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Baromètre de l'attractivité de la France 2013 France : Dernier appel
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Baromètre de l'attractivité de la France 2013 France : Dernier appel

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Résultats de l'étude Ernst and Young 2013 ...

Résultats de l'étude Ernst and Young 2013

Alors que l’Europe n’enregistre, dans un contexte économique et financier pourtant mouvementé, qu’un léger fléchissement des implantations internationales, la France accuse un net recul, non seulement en termes d’implantations (471 projets d’implantation en 2012, en diminution de 13%), mais aussi, et surtout, en termes d’emplois créés (-20%).

Les facteurs susceptibles d’expliquer cette perte de vitesse sont connus : faible compétitivité, inquiétudes des investisseurs quant aux perspectives de croissance ou à l’instabilité fiscale, posture attentiste doublée d'un effet retard de la crise…

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Baromètre de l'attractivité de la France 2013 France : Dernier appel Document Transcript

  • 1. Baromètre de lattractivité de la France 2013France : dernier appelGrowing Beyond
  • 2. Quelques mots sur la comptabilisationdes investissements étrangersDepuis 1997, Ernst & Young, en partenariat avec le cabinet Oxford Intelligence, recensele nombre d’implantations de projets d’investisseurs étrangers sur chaque territoire,en prenant en compte uniquement les annonces publiques et fermes d’investissementsporteuses de créations d’emplois nouveaux.D’autres méthodes peuvent être utilisées pour le recensement de ce type de projets,telle celle de l’Agence Française pour les Investissements Internationaux (AFII). Outre lesemplois créés, l’AFII recense les emplois « maintenus » par les investisseurs étrangersen France. De plus, elle présente les créations et les sauvegardes d’emplois projetéessur 3 ans quand lEuropean Investment Monitor (EIM) se concentre sur les données audémarrage des projets et ce, dans tous les pays européens. Enfin, les écarts observéss’expliquent par la nature des projets retenus par l’AFII qui ne le sont pas forcément parlEIM (hôtellerie, distribution, restauration...).Globalement, les tests de qualité et les croisements réalisés auprès des entreprises pourla constitution de la base de données EIM permettent de garantir un niveau d’exhaustivitéet de comparabilité unique en Europe.RemerciementsEn 2013, Ernst & Young présente le baromètre de l’attractivité du site France pour ladouzième année consécutive. A cette occasion, nous aimerions remercier les centaines dedécideurs français et internationaux ainsi que les équipes Ernst & Young qui ont participéet pris le temps de partager leur point de vue sur l’attractivité du site France au sein de lagrande Europe.Nous tenons à remercier particulièrement Erik Orsenna (Ecrivain, membre de lAcadémiefrançaise), Antonio Tajani (Vice-président de la Commission européenne en charge delIndustrie et de lEntrepreneuriat), Boris Johnson (maire de Londres), Bruno Luisetti(Président-directeur général de Mondelez France), Olivier Campenon (Vice-présidentBT Global Services, en charge du développement et de la croissance), Pascal Sabrié(Président de Heineken France), Bertin Nahum (Président de Medtech), Hervé Gisserot(Président du Leem - Les Entreprises du médicament), Alain Rousset (Président duConseil régional dAquitaine), Kumar Narayanan (Directeur général de TCS France), AlainDehaze (Président-directeur général d’Adecco France) et Stéphane Rozès (politologue,Président de Conseils, analyses et perspectives (Cap), professeur à HEC et à Sciences-Po).Pour plus d’informations sur les baromètres Ernst & Young de l’attractivité :www.ey.com/attractivenessAttractivité
  • 3. 254662032SommaireRéalitéLattractivité en perte de vitesseLa France face à ses voisins européens : performancecomparée, origine des projets, secteurs porteurs etactivités clés.PerceptionLa France désynchroniséePerception des investisseurs internationaux en Franceet depuis létranger : opinions, projets et attentes.ActionsRévolutions françaisesRaisons despérer et propositions pour renforcer lattractivitédu site France.44 La société française avance plus vite avec sesjambes quelle ne le croit avec sa têteStéphane Rozès, Politologue, Président de Conseils, analyseset perspectives (Cap), professeur à HEC et à Sciences-PoFrance2013Editorial3 Il fut un temps...Erik Orsenna, Ecrivain, membre de lAcadémie françaiseLes chiffres clésdu baromètre 2013MéthodologieFrance : dernier appel 1www.ey.com/attractiveness
  • 4. Sujet médiatique et polémique s’il en est,l’attractivité de la France s’est imposée,cette année, au cœur du débat public,franchissant les frontières, emportantavec elle les stéréotypes sur le fameux« modèle français », supposément isolé,déclinant ou à contre-courant… Face à cesépisodes houleux, nous, Français, avonssouvent entretenu et la controverse etla désaffection pour notre territoire : quin’a pas, en effet, cédé à la tentation duFrench Bashing ? Qui ne s’est pas apitoyésur la perte de confiance, d’aucuns diraientde sens, d’un pays embarrassé de sesparadoxes ?En conséquence logique, le Baromètre del’attractivité de la France 2013 donne à voirune désynchronisation de la destinationFrance (471 projets d’implantation en 2012,en diminution de 13%) par rapport à sesdeux principaux concurrents européens, leRoyaume-Uni et l’Allemagne. Mieux ancrésdans la mondialisation, jugés plus flexibles etplus compétitifs, ces deux pays s’inscriventdans une compétition mondiale que notreterritoire a du mal à suivre. Ce duo a suattirer les pays émergents, les entrepreneursinnovants et tous ceux qui font bougerl’économie quand nous émettons des signauxdéfensifs voire répulsifs qui préoccupententrepreneurs et décideurs.Autre paradoxe : le contraste saisissantentre les entreprises implantées sur notresol, particulièrement insatisfaites, et lepoint de vue externe des « futurs » clientsde la France qui, de loin, nous prêtent desqualités en lesquelles nous ne croyons passuffisamment : stabilité, créativité, capacitéà entreprendre… dans l’adversité. Notrebaromètre 2013 souligne donc un certaindécalage entre le pessimisme ambiant,nourri par l’entre-soi, le repli, celui d’uneFrance intra-muros et l’économie globalisée- à laquelle participent pourtant grandsgroupes et PME, entrepreneurs, chercheurset talents français. Ainsi, nous verrions lemonde tel qu’il était et non plus tel qu’ilest et sera. Un monde en croissance… quenous croyons en récession parce que notrepays et l’Europe traversent une périoded’incertitude et de transition.Cependant, le baromètre 2013 meten lumière les termes possibles d’unrebond, lorsqu’on analyse en détail lesréponses des 212 dirigeants qui nous ontconfié leurs opinions et leurs projets. Lemaintien, en nombre mais pas en emplois,des implantations industrielles et desinvestissements américains, dont la Franceest la 1èredestination en Europe et undynamisme des grandes agglomérationsdont les stratégies de développementéconomique et de promotion desterritoires, témoignent de l’efficacitédes solutions locales au service d’uneattractivité nationale.Les résultats du Baromètre de l’attractivité dela France 2013 indiquent clairement que lesinvestisseurs étrangers adressent un dernierappel à la France pour qu’elle devienne unacteur à part entière de l’économie mondiale.Cet appel pour une France « extra-muros »doit être porté, avant tout, par les 20 000entreprises à capitaux étrangers employantprès de 2 millions de salariés sur notre sol.C’est d’elles que viennent notre diagnostic,lucide et constructif, et les propositions quien ressortent. Nous les remercions de nousavoir livré, en confiance, leurs exigences et,d’une certaine manière, leur attachement àl’attractivité du site France.Jean-PierreLetartre PrésidentdErnst & Youngen FranceMarc Lhermitte Associé,Ernst & YoungAdvisoryFrance : dernier appelEditorialBaromètre de lattractivité France 20132Editorial
  • 5. Il fut un temps où lon pensa quelélectronique allait rendre inutile l’humain.Quel besoin de se rencontrer vraimentpuisque lon échangeait si bien sur la toile ?La seule géographie qui vaille était devenuecelle des "réseaux".Puis, peu à peu, un soupçon grandit :et si le contact véritable était finalementirremplaçable ? Si entre deux ouplusieurs êtres humains rassemblés sedégageaient des forces quaucune fibreoptique, quaucun satellite ne pourrontjamais transmettre ? Forces de rires oudangoisse, forces de sympathies ou derépulsion, lénergie de la vie même ...Des managers malins commencèrentà regarder d’un autre œil la machine àcafé. Et si ce point de ralliement étaitessentiel dans lentreprise ? Non le lieuoù lon perd son temps (on le perd aussi),mais lendroit où se posent les bonnesquestions et commencent à s’élaborerles réponses. Alors, ces managers malinsdonnèrent à ces machines plus despaceet des environnements plus joyeux. Etdes chercheurs astucieux, comme ceuxdu M I T, réussirent à mesurer limpactsur la dynamique économique de cesrassemblements « physiques ».Élargissons la vision.Nous avons longtemps cru que la Terreétait homogène. Quimporte la localisationdes productions !Peu à peu, nous sommes revenus à laraison. Je veux dire à lefficacité.Lénergie se perd quand elle est tropdispersée.Les territoires ont repointé le nez. Ils sesont rappelés à notre bon souvenir. « Noussommes là, mesdames et messieurs, etvoici ce que nous vous offrons : le bonheurdêtre ensemble, de travailler ensemble,de sangoisser ensemble, de trouverensemble, de faire la fête ensemble etdélever nos enfants dans un climat quidonne confiance ! »Est-ce à dire que les territoires sontentrés en concurrence ?Vous avez bien deviné.Certains, faute de projets, fautedambition, déjà déclinent car ils nattirentplus personne. Dautres, quand on leurparle de « crise », sétonnent. Une crise,quelle crise ? Nous avons depuis longtempscompris quil sagit dune métamorphise. Et,dans ce monde nouveau, nous bataillonspour nous trouver notre place.Au lieu de toujours vitupérer lépoque.Erik Orsenna“Une crise, quelle crise ?Nous avons depuislongtemps comprisquil sagit dunemétamorphise.”Avant-proposIl fut un temps...France : dernier appel 3www.ey.com/attractiveness
  • 6. Les chiffres clés1 Recul des implantationsinternationales en France471 projets d’implantation internationale ont été enregistrés enFrance en 2012, soit un recul de 13% du nombre de projets par rapportà 2011. Les 10 540 emplois associés sont en diminution de 20%.La France conserve ainsi sa 3èmeplace au classement, mais passeau 5èmerang en termes demplois créés, derrière le Royaume-Uni etlAllemagne, mais également la Russie et la Pologne.• Plus sur la performance de la France en 2012, p.122 Implantations internationales :10 ans, 3 leadersAlors que la France reste à la 3èmeplace européenne, le Royaume-Uniconfirme son leadership historique avec 697 projets annoncésen 2012, et lAllemagne conforte sa 2èmeplace avec 624 projets.Si ces deux pays enregistrent une hausse en nombre de projets,creusant lécart avec la France, lAllemagne marque néanmoins le pasavec 12 508 créations demplois, tandis que le Royaume-Uni poursuitsa progression, avec un nombre demplois créés 3 fois supérieurà celui enregistré en France.• Plus sur les nouveaux visages européens, p.113 Etats-Unis, Europe, BRIC :résultats contrastésLa France reste la destination européenne la plus attractive auxyeux des investisseurs américains (138 projets). En revanche, elleperd du terrain tant auprès des investisseurs européens, notammentallemands et britanniques, que des investisseurs venus des BRIC(14 implantations en 2012 contre 23 en 2011). Dune manièregénérale, les investisseurs émergents privilégient le Royaume-Uni(70 projets) et l’Allemagne (63).• Plus sur lorigine des projets, p.16 et 174 Industrie : un moteur sanspuissanceSi la France reste sur la première marche du podium desimplantations industrielles étrangères, celles-ci accusent un fort recul(-25,3%) : passant de 170 projets en 2011 à 127 en 2012, le siteFrance est menacé par le Royaume-Uni (121). Une faible puissancequi se traduit par un manque de compétitivité dans les projets deR&D, où la France figure en 3èmeposition (26 projets), derrière leRoyaume-Uni et l’Allemagne (respectivement 54 et 31).• Plus sur les activités et les secteurs clés, p.13 et 29Source : European Investment Monitor, Ernst & Young, 2013.20122011Projets IDE54047120122011Emplois IDE10 54213 164Source : European Investment Monitor, Ernst & Young, 2013.Etats-UnisEuropeBRIC13824214Projets2012Source : European Investment Monitor, Ernst & Young, 2013.+ -13èmerangpar nombre d’emplois créés(3 605 emplois)1errangpar nombre de projets(127 projets)Implantations industriellesen France en 2012Source : European Investment Monitor, Ernst & Young, 2013.697624471369254153Royaume-UniAllemagneFrance2002 20122004 2006 2008 2010Baromètre de lattractivité France 20134Les chiffres clés
  • 7. 5 Confiance et exigence63% des investisseurs étrangers restent confiants dans la capacitédu site France à surmonter la crise actuelle (70% en 2012).Mais 69% de ceux qui y sont implantés estiment que notre paysne met pas en œuvre une politique d’attractivité intéressante pourles investisseurs étrangers.• Plus sur les attentes des investisseurs, p.266 Le douteintra-murosSeules 9% des entreprises étrangères non implantées sur lesol français estiment que l’intérêt présenté par la France pourl’implantation et le développement de leur entreprise va se détériorerdans les cinq années à venir. Cette proportion atteint 34% parmi lesentreprises déjà installées en France.• Plus sur les prévisions des investisseurs, p.217 Les investisseurs prudentspour 201336% seulement des investisseurs interrogés envisagent détablir oude développer des activités en France en 2013, contre 43% lan dernier,confirmant une posture attentiste des investisseurs qui sobserveégalement dans les autres pays européens. Pour les entreprisesdéjà implantées, la tendance est au maintien des activités actuelles(70% des personnes interrogées), davantage quau renforcement(12% contre 25% lan dernier).• Plus sur les projets des investisseurs, p.198 Entrepreneuriat et innovation :le duo gagnant30% des investisseurs interrogés pensent que la France doit misersur l’entrepreneuriat et l’esprit d’entreprise pour renforcer son rôledans l’économie mondiale. Associer innovation et entrepreneuriatapparaît comme une voie incontournable pour renforcer l’attractivitéfrançaise.• Plus sur les leviers de la compétitivité, p.34 à 45Confiance dans la capacité à surmonter la crise2012201370% -10%63%Source : Baromètre Ernst & Young de l’Attractivité du site France 2013(212 répondants).Doute exprimé par les investisseurssur l’avenir de l’attractivité du site France34%9%Implantésen FranceNon implantésen FranceSource : Baromètre Ernst & Young de l’Attractivité du site France 2013(149 répondants implantés en France et 63 répondants non implantés en France).Capacité d’innovation +4%Esprit d’entreprise +10%Spécialisation sectorielle -12%Ouverture internationale -4%Formation et attraction de talents +6%Les leviers de la compétitivité pour les investisseursSource : Baromètre Ernst & Young de l’Attractivité du site France 2012 (205 répondants),Baromètre Ernst & Young de l’Attractivité du site France 2013 (212 répondants).Projets d’investissement pour l’année à venir15%59%Sources : Baromètre Ernst & Young de l’Attractivité du site France 2012(208 répondants en France), Baromètre Ernst & Young de l’Attractivitédu site France 2013 (212 répondants en France).50%43%NonNSPOui201320127%36%5%France : dernier appel 5www.ey.com/attractiveness
  • 8. Réalitép.8  Léconomie mondialenest pas réglée à lheureeuropéennep.9  Europe 2012 : moins deprojets, plus demploisp.11  Un continent, quatrevisagesp.12  France 2012 : unedestination en arrière-planp.13  Lindustrie en France,un moteur sans puissancep.16  Les Américains apprécientla France, les Européensregardent ailleursp.17  Rendez-vous manqué avecles économies émergentesp.19  Projets 2013 : le pointdinflexion ?Baromètre de lattractivité France 20136
  • 9. Les résultats de la France sont dautant plus décevants lorsquilssont observés à la lumière des résultats européens.Quand l’Europe n’enregistre, dans un contexte économique etfinancier pourtant mouvementé, qu’un léger fléchissement desimplantations internationales (-3%), la France accuse un net recul,non seulement en termes d’implantations (-13%), mais aussi,et surtout, en termes d’emplois créés (-20%).Si la France conserve sa 3èmeplace sur le podium des pays européensles plus attractifs, et le premier rang en matière d’implantationsindustrielles, elle se voit distancée par un duo de tête composé duRoyaume-Uni et de l’Allemagne, qui ont accueilli en 2012 plus du tiersdes projets d’implantation internationale sur le continent européen.Le rendez-vous manqué de la France avec les économies à croissancerapide expliquerait-il un tel décalage ? Avec seulement 14 projetsd’implantation venus des BRIC (contre 23 en 2011), lHexagone n’aattiré que 6% du total européen des investissements étrangers enprovenance de ces économies à forte croissance en 2012.Lattractivité en pertede vitesseChiffres clésInvestissements étrangers en Franceen 2012471 implantationsinternationales en France, en reculde 13% par rapport à 2011.10 542 créationsd’emplois annoncées, en recul de 20%.3ème au classement européen del’attractivité pour la deuxième annéeconsécutive, derrière le Royaume-Uniet l’Allemagne.1er rang européen pour lesimplantations industrielles, avec127 projets.14 projets en provenance desBRIC, contre 23 en 2011.France : dernier appel 7www.ey.com/attractiveness
  • 10. L’économie mondiale n’est pas réglée à l’heure européenneAu niveau mondial, les investissements étrangers ont totalisé1 300 milliards de dollars en 2012. Un chiffre en baisse de 18%par rapport au niveau record atteint en 2011 (1 600 milliardsde dollars)1.Les projets dinvestissements « greenfield »2et les fusions-acquisitions transfrontalières ont chuté, en 2012, respectivementde 34% et 41%. Des indicateurs qui reflètent bien le manquede confiance des investisseurs dans un contexte remplid’incertitudes, tant sur le plan économique que politique.Par ailleurs, la dette américaine, mais aussi la pression fiscale accrueet la crise de l’euro, sont autant de sujets macroéconomiques quipèsent lourdement dans lesprit des investisseurs. Plus prudentes1.  Global Investment Trends Monitor, Conférence des Nations Unies sur le commerce et ledéveloppement (CNUCED), janvier 2013.2.  Le « greenfield investment » désigne un « IDE nouveau », où linvestissement direct se matérialisepar l’installation de nouveaux moyens de production et le recrutement de nouveaux employés.sur les grands projets internationaux, de nombreuses entreprisesadoptent actuellement une posture attentiste. Les économiesmatures ont fait les frais de ces inquiétudes et représentent prèsde 90% de la baisse de 294 milliards de dollars observée lan dernierpour les investissements directs étrangers (IDE) au niveau mondial.Surtout, l’année 2012 a marqué un tournant, puisque, pourla première fois, les économies émergentes ont dépassé les paysmatures comme premiers bénéficiaires du flux des investissementsétrangers.Tout en faisant preuve de réalisme, les investisseurs étrangersse montrent cependant optimistes quant à lavenir del’attractivité de lEurope3.Une majorité d’entre eux (76%) est convaincue que lattractivitéde lEurope va saméliorer, ou au moins demeurer stable, dansles trois prochaines années, tandis que moins dun investisseursur quatre estime qu’elle va se dégrader. La part d’investisseursanticipant une amélioration na guère évolué depuis 2012(39% contre 38%). Les investisseurs originaires des BRIC semontrent plus optimistes sur les perspectives de la région : ilssont 55% à estimer que lEurope deviendra plus attractive pourles investisseurs étrangers dans les trois années à venir, contre33% des investisseurs en provenance d’Europe de l’Ouest. Lacrise de leuro naurait donc pas profondément entamé leurconfiance. Les politiques, qui paraissent maintenant plus engagésdans la résolution de la crise et la restauration de la croissanceéconomique, semblent leur donner raison.3.  Ernst & Young’s 2013 European Attractiveness Survey, 2013.Va s’améliorerAttractivité européennePensez-vous que lattractivité européenne pour les trois prochaines années...39% 37%NSP1%Va se détériorerVa rester stable23%Source : Ernst & Young’s 2013 European attractiveness survey (808 répondants).Baromètre de lattractivité France 20138Réalité
  • 11. Europe 2012 : moins de projets, plus d’emploisEn 2012, l’Europe a attiré 3 797 projets d’implantationinternationale. Un chiffre en recul de 2,8% par rapport à 2011,mais qui reste au-dessus du niveau d’avant-crise (3 531 projetsen 2006 et 3 712 en 2007).Ces implantations ou extensions ont créé 170 434 nouveauxemplois en 2012, soit 8% de plus que l’année précédente.Le nombre moyen d’emplois par projet a légèrement augmenté,passant de 40 en 2011 à 45 en 2012.Dans une certaine mesure, ces résultats permettent de nuancerle bilan d’une année marquée par les déficits, le chômage et lafaible croissance du continent. Dans lesprit des investisseurs, lesatouts historiques de l’Europe (stabilité, compétences, qualité desinstitutions…), mais aussi son bassin de consommation, semblentavoir atténué limpact des turbulences économiques, financières etsociales qui secouent la zone euro. Malgré son pessimisme persistant,la communauté internationale des affaires croit en ces atouts et voittoujours lEurope comme une valeur sûre et de long terme.Evolution du nombre dimplantationsinternationales en Europe(2008-2012)Source : European Investment Monitor, Ernst & Young, 2013.3 3033 7573 907 3 79720093 7202008 2010 2011 2012+13,7%-11,2%+4% -2,8%Top 15 européen en nombre de projetsRang Destination Nombre de projets Evolution2011-2012Part demarché2012Création demplois Evolutiondemplois2011-20122011 2012 2011 20121 Royaume-Uni 679 697 2,7% 18,3% 29 888 30 311 1,4%2 Allemagne 597 624 4,8% 16,4% 17 276 12 508 -27,6%3 France 540 471 -12,8% 12,4% 13 164 10 542 -19,9%4 Espagne 273 274 0,4% 7,2% 9 205 10 114 9,9%5 Belgique 153 169 10,5% 4,4% 3 599 2939 -18,3%6 Pays-Bas 170 161 -5,3% 4,2% 2 229 869 -61,0%7 Pologne 121 148 22,3% 3,9% 7 838 13 111 67,3%8 Russie 128 128 0,0% 3,4% 8 362 13 356 59,7%9 Irlande 106 123 16,0% 3,2% 5 373 8898 65,6%10 Turquie 97 95 -2,0% 2,5% 7 295 10 146 39,1%11 Serbie 67 78 16,4% 2,1% 13 479 10 302 -23,6%12 Finlande 62 75 21,0% 2,0% 937 309 -67,0%13 République tchèque 66 64 -3,0% 1,7% 5 168 5508 6,6%14 Suisse 99 61 -38,4% 1,6% 1 546 1155 -25,3%15 Italie 80 60 -25,0% 1,6% 290 618 113,1%Autres 669 569 -15,0% 15,1% 32 182 39 748 23,5%Total 3907 3797 -2,8% 100,0% 157831 170 434 8,0%Source : European Investment Monitor, Ernst & Young, 2013.France : dernier appel 9www.ey.com/attractiveness
  • 12. Depuis le début du siècle, lEurope doitfaire face au déclin de son industrie, déclinqui sest accéléré avec les dernières crises.Si le continent reste la destination pharedes investissements directs étrangers, quiont totalisé 293,5 milliards de dollars en2012 - soit près du quart du total investidans le monde - lindustrie nen représenteplus que 25,6%.Pour inverser cette tendance, laCommission européenne a adopté enoctobre 2012 une nouvelle politiqueindustrielle avec l’ambition de porter lapart de lindustrie manufacturière dans lePIB, qui s’élève aujourd’hui à 15,6%, à 20%d’ici à 2020. Un effort de reconquête quidoit puiser sa force dans la globalisation,en témoigne le Rapport sur la compétitivitéeuropéenne 2012 qui met en lumièreles nombreux effets bénéfiques sur lacompétitivité de lindustrie européenne.Ainsi, le développement des « chaînesde valeur mondiales », qui permettentl’externalisation de certaines parties de laproduction et donc l’optimisation des coûts,renforce sa compétitivité et peut lui ouvrirles voies de nouveaux marchés.Ce même rapport confirme lefficacité dela politique industrielle durable de lUnioneuropéenne. En effet, en matière defficacitéénergétique des exportations, celle-ci occupele premier rang mondial, devant les États-Unis et le Japon. Et les firmes européennesfont la course en tête en matière déco-innovation et déco-investissements dans lestechnologies, produits et services propres ouéconomes en énergie.Pour se régler à l’heure de l’économiemondiale, lEurope doit enfin poursuivresa politique de suppression des barrièresaux échanges. Le rapport préconise unesérie dactions destinées à augmenter lesexportations européennes de produitsfinis, notamment vers les puissancesindustrielles à croissance rapide (Chine,Brésil et Inde). Il met aussi laccent sur lesbienfaits dune « politique de voisinage »,aujourd’hui insuffisamment déployée, afinde renforcer les échanges transfrontaliers.Enfin, il insiste sur la nécessité dattirerles investissements directs étrangers pourstimuler la créativité et la compétitivité desfirmes européennes. L’Europe n’a pas ditson dernier mot !Antonio TajaniVice-président de la Commission européenne en charge de lIndustrie et de lEntrepreneuriat“Pour se régler àl’heure de l’économiemondiale, lEurope doitpoursuivre sa politiquede suppression desbarrières aux échanges.”Point de vuePour une Europeà la reconquêtede son industrieBaromètre de lattractivité France 201310Réalité
  • 13. Un continent, quatre visagesSi, en 2012, l’Europe a dans son ensemble relativement bien résistéaux tensions diverses, les pays de la zone ont emprunté des parcoursaux clivages profonds et parfois surprenants, au travers desquelsquatre catégories se détachent :• Les leaders. Sur les deux premières marches du podium del’attractivité européenne s’affrontent, au coude-à-coude et loindevant les autres, le Royaume-Uni et l’Allemagne, si bien qu’ilsconstituent à eux seuls une première catégorie à part. Le Royaume-Uni conserve sa première place, avec 697 projets d’investissementsétrangers, soit 18% du total européen, et plus de 30 300 créationsd’emplois. Il est talonné par l’Allemagne, qui a vu sa part augmenterpour atteindre 16% du total européen, avec 624 projets et plus de12 500 créations d’emplois.• Les dynamiques. L’année 2012 a également été marquée parle retour en force de l’Europe centrale et orientale, portée par desprojets fortement créateurs d’emplois, notamment en Pologne, enRussie, en Serbie et en Turquie. La région a retrouvé sa dynamiqued’attractivité pour les IDE, après deux années relativementdécevantes : elle dépasse ainsi l’Europe occidentale et devient lapremière destination en termes de créations d’emplois.• Les opportunistes. Grâce à des stratégies efficaces en matièredattractivité, certaines économies, en difficulté ou en récession,ont su valoriser leur flexibilité et les opportunités à saisir surleur territoire. Ainsi, l’Espagne, lIrlande et la Finlande ont attiréun nombre record de projets en 2012 et la Belgique a connu sameilleure année depuis 2008.• Les vulnérables. La Suisse, les Pays-Bas, l’Italie et la France fontquant à eux figure de retardataires et ont attiré en 2012 moins deprojets, par ailleurs peu créateurs d’emplois. Toutefois, ces quatreéconomies ont attiré 753 projets dIDE, soit 20% du total européen.France471Allemagne624Royaume-Uni697Irlande123Espagne274700400200100500Italie60Suisse61Pologne148Russie128Finlande75Turquie95Serbie78RépubliqueTchèque64Pays-Bas161Belgique169Top 15 des pays européensNombre de projetsSource : European Investment Monitor, Ernst & Young, 2013.France10 542Allemagne12 508Royaume-Uni30 311Irlande8 898Espagne10 11431 00015 00010 0005 0003 0000Roumanie7 114Slovaquie6 299Pologne13 111Russie13 356Turquie10 146Serbie10 302Macédoine4 670Bulgarie4 379Hongrie3 941RépubliqueTchèque5 508Nombre demploisSource : European Investment Monitor, Ernst & Young, 2013.France : dernier appel 11www.ey.com/attractiveness
  • 14. France 2012 : une destination en arrière-planAlors que l’Europe n’a enregistré qu’un recul limité du nombred’implantations et une hausse du nombre d’emplois créés, laFrance n’a attiré « que » 471 implantations ou extensionsportées par des investisseurs étrangers.Quand l’Allemagne, confortée dans sa 2èmeplace (624 projetsannoncés), parvient à disputer le leadership au Royaume-Uni (697),elle creuse également l’écart avec la France, qui reste à la 3èmeplaceeuropéenne (471). L’Hexagone conserve toutefois une longueurd’avance non négligeable sur ses poursuivants. Sur la 4èmemarchedu podium, l’Espagne a attiré 274 projets en 2012. En nombred’emplois créés, la France perd deux places pour se classer en 5èmeposition, désormais devancée par la Russie et la Pologne. A titre decomparaison, le nombre d’emplois créés sur le sol français par lesimplantations internationales ne représente que le tiers des emploiscréés par les IDE au Royaume-Uni (10 542 contre 30 311).Les facteurs susceptibles d’expliquer cette perte de vitesse sontconnus : faible compétitivité, inquiétudes des investisseurs quantaux perspectives de croissance ou à l’instabilité fiscale, postureattentiste doublée dun effet retard de la crise… Dans un tel climat,une question se pose : dans une économie européenne qui elle-même se contracte, y a-t-il encore de la place pour trois géants ?Les indicateurs de l’année 2012 semblent suggérer le contraire.Le Royaume-Uni conserve son leadership historique en 2012,accueillant près d’un cinquième des décisions d’investissementsétrangers et des créations d’emplois annoncées en Europe.Le pays a attiré 697 projets, soit 2,7% de plus qu’en 2011, créant30 311 nouveaux emplois, en hausse de 1,4%. Les entreprisesaméricaines y sont restées les premiers investisseurs, présentesnotamment dans les services aux entreprises, lindustriepharmaceutique et la logistique. Les projets venus de France, enparticulier dans les services aux entreprises, et du Japon, pour leséquipements industriels, ont également enregistré une hausse. LesBRIC – notamment les entreprises indiennes et chinoises – y ontrenforcé leurs investissements (70 projets), en particulier dans lesnouvelles technologies, afin d’accroître leur présence sur toute lachaîne de valeur.LAllemagne a attiré 624 implantations internationales en 2012,soit une hausse de 4,5% par rapport à 2011... et de 105% encinq ans.Concentrant 16,4% des nouveaux IDE en Europe, le pays marchedésormais dans les pas du Royaume-Uni comme destinationprivilégiée des investisseurs étrangers. Cependant, avec un totalde 12 508 emplois annoncés en 2012, le nombre demplois crééspar projet a fortement baissé (- 27,6% par rapport à 2011). Lesecteur industriel allemand a souffert d’une baisse de la demandeen provenance du marché européen et la confiance des entreprisessest légèrement érodée en raison des craintes dun éclatement dela zone euro. Les entreprises américaines, comme les britanniques,ont privilégié les services aux entreprises, alors que les investisseurssuisses, tout comme les chinois et les japonais, ont concentré leursinvestissements sur les équipements industriels et l’électronique.Nombre de projets d’implantation(France, 2008-2012)Source : European Investment Monitor, Ernst & Young, 2013.522 529+1% +6% -4%-13%562 5404712008 2009 2010 2011 2012L’affrontement des principales destinations(2002-2012)Source : European Investment Monitor, Ernst & Young, 2013.697624471369254153Royaume-UniAllemagneFrance2002 2003 20122004 2005 2006 2007 2008 20102009 2011Baromètre de lattractivité France 201312Réalité
  • 15. L’industrie en France, un moteur sans puissanceLa France ne doit pas se satisfaire d’avoir conservé sa premièreplace sur le podium des destinations européennes les plusattractives pour les implantations industrielles. Ce serait fermerles yeux sur le fort recul (-25,3%) des projets d’investissementsindustriels étrangers (de 170 implantations en 2011 à 127 en2012) et par conséquent celui des emplois ainsi créés (de 7 785emplois créés en 2011 à 3 605).Une baisse qui s’accompagne de nombreuses suppressions decapacités industrielles qui ont eu, en 2012, un fort retentissementdans les sphères économique et publique. L’Observatoire del’Investissement (Trendeo) a compté, en 2012, 229 suppressionsde capacités (dont 64 fermetures de sites), soit plus de 12 771suppressions d’emplois pour les activités de production industrielle.Source : European Investment Monitor, Ernst & Young, 2013.Activités delogistiqueActivités de productionMarketing et ventesProjets 2011Projets 201225522941R&D2926Centres dedécisionCentresd’appels162376Educationet formation311912717032Répartition des projets dimplantation internationale par type dactivitéTop 15 des implantations pour les activités de productionDestination Emplois Projets2011 2012 Evolution 2011 2012 EvolutionRussie 7 582 13 110 72,9% 62 60 -3,2%Royaume-Uni 12 642 11 110 -12,1% 92 121 31,5%Turquie 5 880 10 083 71,5% 23 29 26,1%Serbie 12 598 95 99 -23,8% 49 49 0,0%Pologne 5 706 6 432 12,7% 69 65 -5,8%Slovaquie 3 695 5 843 58,1% 31 23 -25,8%Espagne 4 450 5 343 20,1% 72 66 -8,3%République tchèque 4 618 5 001 8,3% 35 35 0,0%Roumanie 5 540 4 840 -12,6% 33 15 -54,5%Macédoine 3 040 4670 53,6% 12 8 -33,3%Allemagne 7 586 4 109 -45,8% 121 108 -10,7%Bulgarie 1 885 3 914 107,6% 15 14 -6,7%France 7 785 3 605 -53,7% 170 127 -25,3%Hongrie 4 717 3 405 -27,8% 41 34 -17,1%Bosnie-Herzégovine 354 2 447 591,2% 9 17 88,9%Autres 9 151 8 024 -12,3% 205 202 -1,5%Total 97229 101 535 4,4% 1 039 973 -6,4%Source : European Investment Monitor, Ernst & Young, 2013.France : dernier appel 13www.ey.com/attractiveness
  • 16. Dans les secteurs en surcapacité ou fortement concurrencés par lespays à bas coûts, le débat sur la perte de compétitivité industriellede la France s’intensifie avec la multiplication des suppressions desites. En outre, le nombre moyen d’emplois créés par projet s’estréduit, passant de 46 en 2011 à 28 en 2012. Un chiffre largementinférieur à une moyenne européenne (104) désormais dopée parles implantations en Russie, au Royaume-Uni, en Turquie et enSerbie notamment.• Dans l’automobile par exemple, la France n’a enregistré que 12projets d’implantation internationale pour seulement 350 emploiscréés. Le ralentissement est également marqué en Allemagne et auRoyaume-Uni.• Année difficile également pour l’industrie pharmaceutique, qui n’a attiré que 8 projets d’implantation internationale pourseulement 168 emplois, malgré de belles réalisations telle quel’ouverture du centre de bioproduction de Merck Millipore, filiale deMerck KGaA à Martillac, en Gironde. Ce secteur pointe d’ailleurs en5èmeposition des moteurs de l’attractivité française identifiés parles investisseurs interrogés pour les deux années à venir (9% desrépondants l’ont cité comme principal moteur, contre 5% en 2011).• Le secteur agroalimentaire fait preuve de résilience et nemarque que légèrement le pas, avec 27 projets en 2012 contre 30en 2011. Toutefois, il a suscité moins de créations d’emplois quel’année précédente et a même connu de nombreuses suppressionsde postes.• L’électronique se maintient également, avec 17 projets, soitun de plus qu’en 2011 et près de 200 emplois créés. A titred’exemple, Amphenol Air LB, filiale du groupe américain AmphenolCorporation, leader mondial spécialisé dans les domaines dessystèmes dinterconnexion électriques et daccessoires de câblageet dattachement, a annoncé la relocalisation et l’extension de sonunité de production sur un nouveau site à Carignan, en Champagne-Ardenne. Ce projet devrait permettre la création d’une cinquantained’emplois dici 2018.Toutefois, cette réalité ne doit pas occulter le fait que la Francereste une destination aux qualités logistiques indéniables etidentifiée pour les activités porteuses d’innovations et ancrées dansde grandes filières concurrentielles.Les implantations d’activités industrielles restent principalementdynamisées par les secteurs des équipements industriels (20projets) et par les industries agro-alimentaire et chimique. Auxcôtés d’EADS qui contribue significativement aux créationsd’emplois industriels, on peut ainsi citer, avec plus de 540 emploiscréés en 2012, l’entreprise suisse Ethical Coffee Company SA,qui implante une nouvelle usine en Haute-Savoie pour développersa production de dosettes biodégradables, ou encore le groupedanois Grundfos qui renforce sa capacité industrielle sur le site deLongeville en Lorraine, avec 150 créations d’emplois annoncées.Terre de donneurs d’ordres dans une grande variété de secteurs àforte valeur ajoutée (aéronautique, agro-alimentaire, luxe, énergie,automobile, chimie…) et forte de sa position de « barycentrelogistique », entretenue par une solide capacité foncière, laFrance dispose de nombreux atouts pour rester une destinationd’implantation industrielle attractive. Toutefois, si elle ne veut pasvoir la compétition mondiale consacrer le divorce de son industrieet de sa compétitivité, la France doit rapidement voir se renouer undialogue constructif entre acteurs publics et privés.European Automotive Survey 2013Dans l’étude européenne Ernst & Young sur le secteur automobile*publiée en février 2013, 90% des répondants français estimentque la situation de leur entreprise va s’améliorer dans les sixprochains mois, avec un optimisme plus marqué qu’en Allemagneou au Royaume-Uni. Cependant, la France se place à la 9èmeposition seulement en ce qui concerne les sites de productionles plus compétitifs en termes dinnovation, 6% des répondantsconsidérant le pays comme très compétitif contre 44% pourlAllemagne qui occupe la première place du podium. Entre2011 et 2013, la France a ainsi perdu 21 points en termes decompétitivité liée à linnovation. Surtout en matière de qualité desproduits de son industrie automobile, la France est classée 7èmeavec seulement 10% des décideurs qui la considèrent commetrès compétitive contre 51% pour lAllemagne. Sur cet indicateur,la France enregistre une baisse de 15 points en deux ans.* European Automotive Survey 2013, Ernst & Young, 2013.Baromètre de lattractivité France 201314Réalité
  • 17. Vision sectorielle Ernst & YoungJean-FrançoisBélorgeyAssocié en charge dusecteur Automotive,Ernst & Younget AssociésActiver le levier de la compétitivité « coûts » pour passer à lavitesse supérieure sur la voie de la compétitivité « hors coûts »Le secteur automobile n’échappe pas au débat surla compétitivité industrielle en France, où s’opposentsouvent défenseurs de la « compétitivité coûts »et partisans de la « compétitivité hors coûts » :deux fronts sur lesquels l’industrie française a vusa compétitivité décrocher. Au-delà de la fortedimension symbolique et émotionnelle qu’il revêten France, le secteur automobile se retrouve enpremière ligne dans ce débat, compte tenu du faitque la production automobile en Europe a atteint unseuil de surcapacité record.Certains, comme l’Allemagne, se sont engagés ily a des années sur la voie d’une compétitivité « parle haut » en parvenant à développer des marquesfortes, dotées d’une image alliant le haut de gammeà la robustesse, avec des produits chers maiscrédités d’un bon rapport qualité/prix. Un pari, certesengageant, mais qui, seul, ne peut constituer unevoie de salut soutenable à long terme.Tout d’abord parce que la compétitivité « hors coûts» demande du temps et de l’argent : elle impliquedes investissements à long terme dans la R&D,l’innovation, la formation, l’efficacité et la qualité duservice après-vente, etc. Or, les constructeurs françaisse sont parfois trouvés fort dépourvus quand la crisefut venue. C’est pourquoi l’urgence pour l’industriefrançaise se situe aujourd’hui dans la voie de lacompétitivité « coûts ». Car c’est au prix d’économiessignificatives en amont de la chaîne de valeur, ensuiteréinvesties dans la recherche et l’innovation, quel’industrie, et dans ce cas précis l’automobile, sera enmesure de jouer sur le levier de la compétitivité « horscoûts ». Sans oublier le fait que, dans un contextede pression des consommateurs, « coût » et « horscoût » sont intimement liés : pour preuve, le succèsdes gammes de véhicules bon marché, qui sontparvenues à se construire une forte image de marque.C’est en France que la bataille pour regagnerla compétitivité de notre industrie, automobile etautre, devra se livrer. Sur le front des « coûts »,cela suppose pour les constructeurs qu’ils puissentprendre appui sur un tissu industriel suffisammentdense et composé d’une nouvelle catégorie d’ETI,équipementiers et fournisseurs. Sur le front de lacompétitivité « hors coûts », en faisant en sorte queses innovations, réels facteurs de compétitivité « parle haut » - citons le cas de la voiture électrique -trouvent leurs plus fervents supporters… en France.France : dernier appel 15www.ey.com/attractiveness
  • 18. Top 10Secteurs des projets dinvestissement américainsRang Secteur Nombre deprojets1 Services aux entreprises 282 Logiciels 233 Autres services de transport 164 Equipements industriels 95 Chimie 86 Electronique 77 Instruments scientifiques 68 Agroalimentaire 59 Vente 410 Electricité 4Autres 28Total 138Source : European Investment Monitor, Ernst & Young, 2013.Projets dinvestissementNombre de projets dinvestissement en France selon le pays doriginePays dorigine Nombre de projets Variation2011-2012Emplois créés2011 2012 2011 2012Etats-Unis 124 138 11,3% 2 380 4 474Allemagne 89 62 -30,3% 2 334 992Royaume-Uni 56 45 -19,6% 787 434Espagne 22 27 22,7% 377 605Suisse 39 22 -43,6% 603 693Italie 17 22 29,4% 232 460Japon 21 21 0,0% 463 494Belgique 27 17 -37,0% 485 127Canada 12 12 0,0% 205 267Suède 15 11 -26,7% 193 39Autres 118 94 -20,3% 5 105 1 957Total 540 471 -12,8% 13 164 10 542Source : European Investment Monitor, Ernst & Young, 2013.Les Américains apprécient la France, les Européensregardent ailleursLes projets portés par les entreprises américaines représentent30% de l’ensemble et plus de 40% des emplois créés.Ils affichent même une progression de 11%, portée notamment parles projets d’investissement d’Amazon, mais aussi de GE et Fedex.Le nombre d’emplois créés par les entreprises américaines a étéquasiment multiplié par deux en un an, passant de 2 380 créationsannoncées en 2011 à 4 474 en 2012. Tandis qu’en Allemagne,les créations d’emplois venus doutre-Atlantique sont passées de6 545 en 2011 à 3 198 en 2012.Si la France veut rester attractive pour les donneurs d’ordresaméricains, du numérique et d’autres secteurs, elle doit restervigilante : une trop forte médiatisation des divergences entre lesparties prenantes aux projets - de Titan à Goodyear - peut avoirun effet dévastateur sur l’issue de ces négociations. En effet, laFrance est forte d’une communauté d’investisseurs américains deplus de 1 200 groupes représentant plus de 440 000 emplois4,4.  American Chamber of Commerce in France, 2013.elle joue dans une cour où ses concurrents européens (Irlande,Pays-Bas, Suisse) se livrent une concurrence féroce, aux côtés desgrandes économies (Royaume-Uni, Allemagne) pour séduire cesinvestisseurs clés.En revanche, le site France perd en attractivité pour lesgrandes économies européennes : les investissements enprovenance du Royaume-Uni et d’Allemagne reculent tant ennombre de projets qu’en nombre d’emplois créés.La France souffre particulièrement de la désaffection desinvestisseurs allemands (30,3% de projets en moins), même si elledemeure leur destination favorite en nombre de projets. Une baisseest également observée pour les investissements en provenance duNord de l’Europe (Belgique, Suède, Pays-Bas, ou encore Danemark).A l’inverse, la France voit progresser ceux venus d’Europe du Sud(Italie et Espagne), confirmant qu’elle a un rôle à jouer en tant quecarrefour sud-européen, voire euro-méditerranéen.Baromètre de lattractivité France 201316Réalité
  • 19. Rendez-vous manqué avec les économies émergentesLa France n’a pas su, en 2012, accroître son attractivité auprèsdes investisseurs émergents : avec seulement 14 projets issusdes BRIC, contre 23 en 2011, elle n’est que la 3èmedestinationeuropéenne pour les économies à croissance rapide et nereprésente plus que 6% des 245 implantations européennesréalisées par les entreprises et entrepreneurs émergents.Pendant ce temps, le Royaume-Uni continue de séduire lesinvestisseurs indiens et l’Allemagne peut se prévaloir de la confiancedes investisseurs chinois, mais aussi sud-africains ou turcs. Le duoainsi formé attire au total plus de la moitié des projets (55%) et prèsde 60% des emplois créés par les nouveaux clients de l’Europe.Après avoir enregistré un recul en 2011, le Royaume-Uni consolideson statut de destination privilégiée pour les économies émergenteset regagne la 1èreplace européenne en 2012, avec 70 projets - enhausse de 22% - soit plus de 5 400 créations d’emplois.Cette faible attractivité de la France auprès des économiesémergentes sexplique en partie par une présence limitée dansces pays.En 2010, 43% des effectifs des groupes français internationalisésétaient implantés en Union européenne où ils réalisaient la moitiéde leur chiffre d’affaires consolidé5quand les BRIC naccueillaientque 20% de ces effectifs, même si ce chiffre est en progression5.  « INSEE, Les groupes français à l’étranger », INSEE Première, n° 1439, mars 2013.(18% en 2009, 14% en 2007). Malgré le déplacement du centrede gravité économique mondial, la France n’a donc pas su, pourl’instant, saisir l’opportunité d’un rendez-vous avec les économiesémergentes, quand ses voisins sont parvenus à sadapter pourattirer un nombre croissant de projets en provenance de ces pays.Il y a urgence. La France doit valoriser ses propres atouts etproposer un écosystème plus favorable aux groupes et PME issusdes pays à croissance rapide, attirés par nos marchés et par nostechnologies clés. Toutefois, si le nombre de projets étrangersqui se concrétisent en France est en baisse, certaines régionssemblent avoir mis en place des stratégies efficaces pour attirer lesprojets issus des économies émergentes. Ainsi, en 2012, la régionRhône-Alpes a attiré, à elle seule, la moitié des projets chinois danslHexagone et la région Midi-Pyrénées a accueilli deux entreprisesindiennes dans le numérique et l’aérospatial. Quant au groupeindien Tech Mahindra Ltd, il a dernièrement annoncé l’ouvertured’un centre de R&D qui devrait y créer 80 emplois, confirmantl’attractivité de cette région.2318Royaume-UniSource : European Investment Monitor, Ernst & Young, 2013.13Allemagne63France Belgique Pays-Bas147391Autres70Top 5 des pays en nombre de projets issus des BRIC(2012)12Projets 2011Projets 2012546911France : dernier appel 17www.ey.com/attractiveness
  • 20. Centre culturel, économique et financiermondial de premier ordre, Londres estla ville globale par excellence en Europe.Elle y exerce un pouvoir dattractioncomparable à celui de New-York sur le restedes États-Unis. Les Jeux Olympiques etParalympiques ont placé notre ville sousle feu des projecteurs et lui ont permis dejeter les bases de sa prospérité future, en luidonnant loccasion de démontrer létenduede son potentiel logistique et dinjecterplusieurs milliards de livres dans desinfrastructures vitales pour lagglomération.Les préparatifs des Jeux ont enfin donné lecoup denvoi de la réhabilitation de vasteszones de lest londonien, laissées en frichedepuis des décennies.Dans les dix prochaines années, Londresva connaître un boom démographiquequi lui fera gagner un million dhabitants.Un record unique en Europe Occidentale,qui suppose de relever de nombreuxdéfis mais offre aussi de multiplesopportunités. Nous avons dores etdéjà identifié plus dune quarantaine dezones de développement dotées dunpotentiel de création de quelque 250 000logements et 500 000 emplois. En dépitdes restrictions budgétaires nationales etde la crise de leurozone, la ville poursuitson développement : avec un taux decroissance en hausse de 7,2% en 2012(contre +0,7% seulement pour lensembledu Royaume-Uni), sa part dans léconomiebritannique a atteint un niveau historique(21,9%). En cinq ans, 168 000 nouveauxpostes ont été créés dans la capitale, pourlessentiel dans le secteur privé.Lattractivité grandissante de lamétropole auprès des investisseursétrangers sexplique aisément. Londresest une ville sûre et ouverte sur le monde,dotée dun système de visa flexible. LesBRIC sont naturellement attirés par cetteville, dont la position idéale sur le méridienzéro, la langue universellement pratiquée etle vivier de compétences professionnellesen font une porte dentrée sur lEurope.Outre son leadership incontesté dans lesservices financiers, la ville, qui accueille desentreprises internationales de lindustrieculturelle et créative mais aussi dunsecteur high tech en plein essor, attireles talents venus du monde entier. Si,dans une économie mondialisée de plusen plus compétitive, Londres ne peut sereposer sur ses lauriers, elle peut sappuyersur léconomie ambitieuse, moderne etdynamique que les Jeux ont mis en lumière.Voilà autant de raisons davoir confiance ennous et en lavenir.Boris JohnsonMaire de Londres“Les BRIC sontnaturellement attiréspar cette ville... portedentrée sur lEurope”Point de vueLondres, ville ouvertesur le mondeBaromètre de lattractivité France 201318Réalité
  • 21. Projets 2013 : le point d’inflexion ?Cette année, les résultats du baromètreinvitent à s’interrogerpour les mois et années à venir : a-t-on atteint le point basdu cycle ?Les réformes récentes et à venir (Pacte pour la Compétitivitéet l’Emploi et CICE, mesures annoncées fin avril en faveur del’entrepreneuriat), ainsi que celles qui sont aujourd’hui plus ancrées(comme le Crédit d’Impôt Recherche), suffiront-elles à inverser latendance et à initier le rebond ?En donnant parfois le sentiment d’une certaine hostilité despouvoirs publics vis-à-vis des entreprises, les derniers épisodesindustriels hautement médiatisés - d’Arcelor à Titan - qui ont émaillélactualité française au cours des derniers mois ont véhiculé àl’étranger une image négative et peu avenante de notre territoire.On peut redouter l’impact que produirait une rupture entre laFrance et ses entreprises, non seulement sur la perception qu’ontles investisseurs étrangers du site France, mais plus largement surle regard que les groupes à capitaux étrangers portent sur notrepays, à l’heure où 40% du capital des entreprises du CAC 40 sontdétenus par des investisseurs étrangers6.Les investisseurs étrangers confortent leurs actifs en France…mais regardent davantage en direction de ses voisins pour leursnouveaux projets.En 2012, plus de 59% des implantations internationales recenséesen France sont des projets totalement nouveaux (« greenfield »),une proportion stable par rapport à 2011. Mais ses voisins fontmieux : en Allemagne, la proportion de nouvelles implantationsest en augmentation et représente, en 2012, plus de 78% desannonces recensées par l’European Investment Monitor d’Ernst& Young. Au Royaume-Uni, cette part s’élève à 65%. C’est là un6.  « Comment le CAC 40 sest ouvert aux appétits étrangers », Les Echos, 23 avril 2013.élément supplémentaire qui vient confirmer la confiance accordéepar les investisseurs aux deux leaders européens, tandis que le siteFrance apparaît davantage comme une zone de consolidation et dedéveloppement d’activités existantes.59% des investisseurs interrogés n’envisagent pas d’établir ou dedévelopper des activités en France en 2013.L’époque est à la temporisation, dans un contexte économiquedifficile. Un attentisme qui frappe également nos voisins etconcurrents européens : si 36% des investisseurs interrogésenvisagent de développer leurs activités en France en 2013,ils ne sont guère plus nombreux à projeter de le faire au niveaueuropéen (38%) ou en Allemagne (36%).Pour les entreprises déjà implantées en France, la tendance est aumaintien des activités actuelles (70% des personnes interrogées),davantage qu’au renforcement (12% contre 25% l’an dernier). Onobserve par ailleurs une légère hausse des projets de délocalisation :alors qu’en 2012, seules 2% dentre elles envisageaient de transférerune partie de leurs activités depuis la France vers un autre pays, ellessont 6% aujourd’hui.De plus, si l’édition antérieure de notre baromètre avait révélél’indécision des investisseurs étrangers vis-à-vis de la France,ces derniers se montrent, cette année, moins indécis : au total,5% seulement choisissent de ne pas se prononcer sur leurs projetsd’investissement, contre 16% en 2012 (6% contre 34% pour lesentreprises non implantées en France).Types de projets d’implantation(France, 2012)59%Nouveau 41%ExtensionSource : European Investment Monitor, Ernst & Young, 2013.59%Sources : Baromètre Ernst & Young de l’Attractivité du site France 2012(208 répondants en France), Baromètre Ernst & Young de l’Attractivitédu site France 2013 (212 répondants en France).50%43%NonNSPOui201320127%36%5%Projets d’investissement pour l’année à venirDe manière générale, votre groupe envisage-t-il détablir ou de développerdes activités en France ?France : dernier appel 19www.ey.com/attractiveness
  • 22. Perceptionp.22  La France en mal demondialisationp.24  Diagnostic interne, diagnosticexterne : le doute intra-murosp.26  Un prix qui ne se justifie plusp.29  R&D malmenée : aller au-delà duCrédit dImpôt RechercheBaromètre de lattractivité France 201320
  • 23. La FrancedésynchroniséeLa perception quont les investisseurs étrangers de l’attractivitédu site France en 2013 vient confirmer un décalage français parrapport à l’Allemagne ou au Royaume-Uni.Victime d’une image dépréciée et d’un écosystème jugé tropcoûteux, peu flexible et endetté, la France n’est plus perçue par lesinvestisseurs étrangers comme une économie d’envergure mondiale.Pourtant, malgré les difficultés traversées cette année par laFrance – difficultés qui ont pu renvoyer l’image d’une destinationpeu business friendly largement relayée par les médias françaiscomme étrangers - il semblerait que la confiance des investisseursétrangers n’ait pas pour autant été remise en cause comme onaurait pu le redouter : ils sont encore 63% à exprimer leur convictionque le pays surmontera la crise actuelle et 73%, parmi ceux qui sontimplantés en France, à se déclarer satisfaits du site France.Certains, plus positifs encore, citent la capacité d’innovationfrançaise comme l’un de ses principaux atouts pour sinscrire dansla mondialisation et reconquérir son attractivité. Et, nouveauté2013, ils citent même en deuxième atout… notre esprit d’entreprise !Preuve qu’il existe bien une French touch capable de faire des émulesà l’international. Pourtant, nos entrepreneurs ne voient pas leurpays du même œil. Comme si la France devait, avant tout, adresserdes signaux favorables aux entreprises présentes sur son sol, pourredevenir, à terme, une destination pour les investisseurs qui y sontmoins, ou pas encore, présents.Chiffres clésBaromètre de lattractivité de la France201363% des investisseurs se disentconfiants dans la capacité de la Franceà rebondir, contre 70% en 2012.31% des investisseurs sont« peu ou pas du tout satisfaits » du siteFrance.Allemagne business friendly pour 64% desinvestisseurs étrangers… la Francepour 32%.38% des investisseurs étrangersvoient l’Allemagne comme la premièredestination européenne.France : dernier appel 21www.ey.com/attractiveness
  • 24. La France en mal de mondialisationLe site France est en perte de vitesse par rapport à ses deuxgrands concurrents européens qui confirment leur meilleureinscription dans la mondialisation ainsi que leur pragmatismepar rapport aux attentes des entreprises en temps de crise ;ils ne ménagent pas leurs efforts pour attirer les investisseursétrangers.Alors que l’Allemagne et le Royaume-Uni sont spontanémentcomparés à des compétiteurs d’envergure mondiale tels que la Chineou les États-Unis, la France n’évolue désormais plus dans cet universet semble se rapprocher des pays en situation plus délicate commel’Italie ou l’Espagne. Le premier concurrent de notre pays pour lesimplantations internationales est l’Allemagne (47%), distançantde très loin les autres destinations citées. Un constat encore plusmarqué chez les investisseurs non implantés en France (60%).Ces résultats montrent la nécessité, voire l’urgence, pour laFrance de sinscrire pleinement dans la dimension globalisée del’économie afin de défendre son attractivité face à ses principauxcompétiteurs européens. En 2012, 54% des investisseurs citaientun pays ouest-européen comme principal concurrent de la France.En 2013, l’Europe de l’Ouest concentre 71% des réponses, 17%seulement des investisseurs citant comme premier concurrentun pays asiatique. Ainsi, quand 26% des investisseurs étrangersidentifiaient la Chine comme le principal concurrent de la France en2012, ils sont deux fois moins nombreux à partager cette opinioncette année (12%).Le décrochage observé cette année traduit un manque deconfiance des investisseurs qui s’interrogent sur la capacitédu site France à répondre à l’appel de la mondialisation.C’est ce que révèlent notamment les tendances identifiées dansl’étude Nation Goodwill Observer7, menée par Ernst & Young en2012 et qui vise à analyser les forces et faiblesses du capitalimmatériel des 26 plus grands pays du monde. Dans cette étude, laFrance se positionne relativement bien en ce qui concerne « l’imageinstantanée » des pays et pointe au 7èmerang du classement,derrière l’Allemagne (1er) et le Royaume-Uni (6ème). Elle se placeen tête des « puissances fragilisées » aux côtés du Japon, desÉtats-Unis, de l’Italie et de l’Espagne. La France est, par ailleurs,particulièrement saluée pour sa créativité culturelle et artistique,catégorie dans laquelle elle occupe la 1èreplace du classement.Cependant, le pays inspire des doutes quant à sa capacité à saisirles opportunités offertes par la mondialisation, se plaçant au 19èmerang du classement sur cette question, aux côtés des pays latinscomme l’Italie ou l’Espagne.7.  Nation Goodwill Observer, Ernst & Young, W&Cie, Havas Design +, Cap, HEC Paris, novembre 2012.ChineRoyaume-UniSource : Baromètre Ernst & Young de l’Attractivité du site France 2012 (205 répondants), Baromètre Ernst & Young de l’Attractivité du siteFrance 2013 (212 répondants).Etats-UnisAllemagne12%26%13%Inde3%3%4% 3%Espagne Autres6%NSP13%9%L’Allemagne, premier concurrent de la FranceQuel est selon vous le premier pays concurrent de la France pour les implantations internationales ?2012201347%39%7%1%12%2%Baromètre de lattractivité France 201322Perception
  • 25. Ernst & Young Globalization Index 2013La mondialisation, une chance pour la FranceSi, dans lHexagone, le discours ambiant peut parfois renvoyerl’image d’un pays, sinon hostile, du moins frileux face à lamondialisation, son inscription dans la dynamique mondiale estpourtant indéniable.Le Globalization Index, publié chaque année par Ernst & Young, placela France à la 14èmeplace du classement mondial des économiesles plus ouvertes en 2012, en progrès d’une place par rapport à2011 et de sept places depuis 1995. Cette étude, qui mesure le« degré de connexion au reste du monde » des 60 pays les plusimportants du monde en termes de PIB, suggère que le processus demondialisation va continuer à progresser, stimulé principalement parles technologies et la circulation des idées.Les vingt indicateurs utilisés pour le calcul du Globalization Indexsont classés en cinq grandes catégories : les mouvements debiens et services ; les mouvements de capitaux ; les échangesde technologies et didées ; les mouvements de main-d’œuvre ;lintégration culturelle. Le degré de mondialisation du commerce,de linvestissement, de la technologie, de la main-d’œuvre et de laculture dun pays est mesuré en valeur « relative », par rapport à sonPIB, plutôt quà travers la valeur absolue de ces éléments. Lindicereflète lintégration mondiale dun pays telle qu’observée ou vécuede lintérieur. La France se positionne particulièrement bien sur lescritères culturel (12èmeplace, devant l’Allemagne et le Royaume-Uni),et technologique (11èmeplace, également mieux placée que ses deuxvoisins), alors que l’étude 2012 confirme que la technologie estmaintenant le premier moteur de la mondialisation.La part croissante prise par la France dans l’économiemondiale est d’ailleurs confirmée par la simple observation delinternationalisation de lactionnariat des grandes entreprisesfrançaises : plus de 40% du capital des groupes du CAC 40 sontentre des mains étrangères. Une évolution radicale au cours desvingt dernières années, qui sexplique par linternationalisation delactivité et de nombreuses fusions-acquisitions, mais aussi parlavènement de l’euro, une monnaie qui attire les investisseurs.Cette internationalisation de l’actionnariat a accompagnélinternationalisation des activités, puisque les entreprises duCAC 40 réalisent aujourd’hui les trois quarts de leur chiffre daffaireshors de France. La croissance de leurs revenus repose à 85%sur leurs implantations à létranger, en particulier dans les paysémergents. Les groupes du CAC 40 réalisent même plus de 72%de leur chiffre daffaires hors de France.** Lactivité internationale des entreprises du CAC 40 en 2012, French Business Network,Ernst & Young, 2012.France : dernier appel 23www.ey.com/attractiveness
  • 26. Diagnostic interne, diagnostic externe :le doute intra-murosL’insatisfaction des investisseurs interrogéssur lattractivité du site France renouecette année avec son niveau record atteinten 2009 : ils sont 31% à se dire peu oupas du tout satisfaits, témoignant d’uneradicalisation de la posture des investisseursétrangers vis-à-vis de la France.Faut-il pour autant conclure que la Francea perdu toute attractivité auprès de sacommunauté d’investisseurs étrangers ?Le niveau de satisfaction (64%) demeureélevé, malgré un recul par rapport auxdeux années précédentes (70% en2011 et 2012). Il baisse moins chez lesinvestisseurs implantés en France, quisont 73% à se déclarer satisfaits (79%l’an passé). Le pays reste une destinationmajeure - en témoignent les 471 décisionsd’investissement recensées - mais ce regaind’insatisfaction exprimée est le reflet d’uneperte d’intérêt pour le site France en tantque localisation de leurs implantations.Jusqu’ici relativement épargnés parla tentation du French Bashing, lesgrands investisseurs internationauxsemblent désormais rejoindre le campdes « francosceptiques » et se mettreau diapason des dirigeants d’entreprisesfrançaises, historiquement plus réservéssur lattractivité de lHexagone.La baisse de confiance en lavenirobservée est davantage marquée parmi lesentreprises déjà implantées en France : lebaromètre 2013 révèle en effet que 34%de ces entreprises considèrent que l’intérêtprésenté par la France pour l’implantationet le développement de leur entreprise vase détériorer dans les cinq années à venir,contre seulement 9% des investisseursnon implantés. Il s’agit là d’une évolutionsignificative, puisque les investisseurs déjàprésents, et pourtant traditionnellementambassadeurs de leur pays d’accueil, fontpreuve cette année d’un regard plus critique,voire plus pessimiste, sur l’attractivité du siteFrance que ceux qui nont pas encore fait lechoix de la France.Ainsi, la bataille pour reconquérirl’attractivité française devrait d’abord sejouer intra-muros, puisque les entreprisesnon implantées témoignent d’uneconfiance plus solide – ou plus indulgente- dans l’avenir du site France. Elles semontrent, enfin, davantage convaincuespar la politique d’attractivité mise enœuvre sur le territoire : 51% considèrentqu’elle est intéressante, contre seulement23% des investisseurs déjà implantés.La clé consisterait donc à renforcer laconfiance à l’intérieur, et notamment celledes leaders économiques ou d’opinion,créateurs, dirigeants et entrepreneurs, quiportent aussi l’image de la France auprèsdes investisseurs étrangers.Plutôt Plutôt pas Pas du toutTrèsSatisfaction des investisseursDu point de vue des intérêts de votre entreprise, diriez-vous que la France est une localisation ... ?16%48%NSP5%14%17%Satisfaisante : 64% Pas satisfaisante : 31%Source : Baromètre Ernst & Young de l’Attractivité du site France 2013 (212 répondants).Confiance des investisseursEtes-vous confiant dans la capacité de la France à surmonter la crise actuelle ?Entreprises déjà implantéesen FranceSource : Baromètre Ernst & Young de l’Attractivité du site France 2013 (149 répondants implantés en France et63 répondants non implantés en France).Entreprises non implantées en France59%2%39%75%6%19%OuiNonNSPBaromètre de lattractivité France 201324Perception
  • 27. En France, on met toujours laccent, et àjuste titre, sur les coûts et les charges quipèsent sur le travail. Mais la compétitivitése joue sur d’autres fronts. Pour êtrecompétitive, une entreprise doit avant toutopérer dans un climat favorable, où elle nerisque pas de voir les règles du jeu changeren cours de route.Rester compétitif dans lagroalimentaireimplique de savoir garder la maîtrise de sesmarges. Or, dans ce secteur, nous avonsdu mal à répercuter la hausse des coûtsdes matières premières dans nos prix enraison de la complexité d’interprétationde la loi LME, qui régit les relations entrefournisseurs et distributeurs. C’est pourcette raison qu’un industriel se montreraréticent à l’idée d’investir en France silsait pertinemment quil ne sera pas librede gérer sa marge, et donc de la réinvestirdans la production ou la R&D.Si elle veut rester compétitive, uneentreprise doit également pouvoir sadapteren fonction de lévolution du marché et desconditions de la concurrence. Or, en Franceencore aujourd’hui, la seule évocation dela flexibilité du travail fait toujours figuredépouvantail, ce qui explique qu’on ait dumal à ajuster loutil de production lorsquecela s’avère pourtant nécessaire. Il fautégalement compter avec la définition de la« justification économique », ce qui allongela durée des négociations. En réalité, c’esten voulant trop protéger les salariés qu’onles fragilise : à ne pas vouloir choisir la« méthode douce » qui consisterait à opterpour une organisation plus flexible, on leurfait courir le risque de voir leur situationdégénérer en catastrophe sociale.Il peut donc s’avérer dangereuxd’entraver l’agilité d’une entreprise enl’empêchant de se doter d’une organisationflexible. Il en va de sa survie. Il estévident que celle-ci devra en contrepartierépondre à de fortes exigences en termesde responsabilité sociale et sociétale, eninvestissant notamment sur lemployabilitéde ses collaborateurs. La France accuse unretard sur le terrain de la formation, initialeou continue, et plus particulièrement enmatière de formation des salariés dontles qualifications ont une moindre valeurajoutée. Or, cest un ressort majeur et unaxe structurant de la compétitivité et delattractivité de notre pays.Bruno LuisettiPrésident-directeur général de Mondelez France (ex Kraft Foods)“Si elle veut restercompétitive, uneentreprise doit pouvoirsadapter en fonction delévolution du marchéet des conditions de laconcurrence.”Point de vueFaisons rimer compétitivitéavec agilitéFrance : dernier appel 25www.ey.com/attractiveness
  • 28. Un prix qui ne se justifie plusLe coût du travail et la fiscalité restent,pour les investisseurs étrangers, les deuxprincipaux facteurs de non-compétitivitéfrançaise. Des handicaps majeurs, qui,associés à la perception d’une instabilitéréglementaire chronique, concourent àcréer un carcan qui ferait de l’emploi,plus encore qu’auparavant, la variabled’ajustement pour les investisseursinternationaux.De toute évidence, le coût du travail enFrance reste élevé par rapport à celuiobservé chez ses principaux concurrents.Ainsi, la France se place au 5èmerang derrièrela Suède, le Danemark, la Belgique et leLuxembourg, avec un coût horaire moyende la main-d’œuvre de 34,20€ en 20128.Comme éléments de comparaison, on peutciter la moyenne de l’Union européenne(à 27), estimée à 23,40€9, le coût horairemoyen allemand à 30,40€ ou encore celui duRoyaume-Uni à 21,60€. La hausse du coûthoraire moyen a été relativement similaire enFrance et en Allemagne entre 2008 et 2012,avec respectivement + 9,5% et + 9,1%.A ce titre, la Commission européenne aalerté, en avril 2013, sur les déséquilibresmacroéconomiques français et notammentsur la détérioration de la compétitivité-coûtsde la France, en raison d’une progression dessalaires plus rapide que la productivité10 :8.  Coûts de la main-d’œuvre dans l’UE27, Eurostat, avril 2013.9.  Coûts horaires de la main-d’œuvre dans l’ensemble del’économie, hors agriculture et administration publique.10.  Report from the commission – Alert Mechanism Report 2013,preuve qu’il s’agit là d’un enjeu majeur sinotre pays veut renouer avec la croissance etassurer le maintien de sa compétitivité faceà une concurrence toujours plus intense.Si le prix de la France est perçu commetrop élevé par rapport à ses concurrentseuropéens, les atouts de compétitivité« hors coûts » de la France peuvent enrevanche soutenir son attractivité. Au-delàde la seule question de la marque France,c’est celle de l’imaginaire construit autourde la destination qui se pose, là où nosvoisins allemands ou britanniques ont suCommission européenne, avril 2013.proposer un « produit » plus différenciantet plus attractif. Il faut donc s’appuyer nonseulement sur les éléments tangibles quifont la qualité du site France, mais aussi surles aspects plus intangibles, mais pourtantdéterminants, de son attractivité. Et lesrenforcer.Pour lheure, seuls 32% des investisseursétrangers interrogés considèrent quela France met en œuvre une politiqued’attractivité business friendly, favorableaux investisseurs étrangers. A titre decomparaison, ils sont 64% à accorder cemérite à l’Allemagne.Mesures prioritaires pour renforcer l’attractivitéQuelles sont les trois mesures à prendre en priorité pour que la France soit un leader de lattractivitéau niveau mondial ?Source : Baromètre Ernst & Young de l’Attractivité du site France 2013 (212 répondants).Alléger le coût du travail 20%Alléger la fiscalité des entreprises 19%Assouplir lenvironnement administratif et juridique des entreprises 13%Réduire la dette publique 10%Soutenir la recherche et linnovation 8%Faciliter laccès au financement des entreprises 6%Améliorer la qualité de ses produits et la valeur ajoutée de ses services 5%Soutenir la création dentreprises 3%Soutenir les secteurs en difficulté 3%Promouvoir le « made in France » 3%Autre 6%NSP 3%Baromètre de lattractivité France 201326Perception
  • 29. Lorsque je dois convaincre mon boarddes atouts du site France au sujet duninvestissement, je suis confronté à deuxhandicaps. Le premier a trait à linstabilitéde lécosystème français, qui subit trop dechangements, trop souvent. Cette instabilitéintroduit une incertitude dommageable àlimage de la France à létranger. Le secondtient au poids jugé trop lourd de sa fiscalité.Si certaines aides, comme le Crédit d’ImpôtRecherche, sont très appréciées, il seraitbeaucoup plus efficace pour les entreprisesdabaisser leur niveau d’imposition et detaxation avant de leur accorder ce typed’aides. La complexité du système fiscalfrançais est telle que les entreprisessont contraintes dy consacrer beaucoupde temps. Une contrainte qui, lorsquontravaille au sein dun groupe international,peut se mesurer à l’aune des pays où leschoses se passent plus simplement etbeaucoup plus vite. Cest un frein énormeà la compétitivité.Notre pays dispose pourtant des atoutsnécessaires pour se défendre dans lacompétition internationale. Ces atouts,je les vois chaque jour dans l’univers desservices télécoms aux entreprises, où nousdisposons dun savoir-faire, dun vivierdingénieurs de haut niveau et dun marchéextrêmement dynamique, où les clientsfont preuve d’une grande ouverture à lanouveauté et d’une véritable appétenceaux nouvelles technologies. C’est un atoutprécieux, qui nous oblige à garder toujoursune longueur d’avance et nous donneconfiance dans la prise de risque, sachantquune décision dinvestissement danslHexagone pourra susciter une réponsepositive du marché.Outre la simplification de lécosystèmevers davantage de stabilité et unallègement du poids de la fiscalité, uneautre priorité me tient à cœur : celle deléducation des nouvelles générations,qui portent en elles les germes duchangement. Nous avons la responsabilitécollective de les impliquer et de leur ouvrirle plus tôt possible les portes de nosentreprises : c’est parce que la France leurfera confiance qu’elles lui accorderont leurconfiance en retour. C’est cette confiancepartagée et retrouvée qui, en dépit ducontexte difficile que nous traversons,conditionnera la réussite de notre pays.Olivier CampenonVice-président BT Global Services, en charge du développement et de la croissance“Notre pays disposedes atouts nécessairespour se défendredans la compétitioninternationale.”Point de vueLes entreprises ont davantagebesoin d’air que d’aidesFrance : dernier appel 27www.ey.com/attractiveness
  • 30. Au sein du groupe Heineken, le regardporté sur lHexagone est partagé. Le « topmanagement » reconnaît volontiers que,bien que la France ne soit pas réputéepour sa culture de la bière, les produits quisortent des trois brasseries françaises sontde grande qualité, grâce au savoir-faire denos collaborateurs. Par ailleurs, la situationgéographique de la France en Europeconstitue un atout essentiel.Toutefois, comme de nombreuxinvestisseurs étrangers, nos dirigeantssont désorientés face à labsence deflexibilité et à la complexité administrativeet fiscale qui touchent le marché français.En France, on ne résiste pas toujours à latentation de légiférer, ce qui nous exposeà un risque juridique permanent car nousne sommes jamais à labri dune mesurerétroactive. Or, sur ce terrain, lactualitérécente nest guère encourageante pournotre secteur : laugmentation des droitsdaccise a provoqué une hausse de 15% desprix de vente au consommateur en grandessurfaces et nous avons parfois le sentimentque la valeur créée localement nest passuffisamment reconnue.Je vois deux priorités pour améliorerlenvironnement des entreprises. Il fautdavantage de stabilité financière, juridiqueet fiscale. Mais aussi plus de flexibilité auniveau du travail et, dans ce domaine, legouvernement a un rôle important à jouer.Si nos dirigeants font preuve de réalismeet continuent à encourager un dialoguesocial constructif, à l’instar de laccordinterprofessionnel signé le 11 janvierdernier, alors lattractivité de la Franceconnaîtra des jours meilleurs.Pascal SabriéPrésident de Heineken France“Si nos dirigeants fontpreuve de réalisme etcontinuent à encouragerun dialogue socialconstructif, lattractivitéde la France connaîtrades jours meilleurs.”Point de vueLa flexibilité sociale doitêtre le fruit d’un dialogueconstructifBaromètre de lattractivité France 201328Perception
  • 31. R&D malmenée : aller au-delà du Crédit dImpôt Recherche71 pôles de compétitivité, 43,4 milliards d’euros investis dans laR&D11, 16 632 dépôts de brevets12... pour seulement 26 projetsde R&D implantés en France en 2012.La bataille pour les investissements à fort contenu innovant resteintense. Les activités de R&D, très dépendantes du dynamismeindustriel, sont en léger recul (de 29 implantations en 2011 à26 en 2012), alors qu’elles sont en progression au Royaume-Uni(de 33 projets en 2011 à 54 en 2012) et en Allemagne (de28 projets en 2011 à 31 en 2012). Le Royaume-Uni préserveson leadership et l’Allemagne déloge la France de la 2èmeplacedu podium. LHexagone perd également du terrain en nombred’emplois créés par les implantations étrangères de R&D et glissede la 5èmeà la 9èmeplace en Europe.La France se maintient, comme l’an passé, à la 11èmeplace duclassement Innovation Union Scoreboard 2013, avec un score toutjuste supérieur à la moyenne européenne13. Elle se positionne ainsidans la même catégorie que le Royaume-Uni, celle des Innovationfollowers, tandis que l’Allemagne conforte sa place parmi les Innovationleaders aux côtés de la Suède, du Danemark et de la Finlande.L’attractivité pour les centres de R&D français nest toutefois pasremise en cause : interrogés sur le type dactivité pour lequella France est une localisation particulièrement attractive, lesinvestisseurs citent en premier lieu les services support (32%),puis les centres de R&D (23%). Cette attractivité est soutenue parle succès du Crédit d’Impôt Recherche et l’armature des Pôles deCompétitivité, désormais complétés par le Crédit d’Impôt Innovation.Si ces dispositifs ont suscité un réel effet d’entraînement, ils montrentaujourd’hui leurs limites dès lors quil sagit de soutenir l’attractivité11.  INSEE, dépense intérieure de R&D, chiffre 2010.12.  INPI, données 2012, février 2013.13.  Innovation Union Scoreboard 2013, Commission européenne, 2013.française en matière dinnovation. L’étude publiée par Ernst & Younget le Centre for European Policy Studies (CEPS), réalisée auprèsde 680 dirigeants de quinze pays14, démontre que, si les chefsd’entreprise français considèrent que celle-ci constitue une conditionessentielle à la montée en gamme des produits et à leur déploiementà l’international, ils ne sont que 21% à considérer que leur pays « ala meilleure politique d’innovation et le meilleur climat instauré pourencourager les initiatives  ».Pour autant, ils ne sont que 53% en France à être favorables àdes mesures fiscales plus incitatives en matière d’innovation(contre 86% pour la moyenne européenne).Si la France est largement reconnue pour sa capacité d’innovation,il semblerait qu’elle peine à transformer l’essai et à accompagnerses start-up et PME pour valoriser cet atout dans le mondeéconomique et, notamment, sur le marché mondial. Pourtant,l’innovation « à la française » rayonne déjà à l’international grâceà ses fleurons industriels, en témoigne le classement Forbes 2012des 100 entreprises les plus innovantes, où la France, avec9 entreprises distinguées, figure au 2èmerang mondial.Certains territoires démontrent toutefois une forte attractivité enmatière de R&D : l’Ile-de-France (4 projets de R&D), les régionsMidi-Pyrénées (5 projets de R&D dans l’agglomération de Toulouse),PACA (4 projets à Sophia-Antipolis) confirment un effet « cluster » etassurent le maintien de la compétitivité de la France sur ces activitésinnovantes. Ainsi, GE a choisi de renforcer son site Healthcare deBuc, tandis que Samsung a annoncé une implantation à Sophia-Antipolis pour un centre de recherche visant à développer lestechnologies de localisation mobile.14.  Moving Europe forward, innovating for a prosperous future, Ernst & Young, CEPS, 2013. Top 5 des destinations européennesR&D en nombre de projetsRang Destination Nombre de projets Emplois créés2011 2012 2011 20121 Royaume-Uni 33 54 2 014 1 7902 Allemagne 28 31 801 6173 France 29 26 783 3024 Espagne 28 24 1 857 7515 Irlande 19 23 1 246 1 094Autres 97 78 3 694 3 071Total 234 236 10 395 7 625Source : European Investment Monitor, Ernst & Young, 2013.Evolution top 5 des destinations pour la R&D(2008-2012)Source : European Investment Monitor, Ernst & Young, 2013.543123242665252019Royaume-UniAllemagneFranceIrlandeEspagne20122008 20102009 2011France : dernier appel 29www.ey.com/attractiveness
  • 32. En matière de soutien et daccompagnementdes jeunes pousses, nous avons la chancede bénéficier dun environnement trèsfavorable. Lauréat du Concours nationaldaide à la création dentreprises detechnologies innovantes organisé chaqueannée par le ministère de la Recherche etOséo, jai eu la chance den bénéficier dèsle départ puisque la subvention réservée augagnant ma permis de créer Medtech tandisquOséo nous accompagnait ensuite auxdifférentes étapes du développement. Notrepays sest également doté doutils efficacespour favoriser linnovation, à commencerpar le Crédit d’Impôt Recherche (CIR) quede nombreux pays nous envient. Last butnot least, grâce à notre système éducatif,nous pouvons aussi puiser dans un vivierde matière grise de grande qualité, et cestlà un atout majeur. Je connais dailleursde nombreuses entreprises étrangères quifont le pari dimplanter leurs divisions R&Den France afin de pouvoir bénéficier de cetécosystème.Toutefois, nous avons encore des progrèsà faire pour laméliorer. La première urgenceporte sur le financement du haut de bilan.Le capital-risque nest pas suffisammentdéveloppé en France. Lorsque Medtech seretrouve face à une société américaine quia pu lever 100 millions de dollars pour lemoindre projet, cest-à-dire à peu près dixfois plus que ce que nous pouvons espérer,la bataille nest pas tout à fait égale. Il y aen France un problème culturel. Le capital-risque français est trop frileux. Ensuite,nous avons besoin dun Small BusinessAct à la française. Pour se développer,une entreprise doit pouvoir sappuyersur un marché intérieur dynamique. Avecun marché français petit et peu captif,nous sommes contraints de partir tropvite chercher des relais de croissance àlinternational, ce qui est à la fois coûteux etrisqué. Les entreprises françaises doiventavoir les moyens de faire jeu égal avec leursconcurrentes américaines ou allemandes quibâtissent de solides PME et ETI adosséessur leur marché intérieur.Bertin NahumPrésident de Medtech“Les entreprisesfrançaises doiventavoir les moyens defaire jeu égal avecleurs concurrentesaméricaines ouallemandes.”Point de vueNous avons besoindun capital-risque plusaudacieux et dun SmallBusiness ActBaromètre de lattractivité France 201330Perception
  • 33. Vision sectorielle Ernst & YoungVirginieLefebvre-DutilleulAssociée en charge dusecteur des Sciences duVivant, Ernst & YoungSociété d’AvocatsLa révolution du secteur des Sciences du Vivant doit s’inscrireau cœur d’un dialogue entre acteurs publics et privésEn 2012, après deux années de croissance atone,le secteur de l’industrie pharmaceutique est entré,pour la première fois de son histoire en France, dansune ère de décroissance. Marquée par une baissedes volumes et des prix, cette phase intervientdans un contexte où les acteurs du secteur desSciences du Vivant des pays matures doiventréinventer leurs modèles économiques pour faireface au défi de la soutenabilité des systèmes desanté. A cet enjeu, crucial, s’ajoute, en France, unbrouillard réglementaire qui contraint les entreprisesà naviguer au gré des aléas du budget annuel de lasécurité sociale et des multiples réformes frappantrégulièrement le secteur.Or, dans une industrie dont la compétitivité estconditionnée par la capacité d’investissement àmoyen et long termes, les acteurs du secteur dessciences du vivant ont besoin d’un écosystèmeréglementaire prévisible. Un écosystème que seul undialogue collaboratif entre acteurs publics et privéspeut façonner, à l’instar de certains de nos voisinseuropéens. Dialogue dans la concertation en amontde la rédaction des textes, mais aussi dialogue dansle renforcement des partenariats public-privé, avecla mise en œuvre d’expériences pilotes à l’échellerégionale en vue d’une meilleure coordination duparcours de soins. Dialogue, enfin, pour réinventerl’attractivité d’un secteur qui fait face à la migrationde ses capacités d’investissement dans leséconomies émergentes à croissance rapide.Les Nouvelles Technologies de l’Information etde la Communication sont l’une des clés de cettenouvelle ère : à travers elles se dessine un nouveaurôle pour les industriels des Sciences du Vivant.Un rôle, tout d’abord, en tant qu’acteurs à partentière dans la coordination d’un parcours de soinrecentré sur le patient, entraînant la création denouvelles filières d’excellence, sources de croissancepour l’avenir (par exemple, dans les domaines dumonitoring à distance). Mais un rôle, aussi, dansla révolution du système, en accompagnant latransition d’un régime de financement axé sur letraitement des maladies vers un modèle rémunérantla prévention. Un chantier prioritaire que laFrance doit engager si elle souhaite conserver sonattractivité dans l’industrie des Sciences du Vivant,d’autant que les investisseurs étrangers interrogéscette année l’identifient comme l’un des cinqsecteurs moteurs de l’attractivité du site France pourles deux prochaines années.France : dernier appel 31www.ey.com/attractiveness
  • 34. Actionsp.34  La révolution des services,lindustrie 3.0p.38  Révolutions locales pourattractivité nationalep.40  La révolution parla différenciationp.42 EntrepreneursrévolutionnairesBaromètre de lattractivité France 201332
  • 35. Malgré de nombreux signaux d’alerte - la décennie a vu proliférernombre de diagnostics et rapports tous plus pertinents les uns queles autres, unanimement salués, mais trop vite oubliés - la Francesinstalle dans limmobilisme.Elle donne souvent le sentiment de rejeter la mondialisation,coupable désignée de tous ses maux, tout en appelant de sesvœux le retour de la croissance. Entendra-t-elle le message que luiadressent les investisseurs étrangers en 2013 ?Il est indéniable que pour retrouver son attractivité « extra-muros »,la France devra regagner sa compétitivité intra muros. Une reconquêtequi ne se fera qu’au prix de révolutions : révolution sur le front de ladette, des équilibres budgétaires, de la confiance.Mais surtout, révolution des services comme levier de saré-industrialisation. Révolution au sein de ses territoires aumoment où nos régions se lancent avec succès dans la bataille del’attractivité. Révolution pour nos talents, actuels et futurs, afin deleur redonner la fierté de choisir la France. Une révolution, enfin,qui devra être portée par les entrepreneurs et ceux qui innovent :ils sont les champions et les ambassadeurs de notre attractivitéfuture. Ils sont ceux qui nous donneront à voir la France en grand.Révolutions françaises“Quand je considère cette nation en elle-même, je la trouve plus extraordinairequ’aucun des événements de son histoire.En a-t-il jamais paru sur la terre uneseule qui fut si remplie de contrasteset si extrême dans chacun de ses actes,plus conduite par des sensations, moinspar des principes ; faisant toujours plusmal ou mieux qu’on ne s’y attendait,tantôt au-dessous du niveau communde l’humanité, tantôt fort au-dessus ;un peuple tellement inaltérable dans sesprincipaux instincts qu’on le reconnaîtencore dans des portraits qui ont été faitsde lui il y a deux ou trois mille ans, et enmême temps tellement mobile dans sespensées journalières et dans ses goûtsqu’il finit par se devenir un spectacleinattendu à lui-même, et demeuresouvent aussi surpris que les étrangersà la vue de ce qu’il vient de faire ; le pluscasanier et le plus routinier de tous quandon l’abandonne à lui-même, et lorsqu’unefois qu’on l’a arraché malgré lui à sonlogis et à ses habitudes, prêt à pousserjusqu’au bout du monde et à tout oser.”Alexis de Tocqueville, extrait de lAncien Régime et la Révolution, 1856.France : dernier appel 33www.ey.com/attractiveness
  • 36. La révolution des services, l’industrie 3.0La France maintient son attractivité dansles activités tertiaires, notamment dansles services externalisés (83 projets et1 211 emplois en 2012 dans l’informatique,le conseil ou la logistique), qui forment lepremier moteur de l’attractivité française.Dans le secteur des logiciels, la Francemarque le pas avec seulement 55 projets(contre 61 en 2011) ; elle regagne toutefoisla 2èmeplace européenne, mais reste loinderrière le Royaume-Uni qui totalise 120projets d’implantation internationale, pourplus de 2 000 emplois.Avec 60 projets dans les services, l’Ile-de-France accède au second rang européenmais loin derrière Londres, qui compteexactement deux fois plus de projets. Avectrois implantations en Nord-Pas-de-Calais,en région Centre et en Bourgogne, legroupe américain Amazon porte le secteurdes services sur les activités logistiquesavec 3 150 créations d’emplois annoncées.Grâce à ses atouts, la France confirmesa position de leader sur les centres dedécision et la logistique.Au premier rang européen en matièred’activités de logistique, avec 41 projets(contre 32 en 2011), lHexagone attireégalement les centres de décision, avec23 projets et près de 500 emplois en2012 (16 en 2011). Ainsi, la société gumi,spécialiste des jeux sociaux sur mobileau Japon, a choisi Paris pour y implanterson siège social, qui devrait employer unecentaine de personnes. Enfin, la Franceest particulièrement appréciée par lesentreprises américaines et allemandescomme centre de gravité logistique,avec respectivement 18 et 10 projetsd’implantation d’activités logistiques enprovenance de ces pays.Top 15Nombre de projets et demplois créés par secteur dactivité en France en 2012Rang Destination Nombre de projets Evolution2011-2012Création demplois2011 2012 2011 20121 Services aux entreprises 84 83 -1,2% 1 112 1 2332 Logiciels 61 55 -9,8% 869 2633 Equipements industriels 48 40 -16,7% 2 069 9714 Autres services de transport 27 39 44,4% 340 4715 Chimie 25 29 16,0% 237 2476 Agro-alimentaire 30 27 -10,0% 995 5517 Plasturgie 11 20 81,8% 235 3218 Electronique 16 17 6,3% 22 1969 Electricité 23 16 -30,4% 505 17010 Autres équipements de transport 9 16 77,8% 1 634 32211 Automobile 27 12 -55,6% 1 018 35012 Instruments médicaux 15 12 -20,0% 162 7713 Industrie pharmaceutique 13 8 -38,5% 246 16814 Métallurgie 21 8 -61,9% 638 11215 Intermédiation financière 7 8 14,3% 2 277Autres 123 81 -34,1% 3 080 4 813Total 540 471 -12,8% 13 164 10 542Source : European Investment Monitor, Ernst & Young, 2013.Probablement Probablement pas Certainement pasCertainementDans 10 ans, continuerez-vous de produire en France ?36% 37%%NSP8%18%11%Oui : 73% Non : 29%Source : Baromètre Ernst & Young de l’Attractivité du site France 2013 (212 répondants).Baromètre de lattractivité France 201334Actions
  • 37. Nombre de projets et demplois créés en France par type dactivitéRang Répartition des implantationsinternationales par activitéProjets2012Emplois2012Rang européen(projets)Pays leader1 Marketing et ventes 229 1 860 3 Allemagne2 Activités de production 127 3 605 1 France3 Activités de logistique 41 3 463 1 France4 Recherche & Développement 26 302 3 Royaume-Uni5 Centres de décision 23 491 3 Royaume-Uni6 Centres dappels 19 818 3 Royaume-Uni7 Education et formation 6 3 2 Royaume-UniTotal 471 10 542 3 Royaume-UniSource : European Investment Monitor, Ernst & Young, 2013.Vision sectorielle Ernst & YoungBruno PerrinAssocié en charge dusecteur des TelecomMedia Technologies,Ernst & Younget AssociésLe big data bang, cest aussi une opportunité économique pourla « vieille Europe »La croissance d’Internet, la multiplication descapteurs ainsi que la généralisation des usagesdes réseaux sociaux et des applications mobilesproduisent un volume gigantesque et exponentielde données, connu sous le nom de « big data ». Ilreprésente une formidable matière première pourqui saura en extraire la substantifique moelle ;avec à la clé des opportunités de création de valeurqui ne se limitent pas à l’industrie des TelecomMedia Technologies (TMT), mais pourront irriguerl’ensemble des secteurs d’activités de l’économieréelle : santé, énergie et utilities, services, grandedistribution, et même secteur public. Au-delà desgains d’efficacité espérés, ainsi que d’une meilleureconnaissance du comportement des usagers et doncd’une plus grande capacité d’anticipation de leursattentes, le traitement de cette masse de donnéesest l’occasion pour ces secteurs de révolutionnerleurs modèles économiques. Moduler l’offre selon lecomportement du client, ou encore, pour le domainede la santé, l’occasion de passer d’un systèmeaujourd’hui centré sur le traitement à un modèledavantage orienté sur la prévention.La France est dotée d’avantages compétitifs etattractifs pour faire parler le big data et favoriserl’émergence de nouvelles filières qui se posent enlevier de création de valeur transverse aux autressecteurs d’activités. Un écosystème d’entreprisesnumériques innovantes et en croissance toutd’abord, qui font de l’industrie du numérique le 3èmemoteur de l’attractivité de la France identifié parles investisseurs étrangers cette année. Un soclede formation d’excellence ensuite, produisant desingénieurs, mathématiciens et techniciens de hautniveau, qui seront à même de s’imposer dans cesnouveaux métiers de data scientist, consistant àextraire, filtrer et analyser cette matière premièrebrute. Une position idéale au cœur du bassineuropéen enfin, qui, compte-tenu de son histoireet de sa culture, représente aujourd’hui une « mined’or » homogène de données agrégées et doncplus facilement exploitable pour les entreprises.Deux conditions pour que les pays européenss’attachent à agir de concert et cessent de se livrerune concurrence parfois nuisible, et qu’ils mettenten œuvre les gardes fous aux possibles dérives del’exploitation du big data en matière de respect dela vie privée des usagers. A ce stade nous pouvonsdéjà nous féliciter de voir aujourd’hui se dessinerune réglementation européenne dans l’économienumérique, qui pourrait prétendre à s’imposercomme le standard mondial, donnant par là unavantage compétitif à qui saura l’exploiter.France : dernier appel 35www.ey.com/attractiveness
  • 38. Vision sectorielle Ernst & YoungEric DuvaudAssocié en chargedu secteur Cleantech& Sustainability,Ernst & Younget AssociésOrienter dès aujourd’hui les investissements dans l’économieverte pour créer la valeur de demainSi en matière d’énergies renouvelables et de« green tech », la France dispose d’un écosystèmede recherche d’une grande qualité et prolifique enbrevets, l’un des principaux freins à sa compétitivitésur la scène mondiale réside dans l’insuffisancede son maillage de PME et d’ETI. Raison pourlaquelle les innovations - quand elles ne sontpas absorbées par les grands groupes - peinentsouvent à dépasser le stade de la recherche, fautede pouvoir être défendues par des entreprises demoyenne ou de taille intermédiaire. C’est une desraisons pour lesquelles la France accuse un netretard dans le solaire et l’éolien, par rapport à sesvoisins allemands, qui peuvent s’appuyer sur un tissud’entreprises de tailles moyenne et intermédiaire,capables d’innover et de prendre des risques sur denouvelles technologies.Dans ce contexte, quelles priorités donneraujourd’hui aux investissements dans le secteurde l’économie verte ? En matière d’énergie, larénovation, la prolongation et la sécurisation duparc nucléaire existant vont nécessiter de lourdsinvestissements. Or, à court terme, orienterl’investissement en priorité vers les énergiesrenouvelables les plus porteuses, en particulier lesolaire ou un secteur niche - mais très prometteur- comme les énergies marines, permettrait demieux maîtriser les prix de l’énergie et de faireémerger une filière d’excellence. Pour attirer lesinvestissements, la France doit clarifier la lisibilitéde sa réglementation environnementale à longterme, car si le prix de l’énergie est aujourd’huicompétitif en France, qu’en sera-t-il demain si onréduit la part du nucléaire dans le mix énergétique ?Ainsi, la transition vers un nouveau mix énergétiquedevra reposer sur un équilibre subtil entre lesinvestissements destinés au nucléaire et ceuxorientés vers les énergies renouvelables, afin demaîtriser l’éventuel impact haussier sur les tarifsénergétiques.C’est dans le domaine de l’éco-conception et del’économie circulaire que la France est la plus enpointe, grâce notamment à des incitations telles quel’expérimentation de l’affichage environnementalsur les produits de consommation courante, oules obligations de reporting environnemental.Au-delà des coûts et des investissements induitspour les entreprises, la dynamique vertueuse detelles mesures n’est plus à démontrer : incitantles entreprises à améliorer leurs performancesenvironnementales, elles leur permettent d’optimiserleur efficacité sur toute la chaîne de valeur, maissurtout de garder une longueur d’avance eninnovant pour concevoir des nouveaux produitsverts. Des produits qui sont moins sensiblesau prix des matières premières et de l’énergieet auront également un impact économique etenvironnemental moindre en fin de vie. Le recyclage,la biomasse ou encore la chimie verte, sont autantde filières prometteuses portées aujourd’hui par deschampions français qui renforcent l’attractivité dusite France à l’international.Baromètre de lattractivité France 201336Actions
  • 39. Lorsque létat-major de TCS a réfléchi à uninvestissement en Europe, il avait en têtedeux destinations privilégiées : la Franceet lAllemagne, deux marchés attractifsnon seulement en termes de PIB maisaussi de potentiel de développement delexternalisation IT. Le marché françaisrecèle par ailleurs un réservoir de talentsde grande qualité, ce qui est essentiel à nosyeux, notamment pour développer un « frontoffice » solide, susceptible de générer dela croissance organique. Notre crédibilitéainsi conquise grâce à la qualité de notre« front office », nous pouvions passer àlétape supérieure avec des acquisitionsciblées comme nous venons de le faire avecle rachat dAlti, un spécialiste SAP, testing,BI. Depuis trois ans, nous avons créé quelque150 postes en France et les personnesrecrutées sont toutes dotées dune formationde qualité et dune bonne expérience dumarché. Nous venons de décider de recruterdes spécialistes de la mobilité et du big dataet avons noué un partenariat mondial avecune PME française dont les solutions sontparticulièrement innovantes. Ce vivier faitde la France une excellente terre daccueilpour les activités de R&D et nous souhaitonscontinuer dinvestir.Bien sûr, il faut surmonter les barrièresnaturelles de la langue ou de la culture,mais il ny a pas en France de barrièresartificielles : il est possible de créeraisément une entreprise, de développerson activité et de faire venir descollaborateurs indiens. En outre, la Franceest le lieu rêvé pour implanter une directiongénérale pour lEurope ou pour les paysfrancophones. Par ailleurs, la politiquefiscale et sociale locale ne pèse pas surnotre activité. Notre stratégie sinscritdans le long terme et à long terme laconvergence est réciproque : TCS sadapteaux besoins du marché français tandisque les entreprises françaises deviennentde plus en plus globales. En outre, noussommes soutenus par les agencesgouvernementales soucieuses de faciliternotre développement. C’est pourquoi jepense que nous sommes l’avant-garde d’unmouvement d’investissements indiens enFrance. Si javais un souhait à formuler,ce serait que les entreprises françaisesprennent leurs décisions un peu plusrapidement !Kumar NarayananDirecteur général de TCS FrancePoint de vueLe marché français, un vivierde talents de grande qualité“La France est le lieurêvé pour implanter unedirection générale pourlEurope ou pour lespays francophones.”France : dernier appel 37www.ey.com/attractiveness
  • 40. Révolutions locales pour attractivité nationaleAvec 37% des projets d’implantationétrangère sur le sol français, l’Ile-de-France continue de dominer trèslargement le paysage hexagonal.LIle-de-France est, derrière le Grand Londres,la 2èmerégion européenne en nombre d’IDE.Paris est d’ailleurs considérée par 34% desrépondants du Baromètre Ernst & Youngde l’attractivité de l’Europe 2013 comme laville la plus attractive du continent, derrièreLondres certes (49%), mais nettement devantBerlin (20%). Pour autant, la région enregistreun recul du nombre d’implantations (de204 en 2011 à 174 en 2012), pénaliséepar les difficultés rencontrées par le secteurautomobile, historiquement présent, et par lesservices financiers (banque, assurance).Certains territoires régionaux tirent leurépingle du jeu dans un contexte nationalet international difficile.Rhône-Alpes, Aquitaine, Nord-Pas-de-Calais, Midi-Pyrénées ou Pays-de-la-Loirefont preuve d’un dynamisme qui ne peutnéanmoins masquer le recul d’autresrégions, plus durement touchées par la crise(Lorraine, Picardie, Centre ou Champagne-Ardenne, notamment).Certaines de ces régions n’ont pas attendula mobilisation nationale pour proposerdes solutions efficaces de promotion etde prospection économiques, preuvesdune prise de conscience locale que lacompétition ne se joue plus seulementà léchelle nationale mais également auniveau des territoires. Leurs stratégiesprennent appui sur les leviers decompétitivité cités par les investisseursinternationaux : des infrastructures detransport et de télécommunicationsde premier ordre (51%), des pôlesuniversitaires de renommée internationale(48%), des parcs d’activité innovants et unedisponibilité immobilière adaptée (40%)...Autant de facteurs qui se révèlent encoreplus déterminants cette année.Dans les grandes agglomérations sedéveloppent des quartiers connectés etdes pôles de recherche performants etsectorisés, soutenus par des politiquesd’attractivité locales actives.En témoignent, par exemple, lesperformances de l’agglomération lyonnaisequi a annoncé pour l’année 2012 lesmeilleurs résultats de son histoire, avec 71projets créateurs de 1 800 emplois directset probablement plus de 4 000 emplois2012 2013Source : Baromètre Ernst & Young de l’Attractivité du site France 2013 (212 répondants)Des infrastructures de transport et de télécommunications de premier ordre 37% 51%Des pôles universitaires de renommée internationale 37% 48%Des parcs dactivité innovants et la disponibilité dimmobilier dentreprise adapté 30% 40%Une très bonne qualité de vie 22% 19%De grands projets urbains et de grands équipements (culturels, sportifs...) 13% 15%Aucun 1% 1%NSP 9% 7%Leviers de compétitivité des métropoles françaisesSur quels leviers les métropoles françaises doivent-elles sappuyer pour développer leur compétitivité au niveau européen ?Villes challengers de ParisLyon 60%Marseille - Aix-en-Provence 24%Toulouse 22%Lille 13%Bordeaux 9%Nantes 8%Strasbourg 6%Nice 5%Rennes 2%Grenoble 1%Autres 3%Aucune 2%NSP 19%Source : Baromètre Ernst & Young de l’Attractivité du site France 2013 (212 répondants)Baromètre de lattractivité France 201338Actions
  • 41. En Aquitaine comme ailleurs, la meilleure manière dattirer les investisseurs étrangers,cest de développer notre industrie, de mettre en valeur nos technologies, à travers despriorités stratégiques centrées sur les activités du futur. Trop occupée à se battre sur dessecteurs en déclin, la France risque de prendre du retard sur les technologies davenir.La réussite d’un développement régional autour de ces filières dexcellence passe d’abordpar léducation, et en particulier luniversité. Notre région consacre 10% de son budget,soit 110 à 130 millions deuros, à lenseignement supérieur et à la recherche afin dedonner aux universités dAquitaine un rayonnement et un niveau internationaux.Nous avons notamment créé un Institut Européen de Chimie et de Biologie, unlaboratoire sur la chimie organique, un autre sur lenvironnement. Nous avons aussiinauguré récemment une grande école dingénieurs à lInstitut Supérieur dOptique.La recherche se veut ouverte sur le monde et une dizaine de chaires dexcellence yaccueillent des scientifiques de renommée internationale en tant qu’enseignants ouchercheurs. En s’implantant en France, c’est avant tout un niveau d’excellence et dessavoir-faire locaux que les entreprises étrangères viennent chercher. Or aujourd’hui, ellessinquiètent de constater que, progressivement, cet atout est en train de disparaître.Enfin, le succès de ces filières d’excellence repose sur les synergies étroites etcomplémentaires développées au sein du triptyque formation-recherche-industrie. C’estdans cette optique que des pôles de compétitivité, intégrant des établissements deformation, des laboratoires de recherche et des entreprises, ont vu le jour pour encouragerles projets collaboratifs et innovants. Dans la région, ces pôles concentrent des expertisesà haute valeur ajoutée aussi bien dans des technologies de pointe comme le laser (Routedes lasers), laéronautique, l’espace et les systèmes embarqués (Aerospace Valley), lescomposites (Aquitaine Composite), la biotechnologie et la santé, que des secteurs plustraditionnels, tels le bois et la forêt, la vigne et le vin ou encore lagroalimentaire. Danscette région dotée datouts incontestables (énergies renouvelables, vigne et vin, sports deglisse, drones, etc), une vingtaine de clusters ont ou devraient voir le jour, avec un objectifclair : favoriser les synergies pour explorer de nouveaux domaines, développer de nouvellescompétences et jouer la diversification pour attirer les investissements.“Le succès des filières d’excellence repose sur lessynergies étroites et complémentaires développéesau sein du triptyque formation-recherche-industrie.”Alain RoussetPrésident du Conseil régional dAquitainePoint de vueParier sur lestechnologiesdavenirClassement des régionseuropéennesRang Région Nombrede projets1 Greater London (London) 3132 Ile-de-France (Paris) 1743 Cataluna (Barcelona) 1164 Madrid (Madrid) 935 Dusseldorf (Dusseldorf) 846 Stuttgart 817 Dublin (Dublin) 728 Freiburg 719 Rhône-Alpes (Lyon) 7010 Noord-Holland (Amsterdam) 6828 Aquitaine 2731 Pays de la Loire 2532 Alsace 24Autres 2 655Source : European Investment Monitor,Ernst & Young, 2013.en comptant les emplois indirects15. Desrésultats qui lui ont permis de conforter sonstatut de « premier challenger de Paris »pour 60% des investisseurs étrangersinterrogés. Une tendance qui semble seconfirmer sur le terrain : en 2012, la RégionRhône-Alpes a attiré 8 centres de décision,contre seulement 2 en 2011. Les chefsd’entreprise expriment d’ailleurs une grandeconfiance dans la capacité de gestion deséchelons locaux pour les mesures d’aide àl’innovation : 47% des dirigeants interrogésdans le cadre de l’étude Moving EuropeForward, Innovating for a Prosperous Futureestiment en effet que les mesures sont plusefficaces quand elles sont gérées au niveaulocal (régions, départements) qu’au niveaunational, contre 22% pour la moyenneeuropéenne16.15.  Rapport dactivité 2012, ADERLY.16.  Moving Europe forward, Innovating for a prosperous future,Ernst & Young, CEPS, avril 2013.France : dernier appel 39www.ey.com/attractiveness
  • 42. La révolution par la différenciationLes résultats du baromètre 2013 del’attractivité du site France confirmentl’idée que le pays dispose d’argumentsde taille pour jouer dans une compétitionmondiale.Sa localisation géographique (1eratout cité),sa qualité de vie (3ème), ses infrastructures(4ème) sont autant d’atouts mis en avantpar les investisseurs étrangers comme desolides avantages comparatifs par rapportà ses voisins et concurrents. Ils saluentégalement le niveau de qualification de lamain-d’œuvre française (2ème) et mettenten valeur les compétences managériales, lacréativité et le haut niveau d’éducation destalents français. Ils insistent enfin sur lesfortes spécificités sectorielles à haute valeurajoutée, piliers, selon eux, de l’attractivitéfrançaise dans les années à venir.Car c’est dans sa capacité à faire éclore desmoteurs et des acteurs mondiaux dans dessecteurs qui feront la différence à horizon2015, 2020, voire 2030, que la Francepuisera la dynamique du redressement desa croissance et de sa compétitivité. Cesleaders de demain sont nos PME et ETI, quipourront aborder le terrain de jeu mondial sielles bénéficient d’un effet d’entraînement,encouragées par des rapprochements avecnos grands fleurons industriels.A ce jour, on observe, il est vrai, unaffaiblissement des grands championsfrançais sur la scène internationale : si40 groupes français se plaçaient dans lepalmarès du Fortune 500 en 2009, ils sont32 en 2012. Toutefois, la France reste lepremier pays européen du classement – àégalité, en 2012, avec l’Allemagne. Lessecteurs perçus comme moteurs par lesinvestisseurs interrogés sont, à ce titre,révélateurs : l’énergie, secteur dans lequella France compte trois leaders mondiaux,Les 8 secteurs moteurs de l’attractivitéSelon vous, quel sera le secteur moteur de lattractivité française en 2013/2014 ?Source : Baromètre Ernst & Young de l’Attractivité du site France 2013 (212 répondants).Lénergie (dont le nucléaire) et les "utilities" 13%Les services aux entreprises hors secteur financier (TIC, conseil, audit...) 12%Les technologies de linformation et de la communication, TIC 11%Les éco-activités, les technologies vertes et lenvironnement 11%Lindustrie pharmaceutique et les biotechnologies 9%Lindustrie des transports (ferroviaire, automobile, aéronautique) 8%Les biens de consommation 7%Lindustrie du divertissement et industrie créative (média, théâtre...) 7%Autres 12%Aucun 2%NSP 7%Les atouts de la France sur la scène mondialeQuest-ce que la France a de plus que ses concurrents dans la compétition mondialepour améliorer son attractivité ?Source : Baromètre Ernst & Young de l’attractivité du site France 2013 (Base: 58 personnes ayant déclaréque lintérêt présenté par la France pour limplantation et le développement de leur entreprise allaitfortement ou plutôt saméliorer)Une bonne localisation géographique 13%Une main doeuvre qualifiée 9%Une qualité de vie/Pays développé 9%Un réseau dinfrastructures de transports développé 9%Un marché intérieur important et développé 8%Une capacité dinnovation 7%Un fort tourisme et une bonne gastronomie 6%La compétence de ses ingénieurs 5%Une bonne productivité de la main dœuvre 5%Membre de lUnion Européenne 4%La qualité de ses produits et de ses services 4%Autre 13%NSP 23%Baromètre de lattractivité France 201340Actions
  • 43. Lindustrie du médicament est lun dessecteurs dans lesquels la France continuede bénéficier dune forte reconnaissanceinternationale. Notre pays est très bienpositionné en termes de recherche et deproduction, et il reste dans le peloton detête dans des domaines thérapeutiquesaussi majeurs que le cancer ou les vaccins.Nous avons de grandes universités,dexcellents chercheurs, des infrastructuresreconnues pour leur qualité et donc tous lesatouts entre nos mains pour réussir.Mais la France ne capitalise que troppeu sur cette excellence et devient souventdissuasive pour les investisseurs du faitdu manque de visibilité et de lisibilité deses politiques publiques, notamment entermes de régulation et de fiscalité. Ladépense médicament est ainsi, notammentdepuis deux ans, souvent considéréecomme une simple variable dajustementdans le cadre de la loi de financement dela sécurité sociale. Nos entreprises sontconfrontées à de nouvelles contributions etde nouvelles taxes spécifiques au secteurqui fragilisent leur compétitivité et rendentlenvironnement français illisible et incertainau plan international.Par ailleurs, le recul notable delinfluence française en termes dévaluationdu médicament constitue un frein auxinvestissements internationaux. Ainsi, lenombre de dossiers dautorisation de misesur le marché dont la France est rapporteurou co-rapporteur au niveau européensest effondré. Lagence française, qui sesituait en nombre de dossiers au niveau deson homologue allemande, juste derrièrele Royaume-Uni, se place désormais auxcôtés de Malte ou de Chypre ! Si notrepays nest plus choisi comme référenten Europe, il perdra de plus en plus sonattractivité pour les investissements enR&D avec, pour corollaire, un délai accrupour laccès des patients français auprogrès thérapeutique.Hervé GisserotPrésident du Leem (Les Entreprises du médicament)Point de vueL’Etat stratège doit fixerun cap pour les prochainesdécennies“Nous avons degrandes universités,dexcellents chercheurs,des infrastructuresreconnues pourleur qualité.”les services aux entreprises et technologiesde l’information, secteurs les plus attractifspour les investissements étrangers en2012… mais aussi les transports, domainedans lequel la France excelle avec desleaders reconnus dans le ferroviaire etl’aéronautique.Au-delà de ces atouts, la question dumarketing de la « marque France » prendtoute son importance dans un contexteoù le déficit d’image de notre paysest très fréquemment évoqué. Si descampagnes de communication ont déjàété mises en œuvre, il s’agit désormaisd’aller plus loin à travers le déploiementd’une stratégie forte et cohérente de« marketing pays ». Communiqueren priorité auprès des investisseurs,mais aussi faciliter le relais quotidien,individuel, entre des milliers de décideurs,leaders d’opinion, cadres ou étudiants :ils sont les premiers ambassadeurs del’attractivité de la France. Avec, en lieuet place d’une posture défensive, voireprotectionniste, des priorités assumées :moderniser l’argumentaire du site France,oser la différenciation et affirmer lepositionnement international du pays.France : dernier appel 41www.ey.com/attractiveness
  • 44. Entrepreneurs révolutionnairesPrès d’un tiers des investisseurs étrangers interrogés estimeque l’entrepreneuriat et l’esprit d’entreprise sont les atouts quipermettront à la France de peser dans l’économie mondiale.Les investisseurs voient l’entrepreneuriat et l’esprit d’entreprisecomme le 2èmeatout - juste derrière l’innovation - qui permettraà la France de faire davantage entendre sa voix dans l’économiemondiale. Si l’innovation a toujours été perçue positivementcomme un des ressorts majeurs de la compétitivité française,spontanément cité par les investisseurs, l’entrepreneuriat estun élément nouveau compte-tenu du fait que la France souffrehistoriquement d’un déficit d’image en la matière. Lalliance deces deux atouts représente un axe de développement solide pourrenforcer l’attractivité et la compétitivité de la France.Si, en France, les jeunes diplômés ont encore tendance à privilégierla stabilité professionnelle à la prise de risque associée à l’aventureentrepreneuriale, le Baromètre Ernst & Young de l’Entrepreneuriatmontre que notre pays a entamé une (r)évolution afin de favoriserla croissance d’un écosystème favorable au développement del’entrepreneuriat : ainsi, 68% des entrepreneurs français pensentque l’enseignement et les formations dédiés à l’entrepreneuriat sesont améliorés au cours des cinq dernières années en France17. Unélément fondamental pour lavenir dans la mesure où cet espritentrepreneurial pourrait permettre à la France de surmonter enfinun défaut qui lui est reproché depuis longtemps : son incapacitéchronique à transformer la myriade d’innovations qui voit le jourchaque année en France en biens et services commercialisablestant sur le marché français qu’à l’international.17.  Les entrepreneurs lancent un appel aux gouvernements du G20, Baromètre de l’entrepreneuriatNice Côte d’Azur 2011, Ernst & Young, 2011.Or, tandis que la création d’entreprise est un vecteur importantde renouvellement et de croissance économique, la France estencore derrière ses concurrents, principalement en raison du tropfaible taux de survie des entreprises et d’une carence en nombred’entreprises de taille intermédiaire (ETI) : le rapport en nombred’ETI entre la France est l’Allemagne est de 1 à 3.Toujours selon ce baromètre, 82% des entrepreneurs estimentque ce sont les mesures en faveur de l’innovation qui permettrontà la France de renouer avec une croissance durable. Un point surlequel la France est plutôt bien positionnée, notamment grâceau Crédit d’Impôt Recherche jugé par les sondés comme l’un desmeilleurs systèmes d’allègement fiscal des pays du G20. C’est doncen associant innovation et entrepreneuriat, à travers des dispositifsd’accompagnement mais aussi des formations adaptées, que laFrance pourra valoriser ces atouts, aujourd’hui certes reconnus àl’international, mais encore insuffisamment encouragés. Reconnaîtrequ’innovation et entrepreneuriat sont indissociables, c’est permettreaux entrepreneurs de donner vie aux innovations tout en préservantet en créant des emplois. Une stratégie qui doit s’inscrire dans ladurée pour pérenniser le développement des entreprises nées de cesvolontés entrepreneuriales.Source : Baromètre Ernst & Young de l’Attractivité du site France 2012 (205 répondants) / Baromètre Ernst & Young de l’Attractivité du siteFrance 2013 (212 répondants).SpécialisationsectorielleEsprit d’entrepriseCapacité d’innovation2012201333%29% 30%20%24%18%42%OuvertureinternationaleFormation etattraction de talentsLes leviers de la compétitivité et de l’attractivité des territoiresSelon vous, quels sont les atouts qui permettront à la France de renforcer son rôle dans léconomie mondiale ?30%28%24%Baromètre de lattractivité France 201342Actions
  • 45. La taxation des plus-values a frappé lesesprits parmi les investisseurs étrangers.Mais, plus grave encore, cette fiscalité incitede plus en plus de jeunes diplômés françaisà tenter leur chance ailleurs dès la fin deleurs études, à Londres ou autre part, pourdémarrer leur activité. La France a enfantéune nouvelle génération qui voit son saluthors de son giron, estimant quelle aurapeu de chances dy récolter le fruit de sontravail dans de bonnes conditions en raisondu niveau atteint par la fiscalité sur les plus-values de cession. Cest un très mauvaissignal pour la dynamique entrepreneurialeen France car cest la prospérité futurequi sen va. Avec cet alourdissement dela fiscalité, le risque de rétroactivité quiinquiète toujours les investisseurs et lacomplexité du dispositif (en France, le codefiscal ne compte pas moins de 40 000pages) constituent, à mon sens, les troisfreins majeurs à lattractivité française.Il est urgent de mettre en placeune fiscalité qui exprime la volonté dedévelopper lentrepreneuriat. Par ailleurs,les entreprises ont besoin dun marchédu travail plus fluide et flexible afin depouvoir ajuster leur voilure en fonctionde leurs carnets de commandes et de laconjoncture. Toutes les études réaliséessur le sujet montrent que, dans les paysdotés dune législation du travail flexible,les entreprises sont en mesure de serestructurer et de rebondir plus vite unefois que les signaux économiques repassentau vert. Aujourdhui, les investisseursétrangers partagent le sentiment quil ya de bonnes raisons dinvestir en France(infrastructures, éducation, productivité...),mais ils anticipent aussi les difficultés quilsy rencontreront le jour où ils auront besoinde se restructurer. Si laccord nationalinterprofessionnel signé en janvier 2013 estun premier pas encourageant, il faudra allerencore plus loin.Alain DehazePrésident-directeur général d’Adecco France“Il est urgent demettre en place unefiscalité qui exprime lavolonté de développerlentrepreneuriat.”Point de vueIl faut rémunérer la prisede risque pour encouragerlentrepreneuriatFrance : dernier appel 43www.ey.com/attractiveness
  • 46. La société françaiseavance plus vite avecses jambes quelle nele croit avec sa têteLes Français pensent que nous sommes en déclin, sont lesplus pessimistes au monde, estiment que la globalisation nouspénalise, contrairement aux leaders économiques et d’opinioninternationaux, mais ils considèrent aussi que nous pourrionsen sortir. Voilà le paradoxe français. En travaillant sur l’image etl’attractivité des territoires, jobserve une tension très forte entreles représentations collectives dominées par le pessimisme,le déclinisme au risque du corporatisme, et ce qui se passesur le terrain. La France est historiquement un assemblage demosaïques, et cest le mode dassemblage politique qui est encrise et fabrique ce pessimisme parce que nos dirigeants neprennent pas suffisamment en compte limaginaire collectif desFrançais (le dépassement) et se révèlent incapables de le projeterpour activer notre génie collectif.Sur le terrain, il en va tout autrement et tout investisseur doitêtre conscient de cette singularité française. L’inquiétudeexistentielle collective nentame pas notre capacité à nousrassembler autour dun projet commun. Au sommet, les élitesse disputent sur lavenir de lindustrie française, mais les chefsdentreprises, français et étrangers, qui travaillent au plan localsavent que nos ouvriers, nos ingénieurs ont un savoir-faire,une capacité à se mettre en mouvement, à se mobiliser sur unprojet pour peu que leurs dirigeants se soient montrés capablesde sentir et de sapproprier lesprit du lieu, du métier, dusecteur, de la culture d’entreprise. Aux six coins de lHexagone,il y a ainsi, des maires, des élus locaux, des chefs dentreprisequi savent mobiliser le génie du lieu pour rendre innovantsles créateurs de valeur à partir de l’idée que chacun se fait dutravail bien fait, de la création et de l’innovation... De facto,la société française avance plus vite avec ses jambes quelle nele croit avec sa tête ! Cest pourquoi je suis pessimiste à légardde certaines de nos élites mais optimiste à légard de la sociétéet de ses acteurs.“L’inquiétude existentiellecollective nentame pas notrecapacité à nous rassemblerautour dun projet commun.”Stéphane RozèsPolitologue, Président de Conseils, analyses et perspectives (Cap),professeur à HEC et à Sciences-PoOuvertureBaromètre de lattractivité France 201344Actions
  • 47. France : dernier appel 45www.ey.com/attractiveness
  • 48. MéthodologieLe Baromètre de l’attractivité du site France 2013 s’articule autour d’une double analyse :• d’une part, l’analyse des grandesévolutions des flux d’investissementsétrangers en Europe et en France. La basede données « Ernst & Young EuropeanInvestment Monitor 2013 » recense lenombre d’implantations sur site. Pourles besoins de l’analyse, des sourcescomplémentaires reconnues sont égalementutilisées : CNUCED, Eurostat, INSEE, Xerfi...• d’autre part, l’analyse de la perceptionet des attentes des grands décideursinternationaux à travers une enquêteconduite par l’institut CSA qui interrogepar téléphone les décideurs internationauxselon le système CATI – Computer AssistedTelephonic Interviews. Du 21 février au4 mars 2013, ce sont 212 dirigeantsd’entreprises qui ont été interrogés, dans25 pays différents et dans 3 langues.Un échantillon représentatif desinvestissements internationauxDes entreprises interrogées de diversesorigines géographiques mais en grandepartie (50%) issues d’Europe occidentalequi offrent un reflet pertinent du tissuéconomique français et de ses grandssecteurs d’activité.Des entreprises de tailles variées par leurchiffre d’affaires représentées par despostes divers.Méthodologie de recensement desimplantations de projets et descréations d’emploisDepuis 1997, Ernst & Young, en partenariatavec le cabinet Oxford Intelligence, recensele nombre d’implantations de projetsd’investisseurs étrangers sur chaqueterritoire, prenant en compte uniquementles annonces publiques et fermesd’investissements porteuses de créationsd’emplois nouveaux.D’autres méthodes peuvent être utiliséespour le recensement de ce type de projets,comme celle de l’Agence Française pourles Investissements Internationaux (AFII).L’AFII recense, en plus des emplois créés, lesemplois « maintenus » par les investisseursétrangers en France. De plus, elle présenteles créations et les sauvegardes d’emploisprojetées sur 3 ans, alors que l’EIM seconcentre sur les données au démarragedes projets et ce, dans tous les payseuropéens. Enfin, l’écart s’explique par lanature des projets retenus par l’AFII qui nele sont pas forcément par l’EIM (hôtellerie,distribution, restauration...).Globalement, les tests de qualité etles croisements réalisés auprès desentreprises pour la constitution de la basede données EIM permettent de garantir unniveau d’exhaustivité et de comparabilitéunique en Europe.Baromètre de lattractivité France 201346Méthodologie
  • 49. Industrie, automobileet énergie39%Autres2%50%Directeur financier50%Europe occidentale21%Services aux entrepriseset aux particuliers18%Grande consommationDirecteur de la stratégie3%Président3%Directeur des investissements2%Directeur de département4%Directeur de la communication6%Directeur d’unité5%10%Directeur général10%Directeur marketing6%Directeur du développementIndustries chimiqueset pharmaceutiques14%Infrastructures et équipementsde télécommunicationset haute technologie6%OrigineMoins de 150M€38%42%De 150M€ à 1,5Md€Plus de 1,5Md€20%Chiffre d’affairesFonction Secteur d’activitéProfil des entreprises interrogéesSource : Baromètre Ernst & Young 2013 de l’attractivité du site France (212 répondants).Amérique latine1%Europe centrale et orientale1%Afrique du Nord et Moyen-Orient2%26%Amérique du NordAsie12%Europe du Nord7%Océanie1%France : dernier appel 47www.ey.com/attractiveness
  • 50. Ernst & YoungErnst & Young, entreprise sans frontièresLes grandes évolutions démographiques et les flux de capitauxsont en train de rebattre les cartes de l’économie mondiale etde profondément changer nos sociétés. Autant d’évolutionsqui imposent un nouveau rythme aux entreprises, qui, pours’adapter, doivent imaginer de nouveaux modèles. C’est pourrépondre à ces défis qu’Ernst & Young a souhaité refléter lesgrands bouleversements économiques mondiaux dans sa propreorganisation, afin de faire correspondre son offre de services auxbesoins actuels et futurs de ses clients.Ernst & Young se distingue ainsi de tous les autres acteurs dumarché grâce à la force et à l’agilité de son organisation en réseau,qui recouvre quatre grandes zones opérationnelles (Amériques,EMEIA, Asie-Pacifique et Japon). La France est intégrée à la zoneEMEIA (Europe, Moyen-Orient, Inde et Afrique). Ce choix permetde donner une plus grande place au partage des compétences etdes résultats. Il fait de notre cabinet le réseau pluridisciplinaire leplus intégré sur le plan international, gage d’une même excellencepartout dans le monde.A l’écoute des spécificités locales et sectorielles des entreprises,les équipes d’Ernst & Young partagent un même engagement pourla qualité et l’innovation pour accompagner les leaders d’aujourd’huiet de demain.International Location AdvisoryServicesL’équipe ILAS (International Location Advisory Services)dErnst & Young accompagne les entreprises dans leurs stratégies dedéveloppement à l’international. Son approche unique et sur mesurede limplantation à linternational va au-delà des seuls aspects decoûts et de fiscalité pour intégrer, dans une analyse multicritères,l’ensemble des composantes opérationnelles liées à l’implantationà l’international : risques géopolitiques et opportunités de marché,qualité des infrastructures et des technologies, disponibilité desressources humaines, aides publiques à l’implantation, immobilier,effets clusters... Forte de son réseau international de professionnelset de son expérience développée sur le terrain depuis plus de 20 ansauprès des autorités publiques et acteurs clés, léquipe ILAS aide lesentreprises à faire les bons choix à long terme.Les baromètres Ernst & Youngde lattractivitéAfrique, Allemagne, Belgique, Brésil, Europe, France, Inde,Kazakhstan, Moyen-Orient, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni,Russie, Suisse et Turquie : chaque année, Ernst & Young mesurel’attractivité de 15 pays ou régions dans le monde, aussi biendans les économies matures que dans les pays émergents età croissance rapide. Ces études présentent une analyse desinvestissements directs étrangers dans les pays observés etdécryptent les raisons qui ont présidé au choix des investisseurs.Baromètre de lattractivité France 201348
  • 51. ContactsMarc LhermitteAssocié, Ernst & Young AdvisoryGlobal Lead — Attractiveness and CompetitivenessTél. : + 33 1 46 93 72 76Email : marc.lhermitte@fr.ey.comSophie MeynierRelations presseTél. : +33 1 46 93 63 53Email : sophie.meynier@fr.ey.comMarie-Armelle BénitoMarketingTél. : +33 1 55 61 35 45Email : marie.armelle.benito@fr.ey.comCette étude a été réalisée par Ernst & Young,sous la direction de Marc Lhermitte, Vincent Raufastet Pauline Durand, avec la participation de StéphaneBaller, Marie-Paule Bahier, Ross Tieman, EmmanuelleRaveau, Sophie Meynier, Juliette Gayraud, Francede Roquemaurel, Marie-Armelle Bénito, CorinneDreux, Pierre Jarrige, Christophe Hemery et avecla collaboration de Yves-Marie Cann, Aurélie Mohorcicet les équipes de l’institut CSA.Growing BeyondFace à l’incertitude économique actuelle,il existe de nombreuses opportunitésde croissance. A travers le programmeGrowing Beyond, Ernst & Young analysecomment les entreprises — grandes oupetites — peuvent saisir ces opportunités,conquérir de nouveaux marchés,renouveler leur façon d’innoveret mettre à profit leur talent. Pourdécouvrir ces opportunités concrètesde croissance, rendez-vous surwww.ey.com/growingbeyondErnst & YoungAudit | Conseil | Fiscalité & Droit | TransactionsErnst & Young est un des leaders mondiauxde l’audit et du conseil, de la fiscalité etdu droit, des transactions. Partout dansle monde, nos 167 000 professionnelsassocient nos fortes valeurs communesà un ferme engagement pour la qualité.Nous faisons la différence en aidantnos collaborateurs, nos clientset tous nos interlocuteurs à réaliserleur potentiel.Ernst & Young désigne les membresd’Ernst & Young Global Limited, dontchacun est une entité juridique distincte.Ernst & Young Global Limited, sociétébritannique à responsabilité limitée pargarantie, ne fournit pas de prestationsaux clients. Retrouvez plus d’informationssur notre organisation : www.ey.comErnst & Young est une marque déposéeau niveau mondial.Cette étude est la propriété dErnst & YoungAdvisory. Sa reproduction est interdite sanslautorisation expresse dErnst & YoungAdvisory.© 2013 Ernst & Young Advisory.Tous droits réservés.Score France n°13-022Cette publication présente une synthèse d’éléments dontla forme résumée a valeur d’information générale.Elle n’a pas vocation à se substituer à une rechercheapprofondie ou au jugement d’un professionnel.Ni EYGM Limited, ni aucun autre membre del’organisation mondiale Ernst & Young ne pourra êtretenu pour responsable d’un dommage occasionnéà quiconque aurait agi ou s’en serait abstenu en fonctionde son contenu. Pour toute précision utile, consulterle professionnel approprié.