Your SlideShare is downloading. ×
  • Like
Le Temps.Ch | «Connais Ton Employé», Plus Facile à Dire Qu’à Mettre En Pratique Pour Les Banques
Upcoming SlideShare
Loading in...5
×

Thanks for flagging this SlideShare!

Oops! An error has occurred.

×

Now you can save presentations on your phone or tablet

Available for both IPhone and Android

Text the download link to your phone

Standard text messaging rates apply

Le Temps.Ch | «Connais Ton Employé», Plus Facile à Dire Qu’à Mettre En Pratique Pour Les Banques

  • 399 views
Published

 

  • Full Name Full Name Comment goes here.
    Are you sure you want to
    Your message goes here
    Be the first to comment
    Be the first to like this
No Downloads

Views

Total Views
399
On SlideShare
0
From Embeds
0
Number of Embeds
1

Actions

Shares
Downloads
2
Comments
0
Likes
0

Embeds 0

No embeds

Report content

Flagged as inappropriate Flag as inappropriate
Flag as inappropriate

Select your reason for flagging this presentation as inappropriate.

Cancel
    No notes for slide

Transcript

  • 1. LeTemps.ch | «Connais ton employé», plus facile à dire qu’à mettre en pratique pour les banques 4/11/11 7:38 AM Fraude Lundi11 avril 2011 «Connais ton employé», plus facile à dire qu’à mettre en pratique pour les banques Par Jean - Claude Péclet La loyauté diminue. Les contrôles internes sont un délicat exercice d’équilibre entre efficacité et protection de la sphère privée En 2010, plus de 50 affaires de fraude ont été portées devant la justice suisse, pour un préjudice total estimé à 350 millions de francs. La majorité d’entre elles concernaient des institutions financières et ne représentaient que la pointe de l’iceberg: les autres se soldent par un arrangement, ou ne sont pas découvertes. Pour les banques, gérer la criminalité économique devient un casse-tête. Les sources d’actes illégaux dont elles assument les dégâts d’image sont multiples: clients en marge de la loi, employés ou partenaires commerciaux indélicats, tiers espions. La crise financière a engendré des cas de figure qui paraissaient inimaginables il y a quelques années. L’enquête ouverte contre un employé de Credit Suisse qui a transmis l’identité de 1500 clients aux autorités allemandes révèle que celles- ci ont recruté un intermédiaire dans ce but (LT du 01.04.2011). Démasqué et arrêté grâce au tuyau d’un service anti-blanchiment étranger, l’homme s’est pendu dans sa cellule en octobre 2010. Un scénario digne d’un James Bond. «Depuis les attentats du 11 septembre 2001, il est évident que les banques sont infiltrées, dit Marc Henzelin, associé de l’étude d’avocats Lalive. La nouveauté est que le champ du renseignement s’est élargi de la lutte antiterroriste à la fiscalité.» Face à cette évolution, certains directeurs d’établissement affirmaient encore, il n’y a pas si longtemps, que «chez nous, les employés sont honnêtes». Après les affaires UBS (Bradley Birkenfeld), HSBC (Hervé Falciani), Julius Baer (Rudolf Elmer) et maintenant Credit Suisse, la naïveté ou le déni ne sont plus de mise. Les banques vont-elles se muer en agences de contre-espionnage? La loi anti-blanchiment les obligeait à détecter les clients «sensibles» (procédé abrégé KYC, «know your customer» en anglais). S’y ajoutent aujourd’hui des contrôles «know your employee» (KYE, «connais ton employé» en français), plus délicats parce qu’ils touchent aux relations de confiance au sein de l’entreprise et se heurtent à la protection de la sphère privée. Les banques préfèrent pour cela s’adjoindre des compétences extérieures, ce qui explique la forte fréquentation du séminaire organisé par Scalaris, fin mars à Genève. Rachetée par ses cadres en 2004, cette société d’intelligence économique basée à Zurich est née de la rencontre de deux spécialistes. Andrea Galli, son directeur, a plus de quinze ans d’expérience dans l’analyse des systèmes informatiques à des fins d’enquêtes criminelles («IT forensic» en anglais), et enseigne à l’Université de Lucerne. Son partenaire Michael Alkalay a travaillé pour la Police fédérale et l’armée, puis a mis sur pied l’unité d’intelligence économique UBS au début des années 2000; il dirige aussihttp://www.letemps.ch/Facet/print/Uuid/9974e67c-63b2-11e0-aa66-8a…mployé_plus_facile_à_dire_quà_mettre_en_pratique_pour_les_banques Page 1 of 3
  • 2. LeTemps.ch | «Connais ton employé», plus facile à dire qu’à mettre en pratique pour les banques 4/11/11 7:38 AM Aysec Services, spécialisée dans l’intelligence humaine (HUMINT), et enseigne à Lucerne. La clientèle de Scalaris – dont Credit Suisse Private Banking pour la partie «KYC» et l’armée – se recrute surtout en Suisse, un peu en Autriche, auprès des banques, bureaux d’avocats et de l’industrie. La société emploie une centaine de collaborateurs et travaille avec des réseaux partenaires, en particulier russe et est-européens, nombre d’agents s’y étant reconvertis dans le privé. A partir d’un soupçon, comment se déroule une enquête? La première démarche consiste évidemment à scruter et recouper les sources ouvertes. Mais si les bases de données comme LexisNexis ou World-Check sont indispensables pour détecter les clients «politiquement exposés», elles sont d’un maigre secours à l’interne. On passe donc rapidement à la deuxième étape: l’analyse approfondie d’un disque dur d’ordinateur ou de courriels échangés. Parfois, ces techniques dites «IT forensic» permettent de confondre un employé indélicat. C’est ce qui est arrivé à un gérant de fortune après que les héritiers d’un client décédé eurent constaté que 80% de la somme gérée avait mystérieusement fondu. Dans un autre cas, on a retrouvé la trace de fonds investis par une PME et volatilisés. Mais le monde serait simple s’il suffisait de renforcer la sécurité informatique – le premier réflexe des banques. Souvent, des observations complémentaires sur une personne, ses relations et son comportement sont nécessaires. Et à double tranchant: «On peut obtenir toutes sortes d’informations, mais seules comptent celles qui sont utilisables devant un juge», soulignent Andrea Galli et Michael Alkalay, citant le cas d’école de Renault, qui accusait trois cadres d’espionnage industriel avant de se rétracter piteusement, faute de preuves. Les renseignements acquis par des moyens illégitimes sont appelés «fruits pourris» en jargon d’intelligence économique: ils peuvent servir à mettre la pression sur un employé, l’amener à démissionner… mais aussi à porter plainte contre son employeur. «Le danger est de surréagir en enquêtant de manière indiscriminée», dit Marc Henzelin. La banque privée LODH a préféré opter pour une démarche préventive et participative, organisant 25 ateliers sur le risque humain pour 275 responsables d’équipe. «Les entreprises ont des procédures de contrôle à l’engagement mais oublient souvent de les rafraîchir, dit Maxime Morand, responsable des ressources humaines. Or suivre 2000 employés relève de la mission impossible. Nous avons opté pour le partage de cette responsabilité, préférant le leadership à la coercition. Nos ateliers ont donné lieu à des échanges de grande qualité.» Michael Alkalay met aussi en garde contre la surveillance tous azimuts: «Son efficacité est loin d’être garantie», même si nombre de sociétés anglo-saxonnes en prennent le chemin, incluant dans les contrats d’engagement des clauses par lesquelles l’employé se soumet d’avance à d’éventuels contrôles. De plus, le Code pénal et la jurisprudence fédérale l’encadrent strictement. Même en cas de soupçon concret et fondé, les moyens de surveillance doivent être proportionnels à la nature du délit, et les investigateurs privés soumis aux mêmes règles de procédure pénale que la police. Reste que la surveillance humaine a des avantages. D’abord, elle exerce un effet dissuasif. Ensuite, dans les enquêtes délicates, elle est souvent indispensable, observe Claudio Foglini, consultant senior de Scalaris basé à Lausanne. Il relève aussi que le risque est plus difficile à évaluer dans les structures très hiérarchisées, qui tendent à se barder d’avis juridiques au lieu de s’interroger sur leshttp://www.letemps.ch/Facet/print/Uuid/9974e67c-63b2-11e0-aa66-8a…mployé_plus_facile_à_dire_quà_mettre_en_pratique_pour_les_banques Page 2 of 3
  • 3. LeTemps.ch | «Connais ton employé», plus facile à dire qu’à mettre en pratique pour les banques 4/11/11 7:38 AM faits, ou sur les rapports avec l’employé: est-il frustré, sous pression, pourquoi, etc.? «La meilleure protection est le développement d’une mentalité de contre-espionnage», dit encore Claudio Foglini. © 2011 Le Temps SAhttp://www.letemps.ch/Facet/print/Uuid/9974e67c-63b2-11e0-aa66-8a…mployé_plus_facile_à_dire_quà_mettre_en_pratique_pour_les_banques Page 3 of 3