Hrc   2012 - tome I - numero 1-extraits
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    Hrc   2012 - tome I - numero 1-extraits Hrc 2012 - tome I - numero 1-extraits Presentation Transcript

    • 2012 Hla rechercheSOMMAIRE TABLE OF CONTENTS tome I ISTOIRE (ÉDITORIAL EDITORIAL nº 1 HISTOIRE de la recherche contemporaineMichel Blay Michel BlayDOSSIER DOSSIERL’AVENTURE EUROPÉENNE DU CNRS CNRS’S EUROPEAN ADVENTURE– À lheure de lEuropeIntroductionDenis Guthleben – CNRS and Europe Introduction Denis Guthleben deLa politique européenne du CNRSdans les années 1980Pierre Papon CNRS’s European Policy in the 1980s Pierre Papon contemporaineL’élaboration du projet ESRF : ESRF Development:la coopération européenne dans le The European Synchrotron Radiationdomaine du rayonnement synchrotron FacilityYves FargeLa politique européenne du CNRS Yves Farge CNRS’s European Policy L’AVENTURE EUROPÉENNE DU CNRSde 1988 à 1994 from 1988 to 1994Jean-François Stuyck-Taillandier Jean-François Stuyck-TaillandierLa collaboration européenne en sciences European Collaboration in Sciencesde l’Univers dans les années 1990Jean-François Minster of the Universe in the 1990s Jean-François Minster à l’heure de l’EuropeBruxelles vue de l’intérieur Brussels Seen from withinMonika Dietl Monika DietlL’aventure européenne du CNRS : CNRS’s European Adventure: www.cnrseditions.frun bilan, des perspectives… Assessment and ProspectsPierre Papon et Arnold Migus Pierre Papon and Arnold MigusVARIA MISCELLANEOUSLe CNRS face à la crise de la recherche Late 1960s: CNRS Faces the Crisis © ESRF – photo : P. Ginterà la fin des années 1960 in ResearchBruno Marnot Bruno MarnotTÉMOIGNAGE : Philippe Didier, secrétaire TESTIMONY: Philippe Didier, CNRSgénéral du CNRS de 1983 à 1989 Secretary-General from 1983 to 1989Biographie du Pirmat. Une illustration Pirmats Biography: an Illustration of thede l’ambiguïté entre pluridisciplinaritéet interdisciplinarité au CNRSEmanuel Bertrand Ambiguity Between Pluridisciplinarity and Interdisciplinarity at CNRS Emanuel Bertrand SÉMINAIRE 2009-2010 Hla recherche ISTOIRE ( 15 € prix valable en France 2012 • tome I • nº 1 de ISBN : 978-2-271-07497-3 contemporaine Éditée par CNRS Éditions, 15 rue Malebranche - 75005 Paris 9 782271 074973 La revue du Comité pour l’histoire du CNRS La revue du Comité pour l’histoire du CNRS
    • ( SOMMAIRE 2012 tome I nº1 6 54 16 74 844 ÉDITORIAL 64 VARIA Michel Blay 64 Le CNRS face à la crise de la recherche6 DOSSIER à la fin des années 1960 Bruno Marnot L’AVENTURE EUROPÉENNE DU CNRS À l’heure de l’Europe 74 TÉMOIGNAGE - Philippe Didier, secrétaire général INTRODUCTION du CNRS de 1983 à 1989 Interview Denis Guthleben8 La politique européenne du CNRS 84 Biographie du Pirmat. Une illustration de l’ambiguïté dans les années 1980 entre pluridisciplinarité et interdisciplinarité au CNRS Emanuel Bertrand Pierre Papon16 L’élaboration du projet ESRF : la coopération européenne dans le domaine du rayonnement 94 ANALYSES D’OUVRAGES synchrotron Philip Kitcher. Science, vérité et démocratie Yves Farge Analyse de Bernard Valade26 La politique européenne du CNRS Jean-Paul Callède. La sociologie française et la de 1988 à 1994 pratique sportive (1975-2005). Essai sur le sport. Jean-François Stuyck-Taillandier Forme et raison de l’échange sportif dans les sociétés36 La collaboration européenne en sciences modernes. de l’Univers dans les années 1990 Analyse d’Odile Le Faou Jean-François Minster44 Bruxelles vue de l’intérieur 96 TABLE OF CONTENTS Monika Dietl54 L’aventure européenne du CNRS : un bilan, des perspectives… Pierre Papon et Arnold Migus
    • éditorial HISTOIRE DE LA RECHERCHE CONTEMPORAINE 2012 - Tome I - n° 1 Directeur de la publication Alain Fuchs Directeur de la rédaction Michel Blay Rédacteur en chef René Bimbot H Rédacteur en chef adjoint ISTOIRE DE LA RECHERCHE Denis Guthleben CONTEMPORAINE, UNE NOUVELLE Secrétaire de rédaction Valérie Burgos REVUE, SANS DOUTE, MAIS AUSSI Comité de rédaction UNE REVUE QUI DOIT BEAUCOUP Jean-Gaël Barbara, René Bimbot, À LA REVUE POUR L’HISTOIRE DU CNRS. Claude Blanckaert, Michel Blay, Janet Borg, Valérie Burgos, Le travail mené ces dernières années Corine Defrance, Jocelyn Dufour, pour la réalisation de La revue a permis Woihiba El Khchai, Denis Guthleben, Hélène Harter, André Kaspi, de tisser des liens ; des savoirs se sont Odile Le Faou, Muriel Le Roux, construits et une expérience éditoriale Isabelle Martelly, Michel Morange Henri Ostrowiecki, Bernard Valade, s’est développée. Il est ainsi devenu Catherine Vilkas possible de créer une revue nouvelle et Conseil scientifique originale. Originale en ce sens qu’elle se Massimo Borlandi, Eric Brian, Olivier Darrigol, Claude Debru, Peter veut une histoire de la recherche au Galison, Enrico Giusti, Robert Halleux, temps présent, une histoire de la Jean-Pierre Luminet, EfthymiosNicolaidis, Hans-Jörg Rheinberger, Claire recherche qui se fait ou, du moins, qui Salomon-Bayet, Hourya Sinaceur, s’est faite depuis la fin de la Seconde Philippe Taquet Guerre mondiale. La création d’une telle Maquette Page B revue était devenue indispensable à plus Photos d’un titre. D’abord, il n’en existe pas de Sauf mention contraire, les photos sont semblable en France ni, semble-t-il, sur réalisées par le Comité pour l’histoire du CNRS le plan international. Ensuite, elle doithttp://www.cnrs.fr/ComiHistoCNRS/ permettre par un travail avec les acteurs http://histoire-cnrs.revues.org de la recherche, en lien avec leurs Correspondants : voirhttp://www.cnrs.fr/ComiHistoCNRS/ archives, de construire un tissu spip.php?article73 d’informations et de sources pour Comité pour l’histoire du CNRS l’histoire à venir, pour l’histoire plus 27, rue Damesme 75013 Paris longue, plus méditée. En outre, et ce n’est Impression EMD S.A.S. - France pas la moindre des choses, cette revue Zone d’Activités Nord devrait favoriser, par son contenu, par 53110 Lassay-les-Châteaux Dépôt légal : février 2011 cette réflexion sur le vif de la recherche, ISSN : 1298-9800 l’élaboration de matériaux originaux ISBN 13 : 978-2-271-07145-3 Achevé d’imprimer en pour tout travail prospectif. En un certain N° imprimeur : sens, nous imitons un peu Fontenelle qui, au XVIIIe siècle, comme secrétaire perpétuel de l’Académie royale des sciences, rédigeait chaque année l’« Histoire » de ce qui s’y était dit et fait. Il s’attachait à présenter et à mettre en perspective les différents Mémoires de l’année tout en en précisant les
    • M i c h e l B l ay Président du Comité pour l’histoire du C N RScontextes historiques et scientifiques souvent plus politiques que scientifiques,dans lesquels s’insérait telle ou telle de préserver la mise en place d’accordsnouvelle recherche. Par cela, et comme bilatéraux et multilatéraux portant surnous souhaitons le faire, il menait une des projets bien identifiés avec desvéritable réflexion sur le vif s’élaborant laboratoires bien définis et susceptiblesà partir de la science en acte. ainsi de faire l’objet d’évaluationsPar ailleurs, cette nouvelle revue, publiée scientifiques parfaitement claires.par le Comité pour l’histoire du CNRS, Ce premier numéro, en donnantne restera pas, bien évidemment, à largement la parole aux acteurs de lal’intérieur du cadre des recherches recherche, aux acteurs d’une rechercheeffectuées au CNRS ni même en France. située au cœur de la nécessaireSon ambition est européenne, voire Constitution européenne, montre lesmondiale. Européenne d’abord comme difficultés de cette construction, maisen témoigne ce premier numéro qui aussi les espoirs qu’elle suscite.porte principalement sur la construction À chacun d’en tirer les leçons pourde l’espace européen de la recherche construire une réflexion prospective ;dans les années 1980. une réflexion prospective pour l’EuropeUne construction qui, on le sait, n’a pas scientifique et indépendante de demain.été sans difficulté ni sans contradiction.Mais une construction qui, finalement,s’accomplit bien souvent grâce à lavolonté, à la passion et à la ténacité desscientifiques, à l’importance de leursréseaux et de leurs connivences. En unmot, il importe, pour mettre en place etdévelopper un grand programmescientifique et technologique, de lesécouter et de ne pas les mettre sousla tutelle de simples financiers ou demanagers technocratiques sansperspective ni ambition scientifique.Il n’est, bien sûr, pas question de lesécouter comme des messies, mais desavoir reconnaître les scientifiques dansleurs compétences, leur exigenceintellectuelle et leur dignité.Retenons aussi qu’il convient, au-delàdes grandes actions du type PCRD ouautres, lancées avec grand fracas par laCommission européenne avec des visées HISTOIRE DE LA RECHERCHE CONTEMPORAINE 5 2012 - Tome I - n° 1
    • DOSSIER L’Aventure eu À l’heure de l’Europe Introduction Denis Guthleben1 Historien, attaché scientifique au Comité pour l’histoire du CNRS D ans sa livraison de printemps 2010, La celui de la toute jeune biologie moléculaire, et revue pour l’histoire du CNRS a publié la bien loin du giron du CNRS, comme Michel Mo- première partie d’un dossier consacré à range l’a souligné. l’aventure européenne de l’établissement, fruit Le nouveau format de notre revue, désormais d’un séminaire organisé par le Comité pour baptisée Histoire de la recherche contemporaine, l’histoire du CNRS au cours de l’année universi- permet de regrouper au sein d’un second dos- taire 2009-2010. Plusieurs témoignages et sier l’ensemble des contributions suivantes au éclairages historiques, de Robert Chabbal, de séminaire, qui couvrent la période allant des an- Bernard Jacrot et de Michel Morange, avaient nées 1980 à nos jours. À n’en pas douter, la permis d’évoquer les « premiers pas » de cette muse Clio veille sur ce projet : c’est une coïnci- aventure, accomplis au fil des années 1950, dence formidable que le calendrier éditorial de 1960 et 1970. Premiers pas ou… petits pas ? la revue permette ainsi de rassembler des textes 1. Denis Guthleben a été le responsable de L’heure était encore à ces « réalisations qui, au-delà de leur apparente diversité, for- l’organisation du séminaire concrètes créant d’abord une solidarité de ment un ensemble très cohérent. Le début des sur l’Aventure européenne du CNRS, à l’origine de ce fait », chères à Robert Schuman et à l’inspira- années 1980 a en effet vu la recherche scienti- dossier. teur de sa déclaration du 9 mai 1950, Jean fique pénétrer au cœur des préoccupations de 2. Cern: Conseil européen Monnet. Ainsi que Robert Chabbal et Bernard l’Europe communautaire, une tendance qui n’a pour la recherche nucléaire Jacrot l’ont relevé, le Cern2 et, dans un contexte fait que s’amplifier à mesure des années pour 3. EMBL: European Molecular plus franco-allemand, l’Institut Laue-Langevin atteindre les proportions qu’on lui connaît au- Biology Laboratory de Grenoble comptaient parmi ces initiatives de jourd’hui – avec néanmoins toujours les forces 4. EMBO: European Molecular Biology la première heure dans le champ de la re- et les faiblesses de notre espace européen de la Organization cherche scientifique – des réalisations qui, soit recherche, auxquelles nos intervenants n’ont ja- 5. Esprit: European Strategic dit en passant, étaient tout sauf des « petits » mais manqué de faire référence. Dès l’origine, Program on Research in Information Technology pas, tant du point de vue de l’importance des ce mouvement s’est notamment traduit par le infrastructures que sous l’angle des avancées lancement de ces grands programmes dont les scientifiques qu’elles ont permises. Idem pour Européens ne sont pas les seuls à avoir le secret l’EMBL3 et l’EMBO4 dans un domaine différent, – Esprit5, Brite, Race, Bridge ou Eureka lancé en HISTOIRE DE LA RECHERCHE CONTEMPORAINE 6 2012 - Tome I - N° 1
    • ropéenne du CNRS © ESRF – photo : P. Ginter 1985 pour tenter de contrer l’Initiative de dé- cherche et dans la représentation du Centre au- 6. ESRF: European Synchrotron Radiation Facility fense stratégique, cette « guerre des étoiles » près des institutions européennes à Bruxelles. inaugurée deux ans plus tôt par Ronald Rea- De la même manière, Yves Farge, le premier di- 7. Insu: Institut national des sciences de l’Univers gan. Il a aussi vu naître et grandir les pro- recteur du laboratoire Lure à Orsay, est revenu grammes-cadres successifs, avec la volonté ori- sur la longue genèse et la création du synchro- ginelle de stimuler la compétitivité économique tron européen ESRF6 dans les années 1980, et de l’Europe, une ambition officialisée par l’Acte Jean-François Minster, directeur de l’Insu7 de unique de 1986 – « la Communauté se donne 1996 à 2000, a exposé les points forts et les pour objectif de renforcer les bases scientifiques contraintes de cette aventure dans un domaine et technologiques de l’industrie européenne et où la coopération internationale est souvent éri- de favoriser le développement de sa compétiti- gée en credo, celui des sciences de l’Univers. vité internationale », y est-il stipulé. Nos lecteurs constateront vite qu’aucun des in- Ce tournant des années 1980, perceptible au ni- tervenants n’a cédé aux travers qui accompa- veau des structures et des grandes orientations gnent bien souvent les discours sur l’Europe : communautaires, l’est également au cœur dans ce dossier, aucune parole convenue et même du CNRS, au travers par exemple de cette lisse, et guère plus de lamentations sur une re- «direction des relations et de la coopération in- cherche immaculée que le « machin » de ternationale » qui se met en place à la fin de Bruxelles serait venu scléroser ou pervertir – l’année 1982, ou du lancement des pro- même si des lourdeurs ont été pointées sans grammes internationaux de coopération scienti- langue de bois. Afin de rester fidèle au ton que fique, les « PICS », dont le tout premier a réuni chaque intervenant a insufflé à sa présentation, autour de travaux sur les polymères le Centre de nous avons d’ailleurs une fois encore fait le recherches sur les macromolécules de Stras- choix de rester au plus près du propos en nous bourg et le Max Planck Institute für Polymerfor- livrant à sa transcription intégrale et en conser- schung de Mayence. Mais ce ne sont là que deux vant son style direct. Ce choix, qui permet à nos exemples, parmi tous ceux que nos intervenants yeux de rendre au mieux le contenu et l’allant ont cité au gré de leurs présentations. Car, une de notre séminaire, nous continuons de l’assu- fois encore, nous avons tenu à croiser les points mer, bien que certains de nos lecteurs soient de vue et les projets pour enrichir la réflexion. parfois perturbés à la lecture des textes et ne Pierre Papon et Arnold Migus ont ainsi apporté manquent pas de nous le faire savoir. Au-delà les regards de deux directeurs généraux impli- des présentations elles-mêmes, les échanges qués, à vingt ans de distance, dans l’aventure qui les ont prolongées ont contribué à nourrir européenne du CNRS, tandis que Jean-François une réflexion intense sur le CNRS et l’Europe. Stuyck-Taillandier a livré la perception du diplo- Les participants au séminaire lui ont en effet ap- mate appelé à diriger les relations extérieures porté une forte valeur ajoutée, et nous tenons de l’établissement, et Monika Dietl celle de la une fois encore à les remercier chaleureuse- scientifique investie dans la gestion de la re- ment pour leur contribution à son succès. HISTOIRE DE LA RECHERCHE CONTEMPORAINE 7 2012 - Tome I - N° 1
    • DOSSIERLa politiqueeuropéenne du CNRS dans les années 1980 P i e r r e Pa p o n Pierre Papon, directeur général du CNRS entre 1982 et 1986, revient sur son expérience à la tête du Centre pour évoquer l’Europe de la recherche dans les années 1980. Au début de la décennie, le Président de la République française nouvellement élu, François Mitterrand, a pour ambition de rendre indépendante et compétitive la recherche européenne. Cette volonté n’est pas nouvelle, mais elle prend de l’ampleur à ce moment précis, alors que se dessine le futur espace européen de la recherche, qui trouve son équilibre entre coopération intergouvernementale et fédérale. E n introduction, je reprendrai le diagnostic péen de la recherche » au début des années porté par Robert Chabbal sur la façon dont 1980, des graines avaient déjà été semées : les laboratoires du CNRS et de l’Univer- l’ESA3, l’ESO4, l’EMBO5 et l’ESF6 avaient vu le sité vivaient l’Europe dans les années 1950 jour, de même que, plus spécifiquement pour le et 1960 : hormis au Cern1, dont l’aventure a CNRS, l’ILL7, l’Iram8 et l’Eiscat9. En outre, la Com- commencé dans les années 1950, l’Europe mission avait lancé ses premières actions euro- n’était pas pour eux une grande préoccupation. péennes en 1974. Le regard des scientifiques, surtout au CNRS, était alors tourné vers les États-Unis, et faire un post-doc outre-Atlantique équivalait à effectuer |Le contexte : pour de la une amplification un pèlerinage à La Mecque. Je suis d’ailleurs coopération européenne moi-même allé aux États-Unis après ma thèse. Concernant les années 1980, que j’ai connues Un changement a néanmoins commencé à s’en- comme directeur général du CNRS, je parlerai gager dans les années 1970. Je dirigeais alors d’abord de la politique du CNRS sous l’angle une équipe de recherche associée au CNRS, et je des outils et moyens qui existaient ou qui ont me souviens que nous avons établi des coopé- été créés à l’époque pour développer des coo- rations avec une équipe italienne, une autre bri- pérations avec nos partenaires européens, en tannique, ainsi qu’une équipe suisse d’IBM2 débutant toutefois par une évocation très brève dont le patron, Alex Müller, allait obtenir quinze du contexte politique. Une loi d’orientation et ans plus tard le prix Nobel de physique. Dès lors, de programmation (LOP) avait été votée en juil- si on ne parlait pas encore d’un « espace euro- let 1982, à la suite du colloque national de la HISTOIRE DE LA RECHERCHE CONTEMPORAINE8 2012 - Tome I - N° 1
    • DOSSIERL’Élaborationdu projet ESRF la coopération européenne dans le domaine du rayonnement synchrotron Y v e s Fa r g e Premier directeur du laboratoire Lure (Laboratoire pour l’utilisation du rayonnement électromagnétique) en 1971, président du Comité du rayonnement synchrotron de l’ESF (Fondation Européenne de la Science) entre 1979 et 1985, Yves Farge évoque son expérience à la tête du groupe de travail européen chargé de concevoir le projet ESRF (European Synchrotron Radiation Facility) et fait le récit d’une aventure exemplaire en matière de coopération scientifique européenne. Des années 1970 à nos jours, retour sur la « saga » du rayonnement synchrotron en France et en Europe, à laquelle a largement participé le CNRS. J e ne vais pas parler uniquement de l’ESRF, LAL, Pierre Marin, concepteur d’ACO,André Au- car le CNRS a joué un rôle important dans thier, cristallographe et Vittorio Luzzati, biophy- l’ensemble de la saga du rayonnement sicien travaillant avec son équipe sur les synchrotron en France. Je parlerai d’abord de structures de protéines et les membranes. Pierre cette saga, puis de l’ESRF. Marin exposa ce qu’est le rayonnement synch- Au cours d’un séjour post-doctoral aux États- rotron. La machine existante, ACO, émettait Unis, j’ai rencontré Marco Fontana qui m’a ap- dans la lumière visible, l’ultraviolet, surtout l’ul- pris ce qu’était le rayonnement synchrotron, et traviolet lointain et les rayons X mous pour les- qu’un anneau de stockage (ACO) était en ser- quels nous avions des détecteurs mais pas de vice à Orsay, fabriqué par le Laboratoire de l’Ac- source lumineuse. Une deuxième machine d’une célérateur Linéaire (LAL) pour faire des collisions énergie supérieure (DCI) allait être construite ; le entre électrons et positrons ; le rayonnement rayonnement qu’elle produirait serait particuliè- synchrotron produit par cette machine n’était rement intéressant dans le domaine des rayons pas utilisé. En décembre 1970, j’en ai parlé à X, utilisés pour déterminer les structures cristal- Jacques Friedel qui a sur le champ organisé un lographiques des matériaux et en particulier des déjeuner avec André Lagarrigue, directeur du protéines et c’est lors de ce déjeuner que tout a HISTOIRE16 DE LA RECHERCHE CONTEMPORAINE 2012 - Tome I - N° 1
    • DOSSIERLa politiqueeuropéenne du CNRS de 1988 à 1994 J e a n - F r a n ç o i s S t u y c k-Ta i l l a n d i e r Jean-François Stuyck-Taillandier a occupé la fonction de directeur des relations internationales du CNRS entre 1988 et 1994, lorsque François Kourilsky en était le directeur général. Il revient sur la politique européenne et internationale du Centre à cette époque et s’attache à dépeindre l’atmosphère de cette période charnière de l’histoire de la recherche européenne. J e vais vous parler de la politique internatio- mon prédécesseur et ami Jean-François Miquel, nale et plus précisément de la politique eu- dont je reparlerai, et contrairement à mes suc- ropéenne du CNRS entre 1988 et 1994, cesseurs, dont je ne parlerai pas, je n’étais ni un période durant laquelle j’ai assuré la direction agent du CNRS, ni même un scientifique. Je ve- des relations internationales de ce prestigieux nais en effet du ministère des Affaires étran- organisme. Je ne vais pas vous abreuver de chif- gères, où j’avais passé de nombreuses années fres et de statistiques pour deux raisons : d’au- tant en poste à l’étranger qu’à la Centrale, dans tres l’ont fait ou le feront bien mieux que moi la direction en charge des affaires scientifiques. et, de toute manière, je ne possède ni ces chif- Je précise bien que je n’étais pas un scientifique fres ni ces statistiques. Je vais en revanche vous car, malgré une formation dans ce domaine, je parler de l’atmosphère de cette époque et de la n’avais pas de thèse. Or, pour moi, on n’est pas façon dont nous avons essayé de répondre à des un scientifique sans recherche et donc sans demandes et propositions émanant de la France thèse. Cela n’empêchait d’ailleurs pas le minis- et de l’étranger. tère des Affaires étrangères de me considérer comme un scientifique, mais ce ministère a par- |Du ministère des Affaires étrangères… fois quelques difficultés avec le monde réel. Je suis donc arrivé au CNRS avec ce que je Pour ce faire, il est malheureusement nécessaire considère comme deux atouts. Le premier est de personnaliser un peu cette affaire en présen- que, quelles que soient les méchancetés que l’on tant quelques-uns des acteurs. Je dis malheu- peut dire sur les Affaires étrangères, c’est un en- reusement car je suis obligé de commencer par droit où l’on est capable d’élaborer une poli- moi, mais cela sera court. Je suis arrivé au CNRS tique, dans le domaine politique même mais en 1988 pour prendre cette fonction avec une aussi dans les domaines économique et scienti- caractéristique importante : contrairement à fique. J’ai eu le plaisir de travailler avec un cer- HISTOIRE26 DE LA RECHERCHE CONTEMPORAINE 2012 - Tome I - N° 1
    • DOSSIERLa collaborationeuropéenne en sciencesde l’Univers dans les années 1990 Jean-François Minster Diplômé de l’École polytechnique, Jean-François Minster a soutenu son doctorat d’État à l’Institut de physique du globe de Paris, où il a créé le laboratoire de physique et de chimie de l’hydrosphère. Par ailleurs, il a dirigé le laboratoire d’océanographie et de géophysique puis l’Institut des sciences de la Terre de Toulouse, de 1990 à 1996, avant de prendre la direction de l’Insu jusqu’en 2000. Il revient sur cette période riche de l’histoire de l’Insu, qu’il a quitté pour prendre la présidence de l’Ifremer. L a question qui m’est posée, c’est de parler suis conscient de ces limites et je ne prétends de l’aventure européenne du CNRS pen- pas faire un travail d’historien. J’ajoute égale- dant la période où j’ai été directeur de ment que je n’ai pas travaillé seul, mais avec l’Insu. Évidemment, c’est un peu compliqué pour toutes les équipes qui font marcher un départe- plusieurs raisons. D’une part, je n’ai dirigé l’Insu ment au sein du CNRS. Une bonne partie de que pendant trois ans et demi : on commence toutes les analyses que je fais aujourd’hui est le juste à apprendre son travail, à comprendre le résultat de ce travail d’équipe. fonctionnement du CNRS, à s’initier aux autres disciplines avec l’aide des directeurs scienti- fiques adjoints, et en particulier dans mon cas, il |Le travail d’un directeur de l’Insu fallait que j’apprenne l’astronomie. Le directeur Je considère que le travail de directeur scienti- de l’Insu étant nommé par le directeur général fique est d’être au service de sa discipline, ce qui du CNRS et par le ministre de la Recherche, il y ne signifie pas simplement d’affecter les moyens a donc aussi des interfaces avec le monde poli- du CNRS. J’avais des a priori quand je suis arrivé tique qu’il faut apprendre. D’autre part, je me à l’Insu, notamment celui qu’un programme suis plongé dans les archives mais je sais que je n’est pas une niche écologique pour une popu- les ai relues avec ma mémoire défaillante et lation. En fait je n’ai eu de cesse de casser les avec le biais de mon expérience postérieure, niches écologiques des chercheurs dans leur pé- parce que mon engagement européen a été très rimètre de programme et les pousser à travailler actif à l’Ifremer. Ma vision des dimensions euro- en partenariat avec l’extérieur. Je trouvais que péennes des années 1990 est donc biaisée. Je le boulot de directeur scientifique de l’Insu, le HISTOIRE36 DE LA RECHERCHE CONTEMPORAINE 2012 - Tome I - N° 1
    • DOSSIERBruxellesvue de l’intérieur Monika Dietl, directrice du Bureau du CNRS à Bruxelles, partage les réflexions qui font aujourd’hui débat autour de la Commission Monika Dietl européenne. Tour à tour experte mise à disposition par le CNRS auprès de la Commission européenne, présidente du Clora en 2009 et aujourd’hui directrice du bureau Cost (programme cadre de coopération scientifique et technique intergouvernemental), elle dresse un portrait vivant de l’espace européen de la recherche, vécu de l’intérieur. Dans une Europe complexe et en constante évolution, où le CNRS tente de conserver son leadership scientifique, Monika Dietl rappelle que ce sont avant tout les chercheurs qui construisent par leur travail l’Europe de la recherche. |Pour une excellence J e suis partie à la Commission européenne il y a un peu plus de 5 ans comme experte na- administrative tionale détachée. Je ne présenterai cepen- L’Europe de la recherche, qui était déjà fort com- dant pas aujourd’hui le programme-cadre, ni les pliquée, continue dans cette voie : les pro- activités du Bureau de Bruxelles. Je partagerai grammes se sont multipliés, de nouvelles entités plutôt les réflexions, les pensées, les idées qui légales qui font de la recherche ou qui la finan- font débat actuellement. On oublie parfois, à cent sont créées, les règles se complexifient au force de travailler sur des dossiers, que l’aven- point que l’on s’y perd. Complexification aussi, ture européenne est en fait et avant tout celle de avec la réforme en France et la création des al- nos chercheurs, ceux qui ont le courage de coor- liances qui se mettent en place, l’articulation et donner des projets transnationaux. Lorsqu’il le positionnement de nos organismes et de nos s’agit de projets financés et coordonnés à universités, des alliances parallèles créées à l’échelle de l’Union, cela exige notamment un l’échelle européenne et, enfin, l’espace euro- investissement tout particulier de leur part et de péen de la recherche qui s’ouvre maintenant de leur entourage professionnel, sans compter les manière très volontariste sur le monde.Tout cela répercussions sur la vie familiale. Souvent, dans nous rend parfois la vie très difficile. les discussions que l’on mène avec le ministère, Aujourd’hui, on entend sans cesse qu’il faut la Commission européenne ou le Parlement, on se coordonner, que l’on n’est pas assez efficace, a l’impression que ceux qui dessinent les qu’il faut se concerter en amont, qu’il faut tra- grandes stratégies de l’Union européenne en vailler ensemble en aval… et, tout cela, à tout matière de recherche oublient un peu qu’au final prix! Parfois je me demande: à quel prix? Je dé- c’est le chercheur qui devra mener de front cette fends beaucoup la diversité, la spécificité de nos politique ! organismes. Je pense, et cela devient une convic- HISTOIRE44 DE LA RECHERCHE CONTEMPORAINE 2012 - Tome I - N° 1
    • DOSSIERL’aventureeuropéenne du CNRS un bilan, des perspectives… Lors de la dernière rencontre du séminaire P i e r r e Pa p o n « L’aventure européenne du CNRS », Pierre Papon et Arnold Migus et Arnold Migus, tous deux anciens directeurs généraux de l’établissement, brossent le tableau de l’Europe de la recherche, depuis l’après Deuxième Guerre mondiale jusqu’à l’aube des années 2010. Évoquant ses succès et ses échecs, ils en tirent les enseignements, dressent un bilan et esquissent des perspectives pour les années à venir : quel sera le visage de la recherche européenne de demain ? |Leslagrandes avenues1945 « de recherche après » Je pourrais brosser aussi un tableau de la science à l’époque : la physique nucléaire avait Pierre Papon : Dans les années d’après- fait sa percée et Hiroshima l’avait montré ; l’in- guerre, il y avait déjà une vision de ce qu’allait formatique, quelques années après cet appel de être la science dans les années 1950 et 1960. Schrödinger, allait faire ses débuts. On savait J’en veux pour preuve un passage d’un petit donc à peu près ce qu’allaient être les grandes livre que je cite souvent d’un physicien autri- avenues de la science mondiale, y compris vers chien bien connu, Schrödinger, qui avait passé l’espace : les premières fusées avaient fait leurs la guerre à Dublin après avoir fui l’Anschluss. preuves, malheureusement, avec les V1 et les V2 Schrödinger est célèbre grâce à son équation et fabriquées à Peenemünde en particulier par à sa contribution à la physique quantique, mais Wernher von Braun, que les Américains allaient dans un livre publié en 1944 intitulé Qu’est-ce exfiltrer d’Allemagne. En 1944-1945, l’Europe que la vie? il écrivait : « La fibre chromosomique continentale était par terre, le Royaume-Uni contient chiffrée dans une sorte de code minia- avait réussi à survivre à la guerre avec son po- ture tout le devenir d’un organisme, de son dé- tentiel scientifique, mais la France, l’Allemagne, veloppement, de son fonctionnement… » Dans les grandes puissances scientifiques d’avant- la foulée, un certain nombre de biologistes et de guerre avaient leur potentiel démoli physique- physiciens ont dit : « Ah ! Il y a, derrière ça, ment. C’est alors qu’à la fin des années 1940, l’amorce d’une nouvelle vision de la biologie », un certain nombre d’hommes politiques ont et certains physiciens, dont Max Perutz, se sont voulu construire l’Europe et en particulier faire convertis à la biologie, lançant le mouvement de de la science l’un des outils d’une coopération la biologie moléculaire. européenne. HISTOIRE54 DE LA RECHERCHE CONTEMPORAINE 2012 - Tome I - N° 1
    • VARIA Le CNRS, face à la crise de la recherche à la fin des années 1960 Bruno Marnot Bruno Marnot est maître de Devenus aujourd’hui des thèmes conférences habilité à l’université centraux des sociétés développées, Michel-de-Montaigne Bordeaux 3. (bmarnot@u-bordeaux3.fr). la contestation d’une poursuite de la Il est membre du Centre d’étude des croissance sans fin et les préoccupations mondes moderne et contemporain environnementales naissantes à la fin et travaille sur l’histoire des grands équipements publics aux XIXe et des années 1960 ont enjoint à la XXe siècles. communauté scientifique de poursuivre des objectifs radicalement différents de ceux qui étaient définis depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale. À partir du milieu des années 1960 a émergé dans les sociétés développées une contestation multiforme des objectifs assignés à la recherche fondamentale. Accusée de n’être pas en phase avec les nouveaux besoins de la société, elle fut également remise en cause dans sa capacité à être © CNRS Photothèque / Richard LAMOUREUX à l’origine des innovations d’une économie compétitive. La France ne fit pas l’économie de cette réflexion sur l’avenir de la recherche. Elle fut le signal pour le CNRS, placé au centre du dispositif de recherche national, d’une mutation majeure dans son histoire. HISTOIRE64 DE LA RECHERCHE CONTEMPORAINE 2012 - Tome I - N° 1
    • VARIA Philippe Didier, secrétaire général du CNRS, 1983-1989 De 1983 à 1989, Philippe Didier a été le Témoignage secrétaire général du CNRS auprès de Pierre Papon, puis de Serge Feneuille et de François Kourilsky. Dans la foulée du colloque de 2004 consacré au CNRS dans les années 1980, il a accepté d’évoquer son parcours au sein de l’établissement devant les membres du Comité pour l’histoire du CNRS1. Notre revue, publie dans ce numéro quelques extraits de cet entretien, dont l’intégralité est conservée par le Comité pour l’histoire. L’occasion de revenir sur six années marquantes de l’administration du Centre… 1. La réforme des statuts des personnels, intervenue pendant cette période, a été au cœur des discussions du colloque organisé par le Comité pour l’histoire le© CNRS Photothèque / J.-P. Laurent 17 juin 2004 au siège du CNRS. Nous avons donc choisi de ne pas faire figurer cette question, néanmoins capitale, dans les pages suivantes. Les lecteurs pourront se reporter à la transcription complète du colloque, mise en ligne peu après l’événement et toujours consultable à l’adresse: http://www.cnrs.fr/ComiHi stoCNRS/IMG/pdf/petit_c omite_17.pdf HISTOIRE74 DE LA RECHERCHE CONTEMPORAINE 2012 - Tome I - N° 1
    • VARIA Biographie du Pirmat (1982-1994). Une illustration de l’ambiguïté entre pluridisciplinarité et interdisciplinarité Au début des années 1980, le CNRS prend une au CNRS initiative dans le domaine de la recherche sur les Emanuel Bertrand matériaux, domaine en plein essor dans divers pays depuis les années 1960. Ainsi, le Programme Emanuel Bertrand, Centre interdisciplinaire de recherche sur les matériaux du Alexandre Koyré, UMR 8560 (CNRS/EHESS/MNHN), 27 rue CNRS, ou Pirmat, dure de 1982 à 1994. Au début de Damesme, 75013 Paris, et ESPCI- cette période, la recherche sur les matériaux est ParisTech, Direction des études, officiellement présentée, par le gouvernement, 10 rue Vauquelin, 75231 Paris comme une priorité nationale. En racontant une Cedex 05 ; adresse électronique : emanuel.bertrand@espci.fr. histoire du Pirmat, cet article essaiera de montrer en quoi l’effort budgétaire public correspondant n’a jamais été à la hauteur de ce statut prioritaire Maître de conférences à l’ESPCI revendiqué. Cette biographie du Pirmat sera aussi ParisTech depuis 2003, Emanuel l’occasion d’aborder la question plus générale de la Bertrand a travaillé, jusqu’en mise en œuvre de l’interdisciplinarité au CNRS. En 2009, sur la physique des interfaces et des colloïdes. particulier, l’ambiguïté entretenue entre En 2009, il a entrepris une pluridisciplinarité et interdisciplinarité, ainsi que de reconversion thématique réels obstacles à cette dernière, liés à la structure radicale, et effectue désormais institutionnelle du CNRS, seront mis en évidence. ses recherches en histoire et sociologie des sciences. HISTOIRE84 DE LA RECHERCHE CONTEMPORAINE 2012 - Tome I - N° 1
    • ( TABLE OF CONTENTS EDITORIAL Michel Blay DOSSIER CNRSS EUROPEAN ADVENTURE CNRS AND EUROPE Introduction Denis Guthleben CNRSs European Policy in the 1980s Pierre Papon Pierre Papon recalls his experience as General Director of CNRS, from 1982 to 1986 and evokes European research in the 1980s. At the beginning of that decade, Frances new President François Mitterrand intends to give European research greater independence and make it more competitive. This longstanding goal becomes increasingly important, as the future European Research Area begins to take shape and to find a balance between federal and intergovernmental cooperation. ESRF Development: The European Synchrotron Radiation Facility Yves Farge First director of Lure (Laboratory for Electromagnetic Radiation Use) in 1971, president of the committee established by the European Science Foundation to develop the ESRF (European Synchrotron Radiation Facility) from 1979 to 1985, Yves Farge remembers his experience at the head of this working group and tells an exemplary story of European scientific cooperation. The CNRS history committee looks back on the synchrotron radiation “saga” in France and Europe, in which CNRS played a key role. CNRSs European Policy from 1988 to 1994 Jean-François Stuyck-Taillandier Jean-François Stuyck-Taillandier was director of international relations at CNRS, from 1988 to 1994. He gives an overview of the organizations European and international policy during that period, providing a detailed description of the atmosphere surrounding this turning point in the history of European research. European Collaboration in Sciences of the Universe in the 1990s Jean-François Minster A graduate from École polytechnique, Jean-François Minster holds a PhD from the Institut de physique du globe in Paris, where he set up the laboratory of physics and chemistry of the hydrosphere. He headed the Earth Science Institute in Toulouse from 1990 to 1996, then became director of the National Institute for Earth Sciences and Astronomy (Insu). Jean-François Minster looks back on this important period in the history of Insu, which he left in 2000 to become chairman of the French Research Institute for Exploration of the Sea (Ifremer). HISTOIRE96 DE LA RECHERCHE CONTEMPORAINE 2012 - Tome I - N° 1
    • Brussels Seen from withinMonika Dietl Rather than listing the activities of CNRS’s Brussels office, Monika Dietl, who managed it in the early 2010s, prefers to discuss current European Commission issues. Former CNRS expert on secondment in Brussels, President of Clora in 2009,current COST (European Cooperation in Science and Technology) Office Director, she draws a dynamic portrait from within the European Research Area. In an increasingly complex Europe, where CNRS seeks to maintain its scientific leadership, she reminds us that researchers are the first builders of European research.CNRSs European Adventure: Assessment and ProspectsPierre Papon and Arnold Migus During the last meeting of the “CNRS European Adventure” seminar Pierre Papon and Arnold Migus, both former General Directors of the National Center for Scientific Research, provide a picture of European research between the end of WorldWar II and the very beginning of the 2010s. By mentioning its successes and setbacks, they highlight the lessons to be drawn, make a general assessment of the period and try to answer the following question: What will research be like in tomorrow’s Europe?MISCELLANEOUSLate 1960s: CNRS Faces the Crisis in ResearchBruno Marnot From the 1960s onwards the developed world rejected the traditional objectives of fundamental research, which was blamed for being on a different wavelength and not meeting society’s needs. Its capacity to innovate and contribute to a competitive economy was also questioned. France had to reflect on the future of its fundamental research. This was the beginning of a major change in the history of CNRS, which was the pillar institution of the French research system.TESTIMONY: Philippe Didier, CNRS Secretary-General from 1983 to 1989 From 1983 to 1989, Philippe Didier was Secretary General of CNRS under the management of Pierre Papon, Serge Feneuille and François Kourilsky. Following a conference focused on CNRS in the 1980s, he agreed to recount his careeer within the organization. This review publishes excerpts of his interview, which is kept in its entirety by the CNRS History Commitee. This article provides an opportunity to explore six key years of CNRS administration.Pirmats Biography: an Illustration of the Ambiguity Between Pluridisciplinarityand Interdisciplinarity at CNRSEmanuel Bertrand At the beginning of the 1980s, CNRS took an initiative in materials research – a field that had been thriving in many countries since the 1960s. The corresponding interdisciplinary program in materials research (Pirmat) lasted from 1982 until 1994.When it was launched, research in this field was officially described as a national priority by the government. By telling the story of Pirmat, this article seeks to demonstrate that the effort in terms of public budget was never up to this ambition. This “biography” of the Pirmat programme will also raise the more general question of interdisciplinarity at CNRS. In particular, the constant ambiguity between multidisciplinarity and interdisciplinarity, as well as genuine obstacles to the latter – due to the institutional structure of CNRS – will be highlighted.BOOK REVIEWSPhilip Kitcher. Science, vérité et démocratieAnalysis by Bernard ValadeJean-Paul Callède. La Sociologie française et la pratique sportive (1975-2005)Essai sur le sport. Forme et raison de l’échange sportif dans les sociétés modernesAnalysis by Odile Le Faou HISTOIRE 97 DE LA RECHERCHE CONTEMPORAINE 2012 - Tome I - N° 1
    • Instructions aux auteurs La revue est de langue française, mais les articles écrits en anglais sont Les emplacements de ces illustrations dans l’article seront indiqués par également susceptibles d’être acceptés. Son titre, aussi explicite que le nom du document en question, ainsi que sa légende et la mention possible, doit être donné en français et en anglais. Le Comité de rédac- exacte du copyright. tion pourra proposer à l’auteur de le modifier en vue de le rendre plus Rappelons que, comme l’ensemble de la revue, elles seront éditées en intelligible par un large public. L’article doit comporter au maximum deux couleurs (actuellement, noir et bleu), excepté dans la publication 30 000 signes espaces compris (s.e.c.) et être accompagné : électronique où elles pourront être en quadrichromie. • Du titre en anglais, • de 5 mots-clés en français et 5 en anglais, Le nombre et le volume des notes de bas de page pouvant être éditées • d’une présentation de quelques lignes aussi attractive que possible en marge de l’article devront être modérés. (chapô de moins de 300 s.e.c.) écrit dans la langue de l’article, • d’un résumé de moins de 600 s.e.c. en français et un abstract de Les sigles et acronymes : moins de 600 s.e.c. • seront explicités en note de bas de page ou dans le corps de texte lors de leur première mention Le nom de chacun des signataires de l’article sera accompagné de son • devront respecter la règle suivante : intégralement en majuscules si unité d’appartenance et de son adresse électronique. non lisibles comme un mot (ex. : CNRS) ; seule la première lettre en Une présentation de quelques lignes (<300 s.e.c.) permettra de situer majuscules dans le cas contraire (ex. : Cern, Ganil). son domaine d’activité et sa fonction. Les majuscules seront accentuées lorsque cela s’avérera nécessaire. Sauf accord préalable avec la rédaction, les textes seront fournis en for- mat .doc ou .rtf, avec une mise en page minimale (Les chapitres et sous- Les références bibliographiques doivent être présentées conformément chapitres seront indiqués, mais il est inutile de soigner les polices et les aux modèles suivants : corps de caractères qui seront revus lors de l’édition). Ouvrages : Lacoste Yves, Géopolitique de la Méditerranée, Armand Colin, Paris, 2006. Des encadrés pourront permettre d’expliciter un point, ou d’inclure un (Auteur(s), Titre de l’ouvrage, Éditeur, Ville, date.) aparté si l’auteur le juge utile. Articles : Crozon Michel, Maitte Bernard, « La culture scientifique en France : institutions, enjeux », Esprit, n° 10, oct. 2001, pp. 105-119. Des figures, tableaux et illustrations rendant l’article plus attractif sont (Auteur(s) «Titre de l’article », Nom du journal, numéro du journal, date, également bienvenus. Les illustrations seront fournies, de préférence, pages de début et de fin.) sous forme de fichier image (format .tif ou .jpg) de bonne résolution (300 dpi dans le format final). Avant acceptation, le manuscrit sera soumis à deux lecteurs (referees). Elles seront, de préférence, libres de droit (gratuites). Au cas où le manuscrit n’est pas accepté en l’état, les rapports des refe- Dans le cas contraire, prière de le faire savoir à la rédaction qui ne les rees seront communiqués à l’auteur (ou aux auteurs), accompagnés acceptera que si le montant des droits n’est pas trop élevé. éventuellement d’une demande de révision du manuscrit. Les illustrations ne seront pas intégrées au fichier texte mais fournies en fichiers annexes. La rédaction Conditions dabonnement 15 € le numéro, 25 € l’abonnement annuel (2 numéros) DANS LE PROCHAIN NUMÉRO : 12 € le numéro, 20 € labonnement annuel (2 numéros) dossier – tarif préférentiel pour les membres du CNRS Pour le lancement de lopération, nous vous remercions CHIMIE, COMMENT denvoyer vos demandes dabonnement SE FONT à valerie.burgos@cnrs-dir.fr LES DÉCOUVERTES ? Pour suivre notre actualité : www.cnrs.fr/ComiHistoCNRS / www.facebook.com / www.linkedin.com Et prochainement sur comihistocnrs.hypotheses.org HISTOIRE98 DE LA RECHERCHE CONTEMPORAINE 2012 - Tome I - N° 1