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Livret d'animation "Allons-y Allons-vers"

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Ce livret est au service de tous les acteurs en situation d’animer un territoire. Il a été entièrement élaboré par le Groupe Développement Social du Secours Catholique.

Ce livret est au service de tous les acteurs en situation d’animer un territoire. Il a été entièrement élaboré par le Groupe Développement Social du Secours Catholique.

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  • 1. LIVRET PÉDAGOGIQUE
  • 2. ALLONS-Y, ALLONS VERS ! "ATOUSONPEUTOU" PÉDAGOGIE DU DÉVELOPPEMENT SOCIAL Le Département Recherche Expérimentation Développement (DRED) a pour mission de soutenir la recherche sur de nouvelles manières de lutter contre la pauvreté, au sein du Secours Catholique - Caritas France en s’appuyant sur la participation de tous pour viser une transformation sociale. Créé en 2012, il est constitué d’une équipe de trois personnes, Anne-Catherine Berne, Etienne Noel et Jean-Luc Graven. Le DRED est en charge de la coordination des Chantiers Prioritaires 2011 - 2016 du Secours Catholique. Le Groupe de Développement Social (GDS) est un groupe de travail créé en 2001 autour de la présence du Secours Catholique en quartiers populaires. Ce groupe rassemble des bénévoles, des volontaires civiques et des animateurs du Secours Catho­ lique chaque trimestre pour échanger sur leurs pratiques et travailler sur des thématiques propres à la pédagogie du Développement Social. Il s’ouvre également aux réalités du monde rural. « L’Église est appelée à sortir d’ellemême pour aller vers les périphéries, non seulement géographiques, mais aussi les périphéries existentielles. » Pape François Au fil de son histoire, le Secours Catholique a multiplié les façons d’accueillir les personnes exclues au travers de permanences, d’accueils spécialisés vers l’emploi, de petits déjeuners, de boutiques solidaires, etc. Ces dernières années, une prise de conscience a grandi sur les effets positifs d’aller rejoindre les personnes sur leurs territoires de vie. Cela s’est traduit par la mise en place de maraudes, de tournées mobiles de nuit, de démarches en quartier populaire… Au Secours Catholique comme dans le travail social en France, accueillir ou être accueilli, sont les deux faces d’une même réalité : se rendre présent à l’autre. Ce livret est au service de toutes les personnes en situation d’animer un territoire. Cet outil pédagogique fait suite à un premier numéro sur la mobilisation. Il est le fruit du travail des participants du Groupe Développement Social qui s’est réuni pendant 3 jours à Lyon en Octobre 2013. 3
  • 3. LIVRET PÉDAGOGIQUE ALLONS-Y, ALLONS VERS ! SOMMAIRE 1. POURQUOI CETTE DÉMARCHE ? 1.1 Qu’est ce qui nous pousse à y aller ? 1.1/1 Quelle vision ? ..................................................... p.6 1.1/2 Articulation Aller-vers/accueil ............................... p.8 1.1/3 Luc 10 1-11 ............................................................. p.10 1.2 Pourquoi ce n’est pas facile ? ..................................... p.11 1.2/1 J’ai envie mais j’ai peur ........................................ p.12 1.2/2 Change ton regard ! ............................................. p.14 1.2/3 Les personnes sans territoire fixe ........................ p.16 2. COMMENT S’Y PRENDRE ? 2.1 Par où commencer ? ................................................. p.19 2.1/1 Du diagnostic à la connaissance d’un territoire ... p.19 2.1/2 Connaissance partagée d’un territoire ................. p.20 2.1/3 Comment démarrer sur un nouveau territoire ? ... p.22 2.2 Pour accompagner la démarche .............................. p.24 2.2/1 2.2/2 2.2/3 2.2/4 Entrer en relation : trucs et astuces ..................... p.24 Aller vers les mains vides .................................... p.26 Passer du « je » au « nous » ............................... p.29 La relecture .......................................................... p.31 3. FICHES D’ANIMATION Conception : Secours Catholique, directeur de publication : François SOULAGE, coordination de la rédaction : Département Recherche Expérimentations Développement : Anne-Catherine BERNE, Jean-Luc GRAVEN et Etienne NOEL, rédacteurs : Sandrine LLUANSI Bouches-du-Rhône, Aix-en-Provence, Célia MONNET Bouches-du-Rhône, Aix-en-Provence, Pascale MICHEL Bouches-du-Rhône, Aix-en-Provence, Martine KHANFIR Bouches-du-Rhône, Aix-en-Provence, Michel MISTRAL Bouches-du-Rhône, Aix-en-Provence, Joëlle DE MORO Bouches-du-Rhône, Aix-en-Provence, Geneviève GREGAREK Bouches-du-Rhône, Aix-en-Provence, Christophe LALAIN Hauts de Seine, Danièle GURDJIAN Bouches du Rhône, Marseille Maryse BAUKEL Bouches du Rhône, Marseille, Elsa LETTELIER Bouches du Rhône, Marseille Marie Noëlle CWICZYNSKI Aude Roussillon,Yvette MOLINS Aude Roussillon, Patrick HARTOG Savoie, Eva BOIJOLS Savoie, Corinne VILLEMOT Savoie, Myriam RETEL Savoie, Anne-Marie NICOLAS Savoie, Christiane GOULLET Rhône, Ghislaine VANHILLE Rhône, Gwenaël SEIBEL Seine-Saint-Denis, Tidiane CISSOKO Seine-Saint-Denis, Marcela VILLALOBOSCID Seine-SaintDenis, Jean Marc BAUSSON Finistère Contact : dept.red@secours-catholique.org / www.secours-catholique.org Conception graphique et illustrations : Vincent FISSON 1 POURQUOI CETTE DÉMARCHE ? Publication : Février 2014 4 5
  • 4. LIVRET PÉDAGOGIQUE ALLONS-Y, ALLONS VERS ! Et bien comme tous les mardis j’installe mon tapis de lecture. Hello Maryse ! Ce mardi, comme tous les mardis, à la sortie de l’école… Qu’est-ce que tu viens faire là ? Youhou ! Bienvenue ! Bienvenue ! 1.1 QU’EST CE QUI NOUS POUSSE À Y ALLER ? 1.1 /1 QUELLE VISION ? 1 Tu n’as pas peur ? Parce que ça rend joyeux. 2 Tisser de nouveaux liens, sortir de la routine, rencontrer des personnes qui n’oseraient pas venir vers nous. 3 C’est ça qui permet de tisser de nouveaux liens, sortir de la routine et rencontrer des personnes qui n’oseraient pas venir vers moi. Pourquoi tu fais ça comme ça, dehors ? 1 Découvrir la position du demandeur, ça permet d’équilibrer les rapports. Tiens des gâteaux Merci 4 2 C’est sûr que je me sens un peu vulnérable mais, du coup, les rapports sont plus équilibrés avec ceux qui viennent à ma rencontre. S’associer avec les personnes en difficulté pour construire une société plus juste et fraternelle. 3 4 (Un enfant du quartier) Tu vois, quand on est tous assis autour de ce tapis, c’est plus simple de faire société ensemble. Maryse, je peux te faire la lecture ? Oui, biensûr ! 5 6 La vision du Secours Catholique, c’est ça ! Au Secours Catholique, ils sont d’accord avec ça ? 5 Ce changement d’attitude permet : • de valoriser l’autre. • d’aller plus loin que l’aide matérielle. • de mieux connaître l’autre. • de redonner du pouvoir d’agir. • de nous faire tous acteur de nos vies. Ça permet de faire société ensemble. et pour arriver à ça, il faut bien aller vers l’autre ! Tu as bien vu, ils ne m’appellent pas l’accueillie, mais la bienvenue ! 6 7
  • 5. LIVRET PÉDAGOGIQUE ALLONS-Y, ALLONS VERS ! > ALLER VERS, C’EST ... 1.1 /2 ARTICULATION ALLER-VERS / ACCUEIL ALLER-VERS ACCUEILLIR ET ACCOMPAGNER ACCUEILLIR ET AIDER NE PAS ACCUEILLIR 1 8 Donner sans savoir, ne pas chercher les besoins et attentes de l’autre, ne s’écouter que soi-même, vouloir aider. Donner une aide ponctuelle, matérielle, sans suivi. Répondre à la demande première sans recul. Demander les besoins et les attentes de la personne. Prendre le temps de l’accompagner, de l’écouter, de la former et de la soutenir dans les moments les plus durs. Vouloir participer à la traversée. Ne pas rester seul, s’associer avec des personnes ayant des objectifs similaires en allant les chercher. Etre attentif à la place de chacun, aux besoins, aux libertés, aux coutumes… Veiller à ce que chacun ait une place et puisse exercer ses talents. Bouge plus, je t’aide Tiens, attrape la bouée ! De quoi as-tu besoin ? Une personne voulant aider, ne sachant pas comment s’y prendre, risque de faire couler la personne qui se noie. L’aide offerte par la personne « aidante » n’est pas suffisante, les courants de la rivière ramènent la personne sur la rive en contre-bas et l’aide se répète sans cesse. La personne a été accompagnée vers son autonomie, elle est autonome, mais elle est seule sur l’autre rive et aura sûrement besoin encore d’accompagnement. Tout le monde arrive ensemble de l’autre coté de la rivière, chacun est acteur du développement de la communauté. Ils sont libres de faire des aller-retour avec leur radeau. Ils ne sont pas seuls, mais ont le choix de rester ou pas. Le bonhomme rouge, lui aussi, a traversé la rivière. RENCONTRER, FAIRE RENCONTRER LES GENS ENTRE EUX POUR ALLER ENSEMBLE VERS DU CHANGEMENT ! 2 Un animateur, ou leader de groupe peut être le centre d’un groupe (schéma ou bien il peut favoriser les liens entre les personnes (schéma 2 ), encore mieux : il peut favoriser l’autonomie du groupe ( schéma 3 ). 1 ), 3 Bonjour, je cherche à traverser la rivière Bonjour, qu’est-ce que tu cherches à faire ? Comment puis-je faire pour t’aider ? J’ai besoin d’une bouée, je ne sais pas nager. D’accord, je te la donne, mais avec le courant, tu n’arriveras pas à traverser, tu reviendras sans cesse sur la même rive. C’est pas grave, j’ai besoin de la bouée, je ne sais pas nager ! Super ! Apprends moi à nager, j’ai toujours rêvé de nager ! Je sais nager, je pourrais t’apprendre ? Il te faudra du temps pour apprendre et réussir à traverser. Je suis prêt à cela pour avoir la satisfaction de traverser par moi même. (après avoir traversé) Tu as réussi, mais tu es seul de l’autre côté, j’ai rencontré d’autres personnes qui souhaitent traverser, reviens, allons les voir ! Chacun de vous veut traverser, je veux bien traverser avec vous, mais comment faire ? Yes, good idea, allons les rencontrer ! Moi , je sais nager, je pourrais vous apprendre, mais vous êtes nombreux ! Moi , je sais couper du bois et construire les radeaux ! Quelle bonne idée, moi j’ai déjà navigué sur cette rivière je connais les courants, mais je n’ai pas de bateau. Pour ma part ,je ne sais rien faire, mais je vous chanterai des chansons et vous conterai des histoires pendant le travail ! 9
  • 6. LIVRET PÉDAGOGIQUE ALLONS-Y, ALLONS VERS ! 1.2 Et il leur disait : « La moisson est abondante, mais les ouvriers peu nombreux ; priez donc le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson. Allez ! Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu de loups. N’emportez pas de bourse, pas de besace, pas de sandales, et ne saluez personne en chemin. DONNER ENVIE Après cela, le Seigneur désigna soixante-douze autres et les envoya deux par deux en avant de lui dans toute ville et tout endroit où lui-même devait aller. En quelque maison que vous entriez, dites d’abord : « Paix à cette maison ! » Et s’il y a là un fils de paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle vous reviendra. Demeurez dans cette maison-là, mangeant et buvant ce qu’il y aura chez eux ; car l’ouvrier mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison. Et en toute ville où vous entrez et où l’on vous accueille, mangez ce qu’on vous sert ; guérissez ses malades et dites aux gens : « Royaume de Dieu est tout proche de vous. » Mais en quelque ville que vous entriez, si l’on ne vous accueille pas, sortez sur ses places et dites : « Même la poussière de votre ville qui s’est collée à nos pieds, nous l’essuyons pour vous la laisser. Pourtant, sachez-le, le Royaume de Dieu est tout proche. » Les soixante-dix revinrent avec joie, disant : Seigneur, les démons mêmes nous sont soumis en ton nom. 10 > cf. FICHE D’ANIMATION 3 : LUC 10 1-11 POURQUOI CE N’EST PAS FACILE ? D’ALLER-VERS 1.1 /3 LUC 10 1-11 “ Oser... Gwenaëlle, animatrice (93) Le déclic : « On était 2 animatrices envoyées vers la ville de Dugny en Seine Saint Denis (93). On avait besoin de connaître l’ambiance du quartier. Les gens étaient interpellés de nous voir, de savoir que c’était le Secours Catholique mais ils discutaient facilement. » Ce que ça m’a apporté : « J’ai osé franchir cette crainte d’aller vers les gens. On m’a demandé de le faire mais je dois dire que ce n’était pas toujours facile. Il y a de vrais liens qui se sont créés par la suite ». ” 11
  • 7. LIVRET PÉDAGOGIQUE ALLONS-Y, ALLONS VERS ! ? 1.2 /1 J’AI ENVIE MAIS J’AI PEUR ! J’AI ENVIE D’AIDER MON PROCHAIN ET SI JE SUIS REJETÉ, QU’ILS REFUSENT MON AIDE ? JE NE VAIS PAS Y ARRIVER, C’EST TROP DIFFICILE, JE SUIS NUL… J’AI ENVIE DE J’AI ENVIE DE DÉCOUVRIR DES PERSONNES DIFFÉRENTES. JUSQU’OÙ LA RENCONTRE VA-T-ELLE ME MENER ? J’AI PEUR DE ... J’AI ENVIE DE ME RENDRE UTILE J’AI BESOIN DE CRÉER DU LIEN AVEC D’AUTRES PERSONNES. JUSQU’OÙ SUIS-JE PRÊTE À ALLER DANS L’INCONNU ? L’INTIMITÉ DE L’AUTRE M’EFFRAIE, JE NE VAIS PAS TROP LOIN DANS L’INTRUSION ? J’AI ENVIE DE J’AI PEUR DE ... J’AI PEUR D’ÊTRE JUGÉE ! JE VEUX FAIRE LE BIEN AUTOUR DE MOI ! JE N’AI PAS ENVIE DE PARAÎTRE POUR CELUI QUI DONNE DES LEÇONS… JE NE VEUX PAS ÊTRE PRISE EN OTAGE PAR LES PERSONNES DEMANDEUSES D’AIDE ! > PISTES DE RÉFLEXION POUR FAVORISER L’ALLER-VERS : JE VEUX RÉPONDRE AUX DEMANDES D’AIDE QUI ME SONT FAITES ! J’AI TELLEMENT REÇU, JE DOIS RENDRE TOUTES LES BONNES CHOSES QUE J’AI EUES ! ET TOI, DE QUOI AS-TU PEUR ? QU’ EST-CE QUI TE POUSSE À Y ALLER ? • Y aller à deux • Observation pour engager/démarrer la rencontre • Avoir un objectif atteignable (ex : rencontrer au moins une personne dans l’après midi) • Avoir un temps de relecture avec un tiers JE VEUX GARDER MA VIE PRIVÉE ! JE SUIS CURIEUSE DE CONNAÎTRE D’AUTRES CULTURES, D’AUTRES MANIÈRES DE VIVRE ! • Accepter la liberté et les réactions sur lesquelles je n’ai pas de pouvoir JE NE VEUX PAS ÊTRE UTILISÉE PAR LES MÉDIAS OU LES ORGANISATIONS (éléments extérieurs à moi). • Se sentir libre de refuser une demande qui m’est faite et qui ne relève pas de mes compétences ou qu’il m’est impossible de satisfaire. • Venir avec beaucoup de respect, curiosité, se laisser accueillir, être ouvert à tout ce que l’on va rencontrer, être soi-même. • Accepter ses peurs, les connaître, aide à les surmonter : une passerelle, > cf. FICHE D’ANIMATION 6 : LE LIÈVRE ET LA TORTUE 12 une issue, une manière de surmonter, droit à l’erreur… 13
  • 8. LIVRET PÉDAGOGIQUE ALLONS-Y, ALLONS VERS ! DONNER ENVIE D’ALLER-VERS 1.2 /2 CHANGE TON REGARD ! CHANGER DE REGARD : QUI JUGE OU QUI VALORISE « Hey toi ! Si tu viens vers moi, n’oublie pas que je suis tout ça à la fois ! De la manière dont tu poseras les yeux sur moi, dépendra ma façon de changer le monde avec toi ! » JE NE SUIS PAS QUE ... JE SUIS AUSSI ... Chicots pourris, bègue, balafré, bec de lièvre, chômeur, malade, Homme d’expériences, petits boulots, parcours de migration, invalidité potentielle, serviable, courageux, combatif, sensible, bon bricoleur, débrouillard, dépendant aux jeux, ancien détenu, fada, alcoolique, vieux, surendetté, divorcé, isolé, drogué, sans-papiers, impulsif, lunatique, illettré, menacé d’expulsion, pas diplômé… sans-permis, absent pour mes enfants, 14 sait gérer son stress, mobile et écolo, se déplace en vélo, récupère plein de matériel électroménager, participe à un jardin partagé, “ Paroles de ceux vers qui nous sommes allés : - Enfin, vous m’avez fait sortir la tête de l’eau ... - C’est la première fois depuis quatre ans que quelqu’un vient chez moi ... - On est des pauvres, mais nous sommes dignes ... - Il n’y a que le Secours Catholique qui vient nous parler ... - Pourquoi vous vous intéressez à moi ? passionné de foot, engagé dans un groupe d’action citoyenne, parle 3 langues danse très bien -Vous venez semer une graine, elle grandit et donne place à un arbre. Plus tard, le vent du changement enverra d’autres graines vers les autres quartiers. ” 15
  • 9. LIVRET PÉDAGOGIQUE ALLONS-Y, ALLONS VERS ! 1.2 /3 LES PERSONNES SANS TERRITOIRE FIXE > LES CONDITIONS DE LA RENCONTRE Nous abordons la question des personnes sans territoire fixe (gens de la rue, gens du voyage, Roms…) dans un chapitre à part car leurs modes de vie entraînent une approche différente dans l’aller vers. Pour ces populations, des questions d’appartenance et d’identification au territoire d’implantation se posent, ainsi que des questions de préjugés collectifs. 1. Revenir à soi : qu’est-ce qui m’interpelle ? Qu’est ce qui me dérange ? Pourquoi ? Nous n’avons travaillé que l’aspect des préjugés. La difficulté (et non l’impossibilité !) de nouer des relations dans la durée avec ces personnes entraîne bien souvent un rejet, une incompréhension et une peur largement alimentés dans les médias. Dans un premier temps, un travail sur les préjugés est nécessaire pour pouvoir ensuite aller à la rencontre de ces personnes et analyser avec elles les questions d’appartenance et de développement social. 4. Oser utiliser des façons détournées : l’humour, un tiers (enfant, musique…). À partir de cela, se sentir libre, ne pas se sentir contraint, connaître et accepter ses limites. La rencontre est un cadeau. 2. Ne pas être seul, s’associer aux partenaires. 3. Donner à l’autre la liberté de nous accueillir. 5. Revenir à des choses essentielles : repas, jeux… 6. Partage autour de recettes. 7. Proposer des services concrets entourés et soignés par la relation fraternelle. 8. Donner la liberté aux personnes d’exprimer leur vécu, leurs sentiments individuel ou collectif. ? COMMENT FAIRE TOMBER LES ÉTIQUETTES ? ACCOMPAGNER LE CHANGEMENT DE REGARD ? QU’ EST-CE QUI TE POUSSE À Y ALLER ? Changement de regard... Voleurs Ils profitent des aides Ils font mendier leurs enfants, les exploitent 16 Ils ne veulent pas travailler On ne peut rien faire pour eux car ils sont comme ça ! Ils sont alcooliques On ne peut pas compter sur eux On ne peut pas leur faire confiance Ils sont sales ! Ils nous mettent mal à l’aise S Ils ne cherchent pas à s’en sortir Ils font peur Ils sont instables Ils sont démotivés Ils rejettent la société D’ALLER-VERS Ils ne veulent pas s’intégrer dans la culture ES F Ils seraient mieux chez eux SUR L DONNER ENVIE R S LE ROM S D SU LES ÉTIQUETTES QUI COLLENT À LA PEAU “ Michel, campement Rom au Tubet (13) Le déclic : « une animatrice du Secours Catholique m’a demandé si je voulais m’intéresser aux Roms. Il y avait un conflit avec la maison religieuse proche du campement. On y est allé à 4 : l’AS, l’animatrice, un membre d’une association partenaire et moi ». Ce que ça m’a apporté : « j’ai découvert les Roms sous un angle tout à fait différent de ce que l’on pense d’eux d’habitude. J’ai aimé leur humour, leur générosité. On rit ensemble. Ca m’a apporté énormément, c’est un bonheur, cette chaleur humaine. Des gens très pauvres qui n’ont rien, ils donnent quand même ». ” 17
  • 10. LIVRET PÉDAGOGIQUE ALLONS-Y, ALLONS VERS ! 2.1 PAR OÙ COMMENCER ? 2.1 /1 DU DIAGNOSTIC À LA CONNAISSANCE D’UN TERRITOIRE faisons une enquête analytique pour évaluer et diagnostiquer les zones de pauvreté… bla bla bla ... Il faut faire un diagnostic pour trouver des solutions à la situation difficile des quartiers ! Le Secours Catholique lance un appel pour la mission de diagnostic et d’appui de la réflexion stratégique de la délégation !  > QUE VEUT DIRE DIAGNOSTIC ? STOP Définition de diagnostic (Larousse) : Temps de l’acte médical permettant d’identifier la nature et la cause de l’affection dont un patient est atteint. > QU’EST-CE QUE ÇA NOUS INSPIRE ? • Diagnostic = verdict = problème = maladie • 1 malade = 1 traitement • Malade = patient = passif • Ordonnance = traitement ponctuel • Médecin = savoir = autorité • pauvreté ≠ maladie • Démarche collective et évolutive • Participation de tous • Dans la durée : prendre le temps de connaître le territoire • Savoirs partagés > QUE CHERCHE-T-ON ? 2 18 • Connaître le territoire et ses habitants (sociologie, démographie, géographie, etc.) • Accompagner des dynamiques de groupe dans une visée de changement • Comprendre les causes de la pauvreté > ON NE VEUT PLUS UTILISER LE MOT DIAGNOSTIC, TROP CONNOTÉ MAIS : COMMENT S’Y PRENDRE ? CONNAISSANCE PARTAGÉE D’UN TERRITOIRE ! • ÉTYMOLOGIE GRECQUE DE DIAGNOSTIC : capable de discerner, dia : à travers, gnosis : connaissance > démarche individuelle. • ÉTYMOLOGIE DE CONNAISSANCE : naître avec, apprendre à connaître ou connaître : être avec > démarche collective. > cf. FICHE D’ANIMATION 1 : MON TERRITOIRE DE VIE 19
  • 11. LIVRET PÉDAGOGIQUE ALLONS-Y, ALLONS VERS ! 2.1 /2 CONNAISSANCE PARTAGÉE D’UN TERRITOIRE L’ÉLÉPHANT ET LES FOURMIS Il était une fois, dans un lointain pays de l’Afrique profonde, près du lac Tangara, un vieil homme a moitié paralysé qui passait depuis des lustres, ses journées devant sa hutte. Du promontoire où elle était placée, il pouvait apercevoir la silhouette d’animaux venant chercher un peu de fraîcheur au bord d’une eau encore toute vibrante de la chaleur du jour. La savane bruissait, crissait, croassait, caquetait. Chaque herbe jaunie, chaque insecte, chaque grain de poussière menait paisiblement son destin. Portant le regard vers ses pieds dont la peau était tannée comme le cuir d’un buffle, le vieil homme interpella une fourmi qui allait son chemin : - Hé ! Petite ! Approche un peu d’ici, j’ai quelque chose à te demander. La fourmi grimpa prestement le long du buste pour venir se poster sur l’épaule osseuse : - Aperçois-tu cette masse sombre, là-bas, au bord de l’eau ? Il se dit au village que c’est un "éléphant". Je ne peux plus me déplacer. Voudrais-tu, avec quelques-unes de tes sœurs aller voir de plus près ce que c’est ? Faites vite car le crépuscule est là et je voudrais vraiment savoir, avant la nuit noire, ce qu’est un "éléphant". Depuis toujours, il n’avait cessé de porter en lui-même cette question qui le tourmentait jusque dans son sommeil : qu’est-ce qu’un "éléphant" ? La fourmi, toute fière de se voir confier une mission aussi importante, se dépêcha de dégringoler sur le sol et de rejoindre la fourmilière. La reine, à qui fut exposée la requête du vieil homme, désigna une douzaine de fourmis aux longues antennes afin de constituer l’expédition qui se mit aussitôt en chemin. Arrivées au pied de l’imposant AVEC QUI ? VIENS, ON A BESOIN DE TOI ! QU’EST CE QU’ON OBSERVE ? monticule, elles grimpèrent le long d’une colonne vertigineuse de plusieurs mètres de hauteur et se dispersèrent pour explorer... fourmi Secours Catholique fourmi «ressource» La première étoile s’allumait dans le ciel lorsqu’elles revinrent devant le vieil homme : - Qu’avez-vous donc observé ? demanda-t-il. - Moi, je sais ce que c’est qu’un "éléphant", dit la première fourmi, c’est un grand balai de poils bruns, rêches et broussailleux… - Mais non, dit la deuxième, c’est comme une large route à la surface grise et rugueuse…  - Pas du tout, dit la troisième, c’est un long serpent gris qui ondule…  - Tu n’y es pas, dit la quatrième, un "éléphant" c’est lisse, froid, blanc et brillant comme l’ivoire d’une boule de billard… Le vieil homme invita les fourmis à s’asseoir et un long conciliabule commença. Au loin derrière les arbres, la lune ronde et vaste comme une assiette, entamait sa trajectoire de la terre jusqu’au ciel… La nuit était avancée quand une fourmi poussa un cri de joie. MAIRIE ASSOCS ÉCOLE C.G. C.A.F. ASSOCS PAROISSE POLICE BOULANGERIE PMU COMMERCES MAISON DE RETRAITE RESTAURANTS HÔPITAL - Mes sœurs, j’ai trouvé ! En fait, un "éléphant", c’est un animal, tout comme nous mais d’une taille gigantesque. Elles réfléchirent ensemble en se frottant les mandibules. Elles réussirent à identifier la trompe, les défenses, la queue et reconstituèrent l’éléphant en entier. Elles parvinrent aussi à s’expliquer comment il se nourrissait, comment il se lavait, comment il se déplaçait… Alors, le vieil homme remercia les fourmis et entra en lui-même. Il se dit : - Mille yeux ne seront jamais de trop pour éclairer un esprit…  Inspiré de Thalie de Molènes, 17 contes du bouddhisme, Castor Poche Flammariion 2000. BEAUCOUP DE PERSONNES ÂGÉES ... QU’AVONS NOUS OBSERVÉ ? > cf. FICHE D’ANIMATION 7 : L’ÉLÉPHANT ET LES FOURMIS ON Y VIT BIEN !! ...ISOLÉES DES BOUTIQUES ÉTAIENT FERMÉES COOL LE CURÉ ! DES ASSOS ACTIVES... MAIS AUSSI PEU DE BUS ! 20 POUR VIVRE QUOI ? ALLONS CONNAÎTRE CE TERRITOIRE ! LES MAMANS ÉCHANGENT BEAUCOUP DEVANT L’ÉCOLE ! LES APPARTS SONT MAL ISOLÉS... SYMPA LE PARC AVEC LES ENFANTS QUI JOUENT 21
  • 12. LIVRET PÉDAGOGIQUE Opportunité externe Opportunité interne Initiative de la délégation (chantiers, projet, etc.) Validation de la démarche par le bureau après discussion (temps à consacrer, RH, moyens financiers, etc. ) Cibler plusieurs territoires Approfondir la connaissance des territoires Approfondir la connaissance du territoire DONNER ENVIE 2.1 /3 COMMENT DÉMARRER SUR UN NOUVEAU TERRITOIRE ? D’ALLER-VERS ALLONS-Y, ALLONS VERS ! Contexte-déclic... Guilaine, quartier de La Duchère à Lyon (69) “ Le déclic : notre quartier est en plein bouleversement depuis des années. On rénove les murs et les rues mais on prend peu les gens en compte. J’ai entendu parler par l’AS d’une jeune maman avec un bébé malade. Je suis allée chez elle la rencontrer. J’ai vu ses besoins. Après, on est revenues à 3 avec du lait, de la layette… On a fait connaissance de son mari. Ce que ça m’a apporté :  une vraie relation avec la personne. On la connaît dans son contexte, dans son cadre de vie. Ainsi, on peut mieux répondre à ses besoins. Élaboration des critères Choix d’y aller ou non Choix d’un territoire ” LES EXEMPLES D’OPPORTUNITÉS EXTERNES : • Une opportunité de pouvoir utiliser un local prêté • Des bénévoles nouveaux qui se présentent spontanément et/ou suite à un appel • Une demande d’un partenaire (équipe d’Assistantes sociales, école, association…) • Volonté de la paroisse ou du diocèse de développer un lieu de fraternité • Une situation d’urgence peut se transformer en une opportunité. Quel mode de présence ? Quel rythme de présence ? OPPORTUNITÉS INTERNES À L’ÉQUIPE : • Un-e bénévole qui repère des situations de pauvreté sur son territoire de vie et qui souhaite s’investir sur ce territoire-là. • Une très grosse équipe en centre ville qui cherche à être présente sur des territoires isolés. Accompagnement individuel et/ou collectif ? Local ou pas local ? Quel lien avec le projet et les actions de la délégation ? Quel type d’activités en lien avec les besoins ? Comment mobiliser les personnes en situation de pauvreté ? Quel lien avec les autres partenaires? Comment associer les personnes à l’élaboration du projet ? CONNAISSANCE DU TERRITOIRE : Cf Chapitre « Connaissance partagée d’un territoire »du livret, p.20. ELABORATION DES CRITÈRES : • Repère d’un désert associatif / relégation / sentiment d’abandon. • Repère de populations en difficulté -> dossier d’aide financière / information assistantes sociales • Des volontaires (ressources humaines) pour démarrer quelque chose • Des ressources matérielles locales (bienveillance de la paroisse) LA MOBILISATION : Cf livret pédagogique précédent : « la mobilisation dans tous ses états », publié en octobre 2013. 22 23
  • 13. LIVRET PÉDAGOGIQUE 2.2 /1 ENTRER EN RELATION : TRUCS ET ASTUCES CONDITIONS PRÉALABLES OBJECTIFS ET MOYENS EXEMPLES RÉSISTANCES / VIGILANCES • Être venu en amont dans le quartier : repérages, pour être vu par les habitants et avoir pu observer. • Importance de « l’accroche » ! • Obtenir un échange, « banalités » pas forcément en relation avec le Secours Catholique -> recherche des points communs, de ce qui relie. • Se mettre en position de « demandeur » (d’infos, de services…). • Créer la confiance, rester ouvert. • A un arrêt de bus : demander les horaires, les lignes de bus, les trajets… • A une sortie d’école : discuter à propos des enfants, si on est du quartier… • Dans un commerce ou un marché • Dans la rue : demander son chemin, une adresse dans le quartier, l’emplacement d’un local ou de quelqu’un… LIÉES À LA FAÇON D’ÊTRE DE CELUI QUI « VA VERS » : • Intrusion : trop parler de soi, poser des questions trop personnelles. • Etre trop direct : entrer trop vite dans le vif du sujet • Etre trop bavard : trop d’infos tue l’info ! • Etre trop vague, pas assez direct : tourner autour du pot ! LIÉES AU « TERRAIN » : • Barrière de la langue • Cultures différentes • Personnalité de celui vers qui on va •… 24 D’ALLER-VERS POUR ACCOMPAGNER LA DÉMARCHE DONNER ENVIE 2.2 ALLONS-Y, ALLONS VERS ! Se connaître... “ Maryse et Danièle, Quartier La Bricarde à Marseille (13) Le déclic : « depuis toute petite, j’ai eu le goût de la lecture, de sortir, de faire des études et ça m’a tirée d’affaire ; dans ma famille, c’était difficile… J’ai eu envie de partager cela avec d’autres, avec des enfants. Il y a eu l’opportunité avec l’animatrice du Secours Catholique… j’ai tout de suite accroché ». Ce que ça m’a apporté : « de belles rencontres avec des enfants qui permettent de connaître les mamans. On s’enrichit mutuellement. Il y a beaucoup de joie à chaque séance de la bibliothèque de rue. Je suis surprise parce qu’ils en demandent et en redemandent… » ” 25
  • 14. LIVRET PÉDAGOGIQUE ALLONS-Y, ALLONS VERS ! 2.2 /2 ALLER-VERS LES MAINS VIDES LA SOUPE AU CAILLOU Il était une fois, un homme qui arriva dans un village. Il frappait aux portes des maisons en demandant à manger. Chaque fois, les gens lui répondaient - Désolé Monsieur, je ne peux rien vous donner. Le mystérieux monsieur décida de changer de stratégie. Il frappa à nouveau à une maison et il demanda encore une fois à manger : - Bonjour Madame, est-ce que vous pourriez me donner quelque chose à manger ? - Je suis désolée mais je n’ai rien…  - Oh, ce n’est pas grave ; en fait, j’ai une pierre dans mon sac-à-dos avec laquelle je pourrais faire une soupe. Si vous me prêtiez un chaudron avec de l’eau, je pourrais faire la meilleure soupe au monde. - Juste avec une pierre ? Vous rigolez ?!  - Pas du tout ma chère dame. Donnez-moi un chaudron bien grand et vous verrez de vos propres yeux. La dame en question partit chercher un chaudron et l’apporta au centre du village. Le mystérieux monsieur prépara un feu et y plaça le chaudron avec de l’eau. Quand elle commença à bouillir, tout le village était présent afin de voir comment, avec une seule pierre on pouvait préparer la meilleure soupe au monde. Au bout d’un moment, l’inconnu jeta la pierre dans l’eau et s’exclama en goûtant : - Cette soupe est délicieuse ! Mais… il manque quelques pommes de terre pour l’améliorer… Cette histoire illustre une façon de rassembler des personnes autour d’un projet commun. L’étranger n’apporte que sa conviction dans la capacité de tous à fabriquer la « meilleure soupe du monde ». Le caillou est une représentation symbolique de ses faibles moyens. Aller vers les personnes en difficulté, les mains vides, peut susciter une générosité collective, si nous en sommes convaincus. On s’aperçoit que l’enthousiasme est contagieux et nous pousse à aller, à notre tour, vers d’autres. Aussitôt, un villageois partit chercher des pommes de terre et il les donna à l’inconnu qui goûta à nouveau  la soupe et s’exclama : - Elle est bien meilleure mais…si on avait un peu de viande on pourrait améliorer son goût…  Une femme couru chercher de la viande qu’elle avait chez elle. A ce moment, tout le monde fut saisi d’un même enthousiasme et les villageois allèrent chercher chez eux des légumes, du sel, un peu plus de viande… du pain pour manger avec… Le mystérieux monsieur demanda : Un jour José arrive au village : « je vais vous faire la meilleure des soupes au caillou ! » Il n’a qu’un caillou. Avec des légumes et de la viande, ça serait meilleur ! Il faudrait un chaudron J’en ai un ! Préparons la table Venez mangeons la soupe ! José s’en va. Et comme José : « moi aussi je vais aller vers un village voisin faire la soupe au caillou ! » - Vite, des assiettes pour tout le monde !  Et les gens apportèrent des assiettes, des couverts et tout ce qu’il fallait pour manger. Tout le monde s’assit pour goûter cette étrange soupe de pierre. En même temps, un étrange sentiment de bonheur envahissait tous les cœurs…bonheur de partager la soupe ensemble… Le mystérieux monsieur décida alors de quitter le village en laissant la mystérieuse pierre afin que les gens puissent l’utiliser. C’est ainsi que, dans les jours qui suivirent, ils partirent vers les villages voisins et ils firent, avec leurs habitants, la meilleure soupe du monde !   > ANALYSE DANS CETTE HISTOIRE : • Quel est le déclic des villageois pour participer à la fabrication de la soupe ? • Tout le monde se sent-il concerné par ce qui se passe ? • Quel lien faites-vous entre cette histoire et la démarche aller-vers ? • Qu’est ce qui pousse des villageois à aller-vers les autres villages ? Adaptation libre de l’espagnol  Marcela Villalobos Cid > cf. FICHE D’ANIMATION 9 : LA SOUPE AU CAILLOU 26 27
  • 15. LIVRET PÉDAGOGIQUE ALLONS-Y, ALLONS VERS ! 2.2 /3 PASSER DU « JE » AU « NOUS » DONNER ENVIE D’ALLER-VERS ? Les mains vides... “ DANS LA DÉMARCHE ALLER-VERS, PASSÉE LA PREMIÈRE ÉTAPE DE LA RENCONTRE INDIVIDUELLE, COMMENT S’ORIENTER VERS DU COLLECTIF ? Regrouper les personnes (inviter) Avoir des points communs qui donnent sens/envie Jean-Luc, quartiers de l’agglo de Grenoble (38) Construire une vision commune Le déclic : « ça s’est passé en Albanie. J’étais en mission avec le Secours Catholique. Je me suis trouvé très démuni (sans parler la langue, sans moyen d’action). On est allé vers les gens et, avec nous, ils ont commencé à résoudre leurs problèmes d’électricité, d’eau, d’enfants handicapés… Au retour, je me suis dit : il faut vraiment sortir de nos locaux, on n’est pas assez présents dans les quartiers. C’est comme ça que le projet Cause Commune est né ». Participation libre et sur invitation Animer le groupe Trouver un équilibre : - ma place - la place de l’autre - avoir un projet et des résultats Relire ensemble nos actions Une indignation commune Vivre des moments conviviaux Avoir une communication adaptée Ce que ça m’a apporté : « être dans la position d’accueilli, ça renverse les rôles, on apprend beaucoup. Arriver les mains vides, ça oblige à chercher ensemble des solutions, à faire ensemble. Si on arrive avec les moyens, ça démobilise ». 28 ” > cf. FICHE D’ANIMATION 5 : DU «JE» AU «NOUS» 29
  • 16. LIVRET PÉDAGOGIQUE ALLONS-Y, ALLONS VERS ! Mobiliser... D’ALLER-VERS “ 2.2 /4 LA RELECTURE (Bilan, debriefing, faire le point…) Marcella, quartier Hochelaga maison neuve de Montréal (Québec) DONNER ENVIE Le déclic : « j’étais habitante de ce quartier populaire. Il n’y avait pas d’épicerie, beaucoup de gens au chômage. La nourriture est très chère. On a réalisé ce problème. Dans le cadre de la pastorale sociale de l’Eglise (équivalent de Caritas), on a décidé de rencontrer les habitants en frappant à leur porte et on a monté un projet ». Ce que ça m’a apporté : « les gens étaient étonnés : on n’est pas des politiciens en campagne ! On a vu les conditions de vie des gens : beaucoup de dignité, la propreté des logements. Les personnes étaient reconnaissantes et fières : on vient me voir. En connaissant plus de personnes, ça m’a permis de m’intégrer ». D’ALLER-VERS “ Martine et Joëlle, Le Penne Mirabeau près de Marseille (13) DONNER ENVIE Relire... ” Bon, il faut faire le point ! Ben pourquoi ? Savoir si ça marche, avoir le point de vue de toute l’équipe, Mais pourquoi maintenant ? Il me semble qu’on est arrivé à un point d’étape, on a déjà rencontré beaucoup de monde, il faudrait vérifier qu’on est sur la bonne route. Et sur quelles bases alors ? Sur la qualité des relations qu’on a pu établir, sur le nombre de personnes sur qui on peut compter, Compter pour quoi faire ? Mais c’est super comme question ça ! Ça va nous permettre d’ajuster le but de notre action ! Qui « nous » ? Le déclic : «le médecin nous a signalé un monsieur en grande difficulté. On est allé chez lui. En effet, il venait de perdre sa maman, sa cuisine avait brûlé et il ne se nourrissait plus… On s’est occupé de lui et on a interpellé les scouts qui ont nettoyé la cuisine, le jardin…Plus tard, il est venu vers le Secours Catholique et il donne un coup de main ». Notre équipe, mais aussi tout ceux qu’on a rencontré ! Wahou, super ! Ce que ça m’a apporté : « au début, je me sentais coupable de n’avoir rien vu. Après, j’ai été soulagée de ce qui s’est passé. On a fait une relecture de tout cela avec l’équipe et avec les scouts ». 30 ” 31
  • 17. FICHE D’ANIMATION // 1 LIVRET PÉDAGOGIQUE MON TERRITOIRE DE VIE OBJECTIFS : 1. APPRENDRE À SE CONNAÎTRE AU SEIN D’UN GROUPE 2. APPRENDRE À DÉCRIRE SON LIEU DE VIE 3. CRÉER ENSEMBLE UNE « ŒUVRE » COMMUNE. DÉROULEMENT 1. Chaque participant est invité à prendre quelques minutes pour penser à son lieu de vie. Il va devoir le présenter ensuite à d’autres : • Où j’habite ? • Quelles sont les caractéristiques de ce lieu ? • Qu’est-ce qui me plait ? • Qu’est-ce que je n’aime pas ? • Comment je l’ai choisi ? 2. Les participants constituent des petits groupes de 3 personnes. Chacun à leur tour, les participants vont se présenter (qui je suis) et décrire leur territoire de vie. Les 2 autres personnes font une écoute active : qu’est-ce qu’on retient de la présentation ? 3. Échange sur ce que l’on retient, les éléments importants, discussion. Chacun parle à son tour et garde les traces de ce qui est dit. 30 personnes GROUPE 45 minutes 3 32 DURÉE MATÉRIEL FICHES D’ANIMATION Chacun va pouvoir, avec l’aide des 2 autres, représenter son territoire de vie sur une pièce du puzzle. La pièce de puzzle est préalablement découpé par l’animateur dans du carton ou du carton-plume de façon à ce que toutes les pièces des membres du groupe s’emboitent les unes dans les autres. On peut, bien sûr, être créatif. Une petite flèche sur chaque pièce du puzzle en indique le sens. Les pièces du puzzle réunies constitueront, à la fin, un magnifique ensemble. • Des pièces de puzzles (découpées dans du carton plume) • Des feuilles de couleurs • Des feutres de couleur, • Des crayons de couleur • papier blanc • ciseaux, colle. • Des revues avec beaucoup de photos. Département Recherche Expérimentations Développement Tel : 04 57 13 81 21 / Courriel : dept.red@secours-catholique.org Fiche d’animation // 2 1
  • 18. FICHE D’ANIMATION // 3 FICHE D’ANIMATION // 2 LA PÉTANQUE OBJECTIFS : 1. OUVRIR UNE SÉANCE DE MANIÈRE DYNAMIQUE ET CRÉER UNE AMBIANCE DE GROUPE DÉTENDUE 2. FAVORISER LA RENCONTRE ENTRE PERSONNES LUC 10 1-11 OBJECTIFS : 1. RENFORCER DES CONVICTIONS À PROPOS DE LA DÉMARCHE « ALLER VERS ». 2. FAVORISER UN ÉCHANGE EN PROFONDEUR ET UNE CONNAISSANCE ENTRE LES PARTICIPANTS. DÉROULEMENT Les participants reçoivent chacun la feuille comportant quatre cases vides et répondent aux questions. 1. Un signe distinctif, une caractéristique qui permet de me reconnaître. 2. Mon territoire de vie est… (le qualifier) 3. Aller Vers l’autre, j’en ai envie parce que… 4. Aller vers l’autre, ça me fait un peu peur parce que… Les participants placent la feuille sur leur propre tête et se dessinent (sommairement !). Ils froissent leur feuille de manière à en faire une boule. de 6 à 20 personnes GROUPE 20 minutes L’animateur montre une feuille de couleur sur laquelle sont inscrits les mots « transformation sociale », « société juste et fraternelle »… en indiquant qu’il s’agit de ce que l’on vise, ce vers quoi on tend. Il froisse la feuille et en fait une boule. Elle constitue le cochonnet du jeu de pétanque qui est alors proposé. La personne la plus âgée du groupe lance le cochonnet. Puis chaque participant joue à son tour selon le principe de la pétanque : approcher le plus possible sa boule du cochonnet. Il n’y a pas d’équipe. Le vainqueur est félicité et chacun va reprendre une boule, n’importe laquelle. DURÉE un espace libre Chaque participant est alors invité à trouver la personne qui, au début, avait inscrit les renseignements sur la feuille et à échanger avec elle lorsqu’ils se sont reconnus. DÉROULEMENT 15 personnes GROUPE 1. Le texte est lu en entier, à haute voix, pour tout le groupe. Chaque participant lit et réfléchit silencieusement sur l’extrait du texte qu’il a reçu. (5’) 30 minutes DURÉE LIEU / ESPACE libre LIEU / ESPACE MATÉRIEL Autant de feuilles que de participants. Une feuille de couleur. MATÉRIEL Département Recherche Expérimentations Développement Tel : 04 57 13 81 21 / Courriel : dept.red@secours-catholique.org Fiche d’animation // 2 Le texte d’Évangile est préalablement découpé en plusieurs morceaux, par exemple : les versets 1-2, 3-4-5, 6-7, 8-9 et 10-11. Chaque participant reçoit l’un de ces extraits du texte. Le texte d’évangile Luc 10 1-11 découpé en plusieurs parties. Département Recherche Expérimentations Développement Tel : 04 57 13 81 21 / Courriel : dept.red@secours-catholique.org 2. Les participants, se regroupent entre ceux qui ont reçu le même extrait. Ils échangent sur leur compréhension du texte, ce qu’il signifie pour eux. (15’) 3. Ils se concertent pour trouver comment traduire l’extrait du texte en une « sculpture humaine ». Chacun se fige dans une attitude expressive en lien avec l’attitude des autres participants. Lorsqu’ils sont tombés d’accord, ils peuvent appeler l’animateur qui prend en photo la sculpture humaine. (10’) L’ensemble des photos pourra, avec les extraits du texte, rendre plus vivant le compte rendu de la rencontre. Fiche d’animation // 3
  • 19. OBJECTIFS : 1. ENTRER DANS LA DÉMARCHE DE CONNAISSANCE D’UN TERRITOIRE. 2. RÉFLÉCHIR À LA STRATÉGIE À METTRE EN PLACE POUR ENTRER EN CONTACT AVEC UN TERRITOIRE. FICHE D’ANIMATION // 5 FICHE D’ANIMATION // 4 DIAGNOSTIC INVESTIGATEUR DU JE AU NOUS OBJECTIFS : 1. FAIRE CONNAISSANCE AU SEIN D’UN GROUPE. 2. PRENDRE CONSCIENCE DE LA FORCE DU GROUPE SI LES LIENS ENTRE LES MEMBRES SONT SOLIDES. DÉROULEMENT DÉROULEMENT On sépare le groupe en 2 : 1. L’animateur invite les participants à constituer un cercle (assez serré, au coude à coude). Il tient dans ses mains une pelote de laine (l’animateur s’insère lui aussi dans le groupe). Les uns vont chez le médecin pour un diagnostic santé complet (c’est obligatoire une fois par an !) Les autres vont chez l’assistante sociale. Elle est chargée de mettre en place un diagnostic partagé sur son territoire (ou chez le Maire qui veut lancer une ABS - Analyse des Besoins Sociaux) 2. L’animateur se présente au groupe (prénom, nom, d’où il vient etc.). Il lance la pelote de laine à un participant situé en face de lui dans le cercle. Il garde en main l’extrémité du fil de laine. Chaque participant est ainsi amené à se présenter aux autres. Chacun garde en main le fil. Une « toile d’araignée » est ainsi constituée. Chaque groupe va réfléchir à partir de petites mises en scène jouées par les animateurs avec des membres du groupe (à préparer, matériel…. Il peut être bon d’avoir prévu un stéthoscope, une blouse blanche, un appareil pour prendre la tension… Pour l’AS, elle peut projeter les diapos de l’ABS de Valence). DÉFINITION : 15 personnes GROUPE 1 heure DURÉE LIEU / ESPACE Un ABS à projeter, vidéo-projecteur, paperboard, feutres, accessoires pour les mises en scène. Département Recherche Expérimentations Développement Tel : 04 57 13 81 21 / Courriel : dept.red@secours-catholique.org 15 personnes GROUPE C’est quoi faire un diagnostic pour une assistante sociale ? Idem : quels outils ? Quelles questions ? Pour aboutir à quoi ? L’histoire du territoire ? Les impressions ? Les informations chiffrées ? 1. Chaque groupe va débroussailler le terrain sous forme de liste organisée par l’animateur sur un paperboard. un espace libre MATÉRIEL C’est quoi un diagnostic médical ? Comment le médecin va s’y prendre ? Pourquoi faire un diagnostic ? Quels outils ? Les questions ? L’histoire de la personne ? Le moral ? Les informations chiffrées ? … 30 minutes DURÉE 2. Au bout d’une vingtaine de minutes : on inverse les deux groupes et on complète ce que vient de dire l’autre groupe. 3. On se remet tous ensemble pour se dire : au Secours Catholique, c’est quoi faire un diagnostic de territoire ? De quels outils dispose-t-on ? Comment peut-on s’y prendre ? Est-ce que, comme le médecin, on soigne une maladie ? Est-ce qu’on va faire comme l’AS ? C’est quoi la différence au Secours Catholique ? 4. Le groupe peut, à partir de là, mettre en place sa stratégie pour commencer son travail d’analyse et de connaissance du territoire. Fiche d’animation // 4 3. Lorsque tout le monde s’est présenté, un deuxième tour de prise de parole peut commencer, chacun expliquant aux autres pourquoi il est là, quelle était sa motivation à venir. Le fil de laine poursuit son itinéraire de l’un à l’autre. Le maillage continue de se renforcer. 4. L’animateur pose sur la toile d’araignée un ballon et les participants doivent faire en sorte qu’il ne tombe pas en tendant le fil et en restant tous attentif à cet objectif commun. 5. L’animateur invite tout le monde à s’asseoir et à réfléchir à ce que le groupe vient de vivre. Qu’est-ce que représente le fil ? Le ballon ? Qu’est-ce que cela peut nous dire de la vie de notre groupe ? libre LIEU / ESPACE Une pelote de laine. Un ballon MATÉRIEL Département Recherche Expérimentations Développement Tel : 04 57 13 81 21 / Courriel : dept.red@secours-catholique.org Fiche d’animation // 5
  • 20. OBJECTIFS : 1. PRENDRE CONSCIENCE DE L’ATTITUDE SOUHAITABLE POUR L’APPROCHE D’UN TERRITOIRE INCONNU ET DE SES HABITANTS. 2. PRENDRE CONSCIENCE DE CE QUI PEUT FAIRE OBSTACLE À LA RENCONTRE. 3. TROUVER ENSEMBLE DES MOYENS DE LE DÉPASSER. FICHE D’ANIMATION // 7 FICHE D’ANIMATION // 6 LE LIÈVRE ET LA TORTUE L’ÉLÉPHANT ET LES FOURMIS OBJECTIF : 1. FAVORISER LE CHANGEMENT DE REGARD. 2. PRENDRE CONSCIENCE DE LA NÉCESSAIRE COMPLÉMENTARITÉ DANS UN GROUPE. Pour changer de regard sur le monde, il faut d’abord prendre conscience que chacun n’en a qu’une vue partielle. Ce n’est qu’en prenant du recul, en croisant les observations, qu’on peut prétendre s’approcher de la réalité. DÉROULEMENT DÉROULEMENT L’animateur fait reconstituer par le groupe la fable du lièvre et la tortue. En général, en faisant appel à la coopération et à la mémoire de tous, le groupe arrive assez vite à un bon résultat. Cette fable fait partie du patrimoine culturel français, au moins pour son sens général. Si l’animateur a affaire à un groupe qui ne partage pas du tout cette culture, il pourra simplement raconter l’histoire. Il est possible que dans d’autres cultures, il existe des histoires analogues. L’animateur raconte l’histoire « L’éléphant et les fourmis ». Ayant terminé son récit, l’animateur interroge le groupe : 1) Qu’est-ce qu’un éléphant, d’après vous ? 2) Que remarquez-vous dans cette histoire ? Les participants se répartissent en deux groupes. 3) Que pensez-vous de la façon de faire du vieux sage ? Le premier établit une liste de défauts du lièvre pendant que le second établit une liste de qualités de la tortue. Les deux listes sont mises en commun. 4) En quoi cela nous renvoie-t-il à notre propre expérience ? 5) Donnez des exemples. L’animateur invite à comparer les méthodes du lièvre et de la tortue avec l’attitude qui pourrait être adoptée dans une démarche d’aller vers des habitants ou un territoire inconnus. Les participants s’expriment à ce sujet. une quinzaine de personnes GROUPE 45 minutes Cependant, la réalité est plus nuancée. La tortue, tout en conservant ses qualités de ténacité ou d’intelligence est craintive. Au moindre danger, elle rentre dans sa carapace. L’animateur invite alors les participants à exprimer ce qui leur fait peur dans le fait d’aller en terrain inconnu. Une liste est inscrite au fur et à mesure au tableau. Lorsque cette expression est terminée, Les participants peuvent placer, en face de chaque mot exprimant une peur sur le tableau, un « antidote », une façon de la surmonter. GROUPE 30 minutes DURÉE DURÉE LIEU / ESPACE • un tableau • des marqueurs MATÉRIEL MATÉRIEL Département Recherche Expérimentations Développement Tel : 04 57 13 81 21 / Courriel : dept.red@secours-catholique.org Fiche d’animation // 6 une quinzaine de personnes. 6) Choisissez un « éléphant » que vous observez en ce moment dans votre vie. Un espace confortable, calme, propice à l’écoute. Pourquoi pas, un tapis, des coussins… L’histoire par écrit. Toute liberté est donnée, bien entendu, pour que l’animateur improvise l’histoire à partir d’une trame semblable, c’est plus vivant… Département Recherche Expérimentations Développement Tel : 04 57 13 81 21 / Courriel : dept.red@secours-catholique.org Fiche d’animation // 7
  • 21. OBJECTIFS : 1. PERMETTRE AUX PERSONNES DE RÉALISER ENSEMBLE UNE MAQUETTE DE LEUR QUARTIER. 2. STIMULER LA CRÉATIVITÉ COLLECTIVE. FICHE D’ANIMATION // 9 FICHE D’ANIMATION // 8 LA MAQUETTE LA SOUPE AU CAILLOU OBJECTIFS : 1. PRENDRE CONSCIENCE DE LA FORCE DU GROUPE. 2. PRENDRE CONSCIENCE QU’ON PEUT FAIRE BEAUCOUP À PARTIR DE PEU. DÉROULEMENT DÉROULEMENT 1. L’animateur réunit le groupe et annonce qu’il va raconter une histoire : l’histoire de la soupe au caillou. Il est nécessaire d’installer au préalable un plan de travail (des tables par exemple) qui vont être le support de la maquette. 2. Une fois l’histoire racontée, il invite les participants à reconstituer les différentes séquences de l’histoire : soit par oral, soit en les dessinant sommairement dans plusieurs cases successives (comme une bande dessinée). L’animateur commence par délimiter le quartier en définissant avec les participants les rues limitrophes. Il propose un certain nombre de petits objets, des cubes en bois, des boites diverses et variées, des kaplas, des cartons, des feuilles… (plutôt des objets en volume). 12 personnes GROUPE 1 heure voire plus DURÉE LIEU / ESPACE MATÉRIEL Une grande table centrale Un grand nombre d’objets, boîtes, cubes… Département Recherche Expérimentations Développement Tel : 04 57 13 81 21 / Courriel : dept.red@secours-catholique.org Les personnes s’approprient l’espace et les objets. Le groupe peut alors commencer à installer des objets, boîtes, cubes qui représentent les immeubles, les espaces publics, les locaux à poubelles, l’école, les commerces... Si l’on dispose de boites de camembert par exemple, on laisse les participants décider ce que cela peut représenter. Il faut en avoir en nombre suffisant pour que l’on puisse dire, une boite de camembert, c’est un rond-point par exemple. La construction doit être collective, l’animateur est garant de cela. Chaque objet posé sur la table est accompagné d’une parole. Le niveau de précision et de détail est à définir par le groupe. 3. Il pose au groupe les questions suivantes : 15 personnes - Qu’est-ce qui a provoqué la participation des villageois ? - Quel a été le déclic ? - Est-ce que tout le monde s’est senti concerné par ce qui s’est passé ? - Qu’est-ce qui a poussé les villageois à partir, à leur tour vers les autres villages ? - Quel parallèle faites-vous avec la situation de votre groupe ? GROUPE 30 minutes > POUR ALLER PLUS LOIN Il peut être proposé que chaque personne indique où elle habite dans le quartier et que cela soit signifié concrètement par une «carte de visite» posée sur la maquette au bon endroit. Chacun peut aussi indiquer depuis combien de temps il habite cet endroit. Cette animation peut aussi permettre de repérer ce qu’il faudrait changer dans l’aménagement du quartier, les lieux des jeunes, des mamans, des promeneurs de chiens… Souvent, l’animation se termine par une photo de la maquette. L’implication de chaque personne à cette création collective est souvent importante avec une forte connotation affective. Fiche d’animation // 8 DURÉE libre LIEU / ESPACE MATÉRIEL Le conte de la Soupe au Caillou Un tableau, des feutres pour dessiner… Département Recherche Expérimentations Développement Tel : 04 57 13 81 21 / Courriel : dept.red@secours-catholique.org Fiche d’animation // 9
  • 22. FICHE D’ANIMATION // 10 LES 4 BÂTONS OBJECTIF : 1. PRENDRE CONSCIENCE QUE SEUL ON NE PEUT RIEN ET QU’À TOUS, ON EST PLUS FORT. DÉROULEMENT Cette animation a deux versions : 1/ LA VERSION CONTÉE : Un vieil homme, sentant venir sa fin et se faisant du souci pour l’avenir de sa famille, réunit à son chevet ses quatre fils qui passaient leur temps à se disputer. « Avant de vous quitter, j’aimerais vous laisser quelque chose… » A chacun de ses fils, le vieil homme donna un bâton de bois. Il leur demanda à tour de rôle de casser le bâton. Chacun s’exécuta sans difficulté. Puis le vieil homme pris quatre autres bâtons, il les réunit et les lia ensemble. Il demanda à nouveau à ses enfants d’essayer de les rompre. Chacun, à son tour s’y essaya mais aucun n’y parvint. 15 personnes GROUPE A partir de : Adalberto Barreto et Jean-Pierre Boyer, L’indien qui est en moi, itinéraire d’un psychiatre brésilien, Descartes & Compagnie, 1996. 10 minutes DURÉE libre LIEU / ESPACE MATÉRIEL Leur vieux père leur dit alors : « Voici le message que je tiens à vous laisser : en étant unis, liés les uns aux autres, vous serez forts et vous pourrez résister là où seuls, vous ne pourrez rien. » Des bâtons de bois ou, à défaut, des crayons de couleurs différentes. Département Recherche Expérimentations Développement Tel : 04 57 13 81 21 / Courriel : dept.red@secours-catholique.org 2/ VERSION EXPÉRIMENTÉE : Les bâtons de bois représentent les personnes. Les injustices, les inégalités, l’individualisme sont des causes de souffrance. Tout cela s’accumule, chacun subit mille douleurs. La personne en arrive à être brisée. L’animateur prend les bâtons et les casse en deux. A nouveau, il recommence avec les morceaux restants, expliquant que les différents malheurs, difficultés, accidents qui accablent les personnes finissent par les briser. Il continue de briser les bâtons qui raccourcissent de plus en plus. L’animateur prend à nouveau plusieurs bâtons qu’il lie ensemble et demande à un participant de les casser… Il invite le groupe à échanger sur la signification de cette histoire pour chacun, pour le groupe et dans la société. Fiche d’animation // 10
  • 23. GROUPE DÉVELOPPEMENT SOCIAL Travail collectif réalisé à Lyon (Rhône) - Octobre 2013 Département Recherche Expérimentations Développement SECOURS CATHOLIQUE – CARITAS FRANCE