Petit Précis d'Efficacité Collective - Presentation Transcript
Le Baromètre de l’Efficacité
Collective et la publication de
cet ouvrage sont une initiative
parrainée par
en partenariat avec
et produits et réalisés par
t #e
lleTcMEiv01
IcacitE Co O
en alliance avec
cis d’Eff tr avai ll er au tr em en
Petit prE t
Baromètre Efficacité Collective parrainé par
Microsoft France remercie tous les participants
à Efficacité Collective 2006 ainsi que les associations,
les grandes écoles, les organismes, les médias,
les administrations, les entreprises et les auteurs
qui ont permis que se réalise ce premier tome
du Petit précis d’efficacité collective.
eDITORIAL Marc DEVILLARD,
Directeur des Opérations Marketing,
Microsoft France
L’Efficacite Collective :
un dEfi pour les organisations françaises
A qui s’adresse cet ouvrage ?
- A tous ceux qui se sentent concernés par la question de l’efficacité
à plusieurs, et qui veulent activement développer cette compétence
autour d’eux.
- A tous les décideurs : quelles que soient vos responsabilités, quelle
que soit la taille de votre organisation, les réflexions présentées dans
cet ouvrage vous concernent directement.
Pourquoi le sujet est-il important ?
UN SUJET IMPORTANT EN GENERAL
- Le principal atout de toute organisation est l’ensemble des collaborateurs
qui la composent. Cependant, les qualités individuelles ne suffisent
pas à assurer l’efficacité collective, et l’on observe encore souvent
autour de nous des sommes de talents individuels qui s’assemblent
pour ressembler à des nuages de mouvements browniens...
Il y a donc un savoir-faire particulier à mettre en œuvre pour que
les énergies soient alignées dans la même direction et s’additionnent
harmonieusement.
- Chacun de nous, en tant que membre d’organisations formelles
et informelles, peut choisir d’être acteur d’une amélioration du
fonctionnement collectif, ou de subir les pesanteurs et frictions
venant des autres. En choisissant de devenir acteur, on se donne
la possibilité de poser les bonnes questions et d’obtenir des
EDITORIAL | 1 | EC2006
eDITORIAL L’Efficacite Collective : un defi pour les organisations françaises
changements visibles au moins au niveau local, avec l’espoir de faire collective qu’un changement des modes de travail est nécessaire,
changer les pratiques à un niveau plus large. et nécessaire pour tous.
- Même si les besoins d’amélioration sont connus, les solutions - Dernier point, non négligeable : la mondialisation est une réalité, et nous
pertinentes restent largement à découvrir ou à formaliser. En lançant disposons finalement de peu de temps pour nous adapter et en tirer
cette démarche autour de vous, vous pouvez aider très concrètement avantage collectivement, avant de subir la loi économique des autres pays.
à accélérer les transformations pour tous.
Que va vous apporter cet ouvrage ?
UN SUJET IMPORTANT EN FRANCE
- D’après une étude désormais célèbre de Geert Hofstede, publiée au
- Des éléments de comparaison : où se situe votre organisation
début des années 80 et réactualisée à plusieurs reprises, la société
par rapport à d’autres, en particulier dans le même secteur.
française dans son ensemble présente la particularité intéressante
Cette information est essentielle car elle est la seule à pouvoir rendre
d’être à la fois individualiste et hiérarchique, deux traits qui en général
compte de façon mesurable de l’état des lieux aujourd’hui. L’étude
s’excluent mutuellement chez nos voisins européens. La conséquence
Efficacité Collective 2006 - EC2006 permet également de prendre date,
logique en est le manque d’appétit naturel de nos organisations pour
et de mesurer à partir de 2007 les évolutions qui auront été constatées
les modes de travail collaboratifs, et la difficulté à faire aboutir les
dans nos organisations.
changements de comportement destinés à améliorer la situation.
- Des pistes d’amélioration tangibles : soit que vous appreniez
- En parallèle, une étude e-Business Watch de mai 2005 révèle sans
la possibilité de travailler différemment et de façon plus efficace
surprise que les organisations françaises sont à la fois en avance sur
simplement en lisant le questionnaire, soit que la lecture des études
leurs voisins en termes d’accès à haut débit et de mise en place d’ERP,
de cas et témoignages vous donne envie de vous lancer dans l’aventure.
et en retard sur l’accès à Internet et aux outils de collaboration et de
- Des réflexions sur les moyens d’accélérer le changement.
partage. On parle donc bien d’un “mal français” lié aux mentalités
managériales et aux habitudes de travail à plusieurs, plutôt qu’à des
Comment l’utiliser ?
problèmes de rythme d’équipement.
- Le défi est d’autant plus important pour nos organisations que de
- Le questionnaire d’origine est disponible sur http://www.ec2006.net,
nombreux emplois sont en jeu : si les talents individuels ne trouvent
n’hésitez pas à le remplir pour tester le niveau de maturité de votre
pas moyen de s’exprimer à travers le collectif qui les entoure, en toute
organisation.
bonne logique économique ces emplois vont migrer vers des zones
- A la lecture de cet ouvrage, notez les pistes qui vous semblent
où leur coût de revient est moins élevé. Il ne tient qu’à nous de faire
les plus importantes, les plus prioritaires, et les plus susceptibles
évoluer nos habitudes pour que le “génie français” se traduise par
d’aboutir à des résultats concrets.
des emplois dans notre pays, des exportations soutenues vers nos
- Faites changer votre organisation !
partenaires internationaux, et de la création de richesse pour tous nos
concitoyens.
Pourquoi cette démarche est-elle
UN SUJET IMPORTANT AUJOURD’HUI
- Avec l’arrivée de générations formées sur Internet, et habituées
conduite sous l’égide de Microsoft France ?
à l’usage au quotidien des outils de mobilité (téléphone portable au
premier chef) et de communication synchrone (messagerie instantanée)
ou asynchrone (blogs), on se trouve de plus en plus dans la situation - D’une part parce que Microsoft existe pour fournir des outils au talent
paradoxale où le monde non-professionnel se sent plus agile que le individuel et collectif. Cette démarche est au cœur de toute notre histoire,
monde professionnel. Cette situation ne peut durer longtemps, tant elle explique nos développements et nos choix fondamentaux : assumer
elle génère de frustrations pour tous. pleinement le statut d’éditeur de logiciels, fournisseur de plates-formes
- En parallèle, notons que les technologies permettant d’adapter robustes, sûres, interopérables, innovantes et familières.
ces comportements agiles et collaboratifs au monde du travail existent - D’autre part parce que Microsoft France, comme son nom l’indique, est
de puis longtemps et sont d’ailleurs souvent déjà en place (PC, Internet, une société française. Nous voulons être acteurs du changement dans
Intranet, terminaux mobiles). Il manque surtout la prise de conscience notre environnement, et mettre nos moyens au service de cette cause.
EDITORIAL | 2 | EC2006 EDITORIAL | 3 | EC2006
Travailler, produire et crEer Richard D. COLLIN, Président ICCE
autrement
- L’universalisation des technologies et de la société en réseau,
la mondialisation de l’économie, l’évolution démographique,
les migrations créent une interdépendance planétaire qui oblige
à faire évoluer rapidement les fondamentaux de la gouvernance
et du management pour les organisations et les entreprises.
Ainsi pour gagner durablement en compétitivité les entreprises,
petites ou grandes, aussi bien que les institutions, se transforment
en s’appuyant sur des stratégies et des projets opérationnels valorisant,
notamment avec les technologies collaboratives, l’ensemble de leur
capital immatériel, intellectuel et humain. La productivité est devenue
la moindre des politesses et ne constitue plus l’avantage différentiateur :
vitesse, innovation et efficacité collective sont devenues les questions clés.
Quand s’accélère la transformation de nos Comment appréhender et mettre en place ces changements majeurs ?
Comment accompagner et piloter opérationnellement au quotidien
modes de travail et de nos organisations ces transformations qui s’imposent ? Quelles économies sont possibles
et quels nouveaux modèles économiques se profilent ? Quels types
Nous commençons à tous reconnaître que les conditions de création
et mode décisions pour accroître la valeur – et quelle valeur ?
durable de richesses et de valeur sont aujourd’hui très différentes
Quels outils et quelles méthodes envisager ? Quelles “boîtes à outil”
de celles de l’économie industrielle classique qui façonne encore
et quelle architecture d’information et de connaissance pour gagner
notre cadre de pensée et la plupart de nos actions et de nos
en compétitivité ? Quelles méthodes, quelles nouvelles formes
pratiques quotidiennes au travail. Rappelons simplement que
d’organisation et quel dialogue social pour une appropriation collective
trois ruptures et mutations sont reconnues et identifiées comme
et simultanée des outils et d’une culture de la confiance et du partage
essentielles, à savoir :
des informations et de la connaissance ? Autant de questions dont
nous n’avons pas encore toutes les réponses.
- Les modalités de création de valeurs et de richesses changent
radicalement. Dans la société de l’information et de la connaissance
dans laquelle nous avançons de plus en plus en plus vite, elles
Chacun devient un entrepreneur
impliquent le passage d’une gestion de la main d’œuvre à
une gestion des informations, des savoirs des connaissances
de la connaissance
et des compétences – la gestion du “cerveau d’œuvre”. L’homme
devient le repère du monde en mouvement. La capacité
des individus et des communautés humaines à travailler, produire Aujourd’hui une grande majorité de la population active est composée
et créer autrement devient fondamentale et stratégique. de “professionnels” de l’information. Des professionnels qui s’ignorent
mais qui pourtant lisent, analysent, transfèrent et échangent au
- Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité la vitesse quotidien des masses considérables d’information que chacun
des innovations technologiques est largement supérieure “traitent” dans son propre contexte pour ses objectifs de “résultats
au rythme des générations. Ce nouveau contexte nécessite et de performances”... Le travail de chacun consiste de plus en plus
une adaptation permanente et continue de chacun. De plus, à contribuer et à animer des réseaux de connaissances au sein
la perception par tous que la précarité est consubstantielle de de l’organisation pour “résoudre des problèmes” ou “prendre des
notre société d’aujourd’hui conduit chacun à renforcer ses propres décisions”. En même temps, l’entreprise redécouvre que ce n’est pas
dispositifs d’identité et de communauté qui à la fois rassurent et l’accumulation qui organise une capitalisation utile des informations
renforcent l’employabilité de chacun. et des connaissances : c’est la possibilité offerte à tous
TRAVAILLER, PRODUIRE | 4 | ET CREER AUTREMENT TRAVAILLER, PRODUIRE | 5 | ET CREER AUTREMENT
Travailler, produire et crEer autrement
d’exploiter et de partager les informations. Parce qu’il y va de l’intérêt
La spécificité française
de chacun. Et de tous.
L’état actuel et l’évolution promise de la technologie – web 2.0, Dans son best seller “Le Capital Intellectuel: la nouvelle richesse des
les systèmes à base de connaissances, les messageries intelligentes organisations”, mon ami Tom Stewart, qui a désormais la responsabilité
et multimédia, les portails et outils collaboratifs, les weblogs, éditoriale de la fameuse Harvard Business Review, souligne que
les plateaux de co-design, le PtoP et la VoIP, les technologies de pour gagner du temps, faire des économies et réduire les coûts, être
recherche d’informations, les outils numériques pour la modélisation plus disponible auprès de ses clients et produire mieux, les règles
et la simulation, la cartographie, les dispositifs de localisation d’or suivies par les entreprises qui gagnent dans cette société de
d’expertise et de compétences ou d’apprentissage individualisable, l’information et de l’ économie de la connaissance en émergence
les systèmes nomades - collent à cette nouvelle vision gagnante de sont celles qui développent le mieux une culture de partage et de
la performance basée sur la collaboration et les connaissances, confiance, de droit à l’erreur, de l’écoute des autres et de chacun,
à condition, précisément, que nos modes d’organisation et nos mentalités d’appropriation et d’usage des technologies, d’adaptation et de
n’y fassent pas obstacle. De plus, les technologies évoluant sans changement rapide. De nombreuses études et enquêtes soulignent
cesse et rapidement, nous devons adopter une posture et des que c’est dans ces directions que travaillent de nombreuses firmes
approches permettant d’assurer une co-évolution permanente entre et institutions en Europe; et que si des freins naturellement existent,
technologies et organisation. la ”viscosité” culturelle est moindre qu’en France ou parfois on peut
imaginer que coopérer c’est bon pour les autres. Parce que, chez
Mais, paradoxalement, c’est au moment où les organisations ont nous, le changement ça concerne souvent les autres.
besoin d’améliorer la qualité de leur communication et visent l’intellectuel
collectif que les systèmes d’information en réseau commencent Un de nos défis est de s’affranchir des quelques freins naturels
à créer, par leur succès même, une certaine opacité. Les vrais qui nous sont spécifiques, qui pèsent et nous empêchent souvent
problèmes de communication proviennent rarement de difficultés d’avancer vite pour s’adapter aux exigences de l’efficacité collective.
de transmission, de décodage, ni même de références à une réalité Les quelques questions suivantes, sans encore de réponse complète,
extérieure objective. Ils tiennent à des questions pragmatiques : soulignent bien les paradoxes spécifiques de la société et de nos
les acteurs en présence se font-ils la même image de la situation ? entreprises et institutions françaises :
S’accordent-ils sur leurs intentions ? Parviennent-ils à obtenir les
renseignements adéquats à leurs projets ? C’est dans ce cadre que - Comment partager nos informations et connaissances alors que
le management doit repenser son rôle et ses fonctions. souvent notre éducation nous conduit à systématiquement punir
les “copieurs” ?
Dans ce contexte, l’organisation la mieux armée est celle dont - Comment éviter de penser à la place des autres alors que la culture
le plus grand nombre de membres sont des agents d’innovations, d’une partie de l’élite française est construite sur ce modèle ?
des “entrepreneurs” au sein de leur structure. - Comment percevoir que la richesse est dans la circulation et le flux
Parce que le monde change très vite, chacun peut et doit devenir d’information et de connaissances alors que notre mentalité nationale
“chercheur”. Chacun peut et doit devenir professeur, parce qu’il ne d’épargnant nous fait penser à tort que c’est en capitalisant dans
suffit pas de produire des informations et des connaissances, il faut des “bas de laine” d’informations et de connaissances statiques que
aussi les formaliser et les communiquer. Enfin, chacun peut et doit nous devenons “riche” ?
devenir un manager dans sa propre sphère, parce que la coopération - Comment faire vivre vraiment des communautés d’experts ou
et le dialogue entre savoir-faire différents deviennent des exercices d’apprentissages et plus largement le travail collaboratif alors que
indispensables, parce que la décision et la navigation dans un nos comportements individualistes et de défiance à priori sont
environnement complexe et incertain sont désormais le lot de tous. souvent des freins majeurs au partage ?
L’autonomie et l’initiative se déclinent ainsi sous le visage de - Comment prendre des risques alors que la viscosité sociale aussi
l’entrepreneur de la connaissance. bien que la culture d’ingénieur ou technocratique propre à notre
TRAVAILLER, PRODUIRE | 6 | ET CREER AUTREMENT TRAVAILLER, PRODUIRE | 7 | ET CREER AUTREMENT
Travailler, produire et crEer autrement
pays ne facilite pas des approches sociétalement novatrices
sur le “travailler autrement”?
Sommes-nous vraiment prêt à prendre à notre compte - individuellement
et collectivement - une transformation qui s’appuie sur une
“networking attitude” généralisée, une organisation performante
et des technologies innovantes ? Les résultats 2006 du baromètre
de l’Efficacité Collective et les témoignages et analyses que vous lirez
sont encourageants. Mais dans cette Europe de la connaissance
et de l’innovation dans laquelle nos entreprises et nos institutions
françaises doivent prendre leur place, nous devons encore progresser
et investir. En somme mieux et plus vite transformer nos organisations
par l’information et les connaissances partagées; pour construire et
conduire les changements nécessaires pour cette société en réseau,
de l’interaction, du “co-design” et de l’efficacité collective chaque
jour plus présente.
En se souvenant que tout changer, ce n’est pas tout détruire,
c’est tout sauver.
TRAVAILLER, PRODUIRE | 8 | ET CREER AUTREMENT PRESENTATION | 9 | DE EC2006
EfficacitE Collective : Faits Richard D. COLLIN, Président ICCE,
saillants et prEsentation gEnErale
Titulaire de la Chaire “Efficacité Collective, Travail collaboratif et en réseau,
Organisations innovantes” de EMSI Grenoble Ecole de Management
était tout autant un outil de pédagogie qu’un
outil d’analyse et de découvertes personnelles.
Chaque participant a ainsi reçu une analyse
individuelle et personnalisée lui permettant de
“
se comparer et de situer par rapport aux autres
participants et à son entourage.
Le collaboratif est
- Une démarche collective de découverte et de
sensibilisation :
d’abord une culture.
Le choix a été fait de rendre transparentes et
neutres les méthodes, la construction,
Collaborer nécessite
la réalisation et la diffusion de EC2006 et d’associer
un collectif de partenaires qui garantissent la
un investissement.
validité, la rigueur et la pertinence de la démarche.
Dans un univers où
Mais aussi sa légitimité et sa diffusion pour
porter le débat. C’est dans ce cadre que l’AFNeT,
le temps et la culture
la FING, l’ENSAM, EMSI GEM se sont mobiliser
avec le soutien du CIGREF, de l’ACFCI et de
collaborative sont
DEMOS et le parrainage et engagement de
Contexte MICROSOFT France, LA TRIBUNE et RADIO
deux grands
CLASSIQUE étant les partenaires media de
EC2006. La mission de maîtrise d’ouvrage
quasi-absents,
De début février à mi-avril 2006 une large
et d’opérateur donnée à ICCE - Intelligence
investigation a été conduite pour permettre
vouloir régler
Collective, Coopération et Efficacité – qui s’est
à chacun de mieux comprendre et mesurer
notamment appuyé sur DONNEZVOTREAVIS.COM
son style de travail mais aussi pour se doter
le problème de
et TRIVIUM complète le dispositif qui a offert
d’un instrument pour mieux apprécier pour
les garanties requises
la France les enjeux et la réalité du travail
la performance
- Une démarche d’analyse et d’étude permettant
collaboratif et de l’efficacité collective pour
de comprendre la situation :
de l’entreprise
lesquels notre pays présente des spécificités.
Une analyse accompagnée d’un livre blanc
et de notes de faits saillants et de prospectives
seulement par “
Vecteur de la visibilité réelle des usages et
portées par des personnalités indépendantes
du décalage existant entre les pratiques au
de la technologie
et reconnues présente les résultats complets
quotidien et les possibilités offertes simplement d’EC2006. L’enjeu est de formaliser une
par les nouvelles technologies, cette démarche
est un contre sens.
connaissance approfondie et précise de la situation
intitulée EC2006 (Efficacité Collective 2006) s’est en matière de “work style” dans le travail au
construite sur une triple approche : quotidien de ceux qui travaillent dans les bureaux.
Commentaire sur la Question 35
Il s’agit également de dresser un tableau sur
- Une démarche individuelle pour répondre “Que vous manque-t-il pour être plus efficace avec
les contextes des usages et des pratiques. les autres dans votre Travail?”
aux interrogations de chacun : Mais aussi sur les perspectives qui peuvent
Dans ce contexte, le questionnaire dans sa se dessiner et les freins qui existent.
construction s’est adressé à toute personne
“col blanc” qui souhaitait tester et analyser son EC2006 se place dans une perspective à long
propre style et mode de travail mais aussi évaluer terme et constitue le socle pour faire évoluer
pour elle-même sa façon de travailler avec ses les analyses autant que comparer les résultats
collègues ainsi que les usages au quotidien d’une année sur l’autre au moins sur les deux
qu’elle fait de la technologie. Le questionnaire prochaines années 2007 et 2008.
PRESENTATION | 10 | DE EC2006 PRESENTATION | 11 | DE EC2006
EfficacitE Collective : Faits saillants et prEsentation gEnErale
- L’efficacité collective et les nouveaux modes qui pèsent alliés à l’insuffisance de délégation :
Principaux enseignements de travail collaboratif sont très majoritairement autant d’interrogations fortes et récurrentes qui
considérés comme un accélérateur de performance reviennent avec insistance. Ce n’est pas en soi
et de résultats sur un plan personnel mais aussi une découverte mais EC2006 agit là en révélateur
Dans un premier temps, retenons que 2545 sur le plan de l’organisation. Mais dans le même formel d’une situation complexe et exigeante pour
réponses ont été collectées sur un questionnaire temps si 2 personnes sur 3 pensent qu’ils gagneront faire évoluer les personnes et les organisations
de 37 questions permettant en tout plus de du temps et de la compétence métier si leur vers plus d’efficacité collective.
230 réponses possibles avec la liberté de recueillir entreprise leur propose d’utiliser au quotidien
des commentaires en texte libre (2383 commentaires des outils innovants de partage de l’information et - La très grande majorité des répondants mesurent
libres ont été recueillis). Il fallait entre 40 et de coopération avec leurs collègues, 60% pensent que trop d’informations de mauvaise qualité sont
60 minutes pour répondre au questionnaire. qu’il seront plus contrôlés ou qu’on leur demandera en circulation dans l’entreprise et souhaitent que
L’analyse statistique des réponses montre une plus de résultats voir pour 1 sur 4 pense que ça les informations qui lui sont nécessaires soient plus
excellente cohérence et fiabilité des réponses. ne pourrait pas marcher au regard de la culture facile et plus rapide à obtenir. De plus la traçabilité,
76,3% des répondants on entre 25 et 49 ans, existante dans leur organisation. la simplicité et la qualité des informations sont
69% sont des hommes, 43% travaille dans des pour la plupart les conditions actuellement non
grands groupes alors que 25% sont dans des PME/MI - Si les questions d’outils sont au cœur de satisfaites pour s’assurer qu’elles se transforment
et 20,5% dans le secteur non-concurrentiel la majorité des questionnements, on constate de manière évidente en actions et décisions.
(administration, collectivités ou ONG par paradoxalement que la collaboration est souvent
exemple). Plus de 80% des réponses (83,7%) réduite à l’e-mail. Et que l’utilisation de dispositifs - Le décalage des pratiques et des usages des
proviennent de cadres et 70% des personnes tels que messagerie instantanée, blog, forum ou technologies entre la vie professionnelle et la vie
ayant répondu souhaitent participer à EC2007. réseaux sociaux est quasi nulle voir inconnue. privée révèle là aussi un paradoxe.
68% des réponses proviennent de personnes Dans le même temps, c’est sur le plan de l’efficacité
pour qui le travail au quotidien s’exerce plus de des réunions, de la collaboration effective et du En somme, la prise de conscience des transfor-
manière collaborative qu’individuelle. partage de l’information que les personnes sont mations rapides des modes d’organisation et des
le moins bien équipées. Par ailleurs si on dénote processus requis au sein des entreprises souligne
Le sujet et la thématique se révèlent donc importants un appétit certain pour les nouvelles technologies plus que jamais la nécessité d’une plus grande
pour une très grande majorité. Ainsi, tant l’intérêt pour faciliter le travail, on dénote un autre compréhension, mobilisation, envie et appropriation
manifeste montré pour un questionnaire qui paradoxe quant à une certaine ignorance des des salariés eux-mêmes pour d’autres manières
nécessitait du temps et de la réflexion que termes techniques et de ce qu’ils recouvrent. de travailler. Alors que beaucoup d’entreprises
l’analyse statistique et sémantique de la variété Ainsi, des besoins apparaissent tant en formation rencontrent des difficultés face à la complexité,
aux usages et bénéfices des technologies qu’aux
des réponses et propositions, nous amènent à l’imprévisibilité du monde, à la globalisation,
approches d’accompagnement du changement.
aux commentaires suivants : les entreprises françaises et ses managers sont
vraisemblablement affectés par une trop forte
- Le manque de temps, la surinformation,
- Les pratiques et les aspirations individuelles sont logique cartésienne et de rationalité d’ingénieur
le décalage existant entre les pratiques
différentes de celle des organisations auxquelles associée à une culture à la fois centralisatrice et
managériales et les besoins opérationnels, le déficit
les personnes appartiennent. Et elles expriment individualiste qui les poussent à la modélisation
de formation tant aux usages qu’à une application
un certain scepticisme quand à la capacité des et la formalisation des processus au détriment de
pertinente des technologies, la nécessité de
organisations de vraiment évoluer. Ainsi, les l’efficacité collective ; et ce faisant les éloignent
la confiance et de la transparence, l’absence de
besoins sont perçus par les individus mais peu des fondements de la compétitivité actuelle.
vision et d’un référentiel commun clair, le déficit
par les organisations et il existe un fort décalage
d’autonomie et la viscosité de processus trop
entre la façon dont les gens travaillent et la façon
structurants, une hiérarchie et des processus
dont ils souhaiteraient travailler.
PRESENTATION | 12 | DE EC2006 PRESENTATION | 13 | DE EC2006
rappel de la methodologie Yves DURON, Directeur Général, Nextmodernity-Donnezvotreavis.com
Enquête en ligne
Choix de la population
L’enquête a été administrée par Internet. Chaque participant a reçu un email avec un lien
Plutôt que d’opter pour une étude représentative des entreprises françaises de type sondage,
sécurisé lui permettant d’accéder au questionnaire web.
l’opération EC2006 a été mise au point dans une optique beaucoup plus ouverte, toute personne
intéressée par le sujet étant invitée à y participer. Les différents partenaires d’EC2006 ont ainsi
proposé à leurs publics et réseaux d’y prendre part.Si la population interrogée est représentative
de la répartition selon l’âge et le sexe dans les entreprises françaises, nous savons que cette
population “d’information workers” est aussi plus intéressée que la moyenne par le travail
collaboratif et l’intelligence collective et qu’elle a des pratiques sans doute plus avancées
en matière d’usage des technologies.
Construction du questionnaire
Le questionnaire a été construit de manière à laisser une large place aux commentaires
et réactions sous forme de questions ouvertes. Compte tenu de sa longueur et de sa richesse,
une étude qualitative (entretiens semi-directifs) a par ailleurs été réalisée au préalable sur un
échantillon d’une vingtaine de personnes. Cette étude a permis de trouver un compromis acceptable
pour l’adaptation des questions aux contextes très variés, en termes de pratiques et d’usages
des nouvelles technologies, que l’on peut rencontrer dans les organisations.
Mail de sollicitation
Durée du questionnaire
40 à 60 min.
Liens utilisés
Blog : www.ec2006-blogs.com
Site : www.ec2006.net
Questionnaire en ligne
PRESENTATION | 14 | DE EC2006 PRESENTATION | 15 | DE EC2006
rappel de la methodologie
Restitution aux répondants Résultats du questionnaire
Chaque répondant a pu disposer des retours suivants : 2545 réponses : malgré la durée du questionnaire (40 à 60 min), la majorité des internautes
est allée jusqu’à la fin.
A l’issue du questionnaire :
- synthèse de ses résultats
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A la clôture de l’opération
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- possibilité de comparer ses résultats à ceux des autres répondants
- dès sa publication, le Livre blanc EC2006 téléchargeable sous forme numérique ����
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Distribution non réponses / abandons
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Comparaison de ses résultats à ceux des autres répondants
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PRESENTATION | 16 | DE EC2006 PRESENTATION | 17 | DE EC2006
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RESUltats et commentaires
>> Type d’organisation
>> Activité professionnelle
Une activité de contributeur individuel Grande entreprise ��� �����
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et/ou d’administratif
PME / PMI ��� �����
Une activité de management, ��� �����
responsable de groupe(s) ou d’équipe(s)
Indépendant / TPE (moins de 5 salariés) ��� ����
Une activité de communication ��� �����
Institutions / collectivités
et d’échanges ��� �����
Une activité d’expert ��� ����� Association �� ����
Etablissement d’enseignement �� ����
������������ ������
Autre �� ����
VERBATIM* : “Suivant le cas, je passe d’un rôle à l’autre. Quitte à simuler. Je dois trouver le plus rapidement
possible, des solutions rationnelles, indispensables pour le partage de point de vue ’’ ������������ ������
COMMENTAIRES : près de 70% des répondants ont une activité professionnelle dans laquelle le travail
COMMENTAIRES : si les cadres de grands groupes représentent près de la moitié des répondants,
s’exerce plutôt de manière collaborative. Ils sont également près de 70% à exercer une activité liée au
les PME/PMI, les institutions et les indépendants sont également présents.
management ou à la communication.
>> Votre travail au quotidien s’exerce plus... >> Age
16 - 24 ans
1. De manière individuelle ��� ����� �� ����
25 - 34 ans ��� �����
���� �����
2. De manière collaborative
35 - 49 ans ��� �����
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50 - 64 ans ��� �����
65 ans et plus � ����
������������ ������
>> Statut professionnel
COMMENTAIRES : des répondants représentatifs des cadres français selon l’âge.
Cadre / dirigeant(e) ���� �����
��� ����
Agent de maîtrise / technicien(ne)
>> Sexe
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Employé(e)
Etudiant(e) �� �����
Homme ���� �����
� ����
Inactif(ve)
��� �����
Femme
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COMMENTAIRES : des répondants représentatifs des cadres français selon le sexe.
* VERBATIM : extrait des réponses d’EC2006
PRESENTATION | 18 | DE EC2006 PRESENTATION | 19 | DE EC2006
RESUltats et commentaires
>> D’une manière générale, quelle attitude vis-à-vis des technologies de l’information >> Comment je travaille / comment j’envisage travailler :
et de la communication (TIC) vous caractérise le mieux la synthèse sur l’ensemble des répondants
0,2% : je les utilise le moins possible � ��
et vraiment quand je suis obligé ���� ����
4,1% : conscient de leur intérêt,
j’ai des difficultés à complétement
les utiliser et à les maîtriser
���
�����
���
32,6% : je les utilise quotidiennement
�����
et sans difficulté majeure,
mais seulement si elles me sont utiles
26,1% : j’utilise sans problème
les technologies (matérielles et logicielles)
mais je suis dans un environnement
qui les utilise peu ou de manière
que je juge insuffisante
37,0% : j’utilise de nombreuses
technologies (matérielles et logicielles)
���
pour être toujours plus efficace et par
������������
�����
plaisir d’utiliser des outils innovants
VERBATIM : “Je suis débordé par les emails !”
VERBATIM : “La chaîne n’est jamais aussi forte que son maillon le plus faible... La technologie ne remplacera “Je crois en la nécessité d’un espace non contrôlé pour que la vie ne se transforme pas en process !”
jamais certaines qualités humaines, telles que la réflexion et la concentration, mais elle se soutiennent !” “Je ne travaille pas avec les logiciels si ils sont compliqués à mettre en place ou si ils sont peu pratiques
“La technologie se plante quand elle pense se substituer aux gens et aux qualités qui les animent... à l’emploi ! L’informatique doit permettre de gagner du temps pas d’en perdre !”
Elle est fantastique et sans équivalent quand elle soutient ceux qui s’investissent dedans !”
COMMENTAIRES : large consensus des répondants concernant le souhait de disposer d’outils et pratiques
COMMENTAIRES : 96% des répondants utilisent les technologies. Ils se répartissent en trois grandes
plus efficaces que ceux dont ils disposent actuellement dans leur entreprise.Ceci est d’autant plus
catégories : ceux qui utilisent les outils quand ils leur sont utiles (33%), ceux qui les maîtrisent sans
vrai pour les réunions (organisation, prise de notes, rédaction et transmission des comptes rendus) et
toujours avoir la possibilité de les utiliser (26%), et les utilisateurs avancés qui utilisent aussi les
la collaboration (mise au point de documents avec les collègues, partenaires, organisation du travail
technologies par plaisir (37%).
en commun sur les projets).
PRESENTATION | 20 | DE EC2006 PRESENTATION | 21 | DE EC2006
RESUltats et commentaires
>> Le travail collaboratif et plus généralement l’efficacité collective
>> Quand on me parle d’outils pour le travail collaboratif et l’efficacité collective,
sont des questions d’une actualité...
je comprends plus précisément...
…qu’il s’agit de technologies et logiciels ������������� ��������������� �������������� ��
pour élaborer et partager des informations ��� �����
et des documents avec les autres Pour votre entreprise ��� ��� ��� ����
…qu’il s’agit d’outils de gestion partagée
��� ����� ��� ��� ���
Pour votre groupe de travail ����
des tâches et de gestion partagée dutemps
…qu’il s’agit de logiciels pour faciliter ��� ��� ����
Pour vous
la traçabilité et la sécurité des ��� �����
informations et des documents
COMMENTAIRES : des répondants qui se sentent pionniers au sein de leur entreprise : pour eux le travail
…qu’il s’agit de technologies et logiciels collaboratif et l’efficacité collective sont des sujets d’actualité très importants, mais ils estiment que
pour améliorer le suivi des projets ��� ����� cela est moins le cas dans leur groupe de travail et que ça l’est encore moins pour leur entreprise.
et l’allocation des ressources
…qu’il s’agit de technologies et logiciels pour
>> L’accès aux informations venant d’autres collègues est...
faciliter la découverte et l’apprentissage
��� �����
de nouvelles connaissances et repérer les
expertises et les compétences
Difficile �� ����
������������ ������
Moyennement difficile ��� �����
>> Pour vous, au quotidien, pensez vous que le travail collaboratif et plus généralement
l’efficacité collective soient... Assez facile ��� �����
Facile ��� �����
…difficile à mettre en place ��� �����
…sans beaucoup d’intérêt ou d’utilité
�� ���� ������������ ������
et n’a pas prouvé de résultat
…inadapté à la culture de mon organisation
COMMENTAIRES : l’accès aux informations d’autres collègues de l’entreprise reste assez difficile
��� �����
et ses habitudes de travail
pour 1/3 des répondants
…un accélérateur de performances
et de résultats autant pour moi ���� �����
que pour mon organisation >> L’accès aux informations venant de l’extérieur est...
…un levier pour développer la confiance
et la reconnaissance au sein ��� �����
Difficile �� ����
de mon cadre de travail
…une profonde nécessité qui va transformer
Moyennement difficile ��� �����
notre mode de travail ��� �����
et les modes d’organisations
Assez facile ��� �����
…l’occasion de prendre à mon compte
des usages nouveaux et attractifs ��� �����
des technologies Facile ��� �����
������������ ������ ������������ ������
COMMENTAIRES : le travail collaboratif correspond pour les répondants à une large palette d’activités COMMENTAIRES : l’accès aux informations de l’extérieur de l’entreprise reste assez difficile pour
(élaboration et partage d’information et de documents, suivi des projets, partage des tâches, 1/3 des répondants
apprentissage, sécurité des informations...) et jugé comme une profonde nécessité pour améliorer la
performance de l’entreprise.
PRESENTATION | 22 | DE EC2006 PRESENTATION | 23 | DE EC2006
RESUltats et commentaires
>> Votre entreprise vous propose d’utiliser au quotidien des outils innovants
>> L’information que vous recevez ou trouvez est...
de partage de l’information et de coopération avec vos collègues.
����� ������ ������������ De maniére positive, vous vous dites plutôt...
������������ ��������� ��
������������ ���������� ����������
��� ��� ��� ��� ����
…en quantité …je vais gagner du temps ��� �����
…je vais enrichir mes
��� ��� ��� ����
…en qualité connaissances et gagner en ��� �����
compétence dans mon métier
…je vais être moins stressé
et pourrai me concentrer �� ����
sur mon travail
COMMENTAIRES : des répondants plutôt submergés d’information que l’inverse, information qui n’est
…je vais gagner en liberté
pas toujours de qualité suffisante.
��� �����
d’action et serai plus créatif
…je vais me sentir plus autonome
��� �����
et plus responsable
������������ ������
>> Votre entreprise vous propose d’utiliser au quotidien des outils innovants
>> L’information que vous recevez doit être...
de partage de l’information et de coopération avec vos collègues.
De maniére négative, vous vous dites aussi...
…plus adaptée à ma demande ��� �����
…on va me demander
��� �����
plus de résultats
…plus condensée ��� �����
…je n’ai que peu d’intérêt à
�� ����
…plus rapide et plus facile partager et à coopérer
��� �����
à obtenir
…Je me sentirai plus contrôlé ��� �����
…l’opportunité de découvrir
…c’est tellement contraire à la
��� �����
d’autres connaissances utiles culture de mon entreprise que
��� �����
…l’opportunité de renforcer mes je ne vois pas comment
��� ����� ça pourrait marcher
réseaux de collègues
…Je vais encore être obligé
������������ ������ d’utiliser plus d’informatique
��� �����
et de technologies et je trouve
qu’on a bien assez comme ça
VERBATIM : “Attention à la notion de “condensée” qui dilue et transforme (contresens) le fond...
Il vaut mieux moins d’info en quantité mais les bonnes plus longues à lire et de fond.” ������������ ������
“Quand on ne trouve que ce qu’on cherche, on ne risque pas d’innover beaucoup...”
COMMENTAIRES : plus de la moitié des répondants attendent une information plus rapide et plus
facile à obtenir.
COMMENTAIRES (des 2 graphiques précédents) : si un tiers des répondants pensent qu’utiliser des
outils collaboratifs va leur permettre de gagner du temps et de développer leurs compétences, il sont
également plus d’un tiers à estimer qu’en contrepartie l’entreprise leur demandera plus de résultats.
Par ailleurs un quart d’entre eux pensent que les outils coopératifs sont contraires à la culture de
leur entreprise.
PRESENTATION | 24 | DE EC2006 PRESENTATION | 25 | DE EC2006
RESUltats et commentaires
>> Dans le cas où votre entreprise vous demanderait d’utiliser plus intensivement
>> A quelle fréquence utilisez-vous ces outils dans le cadre de votre travail ?
des outils de partage de l’information et de coopération, quel type d’effort pensez-vous
���
������ �������� ������������� devoir fournir prioritairement ?
����������
Courrier électronique (email) ����� ���� ������ ���� Je demande à suivre une formation sur ��� �����
l’utilisation des nouveaux outils
��� ��� ���
Messagerie instantanée / chat ������ ������ ����
Je demande à suivre un séminaire pour
��� �����
apprendre de nouveaux modes de travail
��� ��� ���
Forum de discussion ������ ������ ����
Je souhaite dégager du temps pour me
��� �����
���� ���
Blog ������ ������ ���� former personnellement aux nouveaux outils
Je serai conduit à réorganiser profondément
���� ���
Wiki ������ ����� ����
mes méthodes et habitudes de travail pour ��� �����
les adapter aux outils proposés
��� ������
Bureau virtuel collaboratif ������ ������ ����
Je n’ai pas d’effort particulier à faire,
��� �����
Réseaux sociaux ������ ��� ��� ��� ������ ���� à titre personnel j’utilise déjà ces outils
������������ ������
VERBATIM : “En dehors de la messagerie, ces outils ne sont pas disponibles pour l’ensemble des salariés.
J’en utilise quelques-unes à titre personnel.”
VERBATIM : “J’apprécie ce genre d’outils, mais je trouve peu de monde pour un travail collaboratif, d’où un
“Je ne sais pas ce qu’est le Wiki et les réseaux sociaux.”
manque de connaissances pratiques poussées.”
COMMENTAIRES : si les participants à EC2006 sont plutôt des utilisateurs avancés en matière de “La remise en cause des méthodes et habitudes de travail est permanente. Il est important de
technologies, ils sont très peu à utiliser d’autres outils que le courrier électronique. Blog et wiki sont s’approprier l’outil, le pratiquer pour bien en percevoir la valeur ajoutée. Pour cela, une formation de base
par exemple jamais ou rarement utilisés dans un contexte professionnel. montrant l’intérêt principal et les avantages à en attendre sert de point de départ.”
>> Pour que vous puissiez évaluer et mesurer l’évolution de vos pratiques et de votre style
de travail, accepteriez vous de participer dans 1 an à EC2007...
Oui ���� �����
Non �� ����
Je ne sais pas ��� �����
������������ ������
PRESENTATION | 26 | DE EC2006 PRESENTATION | 27 | DE EC2006
analyse cartographique
des reponses et des commentaires
En fait cette représentation est une image dynamique produite par un applicatif qui permet de la
GRÂCE AUX TECHNOLOGIES DE CARTOGRAPHIE IL EST POSSIBLE DE transformer en temps réel au fur à mesure que l’information évolue. Sa vision statique appauvrit
DONNER DES REPRÉSENTATIONS SYNTHÉTIQUES DE LA COMPLEXITÉ donc considérablement ce type de représentation d’autant plus que cette cartographie pourrait
facilement représenter les interactions entre des centaines (voire des milliers) de réponses
DES INTERACTIONS ENTRE LES RÉPONSES ET LES RÉPONDANTS. PARMI concernant des milliers (voire des dizaines de milliers de répondants.)
LES INNOMBRABLES CARTES POSSIBLES NOUS AVONS CHOISI DE VOUS
RESTITUER TROIS CAS SIMPLES.
ANALYSE DE L’ARBRE
La représentation rend très facilement perceptible quatre grandes zones. Bien évidemment
Cartes de réponses aux questions concernant les attitudes l’utilisation dynamique à l’aide de l’applicatif permettrait d’analyser beaucoup plus finement
des évènements morphologiques (petites branches, tronc, feuilles…)
Nous avons donné des appellations simplifiées de ces quatre zones, et nous allons les justifier en
listant certaines des réponses de ces branches ainsi que le nombre de répondants qui les ont choisies.
“
Population peu enthousiaste Répondants
“ Jamais d’utilisation de la messagerie instantanée ou de chat 784
1452 L’accès aux infos venant des collègues est moyennement difficile 480
Le travail collaboratif est assez important pour moi 462
erri publina J’utilise rarement les réseaux sociaux 324
Population “collaborative”
Le travail collaboratif est très important pour mon groupe de travail 645
Le travail collaboratif est très important est pour mon entreprise 584
J’utilise abondamment les TIC 550
L’utilisation des outils collaboratifs va me forcer à plus de résultats 485
Les motivés qui pensent que les autres et l’environnement résistent
Contrairement à mon environnement j’utilise quotidiennement les TIC 387
L’utilisation d’outils collaboratifs s’oppose à la culture de mon entreprise 337
Pour mon entreprise le travail collaboratif n’est pas important 258
Pour mon groupe de travail, le travail collaboratif n’est pas important 157
GENERALITE SUR LA REPRESENTATION
Cet “arbre’’ est une représentation synthétique des réponses apportées Population des motivés et bien impliqués
par les répondants aux questions posées quant à leur attitude face aux outils et aux technologies.
Le travail collaboratif est un accélérateur de performance 359
Chaque élément de l’ “arbre’’ repère une réponse possible. La proximité entre deux réponses signifie
L’accès aux infos venant des collègues est facile 228
que beaucoup de personnes ont apporté ces réponses. Ainsi une branche en associant des réponses
L’utilisation des technologies collaboratives me responsabilise 149
souligne la présence d’une population de répondants qui apporte le même type de réponse.
J’utilise en permanence les réseaux sociaux 128
Ce mode de représentation aide donc à repérer des typologies de répondant. Le spectre de couleur
indique le nombre de répondants ayant apporté la réponse.
PRESENTATION | 28 | DE EC2006 PRESENTATION | 29 | DE EC2006
analyse cartographique des reponses et des commentaires
Analyse du vocabulaire - Carte de 90 commentaires
Cartes du vocabulaire utilisé dans leurs commentaires par les 100 personnes dont les réponses
prouvent qu’elles connaissent et utilisent très peu les outils et les méthodes du travail collaboratif.
Dans cette représentation chaque élément
positionne un mot utilisé une ou plusieurs fois
dans un ou plusieurs commentaires. L’échelle
des couleurs de rouge à bleu indique le nombre
(grand à faible) de commentaires dans lesquels
le mot est utilisé.
Le nombre important d’“îles” manifeste que
les commentaires sont en général courts et
qu’ils abordent des thématiques très variées.
Le peu de mot dans chaque île manifeste peu
de développement sur les thèmes abordés.
Le phénomène le plus intéressant est probablement
l’interaction entre outil et travail, problématique
en liaison soit avec la communication soit avec
l’action comme en témoigne les deux commentaires
suivant :
- la lourdeur des outils peut être un frein à la
communication selon la culture de travail des
interlocuteurs,
Par rapport à la précédente cette carte a un vocabulaire plus riche (180 mots au lieu de 111). Certaines
- il me faut convaincre tous les acteurs d’une
îles ont une structure plus complexe ce qui manifeste la présence de développements thématiques
action au sein de mon entreprise des bienfaits
plus riches, par exemple avec le commentaire suivant :
de ces nouveaux outils de travail.
“Il ne me manque pas de systèmes d’informations. Il me manque plus de loisir d’être en contact
Carte de 130 commentaires direct avec les équipes qui m’entourent : les systèmes d’informations gomment l’aspect relationnel
du travail en équipe, et réduisent les opportunités de créer de la motivation pour “faire” ensemble
Cartes du vocabulaire utilisé dans leurs commentaires par les 100 personnes dont les réponses et en équipe, ce qui est pourtant fondamental dans des activités industrielles, et notamment au sein
prouvent qu’ils connaissent et utilisent beaucoup les outils et les méthodes du travail collaboratif. d’usines (mon métier). En corollaire, les collaborateurs ont bien souvent le sentiment
que leur travail consiste en l’envoi de mail, l’alimentation de systèmes d’informations.
Cela est nécessaire et améliore la réactivité, l’efficacité, etc.... de façon certaine et évidente,
mais ne suffit pas toujours : on a tendance à l’oublier !”
Ce que ces exemples de cartographie montrent c’est qu’il devient possible de percevoir
la structure d’une masse importante d’information alors que l’on n’en a encore fait aucune lecture.
Et de découvrir dans la masse sans aucune requête a priori les éléments les plus intéressants pour
l’utilisateur.
PRESENTATION | 30 | DE EC2006 PRESENTATION | 31 | DE EC2006
analyse cartographique des reponses et des commentaires
La cartographie est d’autant plus profitable que le nombre de textes est important et que le vocabulaire
Zoom sur la carte de tous les commentaires. utilisé est varié. C’est le cas des 2383 commentaires fait par les répondants pour enrichir leurs
réponses aux questions.
Ci-dessus un focus sur la carte de tous les commentaires. On remarque immédiatement
les positions de la cinquantaine de mots figurant dans le plus grand nombre de commentaires
(cette fréquence est perceptible grâce à la couleur de l’étiquette et encore plus précisément
par le nombre figurant à côté du mot).
Ce qui frappe en premier c’est que le vocabulaire le plus utilisé :
“outil ; 389 fois’’, “information ; 255 fois’’, “temps ; 233 fois’’, “travail ; 157 fois’’, “entreprise ; 127 fois’’,
“partager ; 117 fois’’, “intranet ; 95 fois’’, “partage ; 93 fois’’, “collaboratif ; 91 fois’’, “communication ; 85
fois’’, “gestion ; 84 fois’’, “organisation ; 74 fois’’, “réunion ; 65 fois’’, “document ; 62 fois’’, “utilisation ;
62 fois’’, “décision ; 59 fois’’, “volonté ; 58 fois’’, “donnée ; 57 fois’’, “projet ; 57 fois’’, “formation ; 54 fois’’,
est dispersé dans toute la carte hormis la dépendance du mot “collaboratif’’ par rapport à “travail’’ ce
qui signifie bien que si le mot travail figure bien parfois seul dans les commentaires, la plupart du temps
l’adjectif “collaboratif’’ est associé à “travail’’.
Ce que confirme une analyse statistique a posteriori où l’expression “travail collaboratif’’ figure pour
90% des commentaires contenant les deux mots.
Cette appréciation générale tend à démontrer :
1. que la structure du questionnaire a bien sérialisé les thématiques principales dans l’esprit des
répondants,
2. en conséquence les commentaires sont plutôt bien ciblés ce qui permet de soupçonner au cas
où l’examinateur de la carte n’en aurait encore lu aucun, qu’ils doivent être relativement courts
(ce que confirme par la suite la lecture détaillée),
3. il devient possible de percevoir comment les commentaires développent les thèmes dominants :
EXEMPLE 1 : Autour de la notion d’outil les répondants développent des commentaires
sur les notions de formation, client, TIC, performant, pc, disposition, collaboration, processus,
rigueur, activité,
EXEMPLE 2 : Autour de la notion d’information les notions de diffusion, source, rapport, qualité, difficulté,
EXEMPLE 3 : Autour de la notion de temps les notions de emploi, argent, donner, métier,
EXEMPLE 4 : Autour de la notion de partage les notions de connaissance et de perte,
EXEMPLE 5 : Autour de gestion les notions de système et de Microsoft.
Bien évidemment seule l’utilisation dynamique de la carte permet de saisir ces structurations de sens et de
les confirmer par la suite par la lecture effective des commentaires repérés alors comme les plus riches.
Nous arrêtons donc là la série infinie des exemples qui ne prend fin que lorsque l’utilisateur
a le sentiment d’avoir fait “le tour de la question”.
Le travail d’exploration que nous avons conduit en profondeur et que nous ne pouvons évidemment
pas reproduire dans son exhaustivité dans cet ouvrage aura permis de “donner du sens’’
aux différentes conclusions et questions de notre analyse.
PRESENTATION | 32 | DE EC2006 PRESENTATION | 33 | DE EC2006
REPERAGE
“ 3 Au même titre que la carte ne vous renseigne pas sur la beauté du monument ni sur
la qualité des restaurants, une carte d’information ne dit rien de la vérité de l’information,
ni du sens particulier contenu dans chaque document. Ces appréciations qualitatives doivent
rester le fait de celui qui cherche à trouver du sens dans le contexte où il se trouve. Par contre
la carte en plus donnant une vision globale du champ dans lequel il œuvre, doit lui permettre
d’en “prendre connaissance“.
4 “Prendre connaissance” c’est-à-dire commencer à établir un lien de familiarité, de
voisinage, de partage avec un environnement que l’on ne maîtrise pas. La pratique
qu’un logiciel de cartographie d’information essaie d’instrumenter c’est cette “prise de
connaissance” pour gagner un temps considérable non dans la collecte d’information (phase
Michel AUTHIER
amont) ni dans l’analyse du sens de ces informations (phase aval), mais dans la mise en
forme des relations de proximité entre toutes les informations afin de découvrir au plus vite
celles qui vont faire sens par rapport aux intérêts de l’utilisateur dans le contexte très
Fondateur, Directeur Scientifique, Trivium particulier et changeant du moment de l’utilisation.
QUELQUES ÉLÉMENTS SUR LES APPROCHES DE CARTOGRAPHIE
5 Pour cela nous avons utilisés un ensemble d’applications de Trivium qui à partir
D’INFORMATIONS UTILISÉES POUR EC2006 d’une famille d’algorithmes permettent de fournir en temps réel des images dynamiques
de l’espace immatériel des relations existantes entre les objets de tous types (textes et mots,
1 collaborateurs et compétences, formations et savoirs, consommateurs et produits, processus
A l’instar de n’importe quelle carte géographique, les cartes d’information ont pour but
et outils...). Au-delà de ces visualisations, des fonctionnalités permettent dès lors que
d’aider celui qui ignore à “prendre connaissance” de son environnement. Au même titre
le besoin s’en fait sentir, de retrouver n’importe quelle information repérée comme intéressante
que le paysan n’a pas vraiment besoin de la carte de son “pays“, puisqu’il en connaît tous
par l’utilisateur de la carte. Contrairement à ce qui se passe avec de nombreux autres outils
les bois, les rivières et les champs ; le spécialiste d’un domaine sera toujours déçu par
de cartographie présents sur le marché, les cartes de Trivium ne sont que secondairement
la cartographie de sa spécialité et ne s’y intéressera que lorsque celle-ci commencera à exhiber
des synthèses de sens perçus par l’utilisateur. Elles sont avant tout une forme “vivante”,
des zones dont il ne soupçonne pas l’existence.
source d’inspiration pour l’utilisateur à la recherche d’un sens qu’il ne perçoit pas encore.
2 La fonction principale de la carte est d’orienter celui qui l’utilise dans un territoire qu’il
6 Par exemple dans le cas des cartes du vocabulaire présent dans de nombreux documents
ne connaît pas et dans lequel il doit découvrir des opportunités, choisir une direction
(jusqu’à plusieurs dizaines de milliers si nécessaire) le sens général émerge progressivement
pour s’en rapprocher, et établir un chemin pour s’y diriger. Dans un espace informationnel se
de l’interaction entre la carte et l’intérêt de l’utilisateur. L’un et l’autre évoluant l’un par l’autre.
diriger, c’est agir ; choisir c’est décider ; découvrir c’est s’informer. S’informer, décider, agir
“
Paradoxalement l’ordre analyse - synthèse communément proposé par la majorité des outils
voilà les trois grands moments de l’activité des dirigeants et de leurs collaborateurs dans le
du marché est inversé. Avec l’approche choisie, la synthèse est la source d’une analyse
monde d’aujourd’hui. Pour cette raison la cartographie de l’information devrait être au début
orientée et contenue en permanence par la vision globale qui évolue au fur et à mesure que
du processus de décision et d’action dès lors que cette information n’est pas maîtrisée dans
l’analyse converge vers ce qui intéresse l’utilisateur.
ces moindres détails.
PRESENTATION | 34 | DE EC2006 PRESENTATION | 35 | DE EC2006
REPERAGE
“7 Alors que le travail collaboratif et l’efficacité collective soulignent la nécessité pour les
organisations et les entreprises de comprendre ce qu’il en est des groupes humains,
nous ne savons toujours pas nous figurer ce que ce “nous” signifie dès lors que nous sommes
nombreux (voire très nombreux) à faire ensemble. pour cela les arbres de connaissance sont
des instruments qui ffigurent à l’aide d’une carte enforme d’arbre les interactions entre
toutes les compétences de tous. Ils permettent à chacun d’avoir une vision dynamique de sa
position par rapport à tous les autres. Grâce à eux il est facile de prendre connaissance de
l’activité humaine de l’entreprise (expression des besoins, formations, staffing, développement
des projets...).
P our conclure seul importe vraiment l’utilisateur car il est à l’origine du sens. De surcroît
la tranformation accélérée des situations auxquelles nous sommes confrontées fait que
tout a priori dans l’interprétation de ces situations, nous conduit bien souvent à en déformer
la nature, et à ne pas percevoir les opportunités qu’elles pourraient offrir. Il devient donc vital
de donner à chacun les instruments qui permettent sans a priori de découvrir, comprendre,
élaborer le sens utile à l’action pour tous ceux qui sont submergés par les multiplicités
turbulentes, riches d’opportunités et de dangers qui caractérisent notre monde.
PRESENTATION | 36 | DE EC2006
PARADOXES, MYTHE ET REALITE Jean-Michel CORNU, Directeur Scientifique, Fing
DE L’EFFICACITE COLLECTIVE
Cela justifie particulièrement de s’intéresser au le manque de temps, le décalage existant entre
LES RÉSULTATS DE L’ENQUÊTE EFFICACITÉ COLLECTIVE 2006 FONT les pratiques managériales et les besoins
“Comment ?” et “Avec quelle organisation ?”
RESSORTIR UN CERTAIN NOMBRE DE POINTS APPAREMMENT PARADOXAUX opérationnels ou encore le manque de confiance
on utilise ces technologies.
et de transparence sont souvent cités dans les
AVEC UNE GRANDE CONSTANCE DANS LES RÉPONSES. réponses à l’enquête. Tous ces points sont des
Un autre point qui ressort de l’enquête est la
freins à l’implication. Il serait utile, plutôt que
collaboration souvent réduite à l’e-mail avec une
utilisation quasi nulle en entreprise des autres d’imposer l’utilisation d’outils mis en place, de
Depuis, des études plus fines ont cherché outils (messagerie instantanée, blogs, forums, travailler sur la façon de favoriser l’implication et
Relire le paradoxe de Solow à étudier les gains de productivité en utilisant réseaux sociaux…). Cela semble tout particulièrement donc l’appropriation de ces outils. Celle-ci dépend
à la fois les variables d’informatisation mais vrai dans l’organisation des réunions. Il semble de trois facteurs :
Tout d’abord, plus de 67 % des répondants en la croisant avec une autre variable plus qu’il y ait un fort besoin de formation. Mais celle-ci
considèrent que l’efficacité collective est compliquée à calculer : si les sociétés s’étaient 1. Le développement de la motivation
devrait intervenir non pas centrée sur les outils
un accélérateur de performance à la fois pour réorganisées ou non. Pour distinguer dans mais sur les méthodologies. Par exemple, un des (en particulier par le bon fonctionnement des
eux même et pour leurs organisations, tout en les statistiques d’un panel de 300 000 entreprises thèmes pourrait être “Efficacité en réunion” mécanismes de reconnaissance dans le groupe,
considérant l’efficacité collective comme celles qui se sont réorganisées des autres, et comprendre l’utilisation des divers outils avant mais aussi le plaisir d’appartenance à la
un ensemble de technologies et de logiciels Philippe Askenasi a remarqué que les accidents (pour fixer par exemple une date de réunion ou un communauté, etc.) ;
dédiés à diverses tâches personnelles et collectives. du travail qui décroissent habituellement de ordre du jour), pendant (pour tenir les objectifs) et 2. La réduction des freins à la participation
Dès 1987, l’économiste Robert Solow disait : 0,1 % par an faisaient un bond de 50% l’année après (publication du compte rendu et validation par (manque de confiance,etc.) ;
“Moi, je vois des ordinateurs partout, sur toutes où il y a réorganisation… exemple sur un blog ou un Wiki). Ainsi, la question 3. L’abaissement des barrières à l’entrée
les tables, chez mes voisins, mes voisines, de l’organisation devient primordiale et l’appropriation (simplicité de la première appréhension
mes cousins, tout ce que vous voudrez, sauf En étudiant de cette façon la productivité au des outils est facilitée par la compréhension de leur des outils, réactivité dans le soutien et
dans les statistiques. Sauf dans les statistiques travail, on comprend le paradoxe de Solow d’une rôle dans la chaîne de l’efficacité collective. l’accompagnement,etc.)
qui comptent, c’est-à-dire les statistiques de toute autre façon : les sociétés qui ont mis en
la croissance économique, de la productivité au place des outils informatiques et dans le même En plus de l’organisation et des méthodes Une autre forme de désimplication plus subtile
travail.” Cette analyse devint célèbre sous temps se sont réorganisées connaissent une utilisées, il existe un troisième facteur discriminant peut intervenir dans des groupes où pourtant
le nom de paradoxe de Solow. accélération spectaculaire de leur croissance. qui rend les outils d’efficacité collective utiles ou l’on a mis en place des moyens d’efficacité
Mais à l’inverse, celles qui se sont équipées non : l’implication. collective. Dans certains groupes, les outils
sans changer leur organisation ont vu leur Celle-ci, contrairement à la mobilisation, ne se de coopération et de collaboration servent de
productivité évoluer de façon négative. décrète pas. Un salarié est payé pour faire ce qu’on
“
prétexte pour ne plus nous impliquer et nous
L’ensemble donne un résultat neutre, lui demande (sa mobilisation) mais dans le contexte défausser sur la machine2. Une nouvelle fois,
le paradoxe de Solow, qui cache en son sein de coopération et dans un environnement innovant, les aspects d’implication sont centraux et
une première règle de l’efficacité collective : cette mobilisation ne suffit pas : s’impliquer c’est déterminent si les outils démultiplieront
moi, je vois des
“ l’outil ne sert à rien et peut même avoir un prendre des risques, être proactif plutôt que réactif. l’efficacité collective ou au contraire…
impact négatif si on ne prend pas en compte Cela nécessite d’autres motivations que la simple
ordinateurs la réduiront.
les aspects d’organisation. Un peu comme la rémunération (la reconnaissance, l’apprentissage
partout [...] langue d’Esope, les outils d’efficacité collective de choses nouvelles, le plaisir de participer à une Les paradoxes des réponses au questionnaire
peuvent être la meilleure et la pire des choses. communauté, etc.)1. Il est intéressant de noter que ne sont qu’apparents. Chacun ressent
sauf dans les
statistiques
CORNU Jean-Michel, Internet Tome 2 – Services et usages de demain, septième partie : L’appropriation des
1
usages – premier niveau d’appropriation : l’implication, p. 133 -
http://www.cornu.eu.org/texts/internet___tome_2___services_et_usages_de_demain.shtml
Groupe Intelligence Collective de la Fing, la coordination des groupes, Internet Actu 16/9/2005
2
http://www.internetactu.net/index.php?p=6119#partie02
LE POINT DE VUE INDIVIDUEL | 38 | ANALYSES ET PERSPECTIVES LE POINT DE VUE INDIVIDUEL | 39 | ANALYSES ET PERSPECTIVES
PARADOXES, MYTHE ET REALITE DE L’EFFICACITE COLLECTIVE
“
intuitivement que la mise en place et l’utilisation cherche-t-on à permettre différents niveaux
d’outil d’efficacité collective peuvent être à la d’usage tout en construisant des passerelles
fois un formidable démultiplicateur, mais aussi permettant l’échange entre ces différentes
les outils
créer l’effet inverse à celui recherché. Pour que classes d’utilisateurs ?
d’efficacité
l’efficacité collective se développe, il nous faut
regarder très finement les aspects Accepter différents niveaux d’usage cela peut
collective sont
d’organisation, les méthodes de travail collectif aller jusqu’au non-usage ! Au-delà des discours
et la façon de favoriser l’implication personnelle. d’inclusion parfois de force dans la société de
perçus par 60% l’information, des voix se font jour pour
des personnes
D’autres réponses dans le questionnaire placent demander, au moins de temps en temps…
chacun devant un dilemme. Par exemple les le droit à la déconnexion3.
qui ont répondu
outils d’efficacité collective sont perçus par
“
60% des personnes qui ont répondu comme Finalement, en plus de la nécessaire réflexion
comme un
un danger d’avoir plus de contrôle. A nouveau, sur l’optimisation des moyens mis en place pour
danger d’avoir
la mise en place d’outils d’efficacité collective développer l’efficacité collective dans l’entreprise
ne permet pas, bien au contraire, de se passer (incluant non seulement les outils mais aussi
plus de
d’une véritable stratégie. Parmi les questions l’organisation et les niveaux d’implication),
qui doivent permettre de faire des choix sur il est tout aussi utile de prendre en compte
contrôle.
la mise en œuvre de ces stratégies, il en est “l’épaisseur des usages” qui permet à tous de
une qui nous semble tout particulièrement définir son niveau d’usage et de le faire
importante : la façon de mettre en place progresser tout en conservant les meilleurs
la stratégie d’efficacité collective permet-elle échanges possibles entre les différents types
d’offrir plus de choix à l’utilisateur ou au d’utilisateurs.
contraire le contraint-elle à un formatage ?
En d’autres termes, les outils sont-ils là pour
différentes manières dont les utilisateurs en
s’adapter aux hommes ou bien l’inverse ?
feront usage. Les méthodes de travail sont-elles
adaptées à ceux – majoritaires suivant l’enquête
Lorsque les banques ont commencé à
– qui n’utilisent que l’e-mail pour des raisons
remplacer les guichets humains par des
d’appropriation, de temps ou de choix personnel ?
guichets automatiques, elles n’ont pas offert
A l’inverse, des outils permettent-ils aux utilisateurs
plus de possibilités à leurs utilisateurs, elles
plus avancés de gagner en efficacité. Va-t-on se
les ont contraints à un usage différent mais tout
placer sur le plus petit commun dénominateur,
aussi formaté de leurs services.
ou au contraire mettre en place des méthodes
Dans une entreprise qui s’intéresse à
excluantes pour ceux qui ne se sont pas
l’efficacité collective, il est intéressant de savoir
approprié tous les outils mis en place, ou bien
si les moyens mis en place s’adapteront aux
Hubert Guillaud, Travail, télétravail et droit à la déconnexion, Internet Actu 9/11/2002 http://www.internetactu.
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net/index.php?p=3287
LE POINT DE VUE INDIVIDUEL | 40 | ANALYSES ET PERSPECTIVES LE POINT DE VUE INDIVIDUEL | 41 | ANALYSES ET PERSPECTIVES
Efficacite collective Jean-Claude RUANO-BORBALAN, Directeur Général, Institut Demos
et performance individuelle,
A QUELLES CONDITIONS ?
“
(années 70 et 80) avec les conséquences
individuelles que l’on peut imaginer (...mais que
l’on a bien peu étudié au plan psychologique !)
Désormais les cadres sont aujourd’hui en première ligne
l’individu est en “ de la transformation des systèmes de production
SOYEZ PERFORMANTS AU TRAVAIL. FAITES DE VOTRE VIE PROFESSION- et de la globalisation économique.
incessante
NELLE CE BEAU RÉCIT SANS ACCROC, DANS LEQUEL VOTRE EFFICACITÉ La pression des “gouvernements d’entreprise”,
EST PARFAITE, EN TOUT CAS TOUJOURS RECHERCHÉE ET AMÉLIORÉE. l’utilisation massive des nouvelles technologies,
transformation et ajoutées au discours managérial mal maitrisé
CE DISCOURS, SUR LA PERFORMANCE S’EST AFFIRMÉ COMME
(re)construction. sur la “coopération” lorsqu’il ne s’accompagne
VALEUR ESSENTIELLE DES ENTREPRISES ET, DE MANIÈRE GÉNÉRALE DES d’aucune méthodologie et la performance ont
SOCIÉTÉS DÉMOCRATIQUES PARCE QUE LE CONCEPT EST CENTRAL mis les individus dans de grandes difficultés.
Alors qu’ils avaient historiquement comme
DANS LES MÉCANISMES DE RÉPARTITION HIÉRARCHIQUE D’INDIVIDUS fonction de transmettre l’information et cadrer
CONSIDÉRÉS COMME ÉGAUX. l’organisation du travail, c’est aujourd’hui plus
leur performance individuelle, soit la capacité
à résoudre l’ensemble des problèmes grands
et petits permettant la réponse adéquate à
C’est vrai au travail où l’exigence “d’équité” y ait à en changer en permanence, par “gouvernement de soi” intègre à l’image de
un client de plus en plus exigeant qui fait leur
et “d’objectivité” accompagne la compétition incomplétude et désir de progresser, d’être l’individu conquérant celle de l’individu souffrant ;
valeur. La conscience de n’être plus partie
interne entre les individus. La volonté de gérer performant. Désormais l’individu est en incessante souffrant car, la contrepartie de l’émancipation,
prenante des décisions de l’entreprise est
les ressources humaines de manière juste, au transformation et (re)construction. Le discours de l’autonomie, de la libre coopération, qui ferait
de plus en plus vive et aboutit à un rejet des
travers de l’objectivation des “compétences” en commun des sociologues de la post-modernité (ou de chacun de nous aujourd’hui son propre
doctrines managériales fondées sur l’adhésion
est aujourd’hui la forte illustration. seconde modernité) rejoint celui des psychologues : maître, tient au fait qu’après avoir été tiraillés
aux valeurs de l’entreprise et sur l’hypothèse
En fait, tous les espaces de compétition chargés l’individu se trouve pris dans l’injonction entre le permis et le défendu, nous devons
que les “managers” ont tous fondamentalement
de dégager le mérite et la compétence des acteurs et la volonté de faire de sa vie un projet. faire face aux dilemmes entre le possible
le même intérêt que les dirigeants et actionnaires.
sont confrontés à la même contradiction entre Il se doit de définir en permanence ses buts et l’impossible. L’individu définit par les sociologues
C’est désormais faux disent les sociologues du
la volonté d’avoir des mesures justes et objectives et d’en modifier les inflexions tant au plan de la post-modernité a donc un prix à payer
travail et de plus en plus les individus, choisissent
et des réalités opaques, des inégalités de fait personnel que professionnel. Il doit le faire dans pour son autonomie croissante (qu’il la subisse
le retrait face à cette situation. Tirons en les
aussi multiples que persistantes. La volonté de une situation d’insécurité croissante qui pèse ou la considère comme une chance) : la création
conclusions qui s’imposent.
fonder la performance globale des organisations sur lui, notamment en raison de la perte des permanente et dynamique de son identité.
sur le partage et l’échange de connaissance cadres institutionnels de la période moderne
est une réponse à cette difficulté. C’est une antérieure que l’école, la famille, la religion, Dans l’espace de la relation de travail, les analystes
voie intéressante, mais l’individu résiste. le travail, les partis set syndicats fournissaient estiment que la tension entre l’exigence de
Et pour cause. de manière claire. transformation permanente et la réalité des
transformations managériales a produit plutôt
En effet, l’individu, jusque dans les années 60 L’individu est (se croit) désormais plus autonome, de la souffrance et de la difficulté, spécialement
entrait dans la vie adulte comme dans un Etat se trouve en situation de choix et de décision pour la catégorie professionnelle des cadres.
stable. Il entrait dans son Etat de père ou de permanents, mais de ce fait se trouve dans Après que les ouvriers et salariés aient été
mère, de salarié ou de professionnel, sans qu’il d’importantes difficultés. Le nouveau soumis à la transformation de l’industrie
LE POINT DE VUE INDIVIDUEL | 42 | ANALYSES ET PERSPECTIVES LE POINT DE VUE INDIVIDUEL | 43 | ANALYSES ET PERSPECTIVES
Pratique individuelle Franck OLIVIER, Chargé de Mission TIC, ACFCI
et volonte des organisations
L’appropriation des TIC se fonde à la fois sur Toutefois, cette approche technologique se révèle
LE PROGRAMME EC2006 A ADOPTÉ UNE DÉMARCHE INNOVANTE EN encore plus structurante pour les organisations.
la perception et sur la pratique de ceux-ci.
Par essence fondées sur l’échange d’informations,
Si la perception s’avère structurante pour la
CIBLANT L’UTILISATEUR INDIVIDUEL POUR APPORTER UN POINT DE VUE
celles-ci ont dans leur majorité introduit le
pratique dans la sphère domestique, qui est
DIFFÉRENT SUR L’INFORMATISATION COMME FACTEUR D’EFFICACITÉ potentiel des outils TIC dans leurs stratégies
régie par un usage volontaire, l’équilibre s’avère
POUR LES ORGANISATIONS. de développement ou de gain d’efficacité sous
plus subtile dans le champ des organisations où
forme de projets d’équipement et non d’optimisation
le critère collectif induit de facto des contraintes
des processus existants.
sur l’individu.
L’enquête Efficacité collective 2006 apporte peuvent-elles favoriser l’efficacité collective ?
Dès lors, les processus prévus par les applications
un regard neuf sur un sujet certes récent Est-ce que l’organisation et ses responsables
Une approche technologique informatisées ont souvent été plaquées sur
mais déjà largement étudié. L’observation sont-ils les mieux placés pour faire évoluer des
les processus “fonctionnels” existants sans
structurante
relative aux TIC (technologies de l’information processus existants à travers l’intégration des TIC ?
recherche d’harmonisation. L’impulsion,
et de la communication) a largement investi En somme, le projet de gain d’efficacité collective
le pilotage et la mise en œuvre des projets
la problématique de diffusion des TIC au sein par l’informatisation doit-il se fonder sur Le processus d’émergence et de diffusion des d’informatisation se concentrent alors au niveau
de la société et de ses composantes. Cette les pratiques individuelles ou sur la volonté NTIC a un rôle fondamental dans leur perception des dirigeants et des unités en charge
problématique est une résultante de l’approche et la stratégie de l’organisation, incarnée par et leurs mises en œuvre par les organisations. du système d’information, sans toujours associer
technologique des TIC et d’une priorité donnée ses responsables ?
les unités “métier” qui ont une connaissance plus
à l’équipement sur lesquelles nous reviendrons. Certaines innovations dans le secteur des NTIC fine de leurs processus d’échange.
ont répondu à des besoins précis – Arpanet pour
Pratique ou appropriation ?
Le phénomène d’appropriation était en revanche les militaires américains1 ; le système hypertexte Dans ce contexte, les responsables se fondent sur
relativement ignoré, en particulier au regard de de Tim Berners-Lee, à l’origine du Web – et ont le potentiel d’usage de l’outil sans s’assurer de la
Parce que ces NTIC ont un potentiel d’impact
son impact sur l’efficacité individuelle donc été initiées dans une certaine mesure par manière dont ce potentiel sera pleinement réalisé.
quasi universel sur toute organisation publique ou
et collective. Il apparaissait difficile d’intégrer la demande.
privée – quel acte ou quel processus ne contient
des indicateurs d’appropriation dans les enquêtes La majorité de l’innovation dans ce secteur reste
aucune information à échanger ? – elles sont
traditionnellement menées auprès des
Faire converger organisation
néanmoins d’origine technologique et le déve-
sorties rapidement de leur domaine technique
responsables des organisations. loppement des NTIC auprès des organisations et
et système d’information
pour intégrer la culture collective, aussi bien des particuliers depuis les années 1990 a reposé
par les usages domestiques que par les usages
Compte-tenu de l’approche d’EC2006, principalement sur l’offre et non sur la demande.
pour une efficacité maximale
professionnels.
les conclusions offrent une vision en décalage
Toutefois, chaque individu développe une pratique
avec les observations habituelles. Elles ont Que le marché soit guidé par l’offre n’est pas
spécifique des NTIC, portée par l’expérience
notamment montré un écart important entre La recherche de gain d’efficacité individuelle
surprenant dans un domaine technique, mais
généralement volontaire des usages domestiques
leurs attentes en matière de travail collaboratif et collective par l’intégration d’outils TIC au sein
cette orientation s’est traduite pour la majorité
et celle, plus subie, des outils mis à disposition
et leur perception de la capacité de leurs d’une organisation existante pose finalement la
des individus par une approche technologique
par diverses organisations publiques ou privées.
organisations à y répondre. question de l’équilibre à trouver entre les capacités
des outils TIC.
de traitement automatisé et de circulation de
L’impact de cette approche est fort sur la per-
Par ailleurs, la survalorisation du potentiel des
Ce constat amène à s’interroger plus globalement l’information offertes par les TIC et la maîtrise
ception individuelle des outils TIC et la capacité
NTIC par les“non-initiés” (bulle internet à la fin
sur le rapport entre l’utilisateur individuel et des processus opérationnels et expérimentés
à les utiliser. Qui n’a pas entendu l’argument
des années 90) ont également façonné
son organisation en matière de gain d’efficacité par les individus concernés.
péremptoire “c’est trop technique pour moi !”
la perception individuelle des NTIC, chez les
collective par l’informatisation. de la part d’individus n’ayant jamais essayé
usagers comme chez les non-usagers.
La créativité et l’innovation individuelles d’outils TIC ?
1
Premier réseau informatique à transfert de paquets développé aux États-Unis par la DARPA, le projet fut lancé
en 1967 et la première démonstration officielle date d’octobre 1972. Il est le prédécesseur d’Internet. (définition
Wikipedia)
LE POINT DE VUE INDIVIDUEL | 44 | ANALYSES ET PERSPECTIVES LE POINT DE VUE INDIVIDUEL | 45 | ANALYSES ET PERSPECTIVES
PRATIQUE INDIVIDUELLE ET VOLONTE DES ORGANISATIONS
l’enquête et des éléments de réflexion amène
Si l’outil s’adapte au plus près de l’organisation impliquent la mise en œuvre d’applications circulation des informations reste théoriquement
d’ailleurs à s’interroger sur la nécessité
existante, le gain d’efficacité est limité car génériques. identique.
d’affiner l’analyse par processus à l’œuvre dans
le potentiel de l’outil n’est pas pleinement
l’organisation.
exploité. Toutefois, ce type de fonctions et donc de processus Cette évolution de l’employabilité pose de
n’est pas le seul à l’œuvre dans les organisations. sérieux enjeux socio-économiques aussi bien
En revanche, l’adaptation de l’organisation au niveau de l’organisation elle-même qu’à
Des nuances dans l’analyse
à l’outil présente un double risque : Un grand nombre de processus repose uniquement l‘échelle de la société.
- Le risque de déperdition d’efficacité car l’outil ou principalement sur de l’information structurée, Ces enjeux apparaissent similaires à ceux
par processus
ne peut pas prendre en compte toutes les facilement dématérialisable (comptabilité, induits par le développement des pays à faibles
spécificités propres à chaque organisation ; achats, ventes, gestion de production, etc.). coûts de production qui génèrent de nouvelles
- Le coût humain, financier et en temps de Au regard des tâches “cognitives” évoquées plus
La population des répondants à l’enquête apparaît capacités de délocalisation.
toute réorganisation. haut, ces tâches relèvent plutôt du domaine de
homogène : jeune, à un niveau d’encadrement Dans les deux cas, les responsables de
Pour ce qui est de l’individu impliqué par l’administration et de la gestion.
dans des structures déjà complexes, exerçant en l’organisation sont amenés à évaluer les bénéfices
la réorganisation, le rythme d’appropriation et L’informatisation de ces processus offre des
collaboratif des tâches d’analyse et d’agrégation de tels projets au regard des contraintes et des
d’implication dans la réorganisation est le plus premiers gains d’efficacité en facilitant
d’information (rapports, présentations, etc.). risques induits. Cette étude d’impact requiert
souvent fonction de l’écart à combler entre ses et en accélérant les échanges.
Les conclusions de l’enquête portent donc sur dans les deux cas une expertise fine auprès des
pratiques habituelles de travail et les processus Le potentiel de gain est cependant nettement
les pratiques et les attentes d’individus situés dans décideurs, qui fait encore trop souvent défaut.
informatisés qui lui sont imposés. plus important dès lors que l’on tient compte de
des fonctions “intellectuelles”, faisant appel à
la capacité à automatiser certains traitements
des techniques de communication, d’analyses, Au niveau de la société, l’employabilité durable
Sans remettre en cause la nécessité de repenser de données structurées.
de management. devient un défi majeur car elle impacte nombre
l’organisation lors de l’informatisation de Ces fonctions ne sont pas directement automatisables
de politiques publiques, encore mal adaptées à
processus, volet trop souvent négligé ou sous- Avec l’accroissement exponentiel de la puissance
car les informations concernées sont souvent
ces nouveaux enjeux.
évalué par les responsables, il apparaît risqué de traitement informatique, toujours vérifié par
difficiles à structurer et l’essentiel de
d’envisager la refonte totale de processus la loi de Moore2, les traitements automatisables
la valeur ajoutée réside dans le traitement
complexes autour d’applications informatisées, sont de plus en plus complexes et peuvent aller
“humain” de ces informations. Ces fonctions font
tant les moyens nécessaires pour accompagner jusqu’à dispenser certains processus de toute
La capacité d’automatisation
à leur manière appel à une certaine forme de
le changement seront importants. intervention humaine.
créativité et d’imagination.
du traitement de l’information
Le gain d’efficacité maximal se situe donc entre Dans ce cadre, le rapport de l’utilisateur à l’outil
ces deux positions extrêmes. Il requiert en TIC devient fondamentalement différent. L’outil
Les outils TIC ne sont alors qu’un support de
nouveau critère structurant
amont du projet une analyse fine de l’existant et est moins un support de l’activité de l’individu
l’activité. Les gains d’efficacité qu’ils peuvent
du potentiel offert par les outils TIC envisagés et
des organisations ?
qu’un nouvel acteur du processus, parfois en
apporter, se trouveront schématiquement dans
plus en aval une capacité de configuration des situation de “concurrence’’ ; dans ces conditions,
la fourniture d’informations pertinentes préalables
outils et une capacité à accompagner le changement il est beaucoup plus rare que l’individu soit
aux traitements et à la diffusion optimale des
Pour conclure à une échelle plus réduite,
auprès des utilisateurs. demandeur de l’informatisation et le projet est
informations traitées.
une qualification des processus par la nature
issu beaucoup plus souvent de la volonté de
Il n’est pas surprenant que les attentes en termes
de l’information traitée permet de distinguer
Ces éléments ne sont pas contradictoires avec l’organisation et de ses responsables.
d’outils collaboratifs soient fortes, même si l’usage
les processus “cognitifs” des processus plus
les résultats de l’enquête puisque celle-ci se réel se limite à la messagerie électronique, outil
“mécaniques”.
focalise sur les attentes des utilisateurs, qui La réorganisation liée à l’informatisation de ce type
collaboratif basique. Ce type de fonction nécessite
Cette typologie se traduit lors de l’informa-
ne correspondent pas toujours avec les projets de processus induit un travail plus important car
à la fois l’échange d’informations structurées telles
initiés par les responsables. tisation de ces processus par deux concepts
le périmètre d’activité des acteurs concernés
qu’on peut les trouver dans les applications
La mise en perspective des conclusions de évolue, quand bien même la structure de distincts :
“métier” et d’informations non structurées qui
2
Alan Moore, co-fondateur d’Intel, a prévu en 1980 que la densité de transistors composant les processeurs
doublerait tous les 2 ans. Cette prévision s’est révélée exacte jusqu’à aujourd’hui.
LE POINT DE VUE INDIVIDUEL | 46 | ANALYSES ET PERSPECTIVES LE POINT DE VUE INDIVIDUEL | 47 | ANALYSES ET PERSPECTIVES
PRATIQUE INDIVIDUELLE ET VOLONTE DES ORGANISATIONS
- les projets de gestion des connaissances pour
les processus cognitifs ;
- les projets d’e-business pour les processus
mécaniques.
L’un des critères de qualification repose sur
le niveau de structuration de l’information,
préalable nécessaire à l’automatisation de son
traitement.
Ce niveau de structuration évolue avec les progrès
réalisés dans les domaines des sciences de
l’information. Ainsi, le périmètre des processus
totalement ou partiellement automatisables
s’élargit, commençant à intégrer certains
processus cognitifs.
Dès lors, la distinction entre les processus
perd de sa valeur au regard de l’impact de leur
informatisation.
Vraisemblablement, cette évolution n’est pas
encore perceptible dans la population des
répondants, au vu des conclusions de l’enquête.
Il n’en est pas moins essentiel d’évaluer dès à
présent l’évolution de cette capacité d’automatisation
des processus dans les organisations.
Au niveau individuel, cette évolution renforce
encore le besoin d’accompagnement des projets
d’informatisation, tant l’impact organisationnel
devient fort et détermine in fine le gain d’efficacité
collective.
Cet accompagnement doit toutefois être élaboré
de manière fine, en anticipant sur les modifications
des champs d’action des différents acteurs
impliqués et en proposant des solutions réalistes
et économiquement efficaces aux individus
impactés fortement.
LE POINT DE VUE INDIVIDUEL | 48 | ANALYSES ET PERSPECTIVES
L’incontournable Marc de FOUCHECOUR, Professeur, ENSAM – Associé ICCE
basculement ?
informations, la vérification de la validité Interne, c’est-à-dire s’assurer que la douche
de l’information, etc. Bref, un processus de (encore) qui va du haut vers le bas mouille bien
EC2006 MARQUE UN TOURNANT : SE POSER ENSEMBLE LA QUESTION “valeur ajoutée“ plutôt que de stockage et de toutes les têtes.
DE L’EFFICACITÉ COLLECTIVE, ET DE L’EFFICACITÉ INDIVIDUELLE thésaurisation.
AU SEIN D’UN COLLECTIF, C’EST DÉJÀ ANTICIPER LE BASCULEMENT Le choc est d’ailleurs aussi du côté de l’entreprise,
Et puis, à l’occasion d’un stage ou du premier à la hauteur de cette fracture technologique
DES MODES DE MANAGEMENT PERSONNEL ET ORGANISATIONNEL DE poste en entreprise, c’est le plus souvent la et culturelle : les managers ne digèrent pas
L’INFORMATION. douche froide. Et la taille du pommeau est souvent facilement ces étudiants qui leur posent des
proportionnelle à celle de l’entreprise. questions incongrues et leur parlent avec des
Désenchantement technologique ? Pas seulement. mots barbares, incompréhensibles comme RSS,
Culturel aussi. Les barrières technologiques ou synonymes de désordre, d’affectif et d’exhibition
L’ENSAM est partenaire d’EC2006, car je suis etc. En moins d’un an en France, mySpace,
sont le miroir des cloisons organisationnelles comme “blog“.
convaincu que les nouvelles approches les podcast, videocast et autres netvibes ont
et culturelles dans les modes et les codes de
technologiques et culturelles de l’information été massivement adoptés par les nouvelles
comportement : valeur accordée à l’information Certes, il ne faut pas généraliser, et certaines
et des connaissances naissent dans générations. S’y ajoutent, au fur et à mesure
et à sa détention, difficulté des échanges, entreprises ont déjà entamé leur reconversion,
les nouvelles générations, et hors de l’entreprise. que s’approche l’heure de chercher son premier
non-valorisation du partage, hypervalidation, sous la pression de leurs clients, ou de leurs
Ce sont pour une grande part les étudiants poste, l’utilisation de plateformes de réseaux
hyperformalisation. concurrents.
d’aujourd’hui, collaborateurs de demain, qui sociaux.
Mais dans la plupart des cas, l’expérience du
“
vont et peuvent bousculer les habitudes, et aider
stage ou du premier emploi est génératrice, par
les entreprises à libérer les contraintes, fluidifier Tous ces outils de communication interpersonnelle,
delà le choc symétrique, de méfiance réciproque
les échanges, apprivoiser la technologie. de fenêtres sur le monde, de collaboration en ligne :
d’autant plus injustifiée que le jeune diplômé
- se diffusent dans une logique de décision
Et puis, d’aujourd’hui n’est plus le contestataire d’hier :
individuelle ou de voisinage
Basculements il a seulement envie de travailler mieux, et surtout,
à l’occasion
- s’élargissent progressivement de l’usage
“ de donner un sens à son travail.
privé à une utilisation dans le cadre des études
d’un stage [...]
Où sont apparus l’ordinateur, le fax, les réseaux, et de la vie professionnelle
Le basculement actuel est dû à la conjonction
le téléphone portable ? Dans l’entreprise et - induisent des changements très rapides
c’est le plus de deux facteurs au moins :
les organisations, quelles soient publiques ou de comportement et d’attitude par rapport
privées, de production ou de recherche, civiles à l’information
souvent la douche - ce sont maintenant les actifs immatériels qui
ou militaires. C’était le temps où les étudiants, - révèlent une aptitude naturelle au travail
froide. sont à la fois la source principale de la création
en arrivant en entreprise, vivaient un saut collaboratif et au partage d’informations
de valeur en entreprise, et son principal vecteur
de qualité dans les conditions de travail, - s’inscrivent dans une démarche “individuelle
d’innovation organisationnelle
les technologies, les machines qui étaient mises connectée“, plus que collective
à leur disposition pour travailler et communiquer. - les technologies de l’information sont de plus
- illustrent parfaitement le concept de “l’ordre
Ils passaient du papier/crayon à l’ordinateur, et en plus faciles à utiliser, peu coûteuses,
à partir du chaos“ et de l’apprentissage par
du bachotage personnel au travail d’équipe. et surtout disponibles pour tous
l’expérience : une culture de l’erreur fertile
trouve là un terrain favorable à son développement
Aujourd’hui, c’est l’inverse. Le futur diplômé, - responsabilisent l’utilisateur : le produit de Prenons l’exemple des blogs en entreprise, qui La conséquence immédiate pour les entreprises
téléphone portable en poche, ordinateur son propre travail est accessible et signé ; ont en général deux ennemis principaux : la DSI, est que l’innovation vient de l’extérieur,
portable wifi dans le dos, s’est essayé au blog, on peut le commenter et le comparer dont le pouvoir de résolution ne permet pas de et souvent de la sphère privée : combien d’employés
a collaboré à des wikis ou autres outils collaboratifs - relativisent la notion d’information “en-soi“ et “voir“ un outil aussi peu cher et peu complexe, doivent attendre d’être chez eux pour avoir
en ligne, reçoit ses relevés de compte par SMS, mettent en valeur son utilisation adéquate et en et la DIRCOM (interne) qui a souvent fonction accès à un réseau rapide avec des logiciels
téléphone via skype, “chat“ avec Messenger, contexte, la mise en confrontation avec d’autres de Direction du Contrôle de la Communication adaptés sur un ordinateur puissant ?
ENJEUX ET DEFIS | 50 | POUR LES ORGANISATIONS ENJEUX ET DEFIS | 51 | POUR LES ORGANISATIONS
L’incontournable basculement ?
“
présumée des jeunes générations qu’à leur quelle information à préserver, laquelle à partager, comme la Fnac a pu l’être, des constructeurs de
non-inscription dans des rôles fonctionnels où est efficace le “control/command”, où confiance et de communication.
et des habitudes relationnelles, sans compter le “probe/sense” ?
L’enquête la valeur attribuée aux informations que l’on Devant la “fracture numérique” constatée entre
EC2006 détient. Les modèles existent, ils sont étrangement les étudiants et les entreprises, il fallait agir.
dans la sphère privée, dans certaines PME, A notre niveau, la seule solution est : l’agrandir
le montre : En fait, le facteur lent c’est l’organisation. dans les usages des jeunes collaborateurs. encore. Et donner aux jeunes ingénieurs l’envie
Nous avons été élevés dans la culture du facteur Et il ne s’agit pas de les copier, mais de les et la possibilité de la réduire, une fois en poste.
les personnes d’échelle et du coût marginal. Plus grand, plus laisser nous imprégner. L’enquête EC2006 Rendre impossible le retour en arrière. Rendre
efficace, plus puissant. La grande structure est le montre : les personnes interrogées souhaitent possible un changement de cap des entreprises.
interrogées plus stable sur les vagues de l’océan marché. utiliser mieux et plus les outils d’efficacité
souhaitent Mais quand il s’agit de changer, de s’adapter individuelle et collective. C’est sur les énergies Certes, ce discours a quelque chose de lyrique.
et de surfer, la PME est plus souple. Et comme individuelles, externes et des nouveaux J’assume. Il faut avoir senti l’énergie, l’intelligence
utiliser mieux les nouvelles technologies sont bon marché entrants que peut se construire le changement. et la générosité de vos futurs collaborateurs,
et faciles à implémenter, les nouveaux modèles C’est sur l’accompagnement de ces dynamiques aux portes de vos entreprises, pour comprendre
“
et plus les outils de management peuvent s’y diffuser plus et leur mise en cohérence que doit se fonder qu’ils sont, si vous les aidez à mûrir
d’efficacité rapidement. une stratégie. et à comprendre vos véritables enjeux,
des atouts forts pour votre basculement.
individuelle Modèles et propositions Ecoles et Universités :
et collective.
quelles actions ?
Mon hypothèse de départ est ici qu’un
changement fondamental doit s’opérer dans
A l’ENSAM depuis longtemps, nous cherchons à
les organisations et les entreprises pour
former non seulement des ingénieurs capables
pouvoir répondre au double défi de l’efficacité
de concevoir, de produire et de maintenir des
individuelle et de sa transformation en efficacité
produits ou des services, mais aussi, et de plus
du groupe, qu’il soit équipe, département,
en plus, des interfaces, des personnes capables
entreprise ou institution. Ce changement est
de comprendre plusieurs langages : celui du
dans le rapport à la connaissance, et dans son
manager et celui de la société de services
traitement. Il est indissociable du rapport aux
On a coutume de dire qu’en nos temps de informatiques dont va dépendre le système
personnes et à leur management.
développement technologique extrêmement d’information de l’entreprise ; celui de l’ingénierie
rapide, l’homme devient le facteur lent. et celui du marketing, celui de la productivité
Cette prise de conscience est visible, mais il
C’est vrai. Mais il faut préciser que c’est et celui de la maîtrise des risques.
est difficile de changer de paradigme : passer
l’homme-fonction qui est surtout le facteur lent : de “knowledge is power”, écrit il y a près de
ce qui est dur à changer n’est pas tant Comprendre mais surtout dialoguer, et faire
400 ans par Bacon, à “knowledge sharing is
le comportement personnel que le rôle dialoguer : dans un monde où la circulation des
power”, ne peut être décrété ni programmé.
à réinventer dans la fonction qui vous a été idées importe plus que les idées elles-mêmes,
Il en est de même pour la culture du control/
assignée ou la mission qui vous a été confiée. où l’adoptabilité compte autant que l’adaptabilité,
command.
Certes, il y a un décalage de génération, où les nouveaux managers –oublions le mot
Et surtout, c’est la coexistence des paradigmes
mais il n’est pas tant dû à l’agilité neuronale cadre !- sont des passeurs, des agitateurs
qu’il est difficile mais nécessaire d’admettre :
ENJEUX ET DEFIS | 52 | POUR LES ORGANISATIONS ENJEUX ET DEFIS | 53 | POUR LES ORGANISATIONS
EfficacitE Collective, Erick JONQUIERE, Responsable de la Mission Intelligence Economique &
PME et entreprise Etendue
Veille Technologique, AFNeT
D’un point de vue fonctionnel, l’Entreprise étendue requis imposé par ce dernier. C’est également
“COLLABORER”, “TRAVAILLER PLUS VITE ET MIEUX ENSEMBLE”, la possibilité de valoriser un savoir faire unique
se traduit par une plus grande collaboration et
en utilisant les moyens mis en œuvre, d’occuper
une meilleure gestion des connaissances.
“RÉPONDRE À UNE OFFRE GLOBALE”, “DÉVELOPPER DE NOUVEAUX un rôle central en devenant des développeurs
Les relations d’informations sont étroites.
PRODUITS COMPLEXES”, ... ON POURRAIT MULTIPLIER LES EXEMPLES (R&D, co-conception, conception déléguée)
Le cycle de production fait l’objet la plupart du
D’AMÉLIORATION DE LA PERFORMANCE GLOBALE DES ENTREPRISES et des intégrateurs (système et modules) car
temps d’un échange de données entre Système
cela permet de s’installer dans une relation plus
de Gestion de Données Techniques et des Progiciels
AU TRAVERS DE L’EFFICACITÉ COLLECTIVE. durable avec le donneur d’ordres.
de Gestion Intégrés des entreprises entre elles.
Les rangs n qui regroupent des entreprises
Elle permet également de répondre
de taille et de positionnement très variés,
aux problématiques de gestion de cycle produit,
équipementiers, fournisseurs de sous-ensembles,
en agrégeant de manière satisfaisante
d’échanges et réussir son intégration ? Il ne
L’entreprise étendue sous-traitants de spécialité et de capacité intègrent
les données de conception, de gestion financière
suffit pas d’acquérir le dernier outil en vogue,
bien souvent aussi les outils à la demande de
et logistique, les données relatives aux fournisseurs
une réalité il faut que celui-ci nous permette de travailler
leurs clients (l’EDI dans le secteur automobile)
et aux clients.
avec nos partenaires sans écueil technologique
n’y voient pas toujours un moyen permettant de
Pour le donneur d’ordres, les gains de ce type
tout en s’intégrant dans notre propre système
Pour les mettre en œuvre, les structures réduire leurs coûts ou d ‘augmenter leur part de
d’intégration sont pour les activités de production
de production.
d’entreprises évoluent, les technologies valeur ajoutée.
non stratégiques externalisées, la capacité
numériques investissent l’ensemble des d’obtenir du sous-traitant de meilleures
Les entreprises ont commencé par s’intéresser
processus des entreprises et les besoins de performances de réactivité qu’en interne ou
à l’optimisation de leur collaboration avec leurs
communications et d’échanges numériques
Evolution de la sous-traitance
encore la réduction du temps de conception
fournisseurs immédiats, en suivant le principe que,
interentreprises augmentent quotidiennement. par association du sous-traitant en amont.
en partageant plus efficacement la connaissance,
Pour améliorer leur compétitivité, toutes les
industrielle dans l’entreprise
Si on l’entend comme une relation de plus
les sociétés peuvent gagner du temps, réduire
entreprises, des plus grandes aux plus petites en plus intégrée avec un ou plusieurs grands
étendue ?
les coûts et, surtout, accroître leurs revenus.
doivent s’intégrer numériquement au sein de donneurs d’ordres, l’entreprise étendue est
Cette approche est très liée à la généralisation
leurs filières. aujourd’hui une réalité pour les sous-traitants
de l’organisation du travail en mode projet. Très souvent intégrée dans les orientations
de rang 1. La plupart concentrent la majorité de
Parallèlement, la numérisation des documents,
Quels moyens doit-on mettre en œuvre pour structurelles des entreprises, la sous-traitance
leur chiffre d’affaires sur deux ou trois clients.
faciliter cette intégration? Quels sont les outils, des informations, des données produites et occupe une place accrue dans l’industrie.
Certaines consacrent près de la moitié de leur
instruments et méthodes disponibles pour manipulées par les entreprises se généralise. L’externalisation croissante pratiquée par
activité à un seul donneur d’ordres.
pouvoir se positionner sur les nouveaux flux Ces trois concepts structurent l’entreprise étendue. les entreprises manufacturières traduit
Les commandes concernent souvent des
une logique industrielle dans laquelle
ensembles que le sous-traitants est chargé de
les entreprises se recentrent sur le coeur de
produire avec ses propres fournisseurs sur
leur activité. D’abord initiée dans le secteur
un cahier des charges général fourni par
automobile, cette pratique s’est étendue aux
le donneur d’ordres.
autres activités. Devenue incontournable,
Pour les sous-traitants de rang 1 & 2 des filières
la sous-traitance de spécialité (70% de la sous-
industrielles, l’intégration avec le donneur
traitance industrielle), est l’apanage d’entreprises
d’ordres dans une relation de type entreprise
qui détiennent seules le savoir-faire. Elles sont
étendue est au départ bien souvent un pré
ENJEUX ET DEFIS | 54 | POUR LES ORGANISATIONS ENJEUX ET DEFIS | 55 | POUR LES ORGANISATIONS
EFFICACITE COLLECTIVE, PME ET ENTREPRISE ETENDUE
également les seules à pouvoir supporter des - Les hiérarchies structurées - Le rhizome
Les changements liés
équipements fortement productifs et flexibles
à cette nouvelle organisation
dont la rentabilité n’est assurée que grâce
à la multiplication des commandes. Si le rapport
de force entre clients et fourniseurs s’est
amélioré depuis une dizaine d’années dans Le fonctionnement optimal de l’entreprise étendue
le sens d’un meilleur équilibre, il n’en reste pas est dépendant de sa capacité à gérer les flux
moins que des liens de dépendance demeurent. d’information. Dans le cadre de la collaboration
La survie des entreprises de sous-traitance en conception et en production industrielle,
passera par la mise en œuvre des nouvelles plusieurs approches ont été développées
technologies. Cette obligation est économique récemment. Trois approches différentes se
(coûts, délais), mais également structurelle. caractérisent par leur mode de gestion des flux
En effet, les donneurs d’ordre demanderont d’information.
de plus en plus aux sous-traitants une sous-
traitance “fonctionnelle”. 1. Les échanges sont gérés par une tête de pont, Les échanges suivent l’organisation hiérarchique
traditionnellement le constructeur assembleur de la filière en rangs successifs.
De plus, les exigences des marchés et la compétition qui met en œuvre une plateforme spécifique
accrue poussent les entreprises manufacturières à son activité et ses processus et l’impose
à imaginer de nouvelles méthodes de travail
à ses partenaires et ses sous-traitants, Dans le rhizome tous les points du réseau sont
- La centralisation mutualisée
et souvent à installer de nouveaux outils, pour
c’est le principe du portail fournisseur directement connectés.
réduire les coûts et les délais de développement
(ie: Sup@irWorld, Peugeot,...) et du Plateau
de produits de plus en plus personnalisés.
Virtuel.
Pour les entreprises, et notamment les PME Ces trois modes d’organisation coexistent.
deux séries d’enjeux ont pour point commun Cette co-existence impose aux sous-traitants qui
2. Les échanges sont gérés par une plateforme
de mettre en oeuvre de la collaboration entre ont plusieurs clients et sont intégrés dans plusieurs
collective qui permet à une filière (ie: l’automobile,
acteurs. En interne, mobiliser les compétences filières industrielles, de jongler avec ces différents
l’aéronautique,...) de partager, de communiquer,
pour constituer, et développer un capital types d’organisation. À moins que l’ensemble
de vendre et d’acheter, de développer, de concevoir
intellectuel spécifique utilisant et partageant des partenaires de l’entreprise n’utilise la même
en utilisant des processus communs et des
au mieux les connaissances et les réseaux en structure centralisée ou en rhizome, l’entreprise est
outils mutualisés, c’est le principe du hub
mobilisant les compétences. En externe, confrontée à une multiplicité des modes d’échanges
ou de la marketplace (ie : Covisint, Exostar,...)
il s’agit de s’inscrire dans des chaînes de valeur et des processus.
collectives verticales - entre donneurs d’ordre
3. Les échanges sont distribués selon
et sous-traitants - ou horizontales, pour élargir
le modèle du peer-to-peer qui permet à chaque
la taille d’une même offre ou pour proposer un
membre du réseau d’échanger directement
ensemble plus riche d’offres complémentaires.
avec un autre membre du réseau en utilisant
Ces deux séries d’enjeux ont pour point commun La filière s’organise autour d’un système centralisé
des processus standardisés, chacun mettant
de mettre en oeuvre de la collaboration entre d’échange de données.
à disposition de ses partenaires les ressources
acteurs : personnes ou services en interne,
nécessaires à la collaboration.
entreprises en externe
L’un des facteurs clés de succès majeurs
Ces différents modes correspondent à différentes
passera par une capacité d’insertion forte
typologies et usages de réseaux, ou si l’on
dans la filière : organisation, hommes et outils
travaillant en logique projet, expérience du préfère de différents modes d’organisations que
travail collaboratif, capacité à gérer un réseau l’on peut simplifier à 3 catégories
de sous-traitance.
ENJEUX ET DEFIS | 56 | POUR LES ORGANISATIONS ENJEUX ET DEFIS | 57 | POUR LES ORGANISATIONS
EFFICACITE COLLECTIVE, PME ET ENTREPRISE ETENDUE
réelles et les projections teintées du spectre de
Des entreprises inquiètes
Les bonnes pratiques dans la délocalisation, qui brouille le signal, crispent
l’Aéronautique ... le décideur sur son existant, sa frontière, son
Répondre à une offre globale, travailler plus “canal historique” . L’immobilisme guette !
vite et mieux... Il est admis que la réussite des
Nouveau mode de conception des produits ou entreprises industrielles se joue désormais
“Network or not work”
changement d’organisation de la chaîne de entreprise étendue contre entreprise étendue.
production, à titre d’exemple, le succès des Et que c’est dans ce domaine que résident
programmes industriels A380, d’Airbus, ou les gisements majeurs de gains de compétitivité. Les sous-traitants et équipementiers de rang 1
Falcon F7X, de Dassault Aviation, ne doit rien Le caractère “collaboratif” de ce type d’entreprise fournissent des efforts permanents pour utiliser
au hasard. Les exigences des marchés et la ne cache pas le fait que la relation donneur les nouveaux outils transactionnels et, ainsi,
compétition accrue poussent les entreprises d’ordres/sous-traitant reste, dans la plupart des respecter et tenir les standards de coûts, de
manufacturières à imaginer des méthodes de cas, une relation de force en faveur du premier. qualité, de délais et de réactivité imposés par
travail pour réduire les coûts et les délais de Et les PME peuvent être aussi déstabilisées leurs donneurs d’ordres. Mais les PME-PMI
développement de produits de plus en plus par la nécessité de planifier précisément les peinent à suivre le mouvement. Pourtant, pour
personnalisés. Et, souvent, à installer de investissements, tout en continuant à répondre ces petites entreprises, l’enjeu majeur consiste à
nouveaux outils. Pour améliorer la compétitivité dans l’urgence aux contraintes d’exploitation s’inscrire dans ces chaînes de valeurs collectives
de leur chaîne logistique, tous les principaux quotidiennes. Parmi ces dernières, la diversité verticales entre donneurs d’ordres et sous-
industriels de l’aérospatiale et de la défense des standards et des logiciels que les entreprises traitants ou horizontales en partenariat ou en
(Airbus, Boeing, Dassault, Snecma, Thalès, etc.) fournisseurs sont appelées à utiliser est une cotraitance pour une offre élargie, plus riche,
mettent en oeuvre des modes de travail des difficultés à résoudre. Les logiciels et outils modulaire et complémentaire. Les entreprises
collaboratifs et numériques avec leurs employés sont aujourd’hui nombreux et divers, qui n’auront pas adapté leur organisation à ces
fournisseurs. Mais ces démarches étant mais il n’existe pas d’autre choix pour les nouveaux modes de travail seront, de facto,
menées de manière indépendante, l’hétérogénéité PME-PMI que de s’adapter afin de répondre aux exclues de ces programmes, condamnées
des solutions adoptées risque d’empêcher offres des clients. à terme, incapables, par exemple, de recevoir
l’intégration simple et complète des chaînes
des commandes de leurs clients, quel que soit
logistiques du rang 1 au rang n. Développer Si les sous-traitants de rang 1 éduquent leurs par ailleurs leur savoir-faire...
des solutions spécifiques concurrentes fournisseurs pour qu’ils adoptent les standards
et exclusives extrêmement coûteuses pour de la chaîne, quels sont les risques d’une
la filière constituerait un véritable handicap intégration verticale poussée à l’extrême ?
concurrentiel. Alors que l’adoption de standards Quelle marge de manœuvre pour l’entreprise
sectoriels pour l’ensemble des filières industrielles de petite taille ? Et comment maintenir ses prix,
favoriserait le développement de la compétitivité tout en restant concurrentiel ? Ne faut-il pas
des PME, généralement intersectorielles. se constituer un avantage sur une niche et ne
Et donc la richesse de nombreux territoires. plus s’en défaire ? Les inquiétudes sont bien
ENJEUX ET DEFIS | 58 | POUR LES ORGANISATIONS ENJEUX ET DEFIS | 59 | POUR LES ORGANISATIONS
Un dEfi pour les grandes Valentin BRICOUNE, Héléne JOMAA et Rouba TAHA,
organisations : Les outils
Chargés de Programme, CIGREF
collaboratifs sont lA... mais paradoxes émergent des verbatim de l’enquête
Plus d’outils ou au sujet de l’efficacité collective et de ses outils
les usages restent A inventer
un meilleur usage ? dans l’entreprise. Ainsi, pour les acteurs,
les outils de travail collaboratifs ont une influence
positive sur l’efficacité collective en même
L’étude met en évidence un fait surprenant : temps qu’ils isolent dans le travail.
malgré un usage élevé du travail collaboratif, De la même façon, les outils de communication
les utilisateurs en veulent encore plus. et de coordination (mail, agenda partagés, etc.)
CRÉE-T-ON DE LA VALEUR PAR L’USAGE OU PAR LA SOPHISTICATION La question est veulent t-ils “plus d’outils ou sont reconnus pour leur potentiel en termes
un meilleur usage ?“. Et veulent-ils un meilleur
TECHNIQUE ? POSEZ LA QUESTION...C’EST DÉJÀ Y RÉPONDRE... d’efficacité collective et, simultanément,
usage pour eux ou pour leurs collègues ? la valeur des contacts interpersonnels directs
SI LE DISCOURS SUR LE POTENTIEL DU TRAVAIL COLLABORATIF ET DE L’accent serait-il trop mis sur le quantitatif leur est systématiquement jugée supérieure.
L’EFFICACITÉ COLLECTIVE POUR LA PERFORMANCE DE L’ENTREPRISE (plus d’outils) au détriment du qualitatif
(meilleur usage, valeur d’usage) ? De ces paradoxes, il faut retenir que, si les outils
EST AUJOURD’HUI PARTAGÉ PAR TOUS LES ACTEURS, L’ANALYSE DES Une dimension qui pourrait être renforcée sont désormais intégrés aux pratiques
COMMENTAIRES DE L’ENQUÊTE EC2006 RENVOIENT À UNE RÉALITÉ MOINS dans une prochaine version de l’enquête. professionnelles, ils ne constituent pas
ENCHANTERESSE1 . les principaux vecteurs de l’efficacité collective.
Cette intégration des TIC à l’environnement
Les outils : une condition professionnel est intervenue dans un modèle
d’organisation où le collaboratif reste une intention
nécessaire mais pas suffisante
Un usage massif et compulsif Les nouveaux outils restent à managériale, un slogan, plutôt qu’elle ne
de l’efficacité collective correspond à la réalité du travail. Ainsi, malgré
du courrier électronique ? développer – et à domestiquer la disponibilité d’outils conçus pour favoriser
la planification et l’organisation du travail dans
De la même façon, l’accent est plus mis sur
Malgré le spam et la saturation des messageries, Certains outils (messagerie instantanées, blog, un contexte de collaboration, il ressort de
les outils que sur les individus ou les interactions
le courrier électronique est massivement utilisé wiki...) restent encore novateurs et restreints l’enquête une forme de défiance, tout au moins
entre les individus. Or il semble qu’en matière
dans les grandes entreprises. Les forums de dans les grandes entreprises. Issus du monde une insatisfaction, des acteurs à l’égard du
d’efficacité collective, c’est moins la quantité que
discussion, en revanche, le sont nettement de l’Internet et du grand public, ils restent plutôt projet d’organisation au sein duquel ils sont
la qualité qui devrait primer. Il paraît également
moins. Les usages de nouveaux outils tels que pour le moment l’apanage des jeunes ou déployés. Le thème du contrôle de l’activité
plus pertinent de partir de l’individu plutôt que
la messagerie instantanée, les blogs, wiki, des cadres “early adopters”. On peut s’attendre de travail est ainsi prégnant dans les verbatim
de l’outil pour définir une évolution des pratiques
bureau virtuel collaboratif et réseaux sociaux à ce que ces usages se diffusent dans de l’enquête et la réalité de l’efficacité collective,
professionnelles qui concerne directement
sont, quant à eux, encore largement les organisations dans les prochaines années, pour les acteurs, est moins corrélée au bon
le management, l’organisation du travail
sous-développés dans les entreprises. à condition qu’ils soient pris en compte par usage d’outils collaboratif qu’à celui du
et son évaluation2.
On devrait assister dans les prochaines années les DSI et qu’ils s’inscrivent dans le cadre des management, de la hiérarchie et de la “culture”
à un développement des technologies synchrones processus de l’entreprise, des chartes d’usages, d’entreprise.
Peut-être parce que l’enquête EC2006 est
et en temps réel. Les blogs devraient sans doute de la gouvernance des systèmes d’information,
justement concentrée sur les outils du
être amenés à se développer. Certaines entreprises des schémas d’architecture, et des politiques de
travail collaboratif, ses résultats ne manquent
ont déjà adopté le blog comme un outil de sécurité.
pas d’étonner les lecteurs. De nombreux
communication interne.
1 2
Voir les actes du Colloque “Crée-t-on de la valeur par l’usage ou par la sophistication technique” au Sénat – Voir le Cahier de Recherche n°1 du CIGREF – Septembre 2004 – www.cigref.fr
Mai 2005 – www.cigref.fr
ENJEUX ET DEFIS | 60 | POUR LES ORGANISATIONS ENJEUX ET DEFIS | 61 | POUR LES ORGANISATIONS
Un dEfi pour les grandes organisations : Les outils
collaboratifs sont lA... mais les usages restent A inventer
La communication sur l’objectif de l’outil, l’Airbus A380, la conception dans l’industrie les limites des méthodes de management et des
Un lien entre travail son utilité, (le pourquoi ?) est à distinguer de automobile...). Un champ d’étude nouveau reste modèles d’organisation et posent la question de
collaboratif et efficacité la communication sur les fonctionnalités de à explorer dans ce domaine. nouvelles formes d’incitation, de gratification et
l’outil, ses caractéristiques techniques, de la régulation.
collective encore ce qu’il permet de faire (le quoi ?).
Repenser les modèles
Généralement, la communication sur l’objectif Par exemple, si l’objectif de déploiement
partiellement démontré
d’organisation et les pratiques
de l’implémentation de l’outil est focalisée d’un outil collaboratif dans une entreprise est
sur la période de lancement du projet. d’améliorer la performance de l’entreprise,
de management à la lumière
L’enquête met en évidence un lien entre travail Après, sous la pression de la complexité il faut éviter d’introduire des moyens de
collaboratif et efficacité collective. En effet, technique de certains projets, les objectifs “gratification” liée à la performance individuelle
des nouveaux usages
le travail collaboratif bénéficie d’emblée d’une initiaux sont souvent oubliés en cours de route ! et miser plutôt sur des moyens d’incitation
vision positive de la part des salariés, qui citent
collaboratifs
Ce qui pose un problème au moment d’évaluer à la collaboration et au partage liés à
spontanément parmi les bénéfices liés au travail la contribution de l’outil à la performance la performance collective.
collaboratifs : collective.
Finalement, est-ce que l’intensification des
Par ailleurs, les formations dispensées aux
L’efficacité collective :
usages butte sur les modèles hiérarchiques
- le gain de temps utilisateurs sont plus focalisées sur les aspects
d’organisation et les cultures d’entreprise ?
- l’accroissement des connaissances matériels de l’outil au détriment des aspects
un nouveau rôle pour le DSI ?
Est-ce que l’organisation verticale des entreprises
et compétences relatifs à leurs finalités et aux changements que
et la culture d’entreprise peuvent être des freins
- une plus grande liberté d’action l’outil peut apporter à leurs pratiques de travail.
– ou des prétextes – à un faible travail collaboratif ?
et de créativité. La question se pose naturellement de savoir qui
Ceci fait émerger les premières réticences aux
doit être responsable de l’efficacité collective
changements, une sous exploitation de l’outil et
C’est une question que l’on peut légitimement
Les bénéfices liés au travail collaboratif sont dans l’entreprise . Le DSI est déjà responsable
donc une contre performance collective3.
se poser au regard des résultats de l’enquête.
pour le moment surtout perçus de manières des systèmes d’information et, dans certains
La question est simple mais les réponses sont
individuelle, qualitative et subjective. Un des axes cas, de l’organisation. Une des évolutions
Identifier les usages complexes. Les pratiques collaboratives ont
de travail pourrait être de chiffrer ces différents possibles, pressentie par le CIGREF, serait
partiellement remis en cause le modèle
bénéfices ou de les recenser de manière plus que le DSI devienne responsable des processus
collaboratifs de demain hiérarchique au profit d’un modèle en réseau
systématique dans le cadre de bilan post-projets. et du back office de l’entreprise (on parle
ou d’une organisation matricielle, mais au CIGREF de Responsable des ressources
L’enquête recense un certain nombre de pratiques inversement on peut aussi constater que les informationnelles). Dans ce contexte, on constate
de travail collaboratif : groupware, gestion de pratiques collaboratives se sont adaptées aux que les DSI des grandes entreprises deviennent
Ne pas oublier la finalité projets, gestion des connaissances, agenda partagé. contraintes hiérarchiques de l’entreprise avec de plus en plus les supports et les gardiens
Cependant, elle ne traite pas de la gestion des l’émergence de charte d’usages4. Le facteur
d’un projet collaboratif de l’efficacité et de l’efficience des flux
processus métiers et des progiciels de gestion, culturel peut également être un facteur de d’information des entreprises. Le DSI serait
qui sont aujourd’hui des briques incontournables blocage dans les usages collaboratifs, mais garant de l’adéquation des outils de travail
Recommandation de bon sens souvent rappelée des systèmes d’information et un élément clé à nos yeux c’est surtout l’intensification des collaboratif avec les modes d’organisation
mais souvent oubliée dans la pratique, la réussite de la stratégie d’entreprise. Les entreprises pratiques qui peut être source de stress, de et les objectifs des projets dans la perspective
d’un projet collaboratif passe avant tout par ont également de plus en plus de projets de saturation et de rejet (cf le blackberry...). de l’efficacité collective des acteurs de
une communication globale sur les objectifs de dématérialisation, autour de la facture l’organisation.
l’outil collaboratif avant son implémentation et électronique et de la gestion documentaire. Il nous paraît en tout cas urgent de repenser
surtout pendant l’évolution de son usage afin de Les projets sont de plus en plus des projets les modèles d’organisation et les pratiques de
s’assurer de sa contribution à la performance menés sous la forme d’équipes virtuelles management en fonction du travail collaboratif.
collective. (cf le Falcon 7x mené par Dassault Aviation, En effet les pratiques collaboratives montrent
3 4
Voir le Cahier de Recherche n°2 du CIGREF – Septembre 2005 – www.cigref.fr Voir le rapport CIGREF – Déontologie des usages des SI – 2006 – www.cigref.fr
ENJEUX ET DEFIS | 62 | POUR LES ORGANISATIONS ENJEUX ET DEFIS | 63 | POUR LES ORGANISATIONS
EfficacitE Collective, Franck OLIVIER, Chargé de Mission TIC, ACFCI
dans le secteur institutionnel
ET NON MARCHAND
faible et d’attentes socio-économiques fortes la performance de ces organisations en serait
réduit d’autant que l’interface ne représente
de la part des Français, ce sujet est sorti des
qu’une partie du potentiel d’efficacité proposé
préoccupations internes aux administrations
par les TIC.
pour être repris en compte par les dirigeants
politiques. Ceux-ci voient en effet dans les gains
LES CONCLUSIONS DE L’ENQUÊTE ONT MONTRÉ UNE HOMOGÉNÉITÉ Les projets plus structurants, impliquant des
d’efficacité le meilleur moyen de limiter les
réorganisations plus importantes, sont naturel-
SIGNIFICATIVE DES RÉPONDANTS, DANS LEURS USAGES DES OUTILS déficits publics tout en optimisant l’offre des
lement plus complexes à mettre en œuvre.
services publics.
NUMÉRIQUES PROFESSIONNELS COMME DANS LEURS ATTENTES EN Ils doivent prendre en compte les spécificités de
Paradoxalement, en dépit d’objectifs divergents
MATIÈRE DE GAINS D’EFFICACITÉ PAR LE NUMÉRIQUE. l’organisation du travail dans la sphère publique,
selon les courants politiques sur les finalités de
notamment les statuts de la fonction publique
cette modernisation, le constat apparaît similaire
et l’organisation des corps d’Etat.
quant à la nécessité d’action en la matière.
En donnant la possibilité de segmenter les jeunes cadres occupés à des fonctions plutôt Plus largement, le fonctionnement des acteurs
Ce consensus a permis de développer des
répondants par type d’organisation, l’enquête a “cognitives” (analyses, communication, publics est en grande partie régi par
actions à plus long terme, dépassant le cadre
offert une opportunité inédite de s’intéresser aux management intermédiaire, etc.), présentes la réglementation et la législation.
des mandats électoraux et surtout de faire
différences de comportements entre les secteurs dans les secteurs marchand et non-marchand. Cette formalisation ne donne pas la souplesse
émerger une culture de la modernisation
marchand et non-marchand et aux enjeux. Cela permet toutefois de déterminer l’importance nécessaire pour envisager certaines
de la sphère publique.
de la culture individuelle dans l’appropriation des réorganisations et ajoutons que les circuits de
Avec 20% des répondants rattachés au secteur outils numériques et de leurs usages réels ou production réglementaire ne permettent pas
Dans cette volonté de modernisation, l’émergence
non marchand, dont plus de 10% dans les potentiels. Les cultures des organisations de toujours de mobiliser les compétences nécessaires
des Technologies de l’Information et de la
administrations centrales et territoriales et autres rattachement, par exemple celle des administrations pour assurer la mise en œuvre optimale des
Communication (TIC) a offert de nouvelles
organismes publics, on peut tirer des enseignements publiques, semblent avoir un impact moins visible. projets d’informatisation.
opportunités aux acteurs publics, comme pour
significatifs de l’enquête avant d’élargir la réflexion
toute organisation.
aux grands enjeux de la recherche d’efficacité Pourtant, des projets se mettent en place dans
Cette capacité du numérique à permettre
Quelle efficacité collective
dans le secteur qui nous occupe. la plupart des organisations publiques.
des gains d’efficacité font également consensus L’administration électronique se développe au
pour la modernisation parmi les responsables politiques et le dévelop- point que l’on s’intéresse à des problématiques
pement de l’administration électronique est plus complexes, telles l’interopérabilité des
des acteurs publics ?
Des comportements devenue un axe majeur, voir le principal axe de systèmes d’information des différents acteurs
la modernisation des structures publiques.
individuels similaires, publics.
La modernisation de la sphère publique est Ces préoccupations tendent néanmoins
une vision plus pessimiste devenue depuis de longues années un enjeu Les politiques de développement de l’adminis- à masquer la question des gains d’efficacité par
important, commun à l’ensemble des pays. tration électronique se focalisent sur l’usager. la réorganisation des processus internes.
de leur organisation S’il ne recouvre pas tout à fait les mêmes L’objectif affiché est de mettre l’usager au cœur Ceux-ci peuvent apparaître moins prioritaires
problématiques d’un pays à l’autre, notamment du processus de modernisation en optimisant pour certains décideurs politiques car moins
selon leur niveau de développement, l’existence les services existants ou en en développant de
L’analyse spécifique des résultats issus de la visibles des usagers, mais ils constituent une
même du concept tend à souligner certaines nouveaux.
sphère non marchande (institutions/collectivités, source plus importante d’efficacité pour
spécificités structurelles de la sphère publique, En termes de processus, cette focalisation se
associations, établissements d’enseignement) les organisations publiques.
qui la rendent moins apte à évoluer aussi bien
ne montre pas de divergences fondamentales traduit par une informatisation prioritaire du
dans son fonctionnement que dans son
avec les résultats issus de la sphère marchande. front office. Le numérique offre la possibilité Pour revenir enfin sur la problématique de
périmètre d’action – l’évolution des missions de masquer aux usagers la complexité des la non-concurrence, la situation de concurrence
de la puissance publique –.
Dans l’ensemble, les pratiques et les attentes processus internes aux administrations tout en induit un effet direct sur l’efficacité globale des
apparaissent similaires quelque soit la nature donnant de nouvelles capacités, notamment en organisations : tout gain d’efficacité transparaît
En France, l’importance et l’influence du secteur
de l’organisation de rattachement. dans les résultats et constitue un avantage
termes de disponibilité des services.
public dans la société rendent particulièrement
On observe le même écart entre les pratiques comparatif.
Cette orientation présente toutefois le risque
critique cette capacité à évoluer, notamment en
réelles et les attentes, ce qui n’est pas surprenant La situation de non-concurrence limite donc la
de limiter les projets de modernisation au front
termes d’efficacité. contrainte agissant sur l’organisation publique,
puisqu’il traduit le point de vue individuel des office sans remettre en cause les processus
Dans un contexte de croissance relativement qui doit trouver d’autres relais pour mobiliser
membres d’une population relativement homogène : internes aux organisations. L’impact global sur
ENJEUX ET DEFIS | 64 | POUR LES ORGANISATIONS ENJEUX ET DEFIS | 65 | POUR LES ORGANISATIONS
EFFICACITE COLLECTIVE, DANS LE SECTEUR INSTITUTIONNEL
ET NON MARCHAND
les responsables et les collaborateurs. partenariats mis en œuvre sont des contrats de
En situation de moindre contrainte, la mobilisation longue durée.
des individus doit plus jouer sur la motivation Ce positionnement, affiché par certains
individuelle de l’ensemble des parties prenantes responsables politiques dans la promotion du
des processus impactés. concept, ne favorise pas la mobilisation des
Dans ce contexte, la conduite du changement acteurs du secteur public, qui peuvent se sentir
apparaît comme le facteur-clé pour réaliser dénigré par leurs propres responsables.
le potentiel des gains d’efficacité offert par Dans ce contexte, l’argument du développement
l’informatisation du processus. Dans des structures de l’activité économique par la délégation au
complexes comme peuvent l’être la majorité secteur privé, peut apparaître plus porteur pour
des organisations publiques, cette conduite du l’ensemble des acteurs concernés.
changement implique des moyens conséquents
et à long terme, parfois difficiles à obtenir de En termes d’efficacité globale des organisations
la part des décideurs : le temps du politique publiques, le recours au privé ne doit toutefois
et le temps de l’administratif trouvent ici leur pas s’accompagner d’une perte des compétences
limites. nécessaires à la supervision de l’activité
déléguée. A travers les exemples suivants,
on en perçoit les enjeux :
Quelles perspectives ?
Regard sur les partenariats - la multiplication des accidents ferroviaires
en Grande-Bretagne dans les années 1990 ont
public-privé souligné la difficulté de l’Etat à superviser cette
activité privatisée. L’efficacité globale du service
rendu avait diminué.
Pour conclure, on peut s’interroger, au regard
de cette problématique de l’efficacité dans
- L’ouverture du secteur des télécommunications
le secteur public, sur le concept des partenariats
à la concurrence a permis une amélioration du
public-privé, largement promu aujourd’hui
service rendu, notamment par plus de services,
aussi bien au niveau national qu’au niveau
malgré une baisse des tarifs. L’activité reste
communautaire.
très encadrée par l’ARCEP, autorité publique
qui a conservé la capacité de superviser ce
Fondamentalement, le partenariat public-privé
secteur pourtant en évolution rapide.
trouve en partie sa légitimité dans le constat
d’un différentiel d’efficacité entre le secteur
Dans un contexte de transition entre le public
privé et le secteur public. Par le biais d’une
et le privé, cette conservation des compétences
gestion plus souple et in fine d’une efficacité
impliquera une gestion complexe des compétences
supérieure, le secteur privé doit permettre de
et des connaissances, qui repose en partie sur
réduire les dépenses publiques pour certaines
les outils et processus mis en place dans
missions du service public.
le cadre des gains d’efficacité collective.
Par ailleurs, la mission de supervision de
Sans souhaiter rentrer dans un débat politique,
le concept de partenariat public-privé et sa l’activité du secteur privé exigera des membres
promotion forte tendent à renforcer l’idée que du secteur public concerné des modes de travail
le différentiel d’efficacité entre le public et le plus compatibles avec leurs correspondants des
privé est durable, d’autant que la plupart des entreprises privées.
ENJEUX ET DEFIS | 66 | POUR LES ORGANISATIONS ENJEUX ET DEFIS | 67 | POUR LES ORGANISATIONS
temoignage Le rOle de la confiance dans l’efficacitE collective
“ LES COMMUNAUTÉS DE PRATIQUE géographique. Think local, act global, et non
CHEZ SCHNEIDER ELECTRIC l’inverse.
C’est précisément ce que permettent les
Chez Schneider Electric, l’atittude vis-à-vis
communautés de pratique (CoP).
des clients est une préoccupation constante
Les cinq premières communautés de pratique
de la direction générale. La question de la
virent donc le jour en 2002 sous le parrainage
mobilisation des savoirs s’est posée
de la direction du marketing. Centrées sur
clairement dès 2001, lorsque la société
l’Europe, elles avaient pour objet de favoriser
s’engagea à commercialiser des “solutions”,
le transfert des connaissances pratiques
c’est-à-dire des assemblages de produits et
“
de services répondant à un besoin applicatif
donné : automatisation du bâtiment,
commandes de moteurs de pompe, machines
d’emballage, etc. En mutualisant les
En 2006,
connaissances de l’ensemble du groupe
Schneider
sur quelques métiers ciblés de ses clients,
Martin ROULLEAUX-DUGAGE on avait identifié de réelles opportunités de
dispose d’une
croissance. Cependant, le modèle de business
historique de Schneider étant axée sur le
cinquantaine de
Directeur Knowledge Management, Schneider Electric binôme ligne de produits/zone géographique,
communautés
Président, Réseau CoP-1 il s’agissait d’un vrai programme de
changement, très exigeant au point de vue
“
actives, dont
du partage des connaissances.
LA COMPÉTITIVITÉ DES ENTREPRISES REPOSE AUJOURD’HUI AVANT
les effectifs sont
Une approche assez classique aurait consisté
TOUT SUR LEUR CAPACITÉ D’ADAPTATION RAPIDE AUX CHANGEMENTS
compris entre 30
à créer des structures formelles de type
DE LEUR ENVIRONNEMENT. CE QUI COMPTE, C’EST LA VITESSE : “centre de compétence” peuplées d’experts
et 300 personnes
SAVOIR RÉPONDRE IMMÉDIATEMENT ET INTELLIGEMMENT chargés d’intervenir en soutien du commercial
en cas de vente technique. L’originalité de
chacunes
AUX ATTENTES DES CLIENTS, EXPRIMÉES OU NON.
la démarche adoptée par Schneider a été
de les concevoir comme des organisations
MOBILISER LES ENERGIES et centralisées sont par construction lentes informelles en réseau, peuplées de
et conservatrices, car l’énergie s’y dissipe en
Autorisons-nous une analogie mécanique spécialistes de terrain travaillant dans
jeux de pouvoir, alors que les organisations
hardie. Pour augmenter la vitesse d’une les pays au plus près des clients. Cette vers les solutions d’automatismes les plus
horizontales et réticulaires sont rapides
entreprise, on peut agir sur sa masse ou sur démarche était fondée sur l’un des principes adaptées à des segments de marché des
et innovantes, car elles sont toujours en
son énergie. Par les externalisations et les fondateurs de la gestion des connaissances, constructeurs d’équipements et de machines :
mouvement pour survivre. Pour mobiliser
délocalisations, on diminue sa masse. Par la selon lequel la connaissance n’existe que sur le levage industriel, les ascenseurs,
tout le savoir de l’entreprise et le mettre au
collaboration et le sens partagé, on convertit le terrain de la pratique. Il fallait donc imaginer l’emballage, le travail du bois, le convoyage.
“
service des clients, il faut donc trouver les
en énergie cinétique une énergie potentielle un dispositif permettant de donner une Rapidement, les clients sur ces marchés
moyens de développer les transversalités
qui pourrait se gaspiller en luttes intestines, responsabilité mondiale sur la connaissance constatèrent que les solutions proposées par
de l’entreprise, et donc de s’affranchir de
équivalente de la chaleur en thermodynamique. à un groupe de personnes dont la mission Schneider étaient de meilleure qualité, car
la bureaucratie. Comment faire?
On le sait bien : les organisations verticales opérationnelle était centrée sur un territoire elles résultaient d’un travail collectif
TEMOIGNAGES | 68 | TEMOIGNAGES TEMOIGNAGES | 69 | TEMOIGNAGES
temoignage Le rOle de la confiance dans l’efficacitE collective
“d’experts de plusieurs pays. Beaucoup de travail, et une très bonne maîtrise des outils positionnaient en prescripteur de méthodes. du mode de management industriel. Non
clients ont été convertis par la démarche de collaboration et de gestion des connaissances. Sans leur impulsion, la dynamique du système seulement, les TIC allaient permettre de gagner
qui s’est propagée à d’autres segments de La direction de Schneider Electric comprit de partage de connaissances n’aurait pas pu se du temps et de réduire les coûts, mais
marché, segments de clientèle et segments qu’on ne pouvait pas faire porter aux pays mettre en place. aussi, consolider la culture d’entreprise, en
d’offre. l’intégralité de cette charge. La gouvernance donnant à tous les employés la possibilité de
Quatre ans plus tard, en 2006, Schneider du réseau de connaissances et l’animation Schneider a été finaliste du MAKE Award en rentrer facilement en contact les uns avec
dispose d’une cinquantaine de communautés des communautés de pratique furent donc 2005, mais pas en 2006. En effet, une telle les autres. Comme en 1910, lorsqu’on
actives, dont les effectifs sont compris entre confiées à des équipes centrales disposant transformation des modes d’organisation ne pensait que le téléphone allait supprimer
30 et 300 personnes chacunes. Elles d’un budget. Au coeur d’une communauté se fait pas sans peine, et il y a des retours de les guerres. On connaît la suite.
contribuent à transformer peu à peu l’acte de pratique chez Schneider, il y a ainsi le balancier. Au-delà des barrières linguistiques,
de vente, traditionnellement perçu comme plus souvent souvent un binôme : un senior, et de la difficulté à rentrer dans une logique
“
le fait d’un individu, en une coopération expert du domaine, incarnant le métier et de participation où l’on donne parfois beaucoup
entre experts de plusieurs pays. la légitimité, et un junior féru de technologies avant de recevoir, on s’aperçoit très vite
de collaboration et très disponible. que les structures organisationnelles de
“
division du travail et la pression des chiffres
les TIC allaient
CELA MARCHE, ET POURTANT... induisent à l’intérieur de l’entreprise des
permettre
Après seulement un an d’existence formelle comportements de type client-fournisseur
Schneider des premières communautés, certains marqués par la transaction. On veut voir
“
de gagner du
contrats commerciaux pouvaient déjà être avant d’acheter. Les managers ont parfois du
Electric s’est attribués, au moins partiellement, à leur mal à admettre que les employés puissent
temps et de
existence. Ainsi un contrat signé en Grèce consacrer deux ou trois jours par mois à
donc donné
“ réduire les coûts
en 2003 était-il fondé sur une proposition travailler pour d’autres entités que la leur.
les moyens de technique faite en France, un plan marketing Les dirigeants sous-estiment l’obstacle des
au Brésil en 2005 sur une expérience réussie systèmes de management territoriaux et
s’adapter en Autriche, un contrat dans la construction budgétaires, qui empêchent les connaissances
navale au Japon sur des concepts prouvés en de circuler librement à l’intérieur de
rapidement au Europe, etc. Bien des exemples d’échange l’organisation, et donnent bien plus
marché de bonnes pratiques de cette nature peuvent d’importance - et de reconnaissance - aux
être cités dans tous les domaines couverts missions de contrôle qu’à celles de coordination.
par ces communautés. Ainsi, les cloisons internes de l’organisation Car si les nouvelles technologies de
Avec son approche réseau, Schneider Electric sont souvent bien plus épaisses que ses murs communication ont effectivement permis
s’est donc donné les moyens de s’adapter extérieurs. de créer un village planétaire, elles ont eu
Le coût d’un tel programme de développement rapidement aux évolutions du marché et de également des effets destructurants sur
d’organisation en réseau est élevé. En effet, gagner de nouvelles affaires. En partageant La technologie est un élément de réponse, les grandes organisations, avec une baisse
les activités d’apprentissage collectif menées les connaissances opérationnelles entre dans la mesure où les outils de collaboration sensible de la qualité des communications
au sein des communautés de pratique pays, on a renforcé la crédibilité du groupe et permettent de réduire considérablement le interpersonnelles. Les workflows qui permettent
demandent des professionnels de l’animation amélioré les résultats. coût du partage des connaissances et de par exemple d’étiqueter les questions des
“
et de la facilitation entre 20% et 50% de leur Enfin, parce qu’elles transcendent les s’affranchir des barrières géographiques. clients et de les traiter comme des objets,
temps, des budgets de déplacement pour territoires et les budgets et tissent des liens On a même cru que la technologie allait sont comparables au chronomètre introduit
les membres des communautés pour leur entre les pays, les équipes marketing centrales permettre d’exploiter ces transversalités en dans les mines de charbon dans les années
permettre de participer à des réunions de sont mieux accueillies que lorsqu’elles se faisant l’économie d’une remise en question 1920, avec le même effet déshumanisant.
TEMOIGNAGES | 70 | TEMOIGNAGES TEMOIGNAGES | 71 | TEMOIGNAGES
temoignage Le rOle de la confiance dans l’efficacitE collective
“ une ruche d’idées et d’initiatives qui doivent
L’invasion du logiciel Powerpoint réduit La culture d’entreprise est donc réellement
s’auto-organiser dans une direction
sensiblement la capacité de questionnement l’enjeu stratégique par excellence. C’est une
commune sous l’inspiration d’un chef.
et de réflexion en encourageant le slogan évidence. Or quels dirigeants le reconnaissent
Dans une telle entreprise, tout repose sur
au détriment du discours. La généralisation en posant des actes concrets ? Pour lutter
la confiance. Or la confiance ne peut s’établir
du courriel enchaîne les employés à leurs contre cette destructuration qu’ils ont eux-
que dans le contexte d’une stratégie de
écrans, où ils trient à longueur de journée mêmes introduite sans toujours s’en rendre
développerment des communautés. C’est
des centaines de messages provenant de compte, certains tentent de reprendre
dire leur importance, d’autant que, comme
n’importe qui et écrits n’importe comment, le contrôle en misant sur la hiérarchie.
chacun sait, la confiance est bien plus facile
pour réagir au plus vite à celui qu’il serait Témoin cette fascination pour l’intelligence
à détruire qu’à construire. Elle disparaît
dangereux d’ignorer. Rajoutez les économique, comprise comme un moyen de
notamment dès que les stratégies de
réorganisations tous les deux ans et vous “faire remonter” toutes les connaissances
pouvoir personnel prennent le pas sur
obtenez la perte des repères, la langue de de l’entreprise vers les comités de direction
les stratégies de changement.
bois, le délitement du capital social, et plutôt que de les mettre directement au
l’éclosion possible de comportements de service des clients. Une équipe de direction
masse. Il est frappant de constater le se doit bien sûr d’avoir un service de
“
nombre croissant d’employés qui justifient renseignement performant, mais de là à
leurs actions exclusivement par les ordres mettre la connaissance sous contrôle du
reçus de la hiérarchie. pouvoir en place, comme en URSS, il n’y a
la lutte de qu’un pas. Or en bannissant la dissidence,
POUR UNE RENAISSANCE on supprime l’innovation.
l’homme contre
DE L’ENTREPRISE C’est particulièrement sensible en France
Au-delà des difficultés pratiques évoquées où les mécanismes de promotion des
le pouvoir est
plus haut, il faut bien comprendre que la personnes dans les grandes entreprises
“
raison profonde du manque d’adhésion des sont bien plus qu’ailleurs aux mains de
toujours celle
managers aux principes de l’entreprise en l’appareil hiérarchique.
réseau est la peur de perdre le contrôle. Ainsi que le disait Napoléon,“Dans
de la mémoire
Organiser le partage les connaissances, le combat entre l’épée et l’esprit, c’est
c’est effectivement prendre le risque d’ouvrir toujours au bout du compte l’esprit qui
contre l’oubli
la boîte de Pandore en révélant des choses triomphe”, il ne fait donc aucun doute que
jusqu’alors cachées, car “la lutte de l’homme le fonctionnement en réseau s’imposera
contre le pouvoir est toujours celle de la bientôt pour toutes les entreprises. Pour
mémoire contre l’oubli“, comme l’a écrit certaines industries, comme l’informatique,
Milan Kundera,. Il faut donc le faire avec c’est déjà le cas. Pour d’autres, c’est une
méthode, et dans le cadre d’une stratégie question de temps. Les dirigeants sauront-ils
articulée portant sur les systèmes lâcher prise sur les plans d’actions et les
d’information et d’apprentissage, les technologies indicateurs chiffrés pour occuper pleinement
de collaboration et la clarté du commandement. l’espace du commandement et de
“
L’entreprise en réseau n’est pas une belle l’information ? C’est toute la question.
mécanique avec des tableaux
d’indicateurs aux mains d’une petite équipe
de dirigeants, mais un système vivant complexe,
TEMOIGNAGES | 72 | TEMOIGNAGES TEMOIGNAGES | 73 | TEMOIGNAGES
temoignage Accompagnement du changement et efficacite collective
“ changement dans la sphère publique et plus ressources et les représentants d’une
particulièrement dans le monde de la santé dizaine d’établissements pilotes travaillent
n’est pas chose aisée et toute démarche au sein d’un espace collaboratif depuis
génère souvent ses propres “anticorps” qui quelques mois. Ceci devrait déboucher
font que les plans formels et les approches rapidement sur la création d’autres espaces
systématiques ne marchent en général pas conçus sur le même modèle, mais destinés
comme prévu. à d’autres catégories de professionnels ou
Pour avancer sur cette initiative lancée autour d’autres problématiques (par métiers,
depuis plusieurs mois et qui commence par régions, par réformes...), avant d’être
à porter ses fruits, je retiendrai quelques élargi à l’ensemble des acteurs hospitaliers.
“balises” et principes clés qui guident notre
action d’appui et d’appropriation d’une
démarche d’efficacité collective qui soutienne
le changement et la transformation utile et
nécessaire de notre système hospitalier :
Denis DEBROSSE LA MODESTIE INITIALE DE L’ACTION ;
L’ AMBITION DU DISPOSITIF ET DE L’INTENTION
Chef de la Mission d’Accompagnement des Réformes Dans le monde multiple et différencié qu’est
Hospitalières, Ministère de la Santé et des Solidarités celui de l’hôpital qui implique de nombreux
acteurs et des cultures différentes autour de
l’administration centrale, des régions, des
LES RÉFORMES HOSPITALIÈRES SONT EN MARCHE, MAIS TOUT LE agences, des établissements,... l’alliance
MONDE N’EN EST PAS POUR AUTANT AU MÊME STADE. LÀ OÙ, DÉJÀ, de l’humilité et de la détermination est la
UNE BASE CONCEPTUELLE
règle. Nos objectifs initiaux et essentiels sont
DES RÉUSSITES SE DESSINENT, D’AUTRES ÉTABLISSEMENTS SONT
ET STRATEGIQUE SOLIDE
d’abord de construire et mettre du lien entre
ENCORE EN PRISE AUX DIFFICULTÉS DE LA MISE EN ŒUVRE. tous les acteurs, de lever quelques voiles Conduire ces approches innovantes dans
sur des pratiques et réalités terrains utiles notre environnement et faire ces choix
De nombreux professionnels ont des d’accompagnement des Réformes Hospitalières.
à tous, et de pouvoir donner à chacun des exigeaient au départ une vraie compréhension
interrogations, beaucoup d’autres, des Reconnaissons qu’encourager les professionnels
réponses concrètes et immédiates. En quelque et validation des concepts et principes
réponses. Et tout le monde a des points de du monde hospitalier à réfléchir ensemble et
sorte amorcer la spirale vertueuse de la soutenant notre démarche. De plus une
vue, des commentaires à partager et des à partager leurs expériences afin de réussir
confiance et de la transparence transversale lecture précise des enjeux, des bénéfices
questions en attente de réponse. C’est pour la mise en œuvre des réformes dans les
au travers d’une approche qui se construit au mais aussi des risques possibles s’est
mettre en contact tous les acteurs de l’hôpital, établissements est à la fois une nécessité
jour le jour et permet de donner régulièrement rapidement imposée. Dans l’équipe que
quels que soient leurs établissements opérationnelle et un défi considérable au
des réponses pragmatiques pour un ambitieux nous avons alors constituée, nous avons vite
“
d’appartenance, et pour leur permettre regard du contexte particulier qui est le
projet. compris qu’il s’agissait à la fois de s’engager
d’échanger leurs expériences et leurs savoirs nôtre. Contexte caractérisé par un attentif
Dans cette optique, pour tester la validité et complètement et de se doter des ressources
qu’a été conçu c.r.é.e.r. “collaboration, cadrage économique et un “biotope” socio-
la faisabilité de ces principes de partage et et compétences nécessaires. Bénéficiant du
ressources et échanges d’expériences en organisationnel complexe habitué à résister
d’échange, quelques dizaines de professionnels support et de la volonté politique sur la
réseau”, pierre angulaire du dispositif aux transformations. En effet, la conduite du
TEMOIGNAGES | 74 | TEMOIGNAGES TEMOIGNAGES | 75 | TEMOIGNAGES
temoignage Accompagnement du changement et efficacite collective
“
“
méthode et la stratégie fixées, nous avons profiter d’un flux dynamique d’informations : nécessaires réformes hospitalières ne peut
pu alors avancer. Et bien que tout se déroule textes, explications, liens, expériences, se vivre et se construire qu’au travers d’une
moins rapidement que nous le souhaitions, réflexions, suggestions, événements, démarche de partage et de reconnaissance
l’aventure
cette référence stratégique partagée ainsi formations, etc. De plus c’est grâce aux ouverte de mise en réseau et d’efficacité
que le choix réfléchi d’une démarche telle économies d’échelles et au bon rapport coût/ collective. Bien sûr, qu’il s’agit d’une
collective que sont
que c.r.é.e.r, rassurent et scellent la performance que seules des technologies approche innovante et encore rare en France
les nécessaires
pertinence des actions entreprises. appropriées nous offrent, que nous pouvons dans les services publics. Mais ce qui se
avancer sur une grande échelle pour un passe chez nos voisins européens montrent
réformes
LA TECHNOLOGIE AU CŒUR projet d’envergure nationale. Il est vrai qu’en que dans notre domaine particulier les
DE LA DEMARCHE même temps nous devons accompagner “innovateurs ne sont pas des héros morts”
hospitalières
Dans l’approche que nous avons choisie attentivement toutes les initiatives permettant et que ça marche.
ne peut se vivre
la technologie est fondamentale. Le “net” et d’accélérer l’appropriation et les usages de Le passage de dispositif de régulation
les applications de portail coopératif associées ces technologies par des utilisateurs qui n’y globale – qui était la règle dans notre
et se construire
sont à la fois le support du lien qui se crée sont pas nécessairement habitués. domaine – à des logiques d’accompagnement
qu’au travers
entre tous les acteurs et l’infrastructure de Les programmes d’appui, de formation, spécifiques et structurés au service du
“
base pour la dynamique collective que nous de communication et de facilitation mais collectif est certes une démarche exigeante.
d’une démarche
“
aussi d’écoute et de capitalisation des Mais nous nous devons tous ensemble de
pratiques “terrain” que nous mettons en réussir une transformation de nos pratiques
de partage et de
place devraient permettre à chacun de et de nos habitudes. Finalement quand on
reconnaissance
mesurer l’intérêt pour lui-même des avance sur les questions de nouvelle
nous devons démarches entreprises. gouvernance, de meilleurs accès aux soins
accompagner ou de pôles d’activités, il s’agit de ni plus ni
UNE AVENTURE COLLECTIVE moins que de c.r.é.e.r de l’efficacité collective
attentivement toutes Pour que c.r.é.e.r soit une pierre angulaire et du sens pour rendre meilleur le service
les initiatives permettant du changement et des réformes, c’est que aux malades dont nous avons la charge.
“ cette initiative symbolise en même temps
d’accélérer qu’elle rend opérationnel le consensus
des dirigeants et des nombreux acteurs
l’appropriation hospitaliers sur la nécessité de changer,
et les usages de de changer ensemble et de partager.
Consensus et conviction renforcés par
ces technologies la prise de conscience qu’il n’y a pas de plan
B à ce type d’approche pour atteindre les
objectifs que chacun reconnait. Il est clair
que le monde hospitalier ou plus exactement
“
“l’hôpital” n’est pas culturellement habitué à
animons. Les espaces de travail collaboratif s’adapter a l’environnement et aux contraintes
sont de véritables passerelles mises en place extérieures; et que c’est difficile et exigeant.
entre pairs, grâce auxquelles chacun peut Mais l’aventure collective que sont les
TEMOIGNAGES | 76 | TEMOIGNAGES TEMOIGNAGES | 77 | TEMOIGNAGES
temoignage Efficacite individuelle et efficacite collective :
“
quelles priorites pour plus de performances ?
pour des raisons culturelles et socio- d’efficacité globale de l’organisation, c’est
organisationnelles sur le champ de l’amélioration des usages
- plus de 2 collaborateurs sur 3 (69%) autour des applications collaboratives
considèrent les réunions comme improductives qu’il faut aussi porter l’attention. Au-delà
et y viennent souvent peu préparés et mal de la gestion des mails, de la recherche
informés d’informations voire même de l’accès en
- l’usage systématique des outils et techniques mobilité c’est, par exemple, le bon usage des
d’efficacité individuelle et collective ne applications collaboratives pour les équipes,
concerne qu’un tiers des collaborateurs les dispositifs de communication enrichie,
les outils d’animation d’équipes virtuelles
Il devient alors clair que les questions qui permettent là aussi un gain de facteur 2,51
d’usages sont bien plus critiques que les en performance. De plus, il y a une spécificité
questions de fonctionnalités. Avoir un accès française que chacun reconnait.
utile, pertinent et “juste à temps” aux Sur cette question, une simple comparaison
personnes et aux informations requises, internationale nous éclaire. Pour des
relève souvent plus de la capacité offerte collaborateurs d’entreprises travaillant en
Noémie SADIK-ATTAL
à chacun de découvrir et d’utiliser les outils mode collaboratif, le benchmark international
à sa disposition et d’apprécier les bénéfices de la moyenne du temps passé en réunion
de leurs usages. dans des entreprises ou organisations est
Responsable Marketing Grands Comptes, Microsoft France Dans le même temps, il s’avère que l’amé- de 10% du temps de travail alors qu’il est de
lioration de l’efficacité personnelle requiert plus de 30% pour un grand groupe français.
UN DES ENJEUX DE TOUTES LES ENTREPRISES ET ORGANISATIONS généralement beaucoup d’efforts à la fois de N’en tirons pas de leçon trop hâtive mais
la part de la personne et de son organisation. interrogeons nous sur nos pratiques.
QUI UTILISENT DES OUTILS ET DES SOLUTIONS POUR ACCOMPAGNER
“
Les travaux d’E/M. Rogers sur cette question
ET SOUTENIR LE TRAVAIL DE LEURS COLLABORATEURS EST DE auprès de très nombreux clients de Microsoft
RENFORCER ET D’OPTIMISER TOUS LES USAGES DE CES OUTILS. en Europe, US et Japon soulignent à ce titre
plus de 2/3 du temps
que sur la courbe de l’efficacité globale de
“
l’entreprise, l’efficacité individuelle ne
A la lumière de l’approche originale EC2006 - plus de 2/3 du temps utile de travail est
utile de travail [...]
contribue que pour 20% à l’amélioration
que nous avons développée en France et des consommé par les mails et les réunions
des performances globales de l’entreprise;
résultats obtenus, je souhaiterai simplement - sur 45 heures de travail par semaine
est consommé par
tandis que 30% de cette amélioration serait
témoigner de quelques constats que nous (moyenne de l’étude PPS), 17 heures
les mails et les réunions
due aux expertises «métier» des uns
formalisent régulièrement nos clients et nos sont considérées par les collaborateurs
et des autres; les 50% restant étant lié à la
utilisateurs. eux-mêmes comme improductives soit 40%
performance et l’efficacité collective.
Tenant également compte de l’étude détaillée du temps de travail
Quand on parle de performance, c’est donc
sur l’impact de l’efficacité collective et - 55% des collaborateurs perçoivent
autant sur l’efficacité collective que sur
individuelle au sein des organisations sur un lien direct entre ce manque d’efficacité
l’efficacité individuelle qu’il convient de
leurs performances, conduite par Microsoft et le déficit d’utilisation des outils mis à leur
“
réfléchir et d’avancer. L’une et l’autre étant
dans plus de 200 pays et concernant 38 000 disposition. Autrement dit, ils sous-utilisent
quasiment couplées. Tout autant que
personnes, les analyses et données suivantes les capacités des outils qu’ils ont, soit par
Gain exprimé sur la courbe de croissance de l’efficacité construite
1
l’optimisation des usages individuels qui
nous fixent un cadre pour quelques choix manque de temps, manque de formation... pour l’étude PPS et sur laquelle la contribution liée à la performance
permet de mieux exploiter le réservoir
essentiels: soit par absence d’intérêt personnel ou collective représente 2,5 fois celle liée à l’efficacité personnelle.
TEMOIGNAGES | 78 | TEMOIGNAGES TEMOIGNAGES | 79 | TEMOIGNAGES
temoignage La “networking attitude”, levier de l’efficacitE collective
“ En favorisant peu à peu l’émergence d’une les initiatives qui se développent au sein du
culture de partage et de solidarité au cours groupe. Compte tenu d’une “computer
d’événements et de rassemblements literacy” généralement faible au sein de
“métiers“, “fonctions” ou “géographie”, Danone, nous n’avons pas construit au départ
véritables “marketplace” des bonnes pratiques des approches privilégiant la technologie et
et des connaissances opérationnelles, nous nos intranets; nous avons d’abord porté toute
avons pu lever de nombreuses réticences notre attention sur le lancement, l’animation
en donnant envie aux professionnels de
travailler en réseau. Au cours des derniers
24 mois nous avons ainsi pu organiser sur un
“
mode à la fois ludique mais certes structuré
13 “marketplace” durant lesquelles se sont
effectuées plus de 5000 “transactions” de
je souligne “
connaissances formalisées qui sont
symbolisées par des “chèques” qui tracent
toujours que dans
Benedikt BENENATI la pertinence et la “valeur” des échanges.”
networking il y a
Dans cette démarche, je souligne toujours
Directeur Développement des Organisations, Groupe Danone d’abord working
que dans networking il y a d’abord working ;
il était donc très important de répondre
DANS UNE ORGANISATION MONDIALISÉE ET MULTICULTURELLE précisément aux intérêts individuels des uns
DE QUATRE-VINGT SIX MILLE PERSONNES ET SOMME TOUTE TRÈS et des autres pour que chacun gagne aussi
dans son efficacité individuelle et mesure
DÉCENTRALISÉE ET PROCHE DE SES MARCHÉS COMME EST CELLE DU que de nombreuses peurs n’avaient pas
GROUPE DANONE, L’EFFICACITÉ COLLECTIVE ET LA TRANSFORMATION lieu d’être. Chacun d’entre nous souhaite
DES MANIÈRES DE TRAVAILLER EN INTRODUISANT LE TRAVAIL “mieux” travailler et c’est tout l’objectif de et la vie de ces communautés. Il y a à ce
notre démarche d’accompagnement. Car si jours plus de 65 communautés avec pour
COLLABORATIF ET EN RÉSEAU SONT DES QUESTIONS CRITIQUES AU l’entreprise doit créer de la valeur pour ses chacune un “facilitateur” – c’est le nom que
REGARD DU RENFORCEMENT DE NOTRE COMPÉTITIVITÉ. actionnaires et ses clients, elle doit aussi nous avons choisi. Et pour chacune de ces
créer de la valeur culturelle pour ses salariés ; communautés l’enjeu est double :
ACCOMPAGNER L’EMERGENCE le networking est une manière d’y contribuer
tenté de vendre une architecture KM partager des solutions qui existent déjà mais
D’UNE CULTURE DU PARTAGE à travers un dispositif d’outils et de méthodes
sophistiquée mais avons plutôt demandé à aussi “construire ensemble” des solutions
qui sont mis à la disposition des 9000 managers
des managers de raconter leur nice stories
Puisque l’objectif était d’optimiser et aux problèmes qui se posent. Cette dynamique
du Groupe et qui vont les utiliser pour optimiser
pour permettre à leurs collègues de visualiser
d’accélérer des échanges fructueux entre les collective, est renforcée par le facilitateur,
les échanges avec leurs collègues et
l’objectif ultime de la démarche : gagner
9000 managers du Groupe, nous avons pris véritable colporteur et troubadour des “nice
accélérer leur performance.
du temps, éviter des erreurs, trouver des
le parti de commencer par la fin, c’est-à- stories” utiles à tous mais aussi générateur
solutions nouvelles. Nous avons aussi choisi
dire de raconter les “happy end” de belles et accélérateur de l’intelligence collective.
“
SE PLACER DANS UNE DYNAMIQUE
d’aborder ces questions en privilégiant des
histoires internes qui illustrent des échanges Par exemple, dans une communauté de
COLLECTIVE
approches simples s’appuyant d’abord sur
fructueux de bonnes pratiques qui ont déjà métier, ils s’assurent que les spécialistes
Dans le même temps il s’agissait de lancer
des rencontres et des échanges
eu lieu entre un taker qui avait un problème puissent prendre plaisir à échanger sur
et animer des communautés métiers et des
interpersonnels “en live” apportant des
et un giver qui lui a passé une partie de la leur technique avec le même vocabulaire
communautés de pratiques pour soutenir
bénéfices tangibles aux participants.
solution. Au début, nous n’avons donc pas et une compréhension fine.
TEMOIGNAGES | 80 | TEMOIGNAGES TEMOIGNAGES | 81 | TEMOIGNAGES
temoignage La “networking attitude”, levier de l’efficacitE collective
“ PRENDRE EN COMPTE LES SPECIFICITES par lui-même et décrivant ce qui semble
La valorisation du rôle du facilitateur au sein
LOCALES utile et pertinent dans l’intérêt des autres;
de l’organisation devient un enjeu important
c’est-à-dire ses expériences, ses échecs,
Constatons que dans les cultures latines le
pour le succès de la démarche networking :
ses réseaux, etc. Un outil volontairement
partage n’est pas un réflexe naturel. Faire
accompagnement, coaching, support
très simple et épuré de toute fonctionnalité
naturellement confiance, reconnaître
méthodologique pour l’animation de leur
superflue.
publiquement les performances de l’autre
communauté, mise en réseau des
au travers des belles histoires qu’il incarne,
facilitateurs eux-mêmes et reconnaissance
Il s’agira maintenant, et notamment avec
avoir de l’influence autant qu’accepter d’être
de la valeur que ces “héros discrets“
les possibilités du web2.0 et des logiciels
sous influence : autant de point où la vigilance
apportent au business.
sociaux, d’offrir des outils de collaboration
de chacun s’exerce. Sous la poussée
et de co-construction qui soient simples
convergente de la démographie, de la
d’usages, ergonomiquement “plaisants”,
technologie, du multiculturalisme qui est Echanges de bonnes pratiques à la marketplace
qui s’affranchissent de la tyrannie de l’écrit
le notre chez Danone et de la nécessité de
“
de Budapest
en donnant à chacun loisir de s’exprimer
l’agilité et de la performance, les choses
pourquoi pas aussi par vidéo ou podcast et
bougent. D’autant plus que je peux dire que
qui favorisent par leurs fonctionnalités
le networking est inscrit depuis toujours
C’est aujourd’hui le partage du contexte de chacun. En somme
dans l’ADN de Danone et de son management.
que la networking mettre en place un environnement
technologique qui puisse co-évoluer avec
Si je prends l’exemple d’une “marketplace“
attitude est la maturité du développement de l’organisation
des bonnes pratiques en matière de sécurité
et de l’évolution rapides des modes de travail.
que nous avons organisé pour nos sept
partagée par C’est dans ce contexte que la DGRH qui
business unit françaises ensemble, je dois
un nombre initialement a piloté ce programme de
reconnaître que s’appuyant sur des cas concrets
networking attitude entend s’associer au
et en toute transparence et confiance le
vraiment plus prés avec la DSI : cette collaboration
partage se fait entre ceux que nous appelons
prendra tout son sens maintenant que
dans notre jargon les givers et les takers;
significatif la première phase - incontournable et
c’est une forme opérationnelle de l’économie
[...] que les outils préliminaire - de sensibilisation sur
du don où chacun gagne plus qu’il ne donne.
les comportements a été mise en œuvre.
Et ça marche.
et solutions C’est aujourd’hui que la networking attitude
LE TEMPS EST VENU DE DEVELOPPER est partagée par un nombre vraiment
“
technologiques L’APPROPRIATION ET L’USAGE significatif de personnes au sein du Groupe
ont finalement DES TECHNOLOGIES que les outils et solutions technologiques ont
finalement des chances de jouer leur rôle
Dans cette démarche de soutien à l’accélération
des chances de pour accélérer la performance des managers
de résolutions de problèmes ou de créations
et renforcer notre efficacité collective.
de problèmes il était important de donner à
jouer leur rôle... chacun l’occasion de savoir “qui est qui” et
“
“qui fait quoi”; c’est dans ce cadre, que nous
avons initialement crée un “Who’s who”
accessible sur l’intranet et dans lequel chacun
dispose du droit de choisir de “partager”
un ensemble d’informations enregistrées
TEMOIGNAGES | 82 | TEMOIGNAGES TEMOIGNAGES | 83 | TEMOIGNAGES
temoignage Les nouveaux defis du metier de DSI
“
au service de l’efficacite collective
tentés par les charmes d’une informatique relations entre la finalité de l’entreprise et les
nomade, légère et séduisante. systèmes d’information est devenue une
Sur le cœur même de son métier, il doit satisfaire composante clef du métier de DSI.
aux besoins contradictoires de standardisation La gouvernance répond à une exigence de
qui, seule, garantit la maîtrise des coûts et de clarification des relations entre acteurs et de
la qualité de service et de différenciation pour transparence des décisions. Ce souci émane bien
intégrer les besoins d’un marché de plus en plus sûr des directions générales qui souhaitent être
versatile. Enfin, responsable de personnel, rassurées quant à la bonne exploitation des
il doit développer les compétences internes pour ressources de l’entreprise. Les directions
enrichir sans cesse son offre et entretenir la utilisatrices et les informaticiens en attendent
motivation tout en composant avec les pressions également les conditions d’un dialogue serein
des directions générales et du marché en faveur sur l’évaluation des performances et la recherche
de l’externalisation et de l’offshore. d’une meilleure efficacité.
C’est donc un métier plus que jamais composite Le DSI, visionnaire et organisateur, partenaire des
Jean-Pierre CORNIOU où se mêlent, chaque jour, le détail et la stratégie, métiers et gestionnaire des services au quotidien,
le très court terme et le long terme, la maîtrise animateur de l’efficacité collective, a besoin de
Président du CIGREF technique comme le sens de la communication soutien pour remplir ces missions difficiles.
et de la négociation. Le DSI doit sans cesse
arbitrer entre ces différents horizons de temps et La gestion des interactions au sein de l’entreprise
L’ÉVOLUTION PROFONDE DE LA PLACE DE L’INFORMATIQUE ET DES d’espace et tirer parti de chaque composante de devient désormais un sujet beaucoup plus central
ENJEUX DE L’EFFICACITÉ COLLECTIVE DANS LA SOCIÉTÉ CONTEMPORAINE sa culture professionnelle. que le seul choix des fournisseurs ou des
techniques, où il excelle par construction.
NE SONT ÉVIDEMMENT PAS SANS INCIDENCE SUR LA MISSION ET L’IMAGE En professionnel, le DSI sait qu’il doit desserrer L’urbanisation et la gouvernance sont indispen-
DU DIRECTEUR DES SYSTÈMES D’INFORMATION QUI INCARNE DEPUIS cet étau de contraintes pour créer une dynamique sables pour clarifier les enjeux, mais ne doivent
TRENTE ANS LA LÉGITIMITÉ DE L’INFORMATIQUE PROFESSIONNELLE EN de performance où l’excellence opérationnelle et pas se limiter à être de simples techniques.
la vision stratégique ne s’opposent pas mais se C’est pourquoi le DSI doit acquérir cette densité
ENTREPRISE. renforcent. émotionnelle que la technique ne développe pas
spontanément pour être mieux armé et donc plus
L’informatique est omniprésente dans la vie en maniabilité ce qu’elle a gagné en profondeur,
Il dispose pour cela d’une palette d’outils et de efficace. La culture socio-technique du DSI le
quotidienne et dans les conversations de chacun. car elle est incontournable dans tous les métiers
solutions qu’il doit, avec son équipe, gérer avec situe plus généralement dans un monde rationnel,
Elle n’est plus un sujet d’étonnement scientifique, et son impact est tout à fait reconnu. Mais elle
discernement en parfaite transparence. les problèmes ne pouvant être résolus que par
mais peut devenir un objet d’insatisfaction est désormais condamnée à l’excellence tant le
La gouvernance des systèmes d’information une approche logique. Il ignore trop souvent la
périodique. Aujourd’hui la surprise, le rythme et bon fonctionnement des systèmes d’information
apporte désormais un cadre global de références force des procédures molles et des enjeux de
l’innovation proviennent de l’informatique grand et leur évolution raisonnée à travers l’innovation
et de métriques sur lequel le DSI peut s’appuyer pouvoir. Aussi, pour être un agent de changement
public, qui poussée par l’essor du multimedia et fonctionnelle et technologique revêtent un
pour construire l’articulation entre la vision reconnu, il doit mieux communiquer, être attentif
du web, offre un visage avenant et sans cesse caractère critique au cœur de la performance.
d’ensemble et sa déclinaison opérationnelle. aux interactions, développer les solidarités et
renouvelé d’une informatique conviviale et métier, ils s’assurent que les spécialistes puissent
L’informatique, pour d’obscures raisons de rendre l’informatique non seulement indispensable
désirée voire sociétale et collective. prendre plaisir à échanger sur leur technique avec
technicité et de langage a pu longtemps échapper mais aussi désirable aux yeux des dirigeants
L’informatique professionnelle, en revanche, porte le même vocabulaire et une compréhension fine.
aux règles de contrôle courantes dans toutes les comme à ceux des utilisateurs.
le poids de son passé, tant dans ses infrastructures
fonctions de l’entreprise. Cette situation n’est
que dans les applications qu’elle exploite, et doit Le DSI est donc contraint de pratiquer avec
“
évidemment plus acceptable. Les DSI l’ont C’est pourquoi, loin de devenir obsolète, ce métier,
composer avec de lourdes contraintes économiques souplesse le grand écart : apporter un niveau de
compris et ont engagé une véritable rupture, la renouvelé et dynamisé dans une logique d’entreprise
et techniques, telles que la fiabilité et la sécurité. service sans cesse plus fiable et plus économique,
gouvernance imposant une discipline collective étendue, reste irremplaçable pour garantir
Elle ne peut pas évoluer à la même vitesse et en garantissant la cohérence, la continuité et la
fondée sur le partage d’outils d’analyse, de aux entreprises le meilleur usage des technologies
apparaît nécessairement au client exigeant sécurité des systèmes d’information de l’entreprise,
décision et d’action qui ne peut que servir la fonction. de l’information, de la communication et de
comme décalée par rapport aux standards du et répondre de façon pertinente aux sollicitations
La construction d’une vision stratégique des la connaissance. Pour plus d’efficacité collective.
moment. L’informatique professionnelle a perdu d’utilisateurs de plus en plus consommateurs,
TEMOIGNAGES | 84 | TEMOIGNAGES TEMOIGNAGES | 85 | TEMOIGNAGES
temoignage L’Efficacite collective
“
pour l’animation economique d’un territoire
a été menée visant, à partir de la connaissance initiales rejointes par les deux clubs
des entreprises, de les mettre en synergie d’entreprise préexistants, celui des créateurs
et en réseau et de faire qu’elles partagent et repreneurs d’entreprise des Alpes ainsi
informations, connaissances et savoir-faire. que l’association des directeurs financiers et
Ainsi a été lancé le projet Ecobiz avec pour contrôleur de gestion.
vocation de créer les “e-communautés” Chaque communauté s’est développée en
des acteurs économiques de l’Isère. appliquant les principes suivants :
Le projet vise à permettre aux acteurs - Dispositif de veille ciblée d’informations
économiques d’un même secteur ou par la définition d’un profil personnalisé pour
intéressés par un même thème, de partager chaque membre
informations et connaissances ; de mettre en - Site internet réservé aux membres
commun des expériences ; de se rencontrer - Rencontres régulières entre les membres
et d’échanger. Ce dernier point s’est avéré au - Animation de la communauté par un
fil du temps capital. Il est en effet apparu que animateur dédié
les communautés ne se développaient que
parce qu’il existait des échanges physiques Les acteurs de la communauté sont des
actifs. La rencontre des membres des experts, des partenaires, des contributeurs, des
communautés permettait le développement rédacteurs, des adhérents, bien évidemment
d’échanges à travers un outil. l’animateur et un comité de pilotage pour
Renaud CORNU-EMIEUX définir les orientations que la communauté
Les communautés se répartissent en quatre doit prendre. La communauté s’appuie pour
Directeur EMSI Grenoble Ecole de Management, familles : les communautés liées à des partager l’information sur une plateforme
fonctions d’entreprise (Ressources Humaines, dédiée.
CCI de Grenoble qualité...) ; les communautés liées à une
étape de la vie de l’entreprise (création, Le modèle économique du système se base
ECOBIZ, INITIÉ PAR LA CCI DE GRENOBLE EN 2003 EST UN EXEMPLE développement, transmission...) ; sur un financement par des partenaires
les territoires ; les secteurs d’activité fondateurs, des entreprises associées et
D’ANIMATION DE COMMUNAUTÉS D’ENTREPRISES D’UN TERRITOIRE
(tourisme, BTP, artisanat...). De plus, une des adhésions individuelles ou au titre
FÉDÉRÉES AUTOUR DE THÈMES, DE SECTEURS... CETTE EXPÉRIENCE A communauté propre aux spécificités des TPE d’une entreprise.
MAINTENANT 3 ANS ET JE PRÉSENTE ICI LE CONTEXTE, LES OBJECTIFS regroupant plusieurs familles vient d’être Sur cette base une vingtaine d’autres
créée. communautés ont été créées.
INITIAUX ET CE QU’EST ECOBIZ AUJOURD’HUI.
QUELLES LEÇONS APRES TROIS ANS ?
Le projet Ecobiz a permis de créer dés
POURQUOI ECOBIZ ? l’économie de son territoire à travers
2003 des communautés thématiques, de Après trois années d’existence, quelques
différents métiers : information et
La CCI de Grenoble regroupe 23000
constituer un espace globalisant sur la vie enseignements peuvent être tirés de cette
communication ; animation ; partenariat...
ressortissants représentants 163000 salariés.
économique locale et d’accueillir des clubs expérience. L’animation et les rencontres
Les actions à soutenir sont choisis en
Le territoire de la CCI de Grenoble est le
préexistants. Le démarrage s’est fait lors physiques sont des facteurs prépondérants
fonction d’un plan stratégique, des capacités
10ème pole économique national avec une
“
d’un colloque avec la création de cinq de vie des communautés.
en termes humains et financiers.
forte composante universitaire et recherche.
communautés et l’accueil de deux clubs Chaque communauté organise en moyenne
Il est également caractérisé par un secteur
d’entreprise. Tourisme, International, trois à quatre rencontres physiques par an
En partant du principe que les CCI ne
touristique important, enfin il est fortement
Performance industrielle, Jeunes entreprises, sous forme de groupes de travail, de table
peuvent plus tout faire en termes de
exportateur. La CCI de Grenoble, comme
Localbiz furent les cinq communautés ronde, de mini-conférence...
connaissance des entreprises, une réflexion
toute Chambre à pour mission de développer
TEMOIGNAGES | 86 | TEMOIGNAGES TEMOIGNAGES | 87 | TEMOIGNAGES
temoignage
“L’animateur a un rôle prépondérant pour que et anime la communauté Management des
les adhérents réalisent du push et enrichissent Systèmes d’Information.
ainsi l’échange d’informations et de bonnes
pratiques. Cette communauté réunit des professionnels
L’événement annuel “Entreprise et Savoir” qu’ils soient acteurs de l’offres ou utilisateurs
qui réuni l’ensemble des acteurs de toutes des Systèmes d’information et des anciens
les communautés permet de dynamiser étudiants et stagiaires de l’EMSI qu’ils aient
l’ensemble du dispositif. Cet événement suivi les parcours de formation initiale ou les
annuel est un temps fort de la vie parcours de formation continue. Cette commu-
économique locale. nauté est un lieu de partage, alimentée
par les expériences des professionnels
Ecobiz a permis de développer un savoir- mais également pas les rapports de stage
faire certain, au sein de la CCI de Grenoble et études de cas des étudiants. Echanges
sur l’animation de communautés et sur d’expériences, exemples de réussites mais
l’animation économique de manière plus également d’échecs et ce n’est pas le plus
générale. Ce dispositif a été un facteur facile à partager, sont les contenus les plus
de motivation interne. Après une phase demandés. Trois événement annuels de type
d’investissement, le modèle économique conférence sont organisés, les deux derniers
du dispositif est maintenant viable. portés sur l’externalisation et les compétences
managériales liées aux SI, réunissent
Fort de cette expérience, la CCI de Grenoble les acteurs de la communauté. Une école
diffuse désormais Ecobiz dans le réseau professionnelle comme l’est l’EMSI est dans
consulaire mais également dans les pôles son rôle en animant une communauté dédiée
de compétitivités. au management des systèmes d’information
et en favorisant échanges et débats.
D’une idée initiale visant à développer
“
l’animation économique et l’intelligence
collective d’un territoire à moyens constants
au travers de communautés virtuelles, on a
L’animateur a un rôle
abouti à un dispositif qui tout en développant
des communautés grâce à des outils
prépondérant pour que “
informatiques a permis de développer et
renforcer des relations physiques et de
les adhérents enrichissent
confiance entre les membres de ces
l’échange d’informations
communautés tout en gardant l’objectif
initial de limiter les moyens.
et de bonnes pratiques
“
C’est dans ce contexte que l’Ecole de
Management des Systèmes d’Information
de Grenoble Ecole de Management lance
TEMOIGNAGES | 88 | TEMOIGNAGES
Quelles conditions pour Yves DURON & Fabien LAIR, Nextmodernity – Donnezvotreavis.com
le bon usage des outils
d’efficacite collective liés aux conditions de succès de l’utilisation des
La parole aux utilisateurs outils d’amélioration de l’efficacité collective :
et de travail collaboratif ?
- la nécessité d’une culture du collaboratif,
Ne prenons qu’un exemple : plus de la moitié
- la formation aux outils et aux méthodes,
des répondants à EC2006 organisent leurs
réunions sans autres outils que le courrier - la préservation et le développement
électronique (43%) ou le téléphone (13%), des relations humaines.
laissant de côté les agendas partagés et autres
LES PARTICIPANTS À EC2006 ONT DES USAGES PLUTÔT AVANCÉS outils de planning électronique.
DES TECHNOLOGIES, ILS SONT PLUTÔT OUVERTS AUX INNOVATIONS Les raisons invoquées paraissent tout à fait
Trois conditions pour
recevables :
SUSCEPTIBLES D’AMÉLIORER LA QUALITÉ DE LEUR TRAVAIL ET LEUR - “Je préfère le téléphone pour Intéresser les
un environnement favorable
EFFICACITÉ, ENFIN LA GRANDE MAJORITÉ INDIQUE VOULOIR NETTEMENT participants au sujet et pour obtenir leur présence”
à la pratique des outils
- “Le téléphone me permet d’obtenir un feedback
AMÉLIORER SES PRATIQUES EN UTILISANT DE NOUVEAUX OUTILS. ou des informations informelles sur un service,
d’efficacité collective
des collègues...”
-“Il faudrait que l’agenda partagé parle et montre
Dans le même temps, on constate un écart
les personnes, car j’aime la voix et l’image plus que
“
Pour pouvoir intégrer les outils d’efficacité
important entre intentions et pratiques actuelles.
les tableaux affreux des supports électroniques”
collective dans nos pratiques quotidiennes il faut
Des pratiques, qui font parfois peu appel aux
- “Le contact téléphonique reste important tout
bien évidemment avant tout pouvoir en disposer
nouveaux outils d’efficacité collective, que
de même pour ne pas déshumaniser la réunion”
et les avoir choisis en fonction des besoins
nombreux s’empressent d’expliquer et de
Je préfère - “On a le système nécessaire mais dans la
spécifiques liés aux budgets, aux ressources pour
justifier en mettant en avant les freins et les plupart des cas les personnes n’apprécient pas
les mettre en œuvre, aux niveaux de pratique des
limites perçues des outils dans leurs activités
le téléphone de recevoir l’avis de RDV via le calendrier”
futurs utilisateurs, etc. Leur ergonomie et leur
au quotidien. - “gestion partagée délicate pour les réunions
pour intéresser fiabilité sont aussi des éléments cruciaux qui
Ces résultats soulèvent donc un certain nombre avec intervenants extérieurs”
“ peuvent rapidement décourager les plus motivés.
de questions : l’usage d’outils avancés est-il - “importance de conserver un contact pour
les participants au Pour autant, si l’on dépasse le seul débat de
toujours le gage d’une efficacité accrue ? pouvoir négocier les disponibilités selon les
la résistance aux outils et aux nouveaux usages,
Les utilisateurs qui rechignent à les utiliser
sujet et pour obtenir priorités. Mauvaise expérience dans le passé
et que l’on s’interroge plus particulièrement sur
sont-ils simplement victimes d’une forme de des systèmes de gestion complètement
leur présence les motivations et les intérêts personnels de
résistance au changement ou bien ont-ils de automatisés.”
chacun, on voit émerger les dimensions suivantes :
vraies bonnes raisons de conserver leurs pratiques - “agendas électroniques pas suffisamment à jour”
VERBATIM d’un participant d’EC2006
actuelles ? Comment expliquer finalement cet - “j’ai une assistante qui fait ça très bien”
1. UNE CULTURE DU COLLABORATIF PARTAGEE
écart entre intentions et pratiques ? - “mes collègues sont incapables de se servir de
Les commentaires pleins de bon sens, de vécu et PAR TOUS LES ACTEURS :
ces fonctionnalités”
de concret, des participants à EC2006, permettent - Confiance : “On constate souvent que ces outils
- “contact tél indispensable pour ceux qui
d’identifier déjà quelques pistes de réponses. sont utilisés dans l’objectif inverse par le
utilisent des agendas papier”
management et se traduit par flicage au lieu de
confiance, et obligatoire au lieu de reconnaissance.”
Ces différents points renvoient de manière
- Reconnaissance : “Une vraie reconnaissance du
plus générale à 3 grandes dimensions autour
travail collectif par les politiques RH des
desquelles se regroupent les commentaires
POUR AVANCERS VERS | 90 | L’EFFICACITE COLLECTIVE POUR AVANCERS VERS | 91 | L’EFFICACITE COLLECTIVE
Quelles conditions pour le bon usage des outils
d’efficacite collective et de travail collaboratif ?
3. PRESERVER ET DEVELOPPER
entreprises : actuellement, la reconnaissance
Des outils au cœur des
L’efficacité ? mais pour quoi ?
est uniquement individuelle” LES RELATIONS HUMAINES
échanges et de la relation
- Adhésion aux valeurs du partage et des De très nombreux répondants à EC2006
Souvent lorsqu’on parle d’outils d’efficacité
échanges : “Tout le monde n’est pas prêt à soulignent le fait que les outils d’efficacité
humaine
collective on présuppose que tout le monde
travailler de manière collaborative. Beaucoup de collective ne doivent pas “déshumaniser” les
cherche à être plus efficace dans son travail.
personnes pensent encore qu’elles ont plus relations entre les utilisateurs. Répondre à cette
Mais efficace pour quoi ? Efficace comment ?
intérêt à garder l’information qu’à la partager.” exigence est essentiel car c’est autour de ce Au contraire, si les outils d’efficacité collective
L’entreprise ne risque-t-elle pas de m’en
- Compétences partagées : “Je vais passer besoin personnel de conserver une relation de doivent permettre de gagner en efficacité, ils
demander “plus” (en charge de travail) si je
beaucoup de temps à m’y habituer sans retour qualité avec les autres, que pourra se cristalliser ne doivent pas diminuer la qualité des relations
deviens plus efficace ? N’ai-je pas plutôt intérêt
notable si mes collègues ne font pas la même la confiance et, au-delà qu’émergera un véritable humaines. En plaçant le développement des
à conserver mes usages et mes méthodes de
chose” sentiment d’appartenance. relations humaines au cœur du processus
travail avérées, somme toute satisfaisantes tant d’efficacité collective on peut concilier :
que j’accomplis les tâches demandées ?
2. DE VERITABLES FORMATIONS AUX OUTILS - conserver des relations humaines et de - d’une part des besoins très humains de
Finalement quel intérêt ai - je, personnellement
ET AUX METHODOLOGIES LIEES convivialité : “Il ne me manque pas de systèmes convivialité, de feedback positifs sur nos actions,
à être“plus efficace” ? Comment va-t-on juger
A CES NOUVELLES PRATIQUES : d’informations. Il me manque plus de loisir nos compétences, et disons le clairement le
de ma contribution à l’efficacité collective ?
d’être en contact direct avec les équipes qui
Les outils sont de mieux en mieux pensés dès besoin d’être aimé, apprécié, reconnu,
Postuler qu’il existe des outils qui sont
m’entourent : les systèmes d’informations
lors on est plus facilement enclin à négliger ou - d’autre part, des objectifs d’amélioration de
susceptibles de me rendre plus efficace,
gomment l’aspect relationnel du travail en
à sous dimensionner la formation. Plus encore, l’efficacité collective de l’organisation, via par
c’est aussi sous - entendre que je ne le suis “pas
équipe, et réduisent les opportunités de créer
ce sont les méthodologies propres au travail exemple le développement de réseaux de
assez”, et que ne pas les adopter est une erreur.
de la motivation pour “faire” ensemble et en
collaboratif qui sont méconnues de la plupart personnes (accès à la connaissance incarnée de
Pourtant, finalement, si l’on reprend l’exemple
équipe, ce qui est pourtant fondamental”
des utilisateurs, or on ne peut séparer la méthode l’organisation, stimulation d’échanges d’idées,
précédent sur l’organisation des réunions, six
- préserver la richesse de ce qui fait la
de l’outil. d’expériences à la base de l’accroissement de
coups de téléphone passés peuvent être aussi
conversation non verbale : comment décrypter
Ne former que sur les fonctionnalités laisse l’efficacité collective).
efficaces qu’un traitement plus automatique via
l’humeur de l’autre dans un mail ? plaisante-il
les collaborateurs bien démunis face aux
un système de planification de réunion. Sans
avec moi ou dois-je le prendre au premier degré ?
conséquences de pratiques qu’on leur demande Trop souvent encore, l’utilisation d’outils
compter tout ce qui se passe d’informel,
un smiley peut-il remplacer un sourire ? etc..
pourtant d’intégrer. collaboratifs est pensée dans une logique
d’imprévisible et qui va au delà de la seule
- prolonger et développer ses réseaux
- quels usages : ça sert à quoi ? ça m’apporte process dans laquelle l’individu a le sentiment
demande de présence dans une conversation
d’experts et tout ce qu’on peut qualifier de
quoi ? je vais y gagner quoi ? de perdre son autonomie, les outils permettant
téléphonique.
connaissance incarnée : développement des
- quelle méthode : qui fait quoi ? par quoi on de maintenir une convivialité étant oubliés ou
réseaux de relation, accession aux connaissances
commence ? comment on évalue la production même interdits (messagerie instantanée
L’efficacité n’est pas la seule motivation du
et échanges de pratiques...
de l’équipe ? bloquée par les firewalls, accès internet limité...).
collaborateur de l’entreprise, loin s’en faut, et si
- quel fonctionnement : comment ça marche ?
pour gagner en efficacité il doit perdre ailleurs
Au-delà de ces trois domaines, on peut également
je veux faire ça, comment je fais ? comment on Pourtant les jeunes générations font un usage
(indépendance, liberté, confiance, souplesse...)
s’interroger sur la notion même d’efficacité
l’utilise ? intensif de ces outils, de même les pratiques
il semble peu probable qu’il soit prêt à renoncer
individuelle et collective. grands publics évoluent vers beaucoup plus de
à des usages dont il a su s’accommoder et avec réseau, d’interactions et d’échanges entre
lesquels il se rend efficace à“sa” manière. utilisateurs (cf. phénomène de web 2.0).
Comment les organisations sauront-elle au mieux
tirer parti de ces évolutions souvent issues de
la sphère privée ?
POUR AVANCERS VERS | 92 | L’EFFICACITE COLLECTIVE POUR AVANCERS VERS | 93 | L’EFFICACITE COLLECTIVE
Sur la mise en place Marc DEVILLARD, Directeur des Opérations Marketing, Microsoft France
d’un responsable de
l’efficacite collective des règles brutales et impérieuses et de fixer de certains outils ou usages susceptibles
les bonnes règles d’utilisation de l’ordinateur de rebuter les plus “timides” : organisation d’une web-
dans les organisations
en réunion par exemple, d’usage du courrier conférence, construction d’un site personnel, etc.
électronique ou de la messagerie instantanée.
Cette prise de conscience et ce leadership venant DE LA FLEXIBILITE DANS LA MISE EN ŒUVRE
du sommet de l’organisation ont aussi permis Tout au long du programme les responsables sont
de mesurer directement les avantages d’un restés très à l’écoute des réactions de tous, et ont
changement de comportement et d’usage des outils. adapté le contenu et le format des outils ou actions
afin de répondre au mieux aux besoins de
DES OBJECTIFS CLAIRS
traitement du courrier électronique, conversations l’organisation. Cette flexibilité a été probablement
L’exemple Microsoft France Afin d’assurer que le projet progresse régulièrement,
“live” par messagerie instantanée et parfois, mais l’une des raisons majeures du succès de l’initiative.
il a été rapidement décidé de mettre en place des
plus rarement, écoute de l’orateur ou participation
points de mesure mensuels fondés sur des
- Microsoft France est une organisation qui est à la réunion en cours... ET L’ANCRAGE DANS LA DUREE
enquêtes internes, ouvertes à tous et comportant à
plutôt en avance dans l’adoption des nouvelles - Chacun de ces comportements déviants a donné L’initiative devient pérenne, à la demande de
la fois des questions générales, permettant d’établir
technologies : le parti pris étant qu’on ne vend lieu à des mises au point sous toutes les formes de l’organisation et pas comme un effet de mode décidé
un baromètre, et des questions précises sur les
bien que ce qu’on connaît et apprécie, tous les communication et de (ré)éducation possibles, mais les par des autorités suprêmes bienveillantes mais
comportements observés.
employés de la société deviennent des utilisateurs personnes changent et les défauts réapparaissent... lointaines.
Au passage le programme a explicitement affiché
des nouvelles technologies Microsoft au plus tard - De ce fait, et dans le cadre d’une mission très
qu’il n’existait que pour apporter des résultats
lors de leur sortie officielle et souvent bien avant officielle d’amélioration de la qualité de vie des
Conclusion
concrets , mesurables, et partagés par tous.
– c’est ce qu’on appelle en interne les programmes employés, Microsoft France a lancé il y a bientôt
“dogfood”. 2 ans un programme transversal, géré en mode
Après une première phase de rodage, et compte
LA NOMINATION DE RESPONSABLES MOTIVES
- Cependant cette précocité dans la mise en œuvre projet, destiné à identifier les leviers d’amélioration
tenu des retours très positifs et partagés sur
Après un appel au volontariat un binôme de
des nouvelles technologies signifie aussi que les de l’efficacité individuelle et collective. Rappelons
l’intérêt de ce programme, la question se pose :
managers talentueux a été retenu pour conduire
usages correspondants sont mal connus, au moins que depuis plusieurs années Microsoft France se
pourquoi pas plus tôt ? Et la réponse est en fait
l’initiative dans la durée. Ces deux personnes ont
au début, et peuvent conduire à des comportements retrouve tous les ans dans le peloton de tête des
très simple : tout est devenu possible lorsque la
été officiellement mises en avant devant toute
inefficaces à titre individuel ou collectif. “entreprises où il fait bon travailler” en France,
direction générale a identifié l’efficacité collective
l’organisation pour présenter le programme, ses
- Pour ne citer que quelques exemples, Microsoft ce qui récompense le soin tout particulier et
comme un sujet transversal critique et pérenne,
buts, ses avancées concrètes. Elles sont également
France a commencé à souffrir avant la plupart des permanent que le comité de direction attache à
comme l’a été la qualité il y a quelques décennies,
intervenues mensuellement de façon formelle
autres organisations de problèmes pathologiques cette dimension.
et a décidé de le traiter en tant que tel.
devant le Comité de Direction pour présenter les
plus ou moins graves tels que : - Voici à présent quelques détails sur cette initiative
Les “professionnels de l’information”, au travail
actions en cours et les progrès ou reculs observés.
- les avalanches de courrier en tout genre (je surfe baptisée “équilibre vie professionnelle –
devant leur écran d’ordinateur, ont enfin trouvé
actuellement sur une moyenne de 200 à 250 par jour) ; vie privée”, les moyens mis en œuvre, une voix pour exprimer leurs besoins. Nous ne
UN PROGRAMME DE FORMATIONS
- les informations disponibles sur le réseau mais et les résultats obtenus. pouvons que souhaiter que d’autres organisations
INDIVIDUELLES ET COLLECTIVES
à des endroits au nom barbare et bien entendu
s’approprient ce message et lancent leurs propres
jamais répertoriés suivant une cartographie claire ; Toutes les divisions de la société ont assisté à
La gestion du changement démarches, sur un sujet qui reste largement
- les documents de travail de 10 Mo envoyés à une un exposé formel de 1 heure décrivant des gestes à inventer.
vaste équipe dont chacun va renvoyer à tous les simples permettant de gagner du temps à titre
UN COMITE DE DIRECTION MOTIVE
autres une version légèrement retouchée, sans que personnel, et d’en faire gagner aux autres.
Dans un projet tel que celui décrit ci-dessus, et
personne ne sache quelle version fait foi ; Les exemples étaient concrets, vivants, directement
compte tenu de l’importance des comportements
- les courriers “urgents” envoyés de n’importe où applicables, et repris dans un document de synthèse
collectifs, l’exemple doit venir d’en haut. Le comité
et à n’importe quelle heure grâce aux possibilités parfaitement clair. L’exposé a été complété par des
de direction a donc commencé à s’appliquer avec
offertes par la mobilité et par les outils nomades ; mini-ateliers tenus soit tôt le matin, soit à l’heure
rigueur les bonnes pratiques proposées pour
- les réunions où tous les participants démontrent du déjeuner, pendant une durée de 20 minutes
l’ensemble de l’organisation. Ceci a permis de sortir
leurs capacités d’exécution en mode multi-tâche : environ, et destinés à assurer la prise en main initiale
POUR AVANCERS VERS | 94 | L’EFFICACITE COLLECTIVE POUR AVANCERS VERS | 95 | L’EFFICACITE COLLECTIVE
L’efficacitE collective au service Richard D. COLLIN, Président ICCE,
des entreprises et organisations
Titulaire de la Chaire “Efficacité Collective, Travail collaboratif et en réseau,
Organisations innovantes” de EMSI Grenoble Ecole de Management
en reseau : POles de compEtitivitE,
clusters et territoires
“
des hommes qui y travaillent à intégrer, formaliser,
organiser, représenter, inventer, partager et
disséminer les informations, les connaissances
et l’expertise. Et aussi à les valoriser,
Mais si aujourd’hui les exploiter et les vendre.
LES PÔLES DE COMPÉTITIVITÉ MAIS ÉGALEMENT LES CLUSTERS SONT c’est de la collaboration
“ Finalement, un des points essentiel pour un
PAR NATURE DES DISPOSITIFS DE MISE EN RÉSEAU D’INFORMATIONS,
que naît la richesse, Pôle, un cluster mais aussi le territoire où
DE COMPÉTENCES ET DE CONNAISSANCES AUTANT QUE DE MOYENS, il s’inscrit, c’est désormais sa capacité à
travailler ensemble en
FAVORISANT DANS UN TERRITOIRE L’INNOVATION ET LA CRÉATION DE mobiliser, partager et développer ses expertises,
ses informations et ses connaissances plus
réseau reste difficile
VALEUR DANS UNE ÉCONOMIE DE LA CONNAISSANCE QUI SE CONSTRUIT rapidement et mieux que ses concurrents.
ET SE MONDIALISE. Mais si aujourd’hui c’est de la collaboration que
naît la richesse, travailler ensemble en réseau
reste difficile; et nous nous devons de répondre
à des enjeux techniques, économiques, sociétaux
la conduite opérationnelle et stratégique de
Travailler et innover pour lesquels notre culture française n’est pas
nombreux projets, d’enquêtes et d’analyses,
nécessairement adaptée. Rappelons nous qu’en
ensemble l’évolution et les pratiques de ces nouveaux
France pour l’entreprise, l’université, le centre
caractéristiques comptent moins que
processus et du travail collaboratif et en réseau
de recherche, l’institution le challenge est
les méthodes et les processus qui rendent
dans le monde, en Europe et en France.
absolu. Aujourd’hui la plupart de ces
Un des enjeux clés pour chacune de ces entités l’organisation performante. On le sait : on ne
De très nombreuses évidences montrent
organisations rencontrent d’immenses
est certainement celui d’une efficacité collective crée un avantage concurrentiel qu’avec
qu’avec l’accélération des formidables
difficultés face à la complexité, à l’imprévisibilité
appelée à se construire et se renforcer au une organisation compétitive. L’innovation
possibilités des nouvelles technologies et la
du monde, à la globalisation. Elles subissent de
travers d’une gouvernance et d’un management est aussi (d’abord ?) organisationnelle.
mutation vers une économie dématérialisée et
permanents conflits d’intérêt entre profitabilité
adaptés et novateurs, mais aussi avec la mise Les méthodes, technologies et processus
mondialisée, un nouvel écosystème émerge qui
et développement durable, secret et transparence,
en place d’organisations, de processus, de de mise en œuvre qui rendent l’organisation
devient le modèle de la performance : il s’appuie
valeurs et valeur, dynamiques individuelle et
dispositifs, de méthodes, de technologies et efficace sont être désormais au cœur de la
sur efficacité collective, communautés de
collective, fertilisation des savoirs – qui ouvre
d’outils innovants et robustes. Anticiper et stratégie, mieux, de la vie quotidienne de ces
pratiques, travail en réseau et capitalisation des
– et compétition – qui enferme. La plupart des
réagir vite dans un contexte ou le temps est organisations en réseau. La compétitivité
connaissances qui ne sont ni des “mots valise”
moyennes et grandes organisations ont en
essentiel, maîtriser la complexité, évaluer et repose à la fois sur la maîtrise de tous
marketing ni une mode conceptuelle ni moins
commun une infrastructure fondée sur
approfondir ses expertises, préserver ses les programmes et procédures de management,
encore une anecdote managériale.
l’autorité, le contrôle, la division du travail,
différences, mutualiser les ressources et les de production, de marketing, de recherche,
Le travail de chacun consiste de plus en plus
les organigrammes “codés en dur”, et un système
de qualité, et sur des innovations sans cesse
contenus, accélérer l’innovation, accélérer à contribuer et à animer des réseaux de
monétaire dynamisé par la rareté. Jusqu’à une
renouvelées au sein même de l’entreprise étendue.
l’apprentissage individuel et collectif, optimiser connaissances au sein de plusieurs organisations
période récente, cette architecture sociale était
Or il s’agit avant tout de programmes dans
la veille : autant de conditions qui avec d’autres et projets pour “résoudre des problèmes” ou
le seul système d’information à notre disposition
une logique “métier” s’appuyant sur l’expérience,
constituent un des socles de leur réussite. “prendre des décisions”.
pour piloter et organiser les édifices humains
la transaction des connaissances et la gestion
Les décideurs confirment que dans la mesure
complexes. Cette dernière demeure efficace tant
de compétences. Leur succès repose sur
Depuis maintenant plus de 10 ans, il m’est où les cycles de vie des produits et services
que l’environnement demeure stable, mais elle
la capacité des différentes entités associées et
donné de suivre précisément au travers de raccourcissent considérablement, leurs
Je fais là référence à mes nombreux échanges avec Jean-François Noubel www.thetransitioner.org
POUR AVANCERS VERS | 96 | L’EFFICACITE COLLECTIVE POUR AVANCERS VERS | 97 | L’EFFICACITE COLLECTIVE
L’efficacitE collective au service des entreprises et organisations
en rEseau : POles de compEtitivitE, clusters et territoires
comme les Pôles pour une efficacité renouvelée à animer un réseau de confiance au sein de de s’assurer que les premiers résultats arrivent
l’organisation. Grâce à ses capacités d’écoute, vite. De plus, on aura compris que les outils
dans ce qui devient l’entreprise ou l’institution
il discerne les nouvelles possibilités, s’ouvre d’efficacité collective ne consistent plus du tout
étendue construite sur le modèle en devenir
à l’organisation. Il stimule l’imagination et à seulement stocker, organiser, extraire,
de la “cerveau-facture” plus que sur celui
“
l’initiative de ses coéquipiers, suscite leur analyser et diffuser de l’information dans
inadapté de la manufacture.
engagement sur des projets communs et l’entreprise. A s’occuper de stockage de
Et cette transformation coïncide avec la diffusion
coordonne les actions. C’est aussi dans ce cadre documents numériques ou de simple gestion du
et l’accessibilité de pratiques, de méthodes et
que les technologies déploient leur efficacité flux de connaissances numérisées. Le passage
technologies utiles, simples, très performantes
le travail du manager ne maximale. Ainsi l’entreprise mobilise et fait d’une logique de contenus à une logique
et au retour sur investissement avéré.
consiste pas seulement évoluer en temps réel ses savoir-faire, son d’acteurs et d’information en contexte est
organisation et son appréhension des informations essentiel quand il s’agit pour chaque salarié
à “résoudre des Du management au en provenance de son environnement. Vouloir devenu “entrepreneur de la connaissance”
coopérer, savoir coopérer, pouvoir coopérer: tels de ne pas être perdu ni démobilisée devant
problèmes” [...] “ maillagement : repenser sont les principes du “maillager”, animateur de des informations multiples, hétérogènes
l’efficacité collective et créateur de valeurs. En
mais à animer un réseau et peu utiles.
les modes de décisions se rappelant que l’économie de la connaissance Dans une démarche business, les nouveaux
de confiance au sein de c’est aussi l’économie de la reconnaissance, de outils de collaboration s’intègrent alors dans
la confiance et de la transparence. les processus opérationnels de l’organisation
On aura compris que ce soit dans la PME,
l’organisation. et privilégient les porteurs de connaissances
la grande entreprise, les universités ou
– sources de valeur - que sont toutes les
les institutions d’un territoire qui doivent
Communiquer et se personnes. Et c’est bien pour cette raison que
renforcer compétitivité et attractivité, l’identité,
le travail collaboratif devient accessible et apparaît
la cohésion et le lien social, les contextes et les
coordonner facilement comme le levier essentiel de la transformation
repères communs, la confiance, deviennent les
compétitive des organisations. Il se met au
“activateurs” essentiels des flux de
Les évolutions qui se dessinent pour les service de l’utilisateur dans ses besoins
connaissances, origine de l’innovation et de
solutions et outils collaboratifs montrent des opérationnels. Les facteurs de succès (sponsoring
la création de valeurs. Dans ce contexte la
approches très différenciées entre des visible de haut niveau, mobilisation des intérêts,
conception de l’organisation n’est pas sans
applications issues de la gestion de contenu et accompagnement continu et solide, formation
rejaillir sur le rôle attribué aux individus et plus
celles modulaires et en contexte intégrant des et accompagnement du changement, ...) sont
particulièrement aux managers. Le membre de
suites de composants permettant de construire désormais bien identifiés. Les bénéfices
l’organisation n’est plus identifié à une fonction.
des solutions au plus prés des modes désormais avérés tant pour le management
Il est lui-même être considéré comme un sujet
d’activités et des logiques métiers. Sachant que
devient vulnérable et inefficace dans les contextes (aide à la décision, optimisation de processus,
cognitif ouvert. Dans la perspective de cette
ces approches peuvent parfois converger.
fluctuants, c’est-à-dire quand les marchés, nouvelle forme d’organisation, la communication innovation, création de valeur,..) que pour
les savoirs, la culture, les interactions extérieures, n’est plus réduite à l’échange d’informations l’ensemble des collaborateurs (employabilité,
l’économie, la politique évoluent plus rapidement Alors, et en ce qui concerne les solutions
ou de données. Elle comprend également les autonomie, compréhension des enjeux de
que la capacité de réaction du groupe . d’efficacité collective pour les Pôles, et au regard
processus collectifs de production de sens et l’organisation, repérage des intérêts de chacun
Que faire ? Pourquoi le faire ? Comment le faire ? des environnements très hétérogènes tant sur
les actes de langage par lesquels les membres et du groupe,...) sont eux aussi bien repérés
En posant ces questions dans ce contexte, on des organisations s’engagent les uns vis-à-vis le plan des technologies en place que sur celui et les indicateurs formalisés.
aura compris que surgit aujourd’hui l’impérieuse des autres. Dès lors, le travail du manager de la maturité dans les usages, il est donc Alors puisqu’en la matière, le but est dans
ne consiste pas seulement à “résoudre des
obligation pour les responsables d’accompagner important de privilégier la simplicité, le choix le chemin... avançons.
problèmes” ou à “prendre des décisions” mais
et de manager opérationnellement des organisations de solutions neutres au regard de l’existant et
POUR AVANCERS VERS | 98 | L’EFFICACITE COLLECTIVE POUR AVANCERS VERS | 99 | L’EFFICACITE COLLECTIVE
Efficacite collective Jean-Claude RUANO-BORBALAN, Directeur Général, Institut Demos
et organisation apprenante
anglo-saxonne qui fait de l’organisation toute la question du sens (“pourquoi apprendre ?“).
POUR L’ORGANISATION, LA QUESTION DE L’ADAPTATION ET DU CHANGEMENT apprenante, un discours enchanteur destiné Dans le cadre de la réflexion que l’Institut
à résoudre toutes les questions que se pose Demos mène sur l’organisation apprenante,
EST AUSSI CRUCIALE QUE DÉLICATE. LES SCIENCES DE L’ORGANISATION
le management d’entreprise. il est apparu essentiel, non seulement de
ONT EN QUELQUE SORTE APPLIQUÉ UNE MÉTAPHORE QUI PERMET En fait, au-delà d’un énorme discours de reconnaître, mais aussi de promouvoir le travail
DE RÉPONDRE : L’ORGANISATION CHANGE “COMME L’INDIVIDU”, EN marketing qui a servi de nombreux cabinets de collaboratif et les communautés de pratiques (COP).
consultants, un constat peut être fait. Il existe Il s’agit là de l’un des dispositifs qui peuvent
APPRENANT. NOUS VERRONS CI DESSOUS QUE L’APPRENTISSAGE EST
un champ scientifique significatif autour de contribuer au renforcement de l’efficacité
AUTANT UNE QUESTION “INTERNE” À L’INDIVIDU QU’UNE QUESTION l’apprentissage organisationnel qui offre de collective (la formation, mais aussi la réflexion
COLLECTIVE, NOTAMMENT LIÉE À LA CAPACITÉ DE COOPÉRATION ET AUX nouvelles perspectives pour interpréter et et l’écoute organisationnelles contribuent aussi
comprendre l’action humaine. En sciences à l’efficacité collective). Une COP constitue non
DISPOSITIFS DE COOPÉRATION. humaines, les référentiels conceptualisant seulement un groupe d’appartenance mais
l’organisation apprenante existent donc bel aussi un groupe de “praticiens-réflexifs” qui
et bien. Pour l’essentiel lis sont fondés sur pour apprendre échangent au travers d’un
Un détour historique s’impose en premier lieu acteurs, bref un ensemble de dysfonctionnements
deux impératifs : langage commun et de valeurs partagées.
sur l’essor de l’Ecole des Relations humaines a démontré les limites “lourdes” du modèle
1) former les individus Sans cela, la réelle capacité de générer de
dans les années 1930 qui nous rappelle la prise bureaucratique et de ses grandes
2) leur fournir des dispositifs organisationnels l’apprentissage organisationnel reste limitée.
en compte du facteur humain et de la motivation standardisations.
et techniques capables d’accroître leur capacité
pour opérer les changements organisationnels
“
de coopération, dans le cadre du travail.
nécessaires. Cependant, suite au développement En contrepoint de ces limites de plus en plus
des sciences de gestion dans les années 1970, reconnues des formes “bureaucratiques“
L’apprentissage et le changement organisationnel
et notamment en lien avec les expériences du d’organisations, on a vu apparaître le concept
sont donc en premier lieu un problème lié à
management participatif, la réflexion stratégique d’organisation apprenante, dans un contexte
L’apprentissage
la capacité des individus. Or, comme individu,
a muté. La pensée managériale et gestionnaire particulier : émergence de la “société du savoir”,
et le changement
on apprend dès lors que l’on est confronté à
est passée d’un paradigme de la guerre (avec la généralisation des technologies de l’information
un problème, de l’environnement social,
prédominance de la stratégie, du pouvoir, de la et des communications, obsolescence et
organisationnel sont “
organisationnel ou individuel. La confrontation
domination) à un paradigme fondé sur la explosion des connaissances, changements
donc en premier lieu
s’opère à 2 niveaux : cognitif et social. C’est la
connaissance où ce sont les notions de dans le monde du travail, apprentissage tout au
confrontation à autrui, avec autrui qui détermine
coopération, de compétence, gestion long de la vie, etc. L’idée qu’une organisation
un problème lié
l’apprentissage, plus que la capacité à traiter
informationnelle qui prévalent. Les nouvelles puisse et doive apprendre tente de répondre
l’information. A ce titre, l’apprentissage, le
à la capacité
formes d’organisation du travail, la conception à une interrogation : celle de concevoir des
changement et l’efficacité sont fortement
du travail lui-même et les nouvelles activités systèmes organisationnels qui soient capables
des individus.
conditionnés par le groupe, les réactions
de travail ont produit des modèles interprétatifs d’apprendre et d’ajuster leur action comme le
d’autrui. Les obstacles à l’apprentissage sont
plus complexes de l’action humaine en ferait un individu. Il s’agit, notamment, de créer
renforcés par les images négatives de soi d’une
organisation. A partir de ce moment, on a des “systèmes intelligents” capables d’adaptation
part, et les représentations erronées du monde.
ressenti de plus en plus fortement les difficultés et d’ajustements sans intervention régulière
Mais au-delà de la capacité individuelle
des formes traditionnelles de l’organisation du d’agents externes. La réflexion autour de cette
cognitive et du rôle des interactions sociales
travail. La rigidité des procédures, le ritualisme notion d’organisation apprenante est
(favorables à l’apprentissage), se pose bien sûr
des méthodes, la fuite de responsabilité des relativement brouillée par la conceptualisation
POUR AVANCERS VERS | 100 | L’EFFICACITE COLLECTIVE POUR AVANCERS VERS | 101 | L’EFFICACITE COLLECTIVE
Faire converger les interets Jean-Michel CORNU, Directeur Scientifique, Fing
individuels et collectifs
“
aux actions ou bien le fait avec le minimum dans le cadre des “jeux de coordination”.
Que cherche une personne d’implication. La phrase clé souvent utilisée Elle ne prend pas en compte la dimension culturelle
dans un groupe ? par un participant qui limite son action est : que nous verrons plus loin, mais permet de
La phrase clé
“C’est leur problème.” comprendre certains mécanismes aboutissant
à la coopération ou à la non-coopération.
souvent utilisée
COMPRENDRE CE QUI NOUS REUNIT Une des façons déguisées de ne pas s’impliquer On distingue deux résultats particuliers :
par un participant “
Pour mieux comprendre comment réconcilier dans un groupe - y compris pour un coordinateur - - L’équilibre de Nash : Lorsque chacun définit
l’intérêt collectif et l’intérêt des personnes, est de se cacher derrière une approche sa stratégie “au cas où” l’autre ne jouerait pas
qui limite son
il nous faut avant tout saisir les motivations technologique. Les outils, y compris bien souvent le jeu, on arrive à une solution. Mais celle-ci
des individus à s’insérer dans un groupe. les outils de coopération, prévus pourtant pour n’est en général pas optimale (c’est le cas dans
action est : “C’est
Ces motivations sont en partie communes faire avancer les projets et les idées, peuvent le célèbre dilemme du prisonnier ou chacun
leur problème.”
(les buts partagés). Elles peuvent aussi être devenir un prétexte pour nous défausser de préfère trahir son compère plutôt que de se
propres à une personne et aller dans le sens du notre responsabilité. retrouver seul à écoper de toute la peine).
groupe (envie de contribuer) ou au contraire en - L’optimum de Pareto : Il s’agit de la solution
diverger. Un des exemples classique est optimale qui est atteinte quand le gain de l’un
le besoin de reconnaissance, le besoin d’exister ne peut augmenter sans diminuer celui de
Quand l’environnement pallie
à travers le groupe. Il peut pousser à s’imposer l’autre. Pour arriver à cette solution, les individus
le manque de concertation
dans le groupe, à ne pas s’y impliquer ou bien devraient disposer d’une vision globale.
au contraire être un moteur très positif pour Mais celle-ci n’est pas appréhendable à cause
participer aux buts communs. de la difficulté à comprendre l’effet produit
L’ENVIRONNEMENT FAVORISE OU PENALISE par la somme des actes individuels dans
CERTAINES ACTIONS la construction de la termitière, sans qu’aucun
S’IMPOSER POUR EXISTER un environnement complexe.
Une demande directe imposée à des personnes d’entre eux n’ait une vision du résultat complet
Au-delà de l’intérêt propre qu’il peut retirer des
réduit l’intelligence collective du groupe à obtenir. Bien sûr, l’être humain dispose d’une
résultats collectifs, chacun peut vouloir exister
ESSAYER PLUSIEURS FOIS POUR COMPRENDRE
à l’intelligence de celui qui donne les ordres. intelligence individuelle, mais il est également
à travers le groupe. Il cherche alors à se “faire
L’AUTRE ET DECOUVRIR LES MEILLEURES
Une autre façon de procéder consiste soumis, tout comme les insectes sociaux et
un nom” au sein de la communauté, même
STRATEGIES
à remplacer la transmission explicite du message même si c’est de façon partielle, à l’influence
si cela est le plus souvent “non dit” ou même
Il existe cependant une façon d’atteindre cet
par une modification de l’environnement. de son environnement.
“non conscient”. Ce besoin d’être visible peut
optimum. Pour cela, il est nécessaire de
Dans ce cas il est possible de favoriser les actions
produire plusieurs réactions différentes comme
“rejouer” en conservant la mémoire des coups et
individuelles allant dans un certain sens et de TRAHIR OU COOPERER EN FONCTION
la tentation de prise de pouvoir ou l’opposition
en utilisant des stratégies. Ainsi, chaque membre
pénaliser d’autres types d’actions tout en DE CE QUE L’ON ANTICIPE DE LA REACTION
systématique. La peur d’être dilué dans
du groupe apprend comment l’autre réagit et
laissant cependant une latitude à chaque DE L’AUTRE
le groupe mène à une vision totalisante du
affine sa stratégie en fonction de cela.
membre du groupe. Ce dernier point est important
groupe. Pourtant, même lorsque le coordinateur Lorsqu’une action globale a lieu sans concertation
Mais la réaction de chacun dépend elle-même
pour que chacun puisse ouvrir de nouvelles pistes.
se positionne en “dictateur bienveillant” avec entre les membres, les membres n’ont pas de
de la façon dont il comprend les réactions des
les meilleurs sentiments, il ne peut “contrôler” vision globale et chacun cherche à maximiser
autres. Nous sommes dans un système
UNE ACTION GLOBALE MEME SANS
le groupe sans réduire à néant sa complexité son intérêt personnel ou bien sa vision
d’interactions complexes et l’équilibre final dépend
CONCERTATION ENTRE LES MEMBRES
et son intelligence collective. personnelle par rapport à ce qu’il “projette“
de l’histoire de ces différentes interactions.
Cette approche appelée “stigmergie” nous permet du collectif. Lorsqu’il s’agit de personnes, elles
Sur le long terme chacun découvre non seulement
une coordination entre les membres même sans
OU BIEN NE PAS S’IMPLIQUER peuvent choisir suivant deux réactions - jouer
les réactions de l’autre mais également l’efficacité
concertation. Elle ne fait pas appel à une vision
Lorsqu’elle ne peut se faire un nom dans le jeu ou au contraire trahir - suivant la façon
des différentes stratégies. La mémoire des
globale de chaque membre. Par exemple ce sont
le groupe, une personne risque alors d’avoir dont elles anticipent la réaction de l’autre.
meilleures solutions permet de faire converger
les phérormones qui guident les termites dans
une implication moindre. Elle ne participe pas La théorie des jeux étudie différent cas de figure
POUR AVANCERS VERS | 102 | L’EFFICACITE COLLECTIVE POUR AVANCERS VERS | 103 | L’EFFICACITE COLLECTIVE
Faire converger les interetS individuels et collectifs
les comportements vers l’optimum. On parle la première fois, de voir comment réagit l’autre,
alors d’apprentissage par renforcement. puis d’appliquer à chaque fois la stratégie
utilisée par le partenaire la fois précédente
PLUS ON ESSAIE, MIEUX C’EST... A CONDITION (Cette stratégie est appelée “donnant-donnant”).
Elle fournit une information comme quoi on est
DE NE PAS FORCER LES CHOIX
prêt à coopérer à condition que l’autre coopère
Pour que le groupe converge vers une solution,
également. Mais l’efficacité d’une stratégie
il faut un grand nombre de choix individuels,
dépend de celle employée par le ou les partenaires.
c’est-à-dire un grand nombre d’acteurs et un
Il est donc nécessaire de s’adapter en fonction
grand nombre d’itérations. Une solution est
des circonstances.
atteinte lorsque chaque acteur n’a plus qu’un
“
seul choix. Il ne s’agit pas forcément de
UNE CONSEQUENCE DES ITERATIONS :
la meilleure mais d’une solution qui s’en approche.
L’INTELLIGENCE DE L’AUTRE
Il faut également que le choix des acteurs ne
soit pas forcé pour augmenter le coté aléatoire Une des conséquences intéressantes de cette
Pour que des réponses, sinon, le système converge plus approche par itérations, est que la personne,
le groupe rapidement mais s’éloigne de la bonne solution. à défaut d’obtenir une vision globale, acquière
une “intelligence de l’autre” en comprenant ses
converge vers une Les ant algorithms, proches des algorithmes intérêts et la façon dont elle réagit. Cela lui permet
“ génétiques étudient comment des ensembles de ne plus simplement réagir en fonction de ses
solution, il faut un de choix individuels convergent vers des effets intérêts propres mais de trouver une approche
grand nombre de positifs ou non pour l’ensemble d’un groupe. qui prenne en compte les deux intérêts.
Ils montrent que l’on peut aboutir à une solution On parle alors de stratégie “gagnant-gagnant”.
choix individuels optimum ou s’en rapprocher sans avoir à explorer
AGIR SUR L’ENVIRONNEMENT PLUTOT QUE
toutes les possibilités. Cette approche est adaptée
aux problèmes statiques complexes comme DIRECTEMENT SUR LES ACTEURS
la production d’emplois du temps dans un Dans un système complexe, comme nous
établissement scolaire ou encore le problème l’avons vu, il est difficile de relier les actions
du voyageur de commerce qui doit parcourir un élémentaires et les effets obtenus globalement.
ensemble de ville en minimisant son parcours. Si les actions individuelles sont imposées par
Lorsque l’on n’a pas de solution globale à un une personne de façon centralisée, alors
problème complexe, il est possible de simuler l’intelligence du groupe se réduit à l’intelligence
un ensemble de choix individuels qui converge du chef. L’environnement également coordonne
peu à peu vers une solution. Les ant algorithms les actions individuelles en favorisant certains
sont également particulièrement efficaces pour comportements et en pénalisant certains
les problèmes dynamiques, dans lesquels autres. Même lorsque les membres ne peuvent
les conditions changent en cours de jeu. pas se concerter, ils peuvent établir des stratégies.
Avec un grand nombre d’interactions, celles-ci
UN PEU DE CONNAISSANCES POUR GAGNER convergent vers une solution proche de l’optimum.
DU TEMPS
Une façon de “gagner du temps” est de connaître Il devient possible pour une personne de coor-
l’efficacité a priori des différentes stratégies. donner un groupe en modifiant l’environnement
L’une d’elle augmente les chances d’atteindre de façon qu’il favorise la convergence dans un
l’optimum de Pareto. Il s’agit de coopérer sens défini.
POUR AVANCERS VERS | 104 | L’EFFICACITE COLLECTIVE POUR AVANCERS VERS | 105 | L’EFFICACITE COLLECTIVE
EfficacitE collective, Renaud CORNU-EMIEUX, Directeur, EMSI Grenoble Ecole de Management
pilotage de projets
et systEmes d’informationS
Tel monsieur Jourdain, toute personne qui Revenons sur le sujet des projets système
d’information en milieu professionnels.
LE FORMIDABLE ACCUEIL DE CETTE ENQUÊTE “EC2006“ PERMET échange, co-construit, est un acteur du travail
collaboratif qui parfois s’ignore. Néanmoins,
D’AVOIR UNE VISION DES PLUS PRÉCISES DU TRAVAIL COLLABORATIF Dans un contexte en constante évolution où
peu de communautés vivent, produisent,
EN FRANCE. UNE DES LECTURES DES RÉSULTATS DE L’ENQUÊTE, les compétences et les savoirs sont de plus en
organisent un travail efficace sans un acteur clé
plus partagés, où les délais sont de plus en plus
qui jouera un rôle d’animateur. Cette fonction
PERMET DE METTRE EN ÉVIDENCE UN DISCOURS DIVERGENT. contraints, où le contexte organisationnel est très
est souvent informelle dans des communautés de
SI UNE GRANDE MAJORITÉ DE PERSONNE DÉCLARE TRAVAILLER EN souvent instable, le modèle d’organisation de projet
partage comme les communautés qui tournent
MODE COLLABORATIF OU TOUT AU MOINS VOULOIR TRAVAILLER EN qui sépare le monde en deux : maîtrise d’ouvrage
autour des jeux. Il est intéressant de constater
(MOA) d’un côté, et maîtrise d’œuvre (MOE) de
que sur les forums dédiés à ce type d’activité,
COLLABORATION, UNE MAJORITÉ DÉCLARE ÉGALEMENT QUE DANS l’autre, n’est probablement plus pertinent.
les échanges sont très souvent animés par
SON MILIEU PROFESSIONNEL LES CONDITIONS POUR UN TRAVAIL
“
quelques leaders. Dans le milieu professionnel
COLLABORATIF EFFICACE NE SONT PAS RÉUNIES. de telles communautés existent dans le monde
de la recherche.
Et puis, est-ce “
Dans le cadre professionnel quand le travail
nécessaire de
Comment analyser ça ? Sommes nous dans le Avant de revenir sur le nécessaire fonctionnement collaboratif réunis des acteurs de différents
syndrome de la sécurité routière (“MOI je conduis collaboratif des projets de système d’information organismes se regroupant autour d’intérêts
collaborer
bien” disent 90% des sondés, “je ne me sens pas en milieu professionnel, dressons une rapide
communs, cette collaboration est organisée
en sécurité sur la route” disent une majorité des cartographie des acteurs clés du travail collaboratif.
pour créer
et son animation est généralement confiée au
mêmes sondés) ? Ce constat met il en évidence
porteur de cette collaboration. Il en est de même
de la valeur ?
des carences structurelles par rapport au travail Comme pour les autres composantes du SI, le
pour les projets internes aux sociétés.
collaboratif ? Et puis, est-ce nécessaire de modèle “en couches” s’applique. Le travail
collaborer pour créer de la valeur ? collaboratif, tel qu’on l’évoque aujourd’hui,
L’animateur est un acteur indispensable pour
s’appuie sur un certain nombre d’applications
toute activité collaborative. Face à un
Une piste d’analyse est de rapprocher ce constat informatiques qui fonctionnent sur des architectures
développement du travail collaboratif qu’il soit
aux difficultés rencontrées pour travailler de informatiques. Application, architecture : deux
interne aux entreprises ou bien lié à des actions Ce partage du monde en deux entre une maîtrise
manière collaborative sur les projets système familles d’acteurs de l’ombre du travail
regroupant plusieurs acteurs (pôle de d’ouvrage porteuse du besoin en charge de
d’information. En effet, combien de projets collaboratif. Il est intéressant de noter que
compétitivité par exemple), cette fonction valider le travail de la maîtrise d’œuvre et une
système d’information ne sont en fait qu’une nombre des applications dédiées à ce domaine
d’animateur est, en milieu professionnel, une maîtrise d’œuvre sachant réaliser l’ouvrage en
succession d’actions individuelles ou menées sont elles-mêmes issues d’un travail collaboratif !
fonction en pleine professionnalisation, un répondant à des spécifications, liées entre elles
par de petits groupes avec des interactions En effet, il est à souligner l’importance des
par un contrat qui précise la qualité de l’ouvrage,
certain nombre d’organismes de formation
limitées au strict minimum, générant applications issues des communautés de l’open
son coût et son délai de réalisation, était
proposent des séminaires, voire des cursus sur
frustrations, décalages entre le besoin exprimé source. Le fonctionnement de ces communautés
probablement à une époque le gage de résultats
ce thème, l’Ecole de Management des Systèmes
et la réalisation. Projets dans lesquels les est très riche d’enseignement : une très forte
basés sur une démarche cartésienne. Mais
d’Information de Grenoble Ecole de Management,
individus ne se retrouvent pas et par motivation des acteurs, des résultats, un
aujourd’hui, c’est probablement un fonctionnement
fait parti de ces organismes.
conséquent ne s’impliquent pas. fonctionnement communautaire abouti...
POUR AVANCERS VERS | 106 | L’EFFICACITE COLLECTIVE POUR AVANCERS VERS | 107 | L’EFFICACITE COLLECTIVE
EfficacitE collective,
pilotage de projets et systEmes d’informationS
générateur de frustrations et de moindre Ce modèle binaire perdure encore.
implication de l’entreprise dans les projets. On a probablement là un élément important
Ceci n’importerait peu si les résultats étaient là, d’explication de ce décalage de perception que
mais tel n’est pas souvent le cas. les individus ont du travail collaboratif et de ce
que l’entreprise peut leur offrir sur ce sujet.
Ce modèle n’est plus applicable en l’état, C’est en effet sur la stratégie de l’entreprise
aujourd’hui dans un monde où les notions de en termes de collaboration et de l’organisation
réactivité, d’agilité, d’instabilité sont nécessaire à cette collaboration que sont les
prépondérantes. Aujourd’hui, il est de plus en vrais sujets.
plus difficile de travailler avec des modes de
fonctionnement qui présuppose des Comme bien souvent en termes de système
situations stables permettant d’avoir des délais d’information, l’outil n’est que le révélateur de
de plusieurs semaines, voire plusieurs mois difficultés liées à l’absence de stratégie et
entre un cahier des charges validé et un ensuite de méthodes. Les bonnes questions
déploiement effectué. sont dans l’ordre : pourquoi, comment, avec
quel outil ?
De plus, ce modèle n’intègre pas une famille
prépondérante d’acteurs qui n’ont pas leur mot Dans ce fonctionnement par projets
dans la maîtrise d’ouvrage mais qui seront au d’un nouveau type où une collaboration forte se
premier rang dans l’usage : les utilisateurs du développe entre les différents acteurs projets
futur ouvrage. Avec le déploiement de dans un objectif d’efficacité opérationnelle, de
l’informatique personnel, ces utilisateurs ont de réactivité et in fine de meilleur usage de
plus en plus d’exigences et ne comprennent pas la résultante du projet, le rôle du chef de projet,
qu’à la maison on puisse tout faire en informatique réel chef d’orchestre de cette collaboration est
et qu’au “boulot” çà soit aussi compliqué. Les prépondérant. Au-delà d’un rôle d’animateur,
compétences des acteurs ont évolué rendant il sera l’organisateur d’un travail collaboratif
inopérant un modèle basé sur le fait que le fructueux, performant et efficace. On se référera
savoir ne se trouve que chez la seule maîtrise aux documents produits par le club informatique
d’œuvre. des grandes entreprises françaises (CIGREF)
sur les acteurs des projets système d’information
“On ne m’a pas demandé mon avis“. “J’ai validé pour comprendre la complexité des interactions
un cahier des charges et je n’ai plus de nouvelles et la nécessité de mettre en place une stratégie
depuis 3 mois”. “La conduite du changement, nous de travail collaboratif sur les projets au sein
on fait : regardez notre plan de formation”. Ces des entreprises et d’avoir des acteurs formés
quelques phrases qui ne décrivent pas tout à fait sur le sujet.
un travail collaboratif abouti sont probablement
exagérées, cela ne se passe bien évidemment
pas ainsi dans les projets... quoi que !
POUR AVANCERS VERS | 108 | L’EFFICACITE COLLECTIVE
ET dEMAIN ? Marc DEVILLARD, Directeur des Opérations Marketing, Microsoft France
consacrer à l’épanouissement de son talent plutôt moyen essentiel de maintenir et développer son
qu’à l’apprentissage des interfaces avec les outils. “employabilité” - Et probablement, en face de
NOUS AVONS LONGUEMENT ÉVOQUÉ LE PRÉSENT ET LES PISTES POUR
ce tourbillon de possibles, un retour aux valeurs
AMÉLIORER NOTRE AVENIR COLLECTIF, À L’HEURE DE FERMER CE • Pour un avant-goût de ce à quoi pourrait traditionnelles et aux particularismes locaux,
DOCUMENT ENVISAGEONS UN AVENIR PLUS LOINTAIN, OÙ LES PROMESSES ressembler notre espace de travail demain, avec une dimension de liberté supplémentaire,
je vous encourage à effectuer une visite (au qui sera celle de choisir plus facilement
DE NOUVELLES TECHNOLOGIES SE SERAIENT FAITES RÉALITÉ. ALORS
moins virtuelle) de ce que propose le “Center sa communauté de rattachement.
RÊVONS UN PEU... for Information Work” au siège de la société
Microsoft à Redmond, USA, à l’adresse suivante : Dans une très large mesure en tout cas, l’avenir
http://www.microsoft.com/presspass/presskits/ sera celui que nous aurons voulu rêver
ciw/default.mspx. et réaliser pour nous et nos enfants. Il est de
à partir de la voix (imaginez des transcriptions
Quels changements notre responsabilité à tous de mettre en œuvre
automatiques en ligne lors de réunions...) ; Au vu de ce que les technologies introduites les outils existants et d’en faire des instruments
de technologies ? dans les toutes dernières années ont déjà amené de liberté, d’initiative, et de création de richesse.
- Avec la hausse des débits, du stockage, et comme modifications dans nos vies quotidiennes,
de la puissance de calcul, la photo et la vidéo voici quelques pistes que l’on pourrait imaginer
• Avec tous les risques que représentent prendront sans doute de plus en plus de place en extrapolant à 5 ou 10 ans :
les efforts de prospective, on peut imaginer dans notre quotidien ;
comment certains progrès fondamentaux auront
... pour quels changements
un impact visible dans notre façon de travailler - La convergence numérique va prendre tout
“
au jour le jour. Par exemple : son sens avec la généralisation de standards
d’usages ?
d’échanges d’informations, permettant au
- L’affichage : l’apparition d’écrans de haute logiciel de s’intégrer à nos maisons, dans
résolution, à rafraîchissement rapide, prenant toutes les pièces, dans nos voitures, et sous • Une vision centrée sur l’individu et non plus
Rêvons “
peu de place (pliables ou enroulables ?) des aspects de plus en plus éloignés de celui sur les organisations qui les abritent, avec à la
ensemble
et à faible consommation, permettront du PC traditionnel ; disposition de chacun les moyens de concilier
d’accéder à une expérience plus immersive tous les impératifs personnels et professionnels
notre avenir,
et peut-être de disposer d’un vrai espace de - Avec les hausses de puissance par appareil, auxquels il est soumis
rangement de ses informations de même on peut aussi imaginer que les interfaces soient
et faisons en
taille perçue qu’un dessus de bureau physique de plus en plus personnalisées, capables de • Une vision plus claire de la façon dont
une réalité.
aujourd’hui ; réagir efficacement à différents contextes le travail des uns et des autres s’intègre
sémantiques, capables aussi de retrouver harmonieusement vers des objectifs communs
- La généralisation des réseaux haut débit les informations les plus pertinentes en
sans fil, l’apparition de batteries à autonomie fonction de nos goûts, personnalités, contextes • Un temps fragmenté, avec une culture
prolongée, permettront une mobilité quasi individuels. “multitâche” et de la réalisation dans l’instant
sans limite et pousseront peut-être encore
un cran plus loin la culture du zapping, de • Au total, et au-delà de la course permanente • Plus de place pour l’autonomie et l’initiative
l’instantané ; aux nouvelles fonctionnalités, je pense que individuelle
l’avenir de la technologie passe par un recentrage
- La saisie d’informations, après le clavier sur les individus et en particulier par la quête de • Un renforcement de l’importance de la
et la souris, se fera peut-être directement la bonne simplicité, celle qui permet de se formation individuelle et collective, comme
ET DEMAIN ? | 110 | ET DEMAIN ? ET DEMAIN ? | 111 | ET DEMAIN ?
ET DEMAIN ? | 112 | ET DEMAIN ?
questionnaire 3/11 - Les réunions
Légende : A = Comment je travaille - B = Comment j’envisage de travailler
B. Comment
Q4. Comment, la plupart du temps, organisez-vous vos réunions ? A. Comment
j’envisage
je travaille
une seule réponse possible travailler
1/11 - Votre activité professionnelle
1. En téléphonant aux participants pour trouver une date et les informer
Vous qualifieriez votre activité professionnelle plutôt comme… 2. Par courrier électronique
une seule réponse possible 3. En consultant l’agenda partagé et en informant les participants par email
4. A partir de l’agenda partagé, en envoyant une demande de rendez-vous. Les participants
1. Une activité de contributeur individuel et/ou d’administratif
indiquent quelques dates qui leur conviennent et sont automatiquement prévenus par email
2. Une activité de management, responsable de groupe(s) ou d’équipe(s)
de la date retenue
3. Une activité de communication et d’échanges
5. J’utilise un système de gestion des emplois du temps très complet qui me permet de trouver
4. Une activité d’expert
une date disponible, de mettre à jour les agendas de chacun, de réserver une salle,
Votre activité professionnelle vous oblige, entre autres et plus particulièrement, à… d’envoyer l’ordre du jour aux participants...
une seule réponse possible
B. Comment
Q5. Comment, le plus souvent, prenez-vous des notes en réunion ?
1. Traiter et/ou produire de l’information «texte» A. Comment
j’envisage
je travaille
2. Traiter et/ou produire de l’information numérique une seule réponse possible travailler
3. Traiter et/ou produire de l’information graphique
1. Sur papier
4. Produire et faire des présentations et/ou des rapports
2. Sur papier avec quelques notes sur ordinateur
3. Directement sur ordinateur
Votre travail au quotidien s’exerce plus...
4. Sur ordinateur en faisant en plus un enregistrement audio
une seule réponse possible
5. Sur ordinateur en utilisant en plus du clavier un tablet PC qui me permet de saisir des schémas
1. De manière individuelle
ou dessins avec un stylet et qui reconnaît mon écriture pour la rendre utilisable dans mon
2. De manière collaborative
traitement de texte
2/11 - La préparation d’un document B. Comment
Q6. Comment, le plus souvent, rédigez-vous le compte-rendu final d’une réunion ? A. Comment
j’envisage
je travaille
une seule réponse possible travailler
B. Comment
Q1. Lorsque vous devez remplir des formulaires administratifs, le plus souvent vous le faites… A. Comment
j’envisage 1. En reprenant et rédigeant sur un papier mes notes prises durant la réunion
je travaille
une seule réponse possible travailler 2. Sur mon ordinateur à partir de mes notes papier
3. En remettant en forme et complétant les notes que j’avais prises sur mon ordinateur
1. à la main sur un formulaire papier
4. En remettant en forme et complétant les notes que j’avais prises sur mon ordinateur selon
2. à partir d’un formulaire en version électronique que je rempli et qu’ensuite j’imprime
un format dédié de compte-rendu de réunion
3. à partir d’un formulaire type en version électronique que je rempli et que j’envoie par email
5. J’ai pu prendre les notes directement sur mon ordinateur dans un format dédié
4. en remplissant directement un formulaire sur mon Intranet
pour les comptes-rendus, j’ai très peu de remise en forme à faire pour le finaliser et je peux
5. en remplissant un formulaire dans un fichier, qui est automatiquement traité après validation
bénéficier des notes prises par les autres participants issues d’un outil collectif
par un bouton de commande dans le document
de prise de notes et commentaires dans mon traitement de texte
B. Comment
Q2. Comment, la plupart du temps, accédez-vous aux données numériques de votre entreprise A. Comment
j’envisage B. Comment
Q7. En général, comment communiquez-vous à vos collègues les documents relatifs
je travaille A. Comment
dont vous avez besoin pour travailler ? une seule réponse possible travailler j’envisage
je travaille
à une réunion (ordre du jour, documents utiles,etc...) ? une seule réponse possible travailler
1. Je les demande au service concerné
1. En faisant circuler des documents papier et en les distribuant le jour de la réunion
2. Je reçois régulièrement des sorties papier
2. Par envoi email et distribution le jour de la réunion
3. Je les reçois régulièrement par email
3. En plaçant les documents dans un de mes dossiers partagés accessible à tous
4. Je peux accéder directement aux données qui sont mises à jour en temps réel
4. En plaçant les documents sur un Intranet
5. Je peux accéder directement aux données qui sont mises à jour en temps réel et faire
5. Les documents produits pendant la réunion sont automatiquement ajoutés sur l’Intranet
des requêtes particulières selon mes besoins
dans mon traitement de texte
B. Comment
Q3. Lorsque vous devez établir un document contenant des données et des calculs chiffrés, A. Comment
j’envisage B. Comment
je travaille Q8. Comment procédez-vous en général pour vérifier, sans la déranger, qu’une personne de
vous le faites le plus souvent… une seule réponse possible A. Comment
travailler j’envisage
je travaille
votre entreprise éloignée de votre bureau soit présente ? une seule réponse possible travailler
1. à la main sur le document à partir des données que je calcule sur ma calculatrice
1. Je lui téléphone ou me renseigne par téléphone auprès de ses collègues
2. sur mon ordinateur en entrant mes données de calcul directement sur le document
2. Je confirme sa présence en regardant un emploi du temps papier
3. sur mon ordinateur en profitant des fonctions et modalités de calcul et de contrôle proposés
3. Je vérifie son emploi du temps sur ordinateur
par le document que je remplis (de type tableur par exemple)
4. Je regarde si il est connecté à sa messagerie instantanée (chat)
4. sur mon ordinateur (comme en 3) en profitant en plus de données et calculs issus directement
5. J’utilise tous les moyens électroniques mis à ma disposition
de bases de données internes
5. sur mon ordinateur comme en 4) en profitant en plus de données et calculs issus directement
de bases de données de mes clients, fournisseurs ou partenaires
ANNEXES | 114 | ANNEXES ANNEXES | 115 | ANNEXES
questionnaire
B. Comment B. Comment
Q9. Comment, généralement, trouvez-vous les coordonnées de personnes de votre entreprise ? Q15. Comment, en général, triez-vous les courriers électroniques auxquels vous souhaitez
A. Comment A. Comment
j’envisage j’envisage
je travaille je travaille
répondre ou relire plus tard ? une seule réponse possible
une seule réponse possible travailler travailler
1. Je les laisse tels quels
1. Je passe du temps à essayer de les retrouver dans un mail reçu, ou me renseigner auprès
2. Je les garde non lus
de collègues qui connaissent la personne
3. Je les sauve dans différents dossiers
2. Je passe du temps à rechercher la personne dans l’annuaire en ligne en faisant défiler
4. Je les marque par un signal, un drapeau afin de les différencier des autres
tous les noms car il n’a pas de fonction de recherche rapide
5. Mes courriers électroniques sont automatiquement séparés dans des dossiers
3. Je fais une recherche rapide par mot clé dans l’annuaire en ligne
ou différenciés par un drapeau
4. Je fais une recherche rapide par mot clé dans l’annuaire en ligne et accède directement
à son emploi du temps
5. Je fais une recherche rapide par mot clé dans l’annuaire en ligne et ai la possibilité de savoir
6/11 - Le partage de l’information
si il est présent sur son poste de travail
B. Comment
Q16. Où habituellement sauvez-vous les fichiers que vous devez partager avec vos collègues ? A. Comment
B. Comment
Q10. Comment habituellement recevez-vous les messages téléphoniques qui vous sont laissés j’envisage
A. Comment je travaille
j’envisage une seule réponse possible travailler
je travaille
en votre absence ? une seule réponse possible travailler
1. Je n’ai pas de fichier à partager
1. Oralement ou via mémo ou post-it laissé par la personne qui a reçu le message
2. Sur mon ordinateur qui est accessible à mes collègues en mon absence
2. Je reçois un mail de la personne qui a reçu le message
3. Dans un dossier partagé de mon ordinateur, accessible par le réseau de l’entreprise
3. Je consulte ma messagerie vocale
4. Dans un dossier partagé d’un serveur du département
4. Je reçois directement le message par mail
5. Sur un site Intranet dédié au partage d’information
5. Je consulte ou reçois directement le message à mon bureau, mais aussi je peux le consulter
en déplacement via un téléphone mobile ou un assistant personnel (PDA)
B. Comment
Q17. Comment et où trouvez-vous habituellement les documents partagés par vos collègues ? A. Comment
j’envisage
je travaille
une seule réponse possible
B. Comment travailler
Q11. Comment, en général, et si vous êtes amené à le faire, faites-vous la présentation A. Comment
j’envisage
je travaille
d’un projet, d’un produit à vos collègues ou clients ? une seule réponse possible 1. En explorant un groupe de dossiers collectés et partagés sans classement
travailler
2. A partir d’un serveur commun sur lequel les fichiers sont triés par dossiers
1. Oralement sans support particulier
3. En me rendant sur l’Intranet dédié au partage d’information
2. A partir de documents papier disponibles ou de la présentation du produit lui-même
4. J’utilise un outil de recherche sur l’Intranet qui m’indique où se trouve le fichier désiré
3. A partir de documents que j’ai préparés sur mon ordinateur et imprimés
5. J’utilise un outil de recherche qui analyse mes travaux récents et liste automatiquement
4. En projetant à partir de mon ordinateur une présentation simple que j’ai réalisée
les données et informations correspondantes et utiles sur l’Intranet
5. En utilisant différents moyens multimédias et interactifs
B. Comment
Q18. Comment, en général, procédez-vous lorsque vous souhaitez diffuser un document assez A. Comment
B. Comment
Q12. De quelle façon discutez-vous habituellement avec vos collègues pour trouver des idées j’envisage
A. Comment
je travaille
largement (à votre service, votre département...) ? une seule réponse possible
j’envisage
travailler
je travaille
nouvelles, voire faire du brainstorming ? une seule réponse possible travailler
1. J’imprime et distribue le document
1. Uniquement oralement, en prenant éventuellement des notes
2. Je l’envoie en pièce attachée par courrier électronique
2. En utilisant un tableau ou un paper board pour présentation et discussion
3. Je le place sur un serveur partagé et envoie le lien par mail
3. En préparant les points clés dans un document texte sur ordinateur et en les discutant
4. Je place sur l’Intranet un lien vers le document
4. En utilisant des logiciels de dessin et de présentation (graphiques, texte) durant nos discussions
5. Je place un lien vers le document sur l’Intranet qui informe automatiquement les personnes
5. En projetant des dessins, graphiques... réalisés en temps réel sur mon ordinateur et en
concernées de sa disponibilité ou je publie directement une page sur le site
enregistrant à la fois les graphiques et les conversations associées aux documents réalisés
B. Comment
Q19. Comment gérez-vous d’habitude les fichiers qui contiennent des informations sensibles et A. Comment
j’envisage
5/11- L’utilisation d’Internet et des courriers électroniques je travaille
que vous souhaitez partager ? une seule réponse possible travailler
1. Je ne gère pas d’informations sensibles
B. Comment
Q13. Pour rechercher de l’information utile à votre activité professionnelle, à quelle fréquence A. Comment 2. Je ne communique le fichier qu’aux personnes autorisées qui m’en font la demande
j’envisage
je travaille
utilisez-vous Internet ? une seule réponse possible travailler 3. Je protège le fichier par un mot de passe que je communique aux seules personnes concernées
ou je bénéficie d’un système de mail sécurisé
1. Je n’ai pas accès à Internet depuis mon ordinateur / Je ne sais pas utiliser Internet.
4. Je stocke le fichier sur un espace sécurisé (intranet, serveur dédié...) qui n’est accessible
2. Très rarement bien que j’en aie la possibilité
qu’aux personnes autorisées
3. Quelques fois, mais je préfère les collecter autrement la plupart du temps
5. Je stocke le fichier sur un espace sécurisé. Je peux facilement visualiser qui a accédé au fichier
4. Assez régulièrement, en même temps que d’autres sources d’information
et à quelle date. La sécurisation de mon ordinateur est régulièrement contrôlée et je dois suivre
5. Quotidiennement, je ne pourrais m’en passer
des procédures de sécurité strictes.
B. Comment
Q14. Où pouvez-vous lire les courriers électroniques professionnels qui vous sont envoyés ? A. Comment
j’envisage
je travaille
une seule réponse possible travailler
1. Je n’ai pas de courrier électronique / Je ne sais pas comment utiliser les courriers électroniques.
2. Sur mon poste de travail au bureau
3. Sur mon poste et à différents endroits de l’entreprise (salle de conférence...)
4. Dans mon entreprise, mais également à partir de mon domicile
5. Pratiquement partout quand je suis en déplacement, à partir de mon ordinateur portable,
de mon téléphone portable ou de mon assistant personnel (PDA)
ANNEXES | 116 | ANNEXES ANNEXES | 117 | ANNEXES
questionnaire
B. Comment
Q20. Comment, en général, accédez-vous aux contenus des séminaires et des séances Q24. Quand on me parle d’outils pour le travail collaboratif et l’efficacité collective,
A. Comment
j’envisage
je travaille
d’informations qui se déroulent au sein de votre entreprise ? une seule réponse possible je comprends plus précisément... au maximum 3 réponses
travailler
1. Rien en particulier n’est rendu publiquement disponible 1. qu’il s’agit de technologies et logiciels pour élaborer et partager des informations
2. Les présentations et comptes-rendus en version papier sont disponibles sur demande et des documents avec les autres
3. Les présentations et comptes-rendus sont systématiquement adressés par e-mail 2. qu’il s’agit d’outils de gestion partagée des tâches et de gestion partagée du temps
aux personnes concernées 3. qu’il s’agit de logiciels pour faciliter la traçabilité et la sécurité des informations
4. Les présentations et comptes-rendus ainsi qu’éventuellement les vidéos sont disponibles et des documents
et consultables sur le réseau interne 4. qu’il s’agit de technologies et logiciels pour améliorer le suivi des projets et l’allocation
5. L’ensemble des présentations et comptes-rendus ainsi que les vidéos de ces sessions des ressources
sont accessibles en permanence sur le réseau interne avec un système de droits d’accès 5. qu’il s’agit de technologies et logiciels pour faciliter la découverte et l’apprentissage
personnalisés et sécurisés de nouvelles connaissances et repérer les expertises et les compétences
Q25. Pour vous, au quotidien, pensez vous que le travail collaboratif et plus généralement
7/11- La collaboration (activités collectives) et les emplois du temps l’efficacité collective soient... au maximum 3 réponses
B. Comment 1. Difficile à mettre en place
Q21. Comment, en général, procédez-vous lorsque vous souhaitez écrire un document en colla- A. Comment
j’envisage 2. Sans beaucoup d’intérêt ou d’utilité et n’a pas prouvé de résultat
je travaille
boration avec des collègues ? une seule réponse possible travailler
3. Inadapté à la culture de mon organisation et ses habitudes de travail
1. J’envoie le document imprimé à mes collègues qui me le retournent chacun avec leurs 4. Un accélérateur de performances et de résultats autant pour moi que pour mon organisation
corrections que j’intègre 5. Un levier pour développer la confiance et la reconnaissance au sein de mon cadre de travail
2. Je transmets le document électronique via e-mail à mes collègues qui me le retournent chacun 6. Une profonde nécessité qui va transformer notre mode de travail et les modes d’organisations
avec leurs corrections que j’intègre 7. L’occasion de prendre à mon compte des usages nouveaux et attractifs des technologies
3. Le document est mis sur un serveur partagé et chacun peut le modifier (si personne n’est déjà
en cours de rédaction)
Q26. Le travail collaboratif et plus généralement l’efficacité collective Assez
Pas importante Très importante
4. Le document est mis au point par chaque auteur avec un logiciel qui gère les différentes importante
sont des questions d’une actualité...
versions du document
5. Le document est mis au point avec un logiciel qui gère les différentes versions du document, 1. Pour votre entreprise
l’intervention simultanée des auteurs, les commentaires et discussions associés, 2. Pour votre groupe de travail
les notifications de corrections via e-mail 3. Pour vous
B. Comment
Q22. Comment, la plupart du temps, s’organise pour vous et avec les autres le travail en commun A. Comment Q27. Pour vous, et en général, l’accès aux informations venant d’autres collègues est...
j’envisage
je travaille
sur un projet ou bien une activité distribuée entre plusieurs ? une seule réponse possible travailler
1.Difficile
1. Je consulte un document papier (agenda, cahier,..) pour connaître la manière dont le projet 2.Moyennement difficile
est planifié et géré pour que je puisse prendre mes décisions d’actions 3.Assez facile
2. J’utilise mon ordinateur et j’assure une gestion personnelle de mon activité 4.Facile
3. Je consulte les agendas et les taches partagés sur l’Intranet pour agir en conséquence
4. Je prends connaissance des agendas et taches partagés qui sont coordonnés et ajustés
Q28. Pour vous, et en général, l’accès aux informations venant de l’extérieur est...
automatiquement en temps réel en fonction de la réalisation et j’agis en conséquence
5. Les emplois du temps et les tâches sont en permanence ajustées en fonction des contraintes 1.Difficile
opérationnelles et je suis les indications qui me sont fournies 2.Moyennement difficile
3.Assez facile
4.Facile
8/11 - Votre attitude envers le travail collaboratif, le partage d’information et les technologies
Q29. Pour vous l’information que vous recevez Très Assez Tout a fait
Insuffisante Excessive
Q23. D’une manière générale, quelle attitude vis-à-vis des technologies de l’information insuffisante suffisante suffisante
ou trouvez est...
et de la communication (TIC) vous caractérise le mieux ? une seule réponse possible
1. En quantité
1. Je les utilise le moins possible et vraiment quand je suis obligé
2. En qualité
2. Conscient de leur intérêt, j’ai des difficultés à complètement les utiliser et à les maîtriser
3. Je les utilise quotidiennement et sans difficulté majeure, mais seulement
si elles me sont utiles Q30. Souhaitez vous que l’information que vous recevez ou trouvez soit...
4. J’utilise sans problème les technologies (matérielles et logicielles) mais je suis dans un 2 réponses possibles seulement
environnement qui les utilise peu ou de manière que je juge insuffisante
1. Plus adaptée à ma demande
5. J’utilise de nombreuses technologies (matérielles et logicielles) pour être toujours
2. Plus condensée
plus efficace et par plaisir d’utiliser des outils innovants
3. Plus rapide et plus facile à obtenir
4. L’opportunité de découvrir d’autres connaissances utiles
5. L’opportunité de renforcer mes réseaux de collègues
ANNEXES | 118 | ANNEXES ANNEXES | 119 | ANNEXES
questionnaire
11/11 - Votre profil
Q31. Dans le cas où votre entreprise vous demanderait d’utiliser plus intensivement des outils de partage de l’information
et de coopération, quel type d’effort pensez-vous devoir fournir prioritairement ? une seule réponse possible
Q37 : Pour que vous puissiez évaluer et mesurer l’évolution de vos pratiques et de votre style de travail,
1. Je demande à suivre une formation sur l’utilisation des nouveaux outils accepteriez vous de participer dans 1 an à EC2007 ?
2. Je demande à suivre un séminaire pour apprendre de nouveaux modes de travail
1. Oui
3. Je souhaite dégager du temps pour me former personnellement aux nouveaux outils
2. Non
4. Je serai conduit à réorganiser profondément mes méthodes et habitudes de travail pour les adapter aux outils proposés
3. Je ne sais pas
5. Je n’ai pas d’effort particulier à faire, à titre personnel j’utilise déjà ces outils
Age
Q32. Votre entreprise vous propose d’utiliser au quotidien des outils innovants de partage de l’information
et de coopération avec vos collègues. De maniére positive, vous vous dites plutôt... une seule réponse possible
16 - 24 ans
25 - 34 ans
1. Je vais gagner du temps
35 - 49 ans
2. Je vais enrichir mes connaissances et gagner en compétence dans mon métier
50 - 64 ans
3. Je vais être moins stressé et pourrai me concentrer sur mon travail
65 ans et plus
4. Je vais gagner en liberté d’action et serai plus créatif
5. Je vais me sentir plus autonome et plus responsable
Sexe
Q33. Votre entreprise vous propose d’utiliser au quotidien des outils innovants de partage de l’information
Homme
et de coopération avec vos collègues. De maniére négative, vous vous dites aussi... une seule réponse possible
Femme
1. On va me demander plus de résultats
2. Je n’ai que peu d’intérêt à partager et à coopérer Statut professionnel
3. Je me sentirai plus contrôlé
Cadre / dirigeant(e)
4. C’est tellement contraire à la culture de mon entreprise que je ne vois pas comment ça pourrait marcher
Agent de maîtrise / technicien(ne)
5. Je vais encore être obligé d’utiliser plus d’informatique et de technologies et je trouve qu’on a bien assez comme ça
Employé(e)
Etudiant(e)
10/11 - Votre attitude envers le travail collaboratif, le partage d’information et les technologies Inactif(ve)
Q34. A quelle fréquence utilisez-vous ces outils dans le cadre Type d’organisation
Jamais Rarement Assez souvent En permanence
de votre travail ?
Courrier électronique (email)
Messagerie instantanée / chat
Forum de discussion
Catégorie socio professionnelle
Blog
Wiki
Bureau virtuel collaboratif
Réseaux sociaux
Q35 : De votre point de vue, que vous manque-t-il, pour être plus efficace avec les autres
dans votre travail de chaque jour ?
Votre réponse :
Q36 : De votre point de vue, que faudrait-il, pour vraiment faire en sorte que toutes ces informations que vous créez
et traitez au quotidien se transforment, plus facilement et de manière évidente, en actions et décisions ?
Votre réponse :
ANNEXES | 120 | ANNEXES ANNEXES | 121 | ANNEXES
PARTENAIRES d’ec2006
“ “
MICROSOFT CIGREF
Fondée en 1975, Microsoft (cotée au NASDAQ sous le symbole MSFT) est le leader mondial Le CIGREF regroupe les grandes entreprises utilisatrices des technologies de l’information
du logiciel. La société développe et commercialise une large gamme de logiciels, accessoires (assurance, banque, énergie, distribution, industrie, services...). La finalité du CIGREF est de
et services à usage professionnel et domestique. La mission de Microsoft est de mettre son “promouvoir l’usage des systèmes d’information comme facteur de création de valeur et source
expertise, sa capacité d’innovation et la passion qui l’anime au service des projets, d’innovation pour l’entreprise“. Le CIGREF a trois métiers : l’intelligence, l’influence et l’appartenance.
des ambitions et de la créativité de ses clients, afin de faire de la technologie leur meilleure L’association fait valoir les attentes légitimes des grands utilisateurs d’informatique et de
alliée dans l’expression de leur potentiel. Créée en 1983, Microsoft France emploie plus de télécommunications. Pour cela, elle entretient des relations avec les principaux décideurs dans
1100 personnes. Depuis le 1er février 2005, la présidence est assurée par Eric Boustouller. le domaine des technologies de l’information ainsi qu’avec les Pouvoirs publics français et
européens. Le CIGREF est présidé depuis juillet 2006 par Didier LAMBERT (DSI Essilor) ;
Jean-François PEPIN en est le Délégué général depuis juillet 2001.
www.microsoft.com
www.cigref.fr
ACFCI Assemblée des Chambres
DEMOS
Françaises de Commerce et d’Industrie
Le groupe DEMOS est l’un des principaux acteurs de la formation pour adultes en Europe.
Porte-parole des 155 Chambres locales, métropolitaines et des DOM-TOM, et des 20
Il délivre en France plus de 1500 formations dans tous les secteurs professionnels.
Chambres régionales, l’ACFCI remplit une double mission :
Il a développé un Institut ayant pour vocation de lui fournir les outils et moyens d’une réflexion
- Représenter et défendre les intérêts des 1 800 000 entreprises ressortissantes auprès des
de haut niveau sur la formation, l’apprentissage, le changement , la stratégie des organisations
pouvoirs publics français et européens. Elle participe aux délibérations de nombreux organismes
et leur environnement. L’INSTITUT DEMOS est également une réponse au besoins d’utilisation
nationaux de concertation à vocation économique et sociale.
de connaissance par les professionnels. Son objectif est simple : transmettre les avancées
- Apporter appui et conseil aux CCI dans leurs activités et assurer la synthèse de leurs
de la connaissance experte et universitaire, dans le cadre de séminaires de formation continue,
propositions sur les moyens d’accroître la prospérité de l’industrie, du commerce et des services.
de l’accompagnement du changement individuel ou organisationnel.
L’ACFCI a également pour ambition de faciliter la mise en commun des bonnes pratiques et
l’échange d’expériences.
www.demos.fr
www.acfci.cci.fr
EMSI - Grenoble Ecole de Management
AFNET : Comprendre, partager et agir Le management, le pilotage du changement et l’informatique ne sont pas des domaines
distincts et cloisonnés, ce sont des approches qui doivent être imbriquées et harmonisées,
Depuis plus de vingt ans, l’Association Francophone des utilisateurs du Net accompagne
pour faire du système d’information un vecteur de création de valeur. Le management des
activement les entreprises, les institutions, les salariés et les citoyens pour une appropriation durable
Systèmes d’Information fait appel à des compétences multiples au carrefour du management,
des nouvelles technologies de l’information. S’appuyant depuis toujours sur une charte et des valeurs
de la conduite de projet et des enjeux technologiques. L’ambition de l’Ecole de Management
de transparence, de neutralité, d’éthique, d’ouverture et de partage, l’AFNeT, l’ONG du Net, est au
des Systèmes d’Information (EMSI) de Grenoble Ecole de Management est d’accompagner les
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cœur des enjeux opérationnels de la création de valeur et des nouvelles formes de compétitivité dans
hommes et les entreprises engagés dans cette dynamique. L’EMSI mise sur le brassage des
une société de l’information, de la connaissance et de l’innovation qui se mondialise. L’AFNeT conduit
cultures et des savoir-faire pour former des managers pluri compétents capables de mener
notamment les programmes e-PME, BOOST-Aero et BOOST-Industrie & Services destiné à faciliter
des projets stratégiques en pilotant le changement.
l’appropriation des NTIC pour accroître la compétitivité des filières industrielles et de services.
www.afnet.fr www.emsi-grenoble.com
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PARTENAIRES d’EC2006
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“ ENSAM ICCE
Fondée en 1780, l’Ecole Nationale Supérieure d’Arts et Métiers a formé à ce jour près de 80 000 Développer le leadership, renforcer les performances et l’efficacité collective des organisations,
ingénieurs qui ont marqué de leur empreinte l’histoire du développement industriel français. des territoires et des hommes dans la société en réseau et l’économie de la connaissance.
Pour l’ENSAM (Ecole Nationale Supérieure d’Arts et Métiers), être ingénieur, c’est introduire de l’esprit
Pour ICCE (Intelligence Collective Coopération et Efficacité), société de services et de conseils,
dans un projet, être créateur d’harmonie. Ingénieur inspiré, qui s’évertue à transformer le monde, qui
notre engagement avec nos clients se traduit par notre capacité à décrypter, construire,
innove et crée pour le rendre plus beau, plus convivial, mieux adapté à l’homme, tout en respectant
promouvoir, mettre en place et accompagner des approches et solutions innovantes et
la création et les lois de la nature. C’est là l’ambition que nous nous fixons. Outre l’aptitude technique
approfondies, pour favoriser la création de richesses et l’appropriation des nouvelles formes
et scientifique, la maîtrise organisationnelle, économique, financière, environnementale, sociale
d’efficacité collective au sein des organisations et de leur réseau étendu. Regroupant des
et même artistique sont au cœur du savoir faire et de l’état d’esprit transmis à nos étudiants.
personnalités partageant ensemble des valeurs d’éthique, d’excellence, de solidarité compétitive
et de confiance, nous sommes des initiateurs et des acteurs reconnus des stratégies et pratiques
www.ensam.fr collaboratives et de KM conduites avec succès et résultats en France et à l’international.
FING www.icce-link.com
Repérer, stimuler, valoriser l’innovation dans les services et les usages des technologies de
l’information et de la communication.
L’ambition de la FING (Fondation Internet Nouvelle Génération) est d’aider ses adhérents et au delà
Donnezvotreavis.com
les acteurs européens, à se placer au premier plan de l’innovation dans les services, les applications
et les usages de l’internet et des technologies de la communication. Cette ambition s’exprime
dans trois lignes d’action : Repérer l’innovation, Stimuler l’innovation, Valoriser l’innovation. Donnezvotreavis.com est l’activité étude et dialogue par Internet de Nextmodernity, société
La Fing compte aujourd’hui plus de 160 membres Elle est représentée au plus haut niveau auprès
qui développe une activité de conseil, d’étude, de formation autour du concept de nextmodernité
du gouvernement (CSTI) et de la Commission européenne (e-Europe).
(un nouveau modèle de société qui est train d’émerger, suite notamment au développement
phénoménal des TIC et de leurs usages, et dont le web 2.0 est une excellente illustration).
www.fing.org Champs d’intervention : développement des compétences liées à la société numérique,
communautés Internet, réseaux sociaux...
La Tribune www.nextmodernity.com
La Tribune est le quotidien qui analyse et décrypte tous les jours pour ses lecteurs toute l’actualité
économique. A travers sa version papier et le site web latribune.fr, La Tribune offre une information
claire, vérifiée, et renouvelée en permanence pour aider les cadres, les investisseurs et tous les
acteurs économiques dans leurs décisions stratégiques. La Tribune, c’est le quotidien moderne
et dynamique qui donne tous les jours une information qui fait la différence.
Trivium
www.latribune.fr
Trivium-SA spécialisée dans la cartographie de l’information est une société française à capitaux
privés, fondée en 1992. Grâce à sa solution logicielle, See-K, c’est une entreprise leader sur
Radio Classique le marché du pilotage et du développement des compétences et du Capital Humain. Implanté
en France et aux Etats-Unis, Trivium bénéficie de quatre atouts majeurs : des clients (grands
Avec un journal complet chaque demi-heure et une synthèse chaque quart d’heure, Radio Classique
comptes et organismes publics) issus de tous les secteurs d’activité, des partenaires présents
Info offre chaque matin aux auditeurs toute l’actualité généraliste et économique, analysée et mise
dans le monde entier, des solutions opérationnelles offrant des résultats rapides et des équipes
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en perspective. Le soir, la parole est donnée aux experts et aux auditeurs pour débattre des sujets
hautement qualifiées sur les plans
d’actualité. Radio Classique, c’est aussi le plaisir de la musique classique accessible à tous, autour
fonctionnels et techniques liés aux problématiques d’informations, de compétences et
d’émissions musicales en direct où la convivialité, l’accessibilité, la diversité et la qualité des
de connaissances.
programmes sont les éléments clés. Radio Classique est présente dans plus de 100 villes en France.
www.trivium.fr
www.radioclassique.fr.
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table des matieres
editorial p01- P03
Travailler, produire et crEer autrement p04- P08
p09- P36
CHAPITRE #01 PReSENTATION DE EC2006
Efficacité Collective 2006 : faits saillants et présentation générale
Rappel de la méthodologie
Résultats et commentaires
Analyse cartographique des réponses et des commentaires
Repérage
CHAPITRE #02 le point de vue individuel : analyses et perspectives p37- P48
Paradoxe, mythe et réalité de l’efficacité collective
Efficacité collective et performance individuelle, à quelles conditions ?
Pratique individuelle et volonté des organisations
CHAPITRE #03 enjeux et defis pour les organisations p49- P66
L’incontournable basculement ?
Efficacité collective, PME et entreprise étendue
Un défi pour les grandes organisations : les outils collaboratifs sont là...
mais les usages restent à inventer
Efficacité collective dans le secteur institutionnel et non marchand
p67- P88
CHAPITRE #04 TEMOIGNAGES
Le rôle de la confiance dans l’efficacité collective
Accompagnement du changement et efficacité collective
Efficacité individuelle et efficacité collective : quelles priorités pour plus de performances ?
La “networking attitude”, levier de l’efficacité collective
Les nouveaux défis du métier de DSI au service de l’efficacite collective
L’efficacité collective pour l’animation économique d’un territoire
p89- P108
CHAPITRE #05 POUR AVANCER VERS L’EFFICACITE collective
Quelles conditions pour le bon usage des outils d’efficacité collective et de travail collaboratif ?
Sur la mise en place d’un responsable de l’efficacité collective dans les organisations
L’efficacité collective au service des entreprises et organisations en réseau : Pôles de compétitivité, clusters et territoires
Efficacité collective et organisation apprenante
Faire converger les intérêts individuels et collectifs
Efficacité Collective, Pilotage de projets et Systèmes d’Informations
p109- P112
CHAPITRE #06 Et demain ?
Et demain ?
CHAPITRE #07 ANNEXES p113- P125
Questionnaire
Partenaires d’EC2006
Les informations, articles et documents du collectif d’auteurs de ce Tome 1 “Travailler Autrement” du Petit Précis d’Efficacité Collective sont sous licence Creative Commons.
Cette création est mise à disposition selon le Contrat Paternité-NonCommercial-NoDerivs 2.0 France disponible en ligne http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/fr/
ou par courrier postal à Creative Commons, 559 Nathan Abbott Way, Stanford, California 94305, USA.
Le choix a été fait de rendre transparentes et neutres les méthodes, la construction, la réalisation et la diffusion de EC2006 et d’associer un collectif de partenaires qui
garantissent la validité, la rigueur, la pertinence et le succès de la démarche. Mais aussi sa légitimité et sa diffusion pour porter le débat. C’est dans ce cadre que l’AFNeT,
la FING, l’ENSAM, EMSI GEM se sont mobiliser avec le soutien du CIGREF, de l’ACFCI et de DEMOS et le parrainage de Microsoft, La Tribune et Radio Classique étant
les partenaires medias de EC2006. La mission de maîtrise d’ouvrage et d’opérateur donnée à ICCE - Intelligence Collective, Coopération et Efficacité – en alliance avec
DonnezVotreAvis.com et Trivium complète le dispositif qui offre ainsi les garanties requises
Réalisation : Coxinélis - www.coxinelis.fr - R.C.S. Lyon B 967 505 868
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