Explication litterale, historique_et_dogmatique_des_prieres_et_des_ceremonies_de_la_messe_(tome_1)_
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Explication litterale, historique_et_dogmatique_des_prieres_et_des_ceremonies_de_la_messe_(tome_1)_ Document Transcript

  • 1. EXPLICATION LITTERALE , HISTORIQUE ET DOGMATIQUE,D E S PRIERES E T D E S CEREMONIES DE LA MESSE, S I A T L S A CE S A T U S UV N E N I N U E R , E L S M N M N TE T U E L S E LS S D T E O U E S ) O T S E G IE U M N E C R TE . OD H E I NA*VEC D E S D I S S E R T A T I O N S E T D E S NOTES SUR LES ENDROITS DIFFICILES , E T SUR LORIGIXE DES RITES. PAR LE R. P. PIERRE LE BRUN, N O U V E L L E E D I T I O N . TOME PREMIER. LYON. KT rARIS. AtfCfEffNK M4130(1 , V JfOOTlLLI HAISOW§ Grande rue Merciere, 33, J Rue Snint-.Sulpice, 38,
  • 2. Biblio!èque Saint Libère http://www.liberius.net © Bibliothèque Saint Libère 2008.Toute reproduction à but non lucratif est autorisée.
  • 3. EXPLICATION DE LA MESSE,PAR LE R. P. PIERRE LE BRUN. TOME I.
  • 4. Ce volume contient:LEXPLICATIONLITT^RALE, HISTORIQUEETDOGMA- TIQUE DES PRIERES ET DES CEREMONIES DE LA MESSE.
  • 5. II otitis f>i<-t. lota ipsa rcitcmpUi Ctnfas, hoc est Con^ntio Sociclasyuc Sanctorum universale Sacri/ntum oftcrtur Deo per Sarcrrtotem muznum, out scinsu,,] nhtulif tn passu ne pro nobis... Quod etiam Sacramento Allaris fidctihuv noU,/reftmntnt Eccfcsia. Am*. Civ (, to. rh, U, t
  • 6. Imprioi. de bKGlHB aiuo.a A-.gu<m rue flouiiucric,1Y. t
  • 7. PREFACEOil Ion expose C excellence da sacrifice de la Me Vorigine des Prieres et des Ceremonies qui V compagnent ; comment ces Prikres sont venues les mains da peuple ; la necessite de Irs expliq la difficult^ de decouvrir le sens et les raisons Ceremonies augmcntee par lespretendus Myst et par les pretendus Lilteraux ; ce quilfaut obs ver pour eeiter les extremiles vicieuses ^ et en f dessein de eel Ouvrage. Excellence du Sacrifice.Tl n y a rien de plus grand dans la Religion , quele Sacri­ afice de la Messe. Les autres Saeremens ( ) , et presque tousles offices , et tontes les ceremonies de IEglise , ne sontque des moyens ou des preparations pour le celebrer, oupour y participer dignement. Jesus-Christ sy offre pournous a son Peve. II y renouvelle tous les jours , commePretre eternel, Koblation quil a faite une Ibis sur hi croix,et il sy donne a manger aux Fideles, qui trouvent ainsi a1Autel la consommalion de la vie spirituelle , puisquilssy nourrissent de Dieu mcine. On peut dire que le Sacrifice de la Messe change noseglises en un ciel. Le divin Agneau y est immole et adore ,comme saint Jean nous le represents (b) au milieu du sanc-tuaire celeste. Les Esprits bienheureux, instruits de ce quisopere sur nos autels, viennent y assister avec le trem-blement quinspire le plus grand respect. Saint Chrysos-touie , apres dautres ancieus Peres , en a rapporte (c)desfaits tres-au to rises , et cette verite de la presence des An-ges a toujours ete si connue , que saint Gregoire-le Grandne fait pas difficult** de dire : (") 7 Quel est le fulele qui peudottier qu h la voix du Prcire, a rhe tire mcmede Vlation , le ciel ne souvrc , les Chceurs des Angcs (a) IVr sanetificalioncs omnium Sacraraentorum fit prxparalio ad sus-cipiendam Eurhanstiam. S. Thorn, 3. p, q. j?>, a* 3. (1») Apoc, vii. 17. (o) rhrysoxt* cfc Snccrd, I. 6. c. 4. homit. do tncom (<I) Qtiis enim fidelium habere duhiuni pos.sit , in ipsa immolationisliura , ad Sactululis vwftin ca-los apttiri , in illo .Jesu-Chnsti myslfriu Aiijf.-lonim Clioros adesse, siimints iiiKi so.iari, terrcua ccrl«*«*lil)iis jnnpi,<mumquec* visibitfbus alquc iimaibilibus fieri. .V. Grr$. UML /. .i.e. 58.
  • 8. TENT AU MYSTERE DE JESUS-CHRIST 7 ET MIE FES CREATURES CE­ LESTES ET TERRESTRES , -VISIBLES ET INVISIBLES NE SE REUAISSENT DAM CE MOMENT ? Nous ne fuisons en effet dans nos temples que ce que les Saints font continuellement dans le del. Nous adorons ici la Viethne sainle itmnolee entrc les mains dcs Prcires, ET tous les Saints adorentdans le ciel rette nieuie Victime 7 1Agncau sans lactic, represenle dehout ma is coinme 7 egorge (a) pour imirquer son immolation et sa vie glo- y rieuse. Toutes les prieres et tons les merites des Saints se- Jevent cotnuie un dotrx parfmn dcyant le trone de Dieu : ce que saint Jean a cxprhne ( 5par lencensoir quun Ange l> tient a la main et par IWutel dou fes prieres des Saints ? selcvent devant Dieu. I/Eglise de la tcrre offrede me me a Tautcl de feucens a Dieu comme un signe des adora­ y tions et des priercs de tous les Saints qui sont ici-bas, on dans la gloire. Tous 1adoreiit unanimement dans le ciei et sur la terre, parce que nous avons alors sur 1Autci dioi-bas ce qui est sur le trone celeste.Origine des pricres et Jos ceremonies qui acconipagn«nt le Sacrifice. Ce quil y a dessentiel dans les priercs et dans les cei-e-monies de la Messe nous vient de Jesus-Christ. Les Apu-tres et les homines apostoliques y out joint ce qui conve-nait aux temps des persecutions de la part des Juifs et desGen tils au culle desquels il uurait etc dangereux alors quele noire cftt eu quelque rcsseinblancc. Le Rit ne fut pointfixe: il nedevait prendre exteneurementuuenouvellefornu^quelorsquela Religion chretienne devenanteelledesEmpt-reurs, el la pluscclataiitcdchi terre,on nauraitplusacraiu-dre les impressions qucfaisuient sur les nouveauxChretiensles rites du JudaVsme ou de la Gentilile. Jiisrnf alors il nvavait que fort peu d usages on ne ceremonies , mais qu ondevait observercoinme uue loi, aiusi que saint Paul Favaitreconimande. (<) Saint Justin , peu de temps apres les Apo-tres , (<*) nous fait entendre (c) quil y avait des priercs quietaient plus ou nioins longues, selon la devotion des Pre- (a) Agnum stnnlern quasi orcunim. J P . v. 6. (d) Oat a MMI illi iii(<:iisa mulla. fit dure I << oraiionibus Sancformn !?ANMUTM TTNYER AUARC NURCNM qiuxl «:st ante llironum Dei, CT asrjeudttl Ffumus meensorum d* inami Augrli coram Deo, SFPOR. vns. 3. 4* (c) Omnia... secundum onttiH*n> Hani. i. CVR. juv. 4°* (d) An, i4o. (1:; APOUG. a.
  • 9. PREFACE. VI!tres ou le temps quon avait, en nous disant que celui quioffrait les dons sacres priait autant quil le pouvait; etsaint Cyprien nous apprend quii y en avait de fixes quonne pouyait ni omettre ni changer. Car quel autre sens peutavoir ce quil ditcoutre un schismatique qui se retirait do]unite des eveques , qui osait dresser un autre autel, etfaire une autre priere de paroles illicites ; (a) precem alte­ram illtcitis voclbus facere P Des que VEglise jouit de la paix au commencement duquatrieme sieele , et quon consacra des eglises magnifi-ques, on le service divin put se faire avec plus de solen-nite , on vit augmenter le nombre des prieres et des cere­monies. Celles que roglerent saint Basile et saint Chrysos-tome out fait porter leurs noms aux deux Liturgies dontles Grecs se servent encore aujourdhui : et cest pour lameme raison que celle de Milan a ete appelee la Liturgiede saint Ambroise. Dans le reste de 1Occident un grandnombre de savans hommes sappliquereut a composer desOraisons et des Prefaces , que les Conciles examinaient : ccar ceuxde Carthage ( ) et de Mileve 0 ) au temps de saint >Auguslin, ordonuerent quon nen dirait point a la Messe,quelles neussent ete approuvees par les eveques de laprovince. De la ce grand nombre de prieres que renfer-ment uos Missels. Origine de la variete dans les prieres et dans les ceremonies. Le Pape Innocent I , vers le meme temps, otait suprisqu il y eat de la variete parmi les eglises latines , quiavaieut recu la Foi de saint Pierre ou de ses successeurs.II aurait souhaite que toutes les eglises se fussent confor-niees a celle de Home. Mais il etait difficile de ramener si-tot a une parfaite uniformite cequi avait ete laisse au zeleet aux inspirations dun grand nombre de saints et savanseveques, Voconius , eveque dAfrique, composa un r e -cueil doraisons quon appelle Sacramentaire; etMuseus,pretre de Marseille vers le milieu du einquieme sieele, ?est lone du talent quil avait de composer de semblablesprieres, dont on seservit dans plusieurs dioceses. Le saintPape Gelase , a la fin du meme siecle , dressa aussi un Sa­cramentaire , auquel saint Gregoire-le-Grand , cent ans (a) Cypr. dc unit* Ecelcs. p. 83. (b) Cone, Carlhag.IIL cap, »3. jc) Cone. Milcv. IL catu i a.
  • 10. VIU PREFACE.apres , fit quel .pic changemcnt. Et depuis ce temp?-T&jusquau Concile de Trentc, le Missel Rornain a ete appelele Missel de saint Gregoire. Pepin , Charlemagne , Louis-le-Dehonnaireet Charles-le-Ghauve le firent recevoir dansles eglises de France et dAUeuiagne. 11 futaussi recu auoiuieme sieele en Espagne. Toutes ces eglises ne renonee-rent pourtant pas entierement a leurs usages: car des Tang 3 8 le Pape Leon VII ecrivant aux eveques de France etdAllcmagne, (») blame la variete de leurs offices ; mais ilil ne fut pas difficile a ces eveques de sappuyer de Iauto- brite de saint Gregoire qui avait porte lahbe Augastin ( ) 7apres lavoir envoye en Angleterre , a prendre (les eglisesde France ce quil trouvorait de meilleur dans les- officesdivins ; et apres la plainte de Leon VII , Gregoire VII 7 cau on/.icmc sieele, nous apprend ( ) , quily avait de lavariete dans les offices a Rome meme. Quelque raison quon ait de souhaiter une entiere uni­formite, on a souveut trouve quil etait avantageux de re-prendre des anciens usages, et meme den recevoir denouveaux; et par un saint commerce quil y a ton jours euentre toutes les eglises , elles se Mint communique cequil y avait clier, elles de l>on et dedifiant. Home memea souvent suivi les autres eglises, qui avaient presque toutrecu clelle. Gest aiusi quapres avoir fait cesser raneicuRit Gallican , et le (iothique dEspagne, elle na pas lui*seden prendre, comnie on le verra , des prieres et des cere­monies , et de les inserer dans IOrdinaire de la Messe ,qui a etc depuis le trei/ieme sieele tel quil est aujour-dhui , et qui merile les eloges que toutes les eglises Ca-tholiques eu font. Comment IOrdinaire a ete enlre les mains du peuple. LOrdinaire de la Messe navait guerc ete quentre lesmains des prelres jusqua la fin du quinzieme sieele. Alors1 usage deTimpression, qui donna lieu de faire imprimerune infinite de Missels en grand et en petit volume, ncpermit plus de le tenir aussi cache quil lavnitete; et ausieele suivanl les heresies de Luther et de Calvin, qui ose-rent blasphemer conlre la Messe, ohligerent une iufiniuide Laiques mcmes a en lire et a en examiner les prieres, (a) Cone, torn* 9. (h) Lift. 13. ep. 5i. (c) Cam. in die U Consccr. dUl. 5.
  • 11. parce qiion endisputait satis cesse. LesConciles de Mayence et de Cologne, ea io4y ordonnerent quon lexpliquat y au peuple, Ce qui fut eonfirme dans le Concile de Treu- te (a) qui enjoignit aux cures dexpliquer, les Dimauches et les Fetes, quelquun des my stores de la Messe, et ce quou y l i t ; a(iu que les Fideles fussent non-seulement bien in- struits de la veritedu mystere^ mais aussidu sens des prie­ res et des ceremonies. Le Concile veut encore (*>) que les cures expliquent les fonnules des Sacremeus , et que les eveques les fassent traduire en langue vulgaire , pour en faciliter rinteiligence aux peuples. LEglise na jamais pretenducacher absolument les mys- teres aux Fideles. Elle a craiut seulemeut que leur peu de penetration ne leur fit donner un mauvais sens aux paro­ les qui les expriment; et elle a voulu pour ce sujet quou ne leur rapportat ces paroles quen les expliquant. Plu- sieurs siecles availt le Concile de Trente , ii avait ete or- donne aux Prctres de se mcitre en etat dexpliquer en lan-gue vulgaire au peuple ce qui se dit a la Messe et au Bap-tcme. Cela leur fut expressemeut recommande dans unConcile national dAngleterre, tenu a Cloveshou Tan 747 ?par le soin de saint Cuthbert, Arclievcque de Cantorbery.Le Roi Ethelbalde et les grands du Iloyaume y assisterent;et on y lut les lettres du Pape Zacharie et de saint Boni­face , qui durant long-temps fut Tame des Conciles dAl-lemagne de France et d Auglelerre. Voici quel futle de- ? ccret de ce Concile : ( ) « Que les Pretres apprennent a bien» admiuistrer selou la forme prescrite tout ce qui appar-» tieut a leurs functions : quils sappliquent aussi a pou- (a) Ut frequenter inter Miss a rum celrbralimrm , vel per se , vel peralios # ex, lis qux in Mista Ifgtmtm*, illiquid nxpoaant, atque inter ex­tern sanctissimi hujus Saciifurit iiisl<*riuiii aliqtiod declarent , diebusprwsertim Dominicis et FVvJis. C*me. Tri-UHt. sots. c. 8 . (b) Juxtaformam a sancla Synodo in cateclusi singulis SacramenlUpnc-scribendam . qn;tn> rpi/tcopi in vulgaren) Jin^uaHi Ihlvliter r a t i , atqucaparocbis omnibus populo expuni cnrnbmil. Sets, »4- /• (<.) Ut ptesbytrti omne sui grades officium legitinio rilu per omnia dis-rant exlwbcie nos.se • Deinde ill Symbolum Fidei, ac Dominica in Oratio- *nrm , sed et saciosancla quaque verba quas in Aliss;e celebrations ct of-Jicio liaplisrni sulernniler dieunlur , inlerprctari alcpie exponerc pos»epropria lingua qui nesriant eliscant: nee non ct ipsa Sacranwnia » qua?in Misia ac Haplismale, vel in aliis eccles-iasticis ofllciis visibililer conli-titinltir , quid spiriuliter s:g:u!i:tnM , *it disce/e Mud<;ant : ho vol in ipstsSnleiee&siombu-. qui bus pro popnli tMirtis Ueuin t-xorare noseiintnr, vrliijini.iterit sui officiia inveniantur qua*i nwli *•} iguari, si non iuteJligantm c voiboru*» mi utun sensuui, nee i*;Krjmcnta quibus per cos alii adwturnain proJltiuiU i»alutein»
  • 12. » voir interpreter et expliquer en langne vulgairele Sytn-» bole de la F o i , rOraison Domiuicale, et les tres-saintes» paroles qui se discnt solennelletnent a la Messe et au» Baptemc ; quils sinstruisent du sens spirituel que r e n -» ferment les ceremonies et les signes sacres qui se font it» la Messe, au Bapteme et aux autres offices de 1Eglise:» de peur que ne pouvaut rend re raison des pricres quils» adressent a Dieu, et de toutes les ceremonies quils lout» pour le salut du pcuple , leur ignorance ne les rende» muets dans toutes les functions de leur ministere.Version francaise de rOrdinaire de la Messe. —Necesslte desnli- quer rOrdinaire de la Messe. Sur la fin du sei/.icme sicele les Cardinaux de Lorraineet de Guise, successivement Areheveques de Reims firent ?imprimcr une traduction francaise de rOnlinaire de laMesse. II en a paru dans la suite plusieurs autres , deJouyac de Veron, de M . dlilaire , de Mr dellarluy ?Arelicveque de Rouen, imprimee avee le Manuel du dio­cese et scparement ; celle de M. de la Mileiiere en iGffi ?de M. Catalan en i6)i ; el en j (>.*>/(, M . Des plats , docteuren ideologic, donna la traduction enlicredu Missel, quia etc souvcnt imprimee. En iWJn M, de Voisin (it i m -priiner une nouvelle traduction du Missel avee lapproba-tion- de plusieurs eveques , des grands-vicaircs de Paris ,et d uu grand non»l>re de doeteurs. II est vrai qua 1ins-tance de M . 1^ (Cardinal Ma/ariu , Kasseinhh-e de 1060 ?oil presidait M . de Harlay , Arclieveque de lloueu , con-dam na eette version. Mais le memc President , devenuArchevcque de Paris , dix ans apres, ne desapprouva pointcelle qnonavait deja mise a la tele des Seniainessaintes en clalin, et en francais ( ) ; et il permit qnil sen fit une nou­ ;velle en 16*73, a laquelle on joignit alors une explicationdes ceremonies, doul. on a souvent reuouvele F edition.En matiere de discipline , 1Eglise pent defend re ou per-mettre, une m i i m e chose scion quen divers temps et en ?divers lieuxellepeut etre nuisihle ou utile aux Fideles. On (a) Fntprimec arte approbation de COrdinaire a Lmcc A fiouctt cn 1609 , rtc. (I>) VAwz Le LVlil etrlirz An^ot, en i655 , i6Sy el 16(77. (c) Kn i6f>2, M.de Vnisin lit imprimcr avoc privilege, ft drdin a It 1Heine mi-n la 1 induction des Offices de la Semainc saintc , ou il mit 1 0 . •dinaire de la Messe p.t lonl le Canon. (d) C!ie2 Pierre le Petit, cu 167/).
  • 13. PREFACE. XI voyait tous les jours revenir a PEglise un grand nombre de persounes, qui des leur enfance avaient entendu cele- brer les offices en leur langue maternelle , et a qui les ministres avaient dit cent fois que la Liturgie llomaine etait pleine dimpietes. Comment se dispenser de leur faire live cette Liturgie dans une langue quils pussent entendre? M. Pelisson , qui apres avoir goftte les douceurs de la Ca- thoiicite savait parfaitement de quelle consolation etait 7 aux nouveaux reuuis la lecture de ce qui se dit a la Messe, agissaut de concert avec la Couret les Ev£ques , fitimpri- mer et distribuer dans le Ilovaume un Missel latin et frati- cais en 1676, en cinq petits volumes. II fit imprimer la meme annee , separemeut , TOrdinaire de la Messe avec de courtes prieres , que M. TEveque de Saintes , en 1681, et dautres eveques daus la suite firent reimprimer dans leurs dioceses. Enfm , depuis les editions qui en furent faites par ordre du Roi en faveur des nouveaux convertis, a^res la revocation de lodit de Nantes en i(585 , il sen est repandu toutes les anuees une si graude quautitc , avec Tautorite des eveques , quil uest plus question a present 1 d examiner sil est a propos de le mettre en langue vul- gaive , et si on le doit laisser lire au peuple. Cest une chose etablie. On le trouve entre les mains de tout lemonde; etlon ne doit plus soccuper qua leur en donner,par une explication exacte, autant ou plus de res|>ect quonavait voulu leur en inspirer par le secret dans lequel oule conservait. Cest ce quia del ermine plusieurs personnesde distinction a demaiider avec cmpressement TOuvragequou doune ici* Des que je my appliquai scrieusement, je reconnusquon neutrait point exactement dans Je vrai sens des pa­roles de la Messe , quen les expliquant toutes mot a mot;que le principal defant de tons les iraites qui s etaient faitssur la Messe, venait de ce quon ne Tavait jamais entiere- ament expliquee ( ) ; quou avait donne des explicationssur de simples conjectures ; quil fallait laeherde marquerquelles Y U C S avuit exies VEglise ; quil fallait tirer, autantqnil etait possible , des Peres , des plus anciens ecrivains (a) f>&bri<*I Birl, vein la fin du quiiuioruc sfrclc, entrcpih drxpliqarren latin tons l«*s mots du Cnnou : mats il a charge -on Gommvntaire detnnt d« question* ol datilurile* vcolnsliqm s , quil pcrd , el Fait pridre*m»vt:»l de vim Ir vr.it bits ilc l» U tv; rt quil se Uuuve peu de lectern*<jui aienl la piUirnce duller juhju.YU Ittuf.
  • 14. XU PREFACE. ecclesiastiques , et de la tradition Tintelligence des ter* 7 mes, des do^mes et des mysteres qui y etaient ren&nnes; et quon avait besoin pour cela dune explication litterale, historique et dogmatique de tout ce qui composait la Messe* Nous ne devons nous proposer dautres vues que celles dc lEglise, ne fixer notrc esprit quuux pensees dont elle vent que nous nous occupious , et nexciter en nous dautres sentimeus que ceux quelle veul que nous formions dans notre coeur; alio que nous nyon.s 1avantage de prieret rjoffrir avec elle , et que nous ne perdions pas Je fruit qui est attache a rintelligeuce des paroles pleiues de sens ct de mysteres quelle nous met dans la bouche. Combien il importe dcxpliquer les ceremonies- Si rexplication des prieres de !a Messe est necessaire , celle des actions et des eeivmonies ne Test pas moins : ce sont autant de signes qui peuveut exprimer les pensees plus vivemeut meme que les paroles , et qui sont etablis pour nous eddier, nous instruire , et revciller notre atten­ tion. Les ceremonies du service divin ne doivent pas etre regardees cornme indiffercntes. LKcriture nous appmul que lYwn y attache des grace* particulieres ; que Molsepria les mains elevees vers le Ciel. Getait une ceremonie ; et nous savons que Dieu attachait la victoire des Juifs a cetle elevation des mains, (a) Saint Paul, qui avertissait souvent les Chretiens quils etaient affranclus des cerrmo-nies tie la Loi, estimait si fort celles de 1Eglise , quil nevoulait pas quon alleguat des raisons pour les changer,ou pour les omettre. 1 voulait quon se contentat de 1dire : 00 Si (juclf/unn -vent conlester ce nest pas votre ?voulume^ ni celle dc CEglise de Dieu. II est done impor­tant de sappliquer a commitrc les vraies raisons dechaquccercmonie. de ia Messe. Mais il nest pas facile de les Je-couvrir. Qucl<piefois la uecessite , quclquefois la bieu-seance ou la commodity, et souvent des raisons symbo-liques et mysterieuses les out fait etablir ; et ces raisonsont ete rarement remarquees. II faut les chercher en deslieux epars; et nous ne decouvrons la vraie raison de quel-c[ues-unes que dans ianalogie quelles out avec celles dontou trouve disliuctement la vraie cause. (a) Exod. xiu. ii, (b) i. Cor. xi. 16.
  • 15. PU^FAGH. XIII Defauts des Auteurs qui out donn6 des explications mystiques. Depuis cinq ou six cents ans , des auteurs celebres out donne de longs ouvrages sur la Messe. Ceux du Cardinal Lothaire qui fut fait Pape sous le nom dlnnocent III, ? a en 1 1 9 8 , et de Durandi ( ) Eveque de Mende , divises chacun en six livres , out ete dans la suite cent fois copies par les auteurs posterieurs , comme ce quon avait de meilleur. Mais ces auteurs quelque habiles quils fussent ? dailleurs , n etaient pas assez verses dans lantiquite , et ils navaient pas eu le temps de faire les recberehes neces- saires. Us 1ont reconnu , ils Tout declare au commence­ ment et a lufinde leurs ouvrages et Ton sent a chaque page quils ont eu raison de le dire. Leur genie sest priucipale- ment exerce achercher, e t a meltre partoutde pretendues raisons mystiques. Leurs allegories se sont trouvees a por- tce de la devotion dun grand nombre de Fideles : mais elles nont jamais ete universellemeut goutees. Des persou- nes savantes et appliquees ont depuis long-temps souhaite quon ne confondit point ce qui est mysterieux avec ce qui ne Test pas. En effet, quelque edifiantes que soient les vues quon presente aux Fideles pour nourrir leurpiete, il faut quellcs cedent aux premieres vues qua cues1Eglise. Si cest lanccessite, la commodite , ou la bien-seance , qui aieut ete la premiere cause de la ceremoniequon veut expliquer , il faut le dire ; re in outer ensuiteaussi baut quil est possible , pour decouvrir les raisonsspirituelles que 1Eglise a , pourainsi dire surajoutees a ?la raison dinstitution. Les nouvelles vues quon veut p r o ­poser de soi-meme doivent avoir le dernier rang. Les au­teurs cites nont point suivi eet ordre , et cest ce qui rendleurs ouvrages moins utiles , et qui oblige de faire apreseux les recberehes quils ont negligees. Projet dune explication litterale par M. de Vert. Ou a compris en notre siecle , mieux que jamais , com-bien il etait important de remonter aux origines des usa­ges de 1Eglise. Quelques auteurs ont fait diverses recher-ches sur ce sujet 5 mais uul navait donne taut de lieudesperer un ouvrage complet sur ce point. que DomClaude de Vert. 11 se proposa cette etude presque aussi- (a*) GVst ainsi c|t:*il sr nom me lui-mi*i»fi; mais on lap|<!!c commune*meat Dtu-and , pa ice quou a toujuuis inis cu iatiii Durundus,
  • 16. XIV PREFACE. tot quil fut eu etat de sappUquer ; et Ton sut bientot apres dans le monde quil avait eu cette matiere dautres idees que le commun des auteurs. Sur quoi le Ministre Jurieu ecrivit, quun savant homme de VOrdrede Cluny preparait un outrage qui ferait tomber les Durand, les Biel , les Innocent , et leurs disciples , qui out ecvlt des fllysterrs de la Messe ; et quil prouverait que ton- tcs les ceremonies sont sans mystere. M. de Vert se d e - fendit sagement de eet eloge dans une lettre a M- Ju­ rieu memo , et il repoussa par des reflexions courtes, sim­ ples , et en un sens litterales , toutes les fades plaisante- ries que ce Miuistre avait faites sur les ceremonies de la Messe. Cette lettre fut imprimee a Paris en x6go. Le pu­ blic y applaudit , et coucut de nouvelles esperances de 1ouvrage quil attendait. M. de Vert etait, ce semble, en etat de le rendre excellent. Deja tresorier de lAbbaye de Cluny , il avait ete fait Visiteur de TOrdre : ce qui lui ou- vrait les voies les plus faciles pour siustruire des usagesdes eglises , et pour en decouvrir les anciens monumens.Les benefices dont il jouissait, lui donnaient dailieurs iesmoyens de fournir aux depenses auxquelles les reclierchespeuvent engager. Que ne devait-on ]>as attendre de eetauteur ? Aussi des que ses deux premiers volumes paru-rent en 1707 et en 1708 , on fut plus porte a les lonerqua les examiner aveesoin. En effet, le dessein quavaitl a u t e u r , deloigner les raisons imaginees par les preten-dus mystiques, son application a decouvrir les raisonslitterales , et lumas d u n grand nombre de faits curieux,de pratiques singulieres et de re marques, qui pourraientdu moins servir de memoires a ceux qui travailleraient surcette matiere , mcYitaicntccrtaiutmieut des louanges. Onlesdonnc sans crainte sur des points qui ninteressent pas lafoi ; et les lecteurs donnent dautant plus faeiieinent ceseloges , que quand ils nont pas approfondi une matiere,quelquc savans quils soient d ailleurs , its peuvent etreaussi satisfaits du vraisemblablc, quils leseraient du rai.Mais quand des personnes attentive.s, versces dans Kanti-quite eeclesiastique , et accoutumees a cberclier les origi-nes dans les anciens monumens , out In Touvrage avee desages precautions con tre tout ce qui pourrait etiv ima­gine , on a reeonnu que M. de Vert avail trop donne dansies conjectures de quelques moderues , quil a^ait trop
  • 17. PREFACE. XVecoute les siennes et que ces conjectures et quelques ypratiques des has siecles 1avaient determine a ne don-ner a toutes les ceremonies de 1Eglise que des originesphysiques de commodite ou de necessite, et a faire unsysteme qui lui avait fait prendre le change sur les vraiesraisons diustitution. II aurait fallu dabord Ten avertir, etlui exposer les raisons qui auraieut sans doute determinesa candeur et sa droiture a rectifier son systeme dans lesvolumes quil devait douner sur la Messe : mais malheu-reusement il m o u r u t M , lorsquon etait sur le point de liercommerce avec lui. On ne pent done plus sadresser quauxlecteurs qui ont trop facilement adopte ses conjectures;et com me nous nous sommes propose de dcvelopper auxFideles lorigine et le sens des prieres de la Messe, et leveritable esprit de 1Eglise dans les ceremonies , nous noustrouvons aussi obliges de montrer par louvrage meme deM. de V e r t , ou menent ces sortes de conjectures. Linte-ret des Fideles doit toujours etre prefere au managementque merite un particulier , quelque bonne quait ete sonintention , et quelque consideration quon ait pour lui.Allons dabord a la source de son dessein et de ses recber­ehes . S S E E D M. D V R S R UNE F U S SUPPOSITION. YT M E E ET U A SE II y a plus de (rente ans , dit-il , O) , quayant out d 5a un homme de jorl ban esprit, dailleurs Ires-ver nsVantiquite , que les cierges netaient origin airerne at dansFEglise que pour cc fairer; cctte idee me frappa^ me milsur les votes du seas nature! et historique des ceremonies,et je compnSjdans le moment , quil fallait que toutes lef a li­tres pratiques de PEg/ise eussent de meme leur cause pri­ Jmitive et physique , et leur raison d institution, Je me misdone sur cela a faire la recherche de ces causes et de cesraisons Jai tire mes consequences , forme mon senti­ment, pris mon parti, et dresse enfux mon systeme. Mau-vais debut. Tout homme qui commence par faire un sys­teme , ne cherche et napercoit plus que ce qui peut 1cfavoriser. Et pourquoi faire un systeme pour expliquer les cere­monies ? II y en a qui ont ete introduces par necessite ,dautres pour la commodite ou la bienseance, et un grand (a) ( Abbeville , Ir premier mai 1 7 0 S . V (b) Tom, 1.3.erf. p , AI4.
  • 18. xvf preface.noinbre pour des raisons mysterieuses. Elles ne peuventdone pas etre reduites a une nieme cause. 11 a plu a M. deVert de faire un systeme, parce quen commencant sonouvrage il a voulu quelles ueussent toutes que des raisonsphysiques , de convenance ou de neeessite, Ce nest j)asapres ses recherches quil a fait son systeme, ce n e s t qua-pres Iavoir fail quil a cherche et imagine de quoi Canto-riser. Des quil eut entendu dire que les cierges ifetaientorigtnaircmeni firms FEglisc que pour eclairer son sys­ >teme fut fait generalement pour toutes les ceremonies. IIcomprlt flans le moment QUIX. FAT.LAIT Q U E T O U T E S I,KS A V -T U B S P R A T I Q U E S D E LEGLISB E I J S S E X T D E ME M E L E U US CAUSESPRIMITIVES ET . Apres ce systeme sitot forme, PHYSIQUEStoutes les lueurs ou les vraisemblances qui pourront le fa-voriser seront admises en quelque eudroit quil les trouve;et tout ce qui para it ra oppose, quelque aucieu , et quel-que respectable quil soit, sera rejete comme de mauvaisgortt. Fausse origine des lumieres. Cest sur ce plan que M. de Vert a travaillc. Son premiersoin aurait du ctre dexaminer si ce quon Itii avait dit de1origine <les cierges dans IKglisc etait bien vrai ; si 1usagedeu allumer a la Messe en plein jour vieutde ce quorigi-nairement on disait la Messe dans des lieux souterraius,etquensuite par pure habitude on a continue den alhuner,quoiquen plein jour, comme il le repete si souvent dans*tous ses volumes. Sil avait commence par cet examen , ilnurait pu voir que la reflexion qui le charma , etait fausse;que les cierges ont ete des Torigiue dans lEglise , ainsiquils tesouta present; tantot pour eclairer simplemenl,tantot pour marquer la joie quexcitent les veilles des grau-des Fetes , tantot pour honorer les Ilcliques des Saints, etla sepulture des Fideles ; et quils ont etc allumes en pleinjour, nullement par coutume , mais pour des raisons mys-terieuscs. On a montre, png. 60 et 61 , quau quatriemesiecle jusques vers Tan 4<>o , dans loutes les eglises deIEurope , on nallumait point de cierges en plein jour;quon na commence den allumer h IEvaugile, el ensuitependant les prieres de Ja Consecration <pie pour des raisonspurcmcnt symboliques et myslerieuses.
  • 19. XVII De IEncens. M, cle Vert a done commence par segarer en se mettanlsur les votes; sera-t-il plus heureux dans sa route ? Len-cens , selon l u i , a dabord ete employe dans lEglise pourcorriger les mauvaises odeurs; et Ton a donne des ciergesallumes aux nouveaux baptises pour seclairer en allant desFonts a lAutel. Ici il naurait pas fallu detude pour dc-couvrir la faussete de ses pretendues raisons physiques ; unpeu dattention en aurait fait sentir le ridicule. En effet,si Ton na brfile de lencens que pour repandre de bonnesodeurs dans Ieglisc , il aurait suffi quon y eut fait m„ttivdes cassolettes par qui que ce fut. Le Pontife naurait pasetc charge dencenser lui-meme en cercmonie lAutel ,comme on le voit dans les Constitutions Apostoliques,dans le Traite de la Hierarchie Ecclesiastique , et danssaint Ambroise. II ne se serait pas avise de benir cet en-cens , ni de faire en Toffraut ces belles prieres quon litdans les plus aucienues Liturgies , de saint Jacques et de asaint Chrysostome ( ) , et que lEglise Grecque recite en­ bcore a present. ( ) Des cierges des nouveaux baptises. Si les nouveaux baptises navaient allume leurs ciergesque pour seclairer en allant des Fonts a TAutel , pourquoine les aurait-on pas allumes en allant aux Fonts , puisquiletait deja nuit ? Les Pretres, les Diacres, les parrains, etles autres Fideles qui accompagnaient les nouveaux bapti­ses, nauraient-ils pas eu les monies raisons den alhuner?Ce sont cepeudant les seuls nouveaux baptises qui portentdes cierges a la main, et certainement sans en avoir be-soin : car a cette veille solennelle il y avait un si grandnombre de lumieres , que les tenebres de la nuit etaientchangees en un jour brillant. M. de Vert fa su; et eest cequi lui a fait dire quon nallumait point de cierges pen­dant 1Evangile, parce que le Diacre voyait assez clair.Ces grands luminaires auraient-ils done suffi pour lire, etnon pas pour se conduire? M. de Vert aime mieux pren­dre ce parti , que de reconnaitre, avec les anciens Peres, (a} Ettclwt, Grtrc.p* 62. [h) On a motiln* par les trmoi^nages des anciens Prrcs , pag. i3ov.i »niv. que Ilungr de lencens avail efe intruduit dans lEglise pardes raisons S3mbuliquci et mysleiicuseif. I. B
  • 20. XVIII PREFACE. que les cierges allumes au sortir des Fonts , sont un sym- bole qui montre aux nouveaux baptises que par le Bap- a teme ils viennent de passer des tenchres a la lumiere. ( ) Cest la du mystique , M. de Vert ne sen accommode point. II scmble meme ne pas accorder des origincs mysterieuses a riustitution des Sacrcmeus, comme on le peut voir en quelques endroits de son ouvrage. Illusion sur lesens simple et litteral. M. de Vert a donne dans ces idees, pour entrer dans le b gout des savans, qui, dit-il ( ) , en tout genre de science et de litterature , revieunent cnfln au simple et au naturcl 9 et par lit au i>rai. Rien de plus excellent quun tel g o u t , quand il est restreint dans ses justes bornes ; comme rien de plus peruicieux quun gout qui sest gate pour navoir su se retenir. 11 faut reconnaitre, a la gloireet a la bonte dc notre sieele, que le bon goutsy est forme, et quil sy estaussi fort souvent gate; que des esprits dailleurs capa- bles de bonnes cboses , out donne dans de facheuses ex- tremites, en expliquant meme la parole de Dieu. Origene et plusieurs autres anciens interpretes avaient trop donne dans Tallegorie; een est assez pour determiner les preten- dus critiques a les bannir toutes : et ils out execute ce des- sein de telle sorte , quil ne tientpas a eux quon ne trouveplus dans Moise , dans les Prophetcs , et dans les autresLivres saints , ce que Jesus-Christ y deeouvrait a ses dis­ciples^)-, et ce quils out ensuite developpc a toute lEglise.Ces pretendus critiques sont tout au plus des grammai-riens , dont les ouvrages sont peruicieux pour les Fideles ,el utiles seulement aux bons theologiens , pour les aider aconuattre la valeur des termes. Ce sont des e tranters dans1ancien et dans le nouveau Testament, hospitcs Test amen-torum.(d) M. de Vert sest laisse ehlouir comme eux au pre-texte specieux de cherchcruu sens simple, littoral et his-torique ; mais aussi comme eux , en voulant le saisir, il apris le change. (a) K rat is cnim aliqiiandn f^neurce, nunc autcm lux in Domino; utfilii lucis ambulate. Ephvs v. S. (I)) Tom, i, ?- rd. p. i i5. (v.) Illiv sum Sciiptnr.i: qn.v testimonium perhibent dc mo Dclur mini illc Mnisrs scrinsil. Jonn, v. 3g. 6, Inripirns a Moysc , et om-%ihuK Prnplieiis inUrrpretabatur iilis in omnibus Senpluris quae de ipso seianl. T.ur. xxi*. ^7. (d; Ejilics. 11, 1 a.
  • 21. PREFACE. XIX Ce que cest que le sens littoral. Le vrai sens litteral et historique dun edit ou dune ceremonie est celui que Tauteur ou linstituteur a eu en vue et cest souvent un sens figure , de symbole et de ? mystere. Si Ton considerait dune maniere grossiere et ma­ ter! elle le sceptre des rois , la crosse des eveques et des abbes , on dirait quon les leur donne pour sappuyer en marchant, parce que cest la Vusage le plus ordinaire des a batons ( ) , et quen effet les eveques et les abbes se sont anciennement servis de batons dans leurs voyages. Mais comme on cherche ici la raison qui a fait etablir la cere­ monie du baton pastoral, on sYloignerait duvrai sens de lEglise, si Ton dounait pour raison dinstitution 1usage ordinaire de sappuyer en marchant ; parce que le sceptreet la crosse sont egalement donnes aux jeunes et aux vieuxpour sen servir seulement dans les actions declat et deceremonie. La signification propre et historique du scep­tre est detre le symbole de la puissance du Roi dans tousses Etats , comme le baton pastoral est donne par lEglise haux ev&ques et aux abbes , pour marquer leurautorite ( )dans leur dioceses et dans leurs monasicres, et que commepasteurs ils ont la houlette pour proteger leur troupeau,et chatier ceux qui en troubleraient la pais, et le bon ovdre.LEglise meme dans ses Pontificaux nous apprend ces senssymboliques. Mauvais pvincipe des actions tire du son des paroles. Si la fausse origine de 1usage des cierges en plein jour,et le sens propre et Htteral mal entendu , on fait egarerM. de Vert, il na pas ete plus heureux dans le priucipequil a voulu se faire pour trouver des causes physiquesdes actions du Pretre et des assistaus , qui sont ordinai-rement joiutes a des paroles. II aurait pu attribuerces ac- (a) Le Sceptre a cte souvent un assez long baton, Celui de Char­ lemagne avait sept plods de hauteur , au rapport dEginhard; et le mnine de saint Gall dit que Charlemagne se platgnit de ce qnun cv«i- que , quil av;iit liiisse aupres de la Keine, vouliil so servir dc ee Scep­ tre au lien de baton pastoral : Sccptrttm nostrum , quod pro signtpentitmo rcffiminU nostri , aurcum fcrre solcmus , pro pasiaruli bacttlo , nobis igno-rant i bus , sibi rindicare totals sat, L. t c, 1 9 . (b) Saint Isidore de Seville , vers Ian 6 0 0 , parle ainst du bMon donneaux eveques a leur sacre : flute (tutcm , ttum con*tcratur , dtttttr har.tf•jus , ttt Ijna Ihdicio titbditam ptcbem ret regal , ret corneal, vet injirtnU UiUn infinn.rum sustincaU /*/</. do Eccl. Of[ic. L a. c. 5 . B «
  • 22. XX PREFACE.tions aux mouvemens que les sentimeus J* une piete viveeteclairee fontproduire; celaaurait ete du moral et du mys­tique , et ce netait pas son desSein : il a done fallu cher-cher des mots dont le son seul fut la cause physique deces actions. II sy est applique au premier tome. Tout le second v o ­lume , divise seulement en deux chapitres , roule sur depareilles teutatives. II y entasse confusement les pratiquessaintes et respectables de lEglise avec des usages qui sontpeu connus , iutroduits sans raison , et qui devraient etreabolis. II nous apprend qua Abbeville, et (a) eu deux au­tres endroits , les c h a n t r e s font les effrayes lorsquilscliautent robustos Moab obtinuit tremor (b)j et qua Pe-rounelecbantre, au jourde Noel, a 1occasion de rAutieuneDe Jrttctu, presente des fruits dans un bassiu au Doyen etau sous-chantre. Les pratiques communes de lEglise nesont pas susceptibles dun tel sens: niais M. de Vert napascraintdelesattrilmera ses pretendues causes physiques. Si Ton se met a genoux a ces mots du Credo; Et incar-natus est, cest quon vient de dire un peu plus haut des-cendit. JI est aise d^apcrcevair, dit M. de Vert (c) , queeette cercmonie nest que Veffet de I* impression du son etde la lettre du mot descendit; car cest en quelque soi*tedescendre que de s*agenonillcr. Et si dans plusieurs egli­ses on se tient a genoux jusqua ce quon ait dit scpultus,ne pensez pas que cela vienne de ce quon veut adorer danscette posture lahaisscment volontaire et les humiliationsdu Verbe incarne; non, cest quon attend un mot qui de­termine a se relevcr, et ce mot est resurrexit: car, ajoutc-t-il en note , nEsmiGJuiK signijie dans le senspropre se rele»vcr, se redressrr.QuiA autre que SI. de Vert aurait jamaispu deviner que ce mot descendit prononce dans une autreoccasion , etait la cause dc Ionction et dc la consecration ddes mains des eveques : A ces autres paroles, dit-il, ( )employeespareillement dans la meme cercmonie, Unguen-tum in capite, quod descendit in barbam , barbam Aaron,quod descendit in oram vestimenti ejus ; on lui. oint lesmains , apparemmcnt a cause du mot descendit , qui auradetermine a faire descendre en efjkt, et decouler ttussi surles mains Vhuile dabord repandue sur la tete m (a) Turn. />. 5 r/ 11. (b) Lr. JTtirti au CTMUinc dc Ltfidrs. (c) Tom, i . *. edit, p* (c) 2. Turn i» edit. p. 5 3 ct iGj*
  • 23. PREFACE. XXI A Vendroit de la Passion ou il est dit que Jesus-Christexpira , le peuple chretien se prosterne-t-il par terre pouradorer le plus humblement quil lui est possible cette mortprecietise que Jesus-Christ a soufferte pour nos peches?M. de Vert ne trouve iVautre cause de cette ceremonie quedavoir voulu represeuter un homme qui expire : On selaisse alter a terre, dit-il, (») et on baisse la tete a la ma-niere de ceu.v qui expirent et rendent Vesprit, qui tombentmarts. Bien plus , ajoute-t-il au rit remain on fait ici 9une pause, comme pour exprimer, peut-etre , le repos des 9marts , c est-a-dire , Vetat oh sont les corps des hominesapres leur mort. On trouve dans les bas siecles divers Missels charges dequelques rubriques pucriles , parce quelles out ete dres-sees en des temps grossiers; et M. de Vert, qui avait lu ungrand nombre de ces rubriques, a eru les devoir insererdans son ouvrage, et il a rapporte avec soin les menuespratiques des lieux quil a parcourus; mais il na trouvenulle part une telle explication, (b) En effet , prescrirait-on aux f ideles de represeuter par des gestes ce que les pa­roles marquent si clairement; et leur assemblee serait-elleune compagnie de mauvais acteurs? Vraies causes des gestes. M. de Vert devait savoir ce quont remarque les bons cauteurs ( ) , que les gestes se font pour exprlmer les sen-limens dont Pa me est actuellement penetree, et non pr.spour figurer ou pour montreraux spectateurs tout ce queles mots dont on se sert peuvent signifier. M. TEvequedeSoissons est en tre dans la vraie raison des gestes , et dans dles sentimens de lEglise, lorsquil a dit ( ) : « Cest la foi,» et la foi vive qui minspire de me prosterner devant les» Autels de mon Dieu. Ce nest pas le son grossier de ces » mots, suppler, oasupplici, ouadorare, ou descendit, (a) Tom. 2. i. ed, p, 32 et A5. (b) Gc nVst pas que M. de Vert ait voulu absolument bannir les raisonspteuscs, pour y .substilucr ses idees comme des decisions : « Dieu me• preserve, dit-il, de jamais condamner ni les nijdliqucs, ni les raisons» niysterteuses.... » Je cherclic, oucero , non affirmo j ajoutc-t-il, Prcfi.torn. 1. p. xUvet xlv. Mais ce. quon lit ailleurs, et surtout le litre de lou-vragc , donne une autre idee. II aurait fallu, pour ne pas embarrasscr lelecteur, intituler le livre: Conjectures sur les Ceremonies ; et non pas Ex­plication Itttcrale et historiquc* (c) VQCZ la Pocliqucdc JuUs Cesar 5caliper fdj Hi fnl. dcM. de f<rt, p. i . 7 7
  • 24. XXII PREFACE.» etc. qui my determine, coramele veutM. deVert (a)Cest» seulement le desir de montrer a Dieu par cette posture» huniiliante lhumiliatiou de mon cueur. Cest la foi vive» qui minspire delever, en priant, mes mains et mes yeux» vers le Ciel, non pas seulement pour exprimer par ces» gesies le sens des mots de ma priere , comme le ditM. de» Vert, mais pour exprimer la vivacite de mes desirs , qui» selevent vers Dieu , comme dit saint Augustin (b) , pour» mexciter par la a gemiravec plus de ferveur , ct aprier> avec plus de fruit. »> Nouvclles idees pour bannir toutc mystieite. M. de V e r t , pour bannir tout ce quil traite de mvsti-eile , est oblige de cbercber dautres raisons que ccllesquil trouve <lans 1imprcssion que fait le son des paroles.Saint Beuoit , au sixieme siecle, nous a (lit quon se leveau Gloria Patri , pour marquer par la lhonneur qui estdu a la sainte Trinite, a la louange de laquelle ce versetest consacre; M. de Vert observant qua la (in de rhaqueNocturne le chauir qui etait assis se leve au dernier reponsquand on dit Gloria. Patri, a eu une autre vue que saintHenoLt : On se leve , dit-il (c) comme pour s*cn alter et se yretirerdu clurur: car on sortait autrefois a la fin de cbaqueNocturne. Quattentlre dun auteurqui ne sapplique quacbercber de telles causes? Dans les deux derniers tomesqui parureuten 1713 , ilentredans le detail des ruhriques,quil accompagne de courtes dissertations sur les endroitsles plus diff idles. II y parait quelquefois un peu plus equi­table sur ce qui est evidemment mysterieux ; mais il estvrai aussi quil continue a mettre en ceuvre les raisons depure imagination. Quels efforts ne fait-il pas encore, pourne donner dautre cause des actions du Pretre que le sondes paroles quil prononce ? Le Pre t re finissant les orai-sons, joint—il les mains, comme ou le fait communcmeut,meme dans le monde, en demandant quelque grace avecinstance ? M. de Vert ne trouve dautre cause de ce gesteque les mots /// imitate : Soil quit joigne ses mains, dit- Jil ( ) , a Per Dominum, ou a in unitate , cest toujours en (aj Tom, 7. p. i 4 / . (b) Omnfs gfntia fig;:nl , i:tcni1tinl mantis, vel prostmnmlur solo ,eA Iioc inagis so ipsum oxcital homu ad oramhim , £«!iiH*ndiim<[UJ: burnt*lihs alquc Irrveiuiiis. S, Au^. lib. do rum pro wort. cup. 5. (c) Tom. a."/», 2^-. (d) Tum.o, iubr. 5y. Somiiuinc, /;. 9}..
  • 25. PREFACE. XXIIIconsequence de cesderniers mots quil se parte a ce mouve-menlqxCexpriment les paroles. II pretend encore en trou-ver bien mieux la raison physique quand le PrStre dit, Per aeumdem. Le Pretre, ajoute-t-il , ( ) joint ici les mains, 7comme pour des deux n en faire qiCune, ne faire quuneseule et mime main, a cause r/eumdeni. Mauvaise origine de Televation de lHostie. Sil sest fait des changeraens dans les ceremonies,M. de Vert se contente de recourir a des conjectures de safacon , au lieu de cbercher les vraies raisons dans THis-tohe. II a su que Televatiou de lHostie a commence audouzicme siecle. Dou vient cette nouvelle ceremonie? Lavoici selon lui : (1>) Comme il netait pas possible que lePretre prvnant IHostie dans ses mains a [occasion dac-cepit panem, et f/accipite, ne Velevdt tant soitpcu ainsi 9que nous le ferons observer sur la rubrique 27 , h. i , il est*venu insensiblement a Vclever si fort ^ surtout apres la Con­secration, lorsquHl a voulu Iadorer, qua la fin, vue etapercue des assistans qui nont pas manque d[r porterleurs honunages et aVj dirigcr leur culte, cette elevationvers le commencement du douzieme siecle a commence dedevenir solennelfe. Voila une cause physique bien lente,Aurait-il done fallu plus de mille ans pour elever aiusirilostie peu-a-peu , de telleuianiere quelleputetreaper­cue de tous les assistans ? Disons plutot: Etait-il bien dif­ficile de voir quau onzieme siecle Berenger attaqua la pre­sence reelle ; qu apres sa penitence et sa mort arrivee eu 1088 , plusieurs saints personnages introduisirent diversusages , pour porter les Fideles a professer publiquementla presence reelle de Jesus-Christ dans lEucharistie, endetestation de lheresie de Berenger ; et que eest la Vori-gine de Televation de THostie ? Mais M. de Vert na niconnu ni cherche ces sortes dorigines. Infidelite dans les faits. Ce quil y a de plus fAcheux pour ceux qui travaillentsur cette matiere , cest qu on ne saurait se fier a ce quilrapporte des livres quil a lus. II semble quil n avait pointd yeux: pour voir ce qui ne saccommodait pas a ses con­jectures et a son systeme. De ce que les Chartreux et les (a) Tom. 3. p. (U) Tom. 5. p. jtJi.
  • 26. X X I V P R E F A C E .Jacobins ne disent pas le V&mme Judica me Deus, en com*mencant la Messe , il en infere que la recitation de cePsaume est fort rccente. VEglise de Rome, dit-il W , ajuge a propos de Vadmcttre sexdement depufs cnvirondeuxsiccles. II nen est point encore parte dans VOrdre Roma indu quaforzieme Steele, 11 le rcpele de nouveau au qua- irieme tome : Jusqttes /rt,dil-il comme ton voit > nulla trace encore du Judica. Cej)cudant , outre les anciens ma- nuscrits que nous avons cites, le Judica est drpuis six asept cents ans dans plusicurs auteurs fort eommuns, telsque le Microloguc , Innocent III , Durand, etc. Kt pou-Aait-il etre inieux marque quil Test dans lOrdrc Homaiiidu qualomeme siecle , ou ftl, de Vert ne le vojyait pas? cVoici les teruics de cet Ordre : ( ) Le Pape revctn de seshabits pontijicaux, dit devant VAutel lutfoiho ad A h a r eDei; on luirepond, Ad Deum , etc. apres quo! il commenceIt! Psaume Judica , quit acheve avec les assistans. Ces sor-tes diu/idelitesquireviennent trop souvent, montoblige,en faveur des lecteurs , deu marquer quejqiies-tiucs, (d)quoique jeusse eu dessein de ne point parler de 31. deVert. Je dois dire iri que ses infidelites mont vraimentafllige , parce quelle.s mont 6t« le moyen de profiler deses recherches. 11 indique beaucoup de vieux livresdeglisc , et malheiireuseinent il faut tout revoir apres lui,et faire un bien plus grand nombre de recherches que lessiennes pour ne pas marcher a tatons , et teuir un justemilieu entre lui el les pretendus mystiques.Ce quil faut observer pour eviter les defauts des pretendus mysti­ ques, et des pretendus Htteraux. Pour eviter les defauts des tins ct des autres, premiere-ment, on ne doit jamais perdre de vue Tetat de la ques­tion , qui consiste a chercher 1origine des ceremonies , etnon pas Torigine des choses que I Eglise emploie dims lesceremonies : par exemple, si Ton demaude pour quelleraison le Pape donne un chapcau rouge aux Cardinaux,je ne puis repondre quen badinant , que cest pour secouvrir Ja tcte : car on ne demande pas pour quelle raisonles Cardinaux portent une calotte , uu bonnet, ou un cha-peau ; mais dou vieut quils les portent rouges. Cest lo-rigine de cette couleur, propre aux Cardinaux , quon chcr* r (a) Tim. 3 . f». i<». h[ Tom. j . p. 3. (r) Ord. Horn.n. j i . p. 3 a a . fd) Pag. 201. , etc*
  • 27. PREFACE. XXV che , et non pas Vorigine des bonnets ou des chapeaux. Cest kquoi M. de Vert a cent fois manque , et ce qui lui a fait donner tant de mauvaises explications des Sacre- mens , et des plus saintes ceremonies. Tout le monde sait quon se lave communement les mains et tout le corps our les nettoyer : mais si Ton demande dou vient quef eau est la matiere du Sacrement de Bapteme, quon re- pand de leau sur la tete du baptise, ou quon le plonge dans leau ; on repondrait fort mal, si on disait que cetait originairement pour laver le corps : car cela ne se fait pas, dit saint Pierre (a) , pour oter les souillures de la chair ;et saint Augustin nous apprend que ceux qui devaient etrebaptises le samedi de Paques , se baignaient le Jeudi saint,pour ne pas porter un corps crasseux aux Fonts baptis-maux. Le Bapteme na done pas pour origine ni le besoinde laver le corps , n i , comme le veut M. de Vert, lusagede quelques peuples, qui lavaient les enfans des leur nais-sance, et qui par superstition les portaient au fleuve : lo-rigine du Bapteme est purement symbolique , cest-a-dire,que leau, qui est un element tres-propre a laver toutessortes de choses , est employee pour montrer quen tou-chant le corps, Dieu purifie l&mede toutes ses souillures. Secondement, il faut decouvrir, autant quil est possi­ble , le temps et les lieux ou chaque ceremonie a com­mence. Cest ce qui a ete toujours neglige par les mysti-tiques, et souvent par M. de Vert. Le Cardinal Lothaire( Innocent III) supposant quil y a eu toujours , comme apresent, 25 signes de croix dans le Canon, trouve quonemploie ce nombre (*>) produit par cinq fois cinq, et quirevient toujours a lui-meme, quand il serait multiplie aVinfini ; parce que le Sacrement de VEucharistie peut etrecontinue sans cesser detre le mcme sacrifice. Ce Cardinalaurait pu voir que de son temps m e m e , en diverses Egli-ses , et chez les Chartreux , on ne faisait pas a5 signes decroix; que cent cinquante ans avant lui on elevait 1 Hostieet le Calice aux mots Peripsutn, etc. au lieu des cinq si­gnes de^croix quon a faits depuis en cet endroit, et quainsile rapport entre ces 25 signes de croix et TEucharistie, est (a) Non carnis dcpositio sordium. i. Petr* in. 21. (b) Simul omnibus quinquies quinquc, quae sunt simul vigintiquinque:qui numerus per se ductus semper in seipsum reducitur, »i ducatur ininfinitum. Quantum libet enim mulplicctur Eucharislijc Sacramentumtemper est idem Sacrificium. Innoc. Myst. Miss. /. 5,c. u .
  • 28. XXVI PREFACE.un rapport quil a imagine , et qui n* avait jamais ete indi-que par 1Eglise, Troisiemement , il faut chercher dans les auteurs con-temporains , et dans les prieres des plus anciens livresdEglise, les vues qu*elle a eues dans ses ceremonies : carce sont ces prieres-la memos qui en decouvrent 1esprit etle vrai sens. Quatriemement, ne point faire ici de systeme , pour ex-poser avec plus de fidelite ce quon trouve, et ne pas don-n e r c a r n e r e a son i m a g i n a t i o n . Cinquiemement, se proposer pour modele du discerne-ment quon doit faire des vraies raisons de lE^lise, lesceremonies ou ces raisons se rendent, pour amsi dire,seusibles , de quelque genre quelles soient: car il y en a deplusieurs genres. Quelques cxemples le feront voir assezclairement. Exemples du discernement des diverses causes des ceremonies. i • II y a des usages qui nont dautres causes que la con-vcnance et la commodite. II ne faut point chercher dautreraison de ce quon ne laisse point le Missel sur lAutel ducote de IEpitre au temps de TOffertoire, si re nest quilfaut laisser ce cote libre pour tout ce qui est necessairepour r Obi at ion. On couvre de meme le Calice par precau­tion, et sans mystere, depeur quil ny tombe quelquechose. Si le Micrologue, qui reconnait cette raison , en aajoute dautres mysterieuses ( ) , elles sont comme de sur-croit, deson fond, plntotquede TEglise. 2. II y en a qui ont une double cause; une de commo­dite , lautre de mystere. La premiere raison delacein-ture quon met sur lAube, est de Tempecher de flotteret de trainer par terre ; et cette raison physique nem-pechc pas que 1Eglise , j>ar les prieres quelle fait direauxpretres , ne les determine a prendre la ceinture commeun symbole de la purete , saint Pierre nous ayant recom-mande de nous ceindre spirituellement; (b) suvcincti 1um­bos mentis vestrce, etc. Cest ainsi encore que la fractionde THostie se fait naturelletnent pour imiter Jesus-Christ,qui rompit le pain et parce quil faut la distribuer : ce 7 (a) Hue usque Calix pro cautcla conpertus videbatur , dcinccps auterumagb pro mystcrio cooperitur, etc. MicroL c. i 7. (b) 2, Peir. 1. 13.
  • 29. PREFACE, XXV1X qui nempeche pas que diverses eglises naient joint a cette fraction de IHostie des vues spirituelles , en divisant lHos- b c tie en trois (») , en quatre ( ) , ou en neuf( ) parties. 3 . Quelquefois a une cause physique de commodate ovde bienseance qui a cesse , une raison symbolique a sue-cede , et a fait conserver 1usage. Le mauipulenetait ori-giuairement quun mouchoir , pour servir a ceux qui agis-saient dans lEglise , et qui avaieut besoin de sessuyer.II ne peut plus servir a un tel usage depuis six ou sept sie-cles; mais lEglise continue de le faire prendre, pour fairesouvenir ses Ministres qu ils doivent travailler et souffrir dpour meriter la recompense. ( ) 4- Quelquefois un usage etabli pour une raison deconve-nauce , a ete change pour une raison mystcrieuse. Jusquesvers la fin du neuvieme sieele, le Diacre chantant VEvan-gile se tournait vers le midi du cote des hommes, parcequil convenait de leur annoncer la parole sainte prefera-blement aux femmes, qui etaient placees du cote oppose.Mais depuis la fin du neuvieme sieele, dans les Eglises deFrance et dAllemagne, le Diacre sest tourne vers le sep-trion, par une raison purement spirituelle, qui est mar­quee pag. 199 et 2 0 0 . 5. On voit aussi quune raison de proprete a fait depla-cer une pratique qui avait ete introduite comme un sym-bole de la purete interieure. Dans lEglise grecque le Pre-tre se lave les mains au commencement de la Messe; etdans lEglise latine il se les lavait aussi autrefois avantrOblatiou : ce que les Eveques , les Chanoines dArras, etles Chartreux observent encore. Or cet usage avait ete eta­ ebli , dit saint Cyrille de Jerusalem ( ) , non par besoin,puisqnon sest lave en entrant dans VEglise , mais pourmarquer la purete interieure qui convlent aux saints Mys­teres* Dans la suite, selon Amalaire (Oet lesixieme Ord redomain (g) a Vusage des Eglises de France, VEveque ou lePretre se lave les mains entre lOffrande des Fideles et1Oblation de lAutel, afiu de purifier les mains, que lat-touchement du pain commun des Laiques pourrait avoirsalies : et comme, suivautcet Ordre, on faisait lencense- (a) Les Eglises dItalic et de France, (b) Les Grccs. (c) Selon le Rit Mozarabe. (d) Ut recipiain mercedem laboris, (e) Cathec. 5. Myst. (f) Amal.dc Ecctes. Ofjic. L 5. c. in. (g) Ord. Rom. VI. n. 9,
  • 30. PREFACE. merit des Oblations, on a mis enfin 1ablution des doigts apres cet encensement (a), pour une plus grande proprete, mais sans abandonner la raison spirituelle primitive, qui a fait joindre une priere a cette ablution. 6. II y a des usages qui nont jamais eu que des raisons de symbole et de mystere. Quelques personnes doutent que cela ait ete ainsi des lorigiue : mais on en sera facile- ment persuade , si Ton considere que les premiers Chre­ tiens avaient toujours en vue de sclever vers le Ciel; que tout devenait , pour ainsi dire, symbolique entre leurs mains ; et que , comme les Sacremens nont ete institues que sous des symboles, ils out toujours ete portes a spiri- tualiser toutes choses. II est aise de le voir dans les Epitres de saint P a u l , daiu les ecrits de saint Barnabe , de saint Clement, de saint Justin, de Tertullien, dOrigene , etc. b Lancien auteur de la Hierarchie Ecclesiastique ( ) sous le nom de saiotDenys, nous dit meme quon conservait dansle secret les raisons symboliques des ceremonies, et quil ny avait que les chefs de lEglise qui les connussent pourles decouvrir au peuple en certaiues occasions. Saint Paul (c) ne donne que des raisons mysterieuses delusage que les hommes doivent observer dans 1eglise ,dy prier ia tete decouverte ; et les Peres de 1eglise , quiexpliquent les paroles de saint Paul , ne donneut de memeque des raisons mysterieuses de cet usage. Cest aussi parmystere que durant plusieurs siecles on a revetu les nou­veaux baptises dune robe blanche , et que Constantin, lepremier empereur chretien, fit tendre de blanc son lit etsa chambre, apres avoir recu le Bapteme dans la maladiedont il mourut. Si les premiers Chretiens se tournaientvers le soleil levant pour prier , cest quils regardaientVorient comme la figure de Jesus-Christ ; et sils allaientprier dans les lieux eleves et bien eclaires , quand il leuretait possible, cest que la lumiere exterieure leur repre-sentait celle du Saint-Esprit, comme nous lapprend Ter­tullien. (d) Toutes les ceremonies qui precedent le Baptemesont autantdesymboles mysterieux. Saint Ambroise , qui (a) Pontifex vcr6, poftquam tliuribulum Diacono reddidcrit, potest adma jo rem nmnditjain abluerc digitos suos. Ord. Horn. XIV. p. 5o5, (b) Cap, (c) i,Cor, xi. (d) Nostra; coin nib x ntiani domns simplex in editis semper et apertia,«t ad lucem amat Gguram Spiritut. sancti, Oiientcm Christi figuram.Tcrtutl. lib. advers. Patent, c. 3.
  • 31. PREFACE. XXrX Jes expHcrue dans le livre des Initios ou des mysteres , dit (•) quon fait tourner le Catechumene vers lOccident pour 5 marquer quil renonce aux oeuvres de satan , et quil luiresiste en face; et il se tourne ensuite vers lOrient, commepour regarder Jesus-Christ, la vraie lumiere. Rien nest plus recommande dans les quatre premierssiecles, que de prier debout le Dimanche et tout le temps bpascal. Tertullien dit ( ) que c*etait une espece de crime deprier a genoux en ce temps , aussi bien que de jeAner. Lepremier Concile general en fit une loi au vingt-cinquiemeCanon. Saint Jer6me et saint Augustin , independammentde ce Canon , qu ils ont long-temps ignore, ont toujoursparle de cet usage avec beaucoup de veneration. Cetait cune tradition qui avait force de loi, selon saint Jerdme ( );et saint Augustin (d) doutait^eulement si elle sobservait epar toute la terre. Saint Hilaire ( ) et plusieurs autresanciens Docteurs ont cru quelle venaitdes Apotres.Or tousces Docteurs , aussi bien que saint llasile ( 0 , saint Am-broise, les Canons des Conciles, et tout ce quil y a dan-ciens monumens, nont donne que des raisons mysterieu­ses de cette pratique ; et quelle autre raison eu effet pour-rait-on en donner, si ce nest que les Fideles ont vouluhonorer la resurrection de Jesus-Christ, et faire counai-tre par Velevation de leurs corps Tesperance quils ont departiciper a sa resurrection (g) et a son ascension. Cest done seloigner de 1esprit et des vues des premiersDocteurs de 1Eglise , et travailler en pure perte , quedeinployer son esprit a faire rejeter toutes les originesmysterieuses. LEglise au contraire souhaite que sesenfanssappliquent a penetrer les mysteres que les ceremoniesrenferment. On lit dans les anciens Sacramentaires cetteOraison qui se dit tous les ans a la benediction des jra- (a) Ingressus igitur ut adversarium toum ccmeres, cut renuotiandummox putarcs » ad Orientem cunverteris. Qui enim renuntiat diabolo, adChristum convertitur, ilium directo cernit obtuitu. Cap, a. (b) Die Dominico jejunium nefas ducimus vci de gcniculis arforare.TcrtulL lib, de cor. mil, c. 3. (cj Multa qua; per traditionem in Ecclesiis observantur, auctoritatemrtibi scriptx legis usurpaveiunt, velut die Dora, ct per oninem Pent,non de geniculfc adorarc. Contra Lucif. et Prolog, in Epist, ad Ephes. (d) Ep. ad Janu, (e) Hit, prolog, in Psalm, hid. Hisp, Capit. Reg. Franc, (fj S, Basil, de Spir. sand, cap. 27. S, Ambr. serm. 61.1. 2. Offic, c.*, (g) Nec curvamur , sed cum Domino coelorum aha sustoliimur. Hier.Ep, ad Ephcs,
  • 32. XXX PREFACE.meaux (a) • Faites , Seigneur j que les cceurs pieux de vosFideles comprennent avecfruit ceque cette ceremonie desi-gne mysterieusement; etc*est dans ces vues que les Concilesout ordoune aux Pretres dapprendre et denscigner aupeople ce quil y a de mysterieux dans les ceremonies. Kecessite dun Ouvrage qui tienne un juste milieu. Quand on considere 1esprit des Apotres , des premiers Chretiens, des prieres de 1Eglise , et des decrets des Con­ ciles , peut-on ne chercher dans tous les usages de 1Eglise que des sens grossiers , et ne regarder les raisons myste-rieuses que comme des vues arbitraires de gens devots ,auxquelles 1Eglise na point de part? Cest la certainementune extremite |>lus facheuse que celle des pretendus mys­ tiques , et qui demande, en ce temps plus que jamais, unouvrage qui tienne un juste milieu. Voila aussi ce qui madetermine a quitter tout autre travail , pour tacher dedonuer une explication exacte de toutes les prieres et detoutes les ceremonies de la Messe, qui occupent dans tou­tes nos eglises la nxeillcurc partie de chaque jour. Outre les reeherches quun tel Ouvrage demande , il afallu sappliqucr a le mcttrc a la porlee de tout le monde ,et a ne le faire ni irop long ni trop court. On a cru pourcela quil etait a propos do donner dahord replicationdo toutes les prieres et une connaissauee de lorigine ctdes raisons des ceremonies, qui put sufiire au plus grandnombre. Cost ce que renferme ce volume. II new est pas du Kit de 1Eglise Latino , comme decelui de 1Eglise Grecque. Parmi les Gives, dopuis un tempsimmemorial, ousen tientexactemcnt a la Kilurgie de saintChrysostome pour Louie lannee , ct a celle de saint Basilcpour quelques jours solenncls; mais parmi les Eglises La-tines, depuis 1c quatricnic siecle jusqua nos jours, il y aeu taut do varietes quon nen saurait inarquer les origi-nes sans rechcrchcr lous les monumens des eglises. Lesvoyages que jai fails mont etc d u n e grandc utilite , maisil ne mest pas possible daller partout; et je ne puis as-sez louer le zele et la bonte dun gnmd nombre de per-sonnes qui mont envoye des memoires , dont je ferai men­tion , comme je le dois, dans la Bibliothcque Liturgiquc. (a) Tii, qux-sunms, ut devoia tuornm corda fide Hum salubriter intclli-gant quid-invMice designet iiiiucio.
  • 33. APPROBATIONS. Approbation de Monseigtiewr Vltveque (FAuxerre*IL ny a ricn do si augustc dans la Religion que le Sacrifice adorable tienosautcls, oil Jesus-Christ pretrect victiuie simmolc a Dieu son Pere.11 est la representation , ct en meme temps la continuation de cctni duCalvairc, par lequcl Jesus-Christ a rendu parfaits ccux quil a sanctifies.Les sacrifices de 1ancieunc loi nen ^talent que Iombrc el la figure; ctleur diversityuelait, scion saint Auguslin , que comme diAorcus trrmcsct cliflrrrntcs expressions employees pour nous en donner une plus haulcidee. LEglisc, qui fait chaquc four cello oblation , y a aioute* des cere­monies , a tin, dit lc saint Cone tie de Tronic , de rend re la inajesle dunsi grand sacrifice pins respectable , et exciter les esprils des fideles parces signcs scusibles de piOte el de religion, a la conteiuplalion des gran-des choses qui sont cachtes dans cc mysterc sacrc. Lon a dtfsirtS de louttemps des explications liltCrales cl spiriUiellesdo ces sainles ceremonies:d i e s nont jamais ete* plus necessaires que de uos jours , ou quclqucs aii-leurs trop prevenus coutrc los sens nrtsliqncs , el Irop attaches a leursideYs , iVduiseut tout a la lettre, ct. par la aucaiiUsseul cc qui sert aanimcr la piole des Chretiens, e l a uourrir leur lot. bien a inspire cepicuxdesseiu au Pore Le Urun , prclru de IOraloirc, qui Ta executeavec ic succes quon derail Mleiulre de sa solidc picle et de sa crandcerudition. Ce livre est UaiJlcurs sous la protection dun grand PrOial, enqui se rcunisscul toutes les vcrlus qui ferment le caractere dun parfaitevequc, oL que Itiglisc a admircesdans ceux qui fontsa gloire et souornciueul. Nous ne saurions done irop reeommander nu prctros de no-Ire diocese la lecture de eel outrage » si capable par ronelion qui y estjoiute a line infinite de reeherches savanles de les nffcrmlrdc plus euplus dans les sentimens inlorieurs aee IesqueJs ils doivent celebrer lessaints Mysteres. I U y seront daulaul plus excites, quils y Irouvcront lesancient et Mailables usages de noire Eglise, qna limitation de plusieursfrauds Prelals de cc royaumo , qui sappllqncnl avec taut de soln a re-lablir les riles sacres dans leur premiere purele, nous nous proposousdcfaire reriire. ftous cxliorlons les Cities de no ho diocese tie se s c n i r deeel ouvrngc pour les instructions (pie le ConciJe de Trente leur ordounede faire aux fideles sur la rmniero dassisler di^itcmcnt a JasainlcMesse.Donne a Auxerre, le ImilicmeMai mil sept cent, seize. I CH.UIU:S , JiYttym* TVAUXERRC.Sentiment de Monseigneur Iandeii /h-dque de Frejus, Prccep- teur du lioL JL r.iris , ce 17 3 . 1 J 71C. J1« i acheve", mon reverend Pere , la lecture do voire premier volume Tasur lcxplicaliou du saint Sacrifice de la Messe, el joyous cuvoic quel-qucs rcmarques sur des points qui ne soul pas bien esseuliels , cl quilvoussera aise de corrigeiv On no peul Otrc Irop exact dans uuc ma lie reaussi importanlc, el dans un lemps ou on porte la critique jusqnau plushaul point Je suis persuade* que cet ouvrngc sera Ires-ulilc, et quil serareeu du public avec beaucoupde succes. II c&l remplideruditiou ,ct vouseutrcz pnrfailemcnt dans la haute idee que nous devons avoir du plusaugusle de nos Mysteres. Vous evilez lexcrs de certains a litems! quiveutent donner des explications mystiques et arbitral res aux cboses lesplus simples et les plus natnrclles; mais vous vengez en memo temps la.tcmcrile de quclques modernes , Icsqucls nont cherclie, ce soluble ,qnii aflaiblir cc quil y a de plus elrv<i dans noire salute Religion , on wedjuiiaut qniui srns s e c , bas el 2iUer;d , an mcpris de la tradition la plusaiHinino de IKglisr. Cc milieu est daulant plus neoessairc , que nousvIvoiia in.dheuveubcnicikt dans un siyelo, oil on se faUltouneurdedouler
  • 34. XXXII APPROBATIONS. d e t o u t , oil on sabandonne sans homes a son propre esprit, ct on on no pout trop souteairla foi, cn montrant cette suite cons tan te de la tra­ dition . qui a fait passer jusqua nous les memes prieres, le meme Canon, et presque les memes ceremonies qui sobscrvaient des les premiers sic- cles dans la celebration de la Messe. Tout ce qui en compose 1essence na point varie; e t s l les ISgliscs particuHeres y ontajoule quclques prie­ res, soil pour des convenances que les lieux, les temps, et les circons- (ancesexlgcaicnt, soit pour conscrver certains usages pieux ct cdifians , quils avaient recus de leurs peres, la substance du sacrifice nen a souf- fert aucune alteration. Vous enlrez dans 1c detail de toutes ces diffdrca- tes pratiques avec un soin dfgne de voire zele : on ne pcut trop louer les reeherches curleuses dont vous faites part au public. II ny a qua prier Dicu quil donnc a la droiturc de vos intentions el a cct ouvrage, aussi pieux que savant, tout le succes quil merite. Je suis , mon reverend Pore , avec loute Testime possible, Voire tres-humble et tres-obeissaat serviteur* •f A . H - ancien Evvque de Frvjus. Approbation de Monseigneur VEviqxie de Condom. TTOUT ce qui a rapport au Sacrifice me*rite de la part des pastcurs de lKglise une singuJiere attention, nou-seulement parce quils tirent de cette source leur principalc grandeur, mais encore plus parce que la religion et la sanclflication des peuples ysont esscntiellemeut inlercss^es. Nut eulte digue de Dicu sans religion, nulle religion sans sacrifice , nul sacrifice sans saccrdocc, et nul sacerdoce qui ne soil insliluc pour deux fins : pour souienir la gloire de la souveraine majeste, et pour pro­ curer le salul des hommcs. Cet encbainement de principes inseparablesnous doit engager a louer Dieu toutes les fois quil daigne inspirer a quelquun de ceux qui le serveut, de travaillcr a met tie dans un plusgrand jour des verites qui ne peuvent etrc trop eclaircies ni Imp goutees. Phisieurs auleuni celbbres par leur erudition et par leur piele se sont appliques a lc faire en divers temps et en diverses langucs. I,e clcrgd de France assemble" a autrefois ordonne quon mit entre les mains de ceux qui renlraicnt dans le scin de JEglise catholiquc , 1cNplicalion des ce­remonies saintes de la Messe. Louvrage qui porle pour lilre: Explica­ tion UU&rale , historique et dogmatique des Prieres ct des Ceremonies dela Messe, non-seulement rasseinble ct reunit hcureuscment ce qui ne sotrouve que separemcnt aillcurs, mais il encherit encore de braucotipsur lout cequi nousa die" d 011110* la-dessus. II ctablit lc dog me catholiqucde lEucharistie par les monumens les plus respectables de 1antiquite ;il fournit a ceux qui sont charges dela coiiduilc des aincs do quoi fairede solides instructions; il efface et anc*antit de plus en plus les anciennespreventions que lesprit derreur avait inspirOcs con tre la saintelc desceremonies de 1Eglise, et il presenle a tous les fideles de quoi ranimereneuxsur ecsujet les scnlitnens et logout de la piele. Cestle Idmoignageque nous croyons devoir rendre a ces reflexions ct a eclui qui cnest lau-tcur. Nous prions Dieu de rendre ce livre utile a son Eglise, ct en par-ticulier au diocese dont nous so mines charge. Donne a Paris , le 25Mai 171G. f L o u i s , Kvequc de Condom* Approbation de Monseigneur IEveque de Senez,I v £ G M S E catholiquc na ricn de plus grand dans son culte , que lc sa­crifice do Jesus-Christ, parce quil renferme toules les grandeurs de sapcrsonnc, tous les mysleres de sa vie , et toute la saintete de sa religion.Elley possedelIIomme-Dicucu tout ce quil est, impassible et mouraut,pretre et victime, aulcl et don , pontife et agncau. Elle voitdans cemystere de la Foi un renouvellemcnl ires-reel de tons ceux du Sauveur:quil est mgendre* divincnicnt au sein de lautcl par la memo vcrtu quauscin de son pere; quil sy incarnc tous les jours par sa parole cut re lesmains des pretres ; quil y unit sa mort ct sa vie , ses opprobrcsct sa
  • 35. APPROBATIONS. XXXI11 g l o b e , sa crolx et sa resurrection , ses mislrJcordes et ses jugemcns. Ellc trouve tout le culte des honimes envers l e Seigneur, un men infiniment adorable, a quiseul le sacrifice est duet un adorateur infiniment saint, qui est seul capable de lui en ofTrir un digne de lui: ellc nous y monlre lac- complissement de tous les sacrifices de lancienne Loi oar la scule hostie quils ont tous figuree ; clle forme enfln les vrais Chretiens de loute con­ dition dans cette source de toutes les graces , par le grand exemple de 1immolation continuelle de Jesus-Christ, qui nous persuade que la par­ ticipation de son sang nVst pas tant un festin de religion, quun appren- tissage de martyre, et un modele de tous les devoirs , non tarn cccna , quam aisciplina , comme dit TertuUien. Voila pourquoi 1Eglise , toujours pgndtree de la necessite et des fruits du saint Sacrifice dc la Messe , a produit dans tous les siecles tant de saints Docteurs qui en ont defendula verite , tant de fideles interpretes qui en ont recueilH la Liturgie,tantde sublimes contetnplatifs pour cn devoilerie sens spirituel, ct tantdhabilcs historiens pour cn soutcnir ranctennete. Tous ces divers ca-racteres de graces mont paru rdunts cn un haut degre* dans lc Pere LeBruu de iOratoirc, et duns son explication de la Messe. 11 en prouvc1institution et Vorigine avec une piete eclairee , les accroissemens ct lesparties avec une exactc discussion, les ceremonies et les rubriques avecune Erudition sacerdotale , et tous les sens lilteraux, dogmatiques ethistoriques avec une censure religieuse. Tantol il inspire aux amcs salutesl e respect etlamourpour lavictlme adorable ,tant6tiijette dans le coeurdes impenitens une juste idee pour le sanctuaire ; ct entrant dans les­prit ct dans les fonctions des anciens Lcvites autour dc lArche dal­liance quand ellc se rnoutrait, il prend comme eux dune main la trom-petlepour attirer a Dieu tous ses enfaus, ct dc 1autre lepeepour repous-ser tous ses eunemis. Cest le jugement que je porle sur ce premier vo­lume, cn priant Jesus-Christ de sanctificr de plus en plus Tantcur , debtfnir louvrage , et de faire servir Iun et lautrc a ia gtoire do sa grace.Donne a Paris ce vingtieme jour de Juin 1*310. t f JEAN , Eveque de Scncz*Approbation de Monsieur Pinssonnat, Doctearde Sorbonne, Lee* teur et Professenr du Roi, Censeur Royal des Livres.3At lu par ordre dc Monseigneur le Chancellor, un manuscrit qui apour litre : Explication litUrate, historique ct dogmattque des Pritres etdes Ceremonies de In Messe , etc. dans iequol je nai ricn trouve qui nesoit conforme a la foi de 1Eglise ct aux bonnes mceurs. Le reverend PereLE BRUM de TOraloire y developpe, avec lout le discernemcni possible ,tout ce que lantiquite a de plus beau sur cot augusle mystere; il cn ex-plique toutes lj?s ceremonies dune maniere qui gdific el qui inslruit enmeme temps : les forts et les faibles y trouveront leur consolation. Cestun pain quil prepare pour tous, et qui peut donuer la vie a ceux qui cnsauront bien user. Rien ne convient mieux au temps present, que lesfideles ontentre les mains le Canon dc la Messe , suivant la permissionde Piosseigneurs les Evequcs , que cette explication precise , Claire etnette que Ton en fait dans eet ouvrage avec ordre , et sans aucun me­lange de choses inutiles. Cest ce qui me fait juger que limpression cnpeut etre tres-utile a 1Eglise. Donne a Paris ce 29 Avril 1711. PINSSONNAT. Permission du tres-reverend Pere General de VOratoire. JESUS, MARIA.JNotS PIERRE-FRANCOIS DE h Tot/R , pretre supdricur-general de laCongregation de 1Oratoire de Jesus-Christ notre Seigneur; vu par nousleprivilege du Roi etrapprobation des Docteurs, pcrmetfonsa.FIorentin De-laulnc , imprimcuretlibrairc dc la villcde Paris, dimprimcrun livre in­titule -.Explication de toutes les Prieres de la Messe, etc. compose par lePfcrePierre Le B r u u , metre de noire Congregation ; conformemcnt au prl- I. C
  • 36. XXXIV APPROBATIONS.vHegefanous accorde* par Lettres-Patontes du B o K eft date da 26 Mars1080 > eoreglstrees au Grand-Conseil le 25 Avril de la meme annee , parlesquelles ir est ddfendu k tous Li bra! res et Imprixneurs dimprimcr ctveadre aucuns livres composed par ceux de notre Congregation, sansnotre permission cxpresse , sous les pcines portees par notre privilege.Oo-md a Paris ce premier Septembre 1711. P. F. » E LA TOUR.Approbation de Monsieur it la Mare, Docteur de la Mai son et Societe de Sorbonne , Cure de Sainl-BenoU.COMME il ny a rien de plus grand dans la Religion chrelicnne que 1cSacrifice de la sainlc Messe, il uy a rien aussi de plus propre a nourrirla pieHe des fideles , quo lexplication des prieres et des ceremonies quiraccompagneut. Je bdnis Dieu davoir inspire le desscin de eelle expli­cation a 1auleur, ct phis encore de Uii avoir donm* grace pour ]*exdcu-ter. Je nai rien remarque dans lout Vouvrage qui ne donne Hen decroire que cest Dicu qui la conduit. Oulrc les usages di Herons quon yu recueillis avee soin , el sur icsquels on a fait des observations tres-ju-dicieuscs , dontlessavansmemes pourronl protiter, il y a dans le melangedes sens mystiques et naturels taut de sagesse , dans rinterpretalion (lesprieres tanl dexactitudc, dans les reflexions (ant de solid! to* , et partoutlint donclion, quil ne peut el re que trcs-ulile aux fideles qui le liront.On souhaite done de voir avec ce seeours eroitre de jour en jour parmiles fideles la dn£ralion pour nos saeres iUjsleres, el le desir dapporlcrru les celebrant ou en y assistant, un CUMII* pur ct pret a sjnuiiolcr avecJesus-Curisl. Cest la fin quon se propose dans lc tctuoiguagc quon rendde cct ouvrage. A Paris ce 20 Aviit 1710. G. DE LA MARE.Approbation de Monsieur Bonnet, Docteur de la Maison et So­ cicte de Sorbonne, cure de Saint-Nicolas-des-Champs.JNORSNavons rien de plus grand dans lEglise , ni de plus respectableque le Sacrifice non sauglaul du corps cl du sang de Jcsns-Christ : aussine saurait-on rien f;m*e de plus ulile a l*K|r|i^<» , (pie dru monlrerlagrandeur , ct daugiuculer le respect qui lui est du. Cest ce qua fail lereverend IVre le Drim dans eel ouvrage qui a pour litre : Explicationit titrate > historique et ttofpnntique des Pr Hires et des Ceremonies de la Messe.TIN expliquant avec erudition et beaucoupde rceberclies loutcs les Prieres iel l<s Ceremonies do cct augusle Sacrifice , il en fait voir rexccllenco etlanliquile, fait coinprendrc avec quelle purelc de conscience , et queli espeet il faut PolTrir el Y parlicip***- On pout encore y npprendre dansquelles dispositions on doit y assister. Ceux qui oscnl rdvoqurr en doutefautiquile de cctle oblation tie la nouvelle Loi, ou des pratiques quiraccompagnent, trouvcront dans cet ouvrage de quoi se convainere ducoulrairc. Je lai lu avec allention . el je uy ai rien trouvequi nesoil con-forme a la foi de lEglise cl aux bonnes niojurs. Donne* a Paris ce 20 Avril1710.Approbation de Monsieur Bourret, Docteur de la Maison et Societe de Sorbonne, cure de saint Paid.Su, cstvrai, comme on nen pent point doulcr, que la mcilleure inanlercdassislerala saint e Messe ..est de suivre le prelre dans ton les ses paroles etdans toutes ses actions , rien na el e plus neeessaire aux fideles quiiuc ins­truction sur toutes eesinemes paroles el act inns, par laquelle pcn< Irani lesens, taut des prieres que des ceremonies dela Messe , ilspusseul sarquH-ter dece devoir, non-sculemeut avec affection ttpicle , ma is encore avec
  • 37. APPROBATIONS XXXVintelligence ct avec fruit dans lespriraussi bien flue dans le cceor.Les cdre>mouies ue sont point de peUtes choscs dans le culte de DIeu; elles sontles actions qui rcpondeut aux paroles, elles en sont par consequent l es e n s , ct 1lnstruction la plus naturclle, et exposed aux yeux de tous : 11nappartient qua ceux qui les ignorcnt, de les mopriscr. Dleu, dans Tan*cien Testament, ordonna jusquaux.moindres circonstauccs des ceremo­nies de sou c u l l e ; ct il les exigea si rigoureuseincnl, que l c s v l o l c r ,menu: par ignorance, ctaifc un crime egal aux pe*ehrs cotnmls avec con-naissanee coulrc le prochaln , comme on le volt dans lu LeviUque etdans IMiilon. II cslvrai que dans In Loi nouvclle le Saiuour. qui a pres-criL 1c rit de la celebration des saints Mysteres , a Jaisse" a lEglise Pela-Idisseuicut el la doLoriniuaiiou des ceremonies qui Iaccompagncul: maiselles uen sont pns moins une parfle du cnlte divin ; ct ]a partie qui estau peuple fidele comme le flambeau qui Iecluirc ct lc guide , qui *Heveson ame au cicl. Lc reverend Pen? Le l i m n , par un travail immense,a rendu tres-facile a tons les ddeles 1lulclllgcucc de tout ce qui rcgardcla Mexsc , dans Implication des prieres et des ceremonies qui la coiripo-sent. Cet murage ncsera pas moins utile aux ccclesinsliques quau peu­ple fidelc. Toulc la doctrine eu est sainc, ct quant a la foi ct quant auxinceurs. Jc le liens trcs-digne detre mis au jour. Donne a Paris ce di­xie me jour du mo is dc Mai dc Tannic 1*710. JBOUMIET.Approbation de Monsieur des Moulins, Docteur de Sorbonne , cure de saint Jacques du Ilant-Pas.tTAi lu avec plalsir un Hvre intitule": Explication liliertdc, hisiorique ct 5dogmatique das Prieres aides Ceremonies da la Messe, compose par le rer< -rend Pcrc Lc ttrun, pretre de lOraloiro. Lc dogme dc la Foi, la purelela morale, Vusage dc la saiutc discipline y son) Ires-hien lies ;uec lesaugusles cdreinonies qui accompagnenl. le "grand <l pfrnelnel Sacrificede no* autels. Los observations reeuerebees y portent pnrloul Ja Juniiere ,ct y sont employees duno manierc a sal israire Ions les lecleiirs. Laulcurest parfailoiuenl entre dnus lc dessciu du saint Coucile dc Trenlc , quideclare que le Canon de la saiule Slcsse est rempli dune sainteic el duuepfele qui petielrect qui eleve a Dicu lespril dc cenx qui oflTrent. H quipo.ir linstruclion des fiddles, consonant toujours le Vll prescril parll/zltse , ordonuc an* pnsleurs dexpliquer souvent, et parliculierementles fetes et les dirnanebus , pendant Ja sainlc 3Ucw»e, quciqnun des Mys­ ;teres renfermos dan* Ja crliM>r;ifion du siiul Sacrifice, I/on pent direque lautcur a rcussi,cla reuipli celle volonte du Goncilc. Les peu pieset les pasteurs . ceux qui celobrenl ct c e n t qui assisted! Iroineronl dansla lecture dc ce i h r e d e quol Jiourrir ct augmcijler leur piete. En foi do quo! nous avons donne uotre prcsculc approbation. A Paris lc 10 Mai1710. Dt:S UOLMAS.Approbation de Monsieur dArnawlin , Docteur de Sorbonne , et cure de saint Martin a saint Dentjs en France. fTj Explication litt^rafe, hisforique ct ifnsrmatiqtie des Prieres et tiesC&rtmonies de in Messe, que le reverend Pcrc. L(» Uinn donne au public ,iiia parn uu ouvrage excellent. La uialicrc est iuteressnnle . puisquVllecouevmc le plus au<:uslc el lc plus rcspeclable de nos Mstores. Le styledc ee savant aulcur e«*t plus chMie" : iordre , Ja inelliode . la clarle* ctune noble simplidle reinientdans tonics les paufs de ecUc explicationdc la Lilurgic; lout y est Iraitr- (rune uianierit Mdidr, et avec une eru-dilo.i vasle ct curie use. Ceux qnilironl cc lh re pour sinstruire ct s*c-d i l l c , avounronl aiseinent qf in ouvragf de eu caraelere etait non-seuleinenl utile, mais mOme nhM><aire. Les uiinislnw des autels, rl tousles ebreliens qui asslstent a la saiule Messe . entreronl par In secoius dccelle lecture, iiou-sculemcnt dans IespriLUc realise, mais memo dans C.
  • 38. XXXVI APPROBATIONS.les dispositions quils doivent avoir pour offrlr le saint Sacrifice, on poury asslster avec frulL Ce qui relive encore beaucoup le mexite dc eel ou-vrage, est la sagesse avec laquelle le reverend Pere Le Brun a traitecette matiere. Entre ceux qui en ont Ccril, les uns ontpresqueexpliqudtout ce qui conccrne le culte divin dunc maniere mystique ct symbolicque; les autres faisantpeu de cas des allegories, ont trop donne dansle simple , etils ont souvent imaging un sens litteial ethistorique. Lere*-v«5rend Pore Le Brun , toujours conduit par une prudence c"clair£e ,n*a rien outre : il a recherche avec soiu les vraies raisons dinstilulioii ,ct il a ainsi dteouvert le vrai sens des ceremonies , soil littdral ou mys­tique. On ne trouvera rien dans cet ouvrage qui ne soit con forme a la foiet aux bonnes mccurs. A Paris c e l 8 Alai 171(3. DARNAUDIX.Permission deson Eminence Monselgneur le Cardinal D E PJOAIL- LES , Archevcqac de Paris.Louis-Antoihf d f , Nrnuj.F.s, par la permission divine, Cardinal PrO-tre de la sainlc Kglise romaine, du litre de saintc Marie sur la Minerve,Archeveqiic de Paris , Due dc saint Cloud , Pair de France , Comman-deur de lOrdrc du Sainl-Esprit, Provlseur de Sorbonne, et Superieurdc la Malson de Navarre ; Vu Iapprobaliou des Docteurs, Nous permel-tons dans noire Dioetisc le debit, du Livre intitule , Explication Utterale.historiqucct dogmatiqnc des Priercs ct des CtfrCmonies de ta Messe, suivantles anciens Auteurs et ies monumens de la ptapart des fcgtises, avec des JW«-sertations et des Notes sur les endroits difjiciles , et sur Corigine des Rites;Et nous espdrons qu*il sera utile aux Pretrcs el aux Fideles que la diviucProvidence a confiesa nos soins. Donne a Paris letlouzieme de JuiMcl 1710. t L. A . G a u d . i > e N o a i i . l i s , Archeveque de Pari*. Far son Imminence , CUKVALIIR.
  • 39. EXPLICATION dequelquesmots quise trou- vent dans ce volume, et quipourraient netre pas entendus de tout le monde. L I T D R G I E est un mot grec compose de Xurov, qui signifie pu­ blic, et de i { y « , qui signifie ouvrage, cest-5-dire , Vceuvre ou Vaction publique, ce que nous nommons en fran<jais le Service divin, ou simplement par excellence le Service. Les livres qui contiennent la maniere de celebrer les saints Mysteres , sont nom- mes les Liturgies. Tout ce qui appartient aux Liturgies sappelle L I T U R G I Q U E ; et les auteurs qui travaillent sur cette matiere sont appeles L I T U B G I S T E S . R I T , en latin Ritus, signifie un usage ou une ceremonie selon un ordre present. On dit egaiementW/e ou recti, pour marquerce qui est bien fait, selon 1 ordre , selon la coutume, porce quonne prescrit que ce quon croit bon. Ce qui est present a Rome sap-pellc le Rit Romain , a Milan le Rit Milanais ou Ambrosien, hParis ou a Lyon le Rit Parisien ou Lyonnais. Ce terme na eteordinairement employe quen matiere de religion. Festus nommeRituels les livres qui apprenaient les ceremonies de la consecration des villes , des temples et des autels; et nous nommons a present R I T U E L le livre qui prescrit la maniere dadministrerlesSacremens. R I T M O Z A K A B E . Cest le rit des eglises dEspague depuis le com­mencement du buitieme sieele jusque vers la fin du onzieme. LesArabes setant empares de iEspagne Tan 7 1 2 , les Espagnols quisubsisterent sous leur domination furent nommes Mozarabes, eest-a-dire , Arabes externes, pour les distinguer des Arabes dorigine.Le terme propre est Mostarabe, ou comme prononcent les Espa­gnols, Mocarabe. On en parlera dans la dissertation de lancien ritties eglises dEspagne. II suffit de remarquer ici que ee rit est souvent appele le G O T H I -QUE , a cause quil fut suivi par les Goths, devenus Chretiens etinattres de IEspagne jusquau temps des Maures. Ce rit sobservedans une chapelle de 1eglise cathedrale de Tolede, selon le misselque le Cardinal Ximenes fit imprimer Van 1500. S A C R A M E N T A I B E . Cetait !e livre qui contenait les prieres et lesparoles que les eveques ou les pr&res recitent en celebrant la Messe,et en administrant les Sacremens. Dans la suite le livre ou Ton namis que ce qui appartient aux ev&jues, a ete appele P O N T I F I C A L ;etcelui ou Ton n a ecrit que ce qui est celebre ou administre parles pr€tres, a ete nomme S A C E R D O T A L , R I T U E L ou MANUEL. MISSEL. Tout le monde sait que cest le livre <jui contient tout cequi se dit a la Messe pendant le cours de lannee ; inais la plupartdes anciens missels mauuscrits , dont on parle dans cet ouvrage ,ne contenaient que ce que le celebrant disait a 1autel, eest-a-dire,le Canon et les autres prieres de la Messe. On appellait M I S S E LP L E N I E R celui qui contenait non-seulement ce que disait le pretre ,mais aussi ce qui etait dit par le diacre et par le sous-diacre, et par lechoeur. Ces sortes de missels etait necessaires pour les Messes bas­ses; et presentement tous les missels quon imprime sont des mis­sels pleniers.
  • 40. XXXVIII EXPLICATION DE QUELQUES MOTS, ETC. ANTIPHONAIBE , o u selon q u e l q u e s - u n s , ANTIPHONIEB. O nnoinmait ainsi autrefois le H v r e q u i c o n t e n a i t t o u t ce qui devait etrec h a n t e a u c h o e u r p e n d a n t l a M e s s e , a c a u s e que l e s i n t r o f t s avaientpour t i t r e : Antiphona ad Introitum; mats depuis long-temps ouna plus appele Antiphonaireque le Hvre q u i contient l e s a n t i e n n e sde Malines, de Laudes et des auires lieures canoniales. O K ORE JIOMATV. (Vetait le livre qui contenait ia maniere d e ce-lebr*er la Messe, ot les offices des principaux jours de Tannee, sur-lout ceux des quatrcdcrniers jours d e l a Seniaine sainte et de Ioe-tave de Paques. Get ordre a ete auginente dans ia suite , et appeleCEREMONIAL. ORDINAIRE. Cest ainsi q u o n appelle depuis cinq ou six centsans le livre qui marque ce qui doit etre dit ou fait chaque jour aPautel e t au choeur. On y a me!me joint dans les anciennes com-munautcs ce qui devait etre generalement observe pendant la jour-nee. Cest pourquoi ce livre a ete nommc chez les Cisterciens LESU s , et parmi les Premontres LE C O U T I / M J E R . O R D I N A I R E » E LA M E S S E . On nomine ainsi ce qui s e dit a c h a -que Messe, pour le distinguer de ce qui est propre aux fetes etaux autres jours de T a n n i c A M A L A I R E est Pauteur dun Traite des Offices ecclesiastiquescompose vers Tan 820. Bien des auteurs ne Pont cite que sous lenom latin Amalarlus; mais on est oblige de le nommer si souventdans les ouvrages litunjiques , quon ne peut plus differer de luidonncr une tenninaison lraneaise. M I C R O L O G I J E est un mot tin; d u g r e c , compose de ^ p ( W et de *Xoyos, qui signifient petit discours. Un auteur du onzieme sieclefit u n traite touchant la Messe et les autres ofiic.es divins, sous celitre : Microhgus de ecclesiasticis obscrvationilms : et commeoet auteur ne sest point nomine , on Ia cite indifferemment aussibien que son livre , sous le nom de Micrologus , le Micvologue. 11rtnit contemporain du pape Gregoirc VII; maisil nVcrivit (juapn :sla mort de ce pape arrivee en iU85 ; cest pourquoi ce t r a i t e , quiest souvent cite d a o s c e t ouvrage, est toujours p l a c e v e r s Tan1090.
  • 41. EXPLICATIONDES PRIERES ET DES CEREMONIES DE LA MESSE.
  • 42. EXPLICATION L I T T E R A L E , HISTORIQUE E T DOGMATIQUEDtfS P R I E R E S E T D E S C E R E M O N I E S D E LA MESSE.Des Jioms et des parties de la Messe. Division de cet Ouvrage.L Messe est le Sacrifice de la nouvelle Loi 00, parlequel l e s Chretiens rendent a D i e u le culte s u ­p r e m e , e n lui offrant le Corps e t le Sang de Jesus-Christ s o u s les especes d u pain et du vin , par leministere des Pretres. Differens noms donncs a la Messe dans les premiers siecles. C o m m e Jesus-Christ instituant ce Sacrifice, dits i m p l e m e n t k ses Apotres : Faites ceci en memoirede moi , sans donner a cette action aucun n o mparticulier, lEglise depuis les premiers siecles , luien a d o n n e p l u s i e u r s , tantot p o u r faire connaitrece qui sopere dans ce divin Office, et tantot pouren cacher les Mysteres a ceux q u i n etaient pas d u (a) Christus dicens, Hoc est Corpus meum etc. novi Testament!novam docuit oblationem, quam Ecclesia ab Apostolis accipiensin universo mundo offert Deo. S. Iren.l.4.c.32. Offerens ei cumgratiarum actione ex creatura ejus. c. 34.
  • 43. 2 DES ROMS ET DES PARTIES an o m b r e d e s fideles. On la n o m m e la L i t u r g i e ( ) , bcest-a-dire le Service ; la Syriaxe ( ) , o u la C o l - cl e c t e ( ) , cest-a-dire VAssemblee ; les Offices d e s ddivins Sacremens ( ) , les Solennels ou les divinsS o I e n u e l s ( J , le Sacrifice ( 0 , lOblation (g), la S u p ­ e plication ; les venerables , les s a i n t s , les divins (»), esredoutablesMysteres. Mais depuis q u a t o r z e c e n t sans lEglise Grecque sest fixee au n o m de L i t u r g i e ;et Ton voit depuis le m e m e temps dans saint A m - kbroise ( ) e t nilleurs, q u e lEglise Latine a d o n n e l ele n o m d e Messe a cet Office divin. Origine du mot de Messe. Ce m o t de Messe (*) vient de Iancien m o t latinMissa p o u r Missio H qui signifie renvoi , parceq u o a renvoyait autrefois de 1Assernblee avantr o b l a t i o n ceux qui ne devaient pas assister au Sa­crifice. Saint Augustin , saint Avit de V i e n n e e tsaint Isidore de Seville o n t marque trop clairement ncelte origine pour pouvoir en douter. ( ) (a) Euseb. I. 4. de vit. Const, (1>) Socrat. L 4. et 5 . Dionys.flier. Kcci. c. 5. Anast. Synaita deSynaxi. (c) Jlieron. (d) Oflicia divinorum Saeramentorum. S. Hilar, in Ps. 6 5 . (e) Tertull. L de anlma et L defuga. (() S. Cyprian. Euseb. Bern. Evang* I. 1 . Chrysost. CyrilLAlex. Acta Concuii Ephcs. Fulgent, etc. (g) Cone. Laod.Can. 1 9 et 5 8 . (ii) CyrilL Hieros. Cailu 5. Myst. Chrysost. Homil. 41. adCor.c. o. ell. G. de Sacortl. (i) Divina Mysteriorum Sacramenta celebrare,5. JUL ut supra. (k) Ambrosl Ep> 23. ad Marcellin. sor. (I) Depuis presdedeux siecles des savans en hebreux, (Munster,Reuchlin , Genebrard , ) on voulu tirer le nom de Messe du mothebreu Missach, qui dans le Deuteronome, ( c. 1 0 . v. 1 0 . ) signifieOblation volontaire; et Ton a cru (jue cYtait Iancien terme dontles premiers Chretiens sctaient servis. Mais ni les Syriens, ni lesGrecs , qui ont conserve et nous ont transmis tant de mots hebreux,comme Amen, Alleluia, Sabaoik, I/osanna, nont point eucelui de Messe. Il ne se trouve dans aucun ecrit qui soit sflrementdes trois premiers siecles. (m) Comme on lit dans saint Cyprien remissa pour remissio:remissam peccatorum , de bono pat. Ep. 1 4 6 . 1 6 et 7 3 . Ed.Ox. et dans saint Jerome collecta pour collectio. EpiL Paulae, etEpist. 6 0 . (n) Saint Augustin nexprime pas autrement le renvoi de ceux quidevaient sortir de lEglise avant lOblation; car pour dire, On an-
  • 44. D E LA. M E S S E . 3 Apres q u e . les E m p e r e u r s (au commencement du IF* siecle^) e u r e n t e m b r a s s e le Christianisme et d o n n e a 1Eglise la liberie de celebrer solennelle- ment les divins Offices, o n p e r m i t auxCatliecumc- a nes( ) dassister aux instructions et aux prieres. Mais on avait soin de les faire s o r t i r de 1Eglise et de les penvoyep l u r s q u o h voulait c o m m e n c e r TObla- lion d u saint Sacrifice. Cest ce qui fit appeler ce divin Office la Messe , o u l e renvoi. Haute idee que le mot de Messe donne au Sacrifice. Ii etait difficile de trouver u n m o t qui niarquat plus s a g e m e n t ce q u e 1Eglise voulait faire secrete- nonce le renvoi aux Catechumines, les Fideles demeureront, ilparle de cette sorle, fit Mlssa Catechumenis, manebunt Fideles.Serm. 49. at. 237. et saint Isidore, vers Tan 0 0 0 , dit que cest dece renvoi que vient le mot de Messe, Missa tempore Sacrificii est,quando Cafechumeni foras mittimtur.... et inde Missa. Isid.Origin. L 6. c. UK Voyez plus bas le temoignage de saint Avit, a(explication de VIfe Missa est. Flore de Lyon et Renii dAuxerre,au IX siecle, expliquent aussi le mot de Messe par celui de renvoi.Remi ajoute seulement quon peut regarder la Messe comme ren­voi des Prieres et des Oblations que le peuple fait a Dieu par le mi­nister du Pretre qui tieut la place du Mediateur. Flor. in Can.Remig. ejrpos. Miss. II y a deux remarques h faire sur ce mot de Messe, Tune quedepuis Tan 4 0 0 , ce nom tut donne a tous les Offices Ecclesiasti-ques de la nuit ou du jour. Cassien, qui ecrivait vers Tan 440, em-ploie tres-souvent ce mot en ce sens: Post missam nocturnam, 1.2.c. 7. Post Orationum Missam , c. 14. Congregalionis Missam,/. 3. c. 7. Post, vigiliarum Missam, c. 8. etc. Lautre est que versPan 5 0 0 , on se servit du mot de Missm au pluriel, et de Missarumsolemnia, pour niarquer le sacrifice de la Messe. Cest ce quonvoit dans saint Cesaire dAries, qui dit: Tv.ncfiv.nt Missiequando munera offeruntur, et Corpus et Sanguis Domini con-secrantttr. Serm. 81. Dans 1Histoire Tripartite traduite par Epi-phane vers Van 5 1 0 , et quelques annees apres dans le Concile deVaison et dans Gregoire de Tours. Socrate avait deja employeemot de Synaxes au pluriel pour signifier la Messe des Fideles ; etEpiphane traduisant ces endroits, met Missas facere ou celebrare^HisLTripart. lib* 4. cap. 1 3 . Cette expression au pluriel venait sansdoute de ce que la Messe des Chretiens etait composee de detrxassemblies et de deux renvois, Tun, des Catechumenes avant IObla-tion, lautre des Fideles apres rAction de graces , quon appelle laPostcommunion. (a) Onappelait Catechumenes ceux qui croyaient en Jesus-Christ,mais qui navaient pas encore re<ju le Bapteme , et qui se faisaienteatlchiser, eest-i-dire, instruire. On en parlera ailleurs. i .
  • 45. Q DES NOMS ET DES PARTIESm e n t p o u r les seuls fideles et qui en m e m e t e m p s en d o n n a t une plus haute i d e e , puisque ce m o t deMesse o u de renvoi indiquait IOffice ou Ton nep o u v a i t admettre q u e c e u x qui etaient censes avoirconserve o u recouvre la grace du Bapteme. LesChretiens non baptises , tels q u etaient les Catechu- m e n e s , les Chretiensmis en p e n i t e n c e , t o u s , e t a i e n trenvoyes aussi bien q u e les Infideles, pour n e lais-ser assister aux saints Mysteres que ceux q u i se-taient conserves purs o u qui setaient purifies parla penitence. Cest par i n d u l g e n c e q u e 1Eglise depuis l o n g -temps laisse assister a la Messe plusieurs Chretiensqui en auraient ete exclus autrefois. Mais elle a en­core soin de faire avertir au Prone que diversespersonnes doivent etre r e n v o y e e s , et elle fait assezs o u v e n t entendre quelle n e soukaiterait dy admet­tre que ceux qui ont conserve la grace clu B a p t e m e ,et ceux qui lont recouvree o u qui travaillent a larecouvrer par la penitence. Ainsi le seul m o t deMesse o u de renvoi doit faire penser a plusieursde ceux qui vont assister a ce divin Office quilsmeriteraient souvent detre renvoyes e u x - m e m e set quils doivent etre dans de vifs sentirnens dku-milite et de douleur pour travailler a recouvrer1innocence quils o n t p e r d u e , e t a meriter le n o mde fideles dont ils s o n t h o n o r e s . Q u o i q u e la Messe soit toujours essentiellementla m e m e , diverses circonstances lui o n t fait d o n n e rles divers n o m s de Messe publique , s o l e n n e l l e ,haute , grande, privee , basse o u petite.Cc quon entend par Messe solennelle, haute, grande , privee, basse ou petite. D e p u i s 1 2 0 0 ans la Messe qui sest dite dans u n eEglise o u Ton invitait tout le m o n d e , h o m m e s etfemrnes, a ete appelee Messe p u b l i q u e , p o u r ladistinguer des Messes appelees quelquefois p r i v e e s ,qui se disaient dans des Oratoires particuliers, ouquon disait pour les m o r t s , auxquelles on ninvi-
  • 46. DB LA. MESSE. 5tait q u e l e s p a r e n s e t l e s a m i s , o u d e c e l l e s q u o ncelebrait d a n s les Eglises d e s Monasteres.W Cellesque s a i n t A m b r o i s e , (M les Pretres dHippone (c),sous saint Augustin , e t T h e o d o r e t (d) disaient dansdes maisons o u dans u n e cellule , netaient p o i n tcensees p u b l i q u e s , n o n p l u s q u e celles que le C o n -cile dAgde (e) en 5 o 6 permettait de dire dans deslieux de la campagne e l o i g n e s de la Paroisse. Lesecond Concile de Vaison (0 e n 5 2 9 , o r d o n n eq u a u x Messes des m o r t s o n dira le 3anctus de lam e m e m a n i e r e q u a u x Messes publiques; et saintGregoire-le-Grand ecrit a lEveque de Rimini dene p o i n t dire des Messes p u b l i q u e s (g) dans les Mo­n a s t e r s , de peur de troubler la retraite des servi-tcurs d e D i e u par le c o n c o u r s des h o m m e s et desfemmes. O n a p p e l l e la Messe g r a n d e o u s o l e n n e l l e ( » ) q u a n don la celebre avec plus dappareil et de c e r e m o n i e s ;haute q u a n d le Prdtre et le Choeur chantent; e tpar la raison o p p o s e e , la Messe a etc appelee b a s s e ,lorsquelle se dit sans c h a n t , et p e t i t e , parce quelleest celebree sans lappareil et les ceremonies de laMesse solennelle. Mais o n y dit egalemvnt t o u t e s (a) A proprement parler il ny a point de Messes privces. Le Pnl-tre agit toujours comme Ministre public de TKglise. il ne changerien dans le Canon ni dans les autres prieres. II parle de mflme quesi tout le peuple etait assemble. 11 dit toujours Domlmis vobis-cum... et omnium cireumstantium.*. seel etplebs tua, e!v. ayanttoujours en vue que la Communion des Saints qua nous professions,peut faire assister en esprit tous ceux qui sont absens de corps.Yoyez lc Traite de Missa pub Ilea etprivata de. Claude dEspenee,et celui de Missa publica propaganda fait en 1536 par Lorichius ,qui avait ete seduit durantquelque peu de temps par Luther. [))) Paulin. vit. S. Ambros. (c) Aug. de cit L 22. c. 8. n. 6- (d) Ifist, iteltg. c. 20. (e) Can. 21. {t)Ccni. 3. (g) Missas autem illic publicas per Episcopimi fieri omninoprohi-henius, ne in servorum Dei secessibus popularibus oecasio prac-bcatur tilla conventibus , etc. Greg. I. 4. llpisf. 43. (h) TertuUien et saint Cyprien appellent les Sofennels la celebra­ tion des saints Mysteves jusqua la Communion du peuple- Post transacta xolemnia. TertulL I. de anima. Solemnibus aaimpletis Calicrm Diaconus offerreprmentibus ccepit. 5. Cyp. delapsis, pug. 04.
  • 47. t> DES NOMS FT DES PARTfES DE LA. MESSE.les p r i e r e s , et Ton ny o m e t rien de ce q u i appar­ tient au SacrifitfK Division de la Messe ct de cet Ouvrage en six parties. La Messe elait anciennement divisee en Messe des Calechnmenes el Messe des Fuleles. Dans la suite divers Auleurs out (ait dautres divisions arbi­ t r a g e s . "Nous la diviscrons en six parlies <|ni se dis- tin^urul laeilement. I a premiere est la preparationp u b l i q n e (|ui se fait au has de lAutel. La s e c o n d ec o m m e n c e a rintn>it et contient les instructions etles prieres qui se font a IAulel, jusqtia 1OhIation.La troisieme est lOtftlntion. La quatriemc est leCanon on la Itigle tie la Consecration. La c i n q u i e m e ,q u i c o m m e n c e an Paler, reufcrme la preparationa la (Communion , et la C o m m u n i o n m e m e . Las i x i e m e est Taction de graces. Ces six parties ferontla division de cet ()uvra*je. Mais pour taclier d e ne rien omettre de ce quipent faire conualtre aux Kidclcs Texcellence et ladismite du Sacrifice de la M e s s e , n o u s c o t m n e n c o n spar un Trailc preiiminaire du Sacrifice, et des pre­parations q u e lEglise a prescrites pour lolfrir.
  • 48. T R I T E PRiLIMIPTAIRE D P SACRIFICE, ETC. 7 TRAITE PR^LIMINAIREDu Sacrifice et des preparations prescrites pour Voffrir. ARTICLE PREMIER.La necessite du Sacrifice dans tous les temps , la cessation de ceux de tancienne Lot , et Cexcel­ lence de C unique Sacrifice dc Jesus-Christ sur la Croix et sur nos Autels , qui renjerme tous les autres , et qui ne cessera jamais. I. Necessite du sacrifice interieur et exterieur.L a Religion est u n cnlte q u i nous lie a D i e u paru n assujettissement parfait de n o u s - m e m e s a 1Etres u p r e m e , et qui n o u s fait rapporter a sa gloiretout ce q u e nous s o m m £ s , et tout ce que n o u s fat-sons. Or elle nous fait particulieremeut remplir cedevoir indispensable par le Sacrifice, qui est u n eOblatiou f a i l e a Dieu p o u r reconnaitre s o n souve-rajn d o m a i n e sur tout ce qui est cree. Cette O b l a t i o n doit etre faite interieurement ,parce q u e Dieu est Esprit, et quil faut que ceux aqui Cadorent , Vadorent en esprit et en verite. ( )Mais les homraes c o m p o s e s de corps et despritcloivent encore f a i r e exterieurement cette Obla­tion , parce quils doivent donner des marquesvisibles et publiques de la disposition de leur coeurcnvers la souveraine Majeste ; et par consequentils doivent joindre au sacrifice interieur le sacrifice be x t e r i e u r ( ) , qui nest autre chose qtiun signesensible de IOblation interieure de n o u s - m e m e s , (a) Joan. i v . 24. (b) Aug. Civ. Dei. I. x . c. 19.
  • 49. 8 TRAITE rR&LIMlNAIRE DU SACRIFICEq u e n o u s devons faire k D i e u c o m m e a n o t r eCreateur et a notre Conservateur. La Religion ne peut d o n e subsister sans l e sacri­fice interieur et e x t e r i e u r , puisquelle n e consistequa reunir les h o m m e s dans les marques exterieu-res quils doivent d o n n e r a D i e u de leur d e p e n -dance et de leur amour. II. Sacrifices offerts depuis le commencement du monde. Aussi les lumieres naturelles o n t toujours i n ­ spire a u x h o m m e s l e sacrifice c o m m e le p r e m i e r de tous les actes essentiels a la Religion ; THistoiresainte n o u s apprend ce quils o n t offert des l e a c o m m e n c e m e n t du m o n d e ( ); et nous v o y o n s quils o n t compris q u e le sacrifice etait necessaire , e tquil n e p o u v a i t e t r e offert q u a la Divinite. La Loi ccrite a confirme ce q u e la nature avaiti n s p i r e , e t elle nous a declare q u e de d e t o u r n e rles h o m m e s du sacrifice , o u de sacrifier a q u e l q u e bautre qua D i e u seul, etaient deux crimes enormes. ( )Le pec/ie des enfans dHcli etait tres-grand devantle Seigneur, dit le Texte sacre, parce quils detour~naient les hommes du sacrifice. Et lorsque l e s h o m ­ines aveugles par leurs passions o n t craint et reveredes c r e a t u r e s , des Anges ou d e s d e m o n s , j u s q u aleur offrir des sacrifices, la L o i , p o u r leur d o n n e r cde Thorreur de ce sacrilege, a d i t : ( ) Quiconqueimmolera aux Dieux ou a quelque autre qua Dieu,sera mis a mort. III. Quatre fins du Sacrifice. L e sacrifice e x t e r i e u r consiste a offrir a D i e u u n echose s e n s i b l e et e x t e r i e u r e pour etre d e l r u i t e , o u (a) Cam et Abel offrirent a Dieu des fruits de la terre et des ani-maux. Gen. iv. 3 et 4. Noe sortant de PArche dressa un A u t e l ,prit de tous les animaux purs, et les offrit au Seigneur en holo-causte sur cet Autel. Gen. VIIT. 20. (b) Krat ergo peccatum puerorum grande nimis coram Domino,quia retrahebant homines a Sncrificio Domini. 1. Iteg. 2. 17. (c) Quiimmolat Diis occidetur prater quam Domino soli. E.rorLX X I I . 20. Aug. de Civit.L 29. c. 23
  • 50. £T DES PREPARATIONS fcOtJft LOFFRlH. Qpour souffrir q u e l q u e c h a n g e m e n t , et cela se faitpour quatre raisons q u i s o n t les quatre fins d uSacrifice. La premiere , p o u r reconnaitre le souve-rain domaine de D i e u sur tous les etres crees. Laseconde , pour le remercier de ses bienfaits. Latroisieme , pour obtenir l e pardon des peches etpour marquer ce q u e n o u s devons a la Justice di­vine. La quatrieme , p o u r demander les secoursnecessaires. La destruction o u l e c h a n g e m e n t de la choseofferte exprime parfaitement deux des principalesfins d u Sacrifice . q u i sont dhonorer le souveraind o m a i n e de D i e u , et de reconnaitre ce q u e n o u smeritons par nos peches : car Premierement leshomines m a r q u e n t par cette destruction e t p a r cec h a n g e m e n t , q u e D i e u est le maitre absolu de tou­tes choses , quil na besoin daucune creaturepuisquon les detruit en les lui offrant. Seconde-m e n t , ils marquent par cette destruction q u ec o m m e pecheurs ils o n t merite la mort par leursoffenses, et q u e la victime est substitute k leurplace, G e s t p o u r q u o i c e u x q u i offraientle Sacrificemettaient la main sur la tete de la victime. Les h o m m e s devaient aussi remercier D i e u detous ses bienfaits et lui demander de nouvellesgraces. O r , p o u r remplir tous ces devoirs , la Loietablit plusieurs sacrifices , 1Holocaitste, lHostie apour le p e c h e , et les Pacifiques. ( )IY. Pom-quoi difierens sacrifices, VHolocauste , lHostie pour le peche, et les Pacifiques ? LHolocauste consistait a bruler toute la victimesans q u e personne en p u t manger , pour rendrepar cette entiere c o n s o m p t i o n un hommage pleinet sans reserve au souverain domaine de Dieu. LHostie pour le peche etait souvent jointe a b1Holocauste ( ) , et on la divisait en trois parties (a) Voyez le cinquieme Traite de Maimonide, de ratione sacri-fidnrumfaclendoruin, traduitde Illcbreu en Latin par Compieene edeVeil. (b) Levlt x i v er x v i .
  • 51. 10 TRAJTE PRELIMltfAlRE DU SACRIFICEd o n t Tune etait c o n s u m e e sur lAutel des Holocaus-t e s , 1autre etait brulce hors du Camp , et la troi- asieme etait mangee par les Pretres. ( ) Ceux quioffraient les victimes pour leurs peches ne p o u -vaient pas en m a n g e r ; ainsi quand les Pretres of­fraient pour e u x - m e m e s , nul nen mangeait. T o u tce qui n etait pas brule sur lAutel des l l o l o c a u s t e s ,etait brule liors du camp. Les Hosties pacifiques oflertes , ou pour r e m e r -cier D i e u des bienfaits recus , ou pour en o b t e n i rde n o u v e a u x , nelaient distinguees des TTosties p o u rle p e e h e , quen ce que le Peuple aussi bien q u eles Prelres devaient y participer en mangeant u n epartie de la viclime. V. Sacrifice desagreable sans la vue du Redempteur. Q u o i q u e ces sacrifices fussent o r d o n n e s par laLoi d i v i n e , ils netaient encore que des signes i n -capables par e u x - m e m e s de plaire a Dieu. lisnavaient ni force ni vertu que par la foi de c e u xqui les offraient, et qui avaicnt en vue la divineViclime 0), Uslgneau sans tache qui efface les pe­ches, et qui est immole depuis le c o m m e n c e m e n tdu m o n d e . Quand ces sacrifices o n t ete offerts par des cSaints tels quont ete Abel ( ) , Abraham , J o b ettous ces hommes de foi qui vivaient dans 1attentedu Mcssie, alors ces sacrifices etaient agreables aD i e u qui les recevait c o m m e un doux parfum , dselon Pexpression de lEcriturc. ( ) Mais lorsque les Pretres ne se sont arretes quala ceremonie exlerieure , et que le c o m m u n desSacrificateurs et du Peuple ont separe du SacrificePesprit qui en faisait tout le merite , les l l o l o ­ ecaustes n ont pu plaire a D i e u . ( ) Quelque soin que les Pretres p u s s e n t prendre (a) Levit. vi et v u . (b) sfpoc. x n i . 8. (c) Fide pluriniam Hostiam Abel, etc. Hebr. x i . (d) Genes, v u i . 21. (e) Holocautomata pro peccato non tibi placuerunt. Hebr. x. 6.
  • 52. FT JDES PRiPJLBATIONS POUR r W f R I R - ft d e choisir d e s animaux s a n s tache et sans d e f a u t , c e n eta it plus q u e d e simples figures tout-a-fait vides et inanimees , parce quils n e faisaient pas attention q u il ne fallait choisir des animaux sans tache et sans d e f a u t , c o m m e le reinarque saint Au­ a gustin ( ) , q u e p o u r annoncer et p o u r faire atten- dre r i m m o l a t i o n de celui qui seul a 6te exempt d e toute tache de p e c h e . VI. Le mauvais esprit des Pharisiens et des Saduceens fait rejeter les sacrifices. Lesprit qui devait animer toutes les ceremoniesd e la Religion d i m i u u a d e j o u r e n jour q u a u d iin*y e u t plus de Prophetes : et lirreligion et la stu-pidite se trouverent a leur c o m b l e immediaiementavant la venue du Messie. Qu attentive CM effel desPharisiens qui n e sarretaient quau d e h o r s de Ja bL o i , et surtout d e s Saduceens ( ) , qui dominaientdans le T e m p l e , qui presidaient aux s a c r i f i c e s , etqui n e croyaient p o i n t la resurrection? Getait d o n sla le temps q u e les figures devaient c e s s e r , et q u e , cselon la prediction du Prophete-Roi ( ) , Dieu de­vait rejeter les sacrifices qui avaient ete offerts j u s -ques alors dans le seul Temple de Jerusalem. VII. Jesus-Christ anuonce un nouveau sacrifice, Il fallait un nouveau sacrifice qui fut necessai-r e m e n t offert en esprit et en v e r i t e ; et cest ce q u eJesus-Christ annonca a la Samaritaine , lorsqueilelui proposa la question touchant ie lieu o u il fai- (a) Ut speraretur immolandus esse pro nobis qui solus immacti-latus fuerat a peccatis. Aug. contr. aaversar. Leg. et PropJu L 2.c. 13. (b) On voit dans PHistoire de Josephe quavant et apres Herode,cest-a-dire, au temps de la venue de Jlsus-Christ, ler Grands-Prctres etaient Saduceetfs; que certainement Caiphe , Anne sonpredecesseur et son beau-pere, et le second Anne ou Ananussuccesseur de Caiphe Tetaient; cela nest pas moins clair par lesActes des A pot res, ou Ton voit que le Grand-Pretre et tous ceuxqui firent emprisonner les Apdlres, etaient Saduceens : alors ditsaint Luc, le Grand-Pritre et tous ceux qui itaient comme luidela secte des Saduceens, furent remplis de colore. Act. v. 17. (c) Psalm. 39. 9.
  • 53. ia t r a i t e m£Lm$KU& tv s a c r i f i c e kit adorer W, c*est-i-dire, sacrifier; car led luife etlesSamarilainsnetaienten differend que touchant le lieu du culte exterieur, des Oblations et des Sa­ crifices, e t n o n pas sur l e l i e u de la P r i e r e e t d u Sacri­ fice i n t e r i e u r , tous ctant p e r s u a d e s quon pouvait prier etsoffrir a Dieu p a r t o u t . Jesus-Christ entra dans la pensee de la Sarnaritaine e t lui d i t , que le temps allait venir quon nadorerait plus, cest-a-dire y quon n e sacrifierait p l u s , ni sur la montagne d e Garizim , ni dans Jerusalem; mais quil y aurait de vrais adorateurs qui adoreraient en esprit et en verite , et qui n e s e r a i e n t p l u s r e s l r e i n t s a u n l i e u particulicr. La reponse d e Jesus-Christ confirma la necessite d u sacrifice , e t annou^a la verite d e cclui dc la L o i nouvelle q u i devait soffrir dans tout Je m o n d e et q u i sera toujours offert en esprit ct en verite par celui q u i e s t la verite m e m e . YTII. Accomplisscaient de la Prophetie de Malachie. Ce q u e Jesus-Christ annoncait etait Iaccoroplis- s e m e n t de la c e l e b r e Prophetie de Malachie adres- s e e au peuple Juif : Mon affection nest point en bvous , dit le Seigneur Dieu des Armies ( ); et je nerecevrai point de present de votre main : car depuisle lever du soleil jusquau coucher on me sacrifie entout lieu , et Von qffre en mon nom une Oblationtoute pure : puree que mon nom est grand danstoutes les Nations. On n e pcut disconvenir q u e l e s plus anciens cD o c t e u r s d e 1Eglise , saint Justin ( ) , saint Ire- d en e e ( ) , Tertullicn ( ) , saint Cyprien (0 , etc. naientapplique celte Prophetie a TEucharistie, et quilsn aient d i t q u e 1Eglise avait appris d e Jesus-Christe t d e s Apotres a offrir par toute la terre c e n o u -veau sacrifice. Et en effet c o m m e n t ne pas voir danscelte prophetie q u e D i e u rejette les sacrifices des (a) Joan. iv. 20 et seqq. (b) Malac/t. 1. v. 10. (c) Dial, cum Triphon. (d) L. 4. c. 32- (e) Jdversus Marcitm. I. 3. c. 21. (f) tdversus Jud. /. 2. n. 1G.
  • 54. ET DES PREPARATIONS POUR L^OfFRIR. J3 Juifs et quil substitue en leur place par toute la 9terre le Sacrifice dune Oblation p u r e et sainte? IIne sagit pas ici du sacrifice interieur de notrecceur ; ce nest pas la u n sacrifice n o u v e a u , puis-que ca ete le sacrifice de tous les Justes depuis lec o m m e n c e m e n t du m o n d e . Or quel autre sacrificea-t-on vu substitue q u e cclui de Jesus-Christ sur laCroix et sur n o s Autels? Mais le Sacrifice sanglantde la Croix na ete opere q u e sur le Calvaire. Cestd o n e le Sacrifice n o n sanglant de n o s Autels quiest offert en tout lieu , et qui est substitue aux an-ciennes victimes. IX. Dieudemandait le Corps de Jesus-Christ pour sacrifice. Saint Augustin expose merveilleusement cetteverite en expliquant ce verset du Psaume (a), Vous7iavez pas voalu (TOblations ni de Sacrifices : Eh bq u o i , secrie-t-il ( ) , « allons-nous done etre sansw sacrifice ? a D i e u ne plaise. Ecoutons la suite de» la Prophetie ? mais vous mavez forme un corps.» Voici u n e nouvelle victirne , qu*est-ce done q u e c» D i e u rejeteraPLes figures. ( ) Quest-ce que D i e u» acceptera, et nous prescrira pour remplir les fi-» g u r e s ? Le corps qui remplit toutes les figures ,» le corps adorable de Jesus-Christ sur nos Autels :» ce corps que les Fideies connaissent; que les Ca-» techumenes ne connaissent p a s , poursuit saint» Augustin. Ce corps que nous recevoris, nous qui» le connaissons, et q u e vous reeonnaitrez, v o u s ,» Catechumenes q u i n e le connaissez pas encore ;» et plaise a D i e u q u e quand vous le connaitrez ,» vous ne le receviez jamais pour votre condam-» nation. » (a) Psalm, X X X T X . 7. (b) Quid ergo nos jam hoc tempore sine sacrificio dimissi sumus ?Absit. Corpus auteni perfecisti mihi. Aug. in Psal. 39. (c) Quid est quod datum est, completivum ? Corpus quod nos-tis, quod non omnes nostis. Ibid. llujus corporis participes sumus, quod aceepifnus , novimus,et qui (Catechumeni) non nostis, noveritis; et cum didiceriti.s,utinam non ad judicium accipiatis : qui enim manducatetbibitin-digne, judicium sibi manducat et bibit. I bid
  • 55. l4 TRAITE PRELIMINA1RE DU SACRIFICE Voila d o n e p o u r sacrifice de la nouvelle Lot leCorps de Jesus-Christ offert et mange sur n o s A u -tels par toute la terre. Il n y a qua remarquerq u a n d a c o m m e n c e ce Sacrifice adorable , sa per­f e c t i o n , les grandeurs quil renferme et c o m m e n til remplit toutes les figures et toutes les conditionsq u i accompagnaient les anciens sacrifices. X. Jesus-Christ soffre et met (in aux figures. Dans les malheureux temps dirreligion q u e n o u s avons marques , Jesus-Christ, qui etait la verite de toutes les figures , vient soffrir lui-meme et s u p ­ p l i e r a rimperfectiou dc tous les anciens Sacrifi­ ces. II dit a "son Pere , Vous iiavez point voulu dhosiie pour le peche , et vous tnavez forme uncorps , me void, je vie/is. Ne trouvant rien dans Je bm o u d e , dit saint Augustin ( ) , qui fut assez purpour Toffrir a Dieu , il sest offert lui-meme. Et eestpar cette Oblation qui sera permanenie et eter- cn e l l e , q u e les homines ont ete sanctifies. ( ) Car il dsest offert une fois pour toujours. ( ) Sa vie a eteun contiuuel sacrifice, jusqua ce quil ait repandutout .son sang sur la croix. Alors la figure des sa­crifices sanglans dAarou a ete r e m p h e ; et tous lessacrifices quil avait fallu multiplier a cause de leurimperfection M , onl du disparaitrc pour ne pluslaisser recourir les Fideles quau vrai et uniquesacrifice de notrc divin Mediateur qui seul expieles peches, (0 (a) Ifrbr. x. 5 el soq. et PsrtL X X X T X . 7- (bX.um in inuntlo non inwniret mundum quod offeret, seipsumobtulit. /tit(/. hi. l^al. 132.?/. 7. (c) In qua voluntas sanctificati sumus per oblationem CorporisJesu-Christi semel. Itvhr. x. 10. (d) Una enim oblalione confirmavit in sempiternum sanctiii-catos. Uehr. x. 14. (e) Pro quibus sacrificiis unum nos habemus. Attn, in PsaL 74. J«. 22. (f) Undo et in ipso verissimo et singular! saerificio Domino Deonostro agere gratias admoneiuus. Aug. de spir. et lit. c> 2.
  • 56. ET DES PREPARATIONS POUR LOFFMR. l5 XL Jesus-Christ renferme tout ce quon peut considerer dans les sacrifices: Pretre et Victime sur la croix. Cest la o u Ton trouve reellement dans le seulSacrificateur tout ce quon p e u t souhaiter et consi­derer dans tous les sacrifices , D i e u a qui il fautoffrir, le Pretre qui offre , le don quil faut offrir ;puisque ce divin Mediateur, Pretre et Victime, estun avec D i e u a qui il offre; et quil est r e u u i , o uplutot quil sest fait un avec tous les Fideles quiloffre p o u r les reconcilier a D i e u , dit le m e m ePere. W II est certain quil a ete en meme temps bsur la croix le Pretre ct la Victime. ( ) Les Juifs etles Gentils qui Font mis a roort, out ete ses b o u r -reaux et n o n pas ses sacrificateurs : cest done luiqui sest offert en sacrifice e t qui nous a offert cavec lui sur la croix. ( ) XIL Raisons de Pinstitution de IEucharistie. Mais parce quil est Pretre elernel selon Ford rede M e l c h i s e d e c h , qui of frit du pain et du vin e tles donna a Abraham et a ceux de sa famille q u ivenaient de remporter une grande victoire, le painet le vin doivent ton jours etre la mntiere du sacri­fice de Jesus-Christ , et devenir son corps et sonsang p o u r etre u n e vraie nourrilure et un vraibrenvage pour les vrais enfans dAbraham^afiu quilspnissenl etre unis inlimement a leur Sauveur etetre offerts avec lui en sacrifice. Ce sont la les merveilles de FEucharistie , q u eJesus-Christ institua immediateinent avant que dal-ler soffrir sur la croix. 11 Finstitua par Vamour (a) Idem ipse unus verusque Mediator per sacrificium pacis re-concilians nos Deo , in unum cum itlo maneret cui offerebat, unumin se faceret pro quihus offerebat. Aug. de Trin. I. 4 . c. M. (b) Per hoc et Sacerdos est ipse ofierens, ipse et oblatio. Aug.deCivit I x c. 20. et in PsaL 132. n. 7. Quis est iste Sacerdos nisiqui fuit Victima et Sacerdos ? (c) Ifebr. i x . 14. (d) Nam quis majfis Sacerdos Dei sunimi quam Dominus nosterJesus-Christus , qui sacrificium Deo Patri obtulit! Et obtulit hocidem quod MHrhisederh obtulerat, id est, panem et vinum , suumscilicet Corpti > et Sanguinem. 5. Cypr, Epist, G3. adCecilian.
  • 57. 16 T R A I T E PREL1MINAIRE DU SACRIFICE aquil avait pour les siens, sachant, dit saint Jean ( ) 9que toute puissance lui avait ete donnee par sonPare. Et certainement il fallait ct u n e telle p u i s ­sance et u n a m o u r infini, pour changer le pairi etle vin e n s o n corps et en son s a n g , et pour faireavant sa m o r t par anticipation u n e effusion de s o ns a n g , scion lexpression de lEvangile dans le texteg r e c , Ceci est man Corps qui est donne pour vous....Ce calice de la nouvetie alliance est mon Sang qui best repandupour vous ( ) ; effusion reelle et m y s t e -rieuse dans le corps et dans 1c coeur cles c o m m u -n i a n s , avant q u e ce sang sortit visiblement de soncorps sur la croix.XIII. Exereice du pouvoir supreme etdusacerdoce de Jesus-Christ. Jesus-Christ usant de son p o u v o i r s u p r e m e dansle c h a n g e m e n t du pain en son c o r p s , et d u vin e nson s a n g , exerca en m e m e temps la puissance sa-cerdotale quil ne selait pas d o n n e e , dit saint cPa til ( ) , mais quil avait recue de son P e r e , p o u rc i r c l e Pretre eternel s e l o n P o r d r e de Melchisedech.C o m m e sa Pretrise est e t e r n e l l e , il offrira cternel-l e m e n t ce sacrifice, et il naura p o i n t de successeur.II sera toujours sur n o s A u t e l s , q u o i q u e invisible-m e n t , le Pretre et 1c D o n , Toff rant et la chose of-ferte.V) Mais afin q u e ce sacrifice suit visible , ile tab lit p o u r s e s Ministres les Apotres ct leurs suc-c c s s e u r s , a q u i il d o n n e le p o u v o i r de faire cequil vient de faire l u i - m c m e : Faites ceci en me- emoire de moi ( ) ; ils Pont fait, et ils le feront e n sapersonne par toute la terre. On offrepartout, sousle grand Pontife Jesus-Christ, ce qu of frit Mel­chisedech , dit saint Augustin. (0 Et pour montrer (a) Cum dilexfsset suos qui erant in mundo , in finem dilexit eos.Sciens Jesus quia omnia dedit ei Pater in manus. (b) /-«<?. X X I I . 19. 20. (c) Christus non semetipsum clavifieavit ut Pontifex fieret, seelqui locutus est ad eum... Tu es sacerdos in seternum secundumordinem Melchisedech. liebr. v. i>. (d) Offerens et oblatio. Jug. de civil, l.x.c. 20. (?) Hncfat-itcin meam commomorationem. Luc. XXTT. TO. i . Zihuiuo offer! ur sub Saeerdote CUristo, quod protulit AleM.? "seJech. Jug. I. de civil. n . 17.
  • 58. ET DES PREPARATIONS POUR i/oFJPRIH. 17 que ce Saciifice ne finira jamais sur la terre, il n o u s est o r d o n n e d y participer et d annoncer ainsi sa a m o r t j u s q u a son dernier a v e n e m e n t . ( ) Ces merveilles de la toute-puissance de Jesus- Christ dans lEucharistie s o n t rapportees par les Evangelistes avec la m e m e simplicite quil est dit dans la Genese , q u e D i e u crea le M o n d e , et quil fit le F i r m a m e n t , en disant : Quil soit fait. Jesus- b Christ avait dit a ses Disciples a Capharnaum ( ) ,quil fallait manger sa chair et boire son sang p o u ravoir la v i e ; et pour operer ce grand m i r a c l e , il cdit svmplement.ici l ) : Prenez et mangez, ceci estinon Corps ; prenez et buvez , ceci est mon Sang,Voila la c o n s o m m a t i o n de ce clivin Sacrifice etr a c c o m p l i s s e m e n t de tous les mysteres. Il y renou-velle sa m o r t , sa r e s u r r e c t i o n , sa vie glorieuse; ily nourrit son Eglise de sa propre chair, pour enfaire un Corps saint et toujours v i v a n t , et lui don-ner le germe de Pimrnortalite glorieuse. XIV. Reunion de tous les mysteres dans lEucharistie. Jje r e n o u v e l l e m e n t et la consommation de cesgrands mysteres dans lEucharistie ne doivent pasetre i n c o n n u s aux Chretiens. II faut quils sachentque Jesus-Christ changeant le pain en son corps ,offre ce corps adorable c o m m e il la offert s u r la fIcroix ; lEucharistie renferme sa Passion. ( ) N o u snannoncons sa mort en l e m a n g e a n t , selon lex- epression de saint Paul ( ) , q u e parce quil offre surnos Autels sa mort precieuse. Et il est vrai de dire favec saint Cyprien ( ), que le Sacrifice que nous of-frons est la Passion m e m e du Sauveur. (a) Quotiescumque manducabitis panem hunc et calicembibetis,mortem Domini annuntiabitis donee veniat 1. Cor. xi. 26. (b) Nisi manducaveritis carnem Filii hominis, et biberitis ejussanguinem, non habebitis vitam in vobis. Joan. v i . 54. (c) Matth. x x v i . 26. (d) Cocnam suam dedit, passionem suam dedit. Aug. in Psal. 21. (e) 1. Cor. x i . 26. (f) Passio estenim Domini sacrificium quod offerimus. Cypr. ep.63. ad Cecil. 1. a
  • 59. 18 T R A I T i PMZUMWAinE DU SACRIFICE XV. Sacrifice de TEucfaaristie le mgme que celui de la Croix. T o u t Pnppareil exterieur d u Calvaire qui man­que a P A u i e l , navait rien d e c o m m i m avec f a c t tundu Sacrificateur. Lessentiel du Sacrifice de la Croixconsistait en Poblation q u e Jesus-Christ fit de s o ncorps. Il c o n t i n u e doffrir s u r 1AufH ce m e m ec o r p s ; et mettant la derniere perfection a ce divinsacrifice, qui ne pouvait pas el re mange par lesFideles sur le Calvaire, Jl nous nourrit tous lesfours reellement de ce Sacrement de la Pulsion , ac o m m e parle saint Ambroise l ) ; la mamlucation dela victime manquait a Pautel d e la croix , et ellefait la perfection du Sacrifice de n o s autels. Nous bavons un autel % dit saint Paul ( ) , dont ceux quirendent encore un culte au Tabernacle JudaiqueTiont pas le pouvoir de manger. Voila ce qui m a n ­quait a l a H l e l de la croix , e t cest a Pautel d elEglise q u e cettc mamlucation saccomplit par lac o m m u n i o n . La m e m o viclime est offerle sur leCalvaire et sur n o s autels , mais au Calvaire ellenest quofferte; ici elle est offerle et distribute ,selon Pexpression de saint Augustin (°) en pari antde Passiduile de sa Mere au Sacrifice de Pan tel.N o u s assistons a ce divin A u t e l , doit nous savonsquest distribute la sainte Victime, par laquelle lacedule du petJie a etc efjacee. Jesus-Christ soffred o n e a Pautel , c o m m e il sest offert en mourantsur la c r o i x , ny ayant de difference quen la seulemaniere de Poffrir, ainsi q u e l e dit le Concile d eTrente «pris saint Augustin et les autres Peres, XVI. Meme sacrifice quaux mysteres glorieux. II s y offre aussi c o m m e a la Resurrection , puis-quil y offre s o n corps immortel et g l o r i e u x ; il sy (a) Sisznificans passioncm Domini Jesu, cujtis quotidie vescimurSacramento. Amor, in Psal. 4 3 . (b) Uabeinus altare, de quo edcre non habent potestatem quiTabernaculo deserviunt. Ifebr. x i u . 10. (c) L. 9. Confess, c. 12. 13. (d) Una enim eadftnque esthoslia, idem nunc offerens Sacer-dotum ministerio, qui seip&nm tunc in cruce obtulit, soli offe-rendi ratione divers;!. Cone. TriiL Aess* 22. cap. 2.
  • 60. ET DES PREPARATIONS POUR 1,OFFRIR. IGoffre c o m m e h son Ascension , puisquil monte e n ­core de Faijlel de la lerre au s u b l i m e autel du Ciel,selon Iexpression du Cauon , pour y alier resideret intercede!* pour n o u s ; olfrant ainsi toujours u n e ameme Iloslie. i ) Cest pourquoi n o u s disons a laM e s s e , quo nous offrons ce Sacrifice pour renou-ler la memoire de la P a s s i o n , de la Resurrec­tion , et de [Ascension tie Notre-Seigneur Jesus-Christ. V o i l a d o n e la reunion de tous les mysleres , quiont ete les diveiSPS parlies on la continuation duSacrifice de Jesus-Christ, et la verile dece que nous bchantons dans les Psaumes ( ) ; q u e Dieu en nousdormant la vraie n o u r r i u u e , a renouvele la me­m o ! r e de toutes ses m e i v e i l l e s . 11 resle a voir c o m m e n t la divine Victime de ceSacrifice adorable remplit toutes les conditions quiconvenaient aux v i c t i m e s d e FancienneLoi dans lessacrifices les plus parfaits. XVII. Toutes les conditions des victimes dans IEucbaristie. 11 fallait quatre conditions qui formaient qua- tre parties du sacrifice. i ° I /acceptation de la vic­time par les Pretres. a° Lublution a Dieu. 3° Lec h a n g r m e u t ou la destruction de la victime. 4° Lac o n s u m p t i o n ou la c o m m u n i o n de la victime. i° Lacceptation. Jl fallait une hostie c h o i s i e ,agreee ou acceptee par les P ret res , suivant Iordrede D i e u qui leur avait marque ce quils devaientadmettre pour le sacrifice et ce quils devaient re-jeter. Les Pre Ires du nouveau Testament acceptentte pain et le vin destines a etre le corps et le sangde Jesus-Christ, el ils font celte acceptation apresle choix dii Pere Eternel qui a declare son Filsb i e n - a i m e Pre I re selon Iordre de Melchisedech;et par consequent offrant du pain et du v i n , mais (a) Hie autem imam pro peccatis offerens hostiam in sempiter-num, sedet in dextera Dei. i/ebr. x. 12. (b) Memoriam fecit mirabiiiumsuorum. Psalm* HQ. 4. 2.
  • 61. aO T AT P E I U A E D S C I I E R I ^ RL V I M R U A RFCun pain qui doit etre change au corps q u e D i e u a adestine p o u r etre la vraie victime. ( ) i° IS Oblation a Dieu. Lllostie etait offerte a D i e upar les Pretres de la L o i , et tiree par-la de letatc o m m u n ; les Pretres du nouveau Testament repre-sentant Jesus-Christ off rent a Dieu le pain et le vin ,c o m m e devant devenir le corps et le sang de Notre-Seigneur pour notre salut. 3° Immolation et changement dans la victime.D a n s les ho!o£ausles ct. dans les sacrifices pour lespeches et pour les delits, la victime etait i m m o -lee ct e g o r g e e ; elle changeait detat, lei le painet le vin soul changes au corps et au sang de Je­s u s - C h r i s t qui est i m m o l e , et c o m m e en etat dem o r t sur lautel parce quil y est prive des fone-tions de la vie naturelle quil avait sur la terre , etparce quil y est avec des signes de m o r t par laseparation mystique de son corps davee son sang , hainsi que saint Jean ( ) vit devant le Trone duCiel PAgncau v i v a n t , puisquil etait d e b o u t ; maisen m e m e temps c o m m e immole et c o m m e m o r t ,a cause des cicatrices de ses p l a i e s , et des marquesde son immolation sanglante quil conserve m e m edans la gloire. 4° Consomption de la victime. Enfin , la con­somption de Khostie etait nocessaire. Si Ton offraitun h o l o c a u s t e , tout etait brule en lhonneur deD i e u . Dans les autres sacrifices , u n e partie etaitc o n s u m e e pour Dieu , le reste etait distribue auxP r e t r e s , et a ceux qui avaient presents lhostie. Icila victime est toute pour D i e u , et toute c o n s o m ­me e par les hommes qui la lui off rent. Elle se c o m ­m u n i q u e tout enliere a tous sans aucunc divisionet elle est consoramce en tous sans cesser detre. Le Sacrifice de cette divine Victime r e n f e r m eencore toutes les verites des sacrifices figuralifs. (a) Corpus autem aptasti milu. Hebr. x. 5. (c) Kt vidi, etecce in medio Throni.... Agnum stantem tanquamoccisum. Apoc. v. 0.
  • 62. ET DES PREPARATIONS POUR LOFFRIR. 21 XVIII. Comment le Sacrifice de TEucharistie est holocauste. P r e m i e r e m e n t , il est un h o l o c a u s t e qui est forme )ar la destruction d u pain et d u vin. Comme dans es holocaustes le feu materiel devorait et consu- mait 1hostie avec les pains et les liqueurs pour rendre hommage a u souverain domaine de D i e u , de m e m e le feu du Saint-Esprit, q u e 1Eglise invo- a voqtie ( ) p o u r ce sujet , consuma en un sens le pain et le v i n , les changeant au corps et au sang de J e s u s - C h r i s t q u i rend a D i e u son Pere T h o m - mage infini quil merite. XIX, Comment il remplit Tidee de tous les autres sacrifices. S e c o n d e m e n t , il est un sacrifice de propitiationp o u r les p e c h e s , puisquil est la victime qui les expie. T r o i s i e m e m e n i , il renferme par excellence tousles sacrifices des hosties pacifiques destinees a o b -tenir des g r a c e s , puisquil contient la vraie hostiepacifique, Jesus-Christ, par qui n o u s d e m a n d o n s e tn o u s o b t e n o n s tous les dons, O u a t r i e m e m e n t , il est sacrifice daction de e r a -c e s , parce quil a ete institue par Jesus-Christ enrendant graces a son Pere de tous les dons quilavait recus pour 1Eglise ; et q u e dailleurs n o u sd o n n o n s par ce sacrifice des marques cle notre re­connaissance dignes de D i e u , en lui offrant surlautel son propre Fils qui est le d o n le plus excel­lent quil n o u s ait f a i t , et q u e n o u s puissions luipresenter p o u r toutes les graces q u e nous avonsrecues. Y a-t-il de plus saint sacrifice de l o u a n g e , bsecrie saint Augustin ( ) , q u e celui daction de gra­ces , et quelle plus grande action de graces q u ecelle quon rend a D i e u p o u r sa grace par Jesus-Christ notre-Seigneur , c o m m e on le fait dans leSacrifice de 1Eglise que les Fideles c o n n a i s s e n t , et (a) Fulgent admonit. I. 2. c, 6. etseqq. Optat. Milev. J.6. Isidor.Pefus. eplst. iOdet 313. Miss. Goth. Miss.T2. (b) Quod est autem sacratius laudis sacrificium quain in actione
  • 63. aa TRAIT^ PRELIM1NAIRE DU SACRIFICEd o n t t o u s les a n c i e n s sacrifices n o n t ete q u e d e sombres ? X X . Toute IEglise est unie a Jesus-Christ dans son Sacrifice. V o i l a c o m m e n t le sacrifice a d o r a b l e de T E u c h a ­ristie , q u o i q u i n f i u i i n e u t eleve au-dessus de t o u sles a n c i e n s Sacrifices , en r e m p l i t t o u t e s les partiese t t o u t e s les c o n d i t i o n s . N o u s n a v o n s p l u s q u ar e m a r c j u e r q u e ce sacrifice , q u i est celui de J e s u s -C h r i s t , est en m e m e t e m p s le Sacrifice de l o u t eIEglise , q u i est offerte avec J e s u s - C h r i s t ; q u e cestle sacrifice de t o u s les P r e t r e s q u i Ioffrent et d etous ceux q u i vculent y participer , qui doiventp a r c o n s e q u e n t soffrir e u x - m e m e s en sacrificec o m m e J e s u s - C h r i s t et son Eglise soffrent a D i e u .E c o u t o n s saint Augustin qui nous instruit mer-v e i l l e u s e m e n t s u r c e l t e v e r i l e . («) « T o u t e la Cite» r a c h e t e e , c e s t - a - d i r e IEglise e t la societe des» Saints , est le sacrifice universel offert a Dieu p a rr> le G r a n d - P r e t r e , q u i sest offert aussi l u i - m e m e» p o u r n o u s d a n s sa Passion ; cest elle quil a offert» a D i e u , e t cest en elle quil a e t e offert; p a r c e» q u e cest scion elle quil est le M e d i a t c u r , le P r e -» t r e e t le Sacrifice Et pour con tinner a parler b» ici avec s a i n t A u g u s t i n , ( ) elle v o i t d a n s le Sa-» c r e m e n t de l a u t e l , c o n n u des Fideles et si s o u -» v e n t r e n o u v c l e , .quelle est offerte d a n s la c h o s e» m e m e q u e l l e offre. » 1 XXI. L Eglise offre et est offerte. C o m m e cest Jesus-Christ P r e t r e q u i offre et q u ie s t l u i - m e m e le d o n offert, IEglise a d u aussi sof­frir en loffrant ; e t D i e u lui fait v o i r ce m y s t e r e ,gratiarum , et unde majores agenda* sunt gratia? quam pro ipsiusgratia per Jesum Christum Dominum nostrum ? Quod tot urn fide­les in Ecclesix sacrificio sciunt, cujus umbra fuerunt omnia prio­ri! m genera sacriliciorum. Aug. contra adoersar. Leg, et Prophet.1.1. c. 18. (a) De civil. I. x. c. G. (!>) Quod etiam Sacramento Altaris fidelibus noto frequentnt Ec-clpsia, ubi ei demoustraturquod in ea re quam offert, ipsa oiiera-tur. Ibid.
  • 64. ET DES PREPARATIONS POUR l/oFERIR. A3dit encore saint Augustin (*), dans l e sacrifice quelleoffre tous les jours : c a r , c o m m e elle est le corpsdun tel Chef, elle apprend a soffrir elle-meme parlui. Le sacrifice de la Messe est d o n e celui de Jesus-Christ et d e PEglise, le seul sacrifice exterieur quilfaut offrir a D i e u , l e vrai et Tunique sacrifice quirenferme 1idee de tous les autres , {unique qui ex-pie les peches , qui n o u s merite les graces , et quisera c o n t i n u e jus qua la fin des sieeles. ARTICLE IL Comment les Fideles doivent se preparer pour assister a la Messe avec JtuiLLes L i v r e s s a c r e s n o u s r e c o m m a n d e n t de preparer bnotre dine avant la priere. ( ) Et c o m m e il ny apoint de plus excellente priere q u e celle qui doitrendre Jesus-Christ present s u r n o s a u t e l s , e t q u in o u s fait participer a son adorable sacrifice, il nyen a point aussi qui exige plus d e preparation q u ele sacrifice d e la Messe. I. La bonne vie. La premiere et la meilleure preparation, cestla b o n n e v i e , qui repond a Fetal d e Chretien : Vi- cvez de telle maniere y o n t s o u v e n t dit les Peres ( ) ,que vous puissiez meriter chaquejour detre admisa la sainte Table* II. Le desir daller au pied de VAutel comme au lieu de notre consolation. E n s e c o n d l i e u , il faut se preparer par un ardentdesir daller a la maison d u S e i g n e u r , et de trou- (a)Cujus rei sacramentum quotidianum esse voluit Ecclesiac sa-crilicium , quge cum ipsius Capitis corpus s i t , se ipsam per ipsumdiscit, offerre. Ibid, h x c. 20. (I)) Anteorationem prajparaanimamtuam. EcclL x v m . 23. (c) Ambr. I. 5, de Sacranu c. 4. Aug* Serm. 28. de verb. DomHorn. 42. c. 4.
  • 65. ^4 TRAITI2 PRfiLIMIXAIRE D U SACRIFICE.ver au pied de 1autel toutes les consolations. L e svrais Israelites se representaient avec u n e tres-grande joie le bonheur daller au saint T e m p l e ,d o n t 1autel ne meritait principalement le respect ,q u e parce quil etait une figure du notre ; quelsujet nont pas les Chretiens de soupirer apresl e u r s E g l i s e s , o u est reellement D i e u leur Redemp-teur ! Dans quelque embarras quils se t r o u v e n t ,ils doivent se calmer , en disant avec le PropheteJonas au milieu des flots de la mer M : Taurai laconsolation de voir le saint Temple. Leur foi de-vrait tenir l e u r s aines attachees a u Sacrement denotre redemption , ainsi q u e saint Augustin le ditde sainte Monique , qui ne manqua aucun jourdassister d VAutel dou elle savait quon distribue hla Victime sainteA ) III. La componction et le recueillement. Un t r o i s i e m e m o y e n de se p r e p a r e r , est de g e -mir de s e s miseres , de concevoir quelle est son in-dignite , d e n t r e r dans le s e n t i m e n t du Publicainqui nosait presque lever les y e u x en entrant auTemple. Rien de plus respectable que la Maisondu Seigneur : et si D i e u a dit clu Tabernacle de la cLoi ( ) , Trernblez devant mon Sanctuaire , quelrespect ne doivent pas inspirer nos Eglises , ou Tono f f r e le s a c r i f i c e du Ciel et de la Terre , le Sang dunD i e u fait h o r a m e ? U n Diacre disait autrefois t o u t dhaut dans IEglise ces paroles rle saint Jean ( ) : Loindici les chiens, les empoisonneurs, les impudiques,et quiconque aime et fait le mensonge. Chaque Fi-dele doit se le dire a s o i - m e m e , et entrer dans d e ss e n t i m e n s de c o m p o n c t i o n qui produisent le re­cueillement , de peur dentendre ce terrible reprn- eche de lEvangile : ( ) Mon ami , comment etes-vousentre en ce lieu, sans avoir la robe nuptiale ? cest- (a) Verumtamen videbo Templum sanctum tuum./on. n . 2, (b) Confess. L 9. c. 23. (c) Pavete ad Sanctuarium meum. Leo. x x v i . 2. (d) Jpoc x x u . 15. (e) Matth. x x n . 12.
  • 66. ET DES PREPARATIONS LOFFRIR. POUR ^5a-dire, sans le respect et P e m p r e s s e m e n t , la m o -destie et la purete que cette robe clesigne, et quiconviennent au lieu saint o u Ton va prier et adoreriAgneau sans tache. V. Avoir en vue de soffrir a Dieu. Enfin pour se preparer a tirer beaucoup de fruitdu saiut Sacrifice o u TE^lise soffre avec Jesus-Christ, il faut se disposer a pouvoir sy offrir soi-m e m e , et entrer dans fesprit du sacrifice d e Jesus-Christ et de son Eglise. 11 faut q u e les Fideles de-mandent a Dieu que semblables aux holocaustesque le feu purifiait et c o n s u m a i t , le feu divin con­sume ce qui est en eux de terrestre et de charnel,et qui ne peut etre offert avec Jesus-Christ W : afinque n o n - s e u l e m e n t leurs ames soient purifiees par bce divin feu , mais encore leurs corps ( ) qui doi-vent etre offerts c o m m e leurs a m e s ; et quils puis- csent dire avec saint Paul( ) :« puisque nous avons» un grand Pontife etabli pour nous sur la niaison» d e Dieu , approchons-nous de lui avec un coeur» vraiment s i n c e r e , sans aucun d e g u i s e m e n t , avec» une pleine foi , penetres de tous nos devoirs a» la v u a de ces grands mysteres que la foi n o u s» fait apercevoir, ayant les coeurs purifies par u n e» aspersion interieure, e x e m p t s de tout reproche» de la c o n s c i e n c e , et renouvelant en nos corps la» purete quils ont eue par les eaux salutaires d u» Bapteme.» La confiance en la miserieorde de Dieu. Mais q u a n d nous ne n o u s trouverions pas dansces saintes dispositions q u e les Chretiens doiventsouhaiter, ne laissons pas desperer en la miseri­eorde de D i e u , et dalier avec confiance au pied delAutel, qui est la source des graces. Le Pontife 0") dug- in Psalm. 50. n. 23. (b) Rom. x i i . 1. (c) Habentesiiaquft Sacerdotem magnum super domumDei, ac-cedamus cum vero corde in plenitudine fidei , aspersi corda aconscientia mala, et abluti corpus aqua munda. Hebr. x. 19ef2L
  • 67. 26 TRA.IT PRKLI MIX AIRE D U SACRIFICE a que nous avons, dit saint Paul ( ) , nest pas telquil ne puisse compatir a nos faiblesses. 11 a eprouve comme nous toutes sortes de tentations, hormis le peche. Allans done nous presenter avec confiance devant le trone de la grace, a/in dy recevoir mise- ricorde, et djr trouver le tecours de la grace dans nos besoins. ARTICLE III.De la preparation particuliere des Pretres marquee dans les Rubriques. Explication du mot Rubrique.O n a appele Rubriques, d e s observations ecritesen caracteres rouges. Cette expression irient deIancien Droit R o m a i n , d o n t l e s titres e t l e s m a x i -m e s o u les decisions principales etaient ecrites e n brouge,( ) Parcourez les Lois rouges des anciens , d i t cJ u v e n a l , ( ) eest-a-dire, les Rubriques du Droit, sui-vant la remarque de IancienScoliaste. On a n o m m ede m e m e Rubriques de la M e s s e , les regies q u i p r e s -crivent la maniere d e la dire , parce quen effeto n les a c o m m u n e m e n t ecrites e n rouge pour lesxnieux faire distinguer. A n c i e n n e m e n t ces regiesn e secrivaient que dans des livres particuliers, ap-peles Directoires, Rituels , Ceremoniaux , Ordinal-*res. Les anciens Missels m a n u s c r i t s , et m e m e l e spremiers imprimes nont p o i n t presque de R u b r i ­ dq u e s . Burcard ( ) maitre des ceremonies s o u s lesPapes I n n o c e n t VIII e t Alexandre V I , sur la fin d u (a) Nom enim habemus Pontificem qui non possit c o m p l e t e .Ilebr. iv. 15. (b) Quintilian* 1.2. c. 3. Prudentius contra Sijmm. (c) Causas age, perlegerubrasMajorum Leges. Satyr, xtti. (d) Voyez la Preface de Patricio, Eveque de Pienza , au premier
  • 68. E D S P EA A I N P U T E R P R TO S O R LOFFRIR. 27q u m z i e m e s i e c l e , est le premier qui ait mis au l o n gIordre et les ceremonies de la Messe dans le Pon­tifical imprime a R o m e p o u r la premiere fois en i 4 B S , et dans le Sacerdotal imprime quelques a n - anees apres, etreimprime sous Leon X.( ) On joignitces ceremonies a POrdinaire de la Messe dans quel­ques Missels ; et le Pape Pie V , en i S y o , les a faitmeltre dans Iordre et sous les litres que nous lesvoyons aujourdhui a la tete des Missels. Cest la letresor des Rubriques. N o u s les rapporterons exac-tement chacune en son rang , pour en marqner les e n s , et en decouvrir les origines , a mesure quenous expliquerons les prieres. PREMIERE RUBKIQUE Touchant la preparation particuliere du Pretre.Le Pretre qui se dispose a dire la Messe, apres setre confesse sacramentellement , sil en a eu besoin, et recite du moins Matines et Laudes , sapplique quelque temps a IOraison, et dit se­ lon sa commodite les prieres marquees. Ilprevoit dans le Missel ce quil doit lire, lave ses mains, et prepare le Calice. Ruhr. tit. i . n. j . REMARQUE. 9 i. Le Pretre se confesse, s il en a besoin. Cetteregie est u n e suite du precepte de lApotre, qui adit(b): Quiconque mangera lePain de v i e , ou boirale calice du Seigneur indignement, sera coupablede la profanation du corps et du sang de Jesus-Christ. Que Ihomme done seprouve soi-meme. QuelPontifical imprime h Rome en 1485, son Epttre a Innocent VIII en1488, et les Prefaces du livre Sacerdotal et du Pontifical sousLeon X, (a) Ordo Missae compositus per Reverendum Patrem DominumJoannemiiMrcardum, olim Magistrum ceremoniarum S. R. Eccle-siae... Ordo servandus per Sacerdotes in celebratione Missae sinecantu et sine Ministris, secundum ritum S. R. Ecclesias. Sacerclo-tale , tract. 4. c. S.p. 68. (b) l.Cor. x i . 2 7 .
  • 69. ad TRAITE PRELIMUVAIRB 1>U SACRIFICE crime serail-ce, dit Firmilien dans sa Lettre a saint a Cyprien ( ), closer communier au corps et au sang de Jesus-Christ , sans avoir expose ses peches , et les avoir laves par les Sacremens deTEglise , puis­ quil est ecrit : Quiconque,e/6. Ces maximesnetaient pas negligees a Carthage, o u saint Cyprien parte b de ces homines pleins de foi et de charite ( ) qui quoiquils iieussent ni sacrifie aux idoles, nipris des billets pour netre pas reeherches , parce quilsavaieut eu settlement quelque pensee tie le J aire yalluient confesser avec douleur et avec simplicityaux Pretres de Dieu cette pensee, leur declaraientletat de leur conscience, le poids de leur cune , etcherchaient pour les moindres plaies le remede sa- clutaire. Le Concile de Trente ( ) a marque aux Pre­tres d i s t i n c l e m e n t , aussi bien qua tous les Fideles,ce quils doivent observer touchant la Confessionp o u r participer aux saints Mysteres ; et ces regiesse trouvent dans plusieurs Conciles parliculiersavant et apres le Concile de Trente. 2. Apres avoir dit du mains Matines et Laudes.On a toujours fait de tongues prieres vocales avantJe saint Sacrifice, afin queiles pussent exciter cesdesirs , q u i , c o m m e dit saint Augustin (°), produi-sent dautant plus deffet quils saniment davan-tage. Les veilles de la nuit et les prieres du pointdu j o u r , si anciennes parmi les Chretiens, etaientregardees c o m m e une disposition a 1Eucharistie.Quand saint Athanase fut oblige de fuir , o n c e l e -brait en ce m o m e n t les Vigiles dans IEglise , parce (a) Quale delictum est.... ut non ablutis per Kcclesiac lavacrumsordibus, nec peccatisexpositis, usurpata* temere communicationecontingant corpus et sanguinem Domini, cum scriptum s i t : Qui-c u n q u e , etc. Inter Ep. Cyprian.75* {b)Cypr. de lapsis. (c) Sess. 13. cap. 7. {A) Cone* Colon. anA28Q. Lingonense, an. 1404. Carnotens^an.1526. c. 26. Parisiensc, an. 1557. c. . Burdigalense,an /«582. c. 6.Iiemense, an. 1583. c. 4. Bihtricense, an. 1584. c. &}.Aquense^ an.1585. c . 7 . (e) Ideo per certa intervalla horarum et temporum etiam verbisrogamus Deum , ut... ad hoc augendum nos ipsos acrius excite-
  • 70. E t DES PAiPARATIOBS POUR IioffRiR. 2<) quon devait faire l a S y n a x e , cest-a-dire Passera- a blee pour le Sacrifice* ( ) D e l a c e s longues veilles b d u Samedi quon voit dans Cassien ( ) , et cette pro­ longation de prieres le Dimanche matin , anquel les Moines devaient assister a la M e s s e , et y c o m - munier. O r , Matines et Laudes comprennent POf-fice de la nuit et du matin. Les Matines sappelaientautrefois les V i g i l e s , le Nocturne o u les N o c t u r n e s ,parce quon les disait la nuit. N o u s savons quaum o i n s depuis onze cents ans sans interruption cet cOffice se fail la nuit dans PEglisede Paris ( ); cet usage,dont on ne sait pas le c o m m e n c e m e n t , etait autrefoistres-commun. W) Mais c o m m e depuis plnsieurs sie­cles la plupart des Eglises nont dit le Nocturne q u e t:le m a t i u , o n la appele Matines. ( ) Ainsi le Concilede l l o u e n en i a5ti , ordonna q u e les Cures et lesChapelains diraient Matines la nuit; et le Chapitrede lEglise de Troyes , en i364i statua (0 quoncontinuerait de chanter Matines a minuiL A Pegardde L a u d e s , c e t a i t lOftice du point du j o u r , q u iest bien marque dans Gregoire de Tours (g) au m i ­lieu d u sixieme s i e e l e , pour le temps de le d i r e , e tpour les Psaumes et l e Capitule dont il est encorec o m p o s e aujourdhui. C o m m e d o n e ces Officesetaient u n e premiere preparation au saint Sacrifice, hplusieurs Conciles ( ) o n t regie d e m e m e q u e la Ru-b r i q u e , q u o n n e dirait la Messe quapres avoir ditmns. Dignior enim sequentur effectus quern ferventior prseceditaffectus. EpisU e x x x . ad Probam. (a) Socrat. Hint. Levies. L % c 8. (b) Lib. 3. c. 8. et 1 1. (c) Fenant. Fortunat. vitaS. Germani, eti. 2. carm* 10. (d) Greg. Turon. L 9. hist. c. 6. e (e) Les Coutumes des Chartreux ecrites par Guigues, V Prieur-General, qui sont les premiers Statuts, ont appele Ioflice dc la nuitMatines , apparemment parce quils ont dit en meme temps Lau­des ; et les nouveaux Missels et Breviaires de Paris le nommentNoc­turne, pour parler comme Fantiquite. (f)Camuzat, Promptuarium Tree, (g) De Fills Patrttm. c. 6 . (h) Synod. Paris. Odon. de Soliaco. Innocent. IV. epist. 40.Cone. Nemaus* an. 1284. Cone. Lingon.an. 1444. Senonense,an. 1524.
  • 71. 3o TRAITE PREUMmAIRE OU SACRIFICErofflce d e la nuit et d u matin qui c o m p r c n d M a -tines e t Laudes. Q u e l q u e s anciennes Eglises o n tsi fort retenu cette maxime q u e lOffice etait u n epreparation au saint Sacrifice , qua saint Etiennede B o u r g e s , M. lArchcveque^ne peut pas officier ala Alesse aux jours qui lui sont destines > sil naassiste aux premieres V e p r e s , a Matines et a L a u ­des. Il e n est de m e m e a Boulogne. Cela sobserveaussi a Notre-Dame de P a r i s , si des indispositions o udes affaires nempechent pas M. 1Archeveque dallera FOffice de la nuit , apres avoir officie a Vepres.(-est aussi lusage dAuxerre. A Lyon et a V i e n n eM. 1Archeveque demandc dispense au Chapitrc. La Rubrique ajoute du mains, parce quil a ete as o u v e n t ordonne de dire Prime l ) , et m e m e Tier­c e 0 ) avant la Messe , et quen effet on devrait re- >gulicrement avoir d i t l e s l l e u r e s qui precedent letemps auquel o n la d i t , ccst-a-dirc , Prime et Tier­ce , si o n la d i t ver.s l e s n c u f h e u r c s ; et m e m eSexte , si on n e la dit q u e vers midi. 3. Le Pretre s applique quelque peu de temps aVoraison. La pricre men tale doit toujours etrejointe a la vocale ; celle-ci ne sert quautant q i f o nest recueilU; et le recueillement p e u t redoubler paru n e simple attention a sa propre i n d i g u i t e , et ala grandeur des mysteres. D e peur q u e le t u m u l t edu m o n d e ne nut un obstacle au r e c u e i l l e m e n t ,q u e l q u e s Eglises Cathedrales et Collegiales ontv o u l u autrefois q u e le Pretre qui devait officierpendant la s e m a i n e , la passat t o u t entiere e n re- ctraite. ( ) Tout le choeur le conduisait en procession (a) Synod. Colon, ann. 1280. Synod. Exon. an. 1287. c. 21.Synod. Paris, p. 7. (li) Ibid. pay. 343. (c) Voyez 1c Livre intitule , Pratiques de Piete pour konorerle saint Sacrement, imprime. en 1683 , part. 28. ou il est dit quedans rTCglise Cathedrale de Rouen les anciens Chanoines out faitobserver cette ceremonie, contre Ientreprise des jeuncs gens,pag.8G * mais cela ne se fait plus depuis bien des unnees. ,
  • 72. UT D E S P R E P A R A T I O N S PU OR LOFJPRIR. 31 le Samedi au soir jusqu& u n appartement particu­ lier", dou il ne sortait q u e pour la Messe et les autres Offices. Le Cardinal X i m e n e s fit observer cette retraite. On avait m e m e e n q u e l q u e s endroits engage le Diacre et le Sous-diacre au m e m e recueil- lement. D e u x savans Ecclesiastiques , qui , sous M. F o u q u e t Eveque dAgde , avaient recherche les anciens usages de cette E g l i s e , o n t marque que le Diacre e t le Sous-diacre semainiers gardaient exac-tement la retraite pendant leur semaine ct ne sor-taient pas de la Maison Capitulaire, o u ils avaientchacun u n appartement particulier. Mais il n c reste plus q u e q u e l q u e s vestiges de cespratiques si edifiautes. Acluellenoent a lAbbaye deSaint-Claude, le semainier n e sort point du Cloitre,et garde lui seul p e n d a n t la semaine Pabstinence7de viande q u e t o u t e l a Communaute observait au­trefois. W Les Pretres qui s o n t contraints de menerune vie c o m m u n e et de vaquer a b e a u c o u p daf­faires, doivent gemir s o u v e n t e t demander a D i e ule recueillement convenable a u saint Sacrifice. 4- / / dit les prieres marquees. Laucien An leurqui a ecrit sous le n o m de saint D e n y s lAreopa- bgite ( ) , parle des inspirations particulieres que lesaint Eveque Carpus recevait pendant les Prieres cpreparatoires des saints M y s t e r e s ; et saint Maxime l ) det Pachymere ( ) , q u i o n t c o m m e n t e cet e n d r o i t ,ne lentendent q u e des prieres q u e le Pretre fait e nparticulier pour se disposer a approcher de lAutelavec p u r e t e e t avec ferveur. 11 y a huit o u neufcents ans quon m e t de ces sortes de prieres a la tete (a) Parmi les Chartreux, ou la cldture et labstinence sont tou­jours §ard£es, le semainier ajoute a ces pratiques celle de reciterla Passioa de J&us-Christ. 11 le fait a Paris en &ole aupres de lAu­tel avant que de commencer la Messe, pour porter a lAutel unesprit tout occupe des mysteres du Sacrifice du Sauveur. Consue*tud. Carthus* Paris. (b) Epist. 8. p. 790. (c) In Dionys. p . 319. (d) Page 279.
  • 73. 3l2 TRAITE PREL1MINA1RE D U SACRIFICE des Sacramentairesou Missels. Le M i c r o l o g u e , vers Tan 5 o o , a marque les quatre premiers Psaumes W de la preparation quon voit dans les Missels, dans les Breviaires, et dans toutes les Sacristies. Cent ans a u p a r a v a n t , le Sacra men tai re de Treves ecrit au dixieme s i e c l e , n e marque q u e les trois pre­m i e r s ; mais il les fait suivre de tongues Litaniesdes S a i n t s ; et ces Litanies ont ete dites par tout le bChoeur ( ) aux grandes Messes. Gela est encore o b ­serve a la Cathedrale de Cambrai, o u tout le Choeura g e n o u x chante tous les jours les Litanies avant cla M e s s e ; et a Barcelone, ou on les recite. ( ) On n eIrouve pas tout-a-fait les m e m e s Psaumes et lesm e m e s Prieres dans tous les anciens Livres , etlEglise Iais.se a la devotion et au loisir du Pretred e choisir les prieres quil jugera les plus propresp o u r nourrir sa F«i et sa piele. 5. i 7 prevoit dans le Missel ce quil doit lire ,afin quil Pentende et le dise mieux , et quil necause aucun ennui aux assistaus en cherchant dansle livre. G. 11 lave ses mains. Cest u n e m a x i m e de t o u sles temps ct de tous les p e u p l e s , de laver les mainsavant le Sacrifice. Lancicnne Loi Iordonnait ex- dpressement ( ) , et les Chretiens non! jamais neglige ecette pratique. Saint Cvriile de Jerusalem dit ( )quon sait bien que les Ministres de PAulel ne sen (a) Quam dileeta: RpnediNisu: I w l i n a : Credidi. (b) Les Chnrtreir; les disent aussi au jours feriaux a Paris. (<:) On a <vsse de Its chanter a Tonrnai depuis environ 36 ans.A Noyon pendant la Procession , tjui se fait le Diiuanehe avant laMesse, les enfant de rhruiir rhanUmt les Lilanies a lWute! : celasemble avoir ete ainsi etnbli pour ahrr^rr POflice. A Met/, on a cou-tinne de rJia nter les Litanies dis Saints les Lundis, Mereredis etVemlredis de Carbine apres Sexte, Tout le Choeur a genoux lescommence devant PAutel, elles se c-nntinuent pendant "la Proces­sion, et sachevent dansPKglise. A Toulon , le premier I )i man diede Hiaque mois, on les commence de meme au Ch«Mir, et onles continue pendant la Procession , jusmja ce quon renlre dansIKvlise. (d; Exod. xxx. IS. (e) Cathech. 5. Mystag.
  • 74. ET DES PREPARATIONS POtJR toFERIR. 33 n p p r o c h e n t pas sans s e t r e laves a u p a r a v a n t . Vou- driez-vous vous approcher du Sacrifice sans vous etre laves les mains* dit saint C h r y s o s t o m e clans ses a homelies au p e u p l e d A n t i o c h e ( ); et saint A n g u s - b tin ( ) , ou p l u t o t saint Cesaire W, dit aussi q u e tous les h o m i n e s o n t soin de se laver les mains p o u r recevoir r E u c h a r i s t i c . Le seul respect inspire cette p r o p r e t c , niais lEglise a p r i n c i p a l e r n e n l en vue d i n s p i r e r , p a r c e t t e a b l u t i o n c x t e r i c u r e , la p u r e t c i n t e r i e u r e quelle fait d e m a u d e r p a r u n e Oraison p r o p r e , en lavant les m a i n s . 7. / / prepare le Calice l u i - m c m e , o u le fait p r e ­ p a r e r p a r u n e a u t r e p e r s o n n e , c b m m e la R u b r i q u e d u Missel de Paris le r e m a r q u e . Il suffirait m e m e q u e t o u t ce q u i est necessaire p o u r 1oblalion se t r o u v a t s u r lAutel a 1OlTertoire , c o m m e on le faita u x Messes solenuelles ; mais c o m m e aux Messesbasses le P r e t r e na ni D i a c r e ni S o u s - d i a c r e ,et quil p o u r r a i t lui m a n q u e r q u e l q u e chose a ut e m p s d e lOblation , il est plus a p r o p o s q u a v a n tq u e de c o m m e n c e r la M e s s e , il p o r t e a lAutel leCalice t o u t p r e p a r e avec u n pain s u r la P a t e n e . ARTICLE IV.De la preparation exterieure par les ornemens par- ticuliers.JjiiS h a b i t s p a r t i c u l i e r s d o n t le P r e t r e se r e v e t , e tles cierges q u o n a l l u m e a v a n t q u e de c o m m e n c e rla Messe , s o n t u n e c e r e m o n i e religieuse qui doitp r e p a r e r les assistans a q u e l q u e chose de g r a n d e tdauguste. (a) Homil n i . inEpist. ad Ephes. (b) Serm. 229. append, at. de tempore 252. (c) Serm. 52. r. 3
  • 75. 3.J TRAITE FAl&LfttlfrAIRff BIT SACRIFICE llUliJUQUB. Le Pretre prend les vetemens , qui ne doivent etre ni decousus ni dechires , mais en tiers et propres, benis par V Eveque ou par quelqu autre qui en ait le pouvoir^ etc. Tit. i . n. a. Remarque. Oil Von montre Vorigine des habits sacerdotaux; et pourquoi VEglise veut que le Pretre prenne des habits particuliers pour dire la Messe. D a n s les Etats et dans les R e p u b l i q u e s il y a des habits particuliers pour plusieurs ceremonies , p o u r rendre la j u s t i c e , pour honorer les s c i e n c e s , pour ies rejouissances et p o u r le d e u i l ; et Ton n e p e u t etre surpris que 1Eglise prenne des habils particu­ liers dans ses ceremonies les plus saintes e t les plusaugustes. D i e u avait m a r q u e dans 1ancienne Loi quels devaient etre les habits" sacres dans les f o n c - tions du m i n i s t e r e ; et q u o i q u e n o u s ne s o y o n s pas assujettis a toutes les ceremonies de Tancienne L o i , asaint Jerome infere ( ) n e a n m o i n s de ce qui est rap- porte dans Ezechiel touchant le Service divin : Quenous ne devons pas entrer dans le Saint des saints *ctcelebrer les Sacremens du Seigneur avec les habitsqui nous seivent aux autres usages de la vie.... Lareligion divine, ajoule-t-il , a un habit pour le mi"nisi ere , el un autre pour V usage commun. Veritablement les saints mysteres , infinimentgrands par e u x - m e m e s , nont besoin daucun eclatexterieur. Aussi dans le temps des p e r s e c u t i o n s ,o n netait occupe q u e doffrir le saint Sacrifice avecu n e conscience p u r e , sans rechercher des habitsparticuliers. Mais les h o m m e s o n t s o u v e n t besointie signes exterieurs e t sensibles qui les rappellent (a) Per quae discimusnon quotidianis et quibuslibet pro usu vitascommunis pollutis vestibus nos in^redi debere in sancta sanctorum,sed mund5 conscientifl, et mundis vestibus tenere Domini .Sacra-nrmra.. . Porro religiodivina alterum habitumhabetinministcrio,ahiium in usu vitaque communi. liter, in Ezech. c. 44.
  • 76. ET DES PREPARATIONS POUR L OFFRIR. 35 interieurement aux grandeurs invisibles des mys­ teres. Ils doivent choisir ce qui peut imprimer un plus grand respect. La proprete seule a souvent pu suffire pour inspirer ce respect. Mais quand 1Eglise e s t d e v e n u e riche par les d o n s des Puissans du sie- cle convertis a la foi , on na pas d u craindre dec£lebrer le Service divin avec q u e l q u e magnifi­ c e n c e , parce q u e tout ce quil y a de grand dansle m o n d e vient de D i e u , et doit etre consacre a sagloire. Lor et Vargent rrtappartiennent, dit le Sei­gneur dans le Prophete , en representant la gloire adu Temple clu desire des Nations. ( ) Cest ce quifit elever et orner des Temples si magnifiques, desque les Princes embrasserent o u autoriserent leChristianisme; et Ton p u t bien alors prendre de ri­ches habits pour les ceremonies sacrees. N o u s lisons bdans Theocloret ( ) , q u e lEmpereur Cons tan tindonna a Macaire , E v e q u e de Jerusalem, u n e robetissue d o r , pour sen servir en d o n n a n t le Bap­ cteme. On voit dans Optat de Mileve ( ) , q u e lEm­pereur envoya des o r n e m e n s aux Eglises quilappelle les Maisons de D i e u ; et saint Gregoire deNazianze releve leclat des ornemens de tout leClerge. A la Dedicace de la celebre Eglise de T y rcn 3 1 3 , Eusebe , E v e q u e de Cesaree , qui en fit led i s c o u r s , parle des habits des Eveques qui etaientp r e s e n s , c o m m e de saints habits qui les rendaientvenerables : 0 amis et Pontifes du Seigneur, leurdit-il, qui etes revetus de la sainte tunique.fi) Onregardait les habits qui se, oent au Minis tere sacrec o m m e devant etre distiw-nes d u c o m m u n , etconserves avec respect. Y.n offet , le Pretre Ne-potien , qui netait nullemcni: magnifique , maisseulement p r o p r e , faisait taut de cas de la tuniquedbnt il etait revetu en offrant le saint Sacrifice, (a) Implebo do mum istam gloria... meum est argentum, et meumest aurum, dicit Dominus exercituum. Aggxi, II. 9. (b) Hist. Eccles. L 2. (c) Lih 2. (d) Oi T O V *ym T T O ^ J ? . Euscb. Histor. Eccles. L x. c. 4»
  • 77. 36 TftAJLTIS fcRELlltf INA.IRE DU SACRIFICE quil la laissa par testament a saint Jerome , p o u r qui il avait une veneration toute particuliere. W Cette distinction des habits de la Messe na e t e observee quelque temps que par devotion ; mais dans la suite les Papes el les Conciles [ty ont o r - d o n u e quon ne celebrerait le saint Sacrifice quavec des habits consacres a celte sainte a c t i o n , et o n t defemlu sous les plus grieves peines de se servir de ces habits dans les usages c o m m u u s . Cost pour-quoi la Rubrique vent que ces vetemens soientb e n i s par P l i v c q u e , afin quils soient entierementdestines a des usages sacres. Selon la Liturgie de cde saint Chrysostome ( ) , les Grecs les benissentchacuu en particulier par le signe de la croix ac-*c o m p a g n e c r i m e priere toutes les fois quils lesjireunent. Les Latins Font fait aussi autrefois dem e m e , c o m m e on le voit dans la Messe de Ratolde ,ecrite au dixieme s i e e l e ; et il parait par un grandn o m b r e danciens Pontifieaux et Sacramenlaircs ,quon observe du moins bien regulierement depuisb u i t cents a n s , de ne prendre ces o r u e m e n s quendisant des prieres , dont n o u s remarquerons lesvarietes, soit dans le s e n s , suit dans les lermes. LesPontificaux et les Sacramentaires qui sont ecritsvers Tan 9 0 0 , contienneut des prieres pour IAmict,] A u b e , l a Ceinture, T E t o l e e t la C h a s u b l e ; e t q u e l -ques-uns y joignent une priere pour le M a n i p u l e ,qui a e t e ensuite dite partout depuis le o n z i e m e dsieele. ( ) Q u o i q u e ces ornemeus soient u n i q u e m e n t consa­cres aux usages saints, il ne laissent pas d avoir e t eoriginairement semblables aux habits dont o n seservait dans la vie civile. Mais c o m m e ceux-ci o n ts o u v e n t c h a n g e , et q u e les habits sacres o n t aussi (a). Flier. Epist ad Heliod. Epitaph. Nep. (b) Vide Harm, an* 260. n. 6. Cone. Brae. can. 2. (c) Euchol. Grmc. p. 59. (d) Lib. Sacram. Eccles. Turon. ante an. 800. Marten, tomo 1.p. 343. Sacrament, Ms. Trevir, adCasulam , ad Fanonem.
  • 78. ET DES PREPARATIONS POUR lA)FFRlft. 3? snuffert qnelqne c h a n g e m e n t , ils o n t ete dans la suite tout differens les uns des autres. On va voir Iorigine de ces ornemens , le changement que la proprete et la commodite ont i n t r o d u i t , les vues qua IEglise en les faisant prendre aux Ministres sacres ; et dou vient quon se sert de ditferentes couleurs en diverses Fetes.§. r. De F Amict, de FAube , de la Ceinture , du Mara pule , de V Etole et de la Chasuble , dont les Papes et les ConcUes veulent que les Pretres soient revet us pour dire la Messe. Antiquite des prieres quon dit en prenant ces ornemens. La Rubrique et POrdinaire du Missel marquentPordre quun vient de voir dans le l i t r e , et quondoit garderen prenant les ornemens. Le Pape LeonIV , vers Pan 8 5 o , prescrivit a peu pres le meme aordre en ces termes ( ) : Que nul ne disc la IlJessesans Amict, sans Aube , sans Etole , sans Muni"pule et sans Chasuble ; et Pon trouve tous cesornemens marques dans plusieurs anciens Sacra-mentaires depuis le neuvieme s i e c l e , avec ces deuxdifferences ; la premiere q u e dans Pun des plusanciens Ordres H o m a i n s , ecrit au temps de Char­lemagne (*) , PAmict nest marque quapres PAubeet la Ceinture, et cet usage sest conserve dans les c dEglises de Milan ( ) et de Lyon. ( ) La seconde dif­ference est q u e le Manipule est marque apres la eChasuble dans le Reglement ( ) du Diocese dOviedoen io5o, en qnelques manuscrits (0, et en diversAuteurs avant Pan l a o o . Cest Pusage que les Eve-q u e s gardent encore aujourdhui, c o m m e nous leverrons plus has. N o u s suivons ici Ford re le plus (a) Nullus Missa in cantet... sine amictu, sine alba, stola, fanoneetcasuia. Horn, de cur. past, ad Presb. cone. J 8. cot. 34. (b) Ord- Rom. 1. p. 1. (c) Missal. Ambros. a?vi. 1482, J548 et 1560. (d) Missal Litgcl. an. 1520. et le Hecueil des Ceremonies deFEglise de Lj/on , imprlme Fan 1702. (e) Cone. Cotjac. Cone. 10. 9. col. 10. 4. (f) Socram. Ms. Tree.
  • 79. 38 TRAITE PRELIMINAIRE D U SACRIFICE c o m m u n , e n faisant q u e l q u e s remarques sur cha- cun tie ces o r n e m e n s . A legard des prieres quon recite en les p r e n a n t , on les voit avec q u e l q u e s varietes dans une infinite de Livres dEglises depuis 1c neuvieme siecle. W lAmict. LAmict tire son nom d u m o t Latin amicire, qui signifie couvrir. 11 fut introduit au tantieme sieclepour couvrir le c o u , que les Ecclesiastiqucs et lesLaiques portaient nu j u s q u a l o r s . 11 p a r u t sansdoute plus decent que dans lEglise le cou fut c o u -vert ; et le Glerge eut aussi en vue de conserver lav o i x , e t d e la consacrerau S e i g n e u r , pour chanter bses l o u a n g e s , ainsi quAmalaire ( ), et les prieres de cplusieurs anciens Missels ( ) le font entendre. Peude temps a p r e s , PArnict fut regarde en plusieursl-glises c o m m e u n ornement qui devait succederau sac de la penitence (d) ; en daLitres , c o m m e u n (a) Ces prieres se trouvent dans lanciennc Messe qui a ete don­ nee par Klaccus Illyiicus en 1 O57 , et qui ine pa rait etre un Re- cueil de Prieres tirees des Missels de plusieurs Eglisrs de Germanie vers la fin du neuvieme siecle, plutdtque YOrdo Missw de quelque Kglisc particuliere. Ces prieres sont aussi dans un Pontifical de saint Prudence, Eveque de Troie , et dans deux manuscrits de 800 ans de Moissac, et de saint Gatien de Tours, donnes par le Pere Mar-tenne, torn. l. rlL p. 5 2 5 , 5 3 3 , 5 3 6 ; dans un Sacrainentaire ma- nuscrit de Treves , ecrit vers Tan 9 9 0 , et conserve dans la Biblio-theque de POratoire de Paris ; dans un Saeramentaire manuscrit dela Bibliotheque de TEglise de Novon, quia environ 800 ans; et dans deux manuscrits de la Bibliotheque du R o i , dont Tun est un Pontifical de lEglise de See/ , ecrit vers Tan 1 0 4 0 , n. 3 8 G 6 , ou laMesse est de meme que celle qui a ete donnee par le Pere H. Me­nard sous ce titre , Missa ret us ex eodice Tlliano, AppenA. ad.tibr. Sacram. p. 22(>; et Fa litre, est un Missel pleniev ecrit Tan 1000 ; et enfin dans un trcs-grand nombre dautres Missels poste-rieurs. II ny a que fort peu dEglises au douzieme siecle , ou Tonsbabillait en continuant les prieres de la preparation, sans en reci­ter de particulieres pour les ornemens. (b) Amal. I. 2. c. 17. (c) Missal. Camerac. Atrcb. etc. (d) Selon Pancienne MessedonneeparIiIyricus,Ie Pretre disait enquittantles habits communs : Conscinde, Domine, saccum menm ,(t circumda. me kctilia natulan; et selon les anciens Missels deL I C I I E , dVix-la-Chapelle, de Rennes, etc. on faisait cette pricreen PRCNANT Ymict, niais eetait apres avoir dit, Kxue me , Do- ,,(>vtit.e, rcferem Immmem , en quittant les habits comnums. Ce q
  • 80. ET DES PREPARATIONS POUR i/OFFRIR. 3$ a Ephod ou superhumeral ( ), a cause quil etait assez grand p o u r entourer les epaules e t la p o i t r i n e , uoique dailleurs il ne ressemblat pas a lEphocl3 es anciens Pretres de la Loi. Mais a R o m e et dans la plupart des E g l i s e s , vers Pan 9 0 0 , on le regarda comme un casque quon mit sur la tele pour Py lais- ser jusqua ce quon fut entierement habilie ; et Fabattre autour du c o u avant q u e de commencer la Messe. Cet usage sobserve encore a Narbonne , a Auxerre depuis la Toussaint jusqua P a q u e s , et chez les Dominicains et les Capucins. Les anciens Missels Mss. de lEglise Royale de Saint-Quentin,qui ont environ cinq cenls ans , et qui sont conser­ves dans les archives du Greffe , rnarquent la prierequon faisait en Fabaissant autour du cou. On peutFavoir mis dabord sur la tete p o u r une raison na-turelle , avant q u e de prendre les autres o r n e m e n s ,afin de Fajuster ensuite plus proprement autourdu cou , apres avoir pris la C h a s u b l e ; et on Fa faitaussi pour u n e raison mysterieuse. On a voulu quele Prelre allant a lAutel se regardat c o m m e armecontre les attaques du d e m o n , suivant ce que dit bsaint Paul ( ) : Revetez-vous des armes de Dieu , ctprenez le casque, qui est Fesperance du salut. Cestdela qua ete tiree la priere que nous disons encore cen prenant lAmict ( ) : Mettez Seigneur, le casquede salut a ma tete. M a i s , c o m m e selon le Misselles Eveques disent encore en quittant le Camail. Les Saints ont re-garde les habits communs comme des sujets dhumiliation et depenitence, parce quils furent donnes a rhontio^ apres son peche * .cest pourquoi lEglise ne veut faire trouver cl^ joie que dans leshabits quelle fait prendre pour le Service di i , < cest ce qui a fait tirer cette priere, Conscinde Domine, et <l,>. Psaume x x i x ,ou nous lisons : Converlisti planctum menm a •audium viihlconscidistl saccum meitm, et circumdedisti >• IMUid. (a) Ad Ephot. humeros et pectus meum Spiritds sancti gratiaprotege, Domine, etc. Mlssa Illiric. Sacram. Ms. Trevir. etc.Joyez les frag mens attrihues a Theodore de Canforhery, p. 33. (b) Induite vos armaturam Dei... et galeam salutis assumite.Ephes. vi. 11 et 17. (c) Impone, Domine, capiti meo galeam salutis ad expugnandosomnes diabolicos incursus.
  • 81. 4o TRAITE PRfojftlltfAIRE D t t SACRIFICERomain et ceux dun tres-grand nombre dEgliscs,o n ne met plus 1Amict sur la tete q u e pour en en* tourer le c o u dans linstant, on ne doit pas perdrede vue la plus ancienne raison mysterieuse quona eue de mettre 1Amict autour du cou , qui est que1Amict est un signe de la relenue de la v o i x ; cest-a-dirc, q u e ceux qui prenneut 1Amict clans les Sa­crifices , soit pour dire la M e s s e , soit pour faireD i a c r e , Sous-diacre, ou Induts, doivent se souvenirque ce v e l e m c n t les averiil de ne plus ouvrir labouche q u e pour le saint Sacrifice , ct de se direchacun a s o i - m e m e ce quont dit Amalaire et plu­ asieurs autres depuis le n e i n i e m e siecle ( ) : Tai misune garde a ma boucke.... par ce premier vetementon edt averti de retcnir la voix. Cest ce que les an­ciens Missels de Camhrai, dont on se sert encorequelquefois , ont pnrfaitcment exprime dans la bpriere quils prescrivent pour rAmic».l ) Beprimez,Seigneur, et conduisez ma voix ; a fin que je ne pe­ck e point par ma langue , et que je puisse meriterde neprononcer que ce qui vous est agreable. LAube. Cette premiere tunique q u e n o u s appelonsA u b e , J/ba , a cause de sa couleur blanche, etaitun o r n e m e n t assez particulier aux personnes de ccondition dans 1Empire Romain ( ) , et il devintfort c o m m u n au Clerge dans lexercice des fonc-tions ecclesiastiques. Saint Jerome dit quil n y arien que de convenablc a 1honneur de D i o n , si1Eveque, le Pretre , le Diacre, et tout VOrdre ec- (a) Posui ori meo custodiam.... in isto primo vestimento admo-netur castigatio vocis. Amai. I. 2. c. 17. (b) Ad amictum per quern adinonctur castigatio vocis. Castigetet inoderetur vocem meain custodia tua, Deus : ut non delinquamin lingua mea , sed loqui nierear quas tibi sunt accepta. MissaleCamerac. aim. 1527 et 1512. Ihi Missel, fie PAbbmje de Saint-Martin de Tournai, ecrit aumilieu du trcizieme sierle, marque aussi pour 1Amict; Pone ,Domino, ori meo custodiam , etc. (c) Voyez I"opiscus in hist. Aug.
  • 82. ET DES PREPARATIONS POUR LoFFRIR. tlclesiastique est revitu de blanc dans Vadministra-tion du Sacrifice. (•) Les autres Peres parlent s o u -vent du Clerge revetu de blanc dans IEglise; et Tontrouvait cette couleur dautant plus propre a ceuxqui servent a 1Aulel o u simmole IAgneau sanstache, q u e tous les Esprits bienbeureux sont repre­s e n t s revetus de robes blanches , pour marquerl e u r p u r e t e . Cest dans cette vue q u e IEglise faitdemander au Pretre en se revetant de 1aube,puisse etre blanchi dans le sang de IAgneau , et 9 bmerit er par-Id d avoir part aux joies celestes. l ) Onest blanchi par ce s a n g , puree quil ote les tachesdu peche. La Cetkttjre; Ceux qui se s o n t s e r v i s dhabits longs et larges,ont toujours pris une ceinture pour marcher etpour ngir plus c o m m o d e m e n t . Prenez voire cein­ture, dit lAnge a saint Pierre en leveillant.W Bedeet Raban disent quon serre 1aube avec une cein­ture , de peur quelle ne descende trop has, et quellenempethe de marcher. Ces auteurs ne manquentpas de remarquer que Iaube et la ceinture doiventetre un avertissement de conserver avec soin lap u r e t e ; e t IEglise vent aussi qnen prenant la cein­ture le prelre demande a Dieu de metlred ses reins cune ceinture depurete pour conserver la chastete. ( ) Le Manipule. Le Manipule a ete originairement appele Map-pula, qui signifie une petite serviette ou mouchoir.Les Eglises dAlIemagne lappelerent Fanon 10 , (a) Si Episcopus, Presbyter et Diaeonus, et reliquus Ordo eccle-siasticus in administnitione Sacriiiciormn cum Candida veste pro-cesserint. iHeron. adrersus Petar/. /, 1. (b) TValba me , Domine, et nuinda cor meum, ut in sanguineAgni dealhatus, gnudiis perfruar sempiternis. (c) Pnrcin&ere. Act x u . 8 . (d) Ne tunica ipsa defluat, et gress urn impediat, Raban. Maur.deinstttitt. (fere. /. 1 c. 17. (e) Primngp me , Domine , cinpulo puritatis, etc. (0 liaban. Maur. 1. 1. c. 18. Sacram. Ms. Treoir.
  • 83. 42 TRAITE PRELIM1NAIRE DU SACRIFICE qui e n aliemandsignifie e t e n d u e , serviette, nappe o u mouchoir. Les Eglises dAngleterre et de France le n o m m e r e n t simplement mouchoir , Sudarium. b c Rede W , lancien Ordre Romain ( ), et Amalaire l ) le n o m m e n t a i n s i , et ils discnt quil sert a essuyer le visage. D u m o t Mappula on a peut-etre fait Manipula, qui se trouve dans lesanciens Pontificaux du n e u - vieme sieele. II est neanmoins plus vraisembla- ble quon a tire manipula et manipulus de manus, m a i n , a cause quon Pa porte sur le bras, ou plus c o m m u n e m e n t sur le p o i g n e t , o u a la main m e m e . Co qui a fait dire a un ancien vocabulaire, q u e le Manipule est un ornement de la main. («) Lusage du manipulesintroduisit lorsque letole,d o n t n o u s allons j>arler , devint un o r n e m e n t quine pouvait plus servir a essuyer le cou et le visage.O n crut devoir prendre alors u n e especc de m o u ­choir qui 6tait un Huge long et e t r o i t , quon p o r -tait c o m m u n e m e n t sur lc bras ou a la main g a u c h e ,ainsi que le represente la miniature faite sous Char-les-le-Chauve au n e u v i e m e sieele. 10 Mais on n ediffera pas long-temps de Iorner. On voit dans cesmernes miniatures , que ces petites serviettes l o n -g u e s et etroites avaient deja des franges aux extre-mites. Au dixieme sieele ces franges etaient doren quelques Eglises. A la fin du onzieme sieele o ns e n servait encore c o m m e dun mouchoir , selon (a) In Marty roL (b) Le plus ancien Ordre Romain , ecrit avant Tan 800 , parledun mouchoir donne par le Sous-diacre en ccremonie a TEveque au commencement de la Messe. (c) L. 2. c. 24. de sudario. (d) On lit istius Manipidm dans un Missel manuscrit de INoyondenviron 800 ans, ou sont des preparations pour la Messe; et se­lon un Pontifical manuscrit de Tou! denvivon 2.30 ans, lEvfrpie,apres avoir donne le manipule aux Sous-diacres, dit: In vestioneharum Manipularumsubnlrd. te, Domine, deprecamur, etc. (e) Manipulus est ornamentum manils. JViL Brlio hi vocab. ^ (f) Voyez au second Tome des Capitulaires de nos Rois, de Tedi-tion dc M. BaUize, VEstampe des Religieux du Chapitre de Metz,qui prcsentent une Bible a Charles-le-Chauve.
  • 84. ET DES PREPARATIONS POUR i/oFFRI R. /]3 Ives de ChartreS W ; et m e m e au c o m m e n c e m e n t d u d o u z i e m e on belaissait pasden pouvoiressuyer b lesyeux selon Etienne dAutun ( ) qui fut fait Eveque en 1 1 1 3 ; mais on garnit enfin si fort ce manipule ou ce m o u c h o i r , q u e quarante ou cinquante ans apres o n se souvenait seulement q u e les Anciens 1avaient appele mouchoir , et quon sen scrvait autrefois p o u r sessuyer. Cest ainsi quen parle Robert Paululus dans le Traite des Offices Eccle- siastiques, qui a ete long-temps attribue a Ungues de Saint-Victor, (c) Le manipule etait done cles-lors un pur orne- m e n t , nullement propre a e s s u y e r l e visage. Et de-la vient q u e vers Tan i rg5 , le Cardinal Lothnire , connu depuis sous le norn du Pape Innocent I I I ,ne parle plus du manipule q u e c o m m e dun m o u ­choir figuratif propre a essuyer non le corps, mais lesprit et le c o e u r , pour en bannir la crainte dutravail et y faire naltre lamour des bonnes oeu- dvres. ( ) LEglise n o u s a toujours inspire cette pen-s e e , soit q u e le manipule ait ete sans o r n e m e n t ,soit quil ait ete o r n e ; elle a fait dire pour.ee sujetdepuis six o u sept cents ans cette priere en le pre-nant ; Que je merite, Seigneur, de porter le ma­nipule de douleurs et de larmes , pour recevoir avecfoie la recompense du travail, (e) Il est v i s i b l e , et plusieurs anciens Missels ne lais- (a) In sinistra manu ponltur quasdam mappula, mjae saepe fluen-tem oculorum pituitam tergat, et oculorum lipitudinem remo-veat. Ivo carnu. serm. de signific. indwnent. sacerd. (b) Mappula qua solent siceari stillicidia oculorum , excitat nosad vigilandum. Steph. Eduen. de Sacr. Altar, <?. 10. (c) Ad extremum Sacerdos Fanonem in sinistro brachio ponit,quern et Manipulum et Sudarium appellaverunt, per quern olimsudor et narium sordes extergebantur. De offic. Eccles. 1.1. c. 51.et Honorius L I . e . 208. (d) In sinistra manu quaedam ponitur Mapgula, quae Manipulusvel Sudarium appellatur, quo sudorem mentis abstergat, et sopo-rem cordis excutiat, ut depulso taedio vel torpore, bonis operibusdiligenter invigilet. Lib* 1. c. 59. (e) Merear, Domine, portare Manipulum flettis et doloris,utcum exsultatione recipiam mercedem laboris. Miss. Rom.
  • 85. 44 TRAITE PRELIMINA1BE DU SACRIFICE s e n t p a s l i e u den d o u t e r W , q u e cette p r i e r e e s t faite s u r les versets : Euntes ibant el flebant, mitten- tes semina sua : venientes autem venient cum exsul- b tatione , port antes manipulos suos. ( ) Manipulus s i ­ gnifie p o i g n e e , ce q u o n p o r t e a la main. O r ce verset d u P s a u m e presenfe a lesprit deux sortes d e m a n i p u l e s ou poignees. L u n e , de ceux qui s c m e n t ce q u i l s o n t pris d a n s leurs m a i n s ; T a u l r e , d e s m o i s s o n n e u r s qui recueillent. O n s e m e d a n s ce wonde p a r le travail et les s o u i f r a n c e s ; et Ton p o r t e dans l a u t r c avec joie les m a n i p u l e s ou les p o i ­ gnees , eest-a-dire le fruit de ce travail. Ainsi lem a n i p u l e do ce m o n d c est. un m a n i p u l e de d o u l e u r ;ct celui q u e n o u s p o r t e r o n s d a n s J a u t r e , sera u nm a n i p u l e de j o i e . LEglise , s u i v a n t cette allusion ,v e u t d o n e q u e ce m a n i p u l e q u o n a mis a la m a i nou au b r a s g a u c h e , e t q u i servait autrefois a e s s u y e rles larmes et la s u e n r du t r a v a i l , n o u s lasse s o u v e ­n i r (juil faut travailler et souifrir en ce m o n d e ,p o u r avoir p a r t aux r e c o m p e n s e s eternelles.Observation sur le Mouchoir quon a substilue au Manipule* L o r s q u e le m a n i p u l e fut si o r n e quil n e p u tp l u s servir a sessuyer , on i n t r o d u i s i t au d o u z i e m esiecle u n n o u v e a u m o u c h o i r . E n d c s de Paris o r -d o n n a d a n s son S y n o d e , vers Tan wo, quil y e n caurait t o u j o u r s un p o u r ce sujet a u p r e s du Livre. ( )Le Missel des Jacobins ecrit en i i V j > c o n f o r m e -i n e n t a leur O r d i n a i r e , et le Concile de C o l o g n ede 1280 , o r d o u n e n t la m e m e chose ; et D u r a n d d e (a) Les anciens Missels <ie Cli.llons-sur-Marne, de saint-Paul-de-Leon, de Fecamp, et tous ceux dc Paris, jusquen h>K>, faisaientdire simplement en prenant le manipule : tenienfes autnn ve-nimt, etc. et cest ce que 1Kvequc dit encore aux Chartreuses enleur donnant le manipule a leur consecration. (1)) /va/. >:>. (c) Oistricte pracipitur, ut quilihet Sacerdos haheot in celehra-tione Missae propter munditiam vestimentorum servandam circaAltare unum inanutergium pendens circa Missale,ad tenendumos et nares, si fuerit neces.se. Statuta Synod. Odtmis de ^utlaco.
  • 86. ET DES PREPARATIONS POUR i/OFFRJR. 45 M e n d e , vers le m e m e t e m p s , fit un chapitre expres de ce m o u c h o i r , de Sudario , apres celui du ma­ a nipule. ( ) Et veritablement depuis treize o u qua- torze cents ans quon a des habits particulierernentdestines au Sacrifice, o n trouve Fusage dune es-pece de m o u c h o i r , soit Orarium ou Sudarium ,parce q u e la proprete le demande ainsi. 11 est donebien a p r o p o s q u e dans les Sacristies il y ait tou-jours pour les Pretres u n m o u c h o i r qui soit assezhlanc et assez propre pour convenir a la decencedu l i e u ; mais aussi quil n e soit ni orne ni tropb e a u , de peur quon nose pas sen servir, et quilne passe e n c o r e en pur or n em en t c o m m e 1 etoleet le manipule., LETOLE. LEtole a ete pendant les h u i t premiers siecles ap-pelee Orarium, et elle etait originairementun lingefin 0>), d o n t les personnes propres et de quelqueconsideration s e s e r v a i e n t pour sessuyer le visage. Saint Jerome n o u s fait b i e n entendre ce q u eeetait q u e 1Orarium, lorsquil parle des personnes cqui se faisaient un merite de nen point porter ( ) ,o u , c o m m e il 1explique, de ne point mettre de dlinge autour du c o u ( ) ; sur q u o i il leur dit q u e (a) Ration. /. 3. c 16. (b) Voyez Casaubon et Saumaise sur Vopiscus : ils montrent sa- 9vamment qu Ovarium est un mot Latin , qui a passe aux Grecs etaux Syriens aussi bien que Sudarium , qui tire evidemment sonnom de la sueur, a sudove. Quelques-uns ont cru que le mot Ova­rium venait ab ore tergendo parce quon sen servait pour essuyer 3sa bouche; mais Saumaise fait voir quil vient plutot dora , quisignifie le bord de la robe : parce que tres-anciennement on atta-ctiait un linge h quelquun des Lords de la robe avant quon portfitles mouchoirs a la main ou autour du cou. Comment, in hist Aug.Script, torn. 2. p. 530. et seqq. Voyez aussi le Pere Morin; de Sacris Ordinat. part. 2. et laDiscipline du P. Tbomassin ; . p. L u. c. 40. et suiv. ou il estam-plement traite des habits Ecclesiastiques. (c) Aidiculum et plenum dedecons est referto marsupio, quodsudarium orariumque non habeas , gloriari. IJier. in epist. adyepot. (dj Quid prodest circa collum ad abstergendos sudores linteohrmnon habere... cum marsupium nostrum universa pauperum turbasuspiret- liter, in Miss. c. 3.
  • 87. 46 TRA1TE PB.ELIMINA.1RE D U SACRIFICEcela est inutile , et m e m e r i d i c u l e , a m o i n s quilsn e separgnent cette depense pour en donner Tar-g e n t aux pauvres. Ce linge convenait fort a ceuxqui parlaient en public. Cest pourquoi dans lEgliseil devint un ornement des E v e q u e s , des Pretres et ades D i a c r e s , et il fut defendu C) aux Sous-diacresct aux autres Clercs inferieurs, aussi bien quaux hMoines. ( ) Mais il fut tenu et conserve avec tantde p r o p r e t e , quon nosait sen servir a sessuyer,et nous voyons par un grand n o m b r e de represen­tations et de peintures depuis lEmpire de Justi-nien , q u e des le sixieme sieele dans lEglise Grec-q u e et dans lEglise Latine , il fut fait detoffe enlongue et etroite b a n d e r o l e , c o m m e il est a pre­sent. Raban M a u r , dans son Traite de lTnstitutiondes Clercs , quil ecrivit Pan 8 1 9 , en parle a i n s i :Lc cinquieme veternent sappelle Orarium , quoique 0quelques-uns le nomment EtoleA ) Walfrid Strabonson d i s c i p l e , m o r t en 8 ^ 9 , ne le n o m m e quO^a- drium ( ) ; et il y a lieu de croire que ceux qui ontdonne a VOrarium le n o m detole, stola , qui signi-fiait c o m m u n e m e n t u n e robe l o n g u e , ne Pont faitque parce quils le prenaient pour un reste , eest-a-dire, pour la bordure o u 1orfroi dune l o n g u erobe ouverte pardevant, au lieu quil na s u c c e d equa un long mouchoir quon laissait pendre au­tour d u c o u . LEglise , saus sarreter scrupuleuse-ment a ces sortes dorigines, a regarde simplementYOrarium c o m m e un veternent dhonneur , et avoulu quen le prenant le Pretre demandat a D i e ude lui faire recouvrer linnocence et Pimmortalitedont il avait orne Phornme en le creant. Rendez-moi, Seigneur, disent les Pretres , la robe dim- (a) ConciL Land. can. 28. (b) Monaco uti orario in Monasterio non liceat. Cone. AureL 1.can. 20. an. 511. (c) Quintum est quod orarium dicitur, licet hoc quidam stolamvocent. Rohan Maur. de Instdut. Clerc. I. 1. c. 19. (d) Fualjr. de rebus EccL c 24.
  • 88. ET DES PREPARATIONS LOFERIR. POUR ^ mortalite que f ai perdue par le peche dans la pre­ a varication de notre premier Pere. ( ) LA CHASUBLE. b La C h a s u b l e , Casula ( ) o u Planeta, etait u n c grand manteau tout rond ( ) , ouvert seulement par le haut p o u r y passer la tete. Ca ete durant les sept premiers siecles ihabit ordinaire des homines qui portaient Ihabit long. Le peuple quitta cet ha­ bit, et les personnes consacrees a D i e u le retinrent. Les Capitulaires de 1 an o r d o n n e r e n t a u x Pretres d et aux Diacres de n e pas le quitter ( ) ; et depuis neul cents ans IEglise a d o n n e la chasuble aux Pretres a leur ordination («) c o m m e un habit qui leur est pro- (a) Redde mihi, Domine, stolaip im mortal! tat is quam perdidi in prsevaricatione primi parentis etc. (b) Casa signifie maison, et Casula une petite maison. La cha­ suble etait autrefois si ample, quelle etait pour ainsi dire one petite maison dans laquelle un homme habitait Planeta signifie ce qui est errant. La chasuble qui na quune ou- verture pour y passer la tete , et qui etait autrefois un manteau tout rond sans aucun ornement, et sans que rien en fixdt le devant ou le derricre, pouvait tourner facilement tout autour du cou. Cetait done un vetement errant, et dela assez bien nomme Planete. (c) On conserve encore de ctis grandes chasubles a Notre-Damede Paris, a Saint-Denis, a Saint-Martin-des-Champs, et aux Char-treux; et les Pretres qui ne craignent pas den etre embarasses,sen serrent quelquefois. Quelques-unes de ces grandes chasubles avaient un capuchon,comme on le voit dans quelques anciennes figures; mais d y en apeu dexemples, les plus anciens livres nen parlent pas. A la Gathedrale deMetz, on sen sert en Aventet enCareme; eten Careme seulement, a la Collegiale de Saint-Sauveur, aux jours deferies. On sen sert aussi a Narbonne, a Toul, a Cambrai, a Arras;et le Jeudi-sainta Paris. (d) Decrevimus quoque ut Presbyteri vel Diaconi non sagis, lai-corum more, sed casulisutantur ritu servorum Dei. Cone. torn. fi.col. 1535. Capitul. torn. t.p. 148. (e) yoyez le Sacramentaire de Senlis ecrit Pan 880, et conservea la Bibliotheque de sainte-Genevieve de Paris, ou on lit : Pres-byteris quando vestitur casula : Benedictio Patris , et Fllii, etSpirit&s sancti descendat super te, et sis benedictus inordinesacerdotali, et off eras placabiles hostiaspro peccatis, etc. Cettepricre Benedictio est oe meme dans le Missel de saint Eloi, Sa~cram, de 5. Greg. p. 238. On Jit aussi dans le Pontifical de Scez,Tan 1045 : Recipe planetam utpossis legaliter celebrareMUsam.E Mbl. Reg. n. 3866.
  • 89. 48 TRAITE PRELIMIRAIRE DU SACRIFICEpre p o u r offrir le saint sacrifice. Les Grecs o n t c o n ­serve la chasuble sans aucun c h a n g e m e n t , et les La­ tins en o n t re tranche peu a p e n , tlepuis environ deuxs i e c l e s , tout ce qui empechait davoir les bras l i -bres : car autrefois il iallait necessairement re-trousser et soulever la chasuble du Pretre quandil e n c e n s a i t , et quand il levait la sainte Tiostie o ule Calice , ce quon fait encore sans bewsoin et parpure c o u t u m e . On regardait alors la chasuble quicouvrait t o u t l e c o r p s , c o m m e un vetemenl proprea represeuter lc joug de Jesus-Christ, et presente-m e n t elle le represente par la croix quon y m e t ,o u devant c o m m e en Italic; ou derriere c o m m e enF r a n c e ; o u devant et derriere c o m m e on le prali-quait en Allemagne, suivant les pieuses reflexions ade JAuteur de l i m i t a t i o n de Jesus-ChrisL ( ) , il v apres de trois cents ans. Le Pretre qui doit mettresa gloire a porter la croix de Jesus-Christ, a d o n elieu de dire en prenant I9 c h a s u b l e : Seigneur, quiavez dit, mon joug est doux , et mon Jardeau estleger, fades que je le porie de telle maniere que je bpuisse meriter voire grace. ( )§. 2. Des habits particuliers des Diacres 9 VEtole et la Dalmatique. Outre lamict, laube , la ceinture et le m a n i p u l e ,d o n t on vient de parler, les Diacres portent encorela dalmatique , et u n e etole qui leur est propre. Letole des Diacres etait originairement, c o m m ecelle des Pretres, u n linge fin et l o n g , quils alta- cc h a i e n t s u r lepaule gauche ( ) , a peu pres c o m m eles principaux Ministres des T a b l e s , dans les fetes (a) 4. c. 5. (b) Domine, qui dixisti, jugum meum sunve est, et onus meumleve, fac ut istud porare sic valearn, quod consequar tuam gratiam. (cl Dans le Catalogue des anciens Papes, ecrit au commence­ment de rCmpire de Justinien, on lit cette Constitution du PapeZosime: Constituit vt Diaconi Imam tectam haberent de palliislinostmts. Voyez le Propyheum Mail, p . 53 , des savans JesuitesdAnvcrs, qui continuenta donner les Actes des Saints.
  • 90. E D S P EA A I N P O T E R P R TO S O R fcomUU 4Q solennelles des R o m a i n s , mettaient u n e serviette dhonneur sur lepaule g a u c h e ; ainsi quon l e voit aux triomphes quOnqphre Panvin a decrits et fait graver. W Ce linge blanc attache s u r lepaule gauche desDiacres voltigeaitlorsquils allaientet venaient danslEglise p o u r remplir leur m i n i s t e r e ; et saint Chry-sostome dit q u e les deux b o u t s flottans et voiti-geans imitaient les ailes des A n g e s , et en represent btaient lactivite ( ) , c o m m e la aussi remarque Si­ cmeon d e T h e s s a l o n i q u e ( ) apres saintChysostome.(d)Gregoire de Tours , au sixieme siecle , parle e n ­ ccore de YOrarium c o m m e dun linge fort blanc. l )Le quatrieme Concile de Tolede e n 6 3 3 , ordonnaaux Diacres de ne porter quun seul Ovarium surlepaule g a u c h e , et defendit de lorner dor, ou dediverses couleurs.W Mais en plusieurs autres Eglisesle zele quon a e u dembellir tout c e qui sert a u xsaints mysteres fut cause quon lorna. Les Latinscomme les Grecs o n t mis anciennement sur lepaulegauche 1etole q u o i q u e o r n e e , e t l a l a i s s a i e n t p e n d r edevant et derriere, a peu pres c o m m e YOrariurn onle linge blanc qua decrit saint Chrysostome. Onvoit ces etoles pendantes (s) dans plusieurs ancien- (a) De Triumphis Roman, (b) Horn, defilio prodigo. (c) Simeon Tfiess. de Templo. (d) Cette etole, appelee si long-temps Orarium, etait un signede quelque juridiction pour les Diacres; parce quils sen servaientdans lEglise pour avertir ou de lire, ou de prier, ou de se mettrea genoux, comme dans les Synagogues des Juifs quelquun tenaitun mouchoir h la main pour avertir Te Peuple de dire Amen. YoyezCasaubon et le P. Morin. Cest pour ce sujet que le Concile de Lao-dicee defendit aux Sous-dincres de porter cet Orarium. Can. 22.Kt quand dans Pordination on a donne pouvoir aux Diacres de lirelRvangile dans PEglise, on leur a aussi donne cet Orarium commeune marque de ce pouvoir : Recipe istud orarium, ut habeas li-centiam legendi Evangelium. Pontif. Sagiense tns. sec* x i . 6Bibl. Reg. (e) Orarium candor lintei. etc. De gloria Mart t. % c. 93.105. (f) Unum orarium oportetLevitam gestare in sinistrohumero...Caveant ergo Levitse gemino uti orario, sed uno tantum et puro,nec ullis coloribus aut auro ornato. ConciL Tolet. c. 39. (g) Quoique Tetole des Diacres ait ete mise anciennement surlepaule gauche, ils font neanmoins portee autrefois dans plusieurs i. 4
  • 91. 50 TRAITE PRELIMINA1RE DO SACRIFICEnes figures/*) Mais parce q u e ces deux bouts l o n g s etvoltigeans pouvaient embarrasser le Diacre lorsquilallait et venait dans l E g l i s e , les G r e c s , au tempsde la Communion , ont juge a propos de la tirer tielepaule gauche , et de la faire passer de telle ma­niere sur les epaules et sur la poitrine , quelle bforme u n e croix devant et derriere. ( ) Les Latins lalaissant sur lepaule gauche , se sont contentes defaire passer etdarreter l e s deux b o u t s a u c o t e droit,pour nen etre pas embarrasses en la laissant vol-tiger. Cest ce qui sobserve a p r e s e n t , et m e m ep o u r Tempecher a b s o l u m e n t de voltiger, o n la mets o u s la dalmatique ; au lieu que danciennes figu­res et le Concile de Brague n o u s font voir quon la cmettait au-dessus. ( )Eglises de France autour du c o u , les deux bouts pendans par de­vant comme celle des Eveques et des Pretres. Cela est evident parplusieurs figures : par celle de saint Vincent Diacre, sur le portailde saint Germain-lAuxerrois de Paris; par celle de saint Etienne,sur ie portail de la Cathedrale de Metz; et encore plus par Ama-laire, Diacre de Metz, qui dit en parlant de 1etole du Diacre,quelle descend aux genoux, stola ad genua tendit, et quil la porteau c o u , sciat se Diaconus in stola superposlta collo , Minis-trum, etc- I. 2. c. 20. Mais Amalaire etant alle a Rome, vit qua-vant lEvangile le Diacre quittait la chasuble, la tortillait, et la fai-sait passer par-derriere avec 1etole sous le bras droit; en sorte quejusqua lEvangile une partie de Tetole pendait par derriere. Cest cequil nous apprend dans ses additions : Stolarnque post tergvmducit sublus dextram alam una cum plancta. Priejat. 2. in lib*de Offic. On reprit ensuite partout cet usage de remettre 1etolesur lepaule gauche. Durand , au x m . sieele, supposail commeune chose constante, que les Diacres la portaient ainsi, et sappli-qua seulement a en marquer la raison : Cur Sacerdotibus circacollum, et Diaconis super sinistrum humerum ponatur. I. 3. c. 5.Le Pontifical nouveau, de mSmeque les anciens, ne le suppose pasmoins dans Tordination des Pretres, loisquil dit que 1Eveque latire de lepaule gauche pour la faire passer sur lepaule droite, etajuster sur la poitrine la partie de 1etole qui pendait par derriere :Jiejlectit orarium, sive stolam ab humero sinistro cujuslibet,capiens partem gum retro pendet, et imponens super dexterumhumerum aptat earn ante pectus. (a) Dans le Glossaire Latin et dans la Glossaire Grec de M. duConge. (b,> Vide Euchol. Grsec. p. 147. (c) Quia in aliquantis hujus Provinciae Ecclesiis Diacones abscon-
  • 92. ET DES PREPARATIONS POUR LOFFRlft. 51 La d a l m a t i q u e , ainsi appelee parce q u e cetait a un habit d e Dalmatie p r o v i n c e d e Grece ( ) , fut introduite k R o m e au second siecle. (b) Cetait u n e ample tunique avec des m a n c h e s courtes e t l a r g e s , propres p o u r ceux qui etaient obliges dagir b e a u - coup. Cet habit devint par-la fort c o m m o d e et fortcomrnun a u x Eveques et aux Diacres. On voit a u xActes d u martyre de saint C y p r i e n , q u e ce Saintlaissant s o n manteau p o u r les b o u r r e a u x , donna csa dalmatique aux Diacres. ( > Le Diacre Hilaire, auteur des questions sur Van-cien et le n o u v e a u Testament quil ecrivaitpres d etrois cents ans apres la ruine de Jerusalem , cest-a-dire vers Tan 365 , dit q u e les Diacres portaient dla dalmatique aussi b i e n q u e les Eveques. ( ) SaintIsidore, a u sixieme s i e c l e , n e regardela dalmatiqueque c o m m e u n habit sacr£, b l a n c , orne de bandes d epourpre. W R e m i dAuxerre la represente de m e m ecomme u n habit blanc avec des bandes rouges. (0Cest p o u r q u o i la dalmatique des Diacres est d e v e -nue u n habit de solennite q u i doit inspirer u n esainte j o i e , selon Texpression d u Pontifical, (s) En C a r e m e , et en q u e l q u e s autres jours de p e ­nitence , auxquels les v e t e m e n s de joie ne convien-nent p o i n t , les Diacres o n t pris la chasuble q u idans les premiers temps 6tait Ihabit le p l u s c o m ­rnun des Clercs. Mais p o u r pouvoir agir sans e nsis infra tunicam utuntur orariis, ita ut nihil differrea Subdiaconovideantur, de esetero superposito scapulae (sicut decet) utantur ora-rio. Cone. Brae. II. an. 563. c. 9. (a) hid. orig. I 19. c. 22. (b) Voyez Lamprid. Hist. Aug. (c) Et cum se dalmaticd exspoliasset, etDiaconibus tradidisset,inlineastetit. Cypr. act. (d) Quasi non nod [ft Diaconi dalmaticis induantur sicut Episcopi.Qusest. 46. apud Jug. torn. 3. append, cot. 60. (e) Dalmatica... tunica sacerdotalis, Candida cum clavis ex pur­pura, hid. orig. I. 19. c. 22. (f) Eadem vestis (dalmatica) candiditatem habet... et coccineasvirgulas. Rem. Aut. Expos. Miss. (k) Induat te indumenta salutis, et vestimento Iffititiac. De ord.Didc* 4-
  • 93. 52 T AT P 1 L Ml NAI R D S C I I E R IE R ? I E U A RFC etre embarrasses, avant q u e de c o m m e n c e r lEvan- g i l e , ils o n t o l e la c h a s u b l e , l o n t p l i e e , 1ont tor- tillee p o u r la mettre sur lepaule g a u c h e , et la faire passer avec 1etole par derrierejusquau dessous du a bras d r o i t , o u on larretait avec la ceinture. ( ) Cest b ce quAmalairc ( ) au n e u v i e m e siecle , et l e faux ( Alcuin ( ) , nous font entendre. Alors les Diacres portaient encore 1etole pendante de lepaule gau­ che. Quand ils ont fait passer Tun des b o u t s devant, et lautrc derricre, et les ont arretes au c o l e droit, c o m m e o n le fait a p r e s e n t , ils o n t a j u s t e de meme la chasuble pliee et tortillee en manicre decharpe sur l c t o l e . Mais dans la suite , au lieu de la chasu­b l e pliee et raise en e c h a r p e , o n a substitue unebancle deioffc. Cest c e q u e Ia rubrique des Missels dR o m a i n , Parisien , etc. appelle stola Iatior.( ) Enq u e l q u e s E g l i s e s , c o m m e a Cambrai , Arras, etc.p o u r mieux representer la chasuble pliee et tortil­l e e , o n m e t sur l e t o l e ordinaire u n e bande detoffcrembouree. Lorsque les Diacres ne quittent pas la chasuble,ils la r e p l i e n t , n o n d e chaque cote vers lepauledroite et gauche , c o m m e les Pretres faisaient au­trefois , niais par devant seulement , p o u r laisserq u e l q u e liberie a leur bras. Veritablement les cha­s u b l e s sont si uchancrees , quil n e parait plus ne-cessairc de les rclever; mais cela sert du m o i n s arappeler dans lesprit Iancien u s a g e , et a dislin- (a) Voyez les OrdresRomainsduXIV et XV siecle : Complicentel impoiiattt super slnistrum htunerum... ita quod ab lunnerosinistra descended, ad talus dexlrum, sicul diaconalls slot. Ord.Horn. XI f. p- 310. Exuit planetam , et plicalur ei ad modumstolaz*.. ad talus dextrum inter cinclorum. Ord. Rom. XF. p.4G4. Voyez aussi Gavantus in Ruhr, p. 1. tit. 10. n. 0. M. Bocquil-lot et ftl. de Vert. (b) Exuit se planeta Diaconus, stolamque post tergum ducit sub-t u s , dexteram alam una cum planeta. AmaU pric/at. 3. in lib.de offic. (c) Diaconus qui non est indutus dalmatica, casula clrcumcfnctuslegit. Alcuin. de divin, offic. p. 77. (d) Planeta.... complicatur: aut enim aliud genus stola) latiorisin niodum planeta) plicalur. Rub. Miss. p. 1. t. 19. «. G.
  • 94. LOPERIR. ET DES PREPARATIONS POUR 53goer l e s chasubles des Ministres davec celle duPretre.§. 3. Des habits particuliers des Sous-diacres 7 la Tunique et le Manipule. Le Sous-diacre a toujours le m a n i p u l e , q u a n d i lsert a lAutel, et il prend la t u n i q u e aux jours defetes. II prend le m a n i p u l e c o m m e un signe de tra­vail auquel tous les Officiers de 1Eglise sont desti­nes; et il se revet de la tunique c o m m e dune signede joie q u e la solennite des fetes inspire. Quancl le manipule servait de m o u c h o i r , il c o n -venait a ceux qui etaient en a u b e , et qui agissaientdans 1Eglise. O r , les Sous-diacres ont etc revetusdaubes c o m m e le Pretre et le Diacre , ils ont d uagir pendant la M e s s e , garder les portes de la Sa-cristie, o u des Sacristies o u etaient les vases et lesornemens sacres , et fournir tout ce qui etait neces-saire a lAutel pendant le Sacrifice. Le Concile deLaodicee(a) au quatrieme s i c c l e , leur avait defendude porter VOrarium , apparemment parce quil etaitdevenu u n e marque convenable aux Diacres. Cestcet o r n e m e n t qui a distingue le Diacre davec leSous-diacre. Cest p o u r q u o i le premier Concile deBrague o r d o n n e aux Diacres de ne p o i n t cacher bleur Orarium ( ) , parce q u e q u a n d ils le cachaient,on ne pouvait pas les distinguer davec les Sous-diacres. Mais on na jamais defendu a ceux-ci deporter le m a n i p u l e ; au contraire il a ete porte long-temps, c o m m e n o u s 1avons d i t , par tous ceux quietaient en aube. Cet usage sest conserve a Cluni et een quelques autresEglises ;et a u X l siecle, plusieursEveques de France donnerent a Iordination le ma­nipule aux seuls Sous-diacres. Lanfranc, vers Tan cJ070 ( ) sen e t o n n a i t , n e voyant pas sur quellcs (a) Can. 22. (b) firac* I. cant. 27. (c) Porromjod in dandis ordinibus soli Subdiacono dari manipu­lum perhibuistis, ubi hoc acceperitis , rogo me vestris litteris ins-truatis;a quibusdam enim id fieri audio, sed iitrum id fieri sacrisauctoritatibus prsccipiatur , meminisse noa valeo. Lanfrancl epiaLad Joan. Archiep* Rothom.
  • 95. 54 TRMTE PRELIMINAIRE DU SACRIFICEautorites cet usage pouvait etre fonde. Cependantl e Concile de Poitiers sous le Pape Pascal IL Pan M O O , ordonna de n e pas laisser porter le mani­ ap u l e aux Moines qui n etaient pas Sous-diacres ( ):et depuis ce temps-la presque tous les Pontificauxo n t marque lusage de donner le manipule aux Sous- bdiacres ( ) en les o r d o n n a n t , pres de deux sieclesavant quon leur ait d o n n e le livre des Epltres. Dansle Pontifical R o m a i n de D u r a n d de Mende , quiecrivait en 1 2 8 6 , o n n e voit p o u r t a n t pas encorede priere pour le m a n i p u l e a Fordinalion des Sous-diacres. A Pegard de la t n n i q u e , ce m o t est un termeg e n e r i q u e , qui signifie simplement u n v e t e m e n t ,e t en effet il a ete d o n n e quelquefois a la dalmati-q u e et a la c h a s u b l e ; mais il se prend c o m m u n e -m e n t pour u n v e t e m e n t l o n g et etroit quon metsur 1aube. C o m m e a Pegard des habits du Grand-Pretre la tuniqne dhyacinthc se rnetlait sur la tuni-q u e etroite de I in , les Eveques et quelquefois lesP r e t r e s , o n t mis sur laube une t n n i q u e de couleur,e t on la d o n n e e ensuise a u x Sous-diacres c o m m eu n vetement dhonneur et de joie , de m e m e quela dalmatique aux Diacres. Les Sous-diacres nont pas porte la tnnique danstoutes les Eglises. A la fin du cinquieme s i e c l e , ouau s i x i e m e , un Pape leur avait d o n n e la tunique. cSaint Gregoire-le-Grand ( ) ne savait qui etait cePape , et il jugea plus a propos de les laisser enaube sans tunique. Depuis ce temps-la il y a eu ded e la variete sur ce point dans les Eglises. On lesa laisses en quelques endroits en aube , c o m m e afait saint Cregoire. Le Concile de Coyac au diocese (a) Cone Plot. can. 5. (h) Le Pontifical de Sens, qui a plus de 400 a n s , dans 1ordina-tion du Sous-diacre ne parle point du livre des Kpftres, mais ilmarque la priere quon dit. en donnant le manipule : Accipe mani­pulum in manibustuis ad extcryendas sordes cordis et corporistui. In nomine Patris > etc. (c) Epist. adJoQfi.Syracus..
  • 96. £ T 0 £ 3 PREPARATIONS POUR l/oFFRIR. 55 acTOviedo , e n jo5o( ), marque t o u s l e s habits d uPretre et du D i a c r e , e t nen m e t point pour le Sous-diacre. En dautres, o n leur a d o n n e des t u n i q u e s ,du moins aux jours d e f e t e s , parce quon a re-garde cet habit comme un vetement d nonneur etde j o i e ; et aux jours de penitence o n leur a faitprendre la chasuble , q u i etait un habit plus ordi­naire et moins degage.§. 4* Des couleurs differentes dont FEglise se sert en (diverses Fetes. Depuis le c o m m e n c e m e n t du quatrieme siecleque 1 Eglise a joui de la p a i x , le blanc a e l e la cou-leur ordinaire des v e t e m e n s des Ministres de lAu-tel, pour les raisons q u e n o u s avons dites en parlantde Iaube; etlon prenait aussi quelquefois le rouge.Les Pretres et les Diacres rectus de blanc j etaienten grand nombre dit Gregoire de T o u r s parlant bdune fete. ( ) Fortunat au milieu du sixieme siecle,represente saint G e r m a i n , Eveque de Paris, e t t o u t cson Clerge en habit blanc ( ); ct saint Isidore ditque la dalmatique o u la robe sacerdotale etait blan­ dche , ornee de bandes ( ) surlesquelles il y avait desnoeuds de pourpre o u d e couleur de feu quon a p - epelait c l o u s . ( ) Jusquau treizieme siecle les Grecs navaient q u eces d e u x c o u l e u r s , suivant le temoignage de Si­meon , Archeveque de Thessalonique 10 et de De­m e t r i u s , Archeveque de Bulgarie te), contemporainde Balsamon et d u Pape Innocent III, vers Tanl a o o . Le blanc marquait la purete de TAgneau sanstache, et le rouge s o n sacrifice. Le blanc etait pour (a) ConciL to. 9. col. 1084. (b) De gloria Conj. c. 20. (c) Sed etbi bene vestibus albent. Fortunat L 2. c. to. (d) Lorsaue les bandes etaient larges, on les appelait laticlavet;etlorsquelies etaient etroites, on les appelait angusticlaves. (e) Tunica sacerdotalis Candida cum clavis ex purpura. Isld torto.LlQ.c. 22. (f) L. de Sacram. qusest* 71. (g) Jur. Gr&c. Horn. 1.5. et Luchol Grsec. p. 113.
  • 97. 56 TRAITE PRELIMINAIRE DU SACRIFICEles solennites et pour les jours ordinaires; et ler o u g e o u la couleur de pourpre , qui parmi lesGrecs etait u n e marque de d e u i l , servait aux jours ade j e u n e et aux o b s e q u e s des morts ( ) , suivantlesxnemes auteurs. Cependant a Constantinople le Pa- triarche A c a c i u s , du cinquieme s i e e l e , pour mar-quer la;grande affliction quil ressentait avec tousles Catholiques , de PEdit q u e PEmpereur Basil is-cus osa publier contre le Concile de Chalcedoine,se couvrit de noir et revetit PAutel et la Chaire bratriarchale detoffe noire.t ) D a n s lEglise L a t i n e , outre le blanc e t l e r o u g e ,Ives de Chartres, qui a fait un long disconrs sur leshabits s a c r e s , dit que les Eveques se servaient dunec o u l e u r d e b l e u - c e l e s t e , pour les avertir de penser 6au CielK ) Mais a la fin du d o u z i e m e sieele le PapeI n n o c e n t III nous apprend quil y avait dans PEglised e R o m e quatre couleurs principales selon les j o u r s :le blanc p o u r les Confesseurset l e s V i e r g e s ; l e rougep o u r les Apotres et les Martyrs; le noir p o u r lesjours de j e u n e , pour les morts , p o u r PAvent etpour tout le temps depuis la Septuagesime jus-quau Samedi s a i n t ; e t l e verd p o u r toutes les Fe-ries. On n e s e servait du violet quau jour des I n ­ dn o c e n t , et au Dimanche LcefareA ) LOrdinairemanuscrit du Mont-Cassin, vers Fan 1 1 0 0 , et celui ede Metz. ecrit Pan i I O D ( ) , marquent que le Pretreet les Ministres de PAutel prenaient des chasubles (a) En quelque Eglises dAttemagnes et de Flandre j on se sertpour les morts d^omemens mfles de rouge et de *noir. La croix deschasubles et des! draps mortuaires est rouge, aussi bien que le cha­peron et lorfroi des shapes. (li) Theoil. tact 7fiM. Eccles. I.1. vers. fin. (c) Cuj us color coeli serenitatem imitatur, ut per hoc intelligaturquia Pontifex plus debet de ccclestibus cogitare, quam de terrenis.Jvo Gamut, de rebus Eixles. serm. in Synod. (d) Innocent. III. Myst, ]» Mis*. I. c. 65. (e) Cet ordinaire de Metz laisse pourtmit la liberte a celui qui en-cense de prendre tine chape dune couleur qui approche du noir :In nut us cappa serica quie nigra nit vet similis nigrx; ce qu: aete un acheminementau violet.
  • 98. Tome 1 . pttg* 5C.
  • 99. t t fftEPAHATioars POUR LOJFFRIR. DES 57 iioires pendant 1Avent, et depuis la Septuagesime jusquau Jeudi-saint. II ny avait pourtant rien dab- a solument ( ) fixe sur ce point , c o m m e o n pent le voir dans le reste du chapitre dInnocent 111 que nous venons de citer. On laissait aux Eglises la li-berte davoir des couleurs differentes ; et lEglisememe de R o m e , p e u dannees a p r e s , changea lenoir en violet pour 1Avent, le Careme , et Ions lesjours de jeune ; car o n voit dans Durand en 1286 b( ), q u e le violet etait alors en usage aux memesjours quil Test a present. Au temps dInnocent III et de D u r a n d , plusieurs Eglises avaient, c o m m e a present, des usages diffe- rens touchant les couleurs , pour des raisons quon allegue encore et sur quoi les sentimens pourront ? toujours etre partages. Par e x e m p l e , a la fete de c tous les Saints ( ) , les Eglises de Paris , de L y o n , dArras, de Cambrai, etc. prennent du r o u g e , acause quun grand n o m b r e ue Saints sont Martyrs,et que le mar tyre Pemporte sur toutes les autresvertus. R o m e p r e n d du b l a n c , parce quil e s t e c r i tde tous les Saints du Ciel quils s o n t revetus de drobes b l a n c h e s , amicti stolis albis( );et Treves laisse ,:la liberte de prendre du blanc o u du rouge. ( ) A lafete du saint Sacrement, R o m e prend du blanc , acause d e l a purete de la divine v i c l i m e : a Paris, Cam­brai, T o u l , etc. o n prend du rouge , a cause dePef- (a) A TObit de notre premier Roi Chretien Ciovis, mort en 5t t ,qui se celebre tous les ans a Sainte-Genevieve , a celui de Childe-bert quon fut a Saint-Germain-des-Pres , et aux autres Obits so-iennels qui se font aussi tous les ans a Saint-Denys pour les JloisDagobert, Charles-Ie-Chauve et Philippe-Auguste, on sesert dor-nemens violets. A Saint-Denys , la chasuble, les dalmatiques, l^stuniques et toutes les chapes" du chceur sont fleurdelisees dor; etcelle du Chantre qui porte le baton a ete faite du manteau. royal dusacre de Louis XIII. A iNarbonne on se sert aussi du violet auxObits. (b) Ration.l 3. c 18.??. 9. m (c) In omnium commemoratione Sanctorum quidam rnbeis utun-turindumentis; aliivero, utEcclesiaRomana, candidis. Idem ibid. (d) Apoc. V I I . 9. (e) Albo colore uti potest, licet ob Martyres utendum sitrubeis.Rub. Miss. Trevir. 1585-
  • 100. 58 TRMTtf PRKLIMINAIRK DU SACRIFICE fusion de son sang, Aux D i m a n c h e s ordinaires, et a toutes les F e r i e s , R o m e prend d u v e r d , qui tient u n milieu entre les autres couleurs ; Paris prend la couleur de la fete dont les D i m a n c h e s s o n t u n e suite : ainsi Ton prend du rouge a tous les D i m a n ­ ches dapres la P e n t e c o t e , c o m m e une suite de cette F e t e , o u le rouge convient aux langues de feu qui p a r u r e n t s u r la lete des Apotres. Les etoffes dor o n t toujours tenu lieu de toutes sortes de couleurs. Quelque part quon se trouve , o n doit se confor- mer a Iusage qui sy observe , et reverer 1Eglise a c o m m e lEpouse de Jesus-Christ, dont il^est ecrit ( ): La Heine est a votre droite, omee dune admirable variete. T o u t cet appareil montre le soin quil faut pren­ dre de ne p o i n t p a r a i t r e devant le S e i g n e u r , qua- pres setre pare interieurement par toutes sortesde vertus : car les ornemens exterieurs ne doiventetre quun signe sensible des vertus dont l a m e doitetre interieurement ornee. Cest la rimpression q u edoit faire dans 1esprit des Fideles le Pretre revetudes o r n e m e n s saccrdotaux,lorsquil va de la Sacris- tie a lAutcl. lis p e u v e n t apprendre aussi par la ,quils doivent venir a la Messe avec une propreteet une decence qui marquent le soin quil faut pren­dre de se preparer i n t e r i e u r e m e n t , se s o u v e n a n t d ece q u e D i e u dit a Moise par rapport au peuple quidevait sapprocher du Mont Sinai et etre temoinde quelques signes de la presence divine: Purifiez-le , et le sanctifiez aujoiuxVhui et demain , quils hlavent leurs vetemcns, et quils sepreparentA ) (a) Astitit Resina i dextristuis in vestitu deaurato , circumdatavarietate. Psalm. 44. (b) Exod. xix. 10.
  • 101. E D S P EA A I N P U T C R P R TO S O R LOFFRIR. ARTICLE V.Des Cierges.quon allumepour la Messe. Doit vient qiHonenallumeen plein jour. Originede cet usage.O R A T les premiers siecles de IEglise, les Chre­ U N tiens qui sassemblaient les D i m a n c h e s avant lejour, e t q u i s o u v e n t a cause des persecutions etaientcontraints de sassembler dans des lieux o b s c u r s ,se trouvaient obliges dallumer des cierges ou deslampes pour etre eclaires.Quelquefois m e m e , selonla coulume des Juifs, ils en redoublaient le n o m b r e , apour u n e plus grande marque de joie. ( ) Saint Luc bdit ( ) quV/ y wait un grand nombre de lampesdans 1endroit o u saint Paul fitun long discours lepremier jour de la semaine, qui a ete appele par saintJean le J o n r d u Seigneur. D e la vient lusagenon-seu-lement dallumer aux Offices de la nuit quelquescierges, lorsquils sont necessaires pour l i r e , maisencore den allumer un grand n o m b r e pour rele-ver la solennite des grandes Fetes. 1°) Vers Tan2 3 o ,Dieu fit un miracle pour ne pas priver IEglise deJerusalem de la joie des illuminations: c a r , c o m m e dle rapporte Eusebe l ) , lhuile ayant m a n q u e , lesaint E v e q u e Narcisse fit tirer de leau dun puitsvoisin pour remplir toutes les l a m p e s , qui brule-rent m i e u x q u e si elles avaient ete remplies de lameilleure huile. Le m e m e Eusebe nous apprend que la nuit dePaques, outre les illuminations des Eglises, lEm-peur Constantin faisait allumer dans toutes les rues (a) Voyez Baro. an. 58. n. 70. (b) Un3 Sabbati cum convenissemus ad frangendum panem, Pau-h)s..«. protraxit sermonem usque in mediam hoctem... erantautemlampades copiosae in coenaculo ubi eramus congregati. Act. xx. 7et 8. (c) ConclL Trid. (d) Euseb. Hist. Eccles. 1. G. c. 7.
  • 102. Co TRAJTK PRELlMltfAlHE DU SACRIFICEde la v i l l e , d e grands c i e r g e s , et toutes sortes d elampes qui rendaient cette n u i t plus brillante q u ele jour l e plus clair.(a) Si n o u s n o u s contentions de raisons vraisembla-bles nous pourrions dire, c o m m e diverses person- 9 nes font aujourdhui , q u e Iusage dallumer des cierges a la Messe en plein j o u r , *vient de ce q u eles Chretiens, obliges den allumer originairementpar n e c e s s i t e , ont continue den allumer pendantle jour par c o u t u m e . Mais c o m m e il faut chercherle vrai et sy a r r e t e r , n o u s devons reconnaitre : i° Quon na pas toujours allume des cierges a la 0Messe e n p l e i n jour. 2 Q u e les Eglises dOrient o n td o n n e 1exemple aux autres den allumer a IEvan-g i l e , e t ensuite a toute la Messe. 3° Quon na al­lume des cierges en plein j o u r a la M e s s e , et a dau-tres Offices , que pour les renclre p l u s s o l c n n e l s ,o u pour des raisons plus mysterieuses. Au second siecle , les a s s e m b l i e s des Chretienssc faisaient ordinairement en des lieux hauls e t l r e s -eclaires, c o m m e o n le voit dans Lucien , Philopa-tris ou le Catechumene , et dans Tertullien, in ecli-lis semper et apertis et ad lucem. jddv. Valent. c. 3 .Et dans ces endroits o n n e savisait pas dallumerdes cierges. Quoiquau troisieine s i e c l e , vers le temps d es a i n t C y p r i e n , o n dit la Messe en plein j o u r , parceq u e lEglise etait souvent e n p a i x , on ne voit pasquon allumat des cierges pendant le jour. Cetusage ne fut pas m e m e introduit au c o m m e n c e m e n td u qnatrieme s i e c l e , lorsque lEglise jouit duneproronde paix , et quelle pouvait exercer avecmajeste les ceremonies les p l u s s o l e n n e l l e s : on nal-lumait p o i n t encore des cierges pendant la Messevers Tan 4 ° o ; car lorsque Vigilance e u t la har-diesse de reprocher c o m m e u n e superstition a TE-gUse, la devotion des personnes pieuses qui allu- (a) In Pita Const. I 4. c. 22.
  • 103. ET DES PREPARATfOIfS POOR l/oFFRIR. 6tmaient en plein jour des cierges aux tombeaux desMartyrs, saint Jerome qui lui r6pond avec beau-coup de force et dindignation, dit e n ces termesprecis par rapport aux Offices Ecclesiastiques:Nous nallwrions point de cierges en plein four,comme vous Vavancez faussetnenU JNous ne lesallumons que pour meter quelque joie avec les tene*bres de la nuit, pour veiller d la lumiere, et eviterde nous endormir comme vous dans Vaveuglementet dans les tinebres.¥i Personne n e pouvait etremieux informe de ces sortes dusages q u e ce saintDocteur, qui avait visite toutes les G a u l e s , e t p a r -couru presque tout 1Occident aussi bien que IO-rienfou il residait. N o u s devons d o n e dire sur sonautorite , en premier lieu , quon na pas allumedes cierges en plein jour , a cause quon avait cou-tiune den allumer pendant la n u i t ; et en secondlieu, q u e les Eglises dOrient allumaient des cier­ges en plein jour pour des raisons mysterieuses :Dans toules les Eglises dOrient 0>), dit-il , on abhune des cierges en plein jour quand ilfaitt lirelEvangile ; non par consequent pour voir clair,mais comme un signe de joie, et comme un sym-bole de la divine lumiere, dont il est. dit dans lePsaume : Voire parole est la lumiere qui eclairemes pas. (a) Cereos autem non clard luce accendimus, sicut frustra ca-lumuiatis : sed ut noctis tenebras hoc solatio temperemus et vigi-leinus ad lumen , ne cseci tecum dormiamus in tenebris. Ilieron.epist ad vers. Vigilant. (b) Per totas Orientis Ecclesias, quando Evangelium legendumest, accenduntur luminaria, jam sole rutilante, non utique ad fu-jiandas tenebras, sed ad signum lsetitise demonstrandum... ut subtypo luminis corporalis ilia lux ostendatur, de qua in Psalteriole«;imus : Lucerms pedibus meis verbum tuum , Domine et lu­ 3men semitis^ meis. Idem. ibid. Saint Jerome entendait par les Eo;lisP9 dOrient celles des Vil­lus et des Provinces q u i , seion la division de P Empire romain ,etaient souslePrtfet dOrient, dont le Siege etait Antioche de Sv-rie. / ayes, la Notice de F empire , sect. 2. et FEdit de Constantly,Fan 324, dans Malela, Chron. Antioch. 2. part. pag> 4. On enten-dait aussi par les Eglises dOrient celles dEphesc, dc Sniyrne, et lesautres de lAsie mineure.
  • 104. 62 TRAITE PRELIM1NA1RE D U SACRIFICE Lusage des lumieres a la Messe en plein jour vient d o n e des Eglises dOrient; et si Ton v e u t sa- voir dou ces Eglises ont pris cet usage , il y a lieu de eroive quelles 1ont tire des Juifs. II est constant q u e dans ces Eglises on a pratique durant les trois premiers siecles quelques rits Judaiques, tel que- tait celui de celebrer la Paque le quatorzieme de la lune , sans attendre le D i m a n c h e ; et Ton peut bien avoir voulu imiter en q u e l q u e maniere , par rapport a lEvangile, ce q u e les Juifs ont pratique par rapport au livre de la Loi. Or les Juifs ont tait et font encore bruler continnellement u n e lampe devant le livre de la Loi de Moise; et il convenait bien mieux que TEvangile annonce solennellement fut precede par des lumieres qui marquassent le respect du au saint Livre qui porte la lurniere dans les obscurites de 1ancienne Loi. Ce qui s etait observe dans les Eglises dOrient, et qui sy pratiquait constamment au quatrieme s i e c l e , fut imite par les autres Eglises apres le temps de saint Jerome. On y alluma des cierges pour lire 1Evangile , et on les eteignait des quil etait l u , ainsi quil est marque dans les anciens Ordres R o - mains et dans Amalaire. Ordinairement les prati­ ques edifiantes se repandent au voisinage , et les causes de leur origine leur font faire du progres.La m e m e raison mysterieuse qui avait fait allumer des cierges pendant lEvangile determina bientot apres a en allumer pendant Taction du Sacrifice, o u Jesus-Cbrist notre vraie lurniere est reellement p r e s e n t Saint I s i d o r e , vers Tan 6 0 0 , dit q u e lesAcolytes sont appeles en latin Ceroferaires , acause des cierges quils portent quandon lit VEvan-gile, ou quon ojfre le Sacrifice : car alors ils allu-ment et portent des luminaires, non pour chasserles tenebres, puisque le soleil luit; mais comme unsigne de joie, afin que cette lurniere corporelle re-presente la lurniere dont il est dit dans CEvangile:
  • 105. ET DES PR^PAHA/tlOfCS POUft i/oFFRUL 63 11 etait la vraie lumiereM Jusqualors o n nallu- znait des cierges q u e pendant 1 E v a n g i l e , e t p e n ­ dant Taction d u Sacrifice ; e t ces cierges etaient tenus a la main par des Acolytes. Enfin depuis c e temps-la o n e n a allume des le commencement de la Messe, et pendant q u e l q u e s Offices d i v i n s , par les memes raisons mysterieuses , cest-a-dire, p o u r faire paraitre u n signe de joie dans les Offices, quon a v o u l u rendre plus s o l e n n e l s ; e t pour faire plus sensiblement connaitre au peuple assemble quil devait penser a Jesus-Christ qui est la vraie• lurniere. LEglise a toujours goute et approuve ces sortes d e s y m b o l e s mysterieux qui sont autant dinstruc- tions courtes et edifiantes pour le peuple. Rien de plus ancien q u e la c o u t u m e de faire tenir aux n o u ­ veaux baptises un cierge a la m a i n ; et saint Cyrille b de Jerusalem leur d i t , vers lan 3 5 o ( ), que ces cier­ges quils allument sont les symboles tie la foi quilsdoivent conse/ver avec soin. Lusage dallumer descierges au Bapteme fit appeler en divers endroitsTEpiphaniela fete des saintes l u m i e r e s , parce quony-houorait le Bapteme de Jesus-Christ, ct quon ybaptisait. Saint Gregoire de Nazianze a fait deuxfort b e a u x discours sur cette fete des l u m i e r e s , o uil represente e n cent manieres differentes la l u ­rniere corporelle c o m m e u n s y m b o l e de la divine clurniere qui doit remplir n o s esprits. ( ) 11 y a plus de douze cents ans quon b e n i t , etquon allume solennellement le Cierge pascal, n o nsimplement poureclairer pendant la n u i t d e Paques,puisque 1Eglise etait alors illuminee par un n o m -bre de cierges et de lampes incomparablement plusgrand quelle n e letait a toutes les autres veillesde lannee, mais on la fait pour des raisons m y s t e - (a) Acolyti Grace, Latine Ceroferarii dieuntur a deportandiscereis quando Evangeliuni iegendum est, nut sacrilicium offeren-duin. Tuncenim aeeenduntur luniinaria abeis, et deportantur, etc.tsUtor. orig. /. 7. c. t2. (bj Cathec. 1. (c) in sancta tumina oral. 39 et 40.
  • 106. 64 TRAITE PRELIMINAIRE D U SACRIFICE rieuses. L e quatrieme Concile de Tolede en 6 3 3 , blame les Eglises o u Pon nobservait pas cette ce­ remonie et qui demandaient pour quelle raison o n la faisait. Cest, dit le C o n c i l e , ctfin que la bene­ diction de ce luminairc nous fasse contempler le sacre myslere de la Resurrection, cesl-a-dire 1 eclat a lumineuK de la nouvelle vie de Jesus-Christ, () Cest encore par des raisons mysterieuses quon a allume des cierges a la Fete de la Presentation deJesus-Christ au T e m p l e , ou de la Purification de la sainte Vierge, pour prendre part a la joie queut lesaint vicillard Simeon de tenir ce divin Enfant e n -tre ses b r a s , et pour exprirncr plus vivement quiletait la lumiere des Nations. D e s le quatrieme siecle , les corps des Fidelesqui etaient morts avec les marques de la foi o n tete portes a lEglise avec un grand nombre de cier­ bges allumes. LErnpereur Constantin ( ) , saintePaule , saint Simeon S t y l i t e , et tant dautres o n tetc ainsi portes , c o m m e o n le fait e n c o r e , et Pona vouln marquer par ce luminaire solennel , q u eeetaient de vrais enfans de lumicre. Enfin , ce grand n o m b r e de cierges quon allu-mait au quatrieme siecle sur les tombeaux des Mar­tyrs le j o u r ct la n u i t , suivant le temoignage desaint Paulin et de Prudence , ne brulaient quen1honneur de la lumiere celeste dont les Saints jouis- cs e n t j et qui font toute la joie des Chretiens. ( ) Lescierges allumes dans lEglise en plein jour ont d o n etoujours ete rcgardes c o m m e des symboles de la ddivine lumiere. Saint Jerome et saint Isidore ( ) n o u sPont appris. LOrdre l l o m a i n , Amalaire et Alcuin _ (a) Lucerna et cereus in pracvigiliis Pascbai apud quasdam Eccle-sias non benedicuntur, et cur a nobis benediruntur inquirunt.Propter gloriosum enim noctis istius Sacramentum snlemniter htvc,benedicinius, ut sacra; Resurrectionis Christi myslerium , quodtempore luijus voti vie noctis advenit,in benediciioue sanctilicatiluminis suscipiamus. Cone. Totrt. IF. can 0. (b) Euseh. Fit. Const. I. 4. c. < G >. (r) Lux orta est justo, ct rectis corde lsctitia. Psal. 9G. (d) Ehjnu L 7. c. 12.
  • 107. ET DES PR^PARlTlOirS POUR i/oFFRlB. 65ont parle d e m e m e ; e t cest conforraernent a leurautorite, q u e le Micrologue * vers Van 1086, senonce aainsi ( ) : Nous ne cilebrons jamais la Messe sanslumiere non pour chasserles tenebres, puisquil est ygrand four mais pour avoir un symbole de la di­ 9vine lumiere que nous rendons presente a VJutelpar le Sacrement que nous jr operons sans laquelle 9nousverrions aussi peu en plein rnidi, qiCen la plussombre nuit. Les cierges allumes nous avertissentencore quefant autrefois dans les tenebres , n o u savons e t e eclaires e n Jesus-Christ, e t q u e nous d e -vons nous comporter c o m m e des enfans de lumierepar des actions de charite. W ARTICLE VI.De TEau benite dont onfait Faspersion leDimanc/ie avant la Messe.LA Rubrique du Missel marque q u e tous les D i -manches avant la Messe , le C e l e b r a n t , ou u n autre cPretre a sa p l a c e , doit b e n i r de Peau ( ) pour e nfaire ensuite Paspersiom Pour connaitre Putilile decette c e r e m o n i e , il faut savoir la signification desexorcismes et de? benedictions q u i s e font sur lesel et sur Peau , et le sens des prieres qui accom-pagnent Paspersion. (a) Juxta Ordinem Romanum nunquam Missam absque luminecelebramus : non utique ad depellendas tenebras, cum sit claradies : sed potius in typum illius luminis, cujus Sacramentum ibiconficimus, sine qnoet in meridie palpabimus ut in nocte. Microt.de Eccles. observed, cap. 11- (b) Eratis enim aliquando tenebras, nunc autemlux in Domino,utfiiiilucis ambulate. Ephes. v. 8. (c) Selon la Rubrique du Missel Romain , la benediction de Ieause fait a la Sacristie. Mais dans la plupart des Parnisses, dans cellesmemes ou on se sert du Missel Romain, on la fait a PAutel, auCliccur, ou dans la Nef. Cet usage est plus conforme a IAntiquitc,et parait faire plaisir au peuple. 1. 5
  • 108. 66 TRAttfe PBiLIMmAIAE BO SACRIFICE §. r. Zte & maniere de /aire Veau binite et de ses effets. Dou vient quon met du sel dans Ieau, etquonfaitdesexorcismes sur Tun et sur Vautre? Le Pretre prend d u sel et de Peau , exorcise Pun et P a u t r e , les mole ensemble et les b e n i t en faisant des signes d e croix e t des prieres. i . LEglise se propose de purifier les h o m m e s , e t d e les preserver de tout ce qui peut les souiller o u leur n u i r e ; et elle j o i n t pour ce sujet a ses prie­ res les signes les plus propres a marquer quelle est sa fin. Le propre de P e a u , cest de l a v e r ; le propre du s e l , cest de preserver de la corruption. Leau et le s e l , meles , benis et repandus sur le p e u p l e , sont done un s y m b o l e tres-convenable pour marquer le desir quelle a de les purifier, et de les preserver de toute contagion. Le Prophete Eliseejeta du sel dans les eaux de Jericho, pour les r e n - dre saines et utiles a la terre ; et il dit en m e m e t e m p s de la part de D i e u , q u e ces eaux ne cause- raient plus la mort ni la sterilite (»), et lEglise i n - v o q u e aussi la puissance divine sur le sel , afin quil preserve les h o m m e s de tout ce qui peut nuirea leur salut. a. Le Pretre exorcise l e sel et Peau. Exorciser estu n m o t tire du G r e c , q u i signifie conjurer et c o m ­mander. Cest u n terme qui ne convient qua c e u xqui parlent avec autorite. Le Grand-Pretre sen ser-vit p o u r obliger Jesus-Christ a lui dire sil etait leFils de D i e u ; et lEglise sen sort pour conjurerles malins esprits et toutes les choses dont iis p e u -v e n t abuser. Elle sait q u e les hommes , par leursd e r e g l e m e n s , avaient soumis au demon les creatu­res qui ne devaient servir q u a la gloire de D i e u :ce qui fait dire a saint P a u l , q u e toutes les creatu­ bres sont assujetties a la vanite malgre elles. ( ) Maiselle sait aussi que toutes choses s o n t relablies et (n) 4. Reg. iv. 20 et 21. (b) Vanitati enim creatura subjects est non volens. Rom vni- 20.
  • 109. Ef DES PREPARATIONS POUR i/oFFRlR. 67 renouvelees par Jesus-Christ dans le del et sur la terre ( ) ; e t q u e t o u t est sanctifie par la parole de a Dieu etpar la priere.fi) Cest pourcela quelle exor­ cise et quelle benit plusieurs creatures. Elle exorcise le sel et Ieau, cest-a-dire , elle leur commande de la part de D i e u , et par les merites de la croix de Jesus-Christ, de ne pas nuire aux h o m i n e s , et de devenirau contraire utiles a leur salut. Cest a quoi se reduisent tous les exorcismes quon fait sur les creatures inanimees. Les premiers Chretiens etaient vivement persua­des du pouvoir q u e D i e u avait laisse au demon surles creatures, et de la necessite de lui oter ce p o u ­v o i r par 1autorite de Jesus-Christ; cest pourquoiils faisaient des signes de croix sur toutes les cho-ses d o n t ils se servaient. LEglise a fait plus solen-nellement des exorcismes et des benedictions surles creatures qui doivent servir a de saints u s a g e s ,ct surtout a chasser le d&mon, D e la viennent lesexorcismes de leau quon b e n i t pour le B a p t e m e ,pour la Dedicace des E g l i s e s , et pour laspersion d u cpeuple. ( ) lis ont presque tous ete concus dans lesmemes termes et ils doivent etre regardes c o m m evenant de la plus haute antiquite. TertuUien faitallusion a ces exorcismes et a ces b e n e d i c t i o n s ,quand il dit q u e les eaux sont sanctifiees par Vin­vocation de DieuAty Saint Cyprien dit plus distinc- (a) Instaurare omnia in Christo , quae in ccelis , et quse in terrasunt. Ephes. 1.10. (b) Sanctificatur enim per verbumDeiet orationem. 1. 77m.iv. 5. (c) Us sont les mgmes selon le sens, dans le Sacramentaire de Bo-bio , a qui le Pere Mabillon a donne milie ans dantiquite. Mus. Itai.tome I. p . 323. dans le Sacramentaire du Pape Gelase, cent ansavant saint Gregoire. Cod. Sacram. 106 et 237. dans lancien Mis­sel Gallican. ibid. p . 473, et dans plusieurs autres anciens. Mar-tenne, de Hit. torn. 1 .p. 173 etlS2 ; et ils sont les mfimes, selon lestermes , que les exorcismes du sel et de leau pour la consecrationdes Eglises , dansle Sacramentaire de saint Guilhem Icrit depuis900 ans. Sacram. Gelton. Marten ne , torn* 3. p. 244 et 245 ; etdans celuidEgbert, ArchevSquedYork , au huitieme siecle. Ibid,p . 252; et en propres termes aussi dans le Pontifical de Seez, ecritvers Tan 1045. ehibl. Reg. (d) Tertull. de Bapt. c. 4. 5.
  • 110. 68 TRJLITE PRELIMlNAIRE DtJ SACRIFICEt e m e n t quil faut q u e Feau soitpurifiee et sanctifiie apar le Pretre ( ) ; et saint Ambroise parle e n detailde Fexorcisme , de Finvocation, et des signes de bcroix ( ) ; ce qui est souvent suppose par saint Au­gustin en parlant du Bapteme et des effets du signe cde la croix. ( ) Saint Basile met ces benedictions au dn o m b r e des traditions Apostoliques ( ) ; et leurvertu est marquee et relevee par saint Cyrille deJerusalem (<0, par saint Gregoire d e N y s s e 10 et parFAutcur de la Hierarchic sous le nom de saintD e n y s . (S) 3 . Le Pretre m e t l e sel dans Feau en disant : Commixtio salts et Q u e le melange du selaqucc pariter fiat in no- et de Feau soit fait aumine Patris et Filii et n o m du P e r e , et d u F i l s ,Spiritiis sanctL et du Saint-Esprit. 11 mele le sel et Feau , afin que Feau benite reunisse le signe de Fablution et le signe du pre- servatif de la corruption; et il dit , au nom duPere et du Fils, et du Saint-Esprit s ^ en faisant des signes de croix, pour marquer que nous nat-tendons les effets que ces signes e x p r i m e n t , quenimplorant la t o u t e - p u i s s a n c e de la sainte Trinitepar les me rites de la croix de Jesus-Christ. 4- Le Pretre termine cette benediction par lesprieres qui nous apprennent quels sont les effetsquon doit attendre de Feau benite. Apres Fexorcisme du sel , il demande a D i e u : Ut sit omnibus sumen- Q u e ce scl s e n c a toustibus salus mentis et ceux qui en p r e n d r o n t ,corporis ; et quidquid pour le salut de leur a m eex eo tactum vel as- et de leur corps; et quepersum fuerit, careat tout ce qui en sera toucheomni immunditia , om- ou a s p e r g e , s o i l preserve (a) Epist. 70. (b) Ambr. delis qui inUlantur. c. (c) Lib. 8. deBapt. et tract. 18. in Joan. (d) Basil. deSpir.saticto. c. 27. (e) Ci/rii. cafech. 3. (0 Greg. Nyss. in Bapt.Christ. (g) Dion, de Ecclcs. Iticr. r. 2.
  • 111. ET DES PREPARATIONS POUR l/oFFRIR. 69de toute impurete et d6 nique impugrtatione spi*toute attaque des esprits ritalis nequitice*de malice. Apres lexorcisme de leau, il dit a D i e u : Repandez la vertu de Elemento huic, mul- votre benediction sur cet timodis purijicationibus element, qui est prepare prceparato , virtutdm pour diverses purifica- tuca benedictionis in- tions; afin q u e votre crea- funde : ut creutura tua ture servant a vos myste- mjsteriis tuis setviens, a res, recoive leffet de votre ad abigendos ( ) dcemo-grace divine pour chasser nes, morbosque pellen- 3 les demons et les maladies; dos divince gratia , sumatque tout ce qui sera as- effectum ; ut quidquicl pergede cette eau dans les in domibus vel in locismaisons et dans les autres ftdelium hcec unda res-lieux des fideles, soit pre- perserit , careat omniserve cle toute impurete itnmunditia, liberetur aet de tous m a u x ; q u e cette noxa : non illic resideateaueneloignetoutlesouf- spiritus pestilens , nonfle pestilentiel , t o u t air aura corrumpens : dis-c o r r o m p u ; quelle ecarte cedant omnes insidiceles pieges de Tennemi c a - latentis inimici : et sic h e , et tout ce quil pour- quid est quod aut in-rait y avoir de nuisible a columitati habitantiumla sante o u au repos de invidet aut quieti, as-ceux qui y habitent ; et persione hu/us aquce ef*quenfin cette sante q u e fugiat; ut salubritaspernous demanclons par Tin- iwocationem sancti tuivocation de votre saint nominis expetita , abnom , nous soit conservee omnibus sit impugnatio-contre toutes sortes dat- nibus defensa.taques. (a) On lit ad abjiciendos dans les Sacramentaires imprimes etmanuscrits, en remontant jusqua saint Gregoire et a saint Gelase.Le Missel de Laon de 1702 a retabli cette lecon. On lit neanmoinsabigendos dans le Missel des Cliartreux.
  • 112. ^0 TRAITjS P E I IT I E D S C I I E R L I AR U A RFC M L e Pretre re unit enfin toutes ces d e m a n d e s d a n s l a derniere Oraison en disant: Deus invictce virtu* O D i e u , qui etes1au teur tis auctor , et insupe- dune puissance invinci- rabilis Imperii Bex , b l e , et Roi dun Empire ac semper magni/icus inebranlable, qui triom- triumphalor , qui ad- phez toujours glorieuse- versce dominatiouis vires m e n t , qui reprimez les ef- reprimis , qui inimici forts de t o u l e domination rugientis scevitiam supe- o p p o s e e , quiabattez lafu- ras , qui hostiles nequi- reurdelennemirugissant, lias patenter expugnas: et qui domplez puissam- te Domine, y trementes ment la malice des adver- et supplices depreca- sairesmousvous supplions mur , ac petimus, ut t r e s - h u m b l e m e n t , Sei- hanc creaturam salis et gneur,deregarder dun ceilaquce dignanter aspi- favorable cette creature decias, benignus illustres, sel et deau , de relever sa apietatis luce rore( ) sane- vertu et de la sanctifiertifices ; ut ubicunquc p a r l a r o s e e d e voire grace ;fuerit aspersaper irwo- afin q u e par Iiuvocalioncationem sancti tui no- de votre saint nom t o u t eminis 9omnis infestatio corruption de lesprit im-immundi spiritus abiga- pur soit bannie des l i e u xtur terrorque venenosi 9 o u l o n e n aura faitlasper-serpentis procul pelia- s i o n ; q u e la crainte d utur; etprresentia sancti serpent venimeux en soitSpiritus nobis misericor- eloignee : et quen i m p l o -diam tuam poscentibus rant votre m i s e r i c o r d e ,ubique adesse dignetur. nous s o y o n s en tout lieuPer Dominant nostrum assistespar la presence duJesum , etc. Saint-Esprit ; Par Notre- Seigneur Jesus-Christ, etc, (a) Selon tous les anciens livres manuscrits etiniprimes jusquauMissel du PapePie V , en 1570, on lit; pietatis tttx more , et nonpas rare, cest-a-dire, sanctijiez-la selon voire bonte ordinaire.LesChartreux,!e Missel deMiian,celuideLangres du siecle passe,et deux ou trois autres ont conserve rancienrie lecon. Les Misselsdc Laon de 1702 > et de Meaux 1709 Pont retablie.
  • 113. tfT DES PREPARATIONS POCR i / o M R I R . 71 Nous v o y o n s dans c e s prieres q u o n a l i e u d a t t e n -dre q u a t r e e f f e t s . d e 1 e a u benite. Le premier d e chasser le demon des endroits quil a pu infecter, et de faire cesser les maux quil a causes. Le second , de leloigner de n o u s , des lieux que nous habitons et de ce qui sert a nos usages. Le troisieme, de servir a la guerison des maladies. Le quatrieme enfin, de nous attireren toute oc­ casion la presence et le secours du Sain t-Esprit pourle bien de notre ame et de notre corps. Les Thco-logiens disent c o m m u n e m e n t depuis cinq cents ans,que leau benite sert a effacer les peches veniels.LEglise , a la v e r i t e , n e parle pas distinctement decet effet dans ses prieres. Mais on a lieu de 1infererde ce quelle demande en general la presence et lesecours de D i e u ; car cette presence et ce secoursdoivent n o u s faire esperer u n preseryatif contretoutes sortes de p e c h e s , et un moyen deffacer lesveniels en faisant naitre en n o u s la douleur qui lesefface. T o u s ces effets n e s o n t pas promis infailli-blement c o m m e ceux q u e les Sacremens produi-s e n t ; mais on sait quil y a divers m o y e n s dattirerdes graces, et que D i e u les attache principalementaux prieres de lEglise ; et Ton a lieu de les espereravec dautant plus de confiance , quon a vu depuisle quatrieme siecle u n grand nombre de miraclesproduits avec leau b e n i t e - O n les marquera en trai-tant de s o n origine. Cen est assez p o u r engager les Fideles non-seu-lement a prendre de leau benite dans lEglise, maisa en garder chez e u x , a en prendre en se couchant,en se levant, et en divers autres temps de la jour-nee , pour eloigner deux 1esprit de t e n e b r e s , etattirer le secours d e D i e u dans mille dangers im-prevus qui p e u v e n t affliger leurs corps o u leursames.
  • 114. 7^ TRAITE PRiUMWAfRE DU SACRIFICE§. 2. DeV aspersion de VJlutel et des assis tans ^ et des,Prieres qui VaccompagnenU L e D i m a n c h e , avant la GrancPMesse o u la Messed e C o m m u n a u t e , on aspergelAutel et les assistahs. Comme leau benite a ete institute pour preserverles hommes des altaques du d e m o n et pour lespurifier de la contagion quil avait p u leur causer,o n en fait 1aspersion avant la Messe , afin que lesFideles purifies par cette eau puissent assister ausaint Sacrifice avec plus dattention et de piete. i . On asperge lAutel pour en eloigner lespritdet e n c b r c s , q u i , selon le sentiment des plus anciensDocteurs de lEglise, vient quelquefois troubler1esprit des Pretres et des Ministres de lAutel jus-quau Sanctuaire. Les Oraisons solennelles qui ac-c o m p a g n e n t 1aspersion des Autels quon consacre,n o u s font voir que cest pour cette raison quon lafait; et ces Oraisons se trouvent dans les plus an­ aciens Pooitificaux. Le Pape Vigile ( ), vers 1 an 535, bet saint Gregoirc-le-Grand l ) voulurent memequon se conlentat de purifier q u e l q u e s Templesdes faux dieux par 1aspersion de leau b e n i t e , p o u rles changer en E g l i s e s , et y celebrer la Messe, a. Le Pretre se donne de leau benite et en donneensuitc aux assistans, afin de participer avec eux atoutes les graces q u e lEglise a demandces dans lesprieres dc la benediction de leau. 5. En aspergeant il recite a voix basse le PsaumeMiserere , parce que pour obtenir ces graces il fautentrcr-dans les sentimens de penitence exprimesdans ce Psaume. Ces bienfaits ne nous sont pas dus.Les p e c h e s n o u s e n rendentindignes, e t n o u s n e p o u -vons rien esperer que par la misericorde de Dieu. 4- On prend pour Antienne le verset du Psaumequi est le plus propre a cette ceremonie. Le Choeur (a) Epht. 1. (b) Fana idolorum destrui in eadem gente minimc debeant...Aqua benedicta Hat, in eisdem fanis aspergatur. Lib. 9. Epist. 71.
  • 115. ST DES PREPARATIONS POUR LOFFRIR. ?3chante seulemen t le premier verset d a Miserereaveccette Antienne devant et apres. Seigneur, vous marro- Asperges me, Domi-serez avec P h y s o p e , et j e ne , hyssopo , et mun-serai purifie : vous m e la- (labor ; lavabis me , etverez , et je deviendrai super nivem dealbabor.plus blanc q u e la neige. Lhysope d o n t il est parle dans TEcriture e s t l eplus petit des arbrisseaux.OO Ses feuilies presseeset touffues s o n t propres a retenir les gouttes deaupour asperger; et sa propriete, q u i est de purifieret de dessecher les mauvaises h u m e u r s , le rend unsigne fres-convenabie de la purification d u corpset de 1 ame. Laspersion d u sang de lAgneau sur le bhaut des portes fut fait avec lhysope.( ) Celle d u csang et des cendres de la vache rousse ( ) , aussi bien dque celle de leau q u i purifiait de la lepre ( ) , sefaisaient de meme. Cest a toutes ces sortes dasper-sions et de purifications q u e le verset Asperges faitallusion, Mais le Prophete-Roi e t lEglise o n t e uLien plus en v u e 1aspersion du sang de Jesus-Christ,dont les aspersions de la Loi n etaient q u e des figu­res. Nous devons d o n e en cette ceremonie deman-der sur n o u s celle d u sang de Jesus-Christ , eest-a-dire , 1application des merites de c e sang pre-cieux , qui seul peut effacer les p e c h e s , et n o u spreserver de tous les m a u x . 5. Au temps P a s c a l , eest-a-dire, depuis Paquesjusqua la T r i n i t e , o n dit , d u m o i n s selon le ritRomain: Jai vu leau sortir par Vidi aquam egre-le cote droit d u T e m p l e , dientem de Templo aalleluia : et tous ceux q u i latere dextro , alleluia:ont eu de cette e a u o n t et omnes ad quosperve- (a) Salomon... disputavit super lignis, a cedro quae est in Lib a no»usque ad byssopum quae egrediturdepariete, 3. Reg. iv.z&Josepheii 8. c. 11. (b) Exod. x n . 22. Hebr.xi. 28. (c) Num. XX et $eq I. h (d) Lev. xiv et j^vi.
  • 116. ^4 TRAITE PRl&tMINAIRE D U SACRIFICEnit aqua ista, salvifacti 6te sauves , et ils diront:sunt et dicent: Alleluia, Alleluia , alleluia , alle-alleluia, alleluia. luia. Ces paroles sont tirees d u chapitre 47 dEzechiel, et elles sont tres-propres a presenter a lesprit lef- a ficacite des eaux salutaires d u Bapteme l ) , dont IEglise est toute occupee en ce temps anciennement destin£ au B a p t e m e ; et e n effet elles o n t e t e choi- sies pour les jours de Paques et de la Pentecote,auxquels o n fait laspersion avec leau des Fonts.Baptismaux q u i o n t ete ben is la veille. Cette as­persion doit porter les Fideles a souhaiter de toutleur coeur le renouvellement de la purete et de lasain tete q u e leur a m e a regue dans le B a p t e m e , eta demander les secours necessaires p o u r se conser-ver purs a lavenir. 6. Enfin le Pretre dit cette O r a i s o n : Exaudinos , Domi- E x a u c e z - n o u s , Seigneurnesancte 9 Pateromni* saint, Pere tout-puissant,potens,ceterne Deus^et D i e u e t e r n e l , et daignezmittere digneris sane- envoyer des Cieux votre turn Angelum tuurn de saint Ange , qui conserve, Ccelis , qui custodial, e n t r e t i e n n e , p r o t e g e , vi-foveat protegat,visitet 9 site et defende tous ceuxatque defendat omnes qui sont e n ce lieu. Par No-hab itantes in hoc habi- tre-Seigneur Jesus-Christ. taculo. Per, etc. Cette priere est dans les plus anciens Missels etl l i t u e l s ; et elle a etc faite pour etre dite dans lesm a i s o n s p a r t i c u l a r e s , soit e n visitant les malades,soit en aspergeant les maisons de leau des FontsB a p t i s m a u x , ainsi q u e cela se pratique encore aM i l a n , a L y o n , et m e m e en plusieurs autres Eglisesqui suivent le Bituel Romain. Exaucez-nous, Pere tout-puissant. L e secoursde la toute-puissance de D i e u n o u s est necessaire bcontre les esprits d e malice qui s o n t dans les airs. ( > (a) Rupert, tie dlv. Offic. L 7. c. 20. (b) Coiitraspiritualianequitia; ]$ coelestibus. Ephes. n. 12.
  • 117. E D S P EA A I N P U T E R P R TO S O R LOFFRIR. ^5 Envoyez-nous voire saint Ange. C o m m e les hom­mes ne perdent pas leurs forces naturelles par lepeche, les Anges prevaricateurs nont pas perdutout leur p o u v o i r ; mais ils o n t ete soumis aux honsAnges nos protecteurs. D i e u dit a son peuple : fen-verrai mon Ange devant vous; et il en envoya una Tobie qui le preserva contre les attaques du m a ­tin esprit qui avait tue les sept maris de Sara. CetAnge preserva Tobie dans toutes sortes de perils,et le ramena sain et sauf. LEglise demande la memegrace pour les Fideles. Quidemeurentdans cette maison.W e s t v i s i b l e q u ecelte expression n a ete e m p l o y e e q u e pour les mai- asonsparticulieres quon allait asperger. ( ) Mais de­puis cinq ou six cents ans o n dit c o m m u n e m e n tcette Oraison dans FEglise , par ce q u e t o u t lemonde sy trouve assemble , et que chacun peutTapprendre, pour la dire ensuite d a n s s a maison eny portant de Feau benite. (a) Voyez le Sacramentaire de saint G6Iase, ou on lit, dans cettemaison ae voire serviteur tel; defendat omnes habitant es.... FA­MULI TUI TLLUIS. Cod. Sacram. 238. pag. Le Sacramentaire desaint Gregoire donne pour titre a lOraison: Oratio quando aquaspargiturin domo , dans Rocca et dans Menard , p. 250. DansleDiurnal de Saint-Victor, de Tan 1580 , cette Oraison est intitulee,Oratio in Dormitorio; et selon un Pontifical-Rituel dAix denvi-ron 400 ans, elle se disait dans les maisons des malades que le Pre­tre allait visiter. Mais elle est marquee pour Stre dite a 1Eglisedans les Contumes de Cluny, Ecrites par le Moine Bernard, dutemps de saint Hugues, et dans un Missel de saint Quiriacc de Pro-vins, ecrit vers lan 1200, cjuon appelle le Pronier. Dans un caliierdune main plus recente, ajoute a ce Missel, apres ces mots in hochabitacido , on lit, et in cunctis habitaculis bonis. Ces derniersmotsse Iisent aussi dans les Missels de Sens de 1556, 1575. Au Mis­sel de Toulon du quatomeme siecle on l i t , habitantes in hacaula Dei. A celui de Paris, on lit aujourdhui, in hoc teviplo Sancto(uo.
  • 118. 7 6 T AT P E I I AR D S C I I E R I E R LMN I E U A RFC ARTICLE VII. De la Procession qui se fait le Dimanche avant la Messe. I J E m o t Procession vient d u verbe latin procedere,qui signifie aller, et Ton entend ici par processionu n e marche q u e le Cierge et le p e u p l e font en prie­res pour q u e l q u e sujet r e l i g i e u x , ayant la croix de­vant les y e u x c o m m e dans 1Eglise. Lancien Testament parle de beaucoup de pro­cessions faites pour transporter FArche dun lieue n u n autre ; et des q u e 1Eglise a e t e en p a i x , ona fait aussi beaucoup de processions pour aller auxt o m b e a u x des Martyrs, pour transporter leurs Reli-q u e s , p o u r faire aller les Fideles tous ensemble les ajours de j e u n e aux lieux de Station ( ), et y deman-der des graces p a r t i c u l a t e s . On sait Forigine de btoutes ces processions. ( ) Mais bien des gens igno-rent pour quelle raison on fait u n e procession leD i m a n c h e avant la Messe. Cette procession a u n e d o u b l e origine , parcequellesestfaite premierement pour honorer Jesus-Christ r e s s u s c i t e , qui alia de Jerusalem en Galilee;et en second l i e u , pour asperger les lieux voisins de1Eglise. P r e m i e r e m e n t . on voit dans la Regie de saint Ce-saire dArles au sixieme siecle , dans plusieurs autresregies de Moines et de C h a n o i n e s , et dans Rupert, (a) Quoiquil y eilt a Rome des Stations en divers autres jours de1annee , le peuple nallait en procession dune Eglise a une autreque les jours de jedne, auxquels on voulait que les Fideles sappli-cassent plus Jong-temps a la priere. Voyez le P. Mabillon sur TOrdreRomain, n. 5. (b) Voyez Serrarius, Gretser, Meurier, Traite des Processions,a Reims 1584. Eveillon, de proves. Kccles. Paris. 1641. Le Cate-chismede MontpeUier.* Vatar , des Processions , etc. O "TOM, I . C. J./J. 5 7 3 . edition it S*g*in ani 4Jiigne* Prix d* (outrage tn»$ 9 Cfr. —I I » U . 3 fr.
  • 119. ET DES PREPARATIONS POUR LOFPRIR. -fl quon allait le D i m a n c h e e n procession k des Ora- atoires ou Chapel les particulieres. ( ) Cetle processionse faisait a la fin d e M a t i n e s , e t des le point d u bjour ( ) , pour imiter les saintes femmes qui alle-rent de grand matin a u tombeau , et les Disciplesa qui elles dirent de la part de PAnge que Jesus-Christ allait les preceder en Galilee, e l que c e t a i tla quils le verraient c o m m e il le leur avait dit lui- cmeme. ( ) D e la v i e n t , selon la remarque de PAbbeRupert, qua ces processions du Dimanche matinles Prelats e t l e s Superieurs allaient d e v a n t , c o m m epour representer Jesus-Christ q u i avait precedeles Disciples. Cette procession se fait encore e n plusieurs Egli­ses le jour de Paques. [&) On y c h a n t e , Sedit Ange­las, etc. Dicite discipulis, etc. e t i l est marque dunsbeaucoup danciens Missels e t P r o c e s s i o n n a u x ,quon chante ces Antiennes et ces R e p o n s a la pro­cession des D i m a n c h e s jusqua la Pentecote. Quoi-quon ne repete pas d u r a n t t o u t le reste dc Panneeceqni se chante a P a q u e s , on sait q u e tous les D i ­manches s o n t , pour ainsi d i r e , u n e suite o u un re-nouvellement de la Fete de P a q u e s , quon se p r o ­pose toujours dy honorer la Resurrection de Jesus-Christ; et quainsi le premier m o t i f des processionsdu Dimanche avant la Messe,- a e t e l e m e m e q u ecelui de la procession du jour de Paques. Une s e c o n d e raison de faire u n e procession le (a) Voycz la Risle de saint Cesaire, n° 69. ap. Boll. 12. Jan*celle du Maitre Cod. Regul. et plusieurs autres dans le P. Martenne,de antiq. Hon. Rit. I. 2. c. 2. LAbbe Rupert, de div. Offic. I. 5.c. 8.I.I.e. 20et21. (h) Durand a reconnu que la procession du Dimanche se faisait*n Thonneur de la Resurrection. II a cru mfime que des le commen­cement de lEglise on lavait faite le Dimanche et le Jeudi; et quelePape Agapet, mort Tan 536, lavait fixee au Dimanche settle­ment. Ration. I. 4. c. 6. n. 21. Mais cela nest avance que sur lau-torite de fausses pieces. II sufflt de dire que la procession se faisaitau sixieme sieele le Dimanche. (c) Marc. xiv. 28. xvi. 7. (d) A Agde avant Matines, a Clermont en Auvergne a la fin deMatines, a Saint-Quentin a Tissue de Prime.
  • 120. 78 TRAITE PRELIMIN AIRE BTJ SACRIFICE D i m a n c h e avant la M e s s e , a e t e tTasperger l e s lieux v o i s i n s deFEglise. Au c o m m e n c e m e n t du neuvieme siccle les Capitulaires de Charlemagne et de Louis- le-Pieux ordonnerent q u e tous les Pretres, cest-a- dire l e s Cures , feraient chaque D i m a n c h e une procession autour de leur Eglise en porlant de Peau benite. I l e r a r d , Archeveque de T o u r s , prescrivit la m e m e chose dans ses Capitulaires en 858. LesEglises Cathed rales e t C o l l c g i a l e s furent sans doiUeles premieres a pratiquer cet u s a g e , et cela fut ob­serve presque des le m e m e temps dans les Monas-teres. 11 est marque dans u n ancien Ordinaire desl l e n e d i c t i n s , auquel l e Pere Mabillon d o n n e neufcents ans dantiquite, q u e le Dimanche de Pdqueson allait porter de Feau benite par tout le Monastereen chantantM) Les Coutumes de Cluny c t de plu­sieurs Abhayes marquent e n detail tous les lieux bqu o n allait asporger chaque l)imanche.( ) Mais des le dixieme siecle en quelques Eglises,on jugea seulement a propos de deputer u n Prelrcavec q u e l q u e s Clercs precedes dc la C r o i x , pouraller faire Iaspersion a PEvecho ct au Clot I re des <:F r e r e s , ccsl-a-dire, des Chanoines.( ) Ainsi la pro­cession sest arretee a Fentree du Cloitre , ou me:ned a n s FEglise, e t o n a insensiblement oublie pourquel sujet on la faisait. Cependanl les usages qui se sont conserves en di­vers e n d r o i t s , nous rappellent Fancien motif de la (a) Item Dominico die vadunt rum antiphona et aqua sancta persingulas mansiones. Anal. to. 4. p. 450. (b) SpiciL torn- 4. p. 40. (c) Voyez le plus aiwien Ordinaire dps EpHses dArras et. de Cam-brai, ecrit vers la fin du dixieme siccle, dans le temps que ces deuxDioceses Etaient encore unis. II est imprimo avec ie Cortex Cana-vinn de M- Pithou, p. 3f>8. Voyez aussi TOrdinaire du Mont-Cassinecrit vers la fin du onzieme siccle, conserve a restitution de lOra-loire de Paris. SeJon 1Ordinaire des Dominicains ecrit en 1254 , etsuhant les anciens Statuts des Cbartreux imprimis en 1509, on dr-put ait quelquun des Freres pour aller asperger dVau benite les ce-luilrs. et les lieux ou les Religieux sossemblaient. Cet usajre a rleapimrcmmcut interrompu, a cause du soiu quon a de tenir partoutdea benitiers.
  • 121. ET DES PREPARATIONS POUR l/oFJFRIR. 79 procession. A Vienne en Dauphine on fait encore fort solennellement la benediction de leau dans la nef de lEglise, et laspersion processionnellement autour du Cloitre et du Cimetiere. A Chalons-sur- Saone les Chanoines font aussi u n e procession tous les Dimanches avant Tierce autour du Cloitre. Le Semainier asperge deau benite les pories par o u Ton entrait autrefois au Refectoire et aux autres lieux claustraux, quand les Chanoines vivaient en commun ; et Ton chante encore d e s R e p o n s qui font entendre quon benissait le s e l , les viancles, et plu­ sieurs autres choses. A Chalons-sur-Marne la p r o ­ cession va au petit Cloitre , et le Celebrant asperge le Chapitre , o u il entre precede de la Croix, de leau benite , du Diacre et du Sous-diacre. Dans JOrdre des Premontres , un Religieux en aube se tenant aupres de la Croix , asperge tous les lieux ou va la procession. A la Cathedrale de L i e g e , u n a Ecclesiastique en aube fait la m e m e chose.( ) On a mis a la fin du Processionnal de lOrdre de saint Be- noit, imprime a Paris en 1 6 5 9 , toutes les Oraisons qui se disaient pendant la procession en faisant las­ persion au Cloitre, au Chapitre ^ au D o r t o i r , a Tin- b firmerie ( ) , etc. et les Ceremoniaux de SaintVan- c dnes ( ) et de Saint-Maur ( ) inarquent quon doit fairecette aspersion. Les Processionaux de Paris, et lesMissels de R o u e n , d e M e a u x , d e L a o n etdOrleans,veulent aussi qua la procession du Dimanche ma­tin on porte le benitier, ce qui est encore un restede Iancien usage. Mais rien ne prouve mieux cette seconde originede la procession du Dimanche que les prieres quontrouve dans les anciens livres desEglises aussi eloi- (a) On le faisait de meme & Saint-Quiriace de Provins, il y a dixou douze ans. (b) Diebus Dominicis circa Claustrum Orationes privatas. In in-gressu Ctaustri: Omnipotens et misericors Deus... qusesumus im-mensam clementiam tuani, utquidquid moddvisitamus,visites,etc. (c) Ccerem. Monast. Tntti Leuc. 1695. (d) Cxrem.S. Mauri. Paris. 1G80.
  • 122. 8o TRAITE PRELIMINAIRE DU SACRIFICEgnees les u n e s des autres q u e le sont celles dAHe-magne e t dEspagne. A Tolede , selon le Missel decette Eglise imprime en 1551 ; et a la Cathedralede L i e g e , au lieu de dire 1Oraison Exaudi nos* etc.qui a ete faitepour les maisons quon allait asper-g e r , o n dit avant que de c o m m e n c e r la procession: FisiteZ) Seigneur, et benissez tout ce que nous al-lons visiter et benir. Cette Oraison est marquee danstous les anciens Misselsmanuscrits de cette Eglise;dAix-la-Chapelle , de C a m b r a i , de Sainte-Gudulede Bruxelles , de Strasbourg et ele plusieurs au­tres Eglises dAllemagne. Selon YAgenda de Spireimprime en i 5 i a , et le Manuel de Pampelune en 1 5 6 1 , la procession sortant de IEglise cbante cesparoles : Aleltez, Seigneur, un signe de salut a nosmaisons, afin qu elles soient preservees de la mainde VAnge exterminateur. N o u s voyons par la cpion avait en vue de preser­ver des embuches du d e m o n les maisons des Fide­les , en les aspergeant deau benite , comme les mai­sons des Hebreux avaient ete preservees du glaivede 1Ange par le sang de lAgneau , dont le haut desportes avait ete marque. Cen est assez pour voirquoutre la vue dhonorer les mystercs de Jesus-Christ ressuscite, on a fait aussi la procession pourasperger les lieux voisins de IEglise. Dans les endroits o u Ton na pense qua. Fasper-s i o n , o n a fait la procession immediatement avantla Messe , apres Tierce. Mais les Eglises qui onttoujours conserve Tancion motif ele la p r o c e s s i o n ,Tout faite dc plus grand matin , dabord apres Pri­m e ( ); afin de reunir en une settle, la procession aqui se faisait anciennement des le point du jourpour la R e s u r r e c t i o n , et celle quon devait faireensuite avant la Messe pour 1aspersion. Ceux done qui veulent entrer dans lesprit deIEglise doivent dans ces processions demander aDieu de les purifier de toutes s o u i l l u r e s , et se pro- fa) Elle se fait apres Prime a Metz , Verdun, Cambrai, Arras xNoyon, etc.
  • 123. ET DES PREPARATIONS frOtttt LOEJFRIR. 8t poser dhonorer la resurrection e t les apparitions de Jesus-Christ. Les Fideles invites solennellement a ces p r o c e s s i o n s , doivent y venir avec u n saint empressement. Le C o n c i l e d e F r i s i n g u e , Tan i 4 4 o , recommandant la procession apres leau b e n i t e , accorde quaranle jours d*indulgence a ceux qui y assisteront.La Croix et les Bannieres des Saints quony voit a la t e t e , sont pour eux un grand sujet dejoie. Sous ces glorieux etendards ils font un petitcorps darmee qui est formidable au demon , et quiacquiert en quelque maniere un droit aux gracesde Dieu, sils marchent avec la m o d e s t i e , la pieteetle recueillement qui Conviennent a la milice deJesus-Christ. Si la procession va dans les rues , c o m m e on faiten plusieurs endroits , on doit se proposer le fruitque produisirent les apparitions de Jesus-Christressuscite, 11 alia en Galilee se montrer a plus decinq cents Freres, et leur donna par cette appari­tion une extreme joie. Il faut aussi que les proces­sions soient un sujet de consolation pour les mala-des et pour tous ceux qui ne p e u v e n t quitter leursmaisons, afin que touches du chant que ceux de laprocession font retentir , ils sunissent a e u x , etsouhaitent de participer au saint Sacrifice quon vacelebrer. Ajoutons a c e s reflexions q u e , c o m m e on chantepresque tous les Dimanches de nouveaux l t e p o n savccbeaucoup de notes de p l a i n - c h a n t , et quordi-nairement les assistans nentendent rien de ce q u ise chante a la procession , il serait a souhaiter quondit la priere marquee dans un grand nombre dan­ciens Missels, l l i t u e l s , P r o c e s s i o n n a u x , et qui se adisait en rentrant dans PEs;lise.( ) N o u s la mettronsici; chacun pourra du moins la dire en son parti­culier. (a) On la dit encore a Narbonne , aCbalons-sur-Marne, etc Maisdans le Rituel de Paris il y a des Repons et des Oraisons proprespour la plus grande partie des Dimanches. I. * G
  • 124. 8l fctttktMINAIRE DU SAtiRltflCE Via Sanctorum , Domine Seigneur Jesus-Christ,la vote itJesu-Christe, qui ad te ve* tous les Saints , qui avez donnenientibus teternx claritatis leternelle joie du Ciel a ceux quigaudia coniulisti : ambitum sont venus a vous : repandez la hi* Templi istius Spiritus sancti miere du Saint-Esprit dans Ten- Ince perfunde: qui locum is- ceinte de ce Temple, que vous avez turn in honoremS. iV. conse- consacresousle nom de notre saint crasti, prxsta qusesumus, ut Patron IN. Nous vous supplions que omnes isti in te credentes ob~ ceux qui croient en vous obtien-tineant veniampro deticlis: nent ici le pardon de leurs iautes:ab omnibus tiberentur an- quils soient delivres de leurs pei-gustiis; placere semperprve- nes : quils puissent etre toujoursvaleant coram oculis fuis: agreables a vos yeux, a(in quavecquatenusperteomniumSanc- le suffrage des Saints ils meritenttorum tuorum intercession^ le sejour celeste, par vous le Sau-bus munitij aulam Parodist veur du monde, qui etant Dieu,vicreantur introirc, Salvaior vivez, etc,mundi, qui cum Patre , etc. Cette priere et toutes les processions cloivent nousfaire penser q u e n o u s s o m m e s voyageurs sur lat e r r e , q u e le Ciel est notre pa trie, q u e n o u s avonsb e s o i n d e Jesus-Christ pour y t e n d r e e t p o u r y ar-river. 11 e s t la voie, la verite ct la vie : la voie par 9oit l on marche, la verite oil Von tend, et la vie ouVon derneure eternellementM) ARTICLE VIL De la sortie de la Sacristie pour aller a PAutel RUB m QUE.Le Pretre revetu des ornemens, precede dun Minis- tre en surplis portant le Missel va de la Sacristie > d lAutel, la tele couverte, dun pas grave > le corps droit, et les yeux baisses. Ruhr. tit. 1 1 . REMARQUE.Sur Tordre prescrit deshabiller a la Sacristie, de marcher grave- m e n t , et ne pas dire la Messe seul.i . LE Pretre va de la Sacristie a VAuteL Les Or-dres Romains jusquau treizieme sieele , marquent (a) Ipse est qua itur,qud itur,et ubi permanetur.^^.^mc^ in Joan.
  • 125. tt HE& PREPAtikTlOtiS PotJR l W r i r . 83que le Celebrant, sans excepter lEv&jue n i le P a n e ,va se preparer et shabiller a la Sacristie, p o u r alter ade la processionnellement a lAutel.( ) Dans la plu*part des Eglises Cathedrales de France, cette p r o ­cession aux jours solennels est tout-a-fait majes- btueusc ( ) , et les Auteurs qui ont ecrit depuis le cneuvieme siecle jusqua la fin d u treizieme ( ) ,ont regarde le Celebrant precede des D i a c r e s , desSous-diacres et des autres Officiers, c o m m e Jesus-Christ entrant dans le m o n d e precede par les Pro-phetes, e t m e m e par l e s Apotres dans ses M i s s i o n s ,tandis que ce q u o n cbantait au Choeur exprimaitles desirsdes peuples qui attendaient le Me^sie. Cenest que depuis le quatorzieme siecle q u e cetteprocession est quelquefois s u p p r i m e e , et quePOr*ore Romain de Caietan a marque lalternative de laSacristie o u du Sauctuaire pour le lieu o u il plait daux Eveques de prendre leurs ornemens.( ) A Pe-gard des Pretres ils doivent toujours shabiller a laSacristie, si ce nest dans les Chapelles, o u le defautde Sacristie les c o n train t d e prendre les habits sa-cerdotaux a IAuteh 2. Il va cTunpas grave. LEglise veut que la ma-niere grave et modeste avec laquelle le Pretre va (a) Cum vero Ecclesiam introierit Pontifex , non ascendit conti-nuo ad A1 tare, sed priusintrat in secretarium. Ordo Rom. Lp. 0.Ordo IL p. 42. Ordo III.p. 54. Intrat sacrarium... et processiona-liter vadunt ad Altaresicut est moris. Ordo Rom. XIL p. 168. Mas.ltd. (b) Dans lEglise de Lyon , M. lArcheveque est accompagiie deplus de quarante Officiers. A Saint-Gatien et a Saint-Martin delours, aux grandes F&es , quils appellent de sept chandeliers, ify a sept Acolythes, sept Sous-diacres et sept Diacres. Et a Sois-sons, les Officiers qui aecompagnent le Celebrant sont au moins aunombre de trente, en comptant les Cures Cardinaux qui asslstenten chasuble. (c) Amat. 1.5. c. 5. Alcuin. de div. Offic. Rupert. L U c. 23. Honorlus Cemm.an. c. 84. Innocent HI. Myster. 1. 2. c, 1, etseqq. Albert* Magn. desacrij.Miss, tract. 1. c. U Durand, Ration. L 4. c. 5. (d) Quod si Pontifexjuxta Altare induatur, non oportet bujus-modlprocessionem fieru Ordo Rom. XtF. p. 295. 6.
  • 126. 84 frtAlTE PflELlfclftAIftE t)V SACRIFICE! d e la Sacristie k lAutel, annonce la grande action quil va faire. 3. Le Pretre marche la tete couverte. Il y a sept o u huit cents ans quon etait toujours decouvert e n allant a lAutel. Cet usage sest conserve en plu­ sieurs E g l i s e s ; a T r e v e s , a T o u l , a M e t z , a Verdun , k S e n s , a L a o n , a T o u r n a y , l e Celebrant er les Ministres v o n t a lAutel la tete nue. A C a m b r a i , le Pretre seulest couvert du capuchon dune a u m u s s e , et chezl e s Premontres dun b o n n e t carre ; le Diacre et leSous-diacre qui Paccompagnent sont deconverts ,c e qui est generalement observe par les Ministresi n f e r i e u r s , aussi bien q u e par les Enfansde Clioeur.D e p u i s quelques s i e c l e s , selon nos manieres , secouvrir seul dans u n e assemhlee est u n e marquedautorite et de preeminence. Le P r e l r e , allant alAutel -revetu des o r n e m e n s sacerdotaux , est enm e m e temps revetu de Pautorite de Jesus-Christ etd e 1Eglise, p o u r offrir le snint Sacrifice. 11 a lap r e e m i n e n c e sur toute lassemblee. Il n e salue per-s o n n e , et ne se decouvre q u e pour se mettre a ge-n o u x quand il passe devant un Autel si le saintS a c r e m e n t y est e x p o s e , si lon fait 1elevation , ousi lon d o n n e la C o m m u n i o n . Il nest o c c u p e q u ede Jesus-Christ son M a i t r e , et il ne se decouvre queq u a n d il le voit. /j. / / est precede dun Minlstre, parce quil estplus decent quil ne marche pas s e u l , etant revetudes habits sacres : et il a besoin dun Ministre quir e p o n d e a la M e s s e , parce q u e 1Eglise lui defend ad e dire la Messe seul.( ) Les Conciles v e u l e n t quil (a) Le Concile de Mayenee , 1an 813. c. 43. Les Capitulaires de France, /. v. c. 159; le Concile de Paris, Tan 829. / . I . e . 4 . ; le Pane Leon IV Tan 85o. Cone. torn. 8. coL 34. les Constitutions de Ricuffe de Soissons, lan 889. et le Concile de Nantesdans Bucliard , /. 3. c. 68. et dans Yves de Chartres, part. 3. c. 70. defendent expres- seinent au Pretre de dire la IN esse seul. Veritablement on voit dans les Capitulaires attribues a Theodore de Cantorbery, c. 49. Spirit. et dans Etienne dAutun , de Sawam. Altar, c. 13. quon a quel- miefois permis aux Solitaires , et aux Moines nrfme qui babUaient 7tkns les Alonasteres, de dire la fllesse seuls. Mais le Concile de A aa-
  • 127. tt ViS PREPARATIONS POUR l / o F l W l L 85 y ait d u moins u n e p e r s o n n e a v e c l u i pour r e p r e ­ sentor l e p e u p l e , qui avec le Pretre f o r m e Passem- blee des Fideles. La Messe e s t e n effet ce q u o n a anciennement n o m m e la S y n a x e , cest-a-dire , FAs- semblee : et il etait b i e n convenable quen faisant des prieres aussi saintes et aussi efficaces q u e eel les de la Messe , on observat ce q u e Jesus-Christ a mar­que en n o u s promettant sa sainte p r e s e n c e : St deuxaentre vous sunissent ensemble sur la terre, quel­ que chose quails demandent, elle leur sera accor-dee par man Pere qui est dans le del. Cur... Je metrouve au milieu d euxA*) Dun Ministreensurplis.LsL Rubrique ne marqueici que ce q u i a ete e x p r e s s e m e n t o r d o n n e par lesConciles depuis cinq o u six siecles. lis veulent quece Ministre soit un Clerc revetu dun habit qui con-vienne a lAutel; et Ton peut dire m e m e q u e cestpar tolerance quon a laisse approcher de lAutelun simple C l e r c Car si 1on remonte a lantiquite,on voit q u e le Diacre , q u i est proprement leMinistre du Pretre , devait laccompagner pourcelebrer l e s saints Mysteres dans les endroits m e ­mes ou Pon ne pouvait dire q u e des Messes bassessans solennite. Saint Cyprien , qui durant la p e r ­secution prenait t a n t d e soin denvoyerdes Pretresdans toutes les p r i s o n s , et dempecher quon y allat ben foule ( ) , e t quon y fit d u b r u i t , de peur quonnen refusat Pen tree, voulait neanmoins q u e celuides Pretres qui allait y dire la Messe fut toujours caccompagne dun Diacre.( ) C e t a i t sur cet usagedetre assiste dun Diacre a la Messe q u e saint Lau­rent disait au saint Pape Sixte , lorsquon le m e -nait a u mar tyre : Oil allez-vous > saint Pontife^tes a dit quil fallait abolir cet abus. Le Pape Alexandre TT a aussi Ideclare que le Pr&re ne pouvait pas dire la Messe seul. hecret L1.tit. x v n . c. propositi, ,et il ne parait pas quon Fait souffert de­puis le treizieme siecle. (a) Matth. xvui. 19 et 20. (b) Gautfe et non glomeratim. (c) Ita ut Presbvteri quoque qui illic anud Confessores offerunt,sioguli cum singulis Diacoms per vices alternent. Cypr. episL ».
  • 128. 86 TRAITIS PRELIMINAtRE DU SACRIFICE sans Diacre ? Vous navez pas coutume tVoffrir le Sacrifice sans MinistreA*) II sest dit dans la suite m i si grand nombre de M e s s e s , que chaque Pretre na pas toujours pu etre accompagnc dun Diacre: mais les Conciles o n t voulu que le Ministre qui tiendrait lieu de D i a c r e , fut u n Clerc t o n s u r e , re- v e t u dun surplis. Cest ce q u i est expressement m a r q u e dans les Statuts de Paris , dEudes dc Sully, b vers ian 1 2 0 0 ( ), au Concile dOxfort Tan 1 2 2 2 (°),et dans plusieurs autres. (<*) Le Concile dAix d e l a n 1 5 8 5 , v e u t que dans les Eglises q u i n o n t pas lem o y e n davoir un C l e r c , le Pretre n e dise pas laMesse sans avoir o b t e n u sur c e point une permis­ esion par ecrit de lEveque.( ) Enfm le Concile dAvi-gnon eu i 5 g 4 > ordonne q u a u c u n laique ne servela Messe que dans le besoin.(f) Voila le dernier Con­cile qui explique la Rubrique. On doit d o n e danschaque Eglise faire servir les Messes par un Clerc,si cela est possible; o u , c o m m e Ton fait en plu­s i e u r s , par de jeunes garcons sages , revetus enClercs ; e t s i Ton est oblige de s e servir dun laique,il serait d u moins a souhaiter q u o n choisit u n epersonne dont la modestie et la piete p u s s e n t i n -s p i r e r d u respect. Portant le Missel Le Clerc ne porte a present leMissel q u e n cas q u i l ne soit pas deja sur 1Autel.O n ly m e t pour les grandes M e s s e s , et la R u b r i q u ep o u r cette raison ne p r e s e n t pas au Sous-diacre d e (a) Jmbros. L.de Offlc. c, 41. (b) Nulli Clerico permittatur servire Altari , nisi in superpelliciGaut cappa clausa. Synodyc. Eccles. Paris, c.7. (c) Ut qui Altari ministrant, superpelliciis induantur. Concil.Exon. c. 10. (d) ConciU Nemavs. an. 1298. Concil. Bud. an. 1279. c 22. Sy­nod. Colon, an. 1280. Cone. Lameth. an 1330. (e) Sacerdos ne se conferat ad Altare, nisi Clericum in decentihabitu,et cum superpeilicio inundo cum manicis sibi inservientemhabuerit. Quibus vero in locis propter inopiain Clericus Jta commodehaberi non poterit, caveat ne celebret absque hujusmodi Clerico,nisi facultatem ab Episcopo inscriptis impetraverit. Cone Aqiu lit.de celebr. Miss. (f) Laicus, si fieri potest, nullo modo ministret Altari. Tit. 22.
  • 129. £ * DES P R E P l R A f l O K S fOtlR i/oFFRlR. $J le porter. Mais selon t o u s les anciens Ordres R o - b mains W et Amalaire ( ) , le Celebrant nesortait pas de la Sacristie quil n e fut precede du Livre desEvangiles, quon portait et quon accompagnait avecrespect; ce qui sobserve encore dans plusieurs Ca-tbedrales, o u le Sous-diacre decouvert le porte etle presente k baiser a u Pretre avant que de com-mencer la Messe. Le Missel de Paris (°) veut seule­ment quaux Fetes s o l e n n e l l e s , en arrivant a FAu-tel, le Sous-diacre fasse baiser le Livre au Pretre.11 seraita soubaiter quon portat toujours avec res­pect devant le Pretre ce saint Livre qui contientle pouvoir que Jesus-Christ, instituant lEucharis-lie, donna aux Pretres de celebrer la M e s s e , en leurdisant : Faites ceci e n memoire de m o i ; hoc fa­cile 3 etc. (a) Ordo Rom. I. Mus. ltal p. 8. Ordo IL p. 43 et 44. OrdoIII. p. 56. (b) L. 3. c. 5. (c) An. 1685. et 1706.
  • 130. PREMIERE PARTIE D E L A MESSE. La preparationpublique au bas de VAutel. ARTICLE PREMIER. Ce que contient celte preparation ; son origine et son antiquite. CTE ET premiere partie de la Messe contient trois choses. i . Le desir daller a lAutel avec confiance e n la bonte de Dieu. a. La confession de ses fautes. 3 . Des prieres pour en obtenir la remission , et la grace de monter a lAutel avec une entiere puretc. Ces prieres preparatoires se font au bas de lAutel, et elles ont ete souvent faites en q u e l q u e autre en- droit u n p e u e l o i g n e , parce q u e l l e s n e s o n t q u u n e preparation pour y aller. On les marquait autrefois rarement dans les Missels, et Ton nen trouve riendans les premiers Ordres Romains. Les six anciensOrdres que le Pere Mabillon a fait i m p r i m e r , nousapprennent seulement q u e lEveque, apres setrehabille dans la Sacristie, et avoir fait avertir leChoetir de chanter le Psaume de 1Introit, allaitdabord au haut du Choeur avec tous ses Officiers; 1quil sy inclinaitO ), faisait le signe de la croix surle front, donnait la paix a ses Officiers, et se tenaitq u e l q u e peu de temps en priere, jusqua ce quilfit signe au Chantre de dire le Gloria Patri; qua-lors il savancait jusquaux degres de lAutel y (a) PertransitPontifex in caput Scholrc et inclinat caput ad Al-tare, sunrens et orans. Onto Horn. L Mas. Hal. p. 8. In caput ScholtC et in gradu superiore. Ordo. //. p. 43. In tribunal Kcclesias. Onto III. p. f>0. (b) Won prolixa completa oratione... annuat Cantori ut Gloria
  • 131. PART. I . ART. X. 8g demandait pardon d e ses peches (»); q u e Tes Offi- cters, k la reserve des Acolytes et des Thuriferai- r e s , se tenaient a g e n o u x et en priere avec l u i ; et quil conttnuaita prier jusquk la repetition du ver- set de Plntroit.(b) Tous ces anciens Ordres n e detaillent point les prieres de la preparation. On ne les trouve point par ecrit dans lEglise Latine avant le ueuvieme sie­ ele , parce quon les laissait faire aux Eveques et aux Pretres, selon leur d e v o t i o n , soit seuls et en c silence t ) , soit avec les Minislres. L e s Conciles ni les Papes nont pas prescrit la forme ni les termes de ces Prieres , n o n plus q u e la place o u il fallait les faire. Les u n s les ont fakes dans u n e Chapel I e particuliere, c o m m e on les fait encore k Tours autombeau de saint Martin ; les autres au Choeur,comme a Laon et a Chartres : o u a Pentree du Sanc-tuaire, loin de PAutel, c o m m e a Soissons et a Cba-lons-sur-Marne ; dautres au cote gauche de lAutelen entrant, eest-a-dire , au cote d e lEvangile,comme aux Chartreux qui o n t tire plusieurs d eleurs usages de V i e n n e et de G r e n o b l e ; dautres denfin a la Sacristie, c o m m e a Reims.( ) Divers Eve­ques ont marque le lieu , et ont fait dresser cesPrieres preparatoires selon leur devotion : cestpourquoi elles ne peuvent pas avoir ete conguesdans les m e m e s termes , cest assez quelles soientsemblables dans le fond. On les a mises depuis leneuviemesieele dans quelques Missels, et plus com­munement dans, les Fontificaux, dans les Manuelsdicat: ipse vero ductus a Diaconibus pergat ante Altare , incHna-tisque ad orationem cunctis , stantibus Acolythis cum candelabrisettliuribulis, etc. Ord. Kp.QQ. (a) Jnclinansse Deum pro peccatis suis deprecetur. Ord. n.p.71. (b) Pontifex orat super ipsum ( oratorium, vulgo le Prie-Dieu ) 9usque ad repetitionem versus. Ord. I. p . 8. Stat semper inciinatus usque ad versum prophetalem. Ord. Il,p. 43. (c) Pontifex coneelebrat interim secreto orationem ante Altareinciinatus. Ord III. p . 56. (d) Voyez Meurier qui ecrivaiten 1585. 5crm.6. et leCiremo- tnialreimprimeen 1637.
  • 132. f)0 OREMOiVIES DE LA. MESSE. o u Ordinaires des Eglises. Cest la o u il faut cher* cher jusquau quatorzieme siecle. Ces Prieres preparatoires regardent les assistans aussi bien q u e le Pretre , et o n les dit publiquement au bas de lAutel, afin que personne nassiste a la Messe sans preparation. ARTICLE II.Commencement de la Messe -par le signe dela Croix.QUELQUE preparation quait faite le Pretre avantq u e de se revetir des habits sacerdotaux, il va re-connaitre au pied de lAutel quil est rempli de mi-seres , et quil a besoin dun secours tout particulierde D i e u , pour offrir une victime aussi pure et aussisainte que celle du Corps adorable de Jesus-ChristKotre-Seigneur. Cest avec de tels sentimens quilse tient au bas de lAutel, et quil sy prepare pourdemander la grace dy monter saintemeut. Le people Chretien, qui ordinairement ne seprepare pas en parliculier avant que de venir a laM e s s e , doit avoir a coeurde se trouver au commen­cement cle cette Preparation publique , qui lui estc o m m u n e avec le P r e t r e , et qui est si propre a luiatlirerdesgracespourparticiperau fruit du Sacrifice. HUBMQUE.Le Pretre etant deboat au has du dernier degre et y au milieu de VAutel , la tele decouverte et les mains jointes , fait le signe de la croix avec la main droite, depuis le front jusqua la poitrine> en disant dune voix intelligible : In nomine Patris et Au n o m du Pere, et daFilii et Spiritus sancti. Fils et du Saint - Esprit.Amen. Tit. III. n. i . 4» Amen.
  • 133. PART. I . ART. II. 91 REMABQUES Sur Vusage davoir la tete decouverte; sur la per- mission de porter la calotte ou la perruque; sur lesdiverses manieres de faire le signe de la Croix, et les raisons de commencer par ce signe. Le Pretre c o m m e n c e la Messe la tete decouverte,parce q u e lancien usage de IEglise est que leshommes prient la tete nue. Saint Paid Tavait ainsi arecommande ( ); et le Concile de R o m e , ou presi-dait le Pape Zacharie en 7 4 3 , fait entendre que cetusage devait sobserver absolument a la Messe, lors-quil defend sous peine dexcommunication a lEve-que, au Pretre et au D i a c r e , classister a lAulel latete couverte.O) 11 ny a q u e le besoin qui ait p nfaire permettre par les Papes et par les Eveques deporter la calotte pendant la Messe; et cette permis­sion excepte le temps d u Canon jusqua la fin de la cCommunion.( ) (a) 1. Cor. XT. (b) Nullus Episcopus, Presbyter, ant "Diaconus ad solemnia Mis-sarumcelebranda prsesumat cum baculo introire, aut velato capiteAltario Dei assistere : quoniam et Apostolus prohibet viros velatocapite orare in Ecclesia : et qui temerc prsesumpserit, communionepnvetur. Cone. torn. 6. col. 1549. et (list. 1. art. 2. de consecrat.cap. Nullus. (c) La dispense pour porter la perruque a TAutel , est encoreplusnecessaire, plusdanjiereuse, et devrait par consequent etre plusrare, non-seulement parce quelle se donne pour tout le temps dela Messe, mais encore parce que cette permission ne doit £tredemandee que pour de notables incommodites, ni etre accordeepar ceux qui en ontle droit, quavec dejustes conditions contre la nlongueur, Iesfrisur s, la couleur, et Tair seculier, afin que parcette nouvelle invention, on ne viole pas entierement les regiesprescrites par les Canons touchant la modestie dans les cheveux. Ily a peu de personnes qui ne conviennent quil y aurait moins demal davoir pendant toute la Messe une calotte pour remedier a desincommodites certaines, qua porter une perruque , quon a sou-vent lieu de r^arder comme une marque ae mondanite. Cest sansdoute pour eviter la difiiculte de discerner ce qui est necessairedavec ce qui est mondain, que les Chapitres de* plusieurs Cathe-drales de France ont resolu dc ne permettre ni au Pretre , ni auDiacre ni au Sous-diacre, dofficier avec ia perruque a lAutel duChocur, quand mime ils en auraient la permission des Evlques.On peut voir, dans M. Thiers, les Statuts, les disputes, et les juge-
  • 134. f)2 O&fttiMONlES DH hk MESSE. a. Le Pretre tient les mains jointes, et il est tou­jours dans cette posture peudantla Messe, lorsquil n e se sert pas de ses mains pour quelque a c t i o n ,o u quil ne les eleve pas pour faire quelque priere.L e Pape Nicolas I , dit quil est tres-convenable pen­dant la priere de se Iier, pour ainsi dire, les mains devant D i e u , et de se tenir en sa presence commedes personnes prepareesau s u p p l i c e , pour eviter dyetre condamne ainsi que le sont les m e d i a n s dansla parabole de PEvangile.M 3. Le Pretre fait le signe de la Croix avec lamain droite, parce q u e cest la main dont on agit bordinairement , et quon 1a toujours fait ainsi.( ) 11 le fait depuis le front jtisqua la jwitrine, et ilreunit par la toutes les manieres dont on a fait cesigne sacre. Les anciens Ordres Romains marquent cquon le faisait sur le front.( ) Cela sest pratiqueassez c o m m u n e m e n t et se pratique encore quel-quefois ; mais on Pa fait aussi, tantot sur la bou-c h e , et tantot sur le coeur. Or en le faisant de­puis le front jusqua la p o i t r i n e , n o u s le faisonsen m e m e temps sur le f r o n t , sur Ja bouclie et surle cceur. Apres avoir porte la main a la p o i t r i n e , le Pretremens qui ont ete rendussur cet article, c. 18, 19 el 28 de TJIistoiredes perruques , a Paris 1000. Lamour de lanciennft discipline a porte le Pape a etre plus ri-goureux sur ce point que ne Tout ete les Chapitres, car ii a faitaflicher dans toutes les Sacristies de Rome lOrdonnanee suivante:Gaspard, etc. Sa Sainte.te. voulanl faire cesser rin convenientquon observe dans les Sacristies el dans les fry ftses, par rapportaux Pretres qui portent la perruque, ordonne au liecfeur, Sa-crisiain et autre Offtcier de cette Kqlise , de ne point laisser ce-lebrer la sainte Messe , ni exerccr ducune fond ion ecclexiasfiqueaxtx Pretres qui portent la perruque , quoiqnils ia quitlenl dansla Sacristie , ou quits y soienl vcnits sans fa voir prise; et celasous peine de privation de leur office, on de prison, a noirechoix. Le 30 septembre 1702, Gaspard, Card. lie. AujourdIiuiau Diocese dAvignon , qui est des Etats du Pape, on se contentcde faire quitter la perruque dans la Sacristie avant que de dire laMesse. (a) Respons. adConsidt. Bulg. (b) Justin, quwst. 118. (c) faciens crucem in fronte sua. Ord. Rom. J et 11. Mas. llaLp. S et 43.
  • 135. PART. I. ART* If, g3 laporte a lepaule gauche. Les Grecs la p o r t e n t k la clroite, e t les Latins le faisaient autrefois plus communement a i n s i , selon le ternoignage dluno- a cent III ( ), qui croit neanmoins quil est plus na­ ture! et plus aise de porter la main au cote gauche avant q u e de la porter au cote droit. On en use constamment ainsi en benissant quelques person- nes, ou toute autre chose : car apres avoir fait la premiere l i g n e d e la Croix , n o u s faisons la seconde enporlant la main de notre gauche a notre droite. II y a aussi diverses manieres de tenir les doigts en faisant le signe d e la Croix. O n nen a c o m m u ­ nement leve q u e trois , a cause d u nombre des b trois divines Personnes.( ) Les Grecs joignent lc pouceau quatrieme d o i g t , pour tenir les trois a u ­ tres eleves.fc) Parmi les Latins, la c o u t u m e delever les trois premiers doigts , en tenant les deux autresplies, a dure fort l o n g - t e m p s : elle estexpressementrecommandee par Leon IV en 847; et elle sest c o n -servee parmi les Chartreux et les Jacobins. Mais lagene quon sent a tenir les d e u x derniers doigtsplies , a determine presque tout l e m o n d e a eten-dre la main et les d o i g t s . M H f a u t s u i v r e e n ce pointIusage p r e s e n t , et louer ce quil y a dedifiant dansles c o u t u m e s un p e u differentes quon trouve e ndes p a y s , o u e n des temps eloignes d u notre. EnfinlePretre c o m m e n c e la Messe par le signe de la Croix,comme il convient aux Chretiens de c o m m e n c e rtoutes les grandes actions , et sur tout le sacrifice. e Tertullien ( ) , saint Cyprien (0 et plusieurs au- (a) Mist. MisstB I 2. c. 45. (b) Honorius ingemnu animx Innocent. III. I. 5. MysUc.33. (c) Voyez Hierotexicon Maori et Genebrard sur la Liturgie*p. 81. (d) Les Rubriques du Missel de Treves de Tan 1585, dresseesapres celles du saint Pape Pie V, marquentque le Prfltre etendratous les doigts en faisant le signe de la Croix sur soi, et quil nenetendra que trois en benissant quelque autre chose. (e) Ad vestitum, etc. frontem crucis signaculo terimus. Tertull.coron. mil. c. 3. et lib. 2. ad uxor* (0 Cyp. epist. 58-
  • 136. <)4 CEREMONIES DE LA. MESSE. a tres anciens Peres ( ) nous apprennent q u e les CHRE­ tiens faisaient autrefois le signe de la Croix au com­ m e n c e m e n t de toutes leurs actions, s o i t s u r le front, soit sur l a b o u c h e , soit sur le coeur, o u sur les bras, pour invoquer par la croix le secours de Dieu dans tous leurs besoins. Ce signe se fait au nom du Pere, du F i l s , et du Saint-Esprit, cest-a-dire, de la part, e t par le pouvoir des trois divines personnes , qui veulent que par la croix nous les invoquions avec confiance. Outre ces vues generates, le Pretre c o m m e n c e la Messe par le signe de la C r o i x , parce quil doit avoir en vue de renotiveler la memoire de la mort de Jesus-Christ, et il dit en m e m e temps : In no- mine Patris, et Filii, et Spiritus sancti : Au n o m1 du P e r e , e t d u Fils, et d u Saint-Esprit, p o u r mar- quer quil renouvelle la m e m o i r e du Sacrifice de Jesus-Christ en Phonueur de la tres-sainte Trinite. Le Pretre ct le peuple Chretien o n t etc consa- cres par le Bapteme aux trois divines P e r s o n n e s ; au Pere qui les a adoptes pour ses enfans; au Fils cn qui ils out ete adoptes; au Saint-Esprit par qui ils ont etc adoptes en recevant une nouvelle nais- b sance.( ) Et cette adoption d o n n e droit aux Fideles dapprocher des saints M y s t e r e s , et doffrir avec le Pretre le saint Sacrifice au n o m des trois divines Personnes : au nom du Pere qui leur a donne son Fils pour etre sacrifie; au n o m du Fils qui scst donne pour etre i m m o l e ; au nom du Saint-Esprit c par lequel il sest offert.( ) Soffrir par le Saint-Es­ p r i t , cest soffrir par 1 esprit de charite et damour. (a) Ad omnem actum, ad omnem incessum manus pingat cru- ccm. Ilieron. epist. ad Eustoch* Cum os stomachumque signaret. Idem ibid. In tronte , ut semper confiteamur: in corde , ut semper dtligamus : stgnaculum in brachio, ut semper operemur. Ambros. I. de Isaac et anima, c. 8, Basil. deSpir. sancto. CyrilL Hier* Chrysost. etc. (b) Renatus ex aqua et Spiritu sancto. Joan. III. 5. (c) Qui per Spiritum sanctum semeupsum obtulit immaculatum. Ilebr. ix. 14.
  • 137. PART. I . ART. Ill 95 ARTICLE HLDerAntiennelntroiboetduPsaumeJudicarneDeus. R BI U. UB E QApres que le Pretre a fait le signe de la Croix, il dit dune voix intelligible VAntienne : Jentreraijusquesa lAu- Introibo ad Altaretel de Dieu. Dei.Celuiqui sert la Messe etant a genoux au cote gau­ che du Pretre, un peu au-dessous; eta la Messe solennelle les Ministres se tenant debout a ses cdtes9 poursuwent; Jusqua Dieu meme qui Ad Deum qui Iceti-remplitde joie ma jeunesse. ficatjuventutem mearn. %On dit de meme alternatwement le Psaume Judica me Deus, et on ne tomet jamais quaux Messes des Morts , et au temps de la Passion. Rubr. tit. III. n. 6. RemahquesSur la posture et la fonction de ceux qui servent la Messe ; sur Vorigine de VAntienne. Depuis quel temps on ditle Judica; et dou vientquon Tomet aux Messes des Morts. 1. Celui qui sert la Messe doit se tenir a genoux,un peu derriere le Pretre, afin que son humilite,son recueillement et sa devotion le disposent a par-ticiper au fruit du Sacrifice, tandis que le Pretrese prepare A Foffrir. Cest pour ce sujet quele pre­mier Concile de Milan, sous saint Charles en I 5 6 5 ,veut quavant que de commencer la Messe les Mi­nistres aient allume les cierges, place le Missel,prepare les burettes et tout ce qui est necessaire
  • 138. 96 C^R&tfCWIES BE tk MESSE.a la Messe; et defend absolument au Pretre decommencer le Confiieor, que toutes choses ne asoient a leur place.( ) Le second Concile de Treves b cen 15^9 l ) , et celui de Narbonne en 1609 ( ) re-commandent aussi au Ministre du Pretre de sap-pliquer avec beaucoup de piele a cette preparation,et lui defender)t dallumer les cierges pendant cetemps-la , et de vaquer a tout ce qui doit etreprepare auparavant et qui pourrait alors le dis-traire. 2. Le Pretre dit V Julienne INTROIBO. Antiennevient du mot grec Antiphone , qui signifie un chantreciproque et alternatif. 11 est certain que du moinsdepuis le quatrieme sieele on conserve dans PEgliseGrecque et La tine la coutume de chanter ou reci­ter des Psaumes alternativement a deux choeurs.On a pris ordinairementdu Psaume meme un ver-set pour le faire dire avant et apres, ou meme pourle faire r^peter plusieurs fois par un choeur a me-sure que Pautre choeur chantait ou recitait les au­tres versets du Psaume. On choisit communementle versetdu Psaume qui est le plus convenable au su­jet quon a en vue. Et il ny en a point dans le PsaumeJtutica , qui convienne mieux a lentree du Pretrea PAutel que le verset Introibo; cest pourquoi onle dit en Antienne avant et apres le Psaume. 3. / / le dit dune voix intelligible ; parce que lesMinistres qui sont autour du Pretre doivent lui re-pondre, et dire lAntienne et le Psaume alternati­vement avec lui. Les autres assistans qui ne sontpas loin de lAutel, doivent repondre de meme.LOrdre Romain du quatorzieme sieele le mar- fa) Condi L MedloL tit 5. (b) Ministri nequaquam dent operam accendendisluminariis, antaliis rebus mentem avocantibus sed adsint Sacerdoti confessionempersequentes, et pro se invicem Ecclesisc nomine orantes. Cone.Trevir* II. n. 8. Cone. torn. 14. col. 712. (c) Quamobrem dum hasc fiunt non sit Minister accendendis lu*Tninanis, aut aliis mentem avocantibus, quaeprius facta oportuit Jintentus* Cone. Narbon.
  • 139. PART. I. ART. III.queW; et plusieurs personnes qui ont souventassiste a la Messe q u e le Pape dit o u e n t e n d , assu-rent que cela sobserve toujours ainsi. Les Prelatsettous les autres assistans repondent. Il suit de-laquele Pretre et tous ceux qui r e p o n d e n t , doiventprononcer les prieres p o s e m e n t , afin quils senten-dent , et quils ne se p r e v i e n n e n t pas les uns lesautres. [. Le verset Tntroibo, et le Psaume Judica s e tli-sent a la Messe depuis b e a u c o u p plus l o n g - t e m p sque quelqucs Savans n e Pont cru. Le verset se d i -saitdans les EglisesdEspagne immediatementavantla Preface , c o m m e o n le voit dans le Missel Moza-rabe , quon croit etre du temps de saint Isidore, bvers Tan 6 0 0 ( ), et Ton trouve depuis plus de 800ans le verset et le Psaume entier marques pour lecommencement de la Messe dans plusieurs manus-crits des Eglises de France , dAllemagne et dAn-gletcrre. O n le voit dans le Pontifical de saint Pru­ cdence, E v e q u e d c T r o y e s , l a n 8 4 o ( ); dans la Messecrilliric; clans le Sacramentaire de Treves ecrit au ddixieme siecle ( ) , et qui a servi au douzieme aIEglise de V e r d u n , dans un Sacramentaire donneen io36 par Ilimbert Eveque de Paris a Hali-nartl , Abbe de saint Benigne de Dijon et Archeve-ftue de Lyon ; dans t i n Missel de la Bibliothequetin Roi, ecrit lan 1 0 6 0 ; dans u n Sacramentaire de eSeez en i o 3 i ( ) et dans un Pontifical de la m e m e fEglise , ecrit vers lan i o / | 5 ( ), ou Ton voit que lE-voqne allant a lAutel, apres avoir donne le baiserde paix aux Pretres et aux D i a c r e s , commence leverset Introibo suivi du Judica. Ce Psaume est mar- fa) Respondctur: ad Deum... Papa incipit Psal. Judica , et com*plftur tamper eum quam per adstantes. Ord. Rom* XIF. 11.11.p.m. ( ) Append. adhUurg. Gallic, p. 447. B ( ) Martenne. torn. I.p. 528. C (il) Ex Bibliot. Oral. Paris. ?i.936. (e) Menard, append. adSacram. p. 267. (0 Pontif. ms. Bibl. reg. n. 38C6. 7
  • 140. j 98 C^MOfflES DE LA. MESSE. q u e pour etre dit au bas de lAutel dans deux Mis­ sels a Angleterre, Tun ecrit vers lan 1 0 0 0 , et Pau- a tre un peu apres Pan i3oo.( ) A 1egard de IEglise de R o m e , Vlntroibo et le Judica sont marques dans deux Sacramentaires dAlbi, sous le litre de Sacramentaire de saint Gre-goire et dOrdre quon garde dans VEglise Catho- b lique ( ) , ecrits au onzieme siecle , et dans 1Or- dinaire du Mont-Cassin ecrit vers la fin du memesiecle. Le Microloguc vers lan 1 0 9 0 , dit aussiq u e le Pretre etant babillc va a lAutel en disant cIntroibo ( ); et !e Pape Innocent III , avant lan 1200 nous fait entendre que le Pretre ne disaitl e Cow/ftcorquapres avoir dit au bas meme de lAu­tel le Psaume Judica, qui convient a celui qui sou-haite d y monter dignement. Depuis ce temps-la,ceux qui ont suivi le Hit Romain Font dit de meme.D u r a n d , au trcizicmc siecle, croyaitla coutume dereciter a la Messe ce Psaume si ancienne , quil Pat- ctribuait au Pape Celcslin.( ) Quelques-uns nean-m o i n s pensaient quil netait que de devotion , etPomettaient. Cest ce qui a fait remarquer dans laRubrique du Missel du saint Pape Pie V , quil nefallait pas Pomcttre. Cette Rubrique nexecptc que les Messes desM o r t s , et celles du temps de la Passion. On voitm e m e dans Paris de Crassisquavant Pie V , o n re- fa) Le premier est a VVbbnve de .lumiejzp; et te second , qui estniagnifique, est dans la Bibliotheque de M. Foucault, ConseillerdEtat. (b) In primis dum injrredilur Sacerdos Altare, dicit Introibo,P&uL Judica me etc Sacrum. Aibiense ms. Ad celebrandamMissam dicatAnt. Introibo , etc. Alind Alb.ms. (c) Paratus autem venit ad Altare, dicens Ant. Introibo ad AUtare Dei, Psal. Judica me Dens, etc. MicroL c. 23. (d) Pontifex ad Altare perveniens, ;et ad seipsum revertens; an-tequam ordiatur sacrum Offieium , de peceatis suis cum astantibusconfitetur, Psalmum ilium pramrittens, qui manifeste per totumsibiad boo di^noscitur pertinere et convenire : Judica me Dens, ete.ut discretus a gente non sancta, et ab bomine liberatus iniquo, adAltare Dei digrius introeat. Wjster. Miss. L 2. c. 13. (e) Ration. L 4. c. 7.
  • 141. PART. I. ART. III. 99citait le Psaume Judica aux Messes des Morts, aveccette difference quau l i e u d u Gloria Patrion disait aRequiem ceternam. ( ) On a j u g e a propos de ne pasdire c e Psaume aux Messes d e s Morts e t au temps<!c la Passion, a cause de ces paroles : 0 mon dme,pourquoi eies-vous triste ? quare trislis es , anima bmea ? ( ) Ces paroles doivent bannir toute tristesse fau lien que les Ceremonies lugubres de lOffice desMorts e t du temps de la Passion Pinspirent. Mais aces Messes-la memes on note pas au Pretre la con­solation interieure quil espere d e trouver a lAu­tel, et il dit toujours p o u r c e s u j e t : J* entrerai jx$~quit V Autel de Dieu quirejouit ma jeunesse. y§. i . D ou est vena Tusage de dire le verset INTROIBO, et quel sens Tancienne Eglise lui a donne. Lancienne E g l i s e , selon l e temoignage de saint cAmbroise l ) , n o u s a marque l e sens d e ces paroles,en les mettaut dans la b o u c h e d e ceux qui venaientde rccevoir le Bapteme et la Confirmation, et q u iallaient des Fonts Baptismaux a lAutel, pour par-ticipcra la divine Eucharistie avec toute la confianceque donnait la grace de la regeneration. Ce peu-ple lave, dit saint Ambroise, enrichides ornemensde la grace va a VAutel de Jesus-Christ, en di- 9 (a) Psalmo finite, videlicet Judica me Deus, qui dicitur in con-fossione, non concluditur cum Gloria Patri, sed cum Requiemxtrrnam. Paris deCrassis de Cerem. Card, et Episc. lib. 2.C.39. <b) On ne trouve pas quelle autre raison on aurait eue de ne pasdire re Psaume. On aurait bien pu romettre au Dimanche de laPassion, a cause que lltitroit de ce Dimanche est compost de deuxoti trois versets du Judica. Mais cette raison ne convient plus auxjours suivans , auxquels tous les Introits sont differens. Ainsi il y aplus lieu de croire quon na pas voulu sexciter a ta joie dans lesMtws des Morts, ou du temps de la Passion, dont le seul appa-reif inspire de la tristesse. LEglise veritabiement a place le PsaumeJudica dans i un des Ofiices desTenebres; mais ce nest qua Lau-des du Samedi saint, apres avoir indique le inystere de la Resur­rection , et chante lAntienne: O mors ero mors tm, 6 mors. Orquand on a en vue les fruits de la Passion, et quon toucbe de sipres a la joie de la Resurrection, on a bien raison de dire: 0 monume pourquoi ites-vous triste? (c) Lib. de Us qui iniiiantur. c. v i n . 7-
  • 142. IOO C E R E M O N I E S Du LA MESSE. sunt : Et fentreraia VAutel de Dieu,firaia Dieu qui rejouit ma jeunesse^) Rien ne convenait xnieux u ces nouveaux baptises q u e ces paroles, l i s allaient a PAutcl o i l Dieu reside, persuades quils entre- raient en Dieu meme ; Introibo ad Deum ; eest-a- d i r c , dans des communications singulieres avec D i e u , par la c o m m u n i o n d u corps e t d u sang de Jesus-Christ. l i s etaient devant D i e u , c o m m e la plus innocentejeuuesse , c o m m e des enfans n o u v e l l e m e n t n e s ,sans p e c h e , sans m a l i c e ; c t s e trouvant tout occu-p e s d u d o n inestimable quils avaient tant desire,ils n e pouvaient aller a Autel sans etre combles de joie : qui laitijicat juventutein meant. Lapplication de ce verset est exposee dans le m e m e sens par Iancien Auteur d u Traite des Sa-cremens , attribue a saint Ambroise.OO D e p u i s plusieurs siecles lEglise m e t ces memes paroles dans la bouche du Pretre e t du p e u p l e , quiv e u l e n t sapprocher de PAutel : mais parce q u i l ss>e trouvent remplis dimpcrfections a u - d e d a n s , e te x p o s e s a u - d e h o r s a plusieurs occasions de chute,elle leur fait dire le Psaume entier Judica me Deus ydou ce verset est tire : parce quil exprime les sen-t i m e n s de confiance et de crainte qui conviennenta leur etat.§. 2. De VAuteur > du sujet , et du sens Htteral da Psaume JUDICA MJE DEVS. Ce Psaume est sans titre dans PHebreu et dansJes Septante : et c e serait voidoir deviner q u e dedire avec quelques A u t e u r s , quil a etc fait par (a) His abluta plebs dives insignibus , ad Christ! contendit Alta­ian , dicens .- Et introibo ad Altare Dei, ad Deum qui l&tiilcat ju­ventutein ineam. Idem ibid* (b) Veniebas desiderans ad Altare, quo acciperes Sacramentum.Dket auima tua : Introibo ad Altare Dei, ad Deum qui lcetiticatjuventutein mean). Deposuisti peccatorum senectutem , suscepistiJL>ratia,juvcnLutem. Hasc prastiterunt tibi Sacramenta ccelestia. Am*bros. deSacrain. L 4. t 2.
  • 143. PART. f. ART. I I I . 101 David lorsque Saiil le persecutait. Il parait simple- ment quil a ete compos6par u n e personne qui crai- gnait les ennemis de son a m e , et qui voulait met- tre toute sa gloire a sapprocher des lieux saints. Voyons le sens de ce Psaume par rapport a 1Israe- Jite, pour qui il a ete dabord fait ; et comment il convient aussi aux C h r e t i e n s , q u i le recitent au commencement de la Ptfesse. Le sens q u e le Chretien lui d o n n e selon 1esprit de 1Eglise, n e doit rien changer au sens litteral qui convient a llsraelite. Mais c o m m e les connaissan- ces du Chretien sont plus e t e n d u e s , il doit aller plus loin , et attoindre a la verite o u le Prophete voulait conduire les intelligens, tandis que llsrae­ lite rnoiris intelligent sarretait aux figures. Commcncons pur 1explication qui convient l i t - teralementa llsraelite. JUDICA ME DF.TJS, etc. Jugez-moi, Seigneur, etc.Llsraelite attaque et condarnnepar les payeris, quimeprisaient la distinction dans laquelle il voulaitvivre, et se considerant c o m m e membre de la Na­tion sainte , qui settle adorait le vrai D i e u , lui de-mande detre juge ; q u e sa cause demeure separee ade la nation qui nest pas sainte ( ) ; et quil soitdelivre de Thomme mechant et t r o m p e u r , qui parses iniquites et ses ruses cherche a le perdre. Quia tu es , Deus, fortitudo mea : quare me re-pulisti? Comme llsraelite ne metsa confiance quen Dieu , il se plaint de ce quil le laisse parmi sesennemis : il se rassure neanmoins sur la protectionquil attend , et qui lui viendra de lAutel. Emittehtcetn tuam : faites luire sur moi votre lurniere etvoire verite. La lurniere qui eclairait llsraelite,etait la connaissance dun seul Dieu , qui lui faisaitdctester le culte des idoies. Et veritatem tuam : et la verite etait la certitudequil avait q u e D i e u voulait etre h o n o r e d e la m a -tiiere qui etait prescrite dans 1Ecriture. (a) Et discerne causatn meam de gente non sancta.
  • 144. 102 CERKM0NIKS BE LA. MESSE. Ipsa me deduxerunt. Cette connaissance et cette persuasion mont souvent c o n d u i t , in montem sam turn tuum, a votre rnontagne sainte , a la monta* gne de Moria , ou Abraham avait immole son fils Isaac et o u ensuite le Temple a ete bati. Et in Ta- hernacula tua : eest-a-dire , anx Tentes sous les- quelles etaient PArche et 1Oracle de Dieu. Et introibo ad Altare Dei. LIsraelile entendaitpar lAutel de D i e u , PAutel du Mont de Sion , 011Ton immolait des victimes a D i e u ; et allant a cetAutel , il allait a Dieu m e m e : parce que cetait lAu­tel ou D i e u donnait des marques de sa presence.Ad Deum qui ketificat juventutem meam : a Dieuqui rejouit ma jeunesse. Cela saccomplissait a lalettre. Ceux en effet qui allaient a la sainte Mon-tagne , se trouvaient c o m m e rajeunis , et remplisdune joie si s e n s i b l e , q u e le Prophete Isaie vou-lant donner un exemple dune grande joie , dit quonaura autant de joie quen a celui qui au son deshautbois savance vers laMontagne sainte , a u Tem­ple du Fort dIsrael.W Voila ce quil y a de particu­lier dans ce Psaume a legard de 1Israelite. Voyonspresentement comme tout le Psarirne c o n v i c n t auxChretiens qui le disent au bas de lAutel.§. 3. Explication du Psaume J u l i c i m e D e u s , etc. par rapport aux Chretiens et a leurs Eglises. Judira me , Deus , J u g e z - m o i , m o n Dieu,et discerne causam ct faites le discernementdemeam de gente non ma cause dVwec la nationsancta ab liornine ini~ qui nest pas sainte : deli-q„o et doloso erue me. vrez-mci de Phomme in- jusle et trompeur. J t r n r c A . Un jugement suppose u n e contestation. bLe Chretien en a une facheuse avec le d e m o n ( ), Aavec le m o n d e , et avec I u i - m m e 11 est veritable- (a) Canticum erit et Irctitia cordis, sicut qui pergit cum tibia admontem Domini, ad fortem Israel. I sake. 21).^ (I)) Accusator die ac nocte. Jpoc. n . 10.
  • 145. PAItT. I. ART. in. io3 ament de la face choisie > el de la nation sainte ( ) ;et se trouvant attaque et meprise par les i m p t e s , ilrepresente a Dieu quil nest pas hai , parce quilest pecheur et quil 1offense; mais que cest aucontraire a cause quil a Phonneur de lui rendrepubliquement le culte quil exige de nous. Judicame Deus : j u g e z , Seigneur, de m o n etat et consi- yderezque ma cause est la voire. ET DISCERNE CAUSAM TUEAM DE GENTE NON SANCTA:Et faites que je ne me trouve pas confondu avecceux qui ne vivent pas selon PEvangile. Montrez,Seigneur, par la protection dont vous me favorisez,quelle difference ily a entre ceux qui vous ser>ent,et ceux qui ne VQLIS servent pas.i ) h AB HOMTNE INIQTJO ET DOLOSO EUUE ME : Retirez-moi du commerce de ces h o m m e s injustes et sc-ducteurs qui peuvent perdre mon a m e , delivrez-moi aussi de cet h o m m e charnel que la concupis­cence fait vivre en moi , qui m e porte au m a l , etqui me le deguise par des illusions continuelles. Puisque vous etes ma Quia tu es Deus,force , 6 mon Dieu ! pour- fortitudo mea : quarequoimavez-vous repousse? me repulisti, et quareet pourquoi me vois-je re- irisiis incedo, dum of-duita marcher clans la tris- fligit me iuimicus?tesse , pendant que monennemi mafflijje? L a m e fklele se voyantexposee a tant dennemis,sen plaint a Dieu : Comme je nai dautre ressourcequen v o u s , 6 Seigneur! pourquoi mavez-vous li­vre au demon , au m o n d e , et a mes passions ? Pour-quo? faut-il que je marche dans Fagitation et dansle trouble , expose a leurs attaques? Faites Iuire sur moi vo- Entitle lucem tuam 9tre lumiereet votre verite: et veritatem tuam :elles me conduiront et me ipsa me deduxerunt et (a) 1. Petr* TT. 9. (I)) Quid sit inter servientem Deo, et non servientem ei. Malac.III. i s .
  • 146. I()4 CEREMONIES DE LA HESSE.udduxerunt in mon- fcront arriver k v o t r e mon-tern sanctum tuum, et tagne sainte e t a v o s ta- ?in tabernacula tua. bernacles. L e Chretien se rassure dans le m o m e n t , per­ suade quil est sous la protection de D i e u q u i ne Pabandonnera pas : Dieu est mon protecteur, qui a pourrais-je craindre ( ) ? II na besoin q u e daper- cevoir la divine lumiere qui le conduira a PAutel, c l o u lui viendra toute la joie , toute la consolation c t toute la force d o n t il a besoin. EMITTE LUCEM TUAM. Par les lumieres de Dieules Chretiens entendent les connaissances q u e Jesus- Christ n o u s est v e u u d o n n e r sur la terre; la con- naissance distincte des trois divines p e r s o n n c s , etde lui m e m e qui a ete fait pour etre notre sagesseet notre redemption. VEIUTATERI TUAM. Par la verite de D i e u n o u s en-t e n d o n s aussi Jesus-Christ, qui est la V e r i t e , quet o u t Pancien Testament armoncait p a r des signes etd e s figures, e t qui est encore cache sous divers si­gnes q u e la Religion presente a nos y e u x ; car nosy e u x napcr^oivent q u e des figures s e n s i b l e s ; et laFoi n o u s fait apercevoir Jesus-Christ present sousces signes ; tantot par s o n operation , c o m m e aul i a p t e m e ; et tantot par u n e presence reelle et cor-p o r c l l e , c o m m e dans PEucharistie. Voila ce q u e lesChretiens entendent par la lumiere et la vgrite. Etc o m m e tous les dons viennent den baut du Peredes l u m i e r e s , et q u e le Sage demandait q u e Dieu blui envoyat la sagesse d u baut d e s cieux l ) ; nousdisons a Dieu avec le Prophele : Emitte, envoyezd u Ciel dans nos esprits et dans nos coeurs lesconnaissances que Jesus-Christ est venu develop-p e r sur la terre , et qui n o u s le Ieront apercevoirlui-meme c o m m e la Verite dans les signes q u e lalleligion nous presente. W Doininus illuminatio mea et salus m e a , quem timebo?P&tdm. x x v i . Duminus protector vitae mea;, a quo trepidabo ? Ibid. (bj Sup. ix»
  • 147. PART. r. ART. nr. i<n Ces connaissances et ces verites mont c o n d u i t , me deduxerunt, mont servi de g u i d e , et adduxe- runt, et mont fait arriver a la montagne sainte , in Montem sanctum tuum : n o n a u n e m o n t a g n e ter- restre dune hauteur sensible et palpable , mais a fliglise sainte , cette m o n t a g n e qui seleve jus- qnaux c i e u x , la cite du Dieu vivant , selon Pex- a pression de saint Paul ( ) ; le vrai Mont de Sion , qui ncus fait c o m m u n i q u e r avec des milliers dAn- ges, avec lassemblee des premiers nes ecrits au Ciel, avec les esprits des Justes , avec Dieu le Juge dc tous , avec le Mediateur du nouveau Testament, Jesus, dont le sang parle plus availtageusementque celui dAbel. Voila quelle est la montagne sainte des Chretiens. ET IN T/BERNACULA TUA , et a vos Tabernacles ;cest-a-dire , dans vos Temples , o u le corps de Je­sus-Christ reside. Mais dou vient que n o u s clisons, mont c o n d u i t ,me deduxerunt , et non pas m e c o n d u i r o n t , mededucent ? Cest q u e la certitude de Pevcnementfait souvent prendre le passe pour le futur. On peut.aussi dire, me conduiront. Et en effet saint Jeromea traduit les mots hebreux qui repondent a de*duxerunt et adduxerunt par ceux-ci, ipsa mz de"ducent et introducent : parce que nous esperons^que ces connaissances et ces veriles nous serviront-de guide sur la terre;. et nous introduiront n o n -seulernent a la montagne sainte et au Tabernacledici-bas, mais a la sainte montagne par excellence, bqui est le C i e l , represents par nos Eglises l ) , etaux Tabernacles eternels, dont n o s Temples et uostabernacles ne sont encore q u e des figures. (a) Non enim accessistis ad tractabilem montem; sed accesslstisad Sion montem , civitatem Dei viventis , Jerusalem ccclestem, etnmltorum millium Ahgelorum frequentiam, et Ecclesiam primiti-vorum qui conscripti sunt in coeiis , et judicem omnium Deum, etSpiritus Sanctorum perfeciorum , et Testamenti novi MediatoremJesum , et sanguinis aspersionem melius loqueatem quam Abel. (b) PsaL x i v et x u i .
  • 148. IDS ClSBl2ttO*rifiS D£ LA. ItESSE. Et introiho ad AU Etjentrerai jusqua PAu-tare Dei, ad Deum qui tel de Dieu , jusqua DieuIcetificat juvcntutem meme qui rejouit ma jeu-meam. nesse. Avec cette lurniere les Chretiens se proposentdaller a VAutel de Dieu , a cet Autel visible den o s E g l i s e s , sur lequel on immole la victime di­v i n e ; allant a cet Autel ils vont a D i e u . An DEUM, a Dieu m e m e , aux trois divines Per*s o n n e s un seul Dieu. Qui LJETIFICAT JUVENTUTEM ME A , qui y rejouitma jeunesse en renouvelant ia vigueur quil a don-n e e a m o n ame. Lame perd tous les jours ses forces en manquantde fidelite aux graces r e c u e s ; 1amour des creatu­res lui fait contracter d e s taches et des rides; ellevieillit, pour ainsi dire etsaffaiblit, il faut q u e Dieu ala renouvelle ( ), la rajeunisse et lui rende la joieq u e la v u e de ses faiblesscs lui avait fait perdre; ilfaut qifelle vienne cbercber des forces a Iarbre dev i e , q u i se conserve au milieu de PEglise notreParadis tcrrestre, q u e l l e participe au Festin sacrepour sy nourrir, et q u e celebrant la memoire des !)Mysteres de Jesus-Christ ( ) , elle se remplisse degrace, et recoive un gage de la gloire future, commechante 1Eglise. Ainsi le Fidele, b i e n instruit q u e cest par Jesus-Christ quil est renouvele , et quil trouve la vraiej o i e , na pas simplement en vue lAutel materiel,lorsquil d i t , et introibo ad Allure; mais il sclevejusquau sublime Autel en la presence de la Majesb?d i v i n e , jusqua la source de notre sanctification, aIa personne du Vcrbe , qui est le vrai et TuniqueAutel qui soutient et sanctifie 1humanite de Jesus-Christ destinee a etre la victime. Le Chretien intelligent dit done a D i e u : En- (a) Renovabitur ut aquilac juventus tun. Psafm. e n . (b) Mens impletur gratia, et future; gloria) nobis pignus datur.
  • 149. #A*f. i* AhT. TTI. 107 voyez-moi du Ciel cette l u m i e r e et cette verite, qui sous des signes sensibles m e decouvriront ce qui se passe de grand dans les lieux o u vous residez :jentrerai a IAutel, je ipunirai a Jesus-Christ, quiest Dieu , qui est en m e m e temps 1Aulel,le Pretre aet la victime ; et c o m b l e de joie je mecrierai ( ) : Que vos Tabernacles sont aimables , 6 Dieu , quifaites de si grandes merveillts! mon dme languit etse consume du desir dapprocher de votre Mutelymon cceur et ma chair tressuillent de joie de pou-voir se presenter d Dieu qui nous donne la vie :rien nest comparable a vos Autels, 6 mon Sauveuret mon Dieu! 0 D i e u , 6 mon D i e u , je Confitebor tibi in ci-vous louerai s u r la h a r p e ! thara 9Deus , Deusct vous m o n a m e , p o u r - mens : quare tristis esquoi e t e s - v o u s triste ? et anima mea et quare ypourquoi m e troublez - conturbas me ?vous ? CONFITEBOR• Le m o t confileri signifie quelquefoislouer o u rendre gloire , et quelquefois saccuser d eses fautes , ainsi q u e saint Augustin le dit e n phi* bsicursendroits.l ) II se prend ici pour l o u a n g e d a n s cle sens q u e Jesus-Christ disait ( ) : Confitebor tibiPater; je vous loue , 6 m o n P e r e , Seigneur d uCiel et de la Terre. Confitebor tibi, je vous confes-serai, je vous louerai avec les plus vives marquesde joie et de reconnaissance. Iiv CITHARA. Celui qui est plein dune joie quivient de D i e u , chante volontiers les louanges divi­nes sur les instrumens dont il sait se servir; et sansjnstrumens les Chretiens les celebrant, comme veut dsaint Paul ( ) , par des Psaumes , des Ilymncs et (a) Quam dilecta Tabernaciria tna, Domine virtutum ! concupis-cit et deficit anima mea in atria Domini : cor meum etcaromeaexsultaverunt in Deum vivum... Altaria tua Domine virtutum": Rexnieuset Deus meus. Ps. LXXXTTT. (b) Avg. in Psalmosl. 29. 42. 79. 91. etc. (c) Matth. x i . 25. Luc* x. 21. (d) Psalmis, Hymnis , Canlicisspir?tualibus,in gratia cantanlesin cordibus vestris Deo. Cotoss. m . 1G.
  • 150. tG§ CEREMONIES Dti LA MESSE. des Gantiques spirituels , chantant de tout leur coeur avec edification les louanges du Seigneur. D a n s ces dispositions nous dirons ce q u e nous d e v o n s dire au pied de lAutel, QUARK TRISTIS ES AN f MA MEA?pourquoi serions-nous tristes? etquest- ce qui peut affliger un Chretien qui sapproche de son Dieu ? Nous allons a son A u t e l , qui est la source de la vraie joie. ET QUARE CONTURRAS ME? pourquoi nous troubler. Spera in Deo , quo- Esperez en Dieu , car jeniatn aclinic confitebor le louerai encore : cest lui//// ; salut are values qui est mon salut et monmeiy et Deus rneus. Dieu. Pourquoi ne me calmerais-je p a s , puisque je luioffrirai encore des louanges c o m m e a m o n Sauveur-?ta mon D i e u ; qui repandrala joie dans m o n arae ao n me rendant semhlahle a lui ( ) , et qui fera unjour rejailiir sur m o i sa gloire , quand je le verrai iace a face. Si Ton ne peut pas faire toutes ces reflexions ala Messe; il faut du moins entrer dans Pintentiontlu Psaume , qui est de nous inspirer des senti-jnens do craiiite , de d e s i r e t de confiance. Premie-rcmcnt , la crainte detre confondus avec les me-<:hans, de suivre leurs exemples et leurs maximes:D i S C K K N E CAUSAM MEA M DE GKNTE NON SANCTA : AGNOMINE IMQUO ET DOLOSO. S e c o n d e m e n t , le desirde counaitre tout ce qui peut nous porter avec ar-deur au saint Sacrifice : EMITTE LUCEM TUAM ET * r n i T A T r m TUAM. Troisiemement , la coufiance enja protection de Dieu , dont nous avons deja res-: onli les effets , et quil nous fait encore esperer, enn o u s permettant de chanter ses louanges c o m m e anotre Dieu et a noire Sauveur : Spera in Deo, etc. Gloria Patri, et Fi- Gloire au Pere , et au//..*, et Sjnritui Sancto. F i l s , et au Saint-Esprit. i :i ei primus. I. Joan, m . 2. 1. Cor. i n . 12.
  • 151. PART. r. ART. iff. 109 I/Eglise fait dire ce verset a la fin des Psaumes ,afin que nous glorifiions s o u v e n t les divines Per-sonnes , auxquelles n o u s avons Fhonneur detreconsacres. N o u s n e saurions mieux placer cetteglorification , quen c o m m e n c a n t Paction d u saintSacrifice, q u i fait l e p l u s eclater la gloire d e D i e u ,sa puissance, sa sagesse et s o n amour : puisque parsa toute-puissance, aussi bien q u e par sa sagesse etpar son a m o u r , u n e "Victime divine y est p r o d u i t e ,seule capable de le glorifier, et de sanctifier leshommes. On suivra aussi parfaitement l e sens d u PsaumeJudica me Deus, o u Pon est tout occupe cles gra­ces que Pon d e m a n d e , e t d e la vive confiance q u eIon a de les o b t e n i r , si Pon dit l e Gloria Patriavec ces s e n t i m e n s ; Gloire au P e r e , de q u i n o u sviennent tous les d o n s et toutes les graces; Gloirean Fiis, par qui nous les recevons ; Gloire au Saint-Esprit, qui n o u s les fait demander e t obtenir. Qui est telle aujourdhui * Sicut erat in princi-quelle etait au commence- pio , et nunc , et sem-ment, et quelle sera t o u - per, et in secuta secu-jours, et dans tous les s i e - lorum. Amen*clcs des siecies. Amen. Ce dernier verset a ete inlroduit dans IEglise aconlre les Ariens ( ) , q u i d o n n a i e n t u n c o m m e n c e ­ment au Fils. On a v o u l u par la faire declarer danstoutes les Assemblies des fideles, q u e la gloire d uFils, quon celebre egalement c o m m e celle d u Pereet du Saint-Esprit, na jamais e u de c o m m e n c e ­ment, c o m m e elle naura jamais de fin. Par cette raison , e n traduisant le Sicut erat, il (a) Peut-ftre ne serait-il pas inutile dexposer avec quelque eten-dne rorfcine du Gloria Pair I, et fexplieation que les Peres dclKiilise lui ont donnce. Slats de peur dVtre trop long, dans un ou-uaae ou nous navons pour but que dinstruire la piete des fide-ks nous joindrons une Dissertation sur ce point a celles qui sui- yunnt ce volume. Ce que nous devons nous proposer ici pnncipa-Irment, cest d adorer IVgalite de la gloire des ireis divines Person-ues en recitant le Gloria PairL
  • 152. I TO CEREMONIES DE LA. MESSE.n e suffit pas dexprimer un simple s o u h a i t , comme*Ton fait en le traduisant c o m m u n e m e n t par cesm o t s : Quelle soit telle aujourcthui et toujonrs,quelle a ete des le commencement et dans touteVeternite. II faut ici u n e affirmation , et non unsimple s o u h a i t , ainsi q u e n o u s Pavons traduit.U Amen q u e nous disons a la fin peut etre traduiten ces t e r m e s , cela est vrai, o u ainsi soit-iL Disons-le en ces deux manieres. P r e m i e r e m c n t , en con-fessant avec joie legalite des trois divines Person­n e s ; en second l i e u , avec u n vrai desir q u e leurgloire soit c o m m e et publiee par toutes les crea­tures raisonnables. Repetition du verset IJVTROIBO. Le Pretre , apres avoir rendu a Dieu la gloirequi lui est d u e , apres lui avoir temoigne sa con-fiance m e l e e de crainte ; tout o c c u p e de la gracequil attend de la protection d i v i n e , et penetre dela joie dont sont comblcs ceux qui vont droit kD i e u , dit encore : Introibo ad Altare Dei; jentre-rai a lAutel de Dieu , je munirai a Jesus-Christ,qui est lAutel, le Pretre et la victime de Dieu : adDeum qui Icetificat juventutem meam; jentrcraidans lesprit, dans la volonte et dans le dessein deD i e u m o n S a u v e u r , qui rejouit la jeunesse quil ad o n n e e a m o n ame en la renouvelant. Au reste ceverset se dit aux Messes des M o r i s , et a divers joursde p e n i t e n c e , auxquels on omct le Psaume Judicame Deus. On le dit ton jours, parce que si Ton nesarretc pas aux marques de joie qui sont expri-niees dans le P s a u m e , on conserve du moins lesmotifs de confiance qui font dire au Pretre et aup e o p l e : Jentrerai a lAutel de Dieu , jirai a Dieuqui rejouit ma j e u n e s s e , eest-a-dire, qui reuou-velle la vigueur quil a donnee a mon Ame. Mais d o u vient celte grande confiance? Cest que A djutorium nostrum Noire sccoui s e s t a u nomin nomine Domini, du Seigneur,
  • 153. PART. I. ART. IV. Iff Qui a fait le ciel et la Qui fecit caelum etterre. terram. Le Pretre fait un aveu sincere que sa confiancene vient point de ses propres merites, mais du se-cours de Dieu, qui est tout-puissant, parce quilva offrir le sacrifice au nom , cest-a-dire, en lavertu et par la toute-puissance du Seigneur, quia cree toutes choses, et il fait en meme temps lesigne de la Croix; parce que cest par les meritesde la Croix de Jesus-Christ quil a lieu desperer cesecours. ARTICLE IV. LE COWFITEOR. RUSJUQUE.Le Pretre ayant les mains jointes, et se tenantpro- fondement incline, dit le CONFITEOR , et frappe trois fois sa poitrine de la main droite , en disant MEA CULPA. Tit. m. n. 7. RM B U. E AQ E1. LE Pretre joint les mains, et se tient dans une aposture humiliee, qui convient a letat du pecheur.( )Les peches nous ont courhes vers la terre : il la re-garde, nosant, alexemple duPublicain, lever lesyeux vers Dieu quil a offense. 2. 11 frappe sa poitrine. Rien nest plus ancienque cette maniere dexprimer la douleur de sespeches. Le Publicain frappait sa poitrine en disanta Dieu : Ayez pitie de moi qui suis un pecheur.Ceux qui furent touches d avoir consenti a la mort (a) NicoL I. ad Consult* Bulgarorum. c 54. 9 (b) Luc. X Y U I . 12. 13.
  • 154. IT* CEREMONIES DE LA AlESSS.d e J&sus-Christ , sen retournerent frappant leu* apoitrine ( ) ; et les Chretiens etaient si accoutumesa se frapper ainsi lorsquils disaient Confiteor, quenontendant settlement prononcer par saint Augustin bdans u n Sermon ces paroles de Jesus-Christ ( ), Confiteor tibi Pater, toute lassemblee se fiappa lapoitrine. Mais q u e signifie le frappement de poi­t r i n e , dit ce saint D o c t e u r en plusieurs endroits?II signifie que n o u s voudrions briser notre coeur,afin q u e D i e u en fit u n nouveau qui p u t lui plaire.Il signifie q u e n o u s sommes inclignes contre ce ccoeur qui a deplu a D i e u . l ) Les trois coups donto n s e frappe la poitrine , peuvent etre regardesc o m m e un nombre indefini, et ils conviennent assezaux trois sortes de p e c h e s , de pensee , de p a r o l e ,et daction dont on saccuse. 3. Le Pretre dit le Confiteor. La confession despeches a toujours precede le Sacrifice, aussi biendans Pancienne Loi q u e dans la nouvelle : parceq u e pour obtenir la remission de ses f a u t e s , il fautles avoner et en demander pardon. Lorsque leGrand-Pretre offrait le b o n e emissaire pour les pe­ches de tout le peuple , il faisait en m e m e temps laconfession generate : / / qffrira le bouc vivant, ditl e T e x t e sacre , et luiayant mis les deux mains surla tette^ il confessera toutes les iniquites des en/imsdIsrael, toutes leurs offenses et tous leurspechesM)On lit plusieurs fois dans Esdras : Je confesse les cpeches du peuple i ) : Us confesseront leurs peches.W)Lesparticuliers qui offraientdesSacrifices,devaientaussi faire leur confession particuliere, c o m m e il (a) Lnc. X X H T . 48. (h) Serm. 68. de verb. Evany, nov. Edit (c) Tunsio pectoris, obtritio cordis, Enarr. 2. in Psalm. 31. Quid aliud signiiieat pectormn tunsio ?... Significamus nos corconterere, ut a Domino dirigatur. In Psalm. 1-j6. n. 7. Quando ergo tundis pectus, irasceris cordi tuo ut satisfacias Do­mino Deo tuo. Serin- 19. de Script. {A) Lev-it. xvi. n . (e) Confiteor pro peccatis fdiorum Israel. 2. Esdr. i. 6 . (1) Conlitebuutur peccata sua. 2. Lsdr. i x . 2*
  • 155. PART. I. ART. IV. 113 estaise d e l e voir dans les quatre premiers chapi- tres du L e v i t i q u e ; et le savant Rabbin Maimoni- de nous apprend, dans le Traite des Sacrifices, de quelle maniere se faisait cette confession. Celui qui se confessait, dit-il, parlait ainsi : Jai peche ,/ai commis Vinjustice , je suis prevaricateur ; jai fait tel et tel peche : voila mon crime ^je in en repensA*) Toutes les anciennes Liturgies swpposentla confes­ sion, et la plupart en marquent les termes. Les plus anciens Ordres R e m a i n s disent que le Pretre roonte a lAutel apres la confession , mais ils nen ont pas prescrit la formule; cest pourquoi elle sest faite en termes un peu differens dans la plupart desEglises. Il y a eu des formules de confession tres-longucs, et il y en a eu de fort courtes. Les c o m ­munes qui etaient en usage au X , XI et XII siecle , bont e f e conservees par divers Ordres Religieux. ( )LEglise de Rome depuis le c o m m e n c e m e n t duXIII siecle a pris la formule suivante : et le Concile cde Kavenne en i 3 r 4 ordonna ( ) que dans toutesles Eglises de la province on la dirait uniforme-ment par rapport aux Saints qui y sont n o m m e s . Je confesse a Dieu tout- Confiteor Deo ornni-puissant, a la bienheureuse potenti, beatce MariasMarie , toujours Vierge , a semper Firgini, beatosaint Michel , Archange, a Michaeli Archangelo ,saint Jean-Baptiste , aux beato Joanni Baplistce,Apotres saint Pierre et saint Sanctis Apostolis Pe­ te) Confitens ita dicebat : Peccavi , inique egi , pracvarieatussum, commisi boc et iltud, ad pconitentiam revertor, atque eccepiaculum meum. Maimon. tractat. 5. (le Sacrif. p. 152. (b) On verra au second tome les differentes formules qui sontencore en usage aujourdhui, et leur origine. (c) Quoniam... in conlessionibus quae fiunt publice in introituMissa* et a l i a s , varii perfunctorie et uivevsimode confitentur : sta-tuimus, et de cictero observari prrcrinimus per totam ProvinciamHavennatem confessiones bujusmodi fieri sub hac forma : ConfiteorJ)po omnipotent, beaue Marine semper Virdni , beato MichaeliArchangelo , Beato Joanni Baptists?, Sanctis Apostolis Petro etYivih). et omivbiis Sanctis. Cone* Bacenn. IIL Itubr. xv. Cone,ioi.-i. i . col. 1GU.
  • 156. !l4 CEREMONIES DE LA MESSE.tro et Paulo, omnibus P a u l , a tous les S a i n t s , etSanctis , et vobis fra- a vous mes freres, q u e jaiires : quia peccavi ni- beaucoup peche par pen-mis cogitatione , verbo see , par parole et par ac­et opere : mcd culpa , tion : cest par ma faute,med culpa, med maxi­ cest par m a faute , cestma culpa. Ideo precor par ma t r e s - g r a n d e faute.beatam Mariam sem­ ( On se frappe trois fois laper Virginem , beatum poitrine en disant ces pa­Michaelem , Archan* roles. ) Cest pourquoi jegelum , beatum Joan- prie la bienbeureuse Marienem Baptist am , sane- toujours V i e r g e , saint Mi­tos Apostolos Petrum chel, Archange, saint Jean-et Paulum,o?nnes Sane* Baptiste, les Apotres sainttos et vosfratres, y orare Pierre ct saint Paul , touspro me ad Dominum les Saints, et vous mes fre­Deum nostrum. res , de prier pour moi le Seigneur notre D i e u . EXPLICATION. Le premier sacrifice quil fautoffrir a D i e u , estle sacrifice dun coeur con frit et bumilie. Le Pretredoit commencer par offrir ce sacrifice. Quelqueprecaution quil ait prise pour se purifier avant quede venir a 1AuteI, il porte toujours la qualite depecheur. 11 doit prier pour lui-meme avant q u e deprier pour le peuple ; et les fideles doivent etre te-m o i n s quil nouhlie rien pf-ur obtenir la remissionde ses p e c h e s , qui est attribute dans PEcriture alaveu de son imquile.l*) Cest pourquoi sen tant lepoids de ses fautes , il se confesse tres-coupabledevant D i e u , devant tous les Saints , et devant lesfideles, afin de les porter a interceder aupres deD i e u pour la remission de ses peches. CONFITEOR... / • confessed Dieu tout-puissant,qui seul peut remettre les peches , et purifier moname ; a D i e u , aux trois divines Pcrsonnes un seulD i e u , k Dieu Createtir, Redempteur et Juge. (a) Dixi : Confitebor adversum me injustitiam meam Domino : ettu remisisti impietatem peccati mei. Ps x x x i .
  • 157. PART, I . AftT. tV. ir5 BEATJE MARIJE, a la bienheureuse Marie, recon- a nue bienheureuse dans tous les ages ( ) , parce que b Jesus-Christ est n e delle ( ) , notre Protectrice, Pa- syle des pecheurs penitens ; SEMPER VIRGINI , la plus excellente des creatures par Pavantage detre mere et vierge. B e a t o M e c h a e l i , a saint Michel Archange ; 9 parce quil est le protecteur du peuple de D i e u , c quil doit presenter les ames au jugement. ( ) BEATO JOANNI BAPTISTS , a saint Jean-Baptiste, qui est la fin de Iancien T e s t a m e n t , e t l e c o m m e n ­ cement d u n o u v e a u , qui n o u s a fraye le chemin de PEvangile, et preche la penitence pour la remis­ sion des peches. SANCTIS APOSTOLIS... aux Apotres saint Pierre et saint Paul; au Chef de lEglise saint P i e r r e , a q u i principalement D i e u a d o n n e les clefs d u royaume du Ciel, et le pouvoir de remettre les p e c h e s ; et a saint P a u l , qui , c o m m e saint P i e r r e , a consacre lEglise de R o m e par sa m o r t , et qui a le plus con- tribue a la conversion des gentils. OMNIBUS SANCTIS , a tous les Saints. On sadressea eux pour trois raisons : la premiere , parce q u elamour quils ont pour D i e u fait quils sinteres-sent aux offenses qui lui sont faites; la s e c o n d e ,parce quils prennent part a ce qui nous regarde, e tquils se rejouissent dans le ciel lorsquun pecheur dfait penitence; ( ) la troisieme, parce q u e D i e u re-met souvent les peches en faveur de ses serviteurs.Abrahampriera pour vous, etvous vivrez.W Alleza mon serviteur Job. Jl priera pour vous. Je luiserai favorable, afin que lafaute ne vous soit pointimputeeX^) ET VOBIS FRATRES, et a vous mes freres, a Pimita- (a) Beatam medicent omnes generntiones. (b) Maria de qua natus est Jesus. Mattli. 1. (c) Arciiangele Michael, constitui te Principem super omncs ani-massuscipiendas. Offic. Ecclcs. id) Luc. x v . 7. (e) Gen. x x . 7. (f) Job. X L I I . 8. 8.
  • 158. Il6 cfo&ffOHIES BE LA MESSE.tion d e s anciens Chretiens, qui saccusaient devantl e u r s freres p o u r obtenir l e secours d e leurs prie­res ; e t parce q u e saint Jacques nous e x h o r t e a con-fesser n o s peches les u n s aux autres. QUIA PECCAVI... Je confcsse que Wfai beaucouppeche par pensee , par parole, et par action: cest- a-dire, des trois manieres quon c o m m e t les peches, o u contre D i e u , o u contre s o i - m e m e , o u contreleprochain: mais sans entrer d a n s a u c u n d e t a i l , parceq u e ce nest pas une confession s a c r a m c n t e l l e , etde peur dc scandaliser quelquun de Passemblee. MEA CULPA , par ma faute. Le pecheur clierchenaturellement a sexcuser ; et le vrai penitent auc o n t r a i r e , penetre d e l a grandeur de s e s f a u t e s , e ndecouvre toute Penormile , et il repete volontiersq u e cest u n i q u e m e n t par sa faute. MEA MAXIMA CULPA , par ma tres-grande faute.]1 reconnait quil e s t tres-coupable; parce q u e leslumieres de sa conscience , les connaissances quilt i r a i t d e la raison e t de la foi, e t les saintes inspira­t i o n s quil recevait du Ciel auraient d u le cietour-ner d u peche. IDEO. Cest pour cela; parce q u e jai beaucouppeche , parce q u e j e suis sans e x c u s e , et q u e jaibesoin de puissans i n t e r c e s s e u r s , que je prie labienheureuse Marie toute-pnissanteaupres d e D i e u , Lnotre Mere , la More de misericorde ( ); saint Mi­ cchel , Archange , notre Proteclcur ( ) ; saint Jean-B a p t i s t e , les Apotrcs saint Pierre et saint Paul ettous les Saints. Lancicnnc Eglisc, nppuyee de Pan-tori tc de PEcriture, a toujours i n v o q u e le secoursdes Angcs et des Saints pour etre nos Patrons au-ures de D i e u . ET vos EEATRES , et vous mes freres. Apres avoir (a) On a mis que, et non parce que, a cause que quia se prendid, comme il se prend souvent aillcurs , pour quod, que. VoyezMartinii Lexicon Eiymolocjicitm. (b) Water iroseritordias. (c; Consurget Michael Princeps magnus qui stat pro filiis populi6Ui. Daniel, x u , 1.
  • 159. PART. I . ART. V. II7implore le secours fet les prieres de lEglise triom-phante, le Pretre sadresse encore a ses freres, quirepresentent lEglise m i l i t a n t e , pour s e joindretous ensemble; afin de faire a D i e u , p o u r ainsidire , une sainte violence qui Pengage a lui accor-der le pardon d o n t il a besoin avant q u e de sap-procher des redoutables mysteres. Les Chretienset saint Paul m e m e , o n t toujours e u soin de de-mander les prieres d e s fideles vivans. ORARE P R O M E , de prier pour moi le Seigneurnotre Dieu. Quand n o u s n o u s adressons a D i e u ,nous le prions d avoir pitie d e n o u s ; e t quand nousnous adressons aux S a i n t s , n o u s leur demandonsde prier pour n o u s . ARTICLE V.Le CONFITEOR du peuple , et le MISEREATDR que le Pretre et le peuple se disent mutuellemenuI l est ordonne de prier l e s u n s p o u r les autreset tout le peuple doit v i v e m e n t souhaiter q u e celuiqui va prier pour l u i , devienne agreable a u x y e u xde la Majeste divine. Cest ce qui Poblige de dire: Quele Dieu tout-puissant Misereatur tut om-(qui seul peut remettre les nipotens Deus ; et di-peches) ait pitie d e v o u s ; missispeccatis tuis per-et que vous les ayant par- ducat tead vitamceter*don n e s , il vous conduise a nam.la vie eternelle. Le Pretre repond. Amen. Le peuple qui est present devrait etre p u r p o u rassister au Sacrifice: car q u o i q u il n e consacre pasle corps de Jesus-Christ, il Poffre par les mains d uPretre ; et il doit faire avec b e a u c o u p d e clouleurle meme aveu de ses fautes q u e le Pretre vient de
  • 160. 118 CEREMONIES DE LA. MESSE.faire. Cest pourquoi il d i t , Confiteor, etc. de m e m eq u e le P r e t r e , avec cette seule difference, q u e k sfideles disent a vous mon Pere, dans Pendroit oule Pretre a dit a vous mes freres. Les assistans doi­v e n t se tourner vers le Pretre , et dire a lui seul,vous mon Pere, quand m e m e lEveque o u le Pape aassisterait a Ja M e s s e , e t s c r a i t auprcs de lAutel. ( )II ny a que celui qui offre le Sacrifice qui soit alorsregarde c o m m e le Chef et le Pere dc lAssemblee,parce quil doit rnonter a lAutel en cette qualitepour Poffrir a D i e u , et obtenir grace p o u r elle.LAssemhlee dit avec raison au P r e t r e , mon Pere,parce quil est leur Chef; et le Pretre ne leur ditp a s , mes en fans, parce quil parle ici c o m m e p e -cheur et non c o m m e Superieur. Si le Pape o u lE­ hveque diocesain etait present il dirait mon pere( )ct n o n pas mes freres. Apres le Confileov des fideles, le Pretre fait poure u x la m e m e prierc quils ont faite pour lui : Mi- rsereatur, etc.( ) On ne fait en cet endroit q u e ceq u e prescrit PApotre saint Jacques iConfessez vosfuutes Vun a Vautre etpriez Vun pour Vautre, afinque vous soyez gueris; carta fervent e prier e dujustepeut beaucoupM) Cet endroit (*•) a ete quelquefois (a) Cum Minister, et qui intersunt, (etlamsi ibi fuerit SimimusPontiles) respondent Con/Hear, riicunl tibl Pater, ette Pater, ali-quantum conversi ad Celebranteni. liubr.Miss. Tit Itl. n.d. (h) Ibid. ». 8. (c) Cest la raison que donnent les Pontifieaux dc Verdun et deBosanron , en parlaiudc la confession qui se faisait mutuellementpar 1HvAque et les Channinesle Jeudi-saint au Chapitre. (d) Confltemhi alrerutrmn peccata vestra, et orate pro invicemut salvcniini: mullum onim valet deprccatio justi assidua. Jacob.v. 10. (e) On lit dans Ja Vie do saint Simoon Stylite, que la VUIe et lesenvirons dAntiorhe utant afiliges par des tremblemens de terre etpar beaucoup dautres malheurs, les peuples coururent au Saintoui pria pour eux, et la teinpete ne laissa pas de redoubler. II leurordonna de crier vers Dieu: Seigneur, ayez pitie de nous. II priade nouveau avec eux et H leur dit ensuite: Mes freres, il nyaquunhomme parmi vous dont les prieres aient mcritc detre exaucees.Une revelation au Saint et une voix du ciel firent connaltre que cethomme etait un pauvre paysan qui fut oblige de declarer quil se-tait toujours fait une loi de donner aux pauvres letters de ce quilgagnait. TMem.tom.xv.p. 373.
  • 161. PART. r. ART. vr. 11$applique par l e s Peres a u Pretre Confesseur; maisit sentend plus generalement de tous les gens debien auxquels Pon d e c o u v r e ses f a u t e s , et dont ondemande les prieres. L e Pretre et les fideles se re­gardant c o m m e pecheurs , reconnaissent ici le b e ­soin quil s ont des prieres des justes qui peu vent serencontrer danslAssemblee. Et quels sont ces jus­tes ? Nous nen savons rien. Cest p e u t - e t r e , et leplus s o u v e n t , u n h o m m e p a u v r e , p e u c o n n u , donton ne fait aucun cas. Il est de tels h o m m e s dansune maison , dans u n e a s s e m b l e e , dans u n e ville:ils sont vils e t abjecls aux y e u x d u m o n d e , maissages et justes devant D i e u ; e t par-la n o s protec­t e e s et nos l i b e r a t e u r s , c o m m e parlele Saint-Espritdans PEccIesiaste.W A R T I C L E VI.Prieres du Ptcire pour obtenir la remission des peches.APRES ces Prieres mutuelles le Pretre d i t : Que le Seigneur tout- Indulgentiam, abso-puissant e t misericordieux lutionem et remissio*nous accordelindulgence, nem peccatorum nos*(absolution et la remission trorum tribuat nobis(!e nos peches. omnipotens et miseri- cors Dominus. IHDTTEGENTIAM : il demande p o u r lui e t pour lepeuple i n d u l g e n c e , cest-a-dire , q u e D i e u nexigepas toute la peine q u e nous avons meritee par nospeches. ABSOLUTIONEM : quil n o u s regarde c o m m e si n o u savions paye tout ce q u e nous d e v o n s a sa justice. (a) Inventnsque est in ea vir pauper et sapiens, et liberavit ur-bera. Eccles. ix. 15.
  • 162. 120 CEREMONIES DE LA. MESSE. E T REMISSIONEM : quil remette nos peches, les effacant entitlement. T r i t j u a t n o b i s . Ce seul mot nous , qui marque que ie Pretre demande pour lui aussi bien que pour le people, fait asscz connailrequc ce nest pas ici une absolution sacramcntclle; car on saitqucper- sonnc nc pcutsabsoudrc soi-meme. OMNIPOTENS , le Seigneur tout-puissant et miseri-cordieuxA*) Ce nest que par la toutc-puissancc et lamiscricorde de D i e u , quon peut obtcnir toutes cesdemaudes ct etre rctabiidans la grace deDieu quonavait perdue. Lc Pretre et le p e o p l e , qui altendent cct effctde la divine miscricorde, exprimcnt leurs desirsempresses par ces paroles si vives ; Deus tu conversus O Dieu , si vous vousvivificabis nos. tourncz vers nous , vous nous vivifiercz. Cest-a-dirc, si au lieu des regards de justice que (a) La Rubrique du Missel marque que TEveque qui dit In Messe, prend le manipule nprrs ces paroles. Cest un reste de Iancien A usage, qui etait observe non-seulemcnt par lesEu ques, mais en­ core par les Pretres- La raison de cet usage estquautreibis les cha­ subles nctant pas echancrces comme a p m e n t , elles couvraicnt tout le corps; et Ton nllait ainsi h VAute), tout Je corps enveloppccomme dans un sac, sans que les bras parussent. Mais avant ouapres la confession ( Ord.limn.XU.p. 1M ct 2 0 0 . ) , avant que dcmooter a lAutel, on rctroussait la chasuble sur le baut des brasa TEveque ou au Pretre., atin quil put agir librement; et alors on lui metuiitsur le bras gauche le manipule, qui aurait etc inutile et cmbarrassant auparavanl. Les Keques ont conserve col usage. Jisemble quils pourrnicnt prendre prrsentement Je manipule coin meles Pretres , apres Taube et la ceinturc, parce que toutes les chasu­bles sont egalement echancrces; mais lorsquils oflicient ponlificale-ment, le manipule pourrait semharrasser dons les mancbes delatunique et de ia dalmatique quils prennent alors avant que dcprendre la chasuble. On voit dans Durand (Ration. I. 4. cap. 7.)quau treizieme siecle le Sous-diacre lenr dnnnait le manipnle auhas de lAutel, avant le Confiteor; et il ny a mil inconvenient ale prendre immediatement avant que de nionter a lAutel, commeil ny a nul mystere de le prendre un peu plus tot ou un peu plustard. (b) Vs. L X X X I V . 7.
  • 163. PART. I . ART. VI. 1*1nous meritons , vous n o u s regardez avec des y e u xde b o n t e , vous donnerez la vie k nos ames., Et vous ferez toute la Et plebs tua Icetabi*joie de votre peuple. tur in te. a Cest ce que D i e u a promis dans Isaie ( ) : Je lesferai venir sur la Montague sainte, et je les rempli-rai de joie dans la maison destinee d me prier. Faites paraitre sur n o u s , Ostende nobis, Do*Seigneur , votre m i s e r i - mine , misericordiamcorde. tuam. Et donnez-nous votre Et salutare tuumassistance salutaire. da nobis. Cette assistance q u e v o u s n o u s avez promise ;cest-a-dire, celui q u e vous avez destine pour noussauver, la victime sainte de p r o p i t i a t i o n , Jesus-Christ Notre-Seigneur. S e i g n e u r , exaucez m a Domine exaudiora- 9priere ; tionem meam; Et que m e s cris aillent Et clamor meus adjusqua vous. te venial. Enfin le Pretre va m o n t e r a IAutel; et pour ob­tenir la grace dy m o n t e r avec la pu?ete r e q u i s e , ilcontinue de demander avec le peuple detre exauce. Que le Seigneur soit Dominus vobiscum;avec v o u s : Quil soit aussi a v e s v o - Et cum spiritu tuo.tre esprit. Il ne se tourne pas v^rs le peuple , parce q iil neparle ici quaux Ministres qui sont a ses cotes auxgrandmesses , et a ceux qui sont pres de lui. Dail-leurs il ne serait pas convenable quil se tournatvers FAssemblee pour dire Dominus vobiscum fparce quon chante alors llntrott. Ces paroles , Dominus vobiscum , sont en plu­sieurs e n d r o i t s d e l a n c i e n Testament ; e t l e r e p o n s , (a) AddttGi»m eos in Montem sanctum meum, et Ioetificabo eo3in domo orationis mese. isa. L I 7. V.
  • 164. CEREMONIES DE LA MESSE.et cum spiritu tuo , paralt tire de saint Paul , quifait ce souhait a Timothee : Que Notre-SeigneurJesus-Christ soit wee votre esprit.^) Or avant tou­tes les Oraisons le Pretre et le peuple o n t toujourssoin de se souhaiter m u tuellement q u e le Seigneurremplisse leur e s p r i t : parce que cest PEsprit-Saint bq u i prie en nous.( ) ARTICLE VII.De la priere AUEER A NOBIS en montant a VAutel RUBRIQUE. 9Le Pretre dit OREMUS d une voix intelligible en etendant et refoignant les mains : et il monte a lAutel en disant secretement AUFER A NOBIS, etc. Tit I I I . n. 10. REMARQUE.XJE Pretre eleve les mains en disant a voix intelli­gible prions, p o u r avertir les fideles delever leuresprit a D i e u ; mais il dit secretement POraison ,parce quelle le regarde personnellement. a. Cette priere est dans les plus anciens Sacra-tnentaires q u i contiennent le detail des prieres, etelle se trouve dans Pancien Ordre Romain apresles Litanies de la benediction des Eglises. Aufer a nobis, quce- N o u s v o u s supplions ,sumus Domine, iniqui- S e i g n e u r , doter de noustates nostras , ut ad n o s iniqui tes , afin quesancta sanctorum pu- n o u s puissions entrerdansris mereamur mentibus votre sancluaire avec unintroire. Per Christum esprit pur. Par Jesus-ChristDominum nostrum. Notre-Seigneur. Amen.Amen. (a) Dominus Jesus Christus sit cum spiritu tuo. 2. Tim* XV. 22. (b) Rom. v i u . 2G.
  • 165. PART. I . ART. VII. .123 EXPLICATION. AUFER A NOBIS : 6tez de nous. Ces mots, et lespremiers de la priere suivante nous vous 9 prions,Seigneur, semblent marquer que le Pretre prie icien commun avec le peuple. Mais quand on y faitbien reflexion , on voit quil prie en particulierpour lui seul, et quil ne parle au pluriel que parcequaux Messes solennelles le Diacre doit monteravec lui a lAutel. Premierement, ces prieres qui commencent parle pluriel, finissent par le singulier; afin, dit lePretre, que vous me pardonniez tous mes peches ,ut indulgere digneris omnia peccata mea. Ce quimon tre assez que le Pretre prie pour lui en parti­culier. Secondement, cette priere ne tend qua deman­der la grace de monter saintement a lAutel. Orcest le Pretre , et non le peuple qui y monte; cestdone pour lui seul quele Pretre prie en cet endroit.Jusqu a present dans toutes les prieres de la prepa­ration il a parle avec le peuple, lui faisant enten­dre tout ce quil disait. Ici, suivant la Rubrique,il ne fait plus entendre sa voix. II quitte le peuple,ct prie seul pour monter seul a lAutel. Selon ran-cicn Rituel de Reims et de plusieurs autres EglisesLatines, il prenait meme en cet endroit conge dupeuple, se tournant vers l u i , et lui disant, mesffires, priezpourmoiS?) Ce qui montre quil ne- (a) A Reims aux Messes solennelles, le PrStre allant du Choeur i1Autei se tourne vers les assistans, et se recommande a leurs prie­res. Void ce quen a ecrit M. Meurier, Doyen de Reims en 1583 :les Officiers entrent tous au Choeur. Quand le Pretre est venu au mi­lieu de la grande place qui est entre lAutel et le Choeur, il faitpremierement la reverence vers lAutel, disant: Salva nos ChrlsteSalvaior mundi. Et puis se retournant vers le Choeur, il se recom­mande aux prieres des assistans, disant: Oratepro mefmires, etego provobis, Pax vobis. Et alors il passe droit a lAutel, et aupremier degre sinclinant fort bas, il rait ainsi sa priere: Aufer anob™, etc. Et puis il monte & lAutel et le baise. Septieme Sermonsur la Messe-, p. 86. A Laon et a Soissous le Pr&re se tourne de meme vers les assis-tow
  • 166. ia4 C&UiMOIUES DE LA. MESSE.tait alors occupe q u e de deraander pour Iui-memela grace de monter c o m m e il faut a PAutel. T r o i s i e m e m e n t , ces prieres qui s o n t plus eten*dues dans les plus anciennes Liturgies Grecques,font voir clairement que le terme nous ne marqueq u e le Pretre avec le Diacre , et non le peuple : caril demande la purete necessaire , afin de pouvoirtrouver grace pour nous, dit-il , et pour votrepeuple. Le Pretre dit d o n e , Aufer a nobis iniquitatesnostras* otez d e n o u s n o s iniquites. On entendpariniquite tout ce qui est oppose a la justice. Ce nestpas assez pour lui davoir demande avec le peuplela remission des peches. Il sait que pour monter aPAutel il lui faut une plus grande purete q u e celledu peuple ; et il ne demande pas s i m p l e m e n t queD i e u lui r e m e t t e s e s p e c h e s , mais quil les enleve,pour nen laisser aucune trace, aucune impressiondans Iesprit, dans Pimagination et dans les sens,afin quil puisse avoir la purete dune nouvellecreature. U T AD SANCTA.... afin que nous puissions entrerdans votre sanctuaire avec un esprit pur. Le Saintdes Saints des Israelites etait le lieu du Temple oiletait PArche dAlliance et POracle : et noire Saintdes Saints est PAutel o u soffre Jesus-Christ Notre-S e i g n e u r , qui est notre alliance avec D i e u , et no­tre Oracle. Le Grand-Pretre entrait u n e fois Pannee dans lcSaint des Saints avec la coupe pleine du sang desvictimes; et les Pretres du nouveau Testament peu-vent monter tous les jours au saint A u l e l , p o u r yoffrir le sang de Jesus-Christ. Mais le Grand-Pretrenen trait dans le Saint des Saints, quapres degran-des purifications marquees au L e v i t i q u e , et les Mi-nistres de la Loi nouvelle ne sauraient assez deman-der a Dieu de les purifier de leurs souillures. pourentrer avec u n e tres-grande purete de c o e n r et des-pvit, puris nientibus , au vrai Saint des Saints, dontcelui de lancienne Loi n etait quune figure.
  • 167. PART. 1. ART VIII. 12.5 ARTICLE VIII. De la Priere Oramus te Doraine , et du baiser de TAutel R B I U, U RQ E Le Pr4tre etant monte a lAutel dit secretement Oramus te D o m i n e , nous vous prions Seigneur; et lorsquil est venu a ces paroles, d o n t les Reliques sont i c i , ilbaise VAutel, sans faire ducun signe de croix sur Vendroit quil baise. Tit. IV. n. i. BM R US E A Q E. I E T Priere . TE C q u e l a R u b r i q u e p r e s e n t , est dans plusieurs anciens Sacramentaires , dans u n Pon­ tifical de Narbonne de quatre o u cinq cents ans et dans VOrdre Homain d u quatorzieme siecle («), o u les Prieres sont detaillees : c e p e n d a n t l e s Chartreux ct les Dominicains n e la disent point. Les Carmes ne la disaient pas n o n plus avant la reformation de leur Missel e n i584> s o u s Gregoire XIII , parcequon ne Ia disait pas dans les Eglises dou t o u sces Ordres o n t tire leurs Missels. On n e Pa dite aParis quen 1615 , lorsquon a pris VOrdo Misscedu saint Pape Pie V. 2. Le Pretre arrive a VAutel le baise. L e baiser b cestun salut ( ) et u n signe de respect et daroour,( ) dt e Pretre baise lAutel ( ) par respect et par a m o u r , (a) La Messe dUlyric vers la fin du neuvieme siecle met Oro teDomine, etc- et on lit Sancti Dei quorum corpora et reliquiae etc* dans un Missel dU-in his Sanctis locis habentur recondiiie,trecht ecrit vers Tan 900, et conserve dans les Archives de lEgliseCollegiate deSaint-Barthelemy de Liege, page 330. (b) Commune salutationis officium. Optat. MileviL Ub. 4. (c) Hebraei juxta linguae suae proprietatem , deosculationem proveiwratione ponunt. Hieron. Jpolog. ad Rvfu torn. l . p . 729. (d) Anciennement les Fideles ne s approchaient point des Autels
  • 168. Ja6 CEREMONIES DE LA MESSE. c o m m e le lieu o u notre Sauveur simmole. Qu*e$b ce que V Autel, dit Optat de M i l e v e , si ce nest k { a siege du corps et du sang de Jesus-Christ ( ) ? Et selon lAuteur du Traite des Sacremens, parmiles oeuvres de saint Ambroise, quest-ce que FAutel$)> si ce nest la forme o u la figure du corps de Jesus- Christ, sur lequel il simmole et soffre en sacrifice, c o m m e il sest offert dans son corps ? 3. Sans faire aucun signe de croix. Autrefois le Pretre montant a lAutel baisait la croix marqueedans les anciens Missels. Q u e l q u e s - u n s se conten-taient de faire u n signe de croix avec le poucesurPendroit de lAutel quils devaient baiser. Les Do-minicains ont conserve cet usage. Mais la croix quonm e t sur lAutel depuis cinq o u six cents ans , a eteregardee c o m m e un m o y e n suffisant de renouve-ler danslesprit du Pretre la veneration de la croix;et dailleurs en baisant PAutel il est cense baiser lac r o i x , par laquelle lAutel a ete consacre, et quiyd e m e u r e imprimee. 4- Le Pretre , en baisant lAutel, baise a u s s i , au­tant quil lui est p o s s i b l e , les R e l i q u e s , cest-a-dire,les restes precieux des corps des Saints qui y sontr e n f e r m e s , pour exprimer son respect et son amourpour ces glorieux membres de notre communion,quil prend ici pour ses protecteurs et ses interces-seurs. Des les premiers siecles le saint Sacrifice a eteoffert sur les lieux o u les Martyrs avaient repanduleur sang , ou bien dans les endroits o u lon a con­serve les precieux restes de leurs corps. Et il etaitbien convenable q u e le sacrifice de Jesus-Christ futsans les baiser. Les soldats envoyes par Ilmperatrice Justine dans1Eglise ou saint Ambroise etait avec le peuple, des quils apprirentque lEmpereur avait revoquc Iordre de se saisir de la Basilique,yentrcrent, coururent aux Autels, et les baiserent en signe de res­pect et de paix : Irruenies in Altaria osculis siqnijicare pacis inshgne. Ambros. Epist. ad Marcel Soror. n. 20. (a) Quid enim est Altare nisi sedes corporis et sanguinis Christ!?Optat. advers. Parmen* (b) Quid est enim Altare, nisi forma Corporis Christi- Ambros,de dacr. L 4. c. 2. et I 5. c. 2.
  • 169. PART. I . ART. VIII. 12J offert sur les corps des Saints qui o n t 1honneur detre de ses m e m b r e s , e t qui pour s o n amour se sont offerts visiblement en sacrifice, dit u n ancien auteur parmi les oeuvres de saint Augustin. Ce saint Docteur dit aussi quil convenait bien de donner pour sepulture aux Martyrs le lieu o u la mort de a Jesus-Christ est tous les jours celebree,( ) Lorsquon batissait des Eglises dans des lieux o u il n y avait pas encore eu de R e l i q u e s , c o m m e saint Ambroise fit a Milan , o n en mettait sous lAutel, pour placer sous lAutel de la terre ceux d o n t saint b Jean avait vu les ames sous lAutel d u Ciel.( ) Comme Ton na pas toujours e u des corps de Saints a mettre sous lAutel, on a insere d u moins quelque portion de leurs Reliques dans la pierre sacree. Et cet usage de ne point consacrer lAutel sans Reliques , a ete si fort etabli par la tradition, que le septieme Concile general ordonna a tous les Eveques , sous peine de d e p o s i t i o n , de lobserver.fc) 5, Quelque recommandee quait ete cette prati­ que , on ne laisse pas de trouver depuis long-temps des Autels sans Reliques. Cest p o u r q u o i le Missel d Eomain ( ) imprime a Rale en 1 4 8 7 , marque q u esil ny a point de Reliques , o n omettra ces m o t s ,quorum Reliquice hie sunt. Le Sacerdotal R o m a i n , eet le Ceremonial des Carmes ( ) marquent la m e m echose. Alors il est indifferent de baiser lAutel aucommencement ou a la fin de 1Oraison. Il est cer­tain quon ne le baise a ces mots qua cause desReliques , et quelles ont donne lieu a 1OraisonniGme. Nous vous p r i o n s , Sei- Oramus te , Domi-gneur, par les merites de ne,per merita Sancto-vos Saints, dont les Reli- rum tuorum, quorum (a) Convenienter ibi Martyribus sepultura decretaest, ubi morsDomini quotidie celebratur/^w^. Serm.ll. (b) Viditsubtus Altare animasinterfectorum.^oc. vi. 13. (c) Cone. Nicam. II. can. 7. (d) E Bibl. Colbert. (e) L. a. Rubr. 53. «. 6.
  • 170. ia8 CEREMONIES DE LA MESSE.Reliquice hie sunt , et ques sont ici , et par lesomnium Sanctorum, ut merites de tous les Saints,indulgere digneris om* quil vous plaise me par-niapeccatamea.Amen* donner tous mes peches. Amen. E PI AI N X LC TO . ORAMUS.... NOUS vous prions, Seigneur, par les merites de vos Saints. Le Pretre montant a lAutelavec quelque crainte pour ses peches, fait atten­tion que les Saints peuvent etre de puissans in-tercesseurs pour lui faire trouver grace au saintAutel, parce quils ont ete trouves dignes dentrerau sanctuaire celeste. Cest pourquoi il prie Dieudavoir egard aux merites des Saints, pour lui fairemisericorde et le laisser entrer au sanctuaire de laterre sous leur protection. UT INDULGERE DIGNERIS. Les merites des saintsMartyrs qui ont souffert et prie non-seulement poureux-memes mais pour tous les Fideles, seront tou­ 7jours un moyen dengager Dieu a user dindulgencea Tegard des peincs qui sont dues a nos peches,si nous implorons leur intercession en combattantles desirs de la chair et du sieele, et en gemissantde mener une vie si peu semblable a la leur.
  • 171. ftLHT. U AAV. IX. 149 ARTICLE IX. De Fencensement de lAutel aux Messes solennelles* RUBRIQUE,Apres que le Pretre a dit la Priere precedente , Ora- mtis t e , D o m i n e , et baise lAutel, le Diacre le prie de benir Fencens, en lui disant: Benissez , mon reverend Pere. Le Celebrant met de Fen- cens dans Vencensoir en disant; Soyez b e n i par a celui e n P h o n n e u r d e qui vous serez brule ( ), et le benit en faisant le signe de la croix. Il recoit Fencensoir des mains du Diacre , encense.la croix, le fond de FAutel vers les chandeliers, le dessus, le devant, et les deux cotis. Cest e n abrege ce q u i est marque dans la R u b r i q u e d u Missel, o u la maniere de faire Pencensement est detaillee. RBMARQUBS , Oil Fori expose les raisons et Vorigine de Fencensement.ON ne voit pas dans les premiers Ordres Romainsquon encensat lAutel au c o m m e n c e m e n t de laMesse. 11 y est dit seulement q u e PEveque o u lePretre allant de la Sacristie a lAutel etait precede b c ddun ( ), de deux( )» o u de trois encensoirs ( ) fu-mans; et selon un ancien Missel de N a r b o n n e , o nne 1encensait quapres lOfferloire. Mais toutes lesLiturgies Grecques de saint Jacques , de saint Ba-sile et de saint Chrysostome font mention de Pen­censement et des prieres q u i Paccompagnent au (a) Ordo Miss, et Ruhr. tit. i v . n.4et&* (1>) Ordo Rom. I. Mus. UaL p. 8. Ordo ///.p.55. et Amal. L 3. c.5« (c) Ordo Rom. V.p. 63. (d) Cum thuribulis non amplius ternis. Ordo IL p. 43- J - 9
  • 172. C^RlbtOffifiS M LA SftSSfc c o m m e n c e m e n t de la Messe. On encensait tout lc tour de lAutel. On Ta fait de m e m e depuis six a sept cents ans dans plusieurs Eglises La tines, Il est expressement marque dans lOrdinaire de Mont- Cassin vers Tan u o o , quapres la confession le Pretre encense le dessus de lAutel, et q u e le Dia­ cre ensuite en encense tout le tour. Cette maniere dencenser lAutel sobserve a M e t z , o u lon nen- cense qua TOffertoire. Depuis que la disposition des l i e u x , et les orne­ m e n s quon a ajoutes aux Autels , nont pas permis communernent den faire le tour , la E u b r i q u e am a r q u e quon encenserait le fond , le d e s s u s , et les a trois cotes qui paraissent.( ) En parlant du second encensement on expliquera les prieres et les cere­m o n i e s qui laccompagnent. On se contentera demarquer ici les raisons etlorigine de 1encensement. Quelques personnes croient que la vraie raisonqui a determine les anciens Chretiens a se servirdencens dans 1Eglise , a ete la m e m e quon a dansl e s m a i s o n s pnrticulieres de brulerde b o n n e s odeurspour chnsser les mauvaises. Cette raison a ete ima-ginee sans fondement. Elle ne se trouve pas dansPAntiquite; et nous recherchons ici Iancien espritde 1Eglise, sans n o u s arreter aux conjectures desderniers temps , q u e l q u e vraisemblance quellespuissent avoir. i. Durant les trois premiers siecles n o u s naper-cevons par aucun temoignage constant q u e lesChuetiens se soientservisdencens dans les Eglises.Tertullien nous dit m e m e clairement quon n e senservait point du t o u t : car, au reproche q u e lesPayens faisaient aux Chretiens detre inutiles aucommerce et aux usages de la v i e , il repond : Feri* (a) Quoique le Pretre semble encenser chaque chandelier, quandi! yen a six sur V trois de chaque cote, rene sont pas les chan­deliers quil encense, mais le. fond et le derriere de lAutel autantquil lui est possible; et. pour pncenser umfonncment ,ii donne troiscoupsdVncens de chaque cole, suivant Fordre des chandeliers, quisont cgalement distribute
  • 173. PART. I . ART. IX. iSllablement M nous n achetons point cTencens. Si lesmarchands d* Arable sen ptaignent, les Sabdenssauront que nous employons plus de leurs aroma-tes, et avec plus de profusion a ensevelir les Chre­ 9tiens , quon nen consume a parfumer vos Dieux.Lencens etait alors trop profane a Pegard des Ido-les, pour Pemployer dans le culte du vrai D i e u . Ilfallait attendre q u e l e s A s s e m b l i e s des Chretiensne fussent plus environnees de tant de parfumsidol at r e s , et quon p u t aisement discerner ces e n -censemens detestables davec ceux quil convxentdc faire en 1honneur d u vrai D i e u dans l e s saintesSolennites. Si lencens avait d u etre employe danslEglise a chasser les mauvaises o d e u r s , il nauraitjamais ete si necessaire q u e dans les siecles de per­secution : parce quon sassemblait dans des c a v e s ,ou dans des lieux fort s e r r e s , et q u e les pauvrescomposaient la plus grande partie de T A s s e m b l e e . a. Au quatrieme s i e c l e , lorsque les Princes d o n -nerent la paix a lEglise, et quils devinrent eux-raemes Chretiens , les mauvaises odeurs netaientpoint a craindre dans l e s Assemblies. On batit desEglises spacieuses et magnifiques ; et elles Etaientmeme plus aerees q u e celles da p r e s e n t ; car selonla couturne des O r i e n t a u x , il ny avait aux fenetres bque des jalousies o u treillis( ) qui laissaient passer 9fair de tous cotes. D a n s quelques-unes de ces Egli­ses , loin de craindre les mauvaises odeurs , il y enavait toujours dagreables; parce q u e la boiserie (a) Thura plane non emimus. Si Arab! queruntur, scient Sabeipluns et carioris suas merces Christianis sepeliendis profligari,quam diis fumigandis. TertuL Apol c. 42. (b) Au quatrieme siecle les fenetres de plusieurs Eglises des Gau-les etaient vitrees. Greg. Turon. I vi. c. 10. /. v n . c. 29. /. l .Mirac. c. 59. Fortunat loue les vitres ds lEglise de Saint-Vincent{a present Saint-Germain-des-Pres), batie par le Ro: Childebert,/. 2. Po&ne xi. de Eccles. Paris. Mais cet usage commenca plustard aillenrs. 11 ny eut point de vitres en Angleterre avant l e hui-tieine siecle. Alors on envoya chercber des ouvriers en France, eton vitra les fenetres de plusieurs Eglises vers Pan 720. Beda^ 1.1.de IViremont. Monnst. c. 5. AcU Pontijicum Eborac. an. 726.Du Cange Gloss. Iitreic. 9-
  • 174. )3* ctahtoftttft hi tA tots&t. et les poutres Etaient de bois de c e d r e , ainsi qu£u-r a s e b e le dit de celle de T j r , b a d e en 3 i 3 . ( ) Cest cepend&nt parmi ces magnificences des Eglises du quatrieme et du c i n q u i e m e siecle que n o u s trou- o n s lencens en usage, dapres les temoignages cons- b tans des Canons ( ) A p o s t o l i q u e s , de saint E p h r e m , c de saint Ambroise, des Liturgies ( ) de saint Jac- q u e s , de saint Basilc , de saint Chrysostome , et des ecrits de lAuleur qui sest n o m m e Denys 1Areopagite : ecrits qui veri tablemen t nont ete distinctement cites quen 53a , mais qui peuvent etre du c o m m e n c e m e n t du cinquieme siecle , sui- vant les observations du Pere fllorin, et de M. de Launoi. 3. P o u r chasser les mauvaises o d e u r s , et r^jouir Passemblee par dagreables parfums , il naurait fallu q u e des cassolettes placees par qui q u e ce futsans ceremonie autour de lAutel, o u en diversesautres parties de PEglise. I c i , cest le P o n t i f e , leChef de IAssemblee qui met P e n c e n s , qui l e b e n i t ,ct qui fait toute la ceremonie de 1encensementautour de l A u t e l , c o m m e le marquent saint Am­broise et saint D e n y s . 4- Ce saint D e n y s n o u s dit dans sa Hierarchie dEcclesiastique ( ) qua la ceremonie solennelle dela consecration du saint Chreme , le Pontife com­mence par encenser le tour de l A u t e l , c o m m e a ela Synaxe. ( ) Eh quelle mauvaise odeur y aurait-ile u alors lieu de craindre? Toute PEglise etait dejae m b a u m e e ; car parmi les G r e c s , depuis un tempsi m m e m o r i a l , le saint Chreme na pas ete simplementc o m p o s e dhuile et de b a u m e , c o m m e a present (a) Hist. Eccles. L x. c. 4. (}>) Ouoique les Canons que nous appelons Apostoliques ne soientpoint des Apotres, les Savans conviennent qud faut placer les tin-quante premiers au quatrieme siecle* (c) Les Liturgies nont pas ete ecrites avant le quatrieme siecle:on en marque le temps dans les Dissertations qui suivront ce vo­lume. (d) /Her. EccL c. 4. (e) LAssemblce du Sacrifice.
  • 175. £ART. I. A AT. i t . i 33 dans 1Eglise Latine. L e s Grecs y ont joint tout ce a quil y a de plus odoriferant. ( ) Le melange de tou­ tes ces agreables odeurs b i e n plus exquises que lencens , se preparait sur le feu dans 1Eglise des le Lundi saint, cest-a-dire, durant trois jours avant la consecration. Rien d o n e alors de plus inutile que lencensement, sil avait ete fait pour chasser les mauvaises odeurs. LEglise avait certainement des vues plus e l e v e e s ; et ces odeurs m e m e s si suaves qui entraient dans Ia composition du saint Chreme, netaient recherchees et preparees avec tant de s o i n , que pour representer, autant quil est possible , la douceur et le plaisir q u e produisent la grace de Jesus-Christ et les operations du Saint-Esprit dans toutes les facultes dune ame bien disposee ; car ce ne sont-la que des s y m b o l e s , c o m m e Pexposent b bien au long le m e m e saint D e n y s ( ), et ses Com- c raentateurs saint Maxime ( ) et Pachymere. Ces observations sont decisives. LAntiquite nestnullement favorable aux nouvelles conjectures. Elle est au contraire toute pleine de vues spirituellesct mysterieuses ,-que n o u s reduirons a quatre. i. Lencens est brule a lAutel pour marquerdans ce lieu s a i n t , q u e les creatures doivent etreemployees et consurnees pour son service et pour dsa gloire. En eifet, D i e u avait ordonne a Moise ( ),quon lui offrit de lencens sur lAutel dor. Le qua- etrieme Canon Apostolique ( ) met lencens au nom-bre des choses quil convenait doffrir pendant lasainte oblation. Saint Ephrem suppose quon brulelencens dans 1Eglise en Phonneur de D i e u , l o r s -quii dit dans son t e s t a m e n t : Ne triensevelissez pasavec des aromates , offrez-les a Dieu (0 ; et saint (a) De materia et consecratione sacri unguenti. Euch. Grgec.p. f>37. etseqq. {h> Ilier. Ecclcs. c. 4. (c) DionysiL torn. 2.p- 324. (d) Exod. X . 24. L (c) Can. AposL 3 et 4. Le 3 et le 4 canon rCen font quun dansquelques anciens manuscrits. (fj Me orationibus vestris comitamini, et aromata Deo offerte.Ephrem. Testanu
  • 176. 134 CEREMONIES BE LA. MESSE. Ambroise etait persuade q u e Pencensement de nos Autels etait u n e ceremonie reiigieuse , et quun Ange presidait a nos encensemens c o m m e autrefois a ceux du Temple. Ce qui lui tait dire a loccasion de 1apparifion de lAnge au saint patriarche Zacha- rie , pere de saint Jean-Baptiste : Plaise a Dieu quun Ange soit present * ou plutot quil se rende visible lorsque nous encensons nos Autels , et que nous offrons le Sacrificed LEgiise Grecque (ait aussi clairement connaitre q u e Pencensement dc lAutel se fait en Phonneur de Dieu , puisquelle fait dire en m e m e temps par le Celebrant : Gloire a la tres-sainte , consubstantielle et vwifiante Tri* nite , maintenant, toujours, et dans tous les siecles b des siecles. ( ) 2. On voit clans 1Antiquite, q u e lencens quon brule autour de lAutel clou le parfum se repanddans IEglise, a ete regarde comme u n e marque dela b o n n e odeur de Jesus-Christ, qui se repand de cPAtitel dans Tame des Fideles. Saint D e n y s ( ), saint d Germain de Constantinople au huitieme siecle ( ), ee t Simeon de Thessalonique ( ) , n o u s o n t marquece sens mysterieux. Saint Germain dit que lencen-soir marque Phumanite de J e s u s - C h r i s t , le feusa divinite , et la vapeur le parfum de sa grace.LAuteur des Homelies sur PApocalypse, attributesa saint Augustin (0, regarde aussi Tencensoir, dontparle saint Jean, c o m m e le corps de Jesus-Christ,et lencens c o m m e ce m e m e corps offert en sacri­fice pour le salut du m o n d e , et r e m c o m m e und o u x parfum par le Pere celeste. En u n m o t , tousles anciens Auteurs Ecclesiastiques ne regardent (a) At(]ue utinam nobis quoque adolentibus Altaria, sacrificiumdeferentibus assistat Angelus , immo prabeat se videndum. Am-bros. Comment in Evangel. Luc. 1. 1. c. 1. v. 11 et 12. (b) Ordo sacri vxinisterii. Evch. Grtec. p. 2. (c) Hierar. EccL c. 3 et 4. (d) Her. Eccles. Theoria. (e) Symeon Tfieas. de Tcmph. (f) Ipse enim Dominus tartus est tburibulum , ex quo Deus odo*rem suavitatis aceopir. et propitius factus est muudo. I/omit. 6. inApoc. torn. 3. S. Aug. upp. 10/.
  • 177. PART. f. ART. IX. 135IVncensement fait a lAutel que comme le signedun culte spirituel et religieux. Les Chretiens regardaient autrefois avec tant deveneration lencens quon brulait dans les Eglises,qu ils tachaient den porter 1odeur avec la main kla bouche et au nez, en disant ce que le Pretre dit aencore : Que ( ) le Seigneur allume en nous le feude son amour, et la flamme de Teternelle charite. 3. Lencens a toujours ete pris pour une viveexpression des prieres que nous adressons a Dieu,et du desir que nous avons quelles selevent verslui comme ce doux parfum seleve en haut. Dansles Liturgies de saint Chrysostome et de saint Ba- bsile, le Pretre prenant Pencensoir dit l ) : O Jesus-Christ , qui dies Dieu nous vous offrons cet en- 9tens en odeur dun parfum spirituel, afin quevous daigniez le recevoir en votre saint et sublime 9Autel, d ou nous attendons les ejfets de votre mi-sericorde. (°) Cest sans cloute pour se conformer alesprit de lEglise que , Pan 5a6 a Cesaree en Pa­lestine , le saint Pretre Zozimas, dans le momentque la ville dAntioche fut abimee, fondant en lar-mes, fit apporter Pencensoir dans le Choeur, y al-luma de lencens, se prosterna par terre, et joignita la fumee de cet encens ses soupirs et ses prie­ dres , pout* tacher dapaiser la colere de Dieu. ( )Lencens na done ete regarde que comme une image (a) Voyez la Messe de Du Tillet dans le Pere Menard, p . 271, etle Pontifical de Seez vers Tan 1045, ou on lit quen recevant len­cens chacun doit dire : Ascendat in nobis Dominus ignem sulamoris, etjlammam s&ternx charitatis. (b) Liturg. Chrysost. Euch. p. 52. (c) Selon la Liturgie des Ethiopiens , qui furent convertis parles soins de saint Atlianase , et qui ont toujours suivi les Kits delEglise dAlexandrie , lencens est offert a la sainte Trinite, et ondit en encensant: Louange a Dieu Pere » louanae a Dieu Fits,louange a Dieu Saint-Esprit. Plusieurs anciens Missels de Francect dAllemagne ont aussi fait dire cette priere en offrant Fencens :Suscipe, sancfa Trinitas, hanc oblationem incensi hujus demanibus meis: et per hanc oblationem dimitte nobis delictanostra: et iribue nobis misericordiam tuam. Missal. Senon. ann,1556, 1575, 1715. (d) Evagr. Hist. Eceles. I. 4. c. 7.
  • 178. 136 CEREMONIES J>t LA BtESSE. de n o s dispositions interieures. N o u s C o m p o s o M a u n b o n encens daromate , dit saint Gregoire ( ), lorsque nous apportons a lAutel la b o n n e odeur des vertus , qui est dautant plus suave que ces vertus sont pins grandes et en plus grand nombre. Les Pretres Latins font presque la m e m e priere qui se fait chez les Grecs : Que cet encens disons- n o u s , que vous avez bini , Seigneur, monte vers vous, etc. Ce nest pas u n e fumee c o r n o r e l l e , maisun parfum spirituel qui peut m o n t e r au Trone ce­leste ; et le Pretre exprime encore plus distincte-m e n t que la fumee de lencens nest quune imagede nos prieres, en disant pendant Tencensement; c Que ( ) ma priere, Seigneur , seleve vers vouscomme cet encens. 11 nest pas possible de trouver un symbole quip u t n o u s mieux marquer quel les doivent etre nosprieres. Lencens ne seleve en haut q u e par lacti-vite que le feu lui donne ; et nos prieres , qui nes o n t reeilement que les desirs de notre coeur, nep e u v e n t aller jusqua D i e u quetant animees par lefeu de lamour divin. Ce qui seleve de lencens, estde b o n n e o d e u r , et n o u s devons demander a Dieuquil prepare de telle maniere notre coeur, quil nesen eleve rien quil ne reeoive agreablement. Toutlencens est c o n s u m e , il ne reste aucune partie quine seleve en v a p e u r , et tous les desirs de notrecoeur doivent tend re vers D i e u , sans quaucun s at­tache a la terre. Enfin , en quatrieme lieu , si ce parfum spirituel,d o n t parlent les L i t u r g i e s , signifie nos prieres, ilmarque encore plus expressement celles des Saints,puisquelles ne sont representees dans IEcriture (a) Tbymiama ex aromatibus compositum facimus, cum in altariboni operis, virtutum mnltiplieitate redolemus. Quod mLxtum etpurum (it, quia quanto virluti jungitur, tanto incensum boni ope­ris sineerius exbibetur. Greyor. Moral.). 1. c. is). Incensum istud a t e , benedictum ascendat ad te Domine, etdescendal super nos misericordia tua. Ordo Alisssc. (c) Dirijzatur, Domine, oratio mea , sicut incensum in conspectutuo, etc. ibid, ex Psahno MO.
  • 179. PART?, r . ART. I t . l37qne comme u n parfum q u i est offert k D i e u : Lesvieillards etaient prosternes devant FAgneau , dit ale texte sacre C) , ajant chacun des coupes dorpleines de parfums, qui sont les prieres des Saints.Il est dit aussi de 1Ange, qui!on lui donna des par"funis pour offrir les prieres de tous les Saints sur 9 btAutel d or qui est devant le Trone. ( ) Lencensnous represente done les prieres des Saints; et lonnepouvait mieux placer le premier encensementquimmediatement apres la priere Oramus te> Do~mine, dans laquelle n o u s demandons a Dieu davoiregard aux merites et aux prieres des Saints pournous faire misericorde. Theodore de Cantorbery, au septieme s i e c l e , ditquil faut offrir de lencens aux Fetes des S a i n t s ,parce que leurs actions ont ete devant D i e u c o m m e cdesfleurs dune agreable odeur.( ) (a) Ceciderunt coram A g n o , habentes singuli citharas etphia-las aureas plenas odoramentorum, quae sunt orationes Sanctorum*Apoc. v. $. (b) Data sunt illi incensa multa, ut daret de orationibus Sanctorumomnium super Altare aureum, quod est ante Thronum Dei, et as-cenditfumus incensorum de orationibus Sanctorum, lb. v n i - 3. (c) Incensum Domini incendatur in natali Sanctorum pro reve-rentiadiei, quia ipsi sicut lilia dederunt odorem suavitatis. Theod*pomtt. cap. 1.
  • 180. SECONDE PARTIE DE LA MESSE, Contenant les Prieres et les Instructions de­ puis Ventree du Pretre a lAutel jusqua 9 I Oblation.C T E partie ET de la Messe contient llntroit , leKyrie, le Gloria in excelsis, la C o l l e c t e , lEpitre,le G r a d u e l , 1Evangile et le Credo. LEglise jointici linstruction , la louange de D i e u , et la priere;parce quil faut remplir de saintes pensees et desaints mouvemens lesprit et le coeur des Fideles,p o u r les disposer a la celebration des saints Mys-teres. Cette maxime n o u s vient des premiers sieclesde IEglise. On observait seulement alors ele ne rienmettre dans cette partie de la Messe qui eut unrapport trop marque au Sacrifice de PEucharistie,de peur de reveler les mysteres aux Catechumenes,qui pouvaient assister a ces prieres et a ces lecturesjusqua 1Oblation. Saint Paul prescrit a T i m o t h e e , quavant touteschoses on fasse des supplications, des prieres, des ademandes, et des actions de graces. ( ) Et saint Au­ bgustin ( ) apereoit dans ces paroles de PApotre lesdiverses parties de la Messe, Ce saint Docteur en-tend par les supplications toutes les prieres quiprecedent la benediction et la consecration de 1Eu-charistie. Et dans saint Justin, qui ecrivait environquarante ans apres la mort de PApotre saint Jean, c( ) o n voit quavant 1Oblation on fiaisaitde longueset ferventes p r i e r e s , pour obtenir la grace de rem-plir saintement tout ce que Dieu n o u s a prescrit. Tout ce qui precede 1Oblation nest quune pre­paration. La premiere partie prepare le Pretre a (a) 1. Tim. II. i. (b) Epiat. 149. adPaulin. al 59. (c) Justin, apol. 2.
  • 181. PART. it. ART. i. Introit. 139mo&ter k lAutel; la seconde, qui commence k lln-troit, prepare le Pretre et le peuple a s offrir en sa­crifice , et a offrir la divine Victime Jesus-Christnotre Seigneur; ARTICLE PREMIER. 9 De I Introit de la Messe. aubrique.Le Pretre ayant baise VAutel, va au cote gau­ che W, qui est celui de VEpitre, sjr tient debout, la face tournee a VAutel, fait le signe de la croix, dit lIntroit dune voix intelligible, avec le Gloria Patri , et repete VIntroit sans faire de nouveau le signe de la croix. Ruhr. Tit. iv. n. a. BEHABQUES TSur le cote droit et gauche de VAutel; sur le lieu 9 le nom , la composition , et la repetition de tIntroit. 1. LE Pretre va au cdte de VEpitre > et sy tientlong-temps pendant la Messe pour une raison na-turelle, a laquelle on en a joint de mysterieuses, (a) La rubrique appelle le cote de FEpltre le cote gaucbe de lAu­tel. Le cdte de 1Evangile est en effet le c6te droit, et le c6t6 delEpltre le c6te gauche, par rapport au Crucifix qui est a lAutel,comme le Pontifical imprime a Rome pour la premiere fois en 1485,et celui qui fut imprime a Venise en 1520 ,/o/. 215, le font remar-quer. Mais de peur quon ne fdt embarrasse en lisant les anciensLivres dEglise, on doit observer que ces considerations et ces ex­pressions sont recentes. II ny a guere plus de deux siecles quonparle ainsi. Tous les anciens Ordres Romains, et tous les AuteursEccl6siastiqu.es jusquau quinzieme siecJe, ont appele le c6t6 delEnitre le cote droit, parce quils ont pris pour la gauche et ladroite de lAutel ce qui est a la gauche ou a la droite du Pretre et yde ceux qui entrent dans lEglise. Le Pape Innocent III, vers Tan 1200, dit encore h lYpnrd derintroit de TOraison : le Citebrant se tient au cdte droit de VAu*
  • 182. I /JO CEREMONIES DJE LA MESSE.qui s o n t arbitraires , et que n o u s omettons. Ldraison naturelle est q u e dans les anciennes Eglisesb i e n orientees la Sacristie est au midi $ a la droited e c e u x qui e n t r e n t , et q u e le Pretre place de cecote-la se trouve plus a portee de tous les Ministresqui vont et viennent de la Sacristie a PAutel. Cest aussi pour cette raison quon place de cecote-la le siege de lEveque o u du celebrant auxMesses solennelles. LAutel, qui est le lieu propredu Sacrifice , nest pas la place necessaire de Pln-troit, ni de t o u t ce qui precede POblation. Selonles anciens Ordres Romains du huitieme et du neu-vieme s i e c l e s , le P o n t i f e , apres avoir baise PAutel,allait se placer a son s i e g e , et ne revenait a lAutelq u e quand il fallait offrir. Les Eveques font encorede m e m e aux Messes Pontificales; et les Eglises de a bR e i m s ( ) et de Laon ( ) ont conserve et suiventactuellement cet ancien usage a toutes les Messes cd u Choeur. ( ) tel; ad dexlram comisiii Allaris... addextrampartem, Altarlsprimum accedit. Innoc. HI. de Myst. I 2. c. 22. Durand en 1286 ne senonce pas autrement, Ration. I 4. c. 11.; et ces incines ex­pressions se trouvent dans IOrdre Romain de Caietan. Ordo Rom*XIF. Mits. Hal p. 296. dans celui dAmelius, quiecrivait en 1380,Ordo Rom. XF.p. 459. dans Raoul de Tongres, qui vivait en 1400,dans le Missel de Lyon de 1510, et dans ceux de plusieurs autresEglises, et meme dans le Missel Romain imprimea Paris en 1542.fol 116. et dans celui de Besancon de 1589. p. 109. Je crois que la nouvelle maniere de designer la droite et la gau-d i e de lAutel, a ete introduite par Patricio, Eveque de Pienza,lequel apres avoir corrigc le Pontifical, dcdia au Pape Innocent VIIIle Traite des Ceremonies de 1Eglise de Rome Tan 1488. Ce Traitea ete imprime pour la premiere fois sous le nom de Marcel, Fan3516; et Ton y lit que le cote gauche est le cote de 1Epitre: Acce-dit ad comu sinistrum A Harts, videlicet Epistolx. Ceremon. I 2.c. 2. fol 114. La Rubrique du Missel du saint Pape Pie V a adoptecette nouvelle expression, et elle a ete suivie par tous les Rubri-caires. (a) Voyez Meurier, Doyen de Reims, qui ecrivaiten 1583. Nousavons, dit-il, en cette Egiise de Reims, encore une cercmonie par-ticuliere, au moins qui nest pas commune a plusieurs Eglises:cest que nous avons un pupitre a part, pres de lAutel, ou lePretre se tient jusqua lOffertoire. Sermon IX. de la Messe,torn. I. p. 112. (I)) Hit. I.audu. p. 98. et 365. Miss. 1557. et 1702. (cj A la Cathedrale de Verdun, le Celebrant quitte lAutel apres
  • 183. P R . i l . A T i. AT R. IntrotL 14 r 11 faut pourtant remarquer que la longueur dece qui est lu o u chants a ete la principale raisonqui a porte a se placer hors de lAutel, pour pou-voir s y asseoir : car dailleurs il convient parfaite-ment quapres etre m o n t e a lAutel, et Pavoir baise,on s y arrete, et on y lise la Collecte. Les Oraisonssolennelles de la Messe du Vendredi-saint se sontdites durant plusieurs siecles le Mercredi saiut etle Vendredi quatre o u cinq heures avant la M e s s e ,et le Celebrant n e laissait pas de les lire a 1Autel. M 2, Le Pretre fait le signe de la Croix , c o m m eles Chretiens ont coutume de faire en commencant bune action. On disait m e m e en quelques ( ) Egli­ses, Au nom du Pere , et du Fils et du 9 Saint-£s-prit ou Quele secours du Seigneur soit avec nous, yimmediatement avant llntroit ; et ces mots sonttoujours accompagnes du signe de la Croix. Les Ja­cobins ont conserve lusage de d i r e , Au nom duPere , et du Fils, et du Saint-Esprit. 3. dit VIntroit. Le commencement de cettepartie de la Messe sappelle Introit , cest-a-dire ,entree, parce quon le chante lorsque le Pretreentre a lAutel. Cest la Pentree du Pretre et duPeuple, et Pintroduction aux Prieres de la Messe.Dans le Missel Ambrosien il est nomme Ingressa,entree. Saint Gregoire Pa appele Antienne pourtentree , parce quil etait chante en Antienne ,cest-a-dire , a deux choeurs; et dans lancien Missely avoir (lit 1Oraison, et va au TrSne, ou il demeure jusqua ce quele Diacre chante lEvangile. e (a) Voyez le Sacramentaire du I X . sieele donne par le Pere-Menard, pag. 61. (h) Voyez les Missels de Chartres en 1489 , de Vienne en 1519,de Grenoble en 1522, et plusieurs autres. Les Cannes disaient il ya cent ans , in nomine Patris, etc. et ne le disent plus, suivantleur Ceremonial de Tan 161G ,pag* 335, LEglise de Mayence, et quelques autres, quoiquelles aient re-forme leurs Missels sur celui du saint Pape Pie V , tontdire, Adju-torium nostrum, etc* immediatement avant que de commencerllntroit. Miss. MogunL 1602. Les Chanoines de lEglise dAix-la-Chapelle disent aussi, tou­jours, Adjuiorium • etc. a la Messe du Choeur.
  • 184. lq% CEREMONIES DE LA MESSE. dEmbrun et de Glandeve ( ) , c o m m e dans tous a c e u x des Eglises de Normandie , aussi bien que d a n s celui des Carmes, il est n o m m e Office, parce q u e cest par la q u e le Choeur c o m m e n c e lOffice d e la Messe. b LIntroit est ordinairement ( ) c o m p o s e de deux o u trois versets des P s a u m e s , o u dautres endroits de PEcriture, afin dattirer Vesprit saint de grace c et de priere ( ), qui est si necessaire a la Messe. 4- Le Pretre dit Plntroit n o n - s e u l e m e n t aux Mes­ ses b a s s e s , o u il doit suppleer lui seul a t o u t c e qui se diraitau Choeur, mais m e m e aux grandMesses, parce quil pourrait n e pas entendre distinctement c e q u e le Choeur chante. Selon Pusage le plus an-cien et le plus c o m m u n , le Pretre ne le disaitp o i n t , c o m m e il parait par les Sacramentaires don-nes par le Cardinal T h o m a z z i , P a m e l i u s , Rocca,Menard, et par plusieurs autres Missels ecrits pourl e Pretre jusquau quatorzieme s i e c l e , o u il ny ani I n t r c i t , ni Ephre , ni Graduel , ni Evangile:preuve evidente que le Pretre ne le disait point."Mais il y a aussi des anciens Missels ecrits depuis dPan g o o ( ) o u on lit les Introits et tout le reste. 5. Il le dit dune voix intelligible parce que ce sq u i est chante au Choeur est du n o m b r e des Prieresqui dcivent etre entendues de tout le m o n d e . Maisc o m m e il est marque dahs 1Ordinaire des Char- ctreux ( ) , aux Messes hautes le Pretre doit pronon* (a) Mss. e* Blbl Reg* n. 3878. (b) On verra dans la Dissertation sur Iorigine de lTntroit lesdiverses manieres dont ont a commence la Messe depuis les pre­miers siecles dans les Eglises Grecques, Latines, etc. (c) Spiritum gratia et precum. Zach. xir. 10. (d) On voit les Introits notes avec des points et des petites notessans lignes dans un Missel ecrit vers lan 900, qui est a Saint-Bar-tbelemy de Liege ; dans un autre dUtrectb ecrit vers Fan 925,conserve dans les Archives de IEglise Imperiale et Collegiale dAix-la-Chapelle; dans un Missel de Troves de la Bibliotheque du Roi,^critlan 1060; dans un autre Missel du commencement du dou-zieme siecle, de la Bibliotheque de M. de Coaslin, EvSque de Metz,autrefois de M. Seguier, etc. (e) Ordin. Cartus* c. 25. n. 1 4 -
  • 185. PART, ii. Introit. ART. i. i43cer de telle maniere llntroit et le Kyrie, quil nesoit pas entendu du Chceur. 6. On (lit le Gloria Patri. Originairement on di­sait pour Introit un Psaume entier; et Pon sait quechaque Psaume est suivi du Gloria Patri. Dans lasuite, depuis environ raille ans» on a abrege lePsaume, mais sans supprimer le Gloria Patri. Apresun ou deux versets, 1Eveque etant au bas de PAu­ atel, faisait signe de dire le Gloria Patri. ( ) La Messeen effet ne peut mieux commencer que par lalouange de la tres-sainte Trinit6, a qui le saint Sa­crifice doit etre offerL On repete VIntroit, cest-a-dire,PAntienne. Cemla regie etablie pour tout ce qui se chante alterna-tivement. On repetait meme llntroit deux ou troisfois. Les Eglises de Rouen et de Sens, et les Car-mes W le disent encore trois fois aux principales cFetes ( ) pour une plus graude solennite ; ce quidonne aussi plus de temps au Pretre de faire lesencensemens. Enfin on ne doit pas negliger la reflexion dune dinfinite dAuteurs ( ) depuis le neuvieme sieele,quiont regarde llntroit compose des paroles de Pan-cien Testament comme une expression des cris etdesdesirs des anciens Patriarchies, qui attendaientla venue du Messie. (a) Respiciens ad priorem Scholae, annuit ei ut dicat Gloriam.Ordo Rom. 1 et 3. p. 8 et 56. (b) Ordin. L 2. Ruhr. 57. (c) LEglise de Laon et les Premontrls le disent aussi trois fois,mais & la seconde ils nen repetent que la moitie. (d) Amal. Alcuin, Hildebert, ivo Gamut. Rupert. Innoc. ///, ete.
  • 186. 144 CEREMONIES D£ LA MESSE. ARTICLE IL Le K.YR1E ELEISON. RUBBIQUE.Le PrStre ayant les mains jointes va au milieu de VAutel<> pour dire alternativement avec celui qui repond, troisfois Ky rie eleison, troisfois Chris le eleison, et trois fois Kyrie eleison. Tit. IV. n. a. REHABQUES,Sur Vordre et le nombre des Kyrie, et sur le lieu de les dire. i. Ow na pas toujours dit le Kyrie au milieu dePAutel. On la dit autrefois au cote de lEpitre:lesChartreux, les Cannes et les Jacobins le disent en­core en cet endroit ou ils ont dit Plntroit. Ce quisobserve generalement a Rome et ailleurs auxgrandMesses. 2. Lordre et le nombre des Kyrie nont pas aussitoujours ete les roemes. Au temps de saint Gregoireon disait autant de fois Christe que KyrieA*) Dansle Rit Ambrosien on dit trois fois Kyrie, apres le bGloria in excelsis ( ) ; et durant plusieurs siecles,lorsque le Pape disait la Messe, on lui demandaitsil voulait changer le nombre des Kyrie, et lesChantres continuaient jusqua ce quil fit signe cle ccesser. ( ) Lusage present quon suit depuis plu­sieurs siecles, est tres-pieux. On dit neuf fois Kyrieou Christe , pour imiter le chant des Anges , quicomposent neuf Choeurs; et on dit trois fois Kyrie (a) Voy. plus bas, p. 147. (b) Miss, Ambr. 1492* 1548. et 1669. (c) Ut ei annuat, si vult mutare numerum letanis. Ordo itom./. p. 9. Paris de Crassis in Cssrenu
  • 187. P R . n. A T ii. AT R. Kyrie eleison* 1^5auPere, trois fois Christe a u F i l s , trois fois Kyrieau Saint-Esprit, pour adorer egalement l e s troisPersonnes de la tres-sainte Trinite. JJ explication et Torigine du Kyrie. Kyrieeleison sont deux m o t s grecs qui signifient,Seigneur ayez pitie; et ii est clair par-la q u e cettepriere a commence en Orient. Dans les Constitutions Apostoliques , q u i con-tiennent les Kits de la plupart des Eglises Grecquesdes quatre premiers s i e c l e s , o n voit q u e cette priere asefaisait premierement p o u r les Catechumenes.( )UnDiacre criait: Catechumenes, priez; que les Fide­les prient pour eux, et quils disent Kyrie eleison.Lc Diacre recitait t o u t h a u t diverses demandes pourles Catechumenes: Quil p l u t a D i e u de les eclairerdes lumieres d e PEvangile , de les remplir de sacrainte et de s o n amour, d e l e s disposer au Sacre-ment de la regeneration , p o u r les laver d e toutetache, et den faire u n e demeure o u il daignat ha-biter, pour les preserver d e t o u t mal. A toutes cesprieres les enfans q u i c o m p o s a i e n t u n choeur, di-saient Kyrie eleison; et t o u t l e peuple rep etait cesparoles. On faisait aussi des prieres p o u r les p e n i t e n s .Toute IEglise disait de m e m e p o u r e u x Kyrie eleUson; et Ton a retenu dans la suite cette priere p o u rtous les Fideles. Dans la Conference entre Pascen-tins Arien, et saint A u g u s t i n , dont Vigile d e Tapse best apparemment PAuteur , il est dit l ) q u e lesEglises Latines gardaient des m o t s grecs e t barba-res, afin quon invoquat egalement la divine mise-ricorde dans les langues etrangeres aussi b i e n q u edans la latine. (a) ConstiL JpostoL 1. 8. c. 6. (b) Una rogatur ut misereatur h cunctis Latinis etBarbaris uniusDei natura, ut a laudibus Dei unius nec ipsa lingua barbara sit ul-latenusaliena, Latine enim dicitur Domine miserere. Aug. to. 2,Append, p. 44. now. etf. I. 10
  • 188. 146 CEREMONIES BE LA MESSE. Cctle p r i e r e , ayez pitid , q u i est le commence­m e n t des supplications d e la M e s s e , est la plus an* ac i e n n e ( ), la plus c o m m u n e parmi les n a t i o n s , etla plus repotee dans iEvangile. Tous les Chretiens doivent avoir un saint emprcssement dunir leurs voix pour dire a D i e u avec les p l u s vifs sentimens dun coeur c o n t r i t : S e i g n e u r , n o u s n e saurions ja­mais vous dire assez s o u v e n t , ayez pitie de nous,a cause de la m u l t i t u d e de n o s peches , et de lagrande misericorde q u e n o u s attendons de votreb o n t e . N o u s vous demandons cette grace avec lescris bdes aveugles de Jericho ( ), avec la perseverance dela c dCananeenne ( ), avec lliumilitC des dix Lepreux( ),avec lempressement des autres personnes q u e vousavez daigne ecouter , q u a n d elles o n t persisted ecrier : Seigneur, ayez pitie de n o u s ( ); Kyrie elei*son. Cette priere a toujours paru si belle et si tou-chante , que les Eglises des Gaules , q u i n e la di-saient pas encore a la Messe Fan 5 a g , ordonne-rent W au second Concile de V a i s o n , quon la diraita i a v e n i r , non-seulemcnt a la M e s s e , mais aussi aMa tines et a Vepres. Le troisieme Canon de ce Concile n o u s apprendq u e cette priere etait deja e n usage a R o m e , enI t a l i e , et dans toutes les Provinces dOrient auc o m m e n c e m e n t d u sixieme siecle. D e sorte queplusieurs Auteurs se s o n t trompes , quand ils ont (a) Domine , miserere nostri, te enim exspectavimus. Halx x x n i . 2. Audi Domine, et miserere. Baruck. i n . 2. (b) Malth. xx. 30. (c) Matth. xv. 22. (d) Stetcrunt a longe , et elevaverunt vocem suam, dicentes:Jesupracceptor, miserere nostrf. Luc. x v n . 13. (e) At if le multd magls clamabat, Domine Fili David misereremei. Marc. 10. 48. (f) Et quia tarn in Sede Apostolica, quam etiam per totas Orien­tates atque Italicas Provincias duleis et nimium salutaris consue-tudo est intromissa, ut Kyrie eleison frequentius cum grandi af*fectu et compunctione dicatur, placuit etiam nobis ut in omnibusEcclesiis nostris ista tarn sancta consuetudo, et ad Matutinum, etad Missns, et ad Vesperas Deo propitio intromittatur. Cone. Vos*ann. 529. can. 3.
  • 189. P R . ii. A T i n . AT R. Gloria in excelsis. 147dit que saint Gregoire Iavait introduite k Rome, puisque ce saint Pape na occup&. le saint Si&ge que plus de soixante ans apres le Concile de Vaison. Quelques personnes eloignees de Rome setaient trompees sur ce point au temps meme de ce saint Pon life. Cest ce qui lobligea de repondre a des a Sicilicns ( ), quil navait pris des Crecs ni le Kyriedeison ni les autres Rits dont on parlait; quils 9avaient ete etablis avant lui; quil y avait memecn ce point de la difference entre lusage des Grecset celui des Romains ; que ies Grecs chantaienttous ensemble le Kyrie; que dans lEglise de Romeles Clercs commen^aient, et le peuple repondait;quon y disait Christe eleison autant de fois quekyrie > ce qui ne se faisait pas ainsi chez les Grecs,et que dans les Messes de chaque jour, cest-a-dire, des jours ouvriers, ou Ton omettait diversesprieres, on y retenait toujours le Kyrie et le Christeeleison, comme une priere qui interessait davan-tage tous les Fideles. ARTICLE III. LE G O I m E C L I . L RA X E SS§. 1. Vantiquite de cette Hymne. Qui en est VAuteur; el depuis quand les Pretres la disent a la Messe.1. LE Gloria in a ete dit durant long- excelsistemps aux prieres publiques et particulieres desFideles avant quon 1ait chante ou recite a la Messe. (a) Cui ego respondi: quia in nullo eorum aliam Ecclesiam secutisumus... Kyrie eleison autem nosneque diximus, negue dicimussicut a Grjccis dicitur : quia in Graeis simul omnes dicunt; apudnos autem a Clericis dicitur, et a populo respondetur, et totiaemvieibus etiam Christe eteison dicitur, quod apud Graecos nullo-m d dicitur. In quotidianis autem Missis alia quae dici solent tace- oom s tantum modo Kyrie eleison et Christe eleison dicimus, ut in uhis deprecationis vocibus paulo diutius immoremur. Lib. 7. eplsL 64. 10.
  • 190. l4S CEREMONIES DE LA. MESSE. bSaint Alhanase ( ) veut quapres avoir dit des lcgrand matin le Psaume et le Cantique q u e nousdisons encore a L a u d e s , Deus, Deus meus et Bene- bdicite,es Vierges chretiennesrecitentcetteHymne( ): Gloire a Dieu au plus haul des Cieux, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonte : nous vouslouons : nous vous bettissons : nous vous adorons,et le reste. Cette m e m e Hymne ( a quelques varietesp r e s , q u e nous marquerons) est toute entiere dans cles Constitutions Apostoliques ( ) sous ce titre,Prieres du matin, suivant Pusage des Eglises Orien-tales. Parmi les Latins on a dit aussi en beaucoupdEglises cette Ilymne a POffice du matin , d u moinsle D i m a n c h e , depuis un temps immemorial. Elle.se trouve dans les Psautiers et dans les anciensLivres dEglise ecrits en France et en Angleterredepuis huit o u neuf cents a n s , o u o n lit en quel-ques-uns ce t i t r e , Hymne du Dimanche a Matines, dcest-a-dire , Laudes. ( ) II y a actuellement plu­ esieurs de ces manuscrits en Angleterre ( ); et ce quiest plus remarquable , Plfymne telle q u e nous ladisons , est tout entiere dans le fameux manuscritAlexandrin de la Bible Grecque conservee dans laRibliotheque Royale de Londres , q u e des Savansregardent c o m m e u n des plus anciens manuscritsdu monde. (0 Plusieurs Auteurs Latins (si ont cru q u e saint (a) Devirginitafe vers. fin. (b) Hymne est un Cantique de louange en lhonneur deDieu:Hijmnus ergo iria ista comprehendit % et canttcum, et tandem,et Dei... August, in Psalm. 148. Isidor. orig. I. 6. c. 19. Plato,.I. 3. de Leg. Le Gloria in excehis est THymne que les Grecs ap­pelant la grande Doxologie , pour la distinguer au Gloria Patri,qui est la petite. (c) Lib. 7. c. 47. (d) Foyez plus haut, p. 29. (e) Usser, Arcbev&jue et Priinat dIrlande, rapporte ces faitsauTraite De Romanx Ecclesix Symbolo Apostolico velere. Lond.I(s47.p. 42. (f) Cette Bible fut envoyee au Roi de la Grande-Bretagne parCyrilleLucar , Patriarche Grec de Constantinople , apostat, quiiut etranglc en 1G38 pour des troubles dEtat quil avait excites,ou quon lui imputa, (g) ftemig. Autiss. expos. Miss. Alcuin. c. 40. Robert. Paululus,Ilonorius, ISclethus elc. y
  • 191. P R . if. A T nr. AT R. Gloria in excehis. 149Hilaire etait lAuteur de cette H y m n e . Mais le seul temoignage de saint Athanase , contemporain de saint Hilaire, fait voir quils se trompaient, p u i s q u edeson temps les femmes dOrient la savaient c o m -munement par coeur. Elle doit etre beaucoup plusanciennc; et il y a apparence q u e cest u n e de cel­les que les premiers Fideles chantaient en Ihonneurde Dieu e t d e Jesus-Christ vrai Dieu. 11 est fait m e n ­tion de ces Hymnes dans la Lettre de Pline a Tra­ a b cjan ( ), dans Lucien ( ) et dans Eusebe ( ); et Ponsen servit vers la fin du s e c o n d s i e c l e , pour refu-terlheresie dArtemon, q u i attaquait la divinite deJesus-Christ. On n e doit pas esperer de connaitreplus distinctement lAuteur du Gloria in excehis.Les Peres du quatrieme Concile de Tolede o n t ditsagement, que les premieres paroles avaient e l e pro-noncees paries A n g e s , ce qui Pa fait appeler lHymnedes Anges; et que la suite avait ete c o m p o s e e par dles Docteurs Ecclesiastiques. ( ) Le Pontifical attrihue au Pape D a m a s e , o u p l u t o tleRecueil des Vies des P a p e s , dont on frouve d an­ciens manuscrits qui finissent au temps d e Justi-nien, sont les premiers m o n u m e n s o u Pon voit q u ele Gloria in excelsis a ete dit a la Messe. On y clit ( ) que le saint Pape T e l e s p h o r e , qui tenait leSiesje de Rome vers le milieu d u second s i e c l e ,ordonua quau c o m m e n c e m e n t de la Messe de lanuit de Noel o n chanterait P l l y m n e des Anges Glo­ria, etc. Dans un autre Catalogue des Papes ( 0 , (a) Carmenque Christo quasi Deo dicere, secum in vice m. Epist.ad Trajan. (b) Lvcian. Philop. (cl Euseb. Hist. Eccles. L 7. c. 27. Sed Psnlmi vel Cantica ab initio scripta sunt, quae a fratribus fi-delibns Verluun Dei esse Christum et Deum, tota Hymnorum suo-ruin latide concelebrant. Ex antirjua rersione iUtfiiii. [A] Reliqua qnsc ibi sequuntur Ecclesiastic! doctores composue-runt. Cone. Totet. IK cap. 12.( (e) Hie fecit ut... in ingressu sacrificii Hymnus diceretur Ange-Ifcus Gloria in exceisis Deo etc. tantmn "noetu Katalis Domini.Catal. Pon Iif. in Propyl, ad acta Sanct. Mail. (0 Propyl. SS. Mall,71.
  • 192. l5o CEREMONIES DE LA MESSE. a aussi b i e n q u e dans Ia Collection dAnastase ( ), il est dit q u e le Pape S y m m a q u e , vers Pan 5oo, ordonna quon dirait le Gloria in excelsis les Dimanches et les Fetes des Saints. Je ne sais si Pon peut compter sur la verite de tout ce qui est rapporte dans ces Vies des Papes avant la fin du sixieme siecle. Ce qui est constant, cest que depuis ce t e m p s , cest-a- d i r e , depuis saint Gregoire-le-Grand, le Gloria inexcelsis devait etre dit les Dimanches et les Fetespar les E v e q u e s , et n o n par les Pretres. Suivantcc bc[ui est marque dans les Sacramentaires ( ) ecrilsjusquau c o m m e n c e m e n t du onzieme s i e c l e , on ditle GLORIA IN EXCELSIS les Dimanches ct les Fetes,quand £ Eveque officie, et les Pretres tie le disent cque le four de Pdques. () Mais quelques annees apres Pan i o o o , Demon,A b b e de I l i c h e n o u , sappliqua a montrer dans unchapitre expres q u e puisquil etait permis auxPretres de dire le Gloria in excelsis le jour de Pa-q u e s , il devait a plus forte raison leur etre permisde le dire le jour de N o e l ; que cc quon lisait a L itete des Missels , netait pas une preuve q u e saintG.egoire eut fait cette defense aux Pretres , puis-quon ne pouvait la trouver dans aucun de ses ou­vrages ; et que pour augmenter les Jouanges <ieD i e u , on devait leur permcUre de le dire tous lesD i m a n c h e s , et toutes les Fetes des S a i n t s , parce (a) .fnust. de Ill. Ponlif. p. 30. (I)) Dicitur Gloria in e.evetais Deo, si Episcopns fucrit tantum-mododie Dominico sivc diebus Testis. A Presbytcris autem ininime dicllur, nisi solo in Panclta. Savram. edit ctutss. (cj Celte rc^Ie netait peul-ctre pas cxactrment observee: CarJlpini dAuxerre, vers la fin du neuvirnie siecle, ne met aurunedifference entre rEvftpje ct le JnJtre que sur ie Pax vobis, etnul-lenient sur le Gloria in e.rcetsis. Expos. Miss. (d) Super haec omnia cum in capile iibri Alissalis, quando Pres-by tori Roinani Gloria in excelsis Deo canere et non canere soleant,le^umis solinnmodo pratitulatum : nusquam autem vel a beatoPapa Gregorio, vel ab aliquo sanctorum Jntrmn nobis interdirtumpuin quia omni die Dominica vel in Sanctorum JNatalitiis liceatnobis sicpc dictum Ifvmnum canere ad momentum laudis divina.Lento de quibusdani rab ad Miss* sped ant. c. 2. 9
  • 193. PART, 11. ART. in. Gloria in excehis. i5r quil ne parait nulle part que cela ait ete d£fendu par les saints Peres. Lesouhait de Bernon avait ete deja p r e v e n u , et il fut generalement accompli bieniol apres. Le Gloria in excehis fut dit par les Pretres. Cela est a evident par les Coutumes de Cluny ( ) ecrites par saint UlriCj par celles des Cliartreux institutes en 1084 > et par POrdinaire du Mont-Cassin ecrit versle meme temps. Un fort beau Sacramentaire de IEglise dAlby»qui parait etre ecrit aussi vers Pan 1 too , ne metplus de distinction entre les Eveques et les Pretres ; bil marque simplement, ( ) qu apres le Kyrie eleisonondit le Gloria in excehis aux jours de Fetes. L e CMicrologue dit positivemeut vers Pan 1 0 9 0 ( ) ,qu aux Fetes qui ont un Office plein , les Pretres,aussi bien que les Eveques, disent le GLORIA, m EX-CELSIS. De sorte quon peut dire que Porigine desChartreux en 1 0 8 4 , concourt presque avec le tempsde la liberie quont eue les Pretres de dire le Glo­ria in excehis comme les Eveques. (a) Gloria in excelsis Deo nunquam omittitur, nisi in Adven-tuni Domini, et a Septuagesima usque ad Pascba. Consuet. Clan.Splcil. torn. 4.p. 45. (b) Ordo qualiter in Catbolica Ecclesia Missa celebretur, in pri-mis Antipbona ad Introitum, deinde Kyrie eleison tertio, Christeeleison tertio , Kyrie eleison tertio , pestea Gloria in excelsisDeo> diebus festis tantummodc. Sacram. AlHense. (c) Microl. c. 2 .
  • 194. CEREMONIES BE LA MESSE, §. IL RUBRIQUE.T o u c h a n t les Messes auxquelles on dit , o u Ton omet le Gloria in excelsis.On dit le GLORIA IN EXCELSIS toutes les fois quon a dit a Matines le T E D E U M , excepte aux Messes du Jeudi-saint et du Samedi-saint , auxquelles on dit le GLORIA JN EXCELSIS , quoiquon nuit pas dit le TE DEUM a Matines. i . p. tit. v m . n. 3.On tie le dit pas aux Messes votivcs ordinaires, meme au temps Pascal, si ce nest aux Messes de la sainte Fierge le Samedi, et des Anges.- On ne le dit pas aussi aux Messes des Morts, non plus que pendant V A vent , en Careme et aux Vigiles. Ibid. n. 4* RE3LARQUES. T . Le Te Deum est une Hymne de j o i e , de memeq u e le Gloria in excelsis. Cest pourquoi depuisquatre o u cinq cents a n s , la regie generate est quala Messe qui est conforme alOffice, on dit le Glo­ria in excelsis, lorsquon a dit le Te Deum a Ma­tines. La Rubrique excepte le Jeudi-saint et leSamedi-saint: et cette exception a Pegard du Jeudi-saint nest pas ancienne partout. LEglise de Parisna commence a dire le Gloria in excelsis ce jour-la,que depuis Pan I 6 I 5 . Presque toutes les Eglises deFrance et dAllernagne ont conserve durant long- atemps Pancien usage ( ) qui sobserve encore a Lyon,a Clermont, a V e r d u n , a L a o n , a L i e g e , etc. POf-iice de la Semaine sainte , qui inspire de la tris- t e s s e , et qui exclut le Gloria Patri, excluait aussitoute Hymne de joie. On ne disait le Gloria in ex~ (a) Gloria in excelsis cantetur ab Fpiseopo, si consecret cbrisma.Missal. Claromont. an. 1402. Gloria in excelsis non dicitur nisiubi cbrisma coiilicitur. Missal, fiennens. an. 1510. Missal. Ma~•far. Moaast, an. 150S. Missal. Casalis Bencd. an. 1515. Missal.Ordin.S. Joannis JcrosolymAc&l. MissaL Paris, an. 1550et 158o.
  • 195. PA.RT. i i . ART. i n . Gloria in excelsis. i5S celsis qua la Messe Pontificale o u se fait le saint Chreme»a cause de la consecration des saintes hui- les; et clans la suite on a considere que r i n s t i l u - tion de lEucharistie, d o n t on ceiebre la memoire ce jour-la, est une assez grande solennite pour en­ gager a dire le Gloria in excelsis independamment de la consecration du saint Chreme. On le dit a la Messe du Samedi-saint , a cause de la solennite de JOffice, qui est le c o m m e n c e m e n t de la fete de la Resurrection. 2. On ne le dit pas aux Messes votives qui n e sont pas pour quelque cause importante et p u b i i - que, parce q u e cette H y m n e a toujours ete regar- dee comme une marque de solennite. 3. On le dit aux Messes votives des Anges , a cause quils ont chante les premiers le c o m m e n c e ­ ment de cette H y m n e , et q u e cest deux q u e n o u s lavons apprise. 4- On le dit aussi aux Messes de la sainte Vierge le Samedi; parce que des le milieu du onzieme sie­ a b cle, les Beligieux ( ), et ensuite les Ecclesiastiques ( ) et les Laiques eurent la devotion de dire un Office de la sainte V i e r g e ; q u e deja le Samedi etait parti- c culierement destine ( ) a lhonorer; et que dans la suite la plupart des Eglises ont fait ce jour-la unOffice entier de la Vierge avec le Te Deum, quiselon le Rit Romain determine a dire le Gloria inexcelsis a la Messe. Mais a 1egard des autres Messesvotives de la Vierge , o n observe ce que le Pape dInnocent I l l e c r i v a i t en i a i 5 ( ), qua R o m e on nedisait pas le Gloria in excelsis aux Messes de laVierge quon chantail les jours ouvriers. 5. On ne le dit pas aux Messes des Morts nonplus qnaux Vigiles , et depuis la Septuagesime jus-qua Paques , cest-a-dire dans tout le temps detristesse et de penitence , parce quon nose chanter (a) Dnmian. opusc. 33. c. 4. (Ii) Baron. annaL 1056. n, 5 et 6. Cone. Claromont. an. 1006. (c) Alcuin. Microl. c. GO. (d) Decretal, lib. S. tit* 41. c. 4.
  • 196. 1.^4 CEREMONIES DE LA MESSE. la gloire celeste , dit saint Thomas ( ) , lorsquon a pleure sa propre miscre , o u celle des ames du Purgatoire. 6. A Tegard de 1A v e n t , lusage de dire o u de ne pas dire le Gloria in excelsis , a varie en diverses E g l i s e s , et peut-elre dans les m e m c s , e n divers t e m p s ; parce que lAvent tenant un milieu entre le t e m p s de penitence auquel 1Eglise a pris des habits noirs ou violets, et le temps de joie auquel ellene quitte pas VAlleluia, il y a e u des raisons de dire o u domettre le Gloria in excelsis. 11 parait par b Amalaire l ) quon le disait lan Sao ct lan 8 3 o , et quon 1omettait auparavant. On n e l e disait pointau c o n z i e m e s i e c l e , selon le Micrologue ( ), qui marque egalement les Kits dllalie et des G a u l e s ; et la rai­s o n quil en donne et quil lire dAmalaire , est quelAvent doit etre accompngne de m o i n s de solenni-1e , a cause quil represente Iancien Testament parPattente o u sont alors les Fideles de lavenement duMessie. C e p e n d a n t l e o n z i e m e Ordre l i o m a i n ecritvers Tan u / | 0 W , n o u s apprend quon le disait )alors a Rome. Mais enfin depuis le XII. siecle jus­qua p r e s