Institutions liturgiques (tome_3)

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Institutions liturgiques (tome_3)

  1. 1. INSTITUTIONS LITURGIQUES PAR L E R. P . DOM P R O S P K R GUÉRANGER ABBÉ D E SOLESMKS Sanas Pontificiï Juris et sacra» Liturgirc traditiones labescentes confovcre. DEUXIÈME ÉDITION TOME TROISIÈME SUIVI DE LA LETTRE A MONSEIGNEUR LARCHEVÊQUE DE REIMS SUR LE DROIT DE LA LITURGIE PARISS O C I É T É G É N É R A L E DE L I B R A I R I E C A T H O L I Q U E VICTOR P A L M E , é d i t e u r des Bullandistes, DIRECTEUR GÉNÉRAL. JÔ, rue des Saints-Pères, y6 BRUXELLES GENEVE J. A L B A N E L , direct, de la suceurs. H . T R E M B L E Y , d irect. de Iasuccurs. 12, rue des Paroissiens, 12 4, rue Corratcric, 4 1 88 3
  2. 2. Biblio!èque Saint Libère http://www.liberius.net © Bibliothèque Saint Libère 2008.Toute reproduction à but non lucratif est autorisée.
  3. 3. INSTITUTIONSLITURGIQUES
  4. 4. PRÉFACE Lorsque, il y a dix ans, nous donnions au public le Lauteurdeuxième volume des INSTITUTIONS LITURGIQUES, nous r h e u r e u f r e t o u .étions loin de prévoir lheureux retour qui, durant cet Vs?opéré s d Sintervalle, s*est opéré de toutes parts vers lunité romaine vcrrpunitddu service divin. Tant de lettres pastorales, tant dordon- romaine r 1 du service d i v i nnances épiscopales, plusieurs conciles provinciaux, expri- -niant dune manière efficace la volonté la plus ferme et laplus solennelle de réunir nos Églises à la prière univer-selle, signaleront aux yeux de la postérité cette périodecomme une des plus remarquables et des plus fortementempreintes de lesprit de régénération qui, de temps entemps, vient ranimer et sauver les provinces de la chré-tienté. Déjà nous pouvons saluer laurore du jour où, selon la cedoctrine apostolique du grand pape Clément VIII, « dans ^ h a u t e m l n ^ n e« lÉglise répandue par tout lunivers, les fidèles du Christ p„™JÎ2deform« invoqueront et loueront Dieu par les seuls et mêmes pour lunité A e c r a n c e e t j •* °y« rites de chants et de prières (i). » Le temps approche de régime.où toutes les Églises de France étant successivement ren-trées, par les moyens de la prudence et de la vigueur deleurs prélats, dans les traditions vénérables de lantiqueLiturgie, attesteront plus hautement encore que celles quine sen écartèrent jamais, limportance de lunité dansles formes dune religion établie sur lunité delà croyanceet du régime. (i) Constitution Cum in Ecclesia t du 10 mai 1602. t. m A
  5. 5. il PUKl-ACK T r o i s grandes T r o i s grandes circonstances de lhistoire nous mettent circonstances * A A * i- • * i i i T• de lhistoire a m ê m e de reconnaître le lien qui unit le sort de la Litur- montrent le lien . . . , A , . , / ijui unit le sort gie aux premiers intérêts de 1 Eglise et de la société. la U t u r ç i c Lorsque Dieu voulut enfin mettre un terme à lanarchie c c s r a c c s i U 1 X inulrôts C r S barbares et constituer lEurope, il donna Char- dc lKgiisc et de leiïumne au monde. O r . ce iirand prince ne crut pas avoir la société. " . , • , assuré la solidité de 1 Empire chrétien, tant quil neut " pas appliqué à toutes les provinces la règle romaine de la Liturgie. Plus tard, le Charlemagne de FEglise, saint Grégoire VII, luttant jusquà la mort contre la barbarie quavaient enfantée les désordres du x° siècle, et poussant avec autant dintelligence que dénergie lccuvrc dépura- tion qui sauva lEglise et le monde, faisait appel au p r i n - cipe de lunité liturgique, et soumettait lEspagne à la prière romaine, en même temps quil faisait reculer de- vant elle, en Bohème, la Liturgie slave qui savançait vers lOccident. Enfin, lorsque lEglise eut besoin de recueillir toutes ses forces pour surmonter lailreuse tempête du c xvi siècle, et serrer dun lien plus étroit que jamais les provinces qui lui étaient demeurées fidèles, ne vit-on pas le saint concile de Trente, principal moyen de cette sublime réaction, après avoir préparé le retour à une Liturgie universelle, remettre aux mains du Pontife Romain cette œuvre dunité que saint Pic V accomplit avec tant de gloire ? A la veille des O r , si jamais le péril général a semblé réclamer, p o u r plus violents r m combats, le salut de 1 Eglise, le retour vers ces iormes antiques et ( u n o u spas^au%i^ l relient aux âges de foi, et rendent v s cd m a c c T t ! u i t ce ^ lhomogénéité du christianisme, nest-ce pas aujour- mii rappelle j h u i où la religion de Jésus-Christ est à la veille dessuver nde m a l h e u r e u x souvenirs. et de livrer les plus violents combats? I / h e u r e nest- elle pas venue de discipliner larmée, de faire appel à tous les genres de force, dellacer tout ce qui rappelle de mal- heureux souvenirs, darborer partout les couleurs du Chef contre lequel les portes de lenfer ne peuvent prévaloir?
  6. 6. PRÉFACE litL a q u e r e l l e nest p l u s s e u l e m e n t e n t r e lhérésie et lortho-doxie; q u i c o n q u e tient encore p o u r la famille, lautorité,la p r o p r i é t é , est o u doit être catholique; q u i c o n q u e aspireà renverser ces bases sacrées de toute société humaine, cest o u doit être sectateur de limpie réforme du x v i siècle.C e l a étant, cest a u x catholiques d e c o m p r e n d r e que leur .d r a p e a u est c e l u i d e R o m e , et q u e le m o i n d r e défaut dec o n f o r m i t é a v e c R o m e n e saurait q u e les énerver. Portonsh a u t l é t e n d a r d s u r l e q u e l b r i l l e n t la tiare et les clefs duV a t i c a n ; nous vaincrons par ce signe. Il y a huit ans, n o u s écrivions ces paroles : a L e s mo-« ments sont graves; lheure à laquelle nous v i v o n s est« solennelle; déjà, nous sommes remués, et nous le« serons plus profondément encore. Lunité seule, accep-te t é c d a n s t o u t e s s e s a p p l i c a t i o n s , f e r a n o t r e f o r c e e t a s s u -« rcra notre triomphe. L a question catholique ne sera pas« toujours agitée dans lenceinte des Etats particuliers;< elle d e v i e n d r a tôt o u tard la question r européenne. Le« jour a p p r o c h e o ù le cri doit se faire entendre : Dieu le« veut! Cest alors q u e lunité d é f o r m e s assurant lunité« d e v u e s et defforts, l É g l i s e se d é b a r r a s s e r a des e n t r a v e s« nationales qui la meurtrissent si c r u e l l e m e n t , et respi-« rera l i b r e m e n t s u r le p l u s g l o r i e u x des champs de ba-« taille (î). » C e s t e m p s sont arrivés, et, d e toutes parts, lÉglise par LÉglise voit c o m mq u i D i e u s a u v e r a l e m o n d e , r e s s e n t l e s effets d e cette çnccr" p o u r elle unim i s é r i c o r d e qui v e u t enfin laffranchir de tant de chaînes de période, x . , qui doitn a t i o n a l i t é q u i c a p t i v a i e n t s o n a c t i o n . L e s v a s t e s E t a t s s o u - laffranchir de - » i» * • i * t chaînesmis a r Autriche ont v u avec etonnement l a m a i n m ê m e des nationalitéd u s o u v e r a i n délier les fers q u i garrottaient d e p u i s si l o n g -t e m p s l É p o u s e d u C h r i s t ; lÉglise en F r a n c e retrouve uneliberté quelle ne connaissait plus depuis des siècles, etses P o n t i f e s , d a n s la p l u p a r t de leurs conciles, cherchant ^i) DÉFENSE DES INSTITUTIONS LITUR^IQI/CS i>*|f, Prùfnce, page vu/. }
  7. 7. IV PREFACE le remède aux maux du passé, proclament la nécessité de sunir dans la prière à cette Rome dont nous avons reçu les enseignements de la foi. Qui ne sentirait à un tel spectacle quun travail intérieur, dirigé parla divine Pro- vidence, sopère dans la chrétienté ? Tandis que langlica- nisme aux abois voit, à chaque heure, se détacher de lui les eccurs les plus généreux et les plus nobles intelli- gences ; tandis que lAllemagne, guérie pour jamais des utopies schismatiques de Febronius et des sacrilèges pré- tentions du congrès dEms, sunit, à Wurtzbourg comme à Vienne, pour proclamer sans détour la monarchie du Pontife Romain (i), la France se sent emportée par une force irrésistible vers le droit commun dont elle ne sétait écartée quau détriment de la liberté religieuse, et quen sacrifiant la fécondité de son apostolat, i x lien Le lien liturgique avec la Mère des Églises a donc été utcI l l u rcconnu .reconnu, depuis dix ans surtout, comme une des condi- a n S n sd c p U surtout t i ° principales de la vitalité des provinces du christia-c o m i n c une des ] n t ce mouvement qui entraîne les diocèses de s m c c 1 conditions principales de France vers la prière romaine ne se ralentira pas. A Dieu r r la vitalité f ,des pouvoirs du ne plaise que nous prétendions assigner à notre livre une christianisme, , , . . . . , . . , part plus grande que celle qui lui revient par le fait dans cette salutaire réaction! Ce livre na eu dautre mérite que de venir en son temps, et nous avouerons avec franchise que nous avons été plus étonné quun autre à la vue des événements qui se sont succédé sans interruption, en France, dans Tordre de la Liturgie, depuis 1 8 4 1 . LEsprit divin qui conduit lEglise est intervenu trop directement pour quil soit possible aujourdhui de méconnaître son action. Que Von se rappelle laccueil que reçurent les Lis- (1) L a u t e u r fait ici allusion à deux célèbres assemblées des eveques allemands à W u r t z b n u r g en iH j.8,ct des évêques autrichiens à Vienne en 1840, dans lesquelles les droits de lEglise furent revendiqués ct lauto- rité du Souverain Pontife affirmée avec une force et une solennité, a u x - quelles on n é u i t plus accoutumé dans ces contrées. Note de léditeur.
  8. 8. PRÉFACE V titutions Liturgiques^ le déchaînement, les démonstra- t i o n s quelles p r o v o q u è r e n t , et q u e lon jette ensuite les y e u x sur la carte d e la F r a n c e ecclésiastique. Depuis dix ans le n o m b r e de n o s diocèses d e m e u r é s fidèles à la Litur-g i e R o m a i n e q u i s é l e v a i t à p e i n e à d o u z e , sest accru detrente au m o i n s , entre lesquels les u n s sont déjà en pos*s e s s i o n de cette L i t u r g i e , et les a u t r e s so p r é p a r e n t à l e m -brasser. A Domino factum est istud, et est mirabile inoculis nos tris L h i s t o i r e d u n e r é v o l u t i o n si sainte et si pacifique sera Lhistoire d e 10Tune des plus belles pages des annales de nos églises. padfiqic! " U ncNous avions songé à en commencer des aujourdhui le jï F«£ce ar é c i t ; m a i s il n o u s a s e m b l é q u e l e s temps nétaient pas ^^^jj^^cra u n cvenus encore. L e s années qui vont suivre développeront, , . „ e s us ^ _ . . , " P» bellesp l u s encore les p l a n s d e la S a g e s s e divine : lesprit dunité pagesr . . . . . * i i i des annales defait, p o u r ainsi dire, a chaque heure de nouveaux pro- nos Églises,grès, et, bientôt les dernières traces de linnovation qua- evait implantée le x v m siècle, seront au m o m e n t de dispa-raître du milieu de nous. Il est donc juste dattendreencore, avant denregistrer tant de faits précieux qui sesont accomplis sous nos yeux, et qui témoignent avecéclat d e cette i n f l u e n c e céleste q u i est d e s c e n d u e s u r nosE g l i s e s , et par laquelle de toutes parts o n se fait gloired a d o r e r ce q u o n a v a i t b r û l é , et d e brûler ce q u o n avaitadoré. L e nouveau v o l u m e des Institutions Liturgiques que Malgré lc en o u s donnons en ce m o m e n t au public sest fait attendre ^bHcatîon"l o n g t e m p s (2); c e p e n d a n t , n o u s c r o y o n s p o u v o i r dire q u e n ^n^nué | t e rd a n s lintervalle q u i sest é c o u l é d e p u i s la publication du J a |*„^ j et o m e q u i la précédé, nous navons pas perdu de vue la lunité 1 r liturgique.grande cause a laquelle nous avons consacré nos faiblesefforts. Lettre à Mgr Varchevûque de Reims, Notre sur (1) Psalm. GXVH, 23. (a) Ce volume fut donné au public en i85i.
  9. 9. Vr PREFACE le droit de la Liturgie, nos deux Défenses, notre His- toire m ê m e d e sainte Cécile, n o u s ont fourni loccasion de c o r r o b o r e r et d a p p l i q u e r les p r i n c i p e s professés d a n s notre grand ouvrage. Les terribles événements qui sont venus f o n d r e s u r le p a y s , et q u i ont suspendu tant de travaux, ont aussi retardé lapparition de ce v o l u m e dont limpres- sion était déjà fort avancée il y a cinq ans. Le lecteur trouvera dans cette dernière particularité la raison de diverses allusions qui ne sont plus actuelles, en ce m o m e n t , m a i s qui Tétaient alors. Plusieurs questions sur lesquelles nous appelions lattention de Nosseigneurs les évêques o n t été lobjet de précieux r è g l e m e n t s dans quelques-uns des derniers conciles provinciaux, e t n o u s avons vu avec joie d a n s ces décrets salutaires la c o n f i r m a t i o n d e s désirs que nous avons osé émettre. Ktonncmcnt N o u s napprendrions rien de nouveau à nos lecteurs,c a u S parMes ° l u r c n d i s a n t que les deux premiers v o l u m e s des Institutions récriminations o n t été lobjet de vives r é c r i m i n a t i o n s : m a i s nous avoue* 7 dont son livrc^n^ié rons que ces attaques, plus que compensées assurément par daugustes ct n o m b r e u x suffrages, nous causèrent un certain etonnement. Il n o u s s e m b l a i t navoir eu en vue q u e le s e r v i c e d e l E g l i s e et l e m a i n t i e n d e s p r i n c i p e s éter- nels sur la doctrine liturgique ; d a n s lordre des faits, n o u s marchions appuyé des monuments ct des t é m o i g n a g e s les p l u s s û r s ; ct quant à lopportunité, la suite a m o n t r é que nous navions pas trop mal préjugé du sentiment catho- lique dans notre pays, en appelant lattention sur un état de choses qui nétait que le résultat des circonstances malheureuses dun t e m p s déjà loin de nous. Réfutation N o s adversaires nous ont o p p o s é tout dabord le défaut d u 1 C l l < m c tïric d mission p o u r traiter une matière qui intéresse à u n si lïU d C i a i , t 0 , n t in1ssfon P Indiscipline des Eglises de F r a n c e , ct ils o n t essayé de nous appliquer c o m m e fin d e non-recevoir le m a n q u e de c o m p é t e n c e dans les questions que n o u s avions posées. Cette manière de procéder à notre endroit eut
  10. 10. PRÉFACE VIIsemblé vouloir dire que nul théologien, nul canoniste, nulhistorien ne pourrait désormais traiter aucune questionecclésiastique, à moins davoir lintendance sur un grandn o m b r e dÉglises. P a r là on refuserait m ê m e à un évequele droit décrire sur des matières dont la portée séten-drait au delà des limites de son diocèse; puisquun simpleé v e q u e n e p o s s è d e p a s et n e x e r c e p a s d a u t o r i t é sur lesÉ g l i s e s q u i s o n t h o r s d e s o n t e r r i t o i r e . C e t t e r è g l e , il fautlavouer, serait v e n u e un peu tard, après tant de centainesdexcellents o u v r a g e s publiés dans tous les siècles, pard e simples é v è q u e s ct par de simples docteurs, et quicependant ont rendu les plus éminents services pourléclaircissement des principes ct lextirpation des abus. O n est en d r o i t d e x i g e r - d u n a u t e u r c a t h o l i q u e la p u - Droits c , ... . I» 1* I • I I » • t libertés danrete d intention et 1 o r t h o d o x i e d a n s la d o c t r i n e ; quant au auteur L n t n o , l U Lr é s u l t a t d e s e s l a b e u r s , il d é p e n d de mille*causes, mais i »o n p o u t t o u j o u r s d i r e q u e la vérité a ses droits contre les-quels rien ne prescrit. Si faible q u e puisse être une voixisolée, s o u v e n t elle est p a r v e n u e à se faire entendre; et,dans tous les cas, l o r s q u e q u e l q u e auteur orthodoxe pré-sente une thèse pratique dont lapplication peut réclamerc e r t a i n s c h a n g e m e n t s , il est toujours aisé de voir si ceschangements sont dans lesprit de lÉglise. Or, assuré-ment, personne nosera nier que le retour à lunité litur-gique ne soit p l u s c o n f o r m e à lesprit de lÉglise que laconservation des nouvelles Liturgies qui nont p o u r ellesni lantiquité, ni u n e o r i g i n e p u r e , ni la c o n f i r m a t i o n légi-t i m e . L e p l u s s a g e , p e u t - ê t r e , l o r s q u e d e s q u e s t i o n s d e cetten a t u r e se p r é s e n t e n t , serait de recourir à la m a x i m e dup r u d e n t G a m a l i c l : DISCEDILE AB HOMINIBNS ISTIS, EL SINITEILLOS, QUONIAM SI EST EX HOMINIBM CONSILIUM HOC NULOPITS, DISSOLVETNR : SI VERO EX DCA EST, NON POLENLIS DISSOL-VERE ILLUD, NE FORTE ET DEO REPUGNARE INVENIAMINI ). (i) Aci. V , 3,,.
  11. 11. VIII PREFACE Ainsi donc, dans toute cette affaire, il n e sagissait que dattendre ; et la suite devait montrer si les défenseurs d e l a L i t u r g i e R o m a i n e , si v i o l e m m e n t sacrifiée au siècle dernier, sétaient faits les a v o c a t s dune cause schisma- t i q u e ct sils étaient a n i m é s dun esprit dhostilité contre les éveques. Ce que tout le monde voit aujourdhui, cest q u e la g r a n d e m a j o r i t é d e T é p i s c o p a t français sest déjà déclarée en faveur d u retour désiré. Comme M a i n t e n a n t , n o u s scra-t-il permis dajouter que, sanslacong^tfon avoir besoin de recourir au droit quont les écrivainsrautcu?tcnait c a t h o l i q u e s de traiter, s o u s la c o r r e c t i o n des p a s t e u r s , les Sainlsièçc matières de science ecclésiastique, nous possédions déjà une mission um i s s i o n e x p r e s s é m e n t définie p o u r n o u s livrer à la n c 1 expressément * ( définie défense des saines traditions de la L i t u r g i e et d u D r o i tp o u r écrire sur , _ ces matières, canonique ? L e s Lettres Apostoliques de Grégoire X V I , e r en date du i septembre 1837, qui ont créé la C o n g r é - gation Bénédictine de F r a n c e , lui confèrent en t e r m e s pré- cis le d r o i t et le d e v o i r d e d i r i g e r s e s t r a v a u x d a n s le b u t Finis hujus C o w - de faire prévaloir ces m ê m e s traditions. gregationis est... sanas Pontifiai juris et sacra Litur- gies traditiones labescenies confovere. N o u s a v i o n s r e ç u a v e c respect cette a u g u s t e d i r e c t i o n , et n o u s a v o n s c o n d u i t n o s h u m b l e s efforts v e r s le b u t q u e l l e n o u s montrait. Lauteur na M a i s , cest a v e c u n e s o u v e r a i n e injustice et c o n t r e Iévi- P U C TautorUc denec m ê m e des faits que lon nous a imputé davoir desévCques. v o u j u latteindre en attaquant lautorité des éveques. L a meilleure réponse à cette accusation serait de faire remarquer que déjà la m a j o r i t é des éveques de France a adopté par le fait le principe de lunité liturgique; ce principe na d o n c rien de contraire à lautorité épisco- pale. R o m e ne cesse de féliciter ct dencourager ce mou- vement de retour; or, Rome est la tutrice de lautorité des é v e q u e s , et ne pourrait en aucune façon agréer une tendance qui serait contraire au privilège hiérarchique. A p r è s avoir établi, dans nos divers écrits sur la matière,
  12. 12. PRÉFACE IX q u e le droit d e la L i t u r g i e est, d a n s lÉglise, lobjet d u n e Réserve au Siège A p o s t o l i q u e , et montré par lhistoire c o m m e n t la F r a n c e avait malheureusement dérogé en ce point à la discipline universelle ; nous a-t-on vu provo- q u e r d e s éclats et d e s résistances d e la p a r t du clergé ? Navons-nous pas, au contraire, enseigné constamment q u e les particuliers étaient incompétents p o u r opérer leschangements désirables ; quune situation périlleuse,c o m m e lappelle Grégoire X V I ,dans son Bref à M g r lar- c h e v ê q u e de R e i m s , ne p o u v a i t saméliorer quà laide dut e m p s ; enfin, quil appartenait a u x seuls éveques de met-tre la m a i n à lœuvre réparatrice d o n t nous avions essayéd e m o n t r e r l u r g e n c e et d e faire n a î t r e le désir. E n outre, navions-nous pas écarté soigneusement des RéservesInstitutions toute discussion relative à la question d u droit p r u tu n S u% * f l t e s d rs u r l a L i t u r g i e , r e m e t t a n t à l a fin d e n o t r e g r a n d ouvrage £ fj™î.gf"d e la traiter, l o r s q u e les p a s s i o n s seraient c a l m é e s et laq u e s t i o n d e fait p a r f a i t e m e n t c o m p r i s e de t o u t le m o n d e ?S i , n é a n m o i n s , à la d e m a n d e d u n illustre prélat dont lesdésirs seront toujours pour nous des ordres, nous nouss o m m e s laissé aller à traiter cette question de droit, nel a v o n s - n o u s p a s fait s a n s esprit d e s y s t è m e , a v e c la gra-vité et limpartialité que réclamait la matière ? N o u s ya v o n s m ê m e p o s é le p r i n c i p e d e la légitimité des Litur-g i e s p a r t i c u l i è r e s ; m a i s était-ce n o t r e faute, si ce p r i n c i p ene se trouvait p a s applicable à celles qui régnaient alorsdans nos Églises ? Enfin, quand nous nous s o m m e s trouvé dans la n é c e s - D a n s rhistoùe d e î o nsite, p a r la n a t u r e m ê m e d u sujet q u e n o u s traitons dans ]if ^qîfe ules Institutions, de réunir les faits qui constituent lhis- t 0 l î?, I c s n o m s 1 - dhommest o i r e d e l a g r a n d e d é v i a t i o n q u e l a L i t u r g i e a v a i t s u b i e e n vivants ont étéF r a n c e , tous c e u x q u i o n t bien v o u l u nous lire savent q u e sous silence,n o u s n o u s s o m m e s fait u n e loi d e m é n a g e r les v i v a n t s , e np a s s a n t s o u s silence tous les n o m s q u e des œ u v r e s m a l h e u -reuses avaient compromis. Des Bréviaires, des Missels,
  13. 13. X PRÉFACE des Rituels, etc., o n t é t é p u b l i é s d e p u i s v i n g t a n s e t p l u s d a n s d e s conditions subversives d e t o u s l e s principes d e l a Liturgie; nous nous fîmes une loi de nen designer aucun, bien quil eût semblé à propos de signaler certaines par- ticularités de ces livres comme très propres à démontrer le péril que courait en France la tradition du service divin. Nous naurions pu insister sur ces détails, publics dailleurs, sans avoir lair dattaquer des personnes vivantes qui avaient droit à tous les égards par leur auguste caractère ct parleurs vertus; nous nous sommes abstenu, nous bornant, quant à la partie de notre récit qui p concerne le xix siècle, aux faits dont les acteurs ayant cessé de vivre, sont tombés par là même dans le domaine de lhistoire qui ne doit aux morts que la vérité. Appel Quant à lapparente responsabilité que semblerait fairea du [ e c t é m - / 01 peser sur les pasteurs de nos Églises la conservation des livres liturgiques qui furent le produit de linnovation, nous nous sommes efforcé en toutes manières de montrer que rien ne serait plus injuste que de sen prévaloir dans un sens contraire au respect et à lobéissance canoniques, puisquil est notoire que ces livres ont été, pour la plu- part, légués par un siècle qui doit seul répondre de ses œuvres, et que, dans beaucoup de diocèses, lusage de ces livres ne pourrait être interrompu tout à coup, sans quil en résultat de graves inconvénients moraux et matériels. Telle est la manière dont nous avons procédé constam- ment dans ces questions délicates, et cest avec confiance que nous faisons appel à tout ce que nous avons écrit, ainsi quà la bonne foi de nos lecteurs. Kirançes Nous insistons sur ces dernières paroles; car, ainsi procèdes de - j| u i ^ « | d î m e Ibis, les Institutions ont été alla- e s t a r r v u s polémique * .cinpioyésunvcrs quées, et même avec passion, par des personnes qui avouaient navoir pas jugé à propos de perdre leur temps à les lire. Aussi, à plusieurs reprises, nous a-t-on imputé des assertions qui non seulement ne nous appartc-
  14. 14. PRÉFACE XI naient pas, mais étaient même diamétralement opposées à nos thèses. Il eut été difficile cependant de nous en ren- dre responsable. Ainsi, cest en vain que nous avonsra- conté lhistoire et prouvé la légitimité des Liturgies parti- culières autorisées ; on nen a pas moins cherché à faire croire que nous donnions toutes ces Liturgies pour illi- cites. Dautres nous ont imputé des récits odieux, des anecdotes étranges, dont nous navions pas dit le plus petit mot. Dautres ont crié au scandale, parce que nous avions cité les paroles du savant archéologue anglaisW e l b y P u g i n qui a remarqué que certaines chasublesfrançaises, à force dêtre çaides et échancrées dans la par-tie antérieure, se trouvaient ressembler par devant à desétuis de violon; comme si cette citation dun écrivaincatholique si hautement estimé des éveques et du clergédAngleterre, pouvait constituer un scandale. Nousnavions cependant dautre but, en rappelant ce trait decritique, que de porter lattention sur lextrême libertéavec laquelle les fabricants dornements travaillent dansleurs ateliers, ct sur la déplorable docilité avec laquelleon accepte leurs caprices, sans sinquiéter si la coupe desvêtements sacrés est déterminée ou non par des règlesprécises. On nous a reproché aussi avec emportement davoir Les évequesblâmé la forme étrange à laquelle était arrivé insensible- d0 cux-mêi nès l Q 11ment le bonnet de chœur. Le rétablissement pour ainsi s e s g " r t u l u C ! l a , m i e i udire universel d e l à barrette romaine, est assurément la £ / 7 bonnet d emeilleure réponse que nous puissions faire à ceux qui ont chœur ci u 1 , . ornementstrouve mauvais que nous eussions signalé, dans le genre sacrés,de coiffure qui Ta précédée, un défaut de convenance ct debon goût. Quant à la forme des chasubles et des autresornements, déjà plusieurs de Nosseigneurs les évequesont pris des mesures pour préparer le retour à une coupemieux assortie à la tradition ct la dignité de ces habitssacrés, et tout porte à espérer que le jour viendra où cette
  15. 15. XII PREFACE partie si importante de la Liturgie sera replacée sous la direction immédiate de lautorité ecclésiastique, et enle- vée à larbitraire de fabricants sans goût et sans con- trôle. Accueil Mais il nen nest pas moins vrai que beaucoup de ceux favorable lait à , ^ > • i r u i s e sor louvrage, q * t montres un moment si hostiles aux INSTITU- réTrîmTnatlons É L 0 U S LITURGIQUES, mis en demeure de sexpliquer, na- v a i c n t r e n l et passionnées ^ objecter contre cet ouvrage, si ce nest quil Y était question DÉTUIS DE VIOLON et de BONNETS POINTUS; cependant, il eût été difficile de fournir deux gros volumes sur une si mince donnée, et cétait vraiment abuser étran- gement de deux phrases que dy voir le but et la portée de tout louvrage. Le public en a jugé autrement, puisque le livre, tiré à trois mille exemplaires, a été accueilli favora- blement non seulement en France, mais en Italie, en Allemagne, en Angleterre, en Belgique, et que lédition en sera prochainement épuisée. Les deux appréciations esthétiques que lon nous reproche, ct dont la première, après tout, nest pas même de nous, ne tiennent pas déjà tant de place dans louvrage pour quil doive être jugé comme sil ne contenait pas autre chose. Mais il y a long- temps quon a remarqué que la passion et la légèreté, loin de sexclure, se rencontrent bien souvent dans les mêmes jugements. Le but Pour quiconque sest donné la peine de lire avec une ^Mairunenf attention ordinaire les deux premiers volumes desprim?c"rcsp aiîes TUTIONS, rien nest plus clair, ni plus précisément annoncé S au lecteur. j j ]» e Assurément, nous navons pu nous c a u t e u r > proposer de produire, par un si faible moyen, les heu- reux changements qui se sont opérés depuis dix ans : nous voulions seulement donner un livre sérieux sur la science liturgique. Or, comme la science de la Liturgie repose sur les livres du service divin, et que la plu- part de ceux dont on usait alors en France étaient en dehors de toutes les traditions, quand ils ny étaient
  16. 16. PREFACE XÏIIpas directement contraires, il devenait indispensabledexaminer préalablement la valeur de ces livres mo-dernes, en tant quéléments et objet de la science surlaquelle nous nous proposions de publier des Institutions.De là, la nécessité de faire lhistorique de linnovation,et de montrer en quoi elle sest écartée des principesadmis de tous temps dans lEglise sur la Liturgie. Dansce travail, nous avons dû faire appel à un grand nombrede principes puisés aux sources mêmes de la Théologie,qui a un rapport si immédiat avec la Liturgie. Nousnavions point à prouver ces principes ; nous les suppo-sions admis sans contestation par tout le monde, et cesten cela que nous nous sommes trompé. Il nous a donc fallu soutenir une polémique pour dé- Nécessité . . . . où lon a placéfendre des propositions dont plusieurs sont la base de lauteuri« • i i* * i de défendre parrenseignement catholique. Au reste, ces luttes pacifiques i a polémiquenont pas été sans résultat pour le triomphe de la Liturgie propositionsRomaine; mais elles ont eu une autre arène que celle où ^n^ei^ememnous avions pensé les soutenir. Notre projet annoncé catholique,était de répondre dans la préface des volumes suivantsaux attaques dont nous aurions été lobjet; nous avons dumodifier ce plan, tant à cause de létendue que prenait ladiscussion, que de la gravité des personnages auprès des-quels nous étions appelé à nous expliquer. De là donc estadvenue la nécessité de publier jusquà deux Défenses. Ladernière de ces Défenses est demeurée jusquici incom-plète. Les circonstances, en effet, nous firent "un devoirde suspendre une polémique dans laquelle nous avionsadopté la forme de Lettres, du moment que notre illustreadversaire avait été inopinément retiré de ce monde. Sanscette mort trop prompte qui priva le diocèse dOrléans deson pasteur, nous devions ajouter encore deux Lettres de Mgr Fayet r 7 a . . . * suspenduaux trois que nous avions déjà publiées. Ce complément a la publication n r ^ . . ^ . de la Nouvellenotre seconde Défense ne verra donc pas le jour, et si Défense desnous ne sentions lindispensable besoin de nous justifier Liturgiques.
  17. 17. • XIV PREFACE de certaines imputations graves que nous ne devons pas laisser planer sur nous plus longtemps, nous neussions pas même songé à revenir sur des attaques déjà anciennes. Nécessité d e Mais ces attaques ont été répétées par dautres personnes, b r i è v e m e n t à ,et nous n e devons pas laisser de nuages sur lorthodoxie c n o t r e accusatu>ns du ^ S doctrine, ni sur la probité de nos intentions, prélat. N o u s serons bref, et à Dieu n e plaise q u e n voulant nous défendre • daccusations, selon nous mal fondées, nous paraissions vouloir troubler la cendre des morts, j Mgr Fayct avait cru devoir remonter aux premiers prin-1 > r d c r-uite^r 1 1 0 C P C S P o défendre plus sûrement les Liturgies modernes u r à Mgr Kayct c t, afin datténuer linconvénient quelles ont amené, il lui 1 1 établissait t ,que avait semblé quil était nécessaire de diminuer le plus la R e l i g i o n c o m p l è t e sans possible limportance de la Liturgie e n elle-même. Ainsi,c x t é W e u ; c t q u e sa doctrine était que « la Religion est une vertu morale qui U L <c n e l a e C u i c U produit par elle-même que des actes intérieurs dado- C S t (( r a t o nC X nlcu p u " * U ^ ? louange, de sacrifice, etc., et qui n a , par con- 1 1 1 rÉglise. « séquent, rien à démêler avec la Liturgie » ( i ) ; que « la « Liturgie proprement dite n a aucun rapport nécessaire « avec la vertu de Religion» ( 2 ) ; quil faut « laisser la « Liturgie dans son domaine, ct le Culte divin dans le « sien » (3); e n f i n que « par lexercice public de la Litur- « gie, lEglise s e met plutôt e n communication avec les « hommes quavec Dieu » (4). Il nest personne qui, à la réllexion, n e saisisse le dan- ger dune telle doctrine dont les conséquences mèneraient directement au déisme, ct franchement ceut été acheter trop cher le droit de refaire à neuf la Liturgie que de sacrifier ainsi les bases de la religion révélée. Il nous fut aisé détablir dans notre première Lettre au prélat, que la Religion nest pas complète sans le Culte extérieur, et (j) Examen des Institutions Liturgiques. lige 40. ( 2 ) Ibid. P a g . 3 6 . (3) Ibid. P a g ^ 3 5 . (4) Ibid. P a g . : < . 4
  18. 18. PRÉFACE JCV que la Liturgie nest autre chose que le Culte extérieurrendu à Dieu par lÉglise. Dans la seconde Lettre, nous nous attachâmes à prou- La seconde n rver que la Liturgie est selon la doctrine de saint Augus- q Ue tin, de Bossuet ct de tous les théologiens, le principal ^ p r i S S p a f 1instrument de la Tradition de R Église. Notre illustre X ^ ™ ^adversaire était allé jusquà lui refuser le caractère dogma-tique ( i ) , prétendant quelle « ne pouvait jamais devenir« la matière dun jugement doctrinal, » et quenfin « ler- « reur liturgique ne pouvait jamais violer que les lois de« la discipline » (2). La thèse était facile à résoudre,mais lanécessité de léclaircir devant un public catholique, quecertains journaux prétendaient épris des théories du pré-lat, ne démontrait que plus clairement le péril où senga-geait le défenseur des nouvelles Liturgies, qui ne trouvaitpas de meilleur moyen den démontrer linnocence etmême la légitimité, quen privant lEglise du principaldépôt dans lequel se conserve sa foi. A côté de ces principes si dangereux sur la doctrine, AssenionsUT-* j t * * t • ^ . , de Mgr Kayet1 Examen des Institutions Liturgiques en émettait dau- opposéestrès dont lapplication nétait pas moins difficile à concilier a essentîc"ics Savec les maximes essentielles de la discipline de lÉglise, d e d l *pésIUcÎ"*"lorsque, parlant de linnovation liturgique du siècledernier, il disait que « ces changements nintéressaient« tout au plus que les règlements généraux ou particuliers« que lÉglise a faits sur cette matière » (3); en sortequil se jugeait fondé à conclure « que le meilleur Bré-« viaire était celui quon disait le mieux » (4). Après avoir pris la défense du dogme ébranlé par les Lauteur , , . , contraint dedeux théories que nous avons rappelées ci-dessus, il nous l e démontrer I i c n uî 1 1 1 1 , 1r 11 j 11 j 1 j - • i- 1/ • <ïfallut entreprendre celle de la discipline ecclésiastique que la discipline ( 1 ) EXAMEN DES INSTITUTIONS LITURGIQUES. Pag. 2* (2) IBID. P a g , 229. (3) IBID. Préface, pag. ix. (4) IBID. P a g . xmx.
  19. 19. XVf PRKKÀŒ à la Toi,^ le troisième système renversait de fond en comble. T o u t e droits subordination dans PÉglise était désormais abolie, dude la discipline . . . , . . générale m o m e n t que 1 on pouvait regarder comme légitime un Pque K i r J t u r g i e ordre de choses qui avait contre lui ni plus ni moins que c s dune réserve règlements généraux ou particuliers de PÉglise sur papale. j matière; du moment que les particuliers se trouvaient a affranchis des lois qui prescrivent telle forme dans laccom- plissement dun devoir, à la seule condition daccomplir ce devoir convenablement, à leur guise. Cétait purement ct simplement lanarchie quon nous proposait, comme moyen de venir en aide à la légitimité des nouvelles Litur- gies. N o u s dûmes nous attacher à faire voir le lien intime qui relie la discipline à la foi, à rappeler les droits de la discipline générale contre laquelle les tentatives isolées sont toujours nulles, enfin, lexistence dune réserve apos- tolique qui fait de la Liturgie une chose papale et non une chose diocésaine. Lauteur, Assurément, nous nous fussions bien gardé dentrer c a n s c c t t cso^iorthodoxîc, * polémique à Pégard dun livre écrit par unétait oblige de p ^lat en réputation, si toutes ces thèses neussent été r< r 1 repondre. » dirigées contre nous, ct dans le but de persuader au p u - blic que nos écrits ne jouissaient pas dune pleine o r t h o - doxie. Nos éveques étaient là pour veiller doffice à la pureté de la doctrine, et dailleurs, il ny avait pas à crain- dre aujourdhui que les maximes soutenues dans VExa- men des Institutions, prissent racine et se développassent dans les Eglises de France. Mais nous avions notre foi à venger, et ce fut un devoir p o u r nous de peser dans une Défense publique la valeur des théories quon nous opposait. Lévcque Lorsquun événement funèbre vint suspendre la suite dOrléans . . , m mraccusaît encore de notre apologie qui s adressait directement au prélat, il d^éresî^tous nous restait encore à répondre à lune des principales^opérés^n" 1 8 attaques que VExamen portait contre nous. On nous la L i t u r g i e . i davoir qualifié dhérésie tous les changements a c c u s a t
  20. 20. PREl-AŒ XVUopérés dans la Liturgie, par cela seul quils étaient deschangements. Une telle accusation na pas été sans causerquelque scandale à ceux qui, nayant jamais lu les Institu-tions, empruntaient à autrui lopinion quils sen for-maient. Il est donc à propos que nous levions ce scandale,en remettant en lumière notre doctrine, et en montrantquelle na pas le plus léger rapport avec celle quon nousa imputée. Nous transcrirons dabord les paroles du prélat : « Il citation du livre d c M g r F a y c t« importe peu, dit Mgr Fayet, quon nait jamais entendu * « parler de lhérésie antiliturgique, et que ce soit une<t création du génie fécond du P . Abbé de Solcsmes. « Quand on est venu à créer des symboles et des confes- cc sions de foi qui nexistaient pas auparavant, il est bien « permis de les protéger par des anathèmes, et de décer- « ner le titre dhérétique à ceux qui voudraient les atta- « quer. Lhérésie antiliturgique est donc une conséquence <c de la position dogmatique que D. Guéranger a faite ce aux formules de la Liturgie, et voici son raisonnement. « Les formules sacrées admises par lEglise romaine font « partie essentielle du dépôt de la révélation : vous ne « pouvez donc toucher à ces formules sans toucher au « dépôt de la révélation; mais toucher au dépôt de la « révélation, cest tomber dans lhérésie : donc, toucher « aux formules liturgiques, cest tomber dans lhérésie « antiliturgique (i). » Ce prétendu résumé de notre doctrine sur lhérésie Ces paroles . . . . . , . . , nexpriment pasantihturgique a pour premier inconvénient de n avoir pas i a doctrine de ! a u t c u rle moindre rapport avec les principes que nous avons -soutenus; aussi, son auteur qui nous cite à chaque pagedans tout le cours de VExamen a-t-il négligé dalléguerlendroit où nous étalons ce beau raisonnement. Néan-moins, fort dc sa découverte, il savance rapidement dans ( i ) Examen des Institutions Liturgiques. C h a p . xvi, pag. 2 2 8 . t. m ( >
  21. 21. XVIIÏ PRÉFACE la voie des conséquences, et bientôt il se met à prouver, en vertu de son étonnant syllogisme, qui heureusement ne nous appartient en aucune façon, que les pontifes romains qui ont remanié les livres de la Liturgie sont tombés, se- lon nous, dans lhérésie antiliturgique (i). Lhérésie Ii eut été, on lavouera, par trop étrange que, dans une na rien introduction historique ou nous avons cherche a reunirîe"c!i"^ lensemble des faits relatifs à la formation ct aux diverses parVautorité modifications des livres liturgiques, où nous avons mon- cs u s"utur^itf I a î r ^ a v c c l a ^ p l saints pontifes, les n l c ° c o m P a ^ s a n c c plus grands.docteurs dans toutes les Églises, soccupant à disposer, à perfectionner, à corriger la Liturgie, nous eussions prétendu signaler dans leurs travaux un principe hérétique, comme si les formules liturgiques eussent été révélées de Dieu au commencement, en sorte quil ne fût plus possible à la main de lhomme dy toucher en quoi que ce soit. Une telle manière de comprendre la Liturgie eût été neuve assurément; mais sil existe un livre au monde à laide duquel il serait facile de la réfuter par les faits, ce livre serait, à coup sûr, les Institutions. Lauteur dc Y Examen, lorsquil nous adressait ce reproche, ne se rappelait déjà plus les assertions quil nous a tant r e p r o - chées sur les symboles de foi, à la teneur desquels il ne reconnaissait pas à lEglise le pouvoir dc rien ajouter, tandis que nous, nous navons cessé dc signaler u n déve- loppement successif dans ces formules sacrées. Lévidence même prouve que nous navons pu imputer à hérésie des travaux de remaniement et de complémcntdont nous avons loué les avantages, et fait ressortir limportance comme développement des Confessions de foi; il faut donc de toute nécessité quen parlant de lhérésie antiliturgique, nous ayons eu en vue un système qui peut sexercer sans doute, ct qui sest exercé en effet, sur certains livres litur- (i) V o i r i e s chapitres xvi ct xvni de Y Examen.
  22. 22. PREFACE- xïXgiques, mais qui préexistait à ces livres, et na rien decommun avec les changements quune autorité légitimeet orthodoxe introduit de temps en temps dans les formu-les du service divin. Or, le système que nous avons appelé antiliturgique, S e n s donné parnous lavons défini, Vhêrêsie qui se porte lennemie des c e s U mots tovkicformes du service divin (i). Il nous a semblé que ce terme antiliturgique.dont léquivalent, misoliturgique, a été employé dans le 0même sens par un des plus savants hommes du xviu siè-cle ( 2 ) , exprimait assez bien cette tendance hostile auservice divin dans laquelle se sont réunis de siècle ensiècle les Gnostiques, Vigilance, les diverses branches du eManichéisme occidental du xi au xn° siècle, Wiclef, JeanHus, Luther et Calvin. Il est bien clair que le déismequi est Tantiliturgisme par excellence, fait le fond de tousces systèmes, dont plusieurs même ne semblent ailecterune sorte dc mysticisme que pour entraîner plus sûrementleurs adeptes vers le rationalisme. Nous avons décritrhistôirc dc cette secte dangereuse dont les influencesnont cessé dc réagir contre les formes liturgiques et con-tre la Liturgie elle-même, et afin de mieux préciser sonaction, nous avons résumé douze traits principaux dctout son plan dattaque, que nous avons montrés enaction dans les œuvres du calvinisme relatives au servicedivin. Dans tout cela, pas le moindre trait qui puisse sappli- Ce système d cquer directement ni indirectement aux modifications opé- d c dcs U t i ° urées dans les livres liturgiques dont se sert lÉglise catho- extérieures dulique, tant que ces modifications sont appliquées par ^aSlsincl 1lautorité compétente, et quelles nont pour but que demettre dans un meilleur ordre, de compléter, damender,de perfectionner lensemble des formules saintes que nous ( 1 ) INSTITUTIONS LITURGIQUES. T o m . I, pag. 3<jo. ( 2 ) R o b e r t Sala. COMMENT, IN libros DE Rebits Liturgicis. JOAN. CARD.BONA. T o m . I, pag. 0 4 .
  23. 23. JCX PREFACE a léguées la tradition. La correction liturgique accomplie dans des conditions orthodoxes et conformes à la sagesse dc lÉglise na rien de commun avec ce système de des- truction tantôt sourde, tantôt violente, que nous avons signalé ct dont nous avons tracé les caractères; système qui na dautre raison dêtre que le désir dc substituer de nouveaux dogmes aux dogmes anciens, en détruisant en même temps les formes religieuses qui expriment la foi ct la religion positive envers Dieu, pour établir le pur déisme. Or, nous ne pensons pas quaucun observateur clairvoyant songe à nous contester que le déisme ne soit le dernier mot du protestantisme. La r é v o l u t i o n Mais, nous dira-t-on, nave/.-vous pas, dans la suite dedu xvm« siècle a votre ouvrage, appliqué h certaines particularités des c l P par ïe S e Liturgies nouvelles la qualification d" antiliturgiques? — jansénisme. Nous navons garde dc nous en défendre. A qui, en effet, q u i , c o m m e le ° m .c a l v i n i s m e , est devons-nous ces reconstructions des livres de la prière une forme . 1 1 , . , Je lhérésie sur un nouveau plan, si ce n est, la plupart du temps, aantiiiturgiquc. ^ hommes infectés dc lhérésie jansénienne? Or, est-il permis doublier que le dogme janséniste ct le dogme calviniste sont identiques au fond? La secte qui a décimé lÉglise en France, durant cent cinquante ans, qui a livré la hiérarchie aux entreprises d e l à puissance temporelle, éloigné les fidèles dc la participation aux sacrements, glacé la piété dans les cœurs, préparé les voies au ratio- nalisme, devons-nous donc tant nous étonner dc retrouver chez elle les instincts de lhérésie antiliturgique ? On la laissait maîtresse dc refaire à neuf les livres dc la prière; est-il si surprenant quelle en ait profité, ct que lon reconnaisse larbre à ses fruits ? Nous avons ra- conté assez au long les intrigues à laide desquelles elle parvint à semparer dc la rédaction des nouveaux livres, et limpudeur avec laquelle elle sest félicitée de ce triom- phe dans ses pamphlets ct ses journaux; a-t-on le droit après eclade trouver étrange quelle ait mis ses soins à
  24. 24. PREFACE XXIfaire prévaloir dans son oeuvre des principes qui faisaientle fond de sa pensée ? a Le plan liturgique des réformateurs du xvi siècle fut, Pian liturgique desainsi que les faits le démontrent, de repousser les prières réformateurs t I u XV1 SitiClctraditionnelles et de les remplacer par des lectures de la ° *Bible, délaguer tout ce que les livres antérieurs renfer-maient de favorable aux croyances dc lEglise contrelesquelles ils se déclaraient, de substituer des formules deleur façon destinées à exprimer les nouveaux dogmes, dcfaire disparaître du service divin ce qui gêne, ce qui assu-jétit, de remplacer les antiques prières où respiraient laconfiance et la simplicité de la foi et de lamour par dau-tres où lon tient un langage froid ct guindé, danéantir leculte de la sainte Vierge ct des Saints, deflacer jusquauxdernières traces de la religion envers le Siège Apostoli-que, etc. Les livres des églises luthérienne, calviniste, anglicane, Le jansénisme le réalisesont la pour montrer lapplication de ce système dans graduellement , . . . . e t sous une toute son étendue ; on ne pourrait le contester; mais on ne forme mitigée. peut pas nier non plus que le jansénisme nait eu pour but, dans toutes ses manœuvres, damener graduellement les mêmes résultats. Les Réflexions morales de Qucsnelct Y Institution chrétienne de Calvin, sont deux livres dela même famille. Seulement, le premier est plus prudent,parce que lauteur et ses adeptes ont jugé à propos dcgarder le lien extérieur de communion avec lÉgiisc, touten ayant une foi différente de la sienne. Il est inutile de reproduire ici tous les travaux danalyse r, s jansénistes C se n ésque nous avons donnés ailleurs sur lœuvre des nouvelles -?f * ^l?S? v dl s u c c è s d eliturgies. Habemus con/i tentes reos. Les jansénistes se î ,sont vantés dans leurs écrits imprimés davoir dirigé lœu-vre qui leur fut si malheureusement confiée, dans unbut favorable à leur plan; ils sen sont glorifiés dans lesHexaples delà Constitution, dans les Nouvelles ecclésias-tiques, et jusquen 1 8 4 3 , dans leur Revue ecclésiastique.
  25. 25. XXII PRÉFACE N o u s devrions les croire sur parole, quand les faits ne seraient pas aussi patents quils le sont. O r , nest-il pas naturel que cette secte antiliturgique ait mis son cachet aux livres dont elle a eu le monopole? cest le contraire qui devrait nous surprendre. i c s II est vraiment incompréhensible que Mgr Fayet nous m s ^n?ln" c ait imputé davoir qualifié Aantiliturgiques toutes les apporte à modifications que peut subir la Liturgie, tandis que cettela L i t u r g i e sont . , , . . toujours d a n s qualification na été imputée par nous quà certaines de la tradition œuvres accomplies dans un esprit dopposition déclarée U Cnt ainsia aux doctrines ct aux habitudes du passé dc la Liturgie.Vlunmurr- 0 1 1 N o u s ne voulons point accuser ici les intentions du pré- appîi^iuic lat; mais il suffit dc feuilleter les Institutions pourvoir s o n a "rine-ti ses I ICS combien imputation est dépourvue de fondement. Si entièrement p É o l i s c aujourdhui jugeait à propos de renouveler en entier le corps de la Liturgie, ce quelle na jamais fait, ayant toujours eu soin dc procéder par voie daddition, ou dc simple correction ; on peut être assuré à lavance que les nouveaux livres seraient rédigés dans lesprit des anciens, ct que la religion y serait exprimée dune manière si complètement analogue aux traditions de la foi et de la piété, que le clergé ct le peuple fidèle sentiraient tout dabord que rien nest changé quant au fond. Chez nous, au xvin° siècle, il en fut tout autrement. Des particuliers, dc simples prêtres, savisèrent de publier des projets de Bréviaire; ils firent imprimer des plans, des offices, enfin des Bréviaires entiers, à lusage des Eglises qui désiraient goûter de la nouvelle Liturgie. Dautres, comme le P . Vigier, en avaient en portefeuille ct les offraient à qui voulait les accepter. T o u t cela était assurément inouï dans lÉglise, qui jusqualors avait toujours considéré le passé dc la Liturgie c o m m e digne de tous les égards, -ct qui navait jamais vu des hommes sans autorité et sans mission sen venir offrir aux Pasteurs un corps entier de Liturgie dont ladoption ne pouvait que briser, avec le lien de
  26. 26. PREFACE XXIIIlunité dans la prière, la chaîne de la tradition des mêmesrites et des mêmes formules. Toutefois, nous ne demandons pas mieux que den con- X)AS livresvenir, ces livres nouveaux qui p a r le fait même de leur ô eauxe n n t U V n t aura 6 t r efabrication encouraient le reproche de témérité, il eut j S ^ [ J ^encore été possible de les rédiger dans un sens totalement «ans* encourir la r 0 ^ note dheresicéloigné de toute tendance antiliturgique. Cette dernière antiiiturgistc,circonstance a dépendu uniquement de lesprit et desintentions des rédacteurs qui se sont mis à lœuvre. Il nya donc rien de c o m m u n , à plus forte raison, entre leschangements liturgiques considérés en eux-mêmes, ctlhérésie antiliturgique ; enfin, ni les principes quenous avons émis dans les INSTITUTIONS, ni les conclu-sions tirées des faits que nous avons relatés, nontaucune relation avec la doctrine quon nous a gratuitementimputée. N o u s avions même évité dentrer dans la question de La . - . . . , , . . F A . violation dunesavoir si la violation de telle loi liturgique n entraînerait loi liturgique i iM , , • ^ < ^ . . • > peut entraîner 1pas la note d hérésie. Cette question, au reste, est très i a note d l l c r t ; s l cétendue et nest pas de nature à être discutée dans une préface. Nous ne nous en occuperons donc pas. Quilsoit seulement permis de faire observer quun livre litur-gique dans lequel, p a r exemple, la forme des sacrementsserait altérée, encourrait avec justice la note dhérésie;que les Quartodécimains sont comptés entre les hérétiques,quoiquils ne fussent en opposition avec lÉglise que p a rleur refus de se soumettre à la prescription liturgique quifixait la fête de Pâques au dimanche daprès le quatorzièmejour de la lune de m a r s ; que parmi les canons de doctrinedu concile de Trente, il en est plusieurs qui lancent lana-thème contre les violateurs de la loi purement liturgique. 0Ainsi, dans la session V I , DE SACRAMENTIS IN GÉNÈRE, sontanathématisés ceux qui enseignent que les rites dontlÉglise accompagne ladministration solennelle des sacre-ments pourraient être changés au gré des éveques parti-
  27. 27. XXIV PRÉFACE e culiers (i); dans la session X X I I de Sacrificio Misses^ Tanathème est pareillement lancé contre ceux qui réprou- vent lusage dc réciter le Canon à voix basse, ou qui pré- tendent que la Messe devrait être célébrée en langue vulgaire, etc. ( 2 ) .LÉglise a p l u s Ce nest pas ici le lieu de préciser le sens théologique 1 l pîacc° 1S de ces diverses condamnations; nous aurons ailleurs Toc-lc l tlc c a s n ^?Juu gic i ° dy revenir; mais elles suffisent à montrer que P les h i r a ? q u c s lÉglise a plus dune fois placé les violateurs dc la Litur- gie à côté des hérétiques. Nous avons fait voir, dans notre troisième Lettre, le lien intime qui existe entre le dogme ct la discipline, ct lon sait que la discipline liturgique est plus que toute autre en rapport direct avec les matières dc la foi. Mais nayant pas eu occasion de traiter ces ques- tions dans les Institutions, où nous navons signalé dau- tre hérésie antiliturgique que celle qui soppose au culte divin, nous navons pas à nous étendre davantage sur cette matière. Lauteur Nous passerons maintenant à une autre accusation qui x avait attribué . . la p r e m i è r e a rapport a 1 histoire dc 1 innovation liturgique, et sur publication d u . . . .,, , A . , Bréviairelaquelle notre illustre adversaire parait avoir beaucoup r Mg? ne"riau compté pour discréditer lensemble dc faits que nous avonsdArmcnonviiic INSTITUTIONS. r 6 Il sagit de lorigine du u n i s d a n s l e sM ùTè ûrun bréviaire dOrléans ( 3 ) . Nous avions attribué la première P 0 n Desmarettcs. publication de ce livre liturgique à M. Flcuriau dArme- nonville, en 1 7 3 1 , parce que ce prélat, dans la lettre pastorale placée en tête, parlait comme sil eût été réelle- ment le premier I publier ce Bréviaire. Nous en avions attribué la rédaction à Le Brun Desmarcttes, janséniste appelant, et cela, sur la foi dc tous ceux qui, avant nous, ( i ) Canon XÏII. (•>) Canon IX. (3) Dans la seconde édition du deuxième v o l u m e dc cet o u v r a g e , nous avons tenu compte des observations que lauteur fait l u i - m ê m e sur son texte dans cette préface, V . t. I I / p . 2 2 0 , 2 4 2 . Note de léditeur.
  28. 28. PREFACE XXVsétaient occupés de lauteur du Bréviaire dOrléans;enfin, nous avions fait ressortir ce que renfermaient dedangereux et de subversif de la Liturgie certains principesde la lettre pastorale relatifs à la substitution systéma-tique de lÉcriture sainte, découpée en lambeaux par uneautorité locale, aux prières séculaires qui sont linstrumentprincipal de la Tradition de lÉglise elle-même. Mgr Fayct sélève avec vigueur dans YExamen contre M g r F t n i cles faits racontés par nous et contre les inductions que , . r ^ * ces deux faits c I e snous avions cru devoir en tirer. Largumentation du prélat î , - conséquencesrepose sur deux chefs : i° Il est faux, dit-il, que Le Brun que lauteur en tire.Desmarettes soit lauteur du Bréviaire dOrléans ;2 ° M. Flcuriau dArmenonville était un prélat zélé contrele jansénisme; il ne peut donc avoir confié la rédactiondu Bréviaire de son Église à lun des plus ardents fauteursde cette hérésie. Nous répondrons dabord sur le fait dc lauteur du cinq n duBréviaire dOrléans. Mgr Fayetnous somme dc citer un * ™ , ? . ^ i e affi n ucécrit quelconque, depuis ijZi jusquà 1 8 4 1 , dans lequel ™n £ rule Bréviaire publié en i 7 3 r par M. Fleuriau dArmcnon- desmarettes est R T R lauteurville soit attribué à Le Brun Desmarettes: il nous faut du Bréviaire . - . „ . . ,. dOrléans,satisfaire alexigence du prélat. i° LesNouvelles ecclésiastiques,àladate du 4 a v r i l 1 7 3 1 ,sexpriment en ces termes : « Le 1 9 mars, M. Desma-« rettes, acolythe, élève de P o r t - R o y a l . , mourut ici« (à O r l é a n s ) . . . il est connu pour Y auteur des Bréviaires« dOrléans et de Nevers. » 2 ° Louvrage très rare intitulé : Discours sur le privilègedes éveques dOrléans, Orléans, i n - 8 ° , 1 7 3 4 , consulté parnous à la Bibliothèque publique dOrléans, porte ce ren-seignement : « Deux savants hommes ont travaillé auce Bréviaire dOrléans : Raymond Florentin, parisien,« chanoine et sous-doyen de léglise dOrléans, et Jean-« Baptiste Le Brun Desmarettes, natif de Rouen, mort le<* 2 0 mars 1 7 3 1 . »

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