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Le Rapport mondial sur l’eau à Istanbul 2009
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Les pressions sur la demande

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Les effets du changement climatique

La communauté scientifique s’accorde à prévoir une intensification et une accélératio...
L’investissement dans les infrastructures d’adduction d’eau est également payant pour
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Mieux gérer l’eau

Confrontés à des pénuries croissantes, certains pays ont déjà commencé à intégrer leur
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  1. 1. Le Rapport mondial sur l’eau à Mexico Bien qu’elles soient réparties de manière inégale, les ressources en eau douce sont loin de manquer à l’échelle de notre planète. Pourtant, du fait de la mauvaise gestion, de moyens limités et des changements environnementaux, quasiment un habitant de la planète sur cinq n’a toujours pas accès à l’eau potable et 40% de la population mondiale ne disposent pas d’un service d’assainissement de base, indique le deuxième Rapport mondial des Nations Unies sur la mise en valeur des ressources en eau. Ce rapport, qui est publié tous les trois ans, représente l’évaluation des ressources en eau douce de la planète la plus complète à ce jour. Cette édition - intitulée « L’eau, une responsabilité partagée » - met l’accent sur l’importance des modalités de gouvernance dans la gestion des ressources mondiales en eau et dans la lutte contre la pauvreté. D’après le rapport, les systèmes de gouvernance « déterminent qui peut avoir quelle eau, quand et comment, et décident qui a droit à l’eau et aux services connexes ». Ces systèmes ne reposent pas uniquement sur les gouvernements, mais aussi sur les autorités locales, le secteur privé et la société civile. Ils régissent en outre un large éventail de questions étroitement liées à celle de l’eau, comme la santé et la sécurité alimentaire, le développement économique, l’utilisation des sols et la préservation des écosystèmes dont dépendent nos ressources en eau. Le rapport souligne que : • Même si l’on ne cesse de réaliser des progrès importants et si « à l’échelle de la planète, les ressources en eau douce sont importantes », le Programme conjoint OMS / UNICEF de surveillance de l’approvisionnement en eau estime que 1,1 milliards de personnes n’ont toujours pas accès à des ressources suffisantes en eau potable et quelque 2,6 milliards de personnes n’ont pas accès à un service d’assainissement de 1
  2. 2. base. Ces personnes font partie des plus pauvres au monde et plus de la moitié d’entre elles vivent en Chine ou en Inde. Si l’on continue de progresser à ce rythme, des régions telles que l’Afrique sub-saharienne n’atteindront pas l’objectif du Millénaire pour le développement qui vise à réduire de moitié, d’ici à 2015, le pourcentage de la population n’ayant pas accès de façon durable à un approvisionnement en eau potable. L’autre objectif qui vise à réduire de moitié le pourcentage de la population qui n’a pas accès à un service d’assainissement de base ne sera pas atteint à l’échelle mondiale si les tendances actuelles se confirment. Selon le rapport, la situation actuelle s’explique principalement par « les mauvaises pratiques de gestion, la corruption, l’absence d’institutions appropriées, l’inertie bureaucratique et la faiblesse des investissements dans les domaines des ressources humaines et des infrastructures physiques ». • Une eau de mauvaise qualité joue un rôle clé dans les mauvaises conditions de vie et les grands problèmes de santé du monde. Les maladies diarrhéiques et le paludisme ont tué quelque 3,1 millions de personnes dans le monde en 2002. Quatre-vingt-dix pour cent de ces victimes étaient des enfants de moins de cinq ans. On estime que quelque 1,6 millions de vies pourraient être sauvées chaque année si l’on améliorait les conditions d’accès à l’eau potable, les services d’assainissement et l’hygiène. • La qualité de l’eau est de moins en moins bonne dans la plupart des régions. Les chiffres montrent que le nombre d’espèces d’eau douce est en recul et que les écosystèmes d’eau douce se détériorent rapidement, souvent plus vite que les écosystèmes terrestres et marins. Le rapport souligne que le cycle hydrologique, nécessaire à la vie, ne peut se dérouler que dans un environnement sain. • Les catastrophes naturelles sont de plus en plus nombreuses et 90 % d’entre elles sont liées à l’eau. Elles sont la conséquence d’une mauvaise utilisation des sols. La sécheresse dramatique qui progresse en Afrique de l’Est où l’on a procédé à des abattages d’arbres à très grande échelle afin de produire du charbon de bois et du bois de chauffage en est un exemple tragique. Le rapport cite également le cas du lac Tchad, en Afrique, qui a perdu près de 90 % de sa superficie depuis les années 1960, 2
  3. 3. principalement à cause du surpâturage, de la déforestation et de grands projets d’irrigation non durables. Deux personnes sur cinq vivent aujourd’hui dans des zones susceptibles d’être inondées, notamment du fait de l’élévation du niveau de la mer. Les pays les plus exposés sont le Bangladesh, la Chine, les États-Unis, l’Inde, le Pakistan, les Pays-Bas, les Philippines et les petits États insulaires en développement. Le rapport insiste sur le fait que les changements climatiques ne feront qu’aggraver cette situation. • La population mondiale aura besoin de 55 % de nourriture en plus en 2030, ce qui se traduira par un recours plus important à l’irrigation, qui représente d’ores et déjà près de 70 % de l’eau douce consommée par les hommes. La production agroalimentaire a énormément augmenté au cours des 50 dernières années, pourtant, 13 % de la population mondiale (850 millions de personnes qui vivent essentiellement en zones rurales) ne peuvent toujours pas manger à sa faim. • En 2007, la moitié des êtres humains vivront dans des villes, petites ou grandes. En 2030, la population urbaine comprendra quasiment les deux tiers de la population mondiale, ce qui entraînera une hausse vertigineuse de la demande en eau dans les zones urbaines. On estime que 2 milliards de personnes vivront dans des bidonvilles, or c’est la population pauvre des zones urbaines qui souffre le plus de l’insuffisance des approvisionnements en eau salubre et des installations d’assainissement. • Dans les pays en développement, plus de 2 milliards de personnes n’ont pas accès à des formes d’énergie fiables. L’eau est une ressource cruciale en matière de production d’énergie, cette dernière étant à son tour essentielle au développement économique. L’Europe utilise 75 % de son potentiel d’énergie hydraulique, tandis que l’Afrique, dont 60 % de la population n’a pas accès à l’électricité, n’exploite que 7 % de son potentiel. • Dans de nombreux endroits du monde, on estime que pas moins de 30 à 40 % des ressources en eau ne sont pas comptabilisées à cause des raccordements illégaux et des fuites dans les canalisations et les canaux. • Bien que l’on ne dispose pas de chiffres précis, on estime que la corruption coûte chaque année des millions de dollars au secteur de l’eau et qu’elle nuit fortement à l’approvisionnement en eau, en particulier à destination des plus pauvres. Ainsi le rapport 3
  4. 4. cite les résultats d’une enquête menée en Inde selon laquelle 41 % des personnes interrogées avaient payé plus d’un pot de vin au cours des six mois précédents afin de falsifier leurs relevés de consommation en eau ; 30 % d’entre elles avaient payé pour accélérer la réalisation de travaux de réparation et 12 % d’entre elles avaient payé pour accélérer la réalisation de travaux de raccordement et l’installation de systèmes d’assainissement. Le Plan de mise en oeuvre de Johannesburg, adopté par les États membres lors du Sommet mondial pour le développement durable (2002), prend acte du rôle capital que joue l’eau douce dans les domaines de la sécurité et du développement humains et invite les pays à élaborer des plans de gestion intégrée des ressources en eau et de valorisation de l’eau d’ici à 2005. Le rapport indique qu’environ 12 % des pays seulement ont accompli ce travail jusqu’à présent, bien que nombre d’autres aient enclenché un processus dans ce sens. On constate en outre que les crédits alloués à l’eau ne progressent pas. D’après le rapport, l’aide publique au développement (APD) totale consacrée au secteur de l’eau au cours de ces dernières années s’élève en moyenne à 3 milliards de dollars par an, à laquelle on peut ajouter 1,5 milliards de dollars accordés au secteur sous forme de prêts non concessionnels, principalement par la Banque mondiale. Cependant, seul un faible pourcentage (12 %) de ces fonds parvient effectivement à ceux qui en ont le plus besoin. Enfin, seuls 10 % environ des crédits sont alloués à l’élaboration de politiques, à la planification et à la conception de programmes en matière de gestion de l’eau. De plus, les investissements du secteur privé dans le domaine de l’approvisionnement en eau sont en recul. Au cours des années 1990, on estime que le secteur privé a investi 25 milliards de dollars dans les services d’approvisionnement en eau et d’assainissement dans les pays en développement, principalement en Amérique latine et en Asie. Cependant, beaucoup de grandes multinationales présentes dans le secteur de l’eau ont commencé à réduire leurs activités, voire à y renoncer, à cause des risques politiques et financiers importants auxquels elles étaient exposées. 4
  5. 5. Même si les résultats atteints par le secteur privé n’ont souvent pas été à la hauteur ni des attentes des autorités des pays en développement, ni des pays donateurs, le rapport insiste sur le fait que « ce serait une erreur » de faire une croix sur l’action du secteur privé. En effet, des gouvernements en grande difficulté financière dont les réglementations sont insuffisantes « sont loin d’être bien placés pour résoudre les problèmes de mauvaise gestion des ressources en eau et d’insuffisance des services d’approvisionnement en eau » estime-t-il. La consommation en eau s’est multipliée par six au cours du XXe siècle, alors que la population mondiale ne s’est multipliée que par trois. Notre capacité à satisfaire une demande planétaire toujours croissante, indique le rapport, dépendra d’une bonne gouvernance et d’une bonne gestion des ressources disponibles. « Une bonne gouvernance est essentielle à la gestion de nos ressources en eau douce qui sont de plus en plus limitées. Elle est en outre indispensable à la lutte contre la pauvreté » a déclaré Koïchiro Matsuura, Directeur général de l’UNESCO. « Il n’existe pas de recette type dans ce domaine complexe et variable. Cependant, nous savons qu’une bonne gouvernance doit reposer sur des institutions adéquates, aux échelles nationale, régionale et locale, sur des cadres juridiques stables et efficaces, et sur des ressources humaines et financières suffisantes ». Exercer une bonne gouvernance nécessite également de respecter « les libertés essentielles, comme la liberté d’expression et de droit de s’organiser » rappelle le rapport. Il souligne que « si les citoyens ne peuvent avoir accès à des informations de base relatives à la qualité de l’eau et aux réserves disponibles, ils n’ont quasiment aucune chance de pouvoir s’opposer à des aménagements hydrauliques qui nuisent à l’environnement ou de mettre les instances gouvernementales concernées devant leurs responsabilités ». 5
  6. 6. Le Rapport mondial sur la mise en valeur des ressources en eau est le fruit d’un effort commun déployé par 24 agences* des Nations Unies, en partenariat avec d’autres acteurs impliqués dans la gestion des ressources en eau. Il est produit en leur nom par le Programme mondial pour l'évaluation des ressources en eau des Nations Unies dont le secrétariat est hébergé par l’UNESCO, qui considère les ressources en eau douce comme une grande priorité. Ses 15 chapitres, élaborés par les différentes instances participantes, présentent une analyse approfondie de la situation dans toutes les régions du monde, ainsi que les statistiques, cartes et graphiques les plus récents. Le rapport comporte en outre 17 études de cas et de nombreux exemples de bonnes et de mauvaises pratiques en matière de gouvernance dans le domaine de l’eau. Le rapport « L’eau, une responsabilité partagée », sera officiellement présenté le 22 mars, Journée mondiale de l’eau, par le Directeur général de l’UNESCO, au nom des Nations Unies, lors du 4e Forum mondial de l’eau qui se tiendra à Mexico. 6
  7. 7. Le Rapport mondial sur l’eau à Istanbul 2009 La demande en eau n’a jamais été aussi forte. En cause : la croissance démographique, l’évolution des modes de consommation alimentaire ou encore les besoins accrus en énergie. C’est ce que souligne la troisième édition du Rapport mondial des Nations Unies sur l’évaluation des ressources en eau, présenté aujourd’hui à la presse, en amont du 5ème Forum mondial de l’eau qui se tient à Istanbul (Turquie) du 16 au 22 mars. Le rapport, qui est publié tous les trois ans, présente une évaluation complète des ressources en eau douce de la planète. Cette nouvelle édition, intitulée L’eau dans un monde qui change, insiste notamment sur le rôle joué par l’eau dans le développement et la croissance économique. « Dans un contexte marqué par des pénuries croissantes, une bonne gouvernance est plus que jamais essentielle à la gestion de l’eau. La lutte contre la pauvreté dépend aussi de notre capacité à investir dans cette ressource », a déclaré le Directeur général, Koïchiro Matsuura, qui présentera officiellement le rapport au nom des Nations Unies le 16 mars à Istanbul. Alors que la demande augmente, certains pays atteignent déjà les limites de leurs ressources en eau. Les effets attendus du changement climatique devraient encore accentuer ce phénomène. Une compétition pour l’eau se dessine – entre les pays, entre les zones urbaines et rurales, mais aussi entre les différents secteurs d’activité - qui risque de se traduire à l’avenir par une politisation plus marquée des questions relatives à l’eau. Des politiques existent pourtant qui permettent de réduire les déperditions, d’améliorer la gestion de l’eau ou de réduire la demande. De fait, de nombreux pays ont déjà pris des mesures légales pour protéger leurs ressources en eau. Mais, constate le rapport, les réformes entreprises n’ont guère porté leurs fruits jusqu’ici car les actions menées restent trop souvent cantonnées au seul secteur de l’eau. Or, pour être efficaces, celles-ci doivent aussi impliquer les décideurs dans des domaines tels que l’agriculture, l’énergie, le commerce ou la finance, qui ont un impact déterminant sur la gestion de l’eau. Le 7
  8. 8. rapport met aussi l’accent sur l’importance des partenariats entre les gouvernements, le secteur privé et la société civile. Accès à l’eau Premier constat dressé par les auteurs du rapport : l’accès aux services de base liés à l’eau (eau potable, assainissement et production alimentaire) demeure insuffisant pour une large part du monde en développement. On estime à plus de cinq milliards (67% de la population mondiale) le nombre de personnes qui ne disposeront pas d’un accès à des installations sanitaires décentes en 2030. Dans ce contexte, la perspective d’atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement relatifs à l’eau et l’assainissement* d’ici 2015 est à la fois prometteuse et alarmante. Si les tendances actuelles suggèrent que plus de 90% de la population mondiale utiliseront des sources d’eau potable salubre d’ici cette échéance. L’objectif du Millénaire pour le développement concernant l’eau potable est donc en bonne voie, sauf en Afrique sub-saharienne où 340 millions d’Africains ne bénéficient pas d’un accès à une eau potable salubre. En revanche, le monde est loin d’atteindre l’objectif relatif à l’assainissement. Ainsi, près de 500 millions de personnes n’ont pas accès à des installations sanitaires décentes en Afrique, parmi bien d’autres régions également en retard dans ce domaine. Le lien entre pauvreté et ressources en eau est évident : le nombre de personnes vivant avec moins de 1,25 dollar par jour coïncide approximativement avec celui des personnes qui n’ont pas accès à une eau potable salubre. Cette situation a des conséquences sanitaires majeures. On estime en effet que dans les pays en développement, 80% des maladies sont liées à l’eau et causent la mort prématurée de trois millions de personnes chaque année. A titre d’exemple, 5 000 enfants meurent chaque jour de diarrhée, soit un toutes les 17 secondes. Au total, un dixième des maladies au niveau mondial pourraient être évitées grâce à une amélioration de l’approvisionnement, de l’assainissement, de l’hygiène et de la gestion des ressources en eau. 8
  9. 9. Les pressions sur la demande Tandis qu’une partie de la population reste privée d’un accès satisfaisant à l’eau, la demande pour cette ressource n’a jamais été aussi forte. Les prélèvements d’eau douce ont en effet triplé depuis 50 ans et les zones irriguées ont doublé pendant la même période. Ce phénomène de fond est notamment lié à la croissance de la population. Aujourd’hui de 6,6 milliards, elle augmente de près de 80 millions de personnes chaque année. Cela se traduit par une demande supplémentaire en eau de 64 milliards de mètres cube par an. Or, 90% des trois milliards de personnes supplémentaires qui viendront grossir la population d’ici 2050 vivront dans des pays en développement, pour beaucoup dans des régions où la population actuelle dispose déjà d’un accès restreint à l’eau. La croissance démographique se traduit par des besoins accrus en produits agricoles et donc des besoins croissants en eau. L’agriculture demeure le secteur le plus gourmand en eau puisqu’il représente à lui seul 70% de l’ensemble de la consommation (contre 20% pour l’industrie et 10% pour les besoins domestiques). Si rien n’est fait pour rationaliser son utilisation dans l’agriculture, les besoins en eau devraient augmenter de 70 à 90% d’ici 2050 alors même qu’un certain nombre de pays atteignent déjà les limites de leurs ressources en eau. Parallèlement, ces dernières années ont été marquées par une évolution des modes de consommation alimentaire, qui s’est traduite notamment par une plus forte demande en viande et en produits laitiers dans les pays émergents. Or, si la production d’un kilo de blé nécessite de 800 à 4000 litres d’eau, un kilo de viande de bœuf en demande entre 2000 et 16 000 litres. On estime que le consommateur chinois qui mangeait 20 kilos de viande par an en 1985 en consommera 50 kilos en 2009, ce qui se traduira par un besoin supplémentaire en eau de 390 km3. A titre de comparaison, en 2002, la consommation de viande/habitant était de 76 kilos en Suède et de 125 kilos aux Etats-Unis. La production de biocarburant, qui s’est intensifiée ces dernières années, a également pesé de manière significative sur la demande en eau. La production d’éthanol, soit 77 milliards de litres en 2008, a triplé entre 2000 et 2007 et devrait atteindre 127 milliards de litres en 2017. Le Brésil et les Etats-Unis, qui assurent 77% de la demande mondiale, en 9
  10. 10. sont les principaux producteurs. En 2007, 23% de la production de maïs des Etats-Unis et 54% de la récolte de canne à sucre au Brésil ont été utilisés pour produire de l’éthanol. Dans l’Union européenne, 47% de la production d’huile végétale a servi à produire du biodiesel en 2008. Malgré l’augmentation des surfaces consacrées à la production de biocarburants, la part de ces derniers dans l’utilisation des carburants reste faible. En 2008, la part de l’éthanol dans les carburants utilisés dans les transports est estimée à 4,5% aux Etats-Unis, 40% au Brésil et 2,2% dans l’Union européenne. S’ils permettent de réduire la dépendance vis-à-vis des énergies fossiles, les biocarburants, compte-tenu de la technologie déployée pour leur production, soulignent les auteurs du rapport, peuvent avoir un impact disproportionné sur l’environnement et la biodiversité parce que leurs cultures nécessitent l’utilisation de grandes quantités d’engrais et de beaucoup d’eau. Entre 1000 et 4000 litres d’eau sont en effet nécessaires pour produire un seul litre de biocarburant. Par ailleurs, les besoins en énergie se développent à un rythme accéléré, ce qui devrait accentuer également la demande en eau. On estime en effet que la demande mondiale d’énergie pourrait augmenter de 55% d’ici 2030. La Chine et l’Inde devraient représenter 45% de cette augmentation. La production hydroélectrique devrait progresser à un rythme annuel moyen de 1,7% entre 2004 et 2030, soit une augmentation globale de 60% durant cette période. Critiqués pour leur forte empreinte écologique et les déplacements de populations qu’ils occasionnent, les barrages apparaissent pour beaucoup comme une solution, dans un contexte marqué par la raréfaction des énergies fossiles et la nécessité de recourir à des sources d’énergie plus propres. C’est notamment le cas dans les pays en développement, qui disposent d’un fort 10 potentiel dans ce domaine.
  11. 11. Les effets du changement climatique La communauté scientifique s’accorde à prévoir une intensification et une accélération du cycle hydrologique à l’échelle de la planète liées au réchauffement de la planète. Cette intensification pourrait se traduire par une augmentation des niveaux d’évaporation et des précipitations. Les effets de ces changements sur les ressources en eau demeurent encore largement incertains, mais on s’attend à ce que le manque d’eau ait des répercussions sur la qualité de l’eau et sur la fréquence de phénomènes tels que les sécheresses ou les inondations . En 2030, 47% de la population vivra dans des régions déjà soumises à un fort stress hydrique. En Afrique, entre 75 et 250 millions de personnes seront confrontées en 2020 à des pénuries croissantes liées au changement climatique. La pénurie que connaîtront certaines régions arides et semi-arides aura un impact décisif sur les migrations. On estime de 24 à 700 millions de personnes qui pourraient être forcées de migrer pour des raisons liées à l’eau. Investir dans l’eau Selon les auteurs du rapport, les pays riches ne sont pas les seuls à devoir investir dans le secteur de l’eau. La prospérité à venir dépend en partie des investissements effectués dans le secteur de l’eau. Le développement des ressources en eau est en effet un élément clé du développement économique et social. Investir dans l’eau se révèle payant à différents niveaux. On estime en effet que chaque dollar investi pour améliorer l’accès à l’eau se traduit par des gains de 3 à 34 dollars des Etats-Unis. A contrario, lorsque l’investissement est faible, le produit intérieur brut (PIB) peut en être affecté jusqu’à concurrence de 10%. Sur le continent africain, les pertes engendrées par le manque d’accès à une eau de qualité et à des infrastructures sanitaires de base sont estimées à quelque 28,4 milliards de dollars par an, soit près de 5% du PIB. 11
  12. 12. L’investissement dans les infrastructures d’adduction d’eau est également payant pour l’environnement. Aujourd’hui, plus de 80% des eaux usées dans les pays en développement sont rejetées sans subir aucun traitement, polluant les rivières, les lacs, ou les rivages dans lesquels elles se déversent. Aussi rentables soient-ils, ces investissements ont aussi un coût. On estime que remplacer les infrastructures vieillissantes dans les pays industrialisés pourrait coûter jusqu’à 200 milliards de dollars par an . L’eau est l’une des questions clé, parmi d’autres, que les pays en développement doivent affronter. Pourtant, compte-tenu des bénéfices que l’on peut attendre de l’investissement dans les infrastructures liées à l’eau et du développement des capacités dans le secteur, le pourcentage du budget consacré par les gouvernements et l’aide publique à ces domaines est inadéquat. Ainsi, l’aide publique au développement allouée au secteur de l’eau dans son ensemble est en diminution et ne représente que près de 5% du flux total de l’aide. Corruption La corruption dans le domaine de l’eau pourrait alourdir les coûts des investissements nécessaires pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement relatifs à l’eau de près de 50 milliards de dollars. Volumes de consommation falsifiés, favoritisme dans la commande d’équipement, népotisme dans l’attribution des marchés publics sont les formes de corruption les plus répandues. Selon certaines études, jusqu’à 30% des budgets consacrés à l’eau pourraient faire l’objet de détournement dans certains pays. Pourtant, il est rare que ces pratiques soient combattues. Certains pays ont toutefois pris des initiatives pour lutter contre ce phénomène, comme l’indique le rapport qui cite plusieurs exemples. Donateurs et investisseurs sont conscients de ces pratiques et la plupart des agences d’aide au développement ont choisi de se concentrer sur des pays peu touchés par la corruption. 12
  13. 13. Mieux gérer l’eau Confrontés à des pénuries croissantes, certains pays ont déjà commencé à intégrer leur stratégie de gestion des ressources en eau à leur plan de développement. C’est notamment le cas de la Zambie. Suite à cette intégration de l’eau dans le plan de développement national, de nombreux donateurs ont incorporé des investissements relatifs à l’eau dans l’aide qu’ils accordent à ce pays. Le projet d’Anatolie du Sud-Est (GAP) en Turquie est un projet de développement multisectoriel visant à augmenter les revenus dans cette région moins développée. Le coût total du GAP est estimé à 32 milliards de dollars. Dix-sept milliards ont été investis jusqu’ici. Les revenus par fermier ont triplé avec le développement de l’irrigation. L’électrification dans les zones rurales a atteint 90%, les taux d’alphabétisation ont augmenté, les taux de mortalité infantile ont baissé, le nombre des entreprises a doublé et un système plus juste de propriété des sols s’applique désormais aux zones irriguées. Les zones urbaines desservies par l’eau ont quadruplé. De fait, la région a cessé d’être la moins développée du pays. L’Australie a également amorcé un virage dans sa politique. Ce changement s’est traduit par différentes mesures. Des restrictions ont été mises en place (arrosage des jardins, lavage de voitures, remplissage des piscines…) dans toutes les grandes villes australiennes. A Sydney, un double système de distribution a été mis en place en 2008 avec d’une part un circuit qui achemine l’eau potable, de l’autre un circuit distribuant une eau impropre à la consommation mais disponible pour d’autres usages. Les réseaux de distribution urbains comme les dispositifs d’irrigation se révèlent largement inefficaces si on les juge à l’aune des quantités d’eau gaspillées. Dans la région méditerranéenne, on estime que 25% de l’eau acheminée dans les zones urbaines et 20% de celle qui transite par les canaux d’irrigation se perd. Or, une partie au moins de ces pertes est évitable. Des villes comme Rabat (Maroc) ou Tunis (Tunisie) sont parvenues à réduire leurs pertes de 10%. Des programmes de détection des fuites sont également expérimentés à Bangkok (Thaïlande) 13 et Manille (Philippines).
  14. 14. Les procédés de traitement de l’eau peuvent également permettre d’améliorer l’offre. Le recyclage des eaux usées à des fins agricoles est déjà pratiqué par certains pays. Il reste cependant limité, sauf dans les pays disposant de ressources en eau très réduites. Ainsi, 40% des besoins de Gaza (Territoires palestiniens), 15% de ceux d’Israël et 16% de ceux de l’Egypte sont couverts par le recyclage des eaux usées. La désalinisation de l’eau de mer est un autre procédé utilisé dans les régions arides. Il est utilisé pour obtenir de l’eau potable (24%) et pour les besoins de l’industrie (9%), dans des pays qui atteignent les limites de leurs ressources renouvelables (Arabie saoudite, Israël, Chypre…). Coordonné par le Programme mondial pour l’évaluation des ressources en eau (WWAP), le rapport est le fruit du travail des 25 agences et entités des Nations Unies qui composent l’ONU-Eau. Il est produit tous les trois ans par le WWAP, dont le secrétariat est hébergé par l’UNESCO. * Réduire de moitié, d'ici 2015, le pourcentage de la population qui n'a pas accès de façon durable à un approvisionnement 14 en eau potable salubre.

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