et de vanterles mérites du bio. Cette tendance apparaît après les problèmessurvenus au sein de la chaîne alimentaire tel que la crise de la vachefolle ou encore plus récemment l’épidémie de grippe aviaire. On commence donc de plus en plusà remettre en question ce qu’on retrouve dans son assiette. Mais outre le fait que les aliments etproduits issus de l’agriculture ou de l’élevage biologiques sont contrôlés de manière très stricte, lemouvement biologique demeure avant tout un style de vie, qui passe par le respect de la nature etde son environnement.Choisir de consommer des produits biologiques contribue non seulement à encourager lesagriculteurs, les producteurs, mais aussi a fournir au consommateur un mode de vie globalementplus sain. Consommer bio c’est préserver une nature qui devient de plus en plus fragile en partiedû à la pollution créée par l’homme, et chacun d’entre nous sait que les ressources de la nature nesont pas inépuisables. D’où l’importance d’un mode de vie plus sain donc plus bio.1.2.4. Les différents domaines concernés par le bioLEnvironnement La protection de notre environnement est un sujet de préoccupation avec l’augmentationdes perturbations climatiques (exemple : les tsunamis, la fonte des glaces, les canicules, lesinondations,.. ) liées à une croissance de l’effet de serre , l’accumulation des déchets sur notreplanète, les ressources énergétiques qui s’amenuisent , tout cela perturbe notre monde et faitprendre conscience à notre société que notre système est fragile et qu’il est nécessaire de prendredes mesures pour y remédier. 5
  • Le biologique semble être une solution pour freiner la dégradation de notre environnement etmême le protéger.Quelle est la place du bio dans l’environnement ? Le biologique sert à refuser tout apport chimique dans la production industrielle etalimentaire, et agricole, afin de préserver la nature et garantir une sécurité sanitaire.L’agriculture biologique ne met jamais en péril l’équilibre vital du sol, et même améliore la qualitédes sols puisqu’elle favorise la prolifération de micro-organismes. Puisque des plantes cultivéesbiologiquement sont des produits qui ont poussé sans l’aide d’aucun produit de synthèse (produitchimique, engrais, herbicide, insecticide, fongicide, hormone,…..) et qui ont gardé leur filtrenaturel.Ensuite vient prendre part à la protection de l’environnement toute la production de produits desubstitution entièrement biologiques. L’intérêt de ces produits est qu’ils aboutissent au mêmerésultat que les produits qu’ils remplacent tout en protégeant l’écologie. Les produitsbiodégradables répondent parfaitement à cet objectif.Existe-t-il des labels et réglementations bio en faveur de lenvironnement?Il existe quelques labels existant concernant les labels bios en faveur de lenvironnement  Le label agriculture biologique : Il est attribué aux produits pour certifier les produits issus de l’agriculture biologique, il concerne les produits agricoles et les denrées alimentaires.  Le label nature et progrès : Il concerne les produits alimentaires et depuis 1998 les cométiques, mais également les produits ménagers. Leur but et de faire des produits qui respectent les lois de la nature et utilisent le moins possible d’éléments de synthèse.  Le label Demeter : Organisme certificateur de lagriculture biodynamique. Les produits DEMETER satisfont aux exigences du règlement européen sur lagriculture biologique et répondent, en plus, au cahier des charges spécifiques de la bio-dynamie qui considère le vivant dans son ensemble.  Le label SKAL : Organisme hollandais de contrôle et de certification de la production biologique reconnu sur le plan international. Label "EKO" de Skal : respect de règles très strictes imposées par Skal, de la matière première au produit fini.De même il existe des organismes afin de réglementer le bio en faveur de lenvironnement.  IMO : Organisme dinspection et de certification des matières premières,reconnu sur le plan international.(Inspection, notamment, pour Demeter et lIVN). 6
  •  NATURTEXTIL / I.V.N : Association Internationale des Textiles Naturels. Les qualités écologiques des articles portant ce sigle sont vérifiées et certifiées à chaque stade de leur production par des organismes indépendants. Label "Better" de lIVN : respect de critères écologiques et sociaux très stricts imposés par lAssociation.L’alimentation LE BIO, TOUT LE MONDE EN PARLE MAIS QU’EST-CE QUE C’EST ?Quest-ce qu’un produit bio ?C’est un produit végétal ou animal, brut ou transformé, élaboré et commercialisé selon des règlesrigoureuses contenues dans un cahier des charges homologué, répondant aux exigences durèglement européen en vigueur, contrôlé et certifié par un organisme agréé, dont les référencesfigurent sur l’étiquette. C’est un produit qui contient au moins 95% d’ingrédients provenant del’agriculture biologique (les 5% restant est la marge nécessaire pour des additifs comme le sel quine sont pas agricoles). Ce produit doit répondre aux attentes des consommateurs pour le respect de l’environnement :il est obtenu par le recyclage des matières organiques naturelles par compostage pour ne pasperturber l’équilibre des organismes vivants qui peuplent le sol. Il est également dépourvud’engrais chimiques et de pesticides de synthèse, de traitements antibiotiques et antiparasitairesaprès récolte et de conservateurs, de colorants et d’additifs divers. C’est pour les consommateursde produits biologiques un produit « sain ». Concernant l’utilisation d’OGM (Organismes Génétiquement Modifiés) ou de dérivés dans lacomposition de produits biologiques, elle est totalement prohibée depuis le 24 août 1999 dansl’agriculture biologique.Comment reconnaître et choisir un produit biologique ? Un consommateur d’alimentation biologique est très méfiant vis-à-vis de produits biologiquesvendus en grande surface. Néanmoins certains critères permettent de reconnaître un produitbiologique de l’agriculture française sans se tromper :  La mention « Agriculture biologique » ou « Produit de l’agriculture biologique » ou « Produit issu de l’agriculture biologique »  Le logo AB (« Agriculture Biologique ») est le premier signe de reconnaissance. Il doit être apposé sur l’étiquette et être bien visible par le consommateur. Il certifie que le produit est issu au moins à 95% de l’agriculture biologique. Se sont les organismes de contrôle agrées par le ministère de l’agriculture qui délivre ce logo aux préparateurs des produits biologiques une fois que le produit a été vérifié et jugé 7
  • conforme à la réglementation européenne et au cahier des charges français. Cependant l’utilisation de ce logo étant facultative, on trouve beaucoup de produits biologiques où ce logo ne figure pas.  la mention « agriculture biologique – système de contrôle CEE » suivie du nom ou de la raison sociale du producteur, du préparateur ou du vendeur. Les mentions « produits naturels, produits fermiers », « agriculture raisonnée » ne sont pas fiables car ils ne correspondent pas aux normes de l’agriculture biologique.  Le nom de l’organisme certificateur  Éventuellement un organisme gestionnaire de marques (logo particulier)  Le logo communautaire de l’agriculture biologiqueAujourd’hui le produit issu de l’agriculture biologique est de plus en plus jumelé avec l’étique ducommerce équitable notamment dans les grandes surfaces. Les produits biologiques participantau commerce équitable sont reconnaissables par le logo AB et le sigle « Max Havelaar ». Ils ontdonc un double enjeu : ce sont des produits naturels issus d’une agriculture sans engraischimiques et ils assurent une juste rémunération du travail des producteurs et artisans les plusdéfavorisés leur permettant de satisfaire leurs besoins élémentaires.On remarques ces dernières années une étendue plus importantes dans les hypermarchés desproduits bio. Ceci nous amène à nous demander où pouvons nous acheter des produits bio.1.2.5. Où acheter et consommer du bio?Depuis 1990, différents types de distributeurs nous proposent des produits biologiques. Les magasins indépendants spécialisés et/ou franchisés : proposent d’abord des produits diététiques et naturels .Ces magasins spécialisés se sont reconvertis par la suite en supérettes biologiques. Proposant un large choix de produits, ils sont aujourd’hui plus de 2000 commerçants ou franchisés (Satoriz, La vie Claire, Dame nature, Profil’Bio,…) à proposer des produits biologiques. Le réseau coopératif Biocoop réunit ses magasins et supermarchés offrant exclusivement du produit conforme à l’éthique bio.  Les commerçants indépendants : il sagit des boucheries, des boulangeries ou encore des biscuiteries qui proposent des produits entièrement issus de l’agriculture biologique. Ces commerçants sont de plus en plus nombreux.  Les grandes surfaces : il est possible de s’approvisionner dans les grandes surfaces dans un rayon spécialement réservé « bio ». D’après « Le guide Hachette du bio » la grande distribution approcherait aujourd’hui la moitié du marché des produits 8
  • biologiques. Il est vrai que la gamme s’accroît considérablement depuis que ces enseignes ont apposé leur marque sur les produits. En se rendant sur le terrain, on peut effectivement constaté une augmentation de la gamme de produits proposés : - Casino, Intermarché et Cora qui ne présentait qu’une 30aine de produits en 2000, en comptabilisent environ une centaine en 2006. - Carrefour, Champion qui présentait une centaine de produits en 2000, comptabilisent, aujourd’hui plus de 3700 produits bio dans leurs hypermarchés. Il faut savoir quaujourdhui Carrefour est leader en terme de fabricant de produits bio, et propose dans ses hypermarchés près de 50% de produits bio en marque propre.  Les marchés biologiques : on y trouve tous les produits frais biologiques : légumes, viande, poisson, pain, pâtisseries, … dans une atmosphère joviale et agréable, ou les arômes naturels vous enivrent les narines ! faire son marché devient un vrai moment de bonheur.  Le commerce biologique en ligne : le bio se met à l’Internet ! de nombreux sites en ligne de commerce biologique proposent un large choix de produits biologiques : - des produits frais : fruits, légumes charcuterie, viande, poisson, traiteur, produits laitiers, boulangerie/pâtisserie - des produits non périssables : chocolats, café, épices, vin,… - des produits non alimentaires : maquillage, soins du corps, soins du visage, soins capillaires, soins pour bébés et enfants,… Tous ces produits sont à retrouver sur Natoora.fr (alimentaire) ou Mondebio.com (non alimentaire), Parmashop.it (site non spécialisé mais proposant du parmesan biologique).  La restauration collective introduit le bio par le biais d’une Association Nationale : « Un Plus Bio » qui accompagne les personnes et les structures souhaitant introduire progressivement une alimentation de qualité en restauration collective, en s’appuyant sur le concept “manger bio” (produits certifiés Agriculture Biologique*, saisonnalité, proximité, actions éducatives).Tous les secteurs de la restauration collective sont concernés : • Scolaire : maternelles, primaires, lycées, collèges • Entreprise : secteurs public et privé • Médico-social : santé, maisons de retraite • Centres de loisirs, de vacancesLa finalité de cette association est de contribuer à changer les comportements alimentaires pardes actions éducatives ancrées sur des valeurs de respect, de partage et de plaisir.Au-delà des aliments bios, les produits bios peuvent se retrouver dans divers domaines tel que lescosmétiques. 9
  • 2.3. Le bio dans les Cosmétiques.2.3.1. DéfinitionsDéfinition du terme « cosmétique » L’article L.5131-I du code de la santé publique définit un cosmétique par les termessuivants : « On entend par produit cosmétique toute substance ou préparation destinée à être mise en contact avec les diverses parties superficielles du corps humain, notamment l’épiderme, les systèmes pileux et capillaires, les ongles, les lèvres et les organes génitaux externes, ou avec les dents et les muqueuses buccales, en vue, exclusivement ou principalement, de les nettoyer, de les parfumer, d’en modifier l’aspect, de les protéger, de les maintenir en bon état ou de corriger les odeurs corporelles ».Pour simplifier cette définition, on peut dire qu’un cosmétique permet de modifier l’apparence et deprotéger la peau en surface. Il ne doit ni pénétrer le corps humain, ni agir comme un médicament,sans quoi il devra faire l’objet d’une autorisation spéciale de mise sur le marché. Ainsi, la familledes cosmétiques regroupe les produits de beauté (maquillages et soins pour le visage), mais aussiles produits d’hygiène, les produits capillaires et la parfumerie au sens strict.Définition du terme «cosmétique bio» Les cosmétiques bios représentent une famille de produits de beauté contenant unmaximum d’ingrédients naturels, issus du règne végétal. Il peut s’agir d’huiles d’olive, d’amande oud’argan, de karité ou d’extraits de fruits, d’huiles essentielles ou d’eaux florales. De plus, cescosmétiques ne contiennent aucune substance dite indésirable comme les silicones synthétiques,les parfums de synthèse, les colorants et pigments de synthèse, les conservateurs trop puissants.Les fabricants s’interdisent ces substances car elles sont non biodégradables, détruisent la florecutanée naturellement protectrice, sont réputées allergisantes, et sont parfois issues de résidus dela pétrochimie comme c’est le cas pour les huiles minérales (paraffinun liquidum). Sont égalementinterdits les ingrédients obtenus par des procédés de fabrication qui ne respectent pasl’environnement et les matières supposant la mort d’un animal.Enfin, les cosmétiques bios sont testés sur des personnes volontaires et non sur des animauxvivants.2.3.2. Principales différences entre un cosmétique « classique » et un cosmétique « «bio »Fabriquer un produit cosmétique relève d’un procédé complexe qui consiste à doser et mélangerharmonieusement des ingrédients. Un cosmétique peut se présenter sous différentes formes(crèmes, émulsions, gels ...) mais la composition reste à peu près identique pour chaque cas.Ainsi, quel que soit son aspect, un produit cosmétique contient principalement quatre types decomposants :  Un excipient (eau + huile) dont le rôle est de moduler la pénétration du principe actif dans 10
  • l’épiderme. Par exemple, une crème est généralement composée d’environ 80% d’excipients. C’est donc cette substance qui révèle la qualité et l’efficacité d’une crème. Son rôle est en effet double : il doit soigner la peau et prévenir des allergies.  Des principes actifs, substances apportant à un cosmétique toute son efficacité. Dans la cosmétique, les principes actifs les plus couramment utilisés sont par exemple l’argile, l’élastine, les vitamines extraites de fruits et légumes, le zinc etc.  Des additifs qui sont très variés. Il peut s’agir par exemple d’adjuvants permettant de colorer, faire mousser, ou parfumer le produit, de conservateurs ou encore de colorants.  D’autres ingrédients indispensables à la formulation tels que des émulsionnants, des tensio-actifs etc.Exemples dingrédients utilisés en cosmétique classique et bioType de composant Cosmétique classique Cosmétique bioExcipients Huiles et graisses minérales Huiles et graisses végétales (1), sous-produits pétroliers (d’abricot, d’argan, (paraffine, vaseline) et de d’olive…) synthèse (2) (silicone) et/ou des graisses végétales, matières premières d’origine animalePrincipes actifs Molécules isolées par Actifs naturels : extraits extraction ou synthèse d’huiles essentielles, de plantes, etc.Additifs Colorants et parfums Colorants naturels et parfums synthétiques extraits d’huiles essentielles biologiquesAdjuvants Conservateurs de synthèse, Conservateurs naturels, stabilisants etc. stabilisants naturels (dérivés de sucres et de céréales) etc.Emulsionnants et tensioactifs Dérivés pétroliers, synthèses Dérivés de sucres, de chimiques matières premières végétales, transformés par réactions chimiques douces, avec une partie naturelle très importante - (1) Les huiles minérales (dérivées directes du pétrole) sont très avantageuses pourl’industrie cosmétique car elles sont à la fois faciles à travailler et très bon marché.Cependant, ces huiles artificielles ont des conséquences néfastes pour la peau (elles empêchentla peau de respirer) et l’organisme du consommateur (stockées dans l’organisme, elles peuventendommager le foie ou encore le corps). 11
  • - (2) Les huiles de silicone de bonne qualité sont douces et s’étalent facilement sur la peau.Elles sont préférables aux huiles minérales, mais elles présentent un large inconvénient, elles sonten effet très peu biodégradables et nocives pour l’environnement. Et donc indirectement pour lasanté du consommateur.2.3.3. Exception dans les cosmétiques bioEn France, certaines substances synthétiques sont autorisées dans les cosmétiques bios. En effet,un cosmétique bio, même s’il est quasi exclusivement composé d’ingrédients naturels, peutcontenir une très faible quantité de substances obtenues par synthèse. Par exemple, l’organismecertificateur Ecocert autorise dans son cahier des charges la présence de 5% maximum dematières synthétiques dans les cosmétiques. Il s’agit principalement de conservateurs, quandceux-ci sont trop difficiles à extraire de la nature, comme c’est le cas pour les acides benzoïquesqui permettent d’assurer la conservation du produit, ou encore les oxydes de zinc qui jouent unrôle de protection solaire. Il est alors envisageable de les remplacer par des moléculessynthétiques.Cependant, les recherches sur les matières premières naturelles ne cessent d’évoluer, ce quidonne espoir aux scientifiques de pouvoir un jour remplacer toutes les substances synthétiquespar un équivalent naturel.Il existe cependant une certitude, c’est qu’un cosmétique bio contient au minimum 95%d’ingrédients naturels ou d’origine naturelle. Cela dépend en général du label par lequel il estcertifié, puisqu’il en existe plusieurs en France et que leur degré d’exigence varie. Quoi qu’il ensoit, un cosmétique bio répond à des critères spécifiques. Ces critères permettent d’offrir desbénéfices au consommateur, et ils ont l’avantage d’être certifiés par tous les labels.2.3.4. Bénéfices des Cosmétiques Bio Un cosmétique bio contient des ingrédients principalement issus de l’agriculture biologique qui est un mode de production valorisant la biodiversité et les équilibres naturels. Ainsi, il respecte les critères suivants :  Le respect de l’homme : Outre l’absence de substances chimiques et polluantes (engrais chimiques de synthèse, OGM, pesticides…) qui, à long terme, ont des conséquences néfastes à la fois pour le consommateur et pour l’environnement, le cosmétique bio est d’une grande richesse. Il contient en effet, une grande quantité d’ingrédients actifs et de matières premières vivantes brutes, dont l’efficacité réelle et à long terme est prouvée.  La traçabilité et la sécurité : Il n’est pas toujours facile d’analyser la composition exacte d’un produit cosmétique dit traditionnel et d’identifier la provenance des matières premières présentes dans le produit fini. Au sein de la cosmétique bio, il existe des organismes tels qu’Ecocert ou Qualité France, qui assurent un rôle de contrôle. Ces contrôles permettent d’assurer une traçabilité des ingrédients et des processus de fabrication des produits et de garantir ainsi l’authenticité des cosmétiques bio pour le consommateur.  La sauvegarde de l’environnement : Les ingrédients contenus dans un cosmétique bio sont principalement issus de l’agriculture biologique. En achetant des produits bio, le 12
  • consommateur agit donc en faveur de l’environnement : reconquête de l’air, de l’eau et des sols.  La richesse des produits bio : Les cosmétiques bios sont riches en ingrédients d’origine végétale ou minérale, dont les propriétés sont multiples et spécifiques. Ainsi ces cosmétiques sont à la fois efficaces et respectueux de l’environnement.  La protection des animaux : En cosmétique bio, les extraits supposant la mort d’un animal ou tests sur animaux vivants sont strictement interdits. Seuls les ingrédients issus de la production animale tels que le lait, le miel, etc., sont autorisés.Catégories de cosmétiques biosParmi les cosmétiques bios, le consommateur peut trouver : • Des crèmes • Des shampoings et gels douches • Des parfums • Des déodorants • Du maquillage • Des colorations végétales • Des produits solaires • Des produits pour bébés : en 2007, les principaux lancements de produits bio pour bébés étaient des crèmes et des produits de douche.Concernant les produits de douche, leur présence dans les circuits de distribution a pratiquementdoublé de 2007 à aujourd’hui. Les lancements de nouveaux produits ont augmenté de 33%1.Parmi ces nouveaux produits figurent notamment les produits solaires pour bébés.De nouvelles gammes sont également apparues avec l’engouement des consommateurs pour lescosmétiques bio telles que : • Des produits pour femmes enceintes • Des produits pour hommes • Des produits bio de luxe : De janvier 2007 à 2008, près de 5%2 des cosmétiques bio lancés coûtaient plus de 40 euros. Durant cette période, le taux de croissance pour ces produits de luxe a été stable. Le cosmétique bio certifié le plus cher est vendu au prix de 170 euros.2.3.5. Taille et comportement du marchéUn marché de niche mais en très forte croissanceLe marché français des produits de beauté bio reste encore un marché marginal comparé à celuide la cosmétique traditionnelle. En 2007, la cosmétique bio ne représentait que 1 à 2%3 dans lesventes de cosmétiques en général. Ce qui est peu quand on sait qu’en Allemagne le marché de la1 Source Mintel 20082 Source Mintel 20083 Source Stratégies Novembre 2008 13
  • cosmétique bio représente 4%4 du marché global et aux Etats-Unis il atteint les 7%5. En revanche,ce secteur est en pleine explosion en France : 30 à 40% par an, selon l’institut Organic Monitor,alors que le marché des cosmétiques conventionnels affiche une croissance de l’ordre de 4% (Voirannexe 1 : répartition cosmétique bio par catégorie).Cette croissance est portée par la crainte de voir certains ingrédients chimiques présents dans lescosmétiques classiques et l’engouement des consommateurs pour les produits naturels. En 2007,pas moins de 350 références6 de cosmétiques bios ont été lancées en France. Certains analystesprévoient donc que dans cinq ans, les cosmétiques bio pourraient représenter 30%7 du marchéglobal des cosmétiques, et ceci notamment grâce : à la multiplication de l’offre au recrutement de nouveaux consommateurs - à la montée en puissance des GMS (grandes et moyennes surfaces) et des réseaux sélectifs dans la distribution à l’élargissement de la consommation à d’autres segments que les produits de soins qui représentent encore 70% des ventes en valeur aux investissements marketing désormais consentis par les marques qui croient en ce marché.Les produits de soin, vecteurs de croissanceSelon une étude Mintel 2008, ce sont les produits de soin qui détiennent le plus de parts demarché en France. Parmi ces produits de soins, les produits « visage » sont vecteurs decroissance. En effet, en 2007, ces produits touchaient 350.000 femmes, avec des marques tellesque Bioexigence, Phyt’s, Cattier, Sanoflore, Weleda.Depuis 2006, les femmes sont de plus en plus séduites par ce type de produit et en achètent 1,9unité par an avec un budget moyen de 26 euros.2.3.6. Les différents types d’offreursAu sein du marché de la cosmétique bio, c’est avant tout la demande qui structure l’offre.Parmi les offreurs, on distingue :  Les traditionalistes : Natessance, Florame, Melvita, Phyt’s… Ce sont des marques traditionnalistes, « roots », sans effet d’annonce et ayant une faible valeur ajoutée « plaisir ». Ces marques appartiennent à un monde où les puristes se repèrent dans une distribution dédiée.  Les néo-traditionalistes : Sanoflore, Huiles & Baumes…  Les pionniers : Weleda, Logona, Lavera, Dr Hauschka… Ce sont des marques pionnières à4 Source Stratégies, Novembre 20085 Source Stratégies, Novembre 20086 Source Achetons de la cosmétique bio7 Source Achetons de la cosmétique bio 14
  • forte antériorité, venues d’Allemagne ou de Suisse. Certaines ont depuis évolué dans un code moins artisanal et plus technique.  Les marques « plaisir » : Doux me, Les douces angevines, Suzanne aux bains… Ce sont des marques qui assimilent approche bio et plaisir.  Les marques à revendication : B comme bio, Kibio…  Les marques Bio-Like : Natura, Korrès, L’Occitane en Provence… Ces marques ont conceptualisé leur démarche grâce à une approche globale basée sur la naturalité des ingrédients végétaux.  Le Bio de luxe issu de la mode : Stella Mc Cartney, Anne Fontaine… Ces marques de luxe en viennent au bio parce que c’est pour elles un ultime signe de raffinement.Un tel essor des cosmétiques bio a poussé les entreprises de cosmétiques conventionnels àrepenser leur stratégie. C’est ainsi que de nouveaux acteurs apparaissent :- Les marques associées à de grands groupes de cosmétiques conventionnels :- Les groupes spécialisés dans l’univers du naturel- Les marques de niches indépendantes- Les marques de distributeurs2.3.7. La DistributionLa distribution des cosmétiques bio s’est d’abord concentrée autour de 4 circuits principaux quesont les magasins spécialisés, les pharmacies et parapharmacies, la VPC et les instituts debeauté.Les magasins et les chaînes de magasins spécialisésIls ont été les premiers circuits privilégiés pour la distribution des cosmétiques bio. Leur taille varie,de la simple boutique de quartier au petit supermarché. Au départ, ces points de vente étaientspécialisés en produits épiciers et traiteurs.Puis leur assortiment s’est diversifié avec l’arrivée de produits alimentaires frais, surgelés, produitsd’entretien écologiques, cosmétiques naturels et /ou bio, compléments alimentaires, etc.Aujourd’hui, le gros avantage qu’ils présentent est que l’on peut y trouver tous les produits bio,naturels et écologiques et ceci dans un même lieu.Les magasins bios spécialisés représentent 40%8 du marché de la distribution des produits bio,dont 15%9 sont indépendants. Les chaînes de magasins spécialisés occupent quant à elles,23%10. Leurs atouts sont :  L’offre globale regroupée dans un même point de vente. Le consommateur8 Source www.chacunsonbio.fr9 Source www.chacunsonbio.fr10 Source www.chacunsonbio.fr 15
  • pourra effectuer toutes ses courses bios en même temps puisque toutes les catégories de produits y sont regroupées.  Les conseils et informations. Le personnel est en effet formé et même passionné, ce qui va permettre au consommateur de bénéficier des connaissances produits d’un professionnel et ainsi d’être correctement renseigné.  L’atmosphère du point de vente. Celle-ci va permettre au consommateur une réelle expérience lors de ses achats. On identifie en effet, une ambiance particulièrement travaillée grâce à la décoration nature, le calme, le personnel aimable et disponible ...Ces lieux de vente sont fréquentés par des consommateurs engagés, fidèles, réguliers et quieffectuent tous leurs achats ou partie de leurs achats en magasins bio.Voici quelques exemples de chaînes de magasins, regroupés sous une même enseigne, et quisont approvisionnés par une centrale d’achat commune :  Biocoop : réseau de magasins créé en 1986 et fonctionnant sur le mode coopératif.Actuellement il compte 305 magasins répartis sur toute la France avec 8.000 produits référencés.  La Vie Claire : réseau de franchisés créé en 1946, comptant 170 magasins implantés partout en France.  Naturalia : enseigne de distribution existant depuis 1973 et qui possède 34 magasins sur Paris et région parisienne proposant 5.000 références.Remarque : Les magasins indépendants ont une offre identique à celle des chaînes de magasins,mais leurs prix sont moins attractifs pour le consommateur. Les centrales d’achats des magasinsen réseaux permettent en effet d’effectuer des achats en masse et donc de négocier de meilleurstarifs avec les fournisseurs, à l’arrivée les prix sont ainsi plus compétitifs.Les pharmacies et parapharmaciesLes marques de cosmétiques bios ont souvent privilégié ces circuits pour commercialiser leursproduits car ils apportent une certaine « caution médicale ».Les ventes de dermocosmétiques en pharmacies et parapharmacies n’ont cessé de progresserdepuis plusieurs années, atteignant une croissance de +8,5% entre 2005 et 2006 et +3,4% entre2006 et 2007. Ces chiffres11 ont convaincu de nombreuses marques de cosmétiques bios derecourir à ces points de ventes pour pénétrer le marché des cosmétiques. Voici les principalesforces des pharmacies et parapharmacies qui leur ont permis de devenir une porte d’entrée aumarché des cosmétiques bio.Les pharmacies :  Réseau originel11 Source Xerfi, Juin 2008 16
  •  Maillage important du territoire  Caution médicale forte  Référencement de marques à forte notoriété et médicalisées  Appui des groupements pour les adhérents concernant les achats  Elargissement de l’offre cosmétiqueLes parapharmacies :  Largeur de l’offre  Elargissement de la gamme sur les produits de beauté  Conseils d’un professionnel  Positionnement prix plus avantageux qu’en pharmacie  Implantation dans les centres commerciaux (zones à forte fréquentation)Cependant, il existe des limites à distribuer des cosmétiques bio dans ces points de vente.Leurs principales faiblesses sont :Les pharmacies :  Prix élevés  Offre restreinte  Ralentissement de la fréquentation en raison d’un contexte restrictif en matière de santé, institué par l’Assurance Maladie. Généralement la consommation de produits pharmaceutiques est dépendante des besoins en médicaments des ménagesLes parapharmacies :  Faible maillage du territoire, en légère progression  Turn-over important du personnel, qui pose des problèmes de confiance à la clientèle  Baisse du nombre d’enseignes ces dernières années  Offre en pleine restructuration (rachats) et évolution des conceptsLa vente directeDans le domaine des cosmétiques conventionnels, la vente directe a toujours été présente.Celle-ci comprend :  la vente à domicile (exemple Avon)  la vente par correspondance (exemple Yves Rocher)  la vente en ligneEn 2006, malgré une certaine fidélité de la clientèle sur Internet, la croissance du chiffre d’affairesde la vente directe était en repli de 1,5%12, devancée par la grande distribution et la distributionsélective.Aujourd’hui, avec l’apparition des cométiques bio et face à la demande, les sites de vente parInternet se sont multipliés. Il en existe 2 types :  Site marchand d’un fabricant  Boutique en ligne vendant plusieurs marquesCes sites constituent pour les marques de cosmétiques bio, un mode de distribution alternatif voire12 Source FEVAD 17
  • complémentaire, ce qui leur permet d’accroître leur notoriété et leur visibilité.Les instituts de beautéLe secteur des instituts de beauté est encore majoritairement représenté par des structuresindépendantes (familiales et unipersonnelles). Les instituts spécialisés dans les soins de beauté(soins du visage et de peau, manucure et pédicure) dominent largement le marché, réalisantenviron les trois quart du chiffre d’affaires du secteur (2007). Ces enseignes proposent desprestations de soins, mais aussi la vente de produits de soins et de maquillage sous marquepropre ou en partenariat avec des grands noms de la cosmétique bio.Cette activité n’est pas négligeable face à l’arrivée d’une nouvelle concurrence. Les instituts debeauté indépendants ne sont en effet plus les seuls à proposer des prestations de bien être.Désormais, on compte parmi les acteurs : les franchises, les parfumeries et parapharmacies, lessalons de coiffures, les centres de thalasso, les hôtels. Ces derniers proposent également unestructure pouvant accueillir le consommateur pour des prestations de soins. Pour un institut, lavente de produits de soins et cosmétiques permet donc une diversification des activités et desrevenus. En effet, pour un institut de beauté indépendant, cette activité représente en moyenne 20à 35%13 du chiffre d’affaires global.Selon Valérie Lemaire, Directrice Eco-produit et certification cosmétique chez Ecocert, le marchédu bio commence à être bouché dans certains de ces circuits. C’est notamment le cas pour lespharmacies et surtout les boutiques naturelles. Ce constat offre à d’autres circuits de distributiondes opportunités pour se développer. C’est notamment les secteurs du luxe, de la grandedistribution et du maquillage qui peuvent encore se développer. Ainsi, les GMS et les réseauxsélectifs constituent des circuits émergents sur le marché des cosmétiques bio.Les grandes et moyennes surfaces (GMS)Il y a quelques années, les cosmétiques bios échappaient aux circuits de la grande distribution, carils reflétaient une certaine image de « snobisme anti-mass market » et semblaient être réservés àune clientèle informée. Aujourd’hui, grâce à une médiatisation qui s’est amplifiée, le grand public apris connaissance de l’offre des cosmétiques bio et peut désormais les trouver dans les GMS.L’année 2008 a ainsi marqué l’arrivée de lignes vertes qui cassent les prix en étant référencéesdans les rayons des supermarchés.On peut citer par exemple les gels douches bio de la marque Ushuaïa. Face à l’engouement duconsommateur pour le bio, certains distributeurs se sont lancés sur le marché en proposant leurspropres marques de distributeur (MDD) de produits bio. Prenons l’exemple de l’enseigneMonoprix. Récemment (mars 2009), l’enseigne a lancé une gamme de soins pour le visageappelée « Monoprix Bio ». Ce nouveau lancement marque la poursuite de Monoprix sur le marchédu développement durable, car rappelons-le, l’enseigne a déjà investi l’alimentaire bio et proposédes lignes de vêtements en coton bio.Egalement soucieux de démocratiser le bio, Carrefour a lancé en avril 2008 sa propre gamme decosmétiques écologiques et bio. La gamme « Agir Bio » comprend 16 références d’hygiène et desoins dans les univers de la femme, de la famille et du bébé. Elle est certifiée Cosmebio et Ecocert13 Source Xerfi, Septembre 2008 18
  • et est commercialisée dans 228 hypermarchés et 70 Carrefour Market. Selon Anne-Marie Ferrari,directrice de la marque Hypermarchés Carrefour, « la cosmétique était la suite logique de notreoffre bio dans l’alimentation et le textile ». « Quatre mois après le lancement de la gamme bio,nous avions atteint nos objectifs de l’année, et notamment la crème hydratante a rencontré un fortsuccès, atteignant les mêmes ventes moyennes hebdomadaires que d’autres produits decosmétique traditionnelle distribués chez Carrefour ».Les réseaux sélectifsUne étude menée par NPD Group en juin 2008 a démontré que les réseaux sélectifs du type :Marionnaud, Sephora, etc., sont fréquentés par des consommateurs fidèles dont 90% sont desfemmes. Les 2/3 d’entre elles n’achètent leurs parfums, soins et maquillages, que dans lesenseignes de parfumerie. Ce constat a amené les marques de cosmétiques bio à s’interroger surla pertinence des réseaux sélectifs comme circuits de distribution et notamment les parfumeries.Face à une demande soutenue, certaines enseignes de parfumerie issues des réseaux sélectifsont même décidé de lancer leur propre marque comme au sein de la grande distribution. C’estnotamment le cas de Marionnaud qui, en novembre 2008, a lancé sa première marque dedistributeur avec une gamme bio « Bio par Marionnaud ». Il s’agit d’une gamme de soins du visageformulée et conditionnée par les laboratoires Phyt’s, spécialisées dans les cosmétiques bio, 100%naturels. Lysa Costa, Directrice marketing et produits de l’enseigne, explique comment l’idée delancer une gamme bio est née : « Un distributeur doit être à l’écoute de ses clients.Les informations recueillies auprès des détenteurs de la carte Marionnaud montraient leursattentes grandissantes en matières de cosmétiques bio ». En lançant « Bio par Marionnaud »,l’enseigne espère ainsi séduire des jeunes femmes déjà clientes de cosmétiques bio et quiapprécieraient le fait de trouver une telle offre dans un circuit où elles achètent déjà du maquillageet du parfum.2.3.8. Profil du consommateurTypologieAujourd’hui, plus d’un Français sur quatre (soit 27% selon le cabinet d’études TMO), achèterégulièrement des produits issus de l’agriculture biologique, et près d’un sur deux en consommede temps à autre. L’amateur de bio est souvent occasionnel, il achète aussi des produits non bios.Une étude réalisée par l’institut CSA auprès d’un échantillon de 1.023 consommateurs,représentatif de la population française, pour la cinquième édition du baromètre de l’AgenceBio14, permet de délimiter le profil des consommateurs. 89% des Français estiment que le bio estune voie d’avenir face aux problèmes environnementaux, et 84% souhaitent que l’agriculturebiologique se développe en France. Quatre Français sur dix déclarent avoir acheté, par eux-mêmes ou par une personne de leur foyer, un produit bio au cours du dernier mois.14 Groupement dintérêt public qui a en charge le développement et la promotion de lagriculture biologique. 19
  • D’après le baromètre de l’Agence Bio, les consommateurs de produits bios sont davantage desfemmes, cadres, habitant l’Ile-de-France, ce qui correspond aux résultats obtenus par létudemenée par TNS SOFRES pour l’entreprise Yves Rocher.Les produits soins visage bio concernaient en 2007, 350.000 femmes, soit 1,4% de la populationféminine (+ 16% vs 2006). A travers le graphique suivant, nous voyons que les hommes nereprésentaient qu’une part minime dans l’utilisation des soins visage bio en 2007.Comme on peut le remarquer le baromètre de lAgence Bio nous montre quen 2009, 84%souhaitent que lagriculture bio se développe sur un panel dont 92% sont des cadres, 90%Profils Soins Visage Répartition volume selon l’usage – soins visage - WorldPanel BEAUTY–2007Toujours selon la même étude, la consommatrice de cosmétiques bio se définit comme suit : 20
  • Répartition volume selon l’âge de l’acheteuse – Worldpanel Beauty – 2007− Les 25-49 ans représentent 61% des volumes, avec des 40-49 ans qui pèsent plus lourd en 2007 : 28% des volumes versus 15% en 2006.−Répartition volume selon la classe de l’acheteuse – soins visage - Worldpanel Beauty – 2007Les classes moyennes supérieures et aisées représentent une grosse partie de la consommationdes produits bio : 66% en 2007. Les classes moyennes inférieures sont en net recul : 27% en2007 versus 43% en 2006.Les consommateurs du bio regroupent : - les adeptes, - les sujets allergiques (démangeaisons, rougeurs, irritations…). Les nouveaux consommateurs qui y viennent par effet de mode, par crainte (en souhaitant écarter les risques sanitaires liés aux composants jugés néfastes, tels que les parabènes) ou sans réelle conviction. 21
  • Ils recherchent un mode de vie plus sain, un besoin de vrai et d’authenticité. Ils ne veulent plusêtre « trompés » par les marques dans leurs discours sur la composition des formules (actifs,additifs, parfums, conservateurs). Ils recherchent un mode de consommation plus éthique. Maiscertains freins subsistent tels que les textures, odeurs, couleurs, présentation, modes d’applicationet d’action…Certaines femmes vont entièrement adopter l’univers du bio (textures, odeurs, huiles…). Ceux etcelles qui viennent au bio par mode, par crainte ou sans conviction vont plutôt s’attacher à desproduits neutres en termes d’odeur et de texture, qui rappellent la cosmétique classique.2.3.9. Evaluation de la DemandeEn moyenne, une consommatrice achète 1,9 unité de produit bio par an en 2007 contre 1,7 en2006. Son budget moyen est de 26€, alors qu’il était de 19€ en 2006. Enfin, les achats de soinsvisage bio, représentent 16,2% de ses achats de soins visage.Une utilisatrice soins bio typée 25-49 ansRépartition volume selon l’âge de l’utilisatrice – WP BEAUTY – 2007On voit que les acheteuses ne sont pas les mêmes qu’il s’agisse de soins visage conventionnelsou de marques bio. Les 25-49 sont les principales consommatrices de cosmétiques bio. Ellesachètent en grande partie sur Internet ou via des magasins spécialisés. Mais elles déplorent aussibien les difficultés à se procurer des cosmétiques bios sans recourir à Internet que leur prix, biensouvent plus élevé que les cosmétiques conventionnels.En termes de cosmétiques bios, les principaux achats effectués sont : • Maquillage, • Soins du visage, • Soins du corps, • Hygiène, • Huiles essentielles, végétales. 22
  • Lorsqu’une consommatrice est adepte de cosmétiques bio, elle en achète pour l’ensemble de sonfoyer (enfants, conjoints) et n’hésite pas à faire partager ses choix avec sa famille, ses amies etdans son environnement au travail.Avant d’acheter des cosmétiques bios, les consommatrices étaient, pour la plupart, adeptes deproduits bio : alimentation, produits d’entretien pour la maison, etc.Les principales raisons d’achats restent le respect de l’environnement, les labels de certificationbiologique et naturelle qui rassurent la consommatrice, et la qualité des produits.2.3.10. Les LabelsLes organismes certificateurs et leurs labelsUn produit cosmétique bio doit être garanti et reconnu par un LABEL officiel pour être sérieux etpermettre aux consommateurs de le repérer aisément. Il doit répondre à des règles strictes deformulation et de production, visant à donner la priorité aux ingrédients végétaux bio ou naturels età protéger l’environnement.Dans les années 1990, les fabricants européens de cosmétiques naturels mettent en place lacertification afin de répondre aux inquiétudes des consommateurs. L’association Nature et Progrèsest à l’origine de ce mouvement avec l’élaboration d’un premier cahier des charges en 1998. Unedizaine de laboratoires ont participé à la rédaction de ce cahier des charges : Sanoflore, Phyt’s,Coslys, Sicobel, Europ labo, Jacques Paltz …En Allemagne, c’est le BDIH, l’association fédérale allemande des entreprises produisant desmédicaments, produits diététiques, compléments alimentaires et soins corporels, qui a porté etinitié les mises en place des certifications officialisées en 2001.Pour bénéficier d’une certification, un cosmétique bio doit répondre à un cahier des charges quiencadre de manière stricte sa composition.La certification s’effectue par produit et non par marque. Le BDIH et Cosmébio imposent qu’aumoins 60% des produits d’une marque soient conformes au cahier des charges avant que lepremier produit puisse porter le logo (pour éviter les certifications alibis sur quelques produitspilotes où le logo profiterait à l’ensemble de la marque).Il existe plusieurs labels, nés sous l’initiative de groupements ou d’associations privées. Ces labelsvalorisent la présence de matières premières bio dans les différents produits de la beauté bio. Ontrouve : 23
  • FRANCE ALLEMAGNE ECOCERT BDIH  Organisme de certification  Association de fabricants allemands de  Référentiel déposé au Ministère cosmétiques naturels  Priorité donnée à la promotion de  Décerne le label « kontrollierte de l’origine biologique des des produits. l’Industrie Naturkosmetik »  Priorité donnée à la naturalité AUTRES LABELS ITALIE ANGLETERRE AIAB SOIL AssociationCes principaux organismes collaborent actuellement à la mise en place d’un label européen.Chaque label a sa spécificité, mais dans la plupart des cas ils garantissent tous :  l’exclusion de paraffines et de silicones, des produits issus de la pétrochimie,  l’exclusion de parfum ou de colorant de synthèse,  l’exclusion de matières premières d’origine animale,  l’exclusion de conservateurs de synthèse du type des parabènes, d’émulsifiants ou solvants type PEG, de phénoxyétanol…,  l’exclusion d’OGM,  le refus des tests sur les animaux.Ils imposent :  le recours aux composants végétaux issus de l’agriculture biologique dans la plupart des cas,  le recours à une très forte teneur en ingrédients naturels,  le recours strict à une liste de composants autorisés,  le respect de l’environnement (effort sur les matières premières, les procédés de fabrication, les emballages).Dans le processus de labellisation, ce n’est pas la marque qui est labellisée mais chaque produit.Par exemple, pour Nature et Progrès : + des 2/3 des produits d’une marque doivent être certifiés et 24
  • l’entreprise doit s’engager à évoluer vers le 100% bio dans les cinq ans à venir.Les organismes certificateurs et labelsEcocert est issu d’une association européenne de conseillers en culture biologique. Il s’agit d’unorganisme de contrôle et de certification reconnu par les pouvoirs publics qui propose lacertification « Cosmétique écologique et biologique ».Son niveau d’exigence permet une garantie du respect de l’environnement tout au long de lachaîne de production. Cet organisme dépose deux sortes de certifications s’appuyant sur desdegrés différents d’exigence en matière de composition des cosmétiques :  Le label Bio : minimum 95% dingrédients naturels ou dorigine naturelle sur le total des ingrédients (y compris leau), minimum 95 % dingrédients certifiés bio sur le total des ingrédients végétaux et minimum 10 % dingrédients certifiés bio sur le total des ingrédients.  Le label Eco : de 50 à 94 % du total des ingrédients issus de lagriculture biologique et 95 % dingrédients végétaux.Qualité France est un organisme certificateur de produits alimentaires et de services, délivrantentre autre le label Rouge et le label Qualité-Syndic.Ces 2 organismes de certification doivent répondre aux normes françaises et européennes, leursfonctions étant de contrôler en garantissant l’indépendance, la transparence et l’impartialité.(Voir tableau annexe 1 : Comparaison entre les labels)Cosmébio est né en 2002, ce label a collaboré avec Ecocert à la création du 1er cahier descharges de « Cosmétique écologique et biologique certifiée ». Il prend en charge depuis 2003 lacertification des cosmétiques.Un référentiel définissant deux labels écologiques spécifiques à la cosmétique a été établi pour lemarché français. Les deux labels Cosmébio garantissent lorigine des ressources par certificationindépendante.Les produits sont prioritairement issus de lagriculture biologique contrôlée.Le pourcentage d’ingrédients naturels et le pourcentage d’ingrédients bio sont indiqués sur tousles packagings des produits certifiés portant les logos « Bio » et « Eco ». Le fabricant est contrôlédeux fois par an par un auditeur Ecocert ou Qualité France. (Voir annexe 2: "Lexplosion du Bio estloin dêtre finie").Le label BDIH « cosmétiques naturels contrôlés ». Ce label est né en 1951 en Allemagne, paysprécurseur du bio. En 2001, Weleda, Wala (Dr Hauschka), Logona et Lavera ont développé desdirectives complètes et très strictes concernant la production de cosmétiques naturels pouvantporter la mention de « cosmétiques naturels contrôlés ». Un organisme indépendant, Imo, veille à 25
  • examiner la composition des produits et à certifier les méthodes de production.Aujourd’hui le Kontrollierte Naturkosmetik compte 50 membres. Le cahier des charges BDIH estune « liste positive » d’ingrédients autorisés qui contient 690 composants sur les 20.000répertoriés. Un seul ingrédient non autorisé exclut la certification du produit entier.Le logo « cosmétique naturel contrôlé » est attribué pour une durée de quinze mois. 60% desproduits d’une même marque doivent répondre au cahier des charges avant que le premierobtienne la labellisation.Les exigences du BDIH sont nombreuses :  Culture biologique contrôlée ou cueillette sauvage respectueuse de l’environnement,  Pas d’essai sur les animaux,  Pas de colorants ni de parfums chimiques de synthèse, ni dérivés du pétrole.  Conservation à l’aide de substances naturelles ou définies identiques à la nature.  Pas d’emploi de parabènes ni de phénoxyéthanol,  Pas de matières premières végétales ou animales obtenues par manipulation génétique,  Pas de rayons radioactifs pour la stérilisation des matières premières et des produits.De plus le fabricant doit respecter une liste positive d’ingrédients autorisés (environ 690substances sur les dizaines de milliers répertoriées dans les cosmétiques). Parmi eux, certainssont obligatoirement issus de l’agriculture bio (olive, camomille, jojoba…)One Voice est le représentant français de l’ECEAE (Coalition européenne pour mettre fin àl’expérimentation animale) milite pour les droits des animaux de laboratoire, de cirque, d’élevage,de compagnie et à fourrure.Ce label indique qu’aucun test sur les animaux n’a été pratiqué avec le produit fini, ou lesingrédients qui le composent, durant la totalité du processus de fabrication.Testé sous contrôle dermatologique : le fabricant étant responsable de la sécurité de sonproduit, il doit réaliser des tests de toxicité et de tolérance. La loi l’oblige à laisser un dossiertechnique en cas de contrôle à l’AFSSAPS (l’Agence française de sécurité sanitaire des produitsde santé).Nature et Progrès est le label le plus exigeant et le plus transparent sur le marché du bio : il est leseul à exiger dans son cahier des charges 100% de végétaux bio.L’association travaille en faveur d’une agriculture bio diversifiée, respectueuse des hommes, desanimaux, des plantes et de la planète.NaTrue a été lancé par les industriels suisses et allemands, il vise à unifier la réglementation descosmétiques dits naturels à l’échelle européenne. Ce label vise 3 catégories : les cosmétiquesnaturels, les cosmétiques naturels en partie bio qui intègrent au moins 70% d’ingrédientsprovenant de cultures bio contrôlées et les cosmétiques bio en contenant au moins 95%.COSMOS (Cosmétique organic and natural standard), ce label est en cours. Il a été lancé par ungroupe de professionnels européens. Il vise à unifier la réglementation des cosmétiques ditsnaturels.Ce label garantira que 95% du produit fini vient de l’agriculture naturelle (dont 20% bio). 95% des 26
  • ingrédients naturels transformés mécaniquement doivent venir d’une agriculture bio et 30% desingrédients transformés chimiquement doivent être bio. 5% de produits de synthèse sont autorisés.Cosmétique écologique : créé en 2003, cet organisme certificateur français spécialisé dansl’agriculture biologique contrôle les producteurs deux fois par an. Pour une marque, il suffit deprésenter un seul produit conforme pour obtenir la labellisation.Pour cela au moins 95% du produit doit être d’origine naturelle et au moins 10% sont issus del’agriculture bio. Un maximum de 5% d’ingrédients de synthèse est autorisé, selon une listerestrictive. Sont interdits : les parfums, de synthèse, les colorants, les silicones et glycols.En dehors de ces labels utilisés pour les cosmétiques bios et naturels, nous avons :  AB : « Agriculture Biologique » pour les huiles essentielles,  Demeter pour les produits cultivés en agriculture biodynamique,  Simples : réunit des producteurs de montagne au cahier des charges très strict,  Neuform (allemand) : association de détaillants, regroupant 2 600 points de vente en Allemagne.Il existe d’autres labels : AIAB en Italie et OASIS aux Etats-Unis. 27
  • 2. LE SOURCING DU BIO 2.1. Quelles matières premières sont utilisées dans les Cosmétiques bio ?Les cosmétiques bio permettent de revenir à des usages plus traditionnels des ingrédientsnaturels, ceci grâce au pouvoir de la science et permet ainsi de garder les savoirs faire ancestraux.Le domaine de a cosmétologie bio est très innovante et permet de découvrir des matièrespremières traitées dans le respect du patrimoine et des écosystèmes environnants.Il sagit de différentes matières premières allant de lhuile dargan du Maroc, du beurre de karitédAfrique de lOuest de laloès du Cap, de lhuile de noix de coco des Philippines...Lagriculture de ces matières permet de préserver un environnement naturel riche, déquilibrer leséchanges commerciaux et de promouvoir les échanges solidaires à travers le monde.Les cosmétiques bios utilisent la nature pour en faire ressortir les bienfaits après traitement. Sontutilisées différentes huiles telles que les huiles végétales, les huiles essentielles, les hydrolats, lesbeurres végétaux, les macéras, les poudres ou extraits de plantes, les résines, les fruits, miels ouautres argiles...Autant dingrédients que nous exposerons en expliquant leurs bienfaits2.1.1. Les HuilesLes huiles essentiellesUtilisées depuis les premières civilisations, les huiles essentielles ont montré leur efficacité et ontsuscitées beaucoup dintérêt et ce dans chaque région du monde. Leur parfum a été lobjet duneutilisation cosmétique mais aussi thérapeutique. On peut se rappeler que le parfum avait été utilisédurant la civilisation égyptienne pour lembaumant des momies.Les essences aromatiques sont difficiles à extraire et nécessitent un véritable savoir-faire. Elles sesituent suivant la plante au niveau de la feuille, de la fleur, de la racine, de lécorce ou encore dufruit. Ces essences sont la base même du parfum.Lessence dun végétal est récupérée après un procédé appelé « distillation », contrairement àlessence dun fruit qui lui sera récupérée à partir du zeste après avoir « briser mécaniquement lespoches à essences »15.Il est important de ne pas confondre essence et huile essentielle qui se récupère après un procédéde distillation utilisant solvants chimiques ou vapeur deau. Les faibles rendements des huilesessentielles expliquent leurs coûts élevés sur le marché. De même pour une seule et même planteon peut avoir différentes huiles selon sa maturité ou alors la partie dont sera puisée lhuile.15 Source, « Biocosmétiques : la puissance de la nature au coeur de la beauté » 28
  • Le prix et la rareté du produit ont incités certains industriels à falsifier leur rendement en ajoutantdes substances synthétiques au produit naturel pour augmenter leur volume et ainsi réduire leurcoût de production. Il faut savoir que toutes les huiles ne sont pas de qualité équivalente, il fautdonc que le producteur garantisse de son sérieux.La qualité de lhuile dépendra des moyens utilisés durant les différents procédés que sont lacueillette, le séchage, le stockage, lexpérience et le savoir-faire des producteurs et distillateurs…Ces derniers pour garantir un produit dexception doivent garantir la provenance et sassurer decertains critères :  lidentité botanique : la dénomination botanique qui permet de caractériser chaque plante et donc déviter toutes erreurs.  Lorgane producteur : pouvant être la feuille, la fleur, le fruit ou encore lécorce.  Le chémotype ou chimiotype : on parle dhuile essentielle « chémyotypée » car elle présente des propriétés spécifiques selon le pays, la terre, le climat ou encore laltitude de lendroit de pousse de la plante.  Lorigine géographique : ici on parle dun mode de culture ainsi cela permet de savoir si la plante a été cultivée, si elle provient dune culture biologique ou si elle est sauvage.  Le mode dextraction et le soin apporté par le distillateur : il est important de savoir dans quelles conditions le distillateur traite les plantes pour en retirer le meilleur.  Le caractère bio de la plante : ce critère souligne le fait davoir connaissance des produits de traitements utilisés lors de la culture de ses plantes, des dosages, et des éventuelles contaminations de la plante.Les hydrolats16Les hydrolats appelés aussi hydrosol ou encore « eaux florales aromatiques » proviennent de ladistillation des huiles essentielles. Il sagit de la vapeur deau qui a servi à la distillation dans leprocédé les huiles essentielles.Pour avoir un hydrolat de qualité, la durée de distillation de la plante doit être raisonnable selon laplante.Comme pour les huiles essentielles, les hydrolats font lobjet de falsification par certainsproducteurs qui ajoutent eau ou conservateurs pour les couper.Les hydrolats sont utilisés en cosmétiques mais pas seulement, ils sont aussi utilisés en médecinedouce, thérapeutique, ou encore en cuisine.Les huiles végétalesLhuile végétale est récupérée après une première pression à froid. Ce procédé permet de garantirles vertus des grains ou autres fruits de différentes plantes. Les plus connus sont les huiles denoisettes ou damandes.Les huiles sont connues pour leurs bienfaits, dautres produits sont utilisés en cosmétique etprovenant de lagriculture bio16 Source, « Biocosmétiques : la puissance de la nature au coeur de la beauté » 29
  • 2.1.2. Les Produits Nobles17Pour la plupart ils sont très connus de tous, voici une présentation et définition de quelques uns :Labricot (Prunus Armeniaca)Labricot est cultivé depuis des milliers dannées en Chine. La consommation dabricot apported’éléments minéraux et des vitamines dont la béta carotène. Labricot est essentiellement utilisépour la protection et la beauté de la peau.Lhuile est extraite à partir des amandes contenues dans le noyau du fruit. Elle permet grâce à sarichesse en vitamine et en acide linoléique une véritable hydratation de la peau.Les alguesLes algues sont sources de minéraux (calcium, fer, magnésium, iode...) et de vitamines (A, B, C,E), et dactifs anti-oxydants. Elles sont très utilisées dans les cosmétiques plus précisément dansles préparations de crèmes.L’aloèsLes aloès sont des plantes dorigine dAfrique du Sud, elles comprennent plusieurs espècesdifférentes. Certaines espèces sont utilisées car ont des propriétés médicinales ou cosmétiques.Parmi ces espèces, les plus connues sont laloe vera et laloe ferox.Les vertus de laloès était connu dHippocrate, qui évoquait que laloès était un stimulant à lapousse des cheveux ainsi quun remède aux tumeurs et affections cutanées.Des études scientifiques ont confirmé les bienfaits de laloès, en terme de propriétésthérapeutiques.Les jus daloe vera et daloe ferox contiennent :  des vitamines : A, B1, B2, B6, B12, C, E, choline, bioticine, acide folique et inositol  des substances minérales : fer, calcium, magnésium, manganèse, zinc, citrate de potassium, cuivre...  des enzymes, acides gras essentiels, acides aminés  des polysaccharides qui auraient un rôle dans les effets thérapeutiques de la plante.Laloe vera ou ferox est utilisé en gel pour une application cutanée car il régularise le PH, hydrate,nourrit, cicatrise, raffermit, régénère, atténue les tâches de vieillesse, débarrasse des cellulesmortes. Il contient aussi des agents anti-inflammatoire, antibactérienne et antivirale.Laloe vera ou ferox est donc ainsi régulièrement utilisé pour stimuler la pousse des cheveux, pourlutter contre les pellicules, apaiser les brûlures, soigner lacné, réparer les peaux abîmées, atones,ridées, déshydratées.17 Source, « Biocosmétiques : la puissance de la nature au coeur de la beauté » 30
  • Landiroba (carapa guianensis)Landiroba ou encore « acajou brésilien » est un arbre très présent dans la forêt amazonienne.Le fruit contient plusieurs noix dont on extrait lhuile connue pour ses bienfaits apaisants, anti-inflammatoires et cicatrisants.Landiroba est utilisé fréquemment pour :  les peaux grasses et acnéiques,  les éruptions cutanées,  les ulcérations,  les dermatoses,  les cheveux ternes et les pellicules.LarganLarganier est un arbre sauvage qui pousse au Maroc dans la vallée du Souss, plus précisémentdans les provinces dEssaouira et dAgadir. Pour les Berbères cet arbre dit on est « béni desDieux », en effet il a différentes vertus aussi bien alimentaires, cosmétiques, ou encorepharmaceutiques.Lhuile dargan est extraite des petits amendons contenu dans le noyau du fruit. Elle est riche enacides gras essentiels, en tocophérols et en stérols connus pour les effets régénérants.La première pression à froid non torréfiée redynamise la peau, relance les fonctions vitales descellules, restaure la barrière cutanée et neutralise les radicaux libres.Lhuile dargan est utilisée contre les traces et cicatrices laissées par lacné, la varicelle, ou par desbrûlures. Aussi utilisée pour le traitement du cheveu et en crème pour les peaux matures, sècheset déshydratées.Les argiles (verte, rouge, boue marine, rhassoul...)Il sagit dune roche sédimentaire composée de roche spécifiques. Largile est utilisé danslAntiquité pour le traitement des maladies, des blessures, il a aussi un effet anti-inflammatoire etcicatrisant.Comme il existe différentes argiles, leurs vertus sont tout aussi différentes  Largile verte : elle est adaptée aux peaux normales et grasses car régule lexcès de sébum. Elle reminéralise et régénère. Utilisée comme masque pour les peaux mixtes et grasses, elle a un effet purifiant et équilibrant.  Largile blanche : très douce et hydratante elle est adaptée aux peaux sèches, fragiles ou irritées.  Largile rouge : sa couleur rouge sexplique par la présence doxydes de fer. Elle convient aux peaux normales et sèches car les rééquilibre. Elle révèle et donne de léclat aux peaux ternes. 31
  •  Largile jaune : elle est riche en minéraux et a des propriétés oxygénantes et tonifiantes. Elle convient aux peaux sensibles mixtes et à tendance grasse.  Largile rose : douce, elle convient aux peaux délicates et sensibles.  Rhassoul : Il est utilisé depuis de nombreux siècles pour lentretien des cheveux et de la peau. Originaire de latlas marocain, il signifie « matière qui lave ». En effet en y ajoutant de leau de rose ou de fleur doranger, le rhassoul forme une pâte onctueuse, qui, appliquée en cataplasme absorbe les impuretés. Le rhassoul a un effet nettoyant et purifiant, il permet déliminer les cellules mortes, et resserre les pores.  La boue de Manicouagan : il sagit dune argile marine, très riche en minéraux. De plus elle contient une quantité importante de fer, de calcium, de sodium, de potassium, de chrome et de zinc. Le domaine de la dermacosmétique est très demandeur de cette boue, en effet elle contient des algues contenant de précieux pigments. Elle est communément utilisée en soins de peau ou de cheveux, en masque de beauté, enveloppements corporels ou dans des bains de relaxants.Largousier (Hippophäe Rhamnoïdes)Originaire des hauts plateaux du Tibet et des steppes de Mongolie, on lappelle aussi l« olive duNord ».Deux sortes dhuiles peuvent être extraites à partir des baies dargousier :  Lhuile provenant des baies est connue pour sa richesse en nutriments essentiels : vitamine A et E, acides gras oméga-3 et oméga-6, minéraux, acide palmitoléique, stéarine...  Lhuile de graine, elle, contient des acides gras polyinsaturés.Lexpérience du peuple de ces huiles et les recherches démontrent que ces huiles protège etrégénère la peau et les muqueuses.Dautre part lhuile dargousier a des effets protecteurs, émollients, antibactériens, anti-inflammatoires, et cicatrisants. Elle est utilisée pour différents traitements, comme des affectionschroniques de la peau (peaux sensibles, fragilisées, allergies solaires, acné, eczéma psoriasis...)Grâce à sa parfaite tolérance, elle peut être utilisée sur tous types de peaux et peut être destinéeaux bébés et jeunes enfants.LavocatOriginaire dAmérique tropicale, les Aztèques et Amérindiens utilisaient lavocat pour le soin descheveux et de la peau.Lavocat contient différentes vitamines (A, B2, B3, B6, C, D, E) et minéraux (sodium, potassium, 32
  • magnésium, phosphore, calcium, fer) et des oligoéléments (cuivre, zinc).Lhuile davocat contient des insaponifiables, qui permettent de régénérer, tonifier, assouplir,restructurer lépiderme.Elle est aussi utilisée dans le traitement de leczéma et le psoriasis car apaise et soulage lesirritations de la peau.La camomilleOriginaire dEurope, cette plante était déjà utilisée en Grèce antique. Elle se reconnaît par sonodeur et sa saveur amère.Son huile essentielle est obtenue à partir des fleurs de camomille. Elle a des bienfaits anti-inflammatoires, antiprurigineux, et antibactériens.La camomille est aussi bien utilisée en infusion que dans la préparation de masques, de lotions etbains oculaires. Lhuile de camomille est utilisée dans les cosmétiques destinés aux peauxsensibles essentiellement.Le chanvreOriginaire dAsie depuis des milliers dannées, il est aussi cultivé en Amérique centrale, en Afriqueainsi quen Chine.Lhuile de chanvre a le pouvoir de pénétrer profondément, ainsi elle relance la microcirculation.Elle est aussi utilisée pour certains problèmes de peau (acné, eczéma, dermatites) et apaise lesrougeursLes eaux thermalesElles sont utilisées depuis lAntiquité pour leurs bienfaits thérapeutiques, le plus souvent pour desmaladies de peau.Leau thermale accélère la cicatrisation et assouplit la peau. Certaines contiennent des minérauxet oligoéléments utilisés dans les crèmes pour peaux sensibles et réactives.Il existe des cosmétiques biologiques utilisant les eaux thermales comme base, ayant pourbienfaits de purifier et dassainir la peau (Avène, La Roche Posay...)Le karitéOriginaire dAfrique de louest, de lamande du noyau du fruit on extrait un beurre végétal, quicontient des vitamines (A, E), et des acides gras.Ses bienfaits dans la prévention et du traitement du photo vieillissement sont prouvés. Le beurrede Karité a des effets réparateurs, protecteurs, cicatrisants, adoucissants, raffermissants, anti-inflammatoires et régénérants.Son utilisation est diverse, on peut tout aussi bien lutiliser en masque sur cheveux secs, abîmés et 33
  • desséchés, ou comme soin pour les gerçures et irritations. Ainsi il est utilisé dans plusieursproduits cosmétiques tels que les shampooings, les après-shampooings, le baume, les masques,les savons, les laits...Le mielLorigine du miel peut être végétale ou animale, il sagit dun produit sain utilisé depuis lAntiquité.Le miel a de nombreux bienfaits sur notre fonctionnement, en effet il renferme des vitamines, selsminéraux et oligoéléments. Provenant dune diversité de fleurs, sa couleur et son goût différent.Il a des effets anti-inflammatoires, analgésiques et cicatrisants. Essentiellement utilisé pour leslésions de peaux, de brûlures, de crevasses, peau sèche...Le miel est utilisé en cosmétique dans de nombreux produits tels que les crèmes, shampooings,après-shampooing, masques, baumes...Le miel devient un ingrédient incontournable pour la célèbre marque Nuxe, qui a lancé une gammede produits ayant pour ingrédient principal le miel.La roseNul ne peut ignorer son odeur, aussi connu pour ses vertus médicinales, la rose a été une musedinspiration pour de nombreux poètes et peintres.Son rendement en huile essentielle est tellement faible quelle en est dautant plus précieuse.La rose a des effets régénérateurs, hémostatiques, cicatrisants et anti-inflammatoires. Elleconvient ainsi à tous types de peaux et particulièrement aux peaux sèches et sensibles.Il existe bien évidement dautres ingrédients utilisés dans les cosmétiques bio, en voici une listeexhaustive : • Bourrache • Calophylle • Carotte • Carotte • Cire dabeille • Copaïba • Elémi • Famonty • Genévrier • Géranium • Grenade • Huile de germe de blé • Huile de noix de coco • Huile de son de riz • Hydrocotyle asiatique • Iary • Immortelle • Jojoba • Lait dânesse • Lavande • manuka • Marula • Nard de lHimalaya • Neem • Néroli • Nigelle • Noix de Macadamia • Oliban • Onagre • Oranger amer • Palmarosa • Patchouli • Périlla • Propolis • Romarin à verbenone • Rose musquée du Chili • Souci • Tepezcohuite • Thé 34
  • • Thym vulgaire • Vétiver • Vinaigre de cidre• Ylang-Ylang • 35
  • 2.2. Qui sont ces producteurs de Bio ?2.2.1 Production de bio au niveau mondialÀ l’échelle mondiale, et particulièrement dans les pays développés, la consommation des produitsbiologiques est en hausse constante depuis les dix dernières années, avec une croissance desventes avoisinant 20% annuellement et avec un taux de croissance annuel de la production de 15à 30%.Selon une étude de la fondation Ecologie et agriculture SOEL et l’institut de recherched’agriculture biologique FIBL, plus de 31 millions d’hectares sont exploités de façon biologique auniveau mondial.Le marché de l’agriculture biologique a représenté environ 30 milliards de dollars en 2005, ce quicorrespond à moins de 1% du marché alimentaire mondial, estimé à environ 3 500 milliards dedollars US.Ce marché est très inégalement réparti dans le monde. En effet, l’Amérique du Nord notammentles Etats-Unis, et l’Europe représentent les deux plus importants marchés au monde pour lesproduits biologiques avec des parts respectives d’environ 50% et 45% du marché mondial entermes de vente.L’Amérique du Nord représente les plus grosses ventes de produits biologiques avec 13,7 milliardsde dollars en 2005, soit 50% du total. Elle est suivie par l’Europe avec 13 milliards de dollars cettemême année, soit 45% du total.Les principaux produits biologiques recherchés par le marché mondial sont les produits provenantde climats tropicaux (café, cacao, thé, fruits et légumes tropicaux, épices et herbes, fruits séchéset noix), les produits en vrac destinés à la transformation (céréales, oléagineux, etc.). Dans lespays plus nordiques, les produits frais (fruits et légumes) sont fortement demandés, surtout endehors des saisons de culture. À cela s’ajoutent les produits de boulangerie, les produits laitiers etles viandes.Les surfaces occupées par l’agriculture biologique dans le monde (millions d’ha) : répartition parcontinent, en 2006 36
  • En 2006, ces surfaces représentaient 31 millions dha, avec un développement particulièrementnotable en Australie (12,2 millions d’ha), mais au contraire faible en Amérique du Nord (1,4 milliond’ha) et en Afrique (1,2 million d’ha).Pays où la population des surfaces en culture biologique est la plus élevée (en % des terres enbiologique dans chaque pays)Si lon recherche les pays cultivant la plus forte part de leurs terres en biologique, on obtient unclassement différent en raison des disparités dans les surfaces des exploitations entre les pays.Ainsi le Liechtenstein, lAutriche et la Suisse sont les pays où la proportion de terres en culturebiologique est la plus forte.Pays ayant le nombre d’exploitations biologiques le plus important (en milliers d’exploitations)Cependant, en termes de nombre dexploitations qui la pratiquent viennent en tête le Mexique,lIndonésie, lItalie, les Philippines et lOuganda. Lagriculture biologique est donc un phénomènemondial, mais inégalement réparti entre pays.Pays ayant les plus grandes surfaces totales en agriculture biologique (en milliers d’ha) 37
  • 2.2.2. La production de Bio au niveau EuropéenEn 1991, le terme produit biologique a été défini pour les besoins du marché. Cette définition ci-dessous fait consensus au sein des pays membres de lUnion Européenne (UE).« Produit agricole ou denrée alimentaire dont le mode de production vise à respecterlenvironnement et à produire des aliments de qualité, en utilisant des cahiers de charge deproduction. Les cultures sont conduites sans engrais chimique ni pesticides de synthèse. »La précision de ce concept a servi à mieux cibler le marché des produits biologiques en Europe. Ils’agit aujourd’hui d’un marché défini, contrôlé et chiffrable.L’agriculture biologiqueEn 2005, la superficie consacrée à lagriculture biologique représentait 3,9% du total de lasuperficie agricole utilisée (SAU). Pour lEurope au complet, ce sont 5,6 millions d’hectares biosqui sont cultivés par 175 000 entreprisesagricoles. 38
  • En 2005, les plus fortes proportions de superficies consacrées à lagriculture biologique sesituaient en Autriche (11,0%), en Italie (8,4%), en République tchèque et en Grèce (7,2% chacun).Quant aux plus faibles proportions, elles se situaient à Malte (0,1%), en Pologne (0,6%) et enIrlande (0,8%). 39
  • Part (%) de la SAU totale occupée par lagriculture biologique en 2003 et 2005Abréviations : Belgique (BE), Danemark (DK), Allemagne (DE), Grèce (EL), Espagne (ES),France (FR), Irlande (IE), Italie (IT), Luxembourg (LU), Pays-Bas (NL), Autriche (AT),Portugal (PT), Finlande (FI), Suède (SE), Royaume-Uni (UK), République tchèque (CZ),Estonie (EE), Chypre (CY), Lettonie (LV), Lituanie (LT), Hongrie (HU), Malte (MT), Pologne(PL), Slovénie (SI), Slovaquie (SK) et Norvège (NO).Le pourcentage de la SAU totale de lUE 25 consacrée à lagriculture biologique a légèrementaugmenté entre 2003 et 2005, passant de 3,7% à 3,9%. Le graphique illustre les chiffres citésprécédemment. En Autriche, 11% de la superficie agricole totale est couverte de culturesbiologiques. LItalie apparaît également très dynamique. Toutefois, les États membres du nord delEurope semblent avoir stabilisé les superficies consacrées aux cultures biologiques y étant enrecul, de 5,8% à 5,2% au Danemark, de 7,2% à 6,5% en Finlande et, plus légèrement, de 7,1% à7% en Suède.Part (%) de chaque pays dans la superficie totale consacrée à lagriculture biologique dans lunioneuropéenne des 25, 2005Source : Eurostat Statistiques de lagriculture biologiqueLa comparaison de la part de la superficie biologique totale de chaque état membre dans la 40
  • superficie totale consacrée à lagriculture biologique dans lUnion Européenne montre que lItalietotalise quasiment 18% de lensemble des cultures biologiques dans lUnion Européenne des 25.LEspagne et lAllemagne suivent avec des parts denviron 14%. Parmi les États membres qui ontrejoint lUnion Européenne en 2004, cest la République tchèque qui enregistre le pourcentage leplus élevé (4%).Par ailleurs, les superficies consacrées à lagriculture biologique comprennent les superficiestotalement converties et celles en cours de conversion. Avant dêtre considérée comme totalementconvertie à lagriculture biologique, une superficie connaît dabord une période pendant laquelleelle fait lobjet dun processus de conversion. La part de la superficie en cours de conversion dansla superficie totale consacrée à lagriculture biologique variait dun État membre à lautre, de moinsde 10% au Danemark (1%), aux Pays-Bas (4%), en Finlande (8%) et en Suède (9%) à plus de80% à Malte (100%), à Chypre (87%) et en Lettonie (83%).Part (%) de la superficie en conversion dans la superficie totale consacrée à lagriculturebiologique (entièrement convertie et en cours de conversion)en 2005Source : Eurostat Statistiques de l’agriculture biologiqueCe graphique illustre conformément la variation dun État membre à lautre en termes de superficieen cours de conversion. En effet, comme dit précédemment, certains pays présentent un fortpotentiel, avec des superficies en cours de conversion entre 70% et 100%. Il sagit de Chypre, dela Lettonie, de la Lituanie, de Malte et de la Slovaquie. Dautres pays comme lIrlande, la Grèce,lItalie, la Hongrie et la Slovénie ont encore un certain potentiel de croissance avec des superficiesen cours de conversion supérieures à 30%. Dans plus quun tiers des Etats Membres, la part de lasuperficie en cours de conversion dans la superficie totale consacrée à lagriculture biologique estinférieure à 15% et le potentiel de croissance de leur production biologique est dès lors très limité. 41
  • Le Danemark est le cas extrême puisque la part de la superficie en cours de conversion estseulement 1,4%.Proportion (%) des producteurs biologiques dans le total des exploitations agricoles, 2003 et 2005Source : Eurostat Statistiques de l’agriculture biologiqueDans la plupart des pays de lUE, la part des producteurs biologiques dans le total desexploitations agricoles présente une tendance à la hausse, similaire à celle observée pour lessuperficies consacrées aux cultures biologiques. Si lAutriche avec quasiment 12% enregistre lepourcentage le plus élevé en 2005, un recul est observé au Danemark, en Finlande et enEspagne. La Lettonie et la Slovénie se situent aux alentours de 2%, tandis quen Pologne, enHongrie et en Slovaquie, la proportion est inférieure à 0,3%.Montant des ventes de produits biologiques par habitant dans plusieurs pays européens ainsiqu’aux Etats-Unis, Canada et Australie en 2005(en € par habitant en consommant ou non)En Europe, les ventes des produits biologiques sont fort hétérogènes entre pays. Ce phénomèneest lié en partie à la consommation annuelle de produits biologiques par habitant du pays. En effet,le graphique présente des niveaux de dépenses très hétérogènes : 105€ en Suisse, 51€ au 42
  • Danemark, 47€ en Suède, 42€ en Italie et en Allemagne, 25€ aux Pays Bas contre moins de 6€ enEspagne, 4€ en Norvège, 2€ en Grèce et de 1€ en Pologne et en Hongrie.Ainsi la consommation de produits biologiques parait être en premier lieu un phénomène culturel,plus répandu chez les populations germaniques et nordiques ainsi que dans le reste de lEurope.L’Union européenne cherche à développer l’agriculture biologique, car lexploitation des terresselon ces principes assure des services publics, en apportant des avantages non seulement etsurtout au bénéfice de lenvironnement mais aussi du développement rural, ainsi quuneamélioration du bienêtre des animaux. Cependant, le développement des produits biologiques doitêtre régi par le marché. Les échanges internes de produits biologiques sont entravés par la grandediversité des normes, tant nationales que privées. Pour encourager ce développement, l’Europecompte mettre en œuvre la définition dobjectifs communs, la mise au point dun conceptmultilatéral déquivalence, une harmonisation accrue des exigences en matière dinspection et uneplus grande place faite au logo communautaire.2.2.3. La situation dans certains pays hors de l’Union Européenne L’AustralieLAustralie, avec plus de 10 millions dhectares certifiés biologiques, est le pays comportant la plusgrande surface en production bio au monde. En pourcentage de la superficie agricole enproduction bio, lAustralie natteint cependant que 1,6%. Le CanadaEn 2005, le volume des ventes des produits biologiques au Canada a dépassé les 3 milliards dedollars, soit plus de deux milliards d’euros.Les ventes au détail des produits biologiques constituent un marché de créneau dans la plupartdes régions du Canada, avec une part des ventes qui ne dépasse pas 2% du total de laconsommation alimentaire.Au Canada, comme la demande pour les produits biologiques excède loffre intérieure, le déficitest comblé par des importations (en provenance surtout des États-Unis) dans une proportion de 80à 85% des ventes au détail. L’Amérique LatineEn Amérique latine, un marché se développe, notamment en Argentine et au Brésil, à cause deleur grande population, relativement aisée.LArgentine, avec 2 960 000 hectares biologiques est le premier pays dAmérique latine pour sasuperficie en culture biologique, suivi du Brésil (842 000 ha), de lUruguay (760 000 ha), premieren part de superficie agricole bio (4%) et de la Bolivie (364 000 ha). 43
  • L’EgypteLa surface cultivée biologique est de 15 000 ha, soit 0,4% de la SAU totale en Egypte, cest-à-dire3,4 millions dhectares.En Egypte, les principales cultures sont : • Les fruits frais, majoritairement des agrumes, mais aussi des bananes, des dattes, des fraises et du raisin de table, représentant au total environ 9% de la surface cultivée en biologique. • Les légumes frais (près de 35% de la surface cultivée en biologique), dont les tomates, les concombres et les poivrons. Les haricots verts connaissent une demande très forte de la part des Européens ces dernières années. • Les herbes médicinales, aromates et épices, comme le sésame, la menthe, la camomille, lanis, le fenouil ou le cumin (environ 24% de la surface cultivée en biologique). • Les légumes déshydratés : oignons, ail, poireaux, etc. • Les céréales : maïs, riz, blé, coton (environ 32% de la surface cultivée en biologique). Ce dernier est entièrement exporté vers lAllemagne.Environ 80% en valeur de la production agricole biologique égyptienne sont exportés. La principaleaire de consommation des produits biologiques égyptiens est lUnion européenne, avec en têtelAllemagne, le Royaume-Uni, la France et les Pays-Bas. La Suisse est également un gros client. Le MarocRécemment, le Maroc s’est positionné sur le marché du bio en adaptant son potentiel à lademande internationale.Aujourd’hui, le marché international du bio augmente chaque année de 10 à 20%, et le Maroccompte bien s’y tailler une place.Ce pays exporte en Europe des fruits tropicaux et subtropicaux comme les bananes, les avocatsou les agrumes. Enfin, le Maroc se place en premier producteur mondial de certaines espècesendémiques comme le safran, les câpres et l’arganier. L’AsieL’Asie est un marché émergent pour les aliments biologiques, surtout la Chine où la demandedevient plus forte que l’offre, même si le Japon est encore le plus gros marché.En effet, les produits biologiques font une apparition discrète en Chine. En 2005, le marché chinoisdes produits biologiques était estimé à seulement 300 millions deuros. La consommation deproduits biologique atteindrait 0,02% de la consommation alimentaire totale. Mais le marchépourrait progresser de près de 30% chaque année.D’autres pays comme la Malaisie, la Thaïlande et les Philippines, ont une demande intérieure engrande croissance, ce qui favorise la production. 44
  • 2.2.4. La situation dans certains pays de l’Union Européenne LIrlandeLe segment de marché des produits biologiques en Irlande présente de réelles opportunités. Il aconnu une progression fulgurante en quelques années : de 38M€ en 2003 à 75M€ en 2006.Cependant, l’Irlande est le pays de lUnion européenne le moins avancé en matière de productionagricole biologique. En 2006, on recense 1 260 opérateurs biologiques dont 1 104 agriculteurs. Lasurface semée en biologique atteint 39 665 ha, soit 0,9% de la SAU. La BelgiqueLes ventes belges de produits biologiques ont été estimées à 201 millions d’euros en 2005. La partde marché du bio correspond à 1,4% du total des ventes alimentaires.Le marché a suivi une baisse de consommation de l’ordre de 15% entre 2003 et 2004, dueprincipalement aux écarts de prix entre les produits biologiques et conventionnels. Aujourd’hui lemarché semble repartir très lentement.Le nombre d’exploitations agricoles et la superficie biologique sont en constante augmentation enBelgique. Entre 2005 et 2006 le nombre d’exploitations biologiques a augmenté de 9,5% et lasuperficie a atteint 29 308 ha en 2006. La grande majorité des terres exploitées en agriculturebiologique se trouve en Wallonie qui compte 3,4% d’exploitations biologiques contre 1,6% enFlandre. Cette disproportion s’accentue en 2006 puisque les surfaces ont augmenté de 30% enWallonie contre 3,5% en Flandre.La majeure partie de la superficie certifiée biologique est consacrée aux pâturages pourl’agriculture laitière (environ 65%). Le second secteur est depuis 2005, la production d’engraisverts (19% de la superficie biologique totale), suivie par les céréales (13%). La productionbiologique de fruits et légumes reste modeste et se trouve principalement dans la région flamande. La PologneLengouement polonais pour lagriculture biologique a commencé au début des années 1980, parune prise de conscience croissante de la nécessité dencourager les pratiques agricolesrespectueuses de lenvironnement.Il y a un véritable engouement des agriculteurs polonais pour lagriculture biologique au cours de2005. 7 182 agriculteurs étaient alors soumis aux contrôles de certification Bio, pour une superficietotale de 159 709 ha. Des chercheurs estiment que 12 000 exploitations agricoles pourraient êtrecertifiées fin 2007, et 15 000 dici 2010. Les régions qui enregistrent le plus fort développementsont situées dans le quart sud-est du pays : Basses-Carpates, Petite Pologne, Mazovie et régionde Lublin. 45
  • L’ItalieEn termes de surface, la production biologique italienne domine encore la scène européenne avecplus d’un million d’hectares certifiés, soit +11% sur 2004/2005.En 2005, on recense à peu près 45 000 exploitations (+22% par rapport à 2004) dont la superficiemoyenne est d’environ 22 hectares. Le marché italien de consommation des produits issus del’agriculture biologique a atteint cette même année 1,5 milliard d’euros, soit 2% du marchéalimentaire. La République TchèqueL’agriculture biologique représente désormais, en République tchèque, près de 255 000 hectares,soit 6% de la SAU du pays.Le marché tchèque des produits biologiques a atteint en 2005 une progression de 30%, soit unevaleur de 11,75 millions €. Les dépenses en 2010 devraient être de l’ordre de 45 millions €. LAllemagneL’Allemagne constitue le 1er marché européen pour les produits biologiques (30% du marchéeuropéen total en 2005, 2e mondial derrière les Etats-Unis). Il est évalué pour 2005 à 4 milliardsd’euros, soit 14% de mieux qu’en 2004. Les produits biologiques représentent près de 3% de laconsommation alimentaire en 2005 et 90% de la population est concernée.Presque tous les produits biologiques sont concernés. Ce sont les produits frais qui gagnent leplus (fruits, légumes, pommes de terre, œufs et produits laitiers). Viennent ensuite les produitspour petits déjeuners (miel, confiture, céréales et muesli). LAutricheLes produits biologiques comptent pour 350 millions d’euros en 2005 et 4% du marché agro-alimentaire autrichien.Au sein de lUE, l’Autriche est le pays qui possède le plus grand pourcentage de terres agricolesexploitées en bio : - 345 000 ha, soit 13,5% de la SAU, dont 130 000 ha de terres cultivables. - Près de 20 000 exploitations certifiées, soit 10,5% du nombre total.Lagriculture bio autrichienne est tournée essentiellement vers lélevage (64% des exploitationsbiologiques). Aujourdhui, près de 50% des surfaces biologiques fertiles sont occupées par lescéréales, 30% par des cultures fourragères et 10% par les protéagineux. 46
  • La FranceAvec quelques retards sur les pays d’Europe du Nord, les produits biologiques recueillent de plusen plus l’adhésion des Français. Ainsi, dans le respect de cahiers des charges stricts, c’est touteune filière qui se structure afin de répondre à une demande aujourd’hui encore supérieure à l’offre.En 2007, la SAU consacrée à lAgriculture Biologique est de 2%. Comme nous l’avons vuprécédemment, le nombre d’agriculteurs biologiques a légèrement augmenté, passant de 10 000producteurs en 1982 à 11 640 aujourdhui.La consommation daliments issus de lagriculture biologique a progressé de près de 10% enmoyenne par an depuis 1999, pour représenter 1,56 milliard deuros en 2005, tandis que lademande annuelle daliments conventionnels augmentait de seulement 3,6%, selon les dernierschiffres de lAgence française pour le développement et la promotion de lagriculture biologique. 47
  • 3. IMPACTS DU SOURCING BIO 3.1. Le Bio et le Commerce Equitable.3.1.1. Comment le Bio s’inscrit dans une démarche de commerce équitableLes produits issus du commerce équitableA l’origine, les produits issus du commerce équitable étaient surtout basés sur l’artisanat, maisaujourd’hui, on constate une diversification des références tout particulièrement dans l’alimentaire :cafés, thés, chocolats, riz, pâtes, quinoa, jus de fruits, fruits frais et secs, sucre, produitsalcoolisés, épices, confitures, pâte à tartiner, graines et noix, etc. Les objets artisanaux onttoujours le vent en poupe, leur « gamme » s’est d’ailleurs étendue au fur et à mesure du tempsselon les enseignes : vêtements, vaisselle, objets d’art, jouets, meubles, bijoux, etc. Depuis deuxou trois ans, ce sont surtout les cosmétiques qui ont fait leur grande entrée dans le réseauéquitable à travers des produits tels que les huiles essentielles, les soins traditionnels (corps,cheveux, visage, etc.).Les différentes organisations et leur labelFace à la multiplication des labels, associations et organisations, le consommateur, tout comme lechef d’entreprise peut avoir la sensation de se perdre. Cest ainsi que la plupart du temps, le labelMax Havelaar est brandi à tort comme étant le seul label en lequel on puisse faire confiance. Enréalité le commerce équitable s’appuie sur différents organismes. IFAT (International Fair Trade Association ou International Federation of Alternative Trade) : créé en 1989, ce groupe international soccupe de faire reconnaître les structures liées au commerce équitable. Ainsi depuis 2004, il a lancé la marque Fair Trade Organization qui a pour rôle de labelliser des organisations (et non des produits) selon ses propres critères. La PCFE, Alter éco, Artisans du Monde et Solidar Monde sont à compter parmi les organisations labellisées par l’IFAT. EFTA (European Fair Trade Organization) : depuis 1990, son but est de rassembler les centrales dimportations européennes, autrement dit les entreprises en contact direct avec les producteurs qui achètent leur produit. SolidarMonde est lun de ses membres. NEWS (Network of European Worldshops) : il rallie les réseaux nationaux de magasins spécialisés depuis 1994, dont Artisans du Monde fait partie. FLO (Fairtrade Labelling Organization) : cette association réunit depuis 1997 les organismes de labellisation du commerce équitable. Cette labellisation porte sur les produits uniquement, comme le label Max Havelaar. PFCE (Plateforme Française Pour Le Commerce Equitable) : née en 1997, elle rassemble différents organisations de commerce équitable dont les activités se complémentent entre elles : importateurs, détaillants, magasins spécialisés, associations de labellisation, structures de solidarité, etc. Elle permet à ses adhérents d’utiliser son logo après un passage en revu d’un certain nombre de critères sur leur qualité de commerce équitable. STEP : réseau international qui offre des modèles de certification afin d’homogénéiser les pratiques liées à ce commerce. 48
  • L’avenir du Bio et son développementL’agriculture biologique fédère de plus de plus, et est présent dans des secteurs d’activité tels quela cosmétique ou le textile. Même si la tendance « nature » n’est pas récente dans la cosmétique(par exemple, l’enseigne Body Shop qui existe depuis une quinzaine d’années maintenant), ilsemble avoir pris un essor considérable depuis trois ans étant donné le nombre de marques et delaboratoires qui se sont orientés vers ce marché. Mais, comme pour l’agriculture biologique engénéral, il s’agit de ne pas s’égarer. Il existe tout comme le produit agricole bio, une certification «Cosmebio » délivrée par l’organisme indépendant Ecocert. Ce label apposé assure que le produitest à 70% composé d’éléments biologiques, et qu’il répond à un cahier des charges trèsrigoureux : le produit doit entre autres être sans glycérine, ni paraffine, ni vaseline, ni alcool. Ilsdoivent être affranchis de tout parfum, de colorant et de conservateurs artificiels. Bien sûrl’utilisation des produits dérivés du pétrole et les tests sur les animaux sont proscrits.Il existe également depuis 1997 le label « Cosmétique bio écologique », créé par l’associationNature et Progrès. Son cahier des charges encore plus stricte que celui établi par Ecocert car lesproduits doivent être composés à 100% d’ingrédients biologiques.Le marché du bio reste encore marginal même si l’on constate un fort potentiel de croissance. Laquestion n’est toujours pas réglée est de savoir, pour les marketeurs, s’il s’agit d’un simplephénomène de mode qui subsistera encore quelques années, ou d’un réel avènement d’unnouveau mode de consommation. Quoi qu’il en soit, ce marché est source d’opportunités etd’innovations pour les entreprises de nombreux secteurs.3.1.2. Le marketing bio et l’éthique, une association surprenanteAlors que le marketing semble centré sur la réalisation des profits de l’entreprise, il peut paraîtreabsurde de croire que ce secteur puisse avoir conscience de son environnement et en plus lerespecter. Ainsi, par exemple, il est souvent reproché à la publicité de promouvoir des produits oudes comportements non ou peu compatibles avec le développement durable. D’autres critiques seconcentrent sur la mise en scène du bien ou de la manière de présenter le service. Certainsscenarios peuvent en effet être jugés contraires au développement durable ou au civisme : voitureroulant dans une rivière, scènes violentes ou dégradantes, destruction etc. La publicité est souventressentie comme un frein au changement des modes de consommation, parce qu’elle véhiculedes messages contradictoires. Pour le consommateur, qui se trouve au milieu de ce brouillardmédiatique, il n’est pas facile de gérer les contradictions de ces messages.Pourtant, aujourd’hui, le marketing se tourne de plus en plus vers les notions d’éthique notammenten matière de communication. En effet, ses deux notions qui pourraient sembler antagonistes onten fait de grandes opportunités d’évolution si l’on veut bien se donner la peine de les faire «travailler » ensemble.En combinant les définitions de l’éthique et du marketing, on en vient à donner une définition dumarketing éthique : « c’est le développement d’activités marketing caractérisées par leurcontribution à une cause non marchande qui, en retour, a un effet positif sur les échanges entreles consommateurs et la marque ou le produit, et donc sur le profit de l’entreprise. » 49
  • Ainsi, l’entreprise a tout intérêt à développer la notion d’éthique au sein de son activité et decommuniquer à ce sujet. En effet, les consommateurs sont de plus en plus avisés à ce propos etcherchent à modifier leurs habitudes de consommation. Ils attendent des entreprises qu’elles lesaident en cela. Il y a donc là plus qu’une « niche » pour les entreprises, mais un véritable marchéqui se crée et tend à se développer de manière considérable.Un marché qui peut être pour les entreprises, source de profits. Ainsi, on voit se multiplier lesenseignes qui communiquent sur l’éthique. Comment être certains cependant qu’il s’agit là d’unevéritable prise de conscience et non d’une mascarade visant à vendre et réaliser des profits sansvéritable engagement derrière ? Nous allons voir qu’en effet, les questions valent la peine d’êtreposées. 3.2. Les retombées directes.Les retombées se font à différents niveaux que nous allons exposerAu niveau microéconomiqueDans un premier temps concernant le revenu des producteurs, une étude réalisée auprès de dix-huit groupes de producteurs dans sept pays différents montre que la différence de revenu entre lecommerce équitable et les activités alternatives est de 9% en moyenne.Il est évident que ces chiffres sont difficiles à évaluer et évolue selon les études.Les activités consacrées au commerce équitable sont parfois trop insignifiantes et ne représententpas forcément des journées complètes de travail pour les artisans. D’autre part les artisans sontsouvent payés à la tâche et non à la journée, leurs revenus sont donc difficile à chiffrer du à leurirrégularité.On remarque l’apparition de nouveaux emplois en accord avec les contraintes familiales ousociales, ces emplois sont le plus souvent destinés aux femmes.Concernant le niveau de vie, l’impact varie selon la catégorie de l’artisan.S’il s’agit d’un artisan professionnel, le marché étant suffisamment important, il va pouvoircapitaliser et investir le revenu issu du commerce équitable. Les investissements se feront alorsdans le logement ou encore dans des moyens de production afin de développer son affaire. Ainsiles producteurs gagnent en compétence.Les producteurs, eux restent dans une situation vulnérable. En effet pour eux le commerceéquitable leur permet d’avoir un revenu minimum pour accéder au minimum vital. Pour cesproducteurs il ne s’agit pas d’un véritable changement économique mais d’une amélioration duniveau de vie ou de son maintienAu niveau macroéconomiqueAu niveau macroéconomique on se pose la question de l’efficacité du prix équitable. Pour cela uneétude a été réalisée en 2002 en France par Solagral. Elle conclut avec pertinence à quelquesréserves au sujet du prix équitable. En effet le prix équitable est en totale déconnexion avec les 50
  • variations des prix sur les marchés internationaux. Les producteurs ne sont alors pas informés desfluctuations, en cas de pénurie ou de surplus de production. Le prix n’est alors pas si équitable quecela étant donné que le prix est fixé pars des acteurs conventionnels.Il faudrait pour palier à cet effet que le prix équitable varie en même temps que les coursmondiaux.Au niveau socialAu niveau social les retombées sont complètement hétérogènes d’un partenaire à l’autre selon lestatut de producteur.Concernant les conditions de travail, on ne peut malheureusement pas noter d’améliorationnotable pour les artisans travaillant à leur propre domicile.Pour les institutionnels on remarque que de meilleures conditions de travail sont apportées etl’accès aux prestations sociales sont constatés.Le commerce équitable permet d’autre part aux femmes et aux handicapés d’être un acteuréconomique. Pour eux cela signifie un réel changement social. On note alors une amélioration dustatut de la femme.Cependant des études ne sont parfois pas très claires concernant les conditions des femmes autravail. Malheureusement certaines organisations faisant travailler une grande majorité de femmes(de 90% à 100% des salariés) ne rémunèrent que très peu ces femmes, sous prétexte qu’ellesgagnent de toute façon plus que si elles restaient chez elles.D’autre part les inégalités hommes/femmes persistent dans le sens où les femmes sont très peuprésentes dans les groupes de décisions. Cette tendance est bien difficile à faire évoluer.Le surplus de revenu est généralement destiner à la scolarisation des enfants.On note l’apparition de l’aspect « capacity building », il s’agit d’une amélioration des capacitésdans la production mais aussi d’une croissance de la confiance en soi des peptits producteurs etd’une meilleure estime de soi.Les producteurs révèlent de plus en plus de compétences techniques, grâce essentiellement auxformations dispensées par les ONG. En effets les cahiers des charges du commerce équitableengagent une véritable qualité qui motive les producteurs à s’améliorer en termes de qualité deproduction.Bien évidement dans certains cas les normes tendent à exclure les moins performants en termesde précision de travail ou de manque de moyens.Au niveau environnementalLe commerce équitable encourage le développement d’une production bio. D’ailleurs la partimportante des produits bio et équitable témoigne des engagements pris en faveur de pratiquesayant un impact positif sur l’environnement.Seul hic c’est qu’un produit, même s’il respecte le cahier des charges de l’agriculture biologique,n’est pas systématiquement certifié bio. Pour cela les institutions aident les petits producteurs pour 51
  • les encourager et les accompagner à passer d’un « bio passif » au bio certifié.Ainsi des coopératives investissent de leurs revenus pour aider les producteurs, cette aide peutêtre sous forme d’assistance technique, de formation pour l’amélioration des sols et autrestechniques de long terme afin de réduire la dépendance vis-à-vis des produits chimiques.Globalement, les effets sur l’environnement sont différents d’un cas à un autre. Les actionsdépendent souvent de l’accompagnement et la sensibilisation des organisations du commerceéquitable.En effet les populations souvent pauvres ne sont pas très sensibles aux questionsenvironnementalesNiveaux de développement local et nationalAu niveau local on remarque un faible effet d’entrainement sur l’économie local. En effet lecommerce équitable concerne un nombre faible mais non négligeable d’artisans. Les coopérativesaident les artisans à valoriser leurs ressources (main d’œuvre, matières premières…), et leuridentité locale.D’autre part les ONG permettent de leur apporter du savoir-faire. Cependant les impacts sur lesdynamiques locales sont faibles, en effet le commerce équitable n’apporte pas de sommesnécessaires pour des changements notables et d’autre part parce qu’il y a que très peu de projetscollectifs. En effet l’essentiel des projets ont pour objectif commun de produire plus.Si des actions sociales existent, les projets sociaux restent limités. De plus une dynamique dedéveloppement est possible que s’il existe une coordination entre une organisation du commerceéquitable et une organisation d’appui (ONG, églises…) et une collectivité locale.Au niveau national le commerce équitable est bien souvent peu connu. Lorsque celui-ci est connu,il n’est que peu attractif car demande de lourds investissement financiers par rapport aux volumesd’exportation.Les études ressortent que l’on ne peut évaluer le commerce équitable de manière univoque.Si l’on ne prend en compte qu’un aspect économique, alors il est vrai que le commerce équitablen’engendre pas toujours un meilleur revenu aux producteurs.En revanche si l’on considère le commerce équitable comme un projet de solidarité, alors lesétudes ressortent avec des résultats positifs en termes d’amélioration des compétences desproducteurs et de leurs conditions de vie. 3.3. Limites et répercussion des signes de qualité des produits3.3.1. Une labellisation parfois mensongèreContrôle et règlementation des labels 52
  • Tout d’abord, il est essentiel de dissocier le label de la marque. En aucun cas le label ne peut êtreconsidéré ou enregistré comme marque à part entière.Pour être utilisé, un label doit être homologué par le gouvernement (par arrêt interministériel). Ilfaut pour cela qu’un organisme certificateur en fasse la demande. Un projet de règlement détaillédoit alors être déposé. L’avis de la commission nationale des labels est nécessaire pour ledéposer.Le rôle de cet organisme est relativement important puisque c’est lui qui se charge de contrôler lesproduits labélisés. En effet, son but est de vérifier que le produit en question réponde bien aucahier des charges du label.Nous pouvons donc affirmer que cette commission joue un rôle très important à plusieurs niveaux.Prenons l’exemple d’un produit qui aurait le label « Label Rouge », admettons que sescaractéristiques ne répondent pas ou ne répondent plus aux normes fixées par le cahier descharges, le consommateur pourrait se voir tromper sur la qualité du produit.Si le contrôle n’est pas bien fait, le label peut donc perdre de sa crédibilité aux yeux desconsommateurs. De ce fait, les autres marques le possédant seraient elles aussi pénalisées. Nouspouvons affirmer que la mission de la commission est multiple. Le premier est, comme nousl’évoquions, de garantir la qualité du produit. Le second est de veiller à l’image du label. Letroisième est de faire en sorte qu’une marque ne porte pas préjudice à une autre (lorsque lescaractéristiques de son produit ne correspondent pas aux normes du cahier des charges).Il faut également savoir que la copie de label est formellement interdite par la loi. Dans la mêmelignée, utiliser un label sans le posséder est sanctionné. Enfin, pour la reproduction, il en est demême.A qui profitent la labellisation et la certification ?De nos jours, la labellisation et la certification se caractérisent par une diversité stratégiqueindéniable à mettre en œuvre. Si l’on en croit les stratégies purement éthiques des producteurs, ilss’engageraient sur un plan de labellisation et de certification audacieux au profit desconsommateurs. Certes, l’engagement est honorable, mais est en vérité moins profitable pour leconsommateur final.En effet, si le marché alimentaire venait à s’essouffler du fait de la provenance d’une maladieimputable à l’homme d’un pays tiers, comment réagir face aux enjeux économiques desproducteurs régionaux, qui verraient leur marché régresser ? La seule solution généralisée à cejour est bien la labellisation et la certification. Il est tout à fait du droit des producteurs de mettre enavant les aspects qualitatifs de leur méthode de production. Néanmoins, la démarche n’est-ellepas abusive dans le sens où elle amène vers une démarche de promotion et de vente, au profit duproducteur ?La démarche de qualité se résout à rassurer le consommateur sur la qualité mais aussi sur laprovenance. Il est dans ce cas, une démarche purement stratégique dans la mesure où elle vise àcontrer la concurrence internationale, et la provenance de pays tiers, et où la production et lesmoyens ne sont peut être pas contrôlés ou reconnus par le consommateur.Aussi, il est nécessaire de mettre en évidence les organismes de certifications, notamment privés,dont le but premier est de gagner de l’argent, où les détails et tous les aspects de la production neseraient qu’aléatoirement contrôlés. 53
  • Les divers labels ont pour but d’offrir une garantie aux consommateurs, mais face à lamultiplication des propositions, ces consommateurs ne sont-ils pas désarmés ?3.3.2. Une volonté de garanties.Aux côtés de l’agriculture biologique, il existe une multitude de labels.Parmi ceux-ci nous retiendrons les plus connus, à titre d’exemple.- En 1960, la loi d’orientation agricole crée le label rouge qui est une certification attestant qu’un produit agricole ou une denrée alimentaire présente un ensemble de caractéristiques fixées préalablement et garantissant un niveau de qualité supérieur. Ce produit se différencie des produits similaires habituellement commercialisés par ses procédés de production ou de fabrication. Ainsi, le consommateur doit y déceler facilement une qualité supérieure par rapport aux autres produits courants similaires, notamment au niveau gustatif et de l’image qu’il véhicule.- La certification de conformité est créée par la loi du 30 décembre 1988, et appliquée par décret du 25 septembre 1990. Elle certifie qu’une denrée alimentaire ou un produit agricole non alimentaire et non transformé respecte certaines règles préalablement fixées concernant son mode de production, de conditionnement, ou son origine. Les spécificités du produit sont basés sur des critères objectifs, mesurables et contrôlables car ces derniers figurent dans un cahier des charges élaboré par une structure collective ou un opérateur individuel. De plus, les caractéristiques certifiées peuvent être variables selon la composition du produit, ses caractéristiques organoleptiques ou physico-chimiques, ou à certaines règles de fabrication.Les mesures agro-environnementales soutenues par lUnion européenne depuis quelques années,et aujourdhui, les nouveaux dispositifs d’aide à la conversion (dans le cadre des Contratsd’agriculture durable mis en place fin octobre 2003) proposés par le Ministère de lAgriculture dansle cadre de la nouvelle loi dorientation agricole sont autant de mesures qui permettent auxagriculteurs qui se proposent de contractualiser avec lÉtat, sur une base volontaire, de voirreconnus, par un soutien financier, leurs efforts pour la préservation de lenvironnement ou plusglobalement pour la gestion durable du territoire. Or, il savère que les cahiers des chargesacceptés par ces agriculteurs qui désirent mettre en œuvre une agriculture plus durable, vont surplusieurs points au-delà de ce qui est imposé par le cahier des charges de lagriculture biologique.La procédure de labellisation est donc un succès. Cependant il est légitime de se demander si laprofusion actuelle de labels n’est pas également source de confusions et éventuellement néfaste àl’agriculture biologique.3.3.3. Le problème émergent de la concurrence entre les différentes garanties proposées.L’agriculture biologique est certes une agriculture centrée sur le respect de l’environnement, maiselle n’est aujourd’hui plus la seule à poursuivre cet objectif.Nous prendrons ainsi l’exemple du décret du 25 Avril 2002, pris par application de l’article L640-3du Code Rural, qui définit les principes de l’agriculture raisonnée. Il est complété par un référentiel 54
  • (arrêté du 30 Avril 2002) comportant 98 exigences. Celles-ci portent essentiellement sur la maîtrisedes intrants, des effluents et des déchets et insèrent des mesures liées à la production animale.L’agriculture raisonnée ne cesse d’interpeller à la fois le consommateur, le producteur et lesprofessionnels de l’agro-alimentaire, qu’ils soient de la transformation ou de la distribution, car elleintéresse de plus en plus la grande distribution. Dès lors, beaucoup d’opérateurs s’interrogent surle fait de savoir si les productions de l’agriculture biologique ne risquent pas d’être délaissées,d’autant plus que travailler en « raisonné » est plus aisé. Ainsi les prix sont plus proches voireégaux aux conventionnels, les contraintes réglementaires moins pesantes et l ‘approvisionnementplus facile. En effet, par exemple, la charte régissant l’agriculture raisonnée n’interdit aucunementl’utilisation de produits chimiques de synthèse mais demande simplement de les utiliser avecdiscernement.3.3.4. Les limites des organismes certificateurs et labelsLes labels et organismes certificateurs sont mis en place pour essayer d’unifier et de réglementerau mieux les pratiques. Cependant on peut remarquer pour chacun d’eux des limites.Cosmebio : ce label exigeant un minimum d’ingrédients naturels et bio, ne différencie pas leshuiles végétales et les huiles de synthèse d’origine végétale. Ainsi si un fabricant utilise en grandeproportion des huiles de synthèses il pourra bénéficier de ce label.Nature et Progrès est le label le plus exigeant, mais les produits portant ce label sont les moinsnombreux.NaTrue très stricte car ne permet pas d’inscrire l’eau comme un ingrédient bio, mais le fait que 3catégories composent ce label, il parait très confus aux yeux des consommateurs.Cosmos, ce label a des normes très complètes. Cependant son but étant d’unifier les règles vis àvis des consommateurs a échoué, avec le lancement de deux labels européens au mêmemoment.Ecocert, est l’organisme qui veille à ce que l’information de l’étiquetage soit le plus transparentpossible pour les consommateurs. Cependant Ecocert permet d’intégrer dans le pourcentage debio des produits certifiés de « l’eau florale bio » dont la part aqueuse n’est pas bio.BDIH ne permet pas que l’eau soit intégré dans le produit comme produit bio, ce qui en fait unlabel strict. En contrepartie il n’indique aucun pourcentage minimum d’ingrédients strictement biodans le produit fini, et la liste positive des ingrédients autorisés n’est pas consultable.One Voice est un label très pointilleux dans le sens où il contrôle le produit jusqu’au bout de lachaîne. En revanche pour les cosmétiques les tests sur les animaux sont interdits sur tous lesproduits finis depuis 2004. D’ici à 2013, cette interdiction sera étendue aux ingrédients lescomposant.Testé sous contrôle dermatologique : la mention « test in vitro » n’est que le pendant de cetargument marketing censé rassurer le consommateur : elle signifie simplement que les mesures 55
  • ont été effectuées à l’aide d’une éprouvette, en milieu de culture, sans plus d’information.Comparativement, le « bio » est réputé coûter cher au consommateur, qui de plus n’est pas assuréde consommer pour autant plus « sain ». Dès lors, l’agriculture biologique ne va-t-elle pas êtrefortement concurrencée ? N’entretient-on pas volontairement la confusion avec l’agricultureraisonnée dans l’esprit du consommateur ? Autant de questions auxquelles il est difficile d’apporterdes réponses précises mais qu’il est nécessaire de soulever.Autre problème soulevant les difficultés du système, la question des aides. 3.4. Les aides a la production et a la conversion : un véritable encouragement ? Au niveau européen, l’article 19 du règlement du 15 juin 1987 est le seul à définir les aidesconcernant le secteur agricole, ces aides ne doivent être accordées que dans le cas où lespratiques agricoles respectent l’environnement et les ressources naturelles. Dans ce cadre, lesEtats sont autorisés au nom du principe de subsidiarité à déroger au principe de libre concurrenceet donc plus généralement au principe de libre circulation et à mettre en place un régime d’aidesspécifiques notamment pour les zones sensibles. Cet article n’avait pas pour objectif majeur defavoriser l’AB, cependant l’Allemagne grâce à cet article a fait ce choix.L’article 21 du règlement CEE 2328/91, introduit un régime d’aide ayant pratiquement le mêmeobjet que le règlement de 1987, il accompagne la mise en place du règlement sur l’AB.L’UE a développé aussi de nombreuses aides spécifiques comme par exemple les aides visant àencourager la baisse de l’utilisation des engrais et produits phytosanitaires.Au niveau national, on constate une volonté politique d’afficher un appui au développement del’AB. Il y a eu la mise en place d’un programme d’aide au soutien de l’AB comprenant : - des aides directes pour l’agriculture subissant le problème du faux « bio », - des aides à l’organisation des filières régionales.Il existe également des aides à la reconversion. Le décret du 1er avril 1992 a mis en place un telsystème d’aide pour les agriculteurs « bio ». La reconversion est une période pendant laquelle unagriculteur décide de mettre en application le mode de production biologique. La reconversionsuppose la manifestation et la preuve de la bonne foi de l’agriculteur. La durée de la reconversionselon le règlement communautaire doit être de 2 ans minimum, la délivrance du label AB nepourra intervenir qu’au bout de la 3e récolte. Les rendements doivent subir une baisse supérieureou égale à 20%.Cette aide prend la forme d’une prime sur 5 ans dont 25% proviennent de l’UE et 75% de l’Etat,mais, comme nous le verrons ultérieurement, celle-ci n’est pas vraiment incitative. Si lareconversion est frauduleuse la sanction est le remboursement de aides versées.On sait que le système « bio » consomme nettement moins daides publiques que le productivismetraditionnel. Il semblerait qu’il y ait selon certains agriculteurs, un manque de pertinence decertaines dentre elles. 56
  • Deux exemples pour illustrer le propos : - Le semis dun hectare de maïs permet lattribution de 381, 12 euros chaque année (quoiquil arrive au maïs), alors que pour un hectare de prairie ne sont attribués que 106,71 euros, durant deux ans au plus. Cest la longévité normale dune pâture en système traditionnel. En système bio, le maïs est remplacé généralement par des prairies dont la durée de vie est de six ou sept ans. Le calcul sur six ans est vite fait : 2286,74 euros/ha de maïs, contre 213,43 euros/ha de prairie, soit dix fois moins. Il est vrai que les frais de fertilisation azotée et de produits phytosanitaires ne sont pas les mêmes et vrai aussi que de fortes quantités dazote étant libérées lors du retournement des prairies, la qualité de leau des ruisseaux sen trouve mieux si c’est fait tous les six ans plutôt que tous les deux ans. - Les cultures légumières bio sont aidées à raison de 213,43 euros/ha/an pendant deux ans. Cest loin dêtre suffisamment incitatif compte tenu des charges opérationnelles de ce type de culture.En fait, les agriculteurs ne veulent pas plus de subventions, mais une meilleure répartition, plusjuste. La démarche des agriculteurs passant au système bio est le fruit dune conviction, certes,mais elle doit pouvoir se faire en assumant des risques raisonnables. Et elle mérite dêtre mieuxencouragée.Un autre handicap sérieux est la carence de soutien technique à ce système. Le suiviéconomique, environnemental, cultural et zootechnique dexploitations « bio » est indispensablepour pouvoir acquérir des références objectives, qui permettent lamélioration des pratiques et lescomparaisons avec le système traditionnel. Mais les chambres dagriculture et les organismes derecherche portent encore une attention trop modeste aux besoins. Les programmes de lINRAconcernant cette problématique résultent plutôt des convictions individuelles de certainschercheurs que dune orientation de programmation de lorganisme bien établie. Du côté deschambres dagriculture, celle du Finistère, par exemple, a affecté deux techniciens-conseillers à labio sur un total dune soixantaine. Et ils ont dû se former sur le tas en quelques années, auprèsdes agriculteurs bio eux-mêmes.Dès lors, comment le « bio », dans ces conditions, arrive-t-il à s’adapter aux différenteslégislations ? 3.5. Comment le Bio s’inscrit dans la législation ?Comment l’agriculture biologique, par définition extensive et soumise à un contrôle strict, peut-elles’accommoder des grands principes du droit communautaire ?3.5.1. Le principe communautaire de liberté de circulation des marchandises.La libre circulation sapplique aux produits originaires des États membres et aux produitsoriginaires des pays tiers qui se trouvent en libre pratique dans les États membres [art. 23 (9) al. 2CE]. Initialement, la liberté de circulation des marchandises a été conçue dans le cadre dune 57
  • union douanière entre les États membres avec suppression des droits de douane, des restrictionsquantitatives aux échanges et des mesures équivalentes, et établissement autour de laCommunauté dun tarif extérieur commun. Ensuite, laccent a été mis sur lélimination de tous lesobstacles entravant encore la libre circulation, de façon à réaliser le marché intérieur défini commeun espace sans frontières internes où les marchandises circulent aussi librement que sur unmarché national. Le marché intérieur implique la suppression de toutes les entraves à la liberté decirculation encore existantes. Le Livre blanc de la Commission de juin 1985 a recensé lesobstacles physiques et techniques et les mesures à prendre par la Communauté pour les éliminer.La plupart de ces mesures sont maintenant réalisées.Le marché des produits biologiques donne matière à des échanges commerciaux entre lesdifférents pays européens, et notamment communautaires. Ainsi doit-il nécessairement s’inscriredans ces principes.Ainsi, tous les produits, biologiques compris, respectant les dispositions de la réglementationcommunautaire peuvent, conformément au principe du Marché Unique affirmé par la Traité deRome et au principe incontournable de liberté de circulation des marchandises, circuler surl’ensemble du territoire de l’Union, qu’ils aient été produits au sein de celle-ci ou importés. Un Etatmembre ne peut interdire ou restreindre leur commercialisation, si le produit en cause respecte lesprescriptions édictées.On peut dès lors légitimement se demander si un principe qui tend à faciliter les échanges estréellement compatible avec l’exigence de traçabilité requise en agriculture biologique.3.5.2. La PAC, promotrice d’une agriculture intensive, face à l’émergence du « bio »,agriculture extensive.Le modèle agricole imposé par la PAC est à l’origine fondé sur un système de soutien des prix trèsélevés proportionnels à la quantité produite. Il est destiné à permettre le respect du principe depréférence communautaire.Mais la PAC va elle aussi subir la vague déferlante des critiques liées aux dommages causés parl’agriculture intensive. Dès lors, en 1992, une modification de la PAC paraît inéluctable.La réforme s’efforce de rompre en partie avec la logique productiviste, prévoit une forte baisse desprix garantis compensée par l’instauration d’un système d’aides directes au revenu.La prise en compte de la dimension environnementale accompagne cette réforme. Ainsi lerèglement du conseil n°2078/92 prévoit des mesures agri-environnementales, c’est à dire desaides attribuées aux exploitants qui s’engagent à respecter pendant une certaine période lesexigences définies au préalable dans un programme en matière de réduction des engrais et autresproduits phyto-pharmaceutiques, d’extensification des productions végétales, entre autres. Maisces mesures n’ont pas permis de diminuer sensiblement les pollutions.La réforme de la PAC dans le cadre de l’Agenda 2000 a été adoptée par le Conseil de Berlin en1999. On y souligne la nécessité d’assurer le plus haut degré possible de sûreté et de qualité desdenrées alimentaires, d’intégrer effectivement dans la PAC la protection de l’environnement. Elleinstaure l’éco conditionnalité qui consiste à subordonner les aides compensatrices directes aurespect d’exigences environnementales. L’Agenda 2000 vise donc à concilier une agriculture 58
  • moderne, productive et compétitive avec le développement durable des territoires ruraux. Or lerèglement n°1257/99 du Conseil reconnaît que l’agriculture biologique améliore la durabilité desactivités agricoles et contribue ainsi aux objectifs généraux de ce règlement. Il est donc reconnuque l’agriculture biologique produit une combinaison d’effets écologiques, sociaux et économiquespositifs.Les agriculteurs qui pratiquent l’agriculture biologique peuvent éventuellement bénéficier d’aidesdu premier pilier dans les mêmes conditions que les agriculteurs traditionnels. De plus la politiquede développement rural telle qu’elle est définie par le règlement n°1257/99 permet l’octroi desubventions au titre du deuxième pilier comme partie des mesures agro-environnementales.L’agriculture biologique est considérée comme une pratique agricole qui couvre la majorité desobjectifs des mesures agro-environnementales comme l’extensification, la diversité génétique, laprotection de l’environnement…La Commission européenne a proposé, à l’initiative du commissaire européen à l’agriculture FranzFischer, une réforme de la PAC permettant une meilleure répartition du budget agricole et uneréconciliation « citoyen-consommateur-contribuable européen ». La Commission a jugé que lapolitique actuelle ne permettait pas de se diriger effectivement vers une agriculture plus extensiveet qu’elle n’était pas apte à assumer les négociations avec l’OMC dans le sens d’une protectionaccrue des agriculteurs européens et de faire face à l’élargissement de l’UE. La nouvelle PAC doitavoir le souci d’offrir des produits de haute qualité et de permettre aux consommateurs d’exercerleur pouvoir de choix.La France, l’Espagne, l’Autriche, le Luxembourg, la Grèce, l’Irlande, le Portugal et la Belgiques’opposent à la réforme, laquelle, selon eux, procéderait à un « découpage » des activités et desterres en tous points néfaste.Le rapport de la Cour des Comptes n°14/2000 sur la PAC et l’environnement entre alors en scène.Il est intéressant au sens où il relève que la PAC a conduit, malgré les réformes, à des aberrationsdu point de vue écologique.Les ministres de l’agriculture de l’UE ont finalement adopté le 26 Juin 2003 la réforme de la PAC,qui devrait permettre, de manière certainement plus audacieuse, si l’on s’avère optimiste, de sediriger vers une agriculture durable, dont l’agriculture biologique est une composante essentielle.En effet, un cadre environnemental minimum est approuvé, des mesures agri-environnementalessont lancées, soutenues par le FEOGA. Mais des critiques se font déjà entendre : en effet lesnouveaux Etats membres ne sont obligés de respecter ces mesures qu’à partir de l’année 2009.En attendant on peut déjà s’interroger sur l’emploi que feront ces pays des fonds qui leur serontattribués. Les nouvelles réformes qui devraient intervenir en 2006 devraient nous éclairer un peusur la question. Espérons que les nouveaux venus ne suivront pas aveuglément le « bon vieux »modèle de l’agriculture intensive…Si certaines craintes peuvent s’avérer justifiées, notons cependant que l’Union travaille activementà la construction d’une harmonisation, qui, d’un autre côté, sera un facteur certain dedéveloppement commun et donc peut-être mieux maîtrisé.3.5.3. La normalisation, outil communautaire conciliateur d’intérêts. 59
  • En Europe les espaces réservées à l’agriculture bio ont progressé de manière phénoménale lorsde la dernière décennie. Cela dit le taux de croissance et les superficies concernées varientfortement d’un pays à l’autre. Il en va également ainsi des réglementations.D’où la recherche d’une harmonisation des règles, limitant ainsi le jeu du principe de subsidiaritépour les Etats, à travers notamment l’adoption d’un logo unique pour les produits alimentaires, desdispositions sur l’étiquetage, les reconversions, les substances autorisées, les inspections etcertifications, par les règlements 2092/91 et 1804/99 (intégrant les produits d’élevage). Cela dansun objectif de transparence et de concurrence loyale.Dans cette logique d’harmonisation (et non d’uniformisation), les règlements communautaires nedéfinissent que des exigences minimales. La normalisation est pensée comme un outil stratégiquepour la libre circulation des marchandises. Ces normes prennent évidemment en comptel’évolution des données scientifiques et techniques, toujours dans le respect de l’objectif dedéveloppement durable. Un consensus se forme, à partir notamment d’une information réciproquedes Etats.Dès lors, on ne peut que constater la puissance d’action de l’Union européenne, acteur essentielsur le marché de l’agriculture biologique.Malgré son efficacité globale, il paraît difficile, au regard de la pratique, de garantir un systèmesans failles. Incompréhensions, fraudes, difficultés des procédures sont autant de problèmes qu’ilfaut nécessairement relever. 3.6. Le « bio » et le marché, entre fraudes et malentendus.Le produit biologique doit garantir une conformité entre les caractéristiques annoncées et soncontenu réel. Les normes internes et communautaires en la matière sont strictes, comme nousavons pu le constater dans nos développements.Malgré tout, on relève un nombre non négligeable de publicités mensongères visant à faire passerdes produits conventionnels pour du « bio », dans une logique évidemment commerciale. Onpense notamment aux problèmes connus par une célèbre marque de yaourt. Citons également lecas de la publicité d’une grande surface pour des produits « parfaitement bio », non certifiés…Oucelui des yaourts B 10 +, qu’on lit BIO + à moins d’avoir le nez collé au pot…La confusion des consommateurs liée à la multiplication des signes de qualité et autres labels setrouvent aussi être souvent exploitée.Au niveau communautaire, le règlement 2092/91 du Conseil concernant le mode de productionbiologique apparaît à la fois comme l’aboutissement des démarches de reconnaissance et commel’affirmation d’une volonté de clarifier aux yeux des consommateurs la notion d’agriculturebiologique en luttant contre les nombreuses fraudes constatées. Ainsi, les Etats ont-ils l’obligationd’adopter toutes les mesures nécessaires pour éviter les utilisations frauduleuses. Ce qui implique 60
  • des activités de contrôle et une action des autorités publiques. Lorsqu’un Etat constate uneirrégularité concernant le produit d’un autre Etat partie, il doit informer ce dernier, ainsi que laCommission. En outre, un descriptif des mesures prises pour la mise en œuvre du règlement doitêtre communiqué chaque année. Quant aux Etats ayant choisi un régime d’inspection par desorganismes privés, ils ont obligation de soumettre chaque année la liste de ces organismesapprouvés et un rapport sur leur supervision.Malheureusement, il est difficile de juger du respect de ces mesures car les contrôles et sanctionsrelèvent du pouvoir discrétionnaire de chaque Etat membre. De plus les organismes certificateurssont très variés et on déplore des différences de méthode. En conséquence, il serait judicieux quel’UE ose aller sur le terrain des contrôles et des sanctions. Il en va de la crédibilité de l’agriculturebiologique. Mais étant donné la promotion d’une politique de développement durable, est-ceenvisageable ?Toutefois, il faut signaler qu’il est possible d’obtenir des résultats plus satisfaisants et plusaisément mesurables à travers l’adoption de cahiers des charges privés, de lignes directivesofficielles ou de politiques d’harmonisation.En France le « faux bio » est sanctionné avec sévérité. La Direction Générale de laConsommation, de la Concurrence et de la Répression des Fraudes exerce un contrôle de droitcommun à tous les stades de la filière, de la production à la consommation. Les « faux raisonnés »font l’objet d’une attention particulière actuellement. Toute contrefaçon assimilée à une fraude ou àune falsification peut faire l’objet d’une sanction sur la base du Code de la Consommation et d’unecondamnation pénale (souvent faible cependant au regard de la Jurisprudence). Les contrôlestouchent privé et public. Des enquêtes approfondies s’intéressent à l’homologation des cahiersdes charges. En cas de violation d’un instrument privé, le producteur s’expose à une exclusion del’organisme. La CNAB est informée. La Répression des fraudes peut alors entrer en scène.La sévérité des contrôles peut parfois porter préjudice à des exploitants agricoles de bonne foi,victimes d’éléments naturels ou d’évènements ayant par exemple envoyé des engrais dans leurschamps. L’organisme peut alors se porter garant de cette bonne foi auprès des agents de laRépression des Fraudes.A l’inverse, certains parviennent à échapper aux sanctions et à profiter de l’utilisation du label« bio » en profitant de carences de réglementation ou de surveillance dans certains secteurs. Unencadrement strict est donc nécessaire encore une fois, pour le maintien de la crédibilité del’agriculture bio.A côté des comportements frauduleux se pose un autre problème, également préoccupant : celuides croyances erronées (dont certains savent tout à fait habilement profiter…) concernant le« bio ».L’agriculture biologique soulève un certain nombre de questions, notamment concernant sesobjectifs. Ainsi les partisans du « bio » font valoir la supériorité de cette forme d’agriculture parrapport aux autres méthodes du point de vue de la santé. Une certaine confusion règne, aux yeuxdes consommateurs, sur la signification du concept même et les restrictions qu’il implique. Onrelève une consommation « éthique », mais pour laquelle on peut constater que les objectifs dequalité semblent souvent primer, dans l’esprit de la plupart (consommateurs ou distributeurs), surles objectifs de protection de l’environnement. Or à la différence des autres signes de qualité, 61
  • l’agriculture biologique ne se définit pas par des qualités déterminées de ses produits qui en sontissus mais comme un mode de production respectueux de l’environnement, à long terme, grâce àl’adoption d’une approche proactive permettant entre autres une réduction des problèmes defertilité des sols.La primauté des objectifs environnementaux de l’agriculture biologique n’est pas véritablementreconnue, pour d’évidentes raisons de marketing, car force est de constater que sur le marché,l’argument qualité lié à la santé est beaucoup plus porteur. D’ailleurs, en France, 65% desacheteurs de « bio » achètent ces produits pour préserver leur santé et 47% pour préserverl’environnement…Les craintes des consommateurs se sont traduites par de plus fortes exigencesen termes de sécurité alimentaire du fait de la prise de conscience liée à diverses catastrophes.Pour eux le « bio » est devenu une solution aux problèmes liés à leur santé et en découle leurconsentement à payer souvent cher. La confiance du consommateur est une arme, notammentlorsque cette confiance se fonde en partie sur des confusions plus ou moins heureuses avecd’autres certifications… C’est pourquoi on ne constate pas d’efforts particuliers pou détromper leconsommateur sur certaines idées reçues concernant l’agriculture biologique, dont l’objectifpremier n’est pas la qualité. Cela dit le danger vient de la concurrence avec d’autres labels,lesquels reprennent les mêmes arguments, sans pour autant satisfaire aux normes très exigeantesde l’agriculture biologique. Le consommateur pensera alors avoir agi « éthiquement » alors que laprotection de l’environnement ne sera pas même visée.D’ailleurs la loi de 1995 sur la modernisation de l’agriculture étend encore les risques de confusionen stipulant que la politique agricole tend à devenir une politique de qualité et d’indication d’originedes produits agricoles.Or si le « bio » ne s’inscrit pas dans une logique de production de masse, sa qualité supérieureest-elle pour autant établie ? Certaines études scientifiques montrent que des micronutriments trèsnutritionnels sont présents en plus grande quantité dans les produits « bio ». Par exemple lesantioxydants. De plus, la valeur santé du produit « bio » serait supérieure du fait de l’utilisation detechniques particulières et de l’absence de pesticides. Cela dit davantage d’études seraientnécessaires pour objectiver la qualité des produits biologiques en démontrant scientifiquement leurmeilleure qualité nutritionnelle.Nonobstant le constat que l’agriculture biologique est assurément caractérisée comme étant àvisée éthique, elle ne saurait cependant être l’archétype de l’agriculture idéale, offrant toutes lesgaranties dont rêvent les divers protagonistes qui soutiennent les objectifs qu’elle s’est fixés,lesquels restent bien entendus des buts vers lesquels on peut tendre mais qu’il est souvent difficiled’atteindre.Face aux nécessités pratiques, la réglementation même ne saurait garantir du 100% « bio ». 3.7. Le délicat problème des produits et substances utilisés.Le produit biologique que nous achetons ne contient pas nécessairement uniquement descomposantes biologiques, comme nous allons pouvoir le constater. 62
  • Il est important de souligner que, au sein même de l’agriculture biologique, certains produits issusde la chimie de synthèse sont autorisés, temporairement et par dérogation il est vrai, lorsqu’iln’existe pas de « produits naturels » de substitution.Le règlement européen précité établit également dans son annexe II une liste de produitsautorisés destinés à la fumure et à l’amélioration du sol et des produits de lutte contre les parasiteset les maladies. Les règlements 207/93 et 1488/97 admettent aussi dans certaines conditionsl’utilisation de produits phytosanitaires. Signalons également que le règlement 1804/1999 excluttoute utilisation préventive de médicaments allopathiques à synthèse chimique pour la gestionsanitaire concernant les animaux. Cela dit, comment contrôler parfaitement le soin et l’alimentationdes animaux ? Quant aux agriculteurs conventionnels, voici leur raisonnement : une agriculture quibannit les antibiotiques est-elle plus sûre qu’une agriculture qui les utilise à bon escient ? Il estdifficile de trancher…Le logo et l’indication de contrôle ne peuvent être apposés que sur certains produits couverts parle Règlement (CEE) n° 2092/91. L’une des conditions est qu’ils contiennent au moins 95%d’ingrédients produits selon le mode biologique. Ce qui signifie qu’il existe une tolérance, certespeu importante, qui permet de faire entrer dans le produit biologique des éléments nonbiologiques. Il faut dire qu’il est souvent difficile pour les producteurs de trouver tous lesingrédients dont ils ont besoin au sein de la production biologique. Ainsi un problème,particulièrement sensible se pose actuellement: En effet, le règlement 2092/91 préconise l’emploide semences issues de l’agriculture biologique mais l’usage de semences conventionnelles esttoléré en raison de la limitation de l’offre en semences « bio »Les conditions cependant sont strictes :- aucune variété de l’espèce n’est présente dans la base de données nationale, Ou- la variété recherchée n’est pas enregistrée dans la base de données et le producteur peut démontrer qu’aucune des variétés enregistrées de la même espèce n’est appropriée et que l’autorisation est donc très importante pour sa production, Ou- aucun fournisseur ne peut fournir les semences avant le semis alors que l’utilisateur les a commandées en temps utile, Ou- si elle est justifiée à des fins de recherche, dans le cadre d’essais à petite échelle sur le terrain ou à des fins de conservation d’une variété.Il faut demander une autorisation de dérogation avant le semis. Une annexe européenne doitrecenser les espèces pour lesquelles un nombre suffisant de variétés et semences existe. Maiselle est pour l’instant vide…Or le problème de la pénurie des semences bio reste posé.Quoiqu’il en soit, l’agriculture bio n’est pas la solution parfaite à tous nos problèmes mais une descomposantes des solutions agricoles participant à l’objectif de développement durable. Par lasévérité de sa réglementation et l’harmonisation de celle-ci au niveau européen, elle s’efforce d’y 63
  • répondre au mieux. Si le «bio » veut s’inscrire dans le cadre plus large d’une production de qualitéet de protection des consommateurs, cela passera nécessairement par des normes de productionencore beaucoup plus strictes. Mais est-ce souhaitable ? 3.8. La Bio, utopie ou agriculture d’avenir ?L’agriculture biologique vise certains objectifs, que nous avons longuement détaillésantérieurement. Il s’avère impossible de garantir un résultat mais les efforts réalisés sont déjà legage d’un certain succès.3.8.1 L’engagement des producteurs: une obligation de moyens et non de résultat.Le règlement européen 2092/91 précise que l’agriculture biologique garantit seulement auconsommateur une méthodologie qui ne peut être sans incidence sur la qualité du produit mais quin’est pas en mesure de faire état de résultats vérifiables concrètement. Ainsi c’est une obligationde moyens et non de résultat qui pèse sur l’agriculteur. Il dispose également que le logo UE nepeut pas être associé à de quelconques allégations suggérant qu’un produit « bio » constitue unegarantie nutritionnelle supérieure. En effet, en la matière, les denrées alimentaires « bio » doiventsatisfaire aux mêmes exigences que celles prescrites pour les produits conventionnelscorrespondants.Cela dit, du fait de ses positions sur l’ESB, de l’adoption d’embargos et de son moratoire sur lesOGM, l’Union Européenne a contribué à conforter chez les consommateurs le mythe d’uneagriculture biologique capable de garantir des normes plus élevées en matière de protection deleur santé. Cependant le moratoire sur les OGM a été levé le 19 Mai 2004, du fait de l’entrée envigueur le 18 Avril de la même année d’une nouvelle législation sur l’étiquetage et laréglementation concernant les OGM. Le sujet est sensible et l’Union Européenne a dû s’incliner enpartie devant les attaques et pressions répétées de l’OMC. Le Parlement européen souligne que« toutes les mesures doivent être prises » pour assurer une bonne gestion du problème. Enattendant, à titre d’exemple, le maïs Bt11 est autorisé à l’exportation…Prétendre résoudre le problème des OGM par voie d’étiquetage est périlleux, d’autant plus que lesrecherches doivent encore être intensifiées. Point positif pour la production biologique : la mise surle marché des OGM, risque - et comme le dit l’adage, « le malheur des uns fait le bonheur desautres » - d’orienter de nouveaux consommateurs vers l’agriculture biologique, seule manière poureux à long terme d’affirmer leur liberté de choix.Mais outre les OGM, l’agriculture biologique subit diverses pollutions malheureusementmalaisément contrôlables. Dès lors peut-on et doit-on l’encadrer encore plus sévèrement ?3.8.2. Le « bio », victime de pollutions internes ou externes.Si, pour Héraclite, « La santé de l’Homme est le reflet de la santé de la terre », la nature n’est pas 64
  • toujours bonne par essence et l’agriculture biologique n’est pas forcément radicalement différentede l’agriculture conventionnelle.. Ainsi les végétaux « bio » seraient-ils, d’après plusieurs rapportsscientifiques, plus vulnérables aux maladies. On constate ainsi la présence de mycotoxine, unpoison organique sécrété par les moisissures. Notons également que les produits biologiques nesont pas à l’abri de phénomènes tels que pluies acides, pollution atmosphérique ou ruissellementdes eaux. Ainsi peut-on retrouver des résidus de produits phytosanitaires dus à la pollution denappes environnantes.Il convient également de souligner que si l’agriculture biologique se veut respectueuse del’environnement, certaines pratiques utilisées par les agriculteurs n’y sont pas forcémentfavorables, et les agriculteurs conventionnels s’appuient sur celles-ci pour justifier leurs suspicions.Ainsi, le désherbage des champs par de fréquents arrachages de mauvaises herbes porte-t-ilatteinte aux oiseaux nichant à terre, aux vers de terre et aux invertébrés. Le désherbagemécanique peut aussi favoriser l’érosion des sols.Dès lors nous pouvons estimer que dans l’hypothèse d’un développement quantitatif del’agriculture biologique, lequel va rapidement s’avérer indispensable, l’utilisation importante decertaines matières animales ou végétales comme le Guano ou les déchets d’abattoir sera trèscertainement nuisible. Reste à savoir comment y remédier. Cette question mérite d’être, à l’avenir,suivie de près. 65
  • ConclusionDurant la rédaction de ce mémoire, une interrogation est souvent revenue. S’agit-il d’unphénomène de mode, d’une passade ? Les cosmétiques bios ont-elles un avenir ?Au regard de l’essor des cosmétiques bio durant ces dernières années, nous pouvons nousattendre à un essoufflement de ce secteur d’ici à quelques années. Mais quand? 10 ans? 20 ans?Selon nous, il ne s’agit pas d’un effet de mode. L’enjeu principal réside dans la capacité desentreprises à mettre en place des stratégies afin d’innover, d’attirer les consommateurs.Il est primordial pour une entreprise commercialisant des cosmétiques bio d’être en adéquationavec ses convictions. Par-là, nous entendons que ces entreprises doivent communiquer sur le faitqu’elles agissent au service de l’environnement et qu’elles consomment durablement.De plus, il faut œuvrer pour l’agriculture bio. Il ne s’agit pas d’un type d’agriculture simple à mettreen place du fait des nombreux contrôles. Les pouvoirs publics doivent encourager les jeunessortants des lycées agricoles à cultiver bio, mettre en place des subventions matérielles etfinancières pour développer ce type d’agriculture.Pour permettre aux consommateurs de se repérer dans l’univers bio, une charte communeélaborée au niveau de l’Union Européenne doit voir le jour. Enfin, comme nous avons pu l’évoquerdans la seconde partie de ce mémoire, chaque marque doit travailler sur des stratégies pertinentesà mettre en place, à adapter, afin de pérenniser ce nouveau marché des cosmétiques bio.Le bio s’inscrivant dans une démarche de commerce équitable, il permet aux pays endéveloppement de valoriser leurs produits. Différents labels existent pour différencier des produitsissus du commerce équitable des autres produits. Ceux-ci assurent une qualité et un savoir-fairetraditionnel de produits sains issus de l’agriculture biologique.D’autre part ce système permet aux familles de voir le niveau de vie s’améliorer et de pouvoirscolariser leurs enfants.Cependant des failles sont constatées dans ce système, au niveau des prix équitables, qui sontbien souvent loin de la réalité du marché.De plus les législations ne sont pas si homogènes que l’on pourrait le croire même si les organespublics tendent à y parvenir.En ce qui concerne les labels, qui sont pour la plupart très stricts, mais ont chacun leur faille.Je n’ai malheureusement, pour compléter mes recherches, pas trouvé de chiffres plus précisconcernant les revenus des producteurs dans un pays donné.Il aurait été intéressant pour ce mémoire d’aller sur le terrain et constater les réelles conditions detravail et de vie des artisans.Aujourd’hui nous savons comment ces pays inscrivent le bio et le commerce équitable dans leuréconomie, demain le commerce équitable aura-t-il évolué ? Comment les pays en développementintègreront le commerce équitable et l’agriculture biologique dans leur économie ? Cette démarcheaura-t-elle un tout autre poids ? Et qu’en sera-t-il des artisans ?Tant de questions qui pourraient faire l’objet de recherches futures afin d’évaluer les réellesretombées. 66