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Vulnerable populations and accommodation strategy: The Association for Development Delwendé and the Touaregs refugees (1993-1996) (Claude-Etienne SISSAO)

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Salerno 2009 : POPULATIONS VULNÉRABLES ET APPROCHE D'ACCUEIL : L’Association pour le Développement Delwendé et les réfugiés touaregs (1993-1996)

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  • 1. POPULATIONS VULNÉRABLES ET APPROCHE D'ACCUEIL : L’Association pour le Développement Delwendé et les réfugiés touaregs (1993-1996)
  • 2. Plan
    • INTRODUCTION
    • I - CONTEXTE HISTORIQUE ET DEBUTS D’UNE VULNERABILITE
    • 1- Le contexte historique
    • 2- De l’intervention spontanée à la mise en œuvre d’une prise en charge rationnelle : partenariat, statistique et espace d’accueil.
    • II- LE PROGRAMME EN ACTION : FONCTIONNEMENT, IMPACT ET LEÇONS
    • 1- Le contenu et le fonctionnement
    • 2- Impacts et leçons d'une action humanitaire
    • CONCLUSION
  • 3.
    • Les premiers Touaregs se sont installés dans l’actuel Burkina Faso depuis la période précoloniale
    • D’autres les y rejoignirent après les années 70 et 80 suite à la sécheresse.
    • Grande vague migratoire née du conflit de 1990 au Mali et au Niger.
    • En 1995, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR), chiffrait le nombre de réfugiés à 50 000 au Burkina Faso.
    • notre objet n’est pas de traiter exhaustivement des réponses apportées aux problèmes des réfugiés au Burkina Faso ; mais de montrer les efforts d’une structure locale modeste dénommée « Association pour le développement Delwendé » issue de la société civile.
  • 4. Méthodologie
    • Les observations que nous ferons dans ce travail sont le fruit d'une expérience vécue par nous en tant qu'acteur-témoin des actes posés. La consultation des archives de l’Association concourt aussi à donner certaines précisions et à apporter des faits dans l’analyse à partir de preuves écrites produites, non pas pour l’objectif de la présente étude, mais dans le cadre de la gestion d’ensemble de cette prise en charge par l’Association.
    • L'auteur a participé aux différentes étapes de sensibilisation afin que les intéressés adhèrent au projet d'organisation d'un site. Il a été responsable de la création et du fonctionnement de l'école satellite sur le site.
  • 5. I - CONTEXTE HISTORIQUE ET DEBUTS D’UNE VULNERABILITE
    • La vulnérabilité des touaregs en raison de leur situation de réfugiés au cours des années 90 découle d’un processus historique qu’il convient d’évoquer.
    • Précoloniale : vie nomade, grand espace, commerce transsaharien;
    • Langue : tamasheq
    • Vie politique plutôt décentralisée
    • Les catégories sociales étaient définies par leur appartenance tribale, c'est-à-dire la Tawsit.
    • Selon Hélène Claudot-Hawad, plusieurs tribus peuvent former une confédération appelée « Ettebel  »
  • 6.
    • L’Islam tempéré et la langue tamasheq constituent le ciment du peuple touareg.
  • 7.
    • Période coloniale : A la fin du XIX e et au début du XX e siècle, le choc colonial constitua le début d’une ère nouvelle, celle de la vulnérabilité ; donc un changement dans la vie des Touaregs.
    • Des éléments de fragilité s’installèrent peu à peu. Comme dans toutes les sociétés africaines, les Touaregs furent confrontés au défi de l’ordre colonial
  • 8.
    • Pour mieux éclairer l’attitude des Touaregs pendant la colonisation, voir les articles suivant dont s’inspire l’élaboration de cette partie :
    • Edmond Bernus, « Claudot-Hawad H.- Epéronner le monde. Nomadisme, cosmos et politique chez les Touaregs » Cahiers d’Etudes Africaines , 172 / 2003, Cf. http://www .etudesafricaines.revue.org/index1544.htlm (31 juil 2009). mis en ligne le 2 mars 2007.
    • Grégoire Emmanuel, Touareg du Niger, Le destin d’un mythe , Paris, Karthala, 2000, 344 p.
    • André Bourgeot, « Les mouvements de résistance et de collaboration en Ahoggar (Algérie) de 1880 à 1920 », Annuaire de l’Afrique du nord, CNRS , Tome XXII, Paris, 1984, pp.481-499.
    • Pierre Boiley, « L’OCRS, une tentative avortée » in Nomades et commandant, administration et sociétés nomades dans l’ancienne AOF , éd. Karthala, Paris, 1993, pp. 215-239.
    • Hélène Claudot-Hawad, « Honneur et politique : les choix stratégiques des Touaregs pendant la colonisation française, in Revue du Monde Musulman et de la Méditerrannée, RE.M.M.M, 57, 1990/3, pp. 11-48. cf. http : //www.persee.fr/web/revues/home/prescipt/article/remmm.
  • 9.
    • Une nouvelle administration se superposa à la leur.
    • Les colonisateurs français et italiens apportèrent des changements dans la notion de territoire. Progressivement, cinq nouvelles frontières furent érigées sur le grand espace touareg. Ils se retrouvèrent donc écartelés sur cinq territoires pendant la grande vague de la décolonisation africaine des années 60 : Mali, Niger, Haute-Volta, Algérie et Libye.
    • Avec l’avènement des indépendances, les touaregs qui étaient faiblement intégrés au système colonial ne bénéficièrent pas du transfert de pouvoir politique et économique. Leurs zones d’implantation étaient dans les périphéries des nouveaux territoires indépendants
  • 10.
    • Période des indépendances
    • la vie nomade devient difficile, car les Touaregs se heurtent aux nouvelles frontières héritées de la colonisation.
    • Il y eut un recul par rapport à la période précédente puisqu’ il s’agissait avant de limites administratives ou frontières impériales.
  • 11.
    • La vie nomade n’a pas permis d’éduquer un nombre important d’enfants touaregs à même de s’insérer dans l’administration des nouveaux Etats-nation.
    • A cela s’ajoute l’option d’une politique de centralisation des Etats qui a fait exacerber leur marginalisation, et leurs frustrations.
  • 12.
    • Nomades par essence , les Touaregs connurent une perturbation dans leur système économique et social traditionnel car l’ordre colonial, et surtout, post colonial leur imposèrent progressivement la sédentarisation . Le déclin du commerce caravanier se confirma. La société touarègue fut fragilisée économiquement à cause des nouveaux moyens de transport, comme les camions, qui sillonnaient le désert à la place des caravanes de chameaux dans le commerce transsaharien. De plus, les sécheresses récurrentes des années 70 et 80 les frappèrent durement et les obligèrent à s’exiler ou à pratiquer l’exode vers les grandes villes.
    • Voir Bourgeot André, Les sociétés touaregs. Nomadisme, identité, résistance , Paris, Karthala, 1995, 544 p.
  • 13.
    • 2- De l’intervention spontanée à la mise en œuvre d’une prise en charge rationnelle : partenariat, statistique et espace d’accueil.
    • Les populations issues des déplacements forcés sont quelque peu désorientées face aux exigences de l’accueil. Ce fut le cas de la majorité des Touaregs déclarés réfugiés au Burkina Faso, courant 1993. La recherche de secours se faisait alors tous azimuts . Elle était parfois guidée par des parents installés antérieurement.
  • 14.
    • C’est dans ce contexte qu’intervint l’ONG Delwendé dont les secteurs d’activités couvraient l’encadrement des groupements villageois, la réalisation de projets d’éducation, de santé, d’agriculture et de sécurité alimentaire.
  • 15.
    • les migrants touaregs prirent d’assaut ses locaux dès 1992. Face à cette situation, elle fut amenée à œuvrer officiellement entre 1993 et 1996 dans l'assistance aux personnes déplacées , période pendant laquelle les statistiques faisaient état au Burkina Faso d'une forte poussée du nombre de réfugiés touaregs
  • 16. Un territoire pour une action coordonnée
    • Une intervention efficace en faveur des réfugiés touaregs nécessitait leur regroupement, car ils étaient disséminés dans plusieurs quartiers de la ville de Ouagadougou et dans d’autres localités.
    • L'acquisition de ce site avait mis en relation plusieurs parties : les habitants et les responsables coutumiers composés essentiellement d'une catégorie sociale considérée en pays mossi, dans les temps historiques, comme les «maîtres de la terre » ; les ressortissants de ce village, installés à Ouagadougou, notamment la frange dite "évoluée " et enfin l' Administration qui gère officiellement les terres du pays dans le contexte de l'État moderne
  • 17. II- LE PROGRAMME EN ACTION : FONCTIONNEMENT, IMPACT ET LEÇONS
    • Le contenu et le fonctionnement
    • Le programme élaboré était intitulé « Programme de soins et d'entretien des réfugiés Touaregs du Mali et du Niger ».
    • Il visait à offrir aux victimes un minimum de commodité pour ôter en eux la détresse et rétablir une dignité en passe d'être perdue.
  • 18.
    • En septembre 1993, date du démarrage dudit programme, le HCR et l'État burkinabè estimaient le nombre de réfugiés à environ (6 000) six mille personnes. Entre 1993 et 1995, Ce nombre est passé officiellement à environ 50 000
  • 19.
    • Les réfugiés avaient en effet tendance à se regrouper par affinité : Ils constituaient un quartier qui portait le nom de la localité de leur dernière étape de migration ou de leurs lieux d’origine. On dénombrait ainsi 22 petits quartiers portant chacun un sobriquet de camps avec, à leur tête un chef de file. Ouaga l, Ouaga Il, Arabe 1, Arabe Il, Arabe III, Tinariwien, Niger, Hamdalaye, Boromo, El Mougamar, AI Wata, Tanghin, Weggo, Niger-(C-I), Dapoya, Nagime, Djibasso, Boromo arabe, Baskuy, Kelouly, Toughan, Korsimoro.
  • 20.
    • Une telle organisation donnait certes à l’ONG l'avantage d'avoir des interlocuteurs connus et acceptés par la base sans interférence dans leur organisation interne. Mais elle rencontrait parfois des difficultés, notamment lors de la distribution des vivres qui ne pouvait pas se faire dans la transparence et main à main.
  • 21.
    • Le site devenait un espace d’échanges où des liens directs pouvaient se tisser entre réfugiés venus de régions ou de pays différents ; ou entre eux et les autochtones.
    • Prévu pour recevoir (2 500) deux mille cinq cents réfugiés, le site en comptait en période de forte affluence plus de dix mille.
  • 22.
    • Le site devenait un lieu d'échanges économique et humain où des liens directs pouvaient être tissés, entre les réfugiés eux-mêmes qui venaient de régions voire de pays différents - et entre les Touaregs et les populations du terroir d'accueil. Des rapports furent tissés avec des Européens et des Américains qui venaient en groupe, sur le site pour témoigner aux réfugiés leur solidarité et instaurer avec eux des liens amicaux.
  • 23.
    • Le site joua également la fonction de lieu d'amorce de dialogue entre ces déplacés et les autorités du pays d'origine . Cela s'est concrétisé par la visite d'une délégation officielle de haut niveau ; l'organisation et le rôle de repère du site le permettaient - quand bien même des rancœurs contre l'autorité d'origine persistaient. Cette délégation était conduite par le Président de l'Assemblée nationale du Mali, le Dr Barry Nouhoun.
  • 24. 2- Impacts et leçons d'une action humanitaire
    • Des commodités : Equipement et infrastructure
    • Une école satellite assurait l'instruction de plus de (200) deux-cents élèves. L'accent fut mis sur la sensibilisation des parents afin d'atteindre un taux de scolarisation maximum. Dans la hâte, des huttes tinrent lieu de classes, dans un premier temps. Plus tard des hangars mieux élaborés furent annexés à un bâtiment de trois classes, en banco amélioré. La scolarisation toucha la quasi-totalité des enfants (filles et garçons) âgés de (5) cinq à (17) dix-sept ans.
    • L'éducation intègre une vision à long terme et vise à outiller les enfants pour affronter l'avenir. Dans son ouvrage paru en 1990, le professeur joseph KI-Zerbo disait à propos de l’éducation que les ruptures sociales créaient des difficultés supplémentaires. Les réfugiés, notamment les enfants en sont les principales victimes. Au vu de cela, il fallait donc accorder une place importante au volet éducation du programme. Joseph KI-Zerbo, sous dir. éduquer ou périr. On ne naît pas tout fait . Paris, UNICEF-UNESCO/l’Harmattan, 1990, p 51
  • 25.
    • Le site d’accueil permit à des membres de familles dispersées de se retrouver et/ou de communiquer de loin
  • 26. Les écueils
    • L’espace vert a connu une dégradation car certaines installations ont nécessité l'utilisation intensive des végétaux pour la construction des abris et la cuisson des repas.
  • 27. Les leçons
    • En dernier ressort, les leçons à tirer sont nombreuses. Il convient de comprendre les mécanismes qui sont à l’origine des conflits et de chercher à y trouver des solutions. En ce qui concerne, la question touarègue, il faut remonter dans le passé et faire un lien avec la mondialisation . Dans l’organisation territoriale post coloniale, les Touaregs se sont retrouvés écartelés entre plusieurs territoires au sein desquels ils présentaient l’inconvénient d’être éloignés des centres de décisions.
  • 28.
    • La création d’un territoire à dominance touarègue avant la décolonisation aurait peut-être permis de mettre en œuvre une politique centrée sur leurs intérêts ; mais il n’en a pas été ainsi.
    • D’ailleurs si les Touaregs avaient revendiqué un territoire autonome à l’époque, auraient-ils été entendus ? Leur situation dans des territoires qui sont tombés sous la domination coloniale italienne (Libye), française (Algérie et Afrique-Occidentale française) rendait cette revendication difficile à satisfaire, au risque de créer de grands remous. L’AOF offrait cette possibilité, en procédant en son sein à la création d’un 9 e territoire
  • 29.
    • L’éloignement des territoires touaregs par rapport aux centres de décisions contribue à accentuer leurs difficultés. Dans un contexte marqué globalement par la pauvreté, les autorités respectives des pays, dont ils dépendent, sont plus sensibles aux problèmes des territoires proches des capitales ou des villes importantes et mieux desservies par les axes de communication.
  • 30.
    • Leur chance réside alors dans la découverte et l’exploitation d’hypothétiques ressources naturelles. Mais, les retombées de l’exploitation des richesses sur les populations locales sont faibles, parce que les lois en vigueur désignent l’État comme seul propriétaire des richesses du sous-sol relevant de son territoire.
  • 31.
    • Or, les priorités de l’état ne coïncident pas avec celles des localités d’où proviennent les richesses. Si on n’applique pas une forme de redistribution tenant compte des zones de production, les richesses locales gérées par des instances au niveau national échappent totalement au contrôle véritable des populations locales, ce qui provoque des frustrations qui peuvent être, à la longue, sources de conflits.
  • 32.
    • En pratique, au sein des États nations, quelle que soit la localisation des richesses, le bénéfice de leur exploitation revient en principe à l’ensemble du pays à travers l’État ; par conséquent, les populations résidentes des territoires dans lesquels se trouvent ces richesses n’en profitent pas en priorité. La fameuse clause de l’unité nationale constitue alors un obstacle à l’allocation des ressources prioritairement aux populations des territoires concernés.
  • 33. Proposition
    • L’émergence ou la consolidation dune gouvernance locale constitue un début de réponse à ce problème. Ainsi, au niveau mondial on pourrait instituer, une sorte de taxe pour prélever des fonds auprès des multinationales qui exploitent les richesses naturelles afin de venir en aide aux territoires excentrés particulièrement ceux dont les richesses naturelles font l’objet d’une exploitation internationale. C’est une façon d’agir sur les causes lointaines de certains conflits et aussi une façon de donner un visage humain à la mondialisation de l’économie libérale.
  • 34. CONCLUSION
    • L'économie est l'une des causes des déplacements forcés des populations. Pourtant, ce sont les régions les plus pauvres qui bénéficient le moins des aides octroyées dans les situations de détresse occasionnées par les déplacements massifs de population, ce qui effrite la tradition légendaire de population hospitalière jadis propre à ce continent. C'est parce que l'économie mondiale impose ses règles aux populations, même pour celles qui en sont à la périphérie. Il ne s'agit pas ici de faire un lien entre pauvreté et causes des tensions qui provoquent des migrations forcées source de vulnérabilité ; mais plutôt d'en mesurer les conséquences qui deviennent plus graves dans un tel contexte.
  • 35.
    • L'assistance aux personnes qui ont perdu l'essentiel, c'est à dire, leur foyer de résidence habituelle par contrainte doit faire l'objet d'une adhésion collective en signe de solidarité.
    • Enfin, il convient de prévenir les causes qui génèrent les tensions. Cela permettra de faire l'économie de la détresse humaine et de consacrer les forces pour la lutte contre la pauvreté.