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Oet c25 aetd_viguier Oet c25 aetd_viguier Document Transcript

  • 6|a&d Les bureaux se sont métamorphosés, le travail se modifie, les modes de management ont évolué. Les entreprises deviennent citoyennes et les bâtiments sont respectueux de l’environnement. Dans cette affluence de changements, qu’en est-il de la conception et de la construction des immeubles de bureaux ? Les architectes ont-ils eux aussi bouleversé leurs habitudes et leurs manières de faire ? Jean-Paul Viguier a dessiné et conçu un grand nombre de sièges sociaux en France. Projet après projet, le créateur de Cœur Défense participe activement à la transformation de l’architecture tertiaire. Photo Zabou Carriere Jean-Paul Viguier Un architecte en mouvement « La construction d’un nouveau siège social est un bouleversement pour une entreprise, car par ses propositions, l’architecte provoque de fait l’évolution des pratiques de travail » explique Jean-Paul Viguier. « Ce sont de nouvelles solutions techniques qui ont permis à une époque donnée la conception de très larges plateaux sans piliers ; les façons de travailler et la représentation hiérarchique s’en sont trouvées immédiatement transformées. L’architecte Richard Rogers a initié le mouvement : faire tomber les cloisons, ouvrir les esca- liers et montrer les déplacements ; le travail dans sa variété et sa multiplicité d’actions ne se cachait plus ». Aujourd’hui un plateau Tour Majunga, La Défense, Paris, Document : L’autre imageofficeetculture #25
  • a&d|7
  • 8|a&d Siège social SFR , Saint-Denis Réalisations Cœur Défense, Paris IBM France, Bois-Colombes, 2010 L’Atrium, Boulogne-Billancourt, 1991 Bureaux, Cœur Bastide, Bordeaux, 2012 Hôtel Sofitel Water Tower, Chicago, 2002 Pôle de Commerces et de Loisirs, Lyon, 2012 Quartier de l’amphithéâtre, Metz, en cours Aménagements, Pont du Gard, Nîmes, 2000 France Télévision, Paris 15e, 1998 Parc André Citroën, Paris 15e, 2000 Cœur Défense, Paris La Défense, 2001 Tour Majunga, Paris, La Défense, en cours Médiathèque, Reims, 2002 Campus SFR, Saint-Denis, en cours GEC Alsthom, Saint-Ouen, 1996 Immeuble mixte, place Vörösmarty, Budapest, 2007 The McNay Art Museum, San Antonio Texas, 2008 Muséum d’histoire naturelle, Toulouse, 2008 Siège d’AstraZeneca, Rueil-Malmaison, 1997 Siège de Prisma Presse, Gennevilliers, 2010 Maquette « Cool model » Siège du journal l’Équipe, Boulogne-Billancourt, 2008officeetculture #25
  • Un architecte en mouvement a & d | 9 New-York City, Projetouvert et des aménagements intérieurs sophistiqués sont devenus Jean-Paul Viguier travaille toujours en étroite proximité avec lesdes modèles courants de l’organisation spatiale des espaces de tra- futurs utilisateurs, pourtant le processus de conception d’un bâti-vail. « La position d’un collaborateur dans l’entreprise ne s’exprime ment tertiaire s’est modifié notablement au cours des années. « Leplus par la dimension d’un bureau individuel mais par la nature principal changement vient de la façon dont la maîtrise d’ouvragede son travail effectué aux yeux de tous. L’exposition du travail est structurée. Longtemps le commanditaire finançait seul son futurdans son mouvement, dans sa dynamique, est une idée qui n’a siège social et la relation entre le maitre d’ouvrage et l’architectepas gagné les pays latins où le travail est toujours vécu comme une était directe. Aujourd’hui le montage financier des opérationscontrainte. Les anglais éprouvent un plaisir sincère immobilières implique un plus grand nombre d’ac-à voir les gens travailler » note Jean-Paul Viguier. L’espace est teurs. » Un projet se met en place selon le schéma sui-La création d’un siège social correspond très souvent une matière en vant : un promoteur et une entreprise avec un besoinà la nécessité de rassembler des collaborateurs sur transformation d’immobilier tertiaire recrutent ensemble un architecteun même lieu suite à des rachats d’entreprises, une en lançant un concours pour que soit imaginé unfusion ou une restructuration. Le rôle de l’architecture est de créer un bâtiment. Lorsque l’architecte est choisi, l’entreprise se retire dubâtiment cohérent qui extérieurement exprime l’unité de l’entreprise montage et se positionne comme le futur locataire des bureaux àtandis que l’espace intérieur doit aider les collaborateurs (qui souvent construire. Le locataire étant trouvé, le promoteur cherche alors unse connaissent peu) à bien travailler ensemble. La mission de tout investisseur pour lui vendre le projet immobilier et assurer ainsiarchitecte est donc de concevoir une solution en trois dimensions en le financement de la construction.réponse à des demandes parfois complexes ou contradictoires. Cequi est essentiel, c’est de trouver un langage, des outils de médiation Face à cette multiplicité d’interlocuteurs, l’architectepour que la compréhension entre le commanditaire et l’architecte doit créer un projet immobilier moderne et innovant ;soit fluide. « Lorsque je conçois un siège social, je travaille en direct il doit œuvrer sans céder aux requêtes des uns et des autres quiavec le futur occupant. Le dialogue est toujours passionnant, j’écoute sont souvent persuadés qu’un immobilier banal et standard a plusles attentes et les besoins, les espoirs ; un nouveau bâtiment peut de chances de plaire à de futurs locataires. Dans le montage d’unapporter beaucoup à une entreprise. Aux questionnements je réponds projet immobilier tertiaire, toutes les parties engagées ont des res-bâti, espace, façon d’occuper les lieux mais surtout j’utilise des cool ponsabilités. « Une vision du projet doit se dégager et s’exprimermodels, des maquettes d’assemblage à la plus petite échelle possible. clairement » souligne Jean-Paul Viguier. « Le choix de l’architecteGrâce à cela le projet devient plus perceptible et accessible, le futur est fondamental, il doit être capable de construire cette vision. »occupant peut prendre la maquette en main, la manipuler, avoir Une idée couramment répandue laisse entendre que plus un bâti-conscience de sa structure. Cet outil représente le bâtiment au mini- ment est adapté à son premier utilisateur moins il conviendra àmum de l’idée et le met en jeu par rapport à l’espace. »  des utilisateurs futurs. C’est une idée fausse : « une forte identité #25 officeetculture
  • 10 | a & dPôle de Commerces et de LoisirsConfluence de LyonPhoto : Takuji Shimmura architecturale est une garantie de valeur patrimoniale sur le long utilisé habituellement à plat pour habiller les parois et les façades terme pour l’immobilier tertiaire » constate l’architecte. « Éviter la des immeubles et s’en est servi pour réaliser des structures. Ce banalité et préférer la modernité n’entre pas en contradiction avec nouvel usage a modifié immédiatement et radicalement ce maté- la recherche d’un équilibre entre ce qui est durable, utile et beau ». riau. Il cherche sans cesse à tirer parti de techniques nouvelles. Jean-Paul Viguier tient compte du contexte dans lequel un nouveau Aujourd’hui il s’attache à construire avec moins de matière, à bâtiment sera construit. Il aime prendre le temps d’arpenter longue- réaliser des « bâtiments secs », plus légers et plus transparents. ment un quartier, une zone en friche avant de construire. Le futur Pour construire il privilégie les plaques pré-industrialisées de plâtre, édifice et le territoire existant sont pour lui indissociablement liés. de béton ou d’acier, du bois. « Le chantier sec est un chantier « De nouveaux bâtiments transforment fondamentalement le quar- moderne ; travailler avec des éléments secs permet de faire bou- tier ou la ville où ils sont construits : ils fondent ger davantage les formes. Cette liberté d’action le lieu » décrypte Jean-Paul Viguier. Avant toute Tout lieu exige permet d’édifier des bâtiments fonctionnels pour construction ou rénovation, l’architecte passe une réponse les utilisateurs mais aussi plus attrayants, ori- beaucoup de temps à comprendre une région, à architecurale unique ginaux et modernes. » A Lyon Confluence une s’imprégner de son histoire, de sa culture. « On toiture réalisée en coussins se révèle être l’élé- ne bâtit pas à Chicago comme à Paris, Asnières ou Budapest » ment fondateur d’un bâtiment abritant de très nombreuses acti- rappelle-t-il. Un futur bâtiment se crée en fonction des attentes des vités et incarne par extension le point de ralliement symbolique différents interlocuteurs du projet, mais pas seulement. Selon les autour duquel s’organise tout un quartier. Jean-Paul Viguier est pays, les relations avec l’architecture sont teintées d’enthousiasme un adepte du mouvement, celui qui permet d’initier des trans- ou de suspicion. « Budapest est une ville sophistiquée, complexe, formations d’envergure. « La modernité naît du mouvement des et tout architecte a d’office les habitants contre lui. A l’opposé idées et des concepts ». Chicago est une ville radicale, ses habitants sont imprégnés de la tradition moderne du Bauhaus, ils accompagnent l’architecte à De nouvelles manières de concevoir l’architecture, chaque nouveau projet emblématique » décode Jean-Paul Viguier. inspirées du modèle hollandais de « l’atelier », Ces phénomènes se répètent à des échelles moindres, comme celles se développent aujourd’hui en France. Des architectes d’un centre-ville ou d’une zone d’aménagement. travaillent en concertation avec un directeur d’atelier. « Chacun Jean-Paul Viguier observe que des « métamorphoses s’opèrent apporte ses travaux, ils sont discutés collectivement, adaptés pour spontanément ; les conventions et les idées changent, la société se qu’ils s’intègrent à l’ensemble, pour que se créent des synergies. » renouvelle sous l’effet d’un effort collectif, d’un consensus social. » Selon cette méthodologie Jean-Paul Viguier a dirigé à Metz la L’architecte cherche « en agissant sur un point donné à accélérer refondation du quartier autour du centre Georges Pompidou (170 ces transformations. » Jean-Paul Viguier s’est emparé du verre 000 m²). Dans un cadre similaire, il participera en tant qu’archi-officeetculture #25
  • Un architecte en mouvement a & d | 11 Bureaux, Coeur de Bastide, Bordeaux Photo : Takuji Shimmuratecte au projet de rénovation du quartier de Clichy-Batignolles àParis. Les créations en atelier transforment les habitudes de travaildes architectes. La concertation et l’échange entre pairs favorisentl’implantation équilibrée de nouveaux édifices dans des zones où lebâti est déjà dense. Dans la période de l’après guerre, de nombreuximmeubles de grande hauteur ont été construits sur un mêmemodèle et donnaient le sentiment d’une architecture répétitive,morne, toujours la même où que l’on aille. « Le travail à sec, lesnouvelles matières, les structures en bois et en métal, les façadesen aluminium et en bois permettent désormais de construire destours claires et agréables. » De plus les sièges sociaux ne sontplus conçus comme des repaires ou des forteresses. « Les tourstertiaires modernes ne fonctionnent plus égoïstement en vase clos »analyse Jean-Paul Viguier. « De plus en plus on réfléchit très enamont à comment partager ou mutualiser certains espaces ouservices et à en faire bénéficier des entreprises voisines ou deshabitants des zones résidentielles proches. » Des balcons végéta-lisés, des terrasses privatives, des loggias d’étage, des jardins ensortie d’étage, des salles de réunions accessibles aux habitants desquartiers proches, des restaurants ouverts à tous les publics, desservices installés dans les étages supérieurs transforment radica- Lyon, Pôle de Commerces et de Loisirs Confluencelement une tour. « Les tours délaissent la sévérité et deviennent Photo : Takuji Shimmurades totems urbains, architecturalement intéressants, écologique-ment équilibrées. » « Les tours vont de nouveau séduire le grandpublic » pronostique l’architecte. Les nouvelles configurations qu’ilimagine induisent de nouveaux usages des espaces ; les immeublesde bureaux conçus par Jean-Paul Viguier anticipent de facto lesévolutions des modes de travail dans le secteur tertiaire. Pour aller plus loin • Jean-Paul Viguier, Architecte, Brigitte Mantel Éditions Odile Jacob, 2009 #25 officeetculture