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  • 1. Le Journal du citoyen est édité dans le cadreNuméro 3 15 avril 2012 Ne peut être vendu Editorial Liberté de la pressePour une information Le spectre d’une nouvelle dictaturecrédible et transparente se dessine Le SNJT : les décrets 115 et 116 doivent être appliquésLa révolution tunisienne, déclenchée le 17décembre 2010, a offert aux journalistes, Un pacte de paix doit être signé entre médias et gouvernementune opportunité de taille, pour découvrir uneliberté d’expression dont ils étaient privés «Plus vous prétendez comprimer la presse, plus l’explosion sera forte. Il faut donc vous résoudre àdepuis plus d’un demi-siècle. En effet sous le vivre avec elle.», R. de Chateaubriandrégime de Bourguiba (1956-1987) et de Ben Du 3 au 5 mai prochain, et conjointement avec l’Unesco, la Tunisie célébrera la Journée MondialeAli (1987-2011) le secteur de la presse a connu de la Liberté de la Presse, sous le thème «Les nouvelles voix : la liberté des médias aide àun véritable déclin en raison d’une série de lois transformer les sociétés».répressives et de l’absence d’une réelle volontépolitique pour donner un nouveau souffle aupaysage médiatique en Tunisie. La révolutionest venue changer les mauvais reflexes d’unepresse sclérosée qui a sombré, sans exagéra-tion aucune, dans la médiocrité. Depuis le 14janvier et après la fuite de Ben Ali, les Tunisiensont assisté à une floraison de titres de journauxqui se disputent désormais d’une manière trèsloyale un marché exigu mais juteux. Force estde constater cependant que, dans ce contexte,un amalgame est créé entre les limites de laliberté de presse et la diffamation. Le paysagemédiatique a été marqué par des dérapages detoutes sortes. Certains journalistes, confondententre leurs engagements politiques personnelset la rigueur professionnelle qui leur dicte lerespect de la déontologie du métier fondée sur-tout sur la neutralité vis-à-vis du flot des infor-mations quotidiennes. Ils n’hésitent pas parfois Proclamée en 1993, cette commémoration s’est liberté de la presse est en péril.à véhiculer des messages d’une manière pas- choisi comme décor, et ce, pour la deuxièmesionnée qui trahit leurs appartenances poli- année consécutive, la nouvelle Tunisie, pays Médias et L’Assemblée Constituantetiques et qui nuit grandement à la qualité de déambulant mais déterminé à installer les sentent le danger et discutentleurs écrits ainsi qu’à leur réputation. C’est la piliers de la première démocratie arabe. Maintenant que la presse tunisienne s’estraison pour laquelle il est impératif que les pro- Il est à rappeler que chaque année, l’organisation affranchie du joug dictatorial, les enjeux sontfessionnels de la communication améliorent internationale UNESCO, fervente défenseure grands et décisifs. Les outrages à l’encontre desleurs prestations, en suivant des sessions de des droits humains, fête, le 3 mai, la journée médias et des journalistes, qui ont jalonné leformation pour apprendre à faire la distinction Mondiale de la Liberté de la Presse afin d’inciter paysage médiatique postélectoral, ont sonné laentre la rédaction d’un message brut et l’insi- au droit à l’information, au pluralisme et à sonnette d’alarme sur un éventuel retour de lanuation de leurs idées personnelles. En pro- l’indépendance des médias, à la protection de la censure à coup d’intimidation.cédant de la sorte, ils contribueront à rendre presse de toute forme de bâillonnement, et ce, D’ailleurs, afin de retrouver un terrain d’ententeun meilleur service à leur pays qui a, plus que par le biais de lois législatives et de discussions et de réduire cette animosité patente entre permanentes avec politiciens et journalistes. médias et gouvernement, une délégation dujamais, besoin d’une information crédible et L’Unesco œuvre, depuis des années, à SNJT (Syndicat National des Journalistestransparente â même de l’aider à baliser sa responsabiliser les décideurs politiques et les Tunisiens), accompagnée par les journalistespolitique durant la prochaine période. gouvernements dans des zones de conflits où la agressés durant les derniers évènements, Lotfi TOUATI (Suite page 2) Coordinateurs : Mongi Aouinet, Ayari, Lotfi Touati Rédaction : Néjiba Hamrouni, Charles Secrétariat de rédaction : Manel Mejri, Ghabri Olfa, Mohamed Boughanmi, Rim Autheman et Sylvaine Petit Mohamed Drissi Raoudha Selmi, Karima Ben Frej, Marwa Sahli, Wafa Formateurs : Sabah Mahmoudi, Traduction : Ben Youssef, Melek Lakdar, Ghawari, Chokri Belhedi, Florence Al Aswad, Moncef SETRA Traductions Zahra Ben Kalma, Hattab Fezai. http://journalducitoyen.wordpress.com/ Contact : ma.coordinateur@gmail.com Imprimerie : Imprimerie des Berges du Lac, imprimeriedulac.com
  • 2. 2 15 avril 2012 (Suite de la page 1) Cinéma de la Paix ? 2012 :s’est entrevue, le 19 mars 2012, avec leprésident de l’Assemblée constituante, M.Mustapha Ben Jaâfer. Edition Spéciale EnfantsUne rencontre qui a pris en compte toutesles questions impérieuses qui portent Lors de la douzième édition consécutive du Cinéma de la Paix organisée par la Fédération Tunisiennesur la situation actuelle des médias. Une des Clubs de Cinéma plusieurs questions ont été soulevées : quelle paix cherchons-nous? Est-ce unkyrielle de revendications a été soumise cinéma de la paix ou un cinéma pour la paix, et est-ce que ce sujet suscitera l’intérêt de la rue ?au président de l’ANC. La primauté était Cette question est aussi posée à ceux qui participent à notre débat et à la réflexion sur le concept ded’abord donnée aux agressions dont ont la paix.fait l’objet plusieurs journalistes et sur laquestion de l’impunité des agresseurs. Cette manifestation qualifiéePar ailleurs, cette délégation a rappelé par les membres du Cinél’urgence de fixer un décret d’application Club de Tunis de culturelle,sur une commission qui s’occuperait s’étale sur une semaine pourde la distribution de la carte de presse célébrer les films à caractèreprofessionnelle, tel que le décret 115 non commercial, et pourportant sur la liberté de la presse, de rendre hommage au Cinémal’impression et de diffusion. d’Auteur, à un cinéma quiEn outre, on a signalé l’importance d’une protège les droits humainshaute instance de la communication dans un monde dominé paraudiovisuelle garante de la protection et de la notion du gain excessif.la préservation de la liberté audiovisuelle, « Nous attendons encorecomme l’indique l’article 116. D’autre les résultats de l’enquêtepart, le projet d’une nouvelle convention que nous avons lancé surcollective équitable entre les journalistes, le concept du ‘Cinéma’surtout par rapport aux salaires. », a dit M. Khaled Dkhil,Le SNJT tient à souligner que le président Président de la fédération Laffiche spécial enfantde l’ANC a été très coopératif quant aux avant d’ajouter « le Cinémaprojets et revendications des journalistes, de la Paix est une aventure etc.. Des films auxquels ont contribué des enfantsà commencer par la dénonciation des aussi bien grande qu’ardue, qui fête cette année ont également été projetés, tels « Warda » (Rose)agressions dont étaient victimes nombre de ses 12 ans, et nous comptons bien la poursuivre, et « Houdoud » (Frontières). Des ateliers relatifsjournalistes et leurs retombées négatives car une nouvelle édition est prévue pour l’année au Cinéma ont été aussi organisés: Conception etsur la liberté de la presse. prochaine». Photographie Assistées par Ordinateur permettantLe SNJT déclare, notamment, la réaction aux enfants d’apprendre les notions élémentairespositive de Dr. Ben Jaâfer pour ce qui L’Enfant et la Paix de la conception et de la photographie avec l’aideest des décrets 115 (la régularisation Les organisateurs pensent que l’important est que de l’infographiste professionnel Anis Tounsi, unde la carte de presse 2012) et 116 (la le Ciné Club de Tunis a pu instituer une édition atelier de musique (solfège) sous la direction d’Amelconstitution d’une haute instance pour spéciale pour enfants après une expérience réussie Ben Saad, professeur de musique, et un atelier dela communication audiovisuelle comme l’année dernière ; cette édition reflète la maturité et peinture murale (graffiti) animée par un artisteinstance modératrice). l’expérience des membres de ce club dans la bonne peintre Ismat ben Moussa. Le dernier jour a vu la gestion de cet évènement. projection puis la discussion du film « le Monde On se serre les coudes Les quatre jours de cette édition ont permis de traiter d’Ines », et une cérémonie rendant hommage à la pour libérer la plume plusieurs sujets à l’instar de la citoyenneté, les Enfants réalisatrice tunisienne Fatma Skandrani.Dans cette cohue fluctuante, la mouvance et le Monde, les Enfants aux Besoins Spécifiques,médiatique, qui va de pair avec les Une session pour enfants réussie sur tousdéambulations sociopolitiques, préconise les plansl’installation d’un nouveau précepte Sara Telliche, Présidente du Club, pense que « cerobuste et herculéen qui assure la pérennité qui a caractérisé cette édition par rapport à celled’une presse libre et indépendante. de l’année dernière c’est le niveau des débats et laEstropier l’information reviendrait à dire qualité de l’organisation, outre son programme trèsque le spectre d’une nouvelle dictature riche. Nous avons pratiquement abordé tous lesrôde encore dans les parages. genres cinématographiques, des courts aux longsC’est dans ce sens que la célébration de la métrages en passant par le film documentaire. NousJournée mondiale de la Liberté de la Presse, avons également amélioré le niveau des ateliersfêtée pour la seconde fois en Tunisie, ». Elle ajoute en disant que « chaque édition a sesserait une réminiscence pour rappeler propres caractéristiques, car alors que l’éditionque la lutte pour un média émancipé précédente a bénéficié d’une plus grande publicité,et affranchi, ne fait que commencer et celle de cette année a connu un manque au niveauqu’un pacte de paix doit être signé entre des affiches publicitaires dans les rues et nous avonsmédias et gouvernement pour garantir le été empêchés de visiter les écoles pour y promouvoirpluralisme journalistique et la neutralité notre festival ». En dépit de certaines lacunes, lade l’information. Présidente du Ciné Club de Tunis insiste pour direDans le même contexte, RSF Tunisie que la deuxième édition du Cinéma de la Paix a été(Reporters Sans Frontières) a publié une réussite, car elle a pu aborder avec simplicitérécemment, une analyse juridique sur tous les problèmes spécifiques à l’enfance dans lela nouvelle loi de la presse visant à contexte actuel et a pu ainsi attirer l’attention desmontrer le caractère sacré de la liberté enfants. Les membres du Club se sont dits satisfaitsd’expression, les points forts de la nouvelle surtout par le niveau des débats avec les enfants, etloi, la précarité de certains points tout en par la grande foule drainée ainsi que par la confianceproposant comment y remédier. placée en eux par les parents. Melek LAKDAR Rim Ben Frej
  • 3. 3Cet objectif appelle les différentsacteurs du secteur de l’informationen Tunisie, journalistes et commu- Lecture du Paysage une volonté politique pour libérer les médias et assurer leur indépen- dance, car en l’absence d’une tellenicateurs, à travailler de pair surdeux niveaux : la nécessité de se Médiatique Tunisien volonté, il y aura des conflits qui ne serviront ni le pays ni les autorités,débarrasser des pratiques obsolètes surtout que la Tunisie passe par uneet usées du dernier quart de siècle Le secteur de l’information constitue un pilier essentiel dans l’édification de période de transition qui nécessitepour libérer l’information, car on ne tout état démocratique. Ce rôle ne peut réellement être rempli que quand l’apport de toutes les parties.peut prétendre à la démocratie si les les médias considèrent le Citoyen comme leur priorité absolue, et donc Il est clair que dans la phase ayantmédias sont muselés et les journa- quand ils se transforment en médias publics et indépendants, et deviennent suivi la révolution, les journalisteslistes bâillonnés. alors vraiment un quatrième pouvoir contribuant à la prise de décision ont commis des erreurs ce qui estL’abandon des pratiques du passé collective dans l’intérêt des citoyens. plutôt normal et acceptable, au vusignifie le passage d’un système de la domestication qui les a frap-d’information gouvernemental au dans un contexte qui offre désor- depuis un temps par le Syndicat des pés pendant des décennies, mais lesservice d’une élite au pouvoir vers mais un énorme flux d’informations Journalistes Tunisiens sur différent autorités ont également fermé lesun système d’information public qui qui arrivent en même temps. Là thèmes relatifs aux médias. Aucune yeux sur des agressions aussi bienœuvre pour l’intérêt de tous les tuni- réside le nouveau défi auquel font semaine ne passe sans qu’il n’y ait verbales que physiques ayant visésiens. La rupture avec le passé ne face les journalistes qui veulent une formation organisée en parte- des journalistes, un problème quipeut pas faire d’une manière auto- fournir de meilleures informations nariat avec de prestigieuses institu- doit être traité avec plus de sérieux,matique, car ce secteur comme bien au citoyen. La principale question tions tels la BBC ou l’Institut Panos sinon les médias et les libertés se-d’autres a connu au cours des 23 que se pose le journaliste c’est com- Paris sur des thèmes techniques tels ront en danger et il ne sera plus sûrdernières années une déroute et un ment gérer l’information. Il est donc la couverture médiatique des débats de pouvoir mettre en place un Etatdétournement de sa mission initiale nécessaire de revenir aux règles élé- politiques, la ligne éditorialiste et les de Droit où les institutions sont res-pour travailler au profit d’un régime mentaires de la profession, à savoir règles déontologiques. Ces sessions pectées.et d’un groupe de personnes, et on s’assurer de la véracité de l’informa- sont certes importantes pour amé- On peut donc dire que le quatrièmene peut nier la complicité de cer- tion, la traiter avec neutralité sans liorer les niveaux des journalistes, il pouvoir ne peut être réalisé que sitains journalistes qui ont contribué essayer d’influencer le public, pré- n’en demeure pas moins que le rôle distinction est faite entre le rôle duà cette déroute, alors que d’autres senter l’information dans sa totalité du journaliste est bien au-delà de journaliste qui est d’informer le pu-ont résisté et refusé l’apprivoise- sans essayer de privilégier certains sa participation, car il est tout aussi blic et celui des autorités, qui outrement des médias. aspects aux dépens d’autres. Ces appelé à améliorer ses compétences la gestion des affaires administra-Aujourd’hui alors que la Tunisie a règles ne peuvent pas être apprises linguistiques et culturelles et aussi à tives, économiques et sociales, sontconnu une révolution qui a libéré du jour au lendemain ou acquises respecter les principes profession- responsables de la protection de latous les secteurs, celui de l’informa- par hasard, mais doivent être bien nels tels la déontologie, l’objectivité liberté de l’information, le meilleurtion s’est trouvé face à une nouvelle pratiquées et rôdées. et la neutralité. garant de tout état démocratique etdonne ; tout journaliste peut facile- Il est donc ici utile de parler des Ces engagements de la part des moderne.ment avoir accès aux informations, sessions de formation organisées journalistes doivent être suivis par Wafa GhaouariLes murs en tableaux Graffiti des « Zwewla »L’art du graffiti est un mode d’expression artistique en cours d’évolution perpétuelle en Tunisie, avantmême la révolution. Certes cet art est une expression artistique particulière qui est devenue aussi uneforme de résistance.Depuis belle lurette, le graffiti est connu comme les jeunes dans les pays en développement s’ex-une dégradation des murs, des métros, des rues priment par le Graffiti : un cri d’alerte, une ma-et même défini comme du vandalisme et un crime nière pour dire ce qui ne doit pas être dit selon lespunissable. De nos jours, cet art s’apparente à la règles de leur société, de leurs cultures et de leurs adressé au gouvernement actuel face à une criseliberté d’expression, il exprime aussi d’une ma- familles. Tout exprime le côté rebel du graffiti et économique qui dure depuis plusieurs mois.nière sous- jacente des messages politiques ou so- le rend encore évolutif, car il passe d’un simple Ils sont en train de rappeler que le jeu politiqueciaux qu’on voyait sur les murs comme «A.C.A.B, message d’amour, «Khouloud+Hamdi = Love» à actuel en Tunisie ignore complètement la classeNo 07/11 Béchir essid out…». Plusieurs autres «Capitalism» sur la plaque de l’opérateur télépho- «zwewla», qui ne peut plus subvenir à ses besoinsmessages d’amour, de haine, de contestation, nique Orange. vitaux en raison de l’augmentation exorbitantedes mots très doux ,d’autres vulgaires sont illus- La Tunisie a bien vu cet art sur les murs, dans le des prix. L’un des messages remarquable disaittrés… Des signes parfois clairs et d’autres qui le métro et les bus avec leurs stations. La naissance que le jeu politique est celui des sièges et que lesont moins, des images de cœurs brisés, ou de de plusieurs groupes a fait de cet art un nouveau «zawali» est en train de faire la manche commebandes dessinées, des couleurs… un mode qui se mode de militantisme tout comme les blogueurs. d’habitude. Les messages viennent rappeler lecrée dans l’obscurité des nuits et qui cherche la « Zwewla » s’expriment gouvernement et la classe populaire des vraieslumière du jour. On note récemment la naissance d’un nouveau valeurs pour lesquelles la révolution a eu lieu : groupe qui est de retour vers un message poli- égalité, justice et droit au travail. Le graffiti est ancré tique et social très direct, ce groupe «clandestin» Ces groupes représentent une nouvelle forme de dans l’histoire humaine est surnommé « Zwewla ». résistance contre toute dictature et sont en trainLe graffiti est très proche de la civilisation ara- Ce mot est une appellation familière des dialectes de continuer à développer leurs slogans. L’artbo-musulmane ; car la calligraphie a marqué tunisien, algérien et marocain : le mot, au pluriel, pour l’art n’est plus d’actualité en Tunisie, carl’histoire et notamment l’architecture arabe. La indique une catégorie de personnes en situation toute forme artistique devient de plus en plus encalligraphie est l’art de bien former les caractères précaire ; des ouvriers journaliers qui n’arrivent corrélation avec la société, ses peines, ses préoc-d’écriture et ce mot provient des radicaux des pas à subvenir à leurs besoins. Leurs messages sur cupations et ses aspirations. La vague d’art enga-Grecs « Kallos » : beau et « garphein » qui veut les murs de la médina, dans les stations de bus gée en Tunisie pourrait-elle changer la mentalitédire écrire. Toutes les civilisations qui pratiquent de Mohamed 5 sont visibles, cependant ces per- tunisienne et fonder une nouvelle culture diffé-l’écriture ont développé un art de calligraphie. sonnes demeurent complètement clandestines. rente de celle subie durant de longues années ?A l’image de ce qui se passe dans le monde entier, Les messages véhiculent une forme de rappel Ahlem Bousserwell
  • 4. 4 15 avril 2012Vie associative«Mashreq-Shams» ou quand le soleil se lèvera Mashreq-Shams situé dans le gouvernorat de Kasserine donne son nom à l’association L’objectif : créer une dynamique de croissance et un développement durableUn an déjà s’est écoulé depuis que l’association Mashreq Shams a vu le jour.A l’occasion, une réception a été organisée afin d’exposer les résultats d’un an detravail sur le terrain.A l’exception des autres associations et loin des Et pour faire face à cette grave si-querelles politiques, l’équipe Mashreq-Shams a tuation, l’équipe Mashreq-Shams,choisi le travail sur terrain et le contact direct avec a mis la main à la pâte. Elle ales citoyens. Sa cible était les régions défavorisées construit «le camp de baptistaire»et reculées du pays, son but était la confrontation qui est parvenu, en collaborationdu vécu des habitants pour pouvoir intervenir financière avec une associationet les aider à améliorer leur situation. Cette ap- canadienne, à réaliser d’impor-proche a permis une prise de conscience des vrais tants exploits, tels: l’installationbesoins et un soin efficace et fiable des problèmes d’une station de chloration pourmajeurs. améliorer la qualité de l’eau, l’au-L’expérience a commencé dans la localité de Mas- tomatisation de l’alimentation duhreq-Shams qui a donné son nom à l’association réservoir de distribution de l’eauet qui se situe dans le gouvernorat de Kasserine à potable et la reconstruction de 6017km de Sbeitla. majels (citernes traditionnellesDans une première étape, Mashreq-Shams inter- d’eau de pluie) pour les famillesvient sur les besoins de base: eau, santé, habitat, qui ne peuvent pas être reliées auet éducation. La deuxième étape a comme objec- réseau de distribution de l’eau.tif l’instauration des leviers de développement à Mme Sonia, membre de l’asso-travers des projets professionnels pour les villa- ciation, nous a parlé des actionsgeois. La finalité de toutes les interventions étant sanitaires à la localité Mashreq-de pouvoir créer une dynamique de croissance et Shams, en partenariat avec «L’as-surtout de renforcer l’autonomie des villageois sociation toits pour tous» et «L’as- Formation : l’exploitation des produits primaires (halfa,pour continuer dans un axe de développement. sociation de jeunes pharmaciens». figues de barbarie…) «On a commencé à bâtir un dis- Confiance et construction pensaire qui sera livré aux autori- Mme Alia, membre de l’association, a abordé lesM. Ali Ben Yahia, président de Mashreq-Shams, tés compétentes dans les mois qui suivent, nous actions dans le domaine culturel et éducatif, «on aa invité d’autres associations à coopérer. «Nous assurerons le contrôle après. La main-d’œuvre et organisé des voyages pour les enfants du village,assurons le travail sur le terrain mais nous avons les matériaux de construction sont de la région». ils n’ont jamais vu la mer, ils se sont bien amu-besoin de la coopération des autres associations D’autre part, et en collaboration avec des méde- sés…». Beaucoup d’autres activités culturellesqui possèdent des moyens financiers… Au départ cins bénévoles, deux camps médicaux de consul- (matches de foot, projection de films, compéti-on a vécu des moments difficiles, mais on a réussi tation ont été organisés pour établir l’état de santé tions, course à vélo…) ont été programmées.à instaurer la confiance et à bâtir de bonnes rela- des villageois. Plus de 400 familles sont touchées, «La situation des enfants est difficile avec les va-tions avec les habitants du village «Dhouawda» ajoutant la vaccination des animaux (chiens, bé- gues de froid en hiver et la chaleur étouffante enavec lesquels on a réalisé de bons exploits». tail…). été. Ils passent les heures creuses devant l’école.M. Hédi Rekiki, membre fondateur de l’associa- Alors, il est urgent de construire une salle de per-tion, a qualifié les conditions de vie des villageois Et les enfants ont leur part manence pour protéger les petits dans de tellesde très précaires; l’absence de l’eau potable les a «On a assuré la prise en charge d’un villageois, conditions», a ajouté Mme Alia.poussés à la consommation de l’eau contaminée qui nous a coûté 40 mille dinars… nous avons «Pendant la rentrée, on a distribué des fournituresdes réservoirs ou de puits, «on a trouvé des ser- programmé le 25 mars comme date de notre pro- scolaires en collaboration avec le «Rotary club»…pents et des grenouilles dans les réserves d’eau». chain camps médical». la porte est ouverte pour toutes les associations qui veulent collaborer… Notre équipe assurera le travail sur terrain et le suivi de nos projets», a conclu Mme Alia. Le développement continu reste l’un des vecteurs prometteurs envisagés par Mashreq-Shams. Dans ce contexte, des sessions de formation, assurées par des artisans, seront organisées pour initier les habitants à l’exploitation des produits primaires (halfa, figues de barbarie…) et à l’écoulement des produits vendables sur le marché tunisien et exté- rieur. Mashreq-Shams assurera la commercialisa- tion de ces produits partout dans le monde et les revenus seront exploités pour le développement dans les régions en question. Un exemple à suivre, et la porte reste ouverte pour toutes les associations qui veulent collaborer avec Mashreq-Shams pour le bien de la Tunisie et pour un avenir radieux pour nos petits dans les régions intérieures.Dessins des élèves de l’école «Rabaâia» Hattab FAZAI