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XXXIIIème colloque de l'AFAE à Tours les 1,2 et 3 avril 2011

XXXIIIème colloque de l'AFAE à Tours les 1,2 et 3 avril 2011
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  • 1. Ce texte est extrait des articles de préparation du du  XXXIIIe  colloque  national  de  l’AFAE, 2011 –  sur  le  thème  :      École  et  société  :  tensions  et  mutations   http://www.afae.fr/spip.php?rubrique77    Atelier 4................................................................................................................. La classe et les réseaux sociaux Par Caroline Jouneau-Sion, professeur de lycée (Rhône) Le web 2.0 un chantier pour l’écoleLe web 2.0, c’est l’interactivité, les échanges d’informations et de contenus multimédia, c’estaussi l’outil de la liberté, de l’expression citoyenne et de la contestation. On comprend donc bienà la fois tout le potentiel de l’internet participatif dans le domaine de l’éducation, mais aussi tousles problèmes que ces outils peuvent poser à l’école. Quels projets l’école doit-elle mettre enoeuvre dans ce domaine, et surtout quelles questions doit-elle aborder pour que ces projets soientune réussite, permettent des apprentissages, soient acceptés par tous ? Premier chantier : Renoncer à la méfianceLe web 2.0, c’est dabord lopportunité douvrir sa classe sur le monde. C’est un moyen d’obtenirde l’information en temps réel et de trouver ce que l’on cherche sans délai. C’est aussi le moyenpour une classe de produire de l’information : interview dune personnalité via Twitter etpublication sur Facebook mais aussi, c’est arrivé, diffusion d’une vidéo diffamatoire. Oncomprend la réticence des enseignants et de l’institution à s’ouvrir aux réseaux sociaux :comment contrôler l’incontrôlable ? Comment faire que l’ouverture vers le monde ne soit pasloccasion dune perte dattention des élèves ? Comment s’assurer que l’information produite soitrespectueuse de chacun ? Comment protéger les élèves de contenus dangereux ? Cela pose laquestion de la confiance, réglée en général par des filtres et des interdictions, solutionsfaussement simples et faciles à contourner. Il faut plutôt réfléchir ensemble aux règles d’accèsaux réseaux, règles qui doivent être suffisamment souples pour ne pas nuire aux démarchespédagogiques et suffisamment claires pour être comprises et acceptées par tous. Il est nécessairede donner aux élèves, aux parents et à l’ensemble du personnel de l’établissement une véritableéducation aux médias : les former à la communication sur ces réseaux, à la recherche et autraitement de linformation. Si le chef d’établissement est toujours légalement le directeur depublication de l’établissement, il doit pouvoir, comme le suggère Serge Pouts-Lajus1, déléguercette responsabilité aux personnes ainsi formées et informées, dans une démarche de confianceréciproque. Deuxième chantier : la place de l’enseignantL’interactivité des outils du Web 2.0 favorise le travail collaboratif, compétence devenueessentielle dans notre société contemporaine. Rédaction collective d’un texte viaEtherpad, suivi dun projet via un wiki, échange des fichiers, c’est se préparer à l’Internet citoyen                                                                                                                1  S. Pouts-Lajus, « Déléguer la direction de publication », Cahiers Pédagogiques n°482, juin 2010, pp.51-52.  
  • 2. et à la vie en entreprise. C’est aussi découvrir que les réseaux sociaux changent notre rapport ausavoir. Sur le modèle de Wikipedia, le web participatif permet de construire ensemble le savoir.Sur les réseaux, une question reste rarement sans réponse très longtemps.Plutôt que de promouvoir un savoir transmis de manière pyramidale des experts vers leur public,internet met le savoir à disposition de tous, diffusé au sein de réseaux dans lesquels chacun peut,à un moment ou à un autre, avoir un rôle dexpert. Mais sur internet se pose la question de lavalidité de la réponse. Nous avons vécu et enseigné longtemps dans un monde où l’autoritéintellectuelle était détenue par celui qui savait, de manière incontestable. Bien sûr parfois, leslivres, les cours, les conférences contenaient des erreurs, mais il était difficile pour le commundes mortels de les repérer.Aujourd’hui, confronter les versions de l’histoire ou les théories scientifiques devient plus facile.Cela a des conséquences non négligeables sur la classe. Les élèves arrivent désormais sinon avecla connaissance, du moins avec la certitude qu’ils pourraient la trouver ailleurs, et que cequ’apporte l’enseignant est autant sujet à critique que ce qu’on trouve sur internet.Quelle peut alors être la place de l’enseignant, et que peut devenir le geste d’enseigner dans un telcontexte ? Cest lensemble des démarches pédagogiques qui doivent être repensées, le cours àsens unique nétant plus lunique modèle. L’enseignant doit accepter de n’être plus celui qui saitmais celui qui accompagne chacun dans son appropriation individuelle ou collective du savoir,d’être celui qui institutionnalise ce savoir (co-)construit. Position insécurisante, à laquelle lesenseignants n’ont pas été formés, et qui explique une bonne partie de leurs réticences à ouvrir laclasse au web 2.0. Ce changement de posture pédagogique nimplique pas cependantdabandonner les savoirs fondamentaux au profit de compétences extra-scolaires, principalementinstrumentales et utilitaires - cest toujours in fine lenseignant qui est spécialiste de la discipline -mais daccepter de saventurer sur des terra incognita et peut être de se former soi-même. Troisième chantier : repenser le temps de la classeLe web 2.0 modifie également le rapport au temps. Le temps de l’école s’étend au gré deséchanges de messages. N’en déplaise à lÉtat de Virginie2, les échanges se poursuivent sur lesblogs ou sur Facebook. La ligne entre la sphère du travail de la sphère privée devient floue etdemande à être repensée. Il en va de même pour le rythme de travail, la fréquence des échanges.Mme Dupont peut-elle envoyer par courriel un travail pour le lendemain matin, et doit-ellerépondre dans l’heure à la sollicitation de Kevin ? Cela suppose de redéfinir le statut desenseignants qui repose aujourd’hui sur un texte écrit bien avant internet, et, à l’échelle de laclasse et de l’école, d’établir quelques règles de fonctionnement et de reconnaissance du travailainsi accompli3.Par ailleurs, dans la classe, cinquante-cinq minutes ne sont souvent pas suffisantes pour mener àbien une tâche complexe qui mêle recherche d’information, coopération, collaboration, mise enforme et publication. Au contraire, une activité qui proposerait de confronter, à propos de larévolte en Egypte, l’information diffusée via Twitter à celle que publient les journaux en ligne neprend pas une heure. De plus, cette forme d’enseignement induite par les outils du web 2.0,démarches d’investigation et autres méthodes de pédagogie active, rend souvent caduc lecloisonnement entre les disciplines. La structure horaire de l’emploi du temps et le découpage desenseignements sont donc un autre obstacle à la diffusion du web 2.0 dans les pratiques de classe.Comment repenser l’emploi du temps de façon à répondre à la diversité des situations de classe,                                                                                                                2  LÉtat de Virginie s’apprête à interdire les relations profs-élèves via Facebook et SMS, d’après LEMONDE.FR, 10janvier 20113  http://media.education.gouv.fr/file/01_janvier/26/9/Rythmes-scolaires-resume-rapport-de-synthesejanvier-2011_167269.pdf  
  • 3. dans un usage pédagogique des réseaux sociaux qui peut aller de l’apprentissage du vocabulaire àla résolution de tâches complexes ?Les chantiers sont encore nombreux. On pourrait évoquer le nécessaire débat d’éthique autourdes traces qu’on demande aux élèves de laisser sur internet, et de l’usage qui est fait de celles-ci ;discuter également de la nature des outils qu’on met à disposition des élèves, et de bien d’autressujets encore. Le web 2.0, par sa structure horizontale et multidirectionnelle, par la vitesse de sonévolution, interpelle une école hiérarchisée qui a une multitude de questions à se poser avantd’être sûre de son fait. Mais si l’École attend pour entamer ce chantier d’en avoir tous les plans, ilse pourrait bien qu’à trop attendre, on assiste à un divorce entre une génération et son école.