Your SlideShare is downloading. ×
 Indicateurs locaux d’impact  des projets de lutte  contre la dégradation des terres  et la désertification
Upcoming SlideShare
Loading in...5
×

Thanks for flagging this SlideShare!

Oops! An error has occurred.

×
Saving this for later? Get the SlideShare app to save on your phone or tablet. Read anywhere, anytime – even offline.
Text the download link to your phone
Standard text messaging rates apply

Indicateurs locaux d’impact des projets de lutte contre la dégradation des terres et la désertification

323

Published on

Le Comité Scientifique Français de la Désertification (CSFD), en lien avec la société civile, a développé un jeu d’indicateurs permettant aux décideurs et acteurs du développement d’évaluer les …

Le Comité Scientifique Français de la Désertification (CSFD), en lien avec la société civile, a développé un jeu d’indicateurs permettant aux décideurs et acteurs du développement d’évaluer les impacts locaux des opérations de lutte contre la dégradation des terres et la désertification.

Cette étude s’inscrit dans le double contexte de la Convention des Nations Unies sur la Lutte contre la Désertification et du souhait d’évaluation des actions extérieures de la France financées par l’Agence Française de Développement et le ministère français des Affaires étrangères.

Synthèse réalisée par Isabelle Amsallem (Rédactrice scientifique, Agropolis Productions) et Marc Bied-Charreton (Président d’honneur du CSFD) d’après les travaux du CSFD.
Conception graphique et mise en page : Olivier Piau (Agropolis Productions)

Décembre 2012

Published in: Education
0 Comments
1 Like
Statistics
Notes
  • Be the first to comment

No Downloads
Views
Total Views
323
On Slideshare
0
From Embeds
0
Number of Embeds
0
Actions
Shares
0
Downloads
14
Comments
0
Likes
1
Embeds 0
No embeds

Report content
Flagged as inappropriate Flag as inappropriate
Flag as inappropriate

Select your reason for flagging this presentation as inappropriate.

Cancel
No notes for slide

Transcript

  • 1. Indicateurs locaux d’impact des projets de lutte contre la dégradation des terres et la désertification © A. Ickowicz Le Comité Scientifique Français de la Désertification (CSFD), en lien avec la société Pourquoi et pour qui évaluer ? civile, a développé un jeu d’indicateurs Évaluer les impacts des actions et des projets de lutte contre la dégradation des terres et la permettant aux décideurs et acteurs du désertification (LCD) et les projets de gestion durable des terres est indispensable pour :développement d’évaluer les impacts locaux des  Vérifier la pertinence et la cohérence des objectifs de départ. opérations de lutte contre la dégradation des  Éclairer la conduite et le pilotage de ces actions, en améliorer l’efficacité et la pertinence, terres et la désertification. les réorienter si besoin et en assurer la pérennité par la capitalisation des acquis et la responsabilisation des acteurs. Cette étude s’inscrit dans le double contexte  Rendre compte de l’exécution, des résultats et des effets des actions de LCD au-delà de de la Convention des Nations Unies sur la ses parties prenantes directes. Lutte contre la Désertification et du souhait  Examiner la durabilité des effets observés (impact). d’évaluation des actions extérieures de la  Documenter des processus d’apprentissage et de capitalisation, des campagnes France financées par l’Agence Française de d’information, de communication ou de plaidoyer, notamment pour les bailleurs de fonds Développement et le ministère français des en ayant des arguments économiques — ou autres — pour investir dans la LCD. Affaires étrangères.  Expliquer / analyser une réalité complexe et son fonctionnement. Synthèse réalisée par Isabelle Amsallem (Rédactrice C’est également une exigence démocratique à l’égard des citoyens et des parlements qui les scientifique, Agropolis Productions) et Marc Bied-Charreton (Président d’honneur du CSFD) d’après les travaux du CSFD. financent. Ainsi l’évaluation des impacts de projets de LCD est nécessaire : Conception graphique et mise en page :  Pour la société civile car le processus d’évaluation a un effet formateur des parties Olivier Piau (Agropolis Productions) Impression : Les Petites Affiches (Montpellier, France) prenantes locales de la LCD (système d’apprentissage collectif) et il permet aux acteurs à 1000 exemplaires. locaux de prendre conscience de l’intérêt de la gestion des ressources naturelles. © CSFD Novembre 2012  Pour les politiques nationaux en tant qu’instrument de mobilisation des ressources pour Comité Scientifique Français la LCD. Il s’agit alors de transformer des résultats scientifiques en arguments pour ces de la Désertification (CSFD) décideurs politiques. Agropolis International 1000 avenue Agropolis  Pour les décideurs internationaux afin de les inciter à investir dans la LCD et les aider à F-34394 Montpellier CEDEX 5 identifier et caractériser des indicateurs d’impact agrégeables à cette échelle. Tél. : +33 (0)4 67 04 75 44  Pour les scientifiques car l’évaluation aide à appréhender, analyser et comprendre une www.csf-desertification.org réalité complexe.
  • 2. Pourquoi évaluer l’impact de projets est difficile ? Quelques définitions…  Les systèmes naturels et sociaux évalués ensemble de facteurs agissant à différents sont complexes et méconnus ainsi que la(les) niveaux spatiaux, mais aussi à des échelles  Réalisations (résultats, outputs) : relation(s) de causalité entre les pratiques temporelles variées (souvent longues en ce changements qualitatifs et quantitatifs produits directement par l’action. d’utilisation et de gestion des ressources qui concerne la dynamique des écosystèmes (végétations, sols, eau…). Les ressources et des sociétés.). De plus, il faut intégrer les  Effets (outcomes) : premiers changements induits par ces réalisations sur le milieu concernées sont parfois mal identifiées et peu effets inattendus, indésirables, indirects, etc., physique et humain environnant. visibles (p. ex. la matière organique du sol). induits par les interventions du projet. Ces  Impacts : nouvelle situation issue de impacts peuvent aussi se produire ailleurs l’ensemble des effets. Ce sont tous les  Les acteurs concernés sont complexes (externalités positives ou négatives) et à des types d’effets, positifs ou négatifs, souhaités (types, logiques individuelles et collectives, moments différents. ou non, générés par les actions de LCD. comportements, rôles, mentalités, intérêts, Ils ne correspondent pas forcément aux objectifs identifiés au départ et concernent points de vue…). L’ensemble des acteurs  Il peut être difficile d’interpréter les aussi des acteurs non directement ciblés est hétérogène et fluctuant dans le temps résultats de l’évaluation qui, selon l’angle par ces actions ; ils se situent souvent dans (du local à l’international). Les centres d’analyse, peuvent avoir une signification très le long terme. d’influence se déplacent et se multiplient, différente. Une évaluation axée sur l’évolution  Évaluation : apprécier ou juger la valeur entrent en contradiction. De nouveaux acteurs des ressources naturelles, par exemple, ou l’intérêt de quelque chose (IFAD, n.d.). apparaissent. Cette complexité est difficile à pourrait conclure à un échec d’un projet (ou Examen systématique (et aussi objectif que possible) d’un projet prévu, en cours ou appréhender par le biais d’indicateurs qui, par impacts négatifs) tandis qu’une évaluation achevé. Selon l’objet analysé et le moment nature, doivent la simplifier. axée sur les retombées économiques pourrait de l’évaluation, il existe différents types conclure à une réussite (impacts positifs). d’évaluation : ex ante, intermédiaire, finale,  Le contexte des projets de LCD évolue De plus, certains impacts ne sont pas ceux ex post. en permanence. Les systèmes biologiques attendus. naturels, soumis à des variations environnementales et à des pressions  Il existe des difficultés liées à la La diversité des projets et des actions anthropiques, évoluent. Les changements disponibilité et la qualité des donnéesde LCD (objectifs, échelles, contextes, sociaux que les projets accompagnent, nécessaires à l’évaluation. Notamment,acteurs...) impose des méthodes d’évaluation progressent à des rythmes imprévisibles. l’absence de points de comparaisond’impact adaptées. Il existe aussi une À prendre en compte également : l’évolution documentés est un problème courant endiversité des impacts (techniques, sociaux, des moyens institutionnels et des acteurs de matière d’évaluation de projets de LCD ;économiques, écologiques, etc.) directement la LCD qui ont, eux aussi, des impacts locaux. celle-ci met l’accent sur l’importance deou indirectement imputables au projet. conduire une évaluation ex-ante du projetCes diversités ne permettent pas d’établir  Il est difficile de définir les échelles spatio- (situation initiale) et de définir une situationa posteriori et à distance une méthode temporelles d’évaluation. La désertification de référence (situation « sans projet ») afind’évaluation unique ni une liste d’indicateurs résulte de mécanismes et processus d’apprécier les changements et mesurer lesapplicable dans tous les cas. complexes et interactifs, pilotés par un impacts.© Krishna Naudin
  • 3. Edmond Hien © IRDDes éléments méthodologiques Définir une situation initiale afin de L’évaluation des projets de LCD nécessite ainsi  L’appréciation des impacts attribuéscomparer la situation « avant projet » des méthodologies adaptées et des approches à l’intervention doit être solidementavec celle « après projet ». Cela implique impliquant différentes composantes argumentée à partir de l’analyse desla répétition dans le temps d’enquêtes (humaine, économique, financière, écologique, différents bénéficiaires de l’action et descomparables, avant et après le projet. des pratiques, des techniques et des parties prenantes de l’intervention. Elle méthodes mises en œuvre…). doit aussi se fonder sur les observations Définir une situation de référence « sans indépendantes des évaluateurs quiprojet » afin de comparer la situation « avec  Il faut intégrer les aspects fonciers et devraient s’appuyer sur la lecture deprojet » à un moment donné pour mesurer d’accès aux ressources dans les évaluations. l’évolution des indicateurs d’impactsles impacts de celui-ci. Cela nécessite une Les droits de propriété et les droits d’accès entre la situation initiale et la situation auenquête sur deux échantillons de personnes aux ressources influencent l’utilisation de ces moment de l’évaluation.ou de communautés analogues et dans la dernières. On peut comprendre les sources  Le processus d’évaluation contribuemême zone (témoin et bénéficiaires). À défaut, d’inefficacité de certaines opérations de à clarifier le rôle des acteurs et leurson fera une modélisation ou une élaboration LCD en examinant les effets des droits de intérêts, en liant l’évaluation au processusà « dires d’expert » d’hypothèses décrivant propriété sur les comportements des acteurs de décentralisation. Plus généralement,ce qu’aurait été l’évolution probable de la (p. ex. une logique de défrichement extensif l’évaluation décentralisée constitue unsituation initiale sans projet. peut apparaître à des fins de sécurisation formidable outil auto-formateur et permet foncière). un renforcement des capacités des acteurs L’évaluation doit être contextualisée. locaux pour la gestion des ressourcesLe contexte a une influence sur les impacts  Il faut prendre en compte les différents naturelles de leur territoire. De plus,de la LCD et notamment leur durabilité. acteurs locaux de la LCD pour la conception l’évaluation, en apportant des preuvesContextualiser consiste à caractériser la du système d’évaluation (y compris le choix tangibles d’un impact, donne aux acteurs dezone dans laquelle se trouve le projet à des indicateurs), la collecte des données et la LCD l’opportunité de se faire eux-mêmesévaluer. Une évaluation sera d’autant plus l’analyse des résultats. En effet : une opinion.pertinente et informative pour les parties  Un projet résulte d’une constructionprenantes si elle est placée dans son contexte collective. Chacun des acteurs  Il faut prendre en compte le coût dey compris légal, politique et institutionnel. institutionnels a sa part de responsabilité l’évaluation. Le choix de la méthodeUne évaluation contextualisée ne permet pas dans la mise en œuvre et a sa propre d’évaluation et des indicateurs, est assujetti,l’agrégation, l’extrapolation et la comparaison appréciation des phénomènes, des entre autres, à la disponibilité des données,dans le temps et l’espace car le contexte est dynamiques et des transformations au budget et au temps consacrés. Il esten perpétuelle évolution. Ainsi, à chaque induites par le projet. Dès la planification nécessaire de développer avec les acteursévaluation doit correspondre une étape de des interventions, il faut définir de manière gestionnaires locaux des outils et descaractérisation du contexte du projet. consensuelle des repères partagés sur méthodes simples et peu coûteux. Si les la situation initiale et sur la situation indicateurs sont construits par les populations Les approches utilisées doivent recherchée au travers de l’action envisagée. qui les renseignent, leur recueil est plusêtre holistiques, multidisciplinaires,  L’analyse de l’impact repose sur la lecture efficace. Il faut alors disposer de ressourcesintersectorielles et systémiques. Les causes et l’interprétation d’un certain nombre suffisantes et mettre en place les moyens etde la désertification sont complexes et sont d’indicateurs qui sont des paramètres les compétences appropriés par des actionsà rechercher hors du champ technique : fixés par convention entre les différents de renforcement des compétences localespauvreté, insécurité foncière, incohérence acteurs. Ils doivent permettre de décrire (agriculteurs, pasteurs, etc.).des politiques sectorielles, etc. Il convient concrètement (comment, combien, quand,d’aborder la LCD dans tous ses aspects. qui, où) un état atteint.
  • 4. Les indicateurs d’impact sélectionnés par le CSFDIl n’existe pas de liste d’indicateurs d’impact d’indicateurs regroupant l’ensemble des sous l’impact de projets de LCD. L’utilisationlocaux (ou de méthode d’évaluation) impacts possibles. Il convient d’insister sur de ces indicateurs peut être d’une grandeuniverselle, néanmoins, elle doit intégrer le fait que la liste des indicateurs locaux utilité si l’on souhaite apprécier le capitaldifférentes composantes : humaine, d’impact proposée par le CSFD est une naturel, le capital humain et le capital sociétaléconomique, financière, écologique, des liste indicative. L’hypothèse faite est que la d’une zone considérée et l’évolution de cespratiques, des techniques et des méthodes combinaison de quelques indicateurs simples paramètres constitutifs du développementmises en œuvre. C’est la raison pour laquelle peut permettre d’appréhender certaines durable.le CSFD a défini quatre grandes familles évolutions des milieux naturels et humainsQuatre types d’indicateurs d’impact locaux 1. Les indicateurs biophysiques ont pour but 3. Les indicateurs économiques et financiers acteurs du développement : agriculteurs de qualifier et de quantifier l’état du capital ont pour but de mesurer les investissements et éleveurs, entre ces derniers et les naturel (eau, sol, végétation). réalisés, les sources de financement, les taux services techniques. Ce sont aussi des 2. Les indicateurs quantitatifs de production ont de retour, etc. informations quantitatives et qualitatives pour but de mesurer le résultat des actions 4. Les indicateurs institutionnels et sociétaux relatives à l’organisation de la société civile concernées par les projets en ce qui concerne ont pour but de donner des informations et à la décentralisation ; ce sont également les productions agricoles, l’élevage, les qualitatives sur la nature et l’existence les questions de pauvreté et de bien-être produits forestiers. d’accords locaux et de contrats entre les (scolarisation, santé…). FAMILLES D’INDICATEURS 1. Biophysiques 2. Quantitatifs de production 3. Économiques et financiers 4. Institutionnels et sociétaux INDICATEURS D’IMPACT LOCAUX 2-1. Coefficient dEfficacité Pluviale 1-1. Taux de couverture végétale 3-1. Revenu moyen par famille 4-1. Indicateur de bien-être pour la production 1-2. Occupation des terres 2-2. Rendements des cultures 3-2. Revenu par travailleur 4-2. Taux de scolarisation (land cover) 2-3. Surface agricole totale par 4-3. Taux d’activité agricole 1-3. Phytomasse herbacée 3-3. Revenu par habitant habitant (sensu lato) 4-4. Taux d’activités autres 3-4. Revenu net agricole (année en 1-4. Phytomasse totale 2-4. Taux de fertilisant à l’hectare qu’agricoles (commerce, cours) artisanat…) 3-5. Taux de satisfaction des 2-5. Nombre de plants forestiers 1-5. Densité des ligneux besoins des exploitations 4-5. Taux global dactivité mis en terre (agricole, élevage, général) 4-6. Taux dautoconsommation 2-6. Surface aménagée selon 3-6. Investissements en 1-6. Types de végétation des produits agricoles (agricole, lobjectif initial (zaï, compost…) restauration du milieu naturel élevage, général) 2-7. Nombre dhectares réhabilités 1-7. Capacité de rétention en eau 4-7. Part de l’argent des migrants pour être remis en culture, 3-7. Investissements agricoles du sol dans le budget des ménages pâturage ou boisement 4-8. Part de l’argent des migrants 1-8. Teneur en C organique des sols 2-8. Nombre dhectares reboisés 3-8. Investissements dans l’élevage investi dans l’agriculture 3-9. Taux d’équipement autre 2-9. Taux de reprise des boisements 4-9. Propriété foncière et droits 1-9. Teneur en N, P et K des sols qu’agricole (tous services après 3 ans d’usage confondus) 1-10. Taux dencroutement 3-10. Rapport Coûts / Bénéfices des 2-10. Taux de dunes fixées 4-10. Flux migratoires superficiel investissements en milieu naturel 1-11. Taux densablement des 3-11. Rapport Coûts / Bénéfices des 4-11. Flux migratoires économiques 2-11. Densité des points d’eau surfaces investissements agricoles temporaires 1-12. Indicateur de changement de 4-12. Nombre d’accords locaux l’état de surface des sols (structure 2-12. Productivité animale 3-12. Taux de retour économique entre les acteurs du développement et texture) sous l’effet du vent 1-13. Indice de ruissellement 2-13. Densité animale (animaux 4-13. Nombre d’organisations de la 3-13. Taille des exploitations Pourcentage d’eau ruisselée domestiques) société civile 1-14. Taux d’érosion des sols : 3-14. Utilisation des terres 2-14. Capacité de charge 4-14. Taux de décentralisation érodabilité, érosivité (land use) 1-15. Taux de salinité des sols 2-15. Charge réelle 4-15. Taux de pauvreté 4-16. Pourcentage de la population 2-16. Composition des troupeaux 1-16. Taux de salinité de l’eau totale ayant accès à de l’eau par espèce animale potable – Zones rurales et urbaines 4-17. Disponibilité en eau 1-17. Faune du sol 2-17. Taux de croissance du cheptel (par individu) 4-18. Indice de dynamique 1-18. Biodiversity integrity index 2-18. Complémentation alimentaire paysagère 1-19. Indice synthétique d’état de dégradation des terres Pour plus d’informations : www.csf-desertification.org/index.php/activites-du-csfd/recherche-et-developpement/les-indicateurs/indicateurs-impact www.csf-desertification.org/index.php/activites-du-csfd/recherche-et-developpement/seminaire-2011-evaluation

×