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L’emploi au féminin : des clichés aux avancées

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Points de vue, décryptages et témoignages sur l'égalité hommes-femmes et sur la place des femmes dans le monde du travail. Un ebook collaboratif édité par RegionsJob qui chercher à faire bouger les choses.

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  1. 1. Emploi auféminin des clichés aux avancées JOB
  2. 2. Priscilla Gout préface Mes spécialités : l’actua- lité de l’emploi et plus particulièrement l’emploi au féminin. Rédactrice web au sein de l’équipe éditoriale de RegionsJob, 1er site d’offres d’emploi Rédactrice web depuis bientôt trois ans chez RegionsJob, spécialisé en région, j’ali- et notamment en charge de la rubrique « L’emploi au mente les contenus des féminin» du blog Mode(s) d’Emploi, j’ai fait un constat. sites du réseau RegionsJob et du blog Mode(s) Il existe de nombreuses études sur les thèmes des écarts d’Emploi. salariaux entre hommes et femmes, de la discrimination, des inégalités de traitement au sein des entreprises. fr.twitter.com/Priscilla_RJ Face à cette avalanche de chiffres, il est parfois difficile redaction.blog.regionsjob.com d’y voir clair entre les informations qui concernent les femmes, les dirigeantes ou les cadres, les françaises ou les européennes, les écarts salariaux moyens et lesLes contributeurs : écarts à poste et diplôme égaux, etc. L’idée était donc de réunir sur un même support tout le flot d’informations qui circule sur l’emploi des femmes. Mais le but n’est pas de proposer du contenu froid et statique. Les chiffres sont là, nous les connaissons pour la plupart. Chaque jour, des milliers de personnes oeuvrent en faveur de l’emploi des femmes, et des projets voient le jour. Ce qui m’importait, c’était de montrer ces évolutions, ces femmes qui bougent, leurs initiatives… Alors parlons-en et rendons-les visibles. Que l’on soit féministe militante ou pas, il faut se l’avouer, les femmes et les hommes n’ont pas les mêmes problématiques, notamment au travail. Peu importe à qui la faute, le tout est de réussir à changer cela pour œuvrer en faveur d’une plus grande mixité. C’est la clef. En aparté Le contenu de cet ebook est bien sûr loin d’être exhaustif. Qu’à cela ne tienne, tout ce qui ne figure pas dans ce premier tome pourra faire l’objet d’un secondRemerciements plus complet. Vous y trouverez un panel d’articles de professionnel(le)s, d’expert(e)s du recrutement ouMerci à Morgane Maillard, ma collègue-graphiste chez de l’emploi, de rédacteurs(trices), de blogueurs ouRegionsJob pour ses idées et la mise en page ! Mes collègues blogueuses… Autant de points de vue et de témoignagesFlavien le Modérateur et Fabrice Mazoir pour leurs conseils que j’ai trouvé intéressant de réunir. L’ebook collaboratifet mention spéciale à Fabrice pour les multiples relectures. m’est apparu comme l’outil idéal pour cela, qui plus estMerci également à Elise Lacabarats de l’agence Eté en Hiver et lorsqu’il est richement illustré. Je remercie au passageStéphane Martin de Neodialogue pour leur aide. toutes les participantes et les participants.Un grand merci à tous les illustrateurs et toutes les illustratricespour leur enthousiasme et leurs dessins originaux : Shug, Yatuu,Klaire, Anthony Lelgouarch, Lili la Baleine Verte, Isabelle Gatzler,Fanny Bonnin. Bonne lecture…Et à tous les participants : Yves Deloison, Claire Romanet,Nathalie Cordeaux, Sylvaine Pascual, Hypathie, Flavien Chantrel,Gaëlle Picut, Fadhila Brahimi, Sophie-Antoine Dautremant,Rodolphe Helderlé, Marlène Schiappa, Emmanuelle Gagliardi,Olympe, Aurélie Collet, Laurence Roy, Marie-Sophie Pawlak,Nora Esnault, Gwenaëlle Quénaon-Hervé, Blandine Métayer.
  3. 3. Chapitre 1 : Femmes et emploi : Etat des lieux• En France, la parité ne fait pas partie des priorités, par Priscilla Gout 5• Questions de quotas, dessin d’Isabelle Gatzler 6• Les limites des indicateurs de l’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes, par Miroir Social 7• Où se situent les métiers du web en matière de sexisme ? par Flavien Chantrel 9• Hommes et femmes parfaitement égaux devant l’énergie consacrée à leur emploi, dessin de Klaire 14Chapitre 2 : Les freins à la carrière des femmes• Les recruteurs préfèrent les hommes, par Claire Romanet 16• Discrimination des femmes enceintes, dessin de Yatuu 18• L’informatique : toujours pas pour les femmes ? par Hypathie 19• Les choix professionnels stéréotypés des femmes, par Yves Deloison 21• Les tâches domestiques, dessin de Shug 23Chapitre 3 : Les tremplins à la réussite des femmesCRÉATION D’ENTREPRISE• Zoom sur les Mompreneurs : « Les femmes ont toutes les qualités pour réussir une création d’entreprise » 26 Entretien avec Aurélie Collet, de Mompreneur Breizh• « J’ai toujours eu envie d’être un jour indépendante » Entretien avec Nathalie Cordeaux, blogueuse et créatrice d’entreprise 28• « Pourquoi je me suis lancée dans l’entrepreneuriat… » par Sophie-Antoine Dautremant, cofondatrice de Recrutae 30• « Les entrepreneuses ont besoin de se mettre en réseau » - Interview de Nora Esnault d’Entrepreneuses Mag 31COACHING ET « PERSONAL BRANDING »• L’ennemi n°1 de la femme, c’est la femme ! par Fadhila Brahimi 33• « Le coaching permet aux femmes de se libérer » par Sylvaine Pascual 37• « Soyez combattante ! » dessin de Shug 38• L’intérêt de développer une stratégie de visibilité sur le web : « Vous n’êtes pas une femme, vous êtes un candidat ! » par Sophie-Antoine Dautremant 39FEMMES ET RÉSEAUX• Les réseaux de femmes par Emmanuelle Gagliardi 41• Femmes d’Energie d’Assystem : « les jeunes femmes doivent oser !» Entretien avec Laurence Roy, membre du réseau Femmes d’Energie 44• «Elles bougent» : promouvoir les métiers d’ingénieurs auprès des femmes Interview de Marie-Sophie Pawlak, fondatrice de l’association « Elles bougent » 46Chapitre 4 : En route vers la parité• Conciliation vie privée / vie professionnelle : des femmes témoignent, par Gaëlle Picut 48• Le télétravail, une solution pour les mères de famille, par Nathalie Cordeaux 50• «Je suis Top !» : quand le théâtre brise le plafond de verre – Entretien avec Blandine Métayer 52• Management au féminin : « un peu de douceur dans un monde de brute » Interview de Gwenaëlle Hervé, Directrice de la communication de RegionsJob 53• Zoom sur le concours d’entrepreneuses, par Marlène Schiappa 55Conclusion 57• A propos de RegionsJob SAS 58
  4. 4. Chapitre 1 FEMMES & EMPLOI ÉTATS DES LIEUX
  5. 5. En France,la parité ne fait pas partie des prioritéspar Priscilla GoutLa position de la France au classement mondial des Gap Report, elle a perdu 28 places au rang de la pari-inégalités hommes-femmes établi par le Global Gender té entre 2009 et 2010 pour finalement se retrouver àGap Report fait peine à voir. Après avoir été 18ème en la 46ème place ! Une dégringolade due en grande par-2009, la France se classait seulement en 46ème position tie à la forte baisse du nombre de femmes aux postesen 2010. Un phénomène dévoilé lors du World Economic ministériels et aux responsabilités des grandes entre-Forum (WEF), qui s’explique par la chute du nombre de prises durant l’année 2010, mais aussi à l’écart sala-femmes en politique et aux hautes responsabilités ainsi rial ressenti par les femmes pour lequel le pays est enà l’écart salarial persistant entre hommes et femmes… bas de classement (127ème sur 134 pays). En France, les femmes gagnent 64% du salaire des hommes et àChaque année, le Global Gender Gap Report passe en poste égal, la différence de salaire entre eux en Francerevue plus de 130 pays du monde en matière d’égalité. est de 27%.Il mesure l’importance des inégalités entre les sexes surquatre points : le niveau d’éducation, l’influence politique, Les clefs de la réussitela santé, et ce qui nous intéresse ici, la participation dans Pourtant, la France a toutes les clefs pour mettre enl’entreprise et les opportunités économiques. Chaque œuvre la parité. En termes d’éducation et de santé, elleannée également, les pays nordiques présentent les plus est très bien positionnée. Durant l’année 2010, le nombrefaibles disparités en termes d’égalité entre les hommes et de femmes présentes au Parlement a légèrementles femmes. L’Islande est le pays leader en matière d’éga- augmenté. Un tiers des hommes et des femmes vont àlité grâce à son taux élevé de femmes en emploi et en l’université et les Françaises ont accès aux hautes étudespolitique, malgré des écarts de salaires malheureusement au même titre que les Français. Mais entre les étudesélevés eux-aussi. Norvège, Finlande, et Suède composent et l’accès aux responsabilités, les femmes « se perdent ».avec l’Islande le quatuor de tête. La Norvège a d’ailleurs Pourquoi ? Certaines filières, comme les filières scien-depuis quelques années déjà imposé un quota de 40% tifiques, restent traditionnellement masculines et peude femmes dans les CA des grandes entreprises, mesure attractives (même si aujourd’hui, elles travaillent leuradatée récemment en France. image). Et autour de la trentaine, la maternité marque souvent un coup d’arrêt dans la progression des femmes La mixité pourtant levier de performance vers les hautes responsabilités. La faute, entre autres,Et outre le fait d’être nordiques, ces pays ont une autre au poids des tâches domestiques qui pèsent encore tropchose en commun : leur performance. Pour Klaus Schwab, sur les femmes et à une absence de politique familialefondateur et président du Forum économique mondial dans les entreprises.(WEF), « les faibles écarts entre hommes et femmes sont La France doit s’inspirer du modèle nordique. Elle l’a déjàdirectement corrélés avec une forte compétitivité écono- fait en finissant par adopter la loi sur les quotas demique. » Depuis 2007, le prestigieux Cabinet Mc Kinsey femmes obligatoires dans les conseils d’administrationsconduit des recherches visant à expliquer la corrélation des grandes entreprises. Ce n’est qu’un début.entre mixité et performance des entreprises. Il a depuispublié quatre rapports sur le sujet intitulés « WomenMatters », qui mènent tous à la même conclusion : En savoirles entreprises ayant une plus forte représentation de - Global Gender Gap Report 2010 www3.weforum.org/docs/WEF_GenderGap_Report_2010.pdffemmes dans leur comité de direction ou leurs équipesde management sont aussi les plus performantes. C’est - Étude Women Matter - Mc Kinseyun fait, la mixité est levier de performance. www.mckinsey.com/locations/paris/home/womenmatter_french.asp - Article d’Agora Vox : «Pays nordiques et parité hommes-femmes» La France au 46ème au rang de la parité 11/02/2011 www.agoravox.fr/actualites/citoyennete/article/pays-nordiques-et-pa-Mais l’argument de la performance ne semble pas en- rite-hommes-69805core faire recette en France. Selon le Global Gender 5
  6. 6. Isabelle Gatzler Graphiste web/print depuis 6 ans, Isabelle Gatzler a créé son activité «Phénomène Graphique» en 2008 : identité visuelle, communication, édition, illustration, sites web, animation flash ou demande spécifique, pour vous servir ! Egalement illustratrice, Isabelle tient un blog BD, «Un Geek à la Maison», sur le thème des Geeks. site : www.phenomenegraphique.com - blog : www.un-geek-a-la-maison.com Questions de Quotas - Isa Gatzler 6
  7. 7. Miroir Social, réseau d’information sociale La responsabilité sociale des entreprises est un beau concept, lui donner du sens ne peut pas lui nuire. Miroir Social est un média qui développe une approche journalistique classique en intégrant toutes les parties prenantes (salariés, syndicats, directions, prestataires, associations) du dialogue social dans le processus éditorial. Miroir Social est un réseau professionnel regroupant 7 000 membres. www.miroirsocial.comLes limites des indicateurs de l’égalitéprofessionnelle entre les hommes et les femmesLes indicateurs permettant de comparer les évolutions Michelin demande quant à elle l’intégration du pourcen-professionnelles des hommes et des femmes sont es- tage de femmes participant aux plans de successions.sentiels pour nourrir les négociations mais ils ne sont Du côté de la CGT de Thalès, on demande trois nou-en aucun cas suffisants. Parce que les partenaires veaux indicateurs, par catégories professionnelles, quesociaux sont souvent bien en peine de les interpréter sont la date d’embauche, le coefficient à l’embauche etet aussi parce que ce ne sont pas les indicateurs qui le diplôme à l’embauche.contribuent le plus à faire évoluer les mentalités...Toujours plus. Les nouveaux indicateurs du rapport de Des indicateurs difficiles à commentersituation comparée entre les hommes et les femmes,fixés par le décret du 22 août 2008, ne suffisent pas Des indicateurs qui ne font pas partie du cahier desà beaucoup de délégués syndicaux. Chez Amadeus, charges du nouveau rapport de situation comparéela centrale de réservation, la CFDT demande ainsi dont Anne de Ravaran, Directrice juridique des Res-cinq nouveaux indicateurs hommes-femmes (salaires sources Humaines de Thalès, a conduit le groupe demoyens par niveau et par type de métier, effectifs par travail au début de l’année 2008. « Il faut faire atten-métier et par niveau, salaires à l’embauche par niveau tion à ne pas trop multiplier les indicateurs. On peutet par type de métier, mobilité interne par division d’ar- toujours en demander plus mais on se rend compte querivée, taux de remplacement des personnes en congé cela n’aide pas forcément au diagnostic », affirme Annielongue durée par niveau hiérarchique). La CFE-CFG de Ducellier, du cabinet Isotelie. Pour Isabelle Gueguen du cabinet Perfegal, lui aussi spécialisé dans l’accompa-En savoir sur les indicateurs... gnement des entreprises en matière d’égalité profes- L’égalité professionnelle est l’un des thèmes de la négociation col- sionnelle, « les rubriques commentaires associées aux lective. Toute entreprise de plus de 50 salariés a l’obligation d’établir rapports de situations comparées se réduisent souvent « un rapport annuel de situation comparée des conditions générales au strict minimum. Cela démontre bien la difficulté qu’il d’emploi et de formation des femmes et des hommes », fait à partir y a d’interpréter les indicateurs déjà existants ».

 d’une analyse s’appuyant sur des indicateurs. Ceux-ci reposent sur des éléments chiffrés définis par décret, qui retracent pour chacune des catégories professionnelles, la situation respective des femmes et des hommes en matière d’embauche, de formation, de promotion 30 % des entreprises d’au moins 300 salariés professionnelle, de qualification, de classification, de conditions de ne se plient pas à l’exercice théoriquement obli- travail et de rémunération effective. Ces indicateurs offrent une grille gatoire du rapport annuel de situation comparée, de lecture commune à toutes les entreprises comportant des statis- ancienne version, sans craindre quoi que ce soit de tiques exprimées en pourcentages. la part des inspecteurs du travail. C’est bien pour cela Source : www.travail-emploi-sante.gouv.fr que le rapport de situation comparée, nouvelle for- mule, qui s’impose à toutes les entreprises de plus de 7
  8. 8. 300 salariés simplifie et précise avant tous des indica- Les indicateurs sur les écarts de rémunération permettentteurs préexistants. Seuls les indicateurs sur l’ancien- quant à eux de baliser des plans d’actions. Au Crédit duneté et les durées moyennes d’interruption dans l’acti- Nord, la situation individuelle d’un salarié est désormaisvité salariée sont nouveaux. Les directions seront-elles analysée dès constatation d’un écart salarial supérieur àplus enclines à remplir correctement ce rapport dont 10 % à niveau égal de qualification et de compétence etl’obligation est toute théorique ? Pas certain. « Aucun dans des conditions semblables d’exercice d’un métier.système informatique ne permet de sortir automatique-ment le rapport de situation comparée. Les données àtraiter viennent de systèmes différents », explique Annie Priorité à la femme cadreDucellier. Sans compter qu’il ne faut pas attendre quele système informatique produise les commentaires, Les accords égalité professionnelle hommes-femmes ontmême avec l’intelligence artificielle en option. tendance à se focaliser sur la place des femmes au niveauIl y a certes eu une indéniable simplification du rapport des cadres. Le Crédit du Nord visait fin 2010 une repré-mais l’exercice pour le produire reste compliqué. Les sentation des femmes dans la catégorie cadre supérieuredirections se montrent donc d’autant moins enclines à à 40 %. À la Société Générale, 40 % des salariées sontaller au delà de l’obligation légale. D’autant que cer- cadres (contre 35,7 %, fin 2005) avec un objectif de 42 %,tains indicateurs sont considérés comme sensibles. fin 2011. « On peut tourner les choses différemment selonChez Airbus, au niveau des cadres, le rapport indique que l’indicateur va concerner le pourcentage de cadresqu’en 2007, 72,2 % des femmes contre 68,7 % des qui sont des femmes ou le pourcentage de femmes quihommes ont reçu une augmentation individuelle. Mais sont cadres », prévient Isabelle Gueguen. Et celle-ci dela transparence a ses limites. Ainsi, mystère sur la place mettre en garde sur le côté réducteur de l’indicateurdes femmes dans les 9 % de cadres ayant perçu une femme cadre : « celui-ci correspond encore largement àprime annuelle supérieure à 13,5 % de la rémunération un modèle de cadre masculin. Les hommes cadres sontannuelle. très peu interrogés sur les questions d’équilibre entre vies professionnelles. La réflexion et les actions en faveur de l’égalité professionnelle doivent être globales ».

 Des indicateurs qui nourrissent les négociations Dans ce contexte, les indicateurs représentent des condi- tions nécessaires, mais en aucun cas suffisantes, pourMalgré leurs limites, les indicateurs permettent toute- faire évoluer les mentalités, les pratiques, la culture.fois de nourrir les négociations des accords sur l’égalité Des changements qui prennent du temps. Ne serait-ceprofessionnelle. L’occasion pour les syndicats de négo- que pour faire évoluer la répartition de ceux et celles quicier des objectifs en termes de taux de féminisation. négocient justement des accords égalité professionnelle.Lors de son premier accord de 2005, Michelin ne tenait Une étude conduite par Isotélie révèle que les femmespas à s’engager sur ce type d’objectifs. Fin 2008, le taux représentaient 27,5 % des signataires des accords.de féminisation n’avait progressé que de 0,5 %. Ainsi,pour le nouvel accord triennal, la direction a accepté des’engager sur une progression de ce taux de 5 % en3 ans sur les métiers du commerce et de l’industrie. La part des femmes dans l’encadrement est enDes indicateurs qui permettent de modérer les discours stagnation totale, avec un taux de 29,5% en 2010de certaines directions. La direction d’Auchan France a (contre 29,4% en 2009). Ce taux a très faiblementainsi vu « une évolution en faveur des femmes » dans son évolué depuis 5 ans (27, 2% en 2006). par Emmanuelle Gagliardi - Source CapitalCom, mars 2011.bilan sur l’égalité professionnelle, présenté en commis-sion paritaire nationale fin 2008. La CFDT y est allée deson bémol en soulignant que : « là où il y a beaucoup defemmes, il y en a de plus en plus. Et là, il n’y en a pasbeaucoup, il y a en de moins en moins... ».Au niveau hiérarchique 9, le plus élevé, le nombrede femmes a diminué par rapport à 2006 (6 femmesen moins) alors que cette population a augmenté de80 personnes... Le pourcentage des femmes augmenteen revanche au niveau 2. C’est là que l’on retrouve70 % d’entre elles. 8
  9. 9. Flavien Chantrel Flavien Chantrel est Community Manager de RegionsJob depuis 4 ans et formateur sur le thème du recrutement et des réseaux sociaux. C’est également un blogueur assidu, très actif sur Twitter. Il anime le Blog du Modérateur qu’il a créé lors de son arrivée chez RegionsJob en 2007. moderateur.blog.regionsjob.com twitter.com/moderateurOù se situent les métiers du weben matière de sexisme ?Il y a des marronniers dont on se passerait bien. Celui et s’est installé de manière insidieuse en entreprise.de la discrimination à l’embauche par exemple. Plus Pas seulement lors de l’entretien d’embauche ou deprécisément la discrimination liée au sexe, probléma- la négociation salariale, mais dans les actes, mots ettique centrale de cet article. Le sujet revient tellement décisions de tous les jours. Mais ce sexisme ordinairesouvent que beaucoup n’y font même plus attention. est-il présent de la même manière dans tous les corpsComme si ce constat était immuable. Pourtant, les de métiers ?chiffres mettent en exergue une situation inacceptableet archaïque. La France, pays des droits de l’homme, Le cas du secteur du webn’occupe que la 46ème place en matière de parité... Pour cet article, nous nous sommes intéressés à unNiveau salaires c’est pire, avec la 127ème place sur secteur particulier : les métiers du web. Sans idées134 (!). Une femme en France gagne en moyenne 64% préconçues, dans un sens ou dans l’autre. La meilleuredu salaire d’un homme. A poste égal, et donc à compé- manière de faire un point sur la question était de donnertences et effort égal, une femme gagne 27% de moins la parole aux principales concernées : les femmes quiqu’un homme. Incompréhensible non ? Et mieux vaut y travaillent. Suite à un appel à contributions, ellesne pas être une mère de famille si vous ne souhaitez ont été plusieurs dizaines à vouloir donner leur avis.pas aggraver votre cas. Seules 36% des entreprises Pas suffisant pour tirer des conclusions définitives,mondiales souhaitaient l’année dernière en recruter, bien sûr. Mais assez pour rendre compte d’exemplesun chiffre en baisse de 20%... Preuve que la situa- précis et des différentes réalités rencontrées par lestion n’évolue pas dans le bon sens. Ne parlons pas travailleuses du web. Comme souvent, les témoignagesde l’obligation de mettre en place des lois pour faire sont hétéroclites. Tout dépend de l’entreprise etmonter le pourcentage de femmes dans les conseils surtout des personnes qui la composent. Par soucid’administration à... 20%. On pourrait continuer encore d’anonymat, certains noms ont été changés. Voici donclongtemps. les témoignages recueillis.La discrimination liée au sexe est un délit Des signaux positifsPourtant, la discrimination liée au sexe est biensanctionnée par le code pénal (cf l’article 225-1). Si elle Pendant le processus de recrutementest avérée, elle est punie de trois ans d’emprisonnement Emilie, Community Manager en agence, n’a jamaiset de 45 000 Euros d’amende. ressenti de discrimination lors de ses recherchesC’est bien le problème, mais encore faut-il que la d’emploi : « Jamais. De toutes les candidatures que j’aidiscrimination soit avérée. Le combat pour l’égalité envoyées lorsque j’étais en recherche d’emploi, je n’aides sexes se situe souvent ailleurs : dans la vie jamais eu le sentiment d’être défavorisée parce j’étaisprofessionnelle au quotidien. Le sexisme s’est banalisé une fille. A l’inverse, en discutant avec des amis, je n’ai 9
  10. 10. pas non plus eu le sentiment d’être favorisée. » Cela Clichés et lieux communsn’empêche pas de devoir faire ses preuves, parfoisplus que les hommes, comme l’explique Mademoiselle Le spectre de la maternité et des enfantsLychee, responsable artistique et communication La maternité semble toujours poser problème à certainsinterne. « Lors des entretiens oui, il y a certaines employeurs, comme le prouve le témoignage dequestions qu’on nous pose qui sont peut être un peu Catherine : « Par le passé cela a pu m’arriver notammentplus pointues, pour savoir si vraiment vous, la ptite nana quand d’autres collègues femmes partaient pour desassise dans le fauteuil, vous avez bien tout fait toute congés maternité, il y avait une crainte énoncée deseule... et que vous connaissez vraiment le milieu... voir l’équipe se vider si d’autres parmi nous tombaientNous sommes souvent face à 2,3 voire 4 hommes en enceintes.» Marie, référenceuse à son compte, seentretien dans le secteur, il faut savoir jouer le jeu et souvient d’un ancien entretien : « Durant l’entretien onavoir du répondant! » m’a demandé ce que je comptais faire concernant la garde de mon fils et comment j’allais m’organiser enDes différences pas forcément négatives cas de maladie ou de maîtresse absente. Mon conjoint,Toute différence n’est pas négative. Sophie, directrice qui passait aussi des entretiens d’embauche à la mêmeconseil, pense par exemple qu’être une femme permet période, n’a jamais eu droit à ce type de question ».de se différencier en bien : « Mes clients aujourd’hui La maternité inquièterait donc, mais les clichésapprécient mon approche féminine des affaires, et j’ai concernant la responsabilité des enfants au sein d’unremarqué que je travaille très bien avec des clients couple perdurent. Marie enfonce le clou : « J’ai parfoisfemmes qui se sentent probablement plus en confiance. été mise à l’écart de certains projets ou réunions carAu niveau des prestataires que je fais intervenir, je je suis une femme et que j’ai des enfants et je doispense qu’ils apprécient mes méthodes. Sans faire donc m’en occuper (les papas apparemment n’ontde ma condition de femme un ‘avantage’, je n’essaie pas ce problème...). Mais ce qui m’agace le plus c’estpas d’agir comme un homme et cela me confère une quand j’explique à mes clients qu’après 17h je ne suiscertaine humanité. » Sophie continue : « Pour moi, être plus disponible par téléphone car mes enfants sont àune femme change forcément la façon dont on est la maison et que c’est bruyant et qu’on me répond «ahabordée. Comme être blond, brun, grand, petit, d’origine moi c’est ma femme qui s’occupe des gosses»... Oui, iciétrangère ou bien franchouillard :) Les relations c’est bien moi la femme ! ».humaines sont influencées par tout un tas de facteursinternes et externes et on ne peut pas nier qu’unerelation homme-femme ne sera jamais équivalenteà une relation homme-homme. Pour l’instant, je n’aijamais ressenti en revanche de discrimination négativedu fait de ma condition de femme. »Parfois un avantageCertaines ressentent un avantage à être une femme lorsdes prises de parole en ligne, comme Céline, CommunityManager pour une entreprise du secteur privé : « Il fautavouer qu’être une femme a ses avantages. Une femmesur le web c’est intrigant je trouve, on va donc peut êtregénérer plus de trafic (c’est une hypothèse) dès lors quenous sommes des femmes. » Pour Marie, référenceuseà son compte, être une femme peut parfois donnerun coup de pouce : « Je pense effectivement bénéficierd’un traitement différent du fait que je sois une femmemais ici cela va en ma faveur. On se souvient de moi carje suis une des rares femmes dans le métier de SEO.Et je pense avoir un «fan club» plus développé que mescollègues masculins et de ce fait, plus de commentairessur mes blogs ou un traitement un peu différent ;) Jesens aussi parfois de l’indulgence à mon égard du faitque je sois une femme quand il s’agit de demander de Anthony Legouarch - tonylotteillustration.blog.ouestjob.coml’aide technique par exemple. » 10
  11. 11. Femmes et informatique l’explique Pauline, Community Manager pour un siteLes clichés ont la vie dure. Celui consistant à dire d’information : « Sur le plan éditorial, j’ai constaté queque les femmes sont forcément moins qualifiées l’on attribue plus aux filles la charge des animations,techniquement que les hommes est le plus persistant, choix de thématiques et des cadeaux/dotations maiscomme l’explique Lucie : « La seule petite chose que j’ai aussi l’envoi des colis cadeaux aux internautes, tandispu remarquer c’est la relation avec les techniciens web, qu’on charge plus facilement les hommes de travaillerc’est à dire les développeurs et autres grosses têtes... avec les développeurs sur les possibles évolutionsIls s’imaginent souvent qu’en tant que femme, on n’y techniques.»connaît rien en technique et sont surpris quand ce n’est C’est encore plus fort dans le choix des thématiquespas le cas. Du coup, certains d’entre eux (souvent de traitées, comme le témoigne L.A., pigiste pour unnature un peu prétentieuse, il faut l’avouer) se sentent site de cinéma : « Les films les plus importants sonttouchés dans leur ego ! » Heureusement, cette barrière systématiquement confiés en priorité aux hommes depeut être dépassée selon Alice : « Ayant travaillé la rédaction. C’est d’autant plus le cas lorsqu’il s’agit dependant 2 ans dans une petit boîte éditrice de logiciel, films d’action. C’est très arriéré et machiste de penseril est vrai que la nana est considérée un peu comme que seuls les rédacteurs hommes pourraient rédiger desune novice qui n’y connait rien et qui de toute façon articles de qualité sur ce genre de films. En revanche lesne comprendra rien. Mais à partir du moment ou cette petits films ou les films d’amour, comédies musicales,fameuse nana s’intéresse au travail des informaticiens, Bollywood etc sont plutôt la spécialité des filles, selonils vont volontiers lui faire part de leur connaissance le rédacteur en chef.(…) De manière générale les filleset l’aider à comprendre un peu plus. Bon parfois, il sont moins sollicitées que les garçons pour à peu prèsfaut un peu jouer sur le fait d’être une femme et son tout sur le site : critiques, news, interviews, sauf quandcharme naturel et le tour est joué. Mais rien de bien ça dépanne. S’il y a un bug lors de la mise en ligne, ça vient forcément des filles, et non du webmaster en charge de la bonne marche du site. » Le sexisme peut souvent se manifester sous forme de tentatives d’humour. Cela ne change pas le fond du message, comme l’explique Pauline, Community Manager pour un site d’information : « Certaines blagues sur les «incompétences» des femmes voire l’incapacité à avoir des «idées», font que oui, je me sens parfois discriminée, même si ce n’est pas de la discrimination directe ». Mais les clichés contraires existent aussi. Catherine, si elle ne s’est jamais sentie discriminée, est « toujours unDa Beez - http://www.flickr.com/photos/andoline/ peu agacée par le discours du type c’est de l’industrie donc je veux un homme ou c’est de la mode, je veux une femme. La discrimination qui conduirait à l’exclusiongrave ou méchant ! » Emilie, Community Manager en d’un genre ou d’un autre voilà ce qu’il faut faire tomber,agence, met tout de même une nuance à ce propos. pas seulement celle dont les femmes feraient l’objet. »« J’avoue que sur des communautés ultra-spécialiséesen informatique, notamment, il m’est arrivé de trouverles réactions de certains membres un peu déplacées. Quand le sexisme est (encore plus) réelMais ca reste quand même très marginal. Je ne sauraisjamais si on m’a mal parlé parce que j’étais une fille Des situations injustifiablesou parce que je n’étais pas informaticienne ! De toute Certains témoignages font état de situationsfaçon, globalement, en ligne les gens ont plus tendance intolérables. C’est le cas de celui de Claire, chef deà se lâcher ». projet dans une agence de webmarketing : « On est deux filles (la vingtaine) pour 3 hommes, et l’agence estDes petites cases, toujours des petites cases totalement sexiste. On monte des projets de A à Z, pourUn autre cliché courant concerne les centres d’intérêt. se retrouver présentées comme des secrétaires, toutVisiblement, le fait d’être un homme ou une femme juste bonnes à prendre des notes et apporter le café,apporte de nombreux préjugés sur les passions ou en face des clients ou des prestataires, on est traitéesles capacités à s’intéresser à tel ou tel sujet, comme différemment de nos collègues masculins... le sexisme 11
  12. 12. on le vit quotidiennement. Il s’agit d’une première et garçon... Récemment on m’a fait la remarque que jeexpérience, et j’ai bien conscience que la personnalité devais avoir en face des personnes hésitant à confierde mon supérieur est à l’origine d’une partie de ce climat, un projet à une fille. En fait non. Tout au plus on m’a ditmais pas entièrement. Les prestataires, eux aussi, ont que c’était rare de voir une femme dans ce métier (sanstendance à être sexiste. Alors peut-être que le fait d’être ton particulier, sans sous-entendu). »en province, et jeune de surcroît, n’aide pas, mais oui, Mathilde, qui a 20 ans d’expérience dans l’informatiquele web peut être sexiste. Et pas qu’un peu. » Ce n’est pas et le web (animation d’un réseau de distributeursaussi marqué pour Marie, référenceuse à son compte, informatiques, encadrement d’une équipe de R&D,mais elle tient tout de même à souligner une différence dirigeante d’un webservice), est catégorique : « il n’ycourante : « J’ai parfois l’impression d’être moins prise a pas de sexisme dans le Web ni dans la High Tech enau sérieux que mes homologues mâles. D’autre part, général. (...) Je n’ai jamais rencontré de problème, mêmelors d’un débat ou discussion, même sur un sujet que de façon anecdotique, parce que j’étais une femme.je maîtrise totalement, je me mettrai forcément en Pour moi le sexisme en particulier et la discriminationretrait, ne pouvant couvrir la voix de ces messieurs avec en général existe sûrement plus en politique, dans lesla mienne, sous peine de «monter dans les aigüs» et institutions financières ou les grands groupes que danslaisser penser que je crie ou que je m’énerve (ce qui le Web où on a l’habitude de dépasser les frontières etest faux ;) ) ». d’être en contact avec des gens de toutes origines. » Même son de cloche chez Lucie : « En ce qui meCertaines annonces en cause concerne, je ne ressens pas de sexisme, travaillantA titre personnel, Catherine n’a jamais ressenti une dans une agence de marketing ou il y a plus de femmesforme de discrimination lors d’un entretien ou d’une que d’hommes. »candidature. Mais cela ne l’empêche pas de savoir quecela existe : « j’ai pu voir passer des offres avec un L’âge plus discriminatoire que le sexegenre spécifié dans l’annonce, ce qui est, rappelons- Mais si les témoignages sont globalement positifs enle parfaitement illégal. Il m’est aussi arrivé d’avoir matière de discrimination liée au sexe, il reste desdes contacts cherchant à recruter et précisant leur efforts à faire dans d’autres domaines, comme lepréférence pour un homme ou une femme en fonction souligne Sophie, chef de projet web : « Pour ma part j’aidu secteur d’activité du client. » pu constater que la discrimination n’est pas liée au sexe mais à l’âge... Quand on cumule vaut mieux travailler dans le web, plus ouvert en effet, ça fait un critère Le web, en avance sur la question ? discriminant de moins à affronter quand on cherche un poste.» Même constat pour Céline, CommunityLes valeurs du web effaceraient les différences Manager : « Je ne pense pas qu’être une femme soitLe web est-il en avance par rapport à d’autres secteurs un handicap lors d’une candidature. Je parlerai plusd’activité ? Oui, selon Alice : « je pense que le monde de la discrimination sur l’âge. Je suis une femme dedu web est bien plus ouvert par rapport à l’égalité caractère et sais me faire entendre, c’est peut êtrehomme/femme que d’autres secteurs d’activité et pour cette raison que je n’ai jamais eu de problème, ouj’espère que ça ne changera pas de si tôt. » Céline, ressenti la moindre gène. »Community Manager, va plus loin en affirmant que les Mais l’âge n’est pas la seule autre forme devaleurs mêmes du web en font un secteur en avance : discrimination, rappelle Sophie, Chef de projet web :« je pense que le monde du web est en avance, car « Globalement, je me suis sentie plus souvent discriminéeune grande majorité des personnes travaillant dans à l’époque où j’étais obèse et où l’on m’inventait desce secteur prônent des valeurs tels que le partage des prétextes farfelus pour justifier ne pas donner suite àconnaissances, l’open data, le creative commons... mes entretiens d’embauche qu’aujourd’hui en tantIl n’est nul question de différence entre les que femme dans le milieu du web (mais c’est toujourssexes. » Marie, qui travaille depuis 11 ans en tant pareil, je suis à des fonctions marketing qui ne sont pasque développeuse, webmaster et technicienne et qui connotées ‘homme’). »a connu différents types de structures (de 3 à 100personnes), ne s’est même jamais posé la question. Il reste du chemin à parcourir« Jamais je n’ai rencontré de problème de sexisme... Ça Pour Catherine, le chemin vers l’égalité des sexes estme parait bizarre, maintenant que j’y pense... Peut-être loin d’être terminé et l’origine du problème est à voirai-je eu la chance de travailler avec des gens bien ? dans l’éducation. « Si on prend un peu de recul, laOu juste avec des geeks, qui, du moment que l’on peut question du rapport aux genres est ancienne, lente àparler code et wow ne font pas de différence entre fille déconstruire pour faire des propositions sociétales qui 12
  13. 13. permettent de remettre chaque individu dans une place homme pour arriver à la même reconnaissance. Encoreoù l’autonomie lui permettrait d’aller dans tous les une fois, cet article n’a pas pour objectif de faire unmondes possibles. Parce que c’est bien de là que vient point exhaustif sur la situation. Mais s’il permet déjàle problème: l’éducation qui est offerte et qui permet ou à certains de prendre un peu de recul et de se posernon de se penser à égalité ou non, pouvant accéder ou les bonnes questions sur leurs actes au quotidien,non à certains emplois ou positions. (...) Peut-être avons- le pari sera déjà gagné. Et vous ? Comment vous sentez-nous, femmes, une trop grande propension à ne pas vous traitée sur votre lieu de travail ? Traitez-vous deavoir assez confiance en nous. » Pauline est également la même manière vos collègues, qu’ils soient de sexerésignée : « Je crois qu’il y a des milieux plus machos masculin ou féminin ?que le web, mais comme partout malheureusement,être une femme change quelque chose. Il suffit deconstater que tous les plus hauts postes sont occupésici par des hommes, mais qu’ont-ils vraiment de plusque nous ?! » Emilie, Community Manager en agence,tient également à ne pas généraliser les bonnes oumauvaises pratiques : « Je pense que le monde du webest assez disparate pour qu’on ne puisse pas en faireune généralité. Honnêtement, je travaille dans le mondede l’édition en ligne, et c’est un secteur assez féminisé,et je n’ai pas l’impression qu’il y ait de la discrimination.Mais je crois que ce n’est pas le cas dans tous lessecteurs. »D’autres sont moins optimistes. C’est le cas de L.A., quitravaille au service communication d’un grand groupede télécommunications. Selon elle, le web serait mêmeen retard sur certains aspects : « Je pense que le webest en retard sur les autres entreprises du secteurde la communication. (…) Dans le monde du web,les hommes étant encore très présent, à des postesstratégiques, les petites mains féminines sont peut-êtremoins bien traitées qu’ailleurs. » Le combat continue…Le mot de la fin sera pour Mademoiselle Lychee,Responsable artistique et communication interne. Pourelle, le combat continue : « Je pense que la disparitéentre les sexe est plus présente dans les milieux trèsmasculins comme l’industrie ou la publicité... Si on veutréussir en tant que femme dans ces milieux, il faut jouerdes coudes, montrer sans cesse que l’on vaut autant,voire plus qu’un autre, que non, avoir un enfant nejouera pas sur notre compétitivité, et que des fois ouinous avons raison ! C’est dur à accepter mais je penseque cela viendra au-fur-et-à-mesure que les annéespassent, grâce certainement à ces femmes qui ontatteint de grands postes dans les agences et qui nousfont dire «oui c’est possible!!» »Le secteur du web n’est donc pas exempt de tout reprochequand on aborde la question de l’égalité Hommes/Femmes en matière professionnelle. Les clichés ontla vie dure ! Il semblerait donc qu’à compétences Lili la Baleine Verte - www.lililabaleineverte.frégales, une femme devra déployer plus d’énergie qu’un 13
  14. 14. HOMMES ET FEMMES : ÉGAUX DEVANT L’ÉNERGIECONSACRÉE A LEUR EMPLOI Klaire fait «Grr» - www.klaire.fr 14
  15. 15. Chapitre 2 LES FREINS À LA CARRIÈRE DES FEMMES
  16. 16. Claire Romanet Claire Romanet dirige Elaee, cabinet de recrutement spécialisé sur les métiers de la communication, du marketing et de l’internet, basé à Paris et à Lyon. Elle possède 20 ans d’expérience dans la communication et 10 ans en «chasse de têtes». Elle anime avec son équipe le blog Elaee, un espace d’échange ouvert sur lequel on trouve des offres d’emploi, des billets d’humeur, des coups de cœur ou des coups de gueule… www.elaee.comLes recruteurs préfèrent les hommesForce et pouvoir pour les hommes, douceur et Le modèle familial ancestral qui prône que « l’homme doitmaternage pour les femmes : les clichés ont la vie impérativement avoir un emploi, la femme peut toujoursdure. Et s’il y a un monde dans lequel ce phénomène rester à la maison » montre qu’on n’a guère évoluéest clairement amplifié, c’est bien le monde du travail. sur la répartition des tâches. Ce n’est ni plus ni moinsLes enquêtes nous montrent que 70% des employeurs ce que nous expliquait l’éthologue Desmond Morris dansdu secteur privé disent préférer recruter des hommes son best-seller « Le singe nu » (éditions Jonathan Cape,(Dares de juillet 2009). Au final et si on parle de CDI, 1967) : à l’homme la chasse (il faut nourrir la famille etce sont 59% d’hommes qui sont recrutés (soit 41% de par là même affronter les dangers), à la femme la grottefemmes). Il y aurait des raisons à cela ? Posons-nous (ranger la maison et élever les enfants). Morris a-t’illa question « Pourquoi ? ». raison de dire qu’on est si proches des singes ? 1. Parce que les hommes ont de plus gros bras 3. Parce que les hommes aiment la vie nocturneDans nos sociétés évoluées, le physique est un vecteur Non, on ne parle pas ici de boîtes de nuit mais plutôtimportant qui joue sur la nature du poste à pourvoir. d’horaires de travail. Parce qu’en France, on continueReste ancrée dans nos petites têtes la certitude que les de croire que ce sont les salariés qui quittent tardmétiers où les contraintes physiques sont fortes ne sont leur lieu de travail qui sont les plus efficaces. Et forcepas faits pour les femmes. Certes, porter des sacs de est de constater que ceux qui restent accrochés à leursciment, faire fondre de l’acier à 1200° ou bien monter bureaux sont en majorité des hommes. Pourquoi ? Parcedans l’arbre récupérer le chat du voisin, ne sont pas que les femmes, elles sont déjà parties en couranttâches aisées. dans les escaliers pour gérer la maison, les devoirs,Il apparaît donc que, à l’heure où le tertiaire représente les courses, la belle-maman…75% des emplois (Alternatives Economiques Pratiquen° 023 - 2006), la force physique, la masse musculaire,la taille, etc. sont encore interprétés comme signes de 4. Parce que les hommes négocient mieux leurs salairesvigueur et de capacité de travail. Ou plutôt « parce que les femmes coûtent moins cher ». On a beau reconnaître l’existence d’une discrimination 2. Parce que les hommes ne font pas d’enfants salariale et du fameux « plafond de verre », l’objectif qui consiste à faire disparaître les écarts de rémunérationEnfin si, bien sûr, les hommes sont aussi des pères devait être tenu en… 2010. Zut, on a encore du travailmais bizarrement, les employeurs ne leur demandent pour changer le taux qui correspond à 27% de moinspas, à eux, comment ils organisent le mode de garde de sur la fiche de paie d’une femme par rapport à celleleur progéniture… d’un homme (OFCE, juillet 2010). 16
  17. 17. 5. Parce que les hommes prennent les postes (elles sont éduquées pour employer le « non » le moinsles plus qualifiés possible), elles sont reconnues comme plus fiables et plus orientées résultats.Aujourd’hui, nous avons à faire face au développement Dernier point et non des moindres car il s’agit là d’unede contrats de travail courts et précaires qui prennent grande différence avec les hommes : les femmesde plus en plus le pas sur les CDI et à la progression des penseraient plus à faire bien le job qu’on leur confie qu’àservices à la personne (assistants maternels, personnels embellir leur plan de carrière.de ménage, aides à domicile, etc.). Ces changementsfavorisent un plus grand nombre d’emplois non qualifiés.La moitié des Français gagnent moins de 1500 euros Alors que faire pour que les recruteurs préfèrent(Les Echos, juillet 2009) et on est considéré comme les femmes ?pauvre lorsque l’on a des revenus inférieurs à 791 euros. C’est un changement des mentalités qui est à initier.Or, ce sont les femmes qui occupent le plus les emplois Il nous faut transformer l’état d’esprit des recruteurs, desles moins qualifiés, bien que le niveau d’éducation et de hommes, mais aussi… des femmes. En effet, par crainteformation des femmes augmente chaque année (OCDE de mesures de rétorsion ou de conflits, ou par atavisme,2008). Savez-vous que les emplois atypiques (intérim, il est clair que les femmes rechignent à agir. EmmanuelleCDD, contrats aidés, temps partiels…) sont occupés à Boussard-Verrechia, avocate au barreau de Versailles62% par des femmes (Insee, enquêtes emploi, 2009) ? (Semaine sociale Lamy, septembre 2010, n° 1457), note 2 types de femmes « agissantes » :Alors attention à vous si êtes femme, jeune, sous- - les femmes investies dans la représentation duemployée et seule… La sociologue et chercheuse au personnel et qui se battent pour le collectif. SouventCNRS Margaret Maruani fait un constat explicite de la employées ou techniciennes, elles ont de plus en plus leféminisation du salariat dans son ouvrage « Travail et soutien des syndicats,emploi des femmes » (éditions La Découverte) : « Les - les femmes surdiplômées qui croyaient être à l’abri,femmes ont conquis la liberté, il leur reste à obtenirl’égalité… / … Il faudrait un siècle, au rythme actuel, subissant la discrimination surtout du fait de leurpour atteindre l’égalité des salaires ». maternité, et qui montrent dorénavant leur colère. Francine Gomez, PDG de Waterman, résume ainsi la situation : « Pour réussir, une femme doit ressembler à Vous l’aurez compris, la situation est grave pour une jeune fille, se comporter comme une dame, penserl’emploi des femmes car les préjugés à combattre comme un homme et travailler comme un cheval ? »sont encore énormes. Les lois, les syndicats, les organismes et autres Halde œuvrent tous dans le même sens. Et c’est le « bon » sens.En tant que chasseuse de têtes, je témoigne ici de Cette métamorphose, que dis-je, cette mutation, doit êtrece que les employeurs, nos clients, nous disent (discours actée, dans nos vies professionnelles, par la mise end’alcôve bien sûr, puisqu’ils ne sont pas censés exiger ce œuvre de mesures simples. Exemples :genre de critère) : ils sont globalement plus satisfaits du - aménager les horaires (supprimer les réunions tardivestravail fourni par les femmes. Pourquoi ? serait un 1er point),En fait, deux « vérités » au sujet des femmes au travail - former les décideurs pour mettre en œuvre la parité ens’expriment le plus souvent. mettant en œuvre des indicateurs,L’une est négative : c’est le fait que les femmes sont - sensibiliser les managers aux situations discriminantesplus difficiles à manager. Sont souvent évoquées les (voire récompenser, par exemple en notant leur capacitépetites guerres intestines qu’il faut gérer. Quelle étaitl’expression déjà ? Ah oui : « comme des poules dans à les corriger),un poulailler ». - etc.Mais cette contrainte est vite compensée par une 2e Gageons que l’adage disant que « les recruteurs préfèrentvérité, positive celle-ci. Les employeurs sont plus en les hommes » est aussi peu darwinien que celui qui ditconfiance avec les femmes et les reconnaissent plus que « les hommes préfèrent les blondes » (sinon, vousefficaces. Habituées à jongler avec différentes missions l’avez compris, la sélection naturelle ferait qu’on ne(tiens donc, une récurrence du travail à la maison ?), trouverait que des blondes sur terre). Insurgeons-nousplus impliquées que leurs confrères masculins (parce contre ce mode de pensée qui, sociologiquement parlant,que entrainées à ce qu’on leur demande de faire leurs est de toute façon remis en cause aussi bien dans la viepreuves, voire de rendre des comptes ?), plus corvéables professionnelle que dans la vie personnelle. 17
  18. 18. DISCRIMINATION DES FEMMES ENCEINTES Yatuu - www.yatuu.fr 18
  19. 19. Hypathie Hypathie, blogueuse féministe, est également ingénieure commerciale en nouvelles technologies et consultante en ressources humaines. hypathie.blogspot.comL’informatique : toujours pas pour les femmes ?Qui sait encore que ce sont des femmes qui ont «inven- même lamentable. D’autant que ces postes ne sont nité» l’informatique  Certainement quelques ingénieurs ? pénibles ni salissants, qu’on n’y subit aucun aléas clima-informaticiens qui savent que le langage ADA a été tique puisque ce sont des postes de «bureau», et qu’onnommé d’après l’inventrice du premier algorithme y travaille assis devant un écran d’ordinateur ! L’argu-en 1842 : Adélaïde Lovelace, mathématicienne ? On ment du travail dur, donc masculin, ne tient pas.leur a aussi appris dans leurs écoles d’informatique Dans les pays asiatiques, notamment la Malaisie,que Grace Hopper , militaire au Pentagone qui amusait les femmes ont bien compris les avantages de tra-bien ses collègues en prétendant qu’un jour les ordina- vailler assise, sans se salir, en utilisant sa tête plutôtteurs parleraient le même langage que nous, a inventé que sa force physique devant un écran d’ordinateur :le premier langage de compilation et le langage Cobol  ? elles sont 65 % dans les universités d’informatique etMais qui aujourd’hui dans le grand public qui le sait ? de technologie. Évidemment, le discours en France estCela n’inciterait-il pas les femmes à faire ces formations toujours dramatiquement différent des actes : onet entrer dans ces métiers «masculins» contre tout bon s’arrache les cheveux devant un tel gap, on se faitsens, de savoir que ce sont des femmes qui en sont les des promesses, et.... Rien ne change. Il suffit d’ail-inventrices ? Pourquoi n’y a t-il pas plus de publicité sur leurs d’envoyer sa candidature de femme dans unece fait historique ? Serait-ce destiné comme toujours à SSII pour se rendre compte du traitement qu’on luise garder un espace entre-soi masculin, pour des mé- réserve : au mieux, elle n’est pas traitée, au pire, elletiers qu’ils ont décidé unilatéralement de s’approprier ? est écrasée ou rangée... les assistantes ! Ce sont en général des femmes, puisqu’elles sont cantonnéesDepuis ces temps héroïques, où sont les femmes ? aux ressources humaines, qui discriminent mais c’est vrai qu’elles n’ont en général pas de pouvoir décisionnaire !Dans les sociétés de services informatique (SSI Rien n’est plus triste que ces SSI et ces bu-ou SSII) française, les femmes sont employées en reaux d’études où il n’y a que des hommes sor-majorité écrasante aux postes (junior) de Chargées de tant tous des mêmes écoles de prêt-à-penser :recrutement ou d’assistantes. Tout se passe comme c’est sinistre, poussiéreux et ça sent le renfermé  !si une fois encore, elles étaient plus aptes à travailler On peut aussi se demander si les ordinateurs,dans l’humain, l’organisation ou l’entretien que dans les machines à commandes numériques et toutesla technique pure. leurs applications logicielles ne seraient pas plusSelon l’étude du Journal du Net de Lætitia Bardoul, humaines ou user friendly si des femmes les conce-« Les femmes dans les métiers de l’ingénierie en France » vaient, et si les chiffres d’affaires de ces sociétés ne s’enqui date de 2005 (backlash et récession économique poteraient pas mieux, tellement elles ont l’habitude deoblige, cela ne s’est pas amélioré : je suis en contact confier leur commercial à des ingénieurs qui ont furieu-régulier avec ces sociétés, je peux en témoigner !) il sement tendance à prendre le péon qui sarcle la haie pourest clairement établi qu’elles sont sous-représentées le décideur - conséquence désastreuse d’une navrantechez les techniciens et les cadres techniques. C’est monoculture. 19
  20. 20. L’argument de la totale disponibilité (non souhaitablepar ailleurs) ne tient absolument plus : avec les moyensactuels de la mobilité (téléphone cellulaire, visio-confé-rence, ordinateurs portables connectés au haut débitrendant possible l’ubiquité, transmission d’informationà la vitesse de la lumière...) comme les magistrates,les enseignantes ou les pharmaciennes, les femmesinformaticiennes peuvent travailler de chez elles.Je rencontre de plus en plus de développeurs hommesen home office, utilisant toutes ces technologies. Pourdes raisons culturelles, les femmes sont mieux orga-nisées et plus efficaces que les hommes. Il faut doncqu’elles choisissent ces formations porteuses d’emploi,aux postes aménageables et flexibles : la sous-traitancepermet d’essayer différents types d’entreprises et de sefaire une expérience. Et si les garçons y arrivent, il n’y aaucune raison pour que les filles qui sont meilleures àl’école, ne soient pas à la hauteur.Historiquement, les magistrates qui peuvent empor-ter des dossiers chez elles et rédiger leurs attendus dela maison sont nettement majoritaires à la Justice, demême que les enseignantes à l’Education nationale pourles mêmes raisons. Ou encore les pharmaciennes offici-nales à cause de l’appartement attenant ou au-dessusde la pharmacie ; on se demande donc ce que font lesentreprises d’informatique ? Elles attendent de se fabri-quer une image désastreuse de dinosaures ?Article publié le 3 juin 2010 sur le blog HypathieL’informatique : toujours pas pour les femmes ? Isa Gatzler - www.un-geek-a-la-maison.com 20
  21. 21. Yves Deloison Spécialiste des questions liées au changement, journaliste pour Courrier Cadres, Le groupe L’Etudiant puis Rédacteur en chef du magazine Changer tout et fondateur de la plate-forme Toutpourchanger.com, Yves Deloison est aussi l’auteur de plusieurs ouvrages. Le dernier en date, « Je veux changer de job ! » est édité par Hachette Pratique. www.toutpourchanger.comPermettre aux femmes de nouveauxchoix professionnels moins stéréotypés Rémunérations plus faibles, retraites moindres, l’essentiel des tâches domestiques. La plupart d’entrepostes moins qualifiés, contrats précaires, temps elles vivent la double journée de travail. A propos departiels… La situation des femmes au travail est la place des femmes, Claude Chabrol déclarait lors d’uneloin d’être idyllique. En cause, les stéréotypes qui interview réalisée en 2002 : « La montrer dans son activitéconditionnent leur place dans la société et leurs quotidienne correspond aux douze travaux d’Herculechoix professionnels. Et si cela changeait ? pour un homme. Je pense que le con qui a fabriqué l’être humain devait être légèrement misogyne  ». Je neNul n’ignore les bénéfices que procure le travail. Il peux pas m’empêcher de penser à toutes ces petitesgarantit un salaire, l’autonomie, la stabilité. Composante filles auxquelles on offre toujours mini cuisine équipéeclé de notre identité, il est vecteur d’insertion sociale et ou aspirateur afin de les préparer à leur sort. « Ellesd’épanouissement. Autant dire qu’il occupe une place aiment ça », me rétorque-t-on. Peut-on vraiment parlermajeure chez l’individu. C’est pourquoi les inégalités d’envie quand les modèles que les jeunes filles imitentprofessionnelles qui subsistent pénalisent durement les sont leur mère ou les femmes aperçues dans les séries,femmes. Quelques illustrations : à travail égal, le salaire les pubs ou les dessins animés un plumeau à la main ?horaire est largement inférieur à celui des hommes ; Récemment, j’écrivais sur Toutpourchanger.com,plus nombreuses à travailler à temps partiel non choisi, « Regardez comme aujourd’hui encore, les publicitaireselles sont par ailleurs bien plus souvent soumises aux continuent à ne s’adresser qu’aux femmes pourcontrats précaires. Cerise sur le gâteau, leur taux de présenter leurs produits miracle qui briquent la maisonchômage est plus élevé que celui des hommes, 7,9 % du sol au plafond. Hormis le débit de parole plus rapide,contre 6,9 % en 2008. Conséquence, la durée moyenne les images plus colorées et le montage plus rythmé,de travail des femmes est inférieure à celle des le message ressemble à s’y méprendre à celui deshommes, leur revenu moyen aussi. Tous ces aspects premiers spots de l’ORTF. Et quand, par miracle, unengendrent pour les femmes une plus grande précarité homme apparaît sur les écrans pour donner un coupet l’angoisse du lendemain. Revenir une énième fois sur de main, cela fait plus d’effet que lorsque la Mer Rougece sombre constat ne suffit pas, il faut surtout souligner s’est écartée pour laisser passer Moïse ». Les dernièresl’origine de ces nombreux maux. enquêtes menées à ce sujet indiquent clairement que rien ne bouge de ce côté là. A quand le partage des tâches ? Comment dans ces conditions pourraient-elles La double journée des femmes consacrer plus de temps à leur carrière professionnelle  ?Rien ne change dans la sphère privée. Certes depuis lesannées 1970, l’aspiration à l’indépendance financière L’orientation professionnelle des femmesdes femmes vis-à-vis de leur conjoint a produit seseffets. Une meilleure répartition des rôles au sein de la Rien ne change non plus en ce qui concerne l’orienta-famille et de la société a favorisé l’accroissement de leur tion. Là aussi, le rôle stéréotypé dévolu aux femmes ataux d’activité. En revanche, elles restent chargées de un réel impact sur les choix professionnels et explique 21
  22. 22. une grande part de l’inégalité qui se perpétue entre les Combattre les idées reçuesdeux sexes. Cette situation provient essentiellementdes représentations que chacun porte en soi, en parti- Pour que les femmes investissent de nouvelles voiesculier en ce qui concerne les métiers. Car ces représen- professionnelles, il faut donc les inciter à mener ce travailtations conditionnent fondamentalement l’orientation de découverte, à s’informer sur l’ensemble des secteursprofessionnelle des individus. Premières et principales existants, des postes à pourvoir, des conditions d’accès,victimes, les femmes qui limitent leur recherche à un des spécificités, etc. Des actions concrètes doiventnombre restreint de secteurs et ferment la porte à de être proposées afin de les aider à se débarrasser desnombreuses opportunités. Sur les 86 familles profes- représentations stéréotypées et sexuées des métiers.sionnelles recensées, tandis que les hommes se répar- C’est le meilleur moyen pour elles de s’autoriser ensuitetissent de façon plutôt équilibrée, la moitié des femmes à élargir leur champ de prospection. Une évolutionactives françaises se concentrent dans seulement une indispensable. Toute idée préconçue est à combattredouzaine de ces familles : le sanitaire et social, les afin de favoriser l’ouverture vers des choix bien plusservices aux particuliers, l’éducation… Cliché or not larges, vers d’autres professions, souvent méconnues.cliché ? Un choix qui regroupe justement les secteurs Aujourd’hui, il est possible de changer d’orientationles moins porteurs en termes d’emplois et bien moins quel que soit son âge, de bâtir un nouveau projet etrémunérateurs que d’autres. De leur côté, les hommes de se donner les moyens pour y parvenir grâce à las’engouffrent dans presque tous les secteurs d’activité formation ou la validation des acquis de l’expérienceavec à la clé, plus de places disponibles et des pistes notamment. Les femmes ont le droit de bénéficier ded’emploi plus prometteuses en matière d’évolution ou ces opportunités. Qu’elles en profitent ! Elles ont ausside responsabilités. le devoir d’ôter leurs œillères pour rompre avec les vieux schémas qui les desservent tant. Plus de travail, une meilleure rémunérationNombre de secteurs recrutent et offrent desdébouchés en masse que les femmes, par peur ou parméconnaissance, s’interdisent d’explorer. Victimes depréjugés qu’elles ont consciencieusement intégrés,nombre d’entre elles s’imaginent que les activitésindustrielles, le transport, la logistique, la maintenanceinformatique, électrique, électronique, le bâtiment etles travaux publics ne sont pas pour elles. Et cette listen’est pas exhaustive.C’est pourquoi il faut inciter les femmes en démarched’orientation à vérifier que l’image qu’elles ont deces métiers ou secteurs correspond bien à la réalité.Ainsi, évoluer sur un chantier, utiliser des machinesou conduire des équipements lourds ne pose aucunproblème aux femmes. On peut s’en rendre facilementcompte au Canada par exemple. Sur les routes, dansles chantiers, elles bitument, donnent des instructions,portent du matériel. Alors qu’en France, on expliquela faible présence des femmes à ces missions par unmanque de motivation ou une inadaptation aux tâchesà réaliser, les actions menées de longue date de l’autrecôté de l’Atlantique en faveur de l’accès des femmes auxmétiers physiques ou techniques, ouvre à de nombreuxdébouchés, à une meilleure évolution professionnelle, àla formation et à des rémunérations supérieures. 22
  23. 23. LES TÂCHES DOMESTIQUES par Shug : enpleintravail.blogspot.com 23
  24. 24. Chapitre 3 LES TREMPLINS À LA RÉUSSITE DES FEMMES
  25. 25. Créationd’entreprise
  26. 26. Aurélie Collet Aurélie Collet est responsable de Mompreneur Breizh. Après 15 ans dans le tourisme à occuper des postes de responsable commerciale, il était temps pour Aurélie de se lancer à son compte ! Sa société existe depuis 3 ans maintenant, avec le lancement en février 2010 de la marque et du site Perles de Voyages, agence de voyages sur mesure. www.perles-de-voyages.comZoom sur les Mompreneurs :« Les femmes ont toutes les qualitéspour réussir une création d’entreprise »par Priscilla GoutVous avez sans doute déjà entendu parler des Et que trouvent-elles ?« Mompreneurs » ? Le mouvement vient des Etats- Très concrètement, cela consiste à échanger des infor-Unis. Là-bas, les mamans entrepreneuses ont décidé mations sur comment créer sa boite, à quelles portesde se regrouper pour partager leur expérience et se frapper, obtenir des contacts en CCI, auprès dessoutenir. En France, on les appelle les mampreneurs. banques, des astuces pour faire une demande de prêts,Certaines se sont regroupées au sein de l’associa- trouver des financements, créer son site, établir untion Mampreneurs France, un réseau créé par Céline business -plan, etc.Fénié, créatrice du site Maman Shopping. Il compte Nous essayons également de rapprocher les porteusesaujourd’hui 400 adhérentes en France. de projet et les créatrices des organismes spécialisésAurélie Collet, créatrice d’une agence de voyage et qui peuvent leur apporter de l’aide.responsable de l’antenne bretonne MompreneursBreizh, a bien voulu répondre à quelques questions… « Les femmes comme les hommes ont toutes les qualités pour réussir une création d’entreprise. Que cherchent les femmes en intégrant C’est juste leur approche qui est différente.»un réseau comme celui des Mompreneurs ?Certaines femmes ont déjà le projet de créer et qui ontdéjà lancé leur activité. Elles viennent pour bénéficier departages d’expérience, se faire des contacts ou établir Pourquoi les femmes créent moins quedes partenariats. Tout ceci dans une optique de réseau les hommes selon toi ?d’affaires, non pas au sens pur mais pour sortir de l’iso- Le problème est qu’une femme ne réagit pas du toutlement. Faire partie des Mompreneurs permet d’échan- de la même manière qu’un homme. Effectivement,ger avec d’autres femmes qui ont les mêmes probléma- certaines femmes n’ont pas cette confiance en elles pourtiques. le faire. Mais il faut savoir que beaucoup de femmes sontNous accueillons également une autre population de vite découragées face aux obstacles qu’elles peuventfemmes : celles qui sont en phase de création, au début rencontrer car leur crédibilité est remise en cause parde leur projet et qui ne savent pas encore trop le faire beaucoup de leurs interlocuteurs comme les banquesévoluer. Ainsi, elles peuvent bénéficier de l’expérience ou les investisseurs. Une femme doit montrer deuxde celles qui ont déjà créé leur entreprise. fois plus patte blanche pour demander quelque chose. 26
  27. 27. A propos des Mompreneurs…Je schématise, mais une femme fonctionne beaucoupplus à « l’émotionnel » qu’un homme. Les femmes En France, le réseau des Mompreneurs créé parcraignent plus de mal faire, comme par exemple, d’im- Céline Fénié, créatrice du site Maman Shopping,poser leur prix pour un service ou ce genre de choses. compte 2000 membres dans toute la France.Et les clichés femme faible/homme fort persistent. On Le mouvement vient des Etats-Unis. Les mères depense souvent que la femme sera moins investie dans famille américaines pour qui il est beaucoup plusson business parce qu’elle a ou aura des enfants. difficile de faire garder les enfants qu’en France, ont décidé de se regrouper. Aujourd’hui, elles Quels conseils peux-tu donner aux femmes qui sont là-bas plus de 7 millions de mompreneurs.souhaitent se lancer dans la création d’entreprise ?Il faut savoir bien s’entourer déjà, bien travailler son www.les-mompreneurs.comprojet. Il ne faut pas se lancer sur un coup de tête. Il fautse faire accompagner, c’est très important. Beaucoupd’associations existent pour cela.Après, en tant que femme, il ne faut pas avoir peur devendre, de dire les choses, d’être soi-même et de croireen ce qu’on fait, même face aux difficultés. Il faut êtreforte pour soi et face aux interlocuteurs que l’on peutavoir. Il ne faut surtout pas baisser les bras à la premièredifficulté, et c’est là où intervient un réseau commeles mompreneurs ! Je parle par expérience pour leréseau Bretagne, mais notre force, c’est de ne pas avoirpeur de s’appeler les unes et les autres en admettant :« ça ne va pas, je n’y arrive pas ». On créé seule, maisparallèlement nous sommes plus fortes ensemble pouraffronter certaines situations. MamCafé Breizh à la Cantine Numérique de Rennes - 10 janvier 2011 27
  28. 28. Nathalie Cordeaux Communicante depuis plus 15 ans, Nathalie Cordeaux-Dulac est une bloggeuse avertie mais également créatrice d’entreprise. Passionnée par le Web, les réseaux sociaux et les mots, elle a fondé Corpor@tement Vôtre en 2009, et s’est spécialisée dans la création de blogs corporate et l’accompagnement des entreprises sur les réseaux sociaux. www.corporatementvotre.com« J’ai toujours eu envie d’être un jour indépendante »Entretien avec Nathalie, blogueuse et créatrice d’entreprisepar Priscilla Gout Nathalie, tu as créé ton entreprise en 2011, les moyens, pas le bon moment, pas assez de soutien…quelles ont été les étapes de cette création ? Et soyons honnête, créer sa boite, ça fiche la trouille ! Et puis, à 45 ans, j’ai décidé qu’il était temps de neEn fait mon entreprise a été officiellement immatriculée plus faire que ce que j’aime. Convertir ma passion pourle 2 janvier de cette année mais elle existe réellement la communication et le Web en fil rouge professionneldepuis octobre 2009… s’est imposé rapidement. Ceci combiné à de nombreuxLicenciée fin 2008, j’ai bénéficié d’une CRP (Convention changements dans ma vie perso, toutes les conditionsde Reclassement Personnalisé). 8 mois d’un programme se trouvaient rassemblées pour me lancer…personnalisé pour tenter de me recaser qui, au final,ont abouti sur un parcours de création d’entreprise. J’aieu la chance d’avoir une référente compétente qui m’a Avoir créé ta boite a-t-il changé la donne surdirigée vers un parcours accompagné dans le cadre du le plan de la conciliation vie pro/vie perso ?NACRE (Nouvel Accompagnement pour la Création etla Reprise d’Entreprises). Mon choix de l’organisme pour Oui beaucoup ! Côté organisation vie pro/vie persocet accompagnement s’est porté sur une Couveuse c’est idéalement ce que je recherchais. Pouvoir gérerd’Entreprises pour deux raisons : la formation dispensée les impondérables familiaux, régler les urgenceset la possibilité de tester en conditions réelles mon d’intendance, s’absenter et rattraper quand on veut.activité. Cette liberté m’est très chère mais elle a ses revers…Aujourd’hui, j’ai officiellement immatriculé Corpor@ Je ne sais pas si c’est parce que je démarre quetement Vôtre ou plutôt non… Je me suis immatriculée je donne plus pour mettre toutes les chances decomme Auto-Entrepreneur, Corpor@tement Vôtre mon côté mais toujours est-il que je travaille plus que den’existe que pour l’INPI. Je suis donc Conseillère en raison. Et cette situation est à mon avis très largementCommunication Numérique Interactive et j’exerce en « aggravée » par le fait que je travaille depuis la maisonprofession libérale. et en couple ! Certes plus libre donc, mais je ne laisse pas mes responsabilités au bureau, je ne les transmets pas à Pourquoi t’être reconvertie et avoir voulu créer ma hiérarchie. Mes responsabilités, mes obligations,ta propre entreprise ? mes peurs me suivent toute la journée.Je ne me suis pas reconvertie à proprement dit,je travaille depuis plus de 15 ans dans la communication Qu’est-ce qui a été le plus difficile dans tonet le Web est une passion de toujours. Ma reconversion parcours de création ?vient véritablement de mon statut de salarié vers celuide chef d’entreprise. Sans aucun doute, le sentiment lancinant d’incertitudeJ’ai toujours eu envie d’être un jour indépendante mais et de danger. Le parcours de création en lui-même s’estje n’ai jamais osé franchir le pas. Pas la bonne idée, pas techniquement bien déroulé, j’ai été accompagnée, 28
  29. 29. soutenue, conseillée. J’ai évité des écueils, j’ai trouvé Même la plus dure des féministes ne peut nier qu’il ades réponses, j’ai posé les bases et les bonnes… des domaines plus féminins que d’autres.Mais tout cela n’enlève pas les incertitudes qui Maintenant je ne m’arrête pas au sexe du blogueurreviennent de façon récurrente. On a beau être sûre de (drôle d’expression tiens !) A titre perso, je lis ce qui mesoi, de son projet, de ses capacités, le fait d’être seule touche, m’intéresse, me questionne, peu importe queavec un enfant fragilise la motivation parfois… Je reste cela soit une femme ou un homme. Côté pro… tant quepersuadée qu’une femme seule avec un enfant doit les compétences sont là…doubler ses capacités pour entreprendre.Mais au cours de mon parcours, j’ai eu le bonheur derencontrer mon conjoint qui est devenu mon partenaireprofessionnel. Depuis lors je me sens un peu plus ensécurité, il y en aura toujours un des deux pour rebondir,pour rassurer et soutenir l’autre, pour équilibrer… Parlons « réseautage », tu es présente sur lesréseaux sociaux, tu tiens cinq blogs… Est-ceimportant pour se faire connaître ?Sur le plan personnel, et dans le cadre du projet decréation, cela pallie évidemment à la solitude et aumanque de motivation. Côté professionnel, les échangessont enrichissants et peuvent aboutir sur d’autresprojets, des associations ou des partenariats.Je réseaute personnellement de deux façons différentes: en virtuel via Twitter, Facebook, Viadeo, Linkedin etd’autres… Et en réel via des Clubs professionnels, desconférences ou des rencontres entre Twitterriens… Et jepense que les deux sont nécessaires.Le réseau m’aide indéniablement à améliorer monréférencement personnel sur les moteurs de recherche.Aujourd’hui, tous mes clients viennent de mes réseauxTwitter et Viadeo sans que je n’aie eu à prospecter.Le réseau est donc une formidable vitrine de compétences ! « Le réseau est nécessaire pour un entrepreneur homme comme femme.» Plus généralement, quel est ton regard sur lablogosphère féminine ? Car vous êtes finalementpeu nombreuses à parler « web »…Pour moi, si on se lance dans un blog c’est qu’on aune passion à partager, une histoire à raconter. Quoi deplus naturel que des femmes partageant des passionscomme la mode, la cuisine, les enfants ? Rares sontcelles qui ont une passion pour la F1 ;-). 29
  30. 30. Sophie-Antoine Dautremant D’abord consultante chez Cap Gemini, Sophie-Antoine Dautremant a co-fondé Recrutae en 2003 avec Xavier Grangier. Elle est aujourd’hui responsable des contenus et de la gestion commerciale de cette société qui développe et édite des services web de recrutement en ligne. Parmi leurs réalisations, on trouve : easy-CV.com, BuroRH.com, TweetEmploi.com et leurs applications respectives sur Facebook et iPhone. Sophie-Antoine est également très active sur les réseaux sociaux comme Viadeo et LinkedIn et sur Twitter. www.recrutae.com« Pourquoije me suis lancée dans l’entrepreneuriat… »par Sophie-Antoine Dautremant, cofondatrice de RecrutaeDe manière générale je considère que l’on doit être le sentiment d’être seul... Mais après tout, ces aspectschacun “entrepreneur de sa vie”. L’entreprise peut être sont communs à bien des projets et à bien des femmesaussi bien sa propre société qu’une société tierce, il de nos jours quand on voit le nombre d’entre elles quifaut avant tout que le projet soit engageant et motivant, mènent de front vie professionnelle et vie familiale !et qu’il permette de déployer ses forces vers un objectifdont les conséquences pourront apporter de la satis- L’entreprenariat est donc à la portée de toutes sifaction. C’est parce que l’on place trop souvent l’entre- l’idée et l’envie sont là (la validation de la viabilité duprenariat dans un modèle assez masculin de conquête projet est bien entendu un pré requis). Des différencesqui peut effrayer beaucoup de femmes, car elles ne s’y existent cependant pour l’entreprenariat « au féminin » :identifient pas. Entreprendre c’est aussi, et avant tout à des sacrifices sont à envisager et le temps peut êtremon sens, se réaliser. Par ailleurs ce n’est pas une fin long avant de transformer ses efforts en réussite.en soi, un but ultime, c’est uniquement un moyen. Pour beaucoup de femmes, il peut donc paraître plus confortable d’être salariée pour le quotidien familial. Mais c’est la passion qui mène la danse et c’est la passion qui anime tout entrepreneur. Si elle est là, on a « On place trop souvent l’entreprenariat dans alors les moyens de franchir le cap de l’entreprenariat, et un modèle assez masculin de conquête qui peut si elle n’est pas là, ce n’est pas grave, il y a bien d’autres effrayer beaucoup de femmes » moyens de s’épanouir dans sa vie professionnelle, fort heureusement !J’ai créé Recrutae avec des idées de services différentsde ceux qui existaient. Par conséquent à ce moment-làl’entreprenariat était le moyen de faire avancer ces idées.Mais pour autant on peut avoir des idées et entreprendreen entreprise, sans avoir le titre d’“entrepreneur” (enfonction des cultures des entreprises) et on peut alternerdans sa vie professionnelle “pur entreprenariat” et“projets en entreprise”.Il est vrai que l’entreprenariat est un peu un parcours decombattant, où il faut savoir s’adapter, convaincre, avoirplusieurs casquettes et où l’on peut avoir par moment 30

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